CD 1 L’Etat – Droit Constit L1S1 L’« Etat »peut avoir plusieurs significations : - Une personne morale souveraine : groupement

avec des droits et un patrimoine o Remarque : la personne morale de l’Etat est séparée de la personne du dirigeant (à la différence de la Monarchie, « Le roi c’est moi » Louis XIV. Les décisions prises par les gouvernants sont imputables à l’Etat, personne morale. Conséquences : La continuité de l’Etat (L’Etat est distinct de ses gouvernants) et la permanence du droit (Le Corolaire du principe de permanence du droit qui a comme conséquence que les gouvernements sont engagés par les actes des gouvernements précédents) Un sens large (1) : les Etats dans le monde, aka les pays du monde. Sens de « République ». Un sens plus stricte (2) : signifiant le pouvoir central (troisème condition d’existence de l’Etat). o Exemple : les collectivités territoriales font parties du (1), mais se distinguent du (2) français. L’ETAT Les trois conditions d’existence de l’Etat

I) A)

1) Le Territoire (au sens géographique mais aussi économique avec les frontières et la création des taxes) Le territoire est l’espace géographique sur lequel l’autorité étatique exerce son pouvoir. Attention, le territoire ne se limite pas à la terre, il faut aussi considérer l’espace aérien, maritime, le sous-sol et la surface. 2) La population (qui habite le territoire) La population est un groupe humain d’individus sédentaires rattachés à un Etat. La population doit être sédentaire ! Remarque : les populations nomades échappent au contrôle des frontières et des Etats. L’Etat se distingue de la nation en cela qu’il peut comprendre aucune ou plusieurs nations mais aussi qu’il compte des étrangers sur son territoire et des ressortissants à l’étranger. Nation, groupement humain dans le quel les individus se sentent unis les uns aux autres par des liens à la fois matériels et spirituels, et qui conçoivent (ou se perçoivent) comme différents des individus qui composent les autres groupements nationaux : Conception allemande (objective) : appartiennent à une seule nation tous ceux qui ont des caractéristiques communes (religion, ethnie, langue etc.) Conception Française (subjective) : La nation se définit par une volonté de vivre ensemble. Attention, tous les Etats ne sont pas des nations (Palestine) et certains Etats regroupent plusieurs nations (Canada Fr et Eng). D’autres nations sont écartées en plusieurs Etats (RDA RFA). Est-ce que toute nation doit avoir un état ? Le principe des nationalités selon lequel toute nation à le droit de devenir un Etat. De la nationalité (c'est-à-dire ce qui unit l’Etat aux personnes) découle la citoyenneté (c'est-à-dire le fait de pouvoir participer à la vie politique d’un Etat). 3) Le pouvoir politique : élément Institutionnel, organisation politico-juridique Sur ce pouvoir politique repose la souveraineté de l’Etat : - Par rapport aux autres Etats : souveraineté de l’Etat. Limitée uniquement par l’obligation de respecter la souveraineté des autres Etats. o Limites : La souveraineté de l’Etat n’est valable que pour quelques états très puissants, les autres sont dépendant des organismes financiers et mondiaux etc. - A l’intérieur de l’Etat : souveraineté dans l’Etat. L’état s’organise comme il veut entre ses frontières. Dire que l’état est souverain, c’est affirmer qu’il possède pouvoir absolu de décider en dernier ressort. o Limites : le droit d’ingérence humanitaire, les contraintes de la mondialisation Comment l’Etat peut il être soumis au droit alors que c’est lui qui l’a créé ? - Non : La conception absolue de la souveraineté : l’Etat ne peut être soumis aux règles qu’il a créé

B)

Oui : La théorie du droit naturel ou jus-naturalisme : il existe un droit préexistant que l’on constate et que l’on ne créé pas, qui s’impose à l’Etat Oui : La théorie de l’autolimitation : L’Etat consent à se lier lui-même « patera legem quam fecisti », « respecte la règle que tu as faite » Les deux caractéristiques de l’Etat

La souveraineté La personne morale II) LES FORMES D’ETATS

A) L’Etat Unitaire 1) Définition L’Etat unitaire se caractérise par l’unité du pouvoir politique, avec un seul centre de décisions politiques. Cette unité s’accompagne de l’indivisibilité de l’Etat consacré dans l’art 1 de la Constitution : « La France est une république indivisible laïque et sociale. » Cela signifie que tous les citoyens sont soumis au même pouvoir (unité de constitution) aux mêmes lois (unité de législation) et au même gouvernement (unité de gouvernement) et aux mêmes tribunaux. On avait l’habitude de dire que « la République est une et indivisible » ce que l’on ne fait plus. On mentionne uniquement indivisible aujourd’hui. Cela sous entend qu’il peut y avoir d’autres formes de diversité législative (mais cette diversité est organisée par l’Etat et non en dehors). Il existe plusieurs formes d’organisations administratives (≠ politique) pour les états unitaires : La Centralisation (administrative) La Centralisation d’ordre politique ou administrative fait que toutes les décisions sont prises dans la capitale par le pouvoir central. Risque d’engorgement et d’inadaptation. La Déconcentration (administrative) C’est le fait pour un Etat central d’implanter des autorités administratives localement sur le territoire national et de doter ces autorités d’un pouvoir de décision au nom de l’Etat. La déconcentration ne sort pas du cadre Etat-Personne morale Ex : les Préfets et les Recteurs de l’éducation. Odilon Barrot : « C’est le même marteau qui frappe, mais on en a raccourci le manche ». La Décentralisation (administrative)

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C’est la création de plusieurs personnes morales à coté de l’Etat. Cela consiste à confier l’exercice de certaines attributions administratives à des autorités locales élues par les citoyens. L’Etat central garde un pouvoir de contrôle sur les activités de ces collectivités décentralisées. Ce sont les collectivités territoriales consacrés par l’art 72 de la Constitution (Communes, départements, régions…). o Décentralisation mesurée comme en France même si depuis la révision constitutionnelle de mars 2003, on a complété l’art 1 de la Constitution par « décentralisée » et l’art 72 reconnait à ces collectivités un pouvoir réglementaire ainsi que la possibilité de procéder à des expérimentations et la disposition de recettes fiscales propres. (Mais cela reste dans le droit français, pour preuve on exerce une contrôle de légalité). o Décentralisation poussée comme en Espagne (Etat autonomique avec les communautés autonomes) et en Italie (Etat régional avec les régions italiennes qui disposent d’une large autonomie). B) Les Etats composés Les Etats composés sont souvent des additions de plusieurs Etats unitaires. On peut citer : - Les unions d’Etats, qui se partagent un même souverain

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Les unions réelles, qui se partagent un même souverain et ont des services en commun. Ex : L’Autriche-Hongrie de 1867 à 1918. Les confédérations, qui sont des Etats qui gardent leurs compétences et la plus grande partie de leur souveraineté. Ils ont un organe commun (assemblée de diplomates). C’est une association d’Etats par un traité international. L’Europe en est un exemple mais elle est plus développée qu’une confédération de base (plusieurs traités et vocation fédérale).

C) L’Etat Fédéral 1) Définition Inventé par les Etats-Unis, sur la base de l’échec d’une confédération. L’Etat fédéral est une union d’Etats, au sens du droit constitutionnel, au sein de laquelle un nouvel Etat se superpose à ces Etats. Des Etats souverains acceptent d’abandonner des compétences pour former un nouvel Etat : il y a donc création d’un Etat supplémentaire. Ce fédéralisme naît par une Constitution, à la différence de la Confédération qui naît d’un Traité. Cet Etat fédéral est le seul qui subsiste au niveau international. Lui seul peut entretenir des relations internationales. Devise des US : « E Pluribus Unum ». Unité dans la diversité. Littéralement : Un, à partir de plusieurs 2) Les Principes organisateurs du fédéralisme a) Le Principe d’autonomie Puisque l’Etat fédéral est un Etat composé d’Etats, doivent se retrouver aux deux niveaux les trois éléments de l’Etat que sont le territoire, la population et un Constitution. Il existe deux territoires : Le territoire fédéral étant la somme des territoires fédérés. Dédoublement de la citoyenneté : citoyen fédéral et citoyen fédéré La répartition des compétences : - Etat fédéral (unique) : compétence réservée internationale, compétence légale d’exception (le droit fédéral l’emporte sur le droit des entités fédérées et s’applique directement aux particuliers sans que soit nécessaire à cet effet une quelconque intervention des entités fédérées, règle de l’application directe) - Etats fédérés : compétence légale générale, sauf pour les compétences d’exception Principe de Subsidiarité en vertu duquel tout ce qui peut être accompli par les citoyens localement n’a pas à être confié à l’échelon supérieur. L’autonomie est institutionnalisée. Le respect de la répartition des compétences est garanti par des organes régulateurs et protecteurs du fédéralisme , la Cour Suprême par exemple b) Le Principe de participation Les entités fédérées sont associées à la gestion de l’Etat fédéral grâce à l’élaboration des lois et de la révision de la Constitution fédérale. Présence d’un bicaméralisme : Une chambre représentant les Etats sur un strict pied d’égalité (chambre la plus puissante) Une autre chambre représentera proportionnellement à la population de chaque Etat

(En ce sens tout Etat à une constitution. qui l’exerce soit par l’intermédiaire de ses représentants ou par référendum. de la rédiger et de ne pas la soumettre au peuple pour la faire adopter. En général. Inconvénients : Imprécision. Tout état dispose d’une Constitution au sens matériel mais pas forcément au sens formel (Ex : Royaume Uni).écrite : Obstacle à la souplesse Constitutionnelle Avantage d’une C. Habeas Corpus 1679 Bill Of Rights 1689). I) DEFINITION ET SIGNIFICATION DE LA CONSTITUTION A) Distinction de la constitution au sens formel et au sens matériel La constitution a deux définitions : . C’est l’existence de cette procédure qui traduit la supériorité de la constitution. usage doit acquérir une valeur morale qui résulte de l’approbation générale en tant que véritable Règle. le constitutionnalisme .formelle (En France les lois électorales) et inversement certaines fois la C.John Locke dans Essai sur le gouvernement civil en 1690 : L’homme vivait paisiblement dans l’état de nature que le contrat est venu perfectionner et la violation par le prince des libertés de ses sujets dispensent ces derniers du devoir d’obéissance. 1) Les modes autoritaires : Le gouvernement décide d’élaborer une constitution.formelle : Seront constitutionnelles. Le constitutionnalisme s’est développé aux XVIIIème dans une atmosphère de résistance à l’absolutisme monarchique. Ex : La convention de 1791 et la Constitution de 1946. solennité et certitude. o Jean Jacques Rousseau dans le Contrat Social : l’homme vivait paisiblement dans l’état de nature que la propriété va gâcher. auxquels s’ajoutent des lois ordinaires (Parliament Acts 1911 et 1949) et un ensemble de traditions. . elle ne fait participer aucun autre pouvoir que ceux qui le détienne déjà. C'est-à-dire éclairent le texte (coutume interprétative) ou lui apportent des précisions en comblant des lacunes. Idée que la théorie politique en vient à trouver le fondement et la source du pouvoir dans le consentement des gouvernés .CD 2 La Constitution – Droit constit L1S1 La constitution a une valeur symbolique autant qu’une valeur juridique de règle suprême.écrite : Précision. par lequel ils s’engagent à se conformer à la volonté générale. qui ont été adoptées selon une procédure spécialement prévue à cet effet.E à condition d’admettre qu’elle détient une Constitution . et les hommes vont conclure un contrat social.La philosophie des lumières : o Diderot dans l’Encyclopédie « Le prince ne peut disposer de son pouvoir et de ses sujets dans le consentement de la nation ».formelle peut contenir des dispositions qui ne sont pas matériellement constitutionnelles (la Constitution de la Suisse contient des règles relatives à l’abatage des bovidés). toutes les règles soient ou non contenus dans un document unique.La charte octroyée : Le souverain accepte de limiter ses pouvoirs au profit des institutions qu’il accepte d’instituer. des coutumes qui n’ont jamais fait l’objet d’une adoption explicite par une instance quelconque. Ex : la Grande-Bretagne.Grévy II) ETABLISSEMENT DES CONSTITUTIONS La constitution est la norme suprême. clarté.matérielle : la constitution est l’ensemble des règles qui déterminent les conditions d’acquisition et le fonctionnement du pouvoir politique.Le plébiscite constituant : La Constitution est l’œuvre d’un seul homme mais le peuple est invité à l’approuver. en ce qu’elle est à la fois la première mais aussi au-dessus des autres normes : elle est ainsi supérieure. Il existe des coutumes : . L’élaboration est dite fermée. constance sans faille. A la suite de la création d’un Etat nouveau ou à la suite d’une révolution. Nuance : Les institutions anglaises sont régis par des anciens textes prestigieux (Grande Charte 1215.) . C) Le rôle de la coutume dans les constitutions écrites Les constitutions écrites peuvent faire l’objet d’applications coutumières. L’adoption de la Constitution marquera la fin du gouvernement de fait et l’avènement d’un gouvernement de droit. Le pouvoir constituant originaire est « inconditionné » ce qui lui donne une valeur souveraine. A) La notion du pouvoir constituant Originaire Le pouvoir constituant originaire intervient pour élaborer une Constitution alors qu’aucune autre n’est en vigueur. La volonté générale s’exprime dans la loi qui traduit l’intérêt commun et pour Rousseau les lois et la Constitution doivent être consenties explicitement et non plus tacitement. progressivité et la plasticité >Garantie de stabilité en ce qu’elle permet l’adaptation constante des aspirations politiques et des institutions Inconvénients d’une C. Ex : L’apparition du président du Conseil . de coutumes et d’usages : Les conventions de la constitution.matérielle et formelle est assez large même si des règles matérielles peuvent ne pas figurer dans la C. Ex : restauration monarchique en 1814 et l’U. et inaccessibilité au citoyen lambda Avantages : >Souplesse. B) Les modalités d’établissement de la Constitution La variété est grande et chaque mode caractérise la nature du régime mis en place.Coutumes praeter legem qui sont interprétatives et supplétives. B) Constitution écrite et Constitution coutumière Les constitutions coutumières sont non écrites.Coutume contra legem qui vont à l’encontre du droit écrit (coutume abrogative) Ex : La désuétude du droit de dissolution à la suite de la C. . Les américains seront les premiers à mettre en place une constitution écrite en 1787. fondées sur des précédents. incertitude. Elle a deux buts principaux : Garantir les droits des citoyens Organiser de manière logique et cohérente le gouvernement (pouvoir politique) Introduction : L’Origine de la notion de constitution. Il faut pour cela 4 caractères : répétition. Ex : Premier et Second Empire et Constitution de 1958 2) Les procédés démocratiques : Le pouvoir constituant appartient au peuple souverain. la coïncidence entre C.

