You are on page 1of 4

L’INCONNU

De tous les livres parus depuis longtemps, sans en excepter les livres de ceux que la mode
ou le talent, vainqueur de la mode, ont consacrés maîtres, aucun ne m’a plus intellectuellement
passionné, plus vivement remué jusque dans le tréfonds de mon esprit, que le nouveau roman de M.
Paul Hervieu, L’Inconnu1. Livre étrange et superbe, qui contient plus que du talent, du mystère et de
« l’enter », suivant une expression de Dostoïewsky ; livre rare, devant lequel personne ne saurait
rester de sang-froid, dans l’admiration et dans le dénigrement, puisqu’il faut que les belles choses
reçoivent leur part de mépris et d’injures. Aux romans de M. Émile Zola, des frères de Goncourt, de
M. Huysmans2, de M. Guy de Maupassant, certes, je goûte de grandes et diverses jouissances, je les
ai déjà, et ailleurs, ressenties, et je sais que je les ressentirai pareilles, toujours.
Je les connais, je les retrouve, chaque année, avec plaisir, comme de vieux amis, et elles ne
m’étonnent plus, n’ayant plus rien de caché pour moi. Au contraire, j’ai achevé la lecture de
L’Inconnu étreint par une émotion nouvelle et que je n’avais pas prévue. Il y a là quelque chose de
troublant, d’effarant, une hallucination produite à force de vérité, un vertige qui vous entraîne et qui
vous met au front la sueur de l’angoisse. Je le dis en toute sincérité, il n’y a guère que Baudelaire,
La Tentation de saint Antoine de l’immortel Flaubert, le très court et si extraordinaire récit de M.
d’Aurevilly, Une page d’histoire, et quelques paragraphes du Bilatéral de M. Rosny3, qui m’aient
procuré les joies inattendues, bouleversantes, et d’autant plus aiguës qu’elles arrivent au cœur et au
cerveau par la souffrance et le mystère. Et, le livre refermé, L’Inconnu m’a hanté, poursuivi de son
énigmatique, obsédante image. J’avais la sensation d’avoir plongé dans un gouffre et d’y avoir vu
gémir l’Homme, l’éternel damné de la folie et de la douleur.

1
L’Inconnu, 271 pages, a paru chez Lemerre en 1887. Il a été écrit, pour l’essentiel, pendant les mois de
septembre et octobre 1886 et été pré-publié dans les colonnes de la Revue des deux mondes, grâce à la toute-puissance
de Ferdinand Brunetière, peu satisfait des productions romanesques habituelles de la maison.
2
La présence de Huysmans dans cette liste est surprenante : début juillet, dans une lettre à Hervieu, précisément,
il le qualifiera d’« imbécile » et verra en lui « une espèce de Dubrujeaud de la décadence » (Correspondance générale,
tome I, p. 675).
3
La Tentation de saint Antoine a paru en 1874 chez Charpentier ; Une page d’histoire, court récit de 33 pages,
chez Lemerre en 1886, après une pré-publication dans le Gil Blas le 26 décembre 1882 ; et Le Bilatéral, sous-titré
« Mœurs révolutionnaires parisiennes », chez Albert Savine en 1887.
L’Inconnu fut publié, il y a quelques mois, dans la Revue des deux mondes4 et, bien qu’il dût
subir, suivant l’usage particulier à ce genre de publications bienséantes, de nombreuses coupures,
rétablies dans le volume, l’on s’étonne de voir la célèbre revue accepter, même en la mutilant, une
œuvre de cette allure hautaine, de cette force et de cette nouveauté. Oser L’Inconnu, et ce qu’il
renferme de désolante vérité humaine et d’audacieuse littérature, après certaines annuelles et
insignifiantes productions – lesquelles ne sont que de jolis bavardages édulcorés à tous les sirops de
la banalité –, voilà qui avait lieu de surprendre, en effet, et de charmer aussi, tous ceux qui, dans un
livre, cherchent une pensée, une philosophie, un art, plus que cela encore, le secret d’une âme. Les
mânes de M. André Theuriet, qui sont de la maison, auront dû frémir d’indignation, et peut-être
regagneront-elles, éplorées, les sous-bois enguirlandés de roses, où l’on voit des amazones de la
Belle-Jardinière flotter sur des chevaux cabrés.
J’estime que l’on a toujours mauvaise grâce à raconter en quelques lignes abréviatives un
roman de trois cents pages, surtout quand ce roman est l’œuvre d’un artiste – ce qui est le cas de
L’Inconnu – et qu’il vaut par les qualités supérieures de l’écrivain et du philosophe. Quelque
intelligence que l’on y mette – et l’intelligence n’est pas la vertu dominante du critique –, on risque
souvent de dénaturer le rêve du poète et de ne donner, de ses conceptions, qu’une idée infidèle ou,
tout au moins, une expression imparfaite. Un livre dont chaque chapitre, dont chaque phrase porte
un monde de sensations nouvelles et poignantes, qui ouvre, sur la vie et sur la mort, de soudaines,
multiples et inquiétantes clartés, doit être lu, et non point raconté en un article bref. Comment redire
tous les parfums qui s’exhalent des mots, ainsi que d’un poison mortel et délicieux ? Comment
redire toutes les nuances de cette psychologie, qui vont des clartés attendries de l’aurore jusqu’au
noir sulfureux des abîmes stygiens ?

