COMITÉ DE RÉFLEXION SUR LE PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION

Rapport au Président de la République
Décembre 2008
3
Sommaire
Sommaire
Avant-Propos 5
Introduction 7
1. Constitution et Préambule 9
2. Le Préambule de la Constitution de 1958 11
Première partie
La doctrine du comité 19
A. Principe n
o
 1 : respecter l’héritage constitutionnel français 21
1. La richesse de l’héritage 21
2. La préservation de l’héritage 25
B. Principe n
o
 2 : assurer l’intangibilité de l’œuvre
constitutionnelle récente 26
C. Principe n
o
 3 : ne suggérer d’enrichissement du Préambule
que s’il présente sans conteste un effet utile 27
1. Le refus d’inscrire des dispositions de portée purement symbolique 28
2. Le refus de codifier la jurisprudence constitutionnelle 30
D. Principe n
o
 4 : conserver à l’intervention du pouvoir
constituant sa valeur d’ultime recours 34
Deuxième partie
Les réponses du comité 37
A. L’ancrage européen de la République 39
1. Inscrire une nouvelle référence générale à l’ordre juridique
européen ? 40
2. Inscrire une référence spécifique aux traités internationaux et
européens de protection des droits fondamentaux ? 45
B. La parité entre les hommes et les femmes 48
1. La situation avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 48
2. L’intervention du pouvoir constituant 51
C. Diversité, action positive, égalité des chances 52
1. La prohibition des discriminations fondées sur l’origine, la race
ou la religion 53
4
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

2. L’importance des marges de manœuvre offertes par le cadre
constitutionnel actuel pour mettre en œuvre des politiques d’action
positive 57
3. Le renoncement à la voie constitutionnelle au profit
du développement des politiques concrètes d’action positive 61
D. Le pluralisme des courants d’expression et des médias 64
1. L’état du droit avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 64
2. L’intervention du pouvoir constituant 68
E. Le respect de la vie privée et la protection des données
personnelles 69
1. La problématique 69
2. Constitutionnalisation et effet utile 71
3. Constitutionnalisation et adaptabilité 74
F. La bioéthique 77
1. La richesse du corpus législatif et jurisprudentiel 78
2. La pertinence de la voie législative et jurisprudentielle 83
G. La reconnaissance du principe de dignité de la personne
humaine 85
1. Une présence juridique déjà généralisée et protéiforme 86
2. Un contenu multiple et incertain 92
3. L’opportunité d’une constitutionnalisation sélective et maîtrisée 95
Conclusion 97
Annexes 103
Annexe 1
Décret n° 2008-328 du 9 avril 2008 portant création d’un
comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution 105
Annexe 2
Le Préambule de la Constitution de la V
e
 République
dans sa rédaction aujourd’hui en vigueur 107
Annexe 3
Liste des personnalités entendues 113
Annexe 4
Compte rendu des interventions des personnalités
auditionnées 115
Annexe 5
Rappel des principes de valeur constitutionnelle
dégagés par la jurisprudence en matière de droits
et libertés 195
5
Avant-propos
Avant-propos
La réfexion qu`avec les autres membres du comité le Président de la République
m`a demandé de conduire sur le Préambule de la Constitution était diIfcile ; elle
soulevait des questions d`une tres grande complexité sur le plan juridique, d`une
grande sensibilité sur le plan politique, de grande importance sur le plan social.
Elle a été riche, dense et utile.
Avec l`ensemble des membres du comité que je tiens a remercier tres vivement,
nous avons beaucoup écouté, beaucoup réféchi, et même beaucoup évolué par
rapport a ce que pouvaient être les positions initiales des uns et des autres.
Le rapport exprime fnalement une approche consensuelle en notre sein. Chacun
a Iait des pas vers les autres. C`est le cas par exemple sur la reconnaissance du
principe de dignité de la personne humaine, a laquelle j`étais personnellement
tres attachée mais ou d`autres voyaient un danger d`atteinte a la liberté indi-
viduelle. Nous avons trouvé les bases d`un compromis qui a satisIait tous les
membres du comité et traduit un véritable équilibre.
Pour le reste, le rapport a retenu une approche que d`aucuns trouveront sans
doute trop prudente. Cela mérite quelques mots d`explication.
Chacun a d`abord en mémoire que la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008
a devancé les propositions du comité sur plusieurs sujets. Je pense, par exemple,
a la reconnaissance constitutionnelle expresse de la liberté et du pluralisme des
médias ; je pense aussi a la parité entre les Iemmes et les hommes, qui me tenait
particulierement a cour lorsque j`ai accepté cette mission, et dont je suis heu-
reuse que le constituant ait d`ores et déja décidé de l`étendre au-dela du monde
politique.
Quant aux autres themes, le rapport montre clairement que le comité n`a mis
en doute aucun des objectiIs poursuivis par la lettre de mission qui lui avait été
adressée, et évidemment pas l`égalité des chances. Mais la question qui lui était
posée était de savoir si la voie constitutionnelle était la plus eIfcace, la plus
directe, la plus nécessaire pour les atteindre. C`est a celle-la seulement que le
rapport conclut par la négative.
Qu`il me soit permis, en cet instant, de remercier le Président de la République
d`avoir eu le courage d`engager cette démarche et de nous avoir témoigné sa
confance en nous confant cette mission. Celle-ci nous a conduits, comme
6
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

sans doute désormais beaucoup de lecteurs, a redécouvrir le Préambule de la
Constitution. L`urgence est moins a le compléter qu`a en exploiter les richesses
par des politiques ambitieuses, actives et concretes. Ma conviction proIonde est
celle qu`exprime la conclusion du texte qu`on va lire : celui-ci aura atteint l`un
de ses buts essentiels « s’il est lu non pas comme le constat d’une impossibilité
de faire progresser la France sur le chemin du droit et de l’égalité, mais bien
comme un encouragement à faire qu’elle y avance ».
Paris, le 26 janvier 2009
Simone Veil
Presiaente au comite ae reßexion sur le Preambule ae la Constitution
7
Introduction
Introduction
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la sépa-
ration aes pouvoirs aeterminee, na point ae Constitution » : si, des la fn du
XVIII
e
siecle, l`article 16 de la Déclaration des droits de l`homme et du citoyen a
défni ce qu`est une Constitution, ce n`est qu`au milieu du XX
e
siecle que ce texte
a acquis sa pleine dimension.
Longtemps en eIIet, la Constitution n`a été envisagée en France que comme
l`ensemble des normes juridiques régissant l`organisation des pouvoirs publics
et c`est seulement lorsque le Conseil constitutionnel a conIéré valeur constitu-
tionnelle aux dispositions de la Déclaration de 1789 et a celles du Préambule de
1946 que les droits et libertés énoncés dans ces textes (d`aucuns fgurent dans le
corps même de la Constitution) et réduits jusqu`alors a l`état de demi-sommeil
juridique ont Iait partie intégrante de la vie de nos concitoyens : la Constitution-
charte des droits et libertés s`est alors élevée au niveau de la Constitution-
séparation des pouvoirs.
Cette véritable révolution dans le droit constitutionnel Irançais a produit une
rupture d`autant plus Iorte qu`elle a eu pour eIIet de Iaire entrer dans le « bloc
de constitutionnalité » des principes proclamés en 1789 et en 1946, plus géné-
raux ou moins précis que ceux qui fgurent dans le texte de la Constitution de
1958 proprement dite et autorisant donc au juge de la rue Montpensier ou plu-
tôt exigeant de lui davantage de créativité dans l`interprétation des normes de
réIérence. Le juge constitutionnel a été ainsi amené, a travers le contrôle de
constitutionnalité des lois, a Iormuler les principes constitutionnels qui Iondent
celles-ci, tout en n`hésitant pas a découvrir lui-même de nouveaux principes, en
symbiose avec l`évolution de la société, exprimant ainsi une certaine « idée de
droit », selon le mot célebre de Georges Burdeau.
Au lendemain de son élection, prenant acte des changements et des transIorma-
tions survenus dans le monde et la société Irançaise depuis un demi-siecle, le
Président de la République décidait d`engager une réfexion approIondie, d`une
part sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, d`autre part sur
la consécration ou la réaIfrmation de valeurs Iondamentales, maniIestant sa
volonté que « notre Constitution soit a nouveau en avance sur son temps
1
».
(1) Intervention du Président de la République devant la presse au palais de l`Elysée, 8 janvier
2008.
8
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Les travaux du comité présidé par M. Edouard Balladur, auquel avait été confé,
par décret du 18 juillet 2007
1
, le soin d`émettre des propositions sur le premier
point, ont conduit a l`importante réIorme institutionnelle votée le 21 juillet 2008
par le Parlement réuni en Congres a Versailles
2
.
La mission confée quelques mois plus tard au comité présidé par M
me
Simone
Veil
3
était d`une autre nature : certes, les droits des gouvernés cohabitent avec
les droits des gouvernants a l`intérieur d`un même ensemble et la conception
d`une société quant a ses valeurs proIondes rejaillit nécessairement sur l`organi-
sation des pouvoirs publics, mais il s`agit ici de déterminer, ainsi que l`a précisé
le Président de la République, « les libertés fondamentales reconnues à tout indi-
vidu sur le sol de la République et le socle des valeurs dans lesquelles chacun de
nos concitoyens peut se reconnaître », c`est-a-dire « des principes qui, au fond,
aehnissent liaentite republicaine, aisent ce que nous sommes et vers quoi nous
voulons aller » ; en d`autres termes, tout ce qui ressortit a l`individu en sa double
qualité de personne humaine et de citoyen de la République.
Trois themes Iormulés sous Iorme de questions se posant « avec une particu-
lière acuité » ont été proposés au comité de réfexion sur le Préambule de la
Constitution :
Doit-on permettre au législateur de mieux garantir l`égal acces des Iemmes et
des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphere politique ?
Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de Ionder, au-dela
de l`évolution des techniques, notre approche des problemes liés a la bioéthique ?
Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d`intégration valorisant
davantage la diversité de la société Irançaise pour Iavoriser le respect eIIectiI du
principe d`égalité ?
Quatre autres themes lui ont été suggérés :
la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine,
le pluralisme des courants d`expression et des médias,
le respect de la vie privée et la protection des données personnelles,
l`ancrage européen de la République.
L`examen de ces sujets tres divers et empreints de modernité imposait préala-
blement au comité, qui, prenant part a l`histoire constitutionnelle Irançaise, se
devait de tourner son regard vers le passé, mais aussi, et peut-être davantage
encore, vers l`avenir, de délimiter tres exactement et tres précisément le contexte
dans lequel s`inscrivait son action.
A cette fn, il devait d`abord mener une réfexion sur la notion même de Préambule,
en particulier sur ses rapports avec la Constitution, sur sa signifcation et sur sa
valeur juridique, y compris a la lumiere de quelques exemples étrangers (1).
Il devait ensuite, s`intéressant au Préambule de la Constitution du 4 octobre
1958, en examiner la méthode d`élaboration et le contenu, ainsi que les précé-
dentes tentatives de réIorme (2).
(1) Décret n
o
2007-1108 du 18 juillet 2007.
(2) Loi constitutionnelle n
o
2008-724 du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la
V
e
République.
(3) Décret n
o
2008-328 du 9 avril 2008 (annexe 1).
9
Introduction
1. Constitution et Préambule
Un préambule, c`est, selon le Littré, « ce qui s’écrit ou ce qui se dit avant de
commencer quelque chose, et qui en est comme l’introduction, pour préparer
le lecteur ou l’auditeur à ce qui doit suivre » et, selon le Robert, « ce dont on
fait preceaer un texte ae loi pour en exposer les motifs, les buts » ou encore
« un expose aintentions prealable a un aiscours, a un ecrit ». Sous cet angle, le
Préambule d`une Constitution s`inspire d`une démarche littéraire.
Mais le Préambule d`une Constitution, dans sa spécifcité Irançaise, peut être
davantage qu`une introduction a la loi Iondamentale : ce peut être aussi un texte
en soi, qui énonce les principes et les droits des personnes. Préambule se conIond
plus ou moins, alors, avec Déclaration des droits.
A cet égard, les quinze Constitutions dont s`est dotée la France au cours d`une
période longue de deux cent dix-sept années nous oIIrent un panorama varié :
en 1791, la Déclaration des droits de l`homme et du citoyen du 26 août 1789 est
placée avant la Constitution qui comporte par ailleurs un Préambule innommé ;
en 1793 et en 1795, une déclaration des droits (et des devoirs) de l`homme et
du citoyen insérée au sein de la Constitution tient lieu de Préambule ; en 1814,
en 1815 et en 1852, c`est un exposé des motiIs ou « proclamation » qui vaut
Préambule ; en 1848, en 1946 et en 1958, le Préambule, expressément désigné
comme tel, correspond a une déclaration de principes et de droits.
Quelle est alors la signifcation d`un Préambule constitutionnel lorsqu`il s`agit
d`autre chose que d`un simple exposé des motiIs de la Constitution ?
Il n`est pas besoin d`insister sur l`importance des déclarations des droits dont
l`origine s`explique par des raisons historiques. Elles traduisent avant tout la
place croissante de l`individu auquel des libertés politiques et individuelles
sont progressivement octroyées Iace a l`Etat
1
.
Plus importante, pour ce qui concerne le présent rapport, est l`évolution de leur
valeur juridique.
Sous la IV
e
République, la Déclaration des droits était, en dépit d`une doctrine
partagée, considérée tant par le juge administratiI que par le juge judiciaire
comme un ensemble de regles juridiquement obligatoires mais ne s`imposant
pas a la loi : comme pour la Constitution proprement dite, sa violation était
certes sanctionnée, mais seulement lorsque celle-ci résultait d`un acte adminis-
tratiI
2
et non d`une loi, réputée exprimer la volonté générale
3
.
(1) Le destin de la Déclaration de 1789 est, au demeurant, assez remarquable a cet égard : placée
en tête de la Constitution de 1791, elle disparaît presque aussitôt avant d`être ressuscitée par la
Constitution de 1946 et reprise par celle de 1958, apres avoir largement inspiré la Déclaration uni-
verselle des droits de l`homme de 1948.
(2) Voir notamment CE, Ass., 11 juillet 1956, Amicale des Annamites de Paris, Rec. p. 317, a
propos de la liberté d`association.
(3) CE, Section, 6 novembre 1936, Arrighi, Rec. p. 966.
10
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Sous la V
e
République, il en Iut ainsi tant que le Conseil constitutionnel, nou-
vellement chargé du contrôle de constitutionnalité des lois, se limita au rôle,
assigné par la Constitution de 1958, d`organe régulateur de l`activité des pou-
voirs publics : sa mission était cantonnée a l`examen de la répartition de leurs
compétences. Mais il en Iut autrement lorsque le Conseil aIfrma son indé-
pendance en revendiquant un rôle de protecteur des libertés publiques et en
opérant a cette fn ce que certains sont allés jusqu`a appeler un « coup d’État
de droit » : mettant un terme a plusieurs controverses doctrinales et confrmant
une jurisprudence du Conseil d`Etat du 12 Iévrier 1960
1
, il intégra, de manière
globale, par sa décision Liberté d’association du 16 juillet 1971
2
, le Préambule
de la Constitution de 1958 aux normes de réIérence du contrôle de constitution-
nalité. Cette jurisprudence s`applique tout a la Iois a la Déclaration de 1789
3
,
au Préambule de 1946
4
et a la Charte de l`environnement de 2004
5
, tous ces
éléments Iaisant partie, avec le texte de la Constitution proprement dite, de ce
qu`il est désormais convenu d`appeler le bloc de constitutionnalité. La décision
de 1971
6
, qui a marqué le véritable acte de naissance de l`institution et qui n`a
jamais été remise en cause par le constituant, devait ouvrir la voie, peu de temps
apres, a l`élargissement de la saisine du Conseil a soixante députés ou soixante
sénateurs par la loi constitutionnelle du 29 octobre 1974 et, tres récemment, a
l`exception d`inconstitutionnalité reconnue aux justiciables par la loi constitu-
tionnelle du 23 juillet 2008.
En vertu de cette décision Iondatrice, toutes les regles énoncées dans le
Préambule ont donc une égale valeur constitutionnelle et sont réputées, par
la même, ne pouvoir être hiérarchisées entre elles, de sorte qu`elles doivent
Iaire l`objet d`une conciliation permanente puisque les éventuels confits de
normes ne peuvent être résolus en Iaisant prévaloir telle ou telle au prétexte,
par exemple, de son caractere plus récent.
(1) CE, Section, Société Eky, Lebon, p. 101, a propos du principe de légalité des délits et des
peines issu de l`article 8 de la Déclaration de 1789, dont le Conseil d`Etat a jugé qu`il s`imposait a
l`autorité administrative.
(2) CC, 16 juillet 1971, n
o
71-44 DC, Loi complétant les dispositions des articles 5 et 7 de la loi du
1
er
juillet 1901 relative au contrat d’association, JO du 18 juillet 1971, p. 7114.
(3) CC, 27 décembre 1973, n
o
73-51 DC, Loi ae hnances pour 1974, JO du 28 décembre 1973,
p. 14004.
(4) CC, 16 juillet 1971, préc. note 2.
(5) CC, 28 avril 2005, n
o
2005-514 DC, Loi relative à la création du registre international français,
JO du 4 mai 2005, p. 4702 ; CC, 7 juillet 2005, n
o
2005-516 DC, Loi ae programme hxant les orien-
tations de la politique énergétique, JO du 14 juillet 2005, p. 11789 ; CC, 19 juin 2008, n
o
2008-564
DC, Loi relative aux organismes genetiquement moaihes, JO du 26 juin 2008, p. 10228.
(6) Certes, par une décision du 19 juin 1970 (n
o
70-39 DC, JO du 21 juin 1970, p. 5806), le
Conseil constitutionnel avait déja consacré la valeur juridique du Préambule de la Constitution
de 1958, mais la décision Liberté d’association est « celle qui le fait de la manière la plus écla-
tante, et à l’égard d’une loi et non plus d’un traité, » et, « surtout », elle « explicite la reference au
Préambule » (Louis Favoreu et Loïc Philip, Les Granaes Decisions au Conseil constitutionnel,
14
e
édition, 2007, p. 245).
11
Introduction
Le Préambule à la française présente ainsi une spécifcité marquée par rap-
port a ceux, plus classiques, d`autres démocraties
1
. Si le positionnement de la
plupart des droits et libertés dans le Préambule et non dans le corps même de
la Constitution représente davantage une diIIérence de Iorme que de Iond, il a
indéniablement eu pour conséquence de retarder la consécration de leur valeur
constitutionnelle et de leur opposabilité au législateur. La V
e
République allait
heureusement Iournir un terreau Iavorable.
2. Le Préambule de la Constitution
de 1958
La France a une histoire constitutionnelle pour le moins mouvementée : c`est
sans doute le pays qui, depuis la Révolution, a connu le plus grand nombre de
Constitutions, une tous les quatorze ans en moyenne.
La Constitution de 1958, si elle a certes été révisée a diverses reprises, est celle
qui peut se targuer de la plus importante longévité apres celle de 1875, elle aussi
modifée plusieurs Iois.
Généralement, une Constitution, Iaisant table rase du passé, s`inscrit en réaction
par rapport a la précédente : la Constitution de 1958 a ainsi répudié celle de 1946
qui avait elle-même rejeté celle de 1875 (le gouvernement de Vichy mis a part).
Mais, s`agissant des droits Iondamentaux, c`est une autre option qui a été prise :
le constituant de 1958 a délibérément choisi la voie de la sédimentation
2
plutôt
que celle de la réaction, la raison tenant sans doute a une certaine vision de
l`histoire dans les démocraties occidentales, suivant laquelle un droit nouveau
est toujours censé représenter un progrès, s`ajouter a ce qui précede plutôt que
(1) En République Iédérale d`Allemagne, le Préambule de la Loi Iondamentale du 23 mai 1949
constitue une simple introduction placée avant un titre consacré aux « aroits fonaamentaux ». En
Espagne, la Constitution du 29 décembre 1978 est précédée d`un Préambule consistant en une
proclamation de la nation espagnole et débute par un titre intitulé : « Des droits et des devoirs fon-
aamentaux ». En Italie, la Constitution du 27 décembre 1947 ne contient pas de Préambule : elle
débute directement par un énoncé de « principes fonaamentaux », suivi d`une premiere partie sur
les « droits et devoirs du citoyen ». En Belgique, il en est de même : la Constitution du 17 Iévrier
1994 comprend un titre II intitulé : « Des Belges et de leurs droits ». En Suisse, il en est également
ainsi : la Constitution Iédérale du 18 avril 1999 contient un titre II intitulé : « Droits fonaamentaux,
citoyennete et buts sociaux ». En Angleterre, ce qui s`apparente a la Constitution est composé, d`une
part, de textes multiples dont le plus ancien est la Magna Carta de 1215 et dont le plus célebre est
peut-être l`Habeas Corpus Act de 1679, d`autre part, de conventions a l`origine des institutions
actuelles, le mouvement Iavorable a l`adoption d`une déclaration des droits sur le modele de celles
qui accompagnent les Constitutions écrites demeurant minoritaire en Angleterre ou un tel modele
est perçu comme incompatible avec le principe de souveraineté du Parlement. Le Human Rights Act
de 1998 est considéré comme le premier texte, depuis le Bill of Rights de 1688, a oIIrir une protec-
tion législative aux droits Iondamentaux. La Constitution des Etats-Unis du 17 septembre 1787 est
la Constitution écrite la plus ancienne. Mais ce sont les dix premiers amendements a la Constitution
(sur 27 a ce jour), adoptés en 1791, qui sont présentés comme la Déclaration des droits de ce pays et
qui, relatiIs a la condition des personnes, consacrent des droits de l`individu et des droits du citoyen.
(2) Jean et Jean-Eric Gicquel, Droit constitutionnel et institutions politiques, Montchrestien,
20
e
édition, 2005, p. 174.
12
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

le remplacer ou le limiter. Les réIormes constitutionnelles postérieures ont suivi
cette voie : jamais le constituant pas plus celui de 2008 que les précédents
n`est revenu sur un principe de valeur constitutionnelle
1
.
De prime abord, le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, composé de
deux alinéas, se présente comme un texte en retrait par rapport a ses prédéces-
seurs, de sorte qu`il a pu être qualifé de « préambule-croupion
2
». Et pourtant il
n`en est rien car, en 1958, le Préambule se réIere expressément a deux textes, la
Déclaration des droits de l`homme et du citoyen du 26 août 1789 et le Préambule
de la Constitution du 27 octobre 1946. A partir de 2005, il se réIérera a trois
textes, la Charte de l`environnement de 2004 s`ajoutant aux deux autres.
Le Préambule rédigé en 1958 n`énonce donc pas immédiatement de regles : il
en appelle a des textes antérieurs. Pourquoi en a-t-il été ainsi ? Il semble que le
constituant de 1958, « soucieux avant tout ae fonaer un regime politique efhcace,
s’est davantage préoccupé de restaurer l’autorité de l’État et du gouvernement
que de réécrire les droits de l’homme et du citoyen
3
». Ce qui a Iait dire a Georges
Burdeau, des le printemps 1959, que, « aans limmeaiat, la seule afhrmation
qu’autorise l’observation objective, c’est que le changement de régime se traduit
exclusivement par une moaihcation aes techniques gouvernementales » et que « ni
la philosophie sociale, ni l’idéologie politique antérieure n’ont été atteintes
4
».
Les trois textes qui composent le Préambule diIIerent par les circonstances his-
toriques de leur élaboration, mais surtout par leur inspiration. Comme on le
sait, la déclaration de 1789
5
est Iondamentalement imprégnée de libéralisme et
(1) Si d`aucuns considerent que la parité, introduite dans la sphere politique en 1999 puis dans le
champ proIessionnel et social en 2008, a Iait exception a cette regle en permettant des dérogations
au principe d`égalité dans sa conception traditionnelle, elle a été présentée par ses promoteurs, et
majoritairement perçue, comme le moyen de mieux le mettre en ouvre ou comme un nouvel éclai-
rage sur un idéal inchangé.
(2) V. Jean et Jean-Eric Gicquel, op. cit., p. 95.
(3) Simon-Louis Formery, La Constitution commentee article par article, Hachette supérieur,
11
e
édition, 2007-2008, p. 6.
(4) « La conception du pouvoir selon la Constitution du 4 octobre 1958 », Revue française de
science politique, mars 1959, p. 87.
(5) Evoqué seulement le 19 juin 1789, le principe d`une déclaration des droits de l`homme Iut
admis par l`Assemblée le 4 août et c`est a partir d`un projet collectiI élaboré en quelques jours
que la Constituante allait voter, article par article, du 20 au 26 août, la Déclaration des droits de
l`homme et du citoyen, renvoyant l`examen d`autres articles a la fn des travaux sur la Constitution :
ouvre collective de synthese, ce texte de plus de deux siecles qui nous régit encore et qui Iait
l`admiration des autres nations Iut, en son temps, considéré comme inachevé. Ainsi une motion
Mougins de RoqueIort du 27 août 1789 énonça-t-elle que : « L’Assemblée nationale décrète qu’elle
borne quant a present la Declaration aes aroits ae lhomme et au citoyen aux aix-sept articles
quelle a arrêtes et quelle va proceaer sans aelais a hxer la Constitution ae la France pour assurer
la prosperite publique, sauf a afouter après le travail ae la Constitution les articles quelle croirait
nécessaires pour compléter la déclaration. » De même, le député Bouche demanda le renvoi de
l`examen des articles additionnels apres la rédaction de la Constitution et proposa, afn de dissiper
toute ambiguïté : « L’Assemblée nationale reconnaît que la Déclaration des Droits de l’Homme et
au Citoyen nest pas hnie |.|, quelle va soccuper sans relache ae la Constitution , si, aans le
cours de sa discussion, il se présente quelque article qui mérite d’être inséré dans la Déclaration, il
sera soumis a la aeliberation, lorsque la Constitution sera terminee », ce qui Iut adopté. Cependant,
contrairement a la volonté des constituants, le cours de la Révolution voulut que la Déclaration
n`ait pas de suite. Sur ces aspects, v. Pierre Bercis, Guide des droits de l’homme. La conquête des
libertés, EDICEF, 1993, p. 37 et s.
13
Introduction
d`individualisme. Pour sa part, le Préambule de 1946 est « un discours juridique
de facture politique
1
», dont « l’ambition était tout à la fois de reconstruire la
République et de rendre la société plus juste et plus solidaire
2
». Son inspira-
tion est indéniablement plus collective et plus sociale. C`est qu`a l`époque, deux
données essentielles devaient être prises en compte : d`une part, « le phénomène
totalitaire qui impose le rappel des droits inaliénables et sacrés de l’homme » ;
d`autre part, « aes exigences sociales nouvelles qui imposent la consecration ae
principes nouveaux
3
».
C`est en se les appropriant ensemble que la Constitution de 1958 a opéré la syn-
these de ces deux courants. Sans aucun doute pour le meilleur. Comme l`écrit
M. Guy Carcassonne, « les aix-sept articles ae 1789, completes par les aix-huit
alineas ae 1946, qui eux-mêmes incorporent les principes fonaamentaux recon-
nus par les lois de la République, tiennent ainsi lieu de Déclaration des droits
et libertes, sufhsamment patines par le temps pour nêtre pas remis en cause,
sufhsamment eternels pour aemeurer moaernes, sufhsamment precis pour être
protecteurs et sufhsamment vagues pour se prêter aux evolutions que le progrès
a rendues nécessaires
4
|.| ».
Reste que l`ensemble ainsi constitué est apparu, au début des années 2000, man-
quer singulierement de portée écologique. Depuis quelque temps déja, le droit
international avait reconnu un certain nombre de principes et de droits contenus
désormais dans la Charte de l`environnement de 2004, adoptée par la loi consti-
tutionnelle du 1
er
mars 2005 a la suite des travaux de la commission présidée
par M. Yves Coppens. C`est, semble-t-il, la premiere Iois qu`un pays a adopté
un texte constitutionnel exclusivement dédié a la matiere. Mais, surtout, c`est
la premiere et, a ce jour, unique Iois qu`a l`occasion d`une dix-huitieme
réIorme constitutionnelle le Préambule de la Constitution de 1958 a subi une
modifcation sous la Iorme, en l`occurrence, d`une adjonction. Le constituant de
2005 a en eIIet employé la technique de son prédécesseur de 1958 : la Charte est
adossée au Préambule qui renvoie au contenu de ce texte. Mais il l`a Iait, cette
Iois, en parIaite connaissance de cause quant aux implications juridiques de ce
choix : il savait que, compte tenu de la décision du Conseil constitutionnel du
16 juillet 1971, la Charte entrerait de la sorte dans le bloc de constitutionnalité.
Il a, par la même, confrmé, si besoin était encore, la légitimité de cette décision.
Il Iaut noter enfn que le Préambule n`est pas tout : d`autres droits Iondamen-
taux sont inscrits dans le texte de la Constitution elle-même et non dans son
Préambule. L`article 1
er
de la Constitution, qui suit immédiatement le Préambule
et est placé avant le titre I
er
et dont le comité a estimé qu`il Iait intellectuellement
partie du Préambule, aIfrme l`unité et l`indivisibilité de la République, l`éga-
lité devant la loi sans distinction d`origine, de race ou de religion, ainsi que le
respect des croyances. Il consacre la parité dans le domaine politique et, depuis
(1) Genevieve Koubi, in Le Preambule ae la Constitution ae 1946. Antinomies furiaiques et
contradictions politiques, PUF, 1996, p. 9.
(2) Gérard Conac, « Le Préambule de la Constitution de 1946. Une genese diIfcile, un itinéraire
imprévu » in Le Preambule ae la Constitution ae 1946. Histoire, analyse et commentaires, sous la
direction de Gérard Conac, Xavier Prétot et Gérard Teboul, Dalloz-Sirey, 2001, p. 4.
(3) Jacques Chevallier, « Essai d`analyse structurale du Préambule » in Le Préambule de la
Constitution ae 1946. Antinomies furiaiques et contraaictions politiques, op. cit., p. 21.
(4) La Constitution, Seuil, « Essais », 2004, 6
e
édition, p. 39.
14
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, dans le domaine proIessionnel
et social
1
. L`article 2 reconnaît le pluralisme des opinions. L`article 66, repro-
duction abrégée de l`article 7 de la Déclaration de 1789, prohibe la détention
arbitraire.
Tel est donc le texte actuel sur lequel le comité devait réféchir. Chargé de pro-
poser d`éventuelles modifcations, il ne pouvait cependant ignorer que d`autres
tentatives de réIorme avaient été entreprises sous la V
e
République dans le
domaine des droits Iondamentaux constitutionnels. A s`en tenir aux initiatives
institutionnelles, par opposition a celles qui ont émané de la société civile
2
, deux
tentatives n`ayant pas abouti retiennent plus particulierement l`attention. Il Iaut
en outre tirer des enseignements du rapport déposé récemment par le comité
présidé par M. Edouard Balladur.
Ce Iut, en premier lieu, dans des circonstances tout a Iait diIIérentes (et, somme
toute, plus sereines : cette Iois-ci, nulle guerre civile, nul confit mondial...) de
celles qui avaient précédé la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946 que
Iut constituée le 20 décembre 1975 une commission spéciale présidée par Edgar
Faure.
Toutes les Iamilles politiques avaient paru ressentir le besoin d`adapter les regles
essentielles posées en 1789 et 1946 aux nouvelles problématiques de l`époque.
Ce besoin d`évolution avait suscité, dans le courant de l`année 1975, une forai-
son d`initiatives qui donnerent lieu a trois propositions de loi constitutionnelle
dont la commission spéciale Iut saisie. En septembre 1977, apres l`audition de
trente-sept personnalités, le président Edgar Faure et les rapporteurs Jean Foyer
et Charles Bignon voulurent donner une nouvelle impulsion a l`activité de la
commission et prirent l`initiative d`établir un document de travail qui, confrmant
et développant des principes déja admis par le droit positiI, mais proclamant en
outre des libertés nouvelles, servit de base a la derniere phase des travaux.
Il Iut alors décidé de conIérer valeur constitutionnelle a la proposition qui serait
déposée, d`une part, parce que le texte se présentait comme une déclaration
consacrant quelques principes essentiels et non comme une reIonte globale de la
législation sur les libertés publiques, d`autre part, parce que seraient ainsi don-
nés des Iondements plus sûrs aux décisions du Conseil constitutionnel dans son
appréciation de la constitutionnalité des lois.
Adoptant la suggestion de son président, la commission décida que les prin-
cipes contenus dans la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946 conser-
veraient leur valeur dans toutes celles de leurs dispositions qui n`étaient pas
contraires au texte proposé, celui-ci ne s`incorporant pas a la Constitution de
1958 mais prenant place a ses côtés dans la catégorie des normes s`imposant a
la loi ordinaire. Le 14 décembre 1977, deux ans apres sa création, la « commis-
sion spéciale des libertés » acheva ses travaux par l`adoption d`une proposition
de loi constitutionnelle sur les libertés et les droits de l`homme composée de
(1) La loi constitutionnelle n
o
99-569 du 8 juillet 1999 l`avait introduite dans le domaine politique
a l`article 3 de la Constitution ; la loi constitutionnelle n
o
2008-724 du 23 juillet 2008 l`a étendue a
la sphere proIessionnelle et sociale et a déplacé le tout a l`article 1
er
.
(2) Parmi lesquelles doit être signalé le texte élaboré a la fn des années 1990 par l`association
« Nouveaux Droits de l`homme », auquel de nombreux parlementaires avaient apporté leur soutien.
15
Introduction
trois titres : la Iraternité, l`égalité, la liberté. Cependant, ce texte tres riche ne
Iut jamais présenté a l`Assemblée nationale, en raison du reIus exprimé par les
partis de gauche de le voter.
La proposition de loi constitutionnelle de 1977 traitait de certaines questions
aujourd`hui soumises a la réfexion du comité. On y releve notamment :
sur la diversité, le droit a la diIIérence et l`égalité des chances :
· article 12 : « La République française, une et indivisible, reconnaît et protège
la aiversite aes cultures, aes mæurs, et aes genres ae vie. Chacun a le aroit
d’être différent et de se manifester comme tel » ;
· article 37 : « La culture, indissociable de la liberté, tend à assurer, dans le
respect du droit à la différence, la plénitude de la vie personnelle et le dévelop-
pement des relations entre les hommes. Elle doit être offerte à tous » ;
· article 14 : « Tous les citoyens sont egaux aevant la loi, la fustice et le ser-
vice public, sans distinction d’origine, d’opinion, de croyance ou de situation
sociale. L’organisation de la société tend à assurer l’égalité des chances et des
conditions » ;
sur l`égalité entre les hommes et les Iemmes : article 15 : « La femme et
lhomme aisposent ae aroits egaux. Toute aiscrimination qui viole ce principe
est réprimée par la loi »
1
;
sur le principe de dignité :
· article 17 : « Les travailleurs manuels et intellectuels sont egaux en aignite
et disposent des mêmes droits. Toute discrimination à l’égard des jeunes tra-
vailleurs, qu’ils soient engagés dans la vie professionnelle ou étudiants, est
prohibée » ;
· article 33 : « Tout homme a le aroit aexercer un travail librement accepte en
vue aassurer son existence et sa aignite |...| » ;
sur le droit a la vie et a l`intégrité : article 20 : « Tout homme a droit à la vie et
à l’intégrité physique et morale »
2
;
sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles :
article 23 : « Tout homme a droit à la protection de sa vie privée. La loi assure
notamment cette protection contre les dangers que peut comporter l’emploi de
l’informatique ainsi que des techniques de collecte, conservation et utilisation
d’informations » ;
sur le pluralisme des moyens d`expression et des médias :
· article 28 : « Toute personne a le droit de rechercher, de recevoir et de
repanare informations et iaees par tout moyen ae son choix. La Republique
assure, dans les conditions compatibles avec la sécurité et l’ordre publics, l’ac-
cès aux aocuments aaministratifs » ;
· article 38 : « La raaioaiffusion et la television exercent une mission ae service
public. Elles sont tenues d’assurer l’information dans un esprit d’objectivité et
(1) La commission avait rejeté une proposition et un amendement ainsi rédigés : « La République
prend les mesures nécessaires pour éliminer les inégalités et assurer la promotion de la femme » ;
« L’État doit prendre toutes les mesures pour appliquer effectivement ce principe. »
(2) La commission avait rejeté une proposition d`un député ainsi rédigée : « Toute action visant à
moaiher le patrimoine genetique est interaite. »
16
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

ae garantir lexpression et la confrontation aes courants aopinion. Le aroit
de réponse est garanti. La liberté de la presse est un droit fondamental. La loi
assure son exercice effectif. Un statut aes fournalistes garantit leur liberte ae
conscience. »
Autre initiative, le 15 Iévrier 1993, le comité consultatiI pour la révision de la
Constitution institué par un décret du 2 décembre 1992 et présidé par Georges
Vedel remit un rapport au Président de la République. Dans une troisieme partie,
intitulée « Un citoyen plus present », ses auteurs exposerent, alors d`ailleurs que
la question n`avait pas été soulevée par la lettre de mission que leur avait adres-
sée le Président de la République de l`époque, que « la consécration constitution-
nelle ae certains aroits nouveaux parait très opportune eu egara aux conaitions
d’évolution de la société française ». Deux dispositions fgurant dans ce rapport
méritent d`être évoquées ici :
· proposition 32 (ajout d`un alinéa a l`article 66 de la Constitution) : « Chacun a
droit au respect de sa vie privée et de la dignité de sa personne
1
» ;
· proposition 33 (ajout d`un alinéa a l`article 4 de la Constitution) : « La liberté
et le pluralisme de la communication sont des conditions essentielles de la démo-
cratie. Un organisme inaepenaant aont la composition et les missions sont hxees
par une loi organique veille à leur respect dans le domaine de la communication
audiovisuelle. Ses décisions sont soumises au contrôle du juge. Il présente au
Parlement un rapport annuel sur son activité
2
».
Quant au comité présidé par M. Edouard Balladur, dont au demeurant la lettre de
mission n`évoquait pas la question, il a, dans le rapport qu`il a remis au Président
de la République le 29 octobre 2007, envisagé mais écarté l`idée de proposer
de son propre cheI des modifcations au Préambule de la Constitution. Parce
que sa composition n`avait pas été conçue en Ionction de cette tâche et parce
que les délais lui étant impartis ne lui permettaient pas de procéder aux audi-
tions qui auraient été nécessaires pour Iaire émerger un consensus en son sein,
il s`est abstenu de Iormuler toute proposition en la matiere
3
. C`est, au demeu-
rant, éclairé par ces considérations que le Président de la République a décidé,
quelques semaines plus tard, d`instituer un autre comité spécialement chargé de
réféchir a ces questions.
Pour autant, la réIorme institutionnelle votée le 21 juillet 2008, inspirée pour
l`essentiel des travaux du comité Balladur, a apporté a la Constitution des modi-
fcations qui touchent a des themes directement ou indirectement soumis au
comité de réfexion sur le Préambule de la Constitution : la parité proIession-
nelle et sociale a été ajoutée a la parité politique (art. 1
er
) ; le pluralisme des
opinions a été aIfrmé (art. 4) ; les principes de liberté, d`indépendance et de
pluralisme des médias ont été expressément consacrés par le biais, il est vrai
(1) Il était apparu « nécessaire au comité que ces droits déjà reconnus dans la loi soient inscrits
aans le texte ae la Constitution ».
(2) Afn de « mieux garantir le respect au pluralisme ae lauaiovisuel aont le rôle est essentiel aans
la vie civique », « il a semblé au comité que les conditions dans lesquelles sont assurés la liberté et
le pluralisme ae la communication auaiovisuelle meritaient aêtre renforcees par la Constitution
elle-même ».
(3) Comité de réfexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions
de la V
e
République, Pour une République plus démocratique, Fayard/La Documentation Irançaise,
2007, p. 165 et s.
17
Introduction
indirect, de l`aIfrmation de la compétence du législateur pour traiter de ces
matieres (art. 34) ; les langues régionales ont Iait leur entrée juridique dans le
patrimoine de la nation (art. 75-1) ; la contribution de la République a la déIense
de la Irancophonie a été accueillie (art. 87).
Il était par conséquent indispensable que le comité ait connaissance des acquis
de la réIorme institutionnelle avant d`achever ses travaux.
*
* *
C`est instruit de cette dimension historique que le comité de réfexion sur le
Préambule de la Constitution a conduit ses travaux, d`abord en son sein, en
abordant successivement les diIIérents themes relevant de sa mission, ensuite,
portant un regard vers l`extérieur, en procédant a l`audition de vingt-quatre per-
sonnalités d`horizons divers
1
, enfn, en tenant des réunions de synthese qui lui
ont permis de prendre position.
S`il devait apporter des réponses aux diIIérentes questions de Iond qui lui étaient
soumises (deuxieme partie), le comité a estimé qu`il ne pourrait mener a bien
une telle entreprise qu`apres s`être fxé une doctrine permettant d`orienter ses
choix en Ionction de principes méthodologiques bien établis (premiere partie).
(1) Voir la liste des personnalités entendues en annexe 3, ainsi que les comptes rendus d`auditions
en annexe 4.
Première partie
La doctrine
du comité
21
Première partie - La doctrine du comité
Apres s`être interrogé sur la notion même de Préambule et avoir pris la mesure
du texte qui, a l`issue d`un processus complexe de sédimentation historique, est
aujourd`hui en vigueur en France, le comité se devait de fxer sa propre doctrine
sur un certain nombre de points de méthode qui s`annonçaient récurrents.
Bien que de méthode, ces questions n`en mettaient pas moins en jeu l`idée que le
comité s`est Iaite de la Ionction du pouvoir constituant en matiere de droits Ion-
damentaux. Apres y avoir longuement réféchi, le comité a élaboré une doctrine
qu`il a fxée sous la Iorme de quatre principes :
A. Respecter l`héritage constitutionnel Irançais,
B. Assurer l`intangibilité de l`ouvre constitutionnelle récente,
C. Ne suggérer d`enrichissement du Préambule que s`il possede sans conteste
un eIIet utile,
D. Conserver a l`intervention du pouvoir constituant sa valeur d`ultime recours.
A. Principe n
o
 1 : respecter l’héritage
constitutionnel français
Le comité s`est initialement demandé si, dans la perspective d`une vaste remise
a plat de l`existant, et même si la lettre de mission ne le préconisait pas, il n`y
aurait pas eu lieu d`entreprendre une reIonte complete du Préambule, ce qui
aurait impliqué une réécriture, une réorganisation, voire une remise en cause des
textes de 1789, 1946 et 2004.
L`examen attentiI de l`héritage constitutionnel (1) l`a cependant convaincu de
ne pas s`engager dans cette voie (2).
1. La richesse de l’héritage
En matière de droits fondamentaux, l’héritage constitutionnel français
repose tout à la fois et indissolublement sur les textes fondateurs et sur la
jurisprudence qui en est issue.
« Merveilleuse aurore » selon Alexis de Tocqueville, la Déclaration de 1789
1
, a
la portée universelle, énonce des principes Iormels, a la diIIérence des déclara-
tions américaines antérieures, davantage soucieuses de pragmatisme.
Elle consacre en premier lieu les droits de l`homme en tant que personne : l`éga-
lité (art. 1
er
) ; la liberté (art. 1
er
), dont la célebre défnition est donnée par l`ar-
ticle 4 (« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ») et
qui trouve de nombreuses déclinaisons : sûreté, résistance a l`oppression (art. 2),
principe de légalité des délits et des peines, principe de nécessité et de non-rétroac-
tivité de la loi pénale (art. 7 et 8), principe de présomption d`innocence (art. 9),
(1) Reproduite, avec le Préambule de 1946 et la Charte de 2004, en annexe 2.
22
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

liberté d`opinion et de conscience (art. 10), liberté d`expression (art. 11) ; enfn,
le droit de propriété (art. 2 et 17).
Elle développe en second lieu les droits de l`homme dans sa relation avec la
nation : droit de concourir personnellement ou par des représentants a l`éla-
boration de la loi (art. 6) ; égal acces aux dignités, places et emplois publics
(art. 6) ; indivisibilité de la souveraineté nationale (art. 3) ; principe du consente-
ment a l`impôt et de son égale répartition (art. 14) ; principe d`une Iorce publique
(art. 12) ; principe du contrôle et de la responsabilité de l`administration (art. 15) ;
principe de garantie des droits (art. 16).
Outre sa réIérence a la Déclaration de 1789 et aux principes Iondamentaux
reconnus par les lois de la République, le Préambule de 1946 énonce des prin-
cipes « particulièrement nécessaires à notre temps » qui peuvent être qualifés de
droits sociaux : par ces droits nouveaux, l`individu, qui avait bénéfcié en 1789
de « facultés d’agir », jouit désormais de « possibilités d’agir
1
», essentiellement
dans le domaine économique.
Il s`agit la de droits conIérés a certaines catégories de personnes : les Iemmes
se voient garantir des droits égaux a ceux des hommes (alinéa 3) et, en tant que
meres, avec les enIants et les travailleurs âgés, la protection de la santé, la sécu-
rité matérielle, le repos et les loisirs (alinéa 11) ; la Iamille, comme l`individu,
se voit assurer les conditions nécessaires a son développement (alinéa 10) ; tout
être humain dans l`incapacité de travailler se voit accorder le droit d`obtenir
de la collectivité des moyens convenables d`existence (alinéa 11) ; l`individu
persécuté en raison de son action en Iaveur de la liberté se voit octroyer le droit
d`asile (alinéa 4).
Il s`agit en outre des droits des travailleurs : droit de travailler et d`obtenir un
emploi (alinéa 5) ; droit de déIendre ses intérêts par l`action syndicale et d`ad-
hérer au syndicat de son choix (alinéa 6) ; droit de greve (alinéa 7) ; droit a la
détermination des conditions de travail et a la gestion des entreprises (alinéa 8).
Il s`agit enfn de droits reconnus a tous : droit a l`instruction, a la Iormation pro-
Iessionnelle et a la culture, avec l'organisation d`un enseignement gratuit et laïc
(alinéa 13) ; solidarité et égalité devant les charges résultant des calamités natio-
nales (alinéa 12).
Par ailleurs, le Préambule de 1946 comporte quelques principes d`organisation
internationale (alinéas 14 a 18).
Enfn, la Charte de 2004 consacre un droit a l`environnement assorti de prin-
cipes destinés a en assurer l`eIIectivité, tels que les principes de précaution, de
prévention et de contribution.
Comme tout texte normatiI, les textes constitutionnels mettent les juges chargés
de les Iaire respecter, au premier rang desquels le Conseil constitutionnel, en
situation de devoir les interpréter. Au-delà même de la lettre du Préambule
ou de la Constitution elle-même, un édiñce jurisprudentiel d`une très
grande richesse a, de la sorte, été progressivement bâti. De cet acquis, le
(1) Jean et Jean-Eric Gicquel, op. cit., p. 98 et 99.
23
Première partie - La doctrine du comité
comité a estimé de son devoir de dresser un inventaire raisonné et d`en Iaire la
présentation la plus claire possible.
Au moment de s`interroger sur la consécration de droits nouveaux, le comité
voyait la une double exigence de méthode, d`abord vis-a-vis de lui-même,
ensuite a l`égard des destinataires de ses travaux.
La tâche était moins aisée et plus novatrice qu`il ne le pensait lui-même en enga-
geant cet exercice. Sans doute est-ce du reste la diversité de leurs sources et
de leurs modes de Iormulation dans les décisions du Conseil constitutionnel qui
rend diIfcile l`appréhension immédiate de l`ensemble des principes jurispruden-
tiels qui encadrent l'action du législateur en matiere des droits Iondamentaux,
dont l`annexe 5 oIIre une vision s`essayant a l`exhaustivité et dont les principaux
traits sont les suivants.
Il est d`abord revenu au juge de dire ce qu`étaient les « principes fonaamentaux
reconnus par les lois de la République » que le constituant de 1946 et indirec-
tement, donc, celui de 1958 a « solennellement reafhrmes », sans touteIois les
identifer. Ces principes Iorment une catégorie constitutionnelle expresse mais
virtuellement illimitée, le constituant ne les ayant pas lui-même défnis, contrai-
rement a ce qu`il a retenu pour les « principes particulièrement nécessaires à
notre temps ». Depuis les années 1980, le Conseil constitutionnel s`est toute-
Iois attaché a en fxer strictement les conditions, a mesure qu`il ouvrait le bloc
de constitutionnalité a d`autres éléments. Selon le président Genevois, ancien
secrétaire général du Conseil constitutionnel : « Il faut d’abord que le principe
soit veritablement fonaamental, quil enonce une règle sufhsamment impor-
tante, quil ait un aegre sufhsant ae generalite, quil interesse aes aomaines
essentiels pour la vie de la nation, comme les libertés fondamentales, la souve-
rainete nationale ou lorganisation aes pouvoirs publics , il faut ensuite quil
trouve un ancrage textuel aans une ou plusieurs lois intervenues sous un regime
republicain anterieur a 1946 , il faut enhn quil ny ait famais ete aeroge par une
loi republicaine anterieure a lentree en vigueur ae la Constitution ae 1946
1
».
En réalité, le constituant de 1946 exprimait, par cette notion de principes Ion-
damentaux reconnus par les lois de la République, la volonté de renouer avec le
libéralisme politique de la III
e
République afn d`en fnir avec la période noire
des années 1940-1944.
Le Conseil constitutionnel en a, a ce jour, identifé dix : la liberté d`association
(décision n
o
71-44 DC du 16 juillet 1971) ; les droits de la déIense (décision
n
o
76-70 DC du 2 décembre 1976) ; la liberté individuelle (décision n
o
76-75
DC du 12 janvier 1977) ; la liberté d`enseignement (décision n
o
77-87 DC du
23 novembre 1977), notamment la liberté de l`enseignement supérieur (décision
n
o
99-414 DC du 8 juillet 1999) ; la liberté de conscience (décision n
o
77-87
DC du 23 novembre 1977) ; l`indépendance de la juridiction administrative
(décision n
o
80-119 DC du 22 juillet 1980) ; l`indépendance des proIesseurs
d`université (décision n
o
83-165 DC du 20 janvier 1984) ; la compétence de la
(1) AJDA 1999, p. 219 ; v. notamment les décisions n
o
88-244 DC du 20 juillet 1988, Loi portant
amnistie, JO du 21 juillet 1988, p. 9448 ; n
o
89-254 DC du 4 juillet 1989, Loi moaihant la loi
n
o
86-912 au 6 août 1986 relative aux moaalites aapplication aes privatisations, JO du 5 juillet
1989, p. 8382 ; n
o
93-321 DC du 20 juillet 1993, Loi reformant le Coae ae la nationalite, JO du
23 juillet 1993, p. 10391.
24
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

juridiction administrative pour connaître de l`annulation ou de la réIormation
des décisions prises dans l`exercice des prérogatives de puissance publique
(décision n
o
86-224 DC du 23 janvier 1987) ; l`autorité judiciaire gardienne de
la propriété privée immobiliere (décision n
o
89-256 DC du 25 juillet 1989) ; la
spécifcité de la justice des mineurs (décision n
o
2002-461 DC du 29 août 2002).
Le Conseil d`Etat statuant au contentieux a eu l`occasion, pour sa part, d`en
consacrer un onzieme consistant en l`obligation, pour l`Etat, de reIuser l`extra-
dition d`un étranger lorsqu`elle est demandée dans un but politique (CE, Ass.,
3 juillet 1996, Koné).
Indépendamment de la catégorie particuliere des principes Iondamentaux recon-
nus par les lois de la République, le Conseil constitutionnel a ensuite été conduit
a dégager des principes de valeur constitutionnelle qui, sans ñgurer en toutes
lettres dans le texte du Préambule ou de la Constitution, en ont été déduits.
Ce sont les suivants : le respect de la vie privée (décisions n
os
76-75 DC du 12 jan-
vier 1977, 94-352 DC du 18 janvier 1995, 99-416 DC du 23 juillet 1999, 2003-
467 DC du 13 mars 2003) ; la continuité du service public (décision n
o
79-105
DC du 25 juillet 1979) ; la liberté d`entreprendre (décisions n
o
81-132 DC du
16 janvier 1982 et n
o
92-316 DC du 20 janvier 1993) ; la dignité de la personne
humaine (décision n
o
94-343/344 DC du 27 juillet 1994) ; la liberté contrac-
tuelle (décisions n
o
2000-437 DC du 19 décembre 2000 et n
o
2006-535 DC du
30 mars 2006).
Le Conseil constitutionnel a également veillé a la protection de ce qu`il a consi-
déré être des « objectifs de valeur constitutionnelle », notion qu`il a Iorgée de
maniere prétorienne mais qui recouvre, la encore, des principes trouvant indi-
rectement leur Iondement dans la Constitution. Ce sont principalement les
suivants : la sauvegarde de l`ordre public, le respect de la liberté d`autrui, la pré-
servation du caractere pluraliste des courants d`expression socioculturels (déci-
sion n
o
82-141 DC du 27 juillet 1982), désormais le pluralisme des courants de
pensée et d`opinion (décision n
o
2004-497 du 1
er
juillet 2004), notamment le plu-
ralisme des quotidiens d`inIormation politique et générale (décision n
o
84-181
DC du 11 octobre 1984) ; la protection de la santé publique (décision n
o
90-283
du 8 janvier 1991 ; décision n
o
93-325 DC du 13 août 1993) ; la prévention des
atteintes a l`ordre public, notamment des atteintes a la sécurité des personnes et
des biens, et la recherche des auteurs d`inIractions (décision n
o
94-352 DC du
18 janvier 1995) ; la possibilité pour toute personne de disposer d`un logement
décent (décision n
o
94-359 DC du 19 janvier 1995) ; l`accessibilité et l`intelligi-
bilité de la loi (décision n
o
99-421 DC du 16 décembre 1999) ; la lutte contre la
Iraude fscale (décision n
o
99-424 DC du 29 décembre 1999) ; l`équilibre fnan-
cier de la Sécurité sociale (décision n
o
2002-463 DC du 12 décembre 2002).
Il convient encore, pour se Iaire une idée exacte de l`étendue des droits Ionda-
mentaux actuellement protégés par le Préambule et la Constitution, de prendre
en compte les règles ou principes innommés par lesquels le Conseil constitu-
tionnel justife la limitation de la portée d`une norme constitutionnelle (intérêt
général, ordre public, urgence.) ou module l`intensité de son contrôle (propor-
tionnalité, sanction des seules erreurs maniIestes)
1
.
(1) On se réIérera, sur ces derniers points, a la communication du président Genevois présentés lors
du colloque du cinquantenaire du Conseil constitutionnel (3 novembre 2008).
25
Première partie - La doctrine du comité
Enfn, l`inventaire de l`acquis constitutionnel ne serait pas complet sans un rap-
pel des principes auxquels le Conseil constitutionnel a reIusé de conIérer valeur
constitutionnelle : ainsi en est-il notamment de la confance légitime (décision
n
o
97-391 DC du 7 novembre 1997) ; de la transparence des activités publiques
ou exercées pour le compte des personnes publiques (décision n
o
93-335 DC du
21 janvier 1994) ; de l`équité entre les générations (décision n
o
97-388 DC du
20 mars 1997) ; du principe de Iaveur en droit du travail (décision n
o
2004-494
DC du 29 avril 2004) ; du principe d`irresponsabilité pénale des mineurs (déci-
sion n
o
2002-461 DC du 29 août 2002).
2. La préservation de l’héritage
A l`aune de cet ensemble particulierement exhaustiI, un projet de refonte com-
plète du Préambule de 1958 aurait eu le mérite de répondre à des objectifs
de clarté et d’intelligibilité du droit, a une époque ou sa complexité crois-
sante est dénoncée de maniere réguliere. En outre, une telle entreprise aurait pu
être de nature a réduire les contradictions inhérentes a la coexistence, au sein
du Préambule, de normes constitutionnelles nées a des époques diIIérentes et
imprégnées par des philosophies contrastées.
Le comité a pourtant tres vite renoncé a cette solution pour les raisons suivantes :
En premier lieu, un choix aussi radical rencontrerait des obstacles poli-
tiques considérables et justiñés. La remise en cause d`un héritage historique
aussi respecté que celui des déclarations de droits Irançaises et de leur inter-
prétation par le juge constitutionnel ne serait ni comprise quant a son utilité ni
acceptée quant a ses conséquences. Pour le dire d`un mot, l`idée même de reIaire
ce que les constituants de 1789 et de 1946 ont oIIert au monde est apparue au
comité exagérément immodeste.
En deuxieme lieu, une reIonte complete des textes s`inscrirait a l`opposé de
l`une des options les plus essentielles et les plus continues de la tradition consti-
tutionnelle Irançaise : celle de la stratiñcation progressive des droits et liber-
tés hérités du passé républicain jointe à la volonté d’assurer leur application
combinée. La stabilisation de notre démocratie doit sans doute beaucoup a cette
exigence, de même que l`aptitude de la V
e
République a s`adapter a des orien-
tations politiques et idéologiques diIIérentes. La conciliation obligatoire des
principes d`inspiration individualiste de 1789 avec ceux, plus collectiIs, de 1946,
a permis ce résultat satisIaisant du point de vue de la continuité républicaine.
La conviction du comité a cet égard a été que la superposition des normes d`ins-
pirations diverses aujourd`hui additionnées dans le Préambule est l`une des
richesses les plus précieuses de la démocratie Irançaise et qu`il serait dangereux
de lui porter atteinte. Le droit de greve en Iournit un bon exemple : c`est parce
que ce droit est protégé, mais qu`il doit également être concilié avec l`obligation
d`assurer une certaine continuité du service public, qu`il en est Iait aujourd`hui
une interprétation respectueuse des diIIérents intérêts en présence, publics
comme privés. Toute préIérence radicale donnée d`un côté ou de l`autre n`abou-
tirait qu`a un déséquilibre contraire a l`esprit d`une démocratie pacifée.
26
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

En troisieme lieu, le choix d’une réécriture globale du Préambule ferait
courir de réels risques d’insécurité juridique. Les normes et les notions en
cause présentent un contenu délicat et évolutiI dans le temps. La jurisprudence
a beaucoup contribué a assurer cette précision progressive. Aussi bien serait-il
malvenu de perturber sinon de déstabiliser voire d`aIIaiblir l`édifce juridique
ainsi élaboré et perIectionné.
En quatrieme lieu, le comité a observé que le pouvoir constituant, dans la
période la plus récente, ne s’est pas départi de cette attitude respectueuse
vis-à-vis du legs de 1789 et de 1946. La constitutionnalisation de la Charte de
l`environnement en mars 2005 s`est opérée sous la Iorme de l`ajout pur et simple
d`un nouvel étage a l`édifce constitutionnel, sans modifcation et a fortiori sans
retranchement par rapport a l`existant. La plus grande continuité d`esprit se
confrme donc jusqu`a aujourd`hui en ce qui concerne la méthode utilisée pour
Iaire évoluer le corpus des droits Iondamentaux issus du Préambule.
Pour toutes ces raisons, le comité a estimé qu`il devait respecter la tradition
historique de stratifcation des normes constitutionnelles de protection des droits
Iondamentaux en ce compris l`exigence de conciliation permanente de celles-
ci. Il a donc considéré que son oIfce devait se limiter a proposer d`éventuelles
adjonctions au Préambule, sur le même mode que celui retenu pour l`adosse-
ment a celui-ci de la Charte de l`environnement.
B. Principe n
o
 2 : assurer l’intangibilité
de l’œuvre constitutionnelle récente
Le comité s`est demandé ensuite s`il y avait lieu pour lui de se prononcer sur
ce que le constituant a décidé au cours des années récentes et notamment le
21 juillet 2008 dans les matieres entrant dans le champ de la lettre de mission du
Président de la République (parité, pluralisme...).
Qu’il s’agisse d’écarter une des normes ainsi constitutionnalisées, de la
nuancer, de la compléter, voire de l’exprimer autrement, la réponse ne
pouvait qu’être négative : il n`eût pas été acceptable que le comité prétende
revenir sur ce que le constituant a décidé a l`instant. Des lors que ce dernier vient
de se prononcer, il n`existe plus de justifcation possible, pour un comité d`ex-
perts, a y revenir, alors surtout que l`expérience est trop récente pour qu`aucune
leçon éventuellement corrective puisse en être tirée. Et la légitimité manque par
principe a celui qui se présenterait immanquablement comme le censeur
du souverain (voire comme une sorte de supraconstituant). Le rôle d`un comité
constitutionnel ne saurait résider ailleurs qu`en amont : sa mission est de prépa-
rer le travail du constituant et de lui Iaciliter la tâche. Il perd, pour ainsi dire, sa
raison d`être lorsque le constituant s`est solennellement prononcé.
Même s`il a eu la tentation d`évoquer le principe de précaution afn de livrer son
sentiment sur celui-ci, voire de suggérer qu`il lui soit apporté certains contre-
poids, le comité a ainsi considéré qu’il ne devait pas rechercher s’il y avait
27
Première partie - La doctrine du comité
lieu de procéder à une modiñcation de la Charte de l`environnement de
2004. Il eût peut-être été moins inconcevable qu`il engage une telle réfexion
s`il était apparu qu`un doute persistait sur l`autorité juridique de ce texte. Mais
ce n`est pas le cas puisque le Conseil constitutionnel et le Conseil d`Etat vien-
nent de reconnaître la valeur constitutionnelle des dispositions de la Charte, « à
linstar ae toutes celles qui procèaent au Preambule ae la Constitution », avant
de décider que celles-ci « simposent aux pouvoirs publics et aux autorites aami-
nistratives dans leur domaine de compétence respectif
1
».
Le comité a en outre estimé qu’il était de son devoir de tirer un enseigne-
ment direct des débats constituants de juillet 2008. Au-dela des ajouts a la
Constitution auxquels il a été procédé (parité proIessionnelle et sociale entre
les hommes et les Iemmes, pluralisme, langues régionales, etc.), certains débats
ont clairement Iait apparaître une volonté de ne pas ajouter tel ou tel droit nou-
veau ou de ne pas modifer tel ou tel équilibre (s`agissant par exemple de la
répartition des compétences entre les juges administratiI et judiciaire, de la non-
rétroactivité de la loi dans les matieres autres que pénales et plus généralement
du principe de sécurité juridique, ou encore de l`éventuelle suppression du mot
« race » a l`article 1
er
de la Constitution). Pour les mêmes raisons que celles
précédemment évoquées, il est apparu au comité que la nature de son oIfce lui
interdisait d`y revenir.
C. Principe n
o
 3 : ne suggérer
d’enrichissement du Préambule
que s’il présente sans conteste
un effet utile
Les travaux et les auditions du comité l`ont conIronté de maniere récurrente a
deux questions aussi importantes que délicates :
celle de savoir si et jusqu`ou il serait souhaitable de solliciter du pouvoir
constituant qu`il énonce des mesures de portée strictement symbolique ;
celle de savoir si et dans quelle mesure il serait bon de codifer, c`est-a-dire
d`écrire, noir sur blanc, dans le Préambule, tout ou partie des regles que le juge
et notamment le Conseil constitutionnel a déduites de son interprétation de
la Constitution au cours des décennies écoulées.
Sur l`un comme sur l`autre de ces deux points, la réfexion du comité l`a progres-
sivement conduit a une réponse résolument négative.
(1) CC, 19 juin 2008, décision n
o
2008-564 DC, Loi relative aux organismes genetiquement moai-
hes, JO du 26 juin 2008, p. 10228 ; CE, Ass., 3 octobre 2008, Commune aAnnecy, n
o
297931 :
la haute juridiction administrative, en annulant un décret pour incompétence, a, a cette occasion,
aIfrmé la compétence du Parlement dans le domaine environnemental en application de la Charte.
28
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

1. Le refus d’inscrire des dispositions
de portée purement symbolique
La question de l`eIIectivité des droits a représenté une préoccupation constante
du comité tout au long de ses travaux.
L`idée d`afñcher solennellement au fronton de la République certains prin-
cipes nouveaux présente sans doute un attrait réel. Rechercher une meilleure
cohésion sociale ; retrouver les conditions d`une citoyenneté mieux comprise,
mieux acceptée et peut-être plus exigeante ; aIfrmer l`aptitude de la France a
épouser l`évolution de sa population, de son mode de vie voire de ses mours.
Il existe la, entre autres, autant de perspectives qui ne sont pas sans lien avec
l`ordre des symboles. De cela, nul ne disconvient, et certainement pas le comité.
Il n`en reste pas moins que cette conviction n`établit pas, par elle-même, la
nécessité d`une révision du Préambule de la Constitution au seul eIIet de pro-
céder a tel ou tel aIfchage. Encore faudrait-il que les inconvénients attachés
à l’inscription de dispositions qui ne seraient que proclamatoires ne soient
pas supérieurs aux avantages attendus.
C`est précisément en considération de ces eIIets négatiIs que le comité a préIéré
adopter une ligne de conduite ascétique ou, si l`on préIere, prudente :
En premier lieu, le comité a été sensible a un Iait d`histoire, amplement véri-
fé : au niveau constitutionnel, sous la V
e
République, aucune disposition
n’est jamais demeurée dépourvue d’effets normatifs tangibles. Les incerti-
tudes n`avaient pourtant pas manqué de se Iaire jour, notamment dans les années
1970, lorsque le Conseil constitutionnel a pris la décision de contrôler la conIor-
mité des lois au Préambule : on considérait couramment que de nombreux prin-
cipes de 1946, en particulier, étaient revêtus d`une portée purement déclaratoire
et d`une normativité insuIfsante pour asseoir l`annulation d`une loi contraire.
Le droit a la santé, le droit d`obtenir un emploi, le droit a la culture pour ne
prendre que ces simples exemples apparaissaient a beaucoup comme expres-
siIs d`intentions belles et louables, utiles a la défnition de l`état d`esprit nouveau
de la République, mais dépourvues d`autorité juridique véritable. L`expérience
a montré qu`il n`en était rien. Le Conseil constitutionnel n`a pas hésité a utili-
ser eIIectivement l`ensemble des dispositions du Préambule de 1946 et de la
Déclaration de 1789
1
dans l`exercice de son contrôle de constitutionnalité des
lois
2
. Quant aux juridictions administratives et judiciaires, qui avaient pu un
moment se montrer hésitantes devant l`idée que le Préambule de la Constitution
ne contienne que des normes de droit a part entiere, elles ont fni par adopter le
même parti.
L`hésitation n`est plus permise aujourd`hui : les textes fgurant dans le
Préambule de la Constitution ont, quelles que soient la densité ou la précision
de leur contenu, une vocation absolue a produire des eIIets normatiIs pleins et
(1) CI. par ex. ce considérant de la décision 81-132 DC du 16 janvier 1982 (Loi de nationalisation,
JO du 17 janvier 1982, p. 299) : « Le peuple français a approuve aes textes conferant valeur consti-
tutionnelle aux principes et aroits proclames en 1789. »
(2) CI. par ex. Louis Favoreu et Loïc Philip, op. cit., notamment p. 246 et s., 312 et s., 420 et s.
29
Première partie - La doctrine du comité
entiers. Il est aujourd`hui posé en principe dans la République Irançaise que ce
sont bien (et seulement) des droits positiIs que garantissent la Constitution et son
Préambule : des droits a part entiere, potentiellement opposables et invocables
en justice. La maniere dont a été récemment entourée la réception par les juges
de la Charte constitutionnelle de l`environnement tient lieu a cet égard de confr-
mation éclatante : quelles que soient les incertitudes associées, pour l`instant,
au contenu ou a la portée exacte de tel ou tel alinéa, il n`en est pas moins (pré)
jugé que « lensemble aes aroits et aevoirs aehnis aans la Charte ae lenviron-
nement, et à l’instar de toutes les dispositions qui procèdent du Préambule de la
Constitution, ont valeur constitutionnelle
1
».
Aux yeux du comité, la considération de cette donnée, aujourd`hui parIaitement
fxée, impose par elle-même une certaine retenue. Aucune aIfrmation nouvelle,
dans le texte du Préambule, n`est susceptible de posséder ou de conserver une
valeur purement symbolique. L`écriture constitutionnelle est Iorcément norma-
tive, a un moment ou a un autre, d`une maniere ou d`une autre, et il n`est pas
possible qu`il en aille autrement. Cela emporte une conséquence importante :
aucun enrichissement du Préambule ne doit être envisagé sans que soit préala-
blement apprécié, autant que Iaire se peut, son impact juridique possible, car il
est certain qu`il en aura un.
La prudence est donc de mise en la matiere. Il Iaut compter avec la possibi-
lité d`eIIets collatéraux ou inattendus, peut-être même pervers, a fortiori dans
un systeme constitutionnel aussi riche que celui de la France, ou beaucoup de
normes sont déja reconnues et protégées.
Ce souci de précaution a beaucoup animé le comité lors de l`examen de certaines
propositions. La crainte d`ouvrir ici ou la la boîte de Pandore, de voir se créer
des droits et donc des revendications impossibles a prévoir et donc a contenir
dans les limites de ce que le constituant pourrait véritablement vouloir, a été tres
présente a son esprit. Et cela non par Irilosité, mais bien par désir de cohérence :
la mission impartie au comité par le Président de la République porte Ionda-
mentalement sur les voies et moyens d`une amélioration de notre droit. Elle vise
a identifer les conditions juridiques requises pour que soient réalisés certains
objectiIs d`intérêt général, particulierement consensuels. Pour le comité, il était
donc d`une importance premiere que rien ne soit proposé qui soit de nature a
nuire indirectement ou accidentellement a ces objectiIs ou a contrarier le jeu
satisIaisant des autres droits ou intérêts publics en présence.
En deuxieme lieu et corrélativement, le comité a été attentif à maintenir
la crédibilité et l’opérationnalité perçue du message constitutionnel. Il
ne lui est pas apparu souhaitable, sous cet angle, que soient aIfrmées dans le
Préambule des exigences trop programmatoires ou dont la réalisation dépendrait
trop lourdement de contraintes aléatoires ou extérieures a la seule volonté poli-
tique. C`est, par exemple, en considération de ce type d`argument que le comité
a, comme on le verra
2
, renoncé a proposer qu`un principe d`eIIectivité des droits
soit inscrit dans la Constitution. Dans le cadre d`une réfexion destinée a amé-
liorer l`égalité réelle des personnes, il lui est apparu contradictoire d`aIfrmer
(1) Supra note 1 p. 27.
(2) CI. chapitre C de la deuxieme partie du présent rapport.
30
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

comme une obligation sous-entendu : completement réalisable des maintenant
l`objectiI ultime du projet de société, voire de civilisation, que la France démo-
cratique a toujours souhaité se donner a elle-même.
Il est nécessaire que les citoyens puissent avoir conñance en leur Constitution,
croire en son utilité pratique. Le degré de leur adhésion aux valeurs qu`elle
porte en dépend pour partie, de même que sa valeur proprement éducative pour
les jeunes générations. Pour le comité, il était donc essentiel de ne rien proposer
qui puisse aIIadir ou aIIaiblir la valeur et donc, encore une Iois, la crédibilité
du message constitutionnel.
En troisieme lieu, le comité a relevé que la normativité de la loi, sa qualité,
son intelligibilité, son accessibilité sont aujourd’hui des objectifs consti-
tutionnels eIfcients, dont la violation est Iermement censurée par le Conseil
constitutionnel
1
et dont la vertu est souvent soulignée, voire célébrée. Il serait
pour le moins paradoxal que le constituant ne s`impose pas a lui-même la disci-
pline qu`il entend Iaire régner sur la production des lois en général.
Pour toutes ces raisons, le comité a considéré que n`était pas souhaitable l`uti-
lisation du Préambule comme pur vecteur de symboles et qu`a ce titre la plus
grande retenue s`imposait a lui, quelles qu`aient pu être ses réfexions premieres.
2. Le refus de codifier la jurisprudence
constitutionnelle
A de nombreuses reprises, le comité s`est demandé s`il était souhaitable que
soient inscrits dans le Préambule des droits dont il est acquis qu’ils ont
déjà été consacrés par la jurisprudence constitutionnelle. Le cas de la liberté
d`entreprendre, par exemple, est illustratiI a cet égard. Il Iallait donc s`interro-
ger sur le point de savoir si, et dans quelle mesure, il devait revenir au pouvoir
constituant de codifer c`est-a-dire d`écrire cet apport de la jurisprudence. Et
ce d`autant plus que les Iormes possibles d`une telle codifcation sont diverses :
on peut imaginer une démarche de strict enregistrement, a droit constant, de ce
qui a été jugé ; on peut au contraire concevoir une sorte de tri, éventuellement
correctiI, dans le vivier des innovations apportées par le Conseil constitutionnel
depuis 1971.
Le probleme est des plus délicats. Il s`agirait d`utiliser la procédure de révision
de la Constitution, et tout particulierement de son Préambule, dans un contexte
et pour un usage presque inconnus dans l`histoire constitutionnelle Irançaise.
Une telle innovation ne pouvait être recommandée sans qu`une réfexion préa-
lable soit portée sur son principe.
(1) V. notamment la décision n
o
2005-512 DC du 21 avril 2005 (Loi d’orientation et de programme
pour l’avenir de l’école, JO du 24 avril 2005, p. 7773) qui a joué un rôle important dans cette évo-
lution (cI. Louis Favoreu et Loïc Philip, op. cit., p. 907 et s.).
31
Première partie - La doctrine du comité
a) Les arguments juridiques manquent de prime
abord pour objecter à l’idée d’une codification
constitutionnelle de la jurisprudence
Pour le dire trivialement : en droit, le constituant Iait ce qu`il veut.
D`une part, la Constitution Préambule compris reçoit seulement une déf-
nition Iormelle et procédurale. Comme l`explique Carré de Malberg, elle se
résume en un document « énoncé dans la forme constituante et par l’organe
constituant, et qui, par suite, ne peut être moaihe que par une operation ae
puissance constituante et au moyen d’une procédure spéciale de révision
1
».
Dit autrement, il n`existe pas de matieres constitutionnelles par nature ni de
sujets ou de modalités d`action soustraits a l`empire souverain du pouvoir
constituant
2
.
D`autre part, rien n`interdit non plus au constituant de tirer des décisions de
justice toutes les conséquences qu`il souhaite. Le doyen Vedel employait a ce
propos l`image d`un « lit de justice » : s`il le croit nécessaire, le constituant peut
avoir le dernier mot et donc surmonter la sentence d`une cour
3
.
On ne voit donc guere de motiI juridique propre a s`opposer a priori a ce que le
constituant agisse a sa guise avec le corpus jurisprudentiel préexistant.
b) De forts arguments plaident pourtant contre
tout projet de cet ordre
Si l`on Iait abstraction de son intérêt symbolique on vient de voir que le comité
ne voyait pas la un motiI suIfsant pour solliciter l`intervention du pouvoir
constituant , l`idée d`une codifcation constitutionnelle de la jurisprudence ne
répondrait en vérité qu`a un seul souci : celui d`améliorer la connaissance et la
lisibilité des droits constitutionnels. Mais cela ne suIft pas a justifer sa mise
en ouvre.
En premier lieu, d’autres instruments que l’intervention du pouvoir
constituant peuvent servir l’objectif de lisibilité du droit.
Rien n`empêche c`est même une tradition tres ancienne qu`une codifcation
purement descriptive, a droit constant, soit conduite par de tout autres acteurs y
(1) Raymond Carré de Malberg, Contribution a la theorie generale ae lEtat, 1922 (rééd. CNRS),
tome II, p. 571.
(2) Cela étant dit sous la réserve classique de l`interdiction de renoncer a la Iorme républicaine du
gouvernement, qui pose d`ailleurs d`importants problemes théoriques.
(3) Il Iaut d`ailleurs observer que l`exercice de cette prérogative est loin de révéler Iorcément
l`existence d`un confit entre le constituant Irançais et le juge constitutionnel. En France, la révi-
sion suggérée par le juge est devenue le moyen quasi ordinaire de la construction européenne :
les avancées importantes parce qu`elles supposent par nature certains abandons de souveraineté
(Maastricht, « Constitution européenne », Traité de Lisbonne, etc.) ont été rendues possibles par
des changements constitutionnels dont, pour ainsi dire, on avait pris soin de demander au Conseil
de dire préalablement la nécessité. L`intervention du constituant, en pareil cas, n`a rien eu de « réac-
tiI » : elle s`inscrivait dans un plan d`ensemble tenu des le départ pour possible voire probable. Le
traité serait directement ratifé pour autant que le Conseil constitutionnel n`y voie rien a redire ; il le
serait apres révision de la Constitution si tel n`était pas le cas.
32
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

compris des personnes privées. A maints égards, les travaux du comité peuvent
d`ailleurs apparaître comme un lieu adéquat pour une récapitulation de ces droits
et leur présentation systématique. Rien ne permet de penser que l`intervention
du constituant soit, a cet égard, nécessaire.
En deuxieme lieu, l`idée d`une codifcation constitutionnelle présente des
traits régressiIs au regard de la tradition Irançaise de protection des droits Ion-
damentaux. Celle-ci s`inscrit dans une ligne claire : le constituant intervient
toujours dans le sens du « progrès ». L`écriture constitutionnelle se veut pro-
céder d`une dynamique. Elle suppose, pour ainsi dire, qu`il y a bien un sens de
l`histoire. L`acte constituant répond toujours a la volonté d`établir un nouveau
standard, Iorcément plus élevé que le précédent.
On comprend par la pourquoi la succession historique des textes relatiIs aux
droits constitutionnels s`est toujours opérée depuis 1789 par stratifcation et non
par remplacement
1
. Contrairement a la pratique générale, qui veut en droit que
la norme nouvelle abroge la norme ancienne ou tout au moins puisse lui déro-
ger les préambules constitutionnels se sont accumulés. C`est leur combinaison
même qui détermine l`état du consensus social : les normes de 1789 et de 1946
procedent d`inspirations politiques tres diIIérentes, voire contradictoires, mais
aucune d`elles n`a vocation a prévaloir mécaniquement sur l`autre aujourd`hui
2
.
Le législateur, sous le contrôle du juge, doit chercher a les concilier, a les Iaire
vivre ensemble. Dans la tradition constitutionnelle Irançaise, il existe donc un
axe du progres dont le mouvement ne peut s`accommoder d`autre chose que de
l`addition de droits nouveaux
3
.
Des lors, il serait politiquement incongru voire inacceptable de mobiliser
le pouvoir constituant a d`autres fns. Ainsi le recul c`est-a-dire la dispari-
tion d`une liberté apparaît-il incompatible avec le projet d`une révision consti-
tutionnelle perçue comme incontestable. Mais la codiñcation stricte, à droit
constant, l’est sans doute aussi, parce qu’elle évoque forcément le projet
d’arrêter le mouvement de l’histoire ou d’empêcher son cours naturel.
L`idée d`une codifcation constitutionnelle de la jurisprudence apparaît ainsi
hors du champ du consensus républicain, acquis ou même possible. Aux yeux
du comité, la Ionction du pouvoir constituant n`est pas celle-la.
En troisieme lieu, la délimitation du champ précis de la codiñcation consti-
tutionnelle poserait de sérieux problèmes d’ordre technique.
On manquerait en tout état de cause d`arguments pour justifer que certains prin-
cipes reconnus par le Conseil constitutionnel soient inscrits dans le Préambule
alors que d`autres ne le seraient pas. On pourrait certes invoquer la plus grande
charge symbolique de certains. Mais si l`on parvenait a opérer une sélection
(1) Aux périodes républicaines s`entend.
(2) Il suIft de penser au droit de propriété de 1789 Iace a l`obligation de nationaliser les monopoles
de Iait et les services publics nationaux de 1946 ou encore au droit de greve et a la continuité du
service public.
(3) En tant que de besoin, on observera que les révisions récentes de la Constitution n`ont aucu-
nement excepté a ce schéma, qu`il s`agisse, par exemple, de la parité hommes/Iemmes dans ses
diverses étapes ou de la construction communautaire européenne. Ici comme la, il s`est bien agi
d`enrichir le corpus au nom d`une vision du progres.
33
Première partie - La doctrine du comité
stricte de principes « a codifer » parce que symboliquement prééminents, il
Iaudrait alors aIIronter une diIfculté juridique non négligeable : le silence du
constituant sur tel autre point pourrait être interprété a contrario comme un reIus
de consacrer la regle au niveau constitutionnel, de sorte qu`on pourrait y voir
une remise en cause implicite de la regle jurisprudentielle préexistante
1
ou, a
minima, de sa pleine autorité constitutionnelle
2
.
Certes, il serait loisible de remédier a ce genre de diIfculté en disposant expres-
sément dans le nouveau texte constitutionnel que tout ce qui n`est pas écrit est
réputé ne plus exister. Mais s`éleveraient alors de nouvelles objections : pareil
projet sans précédent, sauI erreur, dans l`ensemble du monde occidental
serait parIaitement illusoire puisque personne n`empêchera jamais le juge de
continuer d`interpréter les textes et donc d`en Iaire de nouveau varier la signi-
fcation et la portée. Cela n`est rien d`autre que la vie, inévitable et nécessaire,
du droit.
Quant a l`hypothese inverse celle ou le constituant certiferait la pérennité de la
jurisprudence qu`il ne codiferait pas , elle équivaudrait en pratique a consacrer
la validité de cette jurisprudence, ce qui reviendrait a la constitutionnaliser en
Iait. Cela n`aurait guere de sens.
En quatrieme lieu, le risque serait élevé qu’une mauvaise perception
vienne brouiller la lecture d’une telle opération.
Empêcherait-on vraiment que l`entreprise de codifcation soit perçue (et/ou pré-
sentée) comme un mauvais coup porté au Conseil constitutionnel ? Eviterait-on
qu`elle soit lue comme révélatrice d`une volonté de fger l`état du droit sous-
entendu : pour empêcher le Conseil de Iaire encore évoluer sa jurisprudence ou
même comme porteuse d`une régression des droits et libertés ? On ne saurait le
garantir. Il est même plausible qu`une telle entreprise serait comprise comme
une atteinte a l`indépendance et a la liberté d`action du juge ou, si l`on préIere,
comme animée par une volonté du politique de Iaire immixtion dans le Ionc-
tionnement de la justice. Ce risque est d`ailleurs d`autant plus élevé que l`exis-
tence de l`exception d`inconstitutionnalité rapproche le Conseil constitutionnel
du cours de la justice ordinaire et rend son action particulierement sensible a
cette thématique de l`indépendance et de la mise a l`abri des contingences et des
infuences politiques.
On le voit : le projet d`une codiñcation constitutionnelle des droits fonda-
mentaux serait très faiblement utile, porteur de beaucoup d’ambiguïtés et
insusceptible de recueillir un véritable consensus.
Le comité a donc été d`avis qu`il n`était pas souhaitable d`en Iaire l`objectiI
d`une révision du Préambule de la Constitution.
(1) Il suIfrait pour cela que les travaux parlementaires dans leur ensemble ne soient pas parIaite-
ment tranchants sur le point de savoir si telle n`a pas été la volonté du constituant.
(2) Soit dit par parenthese, le projet d`améliorer, par cette codifcation, la connaissance de leurs
droits par les citoyens serait, par la même, compromis : l`entrée en vigueur du nouveau Préambule
ouvrirait par elle-même la porte a de nouvelles interrogations sur l`état du droit réellement
applicable.
34
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

D. Principe n
o
 4 : conserver
à l’intervention du pouvoir constituant
sa valeur d’ultime recours
Le comité est parti d`un constat simple : les contraintes propres a la procédure de
révision de la Constitution de 1958 et de son Préambule se caractérisent par une
spécifcité marquée. Chacun a sans doute encore présente a l`esprit la récente
réIorme du 21 juillet 2008 qui en a donné une illustration.
« Jaais la France changeait ae Constitution , elle se borne aesormais a la revi-
ser
1
» : les vingt-quatre révisions constitutionnelles survenues, a ce jour, depuis
1958 démontrent la remarquable adaptabilité de notre Constitution. Pour autant,
les révisions constitutionnelles restent soumises a un Iormalisme particulier qui
en Iait un mode de législation extraordinaire.
L`article 89 de la Constitution traite de la procédure de révision normale : l`initia-
tive de la révision appartient, d`une part, au Président de la République sur pro-
position du Premier ministre (projet de révision), d`autre part, aux membres du
Parlement (proposition de révision) ; le projet de révision, apres avis du Conseil
d`Etat, ou la proposition de révision doivent être votés en termes identiques par
les deux assemblées ; s`il s`agit d`un projet, la révision est défnitive apres avoir
été approuvée par réIérendum ou, si le Président de la République le décide,
par le Parlement convoqué en Congres qui se prononce a la majorité des trois
cinquiemes des suIIrages exprimés, sans possibilité d`amendement ; s`il s`agit
d`une proposition, la révision ne peut être approuvée que par réIérendum. Dans
un cas comme dans l`autre, le Conseil constitutionnel se reIuse a exercer un
quelconque contrôle par respect de la souveraineté du pouvoir constituant
2
.
L`article 11 de la Constitution, qui autorise l`organisation d`un réIérendum a
propos d`un texte portant notamment « sur l’organisation des pouvoirs publics »,
a été utilisé a deux reprises, en 1962 et en 1969, a des fns de révision de la
Constitution : cette procédure qualifée d`« exceptionnelle » ou de « concur-
rente » elle Iut, en son temps, largement critiquée n`est plus d`actualité et
n`est mentionnée ici que pour mémoire.
Au regard du caractère extraordinaire et exceptionnel d’une procédure de
révision constitutionnelle, le comité a été rapidement convaincu que l’ins-
cription de nouvelles normes dans le Préambule ne pouvait se concevoir que
dans des matières qui, sans être totalement ñgées, n`étaient pas susceptibles
d’évolutions marquées à court ou moyen terme. Autrement dit, la consécra-
tion constitutionnelle pourrait se vérifer inadaptée aux nécessités propres a cer-
tains domaines.
(1) Jean et Jean-Eric Gicquel, op. cit., p. 496.
(2) CC, 26 mars 2003, décision n
o
2003-469 DC, Révision constitutionnelle relative à l’orga-
nisation décentralisée de la République, JO du 29 mars 2003, p. 5570. C`était, curieusement, la
premiere Iois si l`on met a part la loi réIérendaire, adoptée sur le Iondement de l`article 11, rela-
tive a l`élection du Président de la République au suIIrage universel direct (CC, 6 novembre 1962,
n
o
62-20 DC, JO du 7 novembre 1962, p. 10778) que le Conseil constitutionnel était saisi d`une
révision constitutionnelle.
35
Première partie - La doctrine du comité
Il en est ainsi notamment de ceux qui sont directement tributaires des progres
technologiques ou scientifques, par défnition en constante et infnie progres-
sion, et qui requierent une protection renIorcée des droits des personnes.
Dans ces hypotheses, les normes inscrites dans le Préambule pourraient devenir
rapidement inadaptées voire obsoletes et pourraient même grever l`avenir en
Iaisant obstacle a des évolutions qui se révéleraient indispensables : par consé-
quent, une constitutionnalisation pourrait tres bien, a rebours, desservir le prin-
cipe qu`on aurait voulu promouvoir.
Des lors, dans ce cas, le niveau d`intervention approprié est celui du législateur
ordinaire et non pas celui du législateur constituant.
Lorsque l`eIIectivité des droits reconnus dépend d`un ensemble de regles juri-
diques législatives ou réglementaires tres diverses, relevant de multiples
disciplines et, surtout, contraintes de suivre en permanence le développement
des techniques, la solution législative apparaît en eIIet constituer la voie la plus
eIfciente, dans la mesure ou, loin de fger un état évolutiI, elle permet au légis-
lateur, sous le contrôle du juge qui assure au cas par cas un équilibre permanent
entre les divers droits et libertés, de compléter, d`adapter ou de corriger la regle
de droit au Iur et a mesure des progres, a un rythme plus pertinent, par défnition,
que celui du constituant. Tel a été par exemple, comme on le verra, le sentiment
du comité en matiere de bioéthique et de protection des données personnelles.
Deuxième partie
Les réponses
du comité
39
Deuxième partie - Les réponses du comité
Le comité de réfexion sur le Préambule de la Constitution s`étant fxé une doc-
trine, il l`a conIrontée aux diIIérents themes qui lui étaient soumis.
La question de l`ancrage européen de la République (A), en ce que, dépassant
nos clivages internes, elle concerne la place et le rôle de la France sur la scene
internationale, devait être traitée a part et avant toutes les autres.
Les questions de la parité et de la diversité s`inscrivent dans le schéma clas-
sique « égalité de droit égalité de Iait » : dans le premier cas, il s`agit de déter-
miner comment, apres avoir conquis, deux siecles plus tard, une égalité en droit
proclamée par la Déclaration de 1789, les Iemmes peuvent obtenir une égalité
en Iait avec les hommes (B) ; dans le second cas, il s`agit de rechercher, a l`aune
des principes républicains d`égalité, d`unité et d`indivisibilité, quelle serait la
meilleure voie susceptible de conduire a une réduction des inégalités de Iait ou
des discriminations (C).
La question du pluralisme des courants d`expression et des médias (D), qui a
pour point de départ la jurisprudence du Conseil constitutionnel initiée en 1984,
a donné lieu a une intervention du constituant lors de la révision de 2008.
La question du respect de la vie privée et de la protection des données person-
nelles (E), ainsi que la question de la bioéthique (F), en dépit de leur apparent
éloignement, traduisent une même préoccupation : protéger notre société contre
des menaces des temps modernes représentées par des progres technologiques
(dans le premier cas) et scientifques (dans le second cas) qui pourraient ne pas
être totalement maîtrisés.
La question de la reconnaissance du principe de dignité de la personne
humaine (G), si elle paraît a priori relever davantage du symbolique, n`en recele
pas moins des applications universelles et intemporelles, de sorte qu`elle pour-
rait justifer une réponse spécifque.
A. L’ancrage européen
de la République
L`idée de Iaire fgurer dans le Préambule une disposition propre a renIorcer l`an-
crage européen de la République présente de nombreux attraits auxquels plusieurs
membres du comité étaient initialement sensibles. Une telle démarche pourrait
notamment marquer d’un signe fort l’existence d’un engagement pérenne
de notre pays sur le principe de l’idée européenne, par-dela les divergences
d`approche révélées par l`échec du réIérendum de 2005. La symbolique attachée
a un geste de cette nature serait d`autant plus élevée que, contrairement a toutes
les précédentes, cette révision « européenne » de la Constitution ne répondrait
pas a une nécessité d`ordre juridique, liée a la volonté de Iaire adhérer la France
a un nouveau traité, préalablement déclaré incompatible avec le texte de notre
loi Iondamentale par le Conseil constitutionnel. Il s`agirait d`un acte unilatéral,
« gratuit » et, par la même, porteur d`une signifcation politique singuliere.
40
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

La position du comité a pourtant évolué dans un sens déIavorable a cette solution
pour plusieurs raisons (1). Prolongeant la réfexion, le comité s`est interrogé sur
l`opportunité d`inscrire dans le Préambule une réIérence spécifque aux regles
juridiques européennes et internationales en matiere de protection des droits Ion-
damentaux. La encore, il a été conduit a abandonner cette piste (2).
1. Inscrire une nouvelle référence
générale à l’ordre juridique européen ?
Relevons d`abord, en tout état de cause, que, même si le comité avait accepté
l`idée de proposer l`inscription de dispositions purement symboliques dans le
Préambule, il aurait été conIronté a d`importantes difñcultés pour suggérer
une terminologie adaptée. La réIérence a une « communauté de destin », par
exemple, est trop contestable sur le Iond pour emporter l`adhésion. On voit mal
qu`il soit possible de parler plus spécifquement d`un « destin » de l`Europe
avec quelles Irontieres, d`ailleurs ? que d`un destin du monde occidental voire,
surtout, de la planete. Quant a la réIérence aux principes d`une Europe « unie
dans la diversité » c`est la devise de l`Union européenne elle n`ajouterait
pas grand-chose, comme on va le voir, a ce qui se trouve d`ores et déja inscrit
dans notre Constitution, en particulier au titre XV. De toute maniere, comme on
le sait, le comité a préIéré renoncer par principe a suggérer toute modifcation
dépourvue d`eIIet normatiI.
Mais, précisément, l`écriture de dispositions dotées d`un eIIet normatiI impo-
serait de pousser extrêmement loin « l`européanisation » de la Constitution
Irançaise.
Le texte actuel de la Constitution porte déjà la marque d’une adhésion pro-
fonde à l’idée communautaire, surtout depuis que le Conseil constitutionnel
a confrmé que son titre XV et particulierement son article 88-1, aux termes
duquel la République « participe aux Communautes europeennes et a lUnion
européenne, constituées d’États qui ont choisi librement, en vertu des traités qui
les ont instituees, aexercer en commun certaines ae leurs competences », possé-
dait une complete portée normative, ce qui a l`origine avait pu paraître douteux.
Le Conseil a en eIIet estimé que « le constituant a ainsi consacre lexistence
d’un ordre juridique communautaire intégré à l’ordre juridique interne et dis-
tinct de l’ordre juridique international
1
».
L`article 88-1 est donc interprété a la Iois comme le signe d`une volonté que
l`Union européenne soit plus qu`une simple organisation intergouvernementale
et comme le principe générateur d`obligations constitutionnelles lourdes a la
(1) CC, 19 novembre 2004, n
o
2004-505 DC, Traite etablissant une Constitution pour lEurope,
JO du 24 novembre 2004, p. 19885.
41
Deuxième partie - Les réponses du comité
charge des autorités de l`Etat, notamment dans le domaine de la bonne transpo-
sition des directives communautaires par les lois et les reglements nationaux
1
.
Par ailleurs, on ne saurait oublier que l’application du droit européen sur le
territoire national est, aujourd’hui, complètement garantie par l’ensemble
des juridictions françaises. Le droit européen s`impose directement aux per-
sonnes publiques comme privées sur le sol Irançais. Le droit national est par
ailleurs proIondément imprégné lui-même, en amont, par les exigences com-
munautaires, soit au titre de l`harmonisation des législations, soit au titre de la
transposition des objectiIs assignés, notamment, par les directives de Bruxelles.
La supériorité du droit européen sur le droit national, qui résulte, dans l`ordre
interne, de l`article 55 de la Constitution et qui est sanctionnée par l`ensemble
des juridictions Irançaises, conduit aussi a ce que les lois et reglements qui se
vériferaient contraires a une regle européenne soient toujours susceptibles de
se voir écartés par les juridictions administratives comme par les juridictions
judiciaires, a la demande de n`importe quel requérant. S`ajoute a tout cela que
les juges Irançais ont Iait leur la quasi-totalité de la jurisprudence des cours euro-
péennes. BreI : l`Europe n`est nulle part plus réelle que dans le domaine du droit.
Puisque ce point élevé d`intégration est incontestable, il Iaut se demander a quoi
pourrait précisément correspondre une nouvelle avancée européenne en matiere
constitutionnelle, et le Iaire avec la plus grande attention.
Il est apparu au comité que, en pratique, et quelle que soit d’ailleurs la forme
retenue pour une telle évolution, deux effets – voulus ou collatéraux – pou-
vaient et devaient être envisagés : l`acceptabilité a priori et de principe, au
niveau constitutionnel, de toute évolution ultérieure des traités communautaires ;
le renoncement a Iaire prévaloir les regles révélatrices de l`identité constitution-
nelle de la France sur les normes européennes en matiere de droits Iondamentaux.
Aucune de ces deux éventualités ne lui est apparue souhaitable.
a) Admettre par anticipation l’acceptabilité
constitutionnelle de toute évolution ultérieure
des traités communautaires ?
Dans l`état actuel du droit constitutionnel, les abandons, au proft d`organisations
internationales, de prérogatives considérées comme souveraines ou du moins
comme rattachées aux conditions essentielles d`exercice de la souveraineté
(1) L`introduction, a la Iaveur de la révision du 25 juin 1992, du nouveau titre XV de la Constitution
et notamment de cet article 88-1, a permis au Conseil constitutionnel de créer une exception, impor-
tante mais strictement encadrée, a l`interdiction qu`il s`était lui-même imposée de contrôler lui-
même la conIormité des lois aux regles internationales. Depuis sa décision relative au droit d`auteur
(27 juillet 2006, décision n
o
2006-540 DC, Loi relative au aroit aauteur et aux aroits voisins aans
la société de l’information, JO du 3 août 2006, p. 11541), le Conseil constitutionnel s`est en eIIet
donné la possibilité de contrôler lui-même la conIormité des lois aux directives européennes qui leur
tiennent lieu de support pour autant : 1) que la loi en cause ait bien pour objet de transposer la direc-
tive, 2) que cette derniere soit précise et inconditionnelle, 3) que la contrariété entre les deux normes
soit suIfsamment maniIeste pour être constatée de plano par un Conseil constitutionnel qui n`est
pas en situation de saisir la Cour de justice d`un renvoi préjudiciel, et 4) que l`application de ladite
directive n`aille pas a l`encontre d`une regle ou d`un principe inhérent a l`identité constitutionnelle
de la France sauI, bien sûr, a ce que le constituant y ait lui-même consenti.
42
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

nationale, sont en principe tenus pour inconstitutionnels. Il est donc nécessaire
de modiñer la Constitution chaque fois que l`évolution des traités instituant
la Communauté emporte une nouvelle délégation de la puissance souve-
raine de l’État aux instances de l’Union.
En pratique, le Conseil constitutionnel est saisi du projet de nouveau traité et se
prononce sur sa compatibilité avec la Constitution
1
. S`il décele une contrariété,
le gouvernement est placé devant une alternative radicale : renoncer a l`adoption
fnale du traité ou solliciter la modifcation de la Constitution.
La participation de la France a la construction communautaire, au cours de ces der-
nieres décennies, s`est réalisée sur ces bases. Chacune des grandes avancées sur le
chemin de l`intégration européenne par exemple l`entrée en vigueur des accords
de Schengen, le Traité de Maastricht, le mandat d`arrêt européen, la possibilité
oIIerte de ratifer les traités portant Constitution européenne et, dernierement, le
Traité de Lisbonne s`est Iaite selon la même séquence : saisine du Conseil consti-
tutionnel sur le projet de traité ou d`acte de droit communautaire dérivé, déclaration
de l`incompatibilité de telle ou telle de ses stipulations avec la Constitution, révi-
sion ad hoc du texte constitutionnel.
Ainsi, l`intégration progressive de la France dans l`Europe n`a jamais été subie
par le pouvoir constituant, mais discutée et voulue par lui a chaque stade.
Ce processus est lourd. Surtout, il atteste par lui-même une sorte de réserve
de la France à l’égard de la construction européenne, puisque aucun blanc-
seing n`est jamais donné, que chaque étape requiert une autorisation spéciale
et que le risque de l`échec, voire de la paralysie, plane sur chacune d`elles.
Incontestablement, aucun geste ne serait donc plus « européen », sous ce
rapport, que celui consistant à accueillir par principe comme bienvenue
et constitutionnellement incontestable toute nouvelle évolution des traités
constitutiIs de l`Union.
Aux yeux du comité, cette perspective n’a pourtant pas paru souhaitable.
Sur le plan théorique, elle équivaudrait a un abandon pur et simple de sou-
veraineté constituante et l`on voit mal que cela puisse se concevoir indépen-
damment de l`éventuelle transIormation de l`Union européenne en une véritable
Iédération, au sens plein du terme ; une telle évolution n`est pas acquise pour le
Iutur, et elle est encore moins crédible pour un avenir immédiat.
Sur le plan politique, un tel bouleversement serait de nature a provoquer de
profonds clivages au sein de l`opinion Irançaise. Elle paraîtrait surtout propre a
susciter en son sein une approche passionnelle de la question européenne. Rien
de tout cela ne paraît souhaitable, y compris dans l`intérêt même de la construc-
tion européenne.
Au total, il est apparu au comité qu’il n’était, tout compte fait, nullement
dommageable pour la défense de l’idéal européen que le constituant français
(1) L`article 54 de la Constitution dispose : « Si le Conseil constitutionnel, saisi par le Presiaent
de la République, par le Premier ministre, par le président de l’une ou l’autre assemblée ou par
soixante aeputes ou soixante senateurs, a aeclare quun engagement international comporte une
clause contraire a la Constitution, lautorisation ae ratiher ou aapprouver lengagement interna-
tional en cause ne peut intervenir quaprès revision ae la Constitution. »
43
Deuxième partie - Les réponses du comité
conserve la plénitude de sa capacité à accompagner, ou non, la marche de
l’intégration européenne. En outre, comme on le sait, le comité a Iait sienne
la conviction générale selon laquelle, parce que la Constitution est la maison
commune de la République, elle ne gagne a être révisée que dans le sens du plus
large consensus. Il ne pouvait donc proposer que soit inscrite dans le Préambule
une regle propre a diviser le pays et a compromettre, paradoxalement, la durée et
la proIondeur de son engagement dans une Europe institutionnalisée.
b) Renoncer à faire prévaloir les règles
révélatrices de l’identité constitutionnelle
française sur les normes européennes ?
Le comité a considéré que, dans l`hypothese ou serait retenu le principe de l`ins-
cription d`une nouvelle réIérence a l`appartenance européenne de la France, une
conséquence juridique tres importante devrait être envisagée comme possible
si ce n`est comme probable : l`écriture d`une telle norme pourrait laisser pen-
ser que la participation de la France à l’Union européenne devrait désor-
mais être regardée comme faisant partie de l’identité constitutionnelle de
la République. La disposition nouvelle pourrait ainsi être interprétée comme
emportant renoncement a Iaire, précisément, prévaloir ces regles constitution-
nelles révélatrices de notre identité propre.
On sait en eIIet que les juridictions Irançaises ont progressivement imposé cette
lecture des relations entre la Constitution et le droit international. Pour le dire
simplement, les deux corps de regles sont présumés convergents et compatibles,
ce qui simplife beaucoup leur application coordonnée et harmonieuse. Chaque
Iois que cela se vérife possible, il est même de plus en plus Iréquent que les juges
Irançais interpretent la Constitution a la lumiere des normes européennes et de
la jurisprudence dont elles Iont l`objet
1
. Mais cette présomption d`harmonie ne
(1) Le désormais célebre arrêt Arcelor du Conseil d`Etat donne de cela un tres bon exemple
(CE, Ass., 8 Iévrier 2007, Sté Arcelor Atlantique et Lorraine et autres, req. n
o
287110 ; RFDA
2007. 384, concl. Guyomar ; AJDA 2007. 577, chron. Lenica et Boucher) : « Consiaerant que si,
aux termes ae larticle 55 ae la Constitution, 'les traites ou accoras regulièrement ratihes ou
approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour
chaque accora ou traite, ae son application par lautre partie`, la suprematie ainsi conferee aux
engagements internationaux ne saurait simposer, aans lorare interne, aux principes et aisposi-
tions a valeur constitutionnelle , queu egara aux aispositions ae larticle 88-1 ae la Constitution,
selon lesquelles 'la Republique participe aux Communautes europeennes et a lUnion europeenne,
constituees aEtats qui ont choisi librement, en vertu aes traites qui les ont instituees, aexer-
cer en commun certaines de leurs compétences”, dont découle une obligation constitutionnelle de
transposition des directives, le contrôle de constitutionnalité des actes réglementaires assurant
airectement cette transposition est appele a sexercer selon aes moaalites particulières aans le
cas où sont transposees aes aispositions precises et inconaitionnelles , qualors, si le contrôle aes
règles de compétence et de procédure ne se trouve pas affecté, il appartient au juge administratif,
saisi d’un moyen tiré de la méconnaissance d’une disposition ou d’un principe de valeur constitu-
tionnelle, ae rechercher sil existe une règle ou un principe general au aroit communautaire qui,
eu égard à sa nature et à sa portée, tel qu’il est interprété en l’état actuel de la jurisprudence du
juge communautaire, garantit par son application l’effectivité du respect de la disposition ou du
principe constitutionnel invoque , que, aans lafhrmative, il y a lieu pour le fuge aaministratif, ahn
de s’assurer de la constitutionnalité du décret, de rechercher si la directive que ce décret transpose
est conforme a cette règle ou a ce principe general au aroit communautaire , quil lui revient, en
labsence ae aifhculte serieuse, aecarter le moyen invoque, ou, aans le cas contraire, ae saisir la
Cour ae fustice aes Communautes europeennes aune question prefuaicielle, aans les conaitions
44
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Ionctionne que jusqu`a preuve du contraire. S’il apparaît que l’application de
la règle européenne aboutit à contrecarrer franchement le jeu d’une règle
constitutionnelle spéciñque, et donc attachée par là même à « l'identité consti-
tutionnelle de la France », cette dernière doit prévaloir
1
. Dit autrement, tout est
Iait pour que les confits entre normes constitutionnelles et normes européennes
soient les plus rares possible mais, lorsqu`ils ne peuvent être évités, ils doivent se
régler devant les juridictions Irançaises en Iaveur de la Constitution. Le Conseil
constitutionnel a même estimé que cette lecture de l`articulation des ordres juri-
diques Irançais et européen devait se comprendre comme une condition sine qua
non de l`éventuelle ratifcation du traité portant projet de Constitution pour l`Eu-
rope, lequel comprend, comme on sait, l`aIfrmation d`un principe de primauté de
la regle européenne sur la regle nationale
2
.
Certes, on s`accorde a considérer que ces Iameuses regles inhérentes a « l'identité
constitutionnelle française » ne sont guere nombreuses aujourd`hui. On invoque
généralement le principe de laïcité, la conception Irançaise de l`égalité républi-
caine voire, plus hypothétiquement, la part constitutionnelle de la conception
Irançaise du service public. Mais cette relative rareté n`enleve assurément rien a
l`importance subjective que revêtent ces principes. Nul doute que l`attachement
dont ils Iont l`objet dans le pays soit considérable.
Aussi bien est-il apparu au comité qu’il n’était ni utile ni prudent de suggé-
rer une évolution du Préambule qui serait, directement ou indirectement,
susceptible de remettre en cause cet équilibre satisfaisant et garant d`une
vision pacifée de la construction juridique européenne.
Au total, le comité a donc considéré que le service de la construction européenne
rejoignait les exigences du consensus national en matiere constitutionnelle. L`un
et l`autre commandaient a ses yeux qu`aucune modifcation du Préambule ne
prevues par larticle 234 au Traite instituant la Communaute europeenne , quen revanche, sil
nexiste pas ae règle ou ae principe general au aroit communautaire garantissant leffectivite au
respect de la disposition ou du principe constitutionnel invoqué, il revient au juge administratif
aexaminer airectement la constitutionnalite aes aispositions reglementaires contestees ».
(1) Aux termes de la décision du 27 juillet 2006 précitée du Conseil constitutionnel : « La transpo-
sition d’une directive ne saurait aller à l’encontre d’une règle ou d’un principe inhérent à l’identité
constitutionnelle de la France, sauf à ce que le constituant y ait consenti. »
(2) « Aux termes ae larticle I-1 au traite . « Inspiree par la volonte aes citoyens et aes Etats aEu-
rope ae batir leur avenir commun, la presente Constitution etablit lUnion europeenne, a laquelle
les Etats membres attribuent aes competences pour atteinare leurs obfectifs communs. LUnion
cooraonne les politiques aes Etats membres visant a atteinare ces obfectifs et exerce sur le moae
communautaire les competences quils lui attribuent. » En vertu ae larticle I-5, lUnion respecte
liaentite nationale aes Etats membres « inherente a leurs structures fonaamentales politiques et
constitutionnelles ». Aux termes ae larticle I-6 . « La Constitution et le aroit aaopte par les insti-
tutions ae lUnion, aans lexercice aes competences qui sont attribuees a celle-ci, priment le aroit
aes Etats membres. » Il resulte aune aeclaration annexee au traite que cet article ne confère pas
au principe de primauté une portée autre que celle qui était antérieurement la sienne. Si l’article
I-1 au traite substitue aux organisations etablies par les traites anterieurs une organisation unique,
lUnion europeenne, aotee en vertu ae larticle I-7 ae la personnalite furiaique, il ressort ae len-
semble aes stipulations ae ce traite, et notamment au rapprochement ae ses articles I-5 et I-6, quil
ne moaihe ni la nature ae lUnion europeenne, ni la portee au principe ae primaute au aroit ae
lUnion telle quelle resulte, ainsi que la fuge le Conseil constitutionnel par ses aecisions susvisees
des 10 juin, 1
er
et 29 fuillet 2004, ae larticle 88-1 ae la Constitution. Dès lors, larticle I-6 au traite
soumis a lexamen au Conseil nimplique pas ae revision ae la Constitution » (nous soulignons)
(CC, 19 novembre 2004, n
o
2004-505 DC, préc. note 52, cons. 11 a 13).
45
Deuxième partie - Les réponses du comité
soit proposée a l`eIIet de raIIermir l`ancrage constitutionnel de l`Europe. Les
avantages possibles d`une telle révision seraient Iaibles, si ce n`est inexistants.
Ses inconvénients programmés ou accidentels seraient en revanche bien
réels. La conviction du comité s`est en tout cas Iaite unanimement en ce sens.
2. Inscrire une référence spécifique aux
traités internationaux et européens de
protection des droits fondamentaux ?
Poursuivant sa réfexion, le comité s`est interrogé sur l`opportunité de suggé-
rer l`inscription dans le Préambule d`une disposition en vertu de laquelle « la
République française fait siennes les valeurs proclamées par les conventions
internationales et europeennes relatives aux aroits et libertes fonaamentaux ae
l’homme et du citoyen ». Il a fnalement renoncé a Iormuler cette proposition.
Un texte de cette nature aurait pour eIIet de conférer une autorité de niveau
constitutionnel aux traités dont il s’agit. La discussion juridique peut certai-
nement s`ouvrir sur le point de savoir si cette constitutionnalisation serait ou
non véritable, complete, directe, limitée a des questions d`interprétation... Mais
ces nuances n`ont qu`une importance pratique réduite. Il Iaut en eIIet considérer
deux éléments Iondamentaux :
D`une part et l`on retrouve ici un des constats sur lesquels le comité a étayé
l`ensemble de sa réfexion méthodologique , toute l`histoire du droit constitu-
tionnel depuis les années 1970 montre que le Préambule de la Constitution est le
réceptacle de véritables regles de droit. Les acteurs, et notamment les juges, sont
donc naturellement Iondés et enclins a en tirer des conséquences juridiques pré-
cises et concretes. Nul ne saurait garantir, ni d`ailleurs espérer, que l`inscription
d`une telle disposition puisse avoir une simple portée symbolique.
D`autre part, et corrélativement, il est probable que l`ajout au Préambule de
la disposition projetée conduirait le Conseil constitutionnel a censurer lui-même
la violation par la loi des traités auxquels il serait ainsi Iait réIérence. Le pré-
cédent de l`article 88-1 de la Constitution ne laisse guere de doute a cet égard :
l`écriture de ce nouvel article pour les besoins de l`entrée en vigueur du Traité
de Maastricht a constitutionnalisé l`obligation Iaite au législateur de transposer
correctement les directives communautaires, ce que le Conseil constitutionnel a
interprété comme l`habilitant a eIIectuer lui-même le contrôle de conIormité des
lois de transposition auxdites directives
1
, alors qu`il jugeait cela impossible en
vertu de sa jurisprudence traditionnelle
2
. L`introduction d`une réIérence consti-
tutionnelle, même implicite, aux directives communautaires en cours de transpo-
sition a donc eu pour eIIet de modifer en proIondeur la maniere dont leur respect
est garanti par le juge.
(1) V. supra note 1, p. 41.
(2) CC, 15 janvier 1975, n
o
74-54 DC, Loi relative à l’interruption volontaire de la grossesse, JO
du 16 janvier 1975, p. 671.
46
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Fort de cet enseignement, le comité a considéré que le projet de disposition
constitutionnelle sur lequel il réféchissait aurait tres probablement pour consé-
quence de modifer le régime juridique aujourd`hui applicable aux « conventions
internationales et europeennes relatives aux aroits et libertes fonaamentaux
1
» :
une obligation constitutionnelle spécifque naîtrait par la, qui imposerait de res-
pecter ces traités mieux ou autrement que les autres.
Cette perspective lui a paru poser plus de problèmes qu’elle ne serait sus-
ceptible d’en résoudre. Le comité a d`abord relevé que l`adoption d`un texte
de ce type était peu compatible avec les choix opérés tout récemment par le
constituant lors de la révision de juillet 2008 a propos de l`exception d`inconsti-
tutionnalité. En second lieu et de surcroît, le comité s`est montré tres réservé sur
l`opportunité voire l`utilité d`une telle démarche.
a) Un ajout incohérent compte tenu de la rédaction
nouvelle de la Constitution
Dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, la
Constitution comprend désormais un article 61-1 ainsi rédigé :
« Lorsque, à l’occasion d’une instance en cours devant une juridiction, il est
soutenu quune aisposition legislative porte atteinte aux aroits et libertes que la
Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi ae cette question
sur renvoi au Conseil aEtat ou ae la Cour ae cassation qui se prononce aans
un aelai aetermine. Une loi organique aetermine les conaitions aapplication au
présent article » (nous soulignons).
La teneur exacte de ce texte est limpide et révélatrice d`une volonté tres nette
si l`on en retrace la genese depuis les travaux du comité Balladur jusqu`aux
derniers arbitrages rendus par le constituant au cours des débats parlementaires.
Elle signife que le Conseil constitutionnel aura désormais pleine compé-
tence pour contrôler, par voie d’exception, la conformité des lois aux dispo-
sitions de fond de la Constitution, mais qu’il n’en a aucune, réserve faite des
conséquences qui découlent de l’article 88-1 (cf. ci-dessus), pour contrôler
la conformité de ces mêmes lois aux conventions internationales. Le contrôle
de conventionnalité est réservé, comme il l`est depuis plusieurs années, aux
juges « ordinaires » judiciaire et administratiI
2
. Le rapport du comité Balladur
montre que celui-ci s`était interrogé sur la pertinence de cette dichotomie avant,
tout bien considéré, de trancher clairement pour son maintien ; quelques mois
plus tard, le constituant a suivi cette recommandation.
Si le Préambule devait contenir un nouvel alinéa aux termes duquel : « La
République française fait siennes les valeurs proclamées par les conventions
(1) On se souvient que tous les traités ont, aujourd`hui, une autorité supérieure a celle des lois
(art. 55 de la Constitution), mais inIérieure a celle de la Constitution.
(2) Cette regle d`incompétence du Conseil constitutionnel ne connaît qu`une seule exception,
expressément Iondée sur l`article 88-1 de la Constitution interprété comme imposant une obligation
singuliere de correcte transposition des directives communautaires : le Conseil constitutionnel peut
censurer la violation « maniIeste », par une loi « de transposition », de la directive communautaire
qui lui tient lieu de support (décision du 27 juillet 2006, préc. note 1, p. 41).
47
Deuxième partie - Les réponses du comité
internationales et europeennes relatives aux aroits et libertes fonaamentaux ae
l’homme et du citoyen », les modalités du contrôle juridictionnel de la loi voulues
par le constituant ne pourraient plus être maintenues. Gardien du Préambule, le
Conseil constitutionnel le serait tout autant des dispositions de ce nouvel alinéa.
Il disposerait donc d`un titre constitutionnel spécifque pour contrôler lui-même
la conIormité des lois aux conventions internationales de protection des droits
Iondamentaux.
Or, le comité a compris que c`est précisément ce que le constituant de 2008,
apres y avoir réféchi, n`avait pas retenu. Dans l`économie de la Constitution
révisée, le juge constitutionnel n`a pas compétence pour examiner la conven-
tionnalité internationale des lois dans le cadre de son contrôle a posteriori. En
cohérence, le comité ne pouvait pas proposer d’habiliter le Conseil consti-
tutionnel à exercer cette mission – fût-ce pour les seuls traités européens
de protection des droits de l’homme – que le constituant venait sciemment
de ne pas lui attribuer. En tout état de cause, cette solution présenterait divers
inconvénients.
b) Un ajout inopportun et sans doute inutile
Outre qu`elle souleverait de redoutables problemes de champ d`application, la
consécration d`un statut constitutionnel particulier pour les traités de protection
des droits Iondamentaux présenterait, aux yeux du comité, un autre inconvé-
nient : elle empêcherait la France de faire automatiquement prévaloir sur
ces traités les valeurs attachées à sa spéciñcité constitutionnelle. Comme on
l`a vu, une disposition de cet ordre aboutirait d`une maniere ou d`une autre a ce
que la Constitution Iasse siennes les normes internationales auxquelles il serait
Iait réIérence. Ces dernieres acquerraient potentiellement la propre valeur juri-
dique de la loi Iondamentale. Or l`égalité hiérarchique entre regles constitution-
nelles exclut toute préIérence véritable. Le confit de normes égales ne peut se
résoudre, on l`a vu, que dans leur conciliation.
Indépendamment même de tout jugement de valeur sur le Iond d`une telle évolu-
tion, il Iaut craindre qu`elle soit de nature a susciter un important confit autour
des questions d`intégration européenne, a fortiori si peu de temps apres l`échec
du réIérendum sur le projet de Constitution européenne. Nombreux seraient les
esprits prompts a lire dans un tel texte la matiere d`un renoncement de la France
a exprimer et a Iaire prévaloir son identité juridique propre. Et cette accusation
serait d`autant plus vive que seraient invoqués, au premier rang des valeurs spé-
cifques, le principe de laïcité qui n`a eIIectivement pas d`équivalent inter-
national , le principe d`égalité, dans son acception réputée républicaine, ainsi
peut-être que la part constitutionnelle du service public a la Irançaise.
Le Préambule ainsi réécrit aboutirait notamment à remettre en question
le parti adopté depuis quelques années par le Conseil constitutionnel aux
ñns d`empêcher que l`application des règles internationales puisse com-
promettre le jeu des valeurs porteuses que le Conseil appelle lui-même
« l'identité constitutionnelle de la France
1
». Les jurisprudences de la Cour de
cassation et du Conseil d`Etat qui poursuivent la même fn seraient également
(1) C`est la terminologie du Conseil constitutionnel lui-même.
48
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Iragilisées. Il n`existerait plus de garantie de plein droit que certains principes
constitutionnels Irançais dotés au surplus d`une Iorte charge symbolique
puissent prévaloir et s`imposer, ni sur les normes issues des traités dans leur
confguration actuelle, ni même sur les normes issues des modifcations ulté-
rieures de ces traités.
Rien de tout cela ne saurait recueillir aisément un consensus et les avantages
pratiques d`une telle innovation seraient des plus minces. Car la vérité est qu`il
n`est pas nécessaire de renforcer la garantie juridique dont bénéñcient, en
France, les traités de protection des droits fondamentaux, puisqu’elle est,
techniquement s’entend, complète : il n`existe en eIIet plus aucun obstacle,
de Iond ou de procédure, a l`application quotidienne et complete de ces normes
internationales par les tribunaux Irançais des lors qu`elles ne contreviennent pas
elles-mêmes a notre Constitution.
Le comité n`a donc eu aucune hésitation a renoncer a proposer l`adoption d`un
dispositiI dont il a estimé, a l`analyse, qu`il ne réaliserait aucun progres véritable
pour le citoyen.
B. La parité entre les hommes
et les femmes
1. La situation avant la révision
constitutionnelle du 23 juillet 2008
Lorsque le comité de réfexion sur le Préambule de la Constitution a débuté ses
travaux, il ignorait que le Parlement, a l`initiative de deux députés, s`emparerait
de la question de la parité a l`occasion de l`examen du projet de loi constitution-
nelle de modernisation des institutions.
Force est de constater que la question méritait une réponse, dans la mesure ou,
a la lumiere de l`expertise a laquelle il a procédé, le comité a pu apprécier le
chemin qui restait a parcourir en ce domaine.
En eIIet, si le combat car c`est bien ainsi qu`il Iaut parler mené par les
Iemmes apres la Déclaration des droits de 1789 pour acquérir une complete éga-
lité juridique avec les hommes a duré deux cents ans, celui nécessaire pour tra-
duire cette égalité de droit en égalité de Iait n`est pas encore achevé.
En termes de droits des hommes et des Iemmes, le concept de parité – qui
ne ñgure en tant que tel dans aucun texte - est apparu à une époque où,
en France, l’égalité en droit était parvenue quasiment au terme de son
processus.
Qu`il s`agisse des textes supralégislatiIs de droit international ou de droit interne,
tous aIfrment l`égalité des droits entre les hommes et les Iemmes.
49
Deuxième partie - Les réponses du comité
Ainsi la Déclaration de 1789 a-t-elle proclamé une égalité en droits, le Préambule
de la Constitution de 1946 a-t-il garanti a la Iemme, par l`intermédiaire de la loi,
des droits égaux a ceux de l`homme dans tous les domaines et la Constitution de
1958 a-t-elle entendu assurer l`égalité devant la loi de tous les citoyens.
Cette égalité juridique a néanmoins tardé a irriguer tous les domaines : ce ne sont
la que quelques exemples, mais il Iaut se souvenir que :
– sur le plan des droits civiques, les Iemmes ont pu devenir électrices et éligibles
seulement en 1944 ;
– sur le plan des droits civils, elles se sont vu conIérer des droits égaux a ceux
des hommes en matiere d`autorité parentale seulement en 1970 ; en matiere de
divorce, seulement en 1975 ; en matiere de régime légal de communauté, seu-
lement en 1985 ; et en matiere de dévolution du nom de Iamille, seulement en
2002 ;
sur le plan aes aroits sociaux, elles se sont vu reconnaître leur égalité proIes-
sionnelle avec les hommes seulement en 1983.
Un certain nombre de dispositions ont, depuis lors, été édictées en vue de rendre
une telle égalité juridique effective, essentiellement dans le domaine de la vie
politique et dans celui de la vie proIessionnelle : ainsi en est-il, par exemple, du
Traité sur le Ionctionnement de l`Union européenne, dans sa rédaction issue du
Traité de Lisbonne, qui dispose, en son article 3, que, « pour toutes ses actions,
lUnion cherche a eliminer les inegalites et a promouvoir legalite entre les
hommes et les femmes » ou encore du Traité instituant la Communauté euro-
péenne, dans sa rédaction issue du Traité de Nice, qui prévoit, en son article 141,
que, « pour assurer concrètement une pleine égalité entre hommes et femmes
dans la vie professionnelle, le principe de l’égalité de traitement n’empêche pas
un État membre de maintenir ou d’adopter des mesures prévoyant des avan-
tages specihques aestines a faciliter lexercice aune activite professionnelle par
le sexe sous-represente ou a prevenir ou compenser aes aesavantages aans la
carrière professionnelle ».
En France, dans le domaine politique, apres que les mesures législatives tendant
a Iavoriser la participation des Iemmes a la vie publique se sont heurtées a la
jurisprudence du Conseil constitutionnel qui avait considéré que les principes
d`égalité et d`universalité du suIIrage s`opposaient a « toute division par caté-
gories des électeurs ou des éligibles
1
», la loi constitutionnelle n
o
99-569 du
8 juillet 1999 relative à l’égalité entre les femmes et les hommes a levé cet
obstacle juridique en ajoutant a l`article 3 de la Constitution un alinéa ainsi
conçu : « La loi favorise legal accès aes femmes et aes hommes aux manaats
electoraux et fonctions electives. »
Par la suite, le Conseil constitutionnel a jugé qu`il était « désormais loisible au
législateur d’adopter des dispositions revêtant soit un caractère incitatif, soit un
(1) 18 novembre 1982, n
o
82-146 DC, Loi moaihant le Coae electoral et le Coae aes communes et
relative a lelection aes conseillers municipaux et aux conaitions ainscription aes Français etablis
hors de France sur les listes électorales, JO du 19 novembre 1982, p. 3475 (rectifcation au JO du
20 novembre 1982).
50
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

caractère contraignant
1
», ce qui a permis l`adoption des lois n
o
2000-493 du
6 juin 2000 et n
o
2007-128 du 31 janvier 2007 tendant a Iavoriser l`égal acces des
Iemmes et des hommes aux mandats électoraux et Ionctions électives, n
o
2003-
327 du 11 avril 2003 relative a l`élection des conseillers régionaux et des repré-
sentants au Parlement européen ainsi qu`a l`aide publique aux partis politiques,
n
o
2003-697 du 30 juillet 2003 portant réIorme de l`élection des sénateurs ou
encore n
o
2008-175 du 26 Iévrier 2008 Iacilitant l`égal acces des Iemmes et des
hommes au mandat de conseiller général.
TouteIois, le Conseil constitutionnel a logiquement cantonné, eu égard à la
lettre du texte constitutionnel, ce type de dispositions « aux élections à des
mandats et fonctions politiques
2
». Par ailleurs, il a estimé que les dispositions
instituant des jurys de validation des acquis de l`expérience « ne sauraient avoir
pour effet de faire prévaloir, lors de la constitution de ces jurys, la considération
au genre sur celle aes competences, aes aptituaes et aes qualihcations
3
», le
Conseil d`Etat ayant repris récemment la même analyse
4
. En outre, il a considéré
que, « si la recherche aun accès equilibre aes femmes et aes hommes aux res-
ponsabilites autres que les fonctions politiques electives nest pas contraire aux
exigences constitutionnelles |...|, elle ne saurait, sans les méconnaître, faire pré-
valoir la consiaeration au sexe sur celle aes capacites et ae lutilite commune »,
de sorte qu`il a invalidé, comme étant contraires au principe d`égalité devant la
loi, des dispositions imposant le respect de proportions déterminées entre les
hommes et les Iemmes au sein des conseils d`administration et de surveillance
des sociétés privées et des entreprises du secteur public, dans les comités d`en-
treprise, parmi les délégués du personnel ou encore sur la liste des candidats aux
conseils des prud`hommes et aux organismes paritaires de la Ionction publique
5
.
En dépit des dispositiIs législatiIs aujourd`hui en vigueur, certes récents, le bilan
afñché par la parité s`avère relativement modeste.
Dans le domaine de la vie politique, la situation est en constante évolution au
bénéfce des Iemmes, mais dans une mesure encore assez Iaible. En Europe, avec
7 Iemmes parmi les 16 ministres au gouvernement, la France se situe au troisieme
rang, juste derriere la Finlande et la Suede ; mais avec 105 députés sur les 577 que
compte l`Assemblée nationale, elle ne se situe qu`au dix-septieme rang. Lors des
élections sénatoriales, les Iemmes ont représenté 10,9 ° des élus en 2001, 18,1 °
en 2004, et 21,9 ° en 2008 : sur les 343 sénateurs, 75 sont des Iemmes. Lors des
élections législatives, les Iemmes ont représenté 6,1 ° des élus en 1993, 10,9 °
en 1997, 12,3 ° en 2002 et 18,5 ° en 2007 ; lors des élections municipales, elles
ont représenté 4,4 ° des maires des villes de plus de 35 000 habitants en 1995,
6,7 ° en 2001 et 9,5 ° en 2008 ; lors des élections cantonales, elles ont représenté
(1) 30 mai 2000, n
o
2000-429 DC, Loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes
aux manaats electoraux et fonctions electives, JO du 7 juin 2000, p. 2564.
(2) 19 juin 2001, n
o
2001-445 DC, Loi organique relative au statut aes magistrats et au Conseil
supérieur de la magistrature, JO du 26 juin 2001, p. 10525.
(3) 12 janvier 2002, n
o
2001-455 DC, Loi de modernisation sociale, JO du 18 janvier 2002, p. 1053.
(4) 22 juin 2007, Lesourd, n
o
288206, Lebon.
(5) 16 mars 2006, n
o
2006-533 DC, Loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les
hommes, JO du 24 mars 2006, p. 4446.
51
Deuxième partie - Les réponses du comité
5,4 ° des conseillers généraux en 1994, 8,6 ° en 1998, 9,8 ° en 2001, 10,9 °
en 2004 et 13,1 ° en 2008.
Dans le domaine de la vie professionnelle, le comportement d`activité des
Iemmes se rapproche de celui des hommes, mais reste marqué par certaines
spécifcités : leur taux d`activité (proportion d`actiIs âgés de 15 ans ou plus dans
la population âgée de 15 ans ou plus) demeure plus Iaible (pres de 65 ° contre
pres de 75 °), mais leurs carrieres deviennent plus continues ; leur taux d`acti-
vité est sensible a la présence d`enIants et a la catégorie socioproIessionnelle de
leur conjoint. Sur le marché du travail, la situation des Iemmes reste distincte
de celle des hommes en ce qui concerne, d`une part, les proIessions exercées
(cadres et assimilés : 2,5 millions d`hommes contre 1,4 million de Iemmes ; pro-
Iessions intermédiaires : équivalence ; employés : 6 millions de Iemmes contre
1,7 million d`hommes ; ouvriers : 13,5 millions d`hommes contre 11,5 millions
de Iemmes) et, d`autre part, les Iormes d`emplois occupés (32 ° des non-sala-
riés et 47,6 ° des salariés sont des Iemmes ; proportion équivalente de Iemmes
et d`hommes en CDD et en CDI ; plus de 30 ° des Iemmes occupent des emplois
a temps partiel, alors que seulement un peu plus de 5 ° d`hommes sont dans ce
cas), enfn, les risques de chômage (taux de chômage légerement supérieur chez
les Iemmes). La présence de Iemmes dirigeantes dans les entreprises est passée
de 36 ° en 2001 a 38 ° en 2006 et reste particulierement Iaible dans les plus
grandes d`entre elles. Les inégalités de revenus entre les hommes et les Iemmes
subsistent, principalement dans le domaine des salaires : globalement, tant en
ce qui concerne la Ionction publique que le secteur privé et semi-public, les
Iemmes perçoivent de 80 a 95 ° du salaire octroyé aux hommes, les inégalités
étant plus importantes lorsque les revenus sont plus élevés. Mais ces inégalités
existent également en ce qui concerne les retraites et les minima sociaux, ce qui
engendre des conséquences sur le seuil de pauvreté.
2. L’intervention du pouvoir constituant
Sur cette question de la parité, le comité avait procédé a l`audition d`un cer-
tain nombre de personnalités, qui s’étaient montrées en majorité favorables
à l’ajout d’une disposition dans la Constitution (M
me
Valérie Létard, secré-
taire d`Etat chargée de la Solidarité aupres du ministre du Travail, des Relations
sociales, de la Famille et de la Solidarité ; M
me
Laurence Parisot, présidente du
MedeI ; M. Louis Schweitzer, président de la Halde.), lorsqu`il a été inIormé
d`une initiative parlementaire en ce sens.
Au cours de l`examen du projet de loi constitutionnelle de modernisation des
institutions, M
mes
les députées Marie-Jo Zimmermann et Claude GreII ont en
eIIet présenté un amendement visant a permettre au législateur de Iavoriser
une représentation équilibrée des Iemmes et des hommes dans le milieu proIes-
sionnel, en levant les obstacles identifés par le Conseil constitutionnel dans sa
décision du 16 mars 2006
1
. En dépit d`un avis déIavorable du gouvernement,
non pas sur le Iond mais sur la méthode, la garde des Sceaux ayant Iait valoir que
le comité de réfexion sur le Préambule était saisi de la question, l`Assemblée
(1) Préc. note 4, p. 50.
52
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

nationale a adopté, en premiere lecture, un texte portant modifcation de l`article
34 de la Constitution. Le Sénat a adopté, également en premiere lecture, un
texte qui a rassemblé les dispositions relatives a l`égalité entre les Iemmes et les
hommes au sein d`un nouvel alinéa complétant l`article 1
er
de la Constitution.
C`est ce texte que le Parlement réuni en Congres a voté le 21 juillet 2008 : « La loi
favorise legal accès aes femmes et aes hommes aux manaats electoraux et fonc-
tions électives, ainsi quaux responsabilites professionnelles et sociales » (nous
soulignons).
Dans ces conditions, conIormément a la doctrine qu`il s`est fxée de ne pas se
prononcer dans les matieres ou le constituant est intervenu, le comité a consi-
déré qu`il ne lui appartenait plus de statuer sur la question de la parité entre les
hommes et les Iemmes. Il a pris acte de ce que, précédant ses recommanda-
tions en la matière, le constituant avait adopté une disposition spéciñque
dans l`un des deux grands domaines où l`égalité entre les hommes et les
femmes n’est pas encore, à l’heure actuelle, totalement effective.
C. Diversité, action positive, égalité
des chances
Fernand Braudel écrivait, dans L’Identité de la France
1
: « Lucien Febvre répé-
tait, et il faut répéter après lui, que la France se nomme diversité. J’aimerais
presque aire, bien que ce soit plus plat, est aiversite. Car ce nest pas seulement
une apparence, une appellation, mais une réalité concrète, le triomphe éclatant
du pluriel, de l’hétérogénéité |.|. Cent mille France sont en place, faais, hier,
aujourd’hui. Acceptons cette vérité, cette profusion |.|. » Et de parler, quelques
pages plus loin, d`une « étonnante mosaïque ».
Mais de la constatation d`une vérité d`évidence d`un point de vue géographique,
sociologique, humain, historique, économique ou politique, a la reconnaissance
d`un principe juridique venant, sinon se substituer aux concepts d`égalité et d`in-
divisibilité, du moins leur apporter un correctiI ou un contrepoint, il y a un pas
dont il était demandé au comité d`évaluer la nécessité juridique et les implica-
tions possibles.
« Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant
davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du
principe d’égalité ? » C`est en ces termes qu`était Iormulée la lettre de mission
adressée au comité. Et c`est pourquoi ne pas le dire ? sur cette question que
sa réfexion a, au fl du temps, des auditions et des délibérations, le plus évolué.
Tout au long de ce cheminement, dont les étapes sont retracées ci-apres, deux
constantes ont orienté son travail :
La conscience, d`abord, que deux des aspirations les plus fortes et les plus
caractéristiques de la société contemporaine sont la recherche de l’égalité
(1) Arthaud-Flammarion, 1987.
53
Deuxième partie - Les réponses du comité
des chances et la lutte contre les discriminations. A cet égard, le comité n`a
ni négligé ni sous-estimé la portée symbolique et politique d`un geste consistant
a maniIester au niveau du Préambule de la Constitution, sous une Iorme a déter-
miner, le devoir pour la République de se préoccuper de la mise en ouvre des
principes qu`elle proclame et de créer les conditions de leur réalisation.
Ensuite, le sentiment, parfaitement partagé par le comité, selon lequel il est
nécessaire que l’action publique prenne davantage en compte les discrimina-
tions de fait pour mettre en ouvre des mesures rectiñcatrices, quel que soit le
nom qu`on veuille donner a de telles politiques. Le comité s`est tenu, au demeu-
rant, a l`écart des traditionnelles querelles parIois d`ailleurs plus sémantiques
qu`idéologiques entre les tenants de l`universalisme républicain et ceux de la
discrimination positive ou du diIIérentialisme. Il s`est plus simplement accordé
sur l`idée que la logique consistant, lorsque cela est justifé, a donner plus a ceux
qui ont moins n`est pas contraire au principe d`égalité, mais conIorme a une vision
moderne dudit principe, tant il est vrai qu`un traitement strictement égal des per-
sonnes peut échouer, au moins partiellement, a produire entre elles l`égalité que
nul ne conteste en tant que fnalité.
Que la place, dans la société Irançaise, des personnes issues des minorités visibles
ou de la diversité, pour reprendre une terminologie désormais usuelle, appelle a
cet égard une attention particuliere est suIfsamment établi et reconnu pour qu`il
soit besoin d`y insister. De toute évidence et la chose a été documentée par de
multiples études administratives ou universitaires ces personnes rencontrent
des diIfcultés spécifques, par exemple dans l`acces a l`emploi ou au logement.
En outre, le modele d`intégration, tel qu`il a Ionctionné jusqu`ici, peine a Iaire
émerger, parmi elles, une élite suIfsamment nombreuse dans laquelle elles puis-
sent s`identifer et trouver l`indication que les portes des hautes responsabilités
ne leur sont pas Iermées ; et cette déIaillance agit comme un puissant Iacteur de
découragement dans les aspirations des jeunes concernés, nourrissant Irustra-
tions et repli sur soi, la ou l`intérêt de la société tout entiere serait de promouvoir
engagement et responsabilisation.
Partant de ces postulats, dont rien au cours de ses travaux n`est venu remettre en
cause le bien-Iondé, le comité s`est attaché a réféchir a la question de maniere
aussi dépassionnée que possible.
1. La prohibition des discriminations
fondées sur l’origine, la race ou la religion
Le comité a rapidement dégagé un consensus en son sein pour reIuser la promo-
tion de la diversité entendue comme permettant des diIIérenciations directement
Iondées sur la race, les origines ou la religion.
Soucieux, dans un premier temps, d`éclairer d`un jour nouveau les principes
traditionnels ou ce qu`il percevait comme étant les principes traditionnels
d`unité, d`indivisibilité et d`égalité, pour permettre a ceux qui veulent avancer
sur le terrain de l`action positive de le Iaire sur des bases solides, le comité a
examiné diIIérentes voies envisageables. Il a, ce Iaisant, rapidement écarté la
piste de la prise en compte directe de la race, des origines ou de la religion.
54
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Que l`on parle de « discrimination positive
1
», de « non-discrimination active
2
»,
de « promotion positive
3
», de « forme équitable du principe d’égalité
4
», de
« mesures de redressement temporaires » (comme au Canada), de « mesures spé-
ciales et concrètes » (comme dans certains instruments internationaux), d`« afhr-
mative action » (comme aux Etats-Unis) ou d`« action positive » (comme en droit
communautaire en matiere d`égalité hommes/Iemmes), l`objet est en substance
le même : il s`agit de prévoir, « dans une logique de comblement d’un écart de
développement économique et social
5
», la distribution préIérentielle d`un bien
ou d`une prestation aux membres d`un groupe déIavorisé.
Reste a savoir et c`est le point crucial comment il pourrait être possible de
défnir le ou les groupes concernés.
Plusieurs pays de par le monde ont expérimenté ou expérimentent encore des
dispositiIs autorisant a cette fn la prise en compte directe de la race, des origines
ou plus rarement de la religion. Le reIus du comité de transposer en France une
telle logique procede de quatre séries de considérations.
Le comité n`a, en premier lieu, pas manqué d`observer que les motifs qui ont
historiquement justiñé, dans les pays concernés, la mise en ouvre de tels
critères ne trouvent pas d’équivalent direct en France. Aux États-Unis, en
Afrique du Sud ou en Inde notamment, les dispositifs de promotion par le
droit ont fait suite, pour les groupes ethniques qu’ils visent, à des périodes
de véritable ségrégation par le droit. Pour le dire autrement, la discrimination
positive ainsi conçue ne peut avoir un sens qu`a la condition d`apparaître aux
yeux de tous comme une mesure de rattrapage au proft de groupes ayant été
victimes dans leur propre pays d`une entreprise de marginalisation organisée
par le système juridique, et qui se sont de ce Iait trouvés maintenus dans une
position sociale subalterne. Soit dit par parenthese, on peut penser que l`accep-
tabilité sociale des regles visant a Iavoriser en France la parité entre les Iemmes
et les hommes dans la sphere politique est a relier, au moins pour une part, a
cette période encore récente ou les Iemmes étaient privées du droit de vote et
d`éligibilité.
Mais précisément, les situations sont tres diIIérentes. Une afhrmative action a
l`américaine ne trouverait pas, en France, a se justifer solidement.
La diIIérence d`approche entre la France et les Etats-Unis s`exprime d`ailleurs
clairement dans le Iait que ces derniers n`ont nullement rejeté la notion de
« race ». Les désignations ethniques (African-American, Caucasian, etc.) sont
(1) Sur la notion même de discrimination positive, voir Gwénaele Calves, La Discrimination posi-
tive, Paris, PUF, « Que sais-je ? », n
o
3712, 2005 ; voir aussi l`ensemble des contributions du n
o
111
de la revue Pouvoirs (Le Seuil, 2004).
(2) Jeannette Bougrab, « Vers des 'afhrmative actions¨ a la Irançaise ? », in Pour une société de
la nouvelle chance. Une approche republicaine ae la aiscrimination positive, rapport du Conseil
d`analyse de la société, 2006.
(3) Voir en ce sens le Haut Conseil a l`intégration, rapport au Premier ministre, Le Contrat et
l’intégration, La Documentation Irançaise, 2004 ; ou l`article de F. Stasse dans la revue Pouvoirs
mentionnée ci-dessus.
(4) Conseil d`Etat, Sur le principe d’égalité, rapport public, 1996, La Documentation Irançaise,
EDCE, 1997, n
o
48.
(5) G. Calves, op. cit.
55
Deuxième partie - Les réponses du comité
admises et restent même souvent oIfcielles (dans les documents de police par
exemple). L`adoption de criteres ethniques aux fns de discrimination positive
n`est en vérité possible et acceptable que parce que ces criteres sont usuels. La
situation est diIIérente en France ou la notion même de « race » est, comme l`ont
encore montré les débats autour de la révision constitutionnelle de juillet 2008,
largement battue en breche.
Le comité a, en deuxieme lieu, relevé qu`il y aurait quelque paradoxe à
s’engager aujourd’hui dans la voie de la discrimination positive sur des
fondements ethniques à l`heure où elle marque clairement le pas aux États-
Unis. Alors qu`une politique originale d`afhrmative action a été mise en ouvre
a partir des années 1960 dans trois domaines principaux acces a l`université,
emplois publics et marchés publics , une série d`arrêts de la Cour suprême
et de réIérendums lui ont porté de sérieuses atteintes, au point qu`aujourd`hui
sa substance voire sa conIormité a la Constitution est aujourd`hui des plus
incertaines.
Que la Constitution américaine, et plus précisément son quatorzieme amende-
ment, soit incompatible avec la mise en ouvre de quotas ethniques, la chose est
a la vérité connue depuis le 28 juin 1978 et l`arrêt Regents of the University of
California v. Bakke, confrmé en 2003
1
. A cette derniere date, la Cour suprême
admettait encore le principe de la discrimination positive pour les admissions
a l`université, a condition que l`origine ethnique ne soit pas utilisée comme
un critere prédominant. Tout au plus pouvait-elle constituer un élément parmi
d`autres pour des candidats susceptibles de contribuer, par leur valeur, a l`intérêt
supérieur (compelling state interest) d`un recrutement diversifé au sens le plus
large du terme. Est donc censurée depuis longtemps l`attribution automatique de
points en Ionction de criteres ethniques
2
. Par deux arrêts du 28 juin 2007
3
, la
Cour a semblé aller plus loin encore en remettant en cause, au moins dans cer-
tains cas, le principe même de la prise en compte de l`origine ethnique, notam-
ment lorsque les autorités scolaires sont dans l`incapacité de démontrer que des
classifcations autres qu`explicitement raciales n`auraient pas permis d`atteindre
les mêmes objectiIs. Elle conclut même son arrêt par la Iormule suivante : « The
way to stop discrimination on the basis of race is to stop discriminating on the
basis of race
4
».
Indépendamment de ces contraintes juridiques, l`opinion américaine semble
de moins en moins acquise a l`idée de la discrimination positive sur criteres
ethniques. Plusieurs Etats et non les moindres : CaliIornie, Floride, Texas,
Michigan, Etat de Washington, Nebraska ont renoncé a ces programmes, sou-
vent par réIérendum
5
.
(1) Cour suprême, 23 juin 2003, Grutter v. Bollinger.
(2) Voir sur ce second point l`arrêt Gratz v. Bollinger du 23 juin 2003 également.
(3) Cour suprême, Parents v. Seattle School District n
o
1 et Mereaith v. Jefferson County Boara
of Education.
(4) « Le moyen ae mettre hn aux aiscriminations en fonction ae la race est ae mettre hn aux ais-
tinctions en fonction de la race. »
(5) Pour une présentation détaillée de l`afhrmative action telle que pratiquée aux Etats-Unis, voir
notamment Daniel Sabbagh, LEgalite par le aroit. Les paraaoxes ae la aiscrimination positive aux
Etats-Unis, Economica, 2003.
56
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

