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OLYMPIE

D’

ATHÈNES
À

Voyage photographique
sur les lieux des Jeux olympiques

Haris Yiakoumis - Lucie Bonato
Illustrations
de Gérard Guégan

Éditions Kallimages
INTRODUCTION

Olympie. Les ruines de l’Altis dominées par le mont Kronion. Photographie anonyme, 1904.

K ronos dévorait les enfants que lui donnait sa femme et sœur Rhéa des clavettes de cire pour les essieux des roues. Arrivé près de l’isthme,
: son père, Ouranos, l’avait averti que l’un de ses fils le détrônerait. Œnomaos fut renversé et succomba. Pélops revint à Pise, épousa
Lorsque Zeus naquit, sa mère entoura de langes une grosse pierre qu’elle Hippodamie et fit célébrer des jeux athlétiques pour remercier les dieux.
remit à Kronos et, en cachette, transporta le nouveau-né en Crète. La
nymphe Adrastée et la chèvre Amalthée s’occupaient de l’enfant alors Un autre mythe fondateur met en scène Héraclès, fils de Zeus et
que cinq génies, les Kourètes, frappaient leurs boucliers de leurs lances d’Alcmène. Sur le site encore vierge, il délimita l’enceinte sacrée et
et criaient pour couvrir ses cris. Un jour, les cinq Kourètes quittèrent le fonda les concours athlétiques et les courses équestres. Lui-même au-
mont Ida pour le continent et s’arrêtèrent dans une vallée verdoyante au rait participé aux Jeux et vaincu à la lutte et au pancrace. Il semble que
pied des montagnes de l’Arcadie. Là, au confluent de l’Alphée, fleuve les Jeux disparurent par la suite, et on attribue au roi d’Elide plus ou
tumultueux, et de son affluent le Kladéos, l’aîné des frères, Héraclès moins légendaire, Iphitos, leur réorganisation définitive : lassé par les
– dit de l’Ida –, organisa une course pour distraire l’enfant : il aurait guerres fratricides auxquelles il devait faire face, il consulta l’oracle de
ainsi défini la longueur du stade, soit 600 pieds, et nommé l’endroit Delphes qui lui prescrivit de réorganiser le festival.
Olympie en hommage au futur maître de l’Olympe.
Ce récit appartient au monde riche et varié des traditions mythiques Le mystère de l’origine des Jeux reste donc entier. Toutefois, la théorie
entourant le choix du lieu et les circonstances de la fondation des la plus vraisemblable se réfère à des jeux funèbres. Dès la plus haute
Jeux olympiques. La légende de Pélops et Hippodamie revêt une Antiquité, il était de coutume d’offrir des concours athlétiques aux
importance tout aussi grande. Un oracle avait prédit au roi de Pise, morts. Le plus ancien témoignage littéraire sur ces jeux est celui
Œnomaos, qu’il périrait de la main de son gendre. Aussi, défiait-il d’Homère. Il nous rapporte que les concours organisés par Achille
tous les prétendants de sa fille, Hippodamie, à la course de char entre et célébrés en l’honneur de Patrocle, mort au combat (Iliade, chant
Pise et l’autel de Poséidon sur l’isthme de Corinthe. Le roi en sortait XXIII), avaient un programme très varié : course de char, pugilat, lutte,
toujours victorieux, son char étant conduit par des chevaux divins course à pied, duel à la lance, lancer du disque, tir à l’arc et lancer de
offerts par Arès. Il se débarrassa ainsi de douze et peut-être treize la lance. Il n’est pas exclu qu’à Olympie, les premières compétitions se
princes. Mais Hippodamie fut séduite par un nouvel arrivant origi- soient déroulées autour du tombeau – et en l’honneur – de Pélops. Les
naire d’Asie Mineure, Pélops, fils de Tantale. Elle offrit à Myrtilos, le concours primitifs perdirent progressivement leur caractère funèbre et
cocher de son père, une généreuse récompense s’il trouvait le moyen ils trouvèrent naturellement leur place lors des très nombreuses céré-
de gêner le roi pendant la course. Myrtilos sabota le char en utilisant monies en l’honneur des dieux de l’Olympe.

