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Construire en Terre

argentine
Août à décembre 2011, 5 ème Année
ProfeSSeur référent : dominique Vigier mAitre du StAge : cyrille ArVoiS

AgAthe Porlier

StAge PrAtique de conStruction en terre Au Sein de lA communAuté indigène d’AmAichA del VAlle en

remerciementS
Merci à toutes ces personnes qui ont fait de cette expérience des moments inoubliables, enrichissants et formateurs : Je remercie tout d’abord Cyrille arvois, maître du stage, pour m’avoir accueillie au sein de l’association Terre Construite et m’avoir donné des responsabilités tout au long de cette formation . Merci à Véronique Kuhn, secrétaire et aux autres membres de l’association pour leur écoute et leur appui. Merci à Juan Balderrama pour son soutien et ses conseils. Merci à Mimi, professeure de l’école San Cayentano, pour sa gentillesse et sa bonne humeur. Merci à tous les enfants de l’école pour leurs sourires quotidiens et leur joie de vivre. Merci à tous les habitants d’amaicha, aux amis de Tucuman, à ma famille …

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SommAire
introduction
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i. l’ASSociAtion terre conStruite Au Sein de lA communAuté indigène d’AmAichA delVAlle, Argentine : S’imPlAnter, S’AdAPter et mettre en œuVre p9
1.Présentation de l’association et de ses objectifs 2.Le site d’intervention, un contexte singulier 3.L’association au sein de la communauté indigène d’amaicha del Valle

ii. leS miSSionS effectuéeS Au Sein de l’ASSociAtion
1.Le travail de chantier : L’école San Cayetano 2.Travail de relevé et projet urbain : La ruta de La loma 3.Petits travaux divers

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iii. bilAn générAl de cette exPérience ProfeSSionnelle

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concluSion AnnexeS bibliogrAPhie

p 41 p 43 p 55

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introduction
après cinq années d’études en architecture et un apprentissage théorique de cette discipline, il m’a semblé pertinent de mettre en pratique, de manière concrète, sur un chantier de construction, les connaissances acquises. L’amérique du sud était pour moi déjà familière. ayant vécu un an au Chili en 2009, dans le cadre d’un échange universitaire, j’ai pu participer à la reconstruction après le tremblement de terre du 27 février 2009. Cette expérience m’a intéressée aux questions en matière d’économie de projet, d’utilisation de matériaux naturels, de recyclage de matériaux et au fait de travailler avec des familles modestes (en terme économiques). Ces questions se sont révélées tout au long de ma formation d’architecte. Cette première approche m’a donné l’envie de développer et comprendre de manière plus concrète ces différentes notions lors de l’élaboration d’un projet et de sa construction. Toutes ses questions posées et liées à l’architecture interviennent dans la construction de terre. J’ai donc eu envie d’approfondir ma curiosité sur ce matériau. « Depuis plus de 10000 ans les hommes bâtissent des villes, la terre crue demeure, à travers les traditions historiques et populaires, l’un des principaux matériaux de construction utilisé sur notre planète. Plus d’un tiers des habitants du globe vit aujourd’hui dans des habitats en terre. » 1 aujourd’hui la construction en terre qu’elle soit en Europe, en amérique du Sud ou de part le monde est perçue le plus souvent de manière négative. Ce matériau considéré comme le plus ancien est présent dans beaucoup de constructions françaises ou européennes et pourtant il est souvent recouvert d’un paraître moderne. Le matériau terre, matériau noble, offrant des qualités indéniables, facile à mettre en œuvre, peu coûteux et bénéficiant d’atouts thermiques et acoustiques important, pourrait répondre aux problématiques actuelles en terme de logements économiques ou bâtiments écologiques. Pour ces raisons je me suis demandée, comment l’utilisation d’un matériau ancestral comme la terre pourrait être utilisé dans la recherche d’une meilleure qualité de vie et en même temps répondre à des besoins et demandes actuels dans notre société en termes d’architecture économique, écologique et sociale ? a cela s’ajoute l’opportunité de découvrir une autre manière de concevoir et imaginer l’architecture en fonction d’un pays, d’une culture différente. J’ai passé quatre mois dans le nord argentin, à amaicha del Valle, au sein de l’association Terre Construite et participé à la construction d’une école en terre crue. Ces quatre mois de stage m’ont permis de m’immerger plus précisément dans ce contexte et cette culture si distincts de mon pays. Il fallait pouvoir appréhender les manières de vivre de la population afin de mieux élaborer le projet adéquat aux demandes et attentes de celle-ci.

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Traité de construction en terre, Craterre, édition parenthèse, 2006

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Afin de résumer ces quatre mois de stage et en répondant à la problématique posée, j’introduirai dans un premier temps la structure associative et le contexte singulier dans lesquels j’ai travaillé. Puis j’évoquerai les différentes missions effectuées en apportant des informations sur le matériau terre et ses caractéristiques. Enfin, je développerai les idées et convictions que ce stage m’a permis de dévoiler pour la future professionnelle de l’architecture que je souhaite devenir.

