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Lettre d’informations confidentielles d’Emmanuel Ratier

SOMMAIRE
N° 269 8€ er 1 au 15 février 2009
➤ PORTRAIT : Richard Descoings (p.1-2) ➤ POLITIQUE : (p.3-4-7-9) ➤ LOBBIES : (p.5) ➤ ENQUÊTE : L’étrange prestation de serment de Barack Obama (p.6) ➤ ETRANGER : (p.8) ➤ KIOSQUE : (p.10-11) ➤ POLITIQUEMENT INCORRECT : (p.12)

PORTRAIT

RICHARD DESCOINGS

Ce conseiller d’Etat est depuis 1996 le président de l’Institut d’études politiques de Paris, l’une des écoles les plus gestionnaires et véritable antichambre de l’Ena. Homme de gauche, ce « calculateur ambitieux » (Le Nouvel économiste, 7 novembre 2003) s’est rapidement rapproché de Nicolas Sarközy par le biais du club des « sarkozystes de gauche » La Diagonale. Le président de la République vient de lui confier, le 12 janvier 2009, une importante mission sur la réforme des lycées. Son nom est souvent cité comme éventuel ministre de l’Education nationale.

Descoings, surnommé « Ritchie-D. », « Monsieur Riches-Idées ». Le Journal du dimanche, 22 janvier 2006. Il est « pour les uns, un visionnaire, pour les autres, un mégalomane ». Le Monde, 22 septembre 2004. « Un iconoclaste au pays des “technos”. Un pourfendeur de tabous à l’allure de dandy (qui) aime bien touiller la marmite universitaire avec de drôles d’idées très médiatiques. » L’Express, 15 mai 2003. « Barbe de trois jours, cheveux coiffés au gel, sourire qu’il déclenche sur commande, alliance en or à la main droite, anneau en argent à la main gauche, comme s’il ne fallait pas se laisser enfermer dans les choix et les convenances… A côté, l’étudiant qui distribue des tracts de la CNT dans le hall d’entrée a des airs de cadre d’IBM. » Challenges, 4 décembre 2003. « La réputation de Richard Descoings le précède : brutal, despotique, autoritaire. » Le Nouvel économiste, 7 novembre 2003. Richard Descoings est né le 23 juin 1958 à Paris XIVe. Un seul de ses quatre grands-parents détenait le baccalauréat. Par sa mère, Arlette Meylan, médecin, il est issu d’une famille d’horlogers et de boulangers suisses, ruinés par la crise de 1929. Il passera d’ailleurs la plupart de ses vacances, en Suisse, entre Genève et Lausanne. Son père, Jean-Claude Descoings, également médecin, est directeur de société. De religion protestante, la famille cultive les valeurs calvinistes du travail : Richard Descoings grandira sans accès à la télévision. Passé par les lycées Montaigne, Louis-le-Grand et Henri IV, d’où il sera exclu, son professeur de

mathématiques ayant jugé qu’il était « totalement dépourvu d’esprit de synthèse et incapable de suivre la classe supérieure », il obtiendra pourtant le baccalauréat avec mention « très bien ». Il entre ensuite en hypokhâgne, où son professeur de philosophie lui « interdit » de faire Sciences-Po, « du suicide intellectuel ». Il intègre pourtant l’Institut d’études politiques de Paris (1977-1980) dans la section « Service public ». Il obtient son diplôme avec la mention « summa cum laude », la plus recherchée des récompenses. Entré en « prep-Ena », il a été collé à deux reprises, avant de réussir à sa dernière tentative. Sorti dixième de la promotion Léonard de Vinci (1985), il entre comme auditeur au Conseil d’Etat, avant d’être promu maître des requêtes en 1988, et conseiller en 2000. Enseignant à l’IEP (ainsi, qu’un temps à l’Ipesup, l’école privée pour préparer Sciences Po), il devient chargé de mission auprès d’Alain Lancelot, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (et ancien mendésiste dans sa jeunesse dans cet établissement) pour la section « Service public » en 1988, grâce à l’intervention de Guillaume Pépy, son plus proche et meilleur ami. Par la suite, il sera rapporteur général de la Commission d’accès aux documents administratifs, puis directeur adjoint de l’IEP de Paris de 1989 à 1991. Ayant pris pour modèle l’ancien secrétaire général de la CFDT Edmond Maire, Richard Descoings, toujours sur recommandation de Guillaume Pépy, fait alors une incursion dans les cabinets ministériels (après avoir refusé un tel poste en 1988, après la réélection de François Mitterrand), entrant , comme conseiller technique pour les questions d’éducation, au cabinet de Michel Charasse, ministre du Budget, de
(Suite page 2)

INDEX
Accoyer B ......p.10 Arthur CA ........p.6 Attali J ..............p.5 Attias R ............p.9 Barnier M .........p.3 Benoit XVI.......p.8 Besancenot O ...p.9 Besson E...........p.7 Betancourt I......p.3 Chevènement JP.p.3 Charasse M.......p.1 Chirac J ............p.3 Coolidge C .......p.6 Darcos X ..........p.9 Dati R ...............p.3 Douste Blazy P.p.7 Debré JL...........p.3 Delanoë B.........p.3 Descoings R .....p.1 Eltsine B.........p.10 Ferry L .............p.2 Fillon F...........p.10 Gorbatchev M p.10 Guéant C ..........p.7 Jouanno C.........p.7 Joxe P ...............p.3 Juppé A ............p.3

Kennedy JF ......p.6 Kouchner B ......p.3 Lang C..............p.9 Lang J...............p.2 Larcher F ........p.10 Le Pen JM ........p.9 Macias E.........p.11 Mitchell G ........p.8 Mitterrand F .....p.1 Narcy JC.........p.12 Nietzsche F.....p.11 Obama B ..........p.5 Ockrent C .........p.3 Parisot L ...........p.9 Peyrat J.............p.9 Pinochet A......p.11 Raffarin JP........p.4 Ribéry F .........p.12 Rice C...............p.2 Sarkozy N.........p.1 Sartre JP .........p.10 Soral A .............p.9 Strauss-Kahn D p.4 Venner D ........p.10 Washington G...p.6 Woerth E ..........p.4 Yade R............p.12

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(Suite de la page 1)

PORTRAIT
Ensuite, il propose d’abord, il impose ensuite, avec l’ouverture aux bacheliers de zones d’éducation prioritaire (ZEP) sur entretien (certains parleront de « quota humanitaire »), et non plus sur concours, c’est-à-dire la mise en œuvre de la « discrimination positive » (qui revient à défavoriser les candidats classiques) pour environ 15 % des places disponibles, ce qui est loin d’être négligeable, la modulation des droits de scolarité en fonction des revenus des parents (jusqu’à 5 150 euros), la multiplication des bourses, la création d’une filière journalistique, l’allongement de la durée des études avec une période d’un an à l’étranger (soit l’équivalent d'un mastère américain), l’augmentation des étudiants étrangers (qui pourrait atteindre 40 %), etc. En 2007, il créée, ce qui suscitera des remous, une chaire consacrée à la Turquie, financée par la filiale turque de la Banque nationale de Paris, dans l’objectif de présenter aux futures élites une idée positive de la Turquie pour son entrée dans l’Union européenne. En 2007, il signera un livre-témoignage : Sciences-Po, de la Courneuve à Shangaï (Presses de Sciences-Po, préface de René Rémond), où il magnifie son action en faveur des « défavorisés ». Comme l’indique le site Wikipedia, « si l’expérience a le mérite d’encourager les élèves de zones défavorisées à s’intéresser à des études supérieures considérées comme prestigieuses, sa pérennité reste discutée, au sein même de l’équipe enseignante, car un certain nombre considère qu’il ne s’agit que d’une solution précaire ». L’une des solutions que défend aujourd’hui Richard Descoings est l’abandon du concours d’entrée en première année, qui serait désormais réservé exclusivement aux bacheliers ayant obtenu la mention « très bien », cette épreuve étant considérée comme la plus égalitaire. Depuis 2007, il siège aussi à l’Institut sur l’immigration et l’intégration, le nouveau cercle de réflexion gouvernemental en matière d’immigration. Tout cela n’empêchera pas la Cour des comptes, en 2003, qui s’inquiétera de l’envol des dépenses et de la « précarité financière (qui) devrait inciter à éviter un optimisme comptable excessif » (cf. Le Développement de Sciences-Po, entre l’ambition et la démesure, Le Monde, 22 septembre 2004). Le 7 octobre 2003, Le Monde écrivait déjà : « Au comité d’entreprise, on dénonce des dépenses destinées à l’“esbroufe” - frais de réception, réfection de la cafétéria en cyber café aux airs de night-club, voyages avec les étudiants - […] Certains apprécient son “look moderne”, lui rendant grâce d’avoir fait financer par Sciences-Po le char d’une association gay et lesbienne à la Gay-Pride… » Très proche de Guillaume Pépy, énarque, aujourd’hui directeur de la SNCF, qui fut son témoin de mariage, il a épousé, le 27 mai 2004, à la surprise générale, avec son « égérie » (Le Nouvel économiste), Nadia Marik, à qui il avait fait passer le « grand oral » de l’Ena. En effet, il n’hésitait pas jusqu’alors « à déclarer en amphi qu’il était “le premier pédé de Sciences-Po” » (Le Point, 9 mars 2007). De ses précédents mariages, Nadia Marik a eu trois enfants (mariages semble-t-il avec le journaliste Georges Ghosn et Granier-Deferre). Cette dernière, énarque, premier conseiller de tribunal administratif, directrice adjointe de l’Institut d’études politiques (relations avec les entreprises), ancienne secrétaire nationale de l’UMP à l’enseignement supérieur. Ce qui n’a pas manqué de lui offrir des ouvertures en direction du parti présidentiel. On le retrouve, en 2007, à La Diagonale, le club des « sarkozystes de gauche », comme invité le 23 janvier, aux très sulfureux Bains-Douches, « sa discothèque préférée », pour un exposé sur l’éducation supérieure. Dès 2004, son nom est évoqué pour succéder au philosophe Luc Ferry, ministre de l’Education nationale. Son nom sera à nouveau prononcé en 2007 (comme Haut commissaire à l’Egalité des chances et à la Discrimination positive) et en 2009, comme possible ministre de l’Education nationale ou de l’Enseignement supérieur. Le réformateur de Sciences-Po milite de longue date à Aides (lutte anti-sida) : « Le week-end, il distribue des préservatifs dans les bars et boîtes de nuit, la semaine, il reprend son costume gris […] Passionné, angoissé, ambitieux, l’homme déborde d’excès. Boulimique, à la fois de travail, d’amour et d’affection, il recherche le regard des autres. Il agit comme si demain était son dernier jour […] Provocateur, il s’amuse à repousser les limites. Enfermé le jour dans les codes parisiens, il se montre dans l’univers de la nuit. Avide de liberté, il assume sa vie privée (Le Nouvel économiste, 7 novembre 2003). » « Certains jurent l’avoir vu danser nu comme un vers sur une table, dans une boîte de nuit de Berlin, lors d’un voyage de fin d’études. Un témoin rectifie : “Il faisait chaud. On avait un peu trop bu. Il a dansé torse nu. Ce n’est quand même pas l’enfer” Rien de sulfureux en tout cas pour qui connaît l’ambiance soirées des grandes écoles… Sauf quand on est à SciencePo et que l’homme est conseiller d’Etat (Le Nouvel observateur, 7 novembre 2002). » A l’occasion, il fréquente également les loges : on le retrouve, par exemple, le 22 novembre 2006, devant la loge L’Action socialiste (Grand Orient de France), sur La Refondation du pacte républicain,, le 10 mai 2007, devant la loge L’Union philanthropique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) du Grand Orient de France, afin de plancher sur La Discrimination positive.

