Méthodes pour l’évaluation et la prévention

des risques accidentels
(DRA-006)
Le BLEVE,
Phénoménologie et modélisation des effets
thermiques
Ω-5
Direction des Risques Accidentels
Sept embr e 2002
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Le BLEVE,
Phénoménologie et modélisation des effets thermiques
INERIS
DIRECTION DES RISQUES ACCIDENTELS
Sept embr e 2002
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Répertoire des modifications
Révision Relecture Application Modifications
Version 1 Septembre
2002
Octobre
2002
Création du document
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PREAMBULE
Le présent document a été établi :
- au vu des données scientifiques et techniques disponibles ayant fait l’objet d’une
publication reconnue ou d’un consensus entre experts,
- au vu du cadre légal, réglementaire ou normatif applicable.
Il s’agit de données et informations en vigueur à la date de l’édition du document, le
20 septembre 2002.
Le présent document comprend des propositions ou recommandations. Il n’a en aucun cas
pour objectif de se substituer au pouvoir de décision du ou des gestionnaire(s) du risque ou
d’être partie prenante.
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TABLE DES MATIERES
1 OBJECTIF ET DOMAINE D’APPLICATION 6
1.1 Contexte général ....................................................................................................................... 6
1.2 Objectifs..................................................................................................................................... 6
1.3 Domaine d’application ............................................................................................................. 7
1.4 Plan retenu ................................................................................................................................ 7
2 EXEMPLES DE BLEVE – RETOUR D’EXPÉRIENCE 8
2.1 Bleve sans boule de feu............................................................................................................. 8
2.2 Bleve ayant donné matière à la formation d'une boule de feu............................................ 10
2.3 Accidents recensés dans la base ARIA du BARPI............................................................... 13
2.4 Conclusions sur le retour d'expérience................................................................................. 16
3 RESULTATS EXPÉRIMENTAUX 18
3.1 Essais du N.F.P.A.................................................................................................................... 18
3.2 Essais à moyenne échelle de BIRCK et al. ............................................................................ 21
3.3 Projet communautaire J.I.V.E............................................................................................... 24
3.4 Les essais de BRITISH GAS.................................................................................................. 27
3.5 L’essai du B.A.M..................................................................................................................... 33
3.6 Conclusions.............................................................................................................................. 39
4 THÉORIE DU BLEVE 41
4.1 Rappel : température limite de surchauffe........................................................................... 41
4.2 Premiers éléments de définition............................................................................................. 42
4.3 Les différents types de BLEVE.............................................................................................. 43
4.4 Comparaison des BLEVE "froids" et "chauds" ................................................................. 49
4.5 Conclusions.............................................................................................................................. 55
5 MODÉLISATION DES EFFETS THERMIQUES D’UN BLEVE 56
5.1 Etapes de la démarche. Caractéristiques de la boule de feu............................................... 56
5.2 Flux thermiques ...................................................................................................................... 56
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5.3 Modélisations des effets thermiques d'un BLEVE............................................................... 71
6 PRÉVENTION DU BLEVE 107
7 CONCLUSIONS 110
8 GLOSSAIRE 112
9 BIBLIOGRAPHIE 113
10 LISTE DES ANNEXES 116
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1 OBJECTIF ET DOMAINE D’APPLICATION
1.1 CONTEXTE GENERAL
Depuis l’année 2000, le Ministère en charge de l’Environnement (anciennement Ministère de
l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement devenu Ministère de l’Ecologie et du
Développement Durable) finance un programme d’études et de recherches, intitulé « Recueil
des méthodes utilisées à l’INERIS dans le domaine des risques accidentels » (DRA-006).
L’objet de ce programme est de réaliser un recueil global formalisant l’expertise de l’INERIS
dans le domaine des risques accidentels. Ce recueil sera constitué de différents rapports
consacrés aux thèmes suivants :
• les phénomènes physiques impliqués en situation accidentelle (incendie, explosion,
BLEVE…)
• l’analyse et la maîtrise des risques,
• les aspects méthodologiques pour la réalisation de prestations réglementaires (étude de
dangers, analyse critique..)
Chacun de ces documents reçoit un identifiant propre du type « Ω-X » afin de faciliter le suivi
des différentes versions éventuelles du document.
In fine, ces documents décrivant les méthodes pour l’évaluation et la prévention des risques
accidentels, constitueront un recueil des méthodes de travail de l’INERIS dans le domaine des
risques accidentels.
1.2 OBJECTIFS
L’objet du présent document est de présenter une synthèse de l’état des connaissances sur le
risque de BLEVE pouvant survenir dans capacités de stockage de gaz liquéfiés. Le BLEVE
(acronyme de Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion), peut-être défini en première
approche comme une vaporisation violente à caractère explosif consécutive à la rupture d’un
réservoir contenant un liquide à une température significativement supérieure à sa
température normale d’ébullition à la pression atmosphérique.
L’objectif de ce document est de :
- dégager, sur la base d’accidents passés et de différents essais instrumentés, une
typologie et une théorie du phénomène de BLEVE,
- présenter une synthèse de quelques modèles disponibles pour décrire les effets
thermiques engendré par un BLEVE, en comparant des simulations à des résultats
d’essais et au retour d’expérience d’accidents passés,
- ouvrir quelques pistes pour la prévention du BLEVE.
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1.3 DOMAINE D’APPLICATION
Tous les stockages de gaz liquéfiés sous pression sont susceptibles d’être le siège d’un
BLEVE. En effet, le BLEVE est associé avant tout à un changement d’état à caractère
explosif, et non à une réaction de combustion comme c’est le cas des explosions de nuages de
gaz. Ainsi, il n’est pas nécessaire que le produit concerné soit inflammable pour parler de
BLEVE. Toutefois, comme le montre l’accidentologie, cette dernière caractéristique présente
généralement un caractère aggravant.
Les effets d’un BLEVE sur l’environnement se manifestent généralement de trois manières :
- la propagation d’une onde de surpression,
- la projection de fragments à des distances parfois très importantes,
- et, dans le cas d’un BLEVE de liquide inflammable, la formation d’une boule de feu
dont le rayonnement thermique peut devenir prépondérant en terme de conséquences.
Dans ce rapport, seule la modélisation des effets thermiques des BLEVE
d’hydrocarbures sera abordée. Les effets de pression et de projection de fragments
feront l’objet d’un autre rapport spécifique.
De même, les effets liés à un éventuel caractère toxique des produits susceptibles de donner
matière à un BLEVE ne seront pas abordés dans la présente étude.
1.4 PLAN RETENU
Le présent rapport est divisé en dix chapitres. Après ce premier chapitre présentant
brièvement les objectifs de cette étude,
- le deuxième chapitre est dédié à l’accidentologie du BLEVE et au retour d’expérience,
- le troisième chapitre présente quelques résultats d’essais de BLEVE à moyenne et
grande échelle,
- le quatrième chapitre tente d’exposer la théorie du BLEVE,
- le cinquième chapitre propose quelques modélisations de BLEVE d’hydrocarbures, en
s’attachant à décrire les effets thermiques,
- le sixième chapitre ouvre quelques pistes pour la prévention du BLEVE,
- le septième chapitre regroupe les principales conclusions de l’étude.
Dans les trois chapitres restant sont regroupés un glossaire des principales abréviations
utilisées, une bibliographie et une liste d’annexes.
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2 EXEMPLES DE BLEVE – RETOUR D’EXPERIENCE
Ce chapitre présente, en premier lieu, divers accidents ayant conduit à des BLEVE en
l'absence d'incendie. Dans un second temps, sont exposés des cas ayant impliqué des liquides
inflammables et donné matière à l'apparition de boules de feu (C.C.P.S., 1994). Dans une
troisième partie enfin, l'INERIS présente les résultats de l'interrogation du BARPI (Bureau
d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles) relativement au phénomène de BLEVE.
2.1 BLEVE SANS BOULE DE FEU
2.1.1 DEFAILLANCE D'UN WAGON CONTENANT DU DIOXYDE DE CARBONE (HALTERN, EX-
RFA, 02/09/1976)
Un wagon rempli à 90 %, contenant quelques 231 tonnes de CO
2
, a explosé. Le contenu du
wagon était à une pression de 7 bar et à une température de -15°C.
Peu avant l'explosion, il aurait été observé que le wagon évacuait du dioxyde de carbone par
sa soupape de sécurité. Il n'est pas clairement établi si l'explosion s'est produite avant ou après
une collision avec d'autres wagons.
Des fragments du réservoir ont été retrouvés à des distances supérieures à 360 mètres du lieu
de l'accident. D'autre part, trois autres wagons vides situés trois voies plus loin ont été
soufflés par l'explosion et ont ainsi déraillé. Une personne fut tuée dans l'accident.
L'analyse post-accidentelle d'un fragment aurait indiqué que la rupture de la citerne a été de
type fragile.
2.1.2 EXPLOSION D'UN RESERVOIR DE STOCKAGE DE DIOXYDE DE CARBONE LIQUIDE
(REPCELAK, HONGRIE, 02/01/1969)
Cet accident s'est produit dans une centrale de production de dioxyde de carbone. Ce produit
était liquéfié et refroidi par l'intermédiaire d'un circuit de réfrigération à l'ammoniac puis
stocké dans des réservoirs sous une pression de 15 bars et à une température de l'ordre de
30°C.
L'installation comportait trois réservoirs de stockage situés approximativement à 15 mètres du
bâtiment de production.
Les conditions de l'accident furent les suivantes (le lecteur se rapportera à la figure 1 ci-
après) : à 1h50, le remplissage d'un réservoir (C), avec le dioxyde de carbone produit débute,
et à 2h24, pendant le remplissage, le réservoir explose, suivi, quelques instants plus tard, de
l'explosion d'un autre réservoir (D). Ces deux explosions produisent l'arrachement du
réservoir (A) de ces fondations et sa perforation par l'un de ses supports, provoquant ainsi,
dans son flan, une brèche dont la surface fut estimée à environ 90 cm
2
. Le rejet de CO
2
par
cette brèche entraîne, par réaction, la mise en mouvement du réservoir à travers l'installation
(effet fusée) provoquant ainsi la mort de cinq personnes.
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Version 1 du 20/09/02 9/116
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Des fragments, projetés dans toutes les directions, provoquèrent la mort de 4 personnes
supplémentaires et atterrirent à plus de 400 mètres.
Un fragment de 1000 kg fut notamment projeté à plus de 250 mètres. Une quinzaine de
personnes furent blessées, dont certaines ont subi des gelures partielles.
La cause la plus probable retenue pour cet incident est un sur-remplissage dû à une
défaillance du système de jauge (vraisemblablement le gel du détecteur de niveau). Par
ailleurs, il semblerait que le matériau de fabrication de plusieurs cuves n'était pas adapté aux
faibles températures.
Organisation de la centrale avant l'explosion
1- Batiment de purification
2- Laboratoire de procédé
3- Unité de remplissage
4- Magasin
8- Aire de stockage de dioxyde de carbone
Figure 1 : Site de production de CO
2
de REPCELAK
2.1.3 EXPLOSION D'UN CAMION CITERNE CONTENANT DE L'OXYGENE LIQUIDE
(BROOKLYN, NEW YORK, USA, 30/05/1970)
Un camion citerne est rempli de 14 tonnes d'oxygène liquide. Il stationne ainsi chargé pendant
toute une nuit, puis, le lendemain, est utilisé pour effectuer une livraison de 1,9 tonnes au
réservoir d'un hôpital. Après la livraison le conducteur débranche les tuyaux destinés à la
livraison et commence à manœuvrer son camion. La citerne se rompt soudainement et un
incendie très violent se développe autour du camion, dans l'atmosphère très enrichie en
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Version 1 du 20/09/02 10/116
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oxygène. Le chauffeur et un gardien sont mortellement atteints, et 24 autres personnes sont
blessées par des éclats de verre ainsi que par les effets directs du BLEVE. Quatre pompiers et
deux policiers sont légèrement blessés pendant l’intervention des secours. On observe des bris
de vitres à plus de 180 mètres.
Les investigations qui suivirent suggérèrent que la rupture complète du réservoir s'était
propagée en moins d'une seconde, ce qui permet d'envisager que la montée en pression fut
très rapide. Il paraît ainsi probable que l'accident ait eu pour causes une série de réactions
chimiques qui auraient déclenché une violente oxydation exothermique de l'aluminium
composant la citerne.
2.2 BLEVE AYANT DONNE MATIERE A LA FORMATION D'UNE BOULE DE FEU
2.2.1 BLEVE DE WAGONS (CRESCENT CITY, ILLINOIS, USA, 21/06/1970)
Un groupe de 15 wagons dont 9 remplis de gaz de pétrole liquéfié (propane) déraille. Le
G.P.L. rejeté est enflammé, vraisemblablement par des étincelles produites lors du
déraillement de l'un des wagons. La boule de feu qui en résulte atteint une hauteur de
plusieurs centaines de mètres. Plusieurs bâtiments prennent feu.
Les soupapes de sécurité de plusieurs autres wagons s'ouvrent et rejettent ainsi du G.P.L. Une
heure plus tard un wagon explose. Des fragments sont retrouvés à des distances supérieures à
500 mètres. Il se produit ensuite pendant deux heures des explosions successives. L'incendie
perdure plus de 56 heures.
Grâce à une évacuation rapide, il n'y eut aucun mort, mais 66 blessés sont dénombrés, ainsi
que d'importants dégâts matériels.
2.2.2 BLEVE DANS UNE INSTALLATION DE STOCKAGE DE G.P.L. DANS UNE RAFFINERIE
(FEYZIN, FRANCE, 04/01/1966)
L'installation de stockage de G.P.L. de cette raffinerie était constituée de quatre sphères de
propane de 1200 m
3
, quatre sphères de butane de 2000 m
3
, ainsi que deux réservoirs
cylindriques horizontaux contenant du propane pour l'un et du butane pour l'autre. Les
réservoirs de G.P.L. étaient situés à une distance de 450 mètres de la raffinerie, et à environ
300 mètres des premières maisons du village de Feyzin (fig. 2).
Pour un prélèvement d'échantillons dans un des réservoirs, un opérateur ouvre successivement
deux vannes dans le bas d'un réservoir de stockage de propane. Cependant, il ne respecte pas
l'ordre d'ouverture de ces vannes : il ouvre d'abord la vanne la plus éloignée du réservoir, puis
tente de réguler le débit avec la vanne située en amont. Aucun fluide ne coulant,
probablement pour cause de gel, il ouvre plus largement la vanne. Le bouchon de glace qui
s'était vraisemblablement formé lors de la première ouverture disparaît, et du propane
s'échappe en grande quantité. Les trois opérateurs présents tentent, sans succès, de fermer la
vanne amont. Ils n'essayent pas d'emblée de fermer la vanne la plus éloignée du réservoir, qui
gèle en position ouverte. Ne pouvant fermer cette dernière vanne, les opérateurs s'enfuient et
déclenchent l'alarme.
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Un nuage de gaz d'environ 1 mètre de hauteur se forme au dessus de l'autoroute voisine. Bien
que la route ait été fermée au signal d'alerte, une voiture entre dans le nuage de gaz et en
provoque l’inflammation. Le conducteur, sorti de sa voiture, est mortellement brûlé, et le feu
remonte jusqu'à la sphère d'où le propane s'échappe.
Une équipe de secours de près de 160 hommes tente alors d'éteindre l'incendie, et commence
à refroidir les réservoirs voisins à l'aide d'eau. Le réservoir d'où s'échappe le propane explose
alors violemment et des fragments sont projetés aux alentours.
Quelques instants plus tard, une seconde sphère explose, et provoque la rupture des
canalisations d'une troisième sphère qui se vidange, entretenant ainsi l'incendie.
Trois sphères de butane s'ouvrent sans donner matière à un BLEVE. Le village de Feyzin,
distant d’environ 400 mètres est touché par les ondes de surpression successives. Au total 11
réservoirs sont détruits, des missiles sont projetés jusqu'à 800 mètres. L'accident causa 18
morts et 84 blessés, principalement lors du premier BLEVE.
Destruction
Endommagé
Voie ferrée
Autoroute`
Réservoirs de GPL
Réservoirs de Pétrole
Réservoir de fuel
Disposition du site de stockage de Feyzin
Figure 2 : Disposition du site de stockage de G.P.L. de FEYZIN
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2.2.3 SERIE DE BLEVE SUR UNE INSTALLATION DE STOCKAGE DE G.P.L. (SAN JUAN
IXHUATEPEC, MEXICO, MEXIQUE, 19/11/1984)
Le site de stockage était constitué de 4 sphères de G.P.L. (mélange 80 % butane, 20 %
propane) d'un volume unitaire de 1600 m
3
, de deux sphères de 2400 m
3
de volume unitaire et
de 48 réservoirs cylindriques horizontaux de diverses capacités. Au moment de l'accident,
approximativement 11000 à 12000 m
3
de G.P.L. étaient stockés sur le site.
Lors d'une phase de remplissage d'un réservoir, une canalisation de 8 pouces (200 mm de
diamètre) sous 24 bar se rompt. Lorsque la hauteur du nuage atteint une hauteur visible
d'environ deux mètres, il s'enflamme, 5 à 10 minutes après le début de la fuite, sur une
torchère située à quelques 120 à 150 mètres du lieu du rejet. Le nuage inflammable ayant
vraisemblablement pénétré dans des maisons, son inflammation entraîne leur destruction.
Quelques minutes après l'inflammation du nuage, deux des plus petites sphères donnent
matière à des BLEVE, engendrant la formation d'une boule de feu (d'un diamètre évalué, sans
certitude, à 350 ou 400 mètres) ainsi que l'éjection d'un ou deux réservoirs cylindriques. Les
effets thermiques et l'éjection de fragments entraînent, par effet domino, d'autres BLEVE.
En définitive, les quatre petites sphères furent détruites. Les sphères plus grosses restèrent
intactes, bien que leur supportage fût brisé. Seulement 4 des 48 cylindres demeurèrent dans
leur position initiale. Dans un rayon de 300 mètres, toutes les personnes furent tuées ou
blessées. Cet accident causa au total le décès de plus de 500 personnes. Il y eut environ 7000
blessés, et 39000 personnes évacuées. Les secours mobilisèrent de l'ordre de 4000 personnes.
Des fragments de sphères furent retrouvés à plus de 600 mètres et 12 parties de réservoirs
cylindriques horizontaux furent projetées, par "effet fusée", à des distances pouvant atteindre
1200 mètres.
2.2.4 SUCCESSION DE BLEVE DANS UNE RAFFINERIE (TEXAS CITY, TEXAS, USA,
30/05/1978)
Le sur-remplissage d'un réservoir sphérique d'isobutane d'une capacité de 800 m
3
, provoque
sa fissuration le long d'une ligne de soudure et engendre la perte d'une partie de son contenu.
Le sur-remplissage fut vraisemblablement causé par une défaillance du système de jauge.
Le nuage est enflammé par une source non identifiée et un feu de type chalumeau se forme à
la fuite. Moins d'une minute après, la sphère donne matière à un BLEVE. Elle se fracture en
trois morceaux principaux, dont l'un est projeté à plus de 80 mètres. Plusieurs BLEVE de
petits réservoirs se produisent ensuite, puis 20 minutes plus tard, une autre explosion survient.
Il s'agit du BLEVE d'une autre sphère de 800 m
3
de capacité, contenant un mélange de
butane-butylène, se trouvant à proximité du premier réservoir ayant explosé. La boule de feu
est moins intense que la première et d'une taille évaluée à environ 335x200 m
2
. La soupape de
cette sphère est propulsée à quelques 500 mètres. Les dommages causés par ces projectiles
sont, considérables (C.C.P.S., 1994). Il n'est pas établi que les effets de surpressions furent
importants, bien qu'il fût rapporté que des vitres aient été brisées à 3,5 km du site.
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2.2.5 BLEVE D'UN CAMION DE PROPYLENE AU VOISINAGE D'UN CAMPING (LOS ALFAQUES,
ESPAGNE, 11/07/1978)
Un camion transportant 23,5 tonnes de propylène quitte la route et heurte le muret d'un
camping comptant 700 à 800 estivants. La citerne est fissurée et l'inflammation du rejet
gazeux qui se forme entraîne une augmentation de la pression interne et une détérioration des
parois de la citerne. Consécutivement à une première explosion, un BLEVE se produit
engendrant notamment une boule de feu. Cet accident fut la cause de 216 morts et plus de 200
blessés dans un rayon de 125 m (Lees, 1996).
Il est à noter que le camion était rempli d'une quantité de propylène supérieure à la capacité
autorisée (soit 23,5 tonnes contre 19,1 tonnes), et n'était pas muni d'une soupape.
2.2.6 BLEVE D’UN CAMION CITERNE DE GPL (KAMENA VOURLA, GRECE, 30/04/1999)
A la veille des fêtes légales, il est habituel que la police grecque interdise la circulation des
camions sur l’ensemble du réseau routier. La veille du 1
er
mai, la police interpelle un camion
citerne contenant 18 tonnes de GPL à proximité de la ville de Kamena Vourla. Le chauffeur
stationne son véhicule sur le côté de la chaussée. Peu de temps après, une camionnette vient
heurter le camion à l’arrière et provoque une fuite de GPL qui s’enflamme aussitôt.
Trente minutes plus tard, alors qu’un véhicule des pompiers vient prendre position à 5 m de la
citerne, un BLEVE se produit. Des témoins rapportent la formation d’une boule de feu
d’environ 100 m de rayon et 150 m de hauteur. De grosses gouttes de GPL liquide en feu
pleuvent sur des distances de 300 à 400 m. Le camion citerne et le camion de pompiers sont
complètement désintégrés. De gros fragments sont retrouvés à des distances de 200 à 300 m
(le moteur du camion de pompier est retrouvé à 250 m). La citerne de GPL est projetée en un
seul morceau dans un immeuble distant d’environ 500 m, démolit sa toiture et atterrit 200 à
300 m plus loin, soit à une distance de 700 à 800 m du lieu de l’explosion. L’accident fait
quatre morts, dont une personne décapitée par un fragment à 400 m du lieu de l’explosion.
Des personnes situées à 300 m de l’accident sont blessées par brûlures. Des dégâts aux
immeubles sont observés dans un rayon de 500 m.
2.3 ACCIDENTS RECENSES DANS LA BASE ARIA DU BARPI
Pour la présente étude, l’INERIS a consulté le BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et
Pollutions Industrielles) qui gère la base de données ARIA. L’interrogation de cette base a
permis de recueillir 74 références d’accidents s’étant produits dans le monde entre 1951 et
2000. Nous reproduisons intégralement le résultat de cette recherche en annexe A (les cas y
sont référencés par leur date d’occurrence).
Les résultats de cette recherche appellent, de la part de l’INERIS, les remarques suivantes :
- Les accidents recensés couvrent une large plage de conséquences, en termes de
gravité, puisqu’ils concernent aussi bien des BLEVE de bouteilles d’aérosols n’ayant
entraîné aucune victime, que des cas comme ceux de Mexico (19/11/1984) et de Los
Alfaques (11/07/1978), ayant fait respectivement plus de 500 et 200 victimes.
- Dans la mesure où le recensement d’accidents couvre près d’une cinquantaine
d’années, il convient d’être prudent quant à la projection aujourd’hui de l’analyse des
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causes ayant entraîné des BLEVE, la technologie et, entre autres, la connaissance des
phénomènes ayant bien évidemment évolué.
- Sur les 74 références d’accidents, seules 59 ont été retenues, les autres n’étant pas
forcément des BLEVE ou restant à l’échelle domestique. Il s’agit pour mémoire des
15 accidents ayant eu lieu les 25/08/76, 16/05/79, 26/11/80, 13/07/81, 16/08/81,
01/01/82, 21/06/82, 21/03/88, 25/08/94, 24/09/94, 10/03/95, 28/12/95, 16/05/98,
05/04/2000, et 24/10/2000 (voir annexe A).
Les cinquante neuf BLEVE restant se répartissent, par causes, comme suit (on repère,
dans chaque cas, et entre parenthèses, les dates des accidents; le lecteur pourra ainsi se
reporter en annexe A pour y trouver des précisions sur chacun d'entre eux) :
- Fuite sur une tuyauterie : 3 cas sur 59 (05/07/73, 19/05/77, 20/10/2000).
- Rupture de tuyauterie : 8 cas sur 59 (07/07/51, 22/10/56, 22/07/70, 09/02/72,
01/01/73, 19/11/84, 22/03/99, 22/03/2000).
- Sur-remplissage : 3 cas sur 59 (08/01/57, 02/01/69, 30/05/78).
- Accident routier : 7 cas sur 59 (02/06/59, 21/09/72, 29/04/75, 11/07/78, 03/03/80,
08/04/98, 30/04/99).
- Accident ferroviaire : 15 cas sur 59 (01/01/68, 25/01/69, 21/06/70, 19/10/71,
12/02/74, 17/04/74, 01/09/75, 26/11/76, 06/02/77, 20/02/77, 22/02/78, 08/04/79,
08/09/79, 10/11/79, 20/05/89).
- Accident maritime : 1 cas sur 59 (08/01/80).
- Erreur humaine : 3 cas sur 59 (12/03/59, 04/01/66, 19/06/77).
- Erreur de conception, matériau non adapté : 1 cas sur 59 (30/05/70).
- Incendie extérieur : 6 cas sur 59 (03/12/69, 18/11/71, 02/12/74, 05/01/80, 23/07/84,
01/04/90).
- Cause inconnue : 13 cas sur 59 (19/07/55, 19/07/56, 03/01/58, 28/05/59, 30/03/72,
11/01/74, 22/06/75, 31/08/76, 02/09/76, 23/04/77, 01/01/80, 01/01/81, 25/12/2000).
Ces données sont synthétisées sur le diagramme suivant (fig. 3):
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Répartitions des causes de BLEVE
(d'après interrogation de la base ARIA du BARPI)
0
5
10
15
20
25
30
f
u
i
t
e

s
u
r

t
u
y
a
u
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r
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x
t
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n
c
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n
n
u
e
causes
r
é
p
a
r
t
i
t
i
o
n

(
%
)
Figure 3. : Répartition des causes de BLEVE
- La majorité des BLEVE recensés concerne des gaz liquéfiés. On a notamment pu
observer des BLEVE de réservoirs de propane, de butane, de propylène, d'ammoniac, de
dioxyde de carbone, d'oxygène, ...
- On notera qu'il n'est pas possible de dresser une liste exhaustive de produits susceptibles
de donner matière à un BLEVE, dans la mesure où rien n'exclut a priori l'éventualité de
BLEVE à partir d'un produit liquide stocké à une température supérieure à sa
température d'ébullition à la pression atmosphérique, et qui, détendu brutalement à la
pression atmosphérique, pourrait se trouver en état de surchauffe.
- La simple lecture des cas pertinents illustre l’importance de l’effet missile qui peut être
la cause de décès de personnes à plusieurs centaines de mètres du lieu de l’accident
(voir notamment les cas s’étant produits les 02/06/59, 04/01/66, 02/01/69, 25/01/69,
30/03/72, 21/09/72, 05/07/73, 29/04/75, 19/06/77, 19/11/84, 01/04/90, 30/04/99).
- On notera également l’importance des effets dominos. Dans un nombre non négligeable
de cas, les effets thermiques ou les fragments projetés à la suite d’un premier BLEVE
en entraînent d’autres en cascade (voir les cas des 18/01/59, 12/03/59, 04/01/66,
21/06/70,12/02/74, 01/09/75, 19/06/77, 30/05/78, 19/11/84).
- Les BLEVE sont des phénomènes susceptibles de se produire rapidement après
l'événement originel. Ces temps d'occurrence sont ainsi de l'ordre de la dizaine de
minutes dans le cas de l'exposition du réservoir à un flux thermique important. Ils
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peuvent toutefois être moindre, notamment en cas de sollicitation mécanique du
réservoir.
- Un feu de torche qui se développe sur un piquage relié à un réservoir et au voisinage de
ce dernier, est susceptible de provoquer le BLEVE de ce même réservoir (le lecteur se
reportera, en annexe A, aux cas s'étant produits les 04/11/66, 22/07/70, 05/07/73,
30/05/78,11/07/78).
- Enfin, quelques indications sur les tailles de boules de feu sont disponibles dans certains
cas. Nous les synthétisons ci-dessous :
- Le 05/07/73 à Kingman, le BLEVE d’un wagon de 75 m
3
de G.P.L. en feu entraîne
la formation d’une boule de feu d'un diamètre évalué entre 45 et 60 m.
- Le 06/02/77 à Boynton Beach, une citerne d’isobutane de capacité inconnue, prise
dans un incendie donne matière à un BLEVE. Il se serait formé une boule de feu de
100 m de diamètre et visible à plus de 40 km.
- Le 30/05/78 à Texas City, le BLEVE d’une sphère de 800 m
3
d’isobutane entraîne
celui d’une sphère de 800 m
3
d’un mélange butane-butylène qui engendre une boule
de feu « d’environ 335 x 200 m ». Vraisemblablement s’agit-il ici d’une surface
visible de 335 x 200 m² environ.
- Le 19/11/84 à Mexico, deux sphères de G.P.L. (mélange 80% butane / 20% propane,
vraisemblablement d’une capacité de 1600 m
3
chacune) donnent matière à des
BLEVE. Une boule de feu de 350 à 400 m de diamètre se serait formée.
- Le 30/04/99, à Kamena Vourla, le BLEVE d’une citerne routière contenant 18 tonnes
de GPL aurait entraîné la formation d’une boule de feu de 100 m de diamètre et de
150 m de hauteur, d’après des témoins de l’accident.
2.4 CONCLUSIONS SUR LE RETOUR D'EXPERIENCE
L'analyse du retour d'expérience permet de tirer quelques traits essentiels quant aux accidents
ayant donné matière à des BLEVE :
- Il existe des produits non inflammables, tels par exemple le dioxyde de carbone et
l'oxygène liquide qui ont entraîné des BLEVE. C'est notamment le cas de l'accident qui
s'est produit à Repcelak (Hongrie) en 1969, au cours duquel un réservoir de stockage de
dioxyde de carbone a explosé, ainsi que celui de New York (Etats Unis) en 1970, lors
de la ruine d'un camion citerne contenant de l'oxygène liquide. Les caractéristiques
essentielles du BLEVE sont alors l'explosion physique et l'onde de choc qui lui est
associée. Cette onde de choc peut s'accompagner de l'émission de fragments.
- Lorsque le produit mis en œuvre est inflammable (butane, propane, propylène ...), le
BLEVE peut donner matière à une boule de feu. C'est le cas du déraillement de wagons
de G.P.L. à Crescent City (Etats Unis) en 1970, de l'accident de Los Alfaques (Espagne)
en 1978, au cours duquel un camion citerne contenant du propylène donne matière à un
BLEVE en entraînant la mort de plus de plus de 200 campeurs. Il faut, bien sûr, citer
l'accident de Mexico (Mexique) qui, en 1984, entraîna le décès de plus de 500
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personnes au voisinage d'un dépôt de G.P.L. C'est ce type de BLEVE qui s'avère le plus
meurtrier.
- Les causes identifiées de BLEVE sont multiples. On distingue notamment :
• fuite sur une tuyauterie,
• rupture de tuyauterie,
• sur-remplissage,
• accident routier,
• accident ferroviaire,
• accident maritime,
• erreur humaine,
• erreur de conception, matériau non adapté,
• incendie extérieur.
- Les fragments peuvent impacter le sol à plusieurs centaines de mètres du lieu de
l'accident (lors de l'accident de Mexico des fragments furent retrouvés à plus de 1200
mètres du lieu de l'accident ; à Kamena Vourla, une citerne routière fut projetée à 800 m
du lieu de l’explosion).
- Un BLEVE peut, par synergie d'accident, en engendrer d'autres.
- Le BLEVE n'est en aucune façon un phénomène retardé. Les temps d'occurrence sont
ainsi de l'ordre de la dizaine de minutes dans le cas de l'exposition du réservoir à un flux
thermique important. Ils peuvent toutefois être moindres, notamment en cas de
sollicitation mécanique du réservoir.
- Lorsque, localement, un jet enflammé vient impacter un réservoir, un BLEVE peut
s'ensuivre, si l'extinction du jet n'est pas assurée dans un délai très bref.
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3 RESULTATS EXPERIMENTAUX
3.1 ESSAIS DU N.F.P.A.
En 1993, le N.F.P.A. (National Fire Protection Association) a réalisé une série de six tests de
BLEVE à partir de réservoirs cylindriques horizontaux, d’environ 1,9 m
3
de capacité unitaire,
remplis de propane (Mehlem et al., 1993).
Ces tests, qui ont fait l’objet d’un film produit par le N.F.P.A., ont consisté à exposer des
réservoirs à des feux de flaques, ou à des jets enflammés de propane (liquide ou gazeux).
Divers taux de remplissage de réservoirs ont été étudiés.
Le tableau 1 suivant résume les principaux résultats :
Numéro
du test
Taux de
remplissage
(%)
Source de
chaleur
Temps à
l'instant de
la rupture
(min.)
Distance la plus
importante
parcourue par un
fragment
(m)
Observations
1 25 Jet enflammé de
propane gazeux
14 118 Surpression significative dans le champ
proche (voir commentaires)
2 40 Jet enflammé de
propane gazeux
Pas de
rupture
- La soupape ne fonctionna pas. La
surpression s’est échappée par une brèche
3 40 Feu de flaque de
propane liquide
8 74 Apparition d’une onde de choc
significative (voir texte), et d’une boule
de feu d’environ 60 m de diamètre
4 40 Feu de flaque de
propane liquide
Pas de
rupture
- Fonctionnement correct de la soupape de
sécurité (rejet monophasique)
5 40 Jet enflammé de
propane liquide
Pas de
rupture
- Fonctionnement correct de la soupape de
sécurité (rejet monophasique)
6 50 Jet enflammé de
propane liquide
12 195 Apparition d’une onde de choc
significative (voir texte), et d’une boule
de feu d’environ 65 m de diamètre
Tableau 1 : Principaux résultats des essais effectués par le N.F.P.A.
Ce tableau s’assortit des commentaires suivants :
- Pour le test n° 1, le jet enflammé de propane gazeux touchait le réservoir légèrement au-
dessus du niveau de la phase liquide. Le réservoir n’était pas équipé d’une soupape.
Lorsqu’il explosa (pression interne inconnue, le pressostat satura à partir de 82 bar), le
réservoir ne contenait plus que de la vapeur. Aucune boule de feu ne fut observée.
Des mesures de surpression ont été effectuées dans deux directions différentes, à 15 et
46 m du réservoir. Dans la référence analysée, les directions dans lesquelles ont été
effectuées ces mesures ne sont pas mentionnées clairement. L'INERIS note toutefois
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que l'anisotropie des résultats ne doit pas surprendre dans la mesure où les réservoirs
utilisés lors des tests sont de type cylindrique horizontal.
Les résultats sont présentés dans le tableau 2 suivant :
Distance
(m)
Direction Surpression
(mbar)
15 1 300
15 2 328
46 1 56
46 2 95
Tableau 2 : Mesures de surpressions associés au test n°1
Le test n° 2 a été réalisé pour un taux de remplissage de 40 %, le réservoir étant équipé d’une
soupape.
- D’après les renseignements fournis dans (Mehlem et al., 1993), il semble que le jet
enflammé de propane gazeux était dirigé vers la partie du réservoir en contact avec la
phase liquide. 290 secondes après le début du test, un trou de la taille d'une tête
d’épingle est apparu au voisinage de la soupape de sécurité. 300 secondes plus tard, la
soudure fixant la soupape s'est rompue, et une brèche d’environ 51 x 6,35 mm² est
apparue. Il se forma un jet enflammé. Il convient de noter que le petit trou et la brèche
se sont formés alors que la pression interne du réservoir était supérieure à la pression de
tarage de la soupape. C'est donc que cette dernière n’assura pas sa fonction.
- Pour le test n° 3, le réservoir a été soumis au flux thermique d’un feu de flaque simulé.
Le réservoir n’était pas muni d’une soupape. Une fissure s’est d’abord développée sur le
haut du réservoir donnant matière à un jet enflammé vertical. Sur un graphique de
(Mehlem et al., 1993), on lit une pression interne avant la rupture de l’ordre de 52 bar.
Les surpressions mesurées dans deux directions sont reportées dans le tableau 3 suivant:
Direction Distance
(m)
Surpression
(mbar)
1 15 308
2 15 255
1 46 78
2 46 54
Tableau 3 : Mesures de surpressions associés au test n°3
- Le test n° 4 était semblable au test n° 3, le réservoir étant toutefois, dans ce cas, équipé
d’une soupape tarée à quelques 17,2 bar. La soupape s’est ouverte environ 735 secondes
après le début de l’exposition du réservoir à un feu de nappe. Un feu de jet s'est ainsi
développé à partir de la soupape. Après deux cycles de fonctionnement, la soupape se
bloqua en position ouverte et le réservoir se vida sans se rompre.
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- Le test n° 5, au cours duquel un jet de propane liquide enflammé était dirigé vers le
réservoir, se déroule de manière analogue au test 4 précédent.
- Pour le test n° 6, un jet de propane liquide enflammé était dirigé vers un réservoir
rempli à 50 %, ne comportant pas de soupape.
12 minutes après le début de l’essai, le réservoir se rompit, en donnant matière à une
boule de feu d’environ 60 m de diamètre. Dans deux directions différentes, des
surpressions respectivement égales à 372 et 321 mbar furent mesurées à 15 m du
réservoir.
Sur le graphe présentant l’historique de la pression interne du réservoir, on observe que
la pression interne à la rupture était de l’ordre de 66 bar.
Relativement à la pression de rupture, le N.F.P.A. a comparé la contrainte calculée à la
rupture à la valeur correspondante nécessaire à rompre le matériau de construction, sous
l’hypothèse que le réservoir se rompt sous l’effet de forces longitudinales. Ainsi, à la rupture
on a :
P
e
r
=
2. .σ
où P est la pression de rupture du réservoir (MPa),
e est l’épaisseur des parois (m)
r est le rayon du réservoir (m)
σ est la contrainte longitudinale (MPa)
La contrainte de rupture de la partie la plus fragile, σ
y
, étant de 206,4 MPa, l’hypothèse
simple précédente conduit à calculer des rapports σ/σ
y
supérieurs à 1,79 dans le cas du test 1
et respectivement égaux à 1,11 et 1,43 dans le cas des tests 3 et 6.
L'INERIS note ici que la température correspondant à la valeur citée pour σ
y
n'est pas
précisée dans l'article.
Les auteurs notent encore que, dans les tests 3 et 6, la pression dans les réservoirs augmenta
encore légèrement après la formation d’une brèche de taille suffisante pour évacuer l’énergie
contenue dans le réservoir. Ce phénomène va dans le sens de l’explication de Venart (Venart,
Rutledge et al, 1993). L’ébullition consécutive à la chute de pression conduirait à un rejet
diphasique choqué à la brèche, à la repressurisation du réservoir puis à la propagation de la
fissure et enfin, peu après, à la rupture du réservoir. Les auteurs remarquent que le
développement rapide des bulles dans le liquide engendre son fractionnement en aérosols qui
sont entraînés dans le nuage formé après la ruine du réservoir.
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3.2 ESSAIS A MOYENNE ECHELLE DE BIRCK ET AL.
En 1992, Birck, Cunnigham, Ye et Maillette ont conduit des essais de BLEVE (Birck,
Cunnigham et al, 1991). Des réservoirs cylindriques horizontaux de propane de 300 et 375
litres de capacités, de pression de conception de 17 ou 21,5 bar et de 5 ou 6 mm d’épaisseur
ont été soumis à des flux thermiques issus de combinaisons de feux de torches et de flaques.
Les résultats des 11 tests effectués sont reportés dans le tableau 4 ci-dessous :
Numéro
des tests
Descriptions Observations
2 • réservoir de 300 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape et de conception du
réservoir : 21,5 bar
• réservoir soumis à un feu de flaque
• le réservoir ne s’est pas rompu
• il s’est vidé rapidement via la soupape
• au cours de l'essai, une balle de fusil tirée sur le réservoir
a pénétré les parois sans autre effet que la création d’une fuite
supplémentaire
3 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape et de conception du
réservoir : 17 bar
• réservoir soumis à un feu de torche
• feu de torche à la soupape dirigé vers le réservoir
• le réservoir ne s’est pas rompu
• il s’est vidé rapidement via la soupape
• le réservoir s’est bombé à une de ses extrémités
4 • réservoir de 300 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape et de conception du
réservoir : 21,5 bar
• réservoir soumis à un feu de torche
• feu de torche à la soupape dirigé vers le réservoir
• le réservoir ne s’est pas rompu
• il s’est vidé rapidement via la soupape
5 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape de conception du réservoir
: 17 bar
• feu de torche dirigé vers la partie du réservoir en contact
avec son ciel gazeux
• le réservoir s’est rompu sans BLEVE
• le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide
6 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de conception du réservoir : 17 bar
• pression de tarage de la soupape : 21,5 bar
• feu de torche et de flaque à une extrémité
• rainure de 2,5 mm de profondeur le long du haut du
réservoir
• la soupape ne s’est pas ouverte
• BLEVE soudain du réservoir
• réservoir aplati au sol
• extrémité du réservoir projeté à 15 m
7 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape et de conception du
réservoir : 21,5 bar
• exposition à un feu de torche
• le réservoir s’est rompu sans BLEVE
• le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide
8 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape et de conception du
réservoir : 21,5 bar
• réservoir soumis à des feux de torche et de flaque
• fonctionnement cyclique de la soupape avant son blocage
en position ouverte
• le réservoir est rompu alors qu’il ne contenait presque plus
de liquide
• détente explosive du gaz
• large ouverture du réservoir
9 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de la soupape : 21,5 bar
• réservoir soumis à des feux de torche uniquement
• le réservoir s’est rompu sans BLEVE
• le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide
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10 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de conception du réservoir : 21,5 bar
• réservoir soumis à un feu de torche et un ½ feu de flaque
(idem test 6 avec un réservoir plus résistant)
• rupture du réservoir sans BLEVE
• large rejet produisant une boule de feu
• apparence du rejet suggérant une repressurisation du
réservoir après la rupture
11 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de conception du réservoir : 21,5 bar
• feu de torche et ½ feu de flaque
• fonctionnement cyclique de la soupape
• BLEVE violent
• explosion, création d’une onde de choc « visible »
12 • réservoir de 375 l rempli à 80 %
• pression de tarage de conception du réservoir : 21,5 bar
• feu de torche et ½ feu de flaque
• cycles de fonctionnement de la soupape
• BLEVE violent
• explosion, création d’une onde de choc
• soupape projetée à 225 m
Tableau 4 : Synthèse des essais de BIRCK.
Il convient de noter d’emblée que les auteurs, dont le tableau 4 synthétise les résultats, ont
retenu le terme de BLEVE lorsque le phénomène était suffisamment violent pour aplatir une
partie non négligeable du réservoir au sol.
Le test n° 6, mettant en œuvre un réservoir volontairement fragilisé, se serait ainsi produit
alors que la température du liquide était estimée, par référence à un autre test, à 37°C, soit à
une température inférieure à la température limite de surchauffe du propane à la pression
atmosphérique. Dans ce cas, la boule de feu observée était composée de deux parties, l’une
s’élevant à partir du réservoir, l’autre restant au niveau du sol et étant probablement
constituée, d’après les auteurs, de gouttelettes de propane. Tout le propane fut consommé en
moins de quatre secondes, sans apparition de feu de flaque au sol.
Les auteurs remarquent qu’au cours de ce BLEVE, le réservoir s’est rompu en un seul temps.
La température moyenne de la phase liquide étant inférieure à la température limite de
surchauffe du propane à la pression atmosphérique (c'est à dire inférieure à la température
pour laquelle, à la pression atmosphérique, le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe,
voir chapitre 3), ils ont ainsi proposé d’appeler ce phénomène BLEVE « froid ». Ce type de
BLEVE serait caractérisé par une rupture catastrophique du réservoir du fait d’une faiblesse
mécanique.
Au cours des tests n° 11 et n° 12 les auteurs ont observé une succession différente des
événements : au cours de ces tests la soupape fonctionna plusieurs fois (lors de la rupture, les
réservoirs contenaient environ 75 % de liquide). Des enregistrements vidéos ont montré que
la rupture se produisit en deux étapes.
Une brèche d’une vingtaine de centimètres de longueur se forma sur le dessus du réservoir,
donnant ainsi matière à un rejet diphasique. La chute de pression qui s’ensuivit dans le
réservoir entraîna l’ébullition violente (voire explosive puisque le liquide était à une
température supérieure à sa température limite de surchauffe à la pression atmosphérique),
puis, par voie de conséquence, une repressurisation du réservoir entraînant sa ruine totale (la
pression interne a été enregistrée comme passant de 21 bar à la rupture initiale à 170 bar, mais
les auteurs ne sont pas certains de la fiabilité des mesures). Les auteurs ont dénommé ce
phénomène « BLEVE chaud » dans la mesure où la température interne à la rupture était
supérieure à la température limite de surchauffe du propane à la pression atmosphérique.
Aucune mesure de surpression dans le voisinage du réservoir n’a pu être effectuée.
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La boule de feu formée s’est élevée bien plus haut que celle apparue lors du test n° 6.
Nous reportons enfin ci-dessous les conclusions de (Birck, Cunnigham et al, 1991).
- Les BLEVE seraient causés par des ruptures totales de réservoir. Une rupture totale
peut se produire de trois manières :
- fissure spontanée due à une fragilisation du réservoir,
- vaporisation explosive déclenchée par la chute de pression d’un liquide à une
température proche ou supérieure à sa température limite de surchauffe,
- montée du réservoir en pression et maintien de cette dernière à des valeurs
significativement supérieures à la pression d'apparition de la fissure initiale.
- Les BLEVE les plus redoutables sont observés lorsqu’un réservoir très résistant subit
une rupture locale qui déclenche une vaporisation explosive. Cela suggère que la
température limite de surchauffe soit approchée ou dépassée.
Cette température limite de surchauffe est celle pour laquelle, à la pression
atmosphérique, le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe.
BIRCK a qualifié de "chaud" ce type de BLEVE et, par opposition, a nommé
"BLEVE froids" les BLEVE mettant en jeu un produit dont la température moyenne
est inférieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression
atmosphérique.
- Les résultats des expérimentations suggèrent qu'à produit donné, des réservoirs munis
de soupapes tarées à des pressions élevées, présentent un risque plus important
d’engendrer des BLEVE « chauds ». Il serait ainsi possible d’éviter ce type de
BLEVE en réduisant la pression d’ouverture des soupapes. Cette dernière mesure ne
permettrait pas toutefois d’éliminer l’occurrence de BLEVE « froids », qui pourraient
par contre être prévenus en s’assurant que des réservoirs trop peu résistants ne sont
pas utilisés.
- Les caractéristiques des boules de feu dépendent beaucoup des conditions de rupture.
Pour les BLEVE « froids », la boule de feu reste au niveau du sol alors qu’elle s’élève
dans le cas de BLEVE « chauds ».
- Les résultats suggèrent que les effets d’un BLEVE « chaud » sont d’autant plus
réduits que le taux de remplissage du réservoir est faible, ce qui s’expliquerait par des
raisons énergétiques.
- Les effets de pression et de projection de fragments diffèrent significativement entre
les deux types de BLEVE « chauds » et « froids », notamment du fait de la différence
de pression à laquelle le réservoir se rompt. Lors des tests effectués, la pression
d'éclatement du réservoir peut ainsi avoir été plus de huit fois plus importante que la
pression à laquelle la rupture initiale a eu lieu.
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3.3 PROJET COMMUNAUTAIRE J.I.V.E.
Dans le cadre du projet J.I.V.E. (Hazards consequences of Jet fire Interaction with VEssels
containing pressurised liquids, 1994/95), le H.S.L. (Health and Safety Laboratory) a exposé
des réservoirs de propane à des feux de jets de propane liquide d’un débit massique de l’ordre
de 1,5 kg/s (Terry et Roberts, 1995).
Les essais effectués avaient pour but d’identifier les conditions de température et de pression
à la rupture, le mode de rupture du réservoir ainsi que les caractéristiques de la boule de feu.
Les principales caractéristiques des réservoirs utilisés sont présentées ci-dessous :
- Pression de conception : 18,7 bar relatif,
- Pression de test hydrostatique : 23,4 bar relatif,
- Capacité en eau : 4 546 litres,
- Type : cylindriques horizontaux.
Tous les réservoirs étaient équipés d’une soupape isolée thermiquement pendant les essais et
tarée à 17,2 bar relatif.
Quatre essais ont été réalisés respectivement pour des taux de remplissage du réservoir de 20,
41, 60 et 85 %.
Dans trois des quatre essais, la soupape s’est ouverte et resta dans cette position jusqu’à la
ruine du réservoir. Pour le réservoir rempli à 85 %, la soupape s’est ouverte et refermée deux
fois avant de s’ouvrir de nouveau avant la ruine du réservoir. Dans tous les cas, le rejet de
propane à la soupape s’est enflammé, donnant ainsi matière à un dard enflammé de 7 à 15 m
de hauteur.
Les conditions de test et de fonctionnement des soupapes sont synthétisées dans le tableau 5
suivant :
Taux de remplissage
du réservoir
(%)
Masse de propane
(kg)
Temps d’ouverture de
la soupape après le
commencement du test
(s)
Pression d’ouverture
de la soupape
(bar relatif)
Fonctionnement
cyclique de la soupape
20 455 112 18,6 non
41 929 130 18,8 non
60 1 364 109 18,1 non
85 1 932 68 18,3 oui
Tableau 5 : Conditions des tests et modes de fonctionnement des soupapes.
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Tous les réservoirs se sont rompus dans les cinq minutes suivant l’exposition au feu de jet,
pour des pressions de rupture variant de 16,5 à 24,4 bar relatif. Les temps et les pressions de
rupture sont présentés, pour chaque cas, dans le tableau 6 suivant.
Taux de remplissage
(%)
Temps à l'instant de la rupture
(s)
Pression à la rupture
(bar relatif)
20 250 16,5
41 286 21,3
60 17 18,6
85 254 24,4
Tableau 6 : Temps de rupture et pression à la rupture en fonction du taux de remplissage du réservoir
A la rupture, les températures de paroi étaient comprises entre 704 et 870°C. Dans tous les
cas, c’est sur la paroi en contact avec la phase gazeuse que la température la plus élevée a été
enregistrée . En ce qui concerne les conséquences de la rupture du réservoir, les auteurs ont
observé la formation d’une boule de feu au sol puis son ascension.
Les auteurs ont mesuré la masse de propane présente au moment de la rupture, la durée de vie
de la boule de feu, sa hauteur maximale, sa profondeur -peut être à entendre au sens de son
rayon-, son émittance moyenne, ainsi que sa surface. Ces données sont reproduites dans le
tableau 7 suivant :
Taux de
remplissage
(%)
Masse de
propane à la
rupture
(kg)
Durée de vie
(s)
Hauteur
(m)
Profondeur
(m)
Emittance
moyenne
(kW/m²)
Surface
(m²)
20 279 3 43 45 415 1 300
41 710 5 70 45 > 195 2 300
60 1 272 6,5 85 75 320 3 150
85 1 708 7 105 85 360 4 600
Tableau 7 : Caractéristiques de la boule de feu en fonction du taux de remplissage du réservoir.
L’INERIS note que la signification des caractéristiques géométriques de la boule de feu
(hauteur, profondeur et surface) n’est pas définie avec précision dans la référence analysée.
De même les auteurs restent prudents en ce qui concerne les valeurs des émittances et
demandent à ce qu’elles soient considérées avec précaution avant que tous les résultats
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n’aient été exploités. Ce dernier point devant, d'après les auteurs (dans la référence analysée
en date de novembre 1995), faire l’objet d’une publication ultérieure.
Pour ce qui est des modes de rupture, les auteurs notent que trois des quatre réservoirs se sont
rompus sur leur longueur, au voisinage de leur sommet, puis de manière circulaire autour de
leurs extrémités. Les réservoirs se sont ouverts en s’écrasant au sol et en éjectant leur contenu
très rapidement. Sur le réservoir rempli à 60 %, une fissure d’environ un mètre de longueur
s’est formée, puis le réservoir s’est ouvert circulairement au voisinage de son extrémité la
plus proche. Les deux tiers de ce réservoir furent projetés par effet fusée à quelques 450
mètres tandis que l’autre morceau fût envoyé à environ 310 mètres dans la direction opposée.
Il convient encore de préciser que lors de l’essai avec un taux de remplissage de 85 %, le
réservoir fut arrimé à un bloc de béton de deux tonnes pour prévenir la projection de
fragments importants. Ce dernier essai entraîna le bris de deux vitres situées à 1 km du
réservoir.
Enfin, deux essais ont été réalisés, suivant des modalités semblables, sur des réservoirs
remplis à 20 %, mais cette fois recouverts d’une couche d’isolant solide. Deux revêtements
ont été étudiés :
- un revêtement de 40 mm d’épaisseur nominale à base de ciment et renforcé
par un maillage métallique,
- un revêtement époxy de 13 mm d’épaisseur nominale renforcé par un maillage
en fibre de verre.
Les débits massiques, en fonction du temps, des feux de jet au cours des essais sont précisés
dans le tableau 8 suivant :
Débit massique des feux de jets (kg/s)
0 < t < 30 min 30 min < t < 60 min 60 min < t < 80 min 20 s 80 min 20 s < t < 105 min 20 s
Revêtement à base de
ciment
1,9 1,2 1,3 1,3
Revêtement époxy 1,5 1,1 1,1 0
Tableau 8 : Caractéristiques du feu de jet au cours du temps pour les essais
mettant en œuvre des réservoirs ignifugés.
Dans le test mettant en œuvre un réservoir muni d’un revêtement à base de ciment, la pression
est restée stationnaire pendant 5 minutes puis s’est élevée à raison de 0,2 bar/minute jusqu’à
l’ouverture de la soupape à 16 bar, environ 48 min après le commencement du test. La
soupape s’est ouverte et refermée trois fois avant de rester légèrement ouverte. Lors de l’essai
mettant en œuvre le revêtement époxy, la pression de vapeur augmenta jusqu’à ce que la
soupape s’ouvre, à 17,5 bar, 53 minutes après le début de l’exposition du réservoir au feu de
jet. La pression chuta alors jusqu’à 15,5 bar relatif.
La température de paroi du réservoir revêtu d’un revêtement à base de ciment atteignit 100°C
après 16 minutes et resta à cette température pendant 24 minutes, alors que l’eau que ce
matériau contenait se vaporisait. La température de paroi augmenta ensuite jusqu’à la valeur
maximale de 233°C au moment où l’exposition au feu de jet fut arrêtée. La température
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augmenta alors encore de quelques 20°C. Pour le réservoir recouvert d’époxy, la température
atteignit 251°C et, lorsque le feu de jet s’arrêta, baissa aussitôt.
Mise à part de fines fissures, le revêtement à base de ciment était intact. Le revêtement époxy,
quant à lui, était pratiquement complètement carbonisé et comportait d’importantes fissures.
A partir de ces éléments, les auteurs concluent que ce type de protection est efficace pour
protéger des réservoirs de propane contre des feux de jets. L'INERIS, quant à lui, ne conclut
pas sur ce point, notamment parce que des arguments plus fondés lui paraissent à développer,
entre autres sur la durée de la protection apportée par de tels dispositifs.
Par ailleurs, dans la référence analysée (en date de novembre 1995), les auteurs mentionnent
que le H.S.E. (Health and Safety Executive) devrait effectuer des essais relatifs à la protection
de réservoirs de gaz liquéfiés par des installations à déluge d’eau, en vue notamment :
- de vérifier l’efficacité d’un taux d’application d’eau de 9,8 l/m²/min (valeur basée sur
des tests de feu de nappe) dans le cas d’un feu de jet,
- le cas échéant, le taux d’application nécessaire,
- l’influence de la distance du jet au réservoir sur le taux d’application nécessaire,
- l’influence d’un retard à la mise en œuvre du déluge.
3.4 LES ESSAIS DE BRITISH GAS
En 1990, Johnson et Pritchard (Johnson et Pritchard, 1995) ont réalisé une série de 5 tests de
BLEVE de réservoirs cylindriques horizontaux de 5,659 et 10,796 m
3
de capacité contenant
du butane ou du propane de qualité commerciale. Pour ces essais, les réservoirs étaient isolés
thermiquement et leur contenu était réchauffé par des résistances électriques internes. La
rupture des réservoirs était déclenchée par la détonation d’une charge explosive placée au
sommet et au milieu du réservoir et l’inflammation du produit rejeté était assurée par trois
lances au propane.
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Les conditions des cinq tests effectués ainsi que leurs objectifs respectifs sont synthétisés
dans le tableau 9 suivant :
N° du test Produit Masse
rejetée
(tonnes)
Pression à
la rupture
(bar)
Volume du
réservoir
(m
3
)
Taux de
remplissage
(%)
Objectif du test
1 Butane 2 15 5,659 77 Test de base pour un
réservoir de G.P.L. et une
pression de tarage typique
2 Butane 1 15 5,659 39 Etude de l’influence de la
quantité rejetée
3 Butane 2 7,5 5,659 68 Etude de l’influence de la
pression à la rupture
4 Butane 2 15 10,796 40 Etude de l’influence du
rapport liquide/vapeur
5 Propane 2 15 5,659 80 Etude de l’influence du
produit
Tableau 9 : Conditions des tests conduits par BRITISH GAS
3.4.1 EFFETS DE SURPRESSION
Les auteurs rappellent l’existence de trois phénomènes indépendants susceptibles d’engendrer
des effets de surpression lors d’un BLEVE :
- la détente de la phase vapeur constituant le ciel gazeux du réservoir,
- la vaporisation de la phase liquide,
- la combustion du produit rejeté (si ce dernier est inflammable).
Dans les essais conduits par BRITISH GAS, les deux premiers effets se sont souvent
combinés pour donner matière à une onde de surpression commune.
Sans rapporter d’exemple dans l’article cité, les auteurs notent un bon accord entre la valeur
mesurée du pic de surpression due à la détente de la phase gazeuse et celle évaluée par la
méthodologie proposée par le T.N.O. La valeur maximale mesurée du pic de surpression
engendré par la vaporisation de la phase liquide est toutefois inférieure à celle calculée par la
même méthode. Les auteurs notent que cela est vraisemblablement dû au fait que, lors des
essais, la température à la rupture était inférieure à celle nécessaire à une nucléation
homogène du liquide lors de sa dépressurisation jusqu’à la pression atmosphérique.
Il convient de noter que les surpressions engendrées lors de la combustion du produit rejeté
lors des tests étaient souvent supérieures à celles dues à la détente de la phase vapeur ou à la
vaporisation de la phase liquide.
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La figure 4 ci-dessous présente un exemple de la surpression enregistrée à 150 m du réservoir
lors du test n° 5 :
Figure 4 : Surpression en fonction du temps à 150 m du réservoir, lors du test n°5
Sur cette figure, on distingue un premier pic de surpression dû à la vaporisation explosive du
liquide et un second, du même ordre, engendré par la combustion du produit rejeté.
L'INERIS remarque toutefois qu'il n'est pas possible de généraliser, à partir du cas particulier
du test n°5 de BRITISH GAS, sur l'importance relative des pics de surpression dus
respectivement à la vaporisation explosive du liquide et à la combustion du produit rejeté. En
effet, il convient de garder à l'esprit que :
- La surpression engendrée par une vaporisation à caractère explosif consécutive à la
ruine d'un réservoir est, compte tenu du type de réservoir utilisé (cylindrique
horizontal), un phénomène directionnel. Aucun élément sur le lieu de la mesure,
relativement à l'emplacement du réservoir, n'est précisé dans la référence analysée.
- L'origine de la surpression maximale due à la détente de la phase gazeuse et à la
vaporisation du liquide est le réservoir lui-même. Or, la surpression maximale
imputable à la combustion de la boule de feu est vraisemblablement obtenue en limite
de boule de feu, soit pour le test n°5 (voir tableau 2.11 ci-dessous relatif aux
caractéristiques de la boule de feu), à une trentaine de mètres du réservoir.
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- Lors de ce test n°5, il n'est pas exclu, qu'au point de mesure, l'onde due à la détente de la
phase gazeuse et celle engendrée par la vaporisation du liquide aient interféré.
- La surpression suivant l'inflammation de l'atmosphère explosible formée lors du rejet du
produit dépend notamment du délai ainsi que des modalités d'inflammation.
3.4.2 EFFETS THERMIQUES
Lors des essais, les auteurs ont observé que la quasi-totalité du produit rejeté était consumée
dans la boule de feu, seule une faible proportion de produit brûlant au sol.
On rapporte, dans le tableau 10 suivant, les temps correspondant aux différentes phases de
développement de la boule de feu. Ce tableau présente ainsi, pour chacun des cinq tests, les
temps, comptés à partir de la rupture du réservoir :
- d’inflammation de la boule de feu,
- de développement de la boule de feu jusqu’à son diamètre maximal,
- de début d’ascension de la boule de feu,
- d’extinction de la boule de feu (plus de flamme visible).
Test Temps
d’inflammation
(s)
Temps de
développement
au diamètre max.
(s)
Temps de
début
d’ascension
(s)
Temps
d’extinction
(s)
1 0,5 2,0 3,2 6,3
2 0,2 1,2 2,7 4,5
3 0,5 2,2 3,9 8,4
4 0,4 1,5 3,6 6,5
5 0,6 1,9 4,0 9,2
Tableau 10 : Phases de développement des boules de feu au cours du temps lors des essais de BRITISH GAS
La durée de vie totale de la boule de feu apparaît comme la différence entre le temps
d’extinction et le temps d’inflammation.
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Les caractéristiques de la boule de feu sont synthétisées dans le tableau 11 suivant :
N° du
test
Aire visible de la boule de feu
(m²)
Diamètre
maximum
équivalent
(m)
Hauteur
maximale de la
boule de feu
(m)
Durée de vie
(s)
Emittance
moyenne
(kW/m²)
Direction
perpendiculaire à l’axe
du réservoir
Direction parallèle à
l’axe du réservoir
1 3 650 5 550 76 90 5,8 368
2 2 450 3 200 60 45 4,3 347
3 3 200 4 300 69 70 7,9 306
4 2 850 6 100 74 85 6,1 356
5 3 200 3 400 65 90 8,6 344
Tableau 11 : Caractéristiques des boules de feu
Les auteurs effectuent les remarques suivantes :
- Il apparaît que l’aire visible de la boule de feu était supérieure dans la direction
d’observation parallèle à l’axe du réservoir. Cette différence était moins significative
pour le test 5, seul essai mettant en œuvre du propane et ayant donné matière à la boule
de feu perdurant le plus longtemps.
- Les diamètres maximaux de ces boules de feu sont assez bien évalués par la corrélation
de Roberts (Roberts, 1982) D
max
= 58.m
1/3
(où Dmax est en mètres et m, la masse totale
de produit contenu dans le réservoir, en tonnes) pour les tests 1 à 4 (on calcule en effet
un diamètre maximum de 58 et 73 mètres respectivement pour une masse de 1 et 2
tonnes). Cette corrélation conduit toutefois à calculer un diamètre maximum supérieur à
la valeur estimée expérimentalement dans le cas du test 5 effectué avec du propane.
- La hauteur de la boule de feu est définie comme étant la distance du sol au centre de la
boule de feu.
Dans la majorité des cas la hauteur croît avec le temps jusqu’à ce que la boule de feu
commence à s’éteindre.
Dans un premier temps, on observe une augmentation rapide de l’émittance de la boule
de feu, puis elle décroît tel que présenté sur la figure 5 suivante (n° de test non précisé).
Les émittances reportées dans le tableau 11 précédent sont des valeurs moyennes dans
le temps et sur l’étendue de la boule de feu. Des valeurs locales atteignant 500 kW/m²
ont été mesurées au sommet de la boule de feu.
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- Pour les tests réalisés avec du butane et pour une pression de 15 bar à la rupture, les
durées de vie sont assez bien évaluées par la corrélation de Roberts t = 4,5 m
1/3
(où t est
en secondes et m, masse de produit contenu dans le réservoir, en tonnes). Le test
effectué avec une pression du rupture de 7,5 bar (test n°3) met en lumière l’influence
des conditions du rejet sur la durée de vie de la boule de feu.
La comparaison des tests 1 et 2 montre que la durée de vie de la boule de feu croît avec
la masse rejetée. Enfin, le rapprochement des tests 1 et 4 indiquerait que le taux de
remplissage a peu d’influence sur la durée de vie, pour autant que les masses mises en
jeu soient les mêmes.
Figure 5 : Exemple de variation de l'émittance au cours du temps (n° de test non précisé)
On présente enfin ci-après (fig. 6), un exemple de variation de la densité de flux thermique
reçu à diverses distances du réservoir avec le temps. Il s'agit de mesures effectuées au cours
du test n°4.
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Figure 6 : Densité de flux thermique reçu à 50, 75, 100, 125 et 200 m du réservoir en fonction du temps
3.5 L’ESSAI DU B.A.M.
Le B.A.M. (Bundesanstalt für Materialforschung und –prüfung, Allemagne) a réalisé en 1998
un essai de BLEVE d’une citerne ferroviaire de 45 m
3
rempli à 22 % de propane de qualité
commerciale (Ludwig et Balke, 1999 ; Ludwig et Heller, 1999). Le wagon était placé au-
dessus d’une cuvette de 50 m
2
contenant 7500 litres de fioul lourd. Une instrumentation
importante était mise en place, comprenant :
- des thermocouples pour mesurer la température à l’intérieur du réservoir (en phase
gazeuse et en phase liquide), en paroi et à l’extérieur,
- des capteurs de pression pour mesurer la pression interne avant rupture et la
surpression aérienne,
- des capteurs de rayonnement pour mesurer le flux thermique rayonné par la boule de
feu.
Des caméras étaient également placées en plusieurs endroits autour du wagon.
Pour protéger l’environnement des effets de surpression et de projection de fragment, un
merlon de 6 m de haut fut élevé sur trois côtés autour de la citerne. En outre, sur le côté
ouvert, un petit réservoir vide était placé perpendiculairement à la citerne. Ce réservoir à
double coque, destiné au transport de matières radioactives, était placé à cet endroit dans le
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Version 1 du 20/09/02 34/116
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but d’éprouver sa résistance aux effets d’un BLEVE à proximité en vue de sa certification
(fig. 7, 8).
Figure 7 : Plan schématique de l’installation d’essai (vue de dessus)
Figure 8 : Vue de l’installation d’essai : le wagon de propane est à gauche ; à droite, un petit réservoir
de transport de matières radioactives est placé perpendiculairement au wagon.
Après inflammation de la cuvette de fioul, un feu de nappe s’est développé autour du wagon.
Toutefois, les flammes ne l’enveloppaient pas complètement en raison d’un léger vent.
L’éclatement de la citerne s’est produit 15 minutes après inflammation de la cuvette de fioul,
à la pression de 25 bar et la température interne de 69°C en phase liquide. La température en
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paroi était alors très variable, comprise entre 100°C, sur la partie non exposée directement aux
flammes, et 600°C sur la partie opposée. La rupture s’est produite au point le plus chaud,
légèrement au-dessus du plan équatorial de la citerne. En ce point, la résistance mécanique de
l’acier était de 1,5.10
8
Pa à la température considérée (600°C), alors qu’elle est de 4,2. 10
8
Pa
à 20°C. La fissure s’est ensuite propagée horizontalement, avant de se diviser et de se
propager selon un diamètre, comme l’a montré l’analyse des fragments. L’expansion de la
phase vapeur a été suivi de la vaporisation quasi-instantanée de la phase liquide et de la
formation d’une boule de feu de 100 m de diamètre et 150 m de hauteur (fig. 9). La citerne
s’est rompue en quatre morceaux principaux qui ont été projetés à des distances de 100 à 200
m, tandis que les essieux du wagon ont été écrasés au sol.
Figure 9 : Vue de la boule de feu (4,6 s après l’éclatement) ;
le point 2 est un fragment du réservoir à une altitude de 200 m.
Dans le tableau 12 ci-dessous sont rappelées les principales caractéristiques de cet essai
relativement aux conditions avant rupture et à la boule de feu.
Volume du
réservoir
Masse de
propane
Pression à la
rupture
Dimensions de la boule de
feu
Durée de vie de la
boule de feu
45 m
3
5141 kg 25 bar
Diamètre 100 m
Hauteur du centre : 100 m
7,2 s
Tableau 12 : Principales caractéristiques de l’essai du B.A.M.
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Version 1 du 20/09/02 36/116
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3.5.1 EFFETS DE SURPRESSION
Avant éclatement, la pression dans le réservoir a augmenté linéairement avec le temps à la
vitesse de 1,33 bar/min, jusqu’à la valeur de 25 bar où s’est produit la rupture. Il est à noter
que cette valeur est inférieure à la pression d’épreuve de 28 bar, la citerne n’étant pas munie
de soupape.
L’onde de pression aérienne qui a suivi le BLEVE a été enregistrée par trois capteurs placés
respectivement à 100, 150 et 200 m du wagon. Les enregistrements montrent clairement la
présence de deux pics de surpression qui se suivent à un intervalle de 130 ms (fig. 10).
Figure 10 : courbes de surpression à 100, 150 et 200 m du réservoir
De l’avis de l’INERIS, et par analogie aux essais de BRITISH GAS (fig. 4), le premier pic
pourrait être interprété comme la conséquence de la détente de la phase gazeuse, tandis que le
deuxième pic serait dû à la vaporisation instantanée de la phase liquide. Un troisième pic,
d’amplitude moindre, est également visible sur les courbes de surpression 280 ms après le
premier. Il pourrait s’agir de l’onde de surpression engendrée par la combustion du nuage de
propane.
La surpression maximale à 100 m est évaluée à 25 mbar et correspond à l’amplitude des deux
premiers pics. Toutefois, les auteurs estiment que la mesure de l’onde de pression aérienne a
pu être fortement perturbée par la projection de fragments dans la direction des capteurs. Ces
fragments pourraient avoir joué un rôle d’écran vis-à-vis des capteurs pendant leur projection
entre le réservoir et les capteurs, si bien que la surpression réelle pourrait être beaucoup plus
élevée que les valeurs mesurées. En outre, une autre perturbation vient fortement altérer la
détente de la
phase gazeuse
vaporisation de
la phase liquide
combustion du
propane
capteur à 100 m
capteur à 150 m
capteur à 200 m
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mesure du pic de pression relatif à la combustion, il pourrait s’agir d’une forte de dépendance
du capteur vis-à-vis de la température.
En conclusion, les mesures de surpression effectuées au cours de cet essai du B.A.M. mettent
en évidence trois pics de surpression qui pourraient correspondre a priori, par analogie aux
essais de BRITISH GAS, aux trois événements générateurs de pression durant un BLEVE :
- l’éclatement pneumatique du réservoir,
- la vaporisation instantanée de la phase liquide,
- la combustion explosive du produit rejeté.
En revanche, les enregistrements ne permettent pas de conclure sur les niveaux de surpression
réellement atteints lors de cet essai.
3.5.2 EFFETS THERMIQUES
La boule de feu a atteint un diamètre de 100 m et son centre, une hauteur de 100 m. Sa durée
de vie a été de 7,2 s.
La tableau 13 suivant présente les temps correspondant aux différentes phases de formation
de la boule de feu, comptés à partir de l’éclatement du réservoir.
Temps
d’inflammation
(s)
Temps de développement au
diamètre maximal
(s)
Temps de début
d’ascension
(s)
Temps d’extinction
(s)
0,4 3,2 4 7,6
Tableau 13 : Caractéristiques de la boule de feu
Les principales caractéristiques de la boule de feu (diamètre maximal et durée de vie) ont été
comparés aux résultats obtenus par application des corrélations de Roberts
1
(tableau 14)
(Roberts, 1982). Il s’avère que dans ce cas, ces corrélations permettent d’approcher avec une
bonne précision les valeurs réellement observées.
Valeur observée Valeur calculée au moyen des
corrélations de Roberts
Diamètre maximal (m) 100 99,2
Durée de vie de la boule de feu (s) 7,2 7,7
Tableau 14 : Caractéristiques des boules de feu : comparaison des valeurs relevées et calculées