Deux interprétations : Puisque c’est la constitution qui doit s’adapter.En France le chef de l’Etat est jugé par la Haute cour de Justice et le Gouvernement devant la Cour de Justice de la République. Ex : Constitution 1791. Son contrôle est donc facilité et les règlements sont contrôlés par le Conseil d’Etat. On dit que le contrôle de la conformité de la loi à la Constitution est « incident ». est exigée. Cependant il faut nuancer cette vision : o C’est la constitution qui exerce et organise ce contrôle de constitutionalité o Il est toujours possible de ne pas ratifier La suprématie de la constitution doit faire l’objet d’une protection. car il est confié à une Cour Constitutionnelle. (QCP ?) On parle de « voie d’action » car le requérant demande directement au juge l’annulation de la loi pour inconstitutionnalité. 1) La sanction Politique Inorganisée : .La constitution étant le reflet de la souveraineté populaire. d’où la nécessité de sanctions. La sanction politique à l’initiative des citoyens donne naissance au droit de la résistance à l’oppression consacrée par l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. avec des contraintes plus importantes que celles requises pour l’adoption d’une loi ordinaire. Un Constitution sera rigide lorsqu’une procédure particulière. elle est toujours coupable. On parle de « voie d’exception » car le litige ne porte pas sur le problème de la constitutionnalité de la loi. le modèle européen n’est pas appliqué dans tous les pays en Europe : la Grèce a un modèle américain. Il est dérivé parce qu’il découle du texte constitutionnel précédent et qu’il est enfermé dans des conditions de forme et de procédure. Ce contrôle est « a posteriori » sur les lois déjà promulguées et ce contrôle le fruit de toutes personnes et pas seulement le fait d’autorités spécifiquement désignées. 2) La sanction Juridique Elle vise à contrôler les actes (et non les personnes comme dans les sanctions politiques). . Le cas de la hiérarchie entre la constitution et des traités internationaux : La Vème République organise un mécanisme de contrôle des engagements internationaux pour vérifier leur constitutionalité. On dit maintenant que « Loi est l’expression de la volonté générale » MAIS dans le respect de la constitution. c'est-à-dire que l’ensemble des actes inférieurs doivent lui être conformes. . spécialisée dans le contentieux du contrôle des lois à l’égard de la Constitution. La constitution est à la fois à la base (norme mère) et au sommet de l’organisation. toute infraction à cette dernière devrait être sanctionnée par le peuple lui-même. An III. La révision : Elle peut contenir des limitations quand au moment et à l’objet de la révision. L’Elaboration (souvent le parlement) et L’Adoption. elle n’ a pas besoin d’apologie. Attention.Impeachment Britannique (jusqu’à la peine capitale) et l’Impeachment Américain (jusqu’à la destitution). l’exécutif est moins souverain que le pouvoir législatif. Elle a lieu en 3 étapes : L’initiative (souvent sur demande du parlement. parfois du gouvernement et rarement du peuple). Avantage : La suprématie de la Constitution est renforcée.III) REVISION DES CONSTITUTIONS Notion : Le pouvoir de révision est dit pouvoir constituant dérivé (par rapport au pouvoir originaire). mais c’est au cours de ce litige qu’est soulevé le problème. aucune des deux cours n’ont jamais mis en route d’accusation. et le fruit de certaines autorités défini par l’art 61 de la Constitution A nuancer en vertu de la révision constitutionnelle de juillet 2008 et l’art 61-1 de la Constitution. et lorsqu’elle est partielle. Elle est issue d’un organe juridique. la loi étant « Loi est l’expression de la volonté générale » (Jean Jacques Rousseau).Le contrôle de constitutionnalité des actes du Législatif La sanction juridique du travail du parlement pose un problème. Ce contrôle s’est néanmoins mis peu à peu en place notamment à travers le Conseil Constitutionnel. Contrôle « diffus ». Elle tient sa supériorité de la souveraineté et en assure le maintien par le contrôle qu’elle exerce pour assurer la hiérarchie des normes. on peut penser qu’elle est inférieure aux traités (Exemple de la modification de la constitution française en 1992 pour permettre la ratification de Maastricht). Si le traité est considéré comme contraire à la constitution. Toutes les cours peuvent être compétentes. Inconvénient : Instabilité. Cette cour est en dehors de tout système juridictionnel ordinaire et ne fait que ça. . car remettre en cause la loi revient à remettre en cause le peuple souverain. Ainsi ces mécanismes politiques sont lourds et inefficace. Constitution Souple et rigide (aucun lien entre coutume/écrite et souplesse/rigidité) : Une Constitution est considéré comme souple lorsqu’aucune condition spéciale n’est nécessaire à la révision et que cette dernière peut être opérée par une loi ordinaire. 1) Le modèle américain Le modèle américain a été théorisé à partir d’un cas pratique. CD 3 La Séparation des Pouvoirs . Ce contrôle de la conformité peut être posé à l’occasion d’un procès donc devant une juridiction du fond.Le contrôle de constitutionnalité des actes de l’Exécutif Dans le système Français. C’est donc un contrôle « concentré ». En France. Organisée : . On dit que le contrôle de la conformité de la loi à la Constitution est « abstrait ». la Cour suprême composée de magistrats professionnels pourra imposer une interprétation de la Constitution aux Juridictions qu’elle contrôle. A nuancer du fait que l’I(GB) n’a plus servi depuis 1805. et l’I(US) n’a servi que deux fois dont une fois contre le Président Bill Clinton et les deux présidents mis en accusation ont été acquitté. C’est un procès fait à la loi. apolitique et indépendant. Ce contrôle est « a fortiori » avant que les lois soient promulguées et n’entre en vigueur. Ex : La Grande-Bretagne. A la tête de ces juridictions. la révision de la constitution doit intervenir avant la ratification. Avantage : Flexibilité. ou du moins n’être pas incompatibles avec elle. Boissy d’Anglas « Lorsque l’insurrection est générale. B) Les divers systèmes de contrôle. Exercé par une seule juridiction et réservé à certains requérants.L1S1 Droit constit . Inconvénient : une trop grande rigidité n’est pas un gage de longévité. IV) NOTIONS SUR LE CONTOLE DE CONSTITUTIONNALITE A) Les problèmes généraux du contrôle et la protection de la Constitution Hans KELSEN (grand juriste autrichien) : L’image de la pyramide des normes dont la base sert à la construction d’un enchainement de règles. 2) Le modèle Européen Le modèle européen est sorti tout droit d’une construction théorique (de KELSEN) et est conforme à la théorie de la pyramide des normes.

- Exécutif : mettre la loi en œuvre - Le régime parlementaire (Angleterre. moins l’Etat agit. Le résultat de telles relations pourrait être la paralyse complète du pouvoir. il y a bien deux organes distincts (exécutif et législatif). La première présentation de cette théorie de la séparation des pouvoirs a eu lieu suite à la « glorieuse révolution » de 1688. ce qui n’est qu’un prétexte pour parler de la France. Locke accompagnait les nouveaux Rois d’Angleterre. se trouvait dans ce qu’on appelait une Monarchie limitée et veut démontrer que ce nouveau système est le meilleur (le Roi ne fait qu’exécuter les lois sous la surveillance du Parlement (pouvoir exécutif)). C’est une théorie très récente du XVIIème XVIIIème siècle que l’on doit notamment aux Lumières. A) La hiérarchisation des pouvoirs Dans un régime d’assemblée. Les régimes autoritaires correspondent souvent à des situations de crises et sont marqués par un déclin du droit. la puissance de juger ». Il défend l’idée de fond que le pouvoir l’autorité doit être diffuse et remise entre des mains différentes. un seul homme détient le pouvoir législatif et exécutif. Il distingue trois pouvoirs : .Le régime d’assemblée (Suisse). (L’expression « séparation des pouvoirs » ne figure pas dans son texte. elles doivent juste être répartir entre les organes. ce même Roi qui contrairement à la France (monarchie absolue avec Louis XIV). La liberté politique sera d’autant mieux protégée que le pouvoir ne sera pas placé entre les mêmes mains. 1) La dictature de l’exécutif Dans ces régimes autoritaires. armée) N’étant que courtisan. Il recherche au contraire l’unité du pouvoir. il ne doit donc pas être nécessairement divisé. elle impose simplement qu’un seul organe ne soit pas titulaire de la plénitude de plusieurs pouvoirs. Doyen Vedel : « Napoléon dirigeait l’Etat. Guillaume d’Orange et son épouse Mary parvenus sur le trône suite à une révolution contre les Stuarts. Selon les mots de Montesquieu. moins il risque de porter atteinte aux libertés. ne doivent pas être attribués à la même personne ou au même corps. La séparation des pouvoirs n’équivaut pas à la démocratie (qui est le pouvoir du peuple par le peuple). qui contrairement au césarisme. les révolutionnaires y verront une promotion erronée du pouvoir législatif. La théorie de John Locke dans son « essai sur le Gouvernement Civil » de 1690. que de confier à ceux-là mêmes qui ont déjà le pouvoir de faire les lois celui de les exécuter » Locke ne prône pas une séparation stricte des fonctions. le pouvoir juridictionnel étant secondaire. « Checks and Balances » : Chaque pouvoir peut contrer l’autre pouvoir.Les régimes totalitaires du XXème. le problème est que « Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser » et la solution : « pour que l’on ne puisse abuser du pouvoir. le pouvoir arrête le pouvoir. L’influence de Montesquieu sur les pouvoirs constitutionnels fut grande tant par le vocabulaire employé (pouvoir législatif. il faut que. Là où Montesquieu ne donnait pas de hiérarchie entre les différents pouvoirs (donc un plan horizontal et monarchique). les deux pouvoirs seront obligés de trouver un terrain d’entente par un « enchainement mutuel des forces ». » B) La Critique de Jean Jacques Rousseau Ses théories que l’on retrouve notamment dans le « Contrat Social » sont diamétralement opposées à celles de Montesquieu (pessimiste.Législatif : faire la loi (qu’il considère supérieur aux deux autres) Fédératif : conduire les relations internationales (diplomatie. il n’y a pas d’isolement absolu de chacun des pouvoirs dans une fonction spécialisée. Chez Montesquieu. De plus les nécessités de l’action politique s’imposant. Hitler dirigeait la société ». n’a point de Constitution. Son influence se retrouve également à l’art 16 de la DDHC : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminés. exécutif et judiciaire) que les idées (dont la constitution américaine s’est directement inspirée). décrites par leur objet. .Il s’agit de l’inverse de la concentration des pouvoirs incarné par les monarchies absolues (ou le Roi détient le pouvoir de faire les lois (pouvoir législatif) et celui de les exécuter (pouvoir exécutif)). Suite à la révolution française. Les 3 puissances. . Les constituants américains feront une application de Montesquieu beaucoup plus fidèle et très proche de l’idée originale. Rousseau y voit une répartition verticale et démocratique dans laquelle le peuple est apte à diriger. ». notamment au chapitre 12 « Cela serait provoquer une tentation trop forte pour la fragilité humaine sujette à l’ambition. Il passait pour être l’ami du Roi. la puissance exécutrice. et dont le but principal est de se préserver de l’arbitraire du pouvoir. Séparer les organes et les fonctions est quelque chose de différent. selon Montesquieu « La puissance législative. mais dans une perspective libérale de la préservation de la liberté. . France). mais l’un des deux est soumis à l’autre. Certes il n’y a pas de chambres des lords mais les pouvoirs sont contraints de s’entendre à travers la collaboration des pouvoirs. Dans ces dictatures. I) La Formulation de la Théorie par Montesquieu A) Le triomphe de la Théorie de Montesquieu Montesquieu développe sa théorie dans le Livre XI de son œuvre « L’Esprit des Lois » (1748). De plus les trois pouvoirs ne sont pas considérés comme égaux. Locke vantera donc la monarchie limitée dans son essai. Parlement etc. par la disposition des choses. mais qui avait été déjà en partie théorisé par Aristote qui avait identifié 3 fonctions dans un Etat et qui pensait déjà qu’ils devaient être séparés (mais n’avait pas identifié d’organes). Même si cette théorie conduit à la création de deux organes distincts (le Parlement et le gouvernement). il y a souvent du populisme (faire semblant de faire appel au peuple). Il se méfie du pouvoir. dans le chapitre VI intitulé « de la Constitution d’Angleterre » : il fait semblant de décrire le régime anglais. Le régime présidentiel (USA). dans une séparation pourtant stricte. D’où la nécessité de séparation des pouvoirs. ex la loi qui est une fonction est partagée entre plusieurs organes (Président. embrassent tous les aspects de la vie sociale et privée qui sont gouvernés par l’idéologie du régime comme Hitler et Staline. Pour Rousseau (optimiste) le pouvoir n’est pas mauvais en soi. II) Le Classement des régimes politiques s’opère en fonction de la théorie de la Séparation des Pouvoirs La pratique de la séparation des pouvoirs a donné lieu à trois types de régimes : . les constituants se serviront des deux théories.) Face à l’absolutisme royal. et là ou Montesquieu cherchait un pouvoir modéré. elle n’exige pas que chacun des pouvoirs soit attribué à un organe distinct.).La dictature personnelle dont on peut inclure le modèle Césariste (Ex : Régimes Napoléoniens) avec une omnipotence de l’exécutif et la soumission du législatif. Les relations entre exécutif et législatif reposent sur le fait que chaque corps dispose à la fois de la faculté de statuer et de la faculté d’empêcher ce que fait l’autre organe. le peuple est incapable de gouverner). son œuvre ne fit pas grand bruit et il fallu attendre un gros demi siècle pour que Montesquieu en donne une formulation plus élégante et prestigieuse. Montesquieu cherche un régime qui puisse assurer la liberté politique.

Il n’y a plus vraiment de séparation des pouvoirs. La Suisse elle est dans un gouvernement d’assemblée. qui dispose d’un Parlement bicaméral (la Chambre des Lords (nobles et la Chambres des communes (gens du peuple) et d’un pouvoir exécutif à deux têtes : un Roi et son Cabinet. Le Premier Ministre concentre tous les pouvoirs et seule l’opposition parlementaire fait contrepoids. C) Le Régime Parlementaire Rationalisé ou « La Constitution des Professeurs » Le Parlementarisme rationnalisé est un ensemble de techniques de droit constitutionnel et électoral visant à éviter une trop grande instabilité gouvernementale et permettre un fonctionnement des institutions dans un Régime Parlementaire. Ce régime est pratique pour les assemblées constituantes qui doivent rédiger une constitution et gouverner en même temps. Souvent qualifié de régime Conventionnel du nom de l’assemblée révolutionnaire qui a siégé entre 1792 et 1795. mais ces deux républiques n’étaient pas des régimes d’assemblée malgré leur parlement fort.Une phase de parlementarisme dualiste. Les III et IVème république ont souvent été considéré comme telles. C’est la fin de l’indépendance du législatif. A l’équilibre Parlement/Gouvernement se substitue une subordination du premier au second. Dans un régime moniste le chef de l’Etat s’efface totalement et devient une simple machine à signer. il a besoin du soutien de la majorité parlementaire.Une phase de parlementarisme moniste (situation actuelle) ou le Cabinet est responsable uniquement devant le Parlement. - La responsabilité politique du Cabinet (Gouvernement). En résumé. B) Le Régime Parlementaire Moniste Cela correspond à un schéma déformé du régime parlementaire dualiste. Le Monarque a perdu le pouvoir de révoquer les Ministres. A) Le Régime Parlementaire Dualiste Les 3 principes du régime parlementaire dualiste : . séparation souple des pouvoirs Le régime parlementaire est un régime de séparation souple (de collaboration des pouvoirs) dans lequel la gestion des affaires publiques est assurée par la collaboration entre exécutif et législatif. Celle-ci sur demande du 1 er Ministre peut être engagée à l’encontre d’un parlement récalcitrant. Le droit de dissolution est un droit de riposte face au droit de révocation. . (18ème) . Double : envers le Chef de l’Etat et le Parlement qui a un droit de révocation.Une phase de monarchie limitée (=monarchie parlementaire). Le Premier ministre en est le chef. régime dualiste lors duquel le Cabinet est responsable à la fois devant le Roi (qui conserve le pouvoir de le faire démissionner) et devant le Parlement (qui peut le pousser à démissionner également. ce qui place le peuple en position d’arbitre lors d’un conflit entre les deux pouvoirs. Et le gouvernement est à l’image de la couleur politique du parlement dans sa composition. o Le Gouvernement est instable. le parlement ayant quasiment toujours la même composition politique implique une reconduite similaire du Conseil fédéral avec les même hommes qui y siègent depuis 10 voire 25 ans. Le conseil Fédéral se trouve donc bien plus expérimenté : « une équipe de professionnels face à une équipe d’amateurs (parlement) ». Ces techniques ont pour objectif de rendre plus difficile. Il sert à palier un « manque » de bipartisme. les électeurs choisissent donc indirectement leur Premier Ministre.Motion de défense constructive : créé un lien entre le renversement d’un gouvernement et la mise en pace du suivant : On ne peut renverser le chancelier fédéral (PM allemand) qu’en élisant un successeur. III) Le(s) Régime(s) Parlementaire(s) . seul cas de réussite. L’executif peut être censuré par le Parlement. En pratique. où le Roi est irresponsable politique. (Très souvent derrière ce régime d’assemblée se cache d’ailleurs une dictature au profit de l’exécutif. notamment en le menaçant de la procédure d’impeachment) (19ème) .Le bicéphalisme de l’exécutif (Roi + Gouvernement) o Le Chef de l’Etat est stable. politiquement et constitutionnellement. donc nuance entre la théorie et la réalité) L’ensemble du pouvoir est concentré dans l’Assemblée qui cumule pouvoir exécutif et législatif. Le pouvoir exécutif (gouvernement) existe bien mais il n’est que l’exécutant et il sera détenu dans un groupe collégial afin de s’assurer de sa soumission au Parlement et généralement nommé pour un temps très court. du moins en théorie (Conseil fédéral (=gouvernement de 7 personnes qui assurent une présidence rotative chaque année) + Parlement). L’installation d’un régime parlementaire en Angleterre s’est fait en plusieurs étapes : . Dans un pays où il existe seulement deux partis (bipartisme). Il a un Cabinet (Gouvernement) qui endosse la responsabilité politique à sa place. L’exécutif est assuré par l’intermédiaire d’un gouvernement responsable devant le parlement. Le parlement suisse est bicaméral pour des raisons de fédéralisme. Les ministres sont solidairement responsables. Le Gouvernement n’a plus qu’une seule responsabilité celle devant le Parlement. la mise en œuvre de la responsabilité politique du Gouvernement.2) La dictature du législatif ou régime d’assemblée C’est un régime dont les partisans se réclament de Jean Jacques Rousseau et de l’unité du pouvoir (s’appuient sur le caractère indivisible de la souveraineté). En désignant leurs députés. un seul parti a la majorité au Parlement et le Gouvernement est composé sur cette base. du fait de son irresponsabilité. Sous le régime de la Convention c’est le Comité du Salut Public qui se verra doté de l’exécutif mais celui la sera vite contrôlé par un seul homme. la Convention (régime conventionnel type en France). le régime parlementaire est dit « souple » dans la séparation des pouvoirs car chacun des deux organes participe à la fonction de l’autre et dispose de moyens d’action sur l’autre. Il a été modélisé sur la République de Weimar : Stricte encadrement de la motion de censure Fixation de l’ordre du jour des assemblées dans les mains du gouvernement Technique du vote bloqué . Ce peut être un monarque ou un Président. mais il ne peut pas démissionner et n’a aucun pouvoir sur le parlement. Le régime parlementaire découle du système anglais. par Robespierre. un peu dévoyé.

mais des collaborateurs (les secrétaires d’Etat). - Le Président ne peut pas dissoudre le parlement.IV) Le Régime Présidentiel . Le régime présidentiel a trois caractéristiques opposées à celle du régime parlementaire : .Les secrétaires d’Etat ne sont pas responsables devant le parlement.L’exécutif appartient en totalité à un Président élu par le peuple : pas de bicéphalisme. séparation rigide des pouvoirs Le seul exemple de réussite du régime présidentiel est le fait des USA. Remarque : au contrairement du présidentialisme. c’est un régime où les pouvoirs sont obligés de négocier l’un avec l’autre sous peine de paralyser le système : . . Les pouvoirs du Président et du Parlement sont strictement délimités (au Président l’exécutif. La séparation des pouvoirs y est stricte et rigide conformément aux pensées de Montesquieu dans lequel. ici le Président n’a pas tous les pouvoirs.Veto présidentiel (ne peux être levé que très difficilement) Le Sénat doit donner son consentement quand à la nomination des fonctionnaires et vote le budget (nécessaire au Président) . Il n’y a pas de vrai gouvernement. Son élection par le peuple le rend l’égal du Parlement. au Sénat le législatif) et chaque pouvoir peut empêcher l’autre pouvoir de décider (Checks And Balances). le Chef de l’Etat est aussi le Chef du Gouvernement (monocéphale). Du fait des Checks & Balances. Les deux pouvoirs sont distincts et indépendants quand à l’origine de leurs mandats et élections. Aucun n’agit sur l’autre à ce sujet.