En troisieme lieu, le comité a estimé impraticable de chercher a atténuer
l`interdiction constitutionnelle de toute discrimination Iondée sur « l’origine »,
terme plus neutre, de prime abord, que celui de « race ». Il lui est, en eIIet, apparu
impossible d`élaborer un systeme de criteres acceptable des « origines », Iami-
liales ou plus généralement biographiques.
En quatrieme lieu, le comité a redouté que, sans même parler des risques
d`instrumentalisation par des groupes extrémistes d`une politique de discrimi-
nation positive sur une base ethnique, sa mise en ouvre emporte de graves eIIets
pervers : au mieux, un affaiblissement du « vivre ensemble », en raison de l`in-
citation donnée aux administrés de se rattacher a leur communauté d`apparte-
nance pour pouvoir tirer proft des dispositiIs mis en place ; au pire, une montée
des tensions et des ressentiments entre communautés, génératrice de concur-
rence entre groupes ethniques et matrice d`une dislocation accrue de la nation.
Les auditions auxquelles il a procédé, et en particulier celle de M
me
Fadela
Amara, l`ont renIorcé dans la conviction que la reconnaissance de la diversité
comme principe d`organisation de la société présentait de tels dangers. Les pro-
pos du candidat Barack Obama ne sont pas moins éclairants
1
:
« La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche
n’ont pas l’impression d’avoir été spécialement favorisés par leur appartenance
raciale. Leur experience, cest celle ae limmigrant […] , rien ne leur a ete aonne, ils
sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leur emploi
délocalisé et leur retraite dévaluée après une vie de labeur. […] Dans une période de
salaires plafonnés et de concurrence mondiale, les chances de s’en sortir sont perçues
comme un feu a somme nulle, où les rêves ae lun se realisent aux aepens ae lautre.
« Alors, quand on leur demande, pour favoriser la déségrégation, de faire prendre à
leurs enfants un bus qui les amènera dans une école à l’autre bout de la ville, quand
on leur apprend qu’un Afro-Américain décroche un bon emploi ou un poste dans une
bonne université en raison d’une injustice dont ils ne sont en rien responsables […],
la rancœur s’accumule.
« De même que la colère au sein ae la communaute noire ne sexprime pas toufours
en public, ae même cette rancæur-la ne sexprime pas publiquement. Elle contribue
pourtant a façonner le paysage politique aepuis au moins une generation. Cest la
colère envers la politique d’assistance de l’État-providence et de la politique de
discrimination positive qui ont donné naissance à la coalition Reagan. […]
« Pour la communaute afro-americaine, cela signihe quil faut accepter les faraeaux
ae notre passe sans en aevenir les victimes. Cela veut aire continuer a exiger une
pleine fustice aans tous les aspects ae la vie americaine. Mais cela signihe egale-
ment associer nos propres revendications – une meilleure assurance maladie, de
meilleures ecoles, ae meilleurs emplois aux aspirations ae tous les Americains,
qu’il s’agisse de la femme blanche qui se débat pour gravir les échelons dans son
(1) Barack Obama, De la race en Amérique (discours de Philadelphie du 18 mars 2008 ; trad.
François Clemenceau), Grasset, 2008 ; voir notamment p. 42 et s.
57
Deuxième partie - Les réponses du comité
entreprise, de l’homme blanc qui a été licencié ou de l’immigrant qui s’efforce de
nourrir sa famille. »
Au total, le comité n`a donc pas recommandé d`autoriser, dans le Préambule de
la Constitution, des politiques d`action positive a Iondement ethnique ou racial,
Iussent-elles conçues comme provisoires. Tel n`était du reste pas, a ses yeux, le
sens qu`il Iallait prêter a la question qui lui était posée dans la lettre de mission
qui lui était adressée.
Il n`a donc pas proposé que soit modifé en ce sens l`article 1
er
de la Constitution
assurant « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine,
de race ou de religion ».
2. L’importance des marges de
manœuvre offertes par le cadre
constitutionnel actuel pour mettre en
œuvre des politiques d’action positive
A bien y réféchir, il est apparu au comité que, réserve Iaite des discriminations a
caractere ethno-racial, la Constitution en vigueur oIIrait de tres grandes latitudes
pour mettre en ouvre des politiques d`action positive.
Il est usuel, pour ne pas dire conIortable, d`opposer le modele républicain Iran-
çais, tel qu`interprété dans toute sa rigueur par le Conseil constitutionnel a la
lumiere des principes d`égalité, d`unité et d`indivisibilité, a d`autres conceptions
de l`intégration et de l`égalité des chances.
Ainsi que l`avait déja montré, il y a quelques années, la these de Ferdinand
Mélin-Soucramanien
1
, l`examen plus attentiI de la jurisprudence du Conseil
constitutionnel sur le principe d`égalité oblige a nuancer tres Iortement ce
constat, et même a l`invalider pour une large part. Le cadre constitutionnel
actuel offre une très grande latitude pour la mise en œuvre de politiques de
différenciation positive, lesquelles sont, d`ailleurs, loin d`être inexistantes dans
le droit positiI Irançais.
S`il lui Iallait résumer la situation d`une phrase, le comité aIfrmerait que, réserve
Iaite des discriminations a raison de la race, de l`origine et de la religion
2
, dont
on vient de voir qu`il ne souhaitait pas les permettre, la Constitution n`est pas un
obstacle a la mise en ouvre d`une politique ambitieuse d`action positive. Cette
appréciation générale appelle les précisions suivantes :
– Le Conseil constitutionnel a expressément jugé, et de manière répétée,
« qu’aucun principe non plus qu’aucune règle de valeur constitutionnelle
n’interdit au législateur de prendre des mesures propres à venir en aide à des
(1) Ferdinand Mélin-Soucramanien, Le Principe aegalite aans la furispruaence au Conseil
constitutionnel, Economica, 1997.
(2) Les distinctions Iondées sur le sexe ont longtemps Iait l`objet de la même sévérité ; c`est même
pour une large part autour du theme des quotas par sexe que la jurisprudence s`est Iormée. Mais les
révisions constitutionnelles relatives a la parité (1999 et 2008) ont changé les données du probleme.
Voir sur ce point le chapitre B.
58
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

FDWpJRULHVGHSHUVRQQHVUHQFRQWUDQWGHVGLI¿FXOWpVSDUWLFXOLqUHV » (voir notam-
ment décision n
o
86-207 DC du 26 juin 1986, Loi autorisant le gouvernement
à prendre diverses mesures d’ordre économique et social, JO du 27 juin 1986,
p. 7978 et décision n
o
2005-521 DC du 22 juillet 2005, Loi habilitant le gouver-
nement à prendre, par ordonnance, des mesures d’urgence pour l’emploi, JO du
27 juillet 2005, p. 12233, a propos, dans les deux cas, de dispositions particulieres
visant a Iavoriser l`emploi des jeunes).
– Les mesures de différenciation positive destinées à prendre en compte
et combattre les inégalités de situation territoriale (quartiers en difñcul-
tés, zones rurales en déshérence…) sont admises de longue date. Le Conseil
constitutionnel avait accepté, des 1986, que des réductions ou des exonérations
d`impôts soient consenties aux entreprises situées dans certaines zones ou la
situation de l`emploi est particulierement grave (n
o
86-207 DC, précitée) ; la
loi en question prévoyait au demeurant que lesdites mesures étaient consenties
« pour une durée limitée ». Mais ultérieurement, dans sa décision relative a la
loi sur l`aménagement du territoire, le Conseil a posé solennellement que « le
principe d’égalité ne fait pas obstacle à ce que le législateur édicte, par l’octroi
aavantages hscaux, aes mesures aincitation au aeveloppement et a lamenage-
ment de certaines parties du territoire dans un but d’intérêt général » (décision
n
o
94-358 DC du 26 janvier 1995, Loi relative à l’aménagement et au dévelop-
pement du territoire, JO du 1
er
Iévrier 1995, p. 1706).
Les dispositions dérogatoires visant des personnes ou catégories de per-
sonnes rencontrant des difñcultés sociales au sens large ne s`exposent pas
davantage a un risque de censure constitutionnelle : il en a été jugé ainsi a propos
de dispositiIs réservés aux jeunes (voir les décisions de 1986 et 2005 précitées
ou encore décision n
o
2006-535 DC du 30 mars 2006, Loi pour l’égalité des
chances, JO du 2 avril 2006, p. 4964) ou aux salariés âgés (décision n
o
89-257
DC du 25 juillet 1989, Loi moaihant le Coae au travail et relative a la prevention
du licenciement économique et au droit à la conversion, JO du 28 juillet 1989,
p. 9503), ou encore s`agissant de l`embauche préIérentielle, par des associations
intermédiaires, de chômeurs rencontrant des diIfcultés particulieres d`insertion
dans les conditions défnies par la loi (décision n
o
94-357 DC du 25 janvier 1995,
Loi portant diverses dispositions d’ordre social, JO du 31 janvier 1995, p. 1651).
On rappelle par ailleurs que le législateur a pu aller jusqu`a instituer des quotas
d`embauche au proft des personnes handicapées
1
.
– Dans le champ éducatif, et singulierement en ce qui concerne l`acces a l`en-
seignement supérieur, les exigences découlant du Préambule de la Constitution
dans sa rédaction actuelle ne sont pas davantage un obstacle a la mise en ouvre
de mécanismes de discrimination positive. On sait, notamment, que le Conseil
constitutionnel a admis, en 2001, que le législateur puisse autoriser l`Institut
d`études politiques de Paris a recruter des étudiants au travers d`une procédure
(1) Obligation (de résultat) imposée aux employeurs publics et privés d`embaucher des travailleurs
handicapés a hauteur de 6 ° de leur eIIectiI total (lois des 30 juin 1975 et 10 juillet 1987), sous
peine de sanctions fnancieres, sauI contrats conclus avec des établissements du secteur protégé
ou paiement d`une « contribution de substitution » a un Ionds de développement spécialisé (loi
du 30 juin 2004 relative a la solidarité pour l`autonomie des personnes âgées et des personnes
handicapées et loi du 11 Iévrier 2005 pour l`égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées).
59
Deuxième partie - Les réponses du comité
particuliere réservée aux éleves des établissements classés en « zone d’éducation
prioritaire » (ZEP), considérant que, dans cette matiere, le législateur disposait
d`un pouvoir d`appréciation et que, de surcroît, la mesure allait dans le sens
de l`exigence constitutionnelle d`égal acces a l`instruction (treizieme alinéa du
Préambule de 1946). Il a seulement exigé, dans une réserve d`interprétation,
que la sélection opérée parmi les éleves issus des ZEP ne soit pas arbitraire et
repose sur des criteres objectiIs (décision n
o
2001-450 DC du 11 juillet 2001, Loi
portant diverses dispositions d’ordre social, éducatif et culturel, JO du 18 juillet
2001, p. 11506). La « aiversihcation ae laccès aes elèves au secona aegre aux
formations dispensées par l’Institut d’études politiques de Paris » a été admise
en tant que telle comme un objectiI d`intérêt général. Et dans l`enseignement
secondaire, les gouvernements successiIs ont pu, sans se heurter a des objections
constitutionnelles, concentrer les moyens sur certaines zones ou certains établis-
sements bénéfciant a ce titre de crédits et eIIectiIs renIorcés.
Il n`est pas jusqu`a l’accès à l’emploi, et même à l’emploi public, dont on sait
qu`il Iait l`objet d`une vigilance particuliere de la part du juge constitutionnel des
lors que l`article 6 de la Déclaration de 1789 exclut en principe la prise en compte
de tout autre critere que les vertus et les talents, ou la jurisprudence du Conseil
n`ait Iait montre d`une relative souplesse. Sans même invoquer le précédent, qui
de toute évidence n`est pas reproductible, de la loi organique n
o
60-87 du 26 jan-
vier 1960 portant promotion exceptionnelle des Français musulmans originaires
des départements d`Algérie dans la magistrature
1
, on peut notamment relever :
· que, dans le contrôle d`une loi relative aux assistants d`éducation
2
, le Conseil
constitutionnel a jugé « loisible au législateur d’instituer une priorité de recru-
tement en faveur des étudiants boursiers » (nous soulignons) sous la seule
réserve que celle-ci « s’applique à aptitudes égales » (décision n
o
2003-471 DC
du 24 avril 2003, Loi relative aux assistants aeaucation, JO du 2 mai 2003,
p. 7641) ;
· que, plus anciennement, le Conseil avait admis la création d`une voie spéci-
fque de recrutement a l`ENA pour des responsables syndicaux ou associatiIs ou
des élus locaux ; moins que la mesure en elle-même, a la vérité bien naturelle,
c`est la motivation de la décision du Conseil constitutionnel qui retient l`atten-
tion, jugeant que « le principe ae legal accès aes citoyens aux emplois publics
[…] ne s’oppose pas à ce que les règles de recrutement destinées à permettre
l’appréciation des aptitudes et des qualités des candidats à l’entrée dans une
école de formation ou dans un corps de fonctionnaires soient différenciées pour
tenir compte tant de la variété des mérites à prendre en considération que de
celle des besoins du service public » (nous soulignons) (décision n
o
82-153 DC
du 14 janvier 1983, Loi relative au statut général des fonctionnaires, JO du
15 janvier 1983, p. 354).
(1) La loi avait certes été validée (décision n
o
60-6 DC du 15 janvier 1960, Loi organique portant
promotion exceptionnelle aes Français musulmans aans la magistrature et moaihant loraonnance
n
o
58-1270 au 22 aecembre 1958, JO du 20 janvier 1960, p. 629), mais on se situait avant la déci-
sion de 1971 élargissant le bloc de constitutionnalité au Préambule de la Constitution.
(2) Catégorie de personnels ayant vocation a exercer des Ionctions d`assistance a l`équipe éduca-
tive, notamment pour l`encadrement et la surveillance des éleves ainsi que pour l`aide a l`accueil et
a l`intégration scolaire des éleves handicapés.
60
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

– L’article 37-1 de la Constitution oIIre en outre d`intéressantes potentiali-
tés. Dans sa rédaction issue de la révision constitutionnelle du 28 mars 2003,
il prévoit que la loi et le reglement « peuvent comporter, pour un objet et une
auree limites, aes aispositions a caractère experimental » qui viennent élargir
le champ des possibles et pourraient devenir une « formule originale et promet-
teuse d’encadrement à la française des mesures dérogatoires ou préférentielles
susceptibles d’être mises en œuvre dans les domaines les plus variés
1
».
Reste, il est vrai, la question des statistiques ethniques, dont le comité, pas
plus que l`immense majorité des scientifques, ne comprendrait pas qu`elles
soient interdites, tant il est vrai que la lutte contre les discriminations suppose
de pouvoir les mesurer. Une récente décision du Conseil constitutionnel a jeté
le trouble a cet égard, en censurant une disposition législative qui tendait a en
permettre la réalisation encadrée. Le Conseil s`est Iondé, pour ce Iaire, sur un
double motiI, l`un a titre principal de procédure et circonstanciel, l`autre a titre
subsidiaire tiré de ce que, « si les traitements nécessaires à la conduite d’études
sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination
et de l’intégration peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient,
sans méconnaître le principe énoncé par l’article 1
er
ae la Constitution, reposer
sur l’origine ethnique ou la race » (décision n
o
2007-557 DC du 15 novembre
2007, Loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile, JO
du 21 novembre 2007, p. 19001).
Certains ont déduit de cette décision, a la vérité surprenante, que le Conseil
avait, de la sorte, completement Iermé la porte au principe même de statistiques
permettant de connaître les handicaps dont souIIrent les minorités visibles
2
.
Le commentaire oIfciel de la décision aux Cahiers au Conseil constitution-
nel invite touteIois a une lecture moins radicale, le Conseil n`ayant en Iait pas
entendu, si l`on se fe a cette explicitation, s`opposer a la collecte de données
objectives telles que le nom, l`origine géographique ou la nationalité antérieure
a la nationalité Irançaise, ni même au traitement de données subjectives comme
celles Iondées sur le « ressenti d’appartenance ». Or il est permis de penser que
la prise en compte du nom, de l`origine géographique ou de la nationalité anté-
rieure a l`acquisition de la nationalité Irançaise, tout cela éventuellement joint a
la considération du « ressenti d’appartenance » exprimé par les enquêtés, pour-
rait donner des résultats d`une lisibilité fnalement assez comparable a celle que
permettrait le maniement d`un réIérentiel de type ethno-racial. Le comité a donc
considéré, au bénéfce de ces explications, que la jurisprudence de novembre
2007 ne justife pas une modifcation du Préambule de la Constitution.
Au total, il apparaît au comité que le cadre constitutionnel actuel ne peut pas
être regardé comme constituant un obstacle à la mise en œuvre de mesures
ambitieuses d`action positive susceptibles de bénéñcier, notamment, aux
populations d`origine étrangère qui souffrent d`un déñcit d`intégration
dans la société française. Il impose, il est vrai, un certain nombre de contraintes
qui touteIois ne sont pas sérieusement contestables dans leur principe on y
revient dans un instant et qui peuvent être synthétisées comme suit :
(1) G. Calves, op. cit., p. 83.
(2) Voir notamment l`analyse de Dominique Turpin, Dalloz, 2008, p. 1648.
61
Deuxième partie - Les réponses du comité
La justifabilité d`une mesure de discrimination positive requiert un certain
nombre de conditions :
· Lorsqu`il est principalement visé, le parametre de l`origine doit s`incorporer
dans un ensemble plus vaste et autrement défni, sur la base de criteres constitu-
tionnellement acceptés (la résorption de diIfcultés ou de handicaps, la recherche
d`un objectiI d`égalisation sociale ou territoriale, etc.) ;
· La discrimination envisagée doit apparaître comme un moyen eIIectivement
et objectivement approprié a la fnalité ainsi donnée par la loi.
La mesure projetée sera d`autant mieux admise devant le Conseil
constitutionnel :
· qu`elle tendra a satisIaire a une exigence ou a un objectiI de nature constitu-
tionnelle. La poursuite de l`égalité des chances est en ce sens un bon vecteur de
justifcation parce qu`elle s`appuie sur le droit a l`éducation. On peut également
penser que la notion de garantie des droits prévue a l`article 16 de la Déclaration
de 1789 avec ce qu`elle semble pouvoir supposer de réIérence implicite a
l`idée d`une garantie eIIective Iournit une ressource intéressante ;
· que le but d`intérêt général poursuivi et le caractere proportionné de la mesure
au regard des intérêts et valeurs en présence seront soigneusement documentés
dans l`exposé des motiIs, les Iutures études d`impact et les autres travaux par-
lementaires étant observé que, dans ce test de proportionnalité, qui réserve les
quotas a des cas tres particuliers, le pouvoir d`appréciation du Conseil constitu-
tionnel n`est en tout état de cause pas identique a celui du législateur.
3. Le renoncement à la voie
constitutionnelle au profit du
développement des politiques
concrètes d’action positive
Faut-il voir dans les contraintes ou les précautions qu`impose la jurisprudence
du Conseil constitutionnel (c`est-a-dire le Préambule dans sa rédaction actuelle)
et qui viennent d`être rappelées la marque d`une regrettable hypocrisie ? Le
comité ne l`a pas pensé.
Il est vrai que, comme le souligne M
me
Calves, les politiques susceptibles d`être
mises en ouvre dans ce cadre peuvent, en dépit du reIus aIfché de tenir compte
de l`origine des individus, donner l’équivalent fonctionnel d’une politique
préférentielle centrée sur des groupes d’appartenance, même si le recou-
pement est partiel et contingent. Chacun sait que les Iamilles issues de l`immi-
gration sont souvent des Iamilles nombreuses, aux enIants sans diplôme et sans
emploi, qui vivent dans des quartiers déIavorisés.
Mais loin d`être critiquable, le Iait qu`elles « permettent d’atteindre, sans les
nommer expressement et surtout sans les aesigner exclusivement, les membres
de groupes qui, dans d’autres pays, seraient appréhendés comme des groupes
ethniques ou raciaux
1
», est une condition même de leur légitimité et de leur
(1) G. Calves, op. cit., p. 113.
62
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

acceptabilité dans le moyen terme. Le recul de la discrimination positive a Ion-
dement ethnique aux Etats-Unis est la pour le démontrer.
Les Iormules que le comité a, a telle ou telle étape de ses travaux, le plus sérieu-
sement envisagées, et qui se situaient respectivement sur le terrain de l`égalité
des chances et de l`eIIectivité des droits, n`avaient en tout état de cause, dans son
esprit, ni pour objet ni pour eIIet de remettre en cause le « color blindness » des
politiques Irançaises de discrimination positive.
La démonstration n’étant pas faite que, sous réserve de cet interdit, le cadre
constitutionnel constitue un obstacle pour la mise en œuvre de politiques
ambitieuses de discrimination positive, l`entreprise consistant à modiñer le
Préambule lui est ñnalement apparue vaine et, pour tout dire, trompeuse.
Sans doute la portée symbolique et politique d`une mobilisation du pouvoir
constituant sur ce sujet ne lui a-t-elle pas échappé. Mais précisément : elle serait
source de graves malentendus dans la mesure ou elle ne changerait rien de
substantiel a la nature ou a l`étendue des actions positives susceptibles d`être
mises en ouvre, ni par suite a la situation concrete des populations concernées.
La seule conséquence indiscutable serait la diIIusion d`un sentiment de Irustra-
tion dont l`utilité ne s`impose a aucun titre.
S`ajoutant aux inconvénients intrinseques de chacune des rédactions envisagées,
le souci de préserver la crédibilité de l`acte constituant et de l`action politique en
général est donc apparu au comité comme un motiI pour ne pas s`engager dans
cette voie. Autrement vertueuse et utile lui est apparue la perspective de
voir se préparer et se mettre en œuvre les politiques publiques correctives
ambitieuses et concrètes que permettent la Constitution et son Préambule,
tels qu`ils sont aujourd`hui en vigueur.
Le comité a relevé, a titre d`exemple, que le tout récent rapport de M. Michel
Wievorka sur La Diversité dans l’enseignement supérieur et la recherche
1

Iormule de nombreuses recommandations qui s`inscrivent parIaitement dans
cette démarche avec, notamment, l`extension de procédures spéciales de recru-
tement telles que celle mise en ouvre a l`Institut d`études politiques de Paris
depuis plusieurs années maintenant. Le rapport de M
me
Genevieve Calves sur
Le Renouvellement aemographique ae la fonction publique ae lEtat . vers une
intégration prioritaire des Français issus de l’immigration
2
? avait, de la même
maniere, Iormulé de nombreuses et intéressantes pistes de réfexion et d`action.
Le rapport de M. Claude Bébéar : Des entreprises aux couleurs ae la France
3
,
comporte également des recommandations qui n`ont pas toutes été exploitées,
par exemple le CV anonyme. Enfn il Iaut rappeler que le Conseil constitutionnel
n`a rien trouvé a redire a la disposition donnant au Conseil supérieur de l`au-
diovisuel le pouvoir de veiller, aupres des éditeurs de services audiovisuels, a
ce que la programmation refete la diversité de la société Irançaise, d`en rendre
(1) Robert LaIIont, 2008.
(2) La Documentation Irançaise, 2004.
(3) Rapport au Premier ministre, La Documentation Irançaise, 2004.
63
Deuxième partie - Les réponses du comité
compte dans son rapport annuel et d`adresser des recommandations aux chaînes
de radio et de télévision
1
.
Soucieux, néanmoins, de pousser l`exercice a son terme, le comité a étudié les
rédactions qui auraient exprimé le plus clairement et avec le moins d`ambiguïtés
possible l`idée de maniIester au niveau du socle des valeurs les plus Iondamen-
tales du pacte républicain l`importance qui s`attache a la promotion de l`égalité des
chances et de combler l`écart, a la vérité extrêmement mince a ses yeux, entre ce
qu`il est déja permis avec certitude de Iaire et ce que l`on pourrait raisonnablement
vouloir mettre en ouvre.
La notion d`équité, un temps envisagée, a été rapidement écartée, motiI pris
de ce qu`elle est trop vague, trop ambigue, et susceptible de Iaire l`objet de
toutes sortes d`utilisations. Le concept d`équité, qui d`ailleurs ne fgure dans la
Convention européenne des droits de l`homme et la jurisprudence de la Cour de
Strasbourg que sous l`angle procédural avec la notion de « procès équitable »,
a semblé en outre laisser une trop grande marge de manouvre au législateur et
surtout au juge, le risque étant de voir celui-ci se transIormer en celui-la.
Tournant ses regards vers l`étranger, le comité a relevé que l`article 3 de la
Constitution italienne, tout en prévoyant l`égalité devant la loi de tous les citoyens
sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion, d`opinions politiques,
de conditions personnelles et sociales, aIfrme qu`« il appartient à la République
d’écarter les obstacles d’ordre économique et social qui, en limitant dans les
faits la liberté et l’égalité des citoyens, s’opposent au plein épanouissement de
la personne humaine et à la participation effective de tous les travailleurs à l’or-
ganisation politique, économique et sociale du pays », ou encore que les diverses
directives communautaires de lutte contre les discriminations autorisent, sous le
vocable d`action positive, les mesures destinées, « pour assurer la pleine égalité
dans la pratique », a « prévenir ou compenser des désavantages ». S`inspirant
pour partie de ces précédents, il a discuté avec soin les mérites de deux Iormu-
lations concevables pour donner corps a l`idée de compensation par le droit des
handicaps de Iait rencontrés par certains groupes ou individus :
La premiere, dont il s`est fnalement mais nettement détourné, est celle qui
aurait consisté a mettre l`accent sur l`idée d`effectivité, en autorisant le législa-
teur soit a titre permanent soit a titre temporaire
2
a prendre, dans un but d`in-
térêt général et dans la mesure strictement nécessaire a l`utilité commune, les
mesures susceptibles d`assurer de maniere eIIective a toute personne la garantie
soit du principe d`égalité, soit plus largement de l`ensemble des principes recon-
nus par le Préambule. Cette solution a cependant été écartée. Outre que cette
préoccupation d`eIIectivité est déja présente de maniere sous-jacente dans l`ar-
ticle 16 de la Déclaration de 1789, selon lequel « toute société dans laquelle la
(1) Article 3-1 de la loi n
o
86-1067 du 30 septembre 1986 relative a la liberté de communication,
dans sa rédaction issue de la loi n
o
2007-309 du 5 mars 2007.
(2) Un débat s`est Iait jour au sein du comité et lors des auditions auxquelles il a procédé sur
l`opportunité d`inscrire dans le Préambule des dispositions a caractere temporaire, Iût-ce pour une
période indéterminée. Certains (voir, parmi d`autres, l`audition de M. Marcel Gauchet) ont soutenu
que la Constitution, qui incarne normalement la stabilité politique au milieu des mutations de notre
société, n`a pas vocation a intégrer des droits et libertés transitoires, mais doit au contraire contenir
des principes immuables.
64
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

garantie des droits n’est pas assurée |...| na point ae Constitution », il a semblé
a la majorité du comité que c`est au législateur ordinaire, et non a la Constitution
elle-même, de donner les garanties de son eIIectivité par la défnition de poli-
tiques et procédures concretes. L`autoaIfrmation par le texte constitutionnel de
sa propre eIIectivité risque Iort, soit de le décrédibiliser et donc de le dévalo-
riser, soit de consacrer de maniere générale et non maîtrisable une logique de
droits opposables dont on ne peut sérieusement mesurer ni le coût ni les eIIets
véritables.
La seconde piste, a la réfexion plus satisIaisante, serait directement Iondée
sur la notion d`égalité des chances, qui viendrait compléter la deuxieme phrase
de l`article 1
er
de la Constitution de la maniere suivante : « Elle |la République|
assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de
race ou ae religion , elle promeut l’égalité des chances. » Répondant a une aspi-
ration bien réelle et susceptible de donner un Iondement défnitivement indis-
cutable a des mesures d`action positive sans pour autant porter atteinte a tous
les principes, cette rédaction n`est cependant pas non plus dépourvue d`incon-
vénients : le terme d`égalité des chances, il est vrai consacré par le législateur
ordinaire, est d`une portée et d`une normativité trop incertaines pour qu`il puisse
être recommandé sans hésitation de l`inscrire dans le Préambule. On ajoutera
qu`il est largement redondant avec le dixieme alinéa du Préambule de 1946, qui
entend déja garantir a l`individu et a la Iamille « les conditions nécessaires à leur
développement ».
Pour sa part, et pour les raisons déja exposées ci-dessus, le comité a cru plus
utile, plus eIfcace, et pour tout dire plus conIorme aux attentes légitimement
placées par l`opinion dans l`action politique, de poursuivre, d`étendre et d`am-
plifer les actions qui peuvent d`ores et déja être entreprises dans le cadre consti-
tutionnel actuel.
D. Le pluralisme des courants
d’expression et des médias
1. L’état du droit avant la révision
constitutionnelle du 23 juillet 2008
Jusqu`a la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, l`exigence de pluralisme
de la presse ou des médias en général ne ñgurait pas en tant que telle dans
le texte de la Constitution de la V
e
République, ni dans celui des différents
éléments composant son Préambule : absente, du moins sous cette Iorme,
de la Déclaration de 1789, elle n`est pas davantage au nombre des « principes
particulièrement nécessaires à notre temps » énoncés par le Préambule de la
65
Deuxième partie - Les réponses du comité
Constitution de 1946 ni des « principes fonaamentaux reconnus par les lois ae la
République » qui y sont également visés
1
.
C`est donc par un raisonnement constructif que le Conseil constitutionnel a,
sur le Iondement des dispositions de l`article 11 de la Déclaration de 1789
2
,
encadré l`action du législateur en lui imposant de veiller a la préservation du
pluralisme, en particulier par des dispositiIs appropriés de contrôle des concen-
trations dans les médias.
Saisi d`une loi qui avait notamment pour objet d`instaurer, dans la presse écrite,
des seuils anticoncentration, le Conseil constitutionnel a, dans sa décision du
11 octobre 1984
3
, d`abord estimé que la liberté d`expression consacrée par l`ar-
ticle 11 était d`autant plus précieuse que son exercice était l`une des garanties
essentielles du respect des autres droits et libertés et de la souveraineté nationale.
Il a ensuite considéré que le pluralisme des quotidiens d’information poli-
tique et générale était en lui-même un objectif de valeur constitutionnelle,
au motiI que la libre communication des pensées et des opinions ne serait pas
eIIective si le public auquel s`adressent ces quotidiens n`était pas a même de
disposer d`un nombre suIfsant de publications de tendances et de caracteres
diIIérents. Il a enfn énoncé, pour préciser son raisonnement, que l`objectiI a
atteindre était, en défnitive, « que les lecteurs, qui sont au nombre des destina-
taires essentiels de la liberté proclamée par l’article 11 de la Déclaration de
1789, soient a même aexercer leur libre choix sans que ni les interêts prives ni
les pouvoirs publics puissent y substituer leurs propres décisions ni qu’on puisse
en faire l’objet d’un marché ».
Deux ans plus tard, il a transposé cette jurisprudence a la radio et a la télévision
a l`occasion de l`examen de la loi relative a la communication audiovisuelle
4
,
estimant que, de maniere générale, « la préservation du caractère pluraliste des
courants aexpression socioculturels », dont le respect est « une des conditions
de la démocratie », est un objectiI de valeur constitutionnelle. Ce considérant de
principe a, depuis, été constamment repris
5
, seule la terminologie ayant évolué
puisque le Conseil constitutionnel préIere désormais la Iormule plus simple de
« pluralisme des courants de pensée et d’opinion
6
».
Cette construction jurisprudentielle a été le produit d`une prise de conscience
Iavorisée par les mutations économiques et technologiques touchant la presse et
le secteur audiovisuel.
(1) Faute pour le législateur d`être intervenu dans cette matiere avant 1946.
(2) « La libre communication aes pensees et aes opinions est un aes aroits les plus precieux ae
lhomme . tout citoyen peut aonc parler, ecrire, imprimer librement, sauf a reponare ae labus ae
cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
(3) 11 octobre 1984, n
o
84-181 DC, Loi visant à limiter la concentration et à assurer la transpa-
rence hnancière et le pluralisme aes entreprises ae presse, JO du 13 octobre 1984, p. 3200.
(4) 18 septembre 1986, n
o
86-217 DC, Loi relative à la liberté de communication, JO du 19 sep-
tembre 1986, p. 11294.
(5) C`est-a-dire chaque Iois que la loi du 30 septembre 1986 a été modifée ; v. en dernier lieu CC,
27 Iévrier 2007, n
o
2007-550 DC, Loi relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à
la télévision du futur, JO du 7 mars 2007, p. 4768.
(6) 1
er
juillet 2004, n
o
2004-497 DC, Loi relative aux communications electroniques et aux services
de communication audiovisuelle, JO du 10 juillet 2004, p. 12506 ; 27 Iévrier 2007, n
o
2007-550 DC,
préc. note 5.
66
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Les préoccupations relatives a la concentration dans le domaine des médias
sont, il est vrai, antérieures au début des années 1980. Au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale déja, une méfance certaine s`était installée a l`égard
des grands éditeurs de presse en relation, notamment, avec le rôle qui leur était
attribué dans la déIaite, voire dans la collaboration avec l`ennemi. C`est a cette
époque que le régime particulier de la distribution de la presse a été institué
et que l`agence France-Presse a bénéfcié d`un statut public. L`ordonnance du
26 août 1944 relative a l`organisation de la presse Irançaise, préparée par le
Conseil national de la Résistance et votée par l`Assemblée consultative a Alger,
comportait en outre des mesures de transparence, obligation étant Iaite aux inté-
ressés de Iaire connaître au public la composition du capital des sociétés édi-
trices, ainsi que les noms et qualités de ceux qui en avaient, en droit ou en Iait,
la direction.
La nécessité de renIorcer ce dispositiI est apparue a la fn des années 1970, au
moment même ou, par ailleurs, les bouleversements aIIectant la radiodiIIusion
appelaient la mise en place d`un régime spécifque. Les mouvements de concen-
tration dans la presse écrite avec la montée en puissance du groupe Hersant,
d`une part, l`augmentation du nombre de Iréquences disponibles, le retrait pro-
gressiI de l`Etat et l`émergence d`acteurs privés dans la radio puis dans la télévi-
sion, d`autre part, ont convergé pour donner une urgence a la problématique de
la concentration dans les médias en général.
En août 1979, le Conseil économique et social rendait ainsi un avis sur la ges-
tion des entreprises de presse, se Iondant sur un rapport établi sous la direc-
tion de Georges Vedel a la demande du gouvernement et devant permettre a
celui-ci « d’apprécier les diverses mesures qui seraient susceptibles de main-
tenir et d’accentuer le pluralisme en ce domaine
1
». Le législateur a fnalement
été convaincu d`intervenir au début des années 1980, donnant ainsi l`occasion au
Conseil constitutionnel de fxer sa jurisprudence en la matiere
2
.
Celle-ci impose notamment au législateur de veiller a limiter la concentration
dans les médias, ce qui est l`objet, en l`état actuel du droit, de la loi n
o
86-897
du 1
er
août 1986 modifée s`agissant de la presse écrite et de la loi n
o
86-1067
du 30 septembre 1986 relative a la liberté de communication s`agissant de
l`audiovisuel.
En eIIet, le Conseil constitutionnel ne s’est pas borné à ériger la sauvegarde
du pluralisme en objectif de valeur constitutionnelle : il a également établi
un lien entre cet objectif et les moyens d’y parvenir. Dans une décision du
27 juillet 2000, il a ainsi jugé qu`il incombait au législateur de « prévenir, par
des mécanismes appropriés, le contrôle par un actionnaire dominant d’une part
trop importante du paysage audiovisuel
3
», considérant implicitement que les
autres instruments a la disposition des pouvoirs publics pour promouvoir le plu-
(1) Journal ofhciel, Avis et rapports du Conseil économique et social, 7 août 1979, n
o
21.
(2) Sur ces aspects historiques et sur la présentation de la jurisprudence, le comité s`est réIéré
notamment au rapport au Premier ministre de la commission de réfexion sur les problemes de
concentration dans le domaine des médias, décembre 2005.
(3) 27 juillet 2000, n
o
2000-433 DC, Loi moaihant la loi n
o
86-1067 au 30 septembre 1986 relative
à la liberté de communication, JO du 2 août 2000, p. 11922.
67
Deuxième partie - Les réponses du comité
ralisme (contrôle sur les contenus.) n`apportaient pas de garantie suIfsante a
cet égard.
Sans doute le Conseil n`a-t-il expressément énoncé cette obligation que pour
l`audiovisuel et en rappelant, a titre de justifcation, la rareté persistante, quoique
moins évidente que par le passé, de la ressource radioélectrique. Mais il peut être
admis qu`elle vaut, de maniere générale, pour l`ensemble des médias. L`objectiI
de sauvegarde du pluralisme, qui a pour Iondement la liberté d`expression, peut
ainsi justifer des restrictions a cette derniere, la liberté du lecteur, de l`auditeur
ou du téléspectateur devant primer sur celle de l`éditeur.
La Iermeté du Conseil constitutionnel ne s`est pas limitée au rappel des prin-
cipes. Il a, par exemple, censuré le dispositiI anticoncentration qui, en septembre
1986, devait se substituer a celui institué, dans l`audiovisuel, par les articles 80
a 82 de la loi n
o
82-652 du 29 juillet 1982 modifée
1
. De même, il a déclaré non
conIorme a la Constitution le régime défni a l`été 1986 pour la presse écrite, le
seuil de diIIusion qu`il instituait pouvant être trop Iacilement contourné
2
. Enfn,
s`il a admis, en 1994, le relevement de 25 a 49 ° de la part maximale qu`une
même personne physique ou morale peut détenir directement ou indirectement
dans le capital d`une société de télévision hertzienne, c`est en observant qu`il
n`était pas dérogé aux autres regles assurant la protection du pluralisme et que la
portée du contrôle de concentration était par ailleurs renIorcée
3
.
Pour autant, mais c`est le cas pour tout principe constitutionnel, les exigences
que Iait peser sur le législateur l`objectiI de sauvegarde du pluralisme ne sont
pas absolues : elles doivent être conciliées avec d`autres regles ou principes de
même valeur juridique et notamment avec la liberté d`entreprendre. Le Conseil
constitutionnel a ainsi jugé que le législateur doit tenir compte des contraintes
techniques et des nécessités économiques propres au secteur parmi lesquelles il
avait rangé, dans sa décision précitée du 21 janvier 1994, le besoin d`encourager
les investissements privés pour que se constituent des groupes aptes a aIIronter
la concurrence internationale et veiller a ce que l`application des regles qu`il
édicte ne limite pas la liberté d`entreprendre dans des proportions excessives au
regard de l`objectiI constitutionnel de pluralisme
4
.
Au total, l`équilibre ainsi déñni n`est guère éloigné de celui qui est prévu
par la Charte européenne des droits fondamentaux, qui stipule en son article
11 que « la liberté des médias et leur pluralisme sont respectés » et que le droit
a la liberté d`expression comprend la liberté de recevoir ou de communiquer
des inIormations ou des idées « sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités
publiques |...| ».
(1) Décision précitée du 18 septembre 1986.
(2) 29 juillet 1986, n
o
86-210 DC, Loi portant réforme du régime juridique de la presse, JO du
30 juillet 1986, p. 9393.
(3) 21 janvier 1994, n
o
93-333 DC du 21 janvier 1994, Loi moaihant la loi n
o
86-1067 au 30 sep-
tembre 1986 relative a la liberte ae communication, JO du 26 janvier 1994, p. 1377 : le Conseil
constitutionnel a notamment relevé que le législateur avait précisé que l`interdiction s`appliquait
a tout actionnaire « agissant seul ou de concert », ce qui était de nature a renIorcer l`eIfcacité
de la loi.
(4) 27 juillet 2000, préc. note 103, et 11 juillet 2001, n
o
2001-450 DC, Loi portant diverses dispo-
sitions d’ordre social, éducatif et culturel, JO du 18 juillet 2001, p. 11506.
68
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Entendu par le comité, le président du Conseil supérieur de l`audiovisuel (CSA),
M. Michel Boyon, a estimé que le systeme Iondé sur la jurisprudence du Conseil
constitutionnel Ionctionnait convenablement et qu`il n`apparaissait donc pas
indispensable de prévoir, au-dela, une disposition constitutionnelle spécifque ;
si tel devait être le cas, le texte, qui pourrait rappeler l`exigence de pluralisme
dans la société, devrait laisser au régulateur une grande marge d`appréciation
dans la fxation des regles, une telle souplesse permettant seule d`adapter ces
dernieres aux évolutions de la vie politique.
2. L’intervention du pouvoir constituant
Fallait-il, dans ces conditions, et dans un paysage médiatique qui s`est tres pro-
Iondément transIormé depuis les années 1980 (apparition d`Internet, multiplica-
tion des chaînes de radio et de télévision, disparition de titres de presse écrite.),
inscrire dans le Préambule de la Constitution, ainsi que le suggérait la lettre de
mission adressée au comité, un principe de pluralisme des médias ?
À cette question, la loi constitutionnelle n
o
2008-723 de modernisation des
institutions de la V
e
République a apporté une réponse en modiñant, certes
pas le Préambule, mais deux articles de la Constitution. L`article 4 comporte
un nouvel alinéa selon lequel : « La loi garantit les expressions pluralistes aes
opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la
vie démocratique de la nation » ; surtout, l`article 34 prévoit désormais, en son
alinéa 1
er
, que « la loi hxe les règles concernant […] la liberté, le pluralisme et
l’indépendance des médias |.| ».
Si le premier texte, en dépit d`une réIérence générale aux « expressions plura-
listes des opinions », intéresse davantage le Ionctionnement de la vie politique
des lors qu`il s`est agi de conIérer un statut aux partis minoritaires et d`opposi-
tion, le second texte concerne plus spécialement la question soumise au comité.
Sur ce point, en premiere lecture, l`Assemblée nationale avait rejeté plusieurs
amendements tendant a voir inscrire dans la Constitution une disposition sur
le pluralisme et l`indépendance des médias, le gouvernement ayant notamment
Iait valoir, par la voix de la garde des Sceaux, que le comité de réfexion sur le
Préambule de la Constitution était saisi de la question.
Mais le Sénat en a décidé autrement, adoptant un amendement présenté par
MM. Frimat et Assouline puis rectifé par M. Charasse (le texte est remonté du
dix-huitieme alinéa de l`article 34 au 1
er
alinéa) et ayant reçu préalablement un
avis Iavorable de la commission des lois.
En deuxieme lecture, apres un avis Iavorable de sa commission des lois qui a
estimé que l`importance de la matiere et le relieI particulier et grandissant qu`elle
avait acquis depuis plusieurs décennies dans l`animation de notre vie démo-
cratique le justifaient, l`Assemblée nationale a décidé de maintenir le texte du
Sénat, lequel correspond a celui qui a été voté le 21 juillet 2008 par le Congres
1
.
(1) Le comité présidé par M. Edouard Balladur avait suggéré d`instituer au niveau de la Constitution
un Conseil du pluralisme reprenant notamment les attributions du CSA et de la commission des
69
Deuxième partie - Les réponses du comité
Au regard de l`ensemble de ces éléments, le comité a estimé, conIormément a
la doctrine qu`il s`est Iorgée, qu`il ne pouvait que s`abstenir de se prononcer
sur la question du pluralisme des courants d`expression et des médias. Même
si le constituant de 2008 s`est borné a intervenir par le biais d`une disposition
énonçant une simple regle de compétence en réservant a la loi le soin de fxer
les regles concernant la liberté, le pluralisme et l`indépendance des médias
1
,
il a clairement entendu, ce Iaisant, rappeler des objectiIs de Iond. Le comité a
donc pris acte de ce que la question qui lui avait été soumise venait d’être
tranchée par le constituant et qu`il n`y avait par conséquent plus lieu pour lui
d`y statuer.
E. Le respect de la vie privée et la
protection des données personnelles
1. La problématique
« La vie privee est cette sphère ae chaque existence aans laquelle nul ne peut
s’immiscer sans y être convié. La liberté de la vie privée est la reconnaissance,
au proht ae chacun, aune :one aactivite qui lui est propre et quil est maitre
d’interdire à autrui. » Ainsi M. Rivero défnit-il la vie privée
2
, notion directe-
ment issue de la philosophie des Lumieres et devenue une valeur caractéristique
de notre monde occidental.
Les enjeux placés par les sociétés démocratiques derriere l`étendard du respect
de la vie privée se sont, a la vérité, déplacés au cours du temps. Il s`est agi
d`abord, pour l`essentiel, de protéger l`individu contre les intrusions de la sphere
publique ; ainsi que l`avait montré Benjamin Constant, la liberté des Anciens,
consistant en une pleine participation a la vie de la cité, a laissé place chez les
Modernes, avec la montée de l`individualisme démocratique, a une volonté de
protection contre les ingérences de la puissance publique dans des choix désor-
mais considérés comme relevant du seul libre arbitre de chacun. Plus tard seule-
ment sont apparues les menaces susceptibles de provenir d`acteurs privés (presse
a scandale, employeurs, assureurs.), les pouvoirs publics pouvant même alors,
par un renversement historique, être appelés a protéger eux-mêmes la vie privée.
sondages et chargé de concourir au respect de la liberté d`expression et du pluralisme des courants
de pensée et d`opinion dans le domaine de l`inIormation et de la communication audiovisuelles
(proposition n
o
77). Mais cette proposition n`a pas été reprise dans le projet de loi constitutionnelle
déposé a l`Assemblée nationale, ni sous Iorme d`amendement parlementaire.
(1) En réalité, a l`origine, la volonté des auteurs de l`amendement était claire : « Il s’agit d’inscrire
aans la Constitution que la loi garantit explicitement le principe de liberté, du pluralisme et de
l’indépendance des médias » (nous soulignons).
(2) Jean Rivero, Libertés publiques, Montchrestien, 1989, p. 74.
70
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

L`aspiration qui Ionde cette exigence la protection d`une sphere intime est
pourtant la même dans les deux cas. L`avatar le plus contemporain du droit au
respect de la vie privée, a savoir la protection des données a caractere personnel
contre le risque d`une exploitation inIormatique incontrôlée, par le biais notam-
ment d`Internet, emprunte d`ailleurs autant a la volonté de prémunir la personne
contre d`éventuels abus de l`Etat qu`au souci de limiter l`intrusion d`acteurs pri-
vés de tous ordres.
Force est de constater qu`à l’heure actuelle le droit au respect de la vie pri-
vée et à la protection des données personnelles ne ñgure expressément, du
moins sous cette forme, ni dans le texte de la Constitution proprement dite,
ni dans aucun des éléments dont se compose son Préambule.
Faut-il proposer au constituant de corriger ce qui apparaît, a la lumiere des
enjeux actuels et de leur sensibilité dans le débat public, comme une lacune, ou
plus précisément comme un anachronisme ?
L`exemple de nombreux pays européens, qui ont consacré dans leur loi Ionda-
mentale le droit au respect de la vie privée voire a la protection des données per-
sonnelles c`est le cas notamment de l`Allemagne, de l`Autriche, de l`Espagne,
de la Grece, de la Hongrie, des Pays-Bas, du Portugal et de la Suede pourrait
le donner a penser.
Le président de la Commission nationale inIormatique et libertés, M. Alex
Türk, auditionné par le comité, a plaidé vigoureusement en ce sens, considé-
rant l`ampleur des menaces liées aux nouvelles technologies d`inIormation et
de communication dont nos sociétés deviennent de plus en plus dépendantes :
les données a caractere personnel sont générées, collectées et analysées dans
des proportions sans cesse croissantes et sans que l`on entrevoie l`existence ou
même la possibilité de la moindre limite technique. Par ailleurs, un traçage pré-
cis des individus dans l`espace (par le biais du téléphone, de la carte a puce,
de la vidéosurveillance, de la géolocalisation, de la biométrie, des nanotech-
nologies...), mais aussi dans le temps (par exemple, au moyen des moteurs de
recherche ou des réseaux sociaux sur Internet) est rendu extraordinairement
Iacile.
Au-dela de cette justifcation propre, sur le terrain des libertés, le sénateur Türk a
par ailleurs estimé que la reconnaissance constitutionnelle expresse du principe
de protection des données personnelles permettrait de conIorter la position de
la France dans les négociations internationales sur ce sujet. Le proIesseur Jean-
Pierre Changeux, président d`honneur du Comité consultatiI national d`éthique
pour les sciences de la vie et de la santé, a pris une position comparable devant
le comité.
Sans méconnaître la portée de ces observations, et pleinement conscient de l`im-
portance comme de la gravité des problemes engendrés par ces questions, dont
les débats récents autour de la création du fchier « Edvige » ont encore montré
la sensibilité, le comité a ñnalement estimé ne pas devoir formuler une telle
recommandation. Deux séries de considérations l`ont déterminé en ce sens,
l`une et l`autre dérivées de sa réfexion méthodologique générale.
71
Deuxième partie - Les réponses du comité
2. Constitutionnalisation et effet utile
Le comité a, en premier lieu, observé que le droit au respect de la vie privée
comme celui a la protection des données a caractere personnel qui en constitue
l`une des déclinaisons contemporaines les plus importantes sont déjà consa-
crés non par le texte même de la Constitution ou de son Préambule, mais
par deux sources de droit qui, dans la hiérarchie des normes, s’imposent au
législateur : la jurisprudence du Conseil constitutionnel d’une part, les enga-
gements internationaux auxquels la France est partie d’autre part. Le comité
a estimé que la doctrine de l’effet utile qu`il s`est donnée en principe et selon
laquelle l`inscription d`un principe dans le Préambule ne doit être recommandée
que pour autant qu`elle constitue une véritable innovation ou apporte une garantie
des droits sensiblement supérieure pouvait recevoir application.
a) La jurisprudence constitutionnelle
Le Conseil constitutionnel, d`abord, a clairement jugé, dans une décision du
23 juillet 1999
1
confrmée a de nombreuses reprises depuis lors
2
, que la
« liberté », proclamée comme « droit naturel et imprescriptible de l’homme » a
l`article 2 de la Déclaration de 1789, « implique le respect de la vie privée ». Ce
principe est donc d’ores et déjà élevé au rang des droits et libertés constitu-
tionnellement garantis.
C`est ainsi, par exemple, que le Conseil constitutionnel n`admet l`échange et le
partage de données personnelles entre organismes publics sans le consentement
des intéressés qu`a la double condition que ce soit dans un but d`intérêt général,
en particulier lié a des exigences constitutionnelles (protection de la santé, lutte
contre la Iraude fscale, sauvegarde de l`ordre public, équilibre fnancier de la
Sécurité sociale.) et que le dispositiI prévu soit assorti de limitations et pré-
cautions propres a concilier la poursuite de ce but et le droit au respect de la vie
privée des personnes concernées
3
.
Le Conseil constitutionnel a encore censuré une disposition visant a permettre
aux personnes morales victimes d`inIractions ou agissant pour le compte
desdites victimes de mettre en place des traitements de données a caractere
personnel relatives a des inIractions ou condamnations pour les besoins de la
(1) Décision n
o
99-416 du 23 juillet 1999, Loi portant création d’une couverture maladie univer-
selle, JO du 28 juillet 1999, p. 11250.
(2) V. décision n
o
2003-467 DC du 13 mars 2003, Loi pour la sécurité intérieure, JO du 13 mars
2003, p. 4789 ; décision n
o
2004-492 DC du 2 mars 2004, Loi portant aaaptation ae la fustice aux
évolutions de la criminalité, JO du 10 mars 2004, p. 4637 ; ou encore décision n
o
2005-532 du
19 janvier 2006, Loi relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives
a la securite et aux contrôles frontaliers, JO du 24 janvier 2006, p. 1138.
(3) V. notamment les décisions n
o
93-325 DC du 13 août 1993 (cons. 121), JO du 18 août 1993,
p. 11722 ; n
o
98-405 DC du 29 décembre 1998 (cons. 60), JO du 31 décembre 1998, p. 20138 ;
n
o
99-416 DC du 23 juillet 1999 (cons. 46 et 47), JO du 28 juillet 1999, p. 11250 ; n
o
2003-484 DC
du 20 novembre 2003 (cons. 20 a 23), JO du 27 novembre 2003, p. 20154 ; n
o
2004-504 DC du
12 août 2004 (cons. 5, 7 et 8), JO du 17 août 2004, p. 14657 ; n
o
2005-532 DC du 19 janvier 2006
(cons. 10 et 18 a 21), JO du 24 janvier 2006, p. 1138, et, dernierement, n
o
2007-553 DC du 3 mars
2007, JO du 7 mars 2007, p. 4356.
72
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

prévention et de la lutte contre la Iraude. Il a notamment prononcé cette censure
au motiI que la loi laissait sans réponses plusieurs questions essentielles : celle
de savoir dans quelle mesure les données traitées pourraient être partagées ou
cédées et celle de savoir si pourraient y fgurer des personnes sur lesquelles
pese la simple crainte qu`elles soient capables de commettre une inIraction. En
outre, la loi était silencieuse sur les limites susceptibles d`être assignées a la
conservation des mentions relatives aux condamnations
1
.
On doit observer en outre que le Conseil constitutionnel donne aujourd`hui a
la protection de la vie privée une acception tres large, qu`il lui conIere le plein
caractere d`un principe constitutionnel autonome et, enfn, qu`il en confe la
protection tant au juge judiciaire qu`au juge administratiI. Des hésitations et
quelques incertitudes ont pu se Iaire jour par le passé au sujet de tel ou tel de ces
éléments
2
. Mais elles sont aujourd`hui levées. En particulier, depuis sa décision
99-416 DC du 23 juillet 1999 (CMU)
3
, le Conseil Iait expressément dériver la
protection de la vie privée de la liberté proclamée a l`article 2 de la Déclaration
des droits de l`homme et du citoyen. La vie privée n`est donc pas seulement une
composante de la « liberté individuelle » placée par l`article 66 de la Constitution
sous la garde du seul juge judiciaire. Son champ d`application comme sa garan-
tie doivent donc être désormais considérés comme des plus généraux. On ne voit
notamment pas qu`une composante singuliere de cette liberté sur le terrain de
la sexualité ou du « libre développement de la personnalité », notamment pour-
rait ne pas bénéfcier a priori de la protection actuelle de la Constitution.
Il est des lors maniIeste que l`intégration Iormelle du droit au respect de la vie
privée et de l`exigence de protection des données a caractere personnel dans le
Préambule de la Constitution n`aboutirait qu`a codifer l`état actuel de la juris-
prudence ce que, de maniere générale, le comité ne juge ni utile ni souhaitable.
b) Les traités internationaux
Les principes de respect de la vie privée et de protection des données person-
nelles sont, en outre, aIfrmés et protégés par plusieurs traités internationaux :
la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948
énonce, en son article 12, que « nul ne sera lobfet aimmixtions arbitraires aans
sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son
honneur et à sa réputation » et que « toute personne a droit à la protection de la
loi contre ae telles immixtions ou ae telles atteintes » ;
dans des termes tres voisins, le Pacte international relatif aux droits civils
et politiques du 16 novembre 1966, entré en vigueur le 23 mars 1976 et ratifé
le 4 novembre 1980 par la France, dispose, en son article 17.1, que « nul ne sera
lobfet aimmixtions arbitraires ou illegales aans sa vie privee, sa famille, son
(1) Décision n
o
2004-499 DC du 29 juillet 2004, Loi relative à la protection des personnes phy-
siques a legara aes traitements ae aonnees a caractère personnel et moaihant la loi n
o
78-17 au
6 fanvier 1978 relative a linformatique, aux hchiers et aux libertes, JO du 7 août 2004, p. 14087.
(2) CI. a ce propos Louis Favoreu et Loïc Philip, op. cit., p. 325.
(3) Préc. note 3, p. 71.
73
Deuxième partie - Les réponses du comité
domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa
réputation » ;
l`article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de
l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, ratifée le 3 mai
1974 par la France, mérite d`être reproduit des lors qu`il est souvent cité dans
les décisions juridictionnelles Irançaises : « 1. Toute personne a droit au respect
ae sa vie privee et familiale, ae son aomicile et ae sa corresponaance. 2. Il ne
peut y avoir ingerence aune autorite publique aans lexercice ae ce aroit que
pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une
mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité natio-
nale, a la sûrete publique, au bien-être economique au pays, a la aefense ae
l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou
de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. » La Cour euro-
péenne des droits de l`homme a rendu, sur ce Iondement, un nombre important
d`arrêts, donnant par une jurisprudence rigoureuse son plein eIIet au principe
ainsi aIfrmé. Recherchant un savant équilibre entre les conceptions latines et
anglo-saxonnes, elle considere que la protection de l`article 8 « assure à l’in-
dividu un domaine dans lequel il peut poursuivre librement le développement
et l’accomplissement de sa personnalité
1
». Le droit au respect de la vie privée
est conçu comme un Iaisceau de droits multiples dont la portée n`est jamais
identique et varie en Ionction du temps, du lieu et de la personne concernée. Il
concerne de tres nombreux aspects de la personnalité : droit a l`image, état des
personnes (actes de l`état civil, mariage, nom et prénom, sexe « apparent » on
trouve ici la question du transsexualisme), vie aIIective et sexuelle, domicile et
ce qui s`y rattache (adresse, numéro de téléphone), Iortune et patrimoine, rela-
tions privées, relations de travail, religion, santé... C`est par exemple a la suite
de la condamnation du régime d`écoutes téléphoniques par un arrêt Kruslin c/
France du 24 avril 1990 que le Parlement est intervenu par la loi du 10 juillet
1991 pour mieux garantir le secret des correspondances émises par la voie des
télécommunications
2
;
la Charte européenne des droits fondamentaux du 7 décembre 2000 a
laquelle le Traité de Lisbonne, dont la loi n
o
2008-125 du 13 Iévrier 2008 a
autorisé la ratifcation et qui devrait entrer prochainement en vigueur, conIere
valeur juridique contraignante proclame en son article 7 que « toute personne
a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses com-
munications ». S`agissant plus spécifquement de la protection des données per-
sonnelles, son article 8 stipule que : « 1. Toute personne a droit à la protection
aes aonnees a caractère personnel la concernant. 2. Ces aonnees aoivent être
traitees loyalement, a aes hns aeterminees et sur la base au consentement ae la
personne concernée ou en vertu d’un autre fondement légitime prévu par la loi.
Toute personne a le aroit aacceaer aux aonnees collectees la concernant et
aen obtenir la rectihcation. 3. Le respect ae ces règles est soumis au contrôle
d’une autorité indépendante » ;
une Convention pour la protection des personnes à l’égard du traitement
automatisé des données à caractère personnel du 28 janvier 1981 (convention
(1) ComM. EDH, Rapp. 12 juillet 1977, req. n
o
6959/75, Bruggemann et Scheuten c/ RFA.
(2) Req. n
o
11801/85.
74
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

dite « 108 »), entrée en vigueur le 1
er
octobre 1985 et ratifée le 24 mars 1983
par la France, a spécifquement pour but, selon les termes de son article 1
er
, « de
garantir, sur le territoire de chaque partie, à toute personne physique […] le
respect […] de son droit à la vie privée à l’égard du traitement automatisé des
aonnees a caractère personnel la concernant ('protection aes aonnees`) ». Le
juge national en Iait tres régulierement application dans le cadre du contrôle
de conventionnalité
1
, notamment pour apprécier le respect des stipulations de
l`article 5 selon lequel peuvent seules fgurer dans un traitement automatisé d`in-
Iormations nominatives des données pertinentes, c`est-a-dire en adéquation avec
la fnalité du traitement et proportionnées a cette fnalité
2
.
c) Bilan
Au total, il est donc apparu au comité que la réaIfrmation expresse, dans le
Préambule de la Constitution, du droit au respect de la vie privée et a la pro-
tection des données personnelles serait dépourvue de toute portée pratique,
faute d`ajouter une composante signiñcative aux contraintes juridiques
auxquelles est d’ores et déjà soumis le législateur par le double effet de la
jurisprudence du Conseil constitutionnel et des traités internationaux.
Une telle démarche serait par conséquent inutile, et donc inopportune au regard
de l`exigence de crédibilité de l`acte constituant.
3. Constitutionnalisation et adaptabilité
Encore, objectera-t-on, pourrait-on imaginer d`aller au-dela de la simple réaI-
frmation des principes généraux et de fxer au niveau constitutionnel des exi-
gences plus précises.
Mais le comité a ici trouvé particulierement judicieux de s`en tenir a une autre
composante de sa doctrine : les contraintes propres au processus de révision de
la Constitution et de son Préambule peuvent se vérifer inadaptées a certains
domaines ou a certaines matieres, particulierement sensibles a une exigence
d`adaptabilité de la règle de droit. Aussi bien, a supposer même que puissent
être résolues les diIfcultés de Iormulation que susciterait le projet de préciser
tel ou tel aspect du droit a la vie privée ou du droit a la protection des données
(1) V. par ex. CE, 18 novembre 1992, n
os
115367, 115397, 115881, 115884 et 115886, Lebon, a
propos de la création d`un systeme inIormatisé de gestion des décisions ordonnant la reconduite a
la Irontiere des étrangers ; CE, 29 décembre 1997, n
o
140325, Lebon, jugeant compatibles avec les
stipulations de cette convention les dispositions de l`article 39 de la loi du 6 janvier 1978 dans sa
rédaction alors applicable limitant l`acces aux traitements intéressant la sûreté de l`Etat, la déIense
et la sécurité publique a un droit d`acces indirect exercé par un membre de la CNIL ; ou enfn CE,
9 Iévrier 2005, n
o
265869, Lebon, notamment pour apprécier le respect des stipulations de l`article
5 selon lequel peuvent seules fgurer dans un traitement automatisé d`inIormations nominatives
des données pertinentes, c`est-a-dire en adéquation avec la fnalité du traitement et proportionnées
a cette fnalité.
(2) V. par ex. CE, Section, 30 octobre 2001, n
o
204909, Lebon, a propos de la licéité de la prise
en compte de la nationalité d`un demandeur de prêt dans un traitement automatisé d`inIormations
nominatives destiné a aider a la prise des décisions d`octroi ou de reIus de prêts par un établisse-
ment fnancier ; CE, 26 juillet 2006, n
o
285714, Lebon.
75
Deuxième partie - Les réponses du comité
personnelles, il n`est pas du tout certain qu`un bénéfce indiscutable serait asso-
cié a son inscription dans la Constitution. La loi apparaît bien mieux adaptée
pour suivre, avec une réactivité suIfsante, l`évolution des techniques.
Dans cette exigence d`adaptabilité réside donc la seconde raison qui a conduit
le comité a préconiser de ne pas en dire davantage au niveau constitutionnel : le
bon niveau d’intervention est celui du législateur ordinaire et non pas du
législateur constituant. Dans cette matiere tout spécialement, des regles trop
rigides pourraient se révéler rapidement obsoletes ou, pis, hypothéquer l`ave-
nir. Quelle que soit son expression, le principe retenu au niveau constitutionnel
serait soit ineIfcace soit lui-même porteur de dangers.
Un simple aperçu de quelques exemples révélateurs de la richesse et de la com-
plexité de l`arsenal législatiI existant et de son interprétation par le juge admi-
nistratiI ou judiciaire montre en outre, par lui-même, la diIfculté qu`il y aurait a
transposer tel ou tel de ses éléments au niveau constitutionnel :
La loi du 17 juillet 1970 a inséré dans le Code civil un article 9 qui énonce,
en son alinéa 1
er
, que « chacun a droit au respect de sa vie privée ». La Cour de
cassation a développé une jurisprudence abondante pour rechercher un juste et
nécessaire équilibre entre ce principe et celui, d`égale valeur dans une société
démocratique, du droit a la liberté d`inIormation
1
, qui est une variété du droit a
la liberté d`expression. Ainsi a-t-il été jugé :
ƒ que « toute personne, quel que soit son rang, sa naissance, sa fortune, ses fonc-
tions présentes ou à venir, a droit au respect de sa vie privée
2
», l`atteinte a la vie
privée étant par ailleurs « indépendante du mode compassionnel, bienveillant ou
désobligeant sur lequel elle est opérée
3
»,
ƒ que « le salarié a droit, même au temps et au lieu de travail, au respect de l’in-
timité de sa vie privée, laquelle implique le secret des correspondances
4
» (au
sujet de messages personnels émis ou reçus par le salarié sur l`ordinateur mis a
sa disposition par son employeur),
ƒ que le droit au respect de la vie privée permet a toute personne de s`oppo-
ser a la diIIusion, sans son autorisation expresse, de son image, attribut de sa
personnalité,
ƒ que « la publication ae photographies aoit respecter la hnalite visee aans lau-
torisation donnée par l’intéressé
5
»,
ƒ qu`en revanche « le respect aû a la vie privee ae chacun nest pas atteint par
la publication de renseignements d’ordre purement patrimonial, ne comportant
aucune allusion à la vie et à la personnalité de l’intéressé
6
»,
(1) Civ, 1
re
, 12 juillet 2005, Bull. civ. I, n
o
330.
(2) Civ, 1
re
, 23 octobre 1990, Bull. civ. I, n
o
222 ; 27 Iévrier 2007, Bull. civ. I, n
o
85.
(3) Civ, 1
re
, 23 Iévrier 2003, Bull. civ. I, n
o
98.
(4) Soc, 2 octobre 2001, Bull. civ. V, n
o
291 ; 12 octobre 2004, Bull. civ. V, n
o
245.
(5) Civ, 1
re
, 30 mai 2000, Bull. civ. I, n
o
167.
(6) Civ, 1
re
, 20 novembre 1990, Bull. civ. I, n
o
257.
76
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

ƒ qu`« il n’y a pas atteinte à la vie privée lorsque les prétendues révélations ne
portent que sur des faits publics ou ne présentent qu’un caractère anodin
1
» ou
« lorsque la publication incriminée ne fait que répondre au besoin d’information
du public relativement à un fait divers
2
»,
ƒ ou enfn que « la liberté de l’information autorise la publication d’images de
personnes impliquées dans un événement, sous la seule réserve du respect de la
dignité de la personne humaine
3
».
Sur un aspect plus ponctuel, le Code civil dispose encore, en son article 259-
2, qu`en matiere de divorce « les constats aresses a la aemanae aun epoux sont
écartés des débats s’il y a eu violation de domicile ou atteinte illicite à l’intimité
de la vie privée » ;
la loi n
o
78-17 du 6 janvier 1978 relative a l`inIormatique, aux fchiers et a la
liberté, tres novatrice a son époque, a Iortement inspiré une directive européenne
n
o
95-46 CE du 24 octobre 1995 qui, compte tenu en outre des développements
de l`inIormatique et de l`Internet, a ensuite obligé a une évolution législative,
qui Iut réalisée par la loi n
o
2004-801 du 6 août 2004. Cette législation garantit a
toute personne, en lui octroyant un droit d`inIormation, un droit d`acces (direct
ou, dans certains cas limitativement énumérés, indirect), un droit d`opposition
et un droit de rectifcation, la protection de sa vie privée Iace aux traitements
automatisés de données a caractere personnel et aux traitements non automati-
sés de données a caractere personnel contenues ou appelées a fgurer dans des
fchiers, les données personnelles (terme qui a remplacé celui d`« informations
nominatives ») étant défnies comme « toute information relative à une personne
physique iaentihee ou qui peut être iaentihee, airectement ou inairectement, par
reference a un numero aiaentihcation ou a un ou plusieurs elements qui lui sont
propres » (art. 2). Comme on le sait, la loi institue dans cette matiere une autorité
administrative indépendante, la CNIL, qui, outre une compétence pour, selon les
cas, recevoir les déclarations, émettre un avis ou délivrer une autorisation pré-
alable pour la constitution de fchiers, a notamment une mission d`inIormation
du public (qu`elle remplit en particulier en publiant son rapport annuel), un rôle
consultatiI aupres des gestionnaires de traitements inIormatiques, une Ionction
de recueil des réclamations ou des plaintes, ainsi que des pouvoirs d`investi-
gation et de sanction. La CNIL exerce ses attributions sous le contrôle du juge
administratiI, qui a par exemple confrmé que la diIIusion, par Internet, a des
propriétaires immobiliers n`ayant pas la qualité de proIessionnels de l`immo-
bilier, de fchiers automatisés contenant des inIormations relatives aux impayés
locatiIs n`était pas licite eu égard aux risques de discrimination et d`atteinte a
la vie privée qu`une telle diIIusion comportait pour les personnes concernées
4
;
Le Code pénal, en son article 226-1 dans sa rédaction issue d`une ordonnance
du 19 septembre 2000, réprime « le fait, au moyen d’un procédé quelconque,
ae porter volontairement atteinte a lintimite ae la vie privee aautrui . 1° En
captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur, des
(1) Civ, 1
re
, 3 avril 2002, Bull. civ. I, n
o
110.
(2) Civ, 1
re
, 20 novembre 2003, Bull. civ. I, n
o
354.
(3) Civ, 1
re
, 20 Iévrier 2001, Bull. civ. I, n
o
42.
(4) 28 juill. 2004, n
o
262851, Lebon.
77
Deuxième partie - Les réponses du comité
paroles prononcees a titre prive ou conhaentiel , 2° En hxant, enregistrant ou
transmettant, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trou-
vant dans un lieu privé ». Son article 226-22, réprime d`une peine délictuelle « le
fait, par toute personne qui a recueilli, à l’occasion de leur enregistrement, de
leur classement, de leur transmission ou d’une autre forme de traitement, des
données à caractère personnel dont la divulgation aurait pour effet de porter
atteinte à la considération de l’intéressé ou à l’intimité de sa vie privée, de por-
ter, sans autorisation de l’intéressé, ces données à la connaissance d’un tiers
qui n’a pas qualité pour les recevoir », que ce soit volontairement ou par impru-
dence ou négligence ; en son article R. 625-11, il punit d`une peine contraven-
tionnelle « le fait, pour le responsable d’un traitement automatisé de données
à caractère personnel », soit de ne pas répondre aux demandes émanant d`une
personne physique justifant de son identité et ayant pour objet des inIorma-
tions la concernant, soit de reIuser de délivrer a celle-ci une copie des données a
caractere personnel ayant trait a sa personne.
Le comité est ainsi parvenu a la conclusion que, considérant l’environnement
constitutionnel et international préexistant, la voie législative et jurispru-
dentielle demeure la plus efñciente pour assurer le UpJODJH¿Q de la protec-
tion de la vie privée et des données personnelles. La protection des principes
étant assurée ici et la dans les termes les plus généraux, mieux vaut confer au
législateur la tâche d`épouser l`évolution des sciences et des techniques et d`as-
surer, sous le contrôle du juge, la conciliation nécessaire des intérêts et des droits
en présence. Les conditions plus aisées et le rythme plus rapide de l`ac-
tion législative lui conIerent une bien meilleure pertinence.
F. La bioéthique
Depuis une trentaine d`années, les progres scientifques dans le domaine des
sciences de la vie et de la santé se sont accélérés et engendrent des questions
d`ordre éthique qui mobilisent l`attention des citoyens et dont les médias se Iont
largement l`écho : les recherches sur l`embryon, le clonage thérapeutique ou
reproductiI, la brevetabilité du génome humain en constituent des maniIesta-
tions spectaculaires ; l`eugénisme, les oIIres de « mères porteuses » sur l`Inter-
net, les trafcs d`organes en représentent des dérives inquiétantes.
Héritiere de la pensée chrétienne passée au fltre de la philosophie des Lumieres
et défnie comme la science qui étudie les problemes moraux soulevés par la
recherche biologique, médicale ou génétique, la bioéthique, c`est-a-dire la
morale appliquée a la recherche, renIerme un précepte Iort : prenons le temps de
la réfexion pour tenter de déterminer exactement et précisément ou nous allons
et ce que nous voulons ou ce que nous ne voulons pas.
A priori, il pourrait sembler assez singulier de vouloir traiter de l`éthique de la
recherche médicale dans la Constitution.
78
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Mais en réalité le décalage n`est qu`apparent : la Constitution, ce sont les
libertés essentielles ; or, des lors qu`elle touche a la vie et a la mort de l`être
humain, a sa santé, a la qualité de son existence ou encore au choix de sa des-
cendance, la bioéthique ne se situe-t-elle pas au cour même de nos libertés les
plus Iondamentales ?
C`est en ce sens qu`il Iaut interpréter la lettre de mission du Président de la
République qui se demande s`il n`y aurait pas la place, dans notre Constitution,
pour des principes directeurs qui serviraient de guides a notre approche des pro-
blemes liés a la bioéthique
1
.
Ici encore, un constat d`évidence s`impose : il existe en la matiere un immense
corpus juridique accumulé essentiellement au cours des dix dernieres années (1).
Cet arsenal, de nature législative et jurisprudentielle, apparaît constituer la voie
la plus eIfciente dans un domaine en constante évolution (2).
1. La richesse du corpus
législatif et jurisprudentiel
2
On releve d`abord de nombreux textes de droit international :
la Déclaration universelle des droits de l`homme du 10 décembre 1948 :
articles 1
er
, 3, 5 et 12,
la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l`homme, adop-
tée le 11 novembre 1997 par la ConIérence générale de l`UNESCO et Iaite sienne
le 9 décembre 1998 par l`Assemblée générale des Nations unies : articles 1
er
a 4 sur
la dignité humaine et le génome humain, articles 5 a 9 sur les droits des personnes
concernées, articles 10 a 12 sur les recherches concernant le génome humain,
la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l`homme, adoptée
le 19 octobre 2005 par la ConIérence générale de l`UNESCO : articles 3 a 10,
la Convention européenne des droits de l`homme du 4 novembre 1950 :
articles 2, 3 et 8,
la Charte des droits Iondamentaux du 7 décembre 2000 : articles 1 a 4 du cha-
pitre I sur la dignité et article 35 du chapitre IV sur la solidarité,
la Convention pour la protection des droits de l`homme et de la dignité de
l`être humain a l`égard des applications de la biologie et de la médecine : articles
1 a 4 du chapitre I (dispositions générales), 5 du chapitre II (consentement), 10 du
chapitre III (vie privée et droit a l`inIormation), 11 a 14 du chapitre IV (génome
humain), 15, 16 et 18 du chapitre V (recherche scientifque), 19 du chapitre VI
(prélevement d`organes et de tissus sur des donneurs vivants a des fns de trans-
plantation) et 21 et 22 du chapitre VII (interdiction du proft et utilisation d`une
partie du corps humain) de la Convention sur les droits de l`homme et la bio-
médecine (convention dite d`Oviedo du 4 avril 1997, entrée en vigueur le 1
er

décembre 1999 et non ratifée par la France),
(1) Un colloque organisé au Sénat le 3 avril 2008 portait d`ailleurs sur La Constitution face aux
aehs ae la bioethique ; voir notamment l`intervention du proIesseur Bertrand Mathieu.
(2) Ce corpus a été rassemblé grâce au précieux concours du Service de documentation et d`études
de la Cour de cassation.
79
Deuxième partie - Les réponses du comité
le Protocole additionnel a la Convention pour la protection des droits de
l`homme et de la dignité de l`être humain a l`égard des applications de la biologie
et de la médecine, portant interdiction du clonage d`êtres humains (Protocole du
12 janvier 1998, entré en vigueur le 1
er
mars 2001 et non ratifé par la France) :
articles 1
er
et 2.
Doivent être également cités :
une Déclaration internationale sur les données génétiques humaines, adoptée
le 16 octobre 2003 par la ConIérence générale de l`UNESCO,
un Protocole additionnel a la Convention sur les droits de l`homme et la bio-
médecine relatiI a la transplantation d`organes et de tissus d`origine humaine,
Protocole du 24 janvier 2002, entré en vigueur le 1
er
mai 2006 et non signé par
la France,
un Protocole additionnel a la Convention sur les droits de l`homme et la bio-
médecine relatiI a la recherche biomédicale, Protocole du 25 janvier 2005, entré
en vigueur le 1
er
septembre 2007 et non signé par la France,
un projet de Protocole additionnel a la Convention sur les droits de l`homme
et la biomédecine relatiI aux tests génétiques a des fns médicales,
dix recommandations du Conseil de l`Europe dans les domaines suivants :
trafc d`organes en Europe, protection du génome humain, biotechnologies, bio-
technologie et propriété intellectuelle, protection des droits de l`homme et de la
dignité des malades incurables et des mourants, xénotransplantation, protection
et brevetabilité des produits d`origine humaine, élaboration d`une Convention de
bioéthique, utilisation des embryons et Iotus humains dans la recherche scien-
tifque ou a des fns diagnostiques, thérapeutiques, scientifques, industrielles et
commerciales,
des directives du Parlement européen et du Conseil de l`Union européenne.
Ces textes ont été relayés par une abondante jurisprudence européenne :
la Cour européenne des droits de l’homme a ainsi rendu des arrêts qui touchent
plusieurs domaines : interruption volontaire de grossesse
1
, statut de l`embryon
et du Iotus
2
, prélevements post mortem
3
, euthanasie
4
, examens et traitements
médicaux
5
, conséquences d`une erreur médicale
6
;
(1) 29 octobre 1992, Open Door et Dublin Well Wooman c/ Irlande, req. n
os
14 234/88 et 14235/88 ;
5 septembre 2002, Boso c/ Italie, req. n
o
50490/02.
(2) Grande Chambre, 8 juillet 2004, Vo c/ France, req. n
o
53924/00 ; 6 janvier 2005, Adelaïde et a.
c/ France, req. n
o
78/02 ; Grande Chambre, 10 avril 2007, Evans c/ Royaume-Uni, req. n
o
6339/05.
(3) 13 juillet 2006, Jäggi c/ Suisse, req n
o
58757/00.
(4) 29 avril 2002, Pretty c/ Royaume-Uni, req. n
o
2346/02.
(5) 9 mars 2004, Glass c/ Royaume-Uni, req. n
o
61827/00 ; 27 mars 2003, Y.F. c/ Turquie, req.
n
o
24209/94 ; Grande Chambre, 4 décembre 2007, Dickson c/ Royaume-Uni, req. n
o
44362/04
(infrmant un arrêt rendu le 18 avril 2006 par une chambre) ; 6 Iévrier 2001, Bensaïd c/ Royaume-
Uni, req. n
o
44599/98 ; 16 juin 2005, Störck c/ Allemagne, req. n
o
61603/00 ; 11 juillet 2006, Rivière
c/ France, req. n
o
33834/03.
(6) Grande Chambre, 17 janvier 2002, Calvelli et Ciglio c/ Italie, req. n
o
32967/96 ; Grande
Chambre, 6 octobre 2005, Draon c/ France, req. n
o
1513/03 et Maurice c/ France, req. n
o
11810/03 ;
20 mars 2007, Tysiac c/ Pologne, req. n
o
5410/03.
80
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

la Cour de justice des Communautés européennes, quant a elle, a rendu des
décisions dans le domaine de la brevetabilité des éléments du corps humain
1
.
Ensuite, on releve des textes de droit interne :
le Préambule de la Constitution de 1946, en ses articles 10 : « La nation
assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développe-
ment » et 11 : « [La nation] garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère |...|
la protection de la santé » ;
le code civil, qui comporte des dispositions essentielles :
ƒ en ses articles 16 a 16-9, sur le respect du corps humain,
ƒ en ses articles 16-10 a 16-13, sur l`examen des caractéristiques génétiques
d`une personne et l`identifcation d`une personne par son empreinte génétique,
ƒ en ses articles 311-19 et 311-20, sur l`assistance médicale a la procréation ;
le code de la santé publique :
ƒ en ses articles L. 1110-1 et suivants, sur les droits des personnes malades et des
usagers du systeme de santé,
ƒ en ses articles L. 1121-2 et suivants, sur les recherches biomédicales,
ƒ en ses articles L. 1211-2 et suivants, sur le don et l`utilisation des éléments et
produits du corps humain,
ƒ en ses articles L. 2131-1 et suivants, sur les actions de prévention concernant
l`enIant,
ƒ en son article L. 2213-1, sur l`interruption volontaire de grossesse,
ƒ en ses articles L. 2141-1 et suivants, sur l`assistance médicale a la procréation,
ƒ en ses articles L. 2151-1 et suivants, sur la recherche concernant l`embryon et
les cellules embryonnaires ;
le code de la propriété intellectuelle, en ses articles L. 611-17 et L. 611-18,
sur les inventions brevetables et le corps humain.
La jurisprudence nationale n`est pas en reste.
En matiere d`interruption volontaire de grossesse, le Conseil constitutionnel
a jugé, d`abord, que la loi de 1975 ne portait pas atteinte aux principes consti-
tutionnels ou a valeur constitutionnelle
2
, ensuite, que la loi de 2001 n`avait pas
rompu l`équilibre imposé par la Constitution entre la sauvegarde de la dignité de
la personne humaine contre toute Iorme de dégradation et la liberté de la Iemme
découlant de l`article 2 de la Déclaration de 1789
3
.
Le Conseil d`Etat a estimé, pour sa part, que les lois de 1975 et de 1979 n`étaient
pas incompatibles avec les dispositions de la Convention européenne des droits
de l`homme
4
.
(1) 9 octobre 2001, aIIaire C-377/98 Pays-Bas contre Parlement europeen et Conseil, Rec. 2001
(¹ 16 juin 2005, aIIaire C-456/03, Commission aes Communautes europeennes c/ Republique ita-
lienne, Rec. 2005).
(2) Décision n
o
74-54 du 15 janvier 1975, Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse, JO
du 16 janvier 1975, p. 671.
(3) Décision n
o
2001-446 du 27 juin 2001, Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et
à la contraception, JO du 7 juillet 2001, p. 10828.
(4) 21 décembre 1990, n
os
105743, 105810, 105811 et 105812, Lebon.
81
Deuxième partie - Les réponses du comité
Et la Cour de cassation a décidé que la loi de 1975 n`était pas applicable dans le
cas du reIus de l`implantation d`embryons des lors qu`un tel acte avait seulement
pour eIIet, en cas de réussite de l`opération, de permettre une grossesse
1
.
En ce qui concerne l’embryon et le fœtus, la Cour de cassation a jugé que le
principe de la légalité des délits et des peines s`opposait a ce que l`incrimination
réprimant l`homicide involontaire d`autrui soit étendue au cas de l`enIant a naître
dont le régime juridique releve de textes particuliers
2
, mais qu`une telle incrimina-
tion devait être retenue lorsqu`une Iemme enceinte de huit mois, grievement bles-
sée lors d`un accident de la circulation, avait donné naissance, le jour même, a un
enIant qui était décédé, une heure apres, des suites des lésions vitales irréversibles
subies au moment du choc
3
.
Elle a jugé également qu`il résultait de l`article 79-1, alinéa 2, du Code civil que,
en cas de déces d`un enIant avant que sa naissance ait été déclarée a l`état civil
et a déIaut de production d`un certifcat médical indiquant que celui-ci était né
vivant et viable, l`oIfcier de l`état civil ne pouvait reIuser l`établissement d`un
acte d`enIant sans vie au motiI que le seuil de viabilité défni par l`Organisation
mondiale de la santé n`était pas atteint
4
.
Dans le domaine du respect et de l’intégrité du corps humain, le Conseil
constitutionnel a jugé que « la sauvegarde de la dignité de la personne humaine
contre toute forme d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur
constitutionnelle », qu`il ne lui appartenait pas de remettre en cause, au regard
de l`état des connaissances et des techniques, les dispositions prises par le légis-
lateur qui avait estimé que le principe du respect de tout être humain des le
commencement de sa vie et le principe d`égalité n`étaient pas applicables aux
embryons et que, s`agissant de ces derniers, il n`existait aucune disposition ni
aucun principe a valeur constitutionnelle consacrant la protection du patrimoine
génétique de l`humanité
5
.
Le Conseil d`Etat a décidé que les principes déontologiques Iondamentaux rela-
tiIs au respect de la personne humaine, qui s`imposent au médecin dans ses
rapports avec son patient, ne cessent pas de s`appliquer avec la mort de celui-ci,
qu`en particulier ces principes Iont obstacle a ce que, en dehors des préleve-
ments d`organes opérés dans le cadre de la loi du 22 décembre 1976 et régis par
celle-ci, il soit procédé a une expérimentation sur un sujet apres sa mort, alors,
d`une part, que la mort n`avait pas été constatée dans des conditions analogues a
celles qui sont défnies par les articles 20 a 22 du décret du 31 mars 1978, d`autre
part, que ladite expérimentation ne répondait pas a une nécessité scientifque
(1) Civ, 1
re
, 9 janvier 1996, Bull. civ. I, n
o
21.
(2) Ass. plén., 29 juin 2001, Bull. civ. n
o
8 (dans le même sens : Crim, 30 juin 1999, Bull.
crim. n
o
174 ; 25 juin 2002, Bull. crim. n
o
144 ; 4 mai 2004, Bull. crim. n
o
108).
(3) Crim, 2 décembre 2003, Bull. crim. n
o
230.
(4) Civ, 1
re
, 6 Iévrier 2008, Bull. civ. I, n
o
41, 42 et 43 ; a la suite de ces arrêts, trois textes relatiIs a
l`acte d`enIant sans vie ont été publiés au Journal ofhciel du 22 août 2008 : un décret n
o
2008-798,
un décret n
o
2008-800 et un arrêté du 20 août 2008.
(5) Décision n
o
94-343/344 du 27 juillet 1994, Loi relative au respect du corps humain et loi rela-
tive au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la
procréation et au diagnostic prénatal, JO du 29 juillet 1994, p. 11024.
82
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

reconnue, enfn, que l`intéressé n`avait pas donné son consentement de son
vivant ou que l`accord de ses proches, s`il en existait, n`avait pas été obtenu
1
.
La Cour de cassation a jugé :
· qu`alors qu`une action en recherche de fliation naturelle est en cours a l`étran-
ger, la mesure qui se borne a autoriser la communication d`éléments déja préle-
vés et indispensables a une expertise médico-légale, ne constitue pas une mesure
d`identifcation d`une personne par son empreinte génétique soumise a l`article
16-11 du Code civil
2
,
· que l`article 16-11 du Code civil, selon lequel, sauI accord expres de la per-
sonne maniIesté de son vivant, aucune identifcation par empreinte génétique ne
peut être réalisée apres sa mort, est immédiatement applicable aux situations en
cours
3
.
– S`agissant des droits des malades, le Conseil d`Etat a jugé qu`en Iaisant pré-
valoir de Iaçon générale l`obligation pour le médecin de sauver la vie sur celle
de respecter la volonté du malade une cour administrative d`appel avait commis
une erreur de droit, mais que, compte tenu de la situation extrême du patient, les
médecins qui avaient choisi, dans le seul but de tenter de le sauver, d`accomplir
un acte indispensable a sa survie et proportionné a son état n`avaient pas com-
mis de Iaute, quelle qu`ait été par ailleurs leur obligation de respecter sa volonté
Iondée sur ses convictions religieuses
4
.
Il a également jugé, apres avoir énoncé que le droit pour un patient majeur de
donner, lorsqu`il se trouve en état de l`exprimer, son consentement a un trai-
tement médical revêt le caractere d`une liberté Iondamentale, que des méde-
cins ne portent pas a cette liberté une atteinte grave et maniIestement illégale
lorsque, apres avoir tout mis en ouvre pour convaincre un patient d`accepter
les soins indispensables, ils accomplissent, dans le but de tenter de le sauver, un
acte indispensable a sa survie et proportionné a son état, un acte de cette nature
n`étant pas non plus maniIestement incompatible avec les exigences découlant
de la Convention européenne des droits de l`homme
5
.
Pour sa part, la Cour de cassation a jugé :
· qu`un médecin ne peut, sans le consentement libre et éclairé de son malade,
procéder a une intervention chirurgicale qui n`est pas imposée par une nécessité
évidente ou un danger immédiat pour le patient
6
,
· qu`il résulte de l`article 16-3 du Code civil que nul ne peut être contraint, hors
les cas prévus par la loi, de subir une intervention chirurgicale
7
,
· que, hormis les cas d`urgence, d`impossibilité ou de reIus du patient d`être
inIormé, un médecin est tenu de lui donner une inIormation loyale, claire et
(1) 2 juillet 1993, n
o
124960, Lebon.
(2) Civ, 1
re
, 4 juin 2007, Bull. civ. I, n
o
224.
(3) Civ, 1
re
, 2 avril 2008, Bull. civ. I, n
o
101.
(4) 26 octobre 2001, n
o
198546, Lebon.
(5) 16 août 2002, n
o
249552, Lebon.
(6) Civ, 1
re
, 11 octobre 1988, Bull. civ. I, n
o
280.
(7) Civ, 2
e
, 19 mars 1997, Bull. civ. II, n
o
86.
83
Deuxième partie - Les réponses du comité
appropriée sur les risques graves aIIérents aux investigations et soins proposés
et qu`il n`est pas dispensé de cette obligation par le seul Iait que ces risques ne
se réalisent qu`exceptionnellement
1
ou par le seul Iait que l`intervention serait
médicalement nécessaire
2
, la limitation de l`inIormation sur un diagnostic ou un
pronostic grave, telle que prévue par l`article 42 du Code de déontologie médi-
cale, devant être Iondée sur des raisons légitimes et dans l`intérêt du patient,
lequel doit être apprécié en Ionction de la nature de la pathologie, de son évolu-
tion prévisible et de la personnalité du malade
3
,
· qu`une atteinte a l`intégrité du corps humain, pratiquée en dehors de toute
nécessité thérapeutique et a des fns strictement contraceptives, est prohibée par
l`article 16-3 du Code civil
4
,
· qu`une expertise génétique sur une personne décédée doit être exclue en l`état
du reIus des héritiers
5
.
2. La pertinence de la voie législative
et jurisprudentielle
Plusieurs personnalités entendues par le comité ont souhaité s`exprimer sur la
question de la bioéthique.
M. le président Alain GrimIeld a plaidé pour l`inscription, dans la Constitution,
d`un certain nombre de principes généraux Iaisant apparaître :
au centre des préoccupations, le respect dû en premier lieu a la vie humaine et
la protection de l`homme Iace aux recherches en sciences médicales et sciences
de la vie, notamment en termes de relation médecin-malade et de consentement,
la prise en compte d`emblée du droit de l`enIant au cours d`une démarche de
droit a l`enIant,
la préservation des êtres et des personnes, en tant qu`individus de l`espece
humaine, dans sa spécifcité particuliere mais aussi en vue de la préservation de
la biodiversité.
M. le président Jean-Pierre Changeux a proposé de remplacer le principe de
précaution par le principe de responsabilité des scientifques, qui, appliqué a
la recherche médicale, aurait pour conséquence immédiate d`interIérer avec la
pratique des soins et, surtout, avec la recherche et le développement de nouvelles
méthodes de thérapeutique et de diagnostic.
M. le cardinal André Vingt-Trois s`est prononcé en Iaveur de la consécration
d`un principe de protection, sur le modele du principe de précaution ; il a posé
la question de la défnition de l`indisponibilité du corps humain (selon lui, on ne
peut tout a la Iois édicter le principe de l`indisponibilité du corps humain et auto-
riser le prélevement d`éléments du corps), mais aussi de la personne humaine,
(1) Civ, 1
re
, 7 octobre 1998, Bull. civ. I, n
o
291.
(2) Civ, 1
re
, 23 mai 2000, Bull. civ. I, n
o
159.
(3) Civ, 1
re
, 18 juillet 2000, Bull. civ. I, n
o
227.
(4) Formation des avis, 6 juillet 1998, Bull. civ. n
o
10.
(5) Civ, 1
re
, 25 octobre 2005, Bull. civ. I, n
o
385.
84
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

c`est-a-dire du génome ; il a souligné les diIfcultés pratiques d`obtenir en toutes
circonstances un « consentement libre et éclairé » (notion qui fgure dans le code
civil et dans celui de la santé publique).
M
me
Sylviane Agacinski s`est montrée Iavorable a l`inscription, dans le
Préambule de la Constitution, des principes de dignité de la personne et de
respect du corps humain. Insistant notamment sur une certaine insouciance de
l`opinion et des médias s`agissant de la légalisation de la gestation pour autrui
et des conséquences de cette pratique a l`égard tant de la mere « porteuse » que
du couple demandeur et de l`enIant a naître, elle a considéré qu`il Iallait se pré-
occuper avant tout de ce qui releve de la « marchandisation » du corps humain.
A l`inverse, M. Alain Finkielkraut a estimé que les problemes liés a la bioé-
thique ne seront pas résolus par un accroissement des droits, des lors qu`ils ne
peuvent pas être abordés sous un angle purement juridique ; il a considéré qu`un
procédé consistant a « empiler » les droits serait d`ailleurs impuissant Iace aux
enjeux liés au perpétuel essor de la science.
Comme le theme de la vie privée et des données personnelles, la question de la
bioéthique renvoie a l`attitude de l`homme Iace aux progres technologiques, ici
dans le domaine des sciences de la vie et de la santé.
En ce domaine, les textes européens, qui sont prolifques, suivent pas a pas les
progres de la science, en tentant d`encadrer juridiquement les pratiques au Iur et
a mesure de leur développement.
Les textes de droit interne Irançais, en particulier le code civil, contiennent de
solides principes Iondamentaux consacrés en majorité par les premieres lois
bioéthiques de 1994, que ce soit en matiere de respect de l`être humain (des le
commencement de la vie jusqu`apres la mort) et de son corps (inviolabilité et
indisponibilité de celui-ci, avec prohibition, d`une part, des conventions portant
sur la procréation ou la gestation pour autrui et des conventions rémunératoires,
d`autre part, de l`eugénisme et du clonage) ou en matiere de droits des malades.
Bien que porteurs de robustes principes, ces textes ne sont pas immuables, loin
s`en Iaut : issus pour la plupart des lois bioéthiques, ils Iont l`objet d`une révi-
sion périodique, en principe quinquennale, même si dix années séparent les trois
premieres lois bioéthiques de la derniere (1994 et 2004) ; a l`heure actuelle, le
législateur prépare la troisieme loi prévue pour 2009.
La jurisprudence émanant du Conseil d`Etat et de la Cour de cassation rend
compte de l`application de ces textes au gré des aIIaires soumises a ces juridic-
tions, qui ont l`avantage non négligeable de pouvoir les adapter en Ionction
des évolutions de la science et des mentalités.
Certes, a l`inverse de ce qui existe en matiere de vie privée et de données person-
nelles, le Conseil constitutionnel n`a pas consacré des principes fgurant dans la
loi et n`a pas édicté des principes nouveaux, en dehors du principe de dignité de
la personne humaine.
Des lors, le comité s`est Iortement interrogé sur le point de savoir s`il devait
proposer l`inscription, dans le Préambule ou dans la Constitution, de principes
liés a la bioéthique.
85
Deuxième partie - Les réponses du comité
Mais, pour des motiIs assez semblables a ceux qu`il a retenus pour résoudre la
question précédente, il a fnalement préIéré ne pas le Iaire.
Il a relevé qu`a supposer que l`intégration de principes soit proposée cela n`au-
rait pu en concerner qu`un nombre nécessairement restreint, le Préambule ou la
Constitution n`autorisant, compte tenu de leur Iorme rédactionnelle et de leur
objet, ni de retenir plus de trois ou quatre principes ni de les détailler.
Il a alors considéré que l’élévation, dans le Préambule ou la Constitution,
de principes du type de ceux énoncés plus haut et ñgurant déjà dans la
loi, d’une part, constituerait une opération qui, en l’état, ne présenterait
aucune justiñcation objective, d`autre part, concernerait des principes qui
peuvent apparaître aujourd’hui intangibles, mais qui pourraient fort bien
se révéler ne plus l’être demain.
En eIIet, des auditions auxquelles le comité a procédé ont pu montrer qu`au
regard de l`état des connaissances actuelles les spécialistes eux-mêmes man-
quent de lisibilité sur l`ampleur des bouleversements susceptibles de survenir
au cours des prochaines années dans le domaine des sciences de la vie et de la
santé, de sorte que consacrer de tels principes dans la Constitution, siege de la
norme intemporelle et non sujette a révision, reviendrait a entériner l`irréversi-
bilité d`une norme au périmetre instable et variable.
Le comité a donc estimé que, dans cette matiere comme dans la précédente, il valait
mieux s`en remettre au législateur, soumis a l`obligation de réviser périodiquement
les textes, et au juge, en particulier au Conseil constitutionnel, dont le rôle créateur
a déja été souligné et qui, pour l`heure, s`en est tenu au principe de dignité.
G. La reconnaissance du principe
de dignité de la personne humaine
D`emblée, la question de la dignité de la personne humaine est apparue suIf-
samment importante au comité pour qu`il décide de lui réserver un traitement
particulier et de consacrer le principe sous une Iorme qui restait a déterminer
avec précision.
Bien que d`origine lointaine, le principe de dignité est un concept d`une actua-
lité prégnante : chacun en appelle aujourd`hui a lui et l`on ne compte plus les
chroniques littéraires, philosophiques, juridiques
1
, les articles de presse et les
(1) V. par ex., en dernier lieu, Emmanuel Dreyer, La Dignité opposée à la personne, Dalloz, 2008,
p. 2730.
86
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

colloques qui lui sont dédiés
1
: de partout, l`appel a la dignité Iait partie des
Iormes les plus incontournables du discours public.
La sphere juridique n`est évidemment pas exempte de cette tendance. Le droit
moderne, sous toutes ses Iormes et dans toutes ses expressions, multiplie les
invocations de la dignité de la personne humaine (1), sans touteIois qu`aient
été dissipées toutes les ambiguïtés quant a sa signifcation exacte (2). Apres en
avoir tres longuement et vigoureusement débattu, le comité a fnalement reconnu
l`utilité de la consécration de la notion au niveau constitutionnel, sous la Iorme
d`un principe d`égale dignité de chacun (3).
1. Une présence juridique déjà
généralisée et protéiforme
Plusieurs pays européens ont inscrit la notion de dignité de la personne humaine
dans leur Constitution.
Ainsi, selon l`article 1
er
(1) de la Loi Iondamentale pour la République Iédé-
rale d`Allemagne du 23 mai 1949 : « La dignité de l’être humain est intangible.
Tous les pouvoirs publics ont l’obligation de la respecter et de la protéger. »
Selon l`article 23 de la Constitution belge : « Chacun a le aroit ae mener une
vie conforme à la dignité humaine. » Selon l`article 10 de la Constitution espa-
gnole du 29 décembre 1978 : « La dignité de la personne, les droits inviolables
qui lui sont inhérents, le libre développement de la personnalité, le respect
de la loi et des droits d’autrui sont le fondement de l’ordre politique et de la
paix sociale. » Selon l`article 3 de la Constitution de la République italienne
du 27 décembre 1947 : « Tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont
egaux aevant la loi, sans aistinction ae sexe, ae race, ae langue, ae religion,
d’opinions politiques, de conditions personnelles et sociales. » Selon l`article
7 de la Constitution Iédérale de la ConIédération suisse du 18 avril 1999 : « La
dignité humaine doit être respectée et protégée. »
Plusieurs textes internationaux Iont également une place éminente au terme de
« dignité ».
La Déclaration universelle des droits de l`homme du 10 décembre 1948 :
· en son Préambule : « Consiaerant que la reconnaissance ae la aignite inhe-
rente a tous les membres ae la famille humaine et ae leurs aroits egaux et ina-
lienables constitue le fonaement ae la liberte, ae la fustice et ae la paix aans le
monde »,
· en son article 1
er
: « Tous les êtres humains naissent libres et egaux en aignite
et en droits »,
· en son article 22 : « Toute personne, en tant que membre de la société, a droit
a la securite sociale , elle est fonaee a obtenir la satisfaction aes aroits econo-
miques, sociaux et culturels inaispensables a sa aignite et au libre aeveloppement
(1) Un colloque organisé conjointement par la Iaculté de sciences sociales et économiques de
Paris et l`association Justice et Paix sur le theme Dignite humaine, quelle realite 60 ans après la
Déclaration universelle des droits de l’homme ? s`est tenu, les 23 et 24 septembre 2008, a l`Ins-
titut catholique de Paris afn de « faire le point sur la réalité de la dignité humaine aujourd’hui »
(V. La Croix du 25 septembre 2008).
87
Deuxième partie - Les réponses du comité
de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale,
compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays »,
· en son article 23 : « 3. Quiconque travaille a aroit a une remuneration equi-
table et satisfaisante lui assurant ainsi qua sa famille une existence conforme
à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de pro-
tection sociale. »
Le Pacte international relatiI aux droits civils et politiques du 16 décembre
1966, en son article 10 : « 1. Toute personne privée de sa liberté est traitée avec
humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. »
La convention de New York du 20 novembre 1989 relative aux droits de l`en-
Iant, entrée en vigueur le 2 septembre 1990 et ratifée par la France le 7 août
1990, en son article 37 : « Les Etats parties veillent a ce que . c) Tout enfant
prive ae liberte soit traite avec humanite et avec le respect aû a la aignite ae la
personne humaine, et d’une manière tenant compte des besoins des personnes
de son âge. »
La Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l`homme :
· en ses articles 1
er
: « Le génome humain sous-tend l’unité fondamentale de tous
les membres de la famille humaine, ainsi que la reconnaissance de leur dignité
intrinsèque et de leur diversité. Dans un sens symbolique, il est le patrimoine de
l’humanité » et 2 : « (a) Chaque inaiviau a aroit au respect ae sa aignite et ae
ses aroits, quelles que soient ses caracteristiques genetiques. (b) Cette aignite
impose de ne pas réduire les individus à leurs caractéristiques génétiques et de
respecter le caractère unique de chacun et leur diversité »,
· en son article 6 : « Nul ne doit faire l’objet de discriminations fondées sur
ses caractéristiques génétiques, qui auraient pour objet ou pour effet de porter
atteinte à ses droits individuels et à ses libertés fondamentales et à la reconnais-
sance de sa dignité »,
· en son article 10 : « Aucune recherche concernant le génome humain, ni
aucune de ses applications, en particulier dans les domaines de la biologie, de
la génétique et de la médecine, ne devrait prévaloir sur le respect des droits de
l’homme, des libertés fondamentales et de la dignité humaine des individus ou,
le cas échéant, de groupes d’individus »,
· en son article 11 : « Des pratiques qui sont contraires à la dignité humaine,
telles que le clonage a aes hns ae reproauction aêtres humains, ne aoivent pas
être permises »,
· en son article 12 : « (a) Chacun aoit avoir accès aux progrès ae la biologie, ae
la génétique et de la médecine concernant le génome humain, dans le respect de
sa dignité et de ses droits. »
La Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l`homme, en ses
articles 3 : « 1. La dignité humaine, les droits de l’homme et les libertés fonda-
mentales doivent être pleinement respectés » et 10 : « L’égalité fondamentale de
tous les êtres humains en dignité et en droit doit être respectée de manière à ce
qu’ils soient traités de façon juste et équitable. »
La Charte européenne des droits Iondamentaux, en son article 1
er
: « La dignité
humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée. »
La convention dite d`Oviedo, en son article 1
er
: « Les parties à la présente
convention protègent l’être humain dans sa dignité et son identité et garantissent
à toute personne, sans discrimination, le respect de son intégrité et de ses autres
droits et libertés fondamentales à l’égard des applications de la biologie et de la
88
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

meaecine. Chaque partie prena aans son aroit interne les mesures necessaires
pour aonner effet aux aispositions ae la presente convention. »
Les lois françaises ne sont pas en reste.
L`article 16 du Code civil énonce que « la loi assure la primauté de la per-
sonne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de
l’être humain dès le commencement de sa vie. »
L`article L. 1110-2 du Code de la santé publique dispose que « la personne
malade a droit au respect de sa dignité » et les articles L. 1111-10, alinéa 2, et L.
1111-13, alinéa 2, que « le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure
la qualite ae sa hn ae vie en aispensant les soins vises a larticle L. 1110-10 ».
L`article L. 611-17 du Code de la propriété intellectuelle édicte que « ne sont
pas brevetables les inventions aont lexploitation commerciale serait contraire a
la aignite ae la personne humaine, a lorare public ou aux bonnes mæurs, cette
contrariete ne pouvant resulter au seul fait que cette exploitation est interaite
par une disposition législative ou réglementaire ».
L`article L. 131-5-1 du Code pénal prescrit que le stage de citoyenneté qui
peut être substitué a une peine d`emprisonnement a pour objet de « rappeler les
valeurs républicaines de tolérance et de respect de la dignité humaine sur les-
quelles est fondée la société » (l`article R. 131-35 est dans le même sens).
Les articles L. 222-33-2, L. 225-4-1, L. 225-14, L. 227-24, L. 433-5 et L. 434-
24 du même Code répriment d`une peine d`emprisonnement et d`amende un
certain nombre d`agissements « contraires » a la dignité, « incompatibles avec la
dignité humaine », « susceptibles » ou « de nature » ou « tendant à » porter atteinte
a la dignité, ou encore portant « gravement atteinte à la dignité humaine ».
La jurisprudence Iait appel, elle aussi, et de maniere assez Iréquente, a la notion
de dignité.
S`agissant des juridictions européennes, le terme de dignité ne fgurant pas
dans la Convention européenne des droits de l`homme
1
, la Cour de Strasbourg
a rendu de nombreux arrêts sur le Iondement de l`article 3 de la Convention,
selon lequel « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements
inhumains ou dégradants ».
Elle a par ailleurs étendu les notions de « traitements inhumains et dégradants »
a des situations qui n`étaient pas prévues par les auteurs de la Convention, telle
la situation des personnes privées de liberté (personnes détenues et personnes
internées |handicapées ou non| et celle des personnes en voie d`expulsion ou
d`extradition).
Même sans compter avec les hypotheses dans lesquelles il est loisible de penser
qu`elle a invoqué la dignité de la personne humaine de maniere implicite
2
, la
Cour s`est réIérée a plusieurs reprises a la notion de dignité.
(1) Le Préambule du Protocole n
o
13 a la Convention dispose que « les Etats membres au Conseil
de l’Europe, signataires du présent Protocole, convaincus que le droit de toute personne à la vie
est une valeur fondamentale dans une société démocratique et que l’abolition de la peine de mort
est essentielle à la protection de ce droit et à la pleine reconnaissance de la dignité inhérente à
tous les êtres humains ». Il sert de Iondement a certaines décisions consacrant le droit au respect de
la dignité humaine : par exemple, 12 mars 2003, Öcalan c/ Turquie, req. n
o
46221/99, spéc. § 56.
(2) 19 Iévrier 1997, Laskey, Jaggara et Brown c/ Royaume-Uni, req. n
os
21627/93, 21826/93 et
21974/93, dans une aIIaire relative aux pratiques sadomasochistes.
89
Deuxième partie - Les réponses du comité
Elle a ainsi décidé qu`a l`égard d`une personne privée de sa liberté, tout usage de
la Iorce physique qui n`est pas rendu strictement nécessaire par le propre com-
portement de ladite personne porte atteinte a la dignité humaine et constitue, en
principe, une violation du droit garanti par l`article 3
1
.
Elle a estimé que des conditions de détention avaient porté atteinte a la dignité
d`un requérant et avaient provoqué chez lui des sentiments de désespoir et d`in-
Iériorité propres a l`humilier et a le rabaisser, voire a briser sa résistance phy-
sique et morale
2
.
Elle a jugé que « larticle 3 impose a lEtat ae sassurer que tout prisonnier est
détenu dans des conditions qui sont compatibles avec le respect de la dignité
humaine, que les moaalites aexecution ae la mesure ne soumettent pas lin-
teresse a une aetresse ou a une epreuve aune intensite qui excèae le niveau
inevitable ae souffrance inherent a la aetention et que, eu egara aux exigences
pratiques de l’emprisonnement, la santé et le bien-être du prisonnier sont assu-
res ae manière aaequate (Kuala c/ Pologne [GC{, n
o
30210/96, § 92-94, CEDH
2000-XI)
3
».
Elle a considéré que « la pratique des fouilles à corps hebdomadaires, qui fut
imposée au requérant pendant une période d’environ trois ans et demi, alors
qu’il n’y avait pour cela aucun impératif de sécurité convaincant, a porté
atteinte a sa aignite humaine et a aû provoquer che: lui aes sentiments aan-
goisse et d’infériorité de nature à l’humilier et à le rabaisser
4
».
La Cour de Luxembourg a reconnu que « l’ordre juridique communautaire
tend indéniablement à assurer le respect de la dignité humaine en tant que prin-
cipe général du droit » ; elle a décidé a cette occasion que le droit communautaire
ne s`oppose pas a ce qu`une activité économique consistant en l`exploitation
commerciale de jeux de simulation d`actes homicides Iasse l`objet d`une mesure
nationale d`interdiction adoptée pour des motiIs de protection de l`ordre public
en raison du Iait que celle-ci porte atteinte a la dignité humaine
5
.
S`agissant des juridictions Irançaises, c`est a l`occasion de l`examen de deux
des trois premieres lois bioéthiques que le Conseil constitutionnel a déduit du
Préambule de la Constitution de 1946 que « la sauvegarde de la dignité de la
personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation est
un principe à valeur constitutionnelle », estimant en l`espece que les principes
aIfrmés par ces lois, au nombre desquels fguraient la primauté de la personne
humaine, le respect de l`être humain des le commencement de sa vie, l`inviola-
bilité, l`intégrité et l`absence de caractere patrimonial du corps humain ainsi que
l`intégrité de l`espece humaine, tendaient a assurer le respect de ce principe
6
.
(1) 4 décembre 1995, Ribitsch c/ Autriche, req. n
o
18896/91.
(2) 19 avril 2001, Peers c/ Grèce, req. n
o
28524/95.
(3) 24 juillet 2001, Vasalinas c/ Lituanie, req. n
o
44558/98.
(4) 4 Iévrier 2003, Van Der Ven c/ Pays-Bas, req. n
o
50901/99.
(5) 14 octobre 2004, AII. C-36/02, Omega c/ Oberbürgermeisterin der Bundesstadt Bonn.
(6) Décision n
o
94-343/344 du 27 juillet 1994, Loi relative au respect du corps humain et loi rela-
tive au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, à l’assistance médicale à la
procréation et au diagnostic prénatal, JO du 29 juillet 1994, p. 11024.
90
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Il s`est réIéré par la suite a plusieurs reprises au « principe à valeur constitu-
tionnelle de sauvegarde de la dignité de la personne humaine
1
», évoquant dans
une décision « lequilibre que le respect ae la Constitution impose entre, aune
part, la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de
aegraaation et, aautre part, la liberte ae la femme qui aecoule ae larticle 2 ae
la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
2
».
Le Conseil d’État a également consacré le principe de dignité, notamment dans
la célebre aIIaire dite du lancer de nain : apres avoir énoncé que « le respect de
la dignité de la personne humaine est une des composantes de l’ordre public »,
il a considéré que l`attraction consistant a ce qu`un nain, harnaché a cet eIIet,
se laisse lancer par des spectateurs comme un projectile portait atteinte, par son
objet même, a la dignité de la personne humaine, de sorte que l`autorité inves-
tie du pouvoir de police municipale pouvait l`interdire même en l`absence de
circonstances locales particulieres et alors même que des mesures de protection
avaient été prises pour assurer la sécurité de la personne en cause et que celle-ci
se prêtait librement a cette exhibition, contre rémunération
3
.
Dans le domaine de la radiodiIIusion, il a jugé que constituaient une atteinte a
la dignité de la personne humaine et justifaient a ce titre les sanctions prises par
le Conseil supérieur de l`audiovisuel contre les éditeurs de services intéressés :
· la radiodiIIusion de propos racistes et antisémites
4
,
· l`attitude d`animateurs de radio ayant incité les auditeurs a multiplier les
témoignages sur l`état des cadavres d`une Iemme et d`un enIant et les ayant
encouragés a donner des détails particulierement choquants
5
,
· les propos tenus a l`antenne par un animateur de radio, qui s`était réjoui de la
mort d`un policier tué au cours d`une Iusillade avec des malIaiteurs
6
.
Dans un tout autre domaine, il a jugé que des dispositions rendant obligatoires
un certain nombre de vaccinations ou donnant la possibilité a l`autorité admi-
nistrative d`instituer par voie réglementaire de telles obligations, si elles avaient
pour eIIet de porter une atteinte limitée aux principes d`inviolabilité et d`inté-
grité du corps humain invoqués par les requérants, avaient été mises en ouvre
dans le but d`assurer la protection de la santé, qui est un principe garanti par
le Préambule de la Constitution de 1946 auquel se réIere le Préambule de la
Constitution de 1958, et étaient proportionnées a cet objectiI, de sorte qu`elles
ne méconnaissaient pas le principe constitutionnel de sauvegarde de la dignité
de la personne humaine
7
.
(1) Décisions n
o
96-377 du 16 juillet 1996, Loi tendant à renforcer la répression du terrorisme
et aes atteintes aux personnes aepositaires ae lautorite publique ou chargees aune mission ae
service public et comportant des dispositions relatives à la police judiciaire, JO du 23 juillet 1996,
p. 11108, et n
o
94-359 du 19 janvier 1995, Loi relative à la diversité de l’habitat, JO du 21 janvier
1995, p. 1166 ; v. également décision n
o
2006-539 du 20 juillet 2006, Loi relative à l’immigration
et à l’intégration, JO du 25 juillet 2006, p. 11066.
(2) Décision n
o
2001-446 du 27 juin 2001, Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et
à la contraception, JO du 7 juillet 2001, p. 10228.
(3) 27 octobre 1995, n
o
136727 et 142578, Lebon.
(4) 9 octobre 1996, n
o
173073, Lebon.
(5) 30 août 2006, n
o
276866, Lebon.
(6) 20 mai 1996, n
o
167694, Lebon.
(7) 26 novembre 2001, n
o
222741, Lebon.
91
Deuxième partie - Les réponses du comité
Il a jugé tres récemment, a propos de l`autorisation donnée a une société d`ex-
ploiter un centre de traitement des déchets sur le territoire d`une commune ou
reposeraient encore environ trois cents dépouilles de soldats tués au cours de la
Premiere Guerre mondiale dont une quarantaine dans le secteur concerné, que
le principe de respect de la dignité n`avait pas été méconnu, des lors que, dans
l`hypothese ou des restes humains seraient exhumés au cours du chantier, une
procédure Iaisant l`objet d`un accord avait été mise en place, en liaison avec la
gendarmerie, la direction départementale des anciens combattants et des asso-
ciations patriotiques, en vue de leur relevement et de leur inhumation
1
.
La Cour de cassation a été amenée a Iaire application du concept de « dignité »
principalement en matiere de droit de la presse : elle a ainsi jugé, d`une maniere
générale, que la liberté de communiquer des inIormations autorise la publication
d`images de personnes impliquées dans un événement, sous la seule réserve du
respect de leur dignité
2
et que le principe de la liberté de la presse implique le
libre choix des illustrations d`un débat général de phénomene de société sous
la seule réserve du respect de la dignité de la personne humaine
3
; elle a ainsi
approuvé une cour d`appel d`avoir décidé qu`une photographie représentant dis-
tinctement le corps et le visage d`un préIet assassiné, gisant sur la chaussée, était
attentatoire a la dignité de la personne humaine
4
.
Dans le domaine du droit social, elle a estimé que le Iait de porter a la connais-
sance du personnel, sans motiI légitime, les agissements d`un salarié nommé-
ment désigné constitue une atteinte a la dignité de celui-ci, de nature a lui causer
un préjudice distinct de celui résultant de la perte de son emploi
5
.
Dans le domaine du droit pénal, elle a jugé que caractérise « l’hébergement
incompatible avec la dignité humaine » le Iait de louer, a titre onéreux, a une
Iamille de trois personnes dont un enIant et une Iemme enceinte, un logement de
20 m· qui, contrevenant aux dispositions du reglement sanitaire départemental,
présente une humidité et des conditions de chauIIage mettant en péril la santé
des occupants
6
.
Trois décisions émanant de juridictions du Iond méritent également d`être citées :
· la cour d`appel de Paris a jugé qu`en imposant au regard, en des lieux de
passage public Iorcé ou dans certains organes de presse, l`image Iractionnée et
tatouée du corps humain (des photographies montraient des parties d`un corps
marquées des lettres « HIV »), des sociétés avaient utilisé une symbolique de
stigmatisation dégradante pour la dignité des personnes atteintes de maniere
implacable en leur chair et en leur être, de nature a provoquer a leur détriment
un phénomene de rejet ou a l`accentuer
7
,
(1) 26 novembre 2008, n
os
301151 et 301180, Lebon.
(2) Civ, 1
re
, 20 Iévrier 2001 et 13 novembre 2003, Bull. civ. I, n
os
42 et 231.
(3) Civ, 2
e
, 4 novembre 2004, Bull. civ. II, n
o
486.
(4) Civ, 1
re
, 20 décembre 2000, Bull. civ. I, n
o
341 ; la Cour de cassation, comme le Conseil d`Etat
(cI. arrêt du 26 novembre 2008, préc. note 1 ci-dessus), considere ainsi que le principe de dignité
s`applique apres la mort.
(5) Civ, 1
re
, 25 Iévrier 2003, Bull. civ. V, n
o
66.
(6) Crim, 11 Iévrier 1998, Bull. crim. n
o
53.
(7) 28 mai 1996, Dalloz, 1996, 617, note Edelman.
92
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