Jack Lang, ministre de l’Education nationale et de la Culture, puis auprès de Jean Glavany, secrétaire d’Etat à l’Enseignement technique (1992-1993). Au retour de la droite au pouvoir, il réintègre le Conseil d’Etat. Commissaire du gouvernement près l’assemblée du contentieux du Conseil d’Etat en 1995, il succède en 1996 à Alain Lancelot, comme directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, notamment grâce à l’appui sans faille du banquier Michel Pébereau, qui préside le conseil de direction. Il a alors 36 ans (salaire de Descoings en 2003 : 144 000 euros annuels). Evidemment membre du Siècle, le grand club d’influence français (il appartient à son conseil d’administration depuis 2007), il est également administrateur de la Fondation nationale des sciences politiques depuis 1996. Il a dès lors entrepris une double démarche : à la fois rehausser le niveau général de l’IEP de Paris, afin d’en faire l’égale des plus grandes universités internationales (« en faire un Harvard européen »), et d’autre part ouvrir l’école des hauts fonctionnaires à la diversité multi-culturelle. Il recevra par exemple la secrétaire d’Etat américain Condoleeza Rice à l’IEP, pour son unique discours de sa tournée européenne en février 2005. Le Times (novembre 2006) classera l’IEP au troisième rang français, derrière Polytechnique et l’Ecole normale supérieure, et au 13e rang européen. Auprès de certains enseignants, cela passe mal : « Il règne de plus en plus par la terreur. En laissant sa garde rapprochée couper les têtes (Management, décembre 2005). » En 2004, il a également signé un accord de coopération avec l’université de Tel-Aviv et n’a cessé de renforcer le partenariat avec Israël. Il appartient d’ailleurs au comité d’honneur de l’Association des amis français de l’université Ben Gourion de Tel Aviv. Après son voyage, il présentera une vision idyllique (Actualité juive, 19 mai 2005) : « A un passage entre Israël et les territoires, il y avait, certes, une guérite avec des militaires armés, mais on ne s’est même pas arrêté. On pourrait parler d’une sorte de simplicité qu’on ne voit jamais sur les écrans de télévision. J’ai vu aussi, entre Jérusalem et Tel-Aviv, que les colonies de peuplement étaient souvent dans la continuité d’agglomérations qui sont en territoire israélien. C’est évidemment douloureux de voir le mur qui traverse certains quartiers de Jérusalem, etc. » En juin 2005, il organisera même un Journée franco-israéliennes à Sciences-Po à l’initiative de l’Union des étudiants juifs de France. En 2007, il obtient un privilège qui fera grincer des dents : un discret arrêté, en avril, ouvre aux diplômés de Sciences-Po l’examen d’entrée du barreau pour devenir avocat, jusqu’alors réservé aux diplômés en droit.

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POLITIQUE
Bête noire de Nicolas Sarközy, Christian Mahieux est le patron de Sud-Rail, l’organisation à l’origine de la grève perlée (avec des grèves journalières de 59 minutes pour ne pas perdre une journée de salaire) à la gare Saint-Lazare durant plus d’un mois. Agé de 51 ans, il a été très proche de la Fédération anarchiste dans sa jeunesse. Il a refusé d’effectuer son service national par anti-militarisme. Vivant en communauté, il a rejoint, en 1981, l’Union des travailleurs communistes libertaires, une scission de l’Organisation révolutionnaire anarchiste. En 1991, l’UTCL s’est transformé en Alternative libertaire, où il milite toujours sous pseudonyme. Membre de la CFDT durant 18 ans, il figure parmi les fondateurs de Sud-Rail en 1996.

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® Fort de l’onction présidentielle, le président du groupe UMP du conseil général des Hautsde-Seine Jean Sarközy laboure systématiquement sa future circonscription (dont il s’est fait désigner délégué UMP), celle du député UMP Joëlle Ceccaldi-Reynaud, qui devrait lui laisser son siège en échange d’un fauteuil au sénat en 2011. Pour ce faire, outre son propre journal, le luxueux, Neuilly 92, il a constitué une petite équipe constituée d’Emmanuel Voguet, communicant issu d’Euro-RSCG et conseiller de la candidate Ingrid Betancourt en 2002, Emilie Gaudin, son assistante, Baudouin du Fretay, chargé de mission pour la logistique et l’agenda, Annie Prime, secrétaire générale du groupe gérant les questions administratives, et Marie-Cécile Ménard, conseillère générale du canton jouxtant le sien.
Violemment attaqué pour la teneur sulfureuse de ses « carnets » (versés au dossier Clearstream), l’ancien directeur central des Renseignements généraux Yves Bertrand, qui passait pour proche de Jacques Chirac, vient de recevoir une série de soutiens à gauche. L’ancien ministre PS de l’Intérieur Pierre Joxe, aujourd’hui membre du Conseil constitutionnel, ne tarit pas d’éloges sur sa loyauté et son comportement (« policier républicain et légaliste », « haut fonctionnaire loyal »), tout comme l’ancien ministre MDC de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Il en est de même de l’ancien ministre RPR de l’Intérieur Jean-Louis Debré, aujourd’hui président du Conseil constitutionnel (« j’ai pu compter sur votre sens de l’Etat et votre loyauté »), de l’ancien directeur central de la DCRG puis directeur socialiste de la Direction de la sécurité du territoire Jacques Fournet, ou encore de Jean-Michel Roulet, chargé des affaires intérieures et de la sécurité du Premier ministre Alain Juppé (« sérieux de votre travail, votre disponibilité permanente, votre grande loyauté »). Amie personnelle de Nicolas Sarközy, Valérie Hoffenberg, déléguée pour la France de l’American jewish Committee, a organisé, à la fin de 2008, un voyage en Israël de six jours, tous frais payés, où figuraient une quinzaine de responsables musulmans français (hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise, journalistes et élus locaux). A leur retour, ils ont été à l’origine d’un appel refusant l’importation en France du conflit israélo-palestinien.