1
Les corrélations de Roberts sont à la base du modèle développé par le C.C.P.S. et présenté au chapitre 5
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Le flux thermique est évalué par le calcul à 10,4 kW/m
2
à 200 m du lieu de l’éclatement.
Deux capteurs de flux thermiques étaient positionnés au sol, à une trentaine de mètre du
wagon, mais suite à une panne du système d’acquisition, seuls quelques points de mesure ont
été enregistrés et la mesure du flux rayonné est difficilement exploitable. Les auteurs
retiennent simplement que le flux de chaleur a dépassé la valeur de 80 kW/m
2
. Cela est très
vraisemblable, car l’émissivité de la boule de feu calculée au préalable était de 270 kW/m
2
, et
le capteur a pu être atteint par la boule de feu.
En revanche, des capteurs de température placés à 30 et 50 m du wagon dans les quatre
directions ont montré nettement des effets directionnels, que les auteurs expliquent par la
présence de merlons entourant le wagon sur trois côtés et par la vitesse du vent (2 m/s). Un
simple regard à la figure 9 montre ainsi que la boule de feu ne s’est pas développée
exactement au droit du réservoir.
3.5.3 PROJECTION DE FRAGMENTS
Le réservoir s’est rompu en quatre parties principales : les deux calottes hémisphériques se
sont désolidarisées et l’enveloppe cylindrique s’est divisée en deux. Une pièce en tôle ondulée
renforcée, située à l’intérieur du réservoir, a également été projetée et a atteint une hauteur de
200 m avant de retomber à 145 m du wagon. Les principales caractéristiques des fragments
projetés sont présentées dans le tableau 15 suivant.
Fragment Masse(kg) Distance de projection (m) Hauteur maximale atteinte (m)
Calotte
hémisphérique
1400 130 inconnue
Calotte
hémisphérique
1200 155 inconnue
Morceau d’enveloppe 6710 150 inconnue
Morceau d’enveloppe 350 200 inconnue
Pièce en tôle ondulée
renforcée
210 145 200
Tableau 15 : Caractéristiques des fragments retrouvés
D’autres fragments plus petits ont également été retrouvés dans un rayon de 200 m.
Là encore, les auteurs remarquent que des fragments auraient pu être projetés à des distances
plus élevées, mais que éléments actions ont contribué à modifier leur trajectoire :
- la présence des merlons destinés à atténuer les effets de surpression et retenir les
fragments,
- la présence du réservoir plus petit, placé perpendiculairement au wagon, qui a été heurté
par la citerne lors de son éclatement et a fortement freiné les fragments. Ce réservoir a lui
même été déplacé de 7 m par le souffle de l’explosion, mais sans que sa structure interne
soit endommagée.
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3.6 CONCLUSIONS
Divers essais ont été réalisés à partir de réservoirs de butane et de propane dont la capacité est
de l'ordre de la tonne.
Ces essais sont récents ( BRITISH GAS 1990, BIRCK 1992, N.F.P.A. 1993, projet J.I.V.E. en
1994/95, B.A.M. 1998).
Pour ce qui est de la phénoménologie du BLEVE, on pourra retenir les conclusions
qualitatives de BIRCK :
- Les BLEVE seraient causés par des ruptures totales de réservoir. Une rupture totale
peut se produire de trois manières :
- fissure spontanée due à une fragilisation du réservoir,
- vaporisation explosive déclenchée par la chute de pression d’un liquide à une
température proche ou supérieure à sa température limite de surchauffe,
- montée du réservoir en pression et maintien de cette dernière à des valeurs
significativement supérieures à la pression d'apparition de la fissure initiale.
- Les BLEVE les plus redoutables sont observés lorsqu’un réservoir très résistant subit
une rupture locale qui déclenche une vaporisation explosive. Cela suggère que la
température limite de surchauffe soit approchée ou dépassée. Cette température limite
de surchauffe est celle pour laquelle, à la pression atmosphérique, le liquide ne peut
pas rester en état de surchauffe.
BIRCK a qualifié de "chaud" ce type de BLEVE, et, par opposition, a nommé
"BLEVE froid" les BLEVE mettant en jeu un produit dont la température moyenne est
inférieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression
atmosphérique.
- Les résultats des expérimentations suggèrent que des réservoirs munis de soupapes
tarées à des pressions élevées présentent un risque plus important d’engendrer des
BLEVE « chauds ». Il serait ainsi possible d’éviter ce type de BLEVE en réduisant la
pression d’ouverture des soupapes. Cette dernière mesure ne permettrait pas toutefois
d’éliminer l’occurrence de BLEVE « froids » qui pourraient par contre être prévenus
en s’assurant que des réservoirs trop peu résistants ne sont pas utilisés.
- Les caractéristiques des boules de feu dépendent beaucoup des conditions de rupture.
Pour les BLEVE « froids », la boule de feu reste au niveau du sol alors qu’elle s’élève
dans le cas de BLEVE « chauds ».
- Les résultats suggèrent que les effets d’un BLEVE « chaud » sont d’autant plus réduits
que le taux de remplissage du réservoir est faible, ce qui s’expliquerait par des raisons
énergétiques.
- Les effets de pression et de projection de fragments diffèrent significativement entre
les deux types de BLEVE « chauds » et « froids », notamment du fait de la différence
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de pression à laquelle le réservoir se rompt. Lors des tests effectués, la pression
d'éclatement du réservoir peut ainsi avoir été plus de huit fois plus importante que la
pression à laquelle la rupture initiale a eu lieu.
Les essais du N.F.P.A. vont qualitativement dans le même sens, mais sont difficiles à
exploiter quantitativement, la pression à la rupture étant supérieure à la pression critique du
produit mis en jeu.
Les essais effectués dans le cadre du projet J.I.V.E. ont permis de recueillir des
renseignements quantitatifs sur les caractéristiques des boules de feu ainsi que sur la
projection de fragments. On retiendra par exemple que dans un de ces essais, un réservoir
cylindrique de 5 m
3
s'est fractionné en deux morceaux. L'un, correspondant aux deux tiers
environ de l'enveloppe, a été projeté à quelques 450 mètres, l'autre allant à plus de 300
mètres.
Les essais de BRITISH GAS ont également permis de recueillir des données quantitatives sur
l'évolution au cours du temps de la boule de feu. Ces essais ont servi de base au
développement du modèle de BLEVE T.R.C. présenté plus loin.
L’essai du B.A.M. a permis d’obtenir des données quantitatives sur la formation et l’évolution
de la boule de feu, ainsi que sur la projection des fragments. La citerne s’est fractionnée en
quatre morceaux. L’un d’eux, de 6710 kg, a été projeté a 150 m et un autre, de 320 kg, a été
retrouvé à 200 m du lieu de l’explosion. Toutefois, cet essai n’a donné que peu d’information
sur le flux thermique rayonné et sur les niveaux de surpression atteints dans l’environnement
proche. De plus, la présence de merlons et d’un obstacle (autre réservoir) placés sur la
trajectoire des fragments rend difficile l’utilisation qualitative de ces observations.
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4 THEORIE DU BLEVE
4.1 RAPPEL : TEMPERATURE LIMITE DE SURCHAUFFE
La définition du phénomène de BLEVE a longtemps fait appel à la notion de Température
Limite de Surchauffe (T.L.S.) présentée ci-dessous.
Lorsqu'on transfère, à pression donnée, de la chaleur à un liquide, celui-ci subit une
augmentation de température, jusqu'à atteindre son point d'ébullition et à former des bulles de
vapeur qui se développent sur les sites actifs que sont les impuretés et les interfaces avec les
solides. Lorsqu'il n'y a pas suffisamment de sites de nucléation dans le liquide, le point
d'ébullition peut être dépassé sans qu'il n'y ait d'ébullition. Dans ce cas, le liquide est dit
surchauffé. Il existe cependant une limite de température, à une pression donnée, au-delà de
laquelle se développent des bulles de vapeur dans tout le liquide, même en l'absence de sites
de nucléation (C.C.P.S., 1994). Cette limite est la limite de surchauffe d'un liquide, appelée
encore température de nucléation homogène.
Ceci est illustré sur la figure 11 suivante qui donne, à titre d'exemple, la température limite de
surchauffe en fonction de la pression d'un gaz liquéfié pur.
Figure 11 : Température limite de surchauffe en fonction de la pression
Considérons, par exemple, un gaz liquéfié pur à l’équilibre thermodynamique dont l’état est
présenté par le point A de la figure 11 précédente. Si on lui fournit de la chaleur, le point
représentatif de son état se déplace sur la courbe de tension de vapeur saturante jusqu’à
rejoindre le point B. Le gaz peut alors passer, par dépressurisation brutale, à l'état représenté
par le point E en restant, au moins momentanément, surchauffé, à l'état liquide avant de se
vaporiser plus ou moins rapidement. En revanche, du gaz dont l'état est représenté par le point
C de la courbe de tension de vapeur, ne peut subir une dépressurisation brutale amenant la
A
C
B
E
D
T
P
Point critique
Droite limite de surchauffe
Courbe de tension de
vapeur saturante
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droite verticale représentative de cette transformation à couper la droite limite de surchauffe
sans subir une vaporisation homogène et rapide, pouvant même avoir un caractère explosif.
On notera que la température limite de surchauffe d'un produit à pression donnée est le point
vérifiant
dP
dV
T
|
\

|
.
|
= 0 (C.C.P.S., 1994).
Il n'existe toutefois pas d'équation d'état avérée décrivant le comportement d'un liquide
surchauffé.
On pourra retenir, de façon suffisante pour la pratique, la formule de Reid établie à partir de
l'équation d'état de Redlich-Kwung, qui donne la température limite de surchauffe à la
pression atmosphérique en fonction de la température critique du produit :
TLS = 0,895.Tc (K)
L'INERIS note ici, à titre d'exemple, que dans le cas du propane, cette formule conduit à
calculer une T.L.S. de 58°C contre 53°C généralement reconnu pour ce produit, soit une
erreur d'environ 10% dans ce cas (pour des valeurs de TLS relatives à d'autres produits, le
lecteur pourra encore se reporter à (Faucher et al., 1991)).
4.2 PREMIERS ELEMENTS DE DEFINITION
La théorie, présentée par Reid (Reid, 1976, 1979, 1980) considère qu'un liquide, dont la
température est supérieure à sa température limite de surchauffe et qui est dépressurisé à la
pression atmosphérique, donne matière à un BLEVE. En effet, presque immédiatement après
la dépressurisation, des bulles se forment, se développent, et, en quelques millisecondes, une
importante fraction de liquide se transforme en vapeur. Le volume massique de la vapeur
étant de plusieurs centaines de fois supérieur à celui du liquide, ce phénomène, assimilable à
une explosion, est susceptible d'engendrer une onde de choc.
Cette explosion peut être qualifiée de physique en ce sens qu’elle correspond à un
changement de phase, par opposition à une explosion « classique » qui correspondrait à une
réaction d’oxydation (combustion).
Dans ce cas de figure, le facteur limitant qui contrôle la durée du phénomène est le temps de
passage de l'onde de dépressurisation à travers l'ensemble du liquide.
Il apparaît toutefois que des BLEVE peuvent avoir lieu lors de la dépressurisation rapide d'un
réservoir contenant un liquide à une température inférieure à sa température limite de
surchauffe à la pression atmosphérique (Birck, Ye et al., 1993 ; Lees, 1994).
Il n'est donc pas possible de définir uniquement le BLEVE à partir de cette dernière notion.
On peut ainsi distinguer deux grands types de BLEVE suivant qu'au moment de la
dépressurisation du réservoir, le liquide se trouve à une température supérieure ou inférieure à
sa température limite de surchauffe à la pression atmosphérique. Par la suite, en accord avec
(Birck, Ye et al, 1993) nous dénommerons ces types de BLEVE respectivement BLEVE
"chauds" et BLEVE "froids".
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A ce sujet on rapporte ici, dans l'esprit, la discussion présentée par (Shield, 1995a) qui note
une dérive de la définition originelle du BLEVE consistant à le caractériser comme étant un
phénomène de perte de confinement d'un liquide inflammable stocké à sa pression de vapeur
saturante et consécutif à une exposition au flux thermique d'un incendie (feu de torche ou de
flaque).
Shield note que cette dernière définition a l'inconvénient de préciser des causes de BLEVE et
ne mentionne notamment pas des ruines de réservoirs consécutives à des explosions, tel que
cela fut par exemple observé lors de la catastrophe de Mexico (voir chapitre 2 précédent).
C'est pourquoi Shield propose une définition plus large qui pourrait être simplement :
"Un BLEVE est causé par la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un liquide
dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la pression
atmosphérique".
Cette dernière définition est en accord avec celle de Birck (Birck, Cunnigham et al.) et sera
retenue telle quelle par l'INERIS.
4.3 LES DIFFERENTS TYPES DE BLEVE
Birck, Maillette, Ye et Cunningham (Birck, Ye et al, 1993) ont effectué une série de tests qui
ont consisté à exposer des réservoirs de propane de 300 et 380 litres à des flux thermiques
importants (voir paragraphe 2.2).
Dans ce contexte, en réduisant localement l'épaisseur et par conséquent la résistance d'un
réservoir, ils ont obtenu un phénomène qui, par ses effets de pression, par l'apparition d'une
boule de feu, et bien que la température moyenne du liquide soit inférieure à la température
limite de surchauffe, s'apparente à un BLEVE.
Cependant les effets de surpression sont moindres que ceux obtenus consécutivement à la
perte de confinement d'un réservoir contenant un liquide dont la température est supérieure à
la température limite de surchauffe.
Les auteurs ont choisi d'appeler ce phénomène BLEVE froid car la température moyenne du
liquide était très inférieure à la température limite de surchauffe à la pression atmosphérique.
Certains auteurs (Londiche, 1996) suggèrent que des BLEVE qui se sont produits alors que la
température moyenne de la phase liquide était inférieure à la température limite de surchauffe
du produit concerné, pourraient être expliqués par des phénomènes de stratification de la
phase liquide lors de l'échauffement du réservoir soumis à un flux thermique extérieur. C'est
ainsi que le liquide aurait bien dépassé, localement, sa température limite de surchauffe.
Birck, Maillette, Ye et Cunningham ont également observé des BLEVE à partir de la rupture
de réservoirs contenant du propane à une température de 54°C, c'est-à-dire supérieure à la
température limite de surchauffe à la pression atmosphérique de ce produit.
Ce type de BLEVE se développerait en deux étapes : une brèche apparaîtrait sur le réservoir
(sur la partie la moins résistante, le plus couramment en contact avec le ciel gazeux), le
liquide se vaporiserait de manière explosive dans le réservoir ce qui repressuriserait
violemment ce dernier, et entraînerait sa ruine totale.
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Version 1 du 20/09/02 44/116
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Ce mode de rupture est vraisemblablement celui décrit par Venart (Venart, Rutledge et al.,
1993 ; Venart et Yu, 1996) qui propose une théorie qu'il nomme Boiling Liquid Compressed
Bubble Explosion (BLCBE) et qui suppose :
- la rupture du réservoir,
- la formation et le développement de bulles dans la masse du liquide contenant des
sites de nucléation,
- le gonflement de la masse diphasique, repressurisation, et compression des bulles
formées,
- une remise sous pression de la rupture initiale du fait du choc engendré par la
compression des bulles formées,
- une violente distribution de la masse diphasique en un fin aérosol et formation d'une
onde de choc,
- et l’inflammation éventuelle si le produit mis en jeu est inflammable, avec détonation
potentielle.
Birck, Maillette, Ye et Cunningham (Birck, Ye et al., 1993) proposent un diagramme
résumant les différents types de BLEVE possibles.
Le diagramme, présenté sur la figure 12 suivante, reste qualitatif dans la mesure où les
influences du niveau de remplissage du réservoir et de la taille de la rupture initiale sont
encore mal connues et non quantifiées.
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Figure 12 : Diagramme résumant les différents types de BLEVE possibles
Chute rapide de
pression
oui
T > TLS
oui
Ebullition
violente
oui
non
non
non
Impact
mécanique
Fatigue
mécanique
Exposition à un
incendie
Construction
défectueuse
Corrosion
Rupture initiale
La fissure
s'arrête
non
Perte de
confinement
BLEVE "froid"
Rejet
diphasique
BLEVE
«intermédiaire»
propagation de la
fissure, ruine du
réservoir
Vaporisation
explosive
oui
propagation de la
fissure, ruine du
réservoir
non
BLEVE
« chaud »
Le réservoir
résiste
Pression >
résistance du
réservoir
Pression >
résistance du
réservoir
oui
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Version 1 du 20/09/02 46/116
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A partir de ce diagramme, on se propose de décrire les spécificités qui seraient propres à
chacun des types de BLEVE.
Les BLEVE recensés par (Birck, Ye et al., 1993) ont une cause commune : une perte de
confinement amenant à la dépressurisation du contenu du réservoir. Cette perte de
confinement peut être notamment due :
- à l'impact d'un projectile,
- à l'exposition du réservoir à un incendie,
- à la fatigue du réservoir,
- à de la corrosion,
- à une construction ou à des équipements défectueux.
Lorsqu'un réservoir est exposé au flux thermique d'un incendie, sa pression interne augmente
alors que sa résistance mécanique diminue. Ainsi, la rupture initiale se produit généralement
sur la partie du réservoir en contact avec le ciel gazeux. En effet, cette partie est susceptible
de s’échauffer plus rapidement que la partie du réservoir en contact avec le liquide (les
transferts de chaleur s’effectuant moins bien avec la phase gaz) et les propriétés mécaniques
de l'enveloppe s’y dégradent donc d'autant plus vite.
Birck, Maillette, Ye et Cunningham (Birck et Cunnignham, 1994) ont également travaillé sur
le déclenchement des BLEVE. Ils ont ainsi exposé la partie en contact avec le ciel gazeux des
réservoirs de propane à des incendies et à des torches. Ils ont observé que le processus de
ruine du réservoir commençait toujours par l'apparition d'une fissure ou d'une brèche, et
qu'une fois cette dernière formée, de la vapeur s'échappait. Ils ont alors noté trois possibilités :
- la fissure s'arrête,
- la fissure se développe conduisant ainsi à une perte totale de confinement et à un
BLEVE froid,
- la fissure s'arrête provisoirement, puis repart pour conduire à une perte totale de
confinement et à un BLEVE chaud ou intermédiaire.
Il apparaît que la résistance des parois de réservoir et l'évolution de la pression dans ce
dernier sont des facteurs déterminants pour ce type de phénomènes. L'évolution de la pression
est fonction de la géométrie de la brèche.
Si la brèche est suffisamment petite, le liquide se vaporise pour maintenir la pression dans le
réservoir. En l'absence d'incendie externe, l'énergie de vaporisation provient du liquide, ce qui
conduit sa pression d'équilibre et sa température à baisser, et ce jusqu'à la pression
atmosphérique. C'est le principe de la soupape de sécurité, il y a auto-réfrigération du
réservoir.
L'énergie nécessaire pour conduire à la perte totale de confinement provient du contenu du
réservoir. L'énergie de la phase vapeur est disponible immédiatement, alors que celle du
liquide n'est disponible qu'après un délai correspondant à la durée du changement de phase.
En revanche, pour des réservoirs plus résistants, une dépressurisation peut conduire à une
ébullition plus ou moins violente, voire explosive, susceptible de mener à la ruine totale du
réservoir.
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Ce type de BLEVE, qui correspond au cas (c) de l’énumération ci-dessus, s’effectue plus
lentement que le précédent car il nécessite la libération de l’énergie disponible dans le liquide.
C'est pourquoi Birck et Cunningham suggèrent que les BLEVE de réservoirs fragiles sont
courts, gouvernés principalement par l'énergie disponible dans le ciel gazeux du réservoir et
que la température du liquide n'a pas une grande importance pour ce type de BLEVE. Ce type
de BLEVE correspond au cas (b) de l’énumération ci-dessus.
Ainsi, en revenant au diagramme synoptique précédent (fig. 12), on note que si le processus
de fissuration ne s'arrête pas, il y a perte totale de confinement et apparition d'un BLEVE dit
froid. Ce type de BLEVE, dû à la faiblesse mécanique du réservoir, conduit à la détente
brutale de la phase vapeur contenue dans le ciel gazeux du réservoir, à la vaporisation
instantanée d'une fraction du liquide surchauffé et à la dispersion d'une autre fraction du
liquide en fines gouttelettes. Il est à noter que sur le diagramme de la figure 12, le BLEVE
froid est mentionné avant toute référence à la température limite de surchauffe. Nous
comprenons ainsi que ce type de BLEVE ayant pour origine une faiblesse mécanique du
réservoir n'est pas compatible avec une température interne élevée : la ruine du réservoir se
produirait, par définition, avant une élévation significative de la température.
Les effets de pression sont ainsi relativement réduits, mais le lourd nuage formé au niveau du
sol, peut, s'il trouve un point d'inflammation, conduire à un incendie conséquent (apparition
d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque).
En revanche, si la fissure s'arrête, que le réservoir se dépressurise et que sa température au
moment de l'apparition de la fissure est notablement supérieure à sa température d’ébullition à
pression atmosphérique, il se produit alors, dans le réservoir, une ébullition violente pouvant
avoir un caractère explosif, qui, si la surpression engendrée est supérieure à la pression de
rupture du réservoir, entraîne la ruine de ce dernier. Le diagramme précédent différencie les
cas d'une ébullition violente ("BLEVE intermédiaire") et d'une vaporisation explosive
("BLEVE chaud") qui conduisent à des phénomènes de violences différentes. Toutefois,
comme le note Birck, plus la surchauffe est importante, plus l'ébullition du liquide, en cas de
dépressurisation brutale, est violente. C'est ainsi que nous avons qualifié le type de BLEVE
conduisant à une vaporisation violente "d'intermédiaire", la transition, en fonction de la
surchauffe du produit, entre BLEVE "chaud" et "froid" s'effectuant, de l'avis de
l'INERIS, de manière continue. Ce type de BLEVE conduit ainsi à la création d'une onde de
choc d'autant plus puissante que la pression de rupture du réservoir est élevée, à la projection
de débris sur des distances importantes et à l'éjection du produit, ainsi que, dans le cas d'une
inflammation, à la formation d'une boule de feu ascendante.
On peut introduire ici les résultats des modélisations de Birck et Cunningham relatives à des
BLEVE chauds. Le modèle qu'ils ont développé table sur les hypothèses suivantes :
- la pression de réservoir chute jusqu'à la vaporisation,
- la fraction flashée est calculée adiabatiquement,
- le flash est instantané,
- la compression de toute la vapeur dans le volume disponible du réservoir est
isentropique.
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Les résultats obtenus pour du propane pur sont présentés sur la figure 13 suivante qui donne
la surpression obtenue dans le réservoir, pour des températures supérieures à la TLS lors de
l’apparition de la brèche, et pour différents niveaux de remplissage des réservoirs (où Psat est
la pression de vapeur saturante).
Figure 13 : Surpression dans le réservoir en fonction
de la température du liquide, pour différents niveaux de remplissage.
Il convient de noter que ce calcul est basé sur l'équilibre thermodynamique et ne tient pas
compte des effets dynamiques. Par ailleurs, il semblerait qu'une éventuelle recondensation de
la phase vapeur ne soit pas prise en compte.
Cette modélisation permet toutefois de mettre en lumière des tendances intéressantes :
- Elle suggère que si la limite de surchauffe du produit est atteinte, la surpression
résultant de la vaporisation est si intense que même des réservoirs très solides ne
peuvent pas y résister, la pression pouvant atteindre, d'après les auteurs, 250 bar pour
un réservoir de propane rempli à 90 %. Toutefois, comme nous l'avons mentionné ci-
dessus, cette valeur nous paraît être à considérer avec prudence puisque la phase
vapeur tend à se condenser au fur et à mesure que la pression augmente. Aussi, si les
valeurs mentionnées sur la figure 3.3. sont certainement majorantes, il n'est pas exclu,
de l'avis de l'INERIS, que la pression augmente compte tenu d'effets dynamiques, c'est
à dire du temps nécessaire pour atteindre l'équilibre thermodynamique.
En pratique, il faudra donc tout faire pour que la TLS ne soit jamais dépassée.
- On pourra également noter que la surpression engendrée lors du phénomène augmente
avec le niveau de remplissage du réservoir. C'est ainsi que le cas le plus pénalisant est
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celui d'un réservoir pratiquement rempli. D’où l'intérêt d'une soupape se déclenchant
suffisamment tôt pour permettre une vidange, même partielle, du réservoir.
- Enfin, ce modèle suggère qu’à niveau de remplissage constant, la surpression
engendrée par le phénomène de vaporisation décroît lorsque la température du liquide
à l’apparition de la brèche augmente au-dessus de la TLS.
C'est ainsi que le phénomène le plus violent serait obtenu lorsque la température est
égale à la TLS. Ce résultat peut paraître surprenant puisque, pour des températures
inférieures à la TLS, la violence de la vaporisation croît avec la température. Par
ailleurs, dans la mesure où une éventuelle recondensation du produit vaporisé n'a pas
été prise en compte, il parait difficile de se prononcer quant à la validité de cette
tendance.
- Enfin, entre les cas extrêmes que constituent les BLEVE dits « froids » et « chauds », il
existe un continuum de cas, pour lequel, une fois le processus initial de fissuration
achevé, le processus d'ébullition est moins violent que dans le cas d'un BLEVE chaud,
soit parce que la chute de pression dans le réservoir est moindre, soit que la température
moyenne du liquide est inférieure à la TLS. Ce phénomène génère une contrainte
soutenue susceptible d'entraîner la ruine du réservoir. Ce type de BLEVE a des
conséquences dont l'intensité se situe entre celle des BLEVE dits « froids »et
« chauds ».
4.4 COMPARAISON DES BLEVE "FROIDS" ET "CHAUDS"
4.4.1 DEVELOPPEMENT DU BLEVE "CHAUD"
Johnson et Pritchard ont effectué, en 1991, sept essais de BLEVE de réservoirs remplis d’une
ou de deux tonnes de G.P.L. (Shield, 1995a ; Johnson et Pritchard, 1991) (voir paragraphe
3.4.). Six expériences ont été réalisées à partir de butane, pour différents niveaux de
remplissage et de pression. Dans quatre de ces six essais, le produit rejeté a été enflammé et a
donné matière à une boule de feu. Une septième expérience, avec du propane, a également
donné matière à l'apparition d’une boule de feu.
Suite à l’observation des résultats de Johnson et Pritchard, (Shield, 1995a) distingue cinq
étapes du développement d’un BLEVE.
Etape 1 : Le réservoir se rompt, des fragments sont éjectés et une onde de surpression est
engendrée par la détente de la phase gazeuse. Cette onde est suivie d’une onde de
dépression (voir fig. 14).
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
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Figure 14 : Etape 1 du développement d'un BLEVE chaud
Etape 2 : Un nuage de gouttelettes, qui se vaporisent adiabatiquement alors que la pression
dans le nuage diminue, est éjecté. La quantité de vapeur produite à partir des
gouttelettes est largement supérieure à la quantité de vapeur libérée à l’étape 1
précédente.
Au cours de cette étape, il y a peu de mélange avec l’air ambiant alors que le nuage
s’étend. La vaporisation continue jusqu’à ce que la pression du nuage soit égale à la
pression ambiante, le volume du nuage étant alors égal au volume de vapeur flashée
à la pression ambiante et à la température de saturation correspondante (plus une
légère correction du fait de la présence de gouttelettes).
Si la vitesse radiale d’expansion du nuage excède la vitesse locale du son dans la
zone de dépression suivant l’onde de surpression engendrée par l’expansion de la
phase vapeur (étape 1), une onde de choc due à l’évaporation instantanée du liquide
peut se former et engendrer un état turbulent au sein du nuage.
Cette seconde onde de choc n’est observée que lors d’expérimentations pour
lesquelles le niveau de remplissage est assez important. Pour des taux de
remplissage trop faibles, l’onde de dépression suivant l’onde de surpression revient
plus lentement à la pression ambiante et il est probable, dans ce cas de figure, que
l’onde de choc formée par la vaporisation instantanée du liquide soit d’une
magnitude moindre que l’onde de dépression. Néanmoins, même dans ce dernier
cas, le nuage formé est turbulent.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
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Figure 15 : Etape 2 du développement d'un BLEVE chaud
Etape 3 : Les deux ondes de surpression successives ont quitté le nuage. Ce dernier continue
à s’étendre du fait de sa quantité de mouvement radial, mais à une vitesse qui
diminue alors que le mélange turbulent entraîne de plus en plus d’air.
Lorsque la vitesse d’expansion radiale du nuage est du même ordre que la vitesse
aléatoire des tourbillons turbulents, l’expansion du nuage n’est plus alors due
qu’aux effets de turbulence.
Figure 16 : Etape 3 du développement d'un BLEVE chaud
Etape 4 : L’inflammation se produit à proximité du centre du nuage et une boule de feu se
développe. L’expansion de la boule de feu s’arrête lorsque tout le nuage est
enflammé. C’est alors que la boule de feu est la plus brillante.
Puisque le nuage contient de l’air, Shield suppose que durant cette étape seule la
vapeur est consumée et que les gouttelettes n’ont pas le temps d’être vaporisées.
L’expansion du nuage en boule de feu engendre une onde de surpression suivie
d’une onde de dépression due à l’arrêt brutal de cette expansion.
La vitesse d’expansion de la boule de feu est égale à la vitesse de propagation de la
flamme dans le nuage turbulent.
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Bien évidemment, dans la réalité, le nuage de vapeur peut s’enflammer durant chacune des
quatre étapes précédentes, mais, puisque de l’air doit être mélangé au nuage, il est probable
que la combustion se produise principalement dans la périphérie du nuage et les mécanismes
d’expansion sont ainsi similaires, même si certaines étapes peuvent se chevaucher.
Figure 17 : Etape 4 du développement d'un BLEVE chaud
Etape 5 : La boule de feu hémisphérique s’élève pour prendre la forme d’une sphère. Sa
combustion continue mais la boule de feu ne s’étend plus, indiquant ainsi que l’air
requis pour la combustion est déjà mélangé au nuage (fig. 18). Le combustible est
alors pourvu par les gouttelettes liquides. La boule de feu s’élève alors
approximativement à vitesse et volume constant, pour prendre la forme
caractéristique d’un champignon (fig. 19).
Ensuite, du fait de l’apparition de poches de produits de combustion, l’aire de la
flamme visible diminue (fig. 19). Le flux thermique rayonné décroît alors sans
cesse. Lorsque la combustion est presque complète, la fumée constituée des
produits de combustion s’élève et se dissipe.
Figure 18 : Etape 5 du développement d'un BLEVE chaud
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Figure 19 : Etape 5 du développement d'un BLEVE chaud (suite)
4.4.2 BLEVE "FROIDS"
SHIELD note, d'après des modélisations, que lors de BLEVE dits "froids", la moindre
surchauffe du liquide a deux principaux effets :
- il n'y a pas assez d'air entraîné pour permettre la combustion complète de toutes les
gouttelettes d'aérosol formées,
- des gouttelettes non brûlées sont susceptibles de retomber au sol et d'engendrer
ainsi un feu de flaque.
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4.4.3 COMPARAISON SYNTHETIQUE DES BLEVE "FROIDS" ET "CHAUDS"
Le tableau 16 ci-dessous propose une comparaison synthétique entre les BLEVE "froids" et
"chauds" d'après (Birck, Ye et al., 1991)
BLEVE "chaud" BLEVE "froid"
Instants initiaux 1. Température du liquide
initialement au-dessus de la
température limite de surchauffe
2. Le réservoir se rompt localement
3. Formation d'un jet
4. Dépressurisation
5. Remontée en pression du
réservoir du fait de l'ébullition
6. Ruine du réservoir
1. Liquide en dessous de la limite
de surchauffe
2. Ruine du réservoir due à des
effets essentiellement mécaniques
Durée entre la rupture initiale et le
rejet à caractère explosif
Quelques dixièmes de secondes
après la formation d'une fissure de
20 cm
Quelques centièmes de secondes
Géométrie du réservoir après le
BLEVE
Le réservoir est aplati au sol avec
émission possible de missiles
Le réservoir est aplati au sol avec
émission possible de missiles
Mode de rejet Tout ou majeure partie du liquide
est vaporisée instantanément
Une partie du liquide se vaporise
instantanément, le reste est dispersé
sous forme de gouttelettes
Boule de feu Boule de feu classique ascendante Nuage d'aérosol en feu au niveau
du sol avec une boule de feu
ascendante
Effets de surpression Le bruit de l'onde de choc suggère
d'importantes surpressions
Apparaissent relativement réduits
d'après le niveau sonore de ce type
de BLEVE
Projectiles De grandes pressions de rupture ont
le potentiel d'envoyer des
projectiles sur d'importantes
distances
Les faibles pression de rupture
limitent probablement la distance
parcourue par les projectiles
Conditions nécessaires Liquide chaud et rupture locale afin
de déclencher une explosion par
surchauffe
Réservoir peu résistant conduisant
à sa ruine totale
Tableau 16 : comparaison entre BLEVE "chaud" et BLEVE "froid"
Les deux modes de développement des boules de feu dans chacun des types de BLEVE sont
schématisés sur la figure 20 suivante.
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Figure 20 : Illustration du développement de la boule de feu pour des BLEVE "froids" et "chauds"
4.5 CONCLUSIONS
Pour le BLEVE, l'INERIS propose in fine de retenir la définition suivante :
"Un BLEVE correspond à la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un
liquide dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la
pression atmosphérique".
Les BLEVE ont une cause commune, une perte de confinement amenant à la dépressurisation
du contenu du réservoir. Cette perte de confinement peut être notamment due:
- à l'impact d'un projectile,
- à l'exposition du réservoir à un incendie,
- à la fatigue du réservoir,
- à de la corrosion,
- à une construction ou des équipements défectueux.
L'analyse a mis en évidence que l'on peut distinguer deux types de BLEVE, les BLEVE dits
"froids" et "chauds".
Un BLEVE "froid" serait dû à une faiblesse mécanique du réservoir. Les effets de pression
sont ainsi relativement réduits, mais le lourd nuage formé au niveau du sol, peut, s'il est
inflammable et s'il trouve un point d'inflammation, conduire à un incendie conséquent
(apparition d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque).
Pour qu'un réservoir donne matière à un BLEVE "chaud" il faut que la température moyenne
du produit qu'il contient soit supérieure à la température limite de surchauffe du produit à la
pression atmosphérique (c'est à dire supérieure à la température pour laquelle, à la pression
atmosphérique, le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe).
On notera que plus la surchauffe d'un liquide est importante, plus son ébullition, en cas de
dépressurisation rapide, est violente. C'est ainsi que, de l'avis de l'INERIS, la transition entre
BLEVE "chaud" et "froid" s'effectue de manière continue.
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5 MODELISATION DES EFFETS THERMIQUES D’UN BLEVE
5.1 ETAPES DE LA DEMARCHE. CARACTERISTIQUES DE LA BOULE DE FEU
Dans le cas d'un BLEVE mettant en jeu un produit inflammable, la boule de feu peut être le
phénomène ayant les conséquences les plus importantes, notamment du fait de ses effets
radiatifs.
Plusieurs théories ont été développées pour déterminer les effets des boules de feu. Elles
procèdent toutes selon une démarche similaire et s'articulent autours des étapes suivantes :
- détermination du diamètre de la boule,
- détermination de la durée de combustion de la boule,
- estimation de l’élévation de la boule de feu,
- calcul de la densité de flux thermique radiatif reçu par une personne exposée au
rayonnement,
- détermination des effets sur l'homme.
5.2 FLUX THERMIQUES
5.2.1 DEMARCHE DE DETERMINATION DES EFFETS D'UN FLUX THERMIQUE SUR L'HOMME
Les effets thermiques radiatifs d'une boule de feu sur une population donnée dépendent de
l’intensité des radiations ainsi que de la durée d’exposition à ces radiations.
Il est clair que l’estimation des effets sur l’homme de l’exposition à un flux thermique est
complexe car dépendant de très nombreux facteurs, dont notamment la nature et l’importance
des surfaces brûlées, l’âge des personnes exposées, les obstacles au rayonnement pouvant
constituer autant d’abris. Bien évidemment, la rapidité d'accès à des soins est également
d'importance.
En fait, il s’agit dans ce qui suit, de définir des critères simples permettant d’évaluer un ordre
de grandeur des distances où un effet donné sera susceptible d’être observé.
On s'intéresse ici aux effets thermiques radiatifs d'une boule de feu formée lors d'un BLEVE.
La première fonction des modèles est de déterminer des lieux de l'espace où une densité de
flux thermique radiatif donnée est observée. Il est donc possible, en première approximation,
de ne s'intéresser qu'à la distance de la boule de feu (généralement comptée depuis la
projection de son centre au sol) où une densité de flux thermique rayonné fixée est reçue.
Lorsqu'une personne est exposée à une densité de flux thermique, les effets auxquels on
s'intéresse habituellement sont définis comme étant l'apparition (à faible probabilité) de la
létalité, des brûlures significatives, de la douleur... Ces effets sont directement fonction de la
densité de flux thermique φ et du temps t pendant lequel le sujet est exposé à cette densité de
flux thermique. Les effets varient bien évidemment selon l’âge de la personne, ainsi qu'en
fonction de son état de santé ou de ses facultés d'accoutumance.
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Ainsi, les courbes dans un plan (φ,t) correspondant à un effet donné sont-elles établies pour
une population représentative de l'ensemble des situations susceptibles de se produire.
Dans le plan Log(φ), Log(t), et pour des durées d'exposition qui sont, au plus, de l'ordre de la
minute, ces courbes sont assimilables à des droites telles que schématisées sur la figure 21 ci-
après, et donc, à effet E constant, flux thermique et temps se trouvent pratiquement liés par
une relation φ
n
.t = E . Sur ces courbes, les coordonnées d'un point (φ,t) représentent l'échelon
de densité de flux thermique φ et le temps d'application t de cet échelon nécessaire pour que
l'effet E se produise.
Cet effet se produira dès que φ
n
.t≥E.
Figure 21 : Droites iso-effets
Si l'on considère la figure 21, la droite qui, dans le plan Log(φ), Log(t), est représentative des
effets létaux, a pour équation φ
n
.t = EL, et celle correspondant aux brûlures significatives
l'équation φ
n
.t = BS, où EL et BS sont ici deux constantes caractéristiques respectivement des
effets létaux et des brûlures significatives.
On suppose qu'une personne exposée au flux φ
1
pendant un temps supérieur ou égal à t
1
décède, dans la mesure où l'on a φ
1
n
.t
1
= EL. Il en va de même pour une personne exposée au
flux φ
2
inférieur à φ
1
pendant un temps t
2
supérieur à t
1
tel que φ
2
n
.t
2
=EL.
En revanche une personne exposée au flux φ
2
pendant le temps t'
2
inférieur à t
2
ne sera pas
supposée décéder car φ
2
n
.t'
2
<EL. Elle subira toutefois des brûlures significatives si φ
2
n
.t'
2
>BS.
Il convient de préciser ici que les droites φ
n
.t = constante sont valables pour des durées
d'exposition t relativement brèves (au plus de l'ordre de la minute). On conçoit en effet
qu'elles tendent vers une asymptote parallèle à l'axe des abscisses : il serait bien évidemment
Log φ
Log t
φ
n
.t =
EL
φ
n
.t = BS
Log φ
1
Log φ
2
Log t
1
Log t
2
Log t'
2 t≈1 min
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Version 1 du 20/09/02 58/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
absurde de considérer qu'elles coupent ce dernier axe, ce qui signifierait qu'un effet, par
exemple la létalité, est obtenu lorsqu'une personne est exposée à un flux nul pendant un temps
fini. Ainsi, pour des expositions qui perdurent, les seuils d'effets, en termes de flux thermique,
ne dépendent pratiquement plus du temps. On rappelle ici que pour des durées d'exposition
supérieures à une minute il est d'usage de considérer des seuils égaux à :
- 5 kW/m
2
pour les effets létaux,
- 3 kW/m
2
pour les brûlures significatives.
En pratique, lors d'un accident, un observateur n'est jamais soumis à un échelon de densité de
flux thermique constant au cours du temps, et il y a donc lieu d'intégrer les apports de chacun
des pas de temps pendant lesquels la densité de flux thermique est supposée constante en
calculant :
I t dt
n
=

φ( ) .
L'effet se produira si I≥E.
Dans tout ce qui suit, pour la commodité de l'exposé, la quantité I sera dite "charge
thermique".
Il convient en premier lieu de garder à l'esprit qu'une telle intégrale est calculée faute de
mieux. Il n'est pas possible, sinon, de traiter simplement le problème.
En effet, l'hypothèse implicite qui sous-tend la démarche est celle de l'ergodicité, en ce sens
que la contribution de chaque échelon élémentaire de flux reçu est supposée avoir strictement
le même effet que si cet échelon était le premier. En d'autres termes, on ne tient compte ni
d'une éventuelle accoutumance, ni d'une éventuelle évolution des tissus ou autres effets
similaires.
Il y a bien évidemment lieu de définir les seuils à considérer. Pour la létalité, il est d'usage de
retenir un seuil correspondant au décès de 1% de la population exposée. Pour les effets
irréversibles, on retient un seuil de brûlures significatives du second degré. Il doit d'emblée
être clair que la définition même des brûlures du second degré est sujette à discussion. Cela
n'entre bien évidemment pas dans le cadre du présent rapport, et nous retiendrons pour la suite
la définition de ce terme proposée par chacun des auteurs des différentes approches relevées
et présentées ci-après.
L'objet des quatre paragraphes suivants est de présenter différentes approches rapportées dans
la littérature quant aux seuils des effets thermiques et de les comparer entre elles.
Il est communément admis (Lees, 1994 ; Hymes, 1983) que les effets thermiques (effets
létaux et brûlures significatives) dépendent d'une variable dite "charge thermique" en φ
4/3
.t, où
φ est la densité de flux thermique reçue (en kW/m²) et t la durée d'exposition à cette densité
de flux (en secondes).
Ainsi, pour comparer aisément les données relevées dans la littérature, avons-nous calculé, si
nécessaire, la quantité φ
4/3
.t pour chacun des seuils proposés.
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5.2.2 APPROCHE D'EISENBERG
Eisenberg (Eisenberg, 1975) a développé une estimation des effets létaux associés aux flux
thermiques radiatifs à partir d’observations consécutives à des explosions nucléaires. La
probabilité de décès est reliée à la grandeur φ
4/3
.t. Le tableau 17 suivant tiré de (C.C.P.S.,
1994), présente la probabilité de décès (en %) en fonction des couples (φ, t) :
Probabilité de décès
(%)
Durée d’exposition
(s)
Intensité de flux
thermique
(kW/m²)
φ
4/3
.t
[s (kW/m²)
4/3
]
1 1.43 146.0 1099
1 10.1 33.1 1073
1 45.2 10.2 1000
50 1.43 263.6 2417
50 10.1 57.9 2264
50 45.2 18.5 2210
99 1.43 586.0 7008
99 10.1 128.0 6546
99 45.2 39.8 6149
Tableau 17 : Relation entre la probabilité de décès par brûleur et la « charge thermique » φ
4/3
.t.
Eisenberg propose une équation de probit permettant d'évaluer statistiquement les effets d'une
charge thermique donnée sur une population exposée à une densité de flux thermique.
D’après l'équation de probit d’Eisenberg, qui se réfère aux effets létaux, le décès de 1 % de la
population exposée correspond à une valeur de la fonction probit de 2,67.
On vérifie que ces données correspondent, en ordre de grandeur, à l’équation de probit
d’Eisenberg reportée par (Lees, 1994 ; Hymes, 1983) :
Pr = -14,9 + 2,56 ln(φ
4/3
.t)
avec φ, flux thermique radiatif en kW/m²,
t, temps d’exposition en secondes.
L’équation précédente conduit en effet à calculer une « charge thermique » φ
4/3
.t au seuil de
létalité à 1 % de 956 (kW/m²)
4/3
.s, soit une valeur inférieure à la valeur minimale rapportée
pour le même seuil dans le tableau précédent. C’est donc qu’elle conduit, aux faibles
probabilités, à des calculs majorants (en termes de distances d'effets) par rapport aux données
ayant servi à l’établir.
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Par ailleurs, sur ces données, il semble que pour une probabilité de décès de 1 % la « charge
thermique » acceptable diminue alors que la donnée d’exposition augmente, ce qui illustre
une des limites de l'hypothèse d'ergodicité, en ce sens que la quantité φ
4/3
.t n'est pas
rigoureusement une constante pour un effet donné.
Les auteurs citant Eisenberg se réfèrent généralement, pour la quantité φ
4/3
.t, à la valeur de
1060 (kW/m²)
4/3
.s relativement au seuil de létalité à 1 % (Lees, 1994 ; Gonzalez, 1992 ;
Fulleringer, 1991).
5.2.3 APPROCHE DU T.N.O.
Le T.N.O. (T.N.O., 1992) propose trois équations de probit se référant respectivement aux
brûlures du premier et second degré, ainsi qu'à la létalité.
Les fonctions probit proposées par le T.N.O. sont dérivées de l’étude des effets sur l’homme
des tirs nucléaires et sont corrigées pour être appliquées à des feux d’hydrocarbures.
En effet, lors d’une explosion nucléaire, les longueurs d’onde des radiations thermiques sont
décalées, par rapport au spectre visible, vers l'ultraviolet, alors que celle dues à un feu
d’hydrocarbures sont décalées vers l’infrarouge. Or, plus la longueur d’onde augmente, plus
les radiations sont pénétrantes, provoquant ainsi des brûlures plus profondes.
Ainsi, pour un feu d’hydrocarbures, la dose de radiation thermique correspondant à un effet
donné est inférieure à celle issue d’une explosion nucléaire.
Les équations de probit correspondant à un effet donné ainsi que les expressions qui en
découlent sont synthétisées dans le tableau 18 suivant qui présente, pour chaque effet,
l'équation de probit proposée par le T.N.O. et la charge thermique correspondante pour
l'apparition de l'effet à 1 % sur la population exposée (où φ est en W/m² et t en s) :
Effets Equation de probit « Charge thermique » limite
pour un effet à 1 % en
(kW/m²)
4/3
.s
Brûlures du premier degré Pr = -39,83 +3,0186 ln(φ
4/3
.t) 130
Brûlures du deuxième degré Pr = -43,14 +3,0186 ln(φ
4/3
.t) 390
Brûlures entraînant la mort Pr = -36,38 +2,56 ln(φ
4/3
.t) 421
Tableau 18 : Equations de probit du T.N.O.
Il convient de préciser que ces équations ne tiennent pas compte de la protection apportée par
des vêtements, ni d'éventuelles possibilités de fuites ou de mise à l'abri.
L’INERIS remarque ici, sans l'analyser plus, qu'il existe une approche développée par le
T.N.O., prenant en compte une vitesse moyenne de fuite d’une personne exposée au
rayonnement.
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5.2.4 SYNTHESE DE HYMES
En 1983, Hymes (Hymes, 1983) a effectué une synthèse de travaux visant à caractériser les
effets d'un flux thermique sur l'homme.
On notera en premier lieu que Hymes retient également un effet en φ
4/3
.t.
Le tableau 19 ci-après résume les principaux seuils qu'il a relevé pour des expositions
relativement limitées dans le temps :
Charge thermique
(kW/m²)
4/3
.s
Effets Commentaires
10 à 700 Apparition de cloques sur la peau nue Effets constants sur cette plage de valeur
1060 Létalité pour 1 % de la population
exposée d'après Eisenberg
Valeur dérivée de statistiques établies consécutivement
aux bombardements atomiques américains
1200 Seuil des brûlures sévères du second
degré (profondes de plus de 0,1 mm)
Ce seuil correspond approximativement au seuil de la
létalité pour 1 % d'une population exposée, supposée
normalement habillée
2300 Létalité pour 50 % de la population
exposée d'après Eisenberg
Valeur dérivée de statistiques établies consécutivement
aux bombardements atomiques américains
2600 Seuil des brûlures sévères du
troisième degré (profondes de plus de
2 mm soit l'ensemble du derme)
Ce seuil correspond approximativement au seuil de la
létalité pour 50 % d'une population exposée, supposée
normalement habillée
Tableau 19 : Seuils d'effets retenus par Hymes (Hymes, 1983)
Il est à noter que (Lees, 1994) rapporte la profondeur des brûlures correspondant, selon
Hymes, à l’apparition des brûlures du deuxième et troisième degré, à savoir respectivement
0,1 et 2 mm.
Hymes a corrélé, d'après les travaux de Hinshaw (Hymes, 1983), la profondeur des brûlures δ
à la charge thermique φ
4/3
.t par l’expression : δ (mm) = 8,85.10
-4

