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Claude Tresmontant

ENQUÊTE SUR L’APOCALYPSE

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Sommaire

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Avertissement au lecteur Nous prions notre lecteur de nous tenir pour excusé : nous nous sommes efforcés de traduire en français courant les mots hébreux, grecs et latins des textes que nous citons. Nous ne nous sommes pas contenté de décalquer en français des mots latins qui sont des transcriptions en caractères latins de mots grecs, et des mots grecs qui sont des traductions de mots hébreux, comme c'est généralement l'habitude. En effet des gouvernements successifs en France ont exterminé l'étude des langues grecque et latine. Ces transcriptions et décalques de mots grecs et de mots latins sont donc devenus inintelligibles. Nous avons laissé en hébreu, dans leur hébreu natif, quelques termes techniques qui ne sont pas traduisibles en français courant, parce qu'il n'existe pas dans notre langue de mot correspondant. Dans ce cas-là nous avons expliqué le sens de ces termes techniques. Nous avons donc fait dans notre traduction en langue française ce qu'ont fait les inconnus qui, à partir du Ve siècle avant notre ère, ont entrepris de traduire de ''hébreu en grec, le grec classique du Ve siècle avant notre ère, la sainte Bibliothèque hébraïque. Lorsqu'ils ne trouvaient pas dans la langue grecque des mots capables de traduire les termes techniques concernant le Temple, la liturgie, les fêtes, etc., ils ont purement et simplement transcrit en caractères grecs les mots hébreux intraduisibles, ou bien ils ont forgé des mots grecs nouveaux qui n'existaient pas en grec naturel. Nous avons dans nos traductions, autant que possible, suivi l'ordre des mots de la phrase hébraïque, tout comme l'ont fait nos lointains prédécesseurs, les traducteurs de l'hébreu en grec. La phrase hébraïque commence généralement par le verbe : l'information entre dans l'oreille et donc dans l'esprit par l'action. Le verbe est suivi du sujet. Dans nombre de cas, le verbe au singulier est suivi de plusieurs sujets. Si le sujet est en tête, le sens est différent. On reconnaît immédiatement qu'un texte grec est traduit de l'hébreu à la forme de la phrase, — puisque les traducteurs en langue grecque suivent le texte hébreu mot à mot et pas à pas ;

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au fait que le lexique hébreu-grec traditionnel depuis le Ve siècle avant notre ère fonctionne d'une manière régulière ; — et au fait que, tout comme un pudding est farci de raisins secs et de fruits confits, le texte grec est farci d'expressions hébraïques intraduisibles en grec, et que pour cette raison les traducteurs les ont laissées en hébreu, simplement transcrit en caractères grecs.

Mais pourquoi donc les antiques traducteurs de la sainte Bibliothèque hébraïque de l'hébreu en grec ont-ils adopté et suivi constamment ce système de traduction littérale, mot à mot, pas à pas, proposition par proposition, qui suit l'ordre de la phrase hébraïque mais renverse par là même l'ordre naturel de la phrase grecque? Tout simplement parce que cette traduction en langue grecque des textes hébreux sacrés était destinée aux frères et aux sœurs des communautés hébraïques de la Diaspora (Dispersion) dans les pays de langue grecque, tout autour du bassin de la Méditerranée. Ainsi les frères et les sœurs des communautés judéennes pouvaient-ils suivre avec le doigt la lecture de la sainte Torah et des prophètes, grâce à la traduction grecque littérale. C'est ce qui explique aussi que la traduction en langue grecque renferme des mots hébreux simplement transcrits en caractères grecs, mots qui étaient inintelligibles pour les Grecs : ce sont des mots familiers aux frères et aux sœurs des communautés dispersées sur tout le bassin de la Méditerranée. Les mots de cette traduction sont les mots de Platon, d'Eschyle, d'Euripide et de Sophocle, comme chacun peut le vérifier avec son dictionnaire grec-français préféré. La forme de la phrase est la forme hébraïque, puisque les traducteurs suivent le texte hébreu mot à mot. Il nous est ainsi possible de reconstituer le lexique hébreu-grec dont se sont servis les inconnus, des Judéens, qui ont commencé à traduire cette bibliothèque à partir du Ve siècle avant notre ère. Ce lexique est resté en vigueur et en exercice jusqu'au Ier et même au IIe siècle de notre ère. Au Ier et au IIe siècle de notre ère, les mots grecs de ce lexique hébreu-grec traditionnel étaient donc du grec archaïque, et non pas du tout le grec populaire des marchands, des soldats, des marins, etc. Pourquoi avoir conservé ce lexique hébreu-grec traditionnel ? Pour que les nouveaux textes hébreux que l'on traduisait de l'hébreu en grec

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soient intelligibles pour les frères et les sœurs des communautés de la Dispersion dans les pays de langue grecque, habitués au vieux lexique hébreu-grec traditionnel. Le vocabulaire grec de ces traductions est un vocabulaire fixé et donc inamovible. Les traducteurs en langue grecque ont bien fait de conserver pour les traductions nouvelles la langue devenue archaïque de Platon, Eschyle, Sophocle et Euripide. Car rien n'est plus changeant, variable, et donc fragile, que les divers argots qui pullulent et disparaissent au cours des siècles. C'est la raison pour laquelle les grands théologiens des XIIe, XIIIe, XIVe siècles n'écrivaient pas leurs sommes théologiques dans leur patois italien natif, ni dans leur patois irlandais, mais dans un latin stabilisé et devenu immuable. Les traductions se faisaient de la manière suivante. Un compagnon lisait tout haut (hébreu qara) le texte hébreu sacré, proposition par proposition. Un compagnon bilingue entendait le texte hébreu et le traduisait oralement en grec. Un troisième compagnon, qui n'était pas tenu de savoir l'hébreu, écrivait proposition par proposition le texte grec de la traduction. C'est ce qui explique un certain nombre d'erreurs dans la traduction en langue grecque. Le compagnon bilingue a confondu un mot hébreu avec un autre qui avait le même son. L'erreur n'était pas possible s'il avait vu le mot hébreu écrit. Nous retrouverons une affaire de ce genre dans la traduction en langue grecque de l'œuvre de Joseph surnommé Flavius. Nous avons laissé aux noms propres hébreux, qui ont tous un sens, et aux surnoms, leur caractère natif et originel. Nous n'avons pas vu l'utilité ni l'avantage de transcrire en caractères français des transcriptions latines de transcriptions grecques de noms propres hébreux, devenus méconnaissables à travers toutes ces transcriptions, et dont la signification n'est plus discernable dans les transcriptions françaises. Or la signification des noms propres et des surnoms est très importante dans toute cette littérature hébraïque, comme nous aurons l'occasion de l'observer à plusieurs reprises, ainsi que les jeux de mots sur les noms et les surnoms. Il faut se rendre compte que dans le passage de l'hébreu au grec, du grec au latin, et du latin au français contemporain, il se produit un phénomène de diffraction ou mieux de réfraction, comme les rayons lumineux qui traversent un corps diaphane. Presque tous les termes de nos

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traductions en langue française ont subi une telle déviation et sont donc des approximations. Lorsque nous lisons une traduction française moderne de la Bibliothèque hébraïque ou du Nouveau Testament grec, nous ne lisons pas le texte lui-même mais ce qu'il est devenu après ces diverses déviations de sens. C'est pourquoi, pour notre part, nous nous efforçons de nous tenir au plus près du sens originel. Dans nombre de cas, ce phénomène de réfraction à travers des milieux optiques différents aboutit à des contresens, des non-sens et des faux sens. En théologie cela a donné lieu à quelques catastrophes. Pour comprendre exactement le sens des concepts fondamentaux de la théologie catholique, il faut toujours remonter à la source, à la racine, c'est-à-dire à la signification hébraïque des termes. C'est ce que le pape Damase et son ami saint Jérôme ont appelé la veritas hebraica.

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PROLOGUE Nous avons déjà traduit et annoté l'Apocalypse en 1984 aux mêmes éditions. Nous supposons cette traduction connue du lecteur. Ici nous reprenons l'analyse de quelques textes, que nous traduisons à nouveau pour la commodité du lecteur afin d'essayer de découvrir qui est Iohannam, quand l'Apocalypse a été composée, et quelle est sa signification générale. Ces trois questions sont d'ailleurs connexes. Selon la date que l'on attribue à l'Apocalypse, la signification et la portée du texte sont différentes. Le prophétisme hébreu fait partie de l'histoire de l'Univers, de la nature et de l'Homme, et à ce titre il doit être examiné scientifiquement et philosophiquement, tout d'abord pour savoir s'il existe, s'il est réel, et puis pour savoir ce qu'il signifie, ce qu'il enseigne. Essentiellement le prophétisme hébreu enseigne la finalité de la Création. Il n'y a aucune raison de laisser ce fait entre les faits, en dehors de l'analyse philosophique. Pour l'Apocalypse comme pour les prophètes hébreux antérieurs, il faut tout d'abord essayer de déterminer aussi exactement que possible ce que le prophète connaît, — ce qui est pour lui du passé ou du présent, — ce qu'il ignore, — ce qu'il peut prévoir à vues humaines, — et ce qu'il ne peut prévoir tout seul, — ce qu'il annonce pour l'avenir. Et comme nous venons presque vingt siècles après lui, nous allons comparer ce qu'il a annoncé avec ce que nous savons par l'histoire qui est pour nous passée. Le mot français « apocalypse » n'est pas une traduction mais un simple décalque du grec apokalupsis, qui n'était pas utilisé en grec naturel. C'est du grec de traduction. Le substantif apokalupsis est formé à partir du verbe grec apo-kaluptô, découvrir, dévoiler, révéler (Platon, Hérodote, Aristote). Le verbe grec apo-kaluptô traduit le verbe hébreu galah, découvrir,

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mettre à nu. Exode 20, 26 : Et tu ne monteras pas sur des marches d'escalier à mon autel des sacrifices, afin que (hébreu ascher) ne soit pas découverte (hébreu tigaleh, grec apokalupsès) ta nudité sur l'autel. Le verbe hébreu galah signifie : découvrir la nudité, dans nombre de textes du Lévitique, 18, 6 ; etc. Il signifie : découvrir l'oreille pour confier un secret à quelqu'un, pour découvrir quelque chose, pour révéler. — 1 Samuel 9, 15 : Et c'est YHWH qui a découvert l'oreille de Schemouel (hébreu galah et-ôzen, grec apekalupsen to ôtion). — 1 Samuel 20, 2 : Il ne fait pas, mon père, une parole grande ou petite, et il n'a pas [— sans avoir] découvert mon oreille (hébreu we-lô igeleh et ôzeni, grec kai ouk apokalupsei to ôtion mou). — 1 Samuel 20, 12 ; 20, 13 ; etc. — Amos 3, 7 : Parce qu'il ne fait pas, adônaï YHWH, une parole, qu'il ne révèle (hébreu galah, grec apo-kalupsè) son secret (hébreu sôd) à ses serviteurs les prophètes... Le verbe hébreu galah signifie aussi : être déporté, 2 Rois 24, 14 ; Isaïe 5, 13; 49, 21 ; Amos 6, 7 ; etc. A la forme piel, le verbe hébreu gillah signifie : découvrir la nudité d'une femme. Ezéchiel 16, 35 : C'est pourquoi, putain (hébreu zônah, grec pornè ; cela s'adresse à Jérusalem), écoute la parole de YHWH... Parce que tu as versé, répandu ton airain (euphémisme) et qu'elle a été découverte (hébreu tiggaleh, grec apokaluphthèsetai) ta nudité dans tes prostitutions sur ceux qui t'ont aimée..., c'est pourquoi me voici qui rassemble tous ceux qui t'ont aimée... Je vais les rassembler sur toi des alentours et je vais découvrir ta nudité (hébreu gilleiti, grec apokalupsô) et ils verront toute ta nudité... Isaïe 26, 21 : Car voici que YHWH sort de son lieu pour visiter la faute de l'habitant du pays, sur lui. Et il découvrira (hébreu gilletah, grec ape-kalupsei) le pays, ses sangs (au pluriel). Le substantif hébreu galout, formé à partir du verbe galah, signifie : la déportation, l'exil, 2 Rois 25, 27 ; Jérémie 52, 31 ; Ezéchiel 1,2; etc. Le substantif grec apokalupsis traduit l'hébreu érewah, la nudité. 1 Samuel 20, 30 : ... à la honte de la nudité de ta mère (hébreu le-bôschet érewat immeka, grec eis aischunèn apokalupseôs métros sou). A la forme hiphil le verbe hébreu galah signifie : conduire un peuple en exil, 2 Rois 15, 29 ; 17, 6 ; etc. Amos 1,6; Jérémie 20, 4 ; etc.

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Il est bien possible que l'auteur de l'Apocalypse joue sur ces diverses significations du verbe hébreu galah, puisque dans son livre il est bien question d'une révélation, d'une prophétie portant sur l'avenir, mais aussi d'une mise à nue d'une femme qu'il appelle la prostituée, et d'une déportation. I1 n'est pas du tout évident ni certain que l'Apocalypse ait été écrite d'un seul coup, d'un seul jet. Il est beaucoup plus vraisemblable que c'est un ensemble de visions, d'oracles, de lettres, qui ont été réunis, rassemblés, du vivant de l'auteur ou après sa mort. Personne ne sait où ont été composés et écrits ces divers documents. Peut-être à Jérusalem, autour de l'année 50, ce qui permettrait de comprendre que ces textes sont écrits en langage codé, chiffré, intelligible pour les frères et les sœurs de la petite communauté chrétienne de Jérusalem. Personne ne sait qui a traduit de l'hébreu en grec ces textes et documents. Ce qui est sûr et certain, c'est que le traducteur maniait la langue grecque avec beaucoup d'incertitude. La langue grecque de l'Évangile de Jean est loin d'être toujours respectueuse de la grammaire grecque ; elle comporte nombre d'anomalies qui s'expliquent évidemment par l'hébreu sous-jacent. Mais la langue grecque de l'Apocalypse est nettement pire. Ce n'est pas le même traducteur. L'Apocalypse est au fond un livre simple, qui annonce quelques années à l'avance la prise et la destruction de Jérusalem par le feu ; — qui commande à la petite communauté chrétienne naissante de s'enfuir au plus vite, avant qu'il ne soit trop tard, — ce qu'elle a fait ; — et qui annonce la venue de la nouvelle Jérusalem, qui remplace la première. L'Apocalypse est un livre obscur pour nous, en fin du XXe siècle, comme elle l'a été dans les siècles précédents, parce qu'elle est écrite dans un langage chiffré, codé, qui était parfaitement compréhensible pour les frères et les sœurs de la communauté chrétienne à laquelle elle s'adressait, mais qui est difficile pour nous qui avons perdu le code. Sous l'occupation allemande, pendant la guerre de 40-45, lorsque des compagnons de la résistance s'adressaient des messages, ils utilisaient un

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langage codé pour échapper à la police de l'occupant. Iohanan de l'Apocalypse écrit en pleine terreur à des communautés chrétiennes persécutées à mort. C'est pourquoi il écrit en langage codé. La terreur était le fait de l'occupant romain, — des gouverneurs romains, — des rois judéens collaborateurs, — et du haut sacerdoce de Jérusalem, qui était à la botte du pouvoir romain. Iohanan qui connaissait la sainte Bibliothèque hébraïque par cœur, procède par allusions à des textes hébreux, à des formules hébraïques, qui étaient familiers aux frères et aux sœurs de la première communauté chrétienne, judéenne, et des premières communautés chrétiennes issues de communautés judéennes de la Diaspora. Nous nous efforcerons de mettre sous les yeux du lecteur les textes hébreux qui permettent d'éclairer les expressions de Iohanan. Iohanan fait allusion constamment à des faits, à des événements historiques bien connus des frères et des sœurs des premières communautés chrétiennes, autour de l'année 50. Ces faits et ces événements sont pour nous plongés dans l'obscurité de l'oubli ou de l'ignorance. Nous allons les exposer aux lecteurs en nous appuyant sur deux auteurs judéens : Philon d'Alexandrie et Joseph, surnommé Flavius lorsqu'il s'est installé à Rome. La pensée de Jean-Iohanan de l'Apocalypse, c'est que le pouvoir, la puissance qui provient de Rome, de l'Empereur de Rome, se communique aux gouverneurs romains, qui sont les tentacules de l'hydre ; — il se communique aux rois judéens qui sont nommés par l'Empereur, maintenus ou destitués à son gré et selon sa fantaisie : c'est le monstre marin aux sept têtes ; — il descend jusqu'aux grands prêtres, qui sont choisis, nommés, désignés et destitués par les gouverneurs romains ou les rois judéens. Tout ce système, de haut en bas, est un système foncièrement antichrétien, qui persécute à mort la petite communauté chrétienne naissante. Il existe donc une procession du pouvoir, qui va de l'Empereur de Rome aux procurateurs ; — de l'Empereur aux rois judéens ; — des procurateurs romains et des rois judéens, aux représentants du grand sacerdoce. Cette procession est descendante. Elle comporte une dégradation.

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C'est une philosophie de l'histoire, une philosophie politique. Le mot français « procession » n'est pas une traduction mais un simple décalque. Latin processio, formé à partir du verbe procedo, procedere : aller en avant, s'avancer. Le latin processio a traduit le grec pro-odos, marche en avant, progrès. Le mot grec proodos est utilisé par Plotin, Ennéades 2, 1, ligne 44, au sujet de la substance (grec ousia) de l'Ame ; VI, 3, 22, ligne 7 ; VI, 6, 11, ligne 26. — On a traduit en français le mot grec proodos, par procession. Plotin, Ennéades V, 1,6: L'âme désire résoudre ce problème, répondre à cette question, répétée sans cesse par les anciens sages : Comment, à partir de l'Un, — qui est tel que nous disons que l'Un est —, une multiplicité quelconque peut-elle avoir l'existence, une dualité ou bien un nombre ? Comment donc l'Un n'est-il pas resté en lui-même ? Comment une si grande foule [d'êtres] en est-elle sortie, cette multiplicité que nous voyons dans les êtres ? Comment pensons-nous faire remonter cette multiplicité d'êtres vers l'Un ? Plotin répond un peu plus loin : Il faut que lui, l'Un, qui est sans mouvement (grec akinètos), s'il existe quelque être second après lui, ne s'incline pas et il ne veut pas (grec oude boulèthentos), sans qu'il se mette en mouvement, sans qu'il se modifie, d'aucune manière... Comment donc?... C'est un rayonnement (grecperilampsin) qui provient de lui, l'Un, de lui qui reste [ce qu'il est, immobile], — comme par exemple la lumière qui provient du Soleil est issue de lui, engendrée à partir de lui, alors que lui, le Soleil, subsiste, reste ce qu'il est (grec menontos). C'est très exactement la doctrine contraire et opposée à celle du monothéisme hébreu, sur ce point. Selon Plotin, la multiplicité des êtres que nous voyons et constatons dans notre expérience résulte d'une procession nécessaire et éternelle qui tient à la nature de l'Un et non à sa

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volonté ni à une décision de sa liberté. Selon le monothéisme hébreu, la multiplicité des êtres que nous sommes et que nous constatons dans notre expérience ne provient pas d'une procession éternelle et nécessaire qui tient à la nature de l'Un — mais au contraire d'une libre décision de la volonté de l'Unique. Plotin connaissait à Alexandrie et à Rome des Judéens et des chrétiens. Il savait à quoi il s'opposait. Selon Plotin, la procession éternelle et nécessaire est forcément une dégradation. C'est, bien à l'avance, le second Principe de la thermodynamique, le Principe de Carnot-Clausius (1814-1850) qui trouve ici son application en ontologie. Selon Plotin toujours, le salut consiste à faire revenir, retourner et remonter la multiplicité à l'Un. Ainsi le système est cyclique, tout comme les systèmes gnostiques contemporains de Plotin. Selon le monothéisme hébreu, la création des êtres n'est nullement une dégradation, mais au contraire une élévation progressive, une ascension. Et le salut ne consiste nullement à revenir à l'origine, au sein de l'Un, où de fait nous n'avons jamais été. Le salut, au terme de l'histoire de la Création, c'est l'achèvement de la Création qui se termine dans et par l'union de l'Homme nouveau créé, à Dieu unique et incréé, sans mélange, sans confusion, sans séparation. Une métaphysique de l'union est tout juste le contraire d'une métaphysique de l'Un. L'ennui, c'est que le mot français « procession » traduit un autre terme qui n'a aucun rapport avec ce qui précède : Jean 15, 26 : Lorsqu'il viendra l'avocat de la défense (grec paraklètos, transcription en caractères hébreux peraqelit, hébreu des rabbins) que moi je vais vous envoyer, issu du père [= de Dieu], l'esprit de la vérité qui est issu du père [= de Dieu]... Le verbe grec ekporeuetai, ek-poreuô, traduit le verbe hébreu iatza, sortir. Le sens est donc clair : l'Esprit de Dieu, qui est Dieu lui-même, car Dieu et son propre Esprit ne font pas deux individus, — l'Esprit de Dieu est issu de Dieu et il vient dans l'homme créé, librement, et sans aucune nécessité. A partir du moment où, à la suite de Philon d'Alexandrie, d'Origène

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d'Alexandrie, et de beaucoup d'autres, on a décidé d'appeler fils de Dieu le propre logos de Dieu, comme s'il était un individu divin, le problème s'est embrouillé puisque dans tous les textes des livres de la Nouvelle Alliance (= Nouveau Testament), le terme de fils de Dieu désigne celui qui s'appelait lui-même le fils de l'Homme (l'hébreu ben adam), et non pas le logos de Dieu envisagé en son éternité. Le verbe grec ekporeuetai a été traduit en latin par le verbe procedere, et c'est ainsi qu'on en est venu à parler de la procession du Saint-Esprit. Cette procession n'a évidemment aucun rapport avec ce que les traductions françaises de Plotin appellent procession. Le mot hébreu tiré du grec, peraqelit, se lit Pirqei Abôt IV, 13 : Rabbi Eliezer ben Iaaqôb disait : Celui qui fait un commandement unique, il acquiert pour lui un peraqelit. Celui qui transgresse une seule transgression acquiert pour lui-même un accusateur (hébreu qate-gôr, transcription en caractères hébreux du grec katègôr, katègoros, l'accusateur). La procession du pouvoir dans le système politique dominant qu'observe Iohanan, est un système qui va se dégradant en s'éloignant de sa source, l'Empereur romain. A ce système politique dominant, écrasant et meurtrier, Iohanan oppose la petite communauté chrétienne qui vient de naître, de se former, et qui se développe. Cette communauté, c'est la nouvelle création, la création de l'humanité nouvelle et sainte, le règne de Dieu qui commence. La haine du système politique dominant à rencontre de cette création qui commence est une haine mortelle. La persécution à mort de la nouvelle communauté a commencé aussitôt, de la part de tout le système. L'Évangile traduit et publié sous l'autorité juridique (grec kata, hébreu al-pî) de Luc (latin Lucas, transcription en caractères grecs Loukas ou Loukios, traduction de l'hébreu Iaïr = YHWH illumine, transcription du nom hébreu en caractères grecs Iaïros), l'Évangile de Luc présente exactement tout le système, comme Iohanan dans l'Apocalypse, et plus tard Joseph surnommé Flavius :

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1. L'Empereur de Rome, la source du pouvoir. 2. Les procurateurs romains, qui reçoivent leur pouvoir, diminué, de l'Empereur de Rome. 3. Les rois ou roitelets de la Judée, nommés, installés et démis par l'Empereur de Rome. 4. Les grands prêtres nommés et démis par les gouverneurs romains et les roitelets judéens. L'Évangile de Luc a été traduit et diffusé avant la composition de l'Apocalypse. Il est possible que Schaoul-Paulus ait emporté avec lui, dès son premier voyage, le dossier de notes traduit et constitué sous l'autorité juridique de Iaïr-Iaïros : 2 Timothée 4, 13 : Les tephilin (pluriel de l'hébreu tephilah, la prière, transcription fautive en caractères grecs ton phailonèn, — ne pas confondre avec le grec phainolès, casaque, manteau) que j'ai laissés en Troade chez Karpos, lorsque tu viendras, apporte-les, et les rouleaux, surtout les parchemins (grec mem-branas, latin membrana). Luc 3, 1 : Dans l'année quinzième de la domination de Tibère César, il était procurateur (grec hègemôn) Pontius Pilatus, de la Judée ; il était chef d'une région sur quatre [dans une province] (grec tetrar-chès) de la Galilée, Hérode [Hérode Antipas, fils d'Hérode dit le Grand ou l'Ancien, entre — 4 et + 39] ; Philippe son frère [son demi-frère, — 4, mort en 33 ou 34] était le chef d'une région sur quatre, de l'Iturée et de la région de la Trachonitide ; et Lysanias était le chef d'une région sur quatre, de l'Abilène ; alors qu'il était grand prêtre (grec archiereus, hébreu kôhen gadôt) Hanan et Qaïapha (archiereus au singulier dans le texte), elle a été, la parole de Dieu, sur Ioha-nan, le [fils] de Zekar-iah dans le désert... C'est ainsi que débutent les livres prophétiques du passé. Osée 1, 1 : La parole de YHWH qui a été sur Hôscha, fils de Beeri

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aux jours de Ouziiah, etc. Joël 1, 1 : La parole de YHWH qui a été sur, ou adressée à, lôel fils de Petouel... Jérémie 1,2: Qu'elle a été, la parole de YHWH, adressée à lui, aux jours de Iôschiiahou...

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I. Les Antécédents Le livre de Daniel Le modèle, l'archétype de la philosophie de l'histoire de Iohanan, de la philosophie politique de Iohanan, c'est le livre de Daniel. Le livre de Daniel est un recueil de contes ou d'histoires composés avant la mort d'Antiochus IV Épiphane en 164 ou 163 avant notre ère, et après la profanation du Temple de Jérusalem en décembre 168 avant notre ère : l'érection de la statue de Jupiter Olympien dans le Temple de Jérusalem. Les fables de Jean de La Fontaine contiennent une morale. Les contes philosophiques de Voltaire contiennent une philosophie et une morale. Les contes qui constituent le livre de Daniel contiennent une philosophie de l'histoire et une vue sur l'avenir, une prophétie, tout comme le rouleau de Jonas, qui est antérieur. Première histoire Daniel 2, 1 : En l'année deuxième du règne de Nabuchodonosor, il a rêvé, Nabuchodonosor, des rêves [ou : il a songé des songes] et il a été inquiet, son esprit... Et il a dit, le roi, d'appeler les devins, les magiciens, les enchanteurs et les Chaldéens pour annoncer au roi, ses songes. Ils sont venus et ils se sont tenus devant la face du roi... Les sages de Babylone ne savent pas dire au roi quel a été son rêve et encore moins son interprétation, son explication (araméen pischera ou peschar, grec sugkrisis. Le substantif peschar ou pischera est formé à partir du verbe paschar, expliquer). Daniel, un Judéen déporté à la cour du roi de Babylone après la prise de Jérusalem en 587 avant notre ère, intervient. Daniel 2, 31 : « Toi, ô roi, tu as été voyant et voici une statue (araméen et hébreu tzelem, grec eikôn) unique, une grande statue

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(araméen tzalema, grec eikôn) ; celle-ci, grande et son éclat était extraordinaire. Elle se tenait en face de toi et son aspect était terrible. Cette statue, sa tête [était] d'or fin. Sa poitrine et ses bras étaient d'argent. Son ventre et ses cuisses, de bronze. Ses jambes, de fer. Ses pieds, partie fer et partie terre cuite. Tu étais en train de regarder, jusqu'à ce qu'elle ait été arrachée, une pierre (hébreu eben, grec lithos) qui [n'a pas été arrachée] avec les deux mains [de l'homme], et elle a frappé la statue sur ses pieds de fer et de terre cuite et elle les a réduits en poussière. Et alors en même temps ont été réduits en poussière, fer, terre cuite, bronze, argent et or et ils ont été comme la paille qui s'envole de l'aire où l'on bat le blé en été, et il les a emportés, le souffle du vent et tout lieu (araméen atar, grec topos) n'a pas été trouvé pour eux [= aucun lieu n'a été trouvé. L'hébreu et l'araméen n'ont pas le mot « aucun »]. Et la pierre qui a frappé la statue, elle est devenue une montagne immense et elle a rempli toute la terre. Voilà le rêve, et l'explication, l'interprétation (araméen pischera, grec sugkrisis), nous allons la dire devant la face du roi. Toi ô roi [tu es] le roi des rois, à qui le dieu des cieux a donné royauté, pouvoir, puissance et gloire. Partout en tout lieu où ils habitent, les fils des hommes, les bêtes des champs et l'oiseau des cieux, il les a donnés dans ta main et il t'a fait dominer sur eux tous (araméen et hébreu schalat, grec kurieuein). C'est toi [qui es] la tête d'or. Et après toi, se lèvera (hébreu et araméen qoum, grec anistèmi) un royaume autre, inférieur à toi, en dessous de toi ; et un royaume troisième, un autre, de bronze, qui dominera sur toute la terre. Et un quatrième royaume sera dur comme le fer. Tout comme le fer il réduit en poussière et il broie tout. Et tout comme le fer qui détruit, qui écrase, tous ceux-là il les réduira en poussière et il les écrasera. Et quant à ce que tu as vu, les pieds et les doigts [de pied], certains d'entre eux en terre cuite de potier et certains d'entre eux en fer, un royaume partagé ce sera, et quelque chose de la force de la solidité du fer lui appartiendra, tout comme tu as vu du fer mélangé à la glaise de l'argile.

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Les doigts des pieds, certains d'entre eux du fer, et certains d'entre eux de la terre cuite : une partie du royaume sera puissante et une partie sera brisée. Quant à ce que tu as vu, du fer mélangé à de la terre glaise, cela signifie qu'ils vont se mélanger l'un à l'autre dans une semence d'homme, mais ils ne s'attacheront pas l'un à l'autre (le verbe hébreu dabaq. Genèse 2, 24 : C'est pourquoi il quittera l'homme son père et sa mère et il s'attachera, hébreu dabaq, dans sa femme et ils seront une chair unique...) de même que le fer ne se mélange pas à la terre glaise. Et dans les jours de ces rois, il fera se lever (le verbe hébreu qoum, grec anastèsei), le Dieu des cieux, un royaume qui pour les durées éternelles à venir (araméen et hébreu ôlam, grec eis tous aiônas) ne sera pas détruit (araméen et hébreu habat), et sa royauté (araméen malkoutah, grec basileia), à un autre peuple ne sera pas laissée. Il va broyer, réduire en poussière (araméen et hébreu daqaq) et il mettra un terme, il fera cesser, il mettra fin (araméen et hébreu soph) à tous ces royaumes, et lui il tiendra debout (araméen et hébreu qoum) pour les durées éternelles à venir. Tout comme tu as vu que de la montagne a été arrachée une pierre (araméen et hébreu eben, grec lithos) qui n'a pas été arrachée dans, ou par les deux mains [de l'homme] et qu'elle a réduit en poussière, fer, bronze, argile, argent et or. Le dieu grand a fait connaître au roi ce qui va être après cela. Il tient debout solidement, il est vrai, le rêve, et elle est certainement vraie, l'explication, l'interprétation, on peut être certain de la vérité de l'interprétation. » Alors le roi Nabuchodonosor est tombé sur la face et devant Daniel il s'est prosterné... Il a répondu le roi à Daniel et il a dit : « C'est certainement vrai que votre dieu, c'est lui qui est le Dieu des dieux et le maître des rois. C'est lui qui révèle les secrets (araméen galeh razin, grec apokaluptôn mustèria) puisque tu as été capable de révéler ce secret (araméen razah, grec mustèrion). » Personne ne sait à cette heure, à ma connaissance du moins, pourquoi dans le livre de Daniel, une partie est écrite en hébreu, et une partie en

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araméen. Nous en sommes tous réduits aux conjectures. Le lecteur aura observé que nombre de termes sont identiques dans l'araméen de Daniel, et en hébreu. Les érudits ont observé depuis longtemps que dans cette histoire racontée par le prophète Daniel, dans ce conte, dans cette allégorie de la statue, ou mieux, dans ce mâschâl (grec parabole) la tête d'or, c'est l'empire babylonien. Le second empire est l'empire des Mèdes, avec Darius le Mède. Le troisième empire est l'empire des Perses. Le quatrième empire est l'empire des Grecs, qui commence avec Alexandre le Grand, mort en 323 avant notre ère. L'empire d'Alexandre le Grand est partagé par ses successeurs, les Ptolémées et les Séleucides. Peu nous importe que l'auteur ou les auteurs de Daniel se soit, ou se soient embrouillés dans les chronologies et les successions des empires babyloniens, mèdes, etc. Ce qui compte c'est la pointe de l'histoire, ce que l'auteur veut dire : les empires naissent, se développent, envahissent la terre habitée, dominent, et puis s'effondrent les uns après les autres. Les naturalistes, les zoologistes et les paléontologistes nous ont appris que dans l'histoire naturelle des espèces, on assiste à un phénomène de relais : les grands groupes zoologiques apparaissent, naissent, se développent, deviennent envahissants, dominants, et puis disparaissent, sans qu'on sache exactement pour quelle raison, et laissent la place au groupe zoologique suivant. C'est la loi des relais bien connue des naturalistes. L'auteur du livre de Daniel nous dit que les empires naissent, apparaissent, se développent, deviennent envahissants, dominants, puis disparaissent et sont remplacés par d'autres empires. Au IIe siècle avant notre ère, avant 164 avant notre ère, un inconnu tente d'expliquer à ses contemporains judéens que les empires de ce monde de la durée présente ne sont pas ce qu'ils prétendent être, l'absolu de la solidité. Au contraire ils sont essentiellement fragiles et périssables. Plus tard, par rapport à l'auteur du livre prophétique de Daniel, Dieu fera germer un règne, un royaume, une royauté (araméen malkoutah, grec basileia) qui, lui, ne passera pas, ne périra pas. C'est le Dieu des cieux (araméen elah schemaiia) qui va susciter ce règne, ce royaume, cette royauté. C'est pourquoi on l'appellera

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le règne ou le royaume des cieux, c'est-à-dire de Dieu (araméen malkoutah di schemaiia, grec basileia ton ouranôn. Matthieu 3, 2 ; 4, 17 ; 5, 13 ; etc.). Le livre de Daniel est donc bien une authentique prophétie. Mais sa prophétie ne part pas de Nabuchodonosor, au VIe siècle avant notre ère. L'auteur de Daniel connaissait, plus ou moins, approximativement, la succession des empires après Nabuchodonosor. La prophétie authentique part de l'endroit, du moment où est placé l'auteur de Daniel : avant la mort d'Antiochus IV Épiphane, juin 164 avant notre ère. Il enseigne à ses frères judéens quelque chose de capital : les empires de ce monde de la durée présente sont fragiles, périssables. Vient l'empire de Dieu créateur qui, lui, ne passera pas. C'est la nouvelle création, la Création définitive. On ne cherche pas, dans les fables de Jean de La Fontaine, des renseignements concernant l'anatomie, la physiologie du renard, du corbeau, du loup, de l'agneau. On s'efforce de comprendre ce que Jean de La Fontaine a voulu nous dire avec ses fables. De même dans les histoires racontées par l'auteur ou les auteurs inconnus du rouleau de Daniel, il ne faut pas chercher l'histoire exacte du passé, par rapport à cet auteur ou à ces auteurs, mais tenter de comprendre ce qu'il veut dire, ou ce qu'ils veulent dire concernant l'avenir. Même observation pour le conte de Jonas. Depuis vingt siècles nous avons vu beaucoup d'empires naître, se développer, dominer, écraser, se répandre, et puis disparaître. Au XXe siècle nous avons vu un empire qui soi-disant devait durer mille ans, s'effondrer au bout de dix ans. Depuis bientôt vingt siècles nous constatons que la nouvelle Humanité en régime de formation ou de transformation, sous l'influence d'un message, d'un enseignement créateur communiqué autour de l'année 30 de notre ère, cette Humanité nouvelle en gestation croît et se développe comme un grand arbre qu'elle est, à partir de la semence originelle, malgré les empires qui la persécutent ou l'écrasent. Telle est la leçon du livre de Daniel. C'est une philosophie de l'histoire. C'est même une philosophie politique. La prophétie contenue dans ce livre est vérifiée, puisque nous constatons qu'en effet la création de l'Homme nouveau se continue et se développe malgré les massacres et les persécutions.

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Deuxième histoire, deuxième mâschâl Daniel 3, 1 : Nabuchodonosor le roi a fait une statue (hébreu tzelem, grec eikôn) en or... Et Nabuchodonosor le roi a envoyé [des messagers] aux satrapes, préfets, gouverneurs, etc. et à toutes les autorités de la province pour qu'ils se rassemblent pour l'inauguration, la dédicace de la statue qu'il avait fait dresser, Nabuchodonosor, le roi. Le verbe hébreu hanak est formé à partir de l'hébreu hek, le palais de la bouche, Ézéchiel 3, 26; Psaume 137, 6; etc. Il signifie à l'origine: frotter le palais, la bouche du nouveau-né avec du jus de datte. Par suite, et d'une manière plus abstraite : préparer, inaugurer, Deutéronome 20, 5 ; 1 Rois 8, 63 ; etc. Le substantif hanoukkah est formé à partir du verbe hanak et signifie : inauguration, Nombres 7, 10 ; Psaume 30, 1 ; Néhémie 12, 27 ; 2 Chroniques 7, 9 ; etc. Traduction grecque : egkainismos, n'existe pas en grec naturel ; grec de traduction, ou ta egkainia, n'existe pas en grec naturel, Jean 10, 22. Daniel 3, 8 : Et dans ce temps-là ils se sont approchés, des hommes chaldéens, et ils ont mangé les morceaux des Judéens [= ils ont dénoncé les Judéens]. Ils ont répondu et ils ont dit à Nabuchodonosor le roi : « Roi, pour la durée éternelle à venir, sois vivant ! Toi, le Roi, tu as donné l'ordre que tout homme qui entendra le son de trompette, etc., tombe et se prosterne (araméen et hébreu segad) devant la statue en or... Il existe des hommes, des Judéens..., tes dieux, ils ne les servent pas, et la statue d'or que tu as érigée, ils ne se prosternent pas devant elle... » Cette fois-ci nous n'avons plus affaire à une prophétie, mais à un enseignement métaphysique. Depuis ses origines connues, le peuple hébreu se caractérise, par rapport aux autres peuples qui l'entourent, par le fait qu'il ne considère pas l'Univers physique comme divin, ni les forces naturelles, ni les astres, ni le Soleil, ni la Lune, ni les étoiles, ni les rois, ni les empereurs. Rien de ce qui est du monde physique n'est divin. C'est

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l'une des raisons de l'hostilité profonde des peuples qui entourent le peuple hébreu. Il refuse de diviniser le monde, la nature et l'État, quelle que soit sa forme. Nous retrouverons cette affaire plus loin à propos de Caius surnommé Caligula, qui a voulu faire installer sa propre statue dans le Temple de Jérusalem. Autre histoire Daniel 7, 1 : Dans l'année première de Balthazar, roi de Babel, Daniel a vu un rêve et des visions de sa tête sur sa couche. Alors le rêve il l'a mis par écrit... « Moi Daniel... j'ai vu dans des visions avec la nuit et voici les quatre vents des cieux se sont précipités sur la grande mer. Et quatre bêtes énormes sont montées hors de la mer. Elles étaient changées, elles étaient autres (araméen et hébreu schanah), l'une hors de l'autre (araméen et hébreu min). Faut-il comprendre qu'elles sont issues l'une de l'autre par transformation ? Le mot araméen que nous avons traduit par le français « bête », c'est heiwa ou heiwah, hébreu haiah, vivre ; haiiah, la vivante = la bête vivante. Grec thèrion, bête féroce ou sauvage, Genèse 1, 24 ; etc. C'est ce vocabulaire que Iohanan de l'Apocalypse va reprendre. Apocalypse 13, 1 : « Et j'ai vu surgissant de la mer une bête qui montait... » Daniel 7, 4 : La première [était] comme une lionne et les ailes de l'aigle à elle. (L'hébreu n'a pas le verbe avoir). J'ai regardé jusqu'à ce qu'elles soient arrachées, ses ailes. Elle a été enlevée de la terre et sur ses pieds comme un homme elle s'est tenue debout et un cœur d'homme [= une intelligence d'homme] lui a été donné. Et vois ! Une autre bête, la deuxième, qui ressemblait à l'ours. Et sur un seul côté elle se tenait debout et trois côtes dans sa bouche entre ses dents. Et c'est ainsi qu'ils lui parlaient : « Lève-toi !

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Mange de la chair, beaucoup ! » Et puis après, j'étais en train de regarder et vois une autre comme une panthère (araméen nemar, hébreu namer, grec pardalis, panthère ou léopard), et à elle [étaient] quatre ailes d'oiseau sur le dos. Et quatre têtes [étaient] à la bête et la domination (araméen schaltan, grec exousia) lui a été donnée. Et puis après cela, j'étais en train de voir dans les visions de la nuit et vois une bête, quatrième, une quatrième bête terrifiante et effrayante et puissante extraordinairement. Et des dents de fer [sont] à elle, énormes. Elle dévorait, elle broyait, et ce qui restait, avec ses pieds elle le piétinait, l'écrasait. Et elle, elle était autre, différente, par rapport à toutes les bêtes qui [étaient] avant elle. Et dix cornes [étaient] à elle... (araméen et hébreu qeren, grec keras, pluriel kerata)... Apocalypse 13, 1 : Et j'ai vu sortie de la mer une bête qui montait. A elle dix cornes (grec kerata)... Les érudits estiment que la première bête, la lionne, représente l'empire de Babylone. La seconde bête qui ressemblait à un ours, c'est l'empire des Mèdes. La troisième bête, qui ressemblait à une panthère, c'est l'empire des Perses. Les quatre têtes de la bête représentent peut-être Cyrus, Xerxès, Darius, Artaxerxès. La quatrième et dernière bête, c'est l'empire d'Alexandre le Grand, mort en 323 avant notre ère. Les dix cornes représentent sans doute les dix rois de la dynastie séleucide qui succèdent à Alexandre. Daniel 7, 8 : J'étais en train de considérer les cornes, et voici une autre corne, petite, s'est élevée au milieu d'elles et trois d'entre les cornes qui étaient avant ont été arrachées de devant sa face (araméen minqadam, hébreu miliphenei, grec apo prosôpou autou). Et voici, des yeux comme des yeux d'homme sur cette corne, et une bouche qui proférait des choses énormes... Les érudits nous disent que cette petite corne qui s'élève au milieu des dix cornes de la quatrième et dernière bête, c'est Antiochus IV Épiphane, mort en 164 avant notre ère.

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Cet Antiochus IV avait fait partie des otages livrés par son père aux Romains en 189 avant notre ère. Antiochus IV séjourne treize ans à Rome, à partir de l'âge de vingt-six ans. En 176 avant notre ère, Séleucus IV libère son frère Antiochus en livrant à sa place Démétrius, son propre fils. Antiochus séjourne à Athènes. Après l'assassinat de son frère, il retourne à Antioche de Syrie. Après sa victoire sur l'Égypte, il se fait appeler theos epiphanès, dieu manifesté, ou visible. Pour comprendre quelque chose au livre de Daniel, composé avant 164 avant notre ère, il faut ouvrir le livre que nos traductions en langue française appellent le premier livre des Maccabées (grec ta Makkabaïka).

Le premier livre des Maccabées Le grec makkabaïka est une transcription de l'hébreu maqqabah ou maqqabi ou maqqabaï. L'hébreu maqqebet, pluriel maqqabôt, signifie le marteau. Le latin marcus signifie le marteau. Il va servir de prénom. C'est le surnom de Iohanan surnommé Marcus. Le premier livre des Maccabées a été évidemment écrit en hébreu puis traduit en grec, selon la méthode traditionnelle depuis des générations : en utilisant le lexique hébreu-grec traditionnel et en suivant l'ordre de la phrase hébraïque mot à mot, pas à pas. Dès la première phrase du premier livre des Maccabées, on reconnaît la phrase hébraïque, comme on reconnaît la bien-aimée à un cheveu de son cou. Le premier livre des Maccabées est donc exactement dans la même situation que les Évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et de Jean. L'original hébreu est perdu ou n'a pas encore été retrouvé, à notre connaissance du moins. Nous disposons en attendant d'une traduction littérale, mot à mot, faite avec le lexique hébreu-grec traditionnel, qui respecte l'ordre des mots de l'hébreu. 1 Maccabées 1, 1 : Et il advint (grec kai egeneto, hébreu waiehi), après qu'il a frappé, Alexandre, le fils de Philippe... Darius, roi des

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Perses et des Mèdes, et qu'il est devenu roi à sa place..., alors (grec kai, hébreu we) il a entrepris des guerres nombreuses... Et après cela il est tombé sur sa couche et il a connu qu'il allait mourir. Et il a appelé ses serviteurs... et il leur a partagé son royaume alors qu'il était encore en vie... Et ils ont dominé, ses serviteurs, chacun en son lieu. Et ils ont mis tous [sur leurs têtes] la couronne royale (grec diadèma, hébreu keter malkout, Esther 1, 1 ; etc.) après qu'il soit mort, Alexandre, et leurs fils après eux... Et il est sorti du milieu d'eux une racine de méchanceté, Antiochus Épiphane fils d'Antiochus le roi. Il avait été otage à Rome et il est devenu roi... Dans ces jours-là, sont sortis d'Israël des vauriens, des fils de vauriens (anaschim benei beliiaal. Deutéronome 13, 14 ; Juges 19, 22 ; 20, 13 ; etc.), et ils ont persuadé une multitude en disant : « Allons, concluons une alliance avec les goïm qui sont tout autour de nous, car depuis que nous nous sommes séparés d'eux, nous ont atteint des malheurs nombreux. » Et elle fut bonne, elle a été bonne, la parole, à leurs yeux... 1 Maccabées 1, 16: Et il [Antiochus] est entré en Égypte avec un grand peuple ; et des chars, des éléphants et une grande flotte... Et ils se sont emparés des villes fortes [qui sont] au pays Égypte, et il a pris les dépouilles du pays Égypte Et il est retourné, Antiochus, après qu'il eut frappé Égypte... et il est monté en Israël et il est monté contre Jérusalem avec une foule nombreuse. Et il est entré dans le sanctuaire avec arrogance, et il a pris l'autel pour l'encens en or (grec thusiastèrion, hébreu mizebeah), le candélabre de la lumière (grec luchnia, hébreu menorah, Exode 25, 31 ; etc.) et tous les ustensiles..., et la table (grec trapeza, hébreu schoulehan) où l'on pose les pains de la face (grec prothesis, hébreu lehem ha-panim, Exode 39, 36)..., le rideau (grec katapetasma, hébreu parôket, Exode 26, 31 ; etc.) 1 Maccabées 1, 29 : Et il est arrivé après deux années de jours (hébreu miqetz schenataïm iamim, Genèse 41,1), il a envoyé, le roi [Antiochus], le chef des corvées (hébreu sar ha-missim, Exode 1,

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11), ou le chef des Mysiens (hébreu sar ha-môsim), dans les villes de Iehoudah et il est entré dans Jérusalem avec une grande foule.... Et il est tombé sur la Ville d'un seul coup et il l'a frappée d'un grand coup et il a exterminé un grand peuple pris parmi Israël. Et il a pris le butin de la Ville, et il l'a brûlée par le feu (hébreu saraph baesch, grec enepurisen puri) et il a détruit ses maisons et ses murailles tout autour. Et ils ont emmené en déportation les femmes et les enfants, et des troupeaux ils ont pris possession. Ils ont construit la cité de David avec un mur grand et puissant, avec des tours puissantes, et elle fut pour eux une citadelle (grec akra). Et ils ont installé là un peuple méchant, des hommes de rien, des vauriens (hébreu isch beliiaal, ou adam beliiaal, ou encore anaschim benei beliiaal), et ils se sont fortifiés dans cette citadelle. Ils y ont déposé des armes, de la nourriture et ils ont rassemblé les dépouilles de Jérusalem, ils les ont déposées en cet endroit et ils sont devenus un piège... 1 Maccabées 1, 41 : Et il a écrit, le roi [Antiochus Épiphane] pour tout son royaume [un édit ordonnant] qu'ils soient tous un peuple unique et qu'ils abandonnent, chacun, ses lois propres (hébreu houq-qôt). Et ils ont reçu, tous les peuples [qui peuplaient la Judée] l'édit du roi et ils ont agi selon la parole du roi. Et nombreux sont les fils d'Israël qui ont accepté avec faveur le culte du roi, et qui ont sacrifié aux dieux et qui ont profané le schabbat. Et il a envoyé, le roi, des lettres, dans la main de messagers, à Jérusalem et aux villes de Iehoudah [pour commander d'] aller derrière les lois et les coutumes des étrangers du pays, pour que soient empêchés les sacrifices par le feu (grec holokautômata, n'existe pas en grec naturel, hébreu ôlah) et le sacrifice sanglant (grec thusia, hébreu zebah ou minehah, l'offrande) et la libation (grec spondè, hébreu nesek) loin du sanctuaire [= soient éliminés du sanctuaire], pour que soient profanés les schabbats et les fêtes, que soient souillés le sanctuaire et le Saint des Saints [ou : les saints] ; de construire des autels [païens], des temples [pour des divinités païennes], des lieux de cultes pour les divinités ; de sacrifier des cochons et des animaux

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impurs ; de laisser leurs fils avec un prépuce ; de rendre abominables leurs âmes dans tout ce qui est impur et dans toute profanation ; en sorte d'oublier la Torah, et de changer tous les commandements. Et celui qui ne fera pas la parole du roi, il sera mis à mort. Conformément à (grec kata, hébreu al pi, sur la bouche de) toutes ces paroles, il a écrit à tout son royaume, et il a fait des inspecteurs (grec episkopous, hébreu paqid, pluriel peqidim) sur tout le peuple et il a commandé à toutes les villes de Iehoudah de faire des sacrifices dans chaque ville (hébreu be-ir we-ir)... 1 Maccabées 1, 54 : Et le quinzième jour de kislev [le neuvième mois = décembre] en l'année cent quarante-cinq [= 167 avant notre ère], il a fait construire [le roi Antiochus] l'abomination effroyable {schiqqoutzim meschômem, grec bdelugma erèmôseôs)... Daniel 9, 27 : schiqqoutzim meschômem, grec bdelugma ton erèmôseôn. Daniel 11, 31 : ha-schiqqoutz meschômem, grec bdelugma erèmôseôs ; Theodotion : bdelugma èphanismenon. Le substantif hébreu schiqqoutz, pluriel schiqqoutzim, est formé à partir du verbe schaqatz, exécrer, abhorrer, rendre abominable. Le schiqqoutz, c'est l'horreur, l'abomination, l'exécration, le dégoût ; ce qui provoque l'horreur et l'abomination. Le verbe hébreu schamam, kal parfait schamemah, signifie : être pétrifié d'horreur en présence d'une terre dévastée, Lévitique 26, 32. Être dévasté et provoquer la stupeur, Genèse 47, 19. Être dévasté, en parlant d'un pays, Jérémie 12, 11. La forme ici utilisée, meschômem, est un participe : dévastant, qui cause la dévastation. Il s'agit de l'autel construit par Antiochus Épiphane pour le Zeus Olympios. Schiqqoutzim meschômem est probablement un jeu de mots et une plaisanterie portant sur le baal schamaïm, le maître des cieux, divinité des Syriens. Le mot baal est remplacé par bôschet, la honte, Jérémie 3, 24. Le substantif hébreu schemamah, formé à partir du verbe hébreu schamam, signifie « la dévastation ». Ce genre de jeux de mots et de plaisanteries était parfaitement compréhensible dans ce milieu ethnique et dans ce

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temps-là, surtout dans les milieux populaires. Matthieu 24, 15 : Lorsque donc vous verrez l'abomination effroyable (ha-schiqqoutz meschômem, traduction grecque to bdelugma tes erèmôseôs) qui a été dite par la bouche de Daniel le prophète, installée debout dans le Lieu saint — celui qui lit, qu'il soit intelligent —, alors ceux qui sont en Judée, qu'ils fuient vers les montagnes ; celui qui [est] sur la terrasse, qu'il ne descende pas pour prendre ce qui [est] dans sa maison... Marc 13, 14: Et lorsque vous verrez l'abomination effroyable (haschiqqoutz meschômem) mis debout là où il ne doit pas être, — celui qui lit, qu'il soit intelligent —, alors ceux qui [sont] en Judée, qu'ils fuient vers les montagnes. 1 Maccabées 1, 55 : Et aux portes des maisons et sur les places publiques, ils brûlaient et faisaient fumer de l'encens. Les rouleaux de la Torah, ceux qu'ils trouvaient, ils les brûlaient dans le feu, après les avoir déchirés. Et là où l'on trouvait chez quelqu'un un rouleau de l'Alliance (hébreu sepher ha-berit) et si quelqu'un prenait son plaisir dans la Torah, alors le décret du roi le condamnait à mort... Et les femmes qui avaient fait circoncire leurs garçons, elles étaient mises à mort conformément à (grec kata, hébreu al pi) l'ordonnance du roi. Et ils pendaient les bébés à leurs cous... 1 Maccabées 2, 1 : Et dans ces jours-là il s'est levé, Mattit-iah [don Évangile YHWH], fils de Iohanan, fils de Schimeôn, kôhen des fils de Iehôiarib (1 Chroniques 9, 10 ; 24, 7 ; Néhémie 11, 10 ; 12, 6 ; 12, 19), venu de Jérusalem... Et à lui [étaient] cinq fils (l'hébreu n'a pas le verbe avoir) : Iohanan, ou Iehohanan [YHWH a accordé sa grâce]..., Schimeôn..., Iehoudah [celui qui est appelé Maqqabaï] (transcription en caractères grecs : Makkabaios) Éléazar..., et Iehonathan [YHWH a donné]... Et il a vu les insultes [contre Dieu] qui se faisaient en Iehoudah et à Jérusalem et il a dit : « Hoï, hoï à

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moi ! Pourquoi donc suis-je né pour voir la ruine de mon peuple et la ruine de la Ville sainte ? » L'auteur inconnu du premier livre des Maccabées écrit aux alentours de l'année 100 avant notre ère. Il rapporte en historien ce qui s'est passé entre 175 et 135 avant notre ère. Il dit ce qu'il sait, clairement et ouvertement. L'auteur inconnu du livre de Daniel composé avant 164 avant notre ère fait allusion aux mêmes événements, mais en langage chiffré et symbolique — compréhensible pour ses frères — parce qu'il écrit en pleine persécution, en pleine terreur. Joseph surnommé Flavius va raconter tout ce qu'il sait des prodromes de la guerre entre Romains et Judéens, après la destruction de Jérusalem, année 70. Il s'exprime clairement et nettement. Iohanan de l'Apocalypse fait allusion à plusieurs événements dont parlera Joseph, mais d'une manière chiffrée et symbolique — compréhensible pour ses frères — parce qu'il écrit en pleine persécution et en pleine terreur, autour de l'année 50 de notre ère. Pour comprendre quelque chose à l'Apocalypse de Iohanan, il faut lire et étudier, et si possible déchiffrer, le livre de Daniel. Pour comprendre quelque chose au livre de Daniel, il faut lire le premier livre des Maccabées. Retour au livre de Daniel Daniel 7, 9 : Voyant j'ai été, jusqu'à ce que des trônes aient été placés, posés, et l'ancien des jours s'est assis... Le jugement s'est assis [= le conseil des juges ?] et les livres ont été ouverts... L'ancien des jours, c'est Dieu. Voyant j'ai été, jusqu'à ce qu'elle ait été tuée, la bête, et il a été anéanti, son corps, et donné à la flamme du feu.

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Et le reste des bêtes, elle a été enlevée leur domination, et une longueur de temps de vie leur a été donnée, jusqu'à un certain temps (araméen et hébreu zeman, grec chronos et kairos) et un moment déterminé (araméen iddan, grec kairos). Voyant j'ai été dans les visions de la nuit, et voici avec les nuées des cieux comme un fils d'homme (araméen ke-bar enôsch, grec hôs huios anthrôpou) qui était venant, et jusqu'à l'ancien des jours il est venu et devant sa face ils l'ont fait approcher. Et à lui a été donnée la domination (araméen schal-tan, grec exousia et arche), et l'honneur et le règne, et tous les peuples, toutes les races et toutes les langues le serviront. Sa domination [sera] une domination éternelle qui ne passera pas, et son règne, son royaume, sa royauté (araméen malkoutah, grec basileia) ne périra pas, ne sera pas détruit. L'auteur inconnu du livre de Daniel nous donne lui-même l'explication de son allégorie (mâschâl). Daniel 7, 16 : Et l'explication, l'interprétation (araméen peschar, grec sugkrisin) des paroles il m'a fait connaître. Ces bêtes énormes — les quatre — [ce sont] quatre royaumes, quatre rois qui se lèveront de la terre. Et ils seront détruits. Et ils recevront (araméen et hébreu qabal, piel qibbel) le royaume, le règne, la royauté (araméen malkoutah, grec tèn basileian), les saints du Très-Haut, et ils prendront possession du royaume, de la royauté, jusqu'à la durée indéfinie dans l'avenir (araméen ôlam, ôlema, hébreu ôlam) et jusqu'à la durée des durées (grec heôs aiônos ton aiônôn, latin in saeculum et saecu-lum saeculorum)... Puis le prophète qui est mis en scène veut connaître la vérité au sujet de la quatrième bête qui était autre que les précédentes, terrible, aux dents de fer et aux griffes de bronze, qui dévorait, qui broyait, qui écrasait avec ses pieds ce qui restait, et au sujet des dix cornes qui sont sur sa tête, et de l'autre corne qui s'était élevée, et étaient tombées devant sa face, trois

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cornes. Et des yeux étaient à cette corne et une bouche qui disait des énormités. Daniel 7, 21 : Voyant j'étais et cette corne a fait la guerre avec les saints et elle l'a emporté sur eux, jusqu'à ce qu'il vienne, l'ancien des jours, et la justice, le jugement, il a donné aux saints du Très-Haut, et que le temps vienne et que la royauté, ils la possèdent, les saints. La quatrième bête, c'est un quatrième royaume qui sera sur la terre, qui sera autre par rapport à tous les royaumes. Elle dévorera toute la terre, elle la piétinera et la réduira en poussière. [Il s'agit de l'empire grec d'Alexandre]. Et les dix cornes : Issus de ce royaume dix rois se lèveront, et après se lèvera un autre. Il dépassera en méchanceté tous ceux qui l'ont précédé, et trois rois il fera tomber. Et des paroles contre le TrèsHaut il proférera, et les saints du Très-Haut il opprimera. Et il pensera changer les temps et la loi. [Antiochus Épiphane. La persécution a duré de 168 à 165 avant notre ère.] Et le jugement siégera et sa domination sera enlevée pour être détruite et abolie jusqu'au bout. Et le règne et la domination et la grandeur des royaumes sous tous les cieux seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne [est] un règne éternel... Apocalypse 17, 12 : Et les dix cornes que tu as vues, ce sont dix rois... L'auteur inconnu du livre de Daniel raconte donc ce qu'il sait de l'histoire passée et présente, par rapport à lui, en situant fictivement son prophète Daniel à la cour du roi de Babylone, Balthasar. Il le fait d'une manière énigmatique, et il interprète lui-même son énigme. Tout ce qui concerne le passé et le présent n'est évidemment pas prophétique. Ce qui est prophétique, c'est que les empires du passé et du présent passent, ils sont fragiles et périssables. Ce qui est impérissable, c'est le royaume et le règne des saints. C'est une philosophie de l'histoire. L'empire romain n'apparaît pas, semble-t-il, à l'horizon visible de l'auteur inconnu du livre de Daniel, sauf peut-être Daniel 11,30: Et viendront contre lui des navires de Kittim et il sera humilié et il

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retournera et il exercera sa fureur contre l'alliance du saint ou de la sainteté... Et des bras (hébreu zerôïm, ou des semences, hébreu zera) issus de lui se dresseront et ils profaneront le sanctuaireforteresse, et ils feront cesser le [sacrifice] perpétuel (hébreu hatamid), le sacrifice quotidien, et ils donneront l'abomination effroyable (schiqqoutz meschômem, grec bdelugma erèmôseôs ou bdelugma èphanismenori)... Il s'agit de la profanation du Temple de Jérusalem par les soldats d'Antiochus IV en 168 avant notre ère. Une statue de Jupiter Olympien est dressée dans le Temple. Les Kittim sont les habitants de l'île de Chypre, ainsi appelés à cause de l'ancienne cité phénicienne Kittion (Genèse 10, 4 ; Isaïe 23, 1 ; etc.) Plus tard les Kittim désignent les habitants des îles ou des côtes de la Méditerranée. L'une des deux traductions grecques du livre de Daniel traduit l'hébreu Kittim par : Rômaioi, les Romains. En effet, lors de la seconde campagne d'Antiochus contre Égypte, le consul romain Gaius Popillius Laenas ordonna à Antiochus de se retirer, de la part du Sénat romain. Les Kittim désignent donc probablement les Romains. Pour comprendre quelque chose au livre de Daniel, nous nous sommes appuyés sur le premier livre des Maccabées, qui lui est postérieur. Pour tenter de comprendre quelque chose à l'Apocalypse de Iohanam, pour la situer dans son contexte historique, nous allons nous appuyer sur un historien judéen, Joseph ben Mattit-iahou ha-kôhen, surnommé tardivement Flavius, qui a écrit son œuvre en hébreu, et qui l'a faite traduire plus tard. Heureusement pour nous, cette traduction n'est pas, comme la traduction des livres saints, une traduction littérale et mot à mot. C'est une traduction beaucoup plus libre et littéraire ; mais lorsqu'il s'agit des termes techniques qui concernent le Temple de Jérusalem, la liturgie, les fêtes, les prêtres, les grands prêtres et les vêtements des grands prêtres, les traducteurs de Joseph suivent l'ancien lexique hébreu-grec traditionnel depuis des siècles. La transcription en caractères grecs des noms propres

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hébreux est aussi la même, dans la traduction en langue grecque de l'œuvre de Joseph, que dans la traduction de la Bibliothèque hébraïque. Là encore il y a constance dans la correspondance. Joseph ben Mattit-iahou ha-kôhen Joseph ben Mattit-iahou, ha-kôhen, est né à Jérusalem autour de 3738 de notre ère. Mattat : le don, le cadeau. Transcription en caractères grecs : Matthias, 1 Chroniques 25, 21. Mattit-iah, ou Mattit-iahou, cadeau de YHWH. Autobiographie I, 1 : A moi [la] naissance n'est pas obscure... Nous avons traduit à dessein d'une manière littérale. On reconnaît aussitôt la forme de la proposition hébraïque. L'hébreu n'a pas le verbe avoir. Pour dire « avoir », on dit : « être à... » ... mais c'est de kôhanim que je descends... Le grec hiereus traduit constamment l'hébreu kôhen. Nous ne traduisons pas l'hébreu kôhen par le français « prêtre », parce qu'un prêtre, en France au XXe siècle, n'est pas la même chose qu'un kôhen dans le Temple de Jérusalem (cf. p. 190). Le mot français « prêtre » provient du grec presbuteros, qui traduit l'hébreu zaqen, vieux. Autobiographie I, 2 : A moi non seulement c'est de kôhanim qu'elle est issue ma famille, mais bien plus de la première classe, ou division, des vingt-quatre..., grande est déjà en cela la différence... Le grec eph-èmeris traduit l'hébreu mahalôqet, pluriel maheleqôt, division, classe, du verbe halaq, partager, 1 Chroniques 23, 6. ... et parmi les tribus qui sont dans cette classe, de la meilleure. Je suis même issu de famille royale de par ma mère. Car les benei

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haschmônaï1 dont elle est issue, ma mère, ont été, de notre peuple, sur une longue période de temps, les grands prêtres et les rois... Je vais en dire la succession. De Mattit-iah ou Mattit-iahou je suis né la première année du règne de Gaios [— Gaius Caesar, 37-38]. A moi sont trois fils... (De nouveau la construction hébraïque classique). Autobiographie II, 10 : Lorsque je fus âgé d'environ seize ans [= en l'année 53] je voulus connaître d'expérience, faire l'épreuve, des diverses écoles de pensée (grec hairesis) qui existent chez nous. Elles sont trois : celle des perouschim, la première ; — celle des tzaddouqim, la seconde ; — celle des essènôn, la troisième... Personne ne sait à cette heure, à ma connaissance du moins, quels sont les mots hébreux que recouvrent et transcrivent les deux mots grecs essènos et essaios que Joseph, ou du moins ses traducteurs, emploient tour à tour. Il est bien possible que ces deux mots grecs transcrivent deux termes hébreux différents. Autobiographie II, 11 : Ainsi je pensais pouvoir choisir la meilleure, si je les connaissais toutes. Je me suis donc mené moi-même durement. J'ai beaucoup travaillé. J'ai traversé les trois écoles de pensée. J'ai pensé que cette expérimentation n'était pas suffisante pour moi. J'ai entendu parler d'un certain Ban-nous qui vivait dans le désert, qui se vêtait de ce qu'il pouvait retirer des arbres, qui se nourrissait de ce que la terre produit d'elle-même, qui se baignait dans l'eau froide le jour et la nuit, fréquemment. Je suis devenu son [disciple] fervent (grec zèlôtès, hébreu : un substantif formé à partir du verbe qana, être jaloux). La transcription en caractères grecs Bannous peut recouvrir l'hébreu Bani, Esdras 2, 10 ; ou Bannoui, Esdras 10, 38 ; ou Bounni, Néhémie 9, 4 ;
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L'expression benei haschmônaï, les fils de Haschmônaï, provient peut-être, mais ce n'est pas sûr, d'un lieu-dit Heschmôn, Josué 15, 27. Pourquoi pas Haschmônah, Nombres 33, 29 ?

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10, 16 ; etc. Autobiographie II, 12 : J'ai passé auprès de lui trois années. J'ai réalisé ce que je désirais. Je suis retourné à Jérusalem. Âgé de dix-neuf ans j'ai commencé ma vie de citoyen en suivant l'école de pensée des perouschim. Elle ressemble à celle que les Grecs appellent l'école du Portique. Autobiographie III, 13 : Âgé de plus de vingt-six ans, il m'est arrivé d'être obligé de monter à Rome. [Nous sommes donc en 63 ou 64.] Au temps où Félix était procurateur de la Judée [52-60], certains kôhanim qui étaient de mes amis, des hommes excellents, pour un motif infime qui s'est présente, il les a fait enchaîner et expédier à Rome, pour rendre raison à César [de ce qu'ils avaient fait ou de ce dont ils étaient accusés]. Pour eux je voulais trouver une voie de salut, d'autant plus que j'avais appris que, quoiqu'ils fussent dans le malheur, ils n'oubliaient pas la piété qui est due à Dieu. Ils se nourrissaient exclusivement de figues et de noix. Je suis arrivé à Rome après avoir couru de grands risques sur mer. Notre bateau a coulé au milieu de la mer Adriatique. Nous étions environ six cents. Toute la nuit durant, nous avons nagé. Au lever du jour, nous avons vu, grâce à la providence de Dieu, un navire qui venait de Cyrène. Nous avons devancé les autres, moi et quelques compagnons ; nous étions environ quatre-vingts en tout, nous avons été recueillis dans le navire. Grâce à des relations d'amitié, je suis parvenu jusqu'à Alituros [= fromage salé, demi-sel]. C'était un acteur qui faisait des imitations. Il plaisait beaucoup à Néron. Il était Judéen de naissance. Autobiographie III, 16 : Par son intermédiaire j'ai été présenté à Poppée, la femme de César. J'ai pris aussi vite que possible les mesures qui s'imposaient. Je l'ai suppliée de faire libérer les kôhanim. J'ai reçu d'elle des dons considérables en plus de cette faveur de la

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part de Poppée. Je suis retourné à la maison [à Jérusalem]. Autobiographie IV, 17 : J'y trouve déjà les commencements des révolutions, et nombreux [étaient] ceux qui pensaient à se soulever contre les Romains. J'ai essayé de contenir les partisans de la révolte et j'ai tenté de les faire changer d'avis. J'ai mis devant leurs yeux quels étaient ceux à qui ils voulaient faire la guerre, parce que, par rapport aux Romains, non seulement quant à l'expérience de la guerre, mais aussi quant à la chance, ils étaient en état d'infériorité... Mais je ne les ai pas convaincus... Pendant que Félix était procurateur de la Judée, 52-60, Schaoul haqatan (traduction latine paulus, le petit, pour le distinguer de Schaoul, le roi d'Israël) est envoyé à Césarée, auprès de Félix, le gouverneur de la province (Actes des Apôtres = des Envoyés 23, 23), avec une lettre de Claudius Lysias, le commandant de la place de Jérusalem. Deux ans plus tard, c'est Porcius Festus qui succède à Félix, 60-62. Actes 24, 27 : Voulant être agréable aux Judéens, Félix a laissé Paul enchaîné. Actes 25, 9 : Festus a voulu être agréable aux Judéens, et il a demandé à Paul : « Est-ce que tu veux monter à Jérusalem et être jugé là-bas au sujet de ces accusations ? » Paul a répondu : « C'est sur le tribunal de César. C'est là que je dois être jugé [ou : que je vais être jugé]. Aux Judéens je n'ai fait aucun tort, comme tu le sais parfaitement... J'en appelle à César. » Paul est expédié à Rome avec quelques autres prisonniers (Actes 27, 1). Actes 28, 16 : Lorsque nous sommes entrés dans Rome, il a été permis à Paul de rester dans une demeure privée avec le soldat qui le gardait.

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Il est très peu vraisemblable que Joseph n'ait pas entendu parler à Jérusalem de l'affaire de Paul. Il n'en dit pas un mot. Il n'est pas interdit de se demander si les kôhanim expédiés à Rome par Félix, n'ont pas quelque chose à voir avec l'affaire de Paul, expédié lui aussi à Rome pour être jugé par César Néron. Joseph ne dit pas un mot non plus de la rafle des chrétiens en l'année 64, et des horreurs qui ont suivi. La petite communauté chrétienne, à Rome, en l'année 64, était constituée, dans sa plus grande partie, par des frères et des sœurs de la communauté judéenne Évangile Rome, qui avaient reçu et agréé le message nouveau venu de Jérusalem dans les années 30. Il était au moins aussi difficile à Néron ou à son ministre de l'Intérieur de distinguer un Judéen devenu intérieurement chrétien, d'un Judéen qui n'était pas devenu chrétien, que pour un ministre de l'Intérieur français en cette fin du XXe siècle, de distinguer un anabaptiste du septième jour d'un pentecôtiste. La question ouverte est donc de savoir qui a appris à Néron ou à son ministre de la police à distinguer un Judéen chrétien d'un Judéen qui ne l'était pas. Joseph ne dit pas un mot de ce qui s'est passé dans les jardins de Néron, en l'année 64 sans doute. La Guerre des Judéens contre les Romains en sept livres a été publiée entre 75 et 79. Elle a été écrite tout d'abord en hébreu, puis traduite en grec. Guerre I, 3 : Je me suis proposé, moi, à l'intention de ceux qui sont sous la domination des Romains, en traduisant en langue grecque ce que j'avais antérieurement envoyé aux Barbares, que j'avais composé dans la langue de mes pères (grec patriô), de le raconter complètement du commencement à la fin, moi Joseph ben Mattitiah (ou Mattit-iahou), Hébreu de naissance, kôhen de Jérusalem. Moi-même j'ai fait la guerre aux Romains tout d'abord. Et aux événements qui ont suivi, j'ai assisté par nécessité...

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Joseph explique lui-même ce qu'il entend par les Barbares : ce sont les frères des communautés judéennes qui se trouvent au-delà de l'Euphrate : Guerre I, 5 : Les Judéens avaient espéré que tous ceux qui appartiennent au même peuple et qui habitent au-delà de l'Euphrate allaient se soulever avec eux... Guerre I, 6 : Il m'a paru absurde que les Parthes [— les Judéens qui vivent parmi les Parthes], les Babyloniens [= les Judéens qui vivent en Babylonie], que ceux qui vivent au loin parmi les Arabes, et tout le peuple de nos frères qui vivent au-delà de l'Euphrate, en Adiabène, connaissent la vérité d'une manière exacte par mes soins, comment elle a commencé, cette guerre, comment elle s'est développée, à travers quelles souffrances, et comment elle a fini en catastrophe, et que l'ignorent les Grecs [= les Judéens de langue grecque] et ceux des Romains [= les Judéens de Rome ou de l'Empire] qui n'ont pas pris part à l'expédition... A la fin de la Guerre des Judéens contre les Romains, Joseph écrit : Guerre VII, 454 : C'est ici pour nous la fin de cette histoire que nous avons promis de transmettre avec toute l'exactitude, le soin minutieux, à ceux qui veulent apprendre de quelle manière cette guerre des Romains contre les Judéens a été guerroyée (expression hébraïque classique). Quant à savoir comment elle a été traduite (grec pas hèrmèneutaï), cela, à ceux qui vont la lire, il est laissé le soin d'en juger. Mais en ce qui concerne la vérité, je ne crains pas de dire que c'est elle seule que j'ai visée durant toute cette composition écrite. Joseph était un grand lettré, issu de famille sacerdotale. La langue de ses pères, c'est évidemment l'hébreu. Ce n'est pas le patois que l'on parlait dans les campagnes. Pour réaliser cette traduction de son œuvre, Joseph a été aidé par des collaborateurs.

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Contre Apion (publié entre 93 et 96) IX, 47 : Moi, et sur la totalité de la guerre et sur ce qui s'est produit durant cette guerre, dans le détail, j'ai fait une relation écrite véridique. A tous les événements, moi-même j'étais présent... Durant tout ce temps il n'y a rien de ce qui a été fait qui ait échappé à ma connaissance. En effet ce que je voyais dans l'armée des Romains, je l'ai noté avec soin (grec epimelôs anegraphon). Et ce qui était annoncé de la part de ceux qui passaient volontairement d'un camp dans l'autre, les transfuges, j'étais seul à le comprendre. Plus tard, lorsque j'en ai eu le loisir à Rome, tout mon ouvrage était préparé, je me suis servi de collaborateurs (grec sunergois) pour ce qui est de la langue grecque. C'est ainsi que j'ai fait des actes, des événements, des gestes, la transmission, la relation (grec paradosis). Romains 16, 21 : Il vous salue, Timotheos, mon collaborateur (grec sunergos) et Loukios et Iasôn et Sôsi-patros... (Observez la construction hébraïque de la phrase : le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets). Philémon 1, 23 : Il te salue, Epaphras, prisonnier de guerre avec moi dans le maschiah Ieschoua, Markos, Aristarchos, Dèmas, Loukas, mes collaborateurs (grec sunergoi). Il est vraisemblable que Schaoul-Paul dictait ses lettres en hébreu et qu'elles étaient traduites à la volée, proposition par proposition, par ses collaborateurs bilingues. La mère de Timothée était judéenne, et chrétienne ; son père était grec (Actes 16, 1). Il est vraisemblable que la traduction de l'hébreu en grec de l'œuvre de Joseph s'est faite de la manière suivante : Un compagnon lisait le texte hébreu, proposition par proposition. Un second compagnon, bilingue, traduisait le texte hébreu en grec. Un troisième compagnon, qui n'était pas tenu de connaître l'hébreu, écrivait le texte grec qui lui était dicté. Nous avons un indice dans un texte de Joseph : Guerre V, 269 : Les machines à lancer des traits (grec oxubelès) de

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la dixième légion étaient plus puissantes ; ces machines à lancer des pierres (grec litho-bolos) étaient plus grandes. Avec ces machines les Romains renversaient non seulement ceux qui tentaient une sortie mais aussi les Judéens qui étaient sur les remparts [de Jérusalem]. Car elles étaient de la grosseur ou du poids d'un talent (grec talantiaios = à peu près 26 kilos) et portaient à une distance de deux stades et plus [un stade =178 m]. Le coup qu'elles portaient, non seulement pour ceux qui étaient en avant, mais souvent pour ceux qui étaient derrière, était irrésistible. Les Judéens, tout d'abord, se gardaient de la pierre. Car elle était blanche, en sorte qu'elle se faisait connaître non seulement par son sifflement, mais aussi par son éclat ; elle était vue à l'avance. Des observateurs qui étaient assis sur les tours avertissaient les Judéens chaque fois qu'elle effectuait le lancement, la machine, et que la pierre était lancée. Alors, dans la langue de leurs pères (grec tè patriô glôssë) ils criaient : « Le fils arrive ! (grec ho huios erchetai). La solution est simple. En hébreu le fils se dit ha-ben, la pierre, haeben. Le compagnon qui lisait le texte hébreu de Joseph a dit : ha-eben. Le compagnon bilingue qui faisait la traduction a entendu : ha-ben, et il a traduit en grec : ho huios. En araméen, le fils se dit bar. Si le texte de Joseph avait été écrit en araméen, la confusion n'était pas possible. Dans la traduction en langue grecque de la Bibliothèque hébraïque, on relève un certain nombre d'erreurs qui proviennent de ce que le texte hébreu était dicté proposition par proposition. Le compagnon bilingue qui effectuait la traduction a parfois confondu des mots hébreux qui avaient le même son, et qui ne s'écrivaient pas de la même manière. L'Autobiographie de Joseph est offerte à un certain Epaphrodite (epaphroditos, qui inspire l'amour ; traduction du latin Félix, favori de la Fortune, Autobiographie, 430). C'est au même Epaphrodite qu'a été offerte VHistoire ancienne de la Judée et des Judéens, achevée en l'année 93, Epaphrodite avait encouragé Joseph à entreprendre cette Histoire ancienne, appelée généralement Antiquités (I, 8). C'est à Epaphrodite

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encore qu'est offert le Contre Apion. A Rome, Épictète eut un maître qui s'appelait lui aussi Epaphrodite. Est-ce le même ? Épictète Épictète (grec epiktètos : acquis ensuite ou postérieurement, étranger) est peut-être né aux environs de l'année 50 à Hiérapolis en Phrygie, en face de Laodicée. Il existait une petite communauté chrétienne à Hiérapolis. Paul en parle dans l'une de ses lettres (Colossiens 4, 13). Épictète était un esclave, peut-être fils d'esclave. Epiktètos est probablement un surnom. Il est emmené à Rome au service d'un affranchi de Néron qui s'appelait Epaphrodite. Peut-être est-ce celui qui a aidé Néron à se suicider (Suétone, Néron, XLIX, 5 ; Domitien, XIV, 2), et qui a été mis à mort par Domitien. En 94 peut-être, l'empereur Domitien chasse de Rome les philosophes, les mathématiciens et les astrologues. Épictète s'en va à Nicopolis en Épire. Il ouvre une école de philosophie; il meurt entre 125 et 130. Arrien, homme politique et écrivain, est l'auditeur d'Épictète ; il notait ses enseignements. Certains érudits pensent même à la sténographie. Ce sont ces notes qui constituent le fonds des diatribai, que les traductions françaises appellent Entretiens. Arrien, dans sa lettre-préface : Ce n'est pas moi qui ait rédigé les paroles d'Épictète... Tout ce que j'ai entendu, lorsqu'il parlait, je me suis efforcé de l'écrire en me servant des propres mots qu'il utilisait, pour conserver pour moimême pour l'avenir les mémoires (grec hupomnèmata) de sa pensée et de sa liberté de langage, de sa franchise (grec parrèsia). Un auditeur estimait qu'Épictète parlait dans une langue qui n'était pas correcte (esoloikizen) et qu'il parlait comme un étranger (ebarbarizen, Entretiens III, 9). Épictète emploie en effet des expressions typiquement hébraïques traduites littéralement en grec : Quoi à moi et à lui ? Entretiens I, 22, 15.

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Voici la bataille entre Judéens, Syriens, Égyptiens et Romains : non pas sur le fait que ce qui est saint doit être estimé au-dessus de tout... mais sur la question de savoir si ceci est saint : manger du cochon, ou bien impie, sacrilège (grec anosios). Épictète cite les Psaumes, Entretiens I, 29, 48 : C'est dans les angoisses que je suis kurie (sans article, transcription du tétragramme YHWH), et je suis éprouvé par le malheur. Personne ne me donne rien, tous me blâment et disent du mal de moi. Épictète cite des expressions hébraïques traduites littéralement en grec, et qui en grec n'ont pas de sens. Entretiens I, 29, 57 : to prosôpon analambanein, traduction de l'hébreu nasa panim, relever la face. Entretiens II, 9, 19 : Pourquoi donc dis-tu que tu es stoïcien, pourquoi est-ce que tu trompes la multitude? Pourquoi joues-tu la comédie, pourquoi feindre — alors que tu es un Judéen — d'être un Grec ? Ne vois-tu pas comment chacun est appelé Judéen, comment il est appelé Syrien, comme Égyptien ? Et lorsque nous voyons quelqu'un qui penche de côté et d'autre, nous avons l'habitude de dire : Ce n'est pas un Judéen, mais il fait semblant, il feint de l'être. Lorsqu'il a reçu ce que l'on éprouve (grec to pathos) du fait d'avoir été plongé, immergé (grec baptô), et pris, capturé, choisi, circoncis ? (grec hèrème-nou, du verbe aireô, parfait passif. Ou bien le verbe airô, lever, enlever, supprimer, circoncire?) Et ainsi nous qui avons été plongés, immergés (grec kai hèmeis parabaptistai, Ézéchiel 23, 15 : teboulim, du verbe tabal, plonger dans l'eau ou le sang, grec parabapta) par la parole nous sommes Judéens, mais par l'action quelque chose de tout autre. Nous manquons de sympathie (grec asumpatheis) pour la parole, et nous sommes loin de mettre en pratique les paroles que nous disons, et dont nous nous glorifions, parce que nous les connaissons. Expressions hébraïques, transcrites en caractères grecs : Hoï à moi, Entretiens III, 19, 1. Expressions hébraïques traduites en grec, comme le fait Paul lui-même : hébreu halilah H, 1 Samuel 2, 30 ; halilah leka, 1 Samuel 20, 9 ; Genèse 18, 25, etc. Luc 20, 16 : mè genoito, Romains 3, 4; 3, 6 ; 3, 31 ; 6, 2 ; 6, 15 ; etc. Épictète, Entretiens III, 24, 113: mè genoito. Épictète semble professer que Dieu est créateur de l'Univers.

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Entretiens IV, 7, 6 : Par la raison et la démonstration, personne ne peut apprendre que Dieu a créé toutes choses (grec panta pepoièken), tout ce qui est dans le monde {ta en tô kosmô) et le monde lui-même {kai auton ton kosmon holori)... La question est de savoir si cette proposition doit se lire d'une manière affirmative ou interrogative, selon certains manuscrits. La question qui reste ouverte est de savoir si Épaphrodite, qui. a été à Rome le maître du jeune esclave surnommé Epiktètos, est bien l'affranchi de Néron qui, d'après Suétone, était maître des requêtes ; si c'est bien lui qui a aidé Néron à se donner la mort ; et si c'est le même Epaphrodite à qui Joseph a offert plusieurs de ses ouvrages, ou non. Il est aussi permis de se demander si l'esclave surnommé Épiktètos n'était pas un esclave judéen, puisqu'il parle une langue, il emploie des expressions, qui sont du judéo-grec et que sa pensée elle-même comporte des caractéristiques nettement hébraïques. Quand Joseph écrit après la fin de la grande guerre entre les Judéens et les Romains, il dit ce qu'il sait, clairement, sans crainte, parce qu'il ne risque plus rien. Il décrit les événements, il nomme les personnages ouvertement par leur nom. Iohanan compose l'Apocalypse probablement vingt-cinq ans plus tôt, autour de l'année 50. Souvent il fait allusion aux mêmes événements et aux mêmes personnages que ceux dont parle Joseph, mais il le fait d'une manière chiffrée, allusive. Il parle par énigmes, parce qu'il écrit en pleine terreur et que son livre est destiné aux frères et aux sœurs des communautés chrétiennes qui sont persécutées à mort par tout le monde : le haut sacerdoce de Jérusalem, les rois de Judée, les gouverneurs romains qui représentent l'Empereur de Rome.

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II. Le contexte historique et politique La procession du pouvoir A. L'ORIGINE OU LA SOURCE DU POUVOIR 1. Les empereurs romains Les empereurs romains s'imaginaient qu'ils étaient eux-mêmes et par eux-mêmes la source ou l'origine du pouvoir. C'est l'essence du paganisme. Bien entendu, Joseph surnommé Flavius qui est kôhen, monothéiste, ne pense pas ainsi. Il pense comme tous les monothéistes que la source unique et l'origine radicale de tout pouvoir est en celui qui est le créateur de l'Univers. L'essence du paganisme en cosmologie est de s'imaginer que l'Univers physique n'a pas de créateur et qu'il se suffit. Il est l'Être et il n'y en a pas d'autre. En politique, l'essence du paganisme est de s'imaginer que le roi, le César, l'Empereur ou l'État, est l'absolu, la source ou l'origine radicale du pouvoir, et qu'il n'y a rien au-dessus. L'intérêt supérieur de l'État est la norme suprême. C'est la raison pour laquelle les Césars ont toujours haï le monothéisme hébreu. C'est une haine métaphysique. Elle est parfaitement exprimée par Fichte, par Hegel et par Nietzsche, les théoriciens de l'État. Nietzsche, Zur Généalogie der Moral, 16 : Rom gegen Judàa, Judàa gegen Rom... Diesen todfeindlichen Widerspruch. Rom empfand im Juden etwas wie dieWidernatur selbst, gleichsam sein antipodisches Monstrum... Joseph connaît 10 empereurs romains. Cela nous suffira. 1. 2. 3. 4. 5. Jules César, dictature entre 48 et 44 avant notre ère. Octave-Auguste, mort en 14 de notre ère. Tibère, principat entre 14 et 37 de notre ère. Caius Caligula, 37-41. Claude, 41-54.

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6. Néron, 54-68. 7. Galba, 68-69. 8. Othon, 69. 9. Vitellius, 69. 10. Vespasien, 69-79. Ont suivi : 11. Titus, 79-81. 12. Domitien, 81-96. Joseph, qui écrit après la prise et la destruction de Jérusalem et du Temple, envisage la procession du pouvoir comme Iohanan de l'Apocalypse autour de l'année 50 : 1. L'Empereur de Rome, qui est, ou qui se croit, la source, l'origine radicale du pouvoir absolu, du pouvoir païen. 2. Les gouverneurs ou procurateurs romains qui reçoivent de l'Empereur de Rome une partie, dégradée, de son pouvoir. 3. Les rois judéens de la sinistre dynastie des Hérodes, qui sont nommés, élus et révoqués par les empereurs romains. 4. Les grands prêtres qui sont nommés, choisis et révoqués par les gouverneurs romains et par les rois judéens de la dynastie des Hérodes. Les documents que nous fournit Joseph éclairent cette procession du pouvoir depuis l'Empereur de Rome jusqu'au grand sacerdoce de Jérusalem. Joseph nous sert donc rétrospectivement à éclairer l'Apocalypse de Iohanan, tout comme le premier livre des Maccabées nous sert à éclairer le livre de Daniel. 1. Jules César Guerre I, 183 : Pompée et le Sénat romain se sont enfuis au-delà de la mer Ionienne. César est devenu maître de Rome et de tout

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l'Empire. Il a libéré Aristobule de ses chaînes. Il lui a confié deux légions et il l'a envoyé en toute hâte en Syrie. Il espérait s'attacher facilement cette province et les territoires qui entouraient la Judée... Nous sommes en 49 avant notre ère. Guerre I, 218: Elle s'est élevée, chez les Romains, dans ce temps-là, la grande guerre. Cassius et Brutus avaient tué, par la ruse, César. César avait tenu le pouvoir suprême (grec tèn archèn) trois ans et sept mois... [Depuis l'année 48 avant notre ère jusqu'au 15 mars 44.] On observe que Joseph compte avec minutie la durée des règnes des empereurs romains. 2. Auguste Guerre II, 168 : Elle est passée à Tibère, le fils de Julie, la domination (grec hègemonia) des Romains, après la mort d'Auguste. Il avait dirigé les affaires pendant cinquante-sept ans, six mois et deux jours... Mort de Jules César : 15 mars 44 avant notre ère. Mort d'Auguste : 19 août 14 de notre ère. Les érudits ne comprennent pas comment Joseph a fait son compte. 3. Tibère Guerre II, 180 : ... jusqu'au jour où lui-même, Tibère, est mort. Il a exercé la domination (le verbe grec hègemoneuô, être le guide, le Fùhrer, le Duce : commander) pendant vingt-deux ans (littéralement : deux années ajoutées à vingt : numération hébraïque) et trois jours ajoutés à six mois... Tibère a commencé à régner le 19 août 14, à la mort d'Auguste. Il est

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mort le 16 mars 37. Les érudits ne sont toujours pas d'accord avec Joseph. Antiquités XVIII, 33 : Tibère a été le troisième empereur... Antiquités XVIII, 205 : Tibère, revenu à Caprée, s'affaiblissait peu à peu ; bientôt sa maladie s'aggrava, il désespéra de guérir et ordonna à Evodus, l'affranchi qu'il estimait le plus, de lui amener ses enfants parce qu'il désirait leur parler avant de mourir. Il n'avait plus d'enfants légitimes, car Drusus, son fils unique, était mort... Mais le fils de celui-ci, Tibère surnommé Gemellus, survivait, ainsi que le fils de son frère Germanicus... Ce dernier était déjà un jeune homme... 4. Caius Caligula Antiquités XVIII, 206 : Tibère après avoir désigné Caius pour son successeur à l'Empire, vécut encore quelques jours, et puis il mourut. Il avait exercé lui-même le pouvoir suprême pendant vingtdeux ans, cinq mois et trois jours. Caius a été le quatrième empereur. A la nouvelle de la mort de Tibère, les Romains se sont réjouis... Guerre II, 204 : Caius (grec Gaios) a exercé la domination pendant trois ans et huit mois. Il a été tué par ruse. Et alors il a été arraché, enlevé de force, par les armées qui étaient à Rome, pour être porté au pouvoir, Claudius... Caius ou Gaius a régné depuis le 18 mars 37 jusqu'au 24 janvier 41. Observer l'ordre de la phrase : le verbe en tête, comme en hébreu. Nous reviendrons longuement sur Caius Caligula à propos de l'affaire de la statue. 5. Claude Claude a été enlevé par les armées qui se trouvaient à Rome pour le

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porter à la tête de l'Empire. Le Sénat fut d'avis de faire la guerre à Claude. C'est alors qu'intervint Agrippa [Hérode Agrippa I] que Claude envoya en ambassade auprès du Sénat. Nous y reviendrons longuement, à propos d'Hérode Agrippa I. Guerre II, 215 : A Agrippa, Claude fit don de tout le royaume de son grand-père. Il ajouta les territoires donnés par Auguste à Hérode [dit le Grand] et outre cela un autre royaume appelé le royaume de Lysanias. Il annonça au peuple cette donation par un décret impérial et prescrivit aux magistrats d'en faire graver le texte sur des tables de bronze et de les déposer au Capitole. Il gratifia également du royaume de Chalcis, Hérode, frère d'Agrippa... Antiquités XIX, 162 : Soudain Claude fut traîné hors de sa maison... Il fallait, pendant que rien n'était encore décidé, choisir pour souverain Claude, oncle paternel du mort... Claude avait donc été enlevé par les soldats... Antiquités XIX, 201 : Caius, quand il mourut de la sorte, avait gouverné les Romains pendant quatre ans moins quatre mois... Antiquités XIX, 229 : Le Sénat, apprenant que Claude avait été porté par les soldats dans leur camp, lui envoya les hommes les plus éminents par leur mérite pour le détourner de tout coup de force en vue de s'emparer du pouvoir et l'exhorter à s'en remettre au Sénat, car il était tout seul en face d'eux tous et devait laisser à la loi le soin de pourvoir au bien public. Il devait se souvenir aussi des maux infligés à l'État par les tyrans précédents, des dangers qu'il avait lui-même courus avec les autres sous Caius : détestant la dureté d'une tyrannie injustement exercée par autrui, il ne devait pas oser lui-même, de son plein gré, faire injure à la patrie... S'il faisait un coup de folie sans être en rien instruit par la fin de Caius, il ne les verrait pas céder, car ils avaient avec eux une grande partie de l'armée, possédaient quantité d'armes et une multitude d'esclaves qui les servaient...

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Antiquités XIX, 234 : Les députés... tous deux tribuns de la plèbe, lui parlèrent en ce sens et, tombant à ses genoux, le supplièrent de ne pas jeter l'État dans des guerres et des malheurs. Mais quand ils virent que Claude était entouré de la grande masse de l'armée et que les consuls n'étaient rien en comparaison de lui, ils ajoutèrent que, s'il désirait le pouvoir, il devait le recevoir comme un don du Sénat... Guerre II, 248 : Lui-même, Claude, après avoir gouverné l'Empire treize ans, huit mois et vingt jours, il est mort. Il a laissé Néron comme successeur à l'Empire... Claude a donc régné du 24 janvier 41 au 13 octobre 54. 6. Néron Antiquités XX, 148 : L'empereur Claude mourut après un règne de treize ans, huit mois et vingt jours. Certains faisaient courir le bruit qu'il avait été empoisonné par sa femme Agrippine. Le père de celle-ci était Germanicus, frère de l'Empereur, et elle avait épousé Domitius Aenobarbus, illustre Romain. Après la mort de ce dernier et un long veuvage, elle fut épousée par Claude et amena avec elle son fils, nommé Domitius comme son père. Claude avait auparavant fait périr par jalousie sa femme Messaline, dont il avait eu comme enfants Britannicus et Octavie. Il avait encore l'aînée de ses enfants, Antonia, née de sa première femme Paetina. Il maria Octavie à Néron, car tel fut le nom que Claude donna à Domitius après l'avoir adopté... Agrippine, craignant que Britannicus devenu adulte ne reçut de son père le pouvoir, et voulant ravir l'Empire pour son propre fils, provoqua, dit-on, la mort de Claude et chargea aussitôt le préfet du prétoire Burrhus, ainsi que les tribuns et les plus puissants des affranchis, d'emmener Néron au camp et de le proclamer empereur. Néron, après avoir ainsi obtenu le pouvoir, tua par le poison

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Britannicus à l'insu de presque tout le monde, et peu après assassina ouvertement sa mère... Il tua aussi Octavie à qui il était marié et également beaucoup d'hommes illustres, sous prétexte qu'ils complotaient contre lui... Guerre IV, 491 : Vespasien était retourné à Césarée et il se préparait avec toute son armée à pousser [ses troupes] contre Jérusalem même. On lui annonça que Néron a été mis à mort. Il avait régné trois et dix ans (numération hébraïque) et huit mois... Néron a régné depuis le 13 octobre 54 jusqu'au 9 juin 68.

7. Galba Guerre IV, 497 : Vespasien tout d'abord a remis à plus tard la campagne militaire contre Jérusalem. Il attendait anxieusement de savoir à qui allait passer le pouvoir après Néron. Ensuite il a appris que c'est Galba qui était dictateur (grec autokratôr). Avant que celui-ci ne lui ait écrit quelque chose au sujet de la guerre, il n'a rien entrepris. Mais il a envoyé vers lui [Galba] son fils Titus pour le saluer et pour recevoir ses ordres au sujet des Judéens. Pour les mêmes raisons et en même temps que Titus, lui aussi, Agrippa, le roi, s'embarqua pour aller trouver Galba. Ils passaient par l'Achaïe, c'était l'hiver, ils naviguaient tout autour des côtes sur des grands navires ; ils ont été prévenus que Galba avait été assassiné, après sept mois et un même nombre de jours... Mort de Néron le 9 juin 68. Galba est assassiné le 15 janvier 69. 8. Othon Guerre IV, 499 : A partir de là, le pouvoir suprême (grec hègemonia) il l'a reçu, Othon... (Ordre hébreu de la phrase.)

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Agrippa a décidé de poursuivre son voyage vers Rome... Titus... est parti de Grèce et il s'est embarqué pour la Syrie, et aussi vite que possible il est allé à Césarée vers son père... Guerre IV, 546 : Il a été mis à mort au beau milieu de l'agora [= du forum] des Romains, Galba... (Ordre hébreu de la phrase.) ... Il a été désigné ou proclamé dictateur (grec auto-kratôr) Othon. Il faisait la guerre contre Vitellius qui s'était fait roi [ou qui voulait régner]. C'est lui qu'avaient choisi les armées qui étaient en Germanie... Il y a eu un grand carnage. Il s'est donné la mort à luimême, Othon, à Brixellum [près de Parme], lorsqu'il a appris sa défaite. Pendant deux jours et trois mois il avait dirigé les affaires... Othon est mort le 17 avril 69. 9. Vitellius Guerre IV, 549 : Elle est passée aux généraux de Vitellius, l'armée, et il est descendu, lui [Vitellius] à Rome avec l'armée... Et pendant ce temps-là aussi, Vespasien s'est levé et il est parti de Césarée... et il a marché contre les territoires de la Judée qui n'avaient pas encore été soumis... [juin 68]. Guerre IV, 652 : Il [Vitellius] a été traîné par la foule et outragé à l'excès par toutes sortes de coups... C'est au milieu même de Rome qu'il est égorgé. Il avait exercé l'empire huit mois et cinq jours... [Du 17 avril au 21 décembre 69.] 10. Vespasien Guerre IV, 588 : Vespasien, après avoir détruit complètement les environs de Jérusalem, est retourné à Césarée. Il a appris les bouleversements qui concernaient Rome et que Vitellius était dictateur...

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Guerre IV, 655 : Le peuple maintenant délivré de la terreur a acclamé comme dictateur (grec autokratôr) Vespasien... Guerre IV, 656 : Il était arrivé à Alexandrie, Vespasien. Les heureuses nouvelles (grec ta euaggelia) qui venaient de Rome lui sont parvenues, et des envoyés qui venaient de toute la terre habitée... Maintenant que le pouvoir tout entier avait retrouvé son seigneur, et qu'elles étaient sauvées contre toute espérance pour les Romains, les affaires, Vespasien, vers ce qui restait de la Judée, a tourné sa pensée... Lui-même cependant il avait hâte de s'embarquer pour Rome... C'est son fils Titus avec l'élite de l'armée qu'il a envoyé pour s'emparer de Jérusalem... Nous sommes au printemps de l'année 70.

B. LA PROCESSION DESCENDANTE DU POUVOIR 2. Les gouverneurs romains Liste des gouverneurs romains, entre 6 et 41 de notre ère (Schùrer, I, 487) : 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. Coponius, 6-9. Marcus Ambibulus, 9-12. Annius Rufus, 12-15. Valerius Gratus, 15-26. Pontius Pilatus, 26-37. Marcellus, 36-37. Marullus, 37-41.

Les gouverneurs romains s'appelaient en latin procurator, en grec epi-tropos. On les a aussi appelés praefectus, grec eparchos. Procurator

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est le titre dominant (Emil Schùrer, Geschichte des Jùdischen Volkes im Zei-talter Jesu Christi, I, 455). Grâce aux notices de Joseph, on voit très clairement comment il envisage la procession descendante du pouvoir : 1. Depuis l'Empereur de Rome qui est, selon le point de vue païen, la source ou l'origine du pouvoir. 2. Pouvoir qui est communiqué partiellement aux gouverneurs romains choisis et destitués selon les caprices du César. 3. Pouvoir communiqué partiellement aussi aux rois judéens nommés et destitués eux aussi selon les caprices des Césars. 4. Pouvoir communiqué enfin aux grands prêtres du Temple de Jérusalem, nommés et destitués selon les caprices des gouverneurs romains et des rois judéens. Nous nous garderons bien de défaire les notices de Joseph, de démonter ces tresses tressées par Joseph ; mais pour que le lecteur s'y retrouve, nous les utiliserons chaque fois que cela sera nécessaire : 1. Pour les empereurs romains. 2. Pour les gouverneurs romains. 3. Pour les rois judéens. 4. Pour les grands prêtres. On remarquera que cette théorie de la procession du pouvoir qui descend de l'Empereur aux gouverneurs romains, de l'Empereur aux rois judéens, des gouverneurs romains et des rois judéens aux grands prêtres du Temple de Jérusalem, est exactement celle que nous avons relevée dans la notice de Luc 3, 1, et que nous allons retrouver dans l'Apocalypse de Iohanan. Antiquités XVIII, 29 : Sous l'administration de Coponius, venu... avec Quirinus pour gouverner la Judée... Lors de la célébration de la fête des matzôt que nous appelons pesah, les kôhanim avaient coutume d'ouvrir les portes du Temple à partir de minuit. Dès leur ouverture... des Samaritains entrés en secret à Jérusalem, ont jeté des ossements humains sous les portiques... Peu de temps après [en 9], Coponius rentra à Rome et eut pour successeur Marcus Ambivivius [= Ambibulus, 9-12]... Son successeur a été Annius

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Rufus [12-15], sous la magistrature duquel mourut Auguste [en 14]. C'était le second empereur romain. Il avait régné cinquante-sept ans, six mois et deux jours... Son successeur fut Tiberius Nero, fils de sa femme Julia ; ce fut le troisième empereur romain. Il a envoyé comme gouverneur de la Judée Valerius Gratus [15-26], pour succéder à Annius Rufus. Celui-ci destitua de la [grande] prêtrise Hanan, et il désigna comme grand prêtre Ismaël fils de Phiabi [entre 15 et 16]. Il l'a destitué peu après et il a investi du grand pontificat Éléazar fils du grand prêtre Hanan [entre 16 et 17]. Une année plus tard, il l'a privé de ses fonctions et il a transmis le grand pontificat à Schimeôn fils de Kamithos [entre 17 et 18]. Celui-ci n'avait pas rempli cette charge pendant un an quand lui succéda Joseph surnommé Qaïapha [entre 18 et 36]. Après avoir fait cela, Valerius Gratus est rentré à Rome [en 26]. Il avait passé onze ans en Judée. C'est Pontius Pilatus qui lui a succédé [26-36]. Pontius Pilatus (26-36) Dans la lettre qu'il a écrite en l'année 40 à l'empereur Caius Caligula à propos de l'affaire de la statue que Caius voulait faire élever dans le Temple de Jérusalem, Hérode Agrippa I nous relate des incidents provoqués par Pilatus en l'année 36. Nous sommes donc tout près des événements (texte cité par Philon d'Alexandrie en 41 ou 42). Legatio ad Caium, § 299 : Pilatus était parmi les gouverneurs [romains] procurateur (grec epitropos) désigné de la Judée. Pilatus, non pas pour faire honneur à Tibère, mais bien plutôt pour chagriner la foule, suspend dans les palais royaux d'Hérode, dans la Ville sainte, des boucliers recouverts d'or. Ils n'avaient pas sur eux de forme [humaine ou animale] ni rien d'autre de ce qui était interdit, mise à part une inscription qui indiquait celui qui avait fait l'offrande et en faveur de qui cette offrande était suspendue. Mais dès qu'elles s'en sont aperçues, les multitudes, les foules, — l'affaire

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avait été proclamée partout — elles se sont adjointes les quatre fils du roi [Hérode dit le Grand] et les autres descendants [de la famille royale] et ceux qui parmi eux étaient à la direction (grec en telei, hébreu netzah, diriger). Ils ont demandé que l'on revienne sur cette innovation qui concernait les boucliers et ils ont dit de ne pas toucher aux coutumes de leurs pères qui avaient été conservées, dans la durée passée, aussi bien pour les rois que pour les empereurs, intactes. Pilatus s'est opposé durement à leur réclamation. Alors ils se sont mis à crier : « Ne provoque pas des troubles ! Ne fais pas venir la guerre ! Ne détruis pas la paix ! Ne pas honorer les lois anciennes, ce n'est pas cela honorer l'Empereur ! Ne cherche pas un prétexte pour outrager le peuple avec Tibère ! Il n'a jamais voulu abolir aucune de nos lois ! Si tu prétends que Tibère a modifié une seule de nos lois, montre-nous donc un seul document, une seule lettre de l'Empereur qui le dise ! Nous allons élire une ambassade et aller présenter notre requête à l'Empereur ! » Pilatus a eu peur que s'ils envoyaient une ambassade à Rome, ils ne fassent la démonstration de ses crimes : comment il avait été corrompu par des dons ; — ses violences ; — ses brigandages ; — ses meurtres sans jugement... Ceux qui étaient à la direction ont écrit à Tibère des lettres de supplication. Tibère les a lues. Il s'est mis en fureur... Tibère a écrit une lettre à Pilatus... Il a ordonné d'enlever immédiatement les boucliers et de les transporter hors de la Villemère [Jérusalem], à Césarée qui est au bord de la mer... Les quatre fils du roi Hérode dit le Grand ici mentionnés sont peutêtre : — Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée, l'assassin de Iohanam l'ascète du désert de Judée ; — Philippe, tétrarque de la Gaulanitide, de la Trachonitide et de l'Iturée ; — Hérode Philippe qui n'a pas eu d'héritage de son père. On se demande quel est le quatrième. L'expression grecque en telei que l'on retrouve deux fois dans ce fragment de la lettre d'Hérode Agrippa I adressée à Caius Caligula, traduit probablement l'expression hébraïque lenetzah, à la direction de...

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Presque un demi-siècle plus tard, Joseph rapporte une affaire analogue, peut-être la même : Antiquités XVIII, 55 : Pilatus, qui commandait en Judée, amena son armée de Césarée et l'établit à Jérusalem pour prendre ses quartiers d'hiver. Il avait eu l'idée, pour abolir la Torah des Judéens, d'introduire dans la Ville les effigies de l'Empereur qui se trouvaient sur les enseignes... Le premier, Pilatus, à l'insu du peuple — car il était entré de nuit — introduisit ces images à Jérusalem et les y installa. Quand le peuple l'a su, il alla en masse à Césarée et supplia Pilatus pendant plusieurs jours de changer ces images de place... Nous connaissons aussi Pontius Pilatus, procurateur entre 26 et 36, par les quatre Évangiles, et avec plus de précision par l'Évangile de Jean. Jean 18, 28 : Et alors ils ont conduit Ieschoua de la maison de Qaïapha, au palais du gouverneur (latin praetorium, transcription en caractères grecs praitôrion, transcrit aussi en caractères hébreux). C'était le matin. Et eux-mêmes [les Judéens] ils ne sont pas entrés dans le palais du gouverneur, afin de n'être pas souillés mais de pouvoir manger pesah. Et alors il est sorti, Pilatus, dehors (expression hébraïque classique), vers eux, et il a dit... Un dialogue a été noté entre le procurateur romain Pontius Pilatus et le prisonnier qui lui était amené. Nous ne savons pas en quelle langue ce dialogue a été parlé. Nous pouvons conjecturer que le procurateur romain baragouinait quelques mots d'hébreu, — comme les gauleiter allemands baragouinaient volontiers quelques mots de français pendant l'occupation de la France —, et qu'il était assisté par un interprète. C'est peut-être grâce à cet interprète judéen bilingue ou trilingue que nous avons la notation exacte de ce dialogue : Jean 18, 33 : Et alors il est entré de nouveau dans le palais du gouverneur, Pilatus, et il a appelé Ieschoua et il lui a dit : « Ainsi

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c'est toi le roi des Judéens ? » Et il a répondu, Ieschoua : « Est-ce que c'est de ton propre cœur [intelligence] (hébreu mi-libbeka) que toi tu dis cela, ou bien est-ce que ce sont les autres qui t'ont dit cela à mon sujet ? » Et il a répondu, Pilatus : « Est-ce que moi je suis Judéen ? C'est ton peuple et tes grands prêtres qui t'ont livré à moi. Qu'est-ce que tu as fait ? » Et il a répondu, Ieschoua : « Mon règne, ou mon royaume, ou ma royauté (grec basileia, qui peut traduire plusieurs mots hébreux issus de la même racine malak, régner) n'est pas issu de la durée du monde présent (hébreu min ha-ôlam ha-zeh). S'il était issu du monde de la durée présente, mon règne, mon royaume, ou ma royauté, alors ce sont mes serviteurs (grec hupèretès, hébreu ebed) qui auraient combattu afin que je ne sois pas livré entre les mains des Judéens. Mais maintenant (hébreu weattah) mon royaume, mon règne, mon royaume ou ma royauté, n'est pas d'ici. » Et alors il lui a dit, Pilatus : « Et ainsi donc roi tu es, toi ? » Et il a répondu, Ieschoua : « C'est toi qui l'as dit, que moi je suis roi. Et moi c'est pour ceci que je suis né et c'est pour ceci que je suis venu dans le monde de la durée présente, afin que j'atteste en faveur de la vérité (hébreu probable le-haïd la-emet). Tout homme qui est issu de la vérité (hébreu probable kôl ascher hou min haemet), il entend ma voix. » Et il lui a dit, Pilatus : « Qu'est-ce que c'est : vérité ? » Le procurateur romain ne pose pas à son prisonnier judéen une question philosophique : Qu'est-ce que la vérité ? Il lui demande quel est le sens du mot qu'il vient de prononcer : émet. Nous avons dans ce dialogue entre le procurateur romain et son prisonnier judéen une analyse métaphysique de la distinction qui existe entre le pouvoir du monde de la durée présente, le pouvoir politique et le pouvoir qui est d'un autre ordre, qui n'est pas politique. Le Rabbi distingue son ordre, qui n'est pas politique, de l'ordre dans lequel se situe le gouverneur romain. Le mot « roi », les mots « royaume », « royauté », « règne », ont un sens dans le domaine politique. Ils ont un autre sens dans un domaine qui est ontologique. Cette distinction des ordres est importante. Elle permet de comprendre

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pourquoi les frères de la première communauté chrétienne ne sont pas entrés dans la résistance armée contre l'empire romain. Les premiers chrétiens, qui étaient des Judéens, n'étaient pas collaborateurs du tout. Mais ils ne sont pas non plus entrés dans la résistance à l'occupant romain. C'est pourquoi ils ont été persécutés à mort aussi bien par les rois collaborateurs que par les résistants. On trouve des textes, à cet égard, dans la première lettre de KeiphaPetros, que bien entendu l'école de Tûbingen à la suite de F.C. Baur considère comme un apocryphe du IIe siècle, mais qui date probablement des années 50. 1 Pierre 2,13: Soyez soumis à tout homme créé, à cause du Seigneur, soit au roi, soit au gouverneur (grec hègemôn)... Parce que c'est ainsi la volonté de Dieu... Au IIe siècle de notre ère, il n'y avait plus en Judée ni roi judéen ni gouverneur romain. Romains 13, 1 : Que toute âme aux puissances soit soumise. Car il n'y a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu... Cette affaire a été très mal comprise depuis les origines et jusqu'à nos jours. De fait elle est difficile. La raison d'être de celui qui s'appelle luimême fils de l'homme (hébreu ben adam), ce n'est pas principalement ni tout d'abord de libérer la Judée de l'occupation romain. La raison d'être du Rabbi, c'est de communiquer à la vieille humanité animale, avec ses antiques programmations reptiliennes, une nouvelle programmation, qui a pour raison d'être elle-même, de créer l'humanité nouvelle, qui est en fait l'humanité véritable voulue par le Créateur unique avant les origines de l'Univers. La méthode utilisée par le christianisme depuis les origines s'explique par cette différence dans les finalités. L'Apocalypse de Iohanam se situe précisément dans ce contexte historique et politique : entre les rois judéens collaborateurs, le haut sacerdoce de Jérusalem collaborateur en partie du moins, et les résistants qui vont soulever la Judée contre Rome, et provoquer le désastre.

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Le dialogue se poursuit entre Pilatus et son prisonnier. Jean 19, 9 : Et il est entré dans le palais du gouverneur de nouveau et il a dit à Ieschoua : « D'où es-tu ? » Et Ieschoua, il ne lui a pas répondu une seule parole. Alors il lui a dit, Pilatus : « C'est à moi que tu ne parles pas ? Est-ce que tu ne sais pas qu'elle est à moi la puissance (grec exousia, hébreu : le substantif dérivé du verbe schalat, schalit, schiltôn) de te faire relâcher, et elle est à moi la puissance de te faire clouer à la croix ? » Et il lui a répondu, Ieschoua : « Elle ne serait pas à toi, aucune puissance, si elle n'avait été donnée à toi d'en haut (grec anôthen, hébreu mi-le-maelah) [= de Dieu]... » Jean 19, 12 : A partir de ce moment-là, Pilatus cherchait à le faire relâcher. Mais les Judéens se sont mis à crier, ils disaient : « Si celui-ci tu le relâches, alors tu n'es pas l'ami de César. Car tout homme qui se fait lui-même roi s'oppose à César... » Le Rabbi dit à Pilatus (Jean 19, 11) ce que Paul écrira beaucoup plus tard aux Romains (13, 1). On voit très nettement par la notice conservée par Jean 18, 28, les deux conceptions du pouvoir qui s'opposent. La conception païenne qui est celle de Pontius Pilatus : le pouvoir absolu a son origine dans l'Empereur de Rome. La conception hébraïque qui est celle du monothéisme : en réalité l'origine radicale du pouvoir n'est pas dans l'homme, elle n'est pas dans l'Empereur de Rome, mais dans celui qui a créé les cieux et la terre. Ce sont deux métaphysiques qui s'opposent. A la fin du Ier siècle, Joseph écrit : Antiquités XVIII, 85 : Les Samaritains étaient excités par un homme... Il leur a ordonné de monter avec lui sur le mont Garizim, qu'ils jugent la plus sainte des montagnes... Ils firent en foule l'ascension de la montagne. Mais Pilatus s'est hâté d'occuper

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d'avance la route où ils devaient monter en y envoyant des cavaliers et des fantassins... Antiquités XVIII, 88 : Le conseil des Samaritains s'est rendu auprès de Vitellius, personnage consulaire, gouverneur de la Syrie, et il a accusé Pilatus d'avoir massacré les gens qui avaient péri... Après avoir envoyé un de ses amis, Marcellus [procurateur de la Judée en 36-37], pour s'occuper des Judéens, Vitellius a ordonné à Pilatus de rentrer à Rome pour rendre compte à l'Empereur sur ce dont l'accusaient les Judéens. Pilatus, après dix ans de séjour en Judée [26-36], se hâtait de gagner Rome par obéissance aux ordres de Vitellius... Mais avant qu'il ne fût arrivé à Rome, survint la mort de Tibère [en 37]... La Judée n'était pas incorporée à la province de Syrie (Schùrer, I, 454) ; elle recevait son propre gouverneur ou procurateur, ici Pontius Pilatus, mais celui-ci était soumis au légat impérial en Syrie. La résidence habituelle du procurateur de la Judée était Césarée. Pour la fête de pesah de l'année 36, Vitellius qui était légat impérial en Syrie, est venu à Jérusalem. Il a remis aux grands prêtres du Temple de Jérusalem l'habit, le vêtement du grand prêtre, qui depuis l'année 6 de notre ère était entre les mains du pouvoir romain. Il expédie Pontius Pilatus à Rome, destitue Joseph surnommé Qaïapha qui était grand prêtre, et nomme Ionatan, fils de Hanan, kôhen gadôl : Antiquités XVIII, 90 : Vitellius, arrivé en Judée, monta à Jérusalem au moment de la fête nationale appelée pesah. Reçu avec magnificence, il fit remise aux habitants de l'ensemble des impôts sur la vente des récoltes. Il accorda aussi que le vêtement du grand pontife et tous ses ornements fussent placés dans le Temple et gardés par les prêtres comme ils en avaient jadis la prérogative ; pour le moment c'était dans la citadelle appelée l'Antonia qu'ils étaient déposés... Ayant ainsi agi par bienveillance pour le peuple, il dépouilla du sacerdoce le grand prêtre Joseph surnommé Qaïapha et lui substitua

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Ionatan, fils du grand prêtre Hanan. Puis il rentra à Antioche... [3637]. Après la mort du roi judéen collaborateur, Hérode Agrippa I, dont nous parlerons bientôt et longuement, en l'année 44, l'Empereur de Rome envoie de nouveau des procurateurs en Judée. Les procurateurs romains entre 44 et 66 (Schùrer I, 565) : 1. Cuspius Fadus, 44-?. 2. Tiberius Alexander, ?-48. 3. Ventidius Cumanus, 48-52. 4. Félix, 52-60. 5. Porcius Festus, 60-62. 6. Albinus, 62-64. 7. Gessius Florus, 64-66. Guerre II, 219 : Hérode Agrippa... est mort à Césa-rée, en 44... Il avait été roi trois ans... Il a laissé après lui trois filles... et un fils, Agrippa [= Agrippa II]. Comme celui-ci était encore trop jeune [il avait plus de 16 ans], alors de nouveau, de ces royaumes, Claude en a fait une province (grec eparchia). Et il a envoyé comme procurateur (grec epitropos) Cuspius Fadus, et ensuite Tibère Alexandre... Et après cela, celui qui était roi sur la Chalcis, Hérode, lui aussi il est mort... [en 48]. Guerre II, 223 : Après la mort d'Hérode qui gouvernait la Chalcis, il a installé, Claude, sur le royaume de son oncle, Agrippa le fils d'Agrippa [en 49]. Quant au reste de la province (grec eparchia), celui qui reçoit la succession en tant que procurateur, de Tibère Alexandre, c'est Ventidius Cumanus. C'est sous son administration qu'ont commencé les troubles et que la perdition de nouveau pour les Judéens est survenue... 1. Cuspius Fadus, 44-?

