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000 Rapport sur l’armée 2010

du 1er octobre 2010

Mesdames les Présidentes, Mesdames et Messieurs, Nous vous soumettons le Rapport sur l’armée 2010 conformément au Rapport du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse du 23 juin 2010. Nous vous prions d’agréer, Mesdames les Présidentes, Mesdames et Messieurs, l’assurance de notre haute considération.

Au nom du Conseil fédéral suisse : La présidente de la Confédération, Doris Leuthard La chancelière de la Confédération, Corina Casanova

2010–......

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Condensé
Le présent rapport passe d’abord en revue les étapes de développement d’Armée 61 jusqu’à aujourd’hui. Il propose ensuite un compte rendu dans lequel sont exposés les prestations et les engagements réalisés par l’armée actuelle. Ce compte rendu met en lumière le déplacement des priorités vers les engagements probables dans le domaine de l’instruction. Concernant les engagements, il souligne le fait que l’armée a rempli ses missions : la disponibilité a été assurée en permanence et les engagements ordonnés ont tous été réalisés. Il se penche ensuite sur les lacunes constatées, telles que le manque de personnel pour l’instruction de base et l’entretien du matériel (logistique), les problèmes d’infrastructure (parc immobilier) ainsi que ceux concernant les finances qui aujourd’hui ne correspondent plus aux prestations que l’armée doit fournir. Parallèlement, il présente les mesures déjà mises en œuvre ou prévues à court terme pour combler ces lacunes. En référence au rapport sur la politique de sécurité, le rapport sur l’armée expose les menaces et dangers pour lesquels des prestations de l’armée sont nécessaires. Il en déduit les conséquences pour cette dernière, à savoir le maintien et le développement de la défense comme compétence-clé, l’importance croissante de l’alerte précoce, la garantie de la capacité à durer, une planification des forces armées orientée sur les compétences ainsi que la nécessité de collaborer avec des partenaires à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales. Il en résulte un profil des prestations de l’armée. Sur la base de ces conclusions, le présent rapport décrit un modèle de base de l’armée reposant sur les conditions-cadres fixées dans la Constitution fédérale, à savoir la neutralité, le principe de l’armée de milice et l’obligation générale de servir. Ce modèle tient également compte de l’évolution démographique et des possibilités de relève des cadres. En ce qui concerne les prestations de l’armée, il convient de poursuivre le report des priorités de la défense vers une mission de protection globale. Il y a lieu par ailleurs d’élever le nombre et la qualité des engagements de promotion de la paix, ceci en concentrant l’effort principal sur l’engagement de moyens de qualité élevée pour lesquels il existe un réel besoin. Le modèle de base de l’armée prévoit en principe la réalisation aussi complète que possible du profil des prestations. En matière de défense, il convient de maintenir et de développer cette compétence-clé qui demeure la capacité centrale de l’armée. Les formations actives sont entièrement équipées et le remplacement partiel des Tiger est effectué. Les besoins accumulés en entretien pour les immeubles sont réduits dans toute la mesure du possible. Les différentes possibilités de réaliser des économies doivent permettre de stabiliser les besoins financiers de l’armée au montant actuel de 4,4 milliards de francs (plus le renchérissement) et de garantir à moyen terme un rapport adéquat entre les coûts d’exploitation et les coûts d’investissement. Cela signifie une coupe massive par rapport aux besoins effectifs actuels. Pour finir, le rapport présente les jalons du développement de l’armée.

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1. système de milice et service militaire obligatoire 6.1 Neutralité.1 Conditions générales 6.2.13 Conséquences pour le développement de l’armée 3.12 Environnement écologique 3.Table des matières Condensé Liste des abréviations 1 Motif 2 Développement de l’armée 3 Rapport sur l’état de la situation 3.1 Catastrophes 4.2 Doctrine 3.3 Défense contre une attaque militaire 4.11 Aide au commandement 3.14.4 Vulnérabilité de la Suisse et prestations de l’armée 4.2.3 Organisation de l’armée et personnel de milice de l’armée 3. leurs conséquences pour l’armée 4.2 Événements à l’étranger avec des conséquences pour la Suisse 4.14.14 Comparaison avec d’autres forces armées 3.2.2 Engagements 3.6 Équipement et matériel 3.2 Évolution de la société 4 2 6 7 8 15 15 15 16 17 18 21 22 24 27 30 31 33 35 36 37 38 38 42 44 44 45 45 45 46 47 47 49 51 52 52 59 59 59 60 .8 Personnel 3.5 Instruction 3.1.7 Logistique 3.1.5 Conséquences pour l’armée 5 Profil de prestations de l’armée 5.2 Appréciation sur le plan qualitatif 4 Menaces et dangers.4 Organisation du domaine de la Défense 3.1 Prestations de l’armée et de l’administration militaire 3.2 Illustration des menaces et des dangers 4.1 Le contexte sous un angle militaire 4.9 Finances 3.2 Profil de prestations 6 Modèle de base de l’armée 6.1 Missions de l’armée 5.10 Infrastructure 3.1 Instruction 3.1 Comparaison sur le plan quantitatif 3.3 Contrainte ou chantage 4.1.

5.1.7 Réduction de la composante ‘Défense’ 6.6.3 Ressources 6.1 Bases légales 6.4 Logistique 6.3.5.6.5.4 Modèle de base 6.6.3.5.5.10 Renonciation au remplacement partiel des Tiger 6.2 Mise en œuvre dans les airs 6.9 Coopération internationale 6.3 Prestations 6.5 Possibilités de réaliser des économies 6.3 Renoncement à la réduction des besoins accumulés en assainissement des biens immobilier 6.1 Des valeurs sûres 7.8 Réduction de l’effectif de l’armée 6.5 Promotion de la paix et service d’appui à l’étranger 6.3.5.1 Avantages des militaires en service long 6.4 Réduction d’autres emplacements et infrastructures 6.11 Nouveau régime concernant les prestations d’appui à des activités civiles et des activités hors du service 6.3 Aide au commandement 6.5.3.5.4 Système d’incitation pour le service long 6.3.6 Militaires en service long 6.5.3 Aspects financiers 6.7.2 Niveau d’équipement et niveau technologique 6.2 Inconvénients des militaires en service long 6.2 Instruction 6.5.6.2 Avis de droit du professeur Rainer Schweizer 7 Développement de l’armée 7.2 Valeurs de référence du développement de l’armée 7.7.7 Aspects juridiques 6.1 Mise en œuvre au sol 6.3 Suite de la procédure et phase de transformation Annexe 1 Annexe 2 Aperçu des finances Glossaire 60 61 62 63 64 65 66 67 70 72 73 73 74 74 75 75 76 77 78 79 79 80 80 80 81 82 82 82 83 84 85 85 88 90 91 5 .5.6.6 Modèles de services et réduction du nombre de jours de service 6.5 Autres mises hors service 6.1 Renoncement à un équipement complet et généralisé des formations prévues pour appuyer les autorités civiles 6.

chimique Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe Organisation du Traité de l’Atlantique Nord Plan directeur de l’armée produit intérieur brut Rapport sur la politique de sécurité région territoriale soldat Sécurité militaire technologie de l’information et de la communication troupes d’aviation et de défense contre avions Union européenne 6 . biologique.Liste des abréviations bat aide cdmt br bat chars bat inf bat inf méc bat log br CA CR DFE div ED 08/11 esca av FA FEM (WEF) FOAP gr art gr eg DCA L mil NBC OSCE OTAN PDA PIB RAPOLSEC rég ter sdt séc mil TIC trp ADCA UE bataillon d’aide au commandement des brigades bataillon de chars bataillon d’infanterie bataillon d’infanterie mécanisé bataillon logistique brigade corps d’armée cours de répétition Département fédéral de l’économie division Étape de développement 2008/11 escadre d’aviation Forces aériennes Forum économique mondial formation d’application groupe d’artillerie groupe d’engins guidés de DCA légère militaire nucléaire.

le montant qu’il convient de fixer pour les dépenses consacrées à la défense nationale et les engagements armés à l’étranger dans le cadre d’opérations de promotion de la paix : l’armée. des modifications sont intervenues avec l’étape de développement 2008/11. Plusieurs raisons justifient ce rapport. C’est une des raisons principales pour lesquelles l’armée ne peut plus alimenter suffisamment son effectif. est aussi une institution essentielle du pays qui. au surcroît. il s’agit de bien tenir compte du fait que tout changement de cap doit se faire avec circonspection lorsque l’on pilote une organisation aussi grande que l’armée. 7 . les classes d’âge ayant. Tout d’abord le fait que le plan directeur de l’Armée XXI aura bientôt dix ans. les besoins en assainissement et en maintenance des immeubles ne peuvent plus être couverts. diminué. 174 299 militaires étaient incorporés en tant qu’actifs. des choses ont changé au sein de l’armée et dans son environnement. Cette nécessité est encore renforcée par le fait que les citoyens électeurs – en tant que contribuables – et les militaires de milice sont concernés. concerne une bonne partie des Suisses et des Suissesses. quelques années seulement après le lancement de la réforme Armée XXI. Des mesures sont nécessaires pour venir à bout de ces problèmes. c’est un sujet public. L’effectif réglementaire était de 133 981. pour ne pas dire indiqué. la moyenne annuelle des jours de service est pratiquement restée constante. La situation de l’armée ne permet pas de consacrer entièrement les prochaines années à la consolidation du changement qui s’est opéré jusqu’ici et de renoncer à de nouvel- 1 2 Rapport du 23 juin 2010 du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse Selon le décompte des effectifs de l’armée 2010 (jour de référence 1 er mars 2010). En tout état de cause. mais couvrant l’ensemble du domaine de la politique sécurité – il est clairement ressorti des discussions qui ont eu lieu au sein du public et au Parlement qu’un rapport sur l’état de l’armée et sur ses perspectives d’avenir était souhaitable. d’autres sont dus aux circonstances.Rapport 1 Motif Les discussions portant sur la politique de sécurité débouchent souvent sur des débats concernant l’armée et ses missions. en raison du système de milice sur lequel elle se fonde. l’importance du système de milice. mais les militaires prêts à embrasser une carrière dans l’armée sont encore trop peu nombreux par rapport à ce qui était escompté. Ainsi. Mais avant de prendre des mesures. Depuis son entrée en vigueur. Le processus pour la carrière des cadres a été simplifié. Les moyens financiers disponibles ont diminué alors que la réduction espérée des dépenses d’exploitation de l’armée n’a pas encore pu se concrétiser. annexe 3 Développement de l’armée par groupe de grades et catégorie de personnel. Plusieurs changements étaient prévus. Malgré une diminution des effectifs2. si elle est un instrument de la politique de sécurité. Lors de l’élaboration du rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse1 – un rapport qui ne se limite pas à l’armée. Les moyens financiers faisant défaut. La structure du personnel du DDPS ne peut pas s’adapter aussi rapidement que l’exige la technologie du matériel d’armement et des systèmes de gestion qui ont été acquis.

Il ne laissait que peu de flexibilité. Ce processus d’adaptation se poursuit. Tel est le cas actuellement et le présent rapport doit servir de base à ces considérations. à combler celles de l’armement. étant donné les délais de préalerte de plus en plus brefs. surveillance des aéroports à la suite d’attentats. Il a pu être en partie corrigé à la fin des années 80 par la création des formations d’alerte. Nous retraçons brièvement dans les lignes qui suivent le chemin parcouru depuis l’Armée 61 jusqu’à l’étape de développement 2008/11. Malgré l’amélioration continue de l’équipement et de l’armement. La lente capacité de mise en marche de l’armée de milice constituait un autre point faible. 8 . Les conceptions détaillées relatives à des domaines particuliers seront élaborées ultérieurement. En ce qui concerne le développement de l’armée. même avec du retard. il s’agit de mettre en adéquation les nécessités de la politique de sécurité. Armée 61 L’Armée 61 était faite pour répondre à la menace provenant de la guerre froide. les impératifs politiques et les possibilités financières. tout comme d’éventuelles propositions de modifications de la législation militaire. Les troupes d’aviation et de défense contre avions assuraient une défense aérienne dense et l’appui aérien aux Forces terrestres. Si l’on est parvenu. Le signe caractéristique de l’Armée 61. Le présent rapport concrétise le développement de l’armée tel qu’il est décrit dans le rapport sur la politique de sécurité. Le concept d’engagement n’admettait que la possibilité d’une attaque ennemie à travers le Plateau. la conduite opérationnelle tactique de la défense était trop rigide pour s’adapter. était le dispositif de défense généralisé et échelonné en profondeur qui combinait la défense du territoire par l’infanterie et des éléments de la conduite mécanisée du combat. Les engagements subsidiaires d’appui aux autorités civiles consistaient à protéger des manifestations et des ouvrages (conférences internationales. aux besoins de l’économie et aux réductions budgétaires. Sa nature même interdit aussi de procéder sans cesse et presque en permanence à des réformes sans phases intermédiaires de consolidation. des adaptations de l’armée ont été nécessaires à plusieurs reprises pour faire face aux changements fondamentaux de la politique de sécurité. surveillance de représentations étrangères) et à maîtriser des catastrophes comme les inondations en 1987 ou la tempête Vivian en 1990). Il ne s’agit pas d’un plan directeur de l’armée mais d’un rapport présentant l’état des lieux et le développement de l’armée. établi sur la base de la Constitution fédérale et en concordance avec le rapport sur la politique de sécurité 2010. 2 Développement de l’armée Entre 1961 et 2011. Elle a duré plus de 30 années (de 1962 à 1994) au cours desquelles elle a été adaptée et améliorée à maintes reprises. nombre de lacunes sont apparues au cours des années 80. La politique de sécurité et la politique militaire ont toujours dû concilier deux notions : durabilité et changement.les adaptations. aux développements techniques concernant la tactique.

l’armée s’est détachée de la conduite généralisée du combat. En revanche. 9 . L’équipement de l’armée restait assuré sur l’ensemble du territoire . l’armée suisse a effectué des engagements de promotion de la paix à l’étranger. en grande partie grâce à l’utilisation de simulateurs. basée sur une conception fondamentalement nouvelle.). Armée XXI L’Armée XXI. tout d’abord en Corée. puis dans d’autres régions en crise (1989–1990 en Namibie. à partir de 1990 au Proche-Orient. le niveau de qualité de l’infrastructure d’instruction a pu être sensiblement augmenté. Le gros de l’armée est cependant resté concentré sur la défense contre une attaque militaire massive. chaque compagnie disposait de son matériel. la modularité (constitution de formations d’engagement axées sur la tâche respective du 3 La capacité des Forces aériennes pour appuyer les troupes au sol a été abandonnée avec la mise hors service de l’avion de combat Hunter en 1994 dans l’intention de la reconstituer ultérieurement. Avec le concept de la défense dynamique du territoire. de 1991 à 1994 au Sahara occidental). l’appui accordé aux forces de police civile s’inscrivait généralement dans la catégorie « service actif ». avec des engagements de contingents en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo ainsi que de nombreux engagements de militaires. Armée 95 Le manque de flexibilité dans la conception de la défense par rapport aux systèmes d’armes modernes qui ont vu le jour dans les années 80 et le changement fondamental de la situation avec la fin de la guerre froide étaient l’occasion de procéder à une transformation de l’armée pour en améliorer la multifonctionnalité et la rendre plus rationnelle sur le plan économique. en particulier lors des inondations de l’an 2000 (Gondo). a engendré des retards dans l’instruction des formations engagées provoquant un mécontentement au sein des formations de milice. les besoins d’appui des autorités civiles par l’armée ont augmenté. en particulier dans le domaine de la surveillance des représentations étrangères et de l’appui au Corps des gardesfrontière. par exemple en tant qu’observateurs au profit de l’ONU. ce qui. manque de cadres). la tendance était toujours à la diminution de la quantité au profit de la qualité. Parallèlement. En matière d’équipement et d’armement. au changement accéléré en matière de technique et de tactique et aux lacunes de l’Armée 95 (rythme bisannuel des cours de répétition. en plus du rythme bisannuel des cours de répétition. avait pour mission de répondre à la situation de la menace. L’engagement de l’armée en faveur de la promotion de la paix a été élargi durant cette phase. la nouvelle forme juridique du service d’appui a considérablement facilité les choses. aux besoins de l’économie.Depuis 1953. Des éléments de l’armée servant à appuyer les autorités civiles en cas d’augmentation de la menace ou lors de catastrophes ont été renforcés. La mise en œuvre complète de la défense dynamique du territoire aurait exigé l’acquisition d’un nombre considérable de systèmes d’armes (missiles pour l’artillerie. ce qui n’a pas été réalisé. on a introduit le terme d’engagements subsidiaires (de sûreté). ce qui lui a permis de correspondre au concept de priorisation en fonction de la menace. L’aide militaire en cas de catastrophe a montré son efficacité. Alors qu’auparavant. systèmes air-sol3 etc. Les caractéristiques principales de l’Armée XXI étaient la multifonctionnalité. Avec l’Armée 95.

Les formations de l’infanterie territoriale constituées dans le cadre de l’Armée 95 ont été dissoutes au profit du principe de la multifonctionnalité.moment). Par contre. un transfert des compétences des troupes en CR au personnel professionnel de la Sécurité militaire et aux militaires en service long a commencé à se dessiner. Dans le domaine des engagements subsidiaires. Étape de développement 2008/11 L’étape de développement 2008/11 met encore plus l’accent sur les engagements probables. Les engagements subsidiaires ont constitué la charge de base des engagements militaires. la promotion de la paix a été quantitativement consolidée pour se stabiliser à une participation de quelque 270 militaires dans diverses régions en crise. Quant au concept de sûreté sectorielle. les formations de milice ont été déchargées de la surveillance des ambassades (et déjà auparavant du renforcement du Corps des gardes-frontière) tandis que des formations de la Sécurité militaire et des militaires en service long sont toujours engagés. de la défense contre avions ainsi que des coupes au niveau de l’infrastructure. Durant cette phase. La réduction des effectifs de l’armée exige 4 Les programmes d’allégement 2003 et 2004 ont donné lieu à des réductions de l’ordre de plusieurs centaines de millions de francs par année pour la défense nationale. Entre 2004 et 2007. mais à l’inverse aussi un plus haut degré de disponibilité pour les engagements au pied levé. Pour les grandes manifestations comme le WEF ou le Championnat d’Europe de football en 2008. Les prestations que l’armée doit fournir n’ont pas fondamentalement changé par rapport à celles de l’Armée XXI. Une autre nouveauté : la distinction faite entre les formations actives et les formations de réserve. lesquels accomplissent leurs obligations militaires d’une seule traite. en s’appuyant sur des militaires de carrière (avant tout de la Sécurité militaire) et des militaires en service long. Les engagements subsidiaires de l’armée devaient continuer de combler les lacunes des instruments de sécurité civils. mais vers l’année 2010. en l’occurrence l’appui subsidiaire aux autorités civiles. la disponibilité échelonnée et l’interopérabilité. La concrétisation de cette étape a débuté le 1 er janvier 2008 et s’achèvera le 1er janvier 2011. de l’artillerie. 10 . La raison tient à l’évolution de la menace et aux ressources financières. L’une des nouveautés de l’Armée XXI a été la nécessité clairement exprimée d’une montée en puissance pour repousser une attaque militaire. Le principe de l’équipement généralisé a été abandonné pour des raisons financières : un pool était chargé de fournir aux formations le matériel et les véhicules requis. des formations de milice continueront d’être engagées. mais avec une forte réduction des moyens engagés. Le concept de la défense dynamique du territoire a été maintenu. L’appui complet accordé aux forces de police civile dans la protection des représentations étrangères s’est poursuivi. il a été mis au point pour répondre aux besoins de stabilisation qui peuvent apparaître en cas d’augmentation de la menace. La capacité de défense contre une attaque militaire a encore été réduite un peu plus. l’armée a reçu plus de 160 demandes d’aide en cas de catastrophe provenant de dix cantons de toutes les régions du pays. L’interopérabilité visait à permettre la coopération à l’échelon international. la nécessité d’assurer la disponibilité exigée a entraîné une augmentation du nombre de bataillons d’infanterie.4 Il en est résulté principalement une réduction supplémentaire du nombre des formations de blindés.

aussi une plus grande retenue par rapport aux engagements d’appui selon l’ordonnance réglant l’engagement de moyens militaires dans le cadre d’activités civiles et d’activités hors du service. 11 . Le doublement prévu du contingent destiné à être engagé dans la promotion de la paix n’a pas pu se concrétiser.

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réserve) active/réserve 20–30/34 330 (loi) 262 (ordonnance) 18/21/25 5 6 7 8 9 Moyenne arrondie tirée des décomptes des effectifs de l’armée 1984.1.1990) Effectif de l’armée (prescriptions légales) Effectif réglementaire officiers Effectif réglementaire sous-off Effectif réel Jours de service accomplis Grandes Unités (CA.1.2004) total max. Landwehr. div.1. 220 000 : 120 000 actifs 80 000 réserve 20 000 recrues 20 000 30 000 232 0007 ED 08/11 (état au 1.Tableau récapitulatif des paramètres des quatre différentes organisations de l’armée Armée 61 (état au 1.2011) total max. 220 000 : 120 000 actifs 80 000 réserve 20 000 recrues 19 800 27 500 184 0008 6 375 549 (2009) 22 11 181 (actifs.1. mixtes. 2000 et 2003 (jours de référence. 1992 et 1994 (jours de référence. div) 7 179 (actifs. rég ter9) Régiments/commandements9 Bataillons/groupes/escadres Classes militaires Obligations de servir pour sdt (âges) Durée du service pour sdt (jours) Durée de l’école de recrues (semaines) br. 1989. 625 000 45 000 110 00 781 5005 Armée 95 (état au 1. Séc mil9. réserve) active/réserve 20–30/34 330 (loi) 262 (ordonnance) 18/21/25 11 993 277 (1990) 39 256 742 Elite. le 1 er mars de chaque année considérée) Moyenne arrondie tirée des décomptes des effectifs de l’armée 1996. le 1 er mars de chaque année considérée) Valeur moyenne tirée du décompte des effectifs de l’armée au 1 er mars 2005 Prévisions pour le 1er mars 2011 (état final ED 08/11) Depuis l’armée XXI 13 . mixtes. FOAP 9.1995) 400 000 36 000 64 500 426 0006 Armée XXI (état au 1. trp ADCA. Landsturm 20–50 330 17 7 162 508 (1995) 34 204 592 abrogées 20–42 330 (loi) 300 (ordonnance) 15 6 019 542 (2005) 25 (suppression CA.

/ 0. Elle ne correspond pas aux données selon les comptes d’Etat de 1990 à 2007. La réforme de la péréquation financière (RPT) a provoqué une cassure structurelle en 2008.8 % 11 7. des secteurs d’autres départements – en particulier le DFAE – sont aussi concernés.2004) 7/6 (annuel) défense dynamique du territoire 224/224/87 (1.1995) 10 (bisannuel) défense dynamique du territoire 730/780/150 partiellement liquidée 5.2011) 7/6 (annuel) défense dynamique du territoire (maintien des compétences) 191/138/87 liquidation totale prévue 4./ 1.1 % 11 message du 31 mai 200616 10 11 12 13 14 15 16 Estimation des dépenses dans les finances fédérales selon les domaines d’activité. 1.66 14 Armée 95 (état au 1.1.6. fr. fr.0 % 8.7 % 2000 PDA XXI (2001) ED 08/11 (état au 1. du 29 septembre 1975 Message concernant les modifications de l’organisation de l’armée et de la loi fédérale instituant des mesures destinées à améliorer les finances fédérales (adaptations légales concernant la réalisation de l’étape de développement 2008/11 de l’armée).357 mia.7 % 17. du 3 décembre 1979 Rapport du Conseil fédéral concernant la conception de la défense nationale militaire.8 % 197312/197913 rapport du PDA 8015 6. du 31 mai 2006 14 . fr.6 % 1990 PDA 95 Armée XXI (état au 1. du 6 juin 1966 Rapport du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale concernant le plan directeur de la défense nationale militaire dans les années ’80 (plan directeur de l’armée 80). Outre le domaine départemental de la Défense et d’autres unités administratives du DDPS.Armée 61 (état au 1. fr. du 27 juin 1973 Rapport intermédiaire [du Conseil fédéral] sur la politique de sécurité.1.2006) partiellement liquidée 4.1.1990) Cours de répétition (CR) Concept de défense Chars de combat/artillerie mobile/avions de combat Infrastructure de combat Dépenses consacrées à la défense nationale re10/part du PIB Part de la défense nationale dans le budget de la Confédération RAPOLSEC (année) Plan directeur de l’armée/rapport sur l’armée/message 8 (annuel) (âges 20–32) défense généralisée 600/800/260 16 000 objets 5.413 mia.1.635 mia. La nouvelle méthode de calcul a été tenue à jour jusqu’en 1990. Selon le compte d’Etat 2009 Rapport du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse (conception de la défense général e).5 % 13./ 1.1.493 mia.

3. Le déroulement rapide de ces adaptations se heurte cependant à des limites. Il n’y a plus d’équilibre entre les prestations et les ressources18. mais dans un sens évolutif. la Formation supérieure des cadres de l’armée ainsi que la Base logistique de l’armée et la Base d’aide au commandement de l’armée. Par ressources. qu’elles soient professionnelles ou de milice. les deux tiers des jours de service se répartissent entre les écoles de recrues et les écoles de cadres. Les adaptations – comme les réformes – en vue d’accroître l’efficacité et l’adaptabilité aux conditions en perpétuelle transformation sont des processus tout à fait normaux. en concédant généralement quelques retards. la mise en œuvre de l’étape de développement 2008/11 sera réalisée. dont la plus grande partie doit être disponible en permanence. les 94 % restant l’étant à l’instruction et aux fonctions de base du domaine Défense. Parallèlement. Dans le domaine de l’instruction. C’est un fait dont il faut tenir compte dans le cadre du développement de l’armée. IL aborde ensuite la question des lacunes constatées dans certains domaines ainsi que les mesures déjà adoptées ou envisagées à bref délai afin d’y remédier.1 Instruction L’instruction de l’armée repose sur une conception moderne. environ 6. car les formations militaires. 17 18 Le domaine Défense comprend le quartier général.17 en particulier les domaines du support Base logistique et base d’aide au commandement de l’armée. En raison de la diminution des ressources et des transformations permanentes imposées sans que rien ne change à la mission de l’armée.Conclusions Ces vingt dernières années. A cela s’ajoutent les prestations de base destinées aux partenaires externes. on entend aussi bien les ressources financières que les ressources en personnel. avec l’Etat-major de l’armée et l’Etatmajor de conduite.1. tandis que le dernier tiers comprend les services de perfectionnement de la troupe (surtout les cours de répétition). les Forces terrestres et les Forces aériennes. 3 Rapport sur l’état de la situation Le présent chapitre fait état des prestations fournies par l’armée au cours de ces dernières années à titre de situation initiale pour le développement de l’armée.1 Prestations de l’armée et de l’administration militaire Chaque année. Environ 6 % sont consacrés à des engagements en Suisse et à l’étranger. 3. 15 . celle-ci a toujours plus de mal à accomplir les prestations que l’on attend d’elle. ne peuvent que difficilement les assimiler dans le temps qui leur est imparti. l’armée n’a cessé de s’adapter à la situation.4 millions de jours de service sont accomplis dans l’armée.