® Comme nous l’avions prévu depuis longtemps et l’annoncions encore dans F&D 268, Rachida Dati va quitter le gouvernement, devant se contenter d’une modeste deuxième place sur la liste européenne de l’UMP en Ile-de-France, derrière Michel Barnier. Icône des débuts du quinquennat de Nicolas Sarközy, elle avait perdu, depuis l’année dernière, la confiance du chef de l’Etat, qui jugeait son comportement beaucoup trop « bling bling » en période de crise. Son dernier exploit, qui en a irrité plus d’un : transformer la Chancellerie en pouponnière, pour conserver à ses côtés sa fille Zohra. Elle a par ailleurs attribué une prime exceptionnelle maximale (20 % du traitement indiciaire annuel) à André Ride, seul magistrat de l’année 2008 à bénéficier d’un tel avantage. Inspecteur général des services judiciaires, ce proche de Rachida Dati s’était mis en quatre pour éviter la mise en cause du ministère de la Justice dans le suicide d’un mineur à la prison de Metz-Queuleu à l’automne 2008, refusant même, à deux reprises, de se rendre devant le Conseil supérieur de la magistrature.
Pierre Péan va publier prochainement un portrait vraiment sans complaisance du « french doctor » Bernard Kouchner. Il a notamment découvert que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, marié à la journaliste Christine Ockrent, demeure gérant de la société BK Consultants, société de conseil de conseil « en développement durable en santé », qui a notamment travaillé pour Total en Birmanie ou le gouvernement gabonais. Ce qui est évidemment interdit à un ministre en exercice.

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® Voulu

par Nicolas Sarközy, le Conseil pour la création artistique, qu’il coprésidera avec le ministre de la Culture Christine Albanel, provoque un vent de panique au ministère de la Culture (dont la disparition était prévue dans le programme présidentiel du nouveau président). Animé par le cinéaste (ancien militant d’extrême gauche) Marin Karmitz, ce nouveau « think tank » disposera en effet de gros moyens et risque d’apporter une vision d’une politique de la culture dont le ministère manque cruellement.

®

Loïc Lemarinier, responsable national du Front national de la jeunesse, vient d’être remplacé par François Cerruti, 21 ans, étudiant en lettres classiques à la Sorbonne. Il fut l’un des finalistes du Prix Jeune Cicéron, un concours d’éloquence politique, qui s’est tenu en juin 2008 au Sénat. Bertrand Delanoë vient d’accorder 2 000 euros à Paris Foot Gay, pour la 4e édition du tournoi d’équipes de football homosexuelles Be Yourself.

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® Remis en selle par Nicolas Sarközy, Alain Carignon, le député-maire failli de Grenoble, n’avait pu retrouver son siège en juin 2007. Il disparaît du paysage politique isérois, venant d’être remplacé, comme secrétaire départemental de l’UMP, par Michel Savin, conseiller général et maire de Domène.

ø Deux

lycéens d’origine maghrébine de Janson de Sailly ont été passés à tabac, le 8 janvier, par des membres de la Ligue de défense juive pour avoir refusé leurs tracts pro-israéliens.

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L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin vient d’être coopté au Club des cent, un club de gastronomes très select dirigé par Jean Miot, ancien collaborateur de Robert Hersant, qui réunit les plus « fines gueules » du grand patronat et de la politique.

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POLITIQUE
®
Classé traditionnellement parmi les soutiens d’Israël, le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé a condamné l’attaque de l’armée israélienne dans la bande de Gaza : « J’ai toujours aimé Israël. J’aime son peuple, si créatif et si courageux […] Mais aujourd’hui, j’avoue que je ne comprends plus. Je suis même malheureux de voir les autorités israéliennes, apparemment soutenues par l’immense majorité de leurs citoyens, se fourvoyer à ce point. Où donc l’attaque sauvage qu’elles mènent contre gaza peut-elle les mener ? »

® C’est la première fois qu’un ministre en exercice fait son « outing » officiel. Même s’il s’agissait d’un secret de polichinelle, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement Roger Karoutchi, qui espère conduite la liste UMP aux élections régionales en Ile-de-France, revendique son homosexualité dans un entretien publié par le magazine masculin L’Optimum et dans un livre à paraître le 4 février, Mes quatre vérités (Flammarion). ® Le journaliste Henri de Fersan a été relaxé par la Cour d’appel de Limoges le 23 janvier. Condamné en première instance à cinq mois de prison ferme et 5 700 euros d’amende pour « apologie de crimes de guerre » (affaire des « balcons de Tulle » en 1944), il a été relaxé, le tribunal ayant estimé que les délais de prescription n’avaient pas été respectés.
La presse n’en a pas parlé (hormis Rivarol) : Me Pierre Lemarchand le patron des tristement célèbres « barbouzes », ses truands et voyous utilisés par les officines parallèles gaullistes pour traquer et torturer les militants d’Algérie française, est décédé le 30 décembre. Par la suite, cet avocat fut compromis dans l’affaire Ben Barka et radié à vie du barreau par la Conseil de l’ordre, une décision finalement ramenée à trois ans. Il devait encore être impliqué, entre autres, dans l’affaire Markovic, où les gaullistes tentèrent de compromettre Georges Pompidou.

Nouveau camouflet pour Jean-Pierre Raffarin, déjà écarté du perchoir du sénat : il n’a pas été soutenu par le groupe UMP pour emporter la présidence du Groupe d’amitié France-Chine, et c’est le socialiste Jean Besson qui a été reconduit dans ses fonctions.

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®

ø

Un abonné nous signale cette question écrite très intéressante (parue dans le Journal officiel de l’Assemblée nationale du 16 septembre 2008) sur l’escroquerie à la Sécurité sociale en matière de circoncision rituelle, du député UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, par ailleurs secrétaire nationale de l’UMP à la santé.

En Hausse
■ Maurice Allais. « De profondes similitudes apparaissent entre la crise mondiale d’aujourd’hui et la Grande dépression de 1929-1934 […] L’économie mondiale toute entière repose aujourd’hui sur de gigantesques pyramides de dettes, prenant appui les unes sur les autres dans un équilibre fragile. Qu’il s’agisse de la spéculation sur les monnaies, sur les actions ou sur les produits dérivés, le monde est devenu un vaste casino où les tables de jeu sont réparties sous toutes les longitudes et toutes les latitudes. Jamais dans le passé une pareille accumulation de promesses de payer ne s’était constatée. Jamais sans doute une telle instabilité potentielle n’était apparue avec une telle menace d’effondrement général. » Des propos prémonitoires rédigés par le prix Nobel d’économie en… octobre 1998 dans Le Figaro.

En Baisse
■ Jean-Marie Bockel. L’exsocialiste Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, a posé, le 24 janvier, la première pierre de la Grande Mosquée An-Nour (lumière) de Mulhouse. Elle comportera un minaret de 21 mètres de haut et 1358 m2 de lieux de culte. Les travaux, qui doivent durer jusqu’en 2011, coûteront la bagatelle de 7,6 millions d’euros. ■ Marie-Laure de ChoiseulPraslin. Cette magistrate, directrice, depuis 2005, de l’Agence française de l’adoption (qui avait été créée… par son mari, et où sa nomination avait été très mal acceptée), vient d’être propulsée conseiller d’Etat en service extraordinaire. A la ville, elle est l’épouse de Philippe ClémentFromentel (dit Clément), bien pâle ancien ministre UMP de la Justice.

® La femme la plus riche de France, Liliane Bettencourt, 17e fortune mondiale en 2008 (avec 17,6 milliards d’euros),réuni sa fortune dans un structure de gérance patrimoniale appelée Clysthène. Depuis la fin de 2007, Clysthène est dirigée par Florence Woerth, épouse du ministre UMP du Budget Eric Woerth. ®
Le président du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn visite, presque chaque mois, plusieurs pays. Sont programmés, en février, Berlin, Kuala-Lumpur et Lome, et, en mars, le Kenya, la Tanzanie, la Grande-Bretagne et la Colombie. Une manière pour lui de se forger une image internationale dans l’optique de l’élection présidentielle de 2012.

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comme nombre de présidents américains, Barack Obama est franc-maçon. Il serait 32° à Prince Hall, qui regroupe les francs-maçons noirs. Fin décembre 2007, il s’était exprimé à ses frères au Scottish Masonic Center de Des Moines. Un bal maçonnique a d’ailleurs été organisé à Washington, le 20 janvier, par la William R. Singleton-HopeLebanon Lodge. Ancien Grand Maître du Grand Orient de France, le spécialiste de sécurité Alain Bauer, conseiller apprécié (et influent) de Nicolas Sarközy et président de l’Observatoire national de la délinquance, vient de se faire attribuer une chaire de criminologie sur mesure au Conservatoire national des Arts et métiers. Le conseil de perfectionnement (qui regroupe les représentants des enseignants du Cnam) a approuvé ce qui apparaissait comme un diktat présidentiel, non sans susciter quelques bémols dans l’institution (14 pour, 12 contre et 2 abstentions). Une pétition a été lancée par le chercheur d’extrême gauche Laurent Mucchielli et Frédéric Neyrat, président des sociologues de l’enseignement supérieur, qui a recueilli plus de 200 signatures.

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® Tout

LOBBIES
secrétaire d’Etat ex-socialiste aux Anciens combattants Jean-Marie Bockel, également animateur de La Gauche moderne, sera prochainement l’invité des loges de la Grande Loge nationale française à Toulouse.