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i. l’ASSociAtion terre conStruite Au Sein de lA communAuté indigène d’AmAichA del VAlle en Argentine : S’imPlAnter, S’AdAPter et mettre en œuVre
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1. La structure associative
L’association Terre construite fondée en 2007, née de la rencontre entre un architecte français, Cyrille arvois et un photographe belge, François Loze, a permis de créer un projet collectif soucieux des problématiques architecturales et urbanistiques d’amaicha del Valle en argentine. Cette association met en place une plateforme d’échanges universitaires sur le thème de la terre comme matériau de construction. Elle a pour soutien deux Instituts de recherches que sont le Criatic à Tucuman en argentine et Craterre situé à Grenoble en France et qui se dédient à la recherche des qualités constructives de la terre et de sa mise en œuvre. L’association offre un champ d’expérimentation de ce matériau sur des projets concrets, des chantiers de constructions. Elle vise à sensibiliser, revaloriser et diffuser les pratiques de construction en terre crue, qui sont des pratiques ancestrales et encore présentes en amérique du sud. Les dimensions architecturales, écologiques, économiques et sociales des projets de l’association sont des thèmes qui ont été abordés dans leur ensemble et tout au long du stage à travers un principal chantier de construction actuel et à travers d’autres projets traités de manière plus théoriques. J’ai pu percevoir que travailler dans un cadre associatif implique la prise de responsabilités, de décisions et un certain investissement personnel. Vouloir exercer dans un cadre associatif est très distinct de l’exercice que l’on peut effectuer en agence en tant qu’ architecte débutant. En effet, au cours des quatre mois de stage, chaque volontaire a apporté ses connaissances, son savoir, malgré des niveaux d’études et des vécus différents. Chaque participant a agi et réfléchi sur un même projet et pour un même objectif : mener à bien et à terme le chantier de construction et le projet pensé. Travailler sur un chantier de construction est aussi une manière de partager des idées architecturales en ayant le projet concret sous les yeux, de vivre des moments collectifs et de mettre en pratique son savoir personnel. L’association opère sur plusieurs lieux d’interventions en argentine. Le site principal sur lequel je suis intervenue, se situe à amaicha del Valle au nord de l’argentine dans la province de Tucuman. au sein de ce village, est présente une communauté indigène, les Diaguitas. Paysages dessinés par les vents, ce village s’inscrit au sein des Valles Calchaquies, un territoire rempli d’histoire impactant ainsi le mode de vie actuel et les relations entre les habitants. L’association établie un travail de coopération entre trois acteurs principaux: les Diaguitas, l’association Terre Construite et les étudiants stagiaires en architecture et en majorité français. Il me semble que cette relation entre ces trois acteurs est une source de connaissances et de savoirs distincts. En effet, en tant qu’étudiante architecte, le travail sur un chantier de construction avec des habitants Diaguitas, constructeurs ou non, l’échange des idées, furent de réels outils d’apprentissages et de savoirs. Un échange fort, constructif et des relations de confiance se sont ainsi crées. Travailler dans une association c’est aussi savoir vivre en communauté. Tous les membres de Terre Construite vivaient dans la maison de l’association située à environ quinze minutes en voiture du centre du village. Tous les moments étaient partagés et l’idée de projet commun pour un seul et même objectif fut alors accentuée.
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La maison de l’association

Le principe d’échange entre la structure d’accueil et l’étudiant architecte stagiaire m’a paru équitable. L’association met à disposition une voiture, une mobylette, le logement et les outils pour le chantier en échange de 25 pesos par jour (cinq euros). Cet argent servira à l’achat des matériaux de construction pour le bon déroulement du chantier. ainsi une partie des matériaux utiles à la réalisation du projet sont financés par les étudiants stagiaires et les membres de Terre Construite.

2. Le site d’intervention : un contexte singuLier
amaicha del Valle, village d’environ 5000 habitants situé dans la province de Tucuman, bénéficie d’un climat et de paysages singuliers (fig 1). En effet, à environ 3000 m d’altitude, ce village est intégré à la région montagneuse des pré-andes. Le climat est désertique et se caractérise par un faible taux de précipitations. Cette région est l’une des plus pauvres d’argentine. La terre est le principal matériau employé dans la construction. La tendance semble pourtant se diriger vers l’industrialisation et le recours au béton ou encore à la brique. Le bois quand à lui est peu utilisé car protégé par manque de précipitations. Au final, la terre est le matériau le plus adapté aux moyens dont disposent les populations et reste accessible en grande quantité. La terre est un matériau adapté au climat d’amaicha del Valle. Il permet la régulation, à l’intérieur des habitations, de variations intenses de températures extérieures (été/hiver – jour/ nuit) qui ont souvent lieu dans cette région. Vivre à amaicha del Valle a été une expérience unique et m’a donné un sentiment de retour dans le passé. La communauté indigène a su conserver toute la richesse de sa culture, la cuisine, les musiques traditionnelles, le culte à la mère Terre (La pachamama), le quetchua (langue commune ancestrale) ou encore l’artisanat. au niveau politique, la communauté d’amaicha del Valle s’organise autour d’institutions ancestrales telles que le conseil des anciens (au nombre de sept et élus par les comuneros(habitants de la communauté)) et le Cacique (chef de la communauté et élu par le conseil) et est basée sur les principes fondateurs d’une constitution reconnue par l’Etat en 1994. La majorité des terres et terrains d’amaicha del Valle appartiennent à la communauté (seul les amaicheños par lien de sang ou par mariage peuvent s’y installer). Cependant il n’existe pas de règlement urbain et les normes de construction ou d’urbanisme sont quasi inexistantes. Il a donc fallu que je m’adapte à une liberté non évidente lors de la conception ou réalisation des projets. Ce qui demandait une adaptation du travail de dessin avant tout en fonction de l’économie des projets et des modes de vie.

fig 1

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Travailler pour la communauté et vivre au sein de celle-ci a été une expérience très différente des mes habitudes de vie et de travail. Cependant j’ai beaucoup appris de cette culture, de cette communauté et de ses habitants. Ce changement brutal de contexte et mode de vie a entrainé une adaptation plus lente et a généré une grande source de connaissances et d’apprentissages.