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Le premier procurateur que l'empereur Claude a envoyé en Palestine après la mort du roi Agrippa I, à Césarée, en 44, c'est Cuspius Fadus. Le vêtement du grand prêtre, dont nous parlerons longuement plus loin, avait été rendu aux Judéens par Vitellius en l'année 36, lors de la fête de pesah. Cuspius Fadus exige des Judéens qu'ils remettent aux autorités romaines le vêtement du grand prêtre. Antiquités XX, 1 : Fadus... fit alors venir les grands pontifes et les premiers de Jérusalem, et les invita à déposer dans la tour Antonia les vêtements sacrés et la robe pontificale que la coutume permettait au seul grand prêtre de revêtir, pour qu'ils y fussent comme auparavant au pouvoir des Romains. N'osant pas résister, ils supplièrent pourtant Fadus et Longinus... Ils leur demandèrent d'abord de leur permettre d'envoyer à l'Empereur des délégués pour obtenir de garder la robe sacrée en leur pouvoir, ensuite d'attendre jusqu'à ce qu'ils connussent la décision prise par Claude à ce sujet. Les Romains répondirent qu'ils leur permettraient d'envoyer des délégués, s'ils donnaient leurs enfants en otages. Les autres acceptèrent avec empressement et remirent les otages. Les délégués furent donc envoyés. A leur arrivée à Rome, Agrippa le Jeune, fils du roi défunt, qui se trouvait alors chez l'empereur Claude... apprit la cause de leur venue ; il pria l'Empereur d'accorder aux Judéens ce qu'ils demandaient touchant les vêtements sacerdotaux et d'envoyer à Fadus des ordres à ce sujet. Claude manda donc les délégués et leur dit qu'il le leur accordait... La lettre de Claude est datée du 28 juin 45. Antiquités XX, 97 : Pendant que Fadus était gouverneur de la Judée, un magicien nommé Theudas persuada une grande foule de gens de le suivre en emportant leurs biens jusqu'au Jourdain. Il prétendait être prophète et pouvoir, à son commandement, diviser les eaux du fleuve pour assurer à tous un passage facile. Ce disant il séduisit beaucoup de gens. Mais Fadus ne leur permit pas de

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s'abandonner à leur folie. Il envoya contre eux un escadron de cavalerie qui les surprit, en tua beaucoup et en prit beaucoup vivants. Quant à Theudas, l'ayant fait prisonnier, les cavaliers lui coupèrent la tête et l'apportèrent à Jérusalem. Voilà donc ce qui arriva aux Judéens pendant le temps où Cuspius Fadus fut procurateur... Le nom propre Theudas est une abréviation pour un nom composé avec theos : Theodosios, ou Theodotos, ou Theodôros. En hébreu des rabbins, transcription Tôrôs. De même, nous le verrons, le grec Herodes est transcrit en caractères hébreux Hôrôdôs (Schùrer, I, 566). 2. Tiberius Alexander, ?-48 Tibère Alexandre succéda à Cuspius Fadus à une date incertaine. Il appartenait à l'une des grandes familles d'Alexandrie, et était le neveu du philosophe Philon d'Alexandrie. Antiquités XX, 100 : A Fadus succéda Tibère Alexandre [le neveu du philosophe Philon], fils d'Alexandre, l'ancien alabarque d'Alexandrie, qui dépassait en son temps tous ses concitoyens par sa noblesse et sa richesse et l'emporta même par sa piété envers Dieu sur son fils Alexandre. Car celui-ci ne resta pas fidèle à la religion de ses pères. C'est sous ce dernier qu'arriva en Judée la grande disette où la reine Hélène acheta à grand prix du blé en Égypte pour le répartir aux indigents... C'est aussi à ce moment que furent accablés les fils de Judas le Galiléen qui avait incité le peuple à se révolter contre les Romains lorsque Quirinus procédait au recensement de la Judée {Antiquités XVIII, 4). [C'étaient Jacob et Simon. Alexandre ordonna de les mettre en croix.] Hérode, roi de Chalcis [44-48], après avoir dépouillé du grand pontificat Joseph fils de Kami [ou Kamydos ou Kamithos], lui a donné pour successeur dans cette charge, Ananias (hébreu Hanan-

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iah), fils de Nébédée... Ou plus exactement Nedebaios, 47-59. Actes 23, 2 ; 24, 1. Assassiné au début de la guerre, Guerre II, 17, 6, 9. Le nom de son père n'est pas Nebedaios, mais Nedebaios, hébreu Nedab-iah, 1 Chroniques 3, 18. Le verbe hébreu nadab signifie : apporter librement, volontairement un don. 3. Ventidius Cumanus, 48-52 (Schûrer I, 568) Guerre II, 223 : Après la mort d'Hérode qui gouvernait Chalcis [en 48], il a installé, Claude, sur le royaume de son oncle, Agrippa fils d'Agrippa [en 49]. Le reste de la province, celui qui a succédé comme procurateur à Tibère Alexandre, c'est Cumanus. C'est sous son administration que les troubles ont commencé et que la perdition de nouveau pour les Judéens est survenue... Antiquités XX, 103 : A Tibère Alexandre, succéda Cumanus [4852]. Hérode, frère du roi Agrippa le Grand, termina sa vie la huitième année du principat de Claude en laissant trois fils... Son pouvoir fut donné par l'Empereur à Agrippa le Jeune... Guerre II, 232 : Et de nouveau, entre les Galiléens et les Samaritains, il y a eu un conflit. Dans un village... qui se trouve dans la grande plaine de Samarie, alors qu'ils étaient nombreux les Judéens à monter pour aller à la fête, a été tué un Galiléen. Et alors nombreux ont été les hommes qui, venant de la Galilée, ont accouru pour faire la guerre aux Samaritains. Les notables parmi les Galiléens sont venus trouver Cumanus pour le supplier... de passer en Galilée pour châtier ceux qui étaient responsables de l'assassinat... Guerre II, 234 : Elle a été annoncée à Jérusalem, l'affaire de l'assassinat. Alors la foule s'est soulevée en fureur. Ils ont laissé la

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fête et ils se sont précipités dans la direction de la Samarie, sans avoir de chefs militaires et sans vouloir écouter aucun de leurs chefs... Guerre II, 236 : Cumanus a pris de Césarée une troupe de cavaliers... et il est venu au secours de ceux qui étaient attaqués... Vers le reste de la foule de ceux qui s'étaient précipités pour aller faire la guerre aux Samaritains, les chefs (grec archontes) de Jérusalem sont sortis en courant. Ils avaient revêtu des sacs et ils avaient jeté de la cendre sur leurs têtes. Ils suppliaient la foule de se retirer et de ne pas, sous le prétexte de se défendre contre les Samaritains, provoquer la colère des Romains contre Jérusalem ; d'avoir pitié pour le pays de leurs pères et pour le Temple (grec naos), pour leurs enfants et leurs propres femmes : tous ils sont en danger, à cause de la vengeance d'un seul Galiléen, de périr. Ils ont été persuadés par leurs chefs, les Judéens, et ils se sont dispersés... Guerre II, 239 : Et aussi des Samaritains les personnages principaux, dominants, c'est auprès de Ummidius Quadratus, qui était le gouverneur de la Syrie, à Tyr qu'ils sont venus ; ils lui ont demandé de faire justice, de tirer vengeance de ceux qui avaient ravagé la région [de Samarie]... Mais ils étaient présents aussi les personnages notables des Judéens et aussi le kôhen gadôl, le grand prêtre Ionatan fils de Hanan. Ils ont dit que ceux qui ont commencé les troubles, ce sont les Samaritains, par cet assassinat ; mais que la cause de ce qui s'en était suivi, c'est Cumanus, qui n'a pas voulu poursuivre ceux qui étaient responsables de l'assassinat... Guerre II, 241 : Quadratus, pour lors, s'est tenu au-dessus des deux partis et a remis à plus tard son jugement. Il a dit que lorsqu'il serait sur les lieux [du crime] il ferait une enquête concernant le crime des uns et les ravages causés par les autres. Dès qu'il est arrivé à Césarée, ceux [des Judéens] qui avaient été faits prisonniers par Cumanus, il les a fait pendre tous à des croix. De là il est allé à Lydda, et il a entendu de nouveau les Samaritains. Il a fait venir, il

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a envoyé chercher dix-huit hommes d'entre les Judéens dont il estimait qu'ils avaient pris part au combat, et c'est à la hache qu'il les a fait exécuter... Guerre II, 243 : Et puis deux autres parmi les plus puissants [des Judéens] et les grands prêtres Ionatan [grand prêtre en 36-37] et Hanan-iah, fils de Nedab-iah [grand prêtre entre 47 et 59] et son fils Hanan, et quelques autres personnalités bien connues d'entre les Judéens, il [= Quadratus] les a envoyés à César, et semblablement parmi les Samaritains ceux qui étaient les plus illustres. Et puis il a ordonné à Cumanus [le procurateur de la Judée] et à Celer le chef de mille soldats, de faire voile, de s'embarquer pour Rome afin de rendre compte à Claude de tout ce qui s'était passé, de ce qui était arrivé... Guerre II, 245 : Et à Rome, César a entendu Cumanus et les Samaritains. Était présent aussi Agrippa [= Agrippa II, fils d'Agrippa I]. C'est avec passion qu'il a défendu la cause des Judéens, tandis que, en faveur de Cumanus, c'est un grand nombre des puissants [de la cour de Rome] qui intervenaient. Les Samaritains, il les a condamnés. Trois d'entre eux, il a ordonné de les mettre à mort, les plus importants. Cumanus, il l'a fait envoyer en exil. Quant à Celer, c'est prisonnier qu'il l'a envoyé à Jérusalem et il a ordonné qu'il soit livré aux Judéens pour être outragé et qu'après avoir été traîné à travers la ville [Jérusalem], qu'ainsi il soit décapité... Joseph ne nous dit pas, dans La Guerre des Judéens contre les Romains, comment les Judéens qui avaient été conduits à Rome auprès de l'empereur Claude, sont retournés en Judée. On sait que Ionatan est retourné en Judée, à Jérusalem, puisqu'il y a été assassiné, sur l'ordre de Félix, le procurateur suivant. Est-ce que Ionatan, fils de Hanan, ne serait pas passé par Patmos et peut-être Éphèse pour retourner en Judée ? Ce qui est certain par ces documents, c'est que Ionatan qui avait été

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kôhen gadôl en 36-37 devait fort bien connaître le nombre exact des procurateurs romains expédiés en Judée par les empereurs romains, le nombre des rois judéens, et le nombre des empereurs romains, tout comme Joseph. Il connaissait fort bien le haut sacerdoce de Jérusalem puisqu'il en faisait partie. Dans son ouvrage ultérieur, l'Histoire ancienne de la Judée (grec ioudaïkè archaiologia), écrit quelque vingt ans après la Guerre des Judéens contre les Romains, terminé vers 93 ou 94, Joseph reprend l'exposé de cette affaire : Antiquités XX, 118 [= Guerre II, 232]: Entre les Samaritains et les Judéens s'élevèrent aussi des haines... Les Galiléens avaient coutume, pour se rendre aux fêtes dans la Ville sainte, de traverser le pays de Samarie. Alors, pendant qu'ils étaient en route, des habitants d'un bourg appelé Ginaé [aux confins de la Galilée, sur la route de Tibériade à Samarie] situé aux confins du pays de Samarie et de la grande plaine, engagèrent un combat avec eux et en tuèrent beaucoup. Apprenant ces faits, les premiers des Galiléens vinrent trouver Cumanus et lui demandèrent de venger ces gens injustement assassinés. Mais lui, persuadé par les Samaritains qui l'avaient acheté à prix d'argent, négligea leur requête. Irrités, les Galiléens décidèrent la masse des Judéens à courir aux armes et à soutenir la cause de leur liberté... Antiquités XX, 125 : Les premiers des Samaritains se rendirent chez Ummidius Quadratus, gouverneur de la Syrie, qui alors séjournait à Tyr. Ils accusèrent les Judéens d'avoir incendié et pillé leurs villages... Telles étaient les accusations des Samaritains. Les Judéens déclarèrent que les Samaritains étaient responsables de la révolte et du combat, et plus encore Cumanus, qui avait été corrompu par leurs présents et n'avait fait aucun cas du meurtre de ceux qu'ils avaient tués... Peu après Quadratus vint à Samarie et, après enquête, reconnut que c'étaient les Samaritains qui avaient provoqué les troubles. Mais dès

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qu'il apprit que certains Judéens avaient médité une révolution, il fit mettre en croix ceux que Cumanus avait capturés... Ensuite il se rendit dans un bourg qui se nommait Lydda [sur la route de Jérusalem à Jaffa]... Il s'installa sur son tribunal et, pour la deuxième fois, écouta les Samaritains. L'un d'eux lui apprit qu'un des principaux Judéens... et d'autres révolutionnaires au nombre de quatre, avaient conseillé au peuple de se soulever contre Rome. Quadratus les fit mettre à mort et envoya à Rome, enchaînés avec leur entourage, le grand pontife Hanan-iah et le chef des gardes du Temple (grec stratègos), Hanan, pour se justifier de leurs actes devant l'empereur Claude. Il ordonna aussi aux principaux des Samaritains et des Judéens, au procurateur Cumanus et au tribun Celer de se rendre en Italie devant l'Empereur pour voir juger par lui leurs enquêtes respectives. Pour lui, craignant une nouvelle révolte de la populace judéenne, il arriva dans la ville de Jérusalem qu'il trouva paisible et en train de célébrer une fête ancestrale en l'honneur de Dieu. Il fut donc persuadé qu'il n'y aurait aucune sédition à Jérusalem et, la laissant en fête, il retourna à Antioche... Antiquités XX, 134: Cumanus et les premiers des Samaritains, envoyés à Rome, obtinrent de l'Empereur un jour d'audience pour parler des litiges qui les divisaient. En faveur de Cumanus et des Samaritains, s'exerçait le plus grand zèle des affranchis et des amis de l'Empereur, et les Judéens auraient été vaincus si Agrippa le Jeune, qui se trouvait alors à Rome, et voyant l'effroi des premiers parmi les Judéens, n'eût vivement imploré l'impératrice Agrippine pour qu'elle persuadât son mari de juger comme il convenait à sa justice, après audition des parties, ceux qui étaient responsables de la révolte. Claude fut touché par cette prière et, après avoir entendu les débats, reconnaissant que les Samaritains avaient été les premiers auteurs de ces maux, il ordonna d'exécuter ceux d'entre eux qui s'étaient présentés à lui. Il infligea la peine de l'exil à Cumanus... Si l'on compare le texte de Guerre II, 240 (p. 72) avec celui

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d'Antiquités XX, 127, on voit aussitôt que, selon Guerre II, 240 : ils étaient présents, les notables des Judéens, et le grand prêtre Ionatan (transcription en caractères grecs Ionathès), fils de Hanan (transcription grecque Ananou). Ils ont dit qu'ils avaient commencé, les Samaritains, à provoquer les troubles, par l'assassinat d'un Galiléen. Plus loin, Guerre II, 243 : Deux autres parmi les plus puissants, et les grands prêtres Ionatan et Hanan-iah (Ananias), et aussi son fils, Hanan (grec Ananon), et quelques autres Judéens connus, il les envoya à César... Tandis que Antiquités XX, 127 : Les Judéens ont déclaré que les Samaritains étaient responsables de la révolte et du combat... Plus loin, Antiquités XX, 131 : Quadratus a envoyé à Rome, enchaînés, avec leur entourage, le grand prêtre Hanan-iah et le chef des gardes du Temple, Hanan, pour se justifier... Que s'est-il passé ? Pourquoi la mention de Ionatan, fils de Hanan, grand prêtre, est-elle éliminée des Antiquités ? Est-ce que la personne de Ionatan, kôhen gadôl, fils de Hanan, serait devenue entre-temps suspecte aux yeux de l'historien judéen Joseph, kôhen lui aussi ? Et pour quelle raison ? Nous aurons à examiner cette question plus loin. 4. Félix, 52-60 Félix a été envoyé en Judée comme procurateur à la demande de Ionatan, fils de Hanan, le grand prêtre, d'après ce que nous dit Joseph {Antiquités XX, 162). Guerre II, 247 : Et après ces événements, comme procurateur (grec epitropos) de la Judée, c'est Félix, le frère de Pallas, qu'il envoie, Claude, et aussi de la Samarie, de la Galilée et de la Pérée. Quand à Agrippa [Agrippa II, fils d'Agrippa I], du royaume de Chalcis il le transporte dans un royaume plus grand. Il lui donne la province (grec eparchia) qui avait été celle de Philippe, c'est-à-dire la Trachonitide, la Batanée et la Gaulanitide, et il ajoute le royaume de Lysanias et le territoire (grec tetrarchia), qui avait été celui de

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Varus. Et lui, l'empereur Claude, après avoir gouverné l'empire pendant treize ans, ajoutés à huit mois et vingt jours [du 24 janvier 41 au 13 octobre 54], il est mort et il a laissé Néron comme successeur à l'Empire... Antiquités XX, 137 : Claude envoya ensuite Félix, frère de Pallas, pour s'occuper des affaires de la Judée. Après avoir accompli sa deuxième année de principat, il donna à Agrippa la tétrarchie de Philippe et la Batanée, en y ajoutant la Trachonitide et Abila, c'està-dire la tétrarchie de Lysanias, mais il lui enleva Chalcis qu'il avait gouvernée pendant quatre ans. Ayant reçu ce présent de l'Empereur, Agrippa donna en mariage à Aziz, roi d'Émèse [sur l'Oronte ; mort en 54], qui avait consenti à se faire circoncire, sa sœur Drusilla... Antiquités XX, 141 : Peu après, le mariage de Drusilla et d'Aziz fut rompu... Au moment où Félix était procurateur de Judée, il vit Drusilla..., il s'éprit de passion pour elle... Drusilla se laissa persuader de transgresser la loi de ses pères et d'épouser Félix. Elle eut de lui un fils qu'elle nomma Agrippa... Guerre II, 252 : La petite Arménie, il l'a donnée, Néron [empereur le 13 octobre 54] pour en être le roi, à Aristobule [le fils de] Hérode [roi de Chalcis, mort en 48]. Et au royaume d'Agrippa [Agrippa II, fils d'Agrippa I mort en 44], ce sont quatre villes qu'il ajoute avec les territoires sur lesquels s'exerce son autorité (grec toparchia, n'existe pas en grec naturel ; toparchès, qui n'existe pas non plus en grec naturel, traduit l'hébreu paqid, le visiteur, l'inspecteur, Genèse 41, 34). Et dans le reste de la Judée, c'est Félix qu'il a établi comme procurateur (grec epitropos)... Guerre II, 254 : C'est une autre forme, ou espèce de bandits (grec lèstès) qui s'est mise à proliférer à Jérusalem : ceux que l'on appelle [en latin] les sicarii, les poignardeurs (sica, le poignard). C'est en plein jour et au beau milieu de la ville [= Jérusalem] qu'ils assassinaient les gens. C'est surtout pendant les fêtes qu'ils se

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mélangeaient à la foule. Dans leurs vêtements, ils dissimulaient des petits poignards. Avec ces poignards, ils frappaient les gens qui se distinguaient des autres. Et puis aussitôt après lorsqu'ils étaient tombés à terre [ceux qui avaient reçu le coup de poignard], ils devenaient une partie de ceux qui s'indignaient, ceux qui avaient tué. Et ainsi, de toute manière, à cause de la confiance qu'ils inspiraient, il était impossible de les découvrir. Le premier, c'est Ionatan, le grand prêtre, qui par eux a été tué d'un coup de poignard. Et après lui, chaque jour, nombreux ont été assassinés... Ionatan ben Hanan, kôhen gadôl, a donc été assassiné à coups de poignard quelque temps après l'avènement de Néron empereur, peut-être en l'année 55. Joseph et ses traducteurs appellent en grec lèstès — que nous avons nous-même traduit approximativement par bandit — ceux que dans le langage habituel de l'occupant on appelle les terroristes, et du point de vue de l'occupé : les résistants, les francs-tireurs. Le grec lèstès traduit l'hébreu gedoud, Osée 7, 1 ; Jérémie 18, 22 ; ou paritz, du verbe paratz, déchirer, faire une brèche, pénétrer par effraction. Jérémie 7, 11 : Est-ce qu'une caverne de casseurs, hébreu paritzim, grec spèlaion lèstôn, elle est devenue, cette maison [= le Temple de Jérusalem], qu'il est crié mon nom sur elle, à vos yeux [= sur laquelle il est crié]... Matthieu 21, 13 : Parce que ma maison [= le Temple], maison de prière elle sera appelée pour tous les peuples, Isaïe 56, 7, et vous, vous en faites une caverne de casseurs, Jérémie, 7, 11. Marc 11, 17 ; Luc, 19, 46. Matthieu 26, 55 : Comme contre un terroriste, grec lèstès, vous êtes sortis avec des épées et des bâtons pour m'arrêter... Marc 14, 48 ; Luc 22, 52. Matthieu 27, 38 : Et alors sont cloués sur une croix deux terroristes, grec lèstès. Marc 15, 27. Jean 18, 40 : Barabba était un terroriste, grec lèstès. Guerre II, 253 : Félix a capturé vivants le chef du réseau de résistance (grec archi-lèstèn; ou le chef des terroristes) Éléazar, qui pillait la région depuis vingt ans, et un grand nombre de ses compagnons, et il les a envoyés à Rome... De ceux qu'il a fait

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pendre sur des croix, bandits-terroristes (grec lèstôn) c'est une foule infinie... L'assassinat de Ionatan ben Hanan, kôhen gadôl, se situe bien évidemment dans un contexte politique : la Judée occupée par l'armée romaine, plusieurs partis : les collaborateurs, les résistants. La mise à mort du rabbi judéen Ieschoua, surnommé ha-nazir ou hanôtzeri, se situait bien évidemment aussi dans un contexte politique. Ce qui était original, ce qui reste original dans la position, dans la doctrine du rabbi judéen, c'est qu'il apportait, il enseignait, il apporte et il enseigne, une nouvelle programmation. Les antiques programmations reptiliennes transmises génétiquement et inscrites dans notre paléocortex commandent de répondre à l'agression par l'agression. Le rabbi judéen a enseigné, par la parole et par les actes, une autre programmation : ne pas répondre à l'agression par l'agression, mais répondre à l'agression par la création. Sur quoi repose cette nouvelle programmation ? Sur une métaphysique, qui est précisément celle de la Création. Tous les êtres sont créés par l'Unique ; en conséquence de quoi, tuer les êtres que l'on considère comme ennemis, n'est pas la bonne méthode. Elle ne se situe pas dans le plan ou le dessein de la Création. Cette nouvelle programmation, — il est inutile d'insister sur ce point —, a été très rarement, depuis bientôt vingt siècles, expérimentée, reçue, comprise, admise, par ou dans les populations plus ou moins christianisées. Les peuples plus ou moins — plutôt moins que plus — christianisés, ont continué, à travers les siècles, et jusqu'aujourd'hui, à fonctionner conformément aux antiques programmations reptiliennes. Rares, au cours des siècles, ont été les individus, hommes et femmes, qui ont compris, admis, reçu, expérimenté, cette nouvelle programmation. Elle fait partie de l'essence du christianisme. L'Apocalypse de Iohanan est évidemment construite, constituée, en conformité avec cette nouvelle et originale programmation. Les chrétiens n'étaient pas collaborateurs. Ils n'étaient pas non plus partisans d'utiliser les méthodes du front de libération de la Judée, c'est-à-dire le meurtre. Pourquoi ? Parce qu'un homme romain, un ennemi, du point de vue de la métaphysique du christianisme, qui est celle du monothéisme hébreu, est un être créé par

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l'Unique, aimé par lui en même temps qu'il est créé, destiné comme tout homme à une fin surnaturelle. C'est ce que découvre Schimeôn bar Ionah surnommé Keipha, le Rocher, par son Rabbi, dans les années 30-40. Actes 10, 1 : Il était un homme, à Césarée, son nom c'est Cornélius, chef de cent soldats, dans la compagnie [ou cohorte] (grec speira, latin manipulus, ou cohors) appelée l'Italienne... Actes 10, 28 : Et il leur a dit [Schimeôn-Petros] : « Vous-mêmes vous savez bien qu'il est interdit à un homme judéen de se joindre, ou même d'aller vers un homme d'une autre souche... (Le mot grec allophulos ici utilisé traduit généralement le mot hébreu peleschet, palestinien, Juges 3, 3 ; 3, 31 ; etc.) Mais à moi aussi, c'est Dieu luimême qui m'a montré à ne plus jamais appeler impur aucun homme... » Actes 10, 34 : Et alors il a ouvert la bouche, Petros, et il a dit : « Amèn, c'est vrai certainement, je comprends qu'il ne relève pas la face, Dieu [vieille expression hébraïque, nasa panim, relever la face du suppliant prosterné pour lui accorder la faveur demandée, à juste titre ou d'une manière arbitraire et partiale], mais que dans tout peuple, celui qui le craint et qui fait justice, est reçu avec faveur, par Dieu... » Actes 10, 44 : Il était encore en train de parler, Petros, ces paroles, et il est tombé, l'Esprit saint, sur tous ceux qui écoutaient la parole. Et alors ils ont été stupéfaits, ceux qui venaient de la circoncision et qui étaient certains de la vérité, tous ceux qui étaient venus avec Petros, parce que même sur les goïm, les païens, le don du Saint Esprit était versé en eux... Actes 11, 1 : Et ils ont entendu, les envoyés et les frères, qui étaient en Judée, que même les goïm, les païens, avaient reçu la Parole de Dieu. Et lorsqu'il est monté, Petros, à Jérusalem, ils l'ont mis en accusation (grec diakrinein pros, hébreu schaphat, Joël 4, 2 ;

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Ézéchiel 20, 35 ; 20, 36), ceux qui venaient de la circoncision, et ils lui ont dit : « Tu es entré chez des hommes à qui est un prépuce et tu as mangé avec eux... » Actes 11, 18 : Et ainsi donc, même aux goïm, Dieu a donné le repentir pour la vie... On voit combien a été violente la crise qui a secoué, et même déchiré, la plus ancienne communauté chrétienne de Jérusalem. La question était de savoir si le christianisme allait rester enfermé à l'intérieur du judaïsme, une forme parmi d'autres. Ou bien si le monothéisme hébreu allait être communiqué à toutes les nations de la terre, comme l'annonçaient les oracles des prophètes anciens. Nous sommes autour de l'année 40. Les lettres de Paul et l'Apocalypse se situent dans ce contexte. Cornélius était un officier de l'armée d'occupation. Non seulement le judaïsme traditionnel éclatait par cette entrée des goïms dans l'économie du monothéisme hébreu, mais le nationalisme lui aussi explosait. Du point de vue du système de référence normatif des patriotesrésistants, — que dans le langage de l'occupant romain on appelle des terroristes —, du point de vue du nationalisme intégral, les chrétiens sont évidemment des traîtres, puisque non seulement ils ne veulent pas tuer les soldats romains, mais, bien plus, ils leur communiquent le monothéisme hébreu et en font des frères, ils les baptisent et ils les reçoivent dans la nouvelle communauté chrétienne à titre d'égaux. Galates 3, 28 : Il n'y a plus maintenant ni Judéen ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus maintenant ni mâle ni femelle... Colossiens 3, 9 : Vous avez dévêtu le vieil homme (palaios anthrôpos)... Et vous avez revêtu l'homme nouveau... Là où il n'y a plus ni Grec ni Judéen, ni circoncision ni prépuce, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni homme libre...

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Le système des castes qui a régné dans les sociétés animales depuis des millions d'années, et dans la plus ancienne humanité depuis des millénaires, ce système des castes que l'on retrouve dans la République de Platon et dans la philosophie politique d'Aristote est aboli. Les lettres de Paul se situent autour de l'année 50. Dans son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens, écrite quelque vingt ans après la Guerre, Joseph nous donne davantage de précisions concernant cet assassinat de Ionatan ben Hanan, kôhen gadôl. Antiquités XX, 158 : La première année du gouvernement de Néron [54-55]... Aristobule, le fils d'Hérode, roi de Chalcis, a reçu de Néron le gouvernement de l'Arménie mineure. L'Empereur a aussi donné à Agrippa [Agrippa II] une partie de la Galilée... Il lui a aussi donné la ville de Julias en Pérée [nord-est de la mer Morte]... Antiquités XX, 160 : En Judée les affaires prenaient de jour en jour une tournure de plus en plus mauvaise car le pays était de nouveau rempli de bandits et d'imposteurs qui trompaient le peuple. Chaque jour Félix arrêtait beaucoup de ces derniers et les faisait périr ainsi que des bandits... Antiquités XX, 162 : Félix était en colère contre le grand prêtre Ionatan, parce que Ionatan lui faisait souvent des reproches et lui demandait de mieux diriger les affaires de la Judée. Car Ionatan ne voulait pas que le peuple lui fasse reproche à lui-même, puisque c'est lui Ionatan qui avait demandé à l'Empereur [Claude] d'envoyer Félix comme procurateur en Judée. Félix cherchait donc un prétexte pour se débarrasser de cet homme... qui ne cessait de l'importuner... C'est pourquoi Félix, par la promesse d'une grosse somme, a décidé le plus fidèle ami de Ionatan, un homme de Jérusalem appelé Doras2, à faire attaquer et tuer Ionatan par des bandits. Doras y a consenti, et il a combiné de la façon suivante l'exécution de ce
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Le mot grec dora signifie : peau écorchée, latin pellis ; le grec dora traduit l'hébreu aderet, manteau de fourrure, pelage, Genèse 25, 25.

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meurtre par les bandits. Certains d'entre eux sont montés à la Ville [= Jérusalem] comme pour se prosterner devant Dieu, avec des poignards cachés dans leurs vêtements. Ils se sont approchés de Ionatan et ils l'ont tué... A la place de Doras, il est bien possible qu'il faille lire Dorkas, le chevreuil ou la gazelle, surnom fréquent dans ce temps et dans ce milieu ethnique. Il traduit l'hébreu tzebi et tzebi-iah. Joseph semble donc en savoir plus sur le meurtre de Ionatan en 93 ou 94, lorsqu'il écrit son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens, qu'après la prise de Jérusalem, en 70, lorsqu'il écrit l'histoire de la Guerre des Judéens et des Romains. A moins qu'il n'ait pas voulu, juste après la fin de la guerre, dire tout ce qu'il savait concernant cette affaire. Le prophète égyptien Guerre II, 261 : C'est encore plus de mal qu'il a fait aux Judéens, le prophète de mensonge égyptien. Était arrivé dans le pays, un charlatan qui faisait croire qu'il était un prophète. Il a rassemblé environ trente mille parmi les gens qu'il a trompés. Il les a fait sortir du désert et les a fait monter à la montagne dite des Oliviers. A partir de là il était capable d'entrer de force dans Jérusalem... Il a devancé son attaque, Félix, et il est venu à sa rencontre avec les soldats romains de l'infanterie... Antiquités XX, 169 : A ce moment, vint à Jérusalem un Égyptien qui se disait prophète. Il conseilla à la populace de monter avec lui au mont des Oliviers, qui se trouve en face de la ville, à cinq stades de distance. Il répétait en effet aux gens qu'il voulait leur montrer comment sur son ordre les remparts de Jérusalem s'écrouleraient, et il promettait de leur frayer ainsi un passage. Félix, lorsqu'il apprit cela, ordonna à ses soldats de prendre les armes et, s'élançant hors de Jérusalem avec beaucoup de cavaliers et de fantassins, il attaqua

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l'Égyptien et ceux qui l'entouraient... Il est aussi question de cet Égyptien dans le livre des Actes, ou Actions des Envoyés. La scène se passe autour de l'année 57 : Actes 21, 37: Et il allait entrer dans la forteresse, Paulus, et il a dit au chef de mille : « Est-ce qu'il m'est permis de te dire quelque chose ? » Et alors lui, le chef de mille, il a dit : « Tu sais le grec ? Et alors tu n'es pas l'Égyptien qui, il y a quelques jours, a soulevé et conduit au désert les quatre mille hommes qui faisaient partie des sicarii ? » Et alors il a dit, Paulus : « Moi je suis un homme judéen, je suis né à Tarse en Cilicie, je suis citoyen d'une ville qui n'est pas sans réputation. Je t'en prie, permets-moi de parler au peuple. » Le chef de mille le lui a permis. Paulus se tenait debout sur les marches. Il a fait signe de la main au peuple. Il y a eu un grand silence. Alors Paulus leur a parlé en langue hébraïque (grec tè hebraïdi dialektô) et il leur a dit : « Frères et pères, écoutez donc maintenant ma défense qui vous est adressée... » Ils ont entendu qu'il leur parlait en langue hébraïque, et alors ils ont encore davantage fait silence. Et il a dit : « Moi je suis un homme judéen (hébreu isch iehoudi anôki). Je suis né à Tarse en Cilicie, mais j'ai été élevé dans cette ville-ci [= Jérusalem]. C'est aux pieds de Gamaliel que j'ai été instruit selon la rigueur, l'exactitude, de la Torah de nos pères. J'ai été jaloux (grec zèlôtès, hébreu qanna, Exode 20, 5 ; 34, 14 ; Deutéronome 4, 24 ; etc.) comme tous vous l'êtes aujourd'hui. Moi qui, cette voie, cette route, ce chemin (grec hodos, hébreu derek, Genèse 3, 24 ; 6, 12 ; etc.) [= la nouvelle doctrine], je l'ai persécutée jusqu'à la mort. J'ai fait enchaîner et jeter dans les prisons hommes et femmes, comme le grand prêtre, le kôhen hagadôl, peut l'attester en ma faveur et tout le conseil des Anciens. C'est d'eux que j'ai aussi reçu des lettres, destinées aux frères. C'est vers Damas que je faisais route. Je voulais ramener aussi ceux [de la nouvelle secte] qui étaient là-bas, enchaînés à Jérusalem pour qu'ils soient châtiés... Le grand prêtre auquel Paul demande l'attestation, à ce moment-là,

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c'est-à-dire en 57 ou 58, c'est Hanan-iah, fils de Nedab-iah, grand prêtre, installé par Hérode de Chalcis, entre 47 et 59. Tandis que Schaoul-Paulus persécute à mort les frères et les sœurs de la petite communauté judéenne et chrétienne de Jérusalem et même ceux de Damas, Ionatan fils de Hanan, qui a été kôhen gadôl en 36-37, faisait partie de la classe du haut sacerdoce. On peut donc se demander quels étaient les sentiments de Ionatan ben Hanan à l'égard de Schaoul le persécuteur, si Ionatan ben Hanan, dans le secret de son cœur, était disciple du Rabbi, ce que nous examinerons plus loin. Lorsque, en 57 ou 58, Schaoul-Paulus raconte aux Judéens de Jérusalem ce qui s'est passé sur la route de Damas, Ionatan ben Hanan était mort, assassiné sur ordre de Félix en 54 ou 55. Nous connaissons encore Félix par le livre des Actes, ou Actions des Envoyés, terminé sans doute autour de l'année 62, et constitué de documents divers notés à des époques différentes, et qui ne sont pas nécessairement de la même main : Actes 23, 23 : Et il a appelé le chef de mille [soldats], deux d'entre les chefs de cent [soldats] et il leur a dit : « Préparez des soldats, deux cents, pour qu'ils aillent jusqu'à Césarée, et des cavaliers, soixante-dix, et des hommes qui tendent l'arc avec la main droite (grec dexio-labos, n'existe pas en grec naturel), deux cents, à partir de la troisième heure de la nuit... Et que des bêtes soient préparées afin de faire monter Paulus et de le sauver en le conduisant vers Félix le gouverneur (grec hègemôn). Et il a écrit une lettre qui disait ceci : « Claudius Lysias, au très excellent gouverneur Félix, salut ! Cet homme que voici, il a été arrêté par les Judéens et il allait être mis à mort par eux. Je suis intervenu avec la troupe et je le leur ai arraché. J'ai appris qu'il est citoyen romain. J'ai voulu connaître la raison, la cause, pour laquelle ils l'accusaient, je l'ai conduit à leur sanhédrin. Et alors j'ai découvert qu'il était accusé à propos de discussions concernant leur loi, mais qu'il n'y avait rien qui justifie ni la mort ni

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même la prison... » Actes 23, 31 : Les soldats, conformément aux ordres reçus, ils ont pris Paul... Ils sont entrés à Césarée et ils ont remis la lettre au gouverneur et ils lui ont aussi présenté Paulus. Il [= Félix] a lu [la lettre] et il a demandé [à Paul] de quelle province (grec eparcheia) il est. Et lorsqu'il a appris qu'il venait de Cilicie : « Je t'entendrai, at-il dit, lorsque tes accusateurs eux aussi seront présents. » Il a donné des ordres pour que dans le prétoire d'Hérode il soit enfermé... Tous ces documents que nous lisons du livre des Actes sont des notes prises au jour le jour, par quelqu'un, mais nous ne savons pas qui. Ce ne sont pas des compositions romanesques tardives. On reconnaît constamment la forme de la phrase hébraïque, respectée par la traduction grecque, que nous respectons nous aussi. Toutes les phrases hébraïques commencent par et. Nous retrouvons ce et initial dans les traductions grecques. Schaoul surnommé Paulus est probablement arrivé à Jérusalem, après son troisième voyage, pour la Pentecôte de l'année 57. Nous sommes donc probablement en 57 ou 58. Actes 24, 24 : Et après quelques jours, il est venu, Félix, avec Drusilla, sa propre femme [fille d'Agrippa I et sœur d'Agrippa II]. Elle est judéenne. Il a envoyé chercher Paul et il l'a entendu, il l'a écouté, au sujet de la certitude de la vérité (grec pistis, hébreu emounah) dans le maschiah Ieschoua [= sur le fait qu'il est maschiah, Ieschoua]. Il discutait avec lui de la justice (grec dikaiosunè, hébreu tzedaqah, Genèse 15, 6, etc.), de la maîtrise de soi (grec egkrateia), du jugement (grec krima, hébreu mischpat, Exode 23, 6 ; Lévitique 18, 4, etc.) à venir [ou qui vient, ou de la durée qui vient]. Alors il a pris peur, Félix, et il a répondu : « Pour l'instant, va-t'en ! Lorsque j'aurai le temps, lorsque j'aurai l'occasion, je te rappellerai. » En même temps il espérait que c'est de l'argent qui lui serait donné par Paul. Et c'est pourquoi assez souvent il l'envoyait chercher et il

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s'entretenait avec lui. Une durée de deux ans (grec dietia, n'existe pas en grec naturel) a été remplie. Il a reçu comme successeur, Félix, Porcius Festus. Et il a voulu s'acquitter d'une dette à l'égard des Judéens, Félix, et il a laissé Paul en prison... Paul est resté prisonnier probablement entre la Pentecôte de l'année 57 et son départ pour Rome en septembre 59 ou 60. Pendant que Paul était prisonnier à Césarée, donc dans les deux dernières années du gouvernement de Félix, entre 58 et 60, la ville de Césarée était en convulsion à cause d'un conflit entre les Syriens et les Judéens. Félix a été rappelé à Rome par Néron, vraisemblablement en l'année 60. Cette datation est contestée par bon nombre d'érudits. Elle touche évidemment à la question de la chronologie de Paul. Certains érudits situent le rappel à Rome de Félix plus tôt. La question reste ouverte (Schùrer, I, 577). Guerre II, 266 : D'autres désordres se sont produits à Césarée. Les Judéens qui étaient mêlés à la population se sont révoltés contre les Syriens qui habitaient à Césarée. Les Judéens estimaient qu'elle était à eux, la ville. Ils disaient que c'est un Judéen qui l'avait fondée : c'était le roi Hérode. Les autres, les Syriens, reconnaissaient que le fondateur était un Judéen, mais ils disaient que la ville, quant à elle, appartenait aux Grecs. En effet Hérode n'aurait pas érigé des statues et des temples s'il l'avait destinée aux Judéens... 5. Porcius Festus, 60-62 Néron a envoyé, pour remplacer Félix, Porcius Festus. Nous avons noté que la date n'est pas certaine. Guerre II, 271 : Celui qui a reçu, après Félix, la succession de la fonction de procurateur, c'est Festus... Il a réussi à faire prisonnier

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la plupart des terroristes et il en a mis à mort un bon nombre. Antiquités XX, 182: C'est Porcius Festus qui a été envoyé par Néron pour succéder à Félix. Les principaux des Judéens de Césarée sont allés à Rome pour accuser Félix. Il aurait été châtié pour tous ses crimes et ses injustices à rencontre des Judéens, si Néron n'avait montré beaucoup de condescendance pour les demandes de Pallas, le frère de Félix, qui avait alors le plus grand crédit auprès de lui. Deux des principaux Syriens de Césarée obtinrent, en le corrompant par de grosses sommes d'argent, que Burrhus, gouverneur de Néron, chargé des dépêches pour les pays grecs, demandât à Néron un rescrit abolissant l'égalité des droits politiques des Judéens avec eux. Burrhus a sollicité l'Empereur et il a obtenu que ce rescrit fût rédigé. Ce fut pour notre peuple la cause de tous les malheurs qui ont suivi. En effet, lorsque les Judéens de Césarée ont su ce qui avait été écrit, ils ont persisté davantage encore dans leur révolte contre les Syriens jusqu'à ce qu'ils eussent allumé une guerre... Voici le document collecté dans le livre des Actes au sujet de Festus : Actes 24, 27 : Une durée de deux ans a été remplie, et il a reçu comme successeur, Félix, Porcius Festus. Il a voulu payer une dette de reconnaissance aux Judéens, Félix, et il a laissé Paul prisonnier, enchaîné... Actes 25, 1 : C'est donc Festus qui est venu dans la province [dont il avait reçu l'administration] (grec eparcheia, hébreu medinah, Esther 4, 11). Au bout de trois jours il est monté à Jérusalem, en partant de Césarée. Et ils se sont présentés à lui, les grands prêtres et les premiers parmi les Judéens, contre Paul et ils l'ont supplié. Ils lui ont demandé une faveur contre Paul : qu'il soit transféré à Jérusalem. Ils avaient fait une conspiration, une embuscade, un guet-apens (grec enedra, hébreu erab-dam) pour le tuer sur la route.

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Festus, lui, il a répondu qu'il était sous les verrous, Paul, à Césarée... Actes 25, 13 : Quelques jours se sont passés, et Agrippa [Agrippa II] le roi et Bérénice [sa sœur] sont arrivés à Césarée pour saluer Festus. Ils ont passé là plusieurs jours et Festus a expliqué au roi l'affaire de Paul. Il a dit : « Un homme a été laissé par Félix comme prisonnier. Lorsque je suis arrivé à Jérusalem, ils se sont présentés à moi, les grands prêtres et les anciens des Judéens. Ils demandaient contre lui une condamnation... Je leur ai répondu que ce n'est pas la coutume chez les Romains d'accorder une faveur par complaisance à qui que ce soit, avant que l'accusé n'ait eu devant lui ses accusateurs... » Actes 25, 18 : «... Autour de lui [Paul], se tenaient debout ses accusateurs. Ils n'ont avancé aucune cause d'accusation portant sur des crimes que je pouvais supposer. Mais c'étaient des controverses qui portaient sur leur propre religion qu'ils mettaient en avant contre lui et au sujet d'un certain Ieschoua qui était mort, alors qu'il disait, Paul, qu'il était vivant... » Actes 25, 22 : Et alors Agrippa a dit à Festus : « Je voudrais bien moi aussi entendre cet homme. » « Demain, a dit Festus, tu l'entendras... » Et le lendemain, il est venu Agrippa et Bérénice (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets), en grande pompe, et ils sont entrés dans la salle d'audience avec les commandants de mille et les hommes les plus distingués de la ville. Il a donné ses ordres, Festus, et il a été amené, Paul. Et il a dit, Festus : « Agrippa, roi, et vous tous, messieurs, qui êtes ici présents, vous voyez cet homme. C'est à son sujet que toute la foule des Judéens sont venus me solliciter à Jérusalem et ici [à Césarée]. » Ils criaient : « Cet homme ne doit pas vivre davantage ! » « Moi j'ai compris qu'il n'avait rien fait qui mérite la mort. Mais lui il en a appelé à Auguste. Alors j'ai décidé

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de l'envoyer [à César]. À son sujet, je n'ai rien de certain à écrire au maître. C'est pourquoi je l'ai amené devant vous, et surtout devant toi, roi Agrippa, afin que, après enquête, j'aie quelque chose à écrire. Car il ne me paraît pas raisonnable d'envoyer un prisonnier et de ne pas savoir indiquer quels sont les chefs d'accusation qui sont portés contre lui... » Paul a donc été expédié à Rome en 60, au début du gouvernement de Festus. Selon d'autres chercheurs, qui adoptent une chronologie différente, Paul a été expédié dès septembre 59. Dans cette hypothèse, l'hivernage à Malte aurait eu lieu durant l'hiver 59-60, et l'arrivée à Rome en février 60. La mise à mort de Iaaqôb, 62 Festus est mort durant son gouvernement, qui avait duré à peine deux ans. Entre la mort de Festus et l'arrivée de son successeur Albinus, le grand prêtre Hanan, fils de Hanan, et donc frère de Ionatan qui a été assassiné sur ordre de Félix après l'avènement de Néron, peut-être en 55, Hanan donc fait mettre à mort Iaaqôb, celui qui était appelé le frère du Seigneur {ho adelphos tou kuriou : lettre aux Galates 1, 19). Iaaqôb était le patron de la petite communauté chrétienne de Jérusalem (hébreu paqid : celui qui est chargé de veiller sur ; le verbe hébreu paqad, traduction grecque episkopos, Nombres 4, 16; 31, 14; Juges 9, 28; etc. Décalque du mot latin episcopus, décalqué du grec, en français : évêque). En ce qui concerne le mot grec adelphos, qui traduit le mot hébreu ah, pluriel ahim, et que nous avons traduit comme tout le monde par le mot français « frère », il suffit de lire attentivement la Bibliothèque hébraïque pour voir que ce mot n'avait pas dans le milieu ethnique hébreu, le sens qu'il a aujourd'hui en français. C'est d'ailleurs le cas d'un très grand nombre de termes. En passant d'un système linguistique, l'hébreu, à un autre système, le grec, puis le latin, puis le français, les termes subissent une distorsion, en sorte que les traductions en langue française donnent l'illusion de comprendre le texte hébreu alors qu'elles communiquent un

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tout autre sens. Nous l'avons observé déjà pour nombre de termes qui ont une importance capitale en théologie. Genèse 13, 8 : Et il a dit, Abram, en s'adressant à Lot : « Qu'il n'y ait donc pas de querelle entre moi et entre toi... puisque des hommes frères nous [sommes]... » Genèse 13, 11 : Et ils se sont séparés, chacun d'avec son frère... Genèse 14, 16 : Et il a fait revenir... Lot son frère... Genèse 24, 48 : Et j'ai béni YHWH Dieu de mon maître Abraham qui m'a conduit sur la route de vérité pour prendre la fille du frère de mon maître pour son fils... Genèse 29, 12 : Et il a annoncé, Iaaqôb, à Rachel, qu'il était le frère de son père, lui... Genèse 29, 15 : Et il a dit^Laban, à Iaaqôb : « Est-ce que, parce que tu es mon frère, alors tu vas me servir pour rien ? » Etc. Antiquités XX, 197 : Et il a envoyé, César [Néron], Albinus [L. Lucceius Albinus] en Judée comme procurateur (grec eparchon) lorsqu'il a appris la mort de Festus... Le roi [Agrippa II] a enlevé le pontificat à Joseph le grand prêtre et il a donné la succession de cette charge au fils de Hanan appelé lui aussi Hanan [en 62, pour une durée de trois mois seulement]. On a dit que le vieil Hanan a été très heureux, car il avait cinq fils qui tous eurent l'honneur d'être grands prêtres de Dieu et il avait luimême rempli cette charge pendant très longtemps. Cela n'arriva jamais à aucun autre de nos grands pontifes. Hanan le Jeune qui... a reçu le grand pontificat, était d'un caractère fier et d'un courage remarquable. Il suivait en effet la doctrine des Sadducéens (grec saddou-kaioi, hébreu tzaddouqim, les benei Tzadôq, 2 Samuel 8, 17 ; 15, 25, etc.) qui sont inflexibles dans leur manière de penser si on les compare aux autres Judéens... Comme Hanan était tel et qu'il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et qu'Albinus était encore en route, il a réuni un sanhédrin (grec sunedrion ; sunedreuô : siéger ensemble dans une assemblée délibérante) et il a traduit devant le sanhédrin, Iaaqôb, frère de Ieschoua appelé christos, celui qui a reçu l'onction (hébreu maschiah), et certains autres [Joseph ne nous dit pas lesquels], en les accusant d'avoir transgressé la Torah, et il les a fait mettre à mort à coups de pierres...

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Certains érudits ont contesté l'authenticité de ces lignes où il est question de Ieschoua appelé ici maschiah. La date généralement admise, 62, est incertaine (Schûrer 1, 581). Antiquités XX, 201 : Mais tous ceux qui habitaient Jérusalem et qui étaient plus modérés et les plus attachés à la Torah, en furent irrités. Ils ont envoyé demander secrètement au roi [Agrippa II] d'enjoindre à Hanan de ne plus agir ainsi... Certains d'entre eux allèrent même à la rencontre d'Albinus qui venait d'Alexandrie et ils lui ont appris que Hanan n'avait pas le droit de convoquer le sanhédrin sans son autorisation. Albinus a été persuadé par leurs paroles et il a écrit avec colère à Hanan en le menaçant de tirer vengeance de lui. Le roi Agrippa lui enleva pour ce motif le grand pontificat qu'il avait exercé trois mois et il en investit Ieschoua fils de Damnaios [62-63]. Eusèbe, né vers 265, mort en 340, évêque de Césarée, dans son Histoire de l'Église, composée entre 311 et 325, disposait, en plus de l'œuvre de Joseph Flavius, d'autres documents. Il rapporte lui aussi la mise à mort de Iaaqôb : Histoire de l'Église II, 23, 1 : Paul en avait appelé à César et il avait été envoyé à la ville des Romains par Festus... Les Judéens se sont tournés contre Iaaqôb, le frère du Seigneur, aux mains de qui après les envoyés (grec apostolos), le siège de la surveillance, de la garde (grec episkopè, hébreu peqoudah ; le verbe paqad: visiter, surveiller, prendre soin de...) de la communauté qui était à Jérusalem avait été remis... Ils l'ont fait venir au milieu d'eux, et ils ont cherché à obtenir de lui qu'il nie, ou renie, la certitude de la vérité (grec pistis) dans le Christ [le paqid, grec episkopos, est celui qui est chargé de veiller sur la communauté]. Mais lui, d'une voix libre... devant toute la foule et en toute franchise, hardiment, il a professé qu'il était le fils de Dieu, notre

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Sauveur et Seigneur Ieschoua. Ils n'étaient pas capables de supporter l'attestation (grec marturia) de cet homme [Iaaqôb] parce que, auprès de tous, il était tenu avec certitude comme étant juste au plus haut point... Alors ils l'ont tué. Ils ont choisi le moment où il n'y avait pas de gouvernement, parce que Festus justement dans ce temps-là était mort en Judée... [Nous sommes donc probablement en 62]. Clément [d'Alexandrie] rapporte que Iaaqôb a été précipité du haut du faîte (grec pterugion3) de l'enceinte sacrée du Temple et qu'il a été ensuite frappé à mort à coups de bâton par un foulon, ou un cardeur... Antiquités XV, 410 : La Ville [= Jérusalem] était disposée en amphithéâtre en face de l'enceinte sacrée du Temple, et entourée d'une vallée profonde sur tout le côté méridional... Le mur de soutènement de la vallée était déjà si grand qu'on ne pouvait affronter de regarder en bas, si quelqu'un se penchait pour plonger ses regards dans l'abîme. Or c'est pardessus encore que se dressait la hauteur considérable de la basilique, de sorte que si quelqu'un, du sommet du toit de la basilique, voulait sonder d'un même coup d'œil les deux élévations réunies, il était pris de vertige... Matthieu 4, 4 : Et alors il l'a pris, l'adversaire (hébreu ha-satan) [et il l'a conduit] dans la Ville sainte [= Jérusalem] et il l'a fait se tenir debout sur le pterugion de l'enceinte sacrée du Temple. Et il lui a dit : « Si fils de Dieu tu es, jette-toi donc en bas... » Le lexique hébreu-grec des traducteurs de Joseph est, pour ces termes techniques, identiques au lexique hébreu-grec des traducteurs des Évangiles. Luc 4, 9 : Il l'a conduit à Jérusalem et il l'a fait se tenir debout sur le pterugion de l'enceinte sacrée du Temple, et il lui a dit : « Si fils de Dieu tu es, alors jette-toi toi-même d'ici en bas... » Eusèbe cite ensuite un document qu'il emprunte à un certain
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Pterugion : petite aile, hébreu kanaph. C'était le sommet, le lieu le plus élevé de l'enceinte sacrée du Temple, grec hieron, peut-être le linteau de la grande porte de l'enceinte sacrée du Temple.

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Hègèsippos, — c'est-à-dire Joseph (Joseph est devenu Hégésippe par suite d'une série de transcriptions) qui appartenait à la première génération de ceux qui ont succédé à ceux qui ont été envoyés en mission (grec apostolos) —, dans le cinquième livre de ses Mémoires (grec hupomnèmatd) : Hégésippe, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire de l'Église II, 23, 4 : Il a reçu par succession, il a reçu la charge de la communauté (grec ekklèsia, hébreu qahal ou qehilah) — après les envoyés (grec apostolos) le frère du Seigneur, Iaaqôb, celui qui a été appelé le Juste (grec dikaios, hébreu ha-tzadiq), depuis les temps du Seigneur et jusqu'à nous, puisque, de fait, nombreux sont ceux qui s'appellaient Iaaqôb. Lui, depuis le ventre de sa mère, il était saint, consacré... (grec outos de ek koilias métros autou hagios en). Juges 13, 3 : Et il s'est fait voir, le messager de YHWH, à la femme et il lui a dit : « Voici donc que toi [tu es] stérile et tu n'as pas enfanté. Et tu vas concevoir et tu vas enfanter un fils. Et maintenant garde-toi donc et ne bois pas de vin, ni boisson enivrante, et ne mange pas tout ce qui est impur. Car voici que toi tu vas concevoir et tu vas enfanter un fils, et le rasoir, il ne montera pas sur sa tête, parce que nazir de Dieu il sera, l'enfant, depuis le ventre [de sa mère] et c'est lui qui commencera à sauver Israël de la main des Philistins... » (hébreu : nezir elohim... min ha-bethen, grec, deux traductions : A. hègiasmenon naziraion... B. nazir theou... apo tes koilias...). Le substantif hébreu nazir provient du verbe hébreu nazar, niphal imparfait innazer, se consacrer, s'abstenir de ; hiphil parfait hizir, se consacrer à, s'abstenir de... Juges 13, 7 : Parce que nazir de Dieu il sera, le garçon, depuis le ventre de la mère jusqu'au jour de sa mort (hébreu : ki-nezir elohim... min ha-bethen... grec, deux traductions : A. naziraion theou. B. hagion theou). Psaume 22, 11 : Depuis le ventre de ma mère, mon Dieu [tu es] toi... (hébreu : mi-bethen immi... grec : ek koilias métros mou...) Hégésippe (suite) : Lui, ce Iaaqôb, depuis le ventre de sa mère il

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était saint, consacré (grec hagios, hébreu nazif). Du vin et de la boisson enivrante il n'en a pas bu. Il n'a rien mangé d'animé (grec empsuchori). Le rasoir n'est pas monté sur sa tête... A lui seul il était permis d'entrer dans le sanctuaire (grec ta hagia, hébreu miqdash, lieu saint, lieu consacré, Lévitique 19, 30; 20, 3; 21, 12; etc.) Car il ne portait pas de vêtement de laine (grec ereous), mais seulement des vêtements de lin (grec sindonas)... Ézéchiel 44, 15 : Et les kôhanim, les Lévites, fils de Tzadôq, qui ont gardé les observances de mon sanctuaire... ce sont eux qui s'approcheront de moi pour faire le service pour moi et qui se tiendront debout devant ma face... Ce sont eux qui entreront dans mon sanctuaire et ce sont eux qui s'approcheront de ma table pour faire le service... Et il arrivera (hébreu : il sera), lorsqu'ils entreront dans les portes de la cour intérieure, ce sont des vêtements de lin (hébreu bigedei pischetim, grec stolas linas) qu'ils revêtiront et elle ne montera pas sur eux, la laine (hébreu tzemer, grec erea) lorsqu'ils feront le service dans les portes de la cour intérieure et dans la Maison. Ce sont des turbans de lin qui seront sur leurs têtes et des pagnes de lin sur leurs reins... Hégésippe (suite) : Et seul il entrait dans le Temple (grec naos, hébreu heikat). Et on le trouvait posé sur les genoux et en train de prier pour le peuple et de demander le pardon, en sorte qu'ils étaient desséchés, ses genoux, calleux à la manière du chameau, parce que toujours il était à genoux, prosterné devant Dieu et qu'il demandait le pardon pour le peuple. A cause du caractère extraordinaire de sa justice, il était appelé le Juste (grec ho dikaios, hébreu ha-tzadiq) et Oblias (ce qui signifie en traduction : fortification du peuple et justice), comme les prophètes le font savoir à son sujet... (grecperiochè, ce qui entoure, la fortification qui entoure ; hébreu metzoudah, la fortification, la forteresse, ou matzôr, ville fortifiée, ir matzôr, Psaume 31, 22 ; 60, 11). Abdias (prophète inconnu, autour du Ve siècle avant notre ère) 1,1:

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Vision de Obadiah, serviteur de YHWH (transcription en caractères grecs : Abdias). Ainsi a parlé YHWH à Edôrn : Quelque chose que l'on entend (hébreu schemouah, grec akoèn) j'ai entendu venant de la part de YHWH, et un messager (hébreu tzir) dans les nations païennes a été envoyé... (traduction grecque : kai periochèn eis ta ethnè exaspesteilen). Jérémie 49, 14 : Quelque chose que l'on entend (hébreu schemouah, grec akoèn) j'ai entendu venant de la part de YHWH, et un messager (hébreu tzir) dans les nations païennes a été envoyé... Il est possible qu'à la place de tzir, le messager, les traducteurs aient lu tzour, le rocher. Les lettres hébraïques iod et wauw sont souvent indiscernables dans les manuscrits anciens. Tzour, le rocher, est le lieu où l'on se réfugie en cas de danger, Psaumes 27, 5 ; 61, 3 ; etc. Dieu est appelé le Rocher ou refuge, Isaïe 17, 10; Psaume 31, 3. Le Rocher du salut, Psaumes 95, 1 ; 89, 27 ; etc. Le Rocher d'Israël, 2 Samuel 23, 3 ; Isaïe 30, 29 ; etc. Il est donc possible que le mot grec inintelligible Oblias que nous lisons dans le fragment d'Hégésippe cité par Eusèbe de Césarée, soit une lecture fautive de Abdias, transcription en caractères grecs de l'hébreu Obad-iah. Iaaqôb aurait été surnommé ebed YHWH, serviteur de YHWH, et tzour, rocher de refuge pour le peuple. Le texte cité d'Hégésippe signifierait donc : A cause du caractère extraordinaire de sa justice, il a été appelé le Juste (hébreu ha-tzadiq) et ebed YHWH, serviteur de YHWH, et [comme il est dit dans la traduction grecque du prophète Abdias] forteresse (periochë) du peuple, comme les prophètes [= Abdias] le font savoir à son sujet. L'erreur de lecture s'explique encore mieux si l'on considère les lettres grecques capitales de Oblias et Abdias. Les lettres capitales grecques lambda et delta peuvent aisément être confondues. En hébreu, le a et le o sont souvent indiscernables.

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Hégesippe (suite): Certains d'entre les sept écoles de pensée, les sept partis (grec airésis) qui sont dans le peuple... lui ont demandé qui est la porte du salut4. Abdias 1, 13 : N'entre pas dans la porte de mon peuple (hébreu beschaar ammî) au jour de leur malheur... Abdias 1, 15 : Car proche [il est] le jour de YHWH sur toutes les nations... Abdias 1, 18 : Et elle sera, la maison de Iaaqôb, un feu, et la maison de Joseph, une flamme... Hégesippe (suite) : Et alors il leur a dit que celui-ci [= Ieschoua] il est le Sauveur (grec sôtèr, hébreu ieschouah). A partir de ces paroles de Iaaqôb, certains ont été certains qu'il est vrai (grec pisteuein, hébreu heemin) que Ieschoua est celui qui a reçu l'onction (hébreu maschiah, grec christos). Les écoles de pensée (grec aireseis) dont il a été question, dont j'ai parlé précédemment, n'ont pas été certaines de la vérité (grec pisteuein), ni en ce qui concerne la relevée des morts [ou d'entre les morts] (grec anastasis, hébreu le substantif formé à partir du verbe qoum, se lever), ni qu'il viendrait rendre à chacun selon ses actions. Ceux qui ont été certains que c'était vrai (grec pisteuein), c'est par [la main de] Iaaqôb. Ils ont été nombreux, même chez les princes, les premiers, ceux qui dirigent, les chefs (grec archôn, hébreu nasi, rôsch, sar) à être certains que c'est vrai (grec pisteuein). Alors il y a eu un tumulte parmi les Judéens. Les lettrés et les perouschim ont dit : « Le risque, c'est que le peuple tout entier ne s'attende à ce que Ieschoua soit le maschiah. » Alors ils ont dit, s'étant rassemblés autour de Iaaqôb : « Nous t'en prions, retiens le peuple, puisqu'il a été trompé en ce qui concerne Ieschoua, comme si lui il était le maschiah. Nous te prions de persuader tous ceux qui vont venir pour le jour de pesah (transcription en caractères grecs pascha) au sujet de Ieschoua. Car par toi tous seront persuadés. Car nous, nous attestons en ta faveur et aussi tout le peuple, que tu es juste, et tu ne relèves pas la face...
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* Grec tis hè thura tou ièsou, hébreu schaar ha-ieschouah ; jeu de mots : ieschouah, l'aide, le salut ; Ieschoua, nom propre.

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Expression hébraïque classique : nasa panim, Genèse 32, 21, etc. : relever la face du suppliant prosterné pour lui accorder la faveur demandée. Par suite : juger d'une manière arbitraire ou partiale. Luc 20, 21 : Et alors ils lui ont demandé, et ils lui ont dit : « Rabbi, nous savons que c'est dans la droiture que tu parles et que tu enseignes, et tu ne relèves pas la face, mais c'est dans la vérité que le chemin, la voie de Dieu, tu enseignes... » Hégésippe {suite) : ... Tu ne relèves pas la face [= tu juges selon la vérité]. Persuade donc, toi, le peuple, au sujet de Ieschoua, afin qu'il ne s'égare pas, afin 98

XC

Enquête sur l'Apocalypse qu'il ne soit pas trompé. Car en effet le peuple tout entier et [nous] tous nous serons persuadés par toi. Tiens-toi donc debout sur le faîte (pterugiori) de l'enceinte sacrée du Temple... afin que de làhaut tu sois bien visible et qu'elles soient bien entendues, tes paroles, pour le peuple tout entier. Car pour la fête depesah, elles sont rassemblées toutes les tribus [d'Israël] avec aussi des goïm... Et alors, ils ont fait se tenir debout, les lettrés et les perouschim dont nous avons parlé antérieurement, Iaaqôb sur le pterugion du Temple (grec naos, alors que plus haut nous avions hieron, l'enceinte sacrée du Temple). Et ils se sont mis à crier et ils ont dit : « Toi le Juste, en qui tous nous devons trouver la conviction, la certitude (grec peithein, hébreu batah, construit avec be, dans), puisque le peuple est égaré derrière Ieschoua qui a été pendu à une croix, annonce-nous qui est la porte du salut (grec tis hè thura tou ièsou, hébreu schaar haieschouah). » Et alors il a répondu d'une voix grande (hébreu be-qôl gadôl : « Pourquoi donc est-ce que vous m'interrogez au sujet du fils de l'homme (hébreu ben adam) ? Alors que lui il est assis dans les cieux à la droite de la grande Puissance, et il va venir sur les nuages des cieux... » Daniel 7, 13 : J'ai vu dans une vision de la nuit et voici avec les nuées des cieux comme un fils d'homme qui vient et jusqu'à l'Ancien des jours il est venu et devant sa face il a été approché... Actes 7, 55 : Il [» Stephanos, la Couronne] (hébreu atherah ou keter) a regardé vers les cieux et il a vu la gloire de Dieu et Ieschoua qui se tenait debout à la droite de Dieu, et il a dit : « Voici que je vois les cieux ouverts et le fils de l'homme qui se tient debout à la droite de Dieu... » Hégésippe (suite) : Et alors ils ont été nombreux à être pleinement convaincus et ils ont glorifié [Dieu] en s'appuyant sur l'attestation de Iaaqôb et ils ont dit : « Hôschiah na au fils de David ! »

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Psaume 118, 25 : Hôschiah na, sauve donc ! (Toujours le verbe iascha, sauver, hiphil impératif). Béni celui qui vient au nom de YHWH ! Matthieu 21, 9; 21, 15; Marc 11,9; Jean 12, 13. Hégésippe (suite): Et alors les mêmes lettrés et perouschim, ils se sont dit, chacun à son compagnon : « Nous avons eu tort de procurer une telle attestation à Ieschoua. Mais montons et jetons-le, précipitons-le en bas, afin que les gens aient peur et qu'ils ne soient plus certains de la vérité en lui. » Et alors ils se sont mis à crier et ils ont dit : « Hoï ! Hoï ! Même le Juste a été trompé ! » Et ils ont rempli l'écriture qui est écrite dans Isaïe 3, 10 : Attachons le juste parce qu'il est pénible pour nous... Le fruit de leurs actions ils mangeront... [Texte hébreu abîmé, nous suivons la lecture de la traduction grecque.] Hoï au méchant... Alors ils sont montés et ils ont précipité le Juste en bas. Et ils se disaient, chacun à son compagnon : « Tuons Iaaqôb le Juste à coups de pierres ! » Et ils ont commencé à lui jeter des pierres, parce que précipité en bas il n'était pas mort. Mais Iaaqôb s'est retourné et il s'est mis sur ses genoux et il a dit : « Je t'en prie, YHWH (grec kurié) Dieu, père, pardonne-leur. Car ils ne savent pas ce qu'ils font [Luc 23, 34]. Pendant qu'ils lui jetaient ainsi des pierres, un des kôhanim, qui faisait partie des fils de la maison des Rekabim, les fils de Rekab, dont Jérémie le prophète a été le témoin [Jérémie 35], s'est mis à crier et il a dit : « Arrêtez ! Qu'est-ce que vous faites ? Il prie pour vous, le Juste ! » Et il a pris, l'un d'entre eux, l'un des cardeurs, le bâton avec lequel il frappait les vêtements, et il l'a lancé sur la tête du Juste. Et c'est ainsi qu'il a été témoin (grec emarturèsen). Et ils l'ont mis au tombeau dans le lieu [qui est] à côté du Temple (grec naos) et la colonne de pierre de son tombeau (grec stèle,

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hébreu matzebah) subsiste encore auprès du Temple (grec naos). Un témoin de vérité, pour les Judéens et pour les Grecs, il a été, que Ieschoua est le Maschiah. Et voici que Vespasien a commencé le siège de leur ville.... À la suite de cette citation d'Hégésippe [= Joseph], Eusèbe de Césarée cite (Histoire de l'Église II, 23, 20) un texte de Joseph surnommé Flavius, qui ne se retrouve pas dans les manuscrits actuels de l'historien judéen : Cela est arrivé aux Judéens pour venger, ou châtier (grec kat ' ekdikèsin, hébreu naqam, ou schaphat, ou paqad) [la mort] de Iaaqôb le Juste (ha-tzadiq) qui était le frère de Ieschoua, qui était appelé maschiah, parce qu'il était très juste, et que les Judéens l'ont tué... Plusieurs historiens estiment évidemment que ce texte supposé de Joseph surnommé Flavius est une interpolation. Ensuite Eusèbe cite longuement le texte de Joseph que nous avons lu (Antiquités XX, 197). Il n'y a pas lieu de s'étonner, ni de s'indigner ou de s'offusquer de ce qu'Hégésippe [= Joseph] dise que Iaaqôb, le parent de Ieschoua, avait le droit d'entrer dans le Temple. Nous savons par Laïr [= Luc 1, 36] que Mariam, la mère du Rabbi, était parente (grec suggenis), de la même famille que Elischeba (transcription en caractères grecs Elisabeth, Exode 6, 23 ; le verbe hébreu scheba, niphal parfait nischba, signifie : jurer). Son mari s'appelait Zekariah, [Luc 1, 5], il était kôhen. Elisabeth était issue des filles de Aharôn [Luc 1, 5]. Le grec suggenès que nous lisons en Luc 1, 36 traduit l'hébreu dôdah, la tante, Lévitique, 18, 14 : La nudité du frère de ton père, tu ne la découvriras pas (hébreu lô tegalleh, grec ouk apokalupseis) ; de sa femme tu ne t'approcheras pas : ta tante elle est (hébreu dôdateka, grec suggenès). Lévitique 20, 20 : Et l'homme qui couche avec sa tante (hébreu dôdatô, grec meta tes suggenous), c'est la nudité de son oncle (hébreu dôdô) qu'il a découverte (hébreu gillah, grec apekalupsen).

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Non seulement donc Elisabeth était la parente de Mariam, mais plus précisément, sa tante. Iohanan, le fils de Zekar-iah et de Elisabeth, était nazir : Luc 1, 15: Car il sera grand devant la face de YHWH, et du vin et de la boisson fermentée il ne boira pas, et de l'esprit saint il sera rempli déjà depuis le ventre de sa mère... (grec eti ek koilias métros autou). Juges 13, 3 : Voici donc que toi [tu es] stérile et tu n'as pas enfanté, et tu vas être enceinte et tu vas enfanter un fils. Et maintenant garde-toi bien, et ne bois pas du vin et de la boisson fermentée (hébreu iaïn we-schekar ; grec oinon kai sikera) et ne mange pas tout [ce qui est] impur. Car voici que toi tu es enceinte et tu vas enfanter un fils et le rasoir ne montera pas sur sa tête parce que nazir de Dieu il sera le garçon depuis le ventre (hébreu min ha-bethen ; grec, deux traductions : 1. ek tes gastros, 2. apo tes koilias)... Juges 13, 7 : Parce que nazir de Dieu il sera le garçon depuis le ventre (hébreu min ha-bethen ; grec, 1. apo tes gastros, 2. apo gastros). Juges 16, 17 : Le rasoir ne monte pas sur ma tête parce que nazir de Dieu moi [je suis] depuis le ventre de ma mère (hébreu mi bethen immi ; grec, 1. ek koilias métros mou, 2. apo koilias). Matthieu 3, 1 : Et dans ces jours-là il s'est présenté, Iohanan, celui qui plongeait [les pénitents dans les eaux]. Il criait dans le désert de la Judée... Matthieu 3, 4 : Et lui Iohanan, son vêtement était fait de poils de chameau, et un pagne de cuir autour de ses reins, et sa nourriture, c'était akrides5 et du miel sauvage...
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Au lieu de akrides = sauterelles, il faut peut-être lire egkrides, qui n'existe pas en grec naturel, et qui traduit l'hébreu tzapihit, Exode 16, 31 : Et ils ont appelé, la maison d'Israël, son nom man, et lui [il était] comme de la graine de coriandre blanche et son goût, comme un gâteau cuit dans du miel (hébreu ke-tzapihit bi-debasch, grec egkris en meliti)...

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Iaaqôb était donc nazir tout comme son parent Iohanan du désert, et peut-être comme Ieschoua surnommé ha-nazir ou ha-nôtzeri. Peut-être autour de l'année 50, Paul écrit Galates 2, 1 : Et puis ensuite, après quatorze années, de nouveau je suis monté à Jérusalem avec [Joseph surnommé] Barnaba. J'avais pris aussi avec moi Titus... Et je leur ai exposé l'heureuse annonce que je proclame parmi les païens... Mais même Titus, qui était avec moi, et qui est grec, il n'a pas été forcé de se faire circoncire... Galates 2, 7 : Mais bien au contraire ils ont vu que Dieu m'a confié l'heureuse annonce du prépuce [= chez les païens], de même que Pierre [s'est vu confier l'heureuse annonce] de la circoncision, — car celui qui opère dans Pierre pour la mission de la circoncision, il a opéré aussi en moi [pour la mission] vers les païens —, et alors ils ont connu la grâce qui m'a été donnée, Iaaqôb et Keiphah et Iohanan, ceux qui sont estimés être les colonnes [du nouveau Temple], et ils m'ont donné la main droite, à moi et à Barnaba, du dépôt confié dans la main (grec koinô-nias, hébreu tesoumet iad, Lévitique 5, 21 : bepiqqadôn ô bi-tesoumet iad, grec en parathèkè è péri koinônias) afin que nous, [nous allions] vers les païens, et eux, vers la circoncision... Il est vraisemblable que Paul dictait ses lettres en hébreu, et qu'avec l'aide d'un collaborateur, on les traduisait en grec immédiatement, à la volée. Cela se voit au fait que la structure de la phrase est très souvent brisée, ou décousue. C'est du style oral. Dans tous les cas, pour comprendre les termes techniques que Paul utilise, il faut rechercher le mot hébreu qui se trouve derrière le mot grec. Il est vraisemblable aussi que le Iohanan qui est ici nommé, c'est Iohanan le kôhen, celui du quatrième Évangile. 6. Albinus, 62-64

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Guerre II, 272: Celui qui est venu après Festus, Albinus... Antiquités XX, 197 : Il a envoyé, César [Néron], Albinus dans la Judée comme procurateur (grec eparchon) lorsqu'il a appris la mort de Festus... C'est sous le gouvernement d'Albinus, lors de la fête des huttes de feuillage (hébreu hag hasoukkôi)... Lévitique 23, 34 : Au quinzième jour de ce septième mois, fête de soukkôt (grec heortè skènôn) sept jours pour YHWH. Au premier jour, convocation sainte et sacrée : tout travail d'esclave vous ne ferez pas [= vous ne ferez aucun travail d'esclave. L'hébreu n'a pas le mot aucun]. C'est pendant la fête de soukkôt de l'année 62 que paraît à Jérusalem un prophète hébreu, dans la lignée d'Amos, d'Osée, de Jérémie, qui annonce la catastrophe : Guerre VI, 300 : Un certain Ieschoua ben Hanan-iah, un homme de la campagne (grec agroikos, hébreu isch sadeh, Genèse 25, 27), un simple particulier (grec idiotes), quatre ans avant la guerre [nous sommes donc en 62], alors que précisément la Ville [= Jérusalem] était au plus haut point en paix et florissante, en pleine prospérité, il est venu à la fête dans laquelle la coutume veut que l'on fasse des huttes de branchages pour Dieu (grec skènopoieiri)... Deutéronome 16, 16 : Trois fois dans l'année, il se fera voir, tout ce qui est mâle chez toi, à la face de YHWH ton Dieu, dans le lieu (hébreu maqôm, grec topos) qu'il aura choisi. Dans la fête des matzôt (grec azumôri) et dans la fête des semaines (hébreu ha-schabouôt, grec hebdomadôn) et dans la fête des huttes (hébreu soukkôt, grec tes skènopègias)... Deutéronome 31, 10 ; etc., Jean 7, 2. Guerre VI, 301 : Dans l'enceinte sacrée du Temple (grec hierori) tout d'un coup il s'est mis à crier : « Voix qui vient du côté du lever du soleil ! (hébreu évident : qôl mi-mizerah schemesch ou meeretz mizerah).

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Voix qui vient du côté du couchant ! (hébreu évident : me-eretz mebô ha-schamesch. Zacharie 8, 7). Voix qui vient des quatre vents ! (hébreu évident : me-arba rouhôt ha-schamaïm, Zacharie 2, 10 ; 6, 5). Une voix sur [ou contre] Jérusalem et contre le Temple (grec naos, hébreu heikal, le Temple proprement dit). Une voix sur [ou contre] (hébreu al) les jeunes mariés (grec numphious, hébreu hatan, celui qui épouse) et sur les jeunes épousées (grec numphas, hébreu kallah, celle qui est épousée)... Jérémie 7, 34 : Et je ferai cesser, des villes de lehoudah et des rues de Jérusalem, la voix du plaisir et la voix de la joie ; la voix du hatan (grec numphios) et la voix de la kallah, (grec numphè) car c'est une dévastation qu'il sera, le pays. Jérémie 16, 9 : Voici que moi je fais cesser, de ce lieu, à vos yeux et dans vos jours, la voix du plaisir et la voix de la joie, la voix du hatan (grec phônèn numphiou) et la voix de la kallah (grec phônèn numphès). Jérémie 25, 10 : Et je ferai disparaître du milieu d'eux la voix du plaisir et la voix de la joie, la voix du hatan (grec numphios) et la voix de la kallah (grec numphë), la voix des deux meules et la lumière de la lampe. Guerre VI, 301 : Voix sur tout le peuple ! [ou contre tout le peuple] (hébreu al). Voilà ce que chaque jour et chaque nuit, passant à travers toutes les ruelles, il criait. Certains parmi les notables de la cité se sont indignés à cause de cet oracle de malheur. Ils ont fait arrêter l'homme. Ils l'ont frappé de nombreux coups... Amos 1, 1 : Paroles d'Amos qui était l'un des bergers de Teqoa, ce qu'il a vu sur Israël... Amos 2, 4 : Ainsi a parlé YHWH : À cause des deux crimes de lehoudah et à cause des quatre... Parce qu'ils ont méprisé la Torah de YHWH et que ses préceptes ils ne les ont pas gardés... Alors j'ai envoyé [= j'enverrai] le feu dans lehoudah et je vais dévorer les palais de Ierouschalaïm... Amos 7, 10 : Et il a envoyé, Amatziah, kôhen de Beit-El [des

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messagers] vers Jéroboam [Jéroboam II, roi d'Israël entre 780 et 740 avant notre ère], roi d'Israël, pour dire : « Il a conspiré contre toi, Amos, au milieu de la maison d'Israël ! Il ne peut pas, le pays, supporter toutes ses paroles ! Car c'est ainsi qu'il a parlé, Amos : C'est par l'épée qu'il mourra, Jéroboam ! Et Israël [pour ce qui est d'être déporté, il sera déporté de dessus sa terre ! » Et il a dit, Amatziah, en s'adressant à Amos : « Voyant, va-t'en ! Fuis au pays de lehoudah ! Et mange, là-bas, ton pain, et là-bas prophétise ! Mais à Beit-El tu ne continueras pas à prophétiser, car c'est un sanctuaire de roi, cela, et c'est une maison de la royauté ! » Et alors il a répondu, Amos, et il a dit en s'adressant à Amatziah : « Je ne suis pas prophète (hébreu nabi, grec prophètes) et je ne suis pas fils de nabi, moi. Car bouvier [je suis] moi et je m'occupe du soin des figuiers ! Et il m'a pris, YHWH, de derrière le troupeau et il m'a dit, YHWH : « Va et prophétise sur mon peuple Israël ! [en t'adressant à mon peuple Israël !] » Jérémie 20, 1 : Et il a entendu, Paskhour, fils d'Immer, le kôhen, et lui il était le surveillant en chef dans la maison de YHWH, il a entendu Jérémie qui prophétisait ces paroles. Et il a frappé, Paskhour, Jérémie, le prophète, et l'a fait mettre aux ceps [bloc de bois percé de trous, auquel le prisonnier était attaché par les mains et les pieds] qui [sont] dans la porte de Benjamin, la haute, qui [est] dans la maison de YHWH... Jérémie 26, 7 : Et ils ont entendu, les kôhanim et les prophètes (hébreu ha-nebiim) [les prophètes de cour, les prophètes de l'État] et tout le peuple, Jérémie qui disait ces paroles dans la maison de YHWH. Et il est arrivé, lorsqu'il a eu fini, Jérémie, de dire tout ce qu'il avait commandé, YHWH, de dire à tout le peuple, alors ils l'ont arrêté, les kôhanim et les prophètes et tout le peuple en disant : « Mourir tu mourras ! Pourquoi donc as-tu prophétisé au nom de YHWH en disant : Comme Schilô elle sera cette maison [la maison de YHWH] et cette ville [Jérusalem], elle sera dévastée en sorte qu'il n'y ait plus d'habitant. » Et il s'est rassemblé, tout le peuple, contre Jérémie dans la maison de YHWH. Et ils ont entendu, les princes de Iehoudah, ces paroles, et ils sont montés, de la maison du roi à la maison de YHWH, et ils se sont assis à l'entrée de la porte de YHWH, la neuve. Et ils ont dit, les kôhanim et les prophètes [de cour] en s'adressant aux princes et à tout le peuple pour dire : « Jugement de mort pour cet homme, parce qu'il a prophétisé contre

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cette Ville comme vous l'avez entendu dans vos oreilles. » Et il a dit, Jérémie, en s'adressant à tous les princes et à tout le peuple en disant : « C'est YHWH qui m'a envoyé pour prophétiser sur cette maison et sur cette Ville, toutes les paroles que vous avez entendues... Et moi me voici dans vos mains. Faites pour moi comme il est bon et comme il est juste à vos yeux. Mais cependant, savoir vous devez savoir que si vous me tuez, c'est un sang innocent que vous donnez [= que vous mettez] sur vous et sur cette Ville et sur ses habitants. Car en vérité il m'a envoyé, YHWH, vers vous, pour dire dans vos oreilles toutes ces paroles... Et alors ils ont dit, les princes et tout le peuple en s'adressant aux kôhanim et aux prophètes [de cour] : « Non, pas de jugement de mort pour cet homme ! Parce que c'est dans le nom de YHWH notre Dieu qu'il nous a parlé ! » Et alors ils se sont levés, des hommes parmi les anciens du pays et ils ont dit à toute l'assemblée du peuple : « Mikaiah, celui de Môreschet, il a prophétisé aux jours de Hitzeqiiahou [VIIIe siècle avant notre ère, contemporain d'Isaïe], roi de Iehoudah et il a dit en s'adressant à tout le peuple de Iehoudah : « Ainsi a parlé YHWH des armées : Tziôn [comme] un champ sera labouré, et Ierouschalaïm, des ruines elle sera, et la montagne de la maison [de YHWH], des hauts lieux de forêt ! [= Michée 3, 12], Est-ce que, le mettre à mort, ils l'ont mis à mort, Hitzeqi-iahou, roi de Iehoudah et tout Iehoudah ? » Jérémie 26, 20 : Et aussi un homme a été prophétisant au nom de YHWH : Ouri-iahou, fils de Schema-iahou... Et il prophétisait contre cette Ville et contre ce pays, comme toutes les paroles de Iremi-iahou [= Jérémie]. Et il a entendu, le roi Iehô-iaqim et tous ses vaillants [soldats] et tous les princes (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, fréquent en hébreu) ses paroles, et il a cherché, le roi, à le faire mourir. Et il a entendu, Ouri-iahou, et il a eu peur, et il s'est enfui, et il est allé en Égypte. Et il a envoyé, le roi Iehô-iaqim, des hommes en Égypte... Et ils ont fait sortir Ouri-iahou hors d'Égypte et ils l'ont conduit vers le roi Iehô-iaqim, et il l'a frappé avec l'épée et il a jeté son cadavre aux tombeaux des fils du peuple... On touche de nouveau du doigt, grâce à ces textes, le conflit profond

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et violent qui existe entre le prophétisme hébreu, d'une part, et le nationalisme, qu'il soit hébreu ou autre. Jérémie était considéré comme traître à la patrie à cause de ce qu'il annonçait. C'est ce qui arrive aussi, en l'année 62 de notre ère, au prophète Ieschoua ben Hanan-iah : Guerre VI, 302 : Et parmi les notables de la cité, certains se sont indignés à cause de l'oracle de malheur. Ils ont arrêté l'homme et l'ont frappé d'une multitude de coups. Lui il n'a pas dit un mot pour lui-même ni une supplication adressée à ceux qui le battaient. Mais les paroles mêmes qu'il disait auparavant, il continuait à les crier. Alors ils ont pensé, les princes (grec archontes, hébreu sarim, Jérémie 26, 10 ; etc.) qu'il était comme habité par un esprit mauvais [agité par un esprit mauvais, texte incertain, traduction conjecturale] ; ils l'ont conduit chez le gouverneur de la province envoyé par les Romains... [Albinus 62-64]. Là, c'est à coups de fouets jusqu'aux os qu'il a été déchiré. Il n'a pas supplié, il n'a pas pleuré. Mais autant qu'il en avait le pouvoir, le plus possible, sur le ton de la lamentation il inclinait sa voix et à chaque coup il répondait : « Hoï hoï le-ierouscha-laïm... » Isaïe 1,4: Hoï peuple criminel... Isaïe 5, 8 : Hoï ceux qui font se toucher maison contre maison, champ contre champ ils rapprochent, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place et que vous restiez seuls au milieu du pays... Isaïe 5,11: Hoï ceux qui se lèvent tôt le matin, c'est une boisson enivrante qu'ils recherchent... Isaïe 5, 18 : Hoï ceux qui tirent le crime avec les cordes de la tromperie... Isaïe 5, 20 : Hoï ceux qui disent à ce qui est mauvais : bon, et à ce qui est bon : mauvais... Isaïe 5, 21 : Hoï ceux qui sont sages à leurs propres yeux... Michée 2, 1 : Hoï ceux qui calculent l'injustice et qui font le mal sur leurs couches... Jérémie 48, 1 : Hoï à Nebô car il a été ravagé... Jérémie 50, 27 : Hoï aleihem, hoï sur eux car il est venu leur jour, le temps de leur visite [la visite qu'ils vont recevoir]... Ézéchiel, 13, 3 : Hoï sur les prophètes fous qui vont derrière leurs propres esprits et qui n'ont rien vu... Ézéchiel 13, 18

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: Hoï à (hébreu le) celles qui cousent des bandelettes... Nombres 21, 29 : Hoï à toi (hébreu leka) Moab... 1 Samuel 1, 8 : Hoï à. nous... Matthieu 11, 21 : Hoï à toi, Chorazin ! Hoï à toi, Beit-Tzaïda... Matthieu 18, 7 : Hoï au monde de la durée présente à cause [ou de par] (hébreu min) les obstacles qui font buter et tomber (grec skandalon, hébreu mikschôl, Lévitique 19, 14). Matthieu, 18, 7: Hoï à l'homme par la main de qui l'obstacle arrive... Matthieu 23, 13 : Hoï à vous, hommes du Livre {sôpherim) et les perouschim, mécréants, impies (grec hupokri-tai, hébreu hanaphim), parce que vous avez fermé à clef le règne [ou le royaume des cieux = de Dieu] devant la face des hommes. Vous-mêmes vous n'êtes pas entrés mais ceux qui voulaient entrer, vous ne leur avez pas permis d'entrer... Matthieu 24, 29 : Hoï à celles qui auront dans le ventre et à celles qui allaiteront dans ces jours-là... Matthieu 26, 24 : Hoï à l'homme par la main de qui le fils de l'homme est livré... Luc 10, 13 ; 17, 1 ; Luc 6, 24 : Hoï à vous, les riches... Hoï à vous, qui êtes remplis maintenant... Première lettre aux Corinthiens 9, 16 : Hoï à moi si je n'annonce pas l'heureuse annonce... Épictète, Entretiens III, 19 : La première différence entre un simple particulier et un philosophe ; l'un dit : « Hoï à moi à cause de l'enfant, à cause du frère, hoï à cause du père », tandis que l'autre, s'il est contraint de dire : « Hoï à moi ! », il ajoute : « par ma faute... » Guerre VI, 305 : Il l'a interrogé, Albinus, car c'était lui le gouverneur de la province, il lui a demandé qui il était, d'où il venait, et pourquoi il disait des choses pareilles. Et à ces questions il [Ieschoua ben Hanan-iah] n'a rien répondu. Mais sa plainte funèbre, sa lamentation funèbre (grec thrènos, hébreu qinah) sur la Ville, il n'a pas cessé de la proférer. Il a estimé, Albinus, qu'il s'agissait d'un cas de folie, et il l'a fait relâcher. Lui, Ieschoua ben Hanan-iah, jusqu'au temps de la guerre, il n'a eu de rapport avec personne de la Ville. On ne l'a vu parler avec personne. Mais jour après jour, comme s'il avait fait un vœu, soigneusement, il répétait sa complainte funèbre : « Hoï hoï le-

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ierou-schalaïm ! » Aucun de ceux qui le frappaient chaque jour, il ne les maudissait. Ceux qui lui donnaient à manger, il ne leur disait pas merci. Unique pour tous était le présage sinistre, en guise de réponse. C'est surtout dans les fêtes qu'il criait. Et cela, pendant sept ans et cinq mois, il n'a pas cessé de le dire. Sa voix ne s'est pas fatiguée, jusqu'à ce que, lors du siège de la Ville, il a vu les travaux... [Texte incertain, traduction conjecturale]. Alors il s'est arrêté. Il a fait le tour des remparts [de Jérusalem] et il a crié d'une voix perçante : « Hoï hoï à la Ville ! Hoï au peuple ! » Et pour finir il a ajouté : Hoï hoï à moimême ! » Une pierre a été lancée venant d'une machine à lancer les pierres [des Romains]. Elle l'a frappé et l'a tué aussitôt. Il a prononcé encore une fois ces mots qui sont des présages et il a laissé aller son âme, [et il a fait sortir son âme] (grec tèn psuchèn aphèke, hébreu waiehi betzeet napheschah ki met ah..., Genèse 35, 18). 7. Gessius Florus, 64-66 Guerre II, 277 : Voilà comment il était Albinus [escroc, oppresseur, corrompu, etc.]. Celui qui est venu après lui, Gessius Florus, l'a fait paraître excellent homme, par comparaison... Guerre II, 280 : Aussi longtemps qu'en Syrie il est resté, Cestius Gallus, administrateur de la province, personne n'a osé lui envoyer une ambassade pour accuser Florus. Mais lorsqu'il est venu à Jérusalem lors de la fête des matzôt, alors il l'a entouré, le peuple, pas moins de trois cents muriadôn6. Ils l'ont supplié d'avoir pitié des malheurs du peuple et ils criaient que Florus ravageait le pays. Florus était présent et il se tenait à côté Cestius. Il éclata de rire en entendant ces cris...
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Le grec murias signifie le nombre de dix mille. En français, lorsque ce mot était encore utilisé, une myriade signifiait aussi le nombre de dix mille. Le mot grec murias traduit le mot hébreu rebabah, qui signifie un grand nombre, Genèse 24, 60 ; Lévitique 26, 8 ; Nombres 10, 36.

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Guerre II, 284 : Et dans ce temps-là aussi, les Grecs de Césarée avaient vaincu, ils avaient gagné leur cause auprès de Néron. Ils avaient obtenu le droit de commander la ville. Ils rapportaient les lettres du jugement. C'est alors que la guerre a commencé, la douzième année du principat de Néron et la dix-septième année du règne d'Agrippa [Agrippa II], au mois d'Artémisios [= avril-mai 66]. Si on compare à la grandeur des maux qui devaient en résulter, cette guerre eut un prétexte qui n'en était pas digne. Les Judéens de Césarée avaient une maison de réunion (grec sunagôgèn) près d'un terrain dont le propriétaire était un Grec de Césarée. Un grand nombre de fois les Judéens avaient tenté d'acquérir ce lieu. Ils en offraient un prix bien supérieur à sa valeur réelle. Mais lui, le Grec, il prenait de très haut leurs demandes et pour les provoquer il a entrepris des constructions sur son terrain... Le lendemain, c'était schabbat, les Judéens se sont réunis dans la maison de réunion. Un provocateur de Césarée a retourné une marmite et il l'a placée à l'entrée de la maison de réunion, et il a sacrifié des oiseaux. Cela a exaspéré les Judéens, parce que c'était un outrage à leurs lois et que le terrain était désormais impur... Les Judéens ont enlevé les rouleaux de la Torah et se sont retirés à Narbata... Guerre II, 293 : Florus a envoyé [des sbires] au trésor sacré pour s'emparer de dix-sept talents sous le prétexte que c'était pour les besoins de César. Ce fut immédiatement l'émeute dans le peuple. Ils se sont mis à courir vers l'enceinte sacrée du Temple. Avec des cris perçants ils invoquaient le nom de César et ils suppliaient qu'on les délivre de la tyrannie de Florus... Antiquités XX, 252 : Gessius Florus, envoyé par Néron pour succéder à Albinus, accabla les Judéens de toutes sortes de maux... Il se montra si pervers et si violent dans l'exercice de sa puissance qu'en raison de l'excès de leurs maux les Judéens célébraient Albinus comme leur bienfaiteur... Florus fut celui qui nous força à commencer la guerre contre les Romains... Ce fut la deuxième année du gouvernement de Florus et

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la douzième du principat de Néron que la guerre commença... 3. Les rois judéens La sinistre dynastie des Hérodes 1. Hérode dit le Grand, ou l'Ancien. Hérodes, contraction de Héroïdes. Hèrôs : maître, chef, noble, en parlant des chefs militaires des Grecs devant Troie ; demi-dieu, placé entre les dieux et les hommes ; tout homme élevé au rang de demi-dieu. Transcription en caractères hébreux : Hôrôdôs, avec trois wauw. Le wauw vaut 6. Né peut-être en 62 avant notre ère, il meurt en 4 avant notre ère. Fils d'Antipater, Hérode était à moitié judéen (hémi-ioudaios, Antiquités XIV, 15). Il eut dix femmes. Nommé roi de Judée par un décret du Sénat romain en 40 avant notre ère, il parvint à se rendre maître de Jérusalem en 37 avant notre ère. La dix-huitième année de son règne, il commença les travaux pour la reconstruction du Temple de Jérusalem (20-19 avant notre ère). Matthieu 2,1 : Ieschoua est né à Beit-Lehem de Iehou-dah dans les jours d'Hérode le roi. Et voici que les devins (grec magoi, peut-être hébreu aschaph, pluriel aschaphim, Daniel 1, 20 ; 2, 2 ; 2, 10, etc.) sont venus de l'Orient à Jérusalem. Et ils ont dit : « Où est-il celui qui vient de naître, le roi des Judéens?... Lorsqu'il a entendu cela, le roi Hérode, il a été bouleversé et tout Jérusalem avec lui... Luc 1, 5 : Et il est arrivé [littéralement : et fut] (hébreu wa-iehi, grec kai egeneto, Genèse 6, 1 ; 11, 1 ; 12, 10 ; 14, 1 ; 17, 1 ; 19, 29 ; 22, 1, etc.) dans les jours d'Hérode roi de la Judée, un kôhen, Zekariah son nom...

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Matthieu 2, 16 : Et alors Hérode, il a vu qu'il avait été joué par les devins. Il s'est mis en fureur extrêmement, et il a envoyé [sousentendu : des sbires, construction hébraïque fréquente] et il a fait mettre à mort tous les enfants qui [étaient] à Beit-Lehem et dans tous ses environs depuis l'âge de deux ans et en dessous... Matthieu 2, 19 : Lorsqu'il est mort, Hérode... Matthieu 2, 22 : Et il a appris que Archélaùs était le roi de la Judée à la place de (grec anti, hébreu tahat) son père Hérode... 2. Philippe Il règne à partir de 4 avant notre ère, et meurt en 34 de notre ère (Schûrer 1, 425). C'est l'un des fils non assassinés d'Hérode dit le Grand. Après la mort de son père, il obtient d'Auguste les territoires de Batanée, Trachonitide, Auranitide, Gaulanitide, Panias et l'Iturée. Population mêlée : Syriens, Grecs et Judéens. Titre : Tétrarque, chef d'une région sur quatre dans une province (grec tetr arches). Il fait reconstruire et agrandir la ville ancienne de Panias, sur les sources du Jourdain, et lui donne, en l'honneur de César, le nom de Césarée... appelée Césarée de Philippe, pour la distinguer de Césarée au bord de la mer. Il fait aussi reconstruire et agrandir BeitTzaïda, qu'il a appelée Julias, en l'honneur de la fille de l'empereur Auguste. Ami des Romains, ses monnaies représentent les figures d'Auguste et de Tibère. Philippe est mort la vingtième année du règne de Tibère, en 33/34. Ses territoires ont été attribués à la province de Syrie. L'empereur Caligula donnera en 37 la tétrarchie de Philippe à Agrippa, fils d'Aristobule, fils d'Hérode dit le Grand, mis à mort sur ordre de son propre père, en 7 avant notre ère. Matthieu 16, 13 : Et il est venu, Ieschoua, sur le territoire de Césarée de Philippe et il a interrogé ceux qui apprenaient avec lui et il a dit : « Que disent-ils les gens, qu'il est, le fils de l'homme ? »

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Marc 8, 27 : Et il est sorti, Ieschoua et ses compagnons qui apprenaient avec lui [le verbe en tête au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque] pour aller vers les villages de Césarée de Philippe. Et sur la route il a interrogé ses compagnons qui apprenaient avec lui... Luc 3, 1 : Dans l'année quinzième de la domination de Tibère César, il était procurateur, Pontius Pilatus, de la Judée ; il était tétrarque de la Galilée, Hérode ; Philippe son frère était tétrarque de l'Iturée et de la Trachonitide... 3. Hérode Antipas Il règne à partir de 4 avant notre ère jusqu'en 39 de notre ère. Antipas est la forme syncopée de Antipatros (Schùrer, I, 431). Fils d'Hérode dit le Grand. Demi-frère de Philippe, tétrarque de l'Iturée. A la mort de son père il reçoit de César Auguste, en 4 avant notre ère, la Galilée et la Pérée. Galilée, grec Galilaia, hébreu galil ou, avec l'article, ha-galil, hagalilah, Josué 20, 7 ; 21, 32 ; etc. Isaïe 8, 23 : gelil ha-goïm, grec galilaia ton ethnôn. La Pérée, grec hè peraia gè, le pays situé de l'autre côté, au-delà ; hébreu eber ha-iarden, le pays qui est de l'autre côté du Jourdain, Genèse 50, 10 ; etc. Matthieu 4, 15 ; Jean 1, 28 ; 3, 26 ; etc. Cette expression permet évidemment de déterminer le lieu où se trouve celui qui écrit le document. Il porte lui aussi le titre de tétrarque (tetrarchès, chef d'une région sur quatre dans une province). Appelé basi-leus, roi (Marc 6, 14). Il construit sous le règne de Tibère, une capitale en Galilée, au bord de la mer de Galilée, sur un ancien cimetière. Il l'a appelée Tibériade, en l'honneur de l'Empereur. C'est Hérode Antipas qui a fait décapiter Iohanan, fils de Zekar-iah et

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d'Elisabeth, le nazir qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain : Antiquités XVIII, 117: Il l'a fait mettre à mort, Hérode, cet homme qui était bon... D'autres s'étaient rassemblés autour de lui... Alors il a eu peur, Hérode, que l'influence de Iohanan ne provoque une révolte [contre Rome]... Il a estimé de beaucoup préférable, avant que quelque mouvement insurrectionnel (grec ti neôteron) ne surgisse à cause de Iohanan, de prendre les devants et de le faire exécuter, plutôt que s'il se produisait quelques troubles qui le feraient tomber dans des affaires [avec Rome], d'avoir à s'en repentir trop tard. À cause de ce soupçon d'Hérode, Iohanan enchaîné a été expédié à Machairôn, la forteresse... et là il a été mis à mort... Matthieu 14, 1 : Et dans ce temps-là, il a entendu, Hérode le tétrarque, ce qu'on entendait dire (grec akoèn, hébreu évident : schama et-schema, Genèse 29, 13 ; Nombres 14, 15 ; etc.) de Ieschoua. Et il a dit à ses esclaves-serviteurs : « C'est Iohanan qui plonge [les pénitents dans les eaux, le verbe hébreu tabaï\. C'est lui qui s'est relevé d'entre les morts et c'est pour ça que des actions de puissance sont opérées [par Dieu] en lui. » En effet Hérode avait fait arrêter Iohanan et l'avait fait enchaîner, et il l'avait fait mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe son frère. Car il lui a dit, Iohanan : « Il n'est pas permis [par la Torah] qu'elle soit à toi. » Alors il voulait le tuer mais il craignait le peuple... Matthieu 14, 10 : Et il a envoyé [sous-entendu : des sbires, construction hébraïque] et il a fait couper la tête de Iohanan dans sa prison... Les deux motifs de la mise à mort de Iohanan, celui indiqué par Joseph en 93-94, et celui du dossier mis sous l'autorité de Matthieu, dans les années 30 et suivantes, ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Ils se complètent fort bien l'un l'autre. Marc 6, 14 : Et il a entendu, le roi Hérode, car il était connu, son

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nom [le nom de Ieschoua]. Et ils disaient : « C'est Iohanan, celui qui plonge qui s'est relevé d'entre les morts et c'est pourquoi elles opèrent les puissances [de Dieu] en lui. » Mais d'autres disaient : « C'est Eliiahou. » Et d'autres disaient : « C'est un prophète (grec prophètes = interprète d'un dieu, hébreu nabi, probablement participe actif du verbe naba, niphal parfait nibà), comme l'un des prophètes [des temps jadis]. » Et il a entendu, Hérode, et il a dit : « Celui que moi j'ai fait décapiter, Iohanan, c'est lui qui s'est relevé [d'entre les morts]. » Parce que lui, Hérode, il avait envoyé [sousentendu : des sbires] et il avait fait arrêter Iohanan et il l'avait fait enchaîner en prison à cause d'Hérodiade la femme de Philippe son frère... Luc 3, 19 : Hérode, le tétrarque (hébreu sar roba ha-medinah), Iohanan lui avait fait des reproches au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tout le mal qu'il avait fait, Hérode, — il a ajouté encore cela à tous ses crimes et il a fait enfermer Iohanan en prison... Luc 9, 7 : Et il a entendu, Hérode le tétrarque, tout ce qui est arrivé et il se faisait du souci parce que certains disaient : « C'est Iohanan qui s'est relevé d'entre les morts ! » D'autres disaient : « C'est Eliiahou. » D'autres : « C'est un prophète des temps anciens qui s'est levé. » Et il a dit, Hérode : « Iohanan, moi, je lui ai fait couper la tête. Qui est-il donc, celui-ci [= Ies-choua] au sujet de qui j'entends de tels faits ? » Et il cherchait à le voir... Luc 13, 31 : Et dans ce temps-là, ils se sont avancés, certains perouschim, et ils lui ont dit : « Sors et va-t'en d'ici, parce que c'est Hérode qui veut te tuer. » Et il leur a dit : « Allez et dites à ce chacal (grec alôpèx, hébreu schoual, Psaume 63, 11): Voici que moi je chasse les esprits mauvais et ce sont les guérisons que j'accomplis aujourd'hui et demain, et au troisième jour ma main sera remplie... »

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Le verbe grec teleio-ô signifie achever, réaliser, exécuter, mener à terme ; au passif, arriver à terme, à maturité. Il traduit le verbe hébreu maie, kal parfait maie, être plein ; niphal imparfait immale, être rempli ; piel parfait mille, milla, imparfait imalle, remplir, remplir la main. Exode 28, 41 : Et tu les revêtiras, Ahâron ton frère et ses fils, avec lui, et tu verseras sur eux l'huile d'onction (hébreu maschah, grec chriô) et tu rempliras leur main et tu les consacreras et ils seront kôhanim pour moi... Exode 29, 7 : Et tu prendras l'huile de l'onction et tu la verseras sur sa tête, et tu le oindras. Et ses fils, tu les feras approcher et tu les revêtiras de tuniques... Et elle sera à eux la fonction de kôhen (hébreu kehounnah, grec hierateia)... et tu rempliras la main de Aharôn et la main de ses fils... Exode 29, 22 : Parce que le bélier avec lequel on remplit la main [du kôhen] il est, lui... (hébreu millouïm, grec teleiôsis). Exode 29, 26 : ... le bélier avec lequel on remplit la main (hébreu hamillouïm, grec apo tou kriou tes teleiôseôs. Exode 29, 27). Exode 29, 29 : Et les vêtements de sainteté qui [sont] à Aharôn, ils seront à ses fils après lui, pour qu'ils soient oints en eux et pour remplir, en eux, leurs mains... Exode 29, 33 : Et le bélier avec lequel on remplit la main (hébreu hamillouïm, grec ton krion tes teleiôseôs)... Et il mangera, Aharôn et ses fils (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets), la chair du bélier et le pain... Et ils les mangeront en sorte que soit expiée [leur faute] par eux (le verbe hébreu kipper, expier), pour remplir leurs mains, pour les consacrer (hébreu le-malle et-iadam, grec teleiôsai tas cheiras autôri)... Lévitique 4, 5 : Et il prendra, le kôhen qui a reçu l'onction, qui a rempli sa main (hébreu ascher mille et-iadô, grec ho teteleiômenos tas cheiras autou ; hébreu conservé par le Pentateuque samaritain), du sang du taureau...

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Lévitique 8, 33 : Et de l'entrée de la tente de l'attestation, vous ne sortirez pas [pendant] sept jours, jusqu'au jour où ils seront remplis les jours où seront remplies [vos mains], car c'est pendant sept jours qu'il remplira vos mains (hébreu ad iôm melôt iemei milloueikem ki schibeat iamim imalle et-iedekem, grec heôs hèmera plèrôthè hèmera teleiôseôs humôn hepta gar hèmeras teleiôsei tas cheiras humôri). Lévitique 16, 32 : Et il fera l'expiation (hébreu kipper) le kôhen que l'on a oint et dont on a rempli la main pour être kôhen, à la place de son père (hébreu tahat, grec meta)... Lévitique 21, 10 : Et le grand prêtre (hébreu ha-kôhen ha-gadôl) d'entre ses frères, qu'elle a été versée sur sa tête, l'huile de l'onction, et dont on a rempli la main (grec teteleiômenou) pour revêtir les vêtements [de sainteté], sa tête, il ne la laissera pas chevelue [= il ne laissera pas pousser les cheveux de sa tête] et ses vêtements, il ne les déchirera pas. Et auprès de toute âme de mort, il n'entrera pas. Pour son père et pour sa mère il ne se rendra pas impur... Nombres 3, 3 : Voici les noms des fils de Aharôn, les kôhanim qui ont reçu l'onction, ceux dont on a rempli la main pour être kôhen... Lorque donc l'auteur, inconnu à ce jour, de la lettre aux Hébreux écrit (7, 11) : « Si donc il y avait remplissage de la main... » (grec teleiôsis, hébreu millouïm, Exode 29, 22 ; 29, 26 ; Lévitique 7, 37, etc.), pour comprendre ce texte il faut évidemment se référer aux législations de l'Exode et du Lévitique que nous avons indiquées. Lorsque le Rabbi envoie dire à Hérode Antipas (Luc 13, 32) : « Et le troisième jour, ma main sera remplie », il s'adresse à quelqu'un qui connaît les législations de l'Exode et du Lévitique, et il lui a fait savoir qu'il va être consacré kôhen gadôl, ce qui est la doctrine de la lettre aux Hébreux, que nous retrouverons plus loin. Et le Rabbi ajoute, toujours à l'adresse d'Hérode Anti-pas, roi de la Galilée et des territoires qui sont de l'autre côté du Jourdain :

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Luc 13, 33 : Mais je vais (le deï grec traduit une construction hébraïque avec le lamed : être sur le point de...) aujourd'hui et demain et le jour qui suivra [le troisième] marcher encore parce qu'il n'est pas permis [par Dieu] que le prophète soit mis à mort en dehors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, elle qui (construction hébraïque) tue les prophètes et qui envoie des pierres contre ceux qui sont envoyés vers elle... Le Rabbi donne rendez-vous à Hérode Antipas, à Jérusalem. Luc 23, 5 : Et eux ils insistaient et ils disaient : « Il soulève le peuple. Il enseigne dans toute la Judée. Il a commencé par la Galilée [et maintenant il enseigne] jusqu'ici [= Jérusalem]. » Pilatus, lorsqu'il a entendu cela, il a demandé si l'homme était galiléen. Et il a appris qu'il relevait de l'autorité (grec exousia) d'Hérode [= Hérode Antipas]. Alors il l'a envoyé à Hérode. Il était lui aussi à Jérusalem dans ces jours-là. Et Hérode, lorsqu'il a vu Ieschoua, il s'est réjoui grandement. Car depuis longtemps il voulait le voir à cause de ce qu'il avait entendu à son sujet. Et il espérait voir quelque signe (grec sèmeion, hébreu ôt, Genèse 1, 14 ; 4, 15 ; etc.) fait par lui. Il [= Hérode] l'a interrogé dans un grand nombre de paroles, mais lui [Ieschoua] il ne lui a pas répondu une seule parole. Et ils se tenaient debout les kôhanim et les lettrés (sopherim), et c'est en faisant un bruit de schophar [Josué 6, 8] qu'ils l'accusaient. Et il l'a méprisé, Hérode, lui et les hommes de son armée. Il s'est moqué de lui et il l'a fait revêtir d'un vêtement de splendeur et il l'a renvoyé à Pilatus. Et ils ont été amis, Hérode et Pilatus, dans ce jour-là, chacun avec son compagnon. Parce que, auparavant, ils étaient dans la haine l'un contre l'autre... Selon Luc 3, 1, c'est dans la quinzième année de Tibère empereur, et donc entre août 28 et août 29, que la parole de Dieu a été adressée à Iohanam le nazir dans le désert de Judée. L'Évangile de Jean ne dit pas un mot d'Hérode Antipas qui a fait

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assassiner Iohanam, l'ascète du désert de Juda qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain. L'Évangile de Jean ne dit pas un mot des rois de la sinistre dynastie des Hérodes. Cependant Iohanam du quatrième Évangile, celui qui ne veut pas dire son nom dans la traduction grecque de son propre dossier, a été, nous allons y revenir, le disciple de Iohanam qui plongeait les pénitents dans les eaux (Jean 1, 35). Et il sait très bien qui a fait assassiner son premier maître. Iohanam a connu fort bien et de très près plusieurs des rois judéens de la dynastie des Hérodes : Hérode Agrippa I et Hérode Agrippa II, en plus d'Hérode Antipas. Par contre l'Apocalypse parle des rois de la dynastie des Hérodes, mais en langage chiffré, c'est le cas de le dire. C'est peut-être en l'année 36 qu'Hérode Antipas a offert un festin à Artabane, roi des Parthes, et à Vitellius, le gouverneur romain de la Syrie, sur l'Euphrate, sur un pont : Antiquités XVIII, 96 : Tibère a écrit à Vitellius pour lui ordonner de se concilier l'amitié d'Artabane, roi des Parthes... Antiquités XVIII, 101 : Tibère a décidé de se lier d'amitié avec Artabane. Celui-ci a accepté avec joie la conférence à laquelle on l'avait invité... Artabane et Vitellius sont venus sur l'Euphrate. Ils se sont rencontrés au milieu d'un pont jeté sur le fleuve. Chacun avait sa garde autour de lui. Quand ils ont eu fini de discuter le traité d'alliance, le tétrarque Hérode [Antipas] leur a offert un festin dans une tente luxueuse dressée au milieu du pont... Ensuite Vitellius retourna à Antioche, et Artabane à Babylone... C'est aussi en l'année 36 que Vitellius, le gouverneur romain de la Syrie, a enlevé le suprême pontificat à Joseph surnommé Qaïapha et l'a confié à Ionatan, le fils de Hanan {Antiquités XVIII, 95). C'est sans doute la même année que Vitellius a ordonné à Pontius Pilatus de rentrer à Rome {Antiquités XVIII, 89), peu de temps avant la mort de l'empereur Tibère, 16 mars 37.

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En l'année 37, nous y reviendrons, pendant les fêtes de pesah, Vitellius, le gouverneur de la Syrie, a destitué Ionatan, fils de Hanan, et lui a substitué Theophilos, son frère : Antiquités XVIII, 120 : Après avoir fait des préparatifs de guerre contre Arétas et s'être mis à la tête de deux légions, de toutes les troupes légères et de la cavalerie qui y étaient attachées, Vitellius s'est hâté vers Pétra et a occupé Ptolémaïs [en Phénicie]. Comme il se préparait à faire traverser la Judée par son armée, les principaux citoyens [de la Judée] vinrent le trouver et essayèrent de le détourner de passer par leur pays, car il n'était pas conforme à leur tradition de laisser transporter des images. Or il y en avait beaucoup sur les enseignes. Déférant à leur demande, Vitellius a changé les résolutions qu'il avait prises à ce sujet. Lui-même est monté, avec le tétrarque Hérode [Antipas] et ses amis, à Jérusalem, pour sacrifier à Dieu pendant la fête des Judéens... Il y assista et fut reçu avec honneur par la foule des Judéens. Il séjourna là pendant trois jours et il a destitué du haut sacerdoce, ou de la grande prêtrise, Ionatan [le fils de Hanan], pour le transmettre à son frère Theophilos. Le quatrième jour il a reçu une lettre qui lui apprenait la mort de Tibère [le 16 mars 37] et il fit jurer par le peuple [de la Judée] fidélité à Caius [surnommé Caligula]... Vitellius retourna à Antioche... Joseph ne nous dit pas pour quelle raison Vitellius, qui avait installé Ionatan, fils de Hanan, comme kôhen gadôl en 36, le destitue en 37. Est-ce qu'il aurait appris quelque chose de suspect concernant Ionatan ? Est-ce qu'Hérode Antipas, qui avait fait assassiner Iohanam le nazir, lui a dit quelque chose concernant Ionatan le kôhen ha-gadôl ? Est-ce que Joseph lui-même connaissait le motif de cette destitution en l'année 37 de Ionatan le kôhen gadôl ? C'est très probable. S'il n'en parle pas, c'est qu'il ne veut pas en parler. Joseph était très lié avec Hérode Agrippa II, le fils d'Hérode Agrippa I. Et Hérode Agrippa II a dû lui expliquer toute l'affaire.

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Joseph nous raconte la fin d'Hérode Antipas. Caius surnommé Caligula, empereur depuis le 18 mars 37, avait donné à Hérode Agrippa, le petit-fils d'Hérode dit le Grand, et le frère d'Hérodiade, la femme d'Hérode Anti-pas, l'ancienne tétrarchie de Philippe, mort en 34, avec le titre de roi. La deuxième année du règne de Caligula, 38-39, Hérode Agrippa arrive en Palestine avec le titre de roi. Hérodiade, sa sœur, est furieuse : Antiquités XVIII, 240 : Hérodiade, sœur d'Agrippa et femme d'Hérode, tétrarque de Galilée et de Pérée, regardait avec jalousie la puissance de son frère parce qu'elle le voyait parvenu à une bien plus grande dignité que son mari et parce que, après s'être enfui faute de pouvoir payer ses dettes, il revenait avec des honneurs et une telle félicité... Elle excitait son mari à s'embarquer pour Rome afin de revendiquer des honneurs égaux... Antiquités XVIII, 245 : Hérode [Antipas] résista un certain temps. Content de sa tranquillité, il se méfiait des embarras de Rome et il essayait de chapitrer sa femme. Mais elle insistait d'autant plus qu'elle le voyait reculer davantage et elle l'exhortait à ne rien négliger pour devenir roi. Elle ne cessa pas avant d'avoir réussi à le convaincre d'accepter son avis, bien qu'à contrecœur, car il était impossible à Hérode d'échapper à ce que sa femme avait décidé à ce sujet. Il a fait des préparatifs aussi somptueux qu'il le pouvait. Il n'a épargné aucune dépense. Hérode s'embarqua pour Rome en emmenant Hérodiade. Mais Agrippa avait deviné leurs dispositions et le but de leurs préparatifs. Il se préparait lui-même. Dès qu'il sut qu'ils s'étaient embarqués, il envoya lui aussi à Rome son affranchi Fortunatus, porteur de présents pour l'Empereur ainsi que d'une lettre contre Hérode et chargé de renseigner directement Caius... Fortunatus, qui s'était embarqué à la poursuite d'Hérode et avait fait une heureuse traversée, fut devancé par Hérode de si peu, qu'au moment où Hérode rencontrait Caius, l'autre débarquait et remettait sa lettre... Caius, tout en parlant à Hérode, à qui il avait donné audience en premier lieu, lisait en même temps la lettre qu'Agrippa avait rédigée

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pour l'accuser. Or Agrippa accusait Hérode d'avoir jadis conspiré contre le pouvoir de Tibère... et de conspirer maintenant avec Artabane le Parthe contre le pouvoir de Caius. Comme preuve à l'appui de ses dires, il indiquait que des armes pour soixante-dix mille fantassins se trouvaient dans l'arsenal d'Hérode. Ému par cette découverte, Caius demanda à Hérode si cette indication touchant les armes était vraie. L'autre, qui ne pouvait pas dire le contraire, parce que la vérité était certaine, avoua. Et Caius, ajoutant foi aux accusations du complot, le priva de sa tétrarchie, qu'il annexa au royaume d'Agrippa, à qui il donna aussi la fortune d'Hérode, et il condamna celui-ci à l'exil perpétuel en lui imposant pour résidence Lyon, ville de Gaule... Caius exila aussi Hérodiade, sœur d'Agrippa et femme d'Hérode, il l'exila avec Hérode et donna ses biens à Agrippa... Quant à Caius, il administra les affaires de l'Empire avec assez de grandeur d'âme pendant la première et la seconde année. Sa modération lui valut une grande popularité chez les Romains euxmêmes et chez leurs sujets. Mais avec le temps il cessa de se regarder comme un homme, se divinisant lui-même à cause de la grandeur de sa puissance... Hérode Antipas est mort en exil. Selon l’Histoire de la Guerre des Judéens contre les Romains (II, 183), il serait mort en Espagne. 4. Archélaûs Tétrarque de la Judée, de la Samarie et de l'Idumée. Il règne entre 4 avant notre ère et l'année 6 de notre ère (Schù-rer, I, 449). Archélaûs : celui qui commande (grec archôn, au peuple, laos). Nous indiquons la signification de ces noms propres parce que nos frères aînés, les Judéens, dans ce temps-là, aimaient beaucoup à jouer sur le sens des noms et des surnoms. C'est tout particulièrement le cas pour l'Apocalypse de Iohanam. Il est vraisemblable que quantité de noms de code dans l'Apocalypse résultent de jeux de mots. Ainsi Bala-am, Niko-laos, etc. (cf.

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p. 307). Archélaûs était le fils aîné d'Hérode dit le Grand, (Guerre 1, 664) et le frère d'Hérode Antipas. À la mort de son père, Hérode dit le Grand, en 4 avant notre ère, il reçoit conformément au dernier testament, et sur la décision d'Auguste, la Judée, la Samarie et l'Idumée, non pas avec le titre de roi, comme Hérode son père l'avait souhaité, mais seulement avec le titre d'ethnarque. Auguste lui avait cependant promis le titre de roi s'il s'en montrait digne. Archélaûs, tout comme son frère Antipas, se faisait appeler Hérode. Il nommait et déposait les grands prêtres selon son bon plaisir. Antiquités XVII, 339 : Lorsque Archélaûs, ayant obtenu l'ethnarchie, est arrivé en Judée, il a dépouillé du grand pontificat, Ioazar, fils de Boethos, et il a installé à sa place son frère Éléazar... Éléazar n'est pas resté longtemps grand prêtre car on [= Archélaûs] lui a substitué de son vivant, Ieschoua fils de See... Matthieu 2, 19 : Lorsqu'il est mort, Hérode, voici qu'un messager de YHWH s'est fait voir en songe à Joseph en Égypte... Et il a entendu dire qu'Archélaùs était le roi de la Judée à la place de son père Hérode (grec anti, hébreu tahat) alors il a eu peur d'y aller... Antiquités XVII, 342 : La dixième année du règne d'Archélaùs [nous sommes donc en 6 de notre ère], les principaux, les chefs, les notables des Judéens et des Samaritains, ne supportant plus la cruauté de sa tyrannie, l'accusèrent auprès de l'Empereur [Auguste]... L'Empereur lorsqu'il a entendu ces accusations, s'est mis en colère... Archélaûs convoqué à Rome, entendu par Auguste, est expédié en Gaule, à Vienne, en 6 de notre ère. Tous ses biens sont confisqués au profit du trésor impérial {Guerre II, 111). Les territoires d'Archélaùs sont mis sous l'autorité immédiate de Rome, annexe de la province de Syrie. C'est la raison pour laquelle, entre 6 et 41, la Judée a été soumise à l'autorité des procurateurs romains. Il faudra attendre Hérode Agrippa I pour que la Judée retrouve un roi de la dynastie

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des Hérodes. 5. Hérode Agrippa I Roi à Jérusalem de 41 à 44 (Schùrer, I, 549). Agrippa, né en 10 avant notre ère, était le fils d'Aristobule, mis à mort en 7 avant notre ère sur ordre d'Hérode dit le Grand, son propre père. Hérode l'avait fait assassiner avec son autre fils, Alexandre. Quelques jours avant sa propre mort, Hérode dit le Grand avait fait mettre à mort un autre de ses fils, Antipater. En 29 avant notre ère il avait fait mettre à mort Mariamme sa femme. Peu avant la mort de son grand-père, Hérode Agrippa I a été expédié à Rome, à l'âge de six ans. Antiquités XVIII, 143 : Peu de temps avant la mort du roi Hérode, Agrippa vivait à Rome. Élevé avec le fils de Tibère, Drusus, et très lié avec lui, il devint également l'ami d'Antonia, femme de Drusus l'Ancien, frère de Tibère, et mère de Germanicus... Agrippa... aimait à dépenser beaucoup en largesses... Il dépensa sa fortune en prodigalités... Il fit de très grandes dépenses pour les affranchis de l'Empereur dans l'espoir de se les concilier, si bien qu'en peu de temps il fut réduit à la gêne, ce qui l'empêchait de vivre à Rome... Antiquités XVIII, 147 : Pour toutes ces raisons, Agrippa s'embarqua pour la Judée... Antiquités XVIII, 126 : Agrippa, fils d'Aristobule, était parti pour Rome, l'année qui a précédé la mort de Tibère [donc en 36], afin de traiter de ses affaires avec l'Empereur dès qu'il en aurait la possibilité... Antiquités XVIII, 161 : Agrippa, ayant abordé à Pouzzoles, écrivit une lettre à l'empereur Tibère qui résidait à Caprée ; il était venu pour lui rendre hommage, le voir et lui demander la permission

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d'aborder à Caprée. Tibère se hâta de lui répondre très aimablement... Comme il avait été accueilli avec faveur par Antonia, mère de Germanicus et du futur empereur Claude, Agrippa se mit à servir Caius, son petit-fils... Antiquités XVIII, 168 : Agrippa faisait de très grands progrès dans l'amitié de Caius. Un jour qu'ils causaient en voiture au sujet de Tibère, Agrippa se mit à souhaiter — ils étaient seuls — que Tibère laissât au plus vite le pouvoir à Caius qui en était plus digne en tous points. Ces paroles furent entendues par l'affranchi et cocher d'Agrippa... Antiquités XVIII, 191 : Agrippa est enchaîné, vêtu de pourpre... L'empereur Tibère est mort le 16 mars 37. Il laissait le pouvoir à Caius surnommé Caligula (= petite chaussure, ou sandale de soldat). Antiquités XVIII, 224 : Tibère, après avoir désigné Caius pour son successeur à l'Empire, vécut encore quelques jours, puis mourut après avoir occupé lui-même le pouvoir vingt-deux ans, cinq mois et trois jours. Caius fut le quatrième empereur. A la nouvelle de la mort de Tibère, les Romains se réjouirent... Marsyas, l'affranchi d'Agrippa, ayant appris la mort de Tibère, se précipita en courant pour annoncer la bonne nouvelle à Agrippa et, le rencontrant qui sortait pour aller aux Thermes, il lui fit un signe de tête et lui dit en langue hébraïque : « Le lion est mort... » Le lion, en hébreu, se dit ari, ou arieh. Mourir, mot, kal parfait met. Vous mettez le verbe en tête, et cela donne : met ha-ari. Deuxième lettre à Timothée 4, 17 : J'ai été délivré de la bouche du lion (= Psaume 22, 22 : mi-pi arieh]. Pierre, première lettre 5, 8 : Votre accusateur (hébreu rib, kal parfait rab, ou enôsch rib) adversaire (grec diabolos sans l'article, hébreu satan), comme un lion qui rugit [Psaume 22, 14] il se promène, il cherche qui il va dévorer (hébreu bala)...

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Quelques jours après la mort de l'empereur Tibère, le nouvel empereur, Caius Caligula, fait libérer son ami Hérode Agrippa et lui donne la tétrarchie de Philippe, avec celle de Lysanias, et le titre de roi : Antiquités XVIII, 237 : Peu de jours après, Caius a fait venir Agrippa auprès de lui. Il l'a fait tondre et lui a fait changer de vêtements. Il a mis le diadème sur sa tête et le nomma roi de la tétrarchie de Philippe en lui faisant cadeau de celle de Lysanias. En échange de sa chaîne de fer, il lui en donna une d'or de poids égal, et il envoya Marcellus comme vice-roi de Judée. Antiquités XVIII, 238 : La deuxième année du principat de Caius César, Agrippa lui demanda la permission de s'embarquer pour aller installer son gouvernement, et de revenir quand il aurait réglé toutes ses autres affaires... C'est ce titre de roi qui a provoqué la jalousie d'Hérodiade, la sœur d'Agrippa, et la femme d'Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée {Antiquités XVIII, 240). C'est cette jalousie d'Hérodiade qui a causé la démarche d'Hérode Antipas auprès de l'empereur Caius Caligula. Nous avons vu Hérode Agrippa avait envoyé à Rome un messager pour accuser Hérode Antipas. Finalement Hérode Antipas a été envoyé en exil à Lyon. L'Empereur donne à Hérode Agrippa la tétrarchie d'Hérode Anti-pas, c'està-dire la Galilée et la Pérée, et aussi sa fortune. Nous sommes en 39. L'affaire de la statue (année 40) Nous aurions pu exposer l'affaire de la statue à propos du règne de Caius Caligula. Mais comme le roi Hérode Agrippa I a joué un rôle important dans cette affaire, nous avons préféré remettre cet exposé dans la rubrique qui lui est consacrée. L'affaire de la statue nous est connue par Philon d'Alexandrie et par Joseph.