4/3
.t-920) avec φ en kW/m²
et t en secondes. Ce qui conduirait ainsi à retenir, pour les brûlures du second degré, une
charge thermique en φ
4/3
.t égale à 1033 (kW/m²)
4/3
.s.
Pour les effets létaux, Hymes retient la valeur de 1200 (kW/m²)
4/3
.s pour le seuil de létalité à 1
%, relativement à une population habillée normalement. Il note par ailleurs que ce seuil
correspond à celui des brûlures sévères du second degré, d'une profondeur supérieure à
0,1 mm.
A noter que Lees et Shield (Shield, 1995a et 1995b) retiennent le seuil de 1200 (kW/m
2
)
4/3
.s
relativement aux brûlures significatives du second degré.
Ainsi, pour les effets sur l’homme, (C.C.P.S., 1994) propose les courbes iso-effets suivantes
(fig. 22) établies d’après les résultats de Hymes et qui donnent, en fonction du temps, le seuil
de létalité à 1 % d’une personne habillée normalement (« 1 % lethality, average clothing »)
ainsi que le seuil d’apparition des brûlures du deuxième degré (« start of 2°burns »).
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On remarque que ces deux seuils, correspondant respectivement à la létalité et aux brûlures
significatives, sont proches. Ils semblent correspondre, aux approximations de lecture près, à
des seuils de 1200 et 1033 (kW/m
2
)
4/3
.s, respectivement au seuil des effets létaux et des
brûlures significatives.
Figure 22 : Corrélation entre la densité de flux thermique reçu, le temps
d'exposition et les effets sur l'homme (d'après Hymes)
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5.2.5 APPROCHE DE LEES
Lees (Lees, 1994) a proposé une équation de probit relative aux effets létaux de la forme
Pr = - 10,7 + 1,99 ln(φ
4/3
.t) avec φ en kW/m² et t en secondes.
Pour le seuil de 1 % de létalité, cette équation conduit à calculer une charge thermique de
828 (kW/m²)
4/3
.s.
L’approche de Lees vise à prendre en compte :
- la réaction humaine face au danger,
- le flux thermique effectif reçu,
- la protection apportée par les vêtements,
- l’éventuelle inflammation des vêtements,
- la sévérité des brûlures,
- le traitement médical des brûlures.
Ainsi Lees note-t-il que :
- Le temps de réaction d’un individu est de l’ordre de 5 secondes avant de tenter de se
protéger ou de s’enfuir.
Il convient toutefois de préciser que ce comportement est susceptible de variations
selon les personnes et Lees rapporte, lors de BLEVE, le cas de pompiers dont on
pense que les brûlures au visage étaient principalement dues au fait qu’ils se
retournaient pour suivre le déroulement du phénomène.
- Le degré de protection offert par les vêtements dépend de la fraction de corps
protégée.
Par ailleurs, les vêtements peuvent prendre feu. A ce sujet, Lees note que, dans le cas
d’un BLEVE la probabilité d’inflammation de vêtements est assez élevée.
Dans son article, il rapporte que Hymes remarque l'inflammation spontanée de la
plupart des vêtements qui se trouvent exposés plus de cinq secondes à des densités de
flux thermiques supérieurs à 75 kW/m².
Le T.N.O. (T.N.O., 1992) propose, pour l’inflammation des vêtements la relation :
Φ².t = 2,5 10
4
à 4,5.10
4
(kW/m²)².s
L’inflammation des vêtements peut entraîner des brûlures, mais aussi paniquer
la personne qui peut arrêter de s’enfuir pour tenter d’éteindre ses vêtements.
- La probabilité de décès varie en fonction de la surface du corps brûlée ainsi que de
l’âge de la personne concernée. On rapporte ci-dessous (tableau 20) le tableau de
Lawrence (Lawrence, 1991) rapporté par Lees.
- Les traitements médicaux des brûlures ont été améliorés. D’après Bull (cité par Lees)
la mortalité consécutive à l’hospitalisation pour cause de brûlure aurait diminué de
19 % depuis 1971.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 64/116
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fraction
surfacique
du corps
brûlée (%)
Classes d'âges (années)
0/4 5/9 10/14 15/19 20/24 25/29 30/34 35/39 40/44 45/49 50/54 54/59 60/64 65/69 70/74 75/79 80/84 85+
93+
88/92
83/87
78/82
73/77
68/72
63/67
58/62
53/57
48/52
43/47
38/42
33/37
28/32
23/27
18/22
13/17
8/12
3/7
0/2
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0.9 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0.8 0.8 0.9 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0.8 0.8 0.8 0.8 0.9 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0.7 0.7 0.7 0.8 0.8 0.8 0.9 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1 1 1
0.6 0.6 0.6 0.7 0.7 0.8 0.8 0.8 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1 1
0.5 0.5 0.5 0.6 0.6 0.7 0.7 0.8 0.8 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1 1
0.3 0.4 0.4 0.5 0.5 0.6 0.6 0.7 0.7 0.8 0.9 0.9 1 1 1 1 1 1
0.2 0.3 0.3 0.4 0.4 0.5 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1 1 1 1 1 1
0.2 0.2 0.2 0.3 0.3 0.4 0.4 0.5 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1 1 1 1
0.1 0.1 0.2 0.2 0.2 0.3 0.3 0.4 0.4 0.5 0.5 0.7 0.9 1 1 1 1 1
0 0.1 0.1 0.1 0.2 0.2 0.2 0.3 0.3 0.4 0.4 0.6 0.8 0.9 1 1 1 1
0 0 0 0.1 0.1 0.1 0.2 0.2 0.2 0.3 0.3 0.5 0.7 0.9 1 1 1
0 0 0 0 0.1 0.1 0.1 0.1 0.2 0.2 0.2 0.3 0.5 0.8 0.9 1 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.1 0.1 0.2 0.2 0.4 0.6 0.8 0.9 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.1 0.1 0.3 0.5 0.7 0.8 0.8 0.9
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.1 0.3 0.5 0.6 0.6 0.7
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.4 0.4
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.1 0.1 0.2 0.2
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0.1 0.1
Tableau 20 : Probabilité de mortalité en fonction de la classe d'âge et de la fraction du corps brûlée
Le modèle développé par Lees considère notamment :
- Le cas d’un adulte légèrement habillé dont la tête, le cou, les avant-bras et les mains
sont exposés, ce qui correspondrait à une fraction de quelques 10,5 % pour la face
avant du corps et 9,5 % pour sa face arrière, soit une surface nue totale de 20 %.
- La population exposée est dans la tranche d’âge de 10 à 69 ans, ce qui conduit d’après
le tableau précédent (au prorata des classes d'âge), à une mortalité moyenne d’environ
9 %.
- Dans la mesure où le tableau précédent ne caractérise pas les brûlures en termes de
profondeur des lésions, Lees choisit d’associer à la probabilité de 9 % une profondeur
de lésion de 0,25 mm correspondant à une charge thermique φ
4/3
.t égale à 1200
(kW/m²)
4/3
.s (seuil des brûlures du second degré retenu par Lees).
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A partir de la relation donnant l’épaisseur des lésions en fonction de la charge φ
4/3
. t,
on a, pour φ
4/3
.t = 920 (kW/m²)
4/3
.s, une épaisseur de lésion nulle et par voie de
conséquence une probabilité de décès nulle également. Lees établit ainsi, par
extrapolation, une relation entre la charge φ
4/3
.t et la probabilité de décès.
- Lees introduit une correction d’un facteur 0,5 sur la charge thermique correspondant à
une probabilité de décès donnée en arguant que l’individu expose sa face avant et
arrière en alternance.
- Enfin, à partir d’une charge thermique φ
4/3
.t égale à 1800 (kW/m²)
4/3
.s, Lees suppose
l’inflammation des vêtements et alors le doublement de la surface exposée, ce qui
revient alors à annuler la correction précédente.
Pour des charges thermiques supérieures à 4500 (kW/m²)
4/3
.s, Lees considère une probabilité
de décès égale à 1. Son équation de probit n’est donc plus valable au-dessus de cette valeur.
Pour comparaison, Rew (Rew, 1997) retient pour sa part 2000 (kW/m²)
4/3
.s comme seuil de
létalité à 50 %, en prenant pour hypothèse une surface découverte de peau de 30 % et la
possibilité, pour une victime, de se retourner en présentant alternativement sa face avant et sa
face arrière.
On peut remarquer ici que l’application brute, sans correction, des équations de probit
d’Eisenberg et de Lees donne des résultats, qui, en terme de probabilité de décès, restent du
même ordre de grandeur. Toutefois, l’application brute de l’équation de probit proposée par
Lees conduit à calculer, à charge thermique constante et dans le domaine des faibles
probabilités de décès, des probabilités de décès supérieures à celles calculées moyennant
l’application de l’équation d’Eisenberg. Cette tendance s’inverse pour des probabilités de
décès supérieures à environ 25 %.
Ainsi, les probabilités de décès calculées par la méthode de Lees ne sont inférieures à celles
calculées par Eisenberg que suite aux corrections mentionnées plus haut.
Pour mettre cela en lumière nous reproduisons ci-dessous le tableau 8 (Lees, 1994) établi à
partir d’un exemple de boule de feu d’une durée de vie calculée égale à 10 secondes et pour
laquelle il donne la densité de flux thermique reçu en fonction de la distance.
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Version 1 du 20/09/02 66/116
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Charges thermiques φ
4/3
.t reçues Distance
(m)
Flux
thermique
reçu
(kW/m²)
Temps
d’inflam-
mation des
vêtements
(s)
Avant
inflammation
(kW/m²)
4/3
.s
Après
inflammation
(kW/m²)
4/3
.s
Totale
(kW/m²)
4/3
.s
Probabilité de
décès d’après
Lees
Probabilité de
décès d’après
Eisenberg
75 - - - - - 1 1
95 173 3,73 1 800 6 044 7 844 1 1
105 142 4,89 1 800 3 771 5 571 1 1
115 118 6,24 1 800 2 169 3 969 0,84 0,99
125 97 8,11 1 800 839 2 639 0,49 0,95
135 83 9,97 1 800 11 1811 0,22 0,86
145 72 - - - 1 490 0,12 0,72
Tableau 21 : Exemple traité par (Lees, 1994)
Dans ce qui suit, nous nous attachons à mettre en lumière la démarche de Lees, en la
commentant au fur et à mesure :
- Dans ce qui suit nous prenons, sans vérification puisqu’il s’agit d’un exemple, les
deux premières colonnes pour acquises. Il convient toutefois de noter que dans cet
exemple, Lees a considéré une émittance de la boule de feu constante durant toute la
durée de vie du phénomène.
- Dans une première étape, Lees s'attache à calculer la charge thermique qui conduit à
l'inflammation des vêtements. Pour ce faire, il retient la moyenne des valeurs citées
par le T.N.O. pour cet effet, soit t.φ² = 3,5 10
4
s (kW/m²)
2
. Il considère ensuite
arbitrairement un temps d'inflammation égal à 5 secondes, moyennant quoi le flux
nécessaire à produire cet effet est donc calculé égal à (35000/5)
1/2
≈ 84 kW/m
2
.
A partir de ce flux, Lees considère alors une « charge thermique équivalente » en φ
4/3
.t
et calcule, en considérant toujours un même temps de 5 secondes, une valeur de 84
4/3
x
5 = 1800 (kW/m²)
4/3
.s.
Ainsi, pour calculer un temps d’inflammation de 9,97 s à 135 m du centre de la boule
de feu, nous supposons que Lees effectue le calcul suivant :
t = 1800/(0,5 x 83
4/3
) = 9,94 s.
Nous comprenons ainsi que le coefficient 0,5 au dénominateur vise à prendre en
compte que seule la moitié de la surface nue de la personne est exposée au
rayonnement.
Dans le tableau ci-dessus , la charge thermique avant inflammation est donc toujours
égale à 1800 (kW/m²)
4/3
.s puisque c’est sur cette base que sont faits les calculs relatifs
au temps d'inflammation des vêtements.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 67/116
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Après inflammation des vêtements, et durant le reste de la durée de vie de la boule de
feu, le coefficient 0,5 n’est plus pris en compte et Lees calcule la charge thermique
vraisemblablement par 83
4/3
x(10 - 9,97) = 11 (kW/m²)
4/3
.s, soit une charge thermique
totale calculée égale à 1811 (kW/m²)
4/3
.s.
- D’où le calcul des probabilités de décès d’après l’équation de Lees dont l’application
numérique, effectuée à partir de la charge thermique totale reçue (calculée égale à
1811 (kW/m²)
4/3
.s), n’appelle pas de commentaires. Pour un observateur situé à 135 m,
Lees calcule ainsi une probabilité de décès de 22 %.
- Les calculs de probabilités de décès d’après l’équation de Eisenberg semblent, quant à
eux, avoir été effectués à partir de la charge totale calculée directement à partir de la
densité de flux thermique reçu (égale à 83
4/3
x10 = 3621 (kW/m²)
4/3
.s, soit environ
deux fois plus que la charge thermique totale calculée par application de la méthode de
Lees), d’où la probabilité de décès calculée, dans ce cas, égale à 86 %. Cette écart
important provient essentiellement de l’hypothèse selon laquelle une victime expose
alternativement sa face avant et sa face arrière, qui conduit Lees à diviser la charge
thermique reçue par 2 en l’absence d’inflammation des vêtements.
L’INERIS note que si l'on appliquait la formule d’Eisenberg, non plus pour une charge
thermique totale de 3621 (kW/m²)
4/3
.s, mais à partir de la charge thermique évaluée
par la méthode de Lees (1811 (kW/m²)
4/3
.s) on calculerait dans ce cas une probabilité
de décès de l’ordre de 24 % contre 22 % pour l’équation de probit de Lees. Ceci
illustre ce qui était affirmé ci-dessus et met ainsi en lumière qu’il s’agit moins du
choix de l’équation de probit qui importe mais plus la manière de calculer la
charge thermique φ
4/3
.t.
- La démarche de Lees rapportée ci-dessus appelle enfin deux dernières remarques :
- Le calcul du temps d’inflammation donne matière à un commentaire particulier. En
effet, en toute rigueur, le temps d’inflammation des vêtements doit être calculé à
partir d’une charge thermique en φ².t en considérant, par exemple, un seuil
d'inflammation de 3,5 10
4
(kW/m²)².s. Dans le cas traité précédemment on calculerait
ainsi un temps d’inflammation de l’ordre de 3,6 s, ce qui conduirait, d’après les
mêmes hypothèses, à calculer une charge thermique en φ
4/3
.t égale à : 83
4/3
x (0,5 x 3,6
+ (10 - 3,6)) = 2969 s (kW/m²)
4/3
soit une charge thermique de 64 % supérieure à celle
calculée dans l'article de Lees.
- En toute rigueur, il faut remarquer que Lees ne tient pas compte de la charge
thermique apportée, le cas échéant, par l'inflammation des vêtements eux mêmes. On
conçoit toutefois qu'il n'est pas exclu que, dans certains cas, l'inflammation des
vêtements puisse entraîner la mort de la personne qui les porte. C'est pourquoi de
l'avis de l'INERIS il est nécessaire de vérifier s'il pourrait y avoir, à une distance
donnée de la boule de feu, inflammation des vêtements et, le cas échéant, de
considérer l'éventualité de la létalité. . Il est par ailleurs à noter que certains auteurs
(Rew, 1997), considèrent que la probabilité de décès d’une personne dont les
vêtements sont enflammés pourrait être égale à 100 %, et est certainement supérieure
à 50 %.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 68/116
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5.2.6 CONCLUSION SUR LES SEUILS D'EFFETS THERMIQUES
Les effets thermiques radiatifs d'une boule de feu sur une population donnée dépendent de
l’intensité des radiations ainsi que de la durée d’exposition à ces radiations.
Il est clair que l’estimation des effets sur l’homme de l’exposition à un flux thermique est
complexe car dépendant de très nombreux facteurs, dont notamment :
- la nature et l’importance des surfaces brûlées,
- l’âge des personnes exposées,
- les obstacles au rayonnement pouvant constituer autant d’abris...
Bien évidemment, la rapidité d'accès à des soins est également d'importance.
Il convient par ailleurs de définir les seuils à considérer. Pour les effets létaux, il est d'usage
de retenir un seuil correspondant au décès de 1% de la population exposée. Pour les effets
irréversibles, on retient un seuil de brûlures significatives du second degré dont la définition
varie suivant les sources.
Il est communément admis que les effets thermiques dépendent d'une variable dite de charge
thermique en φ
4/3
.t, où φ est la densité de flux thermique reçue (en kW/m²) et t la durée
d'exposition à cette densité de flux (en secondes).
Il existe différents travaux portant sur les seuils d'effets relatifs à l'exposition d'une personne à
un flux thermique. Ces approches s'attachent à définir des critères simples permettant
d’évaluer un ordre de grandeur des distances où un effet donné sera susceptible d’être
observé.
Nous avons recensé quatre approches, celles d'Eisenberg, du T.N.O., de Hymes et de Lees.
L'approche d'Eisenberg ne se réfère qu'aux effets létaux. Longtemps la seule employée, elle a
été établie à partir d'observations statistiques sur les effets des tirs nucléaires de la seconde
guerre mondiale. Elle revient à retenir un seuil de 1060 (kW/m
2
)
4/3
.s pour le seuil de létalité à
1 %.
Les seuils proposés par le T.N.O. (soit 421 et 390 (kW/m
2
)
4/3
.s, respectivement pour les effets
létaux et les brûlures du second degré) sont très inférieurs aux autres seuils relevés.
L'approche du T.N.O. parait d'emblée trop majorante sans application de corrections et ne
sera donc pas retenue.
L'approche Hymes conduirait à retenir des seuils de 1200 et 1033 (kW/m
2
)
4/3
.s respectivement
pour le seuil de létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives. Cet auteur note par
ailleurs que le premier de ces deux seuils correspond également à celui des brûlures sévères
du second degré, d'une profondeur supérieure à 0,1 mm.
Par ailleurs, Hymes rapporte l'apparition de cloques sur la peau nue pour des seuils compris
entre 250 et 700 (kW/m
2
)
4/3
.s.
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
A noter que Lees et Shield retiennent aussi le seuil de 1200 (kW/m
2
)
4/3
.s relativement aux
brûlures significatives du second degré.
L'approche de Lees est la plus récente. Elle vise à prendre en compte :
- la réaction humaine face au danger,
- le flux thermique effectif reçu,
- la protection apportée par les vêtements,
- l’éventuelle inflammation des vêtements,
- la sévérité des brûlures,
- le traitement médical des brûlures.
Cette approche parait globalement intéressante, moyennant quelques corrections à y apporter,
que l'analyse de l'INERIS a mises en évidence. Il convient toutefois de souligner que cette
approche ne concerne que les effets relatifs à la létalité.
L’INERIS remarque que l'approche de Lees revient à considérer un seuil de létalité à 1 % de
1656 (kW/m
2
)
4/3
.s en l'absence d'inflammation des vêtements de la personne exposée, ce dont
il est nécessaire de s'assurer. En effet, le modèle de Lees ne tient pas compte de la charge
thermique apportée, le cas échéant, par l'inflammation des vêtements eux-mêmes. On conçoit
toutefois qu'il n'est pas exclu que, dans certains cas, l'inflammation des vêtements puisse
entraîner la mort de la personne qui les porte. C'est pourquoi de l'avis de l'INERIS il est
nécessaire de vérifier s'il pourrait y avoir, à une distance donnée de la boule de feu,
inflammation des vêtements et, dans ce cas, de considérer l'éventualité de la létalité. A cet
égard, il est à noter que certains auteurs (Rew, 1997), considèrent que la probabilité de décès
d’une personne dont les vêtements sont enflammés pourrait être égale à 100 %, et est
certainement supérieure à 50 %.
Ainsi, pour une approche cohérente, on pourrait retenir, respectivement pour le seuil de
létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives :
- 1060 et 1033 (kW/m
2
)
4/3
.s.
On notera néanmoins que ces seuils sont très proches l'un de l'autre.
- 1060 (kW/m
2
)
4/3
.s et un seuil compris entre 250 et 700 (kW/m
2
)
4/3
.s, cette dernière
fourchette correspondant à des brûlures du second degré superficielles (apparition de
cloques). Si l'on souhaitait considérer ce type d'effet, on pourrait par exemple retenir
une valeur de l'ordre de 500 (kW/m
2
)
4/3
.s
Il faut préciser ici que les seuils de 1060 et 500 (kW/m
2
)
4/3
.s respectivement pour le
seuil de létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives sont voisins, en ordre de
grandeur, des seuils qui ont été adoptés pour la modélisation du phénomène de
BLEVE retenue pour la circulaire du 9 novembre 1989.
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
- 1200 et 1033 (kW/m
2
)
4/3
.s.
Ces seuils correspondent à l'approche de Hymes. On rappelle que le premier
correspond à la létalité à 1 % de la population exposée supposée habillée
normalement. Le second correspondrait aux brûlures significatives d'une profondeur
de l'ordre de 0,1 mm.
- 1656 (kW/m
2
)
4/3
.s et 1200 ou 1033 (kW/m
2
)
4/3
.s.
Le seuil de 1656 (kW/m
2
)
4/3
.s correspond à celui proposé par Lees pour la létalité à
1 % de la population exposée, en l'absence d'inflammation des vêtements, et les
seconds à deux seuils associés aux brûlures significatives du second degré.
Par ailleurs, en ce qui concerne les seuils des effets brûlures significatives, faute
d'éléments suffisamment probant permettant de choisir entre les seuils de 1200 et
1033 (kW/m
2
)
4/3
.s, l'application du principe de précaution conduirait l'INERIS à
choisir le second.
Le projet de circulaire du Ministère de l’Environnement daté du 25 novembre 1999 retient
pour sa part les valeurs suivantes :
- 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s pour le seuil de létalité à 1%,
- 600 (kW/m
2
)
4/3
.s pour le seuil des brûlures significatives.
Il est à noter que ce couple de valeur est en accord avec le deuxième des quatre couples
proposés en page précédente (1060 et 500 (kW/m
2
)
4/3
.s), et également voisin des seuils
retenus pour la définition des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989.
Le seuil de létalité à 1% fixé à 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s constitue une hypothèse prudente au regard
de ces quatre couples de seuils. Cependant, l’effet considéré peut être engendré non seulement
de façon directe par l’exposition au rayonnement, mais aussi de manière indirecte par
inflammation des vêtements. Aussi, avant de retenir un seuil de charge thermique, est-il
nécessaire de vérifier que l’exposition à ce seuil n’est pas en mesure d’entraîner
l’inflammation des vêtements. Si l’on retient, en accord avec le T.N.O., que les vêtements
s’enflamment lorsque l’exposition à un flux radiatif Φ pendant une durée t est telle que Φ
2
.t =
25 000 à 45 000 (kW/m
2
)
2
.s, alors on montre aisément que cette exposition engendre des
charges thermiques supérieures à 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s pour peu que la durée d’exposition soit
au moins d’une à deux secondes, ce qui est a priori vérifié dans le cas du BLEVE. Autrement
dit, en retenant le seuil de 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s, il est assuré qu’en dessous de cette valeur
critique l’effet létal ne sera pas observé au-dessus de 1 %, que ce soit par rayonnement direct
ou suite à l’inflammation des vêtements.
Le seuil de 600 (kW/m
2
)
4/3
.s proposé pour les effets significatifs s’inscrit dans la fourchette de
250 à 700 (kW/m
2
)
4/3
.s retenue par Hymes pour marquer l’apparition de cloques sur la peau
nue. La question est donc de savoir si cet effet peut être qualifié de « significatif » au sens
généralement retenu dans le cadre des études de dangers des ICPE.
Il doit être clair ici que le choix d’un seuil relève d’une politique globale de gestion du risque,
donc du législateur.
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Dans la suite de l’étude, sans préjuger du choix qui serait effectivement retenu par le
législateur, l’INERIS a retenu par hypothèse les seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s du projet
de circulaire du 25 novembre 1999 pour l’évaluation différents modèles de BLEVE.
5.3 MODELISATIONS DES EFFETS THERMIQUES D'UN BLEVE
5.3.1 MODELES
En ce qui concerne les modélisations relatives au BLEVE, nous avons relevé celles proposées
par le C.C.P.S. (Center for Chemical Process Safety), le T.N.O. (The Netherlands
Organisation of applied Scientific Research) et le T.R.C. (Thornton Research Center, Shell).
Il est à noter que ces trois modèles ont été établis pour des BLEVE d’hydrocarbures
uniquement.
Concernant la détermination des dimensions et de la durée de vie de la boule de feu, de
nombreux auteurs ont proposé des formules empiriques basées sur le retour d’expérience. Une
compilation de ces différentes corrélations est présentée dans (C.C.P.S., 1994). Pour ce qui est
de la détermination des effets thermiques, les modèles disponibles sont beaucoup moins
nombreux. Ils sont généralement basés sur le modèle de flamme solide, qui est également à la
base des approches du C.C.P.S. et du T.N.O. Les modèles C.C.P.S. et T.N.O. ont été choisis
car ils sont parmi les plus largement utilisés.
Le modèle T.R.C., quant à lui, a été retenu à cause de l’originalité de son approche. C’est, de
l’avis de l’INERIS, le seul modèle disponible à ce jour qui tente de décrire l’évolution d’un
BLEVE, à la différence des autres modèles qui considèrent un état stationnaire.
Chaque fois que possible, les distances d’effets thermiques ont été comparées à celles
calculées par application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 Novembre 1989, qui est
également présenté dans ce chapitre.
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
5.3.1.1 MODELE DU C.C.P.S.
Le modèle développé par le C.C.P.S. est décrit dans (C.C.P.S., 1994). Il est basé sur des
corrélations empiriques établies par Roberts (Roberts, 1982) et Pape (Pape et al., 1988).
Le modèle permet, connaissant la masse d’hydrocarbures contenue dans la boule de feu, de
calculer aisément le diamètre maximal et la durée de vie de la boule de feu à partir des trois
formules suivantes.
d
c
= 5,8.m
f
1/3
t
c
= 0,45.m
f
1/3
lorsque m
f
< 30 000 kg
t
c
= 2,6.m
f
1/6
lorsque m
f
> 30 000 kg
où : d
c
est le diamètre maximal de la boule de feu (m),
t
c
est la durée de vie de la boule de feu (s),
m
f
est la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu en (kg).
Les effets radiatifs de la boule de feu sont évalués à l’aide d’un modèle de flamme solide, où
le flux rayonné à une certaine distance de la boule de feu est donné par la formule :
q = E.F.τ
avec :
q = flux reçu (kW/m
2
),
E = émissivité de la boule de feu (kW/m
2
),
F = facteur de forme,
τ = atténuation atmosphérique du rayonnement.
Le C.C.P.S. prend pour le pouvoir émissif de la boule de feu une valeur constante de 350
kW/m
2
. Cette valeur est fondée sur le retour d’expérience et constitue une hypothèse
majorante, car la puissance rayonnée n’est pas uniforme sur toute la boule de feu et n’est pas
constante dans le temps.
Le facteur de forme est calculé en considérant que la boule de feu ne s’élève pas du sol.
Autrement dit, la hauteur du centre de la boule de feu est égale à son rayon.
L’atténuation atmosphérique du rayonnement, qui dépend notamment du taux d’humidité de
l’air, est évaluée à l’aide d’une corrélation empirique.
5.3.1.2 MODELE DU T.N.O.
Le modèle développé par le T.N.O. est décrit dans le Yellow Book 1997 (T.N.O., 1997). Il est
à noter que ce modèle a subi quelques évolutions depuis sa description dans les précédentes
éditions du Yellow Book (1979 et 1992), en particulier dans le choix de certaines hypothèses.
Dans toute la suite, les deux modèles seront utilisés pour les simulations et seront désignés
par « modèle T.N.O. 1992 » et « modèle T.N.O. 1997 ». Pour mémoire, on rappelle que le
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Version 1 du 20/09/02 73/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
modèle du T.N.O. avec les hypothèses de 1992 est à la base des formules de l’Arrêté
Ministériel du 9 novembre 1989.
Comme le modèle du C.C.P.S., le modèle du T.N.O. est basé sur des corrélations empiriques.
Le diamètre maximal et la durée de vie de la boule de feu sont évalués à partir de la masse
d’hydrocarbures libérée par la rupture du réservoir, à partir des formules suivantes :
d
c
= 6,48.m
f
0,325
t
c
= 0,852.m
f
0,26
où : d
c
est le diamètre maximal de la boule de feu (m),
t
c
est la durée de vie de la boule de feu (s),
m
f
est la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu (kg).
Les effets radiatifs sont également évalués par un modèle de flamme solide, pour lequel le
T.N.O. émet les hypothèses suivantes :
- La version T.N.O. 1992 suppose que la boule de feu reste au sol ; autrement dit, la hauteur
du centre de la boule de feu est égale à son rayon (hypothèse reprise par les formules de
l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989). La version T.N.O. 1997 considère pour sa part
que la boule de feu s’élève de telle sorte que la hauteur de son centre est égale à deux fois
le rayon.
- L’atténuation atmosphérique du rayonnement est évaluée par une corrélation empirique
(différente de celle du C.C.P.S.).
- l’émissivité moyenne de la boule de feu est calculée de manière différente par les modèles
de 1992 et de 1997. Les valeurs d’émissivité proposée par le T.N.O. en 1992 sont déduites
de l’observation de feu de flaques et ne dépendent que de l’hydrocarbure rejeté. On a ainsi
les valeurs suivantes (tableau 22) :
Hydrocarbure Emissivité de la boule de feu
(kW/m
2
)
Propane 196
Butane 172
Propylène 184
Tableau 22 : Valeur de l’émissivité de la boule de feu pour quelques hydrocarbures
d’après le modèle T.N.O. 1992
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Version 1 du 20/09/02 74/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Le modèle de 1997 propose un calcul semi-empirique de l’émissivité qui est fonction :
- des propriétés thermodynamiques de l’hydrocarbure
- de la fraction d’énergie rayonnée par la boule de feu
- de la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu
- de la surface de la boule de feu.
L’utilisation de ces deux modèles conduit à des résultats sensiblement différents dans
l’évaluation de l’émissivité, ainsi que le montrent les différentes applications qui suivent.
5.3.1.3 MODELE DU T.R.C.
Deux articles de SHIELD présentant le modèle T.R.C. sont reportés en annexe B (Shield,
1993 ; Shield, 1995b). La modélisation des effets thermiques d'un BLEVE proposée par le
T.R.C. est commentée par l'INERIS en annexe C.
Pour ce qui est de la modélisation des effets thermiques d'un BLEVE, les modélisations du
C.C.P.S. et du T.N.O. se réfèrent à des corrélations empiriques, alors que le T.R.C. a
développé une approche phénoménologique, notamment à partir des résultats expérimentaux
de BRITISH GAS (voir paragraphe 3.4.). L'approche du T.R.C. vise à prendre en
considération l'évolution au cours du temps des caractéristiques de la boule de feu (diamètre,
hauteur, émittance) alors que les modélisations du C.C.P.S. et du T.N.O. ne considèrent qu'un
état stationnaire forcément forfaitaire.
La modélisation de la boule de feu par l’approche du T.R.C., qui reste semi-empirique, prend
en compte les trois principales étapes suivantes :
1) La phase d’inflammation du nuage et de développement de la boule de feu jusqu'à son
diamètre maximal, ou phase d'expansion.
Dans cette phase, le rayon et l'émittance de la boule de feu sont supposés croître
linéairement avec le temps jusqu'à leur valeur maximale.
2) La phase de combustion de la boule de feu.
La durée de vie de la boule de feu, de son inflammation au début de son extinction est
considérée égale à la durée de combustion des gouttelettes formées lors de l'éjection
du produit à l'atmosphère. En effet, les gouttelettes qui se sont enflammées dès le
début du phénomène sont alors consumées.
Au cours de cette phase, la température de la boule de feu est supposée décroître
linéairement entre sa valeur maximale et sa valeur de début d’extinction.
La température de la boule de feu au début de son extinction est évaluée par
application du principe de conservation de l’énergie en supposant la combustion
complète des gouttelettes (s’il y a suffisamment d’air entraîné dans le nuage). La
température finale est supposée ne pas pouvoir être inférieure à 0,88 fois la
température maximale de la boule de feu (cette hypothèse provient de l'observation
des résultats expérimentaux).
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Durant cette phase, la vitesse d'ascension de la boule de feu est constante. L'absence
d'accélération verticale ascendante notable s'explique dans la mesure où la boule de
feu entraîne de l'air et donc se refroidit alors qu'elle s'élève. En effet, dans le cas
contraire, elle devrait accélérer fortement dans la direction verticale du fait d'une
différence de température importante avec l'ambiante.
Par ailleurs la boule de feu est considérée conserver une taille constante lors de son
ascension.
3) Phase d'extinction.
L’extinction de la boule de feu est supposée complète lorsque les dernières gouttes qui
se sont enflammées, alors que la boule de feu était à sa température maximale (fin de
la phase d'expansion), sont consumées. Lors de cette dernière phase, le diamètre de la
boule de feu est supposé décroître linéairement avec le temps alors que l'émittance de
la boule de feu est considérée, de manière prudente, constante. De même, lors de cette
phase, la boule de feu ne s'élève plus.
Enfin on précise ici qu'en toute rigueur, ces différentes approches ne sont applicables
qu'à des BLEVE "chauds" de G.P.L. Si le T.R.C. a également développé des
considérations sur les BLEVE "froids", qui prennent notamment en compte la
formation d'une flaque de combustible au sol, la modélisation associée n'est pas
disponible dans la littérature.
5.3.1.4 ARRETE MINISTERIEL DU 9 NOVEMBRE 1989
Les distances d’effets thermiques prescrites par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont
obtenues par application des deux formules suivantes :
- au seuil des effets létaux : d
EL
= 3,12.m
0,425
,
- au seuil des brûlures significatives : d
BS
= 4,71.m
0,405
,
où d s'exprime en mètres et où m est la masse de gaz liquéfié contenu dans le réservoir,
exprimée en kilogramme.
Il y a ici lieu de rappeler ici les principales hypothèses à partir desquelles ces dernières
formules ont été établies :
- rayon et durée de vie de la boule de feu, respectivement notés r
bf
et t
bf
, sont estimés
par application des corrélations proposées par le T.N.O., soit, dans le système
métrique international :
. r
bf
=3,24.m
0,325
. t
bf
=0,852.m
0,26
où m est la masse de produit contenue dans le réservoir (indépendamment de la nature
du produit considéré),
- la boule de feu est supposée rester au sol pendant toute la durée de vie du phénomène,
- l'atténuation atmosphérique du rayonnement est négligée,
- l'émittance de la boule de feu est supposée constante et égale à 200 kW/m
2
(valeur
bien inférieure aux valeurs expérimentales mentionnées au chapitre 3),
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- dans le cadre de l'hypothèse d'une émittance constante, des seuils égaux à :
. φ
EL
=191.t
bf
-0,771
, pour les effets létaux,
. φ
BS
=85.t
bf
-0,631
, pour les brûlures significatives.
Ces seuils de flux thermiques peuvent être traduit en terme de charge thermique.
L’application des formules de l’Arrêté Ministériel revient à considérer la valeur de 909
(kW/m
2
)
1,297
.s pour le seuil des effets létaux, et la valeur de 1143 (kW/m
2
)
1,585
.s pour le seuil
des effets significatifs.
Il est à noter que dans cette formulation, la charge thermique n’est pas exprimée en Φ
4/3
.t. Il
est cependant possible de se ramener à cette dernière définition de la charge thermique
communément admise. Ainsi, pour des masses d’hydrocarbures comprises entre 1 et 10000
tonnes, l’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduit à retenir un seuil d’effets
létaux compris entre 980 et 1050 (kW/m
2
)
4/3
.s, et un seuil d’effets significatifs compris entre
480 et 700 (kW/m
2
)
4/3
.s
Cette dernière constatation rend donc tout à fait pertinente la comparaison des distances
d’effets thermiques calculées par application des formules de l’Arrêté Ministériel à celles
calculées par les quatre autres modèles étudiées pour des seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s
5.3.2 APPLICATION DES MODELES A DES RESULTATS D’ESSAIS
Les différents modèles présentés ci-dessus ont été appliqués aux essais suivants décrits au
chapitre 2 :
- essais de BRITISH GAS,
- essai du B.A.M.
- essais du projet communautaire J.I.V.E.
Les essais du N.F.P.A. et de Birck n’ont pas été retenus, car ils n’apportent pas
d’informations sur les flux thermiques rayonnés. En outre, il s’agit d’essais à échelle
relativement petite (réservoirs de moins de 2 m
3
).
5.3.2.1 SIMULATION DES ESSAIS DE BRITISH GAS
Les trois modèles présentés ci-dessus ont été appliqués à l’essai n°4 de BRITISH GAS
présenté au paragraphe 3.4.
Dans chaque cas des distances d'effets ont été calculées en considérant de manière arbitraire
les seuils de 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s (létalité à 1%) et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s (effets significatifs)
proposés par le projet de circulaire du 25 novembre 1999, sans préjuger de leur adoption
définitive par le législateur. Ces distances ont été comparées à celles obtenues par application
des formules de l’Arrêté Ministériel.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 77/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Par ailleurs, les principales autres hypothèses de calcul, reprenant les modalités de l'essai,
sont les suivantes :
- produit : butane de qualité commerciale,
- volume du réservoir : 10,796 m
3
,
- taux de remplissage : 40 %,
- pression à la rupture : 15 bar abs.
Pour le modèle T.R.C., les calculs ont été réalisés à partir de données thermodynamiques
relatives au butane de qualité commerciale utilisé lors des essais de BRITISH GAS. Ces
données ont été fournies par le T.R.C.
Un exemple complet d'application du modèle T.R.C. est en outre présenté en annexe D.
Les résultats des modélisations sont présentés dans le tableau 23 ci-dessous et rapprochés des
résultats de BRITISH GAS pour cet essai.
Essai n°4
BRITISH
GAS
Modèle du
C.C.P.S.
Modèle
T.N.O.
1992
Modèle
T.N.O. 1997
Modèle T.R.C. Arrêté Ministériel
du 9 novembre
1989
Diamètre maximal de la
boule de feu (m)
74 79 82 82 83 82
Durée de vie de la boule
de feu (s)
6,5 6,1 6,5 6,5 5,9 6,5
Emittance moyenne de la
boule de feu (kW/m
2
)
356 350 172 256 440 à 264 200
Hauteur par rapport au
sol du centre de la boule
de feu (m)
85 39 41 82 0 à 77 41
Distance au seuil de
1000 (kW/m
2
)
4/3
.s
- 98 59 24 60 86
*
Distance au seuil de
600 (kW/m
2
)
4/3
.s
- 120 75 61 78 112
*
Tableau 23 : Simulation du BLEVE de l’essai BRITISH GAS n°4 à l’aide de différents modèles
*
Il s’agit des distances aux seuils des effets létaux et significatifs, au sens de l’Arrêté Ministériel (cf. § 5.3.1.4)
Ce tableau appelle les remarques suivantes :
- Les diamètres maximaux et les durées de vie des boules de feu calculés
respectivement par tous les modèles envisagés sont comparables en ordre de grandeur.
- Les émittances de la boule de feu déterminées par les modèles du C.C.P.S. et du
T.R.C. sont en bon accord avec la valeur moyenne de 356 kW/m
2
mesurée au cours de
l’essai BRITISH GAS. On rappelle ici que la valeur du C.C.P.S. de 350 kW/m
2
est
fondée sur le retour d’expérience, tandis que le modèle T.R.C. calcule une émittance
qui varie au cours de la formation et de l’extinction de la boule de feu. Les deux
valeurs affichées pour les applications du modèle T.R.C. correspondent
respectivement à la valeur maximale et à celle de début de la phase d'extinction de la
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 78/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
boule de feu. En revanche, la valeur calculée à partir du modèle du T.N.O. 1997
semble sous-estimée, de même que celle extrapolée à partir d’observations sur des
feux de flaques (T.N.O. 1992).
- La hauteur maximale de la boule de feu est correctement évaluée par l’approximation
du modèle T.N.O. 1997 (on rappelle que le T.N.O. considère une hauteur égale à deux
fois le rayon maximal de la boule de feu) et par le modèle T.R.C.. Toutefois, il est à
noter que l’approche du T.N.O. considère que cette hauteur est constante pendant toute
la durée de vie de la boule de feu, tandis que le modèle T.R.C. considère la formation
de la boule de feu au niveau du sol, puis son ascension jusqu’à la hauteur maximale.
L’hypothèse de la boule de feu qui reste au niveau du sol pendant toute la durée du
phénomène, appliquée par le C.C.P.S, ne correspond pas à la réalité du phénomène.
Elle est toutefois majorante pour le calcul du flux thermique rayonné.
- Les distances au seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s sont à compter à partir de la
projection au sol du centre de la boule de feu.
- La modélisation du C.C.P.S. conduit ici à calculer les distances les plus importantes
aux seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s. En effet, le C.C.P.S émet deux hypothèses qui
peuvent se révéler majorantes :
- la boule de feu ne s’élève pas du sol pendant toute la durée du phénomène
(autrement dit, la hauteur de son centre est égale à son rayon) ; or le calcul du flux
thermique reçu en un point dépend de la distance de ce point au centre de la boule
de feu. En réalité cette distance augmente lorsque la boule de feu s’élève, d’autant
plus que ce point est situé proche de la boule de feu. Lors de la détermination de la
distance au seuil de 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s, qui est approximativement de l’ordre de
deux fois le rayon de la boule de feu, cette simplification peut entraîner une
surestimation de la distance calculée ; en revanche, si l’on cherche à déterminer le
flux reçu en un point éloigné de la boule de feu, cette simplification permet en
général de conserver une bonne précision.
- l’émittance de la boule de feu est considérée constante au cours du temps et prise
égale à 350 kW/m
2
. Or, si l'on observe effectivement des émittances de cet ordre et
même supérieures lors des expérimentations (voir chapitre 3, essais J.I.V.E. et
BRITISH GAS), l'émittance de la boule de feu, après avoir atteint une valeur
maximale, décroît au fur et à mesure que le produit est consumé.
- La modélisation proposée par le T.N.O. en 1997 conduit ici à calculer des distances
d’effets vraisemblablement sous-estimées, pour plusieurs raisons :
- L’émittance moyenne calculée est de 256 kW/m
2
, alors qu’elle est en réalité
vraisemblablement plus proche de 350 kW/m
2
. Le T.N.O. remarque d’ailleurs
(T.N.O., 1997), que l’émittance des boules de feu de butane est généralement
comprise entre 300 et 350 kW/m
2
et peut atteindre localement à son sommet
500 kW/m
2
.
- Le flux thermique reçu est calculé en considérant que la hauteur de la boule de feu
est constante et égale à deux fois son rayon, sans tenir compte de son
développement au sol ni de son ascension. Cette approximation, valable pour
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Version 1 du 20/09/02 79/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
calculer le flux thermique à grande distance, est mise en défaut lorsque l’on veut
l’évaluer à une distance de l’ordre du rayon de la boule de feu. Ainsi, dans le cas de
l’essai n°4 de BRITISH GAS, le modèle T.N.O. 1997 conduit-il à calculer une
distance au seuil de 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s inférieure au rayon de la boule de feu.
- L’atténuation atmosphérique du rayonnement a une influence importante sur le
calcul de la distance aux seuils d’effets thermiques. Si l’atténuation atmosphérique
n’est pas prise en compte, on retrouve l’ordre de grandeur des distances calculées
par les modèles C.C.P.S. et T.R.C.. Il est à noter que le modèle T.R.C. utilise la
même corrélation empirique que le T.N.O. pour tenir compte de l’atténuation
atmosphérique du rayonnement, tandis que le modèle du C.C.P.S en emploie une
différente.
- Le modèle T.N.O. de 1992 conduit à calculer des distances aux seuils d’effets
thermiques sensiblement plus élevées que celles données par la version de 1997, bien
que l’émittance moyenne considérée soit plus faible. En effet, le modèle de 1992
considère que la boule de feu ne s’élève pas du sol, or la prise en compte de
l’élévation de la boule de feu semble être prépondérante pour le calcul de l’effet
thermique, en particulier à faible distance (typiquement, à une à deux fois le rayon de
la boule de feu).
- L’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduit à des distances
intermédiaires entre celles calculées par le modèle du C.C.P.S. d’une part, et celles
calculées par les modèles T.N.O. 1992, T.N.O. 1997 et T.R.C. d’autre part. Rappelons
que l’Arrêté Ministériel considère une émittance constante de 200 kW/m2, valeur
plutôt sous-estimée par rapport aux observations, mais qui est contrebalancée par deux
hypothèses à caractère majorant : le maintien au sol de la boule de feu, et la non-prise
en compte de l’atténuation atmosphérique du rayonnement.
Contrairement aux deux autres modèles, le modèle T.R.C. a la particularité de décrire
l’évolution des caractéristiques de la boule de feu dans le temps. Dans ce cas, le modèle
T.R.C. prévoit une évolution de l'émittance au cours du temps telle que présentée sur la
figure 23 suivante (où l'on retrouve les trois phases de développement de la boule de feu
considérées par le modèle et décrites ci-avant, à savoir les phases d'expansion, de combustion
et d'extinction de la boule de feu) :
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Version 1 du 20/09/02 80/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Emittance de la boule de feu
0,00
50,00
100,00
150,00
200,00
250,00
300,00
350,00
400,00
450,00
0
,
0
0
0
,
2
4
0
,
4
8
0
,
7
1
0
,
9
5
1
,
1
9
1
,
4
3
1
,
6
7
1
,
9
0
2
,
1
4
2
,
3
8
2
,
6
2
2
,
8
6
3
,
1
0
3
,
3
3
3
,
5
7
3
,
8
1
4
,
0
5
4
,
2
9
4
,
5
2
4
,
7
6
5
,
0
0
5
,
2
4
5
,
4
8
5
,
7
1
5
,
9
5
Temps (s)
E
m
i
s
i
v
i
t
é

(
k
W
/
m
2
)
Figure 23 : Evolution de l'émittance de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle T.R.C. pour le
test n°4 des essais BRITISH GAS.
L'allure générale de cette figure peut être rapprochée de celle reportée sur la figure 5 du
chapitre 3 (qui correspond vraisemblablement au test n°2 d'après le tableau 11).
On remarque par ailleurs que l'échelle de temps de l'évolution de l'émittance de la boule de
feu est comparable aux résultats relatifs au test n°4 de BRITISH GAS présentés dans le
tableau 10 du chapitre 3 (il convient cependant de rappeler ici que ces essais ont servi de base
pour l'élaboration du modèle).
Les figures 24 et 25 suivantes présentent les courbes d'évolution du rayon et de la hauteur de
la boule de feu au cours du temps pour l'exemple considéré. Ici encore on retrouve les trois
phases d'expansion, de combustion et d'extinction de la boule de feu.
expansion
combustion
extinction
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 81/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Rayon de la boule de feu
0,00
5,00
10,00
15,00
20,00
25,00
30,00
35,00
40,00
45,00
0
,
0
0
0
,
2
4
0
,
4
8
0
,
7
1
0
,
9
5
1
,
1
9
1
,
4
3
1
,
6
7
1
,
9
0
2
,
1
4
2
,
3
8
2
,
6
2
2
,
8
6
3
,
1
0
3
,
3
3
3
,
5
7
3
,
8
1
4
,
0
5
4
,
2
9
4
,
5
2
4
,
7
6
5
,
0
0
5
,
2
4
5
,
4
8
5
,
7
1
5
,
9
5
Temps (s)
R
a
y
o
n

d
e

l
a

b
o
u
l
e

d
e

f
e
u

(
m
)
Figure 24 : Evolution du diamètre de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle T.R.C pour le
test n°4 des essais BRITISH GAS.
Hauteur du centre de la boule de feu
0,00
10,00
20,00
30,00
40,00
50,00
60,00
70,00
80,00
0
,
0
0
0
,
2
4
0
,
4
8
0
,
7
1
0
,
9
5
1
,
1
9
1
,
4
3
1
,
6
7
1
,
9
0
2
,
1
4
2
,
3
8
2
,
6
2
2
,
8
6
3
,
1
0
3
,
3
3
3
,
5
7
3
,
8
1
4
,
0
5
4
,
2
9
4
,
5
2
4
,
7
6
5
,
0
0
5
,
2
4
5
,
4
8
5
,
7
1
5
,
9
5
Temps (s)
H
a
u
t
e
u
r

(
m
)
Figure 25 : Evolution de la hauteur du centre de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle
T.R.C. pour le test n°4 des essais BRITISH GAS.
croissance
ascension
extinction
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 82/116
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La figure 25 fait apparaître trois étapes de l'évolution de la hauteur du centre de la boule de
feu. La première partie correspond au développement de la boule de feu au sol. La seconde à
l'ascension de la boule de feu à diamètre constant. La troisième, enfin, à altitude constante, à
l'extinction de la boule de feu qui tend à disparaître.
Il convient de remarquer ici, que, pour l'exemple traité, la vitesse ascensionnelle de la boule
de feu est calculée égale à 13 m/s, ce qui est conforme, en ordre de grandeur, aux résultats
expérimentaux de (Hasegawa et Sato, 1977).
Il est encore à noter qu'il conviendrait, en toute rigueur, de tenir compte de la géométrie du
réservoir pour les modélisations. On constate en effet que la plupart des essais ont été réalisés
à partir de réservoirs cylindriques horizontaux. Il y a toutefois lieu de penser que les ordres de
grandeur du phénomène sont relativement bien déterminés.
La combinaison de tous ces paramètres permet de calculer la variation du flux thermique reçu
par un observateur situé à une certaine distance du réservoir. Nous reportons sur la figure 26
ci-dessous l'évolution de cette grandeur à 50 mètres du réservoir, toujours pour le même cas
du test n°4 de BRITISH GAS, calculé avec le modèle T.R.C.
Flux thermique radiatif reçu à 50 m du réservoir
0,00
20,00
40,00
60,00
80,00
100,00
120,00
0
,
0
0
0
,
2
4
0
,
4
8
0
,
7
1
0
,
9
5
1
,
1
9
1
,
4
3
1
,
6
7
1
,
9
0
2
,
1
4
2
,
3
8
2
,
6
2
2
,
8
6
3
,
1
0
3
,
3
3
3
,
5
7
3
,
8
1
4
,
0
5
4
,
2
9
4
,
5
2
4
,
7
6
5
,
0
0
5
,
2
4
5
,
4
8
5
,
7
1
5
,
9
5
Temps (s)
F
l
u
x

(
k
W
/
m
2
)
Figure 26 : Flux thermique radiatif en fonction du temps à 50 m du réservoir
Le lecteur pourra comparer cette figure à la figure 6 du chapitre 3 correspondant aux résultats
expérimentaux de BRITISH GAS pour le test n°4. Il apparaît ainsi que les ordres de grandeur
des calculs sont comparables aux résultats expérimentaux.
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Version 1 du 20/09/02 83/116
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5.3.2.2 SIMULATION DE L’ESSAI DU B.A.M. DE 1998 A L’AIDE DES DIFFERENTS MODELES
Nous avons tenté de modéliser l’essai de BLEVE du B.A.M. décrit au paragraphe 3.5 par
application des modèles C.C.P.S, T.N.O. et T.R.C., et par le modèle l’Arrêté Ministériel du 9
novembre 1989.
Les principales hypothèses de calcul, conformément aux conditions de l’essai, sont :
- produit : propane,
- volume du réservoir : 45 m
3
,
- taux de remplissage : 22 %,
- pression à la rupture : 25 bar
Le résultat des simulations des principales caractéristiques de la boule de feu est présenté
dans le tableau 24 qui suit.
Essai
B.A.M.
Modèle
C.C.P.S
Modèle
T.N.O.1992
Modèle
T.N.O.1998
Modèle
T.R.C.
Diamètre maximal de
la boule de feu (m)
100 100 104 94
Durée de vie de la
boule de feu (s)
7,2 7,8 7,9 7,4
Hauteur du centre de
la boule de feu par
rapport au sol (m)
100 50 52 104 98
Tableau 24 : Simulation du BLEVE de l’essai B.A.M. à l’aide de différents modèles
On constate que concernant la prédiction du diamètre et de la durée de vie de la boule de feu,
les trois modèles donnent des résultats très proches et en bon accord avec les résultats de
l’essai. En outre, le modèle T.R.C. prévoit convenablement la hauteur de la boule de feu, qui
est de l’ordre de deux fois le rayon, en accord avec l’hypothèse faite par le modèle T.N.O.
1997.
Le modèle T.R.C. étant le seul qui décrit l’évolution de la boule de feu dans le temps, il est
intéressant de comparer l’évolution des dimensions de la boule de feu calculée par ce modèle
aux données de l’essai.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 84/116
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Rayon de la boule de feu
-10,00
0,00
10,00
20,00
30,00
40,00
50,00
60,00
0,00 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00 8,00
Temps (s)
R
a
y
o
n

d
e

l
a

b
o
u
l
e

d
e

f
e
u

(
m
)
modèle TRC
essai BAM
Figure 27 : Evolution du rayon de la boule de feu au cours de l’essai du B.A.M.
On constate sur la figure 27 que la croissance de la boule de feu est convenablement décrite
par le modèle T.R.C..
Hauteur du centre de la boule de feu
0,00
20,00
40,00
60,00
80,00
100,00
120,00
0,00 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00 8,00
Temps (s)
H
a
u
t
e
u
r

(
m
)
Modèle TRC
Essai BAM
Figure 28 : Evolution de la hauteur du centre de la boule de feu au cours de l’essai du B.A.M.
croissance
hémisphérique
extinction
ascension
décollement
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 85/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
On rappelle que le modèle T.R.C. décrit l’ascension de la boule de feu en trois phases :
- une phase d’expansion au cours de laquelle le diamètre de la boule de feu augmente mais
la boule elle même reste en contact avec le sol. La hauteur du centre de la boule de feu est
alors égal à son rayon ;
- une phase d’ascension proprement dite, au cours de laquelle la boule de feu s’élève à
vitesse constante, en conservant un diamètre constant ;
- une phase de stabilisation à hauteur constante où la boule de feu diminue jusqu’à
s’éteindre complètement.
En réalité, comme le confirment les essais du B.A.M., ces trois phases se déroulent de
manière légèrement différente :
- Pendant la phase d’expansion, la boule de feu se développe de manière hémisphérique,
tandis que le modèle T.R.C. considère plutôt un développement sphérique qui reste en
permanence en contact avec le sol. C’est pourquoi sur la figure 28, la hauteur du centre de
la boule de feu correspond à son rayon pour la courbe calculée par le modèle, tandis
qu’elle est voisine de son demi-rayon pour la courbe de l’essai.
- La phase d’ascension au cours de l’étape peut se diviser en deux étapes :
- une étape de décollement de la boule de feu, qui passe d’une forme hémisphérique à
une forme sphérique de même diamètre,
- une étape d’ascension proprement dite, au cours de laquelle la boule de feu s’élève en
perdant contact avec le sol. Comme le suggère la courbe d’essai, la vitesse d’ascension
est plus élevée que la vitesse de décollement. Elle est également un peu plus élevée
que la vitesse calculée par le modèle T.R.C..
- La phase d’extinction semble plus courte au cours de l’essai que celle calculée par le
modèle.
La mesure du flux thermique rayonné n’a pu être effectuée avec précision au cours de l’essai
du B.A.M. à cause d’une panne du système d’acquisition. Seuls quelques points ont pu être
enregistrés par un capteur dont la position n’est pas connue précisément, mais qui semble être
situé à une trentaine de mètres du wagon. Sur la figure 29, ces points ont été superposés à la
courbe de flux thermique rayonné à 30 m calculée à l’aide du modèle T.R.C.. Le modèle
T.R.C. est en accord avec la décroissance du flux thermique pendant la phase d’ascension de
la boule de feu, toutefois, les conditions de la mesure sont beaucoup trop imprécises pour
permettre de valider le modèle. En particulier, le pic de flux thermique rayonné n’a pu être
enregistré.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 86/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Densité de flux reçu
0,00
50,00
100,00
150,00
200,00
250,00
0,00 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00 8,00 9,00
Temps (s)
D
e
n
s
i
t
é

d
e

f
l
u
x

(
k
W
/
m
2
)
Modèle TRC
Essai BAM
Figure 29 : Flux thermique rayonné à 30 m au cours de l’essai B.A.M.
L’échec de la mesure du flux thermique rayonné au cours de l’essai du B.A.M. est regrettable,
car il est impossible d’évaluer la charge thermique réellement émise par la boule de feu. Il
n’est donc pas possible de valider le calcul de la charge thermique par le modèle T.R.C. à
partir de cet essai. Tout au plus peut-on vérifier la cohérence des résultats entre les différents
modèles.
Le calcul de la distance aux seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s par les modèles C.C.P.S,
T.N.O. et T.R.C. dans les conditions de l’essai du B.A.M. est présenté dans le tableau 25
suivant.
Modèle C.C.P.S Modèle T.N.O.
1992
Modèle T.N.O.
1997
Modèle T.R.C. Arrêté Ministériel
du 9 novembre 1989
Emittance moyenne
de la boule de feu
(kW/m
2
)
350 172 325 199 à 332 200
Distance au seuil de
1000 (kW/m
2
)
4/3
.s
136 87 75 60 118
*
Distance au seuil de
600 (kW/m
2
)
4/3
.s
166 109 112 82 150
*
Tableau 25 : Simulation du BLEVE de l’essai B.A.M. à l’aide de différents modèles
*
Il s’agit des distances aux seuils des effets létaux et significatifs, au sens de l’Arrêté Ministériel (cf. § 5.3.1.4)
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 87/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
L’émittance de la boule de feu calculée par le modèle T.R.C. est inférieure à la valeur
moyenne de 350 kW/m
2
retenue par le C.C.P.S et aux 325 kW/m
2
calculés par le modèle du
T.N.O.1998. On rappelle par ailleurs que ces deux dernières valeurs sont des constantes,
tandis que l’émittance calculée par le modèle T.R.C. est variable dans le temps.
On remarque des différences importantes dans les distances aux seuils d’effets thermiques
calculées par les différents modèles. Ainsi, les distances calculées par le modèle du C.C.P.S
sont deux fois supérieures à celles calculées par le modèle T.R.C.. Toutefois, il faut rappeler
que le modèle du C.C.P.S contient des hypothèses qui tendent à majorer les distances d’effets,
comme cela a été mis en évidence lors de la modélisation des essais de BRITISH GAS.
En définitive, si le modèle T.R.C. conduit à calculer des résultats qui, en termes de distances
d'effets, sont inférieurs à ceux évalués par les autres modélisations, c'est que ce modèle vise à
prendre en compte l'évolution du phénomène au cours du temps, alors que les modèles du
T.N.O. et du C.C.P.S. reviennent à considérer l'apparition instantanée d'une boule de feu d'un
diamètre donné à une hauteur donnée et dont l'émittance reste constante tout au long de sa
durée de vie.
Les données de l’essai sont malheureusement trop incomplètes pour permettre de valider les
distances aux seuils d’effets thermiques calculées par le modèle T.R.C.. On peut toutefois
supposer, au vu de la comparaison du flux thermique calculé et des quelques points de mesure
disponibles (fig. 30), que les distances calculées par le modèle T.R.C. représentent un bon
ordre de grandeur des distances qui auraient effectivement été mesurées au cours de l’essai si
les capteurs avaient fonctionné convenablement.
5.3.2.3 SIMULATION DES ESSAIS DU PROJET COMMUNAUTAIRE J.I.V.E.
Les modèles C.C.P.S., T.N.O. et T.R.C. sont appliqués aux essais du projet J.I.V.E. décrits au
paragraphe 3.3..
Lors de ce projet, quatre essais de BLEVE ont été réalisés avec des réservoirs de propane de
4,5 m
3
remplis respectivement à 20, 41, 60 et 85 %. Les réservoirs étaient munis de soupapes.
Les simulations ont été réalisées en considérant les pressions de rupture et les masses de
produit libéré rappelées au paragraphe 2.3.
La durée de vie, le diamètre et l’émittance de la boule de feu observés au cours des essais sont
comparés à ceux calculés au moyen des modèles étudiés dans les trois tableaux qui suivent
(tableaux 26, 27, 28).
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 88/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Durée de vie de la boule de feu (s) Taux de
remplissage du
réservoir (%)
Masse libérée à la
rupture (kg)
Essais J.I.V.E. Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O. Modèle T.R.C.
20 279 3 2,9 3,7 3,3
41 710 5 4 4,7 4,6
60 1272 6,5 4,9 5,5 5,7
85 1708 7 5,4 5,9 6
Tableau 26 : Durée de vie de la boule de feu calculée par les différents modèles pour les quatre essais du projet J.I.V.E.
Diamètre de la boule de feu (m) Taux de
remplissage du
réservoir (%)
Masse libérée à la
rupture (kg)
Essais J.I.V.E. Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O. Modèle T.R.C.
20 279 40 38 40 31
41 710 54 52 55 51
60 1272 63 63 66 64
85 1708 77 70 73 75
Tableau 27 : Diamètre maximal de la boule de feu calculé par les différents modèles
pour les quatre essais du projet J.I.V.E.
Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m
2
) Taux de
remplissage du
réservoir (%)
Masse libérée à la
rupture (kg)
Essais J.I.V.E. Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O.
1992
Modèle T.N.O.
1997
Modèle T.R.C.
20 279 415 350 196 223 262 - 157
41 710 >195 350 196 262 368 - 221
60 1272 320 350 196 265 390 - 234
85 1708 360 350 196 295 433 - 261
Tableau 28 : Emittance de la boule de feu calculée par les différents modèles pour les quatre essais du projet J.I.V.E.
Il apparaît que la durée de vie et le diamètre de la boule de feu sont correctement évalués par
les trois modèles étudiés.
On ne dispose malheureusement pas d’information sur l’évolution de l’émittance de la boule
de feu en fonction du temps au cours des essais J.I.V.E.. La comparaison des valeurs
moyennes avec celles calculées par les différents modèles montre cependant que le modèle
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Version 1 du 20/09/02 89/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
T.R.C. permet d’obtenir les valeurs les plus proches de celles réellement mesurées, sauf dans
le cas d’un taux de remplissage limité à 20 %. La valeur forfaitaire de 350 kW/m
2
retenue par
le C.C.P.S. représente également un bon ordre de grandeur, tandis que la valeur préconisée
par le modèle T.N.O. 1992, extrapolée à partir de l’observation de feux de flaques, est
visiblement trop faible.
5.3.3 APPLICATION DES MODELES A DES DONNEES D’ACCIDENTS PASSES
Parmi la liste des accidents énumérés, trois ont donné matière à une simulation à l’aide des
différents modèles. Nombre d’entre eux ne sont pas exploitables, soit que les conditions
exactes d’occurrence du BLEVE soient inconnues, ou connues insuffisamment pour effectuer
une simulation représentative, soit que les observations soient trop partielles pour permettre
une comparaison des conséquences du BLEVE. En effet, si les données disponibles sur les
dimensions des boules de feu sont assez nombreuses, les informations sur les effets
thermiques sont beaucoup plus rares.
Les trois accidents suivants ont été étudiés :
- accident de Mexico (Mexique, 1984), BLEVE d’une sphère de 1600 m
3
: cet accident est
particulièrement documenté, et a fait l’objet d’une mission d’expertise sur site par le
T.N.O., dont les résultats sont rapportés dans (Pietersen, 1984). Des comparaisons sont
possibles avec des seuils d’effets thermiques estimés d’après des relevé de dégâts ;
- accident de Kamena Vourla (Grèce, 1999), BLEVE d’une citerne routière de 45 m
3
: bien
que moins documenté que le précédent, cet accident est intéressant car il s’agit du BLEVE
d’une capacité beaucoup plus petite (45 m
3
). Ce type d’accident sur des citernes routières
ou ferroviaires apparaît régulièrement dans l’accidentologie.
- accident de Los Alfaques (Espagne, 1978), BLEVE d’une citerne routière de 45 m
3
: bien
que peu documenté, cet accident offre la possibilité d’appliquer les modèles à un BLEVE
de propylène, produit pour lequel on ne dispose pas de données d’essai.
5.3.3.1 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE MEXICO (MEXIQUE, 1984)
Lors de l'accident de Mexico, une sphère de 1600 m
3
de G.P.L. aurait donné matière à un
BLEVE, alors qu'elle était remplie à environ 50 % (Pietersen, 1984). Des témoins ont
rapporté la formation d’une boule de feu dont le diamètre n’est pas connu avec précision,
mais qui était de l’ordre de 300 à 500 m. L’observation des dégâts sur le terrain laisse plutôt
penser que ce diamètre était compris entre 300 et 400 m. La boule de feu aurait duré une
vingtaine de secondes.
Par ailleurs Pietersen a notamment relevé les dommages suivants en les reliant à des valeurs
de flux thermique reçu :
- peinture cloquant sur le bois jusqu'à 400 mètres, ce qui correspondrait à un flux
thermique compris entre 8 et 12 kW/m
2
,
- dommages aux vitres par effet thermique à 600 mètres, ce qui indiquerait qu'un flux
de l'ordre de 5 kW/m
2
ait été perçu à cette distance.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 90/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Il convient de préciser que Pietersen ne fournit pas d'estimation des dommages aux personnes.
En effet il apparaît qu'une grande partie des personnes situées à moins de 300 mètres du site
furent tuées, au cours de leur sommeil, lors de l'incendie de leur habitation.
Pour les calculs (tableau 29), nous avons considéré une sphère de 1600 m
3
remplie à 50 % de
propane, la pression de rupture étant supposée égale, conformément aux hypothèses de
Pietersen, à 13,4 bar absolus.
Observations
de Pietersen
Modèle du
C.C.P.S.
Modèle T.N.O.
1992
Modèle T.N.O.
1997
Modèle T.R.C.
Diamètre maximal de la
boule de feu (m)
300 à 400 422 424 406
Durée de vie de la boule de
feu (s)
20 22 24 31
Emittance moyenne de la
boule de feu (kW/m
2
)
- 350 196 392 344 à 207
Hauteur par rapport au sol
du centre de la boule de feu
(m)
- 211 212 424 0 à 411
Densité de flux thermique
moyenne à 400 m (kW/m
2
)
8 - 12 65 27 32 18
Charge thermique à 400 m
(kW/m
2
)
4/3
.s
320 - 550 5750 1944 2438 1725
Densité de flux thermique
moyenne à 600 m (kW/m
2
)
5 32 13 19 10
Charge thermique à 600 m
(kW/m
2
)
4/3
.s
170 2235 734 1216 719
Tableau 29 : Simulation du BLEVE de l’accident de Mexico à l’aide de différents modèles
Les trois modèles utilisés permettent de retrouver l’ordre de grandeur des principales
caractéristiques de la boule de feu. Le modèle T.R.C. surestime légèrement la durée de vie
(30 s au lieu de la vingtaine de secondes observée).
Les densités de flux thermique estimées par Pietersen d’après les dégâts relevés sur le terrain
sont inférieures à celles calculées par les modèles. Toutefois, le modèle T.R.C. permet
d’obtenir les résultats les plus proches des estimations, dont il convient de garder à l’esprit
qu’il s’agit d’évaluations très approximatives.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 91/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
5.3.3.2 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE KAMENA VOURLA (GRECE, 1999)
Lors de l’accident de Kamena Vourla, une citerne routière contenant environ 18 tonnes de
GPL (80% de butane et 20% de propane) a donné matière à un BLEVE. Des témoins ont
observé une boule de feu d’environ 200 m de diamètre et 150 m de hauteur. Des personnes
furent blessés par brûlures dans un immeuble situé à environ 300 m du lieu de l’explosion. Il
s’agit de brûlures légères et de brûlures du second degré.
Pour les simulations présentées dans le tableau 30, nous avons envisagé le BLEVE d’un
réservoir de 18 tonnes de butane. La pression de rupture n’étant pas connue, deux calculs ont
été effectués, l’un avec une pression choisie arbitrairement à 15 bars, l’autre avec une
pression de rupture de 25 bars, valeur qui correspond généralement aux pressions d’épreuve
des citernes routières et ferroviaires.
Il est à noter que la pression de rupture n’a aucune incidence sur les résultats obtenus par le
modèle du C.C.P.S, car ce dernier retient par hypothèse une émittance constante de 350
kW/m
2
.
Observations
lors de
l’accident
Modèle du
C.C.P.S.
Modèle du
T.N.O. 1992
Modèle T.N.O.
1997 avec
P
rupt
= 15 bar
Modèle T.N.O.
1997 avec
P
rupt
= 25 bar
Modèle
T.R.C. avec
P
rupt
= 15 bar
Modèle
T.R.C. avec
P
rupt
= 25 bar
Diamètre maximal de
la boule de feu (m)
200 152 157 157 164 182
Durée de vie de la
boule de feu (s)
- 12 11 11 10,5 9,6
Emittance moyenne
de la boule de feu
(kW/m
2
)
- 350 172 283 333 275 à 456 339 à 563
Hauteur par rapport
au sol du centre de la
boule de feu (m)
150 76 78 157 139 132
Charge thermique à
300 m ((kW/m
2
)
4/3
.s)
- 565 146 221 275 219 301
Tableau 30 : Simulation du BLEVE de l’accident de Kamena Vourla à l’aide de différents modèles
Les conditions initiales de l’accident ne sont pas connues avec assez de précision pour
permettre de valider les modèles. En particulier, la quantité de GPL ayant réellement
contribué à la formation de la boule de feu n’est pas connue. Par exemple, il semble que le feu
qui a enveloppé la citerne était alimenté par une fuite provenant de la citerne elle-même. Dans
ces conditions, une partie des 18 tonnes a été consommée par la combustion d’un feu torche et
non par la boule de feu. Les 18 tonnes considérées pour la simulation correspondent donc
vraisemblablement à une quantité maximale. En outre, les propriétés thermodynamiques du
gaz réellement mis en jeu ne sont pas connus précisément.
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 92/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Cependant, l’application des différents modèles permet de retrouver, en ordre de grandeur, les
dimensions de la boule de feu rapportées par les témoins de l’accident. En outre, la charge
thermique à 300 m estimée par les modèles est comprise environ entre 150 et 600
(kW/m
2
)
4/3
.s. Compte tenu des nombreuses incertitudes liées aux inconnues sur les conditions
exactes de rupture, ces valeurs semblent en bon accord avec la charge thermique à laquelle
auraient pu être exposées des victimes de l’accident situées dans un immeuble à environ 300
m du lieu de l’explosion et atteintes de brûlures légères. Pour mémoire, on rappelle que
Hymes rapporte l’apparition de cloques sur la peau nue pour des seuils de charge thermique
compris entre 250 et 700 (kW/m
2
)
4/3
.s et l’apparition des brûlures du second degré à 1033
(kW/m
2
)
4/3
.s.
On remarque par ailleurs que la pression de rupture du réservoir a une influence relativement
limitée sur la taille de la boule de feu et son émittance, puisque les ordres de grandeur sont
conservés.
Pour comparaison, l’application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989
conduirait à retenir pour ce BLEVE une distance aux seuils des effets significatifs de 250 m,
soit une valeur inférieure aux 300 m séparant le lieu de l’accident des victimes atteintes de
brûlures, dont certaines ont été évaluées au second degré.
5.3.3.3 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE LOS ALFAQUES (ESPAGNE, 1978)
Lors de l’accident de Los Alfaques, une citerne routière de 45 m
3
contenant 23,5 tonnes de
propylène a donné matière à un BLEVE. La pression de rupture n’est pas connue, mais la
citerne s’est vraisemblablement rompue par plein hydraulique, car elle était remplie à plus de
90 %. Dans ces conditions, la pression de rupture a été évaluée à 17 bar absolus. On possède
peu de données sur les dimensions de la boule de feu qui s’ensuivit, mais son rayon était
vraisemblablement inférieur à 100 m. Le rayon des blessures irréversibles est estimé à 125 m.
Toutes les victimes et les personnes atteintes de brûlures graves se trouvaient à l’intérieur de
ce rayon. Nous n’avons pas d’information précise sur la présence éventuelle de personnes non
atteintes qui se seraient trouvées à l’extérieur de ce périmètre, mais il est probable qu’il y en
ait eu. Lees (Lees, 1996) rapporte en effet qu’environ 300 à 400 campeurs se trouvaient dans
la zone la plus touchée par l’accident sur environ 500 présents dans le camping au moment de
la catastrophe.
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Version 1 du 20/09/02 93/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
Malgré des informations partielles, cet accident est intéressant car il permet d’évaluer les
modèles sur un BLEVE de propylène, pour lequel aucune donnée d’essai n’est disponible.
Observations
lors de
l’accident
Modèle du
C.C.P.S.
Modèle T.N.O
1992
Modèle T.N.O.
1997
Modèle T.R.C.
Diamètre maximal de la
boule de feu (m)
< 200
166 170 167
Durée de vie de la boule de
feu (s)
- 13 12 14
Hauteur par rapport au sol
du centre de la boule de feu
(m)
- 83 85 170 198
Emittance moyenne de la
boule de feu (kW/m
2
)
- 350 184 302 164 à 273
Charge thermique à 125 m
(kW/m
2
)
4/3
.s
- 5947 1237 1684 1053
Tableau 31 : Simulation du BLEVE de l’accident de Los Alfaques à l’aide de différents modèles
Malgré le peu d’informations disponibles sur les circonstances exactes de cet accident, les
simulations à l’aide des différents modèles semblent en accord avec les quelques observations
réalisées. Ainsi, le diamètre de la boule de feu est estimée de l’ordre de 170 m, à comparer
avec le diamètre inférieur à 200 m observé. En outre, la charge thermique à 125 m calculée
par les modèles T.N.O. et T.R.C. est comprise entre 1000 et 1700 (kW/m
2
)
4/3
.s, ce qui
correspond aux seuils de létalité retenus par Eisenberg (1033 (kW/m
2
)
4/3
.s), ou Lees (1656
(kW/m
2
)
4/3
.s) et est en bon accord avec localisation des victimes et des personnes atteintes de
blessures irréversibles sur le terrain. La charge thermique calculée par le modèle du C.C.P.S.
semble quant à elle assez fortement surestimée.
Pour comparaison, les distances d’effets retenues par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989
seraient, pour ce BLEVE, de 225 m pour les effets létaux et 278 m pour les effets significatifs.
5.3.4 EXEMPLE D'APPLICATION AUX STOCKAGES DE PROPANE, DE BUTANE ET DE
PROPYLENE
5.3.4.1 MODALITES DE CALCUL
L'objet du présent chapitre est d'appliquer, à titre d'exemple, les modèles C.C.P.S., T.N.O. et
T.R.C. à des capacités industrielles de stockage de propane, de butane et de propylène, et de
les comparer aux distances d’isolement prescrite par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989.
On notera qu'on ne dispose pas, pour ce dernier produit, de résultats expérimentaux. Les
résultats des calculs relatifs au propylène sont donc à considérer comme des ordres de
grandeur plausibles calculés, dans le cas du modèle T.R.C., au moyen d’un modèle établi à
partir d'expérimentations mettant en œuvre du butane et du propane.
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Version 1 du 20/09/02 94/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
D'après (E.N.S.P.M, 1995), les capacités répertoriées en France pour les G.P.L. sont les
suivantes : 150, 300, 500, 600, 800, 1000, 1200, 1500, 1600, 2000, 2200, 2500, 3000 et
5000 m
3
.
Pour les effets thermiques, nous avons retenu les seuils définis par le projet de circulaire du
25 novembre 1999, à savoir 1000 (kW/m
2
)
4/3
.s pour le seuil des effets létaux et 600
(kW/m
2
)
4/3
.s pour le seuil des brûlures significatives.
Les calculs ont été effectués en considérant notamment :
- des produits de qualité commerciale,
- une pression de rupture égale à la pression de tarage des soupapes, soit 17 bar absolu
pour le propane et le propylène et 7,5 bar absolu pour le butane,
- des capacités de 150, 500, 1000, 1500, 3000 et 5000 m
3
supposées remplies à 85 %,
- une humidité relative de l'air de 70 %.
L’INERIS a vérifié, avant tout calcul, que ces conditions de rupture correspondait
effectivement à l’apparition d’un BLEVE chaud.
5.3.4.2 PRESENTATION DES RESULTATS
Les résultats sont synthétisés ci-après dans les tableaux 32 à 34 pour chaque produit et
rapprochés des formules de l'Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989, soit :
- au seuil des effets létaux : d
EL
= 3,12.m
0,425
,
- au seuil des brûlures significatives : d
BS
= 4,71.m
0,405
,
où d s'exprime en mètres et où m est la masse de gaz liquéfié contenu dans le réservoir,
exprimée en kilogramme.
Dans ces tableaux les résultats de calcul sont présentés à l’état brut, avec des valeurs affichées
au mètre près. Il ne faudrait toutefois pas en conclure que la précision des modèles est de
l’ordre du mètre.
On rappelle ici que résultats présentés dans les tableaux 33 à 35 sont valables pour des
BLEVE "chauds", au sens ou ce type de BLEVE a été défini au chapitre 4. Par ailleurs, par
prudence, nous n'avons pas tenu compte de la fraction de produit rejetée consécutivement à
une éventuelle ouverture des soupapes et qui ne participerait donc pas à un éventuel BLEVE
du réservoir. Ce dernier effet conduit ainsi à majorer la quantité de produit participant au
phénomène.
La figure 30 reprend les résultats des tableaux 32 à 34 pour permettre une comparaison plus
aisée.
Les figures 31 et 32 représente respectivement le rayon et la durée de vie de la boule de feu
calculés par les différents modèles. Il est à noter que seul le modèle T.R.C. prend en compte
la nature du produit, alors que les corrélations du C.C.P.S. et du T.N.O. ne sont fonction que
de la masse.
Enfin, la figure 33 compare les distances d’effets calculées par le modèle T.R.C. aux
distances déterminées par application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre
1989. Là encore, ce dernier ne tient compte que de la masse mise en jeu, tandis que le modèle
T.R.C. prend en considération la nature du produit.
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Version 1 du 20/09/02 95/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
PROPANE
Capacité
(m
3
)
Distances aux effets thermiques (m)
Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O. 1992 Modèle T.N.O. 1997 Modèle T.R.C. Formules de l'A.M. du 09/11/89
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
Létalité à 1% Brûlures
significatives
150
417 506 256 316 290 382 255 333 349 422
500
663 804 423 519 536 684 448 559 582 687
1000
865 1049 564 690 754 950 606 751 782 910
1500
1011 1225 667 815 918 1149 721 892 929 1073
3000
1320 1598 888 1083 1279 1589 970 1195 1247 1420
5000
1605 1943 1096 1335 1629 2015 1206 1481 1550 1747
Tableau 32 : Résultats obtenus pour des réservoirs de propane de capacité variant de 150 à 5000 m
3
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb.doc
Version 1 du 20/09/02 96/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
BUTANE
Capacité
(m
3
)
Distances aux effets thermiques (m)
Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O. 1992 Modèle T.N.O. 1997 Modèle T.R.C. Formules de l'A.M. du 09/11/89
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
Létalité à 1% Brûlures
significatives
150
434 528 249 308 244 334 230 293 366 441
500
691 838 412 507 467 609 394 494 610 718
1000
902 1094 550 675 665 852 533 664 819 951
1500
1054 1278 651 797 814 1034 636 789 973 1121
3000
1376 1666 867 1059 1143 1436 857 1058 1326 1484
5000
1674 2026 1071 1306 1462 1826 1066 1312 1623 1826
Tableau 33 : Résultats obtenus pour des réservoirs de butane de capacité variant de 150 à 5000 m
3
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Version 1 du 20/09/02 97/116
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PROPYLENE
Capacité
(m
3
)
Distances aux effets thermiques (m)
Modèle C.C.P.S. Modèle T.N.O. 1992 Modèle T.N.O. 1997 Modèle T.R.C. Formules de l'A.M. du 09/11/89
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.s
600
(kW/m
2
)
4/3
.s
Létalité à 1% Brûlures
significatives
150
410 499 243 301 266 354 205 267 344 416
500
653 792 402 495 497 638 357 455 573 677
1000
852 1034 537 658 701 888 488 615 769 896
1500
996 1208 635 777 855 1076 584 734 914 1056
3000
1301 1576 846 1033 1195 1490 792 988 1227 1399
5000
1582 1916 1044 1273 1524 1890 989 1228 1525 1720
Tableau 34 : Résultats obtenus pour des réservoirs de propylène de capacité variant de 150 à 5000 m
3
Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb.doc
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PROPANE BUTANE PROPYLENE
Distance au seuil des effets létaux - Propane
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
(
m
) CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Distance au seuil des effets létaux - Butane
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000 3000000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
(
m
) CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Distance aux seuils des effets létaux - Propylène
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
(
m
) CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Distance au seuil des effets significatifs - Propane
0
500
1000
1500
2000
2500
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
a
u
x
e
f
f
e
t
s
s
ig
n
if
ic
a
t
if
s
(
m
)
CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Distance au seuil des effets significatifs - Butane
0
500
1000
1500
2000
2500
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000 3000000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
(
m
) CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Distance au seuil des effets significatifs (m)
0
500
1000
1500
2000
2500
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000
masse (kg)
d
is
t
a
n
c
e
(
m
) CCPS
TNO 92
TNO 97
TRC
Arrêté Ministériel
Fig. 30 : Distance au seuil des effets létaux et significatifs calculées par les modèles C.C.P.S., T.N.O., T.R.C. et les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989
pour des capacités de propane, butane et propylène
Ω-5 : BLEVE
INERIS-DRA-2002
Version 1 du 20/09/02 99/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale
Rayon de la boule de feu
y = 3,24x
0,325
y = 2,9x
0,3333
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000 3000000
masse (kg)
r
a
y
o
n