B) La Souveraineté Nationale Montesquieu et ses comparses se méfiaient du peuple et on donc fait en sorte que la souveraineté n’appartient plus au peuple mais à la collectivité globale. Elle appartient à la nation . par le peuple et pour le peuple. Chaque homme en concluant ce contrat. la souveraineté est indivisible : chaque citoyen ne peut en détenir une parcelle. » Cette solution sépare l’Etat de la personne royale. En Italie existe le référendum d’abrogation qui permet aux citoyens d’obtenir l’abrogation d’une loi déjà en vigueur. laïque. c’est la souveraineté nationale qui continue depuis 1789. En quelque sorte elle signifierait la participation des citoyens aux affaires publiques et à tous niveaux et tout instant. Le Roi n’exerce la souveraineté qu’en tant que représentant de la nation et donc n’agit que dans les limites que la nation lui reconnaitra dans la Constitution. Conception d’origine révolutionnaire consacrée dans la Constitution de 1791 : « La souveraineté est une. Il trouve sa source dans les citoyens. il contient une grande liberté : « Tout mandat impératif est nul » (art 27 de la Constitution). un référendum est organisé et le sort de la loi résulte de ce référendum. C’est un contrôle a priori qui permet aux citoyens d’adopter une loi ordinaire ou constitutionnelle proposée par les pouvoirs publics (France) ou qui résulte de leur propre initiative (Suisse). démocratique et sociale… » L’image qu’a voulu donner la Constitution en France c’est essentiellement celle de la question du lien entre les gouvernants et les gouvernés. » L’art 1. ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice. qualifie la république française de Démocratie : « La France est une République indivisible. Cette forme de démocratie n’exclue pas l’existence d’un Parlement. mais qui auraient alors un mandat impératif (les parlementaires ne sont que des mandataires. Cela signifie que le député d’un département n’est pas là pour représenter son seul département mais la Nation toute entière (à modérer. et ceci par le biais d’une pétition. il faille convoquer tout le peuple afin de reconstituer la souveraineté dans son entier. 1944 pour les femmes. Ex : Bonaparte et de Gaulle . Dans cette conception du suffrage comme une fonction. Si la pétition aboutit. C’est un mandat représentatif. leurs mandants).référendum constituant (par opposition au législatif). . Souveraineté populaire est consacré dans la Constitution Montagnarde de 1793 art 25 « La Souveraineté réside dans le Peuple ». II) Les Formes de Démocratie A) La Démocratie Directe (découler de la souveraineté populaire) La démocratie directe implique que pour prendre une décision souveraine (comme faire une loi).Vote et de plus en plus le Suffrage Universel Direct o Droit de vote en France : … pour les hommes. il n’obéit qu’à lui-même et préserve sa liberté. elle est présentée comme une manifestation de confiance à l’égard de l’auteur de la question. Ces deux visions de la souveraineté se sont affadies par l’apparition d’un suffrage universel direct. l’objet du mandat constitutionnel est de confier à un représentant l’exercice de la souveraineté. Démocratie synonyme de : . c’est un mandat collectif. réélections. De plus. Le suffrage peut être donc censitaire comme universel. Celui-ci peut exister sous plusieurs formes : . Chaque député ne représente qu’une fraction. Le suffrage est donc une fonction (par opposition à un droit) exercée par les élus. 2) Le Référendum Qui permet sous formes diverses d’associer le peuple à l’exercice du pouvoir législatif ou de le consulter sur des grands options nationales. A) La Souveraineté Populaire Développé par Rousseau dans le « Contrat Social » pour qui tous les hommes naissent libres et égaux et la souveraineté résiderait dans le peuple (tous les individus physiques qui le composent = réunion des parties de souveraineté dont les individus sont chacun titulaires). Il n’y a pas d’alternatives si on répond non. phrase consacré dans l’art 2 de la Constitution : « Gouvernement du peuple. les deux thèses de souveraineté populaire et souveraineté nationale se sont affrontées. Les deux formules n’en font pas qu’une pour autant. - Pluralisme politique pour contrer l’idée d’une pensée unique. Il existe plusieurs techniques de démocratie semi-directe : 1) Le Véto Populaire C’est un moyen de contrôle à postériori du travail des parlementaires. Le suffrage est donc un droit.CD4 La Démocratie – Droit Constit L1S1 Définition de la Démocratie à l’occidentale sur une idée de Périclès et reprise par le Président Lincoln : « Le Gouvernement du peuple pour le peuple et par le peuple ». à opposer à un somme d’individus). B) La Démocratie Représentative (découle de la souveraineté nationale) Dans ce régime. La révision constitutionnelle du 28 mars 2003 : « Le peuple français reconnais l’existence de populations d’Outre-mer » et constitue donc la différence : il y a plusieurs populations et un seul peuple.référendum plébiscite (fonction de la personnalité de l’auteur. c’est la Nation qui l’exerce par ses représentants. lorsque la réponse positive. La théorie du mandat : au contraire du mandat de droit civil. La Distinction entre gouvernants et gouvernés n’est plus absolue. aucune section du peuple. accepte de mettre en commun sa part de souveraineté. La loi adoptée n’est définitive qu’après un délai dans lequel les citoyens doivent faire connaitre leur désaccord. inaliénable et imprescriptible. on comprend plus aisément l’idée que seuls certains citoyens sont capables de l’accomplir et celui-ci peut donc être restreint. Chaque décision importante doit faire au préalable l’objet d’une consultation des citoyens. Le seul pouvoir dont disposent les citoyens est celui de désigner leurs représentants (exclu le referendum). ils doivent se conformer à la volonté des citoyens. quelque soit la question). En pratique cette forme de démocratie est rare du fait de la taille des pays modernes et la crainte des gouvernants d’être dépossédés. c’est l’ensemble des députés qui constitue la représentation nationale. indivisible. sous l’apparence de Nation (un seul être abstrait. existence des partis politiques).référendum de ratification pour les traités notamment qui peuvent donc être ratifié par le Parlement ou le peuple. lui. Il obéit donc à l’Etat mais vu que l’Etat c’est lui. qui l’exerce à travers ses représentants (élite fortunée et instruite). I) La Souveraineté Nationale et la Souveraineté Populaire Théories formulées en 1789 qui font que le pouvoir n’est plus d’origine divine. C) La Démocratie Semi-Directe (démocratie représentative et directe cohabitent) Mélange de démocratie directe et de démocratie représentative. .et on le voit bien dans l’art 3 de la Constitution de 1958 « La Souveraineté Nationale appartient au peuple français ».

Le scrutin majoritaire peut être à un tour ou deux tours . Aujourd’hui aux Etats-Unis est mis en avant le principe « One Man. . la représentation proportionnelle est le système le plus répandu en Europe. suite à la 2nde guerre mondiale lorsqu’on a demandé au peuple français si il voulait revenir à la IIIème république. » o Le candidat ou la liste n’est élu au premier tour que s’il obtient la majorité absolue (plus de la moitié des suffrages exprimés) o La majorité relative suffit au second tour. Ce système favorise l’établissement ou le maintien du bipartisme. Existe en Suisse. entrainant une grande stabilité gouvernementale. One vote ». Cependant : on assiste à une multiplication du nombre des partis : quelque soit le nombre de voix obtenues on peut espérer être représenté les alliances électorales ne sont donc pas nécessaires pour l’emporter par contre les alliances après les élections pour former le gouvernement sont obligatoires du fait du grand nombre de partis représentés.- référendum consultatif qui a pour objet de recueillir l’avis des citoyens sans que l’autorité délibérante ne soit liée par cet avis.Le scrutin à un tour qui est d’une simplicité extrême à pour effet de donner à l’électeur le comportement de vote utile. qui devront dans ce cas demander le référendum par 1/5 d’entre eux.le vote plural : certains électeurs peuvent glisser plusieurs bulletins . si la majorité est discipliné. jouissant de leurs droits civils et politiques. donc autant de circonscriptions que de siège. La contrepartie de la simplicité du système réside dans son effet déformateur. 2) La représentation proportionnelle Représentation intégrale (l’ensemble du pays forme une seule circonscription) ou représentation proportionnelle approchée (par départements/régions). III) Le Pouvoir du suffrage et les modes de scrutins L’élection constitue le mode de désignation démocratique des gouvernants. La répartition des restes selon la méthode de la plus forte moyenne favorise davantage les grandes formations politiques. Il est extrêmement déformateur car pour disposer de la majorité parlementaire. . Le principe est d’accorder aux partis en présence un nombre de sièges proportionnel au nombre de voix qu’ils ont obtenues. 3) Referendum d’initiative Populaire C’est le maximum de la démocratie car le référendum est alors organisé sur demande des citoyens. La formule populaire dit « au premier tour. sur la nature et le nombre des partis politiques et plus généralement sur le régime politique lui-même. dans les conditions déterminées par la loi. qu’elle obtiendra tous les sièges. Ex : 21 octobre 1945. B) Les systèmes de scrutin Le choix d’un mode de scrutin n’est pas neutre puisque les résultats varient selon le choix effectué. Clemenceau parlait d’un « combat de gladiateurs ». L’électeur lui doit répondre à plusieurs conditions pour voter : art 3 al 4 de la Constitution «Sont électeurs. En France depuis la révision de la Constitution du 21 Juillet 2008. Ce scrutin met l’accent sur la personnalité des candidats. L’effet déformateur étant moindre. Inégalités flagrantes : .Le scrutin est de liste lorsque l’électeur est invité à désigner plusieurs représentants. 3) Les systèmes mixtes : proportionnelle avec des correctifs majoritaires Certains systèmes électoraux ont tenté de cumuler les avantages en termes d’efficacité gouvernementale. Il suppose que l’on procède en deux étapes : . l’assemblée élue à la proportionnelle représente plus fidèlement toute les nuances de l’opinion. L’élection est plus un combat d’idée que de personnes. Charcutage électoral : Gerrymandering. Il vise à la représentation la plus exacte possible de toutes les nuances de l’opinion. La combinaison vote utile.Le scrutin à deux tours. o Au niveau local la répartition des restes selon la méthode des plus forts restes (le plus de voies inutilisées) avantages les petits partis politiques. soutenus par 1/10 des citoyens. Bourg pourris forme des circonscriptions : changer les frontières d’une circonscription pour influer sur le résultat. Elle repose sur l’octroi du droit de suffrages aux citoyens et le choix d’un système électoral A) L’octroi du droit de vote Le droit de vote est supposé universel et égal. l’électeur à l’impression d’être dépourvu du pouvoir réel dans le choix de la majorité du gouvernement Malgré ces inconvénients. et dans beaucoup d’Etats Américains. - La 2nde opération consiste à la répartition des restes et celle-ci peut s’opérer au niveau national ou local. on tente l’expérience avec l’insertion d’une dose limité de proportionnelle dans le scrutin majoritaire. tendance au bipartisme et effet déformateur donne des majorités parlementaires stables et mono partisanes. L’existence d’élections disputées est en effet l’une des conditions de la démocratie pluraliste. il suffit de l’emporter. même avec la plus infime des marges. » (Sauf élection municipales et européennes pour les ressortissants de l’UE).Il est uninominal lorsque l’électeur est appelé à désigner un seul représentant. Le système idéal serait celui qui permettrait l’efficacité gouvernementale tout en offrant aux nouveaux courants d’opinion des possibilités d’insertion dans le jeu politique. l’électeur n’est pas incité à voter utile dès le premier tour. En France. Le choix aura des incidents sur la désignation des représentants.La 1ère étape consiste en une répartition des sièges en fonction du nombre de voix obtenues grâce à l’utilisation d’un quotient électoral. CA n’est pas parce qu’une liste obtient la majorité. Il se déroule donc dans des circonscriptions de plus grande taille.le vote multiple : certains électeurs peuvent voter à plusieurs endroits Inégalités plus subtiles : . 1) Le Scrutin majoritaire Est élu le candidat ou la liste qui a obtenu le plus de voix. Le scrutin majoritaire peut etre uninominal ou de liste . il existe une possibilité d’initiative des membres du Parlement. on élimine. tous les nationaux français majeurs des deux sexes. on choisit et au second tour. Il est organisé sur la base d’un scrutin de liste à un seul tour. . Donc une pétition qui devra recueillir un nombre significatifs de signatures pour autoriser l’organisation d’un référendum. du scrutin majoritaire et l’absence d’effet déformateur de la représentation proportionnelle.taille des circonscriptions : ils faut qu’ils y ait le même nombre d’habitants.

Cette importance est liée à la personnalisation du pouvoir. ce qui a permis les évolutions indispensables.CD5 Les Etats-Unis – Droit Constit L1S1 Le régime politique américain peut servir de modèle à plusieurs égards : . C) Les pouvoirs du Président En sa qualité de chef de l’exécutif. Le Président. Elle présentait également l’avantage de contrebalancer.Enfin. le risque de paralysie qui pouvait découler d’une séparation rigide des pouvoirs tournait à l’avantage des Etats fédérés qui ainsi n’avaient pas à craindre l’hégémonie du pouvoir fédéral. Prise de fonction le 20 janvier avec l’investiture au Capitole. citoyen américain. Sont d’abord élus. La campagne dure un an sur les 4 de mandat ! Conditions : plus de 35 ans. chaque Etat disposant d’une voix. B) L’Organisation de l’exécutif .Mais la longévité constitutionnelle est également liée au fait que les règles constitutionnelles laissaient suffisamment de marge à la pratique. et désigne le candidat à la présidence et complète le ticket présidentiel par la désignation du candidat à la vice-présidence. .Roosevelt). Madison. Cependant les controverses entre partisans de l’Union et partisans des droits des états ont marqué les premières années d’existence de la fédération et il faudra attendre l’échec des confédérés lors de la guerre de Sécession pour que les Etats-Unis puissent devenir réellement une « Union indestructible d’Etats ». White House Office ou Central Intelligence Agency…). Jefferson. Les compromis réalisés par les pères fondateurs lors de la convention de Philadelphie. Ce scrutin est déformateur et un faible écart de voix peut produire un grand écart quand au nombre d’électeurs présidentiels dont disposera chaque candidat. Pas d’élection anticipée puisque le vice-président sera toujours la pour pallier une éventuelle défaillance du Président.Le vice-président n’a pas d’attributions propres en dehors de présider le Senat. S’il contrôle avec soin les nominations des membres du cabinet et des juges à la Cour suprême. 2) L’Election C’est un long processus qui commence par une sélection des candidats au sein des partis et s’achève par un vote au suffrage universel à deux degrés. avoir résidé sur le territoire pendant 14 ans. La prééminence présidentielle tient également au rôle majeur joué par l’exécutif dans les relations extérieures et à la défense. Appuyé par des services administratifs nombreux (National Security Council. . Les premières Caucus se déroulent mi-février et la Campagne présidentielle débute dans le New Hampshire. Démocrates : de différentes opinions) ne sont pas prisonniers d’une idéologie. . un non. par un exécutif puissant. puis c’est l’investiture du Président. libéraux . L’élection du Président au suffrage universel indirect 3ème phase : le scrutin présidentiel : Election le premier mardi qui suit le premier lundi de novembre. Ils conseillent le Président mais celui-ci n’a aucune obligation de les consulter. nommés par le président avec l’avis et le consentement du Sénat. qui font partie du compromis initial). lors des primaires et des caucus. la Constitution américaine établit le premier régime fédéral moderne. La désignation des candidats est le fait des partis politiques 1ère phase dite partisane : La sélection du candidat de chaque parti est faite par la convention nationale du parti (elle comprend les délégués de tous les états fédérés). Chaque Etat dispose d’un nombre d’électeurs présidentiels égal au nombre de représentants dont il dispose au Congrès. les non l’emportent ».Le chef de l’Etat est le seul détenteur du pouvoir exécutif et il est totalement indépendant puisqu’irresponsable politiquement devant le Congrès. Les pères fondateurs qui souhaitaient un exécutif fort ne pouvaient pas imaginer l’importance que prendrait l’institution présidentielle.Le cabinet d’une quinzaine de membres. correspondaient si bien aux nécessités du pays que les révisions constitutionnelles ont été peu fréquentes (17 amendements si l’on excepte les dix premiers.La Constitution américaine établit un régime de séparation rigide des pouvoirs (régime présidentiel). La croissance du pouvoir présidentiel s’est produite pendant des périodes de crises et elle a été rendue irréversible par l’accession des Etats-Unis au rang de grande puissance mondiale. Enfin. Cette séparation permettait aux constituants d’éviter l’existence d’un pouvoir fédéral trop puissant en divisant celui-ci en trois pouvoirs qui se contrôleraient mutuellement. dans chaque Etat. L’élection des délégués se fait par des caucus (comités de militants) ou par des primaires. La jurisprudence de la Cour suprême des Etats-Unis a également contribué à cette adaptation constante des règles constitutionnelles aux nécessités du temps. des électeurs présidentiels. . John Adams) et partisans des droits des Etats fédérés (démocrates. le mien . Juridiquement. Les partis politiques (Républicains : conservateurs.Le Pouvoir de nomination des fonctionnaires : Le Sénat doit cependant donner son avis et consentement sur chaque nomination. Le compromis réalisé entre fédéralistes (partisans de l’union fédérale. Ils ne se sont pas fondés sur la lutte des classes mais sur des problèmes concrets (constitution. le Président sera élu par la Chambre des représentants. le président dispose d’importants pouvoirs sur l’administration et de pouvoirs en matière de relations extérieurs et de défense. suite aux 4 élections de F. 2ème phase : les conventions nationales : La convention nationale de chaque parti réunit les délégués élus. I Le Président La présidence des Etats-Unis est aujourd’hui la figure dominante de la vie politique américaine. Lincoln « Sept oui. il se montre plus libéral dans les autres cas. 5ème phase : Il y a quelques semaines de transition. Elle marque le passage d’une confédération à une fédération. il apparait comme l’un des exécutifs les plus puissants dans un régime démocratique. mais il est très rare qu’ils ne votent pas en faveur du candidat pour lequel ils ont été élus. le pouvoir de chambres dont on craignait qu’elles ne se fassent l’écho des agitations populaires. Thomas Spain) à Philadelphie instituait un bicaméralisme de type fédéral ainsi qu’un système d’élection du président au suffrage universel indirect qui devait garantir le maintien de l’équilibre entre Etat fédéral et Etats fédérés. Ceux-ci sont élus au scrutin de liste majoritaire à un seul tour. esclavage). . chef de l’administration . Principe du Winner takes all : la totalité des sièges de l’Etat revient au parti qui a obtenu la majorité. leur mandat n’est pas impératif.Il s’agit de la première Constitution écrite (1787). C’est toujours la même Constitution qui en vigueur.D. Hamilton. La Constitution prévoit qu’au cas où aucune majorité de grands électeurs ne se dégage. Ex : 1980 Reagan 91% des grands électeurs et 51% des suffrages exprimés. 4ème phase : le scrutin des grands électeurs : Les électeurs présidentiels élisent ensuite le Président. le bill of rights (déclaration des droits de l’homme). On connait donc le résultat dès le lendemain de l’élection des électeurs présidentiels. qui a élaboré cette Constitution. Il joue traditionnellement un rôle protocolaire mais une tendance s’affirme quant à son utilisation plus répétés par le Président. A) L’élection présidentielle 1) Le mandat Elu pour 4 ans (maximum 2 mandats comme le voulu la pratique débuté par le 1er Président Washington conforté par le XXIIème amendement.