20 19 20 Ce chiffre comprend aussi les « jours d’engagement » non-soldés effectués par le personnel professionnel de l’armée lors de missions concrètes. la sécurité militaire. 19 Toutes les tâches confiées à l’armée ont été effectuées à l’entière satisfaction des bénéficiaires des prestations et sans incidents notoires. en outre. Le déplacement des priorités vers les engagements probables a été effectué . aide lors de tremblements de terre). l’instruction) et contiennent également des tâches au profit de tiers. des progrès sensibles ont été constatés dans l’instruction pour l’appui à donner aux autorités civiles. 70 % des jours de service ont été effectués dans le cadre des engagements subsidiaires de sûreté (protection des ambassades. il faut citer. Parmi les engagements des Forces aériennes. impliquant les interventions assurées par des avions de combat. La sauvegarde et le développement de la compétence de défense sont intégrés dans l’instruction dans la mesure où la situation le permet. 1062 militaires étaient engagés chaque jour.1. 16 . 24 % ont été consacrés aux engagements de promotion de la paix à l’étranger (Kosovo. WEF. les 20 % restants l’ont été par du personnel professionnel : 16 % par la Sécurité militaire. En 2009. prévention de la grippe) et 1 % à l’aide en cas de catastrophe (lutte contre les incendies de grande ampleur. l’aide au commandement. L’armée utilise aussi des programmes d’instruction impliquant des simulateurs (par ex. Les lacunes qui se multiplient au niveau du matériel et le manque de possibilités de s’entraîner contribuent à démotiver les cadres et la troupe. 5 % à des engagements d’appui (par ex. En moyenne. L’image positive de l’armée dépend en grande partie des engagements accomplis dans notre pays comme à l’étranger. avec la surveillance de l’espace aérien et le service de police aérienne. dont 263 à l’étranger. 80 % des jours de service on été accomplis par les troupes de la milice (69 % par les formations en CR. observateurs militaires). 11 % par les militaires en service long). 4 % par le personnel des Forces aériennes. elle englobe des exercicescadres d’état-major tels que Stabilo 07 et des exercices d’engagement avec des grandes formations comme Protector 09. 3. la logistique. visites d’État). Les prestations dites « de base » comprennent des contributions de l’armée et de l’administration militaire au maintien permanent de la disponibilité (principalement la disponibilité à la conduite) et de l’exploitation (surtout pour les Forces aériennes. Bosnie et Herzégovine. la sauvegarde quotidienne de la souveraineté sur l’espace aérien. de la Base logistique et de la Base d’aide au commandement. à part le transport aérien et la reconnaissance aérienne. simulateur de conduite) pour tout l’éventail des engagements.L’instruction mobilise des ressources considérables. l’armée a accompli environ 387 000 jours de service dans le cadre de divers engagements. renforcement du Corps des gardes-frontière.2 Engagements L’armée a rempli les missions qui lui ont été confiées. Par exemple. mesures de sécurité dans le trafic aérien civil. Elle offre également des possibilités de perfectionnement pour les cadres civils. assurer l’exploration radio stratégique au bénéfice de mandants politiques à l’échelon national. assurer la capacité de conduite de l’échelon politique (Confédération et cantons) et du réseau national de sécurité .

cela implique un plan détaillé qui.2 Doctrine La doctrine en matière de défense doit viser le maintien de la compétence-clé ad hoc. dans la conduite. Une extension est nécessaire. La conduite du combat impliquait que la troupe dispose d’un équipement et d’un armement adéquat. L’armée XXI reposait sur une doctrine selon laquelle les moyens prévus englobaient toutes les brigades d’infanterie. il est indispensable que la doctrine soit repensée et réadaptée en fonction du niveau technologique à atteindre.3. sur des engagements impliquant des temps de réaction limités. rapide et précis des forces. sur la base des processus de l’armée. présente le traitement. Conclusions L’armée ne dispose actuellement pas d’une doctrine de défense globale et actualisée. l’utilisation. l’interconnexion. mais avec un minimum de moyens. la conduite des opérations en réseau n’est que partiellement réalisée dans l’armée (par ex. la diffusion et l’administration des informations. avec quel niveau technologique et selon quelle procédure d’engagement doivent être tenues disponibles pour la préservation de la compétence-clé. Aujourd’hui. 17 . Il sera possible d’en déduire les capacités dont l’armée doit disposer. La conduite des opérations en réseau représente un moyen d’y parvenir. d’infanterie de montagne et les brigades blindées. ainsi que les relations qui existent entre elles. Elle facilite un engagement coordonné. Même la conduite des opérations en réseau nécessite une remise à jour. L’accent doit être mis. Il n’existe aucune base techniquement unifiée pour une conduite des opérations en réseau. mais elle ne pourra se faire que par étapes. guerre électronique). Mesures à prendre d’ici à 2013 – – Les éléments de la doctrine en matière de défense doivent être vérifiés et redéfinis dans l’optique d’une conservation effective de cette compétence. La réalisation de la conduite des opérations en réseau implique la mise sur pied d’une architecture globale performante . Dans l’optique d’une conservation des compétences à un niveau élevé. La doctrine doit déterminer combien de forces. L’objectif de toutes les forces armées est d’accroître leur efficacité. Forces aériennes. La coopération éventuelle avec d’autres États a été évoquée et considérée comme inévitable. de même que la structure TIC requise.

ce nombre va chuter à 16 300 d’ici à 202521.3 Organisation de l’armée et personnel de milice de l’armée La structure et l’organisation de l’armée sont surdimensionnées au regard de l’évolution démographique si le modèle de service reste inchangé. 8. mais ils n’ont pas effectué le perfectionnement requis pour la fonction en question. Pour 2010. est resté stable ces dernières années. Les modifications sont minimes la plupart du temps. 47. la situation est la suivante (période évaluée : du 1er décembre 2008 au 1er décembre 2009): – – Le besoin est de 1200 nouveaux lieutenants. En revanche. La plupart des fonctions de commandant sont occupées et le besoin en relève est assuré. seule la moitié des fonctions a été repourvue. de 65 % environ. Les effectifs réglementaires sont remaniés chaque année dans le cadre de révisions. – – 21 22 23 24 18 . Voir décompte des effectifs de l’armée 2010. Les lacunes ont été partiellement comblées avec des officiers incorporés pour se tenir à la disposition du commandant. Les effectifs réglementaires et réels de l’armée ne sont pas des valeurs constantes : ils évoluent en permanence. ce qui représente encore 73 % du nombre requis selon l’étape de développement 2008/11. Relève des cadres La relève insuffisante des cadres est une préoccupation de longue date de l’armée. En outre. il devient toujours plus difficile Données basées sur le développement probable du nombre de militaires instruits entre 2010 et 2025 en fonction des pertes élevées dues au choix du service civil. La moyenne à long terme d’officiers potentiels est de 5 % des militaires ayant accompli l’école de recrues. Sans adaptation du modèle de service obligatoire et compte tenu de la sous-dotation actuelle. les prévisions font état de 18 800 militaires et pour 2025 de 16 300. La disponibilité à assumer une fonction dans un état-major de bataillon ou de groupe reste en permanence faible : en 2009. Cette problématique risque de s’aggraver selon l’évolution des autorisations pour le service civil. le taux d’aptitude. mais seuls 915 ont été incorporés dans l’armée. mais les états-majors de la réserve manquent d’aides de commandement. fig.24 Les effectifs réglementaires des officiers EMG ne sont pourvus qu’à hauteur de 62 %.23 Depuis le début de l’Armée XXI. il manque environ 20 % d’officiers de milice. Si l’on enregistre actuellement l’arrivée de 18 800 militaires chaque année. Actuellement à peine 19 000.3. influencés par un grand nombre de facteurs.5. il faudra réduire l’effectif réglementaire de l’armée d’au moins 25 %22 pour pouvoir constituer les formations. Recrutement Le potentiel de recrutement de la jeunesse masculine est en baisse. sauf si des transformations sont entreprises dans le cadre du développement de l’armée. p. La relève nécessaire d’environ 50 officiers EMG par an n’a plus été atteinte ces dernières années. Pour 2009. principalement pour des raisons démographiques. (document interne de l’armée) On aurait besoin de 22 100 militaires ayant effectué l’école de recrues pour l’effectif de l’armée selon l’étape de développement 2008/11.

Il semble que les changements de valeurs dans la société au cours des dernières décennies ont eu pour conséquence une diminution de la volonté à s’engager au service de la collectivité. Diriger des hommes. Par ailleurs. études. travailler en groupe sous pression. La difficulté de convaincre des officiers de suivre un perfectionnement s’explique pour les raisons suivantes : – – La baisse du nombre d’officiers (chefs de section) entraîne celle des cadres potentiels (commandants et aides de commandement dans des états-majors). Bien que l’instruction militaire des cadres fournisse de précieuses expériences et une plus-value sur le plan civil ainsi que des avantages financiers. le travail d’état-major a été moins passionnant. plus de 25 % des militaires ne peuvent pas accomplir leur service militaire prescrit comme prévu pour diverses raisons (emploi. La pression exercée par l’activité professionnelle n’encourage pas l’accomplissement de périodes supplémentaires de service militaire . – – – – – Les effectifs réels atteignent les effectifs réglementaires chez les sous-officiers (quote-part d’alimentation 105 %) et les besoins en relève (3250 env. 19 . L’armée n’a pas réussi jusqu’ici à convaincre suffisamment les cadres potentiels de la plus-value de l’instruction militaire et de l’importance de vivre des expériences tôt dans sa carrière 26. se présenter avec assurance. etc. L’image ternie qu’a l’armée depuis un certain temps déjà fait naître des incertitudes dans l’esprit des candidats cadres potentiels. seule la moitié des recrues accomplit l’école de recrues à l’âge de 20 ans. famille.) sont assurés. ce qui a porté préjudice à la motivation. Conséquence : près de 93 % des militaires affichent au moins un cours de répétition de retard sur leurs services obligatoires. Il devient toujours plus compliqué d’harmoniser l’instruction de base générale et les services de perfectionnement de la troupe avec la formation et le perfectionnement civils. beaucoup de candidats renoncent à un perfectionnement ou à un avancement et se limitent à l’accomplissement du service minimal obligatoire. Comme l’on n’a pas organisé d’exercice d’ensemble de troupe de haut niveau ces dernières années. Le nouveau plan d’études des hautes écoles (système de Bologne) complique la coordination.de convaincre des officiers de milice de suivre l’instruction d’état-major général25. Déplacements de service Le tableau des déplacements de service n’a pas beaucoup changé ces dernières années. raisons médicales). apprendre à connaître ses limites personnelles. 25 26 La part d’officiers de milice (sauf employés du DDPS) est passée de près de 40 % en 2007 à 20 % environ en 2010. Chaque année. les candidats sont confrontés à des décisions difficiles en matière de carrière. séjour à l’étranger. assumer des responsabilités élevées. développer l’esprit de camaraderie.

de spécialistes et de militaires en service long ne peuvent pas être comblés par des 27 RS 824. 3 % des militaires entrés en service ont été licenciés par les commandants d’école pour différents motifs. En 2009. Par ailleurs.Accomplissement du service obligatoire Aujourd’hui. on a besoin de 2718 militaires en service long par année et ce nombre passera à 2850 à partir du 1er janvier 2012. les effectifs en fin de période de service seront encore plus faibles.01 20 . Les militaires en service long sont très importants pour la disponibilité et le fonctionnement de l’armée. école de sous-officier ou d’officier). de renoncer pour l’instant à une révision de la loi sur le service civil. seulement la moitié d’une classe d’âge accomplit l’ensemble des services obligatoires dans l’armée jusqu’à l’âge ordinaire de licenciement (dans la 30e année). Si l’évolution actuelle des incorporations dans le service civil se poursuit. mais la plupart d’entre eux interviennent pendant l’instruction de base (école de recrues. le service civil est devenu une alternative au service militaire pour un nombre croissant de jeunes Suisses. Actuellement. Ce sont des fonctions qui s’adressent à des profils très exigeants (diplômés universitaires dans une discipline particulière). Conclusions Les structures actuelles de l’armée se révèlent surdimensionnées et condamnées à la sous-dotation compte tenu du potentiel de recrutement. Depuis la suppression de l’examen de conscience. Des départs pour raisons médicales ont lieu pendant toute la durée de l’obligation de servir. Les formations de CR sont aussi concernées par des départs anticipés pour raisons médicales. Il reste donc un potentiel légal de 15 % à exploiter sur une volée de recrues. L’effectif de spécialistes à tous les échelons n’est plus assuré. On estime que le recrutement de 2800 militaires en service long par année sur une base volontaire est possible. En 2009. près de 12 % des militaires entrés en service ont été licenciés pour des raisons médicales et ont fait l’objet d’examens complémentaires. 98 % ont reçu une réponse positive de la part de l’organe d’exécution du service civil du DFE. Les sous-effectifs d’officiers. le 23 juin 2010. 26 de l’ordonnance sur le service civil (délai d’attente de quatre semaines) le 15 mars 201027. Le potentiel de militaires en service long n’est pas totalement exploité. les deux Chambres ont transmis au Conseil fédéral une motion concernant une modification de la loi sur le service civil à la session de printemps 2010. Les spécialistes techniques manquent surtout dans le domaine de l’aide au commandement. sur les 7219 demandes déposées. De plus. Des mesures d’incitation seraient nécessaires pour augmenter significativement les effectifs de militaires en service long sur une base volontaire. La majorité des fonctions dans les domaines de l’entretien et de la maintenance est en sous-effectif. Le Conseil fédéral a fait entrer en vigueur une modification de l’art. L’effectif réglementaire de spécialistes n’est que partiellement atteint. elles ont été en partie introduites avec l’Armée XXI et la première occupation des fonctions n’est pas encore terminée. car il n’y a plus suffisamment de militaires qui ont suivi une formation civile correspondante. Le DFE a été chargé de présenter d’ici à la fin 2011 un rapport se prononçant sur la nécessité d’une révision. Le Conseil fédéral a décidé.

mesures à court terme. deuxièmement. Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce qu’une réduction de l’armée entraîne impérativement une rationalisation de la même ampleur de ce domaine et des structures de commandement. L’organisation du domaine de la Défense peut et doit de ce fait être examinée de temps à autre et adaptée s’il y a lieu.4 Organisation du domaine de la Défense L’organisation du domaine de la Défense doit être rationalisée et encore plus fortement axée sur les prestations que l’armée doit fournir. réaliser les suppressions de postes prescrites et en vue du futur examen du profil de prestations de l’armée. harmoniser davantage les carrières militaires et civiles . A cette fin. Conclusions Une adaptation de l’organisation s’impose pour augmenter l’efficacité. immobilier. sur le plan financier également. – 3. Dans le cadre de la réduction des effectifs décidée par le Conseil fédéral en 2003. La taille de la structure de commandement de l’armée et en particulier du domaine de la Défense du DDPS se calcule par rapport aux tâches de l’armée et aux prestations que l’on attend d’elle. droit et gestion des crises) afin d’en augmenter l’efficacité. la limite des 15 % de militaires en service long pourrait être atteinte et l’on parviendrait ainsi à des écoles de recrues à l’effectif équilibré. du nombre et des exigences. envisager des incitations. 21 . l’organisation de l’armée doit changer. deux solutions s’imposent : premièrement. Pour améliorer la relève des cadres. communication. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – Élaborer les conditions juridiques réglant les nouvelles structures modifiées du groupement Défense. informatique. Centraliser le pilotage des domaines transversaux (finances. occasionnent les mêmes frais. mais simplement corrigés en partie. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – Ne plus fournir de personnel aux formations dont les principaux systèmes seront prochainement mis hors service. même pour une armée plus petite. Examiner et adapter les fonctions de spécialistes à tous les échelons (aussi dans les états-majors) du point de vue des besoins effectifs. le domaine départemental de la Défense va supprimer 270 équivalences de poste en 2010. Par de la publicité et des incitations. Le développement de l’armée doit prévoir une réduction du nombre d’officiers EMG nécessaires. car certaines tâches. développement de l’entreprise. doctrine. personnel.

on a aussi réduit les possibilités de se former au commandement. Le modèle d’instruction des cadres actuel ne transmet pas suffisamment d’expérience de commandement. ils ont moins d’expérience et de maturité. Les officiers manquent désormais d’expérience de commandement. Le plus grand problème de l’instruction.3. L’instruction et le perfectionnement des cadres sont très bien accueillis par les officiers et les sousofficiers qui les perçoivent comme une formation pour adultes sur mesure. Le retour de l’engagement de cadres de milice au début des écoles de recrues décharge quelque peu . Bien que les militaires en service long soient en principe mieux instruits et possèdent un meilleur niveau de connaissances que les formations de CR. On regrette par contre que les futurs cadres à l’échelon des chefs de section n’aient pas encore d’expérience du commandement quand ils commencent le service pratique.5 Instruction L’instruction de base des recrues et des cadres est conçue en fonction des objectifs. Cette constatation vaut aussi pour la Formation supérieure des cadres de l’armée. l’encadrement intensif et le perfectionnement des cadres de milice pendant le service pratique entraînent des charges de travail supplémentaire. Mais même pendant les cours de répétition annuels. à l’inverse. L’armée dispose de bonnes écoles de cadres et de recrues qui dispensent une instruction efficace. car ils n’ont pas vécu la pratique en tant que recrue ou sous-officier. La prolongation du service pratique a partiellement compensé cet inconvénient. les compétences civiles et sociales. Le modèle actuel implique une sélection précoce des jeunes cadres de milice et une instruction centralisée (par phases). Sur un cours de répétition de trois semai22 . Le manque de cadres de milice a aussi des répercussions défavorables sur l’instruction. deux éléments tout aussi importants pour les engagements. Du point de vue technique. Cependant. L’armée dispose de très bonnes places d’instruction et d’excellents systèmes de simulation. Afin de tenir compte des contraintes de la vie civile. Le modèle d’instruction et de service est un indicateur essentiel des besoins en ressources de l’armée. Le personnel militaire disponible pour l’instruction de base est insuffisant. La durée prolongée de l’instruction et l’engagement plus marqué de personnel militaire (de carrière) ont contribué à ce résultat positif par rapport à l’Armée 95. l’Armée XXI a créé la possibilité de devenir officier en une année. le matériel est en bon état. Le modèle traditionnel des cours de répétition est onéreux et n’est pas toujours efficace. La préparation d’un cours de répétition et le travail subséquent représentent une charge administrative et logistique élevée. La composition des formations de CR est plus diversifiée que celle des formations de militaires en service long en ce qui concerne la structure d’âge. Elle est devenue plus approfondie que par le passé. en réduisant la durée de l’instruction pour les carrières de cadres par rapport à l’Armée 95. L’infrastructure d’instruction est complète mais d’une qualité variable. beaucoup de savoir et de savoir-faire sont perdus. c’est le manque de militaires de carrière et de militaires contractuels qui ne sont actuellement que q uelque 3600 au service de l’armée.

Ces lacunes ne peuvent pas être intégralement compensées par des prestations de tiers. L’instruction est entravée par la disponibilité insuffisante du matériel. ce modèle n’est pas très judicieux. Pour les armes utilisant des systèmes complexes. Du point de vue de la gestion d’entreprise et de la répartition inégale de la charge de travail pour le personnel professionnel. L’introduction de nouveau matériel. mais les infrastructures communales ne sont pas toujours en adéquation avec les besoins. car ils n’ont en partie pas lieu dans les casernes. on manque de places d’instruction pour une instruction réaliste des formations mécanisées. – rationalisation de l’instruction dans les écoles de cadres afin de disposer de plus de temps pour le service pratique.nes. – accompagnement et perfectionnement intensifs des cadres de milice par des militaires de carrière . Le modèle actuel d’écoles de recrues donne aux conscrits la possibilité de choisir entre trois périodes pour accomplir leur école de recrues. Conclusions Le modèle et les infrastructures d’instruction existantes doivent être adaptés pour des raisons économiques. ne peut plus fournir les mêmes prestations. mais il crée un déséquilibre entre les écoles de recrues et. il ne reste que 12 jours consacrés à l’instruction proprement dite. c’est insuffisant. partant. – encadrement par une seule et même équipe de militaires de carrière sur toute la durée de l’école de recrues . L’armée dispose de matériel moderne. 23 . Par contre. Ce choix leur facilite certes la coordination de la formation et de la vie professionnelle avec l’instruction militaire. à la suite des réductions de personnel. après déduction des week-ends et du temps nécessaire à la remise et à la restitution du matériel. Par ailleurs. La plupart du temps. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – Appuyer les efforts d’augmentation du nombre de militaires de carrière dès que les ressources nécessaires pour l’occupation des postes sont disponibles. L’infrastructure d’instruction n’est pas mise à contribution de manière optimale. des installations de bonne à très bonne qualité – niveau comparable aux conditions civiles – sont disponibles pour l’instruction de base. L’accomplissement des cours de répétition dans les communes a un effet positif sur l’acceptation et la visibilité de l’armée auprès de la population. les cours de répétition ne disposent pas toujours d’infrastructures adéquates. Adapter le modèle d’instruction pour la majorité des cadres subalternes de milice : – engagement des cadres de milice dès le premier jour d’école de recrues . mais pas toujours entretenu ni disponible dans la qualité et la quantité voulues. Les raisons en sont que le matériel n’est plus acheté dans les mêmes quantités qu’auparavant et que la Base logistique de l’armée. de nouveaux processus et de nouvelles procédures d’engagement est une charge supplémentaire dans le budget temps. une exploitation excessive ou insuffisante de l’infrastructure.

de proposer à d’autres armées d’utiliser les installations d’instruction disponibles. au même titre que le traitement de toutes les lacunes au niveau du matériel. En principe. il n’y a pas suffisamment de véhicules blindés de transport de la troupe. absence d’acquisitions. de chars de commandement et de moyens de transmission. ce qui entraîne des lacunes au niveau des capacités. Veiller à une meilleure répartition de l’occupation de l’infrastructure d’instruction afin de réduire les coûts d’exploitation. les formations ne sont pas toutes entièrement équipées (pour des raisons financières) et d’autre part. Continuer. dans le cadre de la collaboration en matière d’instruction. de chars de grenadiers à roues. mais les lacunes (p. La mise à disposition du matériel existant constitue également un défi.6 Équipement et matériel L’équipement personnel du soldat correspond au standard international. la disponibilité échelonnée est également valable dans le domaine du matériel. ex. approvisionnement réduit) ne peuvent généralement pas être corrigées par des mesures organisationnelles à court terme. 3. L’instruction est pénalisée par le fait que le matériel n’est parfois pas disponible dans les délais ni dans la qualité requise. Dans le domaine de l’infanterie par exemple.– – – – Examiner s’il y a lieu de limiter le libre choix du début de l’école de recrues. en raison des limitations pour l’exploitation de l’instruction. matériel de roulement insuffisant. n’auraient que l’équivalent d’environ deux brigades sur six à être complètement équipées. En outre. des systèmes nécessaires sur le plan militaire n’ont pas été acquis. Des problèmes considérables subsistent cependant : d’une part. Les formations actives ne sont pas entièrement équipées. Les formations actives de chaque arme (formations composées de militaires qui doivent encore accomplir des cours de répétition) sont équipées différemment. l’armée possède de nombreux systèmes très performants et qui présentent un niveau technologique satisfaisant. 24 . Les formations de réserve ne sont pas équipées et les formations actives. Améliorer la prise en considération des besoins de l’instruction lors de la détermination de la quantité des futures acquisitions.

Le matériel devra être remplacé plus rapidement. elles subsistent comme tâche pour une montée en puissance ou un risque calculé. des problèmes de répartition vont surgir et des dépenses supplémentaires seront nécessaires. Les lacunes au niveau du matériel apparaissent avant tout dans le domaine de la défense contre une attaque militaire. Le système d’exploitation Logistik@V doit permettre d’améliorer la disponibilité du matériel. il sera mis plus fortement à contribution lors de l’instruction et de l’engagement. feu opératif. capacités sol-air des Forces aériennes. Gr eg L DCA 0 1 2 3 Il n’y a pas suffisamment de matériel à disposition pour ces formations. Esca av État actuel de l’équipement La disponibilité du matériel n’est plus garantie. Comme le matériel est nettement plus restreint qu’autrefois (alors que le nombre de jours de service est pratiquement équivalent). Tant que ces lacunes ne peuvent pas être comblées. reconnaissance aérienne opérative. 25 . 28 Les risques sont évalués en permanence par le commandement de l’armée. ex. Le matériel s’usera rapidement et les besoins en matière de maintenance vont augmenter et ne pourront plus être maîtrisés par le personnel de l’armée. parce qu’il n’est pas possible de savoir précisément de quels moyens l’armée disposera ou non. La plupart des lacunes en matière de capacités (p.28 Il en résulte des incertitudes au niveau de l’instruction. appui immédiat tactique et indirect par le feu sol sol) apparaissent au niveau de la capacité de défense contre une attaque militaire qui occasionne des coûts élevés.0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Bat inf Bat inf méc 0 1 2 3 4 5 6 Bat chars 0 1 2 3 4 5 Gr art 0 1 2 3 4 5 6 Br bat aide cdmt 0 1 2 3 4 Bat log 0 1 2 3 4 Les formations peuvent être équipées intégralement même lorsque l’instruction se déroule normalement dans les écoles et les cours. logistique du champ de bataille.

Les formations qui se concentrent sur la défense contre une attaque militaire doivent en principe être équipées sans présenter de lacunes sur le plan du matériel et à un niveau technologique raisonnable. il est possible que les formations qui sont orientées vers la défense contre une attaque militaire disposent d’un équipement différent sur le plan technologique que les formations qui doivent en premier lieu appuyer les autorités civiles. Les mises hors service prennent du temps. elle est tenue de déterminer le degré de modernité de l’équipement des formations. Le remplacement du personnel par la technologie engendre cependant une augmentation des dépenses d’exploitation (p. les formations d’engagement doivent. il n’est pas nécessaire et pas possible de suivre l’évolution internationale dans tous les domaines. 26 . En raison des progrès de la technique. Dans ce contexte. les dépenses d’exploitation ont tendance à augmenter. ex.Les moyens financiers et en personnel autorisent uniquement des investissements sélectifs dans les domaines de haute technologie. Pour une armée qui ne doit pas accomplir d’engagements importants dans le cadre international et qui ne peut pas s’appuyer sur une solide industrie nationale de l’armement. Depuis un certain temps. parce qu’elles nécessitent également le respect de prescriptions légales et la réduction des formations et entraînent des conséquences doctrinales. Conclusions Pour l’appui aux autorités civiles. La mise hors service de systèmes complets est la seule mesure qui permet de réaliser des économies financières. de l’exploration et de l’aide au commandement peuvent ainsi être exécutées en recourant davantage à des moyens techniques. L’armée possède de nombreuses infrastructures de combat et de conduite ainsi que des armes et des appareils datant de la période de la guerre froide et qui ne sont plus tellement utiles. Les mises hors service impliquent des charges financières. Les mises hors service engendrent dans un premier temps des frais considérables et prennent du temps. ce qui permet d’économiser du personnel (de milice) et de décharger ce dernier. maintenance) et impose des exigences plus élevées au personnel restant. L’obligation de réaliser des économies financières et les réflexions menées au sujet de l’efficacité ont démontré que des systèmes complets comme le système d’engins filoguidés antichars Dragon et le lance-mines de chars devaient être mis hors service. L’utilisation de systèmes avec un niveau technologique élevé influe sur la procédure d’engagement de l’armée. être complètement équipées en fonction de cette tâche. dans toute la mesure du possible. Des tâches dans le domaine de la surveillance. Mesures à prendre d’ici à 2013 – Établissement d’un concept pour un niveau technologique différencié à partir du profil de prestations et des capacités requises pour remplir ce dernier. Des éléments de l’infrastructure de combat sont en attente. ce qui peut nécessiter l’augmentation temporaire des moyens à disposition de l’armée. Ainsi. le matériel relativement simple du point de vue technologique. engendre aussi des dépenses d’exploitation proportionnellement plus importantes. comme les véhicules.

précisant les prestations qui doivent être fournies par l’armée et celles qui doivent être achetées auprès de tiers. L’attribution de mandats à des tiers a certes permis d’améliorer l’appui logistique pour l’armée. car les compétences requises ne sont plus disponibles à l’interne. doit être établie d’ici à la fin 2010. des affaires sanitaires. L’effectif du personnel de la Base logistique de l’armée encore disponible ne suffit pas pour fournir les prestations requises.30 Une stratégie de coopération. ex. 29 Adoption de la nouvelle stratégie sur le plan technologique et établissement du plan de recherche pour la législature 2012–2015. Renouvellement et harmonisation de la flotte de véhicules de l’armée. La conception Logistique XXI a été mise en œuvre dans une large mesure depuis 2004. de la maintenance. etc. Interfaces supplémentaires. programme d’armement 2010). Dans le domaine de l’infrastructure. canons de forteresse Bison. la demande de prestations logistiques a augmenté. taxe sur la valeur ajoutée. hélicoptères Alouette III. part de bénéfice. des aspects relatifs à la sécurité et à la protection de l’environnement et de nouveaux besoins (cf. ce qui est porté à la charge des investissements pour le renouvellement de l’armée. Des mesures de réduction du personnel ont cependant dû être réalisées parallèlement. 27 . lancemines de forteresse. De même. des transports et de l’infrastructure pour l’armée. véhicules blindés poseurs de ponts 68). L’infrastructure requise pour permettre de fournir plus efficacement des prestations (en particulier les travaux de changement dans les centres logistiques) ne sera toutefois réalisée qu’au cours des prochaines années. Pendant cette période. Environ trois quarts des prestations de maintenance sont actuellement exécutées par des externes.– Mise hors service immédiate de systèmes qui ne sont plus nécessaires ou qui ne sont plus aptes à l’engagement (p. Mise hors service anticipée du matériel qui ne sera plus utile à court terme. de l’évacuation. 29 30 En raison de coûts de maintenance supérieurs à la moyenne. De ce fait. des systèmes sensibles dans le domaine du Service de renseignement ou des Forces aériennes peuvent désormais être exploités uniquement en recourant à des tiers. l’administration fédérale et des tiers. – – – 3. Les prestations doivent être de plus en plus souvent externalisées en raison des lacunes au niveau du personnel et des compétences. de la circulation. mais cela a parallèlement entraîné une dépendance vis-à-vis des externes et souvent engendré des coûts plus élevés. La fourniture externe de prestations se concentre sur quelques entreprises (notamment la RUAG).7 Logistique La logistique fournit des prestations dans les domaines du ravitaillement. Logistik@V a été introduit en 2010 pour relier la logistique locale. la réduction des systèmes et des stocks a permis de réduire considérablement le nombre des biens immobiliers et de les libérer pour leur réalisation. des prestations essentielles doivent être fournies par des tiers en dehors de l’armée et la logistique a besoin de plus de ressources que prévu. entre autres en raison de la réintroduction du rythme annuel des cours de répétition. mais le potentiel d’économies envisagé n’a pas pu être réalisé.