(
m
)
CCPS
TNO 92 et 97
TRC propane
TRC butane
TRC propylène
Fig. 31 : Rayon de la boule de feu calculé par les modèles C.C.P.S., T.N.O., T.R.C.
pour des capacités de propane, butane et propylène
Durée de vie de la boule de feu
y = 0,852x
0,26
y = 2,6x
0,1667
0
10
20
30
40
50
60
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000 3000000
masse (kg)
d
u
r
é
e

d
e

v
i
e

(
s
)
CCPS
TNO 92 et 97
TRC propane
TRC butane
TRC propylène
Fig. 32 : Durée de vie de la boule de feu calculé par les modèles C.C.P.S., T.N.O., T.R.C.
pour des capacités de propane, butane et propylène
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Evaluation des effets thermiques par le modèle T.R.C.
y = 3,12x
0,425
y = 4,71x
0,405
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
0 500000 1000000 1500000 2000000 2500000 3000000
masse (kg)
d
i
s
t
a
n
c
e

(
m
)
propane - effets létaux
butane effets létaux
propylène - effets létaux
propane - effets significatifs
butane - effets significatifs
propylène - effets significatifs
Arrêté Ministériel - effets létaux
Arrêté Ministériel - effets significatifs
Fig. 33 : Comparaison des distances d’effets thermiques calculées par le modèle T.R.C.
aux distances d’effets déterminées par les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989
Les tableaux 32 à 34 et les figures 30 à 33 précédents appellent les remarques suivantes de
la part de l'INERIS :
- Les distances aux seuils d’effets thermiques calculées par le modèle du C.C.P.S.
sont toujours supérieures à celles calculées par les autres modèles, quel que soit le
produit considéré.
- Il est à noter que les distances d’effet calculées par les modèles C.C.P.S. et par les
formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont indépendantes du produit
mis en jeu. En effet, elles ne dépendent que de la masse d’hydrocarbures libérée et
de l’émittance moyenne de la boule de feu, qui dans ce cas, prend une valeur
forfaitaire unique (350 kW/m
2
pour le modèle du C.C.P.S., et 200 kW/m
2
selon les
hypothèses de l’Arrêté Ministériel).
- Un écart important est noté entre les distances calculées par les formules de l’Arrêté
Ministériel et le modèle T.N.O. 92. Ceci peut surprendre, puisque les formules de
l’Arrêté Ministériel sont en partie fondées sur les hypothèses du modèle T.N.O. de
1992. Cependant, deux hypothèses conduisent à majorer les distances
réglementaires par rapport à celles calculées par le modèle T.N.O. 92 : d’une part, la
valeur de l’émittance moyenne est un peu supérieure (200 au lieu de 172 kW/m
2
pour le butane, par exemple), mais surtout, l’atténuation atmosphérique du
rayonnement est négligée. Or, l’atténuation atmosphérique considérée par le modèle
du T.N.O. 1992 prend des valeurs comprises, en moyenne, entre 0,6 et 0,8 selon
l’éloignement par rapport à la boule de feu.
Les courbes bleues donnent
les distances calculées par
les formules de l’Arrêté
Ministériel, respectivement
pour les effets létaux („) et
significatifs (V).
Les trois autres couples de
courbes donnent les
distances d’effet pour le
propane ( et ), le butane
( et ) ) et le propylène (
et ), calculées à l’aide
du modèle T.R.C.
Ω-5 : BLEVE
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale
- Les distances calculées par le modèle T.R.C. sont de 15 à 40 % inférieures à celles
calculées par les formules de l’Arrêté Ministériel selon le produit considéré et la
masse mise en jeu (fig. 34). Pourtant, l’émittance moyenne considérée par l’Arrêté
Ministériel (200 kW/m
2
) est généralement inférieure à celle obtenue par calcul à
l’aide du modèle T.R.C., mais ce dernier tient compte de la croissance et de
l’ascension de la boule de feu, et simultanément de la variation de l’émittance. De
plus, le modèle T.R.C. tient compte de l’atténuation du rayonnement dans
l’atmosphère alors que les formules de l’Arrêté Ministériel négligent cet aspect.
- La nature du produit a une influence non négligeable dans l’application du modèle
TRC. Ainsi, les distances d’effets calculées pour le propane sont de l’ordre de 15 %
supérieures à celles calculées pour le butane et le propylène.
- - Le rayon de la boule de feu est déterminé de manière très homogène par tous
les modèles étudiés. Il est à noter que seul le modèle T.R.C. prend en compte la
nature du produit mis en jeu, alors que les modèles du C.C.P.S. et du T.N.O. ne
considèrent que la masse d’hydrocarbure en présence.
- La durée de vie de la boule de feu fait ressortir une plus grande dispersion des
résultats.
- Il ne faudrait pour autant pas conclure de ces simulations que le positionnement des
différents modèles les uns par rapport aux autres reste systématiquement identique
quels que soient la masse de produit et le seuil de charge thermique considérés. Il
semble que pour un produit et une masse donnée, le positionnement des modèles
soit effectivement indépendant du seuil de charge thermique. Ainsi, dans l’exemple
du propane, le modèle T.N.O. 1992 donne les distances d’effet les plus courtes au
seuils de 1000 et 600 (kW/m
2
)
4/3
.s, et cela reste vrai si l’on calcule ces distances aux
seuils de 3000 et 300 (kW/m
2
)
4/3
.s. En revanche, à produit donné, l’influence de la
masse mise en jeu n’est pas négligeable. Ainsi, toujours dans le cas du propane, le
BLEVE d’une masse de quelques tonnes (voir, par exemple, la simulation de l’essai
du B.A.M. qui met en jeu 5 tonnes) conduit à des distances plus faibles avec le
modèle T.R.C. qu’avec le modèle T.N.O. 1992. Cette tendance s’inverse si l’on
considère une masse de plusieurs centaines de tonnes (fig. 30).
5.3.5 INFLUENCE DES PARAMETRES LES PLUS SIGNIFICATIFS A PRODUIT CONSTANT
Afin de caractériser la sensibilité des modèles à la variation de certains paramètres,
l'INERIS a fait varier de 10 % chacun des paramètres suivants : l'humidité relative de l'air,
la pression de rupture du réservoir, ainsi que le taux de remplissage de la sphère. Les
variations ont été choisies dans le sens de la majoration des résultats.
Les distances d'effets ont été calculées pour le BLEVE d'une sphère de 1000 m
3
de propane
avec les hypothèses de calcul retenues au paragraphe 5.3.4. précédent.
Les résultats obtenus sont synthétisés dans le tableau 35 suivant, qui présente la variation
des distances d’effets thermiques calculées en fonction de la variation des paramètres,
relativement aux distances calculées au paragraphe 5.3.4. précédent :
Ω-5 : BLEVE
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Hypothèses de
calcul
Distances aux effets thermiques (m)
Modèle du C.C.P.S. Modèle du T.N.O. 1992 Modèle du T.N.O. 1997 Modèle T.R.C.
1000
(kW/m
2
)
4/3
.
s
600
(kW/m
2
)
4/3
.
s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.
s
600
(kW/m
2
)
4/3
.
s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.
s
600
(kW/m
2
)
4/3
.
s
1000
(kW/m
2
)
4/3
.
s
600
(kW/m
2
)
4/3
.
s
Hypothèses du
§ 5.3.4.
865 1049 564 690 754 950 606 751
Humidité
relative : - 10 %
+ 0,3 % + 0,3 % + 0,5 % + 0,6 % + 0,7 % + 0,5 % + 0,5 % + 0,5 %
Pression de
rupture : + 10 %
paramètre
non pris en
compte
paramètre
non pris en
compte
paramètre
non pris en
compte
paramètre
non pris en
compte
+ 2,0 % + 1,8 % + 2,3 % + 2,4 %
Taux de
remplissage :
+ 10 %
+ 3,7 % + 3,7 % + 4,0 % + 4,1 % + 4,8 % + 4,6 % + 4,8 % + 4,6 %
Tableau 35 : Variation des distances calculées en fonction de la variation
de différents paramètres pour un réservoir de 1000 m
3
de propane
On constate ainsi que parmi les paramètres retenus, le taux de remplissage a le plus
d'influence : une variation de 10 % de ce dernier conduit à majorer les distances d'effets de
l'ordre de 5 %.
Une augmentation de la pression de rupture de 10 % également conduit quant à elle à
majorer les distances d'effets de quelques pour-cent.
5.3.6 CONCLUSIONS SUR LES MODELISATIONS
En ce qui concerne les modélisations des effets thermiques du BLEVE, nous avons relevé
celles proposées par le C.C.P.S., le T.N.O. et le T.R.C.
Pour ce qui est de la modélisation des effets thermiques d'un BLEVE, les modélisations du
C.C.P.S. et du T.N.O. se réfèrent à des corrélations empiriques, alors le T.R.C. a développé
une approche phénoménologique, notamment à partir des résultats expérimentaux de
BRITISH GAS. L'approche du T.R.C. vise à prendre en considération l'évolution au cours
du temps des caractéristiques de la boule de feu (diamètre, hauteur, émittance) alors que les
modélisations du C.C.P.S. et du T.N.O. ne considèrent qu'un état stationnaire. Il est à noter
que le modèle du T.N.O. comporte deux versions (1992 et 1997), basées sur les mêmes
corrélations, mais comportant des hypothèses différentes, en particulier pour le calcul de
l’émittance de la boule de feu.
On précise ici, qu'en toute rigueur, ces différentes approches ne sont applicables qu'à des
BLEVE "chauds" de G.P.L. Si le T.R.C. a également développé des considérations sur les
BLEVE "froids", qui prennent notamment en compte la formation d'une flaque de
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combustible au sol, la modélisation associée n'est pas disponible à ce jour dans la
littérature.
Chacun de ces modèles a fait l’objet d’applications sur des données d’essais instrumentés,
puis confrontés au retour d’expérience disponible sur quelques accidents.
Trois types d’essais ont été simulés :
- les essais de BRITISH GAS sur des réservoirs de 10,8 m
3
de butane, qui ont servi à
mettre au point le modèle T.R.C. ;
- l’essai à grande échelle du B.A.M., qui a réalisé le BLEVE d’une citerne ferroviaire de
45 m
3
de propane ;
- les essais du projet communautaire J.I.V.E., à échelle plus réduite (BLEVE d’un
réservoir de 4,5 m
3
).
La confrontation à des données d’accident a été rendue plus délicate par la difficulté à
trouver des compte rendus d’accident suffisamment documentés pour permettre des
comparaisons pertinentes. Trois accidents ont été simulés :
- l’accident de Mexico (Mexique, 1984), qui a fait l’objet d’un rapport détaillé du
T.N.O. ;
- l’accident de Kamena Vourla (Grèce, 1999) ;
- l’accident de Los Alfaques (Expagne, 1977), qui présente l’intérêt d’une application des
modèles à un BLEVE de propylène.
Quelques conclusions générales peuvent être tirées de ces simulations :
- Les diamètres et les durées de vie des boules de feu calculés respectivement par tous les
modèles envisagés sont comparables en ordre de grandeur, et en bon accord avec les
résultats d’essai ou les observations lors d’accidents. En outre, le modèle T.R.C. décrit
également de manière satisfaisante la croissance et l’élévation de la boule de feu,
comme cela a été montré par la simulation de l’essai du B.A.M..
- La hauteur du centre de la boule de feu est choisie de manière arbitraire par les modèles
du C.C.P.S. et du T.N.O. au contraire du modèle T.R.C. qui décrit son évolution.
L’hypothèse du C.C.P.S. et du modèle T.N.O. 1992, qui consiste à considérer une boule
de feu stationnaire au sol, présente un caractère majorant pour l’évaluation des
distances d’effets thermiques. A contrario, l’hypothèse d’une boule de feu stationnaire à
une hauteur de deux fois le rayon (modèle T.N.O. 1997) n’est pas conservative. En
particulier, la charge thermique à une faible distance (de l’ordre de une à deux fois le
rayon de la boule de feu) peut être sous-estimée, ce qui peut avoir une forte incidence
sur la détermination des distances d’effets. La hauteur de la boule de feu semble bien
être un paramètre prépondérant pour l’évaluation des distances d’effets. En cela le
modèle T.R.C., qui décrit l’ascension de la boule de feu et la variation de son émittance
au cours de cette ascension, se rapproche nettement mieux de la réalité du phénomène
physique. Il est d’ailleurs à noter que, pour la simulation de l’essai de BRITISH GAS,
la vitesse ascensionnelle de la boule de feu est calculée égale à quelques 13 m/s, ce qui
est conforme, en ordre de grandeur, aux résultats expérimentaux de Hasegawa et Sato.
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Version 1 du 20/09/02 104/116
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- La modélisation du C.C.P.S. conduit ici à calculer les distances d'effets thermiques les
plus importantes. Ceci ne doit pas surprendre dans la mesure où, pour la modélisation
du C.C.P.S., l'émittance de la boule de feu a été prise égale à 350 kW/m
2
pendant toute
la durée de vie de la boule de feu. Or, si l'on observe effectivement des émittances de
cet ordre et même supérieures lors des expérimentations, l'émittance de la boule de feu,
après avoir atteint une valeur maximale, décroît au fur et à mesure que le produit est
consumé.
- Dans ce cas, le modèle T.R.C. prévoit une évolution de l'émittance au cours du temps
comparable aux données expérimentales. Cela est vérifié par la simulation de l’essai de
BRITISH GAS, ainsi que par la simulation de l’essai du B.A.M., qui montrent une
décroissance du flux thermique rayonné en accord avec les données expérimentales.
- En définitive, si le modèle T.R.C. conduit à calculer des résultats qui, en termes de
distances d'effets, sont inférieurs à ceux évalués par les autres modélisations, c'est que
ce modèle vise à prendre en compte l'évolution du phénomène au cours du temps : Les
modèles du T.N.O. et du C.C.P.S. reviennent à considérer l'apparition instantanée d'une
boule de feu d'un diamètre donné à une hauteur donnée et dont l'émittance reste
constante tout au long de sa durée de vie. A l'opposé le modèle T.R.C. table sur une
évolution de ces paramètres au cours de la durée de vie de la boule de feu.
- Il est à noter enfin que, pour certains modèles, certaines hypothèses peuvent se
compenser, d’où l’intérêt d’une évaluation globale des modèles. Ainsi, dans le cas du
modèle T.N.O. 1992, l’hypothèse de l’émittance de la boule de feu extrapolée à partir
d’observations sur des feux de flaques, qui est souvent minorante, est compensée par
l’hypothèse faite sur la hauteur de la boule de feu (le boule de feu reste au sol), qui
présente un caractère majorant pour le calcul de la charge thermique.
L’application des modèles C.C.P.S., T.N.O. et T.R.C. à différents accidents passés permet
de confirmer ces conclusions.
Lorsque des données sont disponibles sur les dimensions et la durée de vie de la boule de
feu observée, elles sont en bon accord avec les résultats des simulations par l’ensemble des
modèles. Ainsi, dans le cas de l’accident de Mexico, les modèles prédisent une durée de
vie de la boule de feu comprise entre 22 et 31 s, pour une durée observée d’une vingtaine
de secondes approximativement. De même, toujours pour l’accident de Mexico, le
diamètre de la boule de feu calculé par les modèles, compris entre 400 et 420 m, est en bon
accord avec l’observation des témoins qui rapportent un diamètre de 300 à 400 m.
La comparaison des charges thermiques calculées par les modèles et celles évaluées par les
relevés de dégâts après accidents doit être considérée avec prudence. En effet, il est
souvent difficile de relier des dommages observés à des seuils d’exposition au flux
thermique rayonné, comme l’a montré par ailleurs la discussion sur les seuils d’effets
thermiques sur l’homme présentée au paragraphe 5.2.. Certaines tendances se dégagent
cependant :
- Le modèle du C.C.P.S. semble souvent conduire à des charges thermiques surévaluées,
en particulier dans les cas des accidents de Mexico et de Los Alfaques.
- Les modèles du T.N.O. et du T.R.C. semble donner des résultats plus proches de la
réalité. En particulier, le modèle T.R.C. est celui qui décrit le mieux l’accident de
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Mexico, si l’on se réfère aux observations de Pietersen. Il est également en très bon
accord avec les observations faites à Los Alfaques et Kamena Vourla.
- Les deux modèles du T.N.O. sont toutefois à appliquer avec prudence, car s’ils
permettent d’obtenir de bons ordre de grandeur, ils cachent en réalité des hypothèses
qui se compensent. Ainsi, l’émittance moyenne de la boule de feu, vraisemblablement
sous-estimée par le modèle T.N.O. 1992, est compensée par l’hypothèse de la boule de
feu stationnaire au sol. Le modèle T.N.O. 1997, quant à lui, semble surestimer
l’émittance de la boule de feu lorsque la masse d’hydrocarbure est importante (par
exemple dans le cas de l’accident de Mexico), mais cette hypothèse est contrebalancée
par le choix d’une hauteur du centre de la boule de feu égale à deux fois le rayon. Cette
dernière hypothèse s’avère discutable lorsque l’on cherche à évaluer la charge
thermique à faible distance de la boule feu, car la variation de hauteur est alors
prépondérante.
- Le modèle T.R.C. est le seul qui décrit l’évolution des dimensions de la boule de feu, et
en particulier sa phase de croissance et sa phase d’ascension, parallèlement à la
variation de son émittance. Le retour d’expérience sur les trois accidents étudiés ne
permet pas de valider directement le modèle T.R.C. sur ce point, en l’absence
d’informations plus détaillées sur l’évolution du flux thermique rayonné au cours de
ces accidents. Toutefois, aucune des observations du retour d’expérience ne vient
mettre en défaut les résultats calculés par le modèle T.R.C.. Le modèle T.R.C., du fait
de ses hypothèses de départ, est bien celui qui se rapproche le plus du phénomène
physique étudié, et son application conduirait à calculer des charges thermiques plus en
accord avec celles estimées par le retour d’expérience.
Les modèles C.C.P.S., T.N.O. et T.R.C. ont été appliqués à des BLEVE de capacités de
propane, butane et propylène. Les distances d’effets thermiques ont été calculées en
retenant pour seuils d’effets létaux et significatifs les valeurs respectives de 1000 et
600 (kW/m
2
)
4/3
.s proposées par le projet de circulaire du 25 novembre 1999, et ont été
comparées aux distances d’isolement préconisées par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre
1989.
On rappelle que les formules de l’Arrêté Ministériel sont issues des corrélations
empiriques du T.N.O., avec les hypothèses suivantes :
- boule de feu stationnaire au sol,
- émittance moyenne égale à 200 kW/m
2
pendant tout la durée de la boule de feu,
- atténuation atmosphérique du rayonnement négligée.
On remarque que l’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduisent à calculer
des distances d’effets du même ordre de grandeur que celles calculées par les modèles
C.C.P.S. et T.N.O. 1997. Par ailleurs, il a été montré précédemment que le modèle du
C.C.P.S. et, dans une moindre mesure, celui du T.N.O. 1997 conduisent à des valeurs de
charge thermique (et, par suite, à des distances d’effets) qui paraissent surestimées au vu
des résultats d’essais ou des retours d’expérience.
Les distances d’effets calculées par les modèles T.N.O. 1992 et T.R.C. sont du même ordre
de grandeur, et environ 20 à 40 % inférieures à celles calculées par les formules de l’Arrêté
Ministériel. La description du modèle T.R.C. est toutefois plus fine, puisqu’elle prend en
compte les propriétés thermophysiques du produit rejeté et les conditions de rupture du
réservoir, et décrit l’évolution de la boule de feu. En revanche, les corrélations du T.N.O.
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Version 1 du 20/09/02 106/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale
de 1992 sont fonction uniquement de la masse de produit rejeté, indépendamment de sa
nature et des conditions de rupture. Or, les calculs effectués avec le modèle T.R.C.
semblent montrer que l’influence de la nature du produit n’est pas négligeable, puisque,
par exemple, un écart de l’ordre de 15 % est observé entre les distances calculées pour le
propane et pour le butane.
De manière plus générale, les modèles du C.C.P.S., du T.N.O. (1992 et 1997), ainsi que les
formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont basées sur des hypothèses
simples. Ces hypothèses, prises isolément, peuvent se révéler pour certaines majorantes
(par exemple l’hypothèse d’une boule de feu stationnaire au sol), et pour d’autres
minorantes (les valeurs d’émittance retenues par le modèle T.N.O 1992). Globalement, ces
hypothèses se compensent généralement et permettent d’obtenir des résultats qui
constituent des ordres de grandeur. Toutefois, compte tenu du caractère forfaitaire de ces
hypothèses, qui ne tiennent pas compte du produit mis en jeu, les résultats s’avèrent
souvent majorants, mais quelquefois également minorants (cas, par exemple, du modèle
T.N.O. 1998 pour de faibles masses)
Au contraire, le modèle T.R.C. tente une approche physique du phénomène, en décrivant
l’évolution de la boule de feu. Cette approche tient compte des conditions de la rupture et
des propriétés thermodynamiques du produit mis en jeu, en considérant des hypothèses de
calcul qui, tout en étant plus en accord avec la réalité du phénomène, n’en sont pas moins
prudentes (voir l’analyse détaillée du modèle T.R.C. en Annexe C). C’est pourquoi, le
modèle T.R.C. conduit à calculer des distances d’effets qui sont souvent inférieures et
quelques fois supérieures à celles calculées par les autres modèles (en particulier les
modèles du T.N.O. 1992 et 1998), mais qui semblent, au vu des comparaisons effectuées,
plus en meilleur accord avec les observations expérimentales et le retour d’expérience sur
les accidents passés.
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Version 1 du 20/09/02 107/116
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6 PREVENTION DU BLEVE
Le présent rapport concerne principalement la phénoménologie et la modélisation des
BLEVE.
Ce chapitre a donc simplement pour objet de donner quelques éléments indicatifs
relativement à la prévention du BLEVE.
On rappelle ci-dessous, en premier lieu, un ensemble de fonctions de sécurité à mettre en
œuvre et qui dépasse d’ailleurs le cas particulier de la prévention du BLEVE. C’est ainsi
qu’il convient :
- de développer une culture sécurité dans l’entreprise, notamment :
. en affichant clairement la priorité à la sécurité sur la production,
. en décentralisant, autant que faire se peut, les responsabilités,
. en s’assurant que les risques sont identifiés et connus des personnels,
. en mettant en œuvre une politique d’analyse systématique des
incidents qui se produisent,
- de développer et maintenir la compétence des équipes, par exemple par des actions
de formation, et en consignant les procédures dont l'Industriel s’assurera qu’elles
sont claires et connues des opérateurs,
- de simplifier au maximum les mesures d’urgence à appliquer le cas échéant,
- de coordonner la liaison entre les services de secours internes et externes,
- d'effectuer des audits périodiques de tout ce qui concerne la sécurité,
- d’effectuer, autant que faire se peut, une gestion préventive de la maintenance des
installations.
Bien évidemment les installations devront en outre être conformes à la réglementation en
vigueur.
D’une manière générale, en ce qui concerne la prévention, visant à éviter l’occurrence
d’une situation dégradée susceptible de conduire à un BLEVE, il convient notamment :
- de prévenir et limiter les fuites des produits inflammables stockés,
- de prévenir l’inflammation d’une éventuelle atmosphère explosive susceptible
d’être formée.
Afin de prévenir et limiter les fuites des produits inflammables stockés, il y a lieu :
- de protéger les équipements susceptibles de contenir de tels produit contre :
. les agressions mécaniques,
. la corrosion,
. le gel.
- de mettre en œuvre des équipements surdimensionnés par rapport aux contraintes
d’utilisation,
- de prévenir les sur-remplissages par la mise en œuvre de procédures et de
détections de niveau haut et très haut redondées de manière indépendante entraînant
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Version 1 du 20/09/02 108/116
Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale
automatiquement, le cas échéant, la mise en sécurité des installations (fermeture des
vannes, arrêt des pompes et compresseurs, ...),
- de prévenir les surpressions par des dispositifs limiteurs de pression correctement
dimensionnés et des détecteurs de pression haute, entraînant automatiquement la
mise en sécurité des installations.
- disposer des détecteurs d’atmosphère explosive. Ici encore, en cas de détection, il
convient de mettre l’installation en sécurité,...
Bien évidemment les équipements de sécurité seront de type à sécurité positive et, pour les
plus importants d’entre eux, redondés. Les fonctions de sécurité seront, autant que possible,
automatisées.
Par ailleurs l’Industriel s’assurera, par des moyens à définir (tels, par exemple, des essais
périodiques, des études a priori de la fiabilité des composants et de l'architecture,...) de la
fiabilité et de la disponibilité de tous les équipements associés à la sécurité.
Pour prévenir l’inflammation d’une éventuelle atmosphère explosive, il y a bien sûr lieu,
notamment :
- d’employer des matériels adaptés aux atmosphères explosives,
- de soumettre les travaux par point chaud à la délivrance d'un permis de feu et à la
mise en œuvre de toutes les précautions nécessaires,
- bien évidemment d’interdire de fumer dans les zones susceptibles d’être explosives
et même, sauf nécessité justifiée, d’interdire le port et la mise en œuvre de toute
source d’inflammation potentielle (briquet, allumettes, ...).
Malgré tout, il est nécessaire d’envisager le cas où une situation dégradée est matérialisée.
Il convient alors de donner l’alarme au plus tôt. On conçoit que la mise en place de
détecteurs de fumées ou de flammes judicieusement disposés contribuent à permettre
l’activation rapide d’une alarme.
Afin de pourvoir au cas, qu’il n’est pas possible d’exclure a priori, où l’incendie ne serait
pas maîtrisé dans les délais les plus brefs, il y a lieu de prendre des mesures visant à limiter
la température et la pression à l’intérieur du réservoir.
Il s’agit donc de protéger thermiquement le réservoir, de retarder l’échauffement du produit
qu'il contient et ainsi de laisser du temps pour lutter contre l’incendie ou, si cela est
possible, faire évacuer les environs.
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On peut ainsi avoir recours à :
- La protection par un écran liquide.
Ce type de dispositif devra être fiable, disponible et mis en oeuvre suffisamment
rapidement pour prévenir tout échauffement excessif de la paroi du réservoir, ce
qui, par caléfaction, pourrait nuire à l’efficacité du système.
Il existe trois dispositifs de ce type :
- l’arrosage par ruissellement d’eau qui consiste à maintenir un film d’eau
liquide au contact de la paroi du réservoir,
- la protection par pulvérisation qui consiste à interposer un brouillard d'eau
susceptible d'atténuer le flux thermique entre l'incendie et le réservoir,
- la mise en œuvre de rideaux d’eau.
- La protection par un écran solide.
On indique ici :
- les revêtements de type ignifuge,
- la mise sous talus.
- La protection mixte par écrans solide et liquide.
Il convient dans ce cas d’éviter que le revêtement soit endommagé, par exemple,
par l’impact d’une lance à incendie.
Une autre forme de protection envisagée consiste à disposer les réservoirs sous une
enveloppe béton dimensionnée pour résister aux agressions mécaniques prévisibles et
d’inerter l'espace libre à l’azote afin de prévenir la formation d’une atmosphère explosible
ou inflammable au sein de l'enveloppe béton.
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7 CONCLUSIONS
Le travail présenté à permis de mettre en lumière l'évolution récente des connaissances
relatives au phénomène de BLEVE, notamment à partir de l'analyse d'un recensement
d'accidents, d'expérimentations à moyenne échelle et de travaux théoriques.
Pour le BLEVE, l'INERIS propose de retenir la définition suivante :
"Un BLEVE correspond à la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un
liquide dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la
pression atmosphérique".
L'analyse a mis en évidence que l'on peut distinguer deux types de BLEVE, les BLEVE dits
"froids" et "chauds".
Un BLEVE "froid" serait dû à une faiblesse mécanique du réservoir. Les effets de pression
sont ainsi relativement réduits, mais le lourd nuage formé au niveau du sol, peut, s'il est
inflammable et s'il trouve un point d'inflammation, conduire à un incendie conséquent
(apparition d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque).
Pour qu'un réservoir donne matière à un BLEVE "chaud" il faut que la température
moyenne du produit qu'il contient soit supérieure à la température limite de surchauffe du
produit à la pression atmosphérique (c'est à dire supérieure à la température pour laquelle, à
la pression atmosphérique, le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe).
Les BLEVE ont une cause commune, une perte de confinement amenant à la
dépressurisation du contenu du réservoir. Cette perte de confinement peut être notamment
due:
- à l'impact d'un projectile,
- à l'exposition du réservoir à un incendie,
- à la fatigue du réservoir,
- à de la corrosion,
- à une construction ou à des équipements défectueux.
L’INERIS a analysé les modèles disponibles à ce jour pour simuler les effets thermiques
d’un BLEVE d’hydrocarbures. Trois modèles ont été retenus : deux d’entre eux,
développés par le C.C.P.S. et le T.N.O., sont basés entièrement sur des corrélations
empiriques et le retour d’expérience. La troisième approche, développée par le T.R.C.
(Centre de Recherche de Shell), vise à décrire la croissance, l’ascension et l’extinction de la
boule de feu en décrivant la physique du phénomène.
Des simulations réalisées à l’aide de ces trois modèles ont été comparées à des résultats
d’essais et à des données issues d’accidents passés. Il en ressort que le modèle T.R.C., qui
permet de retrouver les principales caractéristiques de la boule de feu déterminées les
corrélations empiriques du T.N.O. et du C.C.P.S., permet en outre de décrire l’évolution de
la boule de feu en bon accord avec la réalité du phénomène physique.
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Enfin, une discussion sur le choix des seuils d’effets thermiques a été menée, et les valeurs
suggérées par le projet de circulaire du 25 novembre 1999, égales à 1000 pour les effets
létaux et 600 pour les effets significatifs ont été retenues pour la détermination des
distances d’effets thermiques par les trois modèles étudiés. Il s’avère que le modèle T.R.C.
conduit à calculer des distances d’effets inférieures à celles déterminées par application des
formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989, car il s’attache à décrire la physique
du phénomène en prenant en compte la nature du produit mis en jeu et l’évolution de la
boule de feu.
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8 GLOSSAIRE
B.A.M. : Bundesanstalt für Materialforschung-und prüfung.
BARPI : Bureau d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles
BLEVE : Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion
Emittance : Flux thermique rayonné émis par unité de surface (W/m
2
)
G.P.L. : Gaz de Pétrole Liquéfié
H.S.E. : Health and Safety Executive
H.S.L. : Health and Safety Laboratory
J.I.V.E. : Hazards consequences of Jet fire Interaction with VEssels containing
pressurised liquids
TLS : Température Limite de Surchauffe
T.N.O. : The Netherlands Organisation of applied Scientific Research
C.C.P.S. : Center for Chemical Process Safety
N.F.P.A. : National Fire Protection Association
S.E.I. : Service de l'Environnement Industriel
T.R.C. : Thornton Research Center
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Pool formation on rupture of vessels containing superheated liquid, J. Loss Prev.
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liquefied gases, Londres, nov 1995.
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41- T.N.O., 1992, Methods For The Dertermination Of Possible Damage To People
And Objects Resulting From Realeases Of Dangerous Material (Green Book), CPR
16E.
42- VENART, RUTLEDGE, SUMATHIPALA, SOLLOWS, 1993, An Anatomy of a
Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion, Process Safety Progress, Volume 12,
Number 2, April 1993, pp 67-71.
43- VENART, YU, 1996, The boiling liquide collapsed bubble explosion (BLCBE) : A
preliminary model, Journal of Hazardous Materials, 46, p. 197-213.
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10 LISTE DES ANNEXES
Repère Désignation précise Nb pages
Annexe A Résultats de l’interrogation de la base ARIA du BARPI 23
Annexe B Articles de Shield 22
Annexe C Analyse du modèle T.R.C. 18
Annexe D Exemple de calcul d’un BLEVE de propane par le modèle
T.R.C.
2
A /A21 1
Annexe A :
Résultats de l’interrogation de la base ARIA du
BARPI
Ce document n'est pas disponible sous forme informatique. Réalisé par le Service de
l'environnement industriel du BARPI (Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions
Industrielles) à partir de la base de données ARIA, il peut être obtenu auprès de celui-ci.
Site Internet : http://aria.environnement.gouv.fr
A /A21 2
Annexe B :
Articles de Shield
Ces documents ne sont pas disponibles sous forme informatique.
Titres des articles :
• A model to Predict Radiant heat and Blast Hazards from LPG BLEVES
• The modelling of BLEVE Fireball Transients
A /A21 3
Annexe C :
Analyse du modèle T.R.C.
A /A21 4
ANALYSE DE LA MODELISATION DU PHENOMENE DE BLEVE
PROPOSEE PAR LE TRC
Il convient en premier lieu de noter que l’analyse d’un modèle peut être approchée de deux
manières qui, complémentaires, ne s'opposent en aucune façon :
- La première consiste à analyser la modélisation étapes par étapes, à discuter des
hypothèses effectuées, à évaluer dans quelle mesure ces dernières sont ou non fondées
sur des essais et, enfin, autant que faire se peut, à comparer les résultats de la
modélisation à des accidents connus, pour autant que l'on dispose relativement à ces
derniers d'informations suffisamment renseignées.
Lorsque l’on est rompu aux modélisations de phénomènes physiques on conçoit
en effet que l’on est amené a faire un certain nombre d’hypothèses simplificatrices dont
les limites peuvent se trouver mal définies.
- La seconde consiste à appréhender le modèle comme « une boîte noire », et à
comparer à l’expérience les résultats qu’il fournit (accidents passés, essais, ...). Si cette
première étape est concluante, il convient encore de vérifier que les résultats varient de
manière plausible lorsque l’on applique le modèle à d’autres cas.
Ainsi, la seconde de ces approches s'attache à analyser la cohérence globale de
la modélisation.
Il faut en outre souligner ici que le rapport de l'INERIS s'est attaché à analyser
finement les différentes étapes du phénomène en distinguant clairement entre :
- la modélisation du phénomène lui-même,
- la détermination des distances d'effets qui lui seraient associées.
Il s’agit ici, pour répondre à la première approche, de discuter les principales hypothèses de
la modélisation du phénomène de BLEVE proposée par le TRC, en faisant, autant que faire
se peut, ressortir ses limitations.
La seconde approche, correspondant à l'analyse globale du modèle, est présentée dans le
corps du texte.
On rappelle en premier lieu que le modèle TRC est basé sur les résultats d’essais conduits
par British Gas (voir chapitre 2 du corps du texte) et qu'il n'est applicable qu'à des
réservoirs de butane, propane et propylène.
L’observation de ces essais a permis de distinguer cinq phases lors du développement d’un
BLEVE. Bien évidemment il s’agit d’une simplification, ces phases étant susceptibles de se
recouper.
A /A21 5
Ces phases sont décrites en détail au chapitre 3 du rapport.
Pour la clarté de l’exposé, nous les rappelons brièvement ci-dessous :
Phase 1 : Le réservoir se rompt en éjectant des fragments tandis que le ciel gazeux
du réservoir se détend à la pression atmosphérique.
Phase 2 : Une fraction du liquide se vaporise quasi-instantanément du fait de la
dépressurisation, tandis que l’autre partie du liquide est éjectée sous la
forme de gouttelettes. Durant cette phase il n’y a pas encore de mélange
du produit avec l’air ambiant mais la turbulence au sein du nuage est
importante.
Phase 3 : Durant cette phase, le nuage continue de s’agrandir en entraînant de
l’air par transport turbulent.
Phase 4 : Le nuage s’enflamme en formant une boule de feu par combustion de la
fraction de produit qui s’est vaporisée.
Phase 5 : La boule de feu est alimentée par la combustion des gouttelettes tandis
que la boule de feu s’élève avent de s’éteindre.
Description de l’évolution du nuage de vapeur
Cette partie de la modélisation a pour objet de caractériser le développement du nuage de
vapeur et notamment d'évaluer sa taille en fonction des conditions initiales de stockage du
produit.
Hypothèse 1 : Pendant la phase de vaporisation du liquide, avant que le nuage
n’entraîne trop d’air, d’après l’observation des résultats
expérimentaux, l’évolution du rayon du nuage est décrite par une
équation de la forme :
R Uo. tp. 1 exp
t
tp
= − −
|
\

|
.
|
|
\

|
.
|
Dans cette expression :
- R est la dimension principale du nuage (m),
- Uo est une vitesse initiale caractéristique d'expansion du nuage (m/s),
- tp est un temps caractéristique de la durée d'expansion du nuage (s),
- t est le temps (s)
A /A21 6
L'Hypothèse 1 est issue, d’après SHIELD, de l’observation des résultats expérimentaux et
n’appelle pas de commentaire particulier.
On remarquera cependant que
dR
dt
Uo. exp
t
tp
Uo = +

|
\

|
.
| → quant t→0, c'est à dire que Uo est bien une vitesse initiale
caractéristique d’expansion du nuage de vapeur.
Au fur et à mesure que le temps s’écoule, au cours de la phase 3 d’entraînement d’air,
SHIELD observe que la vitesse d’expansion radiale du nuage décroît rapidement.
Le rayon du nuage n’est plus alors décrit par une loi en exponentielle mais serait
proportionnel à t
1/2
(voir figure 3 de l’article de SHIELD).
D’après SHIELD, l’observation des résultats expérimentaux montre qu’il existe un
rayon caractéristique des tourbillons dans le nuage.
A partir du moment où l’expansion du nuage décroît brutalement, SHIELD remarque ce qui
constitue l'hypothèse suivante :
Hypothèse 2: La dimension caractéristique des tourbillons dans le nuage vers la fin
de sa phase d’expansion et d’entraînement d’air est de l’ordre de
grandeur du rayon du nuage immédiatement après la phase de
vaporisation quasi-instantanée du liquide (ou "flash adiabatique").
Cette seconde hypothèse est également issue de l’observation des résultats expérimentaux
(voir figure 3 de son article ) .
Il s’agit ici, de l’avis de l’INERIS, d’une hypothèse dont la validité peut ne pas
s’étendre à des phénomènes de BLEVE à plus grande échelle mais qui est, sauf à
réaliser des essais à grande échelle, non vérifiable directement, hormis, et en partie
seulement, par des tests de cohérence physique de la modélisation globale du
phénomène.
Il convient en outre de garder à l’esprit que l’on raisonne ici en ordre de grandeur.
Pour évaluer cette dimension caractéristique, SHIELD propose l’expression :
L
3
= αβM/ρ
vo
où M est la masse initiale de produit dans le réservoir (kg),
α est la fraction initiale de liquide dans le réservoir à la rupture,
A /A21 7
β est la fraction de liquide qui se vaporise instantanément lors de sa détente
à la pression atmosphérique (calcul isenthalpique, voir ci-après),
ρ
vo
est la densité de vapeur saturante du produit à la pression atmosphérique
(kg/m
3
).
L’INERIS note que cette équation revient à considérer que la fraction de liquide vaporisé
quasi-instantanément lors de sa dépressurisation, dont le volume massique à la pression
atmosphérique et aux conditions de saturation est
1
ρ
vo
, occupe grossièrement un volume
égal à celui d’un cube de coté L.
Remarque de l'INERIS :
On rappelle que β est la fraction de liquide qui se vaporise instantanément lors de sa
détente à la pression atmosphérique : la détente subie par le produit entraîne sa vaporisation
instantanée partielle (phénomène de "flash adiabatique").
Lors de cette phase, l'apport de chaleur par le milieu extérieur est négligeable, la
vaporisation se produit au détriment de l’enthalpie disponible dans la phase liquide.
La température du système tend vers la température d’ébullition du liquide à la pression
atmosphérique.
Pour des GPL, cette température est très inférieure à la température ambiante couramment
considérée.
Il convient encore de préciser que cette vaporisation contribue largement au fractionnement
du liquide rejeté et à la formation d’aérosols (dont une dimension caractéristique sera
évaluée plus loin). Le liquide rejeté se fractionne également par des effets mécaniques.
En première approximation, pour estimer β, on peut faire un bilan enthalpique global sur le
système : le liquide, initialement à la température T
0
, se vaporise partiellement et donne un
mélange de titre massique en vapeur x et de température T.
En négligeant la variation de pression, on peut écrire :
h
L
T
0
( ) = x. h
V
T ( )+ 1 − x ( ). h
L
T ( ) = −x. ∆H
vap
+ h
L
T ( )
où :
- h
V
est l'enthalpie massique de la vapeur,
- h
L
est l'enthalpie massique du liquide, donnée par h Cp dT h T
L L
T
T
L
=

+
0
0
. ( )
A /A21 8
- avec Cp
L
, chaleur spécifique du liquide,
- ∆H
vap
est l'enthalpie de vaporisation,
- T
0
est la température de service.
d’où, pour une fraction x inférieure ou égale à 1 : x
Cp T T
H
l é b
vap
=
− . ( )
0

où Cp
l
est la chaleur spécifique moyenne du liquide entre T
éb
et T
0
.
En d’autres termes, on considère que la chaleur spécifique du liquide est la seule source de
chaleur disponible pour la vaporisation.
Ainsi, plus le liquide arrivant à l'orifice est surchauffé (c'est-à-dire plus la température de
service est supérieure à la température d'ébullition du liquide à la pression atmosphérique)
plus la quantité qui se vaporise instantanément est importante.
Dans une seconde approche, on peut considérer la variation de température du système
avec la fraction massique x de liquide vaporisé : le système, supposé en équilibre
thermique, est refroidi, alors qu'une masse dm de liquide est vaporisée. On obtient alors, en
intégrant de T
0
à T
éb :
x
Cp T T
H
l é b
vap
= −

|
\

|
.
|
|
1
0
exp
. ( )

La troisième principale hypothèse de SHIELD est la suivante :
Hypothèse 3 : Les tourbillons formés dans le nuage grossissent au fur et à mesure de
l’expansion du nuage, leur nombre restant constant (voir figure 3 de
l’article de SHIELD).
Cette hypothèse est aussi basée sur l'observation des résultats expérimentaux. Elle appelle
donc, de la part de l'INERIS, les mêmes remarques que celles associées à l'Hypothèse 2 ci-
avant.
L'Hypothèse 3 implique que s'il existe N tourbillons de dimension caractéristique L dans le
nuage à la fin de sa phase d’expansion, on aura, compte tenu de l’Hypothèse 2 précédente
(selon laquelle la dimension caractéristique des tourbillons dans le nuage vers la fin de sa
phase d’expansion et d’entraînement d’air est de l’ordre de grandeur du rayon du nuage
immédiatement après la phase de vaporisation quasi-instantanée du liquide, N tourbillons
de dimension caractéristique
L
N
immédiatement après la phase de vaporisation
instantanée du nuage.
A /A21 9
L'INERIS remarque qu'en considérant une longueur L caractéristique fixée, il y a lieu
d'escompter de calculer une valeur de N non entière. On conçoit en effet que dans le
réalité on n'aura pas un nombre non entier de tourbillons d'une taille fixée, mais
plutôt un nombre de tourbillons fixé qui n'auront toutefois pas tous la même taille.
SHIELD rapporte la loi proposée par TENNEKES et LUMLEY selon laquelle pour un jet
turbulent, la viscosité apparente des tourbillons ν
T
est proportionnelle à l’écart type des
fluctuations de vitesse d’un tourbillon (u'
ξ
) et de sa dimension caractéristique ξ, soit :
υ ξ
ξ T
u ∝
'
.
Hypothèse 4 : La loi selon laquelle, pour un jet turbulent, la viscosité apparente des
tourbillons est proportionnelle à l’écart type des fluctuations de vitesse
d’un tourbillon et de sa dimension caractéristique est supposée valable
dans la phase d'expansion consécutive à un BLEVE.
Aux tourbillons de longueur caractéristique L est associée une densité d’énergie cinétique
k
L
.
A cette densité d’énergie cinétique, SHIELD fait correspondre une vitesse turbulente u
L
,
telle que, par définition u k
L
2
L
= .
SHIELD introduit alors l'hypothèse suivante :
Hypothèse 5 : La turbulence du nuage est isotrope.
Soit u, v et w les vitesses instantanées d’un tourbillon dans trois directions orthogonales, il
est d’usage en mécanique de la turbulence d’exprimer la vitesse instantanée dans ces
directions comme étant la somme de la valeur moyenne et d'une composante fluctuante :
u u u
v v v
w w w
= +
= +
= +
'
'
'
On a donc, pour une turbulence isotrope (u'=v'=w') :
A /A21 10
k
u v w u
L
=
|
\

|
.
|
|
+
|
\

|
.
|
|
+
|
\

|
.
|
|
=
' ' ' '
2 2 2 2
2 2 2
3
2
or k u
L L
=
2
d’où u u
L
' =
2
3
: u’ est proportionnel à u
L
.
Compte tenu des hypothèses précédentes :
u
L
L N
L u
L
N
. . =
D'où
u N u
L N L
= .
Au début de la phase de vaporisation du liquide la vitesse radiale d’expansion du nuage est
égale à U
o
.
A la fin de cette même phase de vaporisation du liquide, on aura N tourbillons de longueur
caractéristique
L
N
auxquels sera associé une densité d’énergie cinétique
( )
u
L N
2
SHIELD émet les deux hypothèses suivantes :
Hypothèse 6 : La densité d’énergie cinétique acquise par les tourbillons au cours de
la phase de vaporisation est produite au détriment de l’expansion
radiale du nuage.
Hypothèse 7 : Une particule fluide appartenant à un tourbillon a une vitesse voisine
de la vitesse d’expansion du nuage : les fluctuations locales de vitesses
sont négligeables devant la vitesse d’expansion du nuage.
Ces deux hypothèses sont physiquement plausibles et n'appellent pas de commentaire
particulier de la part de l'INERIS.
D'après les deux hypothèses précédentes, à la fin de la phase d’expansion du nuage, lorsque
ce dernier aura atteint la dimension caractéristique L, les tourbillons auront acquis une
vitesse de l’ordre de u
L N
au détriment de la vitesse radiale d’expansion :
( ) U L Uo N u
L
= − .
A /A21 11
Les équations (10), (11) et (12) de l’article de SHIELD méritent quant à elles l'explication
détaillée ci-dessous :
Par définition, on a
U L
dR
dt
d
dt
U t
L
o p
e
L
t
tp
( ) . = =
|
\

|
.
|

|
\

|
.
|

1 , soit encore
( ) U L U e
o
t
tp
=

.
Or, en R=L, on peut écrire :
( )
( )
L U t e
L Uo t Uo t e
L Uo t Uo t
U L
U
L Uo t tp U N u
o. p
t
tp
p p
t
tp
p p
o
p o L
= −
|
\

|
.
|
|
= −
= −
= − −


.
. . .
. . .
. . .
1
d’où, en vertu des Hypothèse 6 et Hypothèse 7, l’équation suivante :
t
L
N u
p
L
=
.
Par la suite, on applique la même démarche en R=N.L en utilisant l’hypothèse qu’en
R=N.L, U est très inférieur à U
o
.
Dès lors, mathématiquement, on peut écrire, en employant l’équation (1) de l'article de
SHIELD :
U
dR
dt
U e
o
t
tp
= =

.
( ) R N L U t U t e tp U U t U
o p o p
t
tp
o p o
= = − = − ≈

. . . . . . puisque U << U
0
avec l’équation (10), on a donc N. L
L
N. u
.
L
o
= U
A /A21 12
d’où Uo = N
2
.u
L
Des équations (11) et (12) on tire alors aisément l’équation (11) : U
o
.tp = N.L
L’hypothèse U(R=NL)<<Uo n’appelle pas de commentaire particulier dans la mesure où,
d’après les observations des essais -et cela se conçoit effectivement- la vitesse d’expansion
du nuage décroît très rapidement lorsque le nuage a entraîné suffisamment d’air.
Il n’en va pas de même en ce qui concerne l’application de l’équation (1) qui décrit
l’évolution du rayon du nuage en fonction du temps R U . tp 1 e
o
t
tp
= −
|
\

|
.
|
|

, puisque, en
toute rigueur, cette équation n’est valable que tant que R reste inférieur ou de l’ordre de L.
Néanmoins, dans la mesure où la vitesse d’expansion du nuage décroît très rapidement au
cours de la phase 3 de la vitesse d’expansion du nuage, les rayons calculés par les équations
(1) et (2) restent, en toute logique, d’un même ordre de grandeur.
Cette dernière remarque est d’autant plus relative que lors des essais de BLEVE de
réservoirs cylindres de GPL conduit par British Gas, le nuage n’était pas parfaitement
hémisphérique et que l'on est donc bien conduit à raisonner en ordre de grandeur.
C’est ainsi que l’emploi de l’équation (2) en R = N.L peut à priori être envisagé en vue
d’estimer un temps caractéristique d’expansion du nuage.
Le TRC a communiqué à l’INERIS une comparaison entre le temps caractéristique de
développement du nuage dans les directions verticale et horizontale, par rapport à la valeur
calculée par emploi du modèle.
Essais Valeurs expérimentales
de tp (s)
Valeurs calculées de tp
(s)
Direction verticale Direction horizontale
1 0,22 0,07 0,1
2 0,22 Observation impossible 0,07
3 0,14 Développement de la
boule de feu afin la fin de
l’expansion du nuage
0,08
4 0,22 0,07 0,09
5 0,13 0,07 0,09
Les résultats présentés dans ce tableau montrent que les ordres de grandeurs des valeurs de
temps calculées correspondent bien aux valeurs de temps observées.
A /A21 13
La remarque affichée pour l’essai n°2, selon laquelle le développement de la boule de feu a
débuté avant la fin de la phase d’expansion du nuage, rappelle qu'il s’agit effectivement
d’un modèle permettant une représentation simplifiée de la réalité et qu’il convient bien,
faute de mieux, de raisonner en ordre de grandeur.
Phase d'entraînement d’air
Le travail de détente Ew de la fraction de liquide qui se vaporise quasi-instantanément à
l’atmosphère est approximée par :
E
M. Po
W
= α β
ρ
. .
v0
P
0
est la pression atmosphérique, et ρ
v0
est la masse volumique de la phase vapeur aux
conditions de saturation à P
0
.
Il faut préciser ici que cette égalité n'est qu'une approximation valable pour des produits
pour lesquels la masse volumique de la vapeur saturée dépend relativement peu de la
pression, donc, d'après le TRC, les GPL. Cette expression mérite ainsi une explication
puisqu'elle ne fait pas apparaître explicitement la pression du stockage à la rupture.
Cette expression est ainsi obtenue en écrivant que l’énergie libérée par la détente à la
pression atmosphérique est, par définition :
u u h h d Pv
f i f i
i
f
− = − −

( )
où les indices i et f se référent aux états initiaux et finaux, définis respectivement pour le
liquide stocké à la pression P et à l’état dans lequel une partie du liquide est vaporisé et
détendu à la pression atmosphérique Po.
u est énergie interne par unité de masse et v est le volume massique.
Si l'on calcule l'intégrale sur un chemin de vaporisation à pression constante puis la détente
isentropique de la phase vapeur assimilée à un gaz parfait (pour lequel P.V
γ
= constante), de
P à P
0
, on peut écrire :
d Pv d Pv d Pv
i
f
liquide gaz à P gaz à P
gaz à P
( ) ( ) ( )

=

+


0
or d Pv P v v P v
liquide gaz à P
vapeur liquide vapeur
( ) .( ) .


≈ − ≈
et −

≈ − d pv P v P v
gaz à P
gaz à P
( ) . .
0
0 0
avec P
0
.v
0
γ
=P.v
γ
A /A21 14
d'où u u h h P v
f i f i
− = − +
0 0
.
Dès lors il est possible d'étendre le raisonnement précédent à l’ensemble du liquide contenu
dans le réservoir, pour autant que l’on puisse négliger la variation du volume massique avec
la pression, ce qui est le cas des GPL :
Hypothèse 8 : Il est possible de négliger la variation du volume massique des GPL
considérés avec la pression.
Alors, si l’on considère l’hypothèse suivante :
Hypothèse 9 : La vaporisation du liquide est isenthalpique
Alors Hf = Hi (où H est l’enthalpie totale du système), on est bien conduit à l’équation
(13).
L'INERIS souligne ici qu’il ne faut pas déduire de cette équation que l’énergie libérée
lors de la vaporisation quasi instantanée du liquide, de la pression à la rupture à la
pression atmosphérique Po, ne dépend pas de la pression de rupture.
On rappelle en effet le taux de flash β sera d’autant plus important que la pression la
rupture sera élevée.
Il s'agit ensuite d'évaluer la quantité d'air entraînée dans la détente. Pour cela SHIELD fait
l'hypothèse suivante :
Hypothèse 10 : L’énergie emportée par l’ordre de souffle due à la vaporisation quasi
instantanée de la phase liquide est très inférieure à celle emmagasinée
dans le nuage turbulent.
Cette hypothèse est posée par SHIELD d’après l’observation des résultats expérimentaux
par exploitation des signaux de surpression enregistrés.
L'énergie cinétique turbulente d’un nuage composé d’une masse M de produit et M
a
d’air
entraîné formant des tourbillons de dimension caractéristique L, est (M+M
a
).u
L
2
.
D’après l’hypothèse précédente, on a :
α β
ρ
. .
.
( ) /
M P
M M u
v
a L
0
0
2
= +
A /A21 15
D’où, en utilisant l’équation de définition de la dimension caractéristique L :
M L
P
u
a
L
v
=
|
\

|
.
|
|

|
\

|
.
|

¸

(
¸
(
(
3 0
2
0
.
ρ
αβ
Dans le membre de droite de cette dernière équation toutes les grandeurs sont connues à
l'exclusion de u
L
.
En outre, cette expression montre que, dans certains cas, la quantité d’air entraînée peut
être insuffisante pour une combustion complète du produit rejeté. Il conviendra donc de le
vérifier dans chaque cas.
Il est clair qu'il est n'est pas possible de fermer les équations de la turbulence de manière
théorique, et SHIELD fait l'hypothèse empirique suivante :
Hypothèse 11 : La vitesse turbulente u
L
peut être exprimée par une corrélation
expérimentale en fonction du nombre adimensionnel
ρ
ρ ρ
a
vT v
2
0
.
, du
taux de remplissage α et de la fraction vaporisée instantanément β :
( ) u
L
a
vT v
=
|
\

|
.
|
|
39 85
2
0
1 9
1 9
, .
.
. .
/
/
ρ
ρ ρ
α β
où ρ
vT
est la densité de vapeur à pression et température ambiante
(kg/m
3
) et ρ
a
est la densité de l’air aux conditions ambiante (kg/m
3
).
La température T du mélange formé par le produit relâché et l'air entraîné est donnée par :
M
a
.Cp
a
.(T
a
- T) = α.β.M.Cp
v
.(T - T
o
)
où Cp
a
est la capacité calorifique à pression constante de l’air (J/kg.K),
T
a
est la température de l’air (K),
Cp
v
est la capacité calorifique à pression constante de la vapeur (J/kg/K),
T
o
est à température de saturation de la vapeur à P
o
(K).
Le volume total du nuage, V
c
, est alors de l’ordre de :
V
c
= V
a
+ L
3
+ α.(1 - β).M/ρ
10
A /A21 16
où ρ
10
est la densité du liquide à la pression ambiante (kg/m
3
).
Si l’on assimile le nuage à une sphère de rayon N.L (voir Hypothèse 3), alors on peut
écrire :
4
3
1
3 3 3
0
.
. .
. ( ). π α β
ρ
N L V L
M
a
l
= + +

D'où :
N
P
u
a L
v
a
v
l
= − + +

¸

(
¸
(
(
(
(
0
2
0 0
0
1 3
4
3
4
3
1
4
3
1
4
3
.
. .
.
. . .
.
( ).
.
. .
/
π
ρ
ρ
π
α β ρ
π
β ρ
π
β ρ
Cette dernière équation relie N à u
L
, ce qui permet notamment de calculer la masse
d'air entraînée et le volume du nuage formé.
Diamètre de la boule de feu
Hypothèse 12 : Alors que la boule de feu se développe, seule la fraction de liquide
vaporisés lors de sa détente à la pression atmosphérique est
consumée.
On a alors, en négligeant le rayonnement thermique de la boule lors de son expansion :
α.β.M.h
c
= (α.β.M.c
pv
+ M
a
.C
pa
).(T
c
- T)
où h
c
est le pouvoir calorifique supérieur du produit (J/kg),
Tc est la température moyenne de la boule de feu à sa taille maximale (K).
On précise que l'hypothèse qui consiste à négliger le rayonnement de la boule de feu est
vérifiée a posteriori : l'énergie dégagée par la combustion de la phase gazeuse sert donc
bien principalement à échauffer les gouttelettes et l'air entraîné.
A /A21 17
Hypothèse 13 : La boule de feu formée est assimilée à un corps noir.
L'INERIS souligne que cette hypothèse a un caractère majorant dans la mesure où la boule
de feu comportera des zones plus sombres dues notamment à la présence de suies.
L’émissivité SEP peut alors être évaluée par :
SEP = σ.T
c
4
(kW/m
2
) (26)
où σ est la constante de Boltzmann.
On en déduit la température Tc de la boule de feu :
T =
hc
C
c
pv
+

|
\

|
.
|
|
|
|
+
C
P
u
T
pa
v L
.
.
.
0
0
2
1
ρ
α β
Hypothèse 14 : Les gaz composants la boule de feu se comportent comme des gaz
parfaits.
Cette hypothèse, classiquement effectuée faute de mieux, n'appelle pas de commentaire
particulier.
Le volume de la boule de feu peut être exprimé par :
V
f
= = V
c
.f
1
.(T
c
/T
o
)
où f
1
est un coefficient présentant le rapport de volumes des produits de combustion
au produit consommés, à température constante.
On notera, que si l’on assimile la boule de feu à une sphère de diamètre D
f
, D
f
est
proportionnel à (αβ)
5/27
M
1/3
et ne dépend donc pas de u
L
.
Durée de vie de la boule de feu
SHIELD a développé son modèle en vue de tenir compte de l'évolution, au cours du temps,
de l’émissivité de la boule de feu formée.
A /A21 18
SHIELD note ainsi que la durée de vie de la boule de feu est fixée par la durée de
combustion des gouttelettes.
En l’absence de données éprouvées, SHIELD suggère ainsi d’évaluer une taille de gouttes
représentative des gouttes les plus grosses susceptibles d’être formées. Ce sont en effet les
gouttes de diamètres les plus importants qui brûlent le plus longtemps.
En définitive, pour les produits qu’il considère, SHIELD retient l'hypothèse semi-empirique
suivante :
Hypothèse 15 : Le diamètre des gouttes formées D est proportionnel à :
σ
ρ
ε
|
\

|
.
|
0
0 4
,6
,
.
où ε est le taux de dissipation d’énergie cinétique par unité de masse,
avec ε =
u
L
L
3
(m
2
/s
3
)
Cette hypothèse est retenue d'après des considérations qualitatives sur le nombre de
WEBER critique (conformément à LEFEVRE), employées relativement classiquement
pour des calculs de formation d'aérosols en dispersion atmosphérique.
En définitive, d'après les résultats expérimentaux obtenus, SHIELD retient l'expression
suivante :
Hypothèse 16 : Un diamètre caractéristique des gouttelettes peut être évalué par
( )
D = 2,8.
2/15
α β
σ
ρ
β ε . . . . .
/
,6
,
1 6
0
3
0 4
VO
N
|
\

|
.
|

(m)
L'INERIS souligne qu'en réalité il existe une distribution de taille des gouttes formée.
L'hypothèse précédente n'est donc à considérer que faute de mieux.
Pour la durée t
comb
de combustion d’une gouttelette de diamètre D, SHIELD retient la
corrélation proposée par LEFEVRE.
En pratique, la variation de température, au cours du temps, de la boule de feu, n’est pas
calculable. SHIELD retient donc en définitive une approche semi-empirique comportant les
étapes suivantes :
- La phase d’inflammation du nuage et de développement de la boule de feu
jusqu'à son diamètre maximal, ou phase d'expansion.
- La phase de combustion de la boule de feu.
- La phase d'extinction.
A /A21 19
Pour caractériser chacune de ces phases, SHIELD table sur les hypothèses semi-empiriques
suivantes :
Phase d'expansion :
Hypothèse 17 : De l’inflammation à la création d’une boule de feu à son diamètre
maximal, son rayon et son émissivité sont supposés croître
linéairement avec le temps jusqu'à leur valeur maximale.
Phase de combustion :
Hypothèse 18 : La durée de vie de la boule de feu, de son inflammation au début de
son extinction est égale à la durée de vie des gouttelettes.
Hypothèse 19 : Durant cette phase, la vitesse d'ascension de la boule de feu est
constante, de l'ordre de u’/2.
Cette hypothèse est tirée des résultats expérimentaux et n'appelle, à ce titre, pas d'autres
commentaires que ceux associées à l'Hypothèse 2.
L'absence d'accélération verticale ascendante notable s'explique dans la mesure où la boule
de feu n'a pas le temps d'accélérer au cours de la durée de vie -relativement brève- du
phénomène.
Hypothèse 20 : La boule de feu conserve une taille constante lors de son ascension.
Hypothèse 21 : La température de la boule de feu est supposée décroître linéairement
entre sa valeur maximale et sa valeur en début d’extinction.
Hypothèse 22 : La température finale est supposé ne pas pouvoir être inférieure à
0,88 fois la température maximale.
Phase d'extinction :
Hypothèse 23 : L’extinction de la boule de feu est supposée complète lorsque les
dernières gouttes qui se sont enflammées, alors que la boule de feu
était à sa température maximale (fin de la phase d'expansion), sont
consumées.
Hypothèse 24 : Lors de la phase d'extinction, le diamètre de la boule de feu est
supposé décroître linéairement avec le temps.
A /A21 20
Cette dernière hypothèse revient à considérer qu'au début de la phase d'extinction les
gouttelettes qui se sont enflammées dès le début du phénomène sont alors consumées.
Hypothèse 25 : L'émittance de la boule de feu est considérée, de manière prudente,
constante.
Par comparaison avec les résultats expérimentaux de British Gas, cette hypothèse est
majorante.
Hypothèse 26 : La boule de feu ne s'élève plus.
Conclusion
L'analyse du modèle TRC effectuée par l'INERIS lui a permis de mettre en lumière
qu'aucune des hypothèses retenues ne paraît a priori, en tant que telle, infondée, même si,
parfois, les limites d'application de quelques unes d'entre elles ne se trouvent pas définies
avec précision.
Toutefois, il n'est pas possible de pousser plus avant l'analyse dans la mesure où il y a lieu
d'escompter que certains effets de ces hypothèses puissent en compenser d'autres, ou au
contraire, s'additionner à eux.
C’est ainsi qu’en définitive, il convient bien, de l'avis de l'INERIS, de tester la cohérence
globale du modèle proposé par le TRC, par une démarche d’évaluation globale, ce à quoi
l'INERIS s'est attaché dans le corps du texte.
A /A21 21
Annexe D :
Exemple de calcul d’un BLEVE de propane par le
modèle T.R.C.
Ce document n'est pas disponible sous forme informatique.

Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

Le BLEVE,
Phénoménologie et modélisation des effets thermiques

INERIS

DIRECTION DES RISQUES ACCIDENTELS

Septembre 2002

Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

Version 1 du 20/09/02

1/116

Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Répertoire des modifications Révision Version 1 Relecture Septembre 2002 Application Octobre 2002 Modifications Création du document Version 1 du 20/09/02 2/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. .

Il s’agit de données et informations en vigueur à la date de l’édition du document. réglementaire ou normatif applicable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. . Il n’a en aucun cas pour objectif de se substituer au pouvoir de décision du ou des gestionnaire(s) du risque ou d’être partie prenante. le 20 septembre 2002. au vu du cadre légal. Le présent document comprend des propositions ou recommandations.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 PREAMBULE Le présent document a été établi : au vu des données scientifiques et techniques disponibles ayant fait l’objet d’une publication reconnue ou d’un consensus entre experts. Version 1 du 20/09/02 3/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

.........1 1...................... 13 Conclusions sur le retour d'expérience ........................................................................................... 6 Domaine d’application .......................................... ............................................................................................................................................ 27 L’essai du B.......................................E...V....F................................................1 2. 33 Conclusions...................................... 56 Version 1 du 20/09/02 4/116 Le présent document forme un ensemble indissociable......................5 3..6 RESULTATS EXPÉRIMENTAUX 18 Essais du N............... 56 Flux thermiques ...........2 4..A............................ 41 Premiers éléments de définition....A...................................................................................................... .............................................. Caractéristiques de la boule de feu .............................................................................................................................................................2 2.............................................................................................................P............... 7 2 2...... 10 Accidents recensés dans la base ARIA du BARPI ....................... 8 Bleve ayant donné matière à la formation d'une boule de feu.................................................3 4...................2 MODÉLISATION DES EFFETS THERMIQUES D’UN BLEVE 56 Etapes de la démarche................................................3 2...............4 OBJECTIF ET DOMAINE D’APPLICATION 6 Contexte général .... 24 Les essais de BRITISH GAS .......................................1 5..........M............................ 49 Conclusions...................................................................4 3. 39 4 4....................2 3....................................2 1.................... 43 Comparaison des BLEVE "froids" et "chauds" .....3 1.........................................3 3............................... 6 Objectifs.........1 4...................................................................................................................................................................................................... Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.....................................................Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 TABLE DES MATIERES 1 1......................5 THÉORIE DU BLEVE 41 Rappel : température limite de surchauffe...... 7 Plan retenu ..................................... 42 Les différents types de BLEVE.......I................................... 21 Projet communautaire J............................................ 55 5 5.....................1 3............................................................................... 16 3 3........................4 4.....4 EXEMPLES DE BLEVE – RETOUR D’EXPÉRIENCE 8 Bleve sans boule de feu .................................... 18 Essais à moyenne échelle de BIRCK et al..............................................................................

...............................................3 Modélisations des effets thermiques d'un BLEVE... .. 71 6 7 8 9 10 PRÉVENTION DU BLEVE CONCLUSIONS GLOSSAIRE BIBLIOGRAPHIE LISTE DES ANNEXES 107 110 112 113 116 Version 1 du 20/09/02 5/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.....Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5...... Il ne peut être utilisé que de manière intégrale....

Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

1 OBJECTIF ET DOMAINE D’APPLICATION
1.1 CONTEXTE GENERAL
Depuis l’année 2000, le Ministère en charge de l’Environnement (anciennement Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement devenu Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable) finance un programme d’études et de recherches, intitulé « Recueil des méthodes utilisées à l’INERIS dans le domaine des risques accidentels » (DRA-006). L’objet de ce programme est de réaliser un recueil global formalisant l’expertise de l’INERIS dans le domaine des risques accidentels. Ce recueil sera constitué de différents rapports consacrés aux thèmes suivants : • • • les phénomènes physiques impliqués en situation accidentelle (incendie, explosion, BLEVE…) l’analyse et la maîtrise des risques, les aspects méthodologiques pour la réalisation de prestations réglementaires (étude de dangers, analyse critique..)

Chacun de ces documents reçoit un identifiant propre du type « Ω-X » afin de faciliter le suivi des différentes versions éventuelles du document. In fine, ces documents décrivant les méthodes pour l’évaluation et la prévention des risques accidentels, constitueront un recueil des méthodes de travail de l’INERIS dans le domaine des risques accidentels.

1.2 OBJECTIFS
L’objet du présent document est de présenter une synthèse de l’état des connaissances sur le risque de BLEVE pouvant survenir dans capacités de stockage de gaz liquéfiés. Le BLEVE (acronyme de Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion), peut-être défini en première approche comme une vaporisation violente à caractère explosif consécutive à la rupture d’un réservoir contenant un liquide à une température significativement supérieure à sa température normale d’ébullition à la pression atmosphérique. L’objectif de ce document est de : dégager, sur la base d’accidents passés et de différents essais instrumentés, une typologie et une théorie du phénomène de BLEVE, présenter une synthèse de quelques modèles disponibles pour décrire les effets thermiques engendré par un BLEVE, en comparant des simulations à des résultats d’essais et au retour d’expérience d’accidents passés, ouvrir quelques pistes pour la prévention du BLEVE.

-

Version 1 du 20/09/02

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Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

1.3 DOMAINE D’APPLICATION
Tous les stockages de gaz liquéfiés sous pression sont susceptibles d’être le siège d’un BLEVE. En effet, le BLEVE est associé avant tout à un changement d’état à caractère explosif, et non à une réaction de combustion comme c’est le cas des explosions de nuages de gaz. Ainsi, il n’est pas nécessaire que le produit concerné soit inflammable pour parler de BLEVE. Toutefois, comme le montre l’accidentologie, cette dernière caractéristique présente généralement un caractère aggravant. Les effets d’un BLEVE sur l’environnement se manifestent généralement de trois manières : la propagation d’une onde de surpression, la projection de fragments à des distances parfois très importantes, et, dans le cas d’un BLEVE de liquide inflammable, la formation d’une boule de feu dont le rayonnement thermique peut devenir prépondérant en terme de conséquences.

Dans ce rapport, seule la modélisation des effets thermiques des BLEVE d’hydrocarbures sera abordée. Les effets de pression et de projection de fragments feront l’objet d’un autre rapport spécifique. De même, les effets liés à un éventuel caractère toxique des produits susceptibles de donner matière à un BLEVE ne seront pas abordés dans la présente étude.

1.4 PLAN RETENU
Le présent rapport est divisé en dix chapitres. Après ce premier chapitre présentant brièvement les objectifs de cette étude, le deuxième chapitre est dédié à l’accidentologie du BLEVE et au retour d’expérience, le troisième chapitre présente quelques résultats d’essais de BLEVE à moyenne et grande échelle, le quatrième chapitre tente d’exposer la théorie du BLEVE, le cinquième chapitre propose quelques modélisations de BLEVE d’hydrocarbures, en s’attachant à décrire les effets thermiques, le sixième chapitre ouvre quelques pistes pour la prévention du BLEVE, le septième chapitre regroupe les principales conclusions de l’étude.

Dans les trois chapitres restant sont regroupés un glossaire des principales abréviations utilisées, une bibliographie et une liste d’annexes.

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Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

2 EXEMPLES DE BLEVE – RETOUR D’EXPERIENCE
Ce chapitre présente, en premier lieu, divers accidents ayant conduit à des BLEVE en l'absence d'incendie. Dans un second temps, sont exposés des cas ayant impliqué des liquides inflammables et donné matière à l'apparition de boules de feu (C.C.P.S., 1994). Dans une troisième partie enfin, l'INERIS présente les résultats de l'interrogation du BARPI (Bureau d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles) relativement au phénomène de BLEVE.

2.1 BLEVE SANS BOULE DE FEU
2.1.1 DEFAILLANCE D'UN WAGON CONTENANT DU DIOXYDE DE CARBONE (HALTERN, RFA, 02/09/1976)
EX-

Un wagon rempli à 90 %, contenant quelques 231 tonnes de CO2, a explosé. Le contenu du wagon était à une pression de 7 bar et à une température de -15°C. Peu avant l'explosion, il aurait été observé que le wagon évacuait du dioxyde de carbone par sa soupape de sécurité. Il n'est pas clairement établi si l'explosion s'est produite avant ou après une collision avec d'autres wagons. Des fragments du réservoir ont été retrouvés à des distances supérieures à 360 mètres du lieu de l'accident. D'autre part, trois autres wagons vides situés trois voies plus loin ont été soufflés par l'explosion et ont ainsi déraillé. Une personne fut tuée dans l'accident. L'analyse post-accidentelle d'un fragment aurait indiqué que la rupture de la citerne a été de type fragile. 2.1.2 EXPLOSION D'UN RESERVOIR DE STOCKAGE (REPCELAK, HONGRIE, 02/01/1969)
DE DIOXYDE DE CARBONE LIQUIDE

Cet accident s'est produit dans une centrale de production de dioxyde de carbone. Ce produit était liquéfié et refroidi par l'intermédiaire d'un circuit de réfrigération à l'ammoniac puis stocké dans des réservoirs sous une pression de 15 bars et à une température de l'ordre de 30°C. L'installation comportait trois réservoirs de stockage situés approximativement à 15 mètres du bâtiment de production. Les conditions de l'accident furent les suivantes (le lecteur se rapportera à la figure 1 ciaprès) : à 1h50, le remplissage d'un réservoir (C), avec le dioxyde de carbone produit débute, et à 2h24, pendant le remplissage, le réservoir explose, suivi, quelques instants plus tard, de l'explosion d'un autre réservoir (D). Ces deux explosions produisent l'arrachement du réservoir (A) de ces fondations et sa perforation par l'un de ses supports, provoquant ainsi, dans son flan, une brèche dont la surface fut estimée à environ 90 cm2 . Le rejet de CO2 par cette brèche entraîne, par réaction, la mise en mouvement du réservoir à travers l'installation (effet fusée) provoquant ainsi la mort de cinq personnes.

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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

Organisation de la centrale avant l'explosion 12348Batiment de purification Laboratoire de procédé Unité de remplissage Magasin Aire de stockage de dioxyde de carbone Figure 1 : Site de production de CO2 de REPCELAK 2. Une quinzaine de personnes furent blessées. 30/05/1970) DE L'OXYGENE LIQUIDE Un camion citerne est rempli de 14 tonnes d'oxygène liquide. projetés dans toutes les directions. La cause la plus probable retenue pour cet incident est un sur-remplissage dû à une défaillance du système de jauge (vraisemblablement le gel du détecteur de niveau). dont certaines ont subi des gelures partielles.9 tonnes au réservoir d'un hôpital.1.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Des fragments. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. puis. . dans l'atmosphère très enrichie en Version 1 du 20/09/02 9/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.3 EXPLOSION D'UN CAMION CITERNE CONTENANT (BROOKLYN. Par ailleurs. provoquèrent la mort de 4 personnes supplémentaires et atterrirent à plus de 400 mètres. il semblerait que le matériau de fabrication de plusieurs cuves n'était pas adapté aux faibles températures. Un fragment de 1000 kg fut notamment projeté à plus de 250 mètres. USA. La citerne se rompt soudainement et un incendie très violent se développe autour du camion. Il stationne ainsi chargé pendant toute une nuit. NEW YORK. le lendemain. est utilisé pour effectuer une livraison de 1. Après la livraison le conducteur débranche les tuyaux destinés à la livraison et commence à manœuvrer son camion.

les opérateurs s'enfuient et déclenchent l'alarme. et 24 autres personnes sont blessées par des éclats de verre ainsi que par les effets directs du BLEVE. La boule de feu qui en résulte atteint une hauteur de plusieurs centaines de mètres. un opérateur ouvre successivement deux vannes dans le bas d'un réservoir de stockage de propane. qui gèle en position ouverte. et du propane s'échappe en grande quantité. Quatre pompiers et deux policiers sont légèrement blessés pendant l’intervention des secours. Les trois opérateurs présents tentent. Grâce à une évacuation rapide. vraisemblablement par des étincelles produites lors du déraillement de l'un des wagons. . de cette raffinerie était constituée de quatre sphères de propane de 1200 m3.2 BLEVE DANS UNE INSTALLATION (FEYZIN. Des fragments sont retrouvés à des distances supérieures à 500 mètres. étaient situés à une distance de 450 mètres de la raffinerie. 2. Version 1 du 20/09/02 10/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. et à environ 300 mètres des premières maisons du village de Feyzin (fig.2. Ne pouvant fermer cette dernière vanne.P. 2). Il se produit ensuite pendant deux heures des explosions successives. ainsi que deux réservoirs cylindriques horizontaux contenant du propane pour l'un et du butane pour l'autre. L'incendie perdure plus de 56 heures. Le chauffeur et un gardien sont mortellement atteints.1 BLEVE DE WAGONS (CRESCENT CITY.L. il n'y eut aucun mort. USA. DANS UNE RAFFINERIE L'installation de stockage de G. Une heure plus tard un wagon explose. Ils n'essayent pas d'emblée de fermer la vanne la plus éloignée du réservoir. 04/01/1966) DE STOCKAGE DE G. Cependant. rejeté est enflammé.P. de fermer la vanne amont. 2. ce qui permet d'envisager que la montée en pression fut très rapide. ainsi que d'importants dégâts matériels. Il paraît ainsi probable que l'accident ait eu pour causes une série de réactions chimiques qui auraient déclenché une violente oxydation exothermique de l'aluminium composant la citerne. Le bouchon de glace qui s'était vraisemblablement formé lors de la première ouverture disparaît. il ne respecte pas l'ordre d'ouverture de ces vannes : il ouvre d'abord la vanne la plus éloignée du réservoir. On observe des bris de vitres à plus de 180 mètres.P. Aucun fluide ne coulant. Le G. probablement pour cause de gel. puis tente de réguler le débit avec la vanne située en amont. mais 66 blessés sont dénombrés. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Les réservoirs de G.L. Plusieurs bâtiments prennent feu. quatre sphères de butane de 2000 m3.L.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 oxygène. ILLINOIS.L. Pour un prélèvement d'échantillons dans un des réservoirs.2 BLEVE AYANT DONNE MATIERE A LA FORMATION D'UNE BOULE DE FEU 2. Les soupapes de sécurité de plusieurs autres wagons s'ouvrent et rejettent ainsi du G. il ouvre plus largement la vanne. FRANCE.P. Les investigations qui suivirent suggérèrent que la rupture complète du réservoir s'était propagée en moins d'une seconde. 21/06/1970) Un groupe de 15 wagons dont 9 remplis de gaz de pétrole liquéfié (propane) déraille. sans succès.P.2.L.

une voiture entre dans le nuage de gaz et en provoque l’inflammation. est mortellement brûlé. entretenant ainsi l'incendie.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Un nuage de gaz d'environ 1 mètre de hauteur se forme au dessus de l'autoroute voisine. Bien que la route ait été fermée au signal d'alerte.P. Le réservoir d'où s'échappe le propane explose alors violemment et des fragments sont projetés aux alentours. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. et provoque la rupture des canalisations d'une troisième sphère qui se vidange. L'accident causa 18 morts et 84 blessés. Destruction Endommagé Voie ferrée Autoroute` Réservoirs de GPL Réservoir de fuel Réservoirs de Pétrole Disposition du site de stockage de Feyzin Figure 2 : Disposition du site de stockage de G. Le village de Feyzin. Quelques instants plus tard. de FEYZIN Version 1 du 20/09/02 11/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. des missiles sont projetés jusqu'à 800 mètres. . et le feu remonte jusqu'à la sphère d'où le propane s'échappe. distant d’environ 400 mètres est touché par les ondes de surpression successives. une seconde sphère explose. Le conducteur. Au total 11 réservoirs sont détruits. et commence à refroidir les réservoirs voisins à l'aide d'eau. Une équipe de secours de près de 160 hommes tente alors d'éteindre l'incendie. Trois sphères de butane s'ouvrent sans donner matière à un BLEVE.L. sorti de sa voiture. principalement lors du premier BLEVE.

et 39000 personnes évacuées. 1994). la sphère donne matière à un BLEVE. Il n'est pas établi que les effets de surpressions furent importants. engendrant la formation d'une boule de feu (d'un diamètre évalué.C. Lorsque la hauteur du nuage atteint une hauteur visible d'environ deux mètres.4 SUCCESSION 30/05/1978) DE BLEVE DANS UNE RAFFINERIE (TEXAS CITY. Lors d'une phase de remplissage d'un réservoir. En définitive. toutes les personnes furent tuées ou blessées.S. Dans un rayon de 300 mètres. 5 à 10 minutes après le début de la fuite. Seulement 4 des 48 cylindres demeurèrent dans leur position initiale. Les sphères plus grosses restèrent intactes. Le sur-remplissage d'un réservoir sphérique d'isobutane d'une capacité de 800 m3. Les secours mobilisèrent de l'ordre de 4000 personnes.2. bien que leur supportage fût brisé. Des fragments de sphères furent retrouvés à plus de 600 mètres et 12 parties de réservoirs cylindriques horizontaux furent projetées. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.P. de deux sphères de 2400 m3 de volume unitaire et de 48 réservoirs cylindriques horizontaux de diverses capacités. Au moment de l'accident.P. son inflammation entraîne leur destruction.. Le nuage est enflammé par une source non identifiée et un feu de type chalumeau se forme à la fuite. bien qu'il fût rapporté que des vitres aient été brisées à 3. considérables (C. (mélange 80 % butane. (SAN JUAN Le site de stockage était constitué de 4 sphères de G.P.5 km du site. par effet domino. 2. .L. Quelques minutes après l'inflammation du nuage. une canalisation de 8 pouces (200 mm de diamètre) sous 24 bar se rompt. La soupape de cette sphère est propulsée à quelques 500 mètres. se trouvant à proximité du premier réservoir ayant explosé. contenant un mélange de butane-butylène. MEXIQUE. USA. à des distances pouvant atteindre 1200 mètres. les quatre petites sphères furent détruites. Moins d'une minute après. il s'enflamme.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 2. Cet accident causa au total le décès de plus de 500 personnes. Le sur-remplissage fut vraisemblablement causé par une défaillance du système de jauge.2. 20 % propane) d'un volume unitaire de 1600 m3. sans certitude. puis 20 minutes plus tard. Les dommages causés par ces projectiles sont. Il y eut environ 7000 blessés. d'autres BLEVE. MEXICO. dont l'un est projeté à plus de 80 mètres. 19/11/1984) STOCKAGE DE G. deux des plus petites sphères donnent matière à des BLEVE. par "effet fusée". à 350 ou 400 mètres) ainsi que l'éjection d'un ou deux réservoirs cylindriques. étaient stockés sur le site. La boule de feu est moins intense que la première et d'une taille évaluée à environ 335x200 m2. approximativement 11000 à 12000 m3 de G.3 SERIE DE BLEVE SUR UNE INSTALLATION DE IXHUATEPEC.L. sur une torchère située à quelques 120 à 150 mètres du lieu du rejet. TEXAS. Les effets thermiques et l'éjection de fragments entraînent. Elle se fracture en trois morceaux principaux.P.L. Plusieurs BLEVE de petits réservoirs se produisent ensuite. Le nuage inflammable ayant vraisemblablement pénétré dans des maisons. une autre explosion survient. provoque sa fissuration le long d'une ligne de soudure et engendre la perte d'une partie de son contenu. Version 1 du 20/09/02 12/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il s'agit du BLEVE d'une autre sphère de 800 m3 de capacité.

Nous reproduisons intégralement le résultat de cette recherche en annexe A (les cas y sont référencés par leur date d’occurrence). 2. Les résultats de cette recherche appellent. Des dégâts aux immeubles sont observés dans un rayon de 500 m.5 tonnes contre 19. La citerne de GPL est projetée en un seul morceau dans un immeuble distant d’environ 500 m. la police interpelle un camion citerne contenant 18 tonnes de GPL à proximité de la ville de Kamena Vourla. Le chauffeur stationne son véhicule sur le côté de la chaussée. les remarques suivantes : Les accidents recensés couvrent une large plage de conséquences. soit à une distance de 700 à 800 m du lieu de l’explosion. 1996).3 ACCIDENTS RECENSES DANS LA BASE ARIA DU BARPI Pour la présente étude. Cet accident fut la cause de 216 morts et plus de 200 blessés dans un rayon de 125 m (Lees. Consécutivement à une première explosion.6 BLEVE D’UN CAMION CITERNE DE GPL (KAMENA VOURLA. La citerne est fissurée et l'inflammation du rejet gazeux qui se forme entraîne une augmentation de la pression interne et une détérioration des parois de la citerne.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 2. Dans la mesure où le recensement d’accidents couvre près d’une cinquantaine d’années. L’interrogation de cette base a permis de recueillir 74 références d’accidents s’étant produits dans le monde entre 1951 et 2000. L’accident fait quatre morts. démolit sa toiture et atterrit 200 à 300 m plus loin. Peu de temps après. ESPAGNE. il est habituel que la police grecque interdise la circulation des camions sur l’ensemble du réseau routier. dont une personne décapitée par un fragment à 400 m du lieu de l’explosion. de la part de l’INERIS. en termes de gravité. une camionnette vient heurter le camion à l’arrière et provoque une fuite de GPL qui s’enflamme aussitôt. Des personnes situées à 300 m de l’accident sont blessées par brûlures. Des témoins rapportent la formation d’une boule de feu d’environ 100 m de rayon et 150 m de hauteur. 2. l’INERIS a consulté le BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles) qui gère la base de données ARIA. Trente minutes plus tard.5 BLEVE D'UN CAMION DE PROPYLENE AU VOISINAGE D'UN CAMPING (LOS ALFAQUES. De grosses gouttes de GPL liquide en feu pleuvent sur des distances de 300 à 400 m. un BLEVE se produit engendrant notamment une boule de feu. GRECE. un BLEVE se produit. alors qu’un véhicule des pompiers vient prendre position à 5 m de la citerne. 11/07/1978) Un camion transportant 23.2. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. et n'était pas muni d'une soupape. Il est à noter que le camion était rempli d'une quantité de propylène supérieure à la capacité autorisée (soit 23.2.5 tonnes de propylène quitte la route et heurte le muret d'un camping comptant 700 à 800 estivants. De gros fragments sont retrouvés à des distances de 200 à 300 m (le moteur du camion de pompier est retrouvé à 250 m). il convient d’être prudent quant à la projection aujourd’hui de l’analyse des 13/116 - Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable. ayant fait respectivement plus de 500 et 200 victimes. puisqu’ils concernent aussi bien des BLEVE de bouteilles d’aérosols n’ayant entraîné aucune victime. Le camion citerne et le camion de pompiers sont complètement désintégrés. .1 tonnes). que des cas comme ceux de Mexico (19/11/1984) et de Los Alfaques (11/07/1978). La veille du 1er mai. 30/04/1999) A la veille des fêtes légales.

22/03/99. 12/02/74. 30/05/78).Sur-remplissage : 3 cas sur 59 (08/01/57.Incendie extérieur : 6 cas sur 59 (03/12/69.Erreur humaine : 3 cas sur 59 (12/03/59. 02/09/76. les dates des accidents. . 02/12/74. 05/01/80. 22/07/70. 20/10/2000). . les autres n’étant pas forcément des BLEVE ou restant à l’échelle domestique. . 01/04/90). 26/11/80. Ces données sont synthétisées sur le diagramme suivant (fig. matériau non adapté : 1 cas sur 59 (30/05/70). 01/01/73. 01/01/80. 19/10/71. 26/11/76. 11/07/78. 01/01/82. 19/11/84. 21/09/72. 01/01/81.Erreur de conception. 19/05/77.Accident routier : 7 cas sur 59 (02/06/59. 02/01/69. 10/11/79. 19/07/56.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 causes ayant entraîné des BLEVE. la connaissance des phénomènes ayant bien évidemment évolué. le lecteur pourra ainsi se reporter en annexe A pour y trouver des précisions sur chacun d'entre eux) : . . 16/08/81. 16/05/79. Il s’agit pour mémoire des 15 accidents ayant eu lieu les 25/08/76. . 19/06/77). et entre parenthèses. 17/04/74. 03/03/80. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. .Cause inconnue : 13 cas sur 59 (19/07/55. seules 59 ont été retenues. 28/12/95. par causes. la technologie et. 18/11/71. 08/04/98. . 13/07/81. 23/07/84. 31/08/76. 11/01/74. 04/01/66. entre autres. 08/04/79. . 09/02/72. comme suit (on repère. 22/02/78. 20/02/77. 28/05/59. et 24/10/2000 (voir annexe A). 29/04/75. 10/03/95. 20/05/89).Accident ferroviaire : 15 cas sur 59 (01/01/68. 22/03/2000). 06/02/77. 16/05/98. Les cinquante neuf BLEVE restant se répartissent. dans chaque cas. 01/09/75. 25/12/2000). 23/04/77. 21/06/70. Sur les 74 références d’accidents. 08/09/79. 22/06/75. 22/10/56.Rupture de tuyauterie : 8 cas sur 59 (07/07/51. 03/01/58. 30/03/72. . 21/06/82. 05/04/2000. 30/04/99). 25/01/69. 24/09/94. 25/08/94.Accident maritime : 1 cas sur 59 (08/01/80). 21/03/88. .Fuite sur une tuyauterie : 3 cas sur 59 (05/07/73. 3): Version 1 du 20/09/02 14/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

pourrait se trouver en état de surchauffe. 04/01/66.On notera également l’importance des effets dominos. . 29/04/75. de butane. 21/09/72.On notera qu'il n'est pas possible de dresser une liste exhaustive de produits susceptibles de donner matière à un BLEVE. d'oxygène. : Répartition des causes de BLEVE . . 12/03/59. 19/11/84. dans la mesure où rien n'exclut a priori l'éventualité de BLEVE à partir d'un produit liquide stocké à une température supérieure à sa température d'ébullition à la pression atmosphérique. 01/04/90.12/02/74. 30/03/72.La majorité des BLEVE recensés concerne des gaz liquéfiés.Les BLEVE sont des phénomènes susceptibles de se produire rapidement après l'événement originel. 19/11/84). détendu brutalement à la pression atmosphérique. 30/04/99). . 21/06/70. d'ammoniac. On a notamment pu observer des BLEVE de réservoirs de propane. 19/06/77. 04/01/66. 30/05/78.. . de dioxyde de carbone. .La simple lecture des cas pertinents illustre l’importance de l’effet missile qui peut être la cause de décès de personnes à plusieurs centaines de mètres du lieu de l’accident (voir notamment les cas s’étant produits les 02/06/59. 02/01/69. er re fu ur ie . Dans un nombre non négligeable de cas.. 05/07/73. les effets thermiques ou les fragments projetés à la suite d’un premier BLEVE en entraînent d’autres en cascade (voir les cas des 18/01/59. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 19/06/77. et qui. Ils Version 1 du 20/09/02 15/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 25/01/69. 01/09/75.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Répartitions des causes de BLEVE (d'après interrogation de la base ARIA du BARPI) 30 25 répartition (%) 20 15 10 5 0 ie ne ge rie re e n r ur rie té ex ca us e in co er ai sa te ut ai tio m au ro ep ut vi m nn iti ue ie rro ya ar is hu ur uy tu nt m fe m de rt nt co de in ce nc nd pl de rre nt de su su ac de ite ci er e re ci ur ci ac ac pt ru causes Figure 3. Ces temps d'occurrence sont ainsi de l'ordre de la dizaine de minutes dans le cas de l'exposition du réservoir à un flux thermique important. de propylène.

Le 30/05/78 à Texas City.Lorsque le produit mis en œuvre est inflammable (butane. lors de la ruine d'un camion citerne contenant de l'oxygène liquide. au cours duquel un réservoir de stockage de dioxyde de carbone a explosé. Cette onde de choc peut s'accompagner de l'émission de fragments. tels par exemple le dioxyde de carbone et l'oxygène liquide qui ont entraîné des BLEVE.4 CONCLUSIONS SUR LE RETOUR D'EXPERIENCE L'analyse du retour d'expérience permet de tirer quelques traits essentiels quant aux accidents ayant donné matière à des BLEVE : . une citerne d’isobutane de capacité inconnue. 30/05/78. propylène . Nous les synthétisons ci-dessous : . bien sûr. en 1984. le BLEVE d’un wagon de 75 m3 de G.L.Le 19/11/84 à Mexico. en annexe A.. . C'est notamment le cas de l'accident qui s'est produit à Repcelak (Hongrie) en 1969.P. citer l'accident de Mexico (Mexique) qui. le BLEVE peut donner matière à une boule de feu. 22/07/70.Il existe des produits non inflammables. propane. . .P.L. Une boule de feu de 350 à 400 m de diamètre se serait formée.Le 05/07/73 à Kingman.Enfin. le BLEVE d’une sphère de 800 m3 d’isobutane entraîne celui d’une sphère de 800 m3 d’un mélange butane-butylène qui engendre une boule de feu « d’environ 335 x 200 m ».Le 06/02/77 à Boynton Beach. Les caractéristiques essentielles du BLEVE sont alors l'explosion physique et l'onde de choc qui lui est associée.Un feu de torche qui se développe sur un piquage relié à un réservoir et au voisinage de ce dernier.11/07/78). quelques indications sur les tailles de boules de feu sont disponibles dans certains cas. 05/07/73.P. Il faut. entraîna le décès de plus de 500 Version 1 du 20/09/02 16/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.). Vraisemblablement s’agit-il ici d’une surface visible de 335 x 200 m² environ. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.Le 30/04/99.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 peuvent toutefois être moindre. C'est le cas du déraillement de wagons de G. ainsi que celui de New York (Etats Unis) en 1970. le BLEVE d’une citerne routière contenant 18 tonnes de GPL aurait entraîné la formation d’une boule de feu de 100 m de diamètre et de 150 m de hauteur. 2.. est susceptible de provoquer le BLEVE de ce même réservoir (le lecteur se reportera. en feu entraîne la formation d’une boule de feu d'un diamètre évalué entre 45 et 60 m. deux sphères de G. prise dans un incendie donne matière à un BLEVE. .L. à Crescent City (Etats Unis) en 1970. d’après des témoins de l’accident. . notamment en cas de sollicitation mécanique du réservoir. aux cas s'étant produits les 04/11/66. vraisemblablement d’une capacité de 1600 m3 chacune) donnent matière à des BLEVE. Il se serait formé une boule de feu de 100 m de diamètre et visible à plus de 40 km. . . de l'accident de Los Alfaques (Espagne) en 1978. . au cours duquel un camion citerne contenant du propylène donne matière à un BLEVE en entraînant la mort de plus de plus de 200 campeurs. (mélange 80% butane / 20% propane. à Kamena Vourla.

Lorsque. • accident ferroviaire. On distingue notamment : • fuite sur une tuyauterie. • incendie extérieur. . notamment en cas de sollicitation mécanique du réservoir. Ils peuvent toutefois être moindres. localement.Les causes identifiées de BLEVE sont multiples. . • sur-remplissage. • accident maritime. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.Les fragments peuvent impacter le sol à plusieurs centaines de mètres du lieu de l'accident (lors de l'accident de Mexico des fragments furent retrouvés à plus de 1200 mètres du lieu de l'accident . . • accident routier. . en engendrer d'autres.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 personnes au voisinage d'un dépôt de G.Le BLEVE n'est en aucune façon un phénomène retardé. • rupture de tuyauterie. . Version 1 du 20/09/02 17/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. à Kamena Vourla. une citerne routière fut projetée à 800 m du lieu de l’explosion). C'est ce type de BLEVE qui s'avère le plus meurtrier.L. Un BLEVE peut. • erreur humaine. Les temps d'occurrence sont ainsi de l'ordre de la dizaine de minutes dans le cas de l'exposition du réservoir à un flux thermique important. par synergie d'accident. un BLEVE peut s'ensuivre. matériau non adapté. un jet enflammé vient impacter un réservoir. • erreur de conception.P. si l'extinction du jet n'est pas assurée dans un délai très bref.

.F. La surpression s’est échappée par une brèche Apparition d’une onde de choc significative (voir texte). Le réservoir n’était pas équipé d’une soupape. ou à des jets enflammés de propane (liquide ou gazeux). qui ont fait l’objet d’un film produit par le N. le pressostat satura à partir de 82 bar).9 m3 de capacité unitaire. 1993).A.P. et d’une boule de feu d’environ 65 m de diamètre Observations 4 5 6 40 40 50 Pas de rupture Pas de rupture 12 195 Tableau 1 : Principaux résultats des essais effectués par le N.1 ESSAIS DU N. Lorsqu’il explosa (pression interne inconnue. Divers taux de remplissage de réservoirs ont été étudiés..Pour le test n° 1.F.A.P.F. (National Fire Protection Association) a réalisé une série de six tests de BLEVE à partir de réservoirs cylindriques horizontaux. le N. remplis de propane (Mehlem et al.P. et d’une boule de feu d’environ 60 m de diamètre Fonctionnement correct de la soupape de sécurité (rejet monophasique) Fonctionnement correct de la soupape de sécurité (rejet monophasique) Apparition d’une onde de choc significative (voir texte). En 1993. Ces tests.A. Des mesures de surpression ont été effectuées dans deux directions différentes. les directions dans lesquelles ont été effectuées ces mesures ne sont pas mentionnées clairement.A. Aucune boule de feu ne fut observée.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 3 RESULTATS EXPERIMENTAUX 3. Dans la référence analysée. le jet enflammé de propane gazeux touchait le réservoir légèrement audessus du niveau de la phase liquide.P. Ce tableau s’assortit des commentaires suivants : . à 15 et 46 m du réservoir. ont consisté à exposer des réservoirs à des feux de flaques. le réservoir ne contenait plus que de la vapeur. L'INERIS note toutefois Version 1 du 20/09/02 18/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. d’environ 1.F.. Le tableau 1 suivant résume les principaux résultats : Numéro du test Taux de remplissage (%) Source de chaleur Temps à l'instant de la rupture (min.) 1 2 3 25 40 40 Jet enflammé de propane gazeux Jet enflammé de propane gazeux Feu de flaque de propane liquide Feu de flaque de propane liquide Jet enflammé de propane liquide Jet enflammé de propane liquide 14 Pas de rupture 8 Distance la plus importante parcourue par un fragment (m) 118 74 Surpression significative dans le champ proche (voir commentaires) La soupape ne fonctionna pas. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

1993). . le réservoir a été soumis au flux thermique d’un feu de flaque simulé. Un feu de jet s'est ainsi développé à partir de la soupape. Il convient de noter que le petit trou et la brèche se sont formés alors que la pression interne du réservoir était supérieure à la pression de tarage de la soupape. on lit une pression interne avant la rupture de l’ordre de 52 bar. 290 secondes après le début du test.. dans ce cas.35 mm² est apparue. Sur un graphique de (Mehlem et al. la soudure fixant la soupape s'est rompue. équipé d’une soupape tarée à quelques 17.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 que l'anisotropie des résultats ne doit pas surprendre dans la mesure où les réservoirs utilisés lors des tests sont de type cylindrique horizontal. Une fissure s’est d’abord développée sur le haut du réservoir donnant matière à un jet enflammé vertical. Le réservoir n’était pas muni d’une soupape.D’après les renseignements fournis dans (Mehlem et al.. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. le réservoir étant équipé d’une soupape. le réservoir étant toutefois. Les surpressions mesurées dans deux directions sont reportées dans le tableau 3 suivant: Direction Distance (m) Surpression (mbar) 1 2 1 2 15 15 46 46 308 255 78 54 Tableau 3 : Mesures de surpressions associés au test n°3 . Version 1 du 20/09/02 19/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 300 secondes plus tard. Les résultats sont présentés dans le tableau 2 suivant : Distance (m) 15 15 46 46 Direction 1 2 1 2 Surpression (mbar) 300 328 56 95 Tableau 2 : Mesures de surpressions associés au test n°1 Le test n° 2 a été réalisé pour un taux de remplissage de 40 %. Après deux cycles de fonctionnement. . 1993). il semble que le jet enflammé de propane gazeux était dirigé vers la partie du réservoir en contact avec la phase liquide. C'est donc que cette dernière n’assura pas sa fonction.2 bar. un trou de la taille d'une tête d’épingle est apparu au voisinage de la soupape de sécurité.Le test n° 4 était semblable au test n° 3. . La soupape s’est ouverte environ 735 secondes après le début de l’exposition du réservoir à un feu de nappe. et une brèche d’environ 51 x 6.Pour le test n° 3. Il se forma un jet enflammé. la soupape se bloqua en position ouverte et le réservoir se vida sans se rompre.

un jet de propane liquide enflammé était dirigé vers un réservoir rempli à 50 %. ne comportant pas de soupape.43 dans le cas des tests 3 et 6.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 . dans les tests 3 et 6.σ r P est la pression de rupture du réservoir (MPa). Relativement à la pression de rupture. peu après. Ce phénomène va dans le sens de l’explication de Venart (Venart. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. σy. le réservoir se rompit. 12 minutes après le début de l’essai.F. on observe que la pression interne à la rupture était de l’ordre de 66 bar.Le test n° 5. en donnant matière à une boule de feu d’environ 60 m de diamètre.A. . des surpressions respectivement égales à 372 et 321 mbar furent mesurées à 15 m du réservoir. . L’ébullition consécutive à la chute de pression conduirait à un rejet diphasique choqué à la brèche. sous l’hypothèse que le réservoir se rompt sous l’effet de forces longitudinales. Ainsi. e. Les auteurs notent encore que.79 dans le cas du test 1 et respectivement égaux à 1. 1993).4 MPa. Version 1 du 20/09/02 20/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. l’hypothèse simple précédente conduit à calculer des rapports σ/σy supérieurs à 1. Sur le graphe présentant l’historique de la pression interne du réservoir. se déroule de manière analogue au test 4 précédent. le N. à la rupture on a : P= où 2. Rutledge et al. L'INERIS note ici que la température correspondant à la valeur citée pour σy n'est pas précisée dans l'article.Pour le test n° 6. au cours duquel un jet de propane liquide enflammé était dirigé vers le réservoir. e est l’épaisseur des parois (m) r est le rayon du réservoir (m) σ est la contrainte longitudinale (MPa) La contrainte de rupture de la partie la plus fragile. à la rupture du réservoir. la pression dans les réservoirs augmenta encore légèrement après la formation d’une brèche de taille suffisante pour évacuer l’énergie contenue dans le réservoir. étant de 206. à la repressurisation du réservoir puis à la propagation de la fissure et enfin. a comparé la contrainte calculée à la rupture à la valeur correspondante nécessaire à rompre le matériau de construction. Les auteurs remarquent que le développement rapide des bulles dans le liquide engendre son fractionnement en aérosols qui sont entraînés dans le nuage formé après la ruine du réservoir.P. Dans deux directions différentes.11 et 1.

5 bar • feu de torche et de flaque à une extrémité • rainure de 2. Cunnigham. Les résultats des 11 tests effectués sont reportés dans le tableau 4 ci-dessous : Numéro des tests 2 Descriptions • réservoir de 300 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape et de conception du réservoir : 21. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. .5 bar et de 5 ou 6 mm d’épaisseur ont été soumis à des flux thermiques issus de combinaisons de feux de torches et de flaques.5 bar • exposition à un feu de torche • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape et de conception du réservoir : 21.5 bar • réservoir soumis à un feu de torche • feu de torche à la soupape dirigé vers le réservoir • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape de conception du réservoir : 17 bar • feu de torche dirigé vers la partie du réservoir en contact avec son ciel gazeux • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de conception du réservoir : 17 bar • pression de tarage de la soupape : 21. une balle de fusil tirée sur le réservoir a pénétré les parois sans autre effet que la création d’une fuite supplémentaire • • • le réservoir ne s’est pas rompu il s’est vidé rapidement via la soupape le réservoir s’est bombé à une de ses extrémités 3 4 • • le réservoir ne s’est pas rompu il s’est vidé rapidement via la soupape 5 • • le réservoir s’est rompu sans BLEVE le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide 6 • • • • la soupape ne s’est pas ouverte BLEVE soudain du réservoir réservoir aplati au sol extrémité du réservoir projeté à 15 m 7 • • le réservoir s’est rompu sans BLEVE le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide 8 • fonctionnement cyclique de la soupape avant son blocage en position ouverte • le réservoir est rompu alors qu’il ne contenait presque plus de liquide • détente explosive du gaz • large ouverture du réservoir • • le réservoir s’est rompu sans BLEVE le réservoir gèle au-dessus du niveau de liquide 9 • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape : 21.5 mm de profondeur le long du haut du réservoir • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape et de conception du réservoir : 21.5 bar • réservoir soumis à un feu de flaque • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape et de conception du réservoir : 17 bar • réservoir soumis à un feu de torche • feu de torche à la soupape dirigé vers le réservoir • réservoir de 300 l rempli à 80 % • pression de tarage de la soupape et de conception du réservoir : 21.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 3. Cunnigham et al.2 ESSAIS A MOYENNE ECHELLE DE BIRCK ET AL. Des réservoirs cylindriques horizontaux de propane de 300 et 375 litres de capacités. de pression de conception de 17 ou 21.5 bar • réservoir soumis à des feux de torche uniquement Version 1 du 20/09/02 21/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 1991). Birck. Ye et Maillette ont conduit des essais de BLEVE (Birck.5 bar • réservoir soumis à des feux de torche et de flaque Observations • le réservoir ne s’est pas rompu • il s’est vidé rapidement via la soupape • au cours de l'essai. En 1992.

la boule de feu observée était composée de deux parties. Le test n° 6. les réservoirs contenaient environ 75 % de liquide).5 bar réservoir soumis à un feu de torche et un ½ feu de flaque (idem test 6 avec un réservoir plus résistant) • rupture du réservoir sans BLEVE • large rejet produisant une boule de feu • apparence du rejet suggérant une repressurisation du réservoir après la rupture • • • • • • • fonctionnement cyclique de la soupape BLEVE violent explosion. à la pression atmosphérique. soit à une température inférieure à la température limite de surchauffe du propane à la pression atmosphérique. de gouttelettes de propane. le réservoir s’est rompu en un seul temps. par référence à un autre test. donnant ainsi matière à un rejet diphasique. ils ont ainsi proposé d’appeler ce phénomène BLEVE « froid ». création d’une onde de choc « visible » cycles de fonctionnement de la soupape BLEVE violent explosion. Aucune mesure de surpression dans le voisinage du réservoir n’a pu être effectuée. Tout le propane fut consommé en moins de quatre secondes. Des enregistrements vidéos ont montré que la rupture se produisit en deux étapes. Au cours des tests n° 11 et n° 12 les auteurs ont observé une succession différente des événements : au cours de ces tests la soupape fonctionna plusieurs fois (lors de la rupture. La chute de pression qui s’ensuivit dans le réservoir entraîna l’ébullition violente (voire explosive puisque le liquide était à une température supérieure à sa température limite de surchauffe à la pression atmosphérique). le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 10 • • • réservoir de 375 l rempli à 80 % pression de conception du réservoir : 21. Les auteurs ont dénommé ce phénomène « BLEVE chaud » dans la mesure où la température interne à la rupture était supérieure à la température limite de surchauffe du propane à la pression atmosphérique. une repressurisation du réservoir entraînant sa ruine totale (la pression interne a été enregistrée comme passant de 21 bar à la rupture initiale à 170 bar.5 bar • feu de torche et ½ feu de flaque 12 Tableau 4 : Synthèse des essais de BIRCK. à 37°C. voir chapitre 3). par voie de conséquence. La température moyenne de la phase liquide étant inférieure à la température limite de surchauffe du propane à la pression atmosphérique (c'est à dire inférieure à la température pour laquelle. l’une s’élevant à partir du réservoir. Ce type de BLEVE serait caractérisé par une rupture catastrophique du réservoir du fait d’une faiblesse mécanique. se serait ainsi produit alors que la température du liquide était estimée. Dans ce cas. dont le tableau 4 synthétise les résultats. . ont retenu le terme de BLEVE lorsque le phénomène était suffisamment violent pour aplatir une partie non négligeable du réservoir au sol. création d’une onde de choc soupape projetée à 225 m 11 • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de conception du réservoir : 21. l’autre restant au niveau du sol et étant probablement constituée. mettant en œuvre un réservoir volontairement fragilisé. mais les auteurs ne sont pas certains de la fiabilité des mesures). d’après les auteurs. Les auteurs remarquent qu’au cours de ce BLEVE.5 bar • feu de torche et ½ feu de flaque • réservoir de 375 l rempli à 80 % • pression de tarage de conception du réservoir : 21. puis. Une brèche d’une vingtaine de centimètres de longueur se forma sur le dessus du réservoir. sans apparition de feu de flaque au sol. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Il convient de noter d’emblée que les auteurs. Version 1 du 20/09/02 22/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

Cette dernière mesure ne permettrait pas toutefois d’éliminer l’occurrence de BLEVE « froids ». qui pourraient par contre être prévenus en s’assurant que des réservoirs trop peu résistants ne sont pas utilisés. Lors des tests effectués. montée du réservoir en pression et maintien de cette dernière à des valeurs significativement supérieures à la pression d'apparition de la fissure initiale. Les effets de pression et de projection de fragments diffèrent significativement entre les deux types de BLEVE « chauds » et « froids ». Cunnigham et al. - - - - - Version 1 du 20/09/02 23/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Les BLEVE les plus redoutables sont observés lorsqu’un réservoir très résistant subit une rupture locale qui déclenche une vaporisation explosive. BIRCK a qualifié de "chaud" ce type de BLEVE et. la pression d'éclatement du réservoir peut ainsi avoir été plus de huit fois plus importante que la pression à laquelle la rupture initiale a eu lieu. . Les résultats suggèrent que les effets d’un BLEVE « chaud » sont d’autant plus réduits que le taux de remplissage du réservoir est faible. la boule de feu reste au niveau du sol alors qu’elle s’élève dans le cas de BLEVE « chauds ». Il serait ainsi possible d’éviter ce type de BLEVE en réduisant la pression d’ouverture des soupapes. ce qui s’expliquerait par des raisons énergétiques. Cela suggère que la température limite de surchauffe soit approchée ou dépassée. vaporisation explosive déclenchée par la chute de pression d’un liquide à une température proche ou supérieure à sa température limite de surchauffe. a nommé "BLEVE froids" les BLEVE mettant en jeu un produit dont la température moyenne est inférieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression atmosphérique. Les caractéristiques des boules de feu dépendent beaucoup des conditions de rupture. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Les BLEVE seraient causés par des ruptures totales de réservoir. Une rupture totale peut se produire de trois manières : fissure spontanée due à une fragilisation du réservoir. notamment du fait de la différence de pression à laquelle le réservoir se rompt. à la pression atmosphérique. le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe. Les résultats des expérimentations suggèrent qu'à produit donné. Cette température limite de surchauffe est celle pour laquelle. Nous reportons enfin ci-dessous les conclusions de (Birck. 1991). par opposition. des réservoirs munis de soupapes tarées à des pressions élevées. Pour les BLEVE « froids ». présentent un risque plus important d’engendrer des BLEVE « chauds ».Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 La boule de feu formée s’est élevée bien plus haut que celle apparue lors du test n° 6.

Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 3. (Hazards consequences of Jet fire Interaction with VEssels containing pressurised liquids.5 kg/s (Terry et Roberts. Les principales caractéristiques des réservoirs utilisés sont présentées ci-dessous : Pression de conception : 18. Type : cylindriques horizontaux.4 bar relatif.I. . Pour le réservoir rempli à 85 %. donnant ainsi matière à un dard enflammé de 7 à 15 m de hauteur. la soupape s’est ouverte et refermée deux fois avant de s’ouvrir de nouveau avant la ruine du réservoir. le rejet de propane à la soupape s’est enflammé. Pression de test hydrostatique : 23. Dans trois des quatre essais. (Health and Safety Laboratory) a exposé des réservoirs de propane à des feux de jets de propane liquide d’un débit massique de l’ordre de 1.3 PROJET COMMUNAUTAIRE J.6 18.S. Les essais effectués avaient pour but d’identifier les conditions de température et de pression à la rupture. Quatre essais ont été réalisés respectivement pour des taux de remplissage du réservoir de 20. Version 1 du 20/09/02 24/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. la soupape s’est ouverte et resta dans cette position jusqu’à la ruine du réservoir.1 18.V. Les conditions de test et de fonctionnement des soupapes sont synthétisées dans le tableau 5 suivant : Taux de remplissage du réservoir (%) (s) Masse de propane (kg) Temps d’ouverture de la soupape après le commencement du test Pression d’ouverture de la soupape (bar relatif) Fonctionnement cyclique de la soupape 20 41 60 85 455 929 1 364 1 932 112 130 109 68 18.2 bar relatif.E. Dans le cadre du projet J. 60 et 85 %. le H.V. Tous les réservoirs étaient équipés d’une soupape isolée thermiquement pendant les essais et tarée à 17.E.7 bar relatif. le mode de rupture du réservoir ainsi que les caractéristiques de la boule de feu.L.8 18.I. 1994/95). Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 41. Capacité en eau : 4 546 litres. Dans tous les cas.3 non non non oui Tableau 5 : Conditions des tests et modes de fonctionnement des soupapes. 1995).

En ce qui concerne les conséquences de la rupture du réservoir. pour des pressions de rupture variant de 16. Ces données sont reproduites dans le tableau 7 suivant : Taux de remplissage (%) Masse de propane à la rupture (kg) Durée de vie (s) Hauteur (m) Profondeur (m) Emittance moyenne (kW/m²) Surface (m²) 20 41 60 85 279 710 1 272 1 708 3 5 6. son émittance moyenne. profondeur et surface) n’est pas définie avec précision dans la référence analysée. Les auteurs ont mesuré la masse de propane présente au moment de la rupture.3 18. sa hauteur maximale. De même les auteurs restent prudents en ce qui concerne les valeurs des émittances et demandent à ce qu’elles soient considérées avec précaution avant que tous les résultats Version 1 du 20/09/02 25/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.5 à 24.4 bar relatif. Taux de remplissage (%) Temps à l'instant de la rupture (s) Pression à la rupture (bar relatif) 20 41 60 85 250 286 17 254 16. les températures de paroi étaient comprises entre 704 et 870°C. dans le tableau 6 suivant. c’est sur la paroi en contact avec la phase gazeuse que la température la plus élevée a été enregistrée . Dans tous les cas.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Tous les réservoirs se sont rompus dans les cinq minutes suivant l’exposition au feu de jet. Les temps et les pressions de rupture sont présentés.5 21. sa profondeur -peut être à entendre au sens de son rayon-. la durée de vie de la boule de feu.4 Tableau 6 : Temps de rupture et pression à la rupture en fonction du taux de remplissage du réservoir A la rupture. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. pour chaque cas.5 7 43 70 85 105 45 45 75 85 415 > 195 320 360 1 300 2 300 3 150 4 600 Tableau 7 : Caractéristiques de la boule de feu en fonction du taux de remplissage du réservoir. L’INERIS note que la signification des caractéristiques géométriques de la boule de feu (hauteur. ainsi que sa surface. . les auteurs ont observé la formation d’une boule de feu au sol puis son ascension.6 24.

faire l’objet d’une publication ultérieure. sur des réservoirs remplis à 20 %. puis le réservoir s’est ouvert circulairement au voisinage de son extrémité la plus proche.3 1. puis de manière circulaire autour de leurs extrémités. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Deux revêtements ont été étudiés : un revêtement de 40 mm d’épaisseur nominale à base de ciment et renforcé par un maillage métallique.3 0 Tableau 8 : Caractéristiques du feu de jet au cours du temps pour les essais mettant en œuvre des réservoirs ignifugés. Pour ce qui est des modes de rupture.5 bar relatif.1 1. des feux de jet au cours des essais sont précisés dans le tableau 8 suivant : Débit massique des feux de jets (kg/s) 0 < t < 30 min 30 min < t < 60 min 60 min < t < 80 min 20 s 80 min 20 s < t < 105 min 20 s Revêtement à base de ciment Revêtement époxy 1.2 1. en fonction du temps. le réservoir fut arrimé à un bloc de béton de deux tonnes pour prévenir la projection de fragments importants. au voisinage de leur sommet. environ 48 min après le commencement du test. La température de paroi du réservoir revêtu d’un revêtement à base de ciment atteignit 100°C après 16 minutes et resta à cette température pendant 24 minutes. Ce dernier point devant. suivant des modalités semblables. Enfin.9 1. Il convient encore de préciser que lors de l’essai avec un taux de remplissage de 85 %. Les réservoirs se sont ouverts en s’écrasant au sol et en éjectant leur contenu très rapidement. Les deux tiers de ce réservoir furent projetés par effet fusée à quelques 450 mètres tandis que l’autre morceau fût envoyé à environ 310 mètres dans la direction opposée. mais cette fois recouverts d’une couche d’isolant solide. la pression de vapeur augmenta jusqu’à ce que la soupape s’ouvre. d'après les auteurs (dans la référence analysée en date de novembre 1995).2 bar/minute jusqu’à l’ouverture de la soupape à 16 bar. la pression est restée stationnaire pendant 5 minutes puis s’est élevée à raison de 0. La température de paroi augmenta ensuite jusqu’à la valeur maximale de 233°C au moment où l’exposition au feu de jet fut arrêtée. Sur le réservoir rempli à 60 %. deux essais ont été réalisés. une fissure d’environ un mètre de longueur s’est formée.5 1. Lors de l’essai mettant en œuvre le revêtement époxy.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 n’aient été exploités. La température Version 1 du 20/09/02 26/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.5 bar. Ce dernier essai entraîna le bris de deux vitres situées à 1 km du réservoir. un revêtement époxy de 13 mm d’épaisseur nominale renforcé par un maillage en fibre de verre. La soupape s’est ouverte et refermée trois fois avant de rester légèrement ouverte. La pression chuta alors jusqu’à 15. alors que l’eau que ce matériau contenait se vaporisait. . Les débits massiques. les auteurs notent que trois des quatre réservoirs se sont rompus sur leur longueur.1 1. Dans le test mettant en œuvre un réservoir muni d’un revêtement à base de ciment. à 17. 53 minutes après le début de l’exposition du réservoir au feu de jet.

Version 1 du 20/09/02 27/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. les auteurs mentionnent que le H. Johnson et Pritchard (Johnson et Pritchard. en vue notamment : de vérifier l’efficacité d’un taux d’application d’eau de 9.8 l/m²/min (valeur basée sur des tests de feu de nappe) dans le cas d’un feu de jet. les réservoirs étaient isolés thermiquement et leur contenu était réchauffé par des résistances électriques internes.4 LES ESSAIS DE BRITISH GAS En 1990. A partir de ces éléments. Pour ces essais. était pratiquement complètement carbonisé et comportait d’importantes fissures. Pour le réservoir recouvert d’époxy. quant à lui. le revêtement à base de ciment était intact. le taux d’application nécessaire. La rupture des réservoirs était déclenchée par la détonation d’une charge explosive placée au sommet et au milieu du réservoir et l’inflammation du produit rejeté était assurée par trois lances au propane. Le revêtement époxy.S. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.796 m3 de capacité contenant du butane ou du propane de qualité commerciale. (Health and Safety Executive) devrait effectuer des essais relatifs à la protection de réservoirs de gaz liquéfiés par des installations à déluge d’eau. Par ailleurs. baissa aussitôt. lorsque le feu de jet s’arrêta. notamment parce que des arguments plus fondés lui paraissent à développer. entre autres sur la durée de la protection apportée par de tels dispositifs.E. . la température atteignit 251°C et.659 et 10. dans la référence analysée (en date de novembre 1995). le cas échéant. L'INERIS. les auteurs concluent que ce type de protection est efficace pour protéger des réservoirs de propane contre des feux de jets.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 augmenta alors encore de quelques 20°C. l’influence de la distance du jet au réservoir sur le taux d’application nécessaire. 1995) ont réalisé une série de 5 tests de BLEVE de réservoirs cylindriques horizontaux de 5. 3. ne conclut pas sur ce point. quant à lui. l’influence d’un retard à la mise en œuvre du déluge. Mise à part de fines fissures.

la vaporisation de la phase liquide. Version 1 du 20/09/02 28/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. la combustion du produit rejeté (si ce dernier est inflammable).5 15 15 5. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.N. Les auteurs notent que cela est vraisemblablement dû au fait que.L.4. Sans rapporter d’exemple dans l’article cité.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Les conditions des cinq tests effectués ainsi que leurs objectifs respectifs sont synthétisés dans le tableau 9 suivant : N° du test Produit Masse rejetée (tonnes) Pression à la rupture (bar) 15 Volume du réservoir (m3) 5. et une pression de tarage typique Etude de l’influence de la quantité rejetée Etude de l’influence de la pression à la rupture Etude de l’influence du rapport liquide/vapeur Etude de l’influence du produit 2 3 4 5 Butane Butane Butane Propane 1 2 2 2 15 7.P.659 10.659 39 68 40 80 Tableau 9 : Conditions des tests conduits par BRITISH GAS 3. les deux premiers effets se sont souvent combinés pour donner matière à une onde de surpression commune.796 5. Dans les essais conduits par BRITISH GAS.659 Taux de remplissage (%) 77 Objectif du test 1 Butane 2 Test de base pour un réservoir de G. la température à la rupture était inférieure à celle nécessaire à une nucléation homogène du liquide lors de sa dépressurisation jusqu’à la pression atmosphérique. lors des essais.1 EFFETS DE SURPRESSION Les auteurs rappellent l’existence de trois phénomènes indépendants susceptibles d’engendrer des effets de surpression lors d’un BLEVE : la détente de la phase vapeur constituant le ciel gazeux du réservoir.659 5. les auteurs notent un bon accord entre la valeur mesurée du pic de surpression due à la détente de la phase gazeuse et celle évaluée par la méthodologie proposée par le T. . Il convient de noter que les surpressions engendrées lors de la combustion du produit rejeté lors des tests étaient souvent supérieures à celles dues à la détente de la phase vapeur ou à la vaporisation de la phase liquide.O. La valeur maximale mesurée du pic de surpression engendré par la vaporisation de la phase liquide est toutefois inférieure à celle calculée par la même méthode.

relativement à l'emplacement du réservoir. engendré par la combustion du produit rejeté. soit pour le test n°5 (voir tableau 2.11 ci-dessous relatif aux caractéristiques de la boule de feu). Or. on distingue un premier pic de surpression dû à la vaporisation explosive du liquide et un second. à une trentaine de mètres du réservoir. lors du test n°5 Sur cette figure. un phénomène directionnel. à partir du cas particulier du test n°5 de BRITISH GAS. L'INERIS remarque toutefois qu'il n'est pas possible de généraliser. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. compte tenu du type de réservoir utilisé (cylindrique horizontal).La surpression engendrée par une vaporisation à caractère explosif consécutive à la ruine d'un réservoir est. la surpression maximale imputable à la combustion de la boule de feu est vraisemblablement obtenue en limite de boule de feu. il convient de garder à l'esprit que : . . Aucun élément sur le lieu de la mesure. du même ordre. n'est précisé dans la référence analysée.L'origine de la surpression maximale due à la détente de la phase gazeuse et à la vaporisation du liquide est le réservoir lui-même. sur l'importance relative des pics de surpression dus respectivement à la vaporisation explosive du liquide et à la combustion du produit rejeté. Version 1 du 20/09/02 29/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 La figure 4 ci-dessous présente un exemple de la surpression enregistrée à 150 m du réservoir lors du test n° 5 : Figure 4 : Surpression en fonction du temps à 150 m du réservoir. En effet.

l'onde due à la détente de la phase gazeuse et celle engendrée par la vaporisation du liquide aient interféré. Version 1 du 20/09/02 30/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. qu'au point de mesure.2 0. .4.5 1. comptés à partir de la rupture du réservoir : d’inflammation de la boule de feu.9 Tableau 10 : Phases de développement des boules de feu au cours du temps lors des essais de BRITISH GAS La durée de vie totale de la boule de feu apparaît comme la différence entre le temps d’extinction et le temps d’inflammation.3 4. seule une faible proportion de produit brûlant au sol. d’extinction de la boule de feu (plus de flamme visible).Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 . Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. il n'est pas exclu.5 8. 3.0 1. (s) Temps de début d’ascension (s) 3.4 0.4 6. les auteurs ont observé que la quasi-totalité du produit rejeté était consumée dans la boule de feu. dans le tableau 10 suivant.La surpression suivant l'inflammation de l'atmosphère explosible formée lors du rejet du produit dépend notamment du délai ainsi que des modalités d'inflammation. .5 9.7 3.5 0.2 1.2 2.2 EFFETS THERMIQUES Lors des essais.9 3.Lors de ce test n°5.0 Temps d’extinction (s) 6. de début d’ascension de la boule de feu. de développement de la boule de feu jusqu’à son diamètre maximal.5 0. On rapporte.2 1 2 3 4 5 0.6 4. Ce tableau présente ainsi. pour chacun des cinq tests. les temps correspondant aux différentes phases de développement de la boule de feu.6 2. les temps.2 2. Test Temps d’inflammation (s) Temps de développement au diamètre max.

Dans un premier temps. 1982) Dmax = 58. Cette corrélation conduit toutefois à calculer un diamètre maximum supérieur à la valeur estimée expérimentalement dans le cas du test 5 effectué avec du propane.Les diamètres maximaux de ces boules de feu sont assez bien évalués par la corrélation de Roberts (Roberts. . .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Les caractéristiques de la boule de feu sont synthétisées dans le tableau 11 suivant : N° du test Aire visible de la boule de feu (m²) Diamètre maximum équivalent (m) Hauteur maximale de la boule de feu (m) Durée de vie (s) Emittance moyenne (kW/m²) Direction perpendiculaire à l’axe du réservoir 1 2 3 4 5 3 650 2 450 3 200 2 850 3 200 Direction parallèle à l’axe du réservoir 5 550 3 200 4 300 6 100 3 400 76 60 69 74 65 90 45 70 85 90 5.6 368 347 306 356 344 Tableau 11 : Caractéristiques des boules de feu Les auteurs effectuent les remarques suivantes : . Version 1 du 20/09/02 31/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. seul essai mettant en œuvre du propane et ayant donné matière à la boule de feu perdurant le plus longtemps. Cette différence était moins significative pour le test 5.9 6.3 7.1 8.m1/3 (où Dmax est en mètres et m. Dans la majorité des cas la hauteur croît avec le temps jusqu’à ce que la boule de feu commence à s’éteindre.La hauteur de la boule de feu est définie comme étant la distance du sol au centre de la boule de feu.Il apparaît que l’aire visible de la boule de feu était supérieure dans la direction d’observation parallèle à l’axe du réservoir. puis elle décroît tel que présenté sur la figure 5 suivante (n° de test non précisé). la masse totale de produit contenu dans le réservoir. Des valeurs locales atteignant 500 kW/m² ont été mesurées au sommet de la boule de feu. on observe une augmentation rapide de l’émittance de la boule de feu. en tonnes) pour les tests 1 à 4 (on calcule en effet un diamètre maximum de 58 et 73 mètres respectivement pour une masse de 1 et 2 tonnes). Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.8 4. . Les émittances reportées dans le tableau 11 précédent sont des valeurs moyennes dans le temps et sur l’étendue de la boule de feu.

