NEGOCIATION DU TRAITE TLATELOLCO

Le 14 février 1967, a été signé le traité de Tlatelolco, pour la prohibition des armes nucléaires en Amérique latine .Cette approche régionale de la dénucléarisation remporte un véritable succès . Une idée novatrice , qui n’a pas fait l’unanimité au départ et n’a pu être retenue par le vote de l’Assemblée générale des Nations Unis. Lors de la crise des missiles de Cuba, l’idée est mis en exergue par le Mexique en 1963. Elle se concrétise enfin en 1967 par la création d’ une zone exempte d’armes nucléaires en Amérique latine. Néanmoins, les négociations furent intenses et s’étalèrent sur quatre années. Depuis les ratifications déposées en 1994 et 1995 par l’Argentine, le Chili, le Brésil, Belize, la Guyana, Ste Lucie et St Kitts-et-Nevis, ainsi que la signature de Cuba, annoncée en 1994 et effective le 25 mars 1995, la zone dénucléarisée d’Amérique latine couvre désormais l’intégralité du sud du continent américain. Une puissance structurel. Six mois après la crise des missiles de Cuba, cinq États d’Amérique latine ( la Bolivie, le Brésil, le Chili, l’Équateur et le Mexique) demandèrent un accord multilatéral pour dénucléariser le continent. Ils donnèrent ainsi suite à une proposition faite en 1959 par le Costa Rica. Leurs discussions aboutirent au Traité de Tlatelolco, le premier accord portant sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans une région habitée. Il fut signé en 1967 par 21 États d’Amérique latine9 (et les pays d’EDAN). Le Traité de Tlatelolco crée un système complet de contrôle qui permet de vérifier l'exécution des obligations auxquelles se sont engagées les parties contractantes, ainsi qu'un organisme chargé d'appliquer ce système , l'Organisme pour l'interdiction des armes nucléaires en Amérique latine, (OPANAL). La Conférence générale, dont les sessions ordinaires ont lieu tous les deux ans, depuis 1969. Elle s'est réunie aussi deux fois en session extraordinaire en 1972 et 1977 pour élire le Secrétaire général actuel et commémorer le dixième anniversaire du Traité. Le Conseil est composé des représentants de cinq Etats élus par la Conférence générale et renouvelés en partie tous les deux ans. Il se réunit tous les 60 jours en session ordinaire. Sa principale fonction est de gérer le système de contrôle créé par le Traité. Le Secrétaire général, qui dirige l'administration de l'Agence, est en outre responsable de 'l’application générale du Traité et en particulier du système de contrôle. Le premier Secrétaire général a été M. Leopoldo Bénites Vinueza (Equateur) et le Secrétaire général actuel, qui a été élu en 1972 et réélu en 1975, est M. Hector Gros Espiell (Uruguay). Il y a également eu deux Secrétaires généraux par intérim, M. Carlos Péon del Valle (1970) et M. Antonio Gonzâles de Léon (1972), tous deux ambassadeurs du Mexique. L ' A l EA, la Commission interaméricaine de l'énergie nucléaire et d'autres organisations travaillent conjointement par un accord de coopération très étendue qui a été signé le 3 octobre 1972. Puissances et équilibre En Amérique latine, deux des plus importants pays de la région, le Brésil et l’Argentine, ont d’importantes industries de l’énergie nucléaire et les capacités pour mettre au point des armes nucléaires. Le Traité de Tlatelolco représente un cadre normatif , qui instaure la confiance, notamment à travers la norme de non-prolifération régionale. Ce modèle de traité a permis d’éviter que ces deux États de la région s’engagent dans une course aux armements nucléaires. Le Traité de Tlatelolco ainsi que le traité bilatéral pour l’Agence brasilo-argentine de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires (ABACC)+ ont créé un régime de non-prolifération régionale avec des dispositions très efficaces en matière de vérification et de respect des engagements pris qui devrait fortement réduire les risques d’une prolifération nucléaire dans la région. La négociation fait intervenir de nombreux acteurs de nature et de statut différent ; ceci tient à une double réalité : un grand nombre de négociations internationales passent par l’intermédiaire de tiers, en particulier les Etats et les administrations locales ; la négociation internationale se joue souvent à plusieurs niveaux et de plus, il y a toujours interaction entre ces niveaux et le négociateur doit ainsi surveiller l’évolution de la négociation globale en ne se connaissant pas toujours les tractations qui se situent hors de son environnement immédiat) Aussi complexe qu’ambitieux le processus de dénucléarisation de la région a abouti après plusieurs mois de négociation, par la ratification de tous les pays d’Amérique latine et des EDAN. Ces derniers inquiètent les pays non nucléaires quant à la parité stratégique offensive ou défensive. Dans cet optiques, des jeux de pouvoir et d’équilibre des puissances ont du être trouvé afin de faire avancer les négociations pour la ratification du traité. Quelles ont été ces stratégies et tactiques utilisées par les négociateurs afin d’arriver à un accord et ratifié le traité ?