· la cour d`appel de Versailles a jugé que portait atteinte a la dignité des malades
atteints de schizophrénie la commercialisation d`un jouet (un singe en peluche
dénommé « Nazo le Skizo ») de nature a susciter la dérision et la discrimination
a l`égard de cette catégorie de personnes
1
,
· le tribunal de grande instance de Nanterre a jugé qu`étaient attentatoires a la
dignité humaine les propos, même répondant au souci de Iaire rire, tenus lors d`une
émission de télévision et assimilant les nains a de la nourriture et au regne animal
2
.
Au total, un constat émerge : la notion de dignité de la personne humaine « a
envahi notre système juridique
3
», elle « irrigue une grande partie du droit
4
».
On peut d`ailleurs s`étonner de ce que le principe de dignité ne fgure pas dans
la Constitution. Mais, comme le Conseil constitutionnel l`a mis en évidence des
sa décision relative a la bioéthique
5
, la réIérence au principe a été implicite :
le Préambule de 1946 Iait d`emblée mention de la victoire remportée par les
peuples libres sur les régimes qui ont tenté « d’asservir et de dégrader la per-
sonne humaine », ce qui ne laisse guere la place au doute.
Mais cela ne signife pas qu`un accord unanime regne dans le droit Irançais sur
ce qu`il convient d`entendre exactement par les mots de « dignité de la personne
humaine ».
2. Un contenu multiple et incertain
Que recouvre exactement aujourd`hui le concept de dignité, dont la défnition
n`est d`ailleurs donnée par aucun texte ?
La phrase d`Emmanuel Kant est bien connue : « Ce qui constitue la conaition qui
seule peut faire que quelque chose est une fn en soi, cela n’a pas seulement une
valeur relative, cest-a-aire un prix, mais a une valeur intrinsèque, cest-a-aire
une dignité
6
». Mais elle n`est pas d`un tres grand secours pour le juriste en quête
d`une défnition opératoire.
A considérer notamment ce qui précede, il apparaît surtout que, sous le même
vocable de dignité, le droit renvoie, selon les cas, à des acceptions très diffé-
rentes. A l`issue de la recherche qu`elles ont menée a ce propos, M
mes
Charlotte
Girard et Stéphanie Hennette-Vauchez dégagent « trois types ae aehnitions
substantielles » de ce principe
7
.
(1) 24 novembre 2004, Dalloz, 2005, InI. rap. 388.
(2) 20 septembre 2000, Communication Commerce électronique, décembre 2000, p. 28, n
o
135,
note A. Lepage.
(3) S. Guillen, « Dignité de la personne humaine et police administrative. Essai sur l`ambiva-
lence du standard », in La Dignite ae la personne humaine. Melanges offerts a Christian Bol:e,
Economica, 1999, p. 175.
(4) F. Bussy, « La consécration par le juge Irançais du respect de la dignité humaine », in Justice et
aroits fonaamentaux. Etuaes offertes a Jacques Normana, Litec, 2003, p. 61.
(5) Préc. note 2 p. 88.
(6) Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785, Le Livre de Poche, 1993, p. 113.
(7) La Dignité de la personne humaine. Recherche sur un processus de juridicisation, PUF, 2005,
coll. « Droit & Justice », p. 17 et s.
93
Deuxième partie - Les réponses du comité
Selon une première approche, qualifée de « traditionnelle », la dignité, « liée
avec la trace la plus ancienne du principe en droit, à savoir le principe de digni-
tas », est « une qualite attachee a un rang ou a une fonction ofhcielle ». En ce
sens, d`une part, elle est « directement porteuse d’obligations particulières » qui
« incombent a la personne titulaire ae la fonction ou ae lofhce », d`autre part,
elle « emporte, à l’égard des tiers, une obligation générale de respect de ce
rang ou de cette fonction », « la dignité-dignitas fonctionn[ant] alors comme un
attribut de la souveraineté ». « La vocation de la dignité est ici la protection de
la fonction, non celle de la personne physique qui en est chargée. »
Selon une deuxième approche, la dignité est une qualité attachée non plus cette
Iois a un rang ou a une Ionction, mais « à la personne humaine » en tant qu`elle
peut être opposée par chaque homme a des tiers. Ici, la dignité, qui s`incarne
dans les incriminations pénales et dans les législations sociales, « est compa-
rable aans son fonctionnement aux references traaitionnelles que constituent la
liberté et l’égalité » ; « d’une part, elle privilégie le présupposé de l’égalité entre
les personnes humaines titulaires de la protection qu’offre la dignité » ; « d’autre
part, elle présuppose la liberté ou l’autonomie conçues dans la théorie politique
moderne comme les principes fondateurs de tout système politique ». Autrement
dit, c`est parce que les hommes sont tous et également dépositaires de la même
dignité qu`il est inacceptable que l`un d`entre eux exerce une véritable domina-
tion sur son prochain. C`est aussi parce qu`ils sont égaux en dignité que les êtres
humains ne peuvent être liés que par la loi commune ou par l`eIIet de leur propre
consentement, et que l`asservissement, lui, n`est jamais acceptable.
Cette conception de la dignité est celle a laquelle les peuples européens se sont
ralliés apres la Seconde Guerre mondiale, instruits qu`ils étaient des ravages que
venait de causer son mépris
1
.
Selon une troisième approche, cependant, pour reprendre une expression
de M
mes
Girard et Hennette-Vauchez, la dignité est « une qualité opposable à
l’homme par des tiers » et « devient ici un concept absorbant les obligations
générales de respect vis-à-vis d’une certaine représentation de ce qu’est l’hu-
manité digne. La série d’obligations comprise dans cette approche incombe
à tout individu quel qu’il soit et en tant qu’il appartient au genre humain ».
Il s`agit « aune conception nouvelle, fonaee sur une reaehnition aes concepts
traditionnels de droits, de libertés, d’autonomie ainsi que sur l’utilisation de
nouvelles notions de dignité, d’humanité, de personne ». Dit autrement, l`être
humain digne est, en ce sens, celui qui, disposant de soi, c`est-a-dire notamment
de son propre corps, ne contrevient pas a un modele de comportement sociale-
ment prédéterminé comme acceptable. C`est celui qui, vis-a-vis de lui-même,
« se montre digne » de la condition humaine.
Cette approche est clairement celle qui prévaut dans les jurisprudences précitées
Commune ae Morsang-sur-Orge du Conseil d`Etat et Laskey, Jaggard et Brown
(1) Des travaux universitaires récents montrent au demeurant qu`il y avait plus la redécouverte
d`un Ionds philosophique déja présent a l`époque des Lumieres qu`une invention pure et simple
(cI. notamment les travaux de M. Olivier Cayla, et en particulier « Le coup d`Etat de droit ? », Le
Débat, 1998, n
o
100, p. 108). Mais, a bien y réféchir, cela n`a rien de tres étonnant, tant la liberté
et l`égalité des Modernes sont Iondamentalement humanistes.
94
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

de la Cour européenne des droits de l`homme. Ici
1
, le spectacle du « lancer de
nain » est jugé indigne, alors même qu`il ne suppose aucune aliénation, au moins
apparente, de l`intéressé lequel était l`entrepreneur de son propre spectacle ;
la
2
, le même jugement s`applique aux sadomasochistes alors même qu`ils reven-
diquaient leur libre consentement a leurs propres pratiques. Dans les deux cas,
l`invocation de la dignité de la personne humaine a servi a poser une limite a
leur capacité de librement disposer d`eux-mêmes. Reproche est Iait a ces per-
sonnes, par la société, d`attenter a un modele du comportement humain tenu
pour acceptable.
Une opposition pratique et philosophique apparaît ici. Si l`on reprend la typolo-
gie proposée par M
mes
Girard et Hennette-Vauchez, la deuxieme acception de la
dignité en Iait pour chaque homme un rempart contre l`agression extérieure la
domination par un autre sujet. Elle postule a cet eIIet une aptitude de chacun
au gouvernement de soi et se donne par la comme le corollaire naturel de la
liberté et de l`égalité. La troisieme acception, par contre, se veut constitutive
d`une limite a la liberté de chacun : celle de disposer de soi-même et non plus
seulement de l`autre.
La décision d`inscrire un principe de la dignité de la personne humaine dans
le Préambule de la Constitution n`a rien d`anodin. L’ambivalence même de
la notion recouvre et dissimule des options philosophiques et idéologiques
divergentes. C`est la raison pour laquelle elle ne peut être recommandée, a l`état
brut, sans autre Iorme de proces.
La réfexion du comité sur ce point a été enrichie par la contribution de nom-
breuses personnalités auditionnées.
Certaines se sont montrées tres Iavorables a l`inscription du principe de dignité.
C`est le cas de M
me
Christine Boutin, qui a Iait sienne la Iormule de M
me
Muriel
Fabre-Magan, selon laquelle la dignité est « indémontrable, indérogeable et
indiscutable ». Elle a vu dans ce principe « un rempart contre l’instrumentalisa-
tion de la personne » et un moyen de « protéger l’humanité dans son ensemble »,
qui pourrait en outre donner lieu a d`autres développements dans la Constitution,
par exemple la lutte contre la pauvreté. C`est également le cas de M
me
Christiane
Menasseyre ou de M
me
Sylviane Agacinski. M. Jean-Pierre Changeux a, pour sa
part, proposé d`introduire dans le Préambule les principes de respect de l`auto-
nomie de la personne et de respect de ses capacités décisionnelles en lieu et place
du concept « valise » de dignité, dont l`usage lui est apparu trop souvent abstrait.
(1) Préc. note 3 p. 90.
(2) Préc. note 2 p. 88 : dans son arrêt, même si elle n`a pas Iait réIérence expresse au principe de
dignité, la Cour de Strasbourg a approuvé des poursuites engagées a l`encontre des intéressés et a
admis que la répression procédait de « mesures nécessaires dans une société démocratique à la pro-
tection ae la sante au sens ae larticle 8 § 2 ae la Convention » ; elle est ensuite revenue a une concep-
tion plus « libérale » dans un arrêt K. A. et A. D. c/ Belgique du 17 Iévrier 2005 (req. n
os
42758/98
et 45558/99) : apres avoir énoncé que « le aroit aentretenir aes relations sexuelles aecoule au
droit de disposer de son corps, partie intégrante de l’autonomie personnelle », et que « la faculté
pour chacun de mener sa vie comme il l’entend peut également inclure la possibilité de s’adonner
à des activités perçues comme étant d’une nature physiquement ou moralement dommageables ou
dangereuses pour sa personne », elle a décidé que « le droit pénal ne peut, en principe, intervenir
aans le aomaine aes pratiques sexuelles consenties qui relèvent au libre arbitre aes inaiviaus » et
qu`il Iaut « aes raisons particulièrement graves pour que soit fustihee, aux hns ae larticle 8 § 2 ae
la Convention, une ingerence aes pouvoirs publics aans le aomaine ae la sexualite ».
95
Deuxième partie - Les réponses du comité
D`autres personnalités invitées se sont montrées plus radicalement critiques, par
exemple M. Luc Ferry, qui s`est montré dubitatiI sur l`opportunité de constitu-
tionnaliser un terme porteur d`une série d`oppositions entre des partis pris idéo-
logiques tres marqués.
3. L’opportunité d’une constitutionnalisation
sélective et maîtrisée
A l`heure d`arbitrer, pour Iormuler ses propositions, entre les diIIérentes options
qui se présentaient a lui au sujet du principe de dignité, le comité pouvait être
tenté de renoncer a suggérer toute inscription de ce type dans le Préambule.
D`une part, de viIs débats avaient eu lieu en son sein, révélateurs au-dela de
l`opposition de tel ou tel de la diIfculté qui existe a avancer collectivement
sur une question aussi Iondamentalement soumise a la sensibilité philosophique
de chacun. D`autre part, la doctrine dont s`est dotée le comité Iournissait un
argument sérieux en Iaveur de l`abstention, celui-ci ayant pris pour regle, on le
sait, de ne pas proposer l`écriture de principes préexistants dans la jurisprudence
et le principe de la dignité de la personne humaine ayant déja Iait l`objet d`une
consécration incontestable par le Conseil constitutionnel.
La résolution du comité s`est pourtant Iaite en Iaveur d`une proposition positive
a ce sujet, et ce pour plusieurs raisons.
D`abord, il est apparu que, dans ce domaine, la question « symbolique » ne
pouvait pas être résolue aussi facilement que dans d’autres. La responsabi-
lité historique de la France dans l`écriture des droits de l`homme ne peut être
éludée. Et il est incontestable qu`une sorte de bizarrerie caractérise l`état actuel
de notre corpus constitutionnel a cet égard : la France, matrice des droits de
l`homme et grand promoteur des valeurs humanistes dont dérive pour une large
part l`idée moderne de dignité, est l`une des rares démocraties modernes a ne pas
aIfcher, de maniere lisible, ce principe au panthéon de ses principales valeurs
de réIérence.
Ensuite, on ne saurait Iaire abstraction de l’importance qui s’attache
aujourd’hui, dans la résolution de nombreux problèmes de société, à la
considération de la dignité de la personne. Les politiques de santé publique
ou de lutte contre l`exclusion sociale, par exemple, ne cessent d`interroger la
condition humaine et d`imposer a la société Irançaise de porter sur elle-même
un regard proprement éthique et philosophique. Une réIérence commune visant
a voir respectée la dignité de chacun ne serait pas a négliger. Le même raisonne-
ment peut être tenu dans d`autres domaines : l`éducation, par exemple, notam-
ment dans ses rapports avec la construction de la citoyenneté voire du civisme
peut se voir valablement éclairée par une réIérence de ce type. Il en va de même
pour la défnition et la garantie des droits des personnes détenues en prison, le
projet de loi pénitentiaire récemment déposé devant le Parlement se réIérant
d`ailleurs expressément au concept de dignité. Quant a l`intérêt d`invoquer la
dignité de la personne humaine pour aborder certains problemes parmi les plus
délicats de la bioéthique, il a déja été mis en avant dans le présent rapport.
96
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Enfn, le comité a pensé qu`il serait regrettable de sacrifer completement ces
indéniables apports a la seule considération de l`ambivalence du mot de dignité.
Plusieurs voix se sont Iait entendre en son sein pour dénoncer les risques d`un
contrôle social excessiI que Iait peser sur la vie moderne un usage trop morali-
sateur de ce terme lequel est entierement compris, d`ailleurs, dans sa troisieme
acception, selon la typologie retenue ci-dessus. Mais toutes ont reconnu comme
porteuse d`une véritable valeur de civilisation l`acception la plus incontesta-
blement humaniste de l`idée de dignité telle que comprise dans la deuxieme
acception du terme, selon cette même typologie.
Aussi bien le comité a-t-il été fnalement d`avis de suggérer la consécration
écrite d`un principe de dignité, mais a entendu attirer l`attention du constituant
sur l`importance qui s`attacherait a l`adoption d`une rédaction très précise,
concentrée autour du concept d`« égale dignité ».
Il existe deux motiIs a cela :
d`une part, le consensus n`existait au sein du comité que sur cette Iormulation,
la seule, philosophiquement et historiquement, a ne recouvrir que l`acception la
plus libérale de la dignité ;
d`autre part, il a semblé au comité que ses propres débats internes étaient
révélateurs de l`état du consensus possible au sein de la société Irançaise. La
communauté nationale, soucieuse de laïcité, de tolérance et de respect pour de
nombreuses diIIérences (dans les modes de vie, les mours, etc.) peut et doit s`ac-
commoder sans peine de l`exigence, pour chaque personne, d`avoir a respecter
toute autre comme son égale, en droits et en dignité. Mais il n`est pas certain
qu`elle soit désireuse, dans sa large majorité, de voir la liberté de chacun assu-
jettie a un contrôle social plus marqué, ou la collectivité pourrait dire a chacun
comment disposer de lui-même. Dans l`esprit de beaucoup, la défnition de la
maniere de se conduire dignement, dans la relation de soi a soi, reste Iondamen-
talement une aIIaire de choix, de liberté et, pour tout dire, d`autonomie. Rien
ne permet de penser qu`un consensus constitutionnel puisse s`établir au-dela. Il
n`est même pas sûr, d`ailleurs, qu`un débat sur ce theme ne soit pas de nature a
réveiller des antagonismes aussi redoutables qu`inutiles, notamment sur le ter-
rain de la neutralité spirituelle de l`Etat et de sa légitimité a gouverner les esprits.
Nul doute, en revanche, que l`Etat est habilité a régir la relation d`un individu a
son semblable, et a lui imposer certaines contraintes, au nom et dans l`intérêt de
la société tout entiere. La promotion d`un principe d`« égale dignité » sert assu-
rément cet objectiI. Le comité n`a donc pas eu de peine a la Iaire sienne, et a en
recommander l`écriture a l`article 1
er
de la Constitution.
Apres avoir d`abord envisagé une Iormulation de type : « Les hommes naissent et
aemeurent libres et egaux en aignite et en aroits », tres proche de celle qui fgure
a l`article 1
er
de la Déclaration universelle des droits de l`homme, le comité s`est
en eIIet accordé sur l`idée d`un article 1
er
de la Constitution dont le premier ali-
néa serait ainsi conçu :
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine,
de race ou de religion. Elle reconnaît l’égale dignité de chacun. Elle respecte
toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »
97
Conclusion
Conclusion
Le comité avait pour mission de réféchir a la création de droits constitution-
nels ambitieux parce que destinés a Iaciliter la résolution de problemes d`une
complexité redoutable. Les défs lancés par l`évolution des sciences et des tech-
niques en donnent un bon exemple ; la promotion de la diversité Irançaise aussi,
puisque le débat qu`engage cette notion porte sur la possibilité de sceller un nou-
veau pacte républicain, plus apte a assurer l`intégration des Français de toutes
origines. Rien de tout cela ne s`approche sans hésitation. Le mandat donné au
comité ne pouvait donc se comprendre autrement que comme celui d`apprécier
la part respective des espérances et des risques associés a de telles évolutions
juridiques. Son expertise était Iondamentalement voire exclusivement appe-
lée sur la nécessité juridique, la Iaisabilité et l`innocuité de réIormes constitu-
tionnelles de ce type. C`est donc sur ce terrain qu`il a placé sa réfexion. Et c`est
en procédant de maniere approIondie au bilan des avantages et des coûts qu`il
s`est d`ailleurs tres progressivement déterminé dans un sens déIavorable a la
révision du Préambule.
Sous réserve, d`une part, d`un ajout a l`article 1
er
de la Constitution pour y intro-
duire une réIérence a un principe d`égale dignité de chacun
1
, afn d`accorder
le texte de la Constitution avec l`esprit des valeurs auxquelles la nation est le
plus Iondamentalement attachée depuis la fn de la Seconde Guerre mondiale ; et
considérant, d`autre part, que les questions touchant a la parité hommes-Iemmes
et au pluralisme des médias ont été tranchées par le constituant le 21 juillet 2008
avant que lui-même n`ait défnitivement pris position le comité n`a pas recom-
mandé que le Préambule soit modifé.
Cette position revêt une signifcation proIonde. Elle tient en trois idées Iermes, a
l`exacte compréhension desquelles le comité attache la plus haute importance a
l`heure de conclure son rapport.
(1) Cette proposition tend aussi a identifer avec une précision accrue le contenu de l`idée de
dignité sur lequel semble pouvoir, aujourd`hui, s`établir le consensus républicain. On ne peut
méconnaître que le mot de dignité est susceptible de recevoir des acceptions extrêmement variées,
voire contradictoires. Et il n`est pas Iorcément souhaitable que cette ambiguïté s`exprime au niveau
constitutionnel. C`est pour cette raison que le comité a retenu une conception précise de la dignité :
celle qui Iait de chaque être humain l`égal de tous les autres, et exclut qu`un individu puisse être
assujetti a la simple volonté d`un autre, sauI a y avoir dûment consenti.
98
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Première idée : le vice principal de l`arsenal constitutionnel des droits Ionda-
mentaux n`est pas d`être insuIfsant, mais d`être méconnu.
A bien y regarder, le comité a pu constater que les droits constitutionnellement
protégés sur le sol Irançais Iorment aujourd`hui un ensemble considérable. Il
peut même être tenu pour l`un des plus denses a fortiori depuis l`entrée en
vigueur de la Charte de l`environnement et surtout des plus équilibrés du
monde occidental. Cela tient évidemment a la qualité de chacun des textes qui,
pris ensemble, Iorment le Préambule de la Constitution de la V
e
République,
et en particulier de la Déclaration de 1789 et du Préambule de 1946. Mais cela
tient aussi au travail des juges, et singulierement du Conseil constitutionnel.
Une jurisprudence nourrie s`est développée sur le Iondement des textes Ionda-
teurs, dont a résulté un enrichissement signifcatiI du corpus des droits Ionda-
mentaux. Le juge, par son travail d`interprétation, par l`utilisation parIois assez
créative qu`il a Iaite de certaines virtualités oIIertes par le texte du Préambule
la notion de « principes fonaamentaux reconnus par les lois ae la Republique »,
par exemple , a lui-même assuré l`adaptation de notre Constitution a de nom-
breuses exigences de la modernité. Sans doute a-t-il même comblé certaines
lacunes. Certains peuvent regretter que cette tâche lui soit fnalement revenue, et
non pas au constituant lui-même. Mais le Iait n`en est pas moins avéré : la France
dispose aujourd`hui de ressources constitutionnelles immenses, dont l`énumé-
ration s`étend relativement loin au-dela de la lettre du Préambule. Tout cela
appelle plusieurs observations.
En France comme ailleurs, la légitimité de la création du droit par les juges
peut naturellement se discuter. Mais, dans ce débat, un parametre essentiel ne
doit jamais être perdu de vue : le pouvoir constituant a toujours eu la capa-
cité de revenir sur telle ou telle avancée jurisprudentielle qu`il aurait pu juger
inacceptable ou excessive ; or il ne l`a jamais Iait, réserve seulement Iaite de la
loi constitutionnelle n
o
93-1256 du 25 novembre 1993 amendant une interpré-
tation que le Conseil constitutionnel avait donnée du droit d`asile garanti par
le quatrieme alinéa du Préambule de 1946
1
. Les occasions pratiques n`ont pas
manqué, pourtant, puisque notre loi Iondamentale a été révisée a vingt-quatre
reprises depuis 1958. Le Parlement, s`il avait voulu, aurait chaque Iois pu saisir
l`instant pour purger le systeme juridique des normes qui n`auraient pas eu son
aval
2
. Il n`a pourtant pas estimé utile de procéder de la sorte. L`enrichissement
du Préambule par les juges s`est donc opéré jusqu`ici avec un certain assenti-
ment du pouvoir constituant. A supposer même qu`il y ait eu lieu de le contester,
Iorce est de constater qu`une légitimité suIfsante lui a été ainsi conIérée de
maniere rétroactive.
(1) Il ne paraît guere légitime de considérer la modifcation du statut pénal du Président de la
République comme possédant au premier plan la nature d`une réaction a telle ou telle interprétation
de la Constitution par la Cour de cassation ou par le Conseil constitutionnel.
(2) La grande révision de juillet 2008 aurait pu, plus que toute autre, Iournir un contexte privilégié
pour ce Iaire, puisque de nombreuses questions relatives aux droits Iondamentaux ont été débattues
durant les travaux.
99
Conclusion
Ce déploiement jurisprudentiel du Préambule depuis la décision Iondatrice
du 16 juillet 1971
1
ne procede pas seulement d`un état de Iait : c`est l`état du
droit. Reste a se demander si cet état est suIfsamment connu. La réponse n`est
pas douteuse : il est certain que tel n`est pas le cas. Le comité lui-même, tout au
long de ses travaux, s`est beaucoup surpris a découvrir des richesses constitu-
tionnelles qu`il ne soupçonnait pas toujours. Le trésor constitutionnel Irançais
est donc méconnu. Un important travail d`inIormation des citoyens reste a entre-
prendre. Nul doute d`ailleurs que l`introduction, par la révision constitutionnelle
du 23 juillet 2008, d`un mécanisme d`exception d`inconstitutionnalité sera de
nature a contribuer a ce travail de réappropriation, par les justiciables et, au-dela,
par les citoyens, de leur patrimoine constitutionnel en matiere de droits Ionda-
mentaux. Sans préjuger des autres voies possibles, le comité considere en tout
cas que son propre rapport peut apporter un modeste concours a cette ouvre
indispensable.
C`est donc d`abord en considérant l`ampleur de notre corpus constitutionnel,
ensemble de textes remarquables et de jurisprudences parIois tres élaborées, que
le comité n`a jugé ni souhaitable ni utile de proposer d`importants enrichisse-
ments du Préambule.
Un autre parametre a renIorcé cette résolution : dans la France d`aujourd`hui,
la protection des droits Iondamentaux ne dépend pas seulement de la qualité
du dispositiI constitutionnel ; elle repose aussi sur l`ensemble des conventions
internationales et européennes. Or cet ensemble, enrichi lui-même par une juris-
prudence ambitieuse celle de la Cour européenne des droits de l`homme en
particulier est considérable et va prochainement s`accroître encore avec la
pleine valeur juridique conIérée a la Charte européenne des droits Iondamen-
taux par le Traité de Lisbonne. Considérable, et placé sous la garde d`un systeme
juridictionnel eIfcient. Car les Cours européennes sont loin d`assurer seules la
garantie des droits dont il s`agit : tous les juges Irançais en Iont autant et de
maniere quotidienne
2
. En vertu de l`article 55 de la Constitution, ils sont même
autorisés a ne pas appliquer la loi lorsqu`elle leur paraît contraire a ces normes
internationales. La qualité et la généralité de cette garantie ajoutent ainsi un
sérieux doute quant a la nécessité d`allonger le catalogue des droits au niveau
constitutionnel.
Deuxième idée : une réIorme du Préambule ne saurait se concevoir autrement
que dans un certain consensus national. La regle constitutionnelle suppose une
sorte d`accord sur l`essentiel. A fortiori s`agissant des droits Iondamentaux,
de ce que le Président de la République a lui-même qualifé, dans la lettre de
mission adressée au comité, de « socle des valeurs dans lesquelles chacun de
nos concitoyens peut se reconnaître », de « principes […] qui, au fona, aeh-
nissent l’identité républicaine, disent ce que nous sommes et vers quoi nous
voulons aller ». La Déclaration de 1789 avait évidemment cette signifcation ; le
(1) C`est la date a laquelle le Conseil constitutionnel a conIéré une pleine valeur juridique au
Préambule en acceptant de censurer les lois qui lui seraient contraires (décision n
o
71-44 DC du
16 juillet 1971, Liberté d’association, v. supra note 2 p. 10).
(2) Il a par exemple été montré que le Conseil d`Etat Iait application du droit communautaire ou de
la Convention européenne des droits de l`homme dans plus du tiers de ses arrêts (chiIIre cité par le
vice-président du Conseil d`Etat lors de son audition devant le comité de réfexion et de proposition
sur la modernisation et le rééquilibrage de la V
e
République).
100
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Préambule de 1946 aussi. Le comité devait donc s`eIIorcer de discerner les lieux
possibles d`une entente du pays sur la nature des droits a promouvoir.
C`est une des raisons pour lesquelles, sans consulter directement les principales
Iorces politiques du pays ni prétendre se substituer a elles, il a souhaité procéder
a de nombreuses auditions, sollicitant philosophes, sociologues, représentants
de la société civile, représentants des principales religions : autant de personna-
lités qui, dans leur diversité, lui sont apparues comme de bons médiateurs pour
traduire l`état actuel des attentes et des craintes de la population. Leur lecture
de la société était donc précieuse, comme l`était leur compréhension des enjeux
propres aux réIormes envisagées
1
.
L`apport des auditions a été décisiI dans l`approche précise de tel ou tel theme
entrant dans le champ des réfexions du comité. Mais ce dernier a également
tiré de l`ensemble de ces rencontres un sentiment global : sur la perspective,
en particulier, d`un changement du cadre constitutionnel aujourd`hui donné au
principe d`égalité, la concorde n`est pas a portée de la main. Les points de vue
et les perceptions des uns et des autres sont trop écartés, trop incompatibles et
souvent trop lestés d`une Iorte charge passionnelle.
Ainsi la retenue du comité doit-elle se comprendre sous deux angles complé-
mentaires. D`une part, ses membres se sont, au bout du compte et apres beau-
coup d`hésitations, déterminés sur le Iond contre la plupart des modifcations du
Préambule qui lui étaient soumises et qui, pour tel ou tel, apparaissaient oppor-
tunes en premiere analyse. D`autre part, sa conviction s`est Iaite aussi sur l`idée
qu`il n`eût pas été souhaitable, en tout état de cause, de proposer une réIorme
trop certainement et trop gravement confictuelle. Il lui a semblé a la mesure de
ses moyens d`appréciation que les conditions d`un consensus national n`étaient
pas réunies a cet instant, notamment sur la question de la diversité.
Troisième idée : le comité ne prône pas l`immobilisme pour autant, ni ne le juge
inéluctable sous l`empire de la Constitution actuelle.
C`est même tout le contraire. L`un des enseignements les plus importants du
présent rapport, on l`a vu, pourrait bien être que d`immenses richesses consti-
tutionnelles sont aujourd`hui disponibles. Ces richesses sont sans doute placées
d`abord entre les mains des personnes, au service de leur protection. Mais elles
sont aussi a la disposition des pouvoirs publics et notamment du législateur.
Dans bien des cas, le comité a été d`avis que la loi était le vecteur le mieux
approprié a la réIorme, en matiere de bioéthique ou de protection des données,
par exemple. Mais il lui est aussi apparu qu`il était loisible a ce même législateur
ordinaire d`aller loin dans la résolution de nombreux problemes.
Il lui semble en particulier qu`une politique ambitieuse de lutte contre les inéga-
lités est possible dans le cadre constitutionnel actuel. Si certaines « discrimina-
tions positives » sont a la vérité proscrites on pense en particulier a celles qui
emporteraient, entre les citoyens, « distinction d’origine, de race, ou de religion »
(1) Il va sans dire que, pour cette raison, la plus grande diversité d`approches et d`opinions a été
recherchée et que le choix des personnalités auditionnées a été guidé par ce souci.
101
Conclusion
(art. 1
er
de la Constitution)
1
, le champ du possible est néanmoins immense. Il
apparaît au comité que la Constitution et la jurisprudence du Conseil constitu-
tionnel laissent au législateur d`importants espaces de liberté pour agir contre ce
que l`on pourrait appeler la ségrégation réelle. Il ne serait guere acceptable, du
reste, qu`il en aille autrement si l`on se remémore les termes exacts de l`article
16 de la Déclaration des droits de l`homme et du citoyen : « Toute société dans
laquelle la garantie des droits n’est pas assurée […] na point ae Constitution. »
Car c`est bien la garantie d`un exercice eIIectiI des droits que leur conIere déja
notre Constitution dont nombre de Français ont aujourd`hui besoin pour accéder
a une égalité véritable celle des chances et celle du traitement.
La volonté du comité et le sens de son propos doivent donc être bien compris.
Son avis n`est en aucune maniere que les objectiIs proposés a sa réfexion sont
contestables, illégitimes ou secondaires. Il est exactement a l`inverse que
tous doivent être au plus haut point poursuivis, mais qu`ils le seront dans de
meilleures conditions si d`autres moyens sont mis en ouvre que celui d`une
modifcation du Préambule de la Constitution.
Le présent rapport aura atteint l`un de ses buts essentiels s`il est lu non comme le
constat d`une impossibilité de Iaire progresser la France sur le chemin du droit et
de l`égalité mais bien comme un encouragement a Iaire qu`elle y avance.
(1) On sait que la distinction des sexes, initialement prohibée avec autant de vigueur par le
Préambule de 1946, est désormais soumise a un régime autrement permissiI par l`eIIet du même
article 1
er
, tel qu`issu de deux révisions constitutionnelles.
Annexes
105
Annexes
Annexe 1
10 avril 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 1 sur 116
Décrets, arrêtés, circulaires
TEXTES GÉNÉRAUX
PREMIER MINISTRE
Décret n
o
2008-328 du 9 avril 2008 portant création
d’un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution
NOR : PRMX0807483D
Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre et de la garde des sceaux, ministre de la justice,
Le conseil des ministres entendu,
Décrète :
Art. 1
er
. − Il est créé un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution. Il est chargé,
conformément à ce qu’expose la lettre annexée au présent décret, d’étudier si et dans quelle mesure les droits
fondamentaux reconnus par la Constitution doivent être complétés par des principes nouveaux. Il proposera, le
cas échéant, un texte correspondant à ses préconisations.
Le comité peut entendre ou consulter toute personne de son choix.
Il remettra son rapport au Président de la République avant le 30 juin 2008.
Art. 2. − Mme Simone Veil, ancien membre du Conseil constitutionnel, ancien ministre d’Etat, est nommée
présidente du comité institué par le présent décret.
Sont nommés membres du comité :
M. Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale ;
Mme Francine Bardy, conseiller à la Cour de cassation ;
M. Claude Bébéar, chef d’entreprise ;
M. Denys de Béchillon, professeur de droit public à l’université de Pau et des pays de l’Adour ;
M. Philippe Bélaval, conseiller d’Etat ;
M. Richard Descoings, conseiller d’Etat, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris ;
Mme Samia Essabaa, professeur d’anglais au lycée professionnel du Moulin Fondu (Noisy-le-Sec) ;
M. Patrice Gélard, sénateur ;
M. Axel Kahn, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, président
de l’université Paris-V (René-Descartes) ;
M. Pierre Manent, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales ;
M. Jean-François Sirinelli, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po.
Est nommé rapporteur général du comité : M. Pascal Chauvin, conseiller référendaire à la Cour de cassation.
Art. 3. − Le Premier ministre et la garde des sceaux, ministre de la justice, sont responsables, chacun en ce
qui le concerne, de l’application du présent décret, qui sera publié au Journa| officie| de la République
française.
Fait à Paris, le 9 avril 2008.
NICOLAS SARKOZY
Par le Président de la République :
Le Premier ministre,
FRANÇOIS FILLON
La garde des sceaux, ministre de |a justice,
RACHIDA DATI
106
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

10 avril 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 1 sur 116
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Paris, le 9 avril 2008.
Madame le ministre d’Etat,
La Constitution de la V
e
République a pour objet premier de définir les règles de fonctionnement de nos
institutions et de la démocratie. Si la V
e
République a fait la preuve incontestable de sa solidité et de son
efficacité, ses équilibres initiaux ont été affectés par diverses modifications des textes ou des pratiques ; par
ailleurs, le monde et la société française ont changé depuis un demi-siècle, et ces changements modifient l’idée
que nos concitoyens se font de la démocratie. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à M. Edouard
Balladur, et au comité qu’il a bien voulu présider, de formuler un certain nombre de propositions tendant à la
modernisation et au rééquilibrage de nos institutions. Ces propositions ont été reprises dans un projet ambitieux
de réforme de notre Constitution sur lequel le Parlement se prononcera dans les prochaines semaines.
Mais la Constitution ne se réduit pas à un ensemble de règles définissant les rapports entre les pouvoirs
publics. Elle détermine aussi les libertés fondamentales reconnues à tout individu sur le sol de la République, et
le socle des valeurs dans lesquelles chacun de nos concitoyens peut se reconnaître ; des principes et des valeurs
qui, au fond, définissent l’identité républicaine, disent ce que nous sommes et vers quoi nous voulons aller.
Il y a cinquante ans, en 1958, le peuple constituant s’est principalement référé, pour définir ces valeurs
fondamentales, à deux grands textes : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui affirme
les grandes libertés politiques issues des Lumières, et le Préambule de la Constitution de 1946, empreint des
idéaux de la Résistance et mettant en avant, comme « particulièrement nécessaires à notre temps », un certain
nombre de droits notamment sociaux.
Il ne saurait être question de modifier ou d’affaiblir ces textes, qui sont de portée universelle. Mais depuis
lors, le temps a passé. Les enjeux auxquels nous sommes collectivement confrontés ont évolué, notre société
s’est profondément transformée. Ces changements soulèvent des questions nouvelles, qui toutes ne relèvent pas
de la Charte de l’environnement récemment adoptée.
Certaines d’entre elles me semblent se poser avec une particulière acuité ; je les ai mentionnées dans
l’allocution que j’ai prononcée le 8 janvier dernier devant la presse. Doit-on permettre au législateur de mieux
garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphère politique ?
Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de fonder, au-delà de l’évolution des techniques,
notre approche des problèmes liés à la bioéthique ? Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques
d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du
principe d’égalité ?
Ces questions, auxquelles d’autres peuvent s’ajouter, par exemple la reconnaissance du principe de dignité de
la personne humaine, le pluralisme des courants d’expression et des médias, le respect de la vie privée et la
protection des données personnelles, ou encore l’ancrage européen de la République, justifient de s’interroger
sur l’opportunité d’inscrire un certain nombre de droits et principes fondamentaux nouveaux dans le Préambule
de notre Constitution. Soixante ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme et cinquante ans
après la Constitution de la V
e
République, il est légitime et nécessaire que nous nous donnions l’ambition de
répondre à des questions de cette nature. L’enjeu est que, sur les problèmes posés par la modernité, notre
Constitution soit à nouveau en avance sur son temps.
Vous avez accepté de conduire la réflexion sur ce sujet et je vous en suis profondément reconnaissant. Nul
autre que vous n’était plus qualifié pour la mener à bien.
Il vous appartiendra, avec les hautes personnalités qui ont bien voulu vous entourer dans cette mission et que
je remercie également, d’identifier les principes dont la réaffirmation ou la consécration apparaîtraient
nécessaires, charge au pouvoir constituant de se prononcer définitivement.
La tâche est délicate. Elle exige la recherche d’un consensus politique. Le contexte international, et
notamment l’entrée en vigueur prochaine de la Charte européenne des droits fondamentaux, doit en outre être
pris en considération. Plus encore que sur tout autre sujet, j’ai besoin de votre complète liberté d’appréciation,
tant pour formuler des propositions que pour écarter celles qui, à la réflexion, vous paraîtraient inappropriées.
Il vous reviendra bien sûr de définir la méthode de travail la plus adaptée à votre mission. Je souhaite
toutefois, eu égard à son objet, qu’un vaste débat public puisse, le moment venu, accompagner votre travail de
réflexion.
En vous remerciant à nouveau d’avoir accepté cette mission, que je vous saurais gré d’avoir menée à son
terme si possible avant l’été 2008, je vous prie de croire, Madame le ministre d’Etat, en l’expression de ma
respectueuse considération et de mon bien fidèle souvenir.
NICOLAS SARKOZY
Mme Simone Veil
Ancien ministre d’Etat
Présidente du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution
107
Annexes
Annexe 2
Le Préambule de
la Constitution de la
V
e
 République dans sa
rédaction aujourd’hui
en vigueur
Préambule
Le peuple Irançais proclame solennellement son attachement aux droits de
l`homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu`ils ont été déf-
nis par la Déclaration de 1789, confrmée et complétée par le Préambule de la
Constitution de 1946, ainsi qu`aux droits et devoirs défnis dans la Charte de
l`environnement de 2004.
En vertu de ces principes et de celui de la libre détermination des peuples, la
République oIIre aux territoires d`outre-mer qui maniIestent la volonté d`y
adhérer des institutions nouvelles Iondées sur l`idéal commun de liberté, d`éga-
lité et de Iraternité et conçues en vue de leur évolution démocratique.
Art. 1
er
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle
assure l`égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d`origine, de
race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est
décentralisée.
La loi Iavorise l`égal acces des Iemmes et des hommes aux mandats électoraux
et Ionctions électives, ainsi qu`aux responsabilités proIessionnelles et sociales.
Déclaration des droits de l’homme
et du citoyen de 1789
Les représentants du peuple Irançais, constitués en Assemblée nationale, consi-
dérant que l`ignorance, l`oubli ou le mépris des droits de l`homme sont les seules
causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu
d`exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et
sacrés de l`homme, afn que cette Déclaration, constamment présente a tous les
108
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ;
afn que leurs actes du pouvoir législatiI, et ceux du pouvoir exécutiI, pouvant
être a chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en
soient plus respectés ; afn que les réclamations des citoyens, Iondées désormais
sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la
Constitution et au bonheur de tous.
En conséquence, l`Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous
les auspices de l`Être suprême, les droits suivants de l`homme et du citoyen.
Art. 1
er
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions
sociales ne peuvent être Iondées que sur l`utilité commune.
Art. 2
Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et
imprescriptibles de l`homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et
la résistance a l`oppression.
Art. 3
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul
corps, nul individu ne peut exercer d`autorité qui n`en émane expressément.
Art. 4
La liberté consiste a pouvoir Iaire tout ce qui ne nuit pas a autrui : ainsi, l`exer-
cice des droits naturels de chaque homme n`a de bornes que celles qui assurent
aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes
ne peuvent être déterminées que par la loi.
Art. 5
La loi n`a le droit de déIendre que les actions nuisibles a la société. Tout ce qui
n`est pas déIendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint a
Iaire ce qu`elle n`ordonne pas.
Art. 6
La loi est l`expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de
concourir personnellement, ou par leurs représentants, a sa Iormation. Elle
doit être la même pour tous, soit qu`elle protege, soit qu`elle punisse. Tous les
citoyens étant égaux a ses yeux sont également admissibles a toutes dignités,
places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle
de leurs vertus et de leurs talents.
Art. 7
Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par
la Loi, et selon les Iormes qu`elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient,
exécutent ou Iont exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout
citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir a l`instant : il se rend coupable
par la résistance.
109
Annexes
Art. 8
La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et
nul ne peut être puni qu`en vertu d`une loi établie et promulguée antérieurement
au délit, et légalement appliquée.
Art. 9
Tout homme étant présumé innocent jusqu`a ce qu`il ait été déclaré coupable,
s`il est jugé indispensable de l`arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire
pour s`assurer de sa personne doit être séverement réprimée par la loi.
Art. 10
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur
maniIestation ne trouble pas l`ordre public établi par la loi.
Art. 11
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus
précieux de l`homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement,
sauI a répondre de l`abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Art. 12
La garantie des droits de l`homme et du citoyen nécessite une Iorce publique :
cette Iorce est donc instituée pour l`avantage de tous, et non pour l`utilité parti-
culiere de ceux auxquels elle est confée.
Art. 13
Pour l`entretien de la Iorce publique, et pour les dépenses d`administration, une
contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre
tous les citoyens, en raison de leurs Iacultés.
Art. 14
Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs repré-
sentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d`en
suivre l`emploi, et d`en déterminer la quotité, l`assiette, le recouvrement et la
durée.
Art. 15
La société a le droit de demander compte a tout agent public de son administration.
Art. 16
Toute société dans laquelle la garantie des droits n`est pas assurée, ni la sépara-
tion des pouvoirs déterminée, n`a point de Constitution.
Art. 17
La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce
n`est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l`exige évidemment,
et sous la condition d`une juste et préalable indemnité.
110
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Préambule de la Constitution de 1946
1. Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes
qui ont tenté d`asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple Irançais
proclame a nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion
ni de croyance, possede des droits inaliénables et sacrés. Il réaIfrme solennelle-
ment les droits et libertés de l`homme et du citoyen consacrés par la Déclaration
des droits de 1789 et les principes Iondamentaux reconnus par les lois de la
République.
2. Il proclame, en outre, comme particulierement nécessaires a notre temps, les
principes politiques, économiques et sociaux ci-apres :
3. La loi garantit a la Iemme, dans tous les domaines, des droits égaux a ceux de
l`homme.
4. Tout homme persécuté en raison de son action en Iaveur de la liberté a droit
d`asile sur les territoires de la République.
5. Chacun a le devoir de travailler et le droit d`obtenir un emploi. Nul ne peut
être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opi-
nions ou de ses croyances.
6. Tout homme peut déIendre ses droits et ses intérêts par l`action syndicale et
adhérer au syndicat de son choix.
7. Le droit de greve s`exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.
8. Tout travailleur participe, par l`intermédiaire de ses délégués, a la détermi-
nation collective des conditions de travail ainsi qu`a la gestion des entreprises.
9. Tout bien, toute entreprise, dont l`exploitation a ou acquiert les caracteres
d`un service public national ou d`un monopole de Iait, doit devenir la propriété
de la collectivité.
10. La nation assure a l`individu et a la Iamille les conditions nécessaires a leur
développement.
11. Elle garantit a tous, notamment a l`enIant, a la mere et aux vieux travailleurs,
la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être
humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation
économique, se trouve dans l`incapacité de travailler a le droit d`obtenir de la
collectivité des moyens convenables d`existence.
12. La nation proclame la solidarité et l`égalité de tous les Français devant les
charges qui résultent des calamités nationales.
13. La nation garantit l`égal acces de l`enIant et de l`adulte a l`instruction, a
la Iormation proIessionnelle et a la culture. L`organisation de l`enseignement
public gratuit et laïque a tous les degrés est un devoir de l`Etat.
14. La République Irançaise, fdele a ses traditions, se conIorme aux regles du
droit public international. Elle n`entreprendra aucune guerre dans des vues de
conquête et n`emploiera jamais ses Iorces contre la liberté d`aucun peuple.
111
Annexes
15. Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souverai-
neté nécessaires a l`organisation et a la déIense de la paix.
16. La France Iorme avec les peuples d`outre-mer une Union Iondée sur l`égalité
des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.
17. L`Union Irançaise est composée de nations et de peuples qui mettent en
commun ou coordonnent leurs ressources et leurs eIIorts pour développer leurs
civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.
18. Fidele a sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont
elle a pris la charge a la liberté de s`administrer eux-mêmes et de gérer démocra-
tiquement leurs propres aIIaires ; écartant tout systeme de colonisation Iondé sur
l`arbitraire, elle garantit a tous l`égal acces aux Ionctions publiques et l`exercice
individuel ou collectiI des droits et libertés proclamés ou confrmés ci-dessus.
Charte de l’environnement de 2004
Le peuple Irançais,
Considérant :
Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l`émergence de
l`humanité ;
Que l`avenir et l`existence même de l`humanité sont indissociables de son milieu
naturel ;
Que l`environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;
Que l`homme exerce une infuence croissante sur les conditions de la vie et sur
sa propre évolution ;
Que la diversité biologique, l`épanouissement de la personne et le progres des
sociétés humaines sont aIIectés par certains modes de consommation ou de pro-
duction et par l`exploitation excessive des ressources naturelles ;
Que la préservation de l`environnement doit être recherchée au même titre que
les autres intérêts Iondamentaux de la nation ;
Qu`afn d`assurer un développement durable les choix destinés a répondre aux
besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations
Iutures et des autres peuples a satisIaire leurs propres besoins,
Proclame :
Art. 1
er
. – Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respec-
tueux de la santé.
Art. 2. – Toute personne a le devoir de prendre part a la préservation et a l`amé-
lioration de l`environnement.
Art. 3. – Toute personne doit, dans les conditions défnies par la loi, prévenir
les atteintes qu`elle est susceptible de porter a l`environnement ou, a déIaut, en
limiter les conséquences.
112
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Art. 4. – Toute personne doit contribuer a la réparation des dommages qu`elle
cause a l`environnement, dans les conditions défnies par la loi.
Art. 5. – Lorsque la réalisation d`un dommage, bien qu`incertaine en l`état des
connaissances scientifques, pourrait aIIecter de maniere grave et irréversible
l`environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de
précaution et dans leurs domaines d`attributions, a la mise en ouvre de procé-
dures d`évaluation des risques et a l`adoption de mesures provisoires et propor-
tionnées afn de parer a la réalisation du dommage.
Art. 6. – Les politiques publiques doivent promouvoir un développement
durable. A cet eIIet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l`envi-
ronnement, le développement économique et le progres social.
Art. 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites défnies par
la loi, d`accéder aux inIormations relatives a l`environnement détenues par les
autorités publiques et de participer a l`élaboration des décisions publiques ayant
une incidence sur l`environnement.
113
Annexes
Annexe 3
Liste des personnalités
entendues
M
me
Sylviane Agacinski, philosophe et proIesseur a l`Ecole des hautes études
en sciences sociales
M
me
Fadela Amara, secrétaire d`Etat chargée de la Politique de la ville
M. Christian de Boissieu, président-délégué du Conseil d`analyse économique
M
me
Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville
M. Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l`audiovisuel
M. Jean-Pierre Changeux, président d`honneur du Comité consultatiI national
d`éthique pour les sciences de la vie et de la santé
M. Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République
M. Jacques Dermagne, président du Conseil économique et social
M. Luc Ferry, ancien ministre, président-délégué du Conseil d`analyse de la
société
M. Alain Finkielkraut, philosophe et écrivain
M. Marcel Gauchet, historien et philosophe, directeur d`études a l`Ecole des
hautes études en sciences sociales
M. Alain Grimfeld, président du Comité consultatiI national d`éthique pour les
sciences de la vie et de la santé
M. Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté
M
me
Valérie Létard, secrétaire d`Etat chargée de la Solidarité aupres du ministre
du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité
M
me
Christiane Menasseyre, inspecteur général honoraire de philosophie,
ancienne doyenne du groupe de philosophie
M. Mohammed Moussaoui, président du Conseil Irançais du culte musulman
M
me
Laurence Parisot, présidente du MedeI
M. Louis Schweitzer, président de la Haute Autorité de lutte contre les discri-
minations et pour l`égalité
M. René Sève, directeur général du Centre d`analyse stratégique
114
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

M
me
Malika Sorel, auteur d'un essai sur Le Pu::le ae lintegration . les pièces
qui vous manquent
M. Jacques Testart, biologiste et chercheur honoraire a l`Inserm
M. Alex Türk, président de la Commission nationale inIormatique et libertés
Mgr André Vingt-Trois, cardinal, archevêque de Paris et président de la
ConIérence des évêques de France
M
me
Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle, présidente de la délégation
de l`Assemblée nationale aux droits des Iemmes et a l`égalité des chances entre
les hommes et les Iemmes
Une rencontre entre les membres du comité et M
me
Rachida Dati, garde des
Sceaux, ministre de la Justice, a eu lieu a la chancellerie.
Invités a s`exprimer, les représentants des autorités religieuses protestantes et
juives n`ont pas souhaité donner suite a cette proposition.
115
Annexes
Annexe 4
Compte rendu
des interventions des
personnalités auditionnées
Intervention de M
me
Sylviane Agacinski,
philosophe et professeur à l’École des
hautes études en sciences sociales
11 septembre 2008
Mesdames, Messieurs,
Votre commission a notamment pour mission de déterminer les « libertés fonda-
mentales » et, selon les mots du Président de la République, « le socle de valeurs
et de principes qui déterminent l’identité républicaine et qui disent ce que nous
sommes et vers quoi nous voulons aller ».
La question est assez grave et assez noble pour qu`on ne puisse s`y dérober,
même si, aujourd`hui, je limiterai mon propos a un seul principe : celui de la
dignité de la personne et du respect de son corps.
Je Ierai néanmoins, au préalable, une remarque rapide sur la diversité.
Je suis persuadée qu`il Iaut valoriser la diversité de la société dans toutes les
spheres de la société et inciter au respect eIIectiI du principe d`égalité. Pour cela,
il est utile d`interdire toute discrimination, ainsi que le précise l`article 21 de la
Charte des droits Iondamentaux de la Communauté européenne. Cependant, si
l`incitation a mieux respecter la diversité est souhaitable (comme c`est le cas
lorsque des entreprises signent la « charte de la diversité »), il n`est pas souhai-
table que des textes constitutionnels distinguent les citoyens de la République en
Ionction de certaines particularités historiques contingentes (comme une langue,
une origine, une croyance religieuse, une orientation sexuelle, etc.). La question
de la diversité n`est pas identique a celle de la parité. Il était légitime, au moment
ou la souveraineté nationale était monopolisée, en Iait sinon en droit, par un seul
des deux sexes, de réclamer que soit respecté l`égal acces des hommes et des
Iemmes aux Ionctions électives, parce qu`ils Iorment, a eux deux, l`ensemble de
l`humanité et l`ensemble de n`importe quelle nation. Les droits de l`être humain
sont donc nécessairement ceux des hommes et des Iemmes en Ionction d`une
dualité anthropologique universelle et non d`une diversité sociale, culturelle,
religieuse ou autre.
116
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

J`en viens donc au principe de la dignité de la personne et du respect de son
corps. Ce principe mériterait, me semble-t-il, de fgurer dans la Constitution de
notre pays, assorti de l`impossibilité d`attribuer une valeur patrimoniale, autre-
ment dit commerciale, au corps humain, a ses éléments, a ses produits et a ses
Ionctions.
Ce principe existe dans le Code civil, a l`article 16-1, mais sans que soient men-
tionnées les Ionctions du corps, terme qui permettrait d`inclure la gestation dans
l`impossibilité visée par le texte.
La possibilité d`exploiter le corps humain touche précisément celle de savoir
« qui nous sommes et vers quoi nous voulons aller », non pas seulement en tant
que citoyens Irançais, mais en tant qu`humanité, même si nous ne pouvons pas
imposer ces choix Iondamentaux au reste de la planete. Résister, ou non, a la
« marchandisation » des corps ne se Iera pas en élevant, ici et la, tel ou tel garde-
Iou, mais en n`approchant pas du précipice que représentent l`instrumentalisa-
tion de la vie humaine et sa commercialisation.
Or les débats actuels sur la question de la « maternité pour autrui » sont sympto-
matiques de l`insouciance de l`opinion en ce qui concerne le respect dû au corps.
Il est vrai que la « gestation pour autrui » est explicitement interdite par l`article
16-7, mais la Constitution n`empêche pas, actuellement, de réviser un tel article.
On constate que la presse ne cesse de se Iaire l`écho de revendications bruyantes
concernant une possible légalisation de cette pratique dans notre pays et que le
législateur est invité a envisager de graves changements dans ce domaine. Or
il s`agirait en l`occurrence de renoncer a des principes Iondamentaux qui Iont
partie des Iondements d`une civilisation qui, comme la nôtre, a progressé vers le
respect de la personne et de son corps. On peut regretter a cet égard que la pré-
sidente du groupe de travail du Sénat sur la maternité pour autrui, M
me
Michele
André, ait cherché, de son propre aveu, a dégager « un point d’équilibre entre
des positions opposées » ce qui est une Iaçon sûre de renoncer d`avance a
quelque valeur ou quelque principe que ce soient.
Or un principe est d`autant plus nécessaire que les utilisations possibles du corps
humain sont diverses, parce que les Iormes de la vie sont diverses. Chacune est
unique en son genre : la gestation par exemple, dont on ne parlait jamais jadis a
propos d`une Iemme, n`est ni un organe ni un produit. Ce n`est ni une activité
intellectuelle ou manuelle (un Iaire), ni une propriété (un avoir). Jusqu`a présent,
l`idée d`utiliser un être vivant pour sa capacité « gestatrice » n`avait concerné
que les animaux d`élevage, en aucun cas des êtres humains. Cette nouveauté doit
être regardée pour ce qu`elle est : une Iorme moderne de barbarie.
Terre natale des droits de l`homme, la France a aujourd`hui une responsabi-
lité particuliere dans un monde ou s`installent, plus ou moins ouvertement, des
Iormes inédites de barbarie. Si elle veut continuer a déIendre ses valeurs Ion-
damentales, elle ne doit pas s`aligner sur des pays moins exigeants en matiere
d`éthique et de droits de l`homme, ou qui oublient, aveuglés par une illusion de
progres, que la liberté des uns ne doit pas s`exercer au prix du sacrifce de la
dignité des autres.
Nous sommes en eIIet inIormés du développement de l`exploitation du corps
humain dans le monde : nous savons que les organes et les produits du corps
117
Annexes
deviennent des biens mis sur le marché, comme n`importe quel produit Iabriqué.
Nous savons que les trafcs ou les commerces d`organes humains, en particulier
des reins, se sont développés parallelement au développement des transplanta-
tions d`organes (les trafcs d`organes se sont notamment répandus en AIrique du
Sud, en Inde, en Turquie, en Chine, ailleurs encore...).
Il s`agit la de possibilités nouvelles. Les techniques de transplantations d`or-
ganes ont créé une demande d`organes et, lorsque les dons ne suIfsent pas et que
les greIIons manquent, Iaute de législation tres stricte, des marchés s`installent,
et ils s`installent d`autant mieux qu`ils sont une source importante de proft pour
des intermédiaires sans scrupules.
La France, dans ce domaine, reste heureusement attachée a des procédures de
don qui peuvent sans doute être améliorées mais qui excluent tout échange
marchand.
Nos lois s`inspirent du même esprit en ce qui concerne les prélevements et les
transplantations qui interviennent dans la médecine procréative. Mais ces tech-
niques posent des problemes completement inédits et risquent d`être soustraites
a leur rôle thérapeutique.
En eIIet, l`assistance médicale a la procréation crée un besoin de matériaux bio-
logiques. Tant que ces techniques restent dans leur cadre thérapeutique initial,
celui d`un remede a la stérilité, la demande de matériaux reste en quelque sorte
quantitativement limitée par ce cadre. Et quand bien même on manquerait de
donneuses d`ovocytes, comme c`est le cas aujourd`hui en France, rien n`em-
pêche d`encourager et de valoriser le don, sans pour autant inciter fnanciere-
ment des Iemmes a Iaire prélever leurs cellules reproductrices. Car le don a une
valeur, qui devrait être mieux reconnue, mais non un prix.
Or si la pratique de la gestation pour autrui suscite aujourd`hui autant d`intérêt,
c`est qu`elle s`inscrit déja dans la perspective d`une médecine qui échappe a
sa mission thérapeutique pour devenir, comme dans certains pays, un systeme
artifciel de procréation, c`est-a-dire un systeme de production d`enIants. Et
l`existence actuelle ou Iuture d`une telle production ne peut qu`amplifer le désir
d`enIant des individus et la souIIrance de ne pas en avoir.
De Iait, les techniques biomédicales peuvent aujourd`hui Iabriquer des embryons
en laboratoire, grâce a la Iécondation in vitro, a partir de gametes mâles et
Iemelles. Mais ces embryons ne peuvent se développer que s`ils sont implan-
tés dans un utérus, autrement dit dans un corps de Iemme. Si la visée n`est pas
de sauver des vies, ni d`assister la procréation, mais de Iournir des bébés a la
demande, il est évident que le besoin de Iournitures biologiques ne peut guere
avoir de limites, et, dans un tel systeme de production, la mere porteuse devient
indispensable.
Dans un tel systeme, un couple, ou même une personne seule, peut commanditer
un enIant a partir d`une Iécondation in vitro a base de cellules collectées dans des
banques de sperme et d`ovocytes, puis Iaire implanter l`embryon ainsi créé dans
l`utérus d`une troisieme personne servant de mere gestationnelle, simple « sac »
nourricier (selon le terme de l`une d`entre elles) destiné a porter l`enIant a terme
et a le mettre au monde. Cette vision de la mere porteuse comme « sac » n`est
pas seulement insultante pour la personne, elle est aussi erronée médicalement
118
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

puisqu`elle néglige le rôle des Iacteurs épigénétiques dans la génération et celui
des conditions psychologiques d`une grossesse.
La ou elles existent, ces pratiques séparent completement la Iécondation de la
gestation, et permettent par exemple de Iaire porter a des Indiennes a la peau
sombre les Iotus blancs produits avec des genes caliIorniens. Il Iaut souligner
ici la « survalorisation de la génétique » de la part de parents intentionnels qui
veulent absolument transmettre leurs genes (ou au moins ceux de l`un d`eux) ou,
a déIaut, choisir sur catalogue les Iournisseurs de gametes, de préIérence avec
leur couleur de peau et un bon niveau d`études. Ensuite, on peut tranquillement
délocaliser les grossesses. Les meres porteuses indiennes sont tres peu payées,
entre 2 500 et 13 000 t, cinq Iois moins qu`aux Etats-Unis, dans les Etats ou la
pratique est légale.
Il semble que l`on prenne tout de même conscience, a partir des pratiques exis-
tantes, du caractere inhumain des naissances ainsi produites a partir de matériaux
et de personnes instrumentalisées, non seulement parce que bien des enIants nés
ainsi recherchent désespérément des personnes derriere les manipulations bio-
médicales (c`est pourquoi la logique du don anonyme elle-même devra donner
lieu a une nouvelle réfexion), mais aussi parce que la tarifcation d`une Iéconda-
tion et d`une gestation Iont apparaître l`enIant lui-même comme une marchan-
dise. Il est en eIIet évident qu`acheter une gestation revient a acheter un bébé.
Par ailleurs, les Iournisseurs anonymes de cellules, et surtout les Iemmes qui
« acceptent » de porter un enIant pour autrui, se trouvent déshumanisés par la
scission qu`on leur demande d`opérer entre leur corps et leur personne. Ici, l`ins-
trumentalisation pure du corps humain, traité comme une chose, est solidaire de
sa commercialisation.
Apres le « travail en miettes », si bien illustré par Charlie Chaplin dans Les
Temps modernes, c`est un corps humain en miettes que les biotechnologies sont
en train de promouvoir, avec le recours presque inévitable au marché.
Déja, nos voisins espagnols n`hésitent pas, devant ce qu`il est convenu d`ap-
peler la « pénurie d’ovocytes », a proposer 1 000 t aux Iemmes qui acceptent
qu`on préleve sur elles ces précieuses cellules, selon une procédure physique-
ment assez lourde (stimulation ovarienne, anesthésie, etc.). Quel que soit le nom
que l`on donne a cette contrepartie fnanciere (indemnité, dédommagement,
compensation), il ne saurait masquer l`ouverture d`un marché qui se développe
notamment sur le Net : « Je vends mes ovocytes au plus offrant », peut-on y lire,
ou encore : « Ventre à louer » (« Womb for rent »).
Dans ce contexte, il serait particulierement naïI d`imaginer qu`un pays puisse
autoriser la « gestation pour autrui » tout en la réservant a des cas tres limités
(les Iemmes privées d`utérus) ou en prétendant éviter sa rémunération. Il est
plus Iranc de reconnaître, comme le Iait Elisabeth Badinter, que, une Iois autori-
sée, la gestation pour autrui deviendrait accessible beaucoup plus largement, par
exemple a des couples de personnes du même sexe, et serait Iorcément rému-
nérée. Mais croire que l`on pourrait plaIonner et unifer les tariIs de Iaçon que
les Iemmes qui sont dans la misere ne soient pas tentées, n`a pas de sens, car on
voit mal pourquoi des Iemmes se résigneraient a ce genre de « travail » si elles
n`y étaient pas poussées par le besoin, voire par l`appât du gain. C`est bien ce
que prouve la délocalisation des meres porteuses dans les pays pauvres et dans
119
Annexes
ceux ou le chômage des Iemmes est particulierement élevé (Inde, Géorgie par
exemple).
Finalement, la question des principes et des valeurs qui doivent orienter nos
choix Iondamentaux en la matiere est de savoir si le corps d`une personne
humaine peut impunément être traité comme une chose, comme un outil au ser-
vice d`autrui, avec une valeur marchande ou, encore, comme un animal d`éle-
vage dont on utilise les produits (les ouIs, le lait, la laine ou la progéniture). Elle
est donc aussi celle de savoir s`il suIft qu`une personne consente a être ainsi
utilisée ainsi pour que la loi autorise cette utilisation.
On ne saurait en eIIet conIondre l`usage des Iormes de travail, manuel ou intel-
lectuel, d`une personne, avec l`usage de son corps et de ses produits en tant
qu`être vivant.
Trois considérations se conIortent ici.
La premiere concerne l`identité ou l`intimité de la personne avec son corps.
Ce que l`on vend dans le travail social est le produit d`une activité et non pas
la substance charnelle de l`existence physique. L`expérience de la grossesse est
de celles qui permettent de vérifer que le corps est la personne, et non un objet
organique dont celle-ci pourrait disposer, comme un bien ou une propriété. La
gestation peut bien être considérée scientifquement et médicalement comme
une Ionction séparée, mais un individu humain, en l`occurrence une Iemme,
ne saurait se rapporter a son corps comme a un stock d`organes. Et c`est bien
parce que la grossesse concerne l`ensemble de l`existence personnelle, physique
et psychique, que les Iemmes ont été autorisées a décider elles-mêmes de s`en-
gager ou non dans le processus de l`enIantement et de la mise au monde d`un
enIant. A l`inverse, la maternité pour autrui demande aux Iemmes de servir,
pendant neuI mois de leur vie des mois détachés de leur propre vie privée
de machines a enIanter, en attendant l`incertaine Iabrication d`utérus artifciels
(on sait d`ailleurs que certains chercheurs ont pensé a Iaire porter des embryons
humains par des animaux).
La deuxieme concerne la limitation des contrats.
Il existe en France un Code du travail tres restrictiI qui protege les personnes
d`un usage abusiI du corps humain dans le travail. La durée du travail, et cer-
taines de ses conditions, sont déterminées de Iaçon a ne pas mettre en danger
la santé des personnes ou leur dignité. La loi fxe ainsi des limites a la liberté
des contrats. Elle laisse certaines choses ou activités hors de tout contrat, de
tout échange marchand, comme justement les organes du corps. Le domaine des
contrats n`est pas sans aucune limite.
La troisieme considération concerne la question de savoir si le consentement
d`une personne suIft a permettre l`exploitation de son corps, comme si les
conventions ou les contrats liaient entre elles deux libertés également libres.
S`appuyer sur le consentement repose sur l`illusion, naïve ou entretenue, que les
acheteurs et les vendeurs sont également libres, ce qui n`est pas le cas.
Pour les Iemmes tres pauvres, en Géorgie ou ailleurs, qui louent leur ventre
pendant neuI mois a des couples venus des pays riches, ce commerce n`est
pas l`expression d`une liberté ou d`un consentement éclairé mais celle d`une
120
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

misere. C`est cette misere qui les pousse a accepter un commerce humiliant. Au
reste, le consentement d`une victime n`eIIace pas le caractere délictueux d`un
acte. On sait par exemple que l`on n`a pas le droit de Iaire travailler quelqu`un
au mépris de sa sécurité, même si la personne est consentante. Donc, en cette
matiere comme dans d`autres, le droit ne saurait institutionnaliser ni autoriser
des conduites qui portent atteinte a la dignité et a l`intégrité d`autrui.
Pour conclure, disons que la question est de savoir s`il est légitime et s`il doit
être légal de demander a un être humain de Iaire un commerce de ses organes,
des produits et des Ionctions de son corps, quel que soit le bénéfce que d`autres
pourraient tirer de ce commerce.
Il me semble qu`il Iaut en rester a l`esprit de nos lois et aIfrmer, dans la Constitution
ou son Préambule, que le corps humain ne peut en aucun cas être traité comme une
valeur patrimoniale, compte tenu du respect particulier qui lui est dû.
Intervention de M
me
Fadela Amara, secrétaire
d’État chargée de la Politique de la ville
11 septembre 2008
Madame la Présidente, Chere Amie,
Monsieur le rapporteur, Monsieur Chauvin,
Mesdames et Messieurs, membres du comité de réfexion,
Avant toute chose, je souhaite vous remercier, Madame la Présidente, de me Iaire
l`honneur de pouvoir participer a la réfexion de votre comité sur le Préambule
de la Constitution.
Depuis mon plus jeune âge, les valeurs de notre République emportent mon adhé-
sion. Pour moi, la République Irançaise n`est pas qu`un mode de gouvernance.
Notre République Irançaise, c`est bien plus que cela. Elle prône l`émancipation
permanente pour tous et s`est donné comme défs la liberté et l`égalité pour tous,
quelles que soient les origines ethniques, sociales et religieuses.
Notre République, c`est ce qui permet aux hommes d`exister pleinement.
Dans son cheminement, la République Irançaise s`est toujours nourrie des diIf-
cultés qu`elle a rencontrées.
C`est la ou réside sa Iorce, mais aussi sa Iaiblesse.
Sa Iorce, c`est l`ambition qu`elle a pour ses citoyens. Et sa Iaiblesse, c`est qu`elle
ne Ionctionne pas de la même Iaçon pour tous.
EIIectivement, devant notre diIfculté a traduire dans les Iaits ce beau projet de
société, certains commencent a douter de la pertinence des valeurs qu`il porte.
Nombreux sont ceux qui, en s`appuyant sur la réalité des inégalités, nous disent
que ces valeurs ne sont que des mots, tout juste bons a exister sur les Irontons
de nos institutions.
121
Annexes
Ce discours, je le connais. Ce discours, je l`ai aIIronté. Et je vois les renonce-
ments qui se nichent derriere ces propos simplistes.
Pour moi, comme pour beaucoup, ces principes-la ne sont pas que des objectiIs.
Ils sont a la Iois objectiIs et moyens.
Si le principe d`égalité ne se traduit pas dans les Iaits ici ou la, et je suis bien pla-
cée pour le savoir, il Iaut se saisir de ce principe comme moyen de revendication
et de mobilisation des citoyens pour réclamer son application.
C`est ce que j`ai Iait quand j`ai été conIrontée au sexisme et au racisme dans
nos quartiers populaires. Je me suis saisie des principes républicains pour Iaire
comprendre notre devoir collectiI d`aider les flles des cités a s`émanciper et a se
soustraire au carcan machiste et a l`idéologie intégriste et victimaire.
Ce sont ces convictions qui m`ont conduite a soutenir pleinement en 2004 la loi
sur les signes religieux a l`école.
Dans les combats diIfciles que j`ai menés, j`ai revendiqué a la Iois l`égalité, la
liberté, la Iraternité, la mixité et la laïcité. Car pour moi, je savais qu`il ne pou-
vait y avoir d`égalité sans mixité, de mixité sans laïcité, de laïcité sans liberté.
Tout est lié. Il y a une symbiose a consolider entre les principes de notre
République.
Cependant, Mesdames et Messieurs, je suis consciente qu`il Iaut répondre aux
nouvelles exigences de nos concitoyens et aIfrmer leurs droits et leurs devoirs
de vivre en harmonie dans une République métissée.
Je suis consciente qu`il Iaut nourrir notre projet républicain pour qu`il reste
vivant. Mais je crains que si on touche maladroitement a cet édifce, on risque
de le mettre en péril.
D`ou ma réticence, voire mon opposition sur certains débats qui sont devenus a
la mode, comme la diversité et la discrimination positive.
Ce débat n`est pas nouveau. Il a été sous-jacent a celui sur la parité hommes/
Iemmes en politique.
Mais ce débat ne procede pas de la même logique parce que la parité concerne
le genre.
Ainsi, il y a des Iemmes riches comme il y a des Iemmes pauvres, des Iemmes
noires comme des Iemmes blanches.
Mais, hélas, ce principe de parité n`a pas eu l`eIIet escompté pour toutes les
Iemmes, et notamment pour celles qui habitent nos quartiers populaires. Aussi
avais-je rappelé a l`époque, avec véhémence quand j`étais Présidente de Ni
putes ni soumises que pour les flles des cités, la parité, c`était comme les soldes
chez Hermes.
La parité a besoin d`être aIfrmée. La consacrer dans notre loi Iondamentale
devient une nécessité. Et je souscris a son inscription dans le Préambule de notre
Constitution.
En revanche, en ce qui concerne la diversité, vous connaissez ma position.
Comme vous connaissez ma position sur la discrimination positive et son
122
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

corollaire, les statistiques ethniques. Parce que pour moi, la réalité de Mamadou
et de Benoît, de Fatima et de Christine, est la même dans nos quartiers popu-
laires. Faire la distinction entre eux, c`est participer a élargir encore un peu plus
le Iossé et les renvoyer chacun et chacune a leur origine ethnique et a leur iden-
tité respective, et je dirais même comme Amin MaalouI « meurtrière ».
Quel est, en Iait, le point commun entre nos compatriotes issus de l`immigration ?
Est-ce leur « Iait migratoire » ou leur origine respective ?
Est-ce leur condition sociale ou leur identité régionale de leur pays d`origine ?
Je vous le dis ici : le risque qui est devant nous est bien une république segmen-
tée, catégorisée et balkanisée, au lieu d`une République de citoyens, certes avec
des diIfcultés mais en marche.
C`est pour cette raison aussi que je suis contre les statistiques ethniques. Car je
sais, comme disait l`autre, que la mesure crée la réalité. Et quand certains me
disent qu`il vaut mieux une réalité mesurée qu`une réalité Iantasmée, je leur dis
que la mesure met tout juste en exergue.
Je m`explique. Quand on veut mesurer la délinquance dans telle ou telle caté-
gorie de la population, on ne la réduit pas, mais on prend le risque de justifer sa
stigmatisation.
On ne peut pas rester les bras croisés devant les inégalités et l`exclusion d`une
partie de la population.
Nos principes républicains nous l`interdisent. Il Iaut les activer au cour de nos
politiques publiques. Et je m`y attelle dans l`exercice quotidien de ma mission
conIormément a la volonté du Président de la République et du Premier ministre.
Mais comme le dit si justement Jean Jaures : « Quana les hommes ne peuvent
changer les choses, ils changent les mots. » Pour moi, l`inscription du mot
« diversité » dans le Préambule de la Constitution est porteur de risques parce
que je crains son instrumentalisation.
Et je paraphraserai Victor Hugo en vous disant que l`introduction du mot « diver-
sité » dans notre loi Iondamentale « peut être une arme ».
Une arme n`est rien par elle-même. Elle n`existe que par la main qui la saisit.
Or quelle est la main qui se saisira de cette introduction ? La est toute la question.
Mesdames et Messieurs, je redoute la main des communautaristes. Je redoute la
main des intégristes mais je redoute aussi la main de ceux qui croient que notre
République n`est qu`un agencement juridique.
C`est pourquoi je vous mets en garde contre l`idée d`introduire la notion même
de « diversité » dans le Préambule de notre Constitution. Et je vous suggere plu-
tôt d`y introduire l`idée de « République métissée ».
Pour fnir, je terminerai mon propos avec une citation de Clemenceau : « Il faut
savoir ce que l’on veut. Quana on le sait, il faut avoir le courage de le dire ,
quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. »
123
Annexes
Audition de M. Christian de Boissieu,
président-délégué du Conseil d’analyse
économique
26 fuin 2008
M. de Boissieu observe qu`il existe une augmentation de la revendication de
droits économiques et sociaux qui va encore croître dans les prochaines années
et qui touche les domaines les plus divers :
le droit a l`emploi, et ce même si le taux de chômage a baissé jusqu`a l`été
2008, sans doute parce que celui des jeunes restera élevé, étant relevé que l`ali-
néa 5 du Préambule de 1946 a placé le « devoir de travailler » avant le « droit
d`obtenir un emploi » ;
le droit a la retraite : le vieillissement de la population va entraîner un pro-
bleme intergénérationnel et les revendications concernant les retraites ne décroî-
tront pas, elles non plus ;
le droit a la santé, qui est aIfrmé dans le Préambule de 1946 et dans la
Déclaration universelle des droits de l`homme et dont on peut se demander com-
ment concretement il sera fnancé ;
le droit opposable au logement, qui pose la question de savoir si l`on a inté-
rêt a aIfrmer des droits qu`on ne peut pas rendre eIIectiIs, sous peine de créer
d`énormes Irustrations ;
le droit a l`éducation ;
les droits liés a l`environnement.
M. de Boissieu releve qu`il existe une demande accrue de transparence de
l`inIormation et de réduction des confits d`intérêts dans la fnance contempo-
raine et il plaide en Iaveur d`une disposition de ce type dans le Préambule de la
Constitution.
Il aIfrme que toutes les crises fnancieres depuis 2001 (aIIaire Enron) sont liées
a l`absence de transparence de l`inIormation et il s`interroge alors sur le statut a
conIérer au principe de transparence de l`inIormation, ainsi que sur les moyens
d`action de nature a éliminer les confits d`intérêts (l`une des questions soule-
vées par la crise des subprimes est la suivante : Est-il normal que les agences de
notation soient payées par les entreprises qu`elles notent ?).
M. de Boissieu se demande ensuite comment répondre a ces revendications
sociétales en matiere de droits économiques et sociaux.
Il opere une distinction entre les droits inconditionnels et les espérances
tendancielles.
Selon lui, le Préambule de 1946 a donné le sentiment de mettre sur le même
plan :
des droits auxquels on ne peut pas déroger,
des droits réalisables sous des conditions bien précises, ceux qu`il nomme des
« espérances tendancielles » (droit a l`emploi, droit a la santé.).
Tout cela ne peut que conduire a des Irustrations, des lors qu`il est dangereux
d`inscrire dans une Constitution des droits qui ne peuvent être satisIaits.
124
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Ainsi le droit a l`emploi n`est-il pas un sujet qui doit être traité par la Constitution,
mais qui doit être réglé par les politiques économiques et sociales, les écono-
mistes étant d`ailleurs en désaccord sur la défnition du niveau de plein-emploi.
La Constitution espagnole de 1978, dans son chapitre III intitulé « Des principes
directeurs de la politique sociale et économique », Iait preuve, quant a elle, d`un
exces de prudence dans sa Iormulation des droits, ses dispositions étant en eIIet
trop larges et trop générales.
M. de Boissieu indique par ailleurs qu`il Iaut mener une véritable réfexion sur la
défnition, puis sur le fnancement des biens collectiIs : ce n`est pas parce qu`un
bien est collectiI qu`il ne peut pas être fnancé par le secteur privé.
Concernant les universités, il estime qu`il Iaudra inévitablement augmenter les
Irais d`inscription pour ceux qui peuvent payer et, parallelement, le nombre et
le niveau des bourses pour les autres, et il se demande comment éviter que des
lois permettant une telle hausse ne soient déclarées contraires a la Constitution.
M. de Boissieu pense qu`il ne Iaut surtout pas abuser de la notion de « droit
opposable », au risque de créer des déceptions. et des problemes budgétaires.
A cet égard, il s`interroge sur la mise en ouvre du droit au logement opposable
introduit en 2007, l`Etat devant, a partir de 2012, compenser fnancierement le
manque de logements, alors que des contraintes pesent sur les fnances publiques.
Il se déclare hostile a l`inscription des droits opposables dans le Préambule de
la Constitution.
Il considere qu`il Iaut trouver un juste équilibre entre l`approche espagnole évo-
quée précédemment et le Préambule de 1946.
Intervention de M
me
Christine Boutin,
ministre du Logement et de la Ville
4 septembre 2008
Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,
C`est un honneur et un grand plaisir que d`avoir été invitée a m`exprimer devant
vous aujourd`hui et je tiens, Madame la Présidente, a vous en remercier.
Tensions et divisions au sein de la société sont devenues visibles : personne ne
peut les ignorer. Notre monde, notre pays ont connu de tels bouleversements
ces dernieres décennies que nous devons nous assurer de la Iorce de notre pacte
social. C`est ce a quoi vous a invités le Président de la République. La révi-
sion du Préambule de notre Constitution est de nature a redonner sa cohésion a
notre corps social. Je dirai même, dussions-nous ne réviser ce Préambule qu`a la
marge, et même pas du tout ! La réfexion que vous avez entamée il y a quelques
mois est incontournable.
125
Annexes
Trois grands chantiers sont ouverts : la diversité et la bioéthique mais aussi la
parité, sujet qui me semble non pas avoir été épuisé, mais largement visité a
l`occasion de la récente révision constitutionnelle.
A ce vaste champ, le président a souhaité ajouter d`autres questions, notamment :
la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine ;
le respect de la vie privée et la protection des données personnelles ;
l`ancrage européen de la République.
Compte tenu de mes responsabilités ministérielles mais aussi compte tenu de ma
préoccupation, constante depuis trente ans, des grandes questions de société, je
me suis entourée, pour charpenter ma réfexion, de philosophes, de juristes, de
psychanalystes, de chercheurs et d`intellectuels les plus divers et du plus haut
niveau.
Je suis heureuse d`avoir l`occasion de vous Iaire part de ce que j`ai retiré de ces
passionnants échanges qui ont pris la Iorme de 5 rencontres depuis le printemps
dernier.
Avant que d`aborder chacun des chantiers, quelques remarques préliminaires.
Sur la Iorme d`abord :
Le Préambule est d`abord un texte, c`est-a-dire un ensemble de mots. Or les
mots sont devenus équivoques. Et c`est normal ! Dans les périodes de grandes
mutations, le sens des mots n`est plus partagé. Ainsi, par exemple, le concept
de « dignité », peut être utilisé pour promouvoir des revendications radicalement
opposées.
Les rédacteurs devront, par conséquent, être tres attentiIs au vocable : avec l`ex-
ception d`inconstitutionnalité, tout citoyen peut se saisir d`un mot du Préambule.
Les mots que nous choisirons engageront le sort de nos descendants.
Sur le Iond, ensuite :
Le Préambule de notre Constitution porte et exprime notre conception commune
de l`homme et de la société. Il se doit donc, en ces temps ou regne un certain
nihilisme, d`envoyer un message d`espérance. Il ne peut être la projection de
nos angoisses. Un exemple pour me Iaire bien comprendre : la question de la
fn de vie. Quelles que soient nos convictions personnelles sur ce sujet, il y a
une question que les rédacteurs devront se poser, me semble-t-il. Jusqu`ou un
Préambule de Constitution a-t-il vocation a aménager le tragique ?
Autre question Iondamentale : Jusqu`ou un Préambule a-t-il vocation a maximi-
ser la liberté ? Marcel Gauchet nous alerte : le risque, c`est la tentation de Iaire de
l`inscription d`un principe une ouverture a de nouvelles possibilités ; quand tout
indique qu`il est nécessaire de poser des limites ! Être capable de fxer des inter-
dits, s`autolimiter, n`est-ce pas ce qui nous structure comme humains ? L`interdit
signife que la société et le droit reprennent le contrôle de notre destin, et c`est
une bonne chose. Nous devons redécouvrir la valeur positive de l`interdiction.
Ultime remarque, les rédacteurs auront la lourde tâche de se défer du danger de ce
que M. Gauchet appelle la temporalité totalitaire. C`est le piege d`un Préambule
qui se voudrait épris d`une postmodernité. Nous sommes des Iemmes et des
hommes de notre époque. Nous ne parviendrons pas a être autre chose que cela.
126
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

J`en viens aux deux principaux chantiers restant au lendemain de la révision de
la Constitution : la diversité et le déf de la bioéthique.
En premier lieu : diversité de la société, unité
du corps social et égalité des citoyens
La diversité ne se décrete pas. Elle se constate : notre société est diverse.
Le président a bien Iait de porter cette question au plus haut niveau, car, ministre
de la Ville, je le ressens chaque jour, nous avons un urgent besoin de lutter
contre les discriminations dont sont victimes tous les jeunes Français issus de
l`immigration (cI. opération « 10 000 bâtisseurs dans les quartiers ANRU), un
urgent besoin d`une grande politique d`intégration.
En outre, comme vous pouvez vous en douter, ce mot « diversité » évoque aussi
pour moi toutes les personnes en marge de la société : handicapés, personnes tres
âgées, exclus. tous ces membres les plus Iragiles du corps social.
Alors devons-nous ou pas inscrire ce mot de « diversité » dans notre Constitution ?
Blandine Kriegel, qui vous aura certainement Iait part de ses propositions,
résume bien le débat : notre probleme est-il de changer la loi ou de l`appliquer ?
Pour avoir sondé bien des esprits éminents sur la question, je dois vous dire que
c`est un sujet sur lequel j`ai rencontré des réticences. Je suis moi-même dans
l`embarras.
On peut Iaire a notre Préambule le reproche d`être Iondé sur un universalisme
abstrait, mais n`est-ce pas le rôle d`une Constitution de réaIfrmer ce qui est
commun, ce qui détermine cette chose commune, la res publica ? Proclamer que
« l`autre est mon semblable », n`est-ce pas situer toujours déja la diversité et la
diIIérence dans le champ d`une humanité et d`une nationalité partagées donc
antérieures aux individus eux-mêmes ? Je suis sur ce sujet Iatalement empreinte
pour le meilleur ou pour le pire, diront certains d`une tradition qui attache
une importance Iondamentale a l`unité du genre humain.
Je comprends les préventions des philosophes et des juristes lorsqu`ils me disent
que le nouvel homme issu de ces droits de l`homme « incluant la notion de
diversité » n`aurait plus rien a voir avec son ancêtre de 1789. Les nouveaux
droits ainsi consacrés dénatureraient, a bien des égards, les libertés Iondamen-
tales de la premiere génération.
Je releve enfn que le motiI qui a provoqué la discrimination positive, aux Etats-
Unis, c`est l`esclavage, puis la ségrégation. La situation Irançaise n`est pas
comparable.
DiIfcultés supplémentaires : comment distinguer les diIIérentes catégories qui
mériteraient de bénéfcier de nouvelles politiques d`intégration ? Comment les
distinguer sans commettre de nouvelles injustices ? Est-ce que la révision du
Préambule ne va pas ouvrir la voie a la promotion d`autres Iormes de diversité
auxquelles nous ne songeons absolument pas aujourd`hui et que nous ne cher-
cherons surtout pas a promouvoir demain ?
Je saisis donc toute la richesse mais aussi l`immense complexité de cette question.
127
Annexes
Répondre au défi de la bioéthique
Le président veut que « notre Constitution soit en avance sur notre temps et non
pas en retard, et comme ce fut si souvent le cas jadis, et que la France, patrie
des droits de l’homme, montre la voie à tous les hommes ».
Il a pris acte, et il a eu raison de le Iaire, que nous étions désormais conIrontés
a des questions qu`aucun constituant n`avait eu a régler a ce jour, des ques-
tions inédites, des questions auxquelles nous serons, que nous le voulions ou
non, condamnés a répondre. C`est pourquoi j`accueille avec beaucoup d`en-
thousiasme ce chantier. D`autant que je considere avec le proIesseur Bertrand
Mathieu qu`il est pour le moins paradoxal que la Constitution contienne des
principes propres a la protection de l`environnement et reste muette sur la pro-
tection de l`humain.
Je m`arrêterai si vous le voulez bien sur l`expression même « aeh ae la
bioéthique ».
Déf ? Les diIIérents sens de ce mot connotent tous un danger ou un obstacle a
surmonter. Répondre a un déf peut donc signifer trouver les moyens constitu-
tionnels permettant de se protéger des maux que pourrait occasionner tel ou tel
développement des sciences et technologies du vivant.
La encore, tout dépend du cadre que l`on se donne pour comprendre ce que
signife « protéger » et de savoir « de quoi » nous devons nous protéger. C`est
souvent au nom des plus belles « valeurs » que l`on « encadre » des pratiques
déshumanisantes.
Il y a deux jours Didier Sicard évoquait devant moi le cas d`une mere qui a
demandé le prélevement de sperme sur son fls mort de vingt et un ans afn de
pouvoir mener a bien la conception d`un petit-enIant en recourant a une mere
porteuse. Voila les questions qui se proflent.
Ce simple exemple nous enseigne que l`enjeu bioéthique, c`est celui du reIus de
la candeur.
La science est une chose magnifque. Je reIuse d`ailleurs qu`on ne l`aborde que
sous l`angle de ses impuissances, de ses péchés et de ses dangers. Aux côtés du
« principe de précaution », nous devrons demain préserver une place au « prin-
cipe de progrès ». Mais je dis dans le même temps : attention a la science sans
conscience !
Certaines techniques peuvent permettre un bien lorsqu`elles répondent aux souI-
Irances de couples inIertiles. Mais l`usage de ces mêmes techniques engage des
conséquences terribles ou se trouvent les mécanismes de domination de l`hu-
main et les réfexes les plus archaïques. On ne peut pas accepter de se laisser
séduire, en toute circonstance, par la photo d`un bébé jouIfu.
J`aIfrme que ce qui est en jeu, c`est donc bien la capacité que nous aurons a nous
autolimiter dans le domaine de la recherche scientifque et de ses applications
médicales. Nous devons a tout prix éviter ce que Monette Vacquin appellerait
« une nouvelle barbarie adossée à la technique ».
Ainsi donc, deux mots, deux principes me semblent pertinents dans la perspec-
tive d`une révision de notre Préambule.
128
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

D`abord, le principe de responsabilité qui permettrait, selon moi, de répondre
au déf bioéthique. Il a le mérite chez des philosophes comme Hans Jonas d`im-
pliquer le devoir pour toute politique de prendre en compte l`avenir de l`espece
humaine. Celle-ci doit être respectée dans son intégrité aussi bien physique que
morale.
Plus important encore, je pense au terme « dignité », d`emploi plus délicat,
comme je le disais au début de mon propos.
Chez les romains, la dignité correspondait a l`idée d`accéder a une Ionction éle-
vée ; ce n`est qu`apres la Seconde Guerre mondiale que ce mot a été appliqué a
la nature humaine. L`introduction de la dignité dans le Préambule semble Iaire
l`objet d`un consensus. A bien y regarder, l`accord n`existe pas. Chacun appré-
hende ce concept de maniere diIIérente.
Pour le Conseil constitutionnel, la dignité entre parIois dans un calcul, une pesée
entre plusieurs droits, qui la relativise. Or, dans son sens subjectiI, la dignité
donne a l`individu un pouvoir qui peut se retourner contre lui-même. Pareille
dignité ne protege pas. Pareille dignité peut même être impitoyable. J`indique
au passage que cette Iameuse position du Conseil constitutionnel est contraire
notamment a la DUDH, qui Iait du principe de dignité un principe indérogeable.
La dignité n`est pas un concept juridique. La dignité c`est tout le droit. La dignité
est, selon la splendide expression du proIesseur Muriel Fabre-Magnan, « indé-
montrable, indérogeable et indiscutable ». S`il y a une phrase a inscrire dans
notre Préambule, elle ne pourrait être, selon moi, que la suivante : Le principe de
la dignité humaine est indérogeable.
Ce principe de dignité est le rempart contre l`instrumentalisation de la personne.
Les liens étroits entre la science et certains intérêts économiques doivent nous
inciter a la prudence afn que la personne ne soit pas au service de la technique et
de la recherche. Une recherche véritablement perIormante et éthique est possible
ainsi que le montrent les découvertes sur les cellules souches adultes et, surtout,
sur les cellules souches de sang de cordon.
AIfrmer la dignité de la personne humaine, c`est protéger l`humanité dans son
ensemble. Si la Constitution et la loi Irançaises permettent a la science de s`aIIran-
chir du principe de dignité, elles portent atteinte a l`humanité dans son ensemble.
A l`inverse, la promotion d`une éthique médicale exigeante dans le Préambule
de la Constitution peut être un message répondant au souhait du Président de la
République de s`adresser a l`ensemble de l`humanité ; c`est un message véritable-
ment universel, car il touche a la personne humaine ou qu`elle se trouve.
S`il était retenu, seul ou avec d`autres principes, le principe de dignité pour-
rait, en outre, donner lieu a d`autres développements dans la Constitution, par
exemple en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté. Cette consécration serait
ainsi en cohérence avec la reconnaissance des droits sociaux par le Préambule
de 1946.
Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,
Pour conclure, je reviendrai sur l`une de mes remarques introductives : notre
Préambule se doit d`envoyer un message d`espérance. Son but n`est pas de
129
Annexes
gérer nos angoisses. Kant a défni la dignité en disant que la vie n`a pas de prix.
Aujourd`hui, ce qui peut nous rassembler, c`est justement de redire une phrase
tres simple : Toute vie humaine mérite d`être vécue.
Je vous remercie de votre attention.
Audition de M. Michel Boyon, président
du Conseil supérieur de l’audiovisuel
19 fuin 2008
M. Boyon a d`abord rappelé les principes de droit applicables au pluralisme dans
l`audiovisuel.
Apres avoir détaillé la jurisprudence du Conseil constitutionnel, il en a relevé
trois points saillants :
la liberté de communication n`est pas que le droit pour un éditeur de diIIuser,
mais également le droit pour le public de choisir librement entre les médias exis-
tants, lesquels doivent donc être indépendants,
une obligation de transparence fnanciere, complément indispensable du plu-
ralisme, pese sur les éditeurs, afn de pouvoir contrôler la diversité des opéra-
teurs économiques présents,
les décisions du Conseil constitutionnel ont inspiré le juge administratiI, qui
contrôle les décisions du CSA.
M. Boyon a ensuite exposé que le pluralisme recouvre deux notions :
le pluralisme externe, qui doit se traduire par une diversité eIIective des
opérateurs,
le pluralisme interne, qui doit se concrétiser par la présentation d`une diver-
sité de points de vue au sein des programmes diIIusés.
S`agissant du pluralisme externe, la loi pose une obligation de pluralisme dans
les programmes, mais elle ne défnit pas le pluralisme et ne détermine pas des
criteres opératoires pour quantifer et suivre les pratiques des opérateurs. En
pratique, le législateur et le pouvoir réglementaire ont délégué au CSA le soin
de défnir les criteres nécessaires pour contrôler la présence ou l`absence de
pluralisme.
Lors de sa création en 1989, le CSA a adopté la regle des trois tiers en matiere de
temps de parole des personnalités politiques : un tiers pour le gouvernement, un
tiers pour la majorité parlementaire, un tiers pour l`opposition parlementaire. En
2000, il a adopté le « principe de réIérence » : ont été ajoutés a la répartition ini-
tiale, selon une regle d`équité, les partis qui ne sont pas représentés au Parlement
et, ultérieurement, ceux des partis qui ne se reconnaissent ni dans la majorité ni
dans l`opposition.
Une telle réIérence est tres précieuse pour les éditeurs, pour la classe politique
et pour les observateurs.
L`existence d`un tel principe n`est pas Iréquente : seuls le Portugal, la Roumanie
et l`Italie ont, avec la France, instauré une regle qui défnit des normes quan-
titatives. Dans les autres pays, on se borne a rappeler en termes généraux les
130
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

principes d`impartialité, de diversité, d`objectivité ou d`équilibre. Cette pratique
découle de l`idée, du moins dans les régimes démocratiques (Angleterre, Etats-
Unis...), que l`autorégulation ou la déontologie des journalistes suIfsent a assu-
rer le respect du pluralisme.
M. Boyon a précisé que le CSA est non pas un juge, mais une autorité de régula-
tion, qui cherche toujours a Iaire respecter le pluralisme en amont, par la discus-
sion permanente avec les opérateurs.
En dehors des périodes électorales, le CSA vérife les temps d`antenne sur des
cycles (des « trimestres glissants »), le gouvernement s`exprimant davantage que
l`opposition suivant les périodes et vice versa.
L`article 13 de la loi du 30 septembre 1986 prévoit que le CSA transmet aux
présidents de l`Assemblée nationale, du Sénat et aux partis politiques les chiIIres
des temps de parole. Depuis juillet 2007, ces chiIIres sont disponibles sur le site
Internet du CSA.
Si les propos du Président de la République ne sont pas comptabilisés dans le
principe de réIérence, son temps de parole ainsi que celui de ses collaborateurs
sont également mis en ligne sur ce site.
Le temps de parole des éditorialistes n`est pas comptabilisé.
Le CSA s`assure également que les chaînes donnent la parole aux principaux
partis et syndicats dans les émissions d`expression directe.
Le CSA réféchit a l`évolution du principe de réIérence, qui pourrait prendre en
compte les conséquences du passage au quinquennat.
Les médias ont des diIfcultés a Iaire respecter le temps de parole de la majorité
parlementaire, préIérant interroger les membres du gouvernement. S`agissant
des députés, les personnalités interrogées sont tres peu diversifées : il s`agit
principalement du président de l`Assemblée nationale, du président du groupe
UMP et du président du groupe socialiste.
Parmi les pistes évoquées lors des consultations menées par le Conseil avec
les rédactions et les partis politiques, il a notamment été proposé de créer deux
blocs : un bloc composé des oppositions et un bloc composé de l`exécutiI et de
la majorité parlementaire, avec, par exemple, l`introduction de seuils.
Le principe de réIérence est respecté : entre le 1
er
janvier 2000 et le 15 mai
2007, sur TF1, France 2, France 3 l`opposition a bénéfcié de 39 ° du temps de
parole ouvert aux Iormations politiques, ce qui représente davantage que l`ap-
plication du principe de réIérence ; depuis le 15 mai 2007, l`opposition a obtenu,
en moyenne, 34 ° du temps de parole.
Pendant les périodes électorales, l`article 16 de la loi du 30 septembre 1986
prévoit que le CSA adresse des « recommandations » aux éditeurs, terme peu
évocateur, car, le Conseil constitutionnel a eu l`occasion de le préciser en 1986,
ces recommandations revêtent un caractere obligatoire a l`égard des chaînes de
télévision et de radio.
En Ionction des élections concernées, quelques mois avant celles-ci, le CSA
demande aux opérateurs de respecter un principe d`équité, critere certes moins
contraignant, qui permet au CSA et aux chaînes de s`adapter a la réalité.
131
Annexes
L`équité correspond a la représentativité des diIIérentes composantes politiques,
laquelle s`apprécie a l`aune des résultats des élections passées et récentes, puis
en Ionction de la dynamique de campagne.
Le CSA est libre de fxer la date a partir de laquelle s`appliquent ces recomman-
dations, en pratique toujours avant le début de la campagne oIfcielle.
Pendant la campagne présidentielle, le CSA applique des criteres renIorcés. Lors
de la derniere campagne, la période d`équité a débuté le 1
er
janvier 2007.
Lorsque le Conseil constitutionnel publie la liste des candidats admis a se pré-
senter s`ouvre une période marquée par l`égalité des temps de parole.
Cette période est souvent mal vécue par les chaînes, car il est diIfcile pour elles
de concilier égalité des temps de parole et multiplicité des candidats. Un allege-
ment des regles pourrait être décidé, car celles-ci s`averent contre-productives a
l`égard des chaînes et des rédactions, surtout au cours de périodes tres longues.
La France est le seul pays dans lequel, sur la base des dispositions adoptées par
le CSA, tous les candidats ont un acces garanti aux médias dans des conditions
d`équité rigoureuses avant le début de la campagne oIfcielle et dans des condi-
tions d`égalité absolue lors de la derniere partie de la campagne. Ce systeme,
qui est tres protecteur et qui Ionctionne dans des conditions satisIaisantes, est
rigoureusement a l`opposé du systeme américain.
Pendant la campagne de l`élection présidentielle, le CSA contrôle chacun des
spots, afn que l`égalité des moyens de production et du contenu soit totalement
respectée.
M. Boyon s`est également interrogé sur le respect du pluralisme politique dans
les médias audiovisuels présents sur l`Internet. En eIIet, la directive européenne
SMA (Services de médias audiovisuels), que doit transposer la loi de moderni-
sation de l`audiovisuel, prévoit la régulation de la vidéo a la demande et de la
télévision de rattrapage, posant pour le Conseil la question des regles de plura-
lisme politique a appliquer a ces nouveaux supports.
S`agissant du pluralisme interne, pour l`attribution de Iréquences de télévision
et de radio, le CSA lance d`abord un appel a candidatures, examine ensuite la
recevabilité des demandes, procede enfn a des auditions publiques, lorsqu`il
s`agit de télévision, avant d`opérer une sélection.
Les criteres de sélection sont les suivants : outre le critere culturel (intérêt des
programmes), il existe des criteres répondant aux obligations du pluralisme,
comme le seuil de concentration (dans la zone concernée, le candidat ne doit pas
être déja titulaire de plusieurs autorisations) ou la protection de l`enIance.
M. Boyon a évoqué ensuite le contrôle de la concentration des entreprises
audiovisuelles
La loi de 1986 contient un dispositiI assez précis pour éviter une concentration
excessive des médias. D`ailleurs, la premiere mouture de la loi avait été partiel-
lement censurée par le Conseil constitutionnel au motiI qu`elle ne prévoyait pas
un dispositiI suIfsant pour lutter contre une concentration excessive ; lorsque,
deux mois plus tard, le législateur est de nouveau intervenu, il a transcrit la déci-
sion du Conseil constitutionnel.
132
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Lorsque le Conseil attribue une nouvelle autorisation, il veille au respect des
seuils de concentration monomédia et plurimédia. Lorsqu`une concentration
dans le domaine de l`audiovisuel est examinée par le Conseil de la concur-
rence, celui-ci saisit le CSA pour avis ; de même lorsqu`il examine une pratique
anticoncurrentielle dans ce domaine. Le CSA peut aussi saisir le Conseil de la
concurrence.
Les regles de concentration mono et plurimédia qu`applique le Conseil ont évo-
lué non dans leur principe, mais dans certains aspects, notamment pour tenir
compte de l`arrivée du numérique ; celui-ci multipliant les possibilités de rece-
voir la radio et la télévision, il a été nécessaire d`adapter le dispositiI anticoncen-
tration a cette situation, ce qui a notamment été réalisé en 2000.
En conclusion, M. Boyon a relevé que deux positions sont concevables quant
a l`inscription dans le Préambule de la Constitution du pluralisme des médias :
1) ne pas l`inscrire, en s`en tenant au corpus juridique parIaitement clair du
Conseil constitutionnel et au systeme Iondé sur ce corpus, lequel Ionctionne
relativement bien ;
2) considérer que, le pluralisme étant devenu aujourd`hui une exigence Iorte de
la société, il Iaut consacrer cette exigence dans le Préambule.
M. Boyon a jugé que ce n`était pas au CSA d`arbitrer entre ces deux positions.
Il a estimé touteIois que, si un principe devait être énoncé dans notre loi Ionda-
mentale, la plus grande liberté devrait être laissée au CSA dans la fxation des
regles, dont la grande vertu est de pouvoir s`adapter avec souplesse et Iacilité
aux évolutions de la vie politique.
Intervention de M. Jean-Pierre Changeux,
président d’honneur du Comité consultatif
national d’éthique pour les sciences
de la vie et de la santé
26 fuin 2008
Je tiens a remercier M
me
la Présidente Simone Veil, M. Pascal Chauvin et les
membres du comité de réfexion pour leur invitation a partager leur réfexion sur
le Préambule de la Constitution qui, selon les termes de Nicolas Sarkozy, déter-
mine « principes et valeurs qui aehnissent liaentite republicaine » . Préambule
qui se Ionde sur la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946, textes que l`on
ne saurait « aIIaiblir » et « qui sont de portée universelle ».
Le Président de la République releve que « les enfeux ont evolue » et que « notre
société s’est profondément transformée ». Il précise, en particulier : « Doit-on
permettre au legislateur ae mieux garantir laccès aes femmes et aes hommes
aux responsabilites. ? » » Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il
conviendrait de fonder, au-delà de l’évolution des techniques, notre approche
des problèmes liés à la bioéthique », tels que la « reconnaissance du principe de
dignité de la personne humaine, le respect de la vie privée et la protection des
données personnelles » ? Sa lettre Iait également mention de la « diversité de la
133
Annexes
societe française et au pluralisme aes courants aexpression et aes meaias »,
enfn, de la Charte de l`environnement de 2004.
Je ne sais les raisons qui justifent de ma présence devant vous, mais en préam-
bule, il me paraît souhaitable, pour mieux cerner ma position sur ces sujets, de
vous Iaire part de mon expérience personnelle.
1. Je suis chercheur depuis pres de quarante ans a l`Institut Pasteur, institution
dont la mission est d`allier recherche Iondamentale et application médicale dans
un objectiI de solidarité et de coopération a l`échelle de la planete, « pour le bien
de l’humanité », selon les termes de Louis Pasteur.
2. Je suis biologiste moléculaire et neurobiologiste. Eleve de Jacques Monod,
j`ai travaillé sur les mécanismes moléculaires de base intervenant dans la régu-
lation cellulaire et dans les mécanismes de communications entre cellules ner-
veuses et m`eIIorce sur ces bases Iondamentales de « reconstruire » les Ionctions
de notre cerveau, ses capacités de représentations, l`organisation de ces repré-
sentations en raisonnement et leur acces a la conscience, prenant en compte, a la
Iois, le pouvoir des genes qui déterminent l`« universalité » de la nature humaine
depuis les origines de l`Homo sapiens il y a seulement quelque 200 000 ans.
et l`empreinte des environnements : physique, mais aussi social et culturel que
les sociétés humaines et, donc, le cerveau des hommes ont construits au fl des
millénaires.
3. J`ai été président du Comité consultatiI national d`éthique (CCNE) de 1992 a
1998, prenant la succession du regretté Jean Bernard, Iondateur de la bioéthique
en France et dans le monde.
Enfn, j`ai toujours essayé de mettre en harmonie mon expérience de chercheur
et ma réfexion éthique.
Cela vous Iera comprendre ma position, qui n`est en aucune maniere idéolo-
gique, et qui se trouve Iondée :
1. sur l`évolutionnisme,
2. sur la neuroscience,
3. sur un humanisme laïque dont la visée est, pour reprendre les termes de Paul
Ricour : « La vie bonne, avec et pour les autres, au sein d’institutions justes. »
Je tenterai de déIendre devant vous trois points relatiIs aux questions posées par
le Président de la République :
1. Il me semble d`abord essentiel de réaIfrmer les grands principes républicains,
magnifquement résumés par les trois mots : « liberté, égalité, Iraternité », sans
avoir nécessairement a Iormuler de nouveaux principes de base, dont la généra-
lité sera moindre et la redéfnition caduque ; je serais plutôt pour une simplifca-
tion du texte avec le minimum d`additions nécessaires.
2. Il me paraît en revanche utile de revenir sur un principe inclus dans la Charte
de l`environnement et dont je ne partage pas le contenu : le « principe de
précaution ».
3. Je souhaiterais, enfn, clore mon intervention par une proposition, initiale-
ment suggérée par l`abbé Grégoire le 4 août 1789 devant la jeune Assemblée
nationale, d`une déclaration des devoirs, idée reprise récemment par le proIes-
seur Rita Lévi-Montalcini (Magna Carta of Human Duties de Trieste). Même si
134
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

cette suggestion n`agrée pas a la commission elle peut conduire a une meilleure
distinction entre « droits » et « devoirs » et devrait permettre de préciser certains
alinéas du Préambule de la Constitution de 1946.
I. Réaffirmer les grands principes républicains
de liberté, d’égalité, de fraternité
Préambule de 1946.
Je suggérerais un alinéa n
o
1 simplifé et complété : « Le peuple Irançais réaI-
frme solennellement les droits et libertés de tout être humain consacrés par la
Déclaration des droits de 1789 et les principes Iondamentaux reconnus par les
lois de la République de liberté, d`égalité et de Iraternité. »
Je ne conserverais pas du texte initial :
« distinction de race, de religion ou de croyance » ainsi que la réIérence au mot
« sacré », tous diIfciles a défnir dans le contexte scientifque et philosophique
contemporain,
ni, pour les mêmes raisons, l`alinéa n
o
16 ou on retrouve « race/religion ».
L`alinéa n
o
18 simplifé pourrait se réduire a : « La France |.| garantit a
tous l`acces aux Ionctions publiques et l`exercice individuel ou collectiI des
droits et libertés proclamés ou confrmés ci-dessus », puisqu`il paraît diIf-
cile de conserver du texte de 1946 les réIérences a l`Union Irançaise et aux
peuples d`outre-mer (alinéas 16 et 17). Mais cela n`est pas directement de ma
compétence.
Avant de réexaminer les notions Iondatrices de « liberté », d`« égalité » et de
« Iraternité », je rappellerai cette mise en garde de Jean Bernard en 1987 et
dont je partage le contenu : « Les lois réglant la bioéthique doivent être très
peu nombreuses, la science va plus vite que lhomme. Les progrès ae la bio-
logie sont si rapides qu’une loi nouvelle risque, à peine promulguée, d’être
périmée. »
L`expérience récente sur les lois de bioéthique en a montré le bien-Iondé.
Lorsque j`étais président du CCNE il a Iallu pres de huit ans entre un avis du
CCNE, le débat parlementaire (qui en altérait souvent le contenu), les décrets
d`application et leur mise en ouvre. avec pour bilan des retards regrettables
pour la recherche médicale en France et beaucoup de vains débats. Comme
l`écrivait Jean Bernard en 1987 : « Il y a nécessité d’une constante adaptation
[ae la reßexion ethique{ aux progrès ae la biologie et ae la meaecine » et,
tout récemment encore avant sa disparition « Ces lois [ae bioethique{ sont
absurdes » (Journal du dimanche, 23 Iévrier 2003). La prudence s`impose
si l`on veut Iaire réIérence aux questions de bioéthique dans la rédaction du
Préambule.
LIBERTE
1. Diversité et pluralité des opinions
Comme je l`ai dit, les mots « races, religions, croyances, sacré » et même
« genre ou sexe » me paraissent diIfciles a défnir sur les plans scientifque et
philosophique.
135
Annexes
Le texte de 1789, articles 10 et 11, utilise un terme que je préIere : « opinion ».
10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que
leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
11 « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les
plus precieux ae lhomme. »
Pour ma part, je serais Iavorable a la reprise de ces textes tels qu`ils ont été ini-
tialement écrits dans la Déclaration de 1789.
ƒ Axel Kahn vous convaincra que la notion de « race » n`a pas de Iondement
scientifque et déIendra l`idée d`une « unité » de l`espece humaine Homo sapiens
Iondée sur celle de son génome.
ƒ Par contre, j`insisterais sur l`empreinte épigénétique, souvent tres peu réver-
sible, laissée par l`environnement physique, social et culturel dans lequel le nou-
veau-né se développe. N`oublions pas que le cerveau du nouveau-né s`accroît
cinq Iois en masse de la naissance a l`état adulte et que sa connectivité double
apres la naissance. De cette « empreinte » épigénétique, aucun individu ne peut
être tenu pour responsable, que cela concerne la langue, les systemes symbo-
liques Iamiliaux, les regles de conduite et les codes moraux. Certes, a cette
empreinte proIonde et peu réversible se superpose la capacité de choix délibéré
engendrée par notre espace neuronal conscient. Cela me conduit a insister sur
le Iait que cette diversité doit être respectée certes dans la mesure ou comme la
Déclaration de 1789 le stipule « elle ne trouble pas l’ordre public ».
ƒ A ce propos, je voudrais revenir a un des acquis Iondamentaux des Lumieres,
repris dans le préambule de l`Encyclopédie et inspiré de Francis Bacon, et sur
lequel il me paraît essentiel de reprendre de nos jours : la notion d`« unité de la
connaissance » qui place la notion de « diversité » sur le plan de la singularité
de l`histoire génétique et épigénétique de chaque individu, comme de celle des
groupes sociaux et des cultures qui vont laisser leur empreinte dans l`évolution
cérébrale de chaque enIant, de chaque personne.
Ce trait Iondamental de la constitution de chaque individu me conduit a réaI-
frmer la notion de « laïcité » qui est le mieux a même de respecter cette diver-
sité : selon moi, l`identité républicaine se Ionde sur la notion de laïcité, qui en
constitue le principe unifcateur ; ma proposition est d`introduire le concept de
« laïcité » dans le Préambule sans attendre l`article premier de la Constitution.
2. Le respect de la diversité individuelle
Les aspects contingents de la diversité génétique et épigénétique de chaque indi-
vidu Iont que celui-ci ne peut en être tenu pour directement responsable et cela
m`amene a préciser cet aspect Iondamental du principe républicain de liberté.
Cela me conduit a réaIfrmer le respect de l`autonomie de la personne et de ses
capacités décisionnelles, de sa vie privée ainsi que la protection des données
personnelles auxquelles les progres de la connaissance scientifque sur l`homme
donnent désormais acces.
Ces termes pourraient éventuellement être introduits dans le Préambule en lieu
et place du concept quelque peu « valise » et dont l`usage me paraît souvent trop
abstrait de dignité de la personne car ils s`accompagnent, dans le cadre de la
136
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

recherche biomédicale, d`une notion nouvelle, issue des lois de Nuremberg : le
consentement libre et éclairé.
Consentement qui Iait qu`une personne ne peut par exemple être utilisée pour
l`expérimentation que si elle en accepte les conditions préalables, qui ne peuvent
porter atteinte a ses intérêts, en l`occurrence sa vie même, consentement libre
mais aussi éclairé. Le caractere éclairé du consentement souleve de redoutables
diIfcultés. En particulier du Iait qu`il s`agit souvent d`inIormer le patient d`un
contenu scientifque aux Irontieres de ses connaissances alors qu`il peut être
vulnérable et éprouvé dans ses dispositions mentales.
Peut-on suggérer d`introduire la notion de consentement libre et éclairé dans le
Préambule ? Je vous laisse juges.
EGALITE
Il s`agit la d`un principe important a réaIfrmer et pour moi a réintroduire sous
sa Iorme initiale.
Article 1
er
: « Les hommes naissent et aemeurent libres et egaux en aroits »,
précisé par l`article 6 : « Tous les citoyens sont également admissibles à toutes
dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction
que celle de leurs vertus et leurs talents. » Ce qui présuppose une diversité de
leurs « capacités » et de leurs « talents », dont, selon moi, la détermination est tant
génétique qu`épigénétique.
Trois implications de ces articles :
1. Egalité en droits, en dépit de diIIérences individuelles, qui implique une « éga-
lité des chances » en particulier pour l`acces aux « places et emplois » ; je préci-
serais ici : privés comme publics.
2. Egal et libre acces a l`éducation, article 13, je remplacerais le terme « instruc-
tion » par « éducation » qui inclut non seulement l`acquisition des connaissances
mais aussi la Iormation au raisonnement, a la réfexion et a ce que j`appelle, j`y
reviendrai, a la responsabilité citoyenne.
3. Enfn, j`ajouterais égal et libre acces aux connaissances scientifques et tech-
nologiques, en France comme dans le monde, compte tenu :
des inégalités géographiques,
de la compétition industrielle, multinationale,
de l'exigence d'acces aux soins, dans le cas de la recherche biomédicale et
pharmaceutique, etc.
Peut-être qu`une réfexion plus développée pourrait en quelques mots prendre
en compte les questions liées a la mondialisation des développements technolo-
giques et industriels.
FRATERNITE
Il s`agit la d`un des trois grands principes républicains les plus oubliés de nos
jours. J`y reviendrai dans ma troisieme partie.
Je soulignerai a ce stade ses implications dans le cadre de la recherche médicale.
137
Annexes
« Droit de ceux qui souIIrent a voir la collectivité entreprendre les recherches les
plus eIfcaces possibles pour lutter contre leurs maux » George David (Conseil
d`Etat, 1999), qui, selon, moi devient un devoir de recherche de nos sociétés,
avec le corrélat que, pour Jean Bernard, comme pour moi, la réfexion éthique
doit « favoriser, aider, ne jamais retarder le développement de la connaissance »
(1983).
II. Le principe de « responsabilité »
Ce principe contraste avec le « principe de précaution » inclus dans la Charte de
l`environnement.
Il ne s`agit pas de revenir, bien au contraire, sur l`article 1
er
qui stipule que
« chacun a le aroit ae vivre aans un environnement equilibre et respectueux ae
la santé », mais d`en Iavoriser une application aussi rapide et rigoureuse que
possible.
« Le principe de précaution impose, même en l’absence de risques avérés, de
aehnir aes mesures immeaiates ae protection ae lenvironnement. »
Je conteste l`usage de la notion « même en l’absence de risques avérés » appliqué
a la recherche médicale, ce principe aurait pour conséquences immédiates d`in-
terIérer avec la pratique des soins et, surtout, avec les progres de la recherche et
le développement de nouvelles méthodes thérapeutiques et de diagnostic.
Selon moi, « le devoir de recherche » et « le devoir d’essai », la découverte et la
mise a l`épreuve d`un nouveau traitement, avec comme corrélat immédiat : la
défnition d`un bilan risque-avantage.
Pour Jean Bernard, et je partage son point de vue, « il appartient aux hommes ae
science de prendre conscience de leurs responsabilités, ce qu’ils ont longtemps
refusé de faire » et de les engager a les assumer. C`est-a-dire de leur deman-
der de contribuer eux-mêmes et directement, en citoyens responsables, a éva-
luer les risques que comporte leur recherche en lieu et place de s`abstenir de
poursuivre leur recherche « par précaution ». Je demande donc de substituer au
terme « précaution » les mots « responsabilité devant les risques » accompagnés
de l`« évaluation objective des risques et des bénéfces » afn que le législateur et
le pouvoir politique puissent en tirer les conséquences pratiques.
III. Pour une déclaration des devoirs
L`Assemblée nationale constituante de 1789 a rejeté la proposition de l`abbé
Grégoire d`une Déclaration des devoirs (pour des raisons que je ne discuterai pas
ici). Mais l`idée a été reprise par le proIesseur Rita Lévi-Montalcini, prix Nobel
de médecine, avec sa Magna Carta aei Doveri aellUmanita, lancée a Trieste en
1998, et s`intéressant essentiellement au Iutur de l`humanité et a son évolution
dans un monde de plus en plus artifciel, modifé et construit par l`homme. ce
qui implique des « obligations » de solidarité a long terme, en plus de l`exercice
de droits.
Grégoire proposait déja que « les droits et les devoirs sont corrélatifs » et qu`il
est « essentiel de faire une déclaration des devoirs pour retenir les hommes
aans la limite ae leurs aroits , on est toufours porte a les exercer avec empire,
138
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

toufours prêt a les etenare , et les aevoirs, on les neglige, on les meconnait, on
les oublie. Il faut etablir un equilibre. »
Pour PuIendorII, les devoirs que la « Loi naturelle » impose a l`homme se rédui-
sent a trois classes générales (1756) : « ceux qui regaraent Dieu » (avec Spinoza,
je remplacerais Dieu par la Nature) ; « ceux qui se rapportent a nous-mêmes » ;
« ceux qui concernent les autres hommes ».
Au XXI
e
siecle, on pourrait retenir les devoirs suivants :
1. vis-a-vis de nous-mêmes,
2. vis-a-vis des autres hommes,
3. vis-a-vis de notre environnement physique, social et culturel,
et qui s`accompagnent de l`obligation civique de construire un monde Iutur qui
assure une évolution harmonieuse de la nature, de la société et de l`homme.
Cela inclut bien entendu :
1. L`environnement physique et naturel c`est le but de la Charte de l`environ-
nement déja mentionnée.
2. L`environnement culturel rapport célebre de Grégoire sur le « Vandalisme »
du 14 Iructidor de l`an 2 (1794) ou Grégoire s`insurge contre les destructions des
bibliotheques et des ouvres d`art, et demande le respect de ces « monuments »
qui « contribuent à la splendeur d’une nation et ajoutent à sa prépondérance
politique ».
« Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments
des arts, les hommes libres les aiment et les conservent. »
Grégoire introduit le concept de « patrimoine culturel » et les devoirs que tout
« bon citoyen » a de le protéger. Je plaide pour la mention de la protection du
patrimoine culturel au même titre que de l`environnement naturel.
3. Les ressources naturelles en énergie, en aliments, en especes biologiques (ali-
néas 7, 8 et 9 de la déclaration de Trieste) non seulement dans leur gestion, en
particulier lorsqu`elles sont limitées et donc épuisables, mais encore dans leur
distribution équitable énergie et alimentation a travers la planete.
4. La « qualité de vie ».
« Misère, faim, maladie, sous-emploi, planning familial et régulation de la popu-
lation mondiale » (alinéas 5 et 6 de la déclaration de Trieste), ce qui va avec l`ac-
ces équitable déja mentionné aux savoirs scientifques et a leurs applications
technologiques et industrielles.
Ces réfexions conduisent a une rédaction plus générale et au renIorcement de
l`article 12 du Préambule de 1946 : « solidarité et égalité de tous les Français
devant les charges qui résultent des calamités nationales », les mots « calamité
nationale » étant pour moi beaucoup trop imprécis et le contenu de l`article
insuIfsant.
5. l`éducation.
Evidemment le plus important de tous pour le neurobiologiste que je suis
puisqu`il s`agit de s`intéresser au cerveau des Iuturs citoyens de notre planete et
d`en Iaire des hommes responsables.
139
Annexes
6. La recherche scientifque et médicale.
Devoir de soins, devoir de recherche, de développement des acquis de la
science. pour le « bien de l’humanité » avec ce « culte de l’esprit critique »
cher a Louis Pasteur.
En conclusion, comme je l`écrivais récemment : « Nous devons penser l’éthique
au futur aans un monae ae plus en plus artihciel et rechercher un equilibre
harmonieux entre ce que nous sommes et ce que nous serons amenes a être aans
l’avenir. »
Comme l`écrivait le peintre Paul Signac : « L’âge d’or n’est pas dans le passé, il
est dans l’avenir » (Au temps d’harmonie, peinture pour la mairie de Montreuil).
La nouvelle présentation du Préambule de la Constitution doit nous préparer a
cet avenir.
Audition de M. Jean-Paul Delevoye,
médiateur de la République
19 fuin 2008
M. Delevoye pense qu`il pourrait être utile, ne serait-ce que sur le plan symbo-
lique, d`insérer dans le Préambule une Iormule selon laquelle : « La République
Irançaise reconnaît les droits et libertés fgurant dans la Convention de sauve-
garde des droits de l`homme et des libertés Iondamentales signée a Rome le
4 novembre 1950 et en assure la garantie eIIective, conIormément aux indica-
tions résultant de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l`homme. »
De même, il considere que, dans le Préambule, il pourrait être opportun de men-
tionner la Charte sociale européenne et de renvoyer a la Charte des droits Ion-
damentaux de l`Union européenne. L`intérêt de Iaire réIérence a la Charte tient
a ce qu`il s`agit d`un texte récent qui traduit bien la sensibilité contemporaine
en matiere de droits et libertés (droit a l`intégrité de la personne, protection des
données a caractere personnel, intégration des personnes handicapées.).
Une telle consécration des conventions internationales dans le Préambule de la
Constitution permettrait d`inscrire dans le droit positiI deux droits nouveaux,
particulierement importants : le droit a un proces équitable et le droit a une
bonne administration.
1) Le droit à un procès équitable
Ce droit inclut :
le principe du contradictoire,
la notion d`impartialité,
la notion d`indépendance,
la notion de « délai raisonnable ».
Aujourd`hui, aucune disposition Iormelle de la Constitution de 1958 ou de son
Préambule ne garantit explicitement les droits de la déIense.
140
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

C`est donc par le biais des principes généraux du droit et des principes Ionda-
mentaux reconnus par les lois de la République que ces principes ont une valeur
reconnue en droit interne.
2) Le droit à une bonne administration
L`objectiI visé est de protéger les citoyens contre les eIIets secondaires négatiIs
du droit, en particulier ses incohérences ou la complexité des lois et reglements
voire leurs changements trop Iréquents, sources d`insécurité juridique.
Afn de présenter une meilleure qualité, les lois doivent être compréhensibles,
prévisibles et normatives, et doivent porter sur le domaine de compétence du
législateur.
Aujourd`hui, aucune disposition Iormelle de la Constitution du 4 octobre 1958
ne garantit explicitement la sécurité juridique et la bonne administration. La
encore, c`est par le biais d`un principe général du droit que le principe de sécu-
rité juridique a été reconnu en droit interne.
S`agissant du déIenseur des droits des citoyens, qui devrait être introduit pro-
chainement dans la Constitution, M. Delevoye juge la notion réductrice, en ce
que, en évoquant les « citoyens », elle exclut les personnes de nationalité étran-
gere qui s`estimeraient lésées par le Ionctionnement d`un service public Irançais,
ainsi que tous les organismes chargés d`une mission de service public, alors que
les dispositions législatives régissant actuellement le médiateur de la République
prévoient que « toute personne physique ou morale » peut solliciter l`intervention
de celui-ci, de sorte qu`aucune condition de nationalité ou de capacité juridique
n`est aujourd`hui requise. Le terme de « citoyens » pourrait donc être attentatoire
aux droits de l`homme.
En outre, il serait utile de charger le déIenseur des droits de veiller a une meilleure
prise en compte par les pouvoirs publics de la jurisprudence de la Cour euro-
péenne des droits de l`homme, en exerçant un suivi et un contrôle de l`eIIectivité
des mesures prises par la France pour se conIormer aux décisions de la Cour.
Audition de M. Jacques Dermagne,
président du Conseil économique et social
26 fuin 2008
M. Dermagne s`interroge sur la notion incontournable de « société civile » et
indique qu`elle a fnalement été adoptée par déIaut ; il rappelle qu`en octobre
1999 M. Jacques Delors avait exprimé le besoin de donner une défnition de la
société civile organisée.
M. Dermagne estime que, corollaire de la société civile, la représentativité devrait
être constitutionnalisée ; les syndicats ont été créés en 1884 et on s`interroge
depuis longtemps maintenant sur la question de leur représentativité ; la repré-
sentativité des acteurs de la société devrait devenir un principe constitutionnel.
141
Annexes
M. Dermagne expose qu`en tres peu de temps le nombre de pays disposant d`un
Conseil économique et social est passé de 15 a 75 : alors que la Chine, le Brésil
et la Russie en ont créé un a l`image de la France ou de l`ONU, seuls les pays
anglo-saxons y sont encore réIractaires.
Concernant la transIormation du Conseil économique et social en Conseil éco-
nomique, social et environnemental, M. Dermagne s`interroge sur l`impression
d`exclusion des autres grandes préoccupations tels les domaines culturels ou
scientifques que cette évolution pourrait donner.
Audition de M. Luc Ferry, ancien
ministre, président-délégué du
Conseil d’analyse de la société
19 fuin 2008
Membre du comité Balladur, M. Luc Ferry rappelle que ce comité avait, a la
quasi-unanimité de ses membres, estimé qu`il n`était pas opportun de réviser
le Préambule de la Constitution, qui est un texte équilibré. Il Iait valoir a cet
égard que l`inscription des droits sociaux en 1946 n`a pas Iait baisser le taux de
chômage.
Son exposé porte essentiellement sur la discrimination positive, sur le principe
de dignité et sur les langues régionales.
A. La discrimination positive et les inégalités
M. Ferry releve la conIusion Iaite Iréquemment dans le débat public entre :
une idée juste : Iaire plus pour ceux qui ont moins (a titre d`exemple : les
ZEP),
l`afhrmative action au sens strict, qui consiste a réserver des postes a certaines
« catégories » et qui existe déja en France :
ƒ dans la loi sur le handicap, une excellente initiative qu`il Iaut développer,
ƒ dans la loi sur la parité, a laquelle M. Ferry était, des l`origine, déIavorable et
qui a eu, selon lui, peu d`eIIets sur la représentation a l`Assemblée nationale.
M. Ferry s`étonne que ce soit au moment ou les Etats-Unis remettent en cause la
discrimination positive (qui a, selon lui, détruit leurs universités) que la France
s`y intéresse. Ayant enseigné aux Etats-Unis, il considere que la discrimination
positive a produit des eIIets catastrophiques dans ce pays.
Comme M
mes
Evelyne Pisier, Elisabeth Badinter et Catherine Kinzler, M. Ferry
est déIavorable a l`action positive pratiquée au nom de la parité hommes-Iemmes.
Pour M. Ferry, la vraie question qui se pose est celle de savoir comment Iaire
reculer les inégalités ; il estime qu`il ne s`agit pas la d`une question d`ordre
constitutionnel ou juridique, mais de nature politique ; il ne serait pas opposé a la
voie constitutionnelle si celle-ci était eIfcace, ce qui, selon lui, n`est pas le cas.
142
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Il considere que, si la France ne réussit pas a bien intégrer ses enIants, ce n`est
pas parce que les principes républicains ne sont pas eIfcaces, mais parce que ces
principes ne sont pas appliqués.
Faisant réIérence a l`ouvrage Les Ghettos de la République d`André Gérin,
maire de Vénissieux, il estime que l`immigration a été mal pensée et mal orga-
nisée dans les années 1970 et que des ghettos américains ont été créés dans un
cadre républicain.
Pour pouvoir Iaire reculer les inégalités, il serait vital, selon lui, de reconstruire
intégralement la voie proIessionnelle en France, non pas par l`apprentissage des
quatorze ans, mais par l`alternance des cet âge. Il plaide pour le développement
de flieres d`excellence dans la voie proIessionnelle, par exemple en développant
le nombre de lycées de métiers.
Il pense a d`autres mesures, mais est convaincu que le Iait d`introduire des modi-
fcations dans notre loi Iondamentale ne résoudra rien en matiere de discrimina-
tions et d`inégalités.
Parmi ces autres mesures, M. Ferry évoque la possibilité d`oIIrir une deuxieme
chance, et ce dans plusieurs domaines :
apres une maladie grave,
apres la perte d`emploi,
apres un accident,
apres une incarcération,
ou encore apres un premier échec scolaire, étant rappelé que 160 000 jeunes
sortent chaque année du systeme scolaire sans diplôme ou presque (40 000
d`entre eux seulement ont le brevet).
En matiere d`inégalités hommes-Iemmes, M. Ferry ne serait pas opposé a un
moratoire ou a l`idée d`une constitutionnalisation de l`expérimentation.
En revanche, il se déclare Iarouchement hostile a toute discrimination positive
permanente en Iaveur des Iemmes : pour lui, la seule discrimination positive
acceptable est celle qui a été mise en ouvre en Iaveur des handicapés, dont le
handicap est permanent.
Il explique la représentation moindre des Iemmes aux postes élevés de la société
par le Iait que, pour elles, la vie privée l`emporte sur la vie proIessionnelle, un
mouvement qui gagne également les hommes depuis quelques années.
Il considere néanmoins que la situation des Iemmes a davantage changé en cin-
quante ans qu`en cinq cents ans, de sorte qu`on leur vole leur victoire en mettant
en ouvre la discrimination positive a leur bénéfce.
B. Le principe de dignité
Pour M. Ferry, il existe deux conceptions, deux grandes philosophies de la
dignité :
l`utilitarisme anglais et américain, qui considere que c`est le Iait pour
l`homme d`être capable d`éprouver du plaisir, de la peine ou de la souIIrance
qui lui conIere sa dignité,
143
Annexes
la conception républicaine Irançaise et allemande, qui estime que la dignité
consiste en la capacité de l`homme a s`arracher a tous les communautarismes ;
c`est le Iait pour l`être humain d`être respecté en dehors de toute communauté
sexuelle, raciale.
A partir de la, M. Ferry s`interroge : Comment constitutionnaliser un parti pris
idéologique ?
C. Les langues régionales
M. Ferry exprime son inquiétude a ce sujet.
Pour lui, le risque est grand d`encourager les parents, notamment en milieu rural,
a enIermer leurs enIants dans des langues inutiles, alors que les élites continue-
ront d`apprendre l`anglais et l`allemand.
Audition de M. Marcel Gauchet, historien
et philosophe, directeur d’études à l’École
des hautes études en sciences sociales
3 fuillet 2008
M. Marcel Gauchet montre son scepticisme a l`égard de la réIorme du Préambule
de la Constitution.
Le Président de la République a constaté que la France a proIondément changé :
notre sens de l`égalité s`est renouvelé de l`intérieur en bouleversant les termes
de la condition Iéminine et enIantine,
la possibilité de nouvelles techniques (intervention sur le vivant) ouvre des
questions inédites de choix et de limites,
l`installation de communautés d`immigrés oblige a reconsidérer la place de
l`hétérogénéité dans notre vie sociale.
Par rapport a ces changements, la question est double :
1) Ces transIormations entraînent-elles des changements d`égale ampleur dans
nos principes politiques de base et dans nos valeurs Iondamentales ?
2) L`inscription, dans le Préambule de la Constitution, des conséquences tirées
de ces transIormations dans les regles de Ionctionnement social est-elle de nature
a rendre l`exercice des valeurs plus eIfcace ?
Pour M. Gauchet, la réponse aux deux questions est négative.
Selon lui, on assiste soit au développement de principes déja présents, soit a
l`application de principes éprouvés.
Ainsi l`égalité hommes-Iemmes ajoute-t-elle a notre sens de l`égalité, mais n`a
en rien modifé l`idée d`égalité sur le Iond.
Les problemes d`application sont certes complexes, mais ils ne sont pas nou-
veaux quant au Iond des valeurs qui sont les nôtres : ainsi, si les questions bioé-
144
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

thiques ont aiguisé notre sens de la dignité humaine, osera-t-on dire pour autant
que l`on a inventé la dignité humaine ?
Il en est de même pour la relativité qui n`a rien a voir avec le relativisme et
l`importance des cultures.
Selon M. Gauchet, nous ne Iaisons que voir descendre dans la vie sociale les
acquis de la connaissance anthropologique, qui représentent une des grandes
conquêtes du XX
e
siecle.
La discorde aujourd`hui est certes réelle, mais porte infniment davantage sur
les applications, les implications et les conséquences des principes que sur les
principes eux-mêmes. Le consensus sur les principes Iondateurs est grand, c`est
sur leur application qu`une « guerre » a lieu.
Autrement dit, il existe un monothéisme des valeurs (on avance les mêmes prin-
cipes, il n`y a pas de discorde), mais il existe un polythéisme des jugements (sur
la maniere d`appliquer les valeurs et les principes, la bataille Iait rage). Ainsi le
véritable enjeu concerne-t-il la maniere d`appliquer ces principes sur lesquels
nous sommes Iondamentalement en accord. L`accord est tel sur les principes
Iondateurs que les discordes sur les conséquences a en tirer sont dramatiques.
Les citoyens considerent d`ailleurs que les décisions sont arbitraires.
En réalité, les principes et les valeurs sont revisités a la lumiere des transIorma-
tions sociales. Leur consécration n`est touteIois pas de nature a renIorcer le texte
constitutionnel et a assurer leur eIIectivité. En outre, l`état actuel des textes ne
Iait pas obstacle a l`inscription des principes et des valeurs dans la réalité.
M. Gauchet ne nie pas les eIIets a court terme des regles de parité ou de dis-
crimination positive. Mais il estime que ces eIIets a court terme ne doivent pas
être conIondus avec l`inscription en proIondeur dans la vie sociale de la regle
d`égalité ou de celle de non-discrimination.
Pour lui, le recours au droit, d`essence contentieuse, est l`ennemi du droit au
sens des regles qui Iont consensus : le droit n`a pas réponse a tout.
Il a été dit qu`on ne changeait pas la société par décret : M. Gauchet pense qu`on
ne change pas la société par la Constitution.
Ainsi ne voit-il pas en quoi l`inscription de la dignité dans le Préambule de la
Constitution permettra de résoudre les dilemmes bioéthiques, cela parce que le
désaccord ne porte pas sur les valeurs et les principes, mais sur les conséquences
a en tirer.
En outre, il craint que des dispositiIs circonstanciels et des mesures d`opportu-
nité (parité, discrimination positive...), qui seront assez vite périmés, viennent
parasiter un texte constitutionnel qui est la pour incarner la stabilité politique au
milieu des mutations de notre société.
Selon lui, ce ne sont pas les outils politiques disponibles par ailleurs qui Iont
déIaut pour réaliser les changements souhaités par les citoyens ; si l`on ne dispo-
sait que de la Constitution pour agir, on pourrait réféchir a une telle modifca-
tion, mais ce n`est pas le cas.
M. Gauchet releve que les Français ont eu des diIfcultés a trouver une stabilité
constitutionnelle, que nous vivons une phase exceptionnelle de notre histoire
145
Annexes
a cet égard et que nous n`aurions rien a gagner si un régime de changement
permanent dans la Constitution venait se substituer a notre régime antérieur de
changement permanent de la Constitution : il ne pourrait en résulter qu`un aIIai-
blissement de la hiérarchie des normes, une conquête de ces cinquante dernieres
années dont on ne parle pas assez.
M. Gauchet considere que ce qui a le plus changé dans la société Irançaise
depuis cinquante ans, c`est la réconciliation des Français avec la démocratie,
car, si ceux-ci ont inventé la démocratie sur le continent européen, chacun sait
qu`ils ont eu la plus grande peine a s`en accommoder en pratique.
Il pense que le constituant, le politique et le juge, tous unis, doivent les encoura-
ger dans cette inclination récente et certainement Iragile.
M. Gauchet ne se montre pas hostile a des dispositiIs circonstanciels a condition
qu`ils concernent des principes Iondamentaux : ces exceptions doivent touteIois
être constitutionnellement défnies dans le cadre précis des principes qu`elles
transgressent.
Intervention de M. Alain Grimfeld, président
du Comité consultatif national d’éthique
pour les sciences de la vie et de la santé
5 fuin 2008
Premiere interrogation : Pourquoi vouloir introduire la bioéthique, a côté
d`autres nouvelles composantes de notre société moderne, dans le Préambule de
la Constitution Irançaise ?
Il existe une volonté Iorte de la part du Président de la République pour que
« sur aes problèmes philosophiques, moraux, ethiques poses par la moaernite,
notre Constitution soit en avance sur notre temps et non pas en retara » : « Y
a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de fonder, au-delà de
l’évolution technique notre approche des problèmes liés à la bioéthique ? […]
par exemple la reconnaissance au principe ae la aignite humaine ».
Le souhait est donc, concernant la bioéthique, l`inscription dans le Préambule de
notre Constitution d`un texte venant s`ajouter a ceux de la Déclaration des droits
de l`homme et du citoyen de 1789 et du Préambule de la Constitution de 1946.
Certains redoutent que cette modifcation, a côté d`autres projetées, n`altere de
Iait la portée universelle de ces textes auxquels est venue s`ajouter la Charte
de l`environnement en 2004. Pour ceux-la les progres de la connaissance et les
évolutions sociétales n`ont pas atteint un niveau tel qu`ils puissent justifer d`ac-
tualiser en quelque sorte cette universalité.
Cependant, vu au travers du prisme de la biologie, l`être humain, dans sa concep-
tion ontologique, n`a plus la même Iorme qu`en 1946, et a fortiori qu`en 1789.
Sont dorénavant en question :
les « omics » (génomique, protéomique, métabolomique.),
les PMA,
l`utilisation des embryons,
146
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

la gestation pour autrui, etc.
Toutes ces situations Iont que les droits de l`être humain du XXI
e
siecle ont consi-
dérablement changé de nature, et ne peuvent plus tout a Iait être comparés a ceux
qu`on lui avait attribués au siecle des Lumieres puis au XX
e
siecle. Il est licite
qu`on veuille dans ces conditions leur construire un autre cadre.
Deuxieme question : Si fnalement les arguments l`emportent pour inscrire la
bioéthique dans le Préambule de la Constitution, quelle Iorme lui donner ?
L`énoncé de principes généraux, qui devront être pris en compte lors de l`éla-
boration de chaque loi, ce qui est plutôt la vocation des textes constitutionnels.
Dans ce cadre émerge une notion dominante, celle de la primauté de l`homme et
de sa protection Iace aux progres de la connaissance en matiere de sciences de
la vie et de la santé. Cela apparaît dans un texte publié par le CCNE en 1987 :
Recherche biomédicale et respect de la personne.
L`homme peut ici être considéré en tant qu`individu d`une espece :
soit comme être humain, résultante exclusive de composantes biologiques
multiples et complexes, autonome,
soit comme personne humaine, résultante d`interactions entre ses caractéris-
tiques biologiques et ses relations avec les autres individus.
Les systemes de protection peuvent sensiblement diIIérer selon que l`on privilé-
gie le premier dans une attitude plutôt utilisatrice, ou le second ou apparaîtra la
notion de préservation de la dignité, en soi et Iace aux autres.
L`homme peut aussi être considéré en tant que partie du monde vivant :
indissociable de son environnement, et dépendant pour partie de lui dans le
cours de son existence,
intégré dans la biodiversité, a côté de la fore et de la Iaune.
L`autre possibilité d`intégration de la bioéthique dans le Préambule de la
Constitution peut être la réglementation de certaines pratiques. Il s`agit la plutôt
d`un exercice devant conduire a l`élaboration de textes de loi. Notamment :
Pour l`individu adulte ou en développement :
ƒ l`indisponibilité du corps humain,
ƒ la non-patrimonialité du corps humain, le don d`organe et l`anonymat,
ƒ le consentement libre et éclairé,
ƒ la non-discrimination au regard des caractéristiques génétiques qui pourrait
apparaître, de maniere un peu triviale, comme une actualisation de certains des
droits déja consignés dans le Préambule de la Constitution), etc.
Au stade de la conception et de la maturation :
ƒ les dons d`ovocytes,
ƒ la procréation médicalement assistée,
ƒ les diagnostics préimplantatoire et prénatal,
ƒ les recherches sur l`embryon,
ƒ la gestation pour autrui, etc.
ƒ pouvant ouvrir sur le clonage thérapeutique (besoin de matériau humain pour
progresser),
ƒ et sur la sélection génétique.
147
Annexes
En Iait tous ces sujets Ieront partie des débats menés lors de la révision des lois
de bioéthique, et doivent plutôt demeurer a cette place-la.
Finalement, il paraîtrait plus opportun a l`intérieur d`un texte situant la bioé-
thique dans le Préambule de la Constitution que soient inscrits des principes
généraux directeurs, et que ceux-ci comportent :
au centre des préoccupations, le respect premier dû a la vie humaine et a la
protection de l`homme Iace aux recherches en sciences médicales et sciences de
la vie, notamment en termes de relation médecin-malade et de consentement,
la prise en compte d`emblée du droit de l`enIant, au cours d`une démarche de
droit a l`enIant,
la préservation des êtres et des personnes, en tant qu`individus de l`espece
humaine, dans sa spécifcité particuliere, mais aussi dans le cadre de la préser-
vation de la biodiversité, dont doivent être évités l`érosion, le déséquilibre et la
perte d`harmonie.
Audition de M. Martin Hirsch,
haut-commissaire aux solidarités
actives contre la pauvreté
3 fuillet 2008
M. Hirsch indique vouloir aborder quelques points dont il ne sait s`ils doivent
avoir une traduction dans le Préambule de la Constitution, mais qui, selon lui,
n`ont pas encore trouvé de point d`ancrage suIfsant.
A. Le mode de représentation collective des exclus
Lorsqu`on lit le Préambule, ainsi qu`un certain nombre d`autres textes, on
s`aperçoit que sont reconnus le droit syndical, le droit de greve et, plus générale-
ment, le droit d`action de celles et ceux qui ont déja acces au monde du travail.
En revanche, le mode de représentation collective des plus pauvres et des exclus
est insuIfsamment assuré. Il ne s`opere d`ailleurs pas spontanément et repré-
sente une « sorte de vide » dans le Ionctionnement de notre démocratie.
Ainsi, voici cinq ans, les lois régissant le RMI, qui concernent 1,2 million de
ménages en France, ont été modifées de Iaçon tres substantielle et ont prévu
notamment la décentralisation du RMI ; au même moment, la gestion des per-
sonnels des colleges, les ATOS, qui représentent 100 000 personnes, a été décen-
tralisée ; or on a assisté a un grand mouvement de protestation autour des ATOS,
alors que rien ne s`est passé du côté des allocataires du RMI. Il a été tres Irap-
pant de constater l`absence de représentation collective des allocataires du RMI,
qui pouvaient être des interlocuteurs des pouvoirs publics au moment ou une
réIorme d`une importance Iondamentale les concernant était mise en ouvre.
De la même Iaçon, a propos du pouvoir d`achat, il existe a l`heure actuelle un
débat sur l`indexation d`un certain nombre de prestations et notamment sur la
revalorisation du SMIC, mais aucun débat sur le montant du RMI.
148
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Cela signife que notre histoire juridique et sociale pousse a privilégier un certain
mode de représentation au détriment d`autres. Dans ces conditions, la question
se pose de savoir s`il ne serait pas utile de prévoir un ancrage des droits des
exclus dans un texte Iondamental.
B. Les discriminations
Lorsqu`on a un objectiI de réduction de la pauvreté, la population que l`on
cherche a atteindre doit être ciblée. Mais, actuellement, il n`existe aucuns
moyens en ce sens, hormis les statistiques, ce qui pose la question des coûts.
Sans entrer dans une politique de discrimination positive, il Iaut traiter la ques-
tion d`une maniere ou d`une autre, a déIaut de quoi on méconnaît un certain
nombre d`inégalités.
C. Le principe d’égalité
Au cours de ces dernieres années, la maniere dont le principe d`égalité (tant
entre les hommes qu`entre les territoires) a été aIfrmé, traduit dans la loi, inter-
prété par la jurisprudence et appliqué s`est fnalement retourné contre son objec-
tiI. Ainsi, au nom du principe d`égalité, on a imposé une sorte d`uniIormité sur
un certain nombre de prestations, qui passent de ce Iait a côté de leur objectiI.
Lorsqu`on veut savoir si une politique sociale nouvelle va être eIfcace ou pas,
il peut être intéressant de la tester sur une partie de la population, un peu comme
en matiere d`essais cliniques.
C`est de cette Iaçon que de nombreux pays réIorment leur systeme social. Aux
Etats-Unis, en particulier, qu`il s`agisse du soutien scolaire ou encore des pres-
tations sociales, des programmes extrêmement développés permettent, pen-
dant une période transitoire, de tester un programme sur un échantillon de la
population.
Ce test de l`eIfcacité des politiques publiques est absolument indispensable.
Ce genre de programme se heurterait probablement a l`interprétation Iaite en
France du principe d`égalité. Mais on risque alors d`aboutir soit a une absence
de réIormes, soit a des réIormes ineIfcaces ou mal ciblées.
Il Iaut conserver ce qu`il y a de bon dans le principe d`égalité, mais sans que
celui-ci Iasse obstacle a ce type de programme.
D. L’alinéa 11 du Préambule de 1946 et le rapport
travail-solidarité
Quels droits Iondamentaux ajouter au Préambule de 1946 ? En réalité, quelle que
soit l`aIfrmation des droits Iondamentaux, celle-ci demeure une fn en soi mais
ne donne pas la garantie de leur réel contenu.
L`alinéa 11 du Préambule de 1946 a été repris dans l`article 1
er
de la loi du 1
er

décembre 1988 ayant créé le RMI. Ce dernier texte pourrait être modifé et ainsi
Iormulé : « S’il y a un revenu, il garantit à toute personne, qu’elle soit ou non
149
Annexes
capable de travailler, de disposer d’un revenu minimum et de voir ses ressources
augmenter quand les revenus qu’elle tire de son travail s’accroissent. »
Ce serait un signal induisant une autre conception de la combinaison entre tra-
vail et solidarité.
E. Les évolutions du modèle social français
Il existe trois degrés de réponses :
1) Un revenu minimum, mais pas de perte d`argent en cas de reprise d`un travail
Dans le modele Irançais comme dans le modele européen, on tend vers une
combinaison du principe d`un revenu minimum (droit objectiI a un revenu, sans
dépendre d`une aide sociale ou d`une aide privée qui serait Iacultative) avec
celui d`une reprise du travail sans perte d`argent. Il s`agit la d`un changement
important par rapport aux idées en vigueur voici vingt ans.
2) Le reIus en France de la notion de « handicap social »
Un certain nombre de personnes, non pas en raison d`un handicap physique ou
mental mais en vertu de leur situation sociale, ont bénéfcié d`un statut, ont été
« cotorépisées », ce qui a constitué un moyen de les dispenser de la logique des
droits et devoirs, prétendument pour leur bien, mais dans des conditions qui se
retournent fnalement contre elles.
3) Combiner baremes uniques et actions sur mesure
Il Iaut a la Iois, d`une part, avoir la capacité de défnir de maniere objective
les conditions de revenus en mixant travail et solidarité, selon des baremes qui
soient identiques sur l`ensemble du territoire et qui soient déterminés de maniere
démocratique par la loi, d`autre part, avoir les capacités d`édicter des politiques
spécifques.
A l`heure actuelle, nos politiques publiques sont incapables de répondre a des
situations de pauvreté ou de détresse sociale correspondant a des situations d`en-
chevêtrement de diIfcultés de tous ordres.
Des politiques sociales trop codifées ne savent pas répondre aux trois quarts des
problemes des personnes concernées.
Il Iaut par conséquent prévoir en Iaveur des pauvres a la Iois des mécanismes
de redistribution fscale, a l`instar de ceux qui existent pour les couches les plus
aisées, et des mécanismes de soutien, outre des aides qui puissent être attribuées
sur des criteres suIfsamment souples pour tenir compte de la situation réelle des
personnes.
F. Pour une application des principes figurant dans
les textes fondamentaux
La question n`est pas tant d`ajouter des droits Iondamentaux, mais plutôt de
mettre en place des mesures permettant de rendre ces droits eIIectiIs.
Ainsi, lorsqu`on parle de l`égalité devant les charges publiques, il existe un
double paradoxe : malgré ce principe, les plus pauvres peuvent être taxés a
150
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

