Les 4 solutions à la Crise

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Jean Marc GOVERNATORI

Les 4 solutions à la crise

ILV-Éditions

Du même auteur : Les 3 zéros Les Solutions sont simples et réalistes J’ai trouvé 4 emplois en 2 jours 29 mai 2005, qui dit vrai ? Oui à une Constitution européenne, Non au sabotage proposé, Votons blanc Vivre c’est possible Santé Totale Politique écologique = Plein emploi préfacé par Albert Jacquard Doubler son pouvoir d’achat c’est possible préfacé par Albert Jacquard 7 milliards d’affamés insolvables ou 7 milliards de responsables sereins ?

Table des matières

LE BON DESSIN (le bon dessein) Les faits qu’on oublie Les solutions qui attendent
- Réglementation financière européenne - Réalisme financier - Responsabilité du citoyen - Ruralité

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La morale de notre Histoire

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Pour vous

LE BON DESSIN (le bon dessein)

J’ai beaucoup lu et quelques livres m’ont beaucoup touché  : «  De la maison autonome à l’économie solidaire  » de Patrick Baronnet, « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi, « Nous redeviendrons paysans » de Philippe Desbrosses et « Prendre soin du monde » de Emmanuel Desjardins. Ces ouvrages portent les solutions à toutes nos crises. Philippe dit « Qui dit qualité dit soin, qui dit soin dit temps passé, qui dit temps passé dit emplois ! »

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Les faits qu’on oublie
Ce qui suit sera audacieux sans être forcément révolutionnaire, les situations d’aujourd’hui exigent réalisme et remise en question. Mes 4 R valent bien leurs 3 A. Si vous avez pris la peine de lire mon CV au dos du livre, vous comprendrez la pertinence de mes propositions. Je vais vous démontrer dans ces quelques pages que les comportements de la plupart d’entre nous sont dangereux, que cette Crise d’une ampleur jamais vue, on l’a fabriquée de toutes pièces, que chacun de nous, chaque personne que nous aimons seront touchés de plus en plus gravement si on continue de choisir d’être sourd et aveugle alors que les solutions sont à portée de mains et de conscience. La FAO (Food and Agriculture Organization) nous alerte sur la crise alimentaire mondiale qui s’affirme, le Conseil Mondial de l’Eau nous alerte sur la raréfaction et les pollutions des eaux susceptibles de devenir les fléaux majeurs, le FMI et la Banque mondiale nous alertent sur le chaos financier qui se prépare, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) nous alerte sur la crise climatique aux conséquences incalculables, l’OMS nous alerte sur la résistance jamais vue des nouveaux virus, l’ONU nous alerte sur la situation dramatique des écosystèmes marins et terrestres, l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) nous alerte sur la prolifération du nucléaire militaire, les médias nous alertent sur le mouvement des Indignés qui se propage et les souffrances des miséreux qui s’accroissent, et Interpol nous alerte sur les risques terroristes omniprésents. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas ! 13

On peut qualifier de «civilisée» une collectivité humaine lorsque ceux qui sont en situation de faiblesse sont respectés, lorsque les minorités sont entendues, lorsque la démocratie s’est affirmée, lorsque les plus pauvres mangent sainement et vivent dignement, lorsqu’on sait préserver sa santé et qu’on le fait, lorsqu’on aime, mange, parle et travaille en conscience, lorsque les différences sont perçues comme des avantages et non des inconvénients, lorsque les conflits sont rares, lorsque bienveillance, coopération, respect et responsabilité sont les maîtres-mots, lorsque les fonds publics et privés respirent la santé, lorsque le bienêtre durable remplace la consommation comme finalité quotidienne de l’espèce humaine, lorsque les éléments de la Nature s’épanouissent, lorsque l’animal et le végétal ne subissent pas les folies humaines… A la base, les climats des régions où nous habitons sont souvent cléments, les terres fertiles, l’air respirable, l’eau potable, nous portons des expériences millénaires et avons acquis des connaissances techniques impressionnantes. Mais si on ne remédie pas aux causes des problèmes, nous préparons au mieux de graves souffrances pour tous (7 milliards d’affamés insolvables), au pire, notre extinction. Pourtant, faire autrement et connaître la paix, c’est possible. La conscience collective, fruit de multiples expériences, empêche une guerre militaire mondiale, mais nous sommes au coeur de la plus grande Crise de tous les temps. Elle est alimentaire, climatique, écologique, économique, énergétique, démocratique, financière, intellectuelle, politique, relationnelle, sanitaire, sécuritaire, sociale (emploi et logement), scientifique et spirituelle. C’est aussi une crise de confiance et de conscience. La guerre mondiale est commerciale, financière, informatique et monétaire. 14

Et nous, nous préparons allègrement une finale présidentielle des plus conventionnelles, Hollande-Sarkozy, le premier avec le soutien des Verts, le second avec celui des centristes !! Comme le FN, le Modem, le PS ou l’UMP, Eva Joly veut surtout une « République propre ». L’ambition des Verts est vraiment modeste ! Nicolas Hulot, le plus connu et le plus expérimenté des écologistes, fait du bateau avec sa famille ! Barack Obama, l’homme le plus puissant du monde, fabrique sans cesse des milliards de dollars avec sa planche à billets pour remplir son tonneau sans fond. On donne la parole aux mêmes candidats, aux mêmes partis avec les mêmes projets et les mêmes erreurs. On n’est pas apprécié selon sa compétence, mais selon son nombre «  d’heures de passages télé » ! Ce qui se dit et ce qui se fait au cœur de ces crises est ahurissant. Cette insistance à vouloir ignorer les faits, la réalité, confirmeraitelle la pensée de certains analystes qui affirment que notre espèce est folle ? Nos impressionnantes découvertes, le génie humain parfois évident, ne contredisent pas cette inquiétude. Le qualificatif «  Homo sapiens  » qui signifie en latin, intelligent, sage, raisonnable, prudent, remonte à l’année 1758, et ne correspond pas à ce que fait l’humanité. Les situations pathétiques du foyer de la Démocratie (Grèce), du foyer de l’Humanité (Afrique), du foyer des «civilisations» (Iran-Irak) et du foyer du libéralisme (Occident), sont symptomatiques. Nous avons autosaboté nos racines. Pour sortir durablement de cette Crise qui touche directement la majorité des habitants de notre planète, de notre continent et de notre pays, qui concerne non seulement les générations d’aujourd’hui et de 15

demain, mais aussi les habitants animaux et végétaux de notre Terre, faire un bon diagnostic est indispensable : Les causes des maux d’hier et d’aujourd’hui, comme de la remise en question de notre survie de demain, sont les modes de vie et de pensée. Par conséquent, des mesures conventionnelles seront insuffisantes ou sans effet, et même contre-productives. La décote de la dette grecque, une garantie de x milliers de milliards d’euros pour les pays les plus fragiles, les Eurobonds (mutualisation des dettes européennes), la recapitalisation des banques ou le Fond européen de stabilité financière ne résolvent pas les causes des problèmes. Les mesures actuelles anti-déficits et anti-dettes sont dérisoires par rapports aux défis. Par exemple, on espère «  apporter  » 11 milliards à notre budget, alors que le déficit annuel est de 100 milliards d’euros ! On parle de réduire les déficits alors que réduire un déficit, c’est encore accroître la dette. Les déficits d’épanouissement personnels, relationnels, écologiques sont au moins aussi grands que les déficits financiers. La santé des êtres est tristement comparable à la santé des comptes. Au gré de « l’actualité », les médias et les populations se concentrent sur le problème des forages du pétrole en haute mer (le désastre de l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater, en avril 2010), les risques de l’énergie nucléaire, les problèmes du logement, celui des suicides, des mensonges sur les vaccins et médicaments… Ces temps-ci reviennent souvent les inquiétudes sur l’endettement et les déficits financiers. Mais « l’actualité » ne fait pas la réalité des problèmes. Ils existent tous. Ils ont les particularités, d’une part, d’être incompatibles avec notre bien-être durable, et d’autre part, d’être solubles malgré les apparences. 16

Administrés et gouvernants en portent les responsabilités, donc les solutions. Revenons sur des faits : - L’Histoire montre que les humains ont plus souffert à cause d’autres êtres humains, qu’à cause de catastrophes naturelles. - L’Humanité a connu des changements significatifs par le dépassement du conventionnel avec par exemple, Moïse, Socrate, Bouddha, Hippocrate, Jésus Christ, Mahomet, Christophe Colomb, Vésale, Copernic, Galilée, Newton, Faraday, Darwin, Edison, Einstein, Martin Luther King, Nelson Mandela… Ils affirmaient des vérités contraires à la pensée ambiante d’une époque donnée et furent souvent considérés comme des hérétiques. - La majorité de l’Humanité subit les dégâts causés par une minorité. La Crise financière actuelle en est un exemple éclatant  : quelques spéculateurs sabotent la planète et ses habitants. - Voilà 2000 ans, Virgile évoquait déjà « l’exécrable soif de l’or ». - En 1797, la planche à billets (avec les fameux assignats) est brûlée. - Voilà des siècles que des experts supposés nous parlent de « modèles économiques ». Aucun n’a fonctionné. - Depuis 200 ans le monde a connu une vingtaine de crises financières significatives. Mais celle d’aujourd’hui est multiforme. - La Crise, les crises comme toutes maladies sont les fruits d’un processus. - Un effort reporté est toujours plus coûteux. - Les politiques présentent toujours les impôts qu’ils créent comme temporaires (IRPP en 1914). 17

- Les taux bas américains des années 2000 décidés par Alan Greenspan, patron de la Banque centrale US, ont créé un excès d’endettement, un excès de liquidités, et contribué à la Crise financière d’aujourd’hui. La cause directe de la fameuse crise des Subprimes de 2008, ce sont les taux bas et variables consentis à des ménages américains désargentés, qui ont suscité leur endettement. - Fin 2001, l’Argentine connaît un grave défaut de paiement (50 % de la population est pauvre et 25 % est au chômage) : elle s’en sortira par la dévaluation, la hausse des prix des matières premières, la bonne santé de son voisin brésilien et l’abandon des ¾ de sa dette par les créanciers. - L’Islande, jusqu’alors considéré comme pays performant puisque en croissance, connaît l’impasse financière en 2008. En mars 2010, sa population refuse le diktat du monde financier, par référendum. - Le monde et la France vivent une maladie chronique : le déficit. - Déficits alimentaires, d’activités, de bien être, écologique, de finances, de santé, de sécurité, de Sens, d’amour, déficit spirituel… - Ses habitants humains en vivent une autre  : la maladie mentale qui prend les formes d’amnésie, d’autisme, d’aveuglements, de cruautés, d’égo malade, d’illusions paranoïaques, de mégalomanie, et de violences… La violence sans précédent infligée aux autres formes de vie et à la planète est un aspect du dysfonctionnement collectif de l’esprit humain, comme la destruction des forêts qui produisent de l’oxygène ou des terres qui produisent l’alimentation, ou encore des pollutions des eaux dont dépend la Vie. Les violences entre humains sont aussi choquantes, sinon pitoyables. 18

- Les experts du Comité de la Sécurité alimentaire (CSA) demandent aux gouvernements la suppression des objectifs de consommation de agrocarburants ainsi que des subventions et des tarifs douaniers relatifs à leur production et à leur transformation, après avoir constaté que les biocarburants jouaient un «  rôle majeur  » dans le détournement des productions alimentaires vers le secteur de l’énergie. Concernant les achats de terres, seulement 20 % des investissements ont donné lieu à une production agricole sur les terres acquises. - La chimie, la croissance économique, les énergies fossiles, l’indigence politique, les multinationales, le productivisme, le sucre, la viande, tuent davantage et/ou créent plus de souffrances que les terroristes et les cataclysmes naturels. On s’en aperçoit lorsqu’on sort la tête du terrier. - On a réduit les risques de crashs d’avions ou d’explosions d’usines, mais pas les risques écologiques et financiers, beaucoup plus dangereux. - Comme l’énergie nucléaire qui viole l’atome, comme l’OGM qui viole les espèces, comme l’informatique qui abolit l’espace et le temps, nous commettons un sacrilège contre les règles de la Nature : défaut de coopération, irrespect du temps, irresponsabilité et goût de la complexité. - Les causes profondes de la Crise financière sont le rapport à l’argent, le rapport au temps, le sens de sa responsabilité et le rôle de l’ego. Vouloir faire «  pousser  » très vite des tomates, un poulet, un compte en banque ou une entreprise, conduit tôt ou tard à des problèmes. - Théoriciens des probabilités, rois des mathématiques, docteurs en algèbre, programmateurs informatiques, ces dépositaires du 19

génie humain auraient pu engager leur intelligence pour guérir ou éclairer. Ils sont devenus financiers ou informaticiens. - En 1972, le prix Nobel d’économie James Tobin suggère de taxer les transactions financières pour freiner la spéculation excessive et de court terme sur les monnaies, notamment. - 1973 est l’année du dernier équilibre budgétaire en France. C’est le premier déficit budgétaire américain (la guerre du Vietnam y contribue). - Adoption d’une loi qui interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France, oblige l’Etat à financer sa dette auprès des banques privées et des marchés financiers. Accords de Washington qui instaurent le système des changes flottants. - Le Japon avec son énorme épargne, devient le premier créancier mondial. - Le premier Sommet de la Terre a lieu à Stockholm cette annéelà sous l’égide de l’ONU. - Survient la première crise pétrolière qui interpelle les gouvernements sur cette dépendance énergétique coûteuse et dangereuse. Le baril était à moins de 10 dollars avant le « choc » (plusieurs fois à 100 dollars ces derniers temps). - A partir de cette crise pétrolière, la dette publique et la dette extérieure augmentent aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens alors que l’Allemagne et le Japon restent en excédents extérieur et budgétaire. - Le poids des dépenses publiques françaises représente 8 points de PIB de plus qu’en Allemagne. Ce pays n’est pourtant pas sous-administré. - La dépense publique en France est de 56 % soit 10% de plus que la moyenne européenne. 20

- En France, 1 % des fonctionnaires perçoit 10 % des revenus des fonctionnaires (les copains des élus et les anciens élus) - Les dépenses dépassent les recettes de plus de 30 % : un déficit intenable pour n’importe quel citoyen ou n’importe quelle entreprise. - Le remboursement des intérêts de la dette sera en 2012 le premier poste de dépenses de notre pays (50 milliards). Notre budget serait quand même déficitaire même sans intérêts à payer, l’Italie non par exemple. - Une hausse de 1 % de l’ensemble des taux d’intérêts se traduirait par une hausse de la charge de la dette de 2 milliards la première année, mais cet impact croîtrait au fur et à mesure du renouvellement du stock de dette à moyen et long terme, et atteindrait près de 4 milliards la deuxième année pour aller jusqu’à 14 milliards au bout de dix ans. - La dette de la France atteint 1700 milliards d’euros (dont 1340 milliards pour l’Etat à fin juin 2011, 190 milliards pour les administrations de sécurité sociale, 154 milliards pour les administration publiques locales, 11 milliards pour les organismes divers d’administration centrale). - 60 % de notre dette est détenue par des investisseurs étrangers (le Japon et l’Italie sont mieux lotis de ce point de vue là). - Voilà 40 ans, le chômage en France était de 3% et la population active agricole représentait plus de 10 % de la masse des travailleurs. Aujourd’hui, c’est l’inverse. - Notre pays comptait 3,3 millions de chômeurs en 2006. Plus de 4 millions aujourd’hui (catégories A, B, C, D). - Les prélèvements sociaux sur l’épargne ne dépassaient pas 0,5 % en 1996. Ils étaient de 10 % en 1998. Depuis 2007, ils ont été relevés de 2,5 points. 21