interdisant les armes nucléaires sur les territoires et soumis à leur contrôle. La dynamique de la négociation suppose donc une modification séquentielle des matrices des utilités et par conséquent du processus de négociation . et pousse tous ces Etats à s’engager par décision collective et conjointe. repose sur la rédaction du traité et de ces principes . Parmi ces utilités . Les négociations ont été menées avec le soutien de l’ONU et d’une institution particulière créée à cet effet. les discussions sur le désarmement sont complexes et laborieuses. on retrouve : La menace. la mise en place de systèmes d’inspection adaptés et efficaces. surtout si plusieurs parties sont impliquées. le processus d’élaboration du traité a pris énormément de temps. et ce à tous les stades de la négociation. le 26 août 1992. dans un contexte donné. lors de la treizième session de la Conférence générale. en s’adaptant aux circonstances. enrichirait l’opérationnalisation des facteurs pivots en mettant l’accent sur l’influence des facteurs cognitifs et motivationnels (au sein des facteurs fondamentaux) et sur le processus social de la négociation. pour chaque partie. ou encore de dilemme de prisonnier . autour d’accords multilatéraux. à u moment ou à un autre. avec un résultat possible. et de tenter de modifier les valeurs associés à chaque Etat. que les choix compétitifs et coopératifs qui sont effectués dans ce jeu dynamique d’interaction correspondent une flexibilité des négociateurs. En effet . la zone d'application fut modifiée à la suite d'une révision de l'article 25. de la Grande Bretagne. qui soulèvent les débats. Processus et négociation . la . Le cœur de la stratégie du traité de Tlatelolco. Néanmoins selon la simulation utilisée par DRUCKMAN. par exemple. les auteurs du traité empruntent le concept d’utilité de la théorie des jeux+. Les Etats-Unis ont donc ratifié le traité et la France a suivi. Ce Traité est en plein accord avec les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies. dans les domaines du désarmement confèrent aux États partie des droits et des obligations bien précis. en vue de renforcer le système de vérification+ ( — l'AIEA étant reconnue comme la seule organisation capable de procéder aux inspections spéciales requises par les parties au Traité —). 16. Il ont essayé ensuite de fédérer la communauté internationale et les EDAN (Les Etats …). tels le Belize et la Guyane. mais ne change en rien son fondement et l’essence même de ce traité. de la négociation internationale multilatérale produire des comportements distributifs durant les trois premiers stades et des comportements flexibles au stade final de la négociation. Le processus de négociation a été déclenchée dès le lancement du projet d’un éventuel traité régionale. les parties recherchent l’adhésion des Etats régionaux à des accords ayant force exécutoire. dans le seul condition où Guatanamo lui serait rendu. il n’est bien évidemment pas question de théorie de jeux de poule mouillée. lequel s'inspire du texte de l'article 8 de la Charte amendée de l'Organisation des Etats américains (OEA). la promesse. L’attribution de celles-ci au processus de négociations confère une certaine stabilité et légitimité au négociateurs dans les négociations . Il semblerait dans la lecture de ces négociations . l'Organisation des Etats américains (OEA) a même reconnu le lien qui existe entre les objectifs du Traité de Tlatelolco et l'idée fondamentale de sécurité Internationale : il est prévu d'inclure au paragraphe 9 de l'article 2 du nouveau texte une disposition stipulant qu'un des objectifs de cette organisation est de contribuer à interdire les armes nucléaires en Amérique latine afin de concourir au renforcement de la paix et de la sécurité internationales. En règle générale. lors de la huitième session extraordinaire de la Conférence générale ont été adoptés des amendements aux articles 14. d'adhérer au Traité. Dans le cas de ce traité.Théorie de jeux et utilité. notamment entre Cuba et les Etats-Unis . ou des Etats-Unis a permis de garantir l’aspect sécuritaire en raison du statut non nucléaire de ces zones. notamment à travers une fonction préventive de contrôle. la base des négociations. l’OPANAL+. De plus la multipolarité des négociations. L’individu n’est pas le fondement de ce traité mais bien l’aspect de sécurité internationale des Etats. ont été repris pour créer des zones exemptes d’armes nucléaires . Cet amendement important a permis à certains Etats des Caraïbes. Dans ce traité. De plus. le fait accompli . Comme tous les accords.A travers ce traité. 