âgé de 30 ans et nationalité américaine depuis 9 ans. La Présidence de la CdR est exercée par un speaker élu sur une base partisane. Il ne peut être opposé qu’a l’ensemble de la loi et non à certaines dispositions. Le droit de parole n’est pas limité au Sénat.Pour esquiver la ratification par le Sénat des traités (au 2/3 du Sénat). ce dernier. Si la négociation échoue. il fait ce qu’il veut et le Congrès ne peut que constater. - . La priorité est accordée à la Chambre des représentants dans le domaine financier. Ces moyens ne sont pas toujours suffisants comme l’atteste l’échec de Clinton sur son programme de réforme du système de santé. Ce droit de message a évolué dans le sens d’un véritable droit d’initiative législative (c’est la théorie du pouvoir implicite). Le Congrès agit sous la pression du temps puisqu’un texte non adopté à la fin d’une législature doit recommencer le marathon législatif. Une fois adoptée. le texte est abandonné. Il ne faut cependant pas oublier que le Sénat dispose de pouvoirs particuliers notamment en ce qui concerne la nomination des fonctionnaires et la ratification des traités. . Outre le message annuel sur l’Union. Le Président n’est pas lié par la loi de finance. 2 par Etats élus au scrutin majoritaire à un tour. seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Elu pour 6 ans renouvelables par tiers tous les deux ans. le président adresse au Congrès de nombreux messages qui sont souvent accompagnés de projets de lois entièrement rédigés qu’un ami du président et membre du Congrès déposera devant l’une des chambres. L’effet dissuasif de la menace de veto conduit l’instauration d’une coopération législative entre le président et le Congrès . Cependant. La proposition est inscrite à l’ordre du jour de la chambre et transmise pour examen à une commission qui procèdera à des auditions (earings) et s’attachera à la rédaction du texte. Il peut utiliser dans ce cadre la légitimité nationale dont il dispose pour influencer les membres du Congrès. les exécutive agreements.Les représentants (représentent la population). . A) L’élection des membres du Congrès les CongressMen . C) Les pouvoirs du Congrès Le Congrès détient essentiellement et en totalité un pouvoir législatif. Le veto ne peut être levé qu’à la majorité des 2/3 dans chacune des chambres. . Il définit la doctrine militaire des Etats-Unis et peut prendre la décision d’engager les forces américaines à l’extérieur sans déclaration de guerre. En pratique le Président n’a pas à déclarer la guerre.Le Commandant en chef : Si le Congrès dispose du pouvoir de déclarer la guerre. le président joue un rôle essentiel en matière de défense. Il se caractérise par le refus par le président de signer la loi qui lui est soumise dans les derniers jours qui précèdent l’ajournement du Congrès. fort de son indépendance.Le droit de veto : Dans les 10 jours qui suivent la transmission d’une loi votée par le Congrès au président. La proposition sera alors débattue et fera l’objet de nombreux amendements. (Ces élections de mi-mandat présidentiel permettent de « sentir la température » . La croissance continue des pouvoirs présidentiels a fait de l’ombre au Congrès. Il est aussi le Chef des armées de par la Constitution. Celles-ci sont chargées de préparer le travail législatif ou encore d’auditions publiques dans le cadre de leurs travaux. Celui-ci est donc appelé à négocier en permanence avec le Congrès pour chercher un consensus sur ses projets. Les commissions d’enquête bénéficient de pouvoirs quasi juridictionnels. et le Président celui de la faire. Le Président. B) L’organisation du Congrès La Présidence du Sénat est exercée de droit par le Vice-président mais le Sénat élit un pro tempore qui préside en son absence. 435 membres âgé de 25 ans avec la nationalité américaine depuis 7 ans. Au départ. Le Président dirige beaucoup d’agences gouvernementales. Les commissions permanentes sont les organes de travail du Congrès. la loi peut encore faire l’objet d’un veto présidentiel. puisqu’il ne peut être dissous. permet au président de geler les crédits votés par le Congrès. . mais il agit dans la plupart des cas sur la base d’incitations présidentielles. Le Congrès se trouve alors obliger d’attendre l’ouverture de la prochaine session afin de faire adopter son texte. Les commissions du budget des chambres préparent une résolution budgétaire qui fixe le niveau global des dépenses et des recettes. II) le Congrès Le Congrès est l’équivalent du Parlement.La pratique de l’Impoundment. Lorsque le texte a été adopté dans une chambre. il doit l’être dans l’autre en terme identiques.le Pouvoir de veiller à l’exécution des lois : La constitution imposant au Président de veiller à la fidèle exécution de lois. 1) La Procédure législative Le déroulement de la procédure : L’initiative des lois appartient aux membres du Congrès.Les Sénateurs (représentent les Etats fédérés). élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour dans des circonscriptions égales en population. aucune n’est deux chambres ne peut imposer sa volonté à l’autre. responsable des affaires extérieurs et de la défense . Elus pour 2 ans. celui-ci peut refuser expressément la promulgation et opposer son veto. le président signe le plus souvent des accords exécutifs. A défaut des représentants des deux chambres se réunissent en commission de conciliation pour trouver un accord. ceci sans s’en expliquer alors que prends fin la session parlementaire.Le responsable de la diplomatie : Ces pouvoirs sont largement partagés entre le président et le Sénat. 2) Le Pouvoir Budgétaire Depuis 1939 ce pouvoir est partagé avec le Président qui s’est vu confié le pouvoir d’élaborer un projet de budget. III) Les relations entre le président et le Congrès A) Les moyens d’action du Président sur le Congrès 1) Les moyens prévus par la Constitution .La Constitution accorde au président le droit d’informer le Congrès de l’état de l’Union et de lui recommander les mesures nécessaires. conserve des pouvoirs considérables. 2) L’influence du Président sur le Congrès Le président n’est jamais assuré de disposer d’une majorité au Congrès. ainsi un groupe de Sénateurs peut faire trainer en longueur l’adoption d’un texte et seul le flibuste peut mettre fin à cette pratique.Le Pocket Veto est encore plus efficace car il ne peut être levé. Les possibilités d’obstruction : L’inaction d’une commission est suffisante pour entraîner l’abandon d’une proposition. qui ne portent pas le nom de traité et sont donc dispensés du regard des sénateurs. celui-ci détient donc un pouvoir réglementaire pour la mise en œuvre de la législation (et un droit de véto). Ainsi il nomme les ambassadeurs avec le consentement de Sénat et les traités négociés et ratifiés par le Président ne le sont que définitivement qu’après accord du Sénat à la majorité des 2/3. Il est bicaméral et comprend : la Chambre des représentant (population) et le Sénat (Etats). Il apparait comme le chef du parti majoritaire.

équilibre le pouvoir présidentiel et le pouvoir du Congrès tout en imposant une collaboration fondée sur la recherche incessante de compromis. La Cour suprême est placée au sommet de la hiérarchie judiciaire. Le nombre considérable d’élection tant à l’échelon local qu’à l’élection national et le coût de ces élections. Les seules contraintes qu’impose la Constitution fédérale sont la forme républicaine du gouvernement et l’exigence que les dispositions constitutionnelles ne fassent pas obstacle à la primauté du droit de l’Union qui. dont les tensions menèrent à la guerre de Sécession. . qui peut utiliser cette procédure à l’encontre du président. ils sont amenés à adopter des positions suffisamment vagues pour pouvoir « ratisser large ». Les structures : Les partis américains ne sont pas des partis de militants. Sa compétence n’est donc pas limitée au contrôle de constitutionnalité des lois. C’est cette aptitude qui permet au régime de fonctionner malgré une séparation rigide des pouvoirs. IV) La Cour Suprême Le Pouvoir Judiciaire constitue un véritable pouvoir indépendant. Ils peuvent aussi se retirer volontairement. La participation : Elle s’exprime à travers la place des Etats fédérés dans l’élection présidentielle mais surtout par l’intermédiaire du Sénat ou ceux-ci sont représentés à égalité. Limite du pouvoir Présidentiel : Etat de droit et l’Opinion Publique Dans l’esprit des pères fondateurs. En revanche. Il en résulte une particulière aptitude au compromis puisque les oppositions idéologiques ne sont jamais tranchées. crime contre la chose publique ou délit grave. corruption. Certes le parti républicain recrute plus dans la classe moyenne supérieure tandis que le parti démocrate recrute dans la classe ouvrière. souvent qualifié de Checks and balances. Elle est composée de 9 membres. réuni sous la présidence du président de la Cour suprême. Leur structure est donc calquée sur les circonscriptions électorales. Le Sénat dispose de pouvoirs spécifiques sur la nomination des fonctionnaires et la ratification des accords internationaux. Cette procédure n’a été utilisé que 3 fois contre un président des Etats-Unis. recherche favorisée par l’absence d’opposition idéologique tranchée entre les partis. le droit pénal. La prépondérance présidentielle s’est affirmée. Malgré la centralisation les Etats fédérés interviennent encore dans une large sphère. une donnée incontournable. Cette opposition entre deux partis ne repose pas sur un clivage idéologique irréductible. L’autonomie institutionnelle : Chaque Etat adopte librement sa Constitution. Cependant. et malgré la séparation des pouvoirs. l’organisation des campagnes électorales mobilisent leurs forces. l’emporte sur le droit des Etats fédérés. et elle joue simultanément le rôle attribuée en France au Conseil Constitutionnel. Le droit civil. mais des partis d’électeurs. le droit social. Cette autonomie s’exerce dans le domaine des compétences des Etats fédérés. Propositions de lois aux Etats-Unis fruit des groupes de pressions. On note cependant depuis plusieurs années une évolution du parti républicain qui devient de plus en plus proche des fondamentalistes chrétiens. comme dans tout Etat fédéral.B) Les moyens d’action du Congrès sur le Président. votée malgré le veto de Nixon. la nécessité de trouver des candidats et de les former. L’équilibre des pouvoirs entre l’Union et les Etats membres a été l’une des questions les plus controversées lors des premières décennies de la vie de l’Union. se prononce à la majorité des 2/3. ceux-ci ne jouent pas le rôle d’animation du débat idéologique comme en Europe. limite à 60 jours la possibilité d’engager des troupes à l’étranger sans l’accord du Parlement. ne constitue pas une force d’initiative politique. Les membres de la Cour sont inamovibles et peuvent siéger tant qu’ils sont capables d’exercer leurs fonctions. à l’époque de la rédaction de la Constitution. Elles sont nécessaires pour permettre la recherche de compromis. Loi sur les pouvoirs de guerre de 1973. - Globalement le système politique américain. des relations étroites existent entre président et Congrès. cette réussite a exigé une évolution importante par rapport au modèle initial. La réalisation du programme présidentiel dépend du concours législatif au Congrès et le président ne peut contraindre celui-ci à légiférer. malgré toutes les tentatives de réaction du Congrès. a contribué à la persistance de ce bipartisme. si bien que les clivages politiques se réalisèrent d’abord entre fédéralistes et anti fédéralistes. Ils sont nommés par le président avec l’avis et le consentement du Sénat. mais il s’agit de tendances générales. la SdP ne signifie pas isolement des pouvoirs mais leur équilibre. huit juges associés (associate justices) et d’un président (Chief Justice) qui est également celui des Etats-Unis. L’activité de l’exécutif est surveillée par les commissions parlementaires qui suivent les mesures prises pour l’exécution des lois et contrôlent l’administration. Le système électoral majoritaire à un tour. Dans la mesure où les deux partis ne peuvent espérer remporter les élections qu’en conquérant les électeurs indécis. Cependant. La mise en accusation est votée par la Chambre des représentants à la majorité simple. à la Cour de cassation et au Conseil d’Etat. V) Le Fédéralisme La forme fédérale de l’Etat américain était. le président ne peut agir sans le concours du Congrès. car les Etats membres ne pouvaient accepter la création de l’Union qu’au prix d’une solution qui préservait leurs droits. Enfin le Congrès dispose du pouvoir d’Impeachment. La place des Etats fédérés dans l’Union est également garantie par la participation de ceux-ci au processus de révision constitutionnelle. l’éducation entre autre relèvent de leur compétence. Le Sénat. La réalisation de nombreux projets présidentiels dépend de l’inscription de crédits au budget et par ce biais le Congrès peut contrôler la politique mené par l’exécutif notamment en matière de défense et d’affaires étrangères. VI) Les partis Politiques Le système américain est bipartisan. du vice-président et de tous les fonctionnaires civils en cas de trahison. les Lobbys. Les fonctions des partis : Les partis américains ont avant tout un rôle électoral. et le Congrès s’il peut empêcher le président d’agir. Conclusion Le régime politique américain est un des rares exemples de succès d’un système fondé sur une séparation rigide des pouvoirs. A l’opposition originelle entre fédéralistes et anti fédéralistes a succédé l’opposition entre républicains et démocrates. Cette absence d’unité idéologique explique aussi l’absence de discipline de vote au Congrès et le rôle relativement effacé des groupes politiques.