100 °, alors que les plus riches peuvent être protégés a 50 ° ; au regard du débat
sur les niches fscales et sociales, l`égalité envisagée dispositiI par dispositiI ne
parvient pas a une égalité réelle.
Intervention de M
me
Valérie Létard,
secrétaire d’État chargée de la Solidarité
auprès du ministre du Travail, des Relations
sociales, de la Famille et de la Solidarité
12 fuin 2008
Madame la Présidente,
Monsieur le Président de l`Assemblée nationale,
Monsieur le Rapporteur,
Mesdames, Messieurs,
Je tiens tout d`abord a vous remercier de m`auditionner ce matin dans le cadre
de la mission que vous a confée le Président de la République pour étudier dans
quelle mesure les droits Iondamentaux reconnus par la Constitution et inscrits
dans le Préambule doivent être complétés afn de garantir l`égalité de l`homme
et de la Iemme, d`assurer le respect de la diversité et de rendre possible de véri-
tables politiques d`intégration. En raison de mes attributions, mon propos por-
tera essentiellement sur les questions liées a l`égalité hommes-Iemmes, mais
j`évoquerai également brievement la thématique du respect de la diversité dans
la mesure ou elle concerne également la situation des personnes handicapées.
1. En ce qui concerne l`égalité entre les Iemmes et les hommes, tout d`abord,
je voudrais dire que compte tenu de ce que vous représentez pour la cause des
Iemmes, madame Simone Veil, je me réjouis que le Président de la République
se soit adressé a vous pour conduire cette mission.
Si l`égalité est désormais acquise en droit dans notre pays et si de nombreux pro-
gres sont constatés, elle ne s`est pas encore totalement concrétisée dans les Iaits.
J`en ai pris largement la mesure depuis mon entrée en Ionction.
Ce constat, nous pouvons le Iaire dans le domaine de l`égalité proIessionnelle,
dans la trop Iaible promotion des Iemmes aux postes de responsabilité et dans
la trop Iaible diversité des métiers qui leur sont destinés. On constate aussi cette
absence d`égalité en observant les conditions de travail et notamment le Iait
que 80 ° des personnes qui occupent un emploi a temps partiel subi sont des
Iemmes.
La situation des Iemmes en matiere de violence est également dramatique
puisque une Iemme meurt sous les coups de son conjoint tous les 3 jours envi-
ron. J`ai donc lancé un plan de lutte contre les violences Iaites aux Iemmes en
novembre dernier pour tenter de mettre fn a ce féau. Si cet aspect est un peu
plus éloigné de votre mission, je tenais néanmoins a le signaler parce que nous
ne pouvons nous dégager d`une vision globale de la situation de la Iemme quand
nous cherchons a la Iaire progresser.
151
Annexes
Finalement, le seul domaine ou la cause des Iemmes a pu progresser signifcati-
vement est le secteur politique. Nous avons tous en mémoire cette étape essen-
tielle qui a pu enfn être Iranchie dans la modernisation de notre vie politique il
y a bientôt dix ans. Le 28 juin 1999, en eIIet, le Parlement, réuni en Congres,
adoptait la révision constitutionnelle consacrant le principe d`égal acces des
Iemmes et des hommes aux mandats électoraux et Ionctions électives. A partir
de la, plusieurs lois ont pu être promulguées :
La loi du 6 juin 2000 impose la parité dans les scrutins de liste et prévoit une
sanction fnanciere pour les législatives au scrutin majoritaire uninominal.
La loi du 11 avril 2003 conIorte la regle de parité pour les élections régionales
et européennes.
La loi du 31 janvier 2007 impose la parité dans les exécutiIs des conseils muni-
cipaux et alourdit les sanctions fnancieres pour les législatives.
Enfn, la récente loi du 26 Iévrier 2008 rend pleinement eIIective l`institution du
ticket paritaire et permet au suppléant d`un conseiller général démissionnaire de
remplacer ce dernier en situation de cumul avec un mandat de député ou de séna-
teur. Cette nouvelle mesure apporte une pierre supplémentaire a notre édifce.
Incontestablement, nous disposons d`un ensemble de textes qui permettent de
progresser.
TouteIois, les progres sont lents puisque, pour ne prendre qu`un exemple, l`As-
semblée nationale ne comprend encore que 18,5 ° de Iemmes, ce qui place
la France au 58
e
rang mondial et au 18
e
rang dans l`Europe a 27. Certaines
pratiques permettant de contourner la loi me paraissent également devoir être
condamnées : que penser en eIIet de la multitude de listes de candidatures aux
sénatoriales conduites par des hommes qui étaient jusque-la n
o
2, 3 ou 4 et qui
ne peuvent plus être que n
o
3, 5 ou 7 et donc non éligibles ?
Dans le domaine économique et social, la situation des Iemmes est encore plus
déIavorable. La part des Iemmes dans les postes de décision est tres inIérieure a
celle des hommes.
Majoritaires dans la population, en situation de quasi-parité dans la population
active occupée, les Iemmes sont minoritaires (28 °) parmi les entrepreneurs et
le demeurent au sein des nouvelles générations de créateurs d`entreprise (31 °).
Ces Iemmes sont davantage diplômées que les hommes entrepreneurs, plus
jeunes. Leurs entreprises, relevant tres majoritairement du tertiaire, sont plus
petites et moins pérennes.
Moins nombreuses a la tête des sociétés que des entreprises individuelles, elles
les dirigent rarement seules et le partage des Ionctions est rarement en leur
Iaveur.
Malgré la croissance de l`activité Iéminine et la progression du niveau d`éduca-
tion des Iemmes qui a rejoint, voire dépassé, celui des hommes, des inégalités
persistent entre hommes et Iemmes sur le marché du travail.
Quelques chiIIres méritent d`être cités pour mesurer les écarts de situation que
l`on continue de constater dans le monde proIessionnel :
Les Iemmes n`occupent que 7,6 ° des sieges des conseils d`administration.
152
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Leur part dans les comités d`entreprise n`est en moyenne que de 35 °.
Leur part dans les conseils de prud`hommes est inIérieure a 25 ° et leur
progression est tres inégale selon les sections. Les plus masculines restent l`in-
dustrie et l`encadrement.
Le taux de Iéminisation dans les emplois de direction de la haute Ionction
publique est seulement de 13,8 °.
Ces exemples montrent combien le « plaIond de verre » auquel se heurtent les
Iemmes est diIfcile a briser.
L`égalité entre les sexes est acquise en droit, au regard de nos textes Iondamen-
taux, mais elle n`est pas assurée dans les Iaits.
Comment parvenir a une véritable égalité de Iait ? C`est sur cette question que je
souhaitais Iormuler quelques propositions devant votre commission.
La volonté aIfrmée du Président de la République de compléter le Préambule
de la Constitution par des dispositions permettant de « garantir l’égalité de
l’homme et de la femme » nous ouvre de nouvelles perspectives pour l`acces des
Iemmes aux responsabilités dans tous les domaines.
Dans le cadre des débats sur la réIorme des institutions, M
me
la députée
Zimmermann, présidente de la délégation aux droits des Iemmes de l`Assem-
blée nationale a Iait adopter un amendement inscrivant dans le projet de loi
constitutionnelle, a l`article 34 de la Constitution, l`égal acces des Iemmes et
des hommes aux responsabilités proIessionnelles et sociales.
On ne peut qu`adhérer au principe de l`égalité proIessionnelle entre Iemmes et
hommes sur lequel le gouvernement ne cesse de se mobiliser. Cependant, votre
comité a été mandaté par le Président de la République pour réféchir notamment
a l`inclusion du principe a caractere universel de l`égal acces aux responsabilités
proIessionnelles et je souhaiterais insister sur le Iait que ce principe me tient
également a cour.
La discussion va se poursuivre au Sénat. Je ne sais si cette disposition va être
maintenue, mais je dois dire qu`a titre personnel j`y suis Iavorable. En Ionction
des suites qui seront réservées a votre propre rapport, madame la présidente, je
me rangerai volontiers a l`idée qu`elles puissent Iaire l`objet d`une modifcation
du Préambule de la Constitution, car vos propositions pourraient être plus com-
pletes, et plus Iortes, mais aussi plus précises en Iaveur de l`égalité que l`amen-
dement parlementaire.
C`est en prenant en considération le contexte international et européen, en m`ap-
puyant sur les analyses et la position du Conseil constitutionnel relatives aux
moyens juridiques dont nous disposons que je souhaite vous présenter une pro-
position destinée, au-dela du législateur, a mieux garantir l`égalité.
Le droit international a reconnu les décalages entre le principe de droit et la
réalité des Iaits. Il suIft de se réIérer a la convention de l`ONU sur l`élimina-
tion de toutes les Iormes de discriminations a l`égard des Iemmes (CEDAW) du
18 décembre 1979.
Le droit européen prend également en compte la nécessité de mesures parti-
culieres. L`article 141 du Traité instituant la Communauté européenne (apres
modifcation par le Traité d`Amsterdam du 2 octobre 1997) habilite les Etats
153
Annexes
membres « à maintenir ou adopter des mesures prévoyant des avantages spé-
cihques aestines a faciliter lexercice aune activite professionnelle par le sexe
sous-représenté ou à prévenir ou compenser des désavantages dans leur car-
rière professionnelle ». La jurisprudence de la Cour de justice des Communautés
européennes autorise également des actions positives, sous réserve qu`elles ne
soient pas arbitraires ni automatiques et respectent le principe de proportionna-
lité. La Charte des droits Iondamentaux précise dans son article 23 que « l’éga-
lité entre les hommes et les femmes doit être assurée dans tous les domaines ».
Le Conseil constitutionnel a admis que le législateur puisse agir sur le Ionde-
ment de l`article 141 du Traité instituant la Communauté européenne. Il admet
aussi la recherche d`un acces équilibré des Iemmes et des hommes aux responsa-
bilités autres que les Ionctions publiques électives et il la conditionne au respect
des compétences permettant d`accéder aux postes de responsabilité. Mais cette
avancée me paraît trop restrictive. De Iait, il a considéré que l`imposition du res-
pect de « proportions déterminées entre les femmes et les hommes » (c`est-a-dire
des quotas) dans les instances délibératives et juridictionnelles était contraire au
principe d`égalité devant la loi et contraire a la Constitution. Il a donc, comme
vous le savez, censuré la loi relative a l`égalité salariale le 16 mars 2006 en réIé-
rence aux termes de la Déclaration de 1789.
Au-dela du principe d`égalité entre les Iemmes et les hommes inscrit dans la
Constitution, par réIérence au Préambule de la Constitution de 1946, réaIfrmé et
complété par la loi constitutionnelle du 8 juillet 1999, il conviendrait donc d`en-
visager une implication globale de toute la nation pour mieux garantir l`égalité.
En eIIet, l`action du législateur est Iondamentale mais elle doit être comprise et
appliquée par tous.
Parvenir a l`égalité, c`est transIormer les mentalités et les comportements de
l`ensemble des citoyens. Ce n`est que par un engagement total de la nation et de
toutes ses composantes que nous pourrons atteindre cet objectiI.
Le Préambule devrait ainsi marquer la dynamique dans laquelle doivent se pla-
cer les pouvoirs exécutiI, législatiI et judiciaire pour contribuer ensemble a la
promotion de l`égalité entre les Iemmes et les hommes dans notre société, avec
la société civile.
Pour y répondre, ma proposition consisterait a compléter l`alinéa 3 du Préambule
d`une phrase. La rédaction complete de cet article serait la suivante : « La
loi garantit a la femme, aans tous les aomaines, aes aroits egaux a ceux ae
lhomme. La nation assure les conaitions ae leur egal accès aux responsabilites
politiques, professionnelles et sociales. »
Cette proposition s`inspire de celle prévue a l`alinéa 10 du Préambule de 1946,
relatiI au développement de l`individu et de la Iamille.
Cette Iormulation permettrait d`inscrire notre texte Iondamental dans la ligne
des progres enregistrés aux plans communautaire, international et national
au cours des cinquante dernieres années. La Déclaration commune de Pékin,
adoptée a l`unanimité par les pays membres de l`ONU en 1995, a l`issue de la
4
e
ConIérence mondiale sur les Iemmes, a souligné l`importance de cette action
conjointe.
154
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Si elle était retenue, cette proposition marquerait dans la loi constitutionnelle la
volonté déterminée de la République d`assurer l`égalité entre les Iemmes et les
hommes avec tous les moyens dont elle dispose.
Le Préambule de la Constitution donnerait ainsi un signal Iort a tous les citoyens
pour réaliser ensemble l`égalité au quotidien entre les Iemmes et les hommes.
2. S`agissant de la place des personnes handicapées, les débats qui se sont dérou-
lés lors de la premiere ConIérence nationale du handicap ce mardi 10 juin m`ont
confrmée dans l`idée que notre pays s`honorerait d`inscrire dans son Préambule
une disposition de nature a Iavoriser une meilleure prise en compte des per-
sonnes handicapées.
Celles-ci souIIrent d`une double diIfculté :
elles souIIrent d`un probleme global d`accessibilité : a l`école, dans la cité,
dans les établissements recevant du public et dans les entreprises ;
elles souIIrent d`un probleme d`acces a l`emploi quand elles sont considérées
comme aptes a accéder a l`emploi.
A ce stade, cependant, je ne suis pas en mesure de vous proposer une proposition
de rédaction, cet aspect devant tout d`abord Iaire l`objet de validations et d`ex-
pertises plus précises. Je vous remercie de le comprendre. Si ceci recueille votre
assentiment et si cette orientation s`avere opportune, je vous Ierai part, madame
la présidente, d`une proposition de rédaction d`une disposition qui pourrait trou-
ver sa place apres le 11
e
alinéa du Préambule de 1946 pour les personnes en
situation de handicap.
Je vous remercie.
Audition de M
me
Christiane Menasseyre,
inspecteur général honoraire de philosophie,
ancienne doyenne du groupe de philosophie
19 fuin 2008
M
me
Menasseyre s`interroge : la Constitution, loi Iondamentale de la République,
Iorme un tout, dans la mesure ou les valeurs et principes énoncés dans le
Préambule, norme Iondamentale de la loi Iondamentale, orientent les regles
de Ionctionnement des institutions. Des lors, comment envisager des modif-
cations du Préambule alors que la réfexion sur la réIorme du corps même de la
Constitution est déja tres avancée ?
Pourquoi souhaite-t-on réviser le Préambule de la Constitution ?
Parce que des questions nouvelles, liées notamment aux progres techniques, se
posent ; parce que apparaissent a la conscience des préoccupations nouvelles,
impliquées par les transIormations de notre société. Ainsi de l`interrogation
bioéthique, de la place croissante des Iemmes dans la vie sociale, proIession-
nelle et politique, et encore de la prise de conscience de la diversité dans notre
société.
155
Annexes
Or, ce sont la des faits.
Mais ces questions, les questions de l`égalité des citoyens entre eux ou de l`éga-
lité entre les hommes et les Iemmes, relevent de principes. Elles peuvent certes
apparaître sous une Iorme nouvelle ou inédite, mais les principes dont elles rele-
vent, ceux de 1789 et de 1946, qui aIfrment de maniere intemporelle la liberté et
l`égalité, demeurent. Tel est bien en eIIet le propre de toute situation historique,
par défnition nouvelle, que d`appeler de maniere singuliere des principes dont
la validité universelle et la portée générale demeurent. Pourquoi adopter d`autres
principes qui pourraient altérer, et par la aIIaiblir, le Préambule ?
Dans sa lettre de mission, le Président de la République a posé la question sui-
vante : « Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valo-
risant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect
effectif du principe d’égalité ? » Insistant sur l`expression « valorisant davantage
la diversité », M
me
Menasseyre se demande si un Iait la diversité doit être
érigé en valeur.
Elle considere que ce serait la une voie dangereuse pour l`identité républicaine,
car elle menerait tout droit a l`établissement de catégories, lesquelles ne seraient
pas si Iaciles a établir. Par exemple, en eIIet, comment déterminer les catégories
nécessaires a l`établissement de quotas ? Comment classer les Français nés en
France selon qu`ils sont issus de la deuxieme ou de la troisieme génération d`im-
migrés ? Et de quels pays ? Une telle entreprise serait essentiellement contraire a
notre conception de la République. Elle conduirait au communautarisme. Ainsi,
inscrire la diversité dans le Préambule représenterait une Iaute politique, sans
doute même une Iaute majeure.
Pour autant, cela ne signife pas qu`il ne Iaille pas prendre en compte les inégali-
tés. M
me
Menasseyre rappelle qu`elle-même participe depuis ses débuts a la mise
en ouvre de la politique d`éducation prioritaire instaurée par l`IEP de Paris voici
huit ans, ainsi que, depuis trois ans, a l`activité du « lycée expérimental
1
» en
Seine-Saint-Denis. Il ne s`agit pas la, comme on le croit souvent, de discrimina-
tion positive puisqu`il n`existe ni quotas ni prédétermination de succes. Il s`agit
d`une politique tres volontariste ; il Iaut mettre en place en amont toutes les
regles de nature a Iavoriser l`acces aux responsabilités. Ainsi ces lycées dont
sont issus en nombre croissant de jeunes étudiants de l`IEP de Paris connaissent-
ils a tous égards un véritable développement. La politique menée par l`IEP de
Paris a ouvert un horizon aux jeunes qui en sont bénéfciaires : non seulement
elle les Iait échapper a un destin tracé d`avance mais elle a des retombées posi-
tives sur les lycées concernés eux-mêmes
2
.
En réalité, le Préambule de 1946 contient tout ce qui est nécessaire a la résolu-
tion du probleme des inégalités.
(1) Ce que l`on appelle le « lycee experimental » désigne non pas un établissement (qui pour l`ins-
tant n`a pu voir le jour) mais une structure bien réelle dans laquelle travaillent « en réseau », selon
des méthodes innovantes, cinq lycées de Seine-Saint-Denis, auxquels s`est joint, depuis la rentrée
2007, un lycée de Moselle.
(2) Outre la croissance du nombre d`admissions a Sciences Po, pour la plupart suivies d`études
réussies, les lycées d`origine connaissent eux-mêmes une augmentation sensible du taux de réussite
au baccalauréat et du nombre des mentions, ainsi qu`une orientation bien plus prononcée vers les
classes préparatoires et les classes de BTS.
156
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

M
me
Menasseyre observe en outre qu`en matiere d`acces des Iemmes aux
Ionctions politiques le changement a été introduit dans le corps même de la
Constitution, puis par diIIérentes lois.
Si une modifcation devait intervenir pour Iavoriser l`égal acces des hommes et
des Iemmes aux Ionctions autres que politiques, elle devrait intervenir dans la
Constitution
1
, mais certainement pas dans le Préambule.
Au demeurant, dans le domaine politique, l`Observatoire de la parité a constaté
que les diIIérentes mesures introduites depuis 1999 n`ont produit d`eIIet qu`au
niveau des élections locales, les diIIérents partis préIérant payer des amendes en
ce qui concerne les élections législatives.
En la matiere, ce sont des mesures sociales volontaristes prises en amont qui
sont décisives.
En sa qualité d`inspecteur général de philosophie, M
me
Menasseyre a visité de
nombreux lycées déshérités : s`agissant de la situation des Iemmes, elle consi-
dere que la seule voie a retenir est d`encourager les jeunes flles a suivre des
études les plus longues possible et qu`il Iaut améliorer le soutien psycholo-
gique, le fnancement (bourses) et les conditions de travail (internat dans les
classes de BTS), tout en tentant de convaincre les parents et particulierement
les meres d`agir en ce sens, tout en tentant d`éviter les erreurs d`orientation, tres
Iréquentes ; c`est ainsi qu`on pourra changer un peu la société.
Elle n`est pas certaine que les mesures imposant une représentation des Iemmes
dans les jurys de concours, légitimes et apparemment positives, aient eu des
eIIets réels sur les candidates.
M
me
Menasseyre constate que les mesures volontaristes qu`elle préconise butent
sur la contrainte économique. Il Iaudrait que les citoyens soient convaincus de la
nécessité d`agir. A cette fn, il Iaut éduquer, inIormer, discuter.
De maniere générale cependant, M
me
Menasseyre considere que, si l`on décidait
d`une révision du Préambule, seul le principe de dignité, évoqué dans la Charte
des droits Iondamentaux de l`Union européenne, pourrait avoir une place dans
le socle des valeurs Iondamentales. Seul l`être humain a de la dignité, ainsi que
le souligne Kant, qui distingue nettement le prix et la dignité : ce qui a un prix
peut être acheté et vendu ; ce qui releve de la dignité est incommensurable et ne
saurait donc être acheté ni vendu. Considération de principe dont l`application
pratique est immédiate, par exemple en matiere de greIIe d`organe.
Consacré de maniere implicite a l`heure actuelle, le principe de dignité pourrait
être explicitement inscrit dans le Préambule.
(1) C`est désormais chose Iaite.
157
Annexes
Intervention de M. Mohammed
Moussaoui, président du Conseil
français du culte musulman
4 septembre 2008
Madame la Présidente,
Notre Conseil a eu l`honneur de recevoir de votre part une demande de consul-
tation relative a la réfexion que vous menez actuellement sur le Préambule de
la Constitution Irançaise. Nous avons le plaisir de vous présenter les quelques
propositions suivantes, dont vous constaterez que le contenu reprend celui des
textes internationaux récemment ratifés par la France, plus précisément la Charte
européenne des droits Iondamentaux adoptée par la France le 14 décembre 2007,
citée dans la lettre de mission du Président de la République en date du 9 avril
2008.
Nos propositions sont les suivantes :
Proposition 1 relative à la diversité religieuse
La Charte des droits Iondamentaux de l`Union européenne aIfrme en son
article 22 :
« LUnion respecte la aiversite culturelle, religieuse et linguistique. »
Le CFCM appuie l`idée que ce principe désormais unanimement admis se
retrouve dans le Préambule de notre Constitution sous la Iorme suivante :
« La France respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique. »
Proposition 2 relative à la liberté de manifester
sa religion [...] en public ou en privé
L`article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l`homme et
des libertés Iondamentales du 4 novembre 1950 dispose :
« 1. Toute personne a aroit a la liberte ae pensee, ae conscience et ae religion ,
ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que
la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou col-
lectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et
l’accomplissement des rites.
« 2. La liberte ae manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire lobfet
d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures
nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la pro-
tection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des
droits et libertés d’autrui. »
Le point 1 est repris dans l`article 10 de la Charte européenne des droits
Iondamentaux.
158
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Nous proposons que ce texte concernant la liberté de pensée, de conscience et de
religion inspire la modifcation du Préambule de la Constitution Irançaise. Dans
la mesure ou certains points pourraient être redondants avec le contenu actuel
de la Constitution de 1958, il pourra apparaître a votre comité que le point 1 est
celui qui doit pouvoir compléter nos regles constitutionnelles actuelles.
Proposition 3 relative à un dialogue ouvert,
transparent et régulier
A l`instar de ce que contient le Traité constitutionnel de l`Union européenne, il
apparaît nécessaire d`insérer dans le Préambule de la Constitution Irançaise un
article selon lequel :
1. La France respecte les institutions religieuses.
2. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifque, la France maintient
un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces institutions religieuses.
Cette proposition, comme les précédentes, répond aux transIormations de notre
société depuis un demi-siecle et tend a exprimer de maniere non équivoque
les principes Iondateurs de notre République. Insérer ces propositions dans le
Préambule de la Constitution permettra d`encadrer plus justement les débats
souvent passionnés qui ont eu cours en France ces dernieres décennies au sujet
de la place de la religion dans la société Irançaise et de la défnition et de la por-
tée du principe de laïcité.
Aujourd`hui, la France s`est engagée au niveau européen sur des textes qui per-
mettent d`apaiser les controverses sur un certain nombre de questions liées a
la religion et aux croyants. Le CFCM, a travers les propositions qui vous sont
soumises aujourd`hui, souhaite que notre société Iasse l`économie de nouvelles
controverses liées a la hiérarchie des normes juridiques et a la valeur des textes
internationaux engageant la France. En d`autres termes, il nous apparaît que le
travail de votre comité, madame la présidente, peut a la Iois moderniser notre
Constitution et prévenir d`éventuelles interprétations erronées de celle-ci et des
valeurs qui Iondent notre République.
Audition de M
me
Laurence Parisot,
présidente du Medef
10 fuillet 2008
A. La parité entre les hommes et les femmes
M
me
Parisot se montre Iavorable a des mesures Iavorisant la parité. Elle justife
sa position en se Iondant sur les études réalisées par l`IIop aupres des Iemmes
depuis les années 1970 :
au milieu des années 1970, les résultats des analyses eIIectuées montraient
qu`un espoir immense naissait chez les Iemmes,
159
Annexes
a partir des années 1980, les Iemmes considéraient que l`acces a la vie proIes-
sionnelle leur était enfn ouvert, leurs espoirs ne cessant de grandir,
dans les années 1990, les Iemmes pensaient leur but atteint, notamment lors
de la derniere réIorme sur la parité dans le domaine politique,
mais, a partir du début des années 2000, les Iemmes ont assisté au début d`un
retour en arriere : des signaux, certes Iaibles mais inquiétants, montraient que les
choses n`étaient pas acquises.
Ainsi s`avere-t-il que des retours en arriere sont possibles : il Iaut donc conce-
voir des outils qui permettent de les éviter.
Les actes de Ioi, les déclarations de principe, les beaux discours ne suIfsent pas.
Il Iaut déployer des bonnes pratiques, en incitant chacun a les mettre en ouvre.
Il Iaut permettre au législateur de mieux garantir l`égal acces des Iemmes et des
hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphere politique. Il Iaut a la
Iois des « coups de pouce » et des actions de nature a éviter que les choses ne
reviennent en arriere.
B. La diversité
M
me
Parisot n`est pas Iavorable a des mesures temporaires : il Iaut soit pratiquer
la discrimination positive a 100 °, soit ne pas la mettre en ouvre.
TouteIois, elle convient que des ajustements, qui ne seraient pas permanents,
sont nécessaires.
S`agissant des statistiques permettant de mesurer la diversité dans les entreprises,
M
me
Parisot n`y est pas opposée a condition que soient renIorcées la protection
des données personnelles et l`anonymisation.
Elle aIfrme que de nombreuses entreprises sont soucieuses de progresser dans
ce domaine
1
; la diIfculté est que, s`il est Iacile pour le cheI d`une petite entre-
prise de voir si celle-ci refete la diversité, il est diIfcile pour le dirigeant d`une
grande entreprise d`avancer sans outil statistique.
La mise en place des outils statistiques doit s`accompagner d`un renIorcement
de la protection des données individuelles.
La procédure d`anonymisation n`est pas toujours respectée, alors qu`il s`agit
d`un élément Iondamental.
En cette matiere, elle est convaincue qu`il existe un espace dans lequel on peut
agir.
(1) M
me
Parisot a évoqué l`opération « Nos quartiers ont du talent », une opération qui apporte un
« coup de pouce » a de jeunes diplômés de niveau bac ¹ 4 et plus, issus en priorité des banlieues et
a la recherche d`un emploi a la hauteur de leurs compétences et aspirations. Par le biais du réseau
MedeI et de ses partenaires, ce programme Iacilite leur mise en relation avec des recruteurs et leur
garantit un entretien d`embauche si leurs compétences correspondent a celles d`un poste ouvert au
recrutement des entreprises partenaires. Son objectiI vise a rétablir un équilibre dans le traitement
de leur candidature et a leur oIIrir un réseau auquel ils n`ont pas acces.
160
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

C. La liberté d’entreprendre et l’économie de
marché
Sur l`interrogation d`un membre du comité, M
me
Parisot se déclare Iavorable a
l`insertion de nouveaux droits économiques dans le Préambule de la Constitution,
notamment la liberté d`entreprendre. Elle estime d`ailleurs paradoxal que cette
liberté ne soit pas explicitement aIfrmée, alors que l`économie de marché est
valorisée et que l`initiative personnelle est encouragée.
Voyant la une étape symbolique utile, elle propose la rédaction suivante :
« Le peuple français proclame solennellement son attachement aux aroits ae
lhomme et aux principes ae la souverainete nationale tels quils ont ete aehnis
par la Declaration ae 1789, conhrmee et completee par le Preambule ae la
Constitution ae 1946, aux aroits et aevoirs aehnis aans la Charte ae lenviron-
nement ae 2004 et au principe ae la liberte aentreprenare. »
M
me
Parisot n`est pas certaine qu`il existe la un enjeu juridique Iort, puisque
la liberté d`entreprendre est reconnue par le Conseil constitutionnel et que son
absence dans le Préambule de la Constitution n`empêche pas les entrepreneurs
d`agir, mais elle considere que la reconnaissance de la liberté d`entreprendre
ainsi que celle de l`économie de marché constitueraient un signal Iort adressé a
ceux qui ont un esprit créatiI et permettraient d`améliorer le regard porté par les
Français sur les entreprises.
Elle déclare préIérer l`expression « liberté d’entreprendre », qui Iait réIérence
a un acte, a l`expression « liberté d’entreprise », qui fgure a l`article 16 de la
Charte européenne des droits Iondamentaux.
D. La liberté contractuelle
Le MedeI considere que le législateur abuse de l`article 34 de la Constitution
selon lequel « il aetermine les principes fonaamentaux au aroit au travail, au
droit syndical et de la sécurité sociale », en prévoyant les moindres détails dans
ces domaines.
Le MedeI souhaite que le législateur revienne a l`esprit de l`article 34. Si tel
n`était pas le cas, il Iaudrait modifer notre Constitution afn de donner une place
plus nette et mieux défnie au contrat. Cela permettrait a la société Irançaise de
« respirer ». Si le contrat avait davantage d`importance, beaucoup de réIormes
seraient mieux acceptées.
M
me
Parisot observe que la France est l`un des seuls pays a laisser si peu de place
au contrat et que, lorsque les syndicats s`accordent, le législateur intervient en
aval.
Elle n`est pas opposée a l`intervention du législateur, mais uniquement pour
fxer les grands principes (par exemple fxer un plaIond de 235 jours par an de
travail pour les cadres, tout en laissant a un accord de branche le soin de fxer le
nombre de journées de travail des cadres).
M
me
Parisot admet que le consensus politique sera diIfcile a trouver sur ce point
et que la proposition d`ajouter la liberté contractuelle et la liberté d`entreprendre
161
Annexes
dans le Préambule de la Constitution est de nature a susciter des protestations et
des contestations.
Si elle est Iavorable a des évolutions signifcatives, elle veut éviter des situations
confictuelles. Elle indique qu`elle est seulement venue Iormuler des proposi-
tions et qu`elle est convaincue que, pour Iaire évoluer la société, il Iaut aIfrmer
des principes.
Audition de M. Louis Schweitzer, président
de la Haute Autorité de lutte contre
les discriminations et pour l’égalité
5 fuin 2008
M. Schweitzer précise que, si son discours n`a pas été validé Iormellement par
le college de la Halde, il concorde avec l`opinion de celui-ci.
La Halde est une autorité administrative indépendante, dont le nombre de sai-
sines s`éleve a plus de 6 000 par an.
Au cours de la réfexion sur la révision de la Constitution, la question s`est posée
de savoir si la Halde devait être intégrée au déIenseur des droits des citoyens.
Il a été fnalement décidé de maintenir la spécifcité de la Halde, au motiI que,
pour traiter les questions d`égalité et de discriminations, une autorité collégiale,
dans laquelle sont représentées diverses personnalités aux parcours diIIérents,
était préIérable a une seule personnalité qui aurait eu des diIfcultés a remplir de
maniere eIIective un objectiI de diversité.
La loi précise que les autorités de nomination des membres de la Halde doivent
s`eIIorcer, dans la mesure du possible, de respecter un équilibre des sexes. Or,
sur les onze membres, huit sont désignés par paires : quatre autorités en dési-
gnent chacune deux, trois autorités en désignant chacune un. Dans le premier
college, il y avait quatre Iemmes : chacune des autorités devant désigner deux
membres avait nommé un homme et une Iemme ; chacune des autorités ne dési-
gnant qu`un membre avait désigné un homme. Le college a Iait l`objet d`un
renouvellement partiel et le nombre de Iemmes est passé de quatre a cinq.
La diversité n`est pas tellement un objectiI en soi, mais un indicateur de résul-
tat : la diversité est l`indicateur de la réalité de l`égalité. L`absence de diversité
refete l`absence d`égalité réelle.
Un danger se Iait jour : un glissement de la diversité vers le multiculturalisme,
puis, de maniere involontaire, du multiculturalisme vers la séparation. D`ou un
déf a relever : la diversité doit s`accompagner de l`union, c`est-a-dire qu`il Iaut
Iaire en sorte que la diversité ne se traduise jamais par une séparation, que ce soit
dans l`habitat, la vie sociale, l`environnement scolaire, plus généralement dans
toutes les étapes de la vie. Or, la tendance spontanée est a la séparation : il Iaut
donc être tres vigilant en ce domaine.
La notion d`« action positive » est préIérable a celle de « discrimination posi-
tive » : elle est plus cohérente avec la notion américaine d`« afhrmative action »
qui n`a pas de connotation négative.
162
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Une action positive est nécessaire. En ce domaine, laisser le temps au temps
n`apporterait pas le moindre début de solution et conduirait même au contraire
a la séparation.
La défnition de l`action positive légitime donnée par les directives européennes
sur les discriminations est une bonne défnition. Il s`agit de mesures tempo-
raires, proportionnées, correctrices des inégalités et ne devant pas avoir pour
eIIet de créer des catégories de droit séparées. Cette défnition européenne est
tres proche de la défnition de l`action positive acceptée aujourd`hui par la Cour
suprême des Etats-Unis et en Grande-Bretagne.
On constate que l`action positive ne bénéfcie pas d`un tres Iort soutien dans
l`opinion.
La Halde est absolument opposée a la création de catégories ethnoraciales sur le
modele anglo-saxon, dont l`objectiI prétendu est de conIérer une réalité ou un
sens scientifque a des regroupements qui n`existent le plus souvent que dans
les yeux des autres. En outre, ces catégories ou ces classements ont pour eIIet
de séparer, alors que tout ce qui sépare est mauvais et que tout ce qui rassemble
est bon.
Enfn, de telles catégories peuvent conduire a des explications racistes ou raciales
alors que la réalité peut être sociale : le racial est tellement visible qu`il peut
conduire a « eIIacer » toutes les autres variables explicatives d`un phénomene.
Pour autant, tout ne doit pas être interdit en matiere ethnique ; touteIois, il Iaut
que toute étude qui prenne en compte la dimension ethnique au sens large soit
anonyme, déclarative et volontaire, ces trois points étant tres importants ; il Iaut
également que cette étude soit eIIectuée par un tiers (Insee, Ined...) et entourée
de garanties.
Ces études doivent permettre de mesurer si, de maniere eIIective, a catégories
socioproIessionnelles égales, toutes choses égales par ailleurs, il existe des Iac-
teurs « ethniques » qui expliquent une discrimination, une inégalité, une injus-
tice. Par exemple, lorsque la Halde mesure les discriminations en matiere de
logement a l`aide de volontaires, elle constate qu`une personne noire ou une
personne d`origine maghrébine a, a revenus et a salaire égaux, neuI Iois moins
de chances d`obtenir un logement qu`une personne blanche, une réalité qui ne
peut être ignorée.
La laïcité est un extraordinaire atout pour la République dans la lutte contre les
discriminations. Apres avoir donné les contre-exemples québécois et allemands,
M. Schweitzer aIfrme que la laïcité est un instrument qui permet de gérer l`éga-
lité dans des conditions satisIaisantes et de gérer la diversité avec davantage de
neutralité que si elle n`existait pas.
M. Schweitzer se déclare Iavorable a l`action positive en Iaveur des Iemmes,
mais a condition de Iaire preuve de prudence. Il constate qu`une seule Iemme,
de nationalité américaine, est a la tête d`une entreprise du CAC 40 ; quant aux
équipes dirigeantes de ces entreprises, la proportion de Iemmes y est sensible-
ment inIérieure a 10 ° : il s`agit d`une situation typique ou une telle proportion
signife que l`égalité des chances ne Ionctionne pas.
163
Annexes
Néanmoins, la prudence est de mise : certains droits spécifques reconnus aux
Iemmes (tel le droit a des congés supplémentaires) constituent de véritables
cadeaux empoisonnés.
En tout état de cause, il existe un encadrement conventionnel : quoi qu`il soit écrit
dans la Constitution, les limites européennes sur l`action positive s`appliqueront.
Audition de M. René Sève, directeur
général du Centre d’analyse stratégique
29 mai 2008
M. Seve souligne d`abord qu`un exercice de « réfexion constitutionnelle » réside
dans la recherche, diIfcile, d`un équilibre entre trois dimensions : celle de prin-
cipes de justice considérés comme supérieurs a la volonté humaine et s`imposant
a tout législateur, celle de la tradition juridique propre a un pays, celle de l`utilité
commune.
Or, sous ce dernier aspect, l`époque actuelle se caractérise par un double phéno-
mene d`accélération dans les domaines de la science et de la technologie.
Le premier Iacteur est celui de la mondialisation et notamment du retour sur la
scene scientifque mondiale de la Chine et de l`Inde, alors que la science des
cinquante dernieres années était américaine, européenne ou japonaise. Sur un
plan quantitatiI, le nombre de chercheurs dans le monde devrait ainsi être multi-
plié par deux d`ici a 2025. Sur le plan qualitatiI, même si cette recherche est tres
internationalisée, sa géographie ne sera pas neutre puisque certains développe-
ments seront localisés en Ionction des Iacilités de fnancement, de la proximité
des marchés mais aussi des regles éthiques et juridiques en vigueur dans le pays
d`accueil.
La seconde source d`accélération réside dans la convergence de l`inIormatique,
de la physique et de la biologie qui permet le développement des nanotechno-
logies, de la génomique, de la biologie de synthese, de la robotique, etc., a un
rythme tres rapide grâce aux puissances de calcul mobilisées (selon une étude
du PWC, la durée des processus de R et D en médecine pourrait être réduite des
deux tiers avec une augmentation des taux de succes).
De cette accélération il découle une conséquence paradoxale sur la notion de
« dignité humaine ». Cette derniere peut être menacée, car réduite notamment
a ses déterminants biologiques et a ses processus neuronaux. Elle peut inverse-
ment se trouver étendue, voire diluée, vers d`autres Iormes d`intelligence (per-
sonnalité virtuelle ou artifcielle des avatars et des robots) ou de vie (y compris
dans le regne végétal).
A partir de ces constatations, M. Seve considere que les normes qui doivent
encadrer la recherche ont a tenir compte du contexte concurrentiel, de la mobilité
des chercheurs et des investissements en R et D et du caractere imprévisible des
évolutions scientifques. Dans cette situation de risques comme d`opportunités,
le bon équilibre consiste a adopter des regles générales et a les compléter par des
dispositiIs institutionnels concernant l`éducation et la Iormation des chercheurs
et l`organisation de procédures nationales, sectorielles, locales de réfexion et
164
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

de décision éthiques. En d`autres termes, l`intérêt « de l`humanité » est que les
recherches se développent dans des Etats de droit, ouverts aux évolutions scien-
tifques, et disposant de traditions et de pratiques solides dans le domaine de la
réfexion éthique.
En d`autres termes, le niveau constitutionnel doit rester en ce domaine tres glo-
bal (par opposition par exemple au modele suisse tres constitutionnalisé pour
des raisons également propres a son Iédéralisme).
Dans cette perspective, il ne serait pas souhaitable de constitutionnaliser
davantage par exemple la « liberté de la recherche » ni un droit Iondamental
« supplémentaire », par exemple la « non-discrimination au regard des seules
caractéristiques génétiques », ce qui ne signife pas qu`une législation ne doit
pas éventuellement être adoptée en ce domaine (comme viennent de le Iaire les
Etats-Unis) quand l`usage de tests ADN généralisé sera envisageable.
Interrogé sur les « meres porteuses », M. Seve considere, a titre personnel, d`une
part, que le « droit a l`enIant » est une métaphore si le devoir correspondant
ne peut être identifé et, d`autre part, que la rémunération de la mere porteuse
peut être considérée comme Iortement susceptible de vicier son consentement
(comme une vente d`organes).
Audition de M
me
Malika Sorel, auteur
d’un essai sur Le Puzzle de l’intégration :
les pièces qui vous manquent
11 septembre 2008
Les éléments de la lettre de mission qui ont guidé ma réfexion sont les suivants :
« Il convient aetuaier si et aans quelle mesure les aroits fonaamentaux recon-
nus par la Constitution aoivent être completes par aes principes nouveaux. »
« Il ne saurait être question ae moaiher ou aaffaiblir ces textes, qui sont ae
portée universelle. »
La lettre de mission rappelle, Iort a propos, que « la Constitution aetermine les
libertés fondamentales de tout individu sur le sol de la République ». Le carac-
tere de liberté Iondamentale est jaugé a l`aune du prisme des valeurs qui consti-
tuent le socle Irançais. Entrent dans la composition de ce socle les trois idéaux
que nous rappelle le triptyque républicain « Liberté-Egalité-Fraternité », auquel
je n`oublierai pas d`adjoindre la laïcité, tant cette derniere participe a pacifer
notre espace public, et dans le même temps a protéger tous ceux qui ne détien-
nent pas la Iorce de devenir des êtres libres. Pour eux, l`Etat doit veiller a ce
que continue d`exister un moment placé hors du temps ; un instant de répit et de
respiration, un espace soustrait au champ des pressions ; un sanctuaire.
Comme je l`explique dans mon ouvrage, le contenu des idéaux « Liberté-
Egalité-Fraternité » n`est pas le même pour d`autres peuples, et la laïcité est
purement et simplement inexistante dans nombre de régions du monde. Certes,
la France qualife ses idéaux d` « universels », mais ils ne le sont absolument pas.
Il n`est ici question ni de classifer, ni de hiérarchiser, mais simplement de tirer
les enseignements d`un constat. Mon vécu en immersion totale dans des cultures
165
Annexes
Iort diIIérentes m`a permis d`approcher, au plus pres, la culture d`un peuple au
travers des actes de la vie quotidienne. Cette culture, c`est celle qui sera trans-
mise aux descendants et sera partie intégrante de leur inconscient collectiI. Si je
devais résumer, je dirais que la culture d`un peuple trouve sa traduction ou son
illustration dans l`ensemble des normes collectives que ce peuple reconnaît et
Iait siennes ; la culture étant elle-même le produit du souIfe de l`histoire.
Je souhaite tout d`abord vous amener a vous interroger sur la notion même de
diversité. Qu`appelle-t-on en eIIet « diversité » ?
Si l`on entend par ce mot la diversité culturelle liée aux origines ethniques ou
raciales, comment la défnir ? Dans quel groupe ceux qui possedent une ascen-
dance biologique d`origine arabe ou chinoise et qui sont culturellement déja
parIaitement intégrés a la communauté nationale Irançaise devront-ils être ran-
gés ? Leur demandera-t-on seulement leur avis sur cette question, Iondamentale
puisqu`elle touche a leur identité ? Peut-on décider de l`identité d`une personne
et la lui imposer, ou reconnaît-on que le choix de sa propre identité doit Iaire par-
tie des libertés Iondamentales auxquelles tout être humain devrait avoir acces ?
Ce sont la des questions d`éthique.
Le choix de sa propre identité doit-il toujours demeurer libre, ou peut-il être
contraint ? Je m`explique : si ce choix d`identité conditionne l`obtention d`avan-
tages, de Iacilités ou de privileges pour soi ou pour sa descendance, peut-on
dire que ce choix est encore libre ? Ce qui s`est produit aux Etats-Unis avec la
proliIération de tests ADN demandés par des Américains a la recherche éperdue
d`une trace de minorité ethnique ou raciale dans leur ascendance, dans l`unique
but de bénéfcier de la protection de l` « égalité eIIective », nous renseigne sur
le type de réponses auxquelles nous devons nous attendre. Il est évident que nul
ne reIusera des Iacilités pour soi-même ou pour ses descendants, si elles oIIrent
l`acces a des Iormations exigeantes ou l`obtention d`emplois. Ce qui signife que
la construction de l`identité des individus ne sera plus dynamique, mais fgée des
la naissance. Ce sera alors un Iormidable gâchis, car tous ceux qui étaient déja
intégrés a la communauté nationale préIéreront se voir rattachés a leur commu-
nauté d`origine et se réclamer d`elle.
Si l`on entend par « diversité » que l`on est « divers » lorsqu`on n`attribue pas le
même contenu aux valeurs Iondamentales « Liberté-Egalité-Fraternité » ¹ laïcité
et que la société devra en tenir compte reste a défnir comment , alors il Iaut
accepter de considérer avec lucidité et courage la réalité des conséquences qui
ne manqueront pas de se produire et qui remodeleront la France en proIondeur.
Le contenu des valeurs Iondamentales, celles du triptyque républicain, défnit
la place accordée a l`individu au sein de la société ; modélise les relations entre
individus, et entre les individus et la puissance étatique (cette relation est-elle
directe, ou existe-t-il un échelon intermédiaire entre ce pouvoir et les indivi-
dus ?). Si nous n`attribuons pas tous le même contenu aux valeurs du triptyque
républicain, cela conduit, dans les Iaits, a ce que nous ne partagions pas tous la
même vision de la société vers laquelle nous souhaitons aller, pas le même pro-
jet de société. Ces diIIérences seront d`autant plus grandes que la distance entre
les contenus des idéaux ou valeurs Iondamentales sera importante. Le question-
nement concerne donc ici la place attribuée a l`être humain dans la société, la
nature et l`amplitude de ses libertés, mais aussi la maniere dont tous les autres
sont perçus au travers du prisme de la Iraternité.
166
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

I) Les dangers que l’inscription de la diversité dans
le Préambule fait peser sur la cohésion nationale
Inscrire la diversité dans le Préambule de la Constitution, c`est consacrer la pré-
éminence du lien d`appartenance a un groupe particulier. Cela ne pourra se Iaire
sans provoquer de conséquences sur le lien d`appartenance a la communauté
nationale, puisque, en inscrivant la diversité dans le Préambule, nous Iavorise-
rons, dans les Iaits et sans nécessairement l`avoir souhaité, la conscience particu-
liere sur la conscience collective ; le projet d`idéal de société porté par un groupe
sur le projet d`idéal de société porté par la communauté nationale. Or, le but qui
est recherché a l`origine de l`inscription de la diversité dans le Préambule de la
Constitution est justement de Iavoriser une meilleure intégration ; c`est-a-dire
de permettre l`éclosion d`une conscience collective, avec pour objectiI d`en-
rayer ou de mettre un terme a la montée en puissance des confits qui menacent
la paix dans notre société. Nous voyons donc la, je le répete, qu`il existe une
contradiction Iondamentale entre le résultat de l`inscription de la diversité dans
le Préambule et l`objectiI d`intégration des enIants des dernieres vagues d`im-
migration qui posent une question a notre société.
Il Iaut garder a l`esprit qu`un groupe qui tire sa Iorce de sa taille n`aura stricte-
ment aucun intérêt a laisser ses membres présumés s`intégrer, donc lui échapper,
puisqu`ils Ieraient alors partie de la communauté nationale. La conséquence,
c`est que la pression et la surveillance que certains groupes exercent déja a
l`heure actuelle sur leurs membres afn de les maintenir dans leur giron s`accen-
tueront. Les membres des communautés vont, de ce Iait, évoluer vers une adhé-
sion de plus en plus étroite aux codes de valeurs qui découlent des idéaux portés
par leurs groupes, pour atteindre l`homogénéisation des comportements au sein
de chaque groupe communautaire. Cela les éloignera défnitivement d`une inté-
gration dans la communauté nationale Irançaise.
Avec l` « égalité eIIective », chacune des communautés présentes sur le territoire
Irançais se transIormera inévitablement en une Iorce qui bataillera pour la sau-
vegarde de ses intérêts exclusiIs, et pour la conquête de nouveaux privileges. La
division de la France en communautés l`aIIaiblira, et la République deviendra
l`otage de communautés qui se dresseront chaque jour davantage les unes contre
les autres, au détriment d`une approche qui Iavoriserait le sentiment d`apparte-
nance a la communauté nationale et la déIense de l`intérêt général.
La politique de la diversité renIorcera en France le cloisonnement de com-
munautés ethniques ou raciales. Lorsque l`on regarde vingt ans en arriere, les
enIants des migrants maniIestaient, dans leur comportement, une bien plus
grande volonté d`insertion et d`intégration. Ce n`est plus le cas, et ce n`est pas
dû a une déception qui serait imputable a l`attitude des Français ou aux condi-
tions économiques.
Renvoyer, par le biais de la « diversité », les individus vers leur groupe d`ori-
gine entraînera également la prééminence de rapports relationnels entre groupes
ethno-raciaux, et non plus entre citoyens. Or, les tensions sur la scene interna-
tionale doivent au contraire nous inciter a la plus grande fdélité aux idéaux que
rappelle le Préambule de la Constitution, car les populations présentes sur le
sol Irançais qui n`ont pas réussi leur intégration ont malheureusement tendance
a vibrer au diapason de ces tensions internationales. Elles importent sur le sol
167
Annexes
Irançais les confits qui concernent leur peuple d`origine. Entre autres exemples,
le confit israélo-palestinien, avec des jeunes de conIession juive qui deviennent,
en France, la cible de jeunes issus de l`immigration arabe, ou encore l`immix-
tion de jeunes d`origine chinoise dans la question du traitement, par la France,
du confit entre la Chine et le Tibet, doivent nous alerter sur l`accroissement du
risque d`aIIrontements entre groupes sur le sol Irançais, mais aussi sur le risque
de mise sous tutelle de l`indépendance de la France dans ses décisions de poli-
tique étrangere.
L`oIfcialisation, par les textes, de l`existence d`une « diversité » consacrerait
en réalité la coexistence, au sein de la société Irançaise, de groupes recon-
nus et identifés comme ne partageant pas la même vision de la société ni, ce
qui est sous-jacent, la même défnition des regles qui codifent le « bien vivre
ensemble ». Cela signife qu`a terme chaque groupe souhaitera être régi par le
corpus de lois qui découle de son propre projet de société. C`est ce vers quoi a
tres récemment Iailli glisser le Québec, et c`est ce contre quoi lutte actuellement
avec grand diIfculté la Grande-Bretagne.
A l`aune de quelles évolutions la modernité se jauge-t-elle ? Favoriser l`essor
de plusieurs sociétés en France représente-t-il un progres pour la France, ou une
terrible régression ? La libanisation de la France, puisque c`est vers cela que la
conduira l`inscription de la diversité dans le Préambule de sa Constitution, est
véritablement porteuse de terribles confits sur notre territoire, et donc d`une
régression dramatique pour notre pays.
Seule la préservation du caractere « indivisible » du peuple de France peut nous
Iaire espérer l`émergence d`une conscience collective prélude a l`acceptation
d`un destin partagé.
II) Effets pervers de la politique de diversité
Je souhaite a présent vous exposer quelques-uns des autres eIIets pervers de la
politique de diversité ; politique que l`on retrouve, je tiens a le préciser, sous
une multitude d`autres vocables tels que « égalité réelle », « égalité eIIective »,
« action positive » ou « volontarisme républicain » (dans mon ouvrage, j`en
répertorie une vingtaine).
1) C`est une politique élitiste appliquée aux groupes protégés par la discrimi-
nation positive.
L`illustration, nous l`avons avec l`expérience de Sciences Po : nous nous Iocali-
sons sur les meilleurs, alors que ce sont tous les autres qu`il nous Iaut aider. On
ne réussira pas a vider un océan de misere avec une petite cuillere en argent ! Si
l`on souhaite se Iocaliser sur l`élite, ce qui est a mon sens une erreur parce que
c`est sur tous les éleves Iragiles que notre société devrait se concentrer, alors je
soutiendrai plutôt les dispositiIs d`accompagnement tels que ceux mis en ouvre
par la Légion d`honneur, l`Ecole polytechnique, l`Essec ou Henri-IV. Il Iaut tou-
teIois garder a l`esprit que cela ne concernera jamais qu`une poignée d`éleves, et
qu`il ne sera pas aussi aisé qu`on peut le prétendre de rattraper toutes les lacunes
accumulées depuis le plus jeune âge.
168
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

2) Il n`y a pas de phénomène de retour sur investissement lié a la Iabrication
d`icônes.
Tout d`abord, une interrogation : pour quelles raisons retient-on d`emblée l`hy-
pothese que les enIants issus des dernieres vagues d`immigration ne pourraient
pas s`identifer a des Français de souche ?
En se Iocalisant sur ceux qui, statistiquement, ne poseront pas de problemes a
notre société, on Iait le pari que cela Iera pousser des ailes a tous les autres. On
reste interdit devant tant de naïveté et une telle méconnaissance de la réalité des
diIfcultés que rencontrent ces enIants, a commencer par les diIfcultés liées a
leur milieu Iamilial qui sont, de loin, les plus lourdes de conséquences. Nous
voyons qu`en France la Iabrication d`icônes politiques ou médiatiques issues de
l`immigration a déja montré ses limites. En eIIet aucune embellie sur le Iront de
l`intégration n`a pu être constatée.
Des 1990, la Grande-Bretagne a mis en place une politique volontariste sur le
petit écran, en y aIfchant des têtes issues de l`immigration, cela n`a eu stricte-
ment aucun eIIet.
Aux Etats-Unis, chaque Iois qu`on a voulu renoncer a la politique de l`afhrma-
tive action, on a enregistré une chute du nombre de Noirs dans les universités.
Ne détenant pas le niveau réel de connaissances requis, ces derniers disparais-
saient en cours de cursus universitaire. Comment aurait-il pu en être autrement,
puisque l`on n`avait aucunement travaillé sur la source des véritables obstacles ?
Dans certaines universités américaines, on en est alors venu a interdire aux pro-
Iesseurs d`octroyer aux étudiants estampillés « minorités » des notes inIérieures
a la moyenne. Dans d`autres, on a introduit l`octroi systématique et automatique
d`un certain nombre de points aux éleves issus des minorités ethniques.
3) C`est une politique qui déresponsabilise les individus, car on inculque aux
populations issues de l`immigration la certitude que leurs problemes sont impu-
tables a la société : racisme supposé des Blancs ; colonisation ; discrimination...
Or, c`est l`inverse que notre société doit Iaire, car dans les milieux culturels dans
lesquels le groupe possede un ascendant tres Iort sur ses membres supposés, ces
derniers sont déja en grande partie dépossédés du sentiment de responsabilité
individuelle, et par contrecoup de l`esprit d`initiative. De plus, ce Ionctionne-
ment de groupe rend les individus Iatalistes.
4) C`est une politique qui nourrit la haine entre les uns et les autres : elle
scinde le corps social entre « bourreaux » et « victimes », puisque c`est sur la
base de torts prétendument causés que la politique d`égalité eIIective est mise en
ouvre. Elle crée également du ressentiment chez ceux qui ne possedent aucun
des criteres retenus pour être Iavorisés par l`égalité eIIective.
Dans son récent discours a Philadelphie, Barack Obama a tenu a insister sur le
caractere nociI de la discrimination positive. Il lui a imputé la responsabilité de
l`impasse raciale dont l`Amérique est prisonniere.
Dans une étude tres Iouillée de la société américaine, le politiste américain
Andrew Hacker établit quant a lui le constat que l`Amérique est devenue « deux
nations, noire et blanche, séparées, hostiles et inégales ».
169
Annexes
5) Problème de la détermination de la liste des bénéñciaires
Le subterIuge du critere géographique utilisé pour la détermination des bénéf-
ciaires de l`égalité eIIective ou réelle ne leurrera personne en France. Chacun
sait, comme l`a reconnu Dominique Strauss-Kahn, que le critere géographique
a été inventé pour maquiller le Iait que l`on s`intéresse en réalité au caractere
ethnique ou racial.
Avec quel degré de fnesse Iaudra-t-il dessiner les contours de chaque groupe
composant la « diversité » ?
Voici quelques exemples de sources de confit potentielles : suIfra-t-il de défnir
le groupe des Noirs, ou Iaudra-t-il distinguer les Français d`outre-mer des Noirs
aIricains ? Pourra-t-on grouper tous les Arabes, ou Iaudra-t-il les décliner en
Algériens, Marocains, Tunisiens. ? En eIIet, rares seront les Algériens qui esti-
meront être bien représentés si ce sont des Marocains qui ont obtenu des progres,
et réciproquement (voir les confits au sein de la composition du CFCM). La
communauté asiatique sera-t-elle cataloguée comme monolithique, ou Iaudra-
t-il tenir compte de son immense variété ?
Dans quelle catégorie classera-t-on les enIants issus de mariages mixtes ? A quel
degré de « dilution sanguine » considérera-t-on qu`un individu ne doit plus être
considéré comme appartenant a un groupe estampillé « diversité » ?
Si l`on prend comme critere le niveau socio-économique, ne risque-t-on pas de
maintenir dans la dépendance économique ceux-la mêmes qu`on en voudrait
sortir, par le simple Iait qu`une intégration trop bien réussie signiferait pour
eux la fn d`un régime de Iaveur ? C`est ainsi que notre société crée des trappes
a pauvreté.
6) C`est une politique qui entraîne une suspicion sur les compétences des per-
sonnes Iavorisées, et pour cause, puisqu`elles ont été soustraites aux exigences
de vérifcation des compétences auxquelles les autres ont été soumis. Pourtant,
cette obligation de se soumettre aux mêmes vérifcations des aptitudes est capi-
tale pour la construction du sentiment de confance en soi et pour asseoir sa
légitimité. La légitimité, ce sont les autres qui nous la donnent. Elle ne se décrete
pas et on ne se la distribue pas soi-même.
Cela souleve une autre question de Iond : pourquoi part-on du principe que les
éleves issus de l`immigration seraient incapables de développer les mêmes apti-
tudes que les enIants de Français de souche ?
7) Perpétuité de la politique de l’égalité effective, car, comme aux Etats-Unis
et en Inde, personne ne voudra sortir du dispositiI.
Il est important de signaler que les élus n`oseront jamais plus l`abroger ou l`amen-
der, car ils deviendront otages du vote des groupes Iavorisés par des mesures qui
les soustraient a des contraintes auxquelles tous les autres sont soumis.
8) Introduction d’une nouvelle forme d’insécurité dans notre société, car
chaque citoyen non protégé, ainsi que ses enIants, pourra un jour ou l`autre se
retrouver victime de dégâts collatéraux. Il ne suIfra plus, en eIIet, d`accomplir
correctement son travail ou ses études. Encore Iaudra-t-il qu`au moment ou la
personne postule son groupe ne soit pas déja surreprésenté. Tant que les per-
sonnes estampillées « diversité » ne seront pas en nombre jugé représentatiI au
170
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

sein des écoles, universités, entreprises, échelons hiérarchiques, listes politiques,
alors tout citoyen Irançais de souche pourra se voir recalé. Qu`adviendra-t-il
alors du sentiment de justice sociale qui est le ciment de notre société ? Comment
les Français de souche européenne réagiront-ils lorsqu`ils n`auront plus du tout
confance en leur justice sociale ?
III) Solutions
J`aimerais a présent vous dire que le diagnostic selon lequel les jeunes issus de
l`immigration échoueraient du Iait de discriminations imputables aux Français
de souche européenne est totalement erroné ; et que les solutions Iondées sur ce
Iaux diagnostic n`ont aucune chance de conduire a la résorption des problemes
d`intégration de ces jeunes. Pis, l`expression de la repentance de la France au tra-
vers des politiques de diversité, d`égalité réelle ou d`égalité eIIective ont toutes
les chances de nourrir encore davantage le ressentiment de tous ces jeunes, aux-
quels notre société répete sans cesse que la France et les Français sont coupables
de leurs problemes.
Plusieurs actions doivent être menées de concert et dans diIIérents domaines,
sans attendre que l`une porte ses Iruits avant de mettre en ouvre la suivante. Ces
actions n`agissent en eIIet pas toutes sur les mêmes dimensions du probleme et,
surtout, elles ne présentent pas toutes le même temps de réponse. Je vais vous en
présenter quelques-unes.
1) Le préalable à toute action, c’est de rester ferme sur la question des prin-
cipes fondamentaux « Liberté-Égalité-Fraternité » et laïcité. Chaque fois
que l’on rouvre la discussion sur ces sujets, on envoie en réalité le signal que
les fondamentaux peuvent être mis à terre. Dans ces conditions, il est illu-
soire d’espérer que les règles de la société française soient un jour respec-
tées par les populations issues de l’immigration qui sont porteuses d’autres
idéaux et d’autres fondamentaux.
2) Il est indispensable que la France tourne le dos aux theses de la victimisation
et de la repentance.
3) Il Iaudra dire la réalité du pacte moral et social qui lie les Français entre eux.
La notion d` « ascenseur social » a trompé des générations de Iamilles. Or, nul
ascenseur n`existe dans notre société et la réussite y est, bien au contraire, un
long parcours qui s`apparente a une course de haies. L`atteinte de la réussite
n`est pas du tout la démarche passive que laisse supposer l`ascenseur social.
4) Il Iaut une prise de conscience urgente du Iait que l`école maternelle et les
premieres classes de l`école primaire sont décisives pour les éleves qui vien-
nent de milieux culturels tres éloignés de celui des Français de souche euro-
péenne. Ces classes doivent donc Iaire l`objet de toutes les attentions, et a ce
titre bénéfcier de moyens qui leur permettront d`accompagner ces enIants en
petits groupes. L`acquisition d`un dictionnaire de mots suIfsants avant l`entrée
a l`école primaire, la lecture de contes, la transmission de la culture artistique
ainsi que des regles du « savoir vivre ensemble » propres a la société Irançaise
sont des impératiIs, car elles aideront ces éleves a se créer des attaches aIIectives
et intellectuelles dans la culture Irançaise. C`est cette dimension qui leur Iait
cruellement déIaut et qui les entrave dans leur progression scolaire, puis sociale.
171
Annexes
5) Notre société doit en conséquence cesser de Iaire porter a l`école et aux ensei-
gnants la responsabilité de l`échec des enIants issus de l`immigration, et accep-
ter de se poser la question suivante : qu`est-ce qui empêche les enIants issus de
l`immigration de saisir les innombrables perches que l`école leur tend tout au
long de leur cursus scolaire ? Il est indispensable d`accepter de regarder en Iace
la réalité des obstacles, a commencer par ceux qui sont liés a la résistance des
parents de l`immigration a l`intégration de leurs enIants. L`attitude des parents
de l`immigration est rationnelle. Ces parents comprennent tres vite que l`école,
en Iormant l`esprit de leurs enIants, va les leur rendre dissemblables. C`est la rai-
son pour laquelle notre société doit être aussi exigeante envers tous ces enIants
qu`elle l`est avec les enIants des Iamilles Irançaises de souche.
6) Pour pouvoir traiter en proIondeur ce sujet de l`intégration, il est important
d`adopter le ton de la sagesse, car la souIIrance est présente non seulement du
côté des Français de souche, mais aussi du côté des populations issues de l`im-
migration, qui ne comprennent pas vraiment ce qui se déroule. J`entends par la
qu`accoler le terme d` « identité nationale » a celui d` « immigration » est une
lourde erreur. Cela crée de l`incompréhension et une souIIrance aigue, même
chez ceux qui sont déja parIaitement intégrés. A mes yeux, on risque davantage
de terrasser l`identité Irançaise en voulant mettre a bas l`égalité républicaine,
l`unicité du peuple Irançais, sa laïcité qu`en accueillant des immigrés dont on
exigera, comme pour les Français de souche, le respect des regles de « savoir
vivre ensemble » de la société Irançaise.
7) Notre société doit écarter d`emblée toutes les voies qui, déja expérimentées
par d`autres pays, ont échoué. Je citerai, outre les politiques liées a la diversité,
la politique de répression des mineurs et l`immigration choisie. Pour l`immi-
gration choisie, les problemes rencontrés par le Canada sont, a plus d`un titre,
éclairants. Il est en eIIet instructiI de relever que le Canada ne possede aucun
passé colonial.
8) Il est indispensable de dissocier les questions d’insertion des questions
d’intégration
J`explique longuement dans Le Puzzle de l’intégration, sur mon blog et aussi
dans la revue Le Débat de septembre 2008 pour quelles raisons elles correspon-
dent a deux situations tres diIIérentes. Leur conIusion est a la source de sérieux
problemes qui se posent aux enIants issus de l`immigration, et par ricochet a la
société Irançaise.
L’insertion, c`est l`obligation de respecter les regles du « bien vivre ensemble »
de la terre d`accueil, même si on ne les partage pas et qu`on en possede d`autres.
C`est ce que Iont aussi les Français de souche lorsqu`ils sont expatriés.
L’intégration correspond au sentiment d`appartenance a la communauté natio-
nale, a la volonté d`inscrire sa descendance dans l`arbre généalogique Irançais,
et non plus dans celui de ses propres ancêtres biologiques ; au Iait de Iaire siens
les ancêtres des Français, et donc leur histoire. Ainsi, l`intégration se produit
lorsqu`on se sent Iaire corps avec les Français de souche européenne, lorsqu`on
se sent concerné aIIectivement, moralement et intellectuellement par le partage
avec eux d`une même communauté de destin, et qu`on participe a la transmis-
sion, a ses propres descendants, des Iondamentaux qui composent le noyau iden-
titaire Irançais.
172
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Parce qu`elle ne peut être que le Iruit d`un choix personnel, chacun a son heure,
l`intégration doit devenir Iacultative, tandis que l`insertion ne peut être reIusée
et doit de ce Iait devenir obligatoire.
Ce qui se produit dans les banlieues releve davantage de ce placage artifciel et
superfciel d`une identité sur une autre que de problemes d`ordre économique.
Il Iaut bien réaliser que ce qui a été détruit lors des émeutes de 2005, c`étaient
des écoles, des inIrastructures culturelles et sportives... tout ce qui a été construit
pour aider les enIants issus de l`immigration a grimper dans l`échelle sociale.
Aujourd`hui, le probleme le plus grave auquel doivent Iaire Iace les enseignants
dans les banlieues sensibles, c`est que les rares éleves qui souhaitent étudier
sérieusement en sont empêchés par leurs camarades, car réussir signife aux yeux
de ces derniers accepter les regles de la France, et cela n`est pas concevable.
Pour comprendre qu`on est tres loin d`un probleme d`ordre matériel ou de recon-
naissance qui trouverait sa résolution dans l`introduction de l`égalité eIIective,
il Iaut réaliser que la même jeunesse, quand elle a continué de vivre dans le
pays de ses ancêtres, souvent dans le plus grand dénuement, n`adopte pas le
même comportement. Je souhaite signaler également que des expériences de
déplacement, sur le territoire Irançais, de Iamilles de l`immigration créatrices de
tensions vers des environnements plus privilégiés sont loin d`avoir représenté
un succes. Une partie non négligeable de ces Iamilles ont en eIIet non seulement
poursuivi leurs agissements, mais de plus installé un climat d`insécurité dans
leur nouvel environnement.
Je pense que nous ne couperons pas a une réécriture du Code de la nationalité,
comme l`avait souhaité Jacques Chirac en 1987. L`octroi de la nationalité doit
correspondre a l`aboutissement du processus d`intégration, et non pas comme
c`est le cas aujourd`hui a son début, alors que l`issue du processus d`intégration
n`est pas prédictible. Existe-t-il des pays aIricains, maghrébins ou asiatiques qui
plaquent, comme le Iait la France, une identité sur un individu, au seul motiI
qu`il est né sur leur territoire ? Il est dangereux de coloniser des populations. La
France devrait pourtant en savoir quelque chose.
Pour parvenir a ouvrir ce dossier capital, il Iaut ouvrer a installer un climat de
sérénité. Cela passe par la dissociation complete des questions économiques et
des questions identitaires. A partir du moment ou la France accepte qu`un étran-
ger s`installe sur sol, ce dernier doit pouvoir bénéfcier des mêmes aides et pres-
tations que tous les autres résidents. Si tel n`est pas le cas, l`obtention de papiers
d`identité continuera d`être motivée par des considérations matérielles, avec les
conséquences que l`on sait sur la violence que vivent les jeunes qui se retrouvent
dotés d`une identité brouillée. Il est intéressant de se remémorer combien il est
important pour eux de saisir la moindre occasion, telle qu`une maniIestation
culturelle ou sportive, pour signifer a la société l`identité dont ils sont porteurs
(et c`est leur droit). Le Iait d`arborer les drapeaux de leur pays d`origine, qu`ils
n`ont parIois même jamais connu, est un signe qui n`est absolument pas anodin.
C`est a la France que revient la responsabilité de veiller a ce que cesse la conIu-
sion créée et entretenue par le droit du sol.
173
Annexes
IV) Conclusion
Je conclurai mon propos en disant que le chemin qui apparaît de prime abord
le plus court n`est pas nécessairement le plus sûr ni le plus rapide en termes de
résultats. Si elle veut rester unifée et en paix, la France devra tourner le dos a
des politiques qui, loin de la moderniser, la Ieront terriblement régresser parce
qu`elles la renverront a des périodes sombres la division et l`aIIrontement
intergroupes.
Comment en est-on arrivé a vouloir tourner le dos a un modele d`intégration qui
a pourtant Iait la preuve de son eIfcacité avec les précédentes vagues d`immi-
gration, celles qui provenaient des pays de l`est et du sud de l`Europe ? Sait-on
en France que le Pew Research Center, l`un des think tanks américains les
plus sérieux, a qualifé au printemps 2006 le modele d`intégration Irançais de
« meilleur modele d`intégration » comparé aux modeles anglo-saxons ou ger-
maniques ? Dans toute son histoire, jamais la France n`a été soumise a de telles
demandes de renoncement a ses principes Iondamentaux de la part de nouveaux
entrants. Elle ne l`a même pas été de la part de ceux de ses enIants qui ont
souIIert dans leur chair au cours d`une période tragique de l`histoire de France ;
je pense la tout particulierement a tous ceux qui ont été persécutés, ou dont les
proches ont été persécutés, lors de la Seconde Guerre mondiale.
S`il n`y avait qu`un seul mot a privilégier, ce serait celui de « cohérence ». Ne pas
permettre aux enIants issus de l`immigration ce que l`on ne permettrait jamais a
ses propres enIants, car on sait que cela les conduirait a s`exclure de la société,
voila ce a quoi un comportement cohérent aurait naturellement conduit.
Certes, nous vivons une époque rendue complexe par la mondialisation et par
l`importance des fux migratoires, mais cela peut aussi devenir une période qui
permettra a la France de renouer avec un véritable rôle d`éclaireur. En consé-
quence, la France ne doit pas se contenter de suivre a l`aveugle des politiques
porteuses du poison de la division, et je vise également ici certains articles de la
Charte européenne des droits Iondamentaux.
Pour ne pas devenir un nouveau Liban, la France doit d`urgence se réapproprier
sa liberté de pensée et de jugement, si chere a l`historien et résistant Marc Bloch.
Chaque Iois qu`elle s`en est écartée, le malheur a Iondu sur elle. C`est la que se
trouve la clé de voûte de tout l`édifce. Il n`y a pas de sujet plus important que
celui du maintien de la cohésion nationale.
Je vous remercie de votre attention. Je vous prie d`excuser ce long exposé, mais
il y a une logique et une structure dans mon raisonnement et il m`apparaissait
important de pouvoir les dérouler devant vous.
174
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Audition de M. Jacques Testart, biologiste
et chercheur honoraire à l’Inserm
26 fuin 2008
A. L’influence des professionnels interrogés lors de
l’élaboration et de la révision des lois bioéthiques
M. Testart pense que ces proIessionnels abusent de leurs compétences tech-
niques pour imposer une conception de la bioéthique qui leur convient.
Il donne quelques exemples :
1) La recherche sur l’embryon humain
Elle a été rendue possible sous la pression de scientifques. Or, depuis cette auto-
risation, il n`y a eu aucun résultat.
En Angleterre, ou l`on peut créer depuis les années 1990 des embryons humains
a des fns de recherche, il n`y a pas eu davantage de résultats.
Dans ce pays, des scientifques mélangent cellules animales (ovules de lapine ou
de vache) et cellules humaines, avant même d`avoir montré l`intérêt de chimeres
animal/animal, ce qui est contraire a la déontologie. Avant de pouvoir eIIectuer
des tests sur l`homme, il Iaudrait obligatoirement pratiquer une expérimentation
sur l`animal.
2) L’anonymat et la gratuité du don de gamètes
Auparavant, seul le don de sperme était concerné.
Aujourd`hui, les praticiens sont aux prises avec le don d`ovules, qui impose une
procédure beaucoup plus lourde et donc la rareté des donneuses.
Or, ces praticiens qui déIendaient l`anonymat et la gratuité du don de gametes,
au nom de la morale (pour la loi de 1994), demandent aujourd`hui qu`on puisse
lever l`anonymat et parIois que l`indemnisation des donneuses d`ovule soit ren-
due possible.
Cela prouve donc que leur action n`est pas guidée par la morale, mais par leur
réalité proIessionnelle.
3) La régulation des pratiques
M. Testart s`étonne qu`il soit demandé par les élus a des gynécologues s`ils
approuvent la gestation pour autrui (GPA) et, surtout, s`ils pensent que la contri-
bution d`une mere porteuse mérite rémunération. N`y a-t-il pas conIusion entre
un savoir-Iaire technique et une compétence éthique ?
175
Annexes
4) Le diagnostic préimplantatoire (DPI) et l’autorégulation des praticiens
Ce diagnostic peut être réalisé :
en cas d`indications médicales,
en cas de maladie particulierement grave d`un ou des parents.
Il s`agit la de conditions tres générales : il n`y a pas de bilan, d`analyses ou
de contrôles a posteriori, sauI le listing tres global réalisé annuellement par
l`Agence de la biomédecine.
Des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) ont été créés, ou
ne fgurent ni juristes ni anthropologues, mais seulement des partenaires intéres-
sés par le développement de la technologie.
Comment les proIessionnels peuvent-ils être les gardiens de leur propre activité ?
Pourquoi cette absence de contrôle a posteriori ?
Des analyses a posteriori permettraient de limiter les exces.
Il ne Iaut pas oublier en eIIet que le DPI représente une technique a impact
sociétal potentiellement beaucoup plus important que le DPN. Or les mêmes
structures (CPDPN) gerent les deux types de diagnostic.
B. La bioéthique à la française
M. Testart rend hommage au Comité consultatiI national d`éthique, qui a produit
des textes tres riches. Plusieurs entorses aux principes sont relevées :
1) La dignité de l’embryon est-elle respectée ?
Il existe une ambiguïté : il est interdit de créer des embryons pour Iaire de la
recherche, mais il est possible de Iaire de la recherche sur des embryons « sur-
numéraires », qui seraient par conséquent moins dignes que les autres. Comment
justifer cette discrimination ?
2) La non-discrimination des personnes est-elle respectée ?
Sans entrer dans le débat sur le statut de l`embryon (amas cellulaire ou potenti-
alité de personne ou personne a part entiere), il Iaut observer que le DPI sélec-
tionne les embryons et donc les personnes potentielles puisque toute personne
est issue d`un embryon.
3) Remarque sur la disparité des éthiques européennes
L`Irlande, catholique, a une législation proche de la Suisse : elle est prudente sur
la question de la procréation médicalement assistée.
L`Espagne, catholique également, a, quant a elle, une législation libérale, proche
de celle de la Grande-Bretagne sur cette question.
On ne peut pas expliquer les disparités éthiques par des diIIérences culturelles
(surtout religieuses).
176
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

4) L`inñuence des lobbies
Incontestablement, des pressions sont exercées par des scientifques et des méde-
cins, des éditorialistes, des médias et, bien sûr, les groupes religieux.
En réalité, tres peu de personnes, et pas nécessairement représentatives, vont
infuencer le contenu des lois bioéthiques, qui ont pourtant un impact sociétal
tres important. Comme si la régulation bioéthique en chaque pays ne dépendait
que de quelques dizaines de représentants d`élites infuentes.
5) L’écart entre l’éthique personnelle et l’éthique du groupe auquel
on appartient
Un constat s`impose : les idées des groupes ou du moins des leaders de ces
groupes ne sont pas tellement suivies par les populations qui appartiennent a
ces groupes.
Ainsi, beaucoup de catholiques pratiquants acceptent de subir une Iécondation
in vitro (FIV), alors que le Vatican y est opposé. De même, nombre de Français
se rendent en Belgique ou en Espagne pour accéder a des pratiques interdites par
la loi Irançaise.
L`éthique personnelle est donc diIIérente de celle du groupe auquel on appar-
tient. Mais qui a réellement défni l`éthique de ce groupe ?
M. Testart s`interroge : existe-t-il une identité constitutionnelle Irançaise en ce
qui concerne la bioéthique ?
C. Le refus du lieu commun selon lequel la science
va plus vite que l’éthique
La science ne va pas plus vite que l`éthique, c`est l`éthique qui va moins vite
que la science ! Il est Iacile de le vérifer : il suIft d`observer les programmes de
recherche médicale fnancés par le secteur public et l`absence de coordination
des activités de laboratoire avec la réfexion éthique.
En réalité, nous n`avons pas une volonté suIfsante pour poser des garde-Ious
avant d`être mis au pied du mur.
Il Iaut donc se préoccuper de la réglementation plus tôt.
A titre d`exemples :
1) Le diagnostic préimplantatoire et ses excès
On dit que le diagnostic préimplantatoire (DPI) est un diagnostic prénatal (DPN)
précoce, ce qui est Iaux.
Dans le cas du DPN, le nombre de Iutures personnes possibles s`éleve a un :
celle qui est dans le ventre de sa mere.
Dans le cas du DPI, le nombre de Iutures personnes possibles s`éleve a 5, 10,
20... : celles qui sont dans des éprouvettes.
177
Annexes
En outre, l`interruption médicale de grossesse a des limites « naturelles » (gravité
de l`acte, souIIrance maternelle.) que le DPI n`a pas (pourquoi ne pas choisir
le « meilleur » embryon ?...).
La France autorise le DPI avec plus de restrictions qu`ailleurs certes, mais cer-
tains glissements ne sont pas considérés comme illégaux : on peut Iaire des DPI
pour des aIIections qui ne justifent pas une interruption de grossesse (hémophi-
lie par exemple : une maladie qui n`est certes pas anodine, mais avec laquelle
on peut vivre).
En Angleterre, les parents souIIrant d`un strabisme Iort peuvent demander un
DPI pour éviter d`avoir un enIant qui louche.
2) Le tri des embryons
Il est tres Iacile de prélever et de congeler un Iragment ovarien. On saura Iaire
évoluer les ovocytes primaires. A partir d`un petit morceau d`ovaire congelé, les
praticiens pourront produire in vitro de nombreux ovules et donc de nombreux
embryons, puis choisir le plus convenable des embryons pour ces parents qui
veulent un enIant.
Il s`agit la d`une perspective réelle. Peut-on des lors continuer avec nos
garde-Ious ?
Les exces de DPI et le tri des embryons posent les problemes suivants : qu`est-ce
qu`un handicap si on peut l`éviter ? Quel regard va-t-on porter sur les personnes
handicapées ou sur des personnes qui auraient pu ne pas naître ?
Point alors le risque du racisme du gene qui pourrait remplacer le racisme de
la peau, cela avec la caution de la science et avec l`alibi des eIIets positiIs d`un
tel racisme : les médecins, dont la responsabilité pourra être mise en jeu par les
parents si un enIant handicapé voit le jour, ne pourront se voir reprocher d`avoir
empêché la mise au monde de cet enIant. Une loi espagnole de 1988 prévoyait
d`ailleurs que les médecins devaient éviter toute malIaçon. Il Iaut donc poser
dans la loi que la médecine n`a pas d`obligation de perIection.
On aboutira sinon a une normalisation génétique arbitraire et dangereuse.
On subit déja et on continuera a subir l`infuence des législations étrangeres,
sous la pression du tourisme procréatiI.
Parallelement, la génétique médicale connaît un succes en matiere d`identifca-
tions, mais la thérapie génique est un échec.
Nous avons tous quatre ou cinq genes susceptibles d`entraîner une maladie dan-
gereuse. Sur des sites Internet étrangers, il est d`ailleurs possible de connaître
son génome, ce qui incite les parents a exiger la non-transmission de certains de
ces genes a leurs enIants.
Ainsi, aux Etats-Unis, de plus en plus de DPI sont associés a des FIV. 9 ° des
DPI sont justifés par une prescription médicale. SauI régulation urgente, on
ne pourra pas échapper au nouvel eugénisme, non autoritaire et bienveillant.
Il s`agit d`en décider avant que la technologie apporte toutes les séductions
qui le Ieront admissible ou désirable, quelles qu`en soient les conséquences
anthropologiques.
178
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

3) Les solutions pour contrer la possible dérive eugénique
Elles sont au nombre de quatre :
a) Interdire le DPI
Interdire le DPI puisque le DPN permet d`éviter les maladies tres graves. Mais
la loi a autorisé le DPI. Il reste donc trois solutions.
b) Limiter le nombre d’ovules au nombre d’embryons que l’on
pourrait transplanter chez la femme
C`est la position de la Suisse. Si deux ou trois embryons seulement étaient
« contrôlés », on pourrait éviter les issues dramatiques. Mais cette pratique reti-
rerait des chances de grossesse aux patientes demandeuses de fvete.
c) Autoriser le DPI uniquement si les parents sont atteints
de maladies graves déñnies
C`est ce que dit la loi Irançaise, mais cette solution implique de défnir les mala-
dies graves qui justifent la demande des parents de recourir au DPI. Et donc
de Iaire des listes qui cibleraient les indésirables... dont beaucoup sont parmi
nous.
d) N’autoriser le DPI que pour la recherche d’un seul variant
génétique pour tous les embryons issus d’une même FIV
Cette solution ménage un choix du couple (viser l`insupportable) et évite la nor-
malisation (bien d`autres « déIauts » génétiques échapperont au ciblage).
D. Les valeurs collectives qui s’opposent
aux libertés individuelles
M. Testart considere qu`une politique de civilisation dans le cadre du DPI
consisterait a poser que les droits de l`homme dépendent des droits de l`huma-
nité. C`est-a-dire que ce qui est estimé bénéfque par des personnes (des couples)
ne l`est pas nécessairement pour l`ensemble des humains. Exemple avec le DPI :
limiter les droits de l`homme la ou ils menacent les droits de l`humanité.
Le DPI oIIre une sécurité et la normalité pour les géniteurs.
Les droits de l`humanité, ce sont l`altérité et la diversité au nom de l`égalité de
toutes les personnes.
Les droits de l`homme :
vont dans le sens d`une lignée généalogique,
acceptent la compétitivité (sélection du meilleur embryon),
posent le scientisme comme idéologie.
Les droits de l`humanité :
consacrent l`adoption et la Iraternité,
179
Annexes
prescrivent la solidarité a l`égard des handicapés,
prônent l`humanisme comme conquête de civilisation,
exigent des principes communs de bioéthique.
Il Iaudrait Ionder une éthique libérée des courants dominants.
M. Testart place, a côté ou même au-dessus des droits de l`homme, les droits
de l`humanité qu`il Iaut invoquer pour déIendre le genre humain, les especes et
la planete dans son ensemble. En eIIet, les restrictions a la diversité du vivant
(lignées sélectionnées, OGM) relevent de la même utopie génétique que le DPI.
Mais qui peut Iormuler les droits de l`humanité ? Les citoyens du monde entier,
qui ont d`ailleurs des intérêts plus convergents que leurs responsables.
Un maillon manque entre la bioéthique et la décision politique : le citoyen.
E. La constitutionnalisation des conventions de
citoyens et la création d’une maison des citoyens
au Conseil économique et social pour organiser ces
conventions de citoyens
En matiere de bioéthique, on Iabrique des lois, mais sans le citoyen.
M. Testart explique que, présidant la Commission Irançaise du développement
durable (CFDD), il s`était demandé, en 2002, comment le citoyen pouvait inter-
venir dans des controverses techniques et, par exemple, pour limiter le réchauI-
Iement climatique.
La CFDD a organisé une conIérence de citoyens, composée de proIanes volon-
taires tirés au sort qui ont été préservés des pressions extérieures par l`anonymat
et qui, durant trois fns de semaine, ont été, dans un souci d`objectivité, Iormés
par des spécialistes ayant des vues divergentes sur le sujet.
On a défni une procédure précise permettant d`assurer la crédibilité des conIé-
rences de citoyens aupres des élus et de la population.
Une réfexion menée avec des juristes (D. Rousseau, M.-A. Hermitte) et un
sociologue (M. Callon) a conduit a un projet de loi publié dans la presse en
décembre 2007 (voir le site : jacques.testart.Iree.Ir).
M. Testart a souhaité l`inscription des conventions de citoyens dans la
Constitution, avec la création d`une maison des citoyens au Conseil économique
et social pour organiser ces conventions, Iaisant ainsi appel a l`idée de « démo-
cratie participative », plutôt que seulement consultative.
Certes, ce seront toujours les élus qui décideront, mais ils devront prendre en
compte l`opinion des citoyens. L`altruisme se développe dans de telles procédures
menées au nom de l`humanité et pas de tel intérêt particulier. Une telle procédure
permet de saisir la vérité de l`éthique et d`accompagner la science. Pourquoi pas
des conventions de citoyens européens pour dire ce que veulent les gens ?
Nos lois ne seront eIfcaces que si elles existent hors Irontieres, de sorte qu`il
Iaut mettre en place en Europe des procédures permettant aux citoyens de pro-
poser des régulations communes plutôt qu`entériner en chaque pays les positions
de quelques personnes infuentes.
180
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Intervention de M. Alex Türk,
président de la Commission nationale
informatique et libertés
25 mai 2008
Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, souhaite moderniser le
Préambule de notre Constitution afn que, « sur les problèmes philosophiques,
moraux, ethiques poses par la moaernite, notre Constitution soit en avance sur
notre temps et non pas en retard ».
Ces dernieres décennies, de nouveaux enjeux, de nouvelles technologies, de
nouveaux acteurs sont apparus. Nos sociétés deviennent de plus en plus dépen-
dantes de ces nouvelles technologies et les données a caractere personnel sont
générées, collectées, analysées dans des proportions sans cesse croissantes. Des
lors, la protection des données est devenue indispensable dans une société
moderne et démocratique, au même titre que la liberté de la presse ou celle
d`aller et venir.
En eIIet, qu`en est-il de la liberté de circuler anonymement, ou de la liberté de
réunion, si tous nos déplacements sont suivis, tracés et enregistrés par l`intermé-
diaire de techniques telles que le GPS ou les puces inIormatiques miniaturisées
intégrées dans les objets ?
Qu`en est-il de la liberté d`expression si toutes nos déclarations, tous nos propos
et écrits sont répertoriés, analysés, par exemple par des moteurs de recherche, et
nous sont opposés, parIois des années apres ?
Enfn, qu`en est-il de la notion même de vie privée lorsque des données intimes,
telles que nos opinions politiques, religieuses, musicales, nos orientations
sexuelles, ou notre état de santé, peuvent être mises a la disposition de tous par
l`intermédiaire de « réseaux sociaux » tels que Facebook ?
La protection des données ne doit pas être conçue comme un theme abstrait,
théorique. Les règles de protection des données protègent effectivement les
personnes. Il s`agit de s`assurer du droit a ne pas être fché, surveillé, analysé
dans ses comportements de maniere abusive et incontrôlée. Il s`agit de garantir
la dignité humaine, de permettre aux personnes d`exercer leurs droits, de jouir
de leurs libertés, car si tout se sait sur chacun d’entre nous, alors la notion de
« vie privée » n’a plus de substance ni de portée.
On le voit, la notion de « vie privée », ainsi que son corollaire qu`est la protection
des données personnelles, est aujourd`hui menacée (I). A cette aune, sa valeur
juridique est insuIfsamment élevée dans notre hiérarchie des normes (II) alors
même que de nombreux textes européens et internationaux Iondent le droit a la
protection des données (III). En introduisant dans la Constitution le droit a la vie
privée et a la protection des données personnelles, la France Ierait ouvre utile
et innovante au regard de ses principaux partenaires européens dont un nombre
croissant se sont d`ores et déja engagés dans cette voie (IV).
181
Annexes
I. La vie privée est un espace en voie de disparition
Notre sphere de vie privée
1
, qui comprend nos droits Iondamentaux, notre inti-
mité et notre identité, est exposée a des risques sans précédents. Par la recon-
naissance du droit a l`« environnement », le constituant a aIfrmé, en 2005
2
, que
tout homme a le droit de vivre dans un environnement naturel préservé et non
pollué. De la même maniere tout homme doit pouvoir vivre et se déplacer, dans
sa sphere de vie privée, préservé de toute atteinte. En eIIet, a l`instar de l`envi-
ronnement naturel, le « capital » que représentent notre vie privée, notre identité
et notre intimité est en danger. Il risque d`être, lui aussi, si gravement atteint
qu`il ne puisse être renouvelé.
Il est donc impérieux de protéger notre sphere de vie privée, conIrontée a un
double déf.
Ŷ Un déñ d`ordre technologique
Ce déf résulte de la combinaison des Iacteurs suivants :
Le facteur « accélération » : Internet, RFID, nanotechnologies, etc. Les délais
entre la découverte d`un phénomene et sa mise en ouvre technologique se rac-
courcissent. Le temps séparant une innovation d`une autre, celui séparant le
développement d`un prototype et son déploiement industriel, se réduisent sans
cesse. Des lors, Iaire coïncider l`adaptation ou l`interprétation des regles de droit
a l`évolution technologique releve de la gageure puisque le temps technologique
accélere sans cesse, tandis que le temps juridique demeure lent parce qu`il est
régi par le rythme des procédures démocratiques.
Le facteur « globalisation » : Les délocalisations des traitements de données
sont en plein essor au travers du recours croissant des entreprises, mais aussi des
administrations, a l`externalisation de certaines tâches (centres d`appel, gestion
des clients, traitement de la paie, du contentieux, Internet, oIIshoring, etc.). Dans
ce cadre, il s`avere diIfcile de contrôler les échanges de données, de s`assurer
de leur sécurité et de leur bon usage. Cette tendance a la globalisation entre en
confit avec une caractéristique inhérente a la regle de droit, a savoir un champ
d`application déterminé, limité a un territoire géographique.
Dans ce cadre globalisé, la nécessité de parvenir a une régulation internatio-
nale des fux de données est partagée par tous. Toutefois, tout comme il existe
une concurrence économique, il existe une concurrence entre les systèmes
juridiques. Notre modele européen et Irançais de protection des données est
aujourd`hui concurrencé, menacé, par d`autres Iormes de régulation, moins
contraignantes, moins protectrices. Les chantres de ces nouvelles Iormes de
régulation sont notamment les tres grandes entreprises telles que Google ou
MicrosoIt qui promeuvent l`adoption de « standards internationaux » de protec-
tion des données.
A l`analyse on observe que ces « standards » risquent d`être aussi fous qu`ac-
commodants et pourraient conduire a un aIIaiblissement de la protection oIIerte
(1) Nous entendons par « sphère de vie privée » ce que les Anglo-Saxons appellent « privacy ».
(2) Loi constitutionnelle du 1
er
mars 2005 relative a la Charte de l`environnement.
182
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

aux citoyens européens. Dès lors, la volonté de notre pays d’insérer dans sa
Constitution le principe de la protection des données aurait valeur de sym-
bole, symbole d`autant plus fort qu`il serait énoncé au moment où notre
pays va accéder à la présidence de l’Union européenne.
Le facteur « ambivalence » : L`innovation technologique est porteuse de pro-
gres comme de dangers. Les individus sont certes tentés par le conIort qu`elle
procure mais ils sont peu conscients des risques qu`elle comporte, du moins
jusqu`a ce qu`ils en soient victimes et donc qu`il soit trop tard. Nos concitoyens
se préoccupent peu de leur traçabilité, de la surveillance potentielle de leurs
déplacements, de leurs comportements, de leurs relations. Cette ambivalence de
la technique est diIfcile a concilier avec la regle juridique qui doit, par défni-
tion, être univoque et prescriptive.
Le facteur « invisibilité » : Le traitement de l`inIormation est de plus en plus
« invisible », donc de moins en moins maîtrisable. Cette invisibilité résulte du
Iait que de plus en plus de fchiers sont réalisés a l`insu des personnes (traçabilité
des déplacements physiques dans les transports en commun, des consultations
sur Internet, des communications téléphoniques, etc.). Elle résulte également de
son extrême miniaturisation. Dans quelques années, avec la mise en ouvre des
nanotechnologies, il sera devenu impossible de voir a l`oil nu que la technologie
est présente dans un objet qui pourra communiquer a distance avec son serveur.
Dès lors, comment encadrer et contrôler des ñchiers s`appuyant sur une
technologie invisible ?
Le facteur « irréversibilité » : Le progres technologique est irréversible. Nous
ne vivrons plus jamais dans un monde sans ordinateurs, sans l`Internet, sans
téléphones portables, sans identifcation biométrique, sans géolocalisation, sans
vidéosurveillance. Ces technologies tendent au contraire a s`imbriquer les unes
dans les autres, et les synergies qu`elles créent sont des plus dangereuses pour
nos sociétés et nos libertés individuelles.
On s’aperçoit ainsi que nos instruments juridiques traditionnels sont placés
devant un redoutable déñ.
Ŷ Un déñ d`ordre normatif
Le développement des législations en matiere de sécurité collective, notamment
de lutte antiterroriste, lance un déf a nos sociétés qui doivent en éviter les pieges,
ne pas céder aux mirages et combattre les mythes.
Le premier piège est celui de l’engrenage. Ainsi le législateur crée un fchier a
un moment donné, dans des circonstances particulieres. L`autorité de contrôle est
associée a son développement. Ultérieurement, le législateur envisage d`étendre
le périmetre de cette base de données par exemple en élargissant d`abord les
catégories de personnes concernées, puis les motiIs d`inscription dans le fchier
et enfn les catégories de personnes pouvant le consulter.
Les promoteurs de ces modifcations successives Iont valoir, a chaque étape, que
l`on ne peut s`opposer a une simple extension d`un fchier dont la création a été
préalablement acceptée. Et ainsi de suite. Mais on remarque que, entre la pre-
miere et la derniere étape du développement d`un fchier, il se sera opéré un glis-
sement remettant en question son équilibre initial. La CNIL n`est, bien entendu,
183
Annexes
pas compétente pour juger de la légitimité de ces extensions mais elle observe
que, du point de vue de la protection de la vie privée et des données personnelles,
la sédimentation de ces initiatives peut aboutir a un systeme susceptible, dans
son ensemble, de conduire a une dérive.
Le mirage est celui du « ñchier remède miracle ». Il Iaut désacraliser le carac-
tere supposé inIaillible du fchier inIormatique. Si au XX
e
siecle, les gouvernants
avaient tendance a créer une commission des lors qu`un probleme nouveau sur-
gissait, nos gouvernements éprouvent, de nos jours, la tentation de créer un nou-
veau fchier afn de répondre a toute nouvelle diIfculté sociale ou sécuritaire :
« un probleme, un fchier » serait-on tenté d`aIfrmer.
Or, quand de plus en plus de données personnelles sont enregistrées, les risques
d`identiñcation erronée, de données périmées, et donc d`erreurs, augmen-
tent d’autant. Cela peut causer de graves préjudices aux personnes, que ce soit
pour leur santé, leur capacité a Iaire des choix de vie, leur prospérité, donc leur
liberté. Les Anglais en sont pertinemment conscients depuis qu`en novembre
2007 deux CD-Rom contenant la totalité du fchier de l`impôt sur le revenu ont
été égarés avec l`ensemble des données fnancieres et d`état civil de toutes les
personnes y étant assujetties. Les dommages causés aux personnes par des
faits de cette nature ne sont pas réparables, car irréversibles.
Le mythe est celui du ñchier infaillible. Il est présumé que les personnes enre-
gistrées dans une base de données le sont pour une raison valable et Iondée. Il
en résulte que celles qui fgurent dans ces fchiers de maniere indue peuvent se
retrouver dans une situation inextricable, car tout portera a croire qu`il est impos-
sible d`être dans un fchier, si perIormant technologiquement, sans Iondement.
La CNIL est quotidiennement conIrontée a cette réalité, lorsqu`une inscription
dans tel fchier peut conduire des personnes a perdre leur emploi, a ne pas être
recrutées ou encore a ne pas être en mesure de créer leur entreprise.
Ainsi il est indispensable, sur les plans éthique et politique, de continuer a aIfr-
mer que l`inIormatique peut être Iaillible et de proscrire la prise de décision
automatisée, tout particulierement dans des domaines comme la sécurité, la jus-
tice ou l`acces a l`emploi.
Face a ces risques, la France, qui a été un des premiers pays au monde, en 1978,
a instaurer la protection légale des données personnelles, composante du droit
au respect de la vie privée, renouerait avec son passé et se tournerait résolu-
ment vers l’avenir en inscrivant ces principes au plus haut niveau de notre
hiérarchie des normes.
II. Le droit au respect de la vie privée et à la
protection des données personnelles : une valeur
juridique législative devant être consacrée dans
notre texte constitutionnel
Ŷ Un fondement législatif
La protection des données personnelles est considérée en France comme un élé-
ment indissociable du droit au respect de la vie privée. A ce titre, la loi de 1978
modifée le 6 août 2004 encadre l`utilisation de l`inIormatique « dans le respect
184
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

aes aroits fonaamentaux, aes libertes publiques et ae la vie privee
1
». Le droit au
respect de la vie privée et ses composantes ont, avant tout, une valeur législative.
Ainsi, l`Article 9 du Code civil, issu de la loi du 17 juillet 1970, reconnaît et pro-
tege « le droit au respect de la vie privée ». Ce droit n`est donc pas cité expressé-
ment dans le Préambule de notre Constitution, ni dans le bloc de constitutionnalité.
En revanche, le Conseil constitutionnel a progressivement reconnu sa valeur dans
plusieurs décisions.
Ŷ Une reconnaissance progressive, mais indirecte, par la jurisprudence
constitutionnelle
Les premières décisions du Conseil constitutionnel
2
en la matière recon-
naissent progressivement et indirectement la valeur constitutionnelle du
droit au respect de la vie privée et de la protection des données personnelles.
Il en est ainsi de la décision du 18 janvier 1995 :
« La prévention d’atteintes à l’ordre public, notamment d’atteintes à la sécu-
rité des personnes et des biens et la recherche d’auteurs d’infractions sont
nécessaires à la sauvegarde de principes et droits à valeur constitutionnelle. Il
appartient au législateur d’assurer la conciliation entre ces objectifs de valeur
constitutionnelle et lexercice aes libertes publiques constitutionnellement
garanties au nombre aesquelles hgurent la liberte inaiviauelle, la liberte aaller
et venir, linviolabilite au aomicile et le aroit aexpression collective aes iaees et
des opinions. La méconnaissance du droit au respect de la vie privée peut être
de nature à porter atteinte à la liberté individuelle. »
Par la suite, la valeur constitutionnelle du droit au respect de la vie privée a
été fondée non plus sur les dispositions de l’article 66 de la Constitution de
1958, protégeant la liberté individuelle, mais sur celles de l’article 2 de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Preuve en est la décision
du 23 juillet 1999
3
:
« […] aux termes de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et
du citoyen, le but de toute association politique est la conservation des droits
naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété,
la sûreté et la résistance à l’oppression » ; « la liberté proclamée par cet article
implique le respect de la vie privée ».
Aujourd`hui, le Conseil constitutionnel se Ionde régulierement sur le droit au
respect de la vie privée et a la protection des données personnelles pour décider
de la constitutionnalité de dispositions tendant a la création de fchiers.
(1) Loi du 6 janvier 1978 relative a l`inIormatique, aux fchiers et aux libertés modifée le 6 août
2004.
(2) Décision n
o
76-75 du 12 janvier 1977 sur la loi autorisant la visite de véhicules en vue de la
recherche et de la prévention d`inIractions pénales et décision n
o
94-352 du 18 janvier 1995 sur la
loi d`orientation et de programmation relative a la sécurité.
(3) Décision n
o
99-416 du 23 juillet 1999 sur la loi portant création d`une couverture maladie
universelle.
185
Annexes
A titre d`illustration, la création des fchiers de police judiciaire comme le STIC
ou « JUDEX »
1
, la création du dossier médical personnel
2
ont été analysées sous
l`angle du respect de la vie privée et de la proportionnalité du fchier au regard
des objectiIs poursuivis par le texte de loi.
Le Conseil constitutionnel a ainsi été amené a examiner de nombreux fchiers
dont la création a été prévue par une loi. Font partie de cette catégorie le fchier
national des auteurs d`inIractions sexuelles (FIJAIS, décision n
o
2004-492 du
2 mars 2004 relative a la loi portant adaptation de la justice aux évolutions de la
criminalité), le fchier d`empreintes digitales d`étrangers sollicitant la délivrance
de titres de séjours (décision n
o
97-389 du 22 avril 1997 relative a la loi portant
diverses dispositions relatives a l`immigration) ou encore la consultation par des
entités publiques ou privées des fchiers de police judiciaire (décision n
o
2003-
467 du 13 mars 2003 relative a la loi pour la sécurité intérieure).
Dans ces especes, le Conseil a souvent utilisé, comme garantie de légitimité et
de légalité du fchier en question, le respect de la loi « InIormatique et Libertés ».
Il a ainsi considéré que le législateur n`avait pas dérogé « aux aispositions pro-
tectrices de la liberté individuelle prévues dans la législation relative à l’infor-
matique, aux hchiers et aux libertes
3
».
Ŷ Une nécessité : consacrer expressément le droit à la protection
des données dans notre Constitution
Le Conseil constitutionnel integre dans ses décisions, la loi « InIormatique et
Libertés » comme « protectrice des libertés individuelles
4
». Aussi cette loi se
voit-elle conIérer un statut particulier, celui des lois assurant la protection d`un
principe de valeur constitutionnelle, a savoir la liberté individuelle, elle-même
constitutive d`un principe Iondamental garanti par les lois de la République
5
.
Dès lors, il serait temps, logique et pertinent de reconnaître de manière
explicite dans notre Constitution ce principe devenu un principe de réfé-
rence dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
De surcroît, bien que le droit a la protection des données personnelles soit une
composante de celui assurant le respect de la vie privée, il demeure un droit
autonome et spécifque qui mérite une reconnaissance particuliere.
Ainsi, a titre d`illustration, l`inviolabilité du domicile, composante du droit au
respect de la vie privée, a été reconnue comme ayant une valeur constitution-
nelle
6
indépendante de celle de la vie privée.
(1) Décision n
o
2003-467 du 13 mars 2003 relative a la loi pour la sécurité intérieure.
(2) Décision n
o
2004-504 du 12 août 2004 sur la loi relative a l`assurance maladie.
(3) Décision n
o
92-316 du 20 janvier 1993 sur la loi relative a la prévention de la corruption et a la
transparence de la vie économique et des procédures publiques.
(4) Décision n
o
92-316 du 20 janvier 1993.
(5) Décision n
o
76-75 du 12 janvier 1977 sur la loi autorisant la visite des véhicules en vue de la
recherche et de la prévention des inIractions pénales.
(6) Décision du Conseil constitutionnel du 29 décembre 1983 sur les perquisitions fscales.
186
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

A l`heure ou l`inIormatique est « partout », Iait partie intégrante de notre vie
quotidienne, ou nos données sont l`essence même de notre identité et de notre
personnalité, le droit a leur protection mérite d`être doté de la même valeur juri-
dique que la liberté d`aller et venir, la liberté de culte, la liberté d`expression
et tant d`autres libertés individuelles. Son importance est d’ailleurs d’ores et
déjà consacrée par de nombreux textes et instruments internationaux.
III. Le droit au respect de la vie privée et à la
protection des données personnelles : un droit
largement reconnu et fondé internationalement
Plusieurs textes européens ou internationaux reconnaissent le droit au respect
de la vie privée, a la protection des données, en le rapprochant explicitement
du respect de la vie Iamiliale, de la liberté du domicile, de l`inviolabilité de la
correspondance et du respect de l`honneur et de la réputation.
Ainsi, des 1948, la Déclaration universelle des droits de l`homme aIfrme le droit
a la protection de la vie privée). Ce principe est repris par la Convention euro-
péenne de sauvegarde des droits de l`homme du 4 novembre 1950 mais aussi par
le pacte international relatiI aux droits civils et politiques du 16 novembre 1966,
la convention n
o
108 du Conseil de l`Europe pour la protection des personnes a
l`égard du traitement automatisé des données personnelles du 28 janvier 1981.
La France ayant ratiñé ces conventions, elles possèdent, en tant que traités,
une valeur supralégislative.
Au niveau communautaire, la Charte des droits Iondamentaux de décembre
2002 comprend deux dispositions spécifques relatives au droit a la protection de
la vie privée et des données personnelles. Ainsi, l`article 7 dispose que : « Toute
personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de
ses communications. » Plus spécifquement, son article 8 stipule que :
« 1. Toute personne a droit à la protection des données à caractère personnel
la concernant.
« 2. Ces aonnees aoivent être traitees loyalement, a aes hns aeterminees et sur
la base du consentement de la personne concernée ou en vertu d’un autre fonde-
ment légitime prévu par la loi.
« Toute personne a le aroit aacceaer aux aonnees collectees la concernant et
aen obtenir la rectihcation.
« 3. Le respect ae ces règles est soumis au contrôle aune autorite inaepenaante. »
La valeur contraignante de la Charte des droits Iondamentaux de l`Union euro-
péenne a été reconnue par l`ensemble des pays membres (sauI le Royaume-
Uni)
1
. Celle-ci est régulierement invoquée par les avocats généraux devant la
Cour européenne des droits de l`homme, et, en juillet 2002, la Cour y a Iait
réIérence dans un arrêt sur le droit des transsexuels de se marier
2
.
(1) Site du Premier ministre Actualités au 23 juin 2007.
(2) Site Europa « Liberté, sécurité, justice » sur la Charte des droits Iondamentaux.
187
Annexes
Par ailleurs, il doit être souligné que le Traité de Lisbonne modifant le Traité sur
l`Union européenne et celui instituant la Communauté européenne consacre en
ses articles 16 B et 25 B le droit pour toute personne a la protection des données
a caractere personnel la concernant et le contrôle, par des autorités indépen-
dantes, des regles relatives a la protection des personnes physiques a l`égard des
fchiers.
IV. Un mouvement européen tendant
à la reconnaissance constitutionnelle du droit
à la protection des données dont la France
ne saurait demeurer à l’écart
A la diIIérence de la France, 22 Etats membres ont intégré le droit au respect de la
vie privée dans leur Constitution. Parmi eux, 13 ont d`ores et déja reconnu le droit a
la protection des données personnelles comme principe a valeur constitutionnelle.
Ainsi, en Grece, au Portugal, aux Pays-Bas, en Lituanie, en Slovénie, en
Slovaquie et en Hongrie fgurent, dans la Constitution, des dispositions aIfr-
mant le droit a la protection des données personnelles. Pour ne citer qu`un seul
exemple, l`article 9 A de la Constitution grecque dispose que :
« Chaque inaiviau a le aroit aêtre protege contre la collecte, le traitement et
l’utilisation, en particulier par voie électronique, de ses données personnelles,
selon des conditions prévues par la loi. La protection des données personnelles
est assurée par une autorité indépendante, qui est constituée et fonctionne selon
des conditions prévues pas la loi. »
Notre pays, qui Iut pionnier en matiere de législation « inIormatique et libertés »,
ne saurait demeurer a l`écart d`un tel mouvement.
A la veille de la présidence Irançaise de l`Union, et alors même que la CNIL a
participé activement a la création de l`Association Irancophone des autorités de
protection des données personnelles dont elle assume le secrétariat général
1
, il
serait particulierement opportun que notre pays, patrie des droits de l`homme,
reconnaisse cette même valeur Iondamentale du droit a la protection des données
qui prévaut dans un nombre croissant d`Etats européens.
Audition de M
gr
André Vingt-Trois, cardinal,
archevêque de Paris et président de la
Conférence des évêques de France
10 fuillet 2008
Mgr Vingt-Trois se montre d`emblée plutôt réservé sur la nécessité d`ajuster
constamment la Constitution, texte Iondateur rassemblant les grands principes
(1) Cette association a été créée le 26 septembre 2007 a Montréal. Son siege est a Paris, dans les
locaux de la CNIL.
188
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

d`organisation de la vie en société, aux évolutions tres rapides des mours. Il
estime que l`adaptation de la loi pourrait suIfre.
A. La parité hommes-femmes
On touche ici aux Iondements de l`organisation de la vie collective, ainsi qu`aux
représentations symboliques des relations dans la société. Or, ces représenta-
tions symboliques ne relevent plus directement du droit.
Dans la perspective de la Révélation judéo-chrétienne, l`acte créateur suscite et
donne vie a un couple dans une égale dignité : c`est le couple qui est l`interlocu-
teur du Créateur et non des individus juxtaposés.
S`agissant de l`égalité de l`homme et de la Iemme, on se situe au niveau des
principes Iondamentaux de la conception anthropologique et donc au niveau
de l`expression constitutionnelle, c`est-a-dire au niveau des principes qui Iont
réIérence a l`organisation de la vie sociale.
A condition qu`on inclue dans cette perspective des principes Iondamentaux,
non seulement l`égale dignité mais également la constitution diIIérenciée : cha-
cune des deux personnes qui compose le couple est diIIérente et c`est cette diI-
Iérence qui les met en relation et qui est constitutive de leur désir d`union et de
rencontre.
Par conséquent, on doit aIfrmer simultanément l`égale dignité des deux et l`im-
portance de la diIIérence entre les deux.
Ces principes Iondamentaux se réalisent a travers des constitutions de rôles.
Lorsqu`on entre dans la constitution des rôles sociaux, on ne se situe plus au
niveau des principes Iondamentaux, mais au niveau des réalisations culturelles,
et alors on est beaucoup plus dépendant des traditions particulieres et des cultures
qui se rencontrent.
Dans notre aire culturelle occidentale, en France en particulier, jusqu`a la moi-
tié du XX
e
siecle, nous avons eu une conception ou la répartition des rôles a été
défnie de Iaçon dominante. Aujourd`hui, cette répartition des rôles n`est plus
la même et elle n`est plus homogene : des cultures diIIérentes sont réellement
présentes et la répartition des rôles entre l`homme et la Iemme n`est pas unani-
mement acceptée.
Des lors, Iaut-il que la Constitution se penche sur la répartition des rôles et
tranche cette question, au risque de rendre diIfcile l`approche de la question
relative a l`acceptation de la diversité ? Car a quel titre et de quelle Iaçon pour-
rions-nous imaginer que notre modele de Ionctionnement « occidental » soit suI-
fsamment universel pour mériter de fgurer comme critere de réIérence dans la
Constitution ? Autrement dit, est-ce qu`il y a une culture tellement communé-
ment admise qu`elle doive être instituée dans la Constitution ? Ou bien la réIé-
rence constitutionnelle doit-elle être suIfsamment générale pour être capable
d`assumer des approches culturelles diIIérentes ? Et jusqu`a quel point doit-on
accepter des conceptions culturelles diIIérentes non pas simplement dans leur
énoncé, mais également dans leur pratique (le législateur a ainsi considéré que
certaines pratiques musulmanes n`étaient pas admissibles dans la société Iran-
çaise) ? Jusqu`a quel point ces prises de position législatives correspondent
189
Annexes
simplement a un confit culturel que l`on essaie de gérer d`une Iaçon pacifque ?
Jusqu`a quel point instaurent-elles une sorte de domination d`un modele culturel
sur les autres ?
Est-ce que nous allons instituer constitutionnellement un mode de répartition
des rôles entre l`homme et la Iemme parce qu`on considere qu`ils touchent telle-
ment a la défnition particuliere des droit humains qu`on ne peut pas y déroger ?
Ou bien allons-nous nous placer dans une perspective plus diversifée ou on est
capable, d`une part, d`énoncer les principes Iondamentaux auxquels on ne peut
pas déroger et, d`autre part, d`accepter des diversités dans la mise en ouvre de
ces principes Iondamentaux ?
B. La diversité
La langue est aussi l`expression d`une culture. Les expériences de multilin-
guisme n`ont pas donné de résultats tellement exceptionnels que l`on puisse
souhaiter les développer.
Comment va-t-on défnir une langue régionale ? Comment va-t-on passer du
patois a une langue régionale ? Comment identifer une langue régionale, c`est-
a-dire une culture qui s`exprime a travers cette langue, ou un idiome particu-
lier, utilisé parce qu`on n`en connaît pas d`autre et ne refétant aucune culture
particuliere ?
Dans une société multiethnique, comment se limiter aux langues régionales
nationales ? On dira que le corse, le breton, l`alsacien sont des langues régionales
légitimes, mais que l`idiome parlé par un AIricain de Centre-AIrique n`est pas
légitime. A quel titre ? Pourquoi un Breton, un Alsacien ou un Corse bénéfcie-
raient-ils d`un privilege dont des Français de culture étrangere ne disposeraient
pas ? Et jusqu`ou doit-on aller dans la reconnaissance des langues particulieres ?
S`agit-il la simplement d`une concession a la diversité, a la pluralité ? S`agit-il
d`un geste de tolérance sociale afn de permettre des expressions diversifées ?
Ou bien s`agit-il d`un élément constitutiI de la vie collective et dans ce cas va-t-il
Ialloir rédiger les proces-verbaux de police en plusieurs langues ?
Autrement dit, est-ce que ces langues vont être reconnues comme une « section
du musée des Arts et des Traditions populaires » ou bien comme un acte social ?
Derriere cette question des langues régionales qui peut paraître anodine de
prime abord se dessine quelque chose de beaucoup plus proIond. Lorsque la
Constitution énonce que la langue de la République est le Irançais, elle ne vise
pas seulement un acte administratiI, elle aIfrme la reconnaissance d`une culture
et d`une identité. A quelles conditions cette culture et cette identité peuvent-elles
agréger d`autres cultures et d`autres identités ? Est-ce qu`on doit ouvrir une sorte
de marché infni des diversités ? Quelle est la capacité de notre culture a intégrer
des diversités non pas pour les Iaire disparaître, mais pour leur donner droit de
cité dans un contexte ou il existe incontestablement une identité dominante ?
Dans notre histoire, on voit bien comment l`eIIort pédagogique de l`école pri-
maire de la III
e
République visait a éradiquer les diIIérences et a constituer
un peuple Irançais par la langue, par les programmes scolaires communs, par
une identifcation a travers ses véhicules culturels. Faut-il y renoncer ? Faut-il
décider que désormais il existera des cultures diIIérentes et donc des langues
190
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

diIIérentes ? Comment la nation Irançaise va-t-elle s`identifer a travers ses
cultures et ses langues diIIérentes ?
L`Eglise catholique a appris a développer une expérience d`agrégation de
cultures diIIérentes. Cela n`a jamais été Iacile, cela n`a jamais été serein, cela
a toujours été confictuel et quelqueIois violent. C`est l`exemple de la querelle
des rites chinois au XVII
e
siecle : a quel seuil les rites étaient-ils l`expression
d`une culture particuliere et a quel seuil étaient-ils constitutiIs d`une identité
commune ? La question a été tranchée par le rejet des rites chinois.
Aujourd`hui, notre expérience montre qu`il existe eIIectivement une Irontiere,
qui n`est pas Iacile a identifer, entre ce qui tient a l`identité chrétienne, qui ne
peut pas varier avec les cultures, et ce qui tient a l`expression culturelle d`un
peuple.
L`Eglise a d`autres expériences plus positives que celle des rites chinois :
l`Eglise d`AIrique comme l`Eglise d`Amérique latine, qui deviennent la partie
la plus importante de l`Eglise en nombre de fdeles, ne se reconnaissent pas dans
le modele européen occidental de l`Eglise. L`Eglise est donc conduite a mettre
en ouvre un systeme de communion qui ne déroge pas a ce qu`elle considere
comme le cour de son identité, mais qui accepte néanmoins des expressions
diIIérentes.
Dans l`expérience ecclésiale, il existe un Iacteur déterminant qui est le principe
de communion : la gestion des diIIérences leur acceptation ou leur rejet est
soumise a ce principe.
Des lors, jusqu`a quel point l`Etat Irançais repose-t-il sur un principe de commu-
nion suIfsamment Iort pour être capable de gérer ces diIIérences sans provoquer
la dissolution de sa propre identité ?
La capacité d`agréger des diIIérences culturelles ou, en tout cas, de leur laisser
une place d`expression légitime est directement proportionnelle a notre propre
capacité d`identité. On ne peut accepter sereinement les diIIérences que si l`on
est soi-même libre par rapport a sa propre identité. Autrement dit, les êtres
humains qui sont capables d`entrer dans une relation constructive avec les autres
sont ceux qui sont eux-mêmes construits. Si l`on a une identité, on est capable
d`accepter la diversité.
Si, par contre, on a une identité foue et indéterminée, la rencontre et le choc avec
d`autres approches, d`autres conceptions, d`autres manieres de vivre deviennent
une sorte de compétition dangereuse et conduisent inévitablement a une alter-
native : soit on accepte la diversité, mais au prix de la dissolution de soi ; soit on
se déIend, mais au prix de l`interdiction des diversités ; ainsi, soit on disparaît,
soit on combat.
La question centrale de l`acceptation et de la place des diversités, c`est par
conséquent la question de l`identité Irançaise proprement dite non pas simple-
ment dans ses élans lyriques de pays des droits de l`homme, mais également
dans ses éléments constitutiIs : qu`est-ce qui Iait qu`on se reconnaît comme Iran-
çais ? Cette question en amene nécessairement d`autres : comment accueillir les
étrangers ? A quelles conditions les reconnaître avec des droits dans notre pays ?
Que doit-on accepter de leur culture ? Que doit-on reIuser de leur culture ?
191
Annexes
L`accueil des étrangers ne saurait être envisagé uniquement sous l`angle Ionc-
tionnel de leur puissance de travail.
C. La bioéthique
1) L’attitude générale à l’égard de la dignité humaine
La dignité humaine ne se défnit pas mathématiquement et ne peut voir fxés ses
contours de maniere indiscutable. C`est a la Iois une reconnaissance, une adhé-
sion qui s`enracine dans une tradition culturelle et une capacité de reconnais-
sance de l`autre. On est donc Iorcément conIronté a des questions de Irontiere en
ce domaine. Ces questions de Irontiere représentent le cour du débat auquel est
conIrontée notre société depuis plusieurs siecles et auquel elle sera conIrontée
a l`avenir.
2) Pour un principe de protection en matière de dignité humaine, sur le
modèle du principe de précaution
En ce domaine, il Iaudrait appliquer a l`être humain le principe de précaution avec
la même passion que celle qui se maniIeste sur la question de la production du
maïs. Le principe de précaution est appliqué parce que, sur des sujets importants,
il existe des zones foues, nos connaissances ne suIfsant pas. L`éclaircissement
de ces zones foues rendra peut-être ce principe de protection superfu, mais, au
point ou on en est, il Iaut placer une barriere inIranchissable parce que, lorsqu`on
commence a négocier sur la dignité humaine, il n`y a plus de seuil.
3) L’indisponibilité du corps humain et le consentement libre et éclairé
Jusqu`a quel point est-on prêt a reconnaître une transcendance particuliere a
l`être humain ? Comment une culture et une société sont-elles capables de consi-
dérer des êtres humains non pas en Ionction de leur conIormité a un modele, mais
en Ionction de leur existence même ? et donc de considérer qu`un être humain,
quels que soient par ailleurs ses déIauts, mérite d`être respecté en lui-même ?
C`est cette détermination a respecter tout être humain qui défnit la dignité de
l`autre, ainsi que sa propre dignité. C`est donc dans la mesure ou l`on entre dans
cette dialectique du respect mutuel que l`on est vraiment un homme responsable
et digne de l`être et que l`on conIere a l`autre sa propre dignité.
a) Oser déñnir une indisponibilité fondamentale du corps humain et de la
personne humaine (de son génome)
A partir de quel seuil doit-on considérer qu`on atteint l`indisponibilité du corps
humain ?
S`agissant des transIerts d`organes, au moment des premieres transplantations
cardiaques, la question avait été posée : touche-t-on a l`identité humaine ou
est-on simplement devant un prêt ou un don qui est de l`ordre des accessoires
nécessaires ?
192
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

On ne peut pas poser le principe de l`indisponibilité du corps humain et ensuite
rendre disponible le corps humain par morceaux. Il Iaut savoir a partir de quel
moment on est devant une disponibilité légitime, la Irontiere n`étant pas Iacile
a délimiter.
L`indisponibilité vaut pour le corps humain, mais également pour la personne :
c`est l`indisponibilité du génome.
b) Le consentement éclairé
Est-ce un consentement global qui est donné pour tout ce qui peut être bon ou
bien est-ce un consentement acte par acte ?
Comment est-on « éclairé » ? Qu`est-ce qui nous motive, qu`est-ce qui nous
décide ?
Il y a un consentement a titre individuel, mais également a titre collectiI : com-
ment sollicitons-nous le consentement de la société pour un certain nombre de
démarches ?
Nous avons assisté pendant une période assez longue a un plaidoyer sur l`espoir
thérapeutique au regard d`un certain nombre de recherches. Maintenant, on parle
davantage de l`importance de la recherche en elle-même : le consentement n`est
plus le même.
Il n`est pas tres diIfcile d`obtenir le consentement d`une personne a laquelle on
demande si elle veut guérir de la maladie d`Alzheimer. Par contre, en matiere de
recherche, comment susciter le consentement collectiI et pas simplement indivi-
duel ? Il existe la en outre des implications budgétaires. L`adhésion ne peut-être
que progressive.
Audition de M
me
Marie-Jo Zimmermann,
députée de Moselle, présidente de la
délégation de l’Assemblée nationale
aux droits des femmes et à l’égalité des
chances entre les hommes et les femmes
12 fuin 2008
M
me
Zimmermann rappelle l`amendement dont elle est l`auteur et qui tend a
voir insérer, a l`article 34 de la Constitution, un douzieme alinéa ainsi rédigé :
« La loi Iavorise l`égal acces des Iemmes et des hommes aux responsabilités
proIessionnelles et sociales », ce texte ayant été voté en premiere lecture par
l`Assemblée nationale.
Elle rappelle ensuite que l`amendement voté par la commission des lois du Sénat
se situe dans le prolongement du sien et vise a déplacer cette disposition a l`ar-
ticle 1
er
de la Constitution en y insérant un alinéa ainsi rédigé : « La loi Iavorise
l`égal acces des Iemmes et des hommes aux mandats électoraux et Ionctions
électives, ainsi qu`aux responsabilités proIessionnelles et sociales. En consé-
quence, le dernier alinéa de l`article 3 de la Constitution est supprimé. »
193
Annexes
M
me
Zimmermann se déclare tres satisIaite de ce passage de l`article 34 a l`ar-
ticle 1
er
: elle considere que ce dernier texte est le prolongement du Préambule
et que la disposition proposée quitte ainsi son statut de regle technique pour
prendre celui de regle de Iond.
Elle explique les raisons de sa démarche : éviter la censure par le Conseil consti-
tutionnel de dispositions Iavorisant l`égal acces des hommes et des Iemmes a des
Ionctions autres que politiques.
Elle releve qu`apres la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 le législateur
a Iait preuve de volontarisme pour mettre en ouvre les dispositions prévues aux
articles 3 et 4 de la Constitution : loi du 6 juin 2000 tendant a Iavoriser l`égal
acces des Iemmes et des hommes aux mandats électoraux et Ionctions électives ;
loi du 11 avril 2003 relative a l`élection des conseillers régionaux et des repré-
sentants au Parlement européen ; loi du 31 janvier 2007 sur la parité dans les
exécutiIs locaux.
Elle estime qu`il Iallait étendre cette politique volontariste en matiere d`acces
aux responsabilités proIessionnelles et sociales, ce qui nécessite une révision
constitutionnelle afn d`éviter d`éventuelles censures du Conseil constitutionnel.
M
me
Zimmermann considere que la question de la diversité ne doit pas être trai-
tée sur le même plan que la question de l`égalité hommes-Iemmes, ce afn d`évi-
ter tout amalgame.
195
Annexes
Annexe 5
Rappel des principes de
valeur constitutionnelle
dégagés par la
jurisprudence en matière
de droits et libertés
La présente annexe a pour objet de rappeler, dans le champ des droits et libertés
Iondamentaux, les principes de valeur constitutionnelle qui ne se donnent pas
directement a lire dans le Préambule de la Constitution ou dans le texte même de
cette derniere mais qui en ont été déduits par la jurisprudence. Sont cités, chaque
Iois, les extraits pertinents de la décision qui a Iait jurisprudence.
L`appréhension exacte de la portée de chacun de ces principes jurisprudentiels,
comme d`ailleurs des principes écrits, exigerait encore de préciser les techniques
de contrôle du Conseil constitutionnel. Celui-ci a en eIIet été conduit, selon les
cas, a moduler l`intensité de son contrôle (contrôle dit « entier » ou « normal »
dans certaines matieres, contrôle dit « restreint » ou limité a l`erreur maniIeste
d`appréciation dans d`autres), ou encore a recourir a une gradation dans le dis-
positiI des décisions qu`il prononce (censures, interprétations neutralisantes.).
On renvoie, pour la présentation de ces concepts, de leurs lignes de partage et
des incertitudes qui demeurent, a la communication présentée par le président
Genevois lors du colloque du cinquantenaire du Conseil constitutionnel, dispo-
nible en ligne sur le site de ce dernier.
Les « principes fondamentaux reconnus
par les lois de la République »
1. – La liberté d’association
Décision nq 71-44 DC du 16 juillet 1971, Loi complétant les dispositions des
articles 5 et 7 de la loi du 1
er
juillet 1901 relative au contrat d`association, JO du
18 juillet 1971, p. 7114.
Considérant 2 :
Consiaerant quau nombre aes principes fonaamentaux reconnus par les lois ae
la Republique et solennellement reafhrmes par le Preambule ae la Constitution
196
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

il y a lieu de ranger le principe de la liberté d’association , que ce principe est a
la base des dispositions générales de la loi du 1
er
juillet 1901 relative au contrat
aassociation ,
2. – Les droits de la défense
Décision nq 76-70 DC du 2 décembre 1976, Loi relative au développement de la
prévention des accidents du travail, JO du 7 décembre 1976, p. 7052.
Considérant 2 :
Consiaerant que ces aispositions, aesquelles il peut resulter une mise a la
charge de l’employeur du paiement, en totalité ou en partie, des amendes et
des frais de justice, ne portent atteinte, sous réserve du respect des droits de la
aefense, tels quils resultent aes principes fonaamentaux reconnus par les lois
de la République, a aucune aisposition ae la Constitution ni a aucun autre prin-
cipe ae valeur constitutionnelle applicable en matière penale ,
3. – La liberté individuelle
Décision nq 76-75 DC du 12 janvier 1977, Loi autorisant la visite des véhicules
en vue de la recherche et de la prévention des inIractions pénales, JO du 13 jan-
vier 1976, p. 344.
Considérant 1 :
Consiaerant que la liberté individuelle constitue l’un des principes fondamen-
taux garantis par les lois ae la Republique, et proclamés par le Préambule de
la Constitution ae 1946, conhrme par le Preambule ae la Constitution ae 1958 ,
4. – La liberté de l’enseignement
Décision nq 77-87 DC du 23 novembre 1977, Loi complémentaire a la loi
nq 59-1557 du 31 décembre 1959 modifée par la loi nq 71-400 du 1
er
juin 1971
et relative a la liberté de l`enseignement, JO du 25 novembre 1977, p. 5530.
Considérants 2 et 3 :
2. Consiaerant, aune part, que la sauvegarae au caractère propre aun etablis-
sement lie a lEtat par contrat, notion reprise ae larticle premier, 4
e
alinéa, de
la loi au 31 aecembre 1959 sur les rapports entre lEtat et les etablissements
d’enseignement privés, n’est que la mise en œuvre du principe de la liberté de
l’enseignement ,
3. Consiaerant que ce principe, qui a notamment été rappelé à l’article 91 de
la loi ae hnances au 31 mars 1931, constitue l’un des principes fondamen-
taux reconnus par les lois ae la Republique, reafhrmes par le Preambule ae
la Constitution ae 1946 et auxquels la Constitution ae 1958 a confere valeur
constitutionnelle ,
197
Annexes
5. – La liberté de l’enseignement supérieur
Décision nq 99-414 DC du 8 juillet 1999, Loi d`orientation agricole, JO du 10
juillet 1999, p. 10266.
Considérant 6 :
Consiaerant que le principe de liberté de l’enseignement constitue l’un des prin-
cipes fonaamentaux reconnus par les lois ae la Republique, reafhrmes par le
Preambule ae la Constitution ae 1946 et auxquels la Constitution ae 1958 a
confere valeur constitutionnelle , quen ce qui concerne l’enseignement supé-
rieur, il trouve son fonaement aans les lois susvisees aes 12 fuillet 1875 et
18 mars 1880 , que lafhrmation, par le trei:ième alinea au Preambule ae la
Constitution ae 1946, selon laquelle « lorganisation ae lenseignement public
gratuit et laïque a tous les aegres est un aevoir ae lEtat » ne saurait exclure
lexistence ae lenseignement prive, non plus que loctroi aune aiae ae lEtat a
cet enseignement aans les conaitions aehnies par la loi ,
6. – La liberté de conscience
Décision nq 77-87 DC du 23 novembre 1977, Loi complémentaire a la loi
nq 59-1557 du 31 décembre 1959 modifée par la loi nq 71-400 du 1
er
juin 1971
et relative a la liberté de l`enseignement, JO du 25 novembre 1977, p. 5530.
Considérant 5 :
Consiaerant, aautre part, quaux termes ae larticle 10 ae la Declaration aes
aroits ae lhomme et au citoyen ae 1789 « Nul ne aoit être inquiete pour ses opi-
nions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre
public etabli par la loi » , que le Preambule ae la Constitution ae 1946 rappelle
que « Nul ne peut être lese aans son travail ou son emploi en raison ae ses ori-
gines, ae ses opinions ou ae ses croyances » , que la liberté de conscience doit
aonc être regaraee comme lun aes principes fonaamentaux reconnus par les
lois de la République ,
7. – L’indépendance de la juridiction administrative
Décision nq 80-119 DC du 22 juillet 1980, Loi portant validation d`actes admi-
nistratiIs, JO du 24 juillet 1980, p. 1868.
Considérant 6 :
Consiaerant quil résulte aes aispositions ae larticle 64 ae la Constitution en ce
qui concerne l’autorité judiciaire et aes principes fonaamentaux reconnus par
les lois de la République en ce qui concerne, aepuis la loi au 24 mai 1872, la
juridiction administrative, que l’indépendance des juridictions est garantie ainsi
que le caractère specihque ae leurs fonctions sur lesquelles ne peuvent empieter
ni le législateur ni le gouvernement , quainsi, il nappartient ni au legisla-
teur ni au gouvernement de censurer les décisions des juridictions, d’adresser
à celles-ci des injonctions et de se substituer à elles dans le jugement des litiges
relevant ae leur competence ,
198
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