3. L’association terre construite au sein de La communauté indigène d’amaicha deL vaLLe

Seul un accord avec la communauté a permis l’installation de l’association sur les terres d’amaicha. En effet, elle fut autorisée à s’installer sur le territoire de la communauté à condition d’y travailler en partenariat avec les membres du Conseil des autorités de la communauté en matière d’urbanisme, d’architecture et de construction. En échange, la communauté a offert un terrain à l’association afin d’y construire la structure d’accueil et de pouvoir mener à bien et à terme les différents projets. L’association s’est donc engagée au service des populations vivant sur ce territoire et a du mener des projets d’architecture ou d’urbanisme avec l’ensemble de ses acteurs et en fonction des besoins de la communauté. Dans une volonté réelle d’échange et de partage entre deux cultures distinctes et d’investissement au sein d’un village détenant une histoire singulière, l’association s’est engagée a travailler une architecture et des projets urbains : • • • • en conservant les techniques de constructions ancestrales indigènes en proposant des projets à la communauté qui génèrent une meilleure gestion du développement urbain du village. en apportant des savoir-faire européens en faisant participer les habitants d’Amaicha aux chantiers de constructions

L’association est devenue un réel partenaire du village d’amaicha et semble avoir un avenir très certain au sein de celle-ci si les politiques le permettent …

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ii . leS miSSionS effectuéeS Au Sein de l’ASSociAtion
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Les quatre mois de stage m’ont permis de travailler sur plusieurs projets au sein de la communauté indigène d’amaicha del Valle. Du projet architectural au projet urbain, j’ai pu développer des connaissances sur le matériau terre, sa conception et sa mise en œuvre.

1. Le travaiL de chantier, L’écoLe san cayetano
un Projet humAin L’école San Cayetano est située à l’entrée du lieu dit « Los Zazos » à l’Est d’amaicha del Valle (fig2). Elle regroupe une quinzaine d’enfants handicapés mentaux ou moteurs issus du village d’amaicha. Elle est née d’une volonté des parents d’élèves pour que leurs enfants accèdent à l’éducation. Les principales activités au sein de l’école sont des classes de culture générale, de tissage et de cuisine. Le local de l’école (une maisonnette en bois de 15 m² en mauvais état) n’offrait pas l’espace suffisant et les conditions adéquates et nécessaires aux apprentissages. La démarche des parents d’élèves fut alors de demander de l’aide à l’association Terre Construite afin d’améliorer les conditions de travail de leurs enfants. L’association s‘est donc engagée à fournir les plans d’une extension de l’école et de la mettre en œuvre. Cette extension consiste en un corps de bâtiment de 70 m² regroupant des espaces de travail, de tissage, de repos et d’accueil (fig 3). Pensé à long terme, l’Association imagina une cuisine et un réfectoire intégrés au bâtiment. Ce corps de bâtiment est disposé en L autour de la maisonnette actuelle. Cette disposition permet de créer un espace extérieur fonctionnant comme une cour de récréation pour les enfants tout en étant protégé des vents dominants et du soleil. Le chantier de l’école San Cayetano a été le travail majeur et hebdomadaire que j’ai effectué pendant les quatre mois de stage. Je suis arrivée sur le chantier début août 2011, les plans de l’école avaient déjà été produits et acceptés par les parents d’élèves. Cinq mois de travail de chantier effectué par les autres membres de l’association s’étaient déjà écoulés et une grande partie de la maçonnerie de l’école avait déjà été produite tels que les soubassements et une partie des murs (fig 4). J’ai donc du prendre connaissance du travail déjà réalisé et m’adapter à celui-ci. C’est principalement à travers ce chantier que j’ai pu connaitre les différentes notions de constructions relatives au matériau terre et prendre conscience des avantages de ce matériau et de ses exigences. orgAniSAtion du chAntier : Le chantier se déroulait du lundi au vendredi et sur une durée de quatre heures par jour. Il était dirigé principalement par Cyrille arvois, un des membres fondateurs de Terre Construite, architecte, urbaniste et maître du stage. Plusieurs membres de l’association et personnes extérieures se sont succédés sur le chantier durant les quatre mois auxquels j’ai assisté. L’équipe était alors très changeante. Juan Balderrama, amaicheño et père de plusieurs enfants de l’école, participait chaque jour au chantier et m’a enseigné les méthodes traditionnelles de construction
fig 3