L’Inconnu, c’est l’histoire spirituelle d’un fou, histoire raconte par le fou lui-même5, à la
suite d’une fiction ingénieuse qui mêle, pour ainsi dire, deux romans distincts et fondus ensemble,
en un seul. Et cette histoire n’est autre chose que la synthèse, le symbole de la Vie, dramatisée avec

4
Il vient d’y paraître en deux livraisons, les 1 er et 15 mai 1887. Fin avril, Hervieu demandait humblement son
avis à Mirbeau, à qui il avait envoyé les épreuves : « Vous me ferez bien plaisir de les lire en tout ou en partie. Je
voudrais avoir là-dessus votre sentiment fondé, tout en craignant qu’il ne soit moins favorable, hélas ! que votre
affectueuse intuition. Pardonnez-moi de vous ennuyer de cela, mais lorsque vous connaîtrez cette partie-là, je serai
aussi soulagé que si j’avais paru publiquement » (cité par René Barjean, Excelsior, 2 août 1921). Mirbeau l’a tout de
suite rassuré : « Je vous garantis que votre roman est tout à fait supérieur... Je vous dirai même qu’il est d’un intérêt
poignant, angoissant, pour tous ceux dont le regard va plus loin que le court horizon où M. Brunetière trouve ses joies
intellectuelles... » (Correspondance générale, tome I, p. 659). Par la suite Mirbeau exprimera de nouveau son
enthousiasme, notamment dans sa lettre à Hervieu du 20 juillet 1887 : « Et dire que tous ces dessous de l’âme sont
encore à montrer, dans notre littérature, et que vous seul, mon cher Hervieu, vous en avez montré de lumineuses
découvertes. Je ne cesserai pas de vous le dire, tant L’Inconnu me paraît supérieur à tout ce que nous faisons, tant il est
autre chose que ce que nous avions coutume d’appeler : un livre ; oui, c’est une évocation palpable de la vie morale, de
la vie intellectuelle. J’y pense toujours, je le relis souvent ; j’en sais par cœur des passages, et chaque fois je retrouve
des beautés nouvelles qui m’avaient échappé. Plus je vais dans la vie et dans la réflexion, plus je vois combien est
pitoyable et superficielle notre littérature ! Il n’y a rien, rien, que des redites cent fois dites. Goncourt, Zola,
Maupassant, tout cela est misérable, au fond, tout cela est bête ; il n’y a pas un atome de vie cachée — qui est la seule
vraie. Et je ne m’explique pas comment on peut encore les lire, après les extraordinaires révélations de cet art nouveau
qui nous vient de Russie. Avez-vous lu L’Idiot ? Quelle œuvre prodigieuse! Vous êtes de ce sang, vous, mon cher ami ;
vous appartenez à cette race. Je retrouvais, dans L’Inconnu, avec votre conception propre, avec votre forme
particulière, la même intensité de psychologie que dans le roman de Dostoïevsky. Ce qui prouve qu’il n’y a pas une
façon de voir russe, ou une façon de voir française : il y a une façon de voir, c’est tout ! Et vous êtes un voyant ! Si vous
saviez combien chétif, combien vulgaire, combien grossier me paraît mon pauvre abbé Jules, à côté de votre fou, à côté
de Muichkine, de Lebedeff et de Rogojine ! J’en ai l’absolu dégoût ! Je ne puis pas lui donner une âme, une pensée, je
ne puis que l’affubler de gestes, plus ou moins imbéciles. Et je sens qu’il en sera ainsi, toujours, de tous les
personnages que je créerai ! Allez, je donnerai les vingt éditions du Calvaire pour un seul volume de L’Inconnu ! » (op.
cit., p. 685).
5
« Les mémoires d’un fou » sont mis en abyme dans le récit d’un narrateur premier, un journaliste qui travaille à
une étude sur « les raisons des fous ».
une singulière ampleur de pensée, et une étonnante, j’allais dire déroutante, puissance d’accent.
Tous les phénomènes intimes et sociaux au milieu desquels l’homme se meut, indifférent et
aveugle, et d’où découlent ses plus ordinaires actions, ses sentiments les plus simples, y sont
étudiés, mis en relief, dans d’inoubliables scènes, par quelqu’un à qui tout semble être connu des
faiblesses, des tristesses, des souffrances humaines. L’amour, l’amitié, le mariage, le plaisir, y sont
évoqués avec une telle intensité de vision que le malaise vous saisit et que des frissons vous
viennent. Mais est-ce bien un fou que ce fou, cruel et tendre, qui regarde la vie avec des yeux si
clairvoyants6, qui enfonce au cœur de l’humanité de si effrayants coups de sonde, dont la sensibilité
suraiguë couvre d’un doux voile de pitié la férocité de ces constatations ?
Est-il fou, celui qui a de ces franchises terribles, de ces doubles vues surprenantes, de ces
conceptions grandioses, auxquelles l’esprit d’un sage, suivant la sagesse du monde, ne saurait
jamais atteindre ? M. Paul Hervieu laisse volontairement planer un doute sur l’état cérébral de son
héros7, mais l’on sent qu’il a pour lui de fortes tendresses. Nous aussi, nous l’aimons, ce fou ou ce
sage, aux rêves magnifiques et désenchanteurs ; nous l’aimons à cause de l’acuité, du raffinement