- Le poids annuel des dépenses sociales représente 500 milliards d’euros. - La moitié des prélèvements obligatoires subie par les entreprises et les citoyens est due aux prélèvements de Sécurité Sociale. - En 1960, il y avait 4 cotisants pour un retraité, aujourd’hui, moins de 2. L’espérance de vie a augmenté de 20 ans. Promettre un nombre d’annuités de cotisations inchangé pour plaire au plus grand nombre, est une démagogie suicidaire pour tous. - Le total des dépenses sociales publiques est en moyenne de 20 % dans l’OCDE, 30 % en France et en Suède, 27 % en Allemagne et 16 % aux Etats-Unis. - Le rapport sur l’état social de la France publié à l’occasion des 20 ans de l’Association Odissée, montre qu’il n’y a pas de véritable performance économique sans cohésion sociale. - L’INSEE remarque que comme en 1990, 13 % des bébés naissent en France dans des familles vivant sous le seuil de pauvreté et qu’une partie d’entre elles font le choix de donner le plus vite possible du lait de vache à leur enfant, faute de moyens. Ils sont pourtant privilégiés par rapport à des milliards de personnes. - En 2009, 3,5 millions de ménages vivent dans la précarité énergétique : en moyenne, ils consacrent 15 % de leur revenu à l’énergie (contre 6 % pour les plus aisés). - Notre pays compte environ 8 millions d’obèses et plus de 3 millions de personnes qui ont recours à l’aide alimentaire. - Des protestations contre le monde de la finance ont été organisées par les « Indignés » dans 951 villes de 82 pays, en octobre 2011. - Un milliard d’humains sous alimentés, 7 milliards malnutris, 2 milliards ont des difficultés d’accès à l’eau, des milliards 22

consomment une eau de plus en plus impropre. - La moitié de la production planétaire des céréales est destinée aux animaux. - Près d’un tiers des Français (29 %) ont dû renoncer à se soigner ou reporter des soins, faute de moyens, ces derniers mois. - Au Royaume Uni, 60 hôpitaux sont en situation de faillite. - Dans le monde, 1 personne sur 4 aura besoin de soins de santé mentale dans sa vie (OMS). - La première dépense de l’Occident et de la France est le coût de la mauvaise santé : 200 milliards en France. - L’information ci-dessus confirme que tout est lié : on ne peut pas pratiquer une bonne politique financière sans bonne politique de Santé (décrite plus loin). Mais on ne peut pas faire une bonne politique de Santé sans bonne politique agricole. De même, une mauvaise éducation compliquera toutes les décisions. - Chaque semaine 200 fermes en moyenne disparaissent. La plupart de nos aliments ont parcouru des milliers de kilomètres avant de rejoindre nos assiettes. Les grandes villes françaises disposent de 3 ou 4 jours de stocks alimentaires. - En 10 ans, la superficie occupée par les villes a augmenté de près de 20 %. Autant de nature en moins. - Chaque décennie, à cause des constructions, la France perd l’équivalent de la superficie d’un département de terres cultivables. - 95 % de la population française vit sous l’influence des villes, soit dans 792 aires urbaines. Les 5 % restant vivent dans 7 400 communes rurales ou petites villes. - Notre pays est parsemé de 32 000 communes de moins de 2000 habitants. 23

- Les plus grosses bombes à retardement sont le nucléaire, l’occidentalisation de l’Asie, les pollutions des eaux et l’urbanisation. - On dénombre 30 millions d’hectares en terres agricoles et pâturages (France). Moins de 3 % sont en bio donc 97 % souffrent des produits chimiques et autres… - Les prix des matières premières évoluent sans aucun lien avec l’économie réelle, et les transactions financières sur ces matières représentent de 100 fois à 1000 fois les besoins de l’économie réelle. Il y a beaucoup d’économies à faire pour autant qu’il y ait une coopération interétatique réelle et que les gouvernements aient le courage de mettre au pas les lobbies. - 60 % des échanges financiers concernant les actions sont pure spéculation financière. - Les grands groupes qui détruisent des emplois en France, paient deux fois moins d’impôts que les PME (Conseil des Impôts). Même constat pour les particuliers riches. - Depuis longtemps, les conflits sociaux nationaux sont éteints avec des « chèques » spéciaux ! Des chèques sans provision, car finalement approvisionnés par les fuites en avant de la dette, du déficit, de l’emprunt et de l’impôt !! Les entreprises, victimes de pillages fiscaux, augmentent leurs prix pour compenser, et le cercle vicieux reprend. - Les 2,6 millions de PME (dont 1 million d’entreprises artisanales) recensées en France emploient 54 % des actifs. Près de 10 % d’entre elles pratiquent l’Economie sociale et solidaire. - La loi Royer de 1973 devait compliquer l’ouverture de grandes surfaces : depuis, 1 à 3 millions de m2 de nouvelles grandes surfaces se créent chaque année ! 24

- Les pollutions financières et écologiques que subissent la France et ses habitants sont inquiétantes. Les pollutions lointaines le sont autant : le Gange, fleuve sacré, est devenu une poubelle. La Chine veut 60 EPR ! La faillite d’un pays aurait des conséquences économiques et sociales imprévisibles. - - Une des causes des problèmes financiers des ménages américains, espagnols et japonais sont d’une part des taux très bas, d’autre part les taux variables, qui ont incité à l’endettement des ménages miséreux. - Même si la France n’a plus son triple A, elle a encore des taux d’intérêts acceptables comme l’Allemagne et 17 autres pays, selon S &P (Standard & Poor’s). Elle emprunte sur dix ans à environ 3 % (ces taux changent régulièrement selon la qualité de la signature et les tensions sur le marché). Les Etats-Unis, notés AA+ (bonne qualité d’investissement), empruntaient à 1,9 % au début du mois. Un taux d’intérêt moins élevé que celui des pays mieux notés car d’autres critères entrent en ligne de compte, comme l’inquiétude des marchés vis-à-vis de la zone euro. L’Italie est notée A (qualité moyenne) : elle emprunte sur dix ans à 6 %. La Grèce est notée CCC (très spéculatif ) : elle est considérée comme au bord de la faillite. Elle emprunte à plus de 15 % (août 2011). - Il devient très difficile pour les banques italiennes et espagnoles d’attirer des dépôts bancaires ou des financements interbancaires. - La Grèce est insolvable. On peut lui imposer la plus sévère austérité, vérifier que les impôts dus sont payés, que les licenciements annoncés ont lieu, que les secteurs protégés sont libéralisés, rien n’y fera ! Le cas de nos amis grecs est tristement intéressant. Ils sont entrés dans l’euro avec de faux comptes, l’économie souterraine est encore plus forte qu’en 25

Italie (encore un pays en difficulté, comme par hasard) et on veut résoudre leurs problèmes avec des prêts, des cautions, la planche à billets ou le retour à leur monnaie, le drachme. Cela leur permettrait de dévaluer, leur endettement y compris, mais ne ferait que repousser le problème. Si vous attrapez la grippe car vous aimez marcher pieds nus, l’hiver sous la pluie, peu vêtu, la meilleure médecine ne résoudra pas durablement votre problème. C’est mieux de cesser cette pratique, même avec un bon système immunitaire. Remonter aux causes est indispensable en Economie aussi. - Pratiquer un financement permanent et factice (planche à billets, diminution par 2 de la dette…) de pays non compétitifs alors qu’ils veulent continuer la compétition internationale est un emplâtre sur une jambe de bois. - Forcer des économies à converger dans les domaines fiscaux et sociaux peut s’avérer désastreux. Chaque pays a son Histoire et sa Culture. - Pour qu’un pays surendetté évite le défaut de paiement, il faut rallonger son délai de remboursement et qu’il sorte du déficit. Le Système doit lui consentir un taux d’intérêt bas, pas assassin et un endettement encadré ; faire chavirer « la barque » n’est « l’intérêt » de personne. Mais c’est surtout dans les 4 R qui suivent que la Crise trouvera une solution durable. - Les dictons «  Quand le bâtiment va, tout va  » ou «  Quand la croissance est là, tout va », ont eu des conséquences désastreuses. La bon dicton est «  Quand l‘agriculture, le petit commerce de proximité, l’artisanat, la Santé vont, c’est bon ». - L’Occident mobilise des milliers de milliards pour sortir de la Crise, dix fois moins auraient suffi pour résoudre les problèmes de la faim dans le monde. 26

- L’année 2012 sera particulière : outre ces crises jamais vues, les plus influents pays de la planète peuvent ou vont changer leurs principaux dirigeants politiques : l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France, la Russie… Le «  capitalisme total  » condamné par un maître du monde bancaire, Jean Peyrelevade, pollue tout  : l’écosystème comme la mondialisation, la légitime volonté d’entreprendre comme la légitime volonté de rêver. Tous ces problèmes ont été pourtant conçus en période de « paix » et de croissance économique. Un plan d’économies se pratique dans un cadre beaucoup plus vaste qu’une simple diminution de quelques dépenses publiques et l’accroissement de quelques impôts. C’est facile d’augmenter la dépense publique et l’impôt et l’emprunt et le déficit. N’importe quel incompétent peut le faire ! Mais la baisse du déficit doit passer par la baisse des dépenses plutôt que par la hausse des impôts. Sauf ceux des riches. 120 000 E annuels est un revenu de riche. Evaluer chaque euro public dépensé, chaque niche et chaque subvention est indispensable. On peut agir sur les dépenses de fonctionnement, les dépenses évitables, les fraudes et les gaspillages. La véritable règle d’or, c’est celle qui diminue la dépense publique, pas seulement le déficit. Les Eurobonds ne règleront pas tout. Il ne suffit pas de signer un traité pour respecter les ratios. Pourquoi alors ne pas avoir tenu les 3 % réclamés par l’Union européenne ?! Et la règle d’argent, c’est que toute économie doit servir à réduire les déficits. Le politique en quête d’élection ou de réélection, qui clame que 27

la moitié des marges ira à l’emploi, l’éducation, la recherche et la sécurité, l’autre moitié à la réduction des déficits, est un affreux démagogue (comme celui qui vous dit qu’il va supprimer toutes les niches fiscales, sous prétexte d’économies. Certaines, qui incitent à l’embauche, sont à conserver. Il y a des « économies » coûteuses). Vous avez vu les chiffres ! A ce stade, on ne joue plus ! Voilà des décennies qu’ils nous affirment, avant l’élection, qu’ils vont s’occuper de l’emploi et de la sécurité… 10 000 crimes et délits recensés chaque jour en France. Ceux qui regrettent l’indépendance de la Banque centrale européenne par rapport aux politiciens ou la non maîtrise de la création monétaire par l’Etat, oublient les résultats désastreux des élus. Il s’agit aussi de bien garantir que les banquiers centraux soient constitutionnellement protégés des élus du peuple qui risqueraient par démagogie dépensière de sacrifier encore plus l’avenir, l’emploi, la monnaie et les prix, à leur réélection. C’est trop facile pour un gouvernement d’imprimer des billets, et par conséquent de ne pas résoudre les causes des problèmes. Les Etats-Unis et le Royaume Uni battent «  monnaie  », ils ont au moins autant de problèmes que nous. Les problèmes ce sont les mentalités et le productivisme. L’indépendance de la BCE est un garde-fou, mais sa politique économique menée est malsaine. La réponse invariable de la BCE au problème du chômage et d’une croissance faiblarde, a été de demander davantage de flexibilité des prix et des salaires, davantage de mobilité de main-d’œuvre. Si cette recherche obstinée de flexibilité qui constitue le cœur des politiques économiques occidentales, avait permis de résoudre le problème du chômage, on l’aurait constaté. Le nouveau dirigeant de notre BCE, Mario Draghi, ancien cadre de la Goldman Sachs et gouverneur de la Banque d’Italie, n’est pas forcément la meilleure nouvelle possible… 28

Nous arrivons aujourd’hui au bout d’un modèle de croissance qui reposait sur l’endettement croissant des Etats et des personnes. Le système économique mondial exige la croissance économique mais le développement matériel est un monstre car c’est un dictateur qui se veut sans fin. Il est insoutenable. C’est le Pire C.D.D. car le système mondial actuel est marqué par 4 caractéristiques  : Pillages, Compétitions, Délocalisations, Dérégulations. Cette obsession croissantielle conduit à abandonner la planète et ses habitants animaux, humains et végétaux, à des entreprises de plus en plus impersonnelles. Cette option est suicidaire. Elle implique une course à la taille qui oscille entre pathétique et tragique. C’est une forme de psychopathie. Avec le choix de la dépendance à la croissance, lorsque l’Europe est en récession, ses partenaires subissent l’impact, comme l’Afrique du Nord, par exemple. La course à la consommation, aux crédits, aux profits et à la performance, sabote les comptes financiers mais aussi notre unique maison la Terre, crée des maladies donc du mal-être et un coût sanitaire exorbitant. Il sabote aussi les relations humaines. Notre système actuel délocalise des emplois pour avoir les moindres coûts mais réduit donc le potentiel d’achat des habitants du pays « développé ». Il crée des déficits qui impliquent l’austérité, donc contrarie la croissance, décime les acteurs économiques donc la concurrence, donc limite les besoins en personnel, compresse les salaires et permet finalement de vendre plus cher. Mais moins de salaire, c’est moins de pouvoir d’achat, donc moins de croissance. Pourtant, il y a une volonté de prix bas pour tuer la concurrence mais 29

des prix bas, c’est moins de rentabilité à un moment donné, une pression permanente sur la qualité, les prix, les fournisseurs et les salaires. Donc impact sur la consommation, l’emploi, l’environnement et la santé mentale et physique. La Bourse est un pilier de la (leur) croissance (et réciproquement), mais la psychologie boursière est sensible aux rumeurs, aux profits rapides, à l’instinct grégaire, aux émotions….. donc elle sabote la croissance qu’elle exige pourtant ! Par souci de performance et d’économies, on technologise, on robotise, donc moins d’emplois, donc moins de consommation, donc moins de croissance. Pour alimenter ladite croissance, on a recours au crédit, donc trop d’endettement, donc faillites, donc moins de consommation, donc moins de croissance. Pour garantir un matelas de croissance, on fait du social, donc on distribue des fonds ici et là, donc on déresponsabilise, donc le coût du social explose, avec les déficits et le mal-être… En outre, le « social » à tout va, hausse le coût de l’embauche donc contribue au chômage, donc fait baisser la consommation. La préoccupation de croissance est liée à l’obsession du profit rapide, et cela contribue à la spéculation. Ajoutez-y la surconsommation, et les prix des matières premières grimpent. La croissance augmente donc les prix, fait ainsi baisser le pouvoir d’achat, donc la consommation, donc… la croissance ! Aux Etats-Unis et ailleurs, la crise incite de nombreux chômeurs à devenir travailleurs indépendants. Cela permet parfois à leur ancien employeur de les recruter à moindre coût et de les quitter plus facilement. Mais cela réduit le pouvoir d’achat, donc alimente la crise économique… Tout cela, compte tenu du système actuel… 30

Les avantages magnifiques de cette Crise multiforme sont qu’elle nous oblige à réinventer les politiques éducative, économique, sociale, financière, écologique, sanitaire. Revoir le rôle des banques. Réinventer aussi la Démocratie et le rôle des citoyens (c’est pour nous de l’écologie démocratique). Elle nous fait réfléchir comment faire progresser l’Europe vers l’unité politique avec un exécutif et un Parlement dotés tous deux de responsabilités étendues. Le désastre apparent que vit la Grèce peut être une « chance » pour ce berceau de la démocratie. Pourtant, les évènements d’aujourd’hui peuvent accroître les divisions et le chaos. On va voir comment aller vers l’Union. Le sous-titre de ce livre énonce « Résoudre la Crise, c’est possible », voici le détail de mes 4 R.

