Au vu de la sauvagerie avec laquelle les marocains ont traité les immigrés clandestins africains recueillis aux portes de Melilla

(Russadir à l'époque punique) et de Ceuta (sebta en arabe ou septem fratres dans l'itineraire d'Antonin) les marocains sont sans aucun doute des barbares. Ce qui est arrivé _ou du moins les images qui nous en sont parvenues, fera sans aucun doute tache dans l'histoire de la tradition d'acceuil vantée par le ministère du tourisme marocain. Cela dit peut être faut il rappeler que la première caracteristique des barbares est non pas leur sauvagerie mais le fait qu'ils ne soient pas romains. A l'heure où l'europe s'est définitivement constituée en forteresse pour les flux migratoires internationaux la position des pays de la périphérie (du Maroc de l'Algérie de la Tunisie et de la Lybie pour ce qui est de la frontière sud) devient de moins en moins tenable.Des milliers de volontaires bravent quotidiennement le désert pour échouer sur la rive sud de la meditteranée ou les montagnes du caucase, le plateau d'Anatolie, les cacrpates, les Alpes dinariques, les Alpes de Transylvannie et le plateau central russe pour échouer sur sa rive nord. Pis encore, la gestion européenne des flux migratoires opérée depuis Bruxelle à un premier niveau et des différentes capitales européennes à un second niveau entre en contradiction avec les besoins des pays périphériques. Le Maroc par exemple n'impose pas de visa aux ressortissants du Mali et du Sénégal. Pour protéger la liberté de circulation dans l'espace shengen va t-il falloir qu'il impose un visa aux citoyens des pays limitrophes. Qu'en est-il alors des besoins de son économie et du développement des échanges régionnaux proné dans le cadre de toutes les politiques de développement durable? A ce stade nous en sommes au point où le cadre du débat définit par Bruxelles est essentiellement sécuritaire. L'enjeu est comme l'a souligné récemment l'ambassadeur du Maroc par exemple sur une chaine française de savoir si oui ou non l'europe va débloquer ou non une enveloppe budgetaire de l'ordre de 40 millions d'euros pour permettre au Maroc d'importer les radars et autres outils servant à la détection des immigrés clandestins en voie vers l'eldorado européen.Ce qui vaut pour le Maroc vaut bien entendu pour tous les pays qui n'ont pas ou pas encore, l'heur de bénéficier de la manne européenne. Faible enjeu pour un faux débat. La question va bien au delà en effet. Elle est de savoir dans quelle mesure il est à la charge des pays de la périphérie de protéger les frontières de l'europe, quelle part de leur budgets nationaux cette charge va représenter et quels types de compensations l'europe va leur apporter en paiement de ce service. Parce qu'il s'agit là d'un service et que nous vivons dans une société de services. En termes diplomatiques les choses ne sont bien évidemment jamais exprimées en ces termes mais la réalité il faut bien le comprendre est cynique. La gestion de l'immigration clandestine coute, parfois cher, et la pente naturelle des états quelque soit leur PIB est naturellement d'externaliser cette charge, voire de la délocaliser en lybie ou ailleurs comme l'a annoncé sans détour le gouvernement romain il y a quelques mois. Mais de là à vouloir la faire assumer entièrement aux pays de la périphérie il y a là un pas que l'histoire et l'exemple romain tout particulièrement nous invite à ne franchir qu'avec moult prudence. L'évolution actuelle et sécuritaire de l'Europe fait naturellement penser, quoique comparaison ne soit pas raison, à celle de l'empire romain depuis Hadrien. C'est en effet sous le règne de cet empereur, un sage d'entre les nations s'il en fut, que la politique expansionniste de Trajan fut abandonnée et les frontières de l'empire renforcées avec la construction du mur éponyme puis du mur d'Antonin et de Septime-severe ainsi que celle du limes germanique. Toutes fortifications qui eurent pour conséquence d'établir symetriquement et respectivement l'espace de la romanité et celui de la barbarie. Avec le temps toutefois les romains finirent par développer un mode régional de recrutement de leurs armées lesquelles occasionnellement leur posèrent m$ La fixation des unités : depuis le début du III siècle les unités restent affectées, sous forme permanente, à leur garnison coutumière; La transformation du recrutement : largement territorial au début de l'Empire, il devient régional au

cours du I siècle pour devenir local avec Hadrien : les troupes sont recrutées principalement dans le secteur géographique où elles seront appelées à servir, ce qui crée un lien très fort entre le soldat et sa région natale. Plutôt que d'«armée» en général, il vaudrait mieux parler d'«armées». De forts particularismes régionaux apparaissent lors de la crise de 193, ou en 238. Les armées répugnent à aller combattre sur un front lointain au moment même où leur province est menacée. C'est l'une des causes de l'échec de l'expédition persique de Alexandre Sévère. À l'inverse, la présence de contingents orientaux dans l'armée du Rhin se révèle source de problèmes. Animula vagula blandula, Hospes comesque corporis, Quae nunc abibis in loca, Pallidula, rigida, nudula, Nec, ut soles, dabis iocos. Petite âme, errante, caressante, Hôtesse et compagne du corps, Qui maintenant disparais dans des lieux, Livides, dénudés, figés, Tu ne pourras plus, selon ton habitude, T'abandonner à tes jeux. Tu ne m'aimes guère, dira Hadrien à Marc-Aurèle; ton affection filiale va plutôt à Antonin; tu flaires en moi une sagesse contraire à celle que t'enseignent tes maîtres, et dans mon abandon aux sens une méthode de vie opposée à la sévérité de la tienne, et qui pourtant lui est parallèle. N'importe: il n'est pas indispensable que tu me comprennes. Il y a plus d'une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde; il n'est pas mauvais qu'elles alternent