les moyens du service sanitaire ne permettent pas de couvrir les besoins de l’armée sur le plan quantitatif et qualitatif. L’approvisionnement de base du service sanitaire. Ces deux mesures – système logistique informatisé et modernisation des constructions – seront pleinement efficaces d’ici trois à quatre ans. environ 80 % du matériel doit être restitué en étant opérationnel. l’état du matériel ne peut être que partiellement contrôlé par les centres logistiques et les travaux de maintenance ne peuvent pas non plus être entièrement soutenus. le 1er janvier 2010. Un premier pas a été fait dans cette direction avec l’introduction.là. puis ultérieurement celles du domaine du personnel de milice. du système logistique informatisé. La conséquence est la suivante : les écoles31 et la troupe ne disposent pas de suffisamment de matériel opérationnel. De plus. La sérialisation consiste à désigner les articles provenant du même matériel en identifiant chacun des articles. le matériel et les systèmes sont fortement mis à contribution parce qu’ils sont moins nombreux qu’autrefois. Aujourd’hui. L’introduction d’une logistique nationale basée sur l’informatique et opérant avec des données en temps réel constitue un défi de taille. L’étiquetage consiste à ajouter des informations relatives au matériel sur tous les articles afin de garantir la lisibilité par une machine. En 2010. 28 . A partir de 2012. Par ailleurs. on renoncera à assurer l’hospitalisation au sein de 31 32 33 Il n’est pas possible d’améliorer l’état du matériel sur place en raison de l’absence d’équipes de maintenance dans les écoles de recrues. Les moyens d’engagement dans le domaine préhospitalier permettent aujourd’hui de couvrir les besoins d’une brigade au maximum. Cet objectif doit être atteint ces prochaines années en plusieurs étapes. La mise en œuvre organisationnelle n’est pas encore terminée. Le système doit être stabilisé d’ici à la fin 2011. ce sont 126 millions supplémentaires qui ont été demandés pour les ateliers et les dépôts des centres. En acceptant le Message sur l’immobilier 2009. ne peut plus être garanti sans faire appel à des externes. Pour ce faire. Le système logistique Logistik@V ne permet pas seulement de gérer l’ensemble des données relatives au matériel et aux véhicules de l’armée et les flux de matériel. Dans le Message sur l’immobilier 2010. La modernisation des centres logistiques est une nouvelle étape pour garantir durablement les prestations logistiques. en raison de la forte réduction du personnel. l’infrastructure logistique doit être étendue et transformée. Il faut en outre regrouper dans un seul système les données financières. il s’agit de consolider et d’intégrer le système dans les affaires quotidiennes. Afin de garantir durablement les prestations logistiques.L’état du matériel est défectueux. 103 millions de francs ont été approuvés pour cela par le Parlement. ce qui entraîne une utilisation plus fréquente. La concentration des centres logistiques a bien progressé et constitue une base solide pour la fourniture efficace de prestations. la Base logistique de l’armée doit continuer à garantir les prestations avec le soutien de la troupe. il faut terminer la sérialisation 32 et le gros de l’étiquetage33. Jusque. La troupe ne parvient pas toujours à respecter la directive qui stipule qu’à la fin d’un service. recrutement y compris.

l’armée accroît ses dépendances. pour la préparation et la gestion de l’engagement. pas d’externalisation des prestations en l’absence d’une perspective de réduction des coûts à long terme. des bataillons d’hôpital afin de garantir les prestations requises. au niveau quantitatif et qualitatif. Elle se compose des 200 lits de l’hôpital militaire d’Einsiedeln34 qui doit être modernisé ainsi que des lits mis à disposition par les sept hôpitaux du Service sanitaire coordonné (SSC). L’introduction du nouveau système logistique Logistik@V. formation). sérialisation. Augmentation de l’effectif du personnel de la Base logistique de l’armée pour les prestations logistiques supplémentaires qui doivent être fournies de manière autonome. Dans le domaine des affaires sanitaires. Mesures à prendre d’ici à 2013 – En principe. prévoyant une réserve stratégique de 800 lits. Les risques au niveau des prestations qui ont des implications sur la sécurité doivent être pris en considération. Restructuration. les coûts liés à la modernisation de l’hôpital d’Einsiedeln s’élèvent à un total de 40 millions de francs. 29 . Stabilisation de la situation en ce qui concerne la conduite logistique informatisée (étiquetage. Adoption de la nouvelle stratégie de coopération d’ici à 2011. La réduction du personnel dans le domaine de la maintenance est l’un des motifs qui explique pourquoi les commandants ne peuvent pas recevoir tout le matériel convenu pour l’instruction au début de leur service. Mise en œuvre des modifications au niveau de la construction dans les centres logistiques. la collaboration avec des partenaires civils doit être renforcée.l’armée des militaires nécessitant des soins aigus dans des situations particulières et extraordinaires. une norme politique a été fixée. Maintien d’un hôpital militaire et exploitation d’un hôpital supplémentaire comme solution transitoire jusqu’en 2017. Conclusions En raison du recours de plus en plus fréquent à des prestations externes. La contribution allouée aux sept hôpitaux du SSC est budgétisée à 168 000 francs pas année. y compris de l’armée. Conformément à la décision prise par la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sanitaires en novembre 2009. Transferts des autres hôpitaux militaires dans le parc disponible. – – – – – – 34 Selon le Plan général 2009. explique également les lacunes temporaires au niveau des prestations de la Base logistique de l’armée. qui permet une fourniture efficace des prestations à moyen terme seulement. Une vue d’ensemble des ressources disponibles dans le domaine de la santé en Suisse peut être établie en ligne par le biais d’un système d’information automatisé et mis à la disposition des partenaires au sein du Service sanitaire coordonné.

2500 environ sont âgés entre 50 et 59 ans. La réduction de postes au sein du domaine de la Défense doit cependant être reportée de deux à trois années. notamment à cause des systèmes d’armes et de conduite plus complexes. raison pour laquelle il va y avoir de nombreux départs à moyen terme. le chef DDPS a suspendu la suppression de postes au sein de la Base logistique de l’armée. En cas de départ. car l’armée n’a elle-même pas suffisamment de spécialistes pour développer les compétences et les capacités techniques. le commandement de l’armée a pris des mesures pour améliorer la situation. Les exigences à l’égard des militaires de carrière augmentent. les militaires de carrière ne peuvent en outre pas être remplacés rapidement. Il faut donc encore supprimer 600 à 700 postes. le domaine de la Défense a reçu l’ordre de supprimer environ 2000 postes civils entre 2002 et la fin 2011. En raison d’importants problèmes au sein de la logistique et de l’informatique. L’instruction d’un militaire de carrière prend du temps et est onéreuse. le développement de nouvelles capacités à l’interne requiert du temps. Le personnel requis pour les systèmes modernes ne peut pas être mis à disposition en temps utile. Il y a environ trois ans. Cette situation entraîne une augmentation des dépenses pour les prestations de tiers. ce qui engendrera une importante perte des connaissances. A la fin 2009. en se basant également sur un rapport de la Commission de gestion du Conseil national. les rétributions du personnel et les contributions de l’employeur du domaine de la Défense s’élèvent à environ 1240 millions de francs pour un effectif de personnel équivalent à environ 9600 postes. La situation au niveau du personnel sera réévaluée chaque année en fonction des possibilités de suppression de postes. les trois débuts annuels des écoles de recrues et les effectifs de personnel limités dans le domaine de l’instruction ont entraîné des problèmes considérables. des exigences plus élevées au niveau des capacités de conduite et des tâches de planification et d’organisation plus complètes. une perte des connaissances auprès du propre personnel et une dépendance visà-vis des tiers. Conclusions Les nouveaux systèmes plus complexes imposent souvent des exigences plus élevées au personnel et/ou requièrent du personnel supplémentaire qu’on ne peut pas 30 .8 Personnel En 2010. En raison de l’âge des collaborateurs civils. Par ailleurs. Les exigences techniques augmentent parallèlement avec l’introduction de nouveaux systèmes. Les exigences élevées. Les militaires de carrière sont fortement mis à contribution et ne peuvent pas être rapidement remplacés en cas de départ. Sur 5900 employés civils. Le matériel d’armement complexe nouvellement acquis peut de moins en moins être entretenu et exploité uniquement par le personnel interne. Cela représente 30 % du budget et par conséquent un facteur de dépenses très important. Il y a par conséquent actuellement un besoin accru de spécialistes externes. Dans le cadre d’Armée XXI.3. environ 1300 postes avaient été supprimés. il faut s’attendre à une perte importante des connaissances au cours des prochaines années.

Le concept de stationnement de l’armée et les mesures d’optimisation de la logistique ne seront cependant pas mis en œuvre avant 2014. des systèmes d’armes superflus ont été mis hors service. Par la suite. On visait à diminuer de manière significative les dépenses d’exploitation au profit des dépenses d’armement. L’effectif de personnel sera en outre réorganisé sur la base des besoins en matière d’instruction (militaires de carrière.9 Finances Un équilibre durable entre les prestations et les ressources ne peut pas être garanti dans les conditions-cadres actuelles.recruter avec les ressources disponibles au niveau du personnel. les technologies plus complexes. Le nombre de jours de service accomplis. militaires contractuels. Des mesures destinées à atteindre cet objectif ont été introduites notamment dans les domaines de la logistique et de l’administration. – 3. En l’absence de mesures adaptées. de l’infrastructure et de la préparation de matériel. Par conséquent. En outre. le domaine départemental de la Défense devra. entre autres. est un indicateur essentiel pour les dépenses au niveau de l’exploitation logistique. le Parlement a adopté en 2007 l’étape de développement 2008/11. raison pour laquelle des goulots d’étranglement apparaissent dans les domaines du personnel et de la logistique. Par ailleurs. La marge de manœuvre au niveau de la gestion du personnel doit par conséquent être utilisée. à l’avenir. Pour mettre en œuvre ces mesures. Il en résulte ces dernières années une augmentation des dépenses d’exploitation au détriment des investissements. la baisse au niveau de l’acquisition de systèmes et leur utilisation intensive engendrent des frais supplémentaires d’exploitation et d’entretien. les attentes concernant les économies relatives aux dépenses d’exploitation se sont révélées trop optimistes. engager plus de personnel externe onéreux ou renoncer à des prestations fournies jusqu’ici. Une réserve stratégique de personnel35 sera constituée dans le domaine de la Défense afin de garantir la marge de manœuvre du commandement de l’armée. Des spécialistes externes doivent pas conséquent être engagés. il n’est pas toujours possible de remplacer rapidement les cadres professionnels et le personnel restant est alors surchargé. Les points clés d’Armée XXI étaient. des effectifs réduits. qui n’a pas beaucoup diminué au cours des dix dernières années. une disponibilité échelonnée et une instruction professionnalisée. étant donné que la formation et l’adaptation prennent relativement beaucoup de temps. enseignants spécialisés et personnel civil). 35 Réserve de personnel à constituer par des transferts internes à l’échelon du chef de l’armée dans le domaine départemental de la Défense. 31 . ce qui occasionne des coûts élevés. Les programmes d’allègement budgétaire 2003 et 2004 ont réduit les moyens de l’armée de plus de 100 millions de francs. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – La réduction du personnel au sein de la Base logistique de l’armée reste suspendue jusqu’à la fin 2011.

La multifonctionnalité de l’armée ainsi que le modèle de l’instruction et de l’obligation de servir sont des facteurs essentiels dans la définition du besoin de ressources de l’armée. l’armée36 disposait d’un crédit budgétaire avec des incidences financières de 4.0 %. Projet de loi fédérale sur le programme de consolidation 2011–2013. Seules une réduction de l’armée et/ou l’adaptation du modèle d’instruction et d’obligation de servir permettraient d’y parvenir.64 milliards de francs. tableau de l’Annexe 1. Chaque année. L’augmentation des dépenses d’exploitation défavorise les investissements. Vue d’ensemble des finances. Cf. il est demandé au Parlement de maintenir le plafond de dépenses de l’armée en vigueur depuis plusieurs années pour la période de 2012 à 2015. et sur un rythme de croissance de 1. la disponibilité. 36 37 38 39 40 Selon la définition du plafond de dépenses de l’armée. Conclusions Le seul moyen d’atteindre l’équilibre entre les prestations et les ressources est d’augmenter les moyens financiers consacrés à l’armée et d’adapter son organisation. 32 .40 Le programme de consolidation 2012/2013 demande au Parlement de maintenir le plafond de dépenses de l’armée pour les années 2012 à 2015 pour le domaine de la Défense et armasuisse Immobilier. D’après le compte d’État 2009. Il est pratiquement indispensable de se concentrer sur une spécialisation au sein de l’armée.38 Le Rapport sur le programme de consolidation 2012/2013 des finances fédérales se fonde sur des dépenses moyennes de 4. Elle n’entre donc pas en ligne de compte. Le budget 201137 prévoit un montant de 4. état le 23 juin 2010. Dans le programme de consolidation 2012/2013. Cf. Montant budgétaire annuel moyen pour le plafond de dépenses de l’armée 2012–2015.26 milliards de francs. Le montant plus élevé dans le budget 2011 résulte de l’utilisation des soldes de crédits des années précédentes. Y compris armasuisse Immobilier. Une réduction du nombre de militaires à instruire affecterait le principe de milice et l’égalité face aux obligations militaires. le modèle de l’instruction et de l’obligation de servir ainsi que le niveau de technologie. On ne peut toutefois pas diminuer à souhait le nombre de jours de service au sein des conditions-cadres juridiques en vigueur. L’armée exploite un modèle d’instruction et d’obligation de servir adapté à la milice. Ce dernier englobe l’ensemble des crédits avec des incidences financières du domaine départemental de la Défense et d’armasuisse Immobilier. ou alors il y a lieu de réduire massivement les prestations exigées. Arrêté du Conseil fédéral du 23 juin 2010 concernant le budget 2011/plan financier 2012–14. 6.4 milliards de francs39 consacrés à l’armée (plafond des dépenses sur plusieurs années) pour 2012 à 2015. Cela permet une utilisation plus flexible des ressources financières et une meilleure sécurité de la planification.4 millions de jours de service sont ainsi effectués et ce chiffre détermine une grande partie des charges d’exploitation. La multifonctionnalité de l’armée est un facteur essentiel dans la définition des besoins en matière de ressources. Ce modèle assure une réelle liberté de choix quant au moment de l’école de recrues et des cours de répétition annuels pour la plus grande partie de l’armée. La multifonctionnalité de l’armée ne peut pas être financée plus longtemps.

vendus ou rasés dans l’intervalle. Ce calcul est basé sur les chiffres indicatifs de la branche de l’immobilier. 33 . Il existe un besoin cumulé d’entretien. certains sont très détériorés alors que d’autres sont en très bon état. environ la moitié ont été mis de côté et hors service. Les biens immobiliers dont l’armée n’a plus besoin font partie du parc disponible. Depuis 2005. Sur plus de 26 000 biens immobiliers qui appartenaient au parc principal de l’armée avant 2005. Le parc immobilier de l’armée reste trop important. L’armée n’a plus suffisamment de moyens financiers pour assainir et entretenir les biens immobiliers qu’elle utilise. Les répercussions budgétaires de l’attribution de prestations à des tiers pour décharger la Base logistique de l’armée et la Base d’aide au commandement doivent être examinées. le parc principal de l’armée comptait encore environ 14 000 objets. les biens immobiliers du parc disponible ont connu une augmentation.4 milliards de francs pour le parc principal actuel de l’armée. – – 3. Ces dépenses devraient être effectuées en plus des tranches de 300–400 millions destinées à l’entretien annuel nécessaire. la logistique.8 milliard pour se conformer aux prescriptions légales. on entend les biens immobiliers que l’armée utilise depuis 2010 pour l’instruction. le combat. pour une valeur à neuf indexée de plus de 22 milliards de francs. Les transferts financiers ont permis de combler les lacunes les plus importantes.42 41 42 Par parc principal. qui estiment que l’investissement pour une année d’entretien correspond à 1. Le concept de stationnement de l’armée de 2005 se fonde sur les besoins de l’armée selon l’étape de développement 2008/11. les biens se trouvant la plupart du temps hors des zones à bâtir et étant de ce fait très difficiles à céder. A la fin de l’année 2009. Le besoin d’entretien cumulé s’élève à 4. l’engagement et la logistique. l’instruction et l’administration.Mesures à prendre d’ici à 2013 – Avec le programme de consolidation 2012/2013. la poursuite du plafond de dépenses de l’armée doit être demandée pour la période de 2012 à 2015 en ce qui concerne le domaine de la Défense et armasuisse Immobilier. La mise hors service rapide et anticipée de systèmes obsolètes doit contribuer à stabiliser les dépenses d’exploitation. Les besoins au niveau des biens immobiliers et le parc immobilier doivent continuer de diminuer à long terme. Par conséquent.10 Infrastructure L’armée dispose d’une très vaste infrastructure pour la conduite. l’instruction et la logistique ne sont pas tous dans le même état. plus 0.5–2 % de la valeur de reproduction (valeur de rachat indexée) d’un bien immobilier. Les biens immobiliers pour l’engagement. l’important effectif en biens immobiliers a pu être réduit considérablement au sein du parc principal 41.

En raison de ce manque. Afin d’assurer la protection des informations. lance-mines de forteresse 12 cm. il suffit de comparer ce montant avec les besoins décrits de l’armée. positions de barrage et ouvrages minés) a fortement diminué. des lacunes financières de 500 millions de francs subsistent toutefois pour les années 2012–2016. quand on n’a pas dû carrément y renoncer. Les prescriptions militaires et civiles doivent être remplies. l’importance de l’infrastructure de combat (canons de forteresse. Dans le Plan général 2009. de 40 à 50 millions de francs par d’autres domaines de l’armée au profit du domaine immobilier. Pour constater le déséquilibre entre les moyens requis et les moyens disponibles. la modernisation et la remise en état des biens immobiliers de l’ensemble des domaines du département. les biens immobiliers existants ont subi des dommages et les mesures destinées à couvrir les nouveaux besoins. à combler les lacunes en matière de sécurité et à mettre en œuvre les prescriptions légales ont été remises à plus tard. Les armes modernes de précision et les armes à longue portée ont à tel point diminué la valeur combative de ces installations qu’elles ne pourraient plus apporter de contribution essentielle à la défense contre un adversaire. Conclusions La réduction de l’armée implique également une diminution du parc immobilier. Début de la mise hors service de l’infrastructure de combat (canons de forteresse 15. le transfert d’éléments dans le parc disponible ne peut avoir lieu qu’après la mise hors service complète du système concerné. Le besoin cumulé d’entretien. La mise hors service génère cependant des frais considérables. Les économies nettes ne seront pas perceptibles avant plusieurs années.5 cm Bison. positions de barrage et ouvrages minés). Compte tenu des changements intervenus en matière de menace. Abandon de parties de l’infrastructure de commandement. le retard à rattraper pour répondre aux obligations légales et les tranches annuelles nécessaires à l’entretien requièrent une augmentation notable des moyens destinés au domaine de l’immobilier. en 2011 et en 2012. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – – Report. C’est la raison pour laquelle on peut renoncer à l’infrastructure de combat. la modernisation et la remise en état du parc immobilier existant ne peuvent pas être financées dans les circonstances données. Le DDPS dispose de 240 à 280 millions de francs chaque année pour l’adaptation. La mise hors service de l’infrastructure de combat ne peut par conséquent se faire que de manière échelonnée pour des raisons financières. lance-mines de forteresse. Réadaptation du concept de stationnement de l’armée. – 34 . il a fallu renoncer à des projets immobiliers de l’armée à hauteur de 175 millions de francs . La mise hors service de l’infrastructure de combat et de certaines parties de l’infrastructure de commandement est possible et nécessaire mais engendre tout d’abord des dépenses élevées.L’adaptation.

La protection et la sécurité en cas de panne dans les domaines de l’informatique et de la télécommunication sont insuffisantes. Ils doivent être protégés pour 43 44 Un investissement supplémentaire (personnel. A cet effet. l’aide au commandement fournit un large éventail de prestations à l’épreuve des crises dans les domaines de la télécommunication. la protection et le développement sont trop élevés. des centres de calcul. mesures de construction.44 Les systèmes de conduite et d’information militaires et civils se fondent sur des réseaux disponibles en permanence. de commandement et de communication fixes et mobiles. Les utilisateurs doivent disposer d’un environnement de travail sûr et protégé. d’information et de conduite résistants aux crises. la liaison. A cet effet.11 Aide au commandement L’aide au commandement a pour mission de garantir l’aptitude au commandement des échelons politiques (Confédération. pour la surveillance électronique de l’espace aérien). de la sécurité de l’information. Le Centre des opérations électroniques de l’armée s’occupe des informations et de leur protection dans l’espace électromagnétique (sans fil et radio). parallèlement à la réduction de la diversité des systèmes. redondances) permet de protéger les objets des accès indésirables et des pannes afin de garantir leur disponibilité et leurs performances. il convient de garantir l’exploitation et la protection des réseaux et de renforcer encore les centres de données et de calcul43. des capteurs (p. à leur mission et à leur rôle et pourvu des systèmes de télécommunications. en toute situation et de manière permanente. La réduction de la diversité des systèmes – tout en maintenant leurs performances et leur fonctionnement – est l’objectif de la consolidation de l’infrastructure de TIC. et les données doivent pouvoir être cryptées en permanence. Cela explique le déséquilibre actuel entre les prestations demandées et les ressources à disposition au niveau du personnel et des finances. et le potentiel de synergies entre eux. de la cryptologie. de la protection de l’infrastructure informatique et des spécialistes des langues. les frais pour l’exploitation. ex. physiquement et sur le plan de l’exploitation si nécessaire. L’exploration radio stratégique permet d’obtenir des informations pertinentes pour le service de renseignement au profit de la conduite politique et militaire. Ces systèmes se fondent sur différentes conceptions techniques. de la guerre électronique. Les systèmes ne sont pas suffisamment consolidés. l’aide au commandement exploite des systèmes d’information. ainsi que dans les réseaux sur fils. des systèmes d’émission et des installations de commandement. pour leur exploitation et leur développement. adapté à la situation. 35 . il existe un noyau performant. de l’informatique. des capteurs électroniques.3. Avec les formations de milice. Cette acquisition d’informations est réalisée en vertu de l’ordonnance sur la guerre électronique. Avec l’aide de la milice. En ce qui concerne les opérations électroniques. Par conséquent. en majorité fixes. cantons) et de l’armée. La diversité des systèmes est trop importante. les réseaux ainsi que les centres de données et de calcul doivent être protégés. d’exploitation et organisationnelles. Il existe ici un retard qui doit être rattrapé. est trop faible.

le DDPS a fait de gros efforts pour la protection des ressources naturelles. Le DDPS protège ces espaces vitaux et en prend soin. architecture d’affaires ou de TI).12 Environnement écologique Les activités de l’armée ont des répercussions directes sur les ressources naturelles. la coordination avec des partenaires civils est impérative. Ces efforts doivent être poursuivis. Élaboration de concepts de niveau supérieur (p. par la constitution du domaine Territoire et environnement et l’instruction des cadres professionnels et de milice. Une équipe de spécialistes de l’analyse de la menace sera donc mise sur pied afin de surveiller et de protéger l’infrastructure de base des TIC de l’armée. A l’heure actuelle. Mesures à prendre d’ici à 2013 – Harmonisation des prestations requises en tenant compte de l’augmentation des besoins et de la réduction du budget avec les ressources au niveau du personnel et des finances. – – 3. Réduction de la diversité des systèmes en maintenant les performances et la fonctionnalité. Conclusions Les tâches et les compétences doivent être clairement définies. des systèmes d’évacuation des eaux usées et des nuisances sonores élevées. l’armée continuera de générer des coûts. réseau d’engagement Défense). Si des systèmes de TIC d’autres domaines du département s’appuient sur l’infrastructure de la Défense (p. Ces mesures coûteront plusieurs centaines de millions de francs. Pour ce faire. les organisations professionnelles et de milice ne sont pas suffisamment en mesure d’identifier précocement des activités inhabituelles sur leurs propres réseaux et d’y réagir efficacement. des assainissements de grande ampleur seront à l’ordre du jour concernant des sols pollués par des métaux lourds. ex. ainsi que de son administration. Du fait que les ressources sont limitées. Toutes les prestations de TIC nécessaires dans le domaine de la Défense doivent être mises à disposition par un fournisseur de prestations central responsable de la conduite technique des prestations de TIC au sein du domaine de la Défense. intégration de différents postes de travail du système et sécurité intégrale. Les répercussions et les coûts induits doivent donc être minimisés en prenant davantage en considération les aspects écologiques dans la gestion du cycle de vie du matériel d’armement. il convient de renforcer la collaboration avec d’autres organes fédéraux et avec les cantons en vue de conserver ces espaces protégés. échange d’informations entre les systèmes.maintenir la capacité de commandement ou pour la retrouver rapidement après une attaque. la conduite technique du fournisseur de prestations central peut s’étendre à ces domaines. En répandant dans la nature des métaux lourds. L’armée a contribué à ce que de précieux espaces naturels soient maintenus autour des places d’armes et de tir. ex. dans les 36 . Au cours des prochaines décennies. apportant ainsi une contribution à la sauvegarde de la biodiversité. Au cours des 20 dernières années.

Prendre en compte les aspects écologiques lors de l’adaptation du concept de stationnement de l’armée. Le maintien et le développement de la compétence de défense doivent reposer sur une doctrine actualisée. 3. mais présente les éléments qui requièrent une attention et des efforts particuliers. l’utilisation d’énergies renouvelables et la prise en compte des aspects énergétiques lors de l’acquisition. ce qui contribue à augmenter les dépenses d’exploitation au détriment des investissements. L’aptitude à mener des opérations en réseau doit être garantie dans la mesure où la fourniture de prestations est nécessaire ou envisagée. formations) doivent pouvoir se contenter de moins de cadres et de spécialistes. Continuer le concept du DDPS en matière d’énergie. Les assainissements énergétiques. Au vu des nombreux déchets toxiques à éliminer et des besoins d’assainissement des constructions. Les aspects suivants doivent notamment être pris en considération pour le développement de l’armée : – – – – – – Les prestations et les ressources doivent être équilibrées les unes par rapport aux autres. Il n’aborde pas toute la situation. de l’utilisation et de la mise hors service du matériel d’armement vont donc devenir encore plus importants. Le concept du DDPS en matière d’énergie doit donc être poursuivi sur la base d’Énergie Suisse de 2011 à 2020. Conclusions L’armée doit également conserver son environnement écologique. les structures (étatsmajors. Le profil des prestations et l’équipement en matériel des formations ainsi que la doctrine doivent être harmonisés.13 Conséquences pour le développement de l’armée Le présent rapport sur l’état de la situation de l’armée fait surtout ressortir les problèmes. on doit escompter un investissement financier élevé. Mesures à prendre d’ici à 2013 – – – – Poursuivre l’instruction écologique au sein de l’armée et l’administration.concepts d’intervention et d’instruction ainsi que dans l’adaptation du concept de stationnement de l’armée. La réduction de l’armée implique également la suppression de corps de troupe et de formations. 37 . Afin de pouvoir bénéficier d’une relève en personnel. Mettre en œuvre les assainissements prioritaires conformément au droit concernant l’environnement. Les mesures visant à réduire les gaz à effet de serre obligent également l’armée à continuer de réduire sa consommation d’énergie.

Dans le cadre de l’adaptation du concept de stationnement de l’armée.00 .00 0. L’adaptation du modèle de l’instruction et de l’obligation de servir pour diminuer le nombre de jours de service doit être examinée (durée de l’instruction de base pour certaines armes et nombre de cours de répétition).00 Comparaison avec d’autres forces armées Comparaison sur le plan quantitatif 1. même si cela implique une augmentation du budget du personnel. Dans le cadre du développement de l’armée.– La compatibilité entre l’engagement civil et militaire doit être améliorée et il faut prendre des mesures pour promouvoir les services d’instruction et encourager la milice à fournir des prestations de service appropriées. le parc immobilier doit être adapté au profil de prestations.14. et la concentration de l’infrastructure d’instruction doit être étudiée. – – – – 3.1 4.50 2001 2007 Suisse Suède Allemagne Autriche France Finlande Italie Dépenses pour la défense nationale en % du produit national brut 38 2009 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2002 2003 2004 2005 2006 2008 0. on tendra en général à remplacer la multifonctionnalité d’Armée XXI par la spécialisation.50 2.00 2.14 3. Davantage de personnel doit être embauché pour les prestations devant être fournies à l’interne pour des raisons de sécurité ou d’efficacité.50 1.50 3.00 3.