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Olympie. Le temple d’Héra.
Photographie anonyme, 1905.

Olympie. Les tambours renversés
des colonnes du temple de Zeus.
Photographie anonyme, vers 1900.

Olympie.
Restitution graphique du sanctuaire
d’après une photographie anonyme,
vers 1920.

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AU-DELÀ DU MYTHE Héraclès se substituent à la première génération de divinités. Olympie
connaît au IXe et VIIIe siècles un essor remarquable dont témoignent
Vers 400 av. J.-C., Hippias d’Élis fait basculer la légende dans l’histoire de nombreux objets votifs de style géométrique ou orientalisant :
en établissant la table des olympiades à partir de 776 av. J.-C. Cette chaudrons de bronze, figurines d’animaux, guerriers.
date, conservée par la tradition, qui sert de point de départ à la com-
putation des olympiades et sur laquelle repose l’histoire grecque, est Dominé par le mont Kronion, le sanctuaire se présente, à l’origine,
cependant contestée depuis l’Antiquité. C’est peut-être cette année-là comme un bois mesurant environ 200 par 175 mètres. Son nom, Altis,
que, pour la première fois, est enregistré le vainqueur de la course qui dérive du mot Alsos : « bosquet ». Au cours des siècles, cette enceinte
donne son nom à l’olympiade, c’est-à-dire la période de quatre ans en- sacrée ne cesse de se transformer pour devenir le plus grand sanctuaire
tre deux concours. Peut-être correspondrait-elle alors à l’introduction de la Grèce antique. En son cœur, s’élève le grand autel de Zeus. Sur
de l’écriture en Grèce, mais il faut rester très prudent, ni les textes ni une base en pierre s’accumulèrent au fil du temps les cendres des
l’archéologie ne la corroborent. animaux sacrifiés au maître de l’Olympe ainsi que celles du foyer per-
Selon certains mythographes, la légende de Pélops et Hippodamie pétuel du prytanée. De forme tronconique, il a pu mesurer dix mètres
coïnciderait avec l’arrivée des Achéens (Grecs venus de la Russie du de diamètre et atteindre 6,50 mètres de hauteur. Une fois par an, les
Sud, par opposition aux autochtones, les Pélages) dans le Péloponnèse prêtres le consolident au moyen d’une boue faite de cendres mélangées
vers 1600 av. J.-C. alors que celle d’Héraclès serait sans doute à met- avec les eaux de l’Alphée. Un escalier creusé dans cet amalgame durci
tre en relation avec l’invasion des Doriens (Grecs demeurés plus au leur permet d’atteindre le sommet où ils brûlent les chairs des ani-
Nord) au XIIe siècle. En réalité, les fouilles ont montré que le site était maux sacrifiés au pied de l’autel.
déjà occupé vers 2800 av. J.-C. De cette époque daterait le téménos Au nord, le temple d’Héra est probablement l’un des plus anciens
de Pélops, qui se présente comme un tumulus entouré d’un mur. Au temples doriques connus, puisqu’il date de l’époque archaïque (fin du
début du IIe millénaire, quelques maisons existent dans les environs ; VIIe siècle). De ces premiers temps, il a gardé les proportions allongées
la transformation du site en sanctuaire ne semblerait remonter qu’à la (50,01 x 18,76 mètres) et la lourdeur de ses colonnes extérieures qui
fin de l’époque mycénienne (1100 av. J.-C.), les habitants y rendent un ne dépassent pas 5,21 mètres de hauteur. Construites en bois, elles
culte à la déesse Gaia ainsi qu’à d’autres divinités féminines. Témoins furent remplacées au fur et à mesure par des colonnes en pierre par-
d’un stade matriarcal, elles sont remplacées progressivement par les faitement hétéroclites qui illustrent l’évolution de la colonne dorique
Olympiens après l’invasion des Doriens. Rapidement Zeus, Héra et à travers les siècles.