fig 2

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de terre de la région. Deux rôles majeurs étaient définis sur le chantier : le rôle « d’official » et le rôle « d’ayudante » (fig 5). Le rôle d’official consiste à travailler comme maçon, principalement en travaillant sur l’élévation des murs. Le rôle d’ayudante consiste quant à lui à venir en aide à l’official. Il doit tout d’abord, préparer les bétonneuses de ciment ou de terre, remplir les seaux, apporter les briques de terre pour enfin les faire passer à l’official. Ce rôle très actif demande d’être constamment attentif aux gestes et besoins de l’official. Il faut que l’official puisse travailler avec les matériaux et outils dont il a besoin sans même attendre. J’ai pu effectuer ces deux rôles durant la période de stage, ce qui m’a obligée à développer des compétences différentes. Plusieurs fois dans la semaine, nous nous réunissions en soirée avec le maître de stage et les autres membres de l’association pour parler du chantier et de sa progression. ainsi, nous pouvions planifier l’achat du matériel ou encore les différentes actions à mettre en œuvre sur le chantier grâce à des croquis préliminaires. trAVAil de lA terre, fAbricAtion deS AdobeS et éléVAtion deS murS : La terre avant d’être praticable et utilisable nécessite plusieurs temps de confection. Suivant son usage, ses propriétés physiques doivent changer. La consistance de la terre pour un enduit sera différente de celle utilisée pour fabriquer des briques de terre appelées « adobes ». Par exemple, une terre argileuse peut être plus propice à des utilisations sous forme de torchis (mélange d’eau, d’argile et de fibres naturelles) ou de terre paille. D’autres terres sableuses argileuses permettront de faire plutôt des briques «d’adobes». Le potentiel d’adaptation technique est très large. Grâce à la facilité de manipulation de ce matériau, j’ai pu expérimenter les différentes possibilités de maniabilité et flexibilité de celui-ci. Je me suis familiarisée jour après jour à ses qualités et techniques constructives. La terre demande un travail préalable afin d’obtenir la consistance souhaitée pour l’usage souhaité. Pour cela, ce matériau répond à quatre propriétés fondamentales : la granularité, la plasticité, la compressibilité et la cohésion. « lA grAnulArité, nommée notamment texture d’une terre, représente la teneur centésimale en fractions de grains différents mesurées en pourcentage. lA PlASticité définit la propriété de la terre à subir des déformations sans réaction élastique notoire caractérisées par une fissuration ou une pulvérisation. lA comPreSSibilité d’une terre définit son aptitude à se laisser comprimer au maximum pour une énergie de compactage et un taux d’humidité donné. lA
cohéSion

fig 4

fig 5 : official/ ayudante

d’une terre exprime la capacité de ses particules à se maintenir ensemble
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lorsque l’on exerce sur ce matériau un effort/contrainte de traction.»1 Au fil des jours, j’ai appris à manier la terre et sa consistance. A partir du matériau de base, j’ai appris à contrôler et gérer le taux d’humidité de la terre, sa plasticité. Il existe notamment des techniques permettant d’enrichir la terre, de la structurer, la rendre plus stable et plus durable comme rajouter un peu de chaux ou encore des fibres végétales. La préparation de la terre s’effectuait sur le chantier quelques jours avant sa mise en œuvre. Pour cela, on forme un puits de terre dans lequel on y insère une grande quantité d’eau (fig 6). La terre s’imbibe alors d’eau et devient malléable, homogène. Il faut ensuite la mélanger avec des pelles ou de manière plus rustique avec les pieds (fig 7)… Vient ensuite la préparation des adobes qui était effectuée sur le chantier par un professionnel (fig 8). On rajoute à la préparation de terre, des fibres végétales qui permettent d’optimiser les propriétés techniques de l’adobe que l’on obtiendra. Les adobes (fig 9) sont des briques de terre crue fabriquées manuellement grâce à des moules en bois de forme rectangulaire. La terre doit être suffisamment humide et malléable pour être tassée à l’intérieur de ces moules. Puis les adobes sont directement démoulés et doivent sécher au soleil durant plusieurs jours avant leur emploi. Cette méthode est la méthode traditionnelle et la plus courante pour les constructions effectuées à amaicha del Valle. Il existe plusieurs tailles d’adobes en fonction de la construction souhaitée. Celles utilisées sur le chantier de l’école étaient d’environ 10*20*40. Il faut savoir que l’adobe est très facile à redécouper. Il est en effet possible de lui donner une pente ou encore de le tailler dans sa longueur, largeur ou hauteur afin de l’adapter aux besoins de la construction. Les adobes vont permettre de monter les murs. Pour cela, un liant est nécessaire, il peut être de terre ou de ciment. Dans le cas du chantier de l’école, les joints entre les adobes étaient effectués en ciment. Il faut humidifier la base avant de poser le joint de ciment afin que le tout se solidarise correctement en séchant.
fig 8

fig 6

fig 7

Lors de l’élévation des murs, il convient de croiser les adobes aux niveaux des angles afin d’obtenir une meilleure stabilité de l’ensemble. De cette manière, les murs travaillent ensemble en cas de mouvement terrestre. La technique que j’ai utilisé durant ce stage a été la technique de construction en adobes. Cependant, il existe plusieurs modes de construction avec de nombreuses variantes. La technique de pisé (terre banchée), ou en encore en blocs comprimés, en terre paille etc… Chaque technique détient des propriétés physiques et des aspects différents. La technique à choisir est donc celle qui correspond le plus à nos attentes en matière de construction, d’environnement et d’esthétisme.

fig 9

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Traité de construction en terre, Craterre, édition parenthèse, 2006