19 et 20 relatifs au système de vérification et de contrôle institué par le Traité. Par ailleurs. Il s’agit des éléments suivants : l’absence totale d’armes nucléaires dans la zone concernée. ce modèle s’articule sur la valeur associée. 15. se situe au niveau de la rationalité des principes du traité. de façon à ce que tous les Etats indépendants de la région participent au régime de dénucléarisation militaire. + Des principes fondamentaux du Plan Rapacki +. de façon positive et pacifique. dans le but d’élargir le champ des propositions. dans un but de coopération et de fédération des Etats. Fidel Castro refuse de ratifié le traité . Selon SAWYER et GUETZKOW+. et non par contrainte. L’effort de minimisation des différences idéologiques existant entre les parties impliquées dans le conflit. écarte ce type de jeux tactique. l’innovation ou encore la persuasion . L’adhésion de la France. En mai 1991. Dans la révision de sa Charte. Les intérêts défendus de part et d’autres se situent sur la matrice des utilités.

Tous les accords de désarmement et de maîtrise des armements sont. et l’octroi par les EDAN de garanties par lesquelles ils s’engagent à ne pas utiliser ni menacer d’utiliser d’armes nucléaires contre les membres de la zone. Dans la pratique. le résultat de négociations officielles. par définition. par le Costa Rica. . l’Équateur et le Mexique – demandèrent un accord multilatéral pour dénucléariser l’Amérique latine. Par souci de parité . est courante. à ce niveau –ci de favoriser l'accès à la technologie nucléaire. Il a été d’ailleurs au déépart question de négociation du Traité.il semblerait qu’ils aient trouvé un terrain d'entente repris dans le cadre de discussions officielles et de les concrétiser. Il est question . autrement dit celles conduites par des dignitaires qui agissent explicitement et ouvertement au nom de la partie qu'ils représentent et qui sont investis de l'autorité nécessaire pour conclure des engagements contraignants. ou officielles et officieuses. Ils donnaient ainsi suite à une proposition faite en 1959. portant sur l’Agence brasilo-argentine de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires. le premier accord portant création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans une région habitée. après la crise des missiles de Cuba . par l’interdiction partielle des essais nucléaires8. En 1962. Six mois après la crise des missiles de Cuba. en instituant des programmes de coopération. les craintes régionales d’un éventuel conflit nucléaire majeur. Les négociations sur le désarmement et la maîtrise des armements peuvent prendre diverses formes. . Sahara et Océanie) suscitaient une grande inquiétude . Il fut signé en 1967 par 21 États d’Amérique latine9. cespays en développement craignent que le fossé se creuse entre eux et les pays industrialisés. le Traité ne se défait pas de sa principalepréoccupation : l’utilisation du nucléaire à des fins pacifiques+. cinq États d’Amérique latine – la Bolivie. le Chili. le Brésil. En effet les des retombées radioactives des essais nucléaires atmosphériques dans plusieurs régions du monde (Asie centrale. Leurs discussions aboutirent au Traité de Tlatelolco. La distinction entre négociations formelles et informelles. L’on y retrouve l’interdiction pour des États n’appartenant pas à la zone d’y stationner des armes nucléaires était particulièrement importante lorsqu’on pense aux missiles nucléaires tactiques et à portée intermédiaire que l’URSS avait stationnés à Cuba pendant la crise des missiles. a poussé ces pays d’Amérique Latine à agir. pour désigner les négociations formelles et officielles. L'on emploi parfois une expression en anglais. avec l'approche plus flexible . il en va de la sécrité sanitaire et humaine internationale. Malgré la réticence des puissances occidentales à l’égard des premières propositions de zones exemptes d’armes nucléaires. Pour ces Pays. track I+.vérification et le respect des engagements pris.