6). Il s'agit de mesures effectuées au cours du test n°4.5 bar (test n°3) met en lumière l’influence des conditions du rejet sur la durée de vie de la boule de feu.5 m1/3 (où t est en secondes et m. Le test effectué avec une pression du rupture de 7. les durées de vie sont assez bien évaluées par la corrélation de Roberts t = 4. un exemple de variation de la densité de flux thermique reçu à diverses distances du réservoir avec le temps. le rapprochement des tests 1 et 4 indiquerait que le taux de remplissage a peu d’influence sur la durée de vie. pour autant que les masses mises en jeu soient les mêmes. . Figure 5 : Exemple de variation de l'émittance au cours du temps (n° de test non précisé) On présente enfin ci-après (fig.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 .Pour les tests réalisés avec du butane et pour une pression de 15 bar à la rupture. masse de produit contenu dans le réservoir. Version 1 du 20/09/02 32/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. La comparaison des tests 1 et 2 montre que la durée de vie de la boule de feu croît avec la masse rejetée. Enfin. en tonnes). Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

En outre. était placé à cet endroit dans le Version 1 du 20/09/02 33/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Ludwig et Heller. destiné au transport de matières radioactives. 100.M.5 L’ESSAI DU B. 1999). . sur le côté ouvert. un merlon de 6 m de haut fut élevé sur trois côtés autour de la citerne. des capteurs de pression pour mesurer la pression interne avant rupture et la surpression aérienne. 125 et 200 m du réservoir en fonction du temps 3.A. Le wagon était placé audessus d’une cuvette de 50 m2 contenant 7500 litres de fioul lourd.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Figure 6 : Densité de flux thermique reçu à 50. 75.M. (Bundesanstalt für Materialforschung und –prüfung. Des caméras étaient également placées en plusieurs endroits autour du wagon. en paroi et à l’extérieur. comprenant : des thermocouples pour mesurer la température à l’intérieur du réservoir (en phase gazeuse et en phase liquide). Une instrumentation importante était mise en place. Allemagne) a réalisé en 1998 un essai de BLEVE d’une citerne ferroviaire de 45 m3 rempli à 22 % de propane de qualité commerciale (Ludwig et Balke. Ce réservoir à double coque. Le B. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. un petit réservoir vide était placé perpendiculairement à la citerne. des capteurs de rayonnement pour mesurer le flux thermique rayonné par la boule de feu. 1999 .A. Pour protéger l’environnement des effets de surpression et de projection de fragment.

un feu de nappe s’est développé autour du wagon. un petit réservoir de transport de matières radioactives est placé perpendiculairement au wagon. à la pression de 25 bar et la température interne de 69°C en phase liquide. Figure 7 : Plan schématique de l’installation d’essai (vue de dessus) Figure 8 : Vue de l’installation d’essai : le wagon de propane est à gauche .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 but d’éprouver sa résistance aux effets d’un BLEVE à proximité en vue de sa certification (fig. 8). Après inflammation de la cuvette de fioul. La température en Version 1 du 20/09/02 34/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. à droite. Toutefois. . 7. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. les flammes ne l’enveloppaient pas complètement en raison d’un léger vent. L’éclatement de la citerne s’est produit 15 minutes après inflammation de la cuvette de fioul.

Version 1 du 20/09/02 35/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. La rupture s’est produite au point le plus chaud.5. La citerne s’est rompue en quatre morceaux principaux qui ont été projetés à des distances de 100 à 200 m.A. La fissure s’est ensuite propagée horizontalement. et 600°C sur la partie opposée. En ce point.2. la résistance mécanique de l’acier était de 1.108 Pa à la température considérée (600°C). le point 2 est un fragment du réservoir à une altitude de 200 m. alors qu’elle est de 4. Dans le tableau 12 ci-dessous sont rappelées les principales caractéristiques de cet essai relativement aux conditions avant rupture et à la boule de feu. . légèrement au-dessus du plan équatorial de la citerne. comme l’a montré l’analyse des fragments.M.6 s après l’éclatement) . 108 Pa à 20°C. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 9). avant de se diviser et de se propager selon un diamètre. Figure 9 : Vue de la boule de feu (4.2 s Tableau 12 : Principales caractéristiques de l’essai du B.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 paroi était alors très variable. tandis que les essieux du wagon ont été écrasés au sol. Volume du réservoir 45 m3 Masse de propane 5141 kg Pression à la rupture 25 bar Dimensions de la boule de feu Diamètre 100 m Hauteur du centre : 100 m Durée de vie de la boule de feu 7. L’expansion de la phase vapeur a été suivi de la vaporisation quasi-instantanée de la phase liquide et de la formation d’une boule de feu de 100 m de diamètre et 150 m de hauteur (fig. comprise entre 100°C. sur la partie non exposée directement aux flammes.

la pression dans le réservoir a augmenté linéairement avec le temps à la vitesse de 1. jusqu’à la valeur de 25 bar où s’est produit la rupture.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 3. Ces fragments pourraient avoir joué un rôle d’écran vis-à-vis des capteurs pendant leur projection entre le réservoir et les capteurs. le premier pic pourrait être interprété comme la conséquence de la détente de la phase gazeuse. une autre perturbation vient fortement altérer la Version 1 du 20/09/02 36/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 4).5. . et par analogie aux essais de BRITISH GAS (fig. La surpression maximale à 100 m est évaluée à 25 mbar et correspond à l’amplitude des deux premiers pics. 10). détente de la phase gazeuse vaporisation de la phase liquide combustion du propane capteur à 100 m capteur à 150 m capteur à 200 m Figure 10 : courbes de surpression à 100. En outre. L’onde de pression aérienne qui a suivi le BLEVE a été enregistrée par trois capteurs placés respectivement à 100.1 EFFETS DE SURPRESSION Avant éclatement.33 bar/min. 150 et 200 m du réservoir De l’avis de l’INERIS. Toutefois. 150 et 200 m du wagon. est également visible sur les courbes de surpression 280 ms après le premier. les auteurs estiment que la mesure de l’onde de pression aérienne a pu être fortement perturbée par la projection de fragments dans la direction des capteurs. Il pourrait s’agir de l’onde de surpression engendrée par la combustion du nuage de propane. tandis que le deuxième pic serait dû à la vaporisation instantanée de la phase liquide. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. d’amplitude moindre. si bien que la surpression réelle pourrait être beaucoup plus élevée que les valeurs mesurées. Les enregistrements montrent clairement la présence de deux pics de surpression qui se suivent à un intervalle de 130 ms (fig. Il est à noter que cette valeur est inférieure à la pression d’épreuve de 28 bar. Un troisième pic. la citerne n’étant pas munie de soupape.

P. Valeur observée Diamètre maximal (m) Durée de vie de la boule de feu (s) 100 7.7 Tableau 14 : Caractéristiques des boules de feu : comparaison des valeurs relevées et calculées 1 Les corrélations de Roberts sont à la base du modèle développé par le C. les enregistrements ne permettent pas de conclure sur les niveaux de surpression réellement atteints lors de cet essai. . et présenté au chapitre 5 Version 1 du 20/09/02 37/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. les mesures de surpression effectuées au cours de cet essai du B. Temps d’inflammation (s) 0. la vaporisation instantanée de la phase liquide. aux trois événements générateurs de pression durant un BLEVE : l’éclatement pneumatique du réservoir. par analogie aux essais de BRITISH GAS. En revanche. une hauteur de 100 m. comptés à partir de l’éclatement du réservoir.S.2 Valeur calculée au moyen des corrélations de Roberts 99. la combustion explosive du produit rejeté.2 s.2 Temps de début d’ascension (s) 4 Temps d’extinction (s) 7.4 Temps de développement au diamètre maximal (s) 3. La tableau 13 suivant présente les temps correspondant aux différentes phases de formation de la boule de feu.6 Tableau 13 : Caractéristiques de la boule de feu Les principales caractéristiques de la boule de feu (diamètre maximal et durée de vie) ont été comparés aux résultats obtenus par application des corrélations de Roberts1 (tableau 14) (Roberts. mettent en évidence trois pics de surpression qui pourraient correspondre a priori. 1982). il pourrait s’agir d’une forte de dépendance du capteur vis-à-vis de la température.A. En conclusion.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 mesure du pic de pression relatif à la combustion. 3.M.C. ces corrélations permettent d’approcher avec une bonne précision les valeurs réellement observées.2 7.5. Sa durée de vie a été de 7. Il s’avère que dans ce cas. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.2 EFFETS THERMIQUES La boule de feu a atteint un diamètre de 100 m et son centre.

placé perpendiculairement au wagon. a également été projetée et a atteint une hauteur de 200 m avant de retomber à 145 m du wagon. car l’émissivité de la boule de feu calculée au préalable était de 270 kW/m2. 38/116 Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable. et le capteur a pu être atteint par la boule de feu. située à l’intérieur du réservoir. à une trentaine de mètre du wagon. mais sans que sa structure interne soit endommagée. .3 PROJECTION DE FRAGMENTS Le réservoir s’est rompu en quatre parties principales : les deux calottes hémisphériques se sont désolidarisées et l’enveloppe cylindrique s’est divisée en deux. Là encore. Fragment Calotte hémisphérique Calotte hémisphérique Morceau d’enveloppe Morceau d’enveloppe Pièce en tôle ondulée renforcée Masse(kg) 1400 1200 6710 350 210 Distance de projection (m) 130 155 150 200 145 Hauteur maximale atteinte (m) inconnue inconnue inconnue inconnue 200 Tableau 15 : Caractéristiques des fragments retrouvés D’autres fragments plus petits ont également été retrouvés dans un rayon de 200 m. Un simple regard à la figure 9 montre ainsi que la boule de feu ne s’est pas développée exactement au droit du réservoir. Les principales caractéristiques des fragments projetés sont présentées dans le tableau 15 suivant. des capteurs de température placés à 30 et 50 m du wagon dans les quatre directions ont montré nettement des effets directionnels. Cela est très vraisemblable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. En revanche.5.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Le flux thermique est évalué par le calcul à 10. 3. les auteurs remarquent que des fragments auraient pu être projetés à des distances plus élevées. la présence du réservoir plus petit. Une pièce en tôle ondulée renforcée.4 kW/m2 à 200 m du lieu de l’éclatement. seuls quelques points de mesure ont été enregistrés et la mesure du flux rayonné est difficilement exploitable. mais que éléments actions ont contribué à modifier leur trajectoire : la présence des merlons destinés à atténuer les effets de surpression et retenir les fragments. qui a été heurté par la citerne lors de son éclatement et a fortement freiné les fragments. mais suite à une panne du système d’acquisition. Les auteurs retiennent simplement que le flux de chaleur a dépassé la valeur de 80 kW/m2. que les auteurs expliquent par la présence de merlons entourant le wagon sur trois côtés et par la vitesse du vent (2 m/s). Deux capteurs de flux thermiques étaient positionnés au sol. Ce réservoir a lui même été déplacé de 7 m par le souffle de l’explosion.

vaporisation explosive déclenchée par la chute de pression d’un liquide à une température proche ou supérieure à sa température limite de surchauffe. . Pour ce qui est de la phénoménologie du BLEVE.V.M. Les BLEVE les plus redoutables sont observés lorsqu’un réservoir très résistant subit une rupture locale qui déclenche une vaporisation explosive. N. Il serait ainsi possible d’éviter ce type de BLEVE en réduisant la pression d’ouverture des soupapes.Les BLEVE seraient causés par des ruptures totales de réservoir.A. par opposition.E. en 1994/95. le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe. Cela suggère que la température limite de surchauffe soit approchée ou dépassée. BIRCK a qualifié de "chaud" ce type de BLEVE. Cette dernière mesure ne permettrait pas toutefois d’éliminer l’occurrence de BLEVE « froids » qui pourraient par contre être prévenus en s’assurant que des réservoirs trop peu résistants ne sont pas utilisés. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.I. projet J. Cette température limite de surchauffe est celle pour laquelle. ce qui s’expliquerait par des raisons énergétiques. a nommé "BLEVE froid" les BLEVE mettant en jeu un produit dont la température moyenne est inférieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression atmosphérique.P.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 3. on pourra retenir les conclusions qualitatives de BIRCK : .6 CONCLUSIONS Divers essais ont été réalisés à partir de réservoirs de butane et de propane dont la capacité est de l'ordre de la tonne. Ces essais sont récents ( BRITISH GAS 1990. Les résultats suggèrent que les effets d’un BLEVE « chaud » sont d’autant plus réduits que le taux de remplissage du réservoir est faible. - Les résultats des expérimentations suggèrent que des réservoirs munis de soupapes tarées à des pressions élevées présentent un risque plus important d’engendrer des BLEVE « chauds ». 1993. et. Les caractéristiques des boules de feu dépendent beaucoup des conditions de rupture. la boule de feu reste au niveau du sol alors qu’elle s’élève dans le cas de BLEVE « chauds ». BIRCK 1992. 1998). montée du réservoir en pression et maintien de cette dernière à des valeurs significativement supérieures à la pression d'apparition de la fissure initiale.F. notamment du fait de la différence 39/116 - - - Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable. Une rupture totale peut se produire de trois manières : fissure spontanée due à une fragilisation du réservoir. Pour les BLEVE « froids ».A. Les effets de pression et de projection de fragments diffèrent significativement entre les deux types de BLEVE « chauds » et « froids ». à la pression atmosphérique. B.

la pression à la rupture étant supérieure à la pression critique du produit mis en jeu. l'autre allant à plus de 300 mètres. correspondant aux deux tiers environ de l'enveloppe. a été projeté a 150 m et un autre.I.F.E. ont permis de recueillir des renseignements quantitatifs sur les caractéristiques des boules de feu ainsi que sur la projection de fragments. La citerne s’est fractionnée en quatre morceaux.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 de pression à laquelle le réservoir se rompt. L’un d’eux. vont qualitativement dans le même sens. Les essais de BRITISH GAS ont également permis de recueillir des données quantitatives sur l'évolution au cours du temps de la boule de feu.C. la présence de merlons et d’un obstacle (autre réservoir) placés sur la trajectoire des fragments rend difficile l’utilisation qualitative de ces observations. Lors des tests effectués.A. cet essai n’a donné que peu d’information sur le flux thermique rayonné et sur les niveaux de surpression atteints dans l’environnement proche.M. mais sont difficiles à exploiter quantitativement. un réservoir cylindrique de 5 m3 s'est fractionné en deux morceaux. ainsi que sur la projection des fragments. a été projeté à quelques 450 mètres. L'un. de 320 kg. Les essais effectués dans le cadre du projet J. présenté plus loin. de 6710 kg. a été retrouvé à 200 m du lieu de l’explosion. Les essais du N. On retiendra par exemple que dans un de ces essais. Version 1 du 20/09/02 40/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. . Ces essais ont servi de base au développement du modèle de BLEVE T. De plus.V. L’essai du B.P. la pression d'éclatement du réservoir peut ainsi avoir été plus de huit fois plus importante que la pression à laquelle la rupture initiale a eu lieu. a permis d’obtenir des données quantitatives sur la formation et l’évolution de la boule de feu. Toutefois.A.R.

En revanche. Dans ce cas.P. au moins momentanément. par exemple. .S. à l'état liquide avant de se vaporiser plus ou moins rapidement. celui-ci subit une augmentation de température. de la chaleur à un liquide.. à l'état représenté par le point E en restant.1 RAPPEL : TEMPERATURE LIMITE DE SURCHAUFFE La définition du phénomène de BLEVE a longtemps fait appel à la notion de Température Limite de Surchauffe (T. à titre d'exemple. le point d'ébullition peut être dépassé sans qu'il n'y ait d'ébullition. ne peut subir une dépressurisation brutale amenant la Version 1 du 20/09/02 41/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 1994).S. à pression donnée. Lorsqu'on transfère. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. surchauffé. appelée encore température de nucléation homogène. Le gaz peut alors passer. le liquide est dit surchauffé. Cette limite est la limite de surchauffe d'un liquide.C.L. le point représentatif de son état se déplace sur la courbe de tension de vapeur saturante jusqu’à rejoindre le point B. Si on lui fournit de la chaleur. la température limite de surchauffe en fonction de la pression d'un gaz liquéfié pur.) présentée ci-dessous. au-delà de laquelle se développent des bulles de vapeur dans tout le liquide. un gaz liquéfié pur à l’équilibre thermodynamique dont l’état est présenté par le point A de la figure 11 précédente. P Courbe de tension de vapeur saturante B A Droite limite de surchauffe Point critique C E D T Figure 11 : Température limite de surchauffe en fonction de la pression Considérons. jusqu'à atteindre son point d'ébullition et à former des bulles de vapeur qui se développent sur les sites actifs que sont les impuretés et les interfaces avec les solides. à une pression donnée. du gaz dont l'état est représenté par le point C de la courbe de tension de vapeur. Lorsqu'il n'y a pas suffisamment de sites de nucléation dans le liquide. par dépressurisation brutale. Il existe cependant une limite de température. Ceci est illustré sur la figure 11 suivante qui donne. même en l'absence de sites de nucléation (C.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 4 THEORIE DU BLEVE 4.

1980) considère qu'un liquide. Dans ce cas de figure. On peut ainsi distinguer deux grands types de BLEVE suivant qu'au moment de la dépressurisation du réservoir. en accord avec (Birck. qui donne la température limite de surchauffe à la pression atmosphérique en fonction de la température critique du produit : TLS = 0. 1993 . à titre d'exemple. En effet. Le volume massique de la vapeur étant de plusieurs centaines de fois supérieur à celui du liquide. 1976. le lecteur pourra encore se reporter à (Faucher et al.. Ye et al. 1991)).L. Par la suite.  dV  T Il n'existe toutefois pas d'équation d'état avérée décrivant le comportement d'un liquide surchauffé. est susceptible d'engendrer une onde de choc. de 58°C contre 53°C généralement reconnu pour ce produit.S. des bulles se forment. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. que dans le cas du propane. Ye et al. la formule de Reid établie à partir de l'équation d'état de Redlich-Kwung. se développent.. ce phénomène. 1994). une importante fraction de liquide se transforme en vapeur.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 droite verticale représentative de cette transformation à couper la droite limite de surchauffe sans subir une vaporisation homogène et rapide. 1979.P.C. de façon suffisante pour la pratique. cette formule conduit à calculer une T.S. assimilable à une explosion. 1993) nous dénommerons ces types de BLEVE respectivement BLEVE "chauds" et BLEVE "froids". 1994). On pourra retenir. presque immédiatement après la dépressurisation. présentée par Reid (Reid. Il apparaît toutefois que des BLEVE peuvent avoir lieu lors de la dépressurisation rapide d'un réservoir contenant un liquide à une température inférieure à sa température limite de surchauffe à la pression atmosphérique (Birck. 4. par opposition à une explosion « classique » qui correspondrait à une réaction d’oxydation (combustion). . en quelques millisecondes. On notera que la température limite de surchauffe d'un produit à pression donnée est le point  dP  vérifiant   = 0 (C. Version 1 du 20/09/02 42/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.895. donne matière à un BLEVE. soit une erreur d'environ 10% dans ce cas (pour des valeurs de TLS relatives à d'autres produits. pouvant même avoir un caractère explosif. dont la température est supérieure à sa température limite de surchauffe et qui est dépressurisé à la pression atmosphérique.Tc (K) L'INERIS note ici.. Il n'est donc pas possible de définir uniquement le BLEVE à partir de cette dernière notion. Lees. le liquide se trouve à une température supérieure ou inférieure à sa température limite de surchauffe à la pression atmosphérique. Cette explosion peut être qualifiée de physique en ce sens qu’elle correspond à un changement de phase. et.2 PREMIERS ELEMENTS DE DEFINITION La théorie. le facteur limitant qui contrôle la durée du phénomène est le temps de passage de l'onde de dépressurisation à travers l'ensemble du liquide.

1995a) qui note une dérive de la définition originelle du BLEVE consistant à le caractériser comme étant un phénomène de perte de confinement d'un liquide inflammable stocké à sa pression de vapeur saturante et consécutif à une exposition au flux thermique d'un incendie (feu de torche ou de flaque).) et sera retenue telle quelle par l'INERIS. ils ont obtenu un phénomène qui. tel que cela fut par exemple observé lors de la catastrophe de Mexico (voir chapitre 2 précédent). 1993) ont effectué une série de tests qui ont consisté à exposer des réservoirs de propane de 300 et 380 litres à des flux thermiques importants (voir paragraphe 2. Ye et al. Ye et Cunningham ont également observé des BLEVE à partir de la rupture de réservoirs contenant du propane à une température de 54°C.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 A ce sujet on rapporte ici. pourraient être expliqués par des phénomènes de stratification de la phase liquide lors de l'échauffement du réservoir soumis à un flux thermique extérieur.3 LES DIFFERENTS TYPES DE BLEVE Birck. C'est pourquoi Shield propose une définition plus large qui pourrait être simplement : "Un BLEVE est causé par la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un liquide dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la pression atmosphérique". et bien que la température moyenne du liquide soit inférieure à la température limite de surchauffe.2). le liquide se vaporiserait de manière explosive dans le réservoir ce qui repressuriserait violemment ce dernier. Dans ce contexte. Les auteurs ont choisi d'appeler ce phénomène BLEVE froid car la température moyenne du liquide était très inférieure à la température limite de surchauffe à la pression atmosphérique. s'apparente à un BLEVE. dans l'esprit. 1996) suggèrent que des BLEVE qui se sont produits alors que la température moyenne de la phase liquide était inférieure à la température limite de surchauffe du produit concerné. Maillette. sa température limite de surchauffe. Shield note que cette dernière définition a l'inconvénient de préciser des causes de BLEVE et ne mentionne notamment pas des ruines de réservoirs consécutives à des explosions. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. en réduisant localement l'épaisseur et par conséquent la résistance d'un réservoir. la discussion présentée par (Shield. Certains auteurs (Londiche. Ye et Cunningham (Birck. localement. c'est-à-dire supérieure à la température limite de surchauffe à la pression atmosphérique de ce produit. par ses effets de pression. et entraînerait sa ruine totale. Birck. le plus couramment en contact avec le ciel gazeux). Cunnigham et al. par l'apparition d'une boule de feu. Version 1 du 20/09/02 43/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Ce type de BLEVE se développerait en deux étapes : une brèche apparaîtrait sur le réservoir (sur la partie la moins résistante. Maillette. Cependant les effets de surpression sont moindres que ceux obtenus consécutivement à la perte de confinement d'un réservoir contenant un liquide dont la température est supérieure à la température limite de surchauffe. Cette dernière définition est en accord avec celle de Birck (Birck. C'est ainsi que le liquide aurait bien dépassé. 4. .

. 1996) qui propose une théorie qu'il nomme Boiling Liquid Compressed Bubble Explosion (BLCBE) et qui suppose : . Le diagramme. . .une remise sous pression de la rupture initiale du fait du choc engendré par la compression des bulles formées.une violente distribution de la masse diphasique en un fin aérosol et formation d'une onde de choc. Ye et Cunningham (Birck. Birck. Maillette. . 1993) proposent un diagramme résumant les différents types de BLEVE possibles.la formation et le développement de bulles dans la masse du liquide contenant des sites de nucléation. .la rupture du réservoir. Venart et Yu. . Ye et al..le gonflement de la masse diphasique. présenté sur la figure 12 suivante. . Rutledge et al. et compression des bulles formées.et l’inflammation éventuelle si le produit mis en jeu est inflammable. repressurisation. reste qualitatif dans la mesure où les influences du niveau de remplissage du réservoir et de la taille de la rupture initiale sont encore mal connues et non quantifiées.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Ce mode de rupture est vraisemblablement celui décrit par Venart (Venart. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. avec détonation potentielle. 1993 . Version 1 du 20/09/02 44/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Impact mécanique Exposition à un incendie Fatigue mécanique Corrosion Construction défectueuse Rupture initiale Perte de confinement non La fissure s'arrête BLEVE "froid" oui Chute rapide de pression non oui non T > TLS oui Vaporisation explosive Ebullition violente non Pression > résistance du réservoir Pression > résistance du réservoir non Le réservoir résiste oui propagation de la fissure. ruine du réservoir oui propagation de la fissure. ruine du réservoir Rejet diphasique BLEVE « chaud » BLEVE «intermédiaire» Figure 12 : Diagramme résumant les différents types de BLEVE possibles Version 1 du 20/09/02 45/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

Ye et al. . Ils ont observé que le processus de ruine du réservoir commençait toujours par l'apparition d'une fissure ou d'une brèche. Version 1 du 20/09/02 46/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. alors que celle du liquide n'est disponible qu'après un délai correspondant à la durée du changement de phase. .à une construction ou à des équipements défectueux. Ils ont ainsi exposé la partie en contact avec le ciel gazeux des réservoirs de propane à des incendies et à des torches. de la vapeur s'échappait. on se propose de décrire les spécificités qui seraient propres à chacun des types de BLEVE. et qu'une fois cette dernière formée. . une dépressurisation peut conduire à une ébullition plus ou moins violente. sa pression interne augmente alors que sa résistance mécanique diminue. puis repart pour conduire à une perte totale de confinement et à un BLEVE chaud ou intermédiaire. Il apparaît que la résistance des parois de réservoir et l'évolution de la pression dans ce dernier sont des facteurs déterminants pour ce type de phénomènes. Birck. C'est le principe de la soupape de sécurité. la fissure s'arrête provisoirement. En effet. Ainsi. susceptible de mener à la ruine totale du réservoir. . voire explosive. En l'absence d'incendie externe. 1994) ont également travaillé sur le déclenchement des BLEVE. le liquide se vaporise pour maintenir la pression dans le réservoir. Ils ont alors noté trois possibilités : la fissure s'arrête. Si la brèche est suffisamment petite. l'énergie de vaporisation provient du liquide.. et ce jusqu'à la pression atmosphérique. ce qui conduit sa pression d'équilibre et sa température à baisser.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 A partir de ce diagramme.à l'impact d'un projectile. la fissure se développe conduisant ainsi à une perte totale de confinement et à un BLEVE froid. la rupture initiale se produit généralement sur la partie du réservoir en contact avec le ciel gazeux.à la fatigue du réservoir. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 1993) ont une cause commune : une perte de confinement amenant à la dépressurisation du contenu du réservoir. Les BLEVE recensés par (Birck. . pour des réservoirs plus résistants. Lorsqu'un réservoir est exposé au flux thermique d'un incendie. il y a auto-réfrigération du réservoir. L'évolution de la pression est fonction de la géométrie de la brèche. Cette perte de confinement peut être notamment due : . cette partie est susceptible de s’échauffer plus rapidement que la partie du réservoir en contact avec le liquide (les transferts de chaleur s’effectuant moins bien avec la phase gaz) et les propriétés mécaniques de l'enveloppe s’y dégradent donc d'autant plus vite.à de la corrosion. L'énergie de la phase vapeur est disponible immédiatement. Ye et Cunningham (Birck et Cunnignham. Maillette. L'énergie nécessaire pour conduire à la perte totale de confinement provient du contenu du réservoir. En revanche.à l'exposition du réservoir à un incendie.

conduit à la détente brutale de la phase vapeur contenue dans le ciel gazeux du réservoir. plus la surchauffe est importante. il se produit alors. gouvernés principalement par l'énergie disponible dans le ciel gazeux du réservoir et que la température du liquide n'a pas une grande importance pour ce type de BLEVE. Il est à noter que sur le diagramme de la figure 12. mais le lourd nuage formé au niveau du sol. en cas de dépressurisation brutale. dû à la faiblesse mécanique du réservoir. s'il trouve un point d'inflammation. qui. à la projection de débris sur des distances importantes et à l'éjection du produit. avant une élévation significative de la température. dans le réservoir. plus l'ébullition du liquide. la fraction flashée est calculée adiabatiquement. Les effets de pression sont ainsi relativement réduits. à la vaporisation instantanée d'une fraction du liquide surchauffé et à la dispersion d'une autre fraction du liquide en fines gouttelettes. le BLEVE froid est mentionné avant toute référence à la température limite de surchauffe. de manière continue. Le diagramme précédent différencie les cas d'une ébullition violente ("BLEVE intermédiaire") et d'une vaporisation explosive ("BLEVE chaud") qui conduisent à des phénomènes de violences différentes. s’effectue plus lentement que le précédent car il nécessite la libération de l’énergie disponible dans le liquide. Nous comprenons ainsi que ce type de BLEVE ayant pour origine une faiblesse mécanique du réservoir n'est pas compatible avec une température interne élevée : la ruine du réservoir se produirait.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Ce type de BLEVE. comme le note Birck. Ce type de BLEVE correspond au cas (b) de l’énumération ci-dessus.la compression de toute la vapeur dans le volume disponible du réservoir est isentropique. Toutefois. On peut introduire ici les résultats des modélisations de Birck et Cunningham relatives à des BLEVE chauds. à la formation d'une boule de feu ascendante. . par définition. en fonction de la surchauffe du produit. entraîne la ruine de ce dernier. peut. en revenant au diagramme synoptique précédent (fig. C'est ainsi que nous avons qualifié le type de BLEVE conduisant à une vaporisation violente "d'intermédiaire". la transition. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. conduire à un incendie conséquent (apparition d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque). dans le cas d'une inflammation. Ce type de BLEVE conduit ainsi à la création d'une onde de choc d'autant plus puissante que la pression de rupture du réservoir est élevée. Ainsi. ainsi que. Le modèle qu'ils ont développé table sur les hypothèses suivantes : la pression de réservoir chute jusqu'à la vaporisation. de l'avis de l'INERIS. une ébullition violente pouvant avoir un caractère explosif. si la surpression engendrée est supérieure à la pression de rupture du réservoir. est violente. Version 1 du 20/09/02 47/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. . C'est pourquoi Birck et Cunningham suggèrent que les BLEVE de réservoirs fragiles sont courts. que le réservoir se dépressurise et que sa température au moment de l'apparition de la fissure est notablement supérieure à sa température d’ébullition à pression atmosphérique. le flash est instantané. 12). Ce type de BLEVE. il y a perte totale de confinement et apparition d'un BLEVE dit froid. En revanche. si la fissure s'arrête. qui correspond au cas (c) de l’énumération ci-dessus. on note que si le processus de fissuration ne s'arrête pas. entre BLEVE "chaud" et "froid" s'effectuant.

Aussi. On pourra également noter que la surpression engendrée lors du phénomène augmente avec le niveau de remplissage du réservoir. d'après les auteurs. pour des températures supérieures à la TLS lors de l’apparition de la brèche. il n'est pas exclu. la pression pouvant atteindre. Cette modélisation permet toutefois de mettre en lumière des tendances intéressantes : Elle suggère que si la limite de surchauffe du produit est atteinte. Toutefois. c'est à dire du temps nécessaire pour atteindre l'équilibre thermodynamique. que la pression augmente compte tenu d'effets dynamiques. Figure 13 : Surpression dans le réservoir en fonction de la température du liquide. . si les valeurs mentionnées sur la figure 3.3. la surpression résultant de la vaporisation est si intense que même des réservoirs très solides ne peuvent pas y résister. sont certainement majorantes. de l'avis de l'INERIS. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Par ailleurs. il faudra donc tout faire pour que la TLS ne soit jamais dépassée. il semblerait qu'une éventuelle recondensation de la phase vapeur ne soit pas prise en compte. cette valeur nous paraît être à considérer avec prudence puisque la phase vapeur tend à se condenser au fur et à mesure que la pression augmente. C'est ainsi que le cas le plus pénalisant est 48/116 Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable. comme nous l'avons mentionné cidessus. 250 bar pour un réservoir de propane rempli à 90 %. et pour différents niveaux de remplissage des réservoirs (où Psat est la pression de vapeur saturante). pour différents niveaux de remplissage. En pratique.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Les résultats obtenus pour du propane pur sont présentés sur la figure 13 suivante qui donne la surpression obtenue dans le réservoir. Il convient de noter que ce calcul est basé sur l'équilibre thermodynamique et ne tient pas compte des effets dynamiques.

Six expériences ont été réalisées à partir de butane. Suite à l’observation des résultats de Johnson et Pritchard. dans la mesure où une éventuelle recondensation du produit vaporisé n'a pas été prise en compte. Etape 1 : Le réservoir se rompt. . le produit rejeté a été enflammé et a donné matière à une boule de feu. Ce phénomène génère une contrainte soutenue susceptible d'entraîner la ruine du réservoir.). avec du propane. une fois le processus initial de fissuration achevé. Ce type de BLEVE a des conséquences dont l'intensité se situe entre celle des BLEVE dits « froids »et « chauds ». Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. ce modèle suggère qu’à niveau de remplissage constant.P. Johnson et Pritchard. 1995a) distingue cinq étapes du développement d’un BLEVE. Version 1 du 20/09/02 49/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. (Shield. 14).4. a également donné matière à l'apparition d’une boule de feu. C'est ainsi que le phénomène le plus violent serait obtenu lorsque la température est égale à la TLS. il parait difficile de se prononcer quant à la validité de cette tendance. D’où l'intérêt d'une soupape se déclenchant suffisamment tôt pour permettre une vidange. la surpression engendrée par le phénomène de vaporisation décroît lorsque la température du liquide à l’apparition de la brèche augmente au-dessus de la TLS. (Shield. Ce résultat peut paraître surprenant puisque.4 COMPARAISON DES BLEVE "FROIDS" ET "CHAUDS" 4. la violence de la vaporisation croît avec la température. Dans quatre de ces six essais. soit parce que la chute de pression dans le réservoir est moindre. le processus d'ébullition est moins violent que dans le cas d'un BLEVE chaud.4. Cette onde est suivie d’une onde de dépression (voir fig. 4. Enfin. 1991) (voir paragraphe 3.1 DEVELOPPEMENT DU BLEVE "CHAUD" Johnson et Pritchard ont effectué. sept essais de BLEVE de réservoirs remplis d’une ou de deux tonnes de G. pour lequel. du réservoir.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 celui d'un réservoir pratiquement rempli. entre les cas extrêmes que constituent les BLEVE dits « froids » et « chauds ». pour des températures inférieures à la TLS. Par ailleurs. Une septième expérience. Enfin. pour différents niveaux de remplissage et de pression. des fragments sont éjectés et une onde de surpression est engendrée par la détente de la phase gazeuse. en 1991. il existe un continuum de cas.L. soit que la température moyenne du liquide est inférieure à la TLS. 1995a . même partielle.

La quantité de vapeur produite à partir des gouttelettes est largement supérieure à la quantité de vapeur libérée à l’étape 1 précédente. le volume du nuage étant alors égal au volume de vapeur flashée à la pression ambiante et à la température de saturation correspondante (plus une légère correction du fait de la présence de gouttelettes). La vaporisation continue jusqu’à ce que la pression du nuage soit égale à la pression ambiante. Néanmoins. l’onde de dépression suivant l’onde de surpression revient plus lentement à la pression ambiante et il est probable. Version 1 du 20/09/02 50/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. une onde de choc due à l’évaporation instantanée du liquide peut se former et engendrer un état turbulent au sein du nuage. dans ce cas de figure. est éjecté. . Cette seconde onde de choc n’est observée que lors d’expérimentations pour lesquelles le niveau de remplissage est assez important. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Pour des taux de remplissage trop faibles. qui se vaporisent adiabatiquement alors que la pression dans le nuage diminue. Au cours de cette étape. le nuage formé est turbulent.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Figure 14 : Etape 1 du développement d'un BLEVE chaud Etape 2 : Un nuage de gouttelettes. Si la vitesse radiale d’expansion du nuage excède la vitesse locale du son dans la zone de dépression suivant l’onde de surpression engendrée par l’expansion de la phase vapeur (étape 1). même dans ce dernier cas. que l’onde de choc formée par la vaporisation instantanée du liquide soit d’une magnitude moindre que l’onde de dépression. il y a peu de mélange avec l’air ambiant alors que le nuage s’étend.

l’expansion du nuage n’est plus alors due qu’aux effets de turbulence. Figure 16 : Etape 3 du développement d'un BLEVE chaud Etape 4 : L’inflammation se produit à proximité du centre du nuage et une boule de feu se développe. Ce dernier continue à s’étendre du fait de sa quantité de mouvement radial. Shield suppose que durant cette étape seule la vapeur est consumée et que les gouttelettes n’ont pas le temps d’être vaporisées. L’expansion de la boule de feu s’arrête lorsque tout le nuage est enflammé.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Figure 15 : Etape 2 du développement d'un BLEVE chaud Etape 3 : Les deux ondes de surpression successives ont quitté le nuage. L’expansion du nuage en boule de feu engendre une onde de surpression suivie d’une onde de dépression due à l’arrêt brutal de cette expansion. Lorsque la vitesse d’expansion radiale du nuage est du même ordre que la vitesse aléatoire des tourbillons turbulents. mais à une vitesse qui diminue alors que le mélange turbulent entraîne de plus en plus d’air. . La vitesse d’expansion de la boule de feu est égale à la vitesse de propagation de la flamme dans le nuage turbulent. Puisque le nuage contient de l’air. C’est alors que la boule de feu est la plus brillante. Version 1 du 20/09/02 51/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

l’aire de la flamme visible diminue (fig. Figure 17 : Etape 4 du développement d'un BLEVE chaud Etape 5 : La boule de feu hémisphérique s’élève pour prendre la forme d’une sphère. Sa combustion continue mais la boule de feu ne s’étend plus. mais. la fumée constituée des produits de combustion s’élève et se dissipe. le nuage de vapeur peut s’enflammer durant chacune des quatre étapes précédentes. Le flux thermique rayonné décroît alors sans cesse. pour prendre la forme caractéristique d’un champignon (fig. La boule de feu s’élève alors approximativement à vitesse et volume constant. puisque de l’air doit être mélangé au nuage. même si certaines étapes peuvent se chevaucher. Figure 18 : Etape 5 du développement d'un BLEVE chaud Version 1 du 20/09/02 52/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Ensuite. dans la réalité. du fait de l’apparition de poches de produits de combustion. indiquant ainsi que l’air requis pour la combustion est déjà mélangé au nuage (fig. 19). Lorsque la combustion est presque complète.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Bien évidemment. Le combustible est alors pourvu par les gouttelettes liquides. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. il est probable que la combustion se produise principalement dans la périphérie du nuage et les mécanismes d’expansion sont ainsi similaires. 18). 19). .

4.des gouttelettes non brûlées sont susceptibles de retomber au sol et d'engendrer ainsi un feu de flaque. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. que lors de BLEVE dits "froids".il n'y a pas assez d'air entraîné pour permettre la combustion complète de toutes les gouttelettes d'aérosol formées. la moindre surchauffe du liquide a deux principaux effets : .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Figure 19 : Etape 5 du développement d'un BLEVE chaud (suite) 4. Version 1 du 20/09/02 53/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.2 BLEVE "FROIDS" SHIELD note. . d'après des modélisations. .

le reste est dispersé sous forme de gouttelettes Nuage d'aérosol en feu au niveau du sol avec une boule de feu ascendante Apparaissent relativement réduits d'après le niveau sonore de ce type de BLEVE Boule de feu Effets de surpression Le bruit de l'onde de choc suggère d'importantes surpressions Projectiles De grandes pressions de rupture ont Les faibles pression de rupture le potentiel d'envoyer des limitent probablement la distance projectiles sur d'importantes parcourue par les projectiles distances Liquide chaud et rupture locale afin de déclencher une explosion par surchauffe Réservoir peu résistant conduisant à sa ruine totale Conditions nécessaires Tableau 16 : comparaison entre BLEVE "chaud" et BLEVE "froid" Les deux modes de développement des boules de feu dans chacun des types de BLEVE sont schématisés sur la figure 20 suivante. Liquide en dessous de la limite de surchauffe 2.3 COMPARAISON SYNTHETIQUE DES BLEVE "FROIDS" ET "CHAUDS" Le tableau 16 ci-dessous propose une comparaison synthétique entre les BLEVE "froids" et "chauds" d'après (Birck. Température du liquide initialement au-dessus de la température limite de surchauffe 2. 1991) BLEVE "chaud" Instants initiaux 1. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.. .4.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 4. Le réservoir se rompt localement 3. Ruine du réservoir Durée entre la rupture initiale et le Quelques dixièmes de secondes rejet à caractère explosif après la formation d'une fissure de 20 cm Géométrie du réservoir après le Le réservoir est aplati au sol avec BLEVE émission possible de missiles Mode de rejet Tout ou majeure partie du liquide est vaporisée instantanément Boule de feu classique ascendante BLEVE "froid" 1. Ye et al. Version 1 du 20/09/02 54/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Ruine du réservoir due à des effets essentiellement mécaniques Quelques centièmes de secondes Le réservoir est aplati au sol avec émission possible de missiles Une partie du liquide se vaporise instantanément. Remontée en pression du réservoir du fait de l'ébullition 6. Formation d'un jet 4. Dépressurisation 5.

à la pression atmosphérique.5 CONCLUSIONS Pour le BLEVE. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. C'est ainsi que.à la fatigue du réservoir. s'il est inflammable et s'il trouve un point d'inflammation. . . de l'avis de l'INERIS.à l'exposition du réservoir à un incendie. les BLEVE dits "froids" et "chauds". peut. Un BLEVE "froid" serait dû à une faiblesse mécanique du réservoir. . .à une construction ou des équipements défectueux. est violente. Version 1 du 20/09/02 55/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. plus son ébullition. conduire à un incendie conséquent (apparition d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque).à l'impact d'un projectile. la transition entre BLEVE "chaud" et "froid" s'effectue de manière continue. Les BLEVE ont une cause commune. mais le lourd nuage formé au niveau du sol. une perte de confinement amenant à la dépressurisation du contenu du réservoir.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Figure 20 : Illustration du développement de la boule de feu pour des BLEVE "froids" et "chauds" 4. le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe). On notera que plus la surchauffe d'un liquide est importante. Cette perte de confinement peut être notamment due: . l'INERIS propose in fine de retenir la définition suivante : "Un BLEVE correspond à la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un liquide dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la pression atmosphérique".à de la corrosion. L'analyse a mis en évidence que l'on peut distinguer deux types de BLEVE. . en cas de dépressurisation rapide. Pour qu'un réservoir donne matière à un BLEVE "chaud" il faut que la température moyenne du produit qu'il contient soit supérieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression atmosphérique (c'est à dire supérieure à la température pour laquelle. Les effets de pression sont ainsi relativement réduits.

. . Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. de ne s'intéresser qu'à la distance de la boule de feu (généralement comptée depuis la projection de son centre au sol) où une densité de flux thermique rayonné fixée est reçue. Il est donc possible.1 ETAPES DE LA DEMARCHE.calcul de la densité de flux thermique radiatif reçu par une personne exposée au rayonnement.2.détermination du diamètre de la boule. 5. Elles procèdent toutes selon une démarche similaire et s'articulent autours des étapes suivantes : . Plusieurs théories ont été développées pour déterminer les effets des boules de feu. il s’agit dans ce qui suit. La première fonction des modèles est de déterminer des lieux de l'espace où une densité de flux thermique radiatif donnée est observée. . Les effets varient bien évidemment selon l’âge de la personne. notamment du fait de ses effets radiatifs. l’âge des personnes exposées. . les obstacles au rayonnement pouvant constituer autant d’abris.détermination de la durée de combustion de la boule. CARACTERISTIQUES DE LA BOULE DE FEU Dans le cas d'un BLEVE mettant en jeu un produit inflammable. les effets auxquels on s'intéresse habituellement sont définis comme étant l'apparition (à faible probabilité) de la létalité.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5 MODELISATION DES EFFETS THERMIQUES D’UN BLEVE 5.. Version 1 du 20/09/02 56/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il est clair que l’estimation des effets sur l’homme de l’exposition à un flux thermique est complexe car dépendant de très nombreux facteurs. En fait. ainsi qu'en fonction de son état de santé ou de ses facultés d'accoutumance.. dont notamment la nature et l’importance des surfaces brûlées. en première approximation. des brûlures significatives. Ces effets sont directement fonction de la densité de flux thermique φ et du temps t pendant lequel le sujet est exposé à cette densité de flux thermique. . de définir des critères simples permettant d’évaluer un ordre de grandeur des distances où un effet donné sera susceptible d’être observé. Bien évidemment.estimation de l’élévation de la boule de feu. la rapidité d'accès à des soins est également d'importance. de la douleur. On s'intéresse ici aux effets thermiques radiatifs d'une boule de feu formée lors d'un BLEVE.1 DEMARCHE DE DETERMINATION DES EFFETS D'UN FLUX THERMIQUE SUR L'HOMME Les effets thermiques radiatifs d'une boule de feu sur une population donnée dépendent de l’intensité des radiations ainsi que de la durée d’exposition à ces radiations.2 FLUX THERMIQUES 5. Lorsqu'une personne est exposée à une densité de flux thermique.détermination des effets sur l'homme. la boule de feu peut être le phénomène ayant les conséquences les plus importantes.

t = constante sont valables pour des durées d'exposition t relativement brèves (au plus de l'ordre de la minute). et pour des durées d'exposition qui sont. Dans le plan Log(φ). où EL et BS sont ici deux constantes caractéristiques respectivement des effets létaux et des brûlures significatives.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Ainsi.t = BS. Elle subira toutefois des brûlures significatives si φ2n. au plus. dans la mesure où l'on a φ1n.t = E . On suppose qu'une personne exposée au flux φ1 pendant un temps supérieur ou égal à t1 décède. Sur ces courbes. Il convient de préciser ici que les droites φn.t = BS = Log φ2 Log t1 Log t'2 Log t2 t≈1 min Log t Figure 21 : Droites iso-effets Si l'on considère la figure 21.t EL φn.t≥E. Il en va de même pour une personne exposée au flux φ2 inférieur à φ1 pendant un temps t2 supérieur à t1 tel que φ2n. et donc. On conçoit en effet qu'elles tendent vers une asymptote parallèle à l'axe des abscisses : il serait bien évidemment Version 1 du 20/09/02 57/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. n Log φ Log φ1 φn. dans le plan Log(φ).t = EL.t'2<EL. ces courbes sont assimilables à des droites telles que schématisées sur la figure 21 ciaprès.t'2>BS. à effet E constant. flux thermique et temps se trouvent pratiquement liés par n une relation φ .t1 = EL. Log(t).t2=EL. les courbes dans un plan (φ.t) correspondant à un effet donné sont-elles établies pour une population représentative de l'ensemble des situations susceptibles de se produire. Cet effet se produira dès que φ . et celle correspondant aux brûlures significatives l'équation φn. les coordonnées d'un point (φ. .t) représentent l'échelon de densité de flux thermique φ et le temps d'application t de cet échelon nécessaire pour que l'effet E se produise. la droite qui. Log(t). En revanche une personne exposée au flux φ2 pendant le temps t'2 inférieur à t2 ne sera pas supposée décéder car φ2n. est représentative des effets létaux. de l'ordre de la minute. a pour équation φn. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.

et nous retiendrons pour la suite la définition de ce terme proposée par chacun des auteurs des différentes approches relevées et présentées ci-après. Hymes. ni d'une éventuelle évolution des tissus ou autres effets similaires. 1994 . Il convient en premier lieu de garder à l'esprit qu'une telle intégrale est calculée faute de mieux. Dans tout ce qui suit. Il est communément admis (Lees. pour comparer aisément les données relevées dans la littérature.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 absurde de considérer qu'elles coupent ce dernier axe. où φ est la densité de flux thermique reçue (en kW/m²) et t la durée d'exposition à cette densité de flux (en secondes). est obtenu lorsqu'une personne est exposée à un flux nul pendant un temps fini. lors d'un accident. on ne tient compte ni d'une éventuelle accoutumance. On rappelle ici que pour des durées d'exposition supérieures à une minute il est d'usage de considérer des seuils égaux à : . Pour la létalité. la quantité I sera dite "charge thermique". . les seuils d'effets. Pour les effets irréversibles. pour la commodité de l'exposé. un observateur n'est jamais soumis à un échelon de densité de flux thermique constant au cours du temps. pour des expositions qui perdurent. Il doit d'emblée être clair que la définition même des brûlures du second degré est sujette à discussion. avons-nous calculé. on retient un seuil de brûlures significatives du second degré. L'objet des quatre paragraphes suivants est de présenter différentes approches rapportées dans la littérature quant aux seuils des effets thermiques et de les comparer entre elles. Il y a bien évidemment lieu de définir les seuils à considérer. Ainsi. En pratique. 1983) que les effets thermiques (effets létaux et brûlures significatives) dépendent d'une variable dite "charge thermique" en φ4/3. la quantité φ4/3. sinon. . dt L'effet se produira si I≥E. Cela n'entre bien évidemment pas dans le cadre du présent rapport. en termes de flux thermique. Ainsi. et il y a donc lieu d'intégrer les apports de chacun des pas de temps pendant lesquels la densité de flux thermique est supposée constante en calculant : I = ∫ φ( t ) n . ce qui signifierait qu'un effet. en ce sens que la contribution de chaque échelon élémentaire de flux reçu est supposée avoir strictement le même effet que si cet échelon était le premier.5 kW/m2 pour les effets létaux. de traiter simplement le problème. En d'autres termes. l'hypothèse implicite qui sous-tend la démarche est celle de l'ergodicité. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. ne dépendent pratiquement plus du temps. si nécessaire.t pour chacun des seuils proposés.3 kW/m2 pour les brûlures significatives. En effet. par exemple la létalité. Il n'est pas possible.t. il est d'usage de retenir un seuil correspondant au décès de 1% de la population exposée. Version 1 du 20/09/02 58/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

6 57.0 33.. On vérifie que ces données correspondent. . Hymes.t [s (kW/m²)4/3] 1099 1073 1000 2417 2264 2210 7008 6546 6149 Tableau 17 : Relation entre la probabilité de décès par brûleur et la « charge thermique » φ4/3.5 586. 1994 .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5.0 39.43 10.t. t. à des calculs majorants (en termes de distances d'effets) par rapport aux données ayant servi à l’établir.2 APPROCHE D'EISENBERG Eisenberg (Eisenberg.2 1. à l’équation de probit d’Eisenberg reportée par (Lees. temps d’exposition en secondes. L’équation précédente conduit en effet à calculer une « charge thermique » φ4/3. le décès de 1 % de la population exposée correspond à une valeur de la fonction probit de 2.8 φ4/3.2 1.56 ln(φ4/3. D’après l'équation de probit d’Eisenberg.t.P. aux faibles probabilités.t au seuil de létalité à 1 % de 956 (kW/m²)4/3. Version 1 du 20/09/02 59/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.1 45.1 10.s. t) : Probabilité de décès (%) 1 1 1 50 50 50 99 99 99 Durée d’exposition (s) 1.2. présente la probabilité de décès (en %) en fonction des couples (φ.9 18.67. 1983) : Pr = -14.2 263.1 45.2 Intensité de flux thermique (kW/m²) 146. en ordre de grandeur. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. flux thermique radiatif en kW/m².43 10.43 10.S.9 + 2.t) avec φ.0 128. Eisenberg propose une équation de probit permettant d'évaluer statistiquement les effets d'une charge thermique donnée sur une population exposée à une densité de flux thermique. qui se réfère aux effets létaux. 1975) a développé une estimation des effets létaux associés aux flux thermiques radiatifs à partir d’observations consécutives à des explosions nucléaires. C’est donc qu’elle conduit.C. soit une valeur inférieure à la valeur minimale rapportée pour le même seuil dans le tableau précédent. 1994).1 45. Le tableau 17 suivant tiré de (C. La probabilité de décès est reliée à la grandeur φ4/3.

Les auteurs citant Eisenberg se réfèrent généralement.t) Pr = -36. et la charge thermique correspondante pour l'apparition de l'effet à 1 % sur la population exposée (où φ est en W/m² et t en s) : Effets Equation de probit « Charge thermique » limite pour un effet à 1 % en (kW/m²)4/3. Gonzalez. pour un feu d’hydrocarbures. sans l'analyser plus.s 130 390 421 Brûlures du premier degré Brûlures du deuxième degré Brûlures entraînant la mort Pr = -39. vers l'ultraviolet.t) Pr = -43. pour chaque effet.t.N. 5. 1994 . les longueurs d’onde des radiations thermiques sont décalées.s relativement au seuil de létalité à 1 % (Lees. la dose de radiation thermique correspondant à un effet donné est inférieure à celle issue d’une explosion nucléaire.t) Tableau 18 : Equations de probit du T.0186 ln(φ4/3.3 APPROCHE DU T. Or. . 1992 . lors d’une explosion nucléaire. en ce sens que la quantité φ4/3.t n'est pas rigoureusement une constante pour un effet donné. sont dérivées de l’étude des effets sur l’homme des tirs nucléaires et sont corrigées pour être appliquées à des feux d’hydrocarbures.83 +3.N.O.38 +2. Ainsi.O.N. 1992) propose trois équations de probit se référant respectivement aux brûlures du premier et second degré.. Les équations de probit correspondant à un effet donné ainsi que les expressions qui en découlent sont synthétisées dans le tableau 18 suivant qui présente. sur ces données. par rapport au spectre visible. (T. prenant en compte une vitesse moyenne de fuite d’une personne exposée au rayonnement. provoquant ainsi des brûlures plus profondes.N. ce qui illustre une des limites de l'hypothèse d'ergodicité.O. alors que celle dues à un feu d’hydrocarbures sont décalées vers l’infrarouge. plus la longueur d’onde augmente. l'équation de probit proposée par le T.14 +3. Version 1 du 20/09/02 60/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.N.O. En effet. 1991). Fulleringer.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Par ailleurs. à la valeur de 1060 (kW/m²)4/3. Il convient de préciser que ces équations ne tiennent pas compte de la protection apportée par des vêtements.N.O. il semble que pour une probabilité de décès de 1 % la « charge thermique » acceptable diminue alors que la donnée d’exposition augmente. Le T. qu'il existe une approche développée par le T.O. pour la quantité φ4/3..0186 ln(φ4/3. ni d'éventuelles possibilités de fuites ou de mise à l'abri. plus les radiations sont pénétrantes. ainsi qu'à la létalité.O. Les fonctions probit proposées par le T. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.2. L’INERIS remarque ici.56 ln(φ4/3.N.

à savoir respectivement 0.s relativement aux brûlures significatives du second degré. à l’apparition des brûlures du deuxième et troisième degré.t par l’expression : δ (mm) = 8. Pour les effets létaux. Il note par ailleurs que ce seuil correspond à celui des brûlures sévères du second degré. pour les effets sur l’homme. le seuil de létalité à 1 % d’une personne habillée normalement (« 1 % lethality. supposée normalement habillée Valeur dérivée de statistiques établies consécutivement aux bombardements atomiques américains Ce seuil correspond approximativement au seuil de la létalité pour 50 % d'une population exposée. Hymes a corrélé.P. 1983) a effectué une synthèse de travaux visant à caractériser les effets d'un flux thermique sur l'homme.C. 1983) Il est à noter que (Lees. selon Hymes. 1994) rapporte la profondeur des brûlures correspondant. average clothing ») ainsi que le seuil d’apparition des brûlures du deuxième degré (« start of 2°burns »). 22) établies d’après les résultats de Hymes et qui donnent.S.s 10 à 700 1060 1200 Effets Apparition de cloques sur la peau nue Létalité pour 1 % de la population exposée d'après Eisenberg Seuil des brûlures sévères du second degré (profondes de plus de 0.s pour le seuil de létalité à 1 %.t égale à 1033 (kW/m²)4/3. .t.s. 1983). la profondeur des brûlures δ à la charge thermique φ4/3.1 mm. Hymes (Hymes. d'une profondeur supérieure à 0. (C. Ainsi.1 et 2 mm. Hymes retient la valeur de 1200 (kW/m²)4/3.1 mm) Létalité pour 50 % de la population exposée d'après Eisenberg Seuil des brûlures sévères du troisième degré (profondes de plus de 2 mm soit l'ensemble du derme) Commentaires Effets constants sur cette plage de valeur Valeur dérivée de statistiques établies consécutivement aux bombardements atomiques américains Ce seuil correspond approximativement au seuil de la létalité pour 1 % d'une population exposée. Version 1 du 20/09/02 61/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.10-4 (φ4/3.2. en fonction du temps. Ce qui conduirait ainsi à retenir. 1994) propose les courbes iso-effets suivantes (fig. supposée normalement habillée 2300 2600 Tableau 19 : Seuils d'effets retenus par Hymes (Hymes. pour les brûlures du second degré.. Le tableau 19 ci-après résume les principaux seuils qu'il a relevé pour des expositions relativement limitées dans le temps : Charge thermique (kW/m²)4/3. d'après les travaux de Hinshaw (Hymes.t-920) avec φ en kW/m² et t en secondes.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5.85. relativement à une population habillée normalement. A noter que Lees et Shield (Shield. On notera en premier lieu que Hymes retient également un effet en φ4/3. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 1995a et 1995b) retiennent le seuil de 1200 (kW/m2)4/3. une charge thermique en φ4/3.4 SYNTHESE DE HYMES En 1983.

correspondant respectivement à la létalité et aux brûlures significatives. . Figure 22 : Corrélation entre la densité de flux thermique reçu.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 On remarque que ces deux seuils. aux approximations de lecture près. à des seuils de 1200 et 1033 (kW/m2)4/3. Ils semblent correspondre. respectivement au seuil des effets létaux et des brûlures significatives. sont proches.s. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. le temps d'exposition et les effets sur l'homme (d'après Hymes) Version 1 du 20/09/02 62/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

L’approche de Lees vise à prendre en compte : .Le temps de réaction d’un individu est de l’ordre de 5 secondes avant de tenter de se protéger ou de s’enfuir. lors de BLEVE.. Version 1 du 20/09/02 63/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.Le degré de protection offert par les vêtements dépend de la fraction de corps protégée.la réaction humaine face au danger. .Les traitements médicaux des brûlures ont été améliorés. Par ailleurs. .10. 1992) propose. les vêtements peuvent prendre feu.5 APPROCHE DE LEES Lees (Lees. A ce sujet. On rapporte ci-dessous (tableau 20) le tableau de Lawrence (Lawrence. il rapporte que Hymes remarque l'inflammation spontanée de la plupart des vêtements qui se trouvent exposés plus de cinq secondes à des densités de flux thermiques supérieurs à 75 kW/m².le traitement médical des brûlures.s L’inflammation des vêtements peut entraîner des brûlures. Dans son article. .la sévérité des brûlures. le cas de pompiers dont on pense que les brûlures au visage étaient principalement dues au fait qu’ils se retournaient pour suivre le déroulement du phénomène. Lees note que. pour l’inflammation des vêtements la relation : Φ².2. .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5.la protection apportée par les vêtements.t) avec φ en kW/m² et t en secondes. Ainsi Lees note-t-il que : .La probabilité de décès varie en fonction de la surface du corps brûlée ainsi que de l’âge de la personne concernée. 1991) rapporté par Lees. (T.s. Pour le seuil de 1 % de létalité. Il convient toutefois de préciser que ce comportement est susceptible de variations selon les personnes et Lees rapporte. . 1994) a proposé une équation de probit relative aux effets létaux de la forme Pr = . .l’éventuelle inflammation des vêtements. . dans le cas d’un BLEVE la probabilité d’inflammation de vêtements est assez élevée. Le T.le flux thermique effectif reçu.N. D’après Bull (cité par Lees) la mortalité consécutive à l’hospitalisation pour cause de brûlure aurait diminué de 19 % depuis 1971. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.99 ln(φ4/3. cette équation conduit à calculer une charge thermique de 828 (kW/m²)4/3.104 (kW/m²)². .O.t = 2.N.5.7 + 1.5 104 à 4. . mais aussi paniquer la personne qui peut arrêter de s’enfuir pour tenter d’éteindre ses vêtements.O.

5 0.3 0.2 0.7 0.6 0.9 0.9 0.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 fraction surfacique du corps brûlée (%) 93+ 88/92 83/87 78/82 73/77 68/72 63/67 58/62 53/57 48/52 43/47 38/42 33/37 28/32 23/27 18/22 13/17 8/12 3/7 0/2 Classes d'âges (années) 0/4 1 0.2 0.5 0.6 0.4 0.1 0.3 0.1 0.2 0. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.1 0. soit une surface nue totale de 20 %.8 0.4 0.1 0 0 65/69 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0.7 0.3 0.1 0 0 0 0 0 0 0 20/24 1 1 0.1 0 0 0 0 0 40/44 1 1 1 1 0.t égale à 1200 (kW/m²)4/3.5 0.3 0.2 0.4 0.8 0.9 0.2 0.4 0.6 0.7 0. le cou.3 0.7 0.7 0.1 0.9 0.4 0.9 0.5 0.1 0 0 0 0 0 0 30/34 1 1 1 0.8 0. .7 0.8 0.6 0.9 0.5 0.2 0.4 0.8 0.7 0.6 0. .8 0.9 0.3 0.4 0.6 0.9 0.2 0.3 0.8 0.1 0.4 0. les avant-bras et les mains sont exposés.5 0. à une mortalité moyenne d’environ 9 %.2 0.La population exposée est dans la tranche d’âge de 10 à 69 ans.9 0.9 0.5 0.2 0.9 0.1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 5/9 1 0.8 0.7 0.1 0 75/79 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0.5 0.5 0.1 0 0 0 0 0 0 0 0 15/19 1 1 0.9 0.8 0.6 0.6 0.8 0.1 0 0 0 60/64 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0.9 0.1 0 0 0 0 0 0 0 0 10/14 1 0.3 0.1 0 0 0 0 0 0 25/29 1 1 1 0.4 0.s (seuil des brûlures du second degré retenu par Lees).9 0.9 0.1 Tableau 20 : Probabilité de mortalité en fonction de la classe d'âge et de la fraction du corps brûlée Le modèle développé par Lees considère notamment : .7 0.1 0.6 0.6 0.8 0.Dans la mesure où le tableau précédent ne caractérise pas les brûlures en termes de profondeur des lésions.2 0.5 % pour sa face arrière.6 0.8 0.9 0.Le cas d’un adulte légèrement habillé dont la tête. Lees choisit d’associer à la probabilité de 9 % une profondeur de lésion de 0.5 0.2 0.9 0.3 0.5 % pour la face avant du corps et 9.3 0. .9 0.5 0.2 0.1 0 0 0 0 50/54 1 1 1 1 1 1 0.5 0.2 0.1 0 0 0 0 54/59 1 1 1 1 1 1 1 0.7 0.3 0.2 0.1 0 0 0 0 0 45/49 1 1 1 1 1 0. ce qui correspondrait à une fraction de quelques 10.9 0.9 0.9 0.7 0.2 0.7 0.8 0.8 0.2 0.4 0.2 0.8 0.3 0.9 1 0.4 0.9 0.6 0.9 0.25 mm correspondant à une charge thermique φ4/3.8 0.3 0.2 0.4 0.2 0.8 0.3 0.8 0.5 0.7 0.1 0 80/84 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 85+ 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0.1 0 70/74 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 0.9 0.8 0.8 0.8 0.6 0.7 0.5 0.2 0.9 0.1 0.4 0.8 0.4 0.1 0 0 0 0 0 0 35/39 1 1 1 1 0.7 0. ce qui conduit d’après le tableau précédent (au prorata des classes d'âge).1 0. Version 1 du 20/09/02 64/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.1 1 1 0.5 0.2 0.3 0.

