La sociologie du chômage

Repère la découverte Didier Demazière
Quelques sigles et abréviations : ANPE : Agence nationale pour l’emploi CES : Contrat emploi solidarité OCDE :Organisation de coopération et de développement économiques PSERE : Population sans emploi à la recherche d’un emploi RMI : Revenu minimum d’insertion SIVP : Stage d’initiation à la vie professionnelle SRA : Stage de réinsertion en alternance TUC : Travaux d’utilité collective. Les études sociologiques sur le chômage se sont surtout développées depuis le début des années 80. Au même moment on assiste à la montée du chômage et aux lancements de politiques contre ce fléau. Du point de vue sociologique, être chômeur = être sans emploi bien sûr, mais aussi être reconnu comme tel, c’est pouvoir revendiquer légitimement un emploi et faire partie d’une catégorie sociale. Ainsi, les chômeurs sont constitués par des règles sociales et normes culturelles. Le chômage est aussi une situation objective car il n’est pas vécu de la même manière selon les individus. I Le chômage, une catégorie problématique Aujourd’hui, personne n’oserait dire que le chômage n’existe pas : il est considéré comme une composante quasi naturelle de la société contemporaine. Pourtant, il existe plusieurs définitions. Le chômage évolue et se transforme. Ainsi, le 1er travail du sociologue est d’analyser cette construction. Après une institutionnalisation progressive depuis la fin du XIXe siècle, les contours de cette catégorie se brouillent dans la période contemporaine. 1°) La construction de la catégorie de chômage La catégorie juridique correspondant à la reconnaissance de la qualité de chômeur est récente : Elle apparaît avec le développement de la société industrielle et de l’emploi salarié, et se stabilise avec la naissance de politiques et d’institutions spécialisées. Etre sans travail, être sans emploi Au XVIIIe siècle, les termes « chômeurs » et « chômage » n’existent pas ; on parle de pauvres, indigents ou mendiants. Ces expressions font références au manque de ressources, à l’incapacité de ces individus de subvenir à leur besoin, et non à la privation de travail. Au sens moderne de privation d’emploi, le chômage émerge avec la codification de la relation salariale. Le chômage, complément du salariat Les fluctuations de l’activité n’ont pas toujours été perçues comme du chômage. La discontinuité du travail n ‘était pas vécue comme du chômage car les individus étaient sur de réintégrer l’entreprise au gré des à-coups de la production. Avec l’introduction de la codification des rapports de travail dans la relation salarié-employeur, la rationalisation et la mécanisation de la production industrielle apparaît. Le temps de travail est ainsi contrôlable et mesurable. Les employeurs peuvent ainsi éliminer les individus les moins productifs, réduire leurs effectifs, licencier. Le chômage devient une rupture définitive du lien entre le travailleur et le chef d’entreprise. L’ « invention du chômage » est ainsi liée à l’émergence de la société

il subsiste pourtant un taux de « faux chômeur ». tout individu devient un « demandeur d’emploi ». A mesure que s’étend le salariat et l’industrialisation. doit être inscrite dans les institutions. tout chômeur peut espérer un secours. En 1967. mais les contours de la catégorie continuent de se déplacer. les pouvoirs publics posent le principe de la gratuité du placement au bénéfice des chômeurs reconnus. Il est dans l’obligation de chercher un travail. La mission publique de placement et de contrôle : A la Libération. chef de ménage et mariés. Les secours aux chômeurs : A partir des années 1880. Ces 2 facteurs apparaissent déterminants dans la « formation du chômage moderne dans les années 30 ». L’inscription à l’ANPE doit être renouvelée. plus d’individus s’adressent à l’ANPE. il n’est plus considéré comme chômeur. les classes populaires ont été perçues par les autres groupes sociaux comme des « classes dangereuses ». pour devenir opératoire. à condition d’avoir été reconnue comme tel. qui se traduit par un statut codifié. 