suprême de son intelligence et de la douloureuse commisération dont son cœur est plein pour la
fatalité de nos passion. Et, à mesure que nous pénétrons dans le vague lumineux de son âme, sa
folie ne nous apparaît plus que comme la grandissime démesure de ses facultés affectives et de ses
facultés pensantes. Combien, d’ailleurs, dans la triste ignorance où nous sommes de nous-mêmes,
passent pour fous parce qu’ils sont supérieurs à la vie et que notre raison, chargée de mensonges, ne
peut se hausser jusqu’à la lumière inaltérable de leur esprit !
Parmi tous les épisodes de L’Inconnu, il en est deux qui donneront, bien que brièvement
racontés, une légère idée de l’élévation inaccoutumée de cette œuvre admirable : le mariage du fou,
et ses réflexions sur la mort8. Ce sont là des pages de la plus rare et de la plus étreignante beauté.
Le fou a longtemps marché à travers des pays inconnus ; il a remonté des fleuves jusqu’à
leur source, fuyant la vie, fuyant les hommes, emporté par l’ivresse de l’oubli, dans les solitudes et
les silences. Puis, un jour, écrasé de fatigue, il s’est laissé tomber sur la terre, au pied d’une roche, et
il s’est endormi. Au matin, il se réveille et il voit le soleil se lever, éblouissant comme un incendie,
sur les montagnes qui l’entourent. Tout à coup un vieillard vient vers lui. Il est vêtu de peaux de
bêtes et semble plus vieux que les siècles. Le vieillard lui parle et le fou semble reconnaître cette
voix, quoiqu’il ne l’ait jamais entendue.
– Je t’attendais, lui dit-il, et tu as déjà bien tardé, car je vais t’unir à la vierge que je te
destine depuis l’éternité. Je l’ai formée pour toi ; elle est belle et pure, et son cœur a toutes les
vertus de la femme. Son teint est fait du lait de nos brebis ; les fraises de nos montagnes ont donné à
ses lèvres leur éclat et leur saveur. Elle t’attend.
Le vieillard appelle sa fille, qui se dirige vers le fiancé, rougissante, curieuse, et
coquettement parée de fleurs d’edelweiss.
Et debout, au bord d’un trou creusé à la mesure de son corps, le vieillard bénit les deux
époux qui s’en vont, aussitôt, et descendent, courant et chantant, la pente gazonnée du coteau.
L’homme, pris d’un remords, s’est détourné un instant, et il a vu le vieillard, les bras en avant,
s’abattre dans sa tombe que la terre recouvre.
– Revenons vers lui, dit-il.
Mais la femme l’entraîne… Et tous deux continuent à redescendre la montagne , les yeux
fixés vers un lointain plein d’énigmes…
Le fou est tombé en catalepsie. On le croit mort, et on le couche sur son lit, dans sa chambre
transformée en chambre mortuaire. Lui aussi est persuadé qu’il est mort, et il s’étonne, bien qu’il ait
6
C’est la thèse du narrateur : « Il n’y a, en somme, que soi de sensé pour chacun » (pp. 2-3). Comme le prince
Mychkine de L’Idiot et l’abbé Jules, héros éponyme du roman de Mirbeau, celui qui passe pour fou est en mesure, à
l’instar de l’artiste, de voir et de sentir ce que les autres ne voient pas et ne sentent pas. Sur ce thème, voir supra l’article
consacré à Tolstoï et intitulé « Un fou » (texte 73).
7
Le doute est d’autant plus fort que, dans son récit, il est difficile de faire le départ entre ce qui a été rêvé, ce qui
est le produit d’hallucinations, et ce qui a été effectivement vécu.
8
Sur cet épisode, voir les pages 133 et suivantes du roman. Dans son résumé, Mirbeau prend quelques libertés
avec le texte original.
senti la vie quitter ses veines, abandonner ses membres glacés, il s’étonne de voir, de sentir et
d’entendre. Il remarque même que ses sens acquièrent une perception plus délicate, et il jouit
infiniment de son état. Aucun détail triste ou gai, qui accompagne les apprêts de son
ensevelissement, ne lui échappe. Il s’amuse de la comédie de la douleur à laquelle se livrent ses
amis et ses serviteurs. Mais voilà qu’on vient troubler sa béatitude. Il voyait, et on lui ferme les
yeux ; il aspirait de grisantes odeurs de fleurs et le parfum proche d’un éventail, et on lui rapproche
les narines, en les pinçant avec brutalité ; il entendait d’exquises musiques, et on lui applique une
mentonnière qui lui bouche les oreilles. Alors il se révolte contre la barbarie avec laquelle on traite
les pauvres morts, et il les plaint de toute sa pitié. Il voudrait, puisque les morts voient, sentent et
entendent, que, dans les chambres où ils reposent, immobiles et refroidis, on disposât des objets
agréables et chers, des fleurs, des orchestres… Aussi, quand il se réveille, il va dans les maisons où
sont des morts, et il les incite à la révolte.
On ne peut se rendre compte, par ce court abrégé, de l’absolue beauté de ce chapitre.
J’affirme que jamais on n’a rien écrit de plus superbe sur la mort.