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Dépenses pour la défense nationale, effectif de l’armée, systèmes d’armes principaux
CH Dépenses pour la défense nationale 2009 en milliards de francs45 4,546 0,84 18 00048 220 000 280 134 817 133 87 --47 F 48,8 2,10 350 000 350 000 880050 226 1611 63 352 202 196 D 48,2 1,40 252 500 347 500 6770 262 689 101 305 136 238 I 29,9 1,40 305 000 305 000 9300 159 1508 104 198 59 425 A 3,2 0,8047 45 000 45 000 930 114 578 55 15 --53 S 6,2 1,4047 18 500 50 00049 790 280 1241 ---51 150 --48 FIN 4,1 1,63 41 000 350 000 400 100 666 126 62 --28

Dépenses pour la défense nationale 2009 en tant que fraction du PNB (en %) Effectif total de l’armée Effectif total de l’armée (mobilisation) Militaires engagés à l’étranger Chars d’assaut opérationnels Autres véhicules de combat blindés à roues et à chenilles Obusiers blindés modernes opérationnels Avions de combat 52 Hélicoptères de combat Hélicoptères de transport

45 46 47 48 49 50 51 52

La défense nationale comprend la défense nationale militaire plus l’Office fédéral de la protection de la population (102 millions de francs). Ce montant ne comprend pas les prestations des employeurs pour le maintien du paiement du salaire. en 2008 Correspond à la présence moyenne des militaires (effectif total pendant les jours de service divisé par 365). Sur la base de la suppression du service militaire obligatoire Sans les stationnements permanents à l’étranger (environ 20 000 personnes) Il est prévu d’acquérir 24 nouveaux systèmes d’artillerie du type Archer. Sans les moyens (en partie substantiels) de l’aéronavale

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53 aussi parce que des groupements non étatiques pourraient engager des systèmes modernes de conduite et d’armes. 42 . l’Allemagne et l’Italie sont tenues de se porter mutuellement secours dans le cadre de l’OTAN en cas d’attaque. amoindrissement de la défense territoriale). Il s’agissait d’établir une relation entre trois éléments : défense contre une attaque militaire visant le territoire national. Les parties au traité (dont également l’Autriche. de leurs objectifs et de leurs stratégies en matière de politique de sécurité. Par exemple missiles de croisière. Les modifications du modèle de défense et des acquisitions d’armement doivent être considérées en fonction du cadre précité. ces pays ont une politique de sécurité avec des accents diversifiés. des forces de police et des forces armées ainsi que de l’ordre juridique national. il est courant en Suisse de faire des comparaisons avec les pays voisins et les États ne faisant pas partie d’une alliance ou neutres comme la Finlande. Elles étaient et sont partout l’objet à la fois de considérations de politique de sécurité et de débats de politique intérieure. La Finlande et la Suède renforcent leur collaboration dans la coopération militaire des États nordiques également avec l’OTAN. sauf pour la Finlande. Le niveau d’engagement des forces armées dans la sécurité intérieure présente des différences et dépend de la structure étatique. missiles antiaériens portables. Défense territoriale La défense du territoire national contre une attaque militaire est considérée en Finlande comme la mission des forces armées nationales en raison de la situation géographique du pays.14. 53 54 La plupart des forces armées européennes disposent en outre d’au moins deux formations terrestres lourdes (brigades mécanisées ou brigades blindées) et des moyens de soutien correspondants au sol et dans les airs. renforcement de l’interopérabilité. hélicoptères et avions légers armés. rapidement opérationnelles. la Suède et la Finlande) s’engagent aussi à une assistance mutuelle en cas d’attaque militaire ou d’attentat terroriste. assistance fournie aux organes de sécurité sur le plan interne et engagements à l’étranger pour la maîtrise des crises.2 Appréciation sur le plan qualitatif Les forces armées sont un instrument de la politique de sécurité Lors des discussions sur la politique de sécurité.3. de leur situation et de leurs ambitions. Ils ont en commun d’avoir redéfini après la fin de la guerre froide l’objectif d’engagement de leurs forces armées. Ce rôle revient à l’OTAN pour les pays membres à la fois de l’OTAN et de l’UE. en mer et dans les airs. par exemple sous la forme d’une instruction commune des forces militaires de réaction en cas de crise. Le Traité de Lisbonne de l’Union Européenne renforce la politique commune de sécurité et de défense. sans que l’UE joue le rôle d’une alliance défensive autonome. Tous les pays ont renforcé leur engagement à l`étranger et ont fortement réorienté leurs forces armées vers des engagements à l’étranger (constitution de forces de réaction à des crises. La défense territoriale n’est plus du tout la première priorité pour ces États. Ces différences découlent de la taille des pays. la Suède et l’Autriche. Ils maintiennent cependant des capacités essentielles comme le combat interarmes et la coopération globale des forces armées au sol. La France. Situés dans l’environnement européen.54 Les formations sont conçues selon un système modulaire pour disposer des capacités nécessaires et être engagées d’une façon flexible.

Les armées de métier sont confrontées à des difficultés en matière de personnel mais. il faut relever le niveau de la formation générale et scolaire. Dans le domaine de la sécurité intérieure. l’engagement de la Bundeswehr sur le plan intérieur est juridiquement limité mais il demeure toutefois possible comme lors du Championnat du monde de football en 2006.Développement des budgets de la défense Les efforts en matière de défense ont diminué depuis la fin de la guerre froide. 43 . Une comparaison révèle cependant de grandes différences. Ce dernier subsiste en Allemagne . l’Italie et la France ont également fortement diminué leurs dépenses de défense. de revenir au service militaire obligatoire. Il n’est pas question pour la France et l’Italie. vu la situation économique actuelle. L’Allemagne. l’armée est également engagée pour des tâches de sûreté intérieure. En Suède. Le service militaire obligatoire a été récemment suspendu en Suède et il fait l’objet de discussions en Autriche. il est de tradition que les forces armées soient fréquemment engagées dans des affaires intérieures. En Allemagne. L’Autriche. la Finlande et la Suède ont réduit leurs budgets en parallèle avec le renforcement de leur intégration par le biais de l’UE. Développement des forces armées (constitution de contingents rapidement opérationnels à l’étranger) Les capacités en matière de promotion de la paix ont une importance primordiale pour la plupart des États considérés. Il s’agit d’acheminer rapidement des troupes éprouvées afin d’empêcher une aggravation de la situation grâce à une intervention effectuée à temps dans une zone de crise. par exemple pour la protection frontalière. Les forces armées et leur enracinement dans la société (modèle de défense) La tendance vers une armée de métier est générale en Europe comme dans les pays considérés. Il est ainsi prévu en France de pourvoir engager en tout temps 10 000 membres des forces armées. Dans la plupart des cas cependant. le recrutement semble assuré pour les forces armées. En Italie. c’est la garde nationale qui est engagée sur le plan intérieur et en Finlande des engagements subsidiaires sont possibles dans une mesure restreinte. L’armée allemande dispose déjà d’une importante composante professionnelle en mesure de maîtriser la plupart des engagements. Les autres États ont par contre la tendance à concentrer leurs activités sur des niches dans le cadre de l’alliance. navales et aériennes substantielles. Seule la Finlande ne semble pas montrer le moindre signe de changement. cela signifie que la participation au Nordic Battle Group (une troupe d’intervention multinationale constituée pour les engagements à l’étranger) bénéficie d’un statut prioritaire dans la politique de défense et influence ainsi durablement le développement des forces armées. Les engagements à l’étranger jouent un rôle important bien qu’ils ne soient guère planifiables. qui ont choisi l’armée de métier. ce qui absorbe environ 20 % du budget de la défense. La France a en outre la volonté politique de demeurer une puissance nucléaire indépendante. C’est particulièrement le cas de la France qui a l’intention de conserver des forces d’engagement terrestres. il devrait cependant être abandonné dès 2011. Dans le cas de la Suède. outre une instruction militaire de base. on tend de plus en plus à engager des forces armées pour les autorités civiles. En Autriche. qui se maintiennent toutefois à un niveau élevé de 20 à 35 milliards d’Euros.

En ce qui concerne la maîtrise des défis les plus vraisemblables. les modalités de cette intervention doivent être réglées avec précision. qui diffèrent dans la probabilité de leur survenance et dans les répercussions possibles. Pour remplir efficacement l’ensemble des tâches dévolues à l’armée. Les conflits armés sont une réalité en dehors de l’Europe. Dans un contexte de ce type. nationale et internationale.4 Menaces et dangers. mais elle représenterait la menace la plus lourde de conséquences pour la Suisse. 44 . l’armée fournit avant tout un appui subsidiaire aux autorités civiles dans le domaine de la protection d’ouvrages et de l’aide en cas de catastrophe. terroristes ou criminelles concentrent leur violence moins contre les États que contre les systèmes sociaux et les valeurs qu’ils représentent. C’est pourquoi l’armée doit maintenir et développer la compétence de défense. Ils peuvent nuire à la situation de la Suisse en matière de sécurité. Elle contribue aussi à la sécurité avec la promotion internationale de la paix. mais elle doit être optimisée pour certains domaines du profil de prestations. religieuses. Il arrive de plus en plus souvent que des États n’y parviennent plus et perdent le contrôle de leur territoire. La prolifération de systèmes d’armement de haute technologie a par ailleurs pour conséquence que des forces non gouvernementales pourraient s’approprier des armes qu’on ne s’attend à voir qu’en possession d’États.1 Le contexte sous un angle militaire La mondialisation. Lorsqu’un État confie des tâches relevant de la sécurité à des acteurs privés. il convient de maintenir la disponibilité échelonnée . ce qui a généré un chiffre d’affaires de plus de 400 milliards de dollars pour les 100 principales industries d’armement. 4. à la fois interconnecté et perméable. en augmentant le risque d’attentats terroristes aussi dans des États pas directement impliqués et par des flux migratoires. les flux d’informations incontrôlables. Ce n’est que dans des États déstabilisés que des acteurs privés assument certaines tâches étatiques sans qu’il y ait eu délégation de pouvoir en la matière. p. Une tâche essentielle de l’État est d’assurer le monopole de l’usage de la force à l’État de droit avec la justice. Le monopole de l’usage de la force tombe entre les mains d’acteurs non étatiques avec des conséquences négatives pour la sécurité nationale et internationale. en perturbant l’approvisionnement. Des acteurs non gouvernementaux agissant pour certains à l’échelle mondiale avec des visées politiques. la mobilité des personnes et des marchandises. la police et l’armée. les événements ont des répercussions plus rapides et moins prévisibles sur les États et les sociétés. 1500 milliards de dollars ont été dépensés pour le secteur de la défense dans le monde en 2008. Aujourd’hui. Une attaque militaire est improbable à brève échéance. ex. en mettant en danger les intérêts de la Suisse sur place. leurs conséquences pour l’armée La Suisse se trouve confrontée à un large éventail de menaces et de dangers. l’évolution technologique et la dépendance à l’égard des ressources ont rendu les structures étatiques plus vulnérables. l’anticipation et la prévention sont particulièrement importantes et on a besoin à cet effet d’une collaboration à l’échelle régionale.

ex. ce qui pourrait dans un cas extrême engendrer une panique générale. on entend l’aptitude d’un système ou d’une société à gérer rapidement une catastrophe ou une crise soudaine et à rétablir dans les meilleurs délais la capacité de fonctionnement et d’action. l’armée apporte une contribution décisive au renforcement de la résilience57 de notre société. des dangers naturels ou des dangers techniques). quelque 10 000 soldats ont été envoyés dans les régions concernées. 4. les séismes.2 Illustration des menaces et des dangers Nous allons montrer dans ce qui suit les prestations que l’armée doit fournir selon les menaces et les dangers55. La communauté inter55 56 57 Une menace présuppose au départ une volonté de porter préjudice à la Suisse ou à ses intérêts ou du moins de s’accommoder d’un tel préjudice. 45 .2. Les forces militaires d’aide en cas de catastrophe sont généralement aussi en mesure d’intervenir dans le monde entier. les menaces et les dangers pouvant se présenter selon une probabilité moyenne à élevée et pour lesquels l’armée peut apporter une contribution essentielle dans leur maîtrise sont exposés.56 Tous les États européens sont en mesure de mettre à disposition des moyens militaires pour soutenir les autorités civiles.8 sur l’échelle de Richter). Les denrées alimentaires et l’eau potable peuvent venir à manquer . il s’est effondré ou n’est jamais vraiment parvenu à s’imposer. en particulier après des évacuations ne sauraient être exclus. Font partie des catastrophes anthropiques. 4. Après le séisme survenu en mars 2010 au Chili (d’une amplitude de 8. les accidents majeurs. La Suisse a conclu avec tous ses États limitrophes des accords qui posent les bases juridiques de l’aide militaire en cas de catastrophe dans la zone frontalière. La population peut être gravement atteinte.2.1 Catastrophes Les catastrophes naturelles et anthropiques sont des dangers permanents avec des répercussions locales. Au nombre d’elles figurent les fortes précipitations. les incendies et les accidents graves d’avions ou de satellites. Par résilience. Les installations de production peuvent être détruites et représenter le cas échéant de nouveaux dangers pour l’être humain et l’environnement. la sécheresse. Les réseaux de communication et de transport peuvent être interrompus sur le court ou le moyen terme. Même les voies d’accès aux lieux sinistrés sont difficilement praticables dans certains cas. L’éventualité d’un bouleversement de l’environnement dû à des catastrophes complique l’orientation et la mobilité de la population concernée et des forces de sauvetage. les explosions. principalement pour assurer l’ordre public avec des moyens rigoureux.2 Événements à l’étranger avec des conséquences pour la Suisse L’ordre étatique est mis à l’épreuve dans des parties considérables du monde . les incendies de forêt. des pillages. Par ses interventions en cas de catastrophe. régionales ou nationales. En s’appuyant sur les réflexions du rapport sur la politique de sécurité.4. Un danger n’implique aucune volonté de porter préjudice (p. les coulées de boue. les inondations.

des infrastructures informatiques. ainsi que le transport aérien. déminage humanitaire) ou la réhabilitation post-conflit (p. ex. la répression. la stabilité et la paix à l’étranger de différentes façons. observateurs militaires) le rétablissement de la sécurité et la stabilisation (p. ex. L’armée peut aussi être engagée à l’étranger si des intérêts relatifs à la politique de sécurité de la Suisse sont touchés.3 Contrainte ou chantage La contrainte ou le chantage est une menace hautement probable qui relève de la politique de sécurité. La Suisse soutient les instruments développés par la communauté internationale pour contrer les processus destructeurs et endiguer les foyers de conflits ou les empêcher. ex. par la prévention (p. 4. passé non colonialiste). l’exploitation et les inégalités sociales. 46 . Afin de pouvoir engager des individus. il faut disposer d’organismes pour assurer la conduite. sont particulièrement bien accueillies. Tandis que le voisinage immédiat de la Suisse se caractérise pour l’heure par une situation stable et sûre. la demande porte principalement sur les prestations à haute valeur ajoutée qui sont difficiles à trouver ou qui. notamment l’obtention et l’évaluation des informations. à peine gouvernables et dans lesquelles des groupes armés et des organisations terroristes peuvent s’installer. elle peut mettre en danger la sécurité et d’autres intérêts de la Suisse.58 A la suite de l’effondrement des structures étatiques. des moyens de transport tels que des bateaux ainsi que des représentations suisses dans le pays aussi bien qu’à l’étranger. fournies par la Suisse (neutralité. une situation économique catastrophique. Les mesures vont des programmes de démilitarisation à la mise en place de troupes de police régulières et d’unités militaires en passant par l’instauration de structures démocratiques. contingents au service de la promotion de la paix. des tensions ethniques. elle peut causer des dommages considérables.nationale s’engage pour appuyer les États et éviter l’apparition de pays totalement déstabilisés. Même avec un faible potentiel. Les conséquences sont la propagation du terrorisme.2. Elle peut avoir son origine dans le pays ou en dehors de celuici. La suppression du monopole étatique de l’exercice de la force et de tout régime légal. Dans tous les domaines. le rétablissement de l’infrastructure de base. réforme du secteur de la sûreté. Elle peut contribuer à rétablir la sécurité et à stabiliser la situation sur place afin d’aider à réduire les conséquences directes ou indirectes pour la Suisse. des perturbations des échanges économiques et des flux migratoires avec des effets jusqu’en Suisse. la logistique. la corruption sont caractéristiques de ces régions. la criminalité. Par des actions visant des personnes. L’armée peut encourager la sécurité. des petits détachements et des contingents. La maîtrise de ce type de situations relève en première ligne des instruments 58 Le phénomène des Etats totalement déstabilisés peut s’expliquer par des facteurs internes et externes comme des frontières tracées arbitrairement et artificiellement. contrôler que les accords sont mis en œuvre de manière conséquente. de nombreux foyers de conflits surgissent à la périphérie de l’Europe et sur d’autres continents. sécurité des stocks et élimination des surplus dans le domaine des armes de petit calibre et des munitions conventionnelles). L’amélioration de la sécurité est souvent une condition pour que l’on puisse vraiment entamer avec succès le rétablissement de l’ordre étatique et de l’infrastructure. des régions se forment en dehors de l’ordre international.

les aptitudes de défense conventionnelle doivent être maintenues en raison des répercussions existentielles qu’elle implique. D’une manière générale. installations des Forces aériennes. partant. en explosant. L’armée pourrait dans de tels cas intervenir rapidement par exemple pour intensifier le service de police aérienne ou pour protéger des ouvrages tels que les centrales nucléaires. Les opérations pourraient en ce cas être dirigées contre des cibles civiles ou militaires (p. des prises d’otages impliquant des dirigeants nationaux ou la chute d’un avion sur l’immeuble d’une organisation internationale. Contrairement à une ogive nucléaire. 59 « Bombe sale » (aussi appelée arme radiologique): engin explosif conventionnel qui. si notamment un acteur non étatique. Les opérations très médiatisées. la règle veut que plus un événement est grave pour la sécurité de la Suisse. seraient des exemples possibles. soutenu par un autre État. ainsi que des vulnérabilités potentielles. libère dans l’environnement de matières radioactives. pour susciter une insécurité et pour discréditer nos autorités (entre autres par des opérations d’information). 4. infrastructure logistique).3 Défense contre une attaque militaire Une attaque militaire serait la menace la plus lourde de conséquences pour la Suisse. La Suisse pourrait dans ce cas être aussi menacée par des attaques chimiques ou des armes de destruction massive utilisées à distance (par aéronef ou au moyen d’armes à longue portée) ou sur place (« bombe sale »59). aucune fission ou fusion ne se produit lors de l’explosion. maritime et aérienne. 47 . les aéroports et d’autres éléments-clés de l’infrastructure nationale avec des troupes terrestres ou des moyens terrestres de défense aérienne ainsi que pour maintenir ouverts des axes de circulation et. de la politique économique et de la police. pour soutenir les forces de police civiles. L’armée peut cependant apporter sa contribution. Même si la probabilité d’une attaque militaire visant la Suisse peut être qualifiée de faible à brève échéance. par exemple en mettant à disposition les ressources nécessaires pour assumer des tâches de protection et de transport par voie terrestre. On peut aussi imaginer de nombreuses actions sur le territoire suisse. pour saper le moral de la population.4 Vulnérabilité de la Suisse et prestations de l’armée Les prestations que l’armée peut fournir sont présentées sur la base des dangers et des menaces analysés dans le rapport sur la politique de sécurité. une menace de cette nature pourrait aboutir à une guerre indirecte contre la Suisse. telles qu’un attentat de nature physique ou électronique contre un bâtiment du gouvernement.civils de la politique de sécurité. en particulier de la politique étrangère. ex. Dans le cas extrême. 4. installations de conduite. plus grand sera le rôle que l’armée jouera dans sa maîtrise. car elle compromettrait directement l’indépendance et l’intégrité du pays. les gares. serait ainsi placé dans la situation d’engager des moyens diversifiés et des armes modernes.

barrages et réseaux à haute tension – Installations de télécommunication et d’émission. service de transport par voie terrestre et aérienne – Protection et préservation de l’intégrité de personnes. acteurs civils) – Extrémisme – Crime organisé – Violence à l’encontre de la vie ou de l’intégrité corporelle Vulnérabilités potentielles – Toute l’infrastructure des transports (p. ponts et tunnels) – Installations de production. de locaux et d’objets – Développement d’une conduite et d’une infrastructure de conduite à l’épreuve des crises – Reconnaissance aérienne – Utilisation de forces spéciales ou de spécialistes – Protection de l’infrastructure informatique de l’armée – Recherche et sauvetage. ex. aéroports. ex. pandémies – Problèmes migratoires (du ressort de la politique des étrangers) – Intoxication. télévision. p. routier et aérien) – Réseaux de télécommunication avec possibilités d’accès à des données sensibles Menaces et dangers indirects – Centres logistiques civils – Prolifération des armes de destruction massive et des vecteurs – Accès aux matières premières (sources d’énergie et denrées alimentaires) – Effondrement des structures étatiques (« failed states ») – Vulnérabilité sur le plan sanitaire. radiocommunication mobile – Centres de calcul de grande dimension et systèmes de serveurs – Trafic électronique des paiements – Installations centrales de gestion du trafic (ferroviaire. radio. ex. aide en cas de catastrophe aider protéger Moment/durée de l’intervention en permanence dans les heures/ jours qui suivent plusieurs semaines/mois immédiatement. routes.Menaces et dangers Menaces et dangers directs – Catastrophes naturelles et anthropiques et situations d’urgence – Difficultés d’approvisionnement à la suite de conflits – Attaque militaire – Contrainte avec des moyens économiques – Attaques des infrastructures informatiques – Service de renseignement prohibé – Terrorisme (politique. lignes de chemin de fer. p. contamination ou pollution par des agents chimiques. radioactifs ou – Changements climatiques biologiques (du ressort de la politique de l’environnement) – Infrastructure de l’armée – Pandémies (du ressort de la politique de la santé) – Infrastructure du réseau suisse de sécurité Prestation possible de l’armée – Sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien – Contribution à l’anticipation et à la capacité d’alerte anticipée des services du renseignement – Protection des réseaux de l’armée – Mobilité . telles que centrales nucléaires. gares. de stockage et de distribution de l’énergie. dans les heures qui suivent plusieurs jours 48 .

49 . des réponses appropriées et efficaces aux menaces et dangers qui se présentent. Autrement dit.Prestation possible de l’armée – Mise à disposition de moyens d’information et de communication – Mise en place d’une infrastructure temporaire – Distribution de marchandises – Reconnaissance. à savoir sans soutien réciproque. évacuation par voie aérienne – Recherche et analyse d’agents radioactifs. exploration. chimiques ou bactériologiques et gestion des épidémies. Les services de renseignement doivent être en mesure de fournir suffisamment tôt les informations essentielles au commandement de l’armée et aux autorités politiques.5 Conséquences pour l’armée Action dans le cadre d’une approche globale Au vu de la complexité des défis actuels en matière de sécurité. la collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux est requise. on entend l’application étendue de tous les moyens et instruments étatiques (et éventuellement non étatiques) en vue de réaliser les objectifs stratégiques. y compris nettoyage – Soutien du service sanitaire civil – Envoi de spécialistes de l’aide en cas de catastrophe. Importance croissante de l’anticipation Le risque qui prévaut pour la sécurité de la Suisse réside dans le fait que l’environnement évolue plus rapidement que ne le fait la Suisse dans sa réaction à travers l’acquisition des aptitudes et des moyens requis. les instruments relevant de la politique de sécurité ne sont guère en mesure de donner de façon autonome. de petits détachements ou des contingents – Soutien à la fourniture d’une aide humanitaire – Conservation et amélioration des compétences fondamentales de la défense – Intervention de parties du noyau de défense à titre de réserve opérationnelle – Intervention de forces spéciales – Montée en puissance pour assurer la capacité de défense Moment/durée de l’intervention dans les heures/ jours qui suivent plusieurs semaines/mois aider en permanence combattre années 4. il faut renforcer les capacités d’alerte précoce en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux. de moyens de transport par air ou terrestres – Intervention de promotion de la paix impliquant des individus. C’est pourquoi il ne faut pas perdre de vue les changements de situation et les évaluer. Par approche globale. en particulier grâce au service de renseignement. Pour presque toutes les interventions.

ainsi que de moyens d’exploration. Ce système global doit aussi servir de réserve opérationnelle pour appuyer les autorités civiles. Protection contre les menaces électroniques Pour garantir la capacité de fonctionnement d’un État moderne. de combat et de soutien au combat par voie terrestre et aérienne. Protection de l’espace aérien Les Forces aériennes assurent la protection de l’espace aérien avec des systèmes aériens et terrestres et des mesures de défense contre des armes à longue portée. Elle peut aussi appuyer les autorités civiles et contribuer à la promotion de la paix. Les engagements à titre subsidiaire doivent pouvoir être menés en quelques heures (p. En relation avec la compétence-clé de défense. sur les plans quantitatif et qualitatif. Celui-ci est constitué en réseau de moyens de conduite et de soutien à la conduite. aide en cas de catastrophe) ou en quelques jours (p. si l’on souhaite conserver la capacité d’action stratégique. de l’instruction. Sur la base d’une évaluation réaliste des risques et de la situation prévalant en matière de ressources. leur capacité d’engagement doit pouvoir être rétablie rapidement. On a besoin à cet effet de moyens qualitatifs et quantitatifs en suffisance. il faut disposer d’un système global.Prestations pour des engagements en cours ou vraisemblables Il est essentiel de pouvoir accomplir les engagements en cours ou vraisemblables en Suisse comme à l’étranger. Extension du système de disponibilité échelonnée L’analyse des menaces et des dangers montre que l’armée ne doit pas fournir toutes les prestations dans un même délai. L’adéquation avec le mandat. partant. il est actuellement tout à fait justifiable de réduire la disposition à la défense en cas d’attaque militaire dans toutes les situations où cela ne met pas en péril le rétablissement d’une pleine capacité de défense. en particulier aussi la protection des systèmes de commandement civils et militaires. de la préparation. Les interventions nécessitent ici aussi une collaboration nationale et internationale éprouvée. et leur utilisation doit être coordonnée avec les moyens civils. de l’équipement et de la relève des formations engagées est essentielle pour l’accomplissement des prestations et. En cas d’attaque électromagnétique. ex. Les interventions de plus grande ampleur et avant tout moins probables requièrent un temps de préparation plus long. ainsi que par des modèles de prestations élaborés sur mesure pour les différentes troupes. les militaires en service long. Des moyens militaires doivent être mis à disposition. Cependant. La disponibilité échelonnée est assurée par les formations professionnelles60. protection et préservation de l’intégrité de personnes et d’objets). Pour ce faire. la protection de l’espace électromagnétique doit être assurée dans toutes les situations. il convient de maintenir une compétence de défense. il s’agit de mettre en place et de développer les aptitudes requises pour la conduite du combat interarmes. images multilatérales de la situation aérienne). Conservation et amélioration de la compétence-clé de défense Une armée de milice apte au combat défensif peut intervenir de façon flexible. Les interventions nécessitent une collaboration internationale éprouvée (accords bilatéraux de police aérienne. ex. pour la perception qu’en ont les partenaires nationaux et internationaux. Pour couvrir 60 Personnel (professionnel) militaire et civil 50 .

soutien et capacité à durer. à garantir le maintien de la paix. mobilité. entraînements irréalisables en Suisse comme les vols de nuit. 5 Profil de prestations de l’armée Les tâches de l’armée consistent à empêcher la guerre. Capacité à durer La durée et l’ampleur des situations de crise sont imprévisibles. Une capacité fiable à collaborer accroît la marge de manœuvre politique et militaire. des aptitudes sont requises dans les domaines suivants : conduite. c’est-à-dire basée sur l’échange. acquisition d’armement (une grande partie de l’équipement et de l’armement n’est pas fabriquée en Suisse). mais aussi économiques et sociaux (relèves). service de renseignement. des formations de milice préparées à cet effet avec une disponibilité renforcée sont transférées et au besoin peuvent intervenir à titre de réserve opérationnelle. La coopération n’est envisageable que si elle est utile à tous les partenaires. Concernant la capacité à durer de l’armée dans son ensemble (personnel et matériel). La fonction essentielle de l’armée reste le maintien et le développement de la défense comme compétence-clé. à assurer la défense. Ces missions trouvent à leur tour leur concrétisation dans le profil des prestations de l’armée. elles sont établies sur la base d’une vérification régulière des menaces et des dangers. Les missions de l’armée en découlent . Coopération internationale Dans le cadre de l’approche globale. Planification des forces armées axée sur les aptitudes Dans le contexte actuel d’une politique de sécurité en constante mutation. à appuyer les autorités civiles et à promouvoir la paix. Enfin. Elle doit toutefois également contribuer à maîtriser les menaces et les dangers plus probables. il convient de tenir compte de facteurs non seulement militaires. efficacité d’intervention. à basse altitude et supersoniques). dans la planification des forces armées. Ces tâches sont des exigences à long terme pour l’armée. La collaboration internationale comprend quatre domaines : instruction (accès aux cours de formation. Elle intervient en appuyant les autorités civiles lorsque les moyens de ces dernières ne suffisent plus. survie et protection. La coopération nationale doit être renforcée dans le cadre du réseau national de sécurité. la capacité à collaborer revêt une importance capitale. D’où la nécessité d’adopter une approche axée sur les aptitudes. Pour garantir la capacité de fonctionnement d’une armée.le profil de prestations dans des situations particulières. l’armée doit également apporter une contribution 51 . l’armée doit se préparer à un large éventail de menaces et de dangers potentiels et disposer des aptitudes requises pour relever d’une façon adéquate les défis les plus divers en matière de politique de sécurité. par le fait qu’elle permet l’implication des partenaires appropriés au cas par cas. promotion de la paix et appui des prestations d’aide humanitaire (la Suisse fournit des prestations dans ces deux domaines en collaboration avec d’autres États et organisations internationales). en faisant face à de graves menaces qui pèsent sur la sécurité intérieure et en maîtrisant d’autres situations extraordinaires. notamment en cas de catastrophes en Suisse et à l’étranger.

des formations qui peuvent fournir durant une plus longue période des contributions de haut niveau dans une région en crise et ce après un bref temps de préparation seulement. l’appui aux autorités civiles en cas de situation particulière et extraordinaire. – L’armée garantit en permanence le maintien et le développement de la défense comme compétence-clé avec un système global qualitativement bon. Cette fraction de l’armée est parallèlement la réserve opérationnelle pour appuyer les autorités civiles. organisations internationales) à titre subsidiaire. L’armée est à même de remplir la mission de promotion de la paix dans la mesure où elle peut engager. des engagements d’aide en cas de catastrophe et d’appui au sol et dans les airs. Jusqu’à 35 000 militaires peuvent être engagés pour des mesures de protection renforcées. Il est alors indispensable de convoquer des troupes. au sol et dans l’espace aérien. – – – – 5. Elle est le seul moyen disponible pour accomplir prestation en permanence et dans toutes les situations. aide) sont nécessaires. L’armée appuie les autorités civiles conformément à leurs prescriptions en accomplissant des engagements subsidiaires de sûreté. La participation à ce type d’engagements est volontaire. 5. les différentes prestations doivent pouvoir être fournies parallèlement et simultanément. cette fraction de l’armée est également engagée pour la défense. quantitativement minimal mais solide. c’està-dire sans convoquer les troupes qui n’accomplissent de toute façon pas de service. Après quelques jours de préparation. L’armée contribue à la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien par le biais de la surveillance de l’espace aérien et du service de police aérienne et est en mesure de renforcer ces contributions dans le cas d’une restriction de l’utilisation de l’espace aérien. Il implique deux conditions importantes : d’une part. 52 . en collaboration avec d'autres forces armées. et d’autre part. elle appuie les autorités civiles (DFAE. également dans des lieux très éloignés. aide) et de promotion de la paix (protection.appropriée et de grande qualité sur le plan de la politique extérieure et de sécurité pour promouvoir la paix. En l’occurrence. Il y a cependant trois exceptions : – Premièrement.1 Missions de l’armée Il ressort de l’analyse des menaces et des dangers que des compétences en matière de défense (combat) ainsi que des prestations d’appui aux autorités civiles (protection. pendant plusieurs semaines jusqu’à plusieurs mois.2 Profil de prestations Le profil de prestations présenté ci-après se réfère en principe à la situation normale. Si nécessaire. elles doivent se dérouler dans le cadre du plan ordinaire des prestations de service. l’armée doit être capable de fournir des contributions dans le domaine de l’aide humanitaire.