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Philon d'Alexandrie Philon d'Alexandrie est né entre 10 et 20 avant notre ère. Il appartenait à une riche et puissante famille judéenne d'Alexandrie. Certains érudits ont pensé qu'il était issu d'une famille de kôhanim. Il a entrepris, l'un des premiers, d'intégrer deux traditions de pensée qui sont, pour le fond, incompatibles : le platonisme et le monothéisme hébreu. Depuis Philon d'Alexandrie jusqu'à Henri Bergson, on va retrouver à travers les siècles cet effort pour combiner plus ou moins heureusement la pensée issue du monothéisme hébreu et le platonisme, puis le néo-platonisme et enfin la gnose et la théosophie. Les érudits discutent de la question de savoir si Philon connaissait la langue hébraïque et dans quelle mesure. Dans ses ouvrages, Philon utilise généralement la traduction grecque de la Bibliothèque hébraïque, dite des LXX. Mais cela ne prouve rien. Dans son ouvrage consacré à la création du monde, paragraphe 7, Philon critique ceux — c'est-à-dire les philosophes grecs — qui ont considéré le monde comme incréé et éternel (grec agenèton kai aïdiori). Il critique donc, entre autres, Platon et Aristote. Philon professe que Dieu est créateur (grec poiètès) de l'Univers. Ajuste titre, Philon estime que la doctrine de la Création, qu'il attribue à Moïse, est une doctrine métaphysique parmi d'autres. Philon dit : philosophia. Le Créateur, nous dit Philon, paragraphe 13, a créé tout d'un coup, en une seule fois (grec hama panta). La première création, c'est le monde intelligible (ton noèton kosmon, § 15). Ce monde intelligible, constitué par les idées, n'était pas dans un lieu (grec topos, § 17). C'est parce que le Créateur était bon, qu'il n'a pas refusé, par envie ou jalousie, de communiquer sa nature excellente à une substance (ousia) qui par ellemême n'avait rien de beau, mais qui pouvait devenir toutes choses. Car elle était par elle-même sans ordre, sans qualité, sans âme (§ 22). Voilà le platonisme qui arrive. Tout le monde a reconnu la théorie de la matière du Timée. Le monde intelligible (ton noèton kosmon) n'est rien d'autre que le logos de Dieu (§ 24). Lorsqu'il est écrit (Genèse 1, 1) : Au commencement il a créé, Dieu, les cieux et la terre..., il ne faut pas s'imaginer, comme certains, qu'il s'agit d'un commencement temporel. Car le temps n'existait

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pas avant le monde (chronos gar ouk en pro kosmou, § 26) — thèse reprise par saint Augustin. Dieu a créé toutes choses en même temps, simultanément (grecpanth' hama, § 27). Tout d'abord le Créateur a créé un ciel incorporel (ouranon asômaton) et une terre invisible (gèn aoraton, § 29). Le monde incorporel (ho asômatos kosmos) a été créé dans le logos de Dieu (§ 36). Dieu a tout d'abord créé l'homme kata tèn eikona theou, hébreu be-tzelem elohim, Genèse 1, 2 ; 1, 27, etc. L'hébreu tzelem signifie la statue, traduction grecque eikôn. Genèse 2, 7 : Et il a façonné, modelé, Dieu, l'homme, poussière prise de la terre... Philon explique (§ 134) que dans ce deuxième texte, l'homme créé est un être sensible, constitué d'une âme et d'un corps, mâle et femelle, et par nature mortel. Tandis que le premier homme, celui de Genèse 1, 26, était intelligible (grec noètos) et incorporel (asômatos). Il n'était ni mâle ni femelle. Il était incorruptible par nature. C'est contre ce thème de Philon d'Alexandrie probablement que Paul écrivait : 1 Corinthiens 15, 46 : Mais ce n'est pas le premier homme qui est spirituel ; il n'est pas premier, le spirituel. Le premier homme est animal (grec psuchikon), et ensuite seulement viendra le spirituel (to pneuma-tikon). Le premier homme est issu de la terre... Le deuxième homme est issu des cieux [= de Dieu]... Le thème de Philon d'Alexandrie aura une longue postérité, jusqu'aujourd'hui. Il sera repris et développé par Origène d'Alexandrie et ses disciples, par exemple Grégoire de Nysse, et, à l'intérieur du judaïsme même, dans la tradition gnostique et théosophique. Même doctrine dans le Legum allegoriae (I § 31), toujours à propos de Genèse 2, 7 : Il existe deux genres d'hommes ou d'humanité (ditta anthropôn genè). Le premier c'est l'homme céleste (ho men gar estin ouranios anthrô-pos), et l'autre c'est l'homme terrestre (ho de gèïnos). L'homme céleste (ho men oun ouranios) pour autant qu'il est créé kat'eikona theou, hébreu be-tzelem elohim, Genèse 1, 26 ; 1, 27 ; il n'a pas de part à la substance corruptible et terrestre. L'homme terrestre est fait de matière (grec hulès, que Genèse 2, 7 appelle poussière, hébreu aphar min

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ha-adamah, grec choun apo tes gès). On voit que Paul, lorsqu'il dicte 1 Corinthiens 15, 45, et qu'il fait lui aussi le commentaire de Genèse 2, 7, a probablement sous les yeux le texte de Philon d'Alexandrie. Il s'oppose point par point, et mot pour mot, à la doctrine de Philon d'Alexandrie. Le thème de l'homme originel spirituel, malheureusement tombé dans la matière et le multiple (adam ha-rischôn, adam qadmôn) va se perpétuer dans la tradition ésotérique jusqu'aujourd'hui. On aperçoit nettement la différence, l'opposition fondamentale, entre le judaïsme de Philon d'Alexandrie, un judaïsme platonisé, et le christianisme de Paul. Selon Philon d'Alexandrie, la perfection était à l'origine, dans le monde intelligible, le monde des pures idées, le monde incorporel, immatériel. Selon Schaoul-Paul, la perfection est au terme de la Création, dans l'avenir. La Création est tout d'abord matérielle, physique et la matière n'est pas impure. L'existence corporelle est première, mais elle n'est pas définitive. C'est aussi à Philon d'Alexandrie que nous devons une théorie du logos selon laquelle le logos de Dieu est fils de Dieu, et même dieu second. Le logos de Dieu n'est pas incréé, comme Dieu, ni créé comme nous le sommes, mais il est intermédiaire entre Dieu et nous (oute agennetos hôs ho theos on, oute gennètos hôs humeis, alla mesos ton akrôn, Quis rerum divinarum hères). Il est le messager de Dieu (ton aggelon, hos esti logos, Legum allegoriae). Il est son premier-né (ton prôtogonon autou logon), le plus ancien de ses messagers (ton aggelôn presbutaton, De confusione linguarum). Il est l'instrument, l'organe avec lequel Dieu a créé le monde (Legum allegoriae). Il est le grand prêtre, le kôhen ha-gadôl, médiateur entre Dieu et l'homme (ho archiereus logos, de Gigantibus : ton archierea logon, De migratione Abrahami). Nous disons que le grand prêtre, ce n'est pas un homme, mais que c'est le logos divin (legomen gar, ton archierea ouk anthrôpon, alla logon theion einai, De profugis). Le logos de Dieu qui est le fils de Dieu, c'est lui qui est le paraklètos, l'avocat de la défense qui intercède auprès du père de l'Univers (tô tou kosmou patri paraklètô... huiô, Vita Mosis). Eusèbe de Césarée (Préparation évangélique VII, 13, 1) cite un fragment de Philon d'Alexandrie dans lequel celui-ci dit expressément que

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le logos de Dieu est un dieu second : pros ton deuteron theon hos estin ekeinou logos. Philon appelle fils de Dieu (huion theou), son logos premier engendré. Nous sommes sortis du monothéisme. Numénius (fragment 11, éd. des Places p. 53) distingue le dieu qui est premier (ho theos ho men prôtos) et le dieu second (ho theos ho deuteros). Origène d'Alexandrie, de même, appelle deuteros theos, le propre logos de Dieu. Nous sommes donc sur la pente savonneuse qui conduit tout droit à la doctrine d'Arius d'Alexandrie. Sur ce point encore, il y a opposition fondamentale et diamétrale entre la doctrine de la petite communauté chrétienne naissante, à Jérusalem, à partir de l'année 30, et la doctrine du philosophe platonicien Philon d'Alexandrie. Jamais les Saintes Écritures hébraïques n'ont dit que le logos de Dieu était le fils de Dieu. D'ailleurs cela ne peut pas se dire en hébreu. Il est aussi absurde de dire que l'acte de parler de Dieu est fils de Dieu, que de dire que notre acte de parler à nous, est notre fils. L'acte de parler de Dieu, c'est Dieu lui-même qui parle, ou qui cause. Dieu et son acte de parler, ce ne sont pas deux êtres, mais un seul être. Si vous dites que le logos de Dieu est le fils de Dieu, forcément, puisque dans notre expérience un fils est un être distinct de son père, ceux qui vous écoutent vont comprendre que Dieu et son logos, ce sont deux êtres. Jamais dans les livres de la Nouvelle Alliance (latin novum testamentum) il n'est dit que le logos de Dieu est fils de Dieu. Mais toujours, dans les livres de la Nouvelle Alliance, le terme de fils s'applique à celui qui s'appelait lui-même le fils de l'homme (hébreu ben adam). C'est lui, le ben adam, qui est le médiateur entre Dieu et l'Homme, — et non pas le logos de Dieu. 1 Timothée 2, 5 : Car il est unique, Dieu ; et il est unique aussi le médiateur entre Dieu et l'homme, l'homme qui a reçu l'onction, Ieschoua (anthrôpos christos Ièsous). C'est lui, celui qui s'appelle lui-même en hébreu ben adam, qui est, selon l'auteur encore inconnu de la lettre aux Hébreux, le kôhen ha-gadôl, — et non pas le logos de Dieu —, qui n'est pas un individu divin

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intermédiaire entre le Créateur et le créé. On voit l'opposition fondamentale, métaphysique et théologique, entre la doctrine du christianisme naissant et la doctrine de Philon d'Alexandrie. On comprend que Philon n'ait pas été attiré par le christianisme s'il en a connu quelque chose. La doctrine de Philon d'Alexandrie concernant le logos de Dieu a exercé une influence profonde sur les Pères de langue grecque, à partir d'Origène d'Alexandrie. Origène d'Alexandrie, à la suite de Philon d'Alexandrie, appelle fils de Dieu le logos de Dieu, et même dieu second (deuteros theos). Origène d'Alexandrie, dans son traité (périarchôn), explique que la première création était purement spirituelle, incorporelle, et que la matérialité du monde physique résulte d'une chute, d'une catastrophe, des substances spirituelles qui se sont lassées de l'Unité divine. La doctrine d'Arius d'Alexandrie est dans la lignée ouverte par Philon. Le logos de Dieu est un être autre que Dieu, et forcément inférieur à Dieu, en vertu du principe néoplatonicien selon lequel toute procession est une dégradation. Lorsque les kabbalistes chrétiens, à partir du XVe siècle, vont essayer de tirer des livres de la Qabbalah, ce qu'ils s'imaginaient être la théologie trinitaire de l'Église, ils vont en fait partir d'une théologie trinitaire qui remonte à Origène d'Alexandrie, théologie trinitaire selon laquelle le logos de Dieu est un individu divin autre que Dieu. Nous sommes en plein quiproquo ou malentendu, puisque toujours, à travers les siècles, depuis Pierre et Paul, l'Église de Rome a professé que Dieu est unique et absolument simple (una singularis simplex omnino et incommutabilis substantia spiritualis, Concile du Vatican I, 1870). Le malentendu ne sera pas moindre en ce qui concerne la christologie puisque, selon l'Église de Rome, le Christ est l'Homme véritable uni à Dieu (verus homo vero unitus est Deo, Lettre du pape Léon à Julien évêque de Cos, 13 juin 449). Il n'y a donc là-dedans aucune théosophie, ni aliénation, ni exil. Et l'Homme créé ne préexiste pas à l'union (Lettre du pape Léon à Julien, quod in Origene merito damnatum est). Selon Philon d'Alexandrie, le mal provient de la matière (grec hulè). La matière de Philon a tous les caractères de la matière de Platon. Le corps,

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selon Philon d'Alexandrie, est la prison (grec desmôtèrion) de l'âme ; le cadavre (grec nekron sôma), que l'âme traîne après elle. C'est déjà la doctrine d'Origène d'Alexandrie. L'ouvrage de Philon d'Alexandrie intitulé l'Ambassade auprès de Caius (Caligula) a probablement été écrit après l'assassinat de Caius, après 41. Philon nous apprend (Legatio, § 8 et sq.) que l'avènement de Caius Caligula à l'Empire, après la mort de Tibère, a été accueilli avec enthousiasme par les populations. Philon nous apprend aussi que le huitième mois de son règne, octobre-novembre 37, une grave maladie (bareia nosos) tombe sur Caius (§ 14). Le bruit selon lequel Caius était malade s'est répandu alors qu'on naviguait encore, au début de l'automne, dernière période de navigation (§ 15). Alors on a arrêté les fêtes. Les visages se sont assombris. Toutes les maisons et toutes les villes ont été remplies de tristesse. Toutes les parties du monde habité (ta gar merè panta tes oikoumenes) sont tombées malades avec lui, et d'une maladie encore plus grave que celle de Caius (§ 16). Lorsqu'elle a commencé à se relâcher, la maladie, alors rapidement, même ceux qui étaient aux limites, aux frontières de l'Empire l'ont su, jusqu'aux jours où l'heureuse nouvelle de la guérison a été annoncée (euèggelisthè, § 18). Alors on a recommencé les fêtes dans tous les continents et dans toutes les îles. Personne n'a le souvenir d'une telle joie à propos du salut (sôtèria) et du rétablissement d'un prince, comme celle qu'à propos de Caius, la terre habitée tout entière a connue lorsqu'il a reçu l'Empire et lorsqu'il s'est guéri de sa maladie (§ 19). Ensuite Philon d'Alexandrie raconte {Legatio, § 23) comment Caius Caligula commande au petit-fils de Tibère de se donner la mort, en présence d'un centurion. Après une série de meurtres, Caius Caligula a estimé qu'il ne devait pas rester dans les limites de la nature humaine mais il a voulu être considéré comme dieu (theos nomi-zesthai, Legatio, § 75). Caius a tenu le raisonnement suivant : De même que les chefs des troupeaux des autres animaux, les bouviers, les chévriers et les autres bergers, ne sont pas eux-mêmes des bœufs, des chèvres ni des moutons, mais ce sont des hommes d'une condition supérieure ; de la même manière

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aussi, moi qui suis le guide du genre humain, on doit penser que je suis différent du troupeau et que je ne suis pas comme l'humanité ordinaire, mais que j'atteins une condition supérieure et plus divine (§ 76). Caius Caligula a alors entrepris sa propre déification ou divinisation (ektheôsin, § 77). Il commence par s'assimiler tout d'abord à ceux qu'on appelle les demi-dieux, Dionysos, Héraclès, etc. (§ 78). Ensuite il monte dans la hiérarchie des dieux et il veut parvenir au degré des dieux les plus vénérés, Hermès, Apollon, etc. (§ 93). Ce sont les seuls Judéens que Caius Caligula regardait d'un œil mauvais parce que seuls les Judéens étaient prévenus en sens contraire. En effet les Judéens seuls sont prévenus et enseignés depuis les langes par leurs parents et leurs maîtres, et bien antérieurement par les saintes lois et par des coutumes non écrites, à penser qu'il est unique le père et créateur de l'Univers, à savoir Dieu (§ 115). Tous les autres, hommes, femmes, cités, peuples, pays, c'est-à-dire toute la terre habitée par les hommes, ils gémissaient mais ils flattaient Caius. Certains ont même fait entrer en Italie la coutume barbare qui consiste à se prosterner devant César (§ 116). Un seul et unique peuple doit être mis à part, le peuple des Judéens (§ 117). Nous touchons ici au point où l'on voit clairement pourquoi, depuis Caius Caligula jusqu'au XXe siècle, les maîtres de ce monde ont constamment eu horreur du monothéisme hébreu, une horreur métaphysique, une détestation spirituelle. Friedrich Nietzsche (Zur Généalogie der Moral, § 16) : Rome contre la Judée, la Judée contre Rome. Il n'y a pas eu jusqu'à présent de plus grand événement que ce combat, cette contradiction mortelle. Rome a perçu dans le Judéen quelque chose comme l'antinature elle-même, le monstre qui s'opposait à elle... Que l'on pense à l'Apocalypse de Jean... Les habitants d'Alexandrie profitent de l'occasion pour se précipiter sur la communauté judéenne d'Alexandrie, piller les maisons, parquer les Judéens dans un enclos (§ 120 et sq.) et brûler les Judéens en pleine ville (§ 130). Ils saccagent les maisons de réunion, les maisons de prière (grec

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proseuchas). Ils y mettent le feu (§ 132). Connaissant la haine de Caius Caligula contre les Judéens, ils savaient qu'ils n'avaient rien à craindre du côté des autorités romaines (§ 133). Ils dressent dans toutes les maisons de prière qui ne sont pas détruites, des statues de Caius Caligula(§134). Caius Caligula s'est enflé lui-même de fumée. Non seulement il a dit qu'il était un dieu, mais il l'a pensé. Et ensuite il n'a trouvé personne, ni parmi les Grecs ni parmi les Barbares, d'hommes plus exercés que ceux d'Alexandrie pour fortifier ce désir démesuré et qui dépasse la nature humaine (§ 162). Alors qu'il était à Rome, durant l'année 40, Philon apprend que l'empereur Caius veut absolument faire élever dans le Temple de Jérusalem, dans le Saint des Saints, une statue de lui-même. Legatio ad Caium, § 184: Un autre malheur encore plus lourd, tout d'un coup, imprévisible, nous tombe dessus. Il amenait le danger non pas sur une seule partie du peuple judéen, mais il prenait ensemble le peuple tout entier... Quelqu'un arrive et annonce (§ 188) : C'est fini, il est perdu notre sanctuaire (grec to hier on). Une statue colossale, à l'intérieur des lieux impénétrables, inaccessibles aux profanes (grec a-dutos), il a fait dresser, voilà ce que Caius a ordonné et on doit l'invoquer sous le nom de Zeus. Philon ajoute ce commentaire, § 194 : Avec la destruction du sanctuaire, il est à craindre que le nom qui est commun à tout le peuple ne soit lui aussi effacé... Legatio, § 198 : La cause supérieure et première, vous la connaissez, et ils la connaissent, tous les hommes. Être considéré comme dieu, voilà ce qu'il veut, Caius. Et il a compris que seuls les Judéens ne se laisseront pas persuader. Et il sait qu'il ne peut pas leur infliger un plus grand malheur qu'en souillant la sainteté du sanctuaire. II a appris que parmi tous les sanctuaires qui sont partout, c'est celui-là qui est le plus beau. Depuis des temps sans fin,

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grâce à des dépenses incessantes et sans aucun souci d'épargner, constamment il est recouvert d'ornements qu'on lui ajoute... Au cours de l'hiver de l'année 39-40 les Judéens de la petite ville de Jamnia, sur la côte, entre Joppé et Ascalon, avaient démoli un autel construit par ceux que Philon appelle des allophuloi, qui généralement traduit l'hébreu pelischtim, les habitants de la Palestine. Ils avaient appris par des gens qui arrivaient sur la côte, combien Caius Caligula tenait à sa propre divinisation (ektheôsin) et combien il éprouvait des sentiments hostiles à rencontre de tout le peuple judéen. Caius Caligula est mis au courant. Il décide alors de faire ériger une colossale statue recouverte d'or dans le sanctuaire de la Ville-mère, Jérusalem (§ 203). Une lettre est écrite pour que l'on érige la statue dans le Temple de Jérusalem. Caius Caligula ordonne à Petronius, le gouverneur romain (grec huparchos) de toute la province de Syrie, à qui il écrit cette lettre, de conduire la moitié de l'armée romaine qui était auprès de l'Euphrate — elle gardait le passage des rois et des peuples de l'Orient —, en Judée, pour escorter la statue, en sorte que si quelqu'un s'avisait de s'y opposer, il soit immédiatement mis à mort (§ 207). Petronius, le gouverneur de la Syrie, lorsqu'il a reçu la lettre de l'Empereur, a été très embarrassé. Il ne pouvait pas s'opposer aux ordres de l'Empereur. Il ne pouvait pas non plus aller contre le refus absolu des Judéens de voir installer une statue de Zeus dans le Temple de Jérusalem (§ 209). Petronius, le fonctionnaire romain, pensait à ce peuple si nombreux qu'il n'a pas pu être contenu, comme chacun des autres peuples, dans les limites d'une région déterminée. Son territoire, c'est toute la terre habitée (pasa hè oikoumenè). Il est répandu sur tous les continents et sur toutes les îles, en sorte qu'il semble ne pas être beaucoup moins nombreux que les aborigènes (§ 214). Petronius avait peur que les Judéens des autres pays ne viennent secourir leurs frères de Judée. Petronius redoutait surtout les armées qui se trouvaient de l'autre côté de l'Euphrate (ai peran Euphratou dunameis). Il savait que Babylone et nombre d'autres satrapies étaient occupées par des Judéens. Il le savait non seulement pour l'avoir entendu dire, mais aussi par expérience. Chaque année, des Judéens sont envoyés de ces régions

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pour apporter de l'argent et de l'or au Temple de Jérusalem, ramassé à partir des prémices (§ 215, 216). Caius Caligula n'avait pas expédié de Rome la statue qu'il voulait faire installer dans le Temple de Jérusalem (§ 220). Il avait ordonné que l'on réalise cette statue dans un pays voisin. Petronius fait venir des artisans de Phénicie et il leur fournit les matériaux nécessaires. Ils travaillaient à Sidon. Il convoque aussi les kôhanim et les chefs des communautés judéennes. Il leur fait connaître les ordres de Caius (§ 222). Lorsqu'ils ont appris, les Judéens de la Ville sainte, Jérusalem, et des autres régions, ce qui se préparait, ils sont sortis en masse. Ils ont laissé vides les villes et les villages et les maisons. Et ils se sont précipités en Phénicie. C'est là que se trouvait Petronius (§ 225). Lorsqu'ils ont vu, certains de ceux qui étaient les nommes de Petronius, cette foule innombrable qui s'approchait, ils se sont mis à courir et à crier à Petronius de se garder, car ils s'attendaient à la guerre (§ 226). La multitude des Judéens, d'un seul coup comme un nuage, a recouvert toute la Phénicie (§ 226). Le conseil des anciens, des Judéens, s'adressa à Petronius: «Nous sommes sans armes... Petronius, c'est par nature que nous sommes pacifiques et aussi par raison (§ 229-230). Lorsque Caius a reçu l'empire de Rome, les premiers de tous ceux qui habitent en Syrie, c'est nous qui nous sommes réjouis (§ 231). C'est notre sanctuaire à nous — le Temple de Jérusalem — qui a reçu les victimes à sacrifier (thusias) en faveur de l'avènement de Caius (§ 232). Nous savons que les armées à pied et à cheval sont prêtes contre nous, pour le cas où nous nous opposerions à l'installation de la statue dans le Temple (§ 233). Les anciens des communautés judéennes proposent à Petronius de sacrifier eux-mêmes leurs propres femmes, leurs frères, leurs sœurs, leurs enfants (§ 234). Puis, ajoutent-ils, nous nous égorgerons nous-mêmes (§ 235). » Ensuite les anciens demandent à Petronius l'autorisation d'envoyer une ambassade à Rome pour demander à Caius Caligula de renoncer à son projet (§ 239). Petronius a été ému (§ 243). Petronius avait quelques lueurs en ce qui concerne la philosophie judéenne (tes ioudaïkès philosophias) et sa piété (§ 245). Petronius a donc décidé de ne pas presser les artisans qui faisaient la statue, mais au contraire de les persuader de faire une statue qui soit un chef-d'œuvre de l'art, pour gagner du temps (§ 246). Petronius n'autorise

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pas l'ambassade que lui demandaient les Judéens (§ 247). Il décide d'écrire à Caius sans accuser les Judéens, sans faire connaître leurs supplications. Pour excuser la lenteur de l'érection de la statue, il fait valoir que la fabrication de la statue demande du temps, et que d'autre part la récolte des blés est mûre, ainsi que celle des autres céréales. Il est donc à craindre que les populations judéennes ne ravagent les champs et n'incendient les récoltes (§ 248-249). Lorsque Caius Caligula a reçu à Rome la lettre que Petronius lui avait écrite de Syrie, il est entré en fureur (§ 254). Cela se passait sans doute en juillet 40. Il s'est écrié : « Bravo, très bien Petronius ! Tu n'as pas appris à écouter l'Empereur ! Tu n'as pas appris à connaître Caius ! Tu te préoccupes des lois des Judéens, un peuple que je hais, mais tu ne tiens aucun compte des ordres de ton souverain ! Tu as eu peur de la foule. Estce qu'elles n'étaient pas là présentes les forces armées que craignent tous les peuples de l'Orient, et leurs chefs, les Parthes ? Tu as eu pitié. Et ainsi donc tu as préféré céder à des supplications plutôt que d'obéir à Caius. Tu prends prétexte de la moisson (§ 257). » Caius dicte une lettre adressée à Petronius, mais il dissimule sa fureur. Il renouvelle l'ordre de dresser au plus tôt la statue dans le Temple de Jérusalem, puisque la moisson était maintenant terminée (§ 259-260). Peu de temps après, arrive à Rome le roi Hérode Agrippa, qui vient selon l'usage saluer Caius (§ 261). Il ne savait rien, ni de la lettre qu'avait envoyée Petronius, ni de celle de Caius. Mais il discernait dans l'agitation de l'Empereur et dans son regard la fureur. Caius s'adresse à Hérode Agrippa : « Tes excellents concitoyens, c'est chez eux seuls que dans tout le genre humain Caius n'est pas considéré comme dieu ! Ils semblent se révolter contre moi. Ils veulent donc mourir? J'ai ordonné que dans le Temple [de Jérusalem] on dresse une statue de Zeus. Le peuple tout entier s'est rassemblé de la ville [Jérusalem] et de la région. Ils sont sortis sous le prétexte de me supplier, mais en réalité pour s'opposer à mes ordres (§ 265). » Hérode Agrippa s'évanouit (§ 266-267). Quelques jours plus tard, Hérode Agrippa prend une tablette pour écrire, et il envoie une lettre à Caius Caligula (§ 276). « Je suis né, comme tu sais, judéen (grec Ioudaios). C'est Jérusalem qui est pour moi le pays de mes pères. C'est là, à Jérusalem, qu'a été construit le temple sacré du Dieu très-haut. J'ai eu des

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ancêtres qui étaient rois, dont certains étaient appelés grands prêtres (grec archiereis) car ils plaçaient la royauté en seconde ligne, après le souverain pontificat, parce que, autant Dieu diffère de l'homme en excellence, autant la fonction de kôhen gadôl est supérieure à la royauté. Parce que la fonction de grand prêtre, c'est le service de Dieu tandis que la fonction de roi, c'est le service de l'homme. Mon sort est d'être attaché à ce peuple, et à ce pays de mes pères, et à ce Temple. Je te supplie pour tous. Pour le peuple. Il a toujours été dans les dispositions de la plus grande vénération depuis le commencement envers votre maison [la maison des Césars] (§ 279). Il offre des victimes à sacrifier (thusias) qui sont apportées dans les fêtes, mais aussi dans les sacrifices perpétuels offerts chaque jour pour l'Empereur (grec endele-chès, hébreu ôlat tamim, Exode 29, 42). Ils ne disent pas qu'ils sont amis de César (philokaisares) mais ils le sont réellement (§ 280). » Dans la lettre qu'il a écrite et adressée à l'empereur Caius Caligula, alors qu'il voulait faire dresser une statue de Zeus dans le Temple de Jérusalem, Hérode Agrippa I parle ainsi de Jérusalem, en l'année 40. Texte cité par Phi-Ion d'Alexandrie : Legatio ad Caium, § 281 : En ce qui concerne la Ville sainte... C'est la ville de mes pères... Elle est la Ville-mère non pas de l'unique région de la Judée mais aussi d'un très grand nombre à cause des colonies qu'elle a envoyées selon les circonstances dans les pays limitrophes : Égypte, Phénicie, Syrie et puis l'autre, celle qui est appelée la creuse [la Syrie enfoncée entre le Liban et l'Anti-Liban : le grec suria traduit l'hébreu aram ; le grec koilos, creux, traduit l'hébreu emeq, la vallée profonde] ; qu'elle a envoyées dans des régions plus lointaines : Pamphylie, Cilicie, et les nombreux pays de l'Asie jusqu'à la Bithynie, et jusqu'aux parties les plus reculées du Pont ; de la même manière vers l'Europe, la Thessalie, la Béotie, la Macédoine... L'Attique, Argos, Corinthe, la plupart et les meilleures régions du Péloponnèse. Et ce ne sont pas seulement les continents qui sont remplis par les colonies judéennes, mais aussi parmi les îles, les plus célèbres : Eubée, Chypre, Crète. Et je me tairai au sujet des

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pays qui sont au-delà de l'Euphrate. Car tous..., Babylone et parmi les autres satrapies qui ont autour d'elles une terre prospère, ils ont des habitants judéens... C'est à Jérusalem que tout d'abord, empereur, a été annoncée ta succession à l'Empire et c'est à partir de la Ville sainte que sur l'un et l'autre continent elle s'en est répandue, la nouvelle... En Orient la première ville, c'est elle, qui t'a proclamé empereur (autokratôr). Pour finir sa lettre, Hérode Agrippa en vient à sa prière en faveur du Temple de Jérusalem : Ce Temple, Caius, maître, il n'a jamais reçu depuis l'origine aucune forme faite de main d'homme, parce qu'il est le siège du véritable Dieu. Les œuvres des peintres et des sculpteurs sont des imitations des dieux perceptibles par les sens. Mais celui qui est invisible, le représenter par la peinture ou bien par une sculpture, cela n'a pas été considéré comme saint par nos ancêtres... Hérode Agrippa rappelle dans sa lettre à Caius Caligula l'affaire de Pilate qui avait suspendu des boucliers recouverts d'or dans le palais royal Hérode dit le Grand, qui était situé à Jérusalem (cf. p. 62), et il ajoute (§ 306) : Dans ce temps-là, il s'agissait de boucliers sur lesquels n'était représentée aucune figure d'aucun être vivant. Et cela avait provoqué une révolte de la part des Judéens. Mais maintenant c'est beaucoup plus grave, puisque tu veux installer dans le Temple de Jérusalem une statue colossale. Dans l'affaire de Pilate, les boucliers avaient été suspendus dans la maison des gouverneurs. Tandis que toi tu veux installer la statue colossale dans la partie la plus intérieure, la plus secrète du Temple, dans la partie impénétrable, la partie interdite au profane (grec ta aduta), là où une seule fois dans l'année le kôhen ha-gadôl pénètre seul lors du jeûne (iôm ha-kippourim, Lévitique 23, 27). Et si jamais quelqu'un, je ne dis pas seulement d'entre les autres

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Judéens, mais même parmi les kôhanim, et non pas des derniers d'entre les kôhanim, mais des kôhanim qui ont reçu aussitôt après le premier [le grand prêtre], le rang suivant, si quelqu'un entrait [dans le Saint des Saints] après le kôhen gadôl ou même avec lui, bien plus, si lui-même le kôhen ha-gadôl y entrait deux jours dans l'année, ou bien même le même jour trois fois ou quatre fois, c'est une mort inévitable qu'il prend sur soi. Si grande est la garde qui entoure le lieu inaccessible (ta aduta)... D'après ce que rapporte Philon (§ 333), l'empereur Caius renonce à son projet et il ordonne d'écrire à Publius Petronius, le gouverneur de la Syrie, de ne rien changer désormais, de ne faire aucune innovation dans le Temple des Judéens. Mais il ajoutait : Si quelques-uns dans les territoires des environs, en dehors de la seule Ville-mère [Jérusalem] veulent élever des autels ou des sanctuaires ou des statues en faveur de moi-même et des miens, s'ils en sont empêchés, ceux qui les empêchent, ou bien qu'ils soient immédiatement châtiés ou bien qu'on me les amène... (§ 334). Puis Caius se repent de la grâce qu'il a accordée. Il ordonne qu'une autre statue soit construite, colossale, en bronze, recouverte d'or, à Rome, et qu'elle soit transportée sur des navires sans que cela se voie, en cachette, et que tout d'un coup elle soit installée dans le Temple de Jérusalem évidemment (§ 337). C'est cela qu'il allait faire lorsqu'il est parti pour Égypte (§ 338). L'empereur Caius haïssait le peuple des Judéens. Il confisque les maisons de prière qui étaient dans les autres villes, en commençant par celles d'Alexandrie. Il les remplit de statues qui sont faites à sa propre image (§ 346). Et le Temple qui est dans la Ville sainte, il l'a adapté et transformé (en pensée !) en un temple qui lui soit propre, pour qu'il porte le titre de : Zeus Épiphane Nouveau Caius. Le grec epiphanès signifie : qui se montre, visible. Philon raconte, toujours dans Y Ambassade auprès de Caius, comment la délégation judéenne d'Alexandrie a été reçue par l'Empereur :

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Il ouvrait la bouche et grinçait des dents. « C'est vous, dit-il, les hommes qui haïssent dieu, les hommes qui ne pensent pas que moi je suis dieu, alors que déjà auprès de tous les autres hommes je suis reconnu comme tel ? Mais qui pensent que Dieu, ce n'est pas moi, moi qui déjà auprès de tous les autres hommes suis reconnu comme tel, mais celui qui ne peut pas être nommé par vous ? (§ 353) » La délégation judéenne d'Alexandrie rappelle à l'empereur Caius que pour fêter son avènement et la guérison de sa maladie, les Judéens ont offert des sacrifices : Nous avons offert des sacrifices et ce sont des bœufs par centaines que nous avons sacrifiés, et ce ne sont pas des sacrifices où le sang est répandu sur l'autel, tandis que la viande est emportée pour un banquet à la maison..., mais ce sont des sacrifices où la victime est brûlée totalement (grec holokauta, n'existe pas en grec naturel, hébreu ôlah, pluriel ôlôt, Exode 29, 18, etc.) ; les victimes sacrées, nous les avons données à la flamme sainte et cela trois fois, et non pas une seule : La première fois lorsque tu as reçu la succession de l'Empire ; la deuxième fois lorsque cette grave maladie dont toute la terre habitée (pasa hè oikou-menè) a été malade avec toi, lorsque tu en as réchappé ; et la troisième fois pour ta victoire en Germanie [été 39] (§ 356). Réponse de l'empereur Caius Caligula : Soit. Tout cela est vrai. Vous avez offert des sacrifices, mais à un autre, même si c'était pour moi. Et alors, à quoi bon? Car ce n'est pas à moi que vous avez offert des sacrifices ! (§ 357). L'Empereur voulait savoir, il posait les questions concernant les coutumes des Judéens et leurs lois. Nous ne pouvions pas répondre, écrit Philon. Nous tenions notre langue, nous fermions la bouche ; nous étions bouche cousue. L'Empereur pose alors la question rituelle : Pourquoi donc est-ce que vous vous abstenez de manger de la viande de cochon? (§361). L'Empereur termine l'entretien par ces mots :

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Les Judéens ne sont pas plus mauvais que malheureux, à ce qu'il me semble. Ils sont privés d'intelligence puisqu'ils ne croient pas que j'ai hérité de la nature de dieu (§ 367). Nous autres les goïm de la fin du XXe siècle, en Gaule ou ailleurs, nous avions complètement oublié cette histoire de la statue que Caius Caligula voulait faire élever dans le Temple de Jérusalem, ainsi que sa maladie, si toutefois nous en avions entendu parler. Mais nos frères judéens des années 40 et suivantes ont été profondément marqués par cette affaire, qui leur rappelait évidemment l'affaire d'Antiochus Épiphane, en 175-164 avant notre ère, racontée par le premier livre des Maccabées, écrit en hébreu, puis traduit en grec selon le système traditionnel, mot à mot, avec le lexique hébreu-grec traditionnel. L'original hébreu est perdu, jusqu'à présent du moins. Nous nous souvenons que le premier livre des Maccabées a été composé aux environs de 104 avant notre ère (cf. p. 30-34). Le livre de Daniel a été terminé sans doute après 173 avant notre ère. L'auteur inconnu, ou les auteurs inconnus, du livre de Daniel a donc vécu, ou ont vécu, les événements. Il s'exprime en langage chiffré. Daniel 7, 20 : Et cette corne-là [= Antiochus IV Epiphane], et des yeux [étaient] à elle et une bouche qui disait de grandes choses, des énormités [contre Dieu] (araméen rabreban, grec stoma laloun megalà)... Daniel 8, 9 : Une corne [= Antiochus IV Epiphane]... Elle s'est agrandie dans la direction du sud et vers l'Orient vers la parure de la terre [= la Judée]. Et elle s'est agrandie jusqu'à l'armée des cieux et elle a fait tomber à terre [certains pris dans l'ensemble] de cette armée et de l'ensemble des étoiles et elle les a piétines. Et jusqu'au prince de l'armée elle s'est agrandie [hébreu : il = Antiochus Epiphane, s'est agrandi], et de lui [= du prince de l'armée des cieux] il a été aboli le sacrifice perpétuel (hébreu ha-tamid, Exode 29, 38), et il a été rejeté, le fondement de son sanctuaire...

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Daniel 11, 31 : Et ce sont des semences (hébreu zeroïm, grec spermata), qui sortant de lui, se tiendront debout, et ils profaneront le sanctuaire... Et ils supprimeront le sacrifice perpétuel (hébreu hatamid, grec endele-chismon, n'existe pas en grec naturel, Exode 29, 38) et ils donneront l'effroyable abomination (ha-schiqqoutz meschômem, grec bdelugma erèmôseôs)... ... la profanation du Temple de Jérusalem par les soldats d'Antiochus IV Epiphane en 168 avant notre ère : la statue de Jupiter Olympien. L'auteur inconnu de Daniel compose en pleine terreur. Il écrit en langage chiffré. L'auteur inconnu du premier livre des Maccabées, autour de 104 avant notre ère, n'a plus peur de rien et il s'exprime clairement en historien. 1 Maccabees 1, 54: Et le quinzième jour de kiselev [prononcé kaselev par les traducteurs en langue grecque = le neuvième mois = décembre, en 168 ou 167 avant notre ère, selon les érudits] il a fait construire l'effroyable abomination {bdelugma erèmôseôs = hébreu ha-schiqqoutz meschômem, Daniel 11,31) sur l'autel des sacrifices et dans les villes de Iehoudah, tout autour, il a fait construire des autels [pour les divinités païennes]... Les quatre Évangiles — les quatre dossiers de notes prises en hébreu au jour le jour et du vivant du Rabbi — ont été traduits de l'hébreu en grec, pour être communiqués aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la Diaspora de langue grecque, en pleine terreur. C'est pourquoi ils s'expriment constamment en langage codé ou chiffré, par crainte des représailles et des persécutions. S'ils avaient été produits, comme on dit, directement en langue grecque, dans les années 80-90 et au-delà, pour le quatrième Évangile, on ne voit pas pourquoi les rédacteurs auraient dissimulé ce qu'ils savaient, et écrit en langage codé, par allusions. Ils auraient dit ce qu'ils avaient à dire clairement, comme Joseph surnommé Flavius qui écrivait après la fin de la guerre entre les Romains et les Judéens. Les traductions en langue grecque archaïque ont été faites aussitôt que

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cela a été nécessaire pour communiquer aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la Diaspora les actes et les paroles du Rabbi avant l'année 36 qui a vu le passage du monothéisme hébreu aux goïm. Matthieu 24, 15 : Lorsque vous verrez l'effroyable abomination7 qui a été dite par Daniel le prophète, debout dans le lieu saint [= le Temple de Jérusalem], — celui qui lit, qu'il soit intelligent — qu'il fasse attention à ce qu'il lit, c'est chiffré, — alors ceux qui [sont] en Judée, qu'ils s'enfuient dans les montagnes... Marc 13, 14: Et lorsque vous verrez l'abomination effroyable (bdelugma tes erèmôseôs) debout là où il ne faut pas, — celui qui lit, qu'il soit intelligent — alors ceux qui [sont] en Judée, qu'ils s'enfuient vers les montagnes... Luc 21, 20 : Lorsque vous la verrez encerclée par des armées, Jérusalem, alors sachez qu'elle est proche, sa dévastation. Alors ceux qui [sont] en Judée, qu'ils s'enfuient dans les montagnes et ceux qui sont au milieu d'elle [= de Jérusalem], qu'ils s'enfuient, et ceux qui sont dans les campagnes, qu'ils n'entrent pas en elle [= dans Jérusalem]... Et ils tomberont par la bouche de l'épée (grec stomati machairès, hébreu le-pi hereb, Genèse 34, 26 ; etc.) et ils seront conduits en déportation dans toutes les nations païennes, et Jérusalem sera piétinée par les païens... Une page obscure de Paul 2 Thessaloniciens 2, 1 : Nous vous le demandons, frères, en faveur de, ou à cause de, la présence (grec parousia) de notre Seigneur Ieschoua maschiah, et de notre réunion à lui, que vous ne vous laissiez pas rapidement ébranler et écarter du bon sens, de la raison, et que vous ne vous laissiez pas effrayer, ni par [une prophétie de]
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Bdelugma tes erèmôseôs, hébreu schiqqoutzim meschômem, Daniel 9, 27 ; ha-schiqqoutz meschômem, Daniel 11, 31 ; schiqqoutz schômem, Daniel 12, 11.

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l'esprit, ni par une parole [prophétique], ni par une lettre, comme si elle avait été envoyée par nous, qui prétendrait qu'il est arrivé, le jour de YHWH... Amos 5, 18 : Hoï ceux qui désirent le jour de YHWH (grec tèn hèmeran kuriou). C'est pourquoi faire, cela, pour vous, jour de YHWH ? Lui [il est] ténèbre et non pas lumière... C'est comme lorsqu'il s'enfuit, un homme loin de la face du lion, et il rencontre un ours... Est-ce qu'il n'est pas ténèbre, le jour de YHWH, et non lumière... Joël 1, 15 : Parce qu'il est proche, le jour de YHWH... Le jour de YHWH, chez les anciens prophètes hébreux, c'est le jour de la visite de YHWH, le jour où il exerce son jugement sur un peuple, ce n'est pas la fin du monde... 2 Thessaloniciens 2, 3 : Que personne ne vous trompe d'aucune manière. Parce que si elle ne vient pas la révolte [contre Dieu], ou l'infidélité [à Dieu] tout d'abord, et s'il ne se dévoile pas, s'il ne se découvre pas, l'homme du crime [= l'humanité criminelle], le fils de la perdition... 2 Thessaloniciens 2, 3 : ... Parce que si elle ne vient pas la révolte (grec apostasia, hébreu mered, Josué 22, 22) [contre Dieu], ou l'infidélité [à Dieu] (hébreu maal, 2 Chroniques 28, 19), ou encore : des hommes fils de beliiaal, 1 Rois 21, 13 (grec andres tes apostasias), ou encore : la méchanceté (hébreu raah, grec apostasia, Jérémie 2, 19), tout d'abord, et s'il ne se découvre pas (apokalupthè, hébreu galah, découvrir, mettre à nu ; niphal parfait nigelah, se découvrir, se dévoiler) l'homme du crime... En grec : ho anthropos tes anomias, selon certains manuscrits ; tes hamartias, selon d'autres manuscrits. Ces variantes qui ne sont évidemment pas des erreurs de copie, permettent de se demander s'il n'a pas existé en fait, aux origines, plusieurs traductions. Le grec anomia

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traduit une multitude de mots hébreux. Le grec hamartia aussi. A l'intersection des deux ensembles, nous trouvons des mots hébreux comme awôn. C'est donc peut-être le terme hébreu dont Paul s'est servi. Nous ne pensons pas que l'expression : « l'homme du crime » désigne un individu particulier, singulier. Nous pensons que le mot grec anthropos recouvre l'hébreu ha-adam, qui signifie l'Homme, l'Humanité, le genre humain. Et nous pensons donc que par cette expression, Paul désigne un certain type d'humanité, une certaine espèce d'humanité, un certain genre d'humanité, de plus en plus criminelle, celle que nous voyons s'épanouir au XXe siècle. ... l'homme du crime [= l'humanité criminelle], le fils de la perdition (grec ho huios tes apôleias, hébreu probable : ben ha-abaddôn)... Le verbe hébreu abad signifie : errer, se perdre, en parlant d'un agneau ; aller à la perdition, en parlant d'un empire ou d'un royaume ; être ruiné, en parlant d'une récolte ; aller à la destruction, en parlant des personnes ; périr, exterminer, annihiler. Le substantif abaddôn signifie : la destruction, l'annihilation, le lieu de la destruction, de la mort, Psaume 88, 12. Esther 8, 5 : Les lettres [qui contiennent] les pensées, les desseins, de Haman... qu'il a écrites pour détruire, exterminer (hébreu le-abbed, grec apolesthaî) les Judéens qui [sont] dans toutes les provinces du roi. Car comment pourrai-je [supporter] et verrai-je le malheur qui va atteindre mon peuple et comment pourrai-je [supporter] et verrai-je la destruction, l'extermination (hébreu abedan, grec apôleia) de ceux qui m'ont engendrés... L'expression « le fils de la perdition », ou de la destruction (grec ho huios tes apôleias, hébreu probable ben ha-abaddôn) se trouve en Jean 17, 12. Pour comprendre cette expression, il faut se souvenir qu'en hébreu, ben, le fils, signifie plusieurs sortes de relations et d'appartenances. Fils d'une année = âgé d'un an ; les fils de la révolte, Nombres 17, 25 ;

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les fils de la misère, Proverbes 31, 5 ; les fils de l'injustice ou du crime (hébreu benei awelah, grec huios adikias, au singulier), 2 Samuel 7, 10 ; le fils du crime, Psaume 89, 23 : le fils du crime ne l'opprimera pas (hébreu ben awelah, grec huios anomias) ; fils de la mort (hébreu ben mawet, grec huios thanatou), 1 Samuel 20, 31 : Fils de mort vous [êtes] (hébreu benei mawet attem, grec huioi thanatôseôs), 1 Samuel 26, 16 : vous méritez la mort ; 2 Samuel 12, 5 : Fils de la mort, l'homme qui a fait ça ! Psaume 79, 11 : Que parvienne à ta face le gémissement du prisonnier..., sauve les fils de la mise à mort [= les condamnés à mort]; Psaume 102, 21 : pour délivrer les fils de la mise à mort ; Deutéronome 25, 2 : S'il est fils de frapper (hébreu ben hakkôt = s'il mérite de recevoir des coups, le méchant, grec axios plègôn) ; Isaïe 21, 10 : Fils de mon aire à battre le blé, ben gareni. Fils de la force ou du courage, ben haïl, 1 Samuel 18, 17, etc. Luc 20, 36 : les fils de la relevée d'entre les morts ; Matthieu 8, 12 : les fils du royaume ou du règne ; Matthieu 9, 15 : les fils de la tente nuptiale (grec oi huioi tou numphônos, hébreu benei ha-houppah) ; Marc 2, 19 ; Luc 5, 34 ; Matthieu 23, 15 : Vous faites de lui un fils de la vallée du fils de Hinnom (hébreu gei ben hinnôm, Josué 15, 8, etc.) ; ou vallée des fils de Hinnom (hébreu gei benei hinnôm, 2 Rois 25, 10)... Luc 10, 6 : S'il est ici un fils de la paix... Luc 16, 8 : les fils du monde de la durée présente (hébreu évident benei ha-ôlam ha-zeh). Nous ne pensons pas, cette fois encore, que l'expression ho huios tes apôleias, le fils de la destruction ou de la perdition, que nous avons lue (1 Thessaloniciens 2, 3) désigne un individu singulier, particulier, mais plutôt une souche, un type d'humanité, une sorte d'humanité, qui va à la destruction parce qu'elle se détruit elle-même, une espèce d'humanité criminelle, celle que nous voyons avec une particulière clarté en cette fin du XXe siècle. 2 Thessaloniciens 2, 4 : ... le persécuteur, l'ennemi, celui qui s'est élevé au-dessus de tout prétendu dieu, de tout soi-disant dieu ou objet de vénération, jusqu'à le faire siéger [le prétendu dieu] dans le Temple de Dieu pour faire voir que lui-même, l'ennemi, il est un dieu...

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2 Thessaloniciens 2, 4 : ... Le persécuteur, l'ennemi, grec ho antikeimenos, hébreu le verbe tzour, kal parfait we-tzarti, Exode 23, 22 ; tzarar, participe tzôrer, Exode 23, 22 ; Esther 8, 11 ; Deutéronome 2, 9 ; satan, 1 Rois 11, 14 : Et il fait se lever, YHWH, un ennemi, hébreu satan, transcription en caractères grecs, satan ; 1 Rois 11, 23 : Et il a suscité, Dieu, contre lui, un ennemi, hébreu satan ; 1 Rois 11, 25 : Et il a été un ennemi, hébreu satan, contre Israël... Certains manuscrits grecs donnent: antikeimenos. Il est fort possible, il est même assez vraisemblable que Paul ici fait allusion à Caius Caligula. Ce que Paul dit ici ressemble beaucoup à ce que Philon d'Alexandrie disait de cet empereur, spécimen remarquable de cette humanité qui a atteint un degré de corruption, de cruauté et de perversion, qui explique son horreur du monothéisme. Ce que dit Paul dans la suite de la seconde lettre aux frères et aux sœurs de la petite communauté chrétienne de Thessalonique, est pour nous obscur, parce que nous ne savons pas à quoi il fait allusion, mais ceux et celles à qui il écrivait comprenaient : 2 Thessaloniciens 2, 5 : Est-ce que vous ne vous souvenez pas que, lorsque j'étais encore auprès de vous, ce sont ces choses que je vous ai dites ? Et maintenant, ce qui le tient, ce qui le retient, ce qui l'empêche, vous le savez, en sorte qu'il se découvre, ou se dévoile (le verbe grec apokaluptô, hébreu galah) dans le temps qui lui est favorable. Car le secret (grec mustèrion, hébreu sôd, araméen raz ou raza, Daniel 2, 18, etc.) il est déjà en train d'opérer ou d'agir, — le secret du crime (grec anomia, hébreu possible awôn, Genèse 19, 15 ; Exode 34, 7 ; Lévitique 16, 21, etc.). Mais seulement celui qui le retient, ou l'empêche maintenant jusqu'à ce qu'il s'en aille du milieu [de nous] (grec ek mesou, hébreu mi-tôk, Jérémie 51,6: Fuyez du milieu de Babel...). Et c'est alors qu'il se découvrira (le verbe grec apokaluptô, hébreu galah) le criminel, le méchant, l'homme mauvais (grec ho anomos, hébreu possible rascha, 1 Samuel 24, 14 ; etc.).

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Nous ne savons pas à quoi ni à qui Paul fait allusion. Il écrit lui aussi en langage codé. Il fait allusion vraisemblablement à une situation historique et politique précise. Paul est passé à Thessalonique lors de son deuxième voyage, commencé peut-être en l'année 49. Il pouvait donc être à Thessalonique durant l'hiver 49-50. Caius Caligula a été assassiné le 24 janvier 41. Claude est empereur depuis janvier 41 jusqu'à octobre 54. Le roi Hérode Agrippa est mort en 44. Son fils Agrippa ne l'a pas encore remplacé à Jérusalem, il est trop jeune. Le gouverneur de la Judée, entre 48 et 52, c'est Ventidius Cumanus. Le troisième voyage de Paul commence sans doute au printemps de l'année 52. Il passe en Macédoine peut-être durant l'été ou l'automne de l'année 56. Nous ne savons pas exactement de quand date la deuxième lettre de Paul aux Thessaloniciens, ni d'où elle a été écrite. Paul est revenu à Jérusalem, au terme de son troisième voyage, pour la Pentecôte de l'année 57 ou 58. Il est resté deux ans prisonnier à Césarée. Apocalypse 13 Puisque nous y sommes, jetons à l'avance un coup d'oeil sur un texte de l'Apocalypse que nous allons retrouver plus loin. Apocalypse 13, 1 : Et j'ai vu, issue de la mer, une bête qui montait... Et l'une de ses têtes a été comme abîmée, détruite (grec sphazô ; sphattô, égorger une victime, hébreu schahat, détruire) à mort (grec eis thanaton, hébreu halah la-mout, 2 Rois 20, 1) et le coup de sa mort (grec hèplègè tou thanatou autou, hébreu makah) [= la blessure qui résulte du coup] a été guéri. Et alors elle a été stupéfiée (hébreu probable schamam, kal parfait schamemah, niphal parfait naschammou, participe féminin neschammah) la terre tout entière (hébreu kôl ha-arets) derrière la bête [ce n'est pas du grec, c'est de l'hébreu, aharei ha-haiiah]. Et ils se sont prosternés devant le monstre marin (hébreu le-tanniri) parce qu'il a donné la puissance, le pouvoir, à la bête, et ils se sont prosternés devant la bête et ils ont dit : « Qui est semblable à la bête, qui est comme la bête, et qui peut

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faire la guerre avec elle ? » C'était en effet une question qui se posait parmi les Judéens, résistants ou collaborateurs : Qui peut faire la guerre à l'empire romain ? Apocalypse 13, 5 : ... Et il lui a été donné une bouche qui disait des choses énormes [Daniel 7, 8 ; 7, 20], et des insultes contre Dieu, et il lui a été donné le pouvoir (grec exousia) de faire quarante-deux mois... (c'est l'emploi hébreu du verbe faire, asah). Guerre II, 204 : Caius a régné trois ans et huit mois, puis il a été tué par ruse... En fait Caius Caligula a été empereur entre le 18 mars 37 et le 24 janvier 41, ce qui fait trois ans et 10 mois = 46 mois. Apocalypse 13, 11 : Et j'ai vu une autre bête qui montait de la terre... Et la puissance, le pouvoir (grec exousia) de la première bête, tout entière elle la fait (le verbe hébreu asah) devant sa face et elle fait que la terre, ou le pays, et ceux qui y habitent, se prosternent devant la première bête, celle dont a été guérie la maladie de sa mort... Elle dit à ceux qui habitent le pays de faire une statue (grec eikôn, hébreu tzelem) pour la bête, la bête à qui le coup de l'épée et elle s'est remise à vivre. Et il lui a été donné de donner un esprit à la statue de la bête, afin qu'aussi elle parle, la statue de la bête, et qu'elle fasse en sorte que tous ceux qui ne se prosternent pas devant la statue de la bête soient mis à mort... On peut se demander si la maladie mortelle de Caius Caligula, puis sa guérison — dont nous parle Philon d'Alexandrie —, l'assassinat de Caius Caligula, le 24 janvier 41, et son remplacement immédiat par Claude, grâce aux bons soins du roi judéen Hérode Agrippa I, comme nous allons le voir bientôt, n'a pas fortement frappé nos frères judéens de ce temps-là. Ce qui semble encore plus probable, c'est que Iohanan ici fait allusion à l'affaire de la statue. Mais nous allons y revenir plus loin, en regardant

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de plus près ce texte de l'Apocalypse. Joseph et l'affaire de la statue Joseph a raconté lui aussi l'histoire de la statue. Il écrit la Guerre des judéens contre les Romains après la fin de la guerre, après 70, et donc trente ans après Philon d'Alexandrie. Il écrit son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens (— Antiquités) encore beaucoup plus tard, puisqu'il la termine la treizième année du règne de l'empereur Domitien, alors que lui, Joseph, est âgé de 56 ans, en 93. Mais il s'est servi de documents bien antérieurs. Guerre II, 184: Caius... a voulu que lui-même soit considéré comme un dieu et être appelé ainsi... C'est Petronius avec une armée qu'il envoya à Jérusalem pour ériger dans le Temple [le naos, le Temple proprement dit] les statues de sa personne. Et il a ordonné que, s'ils ne l'acceptent pas, les Judéens, de tuer ceux qui s'y opposeraient ; et tout le reste de la nation, de le réduire en esclavage... Et Petronius, avec trois légions et avec un grand nombre de soldats associés pris en Syrie, s'est avancé en Judée. Parmi les Judéens, les uns étaient incrédules en ce qui concerne les bruits de guerre ; les autres y croyaient mais ils étaient dans l'impossibilité de se défendre. L'armée [de Petronius] était déjà arrivée à Ptolémaïs. La crainte aussitôt a saisi tout le monde... Les Judéens, avec femmes et enfants, s'étaient rassemblés dans la plaine qui se trouve en face de Ptolémaïs. Ils ont supplié pour les lois de leurs pères tout d'abord, et puis ensuite pour eux-mêmes. Alors lui, Petronius, il a cédé à la foule et aux prières. Il a laissé les statues (grec andriantas) et les armées à Ptolémaïs. Il est allé en Galilée et il a convoqué le peuple et tous les notables à Tibériade. Il leur a exposé la puissance des Romains et les menaces de César... ? Puisque tous les peuples soumis à Rome, dans chaque ville, ont érigé, avec les autres dieux, aussi les statues (grec eikonas) de César, ils sont, eux les Judéens, les seuls à s'y opposer... Les

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Judéens ont mis en avant la Torah et les coutumes de leurs pères : ni une représentation (grec deikèlon), ni une représentation de Dieu comme s'il était un homme, non seulement dans le Temple [le naos], mais encore dans n'importe quel endroit du pays, il n'est permis de l'ériger... Alors la foule se mit à crier qu'elle était prête à souffrir pour la Torah... Petro-Anius leur dit : « Vous allez donc faire la guerre à César?» Alors les Judéens dirent qu'ils offraient des sacrifices deux fois par jour pour César et pour le peuple des Romains. Mais si César voulait ériger les statues (grec tas eikonas), il lui faudrait tout d'abord offrir en sacrifice tout le peuple des Judéens. Ils s'offraient eux-mêmes pour le carnage avec les enfants et les femmes. A ces mots, l'admiration et la compassion pénétrèrent Petronius, à cause de l'insurpassable piété des hommes et par le fait qu'ils étaient prêts à mourir... Petronius a repris son armée. Il est parti de Ptolémaïs et il est retourné à Antioche. Et de là voici qu'il a envoyé [un messager et un message] à César [pour exposer] sa propre irruption dans le territoire de la Judée et les supplications de la population. Si l'on ne veut pas qu'à cause des statues [nous lisons andrias, statue d'homme], même le pays soit détruit et périsse, il faut que les habitants puissent observer leur loi et que l'ordre donné [par Caius] soit révoqué. A ces lettres, il a répondu en termes qui n'étaient pas très modérés, Caius. Il menaçait Petronius de mort, parce que, de ses ordres donnés, il avait été un serviteur lent et paresseux. Mais les porteurs de ces lettres [de Caius], il arriva qu'ils ont été ballottés par la tempête trois mois sur la mer, tandis que d'autres messagers qui annonçaient la mort de Caius ont fait un heureux voyage. Petronius a reçu les lettres [qui annonçaient la mort de Caius] vingt-sept jours avant les lettres qui étaient dirigées contre lui. Voici maintenant comment Joseph, vingt ans plus tard, présente de nouveau l'affaire de la statue, dans son Histoire ancienne de la Judée : Antiquités XVIII, 250 : Quant à Caius... avec le temps, il cessa de

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se regarder comme un homme, se divinisant lui-même à cause de la grandeur de sa puissance, et il en arriva à se conduire en tout sans respecter les dieux... Antiquités XVIII, 257 : Des troubles se sont élevés à Alexandrie entre la colonie judéenne et les Grecs. Trois délégués choisis par chacun des deux partis allèrent trouver Caius. L'un des ambassadeurs des Alexandrins était Apion, qui calomniait les Judéens en prétendant entre autres choses qu'ils méprisent le culte de l'Empereur ; alors que tous les sujets de l'empire romain élevaient à Caius des autels et des temples et lui rendaient par ailleurs en tout les mêmes honneurs qu'aux dieux, seuls les Judéens considéraient comme honteux de l'honorer par des statues et de jurer en attestant son nom... Philon, chef de la délégation judéenne, homme illustre en tout, frère de l'alabarque Alexandre et très versé dans la philosophie, était en mesure de réfuter ces accusations. Caius le lui interdit et lui ordonna de s'éloigner de sa présence. Il était visiblement très irrité et prêt à prendre des mesures terribles contre les Judéens. Philon s'en alla sous les outrages et dit aux Judéens qui l'entouraient qu'il fallait avoir bon courage, car, si Caius s'emportait contre eux en paroles, en fait il s'était déjà attiré l'inimitié de Dieu... Mais Caius, irrité d'être tellement dédaigné par les Judéens seuls, envoya comme légat en Syrie, Petronius, qui succéda à Vitellius dans le gouvernement ; il lui ordonna d'entrer en Judée avec de nombreuses forces et de lui dresser une statue dans le Temple de Dieu, si les Judéens l'accueillaient de bon gré, et de les mater d'abord par la guerre, s'ils se montraient malveillants. Petronius, après avoir pris possession de la Syrie, se hâta d'obéir aux ordres de l'Empereur. Il réunit autant d'auxiliaires qu'il put et prenant avec lui deux légions de l'armée romaine, arriva à Ptolémaïs pour y hiverner, car il voulait pousser activement la guerre du printemps, et il écrivit à Caius ses résolutions. Caius, louant son ardeur, lui ordonna de ne pas se relâcher et de faire une guerre sans merci à ceux qui n'obéiraient pas. Or, plusieurs milliers de Judéens vinrent à Ptolémaïs trouver Petronius pour lui demander

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de ne pas les forcer à transgresser la loi de leurs pères... Antiquités XVIII, 265 : Petronius vit à leurs discours que leur résolution était invincible... Réunissant ses familiers et les officiers qu'il avait autour de lui, il se hâta d'aller à Tibériade, désireux de se rendre compte de la situation des Judéens. Ceux-ci, considérant comme immense le péril de la guerre contre les Romains, mais comme plus grand encore celui de transgresser la Torah, se portèrent de nouveau par dizaines de mille au-devant de Petronius quand il fut arrivé à Tibériade, le suppliant de ne pas leur infliger une telle contrainte et de ne pas souiller leur Ville par la consécration d'une statue... Et ils se prosternèrent la face contre terre en découvrant leur gorge, déclarant qu'ils étaient prêts à mourir. Cela se répéta pendant quarante jours ; du reste, ils négligeaient de cultiver leurs champs au moment même de la saison des semailles, car ils étaient bien décidés à mourir et le désiraient plutôt que de voir consacrer la statue de l'Empereur... Telle était la situation quand Aristobule, frère du roi Agrippa, Helkias le Grand [mari de Cypros, petite-fille d'Hérode dit le Grand] et les principaux membres de la dynastie, avec les premiers citoyens, se rendirent auprès de Petronius pour le supplier, puisqu'il était témoin du zèle du peuple, de ne pas le pousser au désespoir et d'écrire à Caius combien les Judéens avaient horreur d'accueillir la statue, comment ils s'abstenaient de cultiver pour manifester leur opposition, sans vouloir combattre, parce qu'ils ne le pouvaient pas, mais prêts à mourir avec joie plutôt que de transgresser leurs lois... Peut-être Caius se laisserait-il fléchir, au lieu de prendre une décision cruelle ou de penser à détruire complètement le peuple... Petronius jugea donc préférable d'annoncer à Caius que ces gens étaient intraitables. Il savait bien que l'Empereur serait irrité que l'on n'eût pas obéi à ses ordres sur-le-champ.... Si Caius persistait dans la même folie qu'auparavant, Petronius entamerait la guerre contre les Judéens ; si, au contraire, c'était contre lui que l'Empereur tournait sa colère, il était beau pour un sectateur de la vertu de mourir pour une telle multitude d'hommes. Petronius décida donc

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de se laisser persuader par les paroles des suppliants... Et maintenant, voici comment Joseph raconte à son tour, cinquante ans après Philon d'Alexandrie, l'intervention du roi judéen Hérode Agrippa I, que l'empereur de Rome Caius Caligula avait fait roi : Antiquités XVIII, 289 : Le roi Agrippa, qui séjournait à ce momentlà à Rome, s'avançait beaucoup dans les bonnes grâces de Caius. Un jour il lui offrit un festin et voulut surpasser tout le monde par le luxe du repas et les mesures prises pour le plaisir des convives, si bien que non seulement un autre, mais Caius lui-même ne pût songer à l'égaler, encore moins à le surpasser... Caius admira ses dispositions et sa magnificence, car il [= Agrippa] s'était imposé de gagner sa faveur par le déploiement d'une abondance qui allait jusqu'au-delà de ses moyens. Caius voulut donc rivaliser avec la générosité qu'Agrippa avait montrée pour lui faire plaisir. Excité par le vin et l'esprit tourné vers la joie, il dit pendant le banquet, quand Agrippa leva une coupe à sa santé : « Agrippa, je savais déjà quelle déférence tu as pour moi et le grand dévouement que tu m'as témoigné, malgré les dangers que tu as courus du fait de Tibère à cause de cela... Aussi, comme je juge déshonorant de t'être inférieur en zèle, je veux compenser toute mon infériorité antérieure. C'est bien peu de chose que tous les dons que je t'ai déjà faits. Aussi, tout ce qui pourrait contribuer à te rendre heureux te sera accordé par ma bienveillance et ma puissance. » En parlant ainsi, il pensait qu'Agrippa lui demanderait beaucoup de terres ou les revenus de certaines villes. Mais bien qu'ayant sa requête toute prête, Agrippa ne dévoilait pas sa pensée. Il répondit sur-le-champ à Caius que ce n'était pas auparavant dans l'espoir d'un gain qu'il l'avait servi contre l'ordre de Tibère, et que maintenant non plus il n'agissait pas pour un profit et un avantage particuliers... Caius frappé d'admiration pour sa vertu, n'en persista que davantage à lui demander quel présent lui serait agréable à recevoir. Et le lendemain : « Maître, dit Agrippa, puisque ta bienveillance me

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juge digne de tes présents, je ne te demanderai rien de ce qui touche à la richesse... Mais quelque chose qui t'attirerait la gloire d'être pieux... Je te demande donc de ne plus songer à te faire consacrer la statue que tu ordonnes à Petronius de t'ériger dans le Temple des Judéens...» Caius acquiesça donc et écrivit à Petronius, le louant et d'avoir rassemblé l'armée et de l'avoir consulté par lettre au sujet des Judéens. « Maintenant donc, si tu as devancé cette lettre en me dédiant la statue, laisse-la debout. Mais si tu n'as pas encore fait la dédicace, ne te tourmente pas davantage à ce sujet, renvoie ton armée et reprends ta charge primitive, car je ne désire plus qu'une statue me soit dédiée, voulant accorder ma faveur à Agrippa que j'estime trop pour résister à sa demande et à ses prières... » Caius avait écrit cela à Petronius avant d'être averti que celui-ci soupçonnait les Judéens de préparer un soulèvement, parce que leurs dispositions indiquaient qu'ils étaient résolus à menacer de faire la guerre aux Romains. Aussi, très offensé de ce qu'ils eussent osé braver sa puissance,... il écrivit à Petronius : « Puisque tu as préféré tous les dons que les Judéens t'ont faits, à mes instructions et que tu as eu l'audace de te mettre à leur service pour leur plaire en transgressant mes ordres, je t'ordonne de juger toi-même ce que tu dois faire, t'étant exposé à ma colère, puisque je suis disposé à faire de toi un exemple enseignant à tous les hommes de maintenant et à toute la postérité qu'il ne faut jamais négliger les ordres de l'Empereur... En langage clair, cela signifie que l'Empereur ordonne à Petronius de se donner la mort. C'était la coutume. Antiquités XVIII, 299 : Telle fut la lettre qu'il écrivit à Petronius. Mais elle ne lui arriva pas avant que l'Empereur eût quitté la vie, parce que la traversée du message fut si retardée que Petronius reçut avant elle la nouvelle de la mort de Caius... Caius mourut peu après avoir écrit à Petronius la lettre qui lui

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ordonnait de mourir... Donc Petronius reçut d'abord la lettre qui lui faisait connaître la mort de Caius et, peu après, celle qui lui ordonnait de se tuer... Comme on peut le constater par ces documents de Phi-Ion d'Alexandrie et de Joseph, par les allusions probables de Paul et de l'Apocalypse chapitre 13, cette affaire de la statue ne fut pas une mince affaire. Si nous les goïm de la fin du XXe siècle nous l'avions complètement oubliée ou ignorée, les frères et les sœurs de Jérusalem, de la Judée et de toute la Diaspora des années 40 et suivantes en ont été profondément marqués. Elle rappelait évidemment d'une manière saisissante l'histoire racontée par Daniel 3, 1 : C'est Nabuchodonosor le roi qui a fait une statue en or (araméen et hébreu tzelem, grec eikôn), haute de soixante coudées... Et Nabuchodonosor le roi a envoyé [sous-entendu : des messagers ; fréquent en hébreu] pour réunir les satrapes, les préfets, les gouverneurs, etc. et tous les chefs des provinces pour qu'ils viennent pour l'inauguration de la statue (araméen la-hanoukkat tzalma, grec eis ton egkainismon tes eikonos) qu'il avait dressée, qu'il avait fait ériger, Nabuchodonosor le roi. Et alors ils se sont rassemblés les satrapes, les préfets, les gouverneurs, etc., pour l'inauguration de la statue qu'il avait fait dresser, tenir debout, Nabuchodonosor le roi, et ils se sont tenus debout en face de la statue qu'il avait fait ériger, Nabuchodonosor. Et c'est le héraut qui a crié avec puissance : « C'est à vous, peuples, nations et langues : A l'instant même où vous entendrez la voix de la corne (araméen qarenà), alors vous tomberez à terre et vous vous prosternerez : devant la statue en or qu'il a érigée, Nabuchodonosor le roi... Et celui d'entre vous qui ne tombera pas [à terre] et qui ne se prosternera pas, dans cette heurelà il sera jeté dans la fournaise du feu brûlant... C'est exactement ce que dit l'Apocalypse 13, 15 en traduction grecque : « Afin qu'elle fasse en sorte que tous ceux qui ne se prosternent pas devant la statue (grec eikôn) de la bête soient mis à mort... »

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Daniel 3, 7 : Et alors à l'instant même où ils ont entendu, tous les peuples, la voix de la corne (araméen qarena), ils sont tombés, tous les peuples, toutes les nations, toutes les langues et ils se sont prosternés devant la statue en or qu'il a érigée, Nabuchodonosor le roi... Et alors, à ce moment-là, ils se sont approchés, des hommes chaldéens, et ils ont mangé les morceaux des Judéens... Sic, dans le texte araméen. Les traducteurs en langue grecque n'ont pas osé traduire cette expression qui préfigure sérieusement notre expression populaire : « manger le morceau », et ils ont traduit : « Ils ont accusé, calomnié » (le verbe grec diaballô, qui a donné diabolos, celui qui désunit, qui inspire la haine ou l'envie). Daniel 3, 9 : Ils ont répondu et ils ont dit [la vieille expression hébraïque traduite ici en araméen] à Nabuchodonosor le roi : « Roi, pour les durées éternelles, vis ! (araméen leôlemin, grec eis tous aiônas). Toi, roi, tu as posé un décret, selon lequel tout homme qui entend la voix de la corne, etc., qu'il tombe et qu'il se prosterne devant la statue d'or, et que celui qui ne tombera pas [à terre] et ne se prosternera pas, il soit jeté à la fournaise du feu brûlant... [= Matthieu 13, 42]. Il est des hommes, des Judéens (araméen Iehoudaïn, grec Ioudaioi), que tu as préposés à l'administration de la province de Babel... Ces hommes n'ont pas mis [sur leur cœur, vieille expression hébraïque = ils n'ont pas prêté attention à] ce que tu avais ordonné. Ton dieu, ils ne le servent pas — ou tes dieux ils ne les servent pas — et devant la statue en or que tu as fait dresser, ils ne se prosternent pas... Ce conte philosophique du IIe siècle avant notre ère contient un enseignement métaphysique, un enseignement théologique, et aussi une prophétie, puisque de fait la question de la statue de l'Empereur va se poser concrètement. C'est sans doute ainsi que l'ont compris les Judéens dans les années 40 et suivantes.

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Hérode Agrippa I et l'avènement de l'empereur Claude Le roi judéen Hérode Agrippa I a joué un rôle important et même décisif lors de l'avènement de l'empereur Claude, après l'assassinat de Caius Caligula le 24 janvier 41. C'est pourquoi nous avons choisi de rapporter les faits ici, dans la notice consacrée à Hérode Agrippa I. Hérode Agrippa I, infatigable courtisan — c'est décidément de famille —, a été bien récompensé pour sa courtisanerie. Pour avoir fait sa cour à Caius Caligula, bien avant la mort de l'empereur Tibère, Hérode Agrippa I a obtenu une couronne royale. Pour avoir aidé sérieusement Claude à monter en selle, alors qu'il était en péril, Hérode Agrippa I va obtenir un royaume grand comme celui de son illustre grand-père, le massacreur de sa femme, de ses propres fils et de tant d'autres. Iohanan de l'Apocalypse connaissait parfaitement tous ces faits et tous ces événements. Il y fait allusion dans l'Apocalypse d'une manière chiffrée, à la manière de Daniel. C'est pourquoi nous mettons sous les yeux du lecteur les pièces du dossier. Joseph raconte par le menu ce qui s'est passé, une première fois. Guerre II, 204 : Caius avait régné trois ans et huit mois [les historiens ne sont pas tout à fait d'accord puisque Caius a régné du 16 mars 37, mort de Tibère, jusqu'au 24 janvier 41, son assassinat, ce qui fait trois ans et dix mois]. Il a été enlevé, arraché, par les; armées qui se trouvaient à Rome, Claude, pour être porté au pouvoir. Mais le Sénat,... après avoir confié aux trois cohortes qui étaient restées fidèles, le soin de protéger la Ville [= Rome], c'est au Capitole qu'il s'est réuni... Il a décidé d'entrer en guerre contre Claude. Il allait être dirigé par une aristocratie, comme c'était la coutume autrefois, l'Empire, ou bien alors on allait décider par un vote qui serait digne du pouvoir suprême (grec hègemonia). Et il est arrivé qu'Hérode Agrippa séjourne alors à Rome. Le Sénat l'a appelé pour lui demander conseil. Hérode Agrippa a vu aussitôt que pour l'armée, Claude était déjà empereur ; il est allé vers Claude. Claude envoie Hérode Agrippa au Sénat

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en ambassadeur. Le Sénat répond, toujours par l'intermédiaire d'Hérode Agrippa. Claude envoie une seconde fois Hérode Agrippa au Sénat. Agrippa transmet le message de Claude aux sénateurs. Un soldat entraîne ses camarades au Sénat. Les sénateurs se rendent auprès de Claude. Agrippa intervient pour protéger les sénateurs. Il conseille à Claude d'empêcher le massacre des sénateurs. Claude suit le conseil d'Hérode Agrippa. Il reçoit les sénateurs dans son camp. Il les accueille. Et puis il s'en va avec les sénateurs pour offrir un sacrifice au dieu pour son accession à l'Empire, au pouvoir suprême (grec hègemonia). Joseph ajoute Guerre II, 215 : Et à Agrippa aussitôt il a fait don du royaume de son grand-père [= Hérode dit le Grand]. Il a même ajouté au-dehors aussi les territoires qui avaient été donnés par Auguste à Hérode [le grand-père] : la Trachonitide, l'Auranitide, et à part cela un autre royaume, celui qui est appelé le royaume de Lysanias. Et au peuple, par un décret, il a rendu publique cette donation. Aux magistrats il a ordonné de faire graver sur des plaques de bronze le texte de la donation et de les déposer au Capitole. L'empereur Claude a aussi donné à son frère [qui s'appelait lui aussi] Hérode... le royaume de Chalcis... Souvenons-nous de ce frère d'Hérode Agrippa I, qui s'appelait lui aussi Hérode, désormais roi de Chalcis, mort en 48, lorsque nous lirons le texte d'Apocalypse 17, 9 (p. 357) dans lequel Iohanan fait le compte des rois judéens de la dynastie des Hérodes. Dans son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens, écrite quelque vingt ans plus tard, Joseph donne beaucoup plus de détails sur cette affaire de l'accès de Claude à l'Empire, sur l'aide très efficace que lui a apportée Hérode Agrippa I, et à propos de l'ambassade que lui avait envoyée le Sénat de Rome : Antiquités XIX, 236 : Claude ressentait l'arrogance de cette ambassade, mais, suivant pour le moment l'avis des délégués, il

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était disposé à la modération. Il avait cessé de craindre pour luimême, à la fois parce que ses soldats montraient de la hardiesse et parce que le roi Agrippa l'exhortait à ne pas laisser échapper un pouvoir qui lui était échu sans qu'il y fût pour rien. Agrippa avait d'ailleurs agi envers Caius comme devait le faire un homme honoré par lui : il avait embrassé son cadavre et, après l'avoir couché sur un lit et lui avoir donné des soins autant que faire se pouvait, il s'était rendu auprès des gardes du corps en annonçant que Caius vivait encore, qu'il souffrait de ses blessures et que des médecins étaient auprès de lui. Quand il eut appris que Claude avait été enlevé par les soldats, il se précipita auprès de lui et, le trouvant tout troublé et disposé à céder au Sénat, il lui rendit du courage en l'exhortant à revendiquer l'Empire. Après avoir ainsi parlé à Claude, il rentra chez lui. Puis, quand le Sénat le manda, après s'être parfumé la tête comme s'il sortait d'un banquet, il vint et demanda aux sénateurs ce que faisait Claude. Ils lui dirent ce qu'il en était et à leur tour lui demandèrent ce qu'il pensait de la situation. Agrippa se déclara prêt à mourir pour l'honneur du Sénat, mais les invita à considérer leurs intérêts... En effet, prétendant au pouvoir, les sénateurs avaient besoin d'armes et de soldats pour les défendre, s'ils ne voulaient pas échouer faute de soutien. Les sénateurs lui répondirent qu'ils avaient des armes en quantité, qu'ils apporteraient de l'argent et que, en plus de l'armée qu'ils avaient déjà réunie, ils en organiseraient une autre en affranchissant des esclaves. « Puissiez-vous, sénateurs, répondit aussitôt Agrippa, obtenir tout ce que vous désirez. Mais je dois parler sans hésiter, parce que mes paroles tendent à votre salut. Sachez donc que l'armée qui combattra pour Claude est exercée à se battre depuis longtemps, tandis que la nôtre sera un ramassis de gens délivrés de l'esclavage contre leur attente et qu'elle sera donc difficile à commander. Nous lutterons contre des hommes expérimentés en poussant au combat des gens qui ne savent même pas tirer l'épée. Je crois donc qu'il faut envoyer à Claude [des messagers] pour lui conseiller de déposer le pouvoir, et je suis prêt à me charger de cette mission... » Voilà

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comment il parla et, ayant obtenu l'assentiment unanime, il fut délégué avec d'autres. Il exposa seul à seul à Claude le trouble du Sénat et lui suggéra une réponse assez impériale, conforme à sa dignité et à sa puissance. Claude déclara donc qu'il ne s'étonnait pas du chagrin qu'éprouvait le Sénat d'être soumis à un empereur, parce qu'il avait été accablé par la cruauté des empereurs précédents, mais que, soucieux de l'équité, il ferait goûter aux sénateurs un régime plus modéré, que le pouvoir lui appartiendrait seulement de nom et qu'en fait il le partagerait avec tous. Après s'être laissé séduire par de telles paroles, les envoyés furent congédiés. Puis Claude rassembla l'armée et la harangua. Il reçut le serment de fidélité à sa personne. Il donna à ses gardes du corps cinq mille drachmes par tête, à leurs chefs une somme proportionnelle et promit de traiter de même le reste de ses armées en tous lieux. Antiquités XIX, 263 : Au camp, tous se hâtaient d'offrir leurs services à Claude... Alors le roi Agrippa vint demander à Claude de se conduire avec plus de modération envers les sénateurs. Car s'il maltraitait le Sénat, il ne pourrait plus en être le maître. Claude fut persuadé par lui et convoqua le Sénat au Palatin, où il se fit porter en traversant la ville, escorté par l'armée... Pour récompenser Hérode Agrippa de son aide, Claude donne à son ami le royaume de son grand-père : Antiquités XIX, 274 : Après s'être débarrassé de tous les soldats qui lui étaient suspects, Claude publia un édit où il confirmait à Agrippa le pouvoir que lui avait donné Caius et où il couvrait le roi d'éloges. Il ajoutait même à ses possessions, toute la Judée et le pays de Samarie qui avaient fait partie du royaume d'Hérode son grand-père. Il lui rendait cela à titre de bien qui lui était dû en raison de sa naissance. Il y ajouta encore Abila de Lysanias et toute la montagne du Liban, et il conclut avec Agrippa un traité au milieu

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du forum de la ville de Rome. Il enleva à Antiochus le royaume qu'il possédait, mais lui fit don de la Commagène et d'une partie de la Cilicie... Sous l'influence d'Hérode Agrippa, l'empereur Claude défend la cause des Judéens d'Alexandrie et les protège : Antiquités XIX, 278 : Vers la même époque, des troubles se sont élevés entre Judéens et Grecs dans la ville d'Alexandrie. A la mort de Caius, la population judéenne qui avait été humiliée sous son gouvernement et terriblement maltraitée par les Alexandrins, reprit courage et courut aussitôt aux armes. Claude ordonna, par une lettre au gouverneur Égypte, de réprimer cette révolte. Il envoya aussi à Alexandrie et en Syrie, à la prière des rois Agrippa et Hérode, un édit conçu en ces termes : « Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus, grand pontife, investi de la puissance tribunitienne, édicté : Attendu que depuis longtemps déjà et dès l'origine les Judéens d'Alexandrie, appelés Alexandrins, ont cohabité avec les Alexandrins et ont reçu des rois [les Ptolémées] l'égalité des droits civiques avec eux... Attendu qu'une fois qu'Alexandrie eut été soumise par Auguste à notre empire, ils ont gardé leurs droits sous tous les gouvernements envoyés aux diverses époques, sans qu'aucune contestation ait été soulevée au sujet de ces droits... Attendu qu'au moment où Aquila [préfet Égypte en 10/11 avant notre ère] était à Alexandrie, quand mourut l'ethnarque des Judéens, Auguste n'a pas empêché alors la nomination d'ethnarques parce qu'il voulait que tous ses sujets pussent rester fidèles à leurs coutumes particulières sans être contraints d'enfreindre la loi de leurs pères... Attendu que les Alexandrins se sont soulevés contre les Judéens de leur ville sous le règne de l'empereur Caius, qui, en raison de son extrême folie et de sa démence, a humilié les Judéens parce que leur

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peuple n'avait pas voulu transgresser sa religion ancestrale et le saluer comme un dieu, Je veux que la démence de Caius ne fasse déchoir la population judéenne d'aucun de ses droits et qu'elle conserve les mêmes privilèges qu'antérieurement, restant fidèle à ses coutumes nationales, et j'ordonne aux deux parties de veiller avec la plus grande attention à ne provoquer aucun trouble après la publication de mon édit. » Tels étaient les termes de l'édit envoyé à Alexandrie en faveur des Judéens. Après juillet 41, l'empereur Claude, toujours sous l'influence des deux frères petits-fils d'Hérode l'Ancien, publie un second édit destiné à toute la terre habitée qui était sous l'empire de Rome : Antiquités XIX, 286 : L'édit qui s'adressait au reste de la terre habitée était le suivant : « Tiberius Claudius Caesar Augustus Germanicus, grand pontife, investi de la puissance tribunitienne, consul désigné pour la deuxième fois, édicté : Les rois Agrippa et Hérode, qui me sont très chers, m'ayant demandé de permettre à tous les Judéens vivant dans l'empire romain de conserver les mêmes droits que ceux d'Alexandrie, j'ai accédé volontiers à leurs prières, et ce n'est pas seulement parce qu'ils me le demandaient que je le leur ai accordé, mais aussi parce que j'en ai jugé dignes ceux en faveur de qui j'étais sollicité, en raison de leur fidélité et de leur amitié pour les Romains... Il est donc juste que dans le monde entier, sur toute la terre habitée soumise à notre pouvoir, les Judéens aussi conservent sans entraves leurs coutumes ancestrales. Mais je les avertis à présent de ne pas abuser désormais de ma bonté et de ne pas mépriser les croyances des autres peuples, alors qu'ils gardent leurs propres lois... » En l'année 41, Hérode Agrippa retourne à Jérusalem et prend possession de son royaume accordé par l'Empereur de Rome :

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Antiquités XIX, 292 : En adressant ces édits à Alexandrie et à toute la terre habitée, l'empereur Claude montra ses dispositions envers les Judéens. Aussitôt après il envoya, avec les plus grands honneurs, Agrippa reprendre possession de son royaume et manda par lettre aux gouverneurs et aux procurateurs de lui faire bon accueil. Agrippa, comme il est naturel pour qui revient avec une fortune meilleure, se hâta de rentrer. Arrivé à Jérusalem, il immola des victimes en actions de grâces, sans oublier aucune prescription de la Torah... La chaîne d'or que Caius lui avait donnée et qui pesait autant que celle de fer dont avaient été enchaînées ses royales mains, monument de sa triste infortune et en même temps témoignage de son sort meilleur, fut suspendue à l'intérieur des enceintes sacrées au-dessus du tronc des offrandes... Dès qu'il s'est installé dans son palais royal à Jérusalem, Hérode Agrippa destitue Theophilos (traduction de l'hébreu Iedid-iah, le nom de Salomon : le chéri de YHWH, 2 Samuel 12, 25), le fils de Hanan, le frère de Ionatan destitué par Vitellius en 37, et il nomme grand prêtre Schimeôn surnommé Kantheras. Est-ce que Theophilos, le frère de Ionatan, était devenu suspect ? Antiquités XIX, 297 : Après avoir accompli complètement toutes ces cérémonies en l'honneur de Dieu, Agrippa dépouilla Théophile, fils de Hanan, du grand pontificat et transmit sa charge à Simon, fils de Boethos, surnommé Canthèras. Simon avait deux frères, et son père Boethos avait épousé la fille du roi Hérode... Le nom en caractères grecs Kanthèras provient de kantharos, scarabée (Schùrer, II, 271, note 13). Le grec kantharos, scarabée, traduit l'hébreu kapis, Habacuc 2, 11 : Car une pierre, du mur, criera et un kapis, grec kantharos, du bois, lui répondra... Le grec kantharis désigne divers insectes qui dévorent le blé et la vigne, et aussi le scarabée. La cantharide, insecte coléoptère, est une mouche utilisée en homéopathie. Quelque temps plus tard, le roi Hérode Agrippa destitue Schimeôn

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surnommé Kanthèras de la famille Boethos, et il propose le suprême pontificat à Ionatan, le fils de Hanan, le frère de Theophilos. Mais Ionatan refuse cet honneur. Pourquoi? Joseph ne le dit pas, mais il met dans la bouche de Ionatan une réponse diplomatique qui ne livre pas le secret de Ionatan. Est-ce que Joseph en savait plus ? Par son ami Hérode Agrippa II, fils d'Hérode Agrippa I, il devait savoir la vérité : Antiquités XIX, 313 : Quant au roi Agrippa, il priva du pontificat Simon Canthèras pour le rendre à Ionatan, fils de Hanan, parce qu'il le reconnaissait plus digne de cette charge. Mais celui-ci se voyait sans plaisir investi d'un tel honneur et il le refusa en ces termes : « Je me réjouis, ô roi, que tu m'aies donné cette marque d'estime, et l'honneur que tu m'as accordé de ton plein gré me va au cœur, bien que Dieu m'ait jugé tout à fait indigne du pontificat. Mais il me suffit d'avoir revêtu une fois les vêtements sacrés. Car autrefois, quand je les ai endossés, j'étais plus saint que je ne le suis maintenant pour les reprendre. Pour toi, si tu veux qu'un plus digne que moi reçoive maintenant cet honneur, laisse-moi te donner un conseil. Mon frère est pur de toute faute envers Dieu et envers toi, ô roi, et je le recommande comme digne de cette charge. » Le roi, satisfait de ces paroles, admira les dispositions de Ionatan et donna le grand pontificat à son frère Matthias. Peu de temps après, Marsus succéda à Petronius dans le gouvernement de la Syrie [vers 42]. Hérode Agrippa intervient activement et efficacement en faveur des Judéens. Il obtient du légat de Syrie que les populations non judéennes respectent les édits de l'empereur Claude, son maître et son protecteur : Antiquités XIX, 299 : Quand le roi [Agrippa I] eut ainsi organisé le grand pontificat, il récompensa les habitants de Jérusalem de leur dévouement pour sa personne... Très peu de temps après, les jeunes gens de Dora [au pied du Carmel]... ont amené dans la maison de réunion des Judéens une statue de l'Empereur qu'ils y dressèrent. Cela irrita beaucoup Agrippa... Aussi alla-t-il trouver sans retard

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Publius Petronius qui était alors gouverneur de la Syrie, et il accusa les gens de Dora... Il a écrit aux notables de Dora cette lettre irritée : « Publius Petronius, légat de T. Claudius Caesar Augustus Germanicus, aux notables de Dora. Quelques-uns d'entre vous ont eu une audace assez insensée pour ne pas respecter l'édit de Claudius Caesar Germanicus qui permet aux Judéens d'observer les lois de leur nation. Ils ont fait tout le contraire, en empêchant les Judéens de se réunir dans leur maison de réunion, par l'érection de la statue de l'Empereur, violant ainsi la loi, non seulement à l'égard des Judéens, mais aussi de l'Empereur, dont il vaut mieux élever la statue dans son propre temple que dans un autre et surtout en pleine synagogue... Il serait ridicule de rappeler ma propre décision, après l'édit impérial permettant aux Judéens de vivre selon leurs coutumes particulières et ordonnant en sus qu'ils aient des droits civiques égaux à ceux des Grecs... J'ai, en effet, comme le roi Agrippa, mon très cher ami, le plus grand souci que le peuple judéen ne saisisse cette occasion de se rassembler sous prétexte de se défendre et de se laisser aller à un acte de désespoir. Afin qu'on connaisse encore mieux la pensée de l'Empereur sur toute l'affaire, j'ai joint à ceci ses édits publiés à Alexandrie, qui, bien que paraissant déjà connus de tous, ont été lus devant mon tribunal par mon très cher ami le roi Agrippa, lorsqu'il a plaidé en faveur du maintien aux Judéens des bienfaits d'Auguste... » Cependant le roi Hérode Agrippa doit se souvenir qu'il est soumis à l'autorité suprême de l'Empereur de Rome : Antiquités XIX, 326 : Agrippa était alors occupé à renforcer aux frais de l'État les remparts de Jérusalem du côté de la ville neuve, en les élargissant et en les élevant. Il aurait réussi à les rendre inexpugnables pour toute force humaine si Marsus, gouverneur de Syrie, n'avait dénoncé cette entreprise par une lettre à l'empereur Claude. Celui-ci, craignant quelque révolte, ordonna à Agrippa d'arrêter sur-le-champ la construction des remparts, et le roi ne

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voulut pas désobéir. Hérode Agrippa I est mort en l'année 44 à Césarée : Guerre II, 219 : Agrippa [Agrippa I] est mort à Césarée. Il a été roi pendant trois ans [41-44 sous l'empereur Claude]. Mais auparavant et en premier lieu il avait gouverné ses tétrarchies durant trois autres années [quatre ans sous l'empereur Caius, 37-41, il gouverna les tétrarchies de Philippe et de Lysanias ; à partir de 41, la tétrarchie d'Antipas]. Il a laissé trois filles nées de Kypros... et un fils de la même Kypros, Agrippa [= Agrippa II]. Comme celui-ci était trop jeune, de nouveau l'empereur Claude a fait de ces royaumes une province, une préfecture (grec eparchian, province gouvernée par un eparchos, Actes 23, 34 ; 25, 1) et il a envoyé comme procurateur (grec epitropos, celui à qui est confiée la gestion de, administrateur, gouverneur, latin procurator) Cuspius Fadus [44-46], puis Tibère Alexandre [46-48]. Et après cela, c'est aussi celui qui régnait sur la Chalcis, Hérode, qui est mort [48]. Hérode le roi de Chalcis, frère d'Hérode Agrippa, avait bien le titre de roi. Il avait le droit de nommer et de destituer les grands prêtres. Il entre donc peut-être dans le compte de Iohanan (Apocalypse 17, 9-10). Joseph fait un grand éloge du roi Hérode Agrippa I, le père de son ami Hérode Agrippa II : Antiquités XIX, 328 : La nature de ce roi [Agrippa I] le portait à être bienfaisant par ses dons, à tenter de donner à ses peuples une haute idée de lui-même, et à s'assurer la célébrité par beaucoup de dépenses. Il se réjouissait de faire plaisir aux gens et aimait qu'on louât sa vie. Il différait entièrement en cela du roi Hérode son prédécesseur. Ce dernier, en effet, avait une nature perverse. Il châtiait durement. Il haïssait sans mesure. Il se reconnaissait mieux disposé pour les Grecs que pour les Judéens. Il ornait les villes des

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étrangers en leur donnant de l'argent et en y édifiant parfois des bains et des théâtres. Il éleva dans certaines villes des temples, des portiques dans d'autres, tandis qu'il n'accordait à aucune ville judéenne la moindre réparation ou le moindre don digne de mémoire. Au contraire le caractère d'Agrippa était doux et sa bienfaisance était égale pour tous. Il était plein d'humanité pour les gens de races étrangères et leur témoignait aussi sa libéralité, mais il r ait également serviable pour ses compatriotes et leur marquait encore plus de sympathie. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il vivait volontiers et continuellement à Jérusalem et qu'il gardait dans leur intégrité les institutions des ancêtres. Il se maintenait lui-même dans une complète pureté et ne laissait pas écouler un jour sans offrir les sacrifices prescrits... Malgré sa douceur que vante Joseph, et sa bienfaisance, Hérode Agrippa I organisait des spectacles dans lesquels les hommes s'entretuaient. C'est Joseph lui-même qui le raconte : Antiquités XIX, 335 : Il avait construit nombre d'édifices en beaucoup d'endroits. Mais il honora les habitants de Béryte d'une manière particulière. En effet il leur bâtit un théâtre..., un amphithéâtre très coûteux et en outre des bains et des portiques... Il organisa dans le théâtre des spectacles où il présenta des œuvres musicales... Il montra sa générosité par le nombre des gladiateurs amenés dans l'amphithéâtre où, voulant charmer les spectateurs également par des combats en masse, il mit aux prises deux troupes de sept cents hommes. Pour cela il désigna tous les criminels dont il disposait, afin de les châtier tout en faisant d'un spectacle de guerre une réjouissance pacifique. Il fit tuer tous ces hommes jusqu'au dernier. Joseph nous parle de ces rois évoqués aussi dans l'Apocalypse (16, 12), des rois qui viennent du côté du soleil levant : Antiquités XIX, 338 : Après ces cérémonies de Béryte, Agrippa se

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rendit à Tibériade, ville de Galilée. Il était très admiré des autres rois. Aussi vinrent près de lui Antiochus, roi de Commagène [rétabli sur son trône par Caligula et Claude, détrôné définitivement en 72] ; Sampsigéramos, roi d'Emèse ; Totys, roi de l'Arménie mineure ; Polémon, qui était devenu prince du Pont ; et Hérode, frère du roi et lui-même roi de Chalcis [depuis 38, mort en 48]. Il les reçut tous et les hébergea en les traitant amicalement, de manière à montrer au plus haut degré la grandeur de son âme et à prouver qu'il était bien digne d'être honoré de ces visites royales... Mais tandis qu'ils étaient encore chez lui, arriva Marsus, gouverneur de Syrie. Observant donc les honneurs dus aux Romains, Agrippa s'avança à sa rencontre à plus de sept stades de la ville... Il avait emmené avec lui sur son char tous les autres rois. Leur concorde et une telle amitié entre eux furent suspectes à Marsus... Agrippa enleva à Matthias le grand pontificat et mit à sa place Elionaios, fils de Canthèras... Le nom grec Elionaios est une transcription en caractères grecs du nom propre hébreu El- Ieho-Einaï = vers YHWH mes yeux, Esdras 8, 4 ; 1 Chroniques 26, 3 ; ou El-Io-Einaï, 1 Chroniques 3, 23 ; etc. Dans son Histoire ancienne de la Judée, Joseph raconte la mort d'Hérode Agrippa dans la ville de Césarée, appelée par dérision Har Mageddôn par Iohanan dans l'Apocalypse (16, 16). Migdal, en hébreu, signifie : la tour. Césarée s'appelait la Tour de Straton. C'est Hérode l'Ancien qui, pour faire sa cour à César, avait appelé la Tour de Straton (hébreu migdal schar-schôn), Césarée. Har Mageddôn est donc comme d'habitude un terme codé parfaitement compréhensible pour les Judéens de ce temps-là. Juges 5, 19 : Sont venus des rois. Ils ont fait la guerre. Alors ils ont fait la guerre, les rois de Kanaan... près des eaux de Megiddô [vocalisation des massorètes ; les traducteurs en langue grecque ont entendu et transcrit : Mageddô]. 2 Rois 9, 27 : Et il s'est enfui à Megiddô [vocalisation des

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massorètes ; transcription en caractères grecs : Mageddôn] et il est mort, là... 2 Rois 23, 29 : Dans ses jours [= dans les jours de Iôschiiahou, roi de Juda, 640-609 avant notre ère] il est monté, le pharaon Néchao roi Égypte, vers, ou contre (hébreu al), le roi d'Assur, sur le fleuve Euphrate, et il a marché, le roi Iôschi-iahou à sa rencontre et il [= Néchao] l'a tué à Megiddô [transcription en caractères grecs : Mageddô], lorsqu'il l'a vu. Et ils l'ont rapporté sur un char, ses serviteurs, mort, depuis Megiddô (grec ek Mageddô), à Jérusalem et ils l'ont mis au tombeau... Zacharie 12, 11 : Dans ce jour-là elle sera grande, la lamentation, dans Jérusalem comme la lamentation... dans la plaine de Megiddôn... Antiquités XIX, 343 : Il y avait déjà trois ans accomplis qu'il régnait sur toute la Judée et il se trouvait à Césarée, ville appelée auparavant la Forteresse de Straton. Il y donnait des spectacles en l'honneur de l'Empereur... Autour de lui il avait réuni en foule les dignitaires et les gens les plus en vue de la province. Le second jour des spectacles, revêtu d'une robe toute faite d'argent et admirablement tissée, il entra au théâtre au lever du jour. Là, aux premiers feux des rayons du soleil, l'argent reluisait et resplendissait merveilleusement, étincelant d'une manière terrible et même effrayante pour les gens qui y fixaient leurs regards. Aussitôt des flatteurs de pousser de tous côtés des acclamations... en le qualifiant de dieu. « Puisses-tu nous être propice, ajoutaient-ils, bien que nous ne t'ayons révéré jusqu'ici que comme un homme ! Désormais nous reconnaissons que tu es au-dessus de la nature humaine ! » Le roi ne réprima pas leurs propos et ne repoussa pas leurs flatteries impies... Il fut saisi d'une subite douleur d'intestins... Il était torturé par la violence du mal. Il se fit donc porter en hâte au palais et le bruit se répandit partout qu'il allait bientôt mourir... Il quitta la vie à l'âge de cinquante-trois ans passés, et dans la septième année de son règne. En effet il avait régné quatre ans sous l'empereur Caius, car il avait possédé trois ans la tétrarchie de Philippe et avait obtenu en outre, la quatrième année, celle d'Hérode. De plus, il avait encore ajouté à cela trois ans, où, sous le

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principat de l'empereur Claude, il avait régné sur les régions indiquées plus haut, possédant en outre la Judée, Samarie et Césarée. Il tirait de là les revenus les plus considérables, à savoir douze millions de drachmes... Antiquités XIX, 354 : Voi1^ comment finit le roi Agrippa. Il laissait comme descendant un fils, Agrippa, qui était dans sa dix-septième année, et trois filles, dont l'une, Bérénice, âgée de seize ans, avait épousé Hérode, son oncle maternel... Lorsqu'on sut qu'Agrippa était mort, les habitants de Césarée et de Sébaste, oublieux de ses bienfaits, agirent comme ses ennemis déclarés. Ils lançaient des calomnies inconvenantes contre le mort... S'attablant dans les lieux publics, on célébrait des banquets populaires en s'ornant de couronnes, en se parfumant, en faisant des libations à Charon et en échangeant des rasades en l'honneur de la mort du roi... Joseph fait un éloge appuyé d'Hérode Agrippa I, père de son ami Hérode Agrippa II. Joseph nous assure qu'Hérode Agrippa I était doux, plein d'humanité, etc. Ce qui ne l'empêchait pas, nous l'avons vu, d'organiser des tueries d'hommes dans les amphithéâtres pour divertir les populations. Mais nous avons d'autres renseignements. L'inconnu, qui a noté ce que nous lisons dans le livre des Actes des Envoyés, ne partage sans doute pas le point de vue de Joseph : Actes 12, 1 : Et dans ce temps-là, il a jeté, Hérode le roi [Agrippa I], les mains pour faire du mal (hébreu anah ou raa) à certains de la communauté (grec ekklèsia, hébreu qahal ou qehilah)... [Observer l'ordre de la phrase.] Et il a fait mettre à mort Iaaqôb, le frère de Iohanam, par l'épée... De quel Iaaqôb et de quel Iohanam s'agit-il ? Des fils de Zébédée ? C'est possible, mais ce n'est pas certain ; il y avait beaucoup de Iaaqôb et de Iohanam dans ce temps-là et dans ce milieu ethnique judéen.

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Actes 12, 3 : Et il a vu que c'était bon (grec arestos, hébreu tob, ou iaschar, juste) aux yeux des Judéens, il a continué (grec prost Mèmi, hébreu iasaph, Genèse 4, 2 ; 4, 12 ; 8, 12 ; etc., hébreu le lamed suivi de l'infinitif) de faire arrêter aussi Petros. C'étaient les jours des matzôt. Il l'a fait arrêter et il l'a fait mettre en prison, et il a donné à quatre groupes (grec tetradion, n'existe pas en grec naturel) de quatre soldats [le soin de] le garder. Il voulait, après [la fête de] pesah, le faire monter [pour le présenter] au peuple. Et Petros, il était gardé dans la prison. Une prière était, avec ardeur, venant de la communauté, dirigée vers Dieu à son sujet. Et lorsqu'il allait le faire monter, Hérode, dans cette nuit-là, il était, Petros, couché entre deux soldats, attaché avec deux chaînes. Et des gardiens devant la porte gardaient la prison... Joseph ne nous avait pas dit cela. Actes 12, 7 : Et voici qu'un messager de YHWH... (grec aggelos kuriou, sans l'article). Nous l'avons vu à plusieurs reprises : le nom propre du Dieu d'Israël était prononcé adônaï; il était constamment, depuis des siècles, traduit en grec par kurios, sans article. L'hébreu maleak, toujours traduit par le grec aggelos, signifie le messager. Genèse 32, 4 : Et il a envoyé, Iaaqôb, des messagers devant sa face, vers Esaù... Nombres 20, 14: Et il a envoyé, Môscheh, des messagers, depuis Qadesch, vers le roi d'Edôm : Ainsi parle ton frère, Israël... [Observer l'emploi hébreu du mot frère.] Nombres 21, 21 : Et il a envoyé, Israël, des messagers vers Sihôn, roi des Amorrhéens pour dire... Dans les textes de ce temps-là et de ce milieu ethnique, les messagers peuvent être des hommes. Actes 12, 11 : Et Petros, il est revenu en lui-même, et il a dit : « Maintenant je sais véritablement qu'il a envoyé, YHWH, son

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messager et qu'il m'a délivré de la main de Hôrôdôs et de tous ceux qui commandent le peuple des Judéens... » Le mot grec prosdokia, ei grec naturel, signifie l'attente. Mais il traduit le mot hébreu ieqahah, Genèse 49, 10 : Il ne sera pas ôté, le sceptre, de Iehoudah, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds [euphémisme], jusqu'à ce qu'il vienne Schiloh, et à lui le commandement, ou l'obéissance, des peuples (hébreu iqahat ammim, grec prosdokia ethnôn). Actes 12, 12 : Et il est venu à la maison de Mariam la mère de Iohanan, celui qui est nommé Marcus (latin = le Marteau), là où ils étaient réunis et en train de prier. Et alors il a frappé à la porte... Nous aurons à nous demander qui est ce Iohanan surnommé Marcus, le Marteau, et quelle est cette Mariam, sa mère. Actes 12, 17 : Et il [= Pierre] a dit : « Allez annoncer à Iaaqôb et aux frères [tout] cela. » Et il est sorti et il s'en est allé dans un autre lieu... Quel est ce lieu ? Le livre des Actes ne le dit pas. Pourquoi ne le dit-il pas ? Est-ce qu'il y avait des raisons de cacher le lieu où SchimeônKeipha-Pierre s'en est allé ? Le Iaaqôb dont il est question ici est probablement le Iaaqôb appelé le frère du Seigneur. Actes 12, 18 : Lorsqu'il est venu, le jour, il y a eu une agitation grande parmi les soldats. Mais où donc était passé Pierre ? Hérode l'a fait rechercher et il ne l'a pas trouvé. Il a interrogé les gardiens et il a ordonné qu'ils soient mis aux fers (grec apagô, hébreu asar, Genèse 39, 22 ; 40, 3 ; 42, 16). Et il est descendu de la Judée et c'est à Césarée qu'il a séjourné... Le livre des Actes rapporte lui aussi la mort d'Hérode Agrippa I, bien

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avant Joseph, puisque Joseph a écrit ses ouvrages après la guerre entre les Judéens et les Romains, après 70, tandis que le livre des Actes a été terminé autour de l'année 62, et qu'il incorpore des documents antérieurs : Actes 12, 21 : Hérode était revêtu de son habit de roi et il était assis sur la tribune. Il faisait un discours au peuple... Et le peuple s'est mis à crier : « Voix de dieu et non voix de l'homme ! » (hébreu qôl elohim hou we-lô qôl adam). Et alors tout d'un coup il l'a frappé, le messager de YHWH, parce qu'il n'avait pas donné la gloire à Dieu... Nous sommes donc quelque temps après la fête de pesah de l'année 44. Actes 12, 24 : Et c'est la parole de Dieu qui portait fruit et qui se multipliait [Genèse 1, 28]. Et Barnaba et Schaoul sont retournés à Jérusalem [selon certains manuscrits], ils ont quitté Jérusalem ; [selon d'autres manuscrits], pour aller à Antioche, après avoir accompli le service [dans le Temple. Barnaba était Lévite]. Et ils ont pris avec eux Iohanan celui qui est surnommé Marcus (le Marteau, hébreu maqqabah)... Barnaba est en tête dans ce document. Quelque temps plus tard, commence le premier voyage de Barnaba et de Schaoul surnommé Paulus. Le roi Hérode Agrippa I se faisait appeler lui-même, nous le savons par une inscription (Schûrer, I, 561) : Basi-leus Megas Philokaisar Eusebes Kai Philoromaios, Roi grand, ami de César, pieux, et ami des Romains. L'Évangile de Matthieu connaît Hérode dit le Grand, mort en 4 avant notre ère (2, 1, etc.). L'Évangile de Luc le connaît aussi (1,5). L'Évangile de Matthieu connaît Hérode Antipas, le tétrarque de la Galilée et de la Pérée, qui a régné entre 4 avant notre ère et l'année 39 de notre ère, expédié en exil par Caius Caligula (14, 1) ; il est même appelé roi (grec basileus, 14, 9). Marc le connaît aussi (6, 14 ; 8, 15). Luc également (3, 1 ; 8, 3 ; 9, 7 ; 13, 31 ; 23, 7).

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Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc ne connaissent pas Hé -ode Agrippa I, puisque celui-ci est devenu roi grâce à Caius Caligula après la mort de l'empereur Tibère le 16 mars 37. Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc sont des traductions littérales de dossiers de notes prises au jour le jour du vivant du Rabbi et après sa mort. La traduction en langue grecque de ces dossiers de notes prises en hébreu n'a pas dû tarder, puisque les frères de Judée voulaient communiquer au plus vite à leurs frères de langue grecque de la Diaspora ces documents traduits avec le lexique hébreu-grec traditionnel, c'est-à-dire le même lexique hébreu-grec que celui qui avait servi depuis plusieurs siècles à traduire la sainte Bibliothèque hébraïque de l'hébreu en grec. L'Évangile de Jean ne dit pas un mot ni d'Hérode dit le Grand, ni d'Hérode Antipas, ni d'Hérode Agrippa I, ni d'aucun des rois judéens de la dynastie des Hérodes. Par contre, Iohanan dans l'Apocalypse va nous en parler, sans les nommer, et d'une manière codée, exactement comme pendant l'occupation de la France par les Allemands, dans les messages codés on parlait du chef de la résistance, du chef de la collaboration, etc. 6. Hérode de Chalcis Roi de 41 à 48 (Schiïrer, I, 722). L'empereur Claude a donné en 41 le royaume de Chalcis au petit-fils d'Hérode, qui s'appelait aussi Hérode, fils d'Aristobule, fils d'Hérode l'Ancien, assassiné sur ordre de ce dernier, et frère d'Hérode Agrippa I. 176 Enquête sur l'Apocalypse Hérode de Chalcis avait le titre de basileus. La deuxième femme d'Hérode de Chalcis, Bérénice, était la fille de son frère Hérode Agrippa I. Après la mort d'Hérode Agrippa I, en 44, Hérode de Chalcis obtient de l'Empereur de Rome le droit de haute surveillance sur le Temple de Jérusalem et sur le trésor du Temple, ainsi que le droit de déposer et de nommer les grands prêtres. En effet, c'est lui qui nomme Joseph fils de Kami, ou Kamydos ou Kamithos, et Hanan-iah, fils de Nedebaios [=

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Nedab-iah, Actes 23, 2 ; 24, 1]. C'est lui le kôhen gadôl qui a interrogé Schaoul-Paulus et qui a ordonné à ceux qui étaient présents de donner un coup sur la bouche de Paul. C'est lui aussi qui va avec un avocat, Tertullus, accuser Paul devant le procurateur Félix. Sur les monnaies que l'on a retrouvées, il se fait appeler Philoklaudios, celui qui aime l'empereur Claude, ou l'ami de l'empereur Claude. Il est mort la huitième année de l'empereur Claude, en 48. On a retrouvé à Athènes des inscriptions portant la mention : à Hérode pieux et philokaisar. Une autre inscription : le roi Hérode philoromaion. Mais il n'est pas certain qu'elles soient offertes à Hérode de Chalcis. Antiquités XX, 15 : Hérode, frère du feu roi Agrippa, à qui avait été confié à ce moment le gouvernement de Chalcis, demanda aussi à l'empereur Claude la libre disposition du Temple, du trésor sacré et le choix des grands pontifes. Et il obtint tout cela. Désormais ce pouvoir appartint à tous ses descendants et leur resta jusqu'à la fin de la guerre. Alors Hérode destitua du grand pontificat celui qu'on surnommait Canthèras et lui donna comme successeur dans cette dignité Joseph fils de Cami. Kami ou Kamithos. Kaminos, le four, le fourneau. Kamineus, le forgeron. Kamineuo, travailler à un fourneau ou à une forge. Le grec kaminos traduit plusieurs mots hébreux dont kibschan, Genèse 19, 28 ; Exode 19, 18 ; — qoubbah, Nombres 25, 8 ; kour, Deutéronome 4, 20 ; et l'araméen attoum, Daniel 3, 6, etc. 7. Hérode Agrippa II Roi de 50 à 100 (Schûrer I, 586). Après la mort d'Hérode Agrippa I, en 44, Agrippa laissait trois filles et un fils qui s'appelait lui aussi Agrippa. Il était âge d'environ dix-sept ans. L'empereur Claude était disposé à lui remettre le royaume de son père. Mais les conseillers de l'Empereur le détournèrent de ce projet. La

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Judée, comme toute la Palestine, retombe sous le joug des procurateurs romains, que nous avons énumérés : 1. Cuspius Fadus, en 44. 2. Tiberius Àlexander, jusqu'en 48. 3. Ventidius Cumanus, 48-52. 4. Félix, 52-60. 5. Porcius Festus, 60-62. 6. Albinus, 62-64. 7. Gessius Florus, 64-66. Agrippa II, fils d'Agrippa I, a été élevé à Rome. Il est à Rome à la mort de son père, en 44. Après la mort de son oncle Hérode de Chalcis, il obtient, autour de l'année 50, le royaume de ce dernier. Il obtient aussi le droit de nommer les grands prêtres dans le Temple de Jérusalem. Il fait un usage abondant de ce droit. Hérode Agrippa II reste sans doute à Rome jusqu'en 52. En l'année 53, la treizième année du règne de Claude, il obtient la tétrar-chie de Philippe, Batanée, Trachonitide, Gaulanitide, et la tétrarchie de Lysanias. Après la mort de l'empereur Claude, en 54, il obtient de Néron une partie de la Galilée et de la Pérée. Sa capitale, Césarée de Philippe, il l'appelle Néronias, en l'honneur de l'empereur Néron. Les monnaies que l'on a retrouvées portent les noms et les figures des empereurs : Néron, Vespasien, Titus et Domitien. Tout comme son père Hérode Agrippa I, il se fait appeler : Basi-leus Megas Philokaisar Kai Philoromaios. Lorsque la grande guerre entre Rome et la Judée éclate au printemps de l'année 66, Hérode Agrippa II est à Alexandrie, tandis que sa sœur Bérénice est à Jérusalem. Hérode Agrippa II se hâte de rejoindre sa sœur à Jérusalem et il fait tout son possible pour empêcher la guérie. Jérusalem était partagée entre les partisans de la guerre et les partisans de la paix. Hérode Agrippa II se tient aux côtés des Romains pendant toute la guerre. Durant l'été de l’année 67 il reçoit le général romain Vespasien, qui va devenir empereur, dans sa capitale Césarée de Philippe. Lorsqu'après la mort de Néron, 9 juin 68, Titus s'embarque pour Rome, pour saluer le nouvel empereur, Hérode Agrippa II fait de même. Ils apprennent durant le voyage la nouvelle de l'assassinat de Galba, 15

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janvier 69. Titus retourne précipitamment vers son père commandant de l'armée romaine en Judée et Samarie. Hérode Agrippa II poursuit son voyage à Rome pour être présent lors de l'arrivée au pouvoir du nouvel empereur. En juillet 69, Vespasien est proclamé empereur par les légions romaines Égypte et de Syrie. Bérénice rappelle son frère. A partir de ce moment-là, Hérode Agrippa II se tient aux côtés de Titus, le fils de Vespasien, qui est chargé par son père de poursuivre la guerre de Judée. Un fragment de Justus de Tibériade conservé par Photius nous dit : Hérode Agrippa a reçu le pouvoir (tèn archèn) sous Claude ; sa puissance s'est augmentée sous Néron ; et encore plus sous Vespasien. Il est mort la troisième année de Trajan [= 100/101]. En 75, Hérode Agrippa II et sa sœur Bérénice s'installent à Rome. Mort de Vespasien le 23 juin 79. Hérode Agrippa II et notre historien Joseph étaient en relation. De nombreuses monnaies attestent qu'Hérode Agrippa II a régné jusqu'à la fin du règne de Domitien (81-96). C'est après la mort du roi Hérode de Chalcis, petit-fils d'Hérode l'Ancien, frère d'Hérode Agrippa I, que l'empereur Claude accorde à Hérode Agrippa II le royaume de Chalcis, probablement en 49. Ventidius Cumanus est nommé par l'Empereur, procurateur de la Judée, 48-52. Guerre II, 223 : Et après la mort d'Hérode, celui qui gouvernait Chalcis, il établit, Claude, sur le royaume de son oncle, Agrippa fils d'Agrippa [49]. Et du reste de la province (grec eparchia), il reçoit l'administration, le gouvernement (grec tèn epitropen) à la suite d'Alexandre [Tibère Alexandre], Cumanus [48-52]. C'est sous son administration que des troubles ont commencé et qu'il y eut de nouveau tueries de Judéens. Alors qu'elle s'était rassemblée, la foule, pour la fête des matzôt, à Jérusalem, la cohorte romaine s'était placée au-dessus du portique de l'enceinte sacrée du Temple (grec hier on)... Joseph donne plus de détails dans son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens :

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Antiquités XIX, 360 : Agrippa [Agrippa II] le fils du défunt, était à ce moment à Rome où il était élevé près de l'empereur Claude. Quand ce dernier apprit la mort d'Agrippa et les outrages commis envers lui par les habitants de Sébaste et de Césarée, il fut affligé pour lui et irrité de cette ingratitude. Il voulait donc immédiatement envoyer le jeune Agrippa prendre possession de la royauté et désirait en même temps confirmer la foi jurée par des serments. Mais ceux des affranchis et de ses familiers qui avaient sur lui la plus grande influence l'en détournèrent, lui disant qu'il était dangereux de confier un royaume si important à un tout jeune homme qui n'était pas encore sorti de l'enfance et qui ne pourrait supporter le poids de l'administration, puisque, même pour un homme fait, la royauté est un lourd fardeau. L'Empereur a trouvé qu'ils avaient raison. Il envoya donc comme gouverneur de la Judée et du reste du royaume Cuspius Fadus... Il ordonna avant tout à Fadus de châtier les habitants de Césarée et de Sébaste pour leurs violences à l'égard du mort... et d'envoyer dans le Pont, pour y faire campagne, l'escadron des habitants de Césarée et de Sébaste ainsi que leurs cinq cohortes, tandis qu'un nombre égal de légionnaires romains de Syrie devait venir prendre leur place. Cependant ceux qui avaient reçu l'ordre de partir ne s'en allèrent pas. En effet, une délégation envoyée par eux apaisa Claude et ils obtinrent de demeurer en Judée... Hérode Agrippa II, tout comme son père, intervient en faveur des Judéens auprès de l'empereur Claude, à propos du vêtement du grand prêtre du Temple de Jérusalem, que le gouverneur romain de la Judée, Cuspius Fadus, procurateur en 44, avait voulu reprendre aux Judéens : Antiquités XX, 30 : Fadus a fait venir les grands pontifes et les principaux de Jérusalem et les invita à déposer dans la tour Antonia les vêtements sacrés et la robe pontificale que la coutume permettait au seul grand prêtre de revêtir, pour qu'ils y fussent comme auparavant au pouvoir des Romains (Antiquités XVIII, 90 s.)