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leS enduitS : Le principal objectif de l’enduit extérieur est de protéger le mur d’adobe des intempéries tels que le vent, le soleil ou de fortes pluies (selon les périodes de l’année à amaicha del Valle). Dans le cas de l’école, de forts débords de toiture nous ont permis d’éviter d’enduire toute la surface extérieure de la construction. L’enduit a été utilisé comme un geste artistique (fig 10). a l’intérieur des constructions de terre, nous avions souvent la sensation d’aspirer beaucoup de poussière. Dans le cas de l’école, il était donc important d’effectuer un enduit sur toute la surface intérieure afin d’éviter cette sensation et d’apporter une hygiène appropriée aux enfants (fig 11).
fig 10 fig 11

Les enduits sont préparés à base de terre, de sable, d’eau et de chaux. La quantité d’eau influence grandement la qualité et la durabilité de l’enduit. Une grande quantité d’eau dans la préparation va créer un enduit qui sera peu durable et friable. Un enduit plus sec et sableux est moins agréable à appliquer sur le mur mais sera plus stable et pérenne. L’enduit est appliqué à l’aide d’outils comme des truelles ou des taloches sur un mur préalablement humidifié. La méthode d’application à la main donne un résultat aussi tout à fait propre. Cependant, il est nécessaire de se protéger les mains avec des gants car la chaux est un produit corrosif. Faire de l’enduit demande une certaine pratique et connaissance avant d’obtenir un résultat soigneux. lA chArPente en boiS et toiture trAditionnelle en terre : La mise en place de la charpente en bois est intervenue environ deux mois et demi après mon arrivée. J’ai été présente durant tout le processus d’installation de celle-ci. J’ai donc pu participer aux prises de décisions effectuées pour sa mise en œuvre. Les plans étaient déjà dessinés et le choix des matériaux faits. Cependant avec l’avancée du chantier, des erreurs se sont présentées et des modifications ont été apportées. Il faut donc savoir repenser et réadapter le dessin de manière appropriée suivant les modifications qui vont être effectuées. Cela va influencer la quantité de matériaux à acheter et leurs mises en œuvre. La charpente en bois de l’école consiste en un seul pan de toiture incliné (fig 12). La mise en place de la charpente demande beaucoup de temps et une main d’œuvre plus importante. La charpente a du être installée dans un temps précis, nous redoutions l’arrivée de fortes pluies. Ne possédant aucun dispositif permettant l’élévation des poteaux (« horcons »), des poutres, tout s’est effectué manuellement, demandant alors beaucoup plus de temps. La base de la charpente a été la mise en place des « horcons » (fig 13) (tronc de l’arbre servant de poteaux et soutenant la charpente) préalablement nettoyés et peints à la base avec une huile mélangée d’essence afin d’éviter la montée d’humidité. Trois horcons ont été placés et
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fig 12

fig 13

fig 14

coulés à égale distance et à environ 50 cm dans le sol dans du béton afin de sécuriser la stabilité de ceux-ci, de la charpente et de l’édifice (fig 14). Puis est venu l’installation des poutres, celles-ci ont été placées de manière à offrir un plan nivelé pour la mise en place des futurs chevrons. Ces chevrons ont été posés précisement selon une trame établie par les plans. Sur le chantier, quelques centimètres de décalage entre la réalité et les plans sont souvent présents. Si ces erreurs sont relevées et approuvées, elles n’entrainent pas de conséquences graves sur la structure de l’édifice. Dans le cas contraire, il faut replacer correctement les éléments. L’idéal étant de respecter le plan parfaitement. De plus, un chainage des murs a été nécessaire (fig 15). Celui-ci consiste en l’assemblage de planches en bois sur le périmètre haut des murs permettant ainsi de répartir les efforts ponctuels sur l’ensemble de ceux-ci. Ce chaînage permet également de faire travailler la structure de l’édifice comme un tout. Une fois que le chainage et les chevrons ont été posés (fig 16), nous avons installé le machimbre (lambris) et la caña ( tiges de bambous) (fig 17). Le choix des ces deux matériaux ont été faits dans un souci d’économie, et de rentabilité de temps. En effet, le machimbre est plus économique et sa mise en œuvre est plus rapide. Il a donc constitué une plus grande surface de la toiture. Le machimbre doit être posé de manière croisée afin de lui donner une meilleure stabilité. La caña est quant à elle tressée à l’aide de fil de fer directement en hauteur et demande une main d’œuvre plus importante. Cette surface de caña est cloutée à la charpente. De l’intérieur, ce matériau très utilisé dans cette région, reste visible et offre une esthétique singulière et agréable. Cette production locale devient malheureusement de plus en plus coûteuse. Sur ce remplissage, un film plastique est posé afin d’assurer l’étanchéité (fig 18). Puis deux couches de terre mélangées de paille sont étalées sur la surface totale de la toiture (la première couche de terre doit être sèche avant d’appliquer la deuxième). Cette terre est facilement dégradable en fonction des pluies, du vent et du soleil, il est donc nécessaire de l’entretenir environ tous les cinq ou sept ans en lui réappliquant une couche. Tous les matériaux sur ce chantier ont été choisis dans un souci d’économie et de respect de l’environnement. Il est pourtant parfois nécessaire d’utiliser des produits ou matériaux tels que ciment ou essence, plus polluants, mais qui permettent de s’assurer d’une pérennité et une stabilité de l’édifice. AutreS reSPonSAbilitéS Pour ce chAntier D’autres responsabilités m’ont été données pour ce chantier. a partir d’un plan d’électricité, j’ai du me rendre avec d’autres membres bénévoles de l’association dans la ville de Tucuman, afin d’acheter tout le matériel électrique utile pour l’école. La prise de décisions et d’initiatives a été fondamentale et constamment nécessaire. Une fois par semaine nous nous rendions à Santa Maria, à environ 30 minutes d’amaicha del Valle pour acheter le matériel tels que clous, colle, peinture, huile, etc …