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Les solutions qui attendent
La spéculation financière est la cause de drames humains et écologiques, l’un allant tôt ou tard avec l’autre. Ce qui est écologiquement déraisonnable est économiquement irrationnel. Elle est très profitable pour quelques uns et permet de gros bénéfices rapides. On peut réglementer. L’Union européenne est une opportunité fabuleuse. On a fait une Europe commerciale, une Europe de la circulation des personnes, on peut faire une Europe financière qui sera profitable au plus grand nombre. L’Europe politique suivra quand les peuples et les élus nationaux seront européens. Cette Europe financière et des cours d’histoire-géographie européens pour nos enfants dans les pays à vocation européenne, affirmeront cette Europe politique. L’Europe est une zone d’activité financière autosuffisante. Elle est le premier pôle économique mondial (21 % du PIB contre 20 % pour les Etats-Unis et 17 % pour la Chine), la première destination des investissements étrangers (230 milliards d’euros contre 100 pour les EtatsUnis et moins de 80 pour la Chine), le premier marché mondial (2 378 milliards d’euros contre 1 416 pour les EtatsUnis et 2 235 pour l’Asie). Enfin, l’Europe se situe largement au premier rang mondial pour tous les indicateurs de développement humain (pauvreté, éducation, santé, espérance de vie, mortalité infantile, égalité de revenu, sécurité du cadre réglementaire et institutionnel). Elle peut adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer, comme on s’empresse 33

de le dire, la désertion des capitaux. Les impératifs de diversification sectorielle et géographique rendent compliqué aux investisseurs extra-européens de «  faire l’impasse  » sur le marché européen. Certains diront que pour faire «  redémarrer » les économies, il faut attirer l’épargne de l’extérieur. Mais d’une part, la situation actuelle fait fuir les capitaux, d’autre part ,tôt ou tard, ils seront séduits par le degré supérieur de stabilité qui y règnera une fois la réglementation mise en place… L’écologie financière est attractive ! Enfin, « redémarrer », c’est encore la course à la croissance avec les résultats qu’on sait ! Il est bien évident que par « Europe » il faut entendre ici les 27 moins le Royaume-Uni. Puisque qu’il ne veut pas revenir sur les « libertés » de la finance de marché. Il est hors zone euro et c’est très bien. La zone européenne de réglementation financière ne peut émerger qu’en cessant d’être ouverte à tous les vents de la finance, donc en envisageant certaines restrictions aux mouvements des capitaux. L’abrogation de l’article 56 du Traité européen consolidé est donc un préalable à toute réglementation financière sur une base européenne. L’industrie financière en est aujourd’hui au stade de l’industrie alimentaire du 19 ième siècle. On en mourrait faute de règles. L’Allemagne qui a tout intérêt à sauvegarder l’Europe et l’Euro (le retour à leur Mark trop fort pénaliserait ce premier exportateur mondial) sera favorable à ce qui suit. A noter que la Chine, usine du monde, a aussi intérêt à ce que le marché européen reste vivace. L’excédent commercial de la Chine avec l’Union européenne approche les 200 milliards d’euros. Cela est lié aux choix de consommations des Européens, et incite la Chine à s’inquiéter de notre devenir. 34

Voici comment nous allons construire cette zone européenne réglementée et à laquelle la France pourrait donner l’exemple et l’impulsion : - Retour de la banque à sa véritable vocation, à savoir celle d’intermédiaire capable de collecter de l’épargne dans le but d’octroyer du crédit. - Faire coexister banques publiques (au moins 2) et banques privées, en tous cas en France. - Changer le comportement des banques qui ne jouent plus leur rôle à l’égard de nos entreprises en limitant la concentration bancaire afin de permettre aux régulateurs d’exercer un contrôle effectif sur tous les établissements, sans possibilité d’être surpassés par la taille de ceux-ci. - Exiger la transparence des comptes des banques - Agir pour supprimer les paradis réglementaires en interdisant à nos banques de travailler avec. - Tenir compte des activités et de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et ce, afin de pondérer favorablement les risques pris au travers de crédits consentis à ces entreprises, et inciter les banques à les financer dans de meilleures conditions. - Inciter l’investissement dans les activités à fort contenu de travail et faiblement délocalisable (Economie Sociale et Solidaire) - Améliorer l’accès des entreprises aux financements européens dont les crédits ne sont aujourd’hui pas entièrement consommés - Permettre l’essaimage d’une monnaie complémentaire type « Sol » (fondante pour qu’elle soit ni spéculable, ni thésaurisable). - Interdire les crédits à taux variable aux particuliers 35

- Supprimer la titrisation des créances et faire la séparation claire entre banques d’affaires et banques de détail, sans financement des unes par les autres. La titrisation permet aux banques de se défaire de leurs crédits aussitôt qu’accordés, et de les vendre sous la forme de créances négociables sur des marchés. L’instrument de la titrisation est dangereux car il soustrait le comportement bancaire d’émission de crédits, donc de risques, à toute régulation prudentielle. En effet, les banques sont normalement limitées dans leur politique de crédit par les règles prudentielles qui les contraignent à réserver du capital propre à près de 10 % du total de leurs encours risqués. Mais les crédits titrisés sortent du bilan des banques : donc, interdire purement et simplement le recours à la titrisation des crédits. - Toutes les transactions sur les marchés organisés passent par l’intermédiaire d’une chambre de compensation qui est la contrepartie commune de tous les intervenants  : elle est l’acheteuse de tous les vendeurs et la vendeuse de tous les acheteurs. La chambre de compensation impose à tous les intervenants des avances de fond appelées dépôts de marge. Les exigences de fonds propres sur les produits dérivés sont ridicules. Il faut donc imposer aux chambres de compensation d’exiger des dépôts de marge beaucoup plus importants (50 %) que les quelques pourcents d’aujourd’hui. - Les banques ne sont pas les seuls acteurs de la finance. Les investisseurs, quelle que soit leur nature, doivent être soumis à ces ratios, surtout les Hedge Funds qui font de l’évasion réglementaire un élément constitutif de leur stratégie en se domiciliant dans des places financières offshore. - Rendre la rémunération des traders pleinement algébrique, c’est-à-dire susceptible de valeurs négatives ! Les traders auraient 36

ainsi à rembourser sur leurs gains passés les pertes présentes et dans les mêmes proportions. Outre la taxation à 90 % de la part des revenus qui excèdent 300 000 euros par an. - Imposer des minima de sanctions pénales individuelles aux abus de marché (incitation, complicité, tentative de manipulation et manipulation de marché). - Interdire toute transaction entre les opérateurs financiers de la zone réglementée et les entités des places offshore (les « paradis réglementaires » appelés par d’autres « paradis fiscaux »). - Imposer des limites aux intervenants sur les principales matières agricoles, énergétiques et sur les métaux pour empêcher la spéculation. Pouvoir exiger d’un intervenant qu’il divulgue sa position et, en cas de tension sur le marché, qu’il la réduise. - Si la spéculation se nourrit de flux de liquidités, dont le crédit représente une bonne part, il est clair qu’une politique monétaire laxiste contribue aux bulles financières. Mettons en place une politique monétaire dédoublée avec un taux d’intérêt bas pour refinancer les banques à hauteur de leurs concours à l’économie réelle, et un autre taux d’intérêt lourd pour les refinancer à hauteur de leurs concours à la sphère financière. - Interdire les ventes à découvert (qui consistent à emprunter un titre en pariant sur sa baisse et à le vendre sur les marchés. La vente à découvert « à nu » consiste à vendre un titre sans même l’avoir emprunté auparavant). - Dans la zone européenne réglementée, les transactions OTC seront purement et simplement interdites. Il n’est pas une transaction sur produits dérivés qui ne sera autorisée si elle ne passe par un marché organisé avec chambre de compensation, évidemment sous tutelle publique, et dans les conditions d’appel de marge conformes à la précédente proposition. 37

- Limiter l’impact informatique, en imposant un temps minimal de validité pour tout ordre entré dans le carnet d’ordres d’une Bourse avec aussi une obligation de liquidité aux utilisateurs d’algorithmes, histoire de les obliger à rester dans le marché même lorsque les conditions sont devenues adverses. - Poser clairement le principe selon lequel tous les instruments financiers standardisés et suffisamment liquides ont vocation à être négociés sur des marchés réglementaires (les Bourses) ou des MTF (plate-formes alternatives). - La liberté de circulation des capitaux entre la zone européenne réglementée et les zones non réglementées sera interdite. Les flux entrant en Europe ne seront admis que si les institutions d’où ils sont originaires sont elles-mêmes soumises de fait à ces normes européennes. - La finance privée européenne doit oublier les profits mirobolants des bulles et apprendre à se satisfaire de moins. Comme tout le monde aura à la faire. - Instaurer au niveau européen une taxe de 0.05 % sur les transactions financières - Créer une agence de notation publique européenne - Mettre en place un appareil commun statistique en matière budgétaire. - Mettre en place un nouvel indicateur de richesse dépassant le PIB, le BEV - (Bien Etre du Vivant) reposant sur 12 critères  : la part de l’agriculture bio, l’empreinte écologique et son impact sur l’animal, les résultats éducatifs, le délai des décisions de justice et le niveau de délinquance, celui des déficits et impôts, le taux d’emploi et d’activités, la part de l’économie sociale et solidaire, la qualité des logements pour tous, l’espérance de 38

vie, la fréquence des maladies, la situation des enfants, des femmes, des personnes handicapées et des personnes âgées, la pluralité des croyances, des médecines, des médias et des partis politiques. Le temps de mettre en place cette réglementation européenne, on peut réglementer nos banques, mais aussi travailler les autres solutions. Résoudre la crise financière requiert d’améliorer plusieurs facettes de la société. La seule réglementation est insuffisante, passons au réalisme. Le réalisme en matière de crise financière c’est regarder ce qui coûte et ce qui rapporte, puis en tirer les conséquences ! Pour cela, j’aborderai l’écologie fiscale, l’écologie sanitaire, l’écologie économique et sociale, l’écologie environnementale, l’écologie éducative et l’écologie relationnelle. Il est impossible d’évaluer précisément l’impact de telle ou telle mesure fiscale car les réactions du consommateur et du taxé sont imprévisibles. Le site «Pour une révolution fiscale» est très intéressant et il confirme que dans notre pays plus on est riche moins on paie en proportion ! Je rappelle que même la personne qui dépend du RSA paie beaucoup d’impôts et taxes à travers la TVA sur ses achats, en proportion de son revenu. Mettre de la morale dans l’impôt est indispensable. Les fraudes fiscales et sociales sont inquantifiables précisément, mais elles sont de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les nuits d’hôtels à plus de 10 000 euros pour nos dirigeants politiques sont criminelles. Par ailleurs, accepter que la campagne de chaque présidentiable coûte 10 millions d’euros aux contribuables alors qu’un million suffirait largement, sous prétexte que 100 millions pour 10 candidats est une goutte d’eau par rapport au déficit, est une ignominie. De même, dire qu’il ne faut pas trop taxer les richissimes car cela 39

les ferait fuir, dire que cela rapporte finalement peu, sont deux arguments insuffisants face à la nécessité d’un message fort de solidarité et de morale. Dans ce registre, des PV proportionnels à la cylindrée du véhicule seront bienvenus (c’était le cas en Italie avant Berlusconi). Les mentalités étant ce qu’elles sont, l’urgence étant ce qu’elle est, la morale et le réalisme appellent une taxation à 90 % sur la part des revenus excédant 300 000 euros annuels. Ou alors une obligation d’investissement dans des micro-projets alternatifs et non polluants. Je comprends très bien des revenus individuels très différents, mais la décence demande certaines limites (en l’occurrence 300 000 euros). L’inégalité est acceptable lorsque le moins bien loti peut se loger dignement, avoir une nourriture saine, pouvoir se déplacer et avoir accès à la culture. - Donner la capacité de sanction à la Cour des Comptes et aux Chambres des Comptes régionales avec un vrai contrôle de l’utilisation des fonds publics. - Mettre en place un mécanisme permettant d’évaluer en permanence l’efficacité des dépenses publiques. - Comparer la fiscalité et l’apport social par habitant des principaux pays, et les faire connaître aux électeurs. - Il faut aussi agir pour que l’Union européenne instaure une taxe à ses frontières, proportionnelle aux transports des produits. Mieux que démondialiser, on peut mondialiser intelligemment - Selon l’économiste Robert Bell, taxer le combustible fossile qui produit l’émission de Co2, pourrait rapporter pour l’Europe des 27, plus de 100 milliards d’euros par an, sans même prendre en compte le nucléaire !

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La planète compte 20 millions de millionnaires et 1 200 milliardaires. Ils sont désormais une centaine à avoir rejoint le mouvement lancé par Bill Gates et Warren Buffet pour offrir la moitié de leur fortune (de leur vivant ou à leur mort) à des œuvres caritatives. Mais l’humanitaire le plus efficace, c’est l’éducation à la santé et à l’autonomie, comme la réémergence de la ruralité. Par les temps qui courent, un Président devrait rassembler les plus riches pour leur demander une contribution spéciale pour investir dans des projets alternatifs. On ne pille pas leur patrimoine, on veut qu’ils investissent ailleurs qu’en Bourse ! Dans un pays comme la France, un milliard d’euros suffiraient pour activer au moins 20 000 initiatives originales. Cela représente un investissement d’un million d’euros pour les 1000 plus riches, ce qui n’ébranlera pas leur richesse. La réalisation de ces 20 000 projets susciterait des vocations, donnerait de l’énergie, stimulerait des espérances et offrirait un nouveau point de vue.