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N'osant pas résister, ils supplièrent pourtant Fadus et Longinus. Ce dernier était aussi venu à Jérusalem en amenant de grandes forces, parce qu'il craignait que les ordres de Fadus ne missent le peuple de la Judée en humeur de se révolter. Ils leur demandèrent d'abord de leur permettre d'envoyer à l'Empereur des délégués pour obtenir de garder la robe sacrée en leur pouvoir, ensuite d'attendre jusqu'à ce qu'ils connussent la décision prise par Claude à ce sujet. Les Romains répondirent qu'ils leur permettraient d'envoyer des délégués s'ils donnaient leurs enfants en otages. Les autres acceptèrent avec empressement et remirent les otages. Les délégués furent donc envoyés. A leur arrivée à Rome, Agrippa le Jeune, fils du roi défunt, qui se trouvait alors chez l'empereur Claude... apprit la cause de leur venue. Il pria l'Empereur d'accorder aux Judéens ce qu'ils demandaient touchant les vêtements sacerdotaux et d'envoyer à Fadus des ordres à ce sujet... Claude a donc fait appeler les délégués et il leur a dit qu'il le leur accordait, en les invitant à en savoir gré à Agrippa, à la demande duquel il avait accédé... Antiquités XX, 10 : Outre cette réponse il leur donna la lettre suivante : « Claude César Germanicus, investi de la puissance tribunitienne pour la cinquième fois, consul désigné pour la quatrième, salué imperator pour la dixième, père de la patrie, aux magistrats, au Sénat, au peuple de Jérusalem et à toute la nation des Judéens, salut. Mon cher Agrippa, que j'ai moi-même élevé et que je garde avec moi en raison de sa piété, m'a présenté vos délégués qui m'ont remercié pour ma sollicitude envers votre peuple. Comme ils m'ont demandé instamment et à l'envi de laisser les vêtements sacerdotaux et la couronne [le petalori] en votre possession, je vous l'accorde, selon les dispositions prises par Vitellius, homme éminent et très estimé de moi. Si j'ai déféré à votre désir, c'est d'abord à cause de ma piété et la volonté de voir chacun observer les rites de sa nation. Ensuite parce que je sais qu'en agissant ainsi je ferai grand plaisir également au roi Hérode et à Aristobule le Jeune dont je

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connais la piété envers moi... J'ai écrit également à ce sujet à Cuspius Fadus, mon procurateur. Écrit le quatrième jour avant les calendes de juillet, sous le consulat de Rufus et de Pompeius Silanus [= 28 juin 45]. » Tandis que Ventidius Cumanus était procurateur romain en Judée (4852), à propos du violent conflit qui a opposé les Samaritains et les Judéens (cf. p. 71-76), deux délégations avaient été expédiées à Rome par le légat de la Syrie, Quadratus : une délégation de hauts personnages samaritains, et une délégation de Judéens. Dans cette délégation de Judéens, il y avait Ionatan ben Hanan, qui avait été grand prêtre en 36-37, et qui avait refusé à Hérode Agrippa I de le devenir de nouveau en 41. Les deux délégations ont été présentées à l'empereur Claude. Nous sommes en 52. Alors Hérode Agrippa II a défendu avec passion de nouveau la cause des Judéens et il a obtenu gain de cause en leur faveur. Nous avons observé que durant ce voyage forcé à Rome, Ionatan ben Hanan a eu l'occasion de connaître de près et en son cœur l'empire de Rome. Il a eu l'occasion de compter les empereurs romains jusqu'à lui, — nous sommes sous le règne de Claude —, comme le fera plus tard Joseph ha-kôhen. Il a eu l'occasion de compter les gouverneurs romains. Il a rencontré face à face Hérode Agrippa II, fils d'Hérode Agrippa I, qui a fait mettre à mort, entre autres, Iaaqôb, frère de Iohanam. Quant à la caste des grands prêtres, il la connaissait du dedans puisqu'il en faisait partie {Guerre II, 245). C'est Ionatan ben Hanan qui a décidé l'empereur Claude à expédier comme procurateur en Judée, Félix, qui va faire assassiner Ionatan ben Hanan, au début du règne de Néron. C'est peut-être durant ce voyage forcé à Rome, au cœur de l'Empire, en l'année 52, que Ionatan ben Hanan a vu se dessiner clairement et nettement les grands traits de sa philosophie de l'histoire, qui est aussi une théologie de l'histoire, à la suite du livre de Daniel. Il a vu de près l'empire dominant que Daniel au IIe siècle avant notre ère avait à peine aperçu, l'Empire romain. Lorsque Ionatan ben Hanan est à Rome, en l'année 52, la petite communauté chrétienne de Rome, formée à partir de la communauté judéenne de Rome, est déjà en plein développement. Nous l'avons noté :

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personne ne sait qui le premier a apporté à Rome, à la communauté judéenne de Rome, le message, l'information, qui allait engendrer la petite communauté chrétienne de Rome. C'est un phénomène de fécondation. L'hypothèse la plus vraisemblable c'est que dans cette année-là, 30 ou 31, la datation n'est pas certaine, des frères qui avaient été à Jérusalem pour les fêtes de pesah sont revenus à Rome en portant avec eux le message, l'information, un peu comme les abeilles portent du pollen sous leurs pattes. Une partie de la communauté judéenne de Rome a reçu le nouveau message, la nouvelle information : c'est le commencement, la conception, de la communauté chrétienne de Rome. Schaoul-Paul arrive prisonnier à Rome vers l'année 60. Nous nous sommes demandé si Ionatan ben Hanan, lorsqu'il est retourné en Judée, n'est pas passé par nie grecque de Patmos. Nous avons observé déjà que l'Évangile de Jean ne parle jamais d'aucun des rois judéens de la dynastie des Hérodes. Une chose est sûre et certaine, c'est que Hérode Agrippa II connaissait fort bien Ionatan ben Hanan, puisqu'ils ont fait connaissance à Rome. Or Hérode Agrippa II était l'ami personnel de Joseph ha-kôhen notre historien. Il n'est donc pas imprudent de supposer que Joseph en sait beaucoup plus concernant Ionatan ben Hanan qu'il n'en dit. C'est Néron, empereur en 54, qui donne à Hérode Agrippa II une partie de la Galilée et d'autres territoires : Antiquités XX, 158 : La première année du gouvernement de Néron... Aristobule, fils d'Hérode, roi de Chalcis, reçut de Néron le gouvernement de l'Arménie mineure. L'Empereur gratifia aussi Agrippa [Agrippa II] d'une partie de la Galilée et soumit à son autorité Tibériade et Tarichée [sur le lac de Gennesareth, au nord de Tibériade]. Il lui donna aussi la ville de Julias en Pérée [au nord-est de la mer Morte] et quatorze bourgs situés dans son voisinage... Hérode Agrippa II destitue et nomme à son gré les grands prêtres du Temple de Jérusalem, après son oncle Hérode de Chalcis. C'est peut-être vers l'année 59 qu'il nomme Ismaël fils de Phiabi, grand prêtre :

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Antiquités XX, 179 : Vers le même temps, le roi Agrippa [Agrippa II] donna le grand pontificat à Ismaël fils de Phiabi. Il y eut des dissentiments entre les grands prêtres et les prêtres, ainsi que les chefs du peuple de Jérusalem. Chacun d'eux prit le commandement d'une bande d'hommes très hardis et révoltés. Ils se heurtaient les uns contre les autres, ils s'insultaient et se battaient à coups de pierres... Ismaël ben Phiabi a été kôhen ha-gadôl entre 59 et 61 (Schûrer, II, 272). Hébreu ischmael ben Phiabi = bouche de mon père. Le même nom Ismaël ben Phiabi est porté par le grand prêtre en 15-16, installé par Valerius Gratus, 15-26 (Antiquités XVIII). Mais Hérode Agrippa II ne doit jamais oublier qu'il est soumis aux caprices de son maître, l'Empereur de Rome. Dans les années 60-62, Hérode Agrippa II entre en conflit avec les kôhanim du Temple de Jérusalem, à propos d'une construction. Les kôhanim vont se plaindre à Néron et celui-ci, sur l'intervention d'une de ses femmes, Poppée, qui avait des sympathies pour le monothéisme hébreu, donne raison aux kôhanim contre Hérode Agrippa II : Antiquités XX, 189: Vers le même temps, le roi Agrippa [Agrippa II] éleva un bâtiment d'une grandeur remarquable dans le palais de Jérusalem, près de la galerie couverte... Le roi... regardait là-haut, de son lit de table, ce qui se faisait dans l'enceinte sacrée du Temple. Les principaux de Jérusalem, lorsqu'ils s'en sont aperçus, ont été très irrités... C'est pourquoi ils ont construit un mur élevé audessus de la salle de réunion qui, dans l'enceinte inférieure du Temple, était tournée vers l'Occident. Non seulement cette construction interceptait la vue de la salle à manger du roi, mais aussi celle du portique occidental extérieur au Temple, d'où les Romains le surveillaient, lors des fêtes. Cela irrita le roi Agrippa et surtout le procurateur Festus, qui ordonna la démolition du mur. Mais les Judéens ont demandé la permission d'envoyer à ce sujet des délégués auprès de Néron... Festus leur a accordé cette demande et ils ont délégué à Néron dix des premiers personnages, avec le grand

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pontife Ismaël, et Helkias, le gardien du trésor. Néron les a écoutés et non content de leur pardonner leurs actes, il leur accorda encore la permission de laisser debout leur construction, pour faire plaisir à sa femme Poppée qui l'avait imploré en leur faveur, car elle était pieuse. Elle ordonna aux dix de s'en aller, mais elle retint auprès d'elle comme otages Helkias et Ismaël. Lorsque le roi Agrippa le sut, il donna le grand pontificat à Joseph, fils du grand prêtre Simon et surnommé Kabi [61-62]. Tout comme ses ancêtres de la dynastie des Hérodes, Hérode Agrippa II fait sa cour à l'empereur régnant, en l'occurrence Néron, en changeant le nom des villes et en leur donnant le nom de l'empereur au pouvoir : Antiquités XX, 205 : Vers ce moment-là le roi Agrippa [Agrippa II] a agrandi la ville de Césarée dite de Philippe et il l'a nommée Néronias en l'honneur de Néron... Le roi a donné aussi la succession du grand pontificat à Ieschoua fils de Gamaliel [63-65], après l'avoir retiré à Ieschoua fils de Damnaios [62-63]... Hérode Agrippa II prend la liberté de modifier certaines normes concernant les vêtements des Lévites, ce que Joseph ha-kôhen notre historien n'approuve pas : Antiquités XX, 216 : Ceux des Lévites — c'est une tribu — qui chantaient les hymnes, demandèrent au roi [Agrippa II] de réunir le sanhédrin et de leur permettre de porter comme les kôhanim une tunique de lin... Avec le consentement des gens convoqués au sanhédrin, le roi accorda aux chanteurs d'abandonner leur vêtement ancien et de porter un vêtement de lin... Or tout cela allait contre la Torah de nos pères... En l'année 64 de notre ère, le Temple de Jérusalem, dont la construction avait été décidée et entreprise par Hérode l'Ancien la dixhuitième année de son règne, en 20-19 avant notre ère, était enfin achevé. Il

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allait subsister encore six ans. Hérode Agrippa II, l’arrière-petit-fils d'Hérode l'Ancien, s'occupe des chômeurs : Antiquités XX, 219 : A ce moment, le Temple était achevé. Le peuple voyait donc que les ouvriers, au nombre de plus de dix-huit mille, chômaient et avaient besoin de salaires, parce qu'ils se procuraient jusque-là de quoi vivre en travaillant au sanctuaire... Le peuple engagea donc le roi à restaurer le portique oriental. C'était un portique de l'enceinte extérieure du sanctuaire, donnant sur une profonde vallée, avec des murs de quatre cents coudées de long et fait de blocs quadrangulaires de marbre blanc... C'était l'œuvre du roi Salomon qui, le premier, avait construit le Temple... Le roi Agrippa écarta cette demande... Ayant enlevé le grand pontificat à Ieschoua fils de Gamaliel [6365], il le donna à Matthias fils de Théophile, sous lequel commença la guerre des Judéens contre les Romains... En l'année 67, en pleine guerre des Romains contre les Judéens, Hérode Agrippa II invite le commandant en chef de l'armée romaine, Vespasien, à venir se reposer et faire la fête à Césarée de Philippe, qu'Hérode Agrippa II avait appelée Néronias pour faire sa cour à l'empereur régnant : Guerre II, 443 : Vespasien est allé prendre connaissance du royaume d'Hérode Agrippa. Le roi l'avait invité... Vespasien est parti à Césarée qui est au bord de la mer, et il est allé à Césarée qui est appelée celle de Philippe [encore un Hérode...]... Et là, pendant vingt jours, Vespasien fit reposer son armée, et lui-même il faisait la fête. Il offrait à Dieu des sacrifices pour le remercier de ses succès... Lorsqu'on lui a annoncé les désordres, les insurrections qui se produisaient à Tibériade et la révolte des gens de Tarichée [toutes les deux faisaient partie du royaume d'Hérode Agrippa...], il a décidé une expédition contre ces villes, en faveur d'Agrippa pour le remercier de son hospitalité... Il a envoyé son fils Titus à

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Césarée... Nous connaissons encore Hérode Agrippa II par le livre des Actes ou des Actions des Envoyés, notes prises sur le vif et strictement contemporaines des événements, comme tous les documents collectés dans le livre des Actes : Actes 24, 27 : Une durée de deux années a été remplie et il a reçu comme successeur, Félix, Porcius Festus... [Observer l'ordre hébreu de la phrase]. Porcius Festus est procurateur de la Judée entre 60 et 62. Actes 25, 13 : Des jours se sont passés et Agrippa le roi et Bérénice [sa sœur] sont arrivés à Césarée pour saluer Festus. Lorsqu'ils ont passé nombre de jours là [= à Césarée], c'est Festus qui au roi a exposé les accusations contre Paul. Il a dit : « Un homme m'a été laissé par Félix, prisonnier. A son sujet, lorsque je suis venu à Jérusalem, ils se sont présentés, les grands prêtres et les anciens des Judéens. Ils demandaient contre lui une condamnation... » Actes 25, 22 : Et alors Agrippa a dit à Festus : « Je voudrais moi aussi entendre l'homme. » Festus a répondu : « Demain tu l'entendras. » Et le lendemain, il est venu, Agrippa et Bérénice en grande pompe (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque), et ils sont entrés dans la salle d'audience avec les commandants de mille [soldats]... Sur ordre de Festus, il a été amené, Paulus. Et il a dit, Festus : « Agrippa roi et vous tous, messieurs, qui êtes présents avec nous, vous le voyez cet homme au sujet de qui toute la foule des Judéens sont venus me solliciter à Jérusalem, et jusqu'ici. Ils criaient : Il ne doit plus vivre plus longtemps. Mais moi j'ai compris que cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. Mais lui il en a appelé à l'Auguste (grec ton sebaston — César)... »

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Actes 26, 1 : Et alors c'est Agrippa qui a dit à Paulus : « Il t'incombe de présenter ton affaire pour ce qui te concerne (le verbe hébreu arak, arak millin, Job 32, 14 ; 37, 19 ; Psaume 40, 6 ; Isaïe 44, 7 ; etc.)... » Et alors, Paulus, il a étendu la main et il a commencé à se justifier : « Au sujet de toutes les accusations dont je suis accusé par les Judéens, roi Agrippa, je m'estime heureux d'avoir devant toi aujourd'hui à me justifier. Parce que tu es au plus haut point un connaisseur des coutumes des Judéens et de leurs controverses... Mon cheminement, depuis ma jeunesse, les chemins que j'ai chemines depuis le commencement au milieu de mon peuple et à Jérusalem, ils le connaissent, tous les Judéens. Ils me connaissent depuis longtemps et ils savent, s'ils veulent bien en être témoins, que c'est selon la plus rigoureuse voie ou école (grec hairesis, peut-être hébreu nadabah, Lévitique 22, 18 ; 22, 21, libre offrande, offrande spontanée et volontaire) de notre culte (grec thrèskeia, n'existe pas en grec naturel) que j'ai vécu, en parousch...8 » Les perouschim sont donc probablement ceux qui sont capables de faire ce travail d'explication, de précision et de détermination. L'araméen perascha signifie : aiguillon pour piquer les bœufs. Ce qui explique peut-être le jeu de mots de : Actes 26, 14 : J'ai entendu une voix qui s'adressait à moi en langue hébraïque : Schaoul, Schaoul pourquoi est-ce que tu me persécutes? Il est dur pour toi de regimber contre l'aiguillon [contre la paraschà], toi qui estparousch... En effet Paul avait du mal à se libérer de la doctrine et du système des perouschim.

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Le verbe hébreu parasch, donner une explication, une détermination précise, un décision juridique, Lévitique 24, 12; Nombres 15, 34; Néhé-mie 8, 8 : Et ils ont crié [= lu tout haut] dans le rouleau, dans la Torah de Dieu, en expliquant (hébreu mephôrasch) et en donnant l'intelligence, et ils [= les gens du peuple] ont compris, ils ont eu l'intelligence, dans la lecture à haute voix, [qui leur était faite]... Esdras 4, 18 : La lettre que vous nous avez envoyée, d'une manière distincte, précise (araméen mepa-rasch), a été lue devant ma face...

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Actes 26, 24 : Pendant qu'il était en train de se justifier, c'est Festus, avec une grande voix, qui lui a dit : « Tu es fou, Paul ! Tes études nombreuses t'ont tourné la tête jusqu'à la folie... » Et Paul a répondu : « Je ne suis pas fou, excellent Festus... Il connaît tout cela, le roi, devant la face de qui je parle en toute liberté. Car rien de tout cela ne lui est caché, j'en suis persuadé. Car ce n'est pas dans un coin que cela a été fait. Est-ce que tu es certain de la vérité, roi Agrippa, dans les [écrits des] prophètes ? Je sais que tu es certain de leur vérité. » Et alors Agrippa s'est adressé à Paul : « Encore un peu et tu vas me persuader de me faire chrétien... » [Selon d'autres manuscrits : d'être chrétien, grec genesthai...] Le grec christianos que nous avons traduit par chrétien, est formé à partir du verbe grec chriô, oindre avec de l'huile. Il traduit le verbe hébreu maschah. Le christ os, c'est celui qui a reçu l'onction royale, sacerdotale et prophétique. Il est bien possible que le mot grec christianos soit en fait une plaisanterie, un terme de moquerie, un sobriquet à rencontre des premiers disciples du Rabbi. Actes 11, 26: Ils ont été nommés, tout d'abord à Antioche, les frères : christianous (hébreu possible meschihïm). Perouschim et tzaddouqim sont probablement aussi des termes de moquerie utilisés par leurs adversaires. Actes 26, 30 : Et il s'est levé le roi, et le gouverneur [romain] et Bérénice, et ceux qui avaient siégé avec eux... (le verbe en tête, singulier, plusieurs sujets : construction hébraïque)... Si, comme le dit Paul à Hérode Agrippa II, celui-ci est parfaitement au courant de ce qui s'est passé à Jérusalem depuis l'année 30, alors Joseph ha-kôhen, notre historien, et l'ami personnel d'Hérode Agrippa II, est lui aussi parfaitement au courant. Dans les ouvrages publiés, il est loin de dire tout ce qu'il sait de la nouvelle doctrine qui se développe à Jérusalem et dans les communautés judéennes de la Diaspora depuis lors.

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Il existe quelques textes de Joseph qui sont l'objet de controverses parmi les érudits depuis des siècles, parce qu'il est très difficile de déterminer ce qui est interpolé dans ces textes et ce qui est l'œuvre de Joseph. Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc ne parlent pas d'Hérode Agrippa II, pas plus que de son père Hérode Agrippa I, pour la bonne raison que les traductions en langue grecque des dossiers de notes prises en hébreu, étaient terminées et diffusées dans les communautés judéennes de langue grecque avant 40. L'Évangile de Jean ne parle d'aucun des Hérodes. Nous aurons à nous demander pourquoi. L'Apocalypse parle des Hérodes, mais en langage codé et chiffré. Nous n'avons pas mis dans notre liste des descendants d'Hérode l'Ancien, Hérode Philippe appelé aussi Philippe tout court, fils d'Hérode l'Ancien et de Mariam, la fille du grand prêtre Schimeôn, parce que cet Hérode Philippe n'a pas eu de part dans l'héritage d'Hérode dit le Grand. C'est son demi-frère, Hérode Antipas, qui avait pris sa femme Hérodiade (Matthieu 14, 3 ; Marc 6, 17). Mais il se peut que Iohanam dans l'Apocalypse le compte dans sa propre série.

4. Les grands prêtres du Temple de Jérusalem Dans nos notices précédentes nous avons indiqué, grâce aux textes de Joseph, comment les gouverneurs romains délégués par l'Empereur, et les rois judéens nommés par l'Empereur, font et défont, nomment et destituent les grands prêtres du Temple de Jérusalem. C'était évidemment tout à fait anormal, puisque dans l'ancienne tradition hébraïque, les grands prêtres sont les descendants de Aharôn. Ils sont grands prêtres par droit de naissance, d'une manière héréditaire, et à vie. C'est une lignée génétique, d'où l'importance des généalogies dans le milieu ethnique hébreu. On naît kôhen, on ne le devient pas par suite d'une décision personnelle. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous n'avons pas traduit l'hébreu kôhen par le français « prêtre ». Il y aurait eu risque de confusion dans la pensée de notre lecteur. Nous avons donc laissé en hébreu le mot kôhen.

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Cette anomalie a commencé avec Hérode dit le Grand. Les descendants d'Hérode ont usé et abusé de cette licence, comme nous l'avons observé dans nos notices antérieures. Les grands prêtres du Temple de Jérusalem, depuis l'année 6 de notre ère (Schùrer, II, 270). Nommé par Quirinus, en l'an 6 de notre ère : — Hanan (transcription en caractères grecs Ananos ou Hannas), fils de Sethi, 6-15 {Antiquités XVIII; XX; Guerre V ; Luc 3, 2 ; Jean 18, 13 ; Actes 4, 6). Nommés par Valerius Gratus, 15-26 : — Ismaël, fils de Phiabi (= la bouche de mon père), 15-16 {Antiquités XVIII). Éléazar, fils de Hanan, 16-17 {Antiquités XVIII). Schimeôn, fils de Kamithos, 17-18 {Antiquités XVIII). Joseph surnommé Qaïapha, 18-36 {Antiquités XVIII ; Matthieu 26, 3 ; Luc 3, 2 ; Jean 11, 49 ; 18, 13. Actes 4, 6). Hanan était le beau-père de Joseph Qaïapha (Jean 18, 13). Il avait donc épousé l'une des sœurs de Ionatan. Nous n'avons pas réussi à déchiffrer le sens du surnom de Joseph. Nommés par Vitellius, 35-39 : Ionatan, fils de Hanan, 36-37 {Antiquités XVIII). Theophilos, fils de Hanan, 37 (Antiquités XVIII). Le nom grec Theophilos peut traduire l'hébreu Iedid-iah, le chéri de YHWH (2 Samuel 12, 25), le nom de Salomon. Nommés par le roi Hérode Agrippa I, 41-44 : — Schimeôn Kanthèras = Kantharos9, fils de Boethos10, 41 {Antiquités XIX). Mattit-iah (= cadeau de YHWH, transcription en caractères grecs Maththias ou Maththaios), fils de Hanan, et donc frère de Ionatan, {Antiquités XIX).
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Le surnom kantharos se rattache au grec kantharis, insecte vénéneux utilisé en homéopathie ; le grec kantharos traduit l'hébreu kapis, Haba-cuc 2, 11 : Car c'est une pierre qui du mur criera, et un kapis qui du bois lui répondra... 10 Le nom grec Boethos est la traduction d'un nom hébreu qui comporte la racine azar, venir en aide, secourir, Eliezer, Ele-azar, Azar-iah, etc.

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Elioeinai (= vers YHWH mes yeux, transcription en caractères grecs Elionaios), fils de Kanthèras {Antiquités XIX). Selon l'ancienne tradition rabbinique il était fils de Qaïph. Nommés par Hérode, roi de Chalcis, 44-48, petit-fils d'Hérode dit le Grand, frère d'Hérode Agrippa I : — Joseph, fils de Kami ou Kamidos {Antiquités XX). — Hanan-iah, fils de Nedab-iah, transcription en caractères grecs Nedebaios ou Nebedaios, 47-59 {Antiquités XX). Actes 23, 2 : Le grand prêtre Hanan-iah (grec Ana-nias) a donné l'ordre à ceux qui étaient là de lui donner un coup sur la bouche. Alors Paul lui a dit : « Celui qui te frappera, c'est Dieu, muraille recouverte à la chaux, (hébreu ba-sid, Deutéronome 27, 2). Et alors c'est toi qui es assis pour me juger selon la Torah, et c'est contre la Torah que tu donnes l'ordre de me donner un coup ? » Et alors ceux qui étaient là lui ont dit : « C'est le kôhen ha-gadôl de Dieu que tu insultes ! » Et alors il a dit, Paul : « Je ne savais pas, frères, que c'est le kôhen ha-gadôl. Car il est écrit : Le nasi (grec archôn), prince, chef, dans ton peuple, tu ne le maudiras pas (Exode 22, 27). Actes 24, 1 : Et après cinq jours, il est descendu, le grand prêtre Hanan-iah, avec quelques anciens et un orateur appelé Tertullus qui se sont présentés au gouverneur [romain] pour accuser Paul...

Nommés par Hérode Agrippa II, 50-100 : — Ismaël, fils de Phiabi, 59-61 {Antiquités XX). — Joseph Kabi, fils du grand prêtre Schimeôn, 61-62 {Antiquités XX). — Hanan, fils de Hanan, année 62, pendant trois mois : Antiquités XX, 97 : Lorsqu'il a appris la mort de Festus, l'Empereur [= Néron] a envoyé Albinus en Judée comme procurateur. Le roi [= Hérode Agrippa II] a enlevé le suprême pontificat à Joseph [Kabi] le grand prêtre et il a donné la succession de cette charge au fils de

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Hanan qui s'appelait lui aussi Hanan. On dit que le vieil Hanan, Hanan l'Ancien, a été très heureux, car il a eu cinq fils et tous ont eu la chance d'être les grands prêtres de Dieu et lui-même, Hanan, avait rempli cette charge pendant très longtemps [entre 6 et 15 de notre ère]. Or cela n'est jamais arrivé à aucun autre de nos grands prêtres. Hanan le Jeune... qui a reçu le grand pontificat, était d'un caractère fier... Il suivait la doctrine des benei Tzadôq {tzaddouqim, transcription en caractères grecs saddoukaioi, Matthieu 3, 7; 16, 1; etc.). Comme Hanan était tel et qu'il croyait avoir une occasion favorable parce que Festus était mort et Albinus encore en route, il a réuni un sanhédrin (grec sunedrion, transcription en caractères hébreux sanhédrin) et il a fait venir devant lui Iaaqôb, le frère de Ies-choua, qui est appelé maschiah, et certains autres. Il les a accusés d'avoir transgressé la Torah, et il les a fait mettre à mort à coups de pierres. Mais tous ceux des habitants de la Ville [= Jérusalem] qui étaient les plus modérés... ont envoyé des messagers au roi [Hérode Agrippa II] pour lui demander de donner des ordres à Hanan [le fils de Hanan] pour qu'il n'agisse plus de cette manière. Certains d'entre eux sont même allés à la rencontre d'Albinus qui venait d'Alexandrie et ils lui ont appris que Hanan n'avait pas le droit de convoquer le sanhédrin sans son autorisation à lui, Albinus. Albinus a été persuadé par leurs paroles et il a écrit avec colère une lettre à Hanan et l'a menacé de tirer vengeance de lui. Alors le roi Hérode Agrippa lui a enlevé pour ce motif le grand pontificat qu'il avait exercé trois mois et il a investi Ieschoua le fils de Damnaios... Hanan fils de Hanan était le frère de Ionatan. C'est donc Hanan ben Hanan qui est le premier responsable de la mort de Iaaqôb, mais Ionatan ne l'a pas su (be olam ha-zeh) puisqu'il a été assassiné sur ordre de Félix, autour de l'année 55. Hanan ben Hanan, le frère de Ionatan, au début de la grande guerre des Judéens contre les Romains, après novembre 66, est choisi avec Joseph ben Goriôn pour commander dans Jérusalem et surtout pour faire surélever les remparts de la Ville (Guerre II, 563). Plus tard nous apprenons que Hanan, le grand prêtre, et parmi les gens

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de pouvoir ceux qui n'étaient pas partisans des Romains, ont entrepris de réparer les remparts et de préparer un grand nombre de machines de guerre (Guerre II, 648). Joseph fait l'éloge de Hanan ben Hanan : Guerre IV, 151 : Le plus ancien des grands prêtres, Hanan (grec Ananos), homme très sage. Il aurait peut-être sauvé la Ville s'il avait pu échapper aux mains des conjurés... Guerre IV, 160: Les plus illustres parmi les grands prêtres, Ieschoua ben Gamaliel et Hanan fils de Hanan... ils poussaient le peuple contre les Jaloux [de la cause de Dieu] (grec zèlôtais ; le grec zèlôtès traduit l'hébreu qanna, Exode 20, 5 ; 34, 14; etc.)... Car ils s'appelaient ainsi... Guerre IV, 162 : Il se tenait debout, Hanan, au milieu de la foule, et il a regardé plusieurs fois le Temple. Ses yeux étaient remplis de larmes et il a dit : « Il eut été bon pour moi de mourir avant de voir la maison de Dieu remplie de sacrilèges... Je suis revêtu du vêtement du grand prêtre et je suis appelé du nom le plus honoré parmi les noms vénérés... » Finalement le grand prêtre Hanan ben Hanan est mis à mort par les Idumeens qui avaient réussi, grâce aux insurgés, à entrer dans Jérusalem. Guerre IV, 315 : Ce sont les grands prêtres qu'ils recherchaient... Dès qu'ils ont été pris, aussitôt ils ont été tués et ils se sont mis debout sur leurs cadavres. Ils se moquaient de Hanan... et de Ieschoua... Ils sont allés jusqu'à ce point d'impiété qu'ils ont jeté les cadavres sans leur donner de sépulture, alors que les Judéens prennent un tel soin des sépultures, que même ceux qui ont été pendus à une croix par suite s d'une condamnation, avant le coucher du soleil ils les descendent de la croix et ils les mettent au tombeau... Deutéronome 21, 22: Et que s'il est sur quelqu'un un crime [qui

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mérite] un jugement de mort et qu'il a été mis à mort, alors tu le pendras sur un arbre. Tu ne laisseras pas passer la nuit, son cadavre, sur l'arbre, mais au contraire, le mettre au tombeau, tu le mettras au tombeau, dans ce jour-là, parce que, malédiction de Dieu, [il est] le pendu, et tu ne souilleras pas la terre que YHWH ton Dieu te donne à toi... Joseph ajoute Guerre IV, 318 : Je ne me tromperais pas si je disais que ce qui a commencé la prise de la Ville [= Jérusalem], c'est la mort de Hanan ben Hanan. Et c'est à partir de ce jour-là qu'il a été renversé, le rempart, et qu'elles ont été perdues, les affaires, pour les Judéens, — ce jour où, le kôhen ha-gadôl et le chef (grec hège-môn, hébreu possible sar) de leur propre salut, au milieu de la Ville, ils l'ont vu sacrifié. C'était un homme vénérable et il était très juste... Il aimait la liberté... Il savait qu'elles étaient invincibles, les armées des Romains... Guerre IV, 323 : Mais je pense qu'il l'avait condamnée, Dieu, comme souillée, la Ville [= Jérusalem]. Il avait décidé sa perte et c'est par le feu qu'il a voulu que soit purifié le Sanctuaire (grec ta hagia, hébreu miqdasch, Lévitique 19, 30 ; 20, 3 ; etc.). Et c'est pourquoi, ceux qui lui étaient attachés et qui l'aimaient, il les a abattus. Ceux qui peu de temps auparavant étaient revêtus du vêtement sacré [du grand prêtre] et qui présidaient au culte [du Dieu] de l'Univers, devant qui se prosternaient ceux qui venaient de toute la terre habitée et qui inclinaient [leur cœur] dans la Ville, ils étaient jetés nus, pâture des chiens et des bêtes sauvages, ainsi ils étaient vus... Joseph nous dit que Hanan ben Hanan était un homme vénérable et très juste. Il nous a rapporté lui-même que c'est Hanan ben Hanan qui a décidé la mise à mort de Iaaqôb, celui qui était appelé le frère du Rabbi. En ce qui concerne la purification de Jérusalem par le feu, Joseph ha-

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kôhen pense comme Iohanam de l'Apocalypse, quoique les motifs ne soient pas les mêmes. Apocalypse 11, 3 fait allusion à deux témoins, probablement deux grands prêtres, qui prophétisent, et qui sont mis à mort. Leurs cadavres restent sur la place de Jérusalem pendant trois jours et demi. Et ceux qui les ont assassinés, ne permettent pas qu'on les mette dans des tombeaux. Mais nous ne savons pas à qui Iohanam fait allusion. Nous y reviendrons. Grands prêtres nommés par Hérode Agrippa II {suite) : Ieschoua, fils de Damnaios, 62-63 {Antiquités XX, 203). Ieschoua, fils de Gamaliel, 63-65 {Antiquités XX, 213). — Mattit-iah ou Mattitiahou (transcription en caractères grecs Mattathias, Matthias, Matthaios) fils de Theophilos, le fils de Hanan l'Ancien ? le frère de Ionatan ? en 65. Antiquités XX, 219 : A ce moment-là, le Temple de Jérusalem était achevé. Hérode Agrippa II a enlevé le suprême pontificat à Ieschoua, fils de Gamaliel, et il l'a donné à Mattit-iah, fils de Théophile, sous lequel a commencé la guerre des Judéens contre les Romains... Ensuite Joseph observe que c'est le peuple lui-même, plus précisément ceux qui menaient la révolte, qui ont pris en main l'élection des grands prêtres {Guerre IN, 147). Ils ont annulé les droits des familles, desquelles par succession les grands prêtres étaient désignés, et ils ont nommé grands prêtres des gens obscurs et qui n'étaient pas issus de familles sacerdotales {Guerre IV, 148). C'est pourquoi la foule s'est soulevée contre les meneurs, poussée par le plus ancien des grands prêtres, Hanan, (le fils de Hanan), homme très sage et qui peut-être aurait sauvé la Ville s'il avait pu échapper aux mains des conjurés {Guerre IV, 151). Les insurgés ont entrepris de faire (grec poiein, hébreu asah) les grands prêtres, par tirage au sort, alors qu'en réalité c'est de leur naissance que dépend leur succession {Guerre IV, 153). Guerre IV, 155 : Ils ont tiré au sort un grand prêtre, qui s'appelait

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Phanni (hébreu Pinehas, Exode 6, 25 ; etc.) fils de Samuel... [6768]. Cinq grandes familles se partageaient l'honneur de donner au Temple de Jérusalem des grands prêtres. A elles appartiennent ceux que l'on appelle les benei kôhanim gedôlim, ceux que le livre des Actes des Envoyés appelle : ceux qui étaient issus de famille de grands prêtres : Actes 4, 5 : Et il est arrivé (grec egeneto, hébreu waiehi) le lendemain (hébreu mi-maharat), ils se sont réunis leurs chefs (grec archontes, hébreu sarim) et les anciens (hébreu zeqenim) et les lettrés (grec gramma-teis, hébreu sôpherim) à Jérusalem, et Hanan le grand prêtre (hébreu ha-kôhen ha-gadôt) et Qaïpha, ou Qaïapha, et Iohanan [selon nombre de manuscrits], Ionatan [selon d'autres manuscrits], et Alexandros, et tous ceux qui étaient issus de la famille du grand prêtre... Ce texte du livre des Actes nous reporte aux années 30 et suivantes. Tous ces textes du livre des Actes des Envoyés (hébreu maasei haschelihim) sont évidemment traduits littéralement et mot à mot de l'hébreu. C'est la forme hébraïque de la phrase, typique et immédiatement reconnaissable. Et c'est le lexique hébreu-grec traditionnel qui fonctionne sans faute. Joseph dans son Histoire ancienne de la Judée et des Judéens, terminée en 93 ou 94, souligne bien ce qu'a d'anormale cette valse des grands prêtres nommés puis destitués par les gouverneurs romains et par les rois judéens : Antiquités XX, 10 : On dit que le premier de tous à être grand pontife de Dieu fut Aharôn, frère de Moïse, et qu'à sa mort lui succédèrent immédiatement ses fils, puis que tous leurs descendants sans exception gardèrent cet honneur dans leur famille. C'est pourquoi une loi de nos pères exige que personne ne reçoive le grand pontificat s'il n'est du sang d'Aharôn, et qu'il n'est permis à personne d'une autre famille, fût-il roi, d'accéder à cette dignité.

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Depuis Aharôn qui fut, comme nous l'avons dit, le premier, jusqu'à Phineesos [Phannias ou Phanni, Phanassos, fils de Samuel, 67/68] qui reçut des mutins le pontificat pendant la guerre, il y eut en tout quatre-vingt-trois grands prêtres... On eut d'abord le grand pontificat à vie, tandis qu'ensuite on remplaça les grands pontifes, même de leur vivant... Depuis le temps d'Hérode jusqu'au jour où Titus prit et incendia la Ville et le Temple, il y eut en tout vingt-huit grands pontifes et le temps de leurs pontificats fait un total de cent sept ans... Nous observons que l'Évangile de Luc, tout à fait au début, à propos de Iohanan le prophète du désert, parle de Hanan et de Qaïapha, les grands prêtres (Luc 3, 2). Ensuite il n'en parle plus, il ne les nomme pas lorsqu'il rapporte l'arrestation et le jugement. L'Évangile de Matthieu ne nomme pas Hanan, ni l'Évangile de Marc. Matthieu nomme Qaïapha à propos de la réunion qui a eu lieu dans la maison du grand prêtre, celui qui est surnommé Qaïapha (Matthieu 26, 3). Puis Matthieu 26, 57 : « Ceux qui avaient arrêté Ieschoua l'ont conduit chez Qaïapha le grand prêtre, là où les sopherim et les anciens étaient réunis. » Luc ne le nomme qu'une seule fois^tout au début de l'Évangile (3, 2), puis n'en parle plus. L'Évangile de Marc ne le nomme pas du tout. Pourquoi ? C'est l'Évangile de Jean qui nomme Hanan (Jean 18, 13 et 24) et Qaïapha (Jean 11, 49 ; 18, 13 ; etc.). Le livre des Actes, dans un document postérieur de quelques années, nomme Hanan et Qaïapha, et un certain Iohanan ou Ionatan, selon les manuscrits (Actes 4, 6). Le vêtement du grand prêtre En l'année 35 de notre ère, l'empereur Tibère a envoyé Vitellius comme légat romain dans la province de Syrie. Il est rappelé en 39 par Caius Caligula. Son successeur sera Petronius, qui aura à s'occuper de l'affaire de la statue de Caius Caligula. En l'année 36, pour la fête de pesah, Vitellius vint à Jérusalem, et il rend au grand sacerdoce judéen la libre disposition du vêtement du grand

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prêtre, qui était depuis l'année 6 de notre ère sous la garde des Romains : Antiquités XVIII, 4, 3 : Vitellius, arrivé en Judée, monta à Jérusalem au moment de la fête nationale appelée pesah. Reçu avec magnificence, il fit remise aux habitants de l'ensemble des impôts sur la vente des récoltes. Il accorda aussi que le vêtement du grand prêtre et tous ses ornements fussent placés dans le Temple et gardés par les prêtres comme ils en avaient jadis la prérogative ; pour le moment, c'était dans la citadelle appelée l'Antonia qu'ils étaient déposés... Vitellius prit soin que le vêtement fût gardé conformément à nos coutumes nationales et enjoignit au commandant de la garnison de ne pas s'inquiéter du lieu où il était, ni du jour où on s'en servirait. Il a dépouillé du haut sacerdoce le grand prêtre Joseph surnommé Qaïapha [18-36] et il lui a substitué Ionatan le fils du grand prêtre Hanan [36-37]. Puis il est retourné à Antioche... En somme, le vêtement du grand prêtre, du kôhen ha-gadôl, a été remis sur ordre de Vitellius, légat de Syrie, à Ionatan fils de Hanan qu'il venait de nommer grand prêtre. Un an plus tard, peu de temps après la mort de l'empereur Tibère, mort le 16 mars 37, Vitellius est passé de nouveau à Jérusalem : Antiquités XVIII, 120 : Après avoir fait des préparatifs de guerre contre Arétas et s'être mis à la tête de deux légions..., guidé par les rois soumis aux Romains, Vitellius s'est hâté vers Pétra et il a occupé Ptolémaïs. Comme il se préparait à faire traverser la Judée par son armée, les citoyens les plus importants sont venus le trouver et ils ont essayé de le détourner de passer par leur pays — la Judée — car il n'était pas conforme à leur tradition de laisser transporter des images. Or il y en avait beaucoup sur les enseignes. Déférant à leur demande, il a changé les résolutions qu'il avait prises à ce sujet. Il a ordonné à ses troupes de marcher par la grande plaine. Et luimême il est monté avec le tétrarque Hérode [= Hérode Antipas, tétrarque de la Galilée et de la Pérée depuis 4 avant notre ère, à la mort de son père Hérode, jusqu'en 39. Il est l'assassin de Iohanan,

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l'ascète du désert] et ses amis à Jérusalem, pour sacrifier à Dieu pendant la fête des Judéens... Il y assista et a été reçu avec honneur par la foule des Judéens. Il a séjourné à Jérusalem pendant trois jours et il a destitué de la grande prêtrise Ionatan [fils de Hanan] pour la transmettre à son frère Theophilos. Le quatrième jour, il a reçu une lettre qui lui apprenait la mort de Tibère, et il fit jurer par le peuple fidélité à l'empereur Caius. Il rappela aussi l'armée pour faire hiverner chacun dans ses foyers, parce qu'il n'avait plus le pouvoir nécessaire pour faire la guerre comme avant, maintenant que l'Empire était passé aux mains de Caius... Compte tenu du temps qui était nécessaire pour qu'une lettre parvienne de Rome en Judée, on peut donc supposer que Vitellius était à Jérusalem pour la fête de pesah quelque temps après la mort de l'empereur Tibère. Joseph ne nous dit pas pour quelle raison Vitellius qui avait nommé l'année précédente, en 36, Ionatan, fils de Hanan, grand prêtre, le destitue en l'année 37. Nous sommes donc réduits à des conjectures et à nous interroger. Estce que le roi Hérode Antipas lui aurait dit quelque chose contre le grand prêtre Ionatan? Ionatan serait-il devenu suspect? Et pour quelle raison? Joseph notre historien le savait sans doute, mais il ne dit rien. Nous allons observer d’un peu plus près ce vêtement du grand prêtre, ainsi que ses couleurs – surtout ses couleurs —, parce que nous allons en avoir besoin pour interpréter certains textes de l’Apocalypse, dans lesquels ce sont ces mêmes couleurs qui sont indiquées, à propos de la prostituée. Le lecteur de langue française fera attention au fait que la traduction française de ces couleurs est tout à fait approximative. Ce qui compte, ce n'est pas tellement cette approximation dans notre traduction, c'est le mot hébreu qui est derrière — et que nous allons indiquer —, et le mot grec qui traduit constamment le même mot hébreu. Ce sont les mêmes mots hébreux et les mêmes mots grecs de traduction que nous allons retrouver dans l'Apocalypse.

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Par la même occasion nous observerons les couleurs des tentures et des rideaux du Temple de Jérusalem. Ce système de signes ne nous est pas familier, à nous les goïm de la fin du XXe siècle, mais il était parfaitement intelligible pour les frères et les sœurs des communautés judéennes des années 50 et suivantes, et pour les frères et les sœurs des communautés chrétiennes qui étaient issues des communautés judéennes. C'était pour eux un langage transparent. Et tout d'abord les tentures, les draperies et les rideaux du Temple. Le Temple de Jérusalem fut reconstruit par Hérode dit le Grand, à partir de la dix-huitième année de son règne, c'est-à-dire en 20-19 avant notre ère, et terminé sous le règne de son arrière-petit-fils, Hérode Agrippa II, vers l'année 64. Il avait été reconstruit conformément au plan du Temple construit par le roi Salomon, mort autour de l'année 923 avant notre ère, et qui a régné environ quarante ans. La construction du Temple par Salomon a commencé la quatrième année de son règne, donc vers 959 avant notre ère. Le Temple de Salomon a été terminé dans la onzième année de son règne. Il mesurait environ 50 X 30 m. Le Temple de Salomon a été détruit, incendié et pillé par les armées du roi de Babylone, Nabuchodonosor, en 586 avant notre ère. Pour nous faire une idée de ce qu'a été le Temple reconstruit par Hérode l'Ancien dit le Grand, il faut évidemment suivre les travaux de l'archéologie qui se poursuivent aujourd'hui même, mais aussi faire appel à la description de ceux qui l'ont connu, Joseph, et les anciens dont les souvenirs sont conservés dans la Mischnah. Il faut lire tout d'abord les textes normatifs conservés dans le livre de l'Exode. C'est d'après ces textes normatifs que le Temple d'Hérode a été construit. C'est ce Temple-là qu'ont connu les kôhanim jusqu'à la fin de la guerre entre les Judéens et les Romains. C'est dans ce Temple-là qu'a officié Ionatan fils de Hanan, lorsqu'il a été kôhen gadôl, en 36-37. Les couleurs ici indiquées ne sont pas là pour faire joli, comme on dit en français aujourd'hui. Elles ne sont pas là pour décorer. Elles ont, comme tout ce qui constitue le Temple de Jérusalem, une signification théologique. Elles ont un contenu intelligible. Tout dans le Temple de Jérusalem s'adresse à l'intelligence, à la pensée et a pour raison d'être la contemplation.

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Afin de ne pas lasser le lecteur nous donnons les termes techniques (hébreux et grecs), la première fois que nous les rencontrons. Mais il faut savoir que les mêmes termes se retrouvent en Exode 26, Exode 28, Exode 39, Ben Sira 45, la lettre d'Aristée à Philocrate, la Guerre des Judéens contre les Romains, et bien sûr l'Apocalypse. Les tentures Exode 26, 1 : Et la demeure (hébreu mischkan, grec skènè) tu la feras avec dix tentures de lin fin tordu (hébreu schesch maschezar, grec ek bussou keklôsme-nès), et de la pourpre violette (hébreu tekelet, grec huakinthou), et de pourpre rouge (hébreu argaman, grec porphuras11), et de vermillon cramoisi (hébreu tôlaat schani12 grec kokkinou13)... Le rideau Exode 26, 31 : Et tu feras le rideau (hébreu parôket, grec katapetasma) de pourpre violette, et de pourpre rouge, de vermillon cramoisi, et de lin fin tordu. La draperie, le voile Exode, 26, 36 : Et tu feras une draperie (hébreu masak, grec epispastrori), voile, ou rideau, à l'entrée de la tente : pourpre violette, et pourpre rouge, et vermillon cramoisi, et lin fin tordu, œuvre de brodeur.

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Porphura : coquillage dont l'on tire la pourpre. Tôleah : Ver qui dévore les plantes ; schani : rouge cramoisi extrait de la cochenille Coccus ilicis qui se développe sur les feuilles du Quercus coccifera (Linné). 13 Kokkos : graine de la grenade ; cochenille, kermès parasite du chêne qui sert à teindre ; teinture rouge écarlate provenant du kermès...

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Les vêtements du grand prêtre De même dans les vêtements du grand prêtre, du kôhen ha-gadôl, tout a une signification théologique. Tout s'adresse à la pensée, à l'intelligence, y compris les couleurs. En ce qui concerne la traduction en langue française des termes techniques, elle est, là encore, approximative et elle n'est pas satisfaisante. Mais ce qui compte, ce sont les termes techniques hébreux qui sont sous le texte grec, et les mots grecs qui traduisent constamment les termes hébreux antérieurs. Le lexique hébreu-grec est constant dans la traduction en langue grecque de la sainte Bibliothèque hébraïque, — dans le Nouveau Testament grec, et en particulier dans l'Apocalypse —, et dans l'œuvre de Joseph surnommé Flavius. Lorsqu'il s'agit de termes techniques, les traducteurs de Joseph suivent et respectent le lexique hébreu-grec traditionnel. C'est la règle. Ionatan, fils de Hanan, kôhen gadôl, connaissait bien entendu le sens, la signification théologique de chacune des pièces des vêtements du kôhen ha-gadôl. Il connaissait aussi toutes les pierres précieuses qui sont utilisées pour garnir certaines pièces des vêtements du kôhen gadôl. Nous allons retrouver ces mêmes pierres dans l'Apocalypse. Toutes ces pierres précieuses avaient, bien entendu, elles aussi, une signification théologique. Elles n'étaient pas là pour décorer ni pour faire joli. Exode 28, 1 : Et toi, fais approcher vers toi Aharôn ton frère et ses fils avec lui, en les tirant du milieu des fils d'Israël, pour qu'il exerce la fonction de kôhen pour moi : Aharôn, Nadab et Abihou, Éléazar et Itamar fils d'Aharôn. Et tu feras des vêtements de sainteté pour Aharôn ton frère, pour la gloire et pour l'honneur. Et toi, tu parleras à tous ceux qui sont sages de cœur [le cœur, organe de l'intelligence chez les Hébreux anciens, traduction grecque dianoia], que j'ai remplis d'un esprit de sagesse, et ils feront les vêtements d'Aharôn pour le sanctifier, le

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consacrer, pour qu'il exerce les fonctions de kôhen pour moi. Et voici les vêtements qu'ils feront : le pectoral (hébreu hôschen, étymologie inconnue ; grec to peris-tèthion, ce qui entoure la poitrine ; sthèthos, la poitrine) ; l'éphod (hébreu ephod, grec epômida, ep-ômis, le haut de l'épaule ; partie d'un vêtement de femme sans manches attaché sur l'épaule) ; le manteau (hébreu meïl, le pardessus, hébreu maal; grec ton podèrè, podèrès, qui descend jusqu'aux pieds) ; la tunique de mailles (hébreu ketônet taschebetz, grec chitôna kosum-bôton) ; le turban (hébreu mitzenephet, grec kidaris) ; et la ceinture (hébreu abeneth, grec zônèn). Et ils feront des vêtements de sainteté pour Aharôn ton frère et pour ses fils, afin qu'il exerce la fonction de kôhen pour moi. Et eux, ils prendront l'or, la pourpre violette, et la pourpre rouge, le vermillon cramoisi et le lin fin (hébreu schesch, grec bussori). Et ils feront l'éphod d'or (hébreu zahab), de pourpre violette et de pourpre rouge, de vermillon cramoisi et de lin fin tordu, œuvre d'un artiste (hébreu hôscheb, participe de haschab, calculer, penser, estimer)... Et l'œuvre d'art (hébreu heschab, du verbe haschab) [qui est attachée à] son éphod (grec to huphasma ton epô-midôn) qui est sur lui... il sera fait d'or, de pourpre violette, de pourpre rouge, et de vermillon cramoisi, et de lin fin tordu. Et tu prendras les deux pierres d'onyx (hébreu schetei abenei schôham, pierre précieuse rouge : onyx, sar-doine, sardonyx, béryl ? ; grec lithous smaragdou, émeraude) et tu graveras sur elles les noms des fils d'Israël, six de leurs noms sur la première pierre et les six noms qui restent sur la deuxième pierre, selon leurs naissances. Œuvre du tailleur de pierre, inscription gravée de sceau, tu graveras les deux pierres sur (sic !) les noms des fils d'Israël (grec epi tois onomasin)... Et tu placeras les deux pierres sur les épaules de l'éphod : pierres du souvenir (hébreu zikkarôn, grec lithoi mnèmosunou) pour les fils d'Israël, et il portera, Aharôn, leurs noms à la face de YHWH sur ses deux épaules pour le souvenir (hébreu le-zikkarôn, grec mnèmosunon péri autôn). Exode 28, 15 : Et tu feras le pectoral du jugement (hébreu hôschen

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mischpat, grec logeion ton kriseôn), œuvre d'artiste. Comme ce qui a été fait pour l'éphod, tu le feras : en or, en pourpre violette et en pourpre rouge, en vermillon cramoisi et en lin fin tordu, tu le feras. Carré il sera, doublé... Et tu rempliras en lui (hébreu milleta bo), un remplissage de pierre (sic, au singulier, hébreu millouat eben, qui vaut pour un pluriel), quatre rangées de pierre (eben au singulier en hébreu). Une rangée : un rubis (hébreu ôdem, pierre précieuse rouge, racine adam être rouge, grec sardion, pierre précieuse rouge et transparente) ; une topaze (hébreu pithedah, pierre précieuse, grec topazion) ; et une émeraude (hébreu bareqet, grec smaragdos) : c'est la rangée la première. Et la deuxième rangée : une malachite (hébreu nôphek, pierre précieuse, grec anthrax, charbon, escarbou-cle) ; un saphir (hébreu saphir, grec sappheiros, lapis-lazuli) ; et un jaspe (hébreu iahalôm, grec iaspis). Et la troisième rangée : une opale (hébreu leschem, grec ligurion, qui rend un son aigu ou sifflant) ; une agate (hébreu schebô, grec achatès) ; et une améthyste (hébreu ahelamah, grec amethusthos, pierre précieuse qui préserve de l'ivresse). Et la quatrième rangée : une chrysolithe (hébreu tar-schisch, grec chrusolithos = pierre d'or) ; un onyx (hébreu schôham, grec bèrullion, pierre précieuse d'un vert de mer) ; et un jaspe (hébreu iaschepheh, grec onuchion, petite serre ou petite griffe). Les traductions en français des noms des pierres précieuses sont conjecturales et approximatives. Exode 28, 21 : Et les pierres, elles seront sur les noms (sic, hébreu al schemôt) des fils d'Israël, douze sur leurs noms (hébreu al schemôtam) gravées [en] sceau, chaque [pierre précieuse] sur son nom (hébreu al schéma), elles seront, pour les douze tribus... Exode 28, 29 : Et il portera, Aharôn, les noms des fils d'Israël sur le pectoral du jugement (hébreu be-hôschen ha-mischpat, grec epi tou logeiou tes kriseôs), sur son cœur (hébreu al libbô, grec epi tou stèthous Jean 13, 25 ; 21, 20), lorsqu'il entrera dans le Saint (hébreu

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ha-qôdesch, grec eis to hagiori), pour être un mémorial à la face de YHWH (hébreu le-zikkarôn li-phenei yhwh, grec mnèmosunon), perpétuellement (hébreu tamid). Et tu donneras [= tu ajouteras] au pectoral du jugement, les ourim (hébreu haourim, étymologie incertaine, provient peut-être de or, la lumière) et les toum-mim (hébreu toummim, étymologie incertaine, grec tèn dèlôsin kai tèn alètheian ; le verbe grec dèloô : rendre visible ; dèlôsis, action de rendre visible ; alètheia, vérité). Et ils seront sur le cœur de Aharôn lorsqu'il entrera devant la face de YHWH et il portera, Aharôn, le jugement des fils d'Israël sur son cœur, à la face de YHWH, perpétuellement. Le manteau de Véphod Exode 28, 31 : Et tu feras le manteau de l'éphod (hébreu meïl haephôd, grec hupodutèn podèrè), tout entier en pourpre violette. Et elle sera, la bouche de sa tête, au milieu de lui en son milieu. Une lèvre sera à sa bouche tout autour, travail de tisserand. Comme la bouche d'une cuirasse [traduction conjecturale] ce sera pour lui. Elle ne pourra pas se déchirer. Et tu feras, sur ses pans, des grenades de pourpre violette, de pourpre rouge et de vermillon cramoisi, sur ses pans tout autour... Le petalon Exode 28, 36 : Et tu feras une [pétale de] fleur d'or pur (hébreu tzitz zahab tahôr, grec petalon chrusoun katharon), et tu graveras sur elle, gravures de sceau : consacré à YHWH (hébreu Qodesch leYHWH, grec hagiasma kuriou). Et tu la placeras sur un cordon de pourpre violette (hébreu al petil tekelet, grec epi hua-kinthou keklôsmenès), et elle sera sur le turban (hébreu mitzenephet, grec mitra). Par-devant la face du turban elle sera. Et elle sera sur le front (hébreu metzah, grec epi tou metôpou) de Aharôn. Et il

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portera, Aharôn, la faute (hébreu awôn, grec ta hamar-tèmatd) des choses saintes, ou sacrées (hébreu ha-qadaschim, grec ton hagiôn), qu'ils consacreront, les fils d'Israël... Et elle sera sur son front continuellement (hébreu tamid, grec dia pantos)... C'est ce petalon qu'a porté Ionatan ben Hanan, kôhen gadôl en 36-37. La tunique du grand prêtre Exode 28, 39 : Et tu tisseras la tunique (hébreu ketô-net, grec chitôn) avec du lin fin. Et tu feras le turban (hébreu mitzenephet, grec kidarin) avec du lin fin. Et la ceinture tu la feras, travail de brodeur. Et pour les fils d'Aharôn tu feras des tuniques, et tu feras pour eux des ceintures, et des mitres (hébreu migbaôt, grec kidareis), tu feras pour eux, pour la gloire et pour la splendeur ou l'honneur. Et tu les revêtiras, Aharôn ton frère et ses fils avec lui, et tu les oindras. Et tu rempliras leurs mains, et tu les consacreras, et ils exerceront pour moi les fonctions de kôhen. Et fais pour eux des pagnes de lin pour couvrir la chair de la nudité, depuis les reins et jusqu'aux cuisses ils seront. Remplir les mains L'expression que nous venons de lire, Exode 28, 41 : Et tu les oindras (hébreu maschahta, grec chriseis) et tu rempliras leurs mains (hébreu milleta et-iadam, grec kai emplèseis autôn tas cheiras)... est généralement traduite en français par : Tu les investiras — ce qui ne signifie à peu près rien. L'expression hébraïque signifie sans doute que l'on mettait dans les mains du grand prêtre les offrandes qu'il allait lui-même offrir. Cette expression hébraïque très ancienne se retrouve à plusieurs reprises. Exode 29, 9 : Et elle sera à eux, elle leur appartiendra, la fonction de kôhen (hébreu kehounnah, grec hierateia) pour une décision ou une norme

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valable pour la durée indéfinie dans l'avenir (hébreu le-houqqat ôlam) et tu rempliras la main de Aharôn et la main de ses fils (hébreu milleta, grec kai teleiôseis tas cheiras). Lévitique 8, 33 : Jusqu'au jour où ils seront remplis les jours (sic) où elles seront remplies [vos mains], parce que durant sept jours il remplira [= on remplira vos mains] (hébreu imalleh et iedekem, grec hèmera teleiôseôs humôn, hepta gar hèmeras teleiôsei tas cheiras humôri)... Cette expression est très fréquente dans le Lévitique. Juges 17, 5 : Et il a fait un éphod et des teraphim et il a rempli la main de l'un de ses fils et il a été pour lui kôhen, (hébreu wa-imalle et iad, grec eneplèsen, et eplèrôseri). Juges 17, 12 : Et il a rempli, Mikah, la main du Lévite et il a été pour lui, le garçon, le jeune homme, kôhen... 1 Rois 13, 33 : Et il a fait... des kôhanim... Il a rempli sa main et il a été kôhen... On trouve même l'expression : remplir la main de l'autel des sacrifices, Ézéchiel 43, 26 : Durant sept jours, ils feront l'expiation, la propitiation de l'autel des sacrifices et ils le purifieront et ils rempliront sa main... Le verbe grec teleioô traduit le verbe hébreu maie, hiphil mille, remplir, Exode 29, 9 ; 29, 29 ; etc. Et le substantif grec teleiôsis traduit le substantif hébreu millouïm : le fait ou l'acte de remplir la main du grand prêtre et l'offrande qui sert à remplir la main, Exode 29, 22 : le bélier du remplissage [de la main], (hébreu eïl millouïm, grec teleiôsis). Exode 29, 26 ; 29, 27 ; etc. Lévitique 7, 37 ; 8, 22 ; etc. Nous avons rencontré l'expression technique « remplir la main» (Luc 13, 32) lorsque le Rabbi envoie dire à Hérode Antipas, l'assassin de Iohanan qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain : « Allez et dites à ce chacal : Voici que moi je chasse les esprits mauvais et les guérisons je les accomplis aujourd'hui et demain, et le troisième jour mes mains sont remplies (grec teleioumaï) [= je suis consacré kôhen gadôl. » Nous avons vu (Exode 28, 41) que l'onction du grand prêtre, et le remplissage de sa main, la consécration (hébreu le verbe qadasch, piel

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qiddesch), sont nécessaires pour qu'il puisse exercer la fonction de kôhen. Le verbe grec teleioô est fréquemment utilisé par l'auteur encore inconnu de la lettre aux Hébreux dans son sens technique (traduction de l'hébreu maie, mille) : Hébreux 2, 10; 5, 9; 7, 11; 7, 28; 9, 9; 10, 1; 10, 14. L'auteur inconnu de la lettre aux Hébreux utilise aussi le terme technique teleiôsis, le remplissage de la main du kôhen gadôl. I Le chapitre 39 du livre de l'Exode fournit de nouveau la description précise des vêtements du grand prêtre, avec les couleurs, avec toutes ses pièces, les pierres précieuses, que nous allons retrouver dans l'Apocalypse, le manteau de l'éphod avec ses couleurs, les tuniques du grand prêtre, le turban, et la lamelle d'or qui portait le nom propre du Dieu d'Israël, cette lamelle que portait le grand prêtre lorsqu'il entrait dans le Saint des Saints, et qu'a portée Ionatan ben Hanan qui a été grand prêtre en 36-37. Il en est question aussi dans l'Apocalypse. Exode 39, 1 : Et c'est à partir de pourpre violette et de pourpre rouge, et de vermillon cramoisi qu'ils ont fait les vêtements... pour faire le service dans le Saint et ils ont fait les vêtements de sainteté qui étaient pour Aharôn comme il l'avait commandé, YHWH, à Môscheh... Et ils ont fait l'éphod en or, en pourpre violette et en pourpre rouge, et en vermillon cramoisi, et en lin fin tordu... Et ils ont fait les pierres d'onyx... Et ils ont fait le pectoral (grec logeion) travail d'artiste, comme le travail de l'éphod ; or, pourpre violette et vermillon cramoisi, lin fin tordu... Et ils l'ont rempli de quatre rangées de pierre (sic, eben au singulier en hébreu) : un rubis ; une topaze ; et une émeraude (sorte de jaspe transparent, sanskrit marakata) : c'est la rangée la première. Et la rangée seconde : une malachite ; un saphir ; et un brillant (? hébreu iahalôm, grec iaspis). Et la rangée troisième : une opale ; une agate ; et une améthyste. Et la rangée quatrième : une chrysolithe ; un onyx ; et un jaspe. Traductions approximatives et conjecturales comme précédemment.

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Exode 39, 14 : Et les pierres, sur les noms des fils d'Israël, elles [étaient]. Douze sur leurs noms, gravées [comme sur] un sceau (hébreu hôtam, grec sphragis ; chacune sur son nom pour les douze tribus... Exode 39, 22 : Et il a fait le manteau de l'éphod (hébreu meïl haephod, grec ton hupodutèn hupo tèn epômida ; hupodutès : vêtement que l'on met sous la cuirasse), œuvre de tisserand, tout entier en pourpre violette. Et la bouche du manteau au milieu de lui, comme la bouche de la cuirasse (hébreu tahera, traduction conjecturale). Une lèvre à sa bouche tout autour : elle ne se déchire pas. Et ils ont fait sur les pans du manteau des grenades de pourpre violette et de pourpre rouge, et de vermillon cramoisi, et de lin fin tordu. Exode 39, 27 : Et ils ont fait les tuniques avec du lin fin, œuvre de tisserand, pour Aharôn et pour ses fils. Et le turban, de lin fin... Et les ceintures de lin fin tordu, de pourpre violette et de pourpre rouge, et de vermillon cramoisi... Exode 39, 30 : Et ils ont fait la fleur (hébreu tzitz, grec to petalon), [ce qui est] mis à part, consacré (hébreu nezer ha-qôdesch, grec to petalon to chrusoun aphorisma tou hagiou) en or pur, et ils ont écrit dessus, inscription en gravures de sceau : Qodesch le-YHWH, consacré à, ou pour, YHWH. Et ils ont donné [= ils ont posé] dessus, sur elle, un cordon de pourpre violette, pour la donner [= pour la poser] sur le turban, par-dessus, au-dessus (hébreu mi-lemaalah, grec anôthen), comme il l'avait commandé, YHWH, à Môscheh... Le sepher ben Sira Le livre de Ieschoua, ou Schimeôn ben Ieschoua ben Sira, ou Sirach a été écrit en hébreu peut-être autour de 190-170 avant notre ère, selon certains érudits, — vers 290-280 avant notre ère selon d'autres. Il a été

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traduit de l'hébreu en grec peut-être en 132 avant notre ère, selon certains érudits, — vers 230 avant notre ère selon d'autres. Le texte hébreu était disparu depuis le XIe siècle. En 1896 une partie du livre a été retrouvée dans la maison du trésor (geniza, hébreu genazim, araméen ginezaiia, beit ginezaiia) de la synagogue caraïte du Vieux-Caire. Plus récemment des fragments ont été découverts dans l'une des grottes de Qumran. Il est appelé l'Ecclésiastique dans les traductions de langue française. Le traducteur écrit (peut-être en 132 avant notre ère) dans son prologue : Mon grand-père Ieschoua, il a mis tout son cœur à la lecture de la Torah et des prophètes et des autres livres de nos pères... Il a été poussé lui aussi à écrire quelque chose de ce qui porte à l'instruction et à la sagesse... Et le traducteur ajoute : Car elles n'ont pas la même puissance les paroles, si on les considère en elles-mêmes, dites en hébreu, et lorsqu'elles sont passées dans une autre langue. Et cela est vrai non seulement de ces paroles-ci, [le sepher ben sira] mais la Torah elle-même et les prophètes et le reste des livres, ce n'est pas une petite différence les paroles telles qu'elles sont dites en elles-mêmes [en hébreu et par rapport à la traduction grecque]... L'observation du traducteur est parfaitement exacte. Lorsque l'on passe du texte hébreu original à la traduction en langue grecque, il y a perte d'information et donc augmentation de l'entropie du système ; de même lorsque l'on passe du texte hébreu ou grec à la bonne vieille traduction en langue latine. Lorsque l'on passe des traductions en langue latine aux traductions en langue française, c'est la catastrophe, parce que les traducteurs en langue française se sont contentés souvent de décalquer en français moderne des mots latins qui avaient un autre sens, des mots latins qui souvent étaient une simple transcription de mots grecs, qui

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traduisaient des mots hébreux. En sorte qu'à l'arrivée, à la sortie, l'information est disparue ou complètement brouillée. Dans le passage de l'hébreu au grec, les anciens traducteurs ont pris les mots qu'ils trouvaient dans la langue grecque du Ve siècle avant notre ère, et ces mots avaient souvent un autre sens qu'en hébreu. Lorsqu'ils n'ont pas trouvé dans la langue grecque du Ve siècle avant notre ère des mots pour traduire des termes hébreux techniques, ils ont tout simplement transcrit en caractères grecs les mots hébreux intraduisibles ou bien ils ont forgé de toute pièce des mots grecs qui n'existaient pas en grec naturel. Ben Sira 45, 6 : Et il a élevé Aharôn... qui appartient à la tribu de Lévi... Il l'a revêtu tout entier de splendeur ou de gloire... Les pagnes (hébreu mikenasim, grec periskelè, Exode 28, 42 ; 39, 28 ; Lévitique 6, 3 ; 16, 4 ; Ézéchiel 44, 18), les tuniques (Exode 28, 4 ; 28, 39 ; 39, 27 ; 40, 14 ; Lévitique 8, 13 ; 10, 5), l'éphod (Exode 29, 5)... Ben Sira 45, 10 : Vêtements de sainteté, or et hyacinthe (hébreu tekelet, grec huakinthos), pourpre bleu ou violet (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; 28, 5 ; etc.) et pourpre rouge (Exode 26, 1 ; etc.) Le pectoral du jugement (hébreu hôschen mischpat, grec logeiô kriseôs, Exode 28, 15 ; 28, 30)... Pierres précieuses sur le pectoral, gravées [comme] un sceau... Toute pierre précieuse pour le mémorial, pour le souvenir (hébreu le-zikkarôn, grec eis mnèmosunon) selon le nombre des tribus d'Israël. Une couronne d'or par-dessus la tiare (hébreu mitzenephet, turban, Exode 28, 4 ; 28, 37 ; etc., grec epanô kidareôs) et la [pétale de la] fleur [d'or] gravée [comme un] sceau Qodesch (hébreu vve^ tzitz pitouhei hôtam qôdesch, grec stephanon chrusoun epanô kidareôs ektupôma sphragidos hagiasmatos)... Et il a rempli, Môscheh, sa main... (Exode 28, 41) et il l'a oint dans l'huile de sainteté (hébreu wa-imeschalehou beschemen ha-qôdesch, grec kai echrisen auton en elaiô hagiô, Exode 28, 41). Comme on le voit, le traducteur suit et respecte strictement pour tous

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les termes techniques le lexique hébreu-grec traditionnel. La lettre d'Aristée à Philocrate La lettre d'Aristée à Philocrate a été composée, peut-être autour de l'année 200 avant notre ère, ou plus tard, vers 150 avant notre ère, ou plus tard encore, entre 96 et 63 avant notre ère. C'est ce texte qui est à l'origine de la pieuse légende selon laquelle le roi Égypte aurait demandé au kôhen gadôl du Temple de Jérusalem de lui envoyer la traduction en langue grecque de la sainte Torah. Le kôhen gadôl du Temple de Jérusalem lui envoie 72 traducteurs... D'après ce conte, Aristée, fonctionnaire de Ptolémée II Philadelphe (285-247 avant notre ère), écrit à son frère Philocrate pour lui raconter son ambassade auprès d'Éléazar le kôhen gadôl du Temple de Jérusalem. L'auteur de ce conte connaît Jérusalem et il la décrit, ainsi que le Temple. Les soixante-douze Judéens expédiés par le kôhen gadôl apportent au roi Ptolémée un exemplaire de la Torah, écrit avec des lettres d'or. Les soixante-douze traducteurs sont installés dans l'île de Pharos, près d'Alexandrie. En soixante-douze jours, les soixante-douze traducteurs traduisent la sainte Torah de l'hébreu en grec. Bien évidemment, comme l'ont remarqué depuis longtemps les critiques, ce conte de nourrice a été inventé bien après le règne de Ptolémée IL On retrouve dans ce conte des erreurs historiques comparables à celles que l'on découvre dans le rouleau de Daniel. Personne ne sait s'il a jamais existé dans ce temps-là un kôhen gadôl appelé Éléazar. À supposer que le roi Égypte ait souhaité avoir dans sa bibliothèque la traduction en langue grecque de la sainte Torah, est-ce qu'on peut s'imaginer un seul instant que le kôhen gadôl du Temple de Jérusalem va livrer ainsi en traduction grecque la sainte Torah à ce goï de pharaon ? Et si vraiment le roi Égypte voulait absolument avoir à sa disposition les législations des Hébreux, est-ce qu'il fallait lui livrer aussi les histoires d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ? L'histoire de Lot et de ses filles ? L'histoire de Juda et de Tamar? L'histoire de Joseph en Égypte? L'histoire

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de la sortie Égypte qui n'était pas flatteuse pour ses ancêtres les pharaons d'autrefois ? Et si le roi Égypte voulait avoir le texte des législations des Hébreux en langue grecque, fallait-il lui donner une traduction mot à mot du texte hébreu, qui suit le texte hébreu pas à pas, et l'ordre de la phrase hébraïque, qui commence par le verbe? Et lui décalquer en caractères grecs les mots hébreux qui n'avaient pas de correspondant en grec et qui n'avaient donc pas de sens pour lui, le pharaon ? Il est bien évident que cette merveilleuse traduction en langue grecque de la sainte Bibliothèque hébraïque a été faite pour les frères et les sœurs de la Diaspora de langue grecque, qui pouvaient ainsi suivre la lecture de la sainte Torah grâce à cette méthode de traduction mot à mot. Et les mots hébreux transcrits en caractères grecs ne les dérangeaient pas, puisqu'ils en connaissaient le sens, grâce à ceux qui, dans la communauté, les leur expliquaient. L'auteur inconnu de cette lettre décrit Jérusalem telle qu'il l'a connue (§ 83) : ... la Ville placée (grec keimenèn) au milieu de toute la Judée, sur une montagne élevée. Au sommet était construite l'enceinte sacrée du Temple (grec to hieron). [Il évoque] le rideau (grec katapetasma, Exode 26, 31, hébreu parôket ; § 86), l'autel des sacrifices (grec thusiastèrion, mot qui n'existe pas en grec naturel, et qui est propre au lexique hébreu-grec traditionnel, hébreu mizebeah, Exode 27, 1 ; etc. ; § 87). Les kôhanim (grec hiereôri), lorsqu'ils font le service (grec leitourgein qui traduit l'hébreu abad ou scharat, Exode 28, 35 ; etc.), sont revêtus de tuniques de lin qui tombent jusqu'aux chevilles (Exode 28, 40 : et pour les fils de Aharôn tu feras des tuniques ; § 87). L'auteur inconnu de la lettre d'Aristée nous décrit le service du Temple (grec leitourgia, hébreu abôdah, Exode 38, 21 ; etc. ; § 92) : Ils saisissent des deux mains les jambes des jeunes taureaux (grec moschos, hébreu par, pluriel parim, Exode 29, 10), ils écartent les

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jambes de la bête ; chacune pèse plus de deux talents (environ 80 kg). Ils les lancent en l'air des deux mains d'une manière étonnante à la hauteur voulue et ils ne manquent pas le coup (§ 93). De même pour les moutons et les chèvres. Ils sont lourds et étonnamment gras. Pour le repos, il existe un lieu qui leur est réservé, là où s'assoyent ceux qui se reposent. Tout cela se fait dans le silence total. On dirait qu'il n'y a pas un seul homme dans le lieu [saint] alors qu'en réalité ceux qui font le service (grec leitourgeiri) sont près de sept cents. Et la foule de ceux qui présentent les victimes à sacrifier est nombreuse (§ 95). L'auteur inconnu de la Lettre d'Aristée raconte qu'il a vu le grand prêtre Éléazar lors de son service dans le Temple (§ 96) : son vêtement, les pierres précieuses, le manteau, des pierres d'onyx et des pierres à sertir pour l'éphod et pour le pectoral (hébreu le-ephod we-la-hôschen, grec eis tèn epômida kai ton podèrè). La ceinture (grec zônè, hébreu abeneth, Exode 28, 4 ; etc.). Sur son cœur (grec sthètos, hébreu leb), Exode 28, 29 : Et il portera, Aharôn, les noms des fils d'Israël sur le pectoral du jugement (hébreu be-hôschen ha-mischpat, grec epi tou logeiou tes kriseôs) sur son cœur (hébreu al libbô, grec epi tou stethous) lorsqu'il entrera dans le Saint, pour être un mémorial (hébreu le-zikkarôn) à la face de YHWH... Lettre d'Aristée, § 97 : Sur son cœur (grec epi tou stethous) il portera ce qu'on appelle le logion, (hébreu hôschen ha-mischpat), dans lequel sont fixées douze pierres précieuses qui portent les noms des chefs des douze tribus d'Israël. § 98 : Et sur la tête, le grand prêtre, il porte ce qu'on appelle la tiare ou le turban (grec kidaris, hébreu mit-zenephet. Exode 28, 39 : le turban de lin fin, mitze-nephet schesch). Et sur ce turban, sur cette mitre, gravé sur un pétale de fleur en or (grec epi petalô chrusô) en caractères saints, en lettres saintes, le nom de Dieu, au milieu des sourcils (Exode 28, 36 : Et tu feras une fleur en or pur et tu graveras sur elle, gravures de sceau : Qodesch leYHWH, consacré à YHWH).

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De nouveau nous observons que l'auteur inconnu de la Lettre d'Aristée à Philocrate suit strictement dans sa traduction des termes techniques le lexique hébreu-grec traditionnel. Il en va de même, nous l'avons déjà remarqué, pour les traducteurs de Joseph surnommé Flavius, à la fin du premier siècle de notre ère. Joseph Joseph, dans la Guerre des Judéens contre les Romains (V, 136) décrit la ville de Jérusalem telle qu'il l'a connue avant la catastrophe de l'été de l'année 70. Puis il décrit l'enceinte sacrée du Temple (grec to hieron, Guerre V, 184). Ensuite le Temple à proprement parler (grec ho naos, Guerre V, 207). Le rideau du Temple (grec katape-tasma, hébreu parôket, Exode 26, 31 ; etc., ou hébreu masak, Exode 26, 37 ; etc. Matthieu 27, 51 ; Marc 15, 38 ; Luc 23, 45 ; lettre aux Hébreux 6, 19, etc.) et les couleurs du rideau (Exode 25, 4; etc.; Guerre V, 212, 213). Le Temple était recouvert de plaques d'or {Guerre V, 222). L'autel des sacrifices (grec bômos, hébreu mizebeah, Exode 34, 13 ; etc. ; Guerre V, 225). A l'autel des sacrifices (grec thusiastèrion, n'existe pas en grec naturel, hébreu mizebeah, Genèse 8, 20, etc.) et au Temple (grec naos, hébreu heikal, 1 Samuel 1,9; etc.) ils montaient ceux qui, parmi les kôhanim, étaient sans tache, sans défaut, intègres (grec amômoi, hébreu tamim, Exode 29, 1 ; etc.), enveloppés de lin fin (Exode 26, 1 ; etc. ; Guerre V, 229). Puis Joseph passe au grand prêtre (grec archiereus, terme rarement utilisé dans la traduction grecque de la Bibliothèque hébraïque, emprunté à Platon {Lois, 947 a ; Lévitique 4, 3 : ha-kôhen ha-maschiah, grec ho archiereus ho kechrismenos, le kôhen qui a reçu l'onction •, Josué 22, 13 : Pinehas fils d'Éléazar ha-kôhen, fils d'Éléazar fils d'Aharôn le grand prêtre, archiereôs). Le mot grec archiereus est fréquemment utilisé dans le premier livre des Maccabées qui est, nous l'avons dit, évidemment traduit de l'hébreu (Matthieu 2, 4 ; 16, 21, etc. ; Marc 8, 31 ; etc. Luc 3, 2 ; 9, 22 ; etc. Jean 7, 32 ; etc. ; Actes 4, 6 ; etc. ; lettre aux Hébreux 2, 17 ; etc. — Le grec archiereus traduit, nous l'avons vu, l'expression hébraïque ha-

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kôhen ha-gadôl. Lévitique 21, 10 : Le kôhen ha-gadôl, (grec ho hiereus ho megas), pris d'entre ses frères, que l'on a versé sur sa tête l'huile de l'onction, et on a rempli sa main, pour revêtir les vêtements... Kôhen ha-rôsch, le kôhen de la tête, 2 Rois 25, 18 (grec hierea ton proton). Lévitique 4, 3 : ha-kôhen ha-maschiah, le kôhen qui a reçu l'onction, grec ho archiereus ho kechrismenos. Guerre V, 230 : Le grand-prêtre {ho archiereus, hébreu ha-kôhen ha-gadôl, Lévitique 21, 10; Nombres 35, 25 ; etc.) montait avec les kôhanim, mais non pas toujours, mais seulement lors des septièmes jours, aux nouvelles lunes et s'il y avait une fête commandée par la tradition des pères. Lorsqu'il faisait le service sacré, il cachait ses cuisses avec un pagne jusqu'aux parties génitales (Exode 28, 42). Il prenait un vêtement de lin à l'intérieur, et un manteau (Exode 28, 4) par-dessus, pourpre violette (Exode 28, 5)... La pièce d'étoffe qui fixait le vêtement à la poitrine était constituée de cinq ceintures... or, pourpre rouge (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; 28, 5 ; etc. ; vermillon cramoisi (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; 28, 5 ; etc.), ajoutés au lin fin (Exode 26, 1 ; 25, 4 ; 26, 1 ; 27, 9 ; 28, 5 ; etc.) et pourpre violette (Exode 25, 4 ; 26, 1). [Nous avons déjà vu {Guerre V, 212) que] les rideaux du Temple (grec naos) étaient tissés avec les mêmes couleurs. C'est aussi avec ces mêmes couleurs que l'éphod (Exode 25, 7 ; 28, 4 ; etc.) était constitué, cet éphod qu'il portait, mais dans l'éphod il y avait davantage d'or. La forme de ce vêtement était celle d'une cuirasse que l'on met sur la poitrine (grec thorax)... Ce sont deux petits boucliers d'or qui l'agrafaient. Dans ces petits boucliers, étaient enfermées des pierres précieuses, les plus belles et les plus grandes : des sardoines (grec sardonuches, hébreu ôdem, pierre précieuse rouge, Exode 28, 17 ; ou schôham, Exode 25, 7 ; 28, 9 ; etc.). Sur elles étaient gravés les noms de ceux qui ont donné leur nom aux tribus du peuple [hébreu]. Sur l'autre côté ce sont d'autres pierres précieuses qui étaient attachées, douze pierres précieuses, trois par trois sur quatre rangées : sardoine (grec sar-dion, pierre précieuse rouge et transparente, hébreu ôdem ou schôham, Exode 28, 17 ; 25, 7, etc.) ; topaze (grec topazos, hébreu pithedah, Exode

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28, 17; 39, 10 ; etc. ; pierre précieuse que l'on trouve en Éthiopie, Job 28, 19, pierre précieuse de couleur jaune-vert ; on la trouve aussi sur les îles de la mer Rouge) ; émeraude (grec smaragdos, sorte de jaspe vert transparent, hébreu schôham, Exode 28, 9 ; etc., pierre précieuse rouge ; escarboucle (grec anthrax, latin carbunculus ; hébreu nôphek, Exode 28, 18). Deuxième rangée des pierres précieuses : jaspe (grec iaspis, hébreu iahalôm, Exode 28, 18; 39, 11 ; Ézéchiel28, 13); saphir (grec sappheiros, lapis-lazuli ou saphir, hébreu saphir, Exode 24, 10; 28, 18; etc.); agate (grec achatès, hébreu schebô, Exode 28, 19). Troisième rangée, améthyste (grec amethustos, hébreu ahelamah, Exode 28, 19) ; rubellite (grec ligurion, hébreu leschem, Exode 28, 19 ; 39, 12) ; onyx (grec onux, ongle ; petite griffe ; hébreu iaschepheh, Exode 28, 20 ; 39, 13 ; Ézéchiel 28, 13) ; béryl (grec bèrullos, couleur vert de mer ; hébreu schôham, Exode 28, 20 ; Ézéchiel 28, 13) ; chrysolithe (grec chrusolithos, pierre d'or, topaze, hébreu tars-chisch, Exode 28, 20), quatrième rangée. Sur chacune de ces pierres précieuses, de nouveau était inscrit le nom de l'un de ceux qui ont donné leur nom aux douze tribus d'Israël. La tête du grand prêtre, c'est une tiare (grec liara, sorte de turban en forme de cône, coiffure des Perses, hébreu saruah, Ézéchiel 23, 15 ; araméen karbela, Daniel 3, 21) faite de lin fin (Exode 28, 39). Elle était entourée de pourpre violette (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; 28, 5 ; etc.). Autour d'elle était, tout en or, une autre couronne qui portait gravées en relief les Saintes Lettres [YHWH]. Ce sont les quatre consonnes. Ce vêtement, le grand prêtre ne le portait pas à longueur de temps... mais chaque fois qu'il entrait dans le lieu interdit aux profanes (grec adutos). Il entrait une fois seulement chaque année et seul, au jour où c'est la coutume que tous jeûnent pour Dieu... Lévitique 16, 2 : Et il a parlé, YHWH, à Môscheh : « Parle à Aharôn ton frère et qu'il n'entre pas en tout temps dans le Saint, à l'intérieur du Rideau... »

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Lévitique 16, 29 : Au septième mois [septembre-octobre] au dix du mois, vous humilierez vos âmes, et tout travail vous ne le ferez pas... Car dans ce jour-là il sera fait expiation sur vous... kippourim (Lévitique 23, 26 : Iôm ha-kippourim). Joseph raconte, à la fin de son grand livre, la Guerre des Judéens contre les Romains, ce qui s'est passé entre le 8 et le 25 septembre de l'année 70 : Guerre VI, 387 : Pendant ces mêmes journées, l'un des kôhanim... son nom Ieschoua, ... a fait sortir et livré par-dessus le mur du Temple (grec naos) deux candélabres (grec luchnias, hébreu menorah, Exode 25, 31 ; etc.) parmi ceux qui étaient posés dans le Temple, des tables, des cratères... Il a livré aussi les rideaux (Exode 26, 31 ; etc.), les vêtements des grands prêtres avec les pierres, et beaucoup d'autres ustensiles destinés au service sacré. Il a été pris lui aussi, le gardien du trésor du Temple (hébreu lischkah, la cellule, la chambre, grec gazophulax, le gardien des lischkôt, chambres, cellules, du Temple). Son nom : Phineas. Il a montré [où se trouvaient] les tuniques (Exode 28, 4 ; etc.) et les ceintures des kôhanim, et beaucoup de pourpre rouge (Exode 25, 4 ; etc.) et de rouge écar-late (Exode 25, 4 ; etc.) qui étaient déposés là pour les besoins du rideau (grec katapetasma, hébreu parôket, Exode 26, 31, etc.).

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III. Mais qui est donc Iohanam de l'Apocalypse ? Il est bien évident que pour tenter de comprendre quelque chose à l'Apocalypse, il faut tout d'abord la situer aussi exactement que possible dans son temps, dans son milieu, dans son contexte historique et politique. Il faut se demander ce que Iohanam savait, ce qui était pour lui du passé ou du présent. Et ce qu'il ne savait pas, mais qu'il prévoyait ; ce qui était, pour lui, de l'avenir. Ce qu'il savait était clair et distinct, même s'il y fait allusion en langage chiffré, tout comme l'auteur inconnu du livre de Daniel, lorsqu'il raconte ce qu'il sait, ce qui est du passé ou du présent pour lui, en langage chiffré, parfaitement compréhensible pour ceux à qui il s'adressait. Ce qui pour Iohanam est de l'avenir, même s'il l'aperçoit, le devine, ou le prophétise, est plus flou. Il annonce la prise et la destruction de Jérusalem, la destruction du Temple, mais il ne les a pas vues. Il était mort avant. Joseph a vu la prise, la destruction de Jérusalem, l'incendie du Temple de Jérusalem. Il donne des détails parce qu'il a vu. C'est une image quasi photographique. Iohanam annonce la prise et la destruction de Jérusalem, dans le langage des anciennes prophéties hébraïques. Ce n'est pas une image. C'est un jugement. Pour essayer de situer exactement l'Apocalypse dans son temps et dans son milieu ethnique, il faut utiliser la méthode des boutons-pression, ou des boutons et de leurs boutonnières. Vous avez un habit de grande taille. Vous avez une multitude de boutons et de pressions qui leur correspondent, ou de boutonnières. Si vous voulez boutonner convenablement votre habit, vous avez intérêt à enfoncer chaque bouton dans la pression qui lui correspond, en principe. Nous disposons grâce à Joseph et à Philon d'un certain nombre de faits précis, qui ont été très importants pour les frères des communautés judéennes des années 40 et suivantes, même si nous, les goïm de la fin du XXe siècle, nous les avions complètement oubliés. Il faut nous efforcer de mettre face à face les faits bien connus et établis grâce à Joseph et Philon, et les allusions à ces mêmes faits dans l'Apocalypse de Iohanan. Nous choisirons quelques textes de l'Apocalypse, que nous traduirons

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à nouveau pour la commodité du lecteur, et en tâtonnant nous essaierons de les situer à leur place. Nous ne prendrons pas tous les faits connus par Joseph et Philon qui peuvent se boutonner avec l'Apocalypse, ou sur lesquels l'Apocalypse peut se boutonner. Ils sont très nombreux, par exemple ceux qui concernent l'Euphrate. Nous prendrons des faits massifs, énormes. Le plus important de tous est évidemment la prise et la destruction de Jérusalem durant l'été de l'année 70. Le lecteur ne sera pas trop effrayé, je l'espère, par le grec de l'Apocalypse que je traduis aussi littéralement que possible. Le texte grec de l'Apocalypse est une traduction de textes hébreux antérieurs. Les fautes de grammaire grecque que l'on remarque dans le texte grec de l'Apocalypse s'expliquent aisément par les constructions hébraïques qui sont dessous. Le grec de l'Apocalypse est encore plus mauvais que le grec de l'Évangile de Jean, qui contient un bon nombre d'excentricités qui s'expliquent elles aussi par l'hébreu sous-jacent. C'est tout simplement parce que le traducteur du dossier de notes qui ont donné notre Évangile de Jean, n'est pas le même que le traducteur de l'Apocalypse. Le vocabulaire grec de l'Apocalypse est le vocabulaire du lexique hébreu-grec traditionnel. Et donc pour tenter de comprendre le sens des termes utilisés dans l'Apocalypse, il faut constamment remonter du grec à l'hébreu sous-jacent. Nous respectons, bien entendu, autant que possible l'ordre de la phrase grecque de l'Apocalypse, qui respecte et suit strictement, comme c'est la coutume dans ce milieu ethnique, en ce temps-là, l'ordre de la phrase hébraïque. Nous n'avons pas « dessalé » notre traduction. Nous ne l'avons pas délavée. Il faut de toute façon choisir entre une traduction en bon français coulant et sans aspérité qui oblige à sacrifier une bonne partie de l'information contenue dans le texte. Et une traduction qui ne veut rien perdre de la substance du texte, et qui est dure en français. Notre choix est fait. C'était le choix des inconnus qui ont traduit toute la Bibliothèque hébraïque de l'hébreu en grec, à partir du Ve siècle avant notre ère. Leur grec n'est pas coulant. On peut même dire qu'il remonte constamment la pente et prend le chat à rebrousse-poil, puisqu'il suit l'ordre de la phrase

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hébraïque, le verbe en tête. Apocalypse 1,1: Révélation (grec apokalupsis) de Ieschoua qui a reçu l'onction qu'il a donnée à lui, Dieu, pour montrer à ses serviteurs ce qui va (construction hébraïque traduite en grec par deï) arriver en vitesse (grec en tachei, hébreu bi-meherah, Qôhelet 3, 12), et il l'a fait savoir, ou il l'a annoncé (grec sèmainein, hébreu iada à la forme hiphil, ou nagad à la forme hiphil), il a envoyé [un message] par la main de son messager (grec aggelos, hébreu maleak, Genèse 16, 7 ; etc.), à son serviteur Iohanan, qui a attesté [la vérité de] la parole de Dieu (grec marturein, hébreu le verbe oud, à la forme hiphil, heïd, suivi de l'accusatif)... Deutéronome 19, 18 : Et ils feront une enquête, les juges..., et voici le témoin de mensonge a attesté [la vérité du] mensonge... Deutéronome 32, 46 : Appliquez vos cœurs [= vos intelligences] à toutes les paroles que moi j'atteste en vous [dont moi j'atteste la vérité en vous, au milieu de vous] (hébreu ascher anôki meïd bakem, grec ous egô diamar-turomai humiri) aujourd'hui... 2 Rois 17, 15 : Et ils ont méprisé... les attestations qu'il avait attestées (hébreu édôtaiô ascher heïd, grec ta marturia autou hosa diemarturato)... Néhémie 9, 34 : Ils n'ont pas fait attention à tes commandements et à tes attestations que tu as attestées en eux (hébreu édôteika ascher haïdôta ba-hem, grec ta marturia sou ha diemarturô autois)... ... et l'attestation de Ieschoua, celui qui a reçu l'onction (grec marturia, hébreu edout, Psaume 19, 8 : l'attestation de YHWH est telle que l'on peut être certain de sa vérité, hébreu edout yhwh neemanah, grec hè mar-turia kurioupiste)... ce qu'il a vu. Heureux celui qui lit tout haut (grec anagignôskein, donner lecture, hébreu qara, crier)... Exode 24, 7 : Et il a pris le rouleau de l'Alliance et il a crié (hébreu wa-iqera, grec anegnô) dans les oreilles du peuple... Deutéronome 17, 19 : Et elle [la copie de la Torah] sera avec lui et il

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criera [= il lira tout haut] en elle (hébreu qara bô, grec anagnôsetaî) tous les jours de sa vie... ... et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie (grec prophèteia, hébreu nebouah, 2 Chroniques 15, 8 ; Néhémie 6, 12), et qui gardent ce qui en elle est écrit, parce que le temps est proche (grec ho gar kairos eggus). Le mot grec kairos, mesure convenable, juste mesure, moment convenable ou opportun, traduit plusieurs mots hébreux : môed, le temps d'un rendez-vous, d'une réunion, d'un rassemblement ; temps déterminé, temps d'une fête ; et le temps ; ha-et geschamim, le temps des pluies ; et ereb, le temps du soir ; et bô ha-schemesch, le temps où le soleil s'en va ; et qatzir, le temps de la récolte ; et ha-ôkel, le temps de manger, etc. Qetz, la fin, Genèse 6, 13 : La fin de toute chair est venue devant ma face (hébreu qetz kôl-basar, grec kairos pantos anthrôpou)... Le grec eggus, près, proche, traduit régulièrement l'hébreu qarôb. Nombres 24, 17 : Je le vois, et ce n'est pas maintenant, je le contemple et ce n'est pas proche, qarôb... Psaume 22, 12 : Ne t'éloigne pas de moi car l'angoisse est proche... Deutéronome 32, 35 : Car il est proche le jour de leur ruine... Isaïe 13, 6 : Poussez des hurlements car il est proche le jour de YHWH (hébreu qarôb, grec eggus)... Isaïe, 13, 22 : Il est près de venir son temps (hébreu qarôb la-bô ittâh, grec tachu erchetai kai ou chroniei... Ézéchiel 7, 7 : Il vient, le temps (hébreu ha-et). Il est proche, le jour... Ézéchiel 30, 3 : Il est proche, le jour (hébreu qarôb, grec eggus)... Joël 1, 15 : Il est proche le jour de YHWH... (hébreu qarôb, grec eggus). Apocalypse 1,9: Moi Iohanam, votre frère et votre compagnon (grec sug-koinônos, hébreu probable haber) dans l'oppression, l'angoisse (grec thlipsis, hébreu tzarah, Genèse 35, 3 ; 42, 21 ; etc.) et dans le règne (grec basileia, hébreu malkout, araméen mal-kouta) et dans l'espérance (grec hupomonè, hébreu miqeweh, 1 Chroniques 29, 15, ou tiqeweh, Psaume 9, 19 ; etc.) en Ieschoua, j'ai été dans nie qui est appelée Patmos à cause de (grec dia, qui traduit un grand nombre de mots hébreux parmi lesquels baabour) la parole de Dieu et à

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cause de l'attestation (grec marturia, hébreu edout) de Ieschoua. J'ai été dans l'esprit [de Dieu] (hébreu ba-ruah) dans le jour du Seigneur (ehad ba-schabbat), le jour qui suit le schabbat, et j'ai entendu derrière moi une voix grande comme celle du schôphar (Exode 19, 16 ; etc.) pour dire : Ce que tu vois, écris-le dans un rouleau (grec biblion, hébreu sepher, Exode 17, 14 ; etc.) et envoie-le aux sept communautés (grec ekklèsia, hébreu qehi-lah, Deutéronome 33, 4 ; Néhémie 5, 7 ; le substantif qehilah est formé à partir du verbe qahal, rassembler) à Éphèse, et à Smyrne, et à Pergame, et à Thyatire, et à Sardes, et à Philadelphie, et à Laodicée. Et je me suis retourné pour voir la voix qui parlait avec moi... (Exode 20, 18: Et tout le peuple, ils voyaient les voix...) La question est de savoir qui est le Iohanan qui dit : « Moi Iohanan (ani Iohanan)... » Le livre des Actes ou des Actions des Envoyés (grec praxeis apostolôn, hébreu maasei ha-schelihim) est un recueil ou une collection de documents cousus bout à bout, en grande partie traduits de l'hébreu, et qui recouvrent la période qui va de la résurrection, autour de l'année 30, jusqu'à la deuxième année de la captivité de Schaoul-Paulus à Rome, autour de l'année 62. Que ces documents soient en grande partie traduits de l'hébreu, cela est évident à partir du verset 6. Le système de traduction est le même que pour la traduction des livres de la Bibliothèque hébraïque. Le texte grec respecte la forme et la structure de la phrase hébraïque. Le lexique hébreugrec utilisé pour cette traduction est le lexique hébreu-grec traditionnel. Personne ne sait qui a pris^ les notes au jour le jour, tout comme pour les quatre Évangiles. Personne ne sait qui a fait la traduction. Les documents sont contemporains des événements. Le recueil est offert à un certain Theophilos, qui traduit l'hébreu Iedid-iah, le nom donné à Salomon, 2 Samuel 12, 25. Le mot français « apôtre » qu'utilisent les traductions en langue française est un simple décalque du vieux français apostre, qui est un

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décalque du latin apostolus, qui est un décalque du grec apostolos, formé à partir du verbe grec apostellô, envoyer, qui traduit le verbe hébreu schalah qui signifie envoyer (Genèse 8, 7 ; etc.). Pour comprendre le sens de ce terme, il faut se reporter à Matthieu 10, 1: Et il a appelé à lui les douze disciples (grec mathètas, hébreu talmidim) et il leur a donné puissance, pouvoir (grec exousia, hébreu schaltan) sur les esprits impurs pour les chasser et guérir toute maladie et toute infirmité. Des douze envoyés (grec apostolôn, hébreu ha-schelihim), les noms, les voici. Le premier, Schimeôn, celui qui est appelé Keipha, araméen (ou Keiphah hébreu tardif, grec Petros, le Rocher) et Andréas son frère, et Iaaqôb, celui qui est le [fils] de Zebad-iah et Iohanan son frère... On observe que Iaaqôb est nommé en tête. Il est l'aîné. Matthieu 10, 5 : Ce sont ces douze-là qu'il a envoyés (hébreu schalah) Ieschoua, et il leur a commandé pour dire (hébreu lemôr) : « Vers, dans la direction de la route des goïm (hébreu el derek hagoïm), n'y allez pas, et dans la province (hébreu medinah) des Samaritains, n'y entrez pas. Allez plutôt vers le petit troupeau (hébreu ha-tzôn) perdu de la maison d'Israël... » Évidemment, ce propos du Rabbi a été tenu très tôt, avant l'expansion du christianisme aux nations païennes, laquelle commence autour de l'année 36. Et ce ne sont donc pas les communautés helléno-païennes des années 80 ou 90 qui ont pu produire ce propos, puisque dans les années 80 et 90, les communautés chrétiennes étaient pleines de frères et de sœurs issus du paganisme. Ce propos signifie que, dans un premier temps, le Rabbi demande à ceux qu'il envoie en mission de rester à l'intérieur du peuple hébreu. La mission vers les païens viendra plus tard, avec Schaoul surnommé haqatan, le Petit (latin paulus) : le signe de Jonas.

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Marc 3, 14 : Et il est monté dans la montagne et il a appelé à lui ceux qu'il a voulu, lui, et ils sont venus vers lui. Et il a fait (grec le verbe poiein, hébreu le verbe asah, sens multiple) douze, qu'il a appelés aussi envoyés (grec apostolous, hébreu ha-schelihim) afin qu'ils soient avec lui et afin qu'il les envoie (hébreu schalah) pour proclamer (grec kèrussein, hébreu qara, Genèse 41, 43 ; Exode 32, 5 ; etc.)... Et il a fait (de nouveau le verbe hébreu asah) les douze, et il a mis un nom sur Schimeôn, Keipha-Petros le Rocher, et Iaaqôb le [fils] de Zebad-iah et Iohanam le frère de Iaaqôb... Luc 6, 13 : Il a appelé ses disciples et il a choisi parmi eux, douze, qu'il a appelés aussi envoyés... Luc 9, 2 : Et il les a envoyés proclamer le règne, ou le royaume de Dieu... On peut donc être disciple du Rabbi sans être envoyé en mission. Ainsi Iohanam le kôhen du Temple de Jérusalem était disciple (talmid), étudiant du Rabbi, mais il n'était pas envoyé en mission (apostolos). Il est resté à Jérusalem.

Iohanan surnommé Marcus = le Marteau Actes 12, 1 : Et dans ce temps-là, il a jeté, Hérode le roi [= Agrippa I, mort à Césarée en 44], les mains (construction hébraïque, le verbe en tête, le sujet suit) pour faire du mal, mettre à mal, à certains, pris de (hébreu min) la communauté [chrétienne]. Il a fait mettre à mort Iaaqôb le frère de Iohanam par l'épée... On pense généralement depuis bientôt vingt siècles qu'il s'agit de Iaaqôb et de Iohanam, les fils de Zebad-iahou ou Zebad-iah (du verbe zebad, faire un cadeau).

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Matthieu 4, 21 : Et il s'est avancé en partant de là et il a vu deux autres frères, Iaaqôb le [fils] de Zebad-iahou et Iohanam, son frère... [Marc 1, 19 ; Luc 5, 10 ; etc.] C'est possible mais ce n'est pas évident ni certain. Car il existait beaucoup de Iaaqôb et de Iohanam dans ce temps-là et dans ce milieu ethnique. Actes 12, 3 : Et il a vu que c'était agréable aux Judéens et il a continué, il en a rajouté (le verbe hébreu iasaph suivi du lamed et de l'infinitif, Genèse 4, 2 ; 18, 29 ; etc.) en donnant l'ordre de faire, en faisant arrêter aussi Petros [= Rocher = araméen Keipha, hébreu tardif Keiphah (Dalman, Aramàisch-Neuhebràisches, Handwôrterbuch)]. C'étaient les jours des matzôt (pains sans levain, grec azumôn, Exode 12, 8 ; etc.) [de l'année 44]. Et il l'a fait arrêter et il l'a fait mettre en prison... Il voulait après la [fête de] pesah (transcription en caractères grecs pascha, Exode 12, 1 ; etc.) le faire monter au peuple... Les phrases hébraïques commencent toujours par et, hébreu we. Le we hébreu est traduit soit par le grec kai, soit par la particule de. Actes 12, 6 : Et lorsqu'il allait le faire venir [pour le présenter au peuple], Hérode (construction hébraïque), au cœur de cette nuit, il était, Pierre, en train de dormir entre deux soldats, attaché avec des chaînes, et des gardes devant la porte gardaient la prison... Nous sommes donc après la fête de pesah de l'année 44. Pierre se sauve de prison. Actes 12, 12 : Et il est venu à la maison de Mariam la mère de Iohanam, celui qui est surnommé Markos. Là ils étaient en bon nombre réunis et en train de prier. Et il a frappé à la porte du portail (grec tèn thuran toupulônos)...

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Après avoir raconté comment il s'était échappé de la prison, Pierre ajoute : Actes 12, 17 : « Annoncez à Iaaqôb et aux frères, tout cela. » Et il est sorti et il est allé dans un autre lieu (grec eis heteron topon). Pourquoi le compilateur final du livre des Actes ne veut-il pas nous dire quel est ce lieu ? Pourquoi le cacher ? Si le livre des Actes a été terminé en l'année 62, alors que Schaoul-Paulus était prisonnier à Rome, est-ce qu'il y avait un inconvénient, un danger à dire quel est ce lieu ? Estce que c'est Rome ? Est-ce que Pierre est parti pour Rome après la fête de pesah de l'année 44 ? Est-ce que Pierre est à Rome lorsque le rédacteur final du livre des Actes termine son ouvrage? Ou bien alors, est-ce plus simplement que le document, contemporain des événements, ne voulait pas dire où Pierre s'en est allé, après son évasion, après les fêtes de l'année 44, et que le traducteur a traduit le document tel qu'il était ? Le grec Markos est une transcription en caractères grecs du latin Marcus qui signifie le marteau. Marcus est la traduction latine de l'hébreu maqqabah ou maqqebet. Est-ce que Iohanam surnommé Marcus est un descendant de l'illustre famille des benei haschmônaïl (Cf. p. 39) Ou bien est-ce qu'il a été surnommé Maqqabah pour une autre raison ? Iohanam surnommé Markos est le neveu de Barnabas. Colossiens 4, 10 : Il vous salue, Aristarque celui qui est prisonnier de guerre avec moi, et Markos le neveu de Barnabas (construction hébraïque, le verbe en tête au singulier, plusieurs sujets)... Le grec anepsios traduit l'hébreu ben dôd, le fils de l'oncle. L'hébreu dôd désigne le frère du père, Lévitique 10, 4 : dôd aharôn, grec huious tou adelphou tou patros Aarôn ; Lévitique 20, 20 ; Lévitique 25, 49 : Ou bien son oncle ou bien le fils de son oncle, hébreu dôdô ô ben-dôdô, grec adelphos patros autou è huios adelphou patros ; 1 Samuel 10, 14 : L'oncle de Schaoul, hébreu dôdschaoul, grec ho oikeios autou... ; 1 Samuel 14, 50 : l'oncle de Schaoul, hébreu dôd schaoul, grec oikeios. 2 Rois 24, 17 ; Amos

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6, 10 ; 1 Chroniques 27, 32 : Iehonatan, l'oncle de David, hébreu dôd, grec ho patradelphos, le frère du père. Jérémie 32, 7 : Ton oncle, hébreu dôdeka, grec huios adelphou patros sou, le fils du frère de ton père. Jérémie 32, 8 : Le fils de mon oncle, hébreu ben dôdi, grec huios adelphou patros mou. Esther 2, 7 : La fille de son oncle, hébreu bat dôdo, grec thugatèr adelphou patros autou. Le grand Franz Delitzsch (1813-1890), qui a traduit tout le Nouveau Testament du grec en hébreu, et qui est maintenant avec tous les saints, traduit l'expression Markos ho anepsios Barnaba : Marc, le neveu ou le cousin de Barnabas, par : le fils de la sœur de Barnabas, ben ahôt barnaba. Comment le sait-il ? Barnabas s'appelait en réalité Joseph. Actes 4, 36 : Joseph, celui qui a été surnommé Barnabas par les envoyés, ce qui signifie en traduction le fils de la prière ou de la supplication, Lévite14, de l'île de Chypre par sa naissance... A lui était un champ. Il l'a vendu et il a apporté l'argent qu'il en a retiré (grec to chrèma, hébreu keseph ou rekousch)... Le verbe grec para-kaleô signifie appeler auprès de soi, appeler à son secours. 11 traduit le verbe hébreu naham, niphal parfait niham, avoir compassion ou pitié ; se consoler ; piel parfait niham, consoler, Isaïe 40, 1 : Nahamou nahamou ammi... grec parakaleite parakaleite ton laon mou... Ézéchiel 40, 46 : Et la salle, que sa face [est tournée vers] la route du Nord, [elle est] pour les kôhanim qui gardent la garde de l'autel des sacrifices. Eux [ce sont] les fils de Tzadôq. Ils s'approchent, pris d'entre les fils de Lewi, vers YHWH pour le servir... La transcription en caractères grecs Barnabas peut-elle recouvrir l'araméen bar nebouah, le fils de la prophétie ? Ou bien Barnabas est-il
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ha-lewi, transcription en caractères grecs leuitès, Exode 4, 14 ; etc. = de la tribu de Lewi ; isch lewy, Juges 19, 1, grec anèr leuitès ; ha-kôhanim ha-lewiim, grec tous hiereis tous leuitas, Deutéronome 17, 9 ; 17, 18 ; 18, 1 : Et il ne sera pas aux kôhanim ha-lewiim, toute la tribu de Lewi, une part et un héritage avec Israël... C'est YHWH qui sera son héritage... Deutéronome 24, 8 : ha-kôhanim ha-lewiim... Deutéronome 27, 9 : Et il a parlé, Môscheh et les kôhanim ha-lewiim à tout Israël... Observez la construction : le verbe en tête au singulier, plusieurs sujets.

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une transcription imparfaite d'un jeu de mots en araméen ou en hébreu qui nous échappe ? Nous ne voyons pas comment le traducteur de ce document a pu traduire bar-naba par « fils de la consolation ». Selon les probabilités, Joseph surnommé Barnaba était le frère du père de Iohanan surnommé Markos. Reste à savoir qui était le père de Iohanan surnommé Markos, le Marteau. Actes 12, 12 nous dit que Schimeôn, surnommé Keipha le Rocher par son Rabbi, est venu à la maison de Mariam, la mère de Iohanan surnommé Markos, où étaient réunis un bon nombre de disciples, et qu'ils étaient en train de prier. Mariam avait-elle donc une maison pour elle toute seule ? Une grande maison pour permettre de telles réunions? Pourquoi le père n'est-il pas nommé ? Dans ce milieu ethnique, c'est plutôt et en général le père qui est nommé. Le père de Iohanan était-il mort ? Mariam était-elle veuve ? Ou bien existait-il des raisons, en 62, lorsque le livre des Actes a été terminé, de ne pas nommer le père de Iohanan surnommé Markos ? Ou bien existait-il des raisons, en 44, lorsque ce document a été noté, de ne pas nommer le père de Iohanan surnommé le Marteau, le mari de Mariam ? Jean 19, 25 : Et elles se tenaient debout auprès de la croix de Ieschoua, sa mère, — et la sœur de sa mère, — Mariam, celle de Klôpa ou du Klôpa, et Mariam de Magdala. Ieschoua donc il a vu la mère (grec tèn mètera) [= sa mère] et le disciple qui se tenait debout auprès (hébreu amad, Genèse 18, 8), celui qu'il aimait. Il a dit à la mère (grec tè mètrî) : « Femme, voici ton fils. » Ensuite il a dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, il l'a prise, le disciple, dans sa maison (grec eis ta idia, hébreu el beitô, Esther 5, 10 ; 6, 12). Faut-il supposer que Mariam, celle de Klôpa, est le nom de la sœur de la mère de Ieschoua? Ou bien est-ce que Mariam, celle de Klôpa, est une Mariam distincte de la sœur de la mère de Ieschoua ? Dans ce cas-là nous

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ne connaîtrions pas le nom de la sœur de la mère de Ieschoua. La mère de Ieschoua s'appelait Mariam (Matthieu 1, 16 ; etc., Marc 6, 3 ; Luc 1, 27 ; etc.). Le nom propre Klôpa est-il la transcription en caractères grecs d'un nom hébreu, Qlopa, introuvable? Ou bien au contraire l'hébreu Qlôpa estil la transcription en caractères hébreux d'un nom grec, Klôpa, introuvable lui aussi ? Franz Delitzsch conjecturait en 1876 que Klôpas = Kleopas = Kleopatros, qui existe. Le grec klôps, génitif klôpos, signifie : voleur ; klôpeia : le vol ; klopè, le vol, le larcin ; klopeus, voleur ; klopeuô, piller. Le mot grec klopè, le vol, le larcin, traduit l'hébreu ganab, voler, dans la formule hébraïque classique, Genèse 40, 15 : Car [pour ce qui est d^ avoir été volé, j'ai été volé et pris du pays des Hébreux et même ici je n'ai rien fait... Proverbes 9, 17 : Les eaux qui ont été volées sont douces... Osée 4, 1 : Écoutez la parole de YHWH, fils d'Israël. Car un procès est à YHWH avec les habitants du pays, car il n'est pas de vérité (hébreu émet, grec alètheia) et il n'est pas de compassion, de bienveillance, de bonté (hébreu hesed, grec eleos) et il n'est pas de connaissance de Dieu dans le pays. Parjurer, et mentir, et assassiner, et voler (hébreu ganob, grec klopè), et prendre la femme d'un autre. Ils font des brèches et les sangs (hébreu damim, grec aimata, Jean 1, 3), aux sangs ils touchent... Jérémie 48, 27 : Et est-ce qu'il n'a pas été de quoi rire, pour toi, Israël ? Est-ce que c'est parmi les voleurs il a été trouvé ? Le verbe hébreu ganab, voler, signifie aussi tromper, Genèse 31, 27. Genèse 31, 20: Et il a trompé, Iaaqôb, le cœur [= l'intelligence] de Laban l'Araméen... Genèse 31, 26 : Et il a dit, Laban, à Iaaqôb : Qu'est-ce que tu as fait et pourquoi as-tu trompé mon cœur (hébreu le verbe ganab, grec eklopophoresas). Le verbe klopo-phoreô n'existe pas en grec naturel ; c'est une fabrication des traducteurs de la Bibliothèque hébraïque. Il existe en hébreu un nom propre formé à partir du verbe ganab, 1 Rois 11, 20 : Genoubat son fils... Le substantif hébreu ganab, le voleur, est traduit en grec par kleptès, Exode 22, 1 ; etc.

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Est-ce qu'il est possible de supposer que le nom propre écrit en caractères grecs Klôpa (Jean 19, 25) est en fait la transcription en caractères grecs d'un mot hébreu, qui serait lui-même la transcription en caractères hébreux d'un mot grec ? Le cas est fréquent dans l'hébreu du Ier siècle de notre ère : katègor, sunèdrion, paraklètos, etc. Il existe en hébreu du Ier siècle une transcription en caractères hébreux du nom propre grec Kleo-patra. Il existe aussi dans l'hébreu du Ier siècle un verbe qalaph, peler, être pelé, détacher, être détaché. Et dans ce cas il faudrait traduire (Jean 19, 25) : Mariam, celle du klôpa... Klôpa étant soit un surnom plus ou moins désobligeant à rencontre de celui qui est ainsi désigné, soit un terme qui signifie qu'il a perdu sa pelure... Dans les deux cas, un terme codé. Faut-il penser à quelqu'un qui aurait joué un rôle particulièrement odieux lors de la condamnation à mort du Rabbi ? Et dont on ne veut pas dire le nom ? Dans ce cas et dans cette hypothèse, on pourrait entrevoir pour quelle raison (Actes 12, 12) le nom du mari de Mariam n'est pas indiqué, si c'est bien de la même Mariam qu'il s'agit, ce qui est loin d'être sûr. Marc 15, 40: Et même elles étaient là aussi, des femmes, et elles regardaient de loin, parmi lesquelles aussi Mariam de Magdala (hébreu migdal, la tour ; migdal-el, Josué 19, 38 ; migdal-gad, Josué 15, 37 ; etc.) et Mariam la mère de Iaaqôb ha-qatan, et de Joseph (transcription grecque Iôsètos) et Schelômit (Lévitique 24, 11; 1 Chroniques 3, 19); elles qui, lorsqu'il était en Galilée, elles marchaient derrière lui et le servaient, et d'autres, nombreuses, qui étaient montées avec lui à Jérusalem... Les femmes dont parle Marc 15, 40, c'est-à-dire Jean surnommé Marcus, se tiennent au loin (grec apo makro-then, hébreu me-rahôq). Ce ne sont pas les mêmes que celles qui se tiennent auprès de... (grec para, suivi du datif, plusieurs mots hébreux parmi lesquels etzel, à côté de, Genèse 39, 15 ; 39, 16 ; 39, 18 ; 41, 3 ; etc. ; Lévitique 10, 12 ; etc.) dans le texte de Jean 19, 25. Mariam de Magdala est cependant dans les deux listes. La question de savoir qui est Mariam, la mère de Iohanan surnommé

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Marcus (Actes 12, 12), reste donc ouverte. Nous savons qu'elle avait une maison à Jérusalem et qu'en l'année 44 un bon nombre de disciples y étaient réunis pour prier. Son mari n'est pas nommé. Était-elle veuve ? Mais revenons maintenant en arrière, une durée d'environ quatorze ans, aux alentours de l'année 30. Pendant quarante jours le Rabbi s'est fait voir à ses envoyés. Il leur recommande de ne pas s'éloigner de Jérusalem. Les disciples lui demandent : « Est-ce que c'est dans ces temps-ci que tu vas restaurer, rétablir la royauté pour Israël ? » Ils n'avaient donc pas bien compris. La raison d'être du Rabbi, ce n'est pas de restaurer la royauté pour Israël, mais d'achever la Création. Le Rabbi leur répond (Actes 1, 7) : « Ce n'est pas à vous de connaître les temps et les moments que le père [= Dieu] a disposé dans sa propre puissance... » On observe que dans ce texte il n'est pas du tout question de la fin du monde. Actes 1, 12: Et alors ils sont retournés à Jérusalem en venant de la montagne qui est appelée plantation d'oliviers (grec elaiônos)... Exode 23, 11 : Ainsi tu feras pour ta vigne et ton oliveraie (hébreu lezeiteka, grec elaiôna). Ézéchiel 11, 23 : Et elle s'est levée, la gloire de YHWH, du milieu de la Ville [Jérusalem] et elle s'est tenue sur la montagne qui [est] du côté de l'Orient pour la Ville... Le targum traduit : tour zeita. Zacharie 14, 1 : Voici un jour vient pour YHWH... Et je vais rassembler toutes les nations païennes contre Jérusalem pour la guerre, et elle sera prise, la Ville, et elles seront pillées, les maisons, et les femmes seront violées. Et elle sortira, la moitié de la Ville, en déportation (hébreu ba-gôlah) et le reste du peuple ne sera pas retranché de la Ville. Et il sortira, YHWH, et il fera la guerre contre ces nations païennes... Et ils se tiendront debout, ses pieds, en ce jour-là, sur la montagne des oliviers (hébreu al har ha-zeitim, grec to oros ton elaiôn) qui est en face de Jérusalem, du côté du Levant, et elle se fendra, la montagne des oliviers, par le milieu : [une moitié vers] le Levant et [une moitié vers] la Mer [Méditerranée], une très grande vallée, et elle s'éloignera, la moitié de la

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montagne, vers le Nord, et l'autre moitié vers le Negeb... Actes 1,12 (suite) : ... qui est proche de Jérusalem, [la distance de] la route du territoire limité du schabbat (hébreu derek tehoum schabbat. Tehoum : frontière, territoire)... Et lorsqu'ils sont entrés [à Jérusalem], alors c'est dans la salle du haut qu'ils sont montés (grec to huperôon, hébreu aliiah, Juges 3, 20 ; etc. ; 2 Samuel 19, 1 ; etc.) là où ils demeuraient : Petros [= Keipha], et Iohanan [lequel ?], et Iaaqôb [lequel ?], et Andréas, Philippos et Thôma, Bartholomaios [= Bar Talmaï] et Mattitiahou, Iaaqôb [fils] de Eliphal (1 Chroniques 11, 35 ? Eliphelehou, 1 Chroniques 15, 18 ?) et Schimeôn ha-qanna (grec ho zèlôtès — celui qui est dans le front de libération de la Judée) et Iehoudah [le fils] de Iaaqôb. Ce sont ceux-ci qui étaient attachés fortement (hébreu hazaq, tous ensemble, grec homothumadon, hébreu iahedaw, Exode 19, 8, etc.) à la prière, avec les femmes et Mariam la mère de Ieschoua et avec ses frères... Autour de l'année 30 les compagnons étaient donc réunis dans une maison à Jérusalem, dans la chambre haute, la chambre qui est à l'étage supérieur (grec to huperôon, hébreu aliiah, Juges 3, 20 ; etc.). Cette maison située à Jérusalem ne serait-elle pas identique à la maison dans laquelle le Rabbi a passé sa dernière nuit avant son arrestation, et la chambre haute ne serait-elle pas la pièce où le Rabbi et ses compagnons ont fêté pesah, — cette pièce que Marc 14, 15 et Luc 22, 12 appellent dans le texte grec anagaion, mot qui n'existe pas en grec naturel, et qui traduit un mot hébreu formé à partir du verbe hébreu alah, qui signifie monter, et que traduit le verbe grec anagein ? Il est donc vraisemblable que le mot grec formé de toute pièce anagaion traduit lui aussi, tout comme huperôon, l'hébreu aliiah. Ce qui permettrait de comprendre pourquoi (Actes 1,13) celui qui est nommé aussitôt après Keipha-Petros, c'est Iohanan, avant Iaaqôb, qui est probablement le frère du Seigneur. Parce que Iohanan est le maître de maison, comme nous allons le voir.

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S'il s'agissait de Jacques et Jean, les fils de Zébédée, alors Jacques serait nommé le premier, en tête, parce qu'il est l'aîné. Matthieu 4, 21 ; 10, 2 ; 17, 1. Marc 1, 19 ; 3, 17 ; 5, 37 ; 9, 2 ; 14, 33. Luc 5, 10 ; 6, 14. Exception, Luc 8, 51 : Petron kai Iôannèn kai Iakôbon. Deuxième exception, Luc 9, 28 : Petron kai Iôannèn kai Iakôbon. L'ordre hiérarchique habituel, Marc 1, 29 ; 10, 35 ; 10, 41 ; 13, 3. Luc 9, 54. Les deux exceptions signalées, Luc 8, 51 et 9, 28 dépendent en fait des manuscrits. Certains manuscrits donnent l'ordre hiérarchique : Iakôbon kai Iôannèn, ainsi que la vieille traduction latine : Iacobum et Ioannem. Celui dont on ne veut pas dire le nom Matthieu 26, 17 : Au premier jour de la fête des matzôt (hébreu hag ha-matzôt, grec ton azumôn, Exode 23, 15 ; etc.) ils se sont approchés, les disciples, les compagnons, de Ieschoua, pour dire : « Où est-ce que tu veux que nous allions préparer pour toi [ce qui est nécessaire pour] manger le pesah (transcription en caractères grecs to pascha) ? » Et alors lui, il a dit : « Allez dans la Ville [= Jérusalem] chez Untel [que je sais, que vous savez, mais que je ne veux pas dire] (grec pros ton deina, hébreu pelôni almôni, 1 Samuel 21, 3 ; 2 Rois 6, 8 ; Ruth 4, 1) et vous lui direz : "C'est le Rabbi qui le dit : Mon temps, ou ma fin (grec ho kairos) est proche. C'est chez toi que je vais faire pesah avec mes compagnons qui apprennent avec moi..."» L'expression : faire pesah, est classique en hébreu, Exode 12, 48 ; Nombres 9, 2 ; etc. ; Deutéronome 16, 1 ; etc. Si l'Évangile de Matthieu avait été écrit, ou plus exactement produit,

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comme disent certains, au cours des années 80 ou 90, comme on nous le raconte depuis plusieurs générations, bientôt deux siècles — après bien entendu de longues traditions orales, sic —, pourquoi donc les rédacteurs inconnus de l'Évangile de Matthieu ont-ils dissimulé le nom de celui chez qui le Rabbi a voulu, selon sa propre expression, faire le pesah ? Lorsque l'on écrit l'histoire de la Résistance, plusieurs dizaines d'années après la fin de la guerre, on ne dissimule pas les noms ni les adresses des résistants qui se donnaient des rendez-vous. Par contre, si l'on écrit un billet sous l'Occupation, alors on dissimule. L'Évangile de Matthieu nous cache le nom de celui chez qui le Rabbi a voulu faire pesah, de même que l'auteur du quatrième Évangile — l'Évangile que nous appelons quatrième, par habitude, depuis des siècles — se cache et ne veut pas dire son nom. Si l'Évangile de Jean avait été composé, ou produit, au IIe siècle, comme on nous le répète depuis Baur, Strauss, Renan, Lietzman, Loisy, etc., jusqu'à nos jours, pourquoi le faussaire — pour parler comme Renan — qui a composé cet Évangile néo-platonicien, gnostique, etc., ne veut-il pas dire le nom de l'auteur supposé ? Surtout qu'au IIe siècle il était admis que l'auteur de l'Évangile que nous appelons quatrième s'appelait Iohanan. Si un faussaire au IIe siècle veut se faire passer pour Iohanan, pourquoi dissimuler le nom de celui-ci? S'il veut se faire passer pour Jean, pourquoi ne pas le nommer ? Il est bien évident que Jean, le fils de Zébédée, n'avait pas une maison à Jérusalem ; les fils de Zébédée sont nommés constamment dans les Évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc et même de Jean (21, 2). Il n'y a aucune raison dans les années 30 et suivantes de dissimuler les noms de Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Aussi sont-ils nommés constamment. Il n'en va pas de même pour l'inconnu qui avait une maison à Jérusalem et chez qui le Rabbi a voulu faire pesah pour la dernière fois. Il n'est pas nommé par Matthieu, ni par Marc, ni par Luc. Marc 14, 12 : Et au premier jour de la fête des mat-zôt, c'est le temps où ils sacrifient le pesah [l'agneau de pesah], ils lui ont dit, ses compagnons qui apprenaient avec lui : « Où veux-tu que nous allions et que nous préparions [ce qu'il faut] pour que tu puisses

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manger le pesah ? » Et alors il a envoyé deux de ses compagnons qui apprenaient avec lui et il leur a dit : « Allez dans la ville [= Jérusalem], et viendra à votre rencontre un homme qui porte une cruche d'eau. Suivez-le. Et là où il entrera, dites au maître de maison : "C'est le Rabbi qui le dit : Où est-elle, ma chambre (grec to kataluma mou, hébreu malôn, Exode 4, 24 ; ou lischkah, 1 Samuel 9, 2) où je puisse manger le pesah avec mes compagnons qui apprennent avec moi ?" Et c'est luimême qui vous montrera une chambre haute (grec anagaios) qui est au-dessus du sol (n'existe pas en grec naturel, hébreu aliiah, le même mot que Actes 1, 13, deux traductions différentes), grande, avec les lits [pour manger], et préparée. Et c'est là que vous préparerez pour nous. » Et ils sont sortis, les compagnons qui apprenaient avec lui, et ils sont entrés dans la Ville et ils ont trouvé [tout] comme il leur avait dit et ils ont préparé [la fête dé] pesah... L'Évangile publié sous l'autorité juridique (grec kata, hébreu al pi) de Iohanan surnommé Markos, ne donne pas non plus le nom de l'inconnu chez qui les disciples sont allés préparer pesah. Pourtant il connaissait ce nom, puisqu'ils ont passé une partie de la nuit chez l'inconnu. Même remarque que pour Matthieu : si ces textes avaient été écrits une cinquantaine d'années après les événements, il n'y avait pas de raison de dissimuler le nom de l'inconnu chez qui les disciples ont mangé pesah. Tandis que si nous sommes en pleine période de terreur et de persécution, il y a des raisons. Non seulement il y avait des raisons à cause de l'inconnu, qui est en danger. Mais peut-être aussi à cause des frères et des sœurs de la première communauté chrétienne de Jérusalem, dans les années 30 et suivantes. Car l'inconnu était peut-être un personnage redoutable. C'est ce que nous aurons à examiner. Le Rabbi avait convenu d'un code avec l'inconnu : l'homme qui vient à la rencontre des compagnons et qui porte une cruche d'eau. L'inconnu et le Rabbi se connaissaient.