fig 15

fig 16

fig 17

fig 18

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J’ai également effectué sur ce chantier, divers petits travaux de peinture, de vernissage, de nettoyage de la caña, la mise en place de gouttières, la création de soubassements en pierres. Quatre mois de chantier m’ont permis d’apprendre sur les matériaux terre et bois mais aussi sur toutes les exigences que peut demander un chantier. Ce stage pratique m’a donc montré les principales phases d’une mise en oeuvre d’un chantier. J’ai travaillé sur la maçonnerie, la mise en place de la charpente, la réflexion sur l’aménagement des espaces intérieurs et leur organisation et enfin j’ai participé à l’inauguration de l’école qui s’est déroulée lors des derniers jours de ma présence. J’ai donc eu la chance de finir ce stage en « bouclant la boucle ». J’ai pu ainsi avoir une vision générale du chantier, de sa réalisation et de sa finalisation.

AMAICHA DEL VALLE CENTRO

2. travaiL de reLevé et projet urbain : La ruta de La Loma
En parallèle au travail de chantier, j’ai eu l’occasion de travailler sur un projet urbain et effectuer le relevé, le redessin et le dessin des intentions de projets. La route de La Loma est la principale liaison entre le centre du village d’amaicha et la zone Est du village appelé « Los Zazos » (fig 19). Cependant, cette route empêche d’imaginer amaicha et los Zazos comme un seul village. En effet, plusieurs problèmes ont été repérés lors du relevé de cette zone : • • •
fig 19

LOS ZAZOS

• •

La route s’étend environ sur 1.5 km, elle est très large et il n’y pas de hiérarchi sation entre la place de la voiture, du piéton ou du cycliste. La route est en terre ce qui produit une grande quantité de poussière lors du passage des voitures. Beaucoup de maisons le long de cette route stagnent au stade de construction ce qui empêche la dynamisation de cette voie. L’eau est un problème majeur dans cette région. Au niveau de La Loma, les habi tations ont peu d’accessibilité à l’eau. Le manque d’eau empêche la croissance de la végétation ce qui implique peu d’ombre pour la circulation du piéton.

C’est donc à partir d’un travail du relevé précis des largeurs de la route en plusieurs points, de la végétation présente et le relevé du bâti, que j’ai pu, avec d’autres membres de l’association et après concertation avec le maitre de stage, commencer à imaginer des intentions de projets.
Vue à l’ouest

Il me semblait intéressant de retravailler la hiérarchisation entre les différents utilisateurs de cette route en privilégiant la place du piéton, lui offrir des temps de pause, des vues sur le paysage lointain ainsi que de l’ombre pour parcourir cette distance importante. De plus, il m’a semblé important de redimensionner la route en fonction des usages (piéton, voiture et cycliste). Puis enfin, imaginer de nouveau un front bâti le long d’un coté de la route, permettait de casser cette sensation de rupture entre le village d’amaicha et la zone de Los Zazos.

Vue à l’est

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lA mingA ( le 08 octobre 2011)

Ces différentes intentions ont été dessinées et réfléchies sous forme de croquis, de plans et de coupes. Des difficultés ont été ressenties par rapport à l’avancement de ce projet. Pendant longtemps je me suis sentie seule face à son envergure et à cette liberté de création. Le manque de partage des idées avec mon maitre de stage et la fatigue après le retour du chantier ne m’ont pas permis de faire aboutir comme je l’aurais voulu les intentions de ce projet urbanistique qui pourtant était très intéressant. En contrepartie, le travail effectué m’a servi à imaginer des intentions de projets adaptées aux modes de vie des amaicheños tout en respectant leurs moyens économiques. Les intentions de projets étaient pensées en essayant de garder la plus grande sobriété permettant notamment de préserver le paysage environnant. J’ai aussi du adapter mes connaissances théoriques à des normes urbanistiques et architecturales différentes et moins contraintes. (Se reporter aux annexes pour les plans, coupes ...).

3. petits travaux diverses : Las mingas, santa cataLina
Durant ma formation, je suis intervenue sur d’autres activités et projets organisés par Terre Construite. lA mingA : La minga consiste en un regroupement de personnes bénévoles venant participer au chantier de l’école pendant une journée. L’objectif est d’avancer au maximum le chantier. Deux mingas se sont déroulées pendant ma présence. J’ai collaboré à la première minga, le 8 octobre 2011 où plus de 50 personnes bénévoles et de tout âge sont venues aider à l’avancement du chantier. Durant cette minga, nous avons décidé, avec les autres membres de l’association, d’appliquer une nouvelle peau en brique de terre au chalet de l’école. ainsi les conditions thermiques et structurelles de celui-ci allaient être améliorées afin d’éviter sa dégradation future et ainsi offrir de meilleurs conditions de travail aux enfants. La minga a été une expérience très importante pour mettre en pratique les savoirs acquis durant les deux mois de stage de constructions préliminaires. En effet, les bénévoles participant au chantier devaient être informés par rapport au matériau terre, sa consistance et sa mise en œuvre. J’ai donc du prendre des responsabilités, expliquer ce que j’avais assimilé par rapport à ce matériau et comme tous, mettre la main à la pâte et travailler sur le chantier. Cette minga a aussi permis de mettre en avant l’idée que les chantiers de construction en terre sont des chantiers accessible à tous. La terre est un outil intuitif, facile et agréable à travailler. Cette minga a été une très belle expérience, remplie de joie et d’apprentissages.