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- Une mesure forte c’est de remplacer la TVA classique par une TVA sociale et écologique dont le produit réduira les charges sur le travail (TVA réduite sur les produits de première nécessité, les produits bio, en vrac, les vélos, les produits à fort contenu de main d’oeuvre, ceux à faible consommation d’énergie…et élevée sur les produits importés, ceux emballés, ceux issus de machines, les produits à forte consommation électrique, les produits superflus, ceux de marque par exemple, ceux de luxe, la viande issue d’élevages en batterie…) 41

- Le relèvement de 1 % des taux de TVA rapporterait près de 10 milliards au budget de l’Etat. A noter que 1 % de CSG en plus, c’est aussi environ 10 milliards de plus. Donc bien insuffisant par rapport au déficit (100 milliards) mais aussi malvenu par rapport au matraquage fiscal subi par les entreprises et les particuliers. - Le gouvernement a été timide sur la taxe sur les boissons sucrées. Elle rapportera moins de 300 millions d’euros pour 2 centimes de hausse par canette. La consommation de sucre, le saccharose, est un fléau financier et sanitaire. Comme pour les cigarettes, il faut dissuader, une hausse de 10 centimes est un minimum. L’apport dépasse alors le milliard d’euros et peut améliorer la santé publique avec l’apposition obligatoire d’une mention alertant sur les dangers du sucre. Cela dit, on légalise là encore du poison. - Mettre un tarif à la pompe à essence beaucoup plus élevé pour les automobiles dont l’émission de CO2 dépasse les 150 grammes (avec un an de préavis) - Mettre en place un tarif progressif pour les gaspilleurs notoires d’eau et d’électricité après 2 alertes sans frais. Nous verrons que la meilleure source financière mobilisable c’est la réduction du coût de la maladie. Elle nous coûte 200 milliards d’euros ! Et ce n’est que le coût direct. La mauvaise santé induit beaucoup de souffrances et de lourds coûts collatéraux, par exemples une mauvaise qualité de travail ou de pénibles relations de couple… On a vu que tout est lié et par exemple, pratiquer une politique de Santé, que nous allons définir, implique de limiter largement nos actions collectives polluantes et on verra que là aussi l’économie est significative (c’est moins coûteux de conserver une eau saine que de la dépolluer). Il ne sera donc pas question de réduire les remboursements ou de mal assurer, il sera question de préserver nos santés. 42

Parler de finances, c’est donc parler de Santé. On a vu que la maladie était le premier poste de dépenses de la France. Il faut donc pratiquer une politique de Santé et plus une politique de la maladie. C’est ce que nous appelons l’écologie sanitaire. Parvenir à la Santé requiert de bons comportements individuels et des décisions collectives  : éducation à la santé, alimentation bio plutôt végétale, arrêt de l’utilisation de produits de chimie de synthèse (jouets, peintures…), respect de l’environnement, vie paisible, et coopération des médecins et des médecines. Mais aussi cesser l’expérimentation animale pour la fabrication des médicaments car l’animal n’est pas un modèle biologique fiable pour l’humain. Il existe des techniques moins coûteuses, plus fiables et qui sauvent la morale. Le cas des médicaments contre Alzheimer est intéressant : ils coûtent cher en frais de recherches, ils sont coûteux à l’achat pour les budgets maladie, et ils s’avèrent inefficaces ou plus dangereux qu’avantageux. Encore un médicament fabriqué grâce à des tests cruels sur des animaux… Au sujet des médicaments et selon le «Journal of the American Association», les traitements médicaux aux Etats-Unis constituent la troisième cause de mortalité, après les maladies cardiaques et les cancers. Ce pays dépense encore plus que nous en proportion du PIB (13%). Quand on sait l’impact des Etats-Unis sur l’économie mondiale, cette problématique sanitaire chez eux aussi et chez eux surtout, impacte donc toute la planète. L’Organisation internationale du travail constate dans son dernier rapport que les maladies professionnelles coûtent jusqu’à 3 % du PIB d’un pays et ont par conséquent une influence négative sur le pouvoir d’achat. Comment justifier des recherches si coûteuses, des systèmes médicaux si onéreux alors que la majorité des problèmes 43

de santé reposent sur nos choix de vie ? ! 95 % des maladies et décès reposent sur 6 causes évitables  : stress, sédentarité, mauvaise alimentation en qualité et quantité, alcool, tabac et environnement pollué. Je précise que l’alimentation bio a la réputation d’être chère mais j’engage mon lecteur à consulter les livres sur le sujet de France Guillain ou Lylian Legoff (une bonne idée cadeau, c’est offrir un livre pour la santé). On s’aperçoit que acheter des produits bio en vrac, c’est très accessible mais que aussi, un bol alimentaire plutôt végétal est moins coûteux qu’un bol alimentaire plutôt animal. Et surtout c’est meilleur pour la santé, pour la vitalité… Les plats préparés font peut être gagner du temps mais ils sont chers et désastreux pour la santé. Mais surtout encore, il faut comprendre que investir du temps et de l’argent pour son alimentation, c’est la meilleure chose à faire. C’est dramatique pour la France et les Français que les politiciens les plus connus traduisent actions pour la santé par rajouter des lits d’hôpitaux, des médecins en zone rurale, accroître les remboursements ou les… déremboursements… Pas étonnant que de plus en plus de spécialistes trouvent que notre système de soins devient illisible (un peu à l’image de la finance internationale) avec la multiplication des tarifs, ce qui est remboursé et ce qui ne l’est pas, et des déremboursements plus au moins clairs, outre la complexité des mutuelles. Les affaires des vaccins, des médicaments complètent la problématique des virus de plus en plus résistants et des systèmes immunitaires de plus en plus fragilisés. Enfin, les contacts avec les micro-organismes de l’environnement (bactéries, virus, parasites) sollicitent le système de défense de l’organisme qui cherche à rétablir son homéostasie en éliminant 44

les agresseurs. Mais cette capacité de défense dépend largement de l’état de santé de l’organisme concerné. Il se trouve que l’ensemble de nos communications internes biologiques est basé sur notre propre champ électro-magnétique qui régit notre activité biochimique individuelle. On peut donc s’inquiéter de l’impact du brouillard électro-magnétique général dans lequel nous baignons toute la journée. Rajoutez-y les métaux lourds, le stress, l’eau polluée et une alimentation malsaine, vous comprendrez pourquoi l’état de santé du monde symbolise tristement l’état de santé de nos finances. Pourtant les solutions existent, elles sont simples et réalistes. L’utopie est nécessaire, admirable même, sauf lorsqu’on s’y complait de façon permanente au détriment de tout et de tous. Les tenants du libéralisme et du socialisme peuvent constater l’incompatibilité de leur idéologie avec le bien-être durable. Le réalisme est une valeur. Même avec un entraînement parfait et des produits dopants, vous ne battrez pas Usan Bolt aux 100 mètres, donc ne faites pas la course si vous tenez à gagner. Cela est valable pour la France et n’importe quel pays. Notre pays peut sortir des dépendances alimentaires, énergétiques, financières et d’emplois. Et sortir des compétitions. C’est le cœur de l’écologie économique et sociale. C’est une économie de coopération : elle réhabilite la proximité, la ruralité, la petite entreprise et l’artisanat. Ce que les économistes appellent «  l’Economie  », c’est d’abord de… l’économie ! Donc de l’attention. On peut s’élancer imprudemment sur une piste, si on se casse une jambe, on ira à l’hôpital. On peut jouer les alpinistes, si on se perd, un hélicoptère volera à note secours. Pourquoi prendre soin de ses 45

dents ? Il y a le dentiste ! On fait un enfant. On n’en veut pas ? On avorte. On peut limiter sa qualité de travail dans son entreprise, le tribunal et l’indemnité de chômage seront là. On s’est trompé dans le recrutement ? On vire ! Et les vêtements, pourquoi prendre garde à ne pas les tâcher ? Il y a tellement de vêtements pas chers et de produits de nettoyage. Je suis stupéfait de voir le nombre de moyens et de produits qui existent pour remettre en état tout ce qui a été abîmé, cassé ou sali, mais pas seulement les objets, les humains eux-mêmes. C’est ainsi que l’amour, l’attention, l’intelligence, la sagesse, diminuent de plus en plus. Pourquoi les cultiver lorsque la société offre tellement de moyen de « réparer » ? Si, à côté de ces « progrès », il n’y a ni conscience, ni responsabilité, vous créez des désastres. L’écologie économique permet et requiert l’autonomie. Bien sûr, elle est liée à l’écologie environnementale. La dépendance énergétique de beaucoup de pays devrait les alerter. Voici le taux de dépendance de quelques pays d’Europe : Portugal : 99 %, Espagne : 85 %, Finlande : 70 %, Allemagne : 65 %, France : 53 %, Pologne : 18 %, Danemark : 59 % (source Eurostat). L’utilisation d’énergies propres et la fin de la chimie préservent les eaux, les airs (intérieur et extérieur), les terres, la santé des êtres, et permet des économies significatives de dépollutions : 40 milliards par an pour notre pays. Rajoutez y plus de 50 milliards pour acheter des énergies et vous avez encore un précipice financier largement évitable. Les stations d’épurations et les incinérateurs sont très coûteux en coûts directs et en coûts Santé, donc ils contribuent aussi à la crise financière. Mieux vaut agir en réduisant produits chimiques et médicaments qui sabotent l’eau, et décourager la production de déchets plastiques et métalliques 46

par l’écologie fiscale et la contrainte aux producteurs , du 100 % recyclable. Comme l’évoquait le rapport Stern en 2009, le rapport de Christian de Perthuis, Trajectoires 2020-2050, confirme l’impact positif pour l’emploi et les comptes des nations de la réduction massive des émissions de CO2. Réduire de 50 % les émissions françaises de CO2 d’ici à 2020, et les diviser par 16 d’ici 2050, c’est possible tout en sortant du nucléaire en 2033 avec 7 millions d’habitants supplémentaires. C’est la conclusion du scénario énergétique à l’horizon 2050 publié par l’association NégaWatt. Les experts et chercheurs français misent essentiellement sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Les négawatts, autrement dit les watts non consommés ou économisés représentent la plus grosse brique de leur scénario qui prévoit une baisse de 65 % de la demande énergétique primaire d’ici à 2050. L’énergie produite est aujourd’hui absorbée à 40 % par les bâtiments, 30 % par les transports et 23 % par l’industrie. Une meilleure efficacité énergétique passe donc par des bâtiments (neufs ou rénovés) à faible (voire nulle) consommation au m2, des centresvilles réservés aux véhicules électriques, un recours massif au gaz naturel pour les trajets longs, au transport collectif pour les passagers et au transfert modal pour le fret. Dans l’industrie, en remettant au goût du jour les principes de récupérabilité et de recyclage, au détriment de «  l’obsolescence programmée  » qui incite aujourd’hui le consommateur à un renouvellement permanent de ses équipements. NégaWatt table par ailleurs sur une demande en énergie primaire satisfaite à 91 % par des énergies renouvelables. De ce côté, la biomasse, promise à une explosion, l‘éolien (à multiplier par 3,5, d’ici 2020, puis encore pas 2 entre 2020 et 2050), la 47

géothermie, le photovoltaïque et le solaire thermique, produiraient 990 TWh pour une demande totale de 1100 TWh. Pour NégaWatt, la sortie définitive du nucléaire serait de surcroît créatrice d’emplois et de valeur ajoutée. On peut ne plus dépendre du pétrole et de l’uranium. L’autonomie énergétique est possible partout dans le monde. Une politique énergétique digne de ce nom repose sur la sobriété, l’efficacité (par l’isolation), la diversité, la proximité et la ruralité. Plus on est dépendant, plus on est fragile dans beaucoup de domaines. D’abord se rappeler que le monde change tout le temps et en tous domaines. Le centre financier mondial était Gênes aux 15ème et 16ème siècles. Les Pays-Bas au 17ème et 18ème siècle. La GrandeBretagne au 19ème siècle. Les Etats-Unis au 20ème siècle. Ce sera l’Asie au 21ème siècle. Dans un monde d’intégration économique et financière, la défaillance du système financier d’un seul grand pays (voire d’un pays de taille moyenne) peut faire «  contagion  ». La faillite d’une grande banque peut plomber l’ensemble du système financier, soit directement, soit en provocant une perte globale de confiance dans toutes les banques, qui se traduit par un gel des marchés interbancaires. L’interdépendance croissante des économies rend les crises modernes difficiles à cantonner. Si l’Europe venait à s’effondrer, l’Amérique et le reste du monde s’effondreraient aussi. L’Europe de l’Est souffre aujourd’hui des problèmes de consommation de l’Ouest. En outre, les déséquilibres entre les populations peuvent être facteurs de dangers. L’Allemagne, le Japon, la Russie… voient leur population baisser. 48

Le yuan (monnaie chinoise) qui est potentiellement la principale monnaie mondiale, est sous-évaluée, donc pollue les relations commerciales. L’avantage d’une monnaie faible c’est qu’elle favorise les produits nationaux. Elle sur-évalue les produits importés et rend les exportations plus compétitives. C’est pourquoi les autorités américaines apprécient que leur dollar soit faible. Et la France est mauvaise élève pour ses échanges économiques  : le déficit commercial a atteint en 2011, 70 milliards d’euros. La guerre des taux de change est la fille de la guerre commerciale. L’Europe y perd dans cette bataille car l’absence d’unité politique est très coûteuse. On peut compenser en produisant là où l’on vend. En outre, cela réduira les transports, mais cela ne résout pas tous ces problèmes. Les fluctuations monétaires confirment la nécessité d’un nouveau paradigme économique et financier. L’impossible régulation planétaire actuelle, aussi. Le postulat selon lequel le libre-échange accroît le bien-être est infondé. Ses fanatiques veulent ignorer les faits ou sont intéressés personnellement. Les agences de notation commandent, les gouvernements s’exécutent… et exécutent les peuples. C’est une mesure du dépérissement du politique. Mais cela est lié à notre endettement et notre nécessité d’emprunter. Je rappelle que les fameux « marchés » sont tout simplement des « prêteurs » ! Dans l’état actuel des politiques, la coordination est essentielle au succès des diverses initiatives des Etats, face à la crise. L’impact de la politique de chacun dépendra des mesures prises par les autres. Mais la coordination entre compétiteurs est difficile. 49