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Le Rabbi donne des ordres à l'inconnu. Il lui ordonne de préparer une grande pièce à l'étage pour que lui-même et ses compagnons puissent manger pesah. Cela est d'autant plus étonnant que, nous allons le voir, l'inconnu avait un autre calendrier que les Galiléens et leur Rabbi, et que pour lui, l'inconnu, la fête de pesah, ce n'était pas ce jeudi soir, mais le lendemain, le vendredi soir. Luc 22, 7 : Et il est venu, le jour des matzôt, dans lequel il allait être sacrifié [l'agneau de] pesah. Et il a envoyé Petros [= Keipha] et Iohanan [probablement l'un des fils de Zebad-iah, le frère de Iaaqôb] pour dire : « Allez et préparez pour nous le pesah afin que nous puissions manger. » Et alors eux ils lui ont dit : « Où veux-tu que nous préparions ? » Et lui il leur a dit : « Voici lorsque vous entrerez dans la Ville, alors viendra à votre rencontre un homme qui porte une cruche d'eau. Suivez-le dans la maison dans laquelle il entrera. Et vous direz au maître de la maison : "Ainsi il te parle le Rabbi : Où est-elle la chambre (grec kataluma, hébreu malôn ou lischkah) où je vais pouvoir manger le pesah avec mes compagnons qui apprennent avec moi ?" Et c'est lui qui vous montrera une chambre haute (grec anagaios, n'existe pas en grec naturel, hébreu aliiah), grande, couverte de tapis. C'est là que vous ferez les préparatifs. » Alors ils sont partis et ils ont trouvé [tout] comme il leur avait dit et ils ont préparé \z pesah... L'Évangile publié sous l'autorité de Luc = Iaïr non plus ne donne pas le nom de l'inconnu chez qui les compagnons vont préparer la fête de pesah. Même observation que pour Matthieu et Marc : si Évangile de Luc avait été composé, comme on nous le raconte depuis des générations, autour de l'année 80, c'est-à-dire 50 ans après les événements, pourquoi donc dissimuler le nom de celui chez qui le Rabbi et ses compagnons ont fêté la dernière fête de pesah ? Si, par contre, l'Évangile de Luc est la traduction littérale et mot à mot d'un dossier de notes prises en hébreu, et si cette traduction a été faite aussitôt après les événements, dans les années 30 et suivantes, pour être

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expédiée ou portée aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la dispersion dans les pays de langue grecque, qui pratiquaient la traduction grecque de la sainte Bibliothèque hébraïque, dite des LXX, alors on conçoit que le traducteur n'ait pas nommé l'inconnu chez qui le Rabbi et ses compagnons ont passé la dernière nuit. Il était en danger de mort. Et il était peut-être un personnage redoutable pour les frères et les sœurs de la petite communauté chrétienne naissante. L'Évangile attribué depuis des siècles à Jean [lequel ?] ne rapporte pas cet épisode, évidemment, puisque Jean-Iohanan n'était pas avec les Galiléens lorsque le Rabbi leur a ordonné d'aller préparer pesah à Jérusalem. Iohanan était à Jérusalem. C'est chez lui que le Rabbi et les compagnons galiléens sont venus manger pesah lors de la dernière nuit. Jean 13, 1 : Et avant la fête de pesah (hébreu hag ha-pesah), il a connu, Ieschoua, qu'elle était venue son heure que (hébreu ascher, grec hina) il passe de ce monde de la durée présente (hébreu minha-ôlam hazeh) [pour aller] vers son père... Et il y a eu un repas... Jean ne dit pas que c'était un repas de pesah. Il dit au contraire que c'était avant la fête de pesah. Nous allons voir pourquoi. La question est de savoir si — cette maison de Jérusalem dans laquelle les compagnons du Rabbi ont passé la dernière nuit, celle de l'arrestation (Matthieu 26, 17; Marc 14, 12; Luc 22, 7; Jean 13, 1), — la maison dans laquelle les disciples se réunissent, avec Mariam et les autres femmes (Actes 1, 12), — et la maison dans laquelle Petros-Keipha est venu lorsqu'il s'est sauvé de la prison où l'avait jeté Hérode-Agrippa, la maison de Mariam la mère de Iohanan, celui qui est surnommé Markos (Actes 12, 12), la question est de savoir si ce sont trois maisons différentes à Jérusalem, ou bien si c'est une seule et même maison, La question est de savoir si le Iohanan du quatrième Évangile, le Iohanan surnommé Marcus le Marteau, et le Iohanan de l'Apocalyse, sont un, deux, ou trois.

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Retour à Iohanan surnommé Marcus Souvenons-nous que vers l'année 41 ou 42, le roi Hérode Agrippa I a enlevé le suprême pontificat à Schimeôn Canthèras et l'a proposé à Ionatan fils de Hanan, qui avait déjà été grand prêtre en 36-37. Or Ionatan fils de Hanan a refusé l'offre qui lui était faite par le roi Hérode Agrippa I. Sur le conseil de Ionatan, le roi Hérode Agrippa donne le haut pontificat à Matthias, le frère de Ionatan (Antiquités XIX, 313; cf. p. 165). Nous ne connaissons pas les raisons pour lesquelles Ionatan fils de Hanan a refusé de devenir une seconde fois kôhen ha-gadôl. Le premier voyage missionnaire de Paul commence peut-être au printemps de l'année 44, aussitôt après la mort du roi Hérode Agrippa I. Actes 12, 24 : Et c'est la parole de Dieu qui portait fruit et qui devenait nombreuse, qui se multipliait... Traduction littérale de Genèse 1, 22 : Et il les a bénis, Dieu, pour dire : Fructifiez, portez fruit (hébreu parah, être fécond, grec auxanein) et devenez nombreux (hébreu rabah, être nombreux, devenir nombreux, grec plèthunô) et remplissez les eaux dans les mers et que l'Oiseau se multiplie sur la terre... Genèse 1, 28 : Et il les a bénis, Dieu, et il leur a dit, Dieu: Soyez féconds, fructifiez (hébreu perou, grec auxanesthé) et devenez nombreux (hébreu rebou, grec plèthunesthe) et remplissez la terre... Genèse 8, 17 ; 9, 1;9, 7; 17, 6; 17, 20; etc. Les mêmes verbes hébreux, les mêmes verbes grecs pour les traduire. Le lexique hébreu-grec est constant. Actes 12, 25 : Et quant à Barnaba et à Schaoul, ils sont retournés à Jérusalem, — selon nombre de manuscrits, — hors de Jérusalem, ils sont partis de Jérusalem (grec ek ou apo) ils sont retournés à Antioche, selon nombre d'autres manuscrits (grec eis).

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Étant donné que le choix des manuscrits ne se fait pas au suffrage universel, la question reste ouverte de savoir si Barnaba et Schaoul sont retournés à Jérusalem, ou au contraire s'ils ont quitté Jérusalem pour aller à Antioche. On observe que Barnaba est en tête, ce qui indique l'antiquité du document. Actes 12, 25 (suite) : Ils ont rempli le service (grec diakonia, hébreu scharai) devant la face de YHWH. 1 Samuel 2, 18, le service des kôhanim, service de Dieu, Isaïe 61, 6 ; le service des Lévites et des kôhanim, Jérémie 33, 21 ; 33, 22 ; le service du grand prêtre, Aharôn, Exode 28, 35 ; 29, 26 ; 30, 20 ; etc. Exode 28, 43, le service dans le Temple ; Exode 29, 30 ; 35, 19, etc. Ézéchiel 44, 27 ; 43, 4 ; 45, 5, etc. Le verbe grec plèroô, remplir, traduit le verbe hébreu malé, hiphil mille, remplir. Et ils ont pris avec eux Iohanan, celui qui est surnommé Marcus... II est donc vraisemblable que Barnaba, Schaoul et Iohanan surnommé Marcus ont quitté Jérusalem après les fêtes de pesah et sont allés à Antioche. Ceux qui faisaient le service dans le Temple de Jérusalem, c'étaient les kôhanim et les Lévites. Actes 13, 1 : Et ils étaient à Antioche, dans la communauté (grec ekklèsia, hébreu qehilah) [= la communauté chrétienne] qui s'y trouvait, des prophètes (hébreu nebiim) et des hommes qui enseignaient (grec didaskaloi, hébreu le verbe lamed)... Le verbe lamed, kal parfait lamad, apprendre ; piel parfait limmad, enseigner ; limmoud, l'élève, celui qui reçoit l'enseignement, Isaïe 8, 16 ; talmid, celui qui reçoit l'enseignement, celui qui apprend, 1 Chroniques 25, 8, grec manthanontôn ; hébreu tardif limmoud, apprendre ; talmoud, l'enseignement ; c'est l'hébreu talmid qui a été traduit en grec par mathètès et en latin par discipulus, en français par « disciple ». Le grec mathètès traduit l'hébreu alouph, Jérémie 13, 21. La racine lamed ou lamad à

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l'origine signifie : piquer ; malmad ou malmed ha-baqar, celui qui pique les bêtes du troupeau de gros bétail, Juges 3, 31. De l'idée de piquer le bétail — pour le faire avancer —, on est passé à l'idée d'enseigner... Actes 13, 1 (suite): ... et Barnaba [Joseph surnommé], et Schimeôn surnommé Niger [le noir], et Loukios celui qui est de Cyrène... Loukios est la transcription en caractères grecs du latin Lucius. Le latin Lucius est la traduction de l'hébreu laïr, YHWH illumine, Nombres 32, 41, transcription en caractères grecs laïr; Deutéronome 3, 14; Josué 13, 30; 1 Rois 4, 13 ; 1 Chroniques 2, 22; Juges 10, 3; Esther 2, 5, transcription en caractères grecs Iaïros, ou Iaeiros. Marc 5, 22 : Et il est venu, l'un des chefs de la maison de réunion, grec archi-sunagôgos, hébreu rôsch ha-keneset, et son nom c'est Iaïros = laïr... Luc 8, 41 : Et voici est venu un homme, et son nom c'est Iaïros. Et celui-ci il était le chef d'une maison de réunion... Dans Tune de ses lettres (Colossiens 4, 14), on lit : « Il vous salue, Loukas ho IATROS, le bien-aimé, et Dèmas... » Le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets : construction hébraïque. Schaoul-Paul donne tout d'abord la traduction en latin du nom de laïr = Loukas. Puis, comme il le fait souvent, il donne la transcription en caractères grecs du nom propre hébreu : laïr = IAÏROS. Un scribe a lu IATROS. D'où la pieuse légende selon laquelle Luc était un médecin, et un païen très distingué, un fin helléniste, — enfin un païen ! Ce n'est vraiment pas de chance. Saint Luc n'est pas un goï, un païen. Il n'est pas non plus l'helléniste distingué tant vanté. Il suffit de lire l'Évangile de Luc à partir du verset 5, dans son texte grec, pour voir immédiatement que c'est de l'hébreu tout cru, traduit littéralement et mot à mot en grec, selon les méthodes traditionnelles. Mais nous concédons volontiers — maigre consolation — que les premiers versets de l'Évangile de Luc pourraient avoir été écrits directement en langue grecque. Ce n'est pas sûr mais c'est possible. Le célèbre prologue de quatre versets de l'Évangile de Luc, qui lui a valu sa réputation d'helléniste distingué, ressemble étonnamment aux premières lignes de l’Histoire de la guerre

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des Judéens contre les Romains de Joseph surnommé tardivement Flavius. Et réciproquement. Il devait y avoir un modèle pour les entrées en matière, dans ce milieu et dans ce temps-là. Luc-Iaïr était peut-être bilingue et donc traducteur, comme Iohanan surnommé Markos. Paul, lettre à Philémon 23 : Il vous salue (verbe au singulier, plusieurs sujets) Epaphras, prisonnier avec moi dans le Maschiah Ies-choua, Markos, Aristarchos, Dèmas, Loukas, mes collaborateurs (grec sunergoi, le terme technique qui désigne le traducteur, comme chez Joseph surnommé Flavius). D'ailleurs Luc n'est pas l'auteur, au sens moderne, contemporain, de ce terme, de l'Évangile qui porte son nom ni du livre des Actes des Envoyés. Luc est celui qui est responsable de l'authenticité et de la vérité des documents réunis, rassemblés et traduits de l'hébreu en grec, dans l'Évangile qui porte son nom dans les manuscrits. Il est peut-être responsable de l'authenticité et de la vérité des documents cousus bout à bout et traduits eux aussi, en grande partie, de l'hébreu en grec, et qui constituent le livre des Actes ou des Actions des Envoyés. Mais il n'est pas à proprement parler l'auteur. Personne ne sait qui a pris les notes qui ont constitué le dossier traduit en grec sous l'autorité et la responsabilité juridique de Iaïr = Luc. Personne ne sait qui a fait les traductions. Actes 13, 1 (suite): ... Menahem [le consolateur], qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque [= Hérode Antipas, né en — 4, mort en + 39], et Schaoul [surnommé ha-qatan, latin paulus, pour le distinguer de Schaoul le Grand, roi d'Israël]. Pendant qu'ils faisaient le service sacré pour le Seigneur, et pendant qu'ils jeûnaient, il a dit, l'Esprit saint : « Mettez à part pour moi Barnaba et Schaoul pour l'œuvre, le travail, l'action (grec ergon, hébreu probable melaakah, ou abôdah) pour laquelle je les ai appelés [ou convoqués]. Alors ils ont jeûné et ils ont prié et ils ont posé les mains sur eux et ils les ont envoyés... Actes 13, 4 : Et alors eux ils ont été envoyés (hébreu schalah, Genèse 24, 54 ; 24, 56 ; 24, 59 ; etc.) par le Saint-Esprit, et ils sont

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descendus à Séleucie, et à partir de là ils se sont embarqués et ils ont fait voile vers 111e de Chypre. Et lorsqu'ils sont arrivés à Salamine, ils ont annoncé la parole de Dieu dans les maisons de réunion des Judéens. Et il était avec eux, aussi, Iohanan, comme assistant (grec hupèretès, rameur, matelot, homme d'équipage, hébreu tardif hazan, Matthieu 5, 25 ; 26, 58 ; Marc 14, 54 ; Luc 1, 2 ; 4, 20 ; Actes 5, 22 ; Jean 7, 32 ; 18, 3 ; etc.) Il est vraisemblable que Iohanan était là pour les assister, les aider, parce qu'il fallait faire passer en grec le message, à l'intérieur de communautés judéennes dont la langue quotidienne était le grec. Iohanan était probablement bilingue. Actes 13, 6 : Et ils ont traversé toute l'île jusqu'à Paphos... Actes 13, 9 : Et Schaoul qui s'appelle aussi Paulus, rempli du SaintEsprit... Le rédacteur de ce document estime utile de nous signaler que Schaoul était surnommé Paulus, le Petit (hébreu ha-qatan). Signe de l'antiquité du document. Ce n'est pas en 62, ni plus tard, qu'il était utile de noter que Schaoul est surnommé Paulus. Actes 13, 13 : Ils se sont embarqués en partant de Paphos [dans l'île de Chypre], les compagnons de Paul, et ils sont arrivés à Pergé de la Pamphylie. Et Iohanan s'est séparé d'eux et il est retourné à Jérusalem. Mais eux ils ont continué à traverser le pays en partant de Pergé et ils sont parvenus à Antioche de Pisidie. Et ils sont entrés dans la maison de réunion (grec sunagôgè, hébreu beit ha-kenesef) au jour du schabbat et ils se sont assis. Et après la lecture de la Torah et des prophètes, ils ont envoyé, les chefs de la maison de réunion, [quelqu'un] vers eux pour dire : « Frères, s'il est à vous une parole d'exhortation pour le peuple, parlez... » Barnaba, Joseph surnommé Barnaba, et Schaoul surnommé Paulus,

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sont revenus à Antioche de Syrie, peut-être en l'année 47. Ils y ont passé un certain temps (Actes 14, 28). C'est alors que le livre des Actes situe la grande crise qui va secouer la jeune communauté chrétienne : Actes 15, 1 : Et certains sont descendus de la Judée et ils enseignaient aux frères [aux nouveaux venus du paganisme] : « Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume, l'usage de Môscheh, vous ne pouvez pas être sauvés. » Et alors il y a eu une controverse (hébreu possible rib) et une recherche, une enquête théologique à partir des Saintes Écritures (hébreu possible midrasch) — qui n'a pas été petite pour Paul et pour Barnaba [Paul en tête] —, contre eux [contre ceux qui soutenaient que les frères issus du paganisme devaient se faire circoncire]. Ils ont décidé qu'ils monteraient, Paul et Barnaba et certains autres pris parmi eux [ceux qui exigeaient la circoncision], pour aller vers les envoyés et les anciens à Jérusalem, au sujet de cette question qui était l'objet de recherche. Ceux qui ont été envoyés par la communauté [chrétienne d'Antioche] ont traversé la Phénicie et la Samarie. Ils ont raconté le retour [à Dieu] (grec epistrophèn, hébreu possible teschoubah) des goïm, des païens et ils ont fait une grande joie à tous les frères. Lorsqu'ils sont arrivés à Jérusalem, ils ont été reçus par la communauté [chrétienne] et par les envoyés et les anciens. Et ils ont annoncé tout ce que Dieu a fait pour eux, par leur main... On observe la métaphysique de l'action qui s'exprime ici et qui sera constamment formulée par Paul : C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et l'agir. L'action créatrice de Dieu utilise l'agir créé de l'homme qui coopère librement. Actes 15, 5 : Et alors ils se sont levés certains qui étaient issus de l'école de pensée (hébreu airesis) des perouschim et qui ont été certains de la vérité [du maschiah Ieschoua]. Et ils ont dit : « Il convient de les faire circoncire [les frères nouveaux venus du paganisme] et de leur recommander de garder la Torah de

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Môscheh... » Les naturalistes connaissent bien ces phénomènes de métamorphose étudiés depuis l'Antiquité. Des systèmes biologiques se forment et naissent dans un état qui n'est pas définitif et qui va subir des transformations, des mues. Ces mutations sont souvent brusques. Elles sont à la fois morphologiques et physiologiques. L'histoire humaine est de l'histoire naturelle, encore. Elle n'est pas seulement de l'histoire naturelle qui se continue. Mais elle est aussi de l'histoire naturelle ; et dans nombre de cas, pour bien la comprendre, il faut étudier l'histoire naturelle antérieure, c'est-à-dire les méthodes de la Création utilisées antérieurement à l'apparition de l'homme. C'est-à-dire que le théologien a intérêt à étudier l'histoire naturelle, puisqu'unique est le Créateur de la nature et de da grâce. Dans l'histoire du peuple hébreu, qui n'est pas un peuple préexistant, choisi arbitrairement parmi d'autres peuples préexistants, mais une nouvelle souche, une nouvelle étape dans l'histoire de la Création, un nouveau phylum, comme disent les zoologistes, un nouveau groupe zoologique, un peuple germinal, des législations se sont accumulées pendant des siècles, que l'on redécouvre comme des stratifications dans les livres qui les contiennent, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome. Ces législations ont eu une fonction, une raison d'être. Il arrive un moment où certaines de ces législations constituent un obstacle, lorsque les goïm entrent dans l'économie du monothéisme hébreu. Jusquelà, — jusque vers l'année 36 —, le monothéisme hébreu était concentré à l'intérieur d'un peuple, le peuple hébreu. A partir de l'année 36, après la mise à mort de Stephanos-la Couronne, le monothéisme hébreu passe aux nations païennes : Actes 11, 19: Et ceux qui avaient été dispersés à cause de la persécution survenue à propos de Stephanos, ils sont passés jusqu'en Phénicie, et l'île de Chypre et Antioche. A personne ils n'ont dit la parole, si ce n'est seulement aux Judéens. Mais ils étaient quelques-uns d'entre eux, des hommes qui venaient de l'île de Chypre et de Cyrène, qui sont venus à Antioche, et ils ont

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parlé aussi aux Grecs. Ils ont annoncé l'heureuse nouvelle du Seigneur Ieschoua. Et elle était, la main de YHWH, avec eux. Il a été grand le nombre de ceux qui ont été certains de la vérité [du maschiah Ieschoua] et ils ont fait retour vers le Seigneur. Et elle a été entendue, la parole, dans les oreilles de la communauté qui était à Jérusalem, à leur sujet, et ils [= les frères de la communauté de Jérusalem] ont envoyé Barnaba jusqu'à Antioche. Lorsqu'il est arrivé [à Antioche] il a vu la grâce de Dieu, et il s'est réjoui... Et il est sorti et il est allé à Tarse pour aller chercher Schaoul [qui n'est pas encore surnommé Paulus dans ce document plus ancien]. Et il l'a trouvé et il l'a amené à Antioche... C'est alors qu'ils ont été appelés [par moquerie?] pour la première fois à Antioche, les disciples : christianous (hébreu possible meschihim...) Pierre, dans une lettre réputée apocryphe depuis F.C. Baur et l'école de Tùbingen, dit qu'il ne faut pas avoir honte de ce nom qui est peut-être un sobriquet (cf. p. 189) : 1 Pierre 1, 15 : Que personne d'entre vous ne souffre comme assassin ou voleur ou malfaiteur. Mais si c'est comme christianos, qu'il n'en ait pas honte. Qu'il glorifie Dieu dans ce nom... Le monothéisme hébreu est donc passé spontanément chez les païens. Cela n'était apparemment pas prévu par la première communauté chrétienne, malgré ce qu'avait dit le Rabbi : Matthieu 12, 39 : Une génération mauvaise et infidèle, c'est un signe qu'elle recherche. Et un signe, il ne lui en sera pas donné, si ce n'est le signe de Ionah le prophète... Un commentateur a introduit ici, après ce propos du Rabbi, un commentaire qui prouve qu'il écrit avant la réalisation du signe de Ionah . Matthieu 16, 4 : Une génération mauvaise et infidèle, c'est un signe qu'elle réclame ou recherche, et un signe, il ne lui en sera pas

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donné, si ce n'est le signe de Ionah . Pas de commentaire. Luc 11, 29 : Cette génération présente est une génération mauvaise. C'est un signe qu'elle recherche, et un signe ne lui sera pas donné si ce n'est le signe de Ionah ... Suit un commentaire qui prouve que le commentateur écrit avant la réalisation du signe de Ionah . Il suffit en effet de lire le livre de Ionah pour voir qu'il s'agit d'un prophète hébreu qui est envoyé par YHWH pour porter la parole de Dieu dans la capitale du paganisme, qui était, dans le conte de Jonas, Ninive, détruite au mois d'août de l'année 612 avant notre ère, par les Babyloniens, les Mèdes et les Scythes, bien avant la composition de ce conte théologique et prophétique. Lorsque le Rabbi fait allusion au prophète Ionah , la capitale du paganisme, c'est Rome. La parole de Dieu est portée à Rome spontanément dans les années 30, après les fêtes de cette année-là. Le problème qui s'imposait à la plus ancienne communauté chrétienne de Jérusalem était donc de savoir s'il faut imposer aux frères et aux sœurs venus du paganisme la totalité des législations accumulées depuis des siècles à l'intérieur du peuple hébreu, ou bien s'il faut lever quelques barrières. C'était un problème métaphysique extrêmement difficile. Si aujourd'hui vous demandez à la chrysalide si elle veut devenir papillon, et si vous faites un sondage d'opinion, comme cela se pratique constamment dans les nations modernes qui se disent elles-mêmes civilisées, vous avez de bonnes chances d'obtenir une réponse négative. Et pourtant la chrysalide est programmée, par création, pour devenir papillon. Actes 15, 6 : Et alors ils se sont réunis, les envoyés et les anciens pour examiner cette affaire (cette parole, hébreu ha-dabar ha-zeh). Et elle a été abondante la recherche (grec zètèsis, hébreu le substantif formé à partir du verbe darasch, scruter les Saintes Écritures). Et il s'est levé Petros [= Keipha le Rocher] et il leur a

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dit : « Frères, vous-mêmes vous savez bien que depuis les premiers jours, parmi vous, au milieu de vous, il a choisi, Dieu [ou, selon d'autres manuscrits : au milieu de nous il a choisi, Dieu...] par ma bouche, qu'ils entendent, les goïm, la parole de l'heureuse annonce et qu'ils parviennent à la certitude de la vérité. Et Dieu qui connaît les secrets des cœurs, il a été témoin en leur faveur, puisqu'il leur a donné l'Esprit saint, tout comme à nous. Et il n'a fait aucune différence entre nous et eux [les goïm], puisque par la certitude de la vérité (grec pistis, hébreu emounah) il a purifié leurs cœurs. Et alors maintenant (hébreu we-attah) pourquoi est-ce que vous voulez mettre Dieu à l'épreuve (le verbe hébreu nasah, piel nissah, grec peirazein) en posant un joug sur le cou des disciples [des nouveaux disciples venus du paganisme], joug que ni nos pères ni nousmêmes n'avons eu la force de porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Ieschoua que nous sommes certains que nous sommes sauvés, de la même manière qu'eux [les frères venus du paganisme]... Actes 15, 12: Et alors ils ont fait silence, toute la foule [de ceux qui étaient réunis] et ils ont écouté Barnaba et Paul [Barnaba en tête] qui ont raconté tout ce qu'il avait fait, Dieu, signes et prodiges (grec sèmeia kai terata, hébreu ha-ôtôt we-ha-môphetim, Exode 7, 3 ; etc.) parmi les goïm, par leurs mains... Observer la métaphysique de l'action : C'est Dieu qui opère par la main de l'homme qui coopère. Actes 15, 13 : Et après qu'ils ont fait silence, il a répondu, Iaaqôb, et il a dit (la vieille expression hébraïque : wa-iiaan... wa-iiômer que l'on retrouve des milliers de fois dans la Bibliothèque hébraïque)... Le Iaaqôb dont il est question ici est le patron de la petite communauté chrétienne de Jérusalem, celui qui est appelé ho adelphos tou kuriou, le frère du Seigneur (Paul, lettre aux Galates 1, 19), celui qui a été mis à mort en l'année 62 par ordre de Hanan, fils de Hanan, et donc frère

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de Ionatan (cf. p. 90). Paul fait peut-être allusion à cette réunion de la communauté chrétienne de Jérusalem dans sa lettre adressée aux communautés chrétiennes de la Galatie. Dans cette lettre, Paul écrit : Galates 1, 11 : Je vous le fais savoir, frères : l'heureuse annonce qui a été annoncée par moi, elle ne vient pas de la bouche de l'homme (grec kata anthrô-pon, hébreu al-pi ou le-pi adam). Car moi je ne l'ai pas reçue de l'homme (hébreu me-adam), et je ne l'ai pas apprise de l'homme, mais c'est par une révélation (grec di'apokalupseôs) de Ieschoua ha-maschiah... Galates 1, 18 : Et puis ensuite, au bout de trois années, je suis monté à Jérusalem pour m'entretenir avec Keipha et je suis resté chez lui quinze jours. Un autre des envoyés, je n'en ai pas vu, si ce n'est Iaaqôb le frère du Seigneur... Galates 2, 1 : Et puis ensuite au bout de quatorze années de nouveau je suis monté à Jérusalem avec Barnaba... J'avais pris avec moi aussi Titus. Et je suis monté sur la bouche de, sur l'ordre de, à cause d'une révélation (grec kata apokalupsin, hébreu possible alpi). Et je leur ai exposé [aux frères de la communauté de Jérusalem] l'heureuse annonce que j'annonce parmi les goïm, et en particulier à ceux qui passent pour [être les patrons de la communauté], pour savoir si c'est en vain que je cours et que j'ai couru. Eh bien ! même Titus qui était avec moi, et qui était Grec, il n'a pas été contraint de se faire circoncire... Et de la part de ceux qui passent pour être quelque chose, ou qui estiment qu'ils sont quelque chose [= les patrons] — ce qu'ils étaient m'est égal, la face de l'homme, Dieu ne la relève pas (la vieille expression hébraïque nasa panim, relever la face du suppliant pour lui accorder une faveur, Genèse 32, 21 ; etc. Lévi-tique 19, 15 ; etc.). Et à moi ceux qui passent pour [être les patrons], ils n'ont rien ajouté en plus.

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Mais bien au contraire ils ont vu que Dieu m'a confié l'heureuse annonce du prépuce (grec tes akrobustias, hébreu arelah, Genèse 17, 11 ; etc.) tout comme Petros [s'est vu confier l'annonce] de la circoncision (grec tes péritoines, hébreu moulah, Exode 4, 26), car celui qui opère dans Petros pour la mission de la circoncision, il a opéré aussi en moi pour [la mission] vers les goïm. Et ils ont connu la grâce qui m'a été donnée à moi, Iaaqôb et Keipha et Iohanan, ceux qui passent pour, ou qui estiment, être les colonnes, c'est la main droite qu'ils m'ont donnée à moi et à Barnaba, pour nous confier le dépôt (grec koinônias, hébreu tesou-met-iad, Lévitique 5, 21), ce que l'on remet dans la main, afin que nous, [nous allions] vers les goïm, et eux vers la circoncision... Iaaqôb, c'est celui qui est appelé par Paul (Galates 1, 19) le frère du Seigneur. Keipha, c'est Schimeôn, fils de Iohanan ou de Ionah, selon les manuscrits, surnommé Keipha par son Rabbi, ce qui donne en traduction grecque Petros, le Rocher (Jean 1, 42). Paul appelle généralement ce dernier par son surnom en hébreu ou en araméen (1 Corinthiens 1, 12; 3, 22; 9, 5 ; 15, 5 ; etc.). Quant à Iohanan (Galates 2, 9), c'est celui que nous cherchons, l'une des trois colonnes de la plus ancienne communauté chrétienne de Jérusalem. Le deuxième voyage missionnaire de Paul commence peut-être autour de l'année 49 ou 50, au printemps probablement. La chronologie est incertaine et approximative. Actes 15, 36 : Et après des jours, il a dit, en s'adressant à Barnaba, Paulus : « Retournons et allons visiter les frères dans chaque ville dans lesquelles nous avons annoncé la parole de YHWH [pour savoir] comment ils vont. » Et Barnaba, il voulait prendre avec eux aussi Iohanan, celui qui est appelé Markos. Mais Paul, il estimait que celui qui s'était séparé d'eux depuis la Pamphylie et qui n'avait pas marché avec eux pour

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le travail, il était d'avis de ne pas le prendre avec eux, celui-là. Il y a eu une colère (grec paroxusmos, hébreu qetzeph, Deutéronome 29, 27) telle qu'ils se sont séparés chacun d'avec son compagnon. Et Barnaba il a pris avec lui Markos et il a fait voile vers l'île de Chypre... On connaît l'itinéraire de Paul et de ses compagnons. Mais on ne sait pas, le livre des Actions des Envoyés ne rapporte pas, où sont allés Barnaba et Iohanan surnommé Markos. La question est de savoir si Barnaba et Iohanan surnommé Markos ne sont pas allés en Asie mineure, à Éphèse, et si ce ne sont pas eux qui ont annoncé la nouvelle aux communautés judéennes d'Asie mineure : à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. La question est de savoir si Iohanan surnommé Markos, et Iohanan de l'Apocalypse, sont deux individus ou un seul individu. Pourquoi donc le livre des Actes ou des Actions des Envoyés (hébreu maasei ha-schelihim) ne rapporte-t-il pas la suite de l'itinéraire de Joseph surnommé Barnaba et de Iohanan surnommé Markos ? Ceux qui ont pris des notes, qui ont été intégrées dans le livre des Actes, accompagnaient Paul. Et nous n'avons pas de document concernant le voyage de Joseph surnommé Barnaba et de Iohanan surnommé Marcus ou Markos. A partir de maintenant, le livre des Actes est l'histoire de Paul. Le deuxième voyage de Paul part d'Antioche en Syrie. Paul et ses compagnons traversent la Syrie et la Cilicie. Ils retrouvent les villes de Derbé et de Lystre où, dans les années 44 et suivantes, Paul avait semé la semence et engendré des communautés chrétiennes. C'est à Lystre que Paul prend avec lui Timotheos, fils d'une femme judéenne et d'un père grec. Il était probablement bilingue et va servir de traducteur à Paul. Ensuite Paul et ses compagnons ont traversé la Phrygie et le pays des Galates. Actes 16, 6 : Ils ont été empêchés par le Saint-Esprit de parler la parole en Asie [= Asie mineure : Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Lao-dicée], les villes auxquelles Iohanan adresse les lettres qui ouvrent l'Apocalypse.

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Il est permis de se demander si le motif de cet empêchement n'est pas précisément le fait que Joseph surnommé Barnaba et Iohanan surnommé Marcus étaient en ce moment même en train de semer la nouvelle semence en Asie mineure. Actes 16, 7 : Et alors ils sont allés en Mysie et ils ont tenté d'aller en Bithynie, et il n'a pas permis l'esprit de Ieschoua. Et ils ont traversé la Mysie et ils sont descendus en Troade... Vers la fin de son second voyage missionnaire, depuis le printemps de l'année 50 jusqu'à l'automne de l'année 51, Paul séjourne à Corinthe. Gallion était alors proconsul (grec anthhupatos) de l'Achaïe (Actes 18, 12). Gallion est nommé dans une inscription de Delphes de 51-52. Paul s'embarque pour la Syrie (Actes 18, 18). Il arrive à Éphèse, sans doute en 51 (Actes 18, 19). Il entre dans la maison de réunion et il discute avec les Judéens. Ils lui demandent de rester plus longtemps, mais il ne l'a pas voulu. Il leur a dit : « Il m'incombe de faire (grec poièsai, le verbe hébreu asah) la fête qui vient à Jérusalem. Mais de nouveau je reviendrai chez vous, si Dieu le veut. » Et il est parti d'Éphèse. Et il est descendu à Césarée, et puis il est monté [à Jérusalem ?] et il a salué la communauté. Et puis il est descendu à Antioche. Le troisième voyage de Paul commence sans doute au printemps de l'année 52. Il séjourne à Éphèse entre 52 ou 53 et le printemps, de l'armée 56 (Actes, 19, 1). Il est de retour à Jérusalem, peut-être pour la Pentecôte de l'année 57 (Actes 21, 17). Puis il est arrêté (Actes 21, 27). Félix était alors gouverneur de la Judée, 52-60. Ionatan, le fils de Hanan, a été assassiné par ordre de Félix vers l'année 55 {Guerre II, 256 ; Antiquités XX, 160). Le livre des Actes ne parle pas de cet assassinat. Cela ne le concernait pas, dira-t-on. Ce n'est pas si sûr. Iohanan ha-kôhen ha-gadôl Le plus ancien document qui soit à notre disposition pour connaître le

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nom de celui qui se cache dans l'Évangile que nous avons l'habitude d'appeler quatrième, c'est une lettre de Polycrate, évêque d'Éphèse, adressée à Victor, évêque de Rome entre 189 et 198 ou 199, lettre citée deux fois par Eusèbe, évêque de Césarée, Histoire de l'Église III, 31 : Et en Asie ce sont des grands stoicheia15 qui sont couchés16... ... Ils se relèveront au jour ultérieur de la présence (grec parousia) du Seigneur, lorsqu'il viendra avec gloire des cieux et qu'il recherchera (grec anazètèsei), ou, qu'il fera revivre (le verbe anazaô, qui n'existe pas en grec naturel, Luc 15, 24, grec de traduction) tous les saints : Philippos l'un des douze envoyés, qui est couché à Hiérapolis... Et aussi Iohanam, celui qui est tombé sous le cœur du Seigneur... Jean 13, 1 : Et avant la fête de pesah... il y a eu un repas... Jean 13, 21 : Il a dit cela, Ieschoua, et il a été effrayé en son esprit et il a attesté que c'était vrai, et il a dit : « Amen amèn, je le dis à vous : l'un d'entre vous va me livrer. » Alors ils se sont regardés, chacun son compagnon, ceux qui apprenaient avec lui. Ils se demandaient de qui il voulait parler. Il était étendu [sur un lit pour manger] l'un de ceux qui apprenaient avec lui, dans le creux17 de la tunique de Ieschoua. Jean 13, 22 : C'était celui qu'il aimait, Ieschoua. Il lui a donc fait un signe, à celui-là, Schimeôn Keipha (traduction grecque Petros) pour qu'il recherche, qu'il cherche à savoir (grec punthanomai, hébreu
Le grec stoicheion : ce qui est en rang, ce qui fait partie d'une ligne ; élément de la syllabe ou du mot ; élément de l'univers, d'une science, de la géométrie, de la logique, de la grammaire, de la démonstration.
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Je me demande si, dans ce texte de Polycrate, l'expression ta stoicheia ne signifie pas tout simplement les ossements, les éléments du squelette.
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Koimaô, étendre sur une couche, hébreu schakab.

Grec kolpos, hébreu heiq ; les compagnons n'étaient pas assis sur des chaises, mais étendus sur des tapis ou des coussins, appuyés sur le coude gauche, pour pouvoir manger avec la main droite. Celui qui était étendu pour manger à la droite du Rabbi, était forcément penché be-heiq, grec en tô kolpô, vers le compagnon qui est à sa gauche, en l'occurrence le Rabbi lui-même.

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darash, Genèse 25, 22), qui est celui dont il parle. Et alors il est tombé (grec anapesôn, hébreu naphal, ou bien il s'est penché, hébreu kara, Genèse 49, 9) celui-ci [le disciple qui ne veut pas donner son nom], comme ça (grec outôs, hébreu ka-zeh, ou ke-zôt, ou ka-zôi) [Celui qui dicte le texte, fait le geste : comme ça...], sur le cœur (grec stèthos, hébreu leb, Exode 28, 29, etc.) de Ieschoua. Et il lui a dit : « Rabbi, qui est-ce ? » Polycrate d'Éphèse, lettre au pape Victor {suite) : Lui qui est né hiereus (hébreu kôheri). Il a porté le petalon (hébreu tzitz zahab tahôr, Exode 28, 36). Il a été témoin (grec rnartus) et il a enseigné (grec didaska-los). Celui-ci à Éphèse il est couché. On a observé dans le texte, Jean 13, 21 : Et il a attesté (le verbe hébreu ôd, hiphil parfait heïd, imparfait wa-iiaad) et il a dit : « Amèn (le mot hébreu dans la traduction grecque : la racine aman, la certitude), amèn : c'est certainement vrai. » La même lettre de Polycrate d'Éphèse adressée au pape Victor de Rome est citée plus complètement par Eusèbe de Césarée qui rappelle tout d'abord les faits : Histoire de l'Église V, 23 : Une controverse, dans ce temps-là, qui n'a pas été petite, a été soulevée. En effet, de toute l'Asie [= Asie mineure], les communautés chrétiennes qui séjournaient [en Asie], parce qu'elles avaient reçu cela d'une tradition très ancienne, estimaient que c'est le quatorzième jour de la lune qu'il faut garder, ou conserver, pour la fête du salut, ou de la délivrance, de pascha [— pesah], jour dans lequel il est prescrit aux Judéens de sacrifier l'agneau, en sorte qu'il faut absolument, dans ce jour-là [= le quatorzième], quel que soit le jour de la semaine, faire cesser les jeûnes... Voilà donc quelle était la coutume depuis les origines dans les

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communautés chrétiennes d'Asie mineure : Éphèse, Smyrne, Pergame... Mais dans les communautés chrétiennes du reste de la terre habitée, il n'en était pas ainsi : Histoire de l'Église, V, 23 {suite) : Mais ce n'était pas la coutume de faire ainsi dans les communautés chrétiennes dans tout le reste de la terre habitée. A partir d'une tradition (grec paradosis) qui remontait aux envoyés (grec apostoloî), elles tenaient ferme à l'usage qui est en vigueur jusqu'à présent [le moment où écrit Eusèbe de Césarée]. Elles estimaient que ce n'est pas un autre jour que celui de la relevée d'entre les morts de notre Seigneur qu'il faut faire cesser les jeûnes. Et alors il y a eu des réunions (grec sunodoî) et des assemblées de ceux qui sont chargés de veiller sur les communautés (grec episkopôn) au sujet de cette affaire. Et tous, d'un commun accord, par des lettres ils ont fixé une loi, un décret de la communauté chrétienne destiné à tous, partout où ils habitaient : Ce n'est pas dans un autre jour que le jour du Seigneur (grec tes kuriakès hèmera) que sera accompli le secret (grec mustèrion) de la relevée d'entre les morts du Seigneur, et c'est dans ce jour-là seulement que nous garderons l'observance de la cessation des jeûnes de la fête et pesah (transcription grecque pascha)... L'expression grecque tes kuriakès hèmera, que nous lisons dans notre édition d'Eusèbe, est bizarre du point de vue grammatical. Peut-être est-ce une faute des éditeurs ou des manuscrits. L'expression correcte en tè kuriakè hèmera se lit dans l'Apocalypse 1, 10. L'expression kuriakon deipnon, le repas du Seigneur, se lit dans la première lettre de Paul aux Corinthiens 11, 20. Il est permis de se demander si l'expression grecque kuriakè hèmera, le jour du Seigneur, ne dérive pas de l'antique expression hébraïque : le jour de YHWH, traduction grecque hèmera kuriou, Isaïe 2, 12 ; 13, 9 ; Amos 5, 18 : Abdias 15 ; Joël 1, 15 ; Ézéchiel 13, 5 ; etc. Le biologiste, plus précisément le généticien, a immédiatement

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reconnu et compris ce qui s'est passé. Ceux qui ont apporté la semence en Asie mineure, Êphèse, Smyrne, Pergame, etc., ont apporté avec la semence, un calendrier en ce qui concerne la fête de pesah, le calendrier des communautés judéennes. Ceux qui ont apporté la semence à Rome, dans les années 30 et suivantes, ont apporté un autre calendrier. Nous allons retrouver plus loin cette affaire du calendrier (cf. p. 265). L'Évangile de Jean a un calendrier, en ce qui concerne la fête de pesah ; les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc ont un autre calendrier. Eusèbe de Césarée poursuit son récit : Histoire de l'Église V, 24 : Mais ceux qui étaient chargés de veiller sur (grec episkopos) les communautés qui sont en Asie [mineure], estimaient qu'il fallait garder la coutume qui tout d'abord leur avait été transmise (grec paradothen). C'est Polycrate [évêque d'Éphèse] qui dirigeait. C'est lui-même qui a exposé dans sa lettre adressée à Victor et à la communauté [chrétienne] des Romains, la tradition (grec par adosis) qui était venue jusqu'à lui. Lettre de Polycrate d'Éphèse : Nous, donc, sans aucune fraude, nous tenons le jour [qui nous a été transmis par la tradition]. Nous n'ajoutons rien et nous ne retranchons rien. Car c'est en Asie [mineure] que des grands stoicheia sont couchés. Ils se relèveront au jour de la présence (grec parousia) du Seigneur, jour dans lequel il viendra dans la gloire des cieux et il relèvera (grec anastèseî) tous les saints (ou il redonnera la vie, anazètèsei) : Philippos, qui fait partie des douze envoyés (grec apostolôn), qui est couché à Hiérapolis... Et puis aussi Iohanan, celui qui est tombé sur le cœur du Seigneur. Il est né hiereus (hébreu kôhen). Il a porté le petalon. Il a été témoin (grec martus) et il a enseigné (grec didaskalos). Et puis aussi Polycarpe à Smyrne. Il était chargé de veiller sur la communauté {episkopos), et témoin (grec martus)... Tous ceux-là ont gardé le jour du quatorzième de pesah (transcription grecque pascha) conformément à l'heureuse annonce

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(grec euaggelion)... Et moi aussi, le plus petit de tous, Polycrate, je fais selon la tradition de ceux de ma famille. J'ai succédé à certains d'entre eux. En effet, sept de mes parents ont été évêques (episkopoi). Moi je suis le huitième. Et toujours mes parents ont maintenu le jour où le peuple s'abstenait de levain... Les sept évêques dont parle Polycrate nous font remonter jusqu'aux origines de l'Église d'Éphèse. De quel Évangile Polycrate parle-t-il ? Probablement de l'Évangile de Jean, comme nous allons le voir plus loin. La lettre de Polycrate, évêque d'Éphèse, adressée au pape Victor de Rome a d'autant plus de poids, du point de vue historique où nous nous plaçons ici, qu'elle a été approuvée par un grand nombre d'évêques d'Asie mineure, comme l'écrit Polycrate. Histoire de l'Église V, 24, 8 : Et je pourrais faire mention des évêques qui sont présents avec moi, que vous [= le pape de Rome et ses collègues] avez jugé bon de faire convoquer par moi et je les ai convoqués. Leurs noms, si je les écrivais, sont très nombreux... Ils ont approuvé la lettre... Dans les communautés chrétiennes d'Asie mineure, donc, les frères et les sœurs suivaient le calendrier des communautés judéennes. Ils fêtaient pesah le quatorzième jour de la lune. On mettait fin aux jeûnes lorsque les Judéens sacrifiaient l'agneau de pesah, quel que soit le jour de la semaine. Tandis que les communautés chrétiennes qui dépendaient de la communauté chrétienne de Rome, fondée par les envoyés (grec apostoloï), suivaient un autre calendrier. Les frères et les sœurs des communautés chrétiennes de Rome et de toutes les autres, terminaient les jeûnes seulement le jour de la résurrection du Seigneur, c'est-à-dire le dimanche. Un biologiste, un généticien observera que ce phénomène, cette crise au IIe siècle, a des causes anciennes : le message génétique initial. Celui ou ceux qui ont fondé la communauté chrétienne d'Éphèse suivaient un

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calendrier, celui des communautés judéennes. Ceux qui ont fondé la communauté chrétienne de Rome ont apporté un autre calendrier. De part et d'autre, les traditions (grec parado-seis) étaient différentes depuis les origines. Ce sont deux lignées génétiques différentes. L'expression, que l'on lit dans la lettre de Polycrate adressée à Victor : « Nous n'ajoutons rien, et nous n'enlevons rien », était une proposition normative très ancienne dans la tradition hébraïque. Deutéronome 4, 2 : Vous n'ajouterez pas à la parole que moi je vous commande, et vous n'enlèverez pas [quelque chose] de cette parole... Deutéronome 13, 1 : Toute la parole que moi je vous commande, c'est elle que vous garderez pour la faire. Tu n'ajouteras pas [quelque chose] sur elle. Et tu n'enlèveras pas [quelque chose] d'elle... C'est précisément la norme rappelée à la fin de l'Apocalypse 22, 18 : J'atteste, moi à tout homme qui écoute les paroles de la prophétie de ce rouleau : Si quelqu'un ajoute [quelque chose] sur elle, alors il ajoutera, Dieu, sur lui, les coups, les calamités qui sont écrites dans ce rouleau. Et si quelqu'un enlève [quelque chose] des paroles du rouleau de cette prophétie, alors il enlèvera, Dieu, sa part de l'arbre de la vie et de la Ville sainte [la nouvelle Jérusalem], qui sont écrits dans ce rouleau... C'est la norme de Schaoul-Paulus, qui a fait ses premières études de théologie aux pieds de Gamaliel (Actes 22, 3). 1 Corinthiens 11, 23 : Car moi j'ai reçu (grec para-lambanô, hébreu tardif et araméen qabal18 ; Daniel 2, 6 ; 6, 1 ; 7, 18), venant du Seigneur, ce que aussi je vous ai transmis (grec para-didômi, remettre de la main à la main, hébreu tardif masar)... 1 Corinthiens 11,2: Comme je vous ai transmis (hébreu masar)
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Qabal, recevoir l'information venant de... Masar, transmettre l'information que l'on a reçue. On doit transmettre l'information que l'on a reçue ; ne pas en ajouter, ne rien enlever. La qabbalah, c'est l'information que l'on a reçue (traduction grecque paradosis) : Matthieu 15, 2 ; 15, 3 ; Marc 7, 8 ; 7, 9 ; 7, 13.

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l'information que vous avez reçue (grec paradosis, hébreu qabbalah), vous la retenez ferme... 1 Corinthiens 15, 1 : Je vous fais connaître, frères, l'heureuse annonce que je vous ai annoncée, et que vous avez reçue (hébreu qabal)... Car je vous ai transmis (hébreu masar) tout d'abord, ce que j'avais moi-même reçu (hébreu qabal)... Dans sa lettre, Polycrate d'Éphèse ne dit pas que Ioha-nan était envoyé (apostolos) en mission. Il dit qu'il était kôhen, qu'il a porté le petalon, c'est-à-dire la lamelle d'or sur laquelle était écrit : « Consacré à YHWH », qu'il a été témoin (grec martus) des événements, et qu'il a enseigné (grec didaskalos). Peut-être le grec martus, témoin, dans cette lettre, signifie-t-il aussi que Iohanan est mort de mort violente. La lettre de Polycrate, évêque d'Éphèse, adressée à Victor, évêque de Rome, conservée par Eusèbe, est non seulement le document le plus ancien que nous possédons pour connaître le nom de celui qui ne veut pas dire son nom dans l'Évangile, mais c'est de plus un document d'une autorité invincible. Personne n'avait envie de plaisanter, ni Polycrate ni Victor, dans cette controverse qui a été très violente. Le texte solennel de Polycrate adressé à Victor est tombé sur la tache aveugle. Durant des siècles, rares, très rares ont été ceux qui l'ont lu, et plus rares encore, parmi ceux qui l'ont lu, ceux qui y ont prêté attention. Il était entendu que l'auteur du quatrième Évangile s'appelait Jean. Comme on connaissait un Jean, frère de Jacques et fils de Zébédée, par les Évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, on a pensé que c'était le même, et cela jusqu'au XXe siècle. Tel éditeur, traducteur et commentateur de l'Histoire de l'Église d'Eusèbe de Césarée, lorsqu'il tombe sur ce texte, se demande quelle idée saugrenue a traversé l'esprit de Polycrate. Et on avance des explications symboliques. Comment concevoir que Jean, le frère de Jacques et le fils de Zébédée, ait été kôhen et, bien plus, grand prêtre ? Polycrate d'Éphèse ne dit pas que Jean le Galiléen, le frère de Jacques, le fils de Zébédée, a été prêtre et grand prêtre. Il dit que Iohanam, celui qui est tombé sur le cœur du Seigneur lors de la dernière nuit, était kôhen de

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naissance et qu'il a porté l'insigne du suprême sacerdoce, le petalon. On était parti de l'idée fixe que l'auteur du quatrième Évangile, c'est Jean le Galiléen, le fils de Zébédée. Puisque la lettre de Polycrate d'Éphèse adressée à Victor l'évêque de Rome, n'entre pas dans ce système, on supprime la lettre de Polycrate d'Éphèse ! On fait comme si elle n'existait pas. On l'annule. On ne le voit pas. Fréquent dans l'histoire des sciences. Lorsqu'un fait nouveau n'entre pas dans le système que l'on enseigne depuis des générations, alors on supprime le fait, on l'écarté, on le repousse. On ne le voit pas. Les exégètes catholiques ont enseigné jusqu'au milieu du XXe siècle que Jean le Galiléen, le fils de Zébédée, est l'auteur du quatrième Évangile, composé vers la fin du siècle, à l'âge de 96 ou 98 ans. Les exégètes protestants, depuis le début du XIXe siècle, ont renoncé à attribuer la paternité du quatrième Évangile à Jean, le fils de Zébédée, parce qu'ils rejetaient l'Évangile de Jean jusqu'au milieu, et même vers la fin du IIe siècle. Évangile gnostique, platonicien, néoplatonicien, etc. Les exégètes catholiques, à partir du milieu du XXe siècle, ont suivi respectueusement, comme il convient, les exégètes protestants, et ils nous ont expliqué que le quatrième Évangile s'était formé petit à petit, par couches successives, à peu près comme un millefeuille, et terminé au début du IIe siècle. Deux savants protestants, en cette fin du XXe siècle, J.A.T. Robinson et Oscar Cullmann, ont reconnu que cette histoire que l'on enseignait depuis deux siècles ne tient pas debout. Ils concluent que l'Évangile de Jean est le plus ancien. Oscar Cullmann date maintenant l'Évangile de Jean autour de l'année 50. Le texte de Polycrate d'Éphèse illumine nombre d'indices qui se trouvaient dans l'ombre du quatrième Évangile. C'est une lampe dans la catacombe qui nous permet de déchiffrer des inscriptions jusque-là non élucidées. Jean 1, 35 : Et le lendemain, de nouveau, il s'est tenu debout Iohanan [l'ascète qui plonge les pénitents dans les eaux du Jourdain] et parmi ses disciples, deux. Et il a regardé Ieschoua qui marchait et il a dit : « Le voici l'agneau

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de Dieu. » Et ils ont entendu, ses deux disciples, ce qu'il disait. Et ils sont allés après Ieschoua. Et alors il s'est retourné, Ieschoua, et il les a regardés, eux qui le suivaient, et il leur a dit : « Qu'est-ce que vous cherchez ? » Et eux ils lui ont dit : « Rabbi, — ce qui veut dire en traduction "Maître" —, où est-ce que tu demeures ? » Et il leur a dit : « Venez et vous verrez. » Et alors ils sont venus et ils ont vu où il demeure, et auprès de lui ils sont demeurés ce jour-là. L'heure, c'était comme la dixième19. C'était Andréas20, le frère de Schimeôn Petros, l'un des deux qui avaient entendu [les paroles] venues de Iohanan et qui l'avaient suivi [= qui avaient suivi Ieschoua]. Et il a trouvé, celui-ci [= Andréas] tout d'abord, en premier, son propre frère, Schimeôn, et il lui a dit : « Nous avons trouvé le maschiah, ce qui signifie en traduction : christos, celui qui a reçu l'onction (participe passif du verbe chriô, oindre avec de l'huile). Et il [= Andréas] l'a conduit vers Ieschoua. Et il a levé les yeux sur lui, Ieschoua, et il a dit : « Toi tu es Schimeôn le fils de Iohanan [ou de Ionah, selon les manuscrits]. Toi tu seras appelé Keipha (en araméen, ou Keiphah en hébreu), ce qui se traduit [en grec] Petros. Auprès de Iohanan qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain à Beit-anat ou Beit-anôt, de l'autre côté du Jourdain (hébreu meeber la-iarden), il y avait deux disciples (Jean 1, 28). L'un des deux est nommé, Andréas le frère de Schimeôn. L'autre n'est pas nommé. C'est celui qui se cache dans tout l'Évangile, celui que nous cherchons. D'après ce document, l'inconnu, celui qui ne veut pas se nommer, ou
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L'heure, c'était comme la dixième... Le grec hôra, toute division du temps, période de temps, année, saison, traduit l'hébreu et, Genèse 18, 14 ; 29, 7 ; Exode 9, 18, etc. ; l'araméen schaah, schaatah, Daniel 3, 6 ; 4, 16, etc. ; l'hébreu tardif schaah, Pirqei Abôt IV, 22, etc. 20 Le nom propre Andréas est une traduction en grec d'un nom propre hébreu. Anèr, en grec, signifie : celui qui engendre, le mâle. Andreia, la virilité. Andreios, viril. Andréas pourrait donc être la traduction en grec d'un nom hébreu formé à partir de zakar, le mâle, Genèse 1, 27 : Mâle et femelle il les a créés [eux, c'est-à-dire ha-adam, collectif en hébreu], hébreu zakar, grec arsen.

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qui ne veut pas être nommé dans cette traduction grecque destinée aux frères et aux sœurs de la Diaspora de langue grecque, c'est-à-dire Iohanan le kôhen, et Andréas sont les tout premiers disciples de Ieschoua, avant les Galiléens. Iohanan le kôhen, le Judéen, et Andréas le Galiléen. Ainsi donc Iohanan le kôhen de Jérusalem a été le disciple de Iohanan l'ascète du Jourdain, avant l'année 29, tout comme plus tard, Joseph le kôhen, né à Jérusalem en 37, a été le disciple d'un ascète appelé Beniiahou (transcription en caractères grecs Bannous : Joseph, Autobiographie II, 11), ascète qui lui aussi vivait dans le désert, s'habillait avec ce que produisaient les arbres, et mangeait ce que produisait la terre, vivait de cueillette, et se baignait jour et nuit dans l'eau froide. Iohanan rapporte ce qui s'était passé à Qanah de la Galilée (Jean 2, 1). Matthieu, Marc et Luc ne le rapportent pas, vraisemblablement parce qu'ils n'y étaient pas. Les dossiers de notes traduites de l'hébreu en grec ne comportaient pas ce qui s'est passé à Qanah de la Galilée. Rappelons ici, en passant, que l'histoire qu'on nous raconte depuis au moins deux siècles, — l'histoire des traditions orales qui auraient été déposées par écrit à la fin du Ier siècle, pour les trois Évangiles synoptiques, et au IIe siècle, pour l'Évangile de Jean —, cette histoire est impossible pour des raisons physiques. Supposez quatre traditions orales A, B, C, D, qui se développent à partir de l'année 30, et qui se gonflent en produisant des histoires impossibles de miracles — puisque le miracle est supposé a priori impossible — ; si vous mettez ces quatre traditions orales par écrit 50 ans, 60 ans, 70 ans plus tard, etc., vous n'obtiendrez pas quatre textes grecs comme ceux dont nous disposons par des centaines de manuscrits. Si vous avez au départ quatre traditions orales, vous aurez à l'arrivée quatre histoires qui pourront comporter des ressemblances, qui comporteront certainement de grandes différences. Mais ce qui est sûr, c'est que vous n'obtiendrez pas à l'arrivée des textes qui se présentent physiquement comme des notes, des notes empilées les unes à la suite des autres, et des notes qui, dans nombre de cas, peuvent se superposer les unes sur les autres, exactement ou à quelques détails près, détails qui s'expliquent aisément parce que les traducteurs ont utilisé les synonymes qui étaient offerts par le lexique hébreu-grec traditionnel.

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L'autre histoire, qu'on nous raconte aussi depuis plus de deux siècles, l'histoire selon laquelle l'Évangile de Jean aurait été composé au IIe siècle par un faussaire qui aurait eu sous les yeux les trois Évangiles synoptiques supposés antérieurs, cette histoire-là est impossible, elle aussi, parce que si un inconnu, ou plusieurs inconnus, avaient fabriqué un évangile au IIe siècle, en ayant sous les yeux les trois Évangiles synoptiques supposés antérieurs, ils n'auraient pas eu l'idée de modifier le calendrier, non seulement le calendrier des années du Rabbi qui va de la Galilée à la Judée et de la Judée à la Galilée, mais plus précisément encore le calendrier de la fête de pesah. L'argument que l'on entend encore avancer parfois en fin du XXe siècle, argument selon lequel Jean du quatrième Évangile ne peut pas être un Judéen, vu la manière dont il parle des judéens, cet argument est nul et non avenu. L'Évangile de Jean parle des Judéens (grec ioudaioi, hébreu ha-iehoudim) exactement comme on le faisait avant lui, bien avant lui, et depuis longtemps (2 Rois 16, 6 ; 25, 25 : Jérémie 32, 12 ; 34, 9 ; 38, 19 ; 40, 11 ; 43, 9 ; Néhémie 1, 2 ; 3, 33 ; 4, 6 ; Esther 2, 5 ; 3, 4 ; 5, 13, etc.), et comme le fera après lui, des centaines de fois, Joseph ha-kôhen, l'historien, qui était bien Judéen. Les Judéens sont les habitants de la Judée, tout comme les Arméniens sont les habitants de l'Arménie, les Australiens les habitants de l'Australie, les Italiens les habitants de l'Italie, etc. Le peuple hébreu est un ensemble, et dans cet ensemble on distingue douze sous-ensembles, les douze tribus d'Israël. L'une de ces tribus, c'est celle de Iehoudah (Genèse 29, 35 ; 49, 8, etc.). On peut donc être Hébreu sans être Judéen. La traduction habituelle du grec ioudaios et ioudaioi dans les traductions en langue française de l'Évangile de Jean et des œuvres de Joseph surnommé Flavius est non seulement un erreur scientifique, philologique, mais aussi une indélicatesse et une faute de goût, de tact. Cette erreur initiale a donné matière à des romans de fort mauvais goût. On a même vu un philosophe allemand célèbre, Johann Gottlieb Fichte, professer solennellement {Die Anweisung zum seligen Leben, Sechste Vorlesung) que l'Évangile de Jean est le seul qui contienne le christianisme authentique, parce que lui au moins — contrairement à l'apôtre Paul et à son parti, qui sont restés halbe Juden, et qui enseignent

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l'erreur fondamentale du judaïsme et du paganisme, den Grundirrtum, à savoir la doctrine de la Création, der absolute Grundirrtum aller falschen Metaphysik —, Jean lui au moins rejette cette doctrine de la Création, im Anfange... schuf Gott nicht. Jean enseigne la Wissenschaftslehre de Fichte ! L'affaire du calendrier Matthieu 26, 1 : Et il est arrivé (grec kai egeneto, hébreu wa-iehi; des milliers de fois dans la Biblithèque hébraïque) lorsqu'il a eu achevé, Ieschoua, toutes ces paroles (hébreu ke-kallôt ieschoua ledabber et kôl ha-debarim ha-elleh), alors il a dit à ceux qui apprenaient avec lui, ses compagnons (hébreu talmidim) : « Vous savez qu'après deux jours ce sera \& pesah... (transcription constante en caractères grecs depuis des siècles, topascha)... Matthieu 26, 17 : Et le premier jour de la fête des matzôt, ils se sont approchés les compagnons de Ieschoua et ils ont dit : « Où veux-tu que nous préparions pour toi [ce qui est nécessaire] pour manger le pesah ? » Et alors lui il a dit : « Allez dans la Ville [= Jérusalem] chez Untel (grec pros ton deina, hébreu el-pelôni almôni), et vous lui direz : C'est le Rabbi qui l'a dit : "Mon temps est proche [ou "Ma fin est proche"]. C'est chez toi que je vais faire le pesah avec mes compagnons qui apprennent avec moi..."» L'expression hébraïque pelôni almôni est bien connue (1 Samuel 21, 3 ; 2 Rois 6, 8 ; Ruth 4, 1, etc.). Elle signifie : « Untel que je sais, que vous savez, que nous savons, mais que je ne veux pas dire. » Donc, lorsque ce texte a été traduit de l'hébreu en grec, il ne fallait pas dire le nom de celui chez qui le Rabbi a voulu faire la dernière fête de pesah. L'expression isch pelôni sera utilisée plus tard dans les textes rabbiniques pour désigner le Rabbi judéen lui-même (Johann Maier, Jésus von Nazareth in der talmudis-chen Uberlieferung, 49, 101 ; etc.).

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Marc 14, 12 : Et le premier jour de la fête des matzôt, lorsqu'ils sacrifiaient le pesah, ils lui ont dit, ceux qui apprenaient avec lui : « Où veux-tu que nous allions pour préparer [ce qu'il] faut pour que tu puisses manger le pesah ? » Et il envoie deux de ses compagnons qui apprenaient avec lui et il leur dit : « Allez dans la Ville [= Jérusalem], et il va venir à votre rencontre, un homme qui porte une cruche d'eau. Suivez-le. Et là où il entrera, vous direz au maître de la maison (hébreu baal ha-baït) : "C'est le Rabbi qui l'a dit : Où estelle ma chambre (grec kataluma ; n'existe pas en grec naturel, hébreu malôn ou lisch-kah), là où le pesah avec mes compagnons je vais manger ?" Et alors lui c'est à vous qu'il va montrer une chambre haute (grec anagaion ; n'existe pas en grec naturel, grec de traduction, hébreu aliiah), grande, recouverte de tapis et de coussins toute prête. Et c'est là que vous préparerez pour nous... » Lorsque l'Évangile de Marc a été traduit de l'hébreu en grec, il ne fallait pas dire chez qui le Rabbi a voulu faire pesah pour la dernière fois. Le Rabbi avait convenu d'un code avec l'inconnu : un homme qui porte une cruche d'eau et qui vient à la rencontre des deux Galiléens. Le Rabbi a autorité sur l'inconnu. Il lui donne des ordres. Il dit : « ma chambre ». L'inconnu doit être assez fortuné pour avoir une maison, une chambre haute, des gens pour faire le service. Luc 22, 1 : Et elle était proche, la fête des matzôt, celle qui est appelée pesah... Luc 22, 7 : Et il est venu, le jour de la fête des matzôt, le jour dans lequel il convient qu'il soit sacrifié, le pesah [= l'agneau de pesah]. Et il a envoyé Petros et Iohanan et il a dit : « Allez et préparez pour nous le pesah afin que nous puissions manger. » Et alors eux, ils lui ont dit : « Où est-ce que tu veux que nous allions préparer ? » Et alors lui il leur a dit : « Voici que lorsque vous entrerez dans la Ville [= Jérusalem], alors il viendra à votre rencontre, un homme qui porte une cruche d'eau. Suivez-le dans la maison dans laquelle il entrera. Et vous direz au maître de la maison : "Ainsi il a parlé en

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s'adressant à toi, le Rabbi : Où est-elle la chambre, là où le pesah, avec mes compagnons, je vais manger?" Et alors lui, à vous, il va montrer une chambre haute, grande, recouverte de tapis et de coussins. C'est là que vous préparerez... » Ce cher Luc, ce païen si distingué, ce fin lettré, cet helléniste incomparable, médecin de surcroît, écrit en judéo-grec ! Le Rabbi envoie Schimeôn surnommé Keipha, et Ioha-nan, qui cette fois est probablement le fils de Zébédée le Galiléen. Il est donc vraisemblable que le maître de la maison chez qui ils vont n'est pas Jean, fils de Zébédée le Galiléen. Lorsque le dossier de notes qui a donné l'Évangile de Luc est traduit de l'hébreu en grec, il ne fallait pas donner le nom de celui chez qui le Rabbi veut faire pesah pour la dernière fois avec ses compagnons. Pour les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, la dernière nuit du Rabbi, c'est la nuit de pesah. L'Évangile de Jean ne rapporte pas cette expédition des disciples à Jérusalem pour préparer dans une maison la fête de pesah, pour une raison simple : C'est que Jean = Iohanan est le maître de la maison chez qui le Rabbi est venu passer la dernière nuit avant l'arrestation, et fêter pesah. r Si l'Évangile de Jean avait été écrit par Jean, fils de Zébédée, à l'âge honorable de 96 ou 98 ans, il aurait raconté cette expédition des deux disciples à Jérusalem puisque, d'après Luc 22, 8, il était l'un des deux. Jean 13, 1 : Et avant la fête et pesah, il a connu, Ies-choua, qu'elle était venue, son heure [ou qu'il était venu, son temps] de passer de la durée de ce monde-ci, ou du monde de la durée présente (hébreu min ha-ôlam ha-zeh) pour aller vers son père... Et il y a eu un repas (grec deipnon)... Pour Iohanan, le dernier repas de la dernière nuit n'est pas un repas de pesah. Il se situe avant la fête de pesah. Iohanan rapporte ce que Matthieu, Marc et Luc ne rapportent pas, le lavement des pieds, et un long enseignement. Mais il ne rapporte pas les paroles que le Rabbi a prononcées sur l'une des matzôt et sur l'une des

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coupes de la fête de pesah. Matthieu 26, 26 : zeh hou besari ; Matthieu 26, 28 : zeh hou dami. Marc 14, 22 ; 14, 24 ; Luc 22, 19 ; 22, 20 ; Schaoul-Paulus, 1 Corinthiens 11, 23. Pourquoi Iohanan ne rapporte-t-il pas, dans le petit livret traduit en langue grecque et destiné aux frères et aux sœurs de la Diaspora de langue grecque, les paroles du Rabbi prononcées sur l'une des matzôt et sur l'une des coupes? Plusieurs hypothèses sont possibles. Peut-être Iohanan a-t-il estimé, à juste titre, que ces paroles traduites de l'hébreu en grec pouvaient être mal comprises, comprises de travers, ce qui en effet a été le cas dans la suite des siècles jusqu'aujourd'hui, et prêter à des interprétations saugrenues. L'Évangile de Jean rapporte qu'il est, lui, le Rabbi, le pain de la vie : 6, 35 ; 6, 48 ; 6, 51 ; 6, 53 ; 6, 54 ; 6, 55 ; 6, 56. Ces paroles rapportées par l'Évangile de Jean permettent d'entendre les paroles prononcées sur l'une des matzôt et sur l'une des coupes (Matthieu 26, 26 ; 26, 28). Or Matthieu, Marc et Luc ne rapportent pas les paroles rapportées par Jean 6, 35, etc., et Jean ne rapporte pas les paroles rapportées par Matthieu, Marc, Luc et Paul. Jean rapporte aussi (6, 60), qu'ils ont été nombreux parmi ses disciples, ceux qui ont entendu ces paroles et qui ont dit : « Elle est dure, cette parole. Qui peut l'entendre ? » Jean ajoute (6, 66) : Et à partir de ce moment-là, ils ont été nombreux, parmi ses disciples, ceux qui sont partis en arrière et qui n'ont plus marché avec lui. Il était écrit dans la Sainte Torah, Lévitique 17, 10 : Et tout homme (hébreu we-isch isch) issu de la maison d'Israël et de [l'ensemble des] étrangers qui séjournent au milieu de vous, qui mangera tout sang (hébreu kôl dam), alors je donnerai ma face contre l'âme (hébreu nephesch) qui a mangé le sang, et je la retrancherai du milieu de son peuple... Parce que l'âme

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de la chair [elle est] dans le sang, elle... C'est pourquoi j'ai dit aux fils d'Israël: Toute âme parmi vous, elle ne mangera pas de sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous, il ne mangera pas de sang... Et tout homme (hébreu we-isch isch) d'entre les fils d'Israël et d'entre [l'ensemble des] étrangers qui séjournent au milieu de vous, qui a chassé un gibier de chasse, bête sauvage ou oiseau qui se mange, alors il versera son sang et il le recouvrira de poussière. Parce que l'âme de toute chair [c'est] son sang ; dans son âme [il est] lui et [c'est pourquoi] j'ai dit aux fils d'Israël : Le sang de toute chair vous ne mangerez pas, parce que l'âme de toute chair [c'est] son sang. Tout homme qui le mangera sera retranché... On comprend donc que les paroles du Rabbi étaient dures à entendre. En langage moderne elles signifient : L'information créatrice nouvelle que Dieu unique incréé communique à la vieille humanité pour la créer nouvelle, c'est lui, le Rabbi, qui est donc le pain absolument nécessaire pour entrer dans l'économie de la nouvelle création. Il faut donc assimiler l'information créatrice nouvelle qu'il est. C'est d'ailleurs ce que le Rabbi explique. Jean 6, 63 : C'est l'esprit qui donne la vie... Les paroles que moi j'ai dites à vous, elle sont esprit et elles sont vie... C'est l'information créatrice, qui est de l'ordre de la pensée, de l'esprit, qui communique la vie, qui donne la vie. Jean 1, 9 : Il était la lumière véritable... Tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le pouvoir, la puissance, d'être fils de Dieu, à ceux qui sont certains de la vérité dans son nom, eux qui, non pas des sangs (grec aima-tôn, hébreu damim) ni de la volonté de chair (sans l'article, hébreu basar), ni de la volonté d'homme (sans article), mais de Dieu ont été engendrés... Tant qu'on s'est imaginé, tant qu'on a enseigné au séminaire de Tùbingen, puis dans les scolasticats et les séminaires catholiques, que

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l'Évangile de Jean a été composé, d'un seul coup ou par couches successives, comme un millefeuille, par un inconnu ou plusieurs inconnus, au IIe siècle de notre ère, on a expliqué savamment que le chapitre 6 de l'Évangile de Jean était une fiction qui interprétait d'une manière rétroactive ou rétrospective, la pratique des communautés chrétiennes des Ier et IIe siècles. En réalité, c'est tout juste le contraire. C'est l'Évangile de Jean, chapitre 6, qui donne la clef, le sens des paroles prononcées par le Rabbi lors de la dernière nuit (Matthieu 26, 26 ; 26, 28, etc.), et que l'Évangile de Jean ne rapporte pas. S'il ne les rapporte pas, c'est qu'il a estimé plus prudent de ne pas laisser dans cette traduction grecque destinée aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la Diaspora de langue grecque, des paroles qui pourraient être mal comprises, mal interprétées. Il savait par expérience que ces paroles pouvaient être comprises de travers. Les païens, bientôt, vont parler d'anthropophagie. Il y a probablement une coupure entre Jean 13, 1 et Jean 13, 2. Quelque chose n'a pas été traduit. Quelque chose n'a pas été mis dans la traduction grecque destinée à circuler^ Si l'Évangile de Jean avait été composé après les Synoptiques, supposés connus de lui, à la fin du Ier siècle ou au IIe siècle de notre ère, pourquoi l'auteur inconnu n'a-t-il pas reproduit les paroles prononcées par le Rabbi sur l'une des matzôt et l'une des coupes de la fête de pesah (Matthieu 26, 26 ; Marc 14, 22 ; Luc 22, 19 ; première lettre de Paul aux Corinthiens 11, 24) ? Lorsque Paul écrit sa première lettre aux Corinthiens, après l'année 51, il ne garde pas secrètes les paroles du Rabbi. 1 Corinthiens 11, 23: Moi j'ai reçu (grec para-lambanô, hébreu qabal), venant du Seigneur, ce que aussi je vous ai transmis (grec para-didômi, hébreu probable masar, hébreu tardif : transmettre l'information), à savoir que le Seigneur Ieschoua, dans la nuit où il a été livré (de nouveau le verbe grec para-didômi, de nouveau le verbe hébreu masar), il a pris du pain, et il a dit la bénédiction, et il a brisé, et il a dit...

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L'Évangile de Jean est très antérieur à la première lettre de Paul aux Corinthiens. Paul ne garde pas secrètes les paroles du Rabbi parce qu'il en a expliqué la signification aux frères et aux sœurs de la petite communauté de Corinthe. Jean, vingt ans plus tôt, les garde secrètes. Il les expliquera oralement aux frères et aux sœurs des communautés. Jean 18, 28 : Et ils ont donc conduit Ieschoua de chez Qaïapha à la résidence du gouverneur romain (latin praetorium, transcrit ici en caractères grecs). C'était le matin. Et eux-mêmes, ils ne sont pas entrés dans le prétoire afin de ne pas se rendre impurs mais de pouvoir manger le pesah. Et alors il est sorti, Pilatus, dehors, vers eux et il a dit... Pour les Judéens — qui ne veulent pas se souiller en pénétrant dans la résidence du gouverneur romain, afin de pouvoir manger le pesah —, le pesah se mange donc le vendredi soir, dans la nuit. Alors que les Galiléens ont mangé pesah dans la nuit du jeudi au vendredi. Il y a longtemps que les érudits ont observé qu'il existait un calendrier des benei Tzadôq (2 Samuel 8, 17 ; 15, 25, etc.) — ou Tzaddouqim, que les Français appellent généralement Sadducéens, ce qui n'éclaire rien —, calendrier différent de celui des perouschim. Plus précisément, les fils de Boethos suivaient un calendrier pour les fêtes de pesah et de schebouôt, la fête des semaines, des sept semaines (Exode 32, 22; Deutéronome 16, 10, etc.), différent du calendrier du perouschim. Le nom propre Boethos est une traduction d'un nom propre hébreu construit avec la racine azar, venir en aide ; ezer, l'aide, le secours. Le grec boethos traduit l'hébreu ezer, Genèse 2, 18 ; 2, 20 ; Exode 18, 4 ; etc. Les noms propres hébreux construits avec cette racine azar ou ezer sont nombreux : Éli-ézer, Él-azar, Azar-iah, etc. Jean 19, 13 : Et alors Pilatus, il a entendu ces paroles, et il a fait sortir dehors Ieschoua, et il s'est assis sur le siège du tribunal au lieu appelé lithostrôton, bâti en pierres (hébreu ritzephah, 2 Chroniques 7, 3 ; Esther 1,6)... Et c'était la préparation du pesah (grec

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paraskeuè toupas-cha, hébreu ereb pesah : le soir qui précède la fête de pesah)... Jean 19, 31 : Et alors les Judéens, puisque c'était [le jour de la] préparation (grec paraskeuè] afin qu'ils ne restent pas sur la croix, les corps, pendant le schabbat, car il était grand le jour de ce schabbat, ils ont demandé à Pilatus qu'ils [= les soldats] leur brisent les jambes... Point de départ de cette affaire du calendrier. Lévitique 23, 4 : Voici les rendez-vous (hébreu môed, pluriel môadim, grec heortë) de YHWH, convocations sacrées ou saintes, convoquées par un crieur (hébreu le verbe qara, crier), que vous les convoquerez (le verbe hébreu qara, crier), dans leurs temps convenus. Dans le mois [qui est] le premier, dans le quatorzième 0our] du mois, entre les deux soirs, [c'est] pesah (transcription en caractères grecs pascha) pour YHWH. Et dans le quinzième jour de ce mois, fête des matzôt (grec heortè ton azumôn) pour YHWH. Sept jours [durant], ce sont des matzôt que vous mangerez ! Au premier jour, une convocation sainte ou sacrée sera pour vous. Tout travail d'esclave, vous ne ferez pas [= vous ne ferez aucun travail...]... Lévitique 23, 10 : Lorsque vous entrerez dans le pays que moi je vous donne et que vous moissonnerez la moisson, alors (hébreu we, grec kai !) vous apporterez une gerbe (hébreu ômer, grec dragma), prémices de votre moisson, au kôhen. Et il [le kôhen] balancera la gerbe à la face de YHWH pour que vous soyez agréés. C'est le lendemain du schabbat qu'il balancera, le kôhen (hébreu mimaharat ha-schabbat, traduction grecque : tè epaurion tes prôtès = le lendemain du premier [jour]...). Le texte grec n'est donc pas conforme au texte hébreu, qui est identique au texte samaritain.

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Lévitique 23, 12 : Et vous ferez (observer l'emploi du verbe hébreu asah, faire), au jour où vous balancerez la gerbe, un agneau parfait, fils de son année (hébreu ben schenatô ; observer l'emploi de ben, fils, en hébreu), pour sacrifice entièrement consumé par le feu (hébreu ôlah, grec holokautôma ; n'existe pas en grec naturel) pour YHWH... Lévitique 23, 15 : Et vous compterez pour vous, à partir du lendemain du schabbat (hébreu mi-maharat ha-schabbat) à partir du jour où vous avez apporté la gerbe du balancement, sept schabbats. Parfaits ils seront... (Traduction grecque : apo tes epaurion ton sabbatôn)... Jusque (hébreu ad; à partir de, hébreu min) le lendemain du schabbat le septième (hébreu ad mi-maharat ha-schabbat haschebiii), vous compterez cinquante jours, et vous présenterez une offrande nouvelle à YHWH... (traduction grecque : heôs tes epaurion tes eschatès hebdomados) jusqu'au lendemain de la dernière semaine... Voilà donc les textes sur l'interprétation desquels les perouschim, et les tzaddouqim, du clan de Boethos, n'étaient pas d'accord. Schimeôn, fils de Boethos, ou, selon d'autres documents, Boethos luimême, a été grand prêtre entre 24 et 5 avant notre ère. Famille venant d'Alexandrie. Émil Schùrer, Geschichte des Jùdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, II, p. 483. Strack-Billerbeck, Kommentar zum Neuen Testament aus Tal-mud und Midrasch, II, p. 598 ; II, p. 812 ; Exkurs, der Todestag Jesu. Les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, d'une part, l'Évangile de Jean d'autre part, sont d'accord sur le fait que le dernier repas du Rabbi avec ses compagnons a eu lieu un jeudi, et la crucifixion le vendredi. Mais pour Matthieu, Marc et Luc, ce jeudi était un 14 nisan, et ce

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vendredi un 15 nisan. Tandis que pour l'Évangile de Jean, le jeudi était un 13 nisan et le vendredi un 14 nisan. Le groupe de ceux qui étaient appelés fils de Boethos ont eu six grands prêtres depuis l'année 24 avant notre ère (Schùrer, II, 270) : Schimeôn, fils de Boethos, ou Boethos lui-même, entre 24 avant notre ère et 5 avant notre ère. Joasar, fils de Boethos, 4 avant notre ère. Éléazar, fils de Boethos, 4 de notre ère. Schimeôn Kanthèras, fils de Boethos, 41 de notre ère, etc. Selon le calendrier propre à ce clan, la gerbe (hébreu ômer, Lévitique 23, 10) doit être présentée au kôhen au premier jour après le schabbat qui tombe pendant la fête des matzôt, par conséquent un dimanche. Donc le cinquantième jour, la fête des semaines (hébreu hag schabouôt, Exode 34, 22 ; Deutéronome 16, 10 ; etc.) tombait régulièrement aussi un dimanche. Par contre les perouschim pensaient que l'offrande de la gerbe doit avoir lieu dans le jour qui suit le premier jour de la fête des matzôt, donc le 16 nisan. En sorte que la Pentecôte (grec pentèkostos, le cinquantième jour) tombe le même jour de la semaine que le jour où est tombé le 16 nisan. Les partisans du clan de Boethos comprenaient le mot hébreu schabbat (Lévitique 23, 11) dans son sens habituel (= le samedi). Tandis que les perouschim comprenaient, par ce terme, le premier jour de repos de la fête des matzôt (= le 15 nisan). Le lendemain du schabbat (hébreu mi-maharat ha-schabbat, Lévitique 23, 11) était donc, pour le clan de Boethos, un dimanche. Tandis que pour les perouschim, c'était le 16 nisan. Cette année-là, donc, l'année de la mort du Rabbi, il y avait deux calendriers pour la fête de pesah, celui des perouschim et celui du clan des fils de Boethos. Le peuple a suivi le calendrier des perouschim. C'est celui de Matthieu, Marc et Luc. Iohanan suit l'autre calendrier. Pour lui, le vendredi était le 14 nisan. Pour lui, le jour de la mort du Rabbi était préparation et pesah (Jean 19, 14). Il suit le calendrier des tzaddouqim. Joseph {Antiquités III, 250) suit le calendrier des perouschim : « Le deuxième jour de la fête des matzôt, c'est-à-dire le seizième jour [du

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mois]... » Il est bien évident que si le Jean du quatrième Évangile avait été Jean le Galiléen, le fils de Zébédée, on ne voit pas pourquoi il aurait ainsi modifié le calendrier de ses compagnons galiléens, celui qui se trouve appliqué par Matthieu, Marc et Luc. Mais si Iohanan du quatrième Évangile est kôhen, comme nous le dit Polycrate, évêque d'Éphèse, on comprend qu'il ait suivi le calendrier de son clan et de sa caste. Iohanan le kôhen a pris part avec le Rabbi et les compagnons au dernier repas qui, pour les Galiléens, était un repas de pesah. Mais pour lui, Iohanam, dans son système, dans son calendrier liturgique, ce n'était pas un repas de pesah. C'est pourquoi, sans doute, il écrit (Jean 13, 1) : « Avant la fête de pesah... Et il y a eu un repas... » Cela s'est passé dans sa propre maison. Nous nous souvenons de ce qu'écrivait Eusèbe de Césarée (cf. p. 255) : Histoire de l'Église V, 23, 1 : Une controverse, dans ce temps-là, qui n'a pas été petite, s'est élevée. Parce que les communautés chrétiennes de l'Asie [mineure] tout entière, suivant une tradition (grec paradosis) très ancienne, pensaient qu'il fallait garder, ou conserver, le quatorzième jour de la lune pour la fête de pesah (ici la transcription grecque habituelle pas-cha), du salut, jour où il était prescrit aux Judéens de sacrifier l'agneau, (grec to probatori), en sorte qu'il fallait, ce jour-là, quel que soit le jour de la semaine, faire cesser les jeûnes. Mais ce n'était pas la coutume de faire ainsi dans les communautés chrétiennes (grec ekklèsiais) du reste de la terre habitée. Partant d'une tradition qui remontait aux envoyés (grec ex aposto-likès paradoseôs), elles conservaient et elles observent jusqu'à maintenant, l'usage selon lequel il ne convient pas de cesser les jeûnes un autre jour que le jour de la relevée d'entre les morts (grec anastasis) de notre Sauveur... Eusèbe ajoute : V, 23, 2 : Il y a eu des réunions (grec sunodoî) et des assemblées de

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ceux qui étaient chargés de veiller sur les communautés (grec episkopôn) à ce sujet. Et tous, par une décision unique, par des lettres, ils ont fixé la doctrine de la communauté chrétienne, pour tous les lieux : Ce n'est pas dans un autre jour que le jour du Seigneur, que le secret intelligible (grec mustèriori) de la relevée d'entre les morts du Seigneur sera accompli. Et c'est dans ce jour-là seulement que nous observons la cessation des jeûnes qui concernent la fête de pesah (grec pascha). Ceux qui étaient chargés de veiller sur les communautés chrétiennes d'Asie mineure, Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, etc. estimaient qu'ils devaient garder la coutume qui leur avait été transmise autrefois et tout d'abord. C'est Polycrate, évêque d'Éphèse, qui était à leur tête. C'est lui-même dans sa lettre adressée au pape Victor et à la communauté chrétienne des Romains, qui expose la tradition venue jusqu'à lui. Histoire de l'Église V, 24, 2 : Nous nous en tenons scrupuleusement au jour [prescrit par notre tradition]. Nous n'ajoutons rien, et nous n'enlevons rien... [Apocalypse 22, 18]. Dans sa lettre adressée au pape Victor de Rome, Polycrate d'Éphèse cite, à la suite de Philippe, l'un des douze envoyés, qui est couché à Hiérapolis ; à la suite de Iohanan, celui qui est tombé sur le cœur du Seigneur, qui est né kôhen et qui a porté le petalon, témoin et docteur (grec didaskalos) couché à Éphèse, il cite Polycarpe à Smyrne, évêque et témoin ; Thraseas, évêque et témoin, qui est couché à Smyrne ; Sagaris, évêque et témoin, couché à Laodicée ; Papirius et Meliton, qui est couché à Sardes. Et il ajoute : Tous ceux-là ont gardé le jour du quatorzième [jour du mois] de pesah (grec pascha) selon, ou conformément à l'Évangile (grec kata to euaggelion)... De quel Évangile s'agit-il? Ne serait-ce pas l'Évangile de Jean ?

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Polycrate ajoute : Et moi aussi, le plus petit de tous, Polycrate, conformément à la tradition de mes parents... Sept parmi mes parents ont été évêques, et moi je suis le huitième. Et toujours mes parents ont tenu au jour où le peuple [= la communauté judéenne] enlève le levain... Exode 12, 15 : Sept jours [durant] ce sont des matzôt que vous mangerez. Dès le premier jour vous ferez disparaître le levain (hébreu seôr, grec zumè) de vos maisons, parce que tout homme qui mangera du pain fermenté, alors (hébreu we) elle sera retranchée, cette âme-là, d'Israël depuis le premier jour jusqu'au jour septième... Eusèbe cite ensuite une lettre de saint Irénée de Lyon adressée au pape Victor : Histoire de l'Église V, 24, 16 : Le bienheureux Poly-carpe [ne pas confondre avec Polycrate] est venu faire un séjour à Rome, alors que Anikètos était évêque de Rome. Au sujet d'affaires d'importance mineure, ils se sont bientôt mis d'accord. Et au sujet de cette affaire capitale, ils ne se sont pas fâchés. Parce que Anikètos n'a pas pu persuader Polycarpe de ne pas garder ce que, avec Iohanan, le disciple de notre Seigneur, et avec le reste des envoyés (grec apostolôn) avec qui il avait vécu, il avait toujours observé. Et Polycarpe n'a pas réussi à persuader Anikètos de garder [la tradition des communautés d'Asie mineure]. Il disait [Anikètos] qu'il devait tenir la coutume des Anciens qui l'avaient précédé... On voit que dans ce document Iohanan n'est pas mis dans le groupe des envoyés (grec apostoloî). Il est disciple du Rabbi. Il a une haute autorité. Mais il n'est pas envoyé en mission, comme l'ont été les douze. Les autres envoyés sont mis dans une autre catégorie. Il est donc permis de se demander si cette affaire, cette controverse violente qui a secoué les communautés chrétiennes au IIe siècle, n'est pas en relation, si elle n'est pas la suite logique de la différence qui existe entre

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les calendriers de Matthieu, Marc et Luc, d'une part, et le calendrier de l'Évangile de Jean, d'autre part. Il est permis de se demander si ce n'est pas Iohanan qui le premier a porté l'information créatrice nouvelle en Asie mineure, alors que SchaoulPaul partait pour son second voyage missionnaire, autour de l'année 49. Ce qui expliquerait que Schaoul-Paul fait des grands détours pour ne pas aller marcher dans les plates-bandes de Iohanan. Ce qui expliquerait aussi l'autorité avec laquelle Iohanan écrit aux sept communautés chrétiennes d'Asie mineure, autour de l'année 52. Il est même permis de se demander si Schaoul-Paul n'est pas venu séjourner à Éphèse, seulement après la mort de Iohanam, assassiné en 54 ou 55. La chronologie de cette période est très incertaine. La communauté chrétienne de Rome a pris naissance dans les années 30 et suivantes. Personne ne sait qui le premier a porté l'information créatrice nouvelle. Il est vraisemblable que les frères qui cette année-là avaient été à Jérusalem pour les fêtes de pesah, sont revenus à Rome en portant avec eux, comme les abeilles portent du pollen sous leurs pattes, l'information nouvelle, ce qui s'était passé à Jérusalem cette année-là. Il est possible qu'ils aient adopté pour la communauté chrétienne de Rome, issue de la communauté judéenne, le calendrier des Évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc, c'est-à-dire le calendrier des perouschim. Ce qui expliquerait la différence entre les calendriers d'Éphèse et des autres villes d'Asie mineure, et le calendrier de Rome. Dans les communautés chrétiennes d'Asie mineure, tandis que dans la nuit du 14 au 15 nisan, les frères et les sœurs des communautés judéennes se réjouissaient et fêtaient pesah en mangeant l'agneau de pesah, les frères des communautés chrétiennes jeûnaient pour le peuple hébreu, pour leurs frères judéens. On lisait le texte d'Exode 12. C'est seulement à trois heures du matin que les frères et les sœurs de la communauté chrétienne cessaient le jeûne (Joachim Jeremias, Die Abendmahlsworte Jesu, 116). Épiphane de Salamine, Panarion LXX 11, 3 : Lorsque eux [= les frères des communautés judéennes] se réjouissent, vous [= les frères des communautés chrétiennes], vous jeûnez et vous vous affligez pour eux...

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Dans les communautés chrétiennes d'Asie mineure, on célèbre la fête de pesah en même temps que les frères et les sœurs des communautés judéennes, mais les frères et les sœurs des communautés chrétiennes jeûnent et ne terminent leur jeûne qu'au chant Hu coq (Jeremias, 204). Le Rabbi lui-même, lors de la dernière nuit, n'a pas mangé de l'agneau de pesah et il n'a pas bu la coupe de vin. Il a jeûné : Luc 22, 14 : Et lorsqu'il est venu le temps [de manger pesah], il s'est étendu [sur les coussins et les tapis] et les envoyés (grec apostoloi) avec lui. Et il leur a dit : « Désirer j'ai désiré (construction hébraïque classique) ce pesah le manger avec vous avant que je ne souffre (grec paschein, hébreu possible halah, Amos 6, 6). Car je le dis à vous : Je ne mangerai plus pesah jusqu'à ce qu'il soit rempli dans le royaume, ou le règne de Dieu... » Luc 22, 18 : Car je le dis à vous : « Je ne boirai plus à partir de maintenant du produit de la vigne (hébreu tebouat ha-kerem, Deutéronome 22, 9) jusqu'à ce que le royaume, ou le règne de Dieu soit venu... Marc 14, 25 : Amèn (en hébreu dans le texte grec), je le dis à vous : « Je ne boirai plus du produit de la vigne jusqu'à ce jour-là lorsque je le boirai nouveau dans le royaume, où le règne de Dieu... » Le Rabbi avait lié un lien sur son âme. Nombres 30, 3 : Un homme, que s'il a voué un vœu à YHWH ou bien s'il a juré un jurement pour lier un lien sur son âme (hébreu le-esôr issar al-napheschô, grec horisètai horismô ; le verbe grec horizô signifie limiter, borner, séparer par une frontière), il ne profanera pas sa parole. Comme tout ce qui est sorti de sa bouche, il fera... Et une femme, que si elle a voué un vœu à YHWH et si elle a lié un lien... Et il a entendu, son père, son vœu et le lien qu'elle a lié sur son âme...

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Le Rabbi le dit d'ailleurs lui-même, Luc 22, 22 : Parce que le fils de l'homme (hébreu ben ha-adam ou ben adam), sur la bouche du lien qu'il a lié sur son âme (grec kata to hôrismenon, hébreu al pi issar ascher asar al-napheschô) il s'en va, mais hoï (transcription en caractères grecs ouai) à cet homme par la main de qui il est livré (le verbe grec paradidômi, hébreu possible natan, mais plus probablement hébreu tardif masar, transmettre, livrer ; masar et napheschô, livrer son âme, enseigner ; à la forme niphal, être livré [à la police])... Les frères et les sœurs des communautés chrétiennes d'Asie mineure jeûnaient tandis que les frères et les sœurs des communautés judéennes mangeaient l'agneau de pesah. Ils faisaient donc comme avait fait le Rabbi pendant la dernière nuit qui a précédé son arrestation (Jérémias, 208). Iohanan ha-kôhen, chez qui le Rabbi a réuni ses compagnons galiléens pour la dernière nuit, savait fort bien que le Rabbi cette nuit-là n'a pas mangé l'agneau de pesah et qu'il n'a pas bu la coupe de vin. C'est peut-être cette pratique qu'il a lui-même transmise aux communautés chrétiennes d'Asie mineure, qu'il a peut-être fondées luimême. S'il ne rapporte pas les paroles dites par le Rabbi sur l'une des matzôt et sur l'une des coupes, c'est peut-être parce qu'il estimait qu'il était plus prudent de ne pas mettre par écrit, dans un document qui va circuler, la traduction en langue grecque de ses propres documents, à savoir ce que nous appelons l'Évangile de Jean, — ces paroles qui pouvaient être mal comprises ou utilisées d'une manière perverse —, ce qui s'est vu en effet dans les siècles suivants (Jeremias, 119). Ce qui est le plus sacré ne doit être communiqué que de la bouche à l'oreille, en chuchotant, et ne doit pas être livré. C'est le sens du mot grec mustèrion dans les livres de la Nouvelle Alliance. Il était absurde de supposer que Jean, ou un autre, ait pu rédiger son Évangile après les Synoptiques, avec les Synoptiques sous les yeux, puisque précisément il modifie le calendrier des Synoptiques sur un point d'une importance capitale.

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La maison du kôhen ha-gadôl Matthieu 26, 56 : Et alors ceux qui apprenaient avec lui, tous, ils l'ont abandonné et ils se sont enfuis. Et ceux qui ont arrêté Ieschoua, ils l'ont conduit chez Qaïapha le kôhen ha-gadôl, là où les lettrés (hébreu sôpherim) et les anciens (hébreu ha-zeqenim) étaient réunis. Et Keipha-Petros, il le suivait de loin jusqu'à la cour [de la maison] du kôhen ha-gadôl. Et il est entré à l'intérieur... Marc 14, 50 : Et ils l'ont abandonné et ils se sont enfuis, tous. Et un jeune homme marchait derrière lui. Il était revêtu d'une robe de lin (grec sindôn, hébreu sadin, Juges 14, 12 ; 14, 13 ; Proverbes 31, 24) sur sa nudité. Et ils l'ont arrêté, ils l'ont saisi. Et alors lui il a abandonné le sadin, et tout nu il s'est enfui... Et ils ont conduit Ieschoua chez le grand prêtre... Et Petros, de loin il le suivait, jusqu'à l'intérieur dans la cour de la maison du grand prêtre... Il se pourrait bien qu'il s'agisse ici de Iohanan surnommé Markos, revêtu de la tunique de lin des kôhanim. Il ne veut pas se nommer ou être nommé dans la traduction grecque de son livret. La question ouverte est toujours de savoir si Iohanan surnommé Markos, et le Iohanan du quatrième Évangile, sont deux ou un seul. Jean 18, 12 : C'est la troupe des soldats et le chef de mille et les serviteurs des Judéens qui ont arrêté Ieschoua, et ils l'ont attaché. Et ils l'ont conduit chez Hanan tout d'abord. Car il était le beau-père (grec pentheros, hébreu hôten) de Qaïapha, qui était kôhen hagadôl cette année-là. C'est Qaïapha qui a conseillé aux Judéens : « Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple... » Jean 18, 15 : Et il marchait derrière Ieschoua, Schi-meôn-KeiphaPetros et un autre disciple (hébreu tal-mid aher. Le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets : construction hébraïque). Et ce disciple,

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il était quelqu'un de connu pour le grand prêtre... Le grec gnôstos, que nous traduisons par « connu », suivi du datif, est la traduction du participe puai du verbe hébreu iada, connaître. 2 Rois 10, 11 : meiouddaaio, grec kai tous gnostous autou ; Psaume 31, 12 : et terreur pour mes familiers, hébreu li-meiouddaaï, grec fois gnostois mou ; Psaume 55, 14 : mon compagnon et mon familier [= bien connu de moi], (hébreu meiouddaï, grec kai gnôste mou) ; Psaume 88, 9 : tu as éloigné mes familiers loin de moi (hébreu meiouddaï, grec tous gnostous mou); Psaume 88, 19 : Tu as éloigné loin de moi, ami et compagnon, mes familiers, (hébreu meiouddaï, grec kai tous gnostous mou). Jean 18, 15 {suite) : Et il est entré avec Ieschoua dans la cour (grec aulè, hébreu hatzer, Exode 27, 9 ; etc.) du kôhen ha-gadôl. Et Keipha-Petros, il se tenait debout, à la porte, au-dehors. Et alors il est sorti, l'autre disciple, celui qui était connu du grand prêtre, et il a parlé à la gardienne de la porte (grec thurôros, hébreu schôeret, formé à partir de schaar, le portail, ou peqouddah, Ézéchiel 44, 11) et elle a fait entrer Keipha-Petros. Et alors elle a dit à KeiphaPetros, la servante gardienne de la porte : « Est-ce que toi aussi tu n'es pas l'un des disciples de cet homme ? » Et il a dit, lui [= Petros] : « Je ne le suis pas (grec ouk eimi, hébreu einennî). Il est bien évident que l'inconnu qui ne veut pas donner son nom, l'autre disciple, celui qui est connu du kôhen ha-gadôl, et qui prend la liberté d'entrer dans la cour de la maison du kôhen ha-gadôl, ce n'est pas Jean, le fils de Zébédée. Nous avons appris (Matthieu 26, 56 ; Marc 14,50) que les compagnons se sont tous enfuis. Celui qui donne des ordres à la servante du kôhen ha-gadôl et qui est obéi, ce n'est pas Jean le Galiléen, le fils de Zébédée. Si Jean le Galiléen, le fils de Zébédée, avait pris le risque d'entrer dans la maison du grand prêtre et s'il s'était permis de donner un ordre à la servante du grand prêtre, non seulement celle-ci n'aurait pas obéi, mais de plus elle l'aurait fait arrêter immédiatement. C'est parce qu'il est bien connu du grand prêtre régnant, à savoir Joseph surnommé Qaïpha, transcrit ici, dans les textes que nous lisons, en

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caractères grecs, Qaïapha, que l'inconnu qui ne veut pas dire son nom, prend la liberté d'entrer dans la cour de la maison du grand prêtre. C'est parce que la servante le connaît qu'elle l'écoute et lui obéit. Le tombeau Jean 19, 40 : Ils ont pris le corps de Ieschoua et ils l'ont serré dans une tunique de lin (hébreu sadin)... Et il était, dans le lieu où il a été pendu à la croix, un jardin (grec kèpos, hébreu gan, Deutéronome 11, 10, etc.), et dans le jardin, un tombeau tout neuf (grec mnèmeion kainon, hébreu qeber hadasch) dans lequel personne encore n'avait été déposé. C'est donc là, à cause de la préparation (grec paraskeuè, hébreu ereb)des Judéens, parce qu'il était tout près le tombeau, qu'ils ont déposé Ieschoua... Jean 20, 1 : Le premier jour qui suit le schabbat (hébreu be-ehad ba-schabbat), c'est Mariam de Magdala qui est venue le matin, alors qu'il faisait encore nuit, au tombeau, et elle voit la pierre qui a été enlevée du tombeau. Alors elle court et elle vient vers Schimeôn Petros et vers l'autre disciple, celui qu'il aimait, Ieschoua, et elle leur dit : « Ils ont enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où ils l'ont déposé. » Alors il est sorti, Petros et l'autre disciple (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque) et ils sont venus au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble. Et l'autre disciple, il courait plus vite et il est passé devant Petros et il est arrivé le premier au tombeau. Et il s'est penché pour regarder (grec para-kuptô, hébreu probablement le verbe schaqaph, Genèse 26, 8 ; Juges 5, 28 ; 1 Chroniques 15, 29) et il voit qu'il se tenait debout (grec keimena, probablement le verbe hébreu iaad, hophal participe pluriel mouadim, Jérémie 24, 1) le tissu de lin (grec ta othonia, hébreu sadin, Juges 14, 13). Mais cependant il n'est pas entré. Alors arrive aussi Schimeôn Petros qui courait derrière lui, et il est entré dans le tombeau. Et il regarde le sadin qui se tenait debout, et le sudarium (transcription en caractères grecs soudarion, latin sudor, la sueur, sudare, suer) qui

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était sur sa tête, qui ne se tenait pas avec le sadin, mais à part, enroulé, dans le lieu unique21 (grec eis hena topon, hébreu el maqôm ehad). Il est vraisemblable que l'expression hébraïque maqôm ehad est un euphémisme pour désigner le tombeau. Qôhe-let était peut-être l'un des livres de prédilection des tzaddouqim. Jean 20, 8 : Et alors il est entré aussi l'autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau. Et il a vu et il a été certain que c'était vrai (grec episteusen, hébreu le verbe aman à la forme hiphil, heemin, Genèse 15, 6 ; etc.)... Il ne faut surtout pas traduire le verbe grec episteusen par le verbe français « croire », parce que ce verbe, en français moderne, signifie un assentiment faible, fragile et mou, incertain, une conviction subjective qui n'est pas une certitude objective, une conviction subjective qui est dissociée de la connaissance et de la certitude. Le verbe grec pisteuein traduit le verbe hébreu aman (à la forme hiphil, heemin) qui signifie la certitude objective de l'intelligence dans la vérité (hébreu émet). Le grec pistis traduit l'hébreu emounah, la certitude objective de la vérité par l'intelligence. Jean 20, 8 (suite): Parce qu'ils n'avaient pas encore connu l'Écriture selon laquelle (hébreu ascher) il va (construction hébraïque traduite par le grec deï), lui, des morts se relever (hébreu qôm iaqoum)... Pourquoi donc celui qui est appelé ici l'autre disciple, celui qu'il aimait, Ieschoua, celui qui a couru plus vite que Keipha-Petros et qui est
Qôhelet = Ecclésiaste 3, 19 : Parce que ce qui arrive aux fils de l'homme, ou ce qui advient des fils de l'homme, et ce qui arrive au bétail, ce qui arrive est unique pour eux (hébreu ehad lahem). Comme la mort de celui-ci, ainsi la mort de celui-là, et un souffle unique pour tous, et l'avantage de l'homme, par rapport au bétail, il n'y en a pas... Tout s'en va vers le lieu unique (hébreu el maqôm ehad, grec eis topon henà). Tout était issu de la poussière et tout retourne à la poussière...
21

Qôhelet 6, 6 : Est-ce que ce n'est pas vers un lieu unique que tout s'en va ? (hébreu el maqôm ehad, grec eis topon hena).

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arrivé le premier au tombeau, pourquoi donc n'est-il pas entré dans le tombeau ? Il s'est penché pour voir, il a vu la toile de lin (sadin) qui se tenait debout, et cependant il n'est pas entré. Lévitique 21,1 : Et il a dit, YHWH, à Môscheh : « Parle aux kôhanim fils de Aharôn et tu leur diras : Pour une âme (hébreu nephesch = un mort) il ne se souillera pas, il ne se rendra pas impur, si ce n'est pour sa propre parenté qui est proche de lui, pour sa mère et pour son père et pour son fils et pour sa fille et pour son frère et pour sa sœur, celle qui est vierge (hébreu betoulah, grec parthenos)... celle qui n'a pas été à un homme, pour elle il se rendra impur... » Ézéchiel 44, 15 : Et les kôhanim les lewiim (les fils de Lévi), fils de Tzadôq, qui ont gardé la garde de mon sanctuaire... ce sont eux qui s'approcheront de moi pour me servir et ils se tiendront debout à ma face pour faire approcher de moi la graisse et le sang... Ce sont eux qui entreront dans mon sanctuaire et ce sont eux qui s'approcheront de ma table pour me servir et ils garderont mes observances [mes gardes]... Et il adviendra, lorsqu'ils entreront dans les portails de la cour intérieure [de l'enceinte sacrée du Temple], ce sont des vêtements de lin qu'ils revêtiront (hébreu bigedeipischtim, grec stolas linas)... Ézéchiel 44, 25 : Et vers un mort humain (hébreu met adarri) ils ne viendront pas pour se souiller... Pourquoi est-ce que Schimeôn surnommé Keipha le Rocher, qui suivait l'autre disciple, est entré dans le tombeau ? — Parce qu'il n'était pas kôhen. Cela ne lui était pas interdit. Pourquoi est-ce que l'autre disciple qui ne veut pas être nommé finit par entrer dans le tombeau? Parce qu'il a compris qu'il n'y a pas de mort dans le tombeau. Il peut donc entrer. Et le tombeau dans lequel ils ont déposé Ies-choua était un tombeau tout neuf, dans lequel jamais personne encore n'avait été déposé. Qu'est-ce qu'ils ont vu dans le tombeau ? La toile de lin (sadin) dans laquelle le Rabbi avait été enserré, lié, attaché (grec edèsan, du verbe deô, hébreu asar, Genèse 42, 24 ; Juges 15, 10 ; 15, 12 ; 15, 13 ; 16, 5 ; etc.)

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Ce sadin se tenait tout seul : Grec keimena, hébreu le verbe iaad, hophal participe pluriel mouadim, Jérémie 24, 1 : Deux corbeilles de figues qui se tenaient devant le Temple de YHWH, hébreu mouadim, grec keimenous. Jean 2, 6 : Étaient là des vases de pierre, six, en vue de la purification, pour la purification des Judéens, disposés (grec keimenaî)... Certains philologues pensent qu'il faut lire ici ômedim, participe pluriel du verbe amad, se présenter, se tenir debout. Le sudarium qui était sur sa tête n'était pas disposé avec le sadin, mais il était enroulé à part dans le tombeau. Le sadin était vide. Les deux compagnons ont donc vu quelque chose qui a causé en eux la certitude. Nous l'avons déjà noté : l'auteur de l'Évangile de Jean ne dit pas tout ce qu'il sait. Ce qui est le plus précieux doit rester secret. Dans cette page, Iohanan n'a pas dit tout ce qu'il a vu, sur quoi il a réfléchi, et qui a causé en lui la certitude objective de l'intelligence. L'auteur ajoute (Jean 20, 9) qu'ils n'avaient pas encore connu l'Écriture — les textes prophétiques — selon laquelle (hébreu probable ascher) il va se relever d'entre les morts. Ce n'est donc pas l'Écriture sainte, les textes prophétiques antérieurs, qui ont causé en lui la certitude objective de l'intelligence, mais ce qu'il a vu, et il ne dit pas tout ce qu'il a vu. On sait ou on croit savoir que les tzaddouqim ne partageaient pas les idées, les représentations, des perouschim, en ce qui concerne la relevée d'entre les morts. Les perouschim se représentaient peut-être la relevée d'entre les morts comme une restauration de notre existence corporelle actuelle, présente. Le Rabbi fait la critique de cette représentation (Matthieu 22, 30 ; Marc 12, 25 ; Luc 20, 35). Paul la fera aussi, plus tard (1 Corinthiens 15, 35 ; etc.) Iohanan appartenait peut-être à l'école théologique des tzaddouqim et il a eu besoin d'une preuve expérimentale pour parvenir à la certitude de la

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relevée d'entre les morts du Rabbi. Matthieu 3, 7 ; 16, 1 ; 22, 23 ; etc. ; Marc 12, 18 ; Luc, 20, 27 parlent des tzaddouqim. C'était peut-être un terme de moquerie utilisé par les adversaires. L'Évangile de Jean n'utilise pas ce terme. Il ne parle jamais des tzaddouqim. L'expression : « l'autre disciple, celui qu'il aimait, Ies-choua », se retrouve plusieurs fois : Jean 13, 23 : Il était couché, ou placé [sur un lit pour manger, appuyé sur le coude gauche] l'un de ses disciples (talmidim), dans le creux du flanc de Ieschoua [qui était donc étendu et accoudé à sa gauche], celui qu'il aimait, Ieschoua... Jean 19, 26 : Et il a vu, Ieschoua, la mère (grec tèn mètera) et le disciple qui se tenait debout auprès [de la croix], celui qu'il aimait... Jean 20, 3 : Et alors elle a couru et elle est arrivée auprès de Schimeôn-Keipha-Petros et auprès de l'autre disciple, celui qu'il aimait, Ieschoua... Jean 21, 1 : Et après cela il s'est fait voir lui-même de nouveau Ieschoua à ceux qui apprenaient avec lui, au bord de la mer de Tibériade. Il s'est fait voir comme ceci : Ils étaient ensemble Schimeôn-Petros et Thôma (hébreu tôamin, les jumeaux, Genèse 25, 24 ; etc.), celui qui est appelé [en traduction grecque] Didumos (Double, Jumeau) et Nathanaël, celui qui est de Qanah de la Galilée et les fils de Zebad-iah [= Jacques l'aîné et Jean son frère], et d'autres d'entre ses disciples : deux... Voici donc que maintenant deux noms sont dissimulés. Ils sont distincts des fils de Zébédée. Jean 21, 4 : Et c'était au matin (hébreu wa-iehi ba-bôqer) et il se tenait debout, Ieschoua, au bord de la mer. Mais cependant ils ne

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savaient pas, les disciples, que c'est Ieschoua... Jean 21, 7 : Et alors il a dit, ce disciple qu'il aimait, Ieschoua, à Keipha-Petros : « C'est le Seigneur... » Jean 21, 20 : Et alors il s'est retourné, Keipha-Petros, et il a vu le disciple qu'il aimait, Ieschoua, qui marchait derrière... Nous soupçonnons pour notre part, sinon un jeu de mots, du moins une expression codée et une allusion parfaitement comprise dans ce milieu ethnique, dans ce groupe des disciples, du genre : Isaïe 5, 1 : Je vais donc chanter pour mon chéri le chant de mon chéri pour sa vigne [les traducteurs en langue grecque ont lu : pour ma vigne]. Une vigne était à mon chéri, sur une corne fils de l'huile (sic : hébreu be-qeren ben-schamen.,.) Isaïe 5, 3 : Et maintenant habitant de Jérusalem et homme de Iehoudah, jugez donc entre moi et ma vigne... Isaïe 5, 7 : Car la vigne de YHWH des armées, [c'est] la maison d'Israël, et l'homme de Iehoudah, c'est le jeune plant qu'il chérit, dans lequel il trouve sa délectation (hébreu neta schaaschouaïô, du verbe hébreu schaa, se réjouir, chérir, grec kai anthrôpos tou Iouda neophuton ègapèmenon). Est-ce que les disciples galiléens du Rabbi auraient appelé Iohanam le Judéen, l'homme de Juda, le jeune plant que Dieu chérit? D'autant plus que Iohanam le Judéen, l'habitant de Jérusalem, était probablement l'un des deux premiers disciples du Rabbi (Jean 1, 35 : cf. p. 262-263).

«Et si je veux qu'il reste... »

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Jean 21, 19: Et il lui a dit [à Schimeôn-Keipha-Petros] : « Marche derrière moi. » Et alors il s'est retourné, Keipha-Petros, et il voit le disciple qu'il aimait, Ieschoua, qui marchait derrière, celui qui, aussi, était tombé lors du repas, sur son cœur (grec stèthos, hébreu leb) et qui avait dit : « Rabbi, qui est-il, celui qui est en train de te livrer ? (grec paradidômi, livrer de la main à la main, hébreu naîan, donner, Exode 23, 31 ; etc., ou hébreu tardif masar). Et alors celui-ci il l'a vu, Keipha-Petros, et il a dit à Ieschoua : « Rabbi, celui-ci, quoi ? » (hébreu probable we-zeh mah hou). Et il lui a dit, Ieschoua : « Si lui je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, quoi à toi ? (grec ti pros se, hébreu mah-leka). Toi, marche derrière-moi. » Et alors donc elle est sortie, cette parole, auprès des frères : « Ce disciple ne mourra pas.» Or il ne lui avait pas dit, Ieschoua : « Il ne mourra pas. » Mais : « Si lui je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne {mah zeh lak), quoi à toi ? » C'est lui, le disciple, qui atteste la vérité (grec marturein, hébreu heïd, participe meïd) sur ces [paroles] et qui les a écrites, et nous savons qu'elle est vérité, son attestation. Ceux qui disent « nous » ici, dans cette dernière proposition, ce sont des compagnons de Iohanam qui attestent à leur tour la vérité de l'attestation de Iohanam, en vertu du principe : Deutéronome 19, 15 : Il ne se lèvera pas, un témoin unique, contre un homme... Sur la bouche de (hébreu al-pi) deux témoins ou sur la bouche de trois témoins, elle se tiendra debout (hébreu le verbe qoum) la parole [= la chose, l'affaire]. L'attestation de la vérité que présente Iohanam ne suffit donc pas. Il faut au moins deux ou trois témoins. Et c'est pourquoi des compagnons attestent la vérité de l'attestation de Iohanam.