Toutes les qualités d’observation amère et profonde en germe dans Diogène le chien, la
grandeur épique qui animait L’Alpe homicide, la psychologie inquiétante et visionnaire qui donnait
aux Yeux verts et aux Yeux bleus9 un accent d’originalité si intense, tout cela éclate, florit, s’épanouit
dans L’Inconnu, un maître livre qui marque, dan la littérature d’aujourd’hui, le commencement
d’une évolution nouvelle et féconde10.
Le Gaulois, 24 juin 1887

9
Sur Diogène le chien, voir supra l’article du 17 novembre 1883 (texte 24), note 2. Sur L’Alpe homicide, voir
supra « Les Conteurs » (texte 62). Les Yeux verts et les yeux bleus est une longue nouvelle qui sert de titre à un recueil
paru en 1886 chez Lemerre. Il comprend également « La Sagesse de Koukourounou », fantaisie coloniale, « Mon ami
Lionel », « Simple soirée, nuit étrange », « Riri », « Les Deux légionnaires », « Impasse Ugène », « Tom Bred et John
Bred ». Lors de la sortie du volume, Mirbeau a rédigé un compte rendu et l’a expédié à Arthur Meyer, qui ne l’a pas
publié dans Le Gaulois. Le 14 novembre 1886, il écrivait à Hervieu : « […] j’ai relu vos Yeux verts !... C’est admirable,
vous descendez dans la vie profonde, dans la vie mystérieuse, si avant que vous m’avez procuré la sensation du vertige.
Vous plongez dans les gouffres de l’âme humaine, ce qui vaut mieux que de s’élever dans l’air avec des ailes courtes ;
et, d’un coup d’aile, vous voilà dans l’azur. Et puis j’admire votre style, qui n’est jamais pareil... Vous avez des mots
différents pour exprimer les choses » (op. cit., pp. 602-603).
10
Dès le lendemain, Hervieu remerciera son ami avec effusion : « Je ne l’avais pas deviné, je ne l’aurais pas
soupçonné, quelque confiance que j’aie, mon bien cher ami, dans votre tendresse, quelque immense idée que je m’en
fasse, je ne pouvais encore en savoir l’étendue et la profondeur. Votre bonté a été jusqu’à l’extrême partialité, jusqu’à
l’excessive témérité, jusqu’à la folie, votre chère folie ! Et vous avez mis tant de talent à être partial, à être téméraire
dans votre amitié, que je crois que cela finira par être avalé, mâché, à Tortoni. Je vous remercie du plus intense de mon
être. Vous m’avez encore fait sentir une de ces émotions qui ne se disent pas, indéfinissables et profondes, comme celles
des drames de Lourcine [allusion à un récit d’Edgar Poe]. Vous étiez la splendeur de la bienfaisance, après celle de
l’atroce. Ne croyez pas, mon cher Mirbeau, que ce soit le réclamier qui exulte chez moi. Non pas, c’est uniquement
l’ami, l’ami de toujours. Merci, merci, merci, pour tout ce que vous avez conçu à dire de mon ouvrage, en dehors et au-
dessus de lui. Merci des violences si douces que vous avez faites à ma conscience éperdue. Ah ! merci. » (collection
Pierre Michel ; cité dans la Correspondance générale de Mirbeau, tome I, p. 673). De nouveau, Arthur Meyer avait
commencé par refuser l’article de Mirbeau, et n’a fini par l’accepter que parce que le critique menaçait de démissionner.