Un retour sur sécheresse et canicule en 2011

2011 sera caniculaire : Sécheresse exceptionnelle, incomparable depuis 1976 !

Les médias ne cessent de le rappeller : la sécheresse est présente et dure ! Et les pénuries d'eau s'en suivent avec près de 80% des nappes phréatiques en déficit au mois de juin. De manière générale, 20% de cette eau est destinée à l'irrigation agricole, mais dans certaines régions cette estimations est à surestimer. Au délà des restrictions d'eau, plusieurs zones de pénurie ont été décrétées, tels les Pays de la Loire, le Poitou-Charentes ou encore l'Auvergne. La difficulté agricole est réelle. Et, alors que les exploitants s'expriment - « nous courons à la catastrophe », « les pâtures sont grillées » - l'État promet un plan d'aide sous diverses formes, soit par une aide financière directe (refutées par le Président ou transferée à l'Européenne), soit par le retard des échéances de remboursements de prêts, ou l'exonération. Quoi qu'il en soit, que nous parlions d'un milliard d'Euros, ou d'avantages sur intérêts, ces décisions ne concernent que la compensation d'un manque à gagner agricole. La question est donc la suivante : le principale problème lié à la sécheresse, et point de conscience essentiel ne devrait-il pas être celui de se demander si les récoltes seront suffisantes à nourrir une population donnée ? Tout comme les restrictions d'eau font suite à une « peur de venir à manquer ». Mais si ce problème n'est pas principal, on peut aussi se demander quelle est donc la motivation de l'État ou des exploitants agricoles, si elle est autre que celle de répondre à un besoin naturel ?

Vous l'aurez compris, même si cela semble terriblement logique, la motivation ici n'est que purement financière. Aucune considération de savoir si nous produirons assez pour subvenir à nos besoins, car l'abondance n'existe que trop bien. On ne produit pas pour nourrir et faire vivre des peuples, mais pour entretenir et subvenir aux besoins d'une économie financière obèse, sans cesse plus nécessiteuse. Les paysans, et exploitants ne sont pas à blâmer ! Ils ne sont qu'en grande partie des pions subissants de plein fouet cette fatalité climatique face à des besoins monétaires. La volonté de l'État ici n'est autre que d'éviter un effondrement économique provoqué par le manque à gagner cité précedemment, entrainant avec lui une baisse de consommation et une augmentation des prix découlant du fait que notre système se base sur la rareté et non le besoin, aussi primaire soit-il. Et ne soyez pas dupes. Cette aide n'engage pas ceux qui décident de l'accorder, ni même les banques qui s'occuperont de la distribuer, mais les bourses des citoyens : NOUS. Que ce soit sous forme d'une légère augmentation d'impôts, de taxes, ou par l'augmentation du prix de ressources alimentaires nécessaires à notre survie, ce sera bien à NOUS d'assumer le remboursement financier d'un choix qui ne nous concerne en rien. Mais si l'abondance, comme il est prouvé dans cette situation, existe réellement, et si la non-production résultante de cette sécheresse ne mettent pas en péril notre survie naturelle, posez-vous cette question : le système économique tel qu'il est aujourd'hui est il propice à la résolution de problèmes réels liés à notre survie individuelle ou collective ?