ex. de préparation et d’engagement. pour instruire et équiper la troupe 53 . L’engagement peut être accompli dans le cadre du plan ordinaire des prestations de service uniquement si la manifestation est connue longtemps à l’avance. des formations adéquates doivent en principe être disponibles durablement et avoir un degré élevé de disponibilité. La phase de préparation correspond à la durée nécessaire à l’armée. Troisièmement. La phase de préalerte débute avec une modification importante de la situation en matière de politique de sécurité et recouvre le laps de temps requis pour la prise de décision politique relative à un engagement de l’armée. jusqu’à la mise sur pied de celle-ci. les grandes manifestations sportives et les sommets internationaux annoncés longtemps à l’avance. Profil de prestations de l’armée Explications relatives au profil de prestations L’axe du temps comprend les phases de préalerte. dans le cas d’une défense contre une attaque militaire. par exemple. L’armée devrait alors convoquer toutes les forces requises. depuis sa mise sur pied. même celles qui ont été instruites en premier lieu pour appuyer les autorités civiles. en cas d’aggravation de la menace de leur survenance) ou des sommets internationaux fixés à court terme. Afin de pouvoir maîtriser les engagements non planifiables (jusqu’à une certaine ampleur). des attentats terroristes (p.– Deuxièmement. les engagements pour le WEF. Sont planifiables. l’appui aux autorités civiles dans le cadre de la protection de conférences et des ouvrages. Les engagements non planifiables concernent des catastrophes naturelles. ainsi que la capacité à durer. il existe des engagements planifiables et d’autres qui ne le sont pas. – Comment mentionné.

chars du génie et chars de déminage) qui présentent un degré élevé de protection et d’efficacité et qui permettent une mobilité protégée. Cette souplesse est valable dans les deux sens : les militaires qui sont prévus pour appuyer les autorités civiles peuvent également être engagés pour la défense après avoir reçu l’instruction et l’équipement adéquats. au sein d’un vaste système mis en réseau. L’instruction inclut l’interaction d’éléments au sol et dans l’espace aérien issus des domaines de la conduite et de l’aide au commandement. Par ailleurs. Dans les conflits modernes. de chars de grenadiers et de moyens d’appui au combat (lancemines. Concernant l’appui des Forces terrestres depuis l’espace aérien. A cette fin. L’engagement de la troupe permet notamment d’augmenter la capacité à durer. Les troupes engagées sont équipées et instruites pour leur mis61 62 La compétence de défense se réfère à la capacité de conduire des opérations de défense. sert aussi de réserve opérationnelle pour l’appui aux autorités civiles dans des situations particulières ou extraordinaires. grâce au remplacement partiel des Tiger. Des moyens renforcés pour le déplacement et lors de l’engagement de la troupe peuvent être nécessaires pour appuyer les autorités civiles. 54 . du combat et de l’appui au combat. obusiers blindés. L’armée peut ainsi soutenir la police dans le cadre de la protection de personnes. qui se charge en premier lieu de maintenir et de développer la capacité de défense. les limites entres les tâches de protection et de défense s’estompent à l’échelon du soldat et du groupe. elle instruit. Ces troupes sont équipées de chars. Une partie de la troupe. seules les Forces aériennes disposent de moyens pour protéger l’espace aérien. La capacité à durer indique pour quelle durée une prestation peut être fournie dans la quantité et la qualité définies. Il s’agit d’empêcher l’ennemi d’attaquer et de se protéger ou de mettre fin à une telle attaque si elle se produit malgré tout. Les Forces aériennes assurent la défense de l’espace aérien avec des moyens d’aviation et de défense contre avions et appuient les Forces terrestres depuis l’espace aérien62. Il en résulte une certaine perméabilité entre les forces de maintien et de développement de la capacité de défense et celles qui sont prévues pour soutenir les autorités civiles. A cette fin. il faut prévoir quelque 15 000 militaires pour l’action au sol nécessite et environ 7000 militaires pour les opérations dans l’espace aérien. Cela signifie que la nature des tâches à accomplir est surtout déterminée par des prescriptions juridiques et par l’équipement. de matériel ou de temps. afin qu’une marge de manœuvre subsiste également en cas d’escalade.(réalisation de la disponibilité opérationnelle). ainsi que du soutien de la logistique et des services sanitaires. L’armée suit l’évolution et adapte ses capacités à la menace potentielle. La troupe accomplit des tâches d’intérêt public qui ne peuvent plus être exécutées par les autorités civiles par manque de personnel. véhicules blindés poseurs de ponts. Appui aux autorités civiles Les engagements subsidiaires des militaires sont accomplis à la demande des autorités civiles. au moins en ce qui concerne le savoir-faire. qui assument la responsabilité de l’engagement. le combat interarmes avec des formations d’engagement jusqu’à l’échelon de la brigade ou du groupe de combat. de l’exploration. au cas où les éléments d’intervention prévus à cet effet ne suffisent pas. d’objets ou de manifestations et le Corps des gardes-frontière dans ses tâches de contrôle de même que dans le domaine logistique. Défense L’armée maintient et développe en permanence sa capacité de défense61. moyens antichars. il existe depuis près de vingt ans une lacune en matière de capacités qui doit être comblée.

des appareils de vision nocturne. matérielles) bien plus considérables et sur une plus longue période. des drones. Des soupçons concrets d’attaques terroristes au sol ou aériennes de grande ampleur en Suisse et/ou dans des pays voisins requerrait la mise en place d’un important dispositif. pourrait mettre à disposition des forces d’intervention en nombre suffisant pendant une période prolongée et donc appuyer les autorités civiles. un objet peut être surveillé par quelques militaires en patrouille65. les installations essentielles des organisations internationales à Genève. il peut être nécessaire de protéger de nombreux objets simultanément63. les trois transversales nord-sud et un secteur frontalier plus important. Les 17 000 à 18 000 militaires restants pourraient par exemple surveiller 6 à 8 ouvrages d’envergure. Un tel engagement dépasserait l’envergure des engagements annuels de protection du WEF par exemple. Un tel scénario serait probable en cas de menace terroriste avérée. Les forces civiles atteindraient rapidement leurs limites : seule l’armée. des vestes de protection. grave et persistante. En fonction de la menace. serait nécessaire pour la conduite. Pour cela. des systèmes de surveillance. aiguë et durable. Elles garantissent en particulier la proportionnalité de l’engagement de la troupe. soit environ 17 000 à 18 000 militaires. des troupes. ainsi que la garantie du service de police aérienne et de la capacité du transport aérien – à un effectif allant jusqu’à 35 000 militaires y compris les relèves64. S’il faut assurer un ouvrage66. des moyens d’exploration et logistiques. deux aéroports internationaux. en écoutant ou avec des moyens techniques pour protéger la propre conduite contre les surprises. Le degré de protection peut être différent selon l’objet. comme réserve stratégique de la Confédération. la logistique. la logistique et les Forces aériennes. on arriverait tout compte fait – avec les moyens pour la conduite de l’engagement. sans que des forces militaires soient présentes sur place pendant une période prolongée. Lors d’événements extraordinaires avec une menace concrète. Les 35 000 militaires comprennent aussi les forces à disposition pour assurer la relève. les forces sont sur place en permanence. les ouvrages indispensables à la capacité de diriger le pays à Berne. La moitié des troupes engagées. des installations ou des secteurs de manière durable contre les interventions de l’ennemi. des moyens de communication modernes. ceux qui sont nécessaires à l’approvisionnement en énergie et à sa distribution (centrales nucléaires. Les règles d’engagement pour les troupes sont définies par les autorités chargées de la sécurité. 55 . L’échelon de protection le 63 64 65 66 Protéger signifie surveiller. Elles réglementent l’engagement de moyens et les méthodes dans le cadre de l’accomplissement de la mission et fixent également les conditions dans lesquelles la force et les mesures de contrainte peuvent être utilisées. centrales) et d’autres ouvrages d’une importance capitale pour l’économie. Il nécessiterait des ressources (humaines. la défense NBC. S’il fallait protéger simultanément des secteurs des trois transversales alpines. assurer et garder. Savoir combien de militaires seraient engagés immédiatement et combien le seraient plus tard dépend du type et de l’envergure de l’événement qu’il y a lieu de maîtriser. distributeurs. « Assurer » signifie protéger des personnes. des barrières et des moyens de recherche et de sauvetage.sion. la troupe dispose de moyens d’engagement adéquats comme des véhicules blindés de transport. Les opérations de surveillance consistent à constater les activités et les changements en observant. Des prestations partielles comme l’aide en cas de catastrophe ou la protection de conférences et d’ouvrages seraient alors intégrées dans les tâches attribuées aux 35 000 militaires.

etc. Concernant l’aide en cas de catastrophe. Selon les expériences faites. mais l’équipement des forces convoquées suivra progressivement pendant plusieurs jours. protéger des personnes. Pour appuyer les autorités civiles dans le domaine de la protection de conférences ou d’infrastructures critiques. Pour appuyer rapidement les autorités civiles en cas d’événement particulier. Lors d’une mission de surveillance. 20 pour cent seulement des effectifs détachés pour l’engagement se trouvent concrètement en engagement à un moment donné. les troupes permettent de faire face aux phases de surcharge et de renforcer la capacité à durer des forces civiles. l’armée est en mesure de fournir – dans un délai de préparation de deux semaines – avec 8000 militaires au maximum. La troupe est alors présente et visible durablement dans et à proximité de l’ouvrage. une convocation pour un engagement dans le cadre du service actif ou d’appui est nécessaire. Lorsque l’engagement n’est pas planifiable. c’est-à-dire en l’espace de quelques heures – des tâches dans les domaines du sauvetage et de la limitation des dommages. lorsque l’engagement peut être planifié à l’avance. Les troupes prévues à cet effet sont équipées de véhicules protégés contre les éclats. des secteurs ou des ouvrages et prendre des mesures de défense contre les actes de sabotage. Les prestations d’appui aux autorités civiles doivent en principe être accomplies au pied levé. les militaires ne sont pas tous en engagement simultanément. L’armée peut fournir ces prestations sans relève pendant une durée allant jusqu’à deux semaines. Selon les valeurs empiriques. par exemple une centrale nucléaire. des barbelés. avec environ 800 militaires et après quelques jours de préparation. 56 . requiert environ un millier de militaires (un bataillon). du matériel ou d’objets par la présence permanente des forces de surveillance. Le matériel pour les formations engagées est en principe disponible. La responsabilité de l’engagement incombant aux autorités civiles. troupes CR) et convoquera et engagera en l’espace de quelques jours les forces requises en sus jusqu’à 35 000 militaires au maximum. L’armée engagera sans délai les troupes disponibles immédiatement (formations professionnelles. un éclairage. des obstacles à la circulation. 67 La surveillance comprend la protection de personnes. de prendre des mesures de défense contre les actes de sabotage ou de rapatrier des personnes depuis l’étranger. des secteurs ou des ouvrages. des abris. une surveillance vidéo. des postes d’observation. ainsi qu’à rétablir provisoirement des infrastructures vitales. requiert beaucoup de personnel et des mesures de construction avec des barrages. les prestations suivantes : recueillir des informations pour les autorités civiles. Pour ce faire. de recueillir des informations pour les autorités civiles. la surveillance67. militaires en service long. les troupes doivent être convoquées dans le cadre du plan des prestations de service. la surveillance d’un ouvrage de grande taille. l’armée est capable pendant plusieurs semaines. l’armée est en permanence prête à assumer – avec au moins 150 militaires aptes à intervenir au pied levé. car la surveillance est assurée 24 heures sur 24 pendant plusieurs jours jusqu’à plusieurs semaines. de protéger des personnes. de moyens de surveillance et d’autres moyens pour appuyer les autorités civiles. parce que le matériel doit d’abord être préparé.plus élevé. Elle peut fournir cette prestation en Suisse et dans les régions limitrophes pendant plusieurs semaines.

aide au commandement au profit d’autres départements et offices (réseau d’engagement Défense. à la vitesse et aux types d’aéronefs.). de telle façon que des zones qui ne sont pas perçues par les capteurs civils et militaires permanents puissent être surveillées par radar. l’armée contribue en permanence à l’établissement de la situation aérienne68 grâce à ses capteurs électroniques.Prestations des Forces aériennes Pour garantir la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien de la Suisse. Prestations de base Les prestations de base sont fournies en permanence au profit de tiers selon des prescriptions définies. qui engagent les avions. Un commandement est responsable de la reconnaissance aérienne avec des drones. en font également partie : avions de combat pour la protection de l’espace aérien. qui sont recueillies et présentées avec les capteurs à disposition. Les Forces aériennes engagent leur système global. une telle mesure est toutefois insuffisante : les avions doivent alors rester en vol en permanence. mais également des objets. Les différentes formations de la défense contre avions assurent également la protection de l’espace aérien. En cas de danger accru. les Forces aériennes engagent également l’organisation professionnelle pour une durée pouvant aller jusqu’à quelques jours. Les appareils sont généralement maintenus au sol dans un état d’alerte permanent. En cas de trafic aérien restreint dans le temps et dans l’espace. hélicoptères et avions de transport plus petits pour le matériel et les transports de personnes. Taflir. A cet effet. Elle doit en outre être capable de compléter très rapidement69 l’identification électronique des aéronefs avec une reconnaissance optique. En cas de violation des restrictions de l’espace aérien. Pour des engagements plus longs. Le système global ne comprend pas seulement les 33 avions de combat F/A-18. exploitation de l’infrastructure de conduite pour le Conseil fédéral. Il existe en outre des formations pour la guerre électronique spécifique aux Forces aériennes et la préparation des données météorologiques pour toute l’armée. l’armée a besoin d’un délai de préparation d’au moins deux semaines et d’environ 2500 militaires. l’armée est également prête à intervenir avec des avions ou la défense contre avions. l’armée peut maintenir ces prestations durant plusieurs semaines. Informatique du DDPS. ex. Les commandements des bases aériennes. skyguide. Il s’agit des prestations suivantes : – – acquisition d’informations pour le compte des autorités civiles. postes de renseignements de l’aviation) et d’autres systèmes pour la préparation et la diffusion de la situation aérienne de même que l’acquisition et la diffusion d’autres renseignements font partie des Forces aériennes. des formations et des installations. – 68 69 L’établissement de la situation aérienne comprend les informations relatives à la direction de vol. Tous ces moyens sont engagés par les centrales d’engagement des Forces aériennes. etc. Polycom. pour toutes les tâches. Florako. radio d’ambassade. Les radars/capteurs fixes et mobiles (p. l’armée est en mesure de densifier temporairement l’image de la situation aérienne dans un périmètre régional. afin de pouvoir décoller en l’espace de quelques minutes. Ces tâches incombent à l’organisation professionnelle des Forces aériennes. Elle peut en outre protéger des ouvrages et des secteurs en cas de menace aérienne particulière. La communication entre les formations des Forces aériennes et le commandement est assurée par les formations de transmission. 57 . qui réunit de nombreuses composantes. Moyennant des adaptations en temps utile du plan des prestations de service.

ex. pour le transport de l’aide humanitaire (marchandises) et l’aide médicale d’urgence. ex. p. OFCOM) ou entreprises liées à la Confédération (RUAG). défense NBC. pour une longue durée et sur la base du volontariat. prestations en faveur de partenaires étrangers et d’organisations internationales. reconnaissance aérienne.74 58 . l’armée peut. RS 513. Cette capacité doit être augmentée tant qualitativement – par des contributions de haut niveau telles que transport aérien. OFPP. Les moyens financiers disponibles actuellement 70 71 Par exemple police. service de santé de l’armée en tant que partenaire du Service sanitaire coordonné. L’armée est en mesure de fournir cette prestation durant plusieurs semaines. OFSP. il faut disposer du personnel et des ressources financières nécessaires. des contingents armés. Au total 1000 militaires doivent être à disposition pour des engagements de promotion de la paix et d’appui des prestations d’aide humanitaire à l’étranger. de la décontamination et de la prévention des catastrophes. Désormais. Conclusion L’armée est un instrument polyvalent qui crée souvent les conditions pour permettre à d’autres éléments du réseau national de sécurité d’accomplir leurs prestations. OFAE. engager jusqu’à 550 militaires volontaires à l’étranger. Une contribution non inscrite dans le profil de prestations concerne l’appui de l’armée lors de grandes manifestations d’importance nationale sur la base de l’ordonnance réglant l’engagement de moyens militaires dans le cadre d’activités civiles et d’activités hors du service71. coopération bilatérale et multilatérale dans le domaine de la formation de spécialistes. Pour pouvoir remplir le profil de prestations. Cgfr. p. L’envoi de nouveaux contingents nécessite plusieurs mois de préparation pour le recrutement et l’instruction. ainsi que des spécialistes pour participer au déminage humanitaire dans des missions mandatées par l’ONU ou l’OSCE. Dans le contexte de la promotion de la paix. Les engagements sont accomplis comme service d’appui pour soutenir les autorités civiles (DFAE ou organisations internationales). ex. et relevant de domaines de la coordination (p. engagement des Forces aériennes au profit des autorités civiles70 pour le transport aérien. recherche et sauvetage). DDC. OFAC. l’armée doit être capable d’envoyer. Ces personnes doivent être regroupées par région territoriale au sein d’un bataillon.– prestations au profit d’autres départements et offices (p. ex. prestations logistiques et de transport terrestres – que quantitativement. moyennant un système incitatif approprié. équipe d’intervention du DDPS. OFSPO. Service de transport aérien de la Confédération. SRC. en l’espace de quelques jours. CENAL. les militaires arrivés au terme de leur obligation de servir doivent pouvoir être engagés sur une base volontaire. – Appui des prestations d’aide humanitaire à l’étranger (comme partie de l’appui aux autorités civiles) et promotion de la paix Pour appuyer les prestations d’aide humanitaire (composante militaire de la Chaîne suisse de sauvetage incluse). y compris caméra infrarouge. des militaires (à titre individuel) et des petits détachements non armés.

Les affirmations faites dans les lignes qui suivent au sujet du modèle de base de l’armée se fondent sur des hypothèses et des estimations.1 Conditions générales Neutralité. 800 pour l’appui rapide aux autorités civiles et 8000 pour la protection des conférences et des infrastructures critiques) Prestations de base et volet Instruction et support Service d’appui à l’étranger et contributions dans des opérations de promotion de la paix.1 6. sous forme de contingents armés. Les besoins en personnel se présentent comme suit : Effectif 22 000 Prestation de l’armée Réserve opérationnelle ainsi que maintien et développement de la compétence globale de défense (y compris action dans l’espace aérien incluse) Appui aux autorités civiles en cas d’événements extraordinaires (dont 150 militaires pour l’aide en cas de catastrophe au pied levé. Une armée de milice permet d’exploiter au mieux les connaissances et aptitudes civiles.1. puisque chaque année. l’armée doit remanier et développer continuellement son organisation. 6. tout en évitant l’écueil d’une réorganisation permanente qui serait source d’insécurité. une partie des citoyens la vit depuis l’intérieur.ne suffisent pas à satisfaire aux attentes et à couvrir l’intégralité du profil présenté. Par ailleurs. de militaires (à titre individuel) ou de petits détachements non armés Effectif global nécessaire72 de l’armée (effectif réglementaire) 35 000 22 000 1000 80 000 6 Modèle de base de l’armée Pour empêcher la guerre. 59 . système de milice et service militaire obligatoire La Suisse tient au principe de la neutralité permanente et armée en tant qu’instrument de la politique extérieure et de la politique de sécurité. elle assure une certaine transparence envers la population. Le gros de l’armée acquiert les connaissances militaires dans le cadre d’une instruction de base relativement courte. assurer la défense. garantir le maintien de la paix. elle doit prendre en considération les évolutions sociales et politiques la concernant. Ces dernières devront être vérifiées dans le cadre des travaux ultérieurs et il n’est pas exclu qu’il faille s’en écarter lors de la mise en œuvre du développement de l’armée. 72 L’effectif global doit être plus élevé afin de pouvoir faire face aux absences (déplacements de service). ainsi qu’au principe de milice. appuyer les autorités civiles et promouvoir la paix. des connaissances qu’il rafraîchit et développe dans des cours (de répétition) périodiques. Pour accomplir ses missions.

6. le service civil et les naturalisations).1. Finances Avec le programme de consolidation 2011–2013. près de 16 000 (année 2025) à 19 000 (année 2010) personnes entrent chaque année dans l’armée. La volonté des milieux économiques de mettre leur personnel dirigeant à la disposition de l’armée dans des fonctions de cadre a diminué dans une même proportion. avec la durée d’affectation (en lien avec le nombre des cours de répétition à effectuer). le besoin en cadres doit globalement diminuer avec la réduction du nombre des formations et des états-majors. et avec l’adaptation des structures des étatsmajors. tout comme la disposition à s’engager au service de la communauté sans rémunération correspondant aux lois du marché.3 Personnel Ressources Sans tenir compte des facteurs externes (par ex. L’armée doit s’y conformer : la structure organisationnelle doit être adaptée de sorte qu’en ce qui concerne la taille des formations et des unités. l’ordre de grandeur déterminant pour fixer l’effectif en personnel de l’armée. l’aide administrative. la prolongation du plafond de dépenses de l’armée sur plusieurs années sera demandée pour la période de 2010 à 2015. La base de recrutement constitue. Cette évolution se traduit dans l’armée par la régression de la disposition des conscrits et des militaires à en faire plus que le service obligatoire.4 milliards de francs par an pour le domaine de la Défense et armasuisse Immobilier. 6. La mobilité internationale. la reconnaissance de la formation militaire au commandement dans le cadre d’une formation complémentaire civile et des compensations financières devraient renforcer la disposition à assumer des fonctions militaires. et le nombre des formations et des états-majors doit pouvoir recevoir les militaires instruits et mis à disposition après avoir suivi l’instruction de base. elle reste compatible avec le principe de la milice. entre famille et travail. la pression constante du marché et la nécessité de la réussite ainsi que le peu de cas que les directions des entreprises étrangères font des particularismes suisses sont des facteurs qui offrent très peu d’influence. les contingents doivent être relevés après six mois – dans certains cas après quatre mois déjà – au plus tard.1. Dans le cadre des opérations militaires. Ce plafond prévoit en moyenne 4. La disposition de cadres potentiels à s’engager dans l’armée davantage que le minimum requis est compromise par les tensions existantes entre instruction et études. 60 . Des incitations telles que la simplification de la gestion des jours de service. Ces exigences ont des conséquences sur l’ampleur des effectifs requis pour assurer des engagements potentiels de l’armée. Nombreux sont les conscrits qui tentent d’échapper complètement au service militaire.2 Évolution de la société Il est indéniable que l’esprit de milice a perdu de sa vigueur au sein de la société. Les considérations d’ordre économique et psychologique sont déterminantes pour fixer le rythme des relèves. En outre.

l’armée n’a plus été équipée intégralement (sur tout le territoire) ces dix dernières années. Il s’agit d’atteindre – avec le personnel.Équipement En principe. Une instruction « taillée sur mesure » devrait réduire le nombre des jours de service effectués annuellement et. formations et étatsmajors. de définir de manière différenciée le début et la durée de l’école de recrues. le maintien du principe de la milice a des conséquences : compte tenu du peu d’engagements et de la perte des connaissances et des compétences entre les services. ce qui a entraîné un gros retard à rattraper. un modèle d’instruction optimisant les coûts évite les surcapacités. car le savoir et les connaissances pour chaque formation et fonction sont établis de manière différenciée à partir du profil de prestations. – Pour certaines fonctions et formations. l’armée organise avant tout des services d’instruction. qui peuvent varier. les dépenses annuelles d’exploitation. elle génère des coûts.2 Instruction L’instruction est axée sur les prestations que l’armée doit fournir seule ou en collaboration avec des partenaires. En effet. le nombre des jours de service à accomplir et les méthodes d’apprentissage des diverses parties de l’armée. Dans ce contexte. d’accroître le degré de compétences et d’assurer un engagement plus efficace des moyens. 61 . pour accomplir des tâches de défense et de protection. Néanmoins. etc. tant qualitatives que quantitatives. en particulier l’infanterie (le gros des moyens d’engagement). durée et nombre des CR. le matériel et l’infrastructure dans une période d’instruction donnée – le degré d’instruction nécessaire pour concrétiser la disponibilité de base et fournir les prestations. Par contre.) qui entravent largement les possibilités d’optimisation. Il n’est ni nécessaire ni judicieux d’instruire et d’équiper globalement les troupes. la même pour l’ensemble des militaires. la durée de l’instruction de base est déterminée par l’ampleur et la complexité du contenu de l’instruction. Cet objectif a cependant d’importantes conséquences financières. une partie de l’instruction militaire de base restera. les formations actives doivent autant que faire se peut être entièrement équipées. Il doit donc être possible. en fonction du niveau technologique requis. le nombre de cours de répétition. C’est la seule façon de garantir leur capacité d’engagement (surtout dans leur appui aux autorités civiles). 6. uniformisation de l’ensemble des jours de service par grade. dès lors. à l’avenir également. L’éventail des tâches et le profil des prestations permettent d’équiper les formations de manière différenciée. Modèles d’instruction différenciés Le modèle actuel de l’instruction repose sur des bases légales (durée de l’école de recrues et des écoles de cadres. Elle doit être abandonnée au profit de la spécialisation des tâches pour permettre de dispenser une instruction axée sur les objectifs. Spécialisation Bien que la multifonctionnalité augmente la liberté de manœuvre. avec la poursuite du développement de l’armée. Le modèle de prestations et d’instruction devra à l’avenir mieux répondre au principe du système de la milice et être organisé à moindre frais.