® Le

® Brigitte Girardin, ancien ministre UMP de l’Outre-mer (2002-2004) puis de la Coopération, au Développement et à la Francophonie (20052007), vient d’être nommée présidente de la Fondation Progosa pour l’Afrique. Une fondation créée par le groupe Progosa, dirigé par l’homme d’affaire (franc-maçon) Jacques Dupuydauby. ® La commission des droits de l’homme et du citoyen de la Grande Loge de France a reçu, le 29 novembre 2008, le banquier Jacques Attali et Daniel Mesguich, directeur du Conservatoire national d’art dramatique, dans le cadre de la Journée du devoir de mémoire. ®
Le 19 décembre 2008, dans le cadre de la Journée pour la laïcité, le Grand Orient de France de Toulouse a reçu, parmi d’autres dignitaires francs-maçons, le député-maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen et le député socialiste européen Françoise Castex. La Grande Loge de France entendait, le 15 janvier 2009, Ghaleb Bencheikh, docteur ès sciences et physicien, sur Réalités et fantasmes sur le fondamentalisme islamique. Il est le fils du cheikh Abbas Bencheikh, ancien recteur de la Grande mosquée de Paris, et frère de Soheib Bencheikh, ancien grand mufti de la mosquée de Marseille. Outre son travail de physicien, il anime l’émission Islam sur France 2 le dimanche matin et préside la Conférence mondiale des religions. Sur le thème des religions, la GLF avait déjà reçu, en 2007, Claude Greffé, dominicain et professeur de théologie, sur Quel dialogue entre les religions à l’heure de la mondialisation, et, en 2008, le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim sur Un rabbin face aux défis de la société moderne. La loge nationale de recherches de la Grande Loge nationale française, la loge Villard de Honnecourt, entendra, le 17 février, Maurice Bellet, philosophe et théologien, sur le thème Dieu, personne ne l’a jamais vu. Ce prêtre, docteur en théologie, a enseigné la philosophie au petit séminaire de Bourges, à Saint Jean de Passy, puis à l’Institut catholique de Paris (chaire de théologie pratique). Auteur d’une vingtaine d’ouvrages religieux, il collabore à la revue jésuite Vicaire.

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® L’Institut français des relations internationales (IFRI), fondé par le trilatéraliste Thierry de Montbrial en 1979, vient d’être classé, pour la deuxième année consécutive, parmi les 10 premiers « think tanks » (réservoir d’idées) par la revue internationale Foreign Policy de janvier 2009.
Le dîner de gala du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) se déroulera le 5 février dans les salons du très maçonnique Cercle républicain. Son invité d’honneur sera Yazid Sabeg, nouveau commissaire à la diversité et à l’égalité des chances. Seuls les plus fortunés pourront y assister : le dîner est à 100 euros. Directeur pendant plus de dix ans du Centre de réinsertion Didrot (toxicomanie), Jean-Luc Maxence, qui fut longtemps un collaborateur régulier du magazine catholique Monde & Vie, dévoile son appartenance maçonnique (Grande Loge de France) dans La Loge et le divan (Dervy). Se situant très nettement à gauche, la Fondation Copernic, qui développe des thèses antilibérales, vient de se doter de deux coprésidents : l’adjointe au maire de Paris Anne Le Strat est reconduite dans ses fonctions aux côtés de l’avocate Caroline Mécary (qui remplace l’historien communiste Roger Martelli).

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Grand ménage en perspective au Grand Orient de France. Le 13 décembre, la chambre suprême de justice maçonnique, présidée par Pierre Vassal, a exclu de l’obédience cinq anciens hauts dignitaires : Gérard Pappalardo, ex-président du Conseil de l’ordre, Hugues Leforestier, ex-grand secrétaire aux Affaires intérieures, Thierry Primey, Jean-Pierre Poret et Guy Worms, ancien président de la filiale immobilière du GODF. Les intéressés, qui refusent leur exclusion, devraient porter plainte auprès du tribunal de grande instance de Paris.

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ENQUÊTE
La très étrange prestation de serment de Barack Hussein Obama
Cʼest une bien étrange prestation de serment à laquelle sʼest livré le nouveau président des Etats-Unis, le 20 janvier 2009. Barack Obama a, dʼune part, tenu à ce que son second prénom, Hussein, soit prononcé, ce qui est très inhabituel. Dʼautre part, et cʼest beaucoup plus important, il a prêté serment à deux reprises. Un cas rarissime dans lʼhistoire des présidents américains. Le tout, sur fond de franc-maçonnerie. De quoi alimenter des rumeurs outre-Atlantique, non répercutées par la presse européenne. Le 20 janvier, Barack Obama, qui devenait ainsi officiellement le 44e président des Etats-Unis a, comme tous ses prédécesseurs, prêté serment sur la Bible, en prononçant une phrase de 35 mots. On sait l’importance de ce symbole dans un pays, largement fondamentaliste, profondément pénétré par les idéologies millénaristes protestantes et où 40 % des habitants ne croient pas dans la théorie de l’évolution de Darwin. Peu l’ont remarqué, mais la prestation de serment a été différente des précédentes. Peut-être intimidé, le président de la Cour suprême John G. Roberts Jr (qui déteste Obama, lequel avait voté contre lui lors de sa nomination) s’est trompé à plusieurs reprises dans la lecture de la prestation de serment, se reprenant ensuite. Un « to » s’est transformé en « of », le mot « execute » a été oublié. Surtout, lorsque le président doit répéter : « Faithfully the office of president of the United States » (« je jure solennellement de remplir fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis ») , il a récité : « the office of the président of the United States faithfully » (« de remplir les fonctions de président des Etats-Unis fidèlement »). Des détails, certes, mais qui ont attiré l’attention des experts et des journalistes. Afin d’éviter des contestations éventuelles, une seconde prestation de serment s’est donc déroulée le lendemain, à la Maison Blanche à 7 h 35, même si celle-ci a été interprétée et présentée comme une espèce de plaisanterie (y compris par le nouveau président : « Nous avons décidé de recommencer parce que c’était tellement amusant »). Deux présidents avaient déjà reprêté serment : Calvin Coolidge et Chester A. Arthur. Tenue secrète, la prestation de serment n’a été annoncée à la presse qu’après la dite prestation. Seuls neuf témoins étaient présents : quatre hauts fonctionnaires, quatre journalistes et un photographe officiel de la Maison Blanche. Par son essence même, la prestation peut être considérée comme quasi-secrète alors qu’elle aurait dû être publique. La cérémonie s’est déroulée dans un sous-sol de la Maison Blanche, la Map Room, et non dans le salon ovale où travaille le président. Un détail sans doute, mais on rappellera que le « cabinet de réflexion » maçonnique se trouve en général dans les sous-sols, et c’est de là qu’est extrait l’impétrant qui va subir son initiation, c’est-à-dire atteindre une nouvelle vie. Une seule photo, très étrangement, a été diffusée par celle-ci, alors même qu’il s’agit de la seule prestation de serment officielle, puisque la première a été de facto annulée par la seconde… Les autres photos n’ont donc aucune valeur mais la photo réelle a été très peu diffusée, les agences de presse ayant condamné cette pratique (émission par la Maison-Blanche et non photo prise par des journalistes) Mais, à nouveau, un détail, et non des moindres, manquait : Barack Obama a levé la main droite et répété son serment dans le bon ordre des mots… mais sans utilisation de la Bible. L’absence de la Bible n’est pas un motif d’annulation puisqu’elle ne figurait pas lors de l’investiture de George Washington et lors de la prestation de serment de Lyndon B. Johnson qui devint président des Etats-Unis dans l’avion qui le ramenait à Washington après l’assassinat de John F. Kennedy. Faute de Bible, c’est un missel catholique romain qui fut employé. Un autre détail intéressant est le tableau qui figure entre le « Chief Officer » et Barack Obama. Il s’agit d’un portrait de Benjamin Latrobe, considéré comme « le père de l’architecture » aux Etats-Unis. Constructeur notamment du Capitole de Washington, ville construite sur un plan entièrement maçonnique (et voulu et revendiqué comme tel), Benjamin Latrobe était un franc-maçon de haut grade. Emigré d’Angleterre en 1796 et arrivé en Virginie, il avait été initié à la Lodge of Antiquity N° 2 de Londres. Aux Etats-Unis, il rejoignit la Loge n° 54 de Richmond (Virginie). Considéré comme l’un des architectes américains les plus importants, il construisit de multiples monuments, notamment le Capitole, où Barack Obama devait prononcer son premier serment… L’intéressant est que le tableau a été spécialement déplacé pour l’occasion, comme on le voit sur cette photo, prise en 2008, disponible sur le site officiel de la Maison Blanche. Le portrait se trouve au-dessus du secrétaire situé sur la gauche et non au dessus

Lʼunique photo diffusée par la Maison Blanche pour la véritable prestation de serment de Barack Obama. Ce dernier ne prête pas serment sur la Bible. Spécialement déplacé, le portrait, qui est derrière lui, représente un très célèbre architecte américain Benjamin Latrobe, par ailleurs francmaçon.