Certains voudraient une gouvernance mondiale économique  : elle ne se décrète pas. D’autres craignent qu’une gouvernance mondiale malsaine existe déjà. Pour tous ces motifs, un politique autarcique ouverte mérite attention : elle consiste à faire qu’un pays se suffise à lui-même. Cela ne signifie pas être coupé du monde, se refermer sur soi, nier toute fraternité, fermer les frontières. Au contraire, l’autonomie permet une vraie ouverture durable, et aussi moins de transports polluants. Elle est d’autant indispensable que les incessants transferts de technologies de l’Occident vers l’Asie nous affaiblissent de plus en plus dans le cadre actuel. Le principe d’autarcie ouverte correspond à ce qu’un pays soit autonome dans les domaines essentiels : alimentation, communications, employabilité, énergies. La notion d’autonomie en matière d’employabilité se traduit par le fait qu’une bonne gouvernance économique réduit au maximum un emploi national dépendant des exportations. Les politiques économiques en Europe, par exemple, seront alors plus faciles à coordonner, puisqu’on dépendra moins les uns des autres. J’ai conscience que des populations fraternelles réduiraient l’utilité du principe que je propose, mais l’organisation et les mentalités mondiales d’aujourd’hui demandent cette étape. En outre, elle réduira les pollutions, les gaspillages et rendra responsable. Cela est imaginable par continent et par région selon les domaines. La taille de l’Union européenne permet là encore une application intelligente et une influence mondiale (pour la sauvegarde des forêts, par exemple), une réorientation de la mondialisation, 50

et la possibilité d’une zone économique protégée aux frontières par rapport aux pays exploitant leurs travailleurs. Protégée par une taxe qui tienne compte de l’impact sanitaire d’un produit importé  ; le transport pollue, donc il faut taxer les produits transportés à partir d’une distance à définir, du mode de transport et au prorata de la distance. Je rappelle que les transports sont la principale source humaine d’émissions de CO2. Mais de fait, le principe d’autarcie ouverte réduit les échanges commerciaux. On exportera moins mais pas zéro, et on importera moins, donnant de l’air à nos entreprises locales. Le libre-échange d’aujourd’hui ruine d’abord les pays faibles, puis les pays forts car les entreprises délocalisent à tout va. Les populations du Sud pourraient produire par ellesmêmes de quoi manger correctement, sans dégât pour l’environnement. Mais, exposées à la concurrence de produits importés, maintes familles paysannes ont été contraintes de migrer vers des bidonvilles et n’ont pas trouvé d’emplois rémunérateurs. Le fait est qu’une part croissante des productions végétales vise à alimenter les animaux ou abreuver des véhicules et engins à moteur, alors même que les populations les plus pauvres du Sud ne parviennent même plus à en acheter ou en produire par elles-mêmes pour leur alimentation. Il existe de nombreuses techniques agricoles qui permettraient aux familles paysannes du tiersmonde de produire davantage. Ces techniques font souvent appel à des associations et des rotations de culture. L’agroforesterie, l’agrobiologie sont efficaces. Il y a aussi les techniques hydriques. De plus, les paysans du Sud ne disposent pas toujours des équipements qui leur seraient nécessaires pour mettre en œuvre les 51

systèmes de production les plus productifs et les plus respectueux de leur environnement. Nombreux sont ceux qui n’ont même pas les moyens de manier et transporter les matières organiques (fourrages, sous-produits de culture, fumier…) ; ni fourche, ni râteau, ni animal de bât, ni charrette… Il leur est souvent difficile et trop risqué de s’endetter pour acheter des matériels dont ils ne sont pas sûrs d’en assurer la rentabilité. Certains ne cultivent rien pour leur consommation (c’est le cas pour les cultivateurs de café) ! Il faut donc réorienter les agricultures vers des productions plus artisanales et destinées principalement à des marchés intérieurs. En résolvant le problème de l’énergie par le solaire et le biogaz. Là encore, l’artisanat est source de bien-être durable. Donner des animaux d’élevage, par exemple des chèvres laitières, aux communautés les plus démunies, est une initiative efficace. Les bénéficiaires peuvent subvenir aux besoins alimentaires de leur famille, améliorer la quantité de repas quotidiens et la qualité de l’apport en calcium, protéines et minéraux contenus dans le lait de chèvre. D’autre part, les familles bénéficiaires peuvent aider d’autres familles. Chaque famille qui reçoit des animaux d’élevage devient à son tour donatrice auprès d’autres familles dans le besoin, entraînant ainsi une chaîne de solidarité. En échange de l’aide reçue, chaque famille doit s’engager à s’acquitter du nombre de chèvres reçues en donnant les premières chevrettes, par exemple, nées de leur élevage à d’autres familles en difficulté. La vente de produits fermiers permet aussi aux éleveurs de tirer profit de leur activité pour améliorer leurs conditions de vie : scolarisation des enfants, achats d’ustensiles ou outils agricoles, amélioration de l’hygiène… Avec des activités productives, les communautés ne sont plus assistées et deviennent des acteurs de l’économie locale. 52

L’association étroite de l’élevage respectueux à l’agriculture permet un meilleur usage des résidus de culture pour l’affouragement et les litières des animaux, et une meilleure utilisation des déjections animales pour la fabrication d’engrais organiques (fumier). Dans cette logique, l’agriculture respectueuse (sans produit chimique et avec le bien être animal), demande plus de soins, plus de temps à l’agriculteur. Là aussi une petite exploitation est plus adaptée. Les phénomènes migratoires qui sont pénibles pour l’émigré qui est contraint de quitter son pays, et pour le pays d’immigration qui a rarement suffisamment d’éléments d’accueil, se résolvent largement par ces biais, par l’aide aux microprojets locaux et avec le microcrédit. Les crises d’aujourd’hui sont à résoudre partout, ou seront durables partout. Je ne dis donc pas qu’il faut importer et exporter zéro. Je sais que si du jour au lendemain, on n’exporte plus de produits agricoles, des émeutes de la faim se multiplieront. Mais mal être durable ou bien être durable se préparent. Toute région doit devenir autonome alimentairement et énergétiquement. Le cas de Detroit, ex capitale mondiale de l’automobile, est intéressant. L’agriculture urbaine s’y est beaucoup développée avec tous les nouveaux désoeuvrés. Le paysan d’aujourd’hui pollue souvent car il a été « pris » par ce système, mais il gagne à être connu. Le nombre de suicides dans cette corporation est un symptôme grave du malaise de notre société. Mais là aussi, on ne peut oublier la responsabilité du consommateur à l’affût des plus petits prix et des produits concurrents étrangers gavés de pesticides. L’alimentation est 53

essentielle. C’est la manière dont nous nous constituons chaque jour. Consacrez-lui du temps, c’est autant de temps que vous consacrez à vous-mêmes et à votre bien être durable. Manger peut devenir le plus grand acte écologique et le plus grand acte de santé par le choix des produits, leur quantité et par la qualité de mastication. Le travail de paysan est un métier pénible, le travail à perte n’est pas rare alors que outre sa fonction nourricière, le paysan entretient les territoires et contribue au plaisir des touristes. Je ne parle pas de ces paysans qui sont devenus des industriels de la terre avec des exploitations gigantesques et beaucoup d’informatique. Mais l’activité agricole ne doit plus être considérée seulement comme productrice de denrées, mais aussi comme élément éducatif, génératrice de cadre de vie, de services et d’assurance bonheur. C’est pourquoi il n’y a pas d’autre issue que de retrouver les valeurs paysannes qui faisaient autrefois la cohésion spontanée des communautés et le sens commun de l’intérêt général : autonomie, coopération, respect, responsabilité. Voilà pourquoi nous redeviendrons paysans clame Philippe Desbrosses. Peut être pas que paysan, mais beaucoup d’actifs gagneront à pratiquer une culture paysanne. Nous avons à recenser les terrains abandonnés pour en permettre la culture par des personnes volontaires qui paieront un « loyer », mais aussi libéraliser la diffusion des semences naturelles et biologiques. Enfin, développer des groupements financiers dans lesquels quiconque puisse acheter des parts de terrains obligatoirement loués à de jeunes agriculteurs. Une réforme agraire est nécessaire, comme une éducation de nos jeunes qui les remette en lien avec la nature et l’animal. Réforme agraire qui octroiera des terrains d’au moins un hectare, pour multiplier le nombre des paysans et pas les supprimer  ; 54

éducation qui cesse de mutiler l’enfant dans son besoin de nature. Pierre Rabhi, Jean Marie Pelt, Philippe Desbrosses, François Couplan, comme les écoles Montessori ou Steiner, expliquent bien cette nécessité. Prôner l’autonomie pour chacun de nous et rejeter celle d’une nation, ou d’un groupe de nations, est stupide. Les membres d’une famille peuvent être autonomes et très liés. Une bonne politique économique est aussi un moyen de construire un sentiment d’identité planétaire. Lorsqu’elle contribue au bien-être et pas au mal être, lorsqu’elle évite la concurrence entre les populations, l’ouverture vers l’Autre est plus facile. Aujourd’hui, nos dépendances et le libre-échange aveugle, contribuent à accepter la situation tibétaine ou les violations des droits de la femme dans certains pays arabes. Pourquoi croyez-vous que la Chine, aux yeux des gouvernants occidentaux, passait outre l’embargo des Nations unies en fournissant des armes au Darfour et en soutenant des gouvernants autoritaires comme ceux du Soudan ou du Zimbabwe ? L’Union européenne, zone autosuffisante en tous domaines et qui peut cesser de saboter les agriculteurs des pays appauvris avec des agricultures subventionnées, peut même obtenir un Sommet Mondial pour le Désarmement. Dans cette optique d’autarcie ouverte, les Français exporteront moins et importeront moins. Vu notre déficit commercial, ce sera bon pour nos comptes et pour les ressources naturelles, moins exploitées. Et nous consommerons moins. C’est possible pour la majorité des habitants de notre pays. Chacun de nous a à prendre ses responsabilités. 55

Certains croient encore que le souci de performance crée le bonheur, le plein emploi, les excédents, le pouvoir d’achat. Dans cette logique, on stimule les causes de… mal-être  : la chimie, l’endettement à tout-va, la grande entreprise, le nucléaire, l’OGM, l’ouverture le dimanche, l’obsession croissantielle, les soldes permanentes qui sont en amont et en aval de cette philosophie de la performance. Cela peut paraître agréable pour une partie d’entre nous, mais les faits montrent que le concept du beaucoup, du grand, du paraître, du rapide ont échoué. Trop d’abus, trop de déficits, trop d’engrais chimiques, trop de pluie, trop de soleil, trop d’impôts et taxes, trop de lois, trop de maladies, trop de pollutions, trop de problèmes, trop de stress, trop de travail, trop de voitures, trop de déchets, trop de prisonniers, trop de plaignants pour les tribunaux ! On va chercher le pétrole de plus en plus profond (1500 mètres !). Idem pour les poissons (à180 mètres de profondeur moyenne en 1950, à 300 mètres aujourd’hui !). Pour d’autres, ce n’est pas assez d’incinérateurs, pas assez de professeurs, pas assez de policiers, pas assez de juges, pas assez de gardiens de prisons, pas assez de médecins, pas assez d’argent, pas assez de droits, pas assez de surface, pas assez de pluie, pas assez de respect, pas assez de temps, pas assez de travail, pas assez vite… Vous cherchez l’erreur ? Quand on fait le choix d’une société de compétitions, quand on fait le choix d’une société d’irresponsables, quand on fait le choix d’une société où la Santé est méprisée quand on fait le choix d’une société qui se coupe de la Nature, quand on fait le choix de telles dépenses militaires, est-il surprenant que la Crise, le déficit, le mal-être, la violence règnent ? 56

La crise d’identité dans des métiers essentiels pour la Collectivité symbolise la faillite de l’organisation actuelle de notre société : enseignants, journalistes, magistrats, paysans, policiers, politiciens, soignants. Cette organisation alimente le mal-être, les déficits, les pollutions, le chômage et des problèmes financiers, individuels et collectifs. Faire autrement, c’est possible, et conduira à 7 milliards de responsables sereins. Tant que l’équilibre de la société repose sur des lois et règles, les solutions ne sont pas solides. Pire, tant que la charité sociale, l’obsession consommatrice, le cannabis, les médicaments et l’alcool soutiennent notre société, on prépare le chaos. On peut devenir responsable de sa vie, et heureux dans sa vie. Une politique sociale solide est indispensable, mais il n’y a pas de solidarité durable sans discipline ni contrôle. Et la meilleure politique sociale, c’est l’emploi et/ou l’activité paysanne d’autosuffisance. « Profiter » du chômage structurel pour rebâtir des «  activités  » paysannes et promouvoir les filières scolaires agricoles, sont des voies incontournables. Le progrès social n’est pas forcément de travailler moins (il ne fallait pas imposer les 35 heures dans tous les métiers), c’est de prendre du plaisir à travailler, et que chacun puisse exercer une activité dans laquelle il s’épanouisse, et en vive dignement. Travailler avec plaisir et dans le respect, est l’un des enjeux de notre siècle. Le moins est souvent l’ami du mieux, le plus est souvent l’ami de la souffrance. Tout gavage est néfaste. Le gavage publicitaire est aussi néfaste à l’esprit humain que le gavage de l’oie est néfaste 57

à cet animal et à celui qui mange son foie, gras et malade. C’est comme s’exposer au soleil : un peu, c’est bon pour la santé, beaucoup s’exposer sera néfaste et activera votre vieillissement. Ce n’est pas par hasard que les scientifiques se sont aperçus que la meilleure stratégie antivieillissement était un régime hypo-calorique ! C’est aussi vrai pour les entreprises : si elles licenciaient les papiers inutiles, les litres d’essence évitables, les énergies gaspillées, les dépenses somptuaires, les mauvais chefs, elles vivraient mieux… et recruteraient. Les négawatts, les négalitres… vous connaissez ? Grâce aux médias, un modèle français ainsi bâti sera connu et reconnu. C’est indispensable, c’est vital car les populations chinoise et indienne ont besoin d’un nouveau modèle sociétal pour dépasser la voie occidentale qu’elles, empruntent. Elles peuvent achever de détruire le Vivant de notre planète. On constate qu’une société reposant sur la Consommation crée : - la course aux moyens d’obtenir toujours « plus » : soldes permanentes, déficits, crédits permanents, ouvertures dominicales, la quantité au détriment de la qualité… -élévation des dépenses superflues au détriment qualité dépenses alimentaires, obésité galopante, cancers, maladies cardiovasculaires, stress - pollutions et phénomènes climatiques extrêmes - déchets ingérables - sentiment d’insatisfaction permanente - exacerbation des frustrations et inégalités - éloignement de la spiritualité - agression des pays pauvres - raréfaction des matières premières 58