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SAntA cAtAlinA, Autre lieu d’interVention de l’ASSociAtion : après mon intervention de presque trois mois et demi à amaicha del Valle, je suis partie avec deux membres de l’association sur un autre chantier à Santa Catalina. Ce lieu est situé dans la province de Jujuy, à l’extrême nord de l’argentine et à la frontière Bolivienne. C’est un petit village perché à 3800 m d’altitude, loin de la ville et des flux touristiques. Ce chantier fut le premier projet réalisé par l’association Terre Construite. Il est né d’une amitié entre Cyrille arvois, François Loze et Monica Calizaya, professeur dans la ville de La Quiaca. La maison fut construite en plein centre du village. Entre jardins et demi-niveaux, elle offre des vues surprenantes sur la vallée, l’église et le reste du village. Elle dégage un aspect contemporain due à ses multiples tailles de fenêtres, percées visuelles, demi-niveaux extérieurs et les nombreuses mezzanines intérieures. Elle fut pourtant construite selon des méthodes traditionnelles de construction en terre, adobe de 60 cm de large, cuir de lama comme attaches des poutres, charpente en bois et caña… J’ai donc pu découvrir une tout autre atmosphère, des modes de vie différents et des manières de construire en terre distinctes. Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain, la maison était en très mauvais état. Une construction en terre nécessite beaucoup d’attention et un entretien régulier. En effet, la terre est un matériau friable notamment s’il n’est pas protégé par un enduit. Il a donc fallu prendre des responsabilités, percevoir les besoins et trouver les solutions architecturales et constructives. Premièrement, un grand nettoyage intérieur et extérieur était nécessaire, la poussière, la terre et les plantes hautes s’étaient accumulées. D’autres petits travaux ont été indispensables tels que le remplacement d’une fenêtre, la mise en place d’un nouveau pare soleil ou encore la restauration d’un escalier extérieur en pierres. Grâce aux expériences acquises sur le chantier de l’école à Amaicha del Valle, la prise d’initiatives n’a pas été une tâche difficile et les petits travaux se sont déroulés rapidement et proprement. Hélas, le peu de temps passé à Santa Catalina (quatre jours) ne nous a pas permis de réaliser tous les travaux que la maison nécessitait (restauration du toit, enduit ...).

Photos personnelles : Santa Catalina 33

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au cours de ces quatre mois de stage, j’ai pris conscience à une échelle générale et grâce à la pratique du matériau terre qu’ « un matériau n’est pas intéressant pour ce qu’il est mais pour ce qu’il peut faire pour la société ».1 Dans les pays développés, la crise du logement, la crise économique et la crise de l’énergie incitent les programmes de recherches à se pencher sur ce matériau, sur ses qualités et ses exigences. Les dépenses effectuées pour la construction de logements, bâtiments publics en France et en Europe sont très importantes. L’emploi de matériaux industrialisés nécessitant beaucoup d’énergie en est la principale cause. Ces fortes dépenses économiques empêchent la réalisation d’autres projets d’architecture dont le peuple a besoin. Par exemple, le manque de logements sociaux et la prolifération de logements précaires sont des problématiques majeures qu’il est nécessaire de prendre en considération sérieusement à l’heure actuelle. Il serait intéressant de réintroduire ce matériau au sein des projets d’architecture dans un souci de « mieux vivre chez soi », de respect de l’environnement et d’économie des dépenses de construction. Par ses qualités, le matériau pourrait répondre à ces différentes problématiques. La terre est un matériau noble, renouvelable et sa mise en œuvre est intuitive. La minga à laquelle j’ai pu participer a confirmé l’idée qu’il serait intéressant pour les projets d’habitats, de faire participer les habitants à la construction de leur logement. Même sans expérience, il est possible d’obtenir des résultats intéressants. Ceci permettrait ainsi de réduire le coût de la main d’œuvre et la durée du chantier. Ces deux derniers restent les deux causes principales des coûts importants de la construction. La terre est une ressource renouvelable et très accessible, on marche dessus chaque jour. Construire en terre pourrait ainsi permettre de réduire les frais d’acheminement des matériaux sur le chantier. D’un autre coté, les mentalités semblent changer, l'engouement pour la maison saine, confortable et nos préoccupations écologiques sont à l'origine du renouveau actuel pour ce matériau de construction. Comme nous avons pu le voir, l’architecture de terre est un témoignage vivant de l’histoire et de la culture des peuples. Son infinité de variantes dans le style constructif ou l’esthétisme traduisent l’identité des lieux et des cultures. Cette souplesse d’emploi de ce matériau permet la construction à l’heure actuelle d’une grande variété de composants et de systèmes constructifs. Il peut être utilisé pour les soubassements, le gros œuvre, les enduits ou encore la toiture. Le projet de village en terre à l’île d’Abeau, projets construits en 1981 et que j’ai eu l’occasion de visiter avec l’école d’architecture de Saint-Etienne en 2009, m’a montré les qualités constructives de ce matériau (fig 20). D’autres projets tels que la «Pottery House», résidence de luxe imaginée par Franck LLoyd Wright en 1942 ou encore «le quartier résidentiel de la Luz», déssiné par Antoine Predock en 1975, (qui montre pour la première fois une architecture moderne construite en adobes), laisse appréhender toutes les possibilités de mises en œuvre encore non connues de la terre. Il est bien entendu important de prendre en compte ce qui a déjà été fait. En faisant revivre les savoir-faire de la construction en terre, il est primordial d’intégrer les connaissances
1
Traité de construction en terre, Craterre, édition parenthèse, 2006