un certains nombres de lois. membre du Cabinet et président de la Chambre des Lords. En effet.même. le suffrage est restreint et les circonscriptions sont de taille inégale (bourgs pourris. la composition de la chambre des communes est entre les mains de l’aristocratie foncière qui choisit les candidats et contrôle les élections. ne peuvent être invoquées devant un juge. qui sera le premier Cabinet à démissionner collectivement. Il est donc difficile de comprendre le régime britannique sans faire référence à l’histoire I) L’évolution du Régime A) La Monarchie Limitée En 1215.le Common Law formé d’une suite de précédents judiciaires. C) la Démocratisation du régime Si le système est parlementaire. des barons et des villes. responsabilité pénale à l’origine contre les conseillers du roi par la Chambre des Lords. notamment au niveau parlementaire. . Dans ces conditions. Le leader du parti conservateur est actuellement David Cameron et le leader du parti travailliste Gordon Brown. ils contrôlent l’exercice du pouvoir à un point tel que le pouvoir politique réside fondamentalement dans le parti majoritaire et non dans les institutions parlementaires. A) les Deux partis dominants Le parti conservateur et le parti travailliste ne sont pas seulement des machines électorales. qui marqueront l’affirmation du pouvoir parlementaire consacré dans le Bill of Rights. l’opposé des sources précédentes. issu du parti travailliste. car la sanction royale à partir de 1707 sera toujours accordée La procédure d’Impeachment. deviendra responsabilité politique et collective à partir du Cabinet de Lord North en 1782. Le parti Tory s’est transformé au XIXème en parti conservateur et le parti Wigh en parti libéral. Plus tard des hommes politiques français virent dans la possibilité de dissoudre le Parlement à tout moment. Ces explications méconnaissaient la réalité politique britannique. Tandis que Montesquieu voyait dans le système britannique un modèle de séparation des pouvoirs. désigné pour conduire le parti et qui exercera les fonctions de Premier ministre en cas de victoire électorale. des auteurs britanniques le caractérisent davantage comme un régime de fusion des pouvoirs. il n’est pas encore démocratique. En 1332. Ainsi le Lord chancelier était à la fois chef du pouvoir judiciaire. le leader du parti sera leader de l’opposition. le roi concède aux barons la Grande Charte qui consacre les privilèges de l’Eglise. dont l’essentiel d’ailleurs est passé en fait entre les mains du Cabinet et du Premier ministre bien que formellement le monarque en soit toujours titulaire.la prérogative royale. 1) L’organisation des partis La structure parlementaire est constitué par le groupe parlementaire avec à sa tête le leader. Le suffrage universel sera établi en 1918. Il est de plus interdit au roi de légiférer par voie d’ordonnance et de suspendre l’application de la loi Le Parlement dispose donc de l’exclusivité du pouvoir législatif. Elle constitue un élément de flexibilité dans le système En l’absence de Constitution écrite. pour former le parti social et libéral démocrate. On est bien en présence d’un système parlementaire au sein duquel les pouvoirs sont exercés par Cabinet nommé par le roi et responsable devant les Communes. Le début du XXème a vu se développer un parti travailliste. Par leur organisation. les Parliament Act de 1911 et 1949 relatifs aux rapports entre les deux chambres du Parlement. Les perceptions erronées du système est sans doute due à l’absence de Constitution formelle (Constitution coutumière) qui a comme conséquence que les pratiques constitutionnelles évoluent en permanence alors même que les structures restent inchangées. Cette évolution entraine une mutation des partis politiques qui de réseaux de notable se transforment en partis de masse pour conquérir le champ électoral : création de deux partis. l’act of Settlement (1701). le pouvoir du leader travailliste étant tempéré par la nécessité de tenir compte des exigences des organes du parti et notamment des syndicats qui jouent un rôle important à l‘intérieur du parti. ceci est sans doute davantage dû aux descriptions qu’en ont données les autres continentaux qu’à la nature du système lui. B) La Monarchie Parlementaire Celui-ci s’établiera au prix d’une révolution qui amèneront en 1688 sur le trône Guillaume et Marie d’Orange. il est donc nécessaire d’aller au delà des apparences et d’étudier le fonctionnement concret des institutions. L’existence d’une Constitution souple permet donc une évolution en douceur du régime. fonction officielle et rémunérée sur le budget. ensemble de privilège personnels et politiques dont dispose le monarque depuis le moyen âge. - les Conventions de la Constitution sont des pratiques constitutionnelles qui à. c’est la séparation du Parlement en 2 chambres. le bipartisme. II) Le Bipartisme Cette réalité bipartisane est fort ancienne puisqu’au XVIIème les partisans du roi (tories) s’opposaient aux partisans des droits du Parlement (Wighs). cette sanction était devenue purement formelle et le monarque ne la refusait plus. Dans une logique bipartisane.CD 6 Le régime Parlementaire Britannique (Grande Bretagne et Irlande du Nord) – Droit Constit Si le régime britannique a pu apparaître comme le modèle du régime parlementaire. qui touchent à des matières constitutionnelles comme le bill of rights (1689). En cas d’échec. oubliant que ce secret résidait avant tout dans une cause extra constitutionnelle. Le leader dirige le parti et il dispose au parti conservateur d’un pouvoir considérable. Ces lois sont des lois ordinaires qui peuvent être modifiées par le Parlement sans recours à une procédure spéciale. ils seront supprimés en 1932). la croissance du parti travailliste entraînait le déclin du parti libéral qui a fusionné en 1988 avec le parti social démocrate. car il est difficile de justifier qu’une Chambre non élue puisse disposer de pouvoirs égaux à ceux d’une Chambre élue et s’opposer à elle. Il n’est puissant que s’il dispose de l’accord du groupe parlementaire et il n’obtiendra celui-ci que dans la mesure où les parlementaires estimeront que leur leader est en mesure de les conduire au succès électoral. étroitement lié au mouvement syndical. les règles constitutionnelles se sont mises en place progressivement. . mais surtout accorde au Grand Conseil. L’influence du Parlement est donc tributaire des besoins financiers de la couronne. Cette évolution conduit au déclin de la Chambre des Lords. le droit de consentir aux aides financières levées par le monarque et le droit de pétition. Les éléments formant la Constitution britannique : . Cependant le leader ne peut agir en autocrate. le secret de la stabilité gouvernementale. Ainsi Montesquieu mettait l’accent sur la sanction royale nécessaire à l’entrée en vigueur des lois alors qu’a l’époque où il écrivait. L’évolution vers le suffrage universel va se produire à partir du Reform Act de 1832 qui réorganise les circonscriptions et établit un suffrage censitaire. statues. . Celui-ci établit le principe du vote annuel de l’impôt impliquant un Parlement qui siège régulièrement. Le pouvoir essentiel de ce Parlement est celui de consentir à l’impôt. Pour comprendre le régime britannique.

les pouvoirs des différentes institutions ont évolués. Il dirige la politique intérieur et extérieur et exécute le programme sur lequel la majorité parlementaire a été élue. Celle-ci a joué régulièrement depuis 1945. 2) L’alternance Le système électoral favorise l’alternance au gouvernement et l’existence de deux grands partis politique rend l’alternance crédible. causse essentielle du bipartisme Le Royaume-Uni a toujours pratiqué le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Il détient le seul droit d’initiative financière et exerce largement le droit d’initiative législative. le système bipartisan conduit à en laisser l’essentiel entre les mains du Cabinet. reçoivent l’assentiment royal un mois après avoir été adoptées aux Communes quelque que soit l’opinion de la Chambre des Lords. Mais ce phénomène est limité par la nécessité de ne pas perdre leur électorat traditionnel. les pouvoirs des Lords sont très limités puisque les lois qualifiées de Money Bills. A) L’exécutif 1) La couronne La fonction monarchique est avant tout d’ordre symbolique. ceux-ci sont nommés par le monarque sur le choix du Premier ministre. C) Le système bipartisan 1) La stabilité gouvernementale On a vu. Compte tenu de l’existence d’une majorité parlementaire stable et disciplinée. Si le pouvoir réside en principe entre les mains du cabinet et de la Chambre des communes. Le speaker est impartial (il ne prend part au scrutin qu’en cas d’égalités des voies pour départager et dans ce cas son vote est lié en faveur du gouvernement) et il est fréquemment réélu en cas de changement de majorité. 2) Le gouvernement Il est composé de plus de 100 membres et hiérarchisé. son expérience politique et ses rencontres hebdomadaire peuvent lui permettre de conseiller discrètement le gouvernement. l’opposition est faible. Le monarque représente l’unité nationale. par le speaker de la Chambre des communes. En matière législative. Il reflète essentiellement la classe supérieure et moyenne supérieure tandis que le parti travailliste représente d’avantage l’ensemble des couches sociales ce qui donne lieu à des conflits internes. En matière financière. III) Les Institution Les institutions britanniques ont été façonnées par l’histoire. Elle comprend 3 éléments caractéristiques : . Le monarque au sein de l’exécutif et la Chambre des Lords au sein du législatif sont devenus des institutions symboliques. Le parti travailliste est un parti réformiste qui vise plus à corriger le système économique qu’à en changer la nature. On peut également noter que la chambre des communes sert avant tout à désigner les membres du gouvernement : les membres du gouvernement appartiennent à la Chambre des Communes (mais ils ne peuvent pas cumuler avec un mandat d’élu local). qu’un parti dispose toujours de la majorité à la Chambre des Communes. Les partis politiques dominants sont bien implantés dans leurs circonscriptions traditionnelles.Le leader dispose de moyens puissants pour contraindre les parlementaires de son groupe à s’incliner. B) Le système de scrutin. sa connaissance des dossiers. ce qui réduit les convergences. Dès lors. Déclin notable. Elle a perdu tous ses pouvoirs avec la disparition des bourgs pourris. Le succès électoral ne peut résulter que de la conquête de circonscriptions indécises.La Chambre est présidée par un speaker. celui-ci peut se voir obligé de démissionner à la suite de contestations au sein de sa majorité. L’alternance britannique est différente de l’alternance française : compte tenu de mode de scrutin. La stabilité gouvernementale qui résulte du bipartisme. si l’opposition ne peut espérer renverser le Premier ministre. les Communes peuvent passer outre à l’opposition de la Chambre des Lords au bout d’un délai d’un an. Il s’agit d’un système de scrutin qui parce qu’il conduit les électeurs à voter utile. Mais ces menaces n’ont qu’une portée limitée lorsque le groupe a perdu confiance en son leader sur le plan électoral. le Cabinet dispose pleinement des pouvoirs de l’exécutif. diminue les chances des tiers partis et pousse a un affrontement bipolaire. Les pouvoirs de cette chambre ont été réduits par les Parliament Acts de 1911 et 1949. Près de 90% des lois sont d’initiative gouvernementale. mais le nombre de circonscriptions gagnées. Le cercle le plus restreint. En effet ce qui est déterminant dans la conquête d’une majorité. 1) La Chambre des Lords C’est une survivance aristocratique. les désaccords portant plus sur des modes de gestion et la façon d’aborder les problèmes que sur des éléments fondamentaux. mais il existe des commissions permanentes . Le Gouvernement est donc formé de façon homogène par le leader du parti majoritaire et il est assuré de son soutien. avec un avantage au parti conservateur. le Cabinet est donc le centre du pouvoir au Royaume-Uni B) Le législatif Le pouvoir législatif est détenu par deux assemblées qui siègent à Webminster. où l’écart de voix est faible entre les deux partis. Cependant. Le Parlement peut déléguer au gouvernement le droit de légiférer. Dans ces circonscriptions. si le cadre institutionnel reste identique. vestige de l’ancienne monarchie du Moyen-âge. l’enjeu est de convaincre les électeurs indécis à modifier leur vote. s’accompagne d’une responsabilité du Premier ministre devant le groupe parlementaire. son existence est menacée. Dans ce cas les mécanismes destinés à permette la mise en jeu de la responsabilité gouvernementale ne fonctionnent pas véritablement et le gouvernement n’as pas à craindre le vote d’une motion de censure qui le conduirait à sa démission. Il n’y a pas de séparation physique entre les deux pouvoirs ! 2) La Chambre des Communes Organisation de la Chambre : Elle est composée de 651 parlementaires élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour. 2) Les caractéristiques des partis dominants Le parti conservateur est socialement plus homogène que le parti travailliste. élu par elle. Il n’existe pas à la Chambre de commissions spécialisées. Le parti conservateur est un parti de gestion qui vise à préserver les cadres économiques et sociaux d’une société libérale. ce n’est pas le nombre de voix obtenues dans le pays. et dont l’élection est approuvé par le Monarque. les circonscriptions marginales. De plus. Elle est composée de Pairs héréditaires (environ 92) et de Pairs viagés (nommés à vie ) (environ 350). sauf cas exceptionnels. On présente souvent les partis britanniques comme étant en accord sur les données essentielles du système. Ce pouvoir non négligeable peut conduire le Cabinet à négocier avec eux. et dans certains cas l’influencer. comme la menace de ne pas reconduire leur investiture lors des élections suivantes ou de demander au roi la dissolution du Parlement.

. Une fois nommé. sous le contrôle de l’autre et avec l’arbitrage des électeurs ». il reste bien dans son essence parlementaire. Dans chaque groupe un Chief Whip (secrétaire parlementaire. Le Parlement peut contraindre le gouvernement à la démission en votant une motion de censure. Par le jeu de la discipline parlementaire. Le vote est personnel et ne peut être délégué. le Premier ministre domine aussi bien l’exécutif que le législatif. d’où l’importance de la présence des membres au moment du vote et la difficulté pour un gouvernement de vivre avec une très faible majorité. - Enfin les select committees contrôlent l’activité gouvernementale. Le texte adopté par les Communes est alors envoyé aux Lords. L’existence d’une possibilité réelle d’alternance lors d’élections donne à ces contrôles toute leur efficacité. du soutien assuré de ses membres. le gouvernement est certain de faire adopter ses projets. pour Benjamin Constant. est chargé de veille au respect de la discipline du groupe par les membres La procédure législative : Les projets et propositions de lois sont soumis à 3 lectures successives : La 1ere formelle et consiste à enregistrer le texte.La procédure la plus fréquente est celle des questions.Vingt séances par session sont consacrées à débattre de thèmes choisis par l’opposition. le régime parlementaire est un régime d’opinion c'est-à-dire dans lequel le gouvernement agit conformément à la majorité de l’opinion et sous le contrôle de celle-ci. Le second contrôle est celui de l’opposition qui commente et critique à l’intention des électeurs. mais il s’agit d’une hypothèse peut probable et si elle se produisait. Le Doyen Vedel dira de ce régime que c’est le « Gouvernement d’un parti. La chambre des Lords s’incline en général.La 2nde est constitué par un débat général à la suite duquel le texte est envoyé en commission pour un examen plus détaillé et l’ajout d’amendement. équivalent d’un ministre). Compte tenu de la discipline du vote. Ce sont les Opposition days. Mais la chambre reste un lieu de débat irremplaçable et peut devenir le centre politique essentiel lorsque la majorité gouvernementale est faible et incertaine. Le succès dans la conduite des affaires dépend essentiellement des rapports entre le gouvernement et le groupe parlementaire.  En rendant improbables les crises gouvernementales. Le texte est simplement présenté. Cependant comme l’a montré le débat sur le traité de l’Union européenne. serai le Premier ministre. Elle permet au gouvernement d’anticiper les élections en plaçant celles-ci à un moment qui lui est favorable et en évitant la démagogie qui marque souvent les fins de législature. Enfin la Chambre des Lords ne peut. En effet. ni mettre en jeu la responsabilité du gouvernement. la tendance de plus en plus grande aux rébellions parlementaires conduit le Premier ministre à porter la plus grande attention aux réactions parlementaires. La Chambre des Communes a perdu son pouvoir d’action sur le gouvernement et dépend plus du gouvernement que le gouvernement d’elle. prendre acte. il est soumis à un double contrôle : Le groupe parlementaire contrôle en permanence l’action du Premier ministre et même si ce dernier disposait de moyens d’imposer ses vues au groupe. Conclusion Le régime britannique n’a plus que les apparences d’un régime parlementaire. la politique suivie par le gouvernement. C) les relations entre le Gouvernent et le Parlement 1) Les moyens d’action du Parlement sur le gouvernement . La Dissolution n’est soumise à aucune condition. Les travaux des Communes sont donc contrôlés par l’exécutif. peu durable tant que le système de scrutin n’est pas modifié. puis revient aux Communes en cas de désaccord. assistés de Whips (ministres).- les groupes politiques sont caractérisés par une discipline rigide. le bipartisme a modifié l’esprit du système parlementaire. Cependant. Le régime britannique est plutôt une monarchie élective dont le monarque. par le jeu de la solidarité gouvernementale. - Le gouvernement peut poser la question de confiance et menacer de démissionner si l’un de ses projets n’est pas soutenu par le Parlement. Enfin. . . La dernière comporte le vote du texte sans amendement. C’est bien le cas du régime britannique. Une heure par jour est réservée aux questions des parlementaires (question time) : la majorité et l’opposition peuvent poser des questions au gouvernement. Le texte est alors soumis à l’assentiment royal qui est une formalité. sinon les Communes confirmeront leur position après expiration d’un délai d’un an. le gouvernement dispose. le régime britannique ne fonctionne plus toujours comme un régime parlementaire. puisque celui-ci est choisi par les électeurs qui votent autant pour la personne du leader que pour le candidat local. sauf rare rébellion de membres du groupe politique majoritaire. ni être dissoute. 2) Les moyens d’action du Gouvernement sur le Parlement Dans la mesure où tous les membres du gouvernement sont membres du Parlement. le gouvernement peut à tout moment demander au monarque de dissoudre le Parlement. la menace de dissolution peut être un moyen de ressouder des majorités incertaines. Certes le mécanisme parlementaire pourrait se remettre en marche dès lors qu’il y aurait plus de majorité parlementaire. Cette autorité est renforcée par la crainte des parlementaires de la majorité de ne pas obtenir l’accord du leader pour leur candidature lors des élections suivantes. Mais si techniquement. il contrôle le groupe parlementaire.