Vu la durée « taillée sur mesure » des écoles de recrues et le nombre variable des cours de répétition.) sont autant de limites. Transfert d’unités d’écoles de recrues dans les formations de CR (formations par tranche d’âge) Le transfert d’unités d’écoles de recrues au complet dans les cours de répétition de certaines armes (et si oui. En conséquence.3 Prestations Le maintien constant et le développement de la compétence de défense requièrent l’instruction et l’exercice systématique de toutes les capacités opérationnelles pour le combat interarmes.– Compte tenu du profil de prestations. organisation de l’instruction. doivent également être étudiées. Instruction des cadres Pour la troupe. dans et depuis les airs. le degré d’instruction exigé par le profil de prestations doit être atteint (par section ou par unité). L’armée appuiera les autorités civiles avec des formations implantées dans le territoire ou la région. afin d’atteindre le but visé au sol. A la fin de l’école de recrues. dans son rôle de fournisseur de prestations. 6. La durée et l’organisation de l’instruction des cadres peuvent aussi être différenciées davantage. Chaque type de formation – en tant que formation d’instruction homogène – doit être instruit au moins une fois par année dans le cadre d’une école de recrues. les exigences de l’instruction et les considérations économiques (exploitation de l’infrastructure. un nombre différencié pour l’ensemble des jours de service et par grade doit également être envisagé. Le nombre minimum dans les armes concernées. laquelle doit reprendre sa juste place dans le cadre du service ordinaire. certes. – – Écoles de recrues Les trois débuts d’écoles de recrues par année doivent être maintenus pour le principe. une attention particulière doit être accordée à l’instruction des cadres. D’autres possibilités. comme la convocation à des exercices en fonction des besoins ou l’abandon des CR. une perte de synergie. La dissolution de formations d’écoles de recrues à la fin de l’école de recrues et le transfert d’individus dans les formations en CR provoquent. etc. mais assortis d’une différenciation : il ne sera plus possible de choisir le début de l’école de recrues pour toutes les armes ou toutes les fonctions. en particulier dans les domaines de l’apport en cadres. il est décisif de disposer de cadres bien instruits. lesquelles) est à l’étude. ainsi que dans l’espace électromagnétique. Le nombre des unités d’instruction et des écoles de recrues organisées par année dépend du nombre de formations devant recevoir du personnel. Mais la réglementation actuelle donne une plus grande liberté d’action sur le plan de l’organisation. des formations linguistiquement homogènes et du mélange des âges. une réduction des CR doit être examinée en fonction de l’arme et du type de formation. personnel professionnel nécessaire. Des forces spéciales se 62 .

et deuxièmement définir le nombre de troupes affectées au maintien et au développement de la compétence de défense. on instruit chaque corps de troupe jusqu’à l’échelon de l’unité. 6. Dans le cadre de la promotion de la paix. 63 . absence de moyens pour l’appui de feu direct à l’échelon du bataillon. l’effort essentiel doit être mis sur l’engagement de moyens de qualité supérieure. L’accent étant reporté de la défense vers une mission de protection globale. dont le besoin est particulièrement élevé. Exemples: capacité insuffisante à combattre des cibles avec des moyens anti-chars à moyenne distance. simplification des domaines de base de conduite. La marge de manœuvre pour la poursuite du développement dépend de deux choses : premièrement savoir si l’on comble les lacunes actuelles de capacités. La composition et l’équipement des bataillons 73 74 75 Citons comme moyens de combat les chars ou l’infanterie.tiennent à la disposition pour d’éventuelles missions à l’étranger. et si oui quand et dans quelle mesure. L’ensemble du système est exercé lors de l’instruction en formation et dans les cours de répétition. l’artillerie et le génie. des brigades d’infanterie ainsi que leurs bataillons d’infanterie seront axés sur les fonctions requises pour la prestation d’appui75. Il est prévu de combler à moyen terme les lacunes de capacités qui entravent un engagement efficace des troupes74.3.1 Mise en œuvre au sol Maintien constant et développement de la compétence de défense L’armée doit maîtriser au moins l’engagement de brigades complètes au sol et doit remplir les conditions nécessaires en matière de conduite à l’échelon de l’armée. On entend par moyens d’appui logistiques la logistique opérationnelle et les moyens d’aide au commandement ainsi que les moyens supplémentaires qui permettent l’appui de l’échelon de conduite supérieur. en plus des actuels bataillons d’aide au commandement et des bataillons d’aide en cas de catastrophe. Une brigade repose sur la collaboration en synergie de chaque élément des domaines de la conduite et de l’aide au commandement. ex. plusieurs bataillons d’infanterie seront désormais subordonnés aux régions territoriales à des fins de protection. L’instruction globale aux tâches complexes de conduite des opérations requiert deux brigades et des éléments d’échelons de conduite supérieurs pour assurer l’efficacité au sol de l’ensemble du système de défense. du combat et de l’appui au combat ainsi que de l’appui logistique73 Dans l’instruction de base. comme moyens d’appui au combat la reconnaissance. Cela implique surtout une réduction aux fonctions requises pour fournir la prestation (p. Appui aux autorités civiles Les régions territoriales sont compétentes en matière de planification et de conduite des engagements d’appui en faveur des autorités civiles. suppression de fonctions comme celle de chef de l’artillerie). Elles supervisent les engagements d’appui et de sûreté dans leurs zones d’intervention et les régions transfrontalières sur arrêté du Conseil fédéral (pour l’aide en cas de catastrophe). Les états-majors des régions territoriales.

la Suisse aurait besoin des données de préalerte de l’étranger pour la défense contre les missiles. Plusieurs autres lacunes de capacités pourraient aussi être comblées. Sinon. Les groupes d’artillerie et les compagnies de détachement de commandement des bataillons d’aide au commandement seront dissous. les Forces aériennes appuient les autorités civiles dans le transport aérien et la reconnaissance aérienne. 64 . L’augmentation de la capacité à durer et/ou le comblement des lacunes de capacités permettra de poursuivre le développement des Forces aériennes.2 Mise en œuvre dans les airs Maintien constant et développement de la compétence de défense De nombreuses capacités sont nécessaires pour organiser des opérations aériennes dans toutes les situations et pour tout l’éventail des prestations78. Appui aux autorités civiles La sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien est une tâche de la Confédération accomplie majoritairement par les Forces aériennes. La plupart des capacités et des moyens sont requis dans tous les types d’engagements : ils sont donc polyvalents. Les Forces aériennes connaissent cependant une restriction essentielle. le système de défense sol-air 79 n’est pas en mesure de combattre des aéronefs ni des missiles à longue portée (missiles de croisière ou autres missiles) à des altitudes et des distances élevées. à 76 77 78 79 80 Suppressions des fonctions et des systèmes qui ne sont pas nécessaires à l’appui subsidiaire (p. Des capacités pour l’appui de feu air-sol ou la reconnaissance opérationnelle au moyen de capteurs aériens font encore défaut. ex. Il existe toutefois actuellement d’importantes lacunes de capacités aux Forces aériennes en matière de défense.3. reconnaissance à l’aide de capteurs aériens. Par ailleurs. surveillance de l’espace aérien au moyen de capteurs. Le système de défense sol-air doit commencer par acquérir les capacités requises pour combattre des aéronefs à des altitudes et des distances élevées80. Ces troupes sont en mesure d’organiser des actions militaires d’envergure restreinte d’entente ou en collaboration avec des partenaires. du moins partiellement. Formations équipées d’appareils de radar. exploitation et maintenance des moyens et des infrastructures pour l’engagement. mobilité aérienne. comme l’appui de feu air-sol et la reconnaissance opérationnelle au moyen de capteurs aériens. de canons et d’engins guidés de défense contre avions. officier d’appui de feu à l’état-major du bataillon. Le gouvernement dispose de forces spéciales instruites et équipées pour assumer des missions à l’étranger. appui de feu air-sol. 6. En outre. des personnes et des biens ainsi qu’au sauvetage et au rapatriement de citoyens suisses. défense aérienne dans les airs et au sol. Planification et conduite d’opérations et d’engagements à tous les échelons. la formation et la protection des propres troupes. Ces forces spéciales servent à la protection des troupes. L’augmentation de la capacité à durer lors des missions de sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien et de défense aérienne requiert le remplacement partiel de l’avion de combat F-5 Tiger dans un avenir aussi proche que possible.d’infanterie seront aussi adaptés76 Les éléments de conduite mobile et d’appui de feu seront abandonnés77. compagnie d’appui avec lance-mines).

En revanche. A l’avenir. 6. l’Italie. et cela entraînerait pour la Suisse une dépendance dans le domaine de la politique de sécurité.savoir la capacité à durer insuffisante du service de police aérienne renforcé en cas de trafic aérien restreint ou en période de tension accrue. Pour l’exploitation quotidienne en matière d’instruction. c’est la disponibilité échelonnée qui prend le relais avec l’engagement de personnel de milice supplémentaire en fonction des besoins. Compte tenu des coûts très élevés. Par ailleurs. on court le risque de perdre toute liberté d’action en cas de problèmes techniques (ensemble de la flotte bloquée au sol ou panne des systèmes) – un point à prendre en considération lors du remplacement des systèmes. Un nombre restreint de systèmes au sol et dans les airs (politique d’une flotte aérienne d’une seule composition) contribue à diminuer les charges d’exploitation.3. Il n’est toutefois pas nécessaire pour l’instant de fusionner le service de police aérienne avec un ou plusieurs voisins. Il n’est d’ailleurs pas certain que les États voisins souhaitent fusionner avec nos services de police aérienne. L’ajournement de l’acquisition du remplacement partiel des Tiger a remis ce débat à l’ordre du jour. Il faut enfin considérer qu’une telle approche ne s’appliquerait que contre des menaces et des dangers non militaires cela en vertu de la neutralité. l’Autriche et l’Allemagne sont importants et utiles pour la protection de l’espace aérien contre des menaces aériennes non militaires. La poursuite de la mise en réseau des capteurs aériens du système de défense sol-air fournira une meilleure image de la situation aérienne. Avec les 33 F/A-18C/D – donc en attendant le remplacement partiel des Tiger – les moyens sont suffisants pour assurer le service de police aérienne avec nos propres avions de combat et nos propres ressources. la mise hors service partielle du drone de reconnaissance entraîne des prestations très limitées dans le temps et l’espace en matière de reconnaissance tactique. Il convient d’augmenter la capacité à durer des Forces aériennes et/ou de combler des lacunes de capacités dans la poursuite de leur développement également en ce qui concerne l’appui aux autorités civiles – le remplacement partiel de l’avion de combat F-5 Tiger occupe à ce titre une place prépondérante.3 Aide au commandement L’aide au commandement accomplit des prestations qui couvrent l’ensemble du profil de prestations. En cas de menace militaire. Le Conseil fédéral est d’avis que les accords existants avec la France. les formations de milice reposeront davantage sur une infrastructure technique exploitée par du personnel professionnel. Il n’est pas non plus certain qu’une fusion du service de police aérienne avec d’autres États aurait des avantages financiers. Elles doivent donc 65 . En cas d’aggravation de la situation. la question se pose de savoir si la Suisse peut continuer d’assurer seule la sauvegarde de sa souveraineté sur l’espace aérien ou s’il faut chercher une solution commune avec des États voisins. nous nous retrouverions à nouveau limités à nos capacités. d’entraînement et d’engagement. La suppression (sélective) des obligations liées à la neutralité dans le domaine de la police aérienne et de la défense aérienne n’est pas envisageable pour des raisons politiques et pratiques. Les formations de milice permettent de fixer des priorités en fonction de la situation et d’augmenter la capacité à durer de l’organisation professionnelle. soit justement quand le danger est élevé et que les moyens deviennent insuffisants. les Forces aériennes comptent largement sur leur organisation professionnelle.

Ces besoins accrus doivent donc être couverts par l’industrie ou par la Base logistique de l’armée (par les Forces aériennes pour le matériel FA). ils sont équipés progressivement en fonction du matériel disponible. contributions à l’alerte et à l’information de la population ou encore moyens d’engagement de l’armée (p. Ce délai est notamment plus important pour les engagements imprévus et impliquant de gros effectifs de troupe (événements extraordinaires) que le temps de préparation à disposition pour les engagements. Le système logistique actuel a besoin d’un certain délai pour la préparation de l’équipement des formations d’engagement. autrement dit sans délai de préalerte et de préparation. Le profil de prestations requiert des prestations au pied levé et après une brève préparation. qui doit être préparée. A ce jour. Des engagements sur la base du profil de prestations pourraient entraîner des besoins accrus qui ne pourraient pas être couverts sans autres. Pour assurer la disponibilité requise. La mise en œuvre du profil de prestations requiert davantage de prestations quantitatives et qualitatives après un bref délai de préparation et sur une durée plus longue que jusqu’à présent. et sur les besoins en matière d’entraînement et d’engagement pour les Forces aériennes. Cette prestation logistique.être proches de celles de l’organisation professionnelle en termes de structure du personnel et du matériel. Leur capacité s’aligne sur les besoins de l’armée pour l’exploitation en matière d’instruction. ex. circulation et transport. Pour fournir les prestations requises. avec les conséquences qui en découlent sur les plans des ressources humaines. Dans le cadre de missions de protection très étendues sur le plan géographique. implique des coûts.3. les formations de milice peuvent renforcer des infrastructures locales existantes ou préparer et exploiter d’autres possibilités d’intégration pour la communication ainsi que des capteurs. 66 . il convient de subordonner la brigade d’aide au commandement au fournisseur de prestations central et d’en assurer l’instruction de base en formation d’application d’aide au commandement jusqu’à la deuxième partie de l’instruction en formation. affaires sanitaires. 6. Si 35 000 militaires doivent être mis sur pied comme le prévoit le profil de prestations. dans le domaine NBC). réserve de rotation logistique supplémentaire comprise. une grande partie des prestations de maintenance est fournie par des partenaires externes (industrie). infrastructure. maintenance. Des moyens de la première heure sont requis pour fournir des prestations d’aide au commandement dans les meilleurs délais en cas d’événement 81. 81 Par exemple rétablissement de la capacité de conduite.4 Logistique Comme l’aide au commandement. La capacité actuelle à fournir des prestations logistiques n’est pas suffisante. la logistique accomplit des prestations qui couvrent l’ensemble du profil de prestations : ravitaillement/évacuation. des infrastructures et des finances. les formations d’engagement doivent être équipées au complet.

Il est impératif de faire appel à du personnel professionnel spécialisé de la Confédération pour l’exploitation des hélicoptères. Les moyens financiers à disposition doivent aussi être augmentés. Au besoin. la mise sur pied de formations ad hoc (au niveau de la compagnie) est prévue pour des missions concrètes.3. Le fait que ces formations soient mises sur pied en vue d’un engagement concret facilite la prise en compte des besoins de chaque mission de promotion de la paix sur place. de petits détachement et de personnes non armées en qualité d’observateurs militaires. l’engagement de membres de la milice (avec une formation et des connaissances civiles) permet de fournir des prestations entraînant peu de coûts en termes de personnel. les militaires en service long doivent pouvoir être engagés dans la promotion militaire de la paix sur une base volontaire. Il convient à ce propos de s’assurer que tous les militaires engagés dans la promotion militaire de la paix soient traités équitablement. d’officiers d’état-major et d’instructeurs pour le développement de capacités dans la promotion militaire de la paix sur place ainsi que dans le cadre du désarmement. Concernant la planification. Pour les prestations logistiques et de transport terrestre. Par ailleurs. 500 militaires doivent pouvoir être engagés dans la promotion militaire de la paix. l’armée doit être capable d’envoyer des contingents. L’expérience montre qu’il est possible de recruter ce personnel dans la milice. Ce type d’engagements doit faire partie intégrante de la carrière. d’experts en déminage humanitaire et du soutien à la réforme du secteur de la sécurité ainsi que pour la sécurité de l’entreposage et la destruction sur place des armes légères et de leurs munitions. Le gros de ces effectifs sera recruté dans la milice sur une base volontaire.5 Promotion de la paix et service d’appui à l’étranger Dans le contexte de la promotion militaire de la paix. de la démobilisation et de la réintégration des combattants au sein de la société civile . il convient de prévoir un contingent de quelque 120 personnes. ainsi que des prestations spécifiques dans les domaines des affaires sanitaires. il conviendrait d’augmenter les incitations pour de tels engagements. un certain nombre d’hélicoptères de transport peut être rapidement préparé et engagé sur place pour les engagements à l’étranger. Le Conseil fédéral entend faire examiner la question de savoir si les jours de service accomplis par les membres de la milice dans le cadre de la promotion de la paix peuvent être imputés comme service obligatoire. D’ici fin 2014. La capacité de la promotion militaire de la paix doit être augmentée tant qualitativement que quantitativement. – – En vue de l’amélioration quantitative et qualitative de l’engagement. le personnel militaire doit aussi effectuer des engagements dans le cadre de la promotion militaire de la paix. Outre la milice. L’engagement (volontaire) de militaires en service long est aussi 67 . des petits détachements et des personnes non armées en mission pour une longue durée. la priorité sera donnée aux membres de la milice annoncés comme volontaires pour ce type d’engagement. Par ailleurs. La priorité est donnée à l’envoi – de contingents armés avec concentration des efforts sur les domaines du transport aérien. du renseignement et de la sécurité .6. Concernant le transport aérien. des prestations logistiques et de transport terrestres. La dotation actuelle en personnel (notamment les pilotes et mécaniciens d’hélicoptère) limite passablement la durée d’engagement.

voire la mise à disposition de cellules de renseignement sont envisageables. Le développement des capacités existantes dans la recherche d’informations sous différentes formes est aussi possible dans des missions internationales pour la paix. Si l’engagement a lieu sous nos climats ou dans des régions climatiques proches de la nôtre. Dans ce domaine. envoi d’équipes de médecins. mais seule une partie du personnel peut être recrutée dans la milice. des compléments techniques qui ne seront disponibles qu’à moyen terme sont requis. car des connaissances spéciales sont nécessaires pour certaines positions. le nombre et l’instruction des médecins disponibles représentent une valeur critique : l’efficacité dépend de la possibilité d’assurer une continuité sur une période définie.) peuvent être approuvés par le Conseil fédéral. Comme c’est souvent la présence sur place de forces armées et de sécurité qui est à l’origine des conflits.envisageable s’ils ont été instruits en conséquence. la capacité requise à fournir durablement ces prestations ne peut être assurée que si les médecins sont recrutés dans le personnel professionnel du DDPS et s’ils sont actifs dans le travail clinique. Pour ce faire. ex. la fourniture d’autres prestations sanitaires (p. Compte tenu de la situation actuelle du système de santé suisse. chaque envoi doit être approuvé par le Parlement82. la Suisse possède une excellente réputation dont elle peut tirer profit. L’expérience a démontré que les militaires acceptent mieux les conseils de changement dispensés par d’autres militaires. Le domaine de la sécurité fournit en priorité des prestations en rapport avec la sûreté et la protection en recourant aux moyens de l’armée prévus expressément à cet effet (Sécurité militaire et Détachement d’exploration de l’armée) en faveur de nos propres contingents et détachements ou en faveur de partenaires. il convient de modifier les structures et processus par les réformes du secteur de la sécurité de manière à ce que les forces armées et de sécurité locales soutiennent la promotion de la paix. la préparation des moyens de transport et de l’équipement requis ne pose aucun problème. prestations partielles dans les hôpitaux de campagne ou pour l’évacuation médicale) peut être envisagée. Une étroite collaboration avec des partenaires s’impose pour l’analyse des données récoltées. A moyen terme. Dans cette perspective. mais il n’y presque pas d’engagements de si brève durée. Concernant l’information et le renseignement. Les postes de service utilisés dans le cadre de la promotion de la paix sont financés par le crédit de la promotion militaire de la paix. elle peut faire appel à des membres de la milice 82 Les engagements jusqu’à 3 semaines (et 100 militaires max. 68 . Les postes de service peuvent aussi être exploités par du personnel soignant. il est possible de contribuer sur place au renseignement intégré des missions internationales pour la paix. Des contributions à l’analyse des données. Concernant les prestations du service sanitaire. Si les postes médicaux sont exploités en continu. L’armement à des fins de protection personnelle étant une norme internationale. Il est prévu d’utiliser le système intégré d’exploration et d’émission radio (IFASS) également pour des missions internationales pour la paix et de fournir ainsi des prestations d’exploration. L’engagement de militaires en service long comme personnel sanitaire et la participation de personnel spécialisé sur une base volontaire (milice) sont aussi possibles. il est prévu de créer jusqu’à huit postes de médecin supplémentaires afin d’assurer l’exploitation en continu de quatre postes de service dans des missions internationales de promotion de la paix. Toutes les capacités en matière d’information et de renseignement sont considérées comme des contributions de qualité élevée au niveau international.

Ici aussi. Cette mesure entraînera toutefois une augmentation des coûts de recrutement et d’instruction pour l’armée. en vue de l’élaboration des modules de formation et de la première estimation d’un effectif (pool). les postes de service à l’étranger sont imputés sur le crédit de la promotion de la paix. Comme l’armée ne souhaite toutefois pas concurrencer des projets civils. Pour le développement des capacités. notamment dans la conduite des engagements. Des prestations d’entreposage sécurisé et de destruction de ces armes et de leurs munitions dans le respect de l’environnement sont prioritaires. comme par exemple des capacités en matière de promotion militaire de la paix ou dans la prévention des catastrophes et le sauvetage. Soulignons qu’il n’est pas possible de renoncer aux connaissances et compétences du personnel militaire en matière de promotion de la paix. Il convient de réaliser un projet spécialement prévu à cet effet et limité dans le temps. Une réactivité élevée constitue un facteur de succès déterminant dans la réforme du secteur de la sécurité. Il est prévu d’organiser de tels modules de formation avec des tiers (p. Il peut être utile et judicieux de développer certaines infrastructures sur place ou de distribuer des appareils. les trois centres de Genève) dans la législature en cours. Pour les engagements de désarmement et de démobilisation. en se référant notamment aux expériences faites dans le cadre de projets pilotes achevés ou en cours. l’armée prévoit de se concentrer sur le problème des grandes quantités d’armes légères et de leurs munitions qui restent toujours sur place après un conflit. des contingents et des détachements. il est envisageable d’engager des membres de la milice avec une formation complémentaire. l’armée a tout intérêt à engager des membres de la milice et du personnel professionnel de manière optimale. l’objectif consiste à soutenir les forces armées et de sécurité sur place avec de l’équipement et des formations en vue du développement des capacités qui encouragent les processus de paix et de stabilisation. ex. il convient de coordonner les actions avec le DFAE. Il convient de pallier les aspects négatifs et de garantir la portée de tels engagements pour la carrière des officiers professionnels. il s’agit de consolider les prestations actuelles en contribuant efficacement et à moyen terme aux efforts de cinq différents centres/sites d’instruction avec des officiers et du matériel. tout en augmentant la réactivité de l’armée. les besoins en prestations de réforme du secteur de la sécurité sont accrus Il est prévu de commencer de réaliser trois projets au plus tôt à partir de 2011. La législature actuelle prévoit de réaliser des projets pilotes sous supervision suisse. il est prévu de doubler les prestations actuelles à moyen terme.moyennant une formation complémentaire. Il convient de trouver des solutions sur mesure et de nouveaux modèles d’engagement. Dans la législature en cours. d’officiers supérieurs et d’experts du déminage humanitaire. Ici aussi. Au niveau international. Les mesures de formation dans les domaines susmentionnés étant parfois coûteuses. Une hausse des effectifs du Centre de compétences de déminage et d’élimination de munitions non explosées de l’armée est aussi étudiée en raison des synergies avec le déminage humanitaire d’une part et avec la destruction des armes légères et de leurs munitions d’autre part. dans le développement des capacités ainsi que dans la sécurité de l’entreposage et de la destruction d’armes légères et de leurs munitions. L’armée possède les connaissances requises. L’armée a donc tout intérêt à veiller à ce que ses 69 . mais il faut augmenter les effectifs de personnel pour obtenir des résultats durables. Concernant l’envoi d’observateurs militaires.

Parmi ces modèles non retenus. formations du génie et de la lutte contre les incendies. Motions 09. Il n’est d’ailleurs pas exclu que des besoins particuliers et avérés dans le cadre de missions entraînent des acquisitions de matériel. l’accent principal sera mis sur le comblement des lacunes et sur l’amélioration quantitative de l’équipement et de l’armement.4 Modèle de base Le modèle de base de la future armée découle du profil des prestations et remplit les conditions-cadres et les exigences supérieures établies dans la Constitution. une armée de partisans et une armée incapable de se défendre contre une attaque militaire.2009 : « Disponibilité accrue pour le service de police aérienne aussi en dehors des heures de travail normales ». Le DDPS est chargé de respecter les exigences financières grâce aux mesures d’économies présentées sous le chiffre 6. Les engagements sont uniquement axés sur la situation humanitaire dans la zone d’engagement et sur les besoins des organisations d’aide actives sur place.cadres acquièrent les expériences (y compris l’exercice de fonctions supérieures d’état-major et de commandement en mission) et les connaissances requises. pour autant que le cadre financier donné le permet. Ces prestations doivent être fournies au pied levé et ne durent pas plus de quelques semaines. Le personnel professionnel est prévu en premier lieu pour les engagements au pied levé ou après une brève préparation. le droit. En outre. En ce qui concerne l’équipement en matériel de l’armée.12. car ils ne tiennent pas compte des réalités politiques.2009 : « Agir au lieu de se plaindre : combler enfin les lacunes de l’armée. ne sera pas poursuivie. Ces mesures doivent permettre à l’armée d’effectuer en principe ses engagements conformément 83 Motion Hess 09. le rapport sur la politique de sécurité et les interventions parlementaires. une autre dans laquelle toutes les obligations militaires seraient accomplies en un seul bloc (et donc dans laquelle tous les miliciens seraient des militaires en service long). il convient en principe de veiller à ce que des contingents et détachements puissent être engagés sous nos climats ou dans les régions climatiques proche de la nôtre sans devoir procéder à des adaptations onéreuses de matériel. Concernant l’équipement.4 milliards de francs (plus la compensation du renchérissement) conformément aux exigences du Conseil fédéral. sociales et militaires.4332 CE Gutzwiller et 09. » 70 . quoique théoriquement envisageables. L’armée soutient l’aide humanitaire de la Confédération par du service d’appui à l’étranger dans le cadre de la Chaîne suisse de sauvetage ou par des spécialistes.83 Il répond aux directives de politique financière et doit être réalisé avec un plafond des dépenses fixé à 4. on trouve une armée de métier.12. des détachements d’engagement et des contributions matérielles sur mandat du DFAE. Il faut conserver un stock de base adéquat de matériel pour garantir la disponibilité et l’aptitude opérationnelles. L’étude d’autres modèles.4333 CE Schwaller du 11. 6. L’armée engage notamment des moyens de ses formations de sauvetage. formations NBC et formations de l’aide au commandement.4081 du 7. l’armée peut fournir des prestations de protection de personnes et de biens particulièrement dignes de protection à l’étranger.5 et d’en montrer les conséquences sur le profil de prestations. formations sanitaires ainsi que formations de transport aérien et au sol. une armée dont les cadres se composent intégralement de militaires contractuels ou de professionnels.

mais minimal sur le plan de la quantité. Les expériences faites ces 20 dernières années montrent que parmi les militaires instruits. les dépenses d’exploitation représentent env. Le module constitue l’élément le plus petit apportant sa propre prestation au profit de l’ensemble du système. 60 % du plafond des dépenses. car rien ne permet de croire que le nombre total ou la fraction du potentiel d’officiers va connaître une forte hausse. 5 % peuvent être considérés comme potentiellement aptes pour une carrière d’officier. à savoir 15 000 militaires environ. La relation entre dépenses d’exploitation et dépenses d’investissement doit donc être équilibrée si l’on entend remplir le profil des prestations à un niveau technologique adapté. Selon les calculs effectués pour le modèle de base. Parallèlement. Quant aux Forces aériennes. et à des fins de simplification. Il tiendrait lieu simultanément de réserve opérationnelle pour les engagements importants et de longue durée destinés à appuyer les autorités civiles. Ce modèle est conçu selon une structure modulaire. les différents modules correspondant en gros à des bataillons et à des groupes. Sur un effectif de 16 000 (année 2025) à 19 000 (année 2010) militaires environ pour une classe d’âge. Les tâches prioritaires du modèle de base sont définies en fonction de la probabilité des engagements. conformément à la décision prise par le Conseil fédéral de reporter cette acquisition à une période ultérieure. 71 . y compris celle des militaires devant assurer la relève des troupes engagées. en matière de sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien. il est fait usage de manière générale du terme de « dépenses ». indispensables dans un système de défense global. L’estimation des dépenses est faite sur la base d’un modèle. Ce système global. elles doivent être renforcées grâce au remplacement partiel des Tiger au cours de la deuxième moitié de la décennie . Selon ce modèle. car les frais de maintenance et d’entretien de systèmes vieillissants. il convient de maintenir et de développer cette compétence-clé qui demeure la capacité centrale de l’armée. La sauvegarde et le développement de la compétence de défense au sol exigent deux brigades intégralement équipées. Les besoins de l’armée actuelle requièrent un nombre d’officiers supérieur de 200–300 personnes. la partie des Forces aériennes qui s’occupe de la défense proprement dite comprend environ 7000 militaires. 35 000 militaires peuvent être engagés à cet effet. En outre.au profil des prestations tout en poursuivant l’instruction. l’armée doit se préparer à appuyer les autorités civiles pendant une longue période. cela donne entre 800 et 900 officiers potentiels. augmenteraient alors massivement. Il tient lieu simultanément de support de coût et d’unité pour la planification des investissements. offrant une qualité élevée. Il faut prendre en compte le fait qu’une suspension prolongée des investissements entraînerait une hausse marquée des dépenses d’exploitation. les contributions destinées à appuyer les autorités civiles gagnent en importance. Ces besoins doivent être réduits. se composerait donc de 22 000 militaires. Grâce à une forte infanterie pour la protection. En matière de défense. Les estimations des futures dépenses de l’armée présentées ici ne sont naturellement pas exemptes d’incertitudes. L’introduction de nouveaux grands systèmes tels que le remplacement partiel des Tiger se fera seulement en seconde priorité. Ce terme recouvre aussi bien les frais impliquant des incidences financières que les dépenses d’investissement. la capacité à durer sera ainsi prolongée.