Photo prise en 2008 et disponible sur le site officiel de la Maison Blanche : le tableau a été déplacé pour la prestation de serment de Barack Obama

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POLITIQUE
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Plus de 150 projets de construction de mosquées, souvent marqués par le gigantisme, sont en cours sur le territoire français. Créteil, avec le soutien du maire socialiste Laurent Cathala, vient d’inaugurer une mosquée qui a coûté 5 millions d’euros à des conditions très avantageuses : bail emphithéotique pour le terrain, subvention de 1 million d’euros, subvention annuelle de 100 000 euros (officiellement dirigés vers les activités culturelles). Au total, en détournant la loi de 1905 sur le non-financement des cultes, les pouvoirs publics apportent près de 30 % des coûts des constructions selon une étude confidentielle qui vient d’être réalisée. 50 % environ sont apportés par les grandes fortunes du Golfe persique, les 20 % restants par les fidèles musulmans. Chantal Jouanno, secrétaire dʼEtat à lʼEcologie « Une sarkogirl, dévouée et efficace, chargée de mettre en musique les desiderata de son ministre de boss » (Le Nouvel observateur, novembre 2006). Succédant à Nathalie Kosciusko-Morizet, Chantal Jouanno est une « Sarko-girl ». Née le 12 juillet 1969 (39 ans) à Vernon (Eure), elle est benjamine d’une famille de deux enfants. Son père, Jean-Louis Paul, est patron de PME. Après une scolarité difficile, elle obtiendra un BTS de commerce international à Paris. C’est là qu’elle rencontrera son futur mari, Hervé Jouanno (épousé le 6 juillet 1996), dont elle aura trois enfants (dont des jumeaux). Ce dernier est actuellement directeur des achats chez Pernod-Ricard. Hésitante sur son avenir professionnel, elle s’inscrit ensuite à la faculté de Tolbiac en administration économique et sociale, obtenant une maîtrise (1993). Elle sera notamment assistante expert à l’exportation chez Citroën (1988), stagiaire à l’exportation à la Banque internationale pour l’Afrique occidentale (1989-1990), chargée d’un rapport sur le travail frontalier au ministère du Travail (1992), chargée de la mise en place d’un observatoire social à Electricité de France (1994). En parallèle, elle poursuit une carrière de sportive : elle sera douze fois de suite championne de France de karaté et 12 fois vainqueur de la Coupe de France de karaté… Elle intégrera par la suite l’Institut d’études politiques de Paris (diplômée en 1995) puis l’Ena (promotion Cyrano de Bergerac, 1997-1999). Entrée au ministère de l’Intérieur comme sous-préfet, elle sera directrice de cabinet du préfet de la région PoitouCharentes (1999-2001), avant de devenir conseiller du directeur central de la sécurité publique pour la réforme de la police en mai 2001. Directrice du cabinet du PDG du groupe Coframi (ingénierie informatique) d’août à décembre 2001, elle réintègre l’administration, devenant chargée de mission (pour la communication) au cabinet du directeur général de la police nationale Michel Gaudin (2002-2003). C’est à ce poste qu’elle fera la connaissance de Nicolas Sarközy, devenu ministre de l’Intérieur. Ce dernier la prend à son cabinet, afin de rédiger ses discours et de suivre le développement durable, la sécurité routière et les nouvelles technologies. Dès cette époque, elle est chargée de plancher sur l’écologie, un sujet auquel elle ne connaît alors rien. A la suite de son départ, elle devient directrice de son cabinet à la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine (mai 2004-septembre 2006), un poste éminemment sensible, étant parallèlement directrice de la communication de ce conseil général (20052006). Elle le suit lorsqu’il réintègre la place Beauvau. En juin 2007, elle entre à la présidence de la République comme conseiller pour le développement durable, bien que n’ayant jamais fait de politique et n’étant inscrite dans aucun parti (elle se considère comme « plutôt de droite »). Pour elle, l’écologie (rebaptisée pompeusement « développement durable », ce qui ne veut rien dire…) est un « débat de société qui transcende le clivage gauche-droite. Il y a plutôt les rétrogrades et les avant-gardistes » (Libération, 29 mars 2008). A ce titre, elle supervisera la préparation et le déroulement du « Grenelle de l’environnement », se faisant de nombreuses relations parmi les dirigeants de l’écologie, aussi bien politique qu’environnementale. En janvier 2008, elle est promue présidente de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en remplacement de Michèle Papallardo. Elle appartient à l’ADAPES, l’Association des amis de la revue Passages, un mensuel qui entendait « porter un regard juif sur l’actualité ». Aujourd’hui la revue a disparu mais l’association existe toujours. Elle organise des colloques.

ø Premier

vice-président communiste du conseil général de La Réunion et maire de Saint-Suzanne, Maurice Gironcel vient de se voir privé de toutes ses fonctions, ayant été condamné, par la Cour de cassation, à huit mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et un an d’inéligibilité. Membre du comité central du Parti communiste réunionnais, il était poursuivi pour favoritisme dans l’attribution de marchés. Ses déboires ne sont pas terminés : il est l’objet de trois autres enquêtes.

Joli lapsus de l’ancien responsable socialiste Eric Besson, aujourd’hui nouveau ministre de l’Immigration, au Grand Jury de RTL, le 25 janvier : « La France a toujours été une terre d’immigration. c’est vrai des temps anciens, tout le monde sait, les grandes invasions. C’est vrai du XIXe et du XXe siècles, avec les Italiens, les Polonais, d’autres qui se sont intégrés. Ensuite, il y a eu une invasion…, euh, une immigration en provenance d’Afrique et du Maghreb. » Il se reprend ensuite : « Non, pas une invasion, qu’« il n’y ait pas de lapsus sur le sujet. »

® La « gauche cigare ». 5 976 euros en 2005, 5 234 euros en 2006, 3 567 euros en 2007, ont été dépensés par le conseil régional de Picardie, présidé par le socialiste Claude Gewerc, pour l’approvisionnement de la cave à havanes de la présidence. Alors même qu’il est interdit de fumer dans les lieux publics…
Coup de main à Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, une ville pourtant très lourdement endettée : sur intervention de Claude Guéant, secrétaire général de la présidence de la république, la Caisse des dépôts et consignations vient d’accorder un prêt à la ville de 100 millions d’euros pour financer les projets pharaoniques du maire, notamment la construction de deux tours gigantesques… en pleine période de crise immobilière.

® A la suite de la nomination d’Hillary Clinton au poste de secrétaire d’Etat américain, la liste des généreux donateurs de la Fondation Clinton a été publiée. Y figure l’association Unitaid, dirigée par Philippe Douste-Blazy, une association voulue et créée à l’initiative de Jacques Chirac pour acheter en gros des médicaments contre le sida, le paludisme et la tuberculose.

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FAITS&DOCUMENTS

ÉTRANGER
Les Tchèques résistent
Le Traité de Lisbonne, ce n’est pas pour demain. Au refus des Irlandais et du président polonais Lech Kaczynski, qui s’oppose à cette ratification, s’ajoutant celui du Parlement tchèque. Le Premier ministre tchèque, qui passe partout pour être favorable au traité, a annoncé la semaine dernière que ce dernier ne pourrait être soumis au vote des parlementaires, comme prévu, fin mars. Pour lui, « le Traité de Lisbonne est pire que celui de Nice. »

® Le nombre des avortements volontaires en Espagne a plus que doublé en dix ans selon les données diffusées par le ministère de la Santé : les avortements ont atteint 112 138 en 2007 contre 54 000 en 1998. La moitié des avortements est pratiquée par des femmes entre 15 et 19 ans. ®
Flicage. Depuis la mi-janvier, les opérateurs de téléphonie et d’Internet sont tenus d’enregistrer et de conserver durant une période de six mois l’intégralité des conversations téléphoniques, les messages ou les courriels envoyés. Ces données pourront être consultées par le ministère de l’Intérieur et les services de police et de renseignement. Une mesure qui va très largement au-delà des décisions de la Commission européenne qui demandait que soit enregistré le numéro de téléphone de l’appelant, celui de la personne appelée, l’adresse de l’abonné, le lieu d’origine de la communication ainsi que la date et la durée de l’appel.

Levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X
Le pape Benoît XVI a annulé, le 24 janvier, l’excommunication, prononcée en 1988 par Jean-Paul II, contre les évêques consacrés par Mgr Marcel Lefebvre. C’est ce qu’indiquait, mercredi 21 janvier, le vaticaniste d’Il Giornale, Andrea Tornielli, généralement bien informé. Cette mesure de Benoît XVI ferait suite à de précédents gestes pour mettre fin à la rupture dans l’Eglise de Rome, avec notamment la réhabilitation, en juillet 2007, de la messe tridentine en latin abandonnée après le concile Vatican II. En juin 2008, le Vatican avait également renoncé à exiger implicitement des fidèles de Mgr Lefebvre la reconnaissance du conseil Vatican II. Comme par hasard, la télévision suédoise SVT a diffusé, juste avant la décision papale, un entretien filmé en novembre 2008 avec Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X. Ce dernier y fait part de ses convictions révisionnistes : « Je ne crois pas que six millions de Juifs aient été gazés […] Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz […] Je pense que 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz. » Autant de propos allant à l’encontre des multiples lois révisionnistes en vigueur dans la plupart des pays d’Europe, ce qui pourrait entraîner le report du décret pontifical.