En découlera un Président qui n’est plus élu directement et n’a qu’un rôle de représentation et un nouvel « homme fort » : le chancelier. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement. doté d’un régime parlementaire rationalisé. 2) Le fédéralisme coopératif : Dans un certains nombres de domaines. 1) Une centralisation tempérée par la participation : La diminution des compétences des Länder correspond à un accroissement des pouvoirs du Bundesrat qui donne à la participation tout son sens. financière et constitutionnelle. la difficulté de constitution de majorités parlementaires. même si l’Allemagne se dotait d’une nouvelle Constitution adoptée par référendum comme le permet l’article 146 de la Loi fondamentale. Toute modification de la répartition du territoire fédéral entre les Länder doit être approuvée par référendum. le Bundesrat dispose d’un droit de veto absolu. contrôler la constitutionnalité des lois à la demande d’un tiers du Bundestag ou des gouvernements des Länder. mais donner naissance à une « forme fédérale de gouvernement qui protège d’une manière satisfaisante les droits des différents Etats ». généralement monocaméral. le Bundesrat dispose d’un veto suspensif qui ne peut être levé que par le Bundestag. la Loi fondamentale est profondément marquée par le passé allemande. . L’élection du président de la République au suffrage universel direct combiné avec un recours au plébiscite. B) L’évolution du fédéralisme Comme tous les systèmes fédéraux.Les Compétences exclusives comportent pour l’essentiel des compétences de souveraineté et des compétences économiques. à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. conduit à la ruine de la démocratie. l’évolution s’est produite dans le sens de la centralisation. Ils sont ainsi associés à l’administration de la fédération. II) L’Etat Fédéral La Loi fondamentale prévoit que la forme fédérale de l’Etat. la Loi fondamentale ne devait pas reconstituer un Reich centralisé. L’intervention fédérale est subordonnée au respect du principe de subsidiarité.Celui-ci peut à travers un contrôle abstrait. sont autant d’éléments auxquels la Loi fondamentale a voulu remédier en éliminant les aspects plébiscitaires et en rationalisant les procédures parlementaires. Les Länder disposent de toutes les compétences qui ne sont pas attribuées à la Fédération. la Loi fondamentale reconnaît au Bundesrat un pouvoir d’approbation lors de l’exercice du pouvoir réglementaire au niveau fédéral. - Les Compétences concurrentes sont exercées par les Länder aussi longtemps que la Fédération n’est pas intervenue. la République fédérale d’Allemagne est composé de 16 Länder. Selon les vœux des Alliés.CD7 Le régime Parlementaire Rationalisé Allemand – Droit constit S1 La Loi fondamentale de la République fédérale d’Allemagne a été rédigée dans une Allemagne vaincue. l’interpénétration des pouvoirs entre Fédération et Länder est telle qu’une coopération est nécessaire. Le Bundesrat participe à l’élaboration de la législation fédérale. . d’affirmer avec une particulière netteté que la République fédérale d’Allemagne était un Etat de droit. III) Le parlementarisme rationalisé Le système institutionnel de la République de Weimar. Adoptée le 8 mai 1949. mais son article 23 prévoyait qu’elle pourrait être étendue à d’autres parties de l’Allemagne après leur adhésion. Aussi l’article 1 de la Loi fondamentale dispose que les droits fondamentaux « lient le pouvoir législatif. Telle qu’elle se présente aujourd’hui. Sur le plan législatif la Fédération dispose de deux types de compétences : . Dans le régime instauré par la Loi fondamentale. L’article 146 disposait qu’une Constitution serai adoptée par le peuple Allemand après réunification. L’effondrement du régime communiste de la République démocratique allemande à la fin de 1989 ouvrait la voie à une unification qui fut réalisée au pas de charge puisque le traité sur l’unification allemande sur la base de l’article 23 de la Loi fondamentale eu lieu le 31 aout 1990. Elle est aujourd’hui appliquée par une Allemagne indépendante et réunifiée. . est devenu un texte définitif dont on voit mal comment les éléments fondamentaux pourraient être altérés.Il peut également être saisi d’une exception d’inconstitutionnalité par un tribunal devant lequel le problème a été soulevé par une partie dans le cadre d’un litige. la Loi fondamentale ne s’appliquait qu’aux Länder d’Allemagne occidentale. Depuis l’unification allemande. le Chancelier . A) La répartition des compétences entre Länder et Fédération Les compétences fédérales sont énumérées dans la Loi fondamentale. De plus. . En cas de désaccord. Les 19 premiers articles de la Loi fondamentale sont consacrés aux droits fondamentaux. avait malgré son caractère démocratique. divisée et placée sous le contrôle des Alliés. Il y a trois principes de fonctionnement de l’Etat fédéral allemand : .Participation : Les Länder sont représentés au sein d’un Conseil fédéral. . I) L’Etat de droit On peut comprendre qu’il ait été nécessaire au moment du retour à une Allemagne démocratique. le Bundesrat. Il examine les projets gouvernementaux et ses propositions sont transmises au Bundestag par le gouvernement qui y joint son avis. Si l’Allemagne est un Etat de droit fédéral. En outre. Pour les lois qui touchent aux rapports entre Fédération et Länder « lois fédérales ». Au niveau du Land le pouvoir revient à un gouvernement dirigé par un « ministre-président » (bourgmestre). c’est autant en réaction aux défauts de la République de Weimar que pour conjurer le danger d’une renaissance du Reich national-socialiste.Enfin dans un délai d’un an après l’entrée en vigueur d’une loi. La Loi fondamentale a été rédigée par les représentants des Länder sur la base des conceptions exprimées par les Alliées occidentaux. A) Les droits fondamentaux L’existence d’un Etat de droit se manifeste avant tout par la soumission de toutes les autorités publiques au respect des droits fondamentaux. tout particulier peut former un recours constitutionnel direct contre une loi qui porterait atteinte aux droits fondamentaux. d’où les termes de Loi fondamentale au lieu de Constitution. qui devait être révisé au lendemain d’une hypothétique réunification. mais non note l’apparition de formules nouvelles qui reposent sur une coopération entre la Fédération et les Länder.La superposition : La loi fondamentale consacre le principe de primauté du droit fédéral : « Le droit fédéral prime le droit de Land ».L’autonomie : Les Länder bénéficient d’une autonomie administrative. Ce qui était un texte provisoire. les pouvoirs du président et notamment le droit de dissolution. Ils élaborent en effet leur propre Constitution. les Länder on su obtenir un droit de regard sur la participation du gouvernement fédéral au processus d’intégration européenne. Cette coopération qui existait de manière informelle a été institutionnalisée en 1969 par l’article 91 de la Loi fondamentale sous la désignation des tâches communes. Cela résulte de l’article 20 de la Loi fondamentale « Le pouvoir législatif est soumis à l’ordre constitutionnel. B) Le contrôle de constitutionnalité des Lois La garantie de l’Etat de droit est assurée par le contrôle de constitutionnalité des lois effectué par le Tribunal constitutionnel fédéral. exécutif et le pouvoir judiciaire à titre de droit directement applicable ». Le Tribunal constitutionnel est chargé de trancher les conflits de compétences entre Fédération et Länder. les pouvoirs exécutif et judiciaire sont soumis à la loi et au droit ».

soutenu par la majorité parlementaire.L’art 68 La question de confiance intervient à l’initiative du chancelier. en opposition avec la IVème république française ou le régime italien. A ce titre. 1) Le président de la République : Elu au suffrage universel indirect par une assemblée composée de membres du Bundestag et d’un nombre de délégués représentatifs des Länder. (Il doit cependant tenir compte de l’avis des composantes de sa majorité. le premier pouvant demander la dissolution fédérale du second et le second pouvant élire un nouveau Chancelier. 2) La dissolution : Elle a été enfermée dans des conditions très strictes. En cas de refus de la question de confiance. Le Bundestag ne peut renverser le Chancelier qu’en élisant un successeur à la majorité absolue de ses membres. . le seul pouvoir réel dispensé de contreseing est celui de la nomination ou la révocation du chancelier et de la dissolution du Bundestag en cas d’impossibilité de désigner un chancelier. Procédure qui a aboutie en 1982 avec le départ du chancelier Schmidt. composé dune chambre fédérale des députés (Bundestag) et d’un conseil fédéral des Etats (Bundesrat). 2) Le chancelier et le gouvernement : Le chancelier est le chef du gouvernement. Compte tenu du droit de veto et du fait qu’il est fréquent que la majorité du Bundesrat soit différente de la majorité du Bundestag. la motion de défiance constructive. après une question de confiance infructueuse si le Bundestag ne parvient à désigner un autre chancelier. Cela permet d’éviter les crises prolongées en imposant à l’opposition d’apporter la preuve qu’elle peut soutenir un nouveau gouvernement puisqu’elle dispose d’une majorité absolue en faveur du nouveau chancelier. Il est élu par le Bundestag à la majorité absolue et sans discussion de ses membres sur proposition du président fédéral. A) L’exécutif Il est bicéphale. La grande autorité du chancelier est tirée de sa désignation personnelle et de sa position de chef du principal parti de la coalition au pouvoir. et être fidèle à l’accord de gouvernement conclu entre les formations qui constituent le gouvernement. on qualifie souvent les relations entre les deux chambres de cohabitation. lorsque le Bundestag ne peut désigner de chancelier en cours de législature. doté d’un régime parlementaire et connaissant le multipartisme limité. ou sur une question de confiance. B) Le Parlement Il est bicaméral. Un renouvellement des partis est sans doute nécessaire. Les membres du Parlement disposent de l’initiative des lois concurremment avec le gouvernement. La Loi fondamentale prévoit également la dissolution des partis qui portent atteinte à l’ordre fondamental libre et démocratique de la République fédérale après constatation de leur inconstitutionnalité par le Tribunal constitutionnel. Le parlement vote la loi dans le cadre d’un bicaméralisme inégalitaire sauf pour les lois dites fédérales pour lesquelles le Bundesrat dispose d’un veto absolu. il y a un délai de 21 jours ou le Chancelier et le Bundestag s’opposent. la République fédérale ne peut qu’être un régime représentatif et donc un Etat de partis. responsabilité gouvernementale et efficacité.L’art 67 de la Loi fondamentale.) Le Chancelier bénéficie d’une présomption de majorité.prédomine. . Le rôle de la dissolution est donc de porter remède aux situations dans lesquelles l’absence de majorité parlementaire conduirait à une vacance de l’exécutif. C’est l’état de nécessité législative. 1) la responsabilité gouvernementale. Si à l’issu des 21 jours. le président exerce essentiellement une fonction de représentation et dispose d’une autorité morale. Ex : En 1952 avec le parti néonazi et 1956 avec le parti communiste B) Les coalitions gouvernementales Compte tenu de l’exigence d’un seuil minimal de 5% des voix pour obtenir une représentation du Parlement. C’est la « grande coalition » allemande : il faut tenir compte en permanence de l’avis de l’opposition. est limité. Pour le reste. C’est un régime parlementaire moniste rationalisé (Gouvernement responsable que devant le parlement et Chef de l’Etat a une rôle minime). C’est l’état de nécessité législative. la CDU et de son allié bavarois la CSU. qui n’est d’ailleurs qu’une formalité. du parti socialiste le SPD. dans le cadre d’un régime parlementaire moniste. ce qui lui confère une autorité particulière. le chancelier peut proposer au président de dissoudre le Bundestag à moins que ce dernier ne désigne un autre chancelier dans un délai de 21 jours. Conclusion : La République fédérale constitue le modèle d’un Etat fédéral moderne. Mais dans la mesure où les constituants ont banni le recours au référendum. le nombre de partis au gouvernement. Le Bundestag est la Chambre de la population selon un système mixte de proportionnel. Le régime permet donc de concilier. elle montre. Elle ne peut intervenir que dans 2 hypothèses : en début de législature. IV) La vie politique La vie politique allemande repose sur les partis politiques. Le chancelier constitue son gouvernement à sa guise sans participation du Bundestag dont il est seul à détenir la confiance. l’art 81 permet à un Chancelier qui n’a plus la majorité suffisante de gouverner pendant 6 mois et de faire voter ses textes par le Bundesrat uniquement. Si elle n’est pas approuvée par le Bundestag à la majorité de ses membres. C) Les relations entre Exécutif et Législatif La république fédérale est un régime parlementaire caractérisé par la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et l’existence d’un droit de dissolution. écologistes. Il s’agit de la démocratie chrétienne. A) Le statut des partis politique L’article 21 de la Loi fondamentale fixe le cadre générale de l’activité des partis. que la puissance du Parlement ne nuit pas à l’efficacité gouvernementale. et des Verts. aucune solution n’est trouvée. compte tenu de l’arithmétique des partis qui s’entendent à l’avance sur le nom du candidat. . Les procédures pour le mettre en cause sont limitées : Le Bundestag ne peut le renverser qu’en élisant un successeur à la majorité absolue de ses membres (procédure de défiance constructive). mais les pouvoirs du chef de l’Etat sont nominaux tandis que ceux du chef du gouvernement sont si réels que l’on a parfois qualifié la République fédérale de « démocratie du chancelier ». L’ensemble repose sur la nécessité de mettre en place un gouvernement disposant de la majorité absolue pour une législature. des libéraux le FDP qui constituent une force centriste souvent indispensable à la Constitution d’une majorité. Les pouvoirs du président sont soumis au contreseing du chancelier et des ministres compétents. Conformément à l’art 63 de la Loi fondamentale. l’art 81 permet à un Chancelier qui n’a plus la majorité suffisante de gouverner pendant 6 mois et de faire voter ses textes par le Bundesrat uniquement. o A défaut de dissolution. La stabilité du système et son caractère démocratique qui s’enracine dans les valeurs de l’Etat de droit ont contribué à en faire un exemple pour les nouvelles démocraties européennes. donc susceptible de participer à l’exercice des responsabilités gouvernementales.

sans constitution. Après avoir adopté la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789. Enfin. Le roi dispose d’un véto législatif suspensif (qui peut être surmonté par le corps législatif au bout de 4 ans). B) La première République : la confusion des pouvoir au profit d’une assemblée Paradoxalement. le 17 juin 1789. . Il n’est plus de droit divin. Il s’agit d’une séparation rigide. Mais plus que la Constitution de 1793. dans le même but d’éviter un retour à la dictature de l ‘Assemblée. 2) Le Législatif : Il est constitué d’une Chambre unique de 745 membres élue pour deux ans dont les membres ne sont rééligibles qu’une fois et le suffrage est censitaire. revendications autonomistes. Il y a un enfermement de chaque organe dans sa fonction. qui assurent la responsabilité à sa place grâce au contreseing. deux Constitutions ont été présentées : . Une séparation rigide des pouvoirs est instituée.La Montagnarde : présentée par un ami de Robespierre. donc d’en vouloir à la Nation. la Convention délègue certaines attributions à des comités. que les pouvoirs se trouvent à nouveau rassemblés entre les mains d’une Assemblée. Elle proclamait le suffrage universel et organisait une démocratie semi-directe. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 aout 1789 est un texte qui avait pour but d’être opposable aux « mauvais gouvernements ». Le vote se fait au suffrage censitaire indirect (conformément à la théorie de l’électorat fonction). an I de la République De 1792 à 1795. sacrés et imprescriptibles) qui préexistent à toute société humaine. La Monarchie (limitée) est maintenue. c’est le gouvernement révolutionnaire et la Terreur. mais il est irresponsable politiquement. Elle sera accusée de fédéralisme. concentrant tous les pouvoirs (législatif. Le 21 septembre 1792. - Puis. C) La constitution du 5 fructidor An III : la séparation stricte des pouvoirs Elle comporte un préambule de droits et de devoirs. C’est un gouvernement révolutionnaire. en effet. L’Assemblée vote la loi et elle ne peut être dissoute. l’usage par le roi de son droit de veto amène l’Assemblée à concentrer les pouvoirs entre ses mains et à convoquer une Convention pour rédiger une nouvelle Constitution. Cette assemblée nationale a été proclamée constituante début juillet. et peut être parce qu’elle ne fut jamais appliquée. A) La (première) Constitution du 14 septembre 1791 : séparation stricte des pouvoirs Deux ans seront nécessaires à sont élaboration à cause du contexte politique conflictuel. l’œuvre constitutionnelle de la Convention est importante non pas en raison des qualités propres à la Constitution de 1793. On veut éviter. Les relations entre les pouvoirs reposent sur la séparation des pouvoirs inspirée de Montesquieu. a été revêtue d’une aura mystique qui en a fait une référence permanent dans le débat constitutionnel français des siècles derniers. Elle sera appliquée 11 mois et fonctionnera très mal. La réaction du 9 thermidor. le Consulat et l’Empire viendront satisfaire ce besoin. même aux mains d’une assemblée populaire. Bientôt dirigé par Robespierre qui parvient à imposer une sorte de dictature personnelle. renouvelable par moitié chaque année et qui est chargé de l’exécution des lois. Mirabeau dira : « Je ne connais rien de plus terrible que l’aristocratie souveraine et 600 personnes ! ». personne inviolable et sacrée.Dans un premier temps. avec l’exécution de Robespierre. 1) L’exécutif : Le roi. On renonce à appliquer la Constitution de 1793 et une nouvelle Constitution est rédigée. élue au suffrage universel pour un an. o Elle élie pour deux ans un Conseil exécutif de 24 membres. exécutif et judiciaire). cette constitution ne sera jamais appliquée. Votée par la Convention le 24 juin 1793 et largement approuvée par le peuple. Œuvre très volumineuse qui se veut scientifique (et se présente comme une déduction). C’est un texte qui a une existence et des valeurs autonomes. la Convention abolit la monarchie. Ce gouvernement continuera pendant 3 ans en disposant de tous les pouvoirs. I) Les expériences révolutionnaires Le point de départ de cette période est constitué par ce que l’on a appelé le coup d’Etat du tiers état. Elle se caractérise par la peur et un rejet complet des institutions précédentes. qui ne fut jamais appliquée. Cette Constitution met en place un régime d’assemblée. c’est la dictature révolutionnaire de la Terreur. . dont. 1) Le gouvernement révolutionnaire En raison des périls extérieurs et des soulèvements intérieurs (mouvements contre la révolution. Il gouverne par l’intermédiaire des ministres choisis et révoqués par lui. De plus les ministres ne peuvent être membres de l’Assemblée. conduit à de graves atteintes aux libertés et à la dictature. de ne se séparer qu’après avoir voté une Constitution. la Convention exerce elle-même le pouvoir avec le Conseil exécutif provisoire qui a été nommé le 10 août. . sans contacts entre les deux. L’expérience de la Convention restera dans la mémoire des constituants comme la preuve que la confusion des pouvoirs. mais bien plutôt parce que cette Constitution. le Corps législatif et le Roi qui n’est plus Roi de France mais Roi des Français. celle de l’an III. les acquis ne pourront être définitivement consacrés. en est titulaire. Le 10 aout 1792. C’était la rupture avec la monarchie et l’ouverture d’une période nouvelle. Elle établie un régime représentatif fondé sur la souveraineté nationale. marque une reprise en main de la Convention. L’instabilité suscitant un besoin d’ordre. . Elle a été rédigée sous l’inspiration des montagnards (révolutionnaires les plus radicaux).l’Assemblée ou Corps législatif. coalition des puissances européennes contre la France révolutionnaire). le bicaméralisme est institué alors qu’auparavant on estimait que l’indivisibilité de la nation imposait que cette dernière soit représentée par une seule chambre. La nation à deux représentants. dispose de l’ensemble des pouvoirs. Il se veut un rappel des droits naturels (inaliénables. Elle est pendant ce temps chargée d’assurer l’exercice du pouvoir et d’élaborer une nouvelle constitution. Le suffrage universel est abandonné au profit d’un suffrage censitaire indirect. la Convention suspendra l’application de la Constitution en proclamant que le gouvernement sera révolutionnaire jusqu'à la paix. comme le Comité de sûreté générale et à partir du 6 avril 1793 le Comité de Salut public.CD 8 Histoire Constitutionnelle de 1789 à 1814 – Droit Constit 1 L’alternance des régimes de confusion et de séparation des pouvoirs Les conflits révolutionnaires n’ont pas permis à la France de se doter d’un système constitutionnel stable. Ce texte ne créé pas de nouveaux droits à proprement parlé. l’Assemblée mettra davantage de temps pour élaborer la Constitution du 14 septembre 1791. adoptée le 24 juin 1793. La période révolutionnaire apparaît comme un champ d’expérimentation constitutionnelle. après de nombreux conflits avec le roi et l’Assemblée. faute de stabilité politique. Il perd l’initiative des lois et le droit de grâce. 2) La Constitution du 24 juin 1793.La Girondine : projet présenté par Condorcet le 15 fev 1793. la réalité de la Première République. Ce conseil nomme et révoque ses ministres. c'est-à-dire par la décision prise par le tiers état de s’autoproclamer Assemblée nationale. et aux terme du serment de Jeu de paume du 20 juin. Le recours au référendum est abandonné sauf en matière constitutionnelle.