2°) Les pourtours du chômage Chômeurs et non-chômeurs. En France. un statut codifié La Constitution de 1946 définit le chômeur comme tout individu disponible et à la recherche d’un emploi. De devoir. et ce. Ce terme comprend les chômeurs dits « volontaires ». produit de causes industrielles ou économiques et non de traits individuels. chargée d’assurer le service public de placement. L’assistance publique est ainsi marquée par une logique de punition : Elle vise à fournir une activité car les individus sans ouvrages sont considérés comme responsable de leur situation. La codification du chômeur en demandeur d’emploi : En s’inscrivant à l’ANPE. la définition sociale du chômage se déplace : la disponibilité et la recherche d’emploi deviennent prépondérantes. le chômage implique une interruption d’activité de courte durée et involontaire. 2 autres catégories ont été identifiées : Les chômeurs reconnus mais non indemnisables ( surtout les femmes et les jeunes) et les individus non reconnus comme chômeurs ( Personnes âgées et étrangers). Le modèle du chômeur des années 30 : Au cours de la crise. français. Le chômage. est créée l’Agence Nationale Pour l’Emploi. L’absence de volonté de rechercher un travail et l’incapacité d’en trouver un constituent 2 critères de disqualification. Petit à petit. d’âge moyen. ce sont plutôt des hommes. Une institutionnalisation du chômage ?:Dès la fin des années 60. La crise des années 30 et le chômage moderne L’analyse des données du recensement de 1936 a permis d’identifier une corrélation entre le niveau de chômage dans les départements français et leur degré d’industrialisation et d’urbanisation. Des institutions pour les chômeurs Le chômage contre la pauvreté : Au XIXe. Lorsqu’un individu cesse de s’adresser à l’ANPE. des services extérieurs du travail et de la main-d’œuvre sont chargés du placement des travailleurs à la recherche d’un emploi. Au début du XXe. appuyée sur le contrat de travail et institutionnalisée. On peut dater ce processus environ à la charnière des XIXe et XXe siècles.salariale. une frontière incertaine : La figure des « faux chômeurs » : Dans le contrôle des postulants et des bénéficiaires du statut de chômeur. le chômage devient de la même manière un droit. en raison de 2 facteurs : L’amélioration de la couverture sociale entraînée par l’enregistrement et l’expansion des bureaux de l’ANPE. . Le travail est donc un devoir. C’est précisément la reconnaissance sociale des revendications des individus à être présents sur le marché du travail qui est au principe de la codification du chômage moderne. L’inscription implique la reconnaissance en qualité de chômeur et signifie surtout la codification d’une situation individuelle.les syndicats créent des caisses de secours aux chômeurs. C’est surtout l’oisiveté des plus démunis qui effraie et inquiète. L’institutionnalisation du chômage a entraîné une définition juridique du demandeur d ‘emploi plus clair. le travail est devenu un droit. Mais cette classification.

Les plus visés sont les plus âgés de la main d’œuvre. d) les « statuts nés de la protection sociale » comme les allocataires du RMI . Les plus touchés sont les plus âgés : certaines ressources sont accordées en contrepartie d’un renoncement de postuler à un emploi. Dans les années 80. où sont les chômeurs ? :On peut se demander où est-ce qu’on peut situer le chômage par rapport aux autres statuts sociaux.Les à -côtés du chômage pour les plus âgés : Les retraits anticipés visent à écarter du marché du travail certaines candidatures jugées inopportunes. soit futures (recherche du 1er emploi) . Cette notion apparaît en 1968 (OCDE) qui