Le 8 février, les Suisses se prononceront par référendum sur la reconduction ou non de l’accord de libre circulation signée avec l’Union européenne, et, dans le même temps, sur l’extension de cet accord aux Bulgares et aux Roumains. C’est contre ce dernier point que l’Union démocratique du Centre, parti national populiste arrivé en tête aux élections législatives de 2007 (29 % des suffrages), a décidé de faire campagne. Dans ces deux pays, « les plus pauvres et les plus corrompus » du continent européen, la plupart des habitants n’ont « qu’une chose entête : émigrer » indique le vice-président de l’UDC Yvan Perrin, qui brandit la menace d’une invasion de Roms. Comme nous l’indiquions dans F&D 268, le parti nationaliste Jobbik devrait être la surprise des élections européennes en Hongrie : lors d’une élection partielle à Budapest, le candidat du Jobbik, Csanad Szegedi a obtenu 8,5 % des suffrages, malgré une faible participation (22 %). Au motif qu’ils soutiennent leurs frères des territoires palestiniens, et incitent donc à la violence, deux des principaux partis arabes israélien, le List-Ta’al et le Balad, ont été interdits d’élection par le comité central des élections israéliens. Ils ne pourront donc pas présenter de candidats aux élections législatives israéliennes anticipées qui doivent se dérouler en février. Cette décision a été adoptée à une vaste majorité, sur plainte très opportune de deux partis d’ultra droite israéliens, le Yisrael Beitenu et le Parti religieux d’unité nationale. Camouflet chinois pour Nicolas Sarközy. La France est la grande absente du programme de la visite en Europe, fin janvier, du Premier ministre chinois Wen Jiabo, tournée présentée par Pékin comme celle du « retour à la confiance ». Jiabo devait visiter la Suisse, pour se rendre au Forum économique mondial de Davos, puis en Allemagne, en Espagne, en Grande Bretagne et en Belgique, pour rencontrer les dirigeants de l’Union européenne. A propos du président français (qui a rencontré le dalaï-lama), il a cité un proverbe chinois : « Celui qui accroche la cloche doit aussi la descendre. »

George Mitchell
Selon toute vraisemblance, Barack Obama devrait désigner comme envoyé spécial au Proche Orient George Mitchell, un diplomate connu pour sa modération dans le conflit isréalo-palestinien. Fils d’une maronite, Mitchell, 75 ans, a été longtemps sénateur démocrate du petit Etat du Maine. Il a joué un rôle important dans le processus de paix irlandais qui a abouti aux accords du Vendredi saint 1998. En 2001, il avait été l’auteur d'un important rapport, salué pour son impartialité, sur la seconde intifada. En nommant Mitchell à ce poste, Obama ferait donc un geste d’ouverture en direction des Palestiniens, mais le lobby pro-israélien ne l’entend pas de cette oreille. « Le sénateur Mitchell est loyal et impartial. Mais le problème est que la politique américaine au Proche Orient n’a jamais été “impartiale” - elle a toujours soutenu Israël quand Israël en avait besoin. Je suis certain que la situation actuelle nécessite une autre approche » a déclaré Abraham Foxman, directeur national de la Ligue anti-diffamation du B’naï B’rith, qui a donc mis son veto a cette décision.

®

Les civils palestiniens coupables
« Selon l’éthique juive, une ville entière doit répondre du comportement immoral de certains de ses individus. A Gaza, c’est toute la population qui est responsable, car ils n’ont rien fait afin d’empêcher les tirs de fusée Qassäm » écrit l’ancien Grand Rabbin sépharade Mordechaï Eliyahu dans une lettre adressée au Premier ministre israélien Ehud Olmert, distribuée dans toutes les synagogues d’Israël. « L’autorité religieuse a également édicté qu’il n’y avait strictement aucune prohibition morale contre l’assassinat indiscriminé de civils au cours d’une offensive militaire massive potentielle contre Gaza » précise le Jerusalem Post, qui indique que dans ce courrier, Eliyahu se justifie en citant les Psaumes : « Je poursuivrai mes ennemis et je les éliminerai. Et je ne renoncerai pas, tant que je ne les aurai pas éradiqués. »

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FAITS&DOCUMENTS
Opposé à la ligne défendue par Alain Soral, le conseiller régional FN du Centre Michel Hubault a démissionné du Front national pour rejoindre Carl Lang, devenant trésorier de l’Association de financement de Carl LangEuropéennes 2009. C’est Jean Verdon, actuel président du groupe FN au conseil régional du Centre, qui devrait prendre la présidence de cette association. Par ailleurs, le conseiller régional Jean d’Ogny, secrétaire départemental FN du Cher, devrait lui aussi rejoindre prochainement Carl Lang. Il était à ses côtés au MontSaint-Michel lors du lancement de la campagne de l’ancien secrétaire général du FN. Enfin, l’ancien conseiller régional FN du Nord-Pas-deCalais puis MNR Yann Phelippeau devrait figurer sur la liste Lang dans le grand Nord.

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POLITIQUE
La natalité en France
Mercredi 14, tous les médias rapportaient que les Françaises seraient championnes de la fécondité en Europe, avec un taux de 2,02 enfants par femme, pas loin du taux de 2,1 nécessaire au renouvellement de la population. Un taux jamais atteint précisait l’Insee, avec 834 000 naissances recensées en 2008 pour une population de 64,3 millions d’habitants. Les journaux ont alors glosé sur le « désir de naissance » des femmes quarantenaires et autres fariboles. Il suffit en réalité de lire le rapport de l’Insee pour constater que la réalité est beaucoup moins rose : elle dépend essentiellement des nationalités des mères. d’abord, ce ne sont pas les Françaises qui ont un taux de fécondité de 2,02. Mais les femmes accouchant en France, ce qui est très différent, nombre de femmes venant spécialement en France à la fin de leurs grossesses pour que leur bébé obtienne la nationalité française. Ensuite, les femmes asiatiques, n’ayant pas encore la nationalité française, ont une fécondité de 2,7, les femmes maghrébines ont un taux de fécondité de 3,4. les Turques de 3,7. Les Africaines de 4,3. Si on prend les femmes de nationalité française, toutes origines confondues, on tombe à 1,8. Et si on prend les femmes nées françaises, de parents français, quelle que soit leur origine, on passe à 1,7. On comprend alors très simplement que le taux de fécondité n’est soutenu qu’en raison de l’immigration de femmes étrangères.

® Après le départ de Jérôme Peyrat (F&D 268) de l’Elysée, c’est l’ancienne journaliste du Point Catherine Pégard qui a désormais la haute main sur les dossiers politiques. C’est le sous-préfet Olivier Biancarelli, membre de l’équipe Sarközy depuis 2005, qui s’occupera désormais des relations avec le Parlement. ® La présidente du Medef Laurence Parisot s’est offert un « coach » (conseiller personnel) à mitemps particulièrement coûteux : Rosine Lapresle-Tavera, ancien professeur de philosophie reconvertie dans la graphologie et le conseil aux entreprises, qui appartenait au conseil d’administration d’Optimum, la société du père de Laurence Parisot, et que cette dernière reprendra en 2002, tout en dirigeant l’institut Ipsos. La société de Rosine Lapresle, Elzévir, a touché la bagatelle de 300 000 euros en 2008. Le syndicat patronal disposait d’un budget « honoraires conseil » de 3 162 000 euros pour 2008.
Jean-Marie Le Pen, qui va se pourvoir en cassation, a été condamné en appel à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour quelques lignes sur l’occupation allemande en France (qui « n’avait pas été particulièrement inhumaine ») figurant dans un entretien donné à Rivarol en 2007. Une condamnation identique à celle en première instance à quelques détails près. Le président du Front national n’est plus condamné pour « apologie de crimes de guerre » mais une invraisemblable « complicité de contestation de crimes contre l’humanité ». Par ailleurs, les parties civiles, la Ligue des droits de l’homme et la Fédération nationale des internés, résistants et patriotes (généralement considérée comme proche du Parti communiste), ont été déboutées.

® Le

torchon brûle à la CFE-CGC, où le président en titre Bernard Van Craeynest, voit son autorité de plus en plus contestée. La plupart des fédérations sont en quasi-dissidence, n‘en référant plus à la direction lors de leurs contacts ou rendez-vous à l’Elysée et dans les ministères. Nombre sont partisans de rallier la CFTC pour former un nouveau syndicat, tandis que le président défend une fusion avec l’UNSA.

® Remarié à Cécilia ex-Sarközy, le publicitaire Richard Attias, patron de Dubaï Event Management, connaît de tels déboires à Dubaï qu’il pourrait se replier sur New York. ®
Recasé à l’ONU, l’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy s’inquiète de la sortie d’un livre, à paraître en mars, signé par la productrice Dominique Cantien, son ex-épouse (qui a récemment divorcé de lui).

®

® Xavier

® Igor et Grichka Bogdanoff (« les frères Bogdanoff ») viennent de faire rentrer, au sein de leur société de production, XD Productions, qui réalise notamment Rayons X pour France 2, Pierre Sarközy, fils du président de la république, et Laurent Juppé, fils de l’ancien Premier ministre Alain Juppé. Pierre Sarközy était jusqu’alors connu sous le pseudonyme de Mosay, comme producteur de musique rap et membre du groupe Crime Chantilly.