Le Sénat est inamovible et se recrute par cooptation. 2) Le directoire Le pouvoir exécutif est attribué à un organe collégial. Les électeurs désignent donc les candidats. les 500 votent les projets de loi qui doivent être approuvés par les Anciens. Les électeurs n’élisent par leurs représentants. il nous a laissé des traces importantes jusqu’à aujourd’hui : Code Civil 1804 Conseil d’Etat Préfets . Cet avis est présenté au Corps législatif par 3 représentants du Tribunat qui en débattront avec 3 représentants du Conseil d’Etat chargés de défendre le point de vue du gouvernement. A) Le système électoral Il est fondé sur la méfiance à l’égard de l’électorat. ce régime avait des constitutions civiles. par tiers. Les pouvoirs des deux Conseils sont inégaux. le Conseil d’Etat et le Sénat.1) Les conseils Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres. il sera nommé Consul à vie par le Sénatusconsulte du 14 thermidor an X et le sénatus-consulte du 28 floréal an XII établira l’Empire. D) L’évolution vers l’Empire Le premier Consul gouvernera avec l’appui du Sénat et du Conseil d’Etat. Le premier Consul détient le pouvoir de décision. Le pouvoir judiciaire est également soumis au Premier consul.Le Corps législatif est renouvelable par cinquième annuellement. Sieyès et Ducos. . Le Sénat est chargé des nominations et du contrôle de la constitutionnalité des lois sur demande du Tribunat et du premier Consul. chaque année. partagé entre plusieurs organes aux attributions réduites (polycamérisme). Ceux-ci ne pouvaient être tranchés que par une solution autoritaire (coup d’Etat). Il n’y a aucun moyen d’action entre les deux pouvoirs. composé de cinq membres élus par les Conseils et renouvelé par cinquième. Ces derniers disposent d’un veto absolu. . les Conseils ne peuvent être dissous ni responsable devant un autre pouvoir. La séparation des pouvoirs n’offre aucune possibilité de résoudre les conflits entre Conseils et Directoire. Il exerce la plénitude du pouvoir exécutif et dispose seul de l’initiative des lois. Ce fut le coup d’Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) qui mit fin au régime en instituant un Consulat provisoire composé de Bonaparte. Après la campagne d’Italie. le Conseil des Cinq-cents et le Conseil des Anciens. les deux autres émettent des avis. Les conseils sont élus par le même corps électoral et renouvelés tous les ans. Les membres en sont choisis par le Sénat sur les listes de confiance. Ce régime est caractérisé par une concentration des pouvoirs au profit du Premier Consul et par l’affaiblissement du pouvoir législatif. le Directoire. Le Corps législatif lui vote sans débattre. C) L’exécutif Il est composé de trois consuls nommés pour 10 ans par le Sénat. Les membres du Conseil d’Etat sont nommés par le premier consul Polycamérisme : Le Tribunat émet un avis sur les projets qui lui sont soumis. Même sans avoir de constitution politique. B) Le législatif La Constitution ne met pas moins de quatre assemblées en place : Le Corps législatif. II) Le Consulat et l’Empire : La confusion des pouvoirs au mains d’un homme (1799 à 1813) La Constitution procède des idées de Sieyès parmi lesquelles Bonaparte a choisi celles qui lui convenaient. autoritaire de concentration des pouvoirs. - Le Tribunat est renouvelable par cinquième annuellement. La séparation des pouvoirs est totale et le Directoire n’est pas responsable devant les Conseils. La nouvelle Constitution du 22 frimaire An VIII (13 décembre 1799) fut rédigée par ce Consulat. Selon la formule de Sieyès «l’autorité vient d’en haut et la confiance d’en bas ». Le régime Napoléonien est un régime personnel. le Tribunat. mais désignent des listes de confiance sur lesquelles le gouvernement et le Sénat choisissent ceux qui seront nommés représentants.

le vote du budget fournit également l’occasion d’un examen général de la politique du gouvernement. et le Parlement peut utiliser l’arme budgétaire comme un moyen de pression. y compris le véto législatif qui tombera en désuétude. Les Chartes n’ont pas le nom de Constitution car ce sont des monarchies. La révolution de 1830 se produira parce que Charles X (succédant à Louis XVIII) méconnait ce caractère en maintenant en place un gouvernement qui avait perdu les élections et gouvernant par ordonnances. I) La Restauration et la Monarchie de Juillet Après la chute de l’Empire.La Chambre des pairs est composée de membres héréditaires ou à vie. Duc d’Orléans porte le titre de roi des Français. il ne gouverne pas directement et laisse agir ses ministres. Elle prévoit le partage des pouvoirs entre plusieurs organes (selon la théorie de Montesquieu) tout en ménageant la prééminence du Roi. C’est le régime dualiste qui a prévalu : pour se maintenir. Elle ne prévoit pas une application stricte du principe de séparation des pouvoirs. . Ensuite.Le vote annuel de l’Adresse en réponse au discours du Trône permet au Parlement de s’exprimer sur la politique annoncée par le monarque. . En cas de difficulté avec la Chambre. Il saura se séparer de ses ministres lorsqu’il apparaitra que ceux-ci ont perdu la confiance de la Chambre des députés. quitte à les renvoyer lorsqu’il est mécontent ou lorsqu’ils mécontentent la Chambre. Les journées révolutionnaires de juillet 1830 précipiteront l’évolution parlementaire B) La Charte de 1830 : La Monarchie de Juillet La Charte de 1830 n’est plus octroyée et les chambres disposent du pouvoir de réviser la charte qui prendre la forme d’un pacte entre le roi et les Chambres. Il s’agit d’une Constitution octroyée. suffrage censitaire. . soit de renvoyer le gouvernement. la monarchie restaurée ne pouvait faire l’impasse sur certains acquis de la Révolution. provoqueront la Révolution de 1848 et la fin de la monarchie. Si le pouvoir de dissolution du roi est maintenu. L’usage de la dissolution est courant puisqu’aucune Chambre n’a atteint le terme de son mandat.La Chambre des députés est élue au suffrage censitaire. Si le monarque exerce l’autorité et détermine les orientations politiques. Les deux présidents des Chambres sont nommés par le roi. La Charte de 1814 institue une monarchie limitée à laquelle l’évolution donnera progressivement les traits d’une monarchie parlementaire. le fait qu’aucun gouvernement n’est maintenu par le roi s’il vient à perdre de façon manifeste la confiance du corps électoral tel qu’il est représenté par la Chambre des députés. Les chambres disposent du droit d’initiative législative et leur président n’est plus nommé par le roi. aucune disposition de la charte n’établit la responsabilité du gouvernement. Il peut dissoudre la Chambre des députés. la majorité parlementaire est divisée entre ultra-monarchistes et libéraux. Elle ne met pas en place un régime parlementaire. dualiste). la Chambre peut utiliser l’arme de l’interpellation pour provoquer un vote défavorable au gouvernement. cependant « le Trône n’est pas un fauteuil vide » (Guizot. les parlementaires peuvent demander au roi de proposer une loi . Si le régime n’est pas formellement parlementaire.et de la dissolution (régulièrement utilisée par le Roi dans le but de raffermir la ajorité de soutien au ministère). l’immobilisme qui caractérisera les ministères Guizot. Louis XVIII (expatrié en Angleterre pendant 18 ans) se comportera comme un monarque parlementaire : S’il détient le pouvoir suprême.CD 9 De la Restauration au Second Empire 1814 à 1870 – Droit Constit S1 L’émergence du régime parlementaire A la chute de l’Empire et après l’intermède des Cents Jours. Le roi doit gouverner en tenant compte de ces tendances. De son coté. la France fera l’expérience de la monarchie parlementaire. lesquels sont seulement responsables pénalement. La chute de la monarchie entrainera le rétablissement de la République puis de l’Empire. 2) Un régime parlementaire : L’essentiel réside dans le jeu de la « pratique orléaniste » : . œuvre du pouvoir royal. 1) les Institutions Le roi est détenteur exclusif du pouvoir exécutif : Il détient également le droit de prendre des ordonnances pour l’exécution des lois et la sureté de l’Etat. et surtout le refus de voir démocratiser le régime en élargissant le corps électoral par un allégement du cens. Les deux chambres exercent le pouvoir législatif. Les pairs héréditaires seront supprimés. il est possible soit de faire appel aux électeurs au moyen de la dissolution. Le Parlement est bicaméral : . nommés par le roi qui dispose ainsi du pouvoir de passer outre l’opposition de la Chambre en nommant un nombre de Pairs suffisant pour en changer la majorité. Progressivement. droit de dissolution). . mais ne gouverne pas » (Thiers. De leur coté. 1) Les changements institutionnels : Les modifications introduites sont limités (on remet le drapeau tricolore par ex). moniste). mais n’interdit pas que le jeu de l’institution aille en ce sens. Elles n’ont cependant ni l’initiative des lois.l’examen des pétitions présentées aux chambres. 2) L’évolution vers un régime parlementaire Elle est due à de multiples causes Tout d’abord. Bien que ne disposant pas de l’initiative législative. séparation des pouvoirs) et la restauration du pouvoir royal (souveraineté royale du « Roi de France ». Ces caractères seront accentués dans la Charte de 1830 qui tirera les leçons de la pratique du régime précédent. A) La Charte de 1814 : La Restauration Cette Charte est le fruit d’un compromis entre les acquis révolutionnaires (garantie des droits de l’homme. C’est pendant cette période que se constituera la tradition constitutionnelle parlementaire française. atteste une évolution dans un sens parlementaire. Ce système de parlementarisme dualiste ou orléaniste fonctionnera de façon satisfaisante jusqu’en 1840. les enquêtes parlementaires. De plus. Le Roi Louis-Philippe. Selon la formule consacrée « Le roi règne. Le roi conserve l’essentiel de ses pouvoirs. voir de critiquer celle-ci. Le cens est très élevé ce qui restreint considérablement le nombre d’électeurs et d’éligibles. le cabinet ministériel sera solidaire et sa responsabilité collective. le gouvernement a besoin de la confiance du Roi et de celle de la Chambre.de la responsabilité ministérielle collective (pour préserver la relation de confiance entre le président du Conseil et la majorité parlementaire) . il laisse au gouvernement le soin de la gestion des affaires (limitation forte du pouvoir du Parlement) et des relations avec le Parlement. Le Roi nomme et révoque les ministres. les questions posées aux ministres constituent autant de moyens de contrôler le gouvernement . les chambres vont créer les instruments d’un contrôle parlementaire : . ni celles des amendements qui doivent être approuvés par le roi lequel dispose également d’un véto absolu.

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Le Président. Il nomme et révoque les ministres. Le Président est élu au suffrage universel direct pour 4 ans et n’est pas immédiatement rééligible. sera le premier Président de la République élu. dispose outre du pouvoir exécutif. .II) La Deuxième République et le Second Empire Après les émeutes de juillet 1848. L’emploi du suffrage universel ne sera plus remis en cause en France. plus de 26 ans pour être élu). Il dispose du pouvoir exécutif et de l’initiative des lois. de l’initiative législative exclusive et d’un véto absolu. La Constitution prévoit la responsabilité du président et des ministres sans indiquer si elle est pénale ou politique. L’Assemblée est élue pour trois ans au suffrage universel direct. il ne peut en exercer le commandement. homme de plus de 21 ans pour voter. La séparation des pouvoirs n’en demeure pas moins stricte. Un Sénat composé de sénateurs inamovibles et nommés à vie par l’Empereur est créé. Louis-Napoléon Bonaparte. Assez rapidement. désormais élu pour dix ans. Le Conseil d’Etat. l’Empire sera autoritaire. puis de l’interpellation marqueront vers 1860 le début de l’ère libérale qui devait conduire en 1870 à un Empire parlementaire avec une responsabilité des ministres devant la Chambre. En instituant la responsabilité simultanée du Gouvernement et du Président. S’il dispose de la force armée. on veut revenir aux grands principes de la Révolution française. Elle est unique et dispose du pouvoir de voter la loi. du droit de dissolution de l’Assemblée. le régime présidentiel et le suffrage universel sont maintenus. A) La Constitution du 4 Novembre 1848 Cette Constitution est une transition entre les réclamations politiques de la Révolution et la dimension plus économique du 20ème siècle. Le rétablissement de l’Adresse en réponse au discours du Trône. La Constituante élabore une Constitution républicaine adoptée le 4 novembre 1848. Il fait ensuite. une assemblée constituante est élue au suffrage universel. les ministres entre les mains du président. La République est restaurée. Elle n’opère pas un choix véritable entre le régime parlementaire et le régime présidentiel. comme dans un régime de séparation rigide de pouvoirs. La Constitution témoigne d’une certaine méfiance à l’égard du président. nommé par l’Assemblée. Mais la défaite de Sedan entraine la chute du régime et la mise en place d’un gouvernement provisoire qui fait élire en 1871 une assemblée constituante. les relations entre le Président et l’Assemblée se dégraderont. instaurée par la Constitution du 14 janvier 1852 restaure les institutions de l’empire sans renier pour autant les principes révolutionnaires. L’impossibilité constitutionnelle de réélire le président et l’échec d’une tentative de révision qui ne parvint pas à obtenir la majorité des ¾ exigée pour le vote du vœu de révision conduiront Louis Napoléon Bonaparte à saisir l’opportunité de l’adoption d’une loi restreignant le droit de vote pour se poser en défenseur du suffrage universel et dissoudre l’Assemblée le 2 décembre 1851. même si il n’est pour l’heure que masculin (5 mars 1848. Le senatus-consultes du 7 novembre 1852 rétablit l’Empire. Le neveu de Napoléon. légitimer sa nomination pour 10 ans par le plébiscite du 22 décembre 1852. joue un rôle important dans l’exercice du pouvoir réglementaire. Pendant une première phase de consolidation du pouvoir impérial. Dans un premier temps. elle ne place pas. B) Le Second Empire La République décennale.