La crainte d’un chômage de masse qui serait provoqué par une moindre consommation est infondée. Depuis 60 ans, on ne fait que de la croissance, le chômage a-t-il baissé ?! Une entreprise peut être rentable avec moins de chiffre d’affaires. Une société axée sur le bien être durable, et pas sur l’obsession consommatrice, évolue dans tous ses paramètres. Moins de consommation, c’est donc moins de besoins financiers pour les particuliers et les entreprises. Mais aussi moins de dépenses publicitaires. Les entreprises dépensent 1 à 10 % de leur chiffre d’affaires en publicité, selon leur taille et leur secteur d’activité. L’industrie publicitaire et notre société de surconsommation sont à convertir au fur et à mesure que les gens ne cherchent plus leur identité à travers les objets. Et cette option est inévitable. D’autre part, le fait que les carrossiers et médecins aient moins de travail quand il y a moins d’accidents est-il regrettable ? Même remarque en cas d’incendies ou d’inondations… Une inondation donne du travail mais on s’en passerait. Ensuite, la moitié des biens de consommation est importée dans nos économies mondialisées. Et on a vu que la France est mauvaise élève pour ses échanges commerciaux. D’autre part, les machines assurent la majorité de l’activité de fabrication. Vous noterez que ceux qui formulent l’objection «  emploi  » lorsqu’on parle d’une société de consommations raisonnables, sont souvent favorables au machinisme… qui détruit beaucoup d’emplois ! Concernant le problème du chômage, voici les issues : - vouloir insérer tout le monde dans un système de productivité, de compétition, est une erreur grave. Certaines personnes veulent une activité sereine ou alors simplement 59

vivre autrement  ; certains sont plus lents, s’adaptent moins facilement que d’autres. Ils s’épanouiront et serviront la collectivité par une activité associative ou rurale. - substituer, sur une base de volontariat, la notion d’autoproduction à la notion de rémunération financière en aménageant les conditions d’acquisition d’une surface de terre à définir pour le bâti des maisons et l’autosuffisance alimentaire. Ou mieux, d’îlots collectifs en partie auto construits avec des matériaux sans pétrochimie, comme il en existe, ici et là, dans le monde, bioclimatiques avec énergie solaire. Cela constitue en soi une éducation fondamentale et une réhabilitation du travail manuel tout en assurant l’essentiel de sa subsistance alimentaire. - promouvoir les activités environnementales : ruralité, agriculture, économie verte (recyclage, isolation, économies…)… - privilégier les petites entreprises. - promouvoir à grande échelle les microcrédits et les microprojets. - reconstruire le tissu commercial et artisanal. - mettre en reliance des chômeurs ayant un projet commun. - donner plus à celui qui ne peut pas (la personne handicapée par exemple), donner moins à celui qui ne veut pas. - indemniser contre activité d’intérêt général après une période à définir. L’assistanat est une mesure politique très en vogue pour se faire élire mais finalement, il crée le victimat et sabote la politique sociale. - instaurer une prime « 1er emploi » pour l’entreprise qui recrute une personne sans expérience professionnelle. - réduire les charges des PME et des travailleurs par une meilleure gestion des fonds publics et grâce à la TVA sociale et écologique qui réduira les charges sur le travail. 60

- revoir l’éducation dont le but est l’autonomie (privilégier le savoir-être et le savoir-faire, activités en lien avec la nature et l’animal, éducation à la santé, formations aux économies, multiplier les ponts avec les entreprises). - plafonner le montant d’indemnisation mensuelle à 3000 € contribuera à éviter la faillite des organismes concernés et des cotisants. - le progrès informatique rend possible le « télécentre » qui est préférable au télétravail. Il raccourcit les distances et maintient la sociabilité. - empêcher les licenciements boursiers par des pénalités financières pour les entreprises qui versent simultanément des dividendes à leurs actionnaires. - La démarche «éco-hameau  » alternative aux lotissements banalisés, s’intègre à une évolution sur les nouvelles formes de travail qui permet, avec internet, des délocalisations intelligentes d’activités. Elle redécouvre les bienfaits d’une mixité d’âge et d’une mixité sociale dont l’absence fait les ghettos que nous voyons se mettre dangereusement en place sous nos yeux. En matière de formation, notre pays est mieux loti que ce qu’on dit, là encore, on peut assumer nos responsabilités. Des congés formation sont possible  : le CIF (congé individuel de formation), le congé de formation des salariés de 25 ans et moins, le congé pour création ou reprise d’entreprise, le congé sabbatique. Des sites internet y sont consacrés : www.formatel. com, 3615-3615 INFFO, www.alpa.fr, www.agefip.fr, www. afij.org, www.apec.fr, www.education.gouv.fr, www.metiers. info.fr… 61

L’obsession industrielle des gouvernants classiques, «  Verts  », «  socialistes  » ou de «  droite  », est effrayante. Ils oublient les calamités produites par les industries automobile, chimique, cosmétique, militaire, nucléaire, pharmaceutique… Les emplois qu’elles créent sont faibles car elles sont surtout « machinistes » et il y a d’autres solutions (voir mon livre « Politique écologique = Plein emploi », préfacé par Albert Jacquard). Je suis outré que les Verts mettaient comme principale condition au PS la seule sortie du nucléaire, car les sorties de la chimie, des énergies fossiles, du productivisme, et de l’urbanisation sont aussi indispensables. La crise financière et toutes nos crises trouvent leurs sources dans ces errements. En matière nucléaire, les Verts expriment qu’ils sont contre alors qu’ils soutiennent systématiquement le PS pro nucléaire ; ils votent en novembre 2009 au Parlement Européen pour le nucléaire (sauf José Bové), le premier septembre 2010 Eva Joly dit à Canal Plus que si elle devient présidente elle ne touchera pas aux centrales. Avant Fukushima, les Verts sont passés chaque jour à la télé et à la radio sans jamais évoquer le nucléaire ; pendant les dernières cantonales Cécile Duflot s’est affichée avec Martine Aubry dont le parti venait de confirmer qu’il fallait sortir du tout nucléaire c’est-à-dire rester dans le nucléaire ! Lorsque j’ai marché sur Bure en 2001 pour protester contre le projet d’enfouissement des déchets, il n’y avait pas d’élus verts (leur ministre était au gouvernement)… Le contrat de gouvernement Verts-PS pour ces élections 2012 est une offense à l’écologie politique et même une offense à la conscience. En matière de croissance, ils courent tous après ! C’est même effrayant. C’est vrai pour le PS et son allié les Verts, l’UMP, 62

le Modem, le FN…La recherche de croissance économique est un mythe dangereux et inutile : même avec une croissance moyenne de 2 % lors des 5 prochaines années, l’apport financier direct est faible. 2 % sur un PIB de 2000 milliards, cela fait 40 milliards dont l’Etat prélève environ la moitié, donc 20 milliards. Mais le déficit 2011 sera de 100 milliards ! Donc un impact mineur assorti des gros dégâts habituels de la croissance économique. Nous avons besoin d’une société beaucoup plus rurale, et je rappelle que pour la France, par exemple, le chômage était insignifiant voilà 50 ans, avec trois fois moins de consommation à monnaie constante, mais aussi avec une population active agricole de 14 % (3 % aujourd’hui). Les nouveaux ruraux auront de nouvelles habitudes à pratiquer : communiquer avec ses voisins, organiser ses courses en commun, s’entraider, faire souvent la fête, participer aux arts locaux… Mais les villes ne sont pas à anéantir. On peut les ruraliser. Il y aura de plus en plus d’agroquartiers. Comme partout dans le monde avec l’agriculture urbaine, les jardins de Cocagne, les jardins communautaires, les jardins d’insertion, les jardins familiaux, les jardins partagés, les paniers bio, les AMAP (1200 en France). Mais aussi ce nouvel état d’esprit se traduit par le développement du covoiturage, de la colocation, le coworking (lieu de travail partagé), le troc, les échanges de services, les S. E. L (Services d’échanges locaux)… Le partage deviendra de plus en plus un nouveau mode de consommation, un nouveau mode de vie. Ce n’est pas du communisme ou de l’égalitarisme, c’est de l’intelligence, c’est aussi de l’amour. Et avec le partage, pas de crise. Internet aidera à cette évolution. 63

Dans cette nouvelle société, la santé n’est plus laissée pour compte. On agit pour la cultiver et la rétablir, on reconnaît la prévention. Je rappelle aussi que les activités liées à l’agriculture et l’environnement, les petites entreprises et les métiers de l’artisanat sont très difficilement délocalisables. Au contraire de l’industrie. Les problèmes de l’eau montre la nécessité de stimuler les initiatives qui veulent œuvrer sur ce terrain : chaque année en France, les précipitations représentent en moyenne 600 litres d’eau au mètre carré. Une toiture de 100 m2 permettra donc de récupérer environ 60 000 litres d’eau. C’est l’équivalent de la moitié des besoins d’un foyer de 4 personnes. Or, à l’heure actuelle, seules 8000 habitations sont équipées d’un système de récupération contre 100 000 en Allemagne. Je rappelle ici que l’activité humaine la plus coûteuse en eau est la consommation de viande : produire un kilo de viande requiert en moyenne 7 kilos de céréales, donc 10 000 litres d’eau douce. Je demande aux pouvoirs publics de couper l’eau partout, un jour ou deux par an, sans préavis et en s’expliquant ensuite dans la presse écrite, sur les chaînes de télévision et les ondes radios et sur internet. Le citoyen doit comprendre son privilège d’accès à l’eau potable, la respecter, l’économiser pour ne pas subir, demain, une longue coupure. Le principe de permaculture est vraiment intéressant : c’est une technique agricole révolutionnaire qui consiste à redonner au sol le fonctionnement naturel d’une terre de forêt. Les végétaux en décomposition enrichissent l’humus en matières organiques. La faune du sol (vers, acariens…) remue et aère la terre en participant à cette décomposition. La productivité est remarquable et le besoin en eau plus faible. Le couple Bourguignon est spécialisé 64

dans cette vie des sols. Avec la permaculture, on plante partout. En fait, il y a des poches de nature partout, sur les balcons, aux pieds des immeubles, les terrains en friche. Il faut aussi songer aux abords des rivières, aux fossés. La permaculture est destinée à reproduire fidèlement la nature en développant les écosystèmes comestibles qui ressemblent à leurs équivalents naturels. Dans la société que je préconise et qu’on construira de gré ou de force par les évènements, l’auto-production, la vente directe, l’entraide, le partage, la coopération, les achats collectifs, le troc, l’habitat groupé, la frugalité heureuse règnent. Le «  faire soimême », le « fait-main », le « fait maison », l’échange de compétences sont très économiques pour tout le monde. Une soupe faite maison est 4 fois moins chère qu’une soupe achetée toute faite. Sans compter l’impact santé et le plaisir de faire. Si un balcon permet une petite production, un peu plus de terrain ouvre les portes d’une quasi-autonomie en légumes, voire en fruits (qu’on trouve parfois sur des arbres abandonnés)  ; en y ajoutant des œufs ou quelques autres protéines animales on peut assurer ses repas. Si l’un des grands plaisirs du faire soi-même est de consommer ce que l’on a semé ou planté, celui-ci est loin d’être réservé aux seuls détenteurs de jardins. On peut aussi cultiver les herbes aromatiques sur son balcon ou dans les bacs accrochés aux barrières des fenêtres, faire germer des graines à l’aide d’un germoir dans sa cuisine. Pour l’habitat, de plus en plus de personnes, seules ou en couples, en famille voire en projets regroupés, envisagent de se prendre en main afin de maîtriser la construction de leur maison. Les habitations « légères » sont des solutions au problème de logement, donc à la Crise financière (il n’y a pas que la Crise financière des nations, il y a aussi celle des gens, et elles sont liées) : 65

Il s’agit de l’installation en habitats économes, écologiques et diversifiés comme la cabane, le dôme, la maison en paille, en carton, en bois ou en terre, la roulotte, le tipi, la yourte… Cela défend le respect du droit au logement pour chacun, permet une empreinte écologique réduite au maximum, une revalorisation du patrimoine rural à l’abandon, la possibilité de répondre par soi-même au besoin vital de se loger, la sauvegarde de la beauté des paysages, la frugalité et la solidarité comme principes de vie. Le législateur doit reconnaître ces installations pour y mettre un cadre utile à tous. La France possède l’un des plus grands spécialistes mondiaux avec la famille Baronnet (La maison autonome). Face aux grands problèmes de notre temps qui s’alimentent les uns les autres, dont le pouvoir d’achat est un élément, des projets collectifs et les solutions en amont ont toute leur place. Ils existent dans l’anonymat ici et là. Ce n’est pas une question de libéralisme ou de socialisme, c’est une question de bon sens. L’organisation et l’évolution d’une société dépendent des règles définies par les politiques et leurs applications. Mais en Occident, le citoyen a au moins deux privilèges : il peut choisir par son vote quel type de société il souhaite édifier, mais il peut aussi le faire par ses achats et ses choix de vie. Notre société dépend donc d’un cerveau à deux hémisphères, exactement comme celui qui se trouve derrière vos yeux. Pour stopper les aberrations, la société sera ajustée par la politique et/ou par le choix de consommation des individus. Oui, notre démocratie est largement perfectible, mais déjà, le citoyen occidental dispose du contrôle final dans beaucoup de domaines. 66

Des ménages autonomes et économes construiront une société économe et autonome. Par exemple, s’approvisionner localement et de saison, a des bienfaits relationnels, sanitaires, économiques et sociaux bien supérieurs aux autres formes de distribution. Cela permet de revitaliser les communautés locales en soutenant les petits producteurs, de protéger les terres agricoles, de faire la promotion d’une agriculture moins gourmande ou dépourvue de produits chimiques, d’être en meilleure santé en nous alimentant avec des produits frais et traçables. Je rappelle que les multinationales travaillent avec les paradis réglementaires (communément appelés «  paradis fiscaux  »). Elles contribuent donc à saboter notre bien être durable. Consommer l’énergie de manière responsable, c’est avant tout consommer moins. C’est aussi limiter les pertes et produire chaque fois que l’on peut son énergie renouvelable. Il s’agit donc d’appliquer à son échelle le principe négawatt  : sobriété, efficacité, proximité. Aujourd’hui, allumer la lumière, c’est « naturel » : ce doit devenir exceptionnel. On peut éviter l’usage de la voiture, en tous cas l’utiliser moins ! Question d’habitudes et d’organisation (en groupant par exemple les déplacements dans un même secteur). N’oublions pas surtout que la sobriété, c’est avant tout le bon sens. Celui qui nous incite à mettre des couvercles sur les casseroles pour cuire plus vite et un pull sur le dos quand il fait froid. Question d’Education. La priorité d’une écologie éducative c’est amener le jeune vers la santé, l’autonomie, le sens des responsabilités et le respect des différences et de ses engagements. Mais aussi cultiver sa confiance en soi. Je suis conscient que réformer l’éducation en France n’est pas évident. Mais là aussi, le réalisme et la responsabilité 67

ont leur place. Pas de réforme de ministre ou de président. L’étape obligée est un débat national public de six mois ponctuée par un référendum avec des options A, B, C, D… Le référendum c’est de l’écologie démocratique au même titre que l’indépendance des médias, la reconnaissance du vote blanc ou le non cumul des mandats. Je précise que concernant l’éducation des enfants, les parents sont les premiers responsables. Avant les enseignants. Nous avons à prendre la mesure du rôle de la femme pour sa vision de la société et pour son rôle de l’enfantement. La femme enceinte est un joyau. Elle requiert, plus que quiconque, bienveillance, Connaissances, calme, produits sains. Le nouveau né a besoin de parents paisibles, aussi exemplaires que possible, de lait maternel, d’amour, d’éducation, de règles. Le bébé reproduira le plus souvent ce qu’il vivra, l’enfant reçoit son éducation essentielle avant 7 ans. Donner naissance à un enfant est plus qu’un choix individuel : cela contribue à l’avenir de l’humanité. Force est de constater que beaucoup de jeunes, comme beaucoup de moins jeunes, passent beaucoup de temps devant la télévision (4h par jour). La télévision a beaucoup d’impact car son potentiel de conscience est immense. Elle peut être servante fabuleuse ou maîtresse détestable. D’ailleurs, il est indispensable de refuser le mélange des intérêts industriels et médiatiques, préserver l’intégrité du service public et de l’audiovisuel, ou la rétablir, permettre l’accès des journalistes à toutes sources documentaires, protéger leurs sources, limiter les concentrations et défendre le pluralisme. Dans ces crises que nous vivons, chacun a sa part à faire, et comprendre notre responsabilité est essentiel, qu’on soit star ou chômeur. 68