8. – L’indépendance des professeurs d’université
Décision nq 83-165 DC du 20 janvier 1984, Loi relative a l`enseignement supé-
rieur, JO du 21 janvier 1984, p. 365.
Considérant 20 :
Consiaerant quen ce qui concerne les professeurs, auxquels larticle 55 ae la
loi conhe aes responsabilites particulières, la garantie de l’indépendance résulte
en outre d’un principe fondamental reconnu par les lois de la République, et
notamment par les dispositions relatives à la réglementation des incompatibili-
tes entre le manaat parlementaire et les fonctions publiques ,
9. – La compétence de la juridiction administrative
pour connaître de l’annulation ou de la réformation
des décisions prises dans l’exercice des
prérogatives de puissance publique
Décision nq 86-224 DC du 23 janvier 1987, Loi transIérant a la juridiction judi-
ciaire le contentieux des décisions du Conseil de la concurrence, JO du 25 jan-
vier 1987, p. 924.
Considérant 15 :
Consiaerant que les aispositions aes articles 10 et 13 ae la loi aes 16 et 24 août
1790 et au aecret au 16 fructiaor an III qui ont pose aans sa generalite le
principe de séparation des autorités administratives et judiciaires n’ont pas
en elles-mêmes valeur constitutionnelle , que, neanmoins, conformement a la
conception française de la séparation des pouvoirs, hgure au nombre aes « prin-
cipes fonaamentaux reconnus par les lois ae la Republique » celui selon lequel,
a lexception aes matières reservees par nature a lautorite fuaiciaire, relève en
dernier ressort de la compétence de la juridiction administrative l’annulation
ou la reformation aes aecisions prises, aans lexercice aes prerogatives ae puis-
sance publique, par les autorites exerçant le pouvoir executif, leurs agents, les
collectivités territoriales de la République ou les organismes publics placés sous
leur autorité ou leur contrôle ,
10. – L’autorité judiciaire gardienne de la propriété
immobilière
Décision nq 89-256 DC du 25 juillet 1989, Loi portant dispositions diverses
en matiere d`urbanisme et d`agglomérations nouvelles, JO du 28 juillet 1989,
p. 9501.
Considérants 17, 18 et 23 :
17. Consiaerant que larticle 2 ae la Declaration ae 1789 range la propriete
au nombre aes aroits ae lhomme , que larticle 17 ae la même Declaration
proclame egalement . « La propriete etant un aroit inviolable et sacre, nul ne
peut en être privé si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée,
lexige eviaemment et sous la conaition aune fuste et prealable inaemnite » ,
199
Annexes
18. Consiaerant que les hnalites et les conaitions aexercice au aroit ae pro-
priete ont subi une evolution caracterisee par une extension ae son champ aap-
plication a aes aomaines nouveaux et par aes limitations exigees au nom ae
linterêt general , que cest en fonction ae cette evolution que aoit sentenare la
reafhrmation par le Preambule ae la Constitution ae 1958 ae la valeur constitu-
tionnelle au aroit ae propriete ,
23. Consiaerant que la proceaure regie par larticle L. 15-9, si elle permet, sous
les conditions susanalysées, une prise de possession anticipée de terrains non
batis, ne fait nullement echec a lintervention au fuge fuaiciaire pour la hxa-
tion aehnitive au montant ae linaemnite , quainsi, en tout etat ae cause, nest
pas méconnue l’importance des attributions conférées à l’autorité judiciaire en
matière de protection de la propriété immobilière par les principes fondamen-
taux reconnus par les lois ae la Republique ,
11. – La spécificité de la justice des mineurs
Décision nq 2002-461 DC du 29 août 2002, Loi d`orientation et de programma-
tion pour la justice, JO du 10 septembre 2002, p. 14953.
Considérant 26 :
Consiaerant que lattenuation ae la responsabilite penale aes mineurs en fonc-
tion de l’âge comme la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral
des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur âge et à leur personna-
lité, prononcées par une juridiction spécialisée ou selon des procédures appro-
priées, ont été constamment reconnues par les lois de la République depuis le
aebut au vingtième siècle , que ces principes trouvent notamment leur expres-
sion aans la loi au 12 avril 1906 sur la maforite penale aes mineurs, la loi au
22 fuillet 1912 sur les tribunaux pour enfants et loraonnance au 2 fevrier 1945
sur lenfance aelinquante , que toutefois, la legislation republicaine anterieure
a lentree en vigueur ae la Constitution ae 1946 ne consacre pas ae règle selon
laquelle les mesures contraignantes ou les sanctions devraient toujours être
evitees au proht ae mesures purement eaucatives , quen particulier, les aispo-
sitions originelles ae loraonnance au 2 fevrier 1945 necartaient pas la respon-
sabilite penale aes mineurs et nexcluaient pas, en cas ae necessite, que fussent
prononcées à leur égard des mesures telles que le placement, la surveillance, la
retenue ou, pour les mineurs ae plus ae trei:e ans, la aetention , que telle est la
portée du principe fondamental reconnu par les lois de la République en matière
de justice des mineurs ,
12. – L’obligation, pour l’État, de refuser
l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée
dans un but politique
Conseil d`Etat, Ass., 3 juillet 1996, Koné, nq 169219, Lebon p. 255.
Consiaerant quaux termes ae larticle 44 ae laccora ae cooperation
franco-malien susvise . « Lextraaition ne sera pas executee si linfraction pour
laquelle elle est demandée est considérée par la partie requise comme une
infraction politique ou comme une infraction connexe a une telle infraction » ,
200
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

que ces stipulations doivent être interprétées conformément au principe fon-
damental reconnu par les lois de la République, selon lequel l’État doit refu-
ser lextraaition aun etranger lorsquelle est aemanaee aans un but politique ,
qu’elles ne sauraient dès lors limiter le pouvoir de l’État français de refuser
lextraaition au seul cas aes infractions ae nature politique et aes infractions
qui leur sont connexes ,
Autres principes de valeur constitutionnelle
Le respect de la vie privée
Décision nq 76-75 DC du 12 janvier 1977, Loi autorisant la visite des véhicules
en vue de la recherche et de la prévention des inIractions pénales, JO du 13 jan-
vier 1976, p. 344.
Considérants 1 a 5 :
1. Consiaerant que la liberte inaiviauelle constitue lun aes principes fonaamen-
taux garantis par les lois ae la Republique, et proclames par le Preambule ae
la Constitution ae 1946, conhrme par le Preambule ae la Constitution ae 1958 ,
2. Consiaerant que larticle 66 ae la Constitution, en reafhrmant ce principe, en
conhe la garae a lautorite fuaiciaire ,
3. Consiaerant que le texte soumis a lexamen au Conseil constitutionnel a pour
obfet ae aonner aux ofhciers ae police fuaiciaire ou, sur orare ae ceux-ci, aux
agents de police judiciaire, le pouvoir de procéder à la visite de tout véhicule
ou ae son contenu aux seules conaitions que ce vehicule se trouve sur une voie
ouverte à la circulation publique et que cette visite ait lieu en la présence du
proprietaire ou au conaucteur ,
4. Consiaerant que, sous reserve que soient remplies les aeux conaitions ci-aes-
sus rappelees, les pouvoirs attribues par cette aisposition aux ofhciers ae police
fuaiciaire et aux agents agissant sur lorare ae ceux-ci pourraient sexercer,
sans restriction, dans tous les cas, en dehors de la mise en vigueur d’un régime
legal ae pouvoirs exceptionnels, alors même quaucune infraction naura ete
commise et sans que la loi suboraonne ces contrôles a lexistence aune menace
aatteinte a lorare public ,
5. Consiaerant quen raison ae letenaue aes pouvoirs, aont la nature nest,
par ailleurs, pas aehnie, conferes aux ofhciers ae police fuaiciaire et a leurs
agents, du caractère très général des cas dans lesquels ces pouvoirs pourraient
sexercer et ae limprecision ae la portee aes contrôles auxquels il seraient sus-
ceptibles ae aonner lieu, ce texte porte atteinte aux principes essentiels sur les-
quels repose la protection ae la liberte inaiviauelle , que, par suite, il nest pas
conforme a la Constitution ,
Décision nq 94-352 DC du 18 janvier 1995, Loi d`orientation et de programma-
tion relative a la sécurité, JO du 21 janvier 1995, p. 1154.
201
Annexes
Considérant 3 :
Consiaerant que la prevention aatteintes a lorare public, notamment aat-
teintes à la sécurité des personnes et des biens, et la recherche des auteurs
d’infractions, sont nécessaires à la sauvegarde de principes et droits à valeur
constitutionnelle , quil appartient au legislateur aassurer la conciliation entre
ces obfectifs ae valeur constitutionnelle et lexercice aes libertes publiques
constitutionnellement garanties au nombre aesquelles hgurent la liberte inaivi-
auelle et la liberte aaller et venir ainsi que linviolabilite au aomicile , que la
méconnaissance du droit au respect de la vie privée peut être de nature à porter
atteinte à la liberté individuelle ,
Décision nq 99-416 DC du 23 juillet 1999, Loi portant création d`une couverture
maladie universelle, JO du 28 juillet 1999, p. 11250.
Considérant 45 :
Consiaerant quaux termes ae larticle 2 ae la Declaration aes aroits ae lhomme
et au citoyen . « Le but ae toute association politique est la conservation aes
aroits naturels et imprescriptibles ae lhomme. Ces aroits sont la liberte, la pro-
priete, la sûrete, et la resistance a loppression » , que la liberté proclamée par
cet article implique le respect de la vie privée ,
Décision nq 2003-467 DC du 13 mars 2003, Loi pour la sécurité intérieure, JO
du 19 mars 2003, p. 4789.
Considérant 8 :
Consiaerant quil appartient au legislateur aassurer la conciliation entre, aune
part, la prévention des atteintes à l’ordre public et la recherche des auteurs
ainfractions, toutes aeux necessaires a la sauvegarae ae aroits et ae principes
de valeur constitutionnelle, et, d’autre part, lexercice aes libertes constitution-
nellement garanties, au nombre aesquelles hgurent la liberte aaller et venir et
le respect de la vie privée, proteges par les articles 2 et 4 ae la Declaration aes
aroits ae lhomme et au citoyen ae 1789, ainsi que la liberte inaiviauelle, que
larticle 66 ae la Constitution place sous la surveillance ae lautorite fuaiciaire ,
La liberté du mariage et le droit à une vie familiale
normale
Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, Loi relative a la maîtrise de l`immigra-
tion et aux conditions d`entrée, d`accueil et de séjour des étrangers en France,
JO du 18 août 1993, p. 11722.
Considérants 3, 69 et 70 :
3. Consiaerant toutefois que si le legislateur peut prenare a legara aes etran-
gers aes aispositions specihques, il lui appartient ae respecter les libertes et
aroits fonaamentaux ae valeur constitutionnelle reconnus a tous ceux qui resi-
aent sur le territoire ae la Republique , que sils aoivent être concilies avec la
sauvegarde de l’ordre public qui constitue un objectif de valeur constitution-
nelle, hgurent parmi ces aroits et libertes la liberte inaiviauelle et la sûrete,
notamment la liberté d’aller et venir, la liberté du mariage, le droit de mener
une vie familiale normale […] ,
202
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

69. Consiaerant que le aixième alinea au Preambule ae la Constitution ae 1946
aispose que . « La nation assure a linaiviau et a la famille les conaitions neces-
saires a leur aeveloppement » ,
70. Consiaerant quil resulte ae cette aisposition que les etrangers aont la resi-
aence en France est stable et regulière ont, comme les nationaux, le aroit ae
mener une vie familiale normale , que ce aroit comporte en particulier la faculte
pour ces etrangers ae faire venir auprès aeux leurs confoints et leurs enfants
mineurs sous réserve de restrictions tenant à la sauvegarde de l’ordre public et
à la protection de la santé publique lesquelles revêtent le caractère d’objectifs
ae valeur constitutionnelle , quil incombe au legislateur tout en assurant la
conciliation ae telles exigences, ae respecter ce aroit ,
La continuité du service public et le droit de grève
Décision nq 79-105 DC du 25 juillet 1979, Loi modifant les dispositions de la
loi nq 74-696 du 7 août 1974 relatives a la continuité du service public de la radio
et de la télévision en cas de cessation concertée du travail, JO du 27 juillet 1979.
Considérant 1 :
Consiaerant quaux termes au Preambule ae la Constitution au 27 octobre 1946,
conhrme par celui ae la Constitution au 4 octobre 1958 . « Le aroit ae grève
sexerce aans le caare aes lois qui le reglementent » , quen eaictant cette aispo-
sition les constituants ont entendu marquer que le droit de grève est un principe
de valeur constitutionnelle, mais qu’il a des limites et ont habilité le législateur
à tracer celles-ci en opérant la conciliation nécessaire entre la défense des inté-
rêts professionnels, dont la grève est un moyen, et la sauvegarde de l’intérêt
general auquel la grève peut être ae nature a porter atteinte , que, notamment
en ce qui concerne les services publics, la reconnaissance du droit de grève ne
saurait avoir pour effet de faire obstacle au pouvoir du législateur d’apporter
à ce droit les limitations nécessaires en vue d’assurer la continuité du service
public qui, tout comme le droit de grève, a le caractère d’un principe de valeur
constitutionnelle , que ces limitations peuvent aller fusqua linteraiction au
aroit ae grève aux agents aont la presence est inaispensable pour assurer le
fonctionnement aes elements au service aont linterruption porterait atteinte aux
besoins essentiels au pays ,
La liberté d’entreprendre
Décision nq 81-132 DC du 16 janvier 1982, Loi de nationalisation, JO du 17 jan-
vier 1982, p. 299.
Considérant 16 :
Consiaerant que, si posterieurement a 1789 et fusqua nos fours, les hnalites
et les conaitions aexercice au aroit ae propriete ont subi une evolution carac-
terisee a la fois par une notable extension ae son champ aapplication a aes
aomaines inaiviauels nouveaux et par aes limitations exigees par linterêt gene-
ral, les principes mêmes énoncés par la Déclaration des droits de l’homme ont
pleine valeur constitutionnelle tant en ce qui concerne le caractère fondamental
du droit de propriété dont la conservation constitue l’un des buts de la société
203
Annexes
politique et qui est mis au même rang que la liberte, la sûrete et la resistance a
loppression, quen ce qui concerne les garanties aonnees aux titulaires ae ce
aroit et les prerogatives ae la puissance publique , que la liberté qui, aux termes
ae larticle 4 ae la Declaration, consiste a pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas
à autrui, ne saurait elle-même être préservée si des restrictions arbitraires ou
abusives étaient apportées à la liberté d’entreprendre ,
Décision nq 92-316 DC du 20 janvier 1993, Loi relative a la prévention de la cor-
ruption et a la transparence de la vie économique et des procédures publiques,
JO du 22 janvier 1993, p. 1118.
Considérant 29 :
Consiaerant que la liberté d’entreprendre qui a valeur constitutionnelle n’est
toutefois ni generale ni absolue , quil est loisible au legislateur ay apporter
aes limitations qui lui paraissent exigees par linterêt general a la conaition que
celles-ci naient pas pour consequence ae aenaturer la portee ae cette liberte ,
La non-rétroactivité des lois en matière répressive
Décision n° 89-268 DC du 29 décembre 1989, Loi de fnances pour 1990, JO du
30 décembre 1989, p. 16498.
Considérant 39 :
Consiaerant, aautre part, que le principe de non-rétroactivité des lois n’a
valeur constitutionnelle, en vertu ae larticle 8 ae la Declaration aes aroits ae
l’homme et du citoyen, qu’en matière répressive ,
La dignité de la personne humaine
Décision nq 94-343/344 DC du 27 juillet 1994, Loi relative au respect du corps
humain et loi relative au don et a l`utilisation des éléments et produits du corps
humain, a l`assistance médicale a la procréation et au diagnostic prénatal, JO du
29 juillet 1994, p. 11024.
Considérant 2 :
Consiaerant que le Preambule ae la Constitution ae 1946 a reafhrme et pro-
clamé des droits, libertés et principes constitutionnels en soulignant d’emblée
que . « Au lenaemain ae la victoire remportee par les peuples libres sur les
régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple
français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de
religion ni ae croyance, possèae aes aroits inalienables et sacres » , quil en res-
sort que la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme
d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle ,
La liberté contractuelle
Décision nq 94-348 DC du 3 août 1994, Loi relative a la protection sociale
complémentaire des salariés et portant transposition des directives nq 92/49 et
nq 92/96 des 18 juin et 10 novembre 1992 du Conseil des communautés euro-
péennes, JO du 6 août 1994, p. 11482.
204
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Considérant 9 :
Consiaerant quaucune norme de valeur constitutionnelle ne garantit le prin-
cipe de la liberté contractuelle ,
Décision nq 97-388 DC du 20 mars 1997, Loi créant les plans d`épargne retraite,
JO du 26 mars 1997, p. 4661.
Considérant 48 :
Consiaerant que le principe de liberté contractuelle n’a pas en lui-même valeur
constitutionnelle , que sa meconnaissance ne peut être invoquee aevant le
Conseil constitutionnel que aans le cas où elle conauirait a porter atteinte a aes
aroits et libertes constitutionnellement garantis ,
Décision nq 2000-437 DC du 19 décembre 2000, Loi de fnancement de la
Sécurité sociale pour 2001, JO du 24 décembre 2000, p. 20576.
Considérant 37 :
Consiaerant, par ailleurs, que, sil est vrai que le aispositif institue par le legis-
lateur a notamment pour hnalite ainciter les entreprises pharmaceutiques a
conclure avec le Comite economique aes proauits ae sante, en application ae
larticle L. 162-17-4 au Coae ae la Securite sociale, aes conventions relatives a
un ou plusieurs meaicaments, visant a la moaeration ae levolution au prix ae
ces meaicaments et a la maitrise au coût ae leur promotion, une telle incitation,
inspirée par des motifs d’intérêt général, n’apporte pas à la liberté contractuelle
qui aecoule ae larticle 4 ae la Declaration aes aroits ae lhomme et au citoyen
une atteinte contraire a la Constitution ,
Décision nq 2006-535 DC du 30 mars 2006, Loi nq 2006-396 du 31 mars 2006
pour l`égalité des chances, JO du 2 avril 2006, p. 4964.
Considérant 23 :
Consiaerant, en premier lieu, quil ne résulte ni du principe de la liberté
contractuelle qui aecoule ae larticle 4 ae la Declaration ae 1789 ni aailleurs
d’aucun autre principe ou règle de valeur constitutionnelle que la faculté pour
lemployeur ae mettre hn au « contrat première embauche » aevrait être subor-
aonnee a lobligation aen enoncer prealablement les motifs ,
Les objectifs de valeur constitutionnelle
La sauvegarde de l’ordre public, le respect de
la liberté d’autrui et la préservation du caractère
pluraliste des courants d’expression socioculturels
Décision nq 82-141 DC du 27 juillet 1982, Loi sur la communication audiovi-
suelle, JO du 27 juillet 1982, p. 2422.
Considérant 5 :
Consiaerant quainsi il appartient au legislateur ae concilier, en letat actuel
aes techniques et ae leur maitrise, lexercice ae la liberte ae communication
205
Annexes
telle qu’elle résulte de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme,
avec, aune part, les contraintes techniques inherentes aux moyens ae la com-
munication audiovisuelle et, d’autre part, les objectifs de valeur constitution-
nelle que sont la sauvegarde de l’ordre public, le respect de la liberté d’autrui et
la preservation au caractère pluraliste aes courants aexpression socioculturels
auquel ces moaes ae communication, par leur inßuence consiaerable, sont sus-
ceptibles ae porter atteinte ,
Le pluralisme des courants de pensées et d’opinions
Décision nq 2004-497 DC du 1
er
juillet 2004, Loi relative aux communications
électroniques et aux services de communication audiovisuelle, JO du 10 juillet
2004, p. 12506.
Considérant 23 :
Consiaerant quaux termes ae larticle 11 ae la Declaration ae 1789 . « La libre
communication aes pensees et aes opinions est un aes aroits les plus precieux
ae lhomme . tout citoyen peut aonc parler, ecrire, imprimer librement, sauf a
reponare ae labus ae cette liberte aans les cas aetermines par la loi » , que le
pluralisme des courants de pensées et d’opinions est en lui-même un objectif de
valeur constitutionnelle , que le respect ae son expression est une conaition ae
la aemocratie ,
Le pluralisme des quotidiens d’information politique
et générale
Décision nq 84-181 DC du 11 octobre 1984, Loi visant a limiter la concentration
et a assurer la transparence fnanciere et le pluralisme des entreprises de presse,
JO du 13 octobre 1984, p. 3200.
Considérant 38 :
Consiaerant que le pluralisme des quotidiens d’information politique et géné-
rale auquel sont consacrées les dispositions du titre II de la loi est en lui-même
un objectif de valeur constitutionnelle , quen effet la libre communication aes
pensées et des opinions, garantie par l’article 11 de la Déclaration des droits
ae lhomme et au citoyen ae 1789, ne serait pas effective si le public auquel
saaressent ces quotiaiens netait pas a même ae aisposer aun nombre sufh-
sant ae publications ae tenaances et ae caractères aifferents , quen aehnitive
l’objectif à réaliser est que les lecteurs qui sont au nombre des destinataires
essentiels ae la liberte proclamee par larticle 11 ae la Declaration ae 1789
soient a même aexercer leur libre choix sans que ni les interêts prives ni les
pouvoirs publics puissent y substituer leurs propres décisions ni qu’on puisse en
faire l’objet d’un marché ;
La protection de la santé publique
Décision nq 90-283 DC du 8 janvier 1991, Loi relative a la lutte contre le taba-
gisme et l`alcoolisme, JO du 10 janvier 1991, p. 524.
206
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Considérant 11 :
Mais considérant que ces dispositions trouvent leur fondement dans le principe
constitutionnel de protection de la santé publique ,
Décision nq 90-287 DC du 16 janvier 1991, Loi portant dispositions relatives a la
santé publique et aux assurances sociales, JO du 18 janvier 1991, p. 924.
Considérant 24 :
Consiaerant, en quatrième lieu, que la moaihcation au regime ahomologation
des tarifs conventionnels n’a pas pour effet de priver de garanties légales des
principes ae valeur constitutionnelle , quen particulier, les moaihcations et
aafonctions apportees a larticle L. 162-22 au Coae ae la Securite sociale ne
mettent pas en cause le principe de protection de la santé publique proclamé par
le on:ième alinea au Preambule ae la Constitution ae 1946, auquel se refère le
Preambule ae la Constitution ae 1958 ,
Décision n° 93-325 DC du 13 août 1993, Loi relative a la maîtrise de l`immigra-
tion et aux conditions d`entrée, d`accueil et de séjour des étrangers en France,
JO du 18 août 1993, p. 11722.
Considérant 70 :
Consiaerant quil resulte ae cette aisposition que les etrangers aont la resiaence
en France est stable et regulière ont, comme les nationaux, le aroit ae mener une
vie familiale normale , que ce aroit comporte en particulier la faculte pour ces
etrangers ae faire venir auprès aeux leurs confoints et leurs enfants mineurs
sous réserve de restrictions tenant à la sauvegarde de l’ordre public et à la pro-
tection de la santé publique lesquelles revêtent le caractère d’objectifs de valeur
constitutionnelle , quil incombe au legislateur tout en assurant la conciliation
ae telles exigences, ae respecter ce aroit ,
La prévention d’atteintes à l’ordre public,
notamment d’atteintes à la sécurité des personnes
et des biens, et la recherche des auteurs
d’infractions
Décision nq 94-352 DC du 18 janvier 1995, Loi d`orientation et de programma-
tion relative a la sécurité, JO du 21 janvier 1995, p. 1154.
Considérant 3 :
Consiaerant que la prévention d’atteintes à l’ordre public, notamment d’at-
teintes à la sécurité des personnes et des biens, et la recherche des auteurs
d’infractions, sont nécessaires à la sauvegarde de principes et droits à valeur
constitutionnelle , quil appartient au legislateur aassurer la conciliation entre
ces objectifs de valeur constitutionnelle et lexercice aes libertes publiques
constitutionnellement garanties au nombre aesquelles hgurent la liberte inaivi-
auelle et la liberte aaller et venir ainsi que linviolabilite au aomicile , que la
méconnaissance du droit au respect de la vie privée peut être de nature à porter
atteinte a la liberte inaiviauelle ,
207
Annexes
La possibilité pour toute personne de disposer d’un
logement décent
Décision nq 94-359 DC du 19 janvier 1995, Loi relative a la diversité de l`habi-
tat, JO du 21 janvier 1995, p. 1166.
Considérants 5, 6 et 7 :
5. Consiaerant quaux termes au aixième alinea au Preambule ae la Constitution
ae 1946, « La nation assure a linaiviau et a la famille les conaitions necessaires
a leur aeveloppement » , quaux termes au on:ième alinea ae ce Preambule,
la nation « garantit a tous, notamment a lenfant, a la mère et aux vieux tra-
vailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.
Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la
situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obte-
nir ae la collectivite aes moyens convenables aexistence » ,
6. Consiaerant quil ressort egalement au Preambule ae la Constitution ae 1946
que la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de
aegraaation est un principe a valeur constitutionnelle ,
7. Consiaerant quil resulte ae ces principes que la possibilité pour toute personne
de disposer d’un logement décent est un objectif de valeur constitutionnelle ,
L’accessibilité et l’intelligibilité de la loi
Décision nq 99-421 DC 16 décembre 1999, Loi portant habilitation du gouverne-
ment a procéder, par ordonnances, a l`adoption de la partie législative de certains
Codes, JO du 22 décembre 1999, p. 19041.
Considérant 13 :
Consiaerant, en aeuxième lieu, que lurgence est au nombre aes fustihca-
tions que le gouvernement peut invoquer pour recourir a larticle 38 ae la
Constitution , quen lespèce, le gouvernement a apporte au Parlement les pre-
cisions nécessaires en rappelant l’intérêt général qui s’attache à l’achèvement
aes neuf Coaes mentionnes a larticle 1
er
, auquel faisait obstacle l’encombre-
ment ae lorare au four parlementaire , que cette hnalite repona au aemeurant
à l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité et d’intelligibilité de la
loi , quen effet legalite aevant la loi enoncee par larticle 6 ae la Declaration
des droits de l’homme et du citoyen et la garantie des droits requise par son
article 16 pourraient ne pas être effectives si les citoyens ne aisposaient pas
aune connaissance sufhsante aes normes qui leur sont applicables , quune
telle connaissance est en outre necessaire a lexercice aes aroits et libertes
garantis tant par larticle 4 ae la Declaration, en vertu auquel cet exercice na
ae bornes que celles aeterminees par la loi, que par son article 5, aux termes
auquel « tout ce qui nest pas aefenau par la loi ne peut être empêche, et nul ne
peut être contraint a faire ce quelle noraonne pas » ,
La lutte contre la fraude fiscale
Décision nq 99-424 DC du 29 décembre 1999, Loi de fnances pour 2000, JO du
31 décembre 1999, p. 19991.
208
Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution

Considérant 52 :
Consiaerant quil appartient au legislateur aassurer la conciliation ae l’ob-
fectif ae valeur constitutionnelle ae lutte contre la frauae hscale, qui découle
necessairement ae larticle 13 ae la Declaration aes aroits ae lhomme et au
citoyen, avec le principe enonce par son article 8, aux termes auquel . « La loi ne
doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires et nul ne peut
être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et
légalement appliquée ».

COMITÉ DE RÉFLEXION SUR LE PRÉAMBULE DE LA CONSTITUTION Rapport au Président de la République Décembre 2008

Sommaire

Avant-Propos Introduction

5 7 9 11

1. Constitution et Préambule 2. Le Préambule de la Constitution de 1958

Première partie

La doctrine du comité

19

A. Principe no 1 : respecter l’héritage constitutionnel français 21 1. La richesse de l’héritage 21 2. La préservation de l’héritage 25 B. Principe no 2 : assurer l’intangibilité de l’œuvre constitutionnelle récente
26

C. Principe no 3 : ne suggérer d’enrichissement du Préambule que s’il présente sans conteste un effet utile 27 1. Le refus d’inscrire des dispositions de portée purement symbolique 28 2. Le refus de codifier la jurisprudence constitutionnelle 30 D. Principe no 4 : conserver à l’intervention du pouvoir constituant sa valeur d’ultime recours
34

Deuxième partie

Les réponses du comité
A. L’ancrage européen de la République 1. Inscrire une nouvelle référence générale à l’ordre juridique européen ? 2. Inscrire une référence spécifique aux traités internationaux et européens de protection des droits fondamentaux ? B. La parité entre les hommes et les femmes 1. La situation avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 2. L’intervention du pouvoir constituant C. Diversité, action positive, égalité des chances 1. La prohibition des discriminations fondées sur l’origine, la race ou la religion

37 39 40 45 48 48 51 52 53

Sommaire

3

La problématique 2. La richesse du corpus législatif et jurisprudentiel 2. L’opportunité d’une constitutionnalisation sélective et maîtrisée 95 Conclusion Annexes Annexe 1 97 103 Décret n° 2008-328 du 9 avril 2008 portant création d’un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution 105 Annexe 2 Le Préambule de la Constitution de la Ve République dans sa rédaction aujourd’hui en vigueur Annexe 3 107 Liste des personnalités entendues Annexe 4 113 Compte rendu des interventions des personnalités auditionnées Annexe 5 115 Rappel des principes de valeur constitutionnelle dégagés par la jurisprudence en matière de droits et libertés 195 4 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . La bioéthique 1.2. La pertinence de la voie législative et jurisprudentielle 69 69 71 74 77 78 83 G. Le pluralisme des courants d’expression et des médias 64 1. L’intervention du pouvoir constituant 68 E. Un contenu multiple et incertain 92 3. Constitutionnalisation et effet utile 3. Le renoncement à la voie constitutionnelle au profit du développement des politiques concrètes d’action positive 57 61 D. L’état du droit avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 64 2. La reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine 85 1. Le respect de la vie privée et la protection des données personnelles 1. L’importance des marges de manœuvre offertes par le cadre constitutionnel actuel pour mettre en œuvre des politiques d’action positive 3. Une présence juridique déjà généralisée et protéiforme 86 2. Constitutionnalisation et adaptabilité F.

Avant-propos /D UpÀH[LRQ TX¶DYHF OHV DXWUHV PHPEUHV GX FRPLWp OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH P¶D GHPDQGp GH FRQGXLUH VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ pWDLW GLI¿FLOH  HOOH VRXOHYDLW GHV TXHVWLRQV G¶XQH WUqV JUDQGH FRPSOH[LWp VXU OH SODQ MXULGLTXH G¶XQH JUDQGH VHQVLELOLWp VXU OH SODQ SROLWLTXH GH JUDQGH LPSRUWDQFH VXU OH SODQ VRFLDO (OOH D pWp ULFKH GHQVH HW XWLOH $YHF O¶HQVHPEOH GHV PHPEUHV GX FRPLWp TXH MH WLHQV j UHPHUFLHU WUqV YLYHPHQW QRXV DYRQV EHDXFRXS pFRXWp EHDXFRXS UpÀpFKL HW PrPH EHDXFRXS pYROXp SDU UDSSRUW j FH TXH SRXYDLHQW rWUH OHV SRVLWLRQV LQLWLDOHV GHV XQV HW GHV DXWUHV /H UDSSRUW H[SULPH ¿QDOHPHQW XQH DSSURFKH FRQVHQVXHOOH HQ QRWUH VHLQ &KDFXQ D IDLW GHV SDV YHUV OHV DXWUHV &¶HVW OH FDV SDU H[HPSOH VXU OD UHFRQQDLVVDQFH GX SULQFLSH GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH j ODTXHOOH M¶pWDLV SHUVRQQHOOHPHQW WUqV DWWDFKpH PDLV R G¶DXWUHV YR\DLHQW XQ GDQJHU G¶DWWHLQWH j OD OLEHUWp LQGLYLGXHOOH 1RXV DYRQV WURXYp OHV EDVHV G¶XQ FRPSURPLV TXL D VDWLVIDLW WRXV OHV PHPEUHV GX FRPLWp HW WUDGXLW XQ YpULWDEOH pTXLOLEUH 3RXU OH UHVWH OH UDSSRUW D UHWHQX XQH DSSURFKH TXH G¶DXFXQV WURXYHURQW VDQV GRXWH WURS SUXGHQWH &HOD PpULWH TXHOTXHV PRWV G¶H[SOLFDWLRQ &KDFXQ D G¶DERUG HQ PpPRLUH TXH OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  D GHYDQFp OHV SURSRVLWLRQV GX FRPLWp VXU SOXVLHXUV VXMHWV -H SHQVH SDU H[HPSOH j OD UHFRQQDLVVDQFH FRQVWLWXWLRQQHOOH H[SUHVVH GH OD OLEHUWp HW GX SOXUDOLVPH GHV PpGLDV  MH SHQVH DXVVL j OD SDULWp HQWUH OHV IHPPHV HW OHV KRPPHV TXL PH WHQDLW SDUWLFXOLqUHPHQW j F°XU ORUVTXH M¶DL DFFHSWp FHWWH PLVVLRQ HW GRQW MH VXLV KHXUHXVH TXH OH FRQVWLWXDQW DLW G¶RUHV HW GpMj GpFLGp GH O¶pWHQGUH DXGHOj GX PRQGH SROLWLTXH 4XDQW DX[ DXWUHV WKqPHV OH UDSSRUW PRQWUH FODLUHPHQW TXH OH FRPLWp Q¶D PLV HQ GRXWH DXFXQ GHV REMHFWLIV SRXUVXLYLV SDU OD OHWWUH GH PLVVLRQ TXL OXL DYDLW pWp DGUHVVpH HW pYLGHPPHQW SDV O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV 0DLV OD TXHVWLRQ TXL OXL pWDLW SRVpH pWDLW GH VDYRLU VL OD YRLH FRQVWLWXWLRQQHOOH pWDLW OD SOXV HI¿FDFH OD SOXV GLUHFWH OD SOXV QpFHVVDLUH SRXU OHV DWWHLQGUH &¶HVW j FHOOHOj VHXOHPHQW TXH OH UDSSRUW FRQFOXW SDU OD QpJDWLYH 4X¶LO PH VRLW SHUPLV HQ FHW LQVWDQW GH UHPHUFLHU OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH G¶DYRLU HX OH FRXUDJH G¶HQJDJHU FHWWH GpPDUFKH HW GH QRXV DYRLU WpPRLJQp VD FRQ¿DQFH HQ QRXV FRQ¿DQW FHWWH PLVVLRQ &HOOHFL QRXV D FRQGXLWV FRPPH Avant-propos 5 .

mais bien comme un encouragement à faire qu’elle y avance ª 3DULV OH  MDQYLHU  6LPRQH 9HLO 3UpVLGHQWH GX FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ 6 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .VDQV GRXWH GpVRUPDLV EHDXFRXS GH OHFWHXUV j UHGpFRXYULU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ /¶XUJHQFH HVW PRLQV j OH FRPSOpWHU TX¶j HQ H[SORLWHU OHV ULFKHVVHV SDU GHV SROLWLTXHV DPELWLHXVHV DFWLYHV HW FRQFUqWHV 0D FRQYLFWLRQ SURIRQGH HVW FHOOH TX¶H[SULPH OD FRQFOXVLRQ GX WH[WH TX¶RQ YD OLUH  FHOXLFL DXUD DWWHLQW O¶XQ GH VHV EXWV HVVHQWLHOV © s’il est lu non pas comme le constat d’une impossibilité de faire progresser la France sur le chemin du droit et de l’égalité.

Introduction © Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée. ni la sépaUDWLRQ GHV SRXYRLUV GpWHUPLQpH Q¶D SRLQW GH &RQVWLWXWLRQ ª  VL GqV OD ¿Q GX XVIIIH VLqFOH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ D Gp¿QL FH TX¶HVW XQH &RQVWLWXWLRQ FH Q¶HVW TX¶DX PLOLHX GX XXH VLqFOH TXH FH WH[WH D DFTXLV VD SOHLQH GLPHQVLRQ /RQJWHPSV HQ HIIHW OD &RQVWLWXWLRQ Q¶D pWp HQYLVDJpH HQ )UDQFH TXH FRPPH O¶HQVHPEOH GHV QRUPHV MXULGLTXHV UpJLVVDQW O¶RUJDQLVDWLRQ GHV SRXYRLUV SXEOLFV HW F¶HVW VHXOHPHQW ORUVTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D FRQIpUp YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH DX[ GLVSRVLWLRQV GH OD 'pFODUDWLRQ GH  HW j FHOOHV GX 3UpDPEXOH GH  TXH OHV GURLWV HW OLEHUWpV pQRQFpV GDQV FHV WH[WHV G¶DXFXQV ¿JXUHQW GDQV OH FRUSV PrPH GH OD &RQVWLWXWLRQ.

HW UpGXLWV MXVTX¶DORUV j O¶pWDW GH GHPLVRPPHLO MXULGLTXH RQW IDLW SDUWLH LQWpJUDQWH GH OD YLH GH QRV FRQFLWR\HQV  OD &RQVWLWXWLRQ FKDUWH GHV GURLWV HW OLEHUWpV V¶HVW DORUV pOHYpH DX QLYHDX GH OD &RQVWLWXWLRQ VpSDUDWLRQ GHV SRXYRLUV &HWWH YpULWDEOH UpYROXWLRQ GDQV OH GURLW FRQVWLWXWLRQQHO IUDQoDLV D SURGXLW XQH UXSWXUH G¶DXWDQW SOXV IRUWH TX¶HOOH D HX SRXU HIIHW GH IDLUH HQWUHU GDQV OH © bloc de constitutionnalité ª GHV SULQFLSHV SURFODPpV HQ  HW HQ  SOXV JpQpUDX[ RX PRLQV SUpFLV TXH FHX[ TXL ¿JXUHQW GDQV OH WH[WH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  SURSUHPHQW GLWH HW DXWRULVDQW GRQF DX MXJH GH OD UXH 0RQWSHQVLHU RX SOXW{W H[LJHDQW GH OXL GDYDQWDJH GH FUpDWLYLWp GDQV O¶LQWHUSUpWDWLRQ GHV QRUPHV GH UpIpUHQFH /H MXJH FRQVWLWXWLRQQHO D pWp DLQVL DPHQp j WUDYHUV OH FRQWU{OH GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp GHV ORLV j IRUPXOHU OHV SULQFLSHV FRQVWLWXWLRQQHOV TXL IRQGHQW FHOOHVFL WRXW HQ Q¶KpVLWDQW SDV j découvrir OXLPrPH GH QRXYHDX[ SULQFLSHV HQ V\PELRVH DYHF O¶pYROXWLRQ GH OD VRFLpWp H[SULPDQW DLQVL XQH FHUWDLQH © idée de droit ª VHORQ OH PRW FpOqEUH GH *HRUJHV %XUGHDX $X OHQGHPDLQ GH VRQ pOHFWLRQ SUHQDQW DFWH GHV FKDQJHPHQWV HW GHV WUDQVIRUPDWLRQV VXUYHQXV GDQV OH PRQGH HW OD VRFLpWp IUDQoDLVH GHSXLV XQ GHPLVLqFOH OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH GpFLGDLW G¶HQJDJHU XQH UpÀH[LRQ DSSURIRQGLH G¶XQH SDUW VXU OD PRGHUQLVDWLRQ HW OH UppTXLOLEUDJH GHV LQVWLWXWLRQV G¶DXWUH SDUW VXU OD FRQVpFUDWLRQ RX OD UpDI¿UPDWLRQ GH YDOHXUV IRQGDPHQWDOHV PDQLIHVWDQW VD YRORQWp TXH © QRWUH &RQVWLWXWLRQ VRLW j QRXYHDX HQ DYDQFH VXU VRQ WHPSV  ª .

.QWHUYHQWLRQ GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH GHYDQW OD SUHVVH DX SDODLV GH O¶eO\VpH  MDQYLHU  Introduction 7 .

au fond./HV WUDYDX[ GX FRPLWp SUpVLGp SDU 0 eGRXDUG %DOODGXU DXTXHO DYDLW pWp FRQ¿p SDU GpFUHW GX  MXLOOHW   OH VRLQ G¶pPHWWUH GHV SURSRVLWLRQV VXU OH SUHPLHU SRLQW RQW FRQGXLW j O¶LPSRUWDQWH UpIRUPH LQVWLWXWLRQQHOOH YRWpH OH  MXLOOHW  SDU OH 3DUOHPHQW UpXQL HQ &RQJUqV j 9HUVDLOOHV  /D PLVVLRQ FRQ¿pH TXHOTXHV PRLV SOXV WDUG DX FRPLWp SUpVLGp SDU 0PH 6LPRQH 9HLO  pWDLW G¶XQH DXWUH QDWXUH  FHUWHV OHV GURLWV GHV JRXYHUQpV FRKDELWHQW DYHF OHV GURLWV GHV JRXYHUQDQWV j O¶LQWpULHXU G¶XQ PrPH HQVHPEOH HW OD FRQFHSWLRQ G¶XQH VRFLpWp TXDQW j VHV YDOHXUV SURIRQGHV UHMDLOOLW QpFHVVDLUHPHQW VXU O¶RUJDQLVDWLRQ GHV SRXYRLUV SXEOLFV PDLV LO V¶DJLW LFL GH GpWHUPLQHU DLQVL TXH O¶D SUpFLVp OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH © les libertés fondamentales reconnues à tout individu sur le sol de la République et le socle des valeurs dans lesquelles chacun de nos concitoyens peut se reconnaître ª F¶HVWjGLUH © des principes qui. Gp¿QLVVHQW O¶LGHQWLWp UpSXEOLFDLQH GLVHQW FH TXH QRXV VRPPHV HW YHUV TXRL QRXV voulons aller ª  HQ G¶DXWUHV WHUPHV WRXW FH TXL UHVVRUWLW j O¶LQGLYLGX HQ VD GRXEOH TXDOLWp GH SHUVRQQH KXPDLQH HW GH FLWR\HQ GH OD 5pSXEOLTXH 7URLV WKqPHV IRUPXOpV VRXV IRUPH GH TXHVWLRQV VH SRVDQW © avec une particulière acuité ª RQW pWp SURSRVpV DX FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ  ± 'RLWRQ SHUPHWWUH DX OpJLVODWHXU GH PLHX[ JDUDQWLU O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ UHVSRQVDELOLWpV HQ GHKRUV PrPH GH OD VSKqUH SROLWLTXH " ± < DWLO GHV SULQFLSHV GLUHFWHXUV VXU OHVTXHOV LO FRQYLHQGUDLW GH IRQGHU DXGHOj GH O¶pYROXWLRQ GHV WHFKQLTXHV QRWUH DSSURFKH GHV SUREOqPHV OLpV j OD ELRpWKLTXH " ± )DXWLO UHQGUH SRVVLEOHV GH QRXYHOOHV SROLWLTXHV G¶LQWpJUDWLRQ YDORULVDQW GDYDQWDJH OD GLYHUVLWp GH OD VRFLpWp IUDQoDLVH SRXU IDYRULVHU OH UHVSHFW HIIHFWLI GX SULQFLSH G¶pJDOLWp " 4XDWUH DXWUHV WKqPHV OXL RQW pWp VXJJpUpV  ± OD UHFRQQDLVVDQFH GX SULQFLSH GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH ± OH SOXUDOLVPH GHV FRXUDQWV G¶H[SUHVVLRQ HW GHV PpGLDV ± OH UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV ± O¶DQFUDJH HXURSpHQ GH OD 5pSXEOLTXH /¶H[DPHQ GH FHV VXMHWV WUqV GLYHUV HW HPSUHLQWV GH PRGHUQLWp LPSRVDLW SUpDODEOHPHQW DX FRPLWp TXL SUHQDQW SDUW j O¶KLVWRLUH FRQVWLWXWLRQQHOOH IUDQoDLVH VH GHYDLW GH WRXUQHU VRQ UHJDUG YHUV OH SDVVp PDLV DXVVL HW SHXWrWUH GDYDQWDJH HQFRUH YHUV O¶DYHQLU GH GpOLPLWHU WUqV H[DFWHPHQW HW WUqV SUpFLVpPHQW OH FRQWH[WH GDQV OHTXHO V¶LQVFULYDLW VRQ DFWLRQ ¬ FHWWH ¿Q LO GHYDLW G¶DERUG PHQHU XQH UpÀH[LRQ VXU OD QRWLRQ PrPH GH 3UpDPEXOH HQ SDUWLFXOLHU VXU VHV UDSSRUWV DYHF OD &RQVWLWXWLRQ VXU VD VLJQL¿FDWLRQ HW VXU VD YDOHXU MXULGLTXH \ FRPSULV j OD OXPLqUH GH TXHOTXHV H[HPSOHV pWUDQJHUV .

O GHYDLW HQVXLWH V¶LQWpUHVVDQW DX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GX  RFWREUH  HQ H[DPLQHU OD PpWKRGH G¶pODERUDWLRQ HW OH FRQWHQX DLQVL TXH OHV SUpFpGHQWHV WHQWDWLYHV GH UpIRUPH . .

 .

'pFUHW QR  GX  MXLOOHW  .

/RL FRQVWLWXWLRQQHOOH QR  GX  MXLOOHW  GH PRGHUQLVDWLRQ GHV LQVWLWXWLRQV GH OD 9H 5pSXEOLTXH .

'pFUHW QR  GX  DYULO  DQQH[H .

 8 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

pour préparer le lecteur ou l’auditeur à ce qui doit suivre ª HW VHORQ OH 5REHUW © ce dont on IDLW SUpFpGHU XQ WH[WH GH ORL SRXU HQ H[SRVHU OHV PRWLIV OHV EXWV ª RX HQFRUH © XQ H[SRVp G¶LQWHQWLRQV SUpDODEOH j XQ GLVFRXUV j XQ pFULW ª 6RXV FHW DQJOH OH 3UpDPEXOH G¶XQH &RQVWLWXWLRQ V¶LQVSLUH G¶XQH GpPDUFKH OLWWpUDLUH 0DLV OH 3UpDPEXOH G¶XQH &RQVWLWXWLRQ GDQV VD VSpFL¿FLWp IUDQoDLVH SHXW rWUH GDYDQWDJH TX¶XQH LQWURGXFWLRQ j OD ORL IRQGDPHQWDOH  FH SHXW rWUH DXVVL XQ WH[WH HQ VRL TXL pQRQFH OHV SULQFLSHV HW OHV GURLWV GHV SHUVRQQHV 3UpDPEXOH VH FRQIRQG SOXV RX PRLQV DORUV DYHF 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV ¬ FHW pJDUG OHV TXLQ]H &RQVWLWXWLRQV GRQW V¶HVW GRWpH OD )UDQFH DX FRXUV G¶XQH SpULRGH ORQJXH GH GHX[ FHQW GL[VHSW DQQpHV QRXV RIIUHQW XQ SDQRUDPD YDULp  HQ  OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ GX  DR€W  HVW SODFpH DYDQW OD &RQVWLWXWLRQ TXL FRPSRUWH SDU DLOOHXUV XQ 3UpDPEXOH LQQRPPp  HQ  HW HQ  XQH GpFODUDWLRQ GHV GURLWV HW GHV GHYRLUV. Constitution et Préambule 8Q SUpDPEXOH F¶HVW VHORQ OH /LWWUp © ce qui s’écrit ou ce qui se dit avant de commencer quelque chose. et qui en est comme l’introduction.1.

O Q¶HVW SDV EHVRLQ G¶LQVLVWHU VXU O¶LPSRUWDQFH GHV GpFODUDWLRQV GHV GURLWV GRQW O¶RULJLQH V¶H[SOLTXH SDU GHV UDLVRQV KLVWRULTXHV (OOHV WUDGXLVHQW DYDQW WRXW OD SODFH FURLVVDQWH GH O¶LQGLYLGX ± DXTXHO GHV OLEHUWpV SROLWLTXHV HW LQGLYLGXHOOHV VRQW SURJUHVVLYHPHQW RFWUR\pHV ± IDFH j O¶eWDW  3OXV LPSRUWDQWH SRXU FH TXL FRQFHUQH OH SUpVHQW UDSSRUW HVW O¶pYROXWLRQ GH OHXU YDOHXU MXULGLTXH 6RXV OD .9H 5pSXEOLTXH OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV pWDLW HQ GpSLW G¶XQH GRFWULQH SDUWDJpH FRQVLGpUpH WDQW SDU OH MXJH DGPLQLVWUDWLI TXH SDU OH MXJH MXGLFLDLUH FRPPH XQ HQVHPEOH GH UqJOHV MXULGLTXHPHQW REOLJDWRLUHV PDLV QH V¶LPSRVDQW SDV j OD ORL  FRPPH SRXU OD &RQVWLWXWLRQ SURSUHPHQW GLWH VD YLRODWLRQ pWDLW FHUWHV VDQFWLRQQpH PDLV VHXOHPHQW ORUVTXH FHOOHFL UpVXOWDLW G¶XQ DFWH DGPLQLVWUDWLI  HW QRQ G¶XQH ORL UpSXWpH H[SULPHU OD YRORQWp JpQpUDOH  . GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ LQVpUpH DX VHLQ GH OD &RQVWLWXWLRQ WLHQW OLHX GH 3UpDPEXOH  HQ  HQ  HW HQ  F¶HVW XQ H[SRVp GHV PRWLIV RX © proclamation ª TXL YDXW 3UpDPEXOH  HQ  HQ  HW HQ  OH 3UpDPEXOH H[SUHVVpPHQW GpVLJQp FRPPH WHO FRUUHVSRQG j XQH GpFODUDWLRQ GH SULQFLSHV HW GH GURLWV 4XHOOH HVW DORUV OD VLJQL¿FDWLRQ G¶XQ 3UpDPEXOH FRQVWLWXWLRQQHO ORUVTX¶LO V¶DJLW G¶DXWUH FKRVH TXH G¶XQ VLPSOH H[SRVp GHV PRWLIV GH OD &RQVWLWXWLRQ " .

/H GHVWLQ GH OD 'pFODUDWLRQ GH  HVW DX GHPHXUDQW DVVH] UHPDUTXDEOH j FHW pJDUG  SODFpH HQ WrWH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  HOOH GLVSDUDvW SUHVTXH DXVVLW{W DYDQW G¶rWUH UHVVXVFLWpH SDU OD &RQVWLWXWLRQ GH  HW UHSULVH SDU FHOOH GH  DSUqV DYRLU ODUJHPHQW LQVSLUp OD 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH GHV GURLWV GH O¶KRPPH GH  .

9RLU QRWDPPHQW &( $VV  MXLOOHW  Amicale des Annamites de Paris 5HF S  j SURSRV GH OD OLEHUWp G¶DVVRFLDWLRQ .

&( 6HFWLRQ  QRYHPEUH  Arrighi 5HF S  Introduction 9 .

6RXV OD 9H 5pSXEOLTXH LO HQ IXW DLQVL WDQW TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO QRXYHOOHPHQW FKDUJp GX FRQWU{OH GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp GHV ORLV VH OLPLWD DX U{OH DVVLJQp SDU OD &RQVWLWXWLRQ GH  G¶RUJDQH UpJXODWHXU GH O¶DFWLYLWp GHV SRXYRLUV SXEOLFV  VD PLVVLRQ pWDLW FDQWRQQpH j O¶H[DPHQ GH OD UpSDUWLWLRQ GH OHXUV FRPSpWHQFHV 0DLV LO HQ IXW DXWUHPHQW ORUVTXH OH &RQVHLO DI¿UPD VRQ LQGpSHQGDQFH HQ UHYHQGLTXDQW XQ U{OH GH SURWHFWHXU GHV OLEHUWpV SXEOLTXHV HW HQ RSpUDQW j FHWWH ¿Q FH TXH FHUWDLQV VRQW DOOpV MXVTX¶j DSSHOHU XQ © coup d’État de droit ª  PHWWDQW XQ WHUPH j SOXVLHXUV FRQWURYHUVHV GRFWULQDOHV HW FRQ¿UPDQW XQH MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO G¶eWDW GX  IpYULHU   LO LQWpJUD de manière globale SDU VD GpFLVLRQ Liberté d’association GX  MXLOOHW   OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  DX[ QRUPHV GH UpIpUHQFH GX FRQWU{OH GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp &HWWH MXULVSUXGHQFH V¶DSSOLTXH WRXW j OD IRLV j OD 'pFODUDWLRQ GH   DX 3UpDPEXOH GH   HW j OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW GH   WRXV FHV pOpPHQWV IDLVDQW SDUWLH DYHF OH WH[WH GH OD &RQVWLWXWLRQ SURSUHPHQW GLWH GH FH TX¶LO HVW GpVRUPDLV FRQYHQX G¶DSSHOHU OH EORF GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp /D GpFLVLRQ GH   TXL D PDUTXp OH YpULWDEOH DFWH GH QDLVVDQFH GH O¶LQVWLWXWLRQ HW TXL Q¶D MDPDLV pWp UHPLVH HQ FDXVH SDU OH FRQVWLWXDQW GHYDLW RXYULU OD YRLH SHX GH WHPSV DSUqV j O¶pODUJLVVHPHQW GH OD VDLVLQH GX &RQVHLO j VRL[DQWH GpSXWpV RX VRL[DQWH VpQDWHXUV SDU OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  RFWREUH  HW WUqV UpFHPPHQW j O¶H[FHSWLRQ G¶LQFRQVWLWXWLRQQDOLWp UHFRQQXH DX[ MXVWLFLDEOHV SDU OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  (Q YHUWX GH FHWWH GpFLVLRQ IRQGDWULFH WRXWHV OHV UqJOHV pQRQFpHV GDQV OH 3UpDPEXOH RQW GRQF XQH pJDOH YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH HW VRQW UpSXWpHV SDU Oj PrPH QH SRXYRLU rWUH KLpUDUFKLVpHV HQWUH HOOHV GH VRUWH TX¶HOOHV GRLYHQW IDLUH O¶REMHW G¶XQH FRQFLOLDWLRQ SHUPDQHQWH SXLVTXH OHV pYHQWXHOV FRQÀLWV GH QRUPHV QH SHXYHQW rWUH UpVROXV HQ IDLVDQW SUpYDORLU WHOOH RX WHOOH DX SUpWH[WH SDU H[HPSOH GH VRQ FDUDFWqUH SOXV UpFHQW .

&( 6HFWLRQ Société Eky /HERQ S  j SURSRV GX SULQFLSH GH OpJDOLWp GHV GpOLWV HW GHV SHLQHV LVVX GH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  GRQW OH &RQVHLO G¶eWDW D MXJp TX¶LO V¶LPSRVDLW j O¶DXWRULWp DGPLQLVWUDWLYH .

&&  MXLOOHW  QR  '& Loi complétant les dispositions des articles 5 et 7 de la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association -2 GX  MXLOOHW  S  .

&&  GpFHPEUH  QR  '& /RL GH ¿QDQFHV SRXU  -2 GX  GpFHPEUH  S  .

&&  MXLOOHW  SUpF QRWH  .

&&  DYULO  QR  '& Loi relative à la création du registre international français -2 GX  PDL  S   &&  MXLOOHW  QR  '& /RL GH SURJUDPPH ¿[DQW OHV RULHQtations de la politique énergétique -2 GX  MXLOOHW  S   &&  MXLQ  QR  '& /RL UHODWLYH DX[ RUJDQLVPHV JpQpWLTXHPHQW PRGL¿pV -2 GX  MXLQ  S  .

&HUWHV SDU XQH GpFLVLRQ GX  MXLQ  QR  '& -2 GX  MXLQ  S .

 OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO DYDLW GpMj FRQVDFUp OD YDOHXU MXULGLTXH GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  PDLV OD GpFLVLRQ Liberté d’association HVW © celle qui le fait de la manière la plus éclatante. et à l’égard d’une loi et non plus d’un traité. ª HW © surtout ª HOOH © H[SOLFLWH OD UpIpUHQFH DX Préambule ª /RXLV )DYRUHX HW /RwF 3KLOLS /HV *UDQGHV 'pFLVLRQV GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO H pGLWLRQ  S .

 10 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

/H 3UpDPEXOH à la française SUpVHQWH DLQVL XQH VSpFL¿FLWp PDUTXpH SDU UDSSRUW j FHX[ SOXV FODVVLTXHV G¶DXWUHV GpPRFUDWLHV  6L OH SRVLWLRQQHPHQW GH OD SOXSDUW GHV GURLWV HW OLEHUWpV GDQV OH 3UpDPEXOH HW QRQ GDQV OH FRUSV PrPH GH OD &RQVWLWXWLRQ UHSUpVHQWH GDYDQWDJH XQH GLIIpUHQFH GH IRUPH TXH GH IRQG LO D LQGpQLDEOHPHQW HX SRXU FRQVpTXHQFH GH UHWDUGHU OD FRQVpFUDWLRQ GH OHXU YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH HW GH OHXU RSSRVDELOLWp DX OpJLVODWHXU /D 9H 5pSXEOLTXH DOODLW KHXUHXVHPHQW IRXUQLU XQ WHUUHDX IDYRUDEOH 2. Le Préambule de la Constitution de 1958 /D )UDQFH D XQH KLVWRLUH FRQVWLWXWLRQQHOOH SRXU OH PRLQV PRXYHPHQWpH  F¶HVW VDQV GRXWH OH SD\V TXL GHSXLV OD 5pYROXWLRQ D FRQQX OH SOXV JUDQG QRPEUH GH &RQVWLWXWLRQV XQH WRXV OHV TXDWRU]H DQV HQ PR\HQQH /D &RQVWLWXWLRQ GH  VL HOOH D FHUWHV pWp UpYLVpH j GLYHUVHV UHSULVHV HVW FHOOH TXL SHXW VH WDUJXHU GH OD SOXV LPSRUWDQWH ORQJpYLWp DSUqV FHOOH GH  HOOH DXVVL PRGL¿pH SOXVLHXUV IRLV *pQpUDOHPHQW XQH &RQVWLWXWLRQ IDLVDQW WDEOH UDVH GX SDVVp V¶LQVFULW HQ réaction SDU UDSSRUW j OD SUpFpGHQWH  OD &RQVWLWXWLRQ GH  D DLQVL UpSXGLp FHOOH GH  TXL DYDLW HOOHPrPH UHMHWp FHOOH GH  OH JRXYHUQHPHQW GH 9LFK\ PLV j SDUW.

 0DLV V¶DJLVVDQW GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ F¶HVW XQH DXWUH RSWLRQ TXL D pWp SULVH  OH FRQVWLWXDQW GH  D GpOLEpUpPHQW FKRLVL OD YRLH GH OD sédimentation  SOXW{W TXH FHOOH GH OD UpDFWLRQ OD UDLVRQ WHQDQW VDQV GRXWH j XQH FHUWDLQH YLVLRQ GH O¶KLVWRLUH GDQV OHV GpPRFUDWLHV RFFLGHQWDOHV VXLYDQW ODTXHOOH XQ GURLW QRXYHDX HVW WRXMRXUV FHQVp UHSUpVHQWHU XQ progrès V¶DMRXWHU j FH TXL SUpFqGH SOXW{W TXH .

WDOLH OD &RQVWLWXWLRQ GX  GpFHPEUH  QH FRQWLHQW SDV GH 3UpDPEXOH  HOOH GpEXWH GLUHFWHPHQW SDU XQ pQRQFp GH © SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ ª VXLYL G¶XQH SUHPLqUH SDUWLH VXU OHV © droits et devoirs du citoyen ª (Q %HOJLTXH LO HQ HVW GH PrPH  OD &RQVWLWXWLRQ GX  IpYULHU  FRPSUHQG XQ WLWUH . LQWLWXOp  © 'URLWV IRQGDPHQWDX[ FLWR\HQQHWp HW EXWV VRFLDX[ ª (Q $QJOHWHUUH FH TXL V¶DSSDUHQWH j OD &RQVWLWXWLRQ HVW FRPSRVp G¶XQH SDUW GH WH[WHV PXOWLSOHV GRQW OH SOXV DQFLHQ HVW OD 0DJQD &DUWD GH  HW GRQW OH SOXV FpOqEUH HVW SHXWrWUH O¶+DEHDV &RUSXV $FW GH  G¶DXWUH SDUW GH FRQYHQWLRQV j O¶RULJLQH GHV LQVWLWXWLRQV DFWXHOOHV OH PRXYHPHQW IDYRUDEOH j O¶DGRSWLRQ G¶XQH GpFODUDWLRQ GHV GURLWV VXU OH PRGqOH GH FHOOHV TXL DFFRPSDJQHQW OHV &RQVWLWXWLRQV pFULWHV GHPHXUDQW PLQRULWDLUH HQ $QJOHWHUUH R XQ WHO PRGqOH HVW SHUoX FRPPH LQFRPSDWLEOH DYHF OH SULQFLSH GH VRXYHUDLQHWp GX 3DUOHPHQW /H Human Rights Act GH  HVW FRQVLGpUp FRPPH OH SUHPLHU WH[WH GHSXLV OH Bill of Rights GH  j RIIULU XQH SURWHFWLRQ OpJLVODWLYH DX[ GURLWV IRQGDPHQWDX[ /D &RQVWLWXWLRQ GHV eWDWV8QLV GX  VHSWHPEUH  HVW OD &RQVWLWXWLRQ pFULWH OD SOXV DQFLHQQH 0DLV FH VRQW OHV GL[ SUHPLHUV DPHQGHPHQWV j OD &RQVWLWXWLRQ VXU  j FH MRXU. (Q 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH OH 3UpDPEXOH GH OD /RL IRQGDPHQWDOH GX  PDL  FRQVWLWXH XQH VLPSOH LQWURGXFWLRQ SODFpH DYDQW XQ WLWUH FRQVDFUp DX[ © GURLWV IRQGDPHQWDX[ ª (Q (VSDJQH OD &RQVWLWXWLRQ GX  GpFHPEUH  HVW SUpFpGpH G¶XQ 3UpDPEXOH FRQVLVWDQW HQ XQH SURFODPDWLRQ GH OD QDWLRQ HVSDJQROH HW GpEXWH SDU XQ WLWUH LQWLWXOp  © Des droits et des devoirs fonGDPHQWDX[ ª (Q .. LQWLWXOp  © Des Belges et de leurs droits ª (Q 6XLVVH LO HQ HVW pJDOHPHQW DLQVL  OD &RQVWLWXWLRQ IpGpUDOH GX  DYULO  FRQWLHQW XQ WLWUH ..

 DGRSWpV HQ  TXL VRQW SUpVHQWpV FRPPH OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH FH SD\V HW TXL UHODWLIV j OD FRQGLWLRQ GHV SHUVRQQHV FRQVDFUHQW GHV GURLWV GH O¶LQGLYLGX HW GHV GURLWV GX FLWR\HQ .

-HDQ HW -HDQeULF *LFTXHO Droit constitutionnel et institutions politiques 0RQWFKUHVWLHQ H pGLWLRQ  S  Introduction 11 .

OH UHPSODFHU RX OH OLPLWHU /HV UpIRUPHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV SRVWpULHXUHV RQW VXLYL FHWWH YRLH  MDPDLV OH FRQVWLWXDQW ± SDV SOXV FHOXL GH  TXH OHV SUpFpGHQWV ± Q¶HVW UHYHQX VXU XQ SULQFLSH GH YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH  'H SULPH DERUG OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GX  RFWREUH  FRPSRVp GH GHX[ DOLQpDV VH SUpVHQWH FRPPH XQ WH[WH HQ UHWUDLW SDU UDSSRUW j VHV SUpGpFHVVHXUV GH VRUWH TX¶LO D SX rWUH TXDOL¿p GH © préambule-croupion  ª (W SRXUWDQW LO Q¶HQ HVW ULHQ FDU HQ  OH 3UpDPEXOH VH UpIqUH H[SUHVVpPHQW j GHX[ WH[WHV OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ GX  DR€W  HW OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GX  RFWREUH  ¬ SDUWLU GH  LO VH UpIpUHUD j WURLV WH[WHV OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW GH  V¶DMRXWDQW DX[ GHX[ DXWUHV /H 3UpDPEXOH UpGLJp HQ  Q¶pQRQFH GRQF SDV LPPpGLDWHPHQW GH UqJOHV  LO HQ DSSHOOH j GHV WH[WHV DQWpULHXUV 3RXUTXRL HQ DWLO pWp DLQVL" . c’est que le changement de régime se traduit H[FOXVLYHPHQW SDU XQH PRGL¿FDWLRQ GHV WHFKQLTXHV JRXYHUQHPHQWDOHV ª HW TXH © ni la philosophie sociale.O VHPEOH TXH OH FRQVWLWXDQW GH  © VRXFLHX[ DYDQW WRXW GH IRQGHU XQ UpJLPH SROLWLTXH HI¿FDFH s’est davantage préoccupé de restaurer l’autorité de l’État et du gouvernement que de réécrire les droits de l’homme et du citoyen  ª &H TXL D IDLW GLUH j *HRUJHV %XUGHDX GqV OH SULQWHPSV  TXH © GDQV O¶LPPpGLDW OD VHXOH DI¿UPDWLRQ qu’autorise l’observation objective. ni l’idéologie politique antérieure n’ont été atteintes  ª /HV WURLV WH[WHV TXL FRPSRVHQW OH 3UpDPEXOH GLIIqUHQW SDU OHV FLUFRQVWDQFHV KLVWRULTXHV GH OHXU pODERUDWLRQ PDLV VXUWRXW SDU OHXU LQVSLUDWLRQ &RPPH RQ OH VDLW OD GpFODUDWLRQ GH   HVW IRQGDPHQWDOHPHQW LPSUpJQpH GH OLEpUDOLVPH HW .

6L G¶DXFXQV FRQVLGqUHQW TXH OD SDULWp LQWURGXLWH GDQV OD VSKqUH SROLWLTXH HQ  SXLV GDQV OH FKDPS SURIHVVLRQQHO HW VRFLDO HQ  D IDLW H[FHSWLRQ j FHWWH UqJOH HQ SHUPHWWDQW GHV GpURJDWLRQV DX SULQFLSH G¶pJDOLWp GDQV VD FRQFHSWLRQ WUDGLWLRQQHOOH HOOH D pWp SUpVHQWpH SDU VHV SURPRWHXUV HW PDMRULWDLUHPHQW SHUoXH FRPPH OH PR\HQ GH PLHX[ OH PHWWUH HQ °XYUH RX FRPPH XQ QRXYHO pFODLUDJH VXU XQ LGpDO LQFKDQJp .

cit. 9 -HDQ HW -HDQeULF *LFTXHO op. S  .

6LPRQ/RXLV )RUPHU\ /D &RQVWLWXWLRQ FRPPHQWpH DUWLFOH SDU DUWLFOH +DFKHWWH VXSpULHXU H pGLWLRQ  S  .

© /D FRQFHSWLRQ GX SRXYRLU VHORQ OD &RQVWLWXWLRQ GX  RFWREUH  ª Revue française de science politique PDUV  S  .

il se présente quelque article qui mérite d’être inséré dans la Déclaration. il VHUD VRXPLV j OD GpOLEpUDWLRQ ORUVTXH OD &RQVWLWXWLRQ VHUD WHUPLQpH ª FH TXL IXW DGRSWp &HSHQGDQW FRQWUDLUHPHQW j OD YRORQWp GHV FRQVWLWXDQWV OH FRXUV GH OD 5pYROXWLRQ YRXOXW TXH OD 'pFODUDWLRQ Q¶DLW SDV GH VXLWH 6XU FHV DVSHFWV Y 3LHUUH %HUFLV Guide des droits de l’homme. La conquête des libertés ('.&()  S  HW V 12 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . eYRTXp VHXOHPHQW OH  MXLQ  OH SULQFLSH G¶XQH GpFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH IXW DGPLV SDU O¶$VVHPEOpH OH  DR€W HW F¶HVW j SDUWLU G¶XQ SURMHW FROOHFWLI pODERUp HQ TXHOTXHV MRXUV TXH OD &RQVWLWXDQWH DOODLW YRWHU DUWLFOH SDU DUWLFOH GX  DX  DR€W OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ UHQYR\DQW O¶H[DPHQ G¶DXWUHV DUWLFOHV j OD ¿Q GHV WUDYDX[ VXU OD &RQVWLWXWLRQ  °XYUH FROOHFWLYH GH V\QWKqVH FH WH[WH GH SOXV GH GHX[ VLqFOHV TXL QRXV UpJLW HQFRUH HW TXL IDLW O¶DGPLUDWLRQ GHV DXWUHV QDWLRQV IXW HQ VRQ WHPSV FRQVLGpUp FRPPH LQDFKHYp $LQVL XQH PRWLRQ 0RXJLQV GH 5RTXHIRUW GX  DR€W  pQRQoDWHOOH TXH  © L’Assemblée nationale décrète qu’elle ERUQH TXDQW j SUpVHQW OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ DX[ GL[VHSW DUWLFOHV TX¶HOOH D DUUrWpV HW TX¶HOOH YD SURFpGHU VDQV GpODLV j ¿[HU OD &RQVWLWXWLRQ GH OD )UDQFH SRXU DVVXUHU OD SURVSpULWp SXEOLTXH VDXI j DMRXWHU DSUqV OH WUDYDLO GH OD &RQVWLWXWLRQ OHV DUWLFOHV TX¶HOOH FURLUDLW nécessaires pour compléter la déclaration ª 'H PrPH OH GpSXWp %RXFKH GHPDQGD OH UHQYRL GH O¶H[DPHQ GHV DUWLFOHV DGGLWLRQQHOV DSUqV OD UpGDFWLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ HW SURSRVD D¿Q GH GLVVLSHU WRXWH DPELJXwWp  © L’Assemblée nationale reconnaît que la Déclaration des Droits de l’Homme et GX &LWR\HQ Q¶HVW SDV ¿QLH >«@ TX¶HOOH YD V¶RFFXSHU VDQV UHOkFKH GH OD &RQVWLWXWLRQ  VL GDQV OH cours de sa discussion.

HU HW GRQW OH FRPLWp D HVWLPp TX¶LO IDLW LQWHOOHFWXHOOHPHQW SDUWLH GX 3UpDPEXOH DI¿UPH O¶XQLWp HW O¶LQGLYLVLELOLWp GH OD 5pSXEOLTXH O¶pJDOLWp GHYDQW OD ORL VDQV GLVWLQFWLRQ G¶RULJLQH GH UDFH RX GH UHOLJLRQ DLQVL TXH OH UHVSHFW GHV FUR\DQFHV . tiennent ainsi lieu de Déclaration des droits HW OLEHUWpV VXI¿VDPPHQW SDWLQpV SDU OH WHPSV SRXU Q¶rWUH SDV UHPLV HQ FDXVH VXI¿VDPPHQW pWHUQHOV SRXU GHPHXUHU PRGHUQHV VXI¿VDPPHQW SUpFLV SRXU rWUH SURWHFWHXUV HW VXI¿VDPPHQW YDJXHV SRXU VH SUrWHU DX[ pYROXWLRQV TXH OH SURJUqV a rendues nécessaires  >«@ ª 5HVWH TXH O¶HQVHPEOH DLQVL FRQVWLWXp HVW DSSDUX DX GpEXW GHV DQQpHV  PDQTXHU VLQJXOLqUHPHQW GH SRUWpH pFRORJLTXH 'HSXLV TXHOTXH WHPSV GpMj OH GURLW LQWHUQDWLRQDO DYDLW UHFRQQX XQ FHUWDLQ QRPEUH GH SULQFLSHV HW GH GURLWV FRQWHQXV GpVRUPDLV GDQV OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW GH  DGRSWpH SDU OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GX HU PDUV  j OD VXLWH GHV WUDYDX[ GH OD FRPPLVVLRQ SUpVLGpH SDU 0 <YHV &RSSHQV &¶HVW VHPEOHWLO OD SUHPLqUH IRLV TX¶XQ SD\V D DGRSWp XQ WH[WH FRQVWLWXWLRQQHO H[FOXVLYHPHQW GpGLp j OD PDWLqUH 0DLV VXUWRXW F¶HVW OD SUHPLqUH ± HW j FH MRXU XQLTXH ± IRLV TX¶j O¶RFFDVLRQ G¶XQH GL[KXLWLqPH UpIRUPH FRQVWLWXWLRQQHOOH OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  D VXEL XQH PRGL¿FDWLRQ VRXV OD IRUPH HQ O¶RFFXUUHQFH G¶XQH DGMRQFWLRQ /H FRQVWLWXDQW GH  D HQ HIIHW HPSOR\p OD WHFKQLTXH GH VRQ SUpGpFHVVHXU GH   OD &KDUWH HVW DGRVVpH DX 3UpDPEXOH TXL UHQYRLH DX FRQWHQX GH FH WH[WH 0DLV LO O¶D IDLW FHWWH IRLV HQ SDUIDLWH FRQQDLVVDQFH GH FDXVH TXDQW DX[ LPSOLFDWLRQV MXULGLTXHV GH FH FKRL[  LO VDYDLW TXH FRPSWH WHQX GH OD GpFLVLRQ GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GX  MXLOOHW  OD &KDUWH HQWUHUDLW GH OD VRUWH GDQV OH EORF GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp .O FRQVDFUH OD SDULWp GDQV OH GRPDLQH SROLWLTXH HW GHSXLV .O D SDU Oj PrPH FRQ¿UPp VL EHVRLQ pWDLW HQFRUH OD OpJLWLPLWp GH FHWWH GpFLVLRQ .O IDXW QRWHU HQ¿Q TXH OH 3UpDPEXOH Q¶HVW SDV WRXW  G¶DXWUHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ VRQW LQVFULWV GDQV OH WH[WH GH OD &RQVWLWXWLRQ HOOHPrPH HW QRQ GDQV VRQ 3UpDPEXOH /¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ TXL VXLW LPPpGLDWHPHQW OH 3UpDPEXOH HW HVW SODFp DYDQW OH WLWUH .G¶LQGLYLGXDOLVPH 3RXU VD SDUW OH 3UpDPEXOH GH  HVW © un discours juridique de facture politique  ª GRQW © l’ambition était tout à la fois de reconstruire la République et de rendre la société plus juste et plus solidaire  ª 6RQ LQVSLUDWLRQ HVW LQGpQLDEOHPHQW SOXV FROOHFWLYH HW SOXV VRFLDOH &¶HVW TX¶j O¶pSRTXH GHX[ GRQQpHV HVVHQWLHOOHV GHYDLHQW rWUH SULVHV HQ FRPSWH  G¶XQH SDUW © le phénomène totalitaire qui impose le rappel des droits inaliénables et sacrés de l’homme ª  G¶DXWUH SDUW © GHV H[LJHQFHV VRFLDOHV QRXYHOOHV TXL LPSRVHQW OD FRQVpFUDWLRQ GH SULQFLSHV QRXYHDX[  ª &¶HVW HQ VH OHV DSSURSULDQW ensemble TXH OD &RQVWLWXWLRQ GH  D RSpUp OD V\QWKqVH GH FHV GHX[ FRXUDQWV 6DQV DXFXQ GRXWH SRXU OH PHLOOHXU &RPPH O¶pFULW 0 *X\ &DUFDVVRQQH © OHV GL[VHSW DUWLFOHV GH  FRPSOpWpV SDU OHV GL[KXLW DOLQpDV GH  TXL HX[PrPHV LQFRUSRUHQW OHV SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQnus par les lois de la République.

RXEL LQ /H 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  $QWLQRPLHV MXULGLTXHV HW contradictions politiques 38)  S  . *HQHYLqYH .

*pUDUG &RQDF © /H 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  8QH JHQqVH GLI¿FLOH XQ LWLQpUDLUH LPSUpYX ª LQ /H 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  +LVWRLUH DQDO\VH HW FRPPHQWDLUHV VRXV OD GLUHFWLRQ GH *pUDUG &RQDF .DYLHU 3UpWRW HW *pUDUG 7HERXO 'DOOR]6LUH\  S  .

cit. -DFTXHV &KHYDOOLHU © (VVDL G¶DQDO\VH VWUXFWXUDOH GX 3UpDPEXOH ª LQ Le Préambule de la &RQVWLWXWLRQ GH  $QWLQRPLHV MXULGLTXHV HW FRQWUDGLFWLRQV SROLWLTXHV op. S  .

/D &RQVWLWXWLRQ 6HXLO © (VVDLV ª  H pGLWLRQ S  Introduction 13 .

OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  GDQV OH GRPDLQH SURIHVVLRQQHO HW VRFLDO  /¶DUWLFOH  UHFRQQDvW OH SOXUDOLVPH GHV RSLQLRQV /¶DUWLFOH  UHSURGXFWLRQ DEUpJpH GH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  SURKLEH OD GpWHQWLRQ DUELWUDLUH 7HO HVW GRQF OH WH[WH DFWXHO VXU OHTXHO OH FRPLWp GHYDLW UpÀpFKLU &KDUJp GH SURSRVHU G¶pYHQWXHOOHV PRGL¿FDWLRQV LO QH SRXYDLW FHSHQGDQW LJQRUHU TXH G¶DXWUHV WHQWDWLYHV GH UpIRUPH DYDLHQW pWp HQWUHSULVHV VRXV OD 9H 5pSXEOLTXH GDQV OH GRPDLQH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ FRQVWLWXWLRQQHOV ¬ V¶HQ WHQLU DX[ LQLWLDWLYHV LQVWLWXWLRQQHOOHV SDU RSSRVLWLRQ j FHOOHV TXL RQW pPDQp GH OD VRFLpWp FLYLOH  GHX[ WHQWDWLYHV Q¶D\DQW SDV DERXWL UHWLHQQHQW SOXV SDUWLFXOLqUHPHQW O¶DWWHQWLRQ .O IDXW HQ RXWUH WLUHU GHV HQVHLJQHPHQWV GX UDSSRUW GpSRVp UpFHPPHQW SDU OH FRPLWp SUpVLGp SDU 0 eGRXDUG %DOODGXU &H IXW HQ SUHPLHU OLHX GDQV GHV FLUFRQVWDQFHV WRXW j IDLW GLIIpUHQWHV HW VRPPH WRXWH SOXV VHUHLQHV  FHWWH IRLVFL QXOOH JXHUUH FLYLOH QXO FRQÀLW PRQGLDO.

O IXW DORUV GpFLGp GH FRQIpUHU YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH j OD SURSRVLWLRQ TXL VHUDLW GpSRVpH G¶XQH SDUW SDUFH TXH OH WH[WH VH SUpVHQWDLW FRPPH XQH GpFODUDWLRQ FRQVDFUDQW TXHOTXHV SULQFLSHV HVVHQWLHOV HW QRQ FRPPH XQH UHIRQWH JOREDOH GH OD OpJLVODWLRQ VXU OHV OLEHUWpV SXEOLTXHV G¶DXWUH SDUW SDUFH TXH VHUDLHQW DLQVL GRQQpV GHV IRQGHPHQWV SOXV V€UV DX[ GpFLVLRQV GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GDQV VRQ DSSUpFLDWLRQ GH OD FRQVWLWXWLRQQDOLWp GHV ORLV $GRSWDQW OD VXJJHVWLRQ GH VRQ SUpVLGHQW OD FRPPLVVLRQ GpFLGD TXH OHV SULQFLSHV FRQWHQXV GDQV OD 'pFODUDWLRQ GH  HW OH 3UpDPEXOH GH  FRQVHUYHUDLHQW OHXU YDOHXU GDQV WRXWHV FHOOHV GH OHXUV GLVSRVLWLRQV TXL Q¶pWDLHQW SDV FRQWUDLUHV DX WH[WH SURSRVp FHOXLFL QH V¶LQFRUSRUDQW SDV j OD &RQVWLWXWLRQ GH  PDLV SUHQDQW SODFH j VHV F{WpV GDQV OD FDWpJRULH GHV QRUPHV V¶LPSRVDQW j OD ORL RUGLQDLUH /H  GpFHPEUH  GHX[ DQV DSUqV VD FUpDWLRQ OD © commission spéciale des libertés ª DFKHYD VHV WUDYDX[ SDU O¶DGRSWLRQ G¶XQH SURSRVLWLRQ GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH VXU OHV OLEHUWpV HW OHV GURLWV GH O¶KRPPH FRPSRVpH GH . GH FHOOHV TXL DYDLHQW SUpFpGp OD 'pFODUDWLRQ GH  HW OH 3UpDPEXOH GH  TXH IXW FRQVWLWXpH OH  GpFHPEUH  XQH FRPPLVVLRQ VSpFLDOH SUpVLGpH SDU (GJDU )DXUH 7RXWHV OHV IDPLOOHV SROLWLTXHV DYDLHQW SDUX UHVVHQWLU OH EHVRLQ G¶DGDSWHU OHV UqJOHV HVVHQWLHOOHV SRVpHV HQ  HW  DX[ QRXYHOOHV SUREOpPDWLTXHV GH O¶pSRTXH &H EHVRLQ G¶pYROXWLRQ DYDLW VXVFLWp GDQV OH FRXUDQW GH O¶DQQpH  XQH ÀRUDLVRQ G¶LQLWLDWLYHV TXL GRQQqUHQW OLHX j WURLV SURSRVLWLRQV GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GRQW OD FRPPLVVLRQ VSpFLDOH IXW VDLVLH (Q VHSWHPEUH  DSUqV O¶DXGLWLRQ GH WUHQWHVHSW SHUVRQQDOLWpV OH SUpVLGHQW (GJDU )DXUH HW OHV UDSSRUWHXUV -HDQ )R\HU HW &KDUOHV %LJQRQ YRXOXUHQW GRQQHU XQH QRXYHOOH LPSXOVLRQ j O¶DFWLYLWp GH OD FRPPLVVLRQ HW SULUHQW O¶LQLWLDWLYH G¶pWDEOLU XQ GRFXPHQW GH WUDYDLO TXL FRQ¿UPDQW HW GpYHORSSDQW GHV SULQFLSHV GpMj DGPLV SDU OH GURLW SRVLWLI PDLV SURFODPDQW HQ RXWUH GHV OLEHUWpV QRXYHOOHV VHUYLW GH EDVH j OD GHUQLqUH SKDVH GHV WUDYDX[ .

/D ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH QR  GX  MXLOOHW  O¶DYDLW LQWURGXLWH GDQV OH GRPDLQH SROLWLTXH j O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ  OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH QR  GX  MXLOOHW  O¶D pWHQGXH j OD VSKqUH SURIHVVLRQQHOOH HW VRFLDOH HW D GpSODFp OH WRXW j O¶DUWLFOH HU .

3DUPL OHVTXHOOHV GRLW rWUH VLJQDOp OH WH[WH pODERUp j OD ¿Q GHV DQQpHV  SDU O¶DVVRFLDWLRQ © 1RXYHDX[ 'URLWV GH O¶KRPPH ª DXTXHO GH QRPEUHX[ SDUOHPHQWDLUHV DYDLHQW DSSRUWp OHXU VRXWLHQ 14 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

WURLV WLWUHV  OD IUDWHUQLWp O¶pJDOLWp OD OLEHUWp &HSHQGDQW FH WH[WH WUqV ULFKH QH IXW MDPDLV SUpVHQWp j O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH HQ UDLVRQ GX UHIXV H[SULPp SDU OHV SDUWLV GH JDXFKH GH OH YRWHU /D SURSRVLWLRQ GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GH  WUDLWDLW GH FHUWDLQHV TXHVWLRQV DXMRXUG¶KXL VRXPLVHV j OD UpÀH[LRQ GX FRPLWp 2Q \ UHOqYH QRWDPPHQW  ± VXU OD GLYHUVLWp OH GURLW j OD GLIIpUHQFH HW O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV  ‡ DUWLFOH   © La République française. dans le respect du droit à la différence. Elle doit être offerte à tous ª  ‡ DUWLFOH   © 7RXV OHV FLWR\HQV VRQW pJDX[ GHYDQW OD ORL OD MXVWLFH HW OH VHUvice public. L’organisation de la société tend à assurer l’égalité des chances et des conditions ª  ± VXU O¶pJDOLWp HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV  DUWLFOH   © La femme et O¶KRPPH GLVSRVHQW GH GURLWV pJDX[ 7RXWH GLVFULPLQDWLRQ TXL YLROH FH SULQFLSH est réprimée par la loi »   ± VXU OH SULQFLSH GH GLJQLWp  ‡ DUWLFOH   © /HV WUDYDLOOHXUV PDQXHOV HW LQWHOOHFWXHOV VRQW pJDX[ HQ GLJQLWp et disposent des mêmes droits. Toute discrimination à l’égard des jeunes travailleurs. de croyance ou de situation sociale. indissociable de la liberté. de recevoir et de UpSDQGUH LQIRUPDWLRQV HW LGpHV SDU WRXW PR\HQ GH VRQ FKRL[ /D 5pSXEOLTXH assure. est prohibée ª  ‡ DUWLFOH   © 7RXW KRPPH D OH GURLW G¶H[HUFHU XQ WUDYDLO OLEUHPHQW DFFHSWp HQ YXH G¶DVVXUHU VRQ H[LVWHQFH HW VD GLJQLWp >@ ª  ± VXU OH GURLW j OD YLH HW j O¶LQWpJULWp  DUWLFOH   © Tout homme a droit à la vie et à l’intégrité physique et morale »   ± VXU OH UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV  DUWLFOH   © Tout homme a droit à la protection de sa vie privée. qu’ils soient engagés dans la vie professionnelle ou étudiants. la plénitude de la vie personnelle et le développement des relations entre les hommes. sans distinction d’origine. dans les conditions compatibles avec la sécurité et l’ordre publics. conservation et utilisation d’informations ª  ± VXU OH SOXUDOLVPH GHV PR\HQV G¶H[SUHVVLRQ HW GHV PpGLDV  ‡ DUWLFOH   © Toute personne a le droit de rechercher. tend à assurer. l’acFqV DX[ GRFXPHQWV DGPLQLVWUDWLIV ª  ‡ DUWLFOH   © /D UDGLRGLIIXVLRQ HW OD WpOpYLVLRQ H[HUFHQW XQH PLVVLRQ GH VHUYLFH public. d’opinion. une et indivisible. reconnaît et protège OD GLYHUVLWp GHV FXOWXUHV GHV P°XUV HW GHV JHQUHV GH YLH &KDFXQ D OH GURLW d’être différent et de se manifester comme tel ª  ‡ DUWLFOH   © La culture. Elles sont tenues d’assurer l’information dans un esprit d’objectivité et . La loi assure notamment cette protection contre les dangers que peut comporter l’emploi de l’informatique ainsi que des techniques de collecte.

/D FRPPLVVLRQ DYDLW UHMHWp XQH SURSRVLWLRQ HW XQ DPHQGHPHQW DLQVL UpGLJpV  © La République prend les mesures nécessaires pour éliminer les inégalités et assurer la promotion de la femme ª  © L’État doit prendre toutes les mesures pour appliquer effectivement ce principe ª .

/D FRPPLVVLRQ DYDLW UHMHWp XQH SURSRVLWLRQ G¶XQ GpSXWp DLQVL UpGLJpH  © Toute action visant à PRGL¿HU OH SDWULPRLQH JpQpWLTXH HVW LQWHUGLWH ª Introduction 15 .

La liberté de la presse est un droit fondamental.GH JDUDQWLU O¶H[SUHVVLRQ HW OD FRQIURQWDWLRQ GHV FRXUDQWV G¶RSLQLRQ /H GURLW de réponse est garanti. » $XWUH LQLWLDWLYH OH  IpYULHU  OH FRPLWp FRQVXOWDWLI SRXU OD UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ LQVWLWXp SDU XQ GpFUHW GX  GpFHPEUH  HW SUpVLGp SDU *HRUJHV 9HGHO UHPLW XQ UDSSRUW DX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH 'DQV XQH WURLVLqPH SDUWLH LQWLWXOpH © 8Q FLWR\HQ SOXV SUpVHQW ª VHV DXWHXUV H[SRVqUHQW DORUV G¶DLOOHXUV TXH OD TXHVWLRQ Q¶DYDLW SDV pWp VRXOHYpH SDU OD OHWWUH GH PLVVLRQ TXH OHXU DYDLW DGUHVVpH OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH GH O¶pSRTXH TXH © la consécration constitutionQHOOH GH FHUWDLQV GURLWV QRXYHDX[ SDUDvW WUqV RSSRUWXQH HX pJDUG DX[ FRQGLWLRQV d’évolution de la société française ª 'HX[ GLVSRVLWLRQV ¿JXUDQW GDQV FH UDSSRUW PpULWHQW G¶rWUH pYRTXpHV LFL  ‡ SURSRVLWLRQ  DMRXW G¶XQ DOLQpD j O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ. La loi DVVXUH VRQ H[HUFLFH HIIHFWLI 8Q VWDWXW GHV MRXUQDOLVWHV JDUDQWLW OHXU OLEHUWp GH conscience.

 © &KDFXQ D droit au respect de sa vie privée et de la dignité de sa personne  ª  ‡ SURSRVLWLRQ  DMRXW G¶XQ DOLQpD j O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ.

 © La liberté et le pluralisme de la communication sont des conditions essentielles de la démoFUDWLH 8Q RUJDQLVPH LQGpSHQGDQW GRQW OD FRPSRVLWLRQ HW OHV PLVVLRQV VRQW ¿[pHV par une loi organique veille à leur respect dans le domaine de la communication audiovisuelle. Ses décisions sont soumises au contrôle du juge. Il présente au Parlement un rapport annuel sur son activité  ª 4XDQW DX FRPLWp SUpVLGp SDU 0 eGRXDUG %DOODGXU GRQW DX GHPHXUDQW OD OHWWUH GH PLVVLRQ Q¶pYRTXDLW SDV OD TXHVWLRQ LO D GDQV OH UDSSRUW TX¶LO D UHPLV DX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH OH  RFWREUH  HQYLVDJp PDLV pFDUWp O¶LGpH GH SURSRVHU GH VRQ SURSUH FKHI GHV PRGL¿FDWLRQV DX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ 3DUFH TXH VD FRPSRVLWLRQ Q¶DYDLW SDV pWp FRQoXH HQ IRQFWLRQ GH FHWWH WkFKH HW SDUFH TXH OHV GpODLV OXL pWDQW LPSDUWLV QH OXL SHUPHWWDLHQW SDV GH SURFpGHU DX[ DXGLWLRQV TXL DXUDLHQW pWp QpFHVVDLUHV SRXU IDLUH pPHUJHU XQ FRQVHQVXV HQ VRQ VHLQ LO V¶HVW DEVWHQX GH IRUPXOHU WRXWH SURSRVLWLRQ HQ OD PDWLqUH  &¶HVW DX GHPHXUDQW pFODLUp SDU FHV FRQVLGpUDWLRQV TXH OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH D GpFLGp TXHOTXHV VHPDLQHV SOXV WDUG G¶LQVWLWXHU XQ DXWUH FRPLWp VSpFLDOHPHQW FKDUJp GH UpÀpFKLU j FHV TXHVWLRQV 3RXU DXWDQW OD UpIRUPH LQVWLWXWLRQQHOOH YRWpH OH  MXLOOHW  LQVSLUpH SRXU O¶HVVHQWLHO GHV WUDYDX[ GX FRPLWp %DOODGXU D DSSRUWp j OD &RQVWLWXWLRQ GHV PRGL¿FDWLRQV TXL WRXFKHQW j GHV WKqPHV GLUHFWHPHQW RX LQGLUHFWHPHQW VRXPLV DX FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ  OD SDULWp SURIHVVLRQQHOOH HW VRFLDOH D pWp DMRXWpH j OD SDULWp SROLWLTXH DUW HU.

 OH SOXUDOLVPH GHV RSLQLRQV D pWp DI¿UPp DUW .

 OHV SULQFLSHV GH OLEHUWp G¶LQGpSHQGDQFH HW GH SOXUDOLVPH GHV PpGLDV RQW pWp H[SUHVVpPHQW FRQVDFUpV SDU OH ELDLV LO HVW YUDL .

.O pWDLW DSSDUX © nécessaire au comité que ces droits déjà reconnus dans la loi soient inscrits GDQV OH WH[WH GH OD &RQVWLWXWLRQ ª .

$¿Q GH © PLHX[ JDUDQWLU OH UHVSHFW GX SOXUDOLVPH GH O¶DXGLRYLVXHO GRQW OH U{OH HVW HVVHQWLHO GDQV la vie civique ª © il a semblé au comité que les conditions dans lesquelles sont assurés la liberté et OH SOXUDOLVPH GH OD FRPPXQLFDWLRQ DXGLRYLVXHOOH PpULWDLHQW G¶rWUH UHQIRUFpHV SDU OD &RQVWLWXWLRQ elle-même ª .

&RPLWp GH UpÀH[LRQ HW GH SURSRVLWLRQ VXU OD PRGHUQLVDWLRQ HW OH UppTXLOLEUDJH GHV LQVWLWXWLRQV GH OD 9H 5pSXEOLTXH Pour une République plus démocratique )D\DUG/D 'RFXPHQWDWLRQ IUDQoDLVH  S  HW V 16 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

LQGLUHFW GH O¶DI¿UPDWLRQ GH OD FRPSpWHQFH GX OpJLVODWHXU SRXU WUDLWHU GH FHV PDWLqUHV DUW .

 OHV ODQJXHV UpJLRQDOHV RQW IDLW OHXU HQWUpH MXULGLTXH GDQV OH SDWULPRLQH GH OD QDWLRQ DUW .

 OD FRQWULEXWLRQ GH OD 5pSXEOLTXH j OD GpIHQVH GH OD IUDQFRSKRQLH D pWp DFFXHLOOLH DUW .

 .O pWDLW SDU FRQVpTXHQW LQGLVSHQVDEOH TXH OH FRPLWp DLW FRQQDLVVDQFH GHV DFTXLV GH OD UpIRUPH LQVWLWXWLRQQHOOH DYDQW G¶DFKHYHU VHV WUDYDX[ * * * &¶HVW LQVWUXLW GH FHWWH GLPHQVLRQ KLVWRULTXH TXH OH FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ D FRQGXLW VHV WUDYDX[ G¶DERUG HQ VRQ VHLQ HQ DERUGDQW VXFFHVVLYHPHQW OHV GLIIpUHQWV WKqPHV UHOHYDQW GH VD PLVVLRQ HQVXLWH SRUWDQW XQ UHJDUG YHUV O¶H[WpULHXU HQ SURFpGDQW j O¶DXGLWLRQ GH YLQJWTXDWUH SHUVRQQDOLWpV G¶KRUL]RQV GLYHUV  HQ¿Q HQ WHQDQW GHV UpXQLRQV GH V\QWKqVH TXL OXL RQW SHUPLV GH SUHQGUH SRVLWLRQ 6¶LO GHYDLW DSSRUWHU GHV UpSRQVHV DX[ GLIIpUHQWHV TXHVWLRQV GH IRQG TXL OXL pWDLHQW VRXPLVHV GHX[LqPH SDUWLH.

 OH FRPLWp D HVWLPp TX¶LO QH SRXUUDLW PHQHU j ELHQ XQH WHOOH HQWUHSULVH TX¶DSUqV V¶rWUH ¿[p XQH GRFWULQH SHUPHWWDQW G¶RULHQWHU VHV FKRL[ HQ IRQFWLRQ GH SULQFLSHV PpWKRGRORJLTXHV ELHQ pWDEOLV SUHPLqUH SDUWLH.

 .

9RLU OD OLVWH GHV SHUVRQQDOLWpV HQWHQGXHV HQ DQQH[H  DLQVL TXH OHV FRPSWHV UHQGXV G¶DXGLWLRQV HQ DQQH[H  Introduction 17 .

.

Première partie La doctrine du comité .

.

$SUqV V¶rWUH LQWHUURJp VXU OD QRWLRQ PrPH GH 3UpDPEXOH HW DYRLU SULV OD PHVXUH GX WH[WH TXL j O¶LVVXH G¶XQ SURFHVVXV FRPSOH[H GH VpGLPHQWDWLRQ KLVWRULTXH HVW DXMRXUG¶KXL HQ YLJXHXU HQ )UDQFH OH FRPLWp VH GHYDLW GH ¿[HU VD SURSUH GRFWULQH VXU XQ FHUWDLQ QRPEUH GH SRLQWV GH PpWKRGH TXL V¶DQQRQoDLHQW UpFXUUHQWV %LHQ TXH GH PpWKRGH FHV TXHVWLRQV Q¶HQ PHWWDLHQW SDV PRLQV HQ MHX O¶LGpH TXH OH FRPLWp V¶HVW IDLWH GH OD IRQFWLRQ GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW HQ PDWLqUH GH GURLWV IRQGDPHQWDX[ $SUqV \ DYRLU ORQJXHPHQW UpÀpFKL OH FRPLWp D pODERUp XQH GRFWULQH TX¶LO D ¿[pH VRXV OD IRUPH GH TXDWUH SULQFLSHV  $ 5HVSHFWHU O¶KpULWDJH FRQVWLWXWLRQQHO IUDQoDLV % $VVXUHU O¶LQWDQJLELOLWp GH O¶°XYUH FRQVWLWXWLRQQHOOH UpFHQWH & 1H VXJJpUHU G¶HQULFKLVVHPHQW GX 3UpDPEXOH TXH V¶LO SRVVqGH VDQV FRQWHVWH XQ HIIHW XWLOH ' &RQVHUYHU j O¶LQWHUYHQWLRQ GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW VD YDOHXU G¶XOWLPH UHFRXUV A. Principe no 1 : respecter l’héritage constitutionnel français /H FRPLWp V¶HVW LQLWLDOHPHQW GHPDQGp VL GDQV OD SHUVSHFWLYH G¶XQH YDVWH UHPLVH j SODW GH O¶H[LVWDQW HW PrPH VL OD OHWWUH GH PLVVLRQ QH OH SUpFRQLVDLW SDV LO Q¶\ DXUDLW SDV HX OLHX G¶HQWUHSUHQGUH XQH UHIRQWH FRPSOqWH GX 3UpDPEXOH FH TXL DXUDLW LPSOLTXp XQH UppFULWXUH XQH UpRUJDQLVDWLRQ YRLUH XQH UHPLVH HQ FDXVH GHV WH[WHV GH   HW  /¶H[DPHQ DWWHQWLI GH O¶KpULWDJH FRQVWLWXWLRQQHO .

O¶D FHSHQGDQW FRQYDLQFX GH QH SDV V¶HQJDJHU GDQV FHWWH YRLH .

La richesse de l’héritage En matière de droits fondamentaux. l’héritage constitutionnel français repose tout à la fois et indissolublement sur les textes fondateurs et sur la jurisprudence qui en est issue. 1. © Merveilleuse aurore ª VHORQ $OH[LV GH 7RFTXHYLOOH OD Déclaration de 1789  j OD SRUWpH XQLYHUVHOOH pQRQFH GHV SULQFLSHV IRUPHOV j OD GLIIpUHQFH GHV GpFODUDWLRQV DPpULFDLQHV DQWpULHXUHV GDYDQWDJH VRXFLHXVHV GH SUDJPDWLVPH (OOH FRQVDFUH HQ SUHPLHU OLHX OHV GURLWV GH O¶KRPPH HQ WDQW TXH SHUVRQQH  O¶pJDOLWp DUW HU.

 OD OLEHUWp DUW HU

 GRQW OD FpOqEUH Gp¿QLWLRQ HVW GRQQpH SDU O¶DUWLFOH  © La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ª

HW TXL WURXYH GH QRPEUHXVHV GpFOLQDLVRQV  V€UHWp UpVLVWDQFH j O¶RSSUHVVLRQ DUW 

 SULQFLSH GH OpJDOLWp GHV GpOLWV HW GHV SHLQHV SULQFLSH GH QpFHVVLWp HW GH QRQUpWURDFWLYLWp GH OD ORL SpQDOH DUW  HW 

 SULQFLSH GH SUpVRPSWLRQ G¶LQQRFHQFH DUW .

 .

5HSURGXLWH DYHF OH 3UpDPEXOH GH  HW OD &KDUWH GH  HQ DQQH[H  Première partie .La doctrine du comité 21 .

OLEHUWp G¶RSLQLRQ HW GH FRQVFLHQFH DUW .

 OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ DUW .

 HQ¿Q OH GURLW GH SURSULpWp DUW  HW .

 (OOH GpYHORSSH HQ VHFRQG OLHX OHV GURLWV GH O¶KRPPH GDQV VD UHODWLRQ DYHF OD QDWLRQ  GURLW GH FRQFRXULU SHUVRQQHOOHPHQW RX SDU GHV UHSUpVHQWDQWV j O¶pODERUDWLRQ GH OD ORL DUW .

 pJDO DFFqV DX[ GLJQLWpV SODFHV HW HPSORLV SXEOLFV DUW .

 LQGLYLVLELOLWp GH OD VRXYHUDLQHWp QDWLRQDOH DUW .

 SULQFLSH GX FRQVHQWHPHQW j O¶LPS{W HW GH VRQ pJDOH UpSDUWLWLRQ DUW .

 SULQFLSH G¶XQH IRUFH SXEOLTXH DUW .

 SULQFLSH GX FRQWU{OH HW GH OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶DGPLQLVWUDWLRQ DUW .

 SULQFLSH GH JDUDQWLH GHV GURLWV DUW .

O V¶DJLW Oj GH GURLWV FRQIpUpV j FHUWDLQHV FDWpJRULHV GH SHUVRQQHV  OHV IHPPHV VH YRLHQW JDUDQWLU GHV GURLWV pJDX[ j FHX[ GHV KRPPHV DOLQpD . 2XWUH VD UpIpUHQFH j OD 'pFODUDWLRQ GH  HW DX[ SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQQXV SDU OHV ORLV GH OD 5pSXEOLTXH le Préambule de 1946 pQRQFH GHV SULQFLSHV © particulièrement nécessaires à notre temps ª TXL SHXYHQW rWUH TXDOL¿pV GH GURLWV VRFLDX[  SDU FHV GURLWV QRXYHDX[ O¶LQGLYLGX TXL DYDLW EpQp¿FLp HQ  GH © facultés d’agir ª MRXLW GpVRUPDLV GH © possibilités d’agir  ª HVVHQWLHOOHPHQW GDQV OH GRPDLQH pFRQRPLTXH .

HW HQ WDQW TXH PqUHV DYHF OHV HQIDQWV HW OHV WUDYDLOOHXUV kJpV OD SURWHFWLRQ GH OD VDQWp OD VpFXULWp PDWpULHOOH OH UHSRV HW OHV ORLVLUV DOLQpD .

 OD IDPLOOH FRPPH O¶LQGLYLGX VH YRLW DVVXUHU OHV FRQGLWLRQV QpFHVVDLUHV j VRQ GpYHORSSHPHQW DOLQpD .

 WRXW rWUH KXPDLQ GDQV O¶LQFDSDFLWp GH WUDYDLOOHU VH YRLW DFFRUGHU OH GURLW G¶REWHQLU GH OD FROOHFWLYLWp GHV PR\HQV FRQYHQDEOHV G¶H[LVWHQFH DOLQpD .

 O¶LQGLYLGX SHUVpFXWp HQ UDLVRQ GH VRQ DFWLRQ HQ IDYHXU GH OD OLEHUWp VH YRLW RFWUR\HU OH GURLW G¶DVLOH DOLQpD .

 .O V¶DJLW HQ RXWUH GHV GURLWV GHV WUDYDLOOHXUV  GURLW GH WUDYDLOOHU HW G¶REWHQLU XQ HPSORL DOLQpD .

 GURLW GH GpIHQGUH VHV LQWpUrWV SDU O¶DFWLRQ V\QGLFDOH HW G¶DGKpUHU DX V\QGLFDW GH VRQ FKRL[ DOLQpD .

 GURLW GH JUqYH DOLQpD .

 GURLW j OD GpWHUPLQDWLRQ GHV FRQGLWLRQV GH WUDYDLO HW j OD JHVWLRQ GHV HQWUHSULVHV DOLQpD .

 .O V¶DJLW HQ¿Q GH GURLWV UHFRQQXV j WRXV  GURLW j O¶LQVWUXFWLRQ j OD IRUPDWLRQ SURIHVVLRQQHOOH HW j OD FXOWXUH DYHF O RUJDQLVDWLRQ G¶XQ HQVHLJQHPHQW JUDWXLW HW ODwF DOLQpD .

 VROLGDULWp HW pJDOLWp GHYDQW OHV FKDUJHV UpVXOWDQW GHV FDODPLWpV QDWLRQDOHV DOLQpD .

 3DU DLOOHXUV OH 3UpDPEXOH GH  FRPSRUWH TXHOTXHV SULQFLSHV G¶RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH DOLQpDV  j .

été progressivement bâti. (Q¿Q OD Charte de 2004 FRQVDFUH XQ GURLW j O¶HQYLURQQHPHQW DVVRUWL GH SULQFLSHV GHVWLQpV j HQ DVVXUHU O¶HIIHFWLYLWp WHOV TXH OHV SULQFLSHV GH SUpFDXWLRQ GH SUpYHQWLRQ HW GH FRQWULEXWLRQ &RPPH WRXW WH[WH QRUPDWLI OHV WH[WHV FRQVWLWXWLRQQHOV PHWWHQW OHV MXJHV FKDUJpV GH OHV IDLUH UHVSHFWHU DX SUHPLHU UDQJ GHVTXHOV OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO HQ VLWXDWLRQ GH GHYRLU OHV LQWHUSUpWHU Au-delà même de la lettre du Préambule RX GH OD &RQVWLWXWLRQ HOOHPrPH XQ pGL¿FH MXULVSUXGHQWLHO G¶XQH WUqV grande richesse a. 'H FHW DFTXLV OH . de la sorte.

-HDQ HW -HDQeULF *LFTXHO op. S  HW  22 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . cit.

H 5pSXEOLTXH D¿Q G¶HQ ¿QLU DYHF OD SpULRGH QRLUH GHV DQQpHV  /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO HQ D j FH MRXU LGHQWL¿p GL[  OD OLEHUWp G¶DVVRFLDWLRQ GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW . la souveUDLQHWp QDWLRQDOH RX O¶RUJDQLVDWLRQ GHV SRXYRLUV SXEOLFV  LO IDXW HQVXLWH TX¶LO WURXYH XQ DQFUDJH WH[WXHO GDQV XQH RX SOXVLHXUV ORLV LQWHUYHQXHV VRXV XQ UpJLPH UpSXEOLFDLQ DQWpULHXU j   LO IDXW HQ¿Q TX¶LO Q¶\ DLW MDPDLV pWp GpURJp SDU XQH ORL UpSXEOLFDLQH DQWpULHXUH j O¶HQWUpH HQ YLJXHXU GH OD &RQVWLWXWLRQ GH   ª (Q UpDOLWp OH FRQVWLWXDQW GH  H[SULPDLW SDU FHWWH QRWLRQ GH SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQQXV SDU OHV ORLV GH OD 5pSXEOLTXH OD YRORQWp GH UHQRXHU DYHF OH OLEpUDOLVPH SROLWLTXH GH OD ..FRPLWp D HVWLPp GH VRQ GHYRLU GH GUHVVHU XQ LQYHQWDLUH UDLVRQQp HW G¶HQ IDLUH OD SUpVHQWDWLRQ OD SOXV FODLUH SRVVLEOH $X PRPHQW GH V¶LQWHUURJHU VXU OD FRQVpFUDWLRQ GH GURLWV QRXYHDX[ OH FRPLWp YR\DLW Oj XQH GRXEOH H[LJHQFH GH PpWKRGH G¶DERUG YLVjYLV GH OXLPrPH HQVXLWH j O¶pJDUG GHV GHVWLQDWDLUHV GH VHV WUDYDX[ /D WkFKH pWDLW PRLQV DLVpH HW SOXV QRYDWULFH TX¶LO QH OH SHQVDLW OXLPrPH HQ HQJDJHDQW FHW H[HUFLFH 6DQV GRXWH HVWFH GX UHVWH OD GLYHUVLWp GH OHXUV VRXUFHV HW GH OHXUV PRGHV GH IRUPXODWLRQ GDQV OHV GpFLVLRQV GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO TXL UHQG GLI¿FLOH O¶DSSUpKHQVLRQ LPPpGLDWH GH O¶HQVHPEOH GHV SULQFLSHV MXULVSUXGHQWLHOV TXL HQFDGUHQW O DFWLRQ GX OpJLVODWHXU HQ PDWLqUH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ GRQW O¶DQQH[H  RIIUH XQH YLVLRQ V¶HVVD\DQW j O¶H[KDXVWLYLWp HW GRQW OHV SULQFLSDX[ WUDLWV VRQW OHV VXLYDQWV .O HVW G¶DERUG UHYHQX DX MXJH GH GLUH FH TX¶pWDLHQW OHV © SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ reconnus par les lois de la République ª TXH OH FRQVWLWXDQW GH  ± HW LQGLUHFWHPHQW GRQF FHOXL GH  ± D © VROHQQHOOHPHQW UpDI¿UPpV ª VDQV WRXWHIRLV OHV LGHQWL¿HU &HV SULQFLSHV IRUPHQW XQH FDWpJRULH FRQVWLWXWLRQQHOOH H[SUHVVH PDLV YLUWXHOOHPHQW LOOLPLWpH OH FRQVWLWXDQW QH OHV D\DQW SDV OXLPrPH Gp¿QLV FRQWUDLUHPHQW j FH TX¶LO D UHWHQX SRXU OHV © principes particulièrement nécessaires à notre temps ª 'HSXLV OHV DQQpHV  OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO V¶HVW WRXWHIRLV DWWDFKp j HQ ¿[HU VWULFWHPHQW OHV FRQGLWLRQV j PHVXUH TX¶LO RXYUDLW OH EORF GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp j G¶DXWUHV pOpPHQWV 6HORQ OH SUpVLGHQW *HQHYRLV DQFLHQ VHFUpWDLUH JpQpUDO GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO  © Il faut d’abord que le principe VRLW YpULWDEOHPHQW IRQGDPHQWDO TX¶LO pQRQFH XQH UqJOH VXI¿VDPPHQW LPSRUWDQWH TX¶LO DLW XQ GHJUp VXI¿VDQW GH JpQpUDOLWp TX¶LO LQWpUHVVH GHV GRPDLQHV essentiels pour la vie de la nation. comme les libertés fondamentales..

 OHV GURLWV GH OD GpIHQVH GpFLVLRQ QR  '& GX  GpFHPEUH .

 OD OLEHUWp LQGLYLGXHOOH GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU .

 OD OLEHUWp G¶HQVHLJQHPHQW GpFLVLRQ QR  '& GX  QRYHPEUH .

 QRWDPPHQW OD OLEHUWp GH O¶HQVHLJQHPHQW VXSpULHXU GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 OD OLEHUWp GH FRQVFLHQFH GpFLVLRQ QR  '& GX  QRYHPEUH .

 O¶LQGpSHQGDQFH GH OD MXULGLFWLRQ DGPLQLVWUDWLYH GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 O¶LQGpSHQGDQFH GHV SURIHVVHXUV G¶XQLYHUVLWp GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU .

 OD FRPSpWHQFH GH OD .

La doctrine du comité 23 . $-'$  S   Y QRWDPPHQW OHV GpFLVLRQV QR  '& GX  MXLOOHW  Loi portant amnistie -2 GX  MXLOOHW  S   QR  '& GX  MXLOOHW  /RL PRGL¿DQW OD ORL no  GX  DR€W  UHODWLYH DX[ PRGDOLWpV G¶DSSOLFDWLRQ GHV SULYDWLVDWLRQV -2 GX  MXLOOHW  S   QR  '& GX  MXLOOHW  /RL UpIRUPDQW OH &RGH GH OD QDWLRQDOLWp -2 GX  MXLOOHW  S  Première partie .

MXULGLFWLRQ DGPLQLVWUDWLYH SRXU FRQQDvWUH GH O¶DQQXODWLRQ RX GH OD UpIRUPDWLRQ GHV GpFLVLRQV SULVHV GDQV O¶H[HUFLFH GHV SUpURJDWLYHV GH SXLVVDQFH SXEOLTXH GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU .

 O¶DXWRULWp MXGLFLDLUH JDUGLHQQH GH OD SURSULpWp SULYpH LPPRELOLqUH GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 OD VSpFL¿FLWp GH OD MXVWLFH GHV PLQHXUV GpFLVLRQ QR  '& GX  DR€W .

 /H &RQVHLO G¶eWDW VWDWXDQW DX FRQWHQWLHX[ D HX O¶RFFDVLRQ SRXU VD SDUW G¶HQ FRQVDFUHU XQ RQ]LqPH FRQVLVWDQW HQ O¶REOLJDWLRQ SRXU O¶eWDW GH UHIXVHU O¶H[WUDGLWLRQ G¶XQ pWUDQJHU ORUVTX¶HOOH HVW GHPDQGpH GDQV XQ EXW SROLWLTXH &( $VV  MXLOOHW  Koné.

en ont été déduits &H VRQW OHV VXLYDQWV  OH UHVSHFW GH OD YLH SULYpH GpFLVLRQV QRV  '& GX  MDQYLHU   '& GX  MDQYLHU   '& GX  MXLOOHW    '& GX  PDUV .QGpSHQGDPPHQW GH OD FDWpJRULH SDUWLFXOLqUH GHV SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQQXV SDU OHV ORLV GH OD 5pSXEOLTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D HQVXLWH pWp FRQGXLW j GpJDJHU GHV SULQFLSHV GH YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH TXL VDQV ¿JXUHU HQ WRXWHV lettres dans le texte du Préambule ou de la Constitution. .

 OD FRQWLQXLWp GX VHUYLFH SXEOLF GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 OD OLEHUWp G¶HQWUHSUHQGUH GpFLVLRQV QR  '& GX  MDQYLHU  HW QR  '& GX  MDQYLHU .

 OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 OD OLEHUWp FRQWUDFWXHOOH GpFLVLRQV QR  '& GX  GpFHPEUH  HW QR  '& GX  PDUV .

 /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D pJDOHPHQW YHLOOp j OD SURWHFWLRQ GH FH TX¶LO D FRQVLGpUp rWUH GHV © objectifs de valeur constitutionnelle ª QRWLRQ TX¶LO D IRUJpH GH PDQLqUH SUpWRULHQQH PDLV TXL UHFRXYUH Oj HQFRUH GHV SULQFLSHV WURXYDQW LQGLUHFWHPHQW OHXU IRQGHPHQW GDQV OD &RQVWLWXWLRQ &H VRQW SULQFLSDOHPHQW OHV VXLYDQWV  OD VDXYHJDUGH GH O¶RUGUH SXEOLF OH UHVSHFW GH OD OLEHUWp G¶DXWUXL OD SUpVHUYDWLRQ GX FDUDFWqUH SOXUDOLVWH GHV FRXUDQWV G¶H[SUHVVLRQ VRFLRFXOWXUHOV GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW .

 GpVRUPDLV OH SOXUDOLVPH GHV FRXUDQWV GH SHQVpH HW G¶RSLQLRQ GpFLVLRQ QR  GX HU MXLOOHW .

 QRWDPPHQW OH SOXUDOLVPH GHV TXRWLGLHQV G¶LQIRUPDWLRQ SROLWLTXH HW JpQpUDOH GpFLVLRQ QR  '& GX  RFWREUH .

 OD SURWHFWLRQ GH OD VDQWp SXEOLTXH GpFLVLRQ QR  GX  MDQYLHU   GpFLVLRQ QR  '& GX  DR€W .

 OD SUpYHQWLRQ GHV DWWHLQWHV j O¶RUGUH SXEOLF QRWDPPHQW GHV DWWHLQWHV j OD VpFXULWp GHV SHUVRQQHV HW GHV ELHQV HW OD UHFKHUFKH GHV DXWHXUV G¶LQIUDFWLRQV GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU 

 OD SRVVLELOLWp SRXU WRXWH SHUVRQQH GH GLVSRVHU G¶XQ ORJHPHQW GpFHQW GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU 

 O¶DFFHVVLELOLWp HW O¶LQWHOOLJLELOLWp GH OD ORL GpFLVLRQ QR  '& GX  GpFHPEUH 

 OD OXWWH FRQWUH OD IUDXGH ¿VFDOH GpFLVLRQ QR  '& GX  GpFHPEUH 

 O¶pTXLOLEUH ¿QDQFLHU GH OD 6pFXULWp VRFLDOH GpFLVLRQ QR  '& GX  GpFHPEUH .

 .O FRQYLHQW HQFRUH SRXU VH IDLUH XQH LGpH H[DFWH GH O¶pWHQGXH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ DFWXHOOHPHQW SURWpJpV SDU OH 3UpDPEXOH HW OD &RQVWLWXWLRQ GH SUHQGUH HQ FRPSWH les règles ou principes innommés SDU OHVTXHOV OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO MXVWL¿H OD OLPLWDWLRQ GH OD SRUWpH G¶XQH QRUPH FRQVWLWXWLRQQHOOH LQWpUrW JpQpUDO RUGUH SXEOLF XUJHQFH«.

RX PRGXOH O¶LQWHQVLWp GH VRQ FRQWU{OH SURSRUWLRQQDOLWp VDQFWLRQ GHV VHXOHV HUUHXUV PDQLIHVWHV.

 .

2Q VH UpIpUHUD VXU FHV GHUQLHUV SRLQWV j OD FRPPXQLFDWLRQ GX SUpVLGHQW *HQHYRLV SUpVHQWpV ORUV GX FROORTXH GX FLQTXDQWHQDLUH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO  QRYHPEUH .

 24 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

(Q¿Q O¶LQYHQWDLUH GH O¶DFTXLV FRQVWLWXWLRQQHO QH VHUDLW SDV FRPSOHW VDQV XQ UDSSHO GHV SULQFLSHV DX[TXHOV OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D UHIXVp GH FRQIpUHU YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH  DLQVL HQ HVWLO QRWDPPHQW GH OD FRQ¿DQFH OpJLWLPH GpFLVLRQ QR  '& GX  QRYHPEUH .

 GH OD WUDQVSDUHQFH GHV DFWLYLWpV SXEOLTXHV RX H[HUFpHV SRXU OH FRPSWH GHV SHUVRQQHV SXEOLTXHV GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU .

 GH O¶pTXLWp HQWUH OHV JpQpUDWLRQV GpFLVLRQ QR  '& GX  PDUV .

 GX SULQFLSH GH IDYHXU HQ GURLW GX WUDYDLO GpFLVLRQ QR  '& GX  DYULO .

 GX SULQFLSH G¶LUUHVSRQVDELOLWp SpQDOH GHV PLQHXUV GpFLVLRQ QR  '& GX  DR€W .

La doctrine du comité 25 . 2. La préservation de l’héritage ¬ O¶DXQH GH FHW HQVHPEOH SDUWLFXOLqUHPHQW H[KDXVWLI un projet de refonte complète du Préambule de 1958 aurait eu le mérite de répondre à des objectifs de clarté et d’intelligibilité du droit j XQH pSRTXH R VD FRPSOH[LWp FURLVVDQWH HVW GpQRQFpH GH PDQLqUH UpJXOLqUH (Q RXWUH XQH WHOOH HQWUHSULVH DXUDLW SX rWUH GH QDWXUH j UpGXLUH OHV FRQWUDGLFWLRQV LQKpUHQWHV j OD FRH[LVWHQFH DX VHLQ GX 3UpDPEXOH GH QRUPHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV QpHV j GHV pSRTXHV GLIIpUHQWHV HW LPSUpJQpHV SDU GHV SKLORVRSKLHV FRQWUDVWpHV /H FRPLWp D SRXUWDQW WUqV YLWH UHQRQFp j FHWWH VROXWLRQ SRXU OHV UDLVRQV VXLYDQWHV  ± (Q SUHPLHU OLHX un choix aussi radical rencontrerait des obstacles poliWLTXHV FRQVLGpUDEOHV HW MXVWL¿pV /D UHPLVH HQ FDXVH G¶XQ KpULWDJH KLVWRULTXH DXVVL UHVSHFWp TXH FHOXL GHV GpFODUDWLRQV GH GURLWV IUDQoDLVHV HW GH OHXU LQWHUSUpWDWLRQ SDU OH MXJH FRQVWLWXWLRQQHO QH VHUDLW QL FRPSULVH TXDQW j VRQ XWLOLWp QL DFFHSWpH TXDQW j VHV FRQVpTXHQFHV 3RXU OH GLUH G¶XQ PRW O¶LGpH PrPH GH UHIDLUH FH TXH OHV FRQVWLWXDQWV GH  HW GH  RQW RIIHUW DX PRQGH HVW DSSDUXH DX FRPLWp H[DJpUpPHQW LPPRGHVWH ± (Q GHX[LqPH OLHX XQH UHIRQWH FRPSOqWH GHV WH[WHV V¶LQVFULUDLW j O¶RSSRVp GH O¶XQH GHV RSWLRQV OHV SOXV HVVHQWLHOOHV HW OHV SOXV FRQWLQXHV GH OD WUDGLWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH IUDQoDLVH  FHOOH GH OD VWUDWL¿FDWLRQ SURJUHVVLYH GHV GURLWV HW OLEHUtés hérités du passé républicain jointe à la volonté d’assurer leur application combinée /D VWDELOLVDWLRQ GH QRWUH GpPRFUDWLH GRLW VDQV GRXWH EHDXFRXS j FHWWH H[LJHQFH GH PrPH TXH O¶DSWLWXGH GH OD 9H 5pSXEOLTXH j V¶DGDSWHU j GHV RULHQWDWLRQV SROLWLTXHV HW LGpRORJLTXHV GLIIpUHQWHV /D FRQFLOLDWLRQ ± REOLJDWRLUH ± GHV SULQFLSHV G¶LQVSLUDWLRQ LQGLYLGXDOLVWH GH  DYHF FHX[ SOXV FROOHFWLIV GH  D SHUPLV FH UpVXOWDW VDWLVIDLVDQW GX SRLQW GH YXH GH OD FRQWLQXLWp UpSXEOLFDLQH /D FRQYLFWLRQ GX FRPLWp j FHW pJDUG D pWp TXH OD VXSHUSRVLWLRQ GHV QRUPHV G¶LQVSLUDWLRQV GLYHUVHV DXMRXUG¶KXL DGGLWLRQQpHV GDQV OH 3UpDPEXOH HVW O¶XQH GHV ULFKHVVHV OHV SOXV SUpFLHXVHV GH OD GpPRFUDWLH IUDQoDLVH HW TX¶LO VHUDLW GDQJHUHX[ GH OXL SRUWHU DWWHLQWH /H GURLW GH JUqYH HQ IRXUQLW XQ ERQ H[HPSOH  F¶HVW SDUFH TXH FH GURLW HVW SURWpJp PDLV TX¶LO GRLW pJDOHPHQW rWUH FRQFLOLp DYHF O¶REOLJDWLRQ G¶DVVXUHU XQH FHUWDLQH FRQWLQXLWp GX VHUYLFH SXEOLF TX¶LO HQ HVW IDLW DXMRXUG¶KXL XQH LQWHUSUpWDWLRQ UHVSHFWXHXVH GHV GLIIpUHQWV LQWpUrWV HQ SUpVHQFH SXEOLFV FRPPH SULYpV 7RXWH SUpIpUHQFH UDGLFDOH GRQQpH G¶XQ F{Wp RX GH O¶DXWUH Q¶DERXWLUDLW TX¶j XQ GpVpTXLOLEUH FRQWUDLUH j O¶HVSULW G¶XQH GpPRFUDWLH SDFL¿pH Première partie .

± (Q WURLVLqPH OLHX le choix d’une réécriture globale du Préambule ferait courir de réels risques d’insécurité juridique /HV QRUPHV HW OHV QRWLRQV HQ FDXVH SUpVHQWHQW XQ FRQWHQX GpOLFDW HW pYROXWLI GDQV OH WHPSV /D MXULVSUXGHQFH D EHDXFRXS FRQWULEXp j DVVXUHU FHWWH SUpFLVLRQ SURJUHVVLYH $XVVL ELHQ VHUDLWLO PDOYHQX GH SHUWXUEHU VLQRQ GH GpVWDELOLVHU YRLUH G¶DIIDLEOLU O¶pGL¿FH MXULGLTXH DLQVL pODERUp HW SHUIHFWLRQQp ± (Q TXDWULqPH OLHX OH FRPLWp D REVHUYp TXH le pouvoir constituant. dans la période la plus récente. ne s’est pas départi de cette attitude respectueuse vis-à-vis du legs de 1789 et de 1946 /D FRQVWLWXWLRQQDOLVDWLRQ GH OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW HQ PDUV  V¶HVW RSpUpH VRXV OD IRUPH GH O¶DMRXW SXU HW VLPSOH G¶XQ QRXYHO pWDJH j O¶pGL¿FH FRQVWLWXWLRQQHO VDQV PRGL¿FDWLRQ HW a fortiori VDQV UHWUDQFKHPHQW SDU UDSSRUW j O¶H[LVWDQW /D SOXV JUDQGH FRQWLQXLWp G¶HVSULW VH FRQ¿UPH GRQF MXVTX¶j DXMRXUG¶KXL HQ FH TXL FRQFHUQH OD PpWKRGH XWLOLVpH SRXU IDLUH pYROXHU OH FRUSXV GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ LVVXV GX 3UpDPEXOH 3RXU WRXWHV FHV UDLVRQV OH FRPLWp D HVWLPp TX¶LO GHYDLW UHVSHFWHU OD WUDGLWLRQ KLVWRULTXH GH VWUDWL¿FDWLRQ GHV QRUPHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV GH SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ ± HQ FH FRPSULV O¶H[LJHQFH GH FRQFLOLDWLRQ SHUPDQHQWH GH FHOOHV FL .O D GRQF FRQVLGpUp TXH VRQ RI¿FH GHYDLW VH OLPLWHU j SURSRVHU G¶pYHQWXHOOHV DGMRQFWLRQV DX 3UpDPEXOH VXU OH PrPH PRGH TXH FHOXL UHWHQX SRXU O¶DGRVVHPHQW j FHOXLFL GH OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW B. Principe no 2 : assurer l’intangibilité de l’œuvre constitutionnelle récente /H FRPLWp V¶HVW GHPDQGp HQVXLWH V¶LO \ DYDLW OLHX SRXU OXL GH VH SURQRQFHU VXU FH TXH OH FRQVWLWXDQW D GpFLGp DX FRXUV GHV DQQpHV UpFHQWHV HW QRWDPPHQW OH  MXLOOHW  GDQV OHV PDWLqUHV HQWUDQW GDQV OH FKDPS GH OD OHWWUH GH PLVVLRQ GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH SDULWp SOXUDOLVPH.

la réponse ne pouvait qu’être négative : LO Q¶H€W SDV pWp DFFHSWDEOH TXH OH FRPLWp SUpWHQGH UHYHQLU VXU FH TXH OH FRQVWLWXDQW D GpFLGp j O¶LQVWDQW 'qV ORUV TXH FH GHUQLHU YLHQW GH VH SURQRQFHU LO Q¶H[LVWH SOXV GH MXVWL¿FDWLRQ SRVVLEOH SRXU XQ FRPLWp G¶H[SHUWV j \ UHYHQLU DORUV VXUWRXW TXH O¶H[SpULHQFH HVW WURS UpFHQWH SRXU TX¶DXFXQH OHoRQ pYHQWXHOOHPHQW FRUUHFWLYH SXLVVH HQ rWUH WLUpH (W OD OpJLWLPLWp PDQTXH SDU SULQFLSH j FHOXL TXL VH SUpVHQWHUDLW ± LPPDQTXDEOHPHQW ± FRPPH OH FHQVHXU GX VRXYHUDLQ YRLUH FRPPH XQH VRUWH GH VXSUDFRQVWLWXDQW. voire de l’exprimer autrement. Qu’il s’agisse d’écarter une des normes ainsi constitutionnalisées. de la nuancer. de la compléter.

O SHUG SRXU DLQVL GLUH VD UDLVRQ G¶rWUH ORUVTXH OH FRQVWLWXDQW V¶HVW VROHQQHOOHPHQW SURQRQFp 0rPH V¶LO D HX OD WHQWDWLRQ G¶pYRTXHU OH SULQFLSH GH SUpFDXWLRQ D¿Q GH OLYUHU VRQ VHQWLPHQW VXU FHOXLFL YRLUH GH VXJJpUHU TX¶LO OXL VRLW DSSRUWp FHUWDLQV FRQWUHSRLGV le comité a ainsi considéré qu’il ne devait pas rechercher s’il y avait 26 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . /H U{OH G¶XQ FRPLWp FRQVWLWXWLRQQHO QH VDXUDLW UpVLGHU DLOOHXUV TX¶HQ DPRQW  VD PLVVLRQ HVW GH SUpSDUHU OH WUDYDLO GX FRQVWLWXDQW HW GH OXL IDFLOLWHU OD WkFKH .

$XGHOj GHV DMRXWV j OD &RQVWLWXWLRQ DX[TXHOV LO D pWp SURFpGp SDULWp SURIHVVLRQQHOOH HW VRFLDOH HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV SOXUDOLVPH ODQJXHV UpJLRQDOHV HWF.O H€W SHXWrWUH pWp PRLQV LQFRQFHYDEOH TX¶LO HQJDJH XQH WHOOH UpÀH[LRQ V¶LO pWDLW DSSDUX TX¶XQ GRXWH SHUVLVWDLW VXU O¶DXWRULWp MXULGLTXH GH FH WH[WH 0DLV FH Q¶HVW SDV OH FDV SXLVTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO HW OH &RQVHLO G¶eWDW YLHQQHQW GH UHFRQQDvWUH OD YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH GHV GLVSRVLWLRQV GH OD &KDUWH © à O¶LQVWDU GH WRXWHV FHOOHV TXL SURFqGHQW GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ ª DYDQW GH GpFLGHU TXH FHOOHVFL © V¶LPSRVHQW DX[ SRXYRLUV SXEOLFV HW DX[ DXWRULWpV DGPLnistratives dans leur domaine de compétence respectif  ª Le comité a en outre estimé qu’il était de son devoir de tirer un enseignement direct des débats constituants de juillet 2008.OLHX GH SURFpGHU j XQH PRGL¿FDWLRQ GH OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW GH 2004 .

 FHUWDLQV GpEDWV RQW FODLUHPHQW IDLW DSSDUDvWUH XQH YRORQWp GH QH SDV DMRXWHU WHO RX WHO GURLW QRXYHDX RX GH QH SDV PRGL¿HU WHO RX WHO pTXLOLEUH V¶DJLVVDQW SDU H[HPSOH GH OD UpSDUWLWLRQ GHV FRPSpWHQFHV HQWUH OHV MXJHV DGPLQLVWUDWLI HW MXGLFLDLUH GH OD QRQ UpWURDFWLYLWp GH OD ORL GDQV OHV PDWLqUHV DXWUHV TXH SpQDOHV HW SOXV JpQpUDOHPHQW GX SULQFLSH GH VpFXULWp MXULGLTXH RX HQFRUH GH O¶pYHQWXHOOH VXSSUHVVLRQ GX PRW © race ª j O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ.

Principe no 3 : ne suggérer d’enrichissement du Préambule que s’il présente sans conteste un effet utile /HV WUDYDX[ HW OHV DXGLWLRQV GX FRPLWp O¶RQW FRQIURQWp GH PDQLqUH UpFXUUHQWH j GHX[ TXHVWLRQV DXVVL LPSRUWDQWHV TXH GpOLFDWHV  ± FHOOH GH VDYRLU VL HW MXVTX¶R LO VHUDLW VRXKDLWDEOH GH VROOLFLWHU GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW TX¶LO pQRQFH GHV PHVXUHV GH SRUWpH VWULFWHPHQW V\PEROLTXH  ± FHOOH GH VDYRLU VL HW GDQV TXHOOH PHVXUH LO VHUDLW ERQ GH FRGL¿HU F¶HVWjGLUH G¶pFULUH noir sur blanc GDQV OH 3UpDPEXOH WRXW RX SDUWLH GHV UqJOHV TXH OH MXJH ± HW QRWDPPHQW OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO ± D GpGXLWHV GH VRQ LQWHUSUpWDWLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ DX FRXUV GHV GpFHQQLHV pFRXOpHV 6XU O¶XQ FRPPH VXU O¶DXWUH GH FHV GHX[ SRLQWV OD UpÀH[LRQ GX FRPLWp O¶D SURJUHVVLYHPHQW FRQGXLW j XQH UpSRQVH UpVROXPHQW QpJDWLYH . 3RXU OHV PrPHV UDLVRQV TXH FHOOHV SUpFpGHPPHQW pYRTXpHV LO HVW DSSDUX DX FRPLWp TXH OD QDWXUH GH VRQ RI¿FH OXL LQWHUGLVDLW G¶\ UHYHQLU C.

&&  MXLQ  GpFLVLRQ QR  '& /RL UHODWLYH DX[ RUJDQLVPHV JpQpWLTXHPHQW PRGL¿pV -2 GX  MXLQ  S   &( $VV  RFWREUH  &RPPXQH G¶$QQHF\ QR   OD KDXWH MXULGLFWLRQ DGPLQLVWUDWLYH HQ DQQXODQW XQ GpFUHW SRXU LQFRPSpWHQFH D j FHWWH RFFDVLRQ DI¿UPp OD FRPSpWHQFH GX 3DUOHPHQW GDQV OH GRPDLQH HQYLURQQHPHQWDO HQ DSSOLFDWLRQ GH OD &KDUWH Première partie .La doctrine du comité 27 .

aucune disposition n’est jamais demeurée dépourvue d’effets normatifs tangibles /HV LQFHUWLWXGHV Q¶DYDLHQW SRXUWDQW SDV PDQTXp GH VH IDLUH MRXU QRWDPPHQW GDQV OHV DQQpHV  ORUVTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D SULV OD GpFLVLRQ GH FRQWU{OHU OD FRQIRUPLWp GHV ORLV DX 3UpDPEXOH  RQ FRQVLGpUDLW FRXUDPPHQW TXH GH QRPEUHX[ SULQFLSHV GH  HQ SDUWLFXOLHU pWDLHQW UHYrWXV G¶XQH SRUWpH SXUHPHQW GpFODUDWRLUH HW G¶XQH QRUPDWLYLWp LQVXI¿VDQWH SRXU DVVHRLU O¶DQQXODWLRQ G¶XQH ORL FRQWUDLUH /H GURLW j OD VDQWp OH GURLW G¶REWHQLU XQ HPSORL OH GURLW j OD FXOWXUH ± SRXU QH SUHQGUH TXH FHV VLPSOHV H[HPSOHV ± DSSDUDLVVDLHQW j EHDXFRXS FRPPH H[SUHVVLIV G¶LQWHQWLRQV EHOOHV HW ORXDEOHV XWLOHV j OD Gp¿QLWLRQ GH O¶pWDW G¶HVSULW QRXYHDX GH OD 5pSXEOLTXH PDLV GpSRXUYXHV G¶DXWRULWp MXULGLTXH YpULWDEOH /¶H[SpULHQFH D PRQWUp TX¶LO Q¶HQ pWDLW ULHQ /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶D SDV KpVLWp j XWLOLVHU HIIHFWLYHPHQW O¶HQVHPEOH GHV GLVSRVLWLRQV GX 3UpDPEXOH GH  HW GH OD 'pFODUDWLRQ GH   GDQV O¶H[HUFLFH GH VRQ FRQWU{OH GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp GHV ORLV  4XDQW DX[ MXULGLFWLRQV DGPLQLVWUDWLYHV HW MXGLFLDLUHV TXL DYDLHQW SX XQ PRPHQW VH PRQWUHU KpVLWDQWHV GHYDQW O¶LGpH TXH OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ QH FRQWLHQQH TXH GHV QRUPHV GH GURLW j SDUW HQWLqUH HOOHV RQW ¿QL SDU DGRSWHU OH PrPH SDUWL /¶KpVLWDWLRQ Q¶HVW SOXV SHUPLVH DXMRXUG¶KXL  OHV WH[WHV ¿JXUDQW GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ RQW TXHOOHV TXH VRLHQW OD GHQVLWp RX OD SUpFLVLRQ GH OHXU FRQWHQX XQH YRFDWLRQ DEVROXH j SURGXLUH GHV HIIHWV QRUPDWLIV SOHLQV HW . &¶HVW SUpFLVpPHQW HQ FRQVLGpUDWLRQ GH FHV HIIHWV QpJDWLIV TXH OH FRPLWp D SUpIpUp DGRSWHU XQH OLJQH GH FRQGXLWH DVFpWLTXH RX VL O¶RQ SUpIqUH SUXGHQWH  ± (Q SUHPLHU OLHX OH FRPLWp D pWp VHQVLEOH j XQ IDLW G¶KLVWRLUH DPSOHPHQW YpUL¿p  au niveau constitutionnel.O Q¶HQ UHVWH SDV PRLQV TXH FHWWH FRQYLFWLRQ Q¶pWDEOLW SDV SDU HOOHPrPH OD QpFHVVLWp G¶XQH UpYLVLRQ GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ DX VHXO HIIHW GH SURFpGHU j WHO RX WHO DI¿FKDJH Encore faudrait-il que les inconvénients attachés à l’inscription de dispositions qui ne seraient que proclamatoires ne soient pas supérieurs aux avantages attendus. 5HFKHUFKHU XQH PHLOOHXUH FRKpVLRQ VRFLDOH  UHWURXYHU OHV FRQGLWLRQV G¶XQH FLWR\HQQHWp PLHX[ FRPSULVH PLHX[ DFFHSWpH HW SHXWrWUH SOXV H[LJHDQWH  DI¿UPHU O¶DSWLWXGH GH OD )UDQFH j pSRXVHU O¶pYROXWLRQ GH VD SRSXODWLRQ GH VRQ PRGH GH YLH YRLUH GH VHV P°XUV« .1. Le refus d’inscrire des dispositions de portée purement symbolique /D TXHVWLRQ GH O¶HIIHFWLYLWp GHV GURLWV D UHSUpVHQWp XQH SUpRFFXSDWLRQ FRQVWDQWH GX FRPLWp WRXW DX ORQJ GH VHV WUDYDX[ /¶LGpH G¶DI¿FKHU VROHQQHOOHPHQW DX IURQWRQ GH OD 5pSXEOLTXH FHUWDLQV SULQcipes nouveaux présente sans doute un attrait réel.O H[LVWH Oj HQWUH DXWUHV DXWDQW GH SHUVSHFWLYHV TXL QH VRQW SDV VDQV OLHQ DYHF O¶RUGUH GHV V\PEROHV 'H FHOD QXO QH GLVFRQYLHQW HW FHUWDLQHPHQW SDV OH FRPLWp . sous la Ve République.