Maisons en Terre (Isle d’Abeau, France), JOURDA Architectes fig 20

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actuelles sur les notions d’espaces intérieurs, de modernité. Il faut savoir concilier la terre avec d’autres matériaux tels que l’acier, le bois … La construction en terre reste un vrai terrain d’expérimentation et un domaine qui n’a pas fini d’être exploré. Le travail en équipe sur le chantier a été une expérience très distincte du cursus universitaire. J’ai pris grand plaisir à me rendre chaque jour sur le chantier. J’ai apprécié prendre des responsabilités, partager des moments forts avec les membres de l’association ou avec les enfants handicapés qui nous regardaient avec des grands yeux en prenant conscience de l’avancement de la construction de leur nouvelle école. sante. Ce fut une aventure Humaine très forte et une expérience professionnelle très enrichis-

Ce stage pratique au sein de l’Association Terre Construite m’a influencé sur plusieurs points quant à ma future profession d’architecte. Premièrement, cette expérience m’a confortée dans l’idée de travailler et d’orienter ma pratique de l’architecture vers une architecture respectueuse de l’environnement et soucieuse des problématiques actuelles de notre société. Dans un deuxième temps, cela m’a donné l’envie d’effectuer l’habilitation à la maitrise d’œuvre en son nom propre afin de mieux comprendre les exigences de la discipline et les mettre en œuvre durant toutes les phases d’élaboration du projet architectural.

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concluSion
Ce stage a permis la mise en pratique des différentes notions que j’ai voulu aborder durant ma formation d’Architecte et pour mon projet de fin d’études. Il fut une expérience plus qu’enrichissante sur les plans professionnels et personnels. Vivre quatre mois dans un pays, dans un contexte inconnu, a accentué mon ouverture d’esprit, ma curiosité et le goût pour le voyage. Ce stage me permettra de clore un cycle universitaire tout en ouvrant de nouvelles perspectives professionnelles. Il m’a montré une autre manière de pratiquer l’architecture plus proche de mes aspirations : une architecture plus saine, en relation avec les besoins d’un peuple, d’une communauté. Ce voyage en argentine mais aussi au Pérou et en Bolivie m’a permis de prendre conscience qu’il existe un fabuleux patrimoine en terre. Cet héritage est riche d’histoire et loin de nos constructions industrialisées en béton ou autres matériaux qui dépensent beaucoup d’énergie et uniformisent nos villes occidentales. Pour ces raisons, il me semble important de faire renaitre les techniques de construction en terre dans les pays développés. Les dimensions sociales, économiques et environnementales ont été des questions récurrentes lors de l’élaboration du projet de l’école. Face à ces notions, certaines difficultés ont parfois été rencontrées sur le chantier (temps, retard de livraison, mauvaise organisation, intempéries …) mais ont été surmontées et ont laissé place à un espace de vie coloré et original propice au bon déroulement des classes des enfants. La richesse de cette expérience sur les plans humains, constructifs et théoriques sera à mettre au profit des différents projets d’Architecture auxquels je pourrai participer ou mettre en œuvre durant ma carrière d’architecte.

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Projet de l’école San Cayetano

AnnexeS

Documents effectués par l’association Terre Construite avant mon arrivée.

Projet urbain de La Loma l’exiStAnt :

(Septembre à Novembre 2011)
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Situation du centre ville d’amaicha del Valle, de «Los Zazos» et de la route de «La Loma».
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Travail de relevé précis (bâti, maisons en construction, végétation, poteaux éléctrique, lampadaires, largeur des routes ...) à partir d’un plan déjà effectué par des membres de Terre Construite.

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leS intentionS de ProjetS :

Positionnement abri bus

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Circulation piétonne Temps de pause Circulation cyclistes L’eau comme outils de séparation des circulations

Circulation piétonne

exemPle deS intentionS de Projet détAilléeS : Zone 3 et 4

Séparation des espaces de circulation avec du minéral

bibliogrAPhie
[ LIVRES ] - Traité de construction en terre, CRATerre, éditions Parenthèses, janvier 2006 - N°1682 - Bâtir en terre. Du grain de sable à l’architecture L. FONTAINE et R. ANGER, éd. Belin, 2009 – N°1843

[ REVUES ] - Construir en terre, Architecture à vivre, janvier/février 2006 - N°28 - CRAterre tourne l’architecture en terre crue vers l’avenir , La Revue Durable, 2006, n°19 - La Physique des grains, Ecologik n°12, 2009

[ INTERNET ] - Terre Construite, http://terreconstruite.unblog.fr et http://terreconstruite.blogspot.com - CRATerre, antenne Grenoble et Villefontaine, Isère : http://craterre.org - ECOhabitation, Montréal, Québec, Canada http://www.ecohabitation.com

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