Les psychologues expliquent que plus l’ego est fort, plus il est probable que la personne perçoive les autres comme le principale source de ses problèmes dans la vie. La plupart des gens font reposer les causes de leurs problèmes sur l’extérieur : le gouvernement, une opposition qui serait molle, les syndicats, les enseignants, les patrons, les immigrés, les médias, les multinationales, les «  marchés  », les banques, l’argent, les lois, le voisin… L’analyse dément cela et révèle les responsabilités individuelles dans ce qui arrive  : la NEF, banque éthique, a 30 000 clients, les autres banques, plusieurs millions. Le commerce équitable représente 0.1 % du commerce mondial selon l’organisation américaine Fair Trade Fédération. Les spécialistes « Santé » expliquent de plus en plus l’importance des comportements personnels dans la survenance des maladies. Les premiers éducateurs des enfants sont les parents, pas les enseignants. On peut vivre sobrement et écologiquement, même dans le système actuel. L’argent n’est pas la cause de tous les problèmes. L’argent n’est qu’un moyen, une énergie. L’Homme, à travers lui, tâche de satisfaire ses convoitises. Enlevez l’argent, mettez n’importe quelle monnaie d’échange à la place, tant que l’homme est régi par l’ego, on se trouvera devant les mêmes problèmes. Le succès des associations prouve que tout n’est pas marchand et que le non lucratif a toute sa raison d’être. Sans les associations, notre pays serait peut être dans le chaos. 800 000 associations emploient 5 % de la population active, outre 13 millions de bénévoles qui y participent. Le citoyen est donc le premier responsable en matière d’éducation de ses enfants, pour sa santé, pour ses choix alimentaires, pour son impact sur l’environnement, sur son pouvoir d’achat mais 69

aussi en matière de vote. Beaucoup de ceux qui condamnent Nicolas Sarkozy aujourd’hui, l’ont élu. Et ils s’apprêtent à élire sans condition son équivalent, François Hollande. Du conventionnel, rien que du conventionnel ! S’habituer à consommer « propre » est bienvenu car, faute de finances, les actes polluant seront de plus en plus taxés. Cultiver une bonne santé est indispensable aussi car les finances publiques supporteront de moins en moins les remboursements de frais de santé. Vous constaterez que les flux financiers sont un moyen de conscientisation et que l’autonomie financière est un indice de conscience. On peut remplacer l’attitude de prédateur par celle du jardinier. A nous d’acheter des produits vraiment utiles à notre bien-être, des produits simples, des produits locaux, des produits frais, des produits vendus en vrac plutôt que des produits emballés pour tromper votre discernement et piller votre portefeuille. Usons-les jusqu’à la moelle. Prêtons-nous livres, DVD…Débarrassons-nous des produits dormeurs de nos habitations. Désencombrons-nous ! Sachons fuir le conditionnement des produits destinés à augmenter notre consommation et le contenu de nos poubelles. Sachons fuir les produits complexes, souvent inutiles. Régalons-nous de l’automobile sobre, mieux, du co-achat, mieux, du bon vélo et du transport collectif ! Jouissons durablement du même téléphone portable, de l’appareil photo qui se satisfont de fonctions basiques. Choisissons le besoin qui nous fait du bien et pas le désir qu’on nous impose. Préférons l’utile au superflu. Une société où règne le « jetable » est une société créatrice de problèmes de pouvoir d’achat. Une société où règne le « recyclable » est une société créatrice de pouvoir de vivre. 70

Mais la majorité des personnes frustrées en Occident méconnaissent une souffrance plus grande  ; celle d’un Africain privé d’eau, de nourriture, de droits et dont la région est en guerre, par exemple. Dans notre société, beaucoup d’éléments s’obtiennent plus ou moins facilement, qu’il s’agisse de l’eau du robinet, ou d’une aide sociale. La capacité de gratitude est perdue. Quand on possède peu de choses, on peut vraiment les apprécier. Quand il faut faire plusieurs kilomètres à pied pour chercher de l’eau, on l’utilise avec parcimonie et reconnaissance. Ainsi, après un effort sportif, l’eau du robinet est succulente. Si vous restez trois jours sans eau courante et que vous devez faire des kilomètres pour vous en fournir, lorsque l’eau reviendra le 4ème jour, vous connaîtrez un soulagement, une satisfaction, un bonheur, qu’on ne connaît plus en Occident. Si vous décidez de faire une mono-diète d’une journée chaque mois, ce sera très bon pour votre santé et pour votre portefeuille (par exemple, ce jour-là, vous ne mangerez que le même fruit bio, local et de saison). Le lendemain, en reprenant le rythme normal, vous apprécierez mieux votre nourriture. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous ont « besoin » d’une nourriture sophistiquée parce que nous ne savons plus éprouver l’agrément d’une satiété normale après une vraie faim. Quand on a été chômeur, quelle joie on éprouve de pouvoir travailler ! L’employeur apprécie-t-il vraiment la ponctualité de ses employés malgré leurs problèmes en tous genres? Les employés apprécientils le courage qu’il a fallu à l’employeur pour entreprendre ? Le chômeur qui perçoit mensuellement son virement se rend-il compte de ce privilège ? 71

Quand on sort de prison, quelle intensité dans ses premiers moments de liberté ! Quand vous venez de guérir, vous appréciez tellement la santé. Si vous ne pouvez avoir que deux paires de chaussures, quel soin vous en prenez ! Mais ça ne se passe plus comme ça. C’est peut-être l’aspect le plus dramatique de notre société. Vivre sans reconnaissance est un suicide spirituel qui explique bien des problèmes. Nous avons aussi perdu la capacité d’émerveillement comme le sens de la beauté. La reconnaissance est l’émotion la plus spirituelle que nous puissions éprouver ; elle rehausse la qualité de notre vie plus que tout autre chose. Choisissons de vivre en faisant preuve de gratitude ! Habituons nos enfants à cette attitude. Le plus beau cadeau pour votre enfant, c’est de lui offrir moins. Dans le registre «  émotions inconnues  » et par conséquent, «  bien être inconnu  », la forme d’accouchement, allaiter ou pas son enfant, enlacer une arbre dans le calme et la solitude, jeûner… offrent des sensations à découvrir. Je suis affligé quand je constate si souvent qu’il faut une épreuve pénible pour que quelqu’un ressente une nouvelle émotion insoupçonnée. C’est parfois par un deuil, une épreuve, un licenciement, une maladie lourde, qu’on rencontre sa profondeur. Ou alors lors d’une grave Crise mondiale… Que faire alors ? Introduire la conscience dans nos actes et dans notre être. Une part de rareté procure finalement plus de bienêtre que l’abondance. La frugalité heureuse est donc logique. Certains ont tendance à croire que l’humanité a vraiment démarré à partir de la révolution industrielle. Elle a plutôt fait 72

là une mauvaise bifurcation. Si nous avons une approche historique, nous apprendrons que la pauvreté fut un mode de vie partagé par la majorité des êtres humains et cela, tout au long de l’Histoire. Ce mode de vie permettait aux gens de vivre avec peu, dans la dignité. Les problèmes naissaient surtout de dirigeants fous (déjà), des guerres, de l’absence de Droit, du manque d’hygiène et d’absences de certaines techniques. Aujourd’hui, des évolutions appréciables ont été faites, mais pas dans le bon cadre. Il y a de plus en plus de personnes dont les dispositions naturelles, ou le «  progrès  », ou un accident de la vie, ou des débuts difficiles, ou la robotisation ou la délocalisation, ont écarté d’une vie sereine. Ceux là ont du temps, des journées interminables et une rude précarité en partage au milieu d’un monde de luxe et d’abondances. La société fait des efforts pour soulager la misère, soit par compassion, soit pour calmer le jeu, soit les deux. Pourquoi, dès lors, ne pas regarder du côté d’une frugalité assumée ? Pourquoi ne pas chercher à rendre attrayant ce mode d’existence ? La vie simplifiée mais libre, n’est pas austère, elle ménage même d’extraordinaires instants et rien ne s’oppose à ce qu’elle soit proposée à qui la souhaite, sinon des préjugés. Donner aux tenants de cette philosophie simple et imparable, les moyens d’une vie sereine détendrait l’atmosphère. Ils créeraient des îlots de simplicité et de bonheur. En magnifiant la simplicité, la frugalité choisie, on pourrait dépasser l’état de précarité. Pourquoi se refuser à voir large ? Pourquoi ne pas rapprocher ces personnes coincées dans des cellules à eau chaude de tant d’espaces désertés, de campagnes exsangues ? Pourquoi ne pas leur proposer des vies simples et dignes sur tant de terres à l’abandon ? Le mouvement est déjà amorcé partout. En catimini et sous différentes formes. Selon les pays, on l’appelle « simplicité volontaire », « pauvreté 73

choisie  », «  sobriété heureuse  » ou «  frugalité heureuse  ». Si je fais pousser des salades dans un jardin public ou abandonné, j’ai bien le droit de les manger ! Si mes poules pondent, je peux bien m’offrir une omelette, sans rien demander à personne ! Non ? L’autoproduction est un bon moyen pour sortir de la dépendance à la consommation, et sortir de la misère. Dans un Etat de Droit, être pauvre peut se vivre bien. Pouvoir produire ou co-produire pour soi et son petit groupe, n’est pas chômer ; être assuré de ses lendemains permet de relever la tête et de n’être plus sur les dents. Cela contribuera à l’émergence d’une société apaisée. Je préconise aux pouvoirs publics de planter le maximum d’arbres fruitiers à proximité des populations lorsque les habitants concernés en font la demande et s’engagent à cueillir les fruits. L’autonomie alimentaire et énergétique est de plus en plus indispensable car ce sont toutes les sociétés qui sont aujourd’hui à la merci d’une crise alimentaire, énergétique, informatique ou… volcanique. Ou tout simplement d’un problème de transport. En outre, la proportion de plus en plus grande de seniors, aiguise encore plus les finances publiques, donc les finances privées (à travers les impôts et taxes). Un grand pays comme le Japon est particulièrement touché, et dans l’organisation actuelle du monde, cela nous impacterait. Il est remarquable de constater que la modération va de pair avec votre santé, celle de la planète et de votre… portefeuille mais aussi la santé de la finance planétaire. Réduire son vouloir d’achat, accroître son savoir d’achat, cesser l’habitude d’achat, améliore le pouvoir d’achat. Collectivement, c’est la baisse des impôts et taxes qui améliorera le pouvoir d’achat. Une hausse de salaires n’a qu’un impact 74

limité car la hausse des prix suit pour que l’entreprise rattrape sa marge. En choisissant d’examiner vos achats, de les remettre en question, en étant vigilant, en faisant preuve de conscience : - vous ferez des économies. - vous pourrez consommer plus d’éléments jouissifs (un bon film au cinéma ou profiter du goût bio, au lieu de subir celui du chimique). - vous serez en meilleure santé physique et mentale (nous sommes d’abord des êtres digérant puis des êtres pensant ; si vous mangez mal et trop, vous ne serez pas en état de penser juste). - vous respecterez l’écosystème et l’animal, donc vous-mêmes. - vous piloterez les entreprises productrices (par vos choix de consommation). - vous changerez même le monde au sens propre du terme puisque notre idéologie matérialiste sacrifie des peuples, des relations humaines, l’équilibre de la Terre ou encore d’innombrables animaux au nom de la recherche, avec une scandaleuses insensibilité ; tout cela pour satisfaire des intérêts économiques éphémères. Vous ébranlez votre pouvoir d’achat chaque fois que : - vous confondez besoin et désir - vous choisissez un plaisir compliqué plutôt qu’un plaisir simple (un plat cuisiné au lieu d’une salade de fruits ou un jeu vidéo au lieu d’un jeu de plein air) - vous agressez votre santé - vous donnez la priorité à la part animale dans votre alimentation - vous buvez autre chose que de l’eau - vous sabotez un peu de nature 75

- vous sabotez beaucoup de nature - vous vous éloignez d’une vie naturelle - vous jetez à la poubelle un produit qui ne sera pas recyclé - vous préférez le jetable au recyclable - un incinérateur est en fonctionnement - vous gaspillez de l’espace - Les solutions qui attendent - vous laissez pour compte le premier poste d’économie immédiate (les déplacements) - vous préférez le futile à l’utile - vous vous soumettez à votre ego - vous choisissez la mort à la vie (une forêt, des produits frais sont vivants, un jeu vidéo, des conserves sont morts) - la malhonnêteté s’étend - la compétition écrase la coopération - le technologie s’installe sur votre chemin - une grande entreprise naît - une petite entreprise meurt - la publicité vous étreint - vous stockez systématiquement - vous préférez la dépendance à l’autonomie - l’organisation humaine encourage cette dépendance - l’organisation humaine choisit la croissance extérieure aux dépens de la croissance intérieure - vous préparez la guerre avec votre voisin - le savoir d’achat et le vouloir d’achat sont au second plan - vous votez « comme d’habitude » - vous votez pour sanctionner - ces principes sont oubliés ou méconnus - vous oubliez l‘amour. 76