&I SDU H[ FH FRQVLGpUDQW GH OD GpFLVLRQ  '& GX  MDQYLHU  Loi de nationalisation -2 GX  MDQYLHU  S .

 © /H SHXSOH IUDQoDLV D DSSURXYp GHV WH[WHV FRQIpUDQW YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH DX[ SULQFLSHV HW GURLWV SURFODPpV HQ  ª .

&I SDU H[ /RXLV )DYRUHX HW /RwF 3KLOLS op. QRWDPPHQW S  HW V  HW V  HW V 28 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . cit.

HQWLHUV .O HVW DXMRXUG¶KXL SRVp HQ SULQFLSH GDQV OD 5pSXEOLTXH IUDQoDLVH TXH FH VRQW ELHQ HW VHXOHPHQW.

GHV GURLWV SRVLWLIV TXH JDUDQWLVVHQW OD &RQVWLWXWLRQ HW VRQ 3UpDPEXOH  GHV GURLWV j SDUW HQWLqUH SRWHQWLHOOHPHQW RSSRVDEOHV HW LQYRFDEOHV HQ MXVWLFH /D PDQLqUH GRQW D pWp UpFHPPHQW HQWRXUpH OD UpFHSWLRQ SDU OHV MXJHV GH OD &KDUWH FRQVWLWXWLRQQHOOH GH O¶HQYLURQQHPHQW WLHQW OLHX j FHW pJDUG GH FRQ¿UPDWLRQ pFODWDQWH  TXHOOHV TXH VRLHQW OHV LQFHUWLWXGHV DVVRFLpHV SRXU O¶LQVWDQW DX FRQWHQX RX j OD SRUWpH H[DFWH GH WHO RX WHO DOLQpD LO Q¶HQ HVW SDV PRLQV SUp.

O IDXW FRPSWHU DYHF OD SRVVLELOLWp G¶HIIHWV FROODWpUDX[ RX LQDWWHQGXV SHXWrWUH PrPH SHUYHUV a fortiori GDQV XQ V\VWqPH FRQVWLWXWLRQQHO DXVVL ULFKH TXH FHOXL GH OD )UDQFH R EHDXFRXS GH QRUPHV VRQW GpMj UHFRQQXHV HW SURWpJpHV &H VRXFL GH SUpFDXWLRQ D EHDXFRXS DQLPp OH FRPLWp ORUV GH O¶H[DPHQ GH FHUWDLQHV SURSRVLWLRQV /D FUDLQWH G¶RXYULU LFL RX Oj OD ERvWH GH 3DQGRUH GH YRLU VH FUpHU GHV GURLWV ± HW GRQF GHV UHYHQGLFDWLRQV ± LPSRVVLEOHV j SUpYRLU HW GRQF j FRQWHQLU GDQV OHV OLPLWHV GH FH TXH OH FRQVWLWXDQW SRXUUDLW YpULWDEOHPHQW YRXORLU D pWp WUqV SUpVHQWH j VRQ HVSULW (W FHOD QRQ SDU IULORVLWp PDLV ELHQ SDU GpVLU GH FRKpUHQFH  OD PLVVLRQ LPSDUWLH DX FRPLWp SDU OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH SRUWH IRQGDPHQWDOHPHQW VXU OHV YRLHV HW PR\HQV G¶XQH DPpOLRUDWLRQ GH QRWUH GURLW (OOH YLVH j LGHQWL¿HU OHV FRQGLWLRQV MXULGLTXHV UHTXLVHV SRXU TXH VRLHQW UpDOLVpV FHUWDLQV REMHFWLIV G¶LQWpUrW JpQpUDO SDUWLFXOLqUHPHQW FRQVHQVXHOV 3RXU OH FRPLWp LO pWDLW GRQF G¶XQH LPSRUWDQFH SUHPLqUH TXH ULHQ QH VRLW SURSRVp TXL VRLW GH QDWXUH j QXLUH LQGLUHFWHPHQW RX DFFLGHQWHOOHPHQW j FHV REMHFWLIV RX j FRQWUDULHU OH MHX VDWLVIDLVDQW GHV DXWUHV GURLWV RX LQWpUrWV SXEOLFV HQ SUpVHQFH ± (Q GHX[LqPH OLHX HW FRUUpODWLYHPHQW le comité a été attentif à maintenir la crédibilité et l’opérationnalité perçue du message constitutionnel .O QH OXL HVW SDV DSSDUX VRXKDLWDEOH VRXV FHW DQJOH TXH VRLHQW DI¿UPpHV GDQV OH 3UpDPEXOH GHV H[LJHQFHV WURS SURJUDPPDWRLUHV RX GRQW OD UpDOLVDWLRQ GpSHQGUDLW WURS ORXUGHPHQW GH FRQWUDLQWHV DOpDWRLUHV RX H[WpULHXUHV j OD VHXOH YRORQWp SROLWLTXH &¶HVW SDU H[HPSOH HQ FRQVLGpUDWLRQ GH FH W\SH G¶DUJXPHQW TXH OH FRPLWp D FRPPH RQ OH YHUUD  UHQRQFp j SURSRVHU TX¶XQ SULQFLSH G¶HIIHFWLYLWp GHV GURLWV VRLW LQVFULW GDQV OD &RQVWLWXWLRQ 'DQV OH FDGUH G¶XQH UpÀH[LRQ GHVWLQpH j DPpOLRUHU O¶pJDOLWp UpHOOH GHV SHUVRQQHV LO OXL HVW DSSDUX FRQWUDGLFWRLUH G¶DI¿UPHU . MXJp TXH © O¶HQVHPEOH GHV GURLWV HW GHYRLUV Gp¿QLV GDQV OD &KDUWH GH O¶HQYLURQnement. et à l’instar de toutes les dispositions qui procèdent du Préambule de la &RQVWLWXWLRQ RQW YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH  ª $X[ \HX[ GX FRPLWp OD FRQVLGpUDWLRQ GH FHWWH GRQQpH DXMRXUG¶KXL SDUIDLWHPHQW ¿[pH LPSRVH SDU HOOHPrPH XQH FHUWDLQH UHWHQXH $XFXQH DI¿UPDWLRQ QRXYHOOH GDQV OH WH[WH GX 3UpDPEXOH Q¶HVW VXVFHSWLEOH GH SRVVpGHU RX GH FRQVHUYHU XQH YDOHXU SXUHPHQW V\PEROLTXH /¶pFULWXUH FRQVWLWXWLRQQHOOH HVW IRUFpPHQW QRUPDWLYH j XQ PRPHQW RX j XQ DXWUH G¶XQH PDQLqUH RX G¶XQH DXWUH HW LO Q¶HVW SDV SRVVLEOH TX¶LO HQ DLOOH DXWUHPHQW &HOD HPSRUWH XQH FRQVpTXHQFH LPSRUWDQWH  DXFXQ HQULFKLVVHPHQW GX 3UpDPEXOH QH GRLW rWUH HQYLVDJp VDQV TXH VRLW SUpDODEOHPHQW DSSUpFLp DXWDQW TXH IDLUH VH SHXW VRQ LPSDFW MXULGLTXH SRVVLEOH FDU LO HVW FHUWDLQ TX¶LO HQ DXUD XQ /D SUXGHQFH HVW GRQF GH PLVH HQ OD PDWLqUH .

Supra QRWH  S  .

La doctrine du comité 29 . &I FKDSLWUH & GH OD GHX[LqPH SDUWLH GX SUpVHQW UDSSRUW Première partie .

FRPPH XQH REOLJDWLRQ ± VRXVHQWHQGX  FRPSOqWHPHQW UpDOLVDEOH GqV PDLQWHQDQW ± O¶REMHFWLI XOWLPH GX SURMHW GH VRFLpWp YRLUH GH FLYLOLVDWLRQ TXH OD )UDQFH GpPRFUDWLTXH D WRXMRXUV VRXKDLWp VH GRQQHU j HOOHPrPH . son accessibilité sont aujourd’hui des objectifs constitutionnels HI¿FLHQWV GRQW OD YLRODWLRQ HVW IHUPHPHQW FHQVXUpH SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO  HW GRQW OD YHUWX HVW VRXYHQW VRXOLJQpH YRLUH FpOpEUpH . son intelligibilité.O HVW QpFHVVDLUH TXH OHV FLWR\HQV SXLVVHQW DYRLU FRQ¿DQFH HQ OHXU &RQVWLWXWLRQ croire en son utilité pratique /H GHJUp GH OHXU DGKpVLRQ DX[ YDOHXUV TX¶HOOH SRUWH HQ GpSHQG SRXU SDUWLH GH PrPH TXH VD YDOHXU SURSUHPHQW pGXFDWLYH SRXU OHV MHXQHV JpQpUDWLRQV 3RXU OH FRPLWp LO pWDLW GRQF HVVHQWLHO GH QH ULHQ SURSRVHU TXL SXLVVH DIIDGLU RX DIIDLEOLU OD YDOHXU ± HW GRQF HQFRUH XQH IRLV OD FUpGLELOLWp ± GX PHVVDJH FRQVWLWXWLRQQHO ± (Q WURLVLqPH OLHX OH FRPLWp D UHOHYp TXH la normativité de la loi.O VHUDLW SRXU OH PRLQV SDUDGR[DO TXH OH FRQVWLWXDQW QH V¶LPSRVH SDV j OXLPrPH OD GLVFLSOLQH TX¶LO HQWHQG IDLUH UpJQHU VXU OD SURGXFWLRQ GHV ORLV HQ JpQpUDO 3RXU WRXWHV FHV UDLVRQV OH FRPLWp D FRQVLGpUp TXH Q¶pWDLW SDV VRXKDLWDEOH O¶XWLOLVDWLRQ GX 3UpDPEXOH FRPPH SXU YHFWHXU GH V\PEROHV HW TX¶j FH WLWUH OD SOXV JUDQGH UHWHQXH V¶LPSRVDLW j OXL TXHOOHV TX¶DLHQW SX rWUH VHV UpÀH[LRQV SUHPLqUHV 2.O V¶DJLUDLW G¶XWLOLVHU OD SURFpGXUH GH UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ HW WRXW SDUWLFXOLqUHPHQW GH VRQ 3UpDPEXOH GDQV XQ FRQWH[WH HW SRXU XQ XVDJH SUHVTXH LQFRQQXV GDQV O¶KLVWRLUH FRQVWLWXWLRQQHOOH IUDQoDLVH 8QH WHOOH LQQRYDWLRQ QH SRXYDLW rWUH UHFRPPDQGpH VDQV TX¶XQH UpÀH[LRQ SUpDODEOH VRLW SRUWpH VXU VRQ SULQFLSH . sa qualité. Le refus de codifier la jurisprudence constitutionnelle ¬ GH QRPEUHXVHV UHSULVHV OH FRPLWp V¶HVW GHPDQGp V¶LO pWDLW VRXKDLWDEOH que soient inscrits dans le Préambule des droits dont il est acquis qu’ils ont déjà été consacrés par la jurisprudence constitutionnelle /H FDV GH OD OLEHUWp G¶HQWUHSUHQGUH SDU H[HPSOH HVW LOOXVWUDWLI j FHW pJDUG .O IDOODLW GRQF V¶LQWHUURJHU VXU OH SRLQW GH VDYRLU VL HW GDQV TXHOOH PHVXUH LO GHYDLW UHYHQLU DX SRXYRLU FRQVWLWXDQW GH FRGL¿HU ± F¶HVWjGLUH G¶pFULUH ± FHW DSSRUW GH OD MXULVSUXGHQFH (W FH G¶DXWDQW SOXV TXH OHV IRUPHV SRVVLEOHV G¶XQH WHOOH FRGL¿FDWLRQ VRQW GLYHUVHV  RQ SHXW LPDJLQHU XQH GpPDUFKH GH VWULFW HQUHJLVWUHPHQW j GURLW FRQVWDQW GH FH TXL D pWp MXJp  RQ SHXW DX FRQWUDLUH FRQFHYRLU XQH VRUWH GH WUL pYHQWXHOOHPHQW FRUUHFWLI GDQV OH YLYLHU GHV LQQRYDWLRQV DSSRUWpHV SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GHSXLV  /H SUREOqPH HVW GHV SOXV GpOLFDWV .

9 QRWDPPHQW OD GpFLVLRQ QR  '& GX  DYULO  Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école -2 GX  DYULO  S .

TXL D MRXp XQ U{OH LPSRUWDQW GDQV FHWWH pYROXWLRQ FI /RXLV )DYRUHX HW /RwF 3KLOLS op. cit. S  HW V.

 30 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

a) Les arguments juridiques manquent de prime abord pour objecter à l’idée d’une codification constitutionnelle de la jurisprudence
3RXU OH GLUH WULYLDOHPHQW  HQ GURLW OH FRQVWLWXDQW IDLW FH TX¶LO YHXW ± '¶XQH SDUW OD &RQVWLWXWLRQ ± 3UpDPEXOH FRPSULV ± UHoRLW VHXOHPHQW XQH Gp¿QLWLRQ IRUPHOOH HW SURFpGXUDOH &RPPH O¶H[SOLTXH &DUUp GH 0DOEHUJ HOOH VH UpVXPH HQ XQ GRFXPHQW © énoncé dans la forme constituante et par l’organe FRQVWLWXDQW HW TXL SDU VXLWH QH SHXW rWUH PRGL¿p TXH SDU XQH RSpUDWLRQ GH puissance constituante et au moyen d’une procédure spéciale de révision  ª 'LW DXWUHPHQW LO Q¶H[LVWH SDV GH PDWLqUHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV SDU QDWXUH QL GH VXMHWV RX GH PRGDOLWpV G¶DFWLRQ VRXVWUDLWV j O¶HPSLUH ± VRXYHUDLQ ± GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW  ± '¶DXWUH SDUW ULHQ Q¶LQWHUGLW QRQ SOXV DX FRQVWLWXDQW GH WLUHU GHV GpFLVLRQV GH MXVWLFH WRXWHV OHV FRQVpTXHQFHV TX¶LO VRXKDLWH /H GR\HQ 9HGHO HPSOR\DLW j FH SURSRV O¶LPDJH G¶XQ © lit de justice ª  V¶LO OH FURLW QpFHVVDLUH OH FRQVWLWXDQW SHXW DYRLU OH GHUQLHU PRW ± HW GRQF VXUPRQWHU OD VHQWHQFH G¶XQH FRXU  2Q QH YRLW GRQF JXqUH GH PRWLI MXULGLTXH SURSUH j V¶RSSRVHU a priori j FH TXH OH FRQVWLWXDQW DJLVVH j VD JXLVH DYHF OH FRUSXV MXULVSUXGHQWLHO SUpH[LVWDQW

b) De forts arguments plaident pourtant contre tout projet de cet ordre
6L O¶RQ IDLW DEVWUDFWLRQ GH VRQ LQWpUrW V\PEROLTXH ± RQ YLHQW GH YRLU TXH OH FRPLWp QH YR\DLW SDV Oj XQ PRWLI VXI¿VDQW SRXU VROOLFLWHU O¶LQWHUYHQWLRQ GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW ± O¶LGpH G¶XQH FRGL¿FDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GH OD MXULVSUXGHQFH QH UpSRQGUDLW HQ YpULWp TX¶j XQ VHXO VRXFL  FHOXL G¶améliorer la connaissance et la lisibilité des droits constitutionnels 0DLV FHOD QH VXI¿W SDV j MXVWL¿HU VD PLVH HQ °XYUH ± (Q SUHPLHU OLHX d’autres instruments que l’intervention du pouvoir constituant peuvent servir l’objectif de lisibilité du droit 5LHQ Q¶HPSrFKH ± F¶HVW PrPH XQH WUDGLWLRQ WUqV DQFLHQQH ± TX¶XQH FRGL¿FDWLRQ SXUHPHQW GHVFULSWLYH j GURLW FRQVWDQW VRLW FRQGXLWH SDU GH WRXW DXWUHV DFWHXUV ± \ 

5D\PRQG &DUUp GH 0DOEHUJ &RQWULEXWLRQ j OD WKpRULH JpQpUDOH GH O¶eWDW  UppG &156

 WRPH ,, S  

&HOD pWDQW GLW VRXV OD UpVHUYH FODVVLTXH GH O¶LQWHUGLFWLRQ GH UHQRQFHU j OD IRUPH UpSXEOLFDLQH GX JRXYHUQHPHQW TXL SRVH G¶DLOOHXUV G¶LPSRUWDQWV SUREOqPHV WKpRULTXHV 

.O IDXW G¶DLOOHXUV REVHUYHU TXH O¶H[HUFLFH GH FHWWH SUpURJDWLYH HVW ORLQ GH UpYpOHU IRUFpPHQW O¶H[LVWHQFH G¶XQ FRQÀLW HQWUH OH FRQVWLWXDQW IUDQoDLV HW OH MXJH FRQVWLWXWLRQQHO (Q )UDQFH OD UpYLVLRQ VXJJpUpH SDU OH MXJH HVW GHYHQXH OH PR\HQ TXDVL RUGLQDLUH GH OD FRQVWUXFWLRQ HXURSpHQQH  OHV DYDQFpHV LPSRUWDQWHV ± SDUFH TX¶HOOHV VXSSRVHQW SDU QDWXUH FHUWDLQV DEDQGRQV GH VRXYHUDLQHWp 0DDVWULFKW © &RQVWLWXWLRQ HXURSpHQQH ª 7UDLWp GH /LVERQQH HWF.

La doctrine du comité 31 . ± RQW pWp UHQGXHV SRVVLEOHV SDU GHV FKDQJHPHQWV FRQVWLWXWLRQQHOV GRQW SRXU DLQVL GLUH RQ DYDLW SULV VRLQ GH GHPDQGHU DX &RQVHLO GH GLUH SUpDODEOHPHQW OD QpFHVVLWp /¶LQWHUYHQWLRQ GX FRQVWLWXDQW HQ SDUHLO FDV Q¶D ULHQ HX GH © UpDFWLI ª  HOOH V¶LQVFULYDLW GDQV XQ SODQ G¶HQVHPEOH WHQX GqV OH GpSDUW SRXU SRVVLEOH YRLUH SUREDEOH /H WUDLWp VHUDLW GLUHFWHPHQW UDWL¿p SRXU DXWDQW TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶\ YRLH ULHQ j UHGLUH  LO OH VHUDLW DSUqV UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ VL WHO Q¶pWDLW SDV OH FDV Première partie .

l’est sans doute aussi. parce qu’elle évoque forcément le projet d’arrêter le mouvement de l’histoire ou d’empêcher son cours naturel /¶LGpH G¶XQH FRGL¿FDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GH OD MXULVSUXGHQFH DSSDUDvW DLQVL KRUV GX FKDPS GX FRQVHQVXV UpSXEOLFDLQ DFTXLV RX PrPH SRVVLEOH $X[ \HX[ GX FRPLWp OD IRQFWLRQ GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW Q¶HVW SDV FHOOHOj ± (Q WURLVLqPH OLHX OD GpOLPLWDWLRQ GX FKDPS SUpFLV GH OD FRGL¿FDWLRQ FRQVWLtutionnelle poserait de sérieux problèmes d’ordre technique 2Q PDQTXHUDLW HQ WRXW pWDW GH FDXVH G¶DUJXPHQWV SRXU MXVWL¿HU TXH FHUWDLQV SULQFLSHV UHFRQQXV SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO VRLHQW LQVFULWV GDQV OH 3UpDPEXOH DORUV TXH G¶DXWUHV QH OH VHUDLHQW SDV 2Q SRXUUDLW FHUWHV LQYRTXHU OD SOXV JUDQGH FKDUJH V\PEROLTXH GH FHUWDLQV 0DLV VL O¶RQ SDUYHQDLW j RSpUHU XQH VpOHFWLRQ .FRPSULV GHV SHUVRQQHV SULYpHV ¬ PDLQWV pJDUGV OHV WUDYDX[ GX FRPLWp SHXYHQW G¶DLOOHXUV DSSDUDvWUH FRPPH XQ OLHX DGpTXDW SRXU XQH UpFDSLWXODWLRQ GH FHV GURLWV HW OHXU SUpVHQWDWLRQ V\VWpPDWLTXH 5LHQ QH SHUPHW GH SHQVHU TXH O¶LQWHUYHQWLRQ GX FRQVWLWXDQW VRLW j FHW pJDUG QpFHVVDLUH ± (Q GHX[LqPH OLHX O¶LGpH G¶XQH FRGL¿FDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH SUpVHQWH GHV WUDLWV UpJUHVVLIV DX UHJDUG GH OD WUDGLWLRQ IUDQoDLVH GH SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ &HOOHFL V¶LQVFULW GDQV XQH OLJQH FODLUH  le constituant intervient toujours dans le sens du « progrès » /¶pFULWXUH FRQVWLWXWLRQQHOOH VH YHXW SURFpGHU G¶XQH G\QDPLTXH (OOH VXSSRVH SRXU DLQVL GLUH TX¶LO \ D ELHQ XQ VHQV GH O¶KLVWRLUH /¶DFWH FRQVWLWXDQW UpSRQG WRXMRXUV j OD YRORQWp G¶pWDEOLU XQ QRXYHDX VWDQGDUG IRUFpPHQW SOXV pOHYp TXH OH SUpFpGHQW 2Q FRPSUHQG SDU Oj SRXUTXRL OD VXFFHVVLRQ KLVWRULTXH GHV WH[WHV UHODWLIV DX[ GURLWV FRQVWLWXWLRQQHOV V¶HVW WRXMRXUV RSpUpH GHSXLV  SDU VWUDWL¿FDWLRQ HW QRQ SDU UHPSODFHPHQW  &RQWUDLUHPHQW j OD SUDWLTXH JpQpUDOH TXL YHXW HQ GURLW TXH OD QRUPH QRXYHOOH DEURJH OD QRUPH DQFLHQQH ± RX WRXW DX PRLQV SXLVVH OXL GpURJHU ± OHV SUpDPEXOHV FRQVWLWXWLRQQHOV VH VRQW DFFXPXOpV &¶HVW OHXU FRPELQDLVRQ PrPH TXL GpWHUPLQH O¶pWDW GX FRQVHQVXV VRFLDO  OHV QRUPHV GH  HW GH  SURFqGHQW G¶LQVSLUDWLRQV SROLWLTXHV WUqV GLIIpUHQWHV YRLUH FRQWUDGLFWRLUHV PDLV DXFXQH G¶HOOHV Q¶D YRFDWLRQ j SUpYDORLU PpFDQLTXHPHQW VXU O¶DXWUH DXMRXUG¶KXL  /H OpJLVODWHXU VRXV OH FRQWU{OH GX MXJH GRLW FKHUFKHU j OHV FRQFLOLHU j OHV IDLUH YLYUH HQVHPEOH 'DQV OD WUDGLWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH IUDQoDLVH LO H[LVWH GRQF XQ D[H GX SURJUqV GRQW OH PRXYHPHQW QH SHXW V¶DFFRPPRGHU G¶DXWUH FKRVH TXH GH O¶DGGLWLRQ GH GURLWV QRXYHDX[  'qV ORUV LO VHUDLW SROLWLTXHPHQW LQFRQJUX ± YRLUH LQDFFHSWDEOH ± GH PRELOLVHU OH SRXYRLU FRQVWLWXDQW j G¶DXWUHV ¿QV $LQVL OH UHFXO ± F¶HVWjGLUH OD GLVSDULWLRQ G¶XQH OLEHUWp ± DSSDUDvWLO LQFRPSDWLEOH DYHF OH SURMHW G¶XQH UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH SHUoXH FRPPH LQFRQWHVWDEOH 0DLV OD FRGL¿FDWLRQ VWULFWH j GURLW constant.

$X[ SpULRGHV UpSXEOLFDLQHV V¶HQWHQG .

O VXI¿W GH SHQVHU DX GURLW GH SURSULpWp GH  IDFH j O¶REOLJDWLRQ GH QDWLRQDOLVHU OHV PRQRSROHV GH IDLW HW OHV VHUYLFHV SXEOLFV QDWLRQDX[ GH  RX HQFRUH DX GURLW GH JUqYH HW j OD FRQWLQXLWp GX VHUYLFH SXEOLF . .

(Q WDQW TXH GH EHVRLQ RQ REVHUYHUD TXH OHV UpYLVLRQV UpFHQWHV GH OD &RQVWLWXWLRQ Q¶RQW DXFXQHPHQW H[FHSWp j FH VFKpPD TX¶LO V¶DJLVVH SDU H[HPSOH GH OD SDULWp KRPPHVIHPPHV GDQV VHV GLYHUVHV pWDSHV RX GH OD FRQVWUXFWLRQ FRPPXQDXWDLUH HXURSpHQQH .FL FRPPH Oj LO V¶HVW ELHQ DJL G¶HQULFKLU OH FRUSXV DX QRP G¶XQH YLVLRQ GX SURJUqV 32 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

VWULFWH GH SULQFLSHV © j FRGL¿HU ª SDUFH TXH V\PEROLTXHPHQW SUppPLQHQWV LO IDXGUDLW DORUV DIIURQWHU XQH GLI¿FXOWp MXULGLTXH QRQ QpJOLJHDEOH  OH VLOHQFH GX FRQVWLWXDQW VXU WHO DXWUH SRLQW SRXUUDLW rWUH LQWHUSUpWp a contrario FRPPH XQ UHIXV GH FRQVDFUHU OD UqJOH DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO GH VRUWH TX¶RQ SRXUUDLW \ YRLU XQH UHPLVH HQ FDXVH LPSOLFLWH GH OD UqJOH MXULVSUXGHQWLHOOH SUpH[LVWDQWH  RX a minima GH VD SOHLQH DXWRULWp FRQVWLWXWLRQQHOOH  &HUWHV LO VHUDLW ORLVLEOH GH UHPpGLHU j FH JHQUH GH GLI¿FXOWp HQ GLVSRVDQW H[SUHVVpPHQW GDQV OH QRXYHDX WH[WH FRQVWLWXWLRQQHO TXH WRXW FH TXL Q¶HVW SDV pFULW HVW UpSXWp QH SOXV H[LVWHU 0DLV V¶pOqYHUDLHQW DORUV GH QRXYHOOHV REMHFWLRQV  SDUHLO SURMHW ± VDQV SUpFpGHQW VDXI HUUHXU GDQV O¶HQVHPEOH GX PRQGH RFFLGHQWDO ± VHUDLW SDUIDLWHPHQW LOOXVRLUH SXLVTXH SHUVRQQH Q¶HPSrFKHUD MDPDLV OH MXJH GH FRQWLQXHU G¶LQWHUSUpWHU OHV WH[WHV ± HW GRQF G¶HQ IDLUH GH QRXYHDX YDULHU OD VLJQL¿FDWLRQ HW OD SRUWpH &HOD Q¶HVW ULHQ G¶DXWUH TXH OD YLH LQpYLWDEOH HW QpFHVVDLUH GX GURLW 4XDQW j O¶K\SRWKqVH LQYHUVH ± FHOOH R OH FRQVWLWXDQW FHUWL¿HUDLW OD SpUHQQLWp GH OD MXULVSUXGHQFH TX¶LO QH FRGL¿HUDLW SDV ± HOOH pTXLYDXGUDLW HQ SUDWLTXH j FRQVDFUHU OD YDOLGLWp GH FHWWH MXULVSUXGHQFH FH TXL UHYLHQGUDLW j OD FRQVWLWXWLRQQDOLVHU HQ IDLW &HOD Q¶DXUDLW JXqUH GH VHQV ± (Q TXDWULqPH OLHX le risque serait élevé qu’une mauvaise perception vienne brouiller la lecture d’une telle opération (PSrFKHUDLWRQ YUDLPHQW TXH O¶HQWUHSULVH GH FRGL¿FDWLRQ VRLW SHUoXH HWRX SUpVHQWpH

FRPPH XQ PDXYDLV FRXS SRUWp DX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO " eYLWHUDLWRQ TX¶HOOH VRLW OXH FRPPH UpYpODWULFH G¶XQH YRORQWp GH ¿JHU O¶pWDW GX GURLW ± VRXV HQWHQGX  SRXU HPSrFKHU OH &RQVHLO GH IDLUH HQFRUH pYROXHU VD MXULVSUXGHQFH ± RX PrPH FRPPH SRUWHXVH G¶XQH UpJUHVVLRQ GHV GURLWV HW OLEHUWpV " 2Q QH VDXUDLW OH JDUDQWLU ,O HVW PrPH SODXVLEOH TX¶XQH WHOOH HQWUHSULVH VHUDLW FRPSULVH FRPPH XQH DWWHLQWH j O¶LQGpSHQGDQFH HW j OD OLEHUWp G¶DFWLRQ GX MXJH RX VL O¶RQ SUpIqUH FRPPH DQLPpH SDU XQH YRORQWp GX SROLWLTXH GH IDLUH LPPL[WLRQ GDQV OH IRQFWLRQQHPHQW GH OD MXVWLFH &H ULVTXH HVW G¶DLOOHXUV G¶DXWDQW SOXV pOHYp TXH O¶H[LVWHQFH GH O¶H[FHSWLRQ G¶LQFRQVWLWXWLRQQDOLWp UDSSURFKH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GX FRXUV GH OD MXVWLFH RUGLQDLUH HW UHQG VRQ DFWLRQ SDUWLFXOLqUHPHQW VHQVLEOH j FHWWH WKpPDWLTXH GH O¶LQGpSHQGDQFH HW GH OD PLVH j O¶DEUL GHV FRQWLQJHQFHV HW GHV LQÀXHQFHV SROLWLTXHV 2Q OH YRLW  OH SURMHW G¶XQH FRGL¿FDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GHV GURLWV IRQGDmentaux serait très faiblement utile, porteur de beaucoup d’ambiguïtés et insusceptible de recueillir un véritable consensus /H FRPLWp D GRQF pWp G¶DYLV TX¶LO Q¶pWDLW SDV VRXKDLWDEOH G¶HQ IDLUH O¶REMHFWLI G¶XQH UpYLVLRQ GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ 

,O VXI¿UDLW SRXU FHOD TXH OHV WUDYDX[ SDUOHPHQWDLUHV GDQV OHXU HQVHPEOH QH VRLHQW SDV SDUIDLWHPHQW WUDQFKDQWV VXU OH SRLQW GH VDYRLU VL WHOOH Q¶D SDV pWp OD YRORQWp GX FRQVWLWXDQW 

6RLW GLW SDU SDUHQWKqVH OH SURMHW G¶DPpOLRUHU SDU FHWWH FRGL¿FDWLRQ OD FRQQDLVVDQFH GH OHXUV GURLWV SDU OHV FLWR\HQV VHUDLW SDU Oj PrPH FRPSURPLV  O¶HQWUpH HQ YLJXHXU GX QRXYHDX 3UpDPEXOH RXYULUDLW SDU HOOHPrPH OD SRUWH j GH QRXYHOOHV LQWHUURJDWLRQV VXU O¶pWDW GX GURLW UpHOOHPHQW DSSOLFDEOH

Première partie - La doctrine du comité

33

Principe no 4 : conserver à l’intervention du pouvoir constituant sa valeur d’ultime recours /H FRPLWp HVW SDUWL G¶XQ FRQVWDW VLPSOH  OHV FRQWUDLQWHV SURSUHV j OD SURFpGXUH GH UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  HW GH VRQ 3UpDPEXOH VH FDUDFWpULVHQW SDU XQH VSpFL¿FLWp PDUTXpH &KDFXQ D VDQV GRXWH HQFRUH SUpVHQWH j O¶HVSULW OD UpFHQWH UpIRUPH GX  MXLOOHW  TXL HQ D GRQQp XQH LOOXVWUDWLRQ © -DGLV OD )UDQFH FKDQJHDLW GH &RQVWLWXWLRQ  HOOH VH ERUQH GpVRUPDLV j OD UpYLser  ª  OHV YLQJWTXDWUH UpYLVLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV VXUYHQXHV j FH MRXU GHSXLV  GpPRQWUHQW OD UHPDUTXDEOH DGDSWDELOLWp GH QRWUH &RQVWLWXWLRQ 3RXU DXWDQW OHV UpYLVLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV UHVWHQW VRXPLVHV j XQ IRUPDOLVPH SDUWLFXOLHU TXL HQ IDLW XQ PRGH GH OpJLVODWLRQ H[WUDRUGLQDLUH /¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ WUDLWH GH OD SURFpGXUH GH UpYLVLRQ normale  O¶LQLWLDWLYH GH OD UpYLVLRQ DSSDUWLHQW G¶XQH SDUW DX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH VXU SURSRVLWLRQ GX 3UHPLHU PLQLVWUH SURMHW GH UpYLVLRQ.D.

 G¶DXWUH SDUW DX[ PHPEUHV GX 3DUOHPHQW SURSRVLWLRQ GH UpYLVLRQ.

le comité a été rapidement convaincu que l’inscription de nouvelles normes dans le Préambule ne pouvait se concevoir que GDQV GHV PDWLqUHV TXL VDQV rWUH WRWDOHPHQW ¿JpHV Q¶pWDLHQW SDV VXVFHSWLEOHV d’évolutions marquées à court ou moyen terme.  OH SURMHW GH UpYLVLRQ DSUqV DYLV GX &RQVHLO G¶eWDW RX OD SURSRVLWLRQ GH UpYLVLRQ GRLYHQW rWUH YRWpV HQ WHUPHV LGHQWLTXHV SDU OHV GHX[ DVVHPEOpHV  V¶LO V¶DJLW G¶XQ SURMHW OD UpYLVLRQ HVW Gp¿QLWLYH DSUqV DYRLU pWp DSSURXYpH SDU UpIpUHQGXP RX VL OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH OH GpFLGH SDU OH 3DUOHPHQW FRQYRTXp HQ &RQJUqV TXL VH SURQRQFH j OD PDMRULWp GHV WURLV FLQTXLqPHV GHV VXIIUDJHV H[SULPpV VDQV SRVVLELOLWp G¶DPHQGHPHQW  V¶LO V¶DJLW G¶XQH SURSRVLWLRQ OD UpYLVLRQ QH SHXW rWUH DSSURXYpH TXH SDU UpIpUHQGXP 'DQV XQ FDV FRPPH GDQV O¶DXWUH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO VH UHIXVH j H[HUFHU XQ TXHOFRQTXH FRQWU{OH SDU UHVSHFW GH OD VRXYHUDLQHWp GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW  /¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ TXL DXWRULVH O¶RUJDQLVDWLRQ G¶XQ UpIpUHQGXP j SURSRV G¶XQ WH[WH SRUWDQW QRWDPPHQW © sur l’organisation des pouvoirs publics ª D pWp XWLOLVp j GHX[ UHSULVHV HQ  HW HQ  j GHV ¿QV GH UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ  FHWWH SURFpGXUH TXDOL¿pH G¶© H[FHSWLRQQHOOH ª RX GH © FRQFXUUHQWH ª ± HOOH IXW HQ VRQ WHPSV ODUJHPHQW FULWLTXpH ± Q¶HVW SOXV G¶DFWXDOLWp HW Q¶HVW PHQWLRQQpH LFL TXH SRXU PpPRLUH Au regard du caractère extraordinaire et exceptionnel d’une procédure de révision constitutionnelle. $XWUHPHQW GLW OD FRQVpFUDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH SRXUUDLW VH YpUL¿HU LQDGDSWpH DX[ QpFHVVLWpV SURSUHV j FHUWDLQV GRPDLQHV .

 S  . cit. -HDQ HW -HDQeULF *LFTXHO op.

&&  PDUV  GpFLVLRQ QR  '& Révision constitutionnelle relative à l’organisation décentralisée de la République -2 GX  PDUV  S  &¶pWDLW FXULHXVHPHQW OD SUHPLqUH IRLV ± VL O¶RQ PHW j SDUW OD ORL UpIpUHQGDLUH DGRSWpH VXU OH IRQGHPHQW GH O¶DUWLFOH  UHODWLYH j O¶pOHFWLRQ GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH DX VXIIUDJH XQLYHUVHO GLUHFW &&  QRYHPEUH  QR  '& -2 GX  QRYHPEUH  S .

± TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO pWDLW VDLVL G¶XQH UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH 34 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

La doctrine du comité 35 .O HQ HVW DLQVL QRWDPPHQW GH FHX[ TXL VRQW GLUHFWHPHQW WULEXWDLUHV GHV SURJUqV WHFKQRORJLTXHV RX VFLHQWL¿TXHV SDU Gp¿QLWLRQ HQ FRQVWDQWH HW LQ¿QLH SURJUHVVLRQ HW TXL UHTXLqUHQW XQH SURWHFWLRQ UHQIRUFpH GHV GURLWV GHV SHUVRQQHV 'DQV FHV K\SRWKqVHV OHV QRUPHV LQVFULWHV GDQV OH 3UpDPEXOH SRXUUDLHQW GHYHQLU UDSLGHPHQW LQDGDSWpHV YRLUH REVROqWHV HW SRXUUDLHQW PrPH JUHYHU O¶DYHQLU HQ IDLVDQW REVWDFOH j GHV pYROXWLRQV TXL VH UpYpOHUDLHQW LQGLVSHQVDEOHV  SDU FRQVpTXHQW XQH FRQVWLWXWLRQQDOLVDWLRQ SRXUUDLW WUqV ELHQ j UHERXUV GHVVHUYLU OH SULQFLSH TX¶RQ DXUDLW YRXOX SURPRXYRLU 'qV ORUV GDQV FH FDV OH QLYHDX G¶LQWHUYHQWLRQ DSSURSULp HVW FHOXL GX OpJLVODWHXU RUGLQDLUH HW QRQ SDV FHOXL GX OpJLVODWHXU FRQVWLWXDQW /RUVTXH O¶HIIHFWLYLWp GHV GURLWV UHFRQQXV GpSHQG G¶XQ HQVHPEOH GH UqJOHV MXULGLTXHV ± OpJLVODWLYHV RX UpJOHPHQWDLUHV ± WUqV GLYHUVHV UHOHYDQW GH PXOWLSOHV GLVFLSOLQHV HW VXUWRXW FRQWUDLQWHV GH VXLYUH HQ SHUPDQHQFH OH GpYHORSSHPHQW GHV WHFKQLTXHV OD VROXWLRQ OpJLVODWLYH DSSDUDvW HQ HIIHW FRQVWLWXHU OD YRLH OD SOXV HI¿FLHQWH GDQV OD PHVXUH R ORLQ GH ¿JHU XQ pWDW pYROXWLI HOOH SHUPHW DX OpJLVODWHXU VRXV OH FRQWU{OH GX MXJH TXL DVVXUH DX FDV SDU FDV XQ pTXLOLEUH SHUPDQHQW HQWUH OHV GLYHUV GURLWV HW OLEHUWpV GH FRPSOpWHU G¶DGDSWHU RX GH FRUULJHU OD UqJOH GH GURLW DX IXU HW j PHVXUH GHV SURJUqV j XQ U\WKPH SOXV SHUWLQHQW SDU Gp¿QLWLRQ TXH FHOXL GX FRQVWLWXDQW 7HO D pWp SDU H[HPSOH FRPPH RQ OH YHUUD OH VHQWLPHQW GX FRPLWp HQ PDWLqUH GH ELRpWKLTXH HW GH SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV Première partie ..

.

Deuxième partie Les réponses du comité .

.

/H FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ V¶pWDQW ¿[p XQH GRFWULQH LO O¶D FRQIURQWpH DX[ GLIIpUHQWV WKqPHV TXL OXL pWDLHQW VRXPLV ± /D TXHVWLRQ GH O¶DQFUDJH HXURSpHQ GH OD 5pSXEOLTXH $.

 HQ FH TXH GpSDVVDQW QRV FOLYDJHV LQWHUQHV HOOH FRQFHUQH OD SODFH HW OH U{OH GH OD )UDQFH VXU OD VFqQH LQWHUQDWLRQDOH GHYDLW rWUH WUDLWpH j SDUW HW DYDQW WRXWHV OHV DXWUHV ± /HV TXHVWLRQV GH OD SDULWp HW GH OD GLYHUVLWp V¶LQVFULYHQW GDQV OH VFKpPD FODVVLTXH © pJDOLWp GH GURLW ± pJDOLWp GH IDLW ª  GDQV OH SUHPLHU FDV LO V¶DJLW GH GpWHUPLQHU FRPPHQW DSUqV DYRLU FRQTXLV GHX[ VLqFOHV SOXV WDUG XQH pJDOLWp HQ GURLW SURFODPpH SDU OD 'pFODUDWLRQ GH  OHV IHPPHV SHXYHQW REWHQLU XQH pJDOLWp HQ IDLW DYHF OHV KRPPHV %.

 GDQV OH VHFRQG FDV LO V¶DJLW GH UHFKHUFKHU j O¶DXQH GHV SULQFLSHV UpSXEOLFDLQV G¶pJDOLWp G¶XQLWp HW G¶LQGLYLVLELOLWp TXHOOH VHUDLW OD PHLOOHXUH YRLH VXVFHSWLEOH GH FRQGXLUH j XQH UpGXFWLRQ GHV LQpJDOLWpV GH IDLW RX GHV GLVFULPLQDWLRQV &.

 ± /D TXHVWLRQ GX SOXUDOLVPH GHV FRXUDQWV G¶H[SUHVVLRQ HW GHV PpGLDV '.

 TXL D SRXU SRLQW GH GpSDUW OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO LQLWLpH HQ  D GRQQp OLHX j XQH LQWHUYHQWLRQ GX FRQVWLWXDQW ORUV GH OD UpYLVLRQ GH  ± /D TXHVWLRQ GX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW GH OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV (.

 DLQVL TXH OD TXHVWLRQ GH OD ELRpWKLTXH ).

 HQ GpSLW GH OHXU DSSDUHQW pORLJQHPHQW WUDGXLVHQW XQH PrPH SUpRFFXSDWLRQ  SURWpJHU QRWUH VRFLpWp FRQWUH GHV PHQDFHV GHV WHPSV PRGHUQHV UHSUpVHQWpHV SDU GHV SURJUqV WHFKQRORJLTXHV GDQV OH SUHPLHU FDV.

HW VFLHQWL¿TXHV GDQV OH VHFRQG FDV.

TXL SRXUUDLHQW QH SDV rWUH WRWDOHPHQW PDvWULVpV ± /D TXHVWLRQ GH OD UHFRQQDLVVDQFH GX SULQFLSH GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH *.

Les réponses du comité 39 . VL HOOH SDUDvW a priori UHOHYHU GDYDQWDJH GX V\PEROLTXH Q¶HQ UHFqOH SDV PRLQV GHV DSSOLFDWLRQV XQLYHUVHOOHV HW LQWHPSRUHOOHV GH VRUWH TX¶HOOH SRXUUDLW MXVWL¿HU XQH UpSRQVH VSpFL¿TXH A.O V¶DJLUDLW G¶XQ DFWH XQLODWpUDO © JUDWXLW ª HW SDU Oj PrPH SRUWHXU G¶XQH VLJQL¿FDWLRQ SROLWLTXH VLQJXOLqUH Deuxième partie . L’ancrage européen de la République /¶LGpH GH IDLUH ¿JXUHU GDQV OH 3UpDPEXOH XQH GLVSRVLWLRQ SURSUH j UHQIRUFHU O¶DQFUDJH HXURSpHQ GH OD 5pSXEOLTXH SUpVHQWH GH QRPEUHX[ DWWUDLWV DX[TXHOV SOXVLHXUV PHPEUHV GX FRPLWp pWDLHQW LQLWLDOHPHQW VHQVLEOHV 8QH WHOOH GpPDUFKH SRXUUDLW QRWDPPHQW marquer d’un signe fort l’existence d’un engagement pérenne de notre pays sur le principe de l’idée européenne SDUGHOj OHV GLYHUJHQFHV G¶DSSURFKH UpYpOpHV SDU O¶pFKHF GX UpIpUHQGXP GH  /D V\PEROLTXH DWWDFKpH j XQ JHVWH GH FHWWH QDWXUH VHUDLW G¶DXWDQW SOXV pOHYpH TXH FRQWUDLUHPHQW j WRXWHV OHV SUpFpGHQWHV FHWWH UpYLVLRQ © HXURSpHQQH ª GH OD &RQVWLWXWLRQ QH UpSRQGUDLW SDV j XQH QpFHVVLWp G¶RUGUH MXULGLTXH OLpH j OD YRORQWp GH IDLUH DGKpUHU OD )UDQFH j XQ QRXYHDX WUDLWp SUpDODEOHPHQW GpFODUp LQFRPSDWLEOH DYHF OH WH[WH GH QRWUH ORL IRQGDPHQWDOH SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO .

/D SRVLWLRQ GX FRPLWp D SRXUWDQW pYROXp GDQV XQ VHQV GpIDYRUDEOH j FHWWH VROXWLRQ SRXU SOXVLHXUV UDLVRQV .

 3URORQJHDQW OD UpÀH[LRQ OH FRPLWp V¶HVW LQWHUURJp VXU O¶RSSRUWXQLWp G¶LQVFULUH GDQV OH 3UpDPEXOH XQH UpIpUHQFH VSpFL¿TXH DX[ UqJOHV MXULGLTXHV HXURSpHQQHV HW LQWHUQDWLRQDOHV HQ PDWLqUH GH SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ /j HQFRUH LO D pWp FRQGXLW j DEDQGRQQHU FHWWH SLVWH .

en vertu des traités qui OHV RQW LQVWLWXpHV G¶H[HUFHU HQ FRPPXQ FHUWDLQHV GH OHXUV FRPSpWHQFHV ª SRVVpGDLW XQH FRPSOqWH SRUWpH QRUPDWLYH FH TXL j O¶RULJLQH DYDLW SX SDUDvWUH GRXWHX[ /H &RQVHLO D HQ HIIHW HVWLPp TXH © OH FRQVWLWXDQW D DLQVL FRQVDFUp O¶H[LVWHQFH d’un ordre juridique communautaire intégré à l’ordre juridique interne et distinct de l’ordre juridique international  ª /¶DUWLFOH  HVW GRQF LQWHUSUpWp j OD IRLV FRPPH OH VLJQH G¶XQH YRORQWp TXH O¶8QLRQ HXURSpHQQH VRLW SOXV TX¶XQH VLPSOH RUJDQLVDWLRQ LQWHUJRXYHUQHPHQWDOH HW FRPPH OH SULQFLSH JpQpUDWHXU G¶REOLJDWLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV ORXUGHV j OD . 1. Inscrire une nouvelle référence générale à l’ordre juridique européen ? 5HOHYRQV G¶DERUG HQ WRXW pWDW GH FDXVH TXH PrPH VL OH FRPLWp DYDLW DFFHSWp O¶LGpH GH SURSRVHU O¶LQVFULSWLRQ GH GLVSRVLWLRQV SXUHPHQW V\PEROLTXHV GDQV OH 3UpDPEXOH LO DXUDLW pWp FRQIURQWp j G¶LPSRUWDQWHV GLI¿FXOWpV SRXU VXJJpUHU une terminologie adaptée /D UpIpUHQFH j XQH © FRPPXQDXWp GH GHVWLQ ª SDU H[HPSOH HVW WURS FRQWHVWDEOH VXU OH IRQG SRXU HPSRUWHU O¶DGKpVLRQ 2Q YRLW PDO TX¶LO VRLW SRVVLEOH GH SDUOHU SOXV VSpFL¿TXHPHQW G¶XQ © GHVWLQ ª GH O¶(XURSH ± DYHF TXHOOHV IURQWLqUHV G¶DLOOHXUV " ± TXH G¶XQ GHVWLQ GX PRQGH RFFLGHQWDO YRLUH VXUWRXW GH OD SODQqWH 4XDQW j OD UpIpUHQFH DX[ SULQFLSHV G¶XQH (XURSH © unie dans la diversité ª ± F¶HVW OD GHYLVH GH O¶8QLRQ HXURSpHQQH ± HOOH Q¶DMRXWHUDLW SDV JUDQGFKRVH FRPPH RQ YD OH YRLU j FH TXL VH WURXYH G¶RUHV HW GpMj LQVFULW GDQV QRWUH &RQVWLWXWLRQ HQ SDUWLFXOLHU DX WLWUH .9 HW SDUWLFXOLqUHPHQW VRQ DUWLFOH  DX[ WHUPHV GXTXHO OD 5pSXEOLTXH © SDUWLFLSH DX[ &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV HW j O¶8QLRQ européenne. constituées d’États qui ont choisi librement.9 'H WRXWH PDQLqUH FRPPH RQ OH VDLW OH FRPLWp D SUpIpUp UHQRQFHU SDU SULQFLSH j VXJJpUHU WRXWH PRGL¿FDWLRQ GpSRXUYXH G¶HIIHW QRUPDWLI 0DLV SUpFLVpPHQW O¶pFULWXUH GH GLVSRVLWLRQV GRWpHV G¶XQ HIIHW QRUPDWLI LPSRVHUDLW GH SRXVVHU H[WUrPHPHQW ORLQ © O¶HXURSpDQLVDWLRQ ª GH OD &RQVWLWXWLRQ IUDQoDLVH Le texte actuel de la Constitution porte déjà la marque d’une adhésion profonde à l’idée communautaire VXUWRXW GHSXLV TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D FRQ¿UPp TXH VRQ WLWUH .

&&  QRYHPEUH  QR  '& 7UDLWp pWDEOLVVDQW XQH &RQVWLWXWLRQ SRXU O¶(XURSH -2 GX  QRYHPEUH  S  40 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

aujourd’hui.FKDUJH GHV DXWRULWpV GH O¶eWDW QRWDPPHQW GDQV OH GRPDLQH GH OD ERQQH WUDQVSRVLWLRQ GHV GLUHFWLYHV FRPPXQDXWDLUHV SDU OHV ORLV HW OHV UqJOHPHQWV QDWLRQDX[  3DU DLOOHXUV RQ QH VDXUDLW RXEOLHU TXH l’application du droit européen sur le territoire national est. deux effets – voulus ou collatéraux – pouvaient et devaient être envisagés  O¶DFFHSWDELOLWp a priori HW GH SULQFLSH. DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO GH WRXWH pYROXWLRQ XOWpULHXUH GHV WUDLWpV FRPPXQDXWDLUHV  OH UHQRQFHPHQW j IDLUH SUpYDORLU OHV UqJOHV UpYpODWULFHV GH O¶LGHQWLWp FRQVWLWXWLRQQHOOH GH OD )UDQFH VXU OHV QRUPHV HXURSpHQQHV HQ PDWLqUH GH GURLWV IRQGDPHQWDX[ $XFXQH GH FHV GHX[ pYHQWXDOLWpV QH OXL HVW DSSDUXH VRXKDLWDEOH a) Admettre par anticipation l’acceptabilité constitutionnelle de toute évolution ultérieure des traités communautaires ? 'DQV O¶pWDW DFWXHO GX GURLW FRQVWLWXWLRQQHO OHV DEDQGRQV DX SUR¿W G¶RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV GH SUpURJDWLYHV FRQVLGpUpHV FRPPH VRXYHUDLQHV RX GX PRLQV FRPPH UDWWDFKpHV DX[ FRQGLWLRQV HVVHQWLHOOHV G¶H[HUFLFH GH OD VRXYHUDLQHWp . et quelle que soit d’ailleurs la forme retenue pour une telle évolution. complètement garantie par l’ensemble des juridictions françaises /H GURLW HXURSpHQ V¶LPSRVH GLUHFWHPHQW DX[ SHUVRQQHV SXEOLTXHV FRPPH SULYpHV VXU OH VRO IUDQoDLV /H GURLW QDWLRQDO HVW SDU DLOOHXUV SURIRQGpPHQW LPSUpJQp OXLPrPH HQ DPRQW SDU OHV H[LJHQFHV FRPPXQDXWDLUHV VRLW DX WLWUH GH O¶KDUPRQLVDWLRQ GHV OpJLVODWLRQV VRLW DX WLWUH GH OD WUDQVSRVLWLRQ GHV REMHFWLIV DVVLJQpV QRWDPPHQW SDU OHV GLUHFWLYHV GH %UX[HOOHV /D VXSpULRULWp GX GURLW HXURSpHQ VXU OH GURLW QDWLRQDO TXL UpVXOWH GDQV O¶RUGUH LQWHUQH GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ HW TXL HVW VDQFWLRQQpH SDU O¶HQVHPEOH GHV MXULGLFWLRQV IUDQoDLVHV FRQGXLW DXVVL j FH TXH OHV ORLV HW UqJOHPHQWV TXL VH YpUL¿HUDLHQW FRQWUDLUHV j XQH UqJOH HXURSpHQQH VRLHQW WRXMRXUV VXVFHSWLEOHV GH VH YRLU pFDUWpV SDU OHV MXULGLFWLRQV DGPLQLVWUDWLYHV FRPPH SDU OHV MXULGLFWLRQV MXGLFLDLUHV j OD GHPDQGH GH Q¶LPSRUWH TXHO UHTXpUDQW 6¶DMRXWH j WRXW FHOD TXH OHV MXJHV IUDQoDLV RQW IDLW OHXU OD TXDVLWRWDOLWp GH OD MXULVSUXGHQFH GHV FRXUV HXURSpHQQHV %UHI  O¶(XURSH Q¶HVW QXOOH SDUW SOXV UpHOOH TXH GDQV OH GRPDLQH GX GURLW 3XLVTXH FH SRLQW pOHYp G¶LQWpJUDWLRQ HVW LQFRQWHVWDEOH LO IDXW VH GHPDQGHU j TXRL SRXUUDLW SUpFLVpPHQW FRUUHVSRQGUH XQH QRXYHOOH DYDQFpH HXURSpHQQH HQ PDWLqUH FRQVWLWXWLRQQHOOH HW OH IDLUH DYHF OD SOXV JUDQGH DWWHQWLRQ .O HVW DSSDUX DX FRPLWp TXH en pratique.

9 GH OD &RQVWLWXWLRQ HW QRWDPPHQW GH FHW DUWLFOH  D SHUPLV DX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GH FUpHU XQH H[FHSWLRQ LPSRUWDQWH PDLV VWULFWHPHQW HQFDGUpH j O¶LQWHUGLFWLRQ TX¶LO V¶pWDLW OXLPrPH LPSRVpH GH FRQWU{OHU OXL PrPH OD FRQIRUPLWp GHV ORLV DX[ UqJOHV LQWHUQDWLRQDOHV 'HSXLV VD GpFLVLRQ UHODWLYH DX GURLW G¶DXWHXU  MXLOOHW  GpFLVLRQ QR  '& /RL UHODWLYH DX GURLW G¶DXWHXU HW DX[ GURLWV YRLVLQV GDQV la société de l’information -2 GX  DR€W  S . /¶LQWURGXFWLRQ j OD IDYHXU GH OD UpYLVLRQ GX  MXLQ  GX QRXYHDX WLWUH .

 OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO V¶HVW HQ HIIHW GRQQp OD SRVVLELOLWp GH FRQWU{OHU OXLPrPH OD FRQIRUPLWp GHV ORLV DX[ GLUHFWLYHV HXURSpHQQHV TXL OHXU WLHQQHQW OLHX GH VXSSRUW SRXU DXWDQW  .

TXH OD ORL HQ FDXVH DLW ELHQ SRXU REMHW GH WUDQVSRVHU OD GLUHFWLYH .

TXH FHWWH GHUQLqUH VRLW SUpFLVH HW LQFRQGLWLRQQHOOH .

TXH OD FRQWUDULpWp HQWUH OHV GHX[ QRUPHV VRLW VXI¿VDPPHQW PDQLIHVWH SRXU rWUH FRQVWDWpH de plano SDU XQ &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO TXL Q¶HVW SDV HQ VLWXDWLRQ GH VDLVLU OD &RXU GH MXVWLFH G¶XQ UHQYRL SUpMXGLFLHO HW .

Les réponses du comité 41 . TXH O¶DSSOLFDWLRQ GH ODGLWH GLUHFWLYH Q¶DLOOH SDV j O¶HQFRQWUH G¶XQH UqJOH RX G¶XQ SULQFLSH LQKpUHQW j O¶LGHQWLWp FRQVWLWXWLRQQHOOH GH OD )UDQFH ± VDXI ELHQ V€U j FH TXH OH FRQVWLWXDQW \ DLW OXLPrPH FRQVHQWL Deuxième partie .

sous ce rapport. il est apparu au comité qu’il n’était. Surtout. tout compte fait.QDWLRQDOH VRQW HQ SULQFLSH WHQXV SRXU LQFRQVWLWXWLRQQHOV Il est donc nécessaire GH PRGL¿HU OD &RQVWLWXWLRQ FKDTXH IRLV TXH O¶pYROXWLRQ GHV WUDLWpV LQVWLWXDQW la Communauté emporte une nouvelle délégation de la puissance souveraine de l’État aux instances de l’Union (Q SUDWLTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO HVW VDLVL GX SURMHW GH QRXYHDX WUDLWp HW VH SURQRQFH VXU VD FRPSDWLELOLWp DYHF OD &RQVWLWXWLRQ  6¶LO GpFqOH XQH FRQWUDULpWp OH JRXYHUQHPHQW HVW SODFp GHYDQW XQH DOWHUQDWLYH UDGLFDOH  UHQRQFHU j O¶DGRSWLRQ ¿QDOH GX WUDLWp RX VROOLFLWHU OD PRGL¿FDWLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ /D SDUWLFLSDWLRQ GH OD )UDQFH j OD FRQVWUXFWLRQ FRPPXQDXWDLUH DX FRXUV GH FHV GHUQLqUHV GpFHQQLHV V¶HVW UpDOLVpH VXU FHV EDVHV &KDFXQH GHV JUDQGHV DYDQFpHV VXU OH FKHPLQ GH O¶LQWpJUDWLRQ HXURSpHQQH ± SDU H[HPSOH O¶HQWUpH HQ YLJXHXU GHV DFFRUGV GH 6FKHQJHQ OH 7UDLWp GH 0DDVWULFKW OH PDQGDW G¶DUUrW HXURSpHQ OD SRVVLELOLWp RIIHUWH GH UDWL¿HU OHV WUDLWpV SRUWDQW &RQVWLWXWLRQ HXURSpHQQH HW GHUQLqUHPHQW OH 7UDLWp GH /LVERQQH ± V¶HVW IDLWH VHORQ OD PrPH VpTXHQFH  VDLVLQH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO VXU OH SURMHW GH WUDLWp RX G¶DFWH GH GURLW FRPPXQDXWDLUH GpULYp GpFODUDWLRQ GH O¶LQFRPSDWLELOLWp GH WHOOH RX WHOOH GH VHV VWLSXODWLRQV DYHF OD &RQVWLWXWLRQ UpYLVLRQ ad hoc GX WH[WH FRQVWLWXWLRQQHO $LQVL O¶LQWpJUDWLRQ SURJUHVVLYH GH OD )UDQFH GDQV O¶(XURSH Q¶D MDPDLV pWp VXELH SDU OH SRXYRLU FRQVWLWXDQW PDLV GLVFXWpH HW YRXOXH SDU OXL j FKDTXH VWDGH Ce processus est lourd. il atteste par lui-même une sorte de réserve de la France à l’égard de la construction européenne SXLVTXH DXFXQ EODQF VHLQJ Q¶HVW MDPDLV GRQQp TXH FKDTXH pWDSH UHTXLHUW XQH DXWRULVDWLRQ VSpFLDOH HW TXH OH ULVTXH GH O¶pFKHF YRLUH GH OD SDUDO\VLH SODQH VXU FKDFXQH G¶HOOHV . que celui consistant à accueillir par principe comme bienvenue et constitutionnellement incontestable toute nouvelle évolution des traités FRQVWLWXWLIV GH O¶8QLRQ $X[ \HX[ GX FRPLWp cette perspective n’a pourtant pas paru souhaitable ± 6XU OH SODQ WKpRULTXH HOOH pTXLYDXGUDLW j XQ abandon pur et simple de souveraineté constituante HW O¶RQ YRLW PDO TXH FHOD SXLVVH VH FRQFHYRLU LQGpSHQGDPPHQW GH O¶pYHQWXHOOH WUDQVIRUPDWLRQ GH O¶8QLRQ HXURSpHQQH HQ XQH YpULWDEOH IpGpUDWLRQ DX VHQV SOHLQ GX WHUPH  XQH WHOOH pYROXWLRQ Q¶HVW SDV DFTXLVH SRXU OH IXWXU HW HOOH HVW HQFRUH PRLQV FUpGLEOH SRXU XQ DYHQLU LPPpGLDW ± 6XU OH SODQ SROLWLTXH XQ WHO ERXOHYHUVHPHQW VHUDLW GH QDWXUH j SURYRTXHU GH profonds clivages DX VHLQ GH O¶RSLQLRQ IUDQoDLVH (OOH SDUDvWUDLW VXUWRXW SURSUH j VXVFLWHU HQ VRQ VHLQ XQH DSSURFKH SDVVLRQQHOOH GH OD TXHVWLRQ HXURSpHQQH 5LHQ GH WRXW FHOD QH SDUDvW VRXKDLWDEOH \ FRPSULV GDQV O¶LQWpUrW PrPH GH OD FRQVWUXFWLRQ HXURSpHQQH Au total. nullement dommageable pour la défense de l’idéal européen que le constituant français .QFRQWHVWDEOHPHQW aucun geste ne serait donc plus « européen ».

par le Premier ministre. par le président de l’une ou l’autre assemblée ou par VRL[DQWH GpSXWpV RX VRL[DQWH VpQDWHXUV D GpFODUp TX¶XQ HQJDJHPHQW LQWHUQDWLRQDO FRPSRUWH XQH FODXVH FRQWUDLUH j OD &RQVWLWXWLRQ O¶DXWRULVDWLRQ GH UDWL¿HU RX G¶DSSURXYHU O¶HQJDJHPHQW LQWHUQDWLRQDO HQ FDXVH QH SHXW LQWHUYHQLU TX¶DSUqV UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ » 42 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . /¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ GLVSRVH  © 6L OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO VDLVL SDU OH 3UpVLGHQW de la République.

conserve la plénitude de sa capacité à accompagner.O QH SRXYDLW GRQF SURSRVHU TXH VRLW LQVFULWH GDQV OH 3UpDPEXOH XQH UqJOH SURSUH j GLYLVHU OH SD\V HW j FRPSURPHWWUH SDUDGR[DOHPHQW OD GXUpH HW OD SURIRQGHXU GH VRQ HQJDJHPHQW GDQV XQH (XURSH LQVWLWXWLRQQDOLVpH b) Renoncer à faire prévaloir les règles révélatrices de l’identité constitutionnelle française sur les normes européennes ? /H FRPLWp D FRQVLGpUp TXH GDQV O¶K\SRWKqVH R VHUDLW UHWHQX OH SULQFLSH GH O¶LQVFULSWLRQ G¶XQH QRXYHOOH UpIpUHQFH j O¶DSSDUWHQDQFH HXURSpHQQH GH OD )UDQFH XQH FRQVpTXHQFH MXULGLTXH WUqV LPSRUWDQWH GHYUDLW rWUH HQYLVDJpH FRPPH SRVVLEOH VL FH Q¶HVW FRPPH SUREDEOH  O¶pFULWXUH G¶XQH WHOOH QRUPH SRXUUDLW ODLVVHU SHQVHU TXH la participation de la France à l’Union européenne devrait désormais être regardée comme faisant partie de l’identité constitutionnelle de la République /D GLVSRVLWLRQ QRXYHOOH SRXUUDLW DLQVL rWUH LQWHUSUpWpH FRPPH HPSRUWDQW UHQRQFHPHQW j IDLUH SUpFLVpPHQW SUpYDORLU FHV UqJOHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV UpYpODWULFHV GH QRWUH LGHQWLWp SURSUH 2Q VDLW HQ HIIHW TXH OHV MXULGLFWLRQV IUDQoDLVHV RQW SURJUHVVLYHPHQW LPSRVp FHWWH OHFWXUH GHV UHODWLRQV HQWUH OD &RQVWLWXWLRQ HW OH GURLW LQWHUQDWLRQDO 3RXU OH GLUH VLPSOHPHQW OHV GHX[ FRUSV GH UqJOHV VRQW SUpVXPpV FRQYHUJHQWV HW FRPSDWLEOHV FH TXL VLPSOL¿H EHDXFRXS OHXU DSSOLFDWLRQ FRRUGRQQpH HW KDUPRQLHXVH &KDTXH IRLV TXH FHOD VH YpUL¿H SRVVLEOH LO HVW PrPH GH SOXV HQ SOXV IUpTXHQW TXH OHV MXJHV IUDQoDLV LQWHUSUqWHQW OD &RQVWLWXWLRQ j OD OXPLqUH GHV QRUPHV HXURSpHQQHV HW GH OD MXULVSUXGHQFH GRQW HOOHV IRQW O¶REMHW  0DLV FHWWH SUpVRPSWLRQ G¶KDUPRQLH QH . (Q RXWUH FRPPH RQ OH VDLW OH FRPLWp D IDLW VLHQQH OD FRQYLFWLRQ JpQpUDOH VHORQ ODTXHOOH SDUFH TXH OD &RQVWLWXWLRQ HVW OD PDLVRQ FRPPXQH GH OD 5pSXEOLTXH HOOH QH JDJQH j rWUH UpYLVpH TXH GDQV OH VHQV GX SOXV ODUJH FRQVHQVXV . ou non. la marche de l’intégration européenne.

/H GpVRUPDLV FpOqEUH DUUrW Arcelor GX &RQVHLO G¶eWDW GRQQH GH FHOD XQ WUqV ERQ H[HPSOH &( $VV  IpYULHU  Sté Arcelor Atlantique et Lorraine et autres UHT QR   5)'$   FRQFO *X\RPDU  $-'$   FKURQ /HQLFD HW %RXFKHU.

dont découle une obligation constitutionnelle de transposition des directives. tel qu’il est interprété en l’état actuel de la jurisprudence du juge communautaire. pour FKDTXH DFFRUG RX WUDLWp GH VRQ DSSOLFDWLRQ SDU O¶DXWUH SDUWLH´ OD VXSUpPDWLH DLQVL FRQIpUpH DX[ HQJDJHPHQWV LQWHUQDWLRQDX[ QH VDXUDLW V¶LPSRVHU GDQV O¶RUGUH LQWHUQH DX[ SULQFLSHV HW GLVSRVLWLRQV j YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH  TX¶HX pJDUG DX[ GLVSRVLWLRQV GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ VHORQ OHVTXHOOHV ³OD 5pSXEOLTXH SDUWLFLSH DX[ &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV HW j O¶8QLRQ HXURSpHQQH FRQVWLWXpHV G¶eWDWV TXL RQW FKRLVL OLEUHPHQW HQ YHUWX GHV WUDLWpV TXL OHV RQW LQVWLWXpHV G¶H[HUcer en commun certaines de leurs compétences”.  © &RQVLGpUDQW TXH VL DX[ WHUPHV GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ ³OHV WUDLWpV RX DFFRUGV UpJXOLqUHPHQW UDWL¿pV RX approuvés ont. garantit par son application l’effectivité du respect de la disposition ou du SULQFLSH FRQVWLWXWLRQQHO LQYRTXp  TXH GDQV O¶DI¿UPDWLYH LO \ D OLHX SRXU OH MXJH DGPLQLVWUDWLI D¿Q de s’assurer de la constitutionnalité du décret.Les réponses du comité 43 . il appartient au juge administratif. saisi d’un moyen tiré de la méconnaissance d’une disposition ou d’un principe de valeur constituWLRQQHOOH GH UHFKHUFKHU V¶LO H[LVWH XQH UqJOH RX XQ SULQFLSH JpQpUDO GX GURLW FRPPXQDXWDLUH TXL eu égard à sa nature et à sa portée. le contrôle de constitutionnalité des actes réglementaires assurant GLUHFWHPHQW FHWWH WUDQVSRVLWLRQ HVW DSSHOp j V¶H[HUFHU VHORQ GHV PRGDOLWpV SDUWLFXOLqUHV GDQV OH FDV R VRQW WUDQVSRVpHV GHV GLVSRVLWLRQV SUpFLVHV HW LQFRQGLWLRQQHOOHV  TX¶DORUV VL OH FRQWU{OH GHV règles de compétence et de procédure ne se trouve pas affecté. sous réserve. une autorité supérieure à celle des lois. dès leur publication. de rechercher si la directive que ce décret transpose HVW FRQIRUPH j FHWWH UqJOH RX j FH SULQFLSH JpQpUDO GX GURLW FRPPXQDXWDLUH  TX¶LO OXL UHYLHQW HQ O¶DEVHQFH GH GLI¿FXOWp VpULHXVH G¶pFDUWHU OH PR\HQ LQYRTXp RX GDQV OH FDV FRQWUDLUH GH VDLVLU OD &RXU GH MXVWLFH GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV G¶XQH TXHVWLRQ SUpMXGLFLHOOH GDQV OHV FRQGLWLRQV Deuxième partie .

cette dernière doit prévaloir  'LW DXWUHPHQW WRXW HVW IDLW SRXU TXH OHV FRQÀLWV HQWUH QRUPHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV HW QRUPHV HXURSpHQQHV VRLHQW OHV SOXV UDUHV SRVVLEOH PDLV ORUVTX¶LOV QH SHXYHQW rWUH pYLWpV LOV GRLYHQW VH UpJOHU GHYDQW OHV MXULGLFWLRQV IUDQoDLVHV HQ IDYHXU GH OD &RQVWLWXWLRQ /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D PrPH HVWLPp TXH FHWWH OHFWXUH GH O¶DUWLFXODWLRQ GHV RUGUHV MXULGLTXHV IUDQoDLV HW HXURSpHQ GHYDLW VH FRPSUHQGUH FRPPH XQH FRQGLWLRQ sine qua non GH O¶pYHQWXHOOH UDWL¿FDWLRQ GX WUDLWp SRUWDQW SURMHW GH &RQVWLWXWLRQ SRXU O¶(XURSH OHTXHO FRPSUHQG FRPPH RQ VDLW O¶DI¿UPDWLRQ G¶XQ SULQFLSH GH SULPDXWp GH OD UqJOH HXURSpHQQH VXU OD UqJOH QDWLRQDOH  &HUWHV RQ V¶DFFRUGH j FRQVLGpUHU TXH FHV IDPHXVHV UqJOHV LQKpUHQWHV j © l'identité constitutionnelle française ª QH VRQW JXqUH QRPEUHXVHV DXMRXUG¶KXL 2Q LQYRTXH JpQpUDOHPHQW OH SULQFLSH GH ODwFLWp OD FRQFHSWLRQ IUDQoDLVH GH O¶pJDOLWp UpSXEOLFDLQH YRLUH SOXV K\SRWKpWLTXHPHQW OD SDUW FRQVWLWXWLRQQHOOH GH OD FRQFHSWLRQ IUDQoDLVH GX VHUYLFH SXEOLF 0DLV FHWWH UHODWLYH UDUHWp Q¶HQOqYH DVVXUpPHQW ULHQ j O¶LPSRUWDQFH VXEMHFWLYH TXH UHYrWHQW FHV SULQFLSHV 1XO GRXWH TXH O¶DWWDFKHPHQW GRQW LOV IRQW O¶REMHW GDQV OH SD\V VRLW FRQVLGpUDEOH Aussi bien est-il apparu au comité qu’il n’était ni utile ni prudent de suggérer une évolution du Préambule qui serait. susceptible de remettre en cause cet équilibre satisfaisant HW JDUDQW G¶XQH YLVLRQ SDFL¿pH GH OD FRQVWUXFWLRQ MXULGLTXH HXURSpHQQH $X WRWDO OH FRPLWp D GRQF FRQVLGpUp TXH OH VHUYLFH GH OD FRQVWUXFWLRQ HXURSpHQQH UHMRLJQDLW OHV H[LJHQFHV GX FRQVHQVXV QDWLRQDO HQ PDWLqUH FRQVWLWXWLRQQHOOH /¶XQ HW O¶DXWUH FRPPDQGDLHQW j VHV \HX[ TX¶DXFXQH PRGL¿FDWLRQ GX 3UpDPEXOH QH SUpYXHV SDU O¶DUWLFOH  GX 7UDLWp LQVWLWXDQW OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH  TX¶HQ UHYDQFKH V¶LO Q¶H[LVWH SDV GH UqJOH RX GH SULQFLSH JpQpUDO GX GURLW FRPPXQDXWDLUH JDUDQWLVVDQW O¶HIIHFWLYLWp GX respect de la disposition ou du principe constitutionnel invoqué. il revient au juge administratif G¶H[DPLQHU GLUHFWHPHQW OD FRQVWLWXWLRQQDOLWp GHV GLVSRVLWLRQV UpJOHPHQWDLUHV FRQWHVWpHV ª . directement ou indirectement.IRQFWLRQQH TXH MXVTX¶j SUHXYH GX FRQWUDLUH S’il apparaît que l’application de la règle européenne aboutit à contrecarrer franchement le jeu d’une règle FRQVWLWXWLRQQHOOH VSpFL¿TXH HW GRQF DWWDFKpH SDU Oj PrPH j © l'identité constitutionnelle de la France ».

sauf à ce que le constituant y ait consenti. » . $X[ WHUPHV GH OD GpFLVLRQ GX  MXLOOHW  SUpFLWpH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO  © La transposition d’une directive ne saurait aller à l’encontre d’une règle ou d’un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France.

Si l’article .O UpVXOWH G¶XQH GpFODUDWLRQ DQQH[pH DX WUDLWp TXH FHW DUWLFOH QH FRQIqUH SDV au principe de primauté une portée autre que celle qui était antérieurement la sienne. GH OD SHUVRQQDOLWp MXULGLTXH LO UHVVRUW GH O¶HQVHPEOH GHV VWLSXODWLRQV GH FH WUDLWp HW QRWDPPHQW GX UDSSURFKHPHQW GH VHV DUWLFOHV . GX WUDLWp VXEVWLWXH DX[ RUJDQLVDWLRQV pWDEOLHV SDU OHV WUDLWpV DQWpULHXUV XQH RUJDQLVDWLRQ XQLTXH O¶8QLRQ HXURSpHQQH GRWpH HQ YHUWX GH O¶DUWLFOH .QVSLUpH SDU OD YRORQWp GHV FLWR\HQV HW GHV eWDWV G¶(XURSH GH EkWLU OHXU DYHQLU FRPPXQ OD SUpVHQWH &RQVWLWXWLRQ pWDEOLW O¶8QLRQ HXURSpHQQH j ODTXHOOH OHV eWDWV PHPEUHV DWWULEXHQW GHV FRPSpWHQFHV SRXU DWWHLQGUH OHXUV REMHFWLIV FRPPXQV /¶8QLRQ FRRUGRQQH OHV SROLWLTXHV GHV eWDWV PHPEUHV YLVDQW j DWWHLQGUH FHV REMHFWLIV HW H[HUFH VXU OH PRGH FRPPXQDXWDLUH OHV FRPSpWHQFHV TX¶LOV OXL DWWULEXHQW ª (Q YHUWX GH O¶DUWLFOH . HW . TX¶LO QH PRGL¿H QL OD QDWXUH GH O¶8QLRQ HXURSpHQQH QL OD SRUWpH GX SULQFLSH GH SULPDXWp GX GURLW GH O¶8QLRQ WHOOH TX¶HOOH UpVXOWH DLQVL TXH O¶D MXJp OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO SDU VHV GpFLVLRQV VXVYLVpHV des 10 juin. O¶8QLRQ UHVSHFWH O¶LGHQWLWp QDWLRQDOH GHV eWDWV PHPEUHV © LQKpUHQWH j OHXUV VWUXFWXUHV IRQGDPHQWDOHV SROLWLTXHV HW FRQVWLWXWLRQQHOOHV ª $X[ WHUPHV GH O¶DUWLFOH . GX WUDLWp  © . GX WUDLWp VRXPLV j O¶H[DPHQ GX &RQVHLO Q¶LPSOLTXH SDV GH UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ ª QRXV VRXOLJQRQV. © $X[ WHUPHV GH O¶DUWLFOH .  © /D &RQVWLWXWLRQ HW OH GURLW DGRSWp SDU OHV LQVWLWXWLRQV GH O¶8QLRQ GDQV O¶H[HUFLFH GHV FRPSpWHQFHV TXL VRQW DWWULEXpHV j FHOOHFL SULPHQW OH GURLW GHV eWDWV PHPEUHV ª . 1er HW  MXLOOHW  GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ 'qV ORUV O¶DUWLFOH .

&&  QRYHPEUH  QR  '& SUpF QRWH  FRQV  j .

 44 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

O D ¿QDOHPHQW UHQRQFp j IRUPXOHU FHWWH SURSRVLWLRQ 8Q WH[WH GH FHWWH QDWXUH DXUDLW SRXU HIIHW GH conférer une autorité de niveau constitutionnel aux traités dont il s’agit /D GLVFXVVLRQ MXULGLTXH SHXW FHUWDLQHPHQW V¶RXYULU VXU OH SRLQW GH VDYRLU VL FHWWH FRQVWLWXWLRQQDOLVDWLRQ VHUDLW RX QRQ YpULWDEOH FRPSOqWH GLUHFWH OLPLWpH j GHV TXHVWLRQV G¶LQWHUSUpWDWLRQ 0DLV FHV QXDQFHV Q¶RQW TX¶XQH LPSRUWDQFH SUDWLTXH UpGXLWH . Inscrire une référence spécifique aux traités internationaux et européens de protection des droits fondamentaux ? 3RXUVXLYDQW VD UpÀH[LRQ OH FRPLWp V¶HVW LQWHUURJp VXU O¶RSSRUWXQLWp GH VXJJpUHU O¶LQVFULSWLRQ GDQV OH 3UpDPEXOH G¶XQH GLVSRVLWLRQ HQ YHUWX GH ODTXHOOH © la République française fait siennes les valeurs proclamées par les conventions LQWHUQDWLRQDOHV HW HXURSpHQQHV UHODWLYHV DX[ GURLWV HW OLEHUWpV IRQGDPHQWDX[ GH l’homme et du citoyen ª .VRLW SURSRVpH j O¶HIIHW GH UDIIHUPLU O¶DQFUDJH FRQVWLWXWLRQQHO GH O¶(XURSH /HV DYDQWDJHV SRVVLEOHV G¶XQH WHOOH UpYLVLRQ VHUDLHQW IDLEOHV VL FH Q¶HVW LQH[LVWDQWV 6HV LQFRQYpQLHQWV ± SURJUDPPpV RX DFFLGHQWHOV ± VHUDLHQW HQ UHYDQFKH ELHQ UpHOV /D FRQYLFWLRQ GX FRPLWp V¶HVW HQ WRXW FDV IDLWH XQDQLPHPHQW HQ FH VHQV 2.O IDXW HQ HIIHW FRQVLGpUHU GHX[ pOpPHQWV IRQGDPHQWDX[  ± '¶XQH SDUW ± HW O¶RQ UHWURXYH LFL XQ GHV FRQVWDWV VXU OHVTXHOV OH FRPLWp D pWD\p O¶HQVHPEOH GH VD UpÀH[LRQ PpWKRGRORJLTXH ± WRXWH O¶KLVWRLUH GX GURLW FRQVWLWXWLRQQHO GHSXLV OHV DQQpHV  PRQWUH TXH OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ HVW OH UpFHSWDFOH GH YpULWDEOHV UqJOHV GH GURLW /HV DFWHXUV HW QRWDPPHQW OHV MXJHV VRQW GRQF QDWXUHOOHPHQW IRQGpV HW HQFOLQV j HQ WLUHU GHV FRQVpTXHQFHV MXULGLTXHV SUpFLVHV HW FRQFUqWHV 1XO QH VDXUDLW JDUDQWLU QL G¶DLOOHXUV HVSpUHU TXH O¶LQVFULSWLRQ G¶XQH WHOOH GLVSRVLWLRQ SXLVVH DYRLU XQH VLPSOH SRUWpH V\PEROLTXH ± '¶DXWUH SDUW HW FRUUpODWLYHPHQW LO HVW SUREDEOH TXH O¶DMRXW DX 3UpDPEXOH GH OD GLVSRVLWLRQ SURMHWpH FRQGXLUDLW OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO j FHQVXUHU OXLPrPH OD YLRODWLRQ SDU OD ORL GHV WUDLWpV DX[TXHOV LO VHUDLW DLQVL IDLW UpIpUHQFH /H SUpFpGHQW GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ QH ODLVVH JXqUH GH GRXWH j FHW pJDUG  O¶pFULWXUH GH FH QRXYHO DUWLFOH SRXU OHV EHVRLQV GH O¶HQWUpH HQ YLJXHXU GX 7UDLWp GH 0DDVWULFKW D FRQVWLWXWLRQQDOLVp O¶REOLJDWLRQ IDLWH DX OpJLVODWHXU GH WUDQVSRVHU FRUUHFWHPHQW OHV GLUHFWLYHV FRPPXQDXWDLUHV FH TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D LQWHUSUpWp FRPPH O¶KDELOLWDQW j HIIHFWXHU OXLPrPH OH FRQWU{OH GH FRQIRUPLWp GHV ORLV GH WUDQVSRVLWLRQ DX[GLWHV GLUHFWLYHV  DORUV TX¶LO MXJHDLW FHOD LPSRVVLEOH HQ YHUWX GH VD MXULVSUXGHQFH WUDGLWLRQQHOOH  /¶LQWURGXFWLRQ G¶XQH UpIpUHQFH FRQVWLWXWLRQQHOOH PrPH LPSOLFLWH DX[ GLUHFWLYHV FRPPXQDXWDLUHV HQ FRXUV GH WUDQVSRVLWLRQ D GRQF HX SRXU HIIHW GH PRGL¿HU HQ SURIRQGHXU OD PDQLqUH GRQW OHXU UHVSHFW HVW JDUDQWL SDU OH MXJH .

9 supra QRWH  S  .

Les réponses du comité 45 . &&  MDQYLHU  QR  '& Loi relative à l’interruption volontaire de la grossesse -2 GX  MDQYLHU  S  Deuxième partie .

)RUW GH FHW HQVHLJQHPHQW OH FRPLWp D FRQVLGpUp TXH OH SURMHW GH GLVSRVLWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH VXU OHTXHO LO UpÀpFKLVVDLW DXUDLW WUqV SUREDEOHPHQW SRXU FRQVpTXHQFH GH PRGL¿HU OH UpJLPH MXULGLTXH DXMRXUG¶KXL DSSOLFDEOH DX[ © conventions LQWHUQDWLRQDOHV HW HXURSpHQQHV UHODWLYHV DX[ GURLWV HW OLEHUWpV IRQGDPHQWDX[  ª  XQH REOLJDWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH VSpFL¿TXH QDvWUDLW SDU Oj TXL LPSRVHUDLW GH UHVSHFWHU FHV WUDLWpV PLHX[ RX DXWUHPHQW TXH OHV DXWUHV Cette perspective lui a paru poser plus de problèmes qu’elle ne serait susceptible d’en résoudre. /H FRPLWp D G¶DERUG UHOHYp TXH O¶DGRSWLRQ G¶XQ WH[WH GH FH W\SH pWDLW SHX FRPSDWLEOH DYHF OHV FKRL[ RSpUpV WRXW UpFHPPHQW SDU OH FRQVWLWXDQW ORUV GH OD UpYLVLRQ GH MXLOOHW  j SURSRV GH O¶H[FHSWLRQ G¶LQFRQVWLWXWLRQQDOLWp (Q VHFRQG OLHX HW GH VXUFURvW OH FRPLWp V¶HVW PRQWUp WUqV UpVHUYp VXU O¶RSSRUWXQLWp ± YRLUH O¶XWLOLWp ± G¶XQH WHOOH GpPDUFKH a) Un ajout incohérent compte tenu de la rédaction nouvelle de la Constitution 'DQV VD UpGDFWLRQ LVVXH GH OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  OD &RQVWLWXWLRQ FRPSUHQG GpVRUPDLV XQ DUWLFOH  DLQVL UpGLJp  © Lorsque. il est VRXWHQX TX¶XQH GLVSRVLWLRQ OpJLVODWLYH SRUWH DWWHLQWH DX[ GURLWV HW OLEHUWpV que la &RQVWLWXWLRQ JDUDQWLW OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO SHXW rWUH VDLVL GH FHWWH TXHVWLRQ VXU UHQYRL GX &RQVHLO G¶eWDW RX GH OD &RXU GH FDVVDWLRQ TXL VH SURQRQFH GDQV XQ GpODL GpWHUPLQp 8QH ORL RUJDQLTXH GpWHUPLQH OHV FRQGLWLRQV G¶DSSOLFDWLRQ GX présent article ª QRXV VRXOLJQRQV. à l’occasion d’une instance en cours devant une juridiction.

ci-dessus). la conformité des lois aux dispositions de fond de la Constitution. par voie d’exception. mais qu’il n’en a aucune. pour contrôler la conformité de ces mêmes lois aux conventions internationales /H FRQWU{OH GH FRQYHQWLRQQDOLWp HVW UpVHUYp FRPPH LO O¶HVW GHSXLV SOXVLHXUV DQQpHV DX[ MXJHV © RUGLQDLUHV ª ± MXGLFLDLUH HW DGPLQLVWUDWLI  /H UDSSRUW GX FRPLWp %DOODGXU PRQWUH TXH FHOXLFL V¶pWDLW LQWHUURJp VXU OD SHUWLQHQFH GH FHWWH GLFKRWRPLH DYDQW WRXW ELHQ FRQVLGpUp GH WUDQFKHU FODLUHPHQW SRXU VRQ PDLQWLHQ  TXHOTXHV PRLV SOXV WDUG OH FRQVWLWXDQW D VXLYL FHWWH UHFRPPDQGDWLRQ 6L OH 3UpDPEXOH GHYDLW FRQWHQLU XQ QRXYHO DOLQpD DX[ WHUPHV GXTXHO  © La République française fait siennes les valeurs proclamées par les conventions . réserve faite des conséquences qui découlent de l’article 88-1 (cf. /D WHQHXU H[DFWH GH FH WH[WH HVW OLPSLGH ± HW UpYpODWULFH G¶XQH YRORQWp WUqV QHWWH ± VL O¶RQ HQ UHWUDFH OD JHQqVH GHSXLV OHV WUDYDX[ GX FRPLWp %DOODGXU MXVTX¶DX[ GHUQLHUV DUELWUDJHV UHQGXV SDU OH FRQVWLWXDQW DX FRXUV GHV GpEDWV SDUOHPHQWDLUHV (OOH VLJQL¿H que le Conseil constitutionnel aura désormais pleine compétence pour contrôler.

2Q VH VRXYLHQW TXH WRXV OHV WUDLWpV RQW DXMRXUG¶KXL XQH DXWRULWp VXSpULHXUH j FHOOH GHV ORLV DUW  GH OD &RQVWLWXWLRQ.

 PDLV LQIpULHXUH j FHOOH GH OD &RQVWLWXWLRQ .

&HWWH UqJOH G¶LQFRPSpWHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO QH FRQQDvW TX¶XQH VHXOH H[FHSWLRQ H[SUHVVpPHQW IRQGpH VXU O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ LQWHUSUpWp FRPPH LPSRVDQW XQH REOLJDWLRQ VLQJXOLqUH GH FRUUHFWH WUDQVSRVLWLRQ GHV GLUHFWLYHV FRPPXQDXWDLUHV  OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO SHXW FHQVXUHU OD YLRODWLRQ © PDQLIHVWH ª SDU XQH ORL © GH WUDQVSRVLWLRQ ª GH OD GLUHFWLYH FRPPXQDXWDLUH TXL OXL WLHQW OLHX GH VXSSRUW GpFLVLRQ GX  MXLOOHW  SUpF QRWH  S .

 46 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

LQWHUQDWLRQDOHV HW HXURSpHQQHV UHODWLYHV DX[ GURLWV HW OLEHUWpV IRQGDPHQWDX[ GH l’homme et du citoyen ª OHV PRGDOLWpV GX FRQWU{OH MXULGLFWLRQQHO GH OD ORL YRXOXHV SDU OH FRQVWLWXDQW QH SRXUUDLHQW SOXV rWUH PDLQWHQXHV *DUGLHQ GX 3UpDPEXOH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO OH VHUDLW WRXW DXWDQW GHV GLVSRVLWLRQV GH FH QRXYHO DOLQpD .QGpSHQGDPPHQW PrPH GH WRXW MXJHPHQW GH YDOHXU VXU OH IRQG G¶XQH WHOOH pYROXWLRQ LO IDXW FUDLQGUH TX¶HOOH VRLW GH QDWXUH j VXVFLWHU XQ LPSRUWDQW FRQÀLW DXWRXU GHV TXHVWLRQV G¶LQWpJUDWLRQ HXURSpHQQH a fortiori VL SHX GH WHPSV DSUqV O¶pFKHF GX UpIpUHQGXP VXU OH SURMHW GH &RQVWLWXWLRQ HXURSpHQQH 1RPEUHX[ VHUDLHQW OHV HVSULWV SURPSWV j OLUH GDQV XQ WHO WH[WH OD PDWLqUH G¶XQ UHQRQFHPHQW GH OD )UDQFH j H[SULPHU HW j IDLUH SUpYDORLU VRQ LGHQWLWp MXULGLTXH SURSUH (W FHWWH DFFXVDWLRQ VHUDLW G¶DXWDQW SOXV YLYH TXH VHUDLHQW LQYRTXpV DX SUHPLHU UDQJ GHV YDOHXUV VSpFL¿TXHV OH SULQFLSH GH ODwFLWp ± TXL Q¶D HIIHFWLYHPHQW SDV G¶pTXLYDOHQW LQWHUQDWLRQDO ± OH SULQFLSH G¶pJDOLWp GDQV VRQ DFFHSWLRQ UpSXWpH UpSXEOLFDLQH DLQVL SHXWrWUH TXH OD SDUW FRQVWLWXWLRQQHOOH GX VHUYLFH SXEOLF j OD IUDQoDLVH Le Préambule ainsi réécrit aboutirait notamment à remettre en question le parti adopté depuis quelques années par le Conseil constitutionnel aux ¿QV G¶HPSrFKHU TXH O¶DSSOLFDWLRQ GHV UqJOHV LQWHUQDWLRQDOHV SXLVVH FRPpromettre le jeu des valeurs porteuses que le Conseil appelle lui-même « l'identité constitutionnelle de la France  » /HV MXULVSUXGHQFHV GH OD &RXU GH FDVVDWLRQ HW GX &RQVHLO G¶eWDW ± TXL SRXUVXLYHQW OD PrPH ¿Q ± VHUDLHQW pJDOHPHQW .O GLVSRVHUDLW GRQF G¶XQ WLWUH FRQVWLWXWLRQQHO VSpFL¿TXH SRXU FRQWU{OHU OXLPrPH OD FRQIRUPLWp GHV ORLV DX[ FRQYHQWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV GH SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ 2U OH FRPLWp D FRPSULV TXH F¶HVW SUpFLVpPHQW FH TXH OH FRQVWLWXDQW GH  DSUqV \ DYRLU UpÀpFKL Q¶DYDLW SDV UHWHQX 'DQV O¶pFRQRPLH GH OD &RQVWLWXWLRQ UpYLVpH OH MXJH FRQVWLWXWLRQQHO Q¶D SDV FRPSpWHQFH SRXU H[DPLQHU OD FRQYHQWLRQQDOLWp LQWHUQDWLRQDOH GHV ORLV GDQV OH FDGUH GH VRQ FRQWU{OH a posteriori (Q FRKpUHQFH le comité ne pouvait pas proposer d’habiliter le Conseil constitutionnel à exercer cette mission – fût-ce pour les seuls traités européens de protection des droits de l’homme – que le constituant venait sciemment de ne pas lui attribuer (Q WRXW pWDW GH FDXVH FHWWH VROXWLRQ SUpVHQWHUDLW GLYHUV LQFRQYpQLHQWV b) Un ajout inopportun et sans doute inutile 2XWUH TX¶HOOH VRXOqYHUDLW GH UHGRXWDEOHV SUREOqPHV GH FKDPS G¶DSSOLFDWLRQ OD FRQVpFUDWLRQ G¶XQ VWDWXW FRQVWLWXWLRQQHO SDUWLFXOLHU SRXU OHV WUDLWpV GH SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ SUpVHQWHUDLW DX[ \HX[ GX FRPLWp XQ DXWUH LQFRQYpQLHQW  HOOH empêcherait la France de faire automatiquement prévaloir sur FHV WUDLWpV OHV YDOHXUV DWWDFKpHV j VD VSpFL¿FLWp FRQVWLWXWLRQQHOOH &RPPH RQ O¶D YX XQH GLVSRVLWLRQ GH FHW RUGUH DERXWLUDLW G¶XQH PDQLqUH RX G¶XQH DXWUH j FH TXH OD &RQVWLWXWLRQ IDVVH VLHQQHV OHV QRUPHV LQWHUQDWLRQDOHV DX[TXHOOHV LO VHUDLW IDLW UpIpUHQFH &HV GHUQLqUHV DFTXHUUDLHQW SRWHQWLHOOHPHQW OD SURSUH YDOHXU MXULGLTXH GH OD ORL IRQGDPHQWDOH 2U O¶pJDOLWp KLpUDUFKLTXH HQWUH UqJOHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV H[FOXW WRXWH SUpIpUHQFH YpULWDEOH /H FRQÀLW GH QRUPHV pJDOHV QH SHXW VH UpVRXGUH RQ O¶D YX TXH GDQV OHXU FRQFLOLDWLRQ .

&¶HVW OD WHUPLQRORJLH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO OXLPrPH Deuxième partie .Les réponses du comité 47 .

complète  LO Q¶H[LVWH HQ HIIHW SOXV DXFXQ REVWDFOH GH IRQG RX GH SURFpGXUH j O¶DSSOLFDWLRQ TXRWLGLHQQH HW FRPSOqWH GH FHV QRUPHV LQWHUQDWLRQDOHV SDU OHV WULEXQDX[ IUDQoDLV GqV ORUV TX¶HOOHV QH FRQWUHYLHQQHQW SDV HOOHVPrPHV j QRWUH &RQVWLWXWLRQ /H FRPLWp Q¶D GRQF HX DXFXQH KpVLWDWLRQ j UHQRQFHU j SURSRVHU O¶DGRSWLRQ G¶XQ GLVSRVLWLI GRQW LO D HVWLPp j O¶DQDO\VH TX¶LO QH UpDOLVHUDLW DXFXQ SURJUqV YpULWDEOH SRXU OH FLWR\HQ B.IUDJLOLVpHV . techniquement s’entend. La situation avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 /RUVTXH OH FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ D GpEXWp VHV WUDYDX[ LO LJQRUDLW TXH OH 3DUOHPHQW j O¶LQLWLDWLYH GH GHX[ GpSXWpV V¶HPSDUHUDLW GH OD TXHVWLRQ GH OD SDULWp j O¶RFFDVLRQ GH O¶H[DPHQ GX SURMHW GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GH PRGHUQLVDWLRQ GHV LQVWLWXWLRQV )RUFH HVW GH FRQVWDWHU TXH OD TXHVWLRQ PpULWDLW XQH UpSRQVH GDQV OD PHVXUH R j OD OXPLqUH GH O¶H[SHUWLVH j ODTXHOOH LO D SURFpGp OH FRPLWp D SX DSSUpFLHU OH FKHPLQ TXL UHVWDLW j SDUFRXULU HQ FH GRPDLQH (Q HIIHW VL OH FRPEDW ± FDU F¶HVW ELHQ DLQVL TX¶LO IDXW SDUOHU ± PHQp SDU OHV IHPPHV DSUqV OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH  SRXU DFTXpULU XQH FRPSOqWH pJDOLWp MXULGLTXH DYHF OHV KRPPHV D GXUp GHX[ FHQWV DQV FHOXL QpFHVVDLUH SRXU WUDGXLUH FHWWH pJDOLWp GH GURLW HQ pJDOLWp GH IDLW Q¶HVW SDV HQFRUH DFKHYp (Q WHUPHV GH GURLWV GHV KRPPHV HW GHV IHPPHV le concept de parité – qui QH ¿JXUH HQ WDQW TXH WHO GDQV DXFXQ WH[WH ± HVW DSSDUX j XQH pSRTXH R en France. les traités de protection des droits fondamentaux.O Q¶H[LVWHUDLW SOXV GH JDUDQWLH GH SOHLQ GURLW TXH FHUWDLQV SULQFLSHV FRQVWLWXWLRQQHOV IUDQoDLV ± GRWpV DX VXUSOXV G¶XQH IRUWH FKDUJH V\PEROLTXH ± SXLVVHQW SUpYDORLU HW V¶LPSRVHU QL VXU OHV QRUPHV LVVXHV GHV WUDLWpV GDQV OHXU FRQ¿JXUDWLRQ DFWXHOOH QL PrPH VXU OHV QRUPHV LVVXHV GHV PRGL¿FDWLRQV XOWpULHXUHV GH FHV WUDLWpV 5LHQ GH WRXW FHOD QH VDXUDLW UHFXHLOOLU DLVpPHQW XQ FRQVHQVXV HW OHV DYDQWDJHV SUDWLTXHV G¶XQH WHOOH LQQRYDWLRQ VHUDLHQW GHV SOXV PLQFHV &DU OD YpULWp HVW TX¶il Q¶HVW SDV QpFHVVDLUH GH UHQIRUFHU OD JDUDQWLH MXULGLTXH GRQW EpQp¿FLHQW HQ France. puisqu’elle est. l’égalité en droit était parvenue quasiment au terme de son processus 4X¶LO V¶DJLVVH GHV WH[WHV VXSUDOpJLVODWLIV GH GURLW LQWHUQDWLRQDO RX GH GURLW LQWHUQH WRXV DI¿UPHQW O¶pJDOLWp GHV GURLWV HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV 48 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . La parité entre les hommes et les femmes 1.

$LQVL OD 'pFODUDWLRQ GH  DWHOOH SURFODPp XQH pJDOLWp HQ GURLWV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  DWLO JDUDQWL j OD IHPPH SDU O¶LQWHUPpGLDLUH GH OD ORL GHV GURLWV pJDX[ j FHX[ GH O¶KRPPH GDQV WRXV OHV GRPDLQHV HW OD &RQVWLWXWLRQ GH  DWHOOH HQWHQGX DVVXUHU O¶pJDOLWp GHYDQW OD ORL GH WRXV OHV FLWR\HQV &HWWH pJDOLWp MXULGLTXH D QpDQPRLQV WDUGp j LUULJXHU WRXV OHV GRPDLQHV  FH QH VRQW Oj TXH TXHOTXHV H[HPSOHV PDLV LO IDXW VH VRXYHQLU TXH  – sur le plan des droits civiques OHV IHPPHV RQW SX GHYHQLU pOHFWULFHV HW pOLJLEOHV VHXOHPHQW HQ   – sur le plan des droits civils HOOHV VH VRQW YX FRQIpUHU GHV GURLWV pJDX[ j FHX[ GHV KRPPHV HQ PDWLqUH G¶DXWRULWp SDUHQWDOH VHXOHPHQW HQ   HQ PDWLqUH GH GLYRUFH VHXOHPHQW HQ   HQ PDWLqUH GH UpJLPH OpJDO GH FRPPXQDXWp VHXOHPHQW HQ   HW HQ PDWLqUH GH GpYROXWLRQ GX QRP GH IDPLOOH VHXOHPHQW HQ   ± VXU OH SODQ GHV GURLWV VRFLDX[ HOOHV VH VRQW YX UHFRQQDvWUH OHXU pJDOLWp SURIHVVLRQQHOOH DYHF OHV KRPPHV VHXOHPHQW HQ  8Q FHUWDLQ QRPEUH GH GLVSRVLWLRQV RQW GHSXLV ORUV pWp pGLFWpHV HQ YXH GH rendre une telle égalité juridique effective HVVHQWLHOOHPHQW GDQV OH GRPDLQH GH OD YLH SROLWLTXH HW GDQV FHOXL GH OD YLH SURIHVVLRQQHOOH  DLQVL HQ HVWLO SDU H[HPSOH GX 7UDLWp VXU OH IRQFWLRQQHPHQW GH O¶8QLRQ HXURSpHQQH GDQV VD UpGDFWLRQ LVVXH GX 7UDLWp GH /LVERQQH TXL GLVSRVH HQ VRQ DUWLFOH  TXH © pour toutes ses actions. le principe de l’égalité de traitement n’empêche pas un État membre de maintenir ou d’adopter des mesures prévoyant des avanWDJHV VSpFL¿TXHV GHVWLQpV j IDFLOLWHU O¶H[HUFLFH G¶XQH DFWLYLWp SURIHVVLRQQHOOH SDU OH VH[H VRXVUHSUpVHQWp RX j SUpYHQLU RX FRPSHQVHU GHV GpVDYDQWDJHV GDQV OD carrière professionnelle ª (Q )UDQFH GDQV OH GRPDLQH SROLWLTXH DSUqV TXH OHV PHVXUHV OpJLVODWLYHV WHQGDQW j IDYRULVHU OD SDUWLFLSDWLRQ GHV IHPPHV j OD YLH SXEOLTXH VH VRQW KHXUWpHV j OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO TXL DYDLW FRQVLGpUp TXH OHV SULQFLSHV G¶pJDOLWp HW G¶XQLYHUVDOLWp GX VXIIUDJH V¶RSSRVDLHQW j © toute division par catégories des électeurs ou des éligibles  ª la loi constitutionnelle no 99-569 du 8 juillet 1999 relative à l’égalité entre les femmes et les hommes a levé cet obstacle juridique HQ DMRXWDQW j O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ XQ DOLQpD DLQVL FRQoX  © /D ORL IDYRULVH O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ PDQGDWV pOHFWRUDX[ HW IRQFWLRQV pOHFWLYHV » 3DU OD VXLWH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D MXJp TX¶LO pWDLW ©désormais loisible au législateur d’adopter des dispositions revêtant soit un caractère incitatif. O¶8QLRQ FKHUFKH j pOLPLQHU OHV LQpJDOLWpV HW j SURPRXYRLU O¶pJDOLWp HQWUH OHV hommes et les femmes ª RX HQFRUH GX 7UDLWp LQVWLWXDQW OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH GDQV VD UpGDFWLRQ LVVXH GX 7UDLWp GH 1LFH TXL SUpYRLW HQ VRQ DUWLFOH  TXH © pour assurer concrètement une pleine égalité entre hommes et femmes dans la vie professionnelle. soit un .

 QRYHPEUH  QR  '& /RL PRGL¿DQW OH &RGH pOHFWRUDO HW OH &RGH GHV FRPPXQHV HW UHODWLYH j O¶pOHFWLRQ GHV FRQVHLOOHUV PXQLFLSDX[ HW DX[ FRQGLWLRQV G¶LQVFULSWLRQ GHV )UDQoDLV pWDEOLV hors de France sur les listes électorales -2 GX  QRYHPEUH  S  UHFWL¿FDWLRQ DX -2 GX  QRYHPEUH .

Les réponses du comité 49 . Deuxième partie .

sans les méconnaître. faire préYDORLU OD FRQVLGpUDWLRQ GX VH[H VXU FHOOH GHV FDSDFLWpV HW GH O¶XWLOLWp FRPPXQH ª GH VRUWH TX¶LO D LQYDOLGp FRPPH pWDQW FRQWUDLUHV DX SULQFLSH G¶pJDOLWp GHYDQW OD ORL GHV GLVSRVLWLRQV LPSRVDQW OH UHVSHFW GH SURSRUWLRQV GpWHUPLQpHV HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV DX VHLQ GHV FRQVHLOV G¶DGPLQLVWUDWLRQ HW GH VXUYHLOODQFH GHV VRFLpWpV SULYpHV HW GHV HQWUHSULVHV GX VHFWHXU SXEOLF GDQV OHV FRPLWpV G¶HQWUHSULVH SDUPL OHV GpOpJXpV GX SHUVRQQHO RX HQFRUH VXU OD OLVWH GHV FDQGLGDWV DX[ FRQVHLOV GHV SUXG¶KRPPHV HW DX[ RUJDQLVPHV SDULWDLUHV GH OD IRQFWLRQ SXEOLTXH  (Q GpSLW GHV GLVSRVLWLIV OpJLVODWLIV DXMRXUG¶KXL HQ YLJXHXU FHUWHV UpFHQWV le bilan DI¿FKp SDU OD SDULWp V¶DYqUH UHODWLYHPHQW PRGHVWH Dans le domaine de la vie politique OD VLWXDWLRQ HVW HQ FRQVWDQWH pYROXWLRQ DX EpQp¿FH GHV IHPPHV PDLV GDQV XQH PHVXUH HQFRUH DVVH] IDLEOH (Q (XURSH DYHF  IHPPHV SDUPL OHV  PLQLVWUHV DX JRXYHUQHPHQW OD )UDQFH VH VLWXH DX WURLVLqPH UDQJ MXVWH GHUULqUH OD )LQODQGH HW OD 6XqGH  PDLV DYHF  GpSXWpV VXU OHV  TXH FRPSWH O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH HOOH QH VH VLWXH TX¶DX GL[VHSWLqPH UDQJ /RUV GHV pOHFWLRQV VpQDWRULDOHV OHV IHPPHV RQW UHSUpVHQWp  GHV pOXV HQ   HQ  HW  HQ   VXU OHV  VpQDWHXUV  VRQW GHV IHPPHV /RUV GHV pOHFWLRQV OpJLVODWLYHV OHV IHPPHV RQW UHSUpVHQWp  GHV pOXV HQ   HQ   HQ  HW  HQ   ORUV GHV pOHFWLRQV PXQLFLSDOHV HOOHV RQW UHSUpVHQWp  GHV PDLUHV GHV YLOOHV GH SOXV GH   KDELWDQWV HQ   HQ  HW  HQ   ORUV GHV pOHFWLRQV FDQWRQDOHV HOOHV RQW UHSUpVHQWp . la considération GX JHQUH VXU FHOOH GHV FRPSpWHQFHV GHV DSWLWXGHV HW GHV TXDOL¿FDWLRQV  ª OH &RQVHLO G¶eWDW D\DQW UHSULV UpFHPPHQW OD PrPH DQDO\VH  (Q RXWUH LO D FRQVLGpUp TXH © VL OD UHFKHUFKH G¶XQ DFFqV pTXLOLEUp GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ UHVSRQVDELOLWpV DXWUHV TXH OHV IRQFWLRQV SROLWLTXHV pOHFWLYHV Q¶HVW SDV FRQWUDLUH DX[ H[LJHQFHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV >@ elle ne saurait.caractère contraignant  ª FH TXL D SHUPLV O¶DGRSWLRQ GHV ORLV QR  GX  MXLQ  HW QR  GX  MDQYLHU  WHQGDQW j IDYRULVHU O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ PDQGDWV pOHFWRUDX[ HW IRQFWLRQV pOHFWLYHV QR   GX  DYULO  UHODWLYH j O¶pOHFWLRQ GHV FRQVHLOOHUV UpJLRQDX[ HW GHV UHSUpVHQWDQWV DX 3DUOHPHQW HXURSpHQ DLQVL TX¶j O¶DLGH SXEOLTXH DX[ SDUWLV SROLWLTXHV QR  GX  MXLOOHW  SRUWDQW UpIRUPH GH O¶pOHFWLRQ GHV VpQDWHXUV RX HQFRUH QR  GX  IpYULHU  IDFLOLWDQW O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX PDQGDW GH FRQVHLOOHU JpQpUDO 7RXWHIRLV le Conseil constitutionnel a logiquement cantonné. eu égard à la lettre du texte constitutionnel. ce type de dispositions « aux élections à des mandats et fonctions politiques  » 3DU DLOOHXUV LO D HVWLPp TXH OHV GLVSRVLWLRQV LQVWLWXDQW GHV MXU\V GH YDOLGDWLRQ GHV DFTXLV GH O¶H[SpULHQFH © ne sauraient avoir pour effet de faire prévaloir. lors de la constitution de ces jurys.

 PDL  QR  '& Loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes DX[ PDQGDWV pOHFWRUDX[ HW IRQFWLRQV pOHFWLYHV -2 GX  MXLQ  S  .

 MXLQ  QR  '& /RL RUJDQLTXH UHODWLYH DX VWDWXW GHV PDJLVWUDWV HW DX &RQVHLO supérieur de la magistrature -2 GX  MXLQ  S  .

 MDQYLHU  QR  '& Loi de modernisation sociale -2 GX  MDQYLHU  S  .

 MXLQ  Lesourd QR  /HERQ .

 PDUV  QR  '& Loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes -2 GX  PDUV  S  50 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

 GHV FRQVHLOOHUV JpQpUDX[ HQ   HQ  HW  HQ  HQ   HQ   Dans le domaine de la vie professionnelle OH FRPSRUWHPHQW G¶DFWLYLWp GHV IHPPHV VH UDSSURFKH GH FHOXL GHV KRPPHV PDLV UHVWH PDUTXp SDU FHUWDLQHV VSpFL¿FLWpV  OHXU WDX[ G¶DFWLYLWp SURSRUWLRQ G¶DFWLIV kJpV GH  DQV RX SOXV GDQV OD SRSXODWLRQ kJpH GH  DQV RX SOXV.

GHPHXUH SOXV IDLEOH SUqV GH  FRQWUH SUqV GH  .

 PDLV OHXUV FDUULqUHV GHYLHQQHQW SOXV FRQWLQXHV  OHXU WDX[ G¶DFWLYLWp HVW VHQVLEOH j OD SUpVHQFH G¶HQIDQWV HW j OD FDWpJRULH VRFLRSURIHVVLRQQHOOH GH OHXU FRQMRLQW 6XU OH PDUFKp GX WUDYDLO OD VLWXDWLRQ GHV IHPPHV UHVWH GLVWLQFWH GH FHOOH GHV KRPPHV HQ FH TXL FRQFHUQH G¶XQH SDUW OHV SURIHVVLRQV H[HUFpHV FDGUHV HW DVVLPLOpV   PLOOLRQV G¶KRPPHV FRQWUH  PLOOLRQ GH IHPPHV  SURIHVVLRQV LQWHUPpGLDLUHV  pTXLYDOHQFH  HPSOR\pV   PLOOLRQV GH IHPPHV FRQWUH  PLOOLRQ G¶KRPPHV  RXYULHUV   PLOOLRQV G¶KRPPHV FRQWUH  PLOOLRQV GH IHPPHV.

HW G¶DXWUH SDUW OHV IRUPHV G¶HPSORLV RFFXSpV  GHV QRQVDODULpV HW  GHV VDODULpV VRQW GHV IHPPHV  SURSRUWLRQ pTXLYDOHQWH GH IHPPHV HW G¶KRPPHV HQ &'' HW HQ &'.  SOXV GH  GHV IHPPHV RFFXSHQW GHV HPSORLV j WHPSV SDUWLHO DORUV TXH VHXOHPHQW XQ SHX SOXV GH  G¶KRPPHV VRQW GDQV FH FDV.

 HQ¿Q OHV ULVTXHV GH FK{PDJH WDX[ GH FK{PDJH OpJqUHPHQW VXSpULHXU FKH] OHV IHPPHV.

qui s’étaient montrées en majorité favorables à l’ajout d’une disposition dans la Constitution 0PH 9DOpULH /pWDUG VHFUpWDLUH G¶eWDW FKDUJpH GH OD 6ROLGDULWp DXSUqV GX PLQLVWUH GX 7UDYDLO GHV 5HODWLRQV VRFLDOHV GH OD )DPLOOH HW GH OD 6ROLGDULWp  0PH /DXUHQFH 3DULVRW SUpVLGHQWH GX 0HGHI  0 /RXLV 6FKZHLW]HU SUpVLGHQW GH OD +DOGH«. /D SUpVHQFH GH IHPPHV GLULJHDQWHV GDQV OHV HQWUHSULVHV HVW SDVVpH GH  HQ  j  HQ  HW UHVWH SDUWLFXOLqUHPHQW IDLEOH GDQV OHV SOXV JUDQGHV G¶HQWUH HOOHV /HV LQpJDOLWpV GH UHYHQXV HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV VXEVLVWHQW SULQFLSDOHPHQW GDQV OH GRPDLQH GHV VDODLUHV  JOREDOHPHQW WDQW HQ FH TXL FRQFHUQH OD IRQFWLRQ SXEOLTXH TXH OH VHFWHXU SULYp HW VHPLSXEOLF OHV IHPPHV SHUoRLYHQW GH  j  GX VDODLUH RFWUR\p DX[ KRPPHV OHV LQpJDOLWpV pWDQW SOXV LPSRUWDQWHV ORUVTXH OHV UHYHQXV VRQW SOXV pOHYpV 0DLV FHV LQpJDOLWpV H[LVWHQW pJDOHPHQW HQ FH TXL FRQFHUQH OHV UHWUDLWHV HW OHV PLQLPD VRFLDX[ FH TXL HQJHQGUH GHV FRQVpTXHQFHV VXU OH VHXLO GH SDXYUHWp 2. L’intervention du pouvoir constituant 6XU FHWWH TXHVWLRQ GH OD SDULWp OH FRPLWp DYDLW SURFpGp j O¶DXGLWLRQ G¶XQ FHUWDLQ QRPEUH GH personnalités.

 ORUVTX¶LO D pWp LQIRUPp G¶XQH LQLWLDWLYH SDUOHPHQWDLUH HQ FH VHQV $X FRXUV GH O¶H[DPHQ GX SURMHW GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GH PRGHUQLVDWLRQ GHV LQVWLWXWLRQV 0PHV OHV GpSXWpHV 0DULH-R =LPPHUPDQQ HW &ODXGH *UHII RQW HQ HIIHW SUpVHQWp XQ amendement YLVDQW j SHUPHWWUH DX OpJLVODWHXU GH IDYRULVHU XQH UHSUpVHQWDWLRQ pTXLOLEUpH GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV GDQV OH PLOLHX SURIHVVLRQQHO HQ OHYDQW OHV REVWDFOHV LGHQWL¿pV SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GDQV VD GpFLVLRQ GX  PDUV   (Q GpSLW G¶XQ DYLV GpIDYRUDEOH GX JRXYHUQHPHQW QRQ SDV VXU OH IRQG PDLV VXU OD PpWKRGH OD JDUGH GHV 6FHDX[ D\DQW IDLW YDORLU TXH OH FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH pWDLW VDLVL GH OD TXHVWLRQ O¶$VVHPEOpH .

Les réponses du comité 51 . 3UpF QRWH  S  Deuxième partie .

DLQVL TX¶DX[ UHVSRQVDELOLWpV SURIHVVLRQQHOOHV HW VRFLDOHV ª QRXV VRXOLJQRQV.QDWLRQDOH D DGRSWp HQ SUHPLqUH OHFWXUH XQ WH[WH SRUWDQW PRGL¿FDWLRQ GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ /H 6pQDW D DGRSWp pJDOHPHQW HQ SUHPLqUH OHFWXUH XQ WH[WH TXL D UDVVHPEOp OHV GLVSRVLWLRQV UHODWLYHV j O¶pJDOLWp HQWUH OHV IHPPHV HW OHV KRPPHV DX VHLQ G¶XQ QRXYHO DOLQpD FRPSOpWDQW O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ &¶HVW FH WH[WH TXH OH 3DUOHPHQW UpXQL HQ &RQJUqV D YRWp OH  MXLOOHW   © La loi IDYRULVH O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ PDQGDWV pOHFWRUDX[ HW IRQFtions électives.

de l’hétérogénéité >«@ &HQW PLOOH )UDQFH VRQW HQ SODFH MDGLV KLHU aujourd’hui. égalité des chances )HUQDQG %UDXGHO pFULYDLW GDQV L’Identité de la France   © Lucien Febvre répétait. 'DQV FHV FRQGLWLRQV FRQIRUPpPHQW j OD GRFWULQH TX¶LO V¶HVW ¿[pH GH QH SDV VH SURQRQFHU GDQV OHV PDWLqUHV R OH FRQVWLWXDQW HVW LQWHUYHQX OH FRPLWp D FRQVLGpUp TX¶LO QH OXL DSSDUWHQDLW SOXV GH VWDWXHU VXU OD TXHVWLRQ GH OD SDULWp HQWUH OHV KRPPHV HW OHV IHPPHV Il a pris acte de ce que. Diversité. totalement effective C. à l’heure actuelle. une appellation. J’aimerais SUHVTXH GLUH ELHQ TXH FH VRLW SOXV SODW HVW GLYHUVLWp &DU FH Q¶HVW SDV VHXOHPHQW une apparence. et il faut répéter après lui. le triomphe éclatant du pluriel. Acceptons cette vérité. cette profusion >«@ ª (W GH SDUOHU TXHOTXHV SDJHV SOXV ORLQ G¶XQH © étonnante mosaïque ª 0DLV GH OD FRQVWDWDWLRQ G¶XQH YpULWp G¶pYLGHQFH G¶XQ SRLQW GH YXH JpRJUDSKLTXH VRFLRORJLTXH KXPDLQ KLVWRULTXH pFRQRPLTXH RX SROLWLTXH j OD UHFRQQDLVVDQFH G¶XQ SULQFLSH MXULGLTXH YHQDQW VLQRQ VH VXEVWLWXHU DX[ FRQFHSWV G¶pJDOLWp HW G¶LQGLYLVLELOLWp GX PRLQV OHXU DSSRUWHU XQ FRUUHFWLI RX XQ FRQWUHSRLQW LO \ D XQ SDV GRQW LO pWDLW GHPDQGp DX FRPLWp G¶pYDOXHU OD QpFHVVLWp MXULGLTXH HW OHV LPSOLFDWLRQV SRVVLEOHV © Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du principe d’égalité ? ª &¶HVW HQ FHV WHUPHV TX¶pWDLW IRUPXOpH OD OHWWUH GH PLVVLRQ DGUHVVpH DX FRPLWp (W F¶HVW ± SRXUTXRL QH SDV OH GLUH " ± VXU FHWWH TXHVWLRQ TXH VD UpÀH[LRQ D DX ¿O GX WHPSV GHV DXGLWLRQV HW GHV GpOLEpUDWLRQV OH SOXV pYROXp 7RXW DX ORQJ GH FH FKHPLQHPHQW GRQW OHV pWDSHV VRQW UHWUDFpHV FLDSUqV GHX[ FRQVWDQWHV RQW RULHQWp VRQ WUDYDLO  ± /D FRQVFLHQFH G¶DERUG TXH deux des aspirations les plus fortes et les plus caractéristiques de la société contemporaine sont la recherche de l’égalité . précédant ses recommandaWLRQV HQ OD PDWLqUH OH FRQVWLWXDQW DYDLW DGRSWp XQH GLVSRVLWLRQ VSpFL¿TXH GDQV O¶XQ GHV GHX[ JUDQGV GRPDLQHV R O¶pJDOLWp HQWUH OHV KRPPHV HW OHV femmes n’est pas encore. action positive. mais une réalité concrète. que la France se nomme diversité.

$UWKDXG)ODPPDULRQ  52 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

O D FH IDLVDQW UDSLGHPHQW pFDUWp OD SLVWH GH OD SULVH HQ FRPSWH GLUHFWH GH OD UDFH GHV RULJLQHV RX GH OD UHOLJLRQ Deuxième partie . selon lequel il est nécessaire que l’action publique prenne davantage en compte les discriminaWLRQV GH IDLW SRXU PHWWUH HQ °XYUH GHV PHVXUHV UHFWL¿FDWULFHV TXHO TXH VRLW OH QRP TX¶RQ YHXLOOH GRQQHU j GH WHOOHV SROLWLTXHV /H FRPLWp V¶HVW WHQX DX GHPHXUDQW j O¶pFDUW GHV WUDGLWLRQQHOOHV TXHUHOOHV ± SDUIRLV G¶DLOOHXUV SOXV VpPDQWLTXHV TX¶LGpRORJLTXHV ± HQWUH OHV WHQDQWV GH O¶XQLYHUVDOLVPH UpSXEOLFDLQ HW FHX[ GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH RX GX GLIIpUHQWLDOLVPH . La prohibition des discriminations fondées sur l’origine.des chances et la lutte contre les discriminations ¬ FHW pJDUG OH FRPLWp Q¶D QL QpJOLJp QL VRXVHVWLPp OD SRUWpH V\PEROLTXH HW SROLWLTXH G¶XQ JHVWH FRQVLVWDQW j PDQLIHVWHU DX QLYHDX GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ VRXV XQH IRUPH j GpWHUPLQHU OH GHYRLU SRXU OD 5pSXEOLTXH GH VH SUpRFFXSHU GH OD PLVH HQ °XYUH GHV SULQFLSHV TX¶HOOH SURFODPH HW GH FUpHU OHV FRQGLWLRQV GH OHXU UpDOLVDWLRQ ± (QVXLWH le sentiment. parfaitement partagé par le comité. la race ou la religion /H FRPLWp D UDSLGHPHQW GpJDJp XQ FRQVHQVXV HQ VRQ VHLQ SRXU UHIXVHU OD SURPRWLRQ GH OD GLYHUVLWp HQWHQGXH FRPPH SHUPHWWDQW GHV GLIIpUHQFLDWLRQV GLUHFWHPHQW IRQGpHV VXU OD UDFH OHV RULJLQHV RX OD UHOLJLRQ 6RXFLHX[ GDQV XQ SUHPLHU WHPSV G¶pFODLUHU G¶XQ MRXU QRXYHDX OHV SULQFLSHV WUDGLWLRQQHOV ± RX FH TX¶LO SHUFHYDLW FRPPH pWDQW OHV SULQFLSHV WUDGLWLRQQHOV ± G¶XQLWp G¶LQGLYLVLELOLWp HW G¶pJDOLWp SRXU SHUPHWWUH j FHX[ TXL YHXOHQW DYDQFHU VXU OH WHUUDLQ GH O¶DFWLRQ SRVLWLYH GH OH IDLUH VXU GHV EDVHV VROLGHV OH FRPLWp D H[DPLQp GLIIpUHQWHV YRLHV HQYLVDJHDEOHV .Les réponses du comité 53 .O V¶HVW SOXV VLPSOHPHQW DFFRUGp VXU O¶LGpH TXH OD ORJLTXH FRQVLVWDQW ORUVTXH FHOD HVW MXVWL¿p j GRQQHU SOXV j FHX[ TXL RQW PRLQV Q¶HVW SDV FRQWUDLUH DX SULQFLSH G¶pJDOLWp PDLV FRQIRUPH j XQH YLVLRQ PRGHUQH GXGLW SULQFLSH WDQW LO HVW YUDL TX¶XQ WUDLWHPHQW VWULFWHPHQW pJDO GHV SHUVRQQHV SHXW pFKRXHU DX PRLQV SDUWLHOOHPHQW j SURGXLUH HQWUH HOOHV O¶pJDOLWp TXH QXO QH FRQWHVWH HQ WDQW TXH ¿QDOLWp 4XH OD SODFH GDQV OD VRFLpWp IUDQoDLVH GHV SHUVRQQHV LVVXHV GHV PLQRULWpV YLVLEOHV RX GH OD GLYHUVLWp SRXU UHSUHQGUH XQH WHUPLQRORJLH GpVRUPDLV XVXHOOH DSSHOOH j FHW pJDUG XQH DWWHQWLRQ SDUWLFXOLqUH HVW VXI¿VDPPHQW pWDEOL HW UHFRQQX SRXU TX¶LO VRLW EHVRLQ G¶\ LQVLVWHU 'H WRXWH pYLGHQFH ± HW OD FKRVH D pWp GRFXPHQWpH SDU GH PXOWLSOHV pWXGHV DGPLQLVWUDWLYHV RX XQLYHUVLWDLUHV ± FHV SHUVRQQHV UHQFRQWUHQW GHV GLI¿FXOWpV VSpFL¿TXHV SDU H[HPSOH GDQV O¶DFFqV j O¶HPSORL RX DX ORJHPHQW (Q RXWUH OH PRGqOH G¶LQWpJUDWLRQ WHO TX¶LO D IRQFWLRQQp MXVTX¶LFL SHLQH j IDLUH pPHUJHU SDUPL HOOHV XQH pOLWH VXI¿VDPPHQW QRPEUHXVH GDQV ODTXHOOH HOOHV SXLVVHQW V¶LGHQWL¿HU HW WURXYHU O¶LQGLFDWLRQ TXH OHV SRUWHV GHV KDXWHV UHVSRQVDELOLWpV QH OHXU VRQW SDV IHUPpHV  HW FHWWH GpIDLOODQFH DJLW FRPPH XQ SXLVVDQW IDFWHXU GH GpFRXUDJHPHQW GDQV OHV DVSLUDWLRQV GHV MHXQHV FRQFHUQpV QRXUULVVDQW IUXVWUDWLRQV HW UHSOL VXU VRL Oj R O¶LQWpUrW GH OD VRFLpWp WRXW HQWLqUH VHUDLW GH SURPRXYRLU HQJDJHPHQW HW UHVSRQVDELOLVDWLRQ 3DUWDQW GH FHV SRVWXODWV GRQW ULHQ DX FRXUV GH VHV WUDYDX[ Q¶HVW YHQX UHPHWWUH HQ FDXVH OH ELHQIRQGp OH FRPLWp V¶HVW DWWDFKp j UpÀpFKLU j OD TXHVWLRQ GH PDQLqUH DXVVL GpSDVVLRQQpH TXH SRVVLEOH 1.

4XH O¶RQ SDUOH GH © discrimination positive  ª GH © non-discrimination active  ª GH © promotion positive  ª GH © forme équitable du principe d’égalité  ª GH © mesures de redressement temporaires ª FRPPH DX &DQDGD.

 GH © mesures spéciales et concrètes ª FRPPH GDQV FHUWDLQV LQVWUXPHQWV LQWHUQDWLRQDX[.

 G¶© DI¿Umative action ª FRPPH DX[ eWDWV8QLV.

RX G¶© action positive ª FRPPH HQ GURLW FRPPXQDXWDLUH HQ PDWLqUH G¶pJDOLWp KRPPHVIHPPHV.

les dispositifs de promotion par le droit ont fait suite. à des périodes de véritable ségrégation par le droit 3RXU OH GLUH DXWUHPHQW OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH DLQVL FRQoXH QH SHXW DYRLU XQ VHQV TX¶j OD FRQGLWLRQ G¶DSSDUDvWUH DX[ \HX[ GH WRXV FRPPH XQH PHVXUH GH UDWWUDSDJH DX SUR¿W GH JURXSHV D\DQW pWp YLFWLPHV GDQV OHXU SURSUH SD\V G¶XQH HQWUHSULVH GH PDUJLQDOLVDWLRQ RUJDQLVpH par le système juridique HW TXL VH VRQW GH FH IDLW WURXYpV PDLQWHQXV GDQV XQH SRVLWLRQ VRFLDOH VXEDOWHUQH 6RLW GLW SDU SDUHQWKqVH RQ SHXW SHQVHU TXH O¶DFFHSWDELOLWp VRFLDOH GHV UqJOHV YLVDQW j IDYRULVHU HQ )UDQFH OD SDULWp HQWUH OHV IHPPHV HW OHV KRPPHV GDQV OD VSKqUH SROLWLTXH HVW j UHOLHU DX PRLQV SRXU XQH SDUW j FHWWH SpULRGH HQFRUH UpFHQWH R OHV IHPPHV pWDLHQW SULYpHV GX GURLW GH YRWH HW G¶pOLJLELOLWp 0DLV SUpFLVpPHQW OHV VLWXDWLRQV VRQW WUqV GLIIpUHQWHV 8QH DI¿UPDWLYH DFWLRQ j O¶DPpULFDLQH QH WURXYHUDLW SDV HQ )UDQFH j VH MXVWL¿HU VROLGHPHQW /D GLIIpUHQFH G¶DSSURFKH HQWUH OD )UDQFH HW OHV eWDWV8QLV V¶H[SULPH G¶DLOOHXUV FODLUHPHQW GDQV OH IDLW TXH FHV GHUQLHUV Q¶RQW QXOOHPHQW UHMHWp OD QRWLRQ GH © race ª /HV GpVLJQDWLRQV HWKQLTXHV African-American &DXFDVLDQ HWF. en Afrique du Sud ou en Inde notamment. O¶REMHW HVW HQ VXEVWDQFH OH PrPH  LO V¶DJLW GH SUpYRLU © dans une logique de comblement d’un écart de développement économique et social  ª OD GLVWULEXWLRQ SUpIpUHQWLHOOH G¶XQ ELHQ RX G¶XQH SUHVWDWLRQ DX[ PHPEUHV G¶XQ JURXSH GpIDYRULVp 5HVWH j VDYRLU ± HW F¶HVW OH SRLQW FUXFLDO ± FRPPHQW LO SRXUUDLW rWUH SRVVLEOH GH Gp¿QLU OH RX OHV JURXSHV FRQFHUQpV 3OXVLHXUV SD\V GH SDU OH PRQGH RQW H[SpULPHQWp RX H[SpULPHQWHQW HQFRUH GHV GLVSRVLWLIV DXWRULVDQW j FHWWH ¿Q OD SULVH HQ FRPSWH GLUHFWH GH OD UDFH GHV RULJLQHV RX SOXV UDUHPHQW GH OD UHOLJLRQ /H UHIXV GX FRPLWp GH WUDQVSRVHU HQ )UDQFH XQH WHOOH ORJLTXH SURFqGH GH TXDWUH VpULHV GH FRQVLGpUDWLRQV ± /H FRPLWp Q¶D HQ SUHPLHU OLHX SDV PDQTXp G¶REVHUYHU TXH les motifs qui ont KLVWRULTXHPHQW MXVWL¿p GDQV OHV SD\V FRQFHUQpV OD PLVH HQ °XYUH GH WHOV critères ne trouvent pas d’équivalent direct en France. Aux États-Unis. pour les groupes ethniques qu’ils visent.

VRQW .

6XU OD QRWLRQ PrPH GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH YRLU *ZpQDsOH &DOYqV La Discrimination positive 3DULV 38) © 4XH VDLVMH " ª QR    YRLU DXVVL O¶HQVHPEOH GHV FRQWULEXWLRQV GX QR  GH OD UHYXH Pouvoirs /H 6HXLO .

 .

-HDQQHWWH %RXJUDE © 9HUV GHV ³DI¿UPDWLYH DFWLRQV´ j OD IUDQoDLVH " ª LQ Pour une société de OD QRXYHOOH FKDQFH 8QH DSSURFKH UpSXEOLFDLQH GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH UDSSRUW GX &RQVHLO G¶DQDO\VH GH OD VRFLpWp  .

9RLU HQ FH VHQV OH +DXW &RQVHLO j O¶LQWpJUDWLRQ UDSSRUW DX 3UHPLHU PLQLVWUH /H &RQWUDW HW l’intégration /D 'RFXPHQWDWLRQ IUDQoDLVH   RX O¶DUWLFOH GH ) 6WDVVH GDQV OD UHYXH Pouvoirs PHQWLRQQpH FLGHVVXV .

&RQVHLO G¶eWDW Sur le principe d’égalité UDSSRUW SXEOLF  /D 'RFXPHQWDWLRQ IUDQoDLVH ('&(  QR  .

* &DOYqV op. 54 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . cit.

DGPLVHV HW UHVWHQW PrPH VRXYHQW RI¿FLHOOHV GDQV OHV GRFXPHQWV GH SROLFH SDU H[HPSOH.

 /¶DGRSWLRQ GH FULWqUHV HWKQLTXHV DX[ ¿QV GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH Q¶HVW HQ YpULWp SRVVLEOH HW DFFHSWDEOH TXH SDUFH TXH FHV FULWqUHV VRQW XVXHOV /D VLWXDWLRQ HVW GLIIpUHQWH HQ )UDQFH R OD QRWLRQ PrPH GH © race ª HVW FRPPH O¶RQW HQFRUH PRQWUp OHV GpEDWV DXWRXU GH OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GH MXLOOHW  ODUJHPHQW EDWWXH HQ EUqFKH ± /H FRPLWp D HQ GHX[LqPH OLHX UHOHYp TX¶il y aurait quelque paradoxe à s’engager aujourd’hui dans la voie de la discrimination positive sur des IRQGHPHQWV HWKQLTXHV j O¶KHXUH R HOOH PDUTXH FODLUHPHQW OH SDV DX[ eWDWV Unis $ORUV TX¶XQH SROLWLTXH RULJLQDOH G¶DI¿UPDWLYH DFWLRQ D pWp PLVH HQ °XYUH j SDUWLU GHV DQQpHV  GDQV WURLV GRPDLQHV SULQFLSDX[ ± DFFqV j O¶XQLYHUVLWp HPSORLV SXEOLFV HW PDUFKpV SXEOLFV ± XQH VpULH G¶DUUrWV GH OD &RXU VXSUrPH HW GH UpIpUHQGXPV OXL RQW SRUWp GH VpULHXVHV DWWHLQWHV DX SRLQW TX¶DXMRXUG¶KXL VD VXEVWDQFH ± YRLUH VD FRQIRUPLWp j OD &RQVWLWXWLRQ ± HVW DXMRXUG¶KXL GHV SOXV LQFHUWDLQHV 4XH OD &RQVWLWXWLRQ DPpULFDLQH HW SOXV SUpFLVpPHQW VRQ TXDWRU]LqPH DPHQGHPHQW VRLW LQFRPSDWLEOH DYHF OD PLVH HQ °XYUH GH TXRWDV HWKQLTXHV OD FKRVH HVW j OD YpULWp FRQQXH GHSXLV OH  MXLQ  HW O¶DUUrW 5HJHQWV RI WKH 8QLYHUVLW\ RI &DOLIRUQLD Y %DNNH FRQ¿UPp HQ   ¬ FHWWH GHUQLqUH GDWH OD &RXU VXSUrPH DGPHWWDLW HQFRUH OH SULQFLSH GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH SRXU OHV DGPLVVLRQV j O¶XQLYHUVLWp j FRQGLWLRQ TXH O¶RULJLQH HWKQLTXH QH VRLW SDV XWLOLVpH FRPPH XQ FULWqUH SUpGRPLQDQW 7RXW DX SOXV SRXYDLWHOOH FRQVWLWXHU XQ pOpPHQW SDUPL G¶DXWUHV SRXU GHV FDQGLGDWV VXVFHSWLEOHV GH FRQWULEXHU SDU OHXU YDOHXU j O¶LQWpUrW VXSpULHXU compelling state interest.