la délimite à partir du seuil de 6 mois de chômage. b) L’ « emploi sans statut ». fonder sur l’estimation des chances individuelles de trouver un emploi. L’analyse sociologique s’avère ainsi délicate. parce qu’elle assigne les individus désignés comme tels à une position d’extériorité par rapport au système social. une catégorie pertinente ? Le chômage et le chômage de longue durée : L’image spontanée qu’évoque dans l’opinion les débats sur le chômage est celle du chômeur de longue durée. Il réside une ambiguïté qui résulte des transformations et des manifestations du chômage. En 1984. intérimaires . Ainsi on peut distinguer 2 extrémités : le chômeur « classique ». La notion de « nouvelle pauvreté » est une sorte de catégorie « fourre-tout ». Ces mesures furent instaurées en 1972 et jusqu’au milieu des années 80. Le chômage et l’exclusion : Depuis le début des années 90. Les exclus sont ignorés. . on reconnaît l’existence de causes structurelles de l’incapacité de travailler. correspondant à l’absence de tout droit à la solidarité nationale et à une couverture sociale. L’allongement des durées de chômage s’accompagne de formes de précarité et de paupérisation. les chômeurs peuvent occuper toutes les places. Elle met surtout l’accent sur le processus qui conduit à la pauvreté. Où est le chômage. le thème de l’exclusion est omniprésent dans les médias et sur la scène sociale. Chômage. Un nouveau modèle normatif semble apparaître. les agents de l’ANPE estiment ne pas pouvoir prescrire ou conseiller de prestation d’aide à l’accès à l’emploi. ne trouvant pas normal d’avoir cessé leur activité. Son volume est un indicateur de l’état de l’économie et de la société. L’apparition de cette nouvelle catégorie affecte la signification du chômage : le chômage de longue durée ne rentre pas dans la sphère du chômage tout court. II Compter et contourner le chômage Le chômage est une affaire de chiffres. Une hiérarchie des statuts sociaux a été proposée : a) l’ « emploi à statut ». Une partie des individus subissant le retrait anticipé se définissent comme chômeur. Des demandeurs d’emploi aux « simplement inscrits » : Sur une partie importante des individus reçus. Dans ce modèle. soit passées. e) les sans statuts. Toujours est-il que les frontières du chômage s’épaississent. sauf l’emploi à statut. Il s’agit surtout d’une particularité française permettant aux entreprises de rajeunir rapidement leurs effectifs. d’isolement social. emplois précaires. Ainsi l’exclusion fonctionne comme une catégorie du discours politique. Le dénombrement des chômeurs est donc au cœur des débats. L’expression annule toute possibilité d’identification. 1°) Comment dénombrer les chômeurs ? La difficulté d’une mise en chiffres du chômage Dans notre société. Le chômeur de longue durée est devenu l’archétype du chômeur. c’est l’emploi qui donne une valeur sociale à l’individu. le seuil passe à 12 mois. stable et permanent . Avec le RMI. le chômeur renonce à rechercher un emploi. provoqués par l’absence d’emploi. c) Les « statuts dérivés de l’emploi » procurant des références en terme d’emploi. caractérisé par l’absence ou la faiblesse des risques du chômage. La lutte contre l’exclusion est l’affaire des inclus. Le chômage et la nouvelle pauvreté : La nouvelle catégorie des « nouveaux pauvres » est un indice supplémentaire de la crise des représentation du non-emploi. L’exclusion désigne des situations de précarité économique. de rupture des liens sociaux. On peut distinguer l’hétérogénéité des statuts occupés par les chômeurs. le demandeur d’emploi et à l’opposé le « seulement inscrit » ne pouvant prétendre à aucune aide à l’insertion et donc à la fois exclu et enfermé dans le chômage. une mesure précise qu’en échange d’une indemnisation jusqu’à la retraite. C’est pourquoi il faut mieux saisir les évolutions qui ont affecté le chômage.