La morale de notre Histoire
Entre la désespérée relance de la consommation et l’hypothétique réduction des déficits, les «  spécialistes  » restent sur le même schéma économique : la croissance ! Pourtant, il est clair aujourd’hui qu’une approche très différente des ressources humaines et matérielles devrait être la base de la nouvelle économie. Pour une nouvelle situation financière. Quand on se trouve devant une Crise radicale, quand la vieille façon d’être dans le monde, d’interagir avec autrui et avec la Nature ne fonctionne plus, quand la survie est menacée par des problèmes apparemment insurmontables, soit une forme de vie particulière ou une espèce mourra, soit elle dépassera les limites qui lui sont imposées et fera un bond évolutif dans sa façon d’être : coopération, ouverture d’esprit, respect des différences, responsabilité. Le discrédit des élites vivant en vase clos est dangereux pour nos démocraties. L’électeur peut mettre un terme aux rapports consanguins des différents pouvoirs. La rénovation du personnel politique est une des conditions à la sortie de la Crise. Nous stopperons les crises avec des décisions politiques audacieuses, fortes, innovantes, visionnaires. Dans la tempête, plus encore que par temps calme, le primat du politique est nécessaire. Sans évidemment acquitter la population de ses responsabilités. L’écologie ne doit pas être représentée par un petit parti à côté des autres. C’est un mouvement politique à part entière, et indépendant. A l’électeur de lui donner la première place. A défaut, 77

lui donner la capacité à faire gagner le mieux disant écologique en pesant sur lui pour que le projet de société appliqué sorte de la compétition, de l’obsession du profit, des sabotages et du courtermisme. Sortir du conventionnel est incontournable : Connaissez-vous Dick Forsbury ? Cet Américain a fait faire un bond à l’Humanité. Avant lui, tous les sauteurs en hauteur utilisaient la technique du « ventral ». En 1961, il s’aperçoit qu’il saute mieux en « dorsal ». En compétitions, les juges se posent souvent la question. Faut-il le disqualifier ? Son entraîneur veut le remettre en « ventral ». C’est comme cela qu’on a toujours fait ! Fosbury persiste. Il devient champion olympique à Munich en 1968. Désormais, tous les athlètes sauteront en dorsal. L’écologisme est un mode de relations et d’actions axé sur l’éthique, le réalisme, le respect et la responsabilité. Il transcende la société et tout ce qui la compose. C’est la voie pour la paix. C’est l’écologisme qui résoudra la crise financière qui est une forme de guerre. La paix est la conséquence d’un savoir profond sur les éléments dont on s’alimente, matériellement et spirituellement. L’esprit de paix est le fondement de l’écologie relationnelle. Certains pensent qu’il faut plus de femmes en politique et dans les directions d’entreprises. Il faut surtout plus de valeurs féminines ; maîtrise de l’ego, douceur, lâcher prise, patience, ouverture sur l’Autre…. Les femmes sont moins identifiées au mental que les hommes. La forme féminine est moins rigidement fermée que la forme masculine. Elle fait preuve d’une plus grande ouverture, d’une plus grande sensibilité envers les autres formes de vie. Tout est question d’état d’esprit. Alors que l’énergie mentale est rugueuse, l’énergie de l’Etre est douce, malléable et finalement plus puissante que le mental. De tous temps, les femmes ont 78

subi de plein fouet les guerres mâles, par les vengeances lâches et égotiques de ces messieurs. Les hommes se sentent en fait menacés par le principe féminin. L’ego croissant en eux croyait qu’il pouvait prendre le contrôle total de notre planète seulement par le principe masculin. Alors, pour y arriver, il fallait rendre le principe féminin impuissant. Chaque femme porte en elle une partie du « corps de souffrance » collectif féminin qui consiste en la souffrance accumulée par les femmes depuis des millénaires à cause de la domination masculine, de l’abandon, de l’esclavage, de l’exploitation, du viol, de l’enfantement, de la mort d’un enfant…Vous noterez que nous faisons subir le même sort aux terres… En politique, il y a trop d’hommes déguisés en femmes. Examinez les attitudes de nos politiciennes La femme, l’homme, chacun à sa place, les valeurs féminines et masculines, ont un rôle capital à jouer dans les bifurcations que la Vie nous propose. Il est remarquable de constater que ce sont des femmes toutes simples (une ado et une femme de ménage) qui ont « fait tomber » deux monstres planétaires : DSK et Berlusconi. Ce qui se passe en France et dans le monde est le reflet de nos modes de pensées et d’actions. Il nous est donné à vivre une forme de mort collective. Pas forcément une mort physique, mais la fin d’une façon de penser et de se comporter. Bien des gens ne réalisent que sur leur « lit de mort » et lorsque tout ce qui est extérieur s’effondre, que rarement quoi que ce soit, rarement une chose, n’a eu à voir avec ce qu’ils sont en essence. A l’approche de la fin, toute la notion de possession se révèle 79

insignifiante. Dans ces derniers instants, ils réalisent aussi, alors qu’ils ont cherché sans le savoir un sens plus profond à leur vie, que ce qu’ils cherchaient vraiment, leur être, avait toujours été là. Mais leur identification aux choses et à l’ego le leur avait caché. Le fait qu’ils n’ont pas décelé de but élevé qui magnifie leur existence implique qu’ils ne peuvent rien faire autrement que de chercher, en dehors d’eux, à le remplacer par ce qu’ils peuvent acquérir, oubliant que toutes les réussites terrestres, si spectaculaires qu’elles puissent être, ne peuvent être qu’impermanentes, comme eux. À la fin d’une histoire humaine, si souvent prématurée, que peut-on emporter avec soi de ses réalisations extérieures qui, de notre vivant, nous tenaient tant à coeur ? Quand la vie prend un Sens, le problème du pouvoir d’achat s’estompe car le vouloir d’achat baisse. La Crise financière, toutes ces crises, sont la traduction de cette absence de Sens. On trouvera le Sens et la sérénité dans une saine relation à l’Autre, qu’il soit matière, animal, humain ou végétal. Nous sommes devant quatre options  : soit la société civile s’organise joyeusement telle qu’exprimée ici, soit le politique stoppe la descente vers l’abîme par l’exemple, la clarté, une législation et une fiscalité adéquates, soit la Nature nous imposera sèchement ses règles lorsque nous l’aurons poussée à bout, soit attendre un miracle. En effet, nous prenons un quadruple risque contre nos libertés  : soit une écodictature, soit une tyrannie imposée par les détenteurs de matières premières ou par les multinationales, soit l’oppression de millions de désespérés. Ayons conscience que la visite d’un pays pauvre met en évidence nos privilèges (sauf cas extrêmes chez nous). Dans les 80

pays pauvres, des centaines de millions de personnes vivent le pire, sont en frustration permanente, faute d’hygiène, de produits comestibles, de climat clément et de Droit. Les commodités de base, le besoin de faire la fête, les plaisirs et les besoins physiques (nourriture, eau, vêtement, logement…) des humains de la planète pourraient facilement être comblés, si ce n’était ce besoin rapace et dément d’en avoir toujours plus, ce qui a créé ce déséquilibre dans les ressources et chez les êtres humains. Magnifier l’acte sexuel, sans tabou, entre adultes consentants et respectueux, est une autre facette d’une société évoluée. Mais ces dysfonctionnements s’expliquent : notre espèce a vécu des millions d’années de violences et frustrations. Notre système cellulaire est imprégné de ces souffrances. Même dans l’existence présente, la mémoire influence, outre le conditionnement de la pensée ambiante. Les schémas réactifs de beaucoup de personnes ne sont en fait pas vraiment les leurs. Ils les ont acquis depuis l’enfance, les empruntant de leurs parents, d’expériences plus ou moins bien vécues, de la société et du monde. Même la plupart des pensées et des désirs qui les traversent, proviennent de ce qu’ils ont emprunté à notre société. Ces schémas acquis tendent à empêcher leur conscience d’atteindre un niveau plus élevé. Leur esprit n’a peut-être pas encore commencé à fonctionner ! Le mental qui fonctionne en eux aujourd’hui est le mental collectif de la société. C’est pour cela qu’il leur arrive d’être faibles et malheureux ! On pense à leur place. Quant au passé, il vit en nous par le biais des souvenirs qui ne sont pas un problème en soi. En fait, grâce à la mémoire et aux souvenirs, nous pouvons tirer des leçons du passé et des erreurs commises. Mais si les souvenirs prennent totalement possession 81

de nous, ils deviennent un fardeau. La personnalité conditionnée par le passé se transforme en prison. En outre, beaucoup de gens ont tendance à ressasser et perpétuer leurs vieilles émotions et les vieux évènements : ils construisent un «corps de souffrances». Notre monde regorge d’egos blessés, et les sociétés qui en découlent sont fondées sur ces blessures. C’est vrai pour les administrés, et plus grave dans les conséquences, pour les gouvernants. A noter que certaines personnes dotées de tels « corps de souffrances » denses deviennent souvent des activistes qui se battent pour une cause. Ils doivent prendre garde à ce qu’une énergie négative ne s’empare pas d’eux (voir des complots partout, par exemple) car cela pourrait engendrer une opposition croissante à leur cause. La quête sans frein du toujours plus, d’une croissance infinie est un dysfonctionnement, une maladie. Il s’agit du même dysfonctionnement que l’on trouve dans les cellules cancéreuses qui ont vocation à se multiplier, inconscientes du fait que cette même prolifération amène leur propre destruction en détruisant l’organisme dont elles font partie. Les crises d’aujourd’hui se sont installées après plusieurs années de «gestation» comme une maladie lourde. On les a préparées. Il faudra plusieurs années pour en sortir. Un nouvel état d’esprit accélérera le processus : On peut donc choisir de ralentir, rassembler, renaître, réaliser, reconnaître, reconvertir, récupérer, recycler, réduire, redécouvrir, réenchanter, réfléchir, réhabiliter, relocaliser, réparer, ressourcer, rétablir, retrouver, réussir, réutiliser, rire, rêver, réveiller, réconcilier, réunir, récolter … Tout cela alimente le bon vivre ensemble, l’écologie relationnelle, la santé et chasse tout déficit. 82

Rappelez-vous que tout est lié  : Eau, Ecologie, Economie, Education, Effort, Emploi, Energie, Enthousiasme, Environnement, Epanouissement, Espérance, Equité, Ethique, Eveil. Ensemble, Evidemment, on peut réaliser la nouvelle Ere ! Ce que nous avons à comprendre de nos problèmes successifs est à l’intérieur de nous-mêmes, pas dans les étoiles ou les microbes. Le plus grand accomplissement de l’humanité n’est pas ses records sportifs, ses œuvres d’art, sa science ou sa technologie, mais plutôt la reconnaissance de son propre dysfonctionnement, de sa propre folie. Il y a longtemps, certaines personnes isolées ont reconnu cette folie  : Bouddha, Socrate, Lao-Tseu, Jésus, Théodore Monod,… Leurs enseignements simples mais puissants, furent déformés ou ignorés. Certains de ces maîtres furent bannis, ridiculisés, injuriés ou même tués. L’épopée du communisme est significative : idéologie inspirée à l’origine par de nobles idéaux « à chacun selon ses besoins ». L’immaturité humaine pervertit cette pensée par mépris du libre arbitre et par empressement. L’application qui a été faite du communisme montre aussi cela : ce sont les structures les plus rigides, les plus hermétiques au changement qui s’effondrent les premières. Cela s’est déjà produit avec le communisme soviétique qui semblait pourtant ancré à tout jamais, solide et monolithique. Le libéralisme a tenu plus longtemps car il est souple. Les finances qui explosent, c’est le matérialisme qui explose. Notre course aux achats en tous genres se traduit par le pillage de notre planète et de nos comptes en banque, les pénuries potentielles, la perte des valeurs et la panique un peu partout. On a 83

sacrifié la qualité à la quantité, l’harmonie à la disharmonie, l’énergie au stress, la beauté à l’inquiétant. La politique digne du 21ème siècle est donc écologique : écologies démocratique, économique et sociale, éducative, environnementale, financière, fiscale, relationnelle et sanitaire. Elles seront détaillées dans mon prochain livre, disponible dans quelques semaines : « L’écologie, un diamant à 8 facettes ». Les révolutionnaires de 1789, ceux d’Ukraine récemment, les désespérés des pays arabes comme les Indignés, ici et là dans le monde, manquent cruellement d’un projet de société cohérent et complet. Offrons-leur une France exemplaire. En outre, l’influence d’un pays dépend aussi de sa situation financière. Concrètement, comprendre que le respect des règles est nécessaire, que la profondeur et la largeur de cette Crise requièrent une approche non conventionnelle, que nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive, et que mépriser la Nature est incompatible avec le bien-être durable. L’eau, l’air, la terre, l’énergie, l’animal, le végétal méritent tout notre respect. Une France rurale, un monde rural sont à reconstruire, fort des connaissances d’aujourd’hui. L’évolution humaine a suivi plusieurs phases. Pour la première fois dans l’Histoire de l’humanité, elle peut prendre la forme d’un choix conscient. Etre enfin homo sapiens. La transformation est la tâche qui nous est assignée. Son fruit sera la réconciliation, puis la paix, donc la fin des crises en tous genres. Les meilleures ressources financières ne sont donc pas dans les hausses d’impôts ou les réductions des budgets des ministères. Je viens de vous démontrer qu’elles sont dans nos choix de 84

comportements  : quelle société on construit, comment on dépense, comment on traite sa santé et comment on vote ! RUINE, REFORMETTES, RIGUEUR ET RELANCE ECONOMIQUE, NON, RÉGLEMENTATION, RÉALISME, RESPONSABILITÉ ET RURALITÉ, OUI ! Un mouvement politique, déjà parmi les 10 premiers de notre pays, issu du monde associatif et rassemblant des citoyens en politique, oeuvrant au delà de tout clivage idéologique, porte ce projet de société : l’Alliance écologiste indépendante et dont le suis le présidentiable. Alliance écologiste indépendante 6 rue Emile Gilbert 75012 Paris 0625453001 info@alliance-ecologiste-independante.fr www.alliance-ecologiste-independante.fr www.jeanmarcgovernatori.fr http://governatori2012.fr/

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La morale de notre Histoire

Le contraste est trop fort entre notre économie axée sur le gaspillage et le temps compressé, Et l’économie de la nature axée sur le recyclage et le temps respecté.

Une multitude de documentaires, de livres, de magazines, de sites alertent sur les problèmes et solutions. Celui qui écrit un livre, a lu. J’ai beaucoup lu, beaucoup écouté, beaucoup réfléchi, beaucoup agi. Voici ceux que j’ai préférés : - Patrick BARONNET : « De la maison autonome à l’économie solidaire » - François COUPLAN : « La nature nous sauvera» - Philippe DESBROSSES : « Nous redeviendrons paysans » - Jean Baptiste de FOUCAUD : « L’abondance frugale » - Bernard FARINELLI : « Quitter la ville » - Edel Gött : « Now or Never l’urgence d’agir » - Jean Marc GOVERNATORI : « Politique écologique = Plein emploi » préfacé par Albert Jacquard - France GUILLAIN : « Manger bio, c’est pas cher » - Daniel KIEFFER : « Naturopathie » - Marc Menant : « Médecine, régimes, la terrifiante imposture » - Rosette POLETTI et Barbara DOBBS : « Se désencombrer de l’inutile » - Pierre RABHI : « Vers la sobriété heureuse » - www.alimentons-les-regions - www.heol2.org - www.villesentransition.org - www.alliance-ecologiste-independante.fr - www.jeanmarcgovernatori.fr - www.reseau-amap.org - www.projetsencampagne.com - www.actionconsommation.org - http://fr.freecycle.org 90

- http://kokopelli.asso.fr - www.lanef.com - http://monnaie-locale-complementaire.net - www.revolution-fiscale.fr - http://terredeliens.org - www.uneseuleplanete.org - http://topten.wwf.fr - www.artisansduchangement.tv

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Achevé d’imprimé en France, sur papier recyclé pour le compte d’InLibroVeritas, Février 2012 ISBN : 978-2-35209-517-0

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