QGpSHQGDPPHQW GH FHV FRQWUDLQWHV MXULGLTXHV O¶RSLQLRQ DPpULFDLQH VHPEOH GH PRLQV HQ PRLQV DFTXLVH j O¶LGpH GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH VXU FULWqUHV HWKQLTXHV 3OXVLHXUV eWDWV ± HW QRQ OHV PRLQGUHV  &DOLIRUQLH )ORULGH 7H[DV 0LFKLJDQ eWDW GH :DVKLQJWRQ 1HEUDVND ± RQW renoncé j FHV SURJUDPPHV VRXYHQW SDU UpIpUHQGXP  . G¶XQ UHFUXWHPHQW GLYHUVL¿p DX VHQV OH SOXV ODUJH GX WHUPH (VW GRQF FHQVXUpH GHSXLV ORQJWHPSV O¶DWWULEXWLRQ DXWRPDWLTXH GH SRLQWV HQ IRQFWLRQ GH FULWqUHV HWKQLTXHV  3DU GHX[ DUUrWV GX  MXLQ   OD &RXU D VHPEOp DOOHU SOXV ORLQ HQFRUH HQ UHPHWWDQW HQ FDXVH DX PRLQV GDQV FHUWDLQV FDV OH SULQFLSH PrPH GH OD SULVH HQ FRPSWH GH O¶RULJLQH HWKQLTXH QRWDPPHQW ORUVTXH OHV DXWRULWpV VFRODLUHV VRQW GDQV O¶LQFDSDFLWp GH GpPRQWUHU TXH GHV FODVVL¿FDWLRQV DXWUHV TX¶H[SOLFLWHPHQW UDFLDOHV Q¶DXUDLHQW SDV SHUPLV G¶DWWHLQGUH OHV PrPHV REMHFWLIV (OOH FRQFOXW PrPH VRQ DUUrW SDU OD IRUPXOH VXLYDQWH  © The way to stop discrimination on the basis of race is to stop discriminating on the basis of race  ª .

&RXU VXSUrPH  MXLQ  Grutter v. Bollinger .

Bollinger GX  MXLQ  pJDOHPHQW . 9RLU VXU FH VHFRQG SRLQW O¶DUUrW Gratz v.

&RXU VXSUrPH Parents v. Seattle School District no 1 HW 0HUHGLWK Y -HIIHUVRQ &RXQW\ %RDUG of Education .

© /H PR\HQ GH PHWWUH ¿Q DX[ GLVFULPLQDWLRQV HQ IRQFWLRQ GH OD UDFH HVW GH PHWWUH ¿Q DX[ GLVtinctions en fonction de la race. » .

3RXU XQH SUpVHQWDWLRQ GpWDLOOpH GH O¶DI¿UPDWLYH DFWLRQ WHOOH TXH SUDWLTXpH DX[ eWDWV8QLV YRLU QRWDPPHQW 'DQLHO 6DEEDJK /¶eJDOLWp SDU OH GURLW /HV SDUDGR[HV GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH DX[ eWDWV8QLV (FRQRPLFD  Deuxième partie .Les réponses du comité 55 .

pour favoriser la déségrégation. […] Dans une période de salaires plafonnés et de concurrence mondiale. quand on leur demande. de faire prendre à leurs enfants un bus qui les amènera dans une école à l’autre bout de la ville. souvent pour voir leur emploi délocalisé et leur retraite dévaluée après une vie de labeur. © 'H PrPH TXH OD FROqUH DX VHLQ GH OD FRPPXQDXWp QRLUH QH V¶H[SULPH SDV WRXMRXUV HQ SXEOLF GH PrPH FHWWH UDQF°XUOj QH V¶H[SULPH SDV SXEOLTXHPHQW (OOH FRQWULEXH SRXUWDQW j IDoRQQHU OH SD\VDJH SROLWLTXH GHSXLV DX PRLQV XQH JpQpUDWLRQ &¶HVW OD colère envers la politique d’assistance de l’État-providence et de la politique de discrimination positive qui ont donné naissance à la coalition Reagan. de PHLOOHXUHV pFROHV GH PHLOOHXUV HPSORLV ± DX[ DVSLUDWLRQV GH WRXV OHV $PpULFDLQV qu’il s’agisse de la femme blanche qui se débat pour gravir les échelons dans son .O OXL HVW HQ HIIHW DSSDUX LPSRVVLEOH G¶pODERUHU XQ V\VWqPH GH FULWqUHV DFFHSWDEOH GHV © origines ª IDPLOLDOHV RX SOXV JpQpUDOHPHQW ELRJUDSKLTXHV ± (Q TXDWULqPH OLHX OH FRPLWp D UHGRXWp TXH VDQV PrPH SDUOHU GHV ULVTXHV G¶LQVWUXPHQWDOLVDWLRQ SDU GHV JURXSHV H[WUpPLVWHV G¶XQH SROLWLTXH GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH VXU XQH EDVH HWKQLTXH VD PLVH HQ °XYUH HPSRUWH GH JUDYHV HIIHWV SHUYHUV  DX PLHX[ XQ affaiblissement du « vivre ensemble » HQ UDLVRQ GH O¶LQFLWDWLRQ GRQQpH DX[ DGPLQLVWUpV GH VH UDWWDFKHU j OHXU FRPPXQDXWp G¶DSSDUWHQDQFH SRXU SRXYRLU WLUHU SUR¿W GHV GLVSRVLWLIV PLV HQ SODFH  DX SLUH XQH montée des tensions et des ressentiments entre communautés JpQpUDWULFH GH FRQFXUUHQFH HQWUH JURXSHV HWKQLTXHV HW PDWULFH G¶XQH GLVORFDWLRQ DFFUXH GH OD QDWLRQ /HV DXGLWLRQV DX[TXHOOHV LO D SURFpGp HW HQ SDUWLFXOLHU FHOOH GH 0PH )DGHOD $PDUD O¶RQW UHQIRUFp GDQV OD FRQYLFWLRQ TXH OD UHFRQQDLVVDQFH GH OD GLYHUVLWp FRPPH SULQFLSH G¶RUJDQLVDWLRQ GH OD VRFLpWp SUpVHQWDLW GH WHOV GDQJHUV Les propos du candidat Barack Obama ne sont pas moins éclairants  : © La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche n’ont pas l’impression d’avoir été spécialement favorisés par leur appartenance UDFLDOH /HXU H[SpULHQFH F¶HVW FHOOH GH O¶LPPLJUDQW […]  ULHQ QH OHXU D pWp GRQQp LOV sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie. la rancœur s’accumule.± (Q WURLVLqPH OLHX OH FRPLWp D HVWLPp LPSUDWLFDEOH GH FKHUFKHU j DWWpQXHU O¶LQWHUGLFWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GH WRXWH GLVFULPLQDWLRQ IRQGpH VXU © l’origine ª WHUPH SOXV QHXWUH GH SULPH DERUG TXH FHOXL GH © race ª . […] © 3RXU OD FRPPXQDXWp DIURDPpULFDLQH FHOD VLJQL¿H TX¶LO IDXW DFFHSWHU OHV IDUGHDX[ GH QRWUH SDVVp VDQV HQ GHYHQLU OHV YLFWLPHV &HOD YHXW GLUH FRQWLQXHU j H[LJHU XQH SOHLQH MXVWLFH GDQV WRXV OHV DVSHFWV GH OD YLH DPpULFDLQH 0DLV FHOD VLJQL¿H pJDOHment associer nos propres revendications – une meilleure assurance maladie. les chances de s’en sortir sont perçues FRPPH XQ MHX j VRPPH QXOOH R OHV UrYHV GH O¶XQ VH UpDOLVHQW DX[ GpSHQV GH O¶DXWUH © Alors. quand on leur apprend qu’un Afro-Américain décroche un bon emploi ou un poste dans une bonne université en raison d’une injustice dont ils ne sont en rien responsables […].

%DUDFN 2EDPD De la race en Amérique GLVFRXUV GH 3KLODGHOSKLH GX  PDUV   WUDG )UDQoRLV &OHPHQFHDX.

 *UDVVHW   YRLU QRWDPPHQW S  HW V 56 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

O HVW XVXHO SRXU QH SDV GLUH FRQIRUWDEOH G¶RSSRVHU OH PRGqOH UpSXEOLFDLQ IUDQoDLV WHO TX¶LQWHUSUpWp GDQV WRXWH VD ULJXHXU SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO j OD OXPLqUH GHV SULQFLSHV G¶pJDOLWp G¶XQLWp HW G¶LQGLYLVLELOLWp j G¶DXWUHV FRQFHSWLRQV GH O¶LQWpJUDWLRQ HW GH O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV $LQVL TXH O¶DYDLW GpMj PRQWUp LO \ D TXHOTXHV DQQpHV OD WKqVH GH )HUGLQDQG 0pOLQ6RXFUDPDQLHQ  O¶H[DPHQ SOXV DWWHQWLI GH OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO VXU OH SULQFLSH G¶pJDOLWp REOLJH j QXDQFHU WUqV IRUWHPHQW FH FRQVWDW HW PrPH j O¶LQYDOLGHU SRXU XQH ODUJH SDUW Le cadre constitutionnel actuel offre une très grande latitude pour la mise en œuvre de politiques de différenciation positive OHVTXHOOHV VRQW G¶DLOOHXUV ORLQ G¶rWUH LQH[LVWDQWHV GDQV OH GURLW SRVLWLI IUDQoDLV 6¶LO OXL IDOODLW UpVXPHU OD VLWXDWLRQ G¶XQH SKUDVH OH FRPLWp DI¿UPHUDLW TXH UpVHUYH IDLWH GHV GLVFULPLQDWLRQV j UDLVRQ GH OD UDFH GH O¶RULJLQH HW GH OD UHOLJLRQ  GRQW RQ YLHQW GH YRLU TX¶LO QH VRXKDLWDLW SDV OHV SHUPHWWUH OD &RQVWLWXWLRQ Q¶HVW SDV XQ REVWDFOH j OD PLVH HQ °XYUH G¶XQH SROLWLTXH DPELWLHXVH G¶DFWLRQ SRVLWLYH &HWWH DSSUpFLDWLRQ JpQpUDOH DSSHOOH OHV SUpFLVLRQV VXLYDQWHV  – Le Conseil constitutionnel a expressément jugé. de l’homme blanc qui a été licencié ou de l’immigrant qui s’efforce de nourrir sa famille.entreprise. de race ou de religion ª 2. L’importance des marges de manœuvre offertes par le cadre constitutionnel actuel pour mettre en œuvre des politiques d’action positive ¬ ELHQ \ UpÀpFKLU LO HVW DSSDUX DX FRPLWp TXH UpVHUYH IDLWH GHV GLVFULPLQDWLRQV j FDUDFWqUH HWKQRUDFLDO OD &RQVWLWXWLRQ HQ YLJXHXU RIIUDLW GH WUqV JUDQGHV ODWLWXGHV SRXU PHWWUH HQ °XYUH GHV SROLWLTXHV G¶DFWLRQ SRVLWLYH . » $X WRWDO OH FRPLWp Q¶D GRQF SDV UHFRPPDQGp G¶DXWRULVHU GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GHV SROLWLTXHV G¶DFWLRQ SRVLWLYH j IRQGHPHQW HWKQLTXH RX UDFLDO IXVVHQWHOOHV FRQoXHV FRPPH SURYLVRLUHV 7HO Q¶pWDLW GX UHVWH SDV j VHV \HX[ OH VHQV TX¶LO IDOODLW SUrWHU j OD TXHVWLRQ TXL OXL pWDLW SRVpH GDQV OD OHWWUH GH PLVVLRQ TXL OXL pWDLW DGUHVVpH .O Q¶D GRQF SDV SURSRVp TXH VRLW PRGL¿p HQ FH VHQV O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ DVVXUDQW © l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine. « qu’aucun principe non plus qu’aucune règle de valeur constitutionnelle n’interdit au législateur de prendre des mesures propres à venir en aide à des . et de manière répétée.

)HUGLQDQG 0pOLQ6RXFUDPDQLHQ /H 3ULQFLSH G¶pJDOLWp GDQV OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO constitutionnel (FRQRPLFD  .

/HV GLVWLQFWLRQV IRQGpHV VXU OH VH[H RQW ORQJWHPSV IDLW O¶REMHW GH OD PrPH VpYpULWp  F¶HVW PrPH SRXU XQH ODUJH SDUW DXWRXU GX WKqPH GHV TXRWDV SDU VH[H TXH OD MXULVSUXGHQFH V¶HVW IRUPpH 0DLV OHV UpYLVLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV UHODWLYHV j OD SDULWp  HW .

RQW FKDQJp OHV GRQQpHV GX SUREOqPH 9RLU VXU FH SRLQW OH FKDSLWUH % Deuxième partie .Les réponses du comité 57 .

FDWpJRULHV GH SHUVRQQHV UHQFRQWUDQW GHV GLI¿FXOWpV SDUWLFXOLqUHV » YRLU QRWDPPHQW GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLQ  Loi autorisant le gouvernement à prendre diverses mesures d’ordre économique et social -2 GX  MXLQ  S  HW GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW  Loi habilitant le gouvernement à prendre. par ordonnance. des mesures d’urgence pour l’emploi -2 GX  MXLOOHW  S  j SURSRV GDQV OHV GHX[ FDV GH GLVSRVLWLRQV SDUWLFXOLqUHV YLVDQW j IDYRULVHU O¶HPSORL GHV MHXQHV.

zones rurales en déshérence…) sont admises de longue date /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO DYDLW DFFHSWp GqV  TXH GHV UpGXFWLRQV RX GHV H[RQpUDWLRQV G¶LPS{WV VRLHQW FRQVHQWLHV DX[ HQWUHSULVHV VLWXpHV GDQV FHUWDLQHV ]RQHV R OD VLWXDWLRQ GH O¶HPSORL HVW SDUWLFXOLqUHPHQW JUDYH QR  '& SUpFLWpH. – Les mesures de différenciation positive destinées à prendre en compte HW FRPEDWWUH OHV LQpJDOLWpV GH VLWXDWLRQ WHUULWRULDOH TXDUWLHUV HQ GLI¿FXOtés.

 OD ORL HQ TXHVWLRQ SUpYR\DLW DX GHPHXUDQW TXH OHVGLWHV PHVXUHV pWDLHQW FRQVHQWLHV © pour une durée limitée ª 0DLV XOWpULHXUHPHQW GDQV VD GpFLVLRQ UHODWLYH j OD ORL VXU O¶DPpQDJHPHQW GX WHUULWRLUH OH &RQVHLO D SRVp VROHQQHOOHPHQW TXH © le principe d’égalité ne fait pas obstacle à ce que le législateur édicte. par l’octroi G¶DYDQWDJHV ¿VFDX[ GHV PHVXUHV G¶LQFLWDWLRQ DX GpYHORSSHPHQW HW j O¶DPpQDJHment de certaines parties du territoire dans un but d’intérêt général ª GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU  Loi relative à l’aménagement et au développement du territoire -2 GX HU IpYULHU  S .

 ± /HV GLVSRVLWLRQV GpURJDWRLUHV YLVDQW GHV personnes ou catégories de perVRQQHV UHQFRQWUDQW GHV GLI¿FXOWpV VRFLDOHV DX VHQV ODUJH QH V¶H[SRVHQW SDV GDYDQWDJH j XQ ULVTXH GH FHQVXUH FRQVWLWXWLRQQHOOH  LO HQ D pWp MXJp DLQVL j SURSRV GH GLVSRVLWLIV UpVHUYpV DX[ MHXQHV YRLU OHV GpFLVLRQV GH  HW  SUpFLWpHV RX HQFRUH GpFLVLRQ QR  '& GX  PDUV  Loi pour l’égalité des chances -2 GX  DYULO  S .

RX DX[ VDODULpV kJpV GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW  /RL PRGL¿DQW OH &RGH GX WUDYDLO HW UHODWLYH j OD SUpYHQWLRQ du licenciement économique et au droit à la conversion -2 GX  MXLOOHW  S .

 RX HQFRUH V¶DJLVVDQW GH O¶HPEDXFKH SUpIpUHQWLHOOH SDU GHV DVVRFLDWLRQV LQWHUPpGLDLUHV GH FK{PHXUV UHQFRQWUDQW GHV GLI¿FXOWpV SDUWLFXOLqUHV G¶LQVHUWLRQ GDQV OHV FRQGLWLRQV Gp¿QLHV SDU OD ORL GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU  Loi portant diverses dispositions d’ordre social -2 GX  MDQYLHU  S .

QVWLWXW G¶pWXGHV SROLWLTXHV GH 3DULV j UHFUXWHU GHV pWXGLDQWV DX WUDYHUV G¶XQH SURFpGXUH . 2Q UDSSHOOH SDU DLOOHXUV TXH OH OpJLVODWHXU D SX DOOHU MXVTX¶j LQVWLWXHU GHV TXRWDV G¶HPEDXFKH DX SUR¿W GHV SHUVRQQHV KDQGLFDSpHV  – Dans le champ éducatif HW VLQJXOLqUHPHQW HQ FH TXL FRQFHUQH O¶DFFqV j O¶HQVHLJQHPHQW VXSpULHXU OHV H[LJHQFHV GpFRXODQW GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GDQV VD UpGDFWLRQ DFWXHOOH QH VRQW SDV GDYDQWDJH XQ REVWDFOH j OD PLVH HQ °XYUH GH PpFDQLVPHV GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH 2Q VDLW QRWDPPHQW TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D DGPLV HQ  TXH OH OpJLVODWHXU SXLVVH DXWRULVHU O¶.

2EOLJDWLRQ GH UpVXOWDW.

LPSRVpH DX[ HPSOR\HXUV SXEOLFV HW SULYpV G¶HPEDXFKHU GHV WUDYDLOOHXUV KDQGLFDSpV j KDXWHXU GH  GH OHXU HIIHFWLI WRWDO ORLV GHV  MXLQ  HW  MXLOOHW .

 VRXV SHLQH GH VDQFWLRQV ¿QDQFLqUHV VDXI FRQWUDWV FRQFOXV DYHF GHV pWDEOLVVHPHQWV GX VHFWHXU SURWpJp RX SDLHPHQW G¶XQH © contribution de substitution ª j XQ IRQGV GH GpYHORSSHPHQW VSpFLDOLVp ORL GX  MXLQ  UHODWLYH j OD VROLGDULWp SRXU O¶DXWRQRPLH GHV SHUVRQQHV kJpHV HW GHV SHUVRQQHV KDQGLFDSpHV HW ORL GX  IpYULHU  SRXU O¶pJDOLWp GHV GURLWV HW GHV FKDQFHV OD SDUWLFLSDWLRQ HW OD FLWR\HQQHWp GHV SHUVRQQHV KDQGLFDSpHV.

 58 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

SDUWLFXOLqUH UpVHUYpH DX[ pOqYHV GHV pWDEOLVVHPHQWV FODVVpV HQ © zone d’éducation prioritaire ª =(3.

 FRQVLGpUDQW TXH GDQV FHWWH PDWLqUH OH OpJLVODWHXU GLVSRVDLW G¶XQ SRXYRLU G¶DSSUpFLDWLRQ HW TXH GH VXUFURvW OD PHVXUH DOODLW GDQV OH VHQV GH O¶H[LJHQFH FRQVWLWXWLRQQHOOH G¶pJDO DFFqV j O¶LQVWUXFWLRQ WUHL]LqPH DOLQpD GX 3UpDPEXOH GH .

éducatif et culturel -2 GX  MXLOOHW  S .O D VHXOHPHQW H[LJp GDQV XQH UpVHUYH G¶LQWHUSUpWDWLRQ TXH OD VpOHFWLRQ RSpUpH SDUPL OHV pOqYHV LVVXV GHV =(3 QH VRLW SDV DUELWUDLUH HW UHSRVH VXU GHV FULWqUHV REMHFWLIV GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW  Loi portant diverses dispositions d’ordre social. .

O Q¶HVW SDV MXVTX¶j l’accès à l’emploi. /D © GLYHUVL¿FDWLRQ GH O¶DFFqV GHV pOqYHV GX VHFRQG GHJUp DX[ formations dispensées par l’Institut d’études politiques de Paris ª D pWp DGPLVH HQ WDQW TXH WHOOH FRPPH XQ REMHFWLI G¶LQWpUrW JpQpUDO (W GDQV O¶HQVHLJQHPHQW VHFRQGDLUH OHV JRXYHUQHPHQWV VXFFHVVLIV RQW SX VDQV VH KHXUWHU j GHV REMHFWLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV FRQFHQWUHU OHV PR\HQV VXU FHUWDLQHV ]RQHV RX FHUWDLQV pWDEOLVVHPHQWV EpQp¿FLDQW j FH WLWUH GH FUpGLWV HW HIIHFWLIV UHQIRUFpV ± . et même à l’emploi public GRQW RQ VDLW TX¶LO IDLW O¶REMHW G¶XQH YLJLODQFH SDUWLFXOLqUH GH OD SDUW GX MXJH FRQVWLWXWLRQQHO GqV ORUV TXH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  H[FOXW HQ SULQFLSH OD SULVH HQ FRPSWH GH WRXW DXWUH FULWqUH TXH OHV YHUWXV HW OHV WDOHQWV R OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO Q¶DLW IDLW PRQWUH G¶XQH UHODWLYH VRXSOHVVH 6DQV PrPH LQYRTXHU OH SUpFpGHQW TXL GH WRXWH pYLGHQFH Q¶HVW SDV UHSURGXFWLEOH GH OD ORL RUJDQLTXH QR  GX  MDQYLHU  SRUWDQW SURPRWLRQ H[FHSWLRQQHOOH GHV )UDQoDLV PXVXOPDQV RULJLQDLUHV GHV GpSDUWHPHQWV G¶$OJpULH GDQV OD PDJLVWUDWXUH  RQ SHXW QRWDPPHQW UHOHYHU  ‡ TXH GDQV OH FRQWU{OH G¶XQH ORL UHODWLYH DX[ DVVLVWDQWV G¶pGXFDWLRQ  OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D MXJp © loisible au législateur d’instituer une priorité de recrutement en faveur des étudiants boursiers ª QRXV VRXOLJQRQV.

VRXV OD VHXOH UpVHUYH TXH FHOOHFL © s’applique à aptitudes égales ª GpFLVLRQ QR  '& GX  DYULO  /RL UHODWLYH DX[ DVVLVWDQWV G¶pGXFDWLRQ -2 GX  PDL  S .

 ‡ TXH SOXV DQFLHQQHPHQW OH &RQVHLO DYDLW DGPLV OD FUpDWLRQ G¶XQH YRLH VSpFL¿TXH GH UHFUXWHPHQW j O¶(1$ SRXU GHV UHVSRQVDEOHV V\QGLFDX[ RX DVVRFLDWLIV RX GHV pOXV ORFDX[  PRLQV TXH OD PHVXUH HQ HOOHPrPH j OD YpULWp ELHQ QDWXUHOOH F¶HVW OD PRWLYDWLRQ GH OD GpFLVLRQ GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO TXL UHWLHQW O¶DWWHQWLRQ MXJHDQW TXH © OH SULQFLSH GH O¶pJDO DFFqV GHV FLWR\HQV DX[ HPSORLV SXEOLFV […] ne s’oppose pas à ce que les règles de recrutement destinées à permettre l’appréciation des aptitudes et des qualités des candidats à l’entrée dans une école de formation ou dans un corps de fonctionnaires soient différenciées pour tenir compte tant de la variété des mérites à prendre en considération que de celle des besoins du service public ª QRXV VRXOLJQRQV.

GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU  Loi relative au statut général des fonctionnaires -2 GX  MDQYLHU  S .

 .

/D ORL DYDLW FHUWHV pWp YDOLGpH GpFLVLRQ QR  '& GX  MDQYLHU  Loi organique portant SURPRWLRQ H[FHSWLRQQHOOH GHV )UDQoDLV PXVXOPDQV GDQV OD PDJLVWUDWXUH HW PRGL¿DQW O¶RUGRQQDQFH no  GX  GpFHPEUH  -2 GX  MDQYLHU  S .

 PDLV RQ VH VLWXDLW DYDQW OD GpFLVLRQ GH  pODUJLVVDQW OH EORF GH FRQVWLWXWLRQQDOLWp DX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ .

Les réponses du comité 59 . &DWpJRULH GH SHUVRQQHOV D\DQW YRFDWLRQ j H[HUFHU GHV IRQFWLRQV G¶DVVLVWDQFH j O¶pTXLSH pGXFDWLYH QRWDPPHQW SRXU O¶HQFDGUHPHQW HW OD VXUYHLOODQFH GHV pOqYHV DLQVL TXH SRXU O¶DLGH j O¶DFFXHLO HW j O¶LQWpJUDWLRQ VFRODLUH GHV pOqYHV KDQGLFDSpV Deuxième partie .

ils ne sauraient. de la discrimination et de l’intégration peuvent porter sur des données objectives. sans méconnaître le principe énoncé par l’article 1er GH OD &RQVWLWXWLRQ UHSRVHU sur l’origine ethnique ou la race ª GpFLVLRQ QR  '& GX  QRYHPEUH  Loi relative à la maîtrise de l’immigration. pour un objet et une GXUpH OLPLWpV GHV GLVSRVLWLRQV j FDUDFWqUH H[SpULPHQWDO ª TXL YLHQQHQW pODUJLU OH FKDPS GHV SRVVLEOHV HW SRXUUDLHQW GHYHQLU XQH © formule originale et prometteuse d’encadrement à la française des mesures dérogatoires ou préférentielles susceptibles d’être mises en œuvre dans les domaines les plus variés  ª ± 5HVWH LO HVW YUDL OD TXHVWLRQ GHV statistiques ethniques GRQW OH FRPLWp SDV SOXV TXH O¶LPPHQVH PDMRULWp GHV VFLHQWL¿TXHV QH FRPSUHQGUDLW SDV TX¶HOOHV VRLHQW LQWHUGLWHV WDQW LO HVW YUDL TXH OD OXWWH FRQWUH OHV GLVFULPLQDWLRQV VXSSRVH GH SRXYRLU OHV PHVXUHU 8QH UpFHQWH GpFLVLRQ GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D MHWp OH WURXEOH j FHW pJDUG HQ FHQVXUDQW XQH GLVSRVLWLRQ OpJLVODWLYH TXL WHQGDLW j HQ SHUPHWWUH OD UpDOLVDWLRQ HQFDGUpH /H &RQVHLO V¶HVW IRQGp SRXU FH IDLUH VXU XQ GRXEOH PRWLI O¶XQ j WLWUH SULQFLSDO GH SURFpGXUH HW FLUFRQVWDQFLHO O¶DXWUH j WLWUH VXEVLGLDLUH WLUp GH FH TXH © si les traitements nécessaires à la conduite d’études sur la mesure de la diversité des origines des personnes. à l’intégration et à l’asile -2 GX  QRYHPEUH  S .– L’article 37-1 de la Constitution RIIUH HQ RXWUH G¶LQWpUHVVDQWHV SRWHQWLDOLWpV 'DQV VD UpGDFWLRQ LVVXH GH OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  PDUV  LO SUpYRLW TXH OD ORL HW OH UqJOHPHQW © peuvent comporter.

O LPSRVH LO HVW YUDL XQ FHUWDLQ QRPEUH GH FRQWUDLQWHV TXL WRXWHIRLV QH VRQW SDV VpULHXVHPHQW FRQWHVWDEOHV GDQV OHXU SULQFLSH ± RQ \ UHYLHQW GDQV XQ LQVWDQW ± HW TXL SHXYHQW rWUH V\QWKpWLVpHV FRPPH VXLW  . &HUWDLQV RQW GpGXLW GH FHWWH GpFLVLRQ j OD YpULWp VXUSUHQDQWH TXH OH &RQVHLO DYDLW GH OD VRUWH FRPSOqWHPHQW IHUPp OD SRUWH DX SULQFLSH PrPH GH VWDWLVWLTXHV SHUPHWWDQW GH FRQQDvWUH OHV KDQGLFDSV GRQW VRXIIUHQW OHV PLQRULWpV YLVLEOHV  /H FRPPHQWDLUH RI¿FLHO GH OD GpFLVLRQ DX[ &DKLHUV GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQnel LQYLWH WRXWHIRLV j XQH OHFWXUH PRLQV UDGLFDOH OH &RQVHLO Q¶D\DQW HQ IDLW SDV HQWHQGX VL O¶RQ VH ¿H j FHWWH H[SOLFLWDWLRQ V¶RSSRVHU j OD FROOHFWH GH GRQQpHV REMHFWLYHV WHOOHV TXH OH QRP O¶RULJLQH JpRJUDSKLTXH RX OD QDWLRQDOLWp DQWpULHXUH j OD QDWLRQDOLWp IUDQoDLVH QL PrPH DX WUDLWHPHQW GH GRQQpHV VXEMHFWLYHV FRPPH FHOOHV IRQGpHV VXU OH © ressenti d’appartenance ª 2U LO HVW SHUPLV GH SHQVHU TXH OD SULVH HQ FRPSWH GX QRP GH O¶RULJLQH JpRJUDSKLTXH RX GH OD QDWLRQDOLWp DQWpULHXUH j O¶DFTXLVLWLRQ GH OD QDWLRQDOLWp IUDQoDLVH WRXW FHOD pYHQWXHOOHPHQW MRLQW j OD FRQVLGpUDWLRQ GX © ressenti d’appartenance ª H[SULPp SDU OHV HQTXrWpV SRXUUDLW GRQQHU GHV UpVXOWDWV G¶XQH OLVLELOLWp ¿QDOHPHQW DVVH] FRPSDUDEOH j FHOOH TXH SHUPHWWUDLW OH PDQLHPHQW G¶XQ UpIpUHQWLHO GH W\SH HWKQRUDFLDO /H FRPLWp D GRQF FRQVLGpUp DX EpQp¿FH GH FHV H[SOLFDWLRQV TXH OD MXULVSUXGHQFH GH QRYHPEUH  QH MXVWL¿H SDV XQH PRGL¿FDWLRQ GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ $X WRWDO il apparaît au comité que le cadre constitutionnel actuel ne peut pas être regardé comme constituant un obstacle à la mise en œuvre de mesures DPELWLHXVHV G¶DFWLRQ SRVLWLYH VXVFHSWLEOHV GH EpQp¿FLHU QRWDPPHQW DX[ SRSXODWLRQV G¶RULJLQH pWUDQJqUH TXL VRXIIUHQW G¶XQ Gp¿FLW G¶LQWpJUDWLRQ dans la société française .

cit. * &DOYqV op. S  .

9RLU QRWDPPHQW O¶DQDO\VH GH 'RPLQLTXH 7XUSLQ 'DOOR]  S  60 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

± /D MXVWL¿DELOLWp G¶XQH PHVXUH GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH UHTXLHUW XQ FHUWDLQ QRPEUH GH FRQGLWLRQV  ‡ /RUVTX¶LO HVW SULQFLSDOHPHQW YLVp OH SDUDPqWUH GH O¶RULJLQH GRLW V¶LQFRUSRUHU GDQV XQ HQVHPEOH SOXV YDVWH HW DXWUHPHQW Gp¿QL VXU OD EDVH GH FULWqUHV FRQVWLWXWLRQQHOOHPHQW DFFHSWpV OD UpVRUSWLRQ GH GLI¿FXOWpV RX GH KDQGLFDSV OD UHFKHUFKH G¶XQ REMHFWLI G¶pJDOLVDWLRQ VRFLDOH RX WHUULWRULDOH HWF.

 ‡ /D GLVFULPLQDWLRQ HQYLVDJpH GRLW DSSDUDvWUH FRPPH XQ PR\HQ HIIHFWLYHPHQW HW REMHFWLYHPHQW DSSURSULp j OD ¿QDOLWp DLQVL GRQQpH SDU OD ORL ± /D PHVXUH SURMHWpH VHUD G¶DXWDQW PLHX[ DGPLVH GHYDQW OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO  ‡ TX¶HOOH WHQGUD j VDWLVIDLUH j XQH H[LJHQFH RX j XQ REMHFWLI GH QDWXUH FRQVWLWXWLRQQHOOH /D SRXUVXLWH GH O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV HVW HQ FH VHQV XQ ERQ YHFWHXU GH MXVWL¿FDWLRQ SDUFH TX¶HOOH V¶DSSXLH VXU OH GURLW j O¶pGXFDWLRQ 2Q SHXW pJDOHPHQW SHQVHU TXH OD QRWLRQ GH JDUDQWLH GHV GURLWV SUpYXH j O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  ± DYHF FH TX¶HOOH VHPEOH SRXYRLU VXSSRVHU GH UpIpUHQFH LPSOLFLWH j O¶LGpH G¶XQH JDUDQWLH HIIHFWLYH ± IRXUQLW XQH UHVVRXUFH LQWpUHVVDQWH  ‡ TXH OH EXW G¶LQWpUrW JpQpUDO SRXUVXLYL HW OH FDUDFWqUH SURSRUWLRQQp GH OD PHVXUH DX UHJDUG GHV LQWpUrWV HW YDOHXUV HQ SUpVHQFH VHURQW VRLJQHXVHPHQW GRFXPHQWpV GDQV O¶H[SRVp GHV PRWLIV OHV IXWXUHV pWXGHV G¶LPSDFW HW OHV DXWUHV WUDYDX[ SDUOHPHQWDLUHV ± pWDQW REVHUYp TXH GDQV FH WHVW GH SURSRUWLRQQDOLWp TXL UpVHUYH OHV TXRWDV j GHV FDV WUqV SDUWLFXOLHUV OH SRXYRLU G¶DSSUpFLDWLRQ GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶HVW HQ WRXW pWDW GH FDXVH SDV LGHQWLTXH j FHOXL GX OpJLVODWHXU 3. Le renoncement à la voie constitutionnelle au profit du développement des politiques concrètes d’action positive )DXWLO YRLU GDQV OHV FRQWUDLQWHV RX OHV SUpFDXWLRQV TX¶LPSRVH OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO F¶HVWjGLUH OH 3UpDPEXOH GDQV VD UpGDFWLRQ DFWXHOOH.

HW TXL YLHQQHQW G¶rWUH UDSSHOpHV OD PDUTXH G¶XQH UHJUHWWDEOH K\SRFULVLH " /H FRPLWp QH O¶D SDV SHQVp .O HVW YUDL TXH FRPPH OH VRXOLJQH 0PH &DOYqV OHV SROLWLTXHV VXVFHSWLEOHV G¶rWUH PLVHV HQ °XYUH GDQV FH FDGUH SHXYHQW HQ GpSLW GX UHIXV DI¿FKp GH WHQLU FRPSWH GH O¶RULJLQH GHV LQGLYLGXV GRQQHU l’équivalent fonctionnel d’une politique préférentielle centrée sur des groupes d’appartenance PrPH VL OH UHFRXSHPHQW HVW SDUWLHO HW FRQWLQJHQW &KDFXQ VDLW TXH OHV IDPLOOHV LVVXHV GH O¶LPPLJUDWLRQ VRQW VRXYHQW GHV IDPLOOHV QRPEUHXVHV DX[ HQIDQWV VDQV GLSO{PH HW VDQV HPSORL TXL YLYHQW GDQV GHV TXDUWLHUV GpIDYRULVpV 0DLV ORLQ G¶rWUH FULWLTXDEOH OH IDLW TX¶HOOHV © permettent d’atteindre. dans d’autres pays. sans les QRPPHU H[SUHVVpPHQW HW VXUWRXW VDQV OHV GpVLJQHU H[FOXVLYHPHQW OHV PHPEUHV de groupes qui. seraient appréhendés comme des groupes HWKQLTXHV RX UDFLDX[  ª HVW XQH condition même de leur légitimité et de leur .

cit.Les réponses du comité 61 . * &DOYqV op. S  Deuxième partie .

sous réserve de cet interdit. le cadre constitutionnel constitue un obstacle pour la mise en œuvre de politiques DPELWLHXVHV GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH O¶HQWUHSULVH FRQVLVWDQW j PRGL¿HU OH 3UpDPEXOH OXL HVW ¿QDOHPHQW DSSDUXH YDLQH HW SRXU WRXW GLUH WURPSHXVH 6DQV GRXWH OD SRUWpH V\PEROLTXH HW SROLWLTXH G¶XQH PRELOLVDWLRQ GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW VXU FH VXMHW QH OXL DWHOOH SDV pFKDSSp 0DLV SUpFLVpPHQW  HOOH VHUDLW source de graves malentendus GDQV OD PHVXUH R HOOH QH FKDQJHUDLW ULHQ GH VXEVWDQWLHO j OD QDWXUH RX j O¶pWHQGXH GHV DFWLRQV SRVLWLYHV VXVFHSWLEOHV G¶rWUH PLVHV HQ °XYUH QL SDU VXLWH j OD VLWXDWLRQ FRQFUqWH GHV SRSXODWLRQV FRQFHUQpHV /D VHXOH FRQVpTXHQFH LQGLVFXWDEOH VHUDLW OD GLIIXVLRQ G¶XQ VHQWLPHQW GH IUXVWUDWLRQ GRQW O¶XWLOLWp QH V¶LPSRVH j DXFXQ WLWUH 6¶DMRXWDQW DX[ LQFRQYpQLHQWV LQWULQVqTXHV GH FKDFXQH GHV UpGDFWLRQV HQYLVDJpHV OH VRXFL GH SUpVHUYHU OD FUpGLELOLWp GH O¶DFWH FRQVWLWXDQW HW GH O¶DFWLRQ SROLWLTXH HQ JpQpUDO HVW GRQF DSSDUX DX FRPLWp FRPPH XQ PRWLI SRXU QH SDV V¶HQJDJHU GDQV FHWWH YRLH Autrement vertueuse et utile lui est apparue la perspective de voir se préparer et se mettre en œuvre les politiques publiques correctives ambitieuses et concrètes que permettent la Constitution et son Préambule WHOV TX¶LOV VRQW DXMRXUG¶KXL HQ YLJXHXU /H FRPLWp D UHOHYp j WLWUH G¶H[HPSOH TXH OH WRXW UpFHQW UDSSRUW GH 0 0LFKHO :LHYRUND VXU La Diversité dans l’enseignement supérieur et la recherche  IRUPXOH GH QRPEUHXVHV UHFRPPDQGDWLRQV TXL V¶LQVFULYHQW SDUIDLWHPHQW GDQV FHWWH GpPDUFKH DYHF QRWDPPHQW O¶H[WHQVLRQ GH SURFpGXUHV VSpFLDOHV GH UHFUXWHPHQW WHOOHV TXH FHOOH PLVH HQ °XYUH j O¶.QVWLWXW G¶pWXGHV SROLWLTXHV GH 3DULV GHSXLV SOXVLHXUV DQQpHV PDLQWHQDQW /H UDSSRUW GH 0PH *HQHYLqYH &DOYqV VXU /H 5HQRXYHOOHPHQW GpPRJUDSKLTXH GH OD IRQFWLRQ SXEOLTXH GH O¶eWDW  YHUV XQH intégration prioritaire des Français issus de l’immigration  ? DYDLW GH OD PrPH PDQLqUH IRUPXOp GH QRPEUHXVHV HW LQWpUHVVDQWHV SLVWHV GH UpÀH[LRQ HW G¶DFWLRQ /H UDSSRUW GH 0 &ODXGH %pEpDU  'HV HQWUHSULVHV DX[ FRXOHXUV GH OD )UDQFH  FRPSRUWH pJDOHPHQW GHV UHFRPPDQGDWLRQV TXL Q¶RQW SDV WRXWHV pWp H[SORLWpHV SDU H[HPSOH OH &9 DQRQ\PH (Q¿Q LO IDXW UDSSHOHU TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶D ULHQ WURXYp j UHGLUH j OD GLVSRVLWLRQ GRQQDQW DX &RQVHLO VXSpULHXU GH O¶DXGLRYLVXHO OH SRXYRLU GH YHLOOHU DXSUqV GHV pGLWHXUV GH VHUYLFHV DXGLRYLVXHOV j FH TXH OD SURJUDPPDWLRQ UHÀqWH OD GLYHUVLWp GH OD VRFLpWp IUDQoDLVH G¶HQ UHQGUH .acceptabilité GDQV OH PR\HQ WHUPH /H UHFXO GH OD GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH j IRQGHPHQW HWKQLTXH DX[ eWDWV8QLV HVW Oj SRXU OH GpPRQWUHU /HV IRUPXOHV TXH OH FRPLWp D j WHOOH RX WHOOH pWDSH GH VHV WUDYDX[ OH SOXV VpULHXVHPHQW HQYLVDJpHV HW TXL VH VLWXDLHQW UHVSHFWLYHPHQW VXU OH WHUUDLQ GH O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV HW GH O¶HIIHFWLYLWp GHV GURLWV Q¶DYDLHQW HQ WRXW pWDW GH FDXVH GDQV VRQ HVSULW QL SRXU REMHW QL SRXU HIIHW GH UHPHWWUH HQ FDXVH OH © color blindness ª GHV SROLWLTXHV IUDQoDLVHV GH GLVFULPLQDWLRQ SRVLWLYH La démonstration n’étant pas faite que.

5REHUW /DIIRQW  .

/D 'RFXPHQWDWLRQ IUDQoDLVH  .

5DSSRUW DX 3UHPLHU PLQLVWUH /D 'RFXPHQWDWLRQ IUDQoDLVH  62 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

économique et sociale du pays ª RX HQFRUH TXH OHV GLYHUVHV GLUHFWLYHV FRPPXQDXWDLUHV GH OXWWH FRQWUH OHV GLVFULPLQDWLRQV DXWRULVHQW VRXV OH YRFDEOH G¶DFWLRQ SRVLWLYH OHV PHVXUHV GHVWLQpHV © pour assurer la pleine égalité dans la pratique ª j © prévenir ou compenser des désavantages ª 6¶LQVSLUDQW SRXU SDUWLH GH FHV SUpFpGHQWV LO D GLVFXWp DYHF VRLQ OHV PpULWHV GH GHX[ IRUPXODWLRQV FRQFHYDEOHV SRXU GRQQHU FRUSV j O¶LGpH GH FRPSHQVDWLRQ SDU OH GURLW GHV KDQGLFDSV GH IDLW UHQFRQWUpV SDU FHUWDLQV JURXSHV RX LQGLYLGXV  ± /D SUHPLqUH GRQW LO V¶HVW ¿QDOHPHQW PDLV QHWWHPHQW GpWRXUQp HVW FHOOH TXL DXUDLW FRQVLVWp j PHWWUH O¶DFFHQW VXU O¶LGpH G¶effectivité HQ DXWRULVDQW OH OpJLVODWHXU ± VRLW j WLWUH SHUPDQHQW VRLW j WLWUH WHPSRUDLUH  ± j SUHQGUH GDQV XQ EXW G¶LQWpUrW JpQpUDO HW GDQV OD PHVXUH VWULFWHPHQW QpFHVVDLUH j O¶XWLOLWp FRPPXQH OHV PHVXUHV VXVFHSWLEOHV G¶DVVXUHU GH PDQLqUH HIIHFWLYH j WRXWH SHUVRQQH OD JDUDQWLH VRLW GX SULQFLSH G¶pJDOLWp VRLW SOXV ODUJHPHQW GH O¶HQVHPEOH GHV SULQFLSHV UHFRQQXV SDU OH 3UpDPEXOH &HWWH VROXWLRQ D FHSHQGDQW pWp pFDUWpH 2XWUH TXH FHWWH SUpRFFXSDWLRQ G¶HIIHFWLYLWp HVW GpMj SUpVHQWH GH PDQLqUH VRXVMDFHQWH GDQV O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  VHORQ OHTXHO © toute société dans laquelle la . en limitant dans les faits la liberté et l’égalité des citoyens. s’opposent au plein épanouissement de la personne humaine et à la participation effective de tous les travailleurs à l’organisation politique.FRPSWH GDQV VRQ UDSSRUW DQQXHO HW G¶DGUHVVHU GHV UHFRPPDQGDWLRQV DX[ FKDvQHV GH UDGLR HW GH WpOpYLVLRQ  6RXFLHX[ QpDQPRLQV GH SRXVVHU O¶H[HUFLFH j VRQ WHUPH OH FRPLWp D pWXGLp OHV UpGDFWLRQV TXL DXUDLHQW H[SULPp OH SOXV FODLUHPHQW HW DYHF OH PRLQV G¶DPELJXwWpV SRVVLEOH O¶LGpH GH PDQLIHVWHU DX QLYHDX GX VRFOH GHV YDOHXUV OHV SOXV IRQGDPHQWDOHV GX SDFWH UpSXEOLFDLQ O¶LPSRUWDQFH TXL V¶DWWDFKH j OD SURPRWLRQ GH O¶pJDOLWp GHV FKDQFHV HW GH FRPEOHU O¶pFDUW j OD YpULWp H[WUrPHPHQW PLQFH j VHV \HX[ HQWUH FH TX¶LO HVW GpMj SHUPLV DYHF FHUWLWXGH GH IDLUH HW FH TXH O¶RQ SRXUUDLW UDLVRQQDEOHPHQW YRXORLU PHWWUH HQ °XYUH /D QRWLRQ G¶équité XQ WHPSV HQYLVDJpH D pWp UDSLGHPHQW pFDUWpH PRWLI SULV GH FH TX¶HOOH HVW WURS YDJXH WURS DPELJXs HW VXVFHSWLEOH GH IDLUH O¶REMHW GH WRXWHV VRUWHV G¶XWLOLVDWLRQV /H FRQFHSW G¶pTXLWp TXL G¶DLOOHXUV QH ¿JXUH GDQV OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW OD MXULVSUXGHQFH GH OD &RXU GH 6WUDVERXUJ TXH VRXV O¶DQJOH SURFpGXUDO DYHF OD QRWLRQ GH © procès équitable ª D VHPEOp HQ RXWUH ODLVVHU XQH WURS JUDQGH PDUJH GH PDQ°XYUH DX OpJLVODWHXU HW VXUWRXW DX MXJH OH ULVTXH pWDQW GH YRLU FHOXLFL VH WUDQVIRUPHU HQ FHOXLOj 7RXUQDQW VHV UHJDUGV YHUV O¶pWUDQJHU OH FRPLWp D UHOHYp TXH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ LWDOLHQQH WRXW HQ SUpYR\DQW O¶pJDOLWp GHYDQW OD ORL GH WRXV OHV FLWR\HQV VDQV GLVWLQFWLRQ GH VH[H GH UDFH GH ODQJXH GH UHOLJLRQ G¶RSLQLRQV SROLWLTXHV GH FRQGLWLRQV SHUVRQQHOOHV HW VRFLDOHV DI¿UPH TX¶© il appartient à la République d’écarter les obstacles d’ordre économique et social qui.

$UWLFOH  GH OD ORL QR  GX  VHSWHPEUH  UHODWLYH j OD OLEHUWp GH FRPPXQLFDWLRQ GDQV VD UpGDFWLRQ LVVXH GH OD ORL QR  GX  PDUV  .

8Q GpEDW V¶HVW IDLW MRXU DX VHLQ GX FRPLWp HW ORUV GHV DXGLWLRQV DX[TXHOOHV LO D SURFpGp VXU O¶RSSRUWXQLWp G¶LQVFULUH GDQV OH 3UpDPEXOH GHV GLVSRVLWLRQV j FDUDFWqUH WHPSRUDLUH I€WFH SRXU XQH SpULRGH LQGpWHUPLQpH &HUWDLQV YRLU SDUPL G¶DXWUHV O¶DXGLWLRQ GH 0 0DUFHO *DXFKHW.

RQW VRXWHQX TXH OD &RQVWLWXWLRQ TXL LQFDUQH QRUPDOHPHQW OD VWDELOLWp SROLWLTXH DX PLOLHX GHV PXWDWLRQV GH QRWUH VRFLpWp Q¶D SDV YRFDWLRQ j LQWpJUHU GHV GURLWV HW OLEHUWpV WUDQVLWRLUHV PDLV GRLW DX FRQWUDLUH FRQWHQLU GHV SULQFLSHV LPPXDEOHV Deuxième partie .Les réponses du comité 63 .

L’état du droit avant la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 -XVTX¶j OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  O¶H[LJHQFH GH SOXUDOLVPH GH OD SUHVVH RX GHV PpGLDV HQ JpQpUDO QH ¿JXUDLW SDV HQ WDQW TXH WHOOH GDQV le texte de la Constitution de la Ve République. Le pluralisme des courants d’expression et des médias 1. ª 5pSRQGDQW j XQH DVSLUDWLRQ ELHQ UpHOOH HW VXVFHSWLEOH GH GRQQHU XQ IRQGHPHQW Gp¿QLWLYHPHQW LQGLVFXWDEOH j GHV PHVXUHV G¶DFWLRQ SRVLWLYH VDQV SRXU DXWDQW SRUWHU DWWHLQWH j WRXV OHV SULQFLSHV FHWWH UpGDFWLRQ Q¶HVW FHSHQGDQW SDV QRQ SOXV GpSRXUYXH G¶LQFRQYpQLHQWV  OH WHUPH G¶pJDOLWp GHV FKDQFHV LO HVW YUDL FRQVDFUp SDU OH OpJLVODWHXU RUGLQDLUH HVW G¶XQH SRUWpH HW G¶XQH QRUPDWLYLWp WURS LQFHUWDLQHV SRXU TX¶LO SXLVVH rWUH UHFRPPDQGp VDQV KpVLWDWLRQ GH O¶LQVFULUH GDQV OH 3UpDPEXOH 2Q DMRXWHUD TX¶LO HVW ODUJHPHQW UHGRQGDQW DYHF OH GL[LqPH DOLQpD GX 3UpDPEXOH GH  TXL HQWHQG GpMj JDUDQWLU j O¶LQGLYLGX HW j OD IDPLOOH © les conditions nécessaires à leur développement ª 3RXU VD SDUW HW SRXU OHV UDLVRQV GpMj H[SRVpHV FLGHVVXV OH FRPLWp D FUX SOXV XWLOH SOXV HI¿FDFH HW SRXU WRXW GLUH SOXV FRQIRUPH DX[ DWWHQWHV OpJLWLPHPHQW SODFpHV SDU O¶RSLQLRQ GDQV O¶DFWLRQ SROLWLTXH GH SRXUVXLYUH G¶pWHQGUH HW G¶DPSOL¿HU OHV DFWLRQV TXL SHXYHQW G¶RUHV HW GpMj rWUH HQWUHSULVHV GDQV OH FDGUH FRQVWLWXWLRQQHO DFWXHO D. de UDFH RX GH UHOLJLRQ  elle promeut l’égalité des chances. ni dans celui des différents éléments composant son Préambule  DEVHQWH GX PRLQV VRXV FHWWH IRUPH GH OD 'pFODUDWLRQ GH  HOOH Q¶HVW SDV GDYDQWDJH DX QRPEUH GHV © principes particulièrement nécessaires à notre temps ª pQRQFpV SDU OH 3UpDPEXOH GH OD 64 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .garantie des droits n’est pas assurée >@ Q¶D SRLQW GH &RQVWLWXWLRQ ª LO D VHPEOp j OD PDMRULWp GX FRPLWp TXH F¶HVW DX OpJLVODWHXU RUGLQDLUH HW QRQ j OD &RQVWLWXWLRQ HOOHPrPH GH GRQQHU OHV JDUDQWLHV GH VRQ HIIHFWLYLWp SDU OD Gp¿QLWLRQ GH SROLWLTXHV HW SURFpGXUHV FRQFUqWHV /¶DXWRDI¿UPDWLRQ SDU OH WH[WH FRQVWLWXWLRQQHO GH VD SURSUH HIIHFWLYLWp ULVTXH IRUW VRLW GH OH GpFUpGLELOLVHU HW GRQF GH OH GpYDORULVHU VRLW GH FRQVDFUHU GH PDQLqUH JpQpUDOH HW QRQ PDvWULVDEOH XQH ORJLTXH GH GURLWV RSSRVDEOHV GRQW RQ QH SHXW VpULHXVHPHQW PHVXUHU QL OH FR€W QL OHV HIIHWV YpULWDEOHV ± /D VHFRQGH SLVWH j OD UpÀH[LRQ SOXV VDWLVIDLVDQWH VHUDLW GLUHFWHPHQW IRQGpH VXU OD QRWLRQ G¶égalité des chances TXL YLHQGUDLW FRPSOpWHU OD GHX[LqPH SKUDVH GH O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ GH OD PDQLqUH VXLYDQWH  © Elle >OD 5pSXEOLTXH@ assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine.

&RQVWLWXWLRQ GH  QL GHV © SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQQXV SDU OHV ORLV GH OD République ª TXL \ VRQW pJDOHPHQW YLVpV  &¶HVW GRQF SDU XQ raisonnement constructif TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D VXU OH IRQGHPHQW GHV GLVSRVLWLRQV GH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH   HQFDGUp O¶DFWLRQ GX OpJLVODWHXU HQ OXL LPSRVDQW GH YHLOOHU j OD SUpVHUYDWLRQ GX SOXUDOLVPH HQ SDUWLFXOLHU SDU GHV GLVSRVLWLIV DSSURSULpV GH FRQWU{OH GHV FRQFHQWUDWLRQV GDQV OHV PpGLDV 6DLVL G¶XQH ORL TXL DYDLW QRWDPPHQW SRXU REMHW G¶LQVWDXUHU GDQV OD SUHVVH pFULWH GHV VHXLOV DQWLFRQFHQWUDWLRQ OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D GDQV VD GpFLVLRQ GX  RFWREUH   G¶DERUG HVWLPp TXH OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ FRQVDFUpH SDU O¶DUWLFOH  pWDLW G¶DXWDQW SOXV SUpFLHXVH TXH VRQ H[HUFLFH pWDLW O¶XQH GHV JDUDQWLHV HVVHQWLHOOHV GX UHVSHFW GHV DXWUHV GURLWV HW OLEHUWpV HW GH OD VRXYHUDLQHWp QDWLRQDOH Il a ensuite considéré que le pluralisme des quotidiens d’information politique et générale était en lui-même un objectif de valeur constitutionnelle DX PRWLI TXH OD OLEUH FRPPXQLFDWLRQ GHV SHQVpHV HW GHV RSLQLRQV QH VHUDLW SDV HIIHFWLYH VL OH SXEOLF DXTXHO V¶DGUHVVHQW FHV TXRWLGLHQV Q¶pWDLW SDV j PrPH GH GLVSRVHU G¶XQ QRPEUH VXI¿VDQW GH SXEOLFDWLRQV GH WHQGDQFHV HW GH FDUDFWqUHV GLIIpUHQWV .O D HQ¿Q pQRQFp SRXU SUpFLVHU VRQ UDLVRQQHPHQW TXH O¶REMHFWLI j DWWHLQGUH pWDLW HQ Gp¿QLWLYH © que les lecteurs. qui sont au nombre des destinataires essentiels de la liberté proclamée par l’article 11 de la Déclaration de  VRLHQW j PrPH G¶H[HUFHU OHXU OLEUH FKRL[ VDQV TXH QL OHV LQWpUrWV SULYpV QL les pouvoirs publics puissent y substituer leurs propres décisions ni qu’on puisse en faire l’objet d’un marché ª 'HX[ DQV SOXV WDUG LO D WUDQVSRVp FHWWH MXULVSUXGHQFH j OD UDGLR HW j OD WpOpYLVLRQ j O¶RFFDVLRQ GH O¶H[DPHQ GH OD ORL UHODWLYH j OD FRPPXQLFDWLRQ DXGLRYLVXHOOH  HVWLPDQW TXH GH PDQLqUH JpQpUDOH © la préservation du caractère pluraliste des FRXUDQWV G¶H[SUHVVLRQ VRFLRFXOWXUHOV ª GRQW OH UHVSHFW HVW © une des conditions de la démocratie ª HVW XQ REMHFWLI GH YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH &H FRQVLGpUDQW GH SULQFLSH D GHSXLV pWp FRQVWDPPHQW UHSULV  VHXOH OD WHUPLQRORJLH D\DQW pYROXp SXLVTXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO SUpIqUH GpVRUPDLV OD IRUPXOH SOXV VLPSOH GH « pluralisme des courants de pensée et d’opinion  » &HWWH FRQVWUXFWLRQ MXULVSUXGHQWLHOOH D pWp OH SURGXLW G¶XQH SULVH GH FRQVFLHQFH IDYRULVpH SDU OHV PXWDWLRQV pFRQRPLTXHV HW WHFKQRORJLTXHV WRXFKDQW OD SUHVVH HW OH VHFWHXU DXGLRYLVXHO .

)DXWH SRXU OH OpJLVODWHXU G¶rWUH LQWHUYHQX GDQV FHWWH PDWLqUH DYDQW  .

© /D OLEUH FRPPXQLFDWLRQ GHV SHQVpHV HW GHV RSLQLRQV HVW XQ GHV GURLWV OHV SOXV SUpFLHX[ GH O¶KRPPH  WRXW FLWR\HQ SHXW GRQF SDUOHU pFULUH LPSULPHU OLEUHPHQW VDXI j UpSRQGUH GH O¶DEXV GH cette liberté dans les cas déterminés par la loi ª .

 RFWREUH  QR  '& Loi visant à limiter la concentration et à assurer la transpaUHQFH ¿QDQFLqUH HW OH SOXUDOLVPH GHV HQWUHSULVHV GH SUHVVH -2 GX  RFWREUH  S  .

 VHSWHPEUH  QR  '& Loi relative à la liberté de communication -2 GX  VHSWHPEUH  S  .

&¶HVWjGLUH FKDTXH IRLV TXH OD ORL GX  VHSWHPEUH  D pWp PRGL¿pH  Y HQ GHUQLHU OLHX &&  IpYULHU  QR  '& Loi relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur -2 GX  PDUV  S  .

HU MXLOOHW  QR  '& /RL UHODWLYH DX[ FRPPXQLFDWLRQV pOHFWURQLTXHV HW DX[ VHUYLFHV de communication audiovisuelle -2 GX  MXLOOHW  S    IpYULHU  QR  '& SUpF QRWH  Deuxième partie .Les réponses du comité 65 .

/HV SUpRFFXSDWLRQV UHODWLYHV j OD FRQFHQWUDWLRQ GDQV OH GRPDLQH GHV PpGLDV VRQW LO HVW YUDL DQWpULHXUHV DX GpEXW GHV DQQpHV  $X OHQGHPDLQ GH OD 6HFRQGH *XHUUH PRQGLDOH GpMj XQH Pp¿DQFH FHUWDLQH V¶pWDLW LQVWDOOpH j O¶pJDUG GHV JUDQGV pGLWHXUV GH SUHVVH HQ UHODWLRQ QRWDPPHQW DYHF OH U{OH TXL OHXU pWDLW DWWULEXp GDQV OD GpIDLWH YRLUH GDQV OD FROODERUDWLRQ DYHF O¶HQQHPL &¶HVW j FHWWH pSRTXH TXH OH UpJLPH SDUWLFXOLHU GH OD GLVWULEXWLRQ GH OD SUHVVH D pWp LQVWLWXp HW TXH O¶DJHQFH )UDQFH3UHVVH D EpQp¿FLp G¶XQ VWDWXW SXEOLF /¶RUGRQQDQFH GX  DR€W  UHODWLYH j O¶RUJDQLVDWLRQ GH OD SUHVVH IUDQoDLVH SUpSDUpH SDU OH &RQVHLO QDWLRQDO GH OD 5pVLVWDQFH HW YRWpH SDU O¶$VVHPEOpH FRQVXOWDWLYH j $OJHU FRPSRUWDLW HQ RXWUH GHV PHVXUHV GH WUDQVSDUHQFH REOLJDWLRQ pWDQW IDLWH DX[ LQWpUHVVpV GH IDLUH FRQQDvWUH DX SXEOLF OD FRPSRVLWLRQ GX FDSLWDO GHV VRFLpWpV pGLWULFHV DLQVL TXH OHV QRPV HW TXDOLWpV GH FHX[ TXL HQ DYDLHQW HQ GURLW RX HQ IDLW OD GLUHFWLRQ /D QpFHVVLWp GH UHQIRUFHU FH GLVSRVLWLI HVW DSSDUXH j OD ¿Q GHV DQQpHV  DX PRPHQW PrPH R SDU DLOOHXUV OHV ERXOHYHUVHPHQWV DIIHFWDQW OD UDGLRGLIIXVLRQ DSSHODLHQW OD PLVH HQ SODFH G¶XQ UpJLPH VSpFL¿TXH /HV PRXYHPHQWV GH FRQFHQWUDWLRQ GDQV OD SUHVVH pFULWH DYHF OD PRQWpH HQ SXLVVDQFH GX JURXSH +HUVDQW G¶XQH SDUW O¶DXJPHQWDWLRQ GX QRPEUH GH IUpTXHQFHV GLVSRQLEOHV OH UHWUDLW SURJUHVVLI GH O¶eWDW HW O¶pPHUJHQFH G¶DFWHXUV SULYpV GDQV OD UDGLR SXLV GDQV OD WpOpYLVLRQ G¶DXWUH SDUW RQW FRQYHUJp SRXU GRQQHU XQH XUJHQFH j OD SUREOpPDWLTXH GH OD FRQFHQWUDWLRQ GDQV OHV PpGLDV HQ JpQpUDO (Q DR€W  OH &RQVHLO pFRQRPLTXH HW VRFLDO UHQGDLW DLQVL XQ DYLV VXU OD JHVWLRQ GHV HQWUHSULVHV GH SUHVVH VH IRQGDQW VXU XQ UDSSRUW pWDEOL VRXV OD GLUHFWLRQ GH *HRUJHV 9HGHO j OD GHPDQGH GX JRXYHUQHPHQW HW GHYDQW SHUPHWWUH j FHOXLFL © d’apprécier les diverses mesures qui seraient susceptibles de maintenir et d’accentuer le pluralisme en ce domaine  ª /H OpJLVODWHXU D ¿QDOHPHQW pWp FRQYDLQFX G¶LQWHUYHQLU DX GpEXW GHV DQQpHV  GRQQDQW DLQVL O¶RFFDVLRQ DX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GH ¿[HU VD MXULVSUXGHQFH HQ OD PDWLqUH  &HOOHFL LPSRVH QRWDPPHQW DX OpJLVODWHXU GH YHLOOHU j OLPLWHU OD FRQFHQWUDWLRQ GDQV OHV PpGLDV FH TXL HVW O¶REMHW HQ O¶pWDW DFWXHO GX GURLW GH OD ORL QR  GX HU DR€W  PRGL¿pH V¶DJLVVDQW GH OD SUHVVH pFULWH HW GH OD ORL QR  GX  VHSWHPEUH  UHODWLYH j OD OLEHUWp GH FRPPXQLFDWLRQ V¶DJLVVDQW GH O¶DXGLRYLVXHO (Q HIIHW le Conseil constitutionnel ne s’est pas borné à ériger la sauvegarde du pluralisme en objectif de valeur constitutionnelle : il a également établi un lien entre cet objectif et les moyens d’y parvenir 'DQV XQH GpFLVLRQ GX  MXLOOHW  LO D DLQVL MXJp TX¶LO LQFRPEDLW DX OpJLVODWHXU GH © prévenir. par des mécanismes appropriés. le contrôle par un actionnaire dominant d’une part trop importante du paysage audiovisuel  ª FRQVLGpUDQW LPSOLFLWHPHQW TXH OHV DXWUHV LQVWUXPHQWV j OD GLVSRVLWLRQ GHV SRXYRLUV SXEOLFV SRXU SURPRXYRLU OH SOX- .

-RXUQDO RI¿FLHO $YLV HW UDSSRUWV GX &RQVHLO pFRQRPLTXH HW VRFLDO  DR€W  QR  .

6XU FHV DVSHFWV KLVWRULTXHV HW VXU OD SUpVHQWDWLRQ GH OD MXULVSUXGHQFH OH FRPLWp V¶HVW UpIpUp QRWDPPHQW DX UDSSRUW DX 3UHPLHU PLQLVWUH GH OD FRPPLVVLRQ GH UpÀH[LRQ VXU OHV SUREOqPHV GH FRQFHQWUDWLRQ GDQV OH GRPDLQH GHV PpGLDV GpFHPEUH  .

 MXLOOHW  QR  '& /RL PRGL¿DQW OD ORL Qo  GX  VHSWHPEUH  UHODWLYH à la liberté de communication -2 GX  DR€W  S  66 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

UDOLVPH FRQWU{OH VXU OHV FRQWHQXV«.

O D SDU H[HPSOH FHQVXUp OH GLVSRVLWLI DQWLFRQFHQWUDWLRQ TXL HQ VHSWHPEUH  GHYDLW VH VXEVWLWXHU j FHOXL LQVWLWXp GDQV O¶DXGLRYLVXHO SDU OHV DUWLFOHV  j  GH OD ORL QR  GX  MXLOOHW  PRGL¿pH  'H PrPH LO D GpFODUp QRQ FRQIRUPH j OD &RQVWLWXWLRQ OH UpJLPH Gp¿QL j O¶pWp  SRXU OD SUHVVH pFULWH OH VHXLO GH GLIIXVLRQ TX¶LO LQVWLWXDLW SRXYDQW rWUH WURS IDFLOHPHQW FRQWRXUQp  (Q¿Q V¶LO D DGPLV HQ  OH UHOqYHPHQW GH  j  GH OD SDUW PD[LPDOH TX¶XQH PrPH SHUVRQQH SK\VLTXH RX PRUDOH SHXW GpWHQLU GLUHFWHPHQW RX LQGLUHFWHPHQW GDQV OH FDSLWDO G¶XQH VRFLpWp GH WpOpYLVLRQ KHUW]LHQQH F¶HVW HQ REVHUYDQW TX¶LO Q¶pWDLW SDV GpURJp DX[ DXWUHV UqJOHV DVVXUDQW OD SURWHFWLRQ GX SOXUDOLVPH HW TXH OD SRUWpH GX FRQWU{OH GH FRQFHQWUDWLRQ pWDLW SDU DLOOHXUV UHQIRUFpH  3RXU DXWDQW PDLV F¶HVW OH FDV SRXU WRXW SULQFLSH FRQVWLWXWLRQQHO OHV H[LJHQFHV TXH IDLW SHVHU VXU OH OpJLVODWHXU O¶REMHFWLI GH VDXYHJDUGH GX SOXUDOLVPH QH VRQW SDV DEVROXHV  HOOHV GRLYHQW rWUH FRQFLOLpHV DYHF G¶DXWUHV UqJOHV RX SULQFLSHV GH PrPH YDOHXU MXULGLTXH HW QRWDPPHQW DYHF OD OLEHUWp G¶HQWUHSUHQGUH /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D DLQVL MXJp TXH OH OpJLVODWHXU GRLW WHQLU FRPSWH GHV FRQWUDLQWHV WHFKQLTXHV HW GHV QpFHVVLWpV pFRQRPLTXHV SURSUHV DX VHFWHXU ± SDUPL OHVTXHOOHV LO DYDLW UDQJp GDQV VD GpFLVLRQ SUpFLWpH GX  MDQYLHU  OH EHVRLQ G¶HQFRXUDJHU OHV LQYHVWLVVHPHQWV SULYpV SRXU TXH VH FRQVWLWXHQW GHV JURXSHV DSWHV j DIIURQWHU OD FRQFXUUHQFH LQWHUQDWLRQDOH ± HW YHLOOHU j FH TXH O¶DSSOLFDWLRQ GHV UqJOHV TX¶LO pGLFWH QH OLPLWH SDV OD OLEHUWp G¶HQWUHSUHQGUH GDQV GHV SURSRUWLRQV H[FHVVLYHV DX UHJDUG GH O¶REMHFWLI FRQVWLWXWLRQQHO GH SOXUDOLVPH  $X WRWDO O¶pTXLOLEUH DLQVL Gp¿QL Q¶HVW JXqUH pORLJQp GH FHOXL TXL HVW SUpYX par la Charte européenne des droits fondamentaux TXL VWLSXOH HQ VRQ DUWLFOH  TXH © la liberté des médias et leur pluralisme sont respectés ª HW TXH OH GURLW j OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ FRPSUHQG OD OLEHUWp GH UHFHYRLU RX GH FRPPXQLTXHU GHV LQIRUPDWLRQV RX GHV LGpHV © sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques >@ ª . Q¶DSSRUWDLHQW SDV GH JDUDQWLH VXI¿VDQWH j FHW pJDUG 6DQV GRXWH OH &RQVHLO Q¶DWLO H[SUHVVpPHQW pQRQFp FHWWH REOLJDWLRQ TXH SRXU O¶DXGLRYLVXHO HW HQ UDSSHODQW j WLWUH GH MXVWL¿FDWLRQ OD UDUHWp SHUVLVWDQWH TXRLTXH PRLQV pYLGHQWH TXH SDU OH SDVVp GH OD UHVVRXUFH UDGLRpOHFWULTXH 0DLV LO SHXW rWUH DGPLV TX¶HOOH YDXW GH PDQLqUH JpQpUDOH SRXU O¶HQVHPEOH GHV PpGLDV /¶REMHFWLI GH VDXYHJDUGH GX SOXUDOLVPH TXL D SRXU IRQGHPHQW OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ SHXW DLQVL MXVWL¿HU GHV UHVWULFWLRQV j FHWWH GHUQLqUH OD OLEHUWp GX OHFWHXU GH O¶DXGLWHXU RX GX WpOpVSHFWDWHXU GHYDQW SULPHU VXU FHOOH GH O¶pGLWHXU /D IHUPHWp GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO QH V¶HVW SDV OLPLWpH DX UDSSHO GHV SULQFLSHV .

'pFLVLRQ SUpFLWpH GX  VHSWHPEUH  .

 MXLOOHW  QR  '& Loi portant réforme du régime juridique de la presse -2 GX  MXLOOHW  S  .

 MDQYLHU  QR  '& GX  MDQYLHU  /RL PRGL¿DQW OD ORL Qo  GX  VHSWHPEUH  UHODWLYH j OD OLEHUWp GH FRPPXQLFDWLRQ -2 GX  MDQYLHU  S   OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D QRWDPPHQW UHOHYp TXH OH OpJLVODWHXU DYDLW SUpFLVp TXH O¶LQWHUGLFWLRQ V¶DSSOLTXDLW j WRXW DFWLRQQDLUH © agissant seul ou de concert ª FH TXL pWDLW GH QDWXUH j UHQIRUFHU O¶HI¿FDFLWp GH OD ORL .

éducatif et culturel -2 GX  MXLOOHW  S  Deuxième partie .Les réponses du comité 67 .  MXLOOHW  SUpF QRWH  HW  MXLOOHW  QR  '& Loi portant diverses dispositions d’ordre social.

(QWHQGX SDU OH FRPLWp OH SUpVLGHQW GX &RQVHLO VXSpULHXU GH O¶DXGLRYLVXHO &6$.

L’intervention du pouvoir constituant )DOODLWLO GDQV FHV FRQGLWLRQV HW GDQV XQ SD\VDJH PpGLDWLTXH TXL V¶HVW WUqV SURIRQGpPHQW WUDQVIRUPp GHSXLV OHV DQQpHV  DSSDULWLRQ G¶.QWHUQHW PXOWLSOLFDWLRQ GHV FKDvQHV GH UDGLR HW GH WpOpYLVLRQ GLVSDULWLRQ GH WLWUHV GH SUHVVH pFULWH«. 0 0LFKHO %R\RQ D HVWLPp TXH OH V\VWqPH IRQGp VXU OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO IRQFWLRQQDLW FRQYHQDEOHPHQW HW TX¶LO Q¶DSSDUDLVVDLW GRQF SDV LQGLVSHQVDEOH GH SUpYRLU DXGHOj XQH GLVSRVLWLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH VSpFL¿TXH  VL WHO GHYDLW rWUH OH FDV OH WH[WH TXL SRXUUDLW UDSSHOHU O¶H[LJHQFH GH SOXUDOLVPH GDQV OD VRFLpWp GHYUDLW ODLVVHU DX UpJXODWHXU XQH JUDQGH PDUJH G¶DSSUpFLDWLRQ GDQV OD ¿[DWLRQ GHV UqJOHV XQH WHOOH VRXSOHVVH SHUPHWWDQW VHXOH G¶DGDSWHU FHV GHUQLqUHV DX[ pYROXWLRQV GH OD YLH SROLWLTXH 2.

/¶DUWLFOH  FRPSRUWH XQ QRXYHO DOLQpD VHORQ OHTXHO  © /D ORL JDUDQWLW OHV H[SUHVVLRQV SOXUDOLVWHV GHV opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la nation ª  VXUWRXW O¶DUWLFOH  SUpYRLW GpVRUPDLV HQ VRQ DOLQpD HU TXH © OD ORL ¿[H OHV UqJOHV FRQFHUQDQW […] la liberté. le pluralisme et l’indépendance des médias >«@ ª 6L OH SUHPLHU WH[WH HQ GpSLW G¶XQH UpIpUHQFH JpQpUDOH DX[ © H[SUHVVLRQV SOXUDlistes des opinions ª LQWpUHVVH GDYDQWDJH OH IRQFWLRQQHPHQW GH OD YLH SROLWLTXH GqV ORUV TX¶LO V¶HVW DJL GH FRQIpUHU XQ VWDWXW DX[ SDUWLV PLQRULWDLUHV HW G¶RSSRVLWLRQ OH VHFRQG WH[WH FRQFHUQH SOXV VSpFLDOHPHQW OD TXHVWLRQ VRXPLVH DX FRPLWp 6XU FH SRLQW HQ SUHPLqUH OHFWXUH O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH DYDLW UHMHWp SOXVLHXUV DPHQGHPHQWV WHQGDQW j YRLU LQVFULUH GDQV OD &RQVWLWXWLRQ XQH GLVSRVLWLRQ VXU OH SOXUDOLVPH HW O¶LQGpSHQGDQFH GHV PpGLDV OH JRXYHUQHPHQW D\DQW QRWDPPHQW IDLW YDORLU SDU OD YRL[ GH OD JDUGH GHV 6FHDX[ TXH OH FRPLWp GH UpÀH[LRQ VXU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ pWDLW VDLVL GH OD TXHVWLRQ 0DLV OH 6pQDW HQ D GpFLGp DXWUHPHQW DGRSWDQW XQ DPHQGHPHQW SUpVHQWp SDU 00 )ULPDW HW $VVRXOLQH SXLV UHFWL¿p SDU 0 &KDUDVVH OH WH[WH HVW UHPRQWp GX GL[KXLWLqPH DOLQpD GH O¶DUWLFOH  DX HU DOLQpD. LQVFULUH GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ DLQVL TXH OH VXJJpUDLW OD OHWWUH GH PLVVLRQ DGUHVVpH DX FRPLWp XQ SULQFLSH GH SOXUDOLVPH GHV PpGLDV " À cette question. la loi constitutionnelle no 2008-723 de modernisation des institutions de la Ve 5pSXEOLTXH D DSSRUWp XQH UpSRQVH HQ PRGL¿DQW FHUWHV pas le Préambule. mais deux articles de la Constitution.

HW D\DQW UHoX SUpDODEOHPHQW XQ DYLV IDYRUDEOH GH OD FRPPLVVLRQ GHV ORLV (Q GHX[LqPH OHFWXUH DSUqV XQ DYLV IDYRUDEOH GH VD FRPPLVVLRQ GHV ORLV TXL D HVWLPp TXH O¶LPSRUWDQFH GH OD PDWLqUH HW OH UHOLHI SDUWLFXOLHU HW JUDQGLVVDQW TX¶HOOH DYDLW DFTXLV GHSXLV SOXVLHXUV GpFHQQLHV GDQV O¶DQLPDWLRQ GH QRWUH YLH GpPRFUDWLTXH OH MXVWL¿DLHQW O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH D GpFLGp GH PDLQWHQLU OH WH[WH GX 6pQDW OHTXHO FRUUHVSRQG j FHOXL TXL D pWp YRWp OH  MXLOOHW  SDU OH &RQJUqV  .

/H FRPLWp SUpVLGp SDU 0 eGRXDUG %DOODGXU DYDLW VXJJpUp G¶LQVWLWXHU DX QLYHDX GH OD &RQVWLWXWLRQ XQ &RQVHLO GX SOXUDOLVPH UHSUHQDQW QRWDPPHQW OHV DWWULEXWLRQV GX &6$ HW GH OD FRPPLVVLRQ GHV 68 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

ª $LQVL 0 5LYHUR Gp¿QLWLO OD YLH SULYpH  QRWLRQ GLUHFWHPHQW LVVXH GH OD SKLORVRSKLH GHV /XPLqUHV HW GHYHQXH XQH YDOHXU FDUDFWpULVWLTXH GH QRWUH PRQGH RFFLGHQWDO /HV HQMHX[ SODFpV SDU OHV VRFLpWpV GpPRFUDWLTXHV GHUULqUH O¶pWHQGDUG GX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH VH VRQW j OD YpULWp GpSODFpV DX FRXUV GX WHPSV . Le respect de la vie privée et la protection des données personnelles 1.$X UHJDUG GH O¶HQVHPEOH GH FHV pOpPHQWV OH FRPLWp D HVWLPp FRQIRUPpPHQW j OD GRFWULQH TX¶LO V¶HVW IRUJpH TX¶LO QH SRXYDLW TXH V¶DEVWHQLU GH VH SURQRQFHU VXU OD TXHVWLRQ GX SOXUDOLVPH GHV FRXUDQWV G¶H[SUHVVLRQ HW GHV PpGLDV 0rPH VL OH FRQVWLWXDQW GH  V¶HVW ERUQp j LQWHUYHQLU SDU OH ELDLV G¶XQH GLVSRVLWLRQ pQRQoDQW XQH VLPSOH UqJOH GH FRPSpWHQFH HQ UpVHUYDQW j OD ORL OH VRLQ GH ¿[HU OHV UqJOHV FRQFHUQDQW OD OLEHUWp OH SOXUDOLVPH HW O¶LQGpSHQGDQFH GHV PpGLDV  LO D FODLUHPHQW HQWHQGX FH IDLVDQW UDSSHOHU GHV REMHFWLIV GH IRQG Le comité a donc pris acte de ce que la question qui lui avait été soumise venait d’être tranchée par le constituant HW TX¶LO Q¶\ DYDLW SDU FRQVpTXHQW SOXV OLHX SRXU OXL G¶\ VWDWXHU E. La liberté de la vie privée est la reconnaissance.O V¶HVW DJL G¶DERUG SRXU O¶HVVHQWLHO GH SURWpJHU O¶LQGLYLGX FRQWUH OHV LQWUXVLRQV GH OD VSKqUH SXEOLTXH  DLQVL TXH O¶DYDLW PRQWUp %HQMDPLQ &RQVWDQW OD OLEHUWp GHV $QFLHQV FRQVLVWDQW HQ XQH SOHLQH SDUWLFLSDWLRQ j OD YLH GH OD FLWp D ODLVVp SODFH FKH] OHV 0RGHUQHV DYHF OD PRQWpH GH O¶LQGLYLGXDOLVPH GpPRFUDWLTXH j XQH YRORQWp GH SURWHFWLRQ FRQWUH OHV LQJpUHQFHV GH OD SXLVVDQFH SXEOLTXH GDQV GHV FKRL[ GpVRUPDLV FRQVLGpUpV FRPPH UHOHYDQW GX VHXO OLEUH DUELWUH GH FKDFXQ 3OXV WDUG VHXOHPHQW VRQW DSSDUXHV OHV PHQDFHV VXVFHSWLEOHV GH SURYHQLU G¶DFWHXUV SULYpV SUHVVH j VFDQGDOH HPSOR\HXUV DVVXUHXUV«. DX SUR¿W GH FKDFXQ G¶XQH ]RQH G¶DFWLYLWp TXL OXL HVW SURSUH HW TX¶LO HVW PDvWUH d’interdire à autrui. La problématique © /D YLH SULYpH HVW FHWWH VSKqUH GH FKDTXH H[LVWHQFH GDQV ODTXHOOH QXO QH SHXW s’immiscer sans y être convié.

 OHV SRXYRLUV SXEOLFV SRXYDQW PrPH DORUV SDU XQ UHQYHUVHPHQW KLVWRULTXH rWUH DSSHOpV j SURWpJHU HX[PrPHV OD YLH SULYpH VRQGDJHV HW FKDUJp GH FRQFRXULU DX UHVSHFW GH OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ HW GX SOXUDOLVPH GHV FRXUDQWV GH SHQVpH HW G¶RSLQLRQ GDQV OH GRPDLQH GH O¶LQIRUPDWLRQ HW GH OD FRPPXQLFDWLRQ DXGLRYLVXHOOHV SURSRVLWLRQ QR .

 0DLV FHWWH SURSRVLWLRQ Q¶D SDV pWp UHSULVH GDQV OH SURMHW GH ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH GpSRVp j O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH QL VRXV IRUPH G¶DPHQGHPHQW SDUOHPHQWDLUH .

du pluralisme et de l’indépendance des médias ª QRXV VRXOLJQRQV. (Q UpDOLWp j O¶RULJLQH OD YRORQWp GHV DXWHXUV GH O¶DPHQGHPHQW pWDLW FODLUH  © Il s’agit d’inscrire GDQV OD &RQVWLWXWLRQ TXH OD ORL JDUDQWLW H[SOLFLWHPHQW le principe de liberté.

 .

-HDQ 5LYHUR Libertés publiques 0RQWFKUHVWLHQ  S  Deuxième partie .Les réponses du comité 69 .

QWHUQHW HPSUXQWH G¶DLOOHXUV DXWDQW j OD YRORQWp GH SUpPXQLU OD SHUVRQQH FRQWUH G¶pYHQWXHOV DEXV GH O¶eWDW TX¶DX VRXFL GH OLPLWHU O¶LQWUXVLRQ G¶DFWHXUV SULYpV GH WRXV RUGUHV )RUFH HVW GH FRQVWDWHU TX¶à l’heure actuelle le droit au respect de la vie priYpH HW j OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV QH ¿JXUH H[SUHVVpPHQW GX moins sous cette forme. ni dans aucun des éléments dont se compose son Préambule )DXWLO SURSRVHU DX FRQVWLWXDQW GH FRUULJHU FH TXL DSSDUDvW j OD OXPLqUH GHV HQMHX[ DFWXHOV HW GH OHXU VHQVLELOLWp GDQV OH GpEDW SXEOLF FRPPH XQH ODFXQH RX SOXV SUpFLVpPHQW FRPPH XQ anachronisme " /¶H[HPSOH GH QRPEUHX[ SD\V HXURSpHQV TXL RQW FRQVDFUp GDQV OHXU ORL IRQGDPHQWDOH OH GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH YRLUH j OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV ± F¶HVW OH FDV QRWDPPHQW GH O¶$OOHPDJQH GH O¶$XWULFKH GH O¶(VSDJQH GH OD *UqFH GH OD +RQJULH GHV 3D\V%DV GX 3RUWXJDO HW GH OD 6XqGH ± SRXUUDLW OH GRQQHU j SHQVHU /H SUpVLGHQW GH OD &RPPLVVLRQ QDWLRQDOH LQIRUPDWLTXH HW OLEHUWpV 0 $OH[ 7UN DXGLWLRQQp SDU OH FRPLWp D SODLGp YLJRXUHXVHPHQW HQ FH VHQV FRQVLGpUDQW O¶DPSOHXU GHV PHQDFHV OLpHV DX[ QRXYHOOHV WHFKQRORJLHV G¶LQIRUPDWLRQ HW GH FRPPXQLFDWLRQ GRQW QRV VRFLpWpV GHYLHQQHQW GH SOXV HQ SOXV GpSHQGDQWHV  OHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO VRQW JpQpUpHV FROOHFWpHV HW DQDO\VpHV GDQV GHV SURSRUWLRQV VDQV FHVVH FURLVVDQWHV HW VDQV TXH O¶RQ HQWUHYRLH O¶H[LVWHQFH RX PrPH OD SRVVLELOLWp GH OD PRLQGUH OLPLWH WHFKQLTXH 3DU DLOOHXUV XQ WUDoDJH SUpFLV GHV LQGLYLGXV ± GDQV O¶HVSDFH SDU OH ELDLV GX WpOpSKRQH GH OD FDUWH j SXFH GH OD YLGpRVXUYHLOODQFH GH OD JpRORFDOLVDWLRQ GH OD ELRPpWULH GHV QDQRWHFKQRORJLHV. ni dans le texte de la Constitution proprement dite./¶DVSLUDWLRQ TXL IRQGH FHWWH H[LJHQFH ± OD SURWHFWLRQ G¶XQH VSKqUH LQWLPH ± HVW SRXUWDQW OD PrPH GDQV OHV GHX[ FDV /¶DYDWDU OH SOXV FRQWHPSRUDLQ GX GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH j VDYRLU OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO FRQWUH OH ULVTXH G¶XQH H[SORLWDWLRQ LQIRUPDWLTXH LQFRQWU{OpH SDU OH ELDLV QRWDPPHQW G¶.

QWHUQHW. PDLV DXVVL GDQV OH WHPSV SDU H[HPSOH DX PR\HQ GHV PRWHXUV GH UHFKHUFKH RX GHV UpVHDX[ VRFLDX[ VXU .

± HVW UHQGX H[WUDRUGLQDLUHPHQW IDFLOH $XGHOj GH FHWWH MXVWL¿FDWLRQ SURSUH VXU OH WHUUDLQ GHV OLEHUWpV OH VpQDWHXU 7UN D SDU DLOOHXUV HVWLPp TXH OD UHFRQQDLVVDQFH FRQVWLWXWLRQQHOOH H[SUHVVH GX SULQFLSH GH SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV SHUPHWWUDLW GH FRQIRUWHU OD SRVLWLRQ GH OD )UDQFH GDQV OHV QpJRFLDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV VXU FH VXMHW /H SURIHVVHXU -HDQ 3LHUUH &KDQJHX[ SUpVLGHQW G¶KRQQHXU GX &RPLWp FRQVXOWDWLI QDWLRQDO G¶pWKLTXH SRXU OHV VFLHQFHV GH OD YLH HW GH OD VDQWp D SULV XQH SRVLWLRQ FRPSDUDEOH GHYDQW OH FRPLWp 6DQV PpFRQQDvWUH OD SRUWpH GH FHV REVHUYDWLRQV HW SOHLQHPHQW FRQVFLHQW GH O¶LPSRUWDQFH FRPPH GH OD JUDYLWp GHV SUREOqPHV HQJHQGUpV SDU FHV TXHVWLRQV GRQW OHV GpEDWV UpFHQWV DXWRXU GH OD FUpDWLRQ GX ¿FKLHU © (GYLJH ª RQW HQFRUH PRQWUp OD VHQVLELOLWp OH FRPLWp D ¿QDOHPHQW HVWLPp QH SDV GHYRLU IRUPXOHU XQH WHOOH recommandation 'HX[ VpULHV GH FRQVLGpUDWLRQV O¶RQW GpWHUPLQp HQ FH VHQV O¶XQH HW O¶DXWUH GpULYpHV GH VD UpÀH[LRQ PpWKRGRORJLTXH JpQpUDOH 70 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

s’imposent au législateur : la jurisprudence du Conseil constitutionnel d’une part. Constitutionnalisation et effet utile /H FRPLWp D HQ SUHPLHU OLHX REVHUYp TXH OH GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH FRPPH FHOXL j OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO ± TXL HQ FRQVWLWXH O¶XQH GHV GpFOLQDLVRQV FRQWHPSRUDLQHV OHV SOXV LPSRUWDQWHV ± VRQW déjà consacrés non par le texte même de la Constitution ou de son Préambule. mais par deux sources de droit qui. les engagements internationaux auxquels la France est partie d’autre part /H FRPLWp D HVWLPp TXH OD doctrine de l’effet utile TX¶LO V¶HVW GRQQpH HQ SULQFLSH ± HW VHORQ ODTXHOOH O¶LQVFULSWLRQ G¶XQ SULQFLSH GDQV OH 3UpDPEXOH QH GRLW rWUH UHFRPPDQGpH TXH SRXU DXWDQW TX¶HOOH FRQVWLWXH XQH YpULWDEOH LQQRYDWLRQ RX DSSRUWH XQH JDUDQWLH GHV GURLWV VHQVLEOHPHQW VXSpULHXUH ± SRXYDLW UHFHYRLU DSSOLFDWLRQ a) La jurisprudence constitutionnelle /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO G¶DERUG D FODLUHPHQW MXJp GDQV XQH GpFLVLRQ GX  MXLOOHW   FRQ¿UPpH j GH QRPEUHXVHV UHSULVHV GHSXLV ORUV  TXH OD © liberté ª SURFODPpH FRPPH © droit naturel et imprescriptible de l’homme ª j O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH  © implique le respect de la vie privée ª &H SULQFLSH HVW GRQF d’ores et déjà élevé au rang des droits et libertés constitutionnellement garantis &¶HVW DLQVL SDU H[HPSOH TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶DGPHW O¶pFKDQJH HW OH SDUWDJH GH GRQQpHV SHUVRQQHOOHV HQWUH RUJDQLVPHV SXEOLFV VDQV OH FRQVHQWHPHQW GHV LQWpUHVVpV TX¶j OD GRXEOH FRQGLWLRQ TXH FH VRLW GDQV XQ EXW G¶LQWpUrW JpQpUDO HQ SDUWLFXOLHU OLp j GHV H[LJHQFHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV SURWHFWLRQ GH OD VDQWp OXWWH FRQWUH OD IUDXGH ¿VFDOH VDXYHJDUGH GH O¶RUGUH SXEOLF pTXLOLEUH ¿QDQFLHU GH OD 6pFXULWp VRFLDOH«. dans la hiérarchie des normes.2.

HW TXH OH GLVSRVLWLI SUpYX VRLW DVVRUWL GH OLPLWDWLRQV HW SUpFDXWLRQV SURSUHV j FRQFLOLHU OD SRXUVXLWH GH FH EXW HW OH GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH GHV SHUVRQQHV FRQFHUQpHV  /H &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D HQFRUH FHQVXUp XQH GLVSRVLWLRQ YLVDQW j SHUPHWWUH DX[ SHUVRQQHV PRUDOHV YLFWLPHV G¶LQIUDFWLRQV RX DJLVVDQW SRXU OH FRPSWH GHVGLWHV YLFWLPHV GH PHWWUH HQ SODFH GHV WUDLWHPHQWV GH GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO UHODWLYHV j GHV LQIUDFWLRQV RX FRQGDPQDWLRQV SRXU OHV EHVRLQV GH OD .

'pFLVLRQ QR  GX  MXLOOHW  Loi portant création d’une couverture maladie universelle -2 GX  MXLOOHW  S  .

9 GpFLVLRQ QR  '& GX  PDUV  Loi pour la sécurité intérieure -2 GX  PDUV  S   GpFLVLRQ QR  '& GX  PDUV  /RL SRUWDQW DGDSWDWLRQ GH OD MXVWLFH DX[ évolutions de la criminalité -2 GX  PDUV  S   RX HQFRUH GpFLVLRQ QR  GX  MDQYLHU  Loi relative à la lutte contre le terrorisme et portant dispositions diverses relatives j OD VpFXULWp HW DX[ FRQWU{OHV IURQWDOLHUV -2 GX  MDQYLHU  S  .

9 QRWDPPHQW OHV GpFLVLRQV QR  '& GX  DR€W  FRQV .

 -2 GX  DR€W  S   QR  '& GX  GpFHPEUH  FRQV .

 -2 GX  GpFHPEUH  S   QR  '& GX  MXLOOHW  FRQV  HW .

 -2 GX  MXLOOHW  S   QR  '& GX  QRYHPEUH  FRQV  j .

 -2 GX  QRYHPEUH  S   QR  '& GX  DR€W  FRQV   HW .

 -2 GX  DR€W  S   QR  '& GX  MDQYLHU  FRQV  HW  j .

Les réponses du comité 71 . -2 GX  MDQYLHU  S  HW GHUQLqUHPHQW QR  '& GX  PDUV  -2 GX  PDUV  S  Deuxième partie .

SUpYHQWLRQ HW GH OD OXWWH FRQWUH OD IUDXGH .O D QRWDPPHQW SURQRQFp FHWWH FHQVXUH DX PRWLI TXH OD ORL ODLVVDLW VDQV UpSRQVHV SOXVLHXUV TXHVWLRQV HVVHQWLHOOHV  FHOOH GH VDYRLU GDQV TXHOOH PHVXUH OHV GRQQpHV WUDLWpHV SRXUUDLHQW rWUH SDUWDJpHV RX FpGpHV HW FHOOH GH VDYRLU VL SRXUUDLHQW \ ¿JXUHU GHV SHUVRQQHV VXU OHVTXHOOHV SqVH OD VLPSOH FUDLQWH TX¶HOOHV VRLHQW FDSDEOHV GH FRPPHWWUH XQH LQIUDFWLRQ (Q RXWUH OD ORL pWDLW VLOHQFLHXVH VXU OHV OLPLWHV VXVFHSWLEOHV G¶rWUH DVVLJQpHV j OD FRQVHUYDWLRQ GHV PHQWLRQV UHODWLYHV DX[ FRQGDPQDWLRQV  2Q GRLW REVHUYHU HQ RXWUH TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GRQQH DXMRXUG¶KXL j OD SURWHFWLRQ GH OD YLH SULYpH XQH DFFHSWLRQ WUqV ODUJH TX¶LO OXL FRQIqUH OH SOHLQ FDUDFWqUH G¶XQ SULQFLSH FRQVWLWXWLRQQHO DXWRQRPH HW HQ¿Q TX¶LO HQ FRQ¿H OD SURWHFWLRQ WDQW DX MXJH MXGLFLDLUH TX¶DX MXJH DGPLQLVWUDWLI 'HV KpVLWDWLRQV HW TXHOTXHV LQFHUWLWXGHV RQW SX VH IDLUH MRXU SDU OH SDVVp DX VXMHW GH WHO RX WHO GH FHV pOpPHQWV  0DLV HOOHV VRQW DXMRXUG¶KXL OHYpHV (Q SDUWLFXOLHU GHSXLV VD GpFLVLRQ  '& GX  MXLOOHW  &08.

ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation ª HW TXH © toute personne a droit à la protection de la ORL FRQWUH GH WHOOHV LPPL[WLRQV RX GH WHOOHV DWWHLQWHV ª  ± GDQV GHV WHUPHV WUqV YRLVLQV OH Pacte international relatif aux droits civils et politiques GX  QRYHPEUH  HQWUp HQ YLJXHXU OH  PDUV  HW UDWL¿p OH  QRYHPEUH  SDU OD )UDQFH GLVSRVH HQ VRQ DUWLFOH  TXH © nul ne sera O¶REMHW G¶LPPL[WLRQV DUELWUDLUHV RX LOOpJDOHV GDQV VD YLH SULYpH VD IDPLOOH VRQ .O HVW GqV ORUV PDQLIHVWH TXH O¶LQWpJUDWLRQ IRUPHOOH GX GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW GH O¶H[LJHQFH GH SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ Q¶DERXWLUDLW TX¶j FRGL¿HU O¶pWDW DFWXHO GH OD MXULVSUXGHQFH ± FH TXH GH PDQLqUH JpQpUDOH OH FRPLWp QH MXJH QL XWLOH QL VRXKDLWDEOH b) Les traités internationaux /HV SULQFLSHV GH UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW GH SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV VRQW HQ RXWUH DI¿UPpV HW SURWpJpV SDU SOXVLHXUV WUDLWpV LQWHUQDWLRQDX[  ± OD Déclaration universelle des droits de l’homme GX  GpFHPEUH  pQRQFH HQ VRQ DUWLFOH  TXH © QXO QH VHUD O¶REMHW G¶LPPL[WLRQV DUELWUDLUHV GDQV sa vie privée. sa famille. son domicile ou sa correspondance.  OH &RQVHLO IDLW H[SUHVVpPHQW GpULYHU OD SURWHFWLRQ GH OD YLH SULYpH GH OD OLEHUWp SURFODPpH j O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ /D YLH SULYpH Q¶HVW GRQF SDV VHXOHPHQW XQH FRPSRVDQWH GH OD © liberté individuelle ª SODFpH SDU O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ VRXV OD JDUGH GX VHXO MXJH MXGLFLDLUH 6RQ FKDPS G¶DSSOLFDWLRQ FRPPH VD JDUDQWLH GRLYHQW GRQF rWUH GpVRUPDLV FRQVLGpUpV FRPPH GHV SOXV JpQpUDX[ 2Q QH YRLW QRWDPPHQW SDV TX¶XQH FRPSRVDQWH VLQJXOLqUH GH FHWWH OLEHUWp ± VXU OH WHUUDLQ GH OD VH[XDOLWp RX GX © libre développement de la personnalité ª QRWDPPHQW ± SRXUUDLW QH SDV EpQp¿FLHU a priori GH OD SURWHFWLRQ DFWXHOOH GH OD &RQVWLWXWLRQ .

'pFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW  Loi relative à la protection des personnes phyVLTXHV j O¶pJDUG GHV WUDLWHPHQWV GH GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO HW PRGL¿DQW OD ORL Qo  GX  MDQYLHU  UHODWLYH j O¶LQIRUPDWLTXH DX[ ¿FKLHUV HW DX[ OLEHUWpV -2 GX  DR€W  S  .

 S  . cit. &I j FH SURSRV /RXLV )DYRUHX HW /RwF 3KLOLS op.

3UpF QRWH  S  72 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

O QH SHXW \ DYRLU LQJpUHQFH G¶XQH DXWRULWp SXEOLTXH GDQV O¶H[HUFLFH GH FH GURLW TXH pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui. ou à la protection des droits et libertés d’autrui ª /D &RXU HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH D UHQGX VXU FH IRQGHPHQW XQ QRPEUH LPSRUWDQW G¶DUUrWV GRQQDQW SDU XQH MXULVSUXGHQFH ULJRXUHXVH VRQ SOHLQ HIIHW DX SULQFLSH DLQVL DI¿UPp 5HFKHUFKDQW XQ VDYDQW pTXLOLEUH HQWUH OHV FRQFHSWLRQV ODWLQHV HW DQJORVD[RQQHV HOOH FRQVLGqUH TXH OD SURWHFWLRQ GH O¶DUWLFOH  © assure à l’individu un domaine dans lequel il peut poursuivre librement le développement et l’accomplissement de sa personnalité  ª /H GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HVW FRQoX FRPPH XQ IDLVFHDX GH GURLWV PXOWLSOHV GRQW OD SRUWpH Q¶HVW MDPDLV LGHQWLTXH HW YDULH HQ IRQFWLRQ GX WHPSV GX OLHX HW GH OD SHUVRQQH FRQFHUQpH . à la protection de la santé ou de la morale. ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa réputation ª  ± O¶DUWLFOH  GH OD Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales GX  QRYHPEUH  UDWL¿pH OH  PDL  SDU OD )UDQFH PpULWH G¶rWUH UHSURGXLW GqV ORUV TX¶LO HVW VRXYHQW FLWp GDQV OHV GpFLVLRQV MXULGLFWLRQQHOOHV IUDQoDLVHV  © 1. dans une société démocratique.O FRQFHUQH GH WUqV QRPEUHX[ DVSHFWV GH OD SHUVRQQDOLWp  GURLW j O¶LPDJH pWDW GHV SHUVRQQHV DFWHV GH O¶pWDW FLYLO PDULDJH QRP HW SUpQRP VH[H © DSSDUHQW ª ± RQ WURXYH LFL OD TXHVWLRQ GX WUDQVVH[XDOLVPH. Toute personne a droit au respect GH VD YLH SULYpH HW IDPLOLDOH GH VRQ GRPLFLOH HW GH VD FRUUHVSRQGDQFH  .domicile ou sa correspondance. est nécessaire à la sécurité natioQDOH j OD V€UHWp SXEOLTXH DX ELHQrWUH pFRQRPLTXH GX SD\V j OD GpIHQVH GH l’ordre et à la prévention des infractions pénales.

 YLH DIIHFWLYH HW VH[XHOOH GRPLFLOH HW FH TXL V¶\ UDWWDFKH DGUHVVH QXPpUR GH WpOpSKRQH.

 IRUWXQH HW SDWULPRLQH UHODWLRQV SULYpHV UHODWLRQV GH WUDYDLO UHOLJLRQ VDQWp &¶HVW SDU H[HPSOH j OD VXLWH GH OD FRQGDPQDWLRQ GX UpJLPH G¶pFRXWHV WpOpSKRQLTXHV SDU XQ DUUrW Kruslin c/ France GX  DYULO  TXH OH 3DUOHPHQW HVW LQWHUYHQX SDU OD ORL GX  MXLOOHW  SRXU PLHX[ JDUDQWLU OH VHFUHW GHV FRUUHVSRQGDQFHV pPLVHV SDU OD YRLH GHV WpOpFRPPXQLFDWLRQV   ± OD Charte européenne des droits fondamentaux GX  GpFHPEUH  ± j ODTXHOOH OH 7UDLWp GH /LVERQQH GRQW OD ORL QR  GX  IpYULHU  D DXWRULVp OD UDWL¿FDWLRQ HW TXL GHYUDLW HQWUHU SURFKDLQHPHQW HQ YLJXHXU FRQIqUH YDOHXU MXULGLTXH FRQWUDLJQDQWH ± SURFODPH HQ VRQ DUWLFOH  TXH © toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. Toute personne a droit à la protection GHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO OD FRQFHUQDQW  &HV GRQQpHV GRLYHQW rWUH WUDLWpHV OR\DOHPHQW j GHV ¿QV GpWHUPLQpHV HW VXU OD EDVH GX FRQVHQWHPHQW GH OD personne concernée ou en vertu d’un autre fondement légitime prévu par la loi. de son domicile et de ses communications ª 6¶DJLVVDQW SOXV VSpFL¿TXHPHQW GH OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV VRQ DUWLFOH  VWLSXOH TXH  © 1. 7RXWH SHUVRQQH D OH GURLW G¶DFFpGHU DX[ GRQQpHV FROOHFWpHV OD FRQFHUQDQW HW G¶HQ REWHQLU OD UHFWL¿FDWLRQ  /H UHVSHFW GH FHV UqJOHV HVW VRXPLV DX FRQWU{OH d’une autorité indépendante ª  ± XQH Convention pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel GX  MDQYLHU  FRQYHQWLRQ .

&RP0 ('+ 5DSS  MXLOOHW  UHT QR  Bruggemann et Scheuten c/ RFA .

Les réponses du comité 73 . 5HT QR  Deuxième partie .

GLWH ©  ª.

 HQWUpH HQ YLJXHXU OH HU RFWREUH  HW UDWL¿pH OH  PDUV  SDU OD )UDQFH D VSpFL¿TXHPHQW SRXU EXW VHORQ OHV WHUPHV GH VRQ DUWLFOH HU © de garantir. sur le territoire de chaque partie. à toute personne physique […] le respect […] de son droit à la vie privée à l’égard du traitement automatisé des GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO OD FRQFHUQDQW ³SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV´.

Constitutionnalisation et adaptabilité (QFRUH REMHFWHUDWRQ SRXUUDLWRQ LPDJLQHU G¶DOOHU DXGHOj GH OD VLPSOH UpDI¿UPDWLRQ GHV SULQFLSHV JpQpUDX[ HW GH ¿[HU DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO GHV H[LJHQFHV SOXV SUpFLVHV 0DLV OH FRPLWp D LFL WURXYp SDUWLFXOLqUHPHQW MXGLFLHX[ GH V¶HQ WHQLU j XQH DXWUH FRPSRVDQWH GH VD GRFWULQH  OHV FRQWUDLQWHV SURSUHV DX SURFHVVXV GH UpYLVLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ HW GH VRQ 3UpDPEXOH SHXYHQW VH YpUL¿HU LQDGDSWpHV j FHUWDLQV GRPDLQHV RX j FHUWDLQHV PDWLqUHV SDUWLFXOLqUHPHQW VHQVLEOHV j XQH H[LJHQFH G¶adaptabilité de la règle de droit $XVVL ELHQ j VXSSRVHU PrPH TXH SXLVVHQW rWUH UpVROXHV OHV GLI¿FXOWpV GH IRUPXODWLRQ TXH VXVFLWHUDLW OH SURMHW GH SUpFLVHU WHO RX WHO DVSHFW GX GURLW j OD YLH SULYpH RX GX GURLW j OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV . IDXWH G¶DMRXWHU XQH FRPSRVDQWH VLJQL¿FDWLYH DX[ FRQWUDLQWHV MXULGLTXHV auxquelles est d’ores et déjà soumis le législateur par le double effet de la jurisprudence du Conseil constitutionnel et des traités internationaux 8QH WHOOH GpPDUFKH VHUDLW SDU FRQVpTXHQW LQXWLOH HW GRQF LQRSSRUWXQH DX UHJDUG GH O¶H[LJHQFH GH FUpGLELOLWp GH O¶DFWH FRQVWLWXDQW 3. ª /H MXJH QDWLRQDO HQ IDLW WUqV UpJXOLqUHPHQW DSSOLFDWLRQ GDQV OH FDGUH GX FRQWU{OH GH FRQYHQWLRQQDOLWp  QRWDPPHQW SRXU DSSUpFLHU OH UHVSHFW GHV VWLSXODWLRQV GH O¶DUWLFOH  VHORQ OHTXHO SHXYHQW VHXOHV ¿JXUHU GDQV XQ WUDLWHPHQW DXWRPDWLVp G¶LQIRUPDWLRQV QRPLQDWLYHV GHV GRQQpHV SHUWLQHQWHV F¶HVWjGLUH HQ DGpTXDWLRQ DYHF OD ¿QDOLWp GX WUDLWHPHQW HW SURSRUWLRQQpHV j FHWWH ¿QDOLWp  c) Bilan $X WRWDO LO HVW GRQF DSSDUX DX FRPLWp TXH OD UpDI¿UPDWLRQ H[SUHVVH GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GX GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH HW j OD SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV serait dépourvue de toute portée pratique.

9 SDU H[ &(  QRYHPEUH  QRV     HW  /HERQ j SURSRV GH OD FUpDWLRQ G¶XQ V\VWqPH LQIRUPDWLVp GH JHVWLRQ GHV GpFLVLRQV RUGRQQDQW OD UHFRQGXLWH j OD IURQWLqUH GHV pWUDQJHUV  &(  GpFHPEUH  QR  /HERQ MXJHDQW FRPSDWLEOHV DYHF OHV VWLSXODWLRQV GH FHWWH FRQYHQWLRQ OHV GLVSRVLWLRQV GH O¶DUWLFOH  GH OD ORL GX  MDQYLHU  GDQV VD UpGDFWLRQ DORUV DSSOLFDEOH OLPLWDQW O¶DFFqV DX[ WUDLWHPHQWV LQWpUHVVDQW OD V€UHWp GH O¶eWDW OD GpIHQVH HW OD VpFXULWp SXEOLTXH j XQ GURLW G¶DFFqV LQGLUHFW H[HUFp SDU XQ PHPEUH GH OD &1./  RX HQ¿Q &(  IpYULHU  QR  /HERQ QRWDPPHQW SRXU DSSUpFLHU OH UHVSHFW GHV VWLSXODWLRQV GH O¶DUWLFOH  VHORQ OHTXHO SHXYHQW VHXOHV ¿JXUHU GDQV XQ WUDLWHPHQW DXWRPDWLVp G¶LQIRUPDWLRQV QRPLQDWLYHV GHV GRQQpHV SHUWLQHQWHV F¶HVWjGLUH HQ DGpTXDWLRQ DYHF OD ¿QDOLWp GX WUDLWHPHQW HW SURSRUWLRQQpHV j FHWWH ¿QDOLWp .

9 SDU H[ &( 6HFWLRQ  RFWREUH  QR  /HERQ j SURSRV GH OD OLFpLWp GH OD SULVH HQ FRPSWH GH OD QDWLRQDOLWp G¶XQ GHPDQGHXU GH SUrW GDQV XQ WUDLWHPHQW DXWRPDWLVp G¶LQIRUPDWLRQV QRPLQDWLYHV GHVWLQp j DLGHU j OD SULVH GHV GpFLVLRQV G¶RFWURL RX GH UHIXV GH SUrWV SDU XQ pWDEOLVVHPHQW ¿QDQFLHU  &(  MXLOOHW  QR  /HERQ 74 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

sa fortune. bienveillant ou désobligeant sur lequel elle est opérée  ª TXH © le salarié a droit. ses fonctions présentes ou à venir.SHUVRQQHOOHV LO Q¶HVW SDV GX WRXW FHUWDLQ TX¶XQ EpQp¿FH LQGLVFXWDEOH VHUDLW DVVRFLp j VRQ LQVFULSWLRQ GDQV OD &RQVWLWXWLRQ /D ORL DSSDUDvW ELHQ PLHX[ DGDSWpH SRXU VXLYUH DYHF XQH UpDFWLYLWp VXI¿VDQWH O¶pYROXWLRQ GHV WHFKQLTXHV 'DQV FHWWH H[LJHQFH G¶DGDSWDELOLWp UpVLGH GRQF OD VHFRQGH UDLVRQ TXL D FRQGXLW OH FRPLWp j SUpFRQLVHU GH QH SDV HQ GLUH GDYDQWDJH DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO  le bon niveau d’intervention est celui du législateur ordinaire et non pas du législateur constituant 'DQV FHWWH PDWLqUH WRXW VSpFLDOHPHQW GHV UqJOHV WURS ULJLGHV SRXUUDLHQW VH UpYpOHU UDSLGHPHQW REVROqWHV RX SLV K\SRWKpTXHU O¶DYHQLU 4XHOOH TXH VRLW VRQ H[SUHVVLRQ OH SULQFLSH UHWHQX DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO VHUDLW VRLW LQHI¿FDFH VRLW OXLPrPH SRUWHXU GH GDQJHUV 8Q VLPSOH DSHUoX GH TXHOTXHV H[HPSOHV UpYpODWHXUV GH OD ULFKHVVH HW GH OD FRPSOH[LWp GH O¶DUVHQDO OpJLVODWLI H[LVWDQW HW GH VRQ LQWHUSUpWDWLRQ SDU OH MXJH DGPLQLVWUDWLI RX MXGLFLDLUH PRQWUH HQ RXWUH SDU OXLPrPH OD GLI¿FXOWp TX¶LO \ DXUDLW j WUDQVSRVHU WHO RX WHO GH VHV pOpPHQWV DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO  ± /D ORL GX  MXLOOHW  D LQVpUp GDQV OH &RGH FLYLO XQ DUWLFOH  TXL pQRQFH HQ VRQ DOLQpD HU TXH © chacun a droit au respect de sa vie privée ª /D &RXU GH FDVVDWLRQ D GpYHORSSp XQH MXULVSUXGHQFH DERQGDQWH SRXU UHFKHUFKHU XQ MXVWH HW QpFHVVDLUH pTXLOLEUH HQWUH FH SULQFLSH HW FHOXL G¶pJDOH YDOHXU GDQV XQH VRFLpWp GpPRFUDWLTXH GX GURLW j OD OLEHUWp G¶LQIRUPDWLRQ  TXL HVW XQH YDULpWp GX GURLW j OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ $LQVL DWLO pWp MXJp  TXH © toute personne. au respect de l’intimité de sa vie privée. a droit au respect de sa vie privée  ª O¶DWWHLQWH j OD YLH SULYpH pWDQW SDU DLOOHXUV © indépendante du mode compassionnel. même au temps et au lieu de travail. laquelle implique le secret des correspondances  ª DX VXMHW GH PHVVDJHV SHUVRQQHOV pPLV RX UHoXV SDU OH VDODULp VXU O¶RUGLQDWHXU PLV j VD GLVSRVLWLRQ SDU VRQ HPSOR\HXU. sa naissance. quel que soit son rang.

ne comportant aucune allusion à la vie et à la personnalité de l’intéressé  ª . TXH OH GURLW DX UHVSHFW GH OD YLH SULYpH SHUPHW j WRXWH SHUVRQQH GH V¶RSSRVHU j OD GLIIXVLRQ VDQV VRQ DXWRULVDWLRQ H[SUHVVH GH VRQ LPDJH DWWULEXW GH VD SHUVRQQDOLWp TXH © OD SXEOLFDWLRQ GH SKRWRJUDSKLHV GRLW UHVSHFWHU OD ¿QDOLWp YLVpH GDQV O¶DXtorisation donnée par l’intéressé  ª TX¶HQ UHYDQFKH © OH UHVSHFW G€ j OD YLH SULYpH GH FKDFXQ Q¶HVW SDV DWWHLQW SDU la publication de renseignements d’ordre purement patrimonial.

.

.

.

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 QR    IpYULHU  %XOO FLY . QR  &LY UH  QRYHPEUH  %XOO FLY . QR  &LY UH  IpYULHU  %XOO FLY . QR  &LY UH  RFWREUH  %XOO FLY . QR  Deuxième partie . &LY UH  MXLOOHW  %XOO FLY .Les réponses du comité 75 . QR  6RF  RFWREUH  %XOO FLY 9 QR    RFWREUH  %XOO FLY 9 QR  &LY UH  PDL  %XOO FLY .

TX¶© il n’y a pas atteinte à la vie privée lorsque les prétendues révélations ne portent que sur des faits publics ou ne présentent qu’un caractère anodin  ª RX © lorsque la publication incriminée ne fait que répondre au besoin d’information du public relativement à un fait divers  ª RX HQ¿Q TXH © la liberté de l’information autorise la publication d’images de personnes impliquées dans un événement.QWHUQHW D HQVXLWH REOLJp j XQH pYROXWLRQ OpJLVODWLYH TXL IXW UpDOLVpH SDU OD ORL QR  GX  DR€W  &HWWH OpJLVODWLRQ JDUDQWLW j WRXWH SHUVRQQH HQ OXL RFWUR\DQW XQ GURLW G¶LQIRUPDWLRQ XQ GURLW G¶DFFqV GLUHFW RX GDQV FHUWDLQV FDV OLPLWDWLYHPHQW pQXPpUpV LQGLUHFW. sous la seule réserve du respect de la dignité de la personne humaine  » ± 6XU XQ DVSHFW SOXV SRQFWXHO OH &RGH FLYLO GLVSRVH HQFRUH HQ VRQ DUWLFOH   TX¶HQ PDWLqUH GH GLYRUFH © OHV FRQVWDWV GUHVVpV j OD GHPDQGH G¶XQ pSRX[ VRQW écartés des débats s’il y a eu violation de domicile ou atteinte illicite à l’intimité de la vie privée ª  ± OD ORL QR  GX  MDQYLHU  UHODWLYH j O¶LQIRUPDWLTXH DX[ ¿FKLHUV HW j OD OLEHUWp WUqV QRYDWULFH j VRQ pSRTXH D IRUWHPHQW LQVSLUp XQH GLUHFWLYH HXURSpHQQH QR  &( GX  RFWREUH  TXL FRPSWH WHQX HQ RXWUH GHV GpYHORSSHPHQWV GH O¶LQIRUPDWLTXH HW GH O¶.

 XQ GURLW G¶RSSRVLWLRQ HW XQ GURLW GH UHFWL¿FDWLRQ OD SURWHFWLRQ GH VD YLH SULYpH IDFH DX[ WUDLWHPHQWV DXWRPDWLVpV GH GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO HW DX[ WUDLWHPHQWV QRQ DXWRPDWLVpV GH GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO FRQWHQXHV RX DSSHOpHV j ¿JXUHU GDQV GHV ¿FKLHUV OHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV WHUPH TXL D UHPSODFp FHOXL G¶© informations nominatives ª.

pWDQW Gp¿QLHV FRPPH © toute information relative à une personne SK\VLTXH LGHQWL¿pH RX TXL SHXW rWUH LGHQWL¿pH GLUHFWHPHQW RX LQGLUHFWHPHQW SDU UpIpUHQFH j XQ QXPpUR G¶LGHQWL¿FDWLRQ RX j XQ RX SOXVLHXUV pOpPHQWV TXL OXL VRQW propres ª DUW .

/ TXL RXWUH XQH FRPSpWHQFH SRXU VHORQ OHV FDV UHFHYRLU OHV GpFODUDWLRQV pPHWWUH XQ DYLV RX GpOLYUHU XQH DXWRULVDWLRQ SUpDODEOH SRXU OD FRQVWLWXWLRQ GH ¿FKLHUV D QRWDPPHQW XQH PLVVLRQ G¶LQIRUPDWLRQ GX SXEOLF TX¶HOOH UHPSOLW HQ SDUWLFXOLHU HQ SXEOLDQW VRQ UDSSRUW DQQXHO. &RPPH RQ OH VDLW OD ORL LQVWLWXH GDQV FHWWH PDWLqUH XQH DXWRULWp DGPLQLVWUDWLYH LQGpSHQGDQWH OD &1.

au moyen d’un procédé quelconque. enregistrant ou transmettant. GH SRUWHU YRORQWDLUHPHQW DWWHLQWH j O¶LQWLPLWp GH OD YLH SULYpH G¶DXWUXL  ƒ (Q captant. des ./ H[HUFH VHV DWWULEXWLRQV VRXV OH FRQWU{OH GX MXJH DGPLQLVWUDWLI TXL D SDU H[HPSOH FRQ¿UPp TXH OD GLIIXVLRQ SDU .QWHUQHW j GHV SURSULpWDLUHV LPPRELOLHUV Q¶D\DQW SDV OD TXDOLWp GH SURIHVVLRQQHOV GH O¶LPPRELOLHU GH ¿FKLHUV DXWRPDWLVpV FRQWHQDQW GHV LQIRUPDWLRQV UHODWLYHV DX[ LPSD\pV ORFDWLIV Q¶pWDLW SDV OLFLWH HX pJDUG DX[ ULVTXHV GH GLVFULPLQDWLRQ HW G¶DWWHLQWH j OD YLH SULYpH TX¶XQH WHOOH GLIIXVLRQ FRPSRUWDLW SRXU OHV SHUVRQQHV FRQFHUQpHV   ± /H &RGH SpQDO HQ VRQ DUWLFOH  GDQV VD UpGDFWLRQ LVVXH G¶XQH RUGRQQDQFH GX  VHSWHPEUH  UpSULPH © le fait. sans le consentement de leur auteur. XQ U{OH FRQVXOWDWLI DXSUqV GHV JHVWLRQQDLUHV GH WUDLWHPHQWV LQIRUPDWLTXHV XQH IRQFWLRQ GH UHFXHLO GHV UpFODPDWLRQV RX GHV SODLQWHV DLQVL TXH GHV SRXYRLUV G¶LQYHVWLJDWLRQ HW GH VDQFWLRQ /D &1.

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.

 QR  &LY UH  QRYHPEUH  %XOO FLY . QR   MXLOO  QR  /HERQ 76 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . &LY UH  DYULO  %XOO FLY . QR  &LY UH  IpYULHU  %XOO FLY .

de leur classement. des données à caractère personnel dont la divulgation aurait pour effet de porter atteinte à la considération de l’intéressé ou à l’intimité de sa vie privée. de porter. la voie législative et jurispruGHQWLHOOH GHPHXUH OD SOXV HI¿FLHQWH SRXU DVVXUHU OH UpJODJH ¿Q de la protection de la vie privée et des données personnelles /D SURWHFWLRQ GHV SULQFLSHV pWDQW DVVXUpH LFL HW Oj GDQV OHV WHUPHV OHV SOXV JpQpUDX[ PLHX[ YDXW FRQ¿HU DX OpJLVODWHXU OD WkFKH G¶pSRXVHU O¶pYROXWLRQ GHV VFLHQFHV HW GHV WHFKQLTXHV HW G¶DVVXUHU VRXV OH FRQWU{OH GX MXJH OD FRQFLOLDWLRQ QpFHVVDLUH GHV LQWpUrWV HW GHV GURLWV HQ SUpVHQFH /HV FRQGLWLRQV ± SOXV DLVpHV ± HW OH U\WKPH ± SOXV UDSLGH ± GH O¶DFWLRQ OpJLVODWLYH OXL FRQIqUHQW XQH ELHQ PHLOOHXUH SHUWLQHQFH F.QWHUQHW OHV WUD¿FV G¶RUJDQHV HQ UHSUpVHQWHQW GHV GpULYHV LQTXLpWDQWHV +pULWLqUH GH OD SHQVpH FKUpWLHQQH SDVVpH DX ¿OWUH GH OD SKLORVRSKLH GHV /XPLqUHV HW Gp¿QLH FRPPH OD VFLHQFH TXL pWXGLH OHV SUREOqPHV PRUDX[ VRXOHYpV SDU OD UHFKHUFKH ELRORJLTXH PpGLFDOH RX JpQpWLTXH OD ELRpWKLTXH F¶HVWjGLUH OD PRUDOH DSSOLTXpH j OD UHFKHUFKH UHQIHUPH XQ SUpFHSWH IRUW  SUHQRQV OH WHPSV GH OD UpÀH[LRQ SRXU WHQWHU GH GpWHUPLQHU H[DFWHPHQW HW SUpFLVpPHQW R QRXV DOORQV HW FH TXH QRXV YRXORQV RX FH TXH QRXV QH YRXORQV SDV A priori LO SRXUUDLW VHPEOHU DVVH] VLQJXOLHU GH YRXORLU WUDLWHU GH O¶pWKLTXH GH OD UHFKHUFKH PpGLFDOH GDQV OD &RQVWLWXWLRQ Deuxième partie . à l’occasion de leur enregistrement. par toute personne qui a recueilli. de leur transmission ou d’une autre forme de traitement.SDUROHV SURQRQFpHV j WLWUH SULYp RX FRQ¿GHQWLHO  ƒ (Q ¿[DQW HQUHJLVWUDQW RX transmettant. La bioéthique 'HSXLV XQH WUHQWDLQH G¶DQQpHV OHV SURJUqV VFLHQWL¿TXHV GDQV OH GRPDLQH GHV VFLHQFHV GH OD YLH HW GH OD VDQWp VH VRQW DFFpOpUpV HW HQJHQGUHQW GHV TXHVWLRQV G¶RUGUH pWKLTXH TXL PRELOLVHQW O¶DWWHQWLRQ GHV FLWR\HQV HW GRQW OHV PpGLDV VH IRQW ODUJHPHQW O¶pFKR  OHV UHFKHUFKHV VXU O¶HPEU\RQ OH FORQDJH WKpUDSHXWLTXH RX UHSURGXFWLI OD EUHYHWDELOLWp GX JpQRPH KXPDLQ HQ FRQVWLWXHQW GHV PDQLIHVWDWLRQV VSHFWDFXODLUHV  O¶HXJpQLVPH OHV RIIUHV GH © mères porteuses ª VXU O¶. sans le consentement de celle-ci. ces données à la connaissance d’un tiers qui n’a pas qualité pour les recevoir ª TXH FH VRLW YRORQWDLUHPHQW RX SDU LPSUXGHQFH RX QpJOLJHQFH  HQ VRQ DUWLFOH 5  LO SXQLW G¶XQH SHLQH FRQWUDYHQWLRQQHOOH © le fait. l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé ª 6RQ DUWLFOH  UpSULPH G¶XQH SHLQH GpOLFWXHOOH © le fait. sans autorisation de l’intéressé. pour le responsable d’un traitement automatisé de données à caractère personnel ª VRLW GH QH SDV UpSRQGUH DX[ GHPDQGHV pPDQDQW G¶XQH SHUVRQQH SK\VLTXH MXVWL¿DQW GH VRQ LGHQWLWp HW D\DQW SRXU REMHW GHV LQIRUPDWLRQV OD FRQFHUQDQW VRLW GH UHIXVHU GH GpOLYUHU j FHOOHFL XQH FRSLH GHV GRQQpHV j FDUDFWqUH SHUVRQQHO D\DQW WUDLW j VD SHUVRQQH /H FRPLWp HVW DLQVL SDUYHQX j OD FRQFOXVLRQ TXH considérant l’environnement constitutionnel et international préexistant.Les réponses du comité 77 .

0DLV HQ UpDOLWp OH GpFDODJH Q¶HVW TX¶DSSDUHQW  OD &RQVWLWXWLRQ FH VRQW OHV OLEHUWpV HVVHQWLHOOHV  RU GqV ORUV TX¶HOOH WRXFKH j OD YLH HW j OD PRUW GH O¶rWUH KXPDLQ j VD VDQWp j OD TXDOLWp GH VRQ H[LVWHQFH RX HQFRUH DX FKRL[ GH VD GHVFHQGDQFH OD ELRpWKLTXH QH VH VLWXHWHOOH SDV DX F°XU PrPH GH QRV OLEHUWpV OHV SOXV IRQGDPHQWDOHV " &¶HVW HQ FH VHQV TX¶LO IDXW LQWHUSUpWHU OD OHWWUH GH PLVVLRQ GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH TXL VH GHPDQGH V¶LO Q¶\ DXUDLW SDV OD SODFH GDQV QRWUH &RQVWLWXWLRQ SRXU GHV principes directeurs TXL VHUYLUDLHQW GH JXLGHV j QRWUH DSSURFKH GHV SUREOqPHV OLpV j OD ELRpWKLTXH  .FL HQFRUH XQ FRQVWDW G¶pYLGHQFH V¶LPSRVH  LO H[LVWH HQ OD PDWLqUH XQ LPPHQVH FRUSXV MXULGLTXH DFFXPXOp HVVHQWLHOOHPHQW DX FRXUV GHV GL[ GHUQLqUHV DQQpHV .

 &HW DUVHQDO GH QDWXUH OpJLVODWLYH HW MXULVSUXGHQWLHOOH DSSDUDvW FRQVWLWXHU OD YRLH OD SOXV HI¿FLHQWH GDQV XQ GRPDLQH HQ FRQVWDQWH pYROXWLRQ .

 1. La richesse du corpus législatif et jurisprudentiel  2Q UHOqYH G¶DERUG GH QRPEUHX[ textes de droit international  ± OD 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH GHV GURLWV GH O¶KRPPH GX  GpFHPEUH   DUWLFOHV HU   HW  ± OD 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH VXU OH JpQRPH KXPDLQ HW OHV GURLWV GH O¶KRPPH DGRSWpH OH  QRYHPEUH  SDU OD &RQIpUHQFH JpQpUDOH GH O¶81(6&2 HW IDLWH VLHQQH OH  GpFHPEUH  SDU O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH GHV 1DWLRQV XQLHV  DUWLFOHV HU j  VXU OD GLJQLWp KXPDLQH HW OH JpQRPH KXPDLQ DUWLFOHV  j  VXU OHV GURLWV GHV SHUVRQQHV FRQFHUQpHV DUWLFOHV  j  VXU OHV UHFKHUFKHV FRQFHUQDQW OH JpQRPH KXPDLQ ± OD 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH VXU OD ELRpWKLTXH HW OHV GURLWV GH O¶KRPPH DGRSWpH OH  RFWREUH  SDU OD &RQIpUHQFH JpQpUDOH GH O¶81(6&2  DUWLFOHV  j  ± OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH GX  QRYHPEUH   DUWLFOHV   HW  ± OD &KDUWH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ GX  GpFHPEUH   DUWLFOHV  j  GX FKDSLWUH I VXU OD GLJQLWp HW DUWLFOH  GX FKDSLWUH IV VXU OD VROLGDULWp ± OD &RQYHQWLRQ SRXU OD SURWHFWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GH OD GLJQLWp GH O¶rWUH KXPDLQ j O¶pJDUG GHV DSSOLFDWLRQV GH OD ELRORJLH HW GH OD PpGHFLQH  DUWLFOHV  j  GX FKDSLWUH I GLVSRVLWLRQV JpQpUDOHV.

  GX FKDSLWUH II FRQVHQWHPHQW.

  GX FKDSLWUH III YLH SULYpH HW GURLW j O¶LQIRUPDWLRQ.

  j  GX FKDSLWUH IV JpQRPH KXPDLQ.

   HW  GX FKDSLWUH V UHFKHUFKH VFLHQWL¿TXH.

  GX FKDSLWUH VI SUpOqYHPHQW G¶RUJDQHV HW GH WLVVXV VXU GHV GRQQHXUV YLYDQWV j GHV ¿QV GH WUDQVSODQWDWLRQ.

HW  HW  GX FKDSLWUH VII LQWHUGLFWLRQ GX SUR¿W HW XWLOLVDWLRQ G¶XQH SDUWLH GX FRUSV KXPDLQ.

GH OD &RQYHQWLRQ VXU OHV GURLWV GH O¶KRPPH HW OD ELRPpGHFLQH FRQYHQWLRQ GLWH G¶2YLHGR GX  DYULO  HQWUpH HQ YLJXHXU OH HU GpFHPEUH  HW QRQ UDWL¿pH SDU OD )UDQFH.

 .

8Q FROORTXH RUJDQLVp DX 6pQDW OH  DYULO  SRUWDLW G¶DLOOHXUV VXU /D &RQVWLWXWLRQ IDFH DX[ Gp¿V GH OD ELRpWKLTXH  YRLU QRWDPPHQW O¶LQWHUYHQWLRQ GX SURIHVVHXU %HUWUDQG 0DWKLHX .

&H FRUSXV D pWp UDVVHPEOp JUkFH DX SUpFLHX[ FRQFRXUV GX 6HUYLFH GH GRFXPHQWDWLRQ HW G¶pWXGHV GH OD &RXU GH FDVVDWLRQ 78 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

± OH 3URWRFROH DGGLWLRQQHO j OD &RQYHQWLRQ SRXU OD SURWHFWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GH OD GLJQLWp GH O¶rWUH KXPDLQ j O¶pJDUG GHV DSSOLFDWLRQV GH OD ELRORJLH HW GH OD PpGHFLQH SRUWDQW LQWHUGLFWLRQ GX FORQDJH G¶rWUHV KXPDLQV 3URWRFROH GX  MDQYLHU  HQWUp HQ YLJXHXU OH HU PDUV  HW QRQ UDWL¿p SDU OD )UDQFH.

 DUWLFOHV HU HW  'RLYHQW rWUH pJDOHPHQW FLWpV  ± XQH 'pFODUDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH VXU OHV GRQQpHV JpQpWLTXHV KXPDLQHV DGRSWpH OH  RFWREUH  SDU OD &RQIpUHQFH JpQpUDOH GH O¶81(6&2 ± XQ 3URWRFROH DGGLWLRQQHO j OD &RQYHQWLRQ VXU OHV GURLWV GH O¶KRPPH HW OD ELRPpGHFLQH UHODWLI j OD WUDQVSODQWDWLRQ G¶RUJDQHV HW GH WLVVXV G¶RULJLQH KXPDLQH 3URWRFROH GX  MDQYLHU  HQWUp HQ YLJXHXU OH HU PDL  HW QRQ VLJQp SDU OD )UDQFH ± XQ 3URWRFROH DGGLWLRQQHO j OD &RQYHQWLRQ VXU OHV GURLWV GH O¶KRPPH HW OD ELRPpGHFLQH UHODWLI j OD UHFKHUFKH ELRPpGLFDOH 3URWRFROH GX  MDQYLHU  HQWUp HQ YLJXHXU OH HU VHSWHPEUH  HW QRQ VLJQp SDU OD )UDQFH ± XQ SURMHW GH 3URWRFROH DGGLWLRQQHO j OD &RQYHQWLRQ VXU OHV GURLWV GH O¶KRPPH HW OD ELRPpGHFLQH UHODWLI DX[ WHVWV JpQpWLTXHV j GHV ¿QV PpGLFDOHV ± GL[ UHFRPPDQGDWLRQV GX &RQVHLO GH O¶(XURSH GDQV OHV GRPDLQHV VXLYDQWV  WUD¿F G¶RUJDQHV HQ (XURSH SURWHFWLRQ GX JpQRPH KXPDLQ ELRWHFKQRORJLHV ELRWHFKQRORJLH HW SURSULpWp LQWHOOHFWXHOOH SURWHFWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GH OD GLJQLWp GHV PDODGHV LQFXUDEOHV HW GHV PRXUDQWV [pQRWUDQVSODQWDWLRQ SURWHFWLRQ HW EUHYHWDELOLWp GHV SURGXLWV G¶RULJLQH KXPDLQH pODERUDWLRQ G¶XQH &RQYHQWLRQ GH ELRpWKLTXH XWLOLVDWLRQ GHV HPEU\RQV HW I°WXV KXPDLQV GDQV OD UHFKHUFKH VFLHQWL¿TXH RX j GHV ¿QV GLDJQRVWLTXHV WKpUDSHXWLTXHV VFLHQWL¿TXHV LQGXVWULHOOHV HW FRPPHUFLDOHV ± GHV GLUHFWLYHV GX 3DUOHPHQW HXURSpHQ HW GX &RQVHLO GH O¶8QLRQ HXURSpHQQH &HV WH[WHV RQW pWp UHOD\pV SDU XQH DERQGDQWH jurisprudence européenne  ± OD Cour européenne des droits de l’homme D DLQVL UHQGX GHV DUUrWV TXL WRXFKHQW SOXVLHXUV GRPDLQHV  LQWHUUXSWLRQ YRORQWDLUH GH JURVVHVVH  VWDWXW GH O¶HPEU\RQ HW GX I°WXV  SUpOqYHPHQWV post mortem  HXWKDQDVLH  H[DPHQV HW WUDLWHPHQWV PpGLFDX[  FRQVpTXHQFHV G¶XQH HUUHXU PpGLFDOH   .

 RFWREUH  Open Door et Dublin Well Wooman c/ Irlande UHT QRV   HW    VHSWHPEUH  Boso c/ Italie UHT QR  .

c/ France UHT QR   *UDQGH &KDPEUH  DYULO  (YDQV F 5R\DXPH8QL UHT QR  . *UDQGH &KDPEUH  MXLOOHW  Vo c/ France UHT QR    MDQYLHU  Adelaïde et a.

 MXLOOHW  Jäggi c/ Suisse UHT QR  .

 DYULO  3UHWW\ F 5R\DXPH8QL UHT QR  .

c/ Turquie UHT QR   *UDQGH &KDPEUH  GpFHPEUH  'LFNVRQ F 5R\DXPH8QL UHT QR  LQ¿UPDQW XQ DUUrW UHQGX OH  DYULO  SDU XQH FKDPEUH.F.  PDUV  *ODVV F 5R\DXPH8QL UHT QR    PDUV  Y.

  IpYULHU  Bensaïd c/ Royaume8QL UHT QR    MXLQ  Störck c/ Allemagne UHT QR    MXLOOHW  Rivière c/ France UHT QR  .

WDOLH UHT QR   *UDQGH &KDPEUH  RFWREUH  Draon c/ France UHT QR  HW Maurice c/ France UHT QR    PDUV  Tysiac c/ Pologne UHT QR  Deuxième partie . *UDQGH &KDPEUH  MDQYLHU  &DOYHOOL HW &LJOLR F .Les réponses du comité 79 .

notamment à l’enfant.± OD Cour de justice des Communautés européennes TXDQW j HOOH D UHQGX GHV GpFLVLRQV GDQV OH GRPDLQH GH OD EUHYHWDELOLWp GHV pOpPHQWV GX FRUSV KXPDLQ  (QVXLWH RQ UHOqYH GHV textes de droit interne  ± OH Préambule de la Constitution de 1946 HQ VHV DUWLFOHV   © La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement ª HW   © [La nation] garantit à tous. à la mère >@ la protection de la santé ª  ± OH code civil TXL FRPSRUWH GHV GLVSRVLWLRQV HVVHQWLHOOHV  HQ VHV DUWLFOHV  j  VXU OH UHVSHFW GX FRUSV KXPDLQ HQ VHV DUWLFOHV  j  VXU O¶H[DPHQ GHV FDUDFWpULVWLTXHV JpQpWLTXHV G¶XQH SHUVRQQH HW O¶LGHQWL¿FDWLRQ G¶XQH SHUVRQQH SDU VRQ HPSUHLQWH JpQpWLTXH HQ VHV DUWLFOHV  HW  VXU O¶DVVLVWDQFH PpGLFDOH j OD SURFUpDWLRQ  ± OH code de la santé publique  HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU OHV GURLWV GHV SHUVRQQHV PDODGHV HW GHV XVDJHUV GX V\VWqPH GH VDQWp HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU OHV UHFKHUFKHV ELRPpGLFDOHV HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU OH GRQ HW O¶XWLOLVDWLRQ GHV pOpPHQWV HW SURGXLWV GX FRUSV KXPDLQ HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU OHV DFWLRQV GH SUpYHQWLRQ FRQFHUQDQW O¶HQIDQW HQ VRQ DUWLFOH /  VXU O¶LQWHUUXSWLRQ YRORQWDLUH GH JURVVHVVH HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU O¶DVVLVWDQFH PpGLFDOH j OD SURFUpDWLRQ HQ VHV DUWLFOHV /  HW VXLYDQWV VXU OD UHFKHUFKH FRQFHUQDQW O¶HPEU\RQ HW OHV FHOOXOHV HPEU\RQQDLUHV  ± OH code de la propriété intellectuelle HQ VHV DUWLFOHV /  HW /  VXU OHV LQYHQWLRQV EUHYHWDEOHV HW OH FRUSV KXPDLQ La jurisprudence nationale Q¶HVW SDV HQ UHVWH ± (Q PDWLqUH G¶interruption volontaire de grossesse OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D MXJp G¶DERUG TXH OD ORL GH  QH SRUWDLW SDV DWWHLQWH DX[ SULQFLSHV FRQVWLWXWLRQQHOV RX j YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH  HQVXLWH TXH OD ORL GH  Q¶DYDLW SDV URPSX O¶pTXLOLEUH LPSRVp SDU OD &RQVWLWXWLRQ HQWUH OD VDXYHJDUGH GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH FRQWUH WRXWH IRUPH GH GpJUDGDWLRQ HW OD OLEHUWp GH OD IHPPH GpFRXODQW GH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GH   /H &RQVHLO G¶eWDW D HVWLPp SRXU VD SDUW TXH OHV ORLV GH  HW GH  Q¶pWDLHQW SDV LQFRPSDWLEOHV DYHF OHV GLVSRVLWLRQV GH OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH  .