Comparée à ce qu’elle est aujourd’hui. toutes méritent d’être étudiées si l’on tient suffisamment compte des conséquences politiques. l’armée doit être en mesure d’envoyer des contingents et des petits détachements ainsi que des personnes non armées en mission de longue durée. de puiser dans sa propre substance pour maîtriser le présent. Une armée dotée d’un effectif de 80 000 militaires actifs et bénéficiant d’une couverture budgétaire de 4. Des dépenses de l’ordre de 100 millions par année sont prévues dans ce but. Les besoins accumulés en entretien pour les biens immobiliers doivent être réduits.4 milliards ne suffira pas à réaliser les projets d’acquisition importants (p. remplacement partiel des Tiger) sans consentir des coupes sombres dans d’autres secteurs du développement de l’armée. Néanmoins.4 milliards de francs par année devrait en principe être à même d’accomplir les tâches et les missions qui lui sont confiées sans accuser un retard toujours plus grand en matière d’investissements ou de tâches d’entretien. Acquisitions de systèmes d’armes principaux Le plafond annuel des dépenses de l’armée de 4. ce sont chaque année entre 16 000 (année 2025) et 19 000 (année 2010) nouveaux militaires qui arrivent sous les drapeaux. Le modèle de base cerne les contours d’une armée dont les ressources et les prestations sont relativement équilibrées et qui ne serait pas obligée. l’infrastructure de combat). Aussi ne faut-il pas a priori exclure une hausse temporaire du plafond des dépenses de l’armée ou d’autres possibilités de financement pour la phase pendant laquelle l’acquisition des projets de grande envergure est liée à une incidence financière. ex. deux hôpitaux militaires. la capacité doit être accrue. Avec le modèle de base. Cela permet d’ouvrir un débat au niveau politique.Dans le domaine de la promotion militaire de la paix. Les mesures envisageables seront présentées ici de manière succincte. Les coûts de ces mises hors service sont estimés à environ 100 millions de francs.5 Possibilités de réaliser des économies L’obligation générale de servir. militaires et juridiques. des fractions de l’infrastructure de conduite. Différentes possibilités d’économies seront présentées ci-après afin de garantir à moyen terme le financement des investissements nécessaires. temps de préparation et capacité à durer) déterminent en grande partie l’équipement et l’armement de celle-ci et les infrastructures dont elle a besoin.4 milliards. Les prestations exigées de l’armée (type. Certaines d’entre elles vont très loin et entraîneraient des changements profonds. la quotité d’investissement se situe à environ 40 % du plafond annuel des dépenses de l’armée de 4. Une analyse approfondie est toutefois nécessaire avant de prendre des décisions. comme c’était le cas au cours des dernières années. La réduction de l’effectif de l’armée à environ 80 000 militaires implique également la mise hors service d’installations et de systèmes (notamment les Tiger F-5. 6. Le Conseil fédéral a 72 . étendue. le système de milice et le profil des prestations déterminent pour une grande part les réalités et les besoins de l’armée sur le plan du personnel et des finances : Avec le service militaire obligatoire et le système de milice.

d’engager jusqu’à 35 000 militaires pour appuyer les autorités civiles.5. à savoir concrètement la réduction d’infrastructures et d’effectifs.2 Niveau d’équipement et niveau technologique Les dépenses consacrées à l’acquisition d’armement sont liées à deux facteurs. compte tenu de la quantité plus réduite en matériel de roulement. La première question dépend du degré de couverture désiré pour l’équipement des formations. Certaines entreprises privées (par exemple de l’industrie d’armement) ainsi que les régions qui sont dépendantes des missions et de l’activité de l’armée ne seront pas épargnées non plus.1 Renoncement à un équipement complet et généralisé des formations prévues pour appuyer les autorités civiles Le profil des prestations prévoit la possibilité. en cas d’événements extraordinaires. Ce message doit être prêt au plus tard à la fin 2012. des hélicoptères de transport et des moyens de transmissions et de défense contre avions qu’il ne faudrait pas remplacer ou qui ne devraient pas être acquis. mais de façon durable. ont déjà été abordées plus haut. Ces économies déboucheront aussi sur une nouvelle réduction du personnel dans l’administration militaire et dans les exploitations associées au DDPS. Le programme d’économies. à savoir qu’elles ont toutes des répercussions sur le profil des prestations de l’armée et qu’elles entraîneront des conséquences pour les finances et le personnel. Ce matériel serait donc plus fortement mis à contribution et devrait être plus vite remis en état. En l’occurrence. la réserve de roulement pour l’entretien ferait défaut. De même. et ceci pas seulement au pied levé. ainsi que les possibilités d’économies qui y sont liées. à savoir la quantité et la qualité. la mise hors service de systèmes ou le renoncement à certaines acquisitions. 6. il serait aussi possible de réduire certaines dépenses en 73 . sur dix ans environ.chargé le DDPS d’effectuer cette analyse qui servira de base à la rédaction d’un message du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale relatif aux adaptations de la loi sur l’armée et l’administration militaire et de l’ordonnance de l’Assemblée fédérale sur l’organisation de l’armée . Les possibilités de réaliser des économies présentées ci-après ont un point commun. Aucune économie ne serait générée pour l’exploitation. n’entraînera pas seulement des pertes au niveau de la capacité d’action de l’armée. Dans ce cas. étant donné que les formations concernées accompliraient leur service avec le matériel d’autres formations. Cette question. Les prestations et la capacité à durer des 35 000 militaires engagés seraient compromises par cette mesure d’économie. il serait possible de parvenir à une réduction. de 500 millions en dépenses d’investissement. 6. Une possibilité de faire des économies serait de renoncer à cet équipement généralisé des formations pour un engagement de grande envergure destiné à appuyer les autorités civiles. notamment pour des véhicules protégés des éclats. l’instruction des recrues effectuée parallèlement à un engagement de grande envergure se verrait fortement entravée en raison du manque de matériel.5. En matière d’acquisition d’armement. le potentiel d’économies se réduit aux futurs frais d’acquisition car. avec cette mesure.

les besoins accumulés en entretien du parc principal des biens immobiliers de l’armée sont estimé à 4. Ce concept permet de savoir quels emplacements. mais seulement si l’on peut estimer.3 Renoncement à la réduction des besoins accumulés en assainissement des biens immobilier Comme cela a été relevé ailleurs dans ce rapport84. cela voudrait dire que les exigences habituellement très élevées en matière de qualité des produits seraient quelque peu réduites. ce montant atteint même 5. Une telle décision pourrait également avoir des répercussions négatives sur l’industrie suisse de l’armement et ses entreprises. que les ouvrages concernés ne seront plus utilisés par l’armée à moyen terme. et avec quelle infrastructure. Dans le but de réduire ces frais. 74 . En l’occurrence. des conséquences négatives sur l’instruction. l’armée renoncerait à acquérir un produit idéal. avec pour conséquence que. Concrètement.acceptant des compromis au niveau de la qualité. Il serait par voie de conséquence judicieux d’examiner dans quelle mesure des compromis pourraient être acceptés sur le plan de la qualité. 6.5. seront encore nécessaires à l’avenir pour l’exploitation et l’instruction de l’armée. Une telle baisse des exigences qualitatives pourrait entraîner. une réduction du niveau technologique souhaité. et d’évaluer les conséquences de ces compromis sur les frais d’acquisition et d’exploitation de ces matériels. On pourrait envisager de renoncer à cet assainissement ou de le limiter au strict nécessaire.4 milliards de francs . 6. mais se contenterait d’un matériel fiable qui répondrait à des besoins quelque peu réduits. La concentration et la réduction des emplacements et des 84 Chapitre 4.5. au moins pour une période limitée.2 milliards si l’on tient compte du retard à rattraper pour répondre aux obligations légales.10 Infrastructure. Elles sont en effet dépendantes de l’accès aux technologies de pointe et bénéficient des commandes compensatoires (perte de la compétitivité au niveau international. mise en danger de nombreux emplois). L’armée suisse courrait le risque de se trouver déconnectée de l’évolution que connaissent les technologies de pointe et de perdre sa capacité d’interopérabilité. au moins dans certains domaines. qui s’ajouteront aux 300 à 400 millions nécessaires chaque année pour la maintenance « normale » (c’est-à-dire non accumulée).4 Réduction d’autres emplacements et infrastructures Les frais d’exploitation et de maintenance de l’armée dépendent essentiellement du nombre d’emplacements et de l’infrastructure dont ils disposent. avec réalisme. les coûts sans cesse croissants qu’impliquent l’acquisition et l’exploitation de systèmes complexes ne parlent pas en faveur d’un niveau technologique idéal fixé pour notre armée. il y a ainsi une relation directe avec le concept de stationnement. du point de vue de la technique militaire. Par ailleurs. l’engagement et la sécurité. Il est en principe prévu de régler ces besoins d’assainissement à partir de 2016 en tranches annuelles de 140 millions. un concept de stationnement a été mis au point avec les programmes d’allègement 2003 et 2004. Certains matériels de technologie récente ne pourraient plus être acquis. il faudrait prendre en compte une dégradation des biens immobiliers ainsi que. sans remettre en cause l’efficacité et la fiabilité du produit et en sauvegardant les intérêts de l’industrie suisse. Quoi qu’il en soit.

le nombre de cours de répétition. y compris les systèmes de conduite et d’information. Ces deux facteurs ont une influence indéniable sur les coûts d’exploitation de l’armée. qui seraient moins sollicitées. Il doit être possible de fixer de manière différenciée le début et la durée de l’école de recrues. Du point de vue purement économique. car le savoir et les connaissances pour chaque formation et fonction sont établis de manière différenciée à partir du profil des prestations. avec leurs infrastructures (en principe. Les projets planifiés jusqu’à présent devront aussi faire l’objet d’un réexamen afin de savoir s’ils sont réellement indispensables. tous les emplacements. Un nouveau remaniement du concept de stationnement sera toutefois inévitable afin de créer des marges de manœuvre financières au sein de l’armée ou de permettre à la caisse de la Confédération de faire des économies.5. Il conviendra donc d’examiner dans quelle mesure une telle option est réalisable et quelles en seraient les conséquences pour le profil des prestations de l’armée. Une baisse sensible des coûts ne pourrait cependant être atteinte que si l’on réduisait aussi le nombre des cours de répétition.6 Modèles de services et réduction du nombre de jours de service Le modèle de service détermine le nombre et la cadence des jours de service à accomplir. Une instruction « sur mesure » permet de réduire le nombre de jours de service ainsi que les frais d’exploitation. Les conséquences économiques qu’aurait l’abandon de certains emplacements pour les régions concernées ne peuvent pas être ignorées non plus. Un tel système permet d’éviter les surcapacités. ce qui aurait des conséquences sur l’infrastructure d’instruction et l’infrastructure logistique. sont concernés) et quelles sont les économies qui en résulteraient. 6. Il convient donc de vérifier si de telles réductions seraient envisageables eu égard au potentiel 85 Chapitre 6.5. 6. le nombre de jours de service à accomplir ainsi que les méthodes d’apprentissage pour différentes parties de l’armée. y compris les bases aériennes et les centres logistiques. Cette étude ne doit pas se limiter à la mise hors service d’anciens systèmes. l’actuel modèle de service a une efficience plutôt faible.2 75 . Comme cela est exposé dans une autre partie du document. 85 des modèles d’instruction et de services différenciés doivent être mis à l’étude. Les répercussions au niveau économique et en matière de politique industrielle devront néanmoins être prises en compte.infrastructures lancées dans ce cadre commenceront à faire sentir leurs effets à partir de 2014. et cela en plus des mises hors service déjà décidées.5 Autres mises hors service Une réduction supplémentaire est également envisageable dans le domaine des systèmes d’armes encore en activité. Une nouvelle réduction du nombre de jours de service que chaque militaire doit accomplir représenterait une mesure permettant de réduire les coûts. Il faut à cet égard toujours garder à l’esprit que des économies substantielles ne sont réalisables que si des systèmes complets sont mis hors service. tant qualitatives que quantitatives. A cet égard. mais devra englober aussi les matériels plus récents. il faudra vérifier quels autres emplacements peuvent être désaffectés.

les militaires en service long accomplissent un nombre plus élevé de jours de service. Le potentiel d’économies lié à une telle mesure est toutefois difficile à chiffrer et devrait faire l’objet d’études plus approfondies. par ex. on affectait 5000 militaires au domaine de l’appui aux autorités civiles. et cela même si ce changement entraîne toute une série d’autres questions. En effet. pour 30 %. En comparaison avec les soldats effectuant des CR. 76 . Ces calculs devraient être faits en prenant en compte différents niveaux d’élévation. mais qui se limite au minimum en terme de proportions. Il est toutefois possible de déterminer le seuil critique en dessous duquel les compétences-clés ne pourraient plus être maintenues ou développées. Si. Les meilleures possibilités de compromis concernent encore les proportions de cette partie de l’armée. le modèle de base prévoit l’exploitation d’un système global complet. Le maintien et le développement de la compétence-clé ne seraient plus garantis. la question de savoir. 86 87 Les soldats en CR accomplissent au total 262 jours de service contre 300 pour les militaires en service long. mais aussi pour un changement complet (100 %).86 Il serait toutefois judicieux de voir si et dans quelle mesure une élévation du nombre de militaires en service long pourrait diminuer les coûts liés à l’instruction. par exemple.87 6.7 Réduction de la composante ‘Défense’ Afin de maintenir et de développer cette compétence essentielle qu’est la défense.d’économies réalisables et quelles en seraient les conséquences pour l’instruction et l’exploitation de l’armée. La problématique des militaires en service long ne doit pas être abordée seulement sous l’angle de l’efficacité des services. Il doit disposer d’un équipement moderne et d’un bon niveau qualitatif pour remplir cet objectif essentiel qui consiste à suivre les progrès techniques et tactiques réalisés sur la scène internationale afin de rester dans l’air du temps. selon les estimations. Une autre possibilité de faire des économies serait d’augmenter le nombre de militaires en service long. d’économiser par année quelque 250 millions de francs au niveau des dépenses d’exploitation et d’investissement. D’autres commentaires relatifs aux militaires en service long figurent au chapitre 6.6. La question de la structure – une ou deux brigades – doit également être approfondie. qui soit d’un bon niveau qualitatif. Ce système doit être complet pour qu’il puisse fonctionner comme un tout et pour que chaque élément et fonction puisse être instruit et exercé. ceux-ci accomplissent leur service d’une seule traite et mettent moins fortement la logistique à contribution. Il en résulterait cependant une réduction de moitié des forces destinées à la défense au sol. si l’artillerie a encore un avenir peut se poser. il devrait être possible. car elle va plus loin. 50 %. réduisant ainsi la compétence de défense qui passerait de 22 000 (conformément au modèle de base) à 17 000. par exemple. il ne faut pas nécessairement partir du principe que que tous les éléments actuellement disponibles doivent être maintenus : vu l’évolution de la situation dans le domaine des menaces et dans celui de la technologie des armements. Il faut relever également que le simple passage d’un système fondé sur les CR à un système de militaires en service long n’entraîne à lui seul aucune diminution des jours de service. notamment d’ordre juridique.5. En l’occurrence.

le nombre des cours de répétition n’était plus que de quatre. l’effectif de l’armée. Il en va autrement dans les armées de conscription où les militaires effectuent un service d’instruction. il s’agirait de se demander s’il faudrait réduire le nombre des jours de service ou répartir le nombre actuel sur moins d’années.89 88 89 L’effectif réel est sensiblement plus élevé . D’autres considérations sur une augmentation de la part des militaires en service long et sur ses implications sur l’effectif de l’armée sont présentées dans le chapitre 6. L’égalité de traitement face aux obligations militaires exige que chaque personne astreinte au service soit appelée au recrutement et que son aptitude au service militaire soit jugée selon des critères justifiables et objectifs. voire peu. Chaque augmentation de 1000 dans la part des militaires en service long entraînerait donc une réduction d’au moins 6000 dans l’effectif de l’armée . en moyenne. au début de 2012. par exemple en prolongeant l’école de recrues et. en raison de déplacements de service.5. au niveau de l’effectif.6. les prestations qu’elle peut fournir et ce qu’elle coûte. dont l’influence est directe. de même que dans les suggestions visant une réduction de l’effectif.8 Réduction de l’effectif de l’armée L’effectif d’une armée – le nombre de ses officiers. a fortiori. Il doit aussi être réduit. jusqu’à présent. par exemple. actuellement il se situe autour de 174’000. 77 . Si l’on part de l’idée que. dès lors. en réduisant le nombre des cours de répétition. mais ne sont mis sur pied que lorsque cela s’avère vraiment nécessaire. tout abaissement d’un an de l’âge pour la sortie de l’armée réduirait presque d’autant l’effectif de l’armée. Le critère déterminant pour l’effectif de l’armée est le nombre de cours de répétition à accomplir. cette valeur serait réduite à 4000. si. pour une bonne part. Le deuxième facteur est la part des militaires en service long. Mais plusieurs conditions de base doivent avant tout être prises en considération. Le premier facteur. Ceux-ci ne figurent que pour un an environ dans l’effectif actif de l’armée. est la durée d’incorporation dans la partie active de l’armée. prêtes pour un engagement). alors que les militaires effectuant leur service selon le modèle traditionnel sont inscrits pendant sept ans au moins sur les listes de cet effectif. sous-officiers et soldats – détermine. de fait même plus puisque. Le nombre de 6000 se rapporte au système actuel qui prévoit six cours de répétition . Il s’agit de tenir compte de ces données dans les comparaisons avec l’étranger. les militaires restent plus de sept ans dans l’effectif actif. ce ne sont que quelque 17 500 militaires qui sont en service (dont près de la moitié sont des recrues qui ne sont pas encore. chaque classe d’âge compte près de 19 000 militaires. aucune différence fondamentale n’est faite. dont les adaptations ne sont pas exclues a priori. cet effectif ne devrait plus être que de 120 000. Il existe cependant deux autres facteurs influant sur l’effectif. L’armée suisse dispose actuellement d’un effectif actif réglementaire de près de 134 000 militaires . entre une situation dite normale et une situation dans laquelle l’armée est engagée. L’effectif d’une armée de milice ne peut être modifié à volonté. Dans les armées professionnelles.88 Mais. Il est donc évident que la recherche d’économies potentielles passe par l’examen d’une réduction de l’effectif de l’armée.6. Une manipulation des critères d’aptitude n’est pas une solution productive pour gérer le nombre des recrues et. Si l’on optait pour cette solution.

dans des domaines profitables à l’économie et ne représentant aucun inconvénient sur les plans juridique et politique de la neutralité. actuellement. devenue pratique courante. sans quoi. Des économies pourraient être réalisées – – dans l’équipement personnel . C’est précisément dans ce domaine que la Suisse collabore déjà étroitement.Les économies réalisées grâce aux deux mesures ne seraient pas proportionnelles à la réduction de l’effectif de l’armée. mais inférieures. dans les charges logistiques relatives aux cours de répétition (réception. ils sont même absolument nécessaires pour venir à bout de contraintes techniques. logistique) et donc de diminuer les charges d’exploitation. dans le cadre d’accords bilatéraux. de l’armement et de la promotion de la paix. Les possibilités qu’offre une telle collaboration sont constamment explorées et discutées avec les partenaires internationaux. C’est la seule solution permettant de réduire sensiblement les charges qui pèsent sur l’infrastructure (instruction. principalement dans le cadre de relations bilatérales.5. depuis longtemps. 6. et ce non pas sur la base de 78 . avec ses voisins. La plupart des engagements militaires réalisés dans le cadre de cette coopération ne sont cependant pas motivés au premier chef par des considérations financières. ainsi que de l’infrastructure pour le cas où toute l’armée active devait être mise sur pied . Savoir si les composantes de la compétence essentielle qu’est la défense devraient compter moins de 22 000 militaires ou si moins de 35 000 militaires devraient être instruits et prévus pour appuyer les autorités civiles sont des considérations qui. de surcroît. Depuis de nombreuses années. en particulier dans les domaines de l’instruction. Pour qu’elles puissent avoir de l’effet.9 Coopération internationale La coopération militaire avec d’autres États est. Pour un État neutre comme la Suisse. il s’agit de les replacer dans les concepts étudiant les possibilités de réduire l’effectif de l’armée. Ainsi. cette coopération sert aussi les intérêts économiques puisqu’un accord de coopération conclu en 2010 avec la Finlande prévoit la maintenance et le développement des avions de combat F/A-18 pour les 15 à 20 prochaines années. il ne s’agit ni plus ni moins que de transferts de ressources en personnel au sein de l’armée. lui offrent des possibilités de comparaison et lui donnent les moyens d’accéder à un certain savoirfaire et à certaines technologies . une politique de coopération internationale menée dans le but d’économiser sur les coûts bute très rapidement contre des obstacles. mais bien parce qu’ils permettent à l’armée d’enrichir son expérience. reddition). ne mènent à rien. dans la détermination de l’étendue du matériel (de corps) et de l’armement. des économies seraient au mieux envisageables dans le cadre d’une surveillance de l’espace aérien et d’un service de police aérienne communs. il est décisif de réduire tant le nombre des jours de service que celui des formations. à elles seules. au moins dans le domaine de l’armement et dans celui de la promotion de la paix. le DDPS coopère sur le plan international. Dans le cas de la Suisse. – Pour que la réduction de l’effectif de l’armée – obtenue par la réduction de la durée d’incorporation ou par l’augmentation de la part des militaires en service long – entraîne des économies substantielles.

6. vu la situation financière de la Confédération et les priorités générales. doivent être rétablies. de le défendre. les capacités de base permettant la reconnaissance et l’appui aux Forces terrestres avec les avions de combat. Renoncer à ce projet serait certes synonyme de grandes économies. Le remplacement partiel des Tiger – le remplacement de l’ensemble de la flotte des Tiger par un plus petit nombre d’avions de combat plus efficaces – combiné au 33 F/A-18. Ayant un caractère purement civil. Le prix à payer en serait que les Forces aériennes suisses fourniraient des prestations d’un niveau inférieur à ce que le Conseil fédéral considère comme nécessaire pour pourvoir à la sécurité du pays. Le Conseil des États et sa Commission de la politique de sécurité ont mis en lumière avec insistance ces possibilités de décharger l’armée dans le cadre du futur aménagement du service civil. rallongement du temps de réaction).10 Renonciation au remplacement partiel des Tiger La flotte des avions de combat du type F-5 Tiger a.91 6.considérations d’ordre économique. En principe. le Conseil fédéral a réaffirmé sa décision de principe établissant la nécessité de remplacer partiellement les 54 F-5. L’acquisition de 22 avions – le nombre le plus petit qui puisse être envisagé d’un point de vue militaire – coûterait entre 3. après une trentaine d’années de service. Cf. à ce sujet les explications du chap. tant en ce qui concerne la phase d’acquisition que celle des coûts périodiques liés à l’exploitation. En outre. Une collaboration dépassant le cadre des accords conclus irait au-delà de ce qui est usuel entre les Etats membres de l’Alliance. Une coopération plus étendue ne serait donc pas praticable en tant que telle parce que les États voisins n’en verrait pas l’intérêt90 et parce qu’une telle coopération provoquerait automatiquement des problèmes sur le plan du droit de la neutralité. 79 . qui ont été temporairement laissées de côté avec la mise hors service du Hunter en 1994 et du Mirage-IIIRS en 2004. l’exploitation d’une telle flotte se chiffrant entre 100 et 200 millions de francs par année.5.2. doit permettre à l’armée d’assurer l’espace aérien dans toutes les situations et. le cas échéant.5 et 5 milliards de francs. atteint un point où ses coûts d’exploitation sont de plus en plus disproportionnés par rapport à son efficacité militaire.11 Nouveau régime concernant les prestations d’appui à des activités civiles et des activités hors du service L’armée assume aujourd’hui diverses tâches pour appuyer les autorités civiles dans le cadre de (grands) événements civils. Le 25 août 2010. ces tâches ne doivent pas impérativement être remplies par des formations armées. mais pour des raisons pratiques (exigüité du territoire. 6. elles peuvent tout aussi bien être effectuées par des entreprises civiles. Il y a lieu d’examiner avec les organes du service civil et de la protection civile quelle institution est la mieux à même d’accomplir les différents types de tâches en question et avec le plus d’efficience. Toutefois. par des forces de la protection civile ou par le service civil. il a différé l’acquisition de nouveaux avions jusqu’en 2015 au plus tard.3.5. 90 91 Cela s’applique en particulier aux États limitrophes adhérant à l’OTAN. Le Conseil fédéral maintient donc le projet de remplacement partiel des Tiger.

également pour assurer la disponibilité opérationnelle immédiate. étant donné que les militaires en service long. ce qui peut constituer un handicap. Leurs compétences et leurs connaissances spécifiques peuvent être mises à profit avec efficacité. Il y a lieu d’examiner la possibilité d’augmenter la proportion de militaires en service long fixée aujourd’hui à 15 % d’une volée de recrues. Les militaires en service long sont recrutés aujourd’hui selon les besoins des formations d’application et engagés ponctuellement à chaque fois qu’une disponibilité et une capacité à durer élevées sont requises. La capacité de réaction et la capacité à durer constitue deux dimensions essentielles qui déterminent le profil de prestations de l’armée. a fait simultanément l’objet d’une limitation légale à 15 % de l’effectif annuel des écoles de recrues. Le service long est à la fois un élément-clé de la disponibilité échelonnée et un instrument important pour garantir la capacité à durer de l’armée. ne prennent possession de leur matériel qu’une seule fois. 6. Cette possibilité.2 Inconvénients des militaires en service long Les militaires en service long sont relativement jeunes et manquent encore d’expérience. entre autres aux Forces aériennes et à la Base d’aide au commandement. par exemple dans le domaine de la logistique ou de l’aide au commandement. etc. le processus de modernisation de l’armée doit viser l’amélioration de ses deux capacités. Après l’instruction de base. en particulier dans les situations à 80 .6 Militaires en service long Les militaires en service long sont des militaires qui accomplissent volontairement sans interruption les 300 jours que représente la durée totale des services d’instruction obligatoires. La charge de travail de la Base logistique ainsi que les charges d’exploitation sont plus faibles que dans le modèle de service traditionnel. les militaires en service long possèdent un niveau d’instruction élevé. Par un engagement ciblé des militaires en service long disposant d’aptitudes et de compétences spéciales. introduite avec l’Armée XXI.). pour appuyer et remplacer le personnel de carrière et. Ils fournissent notamment des prestations de base et des prestations dans les domaines de l’appui aux autorités civiles (engagements subsidiaires de sûreté.6. contrairement à la situation dans les troupes de CR. Si l’on augmentait leur part à 50 % et qu’on les engageait dans leur totalité pour des tâches d’appui aux autorités civiles.1 Avantages des militaires en service long Les militaires en service long sont disponibles au pied levé. dans certains domaines. à la différence des troupes de CR. 6. à l’exception de l’engagement de grande envergure de 35 000 militaires.6. aide militaire en cas de catastrophe.6. La logistique fait aussi appel aux militaires en service long en cas d’augmentation momentanée des besoins de prestations. L’engagement de militaires en service long est une solution efficace. l’armée pourrait accomplir tous les engagements de ce type. le gain d’efficacité est réel par rapport à l'engagement de personnel en CR. compte tenu qu’il n’y a pas de perte de savoir due au temps qui s’écoule entre les services. Pour cette raison.

30 %). 100 50 % 100 % 8000 16 000 en en 4–6 bataillons 8–12 bataillons env. Les militaires en service long se trouvent généralement au début de leur carrière professionnelle . du manque de diversité et en partie de la sous-occupation. les militaires en service long pourraient aussi être engagés pour fournir des prestations de base (Forces aériennes. aide au commandement et logistique) et pour garantir la disponibilité (aide en cas de catastrophe et disponibilité de l’infanterie. Il serait par exemple possible de réaliser des économies en remplaçant le personnel civil ou militaire par des militaires en service long. Les titulaires d’une maturité n’ont pas encore acquis un savoir professionnel spécialisé et ne peuvent. Le commandement d’unités de militaires en service long est plus exigeant que le commandement d’une unité classique de CR en raison de la structure d’âge homogène. pas non plus être engagés comme spécialistes. mais bien de toute une série de modèles. ce qui n’est pas sans conséquence sur les coûts. afin de maintenir et de développer les compétences de défense de l’armée. Tous les militaires en service long seraient alors regroupés dans des formations. L’instruction complémentaire des militaires en service long ne diffère pas fondamentalement de celle du modèle de CR. Autre possibilité : la mission d’appui aux autorités civiles serait accomplie complètement ou majoritairement par des militaires en service long. ex. Il est souvent préférable de mélanger différentes classes d’âge pour les missions se déroulant dans un environnement civil-militaire. 125 30 % 4800 en 3–4 bataillons env. Les unités de militaires en service long fournissent cependant moins de cadres car la longue durée du service a un effet dissuasif et qu’elle incite bien souvent les quelques rares candidats cadres militaires en service long à passer au modèle de CR. Finalement.3 Aspects financiers Il est difficile d’évaluer les coûts des modèles des militaires en service long. Le manque de cadres militaires en service long doit de ce fait être comblé par des militaires contractuels ou des militaires de carrière. de leur utilisation et des éventuels besoins supplémentaires en matière de personnel professionnel militaire. Nombre de militaires en service long et structure de l’armée Part de militaires en service long Nombre de militaires en service long par année de naissance Nombre de formations (en CR) actives (bataillons/groupes) 15 % 2400 en 1–2 bataillons env. Les coûts sont 81 . ou par la diminution du matériel nécessaire et parce que la rotation du matériel serait moins soutenue. ils ne possèdent pas une grande expérience professionnelle. 6. ce qui déchargerait d’autant les troupes en CR.6. parce qu’ils dépendent du nombre défini de militaires en service long. les militaires en service long pourraient être engagés de manière ciblée pour des tâches bien définies. Il ne s’agit donc pas d’un seul modèle.risque. de ce fait. 70 0 S’ils représentaient une part substantielle de l'armée (p. une fois le service d’instruction de base accompli.

le Conseil fédéral a décidé que le DDPS devait élaborer un plan de réduction de l’effectif de l’armée en tenant compte des facteurs démographiques pour les années 2010–2025.1 – – – – – – – – Aspects juridiques Bases légales Constitution fédérale (CF.8.10).11). RS 661. car les besoins au niveau de l’infrastructure d’instruction. du personnel (militaires de carrière) et du matériel sont complètement différents selon le type d’engagement des militaires en service long 92.5.5. sans contrainte légale. RS 513. Ordonnance de l’Assemblée fédérale sur l’organisation de l’armée (OA. Les premiers calculs n’indiquent aucun effet d’économie significatif.1). 6.6.93 Les bases légales suivantes sont essentielles pour le développement de l’armée : Une modification de l’ordonnance sur l’organisation de l’armée (OOA) est nécessaire si l’on veut adapter les effectifs aux chiffres réels ou réduire le nombre de jours de service d’instruction. 82 .21). Ordonnance concernant les obligations militaires (OOMi. RS 661). par exemple en abaissant le nombre de jours de service ou par des incitations financières. Cette réduction doit également comprendre une diminution du matériel afin que celui-ci puisse être entretenu et modernisé avec les moyens financiers prévus. Le plan de réduction doit inclure la problématique de la relève des cadres de milice. Il convient de mettre en place un système d’incitation afin de trouver suffisamment de volontaires pour le service long. Arrêté du Conseil fédéral du 26 novembre 2008 sur la politique de sécurité.7. RS 513.1). Ceci ne peut se faire que moyennant un arrêté de l’Assemblée fédérale. Ordonnance sur la taxe d’exemption de l’obligation de servir (OTEO. Le 26 novembre 2008. Le Conseil fédéral souhaite approfondir cette problématique et examiner les conséquences financières des divers modèles de militaires en service long (parts en pourcentage.4 Système d’incitation pour le service long Le DDPS examinera la possibilité d’augmenter la part de militaire en service long à 30 % d’une volée de recrues (actuellement 15 %). y compris la variante 100 %). RS 512. Loi sur l’armée et l’administration militaire (LAAM.7 6. Loi fédérale sur la taxe d’exemption de l’obligation de servir (LTEO. Ordonnance sur l’organisation de l’armée (OOA. RS 510.6 et 6. RS 101). 92 93 La question des effets d’économie que pourrait entraîner une augmentation de la part de militaires en service long par une structuration plus efficace de la marche du service ou par une réduction des effectifs actifs de l’armée sera traitée sous les chapitres 6.étroitement liés au profil d’engagement choisi. 6.

telle qu’elle figure à l’art. 12 OA. les officiers et sous-officiers de milice ne doivent pas être exclus des fonctions-clé. d’augmenter le nombre de militaires en service long en vertu du principe de subsidiarité et non pas pour compenser des effectifs insuffisants ou une coordination déficiente des forces de police cantonales. il incombe au législateur de définir la part de militaires en service long par arme en tenant compte des directives constitutionnelles et de la situation donnée en matière de menace.Une réduction portant uniquement sur un certain nombre de jours de service tout en conservant le nombre maximum en vigueur serait problématique en raison du principe de l’égalité et de la sécurité du droit. en vertu des art. la part de militaires en service long doit permettre – – de ne pas remettre en question la fonctionnalité du système de prestation échelonnée et d’une longue phase de participation active à l’armée . 6. enfin. une telle décision ne peut être prise que par l’Assemblée fédérale. La compétence du Conseil fédéral de fixer des exceptions. – – Part de personnel militaire chez les cadres des formations de militaires en service long La part de personnel militaire parmi les cadres des formations de militaires en service long doit rester dans des proportions qui préservent une prédominance quantitative des cadres de milice dans l’ensemble de l’armée. Une réduction du nombre des jours de service d’instruction pour les militaires en service long relève de la compétence du Conseil fédéral et nécessite une révision de l’Ordonnance concernant les obligations militaires. Du point de vue de la Constitution. si la compétence de l’armée en matière de défense peut être réduite sans violer la Constitution et. ce nombre doit être le même pour tous. 11 et 12 OA. si le profil des exigences souhaité satisfait à cette exigence. en vertu de l’art. conformément au système . En outre. 11 OA. Lorsque des formations de militaires en service long sont engagées – pour autant que cela soit planifié –. mais pas le nombre total des jours de service d’instruction . Nombre maximal de militaires en service long La Constitution ne renseigne pas sur la fixation d’un pourcentage de militaires en service long. de recruter les cadres de l’armée (pas seulement ceux des formations de militaires en service long) principalement parmi les sous-officiers et officiers de milice. La conduite de l’engagement de telles formations par des cadres professionnels doit 83 . Dans le cadre de l’organisation de l’armée. de justifier la présence de l’armée et la disponibilité opérationnelle au pied levé par la situation en matière de menace et/ou les exigences d’une instruction spécialisée suffisante . Ce nombre ne peut cependant pas être inférieur à celui qui est fixé pour les militaires en CR. ne concerne que les roulements et la durée des cours de répétition. ce qu’une réduction générale a priori ne peut pas être. Dans tous les cas. il s’agit seulement de déterminer des exceptions.2 Avis de droit du professeur Rainer Schweizer Le DDPS a demandé un avis de droit au professeur Rainer Schweizer afin de vérifier si une augmentation du pourcentage de militaires en service long serait compatible avec la Constitution.7.