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C'est pour le même motif que trois Évangiles, que nous appelons synoptiques, Matthieu, Marc, Luc, rapportent des faits et des événements souvent identiques : parce qu'un seul témoin ne suffit pas. Il en faut au moins deux ou trois. Chacun de ces Évangiles est publié sur la bouche de (hébreu al-pi) celui qui atteste la vérité du contenu du livret. Jean 21, 25: Et il est encore d'autres choses nombreuses qu'il a faites, Ieschoua... Que signifie l'expression : « Si lui je veux qu'il reste... » (Jean 21, 22)? L'explication peut être fort simple. Schimeôn-Keipha voit le disciple — qui ne veut pas être nommé dans son livret — qui suit, après la manifestation de Ieschoua aux disciples au bord de la mer de Tibériade. C'était la troisième manifestation (Jean 21, 14). Schimeôn demande au Rabbi : « Et lui, quoi ? » (hébreu we-zeh mah-hou). Le Rabbi répond : « Si lui je veux qu'il reste... » L'hypothèse la plus simple est : « Si je veux qu'il reste là où il est, à sa place, dans le Temple de Jérusalem où il est kôhen... » Et donc Iohanam ne s'en va pas avec les Galiléens. Il reste à Jérusalem. Et c'est peut-être chez lui que se réunissent les disciples (Jean 20, 19 ; 20, 26 ; Actes 1, 23 ; 12,12). Iohanan le kôhen n'était pas l'un des douze. Ce n'est pas un Galiléen. C'est un Judéen. Il n'a pas été envoyé en mission, il n'est pas apostolos. Il reste dans le Temple de Jérusalem. Il va être kôhen ha-gadôl. — — — — Depuis longtemps, semble-t-il, les noms hébreux : Ionatan, YHWH a donné, Iehônatan, même sens, Iehohanan, YHWH a accordé sa grâce, Iohanan, même sens, étaient interchangeables (Néhémie 12, 11 : Et Ioiada a engendré Ionatan, et Ionatan a engendré Iadoua... Néhémie 12, 22 : Ioiada, et Iohanan et Iadoua...). Ionatan et Iohanan sont probablement le même personnage. De même, Actes 4, 6 : Et Hanan le grand prêtre et Qaïapha et Iohanan... Certains manuscrits donnent : Ioannès = Iohanan. D'autres

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manuscrits, D, Codex Bezae : Ionathas = Ionatan. Le texte de Polycrate d'Éphèse est invincible. Il est donc très vraisemblable que celui que Polycrate d'Éphèse appelle Iohanan est identique à celui que Joseph surnommé Flavius appelle Ionatan. Rappelons brièvement ce que nous savons de Ionatan fils de Hanan, par Joseph surnommé Flavius. Il a été nommé kôhen gadol par Vitellius en 36 à la place de Joseph surnommé Qaïapha ou Qaïph (signification non élucidée). Il est déposé en 37 par le même Vitellius. Sous l'administration de Cumanus (50-52) il prend part à une délégation judéenne à Rome, — c'est le règne de l'empereur Claude. Il est assassiné au début du règne de Néron (54-68), sur l'ordre du procureur Félix, 52-60. Il avait refusé l'offre que lui faisait Agrippa I, mort en 44, de devenir à nouveau grand prêtre. Agrippa avait nommé à sa place son frère Matthias. Le judaïsme ne s'est donc pas divisé en deux, horizontalement, comme certains ont voulu nous le faire croire depuis deux siècles : les Galiléens analphabètes en bas, devenus disciples du Rabbi ; les grands lettrés judéens restés fidèles au judaïsme au-dessus. En réalité le judaïsme s'est divisé en deux, verticalement ; il s'est fendu en deux de haut en bas, comme un arbre frappé par la foudre. C'est d'ailleurs ce que disent certains textes, Actes 6, 7 : Et c'est la parole de Dieu qui portait fruit et qui se multipliait [comme une semence qu'elle est]. Et elle était nombreuse la foule des kôhanim qui répondaient en faveur de la certitude de la vérité (probablement le verbe anah, répondre en faveur de ; Genèse 30, 33 ; 1 Samuel 12, 3). On conçoit, dans ces conditions, que Iohanan = Ionatan n'ait pas voulu donner son nom dans le rouleau qui va être diffusé à partir des années 30 et suivantes dans les communautés judéennes de la Diaspora de langue grecque. Iohanan, ou ses compagnons. Non seulement pour lui-même mais aussi pour les frères et les sœurs des communautés judéennes de la

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Diaspora qui vont recevoir ce texte. C'est Iohanan lui-même qui a pris les notes en hébreu, qui ont été ensuite traduites en grec ; c'est lui qui a écrit le texte original (Jean 21, 24). Personne ne sait qui a traduit ces notes de l'hébreu en grec. Peut-être Iohanan lui-même qui était probablement bilingue. C'est dans cette traduction en langue grecque que le nom de Iohanan = Ionatan est constamment remplacé par une formule codée : l'autre disciple ; le disciple qu'il aimait, Ieschoua. Nous l'avons dit, nous pensons qu'il y a sous cette dernière expression une astuce, comme nos frères judéens de ce temps-là aimaient tant à en faire, et que nous n'avons pas su déchiffrer. Si Iohanan = Ionatan est bien le fils de Hanan, le grand prêtre qui a été, avec quelques autres, responsable de la mort du Rabbi, alors on conçoit que ceux qui ont traduit de l'hébreu en grec le dossier de notes et de documents de Iohanan, aient jugé plus prudent de ne pas donner son nom dans le texte de la traduction qui va être diffusée dans les communautés judéennes de la Diaspora. Non seulement pour lui-même, — nous sommes en pleine terreur, en pleine répression sanglante de la petite communauté chrétienne naissante —, mais aussi pour les frères et les sœurs des communautés judéennes de la Diaspora. Souvenons-nous de ce qui est arrivé lorsque Schaoul surnommé Paulus a cessé de persécuter à mort la petite communauté chrétienne naissante et qu'il est devenu le disciple de celui qu'il persécutait. Iohanan = Ionatan est aussi le frère de Hanan ben Hanan qui est responsable de la mise à mort de Iaaqôb en l'année 62. Il est possible que Theophilos, son autre frère qui a lui aussi été kôhen gadôl, ait eu des sympathies pour le christianisme naissant. Actes 7, 58 : Ils ont jeté Stephanos hors de la Ville [= Jérusalem] et ils l'ont tué à coups de pierres... Et les témoins [de la mise à mort] ont déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Schaoul... Actes 8, 1 : Et Schaoul, il était d'accord pour la mise à mort de Stephanos. Et il y a eu ce jour-là une persécution grande contre la

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communauté [chrétienne] qui était à Jérusalem. Tous se sont dispersés dans les régions de la Judée et de la Samarie, — sauf les envoyés (grec apostolôn, hébreu ha-schelihim)... Schaoul ravageait la communauté [chrétienne]. Dans les maisons il entrait. Il arrachait les hommes et les femmes. Il les faisait mettre en prison... Nous sommes probablement autour de l'année 36, l'année où Ionatan ben Hanan est nommé kôhen gadôl par Vitellius. Actes 9, 1 : Schaoul, son âme était encore remplie de fureur et de meurtre à rencontre des disciples du Seigneur. Il est allé voir le grand prêtre [probablement Joseph surnommé Qaïapha] et lui a demandé des lettres pour Damas, pour les maisons de réunion [judéennes], en sorte que s'il en trouvait quelques-uns de cette voie (grec odos, hébreu derek) [= le christianisme], des hommes et des femmes, c'est enchaînés qu'il puisse les amener à Jérusalem... Après avoir vu celui qu'il persécutait, Schaoul est resté avec les disciples qui étaient à Damas un certain nombre de jours. Actes 9, 20 : Et voici que dans les maisons de réunion il proclamait Ieschoua : « C'est lui qui est le fils de Dieu (hébreu ki hou ben elohim). » Et ils tremblaient de peur tous ceux qui écoutaient et ils disaient : « N'est-ce pas lui qui ravageait, qui dévastait, qui outrageait à Jérusalem ceux qui invoquent ce nom [le nom de Ieschoua], et ici même, Damas, il est venu pour les amener enchaînés [ceux qui invoquent ce nom] aux grands prêtres... Actes 9, 23 : Lorsqu'ils ont été remplis (expression hébraïque) un nombre suffisant de jours, ils ont pris la décision, les Judéens, de le tuer... Actes 9, 26 : Lorsqu'il est arrivé à Jérusalem, Schaoul a essayé de se joindre aux disciples. Et tous avaient peur de lui. Ils ne croyaient pas qu'il était disciple. Barnaba [Joseph surnommé] l'a pris et l'a

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conduit vers les envoyés (grec apostolous, hébreu schelihim) et il leur a raconté comment sur la route il a vu le Seigneur et qu'il [le Seigneur] lui a parlé... On conçoit que Iohanan le kôhen du Temple de Jérusalem, le fils de Hanan qui fut grand prêtre — parent de Joseph surnommé Qaïapha, puisque Hanan était le beau-père (hébreu hôten) de Joseph surnommé Qaïapha, grand prêtre entre 18 et 36 —, n'ait pas jugé bon de se nommer dans ce livre traduit de l'hébreu en grec et destiné aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la Diaspora de langue grecque. Nous sommes probablement dans les années où Schaoul-Paulus persécute et ravage la petite communauté chrétienne naissante. Dans Jean 21, 2, il est question, à la suite de Schimeôn-Keipha, de Thôma appelé Didumos, le Jumeau, de Nathanaël de Qana en Galilée, des fils de Zébédée et de deux autres disciples, qui ne sont pas nommés, pour les mêmes raisons, probablement. L'un des deux, c'est celui qu'il aimait, Ieschoua (Jean 21, 7). Il est permis de se demander si l'autre n'est pas son frère Théophile, l'un des cinq fils de Hanan. Le grec Theophilos peut traduire l'hébreu Iedid-iah. 2 Samuel 12, 24 : Et il a consolé, David, Batscheba [la fille du serment], sa femme et il est allé vers elle et il a couché avec elle et elle a enfanté un fils et elle a appelé son nom Schelômôh, et c'est YHWH qui l'a aimé. Et il [= YHWH] a envoyé dans la main de Natan le prophète [un message] et il a appelé son nom Iedid-iah [chéri de YHWH], à cause de YHWH... Il est permis de se demander si Theophilos à qui Luc-Iaïr offre, pour qui Luc-Iaïr écrit son Évangile et le livre des Actions des Envoyés, n'est pas le frère de Iohanan. Theophilos a été kôhen ha-gadôl entre l'année 37, après Iohanan, et l'année 41 {Antiquités XVIII, 4, 3). Lorsque donc Iohanan écrit, autour des années 53-54, Apocalypse 1, 9: Moi Iohanan votre frère et votre compagnon dans

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la persécution et dans le règne et dans l'espérance en Ieschoua, j'ai été dans l'île qui est appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et à cause de l'attestation de [la vérité] de Ieschoua... il faut peut-être discerner la nuance suivante : N'ayez pas peur. Je suis kôhen. J'ai été kôhen gadôl. Je suis le fils de qui vous savez (pelôni almôni), et le frère de qui vous savez. Mais je suis cependant, comme vous, persécuté. Je suis cependant votre frère et votre compagnon dans la persécution, et dans la même espérance. « À cause de la parole de Dieu » (grec dia, qui traduit un grand nombre de mots hébreux, parmi lesquels ba-abour, ou le-maan), c'est-àdire : en vue de communiquer la parole de Dieu, pour communiquer la parole de Dieu, pour attester de la vérité de Ieschoua. Le Talmud de Jérusalem, traité Berakôt, nous dit : « Il ne faut pas avoir bonne opinion de soi jusqu'à la mort, car Iohanan a fini par devenir hérétique, après avoir exercé pendant quatre-vingts ans les fonctions de kôhen gadôl. » Qui est ce Iohanan qui a été kôhen gadôl pendant quatre-vingts ans ? Est-ce que quelqu'un a jamais été kôhen gâdol si longtemps ?

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IV. La prise et la destruction de Jérusalem Il n'est pas du tout évident ni certain que l'Apocalypse soit une composition réalisée d'un seul coup, en une seule fois. C'est même peu probable. Il est beaucoup plus vraisemblable que l'Apocalypse est un ensemble de visions, d'oracles et d'interprétations de l'histoire contemporaine de Iohanan, cousus bout à bout, tout comme c'est le cas pour les anciens prophètes hébreux : Osée, Amos, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, etc. Un ensemble de textes qui n'ont pas forcément été écrits au même moment. Nous ne savons pas qui a traduit l'Apocalypse de l'hébreu en grec. Ce que nous savons, ce que nous voyons, c'est que celui qui a fait cette traduction n'est pas le même que celui qui a traduit de l'hébreu en grec — peut être Iohanan lui-même — le dossier qui a donné notre Évangile de Jean. Nous ne savons pas si l'Apocalypse a été publiée, diffusée, communiquée du vivant de Iohanan, ou seulement après sa mort. Nous ne savons pas qui a mis en ordre, qui a arrangé les divers documents réunis dans l'Apocalypse. Est-ce Iohanan lui-même ? Ou des compagnons ? Iohanan annonce, quelque quinze ou vingt ans à l'avance, la prise et la destruction de Jérusalem qu'il appelle la prostituée (grec pornè, hébreu zônah, participe du verbe zanah, se prostituer). Il précise même à plusieurs reprises que cette destruction de la Ville sainte est proche, imminente (Apocalypse 1, 3 : Car le temps est proche; Apocalypse 22, 10). On voit mal un prophète allemand prophétisant, quarante ans après la prise et la destruction de Berlin par les Américains et les Russes, la chute de la capitale de l'Allemagne. De même on voit mal un prophète judéen prophétiser la chute et la destruction de Jérusalem en 96 et 97, alors que Jérusalem a été prise et détruite par les armées de Titus durant l'été de l'année 70. « Ceux qui se disent eux-mêmes envoyés... »

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Apocalypse 2, 1 : Et au messager de la communauté [chrétienne qui est] à Éphèse, écris... Je connais tes actions... et que tu ne peux pas supporter les méchants, les mauvais, et tu as mis à l'épreuve ceux qui se disent eux-mêmes envoyés (grec apostolous), et ils ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs... Quels sont ces hommes qui se disent eux-mêmes envoyés et qui ne le sont pas, et qui sont venus à Éphèse ? Rappelons-nous ce qui s'est passé autour de l'année 50, la grande controverse concernant l'entrée des goïm dans l'économie du monothéisme hébreu. Actes 15, 1 : Et certains sont descendus venant de la Judée et ils enseignaient les frères : « Si vous ne vous faites pas circoncire selon la coutume, l'usage de Môscheh, vous ne pouvez pas être sauvés. » Alors il y a eu une controverse et une discussion qui n'a pas été petite pour Paul et Barnaba contre eux. Alors ils ont décidé qu'ils monteraient, Paul et Barnaba et certains, quelques autres d'entre eux [d'entre les disciples d'Antioche] pour aller vers les envoyés et les anciens à Jérusalem, à propos de cette controverse... Lorsqu'ils sont arrivés à Jérusalem, ils ont été reçus par la communauté [chrétienne] et les envoyés et les anciens. Ils ont annoncé tout ce que Dieu avait fait avec eux. Alors ils se sont levés, certains qui étaient de l'école de pensée (grec airesis) des perouschim, et qui avaient été certains de la vérité [du maschiah Ies-choua]. Et ils ont dit : « Il faut les circoncire et leur commander de garder la Torah de Môscheh... » Alors ils se sont réunis, les envoyés et les anciens, pour voir, pour examiner [ce qu'il en est] de cette parole (hébreu dabar) [— cette affaire]. Il y a eu une grande controverse et il s'est levé Keipha-Petros et il leur a dit : « Frères, vous-mêmes vous savez bien que depuis les premiers jours au milieu de vous, il a choisi, Dieu, par ma bouche, qu'ils entendent, les goïm, les païens, la parole de l'heureuse annonce (hébreu et debar ha-besôrah) et qu'ils soient certains de la vérité. Et Dieu qui

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connaît les [secrets des] cœurs, il a attesté en leur faveur, il a été témoin en leur faveur, puisqu'il leur a donné l'Esprit saint tout comme à nous. Et il n'a fait aucune différence entre nous et eux. Par la certitude de la vérité (grecpistis, hébreu emounah) il a purifié leurs cœurs... Et maintenant donc, pourquoi est-ce que vous mettez Dieu à l'épreuve, en posant un joug sur le cou des disciples [issus du paganisme], joug que ni nos pères ni nous-mêmes n'avons été capables de porter ? Mais c'est par la grâce du Seigneur Ieschoua que nous sommes certains d'être sauvés, de la même manière qu'eux [que ceux-ci, les nouveaux disciples issus du paganisme]. » Et alors elle a fait silence, toute l'assemblée, et ils ont écouté Barnaba et Paul qui ont raconté tout ce qu'il a fait, Dieu, signes et prodiges, parmi les païens, par leurs mains. Et après qu'ils aient fait silence, il a répondu, Iaaqôb, et il a dit (hébreu wa-iiaan iaaqôb wa-iômer) : « Frères, écoutez-moi... » Le Iaaqôb dont il est question ici est probablement, nous l'avons vu, le Iaaqôb qui est appelé par ailleurs le frère du Seigneur (ho adelphos tou kuriou, Galates 1, 19), celui qui sera mis à mort en l'année 62. Actes 15, 13 : Il a répondu, Iaaqôb, et il a dit : « Frères, écoutezmoi. C'est Schimeôn qui a raconté comment tout d'abord c'est Dieu qui a visité22 [pour] prendre en le tirant des nations païennes (hébreu mi-bein ha-goïm) un peuple pour son nom... C'est le signe de Jonas qui s'accomplit, la prophétie du rouleau de Jonas qui se réalise. Le monothéisme hébreu passe aux nations païennes. Actes 15, 15 : Et à cela s'accordent les paroles des prophètes, comme il est écrit... Actes 15, 19 : Et c'est pourquoi moi je juge qu'il ne faut pas opprimer, resserrer, faire pression sur (grec par-enochleô, hébreu
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Grec epi-skeptomai, hébreu paqad, la vieille expression hébraïque, Genèse 50, 24 : C'est Dieu qui va vous visiter... Genèse 50, 25 : Visiter, il va vous visiter, Dieu... Exode 3, 16 : Visiter, je vous ai visité... Exode 4, 31 : Et il a été certain que c'est vrai, le peuple, et ils ont entendu qu'il a visité, YHWH, les fils d'Israël... Exode 13, 19 ; etc.

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tzôq, Juges 14, 17, faire le siège d'une ville) ceux qui viennent des nations païennes (hébreu min-ha-goïm) et qui se sont tournés vers Dieu, mais qu'il faut leur écrire, leur envoyer une lettre, un message, pour qu'ils s'abstiennent — des souillures des divinités païennes (grec ton alis-gèmatôn ton eidôlon ; alisgèma n'existe pas en grec naturel ; formé à partir du verbe alisgeô, qui n'existe pas en grec naturel ; hébreu gaal, souiller, Malachie 1, 7; Daniel 1,8), — et du sang, — et de la prostitution (grec porneia, hébreu zenounim ; zenout) [= le culte des divinités païennes], 2 Rois 9, 22 ; Osée 2, 4 ; 2, 6 ; 6, 10, etc. Lévitique 17, 7 : Et ils ne sacrifieront plus des sacrifices à leurs boucs, que eux ils se prostituaient derrière... Nombres 14, 33 : Et vos fils, ils seront bergers dans le désert pendant quarante ans et ils porteront vos prostitutions (hébreu zenouteikem, grec tèn porneian humôri)... Jérémie 3, 2 ; 3, 9, etc.) et de l'étouffé [= des bêtes étouffées] (grec pniktou, n'existe pas en grec naturel, formé à partir du verbe pnigô, étrangler, étouffer)...

Lévitique 17, 10 : Et un homme quel qu'il soit (hébreu isch isch), issu de la maison d'Israël, et issu [de l'ensemble des] étrangers (hébreu min-hager, grec ton prosèlutôn) qui séjourne en étranger au milieu de vous, qui mangera toute sorte de sang, n'importe quel sang (hébreu kôl-dam), alors, (hébreu we, grec kai) je donnerai ma face contre l'âme (hébreu nephesch), qui a mangé le sang et je la retrancherai du milieu de son peuple. Car l'âme de la chair, dans le sang [elle est]... C'est pourquoi j'ai dit aux fils d'Israël : Toute âme d'entre vous, elle ne mangera pas du sang, et l'étranger (hébreu ger, grec proselutos) qui séjourne en étranger au milieu de vous, il ne mangera pas du sang... Parce que l'âme de toute chair [c'est] son sang. Dans son âme, lui [il est]. Et j'ai dit aux fils d'Israël : Le sang de toute chair vous ne mangerez pas, parce que l'âme de toute chair, [c'est] son sang. Tout homme qui en mangera sera retranché.

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Iaaqôb ajoute : Actes 15, 21 : Car il est à Môscheh, depuis les générations premières, dans chaque ville, des hommes qui crient, qui lisent tout haut (grec kèrussein, hébreu qara, Genèse 41, 43 ; Exode 32, 5 ; etc.) la Torah de Môscheh, dans les maisons de réunion (grec sunagôgè, hébreu beit ha-kenesset), lors de chaque schab-bat, lorsqu'il est lu... Le message nouveau venu de Jérusalem était tout d'abord communiqué aux frères des communautés judéennes de la Diaspora, comme on le voit dans les trois voyages de Paul. Ce nouveau message était reçu par une partie de la communauté judéenne, qui devenait ainsi le germe d'une nouvelle communauté chrétienne. C'est un phénomène de fécondation. Ensuite ce germe se développe et intègre des goïm, des païens. Il est demandé à ces goïm de bien vouloir respecter certaines normes élémentaires qui sont enseignées dans la Torah de Môscheh, pour leur bien. Actes 15, 22: Et alors il a paru bon aux yeux des envoyés et aux anciens (grec presbuterois, hébreu ha-zeqenim) avec toute la communauté (grec ekklèsia, hébreu ha-qahaï) de choisir des hommes pris parmi eux et de les envoyer à Antioche avec Paulus et Bar-naba, Iehoudah celui qui est appelé Bar-schabba et Silas [ou Silvanus, l'homme de la forêt, peut-être hébreu iarea, 1 Chroniques 9, 42], des hommes qui étaient à leur tête au milieu de leurs frères. Et ils ont écrit par leurs mains une lettre : Les envoyés et les anciens et les frères, à ceux d'Antioche et de Syrie et de Cilicie, aux frères qui viennent des goïm, schalôm ! Parce que nous avons appris que certains sont sortis de chez nous, d'entre nous, qu'ils vous ont bouleversés par des paroles et qu'ils ont démoli vos âmes, ils vous ont dit qu'il fallait vous faire circoncire et garder la Torah, — des gens à qui nous n'avions pas donné d'ordre —, c'est pourquoi il a paru bon à nos yeux, tous d'accord, de vous envoyer des hommes que nous avons choisis avec ceux

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que nous aimons, Bar-naba et Paulus, des hommes qui ont donné leurs âmes pour le nom de notre Seigneur Ieschoua ha-Maschiah. Nous avons donc envoyé Iehoudah et Silas [ou Silvanus] ; et eux-mêmes par la parole ils vous annonceront les mêmes choses. Car il a été bon à la face de l'Esprit saint et à notre face de ne vous imposer rien de plus, aucune charge, sauf celles-ci qui font partie de celles qui sont nécessaires : vous abstenir des bêtes sacrifiées aux divinités païennes (grec eidô-lothutôn, n'existe pas en grec naturel) et du sang, et des [bêtes] étouffées, et de la prostitution [= le culte des divinités païennes]. Nous sommes quelque temps avant le départ de Paul pour son deuxième voyage missionnaire, donc autour, probablement, de l'année 49 ou 50. Si Apocalypse 2, 2 fait allusion à ceux qui se disent envoyés, et qui en fait n'avaient pas été envoyés par la communauté de Jérusalem (Actes 15, 1 et 15, 24), alors nous devons être dans une zone de probabilités proche de l'année 50. La lettre de Paul aux Galates porte sur les mêmes questions. Le fond du problème est le suivant. Selon le christianisme, ce qu'on appelle le salut, c'est la nouvelle naissance d'en haut (Jean 3, 3) ; la nouvelle création (kainè kîisis, 2 Corinthiens 5, 17 ; Galates 6, 15) ; la création de l'Homme nouveau (kainos anthrôpos, Éphésiens 2, 15; 4, 24). Dieu seul, unique créateur, peut créer en nous l'Homme nouveau et véritable qu'il envisage avant le commencement de la Création. La première création, la plus ancienne, c'est l'homme ancien {ho palaios anthrôpos, Romains 6, 6 ; Ephésiens 4, 22 ; Colossiens 3, 9). Ce vieil homme — que Paul appelle aussi sarkikos, hébreu basar, 1 Corinthiens 3, 3 ; ou sarkinos, Romains 7, 14 ; 1 Corinthiens 3, 1 — doit consentir à une métamorphose, à une transformation {metamorphousthai, Romains 12, 2 ; 1 Corinthiens 3, 18). Dieu seul, unique créateur, peut effectuer en nous et avec notre consentement cette métamorphose. 1 Corinthiens 15, 50 : Voici ce que je dis, frères : chair et sang (grec sarx kai aima, hébreu basar we-dam) [— le vieil homme], l'homme basar, le royaume de Dieu il ne peut pas l'hériter... Voici un secret

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qu'à vous je dis : Tous, nous ne nous coucherons pas [pour mourir], mais tous nous serons changés, transformés. C'est la pensée communiquée en Jean 3, 3 : Amen, amen, je le dis à toi : Si quelqu'un ne naît pas d'en haut [— de Dieu], il ne peut pas voir le royaume, ou le règne de Dieu. Ce n'est pas un problème de morale. Ce n'est pas une question de droit. C'est un problème d'ontologie, plus exactement d'ontogenèse, pour employer un terme du métaphysicien français Maurice Blondel. Nous naissons dans l'état de l'homme animal (grec psuchikos, hébreu nephesch, 1 Corinthiens 2, 14 ; 15, 44). Nous naissons animal humain, en voie d'humanisation. Et nous sommes invités à consentir à une transformation, à une métamorphose, qui fera de nous des hommes au sens propre du terme, l'Homme tel que Dieu, unique créateur, l'envisage depuis les origines de la Création. Contrairement à Philon d'Alexandrie, Paul souligne que l'homme animal est premier, il est le plus ancien. L'Homme transformé, métamorphosé par l'Esprit saint, c'est celui qui est en régime de création. Il vient après (epeita to pneumatikon, 1 Corinthiens 15, 46). Le premier homme (grec ho prôtos anthrôpos, hébreu ha-adam ha-rischôn), celui que les paléontologistes appellent homo sapiens sapiens, c'est l'animal humain. Ce n'est pas l'Homme spirituel. Paul pense donc exactement le contraire de ce que professe Philon d'Alexandrie et de ce que professeront, à la suite de Philon d'Alexandrie et d'Origène d'Alexandrie, les qabbalistes. Dans ces conditions il est évident que la sainte Torah ne peut pas effectuer, procurer, réaliser cette création de l'Homme nouveau qui est l'Homme véritable uni à Dieu, visé par Dieu depuis les origines. La sainte Torah n'a pas l'efficacité nécessaire pour effectuer en nous et avec nous cette nouvelle création, cette métamorphose, qui est absolument nécessaire pour que l'Homme nouveau créé soit capable, ontologiquement, d'entrer dans l'économie de la nouvelle création, qui est la Création définitive. Encore une fois, ce n'est pas un problème de morale. Ce n'est pas une

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question de droit. C'est un problème d'être. Il existe des conditions ontologiques à la réalisation du dessein créateur de Dieu. La création de l'Homme nouveau est requise pour que l'être créé appelé à cette destinée surnaturelle soit capable d'y prendre part. Cela n'empêche pas qu'il est bon, qu'il est avantageux pour les frères et les sœurs qui viennent du paganisme et qui entrent dans l'économie du monothéisme hébreu, dans l'économie de la promesse faite à Abraham, de s'abstenir des bêtes sacrifiées aux idoles, du sang, etc. Les prescriptions de la Torah restent bonnes, utiles et saintes. Mais elles ne sont pas suffisantes pour réaliser le dessein de Dieu créateur : la création de l'Homme nouveau qui est l'homme véritable. Ajoutons un élément nouveau, visible et discernable depuis environ trois siècles et que les Pères, grecs, latins ou syriens, les grands théologiens du Moyen Age, ne pouvaient pas voir clairement. Nous avons découvert après trois siècles environ d'étude critique, que la sainte Bibliothèque hébraïque est un ensemble de livres, de documents, composés à travers les siècles, depuis peut-être les plus anciens documents écrits, contemporains d'Abraham, autour du XXe siècle avant notre ère, jusqu'aux plus récents, par exemple le livre de Daniel, IIe siècle avant notre ère. Grâce à ces travaux, nous avons découvert qu'il existe un progrès de la Révélation. Les nombreuses législations que l'on peut lire dans les livres de l'Exode, Lévi-tique, Nombres, Deutéronome, sont comme des couches géologiques. Le philologue y découvre l'histoire d'un processus. En même temps que les naturalistes découvraient l'histoire des groupes zoologiques, et donc l'histoire de la Création, les philologues et les historiens découvraient l'histoire de la Révélation qui s'effectuait à l'intérieur de cette zone germinale, de cette lignée germinale, qui est le peuple hébreu. À un moment donné de l'histoire — nous sommes autour de l'année 50 —, certaines de ces prescriptions, de ces législations, qui avaient eu leur utilité, leur raison d'être, leur fonction, dans les siècles passés, constituent désormais un obstacle pour l'entrée des goïm dans l'économie du monothéisme hébreu.

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Autour de l'année 50, Iohanan était l'une des trois colonnes de la communauté chrétienne de Jérusalem : Galates 2, 9 : Et ils ont connu la grâce qui m'a été donnée, Iaaqôb et Keipha et Iohanan, ceux qui passent pour être les colonnes... Il est donc vraisemblable que Iohanan fait partie, en l'année 50, de ces anciens qui dictent la lettre que nous avons lue. Et donc « ceux qui se disent eux-mêmes envoyés et qui ne le sont pas et tu les as trouvés menteurs » (Apocalypse 2, 2), ce sont ceux qui viennent exiger des goïm qu'ils se soumettent à la pratique de la circoncision, et ce ne sont pas Paul et ses compagnons, contrairement à ce qu'ont supposé quelques critiques. Paul a séjourné à Éphèse au cours des années 53-56. Est-ce que Iohanan était encore en vie? Niko-laos Apocalypse 2, 6 : Mais ceci est pour toi, tu hais les actions des Nikolaitôn que moi aussi je hais... Nous l'avons déjà noté en passant : Niko-laos est un jeu de mots traduit de l'hébreu. Il s'agit d'un terme codé, qui peut désigner soit les collaborateurs, ou tel autre parti qui était en train de se former. Le grec neikos, la discorde, la querelle, traduit l'hébreu madôn (Proverbes 10, 12 ; 22, 10 ; 29, 22). Le mot grec laos traduit l'hébreu am, le peuple. Le verbe grec nikaô signifie vaincre. Il traduit le verbe hébreu netzah, conduire, diriger (Habacuc 3, 19). Le substantif grec nikè, la victoire, traduit le substantif hébreu netzah, la gloire (1 Chroniques 29, 11). Le

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substantif grec nikos, très rare, traduit lui aussi l'hébreu netzah. 2 Samuel 2, 26 : Est-ce que, hébreu le-netzah, grec eis nikos, elle va dévorer, l'épée ? Esdras 3, 9, hébreu le-netzah, pour diriger. Amos 8, 7 : hébreu la-netzah, grec eis neikos, etc. L'Apocalypse utilise fréquemment le verbe grec nikaô, vaincre, Apocalypse 2, 7 ; 11 ; 2, 17 ; 2, 26 ; etc. Nous pourrions donc avoir un jeu de mots hébreu traduit en grec, avec netzah, diriger, et am, le peuple. Ceux qui se disent eux-mêmes judéens Apocalypse 2, 9 : Je connais ton angoisse et ta pauvreté... et les insultes qui viennent de ceux qui disent : nous sommes judéens, et ils ne le sont pas, mais une assemblée de l'adversaire (hébreu hasatan, non traduit, transcrit en caractères grecs). N'aie pas peur. Voici qu'il va jeter, l'adversaire (grec ho diabolos, hébreu ha-satan) pris parmi vous [des hommes et des femmes] en prison afin que vous soyez mis à l'épreuve... Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de la vie... Nous sommes en pleine persécution de la part de ceux qui se disent eux-mêmes judéens. Dans les jours d'A ntipas... Apocalypse 2, 13 : Je sais où tu habites, là où [se trouve] le trône de l'adversaire (hébreu ha-satan, non traduit, transcrit en caractères grecs). Et tu te tiens fermement à mon nom et tu n'as pas renié la certitude de la vérité (grec pistis, hébreu emounah) en moi, même dans les jours d'Antipas, jours dans lesquels (grec de certains manuscrits hèmerais en ais) mon témoin (hébreu ed), celui dont on peut être certain (grec ho pistos, hébreu ha-neeman), qui a été mis à mort chez vous (grec apo-kteinô, hébreu harag, Genèse 4, 8, etc.) là où c'est l'adversaire, l'ennemi (hébreu ha-satan, non traduit,

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transcrit en caractère grecs) qui habite. Hérode Antipas, né en 4 avant notre ère, mort en exil, en Gaule ou en Espagne, en 39 de notre ère, est responsable de la mise à mort de Iohanam, l'ascète du désert qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain (Matthieu 14, 4). Nous sommes toujours sous la terreur. Bala-am et Niko-laos Apocalypse 2, 14 : Des gens qui tiennent la doctrine de Balaam... Jeu de mots en hébreu : Bala, dévorer. Am, le peuple. Apocalypse 2, 15 : La doctrine des Nikolaitôn... Le même jeu de mots que Apocalypse 2, 6. La femme Iezabel Apocalypse 2, 20 : Tu as laissé la femme Iezabel qui dit qu'elle est prophétesse et qui enseigne, et qui trompe, qui fait errer mes serviteurs, se prostituer [aux divinités païennes] et manger des bêtes sacrifiées aux divinités païennes. Et je lui ai donné un temps, ou du temps, pour qu'elle revienne et elle ne veut pas revenir de sa prostitution (grec porneia, hébreu zenounim, ou zenout, ou tazenout) [= culte rendu aux divinités païennes, Ézéchiel 16, 15 ; etc.]. Voici que moi je vais la jeter sur une couche (grec klinè, hébreu mittah) et ceux qui ont forniqué avec elle, ou qui se sont prostitués avec elle, pour une grande angoisse, oppression, un grand resserrement (grec thlipsis, hébreu tzarah, Genèse 35, 3 ; etc.) s'ils ne reviennent pas de leurs actions. Et ses fils, je les ferai mourir de mort. Et elles connaîtront, toutes les communautés [chrétiennes], que moi je suis celui qui sonde les reins et les cœurs...

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Il est très vraisemblable que Iezabel est ici un terme codé pour désigner Jérusalem, qui persécute à mort la petite communauté chrétienne naissante. 1 Rois 16, 31 : Et il [= Achab] a pris femme (hébreu ischah, grec gunaika), Izebel, fille de Et-baal, roi des Sidoniens, et il est allé et il s'est mis au service du baal et il s'est prosterné devant lui... Achab a régné sur Israël, à Samarie, entre 873 et 853 avant notre ère. 1 Rois 18, 4: Et il est arrivé, lorsqu'elle a exterminé, Izebel, les prophètes de YHWH, alors (hébreu we, grec kai), il a pris, Obed-iahou, cent prophètes et il les a cachés dans une grotte et il les ravitaillait en pain et en eau... 1 Rois 18, 13 : Est-ce qu'il n'a pas été raconté à mon seigneur [= Eli-iahou] ce que j'ai fait, lorsqu'elle faisait mettre à mort, Izebel, les prophètes de YHWH... 2 Rois 9, 7 : Tu frapperas la maison de Achab ton maître et je me vengerai (hébreu naqam, grec ekdikein) des sangs (pluriel en hébreu et dans la traduction grecque) de mes serviteurs les prophètes et des sangs (pluriel) de tous les serviteurs de YHWH... Langage codé Mais pourquoi donc Iohanan de l'Apocalypse écrit-il aux communautés chrétiennes dans ce langage codé, chiffré, que nous avons le plus grand mal à déchiffrer ? Pour la raison la plus simple qui soit. Iohanan écrit en pleine terreur, à des communautés qui sont persécutées à mort, et le texte qu'il adresse est traduit de l'hébreu en grec, et donc compréhensible pour tout le monde. L'adversaire, l'ennemi, le persécuteur (hébreu ha-satan), c'est : 1. L'Empereur de Rome. — 2. Les gouverneurs romains des provinces. — 3. Les rois judéens de la dynastie des Hérodes. — 4. Le haut sacerdoce, le collège des grands prêtres, nommés et démis à volonté par lesgouverneurs romains et par les rois judéens collaborateurs, et vendus au pouvoir romain.

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En somme la raison pour laquelle Iohanan de l'Apocalypse écrit un langage codé, chiffré, compréhensible pour les frères et les sœurs des communautés chrétiennes auxquelles il s'adresse, c'est la même raison qui oblige Iohanan du quatrième Évangile à ne pas donner son propre nom dans le texte de sa traduction, et Matthieu (26, 18) à ne pas donner le nom de celui chez qui le Rabbi veut faire la fête de pesah (poiein en grec, hébreu asah). Si l'Apocalypse avait été composée à la fin du règne de Domitien, autour de l'année 96, comme on nous le raconte depuis longtemps, on ne voit pas du tout pourquoi toutes ces chinoiseries. Jérusalem était détruite depuis l'été de l'année 70, et donc depuis plus de vingt-cinq ans. Des rois judéens de la sinistre dynastie des Hérodes, il ne restait plus qu'Hérode Agrippa II qui est mort vers l'année 100. Le haut sacerdoce était exterminé ou dispersé. Il n'y avait plus de raison de parler ce langage codé et secret. Sardes. Un jeu de mots Apocalypse 3, 1 : Et au messager de la communauté [chrétienne] qui [est] à Sardes, écris : « Voici ce que dit celui à qui appartiennent les sept esprits de Dieu et les sept étoiles. Je connais tes actions parce qu'à toi est un nom selon lequel toi tu es vivante, et en réalité tu es morte... » Jeu de mots sur le nom de Sardes, capitale de la Lydie. Jeu de mots qui fonctionne en hébreu, mais pas en grec, ni, évidemment, en français. Le verbe sarad, en hébreu, signifie se sauver, s'échapper, être rescapé. Josué 10, 20 : Et il est arrivé que (hébreu wa-iehi, grec kai egeneto : des milliers de fois dans la Bibliothèque hébraïque), lorsqu'il a eu fini, Iehos-choua, et les fils d'Israël, de les frapper de ce coup très grand, jusqu'à extermination, alors les rescapés se sont échappés (hébreu haseridim sardou)... Sarid, le rescapé, pluriel seridim, Jérémie 42, 17 ; 44, 14 ; etc.

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Observer la construction de Apocalypse 3, 1 comme celle de 2, 1 ; 2, 8 ; 2, 12 ; 2, 18 : « Au messager de la communauté qui à Sardes... » Hébreu qehilah ascher be... Il n'y a pas de verbe être en hébreu. La traduction grecque est littérale : il n'y a pas non plus le verbe être. La lettre a donc été adressée en hébreu à la communauté chrétienne de Sardes. Il n'y avait pas de sens à employer en traduction grecque un jeu de mots qui ne fonctionne pas en grec. Ceux qui disent qu'ils sont judéens... Apocalypse 3, 7 : Au messager de la communauté qui [est] à Philadelphie, écris... «Je connais tes actions. Voici que j'ai donné devant ta face (hébreu hinneh natati lephaneika), une porte ouverte que personne ne peut la refermer, elle [construction hébraïque classique]... Voici que je donne, pris ou tiré de la maison de réunion de l'ennemi ou de l'adversaire (hébreu mi-beit ha-kenesset, hébreu tardif ; araméen beit kenischta, ha-satan, en hébreu dans le texte grec idou didô ek tes sunagôgès tou satana) parmi ceux qui disent qu'ils sont judéens, et ils ne le sont pas, mais ils mentent... Voici que je ferai en sorte que (grec hina, hébreu ascher), eux ils viennent et qu'ils se prosternent devant la face de tes pieds (hébreu ascher iaboou le-hischtahawôt li-phenei rageleika) et qu'ils connaissent que moi je t'ai aimé... Tout cela est bien évidemment traduit littéralement de l'hébreu. Le grec qui en résulte est aussi étrange que le français qui résulte de notre traduction littérale du texte grec. La traduction de l'hébreu ascher par le grec hina est fréquente dans l'Évangile de Jean. Nous sommes de nouveau dans une période, racontée en détail dans le livre des Actes, où il y a conflit violent entre les maisons de réunion des Judéens et les petites communautés chrétiennes naissantes. Le mot hébreu ha-satan, l'ennemi, l'adversaire, est laissé en hébreu dans la traduction grecque de l'Apocalypse, tout simplement parce que les

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frères et les sœurs à qui cette traduction était destinée connaissaient le sens de ce mot. Il faut donc faire attention, nous les goïm de la fin du XXe siècle, à ne pas prendre ce mot hébreu, qui est un nom commun, pour un nom propre. Le Amèn Apocalypse 3, 14 : Voici ce qu'il dit, le amèn (en hébreu dans le texte grec), le témoin de la vérité de qui on peut être certain (grec pistos, hébreu ha-neeman) et véritable (grec alèthinos, hébreu probable émet), le principe, ou la tête (grec arche, hébreu reschit ou rôsch) de la création de Dieu... Iohanan décline et conjugue le verbe hébreu aman, niphal parfait neeman, être solide, être certain, et associe le substantif émet, la vérité, qui se rattache à la racine hébraïque aman. Dans la traduction grecque, évidemment, on ne voit pas le lien entre ces termes de même racine. Il n'y a plus de délai Apocalypse 10, 5 : Il a levé sa main, la droite (en hébreu, l'adjectif suit le substantif), vers les cieux et il a juré, il a fait serment dans (hébreu le verbe scheba suivi de be, Genèse 21, 23 ; Josué 2, 12 ; Lévi-tique 19, 12; etc.) celui qui vit dans les durées éternelles des durées éternelles (hébreu ôlemei ha-ôlamim), celui qui a créé les cieux et ce qui est dedans, et la terre et ce qui est en elle, et la mer et ce qui est en elle : il n'y a plus de temps (grec chronos, hébreu probable zeman, Néhémie 2, 6; 10, 35; 13, 31 ; Qôhelet, 3, 1). Mais dans les jours de la voix du septième messager, lorsqu'il sonnera du schophar, alors (grec kai, hébreu we) il sera accompli, réalisé, le secret de Dieu (grec mustèrion, hébreu sôd). Il n'y a plus de temps, c'est-à-dire il n'y a plus de délai. Ce que

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Iohanan annonce, est imminent. Le Temple de Jérusalem livré aux païens. Jérusalem piétinée Apocalypse 11, 1 : Et il m'a été donné un roseau comme un bâton pour dire : « Lève-toi et mesure le Temple de Dieu et l'autel des sacrifices, et ceux qui se prosternent en lui. Et la cour, ou le parvis, celle qui est à l'extérieur... » Et il m'a été donné un roseau (grec kalamos, hébreu qaneh, Ezéchiel 40, 3 : hébreu qaneh ha-middah, grec kalamos metrou), comme un bâton, pour dire (hébreu lemôr) : « Lève-toi et mesure le Temple (grec naos, hébreu heikat) de Dieu et l'autel des sacrifices (grec thusiastèrion, hébreu mizebeah, Genèse 8, 20; etc., Exode 17, 15; etc. Lévitique 1, 5 ; etc.) ... et ceux qui se prosternent en lui. Et la cour, ou le parvis (grec aulè, espace à l'air libre, hébreu hatzer, à l'origine camp fortifié, enclos, Genèse 25, 16; la grande cour, hébreu hatzer ha-gedolah, 1 Rois 7, 12, grec tèn aulèn tèn esôtatèn ; Ezéchiel 10, 5 : la cour extérieure, hébreu hetzar hahitzonah, grec tes aulès tes exôteras ; Ezéchiel 40, 31 ; la cour intérieure, hébreu hatzer ha-penimi, Ezéchiel 40, 19 ; la cour neuve, 2 Chroniques 20, 5 : dans la maison de YHWH en face de la cour neuve, hébreu hatzer ha-hadaschah, grec tes aulès tes kainès. Jérémie 19, 14 : Et il s'est tenu debout dans la cour ou le parvis de la maison de YHWH, hébreu ba-hatzer beit-yhwh, grec en tè aulè oikou kuriou ; Jérémie 26, 2 : Tiens-toi debout dans le parvis de la maison de YHWH, hébreu ba-hatzer beit-yhwh, grec en aulè oikou kuriou, et tu diras contre toutes les villes de Iehoudah qui viennent pour se prosterner [dans la] maison de YHWH... Ezéchiel 8, 7 : Et il m'a amené à la porte du parvis, hébreu hatzer, grec aulè. La cour intérieure, hatzer ha-penimit, l Rois 6, 36, grec tèn aulèn tèn esôtatèn ; 1 Rois 7, 12 : Et la cour grande, hébreu hatzer ha-gedolah, avait un pourtour de trois rangées de pierres de taille et une rangée de plaques de cèdre, comme pour la cour intérieure de la maison de YHWH, hébreu la-hatzer beit yhwh ha-penimit. Le parvis des kôha-nim, hébreu hatzer ha-kohanim, grec tèn aulèn ton hiereôn, et la grande cour, hébreu ha-azarah ha-

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gedolah, grec tèn aulèn tèn megalèn, 2 Chroniques 4, 9 ; etc.). Et la cour ou le parvis, celle qui est à l'extérieur (grec tèn exôthèn)... Certains manuscrits donnent : exôthen, extérieure. D'autres manuscrits donnent : esôthen, intérieure. Ce n'est pas une erreur de copie ou une faute de copie des copistes. Ce sont deux traductions différentes qui se sont maintenues dans deux lignées de manuscrits. Apocalypse 11, 2: ... Et la cour extérieure, ou intérieure, du Temple (grec naos, hébreu heikat) rejette-la dehors et ne la mesure pas, parce qu'elle a été donnée aux nations païennes, et la Ville sainte [Jérusalem], ils la piétineront quarante et deux mois... Il n'y avait évidemment aucun intérêt en 95 ou 96 à annoncer que Jérusalem sera piétinée par les goïm, puisque depuis vingt-cinq ans, depuis l'été de l'année 70, le Temple de Jérusalem a été détruit, incendié et la Ville sainte ravagée ; tout le monde le savait. Si un faussaire, pour parler comme Renan, avait voulu au IIe siècle de notre ère fabriquer une fausse prophétie annonçant la prise et la destruction de Jérusalem, il n'avait qu'à recopier l'ouvrage de Joseph surnommé Flavius, la Guerre des Judéens contre les Romains. Il y aurait trouvé nombre de détails et de précisions. L'ouvrage de Joseph, nous l'avons vu, a été publié autour de l'année 75. Iohanan annonce que la cour du Temple de Jérusalem a été donnée aux goïm et qu'ils vont piétiner la Ville sainte. Iohanan n'a pas vu la prise et la destruction de Jérusalem, ni la destruction du Temple de Jérusalem par le feu. Ce n'est pas une vue, c'est un jugement. Joseph, lui, a vu la prise et la destruction de Jérusalem, la destruction du Temple de Jérusalem par le feu. Il raconte ce qu'il a vu. Il donne des images. Iohanan n'a pas vu et ce qu'il annonce reste abstrait, schématique. S'il avait vu, il fournirait lui aussi des images, des représentations. Lorsque l'auteur du livre de Daniel parle de ce qu'il a vu, en langage chiffré et codé, il fournit des détails qui permettent aux historiens de déterminer ce qu'il a vu, et ce qu'il ignorait ; ce qui pour lui était du passé,

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et ce qui pour lui était à venir. De même pour Iohanan. Lorsque la prophétie reste abstraite, elle relève du jugement et non de la représentation, de l'avenir et non du passé. Nos images et nos représentations sont formées à partir du passé et du présent. Nous ne pouvons pas nous représenter l'avenir, et lorsque nous essayons, nous nous trompons à tous les coups. Le parfait utilisé en Apocalypse 11, 2 : « ... parce qu'elle a été donnée aux goïm... » est constant chez les anciens prophètes hébreux. La décision est prise : elle sera donnée aux goïm. C'est un parfait qui vaut pour un futur. Et d'ailleurs, ce n'est pas seulement la cour extérieure — ou intérieure — du Temple de Jérusalem qui a été livrée aux goïm. C'est tout le Temple de Jérusalem qui a été livré aux armées romaines de Titus durant l'été de l'année 70 et qui a été incendié. Pour distinguer une prophétie authentique, antérieure aux événements, d'une prophétie fictive, composée après les événements, il existe un critère. Lorsque la prophétie est authentique, lorsqu'elle précède les événements, il existe une imperfection. La prophétie ne coïncide pas exactement avec les événements. C'est un critère utilisé pour les anciens prophètes hébreux, par exemple pour Jérémie. Ce qu'il avait annoncé trente ou quarante ans à l'avance s'est accompli, mais non pas exactement comme il l'avait prophétisé. Ce qui prouve que la prophétie est antérieure aux événements. De même pour Iohanan. Ce qu'il annonce va se vérifier, mais ce qu'il annonce est incomplet. Les deux témoins Après nous avoir parlé du Temple de Jérusalem (grec naos), de l'autel des sacrifices et de ceux qui se prosternent dans le Temple, c'est-à-dire probablement les kôha-nim, Iohanan nous parle de deux témoins, qui sont probablement deux grands prêtres :

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Apocalypse 11, 3 : Et je donnerai à mes deux témoins et ils prophétiseront mille deux cent soixante jours, revêtus de sacs. Ce sont eux les deux oliviers et les deux candélabres (grec luchnia, hébreu menorah, Exode 25, 31 ; etc.) qui devant la face du Seigneur de la Terre se tiennent debout... Zacharie 4, 1 : Et il est revenu, le messager (hébreu ha-maleak, grec ho aggelos) qui parlait en moi et il m'a réveillé comme un homme qui se réveille de son sommeil. Et il m'a dit: «Qu'est-ce que tu vois?» Et j'ai dit : « J'ai vu et voici un candélabre (hébreu menorah, grec luchnia), en or tout entier et une lampe à huile (hébreu goullah) sur sa tête. Et ses sept lampes (hébreu nerôt) sur lui [sur la menorah], et sept tubes pour les lampes qui sont sur sa tête. Et deux oliviers auprès du candélabre, l'un à droite de la lampe à huile et un [autre] à sa gauche. » Et alors j'ai répondu et j'ai dit au messager qui parlait en moi pour dire : « Que sont ceux-ci, mon Seigneur ? » Zacharie 4, 11 : Et j'ai répondu et je lui ai dit : « Que sont ces deux oliviers à droite de la menorah et à sa gauche ? » Et j'ai répondu une deuxième fois et je lui ai dit : « Que sont les deux épis des oliviers qui [sont] à la main des deux tuyaux d'or qui déversent, hors d'eux, l'or? » Et il m'a dit... : « Est-ce que tu ne connais pas ce que sont ceux-ci?» Et j'ai dit : « Non, mon Seigneur. » Et il a dit : « Ceux-ci sont les deux fils de l'huile fraîche (hébreu itzhar) qui se tiennent debout auprès du Seigneur de toute la terre.. Le prophète Zacharie (hébreu zekar-iah = il s'est souvenu, YHWH) était issu d'une famille de kôhanim, tout comme Jérémie et Ezéchiel. Ses oracles sont datés de l'année 520 avant notre ère. Les fils de l'huile fraîche sont des kôhanim qui ont reçu l'onction. Exode 29, 4 : Aaron et ses fils tu les feras approcher de l'entrée de la tente du rendez-vous... Tu prendras l'huile de l'onction et tu verseras sur sa tête et tu l'oindras (le verbe hébreu maschah, le verbe grec chriô, qui a donné christos = celui qui a reçu l'onction).

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Apocalypse 11, 7 : Et lorsqu'ils auront achevé leur attestation, alors c'est la bête, la vivante, qui monte de la mer qui fera avec eux la guerre et elle les vaincra et elle les tuera. Et leur cadavre, sur la place de la Ville, la grande, qui est appelée en un sens spirituel Sodome et Egypte, là où aussi leur Seigneur a été pendu à la croix. Et ils verront [des hommes pris parmi l'ensemble ; construction hébraïque] des peuples et des tribus, et des langues et des nations, leur cadavre trois jours et demi ; et leurs cadavres, ils ne permettront pas qu'on les mette dans le tombeau... ... alors c'est la bête (grec thèrion, hébreu haiiah), la vivante (féminin de l'adjectif haï, vivant), qui monte de la mer (grec abussos, sans fond, hébreu tehôm, Genèse 1, 2 ; 7, 11 ; 8, 2 ; Deutéronome 8, 2, etc.), qui fera avec eux la guerre (= Daniel 7, 21) et elle les vaincra (grec nikaô, peutêtre hébreu natzah, Habacuc 3, 19) et elle les tuera. Et leur cadavre (grec ptôma, hébreu mapelet, Juges 14, 8, sur la place, grec plateia, hébreu rehôb. Genèse 19, 2, etc.) de la ville, la grande (= Jonas 1,2: Lève-toi, va à Nineweh, la ville, la grande, hébreu ha-îr ha-gedôlah, et crie contre elle... Jonas 3, 2 : Lève-toi, va à Nineweh, la ville, la grande et crie-lui la criée que moi je suis en train de te dire... Et Nineweh était une ville grande pour Dieu... Jonas 4, 11 : Et moi je n'épargnerais pas, je n'aurais pas compassion de Nineweh la ville, la grande...) ... qui est appelée en un sens spirituel Sodome et Egypte (Isaïe 1, 10 ; 1, 8 : Et elle est restée, la fille de Tziôn, comme une lutte dans une vigne... Si ce n'était que YHWH des armées a laissé subsister pour nous un groupe de rescapés, hébreu sarid, pour un peu c'est comme Sodome que nous serions et à Gomorrhe nous serions semblables. Écoutez la parole de YHWH, juges, magistrats de Sodome ! Prêtez l'oreille à la Torah de notre Dieu, peuple de Gomorrhe !) ... là où aussi leur Seigneur a été pendu à la croix (il s'agit évidemment de Jérusalem, qui est donc appelée, en langage codé ou chiffré, Sodome et Egypte).

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Iohanan annonce donc, semble-t-il, l'assassinat de deux grands prêtres de sa connaissance. Leurs cadavres ne seront pas mis au tombeau. Une prophétie portant sur un individu singulier n'était pas nouvelle dans l'histoire du prophétisme hébreu. Jérémie 20, 1 : Et il a entendu, Paschhour... le kôhen, et lui il était surveillant-chef dans la maison de YHWH [— le Temple de Jérusalem], Jérémie qui prophétisait ces paroles-là. Et il a frappé, Paschhour, Jérémie le prophète, et il l'a donné aux ceps [= blocs de bois percés de trous dans lesquels on fixait les pieds des prisonniers] qui [sont] dans la porte de Benjamin, la haute, qui [est] dans la maison de YHWH. Et il est arrivé le lendemain, et il a fait sortir, Paschhour, Jérémie, il l'a fait sortir des ceps. Alors il lui a dit, Jérémie : « Ce n'est pas Paschhour qu'il a appelé, YHWH, ton nom, mais bien : Magor mi-sabib (Terreur de toutes parts). Car ainsi il a parlé, YHWH : Voici que moi je te donne à la terreur, pour toi et pour tous ceux qui t'aiment, et ils tomberont par î'épée de leurs ennemis et ce sont tes yeux qui verront. Et tout Iehoudah je donnerai dans la main du roi de Babel, et il les déportera à Babel et il frappera avec l'épée. Et j'ai donné (parfait hébreu qui vaut pour un futur = j'ai décidé de donner) toute la richesse de cette Ville [= Jérusalem]... Et tous les trésors des rois de Iehoudah je donnerai (futur hébreu) dans la main de leurs ennemis... Et toi, Paschhour et tous ceux qui habitent ta maison, vous irez en captivité. Et c'est à Babel que tu iras et c'est là que tu mourras et c'est là que tu seras mis au tombeau, toi et tous ceux qui t'aiment, que tu as prophétisé à eux dans le mensonge... » Jérémie 28, 1 : Et il est arrivé (hébreu wa iehi, grec kai egeneto) dans cette année-là, au commencement du règne de Tzideqi-iah [vers 597 avant notre ère], roi de Iehoudah, en l'an quatre, au cinquième mois, il m'a parlé Hanan-iah (transcription en caractères grecs Ananias)... le prophète [= prophète de cour, le prophète de l'État]... dans la maison de YHWH [= dans l'enceinte du Temple] aux yeux des

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kôhanim et de tout le peuple pour dire : « Ainsi a parlé YHWH des armées, Dieu d'Israël, pour dire : J'ai brisé le joug du roi de Babel ! Encore deux années de jours, moi je ferai revenir vers ce lieu [— le Temple de Jérusalem] tous les ustensiles de la maison de YHWH, qu'il a pris, Nabuchodonosor, roi de Babel, de ce lieu et qu'il a emportés à Babel... Et toute la déportation de Iehoudah qui sont venus à Babel, moi je vais les faire revenir vers ce lieu [= Jérusalem], oracle de YHWH, parce que je vais briser le joug du roi de Babel... » Et alors il a parlé, Jérémie le prophète, en s'adressant à Hanan-iah le prophète [= le prophète de cour, le prophète de l'État] aux yeux des kôhanim et aux yeux de tout le peuple qui se tenaient debout dans la maison de YHWH. Et il a dit, Jérémie le prophète : « Amen ! Qu'ainsi il fasse YHWH ! Qu'il mette debout, qu'il fasse se tenir debout, YHWH, tes paroles que tu as prophétisées, pour faire revenir les ustensiles de la maison de YHWH et toute la déportation, depuis Babel, vers ce lieu-ci ! » Et Jérémie donne alors le critère qui permet de distinguer la prophétie authentique, celle qui est communiquée par le prophète de YHWH, de la prophétie de mensonge, celle du prophète de l'État. Ce critère, c'est l'expérience objective, l'expérience historique, le critère de la vérité dans toutes les sciences expérimentales. Jérémie 28, 7 : Seulement écoute bien cette parole que moi je parle dans tes oreilles et dans les oreilles de tout le peuple. Les prophètes qui ont été avant moi et avant toi, depuis la durée passée (hébreu min-ha-ôlam, grec apo tou aiônos) eh bien ! ils ont prophétisé à des pays nombreux et à de grands royaumes pour la guerre et pour le malheur et pour la peste. Le prophète qui a prophétisé pour la paix (hébreu le-schalôm, grec eis eirènèn) c'est lorsqu'elle vient [= lorsqu'elle se réalise effectivement] la parole du prophète, c'est alors qu'il est connu, reconnu, le prophète qu'il a envoyé, YHWH, en vérité (hébreu be-emet)... Voilà le critère de la vérité de la prophétie : l'expérience.

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Jérémie 28, 10 : Et alors il a pris, Hanan-iah le prophète, le joug de dessus le cou de Jérémie le prophète et il l'a brisé. Et il a parlé, Hanan-iah, aux yeux de tout le peuple pour dire : « Ainsi a parlé YHWH : C'est ainsi que je vais briser le joug de Nabuchodo-nosor, roi de Babel, dans encore deux années de jours, de dessus le cou de toutes les nations ! » Et il est parti, il s'en est allé, Jérémie, par son chemin. Et elle a été, la parole de YHWH, adressée à Jérémie, après qu'il a brisé, Hanan-iah, le prophète, le joug de dessus le cou de Jérémie le prophète, pour dire : « Va, et tu parleras à Hanan-iah pour dire : Ainsi a parlé YHWH : Ce sont des jougs de bois que tu as brisés. Et tu feras à leur place des jougs de fer. Car ainsi a parlé YHWH des armées, Dieu d'Israël : C'est un joug de fer que j'ai donné sur le cou de toutes les nations pour qu'elles soient esclaves de Nabuchodonosor, roi de Babel, et elles seront ses esclaves... » Observer la philosophie de l'histoire de Jérémie. Jérémie 28, 15 : Et il a dit, Jérémie le prophète, en s'adressant à Hanan-iah le prophète : « Ecoute donc, Hanan-iah. Il ne t'a pas envoyé, YHWH, et toi tu as rendu confiant ce peuple par le mensonge. C'est pourquoi ainsi il a parlé, YHWH : Voici que moi je vais t'envoyer de dessus la face de la terre. Dans l'année toi [tu seras] mort... » Et il est mort, Hanan-iah le prophète, dans cette année-là, dans le septième mois... On voit l'opposition entre le prophète de cour, le prophète de l'État, et le prophète de YHWH. Le prophète de cour prophétise ce qui plaît aux dominants, ce qu'ils aiment à entendre, ce qu'ils souhaitent entendre. Le prophète de YHWH non seulement prophétise à contre-courant des probabilités mais aussi à contre-courant des intérêts de classe, ou de caste, ou de nation. Nous nous souvenons des textes de Joseph dans lesquels celui-ci raconte l'assassinat de plusieurs grands prêtres par les insurgés eux-mêmes

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pendant la guerre des Romains contre les Judéens. Guerre II, 441 : Et le lendemain c'est le grand prêtre Hanan-iah (grec Ananias) qui se cachait près du canal de la cour du roi, qui est fait prisonnier et qui est mis à mort par les terroristes avec Ézéchias son frère... [Hanan-iah = Ananias avait été kôhen gadôl de 47 à 59. Nous sommes en août-septembre de l'année 66]. Guerre II, 533 : Et à ce moment-là ils ont été nombreux parmi les citoyens bien connus [de Jérusalem] ceux qui ont été persuadés par Hanan le fils de Iona-tan [?]. Ils ont appelé Cestius comme s'ils allaient lui ouvrir les portes [de Jérusalem]... Alors les insurgés ont appris la trahison et ils ont jeté du haut des murailles ceux qui étaient du parti de Hanan et ils les ont frappés à coups de pierres... [Nous sommes en novembre 66]. Guerre IV, 160 : Les plus connus parmi les grands prêtres, Ieschoua fils de Gamaliel [grand prêtre en 63-65] et Hanan fils de Hanan [grand prêtre en 62 pendant trois mois], ils reprochaient au peuple son indolence dans les assemblées et ils le poussaient contre les Jaloux de la cause de Dieu (grec zèlôtès)... Guerre IV, 162 : Il se tenait debout, Hanan, au milieu de la foule et à plusieurs reprises il a regardé le Temple, ses yeux étaient remplis de larmes... Guerre IV, 193 : C'est par ces paroles que Hanan a excité la foule contre les Jaloux de la cause de Dieu... [Les Jaloux de la cause de Dieu, que les traductions françaises appellent les Zélotes, vont chercher les Idu-méens, qui arrivent sous les remparts de Jérusalem.] Guerre IV, 238 : Il s'est tenu debout sur la tour, celui qui après Hanan était le plus ancien des grands prêtres, Ieschoua... [Les Zélotes ouvrent une porte pour faire entrer les Iduméens dans

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Jérusalem.] Guerre IV, 315 : Ce sont les grands prêtres que recherchaient les Iduméens... Rapidement ils ont été pris et ils ont été mis à mort. Sur leurs cadavres ils se sont mis debout. Ils se sont moqués de Hanan pour sa bienveillance en faveur du peuple, et de Ieschoua pour ses paroles prononcées du haut des murailles. Ils en sont venus à une telle impiété qu'ils les ont jetés sans leur donner une sépulture (grec ataphous)... Hanan a donc été tué par les Iduméens. Hanan était peut-être le frère de Ionatan ben Hanan. Nous ne savons pas quels sont les deux grands prêtres auxquels pense Iohanan (Apocalypse 11, 7). Est-ce à lui-même, qui va être assassiné en 54 ou 55 ? Ou à son frère Hanan qui sera assassiné pendant la guerre à Jérusalem ? Ou à un autre ? Les oracles de Iohanan sont disjoints, distincts les uns des autres, tout comme ceux d'Osée, Amos, Isaïe, Jérémie, etc. Et nous ne savons pas qui les a mis en ordre, ou classés, avant ou après la mort de Iohanan. La femme qui enfante Apocalypse 12, 1 : Et c'est un signe grand qui s'est fait voir dans les cieux : une femme revêtue du soleil et la lune sous ses pieds et sur sa tête une couronne d'étoiles, douze. Et elle est enceinte et elle crie, elle souffre les douleurs de l'enfantement, elle souffre d'enfanter. Et il s'est fait voir un autre signe dans les cieux, et voici qu'un monstre marin, un serpent de mer (grec drakôn, hébreu tannin, Exode 7, 9) grand, rouge comme le feu, à qui sont sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept couronnes royales. Et c'est sa queue qui arrache le tiers des étoiles des cieux et elle les a jetées sur la terre. Et le monstre marin s'est tenu debout devant la face de la femme qui allait enfanter, afin que, lorsqu'elle aura enfanté son enfant, il

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puisse le dévorer. Et elle a enfanté un fils, un mâle, qui va faire paître toutes les nations avec un sceptre de fer. Et il a été arraché, son enfant, [et conduit] vers Dieu et vers son trône. Et la femme, elle s'est enfuie dans le désert, où il est pour elle, là, un lieu préparé par Dieu, afin que là ils (construction hébraïque, l'hébreu n'a pas le mot on) la nourrissent mille deux cent soixante jours... « La femme qui est enceinte et qui crie dans les douleurs de l'enfantement » : Dans l'oracle recopié à la fin du rouleau du prophète Isaïe du VIIIe siècle avant notre ère, la femme qui enfante est Sion, Jérusalem, Jérusalem personnifiée, comme dans le Chant ses Chants (Schir ha-schirim), traduction française habituelle : Cantique des cantiques. Isaïe 66, 7 : Avant qu'elle n'ait tremblé de souffrance (le verbe hébreu hil, grec le verbe ôdinô, ôdinein, tout comme Apocalypse 12, 2), elle a enfanté (hébreu ialadah, grec tekein = Apocalypse 12, 2) avant qu'elle ne soit venue, la souffrance (hébreu hebel, grec ponon ton ôdinôn) pour elle, eh bien (hébreu we) elle a enfanté un mâle (hébreu zakar, grec arsen)... Dès lors qu'elle a tremblé de douleur (le verbe hébreu hil, kal parfait féminin halah, grec ôdinen), aussitôt elle a enfanté, Tziôn, ses fils... Réjouissez-vous (ou réjouie-toi, selon le texte hébreu qu'ont lu les traducteurs en langue grecque) Jérusalem, et exultez en elle, tous ceux qui l'aiment... L'autre signe dans les cieux, le monstre marin qui a sept têtes et dix cornes ; et sur ses têtes sept couronnes royales : Iohanan prend la suite de Daniel. Daniel 7, 3 : Quatre bêtes énormes sont sorties de la mer... Daniel 7, 7 : Une quatrième bête... Et six cornes à elle... Daniel 7, 17 : Ces bêtes énormes qui sont quatre, ce sont quatre royaumes qui se lèveront de la terre... Daniel 7, 23 : La quatrième bête, c'est un quatrième royaume qui sera sur la terre... Daniel 7, 24 : Et les dix cornes, de ce royaume dix rois se lèveront et un autre se lèvera après eux...

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Nous avons vu que les quatre bêtes représentent quatre empires : l'empire de Babylone ; l'empire des Mèdes ; l'empire perse ; l'empire grec (Alexandre est mort en 323 avant notre ère). Les dix cornes sont les rois de la dynastie des Séleucides. Le dernier des rois (Daniel 7, 24) est probablement Antiochus IV Épiphane qui est roi en 175 avant notre ère. L'auteur inconnu du livre de Daniel ne connaît pas encore l'empire romain, qui pointe cependant une oreille (Daniel 11, 18 à propos du consul Lucius Cornélius Scipion, bataille de Magnésie, 190 avant notre ère ; et Daniel 11, 30, les navires des Kittim, probablement les Romains). Iohanan prend la suite de Daniel. Il connaît l'empire romain, qui monte de la mer, l'empire qui succède à celui d'Alexandre le Grand. Iohanan va conserver bien entendu le système de signes qui a servi à l'auteur inconnu de Daniel. Apocalypse 12, 4 : Et le monstre marin s'est tenu debout devant la femme qui allait enfanter, afin, lorsqu'elle aura enfanté son enfant, de le dévorer (grec kataphagein, hébreu bala, Genèse 31, 15; 31, 18; 37, 20 ; etc. Avec lequel se font des jeux de mots : bala-am, celui qui dévore le peuple). Et elle a enfanté un fils, un mâle (grec arsen, hébreu zakar) c'est celui qui va faire paître toutes les nations avec un sceptre de fer... Psaume 2, 6 : Et moi j'ai versé [l'huile de la consécration] sur mon roi, sur Tziôn la montagne de ma sainteté. J'énoncerai le décret de YHWH. Il a dit, en s'adressant à moi : Mon fils [tu es] toi ! Moi aujourd'hui je t'ai engendré ! Demande-moi et je donnerai des nations pour ton héritage et ta possession, les confins de la terre ! Tu les feras paître avec un sceptre de fer... Il est possible que celui qui veut dévorer l'enfant qui va naître soit Herode dit le Grand, l'ancêtre de la sinistre dynastie des Hérodes, mort en 4 avant notre ère. Matthieu 2, 1 : Ieschoua est né à Beit-Lehem de la Judée dans les

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jours d'Hérode le roi... Et il a entendu, le roi Herode, et il a été bouleversé et tout Jérusalem avec lui... Matthieu 2, 13 : Car il va, Herode, rechercher l'enfant pour le mettre à mort, pour le tuer... Matthieu 2, 19 : Lorsqu'il est mort, Herode... Matthieu 2, 22 : Et il a appris que c'est Archélaûs qui est devenu roi de la Judée à la place de (grec anti, hébreu tahat) son père Herode... Archélaûs, nous l'avons vu, frère aîné d'Antipas, se faisait appeler Herode sur les monnaies. Il fait et dépose les grands prêtres {Antiquités XVII, 13). Auguste rappelle Archélaûs à Rome et l'expédie à Vienne, en Gaule, en 6 de notre ère. Le domaine d'Archélaûs : Judée, Samarie, mis sous l'autorité romaine immédiate, annexe de la province de Syrie. Apocalypse 12, 5 : Et il a été arraché, enlevé de force (grec harpazein, peut-être hébreu taraph, Genèse 37, 33 : C'est une bête sauvage mauvaise, hébreu haiiah, grec thèrion, qui l'a dévoré. Arraché, déchiré, il a été, Joseph, hébreu le verbe taraph, grec thèrion hèrpasen ; Psaume 7, 2, etc.) son enfant, son fils, vers Dieu et vers son trône... Allusion probable à la Crucifixion, à la Résurrection et à l'Ascension. Apocalypse 12, 6 : Et la femme s'est enfuie dans le désert, là où il est pour elle un lieu préparé par Dieu, afin que là ils la nourrissent... La femme représente probablement la communauté chrétienne naissante (hébreu qahal ou qehilah, grec ekklèsia). De quel désert s'agit-il ? Est-ce le désert de Juda ? La femme qui a enfanté un fils qui va faire paître toutes les nations, c'est évidemment Mariam. Est-ce que Iohanan pensait que Mariam, au début, était à elle toute

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seule la qehilah, la communauté chrétienne naissante, et qu'il y a identité entre la qehilah et Mariam ? Jean 19, 26 : Ieschoua donc il a vu sa mère et le disciple qui se tenait debout auprès de lui, celui qu'il aimait. Il dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Ensuite il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de ce moment-là, il l'a prise, le disciple, dans sa maison. Apocalypse 12, 13 : Et lorsqu'il a vu, le monstre marin (grec drakôn, hébreu possible ha-tannin), qu'il a été jeté sur la terre, il a persécuté la femme qui a enfanté l'enfant mâle (grec ton arsena, hébreu hazakar). Et elles ont été données à la femme les deux ailes de l'aigle, le grand, afin qu'elle s'envole dans le désert dans son lieu, où elle est nourrie là (construction hébraïque traduite littéralement en grec) un temps et des temps et la moitié d'un temps (Daniel 7, 25) loin de la face du serpent... Et il s'est mis en fureur, le monstre marin, contre la femme et il est parti pour faire la guerre avec le reste de sa semence (grec meta ton loipôn tou spermatos autès, hébreu im ieter zareah) qui gardent (hébreu ha-schômerim) les commandements de Dieu et à qui appartient l'attestation de Ieschoua... Il est vraisemblable que nous avons ici allusion à la persécution déchaînée contre l'Église naissante par tout le système : l'empire romain, les pseudopodes ou tentacules, c'est-à-dire les gouverneurs romains ; les rois judéens ; le haut sacerdoce de Jérusalem. La bête qui monte de la mer Apocalypse 12, 18 : Et je me suis tenu debout sur le bord de la mer... Apocalypse 12, 3 : Et voici un monstre marin grand... à qui sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes dix couronnes royales...

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Apocalypse 13, 1 : Et j'ai vu, sortant de la mer, une bête (grec thèrion, hébreu haiiah) qui montait. Et à elle dix cornes et sept têtes et sur ses cornes, dix couronnes royales (grec diadèma, hébreu probable keter, Esther 1, 11 : keter malkout, grec diadèma ; 2, 17 ; 6, 8), et sur ses têtes un nom (ou des noms, selon les manuscrits) d'insulte à l'encontre de Dieu (grec blasphèmia, hébreu probable le substantif giddouph, pluriel giddouphim, Isaïe 43, 28 ; 51, 7, formé à partir du verbe gadaph, grec blasphèmein, 2 Rois 19, 6 ; 19, 22)... Le système de signes est donc modifié entre Apocalypse 12, 3 et 13, 1. La bête qui monte de la mer, c'est probablement l'empire romain, qui fait suite aux empires évoqués par Daniel. Les dix cornes sont probablement les gouverneurs romains, pseudopodes ou tentacules de l'hydre romaine. Les têtes couronnées sont probablement les rois judéens de la siniste dynastie des Hérodes. Dans Apocalypse 12, 3, les sept têtes couronnées précèdent les dix cornes. Dans Apocalypse 13, 1, c'est l'inverse, les cornes précèdent les têtes, et ce sont les cornes qui sont couronnées. Les têtes portent un nom — lecture probable — un nom d'insulte à l'encontre de Dieu, c'est-à-dire probablement le nom d'Hérode, puisque tous les rois descendants d'Hérode dit le Grand portent eux aussi le nom d'Hérode, hébreu Hôrôdôs. Entre Apocalypse 12 et Apocalypse 13, la situation historique et politique s'est peut-être modifiée. Ou bien alors Iohanan a modifié sur ce point son schéma symbolique. Apocalypse 13, 2 : Et la bête que j'ai vue était semblable à la panthère et ses pieds [étaient] comme [les pieds] de l'ours et sa bouche [était] comme la bouche du lion... Daniel 7, 3 : Et quatre bêtes énormes sont sorties de la mer, différentes celle-ci de celle-là. La première, comme une lionne, et les ailes de l'aigle, à elle [l'empire babylonien]. Et voici une bête, une autre, la deuxième, semblable à l'ours [l'empire des Mèdes]... Après

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cela j'étais en train de regarder et voici une autre comme une panthère et à elle les quatre ailes de l'oiseau sur le dos et quatre têtes à la bête, et la domination a été donnée à elle [l'empire perse]. Après cela j'étais en train de regarder dans les visions de la nuit et voici une bête, la quatrième, terrible... Et dix cornes à elle... [l'empire grec d'Alexandre et des rois grecs qui lui ont succédé]. Apocalypse 13, 2 (suite) : Et il lui a donné, le monstre marin (hébreu drakôn, hébreu possible ha-tannin) sa force, sa puissance et son trône, et une domination (grec exousia, hébreu memeschalah, ou schallit, ara-méen schaltan, Daniel 7, 6, etc.) grande. Et [j'ai vu] l'une de ses têtes comme égorgée (le verbe grec sphazô, hébreu schahat, Genèse 22, 10 ; 37, 31 ; Exode 12, 6 ; etc. Lévitique 1,5; etc.) jusqu'à mourir (grec eis tha-naton, hébreu la-mout, Josué 2, 14 ; Juges 5, 18 ; 16, 16 ; 2 Rois 20, 1) et la plaie (grec plègè, hébreu mak-kah) de sa mort a été guérie. Et elle a été stupéfaite (probablement le verbe hébreu schamem) toute la terre, derrière la bête. Et ils se sont prosternés devant le monstre marin parce qu'il a donné la domination à la bête, et ils se sont prosternés devant la bête en disant : « Qui est semblable à la bête et qui peut faire la guerre avec elle ? » Et il lui a été donné une bouche qui disait des énormi-tés [= Daniel 7, 8, à propos d'Antiochus Épiphane] et des insultes contre Dieu, et il lui a été donné le pouvoir de faire quarante-deux mois... (l'emploi du verbe faire, asah, en hébreu, est polyvalent, comme en français populaire). Et elle a ouvert sa bouche pour des insultes contre Dieu, pour insulter son nom et contre sa demeure (grec skènè, hébreu ôhel, Exode 18, 7, ou mischkan, Exode 26, 1 ; etc. — c'est-à-dire le Temple de Jérusalem qui était debout lorsque Iohanan écrit) et ceux qui demeurent dans les cieux. Et il lui a été donné de faire la guerre avec les saints et de l'emporter sur eux [= Daniel 7, 21]. Et il lui a été donné domination (grec exousia, hébreu memeschalah ou araméen schaltari) sur toute tribu et peuple et langue et nation. Et ils se prosterneront devant elle tous ceux qui habitent sur la terre,

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ou dans le pays, ceux dont il n'a pas été écrit, son nom (sic. Grec to onoma autou, hébreu schéma) dans le livre de la vie de l'agneau qui a été égorgé, depuis la fondation du monde... La bête qui monte de la mer, par rapport à l'observateur qui écrit, probablement en Judée, c'est vraisemblablement l'empire romain, tel que le connaît Iohanan lorsqu'il compose ce texte. La bouche de la bête qui est comme la bouche du lion, c'est peut-être l'empereur de Rome. Souvenons-nous de ce mot de l'esclave d'Herode Agrippa I, lorsqu'il vient lui annoncer la mort espérée de l'empereur Tibère, le 15 mars 37, mot rapporté par Joseph : « Le lion est mort » (cf. p. 124). L'une des têtes de la bête qui a été blessée à mort, et qui a été guérie, c'est peut-être une allusion à la maladie de Caius Caligula qui avait tant frappé les populations de l'Empire, et à sa guérison. A moins que ce ne soit une allusion à l'assassinat de Caius Caligula, le 24 janvier 41. Dans cette hypothèse, la guérison de la plaie mortelle serait le remplacement de l'empereur Caius Caligula assassiné, par l'empereur Claude, grâce aux bons soins d'Herode Agrippa I, au lendemain de l'assassinat de Caius. La bouche qui profère des énormités et des insultes à rencontre de Dieu pourrait bien être Caius Caligula. « Et il lui a été donné le pouvoir de faire quarante-deux mois » : l'expression hébraïque traduite littéralement en grec, pourrait se rapporter à la durée du règne de Caius Caligula. D'après Joseph (Guerre II, 204), Caius Caligula a régné trois ans et huit mois. Les historiens nous disent que Caius Caligula a régné depuis le 16 mars 37 jusqu'au 24 janvier 41, ce qui fait trois ans et dix mois. Il se pourrait que Iohanan compte trois ans et six mois. Quoi qu'il en soit de l'interprétation exacte et précise de chacun des termes codés ici utilisés par Iohanan — le code est probablement celui de Daniel —, ce qui semble certain c'est que nous avons affaire ici non pas à une prophétie qui porte sur l'avenir, mais à un récit codé, exactement comme dans le livre de Daniel, des événements récents qu'ont connus Iohanam et ceux à qui il s'adresse. C'est de l'histoire contemporaine écrite en langage codé à cause des menaces qui pèsent sur les petites communautés chrétiennes, comme d'ailleurs sur les communautés judéennes. La question ouverte est de savoir ce que désignent exactement les dix

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cornes et les sept têtes Les empereurs romains? C'est peu vraisemblable, Iohanam ne connaissait pas encore dix empereurs romains, comme Joseph qui écrit après la guerre, en 73 ou 75. Les gouverneurs romains ? C'est une hypothèse. Les têtes peuvent-elles désigner les rois judéens de la sinistre dynastie des Hérodes ? C'est une conjecture. Dans ce cas le nom d'insulte à rencontre de Dieu (Apocalypse 13,2) serait précisément le nom d'Hérode, Hôrôdôs en hébreu. Si les têtes de la bête désignent les empereurs, alors le nom d'insulte à rencontre de Dieu serait le nom même de César. La bête qui monte en sortant de la mer peut désigner et signifier le tout : l'empire romain, les gouverneurs romains, les rois judéens qui en sont les pseudopodes. Contentons-nous pour l'instant d'observer qu'ici il s'agit du passé et non pas encore de l'avenir. Il est donc inutile d'aller chercher dans l'avenir, dans les siècles à venir, ce qui est une description chiffrée d'événements récents passés par rapport à Iohanam. La bête qui monte de la terre ou du pays Apocalypse 13, 11 : Et j'ai vu une autre bête qui montait de la terre, ou du pays, et à elle deux cornes comme [les cornes de] l'agneau et elle parlait comme le monstre marin. Et la domination de la première bête, tout entière, elle la fait devant sa face, et elle fait en sorte que le pays (grec gè, hébreu eretz) et ceux qui habitent dans le pays, se prosternent devant la première bête, celle dont a été guérie la plaie de sa mort... « Elle la fait » : au présent de l'indicatif. Iohanan raconte en langage codé ce qui se passe en ce moment même. Si, comme il est vraisemblable, la première bête (Apocalypse 13, 1) est bien l'empire romain qui monte de la mer, maintenant (Apocalypse 13, 11)

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l'autre bête qui monte de la terre ou du pays, et non plus de la mer, est probablement la dynastie judéenne des Hérodes, et les deux cornes sont peut-être le pouvoir politique — les rois judéens —, et le pouvoir du haut sacerdoce, des grands prêtres du Temple de Jérusalem. Cette seconde bête reçoit sa puissance de l'empire romain. Elle exerce la puissance qui lui est conférée par l'empire romain. Les rois judéens, depuis Hérode dit le Grand, jusqu'au dernier d'entre eux, Hérode Agrippa II, mort autour de l'année 100, sont tous des rois collaborateurs, amis des Romains, amis de César, comme le portent les inscriptions sur les monnaies des rois judéens. De nouveau nous sommes en présence d'un texte qui ne porte pas sur l'avenir, — ce n'est pas un texte prophétique. C'est un texte qui porte sur le présent, une interprétation théologique de la situation présente, de la situation historique et politique. C'est une condamnation, évidemment, de la dynastie des rois judéens, qui exercent un pouvoir qui leur vient de Rome. La collaboration des rois judéens depuis Hérode dit le Grand jusqu'à Hérode Agrippa II n'est pas seulement une collaboration politique, une soumission politique à l'empire romain. C'est aussi et tout d'abord, aux yeux de Iohanan, une apostasie par rapport au seul roi véritable, le Créateur unique et incréé des cieux et de la terre. C'est non seulement de la philosophie politique. C'est aussi et tout d'abord de la théologie politique, dans la lignée des grands prophètes hébreux du passé, par exemple Samuel. 1 Samuel 8, 4 : Et ils se sont rassemblés, tous les anciens d'Israël, et ils sont venus vers Schemouel (transcription en caractères grecs Samouèl) à Ramah [= Ha-ramataïm]. Et ils lui ont dit : « Voici que toi tu es devenu vieux... Maintenant établis pour nous un roi pour nous juger comme toutes les nations païennes. » Et elle a été mauvaise, la parole, aux yeux de Schemouel, parce qu'ils ont dit : « Donne-nous un roi... » Et il a prié, Schemouel, en s'adressant à YHWH. Et il a dit, YHWH, en s'adressant à Schemouel : « Écoute la voix du peuple pour tout ce qu'ils te diront. Parce que ce n'est pas toi qu'ils rejettent, mais c'est moi qu'ils rejettent, en sorte que je ne sois plus roi sur eux... »

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Le pouvoir de l'État, depuis cette époque ancienne, était considéré par les plus anciens prophètes hébreux comme une substitution au pouvoir de Dieu, et un obstacle, une apostasie. Le roi Schaoul a été oint par le prophète Samuel vers 1020 avant notre ère (1 Samuel 10, 1). 1 Samuel 8, 19 : Et ils ont refusé, le peuple, d'écouter la voix de Schemouel et ils ont dit : « Non ! Mais au contraire c'est un roi qui sera sur nous ! Et nous serons, nous aussi, comme toutes les nations païennes (hébreu ke-kôl ha-goïm) et il nous jugera, notre roi, et il sortira devant notre face, et il va guerroyer nos guerres... » L'État et la guerre... Apocalypse 13, 14 : Et elle trompe, elle égare ceux qui habitent dans le pays... Et elle a dit à ceux qui habitent le pays de faire une statue (grec eikôn, hébreu tzelem) pour la bête, celle à qui la plaie ou le coup de l'épée, et elle a vécu. Et il lui a été donné de donner un esprit à la statue de la bête, afin qu'elle parle, la statue de la bête, et qu'elle fasse en sorte que tous ceux qui ne se prosterneront pas devant la statue de la bête, ils soient mis à mort... Daniel 3,1 : Et Nabuchodonosor le roi a fait une statue (hébreu tzelem, grec eikôn) en or... Au moment où vous entendrez la voix de la corne... vous tomberez [le nez à terre] et vous vous prosternerez devant la statue en or qu'il a érigée, Nabuchodonosor, le roi. Et celui qui ne tombera pas [à terre] et qui ne se prosternera pas, sur l'heure il sera jeté dedans la fournaise de feu qui brûle... Daniel 3, 12 : Il est des hommes, des Judéens... Ces hommes..., tes dieux, ils ne leur rendent pas un culte, ils ne les servent pas, ils ne les honorent pas, et la statue en or que tu as fait dresser, ils ne se sont pas prosternés devant elle...

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Cette allusion à la statue de la bête ressemble trop à l'affaire de la statue que Caius Caligula a voulu à tout prix faire élever dans le Temple de Jérusalem, pour que nous n'en tenions pas compte, au moins à titre d'hypothèse (cf. pp. 125 et 149). Cette affaire de la statue de Caius Caligula avait bouleversé toutes les communautés judéennes. Et l'allusion, quelques années plus tard, était parfaitement claire pour les frères et les sœurs des communautés judéennes. Nous n'oublions pas que les frères et les sœurs des premières communautés chrétiennes sont issues, dans ces annéeslà, des communautés judéennes. Apocalypse 13, 16 : Et elle fait [en sorte] que23 tous, les petits et les grands, et les riches et les pauvres, et les [hommes] libres et les esclaves, qu'ils leur donnent (construction hébraïque, l'hébreu n'a pas le mot « on » : qu'on leur donne) une marque, une empreinte, un signe (grec charagma, du verbe charassô, faire une entaille, marquer une monnaie) sur leur main droite ou sur leur front. Et en sorte que personne ne puisse acheter ou vendre si ce n'est celui à qui est l'empreinte, la marque (grec to charagma) le nom de la bête ou le nombre de son nom. Ici c'est la sagesse. Celui à qui est l'intelligence, qu'il calcule le nombre, ou le chiffre, de la bête. Car c'est un nombre d'homme. Et son nombre, ou son chiffre : 666, six cent soixante-six... « Et elle fait en sorte que tous... » au présent de l'indicatif. Iohanan décrit en langage codé une situation présente et actuelle lorsqu'il écrit ce texte. «... la marque, l'inscription, le nom de la bête... » (grec to charagma to onoma). Il faut peut-être lire : la marque ou l'inscription du nom de la bête. En hébreu, le génitif ne modifie pas le second terme, qui se présente comme un nominatif. Le traducteur a traduit ha-schem, le nom de la bête, comme si c'était un nominatif. Cas fréquent dans la traduction de l'Évangile de Jean et dans la traduction de l'Apocalypse.
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Le grec hirta (Apocalypse 13, 16 et 17) traduit probablement l'hébreu ascher, comme dans l'Évangile de Jean. Nous avons traduit par : «faire en sorte que... »

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Le sens nous paraît clair. Il est fait allusion aux monnaies des rois judéens de la dynastie des Hérodes dont il nous reste un grand nombre d'exemplaires, avec la mention : « ami des Romains et ami de César ». Nous maintenons donc notre conjecture, proposée déjà dans notre traduction de l'Apocalypse en 1984. Le chiffre de la bête, — la deuxième bête, celle qui monte de la terre, ou du pays, et non plus, comme la première, de la mer —, c'est tout simplement le nom d'Hérode, hébreu Hôrôdôs, qui s'écrit avec trois wauw. Le wauw vaut 6 en hébreu. Cela fait donc 666. C'est en effet un nom d'homme, qui est commun à tous les rois de la dynastie des Hérodes. Ce chiffre devait être simple et parfaitement intelligible pour les frères et les sœurs des communautés judéennes et chrétiennes à qui ce texte est destiné. Il était de mauvaise méthode de rechercher dans les siècles suivants le sens de ce chiffre qui était parfaitement clair autour des années 50. Le dernier à porter le nom de Hôrôdôs, c'est Hérode Agrippa II, mort autour de l'année 100, le dernier des rois de la Judée. Il est question de la bête, de sa statue et du chiffre de son nom, encore plusieurs fois : Apocalypse 15, 2 : Ceux qui ont vaincu de (grec ek, hébreu min, impossible en grec) la bête et de sa statue (grec eikôn, hébreu tzelem) et du chiffre de son nom... Apocalypse 16, 2 : Une plaie, un ulcère (grec elkos, hébreu schehin, Exode 9, 9 ; etc.) mauvais et méchant sur les hommes à qui, sur qui, l'inscription de la bête, et qui se prosternent devant sa statue... A ceux qui portent la marque, l'inscription, le nom de la bête sur la main droite et sur le front, Iohanam oppose les frères et les sœurs de la nouvelle communauté qui portent le nom de l'Agneau et le nom de son père, c'est-à-dire de Dieu : Apocalypse 14, 1 : Et j'ai vu et voici l'agneau qui se tient debout sur la montagne de Tziôn et avec lui... ceux qui portent son nom et le

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nom de son père écrits sur leurs fronts... Et ils chantent un chant nouveau (hébreu schir hadasch)... Rappelons ici que ces documents que nous lisons n'ont probablement pas été composés d'un seul coup, à la suite les uns des autres, mais que ce sont des documents disjoints qui ont vraisemblablement été réunis après coup, avant ou après la mort de Iohanam. C'est en somme un cahier de textes, comme les quatre Évangiles. Observons aussi que la taille de ces livres, les quatre Évangiles et l'Apocalypse, est limitée. C'est probablement la taille d'un texte qui pouvait tenir dans un rouleau puisque, dans ce temps-là, on en était encore au rouleau. Le codex apparaît plus tard. Apocalypse 14, 6 : Et j'ai vu un autre messager... A lui une heureuse annonce pour la durée à venir (grec euaggelion aiônion, hébreu besôrat ôlam) pour annoncer l'heureuse annonce (grec euaggelisai, hébreu le- basser) à ceux qui habitent dans le pays et à toute nation et tribu et langue et peuple... Qui peut bien être celui qui annonce à toutes les nations l'heureuse annonce ? Galates 1,8: Mais si nous-mêmes ou bien un messager venu des cieux vous annonce l'heureuse annonce autrement que nous ne vous l'avons annoncée, que herem (grec anathema, Lévitique 27, 28 ; Deutéro-nome 7, 26 ; 13, 18 ; Josué 16, 17 ; etc.) il soit ! Comme je vous l'ai déjà dit, et maintenant de nouveau je vous le dis : Si quelqu'un vous annonce l'heureuse annonce autrement que vous l'avez reçue, que herem il soit... 1 Corinthiens 15, 1 : Je vous fais connaître, frères, l'heureuse annonce que je vous ai annoncée, et que vous avez reçue... Car je vous ai transmis (hébreu masar), tout d'abord, ce que j'avais moimême reçu (hébreu qabal, piel qïbbeï)...

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Éphésiens 1, 13 : Vous avez entendu la parole de la vérité, l'heureuse annonce de votre salut... La chute de Jérusalem Apocalypse 14, 8 : Et un autre messager, un deuxième, marchait derrière, pour dire : Elle est tombée, elle est tombée, Babel la grande, celle qui, du vin de la fureur de ses prostitutions, a abreuvé les nations païennes... Isaïe 21, 9: Elle est tombée, elle est tombée Babel (transcription en caractères grecs Babulôn)... Jérémie 51,6: Fuyez du milieu de Babel et sauvez chacun son âme et ne périssez pas dans sa faute... Coupe d'or, [elle est] Babel, dans la main de YHWH. Elle soûlait toute la terre. De son vin elles ont bu, les nations. C'est pourquoi elles sont devenues folles, les nations. Tout d'un coup elle est tombée, Babel, et elle s'est brisée... Dans le texte hébreu d'Isaïe 21, 9 : naphelah naphelah babel... le verbe hébreu naphal est au parfait, qui vaut pour un futur. De même en Jérémie 51,8: piteôm naphelah babel, naphelah est au parfait et vaut pour un futur. Et également dans la citation de Iohanan. Iohanan applique à Jérusalem les antiques prophéties que l'on peut lire dans les rouleaux d'Isaïe et de Jérémie. De fait Babylone n'avait pas été détruite lorsque Cyrus s'en est emparé en 539 avant notre ère. Jérémie 25, 26 : « Et le roi de Scheschak boira après eux... » Scheschak = Babel. Vous prenez la première lettre de l'alphabet hébreu, et vous la remplacez par la dernière. Vous prenez la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, et vous la remplacez par l'avant-dernière, etc.

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De même Jérémie 51, 41 : Comment a-t-elle été prise, Scheschak [= Babel], et comment a-t-elle été saisie, la gloire de toute la terre? Comment est-elle devenue dévastation, Babel, parmi les nations?... Elles ont été, ses villes, une dévastation, un pays de sécheresse et une steppe, un pays où n'habite plus personne, et où ne passe plus un fils d'homme (hébreu ben adarri)... ... Babylone n'avait pas été détruite, et il restait donc des prophéties sans application, des prophéties ouvertes ou vacantes, Iohanan les applique à Jérusalem. Apocalypse 14, 9 : Et un autre messager, un troisième, marchait derrière eux, pour dire (grec legôn, hébreu lemôr) dans une voix grande (hébreu be-qôl gadôt) : « Si quelqu'un se prosterne devant la bête et sa statue (grec eikôn, hébreu tzelem) et reçoit, ou prend, l'inscription (grec charagmà) sur son front ou sur sa main, alors (grec kai, hébreu wé) lui aussi il boira du vin de la fureur de Dieu qui a été versé dans la coupe de sa colère... » Jérémie 25, 15 : Prends la coupe du vin de cette fureur de ma main et tu la feras boire à toutes les nations que moi je t'envoie vers elles... L'hébreu kôs ha-iaïn ha-hamah est traduit en grec to potèrion tou oinou tou akratou... Le verbe grec kerannumi, mêler, mélanger, traduit le verbe hébreu masak. Si l'on s'en tenait à la traduction grecque d'Apocalypse 14, 10, sans rechercher le texte hébreu qui est derrière, on obtiendrait : du vin de la fureur de Dieu mélangé non mélangé... La vigne Apocalypse 14, 18 : Et un autre messager est sorti de l'autel des sacrifices (grec thusiastèrion, hébreu mizebeah, Genèse 8, 20 ; etc. ; Exode 17, 15 ; etc. Lévitique 1,5; etc.), celui à qui appartient

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l'autorité sur le feu et il a crié d'une voix grande à celui à qui appartient la faux aiguisée : « Envoie ta faux aiguisée et vendange les grappes de la vigne de la terre ou du pays... » Et il a jeté, le messager, sa faux sur la terre, ou sur le pays, et il a vendangé la vigne de la terre [ou du pays] et il a jeté dans la cuve du pressoir de la colère de Dieu, la grande. Et elle a été foulée aux pieds, la cuve du pressoir, hors de la Ville [= Jérusalem], et il est sorti, le sang, hors de la cuve du pressoir, jusqu'aux mors des chevaux à une distance de mille six cents stades... Joël 4, 11 : Accourez et venez, toutes les nations d'alentour et rassemblez-vous là... Qu'elles se réveillent et qu'elles montent, les nations, à la vallée de Iehô-schaphat [= YHWH a jugé, 1 Rois 15, 24], parce que c'est là que je siégerai pour juger toutes les nations d'alentour. Envoyez une faux (hébreu magal, grec drepanon) parce qu'elle est mûre, la moisson. Venez, descendez, parce qu'elle est pleine, la cuve du pressoir (hébreu gat, grec lènos). Des foules, des foules dans la vallée de haroutz24. Car il est proche, le jour de YHWH, dans la vallée de haroutz... Isaïe 63, 2 : Pourquoi du rouge à ton vêtement, et tes habits [sontils] comme [les habits] de celui qui piétine, qui foule dans le pressoir (hébreu gat, grec lènos) ? Au pressoir (hébreupourah), j'ai piétiné tout seul, et de mon peuple, [manuscrit de Qumran], pas un homme avec moi. Et je les ai piétines dans ma colère, et j'ai marché dessus, je les ai foulés dans ma fureur et leur jus a giclé sur mes vêtements et tous mes habits, je les ai tachés. Car un jour de vengeance dans mon cœur, et l'année des rédemptions est venue. Et j'ai regardé, et personne pour m'aider (hébreu ôzer, grec boèthos)... J'ai écrasé des peuples dans ma colère... Et j'ai fait descendre à terre leur jus [= leur sang]... Osée, sous le règne de Jéroboam II, entre 780 et 740 avant notre ère,
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Le mot hébreu haroutz est sans doute formé à partir du verbe haratz, creuser, creuser une tombe, faire une incision, graver dans, décider. Peut-être jeu de mots avec houtzah, dehors, ce qui expliquerait Apocalypse 14, 20 : en dehors de la Ville = Jérusalem.

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royaume du Nord (Israël). Osée 10, 1 : Une vigne luxuriante, Israël... Isaïe (hébreu iescha-iahou ou iescha-iah = salut par YHWH) entre 740 et 701 avant notre ère. Isaïe 5, 1 : Je vais donc chanter pour mon chéri le chant de mon chéri à sa vigne (hébreu kerem, grec ampelon). Une vigne était à mon chéri, sur une corne fils de l'huile (hébreu be-qeren ben schamen)... Isaïe 5, 7 : Car la vigne de YHWH des armées, [c'est] la maison d'Israël, et l'homme de Iehoudah, son jeune plant qu'il aime... Jérémie (hébreu irem-iahou), kôhen, à partir de 627-626 avant notre ère. Jérémie 2, 21 : Et moi je t'ai plantée sôreq = Isaïe 5, 2 : une vigne qui porte des grappes de raisin rouge sang (Isaïe 16, 8) tout entière semence de vérité (hébreu zera émet)... Ezechiel (hébreu iehezeq-el, du verbe hazaq, être solide, fort, ferme, piel parfait hizzaq, rendre ferme, fort), contemporain de Jérémie ; à partir de 597 avant notre ère, en Babylonie, lors de la première déportation. Ezechiel 17, 2 : Fils d'homme (hébreu ben adarri) propose une énigme et compose une analogie (hébreu maschâl, grec parabole) à l'intention de la maison d'Israël... Le grand aigle, grand par les ailes... il a emporté la cime du cèdre... Et il a pris de la semence du pays et il l'a donnée dans un champ de semence... sur des eaux nombreuses... Et elle a germé et elle est devenue une vigne (hébreu gephen, grec ampelon)... Psaume 80, 9 : Une vigne (hébreu gephen, grec ampe-los) d'Egypte

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tu as arrachée. Tu as chassé des nations et tu l'as plantée. Tu as déblayé devant sa face et elle a enraciné ses racines et elle a rempli le pays. Elles ont été recouvertes, les montagnes, par son ombre et ses rameaux [ont recouvert] les cèdres de Dieu. Elle envoyait ses branches jusqu'à la mer [Méditerranée] et vers le fleuve [Euphrate], ses rejetons. Pourquoi as-tu fait une brèche dans ses clôtures, en sorte qu'ils la vendangent, tous ceux qui passent sur la route?... Ceux qui l'ont brûlée dans le feu comme une ordure, par la menace de ta face qu'ils périssent... [Psaume postérieur à la prise de Jérusalem, 586 avant notre ère.] Matthieu 21, 33 : Un homme était maître de maison (grec oikonomos, hébreu baal baït). Il a planté une vigne et il l'a entourée d'une clôture et il a creusé en elle une cuve, un pressoir (grec lènos, hébreu gat), et il a construit une tour et il l'a donnée à des cultivateurs et il est parti en voyage. Lorsqu'il a été proche, le temps des fruits, il a envoyé ses serviteurs... (Marc 12, 1 ; Luc 20, 9). Depuis le VIIIe siècle avant notre ère au moins, la vigne représente chez les prophètes hébreux, le peuple hébreu. La vigne du pays (Apocalypse 14, 18) qui va être vendangée et jetée dans la cuve de la fureur de Dieu, c'est évidemment la vigne de YHWH (Isaïe 5, 7), la maison d'Israël. Ce n'est certainement pas Rome. Rome, la capitale du paganisme au Ier siècle de notre ère, n'a jamais été appelée la vigne par les anciens prophètes hébreux. Et Iohanan ne va pas changer, autour de l'année 50, le système de signes, le code constant depuis le VIIIe siècle avant notre ère. L'Euphrate Apocalypse 9, 14 : Délie les quatre messagers qui sont liés sur le fleuve, le grand, l'Euphrate... Apocalypse 16, 12: Sur le fleuve, le grand, l'Euphrate, et elles ont

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été desséchées, ses eaux, afin qu'elle soit préparée la route des rois qui viennent du côté du lever du soleil... Les esprits... qui sortent [et qui viennent] sur les rois de toute la terre habitée pour les rassembler pour la guerre du jour, le grand, de Dieu ha-tzebaôt... Et il les a rassemblés sur le lieu qui est appelé en hébreu har magedôn... Har magedôn est probablement une expression codée qui désigne Césarée. Migdal, la Tour = Césarée, la Tour de Straton, migdal scharschôn. C'est Hérode dit le Grand qui avait ainsi appelé l'antique Tour de Straton pour faire sa cour à César Auguste. Lorsque Iohanam parle de l'Euphrate, il fait allusion à des circonstances historiques, politiques et militaires précises. Joseph parle souvent de l'Euphrate. Antiquités XVIII, 4 : Tibère écrivit à Vitellius pour lui ordonner de se concilier l'amitié d'Artabane roi des Parthes... Tibère persuada par le don de grosses sommes le roi des Ibères et celui des Albaniens, d'attaquer sans hésitation Artabane. Mais ils refusèrent, tout en livrant le passage aux Alains à travers leur territoire et en leur ouvrant les Portes Caspiennes pour les lancer contre Artabane. L'Arménie fut reprise et le pays des Parthes entièrement envahi par la guerre. Les chefs parthes furent tués ; tout le pays fut dévasté et le fils du roi périt dans ces combats avec plusieurs milliers de soldats. Vitellius se disposait à faire périr Artabane en envoyant de l'argent à ses parents et à ses amis... Aussi s'enfuit-il vers les satrapies du haut pays. Puis, ayant rassemblé une grande armée... il vainquit ses ennemis et reprit son royaume. Antiquités XVIII, 5 : A ces nouvelles, Tibère décida de lier amitié avec Artabane... Artabane et Vitellius vinrent sur l'Euphrate ; ils se rencontrèrent au milieu d'un pont jeté sur le fleuve ; chacun avait sa garde autour de lui. Quand ils eurent discuté le traité, le tétrarque Hérode [Antipas] leur offrit un festin dans une tente luxueuse dressée au milieu du pont... Ensuite Vitellius retourna à Antioche et

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Artabane à Babylone... Guerre V, 40 : Titus a rassemblé une partie de son armée auprès de lui. Aux autres il a envoyé l'ordre de le rejoindre à Jérusalem. Et il est sorti de Césarée. C'étaient les trois légions [légions V, X et XV] qui auparavant sous les ordres de son père avaient ravagé la Judée, et la douzième qui autrefois sous Cestius avait été battue... A la cinquième légion il donna l'ordre de le rejoindre par Emmaus, et à la dixième de monter par Jéricho. Lui-même Titus, il se mit en route avec les autres légions, auxquelles s'unirent les contingents des rois et des troupes venant de Syrie... Il avait sous ses ordres deux mille soldats d'élite de l'armée d'Alexandrie et trois mille des garnisons de l'Euphrate... Les rois dont il est question ici sont les rois Agrippa II, Sohémos d'Emèse et Antiochus de Commagène. Guerre II, 500 : Cestius a pris d'Antioche la douzième légion... Il ajouta les troupes alliées fournies par les rois, celles d'Antiochus [Antiochus IV Épiphane, roi de Commagène depuis l'année 39] : deux mille cavaliers et trois mille fantassins, tous archers ; Agrippa [Agrippa II] le même nombre de fantassins et un peu moins de deux mille cavaliers ; Sohémos [roi d'Emèse depuis 54] suivait avec quatre mille hommes, le tiers, c'étaient des cavaliers. Et Cestius s'avança vers Pto-lémaïs... Nous sommes en 66. Les grêlons Apocalypse 16, 17 : Et elle est sortie, une voix grande, hors du Temple (grec naos, hébreu heïkaî) venant du trône [de Dieu] pour dire : « C'est fait !» Et il y a eu des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre (grec seismos, hébreu raasch)

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un grand, tel qu'il n'y en a pas eu depuis le jour où l'homme a été créé sur la terre, un tel tremblement de terre, aussi grand. Et elle a été, la Ville, la grande, [divisée] en trois parties, et les villes des goïm sont tombées. Et c'est Babel la grande qui a été rappelée au souvenir, à la mémoire (grec emnèsthè, du verbe mim-nèskô, hébreu zakar, niphal wa-tizaker) devant la face de Dieu pour lui donner la coupe du vin de la fureur de sa colère... Et une grande grêle, grande comme des talents, est descendue des cieux sur les hommes... Les villes des goïm, ce sont les villes de la Galilée (hébreu gelil hagoïm, Isaïe 8, 23 ; 1 Maccabées 5, 15). L'expression : la Ville, la grande (hébreu ha-ïr ha-gedôlah) est empruntée à Jonas 1, 2 ; 3, 2 ; 4, 11. L'une des interprétations du livre de Jonas, c'est la réponse à la question : Que se passe-t-il si YHWH annonce par la bouche de son prophète, la destruction d'une ville, et si la ville se repent ? — Réponse : Alors Dieu lui aussi se repent du mal qu'il avait décidé de faire à la ville. Tout le monde savait bien, lorsque l'inconnu a composé le conte théologique de Jonas, que Ninive ne s'était pas repentie et qu'elle avait été détruite. La question se pose maintenant pour Jérusalem : Est-ce que Jérusalem va se repentir à temps ? Ou bien est-ce qu'il est trop tard ? En ce qui concerne la grêle, nous nous souvenons du texte de Joseph, Guerre V, 269 (cf. p. 45). Titus préparait l'assaut contre Jérusalem. Les armées romaines disposaient de machines pour lancer des traits, et de machines pour lancer des pierres. Les machines de la dixième légion pouvaient lancer des pierres qui pesaient un talent (grec talantiaoi)... C'est le même terme talantiaios, du poids d'un talent, environ 36 kg, qui est employé dans Apocalypse 16, 21. La prostituée Apocalypse 17, 1 : Viens je vais te montrer le jugement (grec krima, hébreu mischpat, Exode 23, 6 ; Lévitique 18, 4; etc.) de la prostituée (grec pornè, hébreu zônah, participe féminin du verbe

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zanah, Genèse 34, 31 ; 38, 15 ; etc.) la grande, celle qui est assise sur des eaux nombreuses, avec qui ils se sont prostitués, les rois de la terre [ou du pays], et ils se sont soûlés, ceux qui habitent le pays, avec le vin de sa prostitution... Osée 1,2: Va, prends pour toi une femme de prostitutions (hébreu eschet zenounim, grec gunaika porneias) et des fils de prostitutions, parce que, pour ce qui est de se prostituer, il s'est prostitué, le pays, en se reculant loin de YHWH... Osée 2, 4 : Querellez votre mère, accusez-la, parce qu'elle n'[est] pas ma femme, et moi je ne [suis] pas son homme, et qu'elle écarte ses prostitutions loin de sa face et ses infidélités d'entre ses seins, afin que je ne la déshabille pas toute nue et que je ne la remette comme au jour de sa naissance, et que je la rende comme un désert, et que je ne fasse d'elle comme un pays aride, et que je ne la fasse mourir dans la soif. Et ses fils, je n'aurai pas pitié d'eux, parce que ce sont des fils de prostitutions, eux (hébreu benei zenounim, grec tekna porneias, Jean 8, 41) parce qu'elle s'est prostituée, leur mère..., parce qu'elle disait: «J'irai derrière ceux qui m'aiment, ceux qui me donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin (hébreu pischti, grec ta othonia, Jean 19, 40 ; 20, 5 ; 20, 6 ; 20, 7), mon huile... » Et elle, elle ne savait pas que c'est moi qui lui ai donné le blé et le moût et l'huile fraîche... C'est pourquoi je vais me retourner et je reprendrai mon blé en son temps... J'arracherai ma laine et mon lin [qui servait] à couvrir sa nudité... Et maintenant je vais découvrir (le verbe hébreu galah, grec apokalupsô) sa pourriture (hébreu nabeloutah, sa corruption, sa honte, grec akatharsian) aux yeux de ceux qui l'ont aimée. Et un homme ne la délivrera pas de ma main [= et personne ne la délivrera]... Je vais ravager sa vigne et son figuier... Elle disait : « Ils sont à moi ! Ils me les ont donnés, ceux qui m'ont aimée ! » Nous avons donc déjà ici, au VIIIe siècle avant notre ère, chez le prophète Osée, le thème fondamental de l'Apocalypse de Iohanan.

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Osée 3, 1 : Et il a dit, YHWH, en s'adressant à moi : « Encore, va, aime une femme qui est aimée d'un compagnon et qui est infidèle [à son mari], comme l'amour (hébreu ahabat) de YHWH, pour les fils d'Israël, et eux ils se tournent vers les dieux étrangers... » Osée 4, 12 : C'est la prostitution (hébreu zenout, grec porneia)... qui a saisi le cœur (hébreu leb, organe de l'intelligence)... Mon peuple, c'est dans son morceau de bois [la baguette de la rabdomancie] qu'il interroge [l'avenir], et c'est sa baguette qui lui annonce [l'avenir]. Car un esprit de prostitutions (hébreu ruah zenounim, grec pneuma porneias) l'a égaré, et ils se sont prostitués en s'en allant de dessous (hébreu mi-tahat) leur Dieu... Si tu te prostitues, Israël... Pour ce qui est de se prostituer, ils se prostituent... Osée 9, 1 : Ne te réjouis pas, Israël... Car tu t'es prostitué en t'éloignant de ton Dieu... On observe que dans ces textes des anciens prophètes hébreux du VIII siècle avant notre ère, la prostitution (grec porneia) a une signification métaphysique : c'est l'infidélité du peuple hébreu assimilé à une femme, par rapport à son Créateur. Ce qui permet de comprendre le sens du vocabulaire utilisé : Actes 15, 20 ; 15, 29.
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Isaïe, à partir de 746 avant notre ère : Isaïe 1, 21 : Comment donc a-t-elle été une prostituée (hébreu lezônah, grec pornë) la cité, la Ville dans la vérité de laquelle on pouvait être certain (hébreu neemanah, grec pisté Siôri)... Observons ici l'emploi du verbe être hébreu suivi du lamed, qui indique l'intention, la direction, la visée, et donc le devenir. Traduction grecque egeneto. L'hébreu n'a pas de verbe pour signifier le devenir. Il utilise le verbe être suivi du lamed (Genèse 2, 7; etc. Jean 1, 14). Le lamed hébreu est intraduisible en français. Il faudrait mettre une flèche pour

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signifier la direction ou l'intention. Jérémie 2, 2 : Va et tu crieras dans les oreilles de Jérusalem pour dire : « Ainsi a parlé YHWH : Je me suis souvenu de toi, la grâce de ta jeunesse, de l'amour de la kallah, l'épousée que tu étais, de ta marche derrière moi dans le désert, dans un pays qui n'était pas ensemencé. Saint [était] Israël pour YHWH... » Jérémie 2, 20 : Sur toute colline élevée et sous tout arbre vert tu t'es couchée, prostituée (hébreu zônah). Et moi je t'avais plantée vigne aux raisins rouges (hébreu sôreq) tout entière semence de vérité. Et comment t'es-tu changée pour moi en [vigne] dégénérée, la vigne étrangère ? Jérémie 3, 1 : Et toi tu t'es prostituée à des bergers nombreux... Jérémie 3, 6 : Et il m'a dit, YHWH, dans les jours de Iôschi-iahou [entre 640 et 609 avant notre ère], le roi : « Est-ce que tu as vu ce qu'elle a fait, l'apostasie (hébreu meschoubah) d'Israël ? Elle est allée, elle, sur toute montagne élevée et sous tout arbre verdoyant, et elle s'est prostituée, là... » Jérémie 3, 8 : La traîtresse Iehoudah, sa sœur, et elle est allée et elle s'est prostituée, elle aussi. Et il est arrivé, à la voix de sa prostitution, elle a profané le pays, et elle a forniqué avec la pierre et avec le bois [= les idoles de pierre et de bois]... Jérémie 13, 25 : Parce que tu m'as oublié et que tu as mis ton espérance dans le mensonge, et alors moi aussi je vais mettre à nu, découvrir (grec apokalupsô) les pans de ta robe sur ta face, et elle sera vue, ta honte. Tes infidélités, tes hennissements, la honte de tes prostitutions, sur les hauteurs, aux champs, j'ai vu tes abominations (hébreu schiqqoutzim, grec bdelugmata). Hoï à toi, Ierouschalaïm...

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Le prophète Ezéchiel, à partir de 597 avant notre ère, première déportation des Judéens en Babylonie, reprend le thème développé par ses prédécesseurs Osée, Isaïe, Jérémie. Le peuple hébreu est comparé à une femme. La relation qui existe entre Dieu et le peuple hébreu est comparée à la relation qui existe entre l'homme et la femme. Ezéchiel 16, 2 : Fils d'homme (hébreu ben adam), fais connaître à Jérusalem ses abominations. Et tu diras : « Ainsi a parlé adônaï YHWH à Jérusalem : Tes sources (hébreu mekourah, grec riza, racine) et tes naissances (hébreu môledet, grec genesis) [sont] du pays du Cananéen. Ton père [c'était] l'Amorrhéen, et ta mère, la Hittite. Et ta naissance : au jour où tu as été enfantée, il n'a pas été coupé, le cordon de ton nombril, et dans les eaux tu n'as pas été baignée pour la purification, et [pour ce qui est] d'être salée, tu n'as pas été frottée de sel, et [pour ce qui est d*] être enveloppée de langes, tu n'as pas été enveloppée de langes. Il n'a pas eu pitié de toi, un [seul] œil [= aucun œil] pour faire pour toi l'une de ces choses par compassion pour toi [jeu de mots en hébreu lô houmelahte, tu n'as pas été salée ; le-houmelah, pour avoir compassion]. Et tu as été jetée sur la face du champ, dans le dégoût de ton âme, au jour où tu as été enfantée. Et je suis passé auprès de toi [c'est Dieu qui parle] et je t'ai vue en train de patauger dans tes sangs [Jean 1, 13] et je t'ai dit : Dans tes sangs, vis ! [Les traducteurs en langue grecque ont lu et compris : de ton sang [la] vie (grec ek tou aimatos sou zôè, ou zoè sou, ta vie).] Et je t'ai dit : Dans tes sangs, vis ! [Répétition dans le texte hébreu. Non répété dans la traduction grecque.] Deviens nombreuse, multiplie-toi ! Comme le germe (hébreu tzemach) du champ, je t'ai donné [d'être]. Tu es devenue nombreuse, tu t'es multipliée, et tu as grandi et tu es entrée dans le temps des périodes [des femmes]. Les seins sont devenus fermes, et tes poils ont poussé et toi [tu étais] nudité et mise à nu. Et je suis passé au-dessus de toi et je t'ai vue et voici que ton temps [c'était] le temps des amours et j'ai étendu mon aile au-dessus de toi et j'ai recouvert ta nudité et j'ai juré, j'ai fait un serment pour toi, à toi, et je suis entré dans l'alliance (hébreu berit, grec diathèkè), oracle de adônaï YHWH, et tu as été à moi. Et je te

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lavais dans les eaux et avec des flots j'ai enlevé tes sangs d'au-dessus de toi et je t'ai ointe avec de l'huile... » [L'onction de la communauté, du peuple hébreu assimilé à une femme.] Ezéchiel 16, 10 : Et je t'habillais avec une étoffe aux multiples couleurs... [l'habit du grand prêtre]. ... Et je t'ai mis des sandales en peau de dauphin [Exode 25, 5] ; et je t'ai serrée dans du lin fin... Hébreu schesch, grec bussos, Exode 25, 4 ; 28, 5 ; 35, 6 ; etc. La robe du grand prêtre, Exode 28, 39 ; etc. La tente, la demeure, hébreu mischkan, Exode 26, 1 ; etc. L'éphod du grand prêtre, Exode 28, 6 ; etc. Ezéchiel 16, 10 (suite): ... Et je t'ai recouverte d'une fine étoffe. Et je t'ai ornée d'un ornement, et j'ai donné des bracelets sur tes mains et un collier sur ton cou. Et j'ai donné un anneau sur ton nez et des boucles sur tes oreilles et une couronne25 de gloire sur ta tête... Ezéchiel 16, 13 : Et tu t’es ornée avec de l’ornet de l’argent Exode 25, 10 : Et ils feront une caisse (hébreu arôn, grec kibôton) en bois d'acacia... Et tu la recouvriras d'or pur... Tu fondras pour elle quatre anneaux d'or... Tu feras des barres en bois d'acacia et tu les recouvriras d'or... Ezéchiel 16, 13 (suite) : ... Et ton vêtement était de lin fin (hébreu schesch, grec bussind) et de fine étoffe et de vêtements aux couleurs multiples... Exode 28, 39 : la tunique du grand prêtre, de lin fin (hébreu schesch) ; le turban du grand prêtre, de lin fin (hébreu schesch)... Ezéchiel 16, 13 (suite): ... De la fleur de farine (hébreu sôlet, grec semidalis) et du miel et de l'huile tu as mangé...
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Hébreu atarah, grec stephanos : le nom propre Stephanos, Actes 6, 5 ; etc. Le diadème du grand prêtre, Ben Sira = Ecclésiastique 45, 12 ; Exode 28, 36 ; 39, 30.

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Exode 29, 1 : Et voici la parole que tu feras pour eux, pour les consacrer, pour qu'ils exercent la fonction de kôhen : « Prends... du pain de matzot, pain sans levain, et des gâteaux de matzot, trempés dans l'huile, et des galettes de matzot, ointes avec de l'huile, de la fleur de farine de blé (hébreu sôlet, grec semidalis)... » Exode 29, 40 ; Lévitique 2, 1 ; etc. Nombres 6, 15 ; etc.). Ezéchiel 16, 13 (suite) : ... Et tu étais belle, très belle et tu as accédé à la royauté. Et il est sorti, en ta faveur, pour toi, un nom dans les nations païennes à cause de ta beauté, car elle était achevée, parfaite, elle, grâce aux splendeurs que j'ai déposées sur toi, oracle de adônaïYHWH. Ezéchiel 16, 15 : Tu t'es prostituée sur ton nom (hébreu al schemek) et tu as déversé tes prostitutions (hébreu tazenouteik, grec tèn porneian sou) sur tout passant... Ezéchiel 16, 20 : Et tu as pris tes fils et tes filles que tu avais enfantés pour moi et tu les as sacrifiés aux statues d'hommes, aux statues de mâles (hébreu tza-lemei zakar), pour qu'elles les dévorent... Et toutes tes abominations et toutes tes prostitutions, ... je ne me suis pas souvenu des jours de ta jeunesse alors que tu étais nue et dévêtue et que tu pataugeais dans tes sangs... Tu as écarté tes jambes pour tout passant et tu as multiplié tes prostitutions. Et tu t'es prostituée aux fils de l'Égypte... Et tu t'es prostituée aux fils d'Assur... Et tu as multiplié tes prostitutions au pays de Canaan, la Chaldée... Tu as fait tout cela, l'action d'une femme prostituée (hébreu ischah zônah, grec erga gunaikos pornès)... La femme infidèle, à la place de son homme, elle prend des étrangers. A toutes les prostituées ils donnent un cadeau, mais toi, c'est toi qui as donné tes cadeaux à tous ceux qui t'aimaient. C'est toi qui les as payés pour qu'ils viennent à toi de tous côtés, dans tes prostitutions. Et c'a été chez toi l'inverse des [autres] femmes dans tes prostitutions. On n'a pas couru après toi pour la prostitution. Alors que tu donnais un

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cadeau, un cadeau on ne t'en donnait pas. Tu as été l'inverse [des autres prostituées]. C'est pourquoi, prostituée (hébreu zônah, grec pornë), écoute la parole de YHWH. Ainsi il a parlé, adônaï YHWH. Parce qu'il a été versé, son airain [euphémisme] et parce qu'elle a été découverte, dévoilée (hébreu tiggaleh, grec apokaluphthèsetai), la honte de ta nudité dans tes prostitutions sur ceux qui t'ont aimée et sur toutes les boules [d'excréments] (hébreu gilloulim) de tes abominations et dans les sangs (hébreu demei, grec en tois aimasin, Jean 1, 13) de tes fils que tu leur as donnés. C'est la raison pour laquelle me voici, je vais rassembler tous ceux qui t'ont aimée, ceux avec qui tu t'es mélangée sur eux, et tous ceux que tu as aimés, avec en plus tous ceux que tu as haïs. Et je vais les rassembler sur toi de tous côtés et je vais découvrir (hébreu le verbe galah, grec apokalupsô) ta nudité pour eux et ils verront toute ta nudité. Et je te jugerai, jugements des femmes infidèles et qui versent du sang et je te donnerai [d'être] sang, fureur et jalousie... Le mâschâl, c'est-à-dire l'analogie, de la prostituée est repris en Ezéchiel 23. Ici il s'agit de deux prostituées : Samarie et Jérusalem. Il est évident et certain que Iohanan, autour de l'année 50 de notre ère, ne va pas changer, modifier, le système de signes qui était constant dans la longue tradition du prophétisme hébreu, depuis au moins le VIIIe siècle avant notre ère, depuis Osée et Isaïe. Il est donc évident et certain que la prostituée dont il parle (grec pornè, Apocalypse 17, 1) c'est Jérusalem, et ce n'est pas Rome. D'ailleurs, au premier siècle de notre ère, Rome ne pouvait en aucun cas mériter d'être appelée la prostituée pour une raison simple, c'est qu'elle n'a jamais été l'épousée, la chérie de YHWH, la kallah. Seule Jérusalem a été infidèle, parce seule elle a été épousée. Comme nous l'avons noté depuis le début, il n'est pas impossible que le substantif grec apokalupsis, — qui recouvre le substantif hébreu formé à partir du verbe galah —, signifie non seulement la révélation mais aussi la mise à nu de la prostituée, Jérusalem. Est-ce parce que le prophète Ezéchiel, au VIe siècle avant notre ère, a

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traité Jérusalem, la mère patrie, de putain — c'est la traduction exacte —, qu'autour de l'année 50 de notre ère, un certain nombre de docteurs ont voulu retirer le rouleau d'Ezéchiel du canon des Saintes Écritures ? Est-ce que l'application qu'a faite Iohanan le kôhen des prophéties d'Ezéchiel, autour de l'année 50 de notre ère, a joué un rôle dans cette affaire ? Apocalypse 17, 3 : Et il m'a conduit dans un désert, en esprit, et j'ai vu une femme assise sur une bête d'un rouge écarlate (grec kokkinon, hébreu tôlea. Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc. ; cf. p. 202 sq.), remplie de noms d'insulte [contre Dieu], à qui sont sept têtes et dix cornes. Et la femme était revêtue de pourpre (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc.) et de rouge écarlate. Et elle était recouverte avec de l'or et de pierre précieuse (hébreu eben iqarah, 2 Chroniques 3, 6) et des pierres précieuses (au pluriel, Exode 25, 7 ; 28, 9 ; 28, 12 ; 28, 15 ; etc.). A elle une coupe d'or dans sa main, remplie des abominations (grec bdelugma, n'existe pas en grec naturel, hébreu tôebah, pluriel tôebot, Genèse 43, 32 ; 46, 34 ; Exode 8, 22 ; etc. ; schiqqoutz, pluriel schiqqoutzim, Lévitique 7, 21 ; 11, 10 ; etc., cf. p. 33) et des impuretés (grec ta akatharta, hébreu tame, pluriel temeïm, Lévitique 5, 2, etc.) de ses prostitutions (grec porneia, hébreu tazenout, Ezéchiel 16, 15 ; etc.) Exode 25, 10 : Et ils feront un coffre, une caisse (hébreu arôn, grec kibôtos) en bois d'acacia... Tu la recouvriras d'or pur, de l'intérieur et de l'extérieur tu la recouvriras, et tu feras sur elle une bordure d'or tout autour. Tu fondras pour elle quatre anneaux d'or... Tu feras des barres en bois d'acacia et tu les recouvriras d'or... tu feras le couvercle du coffre (hébreu kappôret, grec hilastèrion) en or pur... Tu feras les deux keroubim (transcription en caractères grecs cheroubim) en or... Et tu feras une table en bois d'acacia... Et tu la recouvriras d'or pur et tu feras pour elle une bordure en or tout autour... Tu feras pour elle quatre anneaux d'or... Tu feras les barres en bois d'acacia et tu les recouvriras d'or... Tu feras aussi ses plats et ses écuelles, ses gobelets et ses tasses... Tu les feras en or pur...