De son coté. ils ont le droit d’entrée et de parole devant les chambres. l’Assemblée nomme Thiers à la tête du pouvoir exécutif (Chef du pouvoir exécutif de la République française) tout en essayant de limiter son pouvoir pour ne pas « présidentialiser » le futur régime (le choix n’a toujours pas été fait entre une Monarchie et une République). même si les monarchistes étaient majoritaires. compte tenu des divisions de l’Assemblée entre monarchistes. L’Assemblée élit le maréchal de Mac Mahon (ni orateur. mais ses actes doivent être contresignés par le ou les ministres chargés de leur application. Tout parlementaire peut interpeller le gouvernement. lors de débats important. 1) Le Parlement est Bicaméral : L’aspect bicaméral du parlement est une négociation clef de cette constitution : la gauche s’y résout pour avoir une République en contrepartie alors que pour les Royalistes il s’agit de la garantie d’un régime conservateur. ce qui implique un vote défavorable pour entrainer sa démission. la grande question restait de savoir s’il s’agirait d’une République ou d’une Monarchie. toute tentative de restaurer la monarchie ayant provisoirement échoué. Il reste responsable devant l’Assemblée. Le 30 juin 1875. Le pouvoir de Thiers reste intact. mais ses ministres le sont également (évolution vers un régime parlementaire). Le président de la République dispose de pouvoirs importants. Les ministres sont nommés et révoqués par le président de la République. Si la forme parlementaire n’a jamais été sérieusement contestée. Les lois constitutionnelles prévoient que les ministres sont responsables devant les Chambres. Il détient le pouvoir exécutif. l’amendement Wallon. 16 juillet 1875 : créé les mécanismes de dialogue et d’interaction caractéristiques d’un régime parlementaire. Les lois constitutionnelles établissent un régime parlementaire dualiste. le Pacte de Bordeaux : Par cette résolution. le Compte de Chambord n’ayant pas d’héritier. A défaut d’accord. Le Sénat en 1875 était monarchiste. I) La III ème République On instaure un gouvernement de défense nationale le 4 septembre 1870 lors de la capture de Louis Napoléon Bonaparte. ni membre de l’assemblée. B) l’Organisation des pouvoirs publics Le régime politique mis en place est parlementaire. affronter la Commune de Paris de mars à mai 1871 (mouvement insurrectionnel en faveur de la Guerre avec la Prusse). 24 février 1875 : Relative à l’organisation du Sénat (fait de cette chambre l’instrument d’une potentielle restauration monarchique) 25 février 1875 : Relative à l’organisation des pouvoirs publics : parlement bicaméral et exécutif bicéphale. républicains. Cependant. Ses actes doivent être contresignés par un ministre. Les lois constitutionnelles seront alors rapidement votées et la IIIème République établie. le gouvernement peut. poser la question de confiance à la Chambre. Une Assemblée constituante est élue le 8 février 1871 sur le critère de la guerre avec l’Allemagne (les monarchistes étaient pacifistes et les républicains bellistes). statuant à la majorité absolue. 3) La loi du 13 mars 1873 ou Constitution De Broglie : Pour diminuer encore le pouvoir de Thiers. 3) Les Rapports entre exécutif et législatif Ils sont caractérisés par l’existence d’une responsabilité du gouvernement devant le Parlement et par la reconnaissance d’un droit de dissolution au profit du président. Il dispose de l’initiative de la loi et a la faculté de demander au Parlement une seconde délibération. leurs espoirs seront rapidement déçus. et il est irresponsable politiquement. 2) La loi du 31 aout 1871 ou loi Rivet : Elle vise à diminuer l’influence de Thiers sur l’assemblée. l’Assemblée vote le septennat personnel pour Mac Mahon. ils étaient divisés entre partisans du Comte de Chambord. sous le contrôle de l’Assemblée qui peut le révoquer. Donc aucun exposé des faits. qui en prévoyant le mode d’élection du Président de la République (un vote des députés et sénateurs). légitimistes. légitimiste) pour succéder à Thiers. C’est une sorte de régence personnelle en attendant que la question de la régence dynastique soit réglée (mort du Comte de Chambord qui n’a pas de descendants pour se rassembler tous les monarchistes (légitimistes et orléanistes) autour du Compte de Paris). mais pour ce faire il doit obtenir l’avis conforme du Sénat. et bonapartistes. Il exerce ses fonctions avec des ministres choisis par lui. si les auteurs de la Constitution de 1875 avaient envisagé la mise en place d’un régime parlementaire dualiste. est une tâche difficile. La IIIème République n’a pas réellement de Constitution à proprement parlé. ce qui. le désir de Thiers de faire avancer plus rapidement la rédaction de la nouvelle Constitution suscitèrent l’hostilité monarchiste et Thiers donnera sa démission le 24 mai 1873 à la suite du vote de défiance d’un ordre du jour par l’Assemblée contre le gouvernement avec lequel il se solidarise. Thiers est nommé Président de la République à titre provisoire pour ne pas préjuger de la forme définitive du régime. Le Sénat (grande importance) est composé de 75 membres inamovibles nommés par l ‘Assemblée constituante et de 225 sénateurs élus au suffrage indirect par un collège comprenant les députés et des représentants des collectivités territoriales. . la question de la forme du régime n’est toujours pas réglée. 1) La résolution du 2 février 1871. et il ne peut être dissous. La IIIème république fonctionnera comme un régime parlementaire moniste et la tendance au parlementarisme sera encore accentuée sous la IVème République. seul descendant. L’Assemblée devait donc s’organiser pour durer au-delà de ce qui était prévisible lors de son élection. 2) L’exécutif est bicéphale : Le président de la république est élu pour sept ans par les deux Chambres réunis en Assemblée nationale (Congrès de la IIIème République). et du Compte de Paris.CD 10 Les IIIème et IVème République 1870 à 1958 – Droit constit S1 L’installation du régime parlementaire au sein de la république La chute de l’Empire entraîne un retour au régime parlementaire. De plus. A) L’Assemblée Constituante Il était difficile à l’Assemblée constituante de trouver un accord en son sein sur la forme du régime futur (retour à la monarchie ? République ?). mais trois lois constitutionnelles. Il s’agit d’un bicaméralisme égalitaire. 4) La loi du 20 novembre 1873 ou Le Septennat et la République : Cependant. et enfin dégager un accord sur la Constitution. mais il est contesté par les monarchistes qui s’opposent à son vœu de voir la République se perpétuer. Les deux chambres exercent le pouvoir législatif et possèdent le droit d’initiative des lois. de même que le Président. Il ne peut intervenir que par message au terme d’une procédure compliquée que l’on qualifiera de « cérémonial chinois ». Les succès électoraux républicains. La Chambre des députés est élue au suffrage universel direct dans le cadre des arrondissements. ce qui en donnant une durée fixe au mandat établit l’irresponsabilité politique du président. Les lois constitutionnelles mettent donc en place un système dualiste dans lequel le gouvernement a besoin de l’accord du président de la République et des Chambres. Le 20 novembre 1873. ce qui donne lieu à un débat à la suite duquel la Chambre vote une résolution par laquelle elle décide de passer à la suite de son ordre du jour tout en exprimant éventuellement sa confiance ou sa défiance à l’égard du gouvernement. l’Assemblée vote à un amendement à la loi du septenat. Elles ont le pouvoir de réviser les lois constitutionnelles. et des divisions internes aux monarchistes (entre légitimistes et orléanistes). orléanistes. ses possibilités de participer aux débats parlementaires sur les affaires intérieurs sont réduites. et la IIIème République est instaurée 5 ans après. son décès devait permettre de refaire l’unité des monarchistes autour du comte de Paris. L’assemblée constituante mettra 5 ans à rédiger une Constitution. Le président dispose du droit de dissoudre la Chambre des députés. Il est vrai qu’elle aura à faire face à une situation difficile : Il fallait faire la paix avec la Prusse. établit en fait la République.

. II) De Vichy à la Constitution de 1946 : les régimes de fait (à opposer aux régimes de droit) La défaite et la signature de l’Armistice est à l’origine du Gouvernement de Vichy qui exercera un pouvoir dictatorial sous domination allemande. En 60 ans. Pétain exerce un pouvoir sans partage. l’autre thèse celle des républicains. Mac Mahon. 1) Les évènements Le 16 mai 1877. Cela implique que la volonté nationale est représentée par le seul parlement (chambre des députés) et le Président n’exprime pas directement la volonté du peuple. 1) L’instabilité ministérielle.Le gouvernement est constitué sur la base d’alliances partisanes et la crise peut être provoquée en dehors de tout mécanisme parlementaire par la décision d’un parti de retirer son soutien au gouvernement. Elle provoque également la naissance d’un mouvement de libération qui reconstruira une France libre. mais aussi au président. Les Chambres sont ajournées (et ne seront jamais remplacées) et la Constitution définitive ne sera jamais établie.On tente de remédier à l’inefficacité parlementaire par le recours aux décrets-lois. De dualiste le régime parlementaire devient moniste. en collaboration avec le régime nazi. o Il en résulte le déclin du pouvoir du chef de l’Etat qui est privé en fait largement de l’arme que lui conférait la Constitution. . de la Famille et de la Patrie. (Mac Mahon). le Président de la République devra se soumettre ou se démettre ». Mais ce n’est pas la seule cause d’instabilité qui entraine la faiblesse de l’exécutif et un excès de puissance parlementaire. Pour renforcer le gouvernement. .La seconde conséquence de la crise sera l’impossibilité politique de recourir à la dissolution. le Maréchal Pétain supprime le Président de la République et s’attribue le titre de chef de l’Etat français. faute de quoi on aboutirait à un régime conventionnel. . Seuls des remèdes limités seront mis en œuvre. les pouvoirs publics s’installent à Vichy et le 10 juillet est adoptée une révision constitutionnelle par laquelle tous les pouvoirs sont donnés au gouvernement. 2) Les conséquences . Gambetta (républicain) : « en cas de victoire. pour promulguer par un ou plusieurs actes « la nouvelle Constitution de l’Etat français » fondée sur les valeurs du Travail. Après les élections sénatoriales de 1879 qui marquaient la prise de contrôle du Sénat par les républicains. . Jules Grévy fait alors une déclaration connue sous le nom de « Constitution Grévy » : elle marque un changement d’interprétation de la Constitution. La Dissolution de 1877 a été ressentie comme un coup d’Etat antiparlementaire. la dissolution a dès lors acquis une connotation péjorative. écrit au chef du gouvernement. deux conceptions s’affrontaient : Le régime parlementaire moniste : seule compte la relation entretenue par le gouvernement avec la majorité parlementaire. Cette responsabilité impose au gouvernement une double confiance et multiplie les risques de crise. 2) Les tentatives de renforcement de l’exécutif : Le mal essentiel du régime a été identifié fort tôt. . nommé par les deux Chambres. En effet. Le 1 juillet 1940.la procédure de mise en jeu de la responsabilité n’est pas rationnalisée. un Chef gouverne ». dont l’influence politique doit être préservée dans la perspective d’une restauration monarchique. Les pouvoirs de l’exécutif passent entre les mains du gouvernement. qui propose les ministres à la nomination et qui apparaitra comme le véritable chef du Gouvernement. Cette procédure consiste à demander au Parlement d’autoriser le gouvernement à prendre par décret des mesures qui peuvent modifier les lois existantes. c’est qu’elle a pu évoluer. Le régime parlementaire dualiste : le gouvernement a également besoin de la confiance du Chef de l’Etat pour gouverner.La crise du 16 mai 1877 allait entrainer de profondes modifications dans le fonctionnement du régime C) La crise du 16 mai 1877 La crise résulte d’un affrontement entre le président et la Chambre des députés. le président de la république.Le gouvernement légitime : Londres puis Alger Quoi qu’il en soit. Elle consacre le passage du dualisme au monisme. Cette période va en effet être l’occasion d’avoir deux régimes : . Mac Mahon obtient l’avis conforme du Sénat en vue de la dissolution de la chambre. pour lui marquer son désaccord avec le manque de fermeté du gouvernement à l’égard de propos anticléricaux tenus à la Chambre. Dans l’esprit des républicains. .Le gouvernement légal : Vichy .La désuétude du droit de dissolution a détruit l’équilibre des pouvoirs entre législatif et exécutif. Jules Simon. La révision constitutionnelle de 1884 supprime l’institution des sénateurs inamovibles. Lors de la campagne électorale. celle du président qui estime que le gouvernement ne dépend pas seulement de la Chambre. Le gouvernement peut être interpellé à tout moment devant le Parlement et mis en minorité à la majorité simple. pour lesquelles le gouvernement doit refléter la majorité parlementaire. et que l’on peut dissoudre. le régime connaitra 94 gouvernements. Le problème essentiel a été l’instabilité ministérielle que n’ont pu contrebalancer les tentatives de renforcement de l’exécutif.La crise marque la fin des espérances de restauration monarchique et l’établissement définitif de la république. le 16 juin 1940 avant l’ouverture des négociations d’armistice. tout en laissant ceux qui sont en fonction poursuivre leur mandat. La responsabilité du gouvernement peut être engagée par un ministre sans délibération gouvernementale préalable. Jules Simon démissionne et son successeur se voit refuser la confiance de la Chambre. S’en suit une campagne qui oppose le Président aux Républicains. Mac Mahon démissionne à l’occasion d’un conflit avec le gouvernement sur des nominations militaires. Elle prévoit que la forme républicaine de l’Etat ne peut faire l’objet d’une révision. En application de cette révision. On est en présence d’une révision-abrogation qui transfère le pouvoir constituant au gouvernement. on a tenté d’accroitre sa cohésion autour du Président du Conseil. Il est remplacé par Jules Grévy. ces deux régimes sont une rupture sur le plan politique et le plan constitutionnel A) Le gouvernement de Vichy Le Maréchal Pétain est nommé Président du Conseil. Cette déclaration consacre le renversement des équilibres institutionnels. Cette procédure permet au gouvernement dans des périodes difficiles d’adopter des mesures devant lesquelles le Parlement reculerait en raison de leur impopularité. Les républicains remporteront les élections et Mac Mahon acceptera leur victoire en nommant un gouvernement républicain. Mais elle s’est montrée incapable de s’adapter profondément aux nécessités politiques des années précédant la 2nde guerre mondiale et a disparu prisonnière de ses défauts. deux conceptions s’affrontent. Il en résulte une grande instabilité qui s’est accrue après la 1ère guerre Mondiale. sous l’autorité du Maréchal Pétain. l’un comme l’autre. Pétain : « Quelque uns commandent. mais malgré un courant favorable à la réforme de l’Etat.Le gouvernement est responsable devant les deux chambres alors qu’en principe il ne devrait l’être que devant la Chambre basse élue par le peuple. aucune tentative de transformation n’aboutira. Les décrets-lois sont des actes réglementaires jusqu'à ce que le Parlement procède à leur ratification. D) L’évolution du Régime Si la IIIème République a duré 60 ans. Il y dit qu’il « n’entrera jamais en lutte contre la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels ». et proclame l’inéligibilité des familles ayant régné sur la France.

A) Les institutions. C’est la constitution du 27 octobre 1946 (sont but principal est la rationalisation. Le projet est approuvé le 13 octobre 1946 mais avec 33% d’abstentions.Le Conseil de la République Comme pour le Sénat de la IIIème république.B) Les Français libres En 1941 est créé un embryon de gouvernement. Il donne un avis sur les lois votées par l’Assemblée et si cet avis est adopté à la majorité absolue. C) Les Assemblées constituantes L’Assemblée dispose d’un délai de sept mois pour élaborer une Constitution qui doit être soumise à référendum. Les électeurs votent « oui » aux deux questions permettant à l’Assemblée élue d’être constituante et donne l’accord quant au projet d’organisation provisoire des pouvoirs publics dans l’attente de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. Les rapports entre les pouvoirs et les dérives du régime : p 211 livre.C’est la majorité de gauche qui va rédiger le projet de Constitution.L’Assemblée nationale C’est l’institution fondamentale du régime. . Elle donne naissance à un régime qui établit la suprématie de l’Assemblée. établi à Alger libérée. or la loi est l’expression de la volonté générale. Il préside les réunions du Conseil des ministres et propose le président du Conseil à l’investiture de l’Assemblée. . . ce qui implique qu’il ne peut agir sans l’accord du gouvernement. En tant que chef du Gouvernement il a le pouvoir de révoquer les ministres. En fait. Le projet est refusé le 5 mai 1946. 2) L’Exécutif Il est bicéphale. Bicaméralisme fortement inégalitaire : . puis forme son gouvernement. faciliter la vie au gouvernement). Comme la république précédente. le Conseil est élu au suffrage indirect par les représentants des collectivités territoriales. le nouveau projet constitutionnel assure encore la suprématie de l’Assemblée. à cette époque elle est la norme universelle (elle intervient dans tous les domaines) et suprême (pas de contrôle de constitutionnalité). en 1958. il reproduit largement le modèle de la IIIème république tel qu’il fonctionnait après la 1 ère guerre mondiale. 1) Le Parlement Il se compose de deux Chambres aux pouvoirs inégaux. celle liée à la décolonisation de l’Algérie. III) La IV ème République Le régime établi par la Constitution de 1946 durera 12 ans et il sera marqué par les mêmes maux que la république précédente. Elle est élue au suffrage universel direct au scrutin proportionnel. . Elle « vote seule la loi ».Une nouvelle Assemblée est élue. Il n’est plus le chef de l’exécutif et signe plus les décrets. Tous ses actes sont contresignés. . pour la 1 ère fois en France. les Français sont consultés par référendum sur l’avenir des institutions et procèdent simultanément à l’élection d’un Assemblée. plus au centre. Malgré la volonté de renforcer l’exécutif.Le Président est élu par les deux Chambres réunis en Congrès statuant à la majorité absolue. A la veille du débarquement. le Comité national français. mais les pouvoirs du président ont été réduits par rapport à ceux que les lois constitutionnelles de 1875 accordaient à son prédécesseur. la démocratie chrétienne ou MRP et les socialistes du SFIO. il prendra fin en raison de son incapacité à se réformer et à faire face aux crises. le Comité se transforme en Gouvernement provisoire de la République française et il s’installe à Paris en août 1944. au premier rang desquels l’instabilité ministérielle. en l’occurrence. Si le référendum est négatif. l’Assemblée ne peut passer outre qu’a la même majorité. . un référendum à un résultat négatif. La nouvelle Constitution résulte d’un compromis entre les différents partis de l’Assemblée. qui deviendra en 1943 le Comité français de libération nationale. Le président du Conseil est le véritable chef de l’exécutif et exerce le pouvoir réglementaire. Le 21 octobre 1945.Le président du Conseil des ministres est investi à la majorité absolue de l’Assemblée. Il est encore plus cantonné à un rôle formel qui sous la IIIème République. L’Assemblée est divisée entre le PCF. Le Conseil de la République ne peut mettre en jeu la responsabilité gouvernementale. une nouvelle Constituante est élue et dispose des mêmes délais.