 RFWREUH  DIIDLUH & 3D\V%DV FRQWUH 3DUOHPHQW HXURSpHQ HW &RQVHLO 5HF    MXLQ  DIIDLUH & &RPPLVVLRQ GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV F 5pSXEOLTXH LWDlienne 5HF .

 .

'pFLVLRQ QR  GX  MDQYLHU  Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse -2 GX  MDQYLHU  S  .

'pFLVLRQ QR  GX  MXLQ  Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception -2 GX  MXLOOHW  S  .

 GpFHPEUH  QRV    HW  /HERQ 80 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

(W OD &RXU GH FDVVDWLRQ D GpFLGp TXH OD ORL GH  Q¶pWDLW SDV DSSOLFDEOH GDQV OH FDV GX UHIXV GH O¶LPSODQWDWLRQ G¶HPEU\RQV GqV ORUV TX¶XQ WHO DFWH DYDLW VHXOHPHQW SRXU HIIHW HQ FDV GH UpXVVLWH GH O¶RSpUDWLRQ GH SHUPHWWUH XQH JURVVHVVH  ± (Q FH TXL FRQFHUQH l’embryon et le fœtus OD &RXU GH FDVVDWLRQ D MXJp TXH OH SULQFLSH GH OD OpJDOLWp GHV GpOLWV HW GHV SHLQHV V¶RSSRVDLW j FH TXH O¶LQFULPLQDWLRQ UpSULPDQW O¶KRPLFLGH LQYRORQWDLUH G¶DXWUXL VRLW pWHQGXH DX FDV GH O¶HQIDQW j QDvWUH GRQW OH UpJLPH MXULGLTXH UHOqYH GH WH[WHV SDUWLFXOLHUV  PDLV TX¶XQH WHOOH LQFULPLQDWLRQ GHYDLW rWUH UHWHQXH ORUVTX¶XQH IHPPH HQFHLQWH GH KXLW PRLV JULqYHPHQW EOHVVpH ORUV G¶XQ DFFLGHQW GH OD FLUFXODWLRQ DYDLW GRQQp QDLVVDQFH OH MRXU PrPH j XQ HQIDQW TXL pWDLW GpFpGp XQH KHXUH DSUqV GHV VXLWHV GHV OpVLRQV YLWDOHV LUUpYHUVLEOHV VXELHV DX PRPHQW GX FKRF  (OOH D MXJp pJDOHPHQW TX¶LO UpVXOWDLW GH O¶DUWLFOH  DOLQpD  GX &RGH FLYLO TXH HQ FDV GH GpFqV G¶XQ HQIDQW DYDQW TXH VD QDLVVDQFH DLW pWp GpFODUpH j O¶pWDW FLYLO HW j GpIDXW GH SURGXFWLRQ G¶XQ FHUWL¿FDW PpGLFDO LQGLTXDQW TXH FHOXLFL pWDLW Qp YLYDQW HW YLDEOH O¶RI¿FLHU GH O¶pWDW FLYLO QH SRXYDLW UHIXVHU O¶pWDEOLVVHPHQW G¶XQ DFWH G¶HQIDQW VDQV YLH DX PRWLI TXH OH VHXLO GH YLDELOLWp Gp¿QL SDU O¶2UJDQLVDWLRQ PRQGLDOH GH OD VDQWp Q¶pWDLW SDV DWWHLQW  ± 'DQV OH GRPDLQH du respect et de l’intégrité du corps humain OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D MXJp TXH © la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle ª TX¶LO QH OXL DSSDUWHQDLW SDV GH UHPHWWUH HQ FDXVH DX UHJDUG GH O¶pWDW GHV FRQQDLVVDQFHV HW GHV WHFKQLTXHV OHV GLVSRVLWLRQV SULVHV SDU OH OpJLVODWHXU TXL DYDLW HVWLPp TXH OH SULQFLSH GX UHVSHFW GH WRXW rWUH KXPDLQ GqV OH FRPPHQFHPHQW GH VD YLH HW OH SULQFLSH G¶pJDOLWp Q¶pWDLHQW SDV DSSOLFDEOHV DX[ HPEU\RQV HW TXH V¶DJLVVDQW GH FHV GHUQLHUV LO Q¶H[LVWDLW DXFXQH GLVSRVLWLRQ QL DXFXQ SULQFLSH j YDOHXU FRQVWLWXWLRQQHOOH FRQVDFUDQW OD SURWHFWLRQ GX SDWULPRLQH JpQpWLTXH GH O¶KXPDQLWp  /H &RQVHLO G¶eWDW D GpFLGp TXH OHV SULQFLSHV GpRQWRORJLTXHV IRQGDPHQWDX[ UHODWLIV DX UHVSHFW GH OD SHUVRQQH KXPDLQH TXL V¶LPSRVHQW DX PpGHFLQ GDQV VHV UDSSRUWV DYHF VRQ SDWLHQW QH FHVVHQW SDV GH V¶DSSOLTXHU DYHF OD PRUW GH FHOXLFL TX¶HQ SDUWLFXOLHU FHV SULQFLSHV IRQW REVWDFOH j FH TXH HQ GHKRUV GHV SUpOqYHPHQWV G¶RUJDQHV RSpUpV GDQV OH FDGUH GH OD ORL GX  GpFHPEUH  HW UpJLV SDU FHOOHFL LO VRLW SURFpGp j XQH H[SpULPHQWDWLRQ VXU XQ VXMHW DSUqV VD PRUW DORUV G¶XQH SDUW TXH OD PRUW Q¶DYDLW SDV pWp FRQVWDWpH GDQV GHV FRQGLWLRQV DQDORJXHV j FHOOHV TXL VRQW Gp¿QLHV SDU OHV DUWLFOHV  j  GX GpFUHW GX  PDUV  G¶DXWUH SDUW TXH ODGLWH H[SpULPHQWDWLRQ QH UpSRQGDLW SDV j XQH QpFHVVLWp VFLHQWL¿TXH .

 QR  . &LY UH  MDQYLHU  %XOO FLY .

$VV SOpQ  MXLQ  %XOO FLY QR  GDQV OH PrPH VHQV  &ULP  MXLQ  %XOO FULP QR    MXLQ  %XOO FULP QR    PDL  %XOO FULP QR .

 .

&ULP  GpFHPEUH  %XOO FULP QR  .

&LY UH  IpYULHU  %XOO FLY . QR   HW   j OD VXLWH GH FHV DUUrWV WURLV WH[WHV UHODWLIV j O¶DFWH G¶HQIDQW VDQV YLH RQW pWp SXEOLpV DX -RXUQDO RI¿FLHO GX  DR€W   XQ GpFUHW QR  XQ GpFUHW QR  HW XQ DUUrWp GX  DR€W  .

à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal -2 GX  MXLOOHW  S  Deuxième partie .Les réponses du comité 81 . 'pFLVLRQ QR  GX  MXLOOHW  Loi relative au respect du corps humain et loi relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain.

O D pJDOHPHQW MXJp DSUqV DYRLU pQRQFp TXH OH GURLW SRXU XQ SDWLHQW PDMHXU GH GRQQHU ORUVTX¶LO VH WURXYH HQ pWDW GH O¶H[SULPHU VRQ FRQVHQWHPHQW j XQ WUDLWHPHQW PpGLFDO UHYrW OH FDUDFWqUH G¶XQH OLEHUWp IRQGDPHQWDOH TXH GHV PpGHFLQV QH SRUWHQW SDV j FHWWH OLEHUWp XQH DWWHLQWH JUDYH HW PDQLIHVWHPHQW LOOpJDOH ORUVTXH DSUqV DYRLU WRXW PLV HQ °XYUH SRXU FRQYDLQFUH XQ SDWLHQW G¶DFFHSWHU OHV VRLQV LQGLVSHQVDEOHV LOV DFFRPSOLVVHQW GDQV OH EXW GH WHQWHU GH OH VDXYHU XQ DFWH LQGLVSHQVDEOH j VD VXUYLH HW SURSRUWLRQQp j VRQ pWDW XQ DFWH GH FHWWH QDWXUH Q¶pWDQW SDV QRQ SOXV PDQLIHVWHPHQW LQFRPSDWLEOH DYHF OHV H[LJHQFHV GpFRXODQW GH OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH  3RXU VD SDUW OD &RXU GH FDVVDWLRQ D MXJp  ‡ TX¶XQ PpGHFLQ QH SHXW VDQV OH FRQVHQWHPHQW OLEUH HW pFODLUp GH VRQ PDODGH SURFpGHU j XQH LQWHUYHQWLRQ FKLUXUJLFDOH TXL Q¶HVW SDV LPSRVpH SDU XQH QpFHVVLWp pYLGHQWH RX XQ GDQJHU LPPpGLDW SRXU OH SDWLHQW  ‡ TX¶LO UpVXOWH GH O¶DUWLFOH  GX &RGH FLYLO TXH QXO QH SHXW rWUH FRQWUDLQW KRUV OHV FDV SUpYXV SDU OD ORL GH VXELU XQH LQWHUYHQWLRQ FKLUXUJLFDOH  ‡ TXH KRUPLV OHV FDV G¶XUJHQFH G¶LPSRVVLELOLWp RX GH UHIXV GX SDWLHQW G¶rWUH LQIRUPp XQ PpGHFLQ HVW WHQX GH OXL GRQQHU XQH LQIRUPDWLRQ OR\DOH FODLUH HW .UHFRQQXH HQ¿Q TXH O¶LQWpUHVVp Q¶DYDLW SDV GRQQp VRQ FRQVHQWHPHQW GH VRQ YLYDQW RX TXH O¶DFFRUG GH VHV SURFKHV V¶LO HQ H[LVWDLW Q¶DYDLW SDV pWp REWHQX  /D &RXU GH FDVVDWLRQ D MXJp  ‡ TX¶DORUV TX¶XQH DFWLRQ HQ UHFKHUFKH GH ¿OLDWLRQ QDWXUHOOH HVW HQ FRXUV j O¶pWUDQJHU OD PHVXUH TXL VH ERUQH j DXWRULVHU OD FRPPXQLFDWLRQ G¶pOpPHQWV GpMj SUpOHYpV HW LQGLVSHQVDEOHV j XQH H[SHUWLVH PpGLFROpJDOH QH FRQVWLWXH SDV XQH PHVXUH G¶LGHQWL¿FDWLRQ G¶XQH SHUVRQQH SDU VRQ HPSUHLQWH JpQpWLTXH VRXPLVH j O¶DUWLFOH  GX &RGH FLYLO  ‡ TXH O¶DUWLFOH  GX &RGH FLYLO VHORQ OHTXHO VDXI DFFRUG H[SUqV GH OD SHUVRQQH PDQLIHVWp GH VRQ YLYDQW DXFXQH LGHQWL¿FDWLRQ SDU HPSUHLQWH JpQpWLTXH QH SHXW rWUH UpDOLVpH DSUqV VD PRUW HVW LPPpGLDWHPHQW DSSOLFDEOH DX[ VLWXDWLRQV HQ FRXUV  – 6¶DJLVVDQW GHV droits des malades OH &RQVHLO G¶eWDW D MXJp TX¶HQ IDLVDQW SUpYDORLU GH IDoRQ JpQpUDOH O¶REOLJDWLRQ SRXU OH PpGHFLQ GH VDXYHU OD YLH VXU FHOOH GH UHVSHFWHU OD YRORQWp GX PDODGH XQH FRXU DGPLQLVWUDWLYH G¶DSSHO DYDLW FRPPLV XQH HUUHXU GH GURLW PDLV TXH FRPSWH WHQX GH OD VLWXDWLRQ H[WUrPH GX SDWLHQW OHV PpGHFLQV TXL DYDLHQW FKRLVL GDQV OH VHXO EXW GH WHQWHU GH OH VDXYHU G¶DFFRPSOLU XQ DFWH LQGLVSHQVDEOH j VD VXUYLH HW SURSRUWLRQQp j VRQ pWDW Q¶DYDLHQW SDV FRPPLV GH IDXWH TXHOOH TX¶DLW pWp SDU DLOOHXUV OHXU REOLJDWLRQ GH UHVSHFWHU VD YRORQWp IRQGpH VXU VHV FRQYLFWLRQV UHOLJLHXVHV  .

.

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.  MXLOOHW  QR  /HERQ &LY UH  MXLQ  %XOO FLY . QR  &LY UH  DYULO  %XOO FLY . QR  82 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . QR  &LY H  PDUV  %XOO FLY . QR   RFWREUH  QR  /HERQ  DR€W  QR  /HERQ &LY UH  RFWREUH  %XOO FLY .

DSSURSULpH VXU OHV ULVTXHV JUDYHV DIIpUHQWV DX[ LQYHVWLJDWLRQV HW VRLQV SURSRVpV HW TX¶LO Q¶HVW SDV GLVSHQVp GH FHWWH REOLJDWLRQ SDU OH VHXO IDLW TXH FHV ULVTXHV QH VH UpDOLVHQW TX¶H[FHSWLRQQHOOHPHQW  RX SDU OH VHXO IDLW TXH O¶LQWHUYHQWLRQ VHUDLW PpGLFDOHPHQW QpFHVVDLUH  OD OLPLWDWLRQ GH O¶LQIRUPDWLRQ VXU XQ GLDJQRVWLF RX XQ SURQRVWLF JUDYH WHOOH TXH SUpYXH SDU O¶DUWLFOH  GX &RGH GH GpRQWRORJLH PpGLFDOH GHYDQW rWUH IRQGpH VXU GHV UDLVRQV OpJLWLPHV HW GDQV O¶LQWpUrW GX SDWLHQW OHTXHO GRLW rWUH DSSUpFLp HQ IRQFWLRQ GH OD QDWXUH GH OD SDWKRORJLH GH VRQ pYROXWLRQ SUpYLVLEOH HW GH OD SHUVRQQDOLWp GX PDODGH  ‡ TX¶XQH DWWHLQWH j O¶LQWpJULWp GX FRUSV KXPDLQ SUDWLTXpH HQ GHKRUV GH WRXWH QpFHVVLWp WKpUDSHXWLTXH HW j GHV ¿QV VWULFWHPHQW FRQWUDFHSWLYHV HVW SURKLEpH SDU O¶DUWLFOH  GX &RGH FLYLO  ‡ TX¶XQH H[SHUWLVH JpQpWLTXH VXU XQH SHUVRQQH GpFpGpH GRLW rWUH H[FOXH HQ O¶pWDW GX UHIXV GHV KpULWLHUV  2. La pertinence de la voie législative et jurisprudentielle 3OXVLHXUV SHUVRQQDOLWpV HQWHQGXHV SDU OH FRPLWp RQW VRXKDLWp V¶H[SULPHU VXU OD TXHVWLRQ GH OD ELRpWKLTXH 0 OH SUpVLGHQW $ODLQ *ULPIHOG D SODLGp SRXU O¶LQVFULSWLRQ GDQV OD &RQVWLWXWLRQ G¶XQ FHUWDLQ QRPEUH GH SULQFLSHV JpQpUDX[ IDLVDQW DSSDUDvWUH  ± DX FHQWUH GHV SUpRFFXSDWLRQV OH UHVSHFW G€ HQ SUHPLHU OLHX j OD YLH KXPDLQH HW OD SURWHFWLRQ GH O¶KRPPH IDFH DX[ UHFKHUFKHV HQ VFLHQFHV PpGLFDOHV HW VFLHQFHV GH OD YLH QRWDPPHQW HQ WHUPHV GH UHODWLRQ PpGHFLQPDODGH HW GH FRQVHQWHPHQW ± OD SULVH HQ FRPSWH G¶HPEOpH GX GURLW GH O¶HQIDQW DX FRXUV G¶XQH GpPDUFKH GH GURLW j O¶HQIDQW ± OD SUpVHUYDWLRQ GHV rWUHV HW GHV SHUVRQQHV HQ WDQW TX¶LQGLYLGXV GH O¶HVSqFH KXPDLQH GDQV VD VSpFL¿FLWp SDUWLFXOLqUH PDLV DXVVL HQ YXH GH OD SUpVHUYDWLRQ GH OD ELRGLYHUVLWp 0 OH SUpVLGHQW -HDQ3LHUUH &KDQJHX[ D SURSRVp GH UHPSODFHU OH SULQFLSH GH SUpFDXWLRQ SDU OH SULQFLSH GH UHVSRQVDELOLWp GHV VFLHQWL¿TXHV TXL DSSOLTXp j OD UHFKHUFKH PpGLFDOH DXUDLW SRXU FRQVpTXHQFH LPPpGLDWH G¶LQWHUIpUHU DYHF OD SUDWLTXH GHV VRLQV HW VXUWRXW DYHF OD UHFKHUFKH HW OH GpYHORSSHPHQW GH QRXYHOOHV PpWKRGHV GH WKpUDSHXWLTXH HW GH GLDJQRVWLF 0 OH FDUGLQDO $QGUp 9LQJW7URLV V¶HVW SURQRQFp HQ IDYHXU GH OD FRQVpFUDWLRQ G¶XQ SULQFLSH GH SURWHFWLRQ VXU OH PRGqOH GX SULQFLSH GH SUpFDXWLRQ  LO D SRVp OD TXHVWLRQ GH OD Gp¿QLWLRQ GH O¶LQGLVSRQLELOLWp GX FRUSV KXPDLQ VHORQ OXL RQ QH SHXW WRXW j OD IRLV pGLFWHU OH SULQFLSH GH O¶LQGLVSRQLELOLWp GX FRUSV KXPDLQ HW DXWRULVHU OH SUpOqYHPHQW G¶pOpPHQWV GX FRUSV.

 PDLV DXVVL GH OD SHUVRQQH KXPDLQH .

.

.

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&LY UH  RFWREUH  %XOO FLY . QR  &LY UH  PDL  %XOO FLY . QR  )RUPDWLRQ GHV DYLV  MXLOOHW  %XOO FLY QR  &LY UH  RFWREUH  %XOO FLY . QR  &LY UH  MXLOOHW  %XOO FLY . QR  Deuxième partie .Les réponses du comité 83 .

F¶HVWjGLUH GX JpQRPH  LO D VRXOLJQp OHV GLI¿FXOWpV SUDWLTXHV G¶REWHQLU HQ WRXWHV FLUFRQVWDQFHV XQ © consentement libre et éclairé ª QRWLRQ TXL ¿JXUH GDQV OH FRGH FLYLO HW GDQV FHOXL GH OD VDQWp SXEOLTXH.

 0PH 6\OYLDQH $JDFLQVNL V¶HVW PRQWUpH IDYRUDEOH j O¶LQVFULSWLRQ GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GHV SULQFLSHV GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH HW GH UHVSHFW GX FRUSV KXPDLQ .QVLVWDQW QRWDPPHQW VXU XQH FHUWDLQH LQVRXFLDQFH GH O¶RSLQLRQ HW GHV PpGLDV V¶DJLVVDQW GH OD OpJDOLVDWLRQ GH OD JHVWDWLRQ SRXU DXWUXL HW GHV FRQVpTXHQFHV GH FHWWH SUDWLTXH j O¶pJDUG WDQW GH OD PqUH © SRUWHXVH ª TXH GX FRXSOH GHPDQGHXU HW GH O¶HQIDQW j QDvWUH HOOH D FRQVLGpUp TX¶LO IDOODLW VH SUpRFFXSHU DYDQW WRXW GH FH TXL UHOqYH GH OD © marchandisation ª GX FRUSV KXPDLQ ¬ O¶LQYHUVH 0 $ODLQ )LQNLHONUDXW D HVWLPp TXH OHV SUREOqPHV OLpV j OD ELRpWKLTXH QH VHURQW SDV UpVROXV SDU XQ DFFURLVVHPHQW GHV GURLWV GqV ORUV TX¶LOV QH SHXYHQW SDV rWUH DERUGpV VRXV XQ DQJOH SXUHPHQW MXULGLTXH  LO D FRQVLGpUp TX¶XQ SURFpGp FRQVLVWDQW j © empiler ª OHV GURLWV VHUDLW G¶DLOOHXUV LPSXLVVDQW IDFH DX[ HQMHX[ OLpV DX SHUSpWXHO HVVRU GH OD VFLHQFH &RPPH OH WKqPH GH OD YLH SULYpH HW GHV GRQQpHV SHUVRQQHOOHV OD TXHVWLRQ GH OD ELRpWKLTXH UHQYRLH j O¶DWWLWXGH GH O¶KRPPH IDFH DX[ SURJUqV WHFKQRORJLTXHV LFL GDQV OH GRPDLQH GHV VFLHQFHV GH OD YLH HW GH OD VDQWp (Q FH GRPDLQH OHV WH[WHV HXURSpHQV TXL VRQW SUROL¿TXHV VXLYHQW SDV j SDV OHV SURJUqV GH OD VFLHQFH HQ WHQWDQW G¶HQFDGUHU MXULGLTXHPHQW OHV SUDWLTXHV DX IXU HW j PHVXUH GH OHXU GpYHORSSHPHQW /HV WH[WHV GH GURLW LQWHUQH IUDQoDLV HQ SDUWLFXOLHU OH FRGH FLYLO FRQWLHQQHQW GH VROLGHV SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ FRQVDFUpV HQ PDMRULWp SDU OHV SUHPLqUHV ORLV ELRpWKLTXHV GH  TXH FH VRLW HQ PDWLqUH GH UHVSHFW GH O¶rWUH KXPDLQ GqV OH FRPPHQFHPHQW GH OD YLH MXVTX¶DSUqV OD PRUW.

HW GH VRQ FRUSV LQYLRODELOLWp HW LQGLVSRQLELOLWp GH FHOXLFL DYHF SURKLELWLRQ G¶XQH SDUW GHV FRQYHQWLRQV SRUWDQW VXU OD SURFUpDWLRQ RX OD JHVWDWLRQ SRXU DXWUXL HW GHV FRQYHQWLRQV UpPXQpUDWRLUHV G¶DXWUH SDUW GH O¶HXJpQLVPH HW GX FORQDJH.

RX HQ PDWLqUH GH GURLWV GHV PDODGHV %LHQ TXH SRUWHXUV GH UREXVWHV SULQFLSHV FHV WH[WHV QH VRQW SDV LPPXDEOHV ORLQ V¶HQ IDXW  LVVXV SRXU OD SOXSDUW GHV ORLV ELRpWKLTXHV LOV IRQW O¶REMHW G¶XQH UpYLVLRQ SpULRGLTXH HQ SULQFLSH TXLQTXHQQDOH PrPH VL GL[ DQQpHV VpSDUHQW OHV WURLV SUHPLqUHV ORLV ELRpWKLTXHV GH OD GHUQLqUH  HW .

 j O¶KHXUH DFWXHOOH OH OpJLVODWHXU SUpSDUH OD WURLVLqPH ORL SUpYXH SRXU  /D MXULVSUXGHQFH pPDQDQW GX &RQVHLO G¶eWDW HW GH OD &RXU GH FDVVDWLRQ UHQG FRPSWH GH O¶DSSOLFDWLRQ GH FHV WH[WHV DX JUp GHV DIIDLUHV VRXPLVHV j FHV MXULGLFWLRQV TXL RQW O¶DYDQWDJH ± QRQ QpJOLJHDEOH ± GH SRXYRLU OHV DGDSWHU HQ IRQFWLRQ GHV pYROXWLRQV GH OD VFLHQFH HW GHV PHQWDOLWpV &HUWHV j O¶LQYHUVH GH FH TXL H[LVWH HQ PDWLqUH GH YLH SULYpH HW GH GRQQpHV SHUVRQQHOOHV OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO Q¶D SDV FRQVDFUp GHV SULQFLSHV ¿JXUDQW GDQV OD ORL HW Q¶D SDV pGLFWp GHV SULQFLSHV QRXYHDX[ HQ GHKRUV GX SULQFLSH GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH 'qV ORUV OH FRPLWp V¶HVW IRUWHPHQW LQWHUURJp VXU OH SRLQW GH VDYRLU V¶LO GHYDLW SURSRVHU O¶LQVFULSWLRQ GDQV OH 3UpDPEXOH RX GDQV OD &RQVWLWXWLRQ GH SULQFLSHV OLpV j OD ELRpWKLTXH 84 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

La reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine '¶HPEOpH OD TXHVWLRQ GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH HVW DSSDUXH VXI¿VDPPHQW LPSRUWDQWH DX FRPLWp SRXU TX¶LO GpFLGH GH OXL UpVHUYHU XQ WUDLWHPHQW SDUWLFXOLHU HW GH FRQVDFUHU OH SULQFLSH VRXV XQH IRUPH TXL UHVWDLW j GpWHUPLQHU DYHF SUpFLVLRQ %LHQ TXH G¶RULJLQH ORLQWDLQH OH SULQFLSH GH GLJQLWp HVW XQ FRQFHSW G¶XQH DFWXDOLWp SUpJQDQWH  FKDFXQ HQ DSSHOOH DXMRXUG¶KXL j OXL HW O¶RQ QH FRPSWH SOXV OHV FKURQLTXHV OLWWpUDLUHV SKLORVRSKLTXHV MXULGLTXHV  OHV DUWLFOHV GH SUHVVH HW OHV .O D UHOHYp TX¶j VXSSRVHU TXH O¶LQWpJUDWLRQ GH SULQFLSHV VRLW SURSRVpH FHOD Q¶DXUDLW SX HQ FRQFHUQHU TX¶XQ QRPEUH QpFHVVDLUHPHQW UHVWUHLQW OH 3UpDPEXOH RX OD &RQVWLWXWLRQ Q¶DXWRULVDQW FRPSWH WHQX GH OHXU IRUPH UpGDFWLRQQHOOH HW GH OHXU REMHW QL GH UHWHQLU SOXV GH WURLV RX TXDWUH SULQFLSHV QL GH OHV GpWDLOOHU .O D DORUV FRQVLGpUp TXH l’élévation. d’une part. en l’état. ne présenterait DXFXQH MXVWL¿FDWLRQ REMHFWLYH G¶DXWUH SDUW FRQFHUQHUDLW GHV SULQFLSHV TXL peuvent apparaître aujourd’hui intangibles. mais qui pourraient fort bien se révéler ne plus l’être demain (Q HIIHW GHV DXGLWLRQV DX[TXHOOHV OH FRPLWp D SURFpGp RQW SX PRQWUHU TX¶DX UHJDUG GH O¶pWDW GHV FRQQDLVVDQFHV DFWXHOOHV OHV VSpFLDOLVWHV HX[PrPHV PDQTXHQW GH OLVLELOLWp VXU O¶DPSOHXU GHV ERXOHYHUVHPHQWV VXVFHSWLEOHV GH VXUYHQLU DX FRXUV GHV SURFKDLQHV DQQpHV GDQV OH GRPDLQH GHV VFLHQFHV GH OD YLH HW GH OD VDQWp GH VRUWH TXH FRQVDFUHU GH WHOV SULQFLSHV GDQV OD &RQVWLWXWLRQ VLqJH GH OD QRUPH LQWHPSRUHOOH HW QRQ VXMHWWH j UpYLVLRQ UHYLHQGUDLW j HQWpULQHU O¶LUUpYHUVLELOLWp G¶XQH QRUPH DX SpULPqWUH LQVWDEOH HW YDULDEOH /H FRPLWp D GRQF HVWLPp TXH GDQV FHWWH PDWLqUH FRPPH GDQV OD SUpFpGHQWH LO YDODLW PLHX[ V¶HQ UHPHWWUH DX OpJLVODWHXU VRXPLV j O¶REOLJDWLRQ GH UpYLVHU SpULRGLTXHPHQW OHV WH[WHV HW DX MXJH HQ SDUWLFXOLHU DX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO GRQW OH U{OH FUpDWHXU D GpMj pWp VRXOLJQp HW TXL SRXU O¶KHXUH V¶HQ HVW WHQX DX SULQFLSH GH GLJQLWp G. dans le Préambule ou la Constitution.0DLV SRXU GHV PRWLIV DVVH] VHPEODEOHV j FHX[ TX¶LO D UHWHQXV SRXU UpVRXGUH OD TXHVWLRQ SUpFpGHQWH LO D ¿QDOHPHQW SUpIpUp QH SDV OH IDLUH . constituerait une opération qui. GH SULQFLSHV GX W\SH GH FHX[ pQRQFpV SOXV KDXW HW ¿JXUDQW GpMj GDQV OD loi.

Les réponses du comité 85 . 9 SDU H[ HQ GHUQLHU OLHX (PPDQXHO 'UH\HU La Dignité opposée à la personne 'DOOR]  S  Deuxième partie .

FROORTXHV TXL OXL VRQW GpGLpV   GH SDUWRXW O¶DSSHO j OD GLJQLWp IDLW SDUWLH GHV IRUPHV OHV SOXV LQFRQWRXUQDEOHV GX GLVFRXUV SXEOLF /D VSKqUH MXULGLTXH Q¶HVW pYLGHPPHQW SDV H[HPSWH GH FHWWH WHQGDQFH /H GURLW PRGHUQH VRXV WRXWHV VHV IRUPHV HW GDQV WRXWHV VHV H[SUHVVLRQV PXOWLSOLH OHV LQYRFDWLRQV GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH .

 VDQV WRXWHIRLV TX¶DLHQW pWp GLVVLSpHV WRXWHV OHV DPELJXwWpV TXDQW j VD VLJQL¿FDWLRQ H[DFWH .

 $SUqV HQ DYRLU WUqV ORQJXHPHQW HW YLJRXUHXVHPHQW GpEDWWX OH FRPLWp D ¿QDOHPHQW UHFRQQX O¶XWLOLWp GH OD FRQVpFUDWLRQ GH OD QRWLRQ DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO VRXV OD IRUPH G¶XQ SULQFLSH G¶pJDOH GLJQLWp GH FKDFXQ .

Une présence juridique déjà généralisée et protéiforme 3OXVLHXUV pays européens RQW LQVFULW OD QRWLRQ GH GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH GDQV OHXU &RQVWLWXWLRQ $LQVL VHORQ O¶DUWLFOH HU . 1.

» 3OXVLHXUV textes internationaux IRQW pJDOHPHQW XQH SODFH pPLQHQWH DX WHUPH GH © GLJQLWp ª ± /D 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH GHV GURLWV GH O¶KRPPH GX  GpFHPEUH   ‡ HQ VRQ 3UpDPEXOH  © &RQVLGpUDQW TXH OD UHFRQQDLVVDQFH GH OD GLJQLWp LQKpUHQWH j WRXV OHV PHPEUHV GH OD IDPLOOH KXPDLQH HW GH OHXUV GURLWV pJDX[ HW LQDOLpQDEOHV FRQVWLWXH OH IRQGHPHQW GH OD OLEHUWp GH OD MXVWLFH HW GH OD SDL[ GDQV OH monde ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH HU  © 7RXV OHV rWUHV KXPDLQV QDLVVHQW OLEUHV HW pJDX[ HQ GLJQLWp et en droits ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   © Toute personne. ª 6HORQ O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ IpGpUDOH GH OD &RQIpGpUDWLRQ VXLVVH GX  DYULO   © La dignité humaine doit être respectée et protégée. » 6HORQ O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ EHOJH  © &KDFXQ D OH GURLW GH PHQHU XQH vie conforme à la dignité humaine. Tous les pouvoirs publics ont l’obligation de la respecter et de la protéger. a droit j OD VpFXULWp VRFLDOH  HOOH HVW IRQGpH j REWHQLU OD VDWLVIDFWLRQ GHV GURLWV pFRQRPLTXHV VRFLDX[ HW FXOWXUHOV LQGLVSHQVDEOHV j VD GLJQLWp HW DX OLEUH GpYHORSSHPHQW . de conditions personnelles et sociales. en tant que membre de la société. les droits inviolables qui lui sont inhérents. le respect de la loi et des droits d’autrui sont le fondement de l’ordre politique et de la SDL[ VRFLDOH ª 6HORQ O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ GH OD 5pSXEOLTXH LWDOLHQQH GX  GpFHPEUH   © Tous les citoyens ont une même dignité sociale et sont pJDX[ GHYDQW OD ORL VDQV GLVWLQFWLRQ GH VH[H GH UDFH GH ODQJXH GH UHOLJLRQ d’opinions politiques. ª 6HORQ O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ HVSDJQROH GX  GpFHPEUH   © La dignité de la personne. GH OD /RL IRQGDPHQWDOH SRXU OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH GX  PDL   © La dignité de l’être humain est intangible. le libre développement de la personnalité.

8Q FROORTXH RUJDQLVp FRQMRLQWHPHQW SDU OD IDFXOWp GH VFLHQFHV VRFLDOHV HW pFRQRPLTXHV GH 3DULV HW O¶DVVRFLDWLRQ -XVWLFH HW 3DL[ VXU OH WKqPH 'LJQLWp KXPDLQH TXHOOH UpDOLWp  DQV DSUqV OD Déclaration universelle des droits de l’homme ? V¶HVW WHQX OHV  HW  VHSWHPEUH  j O¶.QVWLWXW FDWKROLTXH GH 3DULV D¿Q GH © faire le point sur la réalité de la dignité humaine aujourd’hui » 9 /D &URL[ GX  VHSWHPEUH .

 86 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

s’il y a lieu. compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   ©  4XLFRQTXH WUDYDLOOH D GURLW j XQH UpPXQpUDWLRQ pTXLWDEOH HW VDWLVIDLVDQWH OXL DVVXUDQW DLQVL TX¶j VD IDPLOOH XQH H[LVWHQFH FRQIRUPH à la dignité humaine et complétée. » ± /H 3DFWH LQWHUQDWLRQDO UHODWLI DX[ GURLWV FLYLOV HW SROLWLTXHV GX  GpFHPEUH  HQ VRQ DUWLFOH   © 1. par tous autres moyens de protection sociale. Toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine.de sa personnalité. grâce à l’effort national et à la coopération internationale. » ± /D FRQYHQWLRQ GH 1HZ <RUN GX  QRYHPEUH  UHODWLYH DX[ GURLWV GH O¶HQIDQW HQWUpH HQ YLJXHXU OH  VHSWHPEUH  HW UDWL¿pH SDU OD )UDQFH OH  DR€W  HQ VRQ DUWLFOH   © /HV eWDWV SDUWLHV YHLOOHQW j FH TXH  F.

et d’une manière tenant compte des besoins des personnes de son âge. il est le patrimoine de l’humanité ª HW   © D. » ± /D 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH VXU OH JpQRPH KXPDLQ HW OHV GURLWV GH O¶KRPPH  ‡ HQ VHV DUWLFOHV HU  © Le génome humain sous-tend l’unité fondamentale de tous les membres de la famille humaine. ainsi que la reconnaissance de leur dignité intrinsèque et de leur diversité. Dans un sens symbolique. 7RXW HQIDQW SULYp GH OLEHUWp VRLW WUDLWp DYHF KXPDQLWp HW DYHF OH UHVSHFW G€ j OD GLJQLWp GH OD personne humaine.

&KDTXH LQGLYLGX D GURLW DX UHVSHFW GH VD GLJQLWp HW GH VHV GURLWV TXHOOHV TXH VRLHQW VHV FDUDFWpULVWLTXHV JpQpWLTXHV E.

de la génétique et de la médecine. ni aucune de ses applications. le cas échéant. de groupes d’individus ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   © Des pratiques qui sont contraires à la dignité humaine. ne devrait prévaloir sur le respect des droits de l’homme. qui auraient pour objet ou pour effet de porter atteinte à ses droits individuels et à ses libertés fondamentales et à la reconnaissance de sa dignité ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   © Aucune recherche concernant le génome humain. WHOOHV TXH OH FORQDJH j GHV ¿QV GH UHSURGXFWLRQ G¶rWUHV KXPDLQV QH GRLYHQW SDV être permises ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   © D. &HWWH GLJQLWp impose de ne pas réduire les individus à leurs caractéristiques génétiques et de respecter le caractère unique de chacun et leur diversité ª ‡ HQ VRQ DUWLFOH   © Nul ne doit faire l’objet de discriminations fondées sur ses caractéristiques génétiques. en particulier dans les domaines de la biologie. des libertés fondamentales et de la dignité humaine des individus ou.

Les réponses du comité 87 . » ± /D FRQYHQWLRQ GLWH G¶2YLHGR HQ VRQ DUWLFOH HU  © Les parties à la présente convention protègent l’être humain dans sa dignité et son identité et garantissent à toute personne. La dignité humaine. Elle doit être respectée et protégée. sans discrimination. » ± /D &KDUWH HXURSpHQQH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ HQ VRQ DUWLFOH HU  © La dignité humaine est inviolable. les droits de l’homme et les libertés fondamentales doivent être pleinement respectés ª HW   © L’égalité fondamentale de tous les êtres humains en dignité et en droit doit être respectée de manière à ce qu’ils soient traités de façon juste et équitable. &KDFXQ GRLW DYRLU DFFqV DX[ SURJUqV GH OD ELRORJLH GH la génétique et de la médecine concernant le génome humain. dans le respect de sa dignité et de ses droits ª ± /D 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH VXU OD ELRpWKLTXH HW OHV GURLWV GH O¶KRPPH HQ VHV DUWLFOHV   © 1. le respect de son intégrité et de ses autres droits et libertés fondamentales à l’égard des applications de la biologie et de la Deuxième partie .

PpGHFLQH &KDTXH SDUWLH SUHQG GDQV VRQ GURLW LQWHUQH OHV PHVXUHV QpFHVVDLUHV SRXU GRQQHU HIIHW DX[ GLVSRVLWLRQV GH OD SUpVHQWH FRQYHQWLRQ » /HV lois françaises QH VRQW SDV HQ UHVWH ± /¶DUWLFOH  GX &RGH FLYLO pQRQFH TXH © la loi assure la primauté de la personne. interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. » ± /¶DUWLFOH /  GX &RGH GH OD VDQWp SXEOLTXH GLVSRVH TXH © la personne malade a droit au respect de sa dignité ª HW OHV DUWLFOHV /  DOLQpD  HW /  DOLQpD  TXH © le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure OD TXDOLWp GH VD ¿Q GH YLH HQ GLVSHQVDQW OHV VRLQV YLVpV j O¶DUWLFOH /  ª ± /¶DUWLFOH /  GX &RGH GH OD SURSULpWp LQWHOOHFWXHOOH pGLFWH TXH © ne sont SDV EUHYHWDEOHV OHV LQYHQWLRQV GRQW O¶H[SORLWDWLRQ FRPPHUFLDOH VHUDLW FRQWUDLUH j OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH j O¶RUGUH SXEOLF RX DX[ ERQQHV P°XUV FHWWH FRQWUDULpWp QH SRXYDQW UpVXOWHU GX VHXO IDLW TXH FHWWH H[SORLWDWLRQ HVW LQWHUGLWH par une disposition législative ou réglementaire ª ± /¶DUWLFOH /  GX &RGH SpQDO SUHVFULW TXH OH VWDJH GH FLWR\HQQHWp TXL SHXW rWUH VXEVWLWXp j XQH SHLQH G¶HPSULVRQQHPHQW D SRXU REMHW GH © rappeler les valeurs républicaines de tolérance et de respect de la dignité humaine sur lesquelles est fondée la société ª O¶DUWLFOH 5  HVW GDQV OH PrPH VHQV.

 ± /HV DUWLFOHV /  /  /  /  /  HW /   GX PrPH &RGH UpSULPHQW G¶XQH SHLQH G¶HPSULVRQQHPHQW HW G¶DPHQGH XQ FHUWDLQ QRPEUH G¶DJLVVHPHQWV © contraires ª j OD GLJQLWp © incompatibles avec la dignité humaine ª © susceptibles ª RX © de nature ª RX © tendant à ª SRUWHU DWWHLQWH j OD GLJQLWp RX HQFRUH SRUWDQW © gravement atteinte à la dignité humaine ª La jurisprudence IDLW DSSHO HOOH DXVVL HW GH PDQLqUH DVVH] IUpTXHQWH j OD QRWLRQ GH GLJQLWp ± 6¶DJLVVDQW GHV MXULGLFWLRQV HXURSpHQQHV OH WHUPH GH GLJQLWp QH ¿JXUDQW SDV GDQV OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH  OD Cour de Strasbourg D UHQGX GH QRPEUHX[ DUUrWV VXU OH IRQGHPHQW GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQYHQWLRQ VHORQ OHTXHO © nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ª (OOH D SDU DLOOHXUV pWHQGX OHV QRWLRQV GH © WUDLWHPHQWV LQKXPDLQV HW GpJUDGDQWV ª j GHV VLWXDWLRQV TXL Q¶pWDLHQW SDV SUpYXHV SDU OHV DXWHXUV GH OD &RQYHQWLRQ WHOOH OD VLWXDWLRQ GHV SHUVRQQHV SULYpHV GH OLEHUWp SHUVRQQHV GpWHQXHV HW SHUVRQQHV LQWHUQpHV >KDQGLFDSpHV RX QRQ@ HW FHOOH GHV SHUVRQQHV HQ YRLH G¶H[SXOVLRQ RX G¶H[WUDGLWLRQ.

 0rPH VDQV FRPSWHU DYHF OHV K\SRWKqVHV GDQV OHVTXHOOHV LO HVW ORLVLEOH GH SHQVHU TX¶HOOH D LQYRTXp OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH GH PDQLqUH LPSOLFLWH  OD &RXU V¶HVW UpIpUpH j SOXVLHXUV UHSULVHV j OD QRWLRQ GH GLJQLWp .

convaincus que le droit de toute personne à la vie est une valeur fondamentale dans une société démocratique et que l’abolition de la peine de mort est essentielle à la protection de ce droit et à la pleine reconnaissance de la dignité inhérente à tous les êtres humains ª . /H 3UpDPEXOH GX 3URWRFROH QR  j OD &RQYHQWLRQ GLVSRVH TXH © OHV eWDWV PHPEUHV GX &RQVHLO de l’Europe. signataires du présent Protocole.O VHUW GH IRQGHPHQW j FHUWDLQHV GpFLVLRQV FRQVDFUDQW OH GURLW DX UHVSHFW GH OD GLJQLWp KXPDLQH  SDU H[HPSOH  PDUV  Öcalan c/ Turquie UHT QR  VSpF †  .

 IpYULHU  /DVNH\ -DJJDUG HW %URZQ F 5R\DXPH8QL UHT QRV   HW  GDQV XQH DIIDLUH UHODWLYH DX[ SUDWLTXHV VDGRPDVRFKLVWHV 88 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

(OOH D DLQVL GpFLGp TX¶j O¶pJDUG G¶XQH SHUVRQQH SULYpH GH VD OLEHUWp WRXW XVDJH GH OD IRUFH SK\VLTXH TXL Q¶HVW SDV UHQGX VWULFWHPHQW QpFHVVDLUH SDU OH SURSUH FRPSRUWHPHQW GH ODGLWH SHUVRQQH SRUWH DWWHLQWH j OD GLJQLWp KXPDLQH HW FRQVWLWXH HQ SULQFLSH XQH YLRODWLRQ GX GURLW JDUDQWL SDU O¶DUWLFOH   (OOH D HVWLPp TXH GHV FRQGLWLRQV GH GpWHQWLRQ DYDLHQW SRUWp DWWHLQWH j OD GLJQLWp G¶XQ UHTXpUDQW HW DYDLHQW SURYRTXp FKH] OXL GHV VHQWLPHQWV GH GpVHVSRLU HW G¶LQIpULRULWp SURSUHV j O¶KXPLOLHU HW j OH UDEDLVVHU YRLUH j EULVHU VD UpVLVWDQFH SK\VLTXH HW PRUDOH  (OOH D MXJp TXH © O¶DUWLFOH  LPSRVH j O¶eWDW GH V¶DVVXUHU TXH WRXW SULVRQQLHU HVW détenu dans des conditions qui sont compatibles avec le respect de la dignité KXPDLQH TXH OHV PRGDOLWpV G¶H[pFXWLRQ GH OD PHVXUH QH VRXPHWWHQW SDV O¶LQWpUHVVp j XQH GpWUHVVH RX j XQH pSUHXYH G¶XQH LQWHQVLWp TXL H[FqGH OH QLYHDX LQpYLWDEOH GH VRXIIUDQFH LQKpUHQW j OD GpWHQWLRQ HW TXH HX pJDUG DX[ H[LJHQFHV pratiques de l’emprisonnement.XGOD F 3RORJQH >*&@ Qo  †  &('+ . la santé et le bien-être du prisonnier sont assuUpV GH PDQLqUH DGpTXDWH .

qui fut imposée au requérant pendant une période d’environ trois ans et demi. alors qu’il n’y avait pour cela aucun impératif de sécurité convaincant.  ª (OOH D FRQVLGpUp TXH © la pratique des fouilles à corps hebdomadaires. a porté DWWHLQWH j VD GLJQLWp KXPDLQH HW D G€ SURYRTXHU FKH] OXL GHV VHQWLPHQWV G¶DQgoisse et d’infériorité de nature à l’humilier et à le rabaisser  ª La Cour de Luxembourg D UHFRQQX TXH © l’ordre juridique communautaire tend indéniablement à assurer le respect de la dignité humaine en tant que principe général du droit ª  HOOH D GpFLGp j FHWWH RFFDVLRQ TXH OH GURLW FRPPXQDXWDLUH QH V¶RSSRVH SDV j FH TX¶XQH DFWLYLWp pFRQRPLTXH FRQVLVWDQW HQ O¶H[SORLWDWLRQ FRPPHUFLDOH GH MHX[ GH VLPXODWLRQ G¶DFWHV KRPLFLGHV IDVVH O¶REMHW G¶XQH PHVXUH QDWLRQDOH G¶LQWHUGLFWLRQ DGRSWpH SRXU GHV PRWLIV GH SURWHFWLRQ GH O¶RUGUH SXEOLF HQ UDLVRQ GX IDLW TXH FHOOHFL SRUWH DWWHLQWH j OD GLJQLWp KXPDLQH  ± 6¶DJLVVDQW GHV MXULGLFWLRQV IUDQoDLVHV F¶HVW j O¶RFFDVLRQ GH O¶H[DPHQ GH GHX[ GHV WURLV SUHPLqUHV ORLV ELRpWKLTXHV TXH OH Conseil constitutionnel D GpGXLW GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  TXH © la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle ª HVWLPDQW HQ O¶HVSqFH TXH OHV SULQFLSHV DI¿UPpV SDU FHV ORLV DX QRPEUH GHVTXHOV ¿JXUDLHQW OD SULPDXWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH OH UHVSHFW GH O¶rWUH KXPDLQ GqV OH FRPPHQFHPHQW GH VD YLH O¶LQYLRODELOLWp O¶LQWpJULWp HW O¶DEVHQFH GH FDUDFWqUH SDWULPRQLDO GX FRUSV KXPDLQ DLQVL TXH O¶LQWpJULWp GH O¶HVSqFH KXPDLQH WHQGDLHQW j DVVXUHU OH UHVSHFW GH FH SULQFLSH  .

 GpFHPEUH  Ribitsch c/ Autriche UHT QR  .

 DYULO  Peers c/ Grèce UHT QR  .

 MXLOOHW  Vasalinas c/ Lituanie UHT QR  .

 IpYULHU  Van Der Ven c/ Pays-Bas UHT QR  .

 RFWREUH  $II & Omega c/ Oberbürgermeisterin der Bundesstadt Bonn .

-2 GX  MXLOOHW  S  Deuxième partie . à l’assistance médicale à la procréation et au diagnostic prénatal. 'pFLVLRQ QR  GX  MXLOOHW  Loi relative au respect du corps humain et loi relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain.Les réponses du comité 89 .

O V¶HVW UpIpUp SDU OD VXLWH j SOXVLHXUV UHSULVHV DX © principe à valeur constitutionnelle de sauvegarde de la dignité de la personne humaine  ª pYRTXDQW GDQV XQH GpFLVLRQ © O¶pTXLOLEUH TXH OH UHVSHFW GH OD &RQVWLWXWLRQ LPSRVH HQWUH G¶XQH part. la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme de GpJUDGDWLRQ HW G¶DXWUH SDUW OD OLEHUWp GH OD IHPPH TXL GpFRXOH GH O¶DUWLFOH  GH la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen  ª /H Conseil d’État D pJDOHPHQW FRQVDFUp OH SULQFLSH GH GLJQLWp QRWDPPHQW GDQV OD FpOqEUH DIIDLUH GLWH GX ODQFHU GH QDLQ  DSUqV DYRLU pQRQFp TXH © le respect de la dignité de la personne humaine est une des composantes de l’ordre public ª LO D FRQVLGpUp TXH O¶DWWUDFWLRQ FRQVLVWDQW j FH TX¶XQ QDLQ KDUQDFKp j FHW HIIHW VH ODLVVH ODQFHU SDU GHV VSHFWDWHXUV FRPPH XQ SURMHFWLOH SRUWDLW DWWHLQWH SDU VRQ REMHW PrPH j OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH GH VRUWH TXH O¶DXWRULWp LQYHVWLH GX SRXYRLU GH SROLFH PXQLFLSDOH SRXYDLW O¶LQWHUGLUH PrPH HQ O¶DEVHQFH GH FLUFRQVWDQFHV ORFDOHV SDUWLFXOLqUHV HW DORUV PrPH TXH GHV PHVXUHV GH SURWHFWLRQ DYDLHQW pWp SULVHV SRXU DVVXUHU OD VpFXULWp GH OD SHUVRQQH HQ FDXVH HW TXH FHOOHFL VH SUrWDLW OLEUHPHQW j FHWWH H[KLELWLRQ FRQWUH UpPXQpUDWLRQ  'DQV OH GRPDLQH GH OD UDGLRGLIIXVLRQ LO D MXJp TXH FRQVWLWXDLHQW XQH DWWHLQWH j OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH HW MXVWL¿DLHQW j FH WLWUH OHV VDQFWLRQV SULVHV SDU OH &RQVHLO VXSpULHXU GH O¶DXGLRYLVXHO FRQWUH OHV pGLWHXUV GH VHUYLFHV LQWpUHVVpV  ‡ OD UDGLRGLIIXVLRQ GH SURSRV UDFLVWHV HW DQWLVpPLWHV  ‡ O¶DWWLWXGH G¶DQLPDWHXUV GH UDGLR D\DQW LQFLWp OHV DXGLWHXUV j PXOWLSOLHU OHV WpPRLJQDJHV VXU O¶pWDW GHV FDGDYUHV G¶XQH IHPPH HW G¶XQ HQIDQW HW OHV D\DQW HQFRXUDJpV j GRQQHU GHV GpWDLOV SDUWLFXOLqUHPHQW FKRTXDQWV  ‡ OHV SURSRV WHQXV j O¶DQWHQQH SDU XQ DQLPDWHXU GH UDGLR TXL V¶pWDLW UpMRXL GH OD PRUW G¶XQ SROLFLHU WXp DX FRXUV G¶XQH IXVLOODGH DYHF GHV PDOIDLWHXUV  'DQV XQ WRXW DXWUH GRPDLQH LO D MXJp TXH GHV GLVSRVLWLRQV UHQGDQW REOLJDWRLUHV XQ FHUWDLQ QRPEUH GH YDFFLQDWLRQV RX GRQQDQW OD SRVVLELOLWp j O¶DXWRULWp DGPLQLVWUDWLYH G¶LQVWLWXHU SDU YRLH UpJOHPHQWDLUH GH WHOOHV REOLJDWLRQV VL HOOHV DYDLHQW SRXU HIIHW GH SRUWHU XQH DWWHLQWH OLPLWpH DX[ SULQFLSHV G¶LQYLRODELOLWp HW G¶LQWpJULWp GX FRUSV KXPDLQ LQYRTXpV SDU OHV UHTXpUDQWV DYDLHQW pWp PLVHV HQ °XYUH GDQV OH EXW G¶DVVXUHU OD SURWHFWLRQ GH OD VDQWp TXL HVW XQ SULQFLSH JDUDQWL SDU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  DXTXHO VH UpIqUH OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  HW pWDLHQW SURSRUWLRQQpHV j FHW REMHFWLI GH VRUWH TX¶HOOHV QH PpFRQQDLVVDLHQW SDV OH SULQFLSH FRQVWLWXWLRQQHO GH VDXYHJDUGH GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH  ..

'pFLVLRQV QR  GX  MXLOOHW  Loi tendant à renforcer la répression du terrorisme HW GHV DWWHLQWHV DX[ SHUVRQQHV GpSRVLWDLUHV GH O¶DXWRULWp SXEOLTXH RX FKDUJpHV G¶XQH PLVVLRQ GH service public et comportant des dispositions relatives à la police judiciaire -2 GX  MXLOOHW  S  HW QR  GX  MDQYLHU  Loi relative à la diversité de l’habitat -2 GX  MDQYLHU  S   Y pJDOHPHQW GpFLVLRQ QR  GX  MXLOOHW  Loi relative à l’immigration et à l’intégration -2 GX  MXLOOHW  S  .

'pFLVLRQ QR  GX  MXLQ  Loi relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception -2 GX  MXLOOHW  S  .

 RFWREUH  QR  HW  /HERQ .

 RFWREUH  QR  /HERQ .

 DR€W  QR  /HERQ .

 PDL  QR  /HERQ .

 QRYHPEUH  QR  /HERQ 90 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

.O D MXJp WUqV UpFHPPHQW j SURSRV GH O¶DXWRULVDWLRQ GRQQpH j XQH VRFLpWp G¶H[SORLWHU XQ FHQWUH GH WUDLWHPHQW GHV GpFKHWV VXU OH WHUULWRLUH G¶XQH FRPPXQH R UHSRVHUDLHQW HQFRUH HQYLURQ WURLV FHQWV GpSRXLOOHV GH VROGDWV WXpV DX FRXUV GH OD 3UHPLqUH *XHUUH PRQGLDOH GRQW XQH TXDUDQWDLQH GDQV OH VHFWHXU FRQFHUQp TXH OH SULQFLSH GH UHVSHFW GH OD GLJQLWp Q¶DYDLW SDV pWp PpFRQQX GqV ORUV TXH GDQV O¶K\SRWKqVH R GHV UHVWHV KXPDLQV VHUDLHQW H[KXPpV DX FRXUV GX FKDQWLHU XQH SURFpGXUH IDLVDQW O¶REMHW G¶XQ DFFRUG DYDLW pWp PLVH HQ SODFH HQ OLDLVRQ DYHF OD JHQGDUPHULH OD GLUHFWLRQ GpSDUWHPHQWDOH GHV DQFLHQV FRPEDWWDQWV HW GHV DVVRFLDWLRQV SDWULRWLTXHV HQ YXH GH OHXU UHOqYHPHQW HW GH OHXU LQKXPDWLRQ  La Cour de cassation D pWp DPHQpH j IDLUH DSSOLFDWLRQ GX FRQFHSW GH © GLJQLWp ª SULQFLSDOHPHQW HQ PDWLqUH GH GURLW GH OD SUHVVH  HOOH D DLQVL MXJp G¶XQH PDQLqUH JpQpUDOH TXH OD OLEHUWp GH FRPPXQLTXHU GHV LQIRUPDWLRQV DXWRULVH OD SXEOLFDWLRQ G¶LPDJHV GH SHUVRQQHV LPSOLTXpHV GDQV XQ pYpQHPHQW VRXV OD VHXOH UpVHUYH GX UHVSHFW GH OHXU GLJQLWp  HW TXH OH SULQFLSH GH OD OLEHUWp GH OD SUHVVH LPSOLTXH OH OLEUH FKRL[ GHV LOOXVWUDWLRQV G¶XQ GpEDW JpQpUDO GH SKpQRPqQH GH VRFLpWp VRXV OD VHXOH UpVHUYH GX UHVSHFW GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH   HOOH D DLQVL DSSURXYp XQH FRXU G¶DSSHO G¶DYRLU GpFLGp TX¶XQH SKRWRJUDSKLH UHSUpVHQWDQW GLVWLQFWHPHQW OH FRUSV HW OH YLVDJH G¶XQ SUpIHW DVVDVVLQp JLVDQW VXU OD FKDXVVpH pWDLW DWWHQWDWRLUH j OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH  'DQV OH GRPDLQH GX GURLW VRFLDO HOOH D HVWLPp TXH OH IDLW GH SRUWHU j OD FRQQDLVVDQFH GX SHUVRQQHO VDQV PRWLI OpJLWLPH OHV DJLVVHPHQWV G¶XQ VDODULp QRPPpPHQW GpVLJQp FRQVWLWXH XQH DWWHLQWH j OD GLJQLWp GH FHOXLFL GH QDWXUH j OXL FDXVHU XQ SUpMXGLFH GLVWLQFW GH FHOXL UpVXOWDQW GH OD SHUWH GH VRQ HPSORL  'DQV OH GRPDLQH GX GURLW SpQDO HOOH D MXJp TXH FDUDFWpULVH © l’hébergement incompatible avec la dignité humaine ª OH IDLW GH ORXHU j WLWUH RQpUHX[ j XQH IDPLOOH GH WURLV SHUVRQQHV GRQW XQ HQIDQW HW XQH IHPPH HQFHLQWH XQ ORJHPHQW GH  Pð TXL FRQWUHYHQDQW DX[ GLVSRVLWLRQV GX UqJOHPHQW VDQLWDLUH GpSDUWHPHQWDO SUpVHQWH XQH KXPLGLWp HW GHV FRQGLWLRQV GH FKDXIIDJH PHWWDQW HQ SpULO OD VDQWp GHV RFFXSDQWV  7URLV GpFLVLRQV pPDQDQW GH MXULGLFWLRQV GX IRQG PpULWHQW pJDOHPHQW G¶rWUH FLWpHV  ‡ OD FRXU G¶DSSHO GH 3DULV D MXJp TX¶HQ LPSRVDQW DX UHJDUG HQ GHV OLHX[ GH SDVVDJH SXEOLF IRUFp RX GDQV FHUWDLQV RUJDQHV GH SUHVVH O¶LPDJH IUDFWLRQQpH HW WDWRXpH GX FRUSV KXPDLQ GHV SKRWRJUDSKLHV PRQWUDLHQW GHV SDUWLHV G¶XQ FRUSV PDUTXpHV GHV OHWWUHV © +.9 ª.

 GHV VRFLpWpV DYDLHQW XWLOLVp XQH V\PEROLTXH GH VWLJPDWLVDWLRQ GpJUDGDQWH SRXU OD GLJQLWp GHV SHUVRQQHV DWWHLQWHV GH PDQLqUH LPSODFDEOH HQ OHXU FKDLU HW HQ OHXU rWUH GH QDWXUH j SURYRTXHU j OHXU GpWULPHQW XQ SKpQRPqQH GH UHMHW RX j O¶DFFHQWXHU  .

 QRYHPEUH  QRV  HW  /HERQ .

&LY UH  IpYULHU  HW  QRYHPEUH  %XOO FLY . QRV  HW  .

&LY H  QRYHPEUH  %XOO FLY . QR  ..

 QR   OD &RXU GH FDVVDWLRQ FRPPH OH &RQVHLO G¶eWDW FI DUUrW GX  QRYHPEUH  SUpF QRWH  FLGHVVXV. &LY UH  GpFHPEUH  %XOO FLY .

 FRQVLGqUH DLQVL TXH OH SULQFLSH GH GLJQLWp V¶DSSOLTXH DSUqV OD PRUW .

&LY UH  IpYULHU  %XOO FLY 9 QR  .

&ULP  IpYULHU  %XOO FULP QR  .

Les réponses du comité 91 .  PDL  'DOOR]   QRWH (GHOPDQ Deuxième partie .

‡ OD FRXU G¶DSSHO GH 9HUVDLOOHV D MXJp TXH SRUWDLW DWWHLQWH j OD GLJQLWp GHV PDODGHV DWWHLQWV GH VFKL]RSKUpQLH OD FRPPHUFLDOLVDWLRQ G¶XQ MRXHW XQ VLQJH HQ SHOXFKH GpQRPPp © 1D]R OH 6NL]R ª.

elle « irrigue une grande partie du droit  » 2Q SHXW G¶DLOOHXUV V¶pWRQQHU GH FH TXH OH SULQFLSH GH GLJQLWp QH ¿JXUH SDV GDQV OD &RQVWLWXWLRQ 0DLV FRPPH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO O¶D PLV HQ pYLGHQFH GqV VD GpFLVLRQ UHODWLYH j OD ELRpWKLTXH  OD UpIpUHQFH DX SULQFLSH D pWp LPSOLFLWH  OH 3UpDPEXOH GH  IDLW G¶HPEOpH PHQWLRQ GH OD YLFWRLUH UHPSRUWpH SDU OHV SHXSOHV OLEUHV VXU OHV UpJLPHV TXL RQW WHQWp © d’asservir et de dégrader la personne humaine ª FH TXL QH ODLVVH JXqUH OD SODFH DX GRXWH 0DLV FHOD QH VLJQL¿H SDV TX¶XQ DFFRUG XQDQLPH UqJQH GDQV OH GURLW IUDQoDLV VXU FH TX¶LO FRQYLHQW G¶HQWHQGUH H[DFWHPHQW SDU OHV PRWV GH © GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH ª 2. à des acceptions très différentes ¬ O¶LVVXH GH OD UHFKHUFKH TX¶HOOHV RQW PHQpH j FH SURSRV 0PHV &KDUORWWH *LUDUG HW 6WpSKDQLH +HQQHWWH9DXFKH] GpJDJHQW © WURLV W\SHV GH Gp¿QLWLRQV substantielles ª GH FH SULQFLSH  . GH QDWXUH j VXVFLWHU OD GpULVLRQ HW OD GLVFULPLQDWLRQ j O¶pJDUG GH FHWWH FDWpJRULH GH SHUVRQQHV  ‡ OH WULEXQDO GH JUDQGH LQVWDQFH GH 1DQWHUUH D MXJp TX¶pWDLHQW DWWHQWDWRLUHV j OD GLJQLWp KXPDLQH OHV SURSRV PrPH UpSRQGDQW DX VRXFL GH IDLUH ULUH WHQXV ORUV G¶XQH pPLVVLRQ GH WpOpYLVLRQ HW DVVLPLODQW OHV QDLQV j GH OD QRXUULWXUH HW DX UqJQH DQLPDO  $X WRWDO XQ FRQVWDW pPHUJH  la notion de dignité de la personne humaine « a envahi notre système juridique  ». selon les cas. Un contenu multiple et incertain 4XH UHFRXYUH H[DFWHPHQW DXMRXUG¶KXL OH FRQFHSW GH GLJQLWp GRQW OD Gp¿QLWLRQ Q¶HVW G¶DLOOHXUV GRQQpH SDU DXFXQ WH[WH " /D SKUDVH G¶(PPDQXHO . le droit renvoie. cela n’a pas seulement une YDOHXU UHODWLYH F¶HVWjGLUH XQ SUL[ PDLV D XQH YDOHXU LQWULQVqTXH F¶HVWjGLUH une GLJQLWp  ª 0DLV HOOH Q¶HVW SDV G¶XQ WUqV JUDQG VHFRXUV SRXU OH MXULVWH HQ TXrWH G¶XQH Gp¿QLWLRQ RSpUDWRLUH ¬ FRQVLGpUHU QRWDPPHQW FH TXL SUpFqGH LO DSSDUDvW VXUWRXW TXH sous le même vocable de dignité.DQW HVW ELHQ FRQQXH  © &H TXL FRQVWLWXH OD FRQGLWLRQ TXL seule peut faire que quelque chose est une ¿Q HQ VRL.

QI UDS  .  QRYHPEUH  'DOOR]  .

 VHSWHPEUH  &RPPXQLFDWLRQ ± &RPPHUFH pOHFWURQLTXH GpFHPEUH  S  QR  QRWH $ /HSDJH .

6 *XLOOHQ © 'LJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH HW SROLFH DGPLQLVWUDWLYH (VVDL VXU O¶DPELYDOHQFH GX VWDQGDUG ª LQ /D 'LJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH 0pODQJHV RIIHUWV j &KULVWLDQ %RO]H (FRQRPLFD  S  .

) %XVV\ © /D FRQVpFUDWLRQ SDU OH MXJH IUDQoDLV GX UHVSHFW GH OD GLJQLWp KXPDLQH ª LQ Justice et GURLWV IRQGDPHQWDX[ eWXGHV RIIHUWHV j -DFTXHV 1RUPDQG /LWHF  S . .

3UpF QRWH  S  .

Fondements de la métaphysique des mœurs  /H /LYUH GH 3RFKH  S  .

Recherche sur un processus de juridicisation 38)  FROO © 'URLW -XVWLFH ª S  HW V 92 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . La Dignité de la personne humaine.

» 6HORQ XQH deuxième approche OD GLJQLWp HVW XQH TXDOLWp DWWDFKpH QRQ SOXV FHWWH IRLV j XQ UDQJ RX j XQH IRQFWLRQ PDLV © à la personne humaine ª HQ WDQW TX¶HOOH SHXW rWUH RSSRVpH SDU FKDTXH KRPPH j GHV WLHUV .O V¶DJLW © G¶XQH FRQFHSWLRQ QRXYHOOH IRQGpH VXU XQH UHGp¿QLWLRQ GHV FRQFHSWV traditionnels de droits. à savoir le principe de GLJQLWDV ª HVW © XQH TXDOLWp DWWDFKpH j XQ UDQJ RX j XQH IRQFWLRQ RI¿FLHOOH ª (Q FH VHQV G¶XQH SDUW HOOH HVW © directement porteuse d’obligations particulières ª TXL © LQFRPEHQW j OD SHUVRQQH WLWXODLUH GH OD IRQFWLRQ RX GH O¶RI¿FH ª G¶DXWUH SDUW HOOH © emporte. une obligation générale de respect de ce rang ou de cette fonction ª © la dignité-dignitas fonctionn[ant] alors comme un attribut de la souveraineté ª © La vocation de la dignité est ici la protection de la fonction. de libertés. d’humanité. elle privilégie le présupposé de l’égalité entre les personnes humaines titulaires de la protection qu’offre la dignité ª  © d’autre part. à l’égard des tiers. elle présuppose la liberté ou l’autonomie conçues dans la théorie politique moderne comme les principes fondateurs de tout système politique ª $XWUHPHQW GLW F¶HVW SDUFH TXH OHV KRPPHV VRQW WRXV HW pJDOHPHQW GpSRVLWDLUHV GH OD PrPH GLJQLWp TX¶LO HVW LQDFFHSWDEOH TXH O¶XQ G¶HQWUH HX[ H[HUFH XQH YpULWDEOH GRPLQDWLRQ VXU VRQ SURFKDLQ &¶HVW DXVVL SDUFH TX¶LOV VRQW pJDX[ HQ GLJQLWp TXH OHV rWUHV KXPDLQV QH SHXYHQW rWUH OLpV TXH SDU OD ORL FRPPXQH RX SDU O¶HIIHW GH OHXU SURSUH FRQVHQWHPHQW HW TXH O¶DVVHUYLVVHPHQW OXL Q¶HVW MDPDLV DFFHSWDEOH &HWWH FRQFHSWLRQ GH OD GLJQLWp HVW FHOOH j ODTXHOOH OHV SHXSOHV HXURSpHQV VH VRQW UDOOLpV DSUqV OD 6HFRQGH *XHUUH PRQGLDOH LQVWUXLWV TX¶LOV pWDLHQW GHV UDYDJHV TXH YHQDLW GH FDXVHU VRQ PpSULV  6HORQ XQH troisième approche FHSHQGDQW SRXU UHSUHQGUH XQH H[SUHVVLRQ GH 0PHV *LUDUG HW +HQQHWWH9DXFKH] OD GLJQLWp HVW © une qualité opposable à l’homme par des tiers ª HW © devient ici un concept absorbant les obligations générales de respect vis-à-vis d’une certaine représentation de ce qu’est l’humanité digne. La série d’obligations comprise dans cette approche incombe à tout individu quel qu’il soit et en tant qu’il appartient au genre humain ª . d’autonomie ainsi que sur l’utilisation de nouvelles notions de dignité. Jaggard et Brown .6HORQ XQH première approche TXDOL¿pH GH © traditionnelle ª OD GLJQLWp © liée avec la trace la plus ancienne du principe en droit.FL OD GLJQLWp TXL V¶LQFDUQH GDQV OHV LQFULPLQDWLRQV SpQDOHV HW GDQV OHV OpJLVODWLRQV VRFLDOHV © est compaUDEOH GDQV VRQ IRQFWLRQQHPHQW DX[ UpIpUHQFHV WUDGLWLRQQHOOHV TXH FRQVWLWXHQW OD liberté et l’égalité ª  © d’une part. de personne ª 'LW DXWUHPHQW O¶rWUH KXPDLQ GLJQH HVW HQ FH VHQV FHOXL TXL GLVSRVDQW GH VRL F¶HVWjGLUH QRWDPPHQW GH VRQ SURSUH FRUSV QH FRQWUHYLHQW SDV j XQ PRGqOH GH FRPSRUWHPHQW VRFLDOHPHQW SUpGpWHUPLQp FRPPH DFFHSWDEOH &¶HVW FHOXL TXL YLVjYLV GH OXLPrPH © VH PRQWUH GLJQH ª GH OD FRQGLWLRQ KXPDLQH &HWWH DSSURFKH HVW FODLUHPHQW FHOOH TXL SUpYDXW GDQV OHV MXULVSUXGHQFHV SUpFLWpHV &RPPXQH GH 0RUVDQJVXU2UJH GX &RQVHLO G¶eWDW HW Laskey. non celle de la personne physique qui en est chargée.

'HV WUDYDX[ XQLYHUVLWDLUHV UpFHQWV PRQWUHQW DX GHPHXUDQW TX¶LO \ DYDLW SOXV Oj UHGpFRXYHUWH G¶XQ IRQGV SKLORVRSKLTXH GpMj SUpVHQW j O¶pSRTXH GHV /XPLqUHV TX¶XQH LQYHQWLRQ SXUH HW VLPSOH FI QRWDPPHQW OHV WUDYDX[ GH 0 2OLYLHU &D\OD HW HQ SDUWLFXOLHU © /H FRXS G¶eWDW GH GURLW " ª Le Débat  QR  S .

 0DLV j ELHQ \ UpÀpFKLU FHOD Q¶D ULHQ GH WUqV pWRQQDQW WDQW OD OLEHUWp HW O¶pJDOLWp GHV 0RGHUQHV VRQW IRQGDPHQWDOHPHQW KXPDQLVWHV Deuxième partie .Les réponses du comité 93 .

&¶HVW OD UDLVRQ SRXU ODTXHOOH HOOH QH SHXW rWUH UHFRPPDQGpH j O¶pWDW EUXW VDQV DXWUH IRUPH GH SURFqV /D UpÀH[LRQ GX FRPLWp VXU FH SRLQW D pWp HQULFKLH SDU OD FRQWULEXWLRQ GH QRPEUHXVHV SHUVRQQDOLWpV DXGLWLRQQpHV &HUWDLQHV VH VRQW PRQWUpHV WUqV IDYRUDEOHV j O¶LQVFULSWLRQ GX SULQFLSH GH GLJQLWp &¶HVW OH FDV GH 0PH &KULVWLQH %RXWLQ TXL D IDLW VLHQQH OD IRUPXOH GH 0PH 0XULHO )DEUH0DJDQ VHORQ ODTXHOOH OD GLJQLWp HVW © indémontrable.GH OD &RXU HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH .FL  OH VSHFWDFOH GX © ODQFHU GH QDLQ ª HVW MXJp LQGLJQH DORUV PrPH TX¶LO QH VXSSRVH DXFXQH DOLpQDWLRQ DX PRLQV DSSDUHQWH GH O¶LQWpUHVVp ± OHTXHO pWDLW O¶HQWUHSUHQHXU GH VRQ SURSUH VSHFWDFOH  Oj  OH PrPH MXJHPHQW V¶DSSOLTXH DX[ VDGRPDVRFKLVWHV DORUV PrPH TX¶LOV UHYHQGLTXDLHQW OHXU OLEUH FRQVHQWHPHQW j OHXUV SURSUHV SUDWLTXHV 'DQV OHV GHX[ FDV O¶LQYRFDWLRQ GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH D VHUYL j SRVHU XQH OLPLWH j OHXU FDSDFLWp GH OLEUHPHQW GLVSRVHU G¶HX[PrPHV 5HSURFKH HVW IDLW j FHV SHUVRQQHV SDU OD VRFLpWp G¶DWWHQWHU j XQ PRGqOH GX FRPSRUWHPHQW KXPDLQ WHQX SRXU DFFHSWDEOH 8QH RSSRVLWLRQ SUDWLTXH HW SKLORVRSKLTXH DSSDUDvW LFL 6L O¶RQ UHSUHQG OD W\SRORJLH SURSRVpH SDU 0PHV *LUDUG HW +HQQHWWH9DXFKH] OD GHX[LqPH DFFHSWLRQ GH OD GLJQLWp HQ IDLW SRXU FKDTXH KRPPH XQ UHPSDUW FRQWUH O¶DJUHVVLRQ H[WpULHXUH ± OD GRPLQDWLRQ SDU XQ DXWUH VXMHW (OOH SRVWXOH j FHW HIIHW XQH DSWLWXGH GH FKDFXQ DX JRXYHUQHPHQW GH VRL HW VH GRQQH SDU Oj FRPPH OH FRUROODLUH QDWXUHO GH OD OLEHUWp HW GH O¶pJDOLWp /D WURLVLqPH DFFHSWLRQ SDU FRQWUH VH YHXW FRQVWLWXWLYH G¶XQH OLPLWH j OD OLEHUWp GH FKDFXQ  FHOOH GH GLVSRVHU GH VRLPrPH ± HW QRQ SOXV VHXOHPHQW GH O¶DXWUH /D GpFLVLRQ G¶LQVFULUH XQ SULQFLSH GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH GDQV OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ Q¶D ULHQ G¶DQRGLQ L’ambivalence même de la notion recouvre et dissimule des options philosophiques et idéologiques divergentes. indérogeable et indiscutable ª (OOH D YX GDQV FH SULQFLSH © un rempart contre l’instrumentalisation de la personne ª HW XQ PR\HQ GH © protéger l’humanité dans son ensemble ª TXL SRXUUDLW HQ RXWUH GRQQHU OLHX j G¶DXWUHV GpYHORSSHPHQWV GDQV OD &RQVWLWXWLRQ SDU H[HPSOH OD OXWWH FRQWUH OD SDXYUHWp &¶HVW pJDOHPHQW OH FDV GH 0PH &KULVWLDQH 0HQDVVH\UH RX GH 0PH 6\OYLDQH $JDFLQVNL 0 -HDQ3LHUUH &KDQJHX[ D SRXU VD SDUW SURSRVp G¶LQWURGXLUH GDQV OH 3UpDPEXOH OHV SULQFLSHV GH UHVSHFW GH O¶DXWRQRPLH GH OD SHUVRQQH HW GH UHVSHFW GH VHV FDSDFLWpV GpFLVLRQQHOOHV HQ OLHX HW SODFH GX FRQFHSW © valise ª GH GLJQLWp GRQW O¶XVDJH OXL HVW DSSDUX WURS VRXYHQW DEVWUDLW .

3UpF QRWH  S  .

A. et A. c/ Belgique GX  IpYULHU  UHT QRV  HW . D. 3UpF QRWH  S   GDQV VRQ DUUrW PrPH VL HOOH Q¶D SDV IDLW UpIpUHQFH H[SUHVVH DX SULQFLSH GH GLJQLWp OD &RXU GH 6WUDVERXUJ D DSSURXYp GHV SRXUVXLWHV HQJDJpHV j O¶HQFRQWUH GHV LQWpUHVVpV HW D DGPLV TXH OD UpSUHVVLRQ SURFpGDLW GH © mesures nécessaires dans une société démocratique à la proWHFWLRQ GH OD VDQWp DX VHQV GH O¶DUWLFOH  †  GH OD &RQYHQWLRQ ª  HOOH HVW HQVXLWH UHYHQXH j XQH FRQFHSWLRQ SOXV © OLEpUDOH ª GDQV XQ DUUrW K.

 DSUqV DYRLU pQRQFp TXH © OH GURLW G¶HQWUHWHQLU GHV UHODWLRQV VH[XHOOHV GpFRXOH GX droit de disposer de son corps. partie intégrante de l’autonomie personnelle ª HW TXH © la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l’entend peut également inclure la possibilité de s’adonner à des activités perçues comme étant d’une nature physiquement ou moralement dommageables ou dangereuses pour sa personne ª HOOH D GpFLGp TXH © le droit pénal ne peut. en principe. intervenir GDQV OH GRPDLQH GHV SUDWLTXHV VH[XHOOHV FRQVHQWLHV TXL UHOqYHQW GX OLEUH DUELWUH GHV LQGLYLGXV ª HW TX¶LO IDXW © GHV UDLVRQV SDUWLFXOLqUHPHQW JUDYHV SRXU TXH VRLW MXVWL¿pH DX[ ¿QV GH O¶DUWLFOH  †  GH OD &RQYHQWLRQ XQH LQJpUHQFH GHV SRXYRLUV SXEOLFV GDQV OH GRPDLQH GH OD VH[XDOLWp ª 94 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

O HQ YD GH PrPH SRXU OD Gp¿QLWLRQ HW OD JDUDQWLH GHV GURLWV GHV SHUVRQQHV GpWHQXHV HQ SULVRQ OH SURMHW GH ORL SpQLWHQWLDLUH UpFHPPHQW GpSRVp GHYDQW OH 3DUOHPHQW VH UpIpUDQW G¶DLOOHXUV H[SUHVVpPHQW DX FRQFHSW GH GLJQLWp 4XDQW j O¶LQWpUrW G¶LQYRTXHU OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH SRXU DERUGHU FHUWDLQV SUREOqPHV SDUPL OHV SOXV GpOLFDWV GH OD ELRpWKLTXH LO D GpMj pWp PLV HQ DYDQW GDQV OH SUpVHQW UDSSRUW Deuxième partie .'¶DXWUHV SHUVRQQDOLWpV LQYLWpHV VH VRQW PRQWUpHV SOXV UDGLFDOHPHQW FULWLTXHV SDU H[HPSOH 0 /XF )HUU\ TXL V¶HVW PRQWUp GXELWDWLI VXU O¶RSSRUWXQLWp GH FRQVWLWXWLRQQDOLVHU XQ WHUPH SRUWHXU G¶XQH VpULH G¶RSSRVLWLRQV HQWUH GHV SDUWLV SULV LGpRORJLTXHV WUqV PDUTXpV 3. à la considération de la dignité de la personne /HV SROLWLTXHV GH VDQWp SXEOLTXH RX GH OXWWH FRQWUH O¶H[FOXVLRQ VRFLDOH SDU H[HPSOH QH FHVVHQW G¶LQWHUURJHU OD FRQGLWLRQ KXPDLQH HW G¶LPSRVHU j OD VRFLpWp IUDQoDLVH GH SRUWHU VXU HOOHPrPH XQ UHJDUG SURSUHPHQW pWKLTXH HW SKLORVRSKLTXH 8QH UpIpUHQFH FRPPXQH YLVDQW j YRLU UHVSHFWpH OD GLJQLWp GH FKDFXQ QH VHUDLW SDV j QpJOLJHU /H PrPH UDLVRQQHPHQW SHXW rWUH WHQX GDQV G¶DXWUHV GRPDLQHV  O¶pGXFDWLRQ SDU H[HPSOH QRWDPPHQW GDQV VHV UDSSRUWV DYHF OD FRQVWUXFWLRQ GH OD FLWR\HQQHWp YRLUH GX FLYLVPH SHXW VH YRLU YDODEOHPHQW pFODLUpH SDU XQH UpIpUHQFH GH FH W\SH . la question « symbolique » ne pouvait pas être résolue aussi facilement que dans d’autres /D UHVSRQVDELOLWp KLVWRULTXH GH OD )UDQFH GDQV O¶pFULWXUH GHV GURLWV GH O¶KRPPH QH SHXW rWUH pOXGpH (W LO HVW LQFRQWHVWDEOH TX¶XQH VRUWH GH EL]DUUHULH FDUDFWpULVH O¶pWDW DFWXHO GH QRWUH FRUSXV FRQVWLWXWLRQQHO j FHW pJDUG  OD )UDQFH PDWULFH GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW JUDQG SURPRWHXU GHV YDOHXUV KXPDQLVWHV GRQW GpULYH SRXU XQH ODUJH SDUW O¶LGpH PRGHUQH GH GLJQLWp HVW O¶XQH GHV UDUHV GpPRFUDWLHV PRGHUQHV j QH SDV DI¿FKHU GH PDQLqUH OLVLEOH FH SULQFLSH DX SDQWKpRQ GH VHV SULQFLSDOHV YDOHXUV GH UpIpUHQFH ± (QVXLWH RQ QH VDXUDLW IDLUH DEVWUDFWLRQ GH l’importance qui s’attache aujourd’hui. L’opportunité d’une constitutionnalisation sélective et maîtrisée ¬ O¶KHXUH G¶DUELWUHU SRXU IRUPXOHU VHV SURSRVLWLRQV HQWUH OHV GLIIpUHQWHV RSWLRQV TXL VH SUpVHQWDLHQW j OXL DX VXMHW GX SULQFLSH GH GLJQLWp OH FRPLWp SRXYDLW rWUH WHQWp GH UHQRQFHU j VXJJpUHU WRXWH LQVFULSWLRQ GH FH W\SH GDQV OH 3UpDPEXOH '¶XQH SDUW GH YLIV GpEDWV DYDLHQW HX OLHX HQ VRQ VHLQ UpYpODWHXUV ± DXGHOj GH O¶RSSRVLWLRQ GH WHO RX WHO ± GH OD GLI¿FXOWp TXL H[LVWH j DYDQFHU FROOHFWLYHPHQW VXU XQH TXHVWLRQ DXVVL IRQGDPHQWDOHPHQW VRXPLVH j OD VHQVLELOLWp SKLORVRSKLTXH GH FKDFXQ '¶DXWUH SDUW OD GRFWULQH GRQW V¶HVW GRWpH OH FRPLWp IRXUQLVVDLW XQ DUJXPHQW VpULHX[ HQ IDYHXU GH O¶DEVWHQWLRQ FHOXLFL D\DQW SULV SRXU UqJOH RQ OH VDLW GH QH SDV SURSRVHU O¶pFULWXUH GH SULQFLSHV SUpH[LVWDQWV GDQV OD MXULVSUXGHQFH HW OH SULQFLSH GH OD GLJQLWp GH OD SHUVRQQH KXPDLQH D\DQW GpMj IDLW O¶REMHW G¶XQH FRQVpFUDWLRQ LQFRQWHVWDEOH SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO /D UpVROXWLRQ GX FRPLWp V¶HVW SRXUWDQW IDLWH HQ IDYHXU G¶XQH SURSRVLWLRQ SRVLWLYH j FH VXMHW HW FH SRXU SOXVLHXUV UDLVRQV ± '¶DERUG LO HVW DSSDUX TXH dans ce domaine. dans la résolution de nombreux problèmes de société.Les réponses du comité 95 .

± (Q¿Q OH FRPLWp D SHQVp TX¶LO VHUDLW UHJUHWWDEOH GH VDFUL¿HU FRPSOqWHPHQW FHV LQGpQLDEOHV DSSRUWV j OD VHXOH FRQVLGpUDWLRQ GH O¶DPELYDOHQFH GX PRW GH GLJQLWp 3OXVLHXUV YRL[ VH VRQW IDLW HQWHQGUH HQ VRQ VHLQ SRXU GpQRQFHU OHV ULVTXHV G¶XQ FRQWU{OH VRFLDO H[FHVVLI TXH IDLW SHVHU VXU OD YLH PRGHUQH XQ XVDJH WURS PRUDOLVDWHXU GH FH WHUPH ± OHTXHO HVW HQWLqUHPHQW FRPSULV G¶DLOOHXUV GDQV VD WURLVLqPH DFFHSWLRQ VHORQ OD W\SRORJLH UHWHQXH FLGHVVXV 0DLV WRXWHV RQW UHFRQQX FRPPH SRUWHXVH G¶XQH YpULWDEOH YDOHXU GH FLYLOLVDWLRQ O¶DFFHSWLRQ OD SOXV LQFRQWHVWDEOHPHQW KXPDQLVWH GH O¶LGpH GH GLJQLWp ± WHOOH TXH FRPSULVH GDQV OD GHX[LqPH DFFHSWLRQ GX WHUPH VHORQ FHWWH PrPH W\SRORJLH $XVVL ELHQ OH FRPLWp DWLO pWp ¿QDOHPHQW G¶DYLV GH VXJJpUHU OD FRQVpFUDWLRQ pFULWH G¶XQ SULQFLSH GH GLJQLWp PDLV D HQWHQGX DWWLUHU O¶DWWHQWLRQ GX FRQVWLWXDQW VXU O¶LPSRUWDQFH TXL V¶DWWDFKHUDLW j O¶DGRSWLRQ G¶XQH rédaction très précise FRQFHQWUpH DXWRXU GX FRQFHSW G¶© égale dignité » .O H[LVWH GHX[ PRWLIV j FHOD  ± G¶XQH SDUW OH FRQVHQVXV Q¶H[LVWDLW DX VHLQ GX FRPLWp TXH VXU FHWWH IRUPXODWLRQ OD VHXOH SKLORVRSKLTXHPHQW HW KLVWRULTXHPHQW j QH UHFRXYULU TXH O¶DFFHSWLRQ OD SOXV OLEpUDOH GH OD GLJQLWp  ± G¶DXWUH SDUW LO D VHPEOp DX FRPLWp TXH VHV SURSUHV GpEDWV LQWHUQHV pWDLHQW UpYpODWHXUV GH O¶pWDW GX FRQVHQVXV SRVVLEOH DX VHLQ GH OD VRFLpWp IUDQoDLVH /D FRPPXQDXWp QDWLRQDOH VRXFLHXVH GH ODwFLWp GH WROpUDQFH HW GH UHVSHFW SRXU GH QRPEUHXVHV GLIIpUHQFHV GDQV OHV PRGHV GH YLH OHV P°XUV HWF.

» 96 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . SHXW HW GRLW V¶DFFRPPRGHU VDQV SHLQH GH O¶H[LJHQFH SRXU FKDTXH SHUVRQQH G¶DYRLU j UHVSHFWHU WRXWH DXWUH FRPPH VRQ pJDOH HQ GURLWV HW HQ GLJQLWp 0DLV LO Q¶HVW SDV FHUWDLQ TX¶HOOH VRLW GpVLUHXVH GDQV VD ODUJH PDMRULWp GH YRLU OD OLEHUWp GH FKDFXQ DVVXMHWWLH j XQ FRQWU{OH VRFLDO SOXV PDUTXp R OD FROOHFWLYLWp SRXUUDLW GLUH j FKDFXQ FRPPHQW GLVSRVHU GH OXLPrPH 'DQV O¶HVSULW GH EHDXFRXS OD Gp¿QLWLRQ GH OD PDQLqUH GH VH FRQGXLUH GLJQHPHQW GDQV OD UHODWLRQ GH VRL j VRL UHVWH IRQGDPHQWDOHPHQW XQH DIIDLUH GH FKRL[ GH OLEHUWp HW SRXU WRXW GLUH G¶DXWRQRPLH 5LHQ QH SHUPHW GH SHQVHU TX¶XQ FRQVHQVXV FRQVWLWXWLRQQHO SXLVVH V¶pWDEOLU DXGHOj . Elle respecte toutes les croyances. Elle reconnaît l’égale dignité de chacun.O Q¶HVW PrPH SDV V€U G¶DLOOHXUV TX¶XQ GpEDW VXU FH WKqPH QH VRLW SDV GH QDWXUH j UpYHLOOHU GHV DQWDJRQLVPHV DXVVL UHGRXWDEOHV TX¶LQXWLOHV QRWDPPHQW VXU OH WHUUDLQ GH OD QHXWUDOLWp VSLULWXHOOH GH O¶eWDW HW GH VD OpJLWLPLWp j JRXYHUQHU OHV HVSULWV 1XO GRXWH HQ UHYDQFKH TXH O¶eWDW HVW KDELOLWp j UpJLU OD UHODWLRQ G¶XQ LQGLYLGX j VRQ VHPEODEOH HW j OXL LPSRVHU FHUWDLQHV FRQWUDLQWHV DX QRP HW GDQV O¶LQWpUrW GH OD VRFLpWp WRXW HQWLqUH /D SURPRWLRQ G¶XQ SULQFLSH G¶© égale dignité » VHUW DVVXUpPHQW FHW REMHFWLI /H FRPLWp Q¶D GRQF SDV HX GH SHLQH j OD IDLUH VLHQQH HW j HQ UHFRPPDQGHU O¶pFULWXUH j O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ $SUqV DYRLU G¶DERUG HQYLVDJp XQH IRUPXODWLRQ GH W\SH  © Les hommes naissent et GHPHXUHQW OLEUHV HW pJDX[ HQ GLJQLWp HW HQ GURLWV ª WUqV SURFKH GH FHOOH TXL ¿JXUH j O¶DUWLFOH HU GH OD 'pFODUDWLRQ XQLYHUVHOOH GHV GURLWV GH O¶KRPPH OH FRPLWp V¶HVW HQ HIIHW DFFRUGp VXU O¶LGpH G¶XQ DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ GRQW OH SUHPLHU DOLQpD VHUDLW DLQVL FRQoX  © La France est une République indivisible. Son organisation est décentralisée. démocratique et sociale. laïque. de race ou de religion. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine.

Conclusion /H FRPLWp DYDLW SRXU PLVVLRQ GH UpÀpFKLU j OD FUpDWLRQ GH GURLWV FRQVWLWXWLRQQHOV DPELWLHX[ SDUFH TXH GHVWLQpV j IDFLOLWHU OD UpVROXWLRQ GH SUREOqPHV G¶XQH FRPSOH[LWp UHGRXWDEOH /HV Gp¿V ODQFpV SDU O¶pYROXWLRQ GHV VFLHQFHV HW GHV WHFKQLTXHV HQ GRQQHQW XQ ERQ H[HPSOH  OD SURPRWLRQ GH OD GLYHUVLWp IUDQoDLVH DXVVL SXLVTXH OH GpEDW TX¶HQJDJH FHWWH QRWLRQ SRUWH VXU OD SRVVLELOLWp GH VFHOOHU XQ QRXYHDX SDFWH UpSXEOLFDLQ SOXV DSWH j DVVXUHU O¶LQWpJUDWLRQ GHV )UDQoDLV GH WRXWHV RULJLQHV 5LHQ GH WRXW FHOD QH V¶DSSURFKH VDQV KpVLWDWLRQ /H PDQGDW GRQQp DX FRPLWp QH SRXYDLW GRQF VH FRPSUHQGUH DXWUHPHQW TXH FRPPH FHOXL G¶DSSUpFLHU OD SDUW UHVSHFWLYH GHV HVSpUDQFHV HW GHV ULVTXHV DVVRFLpV j GH WHOOHV pYROXWLRQV MXULGLTXHV 6RQ H[SHUWLVH pWDLW IRQGDPHQWDOHPHQW ± YRLUH H[FOXVLYHPHQW ± DSSHOpH VXU OD QpFHVVLWp MXULGLTXH OD IDLVDELOLWp HW O¶LQQRFXLWp GH UpIRUPHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV GH FH W\SH &¶HVW GRQF VXU FH WHUUDLQ TX¶LO D SODFp VD UpÀH[LRQ (W F¶HVW HQ SURFpGDQW GH PDQLqUH DSSURIRQGLH DX ELODQ GHV DYDQWDJHV HW GHV FR€WV TX¶LO V¶HVW ± G¶DLOOHXUV WUqV SURJUHVVLYHPHQW ± GpWHUPLQp GDQV XQ VHQV GpIDYRUDEOH j OD UpYLVLRQ GX 3UpDPEXOH 6RXV UpVHUYH G¶XQH SDUW G¶XQ DMRXW j O¶DUWLFOH HU GH OD &RQVWLWXWLRQ SRXU \ LQWURGXLUH XQH UpIpUHQFH j XQ SULQFLSH G¶pJDOH GLJQLWp GH FKDFXQ  D¿Q G¶DFFRUGHU OH WH[WH GH OD &RQVWLWXWLRQ DYHF O¶HVSULW GHV YDOHXUV DX[TXHOOHV OD QDWLRQ HVW OH SOXV IRQGDPHQWDOHPHQW DWWDFKpH GHSXLV OD ¿Q GH OD 6HFRQGH *XHUUH PRQGLDOH  HW FRQVLGpUDQW G¶DXWUH SDUW TXH OHV TXHVWLRQV WRXFKDQW j OD SDULWp KRPPHVIHPPHV HW DX SOXUDOLVPH GHV PpGLDV RQW pWp WUDQFKpHV SDU OH FRQVWLWXDQW OH  MXLOOHW  DYDQW TXH OXLPrPH Q¶DLW Gp¿QLWLYHPHQW SULV SRVLWLRQ ± OH FRPLWp Q¶D SDV UHFRPPDQGp TXH OH 3UpDPEXOH VRLW PRGL¿p &HWWH SRVLWLRQ UHYrW XQH VLJQL¿FDWLRQ SURIRQGH (OOH WLHQW HQ WURLV LGpHV IHUPHV j O¶H[DFWH FRPSUpKHQVLRQ GHVTXHOOHV OH FRPLWp DWWDFKH OD SOXV KDXWH LPSRUWDQFH j O¶KHXUH GH FRQFOXUH VRQ UDSSRUW .

&HWWH SURSRVLWLRQ WHQG DXVVL j LGHQWL¿HU DYHF XQH SUpFLVLRQ DFFUXH OH FRQWHQX GH O¶LGpH GH GLJQLWp VXU OHTXHO VHPEOH SRXYRLU DXMRXUG¶KXL V¶pWDEOLU OH FRQVHQVXV UpSXEOLFDLQ 2Q QH SHXW PpFRQQDvWUH TXH OH PRW GH GLJQLWp HVW VXVFHSWLEOH GH UHFHYRLU GHV DFFHSWLRQV H[WUrPHPHQW YDULpHV YRLUH FRQWUDGLFWRLUHV (W LO Q¶HVW SDV IRUFpPHQW VRXKDLWDEOH TXH FHWWH DPELJXwWp V¶H[SULPH DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO &¶HVW SRXU FHWWH UDLVRQ TXH OH FRPLWp D UHWHQX XQH FRQFHSWLRQ SUpFLVH GH OD GLJQLWp  FHOOH TXL IDLW GH FKDTXH rWUH KXPDLQ O¶pJDO GH WRXV OHV DXWUHV HW H[FOXW TX¶XQ LQGLYLGX SXLVVH rWUH DVVXMHWWL j OD VLPSOH YRORQWp G¶XQ DXWUH VDXI j \ DYRLU G€PHQW FRQVHQWL Conclusion 97 .

Première idée  OH YLFH SULQFLSDO GH O¶DUVHQDO FRQVWLWXWLRQQHO GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ Q¶HVW SDV G¶rWUH LQVXI¿VDQW PDLV G¶rWUH PpFRQQX ¬ ELHQ \ UHJDUGHU OH FRPLWp D SX FRQVWDWHU TXH OHV GURLWV FRQVWLWXWLRQQHOOHPHQW SURWpJpV VXU OH VRO IUDQoDLV IRUPHQW DXMRXUG¶KXL XQ HQVHPEOH FRQVLGpUDEOH .O SHXW PrPH rWUH WHQX SRXU O¶XQ GHV SOXV GHQVHV ± a fortiori GHSXLV O¶HQWUpH HQ YLJXHXU GH OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW ± HW VXUWRXW GHV SOXV pTXLOLEUpV GX PRQGH RFFLGHQWDO &HOD WLHQW pYLGHPPHQW j OD TXDOLWp GH FKDFXQ GHV WH[WHV TXL SULV HQVHPEOH IRUPHQW OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH OD 9H 5pSXEOLTXH HW HQ SDUWLFXOLHU GH OD 'pFODUDWLRQ GH  HW GX 3UpDPEXOH GH  0DLV FHOD WLHQW DXVVL DX WUDYDLO GHV MXJHV HW VLQJXOLqUHPHQW GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO 8QH MXULVSUXGHQFH QRXUULH V¶HVW GpYHORSSpH VXU OH IRQGHPHQW GHV WH[WHV IRQGDWHXUV GRQW D UpVXOWp XQ HQULFKLVVHPHQW VLJQL¿FDWLI GX FRUSXV GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ /H MXJH SDU VRQ WUDYDLO G¶LQWHUSUpWDWLRQ SDU O¶XWLOLVDWLRQ SDUIRLV DVVH] FUpDWLYH TX¶LO D IDLWH GH FHUWDLQHV YLUWXDOLWpV RIIHUWHV SDU OH WH[WH GX 3UpDPEXOH ± OD QRWLRQ GH © SULQFLSHV IRQGDPHQWDX[ UHFRQQXV SDU OHV ORLV GH OD 5pSXEOLTXH ª SDU H[HPSOH ± D OXLPrPH DVVXUp O¶DGDSWDWLRQ GH QRWUH &RQVWLWXWLRQ j GH QRPEUHXVHV H[LJHQFHV GH OD PRGHUQLWp 6DQV GRXWH DWLO PrPH FRPEOp FHUWDLQHV ODFXQHV &HUWDLQV SHXYHQW UHJUHWWHU TXH FHWWH WkFKH OXL VRLW ¿QDOHPHQW UHYHQXH HW QRQ SDV DX FRQVWLWXDQW OXLPrPH 0DLV OH IDLW Q¶HQ HVW SDV PRLQV DYpUp  OD )UDQFH GLVSRVH DXMRXUG¶KXL GH UHVVRXUFHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV LPPHQVHV GRQW O¶pQXPpUDWLRQ V¶pWHQG UHODWLYHPHQW ORLQ DXGHOj GH OD OHWWUH GX 3UpDPEXOH 7RXW FHOD DSSHOOH SOXVLHXUV REVHUYDWLRQV ± (Q )UDQFH FRPPH DLOOHXUV OD OpJLWLPLWp GH OD FUpDWLRQ GX GURLW SDU OHV MXJHV SHXW QDWXUHOOHPHQW VH GLVFXWHU 0DLV GDQV FH GpEDW XQ SDUDPqWUH HVVHQWLHO QH GRLW MDPDLV rWUH SHUGX GH YXH  OH SRXYRLU FRQVWLWXDQW D WRXMRXUV HX OD FDSDFLWp GH UHYHQLU VXU WHOOH RX WHOOH DYDQFpH MXULVSUXGHQWLHOOH TX¶LO DXUDLW SX MXJHU LQDFFHSWDEOH RX H[FHVVLYH  RU LO QH O¶D MDPDLV IDLW UpVHUYH VHXOHPHQW IDLWH GH OD ORL FRQVWLWXWLRQQHOOH QR  GX  QRYHPEUH  DPHQGDQW XQH LQWHUSUpWDWLRQ TXH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO DYDLW GRQQpH GX GURLW G¶DVLOH JDUDQWL SDU OH TXDWULqPH DOLQpD GX 3UpDPEXOH GH   /HV RFFDVLRQV SUDWLTXHV Q¶RQW SDV PDQTXp SRXUWDQW SXLVTXH QRWUH ORL IRQGDPHQWDOH D pWp UpYLVpH j YLQJWTXDWUH UHSULVHV GHSXLV  /H 3DUOHPHQW V¶LO DYDLW YRXOX DXUDLW FKDTXH IRLV SX VDLVLU O¶LQVWDQW SRXU SXUJHU OH V\VWqPH MXULGLTXH GHV QRUPHV TXL Q¶DXUDLHQW SDV HX VRQ DYDO  .O Q¶D SRXUWDQW SDV HVWLPp XWLOH GH SURFpGHU GH OD VRUWH /¶HQULFKLVVHPHQW GX 3UpDPEXOH SDU OHV MXJHV V¶HVW GRQF RSpUp MXVTX¶LFL DYHF XQ FHUWDLQ DVVHQWLPHQW GX SRXYRLU FRQVWLWXDQW ¬ VXSSRVHU PrPH TX¶LO \ DLW HX OLHX GH OH FRQWHVWHU IRUFH HVW GH FRQVWDWHU TX¶XQH OpJLWLPLWp VXI¿VDQWH OXL D pWp DLQVL FRQIpUpH GH PDQLqUH UpWURDFWLYH .

.O QH SDUDvW JXqUH OpJLWLPH GH FRQVLGpUHU OD PRGL¿FDWLRQ GX VWDWXW SpQDO GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH FRPPH SRVVpGDQW DX SUHPLHU SODQ OD QDWXUH G¶XQH UpDFWLRQ j WHOOH RX WHOOH LQWHUSUpWDWLRQ GH OD &RQVWLWXWLRQ SDU OD &RXU GH FDVVDWLRQ RX SDU OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO .

/D JUDQGH UpYLVLRQ GH MXLOOHW  DXUDLW SX SOXV TXH WRXWH DXWUH IRXUQLU XQ FRQWH[WH SULYLOpJLp SRXU FH IDLUH SXLVTXH GH QRPEUHXVHV TXHVWLRQV UHODWLYHV DX[ GURLWV IRQGDPHQWDX[ RQW pWp GpEDWWXHV GXUDQW OHV WUDYDX[ 98 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .

disent ce que nous sommes et vers quoi nous voulons aller ª /D 'pFODUDWLRQ GH  DYDLW pYLGHPPHQW FHWWH VLJQL¿FDWLRQ  OH .± &H GpSORLHPHQW MXULVSUXGHQWLHO GX 3UpDPEXOH GHSXLV OD GpFLVLRQ IRQGDWULFH GX  MXLOOHW   QH SURFqGH SDV VHXOHPHQW G¶XQ pWDW GH IDLW  F¶HVW O¶pWDW GX GURLW 5HVWH j VH GHPDQGHU VL FHW pWDW HVW VXI¿VDPPHQW FRQQX /D UpSRQVH Q¶HVW SDV GRXWHXVH  LO HVW FHUWDLQ TXH WHO Q¶HVW SDV OH FDV /H FRPLWp OXLPrPH WRXW DX ORQJ GH VHV WUDYDX[ V¶HVW EHDXFRXS VXUSULV j GpFRXYULU GHV ULFKHVVHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV TX¶LO QH VRXSoRQQDLW SDV WRXMRXUV /H WUpVRU FRQVWLWXWLRQQHO IUDQoDLV HVW GRQF PpFRQQX 8Q LPSRUWDQW WUDYDLO G¶LQIRUPDWLRQ GHV FLWR\HQV UHVWH j HQWUHSUHQGUH 1XO GRXWH G¶DLOOHXUV TXH O¶LQWURGXFWLRQ SDU OD UpYLVLRQ FRQVWLWXWLRQQHOOH GX  MXLOOHW  G¶XQ PpFDQLVPH G¶H[FHSWLRQ G¶LQFRQVWLWXWLRQQDOLWp VHUD GH QDWXUH j FRQWULEXHU j FH WUDYDLO GH UpDSSURSULDWLRQ SDU OHV MXVWLFLDEOHV HW DXGHOj SDU OHV FLWR\HQV GH OHXU SDWULPRLQH FRQVWLWXWLRQQHO HQ PDWLqUH GH GURLWV IRQGDPHQWDX[ 6DQV SUpMXJHU GHV DXWUHV YRLHV SRVVLEOHV OH FRPLWp FRQVLGqUH HQ WRXW FDV TXH VRQ SURSUH UDSSRUW SHXW DSSRUWHU XQ PRGHVWH FRQFRXUV j FHWWH °XYUH LQGLVSHQVDEOH ± &¶HVW GRQF G¶DERUG HQ FRQVLGpUDQW O¶DPSOHXU GH QRWUH FRUSXV FRQVWLWXWLRQQHO HQVHPEOH GH WH[WHV UHPDUTXDEOHV HW GH MXULVSUXGHQFHV SDUIRLV WUqV pODERUpHV TXH OH FRPLWp Q¶D MXJp QL VRXKDLWDEOH QL XWLOH GH SURSRVHU G¶LPSRUWDQWV HQULFKLVVHPHQWV GX 3UpDPEXOH ± 8Q DXWUH SDUDPqWUH D UHQIRUFp FHWWH UpVROXWLRQ  GDQV OD )UDQFH G¶DXMRXUG¶KXL OD SURWHFWLRQ GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ QH GpSHQG SDV VHXOHPHQW GH OD TXDOLWp GX GLVSRVLWLI FRQVWLWXWLRQQHO  HOOH UHSRVH DXVVL VXU O¶HQVHPEOH GHV FRQYHQWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV HW HXURSpHQQHV 2U FHW HQVHPEOH HQULFKL OXLPrPH SDU XQH MXULVSUXGHQFH DPELWLHXVH ± FHOOH GH OD &RXU HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH HQ SDUWLFXOLHU ± HVW FRQVLGpUDEOH HW YD SURFKDLQHPHQW V¶DFFURvWUH HQFRUH DYHF OD SOHLQH YDOHXU MXULGLTXH FRQIpUpH j OD &KDUWH HXURSpHQQH GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ SDU OH 7UDLWp GH /LVERQQH &RQVLGpUDEOH HW SODFp VRXV OD JDUGH G¶XQ V\VWqPH MXULGLFWLRQQHO HI¿FLHQW &DU OHV &RXUV HXURSpHQQHV VRQW ORLQ G¶DVVXUHU VHXOHV OD JDUDQWLH GHV GURLWV GRQW LO V¶DJLW  WRXV OHV MXJHV IUDQoDLV HQ IRQW DXWDQW HW GH PDQLqUH TXRWLGLHQQH  (Q YHUWX GH O¶DUWLFOH  GH OD &RQVWLWXWLRQ LOV VRQW PrPH DXWRULVpV j QH SDV DSSOLTXHU OD ORL ORUVTX¶HOOH OHXU SDUDvW FRQWUDLUH j FHV QRUPHV LQWHUQDWLRQDOHV /D TXDOLWp HW OD JpQpUDOLWp GH FHWWH JDUDQWLH DMRXWHQW DLQVL XQ VpULHX[ GRXWH TXDQW j OD QpFHVVLWp G¶DOORQJHU OH FDWDORJXH GHV GURLWV DX QLYHDX FRQVWLWXWLRQQHO Deuxième idée  XQH UpIRUPH GX 3UpDPEXOH QH VDXUDLW VH FRQFHYRLU DXWUHPHQW TXH GDQV XQ FHUWDLQ FRQVHQVXV QDWLRQDO /D UqJOH FRQVWLWXWLRQQHOOH VXSSRVH XQH VRUWH G¶DFFRUG VXU O¶HVVHQWLHO A fortiori V¶DJLVVDQW GHV GURLWV IRQGDPHQWDX[ GH FH TXH OH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH D OXLPrPH TXDOL¿p GDQV OD OHWWUH GH PLVVLRQ DGUHVVpH DX FRPLWp GH © socle des valeurs dans lesquelles chacun de nos concitoyens peut se reconnaître ª GH © principes […] TXL DX IRQG Gp¿nissent l’identité républicaine.

&¶HVW OD GDWH j ODTXHOOH OH &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO D FRQIpUp XQH SOHLQH YDOHXU MXULGLTXH DX 3UpDPEXOH HQ DFFHSWDQW GH FHQVXUHU OHV ORLV TXL OXL VHUDLHQW FRQWUDLUHV GpFLVLRQ QR  '& GX  MXLOOHW  Liberté d’association Y supra QRWH  S .

 .

O D SDU H[HPSOH pWp PRQWUp TXH OH &RQVHLO G¶eWDW IDLW DSSOLFDWLRQ GX GURLW FRPPXQDXWDLUH RX GH OD &RQYHQWLRQ HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH GDQV SOXV GX WLHUV GH VHV DUUrWV FKLIIUH FLWp SDU OH YLFHSUpVLGHQW GX &RQVHLO G¶eWDW ORUV GH VRQ DXGLWLRQ GHYDQW OH FRPLWp GH UpÀH[LRQ HW GH SURSRVLWLRQ VXU OD PRGHUQLVDWLRQ HW OH UppTXLOLEUDJH GH OD 9H 5pSXEOLTXH. .

 Conclusion 99 .

de race. ou de religion » .O OXL D VHPEOp ± j OD PHVXUH GH VHV PR\HQV G¶DSSUpFLDWLRQ ± TXH OHV FRQGLWLRQV G¶XQ FRQVHQVXV QDWLRQDO Q¶pWDLHQW SDV UpXQLHV j FHW LQVWDQW QRWDPPHQW VXU OD TXHVWLRQ GH OD GLYHUVLWp Troisième idée  OH FRPLWp QH SU{QH SDV O¶LPPRELOLVPH SRXU DXWDQW QL QH OH MXJH LQpOXFWDEOH VRXV O¶HPSLUH GH OD &RQVWLWXWLRQ DFWXHOOH &¶HVW PrPH WRXW OH FRQWUDLUH /¶XQ GHV HQVHLJQHPHQWV OHV SOXV LPSRUWDQWV GX SUpVHQW UDSSRUW RQ O¶D YX SRXUUDLW ELHQ rWUH TXH G¶LPPHQVHV ULFKHVVHV FRQVWLWXWLRQQHOOHV VRQW DXMRXUG¶KXL GLVSRQLEOHV &HV ULFKHVVHV VRQW VDQV GRXWH SODFpHV G¶DERUG HQWUH OHV PDLQV GHV SHUVRQQHV DX VHUYLFH GH OHXU SURWHFWLRQ 0DLV HOOHV VRQW DXVVL j OD GLVSRVLWLRQ GHV SRXYRLUV SXEOLFV HW QRWDPPHQW GX OpJLVODWHXU 'DQV ELHQ GHV FDV OH FRPLWp D pWp G¶DYLV TXH OD ORL pWDLW OH YHFWHXU OH PLHX[ DSSURSULp j OD UpIRUPH HQ PDWLqUH GH ELRpWKLTXH RX GH SURWHFWLRQ GHV GRQQpHV SDU H[HPSOH 0DLV LO OXL HVW DXVVL DSSDUX TX¶LO pWDLW ORLVLEOH j FH PrPH OpJLVODWHXU RUGLQDLUH G¶DOOHU ORLQ GDQV OD UpVROXWLRQ GH QRPEUHX[ SUREOqPHV .3UpDPEXOH GH  DXVVL /H FRPLWp GHYDLW GRQF V¶HIIRUFHU GH GLVFHUQHU OHV OLHX[ SRVVLEOHV G¶XQH HQWHQWH GX SD\V VXU OD QDWXUH GHV GURLWV j SURPRXYRLU &¶HVW XQH GHV UDLVRQV SRXU OHVTXHOOHV VDQV FRQVXOWHU GLUHFWHPHQW OHV SULQFLSDOHV IRUFHV SROLWLTXHV GX SD\V QL SUpWHQGUH VH VXEVWLWXHU j HOOHV LO D VRXKDLWp SURFpGHU j GH QRPEUHXVHV DXGLWLRQV VROOLFLWDQW SKLORVRSKHV VRFLRORJXHV UHSUpVHQWDQWV GH OD VRFLpWp FLYLOH UHSUpVHQWDQWV GHV SULQFLSDOHV UHOLJLRQV  DXWDQW GH SHUVRQQDOLWpV TXL GDQV OHXU GLYHUVLWp OXL VRQW DSSDUXHV FRPPH GH ERQV PpGLDWHXUV SRXU WUDGXLUH O¶pWDW DFWXHO GHV DWWHQWHV HW GHV FUDLQWHV GH OD SRSXODWLRQ /HXU OHFWXUH GH OD VRFLpWp pWDLW GRQF SUpFLHXVH FRPPH O¶pWDLW OHXU FRPSUpKHQVLRQ GHV HQMHX[ SURSUHV DX[ UpIRUPHV HQYLVDJpHV  /¶DSSRUW GHV DXGLWLRQV D pWp GpFLVLI GDQV O¶DSSURFKH SUpFLVH GH WHO RX WHO WKqPH HQWUDQW GDQV OH FKDPS GHV UpÀH[LRQV GX FRPLWp 0DLV FH GHUQLHU D pJDOHPHQW WLUp GH O¶HQVHPEOH GH FHV UHQFRQWUHV XQ VHQWLPHQW JOREDO  VXU OD SHUVSHFWLYH HQ SDUWLFXOLHU G¶XQ FKDQJHPHQW GX FDGUH FRQVWLWXWLRQQHO DXMRXUG¶KXL GRQQp DX SULQFLSH G¶pJDOLWp OD FRQFRUGH Q¶HVW SDV j SRUWpH GH OD PDLQ /HV SRLQWV GH YXH HW OHV SHUFHSWLRQV GHV XQV HW GHV DXWUHV VRQW WURS pFDUWpV WURS LQFRPSDWLEOHV HW VRXYHQW WURS OHVWpV G¶XQH IRUWH FKDUJH SDVVLRQQHOOH $LQVL OD UHWHQXH GX FRPLWp GRLWHOOH VH FRPSUHQGUH VRXV GHX[ DQJOHV FRPSOpPHQWDLUHV '¶XQH SDUW VHV PHPEUHV VH VRQW DX ERXW GX FRPSWH HW DSUqV EHDXFRXS G¶KpVLWDWLRQV GpWHUPLQpV VXU OH IRQG FRQWUH OD SOXSDUW GHV PRGL¿FDWLRQV GX 3UpDPEXOH TXL OXL pWDLHQW VRXPLVHV HW TXL SRXU WHO RX WHO DSSDUDLVVDLHQW RSSRUWXQHV HQ SUHPLqUH DQDO\VH '¶DXWUH SDUW VD FRQYLFWLRQ V¶HVW IDLWH DXVVL VXU O¶LGpH TX¶LO Q¶H€W SDV pWp VRXKDLWDEOH HQ WRXW pWDW GH FDXVH GH SURSRVHU XQH UpIRUPH WURS FHUWDLQHPHQW HW WURS JUDYHPHQW FRQÀLFWXHOOH .O OXL VHPEOH HQ SDUWLFXOLHU TX¶XQH SROLWLTXH DPELWLHXVH GH OXWWH FRQWUH OHV LQpJDOLWpV HVW SRVVLEOH GDQV OH FDGUH FRQVWLWXWLRQQHO DFWXHO 6L FHUWDLQHV © discriminations positives ª VRQW j OD YpULWp SURVFULWHV ± RQ SHQVH HQ SDUWLFXOLHU j FHOOHV TXL HPSRUWHUDLHQW HQWUH OHV FLWR\HQV © distinction d’origine.

O YD VDQV GLUH TXH SRXU FHWWH UDLVRQ OD SOXV JUDQGH GLYHUVLWp G¶DSSURFKHV HW G¶RSLQLRQV D pWp UHFKHUFKpH HW TXH OH FKRL[ GHV SHUVRQQDOLWpV DXGLWLRQQpHV D pWp JXLGp SDU FH VRXFL 100 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . .

DUW HU GH OD &RQVWLWXWLRQ.

O HVW ± H[DFWHPHQW j O¶LQYHUVH ± TXH WRXV GRLYHQW rWUH DX SOXV KDXW SRLQW SRXUVXLYLV PDLV TX¶LOV OH VHURQW GDQV GH PHLOOHXUHV FRQGLWLRQV VL G¶DXWUHV PR\HQV VRQW PLV HQ °XYUH TXH FHOXL G¶XQH PRGL¿FDWLRQ GX 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ /H SUpVHQW UDSSRUW DXUD DWWHLQW O¶XQ GH VHV EXWV HVVHQWLHOV V¶LO HVW OX QRQ FRPPH OH FRQVWDW G¶XQH LPSRVVLELOLWp GH IDLUH SURJUHVVHU OD )UDQFH VXU OH FKHPLQ GX GURLW HW GH O¶pJDOLWp PDLV ELHQ FRPPH XQ HQFRXUDJHPHQW j IDLUH TX¶HOOH \ DYDQFH .O DSSDUDvW DX FRPLWp TXH OD &RQVWLWXWLRQ HW OD MXULVSUXGHQFH GX &RQVHLO FRQVWLWXWLRQQHO ODLVVHQW DX OpJLVODWHXU G¶LPSRUWDQWV HVSDFHV GH OLEHUWp SRXU DJLU FRQWUH FH TXH O¶RQ SRXUUDLW DSSHOHU OD VpJUpJDWLRQ UpHOOH . ± OH FKDPS GX SRVVLEOH HVW QpDQPRLQV LPPHQVH .O QH VHUDLW JXqUH DFFHSWDEOH GX UHVWH TX¶LO HQ DLOOH DXWUHPHQW VL O¶RQ VH UHPpPRUH OHV WHUPHV H[DFWV GH O¶DUWLFOH  GH OD 'pFODUDWLRQ GHV GURLWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ  © Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée […] Q¶D SRLQW GH &RQVWLWXWLRQ » &DU F¶HVW ELHQ OD JDUDQWLH G¶XQ H[HUFLFH HIIHFWLI GHV GURLWV TXH OHXU FRQIqUH GpMj QRWUH &RQVWLWXWLRQ GRQW QRPEUH GH )UDQoDLV RQW DXMRXUG¶KXL EHVRLQ SRXU DFFpGHU j XQH pJDOLWp YpULWDEOH ± FHOOH GHV FKDQFHV HW FHOOH GX WUDLWHPHQW /D YRORQWp GX FRPLWp HW OH VHQV GH VRQ SURSRV GRLYHQW GRQF rWUH ELHQ FRPSULV 6RQ DYLV Q¶HVW HQ DXFXQH PDQLqUH TXH OHV REMHFWLIV SURSRVpV j VD UpÀH[LRQ VRQW FRQWHVWDEOHV LOOpJLWLPHV RX VHFRQGDLUHV .

2Q VDLW TXH OD GLVWLQFWLRQ GHV VH[HV LQLWLDOHPHQW SURKLEpH DYHF DXWDQW GH YLJXHXU SDU OH 3UpDPEXOH GH  HVW GpVRUPDLV VRXPLVH j XQ UpJLPH DXWUHPHQW SHUPLVVLI SDU O¶HIIHW GX PrPH DUWLFOH HU WHO TX¶LVVX GH GHX[ UpYLVLRQV FRQVWLWXWLRQQHOOHV Conclusion 101 .

.

Annexes .

.

de l’application du présent décret. 3. Décrète : Art. Est nommé rapporteur général du comité : M. Il remettra son rapport au Président de la République avant le 30 juin 2008. ministre de la justice. M. Le conseil des ministres entendu. qui sera publié au . directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales . directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. Pierre Manent.QWTPCN QHHKEKGN de la République française. Sont nommés membres du comité : M. M. Philippe Bélaval. Il est chargé. Par le Président de la République : Art. er Art.Annexe 1 10 avril 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 1 sur 116 Décrets. − Le Premier ministre et la garde des sceaux. Axel Kahn. président de l’université Paris-V (René-Descartes) . sénateur . M. Denys de Béchillon. M. chef d’entreprise . M. le cas échéant. conseiller d’Etat . Pascal Chauvin. Le comité peut entendre ou consulter toute personne de son choix. Mme Samia Essabaa. est nommée présidente du comité institué par le présent décret. directeur du Centre d’histoire de Sciences Po. circulaires TEXTES GÉNÉRAUX PREMIER MINISTRE Décret no 2008-328 du 9 avril 2008 portant création d’un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution NOR : PRMX0807483D Le Président de la République. Jean-François Sirinelli. Fait à Paris. président de l’Assemblée nationale . un texte correspondant à ses préconisations. M. directeur de l’Institut d’études politiques de Paris . Mme Francine Bardy. − Il est créé un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution. chacun en ce NICOLAS SARKOZY . le 9 avril 2008. qui le concerne. professeur de droit public à l’université de Pau et des pays de l’Adour . conseiller d’Etat. ministre de la justice. professeur d’anglais au lycée professionnel du Moulin Fondu (Noisy-le-Sec) . Bernard Accoyer. Sur le rapport du Premier ministre et de la garde des sceaux. conseiller référendaire à la Cour de cassation. arrêtés. conseiller à la Cour de cassation . M.C ICTFG FGU UEGCWZ OKPKUVTG FG NC LWUVKEG RACHIDA DATI Annexes 105 . M. d’étudier si et dans quelle mesure les droits fondamentaux reconnus par la Constitution doivent être complétés par des principes nouveaux. conformément à ce qu’expose la lettre annexée au présent décret. ancien ministre d’Etat. 1 . Il proposera. 2. Patrice Gélard. Claude Bébéar. ancien membre du Conseil constitutionnel. Richard Descoings. sont responsables.G 2TGOKGT OKPKUVTG FRANÇOIS FILLON . − Mme Simone Veil.

à la réflexion. en dehors même de la sphère politique ? Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de fonder. Edouard Balladur. le peuple constituant s’est principalement référé. et ces changements modifient l’idée que nos concitoyens se font de la démocratie. qui toutes ne relèvent pas de la Charte de l’environnement récemment adoptée. que je vous saurais gré d’avoir menée à son terme si possible avant l’été 2008. disent ce que nous sommes et vers quoi nous voulons aller. en 1958. le pluralisme des courants d’expression et des médias. En vous remerciant à nouveau d’avoir accepté cette mission. des principes et des valeurs qui. ses équilibres initiaux ont été affectés par diverses modifications des textes ou des pratiques . par exemple la reconnaissance du principe de dignité de la personne humaine. Le contexte international. accompagner votre travail de réflexion. Mais depuis lors. eu égard à son objet. Il vous appartiendra. et le socle des valeurs dans lesquelles chacun de nos concitoyens peut se reconnaître . notre société s’est profondément transformée. Si la Ve République a fait la preuve incontestable de sa solidité et de son efficacité.10 avril 2008 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 1 sur 116 LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Paris. auxquelles d’autres peuvent s’ajouter. au-delà de l’évolution des techniques. Ces changements soulèvent des questions nouvelles. La Constitution de la Ve République a pour objet premier de définir les règles de fonctionnement de nos institutions et de la démocratie. il est légitime et nécessaire que nous nous donnions l’ambition de répondre à des questions de cette nature. notre Constitution soit à nouveau en avance sur son temps. NICOLAS SARKOZY Mme Simone Veil Ancien ministre d’Etat Présidente du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution 106 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution . Il vous reviendra bien sûr de définir la méthode de travail la plus adaptée à votre mission. Madame le ministre d’Etat. qu’un vaste débat public puisse. Madame le ministre d’Etat. le temps a passé. qui affirme les grandes libertés politiques issues des Lumières. Il y a cinquante ans. le moment venu. au fond. ou encore l’ancrage européen de la République. définissent l’identité républicaine. et au comité qu’il a bien voulu présider. par ailleurs. et le Préambule de la Constitution de 1946. Les enjeux auxquels nous sommes collectivement confrontés ont évolué. le monde et la société française ont changé depuis un demi-siècle. je les ai mentionnées dans l’allocution que j’ai prononcée le 8 janvier dernier devant la presse. un certain nombre de droits notamment sociaux. pour définir ces valeurs fondamentales. sur les problèmes posés par la modernité. comme « particulièrement nécessaires à notre temps ». Ces propositions ont été reprises dans un projet ambitieux de réforme de notre Constitution sur lequel le Parlement se prononcera dans les prochaines semaines. Je souhaite toutefois. Il ne saurait être question de modifier ou d’affaiblir ces textes. justifient de s’interroger sur l’opportunité d’inscrire un certain nombre de droits et principes fondamentaux nouveaux dans le Préambule de notre Constitution. en l’expression de ma respectueuse considération et de mon bien fidèle souvenir. Elle exige la recherche d’un consensus politique. Vous avez accepté de conduire la réflexion sur ce sujet et je vous en suis profondément reconnaissant. qui sont de portée universelle. notre approche des problèmes liés à la bioéthique ? Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du principe d’égalité ? Ces questions. Elle détermine aussi les libertés fondamentales reconnues à tout individu sur le sol de la République. et notamment l’entrée en vigueur prochaine de la Charte européenne des droits fondamentaux. La tâche est délicate. Plus encore que sur tout autre sujet. L’enjeu est que. doit en outre être pris en considération. charge au pouvoir constituant de se prononcer définitivement. d’identifier les principes dont la réaffirmation ou la consécration apparaîtraient nécessaires. le respect de la vie privée et la protection des données personnelles. à deux grands textes : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Nul autre que vous n’était plus qualifié pour la mener à bien. je vous prie de croire. vous paraîtraient inappropriées. Mais la Constitution ne se réduit pas à un ensemble de règles définissant les rapports entre les pouvoirs publics. empreint des idéaux de la Résistance et mettant en avant. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à M. avec les hautes personnalités qui ont bien voulu vous entourer dans cette mission et que je remercie également. de formuler un certain nombre de propositions tendant à la modernisation et au rééquilibrage de nos institutions. Doit-on permettre au législateur de mieux garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités. Soixante ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme et cinquante ans après la Constitution de la Ve République. Certaines d’entre elles me semblent se poser avec une particulière acuité . tant pour formuler des propositions que pour écarter celles qui. le 9 avril 2008. j’ai besoin de votre complète liberté d’appréciation.

Annexe 2 Le Préambule de la Constitution de la Ve République dans sa rédaction aujourd’hui en vigueur Préambule /H SHXSOH IUDQoDLV SURFODPH VROHQQHOOHPHQW VRQ DWWDFKHPHQW DX[ GURLWV GH O¶KRPPH HW DX[ SULQFLSHV GH OD VRXYHUDLQHWp QDWLRQDOH WHOV TX¶LOV RQW pWp Gp¿QLV SDU OD 'pFODUDWLRQ GH  FRQ¿UPpH HW FRPSOpWpH SDU OH 3UpDPEXOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH  DLQVL TX¶DX[ GURLWV HW GHYRLUV Gp¿QLV GDQV OD &KDUWH GH O¶HQYLURQQHPHQW GH  (Q YHUWX GH FHV SULQFLSHV HW GH FHOXL GH OD OLEUH GpWHUPLQDWLRQ GHV SHXSOHV OD 5pSXEOLTXH RIIUH DX[ WHUULWRLUHV G¶RXWUHPHU TXL PDQLIHVWHQW OD YRORQWp G¶\ DGKpUHU GHV LQVWLWXWLRQV QRXYHOOHV IRQGpHV VXU O¶LGpDO FRPPXQ GH OLEHUWp G¶pJDOLWp HW GH IUDWHUQLWp HW FRQoXHV HQ YXH GH OHXU pYROXWLRQ GpPRFUDWLTXH Art. 1er /D )UDQFH HVW XQH 5pSXEOLTXH LQGLYLVLEOH ODwTXH GpPRFUDWLTXH HW VRFLDOH (OOH DVVXUH O¶pJDOLWp GHYDQW OD ORL GH WRXV OHV FLWR\HQV VDQV GLVWLQFWLRQ G¶RULJLQH GH UDFH RX GH UHOLJLRQ (OOH UHVSHFWH WRXWHV OHV FUR\DQFHV 6RQ RUJDQLVDWLRQ HVW GpFHQWUDOLVpH /D ORL IDYRULVH O¶pJDO DFFqV GHV IHPPHV HW GHV KRPPHV DX[ PDQGDWV pOHFWRUDX[ HW IRQFWLRQV pOHFWLYHV DLQVL TX¶DX[ UHVSRQVDELOLWpV SURIHVVLRQQHOOHV HW VRFLDOHV Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 /HV UHSUpVHQWDQWV GX SHXSOH IUDQoDLV FRQVWLWXpV HQ $VVHPEOpH QDWLRQDOH FRQVLGpUDQW TXH O¶LJQRUDQFH O¶RXEOL RX OH PpSULV GHV GURLWV GH O¶KRPPH VRQW OHV VHXOHV FDXVHV GHV PDOKHXUV SXEOLFV HW GH OD FRUUXSWLRQ GHV JRXYHUQHPHQWV RQW UpVROX G¶H[SRVHU GDQV XQH 'pFODUDWLRQ VROHQQHOOH OHV GURLWV QDWXUHOV LQDOLpQDEOHV HW VDFUpV GH O¶KRPPH D¿Q TXH FHWWH 'pFODUDWLRQ FRQVWDPPHQW SUpVHQWH j WRXV OHV Annexes 107 .

6 /D ORL HVW O¶H[SUHVVLRQ GH OD YRORQWp JpQpUDOH 7RXV OHV FLWR\HQV RQW GURLW GH FRQFRXULU SHUVRQQHOOHPHQW RX SDU OHXUV UHSUpVHQWDQWV j VD IRUPDWLRQ (OOH GRLW rWUH OD PrPH SRXU WRXV VRLW TX¶HOOH SURWqJH VRLW TX¶HOOH SXQLVVH 7RXV OHV FLWR\HQV pWDQW pJDX[ j VHV \HX[ VRQW pJDOHPHQW DGPLVVLEOHV j WRXWHV GLJQLWpV SODFHV HW HPSORLV SXEOLFV VHORQ OHXU FDSDFLWp HW VDQV DXWUH GLVWLQFWLRQ TXH FHOOH GH OHXUV YHUWXV HW GH OHXUV WDOHQWV Art. 4 /D OLEHUWp FRQVLVWH j SRXYRLU IDLUH WRXW FH TXL QH QXLW SDV j DXWUXL  DLQVL O¶H[HUFLFH GHV GURLWV QDWXUHOV GH FKDTXH KRPPH Q¶D GH ERUQHV TXH FHOOHV TXL DVVXUHQW DX[ DXWUHV PHPEUHV GH OD VRFLpWp OD MRXLVVDQFH GH FHV PrPHV GURLWV &HV ERUQHV QH SHXYHQW rWUH GpWHUPLQpHV TXH SDU OD ORL Art. 5 /D ORL Q¶D OH GURLW GH GpIHQGUH TXH OHV DFWLRQV QXLVLEOHV j OD VRFLpWp 7RXW FH TXL Q¶HVW SDV GpIHQGX SDU OD ORL QH SHXW rWUH HPSrFKp HW QXO QH SHXW rWUH FRQWUDLQW j IDLUH FH TX¶HOOH Q¶RUGRQQH SDV Art. 2 /H EXW GH WRXWH DVVRFLDWLRQ SROLWLTXH HVW OD FRQVHUYDWLRQ GHV GURLWV QDWXUHOV HW LPSUHVFULSWLEOHV GH O¶KRPPH &HV GURLWV VRQW OD OLEHUWp OD SURSULpWp OD V€UHWp HW OD UpVLVWDQFH j O¶RSSUHVVLRQ Art. 7 1XO KRPPH QH SHXW rWUH DFFXVp DUUrWp QL GpWHQX TXH GDQV OHV FDV GpWHUPLQpV SDU OD /RL HW VHORQ OHV IRUPHV TX¶HOOH D SUHVFULWHV &HX[ TXL VROOLFLWHQW H[SpGLHQW H[pFXWHQW RX IRQW H[pFXWHU GHV RUGUHV DUELWUDLUHV GRLYHQW rWUH SXQLV  PDLV WRXW FLWR\HQ DSSHOp RX VDLVL HQ YHUWX GH OD ORL GRLW REpLU j O¶LQVWDQW  LO VH UHQG FRXSDEOH SDU OD UpVLVWDQFH 108 Rapport du comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution .PHPEUHV GX FRUSV VRFLDO OHXU UDSSHOOH VDQV FHVVH OHXUV GURLWV HW OHXUV GHYRLUV  D¿Q TXH OHXUV DFWHV GX SRXYRLU OpJLVODWLI HW FHX[ GX SRXYRLU H[pFXWLI SRXYDQW rWUH j FKDTXH LQVWDQW FRPSDUpV DYHF OH EXW GH WRXWH LQVWLWXWLRQ SROLWLTXH HQ VRLHQW SOXV UHVSHFWpV  D¿Q TXH OHV UpFODPDWLRQV GHV FLWR\HQV IRQGpHV GpVRUPDLV VXU GHV SULQFLSHV VLPSOHV HW LQFRQWHVWDEOHV WRXUQHQW WRXMRXUV DX PDLQWLHQ GH OD &RQVWLWXWLRQ HW DX ERQKHXU GH WRXV (Q FRQVpTXHQFH O¶$VVHPEOpH QDWLRQDOH UHFRQQDvW HW GpFODUH HQ SUpVHQFH HW VRXV OHV DXVSLFHV GH O¶ÇWUH VXSUrPH OHV GURLWV VXLYDQWV GH O¶KRPPH HW GX FLWR\HQ Art. 1er /HV KRPPHV QDLVVHQW HW GHPHXUHQW OLEUHV HW pJDX[ HQ GURLWV /HV GLVWLQFWLRQV VRFLDOHV QH SHXYHQW rWUH IRQGpHV TXH VXU O¶XWLOLWp FRPPXQH Art. 3 /H SULQFLSH GH WRXWH VRXYHUDLQHWp UpVLGH HVVHQWLHOOHPHQW GDQV OD QDWLRQ 1XO FRUSV QXO LQGLYLGX QH SHXW H[HUFHU G¶DXWRULWp TXL Q¶HQ pPDQH H[SUHVVpPHQW Art.

17 /D SURSULpWp pWDQW XQ GURLW LQYLRODEOH HW VDFUp QXO QH SHXW HQ rWUH SULYp VL FH Q¶HVW ORUVTXH OD QpFHVVLWp SXEOLTXH OpJDOHPHQW FRQVWDWpH O¶H[LJH pYLGHPPHQW HW VRXV OD FRQGLWLRQ G¶XQH MXVWH HW SUpDODEOH LQGHPQLWp Annexes 109 . 15 /D VRFLpWp D OH GURLW GH GHPDQGHU FRPSWH j WRXW DJHQW SXEOLF GH VRQ DGPLQLVWUDWLRQ Art. 14 7RXV OHV FLWR\HQV RQW OH GURLW GH FRQVWDWHU SDU HX[PrPHV RX SDU OHXUV UHSUpVHQWDQWV OD QpFHVVLWp GH OD FRQWULEXWLRQ SXEOLTXH GH OD FRQVHQWLU OLEUHPHQW G¶HQ VXLYUH O¶HPSORL HW G¶HQ GpWHUPLQHU OD TXRWLWp O¶DVVLHWWH OH UHFRXYU