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Tu feras aussi un candélabre d'or pur (hébreu menôrah, grec luchnia) en or pur... 2 Chroniques 3, 1 : Et il a commencé, Schelômôh, à bâtir la maison de YHWH... Et le vestibule (hébreu ha-oulam, transcription en caractères grecs ailam) qui était sur la face [du Temple]... il l'a recouvert de l'intérieur avec de l'or pur... Et la maison, la grande, il l'a revêtue de bois de cyprès et il l'a recouvert d'or bon... Il a recouvert la maison de pierre précieuse (hébreu eben iqarah, au singulier = Apocalypse 17, 4, traduction littérale). Il a recouvert la maison, les poutres... et les portes avec de l'or... Et il a fait la maison du Saint des Saints... et il l'a recouvert avec de l'or bon... six cents talents (hébreu kikkar, pluriel kikkarim)... Et les chambres hautes (hébreu ha-aliiôt, grec huperôon, Actes I, 13 ; etc.) il les a recouvertes d'or. Et il a fait, dans la maison du Saint des Saints, deux keroubim... et il les a recouverts d'or. Et il a fait le rideau (hébreu parôket, grec katapetasma) pourpre violette (hébreu tekelet, grec huakinthori) et pourpre rouge (hébreu argaman, grec porphura) cramoisi (hébreu karmil = tôlaat schani, grec kokkinos, et byssus, hébreu boutz, grec bussos). Ce texte (Apocalypse 17, 3-4) était parfaitement intelligible pour ceux et celles à qui il s'adressait, autour des années 50-52. Il contient toutes les indications qui désignent Jérusalem, le Temple de Jérusalem, le haut sacerdoce, les grands prêtres du Temple de Jérusalem. Il suffit au lecteur de regarder les textes que nous avons cités antérieurement, et qui donnent les couleurs des vêtements du grand prêtre, des rideaux, des tentures, etc. du Temple de Jérusalem (cf. pp. 202 à 206). Apocalypse 17, 5 : Et sur son front, un nom est gravé, secret (grec mustèrion, hébreu sôd) : Babel la grande, la mère des prostituées et des abominations du pays. Et j'ai vu la femme qui était soûle du sang des saints et du sang des témoins de Ieschoua... Ce qui est particulièrement terrible dans Apocalypse 17, 5 c'est que, nous nous en souvenons, sur le front du grand prêtre, un nom était gravé, Qodesch le- YHWH. Exode 28, 36 : Et tu feras une fleur en or pur (hébreu tzitz zahab

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tahôr, grec petalon) et tu graveras sur elle, gravures de sceau : Qodesch le-YHWH, consacré à YHWH. Et tu la poseras sur un cordon de pourpre violette (hébreu tekelet, grec huakinthos) et elle sera sur le turban, audevant de la face du turban elle sera. Et elle sera sur le front (hébreu metzah, grec metôpon) de Aharôn, et il portera, Aharôn, la faute (hébreu awôn, grec ta hamartèmata) des choses saintes, ou sacrées, qu'ils consacreront, les fils d'Israël ... Et elle sera sur son front (hébreu metzah, grec metôpon) perpétuellement (hébreu tamid, grec dia pantos) pour qu'ils soient agréables à la face de YHWH. Iohanan qui était probablement kôhen, qui a peut-être été kôhen hagadôl, ose dire qu'à la place de l'inscription sainte et sacrée qui se trouvait sur la lamelle d'or, sur le front du grand prêtre, il y a maintenant le nom de Babel, la mère des prostitutions, des prostituées, qui se soûle en buvant le sang des saints, c'est-à-dire des frères et des sœurs de la petite communauté chrétienne naissante. La prostituée de l'Apocalypse n'est sûrement pas la ville de Rome, parce que Rome n'a jamais été habillée, que je sache, avec les vêtements du grand prêtre du Temple de Jérusalem, et elle n'a pas non plus porté le tzitz ha-zahab sur son front. Les persécutions à mort contre les communautés chrétiennes de la part des empereurs romains ont commencé autour de l'année 64. Les persécutions à mort de la part des hautes autorités politiques et sacerdotales de Jérusalem ont commencé, d'après ce que nous dit Schaoul lui-même, qui a été persécuteur, dans les années 30, avec la mise à mort de Stephanos-la Couronne. La datation Apocalypse 17, 7 : Moi je vais te dire le secret (grec mus ter ion, hébreu sôd) de la femme et de la bête qui la porte, la bête à qui sont les sept têtes et les dix cornes... Iohanan de l'Apocalypse procède maintenant comme l'auteur inconnu

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de Daniel. Daniel 7, 16 : Je me suis approché de l'un d'entre ceux qui se tenaient debout et la certitude (araméen iatziba, hébreu iatzab, grec akribeia) je la lui ai demandée au sujet de toutes ces choses, et il m'a parlé, et l'explication des paroles il m'a fait connaître (araméen peschar, pischera ; grec, deux traductions : krisis et sug-krisis). Il ne faut pas traduire le grec mustèrion par le français « mystère ». Pourquoi donc ? Parce qu'en français, aujourd'hui, un mystère c'est ce à quoi l'on ne comprend rien et que l'on ne peut pas comprendre. L'hébreu sôd, l'araméen raz, razah, signifie tout au contraire le secret intelligible dont le sens, le contenu intelligible, est communiqué par le prophète. Amos 3, 7 : Car il ne fait pas, adônaï YHWH, une parole, qu'il n'ait révélé (hébreu galah, grec apokalupsë) son secret (hébreu sôd). Il est vraisemblable a priori que Iohanan va suivre le système d'explication et le système de correspondance, le code, déjà utilité par Daniel. Daniel 7, 17 : Ces bêtes énormes, qui sont quatre, [ce sont] quatre royaumes, ou empires, qui vont se lever de la terre... Daniel 7, 24 : Et les dix cornes de ce royaume, ou de cet empire, dix rois se lèveront et un autre se lèvera après eux... Ici l'auteur inconnu de Daniel parle de ce qu'il connaît, de ce qui est pour lui du passé et du présent. Rappelons que les dix rois de Daniel 7, 24 sont probablement les dix rois grecs issus de l'empire d'Alexandre le Grand. Le dernier est probablement Antiochus IV Épiphane. Iohanan de l'Apocalypse va continuer ce schéma et l'appliquer à ce qu'il connaît, à ce qu'il voit, à ce que ses contemporains connaissent et voient de leurs yeux. Ce n'est donc pas encore à proprement parler de la prophétie. C'est une lecture, une interprétation théologique du passé récent et du présent.

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Apocalypse 17, 8 : La bête que tu as vue, elle était et elle n'est pas, et elle va remonter de l'abîme (grec a-bussos, sans fond, hébreu tehôm, assyrien tiamtu, tiâmat, Genèse 1, 2 ; 7, 11 ; 8, 2 ; Deutéronome 8, 7 ; 33, 13 ; Psaumes 33, 7 ; 42, 8 ; etc.) et à la destruction (grec apôleia, hébreu abadôn, Apocalypse 9, 11) elle s'en va, et ils seront stupéfaits, ceux qui habitent dans le pays, ceux dont il n'est pas écrit, le nom, sur le livre de la vie, depuis la création du monde, lorsqu'ils verront la bête, parce qu'elle était, et elle n'est plus, et elle sera présente (grec par estai), elle est revenue (probablement l'hébreu bô, kal parfait ba, imparfait iabô, Nombres 22, 20 ; 1 Samuel 9, 6 ; 2 Samuel 5, 23 ; 13, 35 ; etc.), ou : elle va revenir... La prostituée, la femme revêtue des couleurs de la robe du grand prêtre et des couleurs du rideau du Temple, d'or et de pierres précieuses, c'est Jérusalem. La bête sur laquelle elle est assise, c'est probablement la dynastie judéenne des Hérodes. La bête, la dynastie des Hérodes, a été interrompue en 44 par la mort d'Hérode Agrippa I. Après la mort d'Agrippa I, l'empereur Claude a envoyé comme gouverneur de la Judée Cuspius Fadus. Après la mort de son oncle Hérode de Chalcis, Agrippa fils d'Agrippa est installé par l'empereur Claude comme roi sur le royaume de Chalcis. Cela se passait en 49. Rappelons-nous. Agrippa II, d'après les monnaies et les inscriptions, s'appelait luimême Marcus Julius Agrippa. Il a été, semble-t-il, élevé à Rome. Après la mort de son oncle Hérode de Chalcis, il obtient de l'empereur Claude autour de l'année 50, l'héritage du royaume de son oncle, avec le droit de nommer les grands prêtres. Nous retrouvons Agrippa II à Rome en 52. En 53, treizième année de l'empereur Claude, il obtient un territoire plus important, la tétrarchie de Philippe et la tétrarchie de Lysanias. Après la mort de l'empereur Claude, en 54, Néron lui accorde des morceaux de la Galilée et de la Pérée. La capitale de son nouveau royaume, Césarée de Philippe, Agrippa II l'appelle Néronias en l'honneur de Néron. Les monnaies que nous avons retrouvées portent les noms et des figures de l'empereur régnant : Néron, puis Vespasien, Titus et Domitien. Comme son père Agrippa I, il se fait appeler Basileus Megas Philokaisar kai

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Philoromaios : « Roi grand qui aime César et qui aime les Romains. » Lorsque la guerre entre les Judéens et les Romains commence, au printemps de l'année 66, Agrippa II est à Alexandrie, tandis que sa sœur Bérénice est à Jérusalem à cause d'un vœu. Pendant la guerre, Agrippa II combat aux côtés des Romains. C'est vraiment un roi collaborateur. Lorsqu'après la mort de Néron, 9 juin 68, Titus va à Rome pour présenter ses hommages à l'empereur Galba, Agrippa II l'accompagne. Le 15 janvier 69, assassinat de Galba. Titus retourne voir d'urgence son père Vespasien. Agrippa II reste à Rome. En 75, Agrippa II et sa sœur Bérénice sont à Rome. Après la mort de Vespasien, le 23 juin 79, Bérénice est de nouveau à Rome. De nombreuses monnaies au nom d'Agrippa attestent qu'il a été une sorte de roi jusqu'à la fin du règne de Domitien. Agrippa II est mort sans doute la troisième année du règne de Trajan, en 100. La bête qui était, qui n'est plus et qui va remonter de l'abîme, est probablement la dynastie des Hérodes. Nous sommes donc probablement entre la mort d'Hérode Agrippa I, en 44, et l'installation éphémère d'Agrippa II autour de l'année 50. En l'année 52, nous l'avons vu, Ionatan fils de Hanan est intervenu dans l'affaire des Galiléens et des Samaritains. Guerre II, 232 : Entre les Galiléens et les Samaritains, il y a eu un conflit. Un Galiléen a été assassiné dans un village de Samarie, alors qu'une foule de Judéens montaient à Jérusalem pour la fête. [On observe en passant que Joseph parle des Samaritains, des Galiléens et des Judéens exactement comme l'Évangile de Iohanan.] Les Galiléens viennent faire la guerre aux Samaritains. Les notables parmi les Galiléens viennent supplier Ventidius Cumanus [45-52] pour qu'il châtie les coupables du crime. Mais Cumanus renvoie les suppliants sans rien leur accorder. Lorsque l'affaire de cet assassinat est connue à Jérusalem, la foule qui était à Jérusalem abandonne la fête et se précipite en Samarie. Alors Cumanus prend avec lui une aile de cavalerie pour protéger les Samaritains. Quant au reste de la foule qui était partie pour faire la guerre aux Samaritains, les chefs de Jérusalem ont couru après eux, revêtus de sacs et la tête

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recouverte de cendre. Ils ont supplié les hommes de la foule de revenir et de ne pas provoquer la fureur des Romains contre Jérusalem avec ces représailles contre la Samarie, d'avoir pitié du pays de leurs pères, et du Temple de Jérusalem, de leurs enfants et de leurs femmes, qui étaient en danger de périr à cause de la mort d'un seul Galiléen. Pendant ce temps, les hautes autorités de Samarie se sont rendues à Tyr, auprès du gouverneur de la Syrie, Ummidius Quadratus, et ils lui ont demandé de faire justice des Judéens qui avaient ravagé la Samarie. Étaient présents aussi, à Tyr, auprès d'Ummidius Quadratus, le gouverneur de la Syrie, ceux qui étaient les plus connus parmi les Judéens et le grand prêtre Ionatan le fils de Hanan. Ils ont dit que c'étaient les Samaritains qui avaient commencé ces troubles par l'assassinat du Galiléen. Et ils ont ajouté que la cause de tout ce qui s'en était suivi, c'était Cumanus, puisqu'il n'avait pas voulu poursuivre les auteurs du meurtre. Alors Quadratus, le gouverneur de la Syrie, a renvoyé dos à dos les représentants des deux partis, les Samaritains et les Judéens. Il est retourné à Césarée et il a fait crucifier les Judéens que Cumanus avait fait prisonniers. Puis il est allé à Lydda. Il a entendu de nouveau les Samaritains. Il fait venir dix-huit Judéens qui avaient pris part à l'expédition punitive contre les Samaritains, et il les fait exécuter à la hache. Il envoie à Claude, deux Judéens parmi les plus puissants, et les grands prêtres Ionatan et Ananias [= Hanan-iah], et son fils Hanan, et certains autres Judéens bien connus. Et semblablement il envoie les plus illustres des Samaritains. Ensuite il ordonne à Cumanus et à Céleri ou Celer, le chef de mille soldats, de prendre le bateau et de faire voile vers Rome, pour rendre des comptes à l'empereur Claude au sujet de ce qui s'était passé. Luimême, Ummidius Quadratus, il est monté à Jérusalem. Il a vu que la foule faisait la fête des matzôt, sans provoquer de troubles. Alors il est retourné à Antioche.

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A Rome, Claude a entendu Cumanus et les Samaritains. Était présent aussi Agrippa II fils d'Hérode Agrippa I. Avec passion il a défendu la cause des Judéens, tandis que nombre de personnages puissants soutenaient Cumanus. L'empereur Claude a condamné les Samaritains, il a fait mettre à mort les plus importants d'entre eux, et il a fait exiler Cumanus. Quant à Celer, il l'a renvoyé à Jérusalem enchaîné, avec ordre de le livrer aux outrages des Judéens et, quand on l'aura traîné à travers la ville, de le faire décapiter... Et après ces événements, Claude a envoyé comme procurateur de la Judée, Félix, le frère de Pallas, de la Judée et de la Samarie, de la Galilée et de la Pérée... Nous sommes donc bien, probablement, en 52. Ionatan fils de Hanan était donc à Rome pour cette affaire, en 52. Il a eu l'occasion, à Rome, d'observer la situation politique. Il a pu compter, tout comme le fera son confrère Joseph ha-kôhen surnommé Flavius, les empereurs romains. Il a rencontré Hérode Agrippa II qui a défendu si vaillamment la cause des Judéens. C'est Ionatan qui a décidé l'empereur Claude à remplacer Cumanus par Félix, d'après ce que nous dit Joseph {Antiquités XX, 160, cf. p. 76-77). Joseph ne nous dit pas comment Ionatan fils de Hanan est retourné en Judée, où il sera assassiné vers 54 ou 55, sur ordre de Félix qu'il avait fait nommer en Judée. Peut-être Ionatan fils de Hanan est-il revenu en Judée en passant par Patmos et Éphèse, ce qui était un itinéraire possible, selon les saisons. Si Iohanan de l'Apocalypse est identique à Ionatan ben Hanan, alors on conçoit qu'il connaisse bien, qu'il connaisse avec précision, la situation historique et politique, les empereurs et les procurateurs romains, les rois judéens, et les kôhanim... de ces années-là. Dans ce cas, l'Apocalypse pourrait avoir été composée entre 52 et 54 ou 55. Ionatan ben Hanan n'a pas connu dix empereurs romains, comme Joseph ha-kôhen, parce qu'il a été assassiné en 54 ou 55, au début du règne de Néron. Il a connu les rois judéens, jusqu'à Hérode Agrippa II qu'il a rencontré à Rome. Il a connu les gouverneurs romains, jusqu'à Félix qui l'a

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fait assassiner. Il a connu les grands prêtres de ce temps-là, puisqu'il a été lui-même grand prêtre en 36-37, et qu'il a refusé de le redevenir lorsque Agrippa I le lui a proposé. Il est issu d'une illustre famille de grands prêtres ; son père Hanan et ses frères l'ont été. Il a donc connu tout le système, de haut en bas, depuis l'Empereur de Rome d'où provient l'origine du pouvoir, selon la philosophie païenne, jusqu'aux grands prêtres du Temple de Jérusalem qui sont nommés et destitués par les gouverneurs romains, qui sont eux-mêmes nommés par les empereurs, et par les rois judéens qui sont eux aussi nommés, désignés et destitués par les empereurs de Rome. Iohanan de l'Apocalypse connaît tout le système. Mais il le décrit en langage chiffré, codé, tout comme l'auteur inconnu du livre de Daniel, sans doute pour les mêmes raisons. Pour dire que Jérusalem est une putain, et tout le système, de haut en bas, une abomination, il valait peut-être mieux, dans ce temps-là et dans ce milieu ethnique, s'exprimer en langage chiffré. L'Évangile de Jean, nous l'avons observé, ne parle jamais des Hérodes. Pourquoi ? Est-ce qu'il existait, entre Iohanan et les rois judéens de la dynastie des Hérodes, des relations personnelles telles qu'il a préféré ne pas les nommer dans l'Évangile? Ou bien est-ce que lors de la traduction en grec du dossier, on a préféré éliminer la mention des rois judéens ? Apocalypse 17, 9 : Ainsi, ou ici, l'intelligence, celui à qui appartient la sagesse... Hébreu probable : le-ascher lô hôkmah. Traduction littérale du texte grec : ôde ho nous ho echôn sophian. Le grec ôde, adverbe de manière, peut signifier ainsi, ou tellement, ou adverbe de lieu, ici. Il traduit l'hébreu ba-zeh, ici, Genèse 38, 21 : Il n'y avait pas ici (ba-zeh, grec entautha) une prostituée (qedeschah, grec pornè). Genèse 38, 22 : Il n'y avait pas ici, hébreu ba-zeh, grec ôde, une qedeschah. Observons en passant que l'hébreu qedeschah signifie la prostituée, traduction grecque pornè. La racine hébraïque qadasch signifie être saint, sacré. La qedeschah était donc une prostituée consacrée à un culte païen. Le mot grec ôde peut aussi traduire l'hébreu hennah, ici, Genèse 15,

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16 ; etc. Pôh, ici, en cet endroit, Genèse 19, 12 ; etc. Kôh, ainsi, Genèse 22, 5 ; 31, 37 ; 2 Samuel 18, 20 ; 1 Rois 18, 45, etc. Il se pourrait donc que la bonne traduction d'Apocalypse 17, 9 soit : C'est ainsi, ou : c'est comme ça... Le mot grec nous, l'intelligence (Platon, Sophocle) traduit généralement l'hébreu leb, le cœur, organe de l'intelligence et non de l'affectivité, Exode 7, 23 ; Josué 14, 7 ; Job 7,17; Isaïe 10, 7 ; 10, 12 ; 41, 22. « Celui à qui la sagesse... » La construction de la phrase en grec est évidemment impossible. Il est vraisemblable qu'en hébreu il y avait : C'est ainsi, ou ici, l'intelligence pour celui à qui est la sagesse (l'hébreu n'a pas le verbe avoir, le-ascher lô hôkmah, Delitzsch. Matthieu 11, 15: Celui à qui sont des oreilles pour entendre, qu'il entende. Matthieu 13, 9 ; 13, 43 ; Marc 4, 9 ; 4, 23 ; Luc 8, 8 ; 14, 35 ; Apocalypse 2, 7 ; etc.) Apocalypse 17, 9 (suite): Les sept têtes ce sont sept montagnes, là où la femme est assise sur elles... (hébreu évident ; construction hébraïque classique : ascher ha-ischah iôschebet aleihem, Delitzsch). La femme revêtue de toutes les couleurs des tentures du Temple de Jérusalem et des couleurs des vêtements du grand prêtre, recouverte d'or et de pierres précieuses, comme le Temple de Jérusalem, c'est Jérusalem personnifiée, la prostituée. Elle domine sur toute la Judée. Isaïe 2, 1 : La parole qu'il a vue, Iescha-iahou, fils d'Amôtz, sur Iehoudah et Jérusalem. Et [ce] sera dans l'après des jours [= dans l'avenir] fermement établie, érigée, la montagne de la maison de YHWH [= le Temple] sur la tête des montagnes et élevée plus haut que les collines. Et elles viendront comme des fleuves vers elle, toutes les nations païennes. Et viendront des peuples nombreux et ils diront : « Allons et montons vers la montagne de YHWH, à la

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maison du Dieu de Iaaqôb. Et qu'il nous instruise de ses voies et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Tziôn sortira l'instruction (hébreu tôrah, grec nomos) et la parole de YHWH de Jérusalem... » [= Michée 4,1]. C'est ce Temple de Jérusalem que Iohanan traite de prostituée. Apocalypse 17, 9 (suite) : Et sept rois... En hébreu, dans ce cas-là, on fait l'économie du verbe être qui se lit dans la traduction grecque : eisin. Il n'y a donc pas lieu de s'appuyer sur le présent de l'indicatif du verbe grec. Hébreu possible : we-schibeah melakim hemmah, Delitzsch. On peut donc comprendre : ce [sont] sept rois. Ou bien : Et il y a sept rois. Ou encore : En tout, cela fait sept rois. Apocalypse 17, 10 : Les cinq sont tombés. L'un est (grec ho eis, hébreu ha-ehad), l'autre n'est pas encore venu, et lorsqu'il viendra, c'est peu [de temps] qu'il va rester... Le grec deï ne doit pas être traduit par : il faut, mais par : il va, construction hébraïque ; le verbe à l'infinitif précédé du lamed : Daniel 2, 28 ; 2, 29 ; 2, 45 ; 2 Samuel 4, 10 ; 2 Rois 4, 13 : Qu'est-ce qu'il y a à faire pour toi ? (hébreu : meh la-asôt lak, grec : ti deïpoièsai soi). Les rois judéens de la dynastie des Hérodes : 1. Hérode l'Ancien, dit le Grand, — 37 à — 4 2. Philippe, fils d'Hérode, - 4 à + 34 3. Hérode Antipas, — 4 à + 39 4. Archelaùs, frère d'Antipas, ethnarque, appelé basileus (Matthieu 2, 22 et Antiquités XVIII, 4, 3) de - 4 à + 6. Sur une plainte déposée par une délégation des aristocraties judéenne et samaritaine, auprès d'Auguste, celui-ci rappelle Hérode Archelaùs à Rome et l'expédie à Vienne en Gaule en l'année 6 de notre ère. Le domaine d'Archelaùs est placé sous l'autorité immédiate de Rome, sans

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intermédiaire, annexe de la province de Syrie. 5. Agrippa I, né en 10 avant notre ère, mort en 44, petit-fils d'Hérode, fils d'Aristobule assassiné en — 7 sur ordre d'Hérode dit le Grand, son propre père. Il est expédié à Rome à l'âge de 16 ans, peu avant la mort de son grand-père. A la mort de l'empereur Tibère (16 mars 37), le nouvel empereur Caligula donne à Hérode Agrippa I la tétrarchie de Philippe et celle de Lysanias, avec le titre de roi. En l'année 40 l'empereur Caligula remet à Agrippa I la tétrarchie d'Hérode Antipas. Agrippa I est présent à Rome lorsque l'empereur Caligula est assassiné le 24 janvier 41. Claude, le nouvel empereur, lui donne la Judée et la Samarie, en sorte que Agrippa I règne maintenant sur un royaume aussi grand que celui de son grand-père, Hérode dit le Grand. Il se fait appeler Basileus Megas Philokaisar Eusèbes kai Philoro-maios, « Roi grand, qui aime César, pieux, et qui aime les Romains ». Après trois ans de règne, entre 41 et 44, il meurt en 44 à Césarée (Actes 12, 19 ; Antiquités XIX, 8, 2). 6. Hérode roi de Chalcis, de 41 à 48. 7. Hérode Agrippa II. Il est roi, mais n'est pas encore venu à Jérusalem, lorsque Iohanan écrit cette page. 8. Hérode Philippe, qui est appelé aussi Philippe seulement, fils d'Hérode l'Ancien et de Mariam, la fille du grand prêtre Schimeôn. Il n'a pas de part dans l'héritage d'Hérode l'Ancien. Nous ne savons pas si Iohanan le compte dans la liste ou non. Cela semble peu probable puisque de fait il n'a pas régné. Apocalypse 17, 11 : Et la bête qui était et qui n'est pas et (grec kai, hébreu we) elle-même, c'est elle-même qui est huitième (le grec autos traduit probablement l'hébreu hou), et elle est issue (grec ek, hébreu min) des sept, et à la destruction (grec apôleia, hébreu leabaddôn) elle s'en va... On peut aussi comprendre : elle est faite de, elle est constituée par... La bête est probablement la dynastie judéenne des Hérodes. Entre la mort d'Agrippa I, en 44, et la venue d'Agrippa II, il y a une pause, ou une syncope. Mais la bête, à savoir la royauté judéenne des Hérodes, est en fait

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toujours présente et agissante, même en l'absence du roi Agrippa II. Apocalypse 17, 12 : Et les dix cornes que tu as vues, ce sont dix rois qui n'ont pas reçu la royauté, jusqu'à maintenant, mais la domination (grec exousian, hébreu mimeschal, Daniel 11, 3 ; 11, 5 ; ou memes-chalah ; ou schaltan, Daniel 3, 33 ; etc.), comme des rois, une seule heure ils l'ont reçue avec la bête... Le grec basileus qui signifie le roi, le chef, le souverain, traduit plusieurs mots hébreux, melek, le roi, le plus souvent (Genèse 14, 1 ; etc.) ; mais aussi nadib, prince, chef (Nombres 21, 18 ; Proverbes 19, 6) ; nasi, prince ; sar, celui qui commande, le chef, etc. Le grec oupô traduit la négation lô en hébreu, avec une précision : Genèse 15, 16 : Et la génération quatrième reviendra ici, car il n'a pas atteint sa plénitude, le crime de l'Amorrhéen jusqu'à maintenant (hébreu ad hennah, grec heôs tou nun). Genèse 29, 7 : Voici le jour [est] encore grand, ce n'est pas le temps de rassembler le troupeau (hébreu négation lô, grec oupô). Qôhelet = Ecclésiaste 4, 3 : Et [c'est] bon plus que pour ces deux-là, pour celui qui jusqu'à présent n'a pas existé (grec oupô). Isaïe 7, 17 : Il fera venir, YHWH, sur toi et sur ton peuple et sur la maison de ton père des jours qui ne sont pas venus depuis le jour où il s'est écarté, Ephraïm, de Iehoudah... (grec oupô). Il est donc possible et même vraisemblable que les dix cornes dont parle en langage chiffré Iohanan, suivant le système de Daniel, ce sont les dix gouverneurs romains qu'il a connus. Procurateurs romains (Schùrer, Geschichte des Jùdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi, I, 487) : 1. Coponius, 6-9. 2. Marcus Ambibulus 9-12. 3. Annius Rufus, 12-15. 4. Valerius Gratus, 15-26. 5. Pontius Pilatus, 26-36.

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6. Marcellus, 36-37. 7. Marullus, 37-41. (après la mort d'Agrippa I ; Schùrer, I, 565) : 8. Cuspius Fadus, 44-?, envoyé par Claude, empereur. 9. Tiberius Alexander, ?-48. 10. Ventidius Cumanus, 48-52. 11. Félix, 52-60. 12. Porcius Festus, 60-62 envoyé par Néron. 13. Albinus, 62-64. 14. Gessius Florus, 64-66. Ionatan ben Hanan a bien entendu connu aussi le procurateur Félix (52-60) puisque c'est lui, Ionatan ben Hanan, qui a obtenu de l'empereur Claude qu'il soit expédié en Judée pour remplacer Ventidius Cumanus, en 52, et c'est Félix qui a fait assassiner Ionatan, au début du règne de Néron (cf. p. 78). Nous ne savons pas exactement comment Iohanan de l'Apocalypse faisait son compte des gouverneurs romains, de même que nous ne savons pas exactement comment il faisait le compte des rois judéens. Nous avons observé que les historiens modernes ne sont pas toujours d'accord avec l'historien Joseph lorsque celui-ci fait le compte des années, des mois et des jours des règnes des empereurs romains. Ce qui est certain, c'est que dans cette page (Apocalypse 17, 7) Iohanan se situe lui-même exactement dans l'histoire récente telle qu'il la connaît. Il indique où il est, ce qui est passé et présent pour lui, et ce qui est à venir. Quant à nous, nous tâtonnons pour le retrouver. Ses renseignements n'étaient pas les nôtres, et réciproquement. Ceux à qui il écrivait comprenaient. C'est pour eux qu'il indique sa place exacte dans l'histoire contemporaine, le moment où il écrit sa prophétie. Lorsqu'on écrit une prophétie, il faut dire où on est, à quel moment on se situe, pour bien marquer le point à partir duquel commence la prophétie. Apocalypse 17, 13 : Et à ceux-ci [= les cornes qui sont comme des rois ou presque des rois], il est une intention, une pensée, une

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volonté, une décision unique (grec gnômè, hébreu et araméen taam, Esdras 4, 19 ; 4, 21 ; 5, 3 ; 6, 1 ; etc.) [= celle de l'Empereur de Rome]. Et leur puissance, leur armée (grec dunamis, hébreu tzaba, Genèse 21, 22 ; etc. ; Exode 6, 26 ; etc.) et leur domination (grec exousia, hébreu mimeschal, ou memeschalah, ou schaltan, araméen), à la bête [= la dynastie judéenne des Hérodes] ils l'ont donnée... Ici, de nouveau, Iohanan procède comme l'auteur inconnu de Daniel. Il propose un rébus, ou, mieux, une énigme, qui était un jeu d'enfants pour les contemporains à qui l'Apocalypse s'adressait. Les armées romaines soutiennent la dynastie judéenne des Hérodes, et réciproquement. Apocalypse 17, 14 : Ceux-ci [= les cornes] avec l'agneau26 ils feront la guerre et, c'est l'agneau qui les vaincra, parce qu'il est le seigneur des seigneurs et le roi des rois, et ceux qui [sont] avec lui appelés et élus et qui sont certains dans la vérité,... ou de la vérité desquels on peut être certain (grec pistoi, hébreu ha-neemanim). Daniel 7, 21 : Et cette corne faisait la guerre avec (hébreu et araméen im, grec meta) les saints et elle l'emportait sur eux... Nous nous souvenons que dans le livre de Daniel, ce qui était à proprement parler prophétique, ce n'était évidemment pas la description symbolique et chiffrée du passé récent et du présent. Ce qui était prophétique c'est l'idée que les empires passent ; ils se succèdent les uns aux autres, ils se remplacent les uns les autres. Ils prétendent être éternels ou durer mille ans, et ils s'effondrent au bout de dix ans ou de soixante-dix ans. Ce qui subsiste, ce qui subsistera dans l'histoire humaine, c'est le règne ou le royaume de Dieu, l'humanité nouvelle et sainte, informée par la pensée créatrice de Dieu. Ce n'était pas évident au IIe siècle avant notre ère. C'était une vision du monde, une vision de l'histoire, une philosophie de la
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L'agneau, grec arnion, jeune agneau, traduit l'hébreu kebes, Jérémie 11, 19. Il est utilisé constamment par le traducteur de l'Apocalypse, 5, 6 ; etc., 6, 1 ; etc. ; une fois par le traducteur de l'Évangile de Jean, 21, 15. Le grec amnos traduit aussi l'hébreu kebes, Exode 12, 5 ; 29, 38 ; etc., Lévi-tique 9, 3 ; etc., Nombres 6, 12 ; etc., Jean 1, 29 ; 1, 36 ; Actes 8, 32 = Isaïe53, 7; 1 Pierre 1, 19.

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Création. Lorsque Iohanan écrit ces pages qui constituent l'Apocalypse, le règne de Dieu est inauguré en germe, grâce à celui qui est le Germe (hébreu tzemah). Ce Germe s'est développé déjà. C'est un organisme tout jeune. C'est la petite communauté. Elle est persécutée à mort par les hautes autorités politiques et par le haut sacerdoce de Jérusalem. Elle est persécutée par les gouverneurs romains. Bientôt elle sera persécutée à mort par les empereurs romains. Ce que Iohanan enseigne ici aux frères et aux sœurs des communautés chrétiennes, c'est que l'agneau sera vainqueur. C'est une prophétie, parce que dans ces années-là ce n'était pas évident. Apocalypse 17, 15 : Les eaux que tu as vues, là où la prostituée est assise, ce sont des peuples et des multitudes et des nations et des langues. Et les dix cornes que tu as vues et la bête, ce sont elles qui haïront la prostituée, et une dévastation (le verbe hébreu schamem ; schemamah, la dévastation) elles en feront, et nue [elles la mettront], et ses chairs elles mangeront et elles la brûleront dans le feu... Expression hébraïque classique : saraph ba-esch, Lévitique 6, 23 ; 7, 17 ; etc. Deutéronome 9, 21 ; etc., Josué 7, 15 ; Psaume 46, 10 ; Jérémie 19, 5. Jérémie 21, 10 : Parce que je disposerai ma face contre cette Ville [= Jérusalem] pour le malheur et non pour le bonheur, oracle de YHWH. Dans la main du roi de Babel elle sera donnée et il la brûlera dans le feu... Jérémie 34, 20 : Et je les ai donnés (hébreu natati, grec dôsô, futur, je donnerai) dans la main de leurs ennemis et dans la main de ceux qui recherchent leurs âmes. Et il sera, leur cadavre, pour nourriture pour l'oiseau des cieux et pour la bête de la terre... Me voici qui donne un ordre, oracle de YHWH, et je vais les faire retourner [les = le roi de Babel et son armée] contre cette Ville-ci [= Jérusalem] et

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ils feront la guerre contre elle et ils s'en empareront et ils la brûleront dans le feu (hébreu wou-seraphouha ba-esch, grec kai katakausin autèn enpuri = Apocalypse 17, 16). Et les villes de Iehoudah [= de la Judée] je [leur] donnerai [d'être] dévastation (hébreu schemamah, grec erèmous), en sorte qu'il n'y ait plus d'habitant... En somme Iohanam, autour de l'année 50 de notre ère, dit la même chose que Jérémie lors du second siège de Jérusalem par l'armée de Nabuchodonosor, 587-586 avant notre ère : Jérémie 34, 2 : Voici que moi je donne cette Ville-ci [= Jérusalem] dans la main du roi de Babel et il la brûlera dans le feu (hébreu wou-seraphah ba-esch)... Ezéchiel 16, 35 : C'est pourquoi, prostituée, écoute la parole de YHWH : Parce qu'il a été répandu ton airain [euphémisme], et parce qu'elle a été découverte (hébreu le verbe galah, grec le verbe apokaluptô) ta nudité dans tes prostitutions sur tes amants... C'est pourquoi me voici qui rassemble tous tes amants... Je vais les rassembler sur toi des alentours et je vais découvrir ta nudité pour eux et ils verront toute ta nudité. Et je te jugerai du jugement des femmes infidèles et qui versent du sang, et je te donnerai [d'être] sang, fureur et jalousie. Et je te donnerai dans leurs mains... Et ils te dépouilleront de tes vêtements et ils prendront les objets de ta splendeur [tout ce qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem] et ils te laisseront nue et dans ta honte... Et ils feront monter sur toi une assemblée (hébreu qahal, grec ochlous), et ils te frapperont avec de la pierre (hébreu be-eben, singulier collectif) et ils te perceront avec leurs épées. Et ils brûleront tes maisons dans le feu (hébreu we-sare-phou bataik be-esch, grec emprèsousin puri)... Iohanan annonce donc, autour des années 50-52, que finalement la bête (= l'empire romain) et les cornes de la bête (= les gouverneurs romains) vont haïr la prostituée (= Jérusalem), et qu'ils vont la dévaster et

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la brûler par le feu, malgré la collaboration servile des rois judéens de la dynastie des Hérodes. Iohanan dit la même chose que Jérémie et Ezéchiel, plusieurs siècles plus tard. Il applique les prophéties de Jérémie et d'Ezéchiel au donné présent. C'est la même philosophie politique que celle des anciens prophètes hébreux, depuis Amos et Isaïe. Apocalypse 17, 17 : Car c'est Dieu qui a donné dans leurs cœurs (vieille expression hébraïque, natan be-leb, Néhémie 2, 12 ; 7, 5) de faire son dessein, sa pensée, sa volonté, sa décision (grec gnômè, hébreu et araméen taam, Esdras 4, 19 ; etc.), et de faire une unique décision et de donner leur royauté, ou leur règne, ou leur royaume, à la bête [l'empereur romain ou l'empire de Rome] jusqu'à ce qu'elles soient accomplies, réalisées, exécutées (grec le verbe telein, hébreu kalah, Daniel 12, 7 ; Esdras 1, 1 ; 2 Chroniques 36, 22) les paroles de Dieu. Et la femme que tu as vue, c'est elle la Ville, la grande, à qui appartient la royauté, ou le règne, sur les rois du pays. «Sortez, mon peuple, du milieu d'elle... » Apocalypse 18, 2: Elle est tombée, elle est tombée, Babel la grande... (hébreu : naphelah, naphelah babel... Isaïe 21, 9). Les savants critiques nous disent que cet oracle recopié dans le grand rouleau d'Isaïe pourrait bien dater du temps de l'exil du peuple judéen à Babylone, VIe siècle avant notre ère, à partir de 586 avant notre ère, et avant la prise de Babylone par Cyrus, 538 ou 539 avant notre ère. Jérémie 51,1: Ainsi a parlé YHWH : Me voici qui suscite contre Babel et contre les habitants de Leb Qamai, un souffle, ou un esprit (hébreu ruah) de destruction... Les deux mots Leb Qamai sont une écriture ésotérique pour désigner

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les Kasdim, les Chaldéens. Il suffit de prendre la première lettre de l'alphabet hébreu, et de la remplacer par la dernière ; la deuxième lettre de l'alphabet hébreu, et de la remplacer par l'avant-dernière, et ainsi de suite. Nous avons déjà observé ce système d'écriture chiffrée dans Jérémie 25, 26 : Et le roi de Scheschak boira après eux... Même procédé : il faut lire le roi de Babel (cf. p. 334). Jérémie 51,8: Tout d'un coup elle est tombée, Babel (hébreu naphelah babeî). Les critiques ne sont pas d'accord entre eux en ce qui concerne la date de cet oracle et son auteur. Iohanan reprend de nouveau ces oracles que nous lisons aujourd'hui dans le rouleau des oracles du prophète Isaïe, et dans le rouleau de Jérémie, et il les applique à Jérusalem. Nous avons observé déjà que ces oracles d'auteurs inconnus et de date incertaine n'avaient pas été accomplis, ou, pour parler comme les anciens Hébreux, remplis. Lorsque Cyrus a pris Babylone, il ne l'a pas détruite. Ces anciens oracles étaient donc vacants, sans emploi dans le passé. Iohanan les applique au présent et au futur prochain. Babylone, dans ce texte chiffré, ne peut pas désigner la ville de Rome pour une raison simple. Supposons un instant avec la majorité des critiques que l'Apocalypse ait été composée et diffusée vers la fin du règne de Domitien, autour de l'année 96. Les chrétiens de ce temps-là n'étaient pas plus sots que ceux d'aujourd'hui. Jean, dans l'Apocalypse, annonce depuis le début que le temps est proche, que c'est imminent, qu'il n'y aura plus de délai. Or la ville de Rome n'a pas été détruite au début du IIe siècle ni plus tard. La communauté chrétienne de Rome ne s'est pas enfuie comme un seul homme, ou plutôt comme une seule femme, comme le lui commande Apocalypse 18, 4. Par conséquent, très vite les chrétiens de ce temps-là auraient constaté que les prophéties de l'Apocalypse contre la ville de Rome ne se réalisent pas. C'est donc une fausse prophétie. Si c'est une fausse prophétie, on n'en tient plus compte. On ne recopie pas l'Apocalypse dans les communautés chrétiennes. Et donc nous n'aurions

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plus à cette heure de manuscrit de l'Apocalypse. Nous ne saurions même pas qu'elle a existé. Lorsque, aux IIe et IIIe siècles, l'Apocalypse a été attaquée pour des raisons diverses, personne n'a mis en avant cet argument qui aurait été décisif : l'Apocalypse annonce la destruction intégrale, subite, totale et imminente de la ville de Rome. Or Rome n'a pas été détruite. Donc l'Apocalypse est une fausse prophétie ! La ville de Jérusalem a été détruite totalement aux mois d'août et septembre de l'année 70, et quelques années auparavant la petite communauté chrétienne de Jérusalem s'est enfuie, comme le lui avait commandé Apocalypse 18,4. Il en résulte que lorsque Schimeôn, surnommé Keipha le Rocher par son maître, écrit la première lettre aux frères et aux sœurs de la Diaspora du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie (première lettre 5, 13): «Elle vous salue (grec aspazetai, hébreu schaal leschalôm, Exode 18, 7 ; Juges 18, 15) la communauté qui est à Babel, et Marcus mon fils (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque) », Babel désigne évidemment Jérusalem et non pas Rome, parce que dans le milieu ethnique que constitue la plus ancienne communauté chrétienne, on ne change pas le code. La capitale de la persécution, ce n'est pas encore Rome. C'est Jérusalem. Apocalypse 18, 4: Sortez, mon peuple, hors d'elle, afin que vous ne soyez pas attachés à ses crimes (hébreu probable le verbe haber) et que des coups qu'elle va recevoir, vous ne receviez pas... Jérémie 50, 8 : Fuyez du milieu de Babel et du pays des Chaldéens, sortez, et soyez comme des boucs devant la face du troupeau... Jérémie 51,6: Fuyez du milieu de Babel et sauvez chacun son âme. Ne périssez pas dans son crime.. Une coupe d'or, Babel, dans la main de YHWH, elle soûlait toute la terre. De son vin elles ont bu, les nations païennes ; c'est pourquoi elles sont devenues folles, les nations... Tout d'un coup elle est tombée, Babel, et elle s'est brisée... Isaïe 48, 20 : Sortez de Babel, fuyez loin des Chaldéens...

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Oracle qui précède peut-être de peu la prise de Babylone par Cyrus, en 539 avant notre ère. Iohanan adresse autour de l'année 50 de notre ère à la petite communauté chrétienne qui est à Jérusalem, la prophétie, l'oracle du VIe siècle avant notre ère adressé à la communauté judéenne déportée à Babylone, oracle que l'on peut lire maintenant parmi les prophéties d'Isaïe et de Jérémie. Et le fait est que la petite communauté judéenne et chrétienne qui se trouvait alors à Jérusalem s'est enfuie. Nous le savons par plusieurs documents. Eusèbe de Césarée, Histoire de l'Église III, 5, 3 : Le peuple de la communauté [chrétienne] qui se trouvait à Jérusalem, par un oracle (grec chrèsmos) qui avait été donné à ceux qui, dans cette communauté même, étaient considérés, par l'intermédiaire d'une révélation (grec di'apokalupseôs) — le peuple de la communauté chrétienne qui se trouvait à Jérusalem a été poussé, avant la guerre, à s'en aller de la Ville et aller habiter une ville de la Pérée. Grec peraias ; - peraios, ce qui est situé au-delà, hébreu be-eber, Genèse 50, 10 : be-eber ha-iarden, de l'autre côté du Jourdain, grec peran tou lordanou ; Deutéronome 1 , 1 : be-eber ha-iarden, grec peran tou Iordanou, etc. Jean 1, 28 : Cela, c'est à Beit-Ananiah que cela a été fait, de l'autre côté du Jourdain (grec peran tou lordanou) là où il était, Iohanan, en train de plonger les pénitents dans les eaux... Ils appellent cette ville Pella. C'est dans cette ville que ceux qui ont été certains de la vérité dans celui qui a reçu l'onction (grec christon), partant de Jérusalem, ont émigré en sorte que les hommes saints l'ont complètement abandonnée, elle, la Ville royale des Judéens et tout le pays de la Judée... Épiphane de Salamine, né vers 315, mort vers 403, écrit dans Adversus haereses, rédigé entre 374 et 377 (haer. 30, PG 46, 408) :

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Après la prise de Jérusalem... Tous ceux qui avaient été certains de la vérité dans le Christ, ils habitaient la Pérée dans ce temps-là, pour la plupart, dans une ville appelée Pella, de la Décapole dont il est fait mention par écrit dans l'Évangile [Matthieu 4, 25 ; Marc 5, 20 ; 7, 21], près de la Batanée... Épiphane de Salamine, De mensuris et ponderibus (171, 15;PG43, 261): Car ils [= les chrétiens] étaient revenus de la ville de Pella à Jérusalem, et ils enseignaient. Car lorsqu'elle, la Ville [= Jérusalem] allait être prise par les Romains, ils ont été avertis à l'avance par un oracle, par un messager, tous les disciples, de s'en aller de la Ville, parce qu'elle allait être détruite de fond en comble. Et alors les disciples ont émigré et ils ont habité dans une ville appelée Pella, qui fait partie de la Décapole. Après la dévastation ils sont retournés à Jérusalem... La petite communauté chrétienne qui était à Rome, à la fin du Ier siècle et au début du IIe, ne s'est pas enfuie de Rome. Évidemment, si l'Apocalypse commande à la petite communauté judéenne et chrétienne de Jérusalem de s'enfuir de Jérusalem avant la catastrophe, ce qui est le cas (Apocalypse 18, 4), et si la petite communauté judéenne et chrétienne de Jérusalem s'est de fait enfuie de Jérusalem avant le commencement de la guerre, donc avant l'année 66, c'est que l'Apocalypse n'a pas été écrite vers la fin du règne de Domitien, en 95 ou 96. D'ailleurs, le même Épiphane écrit {Adversus haereses, 51, 33, PG 41, 949) que Jean = Iohanan a prophétisé au temps de Claude empereur (41-54), lorsqu'il a été dans l'île de Patmos. Il a écrit une prophétie qu'il a adressée à ceux qui étaient dans le Christ... {Ibid., PG 41, 909, 12): Après son retour de nie de Patmos, qui a eu lieu sous le règne de Claude César... Épiphane ne dit pas que Iohanam a été déporté dans nie de Patmos. Il dit que Iohanam y a été (le verbe grec huparchô). Joseph lui aussi, et bien avant Épiphane, rapporte qu'un bon nombre

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de Judéens se sont enfuis de Jérusalem. Il ne dit pas que ce sont des chrétiens, et cela se comprend. Guerre II, 556 : Et après le désastre subi par Cestius, ils ont été nombreux parmi les Judéens les plus en vue, ceux qui se sont enfuis de la Ville [= Jérusalem] comme d'un navire en train de couler (octobre-novembre 66)... Iohanam nous dit que la destruction de la Ville sera brutale, brusque, et que la Ville sera incendiée : Apocalypse 18, 8 : C'est dans un jour unique qu'ils viendront les coups [qui vont la frapper], la mort et le deuil et la famine, et c'est dans le feu qu'elle sera brûlée, parce que puissant [il est] YHWH Dieu des armées qui l'a jugée... Dans le texte grec, nous avons kurios, sans l'article, qui est la traduction constante, dans la traduction grecque de la sainte Bibliothèque hébraïque, du saint tétragramme YHWH, que l'on ne prononçait pas : on lisait adônaï, sans l'article, et donc les traducteurs en langue grecque ont traduit kurios sans article. Plusieurs manuscrits portent kurios ho theos ho pantokratôr. Le grec pantokratôr traduit constamment l'hébreu ha-tzebaôt : des armées. Osée 12, 6 : YHWH elohei ha-tzebaôt, grec ho de kurios ho theos ho pantokratôr ; Amos 3, 13 : Oracle de adônaï YHWH, dieu des armées, hébreu neoum adônaï YHWH elohei ha-tzebaôt, grec legei kurios ho theos ho pantokratôr... Amos 4, 13 ; 5, 14 ; etc. Nous avons donc ici une indication de plus que l'Apocalypse est bien évidemment traduite de l'hébreu. Apocalypse 18, 10 : Hoï hoï la ville la grande (hébreu ha-ir hagedôlah, — l'adjectif suit le substantif), Babel la ville la puissante, parce que dans une heure unique il est venu ton jugement... La destruction annoncée de la Ville sera donc brutale et rapide dans le temps, brusque et quasi instantanée. Ce qui n'a pas été le cas pour la ville

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de Rome jusqu'à présent, ce qui a été le cas de Jérusalem aux mois d'août et septembre de l'année 70. Apocalypse 18, 9 : Et ils pleureront et ils feront une lamentation funèbre sur elle, les rois du pays, ceux qui avec elle se sont prostitués... lorsqu'ils verront la fumée de son incendie. A distance (grec apo makro-then, hébreu me-rahôq) ils se tiendront à cause de la peur de son tourment, et ils diront : « Hoï hoï la ville la grande, Babel, la ville la puissante, parce qu'en une seule heure il est venu ton jugement. » Et les marchands du pays pleureront et ils feront le deuil sur elle, parce que leur cargaison, personne ne l'achètera plus, cargaison d'or et d'argent et d'or fin (grec lithos timios, hébreu paz, Psaumes 19, 11 ; 2, 4) et de perles, et de lin et de pourpre (grec porphura, hébreu argaman), et de soie et de rouge écarlate (grec kokkinos, hébreu tôleah), et tout bois de senteur, et tout ustensile d'ivoire et tout ustensile fait avec le bois le plus précieux, avec de l'airain et avec du fer, et avec du marbre ; et de la cannelle et des aromates, et des parfums et de la myrrhe, et de l'encens et du vin, et de l'huile et de la fleur de farine, etc. Tout ce qui est nécessaire pour le culte dans le Temple de Jérusalem... Pour ceux qui s'étonneraient de cette énumération, souvenons-nous de ce qu'écrivait Hérode Agrippa I à Caius Caligula, lors de l'affaire de la statue, en l'année 40, lettre citée par Philon d'Alexandrie. Legatio ad Caium, § 281 : Au sujet de la Ville sacrée... Cette Ville... est le lieu de ma naissance. Elle est la Ville mère non seulement de la seule Judée mais aussi de la plupart des autres à cause des colonies qu'elle a envoyées dans les temps [anciens] dans les pays proches, l'Egypte, la Phénicie, la Syrie et puis l'autre Syrie, celle qui est appelée la profonde ; et puis dans les régions plus lointaines, la Pamphylie, la Cilicie, une grande partie de l'Asie [mineure] jusqu'à la Bithynie, et jusqu'aux parties les plus reculées du Pont ; et de la même manière, en Europe, la Thessalie, la Boétie, la Macédoine, l'Êtolie, l'Attique, Argos, Corinthe, la plupart et les

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meilleures régions du Péloponnèse. Et ce ne sont pas seulement les continents qui sont remplis des colonies judéennes, mais aussi parmi les îles les plus renommées, l'Eubée, Chypre, la Crète. Et je tairai celles qui sont au-delà de l'Euphrate... Toutes ces colonies judéennes de la Diaspora, ce sont celles que vont visiter Schaoul-Paulus et ses compagnons dans les voyages qu'ils effectuent à partir de l'année 44 sans doute. Les communautés judéennes de la Diaspora étaient préparées pour recevoir l'information nouvelle qui venait de Jérusalem. Il n'était pas nécessaire de leur enseigner le monothéisme, comme aux païens, puisqu'elles étaient monothéistes. C'est une information nouvelle qui s'ajoute au monothéisme hébreu ancien : un phénomène de fécondation. Apocalypse 18, 16 : Hoï hoï la Ville la grande, celle qui est revêtue de lin fin (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc.), de pourpre (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc.), de rouge écarlate (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc.) et recouverte d'or (Exode 25, 10 : Et ils feront une caisse, un coffre en bois d'acacia... Et tu la recouvriras d'or pur...), et de pierre précieuse (Exode 28, 9 ; etc. ; 35, 27 ; etc. ; Ezéchiel 28, 13 ; etc. hébreu eben ieqarah), et de perles (peut-être hébreu peninim) parce que dans une seule heure elle a été dévastée, une telle richesse... On a reconnu le tissu, les couleurs précises des vêtements des grands prêtres et du rideau du Temple, l'or et les pierres précieuses des revêtements du Temple et des habits des grands prêtres, etc. (cf. p. 202 sq.) Apocalypse 18, 21 : Et il a soulevé, un unique messager puissant, une pierre grande comme une meule de moulin et il l'a jetée dans la mer en disant : « C'est comme ça, d'un [seul] coup, qu'elle sera jetée, Babel la grande ville, et elle ne sera plus trouvée... » Jérémie 51, 41 : Comment a-t-elle été prise, Scheschak [= Babel, cf. p. 334] et comment a-t-elle été saisie, la gloire de toute la terre?

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Comment a-t-elle été une dévastation, Babel, parmi les nations ? Elle est montée, contre Babel, la mer... Elles ont été, ses villes, une dévastation, un pays de sécheresse et de steppe, un pays où n'habite pas, en lui, tout homme [= où aucun homme n'habite ; l'hébreu n'a pas notre mot aucun] et où ne passe pas en lui un fils d'homme (hébreu ben adam)... C'est en passant par l'Euphrate que Cyrus est entré dans Babel. Jérémie 51, 44 : Et je vais visiter Bel [Bel-Mardouk, le dieu de Babylone] dans Babel et je ferai sortir ce qu'il a avalé de sa bouche... [L'histoire de Jonas avalé par le poisson et recraché.] Sortez du milieu d'elle, mon peuple, et sauvez, chacun, son âme, loin de l'ardeur de la colère de YHWH... Jérémie 51, 60 : Et il a écrit, Jérémie, tout le malheur qui va venir sur Babel dans un rouleau unique (hébreu el sepher ehad), toutes ces paroles écrites contre Babel. Et il a dit, Jérémie, à Seraiah : « Lorsque tu arriveras à Babel [en 594 avant notre ère], et alors (hébreu we, grec kai) tu verras et tu crieras toutes ces paroles. Et tu diras : YHWH, c'est toi qui as dit au sujet de ce lieu, de le supprimer en sorte qu'il n'y ait plus en lui d'habitant, depuis l'homme (hébreu le-me-adam) et jusqu'au bétail (hébreu we-ad behemah), car des dévastations (hébreu schemamah, au pluriel) de la durée indéfinie (hébreu ôlam), il sera. Et il arrivera que, lorsque tu auras fini de lire tout haut, en criant, ce rouleau, tu attacheras sur lui une pierre, et tu le jetteras au milieu de l'Euphrate. Et tu diras : C'est comme ça qu'elle sera engloutie, Babel, et elle ne se relèvera plus, à cause du malheur que moi je vais faire venir sur elle... » Ces oracles que nous lisons dans le rouleau de Jérémie datent probablement des temps qui précèdent la conquête de Babylone par Cyrus (539 avant notre ère). L'auteur inconnu de ces oracles dissimule le nom de Babel en utilisant un système ésotérique, peut-être parce qu'il habite à Babylone, tout comme Iohanan dissimule le nom de Jérusalem parce qu'il

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écrit à Jérusalem. En 539 avant notre ère, en effet, Babylone, est conquise par Cyrus. Mais comme nous l'avons noté, Babylone n'est pas détruite par Cyrus. Au contraire, Cyrus le Perse rend aux villes de la Babylonie les statues de leurs dieux. Babylone est bien tombée, comme le disent les oracles qui nous ont été conservés dans le rouleau d'Isaïe 21, 9 et dans le rouleau de Jérémie 51,8, mais non détruite. Cela prouve, semble-t-il, que ces oracles sont antérieurs à la prise de Babylone par Cyrus, car s'ils avaient été postérieurs, comment leurs auteurs auraient-ils pu ignorer que de fait Babylone n'a pas été détruite par Cyrus ? Mais cela constituait aussi un problème pour les exégètes et pour les théologiens. L'auteur inconnu du livre de Jonas a écrit un conte théologique sans doute autour du Ve ou du IVe siècle avant notre ère, dans lequel il traite cette question : Qu'est-ce qui arrive si un prophète annonce la destruction d'une ville, et si cette ville se repent ? Réponse : Dieu est libre, si cela lui plaît, de changer d'avis. Si la ville criminelle se repent, Dieu aussi se repent du mal qu'il avait décidé de lui faire. La liberté humaine et la liberté divine sont comme deux compositions musicales qui s'accompagnent désormais l'une l'autre et qui tiennent compte l'une de l'autre, car elles sont réelles l'une et l'autre. L'auteur du livre de Jonas savait très bien, lorsqu'il composait son conte, que Ninive a été prise et détruite en 612 avant notre ère. Ceux qui lisaient son livre le savaient aussi. Tout le monde le savait. Tout le monde savait bien que le roi de Ninive ne s'est pas repenti, qu'il ne s'est pas recouvert d'un sac, qu'il n'a pas entrepris un jeûne. Et donc le conte de Jonas ne prétend pas être de l'histoire. C'est un conte théologique qui a une signification théologique. La liberté de Dieu reste entière dans tous les cas. Dieu envoie un prophète hébreu dans la capitale du paganisme assyrien. Si Iohanan-Jean, autour de l'année 50 de notre ère, applique à Jérusalem la prophétie que nous lisons dans le rouleau d'Isaïe (21, 9) et dans le rouleau de Jérémie (51, 8), c'est parce qu'il sait très bien, lui aussi, que de fait Babylone n'a pas été détruite par Cyrus en 539 avant notre ère. Il s'agit donc d'une prophétie qui était inaccomplie. Elle va trouver son accomplissement dans la destruction de Jérusalem en août-septembre de

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l'année 70 : Jérusalem et non pas Rome. Notons en passant que dans Jérémie 51, 34: Il m'a mangé, il m'a englouti, Nabuchodonosor, le roi de Babel... Il m'a englouti, comme un dragon (hébreu tannin, grec drakôn), le verbe utilisé, l'hébreu bala, engloutir, que l'on retrouve précisément en Jonas 2, 1, se prêtait à nombre de jeux de mots. Par exemple balaam, celui qui dévore, qui engloutit le peuple, celui qui bouffe le peuple. Il pouvait être utilisé pour désigner des ennemis politiques. On le trouve en Apocalypse 2, 14. Apocalypse 19, 2 : Parce qu'il a jugé la prostituée, la grande (hébreu ha-zônah ha-gedôlah, c'est ainsi qu'on place l'adjectif en hébreu), qui a corrompu le pays avec sa prostitution (hébreu le verbe schahat, Genèse 6, 11). Et il a vengé le sang de ses serviteurs (hébreu naqam suivi de min, 1 Samuel 24, 13 ; ou me-et, Nombres 31,2), de ses mains (grec ek, hébreu min). 2 Rois 9, 7 : Tu frapperas la maison d'Achab ton maître, et je vengerai les sangs (au pluriel en hébreu, grec ta aimata, = Jean 1, 13) de mes serviteurs les prophètes et les sangs de tous les serviteurs de YHWH de la main de Iezabel (hébreu mi-iad, grec ek cheiros). Ce qui confirme notre conjecture (Apocalypse 2, 20 ; cf. p. 307) : la femme Iezabel est un nom de code qui désigne Jérusalem. Apocalypse 19, 3 : Et sa fumée montera pour les durées des durées (hébreu we-aschanah iaaleh le-ôlemei ôlamim)... Isaïe 34, 10 : Jour et nuit elle ne s'éteindra pas, pour la durée indéfinie (hébreu le-ôlam) elle montera sa fumée... Iohanan annonce donc que Jérusalem sera incendiée. Les prophéties antérieures

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Avant l'Apocalypse, autour de l'année 30, le Rabbi avait annoncé la destruction du Temple de Jérusalem. Matthieu 24, 1 : Et il est sorti, Ieschoua, de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron) et il marchait, et ils se sont avancés vers lui ses compagnons qui apprenaient avec lui, pour lui montrer les constructions de l'enceinte sacrée du Temple. Et alors lui il a répondu et il a dit (hébreu wa-iiaan wa-iiômer), en s'adressant à eux : « Est-ce que vous voyez tout cela ? Amèn (en hébreu dans le texte grec), c'est certainement vrai, je le dis à vous : il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit pas détruite... » Marc 13, 3 : Et tandis qu'il sortait de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron), il lui a dit, l'un de ceux qui apprenaient avec lui : « Rabbi, regarde, quelles pierres et quelles constructions ! » Et alors c'est Ieschoua qui lui a dit : « Tu les vois toutes ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit détruite... » Luc 21, 5 : Et alors que certains disaient, au sujet de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron), que c'est avec des pierres belles et avec des offrandes votives (grec anathèma, hébreu herem, Lévitique 27, 28 ; Deutéronome 7, 26 ; etc.) qu'elle est ornée, il a dit : « Tout cela que vous voyez, ils viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre qui ne sera pas détruite... » Luc 21, 20 : Lorsque vous la verrez entourée par des armées (grec stratopedon, hébreu haïl, Jérémie 34, 1), Jérusalem, alors connaissez qu'elle est proche, sa dévastation. Alors ceux qui sont en Judée, qu'ils s'enfuient dans les montagnes et ceux qui sont au milieu d'elle [== de Jérusalem], qu'ils s'enfuient (grec ek-chôrein, hébreu bar ah, Amos 7, 12), et ceux qui sont dans les campagnes, qu'ils n'entrent pas en elle [= dans Jérusalem]...

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Luc 21, 24 : Et ils tomberont à la bouche de l'épée (hébreu le-phi ereb) et ils seront déportés dans toutes les nations, et c'est Jérusalem qui sera piétinée par les goïm... L'Évangile de Jean ne rapporte pas ces paroles du Rabbi à ses compagnons, pour une raison simple : c'est qu'il n'y était pas. Apocalypse 11, 2 : Et la Ville sainte [= Jérusalem], ils la piétineront quarante-deux mois... Prévision et prophétie Il faut distinguer soigneusement deux choses : la prévision et la prophétie. Tous les astrophysiciens du monde aujourd'hui, fin du XXe siècle, prévoient sans l'ombre d'une difficulté que notre Soleil, qui transforme son hydrogène en hélium depuis environ cinq milliards d'années, lorsqu'il aura fini de consumer son stock d'hydrogène, finira en catastrophe, dans quelques milliards d'années. Il restera un résidu, de la matière dégénérée, une naine blanche. Cela s'est déjà vu, par exemple la Nébuleuse du Crabe. Tous les astrophysiciens du monde prévoient fort bien et sans difficulté que toutes les étoiles de notre Galaxie, et toutes les étoiles de toutes les galaxies, vont en faire autant. Si vous voyez une charmante petite fille qui joue à la marelle, vous pouvez prévoir avec certitude que dans quatre-vingt-dix ans, si personne ne l'a tuée d'ici-là, elle sera une vieille dame un peu ratatinée, et qu'elle aura vraisemblablement perdu quelques dents. C'est une prévision, ce n'est pas une prophétie. Tout ce qui relève du Second Principe de la Thermodynamique, à savoir le Principe de Carnot-Clausius, est aisément prévisible. Par contre, personne ne pouvait prévoir, il y a dix ou quinze milliards d'années, que la vie, des êtres vivants, allaient apparaître sur notre planète Terre, il y a environ trois ou quatre milliards d'années. Ce n'était pas prévisible, parce que cela ne pouvait pas se déduire du passé de l'Univers.

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C'était quelque chose de tout nouveau, une création. L'avenir de la Création n'est prévisible que par le Créateur seul. L'apparition de l'homme n'était pas prévisible il y a trois ou quatre milliards d'années, pour la même raison. Si un prophète allemand, en 1905, avait annoncé : Berlin sera détruit par les Américains et les Russes dans quarante ans, personne ne l'aurait écouté et s'il avait insisté, il aurait été mis à l'asile des fous. C'était non seulement inimaginable, mais même inconcevable. Si un prophète japonais, en cette même année 1905, avait annoncé : Dans quarante ans, les villes d'Hiroshima et de Nagasaki vont être détruites en quelques secondes par une boule de feu, personne ne l'aurait écouté. S'il avait insisté, on l'aurait mis à l'asile des fous. C'était inimaginable et même inconcevable. Même Albert Einstein, en 1905, n'aurait pas pu comprendre le sens de cette prophétie. Chez les anciens prophètes hébreux, Amos, Isaïe, Jérémie, les prophéties sont toujours hautement improbables à vues humaines. Elles vont toujours à rencontre des probabilités. Elles sont dites à une génération, dans un temps donné, à une distance suffisante de la réalisation historique, et cette génération à qui la prophétie est adressée pourra voir la réalisation. C'est ce que dit le Rabbi. Matthieu 24, 34 : Amèn (en hébreu dans le texte grec), elle ne passera pas, cette génération jusqu'à ce que tout cela soit fait... Une génération (hébreu dôr) chez les Hébreux, c'était quarante ans. Le prophétisme hébreu porte sur la finalité ultime de la Création, et donc l'avenir de la Création, parce que le Créateur connaît cette finalité, et il communique son secret à son serviteur le prophète. Primum in intentione, ultimum in executione. Il existe aussi des traces de prophétie concernant la ruine de Jérusalem dans les analogies (meschalim) du Rabbi. Matthieu 22, 7 : Et le roi [= Dieu] s'est mis en colère et il a envoyé ses armées et il a mis à mort ces assassins et leur ville, il l'a brûlée

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[par le feu] (grec le même verbe empiprèmi, incendier, brûler, qui traduit le verbe hébreu saraph, Nombres 31, 10 ; Deutéronome 13, 17 ; Josué 6, 24 ; etc.) Il existe donc, pour parler comme les naturalistes, les zoologistes et les paléontologistes, une phylogenèse du prophétisme hébreu, une phylogenèse de la prophétie. Iohanan applique à Jérusalem, autour de l'année 50 de notre ère, les prophéties de Jérémie et d'Ezéchiel du VIe siècle avant notre ère. Dans le mâschâl en Matthieu 22, 7 le Rabbi appliquait la même prophétie à Jérusalem, autour de l'année 30, et donc quarante ans avant la réalisation. Nombre d'exégètes, protestants puis catholiques, ont raisonné de la manière suivante. La prophétie est une chose impossible, proposition évidente par soi. Or Matthieu 22, 7 semble bien annoncer la destruction de Jérusalem par le feu. Donc l'Évangile de Matthieu est postérieur à la prise de Jérusalem, année 70 de notre ère ! C.Q.F.D. Joseph et les prophéties Joseph ben Mattitiahou, ha-kôhen, à plusieurs reprises parle des antiques prophéties concernant la prise et la destruction de Jérusalem. Lui-même, Joseph, puisqu'il était kôhen, recevait des messages prophétiques. C'est ce qu'il note lors de son arrestation en juillet de l'année 67 : Guerre III, 351 : Le souvenir est entré en lui des songes qu'il avait eus durant la nuit, songes par lesquels Dieu lui a fait connaître à l'avance les malheurs des Judéens et ce qui allait arriver aux rois des Romains (grec rômaiôn basileis). Car il était, au sujet de l'interprétation des songes27, il était [Joseph] capable de comprendre, d'interpréter les paroles dites par Dieu, qui étaient
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Grec krisis, hébreu pescher dabar, Qôhelet 8, 1 ; araméen peschar, pischera, pischerah, Daniel 2, 4, grec sugkrisin ; 2, 5 ; 2, 6 ; etc. ; 2, 9 : pischerah, grec sugkrisin ; 2, 36 : pischerah, grec krisin ; 2, 45 : pischerah, grec krisis. 7, 16 peschar, grec krisin.

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enveloppées. Des Livres saints il n'ignorait pas les prophéties, car lui-même il était kôhen (grec hier eus) et issu d'une famille de kôhanim... Lorsqu'il est arrêté par les soldats romains, Joseph est conduit à Vespasien, alors général en chef de l'expédition romaine contre la Judée. Joseph prédit à Vespasien qu'il sera empereur : Guerre III, 398 : Vespasien a donné l'ordre de mettre Joseph en prison sous haute surveillance. Il avait l'intention de l'envoyer immédiatement à Néron. Lorsqu'il a entendu cela, Joseph a dit qu'il voulait avoir un entretien avec Vespasien seul. Vespasien a fait sortir tout le monde, sauf son fils Titus et deux amis. Alors Joseph lui a dit : « Toi Vespasien, tu penses que tu as pris Joseph seulement comme un prisonnier. Mais moi je viens à toi comme messager (grec aggelos) de choses plus grandes... C'est à Néron que tu m'envoies ? Pourquoi donc ? Ceux qui après Néron et jusqu'à toi seront les successeurs, ils ne resteront pas. C'est toi qui seras César, Vespasien, et empereur (grec autokratôr), toi et ton fils que voici. Enchaîne-moi donc dès maintenant d'une manière encore plus sûre et garde-moi pour toi. Tu es le maître non seulement de moi, César, mais aussi de la terre et de la mer et de tout le genre humain. Quant à moi, c'est à un châtiment plus grand que la prison que j'en appelle si j'ai échafaudé à la légère, et un châtiment venant de Dieu... Joseph ha-kôhen pense donc la même chose que son confrère Iohanam ha-kôhen qui écrivait quelque quarante ans plus tôt, à propos de Qaïapha, qui était alors kôhen gadôl. Jean 11, 45 : Ils ont été nombreux parmi les Judéens ceux qui sont venus chez Mariam et qui ont vu ce qu'il a fait. Ils ont été certains de la vérité en lui. Et certains d'entre eux sont partis pour aller voir les perouschim et ils leur ont dit ce qu'il a fait, Ieschoua. Et alors ils ont réuni, les grands prêtres et les perouschim, un sanhédrin (grec sunedrion) et ils ont dit : « Qu'est-ce que nous allons faire ? Parce

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que cet homme, c'est un grand nombre de signes qu'il fait. Si nous le laissons ainsi [continuer], tous seront certains de la vérité en lui, et alors ils vont venir, les Romains et ils vont détruire et notre Lieu [saint] (grec topos, hébreu ha-maqôm, = le Temple de Jérusalem, la Ville sainte, Deutéronome 12, 5) et notre peuple. » Et alors c'est l'un d'entre eux, Qaïapha, grand prêtre cette année-là, qui leur a dit : « Vous, vous ne savez rien. Vous ne comprenez pas qu'il est avantageux pour vous (grec humin dans certains manuscrits, — ou pour nous, grec hèmin dans d'autres manuscrits) que (grec hina, hébreu probable ascher) un seul homme meure pour le peuple et que toute la nation ne périsse pas. » Cela, ce n'est pas de son propre cœur qu'il l'a dit. Mais étant kôhen gadôl cette année-là, il a prophétisé qu'il allait, Ieschoua, mourir pour la nation, ou pour le peuple (grec ethnos, qui traduit l'hébreu goï, Genèse 10, 5 ; etc., et l'hébreu am, Genèse 17, 16 ; etc.). Et non seulement pour la nation, ou le peuple, mais aussi pour que les fils de Dieu qui sont dispersés, il les réunisse en un... Joseph fait allusion à une antique parole, un oracle ancien d'hommes inspirés, qui annonçait la destruction de Jérusalem et l'incendie du Temple. Mais Joseph ne donne pas ses références. Joseph aurait-il eu connaissance des Évangiles et de l'Apocalypse de Iohanam ? Guerre IV, 388 : Il était en effet une ancienne parole d'hommes inspirés par Dieu : Alors la Ville sera prise et il sera consumé par le feu, le Saint des Saints, par la loi de la guerre, si la révolte s'abat [sur la Ville] et si les mains de ceux de la maison souillaient auparavant le territoire sacré de Dieu, réservé à Dieu (grec temenos, hébreu possible heikal, le Temple, Osée 8, 14). En juin de l'année 70, Titus envoie Joseph pour discuter avec les Judéens dans la langue de leurs pères (grec tè patriô glôssë). Joseph a donc fait le tour du rempart en faisant attention à rester en dehors de la portée des projectiles, des javelots, tout en restant à portée de la voix. Il

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tendait les mains pour supplier les Judéens de s'épargner eux-mêmes, et d'épargner le peuple, d'épargner la patrie et l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron). Pendant que Joseph parlait à ses compagnons qui se trouvaient sur les remparts de Jérusalem, nombreux étaient ceux qui se moquaient de lui ; nombreux ceux qui l'insultaient ; quelques-uns lui envoyaient des pierres {Guerre V, 375). Joseph rappelle alors à ses frères judéens l'histoire du peuple hébreu, depuis Abraham, et il soutient une thèse proprement métaphysique, qui est en effet celle des anciens prophètes hébreux. Dieu est la Cause première. Il est tout-puissant. C'est à lui qu'il faut s'en remettre, et non pas se confier à la force du bras de l'homme ni à ses armes. C'est en effet une constante dans l'histoire du peuple hébreu {Guerre V, 376). C'est Dieu qui était pour nos pères le stratège, parce qu'ils ont laissé de côté la puissance de la main de l'homme et les armes, et ils se sont tournés vers lui {Guerre V, 386). Pour parler d'une manière générale et universelle, il n'y a pas de cas où nos pères aient réussi par les armes, ni de cas où ils aient subi un revers sans les armes, après s'être tournés vers Dieu {Guerre V, 390). Bien entendu Joseph fait appel au prophète Jérémie, lors du siège de Jérusalem par le roi de Babylone {Guerre V, 391). Démonstration inverse : Lorsqu'Antiochus Épiphane faisait le siège de Jérusalem, nos pères sont sortis avec des armes. Ils ont été égorgés lors du combat. La Ville fut ravagée et pillée. Et le lieu saint a été réduit à l'état de désert trois ans et six mois {Guerre V, 384). Souvenons-nous de ces trois ans et six mois, que l'on retrouve dans le livre de Daniel, le livre des Maccabées et l'Apocalypse. Joseph ajoute : Guerre V, 399 : Ainsi jamais à notre peuple les armes n'ont été données. Pour notre peuple, faire la guerre a toujours amené aussi la défaite et la déportation. Il faut en effet, je le pense, que ceux qui ont reçu en partage le lieu saint, s'en remettent pour toutes choses à Dieu pour ce qui est de faire justice, et qu'ils méprisent la main de l'homme...

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Il est bien évident que ces thèses proprement métaphysiques et théologiques, inhérentes au monothéisme hébreu, ne devaient pas plaire à ceux qui défendaient par les armes les murs de Jérusalem. Du point de vue du système de référence des résistants judéens, Joseph était évidemment un traître, tout comme Jérémie en son temps. Les thèses de Joseph sont proches de celles du christianisme, et en particulier de l'Apocalypse. Il est donc permis de se demander si Joseph, dans le secret de son cœur, n'a pas eu quelque sympathie pour la nouvelle doctrine et si, en conséquence, les célèbres textes de Joseph que l'on suppose interpolés, le sont autant qu'on nous le dit. Au mois d'août de l'année 70, Titus fait de nouveau venir Joseph. Il savait que, ce jour-là, le sacrifice que l'on appelle perpétuel, par la suite du manque d'hommes, n'avait pu être offert à Dieu... Perpétuel, grec endelechismos, n'existe pas en grec naturel. Exode 29, 38 : Et c'est ceci que tu feras sur l'autel des sacrifices : Des agneaux fils de l'année (hébreu benei schanah), deux pour un jour, continuellement ou perpétuellement (hébreu tamid, grec endelechôs, Platon, République, Timée). Le premier agneau, tu le feras au matin, et le second agneau tu le feras entre les deux soirs... Exode 29, 42 : offrande consumée par le feu, perpétuelle (hébreu ôlat tamid), pour vos générations, entrée de la tente du rendez-vous, à la face de YHWH (grec thusian endelechismou, n'existe pas en grec naturel). Les traducteurs du texte hébreu de Joseph, sous sa direction, utilisent le lexique hébreu-grec traditionnel pour tout ce qui concerne les termes techniques du Temple et du service du Temple. Guerre VI, 95 : Titus ordonna à Joseph d'aller dire à Iohanam [l'un des chefs de la résistance à l'intérieur de Jérusalem] de venir combattre hors de Jérusalem pour épargner la Ville et le Temple. Alors Joseph, pour se faire entendre non seulement de Iohanam mais aussi des foules, il proclama ce que le César lui avait commandé de dire en hébreu (grec hébraïzôn). Il a supplié les Judéens d'épargner le pays de leurs pères et d'éteindre le feu qui

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avait déjà goûté au Temple (grec naos)... Joseph ha-kôhen, tout comme son ancien confrère Iohanam ha-kôhen, considère les anciennes prophéties comme susceptibles d'être appliquées à ce qui va arriver en l'année 70 : Guerre VI, 109 : Qui ne connaît les textes écrits des anciens prophètes et l'oracle qui menace la malheureuse Ville et qui est déjà imminent ? C'est alors, ont-ils annoncé à l'avance, que la Ville sera prise, lorsque quelqu'un commencera à assassiner ceux de son propre peuple. De vos propres cadavres, est-ce que la Ville et l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron) tout entière n'est pas remplie? C'est Dieu par conséquent, c'est Dieu lui-même qui apporte, avec les Romains, la purification (grec katharsin), le feu, et qui détruit la Ville remplie de telles impuretés... Guerre VI, 311 : Les Judéens, après la destruction de la forteresse Antonia, ont fait de l'enceinte sacrée du Temple, une figure à quatre angles (grec tetragônon, le carré, hébreu raboua, Exode 27, 1 ; 28, 16; etc.), alors qu'ils avaient écrit dans leurs paroles prophétiques, qu'elle serait prise, la Ville, et qu'il serait pris, le Temple (grec naos, hébreu heikat), dès lors que l'enceinte sacrée sera un carré... Ezéchiel 42, 15 : Et il a achevé les mesures de la Maison à l'intérieur... Ezéchiel 42, 20 : Aux quatre vents il l'a mesurée : une muraille à lui tout autour tout autour [répété en hébreu]. Longueur : cinq cents, et largeur cinq cents, pour séparer entre ce qui est sacré et le profane... Exode 27, 1 : Et tu feras l'autel des sacrifices (hébreu mizebeah, grec thusiastèriori)... Cinq coudées [la] longueur, et cinq coudées [la] largeur. Carré il sera (hébreu raboua, grec tetragônori)... Exode 28, 15 : Tu feras le pectoral du jugement (hébreu hôschen mischpat, grec logeion ton kriseôn)... Carré il sera (hébreu raboua, grec tetragônori)... Exode 30, 2 : Et tu feras l'autel de fumigation d'encens... Une coudée sa longueur et une coudée sa longueur. Carré il sera...

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Exode 39, 9 : 39, 8 : Et ils ont fait le pectoral... Carré il était... Ezéchiel 41, 21 : Et le Temple (hébreu heikal, grec kai to hagion kai ho naos ; le grec est différent de l'hébreu), carré (hébreu reboua, grec tetra-gônà)... Ezéchiel 43, 16 : Et le ariel (hébreu non traduit, transcrit en caractères grecs : arièl, — c'est le nom de l'autel sur lequel on faisait brûler les victimes), douze coudées de longueur, sur douze coudées de largeur. Carré... Ezéchiel 45, 2 : Sera à partir de là pour le saint (hébreu ha-qôdesch, grec eis hagiasma), cinq cents sur cinq cents, [en forme de] carré tout autour (hébreu meroubba, grec tetragônon kuklotheri)... Ezéchiel 48, 20 : Tout le prélèvement, vingt-cinq mille sur vingt-cinq mille. [En forme de] carré (hébreu rebiit, grec tetragônori), vous prélèverez le prélèvement du saint... Il existait donc une interprétation ésotérique du rouleau du prophète Ezéchiel — menacé autour de l'année 50 — selon laquelle Jérusalem sera prise dès lors que l'enceinte sacrée du Temple sera un carré. C'est à une interprétation ésotérique analogue que Iohanan fait allusion dans l'Apocalypse, mais, semble-t-il, dans un autre sens, puisque pour Iohanan ce carré s'applique à la nouvelle Jérusalem : Apocalypse 21, 15 : Et celui qui parlait avec moi, il était dans sa main une canne à mesurer... pour mesurer la Ville [la nouvelle Jérusalem]... Et la Ville, elle est constituée [comme] un carré (grec tetragônos), et sa longueur est égale à sa largeur... Rappelons que le Temple de Jérusalem restauré, que le prophète Ezéchiel a vu en 572-571 avant notre ère alors qu'il était lui-même déporté depuis vingt-cinq ans, n'a jamais été construit en réalité. C'est un texte qui avait évidemment, dans la pensée même du prophète Ezéchiel, une signification ésotérique, ou, si l'on préfère, une signification tout court. L'enceinte sacrée du Temple, un carré, mesurait cinq cents perches, peutêtre 250 mètres de côté (Ezéchiel 42, 16).

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Pour Joseph, la date de la prise de Jérusalem par Titus n'est pas sans signification. C'est la date de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 avant notre ère : Guerre VI, 249 : Titus est retourné à la tour Antonia. Il avait décidé, pour le jour suivant, dès l'aurore, avec toute son armée, d'attaquer et d'entourer de toutes parts le Temple (grec naos). Ce Temple, Dieu l'avait condamné au feu depuis longtemps. Il était revenu, par suite de la fatalité des cycles des temps, le dixième jour du mois de Lôos, mois macédonien [29 août 70], ce jour où déjà autrefois, par le roi de Babylone, le Temple avait été incendié... Guerre VI, 268 : On admirera l'exactitude du retour des mêmes dates : le même mois, le même jour, où autrefois par les Babyloniens, le Temple avait été incendié... 2 Rois 24, 18 : Il était fils de [= âgé de] vingt et un ans, Tzideqiiahou, lorsqu'il est devenu roi, et onze ans il a régné à Jérusalem... Et il a fait ce qui est mauvais aux yeux de YHWH... 2 Rois 25, 1 : Et il est arrivé, dans l'année neuvième de son règne, dans le dixième mois, le dix du mois, il est venu, Nabuchodonosor roi de Babel, lui et toute son armée, sur Jérusalem. Et il a campé (le verbe hébreu hanah, grec par-emballô), sur elle (hébreu al) [— contre elle, auprès d'elle]. Et ils ont construit contre elle un mur tout autour. Et elle est entrée, la Ville, en enfermement, état de siège (hébreu matzor, grec periochë) jusqu'à la onzième année du roi Tzideqi-iahou [588-587 avant notre ère]. Au quatrième mois, le neuf du mois, elle a été dure, la famine, dans la Ville, et il n'y avait plus de pain pour le peuple du pays. Alors elle a été ouverte, la Ville, par une brèche, et ce sont tous les hommes de guerre, durant la nuit, qui sont sortis par le chemin de la porte, entre les deux murs qui sont sur le jardin du roi. Et les Chaldéens étaient sur la Ville, tout autour. Et il s'en est allé par le

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chemin de la steppe... 2 Rois 25, 8 : Et dans le cinquième mois, le sept du mois, — c'était l'année dix-neuf pour le roi Nabuchodonosor [587 avant notre ère] — il est entré, Nebouzaradan, chef des gardes du corps, serviteur du roi de Babel, dans Jérusalem. Et il a mis le feu, il a brûlé, il a incendié (hébreu le verbe saraph, grec em-piprèmi) la Maison de YHWH et la maison du roi, toutes les maisons de Jérusalem, et toute maison de grand [personnage] il a brûlé dans le feu (hébreu saraph ba-esch, grec eneprèsen, Matthieu 22, 7). Et les murailles de Jérusalem, tout autour, ils les ont détruites, [les hommes de] l'armée des Chaldéens. Et le reste du peuple, ceux qui étaient restés dans la Ville, et les déserteurs qui avaient déserté et s'étaient rendus au roi de Babel, et le reste de la foule, il les a déportés (le verbe hébreu galah, mettre à nu), Nebouzaradan. Et du petit peuple du pays, il en a laissé, le chef des gardes du corps, pour cultiver les vignes et les terres... On retrouve, à la fin du rouleau du prophète Jérémie, à peu près le même récit, qui a sans doute été repris du deuxième livre des Rois : Jérémie 52, 1 : Il était fils de [= âgé de] vingt et un ans, Tzideqiiahou, lorsqu'il est devenu roi. Et onze ans il a régné dans Jérusalem... Et il a fait ce qui est mauvais aux yeux de YHWH... Et il s'est révolté, Tzideqi-iahou contre le roi de Babel. Et alors il est arrivé, dans l'année neuvième de son règne, dans le dixième mois, le dix du mois, il est venu, Nabuchodonosor, roi de Babel, lui et toute son armée, sur ou contre (hébreu al), Jérusalem. Et ils ont campé sur elle, et ils ont construit un mur tout autour. Et elle est entrée, la Ville, dans l'enfermement (hébreu mat-zôr), jusqu'à la onzième année du roi Tzideqi-iahou. Au quatrième mois, le neuf du mois, et alors (hébreu we), elle est devenue dure, la famine dans la Ville, et il n'y avait plus de pain pour le peuple du pays. Et elle a été ouverte par une brèche, la

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Ville, et tous les hommes de guerre se sont enfuis et ils sont sortis de la Ville la nuit, par le chemin de la porte entre les deux murailles qui sont au-dessus du jardin du roi, et les Chaldéens étaient sur la Ville tout autour, et ils s'en sont allés par la route de la steppe... Jérémie 52, 12 : Et lors du cinquième mois, le dix du mois, c'était l'année dix-neuf pour le roi Nabuchodonosor, roi de Babel, il est entré, Nebouzaradan, chef des gardes du corps, celui qui se tient devant la face du roi de Babel, dans Jérusalem. Et il a incendié la maison de YHWH et la maison du roi et toutes les maisons de Jérusalem (hébreu le verbe saraph, brûler, incendier, grec eneprèsen, du verbe em-piprèmi, incendier). Et toute la maison de grand [personnage] il a brûlé dans le feu (hébreu saraph ba-esch, grec eneprèsen en purî). Et toutes les murailles de Jérusalem tout autour, ils les ont démolies [les hommes de] toute l'armée des Chaldéens. Et ceux qui faisaient partie des pauvres du peuple, et le reste du peuple qui étaient restés dans la Ville, et ceux qui avaient déserté, qui s'étaient rendus au roi de Babel, et le reste de la foule, il les a envoyés en déportation (le verbe hébreu galah, mettre à nu, être déporté ; hiphil parfait hegelah, exiler ; grec non traduit) Nebouzaradan... Et parmi ceux qui faisaient partie des pauvres de la terre, il a laissé, Nebouzaradan, chef des gardes du corps, pour cultiver les vignes et la terre... Joseph conclut : Guerre VI, 435 : Elle fut prise ainsi, Jérusalem, la deuxième année du gouvernement de Vespasien, le huit du mois de Gorpiée [26 septembre 70]. Elle avait été prise auparavant cinq fois, et c'est la deuxième fois qu'elle était dévastée... Celui qui le premier l'a fondée, c'est un prince des Chananéens qui dans la langue de nos pères a été appelé roi juste (hébreu malki-tzedek melek schalem, Genèse 14, 18). Et c'est pourquoi il a exercé la fonction de kôhen pour Dieu, le premier. Et le sanctuaire (grec hieron), c'est lui le premier qui l'a construit.

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Genèse 14, 18 : Et Malkitsedek roi de Schalem, il a fait sortir du pain et du vin et lui [il était] kôhen pour le Dieu Très-Haut (grec hiereus tou theou tou hupsistou). Il a béni Abram... Guerre VI, 312 : Mais ce qui les avait surtout exaltés pour faire la guerre, c'était un oracle enveloppé (grec amphibolos, verbe amphiballô), qui semblablement se trouve dans les Saintes Écritures, et selon lequel dans ce temps-ci, de leur pays, un homme, quelqu'un va commander la terre habitée... Psaume 2, 6 : Et moi j'ai versé [l'huile sainte sur la tête de] mon roi, sur Tziôn la montagne de ma sainteté. Je vais raconter le décret de YHWH. Il m'a dit : « Mon fils [tu es] toi (hébreu béni attah). Moi aujourd'hui je t'ai engendré. Demande-moi et je donnerai des nations pour ton héritage, et en possession les confins de la terre... » Daniel 2, 34 : Elle s'est détachée, une pierre (araméen eben, comme en hébreu, grec lithos), qui n'était pas [mue, lancée] par des mains [d'homme] et elle a frappé la Statue (araméen tzelema, hébreu tzelem, grec eikôn)... Et la pierre qui a frappé la Statue, elle a été, elle est devenue28 une montagne rocheuse (araméen tour, hébreu tzour, grec oros) et elle a rempli toute la terre... Le verbe être suivi de la particule le, qui désigne la direction, l'orientation, la finalité, l'attribution, intraduisible en français ; traduction grecque : egeneto. Daniel 2, 36 : Voilà le songe, le rêve (araméen helema, hébreu halôm, grec enupnion). Et son explication, son interprétation, nous la dirons à la face du roi... Daniel 2, 44 : Et dans les jours de ces rois, il fera se lever, le Dieu
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Araméen pescher, pischera, pischerah, grec krisis, sugkrisis, hébreu patar, expliquer, interpréter les rêves, Genèse 40, 8 ; etc. ; piterôn, l'explication, l'interprétation du rêve, Genèse 40, 5 ; etc.

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des cieux, un royaume, un règne, une royauté (araméen malkouta, grec basileid) qui dans la durée éternelle à venir ne sera pas détruit. Et ce royaume, cette royauté, ne passera pas à un autre peuple. Il réduira en poudre et il anéantira tous ces royaumes et lui, il tiendra debout pour la durée éternelle avenir... Daniel 7, 13 : J'ai regardé, j'ai vu dans les visions de la nuit et voici avec les nuées des cieux, c'est comme un fils d'homme qui vient. Et jusqu'à l'ancien des jours il s'est approché, et en face de lui on l'a conduit, on l'a fait approcher. Et à lui a été donnée la domination, et l'honneur et le règne, la royauté, et tous les peuples, les nations et les langues à lui ont été asservis. Sa domination [est] une domination éternelle qui ne passera pas, et son règne, son royaume, sa royauté qui ne sera pas détruit...

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V. La nouvelle Jérusalem L'Apocalypse est divisée en deux grandes parties. Dans une première partie, Iohanam annonce la destruction de la vieille ville de pierres, Jérusalem. Dans une seconde partie, il annonce la venue, la descente de la nouvelle Jérusalem, qui n'est pas construite avec des pierres, mais avec des hommes et des femmes. C'est ce qu'écrit aussi Schimeôn surnommé Keipha dans sa première lettre que, bien entendu, nos plus savants critiques depuis F.C. Baur considèrent comme apocryphe : 1 Pierre 2, 5 : Et vous-mêmes, comme des pierres vivantes (hébreu ke-abanim), vous êtes construits (hébreu le verbe banah à la forme niphal) maison spirituelle (hébreu beit, sanctuaire saint) pour faire approcher des sacrifices spirituels agréés par Dieu... L'auteur de cet apocryphe (!) du IIe siècle de notre ère est très doué. Il sait faire un jeu de mots en hébreu, banim, les pierres, banah, construire, qu'il dissimule soigneusement sous un texte grec, en sorte que même les savants critiques de l'école de Tûbingen ne l'ont pas aperçu ! Ce jeu de mots était d'ailleurs apparenté à celui que faisait Iohanam, l'ascète du désert, peu de temps avant l'année 30 : Matthieu 3, 9 : Et ne pensez pas pouvoir dire dans vos propres cœurs : Notre père, c'est Abraham ! Car je le dis à vous: Il peut, Dieu, à partir de ces pierres (hébreu min-ha-abanim), faire se lever des fils (hébreu banim), pour Abraham... Encore un — Iohanan l'ascète du désert de Juda — qui ne savait pas que, dans ces années-là, il ne devait pas parler hébreu et surtout ne pas faire des jeux de mots en hébreu, puisque nos plus grands savants depuis F.C. Baur et l'école de Tùbingen professent que l'hébreu était une langue morte et que tout le monde parlait araméen en Judée ! Les érudits qui s'occupent de Joseph surnommé Flavius n'admettent pas non plus qu'il ait

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tout d'abord écrit son œuvre dans la langue de ses pères, à savoir l'hébreu. Ils tiennent absolument à ce que ce soit l'araméen. On a vu l'affaire du fils qui arrive sur les remparts de Jérusalem en 70 (cf. pp. 45-46). L'auteur de l'apocryphe du IIe siècle, que nous appelons la première lettre de Pierre, utilise dans sa lettre dont on nous dit qu'elle a été écrite en grec, une expression qui n'existe pas en grec naturel (1 Pierre 1, 17) : aprosôpolèp-tôs. Cette expression grecque qui n'a aucun sens en grec, traduisait une vieille expression hébraïque que nous avons rencontrée à plusieurs reprises : nasa panim, relever la face du suppliant prosterné, pour lui accorder la faveur demandée (Genèse 32, 21 ; Lévitique 19, 15 ; Deutéronome 10, 17 ; etc.). Décidément le faussaire de cet apocryphe du IIe siècle est un érudit subtil. Il utilise dans une lettre soi-disant écrite en grec une expression grecque qui n'avait aucun sens pour ceux à qui elle est supposée s'adresser au IIe siècle, et qui traduit une expression hébraïque familière aux frères et aux sœurs des communautés judéennes de la première moitié du Ier siècle. Matthieu 16, 17 : Et il a répondu, Ieschoua, et il lui a dit (hébreu wa-iiaan ieschoua wa-iiômer) : « Tu es heureux, Schimeôn barionah, parce que ce n'est pas chair et sang (grec sarx kai aima, hébreu basar we-dam, — expression hébraïque classique chez les rabbins) qui t'a dévoilé, révélé (au singulier, grec apeka-lupsen, hébreu le verbe galah) à toi, mais mon père qui dans les cieux (hébreu ki im abi sche-ba-schamaïm, sans le verbe être en hébreu ni dans le texte grec). Et alors moi c'est à toi que je le dis : Toi tu es Keipha (araméen rocher, Keiphah hébreu) et sur ce rocher (grec petra, rocher, roche, hébreu possible tzour, Exode 17, 6 ; 33, 21 ; Psaume 27, 5 ; etc., ou bien sela, Nombres 20, 8 ; etc.), je construirai (le verbe hébreu banah) ma communauté (hébreu qehilah, grec ekklè-sia), et les portes du scheôl (hébreu schaarei scheôl, Isaïe 38, 10) n'auront pas de force (hébreu possible hazaq) contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume ou du règne de Dieu... Le mot grec petros, la pierre, n'est pas utilisé dans le lexique hébreugrec traditionnel. Il n'est pas non plus dans le Nouveau Testament grec,

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sauf pour traduire le surnom de Schimeôn, l'hébreu keiphah ou l'araméen keipha. C'est le mot grec lithos qui est constamment utilisé pour traduire l'hébreu eben (Genèse 2, 12 ; 11, 3 ; 28, 11 ; etc.). Il se peut que le masculin ho petros ait été choisi pour traduire le surnom hébreu et araméen keiphah, parce que hè petra est au féminin, la roche. L'hypothèse la plus simple est que le grec petra traduit l'araméen keipha, masculin, qui traduit lui-même l'hébreu sela (Nombres 20, 8) ou l'hébreu tardif keiphah, qui est au féminin. Dans cette hypothèse on aurait donc traduit keiphah une fois par le masculin petros et une seconde fois par le féminin petra. Si en hébreu nous avions eu ha-eben, la pierre, ce qui n'est pas impossible, nous aurions eu le jeu de mots : sur cette pierre (hébreu al haeben ha-zeh), je bâtirai (hébreu ebeneh). Genèse 49, 24 : Le Rocher d'Israël, hébreu eben Israël. Matthieu 7, 24 : Tout homme qui écoute mes paroles, celles-ci, et qui les fait, il est comme un homme sage qui a construit sa maison sur le rocher (grec petra)... Schimeôn Keipha-Petros, donc, dans sa première lettre, dit aux frères et aux sœurs de la petite communauté chrétienne (hébreu qehilah, grec ekklèsia) qu'ils sont les pierres vivantes de ce nouveau temple, qui est construit (le verbe hébreu banah) sur le rocher. C'est ce qu'écrit Schaoul surnommé Paulus dans sa première lettre aux Corinthiens. 1 Corinthiens 3,16: Est-ce que vous ne savez pas que vous êtes le temple (grec naos) de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Notons en passant que l'auteur de la lettre réputée apocryphe, adressée aux frères et aux sœurs de la Diaspora du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie, écrit : 1 Pierre 1, 13 : C'est pourquoi vous avez ceint les reins de votre pensée, ou de votre entendement (grec tas osphuas tes dianoias humôri)...

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Demandez à un cartésien français ce qu'il pense de cette expression, ou, si vous préférez, à un platonicien anglais, ou encore à un kantien allemand. Le mot grec osphus signifie la hanche, les reins. Il traduit le mot hébreu matenaïm, toujours au pluriel. Exode 12, 11 : Et c'est comme ça que vous le mangerez [la chair de l'agneau de pesah] : les reins ceinturés (hébreu matenei-kem ; Jérémie 1, 17 ; 13, 1 ; etc. Ezéchiel 9, 2 ; 9, 3 ; 9, 11 ; 23, 15 ; 44, 1 ; etc.)... L'affaire se corse, parce que le mot grec dianoia traduit le mot hébreu leb, le cœur, qui est chez les anciens Hébreux l'organe de la pensée, de l'intelligence (Genèse 8, 21 ; 17, 17 ; 24, 45 ; 27, 41 ; 34, 3 ; 45, 26 ; Exode 9, 21 ; 28, 3 ; etc.). L'auteur de l'apocryphe publié sous le nom de Petros a donc écrit en hébreu, ou dicté en hébreu : « Vous avez ceint les reins de votre cœur... » ! C'est à se demander s'il n'écrivait pas à des frères et à des sœurs des communautés judéennes de la Diaspora, pour s'exprimer dans une langue pareille ! L'auteur termine sa lettre : 1 Pierre 5, 13 : Elle vous salue (grec aspazetai, hébreu schaal leschalôm, Exode 18, 7; Juges 18, 15) celle qui, à Babel, est appelée, convoquée (grec sug-kaleaô, hébreu qara, Exode 7, 11 ; Josué 9, 22 ; 10, 24 ; etc.), et Marcus mon fils (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque)... Cette lettre a été dictée : 1 Pierre 5, 2 : C'est dans la main de (grec dia, hébreu be-iad) Silvanus le frère dont on peut être certain (grec pistos, hébreu haneeman) qu'à vous j'ai écrit... Le traducteur de cette lettre se conforme au système normatif depuis des siècles : traduction mot à mot, qui respecte la forme et l'ordre de la phrase hébraïque, lexique hébreu-grec traditionnel. Quel est donc ce Marcus dont il est question ici ? Est-ce notre Iohanan

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surnommé Marcus? Pourquoi Schimeôn surnommé Keipha l'appelle-t-il mon fils ? Papias, évêque de Hiérapolis au IIe siècle, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire de l'Église III, 39, 15, transmet une tradition non écrite (grec paradosis agraphos) selon laquelle Markos était le traducteur de Pierre (grec hermèneutès Petrou). Papias transmet des traditions (grec paradoseis) qui proviennent de Iohanan ha-zaqen, Iohanan l'Ancien (grec ho presbuteros). Esdras 4, 7 : Et dans les jours d'Artaxerxès, il a écrit... Mitredat, Tabeèl, et le reste de ses compagnons (le verbe hébreu en tête, au singulier, plusieurs sujets) [une lettre, sous-entendu, n'est pas dans le texte hébreu] adressé à (hébreu al, grec pros) Artaxerxès, roi de Perse, et il a écrit, celui qui a écrit la lettre, le texte écrit en araméen (hébreu aramit, grec suristi) et elle a été traduite (hébreu metourgan, grec hermè-neumenèn). Le traducteur de l'Évangile de Jean, peut-être Jean lui-même, utilise le verbe grec hermèneuein, lorsqu'il traduit de l'hébreu en grec les noms propres. Nous l'avons déjà rappelé, en hébreu les noms propres ont un sens, et les surnoms aussi. Il ne suffit donc pas de transmettre le son, complètement dénaturé de transcription en transcription, mais il convient de communiquer le sens. Jean 1,38 : Et alors eux ils lui ont dit : « Rabbi, ce qui veut dire en traduction (grec methermèneuomenori) maître, celui qui enseigne... » Jean 1, 41 : Nous avons trouvé le Maschiah, ce qui signifie en traduction (methermèneuomenori) celui qui a reçu l'onction (grec christos). Jean 1, 42 : Toi tu t'appelleras Keipha ou Keiphah, ce qui se traduit : Rocher (grec Petros). Jean 9, 7 : Va, lave-toi dans la piscine de Schilôah, ce qui se traduit : envoyé (grec apestalmenos).

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Le verbe hébreu schalah signifie envoyer. Néhémie 3, 15 : l'étang de l'envoyé, hébreu berekat ha- schelah. Lettre aux Hébreux 7, 1 : Malkitzedeq, roi de Schalem (texte hébreu, Genèse 14, 18, transcription en caractères grecs salèm), kôhen pour le dieu Très-Haut... Tout d'abord cela se traduit, grec hermèneuomenos, roi de Justice, et puis ensuite melek schalem, c'est-à-dire roi de paix. Pourquoi est-ce que l'auteur de la première lettre de Pierre utilise le langage codé de l'Apocalypse pour désigner Jérusalem, qu'il appelle Babel, s'il écrit au IIe siècle de notre ère ? Cette lettre a été écrite à Jérusalem et non pas à Rome. Iohanan surnommé Marcus, — c'est probablement lui —, était à ce moment-là à Jérusalem avec Schimeôn surnommé Keipha. Nous sommes probablement autour de l'année 50. Apocalypse 19, 6 : Halelou iah29 [= louez YHWH], parce qu'il règne YHWH, notre dieu des armées... Psaume 135, 1 : Halelou iah. Louez, exaltez le nom de YHWH, louez-le, serviteurs de YHWH, vous qui vous tenez debout dans la maison de YHWH [= le Temple], dans les parvis de la maison de notre Dieu... Psaumes 104, 35 ; 105, 45 ; 106, 1 ; etc. Comme précédemment (Apocalypse 18, 6) kurios, sans l'article, est la traduction en grec de l'hébreu adônaï, sans l'article, qui est la lecture du saint tétragramme YHWH, qu'il est interdit de prononcer. Le grec pantokratôr est la traduction constante de l'hébreu tzebaôt, dans l'expression hébraïque YHWH elôhei tzebaôt, YHWH dieu des armées (2 Samuel 5, 10 ; 7, 8 ; 7, 26 ; etc.). Apocalypse 19, 7 : Parce qu'il est venu le mariage de l'agneau, et sa femme s'est préparée, et il lui a été donné qu'elle soit revêtue de lin lumineux et pur... Et il m'a dit : « Écris. Heureux ceux qui au festin du mariage de l'agneau sont appelés... »
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Halelou iah : en hébreu, non traduit, dans la traduction grecque de l'Apocalypse, parce que ceux à qui s'adressait l'Apocalypse connaissaient le sens de ces mots. Le verbe hébreu halal, piel parfait hillel, signifie : jubiler, se réjouir, adresser des chants de joie, de reconnaissance et de louange à Dieu, exalter le nom de Dieu, etc.

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Schir ha-schirim A partir de maintenant, nous changeons de registre. Le livre qui va nous guider, ce n'est plus le livre de Daniel, mais Schir ha-schirim, le chant des chants = le chant par excellence, le chant suprême, ultime (latin canticum can-ticorum, français Cantique des cantiques). Schir ha-schirim est un opéra initiatique à plusieurs chœurs, composé peut-être au Ve siècle avant notre ère, et qui a peut-être été chanté sur les murailles de Jérusalem. Cyrus, roi des Perses, est entré à Babylone dans la première année de son règne, en octobre de l'année 539 avant notre ère. En 538 avant notre ère il publie à Ecbatane en Médie un édit qui autorisait les Judéens déportés en Babylonie à retourner en Judée et à reconstruire le Temple de Jérusalem. Une partie des Judéens déportés est restée en Babylonie. Un convoi de Judéens est retourné en Judée. En 520 avant notre ère, deuxième année de Darius Ier, on commence la construction du nouveau Temple de Jérusalem. La construction du Temple est achevée en 515. La reconstruction des murailles de Jérusalem est terminée en 445. C'est Néhémie, nommé satrape de la Judée par Artaxerxès, qui fait reconstruire les murailles de Jérusalem. Néhémie 12, 27 : Et lors de l'inauguration (hébreu hanoukkah, grec egkainia, n'existe pas en grec naturel, Jean 10, 22) de la muraille de Jérusalem, ils ont recherché les Lévites de tous les lieux où ils étaient, pour les faire venir à Jérusalem, pour faire inauguration et joie, et dans des louanges et dans un chant (hébreu schir), des cymbales, des lyres et des harpes... Et ils se sont rassemblés les fils des chanteurs... et de la région circulaire tout autour de Jérusalem... Car des camps ils avaient construits pour eux, les chanteurs, aux alentours de Jérusalem... Et ils se sont purifiés, les kôhanim et les Lévites, et ils ont purifié le peuple et les portes [de Jérusalem] et la muraille. Et j'ai fait monter les princes de Iehoudah au-dessus de la muraille et j'ai institué, établi, deux chœurs, grands. Et l'un allait

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vers la droite, au-dessus de la muraille, vers la porte du fumier... Et le deuxième chœur marchait vers la gauche, et moi derrière lui, et la moitié du peuple, au-dessus de la muraille... Et ils se sont arrêtés, les deux chœurs, dans la maison de Dieu [= le Temple reconstruit]... Schir ha-schirim est un livre initiatique, pour ne pas dire ésotérique, qui se comprend si l'on prend la peine de retrouver tous les termes qu'il utilise, chez les prophètes hébreux antérieurs : Osée, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, sans oublier les oracles postérieurs recopiés à la suite de ceux du prophète Isaïe du VIIIe siècle avant notre ère. Le travail a été fait par A. Robert et A. Feuillet, Le Cantique des Cantiques, Paris, 1963. Schir ha-schirim part de l'analogie formulée par Osée et Isaïe depuis le e VIII siècle avant notre ère. Jérusalem personnifiée est assimilée à une femme. La relation qui va de Dieu au peuple hébreu, la nouvelle humanité en régime de genèse et de formation, est assimilée à la relation qui existe entre l'homme et la femme. Depuis Osée et Isaïe, les prophètes hébreux considèrent que l'infidélité du peuple hébreu à la norme créatrice qui le constitue peuple germinal, est comparable à une prostitution. Les auteurs inconnus de Schir ha-schirim racontent d'une manière prophétique le retour de Jérusalem à celui qui l'aime. Celui qui l'a épousée, comme le disaient Osée, Isaïe, Jérémie Ezéchiel, c'est le hatan, grec numphios ; Isaïe 61, 10 ; 62, 5), oracles tardifs peut-être contemporains de Schir ha-schirim. Celle qui est épousée, la chérie, Jérusalem personnifiée, c'est la kallah (grec numphè ; Isaïe 49, 18 ; 61, 10 ; 62, 5). La tente où les jeunes mariés passaient leur première nuit, c'est la houppah (Psaume 19, 6), traduction grecque numphôn (Tobie 6, 13 ; 6, 16 ; Matthieu 9, 15 ; Marc 2, 19 ; Luc 5, 34). Jérémie 31, 2 : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple des réchappes de l'épée... De loin c'est YHWH qui s'est fait voir à moi : Et d'un amour éternel je t'ai aimée, c'est pourquoi je t'ai prolongée [en] grâce (hébreu hesed). Encore je te bâtirai et tu seras rebâtie, vierge d'Israël...

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Réchappée (hébreu sarid, pluriel seridim), jeu de mots sur la ville de Sardes (Apocalypse 3, 1) que nous avons relevé (cf. p. 309). Jeu de mots qui évidemment ne fonctionne pas en grec. La vierge d'Israël est comparée à une ville qui sera rebâtie. C'est la nouvelle Jérusalem. Bâtir (le verbe hébreu banah, futur ebeneh, Matthieu 16, 18). Schir ha-schirim donne la clef, la raison d'être, la finalité de la Création. La Création depuis ses origines a pour but, pour fin, l'union sans confusion et sans mélange de l'homme créé nouveau à l'unique Créateur incréé. La Création se termine par l'union. Une métaphysique de l'union est exactement le contraire d'une métaphysique de l'Un. Une métaphysique de l'Un est une métaphysique selon laquelle la multiplicité des êtres que nous constatons dans notre expérience est une illusion, une apparence. La multiplicité apparente des êtres procède de l'Un par une sorte de chute. Le salut consiste à retourner à l'Unité originelle dont nous sommes sortis. Une métaphysique de l'union est une métaphysique selon laquelle la multiplicité des êtres n'est pas une illusion ni une apparence. La multiplicité des êtres ne résulte pas d'une chute, ni d'une aliénation de la substance divine. La multiplicité réelle des êtres résulte d'un don, le don de l'être, que l'on appelle la Création. Ce don s'achève dans l'union qui respecte la distinction des natures et des personnes. Il n'est donc pas question de retourner au sein de l'Un, puisque nous n'y avons jamais été. Le problème métaphysique posé, c'est celui des conditions de réalisation du dessein créateur : à quelles conditions un être créé peut-il prendre part à la vie même de l'Unique incréé, sans mélange, sans confusion, sans séparation? C'est ce que Maurice Blondel a appelé le problème capital de la métaphysique chrétienne. Schir ha-schirim est donc un texte de haute portée métaphysique, théologique et mystique. Il est près du sommet de la révélation. Il enseigne d'une manière encore voilée le secret des secrets. La finalité ultime de la Création est évidemment connue de celui qui est le Créateur. Il peut communiquer s'il le veut le secret de son dessein créateur. Primum in intentione, ultimum in executione. C'est ce qu'écrit

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Schimeôn surnommé le Rocher dans sa première lettre réputée apocryphe depuis l'école de Tûbingen : 1 Pierre 1, 20 : Le Maschiah, celui qui a reçu l'onction, il a été connu à l'avance, avant la création du monde, mais il s'est manifesté dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim). La finalité ultime de la Création est connue à l'avance, avant la création du monde. L'auteur de cette lettre était donc scotiste. Cela ne prouve pas qu'il ait vécu au XIVe siècle ou plus tard. Cela prouve que le bienheureux Jean Duns Scot, mort en 1308, a bien compris la pensée de Pierre. Ce n'est évidemment pas un hasard si l'idée de finalité a été objet d'exécration dans la philosophie moderne depuis Spinoza au moins : l'idée d'une causalité première intelligente, implique la connaissance de la finalité. Or c'est cette causalité première intelligente qu'il s'agit d'exterminer, aussi bien dans la tradition matérialiste que dans la tradition idéaliste. Il a fallu beaucoup de mépris et d'ignorance, à nombre d'exégètes depuis Renan, pour s'imaginer que le Cantique des Cantiques est un ramassis de chansons de corps de garde plus ou moins grivoises, qui ont été mises par mégarde dans la Bibliothèque sacrée des Hébreux. Dès le début, Schir ha-schirim donne la clef : Cantique 1,3: Une huile qui a été versée, son nom... Le verbe hébreu maschah, oindre avec de l'huile, s'applique — au Temple, Exode 30, 26 ; 40, 9, etc. ; Lévitique 8, 10 ; etc., — aux rois, 1 Samuel 16, 3 ; etc., — au grand prêtre, Exode 29, 7, etc., 40, 13 ; Lévitique 8, 12 ; 16, 32 ; aux kôhanim, Exode 28, 41 ; 29, 29 ; etc., — au prophète, 1 Rois 19, 16. Isaïe 61, 1 : L'esprit de adônaï YHWH sur moi, parce qu'il m'a oint (hébreu maschah) YHWH... Jérusalem personnifiée, Cantique 1,5: Noire moi [je suis] et belle, filles de Jérusalem... Jérusalem personnifiée, qui parle, a été brûlée lors de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 587 avant notre ère.

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Jérusalem, la ville, est comparée à une femme, Cantique 4, 4 : Comme la tour de David, ton cou... Cantique 8, 10 : Moi [je suis] une muraille, et mes seins [sont] comme des tours... La tête du hatan est couverte d'or — la couronne, la lamelle d'or du grand prêtre, Exode 28, 36. Cantique 5, 11 : Sa tête [est] d'or... La chérie est belle comme Jérusalem, Cantique 6, 4. Ton cou comme la tour de l'ivoire, Cantique 7, 5. Tes yeux, des lacs dans Heschbôn, sur la porte de Batrabbim, la fille des nombreux... Ton nez comme la tour du Liban qui observe la face de Damas. La tête sur toi comme le Carmel, et la chevelure de ta tête comme de la pourpre (Exode 25, 4 ; 26, 1 ; etc.). Il suffit de prendre les propositions, les analogies, les comparaisons, à l'envers, pour avoir le sens : — la tour d'ivoire, c'est ton cou ; — les lacs, ce sont tes yeux ; — la tour du Liban, c'est ta narine ; — le Carmel, c'est ta tête ; — les couleurs du rideau du Temple et du vêtement du grand prêtre, c'est ta chevelure, etc. Cantique 7, 9 : Et qu'ils soient donc, tes seins, comme les grappes de la vigne... Isaïe 5, 1 : Que je chante donc pour mon chéri le chant de mon chéri à sa vigne... Une vigne était à mon chéri... Parce que la vigne de YHWH des armées [c'est] la maison d'Israël, et l'homme de Iehoudah le plant de son amour... Ezéchiel 16, 7 : Comme le germe du champ je t'ai donné [d'être], et tu es devenue nombreuse, et tu as grandi et tu es devenue grande, et tu es entrée dans le temps des périodes... Les seins sont devenus durs, tes poils ont poussé et toi [tu étais] nue... Et je suis passé au-

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dessus de toi et je t'ai vue et voici [c'était] ton temps, le temps des amours, et j'ai étendu mon aile sur toi et j'ai recouvert ta nudité, et j'ai fait serment pour toi, à toi, et je suis entré en alliance avec toi, oracle de adônaï YHWH, et tu as été à moi... Et je t'ai lavée dans les eaux et j'ai enlevé à grandes eaux tes sangs de dessus toi, et j'ai versé de l'huile sur toi... Cantique 6, 3 : Moi [je suis] à mon chéri et mon chéri [est] à moi... Cantique 7,11: Moi [je suis] à mon chéri et sur moi son désir... Cantique 8, 8 : Une sœur [est] à nous, petite, et des seins il n'en est pas [encore] à elle... Ezéchiel 23, 2 : Fils d'homme, deux femmes, filles d'une même mère, étaient. Et elles se sont prostituées en Egypte... Et leurs noms : Ahalah ou Ôhôlah (ôhel, la tente = celle qui a sa propre tente, son propre sanctuaire), la grande, et Ahali-bah ou Ôholi-bah (ma tente = mon Temple est en elle), sa sœur. Et elles ont été à moi et elles ont enfanté des fils et des filles, et leurs noms Schômerôn [= Samarie] (c'est) Ôhôlah, et Jérusalem [c'est] Ôhôli-bah. Et elle s'est prostituée Ôhôlah... aux Assyriens... Elle a vu sa sœur, Ôhôli-bah, et elle s'est corrompue... Cantique 8, 10 : Moi [je suis] une muraille et mes seins [sont] comme les tours... [= les tours de la Ville, de Jérusalem, sont comme les seins de la femme, Jérusalem personnifiée]. ... Ainsi j'ai été à ses yeux comme celle qui a trouvé la paix (hébreu schalôm). [Jeu de mots sur Ierouscha-laïm.] Une vigne était à Schelômoh dans Baal-Hamôn. Il a donné la vigne à ses gardiens... Isaïe 5, 1 : Une vigne était à mon chéri... (hébreu iadid, le chéri). 2 Samuel 12, 24 : Et il a consolé, David, Batscheba sa femme et il

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est allé vers elle et il a couché avec elle, et elle a enfanté un fils et il a appelé son nom Schelômoh, et c'est YHWH qui l'a aimé. Et il a envoyé [il = YHWH] dans la main de Natan le prophète, [le message], et il a appelé son nom Iedid-iah, chéri de YHWH, à cause de YHWH... La traduction de Iedid-iah en grec, c'est Theophilos, le nom du frère de Ionatan, fils de Hanan. Luc 1,3: Excellent Theophilos... Actes 1, 1 : La première parole, nous l'avons faite au sujet de tout, Theophilos, ce qu'il a commencé, Ieschoua, de faire et d'enseigner... Pour comprendre la signification initiatique ou ésotérique de Schir ha-schirim, les oracles relativement tardifs qui ont été réunis et recopiés à la fin du rouleau du prophète Isaïe du VIIIe siècle avant notre ère sont particulièrement importants. Isaïe 62, 1 : A cause de Tziôn je ne resterai pas muet, et à cause de Jérusalem... Elles verront, les nations, ta justice et tous les rois, ta gloire... Et on criera à toi un nom nouveau que la bouche de YHWH fixera. Et tu seras une couronne de splendeur dans la main de YHWH et une tiare royale dans la paume de ton Dieu. On ne dira plus à toi encore : Abandonnée ! Et à ton pays on ne dira plus encore : Dévastation (hébreu schemamah). Car à toi il sera crié : Mon plaisir en elle ! Et à ton pays : Épousée ! Car le plaisir de YHWH en toi et ton pays sera épousé. Car il épouse, le jeune homme, une vierge... Il se réjouit, celui qui épouse (hébreu hatan, grec numphios), sur celle qui est épousée (hébreu kallah, grec numphè), il se réjouira sur toi ton Dieu... Sur tes murailles, Jérusalem, j'ai institué des gardiens. Tout le jour et toute la nuit continuellement ils ne restent pas muets. Il font qu'il se souvienne [de toi] YHWH... Isaïe 65, 17 : Car me voici en train de créer des cieux nouveaux et

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une terre nouvelle, et on ne se souviendra plus des premières [choses] et elles ne monteront plus au cœur [= à la pensée, à l'intelligence]... Car me voici en train de créer Jérusalem, exultation et son peuple, une allégresse. Et j'exulterai dans Jérusalem et je me réjouirai dans mon peuple... Isaïe 66, 10 : Réjouissez Jérusalem et exultez en elle, tous ceux qui l'aiment... Afin que vous tétiez et que vous soyez rassasiés de son sein... Car ainsi il a parlé, YHWH : Me voici en train d'étendre vers elle, comme un fleuve, la paix (hébreu schalôm), et comme un torrent... la gloire des nations... Isaïe 66, 22 : Comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que moi je suis en train de faire, ils se tiennent debout devant ma face, oracle de YHWH, — ainsi elle subsistera votre semence (hébreu zera, grec sperma), et votre nom... Les oracles qui ont été recueillis et recopiés à la fin du grand rouleau du prophète Isaïe sont probablement, à peu de chose près, contemporains de Schir ha-schirim. Ce sont des prophéties qui portent sur l'avenir de la Création : la création des cieux nouveaux et de la terre nouvelle, la création de la nouvelle Jérusalem. Ces prophéties ont été incorporées dans le Schir ha-schirim. Celui-ci est donc pour une part une prophétie. Apocalypse 19, 7 : Parce qu'il est venu le mariage de l'agneau, et sa femme s'est préparée elle-même. Et il lui a été donné qu'elle soit revêtue de lin lumineux pur... Iohanan de l'Apocalypse prend la suite de Schir ha-schirim. Pour ce qui est de la philosophie de l'histoire, la philosophie politique, il prenait la suite du livre de Daniel. En ce qui concerne l'avenir de la Création, la finalité ultime de la Création, il prend la suite de Schir ha-schirim. Iohanan, — l'ascète du désert de Juda qui plongeait les pénitents dans les eaux du Jourdain et qui a été décapité sur ordre d'Hérode Antipas, fils d'Hérode dit le Grand —, pense et s'exprime dans le système de référence

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de Schir ha-schirim. Jean 3, 22 : Et après cela il est venu Ieschoua et ceux qui apprenaient avec lui (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets, construction hébraïque) au pays de Iehoudah... Et il y avait aussi Iohanan qui était en train de plonger [les pénitents] à Einôn (hatzar einôn) près de Schalem, parce qu'il y avait beaucoup d'eaux, en cet endroit... Car il n'avait pas encore été jeté dans la prison, Iohanan. Et alors il y a eu une discussion de certains d'entre les disciples de Iohanan avec des Judéens au sujet de la purification (grec katharismos, hébreu kippourim, Exode 29, 36 ; 30, 10, expiation ; ou taharah, Lévitique 14, 32; 15, 13; etc.). Et alors ils sont venus vers Iohanan et ils lui ont dit : « Rabbi (en hébreu dans la traduction grecque), celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain (hébreu be-eber ha-iarden), celui en faveur de qui tu as attesté, voici que lui il plonge [les pénitents dans les eaux] et tous viennent vers lui. » Et alors il a répondu, Iohanan, et il a dit (la formule classique en hébreu: wa-iaan... wa-iômer)... : «Il ne peut pas, l'homme, recevoir ou prendre même une seule chose (hébreu probable dabar), si cela ne lui est pas donné venant des cieux [= de Dieu]. Vous-mêmes vous êtes témoins en ma faveur que j'ai dit: Je ne suis pas, moi, celui qui a reçu l'onction (hébreu ha-maschiah), mais : J'ai été envoyé devant sa face... » Malachie 3, 1 : Me voici qui envoie mon messager et il va déblayer une route devant ma face. Et tout d'un coup il entrera dans son Temple, le Seigneur (hébreu ha-adôn), que vous, vous recherchez et le messager de l'alliance que vous, vous désirez. Voici qu'il vient, a dit YHWH des armées... Cantique 2, 8 : La voix de mon chéri, voici c'est lui qui vient... Les oracles réunis sous le nom de Maleaki, mon messager, datent sans doute du Ve siècle avant notre ère, après la reconstruction du Temple de Jérusalem, 515 avant notre ère.