Lees établit ainsi. Toutefois. Rew (Rew. les probabilités de décès calculées par la méthode de Lees ne sont inférieures à celles calculées par Eisenberg que suite aux corrections mentionnées plus haut. Pour mettre cela en lumière nous reproduisons ci-dessous le tableau 8 (Lees.s.Enfin. Pour comparaison. restent du même ordre de grandeur. à partir d’une charge thermique φ4/3. Ainsi. pour une victime. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. par extrapolation. Son équation de probit n’est donc plus valable au-dessus de cette valeur.s. des probabilités de décès supérieures à celles calculées moyennant l’application de l’équation d’Eisenberg. l’application brute de l’équation de probit proposée par Lees conduit à calculer.5 sur la charge thermique correspondant à une probabilité de décès donnée en arguant que l’individu expose sa face avant et arrière en alternance. . sans correction.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 A partir de la relation donnant l’épaisseur des lésions en fonction de la charge φ4/3 . Version 1 du 20/09/02 65/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. qui. pour φ4/3. Pour des charges thermiques supérieures à 4500 (kW/m²)4/3.s comme seuil de létalité à 50 %. en terme de probabilité de décès. t. Lees considère une probabilité de décès égale à 1. une relation entre la charge φ4/3.t et la probabilité de décès. une épaisseur de lésion nulle et par voie de conséquence une probabilité de décès nulle également. à charge thermique constante et dans le domaine des faibles probabilités de décès. On peut remarquer ici que l’application brute. Cette tendance s’inverse pour des probabilités de décès supérieures à environ 25 %.s. en prenant pour hypothèse une surface découverte de peau de 30 % et la possibilité.t égale à 1800 (kW/m²)4/3. . 1997) retient pour sa part 2000 (kW/m²)4/3. Lees suppose l’inflammation des vêtements et alors le doublement de la surface exposée.t = 920 (kW/m²)4/3. de se retourner en présentant alternativement sa face avant et sa face arrière. . on a. des équations de probit d’Eisenberg et de Lees donne des résultats. ce qui revient alors à annuler la correction précédente. 1994) établi à partir d’un exemple de boule de feu d’une durée de vie calculée égale à 10 secondes et pour laquelle il donne la densité de flux thermique reçu en fonction de la distance.Lees introduit une correction d’un facteur 0.

s puisque c’est sur cette base que sont faits les calculs relatifs au temps d'inflammation des vêtements. il retient la moyenne des valeurs citées par le T. nous supposons que Lees effectue le calcul suivant : t = 1800/(0.97 s à 135 m du centre de la boule de feu. pour calculer un temps d’inflammation de 9.s (kW/m²) . pour cet effet.73 4.86 0.11 9. Il considère ensuite arbitrairement un temps d'inflammation égal à 5 secondes.49 0.89 6. Dans une première étape. .t et calcule.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Distance (m) Flux thermique reçu (kW/m²) Temps d’inflammation des vêtements (s) 3.s.φ² = 3. moyennant quoi le flux nécessaire à produire cet effet est donc calculé égal à (35000/5)1/2 ≈ 84 kW/m2. les deux premières colonnes pour acquises.72 Tableau 21 : Exemple traité par (Lees. Ainsi. A partir de ce flux. Il convient toutefois de noter que dans cet exemple. Lees s'attache à calculer la charge thermique qui conduit à l'inflammation des vêtements. sans vérification puisqu’il s’agit d’un exemple.N. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.94 s. Pour ce faire.95 0.5 au dénominateur vise à prendre en compte que seule la moitié de la surface nue de la personne est exposée au rayonnement.O. nous nous attachons à mettre en lumière la démarche de Lees. Lees a considéré une émittance de la boule de feu constante durant toute la durée de vie du phénomène. Nous comprenons ainsi que le coefficient 0. soit t. Lees considère alors une « charge thermique équivalente » en φ4/3.22 0.99 0.5 x 834/3) = 9.84 0. en la commentant au fur et à mesure : Dans ce qui suit nous prenons. la charge thermique avant inflammation est donc toujours égale à 1800 (kW/m²)4/3.97 - Charges thermiques φ4/3. Dans le tableau ci-dessus . en considérant toujours un même temps de 5 secondes. Version 1 du 20/09/02 66/116 - Le présent document forme un ensemble indissociable.s (kW/m²)4/3. 1994) Dans ce qui suit.s 1 800 1 800 1 800 1 800 1 800 6 044 3 771 2 169 839 11 7 844 5 571 3 969 2 639 1811 1 490 Probabilité de décès d’après Lees Probabilité de décès d’après Eisenberg 75 95 105 115 125 135 145 173 142 118 97 83 72 1 1 1 0.24 8.12 1 1 1 0.t reçues Après Totale Avant inflammation inflammation 4/3 (kW/m²)4/3. une valeur de 844/3 x 5 = 1800 (kW/m²)4/3.5 104 s (kW/m²)2.

97) = 11 (kW/m²)4/3. qui conduit Lees à diviser la charge thermique reçue par 2 en l’absence d’inflammation des vêtements. La démarche de Lees rapportée ci-dessus appelle enfin deux dernières remarques : . en toute rigueur. Dans le cas traité précédemment on calculerait ainsi un temps d’inflammation de l’ordre de 3. et est certainement supérieure à 50 %. d’où la probabilité de décès calculée. à calculer une charge thermique en φ4/3. Cette écart important provient essentiellement de l’hypothèse selon laquelle une victime expose alternativement sa face avant et sa face arrière.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Après inflammation des vêtements. un seuil d'inflammation de 3.s.s. égale à 86 %.5 104 (kW/m²)². il faut remarquer que Lees ne tient pas compte de la charge thermique apportée. avoir été effectués à partir de la charge totale calculée directement à partir de la densité de flux thermique reçu (égale à 834/3x10 = 3621 (kW/m²)4/3. n’appelle pas de commentaires.6)) = 2969 s (kW/m²)4/3 soit une charge thermique de 64 % supérieure à celle calculée dans l'article de Lees.s). non plus pour une charge thermique totale de 3621 (kW/m²)4/3. par l'inflammation des vêtements eux mêmes.6 s.3. de considérer l'éventualité de la létalité. mais à partir de la charge thermique évaluée par la méthode de Lees (1811 (kW/m²)4/3. le temps d’inflammation des vêtements doit être calculé à partir d’une charge thermique en φ². le cas échéant. l'inflammation des vêtements puisse entraîner la mort de la personne qui les porte. dans certains cas. Les calculs de probabilités de décès d’après l’équation de Eisenberg semblent. On conçoit toutefois qu'il n'est pas exclu que.En toute rigueur. .Le calcul du temps d’inflammation donne matière à un commentaire particulier. Ceci illustre ce qui était affirmé ci-dessus et met ainsi en lumière qu’il s’agit moins du choix de l’équation de probit qui importe mais plus la manière de calculer la charge thermique φ4/3.5 x 3.s. 1997). le coefficient 0. . . et durant le reste de la durée de vie de la boule de feu. considèrent que la probabilité de décès d’une personne dont les vêtements sont enflammés pourrait être égale à 100 %. C'est pourquoi de l'avis de l'INERIS il est nécessaire de vérifier s'il pourrait y avoir.6 + (10 .9. le cas échéant. L’INERIS note que si l'on appliquait la formule d’Eisenberg. quant à eux.s. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Lees calcule ainsi une probabilité de décès de 22 %. En effet. d’après les mêmes hypothèses.s) on calculerait dans ce cas une probabilité de décès de l’ordre de 24 % contre 22 % pour l’équation de probit de Lees.t en considérant.t. inflammation des vêtements et. Il est par ailleurs à noter que certains auteurs (Rew. Pour un observateur situé à 135 m. soit environ deux fois plus que la charge thermique totale calculée par application de la méthode de Lees). dans ce cas. soit une charge thermique totale calculée égale à 1811 (kW/m²)4/3. D’où le calcul des probabilités de décès d’après l’équation de Lees dont l’application numérique. ce qui conduirait. à une distance donnée de la boule de feu. effectuée à partir de la charge thermique totale reçue (calculée égale à 1811 (kW/m²)4/3.t égale à : 834/3 x (0. - Version 1 du 20/09/02 67/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. par exemple.s.5 n’est plus pris en compte et Lees calcule la charge thermique vraisemblablement par 834/3x(10 .

Bien évidemment.6 CONCLUSION SUR LES SEUILS D'EFFETS THERMIQUES Les effets thermiques radiatifs d'une boule de feu sur une population donnée dépendent de l’intensité des radiations ainsi que de la durée d’exposition à ces radiations. du T.N. Il existe différents travaux portant sur les seuils d'effets relatifs à l'exposition d'une personne à un flux thermique..Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5. Hymes rapporte l'apparition de cloques sur la peau nue pour des seuils compris entre 250 et 700 (kW/m2)4/3.N.t.s respectivement pour le seuil de létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives. de Hymes et de Lees. l’âge des personnes exposées. celles d'Eisenberg. Pour les effets irréversibles. Par ailleurs.s pour le seuil de létalité à 1 %.2. L'approche d'Eisenberg ne se réfère qu'aux effets létaux. Les seuils proposés par le T. Longtemps la seule employée. les obstacles au rayonnement pouvant constituer autant d’abris. parait d'emblée trop majorante sans application de corrections et ne sera donc pas retenue. Ces approches s'attachent à définir des critères simples permettant d’évaluer un ordre de grandeur des distances où un effet donné sera susceptible d’être observé.O. Pour les effets létaux.1 mm. Cet auteur note par ailleurs que le premier de ces deux seuils correspond également à celui des brûlures sévères du second degré. d'une profondeur supérieure à 0. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. L'approche du T.s.O. dont notamment : la nature et l’importance des surfaces brûlées. où φ est la densité de flux thermique reçue (en kW/m²) et t la durée d'exposition à cette densité de flux (en secondes). Elle revient à retenir un seuil de 1060 (kW/m2)4/3..O. on retient un seuil de brûlures significatives du second degré dont la définition varie suivant les sources. la rapidité d'accès à des soins est également d'importance. respectivement pour les effets létaux et les brûlures du second degré) sont très inférieurs aux autres seuils relevés. . (soit 421 et 390 (kW/m2)4/3. Il convient par ailleurs de définir les seuils à considérer. Version 1 du 20/09/02 68/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. il est d'usage de retenir un seuil correspondant au décès de 1% de la population exposée. elle a été établie à partir d'observations statistiques sur les effets des tirs nucléaires de la seconde guerre mondiale. Nous avons recensé quatre approches. Il est communément admis que les effets thermiques dépendent d'une variable dite de charge thermique en φ4/3.. L'approche Hymes conduirait à retenir des seuils de 1200 et 1033 (kW/m2)4/3. Il est clair que l’estimation des effets sur l’homme de l’exposition à un flux thermique est complexe car dépendant de très nombreux facteurs.s.N.

s.l’éventuelle inflammation des vêtements. L’INERIS remarque que l'approche de Lees revient à considérer un seuil de létalité à 1 % de 1656 (kW/m2)4/3.s. en ordre de grandeur. Il convient toutefois de souligner que cette approche ne concerne que les effets relatifs à la létalité. On notera néanmoins que ces seuils sont très proches l'un de l'autre.s en l'absence d'inflammation des vêtements de la personne exposée. on pourrait retenir. C'est pourquoi de l'avis de l'INERIS il est nécessaire de vérifier s'il pourrait y avoir. dans certains cas. par l'inflammation des vêtements eux-mêmes. . le modèle de Lees ne tient pas compte de la charge thermique apportée. Si l'on souhaitait considérer ce type d'effet. moyennant quelques corrections à y apporter. 1997). cette dernière fourchette correspondant à des brûlures du second degré superficielles (apparition de cloques).le traitement médical des brûlures. on pourrait par exemple retenir une valeur de l'ordre de 500 (kW/m2)4/3. . considèrent que la probabilité de décès d’une personne dont les vêtements sont enflammés pourrait être égale à 100 %. Ainsi. des seuils qui ont été adoptés pour la modélisation du phénomène de BLEVE retenue pour la circulaire du 9 novembre 1989.s Il faut préciser ici que les seuils de 1060 et 500 (kW/m2)4/3. On conçoit toutefois qu'il n'est pas exclu que. il est à noter que certains auteurs (Rew.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 A noter que Lees et Shield retiennent aussi le seuil de 1200 (kW/m2)4/3. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. . ce dont il est nécessaire de s'assurer. inflammation des vêtements et.1060 et 1033 (kW/m2)4/3. . respectivement pour le seuil de létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives : . à une distance donnée de la boule de feu. que l'analyse de l'INERIS a mises en évidence. A cet égard. le cas échéant. Elle vise à prendre en compte : . .s respectivement pour le seuil de létalité à 1 % et le seuil des brûlures significatives sont voisins.1060 (kW/m2)4/3. l'inflammation des vêtements puisse entraîner la mort de la personne qui les porte. Version 1 du 20/09/02 69/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.la réaction humaine face au danger.le flux thermique effectif reçu. dans ce cas. pour une approche cohérente. de considérer l'éventualité de la létalité. .s et un seuil compris entre 250 et 700 (kW/m2)4/3.la sévérité des brûlures.s relativement aux brûlures significatives du second degré. En effet. .la protection apportée par les vêtements. Cette approche parait globalement intéressante. L'approche de Lees est la plus récente. et est certainement supérieure à 50 %.

Version 1 du 20/09/02 70/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.. .s. mais aussi de manière indirecte par inflammation des vêtements.1656 (kW/m2)4/3. et également voisin des seuils retenus pour la définition des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. que ce soit par rayonnement direct ou suite à l’inflammation des vêtements. La question est donc de savoir si cet effet peut être qualifié de « significatif » au sens généralement retenu dans le cadre des études de dangers des ICPE. en retenant le seuil de 1000 (kW/m2)4/3. .s pour peu que la durée d’exposition soit au moins d’une à deux secondes. Le projet de circulaire du Ministère de l’Environnement daté du 25 novembre 1999 retient pour sa part les valeurs suivantes : . est-il nécessaire de vérifier que l’exposition à ce seuil n’est pas en mesure d’entraîner l’inflammation des vêtements.s. l'application du principe de précaution conduirait l'INERIS à choisir le second.s pour le seuil des brûlures significatives.s et 1200 ou 1033 (kW/m2)4/3.1 mm. en accord avec le T.s). Par ailleurs.s constitue une hypothèse prudente au regard de ces quatre couples de seuils. ce qui est a priori vérifié dans le cas du BLEVE. Aussi. que les vêtements s’enflamment lorsque l’exposition à un flux radiatif Φ pendant une durée t est telle que Φ2.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 .O. l’effet considéré peut être engendré non seulement de façon directe par l’exposition au rayonnement. en ce qui concerne les seuils des effets brûlures significatives. faute d'éléments suffisamment probant permettant de choisir entre les seuils de 1200 et 1033 (kW/m2)4/3.s. Si l’on retient.N. il est assuré qu’en dessous de cette valeur critique l’effet létal ne sera pas observé au-dessus de 1 %.1200 et 1033 (kW/m2)4/3.s proposé pour les effets significatifs s’inscrit dans la fourchette de 250 à 700 (kW/m2)4/3.1000 (kW/m2)4/3. en l'absence d'inflammation des vêtements. Le second correspondrait aux brûlures significatives d'une profondeur de l'ordre de 0. Il est à noter que ce couple de valeur est en accord avec le deuxième des quatre couples proposés en page précédente (1060 et 500 (kW/m2)4/3. Il doit être clair ici que le choix d’un seuil relève d’une politique globale de gestion du risque. alors on montre aisément que cette exposition engendre des charges thermiques supérieures à 1000 (kW/m2)4/3. Le seuil de 600 (kW/m2)4/3.s correspond à celui proposé par Lees pour la létalité à 1 % de la population exposée.s. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.s pour le seuil de létalité à 1%. Le seuil de létalité à 1% fixé à 1000 (kW/m2)4/3. donc du législateur. Ces seuils correspondent à l'approche de Hymes. On rappelle que le premier correspond à la létalité à 1 % de la population exposée supposée habillée normalement.600 (kW/m2)4/3. .s.t = 25 000 à 45 000 (kW/m2)2. avant de retenir un seuil de charge thermique. et les seconds à deux seuils associés aux brûlures significatives du second degré. Cependant.s retenue par Hymes pour marquer l’apparition de cloques sur la peau nue. Autrement dit. Le seuil de 1656 (kW/m2)4/3.

S. le T.P. Ils sont généralement basés sur le modèle de flamme solide.3 MODELISATIONS DES EFFETS THERMIQUES D'UN BLEVE 5. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. (Thornton Research Center. et du T.C. nous avons relevé celles proposées par le C. 1994)..C. les distances d’effets thermiques ont été comparées à celles calculées par application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 Novembre 1989. . sans préjuger du choix qui serait effectivement retenu par le législateur.P.s du projet de circulaire du 25 novembre 1999 pour l’évaluation différents modèles de BLEVE.O. de nombreux auteurs ont proposé des formules empiriques basées sur le retour d’expérience.C. de l’avis de l’INERIS.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Dans la suite de l’étude. Version 1 du 20/09/02 71/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.C. Shell).S. à la différence des autres modèles qui considèrent un état stationnaire.C. ont été choisis car ils sont parmi les plus largement utilisés.N.R.N. les modèles disponibles sont beaucoup moins nombreux. a été retenu à cause de l’originalité de son approche.P. le seul modèle disponible à ce jour qui tente de décrire l’évolution d’un BLEVE. qui est également présenté dans ce chapitre. Une compilation de ces différentes corrélations est présentée dans (C.O. Pour ce qui est de la détermination des effets thermiques.. Chaque fois que possible. Le modèle T. Concernant la détermination des dimensions et de la durée de vie de la boule de feu. qui est également à la base des approches du C. l’INERIS a retenu par hypothèse les seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3. Il est à noter que ces trois modèles ont été établis pour des BLEVE d’hydrocarbures uniquement.1 MODELES En ce qui concerne les modélisations relatives au BLEVE. 5.N. (Center for Chemical Process Safety).S.S.O. quant à lui. C’est. Les modèles C. et T.P.C.3. (The Netherlands Organisation of applied Scientific Research) et le T.R.

où le flux rayonné à une certaine distance de la boule de feu est donné par la formule : q = E.N. Cette valeur est fondée sur le retour d’expérience et constitue une hypothèse majorante.. Dans toute la suite.6. Le modèle permet.. mf est la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu en (kg).P. Le modèle développé par le C. Il est à noter que ce modèle a subi quelques évolutions depuis sa description dans les précédentes éditions du Yellow Book (1979 et 1992). L’atténuation atmosphérique du rayonnement.. F = facteur de forme. 1988).O.2 MODELE DU T.P.mf1/6 lorsque mf > 30 000 kg où : dc est le diamètre maximal de la boule de feu (m). tc est la durée de vie de la boule de feu (s). .τ avec : q = flux reçu (kW/m2).45. 5. Le facteur de forme est calculé en considérant que la boule de feu ne s’élève pas du sol.S. Le C.1 MODELE DU C. Il est basé sur des corrélations empiriques établies par Roberts (Roberts.8.O.P. 1992 » et « modèle T. prend pour le pouvoir émissif de la boule de feu une valeur constante de 350 kW/m2. de calculer aisément le diamètre maximal et la durée de vie de la boule de feu à partir des trois formules suivantes. Le modèle développé par le T. car la puissance rayonnée n’est pas uniforme sur toute la boule de feu et n’est pas constante dans le temps.O. qui dépend notamment du taux d’humidité de l’air. en particulier dans le choix de certaines hypothèses.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5.C.N. on rappelle que le Version 1 du 20/09/02 72/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Autrement dit.F.mf1/3 tc = 0. Les effets radiatifs de la boule de feu sont évalués à l’aide d’un modèle de flamme solide.N.N. connaissant la masse d’hydrocarbures contenue dans la boule de feu.C. est décrit dans (C.S.1. 1994).O.1.3.3.mf1/3 lorsque mf < 30 000 kg tc = 2.C. les deux modèles seront utilisés pour les simulations et seront désignés par « modèle T.P. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. 1997). Pour mémoire. dc = 5.N.S. est évaluée à l’aide d’une corrélation empirique.C. E = émissivité de la boule de feu (kW/m2). 1997 ». est décrit dans le Yellow Book 1997 (T.S. 1982) et Pape (Pape et al. la hauteur du centre de la boule de feu est égale à son rayon.O. τ = atténuation atmosphérique du rayonnement.

325 tc = 0. avec les hypothèses de 1992 est à la base des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989.N. en 1992 sont déduites de l’observation de feu de flaques et ne dépendent que de l’hydrocarbure rejeté. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. autrement dit.N. Les effets radiatifs sont également évalués par un modèle de flamme solide. émet les hypothèses suivantes : La version T.N.N. L’atténuation atmosphérique du rayonnement est évaluée par une corrélation empirique (différente de celle du C.O. l’émissivité moyenne de la boule de feu est calculée de manière différente par les modèles de 1992 et de 1997.26 où : dc est le diamètre maximal de la boule de feu (m).S.N.O. 1992 Version 1 du 20/09/02 73/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.N. On a ainsi les valeurs suivantes (tableau 22) : - Hydrocarbure Propane Butane Propylène Emissivité de la boule de feu (kW/m2) 196 172 184 Tableau 22 : Valeur de l’émissivité de la boule de feu pour quelques hydrocarbures d’après le modèle T. Les valeurs d’émissivité proposée par le T.852.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 modèle du T. la hauteur du centre de la boule de feu est égale à son rayon (hypothèse reprise par les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989).C. le modèle du T.48.S.mf0.P. .. est basé sur des corrélations empiriques.O. 1997 considère pour sa part que la boule de feu s’élève de telle sorte que la hauteur de son centre est égale à deux fois le rayon. à partir des formules suivantes : dc = 6. Le diamètre maximal et la durée de vie de la boule de feu sont évalués à partir de la masse d’hydrocarbures libérée par la rupture du réservoir. La version T.C.O.).O.N.P. pour lequel le T.mf0.O. mf est la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu (kg).O. 1992 suppose que la boule de feu reste au sol . tc est la durée de vie de la boule de feu (s). Comme le modèle du C.

C.C. se réfèrent à des corrélations empiriques.C. Shield.4.de la fraction d’énergie rayonnée par la boule de feu .N. Pour ce qui est de la modélisation des effets thermiques d'un BLEVE.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Le modèle de 1997 propose un calcul semi-empirique de l’émissivité qui est fonction : .O. 1995b).N.des propriétés thermodynamiques de l’hydrocarbure . a développé une approche phénoménologique. 2) La phase de combustion de la boule de feu.). Dans cette phase.R.O.1.P. La durée de vie de la boule de feu. est commentée par l'INERIS en annexe C.de la surface de la boule de feu.R. la température de la boule de feu est supposée décroître linéairement entre sa valeur maximale et sa valeur de début d’extinction. ainsi que le montrent les différentes applications qui suivent. alors que le T.88 fois la température maximale de la boule de feu (cette hypothèse provient de l'observation des résultats expérimentaux). et du T. Au cours de cette phase. 5. prend en compte les trois principales étapes suivantes : 1) La phase d’inflammation du nuage et de développement de la boule de feu jusqu'à son diamètre maximal. L'approche du T. et du T. de son inflammation au début de son extinction est considérée égale à la durée de combustion des gouttelettes formées lors de l'éjection du produit à l'atmosphère. .3.C. hauteur.R. En effet. Deux articles de SHIELD présentant le modèle T. qui reste semi-empirique.R.. 1993 . Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.P. sont reportés en annexe B (Shield.S. les gouttelettes qui se sont enflammées dès le début du phénomène sont alors consumées.S. La température finale est supposée ne pas pouvoir être inférieure à 0.de la masse d’hydrocarbure contenue dans la boule de feu . ne considèrent qu'un état stationnaire forcément forfaitaire.R.C.C. La modélisation des effets thermiques d'un BLEVE proposée par le T. le rayon et l'émittance de la boule de feu sont supposés croître linéairement avec le temps jusqu'à leur valeur maximale.C. les modélisations du C.C. notamment à partir des résultats expérimentaux de BRITISH GAS (voir paragraphe 3. vise à prendre en considération l'évolution au cours du temps des caractéristiques de la boule de feu (diamètre. La modélisation de la boule de feu par l’approche du T. émittance) alors que les modélisations du C. ou phase d'expansion. L’utilisation de ces deux modèles conduit à des résultats sensiblement différents dans l’évaluation de l’émissivité. Version 1 du 20/09/02 74/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.R. La température de la boule de feu au début de son extinction est évaluée par application du principe de conservation de l’énergie en supposant la combustion complète des gouttelettes (s’il y a suffisamment d’air entraîné dans le nuage).3 MODELE DU T.

Il y a ici lieu de rappeler ici les principales hypothèses à partir desquelles ces dernières formules ont été établies : .1. Si le T. L'absence d'accélération verticale ascendante notable s'explique dans la mesure où la boule de feu entraîne de l'air et donc se refroidit alors qu'elle s'élève.24. exprimée en kilogramme. . respectivement notés rbf et tbf. lors de cette phase. le diamètre de la boule de feu est supposé décroître linéairement avec le temps alors que l'émittance de la boule de feu est considérée. a également développé des considérations sur les BLEVE "froids".R. la modélisation associée n'est pas disponible dans la littérature.l'atténuation atmosphérique du rayonnement est négligée. dans le cas contraire.26 où m est la masse de produit contenue dans le réservoir (indépendamment de la nature du produit considéré)..L. .O. constante.la boule de feu est supposée rester au sol pendant toute la durée de vie du phénomène. sont estimés par application des corrélations proposées par le T. Par ailleurs la boule de feu est considérée conserver une taille constante lors de son ascension.au seuil des effets létaux : dEL = 3. Enfin on précise ici qu'en toute rigueur.m0.m0.12. soit.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Durant cette phase.l'émittance de la boule de feu est supposée constante et égale à 200 kW/m2 (valeur bien inférieure aux valeurs expérimentales mentionnées au chapitre 3).m0.4 ARRETE MINISTERIEL DU 9 NOVEMBRE 1989 Les distances d’effets thermiques prescrites par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont obtenues par application des deux formules suivantes : .325 . Version 1 du 20/09/02 75/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.852. la vitesse d'ascension de la boule de feu est constante.C.P. la boule de feu ne s'élève plus. tbf=0.m0. ces différentes approches ne sont applicables qu'à des BLEVE "chauds" de G. où d s'exprime en mètres et où m est la masse de gaz liquéfié contenu dans le réservoir. qui prennent notamment en compte la formation d'une flaque de combustible au sol. . dans le système métrique international : . . En effet. rbf=3.rayon et durée de vie de la boule de feu.405. alors que la boule de feu était à sa température maximale (fin de la phase d'expansion). sont consumées. 3) Phase d'extinction.au seuil des brûlures significatives : dBS = 4.3. L’extinction de la boule de feu est supposée complète lorsque les dernières gouttes qui se sont enflammées. elle devrait accélérer fortement dans la direction verticale du fait d'une différence de température importante avec l'ambiante. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.425.N.71. . De même. 5. Lors de cette dernière phase. de manière prudente.

Il est à noter que dans cette formulation. Ainsi.tbf-0.tbf-0. et un seuil d’effets significatifs compris entre 480 et 700 (kW/m2)4/3.2.3. .t. Ces distances ont été comparées à celles obtenues par application des formules de l’Arrêté Ministériel. 5. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.s (létalité à 1%) et 600 (kW/m2)4/3. Ces seuils de flux thermiques peuvent être traduit en terme de charge thermique.2 APPLICATION DES MODELES A DES RESULTATS D’ESSAIS Les différents modèles présentés ci-dessus ont été appliqués aux essais suivants décrits au chapitre 2 : essais de BRITISH GAS. et la valeur de 1143 (kW/m2)1.3. il s’agit d’essais à échelle relativement petite (réservoirs de moins de 2 m3).s pour le seuil des effets létaux. car ils n’apportent pas d’informations sur les flux thermiques rayonnés. L’application des formules de l’Arrêté Ministériel revient à considérer la valeur de 909 (kW/m2)1. pour des masses d’hydrocarbures comprises entre 1 et 10000 tonnes. essais du projet communautaire J.771.4. des seuils égaux à : φEL=191.297.dans le cadre de l'hypothèse d'une émittance constante.1 SIMULATION DES ESSAIS DE BRITISH GAS Les trois modèles présentés ci-dessus ont été appliqués à l’essai n°4 de BRITISH GAS présenté au paragraphe 3. l’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduit à retenir un seuil d’effets létaux compris entre 980 et 1050 (kW/m2)4/3.s. φBS=85. Les essais du N.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 .s pour le seuil des effets significatifs.585.P. Dans chaque cas des distances d'effets ont été calculées en considérant de manière arbitraire les seuils de 1000 (kW/m2)4/3. En outre. sans préjuger de leur adoption définitive par le législateur.A. Version 1 du 20/09/02 76/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. la charge thermique n’est pas exprimée en Φ4/3.M.s (effets significatifs) proposés par le projet de circulaire du 25 novembre 1999. Il est cependant possible de se ramener à cette dernière définition de la charge thermique communément admise.s Cette dernière constatation rend donc tout à fait pertinente la comparaison des distances d’effets thermiques calculées par application des formules de l’Arrêté Ministériel à celles calculées par les quatre autres modèles étudiées pour des seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3. . et de Birck n’ont pas été retenus.I.631. pour les effets létaux.A. pour les brûlures significatives.V.s 5. essai du B.F.E. .

On rappelle ici que la valeur du C.R. tandis que le modèle T.1. 1997 du 9 novembre 1989 82 6. Les deux valeurs affichées pour les applications du modèle T. 1992 82 6.S. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.N. les principales autres hypothèses de calcul. .4) Ce tableau appelle les remarques suivantes : Les diamètres maximaux et les durées de vie des boules de feu calculés respectivement par tous les modèles envisagés sont comparables en ordre de grandeur.P. .C.C. et du T.O.. Les émittances de la boule de feu déterminées par les modèles du C.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Par ailleurs. sont les suivantes : .s * Modèle du C.R.N.796 m3.1 350 85 39 41 82 0 à 77 41 - 98 120 59 75 24 61 60 78 86* 112* Tableau 23 : Simulation du BLEVE de l’essai BRITISH GAS n°4 à l’aide de différents modèles Il s’agit des distances aux seuils des effets létaux et significatifs. les calculs ont été réalisés à partir de données thermodynamiques relatives au butane de qualité commerciale utilisé lors des essais de BRITISH GAS. Arrêté Ministériel T.C.C.pression à la rupture : 15 bar abs. sont en bon accord avec la valeur moyenne de 356 kW/m2 mesurée au cours de l’essai BRITISH GAS.5 256 83 5. calcule une émittance qui varie au cours de la formation et de l’extinction de la boule de feu.C.3. correspondent respectivement à la valeur maximale et à celle de début de la phase d'extinction de la 77/116 Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable.R.S. . de 350 kW/m2 est fondée sur le retour d’expérience. Un exemple complet d'application du modèle T. Essai n°4 BRITISH GAS Diamètre maximal de la boule de feu (m) Durée de vie de la boule de feu (s) Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Hauteur par rapport au sol du centre de la boule de feu (m) Distance au seuil de 1000 (kW/m2)4/3.R.C.9 440 à 264 82 6.5 356 79 6. . Les résultats des modélisations sont présentés dans le tableau 23 ci-dessous et rapprochés des résultats de BRITISH GAS pour cet essai.s Distance au seuil de 600 (kW/m2)4/3.5 200 74 6.R. au sens de l’Arrêté Ministériel (cf. Ces données ont été fournies par le T. Modèle T. § 5.C.P.S. reprenant les modalités de l'essai.P.C.R.volume du réservoir : 10. Pour le modèle T.taux de remplissage : 40 %.C. est en outre présenté en annexe D.R.C.5 172 Modèle Modèle T.O.produit : butane de qualité commerciale.

. d’autant plus que ce point est situé proche de la boule de feu. .N.C. Cette approximation.N. ne correspond pas à la réalité du phénomène.O.s.N.P. essais J.L’émittance moyenne calculée est de 256 kW/m2. que l’émittance des boules de feu de butane est généralement comprise entre 300 et 350 kW/m2 et peut atteindre localement à son sommet 500 kW/m2. remarque d’ailleurs (T.O..N.O. La modélisation du C. après avoir atteint une valeur maximale.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 boule de feu. appliquée par le C. en 1997 conduit ici à calculer des distances d’effets vraisemblablement sous-estimées. si l’on cherche à déterminer le flux reçu en un point éloigné de la boule de feu. Elle est toutefois majorante pour le calcul du flux thermique rayonné. l’émittance de la boule de feu est considérée constante au cours du temps et prise égale à 350 kW/m2.O. or le calcul du flux thermique reçu en un point dépend de la distance de ce point au centre de la boule de feu. considère que cette hauteur est constante pendant toute la durée de vie de la boule de feu. qui est approximativement de l’ordre de deux fois le rayon de la boule de feu. il est à noter que l’approche du T.P.O.C. le C. considère la formation de la boule de feu au niveau du sol.I. La hauteur maximale de la boule de feu est correctement évaluée par l’approximation du modèle T. sans tenir compte de son développement au sol ni de son ascension. cette simplification permet en général de conserver une bonne précision. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. la valeur calculée à partir du modèle du T. valable pour Version 1 du 20/09/02 78/116 Le présent document forme un ensemble indissociable..C. et BRITISH GAS). en revanche.s. décroît au fur et à mesure que le produit est consumé.Le flux thermique reçu est calculé en considérant que la hauteur de la boule de feu est constante et égale à deux fois son rayon. pour plusieurs raisons : . Or.S. considère une hauteur égale à deux fois le rayon maximal de la boule de feu) et par le modèle T. alors qu’elle est en réalité vraisemblablement plus proche de 350 kW/m2. En réalité cette distance augmente lorsque la boule de feu s’élève. En revanche. si l'on observe effectivement des émittances de cet ordre et même supérieures lors des expérimentations (voir chapitre 3. Le T.N. 1997 (on rappelle que le T.R.P.N. Lors de la détermination de la distance au seuil de 1000 (kW/m2)4/3. En effet.O. - - - La modélisation proposée par le T.s sont à compter à partir de la projection au sol du centre de la boule de feu. 1992). 1997). cette simplification peut entraîner une surestimation de la distance calculée .R. puis son ascension jusqu’à la hauteur maximale.O. Les distances au seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3. L’hypothèse de la boule de feu qui reste au niveau du sol pendant toute la durée du phénomène.V. 1997 semble sous-estimée.E.N. conduit ici à calculer les distances les plus importantes aux seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3.C.S émet deux hypothèses qui peuvent se révéler majorantes : la boule de feu ne s’élève pas du sol pendant toute la durée du phénomène (autrement dit.S.C. tandis que le modèle T. de même que celle extrapolée à partir d’observations sur des feux de flaques (T. l'émittance de la boule de feu.N.O. Toutefois. la hauteur de son centre est égale à son rayon) .

Rappelons que l’Arrêté Ministériel considère une émittance constante de 200 kW/m2.C.N. et celles calculées par les modèles T. tandis que le modèle du C. de combustion et d'extinction de la boule de feu) : Version 1 du 20/09/02 79/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.P. utilise la même corrélation empirique que le T. Le modèle T.L’atténuation atmosphérique du rayonnement a une influence importante sur le calcul de la distance aux seuils d’effets thermiques.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 calculer le flux thermique à grande distance. le modèle de 1992 considère que la boule de feu ne s’élève pas du sol. le modèle T. T.O. - Contrairement aux deux autres modèles. le modèle T.R. pour tenir compte de l’atténuation atmosphérique du rayonnement. L’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduit à des distances intermédiaires entre celles calculées par le modèle du C.C. 1997 conduit-il à calculer une distance au seuil de 1000 (kW/m2)4/3. 1997 et T. on retrouve l’ordre de grandeur des distances calculées par les modèles C. . d’une part. valeur plutôt sous-estimée par rapport aux observations..P. prévoit une évolution de l'émittance au cours du temps telle que présentée sur la figure 23 suivante (où l'on retrouve les trois phases de développement de la boule de feu considérées par le modèle et décrites ci-avant.C.O.R. en particulier à faible distance (typiquement.R. Dans ce cas. est mise en défaut lorsque l’on veut l’évaluer à une distance de l’ordre du rayon de la boule de feu. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.P. à une à deux fois le rayon de la boule de feu).C. Ainsi.S.N.C. et la non-prise en compte de l’atténuation atmosphérique du rayonnement. . le modèle T.C.N. En effet. mais qui est contrebalancée par deux hypothèses à caractère majorant : le maintien au sol de la boule de feu.R. or la prise en compte de l’élévation de la boule de feu semble être prépondérante pour le calcul de l’effet thermique. et T. Si l’atténuation atmosphérique n’est pas prise en compte. Il est à noter que le modèle T.O. 1992.O.N. à savoir les phases d'expansion. dans le cas de l’essai n°4 de BRITISH GAS. d’autre part.R.s inférieure au rayon de la boule de feu.S.C.S en emploie une différente.N.O. bien que l’émittance moyenne considérée soit plus faible.C. a la particularité de décrire l’évolution des caractéristiques de la boule de feu dans le temps. de 1992 conduit à calculer des distances aux seuils d’effets thermiques sensiblement plus élevées que celles données par la version de 1997.

00 5. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.00 Emisivité (kW/m2) 250.00 350. de combustion et d'extinction de la boule de feu.90 2. .86 3.R.00 0. Version 1 du 20/09/02 80/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.48 5.00 100.81 4.10 3. L'allure générale de cette figure peut être rapprochée de celle reportée sur la figure 5 du chapitre 3 (qui correspond vraisemblablement au test n°2 d'après le tableau 11).43 1.00 0. Ici encore on retrouve les trois phases d'expansion.95 1.52 4.00 150.05 4.00 300.14 2.00 0.29 4.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Emittance de la boule de feu 450.67 1.24 0.24 5.57 3.48 0.00 400.00 50. Les figures 24 et 25 suivantes présentent les courbes d'évolution du rayon et de la hauteur de la boule de feu au cours du temps pour l'exemple considéré.19 1.33 3.71 5. pour le test n°4 des essais BRITISH GAS.95 expansion combustion extinction Te mps (s) Figure 23 : Evolution de l'émittance de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle T.00 200.38 2. On remarque par ailleurs que l'échelle de temps de l'évolution de l'émittance de la boule de feu est comparable aux résultats relatifs au test n°4 de BRITISH GAS présentés dans le tableau 10 du chapitre 3 (il convient cependant de rappeler ici que ces essais ont servi de base pour l'élaboration du modèle).71 0.C.62 2.76 5.

48 0.00 0.86 3.81 4.00 40.90 2.67 1.86 3.24 0.71 0. Version 1 du 20/09/02 81/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.00 ascension 60.00 0.00 35.29 4.43 1.R.95 Te mps (s) Figure 24 : Evolution du diamètre de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle T. Hauteur du centre de la boule de feu extinction 80.00 Hauteur (m) 40. pour le test n°4 des essais BRITISH GAS.00 0.76 5.24 5.00 20.48 5.43 1.00 0.00 Rayon de la boule de feu (m) 30.48 5.95 1.00 25. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.00 30.00 0.10 3.71 0.00 5.00 10.19 1.33 3.95 1.62 2.00 70.38 2.00 5.52 4.14 2.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Rayon de la boule de feu 45.81 4.24 5.R.10 3.52 4.57 3.24 0.90 2.00 5.48 0.95 Temps (s) Figure 25 : Evolution de la hauteur du centre de la boule de feu au cours du temps calculée par le modèle T.67 1.00 0.19 1.14 2.00 croissance 20.38 2.29 4.33 3.00 15.C.62 2.05 4.C pour le test n°4 des essais BRITISH GAS.05 4.71 5. .71 5.00 10.57 3.00 50.76 5.

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La figure 25 fait apparaître trois étapes de l'évolution de la hauteur du centre de la boule de feu. La première partie correspond au développement de la boule de feu au sol. La seconde à l'ascension de la boule de feu à diamètre constant. La troisième, enfin, à altitude constante, à l'extinction de la boule de feu qui tend à disparaître. Il convient de remarquer ici, que, pour l'exemple traité, la vitesse ascensionnelle de la boule de feu est calculée égale à 13 m/s, ce qui est conforme, en ordre de grandeur, aux résultats expérimentaux de (Hasegawa et Sato, 1977). Il est encore à noter qu'il conviendrait, en toute rigueur, de tenir compte de la géométrie du réservoir pour les modélisations. On constate en effet que la plupart des essais ont été réalisés à partir de réservoirs cylindriques horizontaux. Il y a toutefois lieu de penser que les ordres de grandeur du phénomène sont relativement bien déterminés. La combinaison de tous ces paramètres permet de calculer la variation du flux thermique reçu par un observateur situé à une certaine distance du réservoir. Nous reportons sur la figure 26 ci-dessous l'évolution de cette grandeur à 50 mètres du réservoir, toujours pour le même cas du test n°4 de BRITISH GAS, calculé avec le modèle T.R.C.

Flux thermique radiatif reçu à 50 m du réservoir
120,00

100,00

80,00 Flux (kW/m2)

60,00

40,00

20,00

0,00 0,00 0,24 0,48 0,71 0,95 1,19 1,43 1,67 1,90 2,14 2,38 2,62 2,86 3,10 3,33 3,57 3,81 4,05 4,29 4,52 4,76 5,00 5,24 5,48 5,71 5,95

Temps (s)

Figure 26 : Flux thermique radiatif en fonction du temps à 50 m du réservoir

Le lecteur pourra comparer cette figure à la figure 6 du chapitre 3 correspondant aux résultats expérimentaux de BRITISH GAS pour le test n°4. Il apparaît ainsi que les ordres de grandeur des calculs sont comparables aux résultats expérimentaux. Version 1 du 20/09/02 82/116

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Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

5.3.2.2 SIMULATION DE L’ESSAI DU B.A.M. DE 1998 A L’AIDE DES DIFFERENTS MODELES Nous avons tenté de modéliser l’essai de BLEVE du B.A.M. décrit au paragraphe 3.5 par application des modèles C.C.P.S, T.N.O. et T.R.C., et par le modèle l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. Les principales hypothèses de calcul, conformément aux conditions de l’essai, sont : produit : propane, volume du réservoir : 45 m3, taux de remplissage : 22 %, pression à la rupture : 25 bar

Le résultat des simulations des principales caractéristiques de la boule de feu est présenté dans le tableau 24 qui suit.

Essai B.A.M. Diamètre maximal de la boule de feu (m) Durée de vie de la boule de feu (s) Hauteur du centre de la boule de feu par rapport au sol (m)

Modèle C.C.P.S

Modèle T.N.O.1992

Modèle T.N.O.1998

Modèle T.R.C.

100 7,2 100

100 7,8 50 52

104 7,9 104

94 7,4 98

Tableau 24 : Simulation du BLEVE de l’essai B.A.M. à l’aide de différents modèles

On constate que concernant la prédiction du diamètre et de la durée de vie de la boule de feu, les trois modèles donnent des résultats très proches et en bon accord avec les résultats de l’essai. En outre, le modèle T.R.C. prévoit convenablement la hauteur de la boule de feu, qui est de l’ordre de deux fois le rayon, en accord avec l’hypothèse faite par le modèle T.N.O. 1997. Le modèle T.R.C. étant le seul qui décrit l’évolution de la boule de feu dans le temps, il est intéressant de comparer l’évolution des dimensions de la boule de feu calculée par ce modèle aux données de l’essai.

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Ω-5 : BLEVE

INERIS-DRA-2002

Rayon de la boule de feu
60,00

50,00

40,00 Rayon de la boule de feu (m)

30,00 modèle TRC 20,00 essai BAM

10,00

0,00 0,00 -10,00 Temps (s) 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00 8,00

Figure 27 : Evolution du rayon de la boule de feu au cours de l’essai du B.A.M.

On constate sur la figure 27 que la croissance de la boule de feu est convenablement décrite par le modèle T.R.C..
Hauteur du centre de la boule de feu
120,00

ascension
100,00

80,00 Hauteur (m)

extinction croissance hémisphérique
Modèle TRC Essai BAM

60,00

40,00

20,00

décollement

0,00 0,00 1,00 2,00 3,00 4,00 Temps (s) 5,00 6,00 7,00 8,00

Figure 28 : Evolution de la hauteur du centre de la boule de feu au cours de l’essai du B.A.M.

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ces trois phases se déroulent de manière légèrement différente : Pendant la phase d’expansion. les conditions de la mesure sont beaucoup trop imprécises pour permettre de valider le modèle.. tandis que le modèle T. une phase de stabilisation à hauteur constante où la boule de feu diminue jusqu’à s’éteindre complètement.A. une étape d’ascension proprement dite. décrit l’ascension de la boule de feu en trois phases : une phase d’expansion au cours de laquelle le diamètre de la boule de feu augmente mais la boule elle même reste en contact avec le sol. le pic de flux thermique rayonné n’a pu être enregistré. Comme le suggère la courbe d’essai. comme le confirment les essais du B. La hauteur du centre de la boule de feu est alors égal à son rayon . La mesure du flux thermique rayonné n’a pu être effectuée avec précision au cours de l’essai du B.. En particulier.R. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. qui passe d’une forme hémisphérique à une forme sphérique de même diamètre. - - La phase d’extinction semble plus courte au cours de l’essai que celle calculée par le modèle.R. est en accord avec la décroissance du flux thermique pendant la phase d’ascension de la boule de feu. toutefois.. Version 1 du 20/09/02 85/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 On rappelle que le modèle T. une phase d’ascension proprement dite. mais qui semble être situé à une trentaine de mètres du wagon.R. Sur la figure 29. Elle est également un peu plus élevée que la vitesse calculée par le modèle T. au cours de laquelle la boule de feu s’élève en perdant contact avec le sol. . tandis qu’elle est voisine de son demi-rayon pour la courbe de l’essai. à cause d’une panne du système d’acquisition.C.R. ces points ont été superposés à la courbe de flux thermique rayonné à 30 m calculée à l’aide du modèle T. Le modèle T.C. au cours de laquelle la boule de feu s’élève à vitesse constante.M. La phase d’ascension au cours de l’étape peut se diviser en deux étapes : une étape de décollement de la boule de feu. considère plutôt un développement sphérique qui reste en permanence en contact avec le sol. la boule de feu se développe de manière hémisphérique. la vitesse d’ascension est plus élevée que la vitesse de décollement.C. en conservant un diamètre constant .C. - En réalité.R. Seuls quelques points ont pu être enregistrés par un capteur dont la position n’est pas connue précisément.C.A. C’est pourquoi sur la figure 28.M. la hauteur du centre de la boule de feu correspond à son rayon pour la courbe calculée par le modèle.

s * Modèle T.M.s Distance au seuil de 600 (kW/m2)4/3.C.O.P.R. à partir de cet essai.00 0. dans les conditions de l’essai du B. Il n’est donc pas possible de valider le calcul de la charge thermique par le modèle T.M.S.C.M.00 2.00 50.00 4.R. est présenté dans le tableau 25 suivant. T.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Densité de flux reçu 250. § 5.O.N. L’échec de la mesure du flux thermique rayonné au cours de l’essai du B.00 6.C. 1997 Modèle T.00 Densité de flux (kW/m2) 150.00 8. Tout au plus peut-on vérifier la cohérence des résultats entre les différents modèles. au sens de l’Arrêté Ministériel (cf.00 3. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.1.S Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Distance au seuil de 1000 (kW/m2)4/3.00 1.R. et T. .C.00 Temps (s) Figure 29 : Flux thermique rayonné à 30 m au cours de l’essai B.00 7. à l’aide de différents modèles Il s’agit des distances aux seuils des effets létaux et significatifs.4) Version 1 du 20/09/02 86/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.P.A.A.3.00 200.00 0.N. est regrettable.s par les modèles C. Le calcul de la distance aux seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3.M. Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 350 136 166 172 87 109 325 75 112 199 à 332 60 82 200 118* 150* Tableau 25 : Simulation du BLEVE de l’essai B.00 9. car il est impossible d’évaluer la charge thermique réellement émise par la boule de feu.00 Modèle TRC Essai BAM 100.A.C.A. 1992 Modèle T.O.N. Modèle C.00 5.

On peut toutefois supposer. comme cela a été mis en évidence lors de la modélisation des essais de BRITISH GAS.3. reviennent à considérer l'apparition instantanée d'une boule de feu d'un diamètre donné à une hauteur donnée et dont l'émittance reste constante tout au long de sa durée de vie.1998. .S contient des hypothèses qui tendent à majorer les distances d’effets.I..C.3. et T. représentent un bon ordre de grandeur des distances qui auraient effectivement été mesurées au cours de l’essai si les capteurs avaient fonctionné convenablement.R. et du C.S.R.C.S. Lors de ce projet.3.3 SIMULATION DES ESSAIS DU PROJET COMMUNAUTAIRE J.V.O. alors que les modèles du T.R. que les distances calculées par le modèle T. 27.R.E.O. 60 et 85 %. 28).C. le diamètre et l’émittance de la boule de feu observés au cours des essais sont comparés à ceux calculés au moyen des modèles étudiés dans les trois tableaux qui suivent (tableaux 26.I.C. sont appliqués aux essais du projet J.N. est inférieure à la valeur moyenne de 350 kW/m2 retenue par le C. Ainsi. 41. En définitive.R. On rappelle par ailleurs que ces deux dernières valeurs sont des constantes.S et aux 325 kW/m2 calculés par le modèle du T. les distances calculées par le modèle du C.P. sont inférieurs à ceux évalués par les autres modélisations.S sont deux fois supérieures à celles calculées par le modèle T..R. 30). 5. On remarque des différences importantes dans les distances aux seuils d’effets thermiques calculées par les différents modèles. Les modèles C.P. Version 1 du 20/09/02 87/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.P. quatre essais de BLEVE ont été réalisés avec des réservoirs de propane de 4. Les simulations ont été réalisées en considérant les pressions de rupture et les masses de produit libéré rappelées au paragraphe 2.5 m3 remplis respectivement à 20. en termes de distances d'effets.C.P. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. c'est que ce modèle vise à prendre en compte l'évolution du phénomène au cours du temps.P.2.V..C.O. La durée de vie. Toutefois.. T.C. Les données de l’essai sont malheureusement trop incomplètes pour permettre de valider les distances aux seuils d’effets thermiques calculées par le modèle T.C. est variable dans le temps.N. tandis que l’émittance calculée par le modèle T. conduit à calculer des résultats qui. décrits au paragraphe 3. il faut rappeler que le modèle du C.R.C. si le modèle T.N.C. Les réservoirs étaient munis de soupapes.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 L’émittance de la boule de feu calculée par le modèle T.C.E.C. au vu de la comparaison du flux thermique calculé et des quelques points de mesure disponibles (fig.

N. 350 350 350 350 Modèle T.P. 262 .S.N.O.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Taux de Masse libérée à la remplissage du rupture (kg) réservoir (%) Durée de vie de la boule de feu (s) Essais J.6 5.E. 38 52 63 70 Modèle T. On ne dispose malheureusement pas d’information sur l’évolution de l’émittance de la boule de feu en fonction du temps au cours des essais J.3 4.C. .V.S.P.7 5.I.S.I.4 Modèle T.I. 1997 223 262 265 295 Modèle T.9 Modèle T. Il apparaît que la durée de vie et le diamètre de la boule de feu sont correctement évalués par les trois modèles étudiés. Taux de Masse libérée à la remplissage du rupture (kg) réservoir (%) Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Essais J.E.V. 40 54 63 77 Modèle C.157 368 . 2.234 433 .5 7 Modèle C. 3.E.E.261 20 41 60 85 279 710 1272 1708 Tableau 28 : Emittance de la boule de feu calculée par les différents modèles pour les quatre essais du projet J. 415 >195 320 360 Modèle C. 40 55 66 73 Modèle T.C.V. 3 5 6. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.O.V. La comparaison des valeurs moyennes avec celles calculées par les différents modèles montre cependant que le modèle Version 1 du 20/09/02 88/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.I.E.5 5. 1992 196 196 196 196 Modèle T. 3. 31 51 64 75 20 41 60 85 279 710 1272 1708 Tableau 27 : Diamètre maximal de la boule de feu calculé par les différents modèles pour les quatre essais du projet J.I.I. Taux de Masse libérée à la remplissage du rupture (kg) réservoir (%) Diamètre de la boule de feu (m) Essais J.O.V.E.R.I.9 5.R.C.E.C.V..V.221 390 .9 4 4.N.P.O.C.C.7 4.R.7 6 20 41 60 85 279 710 1272 1708 Tableau 26 : Durée de vie de la boule de feu calculée par les différents modèles pour les quatre essais du projet J.N.

1 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE MEXICO (MEXIQUE. cet accident est intéressant car il s’agit du BLEVE d’une capacité beaucoup plus petite (45 m3). extrapolée à partir de l’observation de feux de flaques.dommages aux vitres par effet thermique à 600 mètres..peinture cloquant sur le bois jusqu'à 400 mètres. La boule de feu aurait duré une vingtaine de secondes. et a fait l’objet d’une mission d’expertise sur site par le T. une sphère de 1600 m3 de G. 1984). 1984). BLEVE d’une citerne routière de 45 m3 : bien que moins documenté que le précédent. soit que les observations soient trop partielles pour permettre une comparaison des conséquences du BLEVE. Les trois accidents suivants ont été étudiés : accident de Mexico (Mexique. est visiblement trop faible. trois ont donné matière à une simulation à l’aide des différents modèles. 1992.3. En effet. ce qui correspondrait à un flux thermique compris entre 8 et 12 kW/m2. 5.S. La valeur forfaitaire de 350 kW/m2 retenue par le C.O. représente également un bon ordre de grandeur. - - 5. produit pour lequel on ne dispose pas de données d’essai. accident de Los Alfaques (Espagne. BLEVE d’une sphère de 1600 m3 : cet accident est particulièrement documenté.P. Version 1 du 20/09/02 89/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.N.3. . soit que les conditions exactes d’occurrence du BLEVE soient inconnues. cet accident offre la possibilité d’appliquer les modèles à un BLEVE de propylène.3. 1984) Lors de l'accident de Mexico.C. ou connues insuffisamment pour effectuer une simulation représentative. aurait donné matière à un BLEVE. BLEVE d’une citerne routière de 45 m3 : bien que peu documenté. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Des témoins ont rapporté la formation d’une boule de feu dont le diamètre n’est pas connu avec précision.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 T. alors qu'elle était remplie à environ 50 % (Pietersen.O. 1978). tandis que la valeur préconisée par le modèle T. Ce type d’accident sur des citernes routières ou ferroviaires apparaît régulièrement dans l’accidentologie.3 APPLICATION DES MODELES A DES DONNEES D’ACCIDENTS PASSES Parmi la liste des accidents énumérés. Nombre d’entre eux ne sont pas exploitables.P.R. sauf dans le cas d’un taux de remplissage limité à 20 %. dont les résultats sont rapportés dans (Pietersen.N. Des comparaisons sont possibles avec des seuils d’effets thermiques estimés d’après des relevé de dégâts . les informations sur les effets thermiques sont beaucoup plus rares. mais qui était de l’ordre de 300 à 500 m. Par ailleurs Pietersen a notamment relevé les dommages suivants en les reliant à des valeurs de flux thermique reçu : . ce qui indiquerait qu'un flux de l'ordre de 5 kW/m2 ait été perçu à cette distance.C. 1999). L’observation des dégâts sur le terrain laisse plutôt penser que ce diamètre était compris entre 300 et 400 m. . 1984). accident de Kamena Vourla (Grèce.L. permet d’obtenir les valeurs les plus proches de celles réellement mesurées. si les données disponibles sur les dimensions des boules de feu sont assez nombreuses.

.R.S.N. Les densités de flux thermique estimées par Pietersen d’après les dégâts relevés sur le terrain sont inférieures à celles calculées par les modèles. Toutefois.s Densité de flux thermique moyenne à 600 m (kW/m2) Charge thermique à 600 m (kW/m2)4/3. 1992 1997 424 24 196 212 392 424 Modèle T.550 5 170 65 5750 32 2235 27 1944 13 734 32 2438 19 1216 18 1725 10 719 Tableau 29 : Simulation du BLEVE de l’accident de Mexico à l’aide de différents modèles Les trois modèles utilisés permettent de retrouver l’ordre de grandeur des principales caractéristiques de la boule de feu. 406 31 344 à 207 0 à 411 8 .P. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.C. nous avons considéré une sphère de 1600 m3 remplie à 50 % de propane. En effet il apparaît qu'une grande partie des personnes situées à moins de 300 mètres du site furent tuées. Modèle T. 422 22 350 211 Modèle T.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Il convient de préciser que Pietersen ne fournit pas d'estimation des dommages aux personnes.O. lors de l'incendie de leur habitation.C. Le modèle T. permet d’obtenir les résultats les plus proches des estimations.R.C. dont il convient de garder à l’esprit qu’il s’agit d’évaluations très approximatives. le modèle T.N. conformément aux hypothèses de Pietersen.O. Pour les calculs (tableau 29).s 300 à 400 20 - Modèle du C. surestime légèrement la durée de vie (30 s au lieu de la vingtaine de secondes observée).12 320 . à 13.4 bar absolus.R.C. au cours de leur sommeil. Version 1 du 20/09/02 90/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Observations de Pietersen Diamètre maximal de la boule de feu (m) Durée de vie de la boule de feu (s) Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Hauteur par rapport au sol du centre de la boule de feu (m) Densité de flux thermique moyenne à 400 m (kW/m2) Charge thermique à 400 m (kW/m2)4/3. la pression de rupture étant supposée égale.

Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 5.C. Des personnes furent blessés par brûlures dans un immeuble situé à environ 300 m du lieu de l’explosion.R. une partie des 18 tonnes a été consommée par la combustion d’un feu torche et non par la boule de feu.3. Par exemple.C. Dans ces conditions. En outre.s) 200 - Modèle du C.N. En particulier. Des témoins ont observé une boule de feu d’environ 200 m de diamètre et 150 m de hauteur. avec T.6 339 à 563 150 76 78 157 139 132 - 565 146 221 275 219 301 Tableau 30 : Simulation du BLEVE de l’accident de Kamena Vourla à l’aide de différents modèles Les conditions initiales de l’accident ne sont pas connues avec assez de précision pour permettre de valider les modèles. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.N.C. Il est à noter que la pression de rupture n’a aucune incidence sur les résultats obtenus par le modèle du C. car ce dernier retient par hypothèse une émittance constante de 350 kW/m2. 152 12 350 Modèle du T. la quantité de GPL ayant réellement contribué à la formation de la boule de feu n’est pas connue. valeur qui correspond généralement aux pressions d’épreuve des citernes routières et ferroviaires. 1999) Lors de l’accident de Kamena Vourla. les propriétés thermodynamiques du gaz réellement mis en jeu ne sont pas connus précisément. Les 18 tonnes considérées pour la simulation correspondent donc vraisemblablement à une quantité maximale. La pression de rupture n’étant pas connue. avec 1997 avec Prupt= 25 bar Prupt= 15 bar Prupt= 25 bar Prupt= 15 bar 157 11 283 333 164 10. Version 1 du 20/09/02 91/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.S.5 275 à 456 182 9. Modèle T.C. l’un avec une pression choisie arbitrairement à 15 bars.O.2 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE KAMENA VOURLA (GRECE. nous avons envisagé le BLEVE d’un réservoir de 18 tonnes de butane. deux calculs ont été effectués. une citerne routière contenant environ 18 tonnes de GPL (80% de butane et 20% de propane) a donné matière à un BLEVE.R.P. Il s’agit de brûlures légères et de brûlures du second degré.P.3. 1997 avec T.S.O. il semble que le feu qui a enveloppé la citerne était alimenté par une fuite provenant de la citerne elle-même. 1992 157 11 172 Modèle Modèle Modèle T.O.N. Pour les simulations présentées dans le tableau 30. . l’autre avec une pression de rupture de 25 bars. Observations lors de l’accident Diamètre maximal de la boule de feu (m) Durée de vie de la boule de feu (s) Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Hauteur par rapport au sol du centre de la boule de feu (m) Charge thermique à 300 m ((kW/m2)4/3.

Version 1 du 20/09/02 92/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Cependant. en ordre de grandeur.3. la pression de rupture a été évaluée à 17 bar absolus. En outre. mais il est probable qu’il y en ait eu. Dans ces conditions. on rappelle que Hymes rapporte l’apparition de cloques sur la peau nue pour des seuils de charge thermique compris entre 250 et 700 (kW/m2)4/3. mais la citerne s’est vraisemblablement rompue par plein hydraulique. Lees (Lees. la charge thermique à 300 m estimée par les modèles est comprise environ entre 150 et 600 (kW/m2)4/3.s.3. une citerne routière de 45 m3 contenant 23.5 tonnes de propylène a donné matière à un BLEVE. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Pour mémoire. Toutes les victimes et les personnes atteintes de brûlures graves se trouvaient à l’intérieur de ce rayon.3 SIMULATION DE L’ACCIDENT DE LOS ALFAQUES (ESPAGNE. puisque les ordres de grandeur sont conservés. l’application des différents modèles permet de retrouver. Le rayon des blessures irréversibles est estimé à 125 m.s et l’apparition des brûlures du second degré à 1033 (kW/m2)4/3. On possède peu de données sur les dimensions de la boule de feu qui s’ensuivit. Nous n’avons pas d’information précise sur la présence éventuelle de personnes non atteintes qui se seraient trouvées à l’extérieur de ce périmètre. les dimensions de la boule de feu rapportées par les témoins de l’accident. dont certaines ont été évaluées au second degré. 1996) rapporte en effet qu’environ 300 à 400 campeurs se trouvaient dans la zone la plus touchée par l’accident sur environ 500 présents dans le camping au moment de la catastrophe.s. mais son rayon était vraisemblablement inférieur à 100 m. On remarque par ailleurs que la pression de rupture du réservoir a une influence relativement limitée sur la taille de la boule de feu et son émittance. l’application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 conduirait à retenir pour ce BLEVE une distance aux seuils des effets significatifs de 250 m. . La pression de rupture n’est pas connue. 5. car elle était remplie à plus de 90 %. Compte tenu des nombreuses incertitudes liées aux inconnues sur les conditions exactes de rupture. 1978) Lors de l’accident de Los Alfaques. Pour comparaison. ces valeurs semblent en bon accord avec la charge thermique à laquelle auraient pu être exposées des victimes de l’accident situées dans un immeuble à environ 300 m du lieu de l’explosion et atteintes de brûlures légères. soit une valeur inférieure aux 300 m séparant le lieu de l’accident des victimes atteintes de brûlures.

s..O. Observations lors de l’accident Diamètre maximal de la boule de feu (m) Durée de vie de la boule de feu (s) Hauteur par rapport au sol du centre de la boule de feu (m) Emittance moyenne de la boule de feu (kW/m2) Charge thermique à 125 m (kW/m2)4/3. de 225 m pour les effets létaux et 278 m pour les effets significatifs. 1997 Modèle T.N.R. On notera qu'on ne dispose pas. à titre d'exemple.. le diamètre de la boule de feu est estimée de l’ordre de 170 m.C. Pour comparaison. et de les comparer aux distances d’isolement prescrite par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. ou Lees (1656 (kW/m2)4/3. Version 1 du 20/09/02 93/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. . et T.C.3.s) et est en bon accord avec localisation des victimes et des personnes atteintes de blessures irréversibles sur le terrain.O. pour ce dernier produit. les distances d’effets retenues par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 seraient.P.C.O. les modèles C. au moyen d’un modèle établi à partir d'expérimentations mettant en œuvre du butane et du propane.C.s < 200 Modèle du C.N.O 1992 Modèle T. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. à des capacités industrielles de stockage de propane.C. cet accident est intéressant car il permet d’évaluer les modèles sur un BLEVE de propylène.C.S. pour ce BLEVE.S. et T.N. Ainsi.P. 166 13 170 12 167 14 - - 83 85 170 198 - 350 5947 184 1237 302 1684 164 à 273 1053 Tableau 31 : Simulation du BLEVE de l’accident de Los Alfaques à l’aide de différents modèles Malgré le peu d’informations disponibles sur les circonstances exactes de cet accident. En outre. la charge thermique à 125 m calculée par les modèles T.C.S.s).Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Malgré des informations partielles. T. La charge thermique calculée par le modèle du C. de butane et de propylène.P.N.1 MODALITES DE CALCUL L'objet du présent chapitre est d'appliquer.3. de résultats expérimentaux.R. 5. à comparer avec le diamètre inférieur à 200 m observé. est comprise entre 1000 et 1700 (kW/m2)4/3. Modèle T. ce qui correspond aux seuils de létalité retenus par Eisenberg (1033 (kW/m2)4/3. semble quant à elle assez fortement surestimée. pour lequel aucune donnée d’essai n’est disponible. DE BUTANE ET DE PROPYLENE 5.R.4.R. dans le cas du modèle T.4 EXEMPLE D'APPLICATION AUX STOCKAGES DE PROPANE. les simulations à l’aide des différents modèles semblent en accord avec les quelques observations réalisées. Les résultats des calculs relatifs au propylène sont donc à considérer comme des ordres de grandeur plausibles calculés.

.au seuil des brûlures significatives : dBS = 4. où d s'exprime en mètres et où m est la masse de gaz liquéfié contenu dans le réservoir. Ce dernier effet conduit ainsi à majorer la quantité de produit participant au phénomène. sont les suivantes : 150. au sens ou ce type de BLEVE a été défini au chapitre 4. Dans ces tableaux les résultats de calcul sont présentés à l’état brut. soit 17 bar absolu pour le propane et le propylène et 7.425.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 D'après (E. L’INERIS a vérifié. 2000. prend en considération la nature du produit.S. . soit : . 3000 et 5000 m3 supposées remplies à 85 %.N. . aux distances déterminées par application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. ne sont fonction que de la masse. Les calculs ont été effectués en considérant notamment : . prend en compte la nature du produit. que ces conditions de rupture correspondait effectivement à l’apparition d’un BLEVE chaud. La figure 30 reprend les résultats des tableaux 32 à 34 pour permettre une comparaison plus aisée. nous n'avons pas tenu compte de la fraction de produit rejetée consécutivement à une éventuelle ouverture des soupapes et qui ne participerait donc pas à un éventuel BLEVE du réservoir. 2500.2 PRESENTATION DES RESULTATS Les résultats sont synthétisés ci-après dans les tableaux 32 à 34 pour chaque produit et rapprochés des formules de l'Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. Les figures 31 et 32 représente respectivement le rayon et la durée de vie de la boule de feu calculés par les différents modèles.une pression de rupture égale à la pression de tarage des soupapes. avant tout calcul.s pour le seuil des brûlures significatives. 1000. 3000 et 5000 m3.m0.une humidité relative de l'air de 70 %. Là encore. 1500.405.5 bar absolu pour le butane. à savoir 1000 (kW/m2)4/3.71.4. Version 1 du 20/09/02 94/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Par ailleurs. la figure 33 compare les distances d’effets calculées par le modèle T. par prudence. 500. ce dernier ne tient compte que de la masse mise en jeu. 600.M.R. . .C.O.C.C. 500.N.P. nous avons retenu les seuils définis par le projet de circulaire du 25 novembre 1999. exprimée en kilogramme.au seuil des effets létaux : dEL = 3.P. 1000.R. Enfin. les capacités répertoriées en France pour les G.P. tandis que le modèle T. 1995). 1500.s pour le seuil des effets létaux et 600 (kW/m2)4/3. Pour les effets thermiques.m0. 300. 800. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale. Il ne faudrait toutefois pas en conclure que la précision des modèles est de l’ordre du mètre. Il est à noter que seul le modèle T. alors que les corrélations du C.C. et du T.L.des capacités de 150.S. avec des valeurs affichées au mètre près. 1600. 2200.12. 5. 1200.3.des produits de qualité commerciale.R. On rappelle ici que résultats présentés dans les tableaux 33 à 35 sont valables pour des BLEVE "chauds".