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Un paidotribe et son élève. Deux athlètes arrivent à la palestre.
LES ÉPREUVES DU STADE

Préparation des athlètes à la palestre. Dessins d’après des peintures de vases.
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LES ÉPREUVES DU STADE

Il n’est pas exclu que les concours mentionnés par Homère pour les jeux
célébrés en l’honneur de Patrocle aient constitué le noyau des compéti-
tions olympiques. Toutefois, au cours des douze siècles d’existence
des Jeux, le nombre des épreuves a varié, certaines ont toujours existé
alors que d’autres furent éphémères. On en distingue trois groupes
disputées sur le stade : les courses à pied, les combats, le pentathlon.
Il existe quatre disciplines de course à pied. Mais, d’après Hippias
d’Élis, seul le stadion, course de vitesse sur la distance du stade, soit
600 pieds (192,24 mètres), est disputé lors des premiers Jeux. Pour
certains spécialistes du sport dans l’Antiquité, ce programme est bien
trop simple. L’hypothèse a été avancée que seul le vainqueur du sta-
dion était mentionné car c’est lui qui donne son nom à l’olympiade.
Le diaulos (double stade) fait son apparition en 724 av. J.-C. et le
dolichos (course de fond entre 1500 à 5000 mètres) en 720 av. J.-C.
Enfin, l’hoplitodromos (course en armes) est instauré lors de la 65e ol-
ympiade, en 520 av. J.-C. Cette course, particulièrement éprouvante,
est réservée aux « hommes faits ». Sur une distance de deux stades,
ils s’affrontent équipés de casque, bouclier de bronze et jambières.
Celles-ci sont supprimées au Ve siècle.

La lutte, le pugilat et le pancrace sont des sports de combat dont les
liens avec la préparation militaire sont évidents. Ce sont des disci-
plines particulièrement violentes réservées aux athlètes lourds.
La lutte (palè) est un sport très ancien que tout Grec pratique dès qu’il
atteint les sept ans. Le classement est déterminé par l’âge et non par le
poids des participants. Le tirage au sort forme les paires : chaque concur-
rent prend un jeton portant une lettre, ceux qui ont la même lettre
combattent ensemble. L’affrontement a lieu debout, les lutteurs se Ligne de départ du stade de Delphes (haut) et du stade d’Olympie (bas).
précipitant tête contre tête dans le skamma, aire de combat délimitée Les athlètes plaçaient leurs pieds sur les rainures.
par une simple ligne marquée au sol. La victoire est obtenue lorsque Les mortaises marquent l’emplacement des piquets qui les séparaient.
l’un des adversaires renonce en levant un doigt, ou bien quand l’un des
deux combattants fait tomber trois fois son rival en lui faisant toucher
le sol du dos ou des épaules.
Le pugilat (pygmè), la plus rude des trois disciplines, apparaît à la 23e
olympiade, en 688 av. J.-C. Onomastos de Smyrne, le premier vain-
queur, en aurait codifié les règles. Le corps à corps est interdit et les
combattants visent surtout la tête. Pour assurer la solidité de leurs
poignets, les pugilistes, entourent leurs poings et leurs avant-bras de
longues lanières de cuir, les himantes. Elles mesurent trois à cinq mè-
tres de long, enserrent les doigts à l’exception du pouce et s’attachent
au milieu de l’avant-bras. Ce sport devient de plus en plus violent
lorsque, à partir du IVe siècle, une bande de cuir tranchante est ajoutée
par-dessus les jointures. L’engagement n’est pas limité dans le temps,
il peut cependant être arrêté pour soigner une blessure ou prendre un
moment de repos. Il se poursuit jusqu’à la mise hors de combat ou
l’abandon. Si l’issue demeure incertaine, les arbitres ont recours à la
klimax : à tour de rôle, chaque concurrent doit frapper son adversaire
sans qu’il puisse parer les coups.
Le pancrace (pankration), apparu à la 33e olympiade, est une combinai-
son de la lutte et du pugilat. Les athlètes combattent à poings nus,
se servent de leurs pieds pour frapper et les affrontements peuvent se
dérouler au sol. Pratiquement tous les coups sont permis, seuls sont

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Veux-tu chanter les Jeux, ô mon âme ?
Ne cherche pas, au ciel désert
quand le jour brille,
un astre plus ardent
que le Soleil,
et n’espère pas célébrer une lice plus glorieuse
qu’Olympie !