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Jean 3, 29 : ... Celui à qui appartient la kallah (grec numphe), celle qui est épousée, c'est lui le hatan (grec numphios), celui qui épouse. L'ami du hatan, il se tient debout et il entend la voix du hatan. Se réjouir, il se réjouit (construction hébraïque) à cause de la voix du hatan. Cette joie, la mienne, elle est complète, achevée. Lui il va devenir grand, et moi je vais devenir petit. Iohanan du désert de Juda applique donc au Rabbi ce que Schir haschirim disait du chéri, celui qui épouse la kallah, la nouvelle Jérusalem personnifiée. Iohanan, le kôhen du Temple de Jérusalem, a été le disciple de Iohanan, l'ascète du désert (Jean 1, 35 ; 1, 40). Iohanan de l'Apocalypse pense et s'exprime dans le même système de référence, celui de Schir ha-schirim. Le Rabbi lui-même répond à Iohanan dans ce même système de référence codé de Schir ha-schirim : Matthieu 9, 14 : Et alors ils se sont avancés vers lui, les disciples de Iohanan, pour dire : « Pourquoi donc est-ce que nous et les perouschim nous jeûnons, nous faisons des jeûnes nombreux, et tes disciples, ils ne jeûnent pas ? » Alors il leur a dit, Ieschoua : « Estce qu'ils peuvent, les fils de la tente nuptiale (grec oi huioi tou numphônos, hébreu benei ha-houppah), être dans le deuil, aussi longtemps qu'avec eux il est, le hatan (grec ho numphios) ? Ils viendront les jours lorsqu'il leur sera arraché, enlevé, le hatan, et alors ils jeûneront... » L'expression « les fils de la tente nuptiale » (hébreu benei houppah) était évidemment inintelligible pour un Grec ou un Romain du Ier siècle de notre ère. C'est la traduction littérale, comme d'habitude, en grec d'une expression hébraïque bien connue des rabbins. Pour comprendre cette expression hébraïque, il faut se souvenir que l'hébreu ben, le fils, est utilisé pour signifier une multitude de relations : Fils de cinq cents ans (Genèse 5, 32) = âgé de... Les traducteurs en langue grecque ont souvent supprimé le

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mot fils dans leur traduction. — Les fils de la rébellion, Nombres 17, 25. Les fils de la misère, Proverbes 31,5. Les fils de l'injustice, 2 Samuel 7, 10. Fils de la mort (hébreu ben mawet), 1 Samuel 20, 31 ; 26, 16. 2 Samuel 12, 5 : Fils de la mort [il est], l'homme qui a fait cela... Matthieu 23, 15 : Fils de la vallée des fils de Hinnom... Il est évident, de nouveau, que cette expression était strictement inintelligible pour un Grec ou un Romain du Ier siècle de notre ère, comme elle l'est pour un Français d'aujourd'hui. Marc 2, 19 : Est-ce qu'ils peuvent, les fils de la tente nuptiale, tant que le hatan (grec ho numphios) est avec eux, jeûner ? Aussi longtemps que le hatan est avec eux, ils ne peuvent pas jeûner... Viendront les jours, lorsqu'il leur sera arraché, le numphios, le hatan... Luc 5, 34 : Est-ce que vous pouvez, les fils de la tente nuptiale, tant que le hatan est avec eux, les faire jeûner? Ils viendront, les jours, et lorsqu'il leur sera arraché, le hatan, alors ils jeûneront, dans ces jours-là... Schaoul surnommé Paulus pense et s'exprime lui aussi dans le même système de référence de Schir ha-schirim, tout comme Iohanan qu'il connaissait : Éphésiens 1, 22 : L'Église (hébreu ekklèsia, hébreu qahal ou qehillah, la communauté chrétienne, qui est son corps (grec sôma, hébreu probable basar)... Éphésiens 5, 25 : Comme le Maschiah, celui qui a reçu l'onction, a aimé la communauté (grec ekklèsia) et il a donné son âme pour elle, afin de la sanctifier, il l'a purifiée..., afin de la faire se tenir debout pour lui pleine de gloire, la communauté (grec ekklèsia), sans une tache, sans une ride... Ainsi ils doivent, les hommes, aimer leurs propres femmes comme leur propre chair. Celui qui aime sa femme, c'est son âme qu'il aime. Car personne n'a haï sa propre chair (grec

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sarx, hébreu basar), mais il la nourrit et il la soigne, tout comme le Maschiah le fait pour la communauté (grec ekklèsia). Parce que membres nous sommes de son corps. C'est pourquoi il quittera, ou il abandonnera, l'homme [chacun] son père et sa mère et il s'attachera dans sa femme et ils seront une chair unique (Genèse 2, 24). Ce secret ontologique intelligible (grec mustèrion, hébreu sôd) est grand. Moi je dis [cela] par rapport au Maschiah et à la communauté (grec ekklèsia). Ce secret ontologique intelligible qui se transmet de la bouche à l'oreille, d'initié à initié, c'est celui qui est contenu dans Schir ha-schirim. Le but de la Création, la finalité ultime de la Création, c'est une union, sans mélange, sans confusion, sans séparation, de l'humanité nouvelle créée et sainte, à l'Unique incréé. Apocalypse 19, 7 : Parce qu'il est venu le mariage de l'agneau, et sa femme s'est préparée elle-même... L'agneau, c'est évidemment celui que Iohanan, l'ascète du désert, désignait par ce terme : Jean 1, 29 : Et le lendemain, il voit Ieschoua qui vient vers lui et il dit : « Voici l'agneau de Dieu.. » Jean 1, 35 : Et le lendemain de nouveau il était debout, Iohanan, et, d'entre ceux qui apprenaient avec lui, deux. Et il a levé les yeux sur Ieschoua qui marchait et il a dit : « Voici l'agneau de Dieu.. » Exode 12, 1 : Et il a dit, YHWH, à Môscheh et à Aharôn dans le pays d'Egypte... «Ce mois-ci, pour vous [il est] la tête des mois, le premier, lui, pour vous, parmi les mois de l'année. Parlez à toute la communauté d'Israël pour dire : Au dix de ce mois, qu'ils prennent pour eux chacun un agneau (hébreu seh) pour une maison... Un agneau parfait, mâle, fils de l'année [= âgé d'un an], il sera pour vous... Et il sera pour vous en garde jusqu'au quatorzième jour de ce

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mois-ci, et ils le sacrifieront, [les hommes de] toute la communauté de l'assemblée d'Israël, entre les deux soirs. Et ils prendront du sang... Et ils mangeront la chair dans cette nuit-là... Et c'est comme ça que vous le mangerez : les reins ceints, vos sandales à vos pieds, et vos bâtons dans vos mains, et vous le mangerez dans la précipitation : pesah (transcription en caractères grecs mais non traduit : paschq), lui, pour YHWH... Et je passerai dans le pays d'Egypte dans cette nuit-là... Et il sera, le sang pour vous, signe sur vos maisons, que vous [êtes] là et je verrai le sang et je sauterai (hébreu le verbepasah) au-dessus de vous... » Pour Iohanan, le kôhen du Temple de Jérusalem, nous l'avons vu (cf. p. 272), la fête et pesah, cette année-là, était le vendredi, le jour où le Rabbi a été cloué sur une croix (Jean 18, 28). Tandis que pour Matthieu, Marc et Luc, la fête de pesah était le jeudi soir, la veille (Matthieu 26, 17 ; Marc 14, 12 ; Luc 22, 7. Cf. p. 266-267). Les calendriers n'étaient pas les mêmes. Pour Iohanan de l'Apocalypse, l'agneau c'est bien entendu le même, Apocalypse 5, 6 : l'agneau égorgé (Apocalypse 6, 1 ; 12, 11 ; 14, 1 ; 17, 14 ; 19, 7 ; 21, 14 ; 22, 1 ; etc.). Schaoul surnommé Paulus pense de même : 1 Corinthiens 5, 7 : Notre pesah [= notre agneau de pesah] a été sacrifié, [c'est le] Maschiah... La femme de l'agneau c'est évidemment la petite communauté chrétienne, la nouvelle Jérusalem, dont il a déjà été question. Apocalypse 12, 1 : Une femme habillée de soleil, et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Et elle est enceinte et elle crie... Et elle a enfanté un fils, un mâle... Et il a été arraché, son fils [et conduit] vers Dieu et vers son trône. Et la femme s'est enfuie dans le désert, là où il est pour elle un lieu préparé par Dieu... Apocalypse 12, 13 : Et le monstre marin... a persécuté la femme qui

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a enfanté le mâle. Et furent données à la femme les deux ailes de l'aigle, le grand, afin qu'elle s'envole dans le désert, dans son lieu... Il existe donc deux femmes dans l'Apocalypse : — la prostituée, la femme Iezabel, Apocalypse 2, 20 ; 1 Rois 16, 31 ; la prostituée assise sur la bête, la femme revêtue des couleurs du haut sacerdoce de Jérusalem, ivre du sang des disciples du Rabbi, Apocalypse 17, 1 ; Jérusalem personnifiée, Apocalypse 17, 18. — Et la nouvelle Jérusalem, qui est la kallah, l'épousée, la chérie, Apocalypse 19, 7. Shir ha-schirim est un livre très savant. Peut-être trop savant pour nos érudits des XIXe et XXe siècles. Le rouleau d'Esther Apocalypse 19, 9 : Heureux ceux qui au festin du mariage de l'agneau ont été appelés... Esther 1,2: Dans ces jours-là, alors qu'il était assis, le roi,... sur le trône de sa royauté..., dans la troisième année de son règne, il a fait un festin (hébreu mischteh) pour tous ses princes et ses serviteurs... Et lorsqu'ils ont été remplis, ces jours-là, il a fait, le roi, pour tout le peuple... un festin de sept jours... Et aussi Waschtti la reine a fait un banquet de femmes [dans la] maison royale qui était au roi... L'hébreu Waschtti est transcrit en caractères grecs 1. Astin 2. Ouastin. Tous les noms propres hébreux ont un sens. A plus forte raison, tous les surnoms hébreux ont-ils un sens, souvent traduits en grec et même en latin comme nous l'avons vu à plusieurs reprises. A ma connaissance du moins, personne n'a encore découvert le sens de ce nom propre de la reine. Cela laisse supposer qu'il s'agit d'un nom qui renferme un secret, comme par exemple Scheschak = Babel (Jérémie 25, 26 ; 51, 41 ; cf. p. 334). Esther 1, 10 : Au septième jour, comme il était heureux le cœur du

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roi, dans le vin, il a dit... aux sept eunuques qui faisaient le service à la face du roi, de faire venir, de faire entrer Waschtti la reine devant la face du roi avec la couronne royale pour faire voir aux peuples et aux princes sa beauté, car belle à voir elle [était]. Et elle a refusé, la reine Waschtti, de venir à la parole du roi, qui était [transmise] dans la main des eunuques. Et alors il s'est mis en colère, le roi, grandement, et sa fureur a brûlé en lui. Et il a dit, le roi, aux sages qui connaissent les temps... : « Selon l'ordonnance, la loi, qu'est-ce qu'il y a à faire avec la reine Waschtti puisqu'elle n'a pas fait la parole du roi?... » — Réponse d'un conseiller du roi (Esther 1, 19) : « Si cela paraît bon au roi, que sorte une parole de royauté de devant sa face et qu'elle soit écrite... Qu'elle n'entre plus Waschtti devant la face du roi... et que la royauté, il la donne, le roi, à une compagne meilleure qu'elle... » Esther 2, 1 : Et après ces paroles, comme elle était retombée, la fureur du roi... il s'est souvenu de Waschtti et de ce qu'elle a fait et de ce qui avait été décidé sur elle. Et ils ont dit, les serviteurs du roi qui le servaient : « Que l'on recherche pour le roi des jeunes filles vierges et belles à voir. Qu'il établisse, le roi, des inspecteurs, des visiteurs, dans toutes les provinces de son royaume et que l'on rassemble toute jeune fille vierge, belle à voir... Et la jeune fille qui sera bonne aux yeux du roi, elle régnera à la place de (hébreu tahat, grec anti, Jean 1, 16) Waschtti. » Et elle a été bonne, la parole, aux yeux du roi, et il a fait ainsi... Esther 2, 5 : Un homme judéen était dans Suse et son nom Mardokai (étymologie incertaine, fils de Iaïr = YHWH illumine, transcription en caractères grecs Iairos = Luc !)..., un homme de [la tribu de] Benjamin, qui avait été déporté loin de Jérusalem avec la déportation qui avait été déportée avec Iekôniah, roi de Juda, qu'il avait déporté, Nabuchodonosor, roi de Babel. Et il était celui qui élève, qui rend solide (le verbe hébreu aman, kal participe ômen), Hadassah [c'est] elle Ester, ou : elle [est] Ester, fille de son oncle, car il n'était pas à elle de père et de mère...

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L'hébreu hadas signifie le myrte, Isaïe 41, 19 ; 55, 13 ; Zacharie 1, 8 ; 1, 10 ; etc. Mais il se pourrait qu'il y ait un jeu de mots avec hadaschah, la nouvelle. Jérémie 31, 31 : Voici que des jours viennent, oracle de YHWH, et je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de lehoudah une alliance nouvelle (hébreu berit hadaschah). Non pas comme l'alliance que j'ai conclue avec leurs pères... Car voici l'alliance que je conclurai avec la maison d'Israël après ces jours-là ; oracle de YHWH : J'ai donné [= je donnerai] mon instruction (hébreu torah) à l'intérieur d'eux et sur leur cœur je l'inscrirai, et je serai pour eux Dieu, et eux ils seront pour moi un peuple... Cantique 2, 16 : Mon chéri [est] à moi et moi [je suis] à lui... Ester ne se retrouve pas ailleurs dans la Bibliothèque hébraïque. Étymologie inconnue. Certains érudits ont pensé au grec aster, l'étoile, d'autres à Istar, divinité babylonienne. Il est permis de se demander s'il n'y a pas ici un jeu de mots avec l'hébreu seter, ce qui est caché, secret. Seter, Cantique 2, 14 ; Deutéronome 13, 7 ; etc. Isaïe 45, 19 ; 48, 16 ; Jérémie 37, 17 ; 38, 16 ; 40, 15 ; etc. Psaume 139, 15. Le verbe hébreu satar, niphal parfait nistar, imparfait isater, signifie : se cacher, Jérémie 36, 19. Hiphil parfait histir, cacher Isaïe 29, 15. La forme mistatar, participe, 1 Samuel 23, 19; 26, 1, se cacher. Proverbes 25, 2: La gloire de Dieu, [c'est de] cacher, garder secrète (hébreu hasetter) une parole (hébreu dabar). Esther 2, 16 : Et elle a été prise, Ester [pour aller] vers le roi..., vers la maison de sa royauté, dans le dixième mois... dans le septième de son règne... Et il a aimé, le roi, Ester, plus que toutes les femmes, et elle a élevé, soulevé, porté (le verbe hébreu nasa) grâce et bienveillance (hébreu hen we-hesed, grec charis kai eleos), à sa face, plus que toutes les vierges et il a posé la couronne de la royauté (hébreu keter malkout, grec diadèma tes basileias), sur sa tête, et il l'a faite reine à la place de Waschtti (hébreu tahat, grec

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anti. Jean 1, 16: charin anti charitos... Une grâce à la place d'une grâce). Et il a fait, le roi, un grand festin (hébreu mischteh gadôl), pour tous ses princes et tous ses serviteurs : le festin d'Esther (hébreu mischteh ester, grec tous gamous)... Les savants exégètes se sont souvent étonnés que dans le rouleau d'Esther, qui a pris place dans la sainte Bibliothèque hébraïque, le nom de Dieu n'est jamais prononcé. L'explication est peut-être très simple. C'est que dans cette histoire, dans ce mâschâl, dans ce conte à contenu théologique, tout comme Job, Jonas, Ruth, etc., c'est le grand roi, le roi de Perse, qui tient la place de Dieu, qui fait fonction de Dieu. Matthieu 22, 2 : Il est semblable, le royaume ou le règne des cieux, à un roi de chair et sang (hébreu melek basar we-dam), qui a fait un festin (grec gamous, hébreu mischteh, Genèse 29, 22 ; Esther 2, 18 ; 9, 22) pour son fils et il a envoyé ses serviteurs pour appeler ceux qui étaient appelés au festin (grec eis tous gamous), et ils n'ont pas voulu venir... Alors le roi s'est mis en colère... Et alors il a dit à ses serviteurs : « Mon festin est prêt, mais ceux qui avaient été appelés n'étaient pas dignes... » Matthieu 25, 1 : Et alors il sera semblable, le royaume ou le règne de Dieu, à dix vierges qui ont pris leurs lampes et qui sont sorties à la rencontre du hatan (grec numphios = celui qui épouse)... Il a tardé le hatan et alors elles se sont endormies... Au milieu de la nuit, un cri : « Voici le hatan, sortez à sa rencontre... » Tandis que les sottes étaient parties... il est venu le hatan, et celles qui étaient prêtes sont entrées avec lui dans le festin (grec eis tous gamous)... Le rouleau d'Esther a peut-être été composé au IIe siècle avant notre ère. Les vierges de Matthieu 25, 1 et de Esther 2, 2 sont probablement les nations ; — la vierge d'Israël, Amos 5, la 2; Jérémie 18, 13 ; 31, 4; 31,

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31 ; — la vierge, fille de Tzidôn, Isaïe 23, 12 ; — la vierge, fille de Iehoudah, Lamentations 1, 15 ; — la vierge, fille de Tziôn, Isaïe 37, le 22 ; — la vierge, fille de l'Egypte, Jérémie 46, 11 ; — la fille de Babel, Psaume 137, 8 ; etc. Probablement aussi les jeunes filles de Cantique 1,3. Apocalypse 21, 1 : Et j'ai vu des cieux nouveaux et une terre nouvelle. Car les cieux, les premiers, et la terre, la première, ils étaient passés, partis, et la mer n'existe plus... Isaïe 65, 17 : Car me voici en train de créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle. Et on ne se souviendra plus des premières et elles ne monteront plus au cœur [= à l'esprit, à la pensée]. Isaïe 66, 22 : Car comme les cieux nouveaux et la terre nouvelle que moi je suis en train de faire, tiendront debout devant ma face, oracle de YHWH des armées, ainsi elle se tiendra debout votre semence et votre nom... Iohanan de l'Apocalypse prend la suite et la succession de l'inconnu qui a composé les oracles recopiés à la suite et à la fin du rouleau d'Isaïe, oracles qui datent peut-être du retour de l'exil à Babylone. Apocalypse 21, 2: Et la ville la sainte, Jérusalem nouvelle, et je l'ai vue qui descendait des cieux venant de Dieu, préparée comme la fiancée, l'épousée (grec numphè, hébreu kallah), ornée pour son homme... Isaïe 61, 10 : Le hatan exerce la fonction de kôhen... et la kallah se décore avec ses objets... (Ezéchiel 16, 11 ; 16, 13). Iohanan prend la suite de Schir ha-schirim, et des oracles dont Schir ha-schirim est constitué. Apocalypse 21, 3 : Et j'ai entendu une voix grande venant des cieux qui disait : « Voici la tente ou la demeure de Dieu avec les hommes

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et il demeurera avec eux... » Le grec skènè traduit l'hébreu ôhel, la tente, Genèse 4, 20 ; 12, 8 ; 13, 3 ; etc. Ou l'hébreu mischkan, la demeure, du verbe schakan, demeurer, Exode 25, 9 ; 26, 1 ; etc. Iohanan, le kôhen du Temple de Jérusalem, tout à fait au début de l'Évangile que nous avons l'habitude d'appeler quatrième, emploie le même verbe hébreu schakan, habiter, demeurer. Exode 25, 8 : Et ils feront pour moi un sanctuaire (hébreu miqdasch) et j'habiterai, ou demeurerai (hébreu le verbe schakari) au milieu d'eux. Nombres 5, 3 : leur camp, que moi j'habite au milieu d'eux... Zacharie 2, 14 : Pousse des cris de joie et réjouis-toi fille de Tziôn, car me voici qui viens et je vais demeurer au milieu de toi (le verbe schakari), oracle de YHWH. Et elles s'attacheront, des nations nombreuses, à YHWH dans ce jour-là et elles seront pour moi un peuple [on ne peut pas, en français, traduire le lamed hébreu, qui indique la direction, la finalité, l'appartenance, l'intention], et j'habiterai (le verbe schakari) au milieu de toi et tu sauras que c'est YHWH des armées qui m'a envoyé vers toi... Jean 1, 14: Et l'acte de parler de Dieu (grec logos, hébreu probable dabar), — chair (grec sarx, hébreu basar [= homme], il a été, grec egeneto, qui traduit constamment le verbe être hébreu, suivi du lamed qui signifie l'intention la finalité, etc.) Et il a habité (grec skènoô, dresser une tente, hébreu probable schakari), au milieu de nous... Genèse 2, 7 : Et il a été, l'homme (hébreu ha-adam plus le lamed intraduisible), âme vivante (hébreu le-nephesch haiiah, grec kai egeneto ho anthrôpos eis psuchèn zôsari). Le traducteur inconnu de ce texte a donc traduit le lamed hébreu par le grec eis. Le traducteur de Paul (1 Corinthiens 15, 45) a fait de même. La pensée de Iohanan c'est donc que la nouvelle communauté, c'est-àdire ce que nous appelons l'Église, la nouvelle Jérusalem qui est la kallah, la chérie, la femme de l'agneau, c'est elle le nouveau Temple de Dieu. La ville de Jérusalem va être détruite, elle va être remplacée par la nouvelle épouse. Il n'y a pas lieu, me semble-t-il, de penser cette affaire en termes de

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punition ou de châtiment, mais bien plutôt en termes d'étapes successives de la Création. Schaoul surnommé Paulus dit la même chose dans sa propre langue. Colossiens 3, 9 : Dévêtez le vieil homme... et revêtez le nouveau... Il n'y a plus de Grec ni de Judéen, de circoncision ni de prépuce, de barbare, de Scythe, d'esclave, d'homme libre, mais il est tout en tous, celui qui a reçu l'onction... Colossiens 1, 13 : Il nous a transportés dans le royaume du fils de son amour, lui qui est la statue (grec eikôn, hébreu tzelem) du Dieu invisible, le premier-né de toute la Création... Et lui, il est la tête du corps, l'Église (grec ekklèsia, hébreu qehilah)... Parce qu'en lui il a paru bon [à Dieu] de faire habiter toute la plénitude... Colossiens 2, 9 : Parce qu'en lui habite toute la plénitude de la divinité... Apocalypse 21, 5 : Voici que je fais toutes choses nouvelles... Schaoul-Paulus, probablement compagnon de Iohanan : 2 Corinthiens 5, 17 : Si quelqu'un est dans celui qui a reçu l'onction (grec christos, hébreu ba-maschiah), [alors il est] nouvelle création. Les premières choses sont passées, voici que tout est devenu nouveau... 2 Corinthiens 4, 16 : Si notre homme extérieur se corrompt et périt, mais notre [homme] intérieur se renouvelle de jour en jour... C'est parce que la cosmologie hébraïque qui est la cosmologie chrétienne professe que l'Univers est un système provisoire, inachevé et périssable, c'est à cause de cela que l'anthropologie chrétienne peut

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professer que la création de l'homme se fait par étapes, que le premier homme créé était l'homme animal, l'animal homme (1 Corinthiens 15, 45) et que le vieil homme, l'homme animal, doit consentir à une métamorphose afin qu'il devienne l'homme nouveau, qui est l'homme véritable (Éphésiens 2, 15 ; 4, 24). Apocalypse 21, 9 : Viens, je vais te montrer la kallah (grec numphè), la femme de l'agneau. Et il m'a conduit en esprit sur une montagne grande et élevée et il m'a montré la ville, la sainte, Jérusalem qui descendait des cieux venant de Dieu. A elle appartient la gloire de Dieu. Sa lumière, sa splendeur, son luminaire (grec phôstèr, hébreu maôr, Genèse 1, 14; 1, 16; ou zôhar, Daniel 12, 3), c'est comme une pierre très précieuse (hébreu ke-eben iqarah meôd)... A elle est une muraille grande et haute. A elle sont douze portails (grec pulôn, hébreu schaar), et sur les portails douze messagers et des noms sont inscrits dessus qui sont les noms des douze tribus d'Israël... Comme Schir ha-schirim, la chérie, la bien-aimée, celle qui est épousée, c'est la nouvelle Jérusalem personnifiée, la communauté de la nouvelle alliance, la nouvelle humanité en genèse. Apocalypse 21, 14 : Et à la muraille de la ville sont douze fondations, et sur ces fondations les noms des douze envoyés de l'agneau... Matthieu 10, 1 : Et il a appelé ses douze disciples (grec mathètas, hébreu talmidim)... Des douze envoyés, les noms sont ceux-ci : Schimeôn celui qui est appelé Rocher, et Andréas son frère, etc. Marc 3, 14 : Et il a fait douze... (L'emploi du verbe faire, asah, en hébreu) qu'il a appelés envoyés (grec apostolous, hébreu haschelihim)... Luc 6, 13 : Il a appelé ceux qui apprenaient avec lui et il a choisi

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parmi eux douze, qu'il a appelés envoyés (grec apostolous, hébreu schelihim)... L'Évangile de Jean ne rapporte pas cette nomination, tout simplement parce que Jean n'y était pas. Jean-Iohanan est un disciple éminent, peutêtre le premier des disciples (Jean 1, 35), mais il ne fait pas partie des douze, et il n'a pas été envoyé en mission, apostolos, il est resté dans le Temple de Jérusalem. Le Iohanam de l'Apocalypse connaît les noms des douze envoyés, mais il semble bien qu'il ne se mette pas lui-même dans le nombre. L'affaire du Temple Apocalypse 21, 22 : Et un Temple (grec naos, hébreu heikal, 1 Samuel 1, 9 ; 3, 3 ; 2 Samuel 22, 7 ; etc.), je n'ai pas vu en elle [= dans la nouvelle Jérusalem qui descend des deux]. Parce que YHWH, Dieu des armées, est son temple et l'agneau. Et la ville, elle n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'illuminer, car c'est la gloire de Dieu qui l'illumine, et sa lampe, c'est l'agneau. Et elles marcheront les nations païennes à sa lumière... Pour comprendre quelque chose à cette affaire du Temple, il faut se souvenir de ce qu'est la cosmologie chrétienne. Il existe une cosmologie chrétienne, comme il existe une ontologie chrétienne et une anthropologie chrétienne. La cosmologie chrétienne, comme l'ontologie et l'anthropologie chrétiennes, c'est la cosmologie, l'ontologie et l'anthropologie hébraïques. La cosmologie chrétienne, tout comme la cosmologie hébraïque qu'elle continue, professe que l'Univers physique existe réellement ; elle n'est donc pas idéaliste. Mais elle professe aussi que l'Univers physique n'est pas l'Être absolu, la totalité de l'être, ou l'être pris absolument. Elle est donc aussi bien opposée au matérialisme qu'à l'idéalisme. La cosmologie chrétienne, exactement comme la cosmologie hébraïque, pense que l'Univers, qui n'est pas l'Être absolu, a commencé, —

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ce qui était très original lorsque cette idée est apparue chez les Hébreux —, et qu'il s'use, comme un tapis ou un vêtement. Psaume 102, 25 : Avant, la terre, tu l'as fondée, et l'action de tes mains, les cieux. Eux ils périront et toi tu subsistes (le verbe hébreu amad, s'avancer et se tenir debout). Et eux tous comme un habit, ils s'en vont en loques (le verbe hébreu balah), comme un vêtement tu les changes et ils sont changés... Nous ne savons pas exactement quelle est la date de la composition de ce psaume 102. Mais nous nous souvenons qu'Aristote, né 384 avant notre ère, enseignait que l'Univers physique est un système divin, incréé évidemment, sans commencement, sans génération, sans usure, sans vieillissement, éternel dans le passé, éternel dans l'avenir. Matthieu 24, 35 : Les cieux et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas... L'Univers physique passera mais l'information créatrice communiquée par le Rabbi ne passera pas, puisqu'elle continuera à informer l'humanité nouvelle qui subsistera. La proposition notée en Matthieu 24, 35 était elle aussi très originale autour de l'année 30 de notre ère. Les chrétiens se sont depuis quelques siècles quelque peu désintéressés de la cosmologie. Or la théorie générale du réel qui est le christianisme, implique et comporte une cosmologie. Cet Univers-ci, que les astrophysiciens étudient, est un système historique, évolutif, qui s'use et qui périra, un système caduc, dans lequel tout est en régime de genèse et de corruption, — exactement le contraire de ce qu'enseignait Aristote. Et c'est parce que cet Univers-ci, celui qu'étudie la physique cosmique, est périssable et provisoire ; c'est à cause de cela que des prophètes inconnus ont pu écrire : Isaïe 65, 17 : Car me voici, je suis en train de créer des cieux

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nouveaux et une terre nouvelle... Oracle repris par Iohanan (Apocalypse 21, 1). Et c'est parce que nous sommes dans une création inachevée et provisoire que la Création se continue et qu'elle se fait par étapes. Toute la spiritualité des Pères du désert repose sur cette donnée cosmologique. Schaoul-Paulus, le disciple, professe évidemment la même chose que son maître, 1 Corinthiens 7, 31 : Car elle passe la figure de ce monde de la durée présente... Le grec kosmos traduit peut-être l'hébreu ôlam, qui est généralement traduit, dans la traduction grecque de la Bibliothèque hébraïque, par le grec aiôn, Genèse 3, 22 ; 6, 3 ; 6, 4 ; 13, 15 ; etc. Le traducteur en langue grecque de la lettre aux Éphésiens 2, 2 utilise les deux mots grecs aiôn et kosmos pour traduire l'hébreu ôlam, l'expression hébraïque bien connue ôlam ha-zeh : Vous marchiez sur la bouche de (grec kata, hébreu le-pi ou al-pi) la durée de ce monde présent [= selon les normes ou les programmations de la durée du monde présent]. La Création s'effectue ou se réalise par étapes. Il ne faut donc pas forcément comprendre la destruction du Temple de Jérusalem durant l'été de l'année 70 comme un châtiment ou comme une punition. C'était, nous nous en souvenons, le point de vue de Joseph. En réalité il existe probablement une raison plus profonde. Le Temple de Jérusalem a constitué une étape. Cette étape est maintenant périmée, dans la pensée de Iohanan, comme dans la pensée de Schaoul surnommé Paulus, et dans la pensée de l'auteur encore inconnu de la lettre aux Hébreux. Nous entrons dans une nouvelle étape de l'histoire de la Création. 2 Samuel 7, 1 : Et il est arrivé, ou il est advenu (hébreu wa-iehi, littéralement il a été, traduction grecque constante kai egeneto) qu'il s'est assis le roi dans la maison, et c'est YHWH qui lui a donné le repos de tous côtés, de la part de tous ses ennemis, et alors (hébreu we, grec kai), il a dit, le roi, en s'adressant à Natan le prophète : «

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Vois donc ! Moi je suis assis dans une maison de cèdres et le coffre (hébreu arôn, grec kibôtos) de Dieu est assis au milieu de la tente de toile. » Et il a dit, Natan, au roi : « Tout ce qui [est] dans ton cœur [— dans ta pensée, dans ton intelligence], va, fais, parce que c'est YHWH qui [est] avec toi. » Et il est arrivé dans cette nuit-là et elle a été la parole de YHWH adressée à Natan pour dire : « Va et tu parleras à mon serviteur, à David. Ainsi a parlé YHWH : Est-ce que c'est toi qui vas bâtir pour moi une maison pour que j'y demeure ? Car je n'ai pas demeuré dans une maison depuis le jour où j'ai fait monter les fils d'Israël hors d'Egypte et jusqu'à ce jour, et j'étais marchant, allant, dans une tente (hébreu ôhel), et dans une demeure (hébreu mischkan). Dans tout [ce temps] que j'ai marché au milieu de tous les fils d'Israël, est-ce qu'une parole j'ai parlée en m'adressant à l'un [des chefs de l'une] des tribus d'Israël à qui j'ai commandé de faire paître mon peuple, Israël, en disant : Pourquoi donc est-ce que vous ne bâtissez pas pour moi une maison de cèdres ? Et maintenant ainsi tu parleras à mon serviteur, à David : Ainsi il a parlé, YHWH des armées : c'est moi qui t'ai pris, qui t'ai tiré du pâturage, de derrière le troupeau de petit bétail, pour être chef (hébreu nagid), prince, roi, sur mon peuple, sur Israël. Et j'étais, je suis, je serai (hébreu eheieh, Exode 3, 12 ; 3, 14) avec toi partout où tu as été et j'ai exterminé tous tes ennemis loin de ta face et je ferai pour toi un nom grand comme le nom des grands qui [sont] sur la terre. Et je placerai un lieu pour mon peuple, pour Israël et je le planterai et il habitera (hébreu schakan, grec kataskènôseî), à sa place (hébreu tahat)... Lorsqu'ils seront remplis, tes jours, et que tu te coucheras avec tes pères, alors (hébreu we, grec kai) je ferai se lever ta semence après toi, celle qui sortira de tes entrailles et je rendrai ferme, solide, sa royauté. C'est lui (zera) la semence (au masculin en hébreu) qui bâtira une maison pour mon nom et je rendrai ferme et solide le trône de sa royauté jusqu'à la durée indéfinie de l'avenir (hébreu ad ôlam, grec eis ton aiôna). Moi je serai pour lui père (en hébreu le lamed, intraduisible en français, grec eis paiera), et lui il sera pour moi fils (hébreu le-ben, grec eis huion). »

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Le lamed hébreu signifie ce que les scolastiques des XIIIe et XIVe siècles, à la suite de saint Augustin, vont appeler une relation. Il existe une relation qui va de Dieu à cet homme issu de David : relation de paternité. Et une relation qui va de cet homme à Dieu : relation de filiation. 2 Samuel 7, 15 : Et ma grâce, ma bienveillance (hébreu hesed), ne lui sera pas retirée. Et solide, ferme, certaine (hébreu neeman), ta maison et ta royauté jusqu'à la durée indéfinie dans l'avenir (hébreu ad ôlam) devant ma face... David a été roi vers 1000 jusqu'en 972 avant notre ère. Salomon est devenu roi en 972, jusqu'en 932. On observe que le point de vue du roi n'est pas le point de vue du prophète. On pouvait déjà discerner ce désaccord à propos de la fondation de la royauté en Israël : 1 Samuel 8, 4 : Et ils se sont rassemblés, tous les anciens d'Israël, et ils sont venus vers Schemouel à Ramah... Et ils lui ont dit: «Voici que toi tu es devenu vieux et tes fils, ils ne marchent pas dans tes voies. Maintenant établis pour nous un roi pour qu'il nous juge comme toutes les nations. » Et elle a été mauvaise, la parole, aux yeux de Schemouel, parce qu'ils avaient dit : « Donne-nous un roi pour nous juger. » Et il a prié, Schemouel, en s'adressant à YHWH. Et il a dit, YHWH, à Schemouel : « Écoute la voix du peuple pour tout ce qu'ils te diront, parce que ce n'est pas toi qu'ils rejettent, mais c'est moi qu'ils rejettent afin que je ne règne plus sur eux... Comme toutes les actions qu'ils ont agies depuis le jour où je les ai fait monter d'Egypte et jusqu'à ce jour, ils m'ont abandonné et ils se sont faits les esclaves des dieux étrangers, ainsi eux ils agissent aussi pour toi... » Selon le prophète inconnu qui a composé ce texte, l'institution de la monarchie en Israël était donc une apostasie.

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1 Rois 6, 1 : Et il est arrivé que (hébreu wa-iehi, grec kai egenèthë) en l'année quatre cent quatre-vingt, après la sortie des fils d'Israël hors du pays d'Egypte, dans la quatrième année, dans le mois de Ziv, c'est le deuxième mois, du règne de Schelômoh sur Israël, et alors (hébreu we, grec kai) il a commencé à bâtir la maison pour YHWH... Salomon est mort probablement en 923 avant notre ère. La quatrième année du règne de Salomon tourne autour de l'année 959 avant notre ère. Les travaux ont duré sept ans et cinq mois. 1 Rois 6, 9 : Et il a bâti la maison et il l'a achevée et il a recouvert, revêtu la maison avec des moulures et des panneaux faits avec des bois de cèdre... Et il a bâti la galerie contre toute la maison... Et elle était rattachée à la maison avec des bois de cèdre... 1 Rois 6, 14 : Et il a bâti, Schelômoh, la maison et il l'a achevée. Et il a bâti les parois de la maison à l'intérieur en planches de cèdre, depuis le sol de la maison jusqu'aux poutres du plafond ; il recouvrit de bois l'intérieur, et il recouvrit de planches de cyprès le sol de la maison. Et il a bâti à l'arrière de la maison vingt coudées en planches de cèdre depuis le plancher jusqu'aux poutres et il a bâti pour lui à l'intérieur... pour le debir [pour le Saint des Saints]... Texte hébreu incertain. Traduction incertaine. Le mot hébreu debir, non traduit en grec mais seulement transcrit en caractères grecs dabir, signifie sans doute : ce qui est le plus intérieur. Il semble bien que le debir soit identifié au Saint des Saints. Longueur :10 m. Largeur :10 m. Hauteur :10 m. Aucune fenêtre. 1 Rois 6, 18 : Et le cèdre à l'intérieur de la maison était sculpté en forme de coloquintes... Le tout [était] cèdre, il n'y avait pas de pierre visible. Et le debir au milieu de la maison, à l'intérieur, il a été préparé, disposé, pour placer là le coffre (hébreu arôn, grec kibôton) de l'Alliance de YHWH. Et devant la face du debir,... un

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autel de cèdre... Et il a revêtu, Schelômoh, la maison, à l'intérieur, avec de l'or fin... Et toute la maison il l'a revêtue d'or... et tout l'autel qui était au (hébreu lamed) debir, il l'a recouvert d'or... Cantique 1, 16: C'est la kallah qui parle, la chérie, Jérusalem personnifiée, elle s'adresse au hatan, celui qui l'épouse : « Voici que tu es beau, mon chéri... Les poutres de nos maisons [sont] des cèdres... » 1 Rois 6, 37 : En l'an quatre [du règne de Salomon] elle a été fondée, la maison de YHWH... Et en l'an onze... elle a été achevée, la maison... Ils l'ont bâtie en sept ans... Lorsque le Temple a été achevé, alors il a rassemblé, Salomon, tous les anciens d'Israël et tous les chefs de tribus, les princes des maisons paternelles des fils d'Israël (1 Rois 8, 1). Puis Salomon a béni toute l'assemblée d'Israël (hébreu kôl qehal israel, grec pasa ekklèsia israel, 1 Rois 8, 14). Un prophète inconnu, peut-être, a inséré la réflexion dans le texte de la prière du roi Salomon, à moins que ce ne soit Salomon luimême, ou l'historien qui a composé ce texte : 1 Rois 8, 27 : Est-ce que vraiment il va habiter, Dieu, sur la terre ? Voici que les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent te contenir. Est-ce que cette maison-ci, que j'ai bâtie [le pourrait] ? Correction métaphysique du prophète, ou de l'historien inspiré, que cette correction métaphysique soit l'œuvre de Salomon lui-même ou d'un scribe inspiré ultérieur, peu importe au théologien. La correction métaphysique y est et elle y est bien. En 597 avant notre ère, Nabuchodonosor (604-562) s'empare de Jérusalem. Le prophète Ézéchiel est déporté avec une partie de la population. Onze ans plus tard. 2 Rois 25, 1 : Et il est arrivé (hébreu wa-iehi) dans l'année neuvième de son règne [le règne de Tzideqi-iahou, 597-587], le

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dixième mois, le dix du mois, il est venu, Nabuchodonosor, roi de Babel, lui et toute son armée, sur Jérusalem, et il a campé contre elle, et ils ont construit contre elle une fortification tout autour. Et elle est entrée, la ville, en état de siège jusqu'à l'année onzième [la onzième année du roi Tzideqi-iahou, 588-587 avant notre ère]. 2 Rois 25, 8 : Au cinquième mois, le sept du mois [c'était l'année dix-neuf du roi Nabuchodonosor, roi de Babel, 587 avant notre ère], il est entré, Nabouza-radan, chef des gardes du corps, serviteur du roi de Babel, dans Jérusalem. Et il a brûlé la maison de YHWH et la maison du roi et toutes les maisons de Jérusalem et toute maison de grand [personnage] il a brûlé dans le feu, (hébreu saraph ba-esch, grec enem-prèsen — Matthieu 22, 7). Et la muraille de Jérusalem, tout autour, ils l'ont détruite, les hommes de l'armée des Chaldéens... Babylone est prise, mais non détruite, par Cyrus en 539 avant notre ère. Un prophète inconnu de nous, et dont les oracles ont été recopiés à la suite des oracles du prophète Isaïe du VIIIe siècle avant notre ère, annonce ce que va faire Cyrus : Isaïe 44, 24 : Ainsi a parlé YHWH, celui qui te rachète [pour te libérer], et qui te forme depuis la matrice. C'est moi, YHWH, qui fait tout. J'ai étendu les cieux tout seul. J'ai tassé la terre ; qui [était] avec moi?... Je fais tenir debout la parole de mon serviteur... Moi qui dis à Jérusalem : elle sera habitée, et aux villes de Iehoudah : elles seront rebâties, ses ruines, je vais les relever... Moi qui dis à Cyrus : mon berger... et tout ce qui me plaît, il va le réaliser, en disant à Jérusalem : Qu'elle soit rebâtie ! Et le Temple (hébreu heikal, grec ton oikon ton hagiori), la maison sainte : Tu seras fondé ! Isaïe 45, 1 : Ainsi a parlé YHWH à celui qui a reçu l'onction (hébreu li-meschihô, grec tô christô), à Cyrus que j'ai saisi par sa main droite pour soumettre devant sa face des nations..., pour ouvrir

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devant sa face les portes à deux battants et que les portails ne restent pas fermés... C'est moi devant ta face qui vais marcher... Et je te donnerai les trésors de ténèbre et les dépôts cachés afin que tu saches que moi [je suis] YHWH qui t'appelle par ton nom, Dieu d'Israël... En 538 avant notre ère, Cyrus publie un décret autorisant les Judéens à retourner en Judée. 2 Chroniques 36, 22 (= Esdras 1, 1) : Et dans l'année première de Cyrus, roi de Perse, pour accomplir la parole de YHWH sortie de la bouche de Jérémie, il a excité, suscité, YHWH, l'esprit (hébreu ruah, grec pneumà) de Cyrus, roi de Perse, et il a fait passer une voix dans tout son royaume et même dans un écrit, pour dire : « Ainsi a parlé Cyrus, roi de Perse. Tous les royaumes de la terre, il les a donnés à moi, YHWH dieu des cieux, et c'est lui qui m'a visité (hébreu paqad) pour bâtir pour lui une maison à Jérusalem qui est en Iehoudah. Qui, parmi vous, fait partie de tout son peuple, qu'il soit, son dieu, avec lui, et qu'il monte à Jérusalem qui [est] en Iehoudah et qu'il construise la maison de YHWH Dieu d'Israël. Lui [c'est] le dieu qui [est] à Jérusalem... » Et alors ils se sont levés les chefs des [maisons] des pères qui appartenaient à Iehoudah [= les Judéens] et à Beniamin, et les kôhanim et les Lévites [les hommes de la tribu de Lévy]. A tous ceux dont il a excité, suscité, Dieu, son esprit, pour monter, pour construire la maison de YHWH qui [est] à Jérusalem. Une première caravane est partie de Babylonie en 537 avant notre ère. Sous le règne de Darius Ier, 522-485 avant notre ère, la deuxième année de son règne, donc en — 520, les Judéens retournés en Judée commencent la construction de la maison de Dieu qui est à Jérusalem (Esdras 5, 2). Les travaux ont duré cinq ans, ils se sont terminés en — 515, la sixième année du règne du roi Darius (Esdras 6, 15). En — 168, Antiochus Épiphane occupe Jérusalem et pénètre dans le Temple. Le 15 décembre 167 avant notre ère, — c'est ce que le livre de

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Daniel appelle schiqqoutzim meschômem, Daniel 9, 27 (cf. p. 33) — sur l'aile (du Temple) schiqqoutzim meschômem, grec epi to hieron bdelugma ton erèmôseôn, 1 Maccabées 1, 54 : Le quinzième jour de kislew, en l'an cent quarante-cinq [= 8 décembre 167 avant notre ère], il a fait construire bdelugma erèmôseôs = Daniel 9, 27 schiqqoutzim meschômem, sur l'autel... Trois ans plus tard, Iehoudah et ses compagnons purifient le sanctuaire et font la fête de l'inauguration, le 25 décembre 164 avant notre ère (1 Maccabées 4, 35 : hébreu hannoukkah ; 4, 56 : grec egkainismon ; Jean 10, 22 : ta egkainia). Tandis qu'après l'édit de Cyrus de 538 avant notre ère, les Judéens revenus en Judée entreprennent de construire le Temple, entre — 520 et — 515, un prophète inconnu de nous, communique cet oracle qui a été recopié à la suite des oracles du prophète Isaïe : Isaïe 66, 1 : Ainsi il a parlé, YHWH. Les cieux [sont] mon trône, et la terre, l'escabeau de mes pieds. Quelle est donc cette maison que vous allez bâtir pour moi ? Et quel serait-il le lieu (hébreu maqôm, grec topos) de mon repos ? Et toutes ces choses, c'est ma main qui les a faites... Correction métaphysique de nouveau. Jérusalem a été prise par Pompée en 63 avant notre ère. En 20-19 avant notre ère, Hérode fils d'Antipater, en la dix-huitième année de son règne, entreprend de construire de nouveau le Temple de Jérusalem. Le gros œuvre était terminé en 9 de notre ère. Les travaux se sont poursuivis jusqu'en 64 de notre ère, deux ans avant le commencement de la guerre entre les Judéens et les Romains. Jean 2, 13 : Et elle était proche, [la fête de] pesah des Judéens, et il est monté à Jérusalem, Ieschoua. Et il a trouvé dans l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron, hébreu miqdasch) ceux qui

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vendaient du troupeau de gros bétail et du troupeau de petit bétail et des colombes, et ceux qui changeaient de l'argent, qui étaient assis là. Et il a fait un fouet (grec phragellion, n'existe pas en grec naturel, latin flagellum, hébreu des rabbins peragellin, peragôl, peragel) avec des cordes de jonc tressé, et tous il les a chassés hors de l'enceinte sacrée du Temple, les troupeaux de petit bétail, et les troupeaux de gros bétail, et des changeurs il a vidé la monnaie et les tables, il les a renversées. Et à ceux qui vendaient les colombes, il a dit : « Enlevez tout cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon père une maison de commerce. » Et alors ils se sont souvenus, ceux qui apprenaient avec lui (hébreu talmidim), qu'il est écrit [Psaume 69, 10] : C'est l'amour jaloux (hébreu qineah, grec zèlos) de ta maison qui m'a dévoré... Cantique 8, 6 : Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras car il est fort comme la mort, l'amour (hébreu ahabah, grec agapè) ; elle est dure comme le scheôl, la jalousie (hébreu qineah, grec zèlos). Ses flammes [sont] des flammes de feu ; une flamme de YHWH... Jean 2, 18 : Et alors ils ont répondu, les Judéens, et ils lui ont dit : « Quel est le signe que tu nous fais voir, pour te permettre de faire cela ? » Et il a répondu Ieschoua, et il leur a dit : « Détruisez ce temple (grec naos, hébreu heikaî), et en trois jours je le relèverai. » Et alors ils ont dit, les Judéens : « Cela fait maintenant quarante-six ans qu'il est en construction, le Temple [nous sommes donc autour de l'année 27], et toi en trois jours tu le relèveras ? » Mais lui il parlait du temple de son corps. Lorsque donc il s'est relevé d'entre les morts, alors ils se sont souvenu, ceux qui apprenaient avec lui, que cela il Pavait dit, et ils ont été certains de la vérité dans l'Écriture [sainte] et dans la parole qu'il a dite, Ieschoua... Dans l'hébreu des rabbins du Ier siècle de notre ère, le mot baït, pluriel batim, signifie la maison, le bâtiment ; le Temple de Jérusalem, beit hamiqdasch, et aussi le corps de l'homme. Il y a donc un jeu de mots dans le

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texte hébreu de Iohanam, jeu de mots qui ne passe pas dans la traduction grecque. Matthieu 26, 57 : Et ceux qui avaient arrêté Ieschoua, ils l'ont conduit vers, ou à Qaïapha [Joseph surnommé Qaïapha, signification non éclaircie, nommé kôhen ha-gadôl en 18 par Valerius Gratus, démis de ses fonctions en 36, au profit de Ionatan, fils de Hanan], le kôhen ha-gadôl, là où les lettrés (sopherim) et les anciens étaient réunis. Quant à Keipha-Petros, le Rocher, il marchait derrière lui à distance, jusqu'à la cour [de la maison] du kôhen ha-gadôl et il est entré à l'intérieur... Les grands prêtres et le sanhédrin tout entier cherchaient une attestation de mensonge contre Ieschoua afin de pouvoir le mettre à mort et ils ne trouvaient pas, alors qu'ils étaient nombreux ceux qui se présentaient, des témoins de mensonge. Et après ils se sont avancés, deux, et ils ont dit : « Lui, il a dit : Je peux détruire le Temple (grec naos) de Dieu, et en trois jours le reconstruire. » Et alors il s'est levé, le kôhen hagadôl, et il lui a dit : « Tu ne réponds rien à ce dont ils t'accusent ? » Mais Ieschoua, lui, il se taisait. Matthieu 27, 39 : Et ceux qui passaient par là, ils l'insultaient, et ils secouaient leur tête. Et ils disaient : « Toi qui détruis le Temple et qui en trois jours le reconstruis, sauve-toi toi-même... » Marc 14, 57 : Et certains se sont levés et ils ont attesté une attestation de mensonge contre lui. Et ils ont dit : « Nous, nous l'avons entendu qui disait : Moi je détruirai ce Temple (grec naos) qui est fait de main d'homme (hébreu maaseh iad adam) et en trois jours, un autre qui ne sera pas fait de main d'homme, je construirai. » Matthieu 24, 1 : Et il est sorti, Ieschoua, de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron, hébreu miqdasch), et il marchait, il allait, et alors ils se sont avancés, ceux qui apprenaient avec lui, pour lui montrer les constructions de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron). Et alors lui il a répondu et il leur a dit : « Vous voyez tout

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cela ? Amèn (hébreu dans le texte grec), c'est vrai d'une manière certaine, je le dis à vous, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit pas détruite... » Marc 13, 1 : Et il sortait de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron), et il lui a dit, l'un de ceux qui apprenaient avec lui : « Rabbi, regarde, quelles pierres et quelles constructions ! » Le fait est que les blocs de pierre utilisés pour la construction de l'enceinte sacrée du Temple avaient une hauteur d'un mètre et jusqu'à 1,85 mètre, et une longueur qui allait de 9 à 12 mètres. Marc 13, 2 : Et alors Ieschoua lui a dit : « Tu les vois, ces grandes constructions ? Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit pas détruite... » Et il était assis sur la montagne des Oliviers en face de l'enceinte sacrée, et alors il l'a interrogé à part, Keipha-Petros et Iaaqôb et Iohanan et Andréas... (le verbe en tête, au singulier, plusieurs sujets : contraction hébraïque). Luc 21, 5 : Et certains disaient au sujet de l'enceinte sacrée du Temple (grec hieron), que c'est avec de belles pierres et de belles offrandes votives qu'il est orné. Et il a dit : « Tout cela que vous voyez, ils viendront, les jours, où il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit détruite... » Nous l'avons observé déjà, à vues humaines, autour de l'année 30, cela n'était pas prévisible. De même qu'en 1905, à vues humaines, personne ne pouvait prévoir que Berlin sera détruite quarante ans plus tard par les Américains et les Russes, ou que Hiroshima et Nagasaki seront détruits et volatilisés par une boule de feu tombée du ciel. Et ces propos notés par Matthieu 24, 1 ; Marc 13, 1 et Luc 21, 5 ne sont certainement pas des propos insérés dans le texte après la prise et la destruction de Jérusalem, parce que si quelqu'un avait voulu insérer des propos faussement prophétiques après la prise et la destruction de Jérusalem, tant qu'à faire il aurait profité de tout ce qu'il savait pour insérer

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ce qu'on savait de la prise et de la destruction de Jérusalem après l'année 70. Le propos rapporté par Matthieu 24, 1 ; Marc 13, 1 ; Luc 21, 6 est un aérolithe. Le Rabbi ne parle pas de punition ni de châtiment. Le Rabbi n'avait pas dit que lui, il allait détruire le Temple de Jérusalem. Mais il avait dit, Jean 2, 19 : « Détruisez ce Temple (grec naos)... » Et il avait annoncé que le Temple sera détruit. Il a été détruit quarante ans plus tard par les Romains. L'Évangile de Jean ne rapporte pas le propos rapporté par Matthieu 24, 1 ; Marc 13, 1 ; Luc 21, 5, pour une raison simple : c'est que Iohanan du quatrième Évangile n'était pas là lorsque ce propos a été prononcé par le Rabbi. Par contre, Iohanan fils de Zébédée y était (Marc 13, 3). Si le Jean du quatrième Évangile avait été Jean fils de Zébédée, il aurait rapporté le propos. Actes 6, 7 : Et c'est la parole de Dieu [selon certains manuscrits], de YHWH [selon d'autres manuscrits], qui portait fruit (le verbe hébreu parah, Genèse 1, 28), et il devenait nombreux (le verbe hébreu rabab, Genèse 1, 28), il se multipliait le nombre des disciples (hébreu talmidim), à Jérusalem, beaucoup (hébreu ad-meôd). Et nombreuse la foule des kôhanim qui ont répondu en faveur de (c'est-à-dire attester, hébreu anah suivi de be, Genèse 30, 33 ; 2 Samuel 12, 3) la certitude de la vérité (grec pistis, hébreu emounah). C'est à se demander si Stephanos - la Couronne ne faisait pas partie de ces kôhanim. Nous sommes probablement autour de l'année 36. Stephanos est évidemment un surnom traduit de l'hébreu en grec. Quel était son nom ? Actes 6, 8 : Stephanos (la couronne, le diadème, hébreu aterah ou keter, keter malkout) rempli de grâce et de puissance, faisait des prodiges et des signes grands dans le peuple...

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Actes 6, 9 : Et ils se sont levés, certains des hommes de la maison de réunion qui est appelée celle des Affranchis, et des hommes d'Alexandrie, et des hommes qui venaient de Cilicie et d'Asie, et ils se sont mis à discuter avec Stephanos. Et ils n'ont pas pu tenir, résister en face de la sagesse et à l'esprit avec lequel il parlait. Et alors ils ont envoyé contre lui des hommes qui disaient : « Nous l'avons entendu dire des paroles d'insulte contre Môscheh et contre Dieu. » Et ils ont soulevé le peuple et les anciens et les lettrés, et ils lui sont tombés dessus et ils l'ont emmené de force au sanhédrin et ils ont fait se lever des témoins de mensonge qui disaient : « Cet homme ne cesse pas de proférer des paroles contre ce Lieu saint [= le Temple] et contre la Torah. Car nous l'avons entendu dire que c'est Ieschoua ha-nôtzeri, ou ha-nazir, — c'est lui qui va détruire ce Lieu [= le Temple] et qu'il va changer les coutumes qu'il nous a données, Môscheh... » Actes 7, 1 : Et alors il a dit, le kôhen ha-gadôl : « Est-ce que c'est vrai, ce qu'ils disent ?» Le grand prêtre de cette année-là, c'était probablement encore Joseph surnommé Qaïapha ou Qaïph, nommé en 18 par Valerius Gratus, destitué en 36 par Vitellius, gendre de Hanan. Il sera remplacé par Ionatan, fils de Hanan. Stephanos commence alors un long exposé de toute l'histoire du peuple hébreu, depuis Abraham. Tout cet exposé tel que nous le lisons dans le texte grec des Actes est évidemment traduit de l'hébreu : Actes 7, 2 : Le Dieu de gloire s'est fait voir à notre père Abraham lorsqu'il était à Aram naharaïm [la Syrie des deux fleuves, l'Euphrate et le Tigre ; Genèse 24, 10, grec Mesopotamia]... Et à la fin de son exposé, Stephanos ajoute : Actes 7, 47 : Et c'est Salomon qui a bâti pour lui [= pour Dieu] une

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maison. Mais le Très-Haut (ho hup-sistos, hébreu ha-eliôn, Genèse 14, 18 ; etc.), n'habite pas dans [des maisons] faites par la main de l'homme, comme le prophète le dit : [Isaïe 66, 1] Ainsi a parlé YHWH : Les cieux [sont] mon trône, et la terre l'escabeau de mes pieds. Qu'est-ce que c'est que cette maison que vous construisez pour moi ? Et qu'est-ce que c'est, ce lieu (hébreu maqôm, grec topos) de mon repos ? Et tout cela, c'est ma main qui l'a fait... Actes 7, 58 : Et alors ils l'ont jeté hors de la ville [Jérusalem] et ils l'ont tué à coups de pierres. Et les témoins [de l'exécution] ont déposé leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Schaoul... Actes 8, 1 : Et Schaoul [= Paul] il était d'accord avec eux pour sa mise à mort. Et il y a eu dans ce jour-là une persécution grande contre la communauté qui [était] à Jérusalem, et tous se sont dispersés dans les régions de la Judée et de la Samarie, sauf les envoyés (grec apostolous)... Quant à Schaoul il ravageait la communauté, il entrait dans les maisons et il en arrachait hommes et femmes et il les livrait à la prison... On voit que le recueil des documents qui ont donné finalement le livre des Actes ne dissimule pas que Schaoul-Paul a été l'un des féroces persécuteurs de la petite communauté chrétienne. Le fond de l'affaire est donc bien cosmologique. Le christianisme est une doctrine, une théorie générale du réel, selon laquelle l'Univers physique n'est pas l'Être absolu, ou l'Être pris absolument, ou la totalité de l'Être. L'Univers ne se suffit pas. Il reçoit l'être. Il a commencé. Il n'est pas impérissable. Il s'use et il vieillit. Tout dans l'Univers est en régime de genèse et de corruption. Le Temple de Jérusalem non plus n'est pas impérissable. Lui aussi il passera. L'affaire du Temple se situe donc dans une vision générale du monde, fragile, éphémère, périssable.

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La Création se fait par étapes. Le Temple de Jérusalem a été une étape dans l'histoire de la Création et de la Révélation. Cette étape est dépassée. C'est pourquoi Iohanam écrit : Apocalypse 21, 22 : Et un temple, je n'ai pas vu en elle [la nouvelle Jérusalem], parce que YHWH, Dieu des armées, est son temple, lui et l'agneau. Et la ville, la nouvelle Jérusalem, elle n'a pas besoin du soleil ni de la lune pour l'illuminer, parce que la gloire de Dieu l'illumine, et sa lampe, c'est l'agneau... Le Temple de Jérusalem, tout comme le soleil et la lune, passeront. Schaoul-Paul, compagnon de Iohanam, écrit de son côté : 1 Corinthiens 15, 28: Afin qu'il soit, Dieu, tout en tous (grec hina è ho theos tapanta enpasiri). C'est le but, la finalité ultime de la Création. La philosophie de l'histoire exposée par Iohanam dans l'Apocalypse, à la suite de l'auteur inconnu du livre de Daniel, est appariée à cette cosmologie : l'Univers est fragile, il passe. Les empires, qui s'imaginent être éternels, passent, comme les fleurs des champs, comme les étoiles et comme les galaxies. Ce qui subsistera, c'est la nouvelle création, c'est-àdire les amours du hatan et de la kallah. Tout le reste est provisoire. Au cours de son exposé historique de l'histoire du peuple hébreu, celui qui est surnommé Stephanos et dont nous ne connaissons pas le nom, cite un oracle du prophète Amos du VIIIe siècle avant notre ère. Actes 7, 42 : [Amos 5, 25] Est-ce que des sacrifices et une oblation, vous m'en avez présentés dans le désert pendant quarante ans, maison d'Israël ? Le désert, la période du désert, dans la pensée des anciens prophètes hébreux, c'était l'heureuse période des fiançailles de la vierge d'Israël et de YHWH.

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La question des sacrifices La question du Temple de Jérusalem est liée, bien entendu, à la question des sacrifices d'animaux qui se pratiquaient dans le Temple. Le prophète Amos, sous le règne de Jéroboam II, 783-743 avant notre ère, fait une critique de la pratique des sacrifices : Amos 5, 21 : J'ai haï, j'ai repoussé vos fêtes et je ne respire pas l'odeur de vos rassemblements [— je ne peux pas les sentir]. Que si vous faites monter pour moi vos sacrifices entièrement consumés par le feu (hébreu ôlah, grec holokautôma, n'existe pas en grec naturel) et vos offrandes (hébreu minehah, grec thu-sia), je n'y trouve pas plaisir et le sacrifice pacifique (hébreu schelem) de vos bêtes grasses, je ne les regarde même pas !... Est-ce que sacrifices (hébreu zebah) et offrande (hébreu minehah) vous m'en avez présenté dans le désert pendant quarante ans, maison d'Israël ? Exode 20, 24 : Un autel pour faire les sacrifices (grec thusiastèrion, hébreu mizebeah), de terre battue tu feras pour moi, et tu sacrifieras (le verbe hébreu sabah, grec thuô) sur lui tes sacrifices entièrement consumés par le feu et qui montent (hébreu ôlah, pluriel ôlot), et tes sacrifices pacifiques (hébreu schelem, pluriel schelamim, grec ta sôtèria), ton troupeau de petit bétail [moutons, brebis, etc.] et ton troupeau de gros bétail [bœufs, etc.]... Lévitique 1,2: Un homme (hébreu adam) qui fera approcher, parmi vous, une offrande (hébreu qorban, grec dôron) pour YHWH, pris du troupeau de gros bétail (hébreu baqar) et pris du troupeau de petit bétail (hébreu tzôn), vous ferez approcher votre offrande. Si c'est un sacrifice entièrement consumé par le feu (hébreu ôlah, grec holokautôma, n'existe pas en grec naturel), son offrande (hébreu qorban) prise du troupeau de gros bétail, c'est un mâle parfait qu'il fera approcher. A l'entrée de la tente du rendez-vous il l'offrira, il le

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fera approcher, pour qu'il soit agréé devant la face de YHWH... Lévitique 2, 1 : Et une âme (hébreu nephesch), qui fera approcher une offrande (hébreu qorban minehah), pour YHWH... Lévitique 3, 1 : Et si c'est un sacrifice de pacifiques (hébreu zebah schelamim) son offrande (hébreu qorban), que ce soit tiré du troupeau de gros bétail, ce qu'il offre ; que ce soit un mâle ou une femelle, c'est un animal parfait qu'il fera approcher devant la face de YHWH... Et il posera sa main sur la tête de son offrande et ils le sacrifieront, ils regorgeront à l'entrée de la tente du rendez-vous, et ils répandront, les fils de Aharôn, les kôhanim, le sang sur l'autel des sacrifices (hébreu mizebeah, grec thusiastèriori)... La question ouverte est évidemment de savoir si le prophète Amos, au VIII siècle avant notre ère, connaissait le Lévitique ou non.
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Isaïe, à partir de 740 avant notre ère, en Judée : Isaïe 1,11: C'est pourquoi faire (hébreu lamah) pourquoi, pour moi, la multitude de vos sacrifices ? dit YHWH. Je suis rassasié des sacrifices consumés par le feu (hébreu ôlôt, grec holokautômatôn, n'existe pas en grec naturel), des béliers, et de la graisse des bêtes engraissées. Le sang des taureaux et des agneaux et des boucs, je n'y prends pas plaisir... Michée (hébreu mi-ka-iah, Qui-comme-YHWH ?), au temps d'Ezéchiel, roi de Juda vers 720-692 avant notre ère : Michée 6, 6 : Avec quoi est-ce que je vais aller à la rencontre de YHWH, avec quoi est-ce que je vais me courber devant le Dieu de là-haut ? Est-ce que je vais me présenter avec des sacrifices entièrement consumés par le feu (hébreu ôlôt, grec kolokautôma), avec des taureaux fils de l'année [= âgés d'un an] ? Est-ce qu'il va prendre plaisir, YHWH, dans des milliers de béliers ?... Est-ce que

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je vais lui donner mon premier-né (hébreu bekôr, grec prôtotokos) ? Le fruit de mon ventre [pour le] péché de mon âme ?... Exode 13, 1 : Consacre pour moi tout premier-né (hébreu kôl bekôr, grec pan prôtotokon), qui fend, qui déchire toute matrice, parmi les fils d'Israël, dans [l'ensemble des] hommes (hébreu ba-adam) et dans [l'ensemble des] quadrupèdes (hébreu ba-behemah). A moi, lui [il est]... Exode 13, 13 : Et tout ce qui fend [la matrice dans l'espèce des] ânes, tu rachèteras par un agneau, et si tu ne le rachètes pas, alors tu lui briseras la nuque. Et tout premier-né de l'homme (hébreu kôl bekôr adam) parmi tes fils, tu rachèteras... Exode 13, 14 : Et il arrivera qu'il va t'interroger ton fils demain en disant : « Qu'est-ce que c'est, ça (hébreu mah zôt) ? » Alors tu lui diras : « C'est par la force de la main qu'il nous a fait sortir, YHWH, hors d'Egypte, la maison des esclaves. Et il est arrivé, qu'il s'était endurci, Pharaon [et qu'il ne voulait pas] nous renvoyer, alors il a tué, YHWH, tout premier-né (hébreu kôl bekôr) au pays d'Egypte, depuis le premier-né de l'homme (hébreu mi-bekôr adam) et jusqu'au premier né du bestiau. C'est pourquoi moi je sacrifie à YHWH tout [animal] qui fend la matrice, parmi les mâles, et tout premier-né (hébreu bekôr) de mes fils, je rachète (le verbe hébreupadah, grec lutroô)... Exode 22, 28 : Le premier-né de tes fils tu le donneras à moi... Exode 34, 20 : Et celui qui fend la matrice [dans l'espèce des] ânes, tu rachèteras par un agneau et si tu ne rachètes pas, alors tu lui briseras la nuque. Tout premier-né (hébreu bekôr) de tes fils, tu rachèteras... Est-ce que les prophètes Isaïe et Michée, au VIIIe siècle avant notre ère, connaissaient le livre de l'Exode ?

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Ne distingue-t-on pas, dans le livre de l'Exode, des couches géologiques, des strates d'époques différentes ? VIIe siècle avant notre ère, Jérémie 6, 20 : C'est pourquoi, ça, pour moi, l'encens qui vient de Saba, et la plante aromatique qui vient d'un pays lointain? Vos sacrifices intégralement consumés (hébreu ôlôt) ne sont pas pour me plaire, et vos sacrifices, ils ne me sont pas agréables... Psaume 50, 8 [date incertaine] : Ce n'est pas à cause de tes sacrifices que je te fais des reproches, et tes sacrifices intégralement consumés (hébreu ôlôt) devant moi, continuellement. Je ne vais pas prendre de ta maison un taureau, de tes parcs des boucs. Parce qu^ils sont] à moi toutes les bêtes sauvages de la forêt, les bestiaux des montagnes par milliers. J'ai connu tout oiseau des montagnes et tout ce qui grouille dans les champs, [c'est] avec moi... Si j'avais faim, je ne te le dirais pas, car à moi le monde et ce qui le remplit. Est-ce que je vais manger la chair des taureaux ? Et le sang des boucs, est-ce que je vais le boire ? Si l'on étudie d'une manière scientifique la sainte Bibliothèque hébraïque, on découvre qu'il existe des couches géologiques, des stratifications. Les géologues ont découvert depuis plus de deux siècles des couches et des stratifications dans les terrains qu'ils ont fouillés ou qui se sont présentés spontanément sous forme de coupes. Dans les couches géologiques les plus anciennes, on trouve des fossiles d'animaux parfois disparus depuis des centaines de millions d'années. L'étude de ces couches géologiques et des fossiles qu'elles recèlent permet de retracer le processus, les étapes de l'histoire naturelle des êtres vivants. Exode 13, 1 est un fossile. Il nous permet d'apercevoir une couche très ancienne de l'histoire du peuple hébreu, peut-être une couche qui le précède. Si l'on étudie les couches géologiques, les stratifications de la sainte Bibliothèque hébraïque, on découvre un processus : l'histoire de la

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Révélation, qui se fait par étapes, elle aussi, tout comme l'histoire de la Création. L'erreur a consisté pendant de nombreux siècles à s'imaginer que les cinq premiers livres de la sainte Bibliothèque hébraïque sont un système plan, sans histoire interne, composé d'un seul coup ou à peu près, système dans lequel tous les documents sont contemporains. On entrait alors dans des difficultés inextricables, insurmontables, comme si l'on voulait supposer que des fossiles appartenant à des couches géologiques différentes sont en réalité contemporains. Pour se sortir de ces difficultés, on en était réduit à des exégèses allégoriques, typologiques, etc., telles qu'elles abondent par exemple chez Origène d'Alexandrie et ses disciples. On ne pouvait pas discerner le processus historique de la Révélation qui procède par étapes, en transformant la vieille humanité. Il y avait plus grave encore. En partant de certains textes de la sainte Torah, et en les supposant contemporains d'autres textes, ce qu'ils ne sont pas, on en est venu à opposer violemment, comme Marcion du Pont, ou Valentin, le Dieu de l'Ancienne Alliance et le Dieu de la Nouvelle Alliance. Parce qu'on n'a pas vu le processus de développement de la Révélation, parce qu'on met tous les textes sur le même plan, on a le choix entre le dualisme de Marcion et les allégories d'Origène pour surmonter les difficultés. Chacun sait qu'au XVIIIe siècle de notre ère, lorsqu'on a commencé à découvrir les premiers fossiles, ce fut une secousse redoutable, parce que tout le monde s'imaginait, les cartésiens comme les autres, que l'Univers physique est un système sans histoire, sans évolution. On ne savait pas où situer ces fossiles. Voltaire s'est fait remarquer à ce propos. On n'avait pas l'idée d'une temporalité interne de l'Univers que l'on supposait fixe, de toute éternité, selon les athées, ou depuis quelques milliers d'années, pour les monothéistes. Cela constituait donc deux erreurs corrélatives. On s'imaginait que la Création a été faite d'un seul coup, et dans la Révélation on ne discernait pas l'histoire, le développement, le progrès de la Révélation qui se fait par étapes. VIe siècle avant notre ère. Le prophète Ezéchiel a fait partie de la première déportation, celle de 597 avant notre ère. Il est kôhen,

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Ezéchiel 1,2: L'année cinquième de la déportation (hébreu galout) du roi Iôiakin [nous sommes donc en — 592], elle a été, la parole de YHWH, adressée à Iehezaq-el, fils de Bouzi, le kôhen, au pays des Chaldéens, sur le fleuve Kebar, et elle a été sur lui, là, la main de YHWH... Ezéchiel 20, 25 : Et même moi [c'est Dieu qui parle], j'ai donné à eux des commandements qui [n'étaient] pas bons (hébreu houqim lô tôbim) et des jugements (hébreu mischpatim) [tels qu5] ils ne vivent pas en eux, par eux... Et je les rends impurs par leurs offrandes (hébreu matenôt) lorsqu'ils font passer tout [être] qui déchire la matrice (hébreu kol peter rehem) [par le feu]... Lévitique 18, 21 : Et de ta semence [= tes enfants] tu ne donneras pas pour faire passer [par le feu] au Moloch, et tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu... Ezéchiel 16, 20 : Et tu as pris tes fils et tes filles que tu avais enfantés pour moi [c'est Dieu qui parle], et tu les as sacrifiés pour eux [les dieux du paganisme], pour qu'ils les dévorent... Tu as égorgé mes fils et tu les as donnés en les faisant passer [par le feu] pour eux... Le prophète Ezéchiel connaissait donc, semble-t-il, d'antiques législations qui commandaient la pratique des sacrifices des premiers-nés, qui était commune et générale dans l'Orient ancien. La pratique des sacrifices humains était inhérente au paganisme ancien, dans l'Orient ancien comme en Grèce et ailleurs, tout comme elle est inhérente au paganisme moderne et contemporain, aux XIXe et XXe siècles, parmi les nations qui se disent elles-mêmes civilisées. Exode 13, 11 : Et il arrivera, il adviendra [littéralement : il sera], lorsqu'il t'aura fait entrer, YHWH, au pays du Cananéen, comme il l'a juré à toi et à tes pères, et qu'il te l'aura donné, alors (hébreu we, grec kai) tu feras passer [par le feu] tout être qui fend la matrice

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pour YHWH... Comme Exode 13, 2, Exode 13, 11-12 appartient vraisemblablement à des couches très anciennes des législations sémitiques. C'est peut-être à ces couches archaïques des législations que le prophète Ezéchiel fait allusion (Ezéchiel 20, 25). Exode 13, 11 est recouvert, dans l'état actuel du texte, par une couche géologique ultérieure : Exode 13, 13 : Et tout premier-né d'homme (hébreu we-kôl bekôr adam) parmi tes fils, tu le rachèteras... La notion de rédemption (décalque du latin redemptio, traduction du grec apolutrôsis, traduction de l'hébreu pedout, formé à partir du verbe padah) a son origine dans ces textes anciens. On voit à quel point il est nécessaire de s'efforcer de retrouver l'âge de ces documents qui ont été empilés les uns sur les autres, pour tâcher de comprendre l'histoire du processus de la Révélation, et pour éviter de brandir n'importe quel texte appartenant à n'importe quelle couche géologique, comme s'il avait une portée actuelle. Si l'on étudie l'histoire des législations hébraïques, en tenant compte des couches géologiques et des stratifications, on voit que le peuple hébreu est parti d'un état de l'humanité ancienne, état dans lequel la pratique des sacrifices humains, des sacrifices des enfants premiers-nés en particulier, était générale. On trouve donc un document fossile qui l'atteste (Exode 13, 2). Une seconde étape, c'est la substitution des sacrifices d'animaux aux sacrifices humains. Exode 13, 15 : C'est pourquoi moi je sacrifie à YHWH tout [être] qui déchire la matrice (hébreu kôl peter rehem) parmi les mâles, et tout premier-né (hébreu bekôr) de mes fils, je le rachète (hébreu le verbe padah). Il est vraisemblable que le midrach Genèse 22 enseigne cette substitution du sacrifice d'un animal à la place de (hébreu tahat, grec antî)

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l'enfant d'homme premier-né, du fils premier-né. Genèse 22, 13 : Et il a levé, Abraham, ses yeux, et il a vu et voici un bélier, un autre (hébreu ahar, — lu ehad par les traducteurs en langue grecque, heis, unique) retenu dans l'emmêlement des branchages, par les cornes. Et il est allé, Abraham, et il a pris le bélier et il l'a fait monter en sacrifice qui monte (hébreu le-ôlah) à la place de son fils (hébreu tahat benô, grec anti Isaak tou huiou autou)... Une troisième étape dans l'histoire des législations hébraïques, c'est la critique de la pratique des sacrifices d'animaux par les prophètes hébreux depuis Amos et Isaïe au VIIIe siècle avant notre ère, puis Jérémie au VIP siècle avant notre ère. C'est cette troisième étape qui conduit tout droit à la ( métamorphose qui s'est produite après les années 30 de notre ère : l'abolition de la pratique des sacrifices d'animaux. La lettre aux Hébreux Personne ne sait, à notre connaissance du moins, qui est l'auteur de l'épître aux Hébreux. C'est très vraisemblablement un kôhen, étant donné sa connaissance des choses du Temple et du service sacré (hébreu abôdah, grec lei-tourgia, Exode 38, 21 ; Nombres 4, 24 ; etc.). Dès le début de son ouvrage (Hébreux 1, 4) l'auteur inconnu explique que celui qui est le propre fils de Dieu, celui qui s'appelait lui-même à la suite du prophète Ezéchiel, fils d'homme (ben adam), qui appelait Dieu son propre père, et que Dieu appelait mon fils (hébreu béni, Matthieu 3, 17 ; 17, 5 ; Marc 1, 11 ; 9, 7 ; Luc 3, 22 ; 9, 35), celui-là est supérieur aux messagers de Dieu (hébreu maleak, pluriel maleakim, grec aggelos, transcription latine angélus)... L'auteur inconnu cite le psaume 2, 7 : « Mon fils toi [tu es] (hébreu béni attah). » C'est Dieu qui parle à celui qui a reçu l'onction, à l'homme qui a reçu l'onction. Il cite aussi l'oracle du prophète Natan, adressé au roi David :

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2 Samuel 7, 12 : Lorsqu'ils seront remplis, tes jours, et que tu te coucheras avec tes pères [= la mort], alors (hébreu we, grec kai) je susciterai ta semence après toi, celle qui sortira de tes entrailles, et je rendrai ferme, solide, sa royauté. C'est lui qui bâtira une maison pour mon nom et je rendrai ferme, solide, le trône de sa royauté jusqu'à la durée indéfinie dans l'avenir (hébreu ad ôlam). Moi je serai pour lui —► un père (le lamed hébreu intraduisible en français). Et lui il sera pour moi —► fils (hébreu le-ben). Il semble bien que l'auteur de l'épître aux Hébreux veuille calmer les spéculations plus ou moins théosophiques qui pullulaient de son temps à propos des messagers de Dieu. Cela oriente notre regard du côté des théologiens qui étaient fort réservés en ce qui concerne ces spéculations, à savoir les théologiens que leurs adversaires ont appelé les tzaddouqim, que les traductions en langue française appellent Sadducéens, c'est-à-dire les théologiens du Temple de Jérusalem. L'auteur de la lettre adressée aux Hébreux nous dit (Hébreux 2, 9) que Ieschoua, qu'il désigne par son nom tout comme l'Apocalypse, est grand prêtre (grec archie-reus, hébreu kôhen gadôî) plein de compassion (grec eleèmôn, hébreu hannoun, du verbe hanan, Exode 22, 26 ; 34, 6 ; etc.), et tel que l'on peut être certain de la vérité qui est en lui (grec pistos, hébreu neemari). Nombres 12, 6 : S'il est un prophète [chez] vous, de YHWH, c'est dans une vision (hébreu mareah, grec horamati) qu'à lui je me fais connaître, dans un songe (hébreu halôm), je parle en lui. Non pas ainsi, mon serviteur Môscheh. Dans toute ma maison il est tel que l'on peut être certain de la vérité en lui (hébreu neeman, grec pistos). C'est bouche à bouche que je parle en lui : vue et non dans des énigmes (hébreu mareeh we-lô be-hidôi)... Hébreux 3, 1 : Et c'est pourquoi, frères saints, de l'appel qui vient des cieux participants, considérez l'envoyé (grec apostolos, hébreu ha-schaliah) et le grand prêtre (grec archiereus, hébreu ha-kôhen

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ha-gadôt) de l'offrande volontaire qui est la nôtre (grec homologia, hébreu nedabah, Deutéronome 12, 6 ; 12, 17 ; Amos 4, 5 ; Ezéchiel 46, 12), Ieschoua. Il est tel que l'on peut être certain de la vérité qui est en lui (grec pistos, hébreu neeman) pour celui qui l'a créé [= Dieu], dans toute sa maison... Rappelons que bien évidemment l'acte de parler de Dieu (hébreu dabar, grec logos) est incréé, puisque l'acte de parler de Dieu, c'est Dieu lui-même qui parle. Mais l'homme Ieschoua, comme dit Paul, est créé. 1 Timothée 2, 5 : Car unique [il est] Dieu, et unique le médiateur entre Dieu et l'homme, l'homme qui a reçu l'onction, Ieschoua (grec anthrôpos christos Ièsous). S'imaginer que le logos de Dieu est un être transcendant créé, c'est l'arianisme. S'imaginer que l'homme Ieschoua uni à Dieu, l'homme véritable uni à Dieu, est incréé, et qu'il préexiste, c'est la doctrine d'Eutychès que le pape Léon rapproche de la doctrine d'Origène d'Alexandrie dans sa lettre du 13 juin 449 adressée à Julien, évêque de Cos. Le but, la finalité ultime de la Création, c'est l'union de l'homme véritable et créé à Dieu (verus homo vero unitus est Deo), même lettre du pape Léon. Si vous éliminez l'un des deux termes, en l'occurrence l'homme créé, la Création perd toute signification puisqu'elle perd toute finalité. L'hérésie que l'on a par la suite appelée monophysite, efface le sens de la Création et ne permet plus de le découvrir. Seul l'homme créé peut recevoir l'onction et donc être maschiah. Le logos de Dieu, qui est Dieu lui-même qui parle, ne peut pas recevoir l'onction. C'est lui qui confère l'onction. Hébreux 4, 14 : Il est à nous un prêtre en chef, un grand (grec archiereus, hébreu probable kôhen rôsch gadôl), qui a traversé les cieux, Ieschoua le fils de Dieu... Car il n'est pas à nous un grand prêtre qui ne puisse pas souffrir avec nous de nos souffrances, de nos maladies, car il a été mis à l'épreuve en tout comme nous, sauf

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la faute... L'auteur de la lettre aux Hébreux sait ce qui s'est passé lors de la dernière nuit, la nuit de l'arrestation, dans le jardin des huiles (hébreu gat schemanim, Matthieu 26, 36 ; Marc 14, 32 ; Luc 22, 39). Il connaît même des précisions que ne rapportent pas Matthieu, Marc et Luc. Hébreux 5,7: Lui qui dans les jours de sa chair, ce sont des prières et des supplications, adressées à celui qui pouvait le sauver de la mort [= Dieu], avec un grand cri et des larmes, qu'il a présentées et il a été entendu [et délivré de] son angoisse (grec apo tes eulabeias, hébreu mi-deagah, Josué 22, 24 ; Jérémie 49, 23 ; Ezéchiel 4, 16 ; 12, 18 ; etc.). L'Évangile de Iohanam ne rapporte pas ce que rapportent Matthieu 26, 36 ; Marc 14, 32 et Luc 22, 39 tout simplement parce que Iohanam n'était pas dans le jardin des huiles à ce moment-là. Il était dans la maison du kôhen ha-gadôl. Iohanam, le fils de Zébédée, était dans le jardin des huiles. Matthieu 26, 37 : Et il a pris avec lui Petros et les deux fils de Zébédée... Marc 14, 33 : Et il a pris Petros et Iaaqôb et Iohanam avec lui... Iohanan est toujours nommé après Iaaqôb son frère, parce que Iaaqôb est l'aîné. Hébreux 7, 26 : Notre grand prêtre à nous (grec archi-ereus, hébreu kôhen gadôl)... il n'a pas besoin chaque jour, comme les kôhanim [du Temple de Jérusalem], tout d'abord pour ses propres fautes, de présenter des sacrifices (Lévitique 9, 7) et puis ensuite pour celles du peuple. Car cela il l'a fait en une seule fois, d'un seul coup (grec ephapax, hébreu be-paam ahai). Il a offert son âme...

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Hébreux 8, 1 : Il est à nous un kôhen gadôl qui s'est assis à la droite du trône de la grandeur (grec megalôsunè, n'existe pas en grec naturel, hébreu gedoulah, 2 Samuel 7, 21 : 7, 23 ; Psaume 145, 3 ; 145, 6 ; etc.) dans les cieux... L'auteur jusqu'à ce jour inconnu de l'épître aux Hébreux cite le texte de Jérémie 31,31: Voici que des jours viennent, oracle de YHWH et je conclurai avec la maison d'Israël et la maison de Iehou-dah une alliance nouvelle (hébreu berit hadaschah, grec diathèkèn kainèn, latin testamentum novum)... Et il ajoute, Hébreux 8, 13 : Lorsqu'il [le prophète Jérémie, de la bouche de Dieu] dit : Nouvelle, il rend vieille, ou il considère comme vieille la première [Alliance]. Et ce qui est vieux et ce qui a vieilli [est] proche de la disparition, ou de la destruction, ou de la dévastation. Lorsqu'il [le prophète Jérémie, de la bouche de Dieu] dit : Nouvelle (grec kainè, hébreu hadaschah) il rend vieille, ou il considère comme vieille (grec palaioô, hébreu iaschan, niphal parfait nôschanetem, participe nôschan, féminin nôschenet, Lévitique 13, 11 ; 26, 10 ; iaschan signifie vieux, pluriel ieschanim ; féminin ieschanah, Lévitique 25, 22 ; 26, 10 ; Cantique 7, 14 ; etc.), la première [alliance]. Et ce qui est vieux (grec palaioumenon, hébreu probable nôschan) et ce qui a vieilli (grec gèraskô, hébreu zaqen, Genèse 18, 13 ; 24, 36 ; etc.) [est] proche de la disparition, ou de la destruction, ou de la dévastation (hébreu schammah, 2 Rois 22, 19 ; 2 Chroniques 29, 8 ; Osée 5, 9 ; etc. Ou schemamah, Michée 1, 7 ; etc.) Esther 2, 7 : Un homme judéen était à Schouschan [= Suze]... Il élevait (le verbe hébreu aman, kal participe ômen) Hadassah, elle [est] Ester...

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Nous nous étions demandé ce que signifie Hadassah (cf. p. 412). L'hébreu hadas, masculin, signifie le myrte, arbrisseau toujours vert qui porte des petites fleurs toujours blanches. Nous nous étions demandé s'il n'y avait pas un jeu de mots à propos de Hadassah qui est Ester, et si Hadassah n'est pas à rapprocher de hadaschah de Jérémie 31, 31. Nous nous demandions aussi si le nom propre Ester n'était pas un jeu de mots construit sur le verbe hébreu satar, niphal parfait nisetar, imparfait isater, se cacher, être caché ; hiphil parfait hisetir, cacher ; le substantif hébreu seter, ce qui est caché ; ba-seter, secret, Deutéronome 13, 7 ; etc. Proverbes 25, 1 : Gloire de Dieu, cacher, hébreu hasetter, une parole... Le nom propre que nous lisons dans le texte hébreu d'Esther 2, 7 : Hadassah, nous ne le retrouvons pas dans les traductions grecques du rouleau d'Esther. Qu'est-ce qui s'est passé ? Nous nous étions aussi demandé vainement ce que signifie le nom propre de la première épouse du grand roi, Waschetti (Esther 1, 9; etc. cf. p. 410) qui ne veut pas venir au banquet du grand roi. En hébreu, tous les noms propres ont un sens, et les surnoms encore plus. Si donc l'auteur ou les auteurs inconnus du rouleau d'Esther nous proposent des noms propres qui n'ont pas en hébreu un sens évident, c'est qu'ils nous cachent quelque chose. Nous nous demandons maintenant si l'auteur, inconnu lui aussi, de la lettre adressée aux Hébreux, ne fait pas allusion au rouleau d'Esther lorsqu'il nous parle de la nouvelle (Alliance) et de la vieille, le verbe hébreu iaschan. Il est donc permis de se demander si, dans la plus ancienne communauté chrétienne naissante et souffrante, il n'existait pas une lecture ésotérique du rouleau d'Esther. Il existe un nom propre Iaschen (2 Samuel 23, 32), et Ieschanah (2 Chroniques 13, 19). L'auteur de la lettre aux Hébreux connaît parfaitement, et de l'intérieur, le Temple de Jérusalem et il en parle au présent de l'indicatif : Hébreux 9, 2 : Une demeure (grec skènè, hébreu mischkan, Exode

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25, 1) a été installée, faite, mise debout, la première, celle dans laquelle il était (au singulier dans le texte grec) le chandelier (grec luchnia, hébreu menorah, Exode 25, 31), et la table (grec tra-peza, grec schoulhan, Exode 25, 23), et le pain de la face (hébreu lehem panim, Exode 25, 30). Et celle-ci on l'appelle, elle est appelée le Saint (hébreu ha-qôdesch, Exode 26, 33). Et après le deuxième rideau, la demeure qui est appelée le Saint des Saints (hébreu qôdesch ha-qadaschim, Exode 26, 33). A lui [appartient] l'autel de fumigation d'encens recouvert d'or (hébreu mizebeah miqetar qetôret, Exode 30, 1), et puis le coffre de l'Alliance (hébreu arôn, Exode 25, 10) recouvert de toutes parts avec de l'or (Exode 25, 11), dans lequel une cruche (grec stamnos, hébreu tzint-zenet, Exode 16, 33) recouverte d'or, dans laquelle [se trouve] le mon (hébreu mon, transcription en caractères grecs mon, Exode 16, 33), et le bâton, la branche (hébreu mateh, grec rabdos, Nombres 17, 16), le bâton de Aharôn qui a fleuri (Nombres 17, 20) et les tablettes de pierre de l'Alliance (hébreu louhôt eben, Exode 31, 18 ; 32, 15 ; etc., louhôt ha-abanim louhôt ha-berit, Deutéronome 9, 9 ; etc.) Hébreux 9, 6 : Dans la première demeure (grec skènè, hébreu mischkari) continuellement (grec dia pantos, hébreu tamid) ils entrent (au présent de l'indicatif) les kôhanim, pour faire le service. Mais dans la deuxième [demeure], une seule fois dans l'année, seul le kôhen ha-gadôl, le grand prêtre... Hébreux 9, 11 : Mais c'est le Maschiah, celui qui a reçu l'onction (grec christos) qui est venu. C'est lui le grand prêtre des biens qui viennent... Et ce n'est pas avec le sang des boucs et des taureaux, mais avec son propre sang qu'il est entré d'un seul coup, en une seule fois, dans le sanctuaire... Car si le sang des boucs et des taureaux (Lévitique 16, 3 ; 16, 5 ; 16, 11 ; 16, 15) et la cendre de la vache (Nombres 19, 2)... sanctifient ceux qui ont été souillés..., combien plus le sang de celui qui a reçu l'onction (ha-maschiah, grec christos) qui... s'est offert lui-même, [victime] sans tache...

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Hébreux 10, 4 : Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs enlève les fautes... On aura observé que le traducteur en langue grecque de la lettre aux Hébreux respecte rigoureusement et constamment le lexique hébreu-grec traditionnel, depuis la traduction de l'hébreu en grec de la sainte Torah, tout comme le font les traducteurs de Joseph surnommé Flavius, en ce qui concerne les termes techniques du Temple et de la liturgie. L'auteur de la lettre aux Hébreux est probablement un kôhen — peutêtre même a-t-il été, qui sait? kôhen ha-gadôl — ; il explique à des kôhanim qu'avec le Maschiah, qui est le kôhen ha-gadôl de la Nouvelle Alliance, les sacrifices d'animaux dans le Temple de Jérusalem sont devenus caducs, inutiles, périmés. Ce qui éclaire la formule de Iohanan: Apocalypse 21, 22 : Et un temple, je n'ai pas vu en elle — dans la nouvelle Jérusalem — parce que YHWH, Dieu des armées, c'est lui son Temple, lui et l'agneau... Nous sommes dans une métaphysique de la Création commencée, continuée, inachevée et qui se terminera ou s'achèvera dans la nouvelle Jérusalem. Hébreux 13, 14 : Car il n'est pas à nous ici une Ville qui subsiste, mais c'est celle qui vient que nous attendons, que nous recherchons... Nous assistons donc, à partir du IXe ou du Xe siècle avant notre ère au moins, à une série de transformations, de métamorphoses, à un développement de la Révélation. 1. La critique de la pratique des sacrifices humains par les prophètes hébreux du Xe et du IXe siècle avant notre ère. Le rachat du premier-né, Exode 13, 13; 13, 15; etc. Le sacrifice d'un animal substitué au sacrifice du premier-né.

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Genèse 22, 13 : Et il a levé, Abraham, ses yeux et il a vu, et voici un bélier... Et il est allé, Abraham, et il a pris le bélier et il l'a fait monter en sacrifice intégralement consumé par le feu (hébreu ôlah) à la place de (hébreu tahat, grec anti) son fils... La critique de la pratique des sacrifices d'animaux par les prophètes hébreux du VIIIe siècle avant notre ère, Amos ; — du VIIe, Jérémie ; — du VIe, Ezéchiel.
2.

La substitution du sacrifice unique, en une seule fois (grec ephapax, Hébreux 7, 27 ; 9, 12 ; 10, 10) de celui qui a reçu l'onction, aux multiples sacrifices d'animaux : épître aux Hébreux, autour de l'année 50 de notre ère. La substitution de la nouvelle Jérusalem, la chérie, la kallah de Schir ha-schirim, à la Jérusalem de pierre, Apocalypse, autour de l'année 50.
4.

5. La destruction du Temple de Jérusalem annoncée, Matthieu 24, 2 ; Marc 13, 2 ; Luc 21, . 6. La prise et la destruction de Jérusalem, août-septembre 70. Il s'agit bien d'étapes dans l'histoire de la Création et l'histoire de la Révélation, la Révélation qui est la communication progressive d'information nécessaire à la création de l'homme. Après la mise à mort à coups de pierres de Stephanos-la Couronne, donc autour de l'année 36 vraisemblablement, le monothéisme hébreu, qui jusque-là avait été concentré à l'intérieur du peuple hébreu, dans le phylum hébreu, comme dans une matrice, ou, mieux, comme dans une lignée germinale, — le monothéisme hébreu passe aux nations païennes, aux goïm, aux incirconcis. Actes 8, 1 : Et il y a eu, ce jour-là, une persécution grande contre la communauté qui [était] à Jérusalem. Tous se sont dispersés dans les régions de la Judée et de la Samarie, sauf les envoyés... C'est

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Schaoul qui ravageait la communauté. Il entrait dans les maisons, il en arrachait hommes et femmes et il les faisait jeter en prison... Actes 11, 19 : Ceux qui avaient été dispersés à partir de la persécution survenue à propos de Stephanos, ils sont passés jusqu'en Phénicie et jusqu'à l'île de Chypre et jusqu'à Antioche. A personne ils n'ont dit la parole (hébreu ton logon, hébreu dabar) [= l'affaire] si ce n'est aux seuls Judéens. Mais ils étaient quelques-uns d'entre eux, des hommes de l'île de Chypre et des hommes de Cyrène, qui sont venus à Antioche et qui ont parlé aussi aux Grecs : ils ont annoncé l'heureuse nouvelle du Seigneur Ieschoua... Et elle a été entendue, la parole (grec logos, hébreu dabar) [= l'affaire, la chose] dans les oreilles de la communauté qui était à Jérusalem et ils ont envoyé Barnaba jusqu'à Antioche. Parmi les hommes venus de Cyrène [en Libye] il y avait un certain Loukios (Actes 13, 1). Loukios est une transcription en caractères grecs du latin Lucius. Loukas est une transcription en caractères grecs du latin Lucas. Le latin Lucas est la traduction de l'hébreu laïr, formé à par tir du verbe hébreu or, qui a donné les noms propres Ouri, Ouri-el, Ouriiah, Ouri-iahou. laïr = YHWH illumine. C'est le nom du père de Mardokaï, étymologie incertaine, celui qui a élevé (hébreu ômen) Esther (Esther 2, 5 : ben laïr). Transcription en caractères grecs : laïros. Lettre de Paul aux Colossiens 4, 14 : « Il vous salue, Loukas ho iatros... » Il est vraisemblable que Paul a d'abord donné la transcription en caractères grecs du latin Lucas, puis, comme il le fait souvent, la transcription en caractères grecs de l'hébreu laïr, c'est-à-dire laïros. Un scribe aura ajouté une petite barre sur le deuxième i de laïros, et cela a donné Iatros (cf. p. 242). La transcription traditionnelle de l'hébreu laïr en caractères grecs se lit en Marc 5, 22 : Et il est venu, l'un des chefs de maison de réunion (grec sunagogë). Son nom [c'est] laïros [= hébreu laïr]... Luc 8, 41 : Et voici qu'est venu un homme, à qui le nom [est] laïros [= hébreu laïr]. Et lui il était chef de maison de réunion (grec sunagogë)... Évidemment, si celui que les traductions françaises appellent Luc était

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chef d'une synagogue, alors — déception profonde chez nombre de savants exégètes — ce n'était pas un goï... A partir du moment où la parole est dite aussi aux Grecs, le monothéisme hébreu passe aux païens, aux goïm, aux incirconcis. Il s'en est suivi une crise violente, qui est une crise de croissance, une crise de métamorphose que nous avons évoquée. Actes 15, 1 : Et alors certains sont descendus de la Judée et ils ont dit aux frères [venus du paganisme] : « Si vous ne vous faites pas circoncire, selon la coutume de Môscheh, vous ne pouvez pas être sauvés. » Il y a eu une controverse et une discussion qui n'a pas été petite... La question était en effet de savoir s'il fallait imposer aux goïm, aux frères venus du paganisme, la totalité des législations accumulées depuis des siècles dans ce qu'on appelait la Torah de Moïse. Il s'agissait donc bien d'un problème de développement. L'Apocalypse, tout comme les lettres de Paul, se situe dans cette crise violente de développement. Le passage du monothéisme hébreu aux nations païennes avait été prévu, prédit et programmé depuis longtemps : Isaïe 2, 1 (VIIIe siècle avant notre ère = Michée 4, 1, VIIIe siècle avant notre ère) : La parole qu'il a vue, Iescha-iahou, fils d'Amôtz, sur Iehoudah et Jérusalem. Et il arrivera, il adviendra (littéralement il sera) dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim, grec en tais eschatais hèmerais), fondée [solidement] elle sera la montagne de la maison de YHWH sur la tête des montagnes et élevée plus que les collines. Et elles afflueront vers elle toutes les nations, et ils marcheront des peuples nombreux et ils diront : « Allons et montons vers la montagne de YHWH, vers la maison du Dieu de Iaaqôb et qu'il nous instruise de ses voies et que nous marchions dans ses chemins. Car c'est de Tziôn que sortira l'instruction (hébreu tôrah) et la parole de YHWH de Jérusalem... »

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Plus tard, beaucoup plus tard, peut-être au temps de l'exil à Babylone, VI siècle avant notre ère, d'autres oracles recopiés à la suite du rouleau d'Isaïe confirmeront cette vue d'avenir :
e

Isaïe 42, 1 : Voici mon serviteur... Isaïe 42, 6 : C'est moi YHWH qui t'ai appelé... Je t'ai formé et je t'ai donné [d'être]... lumière des nations... Observons en passant que l'expression hébraïque be-aharit ha-iamim, dans l'après des jours = dans l'avenir, dans le futur, que nous avons lue chez Isaïe et Michée, a été traduite en grec : Isaïe 2, 2 : en tais eschatais hème-rais ; Michée 4, 1 : ep eschaton ton hèmerôn. Genèse 49, 1 : Et il a crié, Iaaqôb, en s'adressant à ses fils pour dire : « Rassemblez-vous et je vais vous annoncer ce qui va vous arriver dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim, grec ep'eschatôn ton hèmerôn). » Nombres 24, 14 : Je vais te donner un conseil, [te dire] ce qu'il fera, ce peuple-ci [= le peuple hébreu], à ton peuple [= Moab] dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim, grec ep'eschatou ton hèmerôn). Deutéronome 4, 30 : Dans l'après des jours (hébreu be-aharit haiamim, grec ep'eschatô ton hèmerôn). Deutéronome 31, 29 : Parce que je sais que, après que je sois mort... (hébreu aharei môti, grec eschaton tes teleutès mou) dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim, grec eschaton ton hèmerôn)... Jérémie 23, 20 : Dans l'après des jours vous comprendrez (hébreu beaharit ha-iamim, grec ep'eschatou ton hèmerôn)... Jérémie 30, 24 : Dans l'après des jours (hébreu be-aharit ha-iamim, grec ep 'eschaton ton hèmerôn), etc. Le mot grec eschatos, en grec classique, signifie : ce qui est à l'extrémité, extrême, dernier (Platon, Sophocle, etc.). Ce qui a donné naissance à un contresens célèbre et qui a été le pain quotidien d'un grand nombre d'exégètes aux XIXe et XXe siècles : l'eschatologie.

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La vieille expression hébraïque se retrouve en traduction grecque habituelle (Jean 6, 39 ; 6, 40 ; 6, 44 ; 6, 54 ; 11,24). Le traducteur de la première lettre de Paul aux Corinthiens 15, 8 a traduit l'hébreu ahar, après, tout comme le traducteur de Deutéronome 31, 29, par le grec eschaton : Et après eux tous, comme à l'avorton, il s'est fait voir aussi à moi... Le traducteur de l'un des documents qui vont constituer le livre des Actes des Envoyés, cite et traduit Joël 3,1: Et [cela] sera après cela (hébreu we-haiah aharei ken, grec kai estai meta tauta), je verserai mon esprit sur toute chair et ils prophétiseront vos fils et vos filles... Le traducteur inconnu de Actes 2, 17 qui cite Joël 3, 1 traduit l'hébreu aharei ken, après cela, par le grec en tais eschatais hemerais. Il ne recopie donc pas la traduction grecque ancienne du rouleau de Joël qui traduisait correctement : meta tauta. La vieille expression hébraïque se retrouve encore dans sa traduction habituelle dans la deuxième lettre à Timothée 3, 1 : Dans les jours à venir (grec en tais eschatais hemerais, hébreu be-aharit ha-iamim), viendront des temps mauvais... Il ne faut donc pas traduire : dans les derniers jours. Il n'y a pas d’eschatologie dans l'Apocalypse. Nous l'avons vu, Épiphane de Salamine (environ 315-403, Adversus haereses 51, Patrologie grecque 41, 909 et 949) situe le passage de Iohanan dans nie grecque de Patmos pendant le règne de l'empereur Claude 41-54 (cf. p. 369). Nous parvenons au même résultat. Le fragment latin publié par Muratori en 1740, et qui date peut-être du IIe siècle, dit ceci : Le bienheureux envoyé Paulus, à la suite de son prédécesseur Iohannis [= Iohanan], n'a écrit qu'à sept communautés, dans l'ordre suivant : aux Corinthiens, la première ; aux Éphésiens, la seconde ; aux Philippiens, la troisième ; aux Colossiens, la quatrième ; aux

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Galates, la cinquième ; aux Thessaloniciens, la sixième ; aux Romains, la septième... L'auteur inconnu de ce document très abîmé, traduit du grec en latin, estime donc que les lettres de Paul sont postérieures à l'Apocalypse. Nous pensons que certaines lettres de Paul pourraient bien être contemporaines de l'Apocalypse. Irénée de Lyon, entre 140 et 202, nous dit à propos d'Apocalypse 13, 18 : C'est ici la sagesse. Celui à qui appartient l'intelligence, qu'il calcule le nombre de la bête. Car c'est un chiffre d'homme. Et son chiffre : 666. Irénée de Lyon, Adversus haereses, V, 30, 3 ; texte grec, Eusèbe de Césarée, Histoire de l'Église, III, 18 et V, 8 : S'il avait fallu qu'ouvertement dans le temps présent [où écrit Irénée], il soit proclamé, son nom, par celui-ci il aurait été dit, qui a aussi vu la révélation (grec tèn apokalupsin). Car ce n'est pas il y a longtemps qu'il a été vu (grec oude gar pro pollou chronou eôrathè, traduction latine antique : per ipsum utique dictum fuisset qui et apocalypsim viderat : neque enim ante multum temporis VISUM EST), mais presque à notre génération, vers la fin du règne de Domitien... [81-96]. Notre hypothèse : Celui qui a vu l'Apocalypse, c'est-à-dire ce que l'Apocalypse annonçait, à savoir la prise et la destruction de Jérusalem, c'est Hérode Agrippa II, qui a en effet vécu jusque vers l'année 100. Et donc on a pu le voir vers la fin du règne de Domitien. Lorsque l'Apocalypse a été communiquée, diffusée, aux frères et aux sœurs de la petite communauté chrétienne de Jérusalem, puis aux autres communautés chrétiennes, peut-être du vivant de Iohanan, peut-être après sa mort, nul ne sait, — on a évidemment expliqué aux frères et aux sœurs

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de la communauté qui ne l'auraient pas trouvé tout seuls, le chiffre ou le nombre de la bête, un chiffre ou un nombre d'homme (hébreu possible mispar adam) à savoir probablement Hôrôdôs, qui s'écrit avec trois wauw : le wauw vaut 6. C'est le chiffre ou le nombre porté par tous les représentants de la dynastie des Hérodes, l'hydre aux sept têtes, qui sont sept rois (Apocalypse 17, 9). Hérode Agrippa II est le dernier représentant de la dynastie. Il est le dernier à porter, de par son nom, ce chiffre 666. Il a vu la prise et la destruction de Jérusalem. Il a même collaboré avec les Romains avec son armée. Il a été vu à la fin du règne de Domitien. Les Grecs employaient pour chiffres les vingt-quatre lettres de l'alphabet : alpha = 1 ; bêta = 2 ; gamma = 3 ; etc. Le chiffre 6 était un signe particulier, intercalé dans la série, appelé episèmon, qui signifie : marqué d'un signe, d'une empreinte ou d'une inscription, en particulier empreinte d'une monnaie. La lettre grecque qui valait 6, était primitivement le wauw des Hébreux et des Phéniciens, digamma des Éoliens. Le traducteur de l'Apocalypse de l'hébreu en grec n'a donc pas eu de mal à traduire les trois wauw hébreux. L'avantage qu'il y a à situer aussi exactement que possible l'Apocalypse dans son temps, dans son milieu, dans son contexte historique et politique, c'est que cela nous évite d'aller chercher dans l'avenir ce qui pour Iohanan était déjà du passé ou du présent, ce à quoi il fait allusion en langage chiffré. En quoi donc l'Apocalypse est-elle une prophétie ? En ce qu'elle annonce, quelque vingt ans à l'avance, la prise et la destruction de la vieille Jérusalem, la ville de pierres, et la descente de la nouvelle Jérusalem, la ville faite de pierres vivantes, dans laquelle il n'y a plus de Temple. Des textes relativement anciens semblent avoir conservé le souvenir du fait que Iohanan surnommé Marcus-Maq-qaba (marteau) était kôhen, et même kôhen gadôl. Un texte ancien dit que Iohanan surnommé Marcus a porté le petalon, le tzitz ha-zahab : Beatum Marcum juxta ritum carnalis sacrificii ponti-ficalis apicis

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PETALUM in populo gestasse judeorum... ex quo manifeste datur, intelligi de stirpe eum Levitica imo pontificis Aaron sacrae successionis originem habuisse. Dans un ouvrage intitulé : Réfutation de toutes les doctrines (kata pasôn aireseôn elegchos, publié par Paul Wendland sous le nom d'Hippolyte de Rome, — attribution douteuse et très controversée, — ouvrage écrit sans doute après 222) nous lisons, Elenchos VII, 30 : Puisque Marcion ou l'un de ses chiens a aboyé contre le Créateur, il faut leur dire que ni Paul l'envoyé (grec apostolos), ni Markos qui a le doigt coupé (grec ho kolobodaktulos) n'ont enseigné une chose pareille, car il n'y a rien de tel écrit dans l'Évangile de Markos, mais c'est Empédocle d'Agrigente... L'auteur inconnu de ce texte pensait donc que Iohanan surnommé Marcus avait un doigt coupé. Ce qui nous permet de nous poser des questions si nous nous souvenons de ce que Ionatan ben Hanan a répondu au roi Hérode Agrippa I lorsque celui-ci lui a proposé, vers l'année 42, de devenir de nouveau kôhen gadôl (cf. p. 165). Un antique prologue latin à une ancienne traduction latine de l'Évangile de Marc, antérieure à saint Jérôme, nous dit que Marc a été kôhen, sacerdotium in Israhel agens secundum carnem levita conversus ad fîdem Christi, et qu'il s'est amputé lui-même de son pouce afin de ne plus être apte au sacerdoce, denique amputasse sibi post fîdem pollicem dicitur, ut sacerdotio reprobus haberatur, Peter Corsen, Monarchianische Prologue zu den vier Evangelien, Texte und Untersuchungen zur Geschichte der Altchristlichen Litteratur, XV, 1897, p. 9. On a retrouvé un bon nombre d'ossuaires judéens qui datent du Ier siècle avant notre ère et du Ier siècle de notre ère. On en a retrouvé dans la région de Jérusalem. Les ossements étaient recueillis dans ces coffres de calcaire, et pouvaient donc être transportés. C'est ainsi peut-être que s'explique que Ionatan ben Hanan, assassiné à Jérusalem sur l'ordre du gouverneur romain Félix en 54 ou 55, ait été transporté à Éphèse.

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Plusieurs de ces ossuaires portent des inscriptions en hébreu, d'autres des inscriptions en grec, et parfois le nom propre de celui dont les ossements sont déposés dans l'ossuaire. Nous avons vu que Iohanan surnommé Marcus pourrait bien être celui qui a apporté, avec Joseph Barnaba, l'information nouvelle en Asie mineure, autour de l'année 50, lorsque Paul entreprenait son second voyage et faisait le tour par la Cilicie, la Lyaconie, la Galatie et la Mysie. C'est le souvenir qu'a conservé Irénée de Lyon. Contre les hérésies, III, 1, 1 : Et puis ensuite c'est Iohanan, le disciple du Seigneur, celui qui [lors de la dernière nuit] était tombé sur son cœur, c'est lui qui a communiqué l'heureuse annonce à Éphèse en Asie... Paris, le 22 avril 1993.

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ANNEXES Empereurs romains Jules César, 48-44 avant notre ère. Octave Auguste, — 27 + 14. Tibère, 14-37. Caius Caligula, 37-41. Claude, 41-54. Néron, 54-68. Galba, 68-69. Othon, 69. Vitellius, 69. Vespasien, 69-79. Titus, 79-81. Domitien, 81-96. Procurateurs romains Coponius, 6-9 Marcus Ambibulus, 9-12. Annius Rufus, 12-15. Valerius Gratus, 15-26. Pontius Pilatus, 26-36. Marcellus, 36-37. Marcellus, 37-41. … Cuspius Fadus, 44-?. Tiberius Alexander, ?-48 Ventidius Cumanus, 48-52. Félix, 52-60. Porcius Festus, 60-62. Lucceius Albinus, 62-64. Cessius Florus, 64-66.

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Rois Hérode l'Ancien, dit le Grand, 37-4 avant notre ère. Philippe, fils d'Hérode le Grand, — 4 + 33 ou 34. Hérode Antipas, — 4 + 39. Archélaûs, — 4 + 6, Hérode Agrippa I, 41-44. Hérode de Chalcis, 41-48. Hérode Agrippa II, 49-100. Grands prêtres Boethos, 24-5 avant notre ère, ou Schimeôn ben Boethos Joasar ben Boethos, 4 avant notre ère. Eleazar ben Boethos, 4 avant notre ère. Hanan ben Sethi, 6-15. Ismaël ben Phiabi, 15-16. Eleazar ben Hanan, 16-17. Schimeôn ben Kami ou Kamithos, 17-18. Joseph Qaïapha, 18-36. Ionatan ben Hanan, 36-37. Theophilos ben Hanan, 37-41. Schimeôn Kanthèras ben Boethos, 41. Mattit-iah ben Hanan, 41-42. El-Ieho-Einaï ben Kanthèras ? Joseph ben Kami ou Kamithos ? Hanan-iah ben Nedab-iah, 47-59. Ismaïl ben Phiabi, 59-61. Joseph ben Schimeôn, surnommé Kabi, 61-62. Hanan ben Hanan, 62. Ieschoua ben Damnaios, 62-63. Ieschoua ben Gamaliel, 63-65.

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Mattit-iah ben Theophilos, 65. Phanni ben Schemouel, 67-68.

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APOCALYPSE 1, 1 : 223, 403 1, 2 : 223 1, 9 : 224, 295 2, 1 : 298 2, 6 : 305 2, 9 : 306 2, 13 : 306 2, 14 : 307 2, 15 : 307 2, 20 : 307 3, 1 : 309 3, 7 : 310 3, 14 : 311 9, 14 : 338 10,5:311 11,2:313,377 11,3:314 11,7:315 12, 1 : 321, 409 12, 3 : 325 12,4 : 322 12,5 : 323 12,6 : 323 12, 13 : 324, 409 12, 18 : 324 13, 1 : 28, 29, 148, 325 13,2 : 325, 326 17,15 : 363 ÉVANGILES 11, 1 : 312 13, 5 : 148 13, 11 : 149,328 13, 14 : 330 13, 16 : 331 14, 1 : 333 14, 6 : 333 14, 8 : 334 14, 9 : 335 14, 18 : 335 15, 2 : 332 16,2: 332 16, 12 : 338 16, 17 : 340 17,1 : 341 17,3 : 348 17,5 : 350 17,7:351 17,8 : 352 17,9 : 357 17, 10: 358 17, 11: 360 17, 12: 37, 360 17, 13: 362 17, 13 : 362 17, 14 : 362 17,17 : 365 18, 2 : 365 18,4:367 18, 8 : 370 18,9:371 18, 10:371 18, 16 : 372 18, 21 : 373 19,2 : 375 19,3 : 376 19,6 : 396 19,7 : 397, 404, 408 19,9:410 21, 1 :414 21,2:414 21,3:414 21,5:416 21,9:416 21, 14:417 21, 15:385 21,22:417, 433,448 22, 18 : 259

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1, 9 : 270 1, 14 : 415 1, 29 : 408 1, 35 : 262, 408 1, 38 : 396 1, 41 : 396 1, 42 : 396 2, 6 : 286 3, 13 : 427 2, 18 : 427 3, 3 : 303

Jean 3, 22 : 405 18, 12 : 282 3, 29 : 406 18, 15 : 282 6, 63 : 270 18, 28 : 63, 272 6, 66 : 269 18, 33 : 64 9, 7 : 396 19, 9 : 66 11, 45 : 381 19, 12 : 66 13, 1 : 239, 254, 19, 13 : 272 268 13, 21 : 254 19, 25 : 231 13, 22 : 255 19, 26 : 287, 324 13, 23 : 287 19, 31 : 272 15, 26 : 18 19, 40 : 283 Matthieu 4, 21 : 228 16, 13 : 111 7, 24 : 393 16, 17 : 392 9, 14 : 406 21, 33 : 338 10, 1 : 226, 417 22, 2 413 10, 5 : 226 22, 7 : 379 12, 39 : 247 24, 1 : 376, 428 14, 1 : 113 24, 15 : 33, 143 14, 10 : 113 24, 34 : 378 16, 4 : 248 24, 35 : 418

20, 1 : 284 20, 3 : 288 28, 8 : 285 21, 1 : 288 21, 4 : 288 21, 7 : 288 21, 19 : 289 21, 20 : 288 21, 25 : 290

2, 1 : 110, 323 2, 13 : 323 2, 16 : 110 2, 19 : 122, 323 2, 22 : 111, 323 3, 1 : 101 3, 4 :101 3, 9 : 391 4, 4 :93

25, 1 : 413 26, 1 : 265 26, 17 : 235, 266 26, 37 : 444 26, 56 : 281 26, 57 : 428 27, 39 : 428

2, 19 : 407 3, 14 : 337, 417 6, 14 : 113 8, 27 : 111

Marc 13, 1 : 429 14, 12 : 237, 266 14, 57 : 428 13, 2 : 429 14, 25 : 280 14, 40 : 233 13, 3 : 376 14, 33 : 444 13, 14 : 33, 143 14, 50 : 281

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1, 5 : 110 1, 15 : 110 3, 1 : 20, 112 3, 19 : 114 4, 9 : 94 5, 34 : 407

Luc 6, 13 : 227, 417 20, 21 : 97 9, 2 : 227 21, 5 : 376, 429 9, 7 : 114 21, 20 : 143, 377 11, 29 : 248 21, 24 : 377 13, 31 : 114 22, 1 : 267 13, 33 : 116 22, 7 : 238, 267

22, 14 : 280 22, 18 : 280 22, 22 : 280 23, 5 : 116

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1, 1 : 403 1, 12 : 234 4, 5 : 196 4, 36 : 230 6, 7 : 292, 430 6, 8 : 431 7, 1 : 431 7, 2 : 431 7, 42 :433 7, 47 : 432 7, 55 :98 7, 58 : 293, 432 8, 1 : 293, 432, 449 9, 1 : 293 9, 20 : 294 9, 23 : 294 9, 26 : 294 10, 1 : 80

ACTES (DES APÔTRES) 10, 28 : 80 13, 1 : 241, 242, 243 10, 34 : 80 13, 4 :244 10, 44 : 80 13, 6 : 244 11, 1 : 81 13, 9 : 244 11, 18 : 81 13, 13 : 244 11, 19 : 247, 449 15, 1 : 245, 298, 450 11, 26 : 189 15, 5 : 246

22, 5 : 85 23, 2 : 191 23, 23 : 85 23, 31 : 86 24, 1 : 192 24, 24 : 86

24, 27 : 42, 88, 186 12, 1 : 172, 227 15, 6 : 249 25, 1 : 88 12, 3 : 172, 228 15, 12 : 249 25, 9 : 42 12, 6 : 228 15, 13 : 250, 299 25, 13 : 89, 186 12, 7 : 172 15, 15 : 300 25, 18 : 89 12, 11 :173 15, 19 : 300 25, 22 : 89, 187 12, 12 : 173, 228 15, 21 : 301 26, 1 : 187 12, 17 : 173, 229 12, 18 : 173 12, 21 : 174 12, 24 : 174, 240 12, 25 : 241 15, 22 : 301 15, 36 : 252 16, 6 : 253 16, 7 : 253 21, 37 : 84 26, 14 : 188 26, 24 : 188 26, 30 : 189 28, 16 : 42

Romains 13, 1 : 65 16, 21 : 45 1 Corinthiens 3, 16 : 394 5, 7 : 409 11, 2 : 260

ÉPITRES Galates 2 Thessaloniens 1, 8 : 333 2, 1 : 144 1, 11 : 250 2, 3 : 144 1, 18 : 250 2, 4 : 146 2, 1 : 101, 250 2, 5 : 147 2, 7 : 102 1 Timothée 2, 9 : 305 2, 5 : 129, 443

7, 26 : 444 8, 1 : 444 8, 13 : 445 9, 2 : 446 9, 6 : 447 9, 11 : 447 10, 4 : 447

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11, 23 : 259, 271 15, 1 : 260, 334 15, 28 : 433 15, 46 : 127 15, 50 : 303 2 Corinthiens 4, 16 : 416 5, 17 : 416

3, 28 : 81 Éphésiens 1, 13 : 334 1, 22 : 407 5, 25 : 407 Colossiens 1, 13 : 415 2, 9 : 416 3, 9 : 81, 415 4, 10 : 229

2 Timothée 4, 13 : 20 4, 17 : 124 Philémon 1, 23 : 45 Hébreux 3, 1 : 442 4, 14 : 443 5, 7 : 444

13, 14 : 448 1 Pierre 1, 13 : 394 1, 15 : 247 1, 20 : 400 2, 5 : 391 2, 13 : 65 5, 2 : 395 5, 8 : 124 5, 13 : 394

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ENQUÊTE SUR L'APOCALYPSE • les antécédents : Daniel et les Maccabées • de Rome au grand prêtre, la critique du pouvoir • Jean, grand prêtre du Temple de Jérusalem, en 36-37 • annonce dans les années 50 de la destruction de Jérusalem • annonce de la naissance de l'Église, la "nouvelle Jérusalem" L'Apocalypse est un livre très obscur pour nous en cette fin du XXe siècle, comme il l'était déjà devenu pour Denys, évêque d'Alexandrie vers la fin du IIIe siècle, selon lequel «plusieurs qui vivaient avant lui ont rejeté l'Apocalypse parce qu'ils estimaient que le livre est incompréhensible, qu'il n'est pas une révélation et qu'il est recouvert d'un voile épais qui en rend le contenu inintelligible». Denys ne rejette pas l'Apocalypse, mais reconnaît qu'il dépasse son entendement et qu'il n'y comprend rien (cf. Eusèbe de Césarée, dans son Histoire de l'Église). Claude Tresmontant a travaillé pendant plus de vingt ans sur les correspondances entre l'hébreu de la Bible hébraïque et le grec de la Septante. Il a démontré ainsi l'origine hébraïque des Évangiles et de l'Apocalypse et 'la date, très proche des événements, de leur composition. Il en a donné une traduction entièrement renouvelée. Pour lui, si l'Apocalypse est un texte obscur, c'est parce qu'il a été écrit dans un langage chiffré, en pleine terreur, au cours des années 50, quand la petite communauté chrétienne naissante était persécutée à mort par la dynastie des Hérode et par les hautes autorités sacerdotales de Jérusalem. L'auteur de l'Apocalypse, qui s'appelait Iohannam, fait allusion constamment à des événements - aujourd'hui complètement oubliés - mais bien connus des frères et sœurs des communautés judéennes auxquelles il s'adresse. Il connaît les Saintes Écritures hébraïques par cœur et procède par allusions dans un langage parfaitement clair pour ses destinataires. La destruction, en 70, de Jérusalem, berceau du christianisme, explique que, très vite, ce texte soit devenu incompréhensible. Pour nous permettre de retrouver le sens de ces oracles de l'Apocalypse, Claude Tresmontant met sous nos yeux les textes d'un

CDLXI

historien contemporain des événements, Josèphe, surnommé Flavius, et de Philon d'Alexandrie. Il traduit les textes de la Sainte Écriture qui permettent de comprendre le langage de Iohannam et il dégage les allusions aux faits et aux événements contemporains ou récents. Iohannam, l'auteur de l'Apocalypse, était lui-même kohen, prêtre du Temple de Jérusalem. Il a été kohen gadôl, grand prêtre, en 36-37. C'est le même Iohannam qui a fourni Je dossier de notes, dont nous avons la traduction en langue grecque : l'Évangile de Jean. Il annonce, dans les années 50, c'est-à-dire quelque vingt ans à l'avance, la prise et la destruction de Jérusalem, qui aura bien lieu en 70, et il demande aux frères et aux sœurs de la petite communauté chrétienne de Jérusalem de se sauver avant qu'il ne soit trop tard. Ce qu'elle fit avant l'année 66, commencement de la grande guerre entre les Judéens et les Romains. Jean-Iohannam annonce la naissance de la nouvelle Jérusalem, qui est la Communauté (l'Église) elle-même, l'Épousée, la Chérie, non pas faite de pierres, mais avec des êtres vivants, il fait appel à une interprétation ésotérique du Cantique des Cantiques et du rouleau d'Esther, familiers à cette époque-là. Philosophie de l'histoire qui annonce l'inéluctable destruction des empires, philosophie politique qui traite des rapports entre l'Église et l'État, l'Apocalypse est une prophétie déjà réalisée qui porte aussi sur l'avenir de la création.

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