Darcos est infatigable en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Le ministre UMP de l’Education nationale va lancer un nouveau programme scolaire, « Coexist » (sic), qui sera développé dans tous les collèges des académies de France. Ce programme a été créé à l’initiative de l’Union des étudiants juifs de France et SOS racisme et financé par l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances. Son but est de « lutter contre le racisme et l’antisémitisme par la déconstruction des stéréotypes », avec intervention de membres des deux associations précitées. porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot a passé le réveillon du jour de l’an au Mexique. Il en a profité pour rencontrer le sous-commandant Marcos de l’Armée zapatiste de libération nationale. Le congrès de dissolution de la LCR a été reporté au 5 février et le congrès fondateur du Nouveau Parti anticapitaliste aux 7 et 8 février.

® Le

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FAITS &DOCUMENTS

Comme nous l’annoncions en exclusivité dès le n° 260, Le milliardaire russe Sergueï Pougatchev, qui fit fortune (environ 1,5 milliard d’euros) sous Boris Eltsine, vient de prendre le contrôle de France Soir. Jacques Asline, réalisateur à TF1, a été mis en examen, le 14 janvier, pour détentions et consultation d’images pédophiles. Il venait de signer Ce qu’on ne vous jamais dit sur Patrick Poivre d’Arvor et les coulisses du 20 heures de TF1.

®

KIOSQUE

® L’oligarque russe Alexandre Lebedev, ancienne taupe du KGB à Londres dans les années 80, vient de racheter le quotidien Evening Standard. Il détenait déjà, avec son ami Mikhaïl Gorbatchev, la Novaïa Gazeta russe.
Julien Kouchner, fils du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, est bien placé pour succéder à Hervé Chabalier comme directeur de Capa, la plus importante agence de presse audiovisuelle d’Europe.

® Dossier très riche, USA, la fin du rêve ? (Le Nouveau visage de l’Amérique, La Grande crise du capitalisme de casino, Une culture du refus de l’Europe, Atouts et faiblesses de l’hyperpuissance, Les Enjeux de la géopolitique, etc.) dans le nouveau numéro de La Nouvelle Revue d’histoire de Dominique Venner (88 avenue des Ternes, 75017 Paris et www.n-r-h.net). Excellent entretien avec l’africaniste Bernard Lugan, qui vient de sortir une Histoire de l’Afrique sans équivalent. Analyse anti-conformiste de la construction de la Vallée de Los Caïdos, où sont enterrés Francisco Franco et Jose Antonio Primo de Riveira. ® Très riche étude sur l’attitude plus qu’ambiguë de Jean-Paul Sartre durant l’Occupation, Jean-Paul Sartre, résistant à huis clos, dans le nouveau numéro de la revue Le Maréchal, organe de l’Association pour la défense du maréchal Pétain (5 rue Larribe, 75008 Paris et www.admp.org).

®

® Nominations au Conseil supérieur de l’audiovisuel. Emmanuel Gabla, ingénieur des télécommunications, a été nommé par le président UMP de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer. D’origine togolaise, il a surtout été directeur adjoint du cabinet de Patrick Devedjian, ministre de l’Industrie, et conseiller technique pour les télécommunications et la poste du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Françoise Laborde, journaliste à France 2, a été choisie par Nicolas Sarközy. Rédactrice en chef de Télématin, présentatrice des Quatre vérités, elle est vice-présidente du Press Club de France et membre du Haut Conseil à la coopération internationale. Christine Kelly, « la journaliste antillaise de LCI » et « visage emblématique de LCI » selon la dépêche de l’AFP a été retenue par le président UMP du Sénat Gérard Larcher. Elle a signé une biographie hagiographique de François Fillon, François Fillon, le secret et l’ambition. ® Avec plus de 4 millions d’euros de passif, Pif Gadget, mensuel mythique des années 70-80, a été placé en liquidation judiciaire le 15 janvier. Se vendant à 500 000 exemplaires (parfois plus d’un million), ce magazine de bandes dessinées, qui contenait toujours un étonnant gadget à monter ou à élever soi-même (comme les pois sauteurs ou les minuscules crustacés Pifises), avait été fondé sous l’égide du Parti communiste français, qui diffusait ainsi son idéologie dans la jeunesse. ® Le gouvernement du land de Bavière a interdit la publication d’un nouvel hebdomadaire, le Zeitungszeugen (Témoignages de presse), édité par une société anglaise installée à Londres, Albertas, peu après la sortie de son premier numéro. Il présentait des extraits de la presse nationale-socialiste depuis la prise du pouvoir d’Adolf Hitler, le 30 janvier 1933, en particulier de Der Angriff ou du Volkischer Beobachter. le tout était accompagné de commentaires expliquant au lecteur comment il convenait de lire ces journaux. Le premier n° s’était vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.

Comme d’habitude, excellent numéro de Catholica, trimestriel catholique animé par l’abbé Claude Barthe et Bernard Dumont (42 rue Dareau, 75014 Paris), avec pour thème central Retour à la raison politique (Les Premiers chrétiens et l’ordre politique, La Sobornost ou le mythe de la société alternative, Anarchismes, etc.). A remarquer l’article de Claude Polin, L’Ecologie : un devoir, une mode, un piège ?

®

® Le nouveau numéro d’Eléments (242 Bd Voltaire, 75011 Paris et www.revue-elements.com) a pour thème central L’Empire du bien (sous-titré Nouvel Ordre mondial, bien-pensance, Politiquement correct). Très nombreuses notules culturelles, scientifiques et recension de livres. Long entretien avec Dominique Venner. ® Sortie du n° d’hiver de Terre & Peuple (BP 46, 69380 Lozanne), la revue éponyme du mouvement identitaire de Pierre Vial. Etude sur Les Faussaires de l’histoire, quand aux origines indo-européennes. Dossier sur Capitalisme ? Non merci ! Pour une troisième voie (Pour comprendre la crise financière mondiale, Ces banksters qui pillent le monde, Crise financière : implosion ou triomphe du mondialisme ?, Idées : le noyau dur, Au début était la troisième voie, une longue étude sur les nationaux-révolutionnaires français). ®
Aux Editions La Méduse (18 rue Anatole France, 59 000 Lille et contact à thibault.isabel@wanadoo.fr), Thibault Isabel, docteur en histoire du cinéma, signe La Fin du cinéma américain 19812000. Un remarquable essai, particulièrement riche et intelligent, sur le « style paranoïde » apparu, dans les années 80, dans le cinéma américain (Matrix, Blade Runner, Independance Day, etc.).

® Chez CNRS Editions, Emmanuel Kreiss, jeune spécialiste du « complot judéo-maçonnique », a réuni une cinquantaine de textes représentatifs du « courant complotiste », d’Augustin Barruel à Henry Coston, en passant par Roger Gougenot des Mousseaux, Mgr Delassus, Paul Copin-Albancelli ou Léon de Poncins. Intéressant exclusivement à titre documentaire.

FAITS&DOCUMENTS
® L’excellent sociologue Paul Yonnet offre, aux Editions de Fallois, Le Testament de Céline, une espèce d’auto-biographie très personnelle où le personnage Louis-Ferdinand Céline apparaît au travers du prisme d’une longue lignée d’écrivains dont il « va féconder avec ardeur les héritages ». ® Le succès d’édition russe La Mosquée de NotreDame d’Elena Tchoudinova (cf. F&D 266) qui décrit une France submergée par l’immigration musulmane, sortira aux éditions Tatami en avril (le livre est en souscription à 22 euros port compris à Tatami, 5 rue Lalo, 75116 Paris). ® Le philosophe Pierre Gascar signe, chez Diathesis (6 Castle Town Court, Celbridge, Comté de Kildare, Ireland), Clairvoyances, sous-titré La Reconstruction de l’Occident. Un puissant essai s’inscrivant sous la lumière de Friedrich Nietzsche et du paganisme.
La Cour européenne des droits de l’homme a donné raison aux éditeurs Plon et Perrin qui avaient été condamnés pour apologie de crimes de guerre, après avoir publié le livre de mémoire du général Paul Aussaresses, Services spéciaux, Algérie, 1955-1957. Les éditeurs reçoivent 33 000 euros de dommages et intérêts. Le général Aussaresses devrait demander à être rétabli dans l’Ordre de la Légion d’honneur, dont il avait été dégradé.

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KIOSQUE

® Né en 1928 à New York, mais élevé en GrandeBretagne, l’acteur et producteur Patrick McGoohan est décédé le 13 janvier à Los Angeles. Acteur le mieux payé d’Angleterre dans les années 1960, il crée et produisit une série mythique en 17 épisodes, Le Prisonnier, qui se déroulait dans le hameau de Portmeirion (pays de Galles). cette série prémonitoire, qui débutait par « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre », contenait des thèmes mythiques devenus réalité aujourd’hui comme l’invasion de la bureaucratie, la surveillance électronique ou le développement du contrôle humain. Nombre des éléments de cette série, à forte teneur ésotérique, demeurent inconnus, McGoohan ayant toujours refusé de donner les clés indispensables à la bonne compréhension de l’histoire qu’il avait créée. ® D’origine
juive russe, le modèle Dina Vierny, fondatrice du Musée Maillol à Paris, est décédée, à 89 ans, le 20 janvier. Muse d’Aristide Maillol, amie de Bonnard ou de Matisse, celle qui s’enflamma pour le Front populaire et fut l’un des piliers du groupe Octobre, la troupe de théâtre des frères Prévert, fut arrêtée en 1944 pour faits de résistance. C’est le sculpteur Arno Breker qui la fit libérer.