Modèle T.O.C.s 333 Létalité à 1% Brûlures significatives 422 349 500 663 1000 865 1500 1011 3000 1320 5000 1605 1943 1096 1335 1629 2015 1206 1481 1550 1747 1598 888 1083 1279 1589 970 1195 1247 1420 1225 667 815 918 1149 721 892 929 1073 1049 564 690 754 950 606 751 782 910 804 423 519 536 684 448 559 582 687 Tableau 32 : Résultats obtenus pour des réservoirs de propane de capacité variant de 150 à 5000 m3 Version 1 du 20/09/02 95/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 1992 Distances aux effets thermiques (m) Modèle T. .R.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb.s 255 600 (kW/m2)4/3.C.S.N.s 290 600 (kW/m2)4/3.M.s 382 1000 (kW/m2)4/3.N. du 09/11/89 1000 (kW/m2)4/3. 1997 Modèle T.O.P.s 316 1000 (kW/m2)4/3. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.doc PROPANE Capacité (m3) Modèle C. Formules de l'A.s 506 1000 (kW/m2)4/3.s 150 417 600 (kW/m2)4/3.s 256 600 (kW/m2)4/3.

S.s 334 1000 (kW/m2)4/3. 1992 Distances aux effets thermiques (m) Modèle T.s 244 600 (kW/m2)4/3.C. du 09/11/89 1000 (kW/m2)4/3. 1997 Modèle T.M. Modèle T.s 150 434 600 (kW/m2)4/3.P.C.R.N.s 249 600 (kW/m2)4/3. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.O.N.s 293 Létalité à 1% Brûlures significatives 441 366 500 691 1000 902 1500 1054 3000 1376 5000 1674 2026 1071 1306 1462 1826 1066 1312 1623 1826 1666 867 1059 1143 1436 857 1058 1326 1484 1278 651 797 814 1034 636 789 973 1121 1094 550 675 665 852 533 664 819 951 838 412 507 467 609 394 494 610 718 Tableau 33 : Résultats obtenus pour des réservoirs de butane de capacité variant de 150 à 5000 m3 Version 1 du 20/09/02 96/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.s 308 1000 (kW/m2)4/3.doc BUTANE Capacité (m3) Modèle C.O.s 230 600 (kW/m2)4/3.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb. . Formules de l'A.s 528 1000 (kW/m2)4/3.

C.C.N.s 499 1000 (kW/m2)4/3.s 150 410 600 (kW/m2)4/3.s 354 1000 (kW/m2)4/3.R.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb.O. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.s 243 600 (kW/m2)4/3.O.s 266 600 (kW/m2)4/3. Formules de l'A.S.s 301 1000 (kW/m2)4/3. 1992 Distances aux effets thermiques (m) Modèle T. .N. du 09/11/89 1000 (kW/m2)4/3.s 267 Létalité à 1% Brûlures significatives 416 344 500 653 1000 852 1500 996 3000 1301 5000 1582 1916 1044 1273 1524 1890 989 1228 1525 1720 1576 846 1033 1195 1490 792 988 1227 1399 1208 635 777 855 1076 584 734 914 1056 1034 537 658 701 888 488 615 769 896 792 402 495 497 638 357 455 573 677 Tableau 34 : Résultats obtenus pour des réservoirs de propylène de capacité variant de 150 à 5000 m3 Version 1 du 20/09/02 97/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 1997 Modèle T.P. Modèle T.doc PROPYLENE Capacité (m3) Modèle C.s 205 600 (kW/m2)4/3.M.

Propylène 1600 1600 1600 1400 1400 1400 1200 1200 1200 distance (m) distance (m) 1000 800 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel 1000 800 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel 1000 800 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel distance (m) 600 600 600 400 400 400 200 200 200 0 0 500000 1000000 masse (kg) 1500000 2000000 2500000 0 0 500000 1000000 1500000 masse (kg) 2000000 2500000 3000000 0 0 500000 1000000 masse (kg) 1500000 2000000 2500000 Distance au seuil des effets significatifs . Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.. T. T. et les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 pour des capacités de propane.Butane 2500 Distance au seuil des effets significatifs (m) 2000 2000 2000 distance aux effets significatifs (m) 1500 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel 1000 distance (m) 1500 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel 1000 1500 CCPS TNO 92 TNO 97 TRC Arrêté Ministériel distance (m) 1000 500 0 500 500 0 0 500000 1000000 masse (kg) 1500000 2000000 2500000 0 0 500000 1000000 1500000 masse (kg) 2000000 2500000 3000000 0 500000 1000000 masse (kg) 1500000 2000000 2500000 Fig.Propane 2500 2500 Distance au seuil des effets significatifs ..P. butane et propylène Version 1 du 20/09/02 98/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. 30 : Distance au seuil des effets létaux et significatifs calculées par les modèles C.N.Butane 1800 1800 PROPYLENE Distance aux seuils des effets létaux .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002-25427bleveweb.R.C.O.Propane 1800 BUTANE Distance au seuil des effets létaux .doc PROPANE Distance au seuil des effets létaux . .S.C.

P.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Rayon de la boule de feu 450 y = 2.N...26 30 y = 2..O.1667 CCPS TNO 92 et 97 TRC propane TRC butane TRC propylène 20 10 0 0 500000 1000000 1500000 masse (kg) 2000000 2500000 3000000 Fig.C.C.S.24x 350 300 CCPS TNO 92 et 97 TRC propane TRC butane TRC propylène rayon (m) 250 200 150 100 50 0 0 500000 1000000 1500000 masse (kg) 2000000 2500000 3000000 Fig.852x durée de vie (s) 0. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale .O.9x 0.N.S. pour des capacités de propane. T. 31 : Rayon de la boule de feu calculé par les modèles C. T.C.6x 0. 32 : Durée de vie de la boule de feu calculé par les modèles C.P.R.3333 0. T. T..325 400 y = 3.R.C. butane et propylène Version 1 du 20/09/02 99/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. butane et propylène Durée de vie de la boule de feu 60 50 40 y = 0. pour des capacités de propane.

En effet. 33 : Comparaison des distances d’effets thermiques calculées par le modèle T.O.effets létaux propane .effets significatifs Arrêté Ministériel .O. aux distances d’effets déterminées par les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 Les tableaux 32 à 34 et les figures 30 à 33 précédents appellent les remarques suivantes de la part de l'INERIS : Les distances aux seuils d’effets thermiques calculées par le modèle du C.P. en moyenne. sont toujours supérieures à celles calculées par les autres modèles.R. Fig. qui dans ce cas. Cependant. et 200 kW/m2 selon les hypothèses de l’Arrêté Ministériel). par exemple).effets létaux Arrêté Ministériel . 92 : d’une part. Il est à noter que les distances d’effet calculées par les modèles C. - - Version 1 du 20/09/02 100/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.C.S.12x 0. 92.71x y = 3. et par les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont indépendantes du produit mis en jeu.P.N. Ceci peut surprendre.S. prend une valeur forfaitaire unique (350 kW/m2 pour le modèle du C. de 1992. entre 0. 2000 1800 1600 1400 1200 1000 800 600 400 200 0 0 500000 1000000 1500000 masse (kg) 2000000 2500000 3000000 y = 4.effets significatifs propylène . calculées à l’aide du modèle T.C. la valeur de l’émittance moyenne est un peu supérieure (200 au lieu de 172 kW/m2 pour le butane. Les trois autres couples de courbes donnent les distances d’effet pour le propane ( et ).C. mais surtout. respectivement pour les effets létaux ( ) et significatifs ( ). 1992 prend des valeurs comprises. deux hypothèses conduisent à majorer les distances réglementaires par rapport à celles calculées par le modèle T.N. quel que soit le produit considéré. Un écart important est noté entre les distances calculées par les formules de l’Arrêté Ministériel et le modèle T..C. puisque les formules de l’Arrêté Ministériel sont en partie fondées sur les hypothèses du modèle T.O.effets significatifs butane .C.R.C. l’atténuation atmosphérique considérée par le modèle du T.R. elles ne dépendent que de la masse d’hydrocarbures libérée et de l’émittance moyenne de la boule de feu. Or.effets significatifs distance (m) Les courbes bleues donnent les distances calculées par les formules de l’Arrêté Ministériel.6 et 0.N.effets létaux butane effets létaux propylène .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Evaluation des effets thermiques par le modèle T. l’atténuation atmosphérique du rayonnement est négligée.8 selon l’éloignement par rapport à la boule de feu.N.O.425 propane .S. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . le butane ( et ) ) et le propylène ( et ).P.405 0.

tient compte de l’atténuation du rayonnement dans l’atmosphère alors que les formules de l’Arrêté Ministériel négligent cet aspect. 30).R.3.R.C.5 INFLUENCE DES PARAMETRES LES PLUS SIGNIFICATIFS A PRODUIT CONSTANT Afin de caractériser la sensibilité des modèles à la variation de certains paramètres. De plus. Les variations ont été choisies dans le sens de la majoration des résultats.s. le modèle T.C. et cela reste vrai si l’on calcule ces distances aux seuils de 3000 et 300 (kW/m2)4/3. Il est à noter que seul le modèle T. la simulation de l’essai du B. Les résultats obtenus sont synthétisés dans le tableau 35 suivant. qui présente la variation des distances d’effets thermiques calculées en fonction de la variation des paramètres. le positionnement des modèles soit effectivement indépendant du seuil de charge thermique. l’influence de la masse mise en jeu n’est pas négligeable. dans l’exemple du propane. le modèle T. mais ce dernier tient compte de la croissance et de l’ascension de la boule de feu.R. qu’avec le modèle T.3.4. relativement aux distances calculées au paragraphe 5.N. La durée de vie de la boule de feu fait ressortir une plus grande dispersion des résultats. - - - 5. et du T. ainsi que le taux de remplissage de la sphère. alors que les modèles du C.R.R. précédent : Version 1 du 20/09/02 101/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. l'INERIS a fait varier de 10 % chacun des paramètres suivants : l'humidité relative de l'air. En revanche. 1992 donne les distances d’effet les plus courtes au seuils de 1000 et 600 (kW/m2)4/3.3. et simultanément de la variation de l’émittance. 34). La nature du produit a une influence non négligeable dans l’application du modèle TRC. Il semble que pour un produit et une masse donnée. Cette tendance s’inverse si l’on considère une masse de plusieurs centaines de tonnes (fig.C. 1992. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale ..P.O.O.4. les distances d’effets calculées pour le propane sont de l’ordre de 15 % supérieures à celles calculées pour le butane et le propylène. précédent.C. Ainsi. qui met en jeu 5 tonnes) conduit à des distances plus faibles avec le modèle T.O. à produit donné. Il ne faudrait pour autant pas conclure de ces simulations que le positionnement des différents modèles les uns par rapport aux autres reste systématiquement identique quels que soient la masse de produit et le seuil de charge thermique considérés. sont de 15 à 40 % inférieures à celles calculées par les formules de l’Arrêté Ministériel selon le produit considéré et la masse mise en jeu (fig. Ainsi. Le rayon de la boule de feu est déterminé de manière très homogène par tous les modèles étudiés. l’émittance moyenne considérée par l’Arrêté Ministériel (200 kW/m2) est généralement inférieure à celle obtenue par calcul à l’aide du modèle T.A. la pression de rupture du réservoir.N.M. Les distances d'effets ont été calculées pour le BLEVE d'une sphère de 1000 m3 de propane avec les hypothèses de calcul retenues au paragraphe 5. toujours dans le cas du propane.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 - Les distances calculées par le modèle T.C.S. Ainsi. prend en compte la nature du produit mis en jeu.s.C. Pourtant. le BLEVE d’une masse de quelques tonnes (voir. ne considèrent que la masse d’hydrocarbure en présence. par exemple.N.

5 % 600 (kW/m2)4/3.S. Il est à noter que le modèle du T.O.4.0 % + 1. s 950 + 0.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Hypothèses de calcul Modèle du C.7 % 600 (kW/m2)4/3. a développé une approche phénoménologique. On précise ici.C. s 1049 + 0.N. mais comportant des hypothèses différentes. 1992 1000 (kW/m2)4/3.4 % + 4.7 % Distances aux effets thermiques (m) Modèle du T.6 CONCLUSIONS SUR LES MODELISATIONS En ce qui concerne les modélisations des effets thermiques du BLEVE.3.3 % paramètre non pris en compte + 3.C.8 % + 2.C. qui prennent notamment en compte la formation d'une flaque de Version 1 du 20/09/02 102/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. notamment à partir des résultats expérimentaux de BRITISH GAS.R.0 % 600 (kW/m2)4/3.1 % Modèle du T. s 751 + 0.6 % + 4.C.N. émittance) alors que les modélisations du C.7 % 600 (kW/m2)4/3. s 564 + 0.N.8 % + 4. Pour ce qui est de la modélisation des effets thermiques d'un BLEVE.N. et le T.P.P. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale .P. les modélisations du C. Une augmentation de la pression de rupture de 10 % également conduit quant à elle à majorer les distances d'effets de quelques pour-cent.N. s Hypothèses du § 5.S.5 % + 2. Humidité relative : .C.R.8 % + 4. nous avons relevé celles proposées par le C.O. a également développé des considérations sur les BLEVE "froids".R.O.C.R.3 % + 2.P.C. 1997 1000 (kW/m2)4/3. qu'en toute rigueur.O. vise à prendre en considération l'évolution au cours du temps des caractéristiques de la boule de feu (diamètre. L'approche du T. et du T.3 % paramètre non pris en compte + 3. s 754 + 0.6 % paramètre non pris en compte + 4. et du T. le taux de remplissage a le plus d'influence : une variation de 10 % de ce dernier conduit à majorer les distances d'effets de l'ordre de 5 %.C.P.6 % Tableau 35 : Variation des distances calculées en fonction de la variation de différents paramètres pour un réservoir de 1000 m3 de propane On constate ainsi que parmi les paramètres retenus. le T.N. comporte deux versions (1992 et 1997). alors le T. 1000 (kW/m2)4/3. hauteur. Si le T.5 % paramètre non pris en compte + 4.10 % Pression de rupture : + 10 % Taux de remplissage : + 10 % 865 + 0.5 % Modèle T.S. 1000 (kW/m2)4/3.3.O.R.. se réfèrent à des corrélations empiriques. ces différentes approches ne sont applicables qu'à des BLEVE "chauds" de G. s 606 + 0. s 690 + 0.O. ne considèrent qu'un état stationnaire. 5.S.L.C. basées sur les mêmes corrélations. en particulier pour le calcul de l’émittance de la boule de feu.

. en ordre de grandeur. la charge thermique à une faible distance (de l’ordre de une à deux fois le rayon de la boule de feu) peut être sous-estimée. l’accident de Kamena Vourla (Grèce.N.. qui a réalisé le BLEVE d’une citerne ferroviaire de 45 m3 de propane . la modélisation associée n'est pas disponible à ce jour dans la littérature. comme cela a été montré par la simulation de l’essai du B.N. La hauteur du centre de la boule de feu est choisie de manière arbitraire par les modèles du C.R. Quelques conclusions générales peuvent être tirées de ces simulations : Les diamètres et les durées de vie des boules de feu calculés respectivement par tous les modèles envisagés sont comparables en ordre de grandeur. ce qui est conforme. qui décrit son évolution. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . puis confrontés au retour d’expérience disponible sur quelques accidents. l’essai à grande échelle du B. qui présente l’intérêt d’une application des modèles à un BLEVE de propylène. et du T. qui consiste à considérer une boule de feu stationnaire au sol.8 m3 de butane. le modèle T. décrit également de manière satisfaisante la croissance et l’élévation de la boule de feu. qui ont servi à mettre au point le modèle T. les essais du projet communautaire J. En outre.C.S. En cela le modèle T. et en bon accord avec les résultats d’essai ou les observations lors d’accidents.O.N.P. l’accident de Los Alfaques (Expagne.I. En particulier. 1999) . 103/116 - Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable.C.P. à échelle plus réduite (BLEVE d’un réservoir de 4. Chacun de ces modèles a fait l’objet d’applications sur des données d’essais instrumentés.V. . qui décrit l’ascension de la boule de feu et la variation de son émittance au cours de cette ascension.O.R.R. La hauteur de la boule de feu semble bien être un paramètre prépondérant pour l’évaluation des distances d’effets.5 m3).A..A..O. et du modèle T. Il est d’ailleurs à noter que. 1977). Trois accidents ont été simulés : l’accident de Mexico (Mexique.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 combustible au sol. au contraire du modèle T.M.C.C. A contrario.R. 1997) n’est pas conservative.C.E.M. la vitesse ascensionnelle de la boule de feu est calculée égale à quelques 13 m/s. Trois types d’essais ont été simulés : les essais de BRITISH GAS sur des réservoirs de 10. qui a fait l’objet d’un rapport détaillé du T. pour la simulation de l’essai de BRITISH GAS.C. ce qui peut avoir une forte incidence sur la détermination des distances d’effets.S. 1992. se rapproche nettement mieux de la réalité du phénomène physique. La confrontation à des données d’accident a été rendue plus délicate par la difficulté à trouver des compte rendus d’accident suffisamment documentés pour permettre des comparaisons pertinentes. présente un caractère majorant pour l’évaluation des distances d’effets thermiques. l’hypothèse d’une boule de feu stationnaire à une hauteur de deux fois le rayon (modèle T.. aux résultats expérimentaux de Hasegawa et Sato.O. L’hypothèse du C.N. 1984).

. conduit à calculer des résultats qui.N. semble souvent conduire à des charges thermiques surévaluées.C.P. T. d’où l’intérêt d’une évaluation globale des modèles. Il est à noter enfin que.. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . les modèles prédisent une durée de vie de la boule de feu comprise entre 22 et 31 s.C. il est souvent difficile de relier des dommages observés à des seuils d’exposition au flux thermique rayonné. prévoit une évolution de l'émittance au cours du temps comparable aux données expérimentales.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 - La modélisation du C.C. décroît au fur et à mesure que le produit est consumé.O. le diamètre de la boule de feu calculé par les modèles. pour certains modèles.C.S. dans le cas du modèle T. reviennent à considérer l'apparition instantanée d'une boule de feu d'un diamètre donné à une hauteur donnée et dont l'émittance reste constante tout au long de sa durée de vie.R.C. dans le cas de l’accident de Mexico. compris entre 400 et 420 m.. ainsi que par la simulation de l’essai du B. toujours pour l’accident de Mexico.C. en particulier dans les cas des accidents de Mexico et de Los Alfaques. De même. semble donner des résultats plus proches de la réalité. Lorsque des données sont disponibles sur les dimensions et la durée de vie de la boule de feu observée. Certaines tendances se dégagent cependant : Le modèle du C. Ainsi. sont inférieurs à ceux évalués par les autres modélisations. Dans ce cas. en termes de distances d'effets.R. le modèle T. Ainsi. 1992. et du C. conduit ici à calculer les distances d'effets thermiques les plus importantes. c'est que ce modèle vise à prendre en compte l'évolution du phénomène au cours du temps : Les modèles du T.C. La comparaison des charges thermiques calculées par les modèles et celles évaluées par les relevés de dégâts après accidents doit être considérée avec prudence. est compensée par l’hypothèse faite sur la hauteur de la boule de feu (le boule de feu reste au sol).O.P.P.N.S.N. si l'on observe effectivement des émittances de cet ordre et même supérieures lors des expérimentations. En effet. et T.S. elles sont en bon accord avec les résultats des simulations par l’ensemble des modèles. et du T. le modèle T. est celui qui décrit le mieux l’accident de 104/116 Version 1 du 20/09/02 Le présent document forme un ensemble indissociable. après avoir atteint une valeur maximale.C. l'émittance de la boule de feu.P.S. pour une durée observée d’une vingtaine de secondes approximativement. comme l’a montré par ailleurs la discussion sur les seuils d’effets thermiques sur l’homme présentée au paragraphe 5.2. qui est souvent minorante.R.R.M.C. qui montrent une décroissance du flux thermique rayonné en accord avec les données expérimentales. pour la modélisation du C. A l'opposé le modèle T. à différents accidents passés permet de confirmer ces conclusions.N.C.R.C. qui présente un caractère majorant pour le calcul de la charge thermique..P.R. En particulier. Cela est vérifié par la simulation de l’essai de BRITISH GAS.O. Or. Ceci ne doit pas surprendre dans la mesure où. est en bon accord avec l’observation des témoins qui rapportent un diamètre de 300 à 400 m. l'émittance de la boule de feu a été prise égale à 350 kW/m2 pendant toute la durée de vie de la boule de feu. - - - L’application des modèles C.A. l’hypothèse de l’émittance de la boule de feu extrapolée à partir d’observations sur des feux de flaques. table sur une évolution de ces paramètres au cours de la durée de vie de la boule de feu. En définitive. Les modèles du T. si le modèle T.S. certaines hypothèses peuvent se compenser.O.

T.émittance moyenne égale à 200 kW/m2 pendant tout la durée de la boule de feu.O.O. sont du même ordre de grandeur. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . quant à lui.C. sont toutefois à appliquer avec prudence. Il est également en très bon accord avec les observations faites à Los Alfaques et Kamena Vourla.C. et son application conduirait à calculer des charges thermiques plus en accord avec celles estimées par le retour d’expérience. ils cachent en réalité des hypothèses qui se compensent. et environ 20 à 40 % inférieures à celles calculées par les formules de l’Arrêté Ministériel.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 - - Mexico.N. et T. et. Les modèles C.S. Les distances d’effets thermiques ont été calculées en retenant pour seuils d’effets létaux et significatifs les valeurs respectives de 1000 et 600 (kW/m2)4/3. Les distances d’effets calculées par les modèles T.O. Cette dernière hypothèse s’avère discutable lorsque l’on cherche à évaluer la charge thermique à faible distance de la boule feu. sur ce point.N.R. Version 1 du 20/09/02 105/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Les deux modèles du T. est le seul qui décrit l’évolution des dimensions de la boule de feu. vraisemblablement sous-estimée par le modèle T.R. est bien celui qui se rapproche le plus du phénomène physique étudié.O. On remarque que l’application des formules de l’Arrêté Ministériel conduisent à calculer des distances d’effets du même ordre de grandeur que celles calculées par les modèles C. 1997 conduisent à des valeurs de charge thermique (et. En revanche.R. Le modèle T. l’émittance moyenne de la boule de feu. . semble surestimer l’émittance de la boule de feu lorsque la masse d’hydrocarbure est importante (par exemple dans le cas de l’accident de Mexico). et décrit l’évolution de la boule de feu. et T.R.O. Par ailleurs.R. Le retour d’expérience sur les trois accidents étudiés ne permet pas de valider directement le modèle T. par suite.N.N. si l’on se réfère aux observations de Pietersen.atténuation atmosphérique du rayonnement négligée.C. les corrélations du T.N. Le modèle T. dans une moindre mesure.C.C. butane et propylène. La description du modèle T. 1997.C. 1992. du fait de ses hypothèses de départ. avec les hypothèses suivantes : .N. Le modèle T. ont été appliqués à des BLEVE de capacités de propane. et ont été comparées aux distances d’isolement préconisées par l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989. est compensée par l’hypothèse de la boule de feu stationnaire au sol. parallèlement à la variation de son émittance.O.C.O. car la variation de hauteur est alors prépondérante. On rappelle que les formules de l’Arrêté Ministériel sont issues des corrélations empiriques du T. Toutefois.N. 1992 et T. celui du T. aucune des observations du retour d’expérience ne vient mettre en défaut les résultats calculés par le modèle T.R.S.N..P. mais cette hypothèse est contrebalancée par le choix d’une hauteur du centre de la boule de feu égale à deux fois le rayon. et en particulier sa phase de croissance et sa phase d’ascension. 1997..N. il a été montré précédemment que le modèle du C.C.. à des distances d’effets) qui paraissent surestimées au vu des résultats d’essais ou des retours d’expérience.O. puisqu’elle prend en compte les propriétés thermophysiques du produit rejeté et les conditions de rupture du réservoir.S.boule de feu stationnaire au sol.. car s’ils permettent d’obtenir de bons ordre de grandeur. . est toutefois plus fine. Ainsi.P.P.C.O. en l’absence d’informations plus détaillées sur l’évolution du flux thermique rayonné au cours de ces accidents.C.s proposées par le projet de circulaire du 25 novembre 1999.R.

les résultats s’avèrent souvent majorants. au vu des comparaisons effectuées. 1998 pour de faibles masses) Au contraire.R. peuvent se révéler pour certaines majorantes (par exemple l’hypothèse d’une boule de feu stationnaire au sol). les modèles du C. Or. en Annexe C).N. Ces hypothèses.O. par exemple.N. et pour d’autres minorantes (les valeurs d’émittance retenues par le modèle T.C.C. n’en sont pas moins prudentes (voir l’analyse détaillée du modèle T. Version 1 du 20/09/02 106/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . De manière plus générale. conduit à calculer des distances d’effets qui sont souvent inférieures et quelques fois supérieures à celles calculées par les autres modèles (en particulier les modèles du T. semblent montrer que l’influence de la nature du produit n’est pas négligeable. un écart de l’ordre de 15 % est observé entre les distances calculées pour le propane et pour le butane.O.C. ces hypothèses se compensent généralement et permettent d’obtenir des résultats qui constituent des ordres de grandeur. puisque.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 de 1992 sont fonction uniquement de la masse de produit rejeté. le modèle T. 1992 et 1998).N. tout en étant plus en accord avec la réalité du phénomène.O.C. du modèle T. Globalement. compte tenu du caractère forfaitaire de ces hypothèses.R.C.O 1992). en décrivant l’évolution de la boule de feu. (1992 et 1997). mais qui semblent.N. ainsi que les formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989 sont basées sur des hypothèses simples.R. indépendamment de sa nature et des conditions de rupture.. par exemple.P. Cette approche tient compte des conditions de la rupture et des propriétés thermodynamiques du produit mis en jeu. Toutefois. qui ne tiennent pas compte du produit mis en jeu. le modèle T. prises isolément. C’est pourquoi. plus en meilleur accord avec les observations expérimentales et le retour d’expérience sur les accidents passés. du T.S. tente une approche physique du phénomène. en considérant des hypothèses de calcul qui.R. mais quelquefois également minorants (cas. les calculs effectués avec le modèle T.

en affichant clairement la priorité à la sécurité sur la production. en décentralisant. les responsabilités. visant à éviter l’occurrence d’une situation dégradée susceptible de conduire à un BLEVE. . et en consignant les procédures dont l'Industriel s’assurera qu’elles sont claires et connues des opérateurs.de simplifier au maximum les mesures d’urgence à appliquer le cas échéant. D’une manière générale. Afin de prévenir et limiter les fuites des produits inflammables stockés. Bien évidemment les installations devront en outre être conformes à la réglementation en vigueur. il convient notamment : . un ensemble de fonctions de sécurité à mettre en œuvre et qui dépasse d’ailleurs le cas particulier de la prévention du BLEVE. . les agressions mécaniques. C’est ainsi qu’il convient : .de coordonner la liaison entre les services de secours internes et externes. . il y a lieu : .de prévenir et limiter les fuites des produits inflammables stockés. en mettant en œuvre une politique d’analyse systématique des incidents qui se produisent. .de prévenir les sur-remplissages par la mise en œuvre de procédures et de détections de niveau haut et très haut redondées de manière indépendante entraînant Version 1 du 20/09/02 107/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. . en ce qui concerne la prévention.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 6 PREVENTION DU BLEVE Le présent rapport concerne principalement la phénoménologie et la modélisation des BLEVE. . Ce chapitre a donc simplement pour objet de donner quelques éléments indicatifs relativement à la prévention du BLEVE.de développer et maintenir la compétence des équipes. en premier lieu.de mettre en œuvre des équipements surdimensionnés par rapport aux contraintes d’utilisation. .de protéger les équipements susceptibles de contenir de tels produit contre : . autant que faire se peut.d’effectuer. . . . la corrosion. le gel. notamment : .de développer une culture sécurité dans l’entreprise. . une gestion préventive de la maintenance des installations. en s’assurant que les risques sont identifiés et connus des personnels.de prévenir l’inflammation d’une éventuelle atmosphère explosive susceptible d’être formée. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . . par exemple par des actions de formation.d'effectuer des audits périodiques de tout ce qui concerne la sécurité. autant que faire se peut. On rappelle ci-dessous. .

On conçoit que la mise en place de détecteurs de fumées ou de flammes judicieusement disposés contribuent à permettre l’activation rapide d’une alarme. .. si cela est possible. Les fonctions de sécurité seront. Afin de pourvoir au cas.. notamment : . autant que possible. la mise en sécurité des installations (fermeture des vannes. des essais périodiques.. .. entraînant automatiquement la mise en sécurité des installations. pour les plus importants d’entre eux.. le cas échéant.bien évidemment d’interdire de fumer dans les zones susceptibles d’être explosives et même. Bien évidemment les équipements de sécurité seront de type à sécurité positive et. par des moyens à définir (tels. de retarder l’échauffement du produit qu'il contient et ainsi de laisser du temps pour lutter contre l’incendie ou.) de la fiabilité et de la disponibilité de tous les équipements associés à la sécurité. Pour prévenir l’inflammation d’une éventuelle atmosphère explosive. d’interdire le port et la mise en œuvre de toute source d’inflammation potentielle (briquet. il y a bien sûr lieu. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . il est nécessaire d’envisager le cas où une situation dégradée est matérialisée.). il convient de mettre l’installation en sécurité.). des études a priori de la fiabilité des composants et de l'architecture. qu’il n’est pas possible d’exclure a priori. Il convient alors de donner l’alarme au plus tôt.. faire évacuer les environs. . arrêt des pompes et compresseurs. automatisées.. Version 1 du 20/09/02 108/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. il y a lieu de prendre des mesures visant à limiter la température et la pression à l’intérieur du réservoir.. par exemple. redondés.de prévenir les surpressions par des dispositifs limiteurs de pression correctement dimensionnés et des détecteurs de pression haute. .disposer des détecteurs d’atmosphère explosive. Malgré tout.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 automatiquement..de soumettre les travaux par point chaud à la délivrance d'un permis de feu et à la mise en œuvre de toutes les précautions nécessaires. en cas de détection. Il s’agit donc de protéger thermiquement le réservoir.. Par ailleurs l’Industriel s’assurera. .d’employer des matériels adaptés aux atmosphères explosives. . Ici encore. où l’incendie ne serait pas maîtrisé dans les délais les plus brefs. sauf nécessité justifiée. allumettes.

Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . On indique ici : . .La protection mixte par écrans solide et liquide. Ce type de dispositif devra être fiable. par caléfaction.La protection par un écran solide. par exemple. . Il existe trois dispositifs de ce type : . disponible et mis en oeuvre suffisamment rapidement pour prévenir tout échauffement excessif de la paroi du réservoir.la mise en œuvre de rideaux d’eau. .les revêtements de type ignifuge.l’arrosage par ruissellement d’eau qui consiste à maintenir un film d’eau liquide au contact de la paroi du réservoir. ce qui.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 On peut ainsi avoir recours à : .La protection par un écran liquide. Version 1 du 20/09/02 109/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Une autre forme de protection envisagée consiste à disposer les réservoirs sous une enveloppe béton dimensionnée pour résister aux agressions mécaniques prévisibles et d’inerter l'espace libre à l’azote afin de prévenir la formation d’une atmosphère explosible ou inflammable au sein de l'enveloppe béton. pourrait nuire à l’efficacité du système.la mise sous talus. . .la protection par pulvérisation qui consiste à interposer un brouillard d'eau susceptible d'atténuer le flux thermique entre l'incendie et le réservoir. Il convient dans ce cas d’éviter que le revêtement soit endommagé. par l’impact d’une lance à incendie.

Cette perte de confinement peut être notamment due: à l'impact d'un projectile. le liquide ne peut pas rester en état de surchauffe). à l'exposition du réservoir à un incendie.C. Un BLEVE "froid" serait dû à une faiblesse mécanique du réservoir.N. qui permet de retrouver les principales caractéristiques de la boule de feu déterminées les corrélations empiriques du T. à de la corrosion. L’INERIS a analysé les modèles disponibles à ce jour pour simuler les effets thermiques d’un BLEVE d’hydrocarbures. Trois modèles ont été retenus : deux d’entre eux.S. La troisième approche.S. Des simulations réalisées à l’aide de ces trois modèles ont été comparées à des résultats d’essais et à des données issues d’accidents passés. Pour qu'un réservoir donne matière à un BLEVE "chaud" il faut que la température moyenne du produit qu'il contient soit supérieure à la température limite de surchauffe du produit à la pression atmosphérique (c'est à dire supérieure à la température pour laquelle. Il en ressort que le modèle T. Pour le BLEVE. développée par le T. et du C.C. à la pression atmosphérique. notamment à partir de l'analyse d'un recensement d'accidents.P.. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale . à une construction ou à des équipements défectueux. l'INERIS propose de retenir la définition suivante : "Un BLEVE correspond à la ruine complète d'un réservoir pressurisé contenant un liquide dont la température est très supérieure à sa température d'ébullition à la pression atmosphérique".C. Les effets de pression sont ainsi relativement réduits.. vise à décrire la croissance. conduire à un incendie conséquent (apparition d’une boule de feu au sol et d’un feu de flaque). Les BLEVE ont une cause commune. une perte de confinement amenant à la dépressurisation du contenu du réservoir.. les BLEVE dits "froids" et "chauds". à la fatigue du réservoir.O. permet en outre de décrire l’évolution de la boule de feu en bon accord avec la réalité du phénomène physique.N.C.R.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 7 CONCLUSIONS Le travail présenté à permis de mettre en lumière l'évolution récente des connaissances relatives au phénomène de BLEVE. L'analyse a mis en évidence que l'on peut distinguer deux types de BLEVE. sont basés entièrement sur des corrélations empiriques et le retour d’expérience.O. (Centre de Recherche de Shell). mais le lourd nuage formé au niveau du sol. s'il est inflammable et s'il trouve un point d'inflammation. développés par le C. d'expérimentations à moyenne échelle et de travaux théoriques.P. l’ascension et l’extinction de la boule de feu en décrivant la physique du phénomène.R. et le T. peut. Version 1 du 20/09/02 110/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.

égales à 1000 pour les effets létaux et 600 pour les effets significatifs ont été retenues pour la détermination des distances d’effets thermiques par les trois modèles étudiés. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale .Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 Enfin. Version 1 du 20/09/02 111/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. conduit à calculer des distances d’effets inférieures à celles déterminées par application des formules de l’Arrêté Ministériel du 9 novembre 1989.R. une discussion sur le choix des seuils d’effets thermiques a été menée. Il s’avère que le modèle T.C. et les valeurs suggérées par le projet de circulaire du 25 novembre 1999. car il s’attache à décrire la physique du phénomène en prenant en compte la nature du produit mis en jeu et l’évolution de la boule de feu.

E. J. Bureau d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles Boiling Liquid Expanding Vapor Explosion Flux thermique rayonné émis par unité de surface (W/m2) Gaz de Pétrole Liquéfié Health and Safety Executive Health and Safety Laboratory Hazards consequences of Jet fire Interaction with VEssels containing pressurised liquids Température Limite de Surchauffe The Netherlands Organisation of applied Scientific Research Center for Chemical Process Safety National Fire Protection Association Service de l'Environnement Industriel Thornton Research Center Emittance : G. : : : : : : : : : : Version 1 du 20/09/02 112/116 Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale .L.I.S.S. H.P.M.P. C.P.F.O.N. N. S.Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 8 GLOSSAIRE B.C.E.V. BARPI BLEVE : : : Bundesanstalt für Materialforschung-und prüfung.S. TLS T. T.L.R.A.C.I.A.E. H.

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Ω-5 : BLEVE INERIS-DRA-2002 10 LISTE DES ANNEXES Repère Annexe A Annexe B Annexe C Annexe D Désignation précise Résultats de l’interrogation de la base ARIA du BARPI Articles de Shield Analyse du modèle T. Exemple de calcul d’un BLEVE de propane par le modèle T.R. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale .C. Nb pages 23 22 18 2 Version 1 du 20/09/02 116/116 Le présent document forme un ensemble indissociable.C.R.

fr A 1 /A21 .Annexe A : Résultats de l’interrogation de la base ARIA du BARPI Ce document n'est pas disponible sous forme informatique. il peut être obtenu auprès de celui-ci. Site Internet : http://aria.environnement.gouv. Réalisé par le Service de l'environnement industriel du BARPI (Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions Industrielles) à partir de la base de données ARIA.

Annexe B : Articles de Shield
Ces documents ne sont pas disponibles sous forme informatique. Titres des articles : • A model to Predict Radiant heat and Blast Hazards from LPG BLEVES • The modelling of BLEVE Fireball Transients

A 2 /A21

Annexe C : Analyse du modèle T.R.C.

A 3 /A21

ANALYSE DE LA MODELISATION DU PHENOMENE DE BLEVE PROPOSEE PAR LE TRC

Il convient en premier lieu de noter que l’analyse d’un modèle peut être approchée de deux manières qui, complémentaires, ne s'opposent en aucune façon : La première consiste à analyser la modélisation étapes par étapes, à discuter des hypothèses effectuées, à évaluer dans quelle mesure ces dernières sont ou non fondées sur des essais et, enfin, autant que faire se peut, à comparer les résultats de la modélisation à des accidents connus, pour autant que l'on dispose relativement à ces derniers d'informations suffisamment renseignées. Lorsque l’on est rompu aux modélisations de phénomènes physiques on conçoit en effet que l’on est amené a faire un certain nombre d’hypothèses simplificatrices dont les limites peuvent se trouver mal définies. La seconde consiste à appréhender le modèle comme « une boîte noire », et à comparer à l’expérience les résultats qu’il fournit (accidents passés, essais, ...). Si cette première étape est concluante, il convient encore de vérifier que les résultats varient de manière plausible lorsque l’on applique le modèle à d’autres cas. Ainsi, la seconde de ces approches s'attache à analyser la cohérence globale de la modélisation. Il faut en outre souligner ici que le rapport de l'INERIS s'est attaché à analyser finement les différentes étapes du phénomène en distinguant clairement entre : - la modélisation du phénomène lui-même, - la détermination des distances d'effets qui lui seraient associées.

Il s’agit ici, pour répondre à la première approche, de discuter les principales hypothèses de la modélisation du phénomène de BLEVE proposée par le TRC, en faisant, autant que faire se peut, ressortir ses limitations. La seconde approche, correspondant à l'analyse globale du modèle, est présentée dans le corps du texte.

On rappelle en premier lieu que le modèle TRC est basé sur les résultats d’essais conduits par British Gas (voir chapitre 2 du corps du texte) et qu'il n'est applicable qu'à des réservoirs de butane, propane et propylène.

L’observation de ces essais a permis de distinguer cinq phases lors du développement d’un BLEVE. Bien évidemment il s’agit d’une simplification, ces phases étant susceptibles de se recouper. A 4 /A21

t est le temps (s) A 5 /A21 .Uo est une vitesse initiale caractéristique d'expansion du nuage (m/s). l’évolution du rayon du nuage est décrite par une équation de la forme :   R = Uo.  1 − exp − t tp      Dans cette expression : . tandis que l’autre partie du liquide est éjectée sous la forme de gouttelettes. d’après l’observation des résultats expérimentaux.tp est un temps caractéristique de la durée d'expansion du nuage (s). Phase 3 : Durant cette phase. le nuage continue de s’agrandir en entraînant de l’air par transport turbulent. Hypothèse 1 : Pendant la phase de vaporisation du liquide. avant que le nuage n’entraîne trop d’air. .R est la dimension principale du nuage (m). Phase 5 : La boule de feu est alimentée par la combustion des gouttelettes tandis que la boule de feu s’élève avent de s’éteindre. Durant cette phase il n’y a pas encore de mélange du produit avec l’air ambiant mais la turbulence au sein du nuage est importante. .Ces phases sont décrites en détail au chapitre 3 du rapport. Phase 2 : Une fraction du liquide se vaporise quasi-instantanément du fait de la dépressurisation. Pour la clarté de l’exposé.tp. nous les rappelons brièvement ci-dessous : Phase 1 : Le réservoir se rompt en éjectant des fragments tandis que le ciel gazeux du réservoir se détend à la pression atmosphérique. Phase 4 : Le nuage s’enflamme en formant une boule de feu par combustion de la fraction de produit qui s’est vaporisée. . Description de l’évolution du nuage de vapeur Cette partie de la modélisation a pour objet de caractériser le développement du nuage de vapeur et notamment d'évaluer sa taille en fonction des conditions initiales de stockage du produit.

Au fur et à mesure que le temps s’écoule. Il convient en outre de garder à l’esprit que l’on raisonne ici en ordre de grandeur. c'est à dire que Uo est bien une vitesse initiale   dt caractéristique d’expansion du nuage de vapeur. D’après SHIELD.L'Hypothèse 1 est issue. Cette seconde hypothèse est également issue de l’observation des résultats expérimentaux (voir figure 3 de son article ) . et en partie seulement. Pour évaluer cette dimension caractéristique. On remarquera cependant que dR   = + Uo. SHIELD remarque ce qui constitue l'hypothèse suivante : Hypothèse 2: La dimension caractéristique des tourbillons dans le nuage vers la fin de sa phase d’expansion et d’entraînement d’air est de l’ordre de grandeur du rayon du nuage immédiatement après la phase de vaporisation quasi-instantanée du liquide (ou "flash adiabatique"). SHIELD observe que la vitesse d’expansion radiale du nuage décroît rapidement. A 6 /A21 . de l’avis de l’INERIS. d’après SHIELD. α est la fraction initiale de liquide dans le réservoir à la rupture. de l’observation des résultats expérimentaux et n’appelle pas de commentaire particulier. par des tests de cohérence physique de la modélisation globale du phénomène. non vérifiable directement. A partir du moment où l’expansion du nuage décroît brutalement. Il s’agit ici. au cours de la phase 3 d’entraînement d’air. l’observation des résultats expérimentaux montre qu’il existe un rayon caractéristique des tourbillons dans le nuage.exp − t tp → Uo quant t→0. sauf à réaliser des essais à grande échelle. SHIELD propose l’expression : L3 = αβM/ρvo où M est la masse initiale de produit dans le réservoir (kg). d’une hypothèse dont la validité peut ne pas s’étendre à des phénomènes de BLEVE à plus grande échelle mais qui est. Le rayon du nuage n’est plus alors décrit par une loi en exponentielle mais serait proportionnel à t1/2 (voir figure 3 de l’article de SHIELD). hormis.

Remarque de l'INERIS : On rappelle que β est la fraction de liquide qui se vaporise instantanément lors de sa détente à la pression atmosphérique : la détente subie par le produit entraîne sa vaporisation instantanée partielle (phénomène de "flash adiabatique"). Il convient encore de préciser que cette vaporisation contribue largement au fractionnement du liquide rejeté et à la formation d’aérosols (dont une dimension caractéristique sera évaluée plus loin). Lors de cette phase. Pour des GPL. on peut faire un bilan enthalpique global sur le système : le liquide. occupe grossièrement un volume vo égal à celui d’un cube de coté L. dT + h L (T0 ) 0 A 7 /A21 . voir ci-après). pour estimer β.β est la fraction de liquide qui se vaporise instantanément lors de sa détente à la pression atmosphérique (calcul isenthalpique. donnée par h L = ∫T Cp L . cette température est très inférieure à la température ambiante couramment considérée. initialement à la température T0. dont le volume massique à la pression atmosphérique et aux conditions de saturation est 1ρ .hV (T ) + (1 − x). En première approximation. se vaporise partiellement et donne un mélange de titre massique en vapeur x et de température T.∆H vap + h L (T) où : - hV est l'enthalpie massique de la vapeur. ρvo est la densité de vapeur saturante du produit à la pression atmosphérique (kg/m3). l'apport de chaleur par le milieu extérieur est négligeable. En négligeant la variation de pression. T hL est l'enthalpie massique du liquide. L’INERIS note que cette équation revient à considérer que la fraction de liquide vaporisé quasi-instantanément lors de sa dépressurisation. la vaporisation se produit au détriment de l’enthalpie disponible dans la phase liquide.h L (T) = −x. Le liquide rejeté se fractionne également par des effets mécaniques. La température du système tend vers la température d’ébullition du liquide à la pression atmosphérique. on peut écrire : h L (T 0 ) = x.

Cp l . les mêmes remarques que celles associées à l'Hypothèse 2 ciavant. T0 est la température de service. chaleur spécifique du liquide. Elle appelle donc. plus le liquide arrivant à l'orifice est surchauffé (c'est-à-dire plus la température de service est supérieure à la température d'ébullition du liquide à la pression atmosphérique) plus la quantité qui se vaporise instantanément est importante. (Té b − T0 ) ∆H vap d’où. on considère que la chaleur spécifique du liquide est la seule source de chaleur disponible pour la vaporisation. Cette hypothèse est aussi basée sur l'observation des résultats expérimentaux. N tourbillons de dimension caractéristique L N immédiatement après la phase de vaporisation instantanée du nuage. on peut considérer la variation de température du système avec la fraction massique x de liquide vaporisé : le système. L'Hypothèse 3 implique que s'il existe N tourbillons de dimension caractéristique L dans le nuage à la fin de sa phase d’expansion. ∆Hvap est l'enthalpie de vaporisation.- avec CpL. de la part de l'INERIS. leur nombre restant constant (voir figure 3 de l’article de SHIELD). (T − T )  x = 1 − exp l é b 0    ∆H vap   La troisième principale hypothèse de SHIELD est la suivante : Hypothèse 3 : Les tourbillons formés dans le nuage grossissent au fur et à mesure de l’expansion du nuage. Dans une seconde approche. pour une fraction x inférieure ou égale à 1 : x = où Cp l est la chaleur spécifique moyenne du liquide entre Téb et T0. Ainsi. est refroidi. en intégrant de T0 à Téb :  Cp . En d’autres termes. supposé en équilibre thermique. on aura. On obtient alors. compte tenu de l’Hypothèse 2 précédente (selon laquelle la dimension caractéristique des tourbillons dans le nuage vers la fin de sa phase d’expansion et d’entraînement d’air est de l’ordre de grandeur du rayon du nuage immédiatement après la phase de vaporisation quasi-instantanée du liquide. alors qu'une masse dm de liquide est vaporisée. A 8 /A21 .

Soit u. On conçoit en effet que dans le réalité on n'aura pas un nombre non entier de tourbillons d'une taille fixée. pour une turbulence isotrope (u'=v'=w') : A 9 /A21 . mais plutôt un nombre de tourbillons fixé qui n'auront toutefois pas tous la même taille. soit : ' υ T ∝ uξ . SHIELD fait correspondre une vitesse turbulente uL. v et w les vitesses instantanées d’un tourbillon dans trois directions orthogonales. L SHIELD introduit alors l'hypothèse suivante : Hypothèse 5 : La turbulence du nuage est isotrope. A cette densité d’énergie cinétique.L'INERIS remarque qu'en considérant une longueur L caractéristique fixée. il y a lieu d'escompter de calculer une valeur de N non entière. Aux tourbillons de longueur caractéristique L est associée une densité d’énergie cinétique kL. il est d’usage en mécanique de la turbulence d’exprimer la vitesse instantanée dans ces directions comme étant la somme de la valeur moyenne et d'une composante fluctuante : u = u + u' v = v + v' w = w + w' On a donc. telle que. par définition u 2 = k L . la viscosité apparente des tourbillons νT est proportionnelle à l’écart type des fluctuations de vitesse d’un tourbillon (u'ξ) et de sa dimension caractéristique ξ. SHIELD rapporte la loi proposée par TENNEKES et LUMLEY selon laquelle pour un jet turbulent. la viscosité apparente des tourbillons est proportionnelle à l’écart type des fluctuations de vitesse d’un tourbillon et de sa dimension caractéristique est supposée valable dans la phase d'expansion consécutive à un BLEVE. pour un jet turbulent.ξ Hypothèse 4 : La loi selon laquelle.

u L L N Au début de la phase de vaporisation du liquide la vitesse radiale d’expansion du nuage est égale à Uo. 3 Compte tenu des hypothèses précédentes : u L . lorsque ce dernier aura atteint la dimension caractéristique L. A la fin de cette même phase de vaporisation du liquide. Ces deux hypothèses sont physiquement plausibles et n'appellent pas de commentaire particulier de la part de l'INERIS. à la fin de la phase d’expansion du nuage. on aura N tourbillons de longueur 2 L caractéristique auxquels sera associé une densité d’énergie cinétique u L N N ( ) SHIELD émet les deux hypothèses suivantes : Hypothèse 6 : La densité d’énergie cinétique acquise par les tourbillons au cours de la phase de vaporisation est produite au détriment de l’expansion radiale du nuage.L = uL N . D'après les deux hypothèses précédentes. u' 2   v ' 2   w ' 2  3u' 2      kL =   2  + 2  + 2  = 2       or k L = u 2 d’où u' = L 2 u L : u’ est proportionnel à uL. les tourbillons auront acquis une vitesse de l’ordre de u L N au détriment de la vitesse radiale d’expansion : U( L) = Uo − N . Hypothèse 7 : Une particule fluide appartenant à un tourbillon a une vitesse voisine de la vitesse d’expansion du nuage : les fluctuations locales de vitesses sont négligeables devant la vitesse d’expansion du nuage. u L A 10/A21 . D'où u L N = N.

( U o − N. t p . en R=L. on peut écrire :  − t  L = U o. on a donc N. (11) et (12) de l’article de SHIELD méritent quant à elles l'explication détaillée ci-dessous : Par définition. t p .L en utilisant l’hypothèse qu’en R=N.  1 − e tp      L = Uo. t p  1− e tp   . e − t tp Or. L = L . mathématiquement. U o puisque U << U0 avec l’équation (10). L = U o . t p − Uo. t p − U o . − t tp U( L) Uo L = Uo. ( U o − U) ≈ t p . e tp dt R = N. Uo N. en vertu des Hypothèse 6 et Hypothèse 7. soit encore   dt L dt  L U( L) = U o . e tp = tp. u L Par la suite. u L ) d’où. u L A 11/A21 −t .Les équations (10). e L = Uo. on applique la même démarche en R=N. on peut écrire. t p − Uo. t p − tp. t p . U est très inférieur à Uo. t p . on a U(L ) = − t   dR d =  U o . l’équation suivante : tp = L N. Dès lors. en employant l’équation (1) de l'article de SHIELD : U= −t dR = U o .L.

en toute logique.22 0.uL Des équations (11) et (12) on tire alors aisément l’équation (11) : Uo.1 0. par rapport à la valeur calculée par emploi du modèle.07 Valeurs calculées de tp (s) 1 2 3 0. dans la mesure où la vitesse d’expansion du nuage décroît très rapidement au cours de la phase 3 de la vitesse d’expansion du nuage. C’est ainsi que l’emploi de l’équation (2) en R = N. tp 1 − e tp  .tp = N. en     toute rigueur. Cette dernière remarque est d’autant plus relative que lors des essais de BLEVE de réservoirs cylindres de GPL conduit par British Gas. A 12/A21 .13 0. le nuage n’était pas parfaitement hémisphérique et que l'on est donc bien conduit à raisonner en ordre de grandeur. cette équation n’est valable que tant que R reste inférieur ou de l’ordre de L.07 0.08 4 5 0.d’où Uo = N2.L peut à priori être envisagé en vue d’estimer un temps caractéristique d’expansion du nuage. d’un même ordre de grandeur. Le TRC a communiqué à l’INERIS une comparaison entre le temps caractéristique de développement du nuage dans les directions verticale et horizontale. puisque.09 Les résultats présentés dans ce tableau montrent que les ordres de grandeurs des valeurs de temps calculées correspondent bien aux valeurs de temps observées. Essais Valeurs expérimentales de tp (s) Direction verticale Direction horizontale 0. d’après les observations des essais -et cela se conçoit effectivement. Il n’en va pas de même en ce qui concerne l’application de l’équation (1) qui décrit −t   l’évolution du rayon du nuage en fonction du temps R = U o .L L’hypothèse U(R=NL)<<Uo n’appelle pas de commentaire particulier dans la mesure où.22 0.09 0.07 0.la vitesse d’expansion du nuage décroît très rapidement lorsque le nuage a entraîné suffisamment d’air. les rayons calculés par les équations (1) et (2) restent.14 0. Néanmoins.07 Observation impossible Développement de la boule de feu afin la fin de l’expansion du nuage 0.22 0.

( v vapeur − v liquide ) ≈ P. faute de mieux. on peut écrire : f gaz à P ∫i d ( Pv) = ∫liquide → gaz à P d ( Pv) + ∫gaz à P 0 d ( Pv) or et ∫liquide → gaz à P d ( Pv) ≈ P. définis respectivement pour le liquide stocké à la pression P et à l’état dans lequel une partie du liquide est vaporisé et détendu à la pression atmosphérique Po. donc. Si l'on calcule l'intégrale sur un chemin de vaporisation à pression constante puis la détente isentropique de la phase vapeur assimilée à un gaz parfait (pour lequel P. et ρv0 est la masse volumique de la phase vapeur aux conditions de saturation à P0. selon laquelle le développement de la boule de feu a débuté avant la fin de la phase d’expansion du nuage.Vγ= constante). d'après le TRC. Cette expression mérite ainsi une explication puisqu'elle ne fait pas apparaître explicitement la pression du stockage à la rupture. Cette expression est ainsi obtenue en écrivant que l’énergie libérée par la détente à la pression atmosphérique est. v 0 − P. de P à P0.v0γ=P. v vapeur gaz à P − ∫gaz à P 0 d ( pv) ≈ P0 . M. rappelle qu'il s’agit effectivement d’un modèle permettant une représentation simplifiée de la réalité et qu’il convient bien. Il faut préciser ici que cette égalité n'est qu'une approximation valable pour des produits pour lesquels la masse volumique de la vapeur saturée dépend relativement peu de la pression. u est énergie interne par unité de masse et v est le volume massique. Phase d'entraînement d’air Le travail de détente Ew de la fraction de liquide qui se vaporise quasi-instantanément à l’atmosphère est approximée par : E W = α. par définition : u f − u i = h f − h i − ∫if d ( Pv) où les indices i et f se référent aux états initiaux et finaux. β.La remarque affichée pour l’essai n°2. les GPL.vγ A 13/A21 . de raisonner en ordre de grandeur. Po ρ v0 P0 est la pression atmosphérique. v avec P0.

v 0 Dès lors il est possible d'étendre le raisonnement précédent à l’ensemble du liquide contenu dans le réservoir. D’après l’hypothèse précédente. β. Pour cela SHIELD fait l'hypothèse suivante : Hypothèse 10 : L’énergie emportée par l’ordre de souffle due à la vaporisation quasi instantanée de la phase liquide est très inférieure à celle emmagasinée dans le nuage turbulent. L'énergie cinétique turbulente d’un nuage composé d’une masse M de produit et Ma d’air entraîné formant des tourbillons de dimension caractéristique L.uL2. Il s'agit ensuite d'évaluer la quantité d'air entraînée dans la détente. est (M+Ma). P0 = (M + M a ) / u 2 L ρ v0 A 14/A21 . de la pression à la rupture à la pression atmosphérique Po. on a : α . ce qui est le cas des GPL : Hypothèse 8 : Il est possible de négliger la variation du volume massique des GPL considérés avec la pression. pour autant que l’on puisse négliger la variation du volume massique avec la pression.d'où u f − u i = h f − h i + P0 . si l’on considère l’hypothèse suivante : Hypothèse 9 : La vaporisation du liquide est isenthalpique Alors Hf = Hi (où H est l’enthalpie totale du système). on est bien conduit à l’équation (13). On rappelle en effet le taux de flash β sera d’autant plus important que la pression la rupture sera élevée. L'INERIS souligne ici qu’il ne faut pas déduire de cette équation que l’énergie libérée lors de la vaporisation quasi instantanée du liquide. ne dépend pas de la pression de rupture. M. Cette hypothèse est posée par SHIELD d’après l’observation des résultats expérimentaux par exploitation des signaux de surpression enregistrés. Alors.

ρ v 0 taux de remplissage α et de la fraction vaporisée instantanément β : ρ2 a  ρ2  1/ 9 a  u L = 39. en utilisant l’équation de définition de la dimension caractéristique L :  P   ρ   M a = L3 . la quantité d’air entraînée peut être insuffisante pour une combustion complète du produit rejeté. et SHIELD fait l'hypothèse empirique suivante : Hypothèse 11 : La vitesse turbulente uL peut être exprimée par une corrélation expérimentale en fonction du nombre adimensionnel 1/ 9 . ( α. Le volume total du nuage.Cpv.β. Il conviendra donc de le vérifier dans chaque cas. ρ  .M.   ρ .(Ta . Ta est la température de l’air (K). β )  vT v0  où ρvT est la densité de vapeur à pression et température ambiante (kg/m3) et ρa est la densité de l’air aux conditions ambiante (kg/m3). To est à température de saturation de la vapeur à Po (K).(T .85.T) = α. La température T du mélange formé par le produit relâché et l'air entraîné est donnée par : Ma.K). cette expression montre que. dans certains cas. En outre. Il est clair qu'il est n'est pas possible de fermer les équations de la turbulence de manière théorique.  0  −  v 0    u 2   αβ    L   Dans le membre de droite de cette dernière équation toutes les grandeurs sont connues à l'exclusion de uL.Cpa.β). est alors de l’ordre de : Vc = Va + L3 + α. Cpv est la capacité calorifique à pression constante de la vapeur (J/kg/K).M/ρ10 A 15/A21 . Vc. du ρ vT .D’où.To) où Cpa est la capacité calorifique à pression constante de l’air (J/kg.(1 .

(1 − β ).ρ a .β. L = Va + L3 + 3 ρ l0 D'où :    (1 − β ). Si l’on assimile le nuage à une sphère de rayon N. π 4. A 16/A21 . On a alors.M. π 2  . N . β.M. ρ l 0   3  3 3 3   1/ 3 Cette dernière équation relie N à uL. u L . M 4. en négligeant le rayonnement thermique de la boule lors de son expansion : α.hc = (α.(Tc . On précise que l'hypothèse qui consiste à négliger le rayonnement de la boule de feu est vérifiée a posteriori : l'énergie dégagée par la combustion de la phase gazeuse sert donc bien principalement à échauffer les gouttelettes et l'air entraîné. β. ρ a . alors on peut écrire : α .L (voir Hypothèse 3). Diamètre de la boule de feu Hypothèse 12 : Alors que la boule de feu se développe.où ρ10 est la densité du liquide à la pression ambiante (kg/m3). π 3 3 .Cpa).β. ρ v 0  P0 ρ v0 1 − + + N=  4. α . Tc est la température moyenne de la boule de feu à sa taille maximale (K). seule la fraction de liquide vaporisés lors de sa détente à la pression atmosphérique est consumée. π 4. ce qui permet notamment de calculer la masse d'air entraînée et le volume du nuage formé.cpv + Ma.T) où hc est le pouvoir calorifique supérieur du produit (J/kg). π 4.

Durée de vie de la boule de feu SHIELD a développé son modèle en vue de tenir compte de l'évolution. à température constante. On notera. A 17/A21 . L’émissivité SEP peut alors être évaluée par : SEP = σ. au cours du temps. de l’émissivité de la boule de feu formée. u L −  α.Hypothèse 13 : La boule de feu formée est assimilée à un corps noir. classiquement effectuée faute de mieux.Tc4 (kW/m2) (26) où σ est la constante de Boltzmann. Cette hypothèse.f1. que si l’on assimile la boule de feu à une sphère de diamètre Df.  1   2  ρ v0 . n'appelle pas de commentaire particulier. On en déduit la température Tc de la boule de feu : Tc = hc     P0  C pv + C pa . Le volume de la boule de feu peut être exprimé par : Vf = = Vc.β   +T Hypothèse 14 : Les gaz composants la boule de feu se comportent comme des gaz parfaits. Df est proportionnel à (αβ)5/27 M1/3 et ne dépend donc pas de uL. L'INERIS souligne que cette hypothèse a un caractère majorant dans la mesure où la boule de feu comportera des zones plus sombres dues notamment à la présence de suies.(Tc/To) où f1 est un coefficient présentant le rapport de volumes des produits de combustion au produit consommés.

. SHIELD retient donc en définitive une approche semi-empirique comportant les étapes suivantes : .   ρ VO  0. n’est pas calculable.6 .β 1/ 6  σ  . En pratique. Ce sont en effet les gouttes de diamètres les plus importants qui brûlent le plus longtemps. employées relativement classiquement pour des calculs de formation d'aérosols en dispersion atmosphérique. ε 0.La phase d'extinction. u 3 avec ε = L (m2/s3) L Cette hypothèse est retenue d'après des considérations qualitatives sur le nombre de WEBER critique (conformément à LEFEVRE). d'après les résultats expérimentaux obtenus. de la boule de feu. 4 (m) L'INERIS souligne qu'en réalité il existe une distribution de taille des gouttes formée. ou phase d'expansion. SHIELD suggère ainsi d’évaluer une taille de gouttes représentative des gouttes les plus grosses susceptibles d’être formées. . SHIELD retient l'hypothèse semi-empirique suivante : Hypothèse 15 : Le diamètre des gouttes formées D est proportionnel à :  σ    ρ 0. N 3 .8. En l’absence de données éprouvées. En définitive.La phase de combustion de la boule de feu. SHIELD retient l'expression suivante : Hypothèse 16 : Un diamètre caractéristique des gouttelettes peut être évalué par D = 2. En définitive. pour les produits qu’il considère.SHIELD note ainsi que la durée de vie de la boule de feu est fixée par la durée de combustion des gouttelettes.4 où ε est le taux de dissipation d’énergie cinétique par unité de masse. α 2/15 . SHIELD retient la corrélation proposée par LEFEVRE. ε ( ) −0. Pour la durée tcomb de combustion d’une gouttelette de diamètre D. la variation de température. L'hypothèse précédente n'est donc à considérer que faute de mieux. A 18/A21 . β.6 .La phase d’inflammation du nuage et de développement de la boule de feu jusqu'à son diamètre maximal. au cours du temps.

L'absence d'accélération verticale ascendante notable s'explique dans la mesure où la boule de feu n'a pas le temps d'accélérer au cours de la durée de vie -relativement brève.Pour caractériser chacune de ces phases. alors que la boule de feu était à sa température maximale (fin de la phase d'expansion). de son inflammation au début de son extinction est égale à la durée de vie des gouttelettes.88 fois la température maximale. Phase de combustion : Hypothèse 18 : La durée de vie de la boule de feu. de l'ordre de u’/2. la vitesse d'ascension de la boule de feu est constante. Hypothèse 20 : La boule de feu conserve une taille constante lors de son ascension. pas d'autres commentaires que ceux associées à l'Hypothèse 2.du phénomène. Cette hypothèse est tirée des résultats expérimentaux et n'appelle. Phase d'extinction : Hypothèse 23 : L’extinction de la boule de feu est supposée complète lorsque les dernières gouttes qui se sont enflammées. Hypothèse 22 : La température finale est supposé ne pas pouvoir être inférieure à 0. à ce titre. SHIELD table sur les hypothèses semi-empiriques suivantes : Phase d'expansion : Hypothèse 17 : De l’inflammation à la création d’une boule de feu à son diamètre maximal. son rayon et son émissivité sont supposés croître linéairement avec le temps jusqu'à leur valeur maximale. sont consumées. A 19/A21 . Hypothèse 21 : La température de la boule de feu est supposée décroître linéairement entre sa valeur maximale et sa valeur en début d’extinction. le diamètre de la boule de feu est supposé décroître linéairement avec le temps. Hypothèse 24 : Lors de la phase d'extinction. Hypothèse 19 : Durant cette phase.

de l'avis de l'INERIS. en tant que telle. par une démarche d’évaluation globale. les limites d'application de quelques unes d'entre elles ne se trouvent pas définies avec précision. ou au contraire. constante. infondée. Hypothèse 26 : La boule de feu ne s'élève plus.Cette dernière hypothèse revient à considérer qu'au début de la phase d'extinction les gouttelettes qui se sont enflammées dès le début du phénomène sont alors consumées. il n'est pas possible de pousser plus avant l'analyse dans la mesure où il y a lieu d'escompter que certains effets de ces hypothèses puissent en compenser d'autres. parfois. Toutefois. cette hypothèse est majorante. C’est ainsi qu’en définitive. Par comparaison avec les résultats expérimentaux de British Gas. ce à quoi l'INERIS s'est attaché dans le corps du texte. même si. A 20/A21 . il convient bien. Hypothèse 25 : L'émittance de la boule de feu est considérée. s'additionner à eux. de tester la cohérence globale du modèle proposé par le TRC. Conclusion L'analyse du modèle TRC effectuée par l'INERIS lui a permis de mettre en lumière qu'aucune des hypothèses retenues ne paraît a priori. de manière prudente.

A 21/A21 .Annexe D : Exemple de calcul d’un BLEVE de propane par le modèle T.C.R. Ce document n'est pas disponible sous forme informatique.

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