Pindare, 776 av. J.-C.
1re Ode Olympique

Scène imaginaire avec Pindare. Dessin de Corwin Knapp Linson, 1896.

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D’OLYMPIE
À ATHÈNES

Photographie anonyme, 1904.
Ce fut une sensation rare, cette première entrée au Pirée, une nuit de novembre. J’ose à peine en décrire
le charme subtil et imprévu. La mer sommeillait déserte, une clarté diffuse traînait sur les eaux. Nous
suivions le rivage indécis derrière lequel se profilait, vers le nord, une masse sombre ayant à sa base une
sorte de nébuleuse ; c’était le mont Hymette et les lumières d’Athènes. […]
Le lendemain, sur la route poussiéreuse qui monte vers Athènes, l’impression fut toute autre : il me
sembla que je débarquais dans un pays neuf ; des souvenirs d’Amérique traversèrent mon esprit. C’est
bien ainsi qu’on installe dans les campagnes yankees : ce bois mal équarri, ces barrières mal peintes, ces
chemins improvisés, cette sorte de hâte insouciante dans l’arrangement des choses, tout cela caractérise
les peuples jeunes, où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Et c’est merveille de songer au royal passé que
celui-ci traîne avec lui. (…)
L’homme du Nord se plaint volontiers de la méfiance que lui témoignent les Hellènes, même quand il
vient vers eux avec des paroles de miel et des présents dans les mains. Ah ! comme je leur pardonne. Leur
génie incompris, leurs ambitions ridiculisées, leurs efforts paralysés, leur existence nationale elle-même
contestée, voilà le prix que l’Occident leur a fait payer un maussade appui donné à des revendications
légitimes entre toutes. About, le triste About, a livré d’eux au monde un portrait odieusement travesti et
un savant allemand, Fallmerayer, a tenté de prouver que pas une goutte de vrai sang grec ne coulait dans
leurs vaines.

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En arrivant au Pirée. Photographie anonyme, 1904

Est-ce donc un mirage, cette ressemblance avec les ancêtres qu’on note à tout moment ? L’imagination
peut-elle jamais modifier les lois de l’hérédité, et depuis quand les parvenus qui s’achètent des titres de
noblesse revêtent-ils les vertus et les défauts de ceux qui les portaient jadis, au temps des croisades ?
Allez par les rues et les carrefours ; regardez et écoutez, et dites-moi si ce n’est pas la vieille Athènes qui
revit après vingt siècles : démocratique comme au temps où elle secouait la tyrannie des Pisistratides,
mobile comme au jour où elle condamnait Miltiade après l’avoir exalté, toujours divisée par la politique
et les rivalités, toujours unie par l’art, la religion et le patriotisme ? Oui, c’est bien la même Athènes qui
s’éprit d’Alcibiade pour ses élégantes excentricités et se dégoûta d’Aristide parce que sa vertu l’ennuya ;
qui envoyait ses fils s’enrichir au loin par le commerce, fonder des colonies sur les rives de la Méditerranée
et du Pont-Euxin, et les conviait ensuite à le revêtir de marbre et d’or, tour à tour coquette et farouche,
héroïque et joyeuse, femme et déesse !

Pierre de Coubertin, 1894

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Je proclame l’ouverture des premiers Jeux Olympiques internationaux à Athènes.
Des milliers d’acclamations répondent de tous côtés à ces paroles du Roi.
Dès que le silence se rétablit, toutes les musiques se réunissent au centre de l’arène et se complètent
par l’adjonction de nombreux instruments à cordes et par une foule de chanteurs. M. Spyridion Samaras,
maëstro Hellène, prend la direction de cet immense orchestre. Le comité des Jeux Olympiques avait chargé le
compositeur Samaras de mettre en musique la cantate des Jeux Olympiques que le poète
Costis Palamas avait, sur la demande du même comité, composé à cette occasion.
Voici les paroles de cette cantate :
« Immortel Génie de l’antiquité, Père du vrai, du beau et du bien, descends, apparais et illumine-nous
de tes rayons, sur cette terre et sous ce ciel témoins de ta gloire.
Brille dans l’élan de ces nobles Jeux : dans la course, la lutte et le disque, agite des couronnes
immarcescibles et ranime, à ta lumière des poitrines d’acier ! A ta lumière, les plaines, les montagnes
et les mers s’illuminent et forment comme un immense temple aux clartés vermeilles, dans lequel accourent
tous les peuples, tes adorateurs, ô toi, immortel Génie de l’antiquité ! »