Le présent chapitre passe en revue les éléments qui ont fait leurs preuves et qui. Il doit aussi bien traquer l’accumulation de lacunes que répondre à l’évolution des besoins et à la situation générale à laquelle l’armée doit faire face. afin d’assumer les devoirs incombant à un État neutre lors de conflits armés (à savoir empêcher que les États en guerre utilisent le territoire de la Suisse ou son espace aérien comme base pour leurs opérations ou pour y faire transiter des troupes). D’autres raisons (qui concernent en premier lieu la police) sont la protection des diplomates. Service long obligatoire Du point de vue du droit constitutionnel. ne changeront pas. avec la Constitution fédérale ne peut pas être faite avant que soient précisées la répartition des rôles et la collaboration entre Confédération et cantons au sein du réseau national de sécurité. du principe de proportionnalité et du principe d’égalité au sens de la Constitution. dans la suite du développement de l’armée. Sur le plan du droit international. A titre de disposition importante fixant des règles de droit. l’expert mandaté remarque que la défense du pays et de sa population constituent une tâche impérative de l’armée. tel qu’il est présenté dans le présent rapport. qui tienne compte des menaces vraisemblables. L’instruction de base des formations de militaires en service long peut être confiée majoritairement ou complètement à du personnel militaire. cette obligation devrait reposer sur une base juridique formelle suffisante et appropriée. la Suisse devrait disposer de certaines compétences de police et de défense. les besoins de l’armée.rester une exception. de même que les valeurs de référence qui devront être respectées à l’horizon 2013 et au-delà. de ce fait. la sélection des militaires en service long selon les aptitudes des militaires ainsi que l’équilibre entre intérêts publics et intérêts privés dignes de protection devraient notamment être ancrés et concrétisés dans la loi. il serait possible d’introduire du service long obligatoire dans la loi. ce sont principalement des cadres de milice qui prennent en charge la suite de l’instruction. des organisations internationales et des visiteurs privilégiés. Selon le professeur Schweizer. ainsi que les devoirs liés à l’association avec l’Espace Schengen. Au terme de l’instruction de base. Elle doit posséder un armement approprié et avoir une orientation opérationnelle afin de pouvoir remplir les obligations découlant du droit international et du droit des gens en temps de guerre. L’armée doit posséder une compétence réelle en matière de défense. Les critères à formuler devraient tenir largement compte des exigences de l’intérêt public. une appréciation de la compatibilité du profil des prestations de l’armée. Cette démarche réclamerait la concrétisation des conditions et des critères d’application du service long obligatoire au niveau de la loi déjà. Compétence de défense Quant à la question de la compatibilité minimale de la compétence de défense avec la Constitution. Le service long obligatoire devrait être soumis à un contrôle judiciaire afin de sauvegarder les voies de droit garanties par le droit constitutionnel. 7 Développement de l’armée Le développement de l’armée est un processus continu. 84 . Par voie de conséquence.

Les valeurs de référence doivent être claires et stables pour que l’on puisse disposer d’une certaine sécurité dans la planification. la défense reste la compétence principale de l’armée. Elle seule permet l’utilisation réciproque des capacités et des compétences civiles et militaires et met à disposition un potentiel suffisamment vaste de candidats adéquats à tous les échelons de fonctions.2 Valeurs de référence du développement de l’armée Les valeurs de référence du développement de l’armée sont en grande partie interdépendantes et forment un système dans lequel on ne peut intervenir qu’avec précaution si l’on ne veut pas compromettre l’objectif. L’opinion des soldats sur l’efficacité de l’armée dépend aussi de leur perception de la qualité de leur équipement personnel. 7. La qualité de l’instruction s’est sensiblement améliorée au cours des dix dernières années. Renoncer à cette capacité équivaudrait à restreindre fortement la liberté d’action de la Suisse. grâce notamment à l’engagement plus marqué de militaires de carrière et à la qualité des infrastructures d’instruction (p. L’armée continue à se baser sur l’obligation d’accomplir un service militaire. La défense reste la compétence principale de l’armée. ex. Ils contribuent à la stabilité dans les pays et régions d’engagement ainsi qu’à la crédibilité et à l’image positive de la Suisse. Les engagements internationaux de l’armée sont reconnus et appréciés des partenaires. formation en ligne) sur les places d’armes. l’équipement personnel du soldat a été constamment adapté aux exigences militaires.7. La procédure actuelle de recrutement a fait ses preuves et sera maintenue. Il doit en rester ainsi. L’armée dispose d’une importante base de recrutement en vertu de l’obligation d’accomplir un service militaire. L’équipement personnel du soldat est d’un bon niveau technologique. On ne peut exclure définitivement le risque de conflits armés en Europe. Les engagements internationaux de l’armée sont appréciés des partenaires. L’armée de milice est un atout. La qualité de l’instruction est maintenue. L’armée est l’unique moyen permettant de repousser une attaque militaire.1 Des valeurs sûres L’armée reste fondamentalement une armée de milice. Au cours des vingt dernières années. Les citoyens (et les citoyennes volontaires) participent directement au maintien militaire de la sécurité. Prestations de l’armée – Le profil de prestations décrit dans le chapitre 5 du présent rapport sur l’armée constitue – après les adaptations induites par les mesures d’économie – la base du développement de l’armée . simulateurs. 85 . C’est pourquoi.

Il faut étudier la possibilité de prolonger l’instruction de base et de réduire les services de perfectionnement. les ressources et les principes d’engagement doivent être en harmonie. Le maintien et le développement de la compétence première. air et guerre électronique. le nombre de jours de service à quelque 5 millions par année. Les structures de conduite doivent être orientées vers les engagements probables. L’adaptation de la doctrine fait partie du développement de l’armée. La disponibilité échelonnée doit être adaptée au profil de prestations et complétée par des formations de milice à la disponibilité élevée et par un système de mise sur pied des formations de CR qui ne sont pas en service. Le maintien et le développement de la compétence essentielle de défense requièrent ensuite la mise en place de capacités allant de l’échelon tactique à l’échelon tactique supérieur dans les formations de combat et d’appui au combat et entre les composantes terre. Cette définition des priorités reflète les avantages de la conduite en réseau des opérations pour les différentes tâches et les différents engagements de l’armée.– L’adaptation du profil de prestations nécessite un réexamen des missions faisant partie des compétences de l’armée. et qui s’abstient d’élaborer des scénarios concrets de menaces. – – Doctrine – – – Organisation de l’armée. Il y a lieu d’examiner si et dans quelle proportion la part des militaires en service long peut être augmentée. Le modèle de service doit devenir plus flexible. Elle fournit les autres prestations en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux. principalement à la Base logistique de l’armée et à la Base d’aide au commandement. Il faut réduire les états-majors et les formations et leur donner une orientation plus marquée par rapport au profil de prestations. personnel de milice et organisation du domaine de la défense – – – – L’effectif réglementaire de l’armée doit être réduit à 80 000 militaires . si cette option s’avère praticable. L’armée suisse garantit de la façon la plus autonome possible le maintien et le développement de la compétence essentielle de la défense. la défense. Dans ce contexte. La conduite des opérations en réseau doit se concentrer en priorité sur des engagements demandant des temps de réaction brefs. exigent une approche axée sur les capacités et qui se fonde sur une doctrine claire et valide à moyen terme. – – 86 . dans les fractions de l’armée qui se consacrent en priorité au maintien et au développement de la compétence-clé de défense. les formations prévues pour l’appui aux autorités civiles et la promotion de la paix viennent en troisième priorité. il faut y renoncer. Les prestations. Si des externalisations concernent directement les compétences essentielles.

ex. Pour l’entraînement de la compétence de défense. – – – Équipement et matériel Logistique – On ne peut envisager des externalisations des prestations que si elles promettent une réduction considérable des coûts à long terme sans engendrer de grands risques de dépendance. Il faut combiner les investissements avec des mises hors service en parallèle.4 milliards de francs (sans le renchérissement). Il faut viser à ce que toutes les formations actives disposent d’un équipement complet – sous réserve des adaptations induites par des motifs économiques. la possibilité de procéder à des engagements ou licenciements internes de personnel en utilisant des fonds de l’armement). Il faut réduire encore l’infrastructure logistique et maintenir les centres logistiques de sorte qu’ils restent modernes et performants. suite aux départs du personnel. on doit engager du personnel. comme les ouvrages de forteresse ou les positions de barrage. Le plafond pluriannuel des dépenses de l’armée demeure pour l’instant fixé à 4. on a la possibilité de conclure des contrats portant sur l’utilisation de places d’instruction à l’étranger (Forces terrestres et Forces aériennes). La priorité est donnée à la mise hors service de systèmes qui n’apportent rien de façon durable au profil de prestation. Il faut examiner la possibilité de faciliter les transferts entre les différents budgets (p.Instruction – – Il faut étudier la possibilité d’organiser certaines écoles de recrues seulement une ou deux fois par année. – Personnel – – Il faut mettre en place des concepts visant à maintenir le savoir au sein de l’armée. Pour les prestations qui reviennent meilleur marché si elles sont fournies en interne plutôt que par des externalisations. sous réserve d’une augmentation correspondante du budget du personnel. Le parc immobilier de l’armée doit être réduit dans le cadre du remaniement du concept de stationnement afin de parvenir à une diminution significative des coûts d’exploitation et de maintenance. Finances – – – Infrastructure – 87 . On peut envisager des modèles d’instruction et de service différents. Il faut améliorer la sécurité de la planification relative au personnel du domaine de la défense.

comme premières mesures.Aide au commandement – – – – L’infrastructure de base TIC doit être consolidée et la diversité des systèmes réduite tout en maintenant l’efficacité. on pourra régler des lacunes et d’autres problèmes plus anciens. Quand il sera prêt. Ensuite. La phase de transformation doit s’effectuer par étapes La planification du développement de l’armée doit déjà être orientée vers l’élaboration de l’objectif avant la phase de transformation proprement dite. Écologie 7. le but étant de garantir à moyen terme. la mise en œuvre de l’étape de développement 2008/11 sera achevée et consolidée jusqu’en 2014. à la fin de l’année 2014. à partir de 2014. éviter de porter atteinte à l’environnement. Les grandes lignes des concepts de même que les éventuelles mesures d’économies qui auront été préconisées par le Conseil fédéral serviront de base à la préparation d’un message du Conseil fédéral à l’intention de l’Assemblée fédérale relatif à des adaptations de la loi sur l’armée et l’administration militaire et de l’ordonnance de l’Assemblée fédérale sur l’organisation de l’armée. les adaptations seront mises en œuvre entre 2015 et 2020. Des concepts sont prévus pour les domaines d’activité suivants : – – centre de compétence Défense doctrine 88 . On va tout d’abord préparer un concept ad hoc. le DDPS examinera dans le détail les mesures d’économie évoquées dans le présent rapport quant à leur rendement financier mais aussi à leurs conséquences militaires et juridiques. une mise en œuvre progressive aura lieu jusqu’en 2020. Parallèlement. Le Parlement pourra ainsi traiter les projets de loi en 2013. seront terminés d’ici à la fin 2012. Il faut élaborer une planification financière permettant d’effectuer des rénovations à but écologique. les travaux doivent s’effectuer de manière échelonnée et coordonnée. y compris une consultation des concepts détaillés. avec le plafond des dépenses de l’armée prescrit de 4. Les activités militaires doivent. suivies d’une phase de consolidation. Une fois les projets de loi correspondants traités. Il faut en outre examiner quelles mesures urgentes s’imposent pour des raisons financières. un rapport adéquat entre les coûts d’exploitation et les coûts d’investissement.3 Suite de la procédure et phase de transformation Après l’approbation du rapport sur l’armée par le Conseil fédéral. on appliquera les mesures de transformation déjà réalisables. En parallèle. Avec des mesures qui déploient leurs effets rapidement. Il faut accorder la priorité à la protection des réseaux de l’armée.4 milliards de francs. dans la mesure du possible. Ces travaux. différents concepts seront élaborés dans les grandes lignes d’ici à la fin 2011 avec l’aide de spécialistes externes (Société suisse des officiers et autres associations militaires). Étant donné l’interdépendance des concepts.

– – – – – – – – – – – – – organisation de l’armée modèle de l’obligation de servir et modèles de service instruction équipement et armement logistique personnel finances stationnement et emplacements aide au commandement disponibilité mises hors service coopérations transformation 89 .

Un plafond des dépenses de l’armée pour les années 2010 à 2015 est demandé dans le programme de consolidation couvrant la période 2011 à 2013.Annexe 1 Aperçu des finances Compte d’État 2009 [en millions] Défense et armasuisse Immobiliers – Avec incidences financières – Imputation des prestations – Sans incidences financières Défense : Frais et dépenses d’investissement – Avec incidences financières – Imputation des prestations – Sans incidences financières armasuisse Immobilier : Frais et dépenses d’investissement – Avec incidences financières – Imputation des prestations – Sans incidences financières 5945 4261 1391 293 5205 3879 1182 144 740 382 209 149 Budget 201194 [en millions] 6585 4645 1524 416 5657 4192 1292 173 928 453 232 243 Plafond des dépenses de l’armée95 Remarques 94 95 État au 17. Ce plafond est estimé à un montant de 4. 90 . du DDPS à l’AFF.2010 . données du budget mises à jour.05.46 milliards en moyenne par année.

– imputation des prestations – « papier-monnaie » . d’un système ou d’un processus à fournir une prestation donnée en vue d’obtenir un résultat précis. en préservant l’autonomie économique et juridique. 2007). Vu la situation militaire actuelle. Domaine départemental du DDPS chargé des acquisitions. ex. une montée en puissance globale est une condition pour assurer la capacité de défense. Budget de la Confédération que le Parlement approuve annuellement sur la base du message sur le budget. Corps de troupe dans lequel plusieurs compagnies ou batteries d’une arme – disposant partiellement d’équipements divers se complétant – sont regroupées en une troupe composée organiquement. appui armasuisse avec incidence financière bataillon/groupe brigade budget ordinaire capacité à durer capacité de défense capacité opérationnelle collaboration (domaine logistique) combat 91 . de même qu’en cas de menace d’ordre politicomilitaire. des menaces et des dangers. un crédit se subdivise en trois catégories : – avec incidence financière – « monnaie liquide » . exercée au niveau de l’exploitation.Annexe 2 Glossaire Notion anticipation Description Capacité d’analyser le contexte et les risques à venir de façon prospective et détection précoce des développements. Formation composée organiquement de bataillons et de groupes de diverses armes. Engagement dans le cadre d’affrontements de forces de diverses armes en vue p. Elle découle de tâches concrètes qui tiennent compte de l’évolution prévisible de l’environnement géostratégique et technologique. Ensemble des capacités opérationnelles (capacités réglementaires) nécessaires pour diriger efficacement les opérations de défense. Depuis l’introduction du nouveau modèle comptable de la Confédération (NMC. Aptitude d’une formation. Capacité de fournir pleinement les prestations requises sur une longue période. pouvant mener le combat interarmes de façon autonome. Forme de coopération volontaire entre la Confédération et une entreprise au moins. de détruire un ennemi ou de défendre une zone. Elle correspond à la disponibilité opérationnelle dans le cadre de l’accomplissement de la mission de défense. Aide fournie par des formations militaires adéquates aux autorités civiles lors de catastrophes ou d’autres situations d’urgence. – sans incidence financière – principalement les amortissements.

Élimination d’impuretés dangereuses présentes sur des personnes ou des objets. d’atteindre une plus grande efficience dans l’accomplissement des tâches de l’armée (supériorité en matière d’information. ainsi que la liberté d’action de l’armée ou des organismes civils. jusqu’à la mise sur pied militaire.Notion combat interarmes Description Suite d’actions cohérentes dans le temps et dans l’espace menées par les forces de différentes armes ou de différents systèmes d’armes agissant de concert sous un commandement unique. Manière de procéder qui permet. Leurs effectifs réglementaires se situent entre 500 et 1200 personnes. par la mise en réseau des moyens d’acquisition de renseignements. des décideurs et des moyens d’action. de biens. de matériel et d’objets. indépendamment d’une mission spécifique compétence de défense compétence-clé conduite des opérations en réseau coopération (dans le cadre de la politique de sécurité) corps de troupe danger décontamination défense contre une attaque militaire défense NBC délai de préalerte dépenses dépenses d’exploitation disponibilité de base 92 . escadre. La compétence-clé ou compétence essentielle de l’armée suisse consiste en principe à défendre le pays contre toute attaque militaire. commandement de base aérienne. Elle correspond à la disponibilité de base nécessaire à la défense. Coopération assurée principalement avec des partenaires du réseau national de sécurité. Le danger présenté par ces impuretés peut être de nature chimique. groupe. État de l’armée devant être atteint et maintenu en permanence en ce qui concerne la conduite. commandement de grenadiers. Qualification dont dispose un instrument de la politique de sécurité pour accomplir une tâche avec plus d’efficacité et d’efficience que les autres. Engagement de l’armée visant à défendre le territoire national et l’espace aérien contre un adversaire militairement organisé et équipé. Dépenses avec incidence financière. mais aussi avec d’autres États et organisations internationales. Formations de l’armée composées d’états-majors et d’unités de troupe. Maintien d’un savoir-faire spécifique dans le cadre de la compétence-clé liée à la défense. Intervalle qui s’écoule entre un changement déterminant de la situation pour la politique de sécurité et la prise d’une décision politique quant à l’engagement de l’armée. investissements inclus. Ils ont pour désignation bataillon. Ensemble des dispositions et mesures prises contre les effets des moyens de combat NBC et des dangers comparables. Ensemble de facteurs de l’environnement pouvant remettre en question l’intégrité de personnes. Dépenses avec incidence financière pour les tâches d’exploitation. de conduite et d’efficacité). l’instruction. biologique ou radioactive. la logistique et le personnel.

La doctrine militaire définit également les conditions générales du développement de l’armée. mais leur application nécessite une appréciation de la situation. Budget et compte de la Confédération. instruites et équipées. Système logistique informatisé de la Base logistique de l’armée opérant avec des données fournies en temps réel. Nombre de militaires incorporés dans une formation. – études de projets. Formation de circonstance chargée d’accomplir une mission et constituée sur la base de son articulation opérationnelle (généralement engagée au niveau de la région territoriale. avec des forces armées d’autres pays. d’infrastructure. essais et préparatifs d’achat (EEP). au pied levé ou après une courte préparation. les abris et les positions d’armes. doctrine militaire effectif réel effectif réglementaire engagements subsidiaires finances fédérales forces forces spéciales formation d’engagement groupement de combat infrastructure de combat interopérabilité investissements du DDPS Logistik@V 93 . Engagement de parties de l’armée à la demande des autorités civiles et sous leur responsabilité. Ces principes sont contraignants. de planifications fixée de façon différenciée en fonction de la situation. d’appui au combat. de matériel.Notion disponibilité échelonnée Description Disponibilité de troupes. ainsi que les services auxiliaires. Notion générale qualifiant les moyens de combat. comptes spéciaux inclus. Capacité de l’armée à coopérer avec d’autres instruments de la politique de sécurité suisse. les ouvrages minés. qui sont en mesure. – investissements d’armasuisse Immobilier (immobilier). Effectif nécessaire pour composer une formation selon la doctrine d’engagement. – équipement personnel et matériel à renouveler (BER). d’effectuer des opérations spéciales et qui n’ont pas la capacité d’accomplir des actions conventionnelles. d’appui logistique et d’aide au commandement. Principes selon lesquels l’armée ou des fractions de cette dernière accomplissent leurs tâches afin d’atteindre les objectifs nationaux. En font partie les obstacles antichars. de sorte que les forces vraisemblablement nécessaires soient rapidement disponibles sans devoir maintenir inutilement d’importantes forces dans un degré de disponibilité élevée. Formations spécialement sélectionnées. comprenant les quatre postes de crédit suivants (dépenses avec incidence financière): – matériel d’armement. TVA sur les importations incluse . Dépenses d’armement. Regroupement lié à une mission de plusieurs unités tactiques en une formation d’intervention panachée. de la brigade ou du bataillon/groupe). ainsi qu’avec des organisations internationales. Ensemble des installations de l’artillerie de forteresse ou des positions de barrage contribuant directement au combat.

Notion manque de capacités menaces

Description Différence entre la capacité réglementaire et la capacité réelle. Distinction est faite entre les manques et les excédents. Possibilités dont dispose un ennemi ou un adversaire pour remettre en question l’intégrité de personnes, de biens, de matériel et d’objets, la maîtrise de l’information et la liberté d’action de l’armée ou des organismes civils. Militaire qui, volontairement, effectue sans interruption ses obligations militaires, conformément à l’art. 54a LAAM. Adaptation de l’armée (en ce qui concerne les modes opératoires, l’instruction, l’équipement et l’armement, les effectifs) dans la perspective de l’émergence d’une menace concrète. Type d’opération visant à empêcher l’adversaire d’atteindre ses objectifs stratégiques et opérationnels. Actuellement, les opérations de défense sont envisagées selon le concept de la défense dynamique du territoire. Ensemble des actions, soutenues par les activités de renseignement, ayant pour but d’influencer, de perturber ou d’empêcher durablement le processus décisionnel d’un adversaire et, partant, d’améliorer ses propres processus et de se protéger contre les effets de telles actions et contre les événements imprévus et fortuits. Biens immobiliers nécessaires à l’armée au-delà de 2010 dans les domaines de l’instruction, de l’engagement et de la logistique. Ensemble des bâtiments et installations de la Confédération qui, du fait du concept de stationnement de l’armée, n’ont plus d’utilité militaire. Droit qu’octroie temporairement le Parlement au DDPS d’effectuer des dépenses, pendant un certain laps de temps et jusqu’à un montant donné (plafond), dans le cadre des crédits budgétaires prévus pour les domaines départementaux Défense et armasuisse Immobilier. Les soldes de crédits peuvent être reportés sur l’exercice suivant. Les transferts horizontaux et verticaux sont possibles s’ils sont motivés. Le plafond annuel des dépenses de l’armée s’établit sur la base du plafond pluriannuel des dépenses. Plan global au niveau du domaine Défense visant le développement entrepreneurial et celui des forces armées. Il s’appuie sur la doctrine, le profil de prestations, les stratégies globales et les stratégies partielles. Le plan général harmonise et synchronise l’ensemble des mesures de réalisation. Portant sur une période de huit ans, il fait l’objet d’un réexamen annuel. Grâce à une mise en parallèle continue des objectifs (capacité réglementaires) et de la situation concrète (capacité réelle), il est possible de déduire les manques de capacités et, partant, les mesures à prendre pour combler ces lacunes dans les domaines de la doctrine, de l’exploitation, de l’organisation, de l’instruction, du matériel, du personnel, des finances et de l’infrastructure/informatique.

militaire en service long montée en puissance

opération de défense

opérations d’information

parc de base (immobilier)

parc disponible

plafond pluriannuel des dépenses de l’armée

Plan général

planification des forces armées axée sur les capacités

94

Notion Polycom

Description Réseau radio consacré à la sécurité et au sauvetage dans l’ensemble de la Suisse, utilisé pour la communication à l’échelon opérationnel entre toutes les organisations nationales et cantonales chargées de la sécurité et du sauvetage. Opérations ciblées devant être effectuées par des formations et des systèmes pendant un certain laps de temps pour effectuer une tâche ou remplir un mandat. Contributions de l’armée et de l’administration militaire au maintien permanent de la disponibilité (principalement la disponibilité à la conduite) et de l’exploitation (surtout pour les Forces aériennes, la sécurité militaire, la logistique, l’aide au commandement, l’instruction) et tâches au profit de tiers. Dimensionnement dans le temps, l’espace et en fonction des forces des prestations de l’armée. Programme d’économies du Conseil fédéral concernant la consolidation des finances fédérales pour les années 2012 à 2013. Diffusion d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs ou plans établis à cet effet. Ensemble des mesures militaires prises pour préserver l’intégrité des personnes, des troupes, des installations et des locaux. On distingue les catégories suivantes : surveillance, garde, sécurité. Le Réseau national de sécurité de la Suisse regroupe et coordonne les prestations de tous les acteurs nationaux de la sécurité (l’appui fourni de l’étranger dans des cas d’espèce également) de sorte que la Suisse puisse réagir avec souplesse, globalement, en temps voulu et efficacement aux menaces et dangers relevant de la politique de sécurité. Produit de la probabilité d’occurrence d’un événement (indésirable) et de l’ampleur des conséquences qu’il entraîne. Ensemble des mesures visant à empêcher les violations des règles du trafic aérien et l’usage abusif de l’espace aérien. Engagement d’avions de combat en temps de paix afin de sauvegarder l’intégrité d’un espace aérien défini. Situation dans laquelle les processus administratifs normaux en usage dans de nombreux domaines et secteurs ne suffisent pas à résoudre les problèmes et à relever les défis affectant sérieusement l’ensemble du pays ou les faits de guerre. Situation dans laquelle les processus administratifs ordinaires suffisent à gérer les problèmes et à relever les défis. Situation dans laquelle les processus administratifs normaux ne suffisent plus à gérer certaines tâches de l’État. Le domaine d’activité gouvernementale affecté requiert en général une concentration rapide des moyens et une simplification des processus.

prestations (militaires)

prestations de base

profil de prestations de l’armée programme de consolidation 2011–2013 prolifération protection

Réseau national de sécurité

risque sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien Service de police aérienne situation extraordinaire

situation normale situation particulière

95

Notion SWISSCOY

Description Participation de l’armée suisse (SWISSCOY est l’acronyme de « Swiss Company ») à la mission internationale de soutien de la paix Kosovo Force (KFOR) au Kosovo. La SWISSCOY se compose d’un maximum de 220 militaires volontaires armés du pistolet ou du fusil d’assaut pour assurer leur propre protection. Temps nécessaire à l’armée, à compter de la mise sur pied, pour instruire et équiper la troupe (établissement de la disponibilité opérationnelle).

temps de préparation

96

97 .

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