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Le concert d’Enrico Macias, prévu le 23 janvier à l’île Maurice, a été annulé. Ses déclarations pro-israéliennes (F&D 268) ont irrité le gouvernement mauricien qui venait de geler les activités du consulat honoraire dans l’île. La star du raï, le franco-algérien Khaled, a confié, dans un entretien à un quotidien arabophone, « Je suis prêt à prendre les armes pour aller combattre à Gaza ».

® Le général de corps aérien Jacques Le Groignec, président d’honneur de l’Association pour la défense du Maréchal Pétain, est décédé le 21 janvier. Il avait à plusieurs reprises témoigné de sa sympathie envers F&D.
Gilles Collomb est décédé le 21 janvier à Paris. Cet ancien militant d’extrême gauche antisioniste, qui avait notamment appartenu au groupe terroriste Action directe (au moins quatre ans de prison effectués en maison centrale), avait totalement vitré sa cuti, même s’il expliquait être demeuré fidèle à ses idées de jeunesse. Il avait rejoint, dans les années 1980, le Front national, avec plusieurs militants de la même mouvance et avait ensuite intégré le Mouvement national républicain, avant de se rapprocher ses dernières années de Terre & Peuple. Il était un très fidèle ami de F&D.

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Le Cercle Ernest Renan vient de créer un Prix Ernest Renan. Il a été décerné, pour la première fois, à l’historien Sylvain Gouggenheim, auteur d’Aristote au Mont-Saint-Michel, qui avait suscité un vive polémique des historiens « multiculturalistes ». La Fondation Augusto Pinochet vient d’ouvrir un musée privé dédié la mémoire de l’ancien général Augusto Pinochet, qui évita une révolution communiste au Chili en prenant le pouvoir par un putsch le 11 septembre 1973. On y découvre sa tenue de cérémonie, son bureau et la tenue de combat que portait le général le 11 septembre. Né le 13 novembre 1926 à Neully-sur-Seine, Alain Bougrenet de La Tocnaye est décédé le 9 janvier à Gordes (Vaucluse). Son nom reste associé à l’attentat du Petit-Clamart contre le général De Gaulle, le 22 août 1962. Ce lieutenant en Algérie, qui avait rejoint l’OAS, s’échappa à deux reprises de la prison de la santé en 1962. Condamné à mort le 4 mars 1963, il fut gracié le 11 mars et condamné à perpétuité. Libéré après mai 1968, il avait retracé, en 1969, son histoire dans Comment je n’ai pas tué De Gaulle. Par la suite, il avait rejoint le Parti nationaliste français, avant d’adhérer au Front national.

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® Le Dr Pierre Maurer, né le 22 mai 1924, a rejoint la Grande Armée le 19 janvier 2009. Docteur en médecine à Paris (1954) et prix de thèse avec médaille d’argent la même année, cet exceptionnel chirurgien des Hôpitaux de Paris a notamment été directeur scientifique du Groupe de recherches de biologie osseuse à l’hôpital Cochin et doyen de la faculté de médecine de CochinPort-Royal, où ses talents d’organisateur et d’enseignant furent salués par tous. Engagé dans la Brigade Frankreich en août 1944, il fut décoré de la Croix de fer de deuxième classe pour sa bravoure lors des combats de Poméranie. Il s’était dévoilé le 26 mars 1979 dans l’amphithéâtre de la faculté de Cochin où se déroulait une assemblée générale d’étudiants grévistes. Il déclencha une tempête médiatique en déclarant : « J’ai été fasciste et je reste fasciste. » Malgré ses titres et qualités humaines, il fut aussitôt l’objet d’une chasse aux sorcières (gagnant toutefois tous ses procès en diffamation).

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FAITS&DOCUMENTS

POLITIQUEMENT INCORRECT
® Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, dirigé par Mouloud Aounit, a été débouté, le 21 janvier, par le tribunal de grande instance de Nanterre, après sa plainte déposée contre la société Nutrimaine, propriétaire de la marque Banania, et un distributeur de vaisselles qui utilisait le slogan et le dessin du fameux tirailleur sénégalais. Le tribunal a notamment estimé que la marque et le dessin pouvaient continuer à être exploités, « la marque n’ayant pas été déclarée contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs ou légalement interdite ». Le Mrap écope par ailleurs de 5000 euros de frais d’avocats.
Loisirs de milliardaire. Antoine Arnault , fils de Bernard Arnault (propriétaire notamment de Louis Vuitton), est en train de s’imposer comme l’un des rois du poker. Il a terminé quatrième de la finale de Texas Hold’em, une variante du poker. La Lettre A (23 janvier) précise qu’il « est aussi un habitué des grosses parties privées de Paris, au cours desquelles se jouent des centaines de milliers d’euro. Il fréquente aussi Las Vegas trois à quatre fois par an, pour les grands tournois. » « On devait chanter comme ça dans les champs de coton. » Cette réflexion du journaliste JeanClaude Narcy sur TF1, après la prestation d’Aretha Franklin lors de l’investiture de Barack Obama, a entraîné les protestations de la Ligue des droits de l’homme et du Conseil représentatif des associations noires de France, alors même que Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme était dans les studios et n’avait pas été choquée. L’artiste tchèque David Cerny, concepteur de l’exposition Entropa, qui trône actuellement dans l’atrium du Parlement européen à Bruxelles, s’est bien moqué des autorités et du « politiquement correct » en matière d’art contemporain. Il s’agit en fait d’une magnifique imposture, les œuvres exposées pour symboliser chaque pays ayant toutes été réalisées par lui et les artistes censés y avoir participé n’existant pas. Il lui avait été demandé de contacter un artiste de chacun des 27 Etats membres afin qu’il illustre chaque pays par une sculpture. La carte de France y apparaît barrée par une banderole « En grève », l’Allemagne comme bardée d’autoroutes assemblées sous forme de croix gammée, les Bulgares par des mégatoilettes à la turque, les Italiens par des joueurs de football qui se tripotent le short, les Polonais par des moines brandissant un drapeau gay, etc. Le plus beau est que l’imposture ayant été revendiquée par Cerny, l’exposition est demeurée en place comme si de rien n’était.

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Converti à l’islam (à la suite de son mariage) en 2006 sous le nom de Bilal, l’international français du Bayern de Munich Franck Ribéry a profité d’un séjour de son club en Arabie séoudite, à la mijanvier, pour effectuer le pèlerinage de La Mecque.

® 85 % des Italiens veulent stopper l’immigration indique un sondage Ipsos commandé par le Corriere della Serra. 54 % souhaitent l’expulsion des immigrés d’outre-Méditerranée. Les Albanais et les Roms arrivent en tête du rejet populaire.
On estime aux Etats-Unis que, sur les 250 milliards de dollars consacrés au capital des banques en difficulté, 40 milliards environ devraient être redistribués en bonus aux dirigeants et aux traders. Le record du paradoxe est pour Goldman Sachs : 10 milliards de dollars d’aides fédérales pour conforter son capital mais tout autant de bonus à redistribuer en interne. (Jean-Marie Messier, Le Jour où le ciel nous est tombé sur la tête, Seuil). »

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® Une étude de Mads Faurschou Knudsen, géologue à l’université Aarthus (Danemark) et de son collègue Peter Riisager, du Service de géologie du Danemark et du Groënland, qui vient de paraître dans le mensuel américain Geology, attribue l’essentiel des variations climatiques sur terre, non à l’augmentation du CO2, mais aux particules des rayons galactiques cosmiques lors de leur entrée dans l’atmosphère. Une étude couvrant les 5 000 dernières années à partir de stalagmites et stalactites découvertes à Oma et en Chine.

député néerlandais de droite nationale Geert Wilders, fondateur et président du Parti de la liberté (9 députés sur 150), va finalement être poursuivi en justice pour un court métrage, Fitna, diffusé depuis près d’un an, qui accuse le Coran d’inciter à la violence. La Cour d’appel d’Amsterdam, saisie par plusieurs plaignants, a en effet estimé qu’il « est opportun d’engager des poursuites criminelles pour offense envers les fidèles musulmans en raison de comparaisons établies par Wilders entre l’islam et le nazisme. » L’intéressé a aussitôt déclaré : « C’est une journée sombre et une atteinte à la liberté d’expression aux Pays-Bas. » De son côté, le secrétaire général de la Fédération des associations musulmanes des Pays-Bas, Nasr Joeman, s’est réjoui : « Nous faisons partie de la société néerlandaise et nous voulons être traités avec respect. » La Fédération des scouts catholiques de Belgique avait déjà changé son nom en 1998, devenant la Fédération catholique des scouts. Un glissement sémantique passé quasi inaperçu mais significatif. Elle devient aujourd’hui la Fédération des scouts Baden Powell de Belgique. Exit donc toute référence catholique, au prétexte de l’ouverture « aux autres ».

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