Ch. Anninos, 25 mars 1896

Photograhpies contemporaires

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Les triomphes des « barbares » dans les concours olympiques sont en général très galamment acceptés par
l’assistance. A l’entrée du Stade, bien en vue, il y a un mât au pied duquel on affiche, après chaque épreuve, le
numéro d’ordre du vainqueur, tandis qu’au sommet monte le drapeau de son pays. C’est une idée ingénieuse
qui résume et souligne le caractère international des Jeux. On a vu flotter tour à tour à cette place d’honneur
les couleurs des grandes nations européennes ; mais ce qu’on a vu le plus souvent, c’est le joyeux pavillon
étoilé des États-Unis. C’était justice ; car les Américains furent les premiers à s’éprendre de notre œuvre et
les seuls à ne jamais douter de sa réussite. Les deux équipes qu’ils ont envoyées ont marqué, dès l’abord,
leur valeur athlétique, et surtout la supériorité de leur entraînement. Déjà les Athéniens, émerveillés, criaient
au professionalisme ; ils ne pouvaient croire que ces beaux jeunes gens aux muscles si dociles fussent
des étudiants, pressés de retourner à leurs études et modestement ravis d’avoir accru le prestige de leurs
Universités.

Pierre de Coubertin, Lettres Olympiques, Athènes , 31 mars 1896

Ci-dessus, Robert Garrett de l’université de Princeton,
vainqueur aux lancers du poids et du disque.
Gravure de Corwin Knapp Linson, 1896.
A droite, Le Français Masson, vainqueur de la course vélocypèdique.
Scène imaginaire du Journal Illustré : la tour franque
visible sur l’Acropole n’existait plus, elle avait été détruite en 1875.

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Groupe d’athlètes de l’université de Princeton. Photographie : Albert Meyer, 1896.
Le saut en longueur. La lutte. Dessins de Corwin Knapp Linson.

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Représentation de l’Antigone de Sophocle dans l’hémicycle du stade pendant le Colloque international des archéologues en 1905. Photographie Jean
Hatzfeld.
Page de droite. Cérémonie lors des Jeux intermédiaires de 1906. Photographie anonyme.

Malgré les bruits qu’on avait répandus, en Grèce et dans d’autres pays, relativement aux difficultés que le voyage
et le séjour en Grèce présenteraient aux étrangers, bruits qui arrêtèrent considérablement l’affluence des visiteurs,
tous les étrangers qui accoururent aux Jeux Olympiques purent effectuer leur traversée sans la moindre difficulté
et firent à Athènes un séjour des plus agréables. C’est surtout à la commission spéciale de réception qu’est due
l’organisation des fêtes. Cette commission déploya, en effet, un zèle aussi ardent qu’intelligent ; c’est à elle que
sont dus les embellissements de la ville, l’organisation de retraites aux flambeaux et l’éclairage de la rue du Stade
et des places de la Concorde et de la Constitution au moyen d’arcs de becs de gaz, pendant les dix jours que
durèrent les Jeux. Le spectacle que présentait alors la rue du Stade, qui relie les deux places était vraiment magique
: c’était un long portique ruisselant de lumières. Les deux places de la Concorde et de la Constitution, encadrées
d’arcs lumineux, offraient également un spectacle magnifique. C’est aux efforts de la même commission qu’est
due, en grande partie, l’excellente impression que les étrangers ont rapportée relativement à l’accueil qui leur a
été fait et à l’hospitalité qu’ils ont rencontrée à Athènes. Les membres qui composaient cette commission avaient
pris soin que les champions venus de l’étranger fussent reçus, lors de leur arrivée, avec toute la pompe possible,
et avec toutes les marques pouvant leur témoigner les sentiments de joie et d’estime fraternelle dont les habitants
d’Athènes étaient animés à leur égard.

Timoléon I. Philémon, 1896

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