1993 : 3 millions. Pour le recensement (tous les 7 ans). Pour le BIT. Il s’agit d’une mesure subjective. la société est durablement marquée par le chômage. Ainsi le « nombre » de chômeurs est un nombre flou. sous peine d’être rayé des listes de l’ANPE. Un 1er critère apparaît comme l’envers de l’emploi à plein temps. la population active croît rapidement : les 1ères générations du Baby Boom. Mais li reste que mesurer le chômage. le chômage au sens du BIT et le chômage enregistré par l’ANPE. ce n’est pas ceux qui se déclarent comme tels. Mesurer le chômage Les différentes conventions statistiques :En France il existe 3 sources : le chômage au sens du recensement de la population. Les enjeux de la saisie Les écarts entre les chiffres du chômage :A la fin des années 80. Les disparités entre les pays : En 1994. on trouve les individus étant simplement inscrits à l’ANPE. Tout ceci aliment les polémiques sur les chiffres du chômage et beaucoup de personnes tentent de donner une « vraie » définition afin d’avoir un « vrai chiffre ». l’écart est de 860000. avec un taux inférieur à 3% de la population active (ajustement du marché par les cessations d’activité : surtout les femmes). l’écart s’est creusé entre le chômage BIT et le chômage ANPE. Parmi la 2ème catégorie. 2°) Transformations du chômage Le chômage est devenu un problème social : Les dernières décennies en France ont été marquées par le chômage. Ainsi. un objet de polémiques : Aux questions « qui est chômeur et qui ne l’est pas. Puis le chômage passe de 3 à 10 % de 1974 à 1987. le taux de chômage est resté aux alentours des 10%. l’augmentation de l’activité des femmes… Mais la croissance importante permet d’absorber cette main-d’œuvre nouvelle. ce qui n’est pas le cas pour l’ANPE. Le degré de la légitimité sociale de la quête d’emploi est une construction sociale. les personnes découragées et celle qui travaillent à temps réduit contre leur gré. disponible pour travailler et à la recherche d’un emploi) permet des comparaisons internationales. On distingue 3 cas de figure : le Japon. Par exemple. c’est définir le chômage légitime. la privation d’emploi implique que l’individu n’est pas travailler lors de la semaine précédent l’enquête. Dans les années 60. Ce sont les « chômeurs découragés » Ceci permet de réduire les ambiguïtés liées à la définition du chômage. Les statistiques de l’ANPE sont plus administratives. En 1995. que les frontières entre inactivité. Elles résultent de la comptabilisation des demandes d’emploi comptabilisées par l’ANPE. sa définition (toute personne ayant un emploi. La multiplication des séries statistiques : Une distinction a été faite entre les « postulants à un emploi » et les « chômeurs déclarés ». 1974 : 500000 inscrits à l’ANPE . 3 critères principaux : La définition de l’emploi dépend de celle du chômage. quand le devient-on ? » les réponses dépendent de la définition que l’on donne au départ. Depuis.Le chiffre du chômage. Un individu doit de toutes façons pouvoir justifier sa recherche d’emploi. le chômage atteint son niveau le plus élevé d’après guerre dans les pays de l’OCDE avec un taux de 8. Un 2ème critère étant la disponibilité pour travailler. le fait qu’une femme soit au chômage alors que son mari a un emploi est accepté par près de 80 % de personnes interrogées. Les pays sont pourtant inégalement touchés. on distingue les « indisponibles » et ceux qui n’effectuent pas de démarche réelle. Compter les chômeurs.7%. il est nécessaire d’avoir effectué une série de démarche au cours du mois précédent l’enquête. les déclarations sont spontanées et le nombre de chômeur correspond au nombre d’individus se déclarant comme tels. Elles rendent compte des débats et des tensions sur la reconnaissance des formes de non-emploi en chômage. Un problème de reconnaissance et de légitimité sociale : les incertitudes sur les chiffres du chômage ne viennent pas de l’imperfection des instruments de mesure. Il faut désormais prendre en compte les individus effectuant un stage. Les Etats-Unis avec leur modèle libéral (organisation flexible du . légitimité présente sur le marché du travail. chômage et emploi sont également de plus en plus floues. Ces 2 dernières mesures sont les plus fiables. En pratique. La mesure du chômage s’appuie enfin sur un 3ème critère : la recherche d’emploi. Parmi la 1ère catégorie. Cet écart s’explique notamment par l’augmentation du nombre des inscrits à l’ANPE qui déclarent ne pas rechercher un emploi. Quant au BIT. Il s’agit d’un indicateur conjoncturel précieux. Il est par ailleurs d’autant plus difficile de l’établir.

« chômeurs passifs ». provoqués par les délais nécessaires à l’ajustement entre offres et demandes de travail. Un chômage résiduel se concentrait su la fraction de la main-d’œuvre la plus âgée. Avec les évolutions des formes de chômage. Depuis le milieu des années 80.3% pour les ouvriers. 1°) Mesurer l’employabilité des chômeurs Ceci est 1 estimation statistique qui permet de définir des positions relatives de catégories de chômeurs. En France. le taux de chômage pour les hommes est de 9.6% tandis que le chômage des diplômés du supérieur n’augmente que faiblement. les ouvriers et les employés. les individus sans aucun diplôme t les femmes. intérim…) Il s’agit en tous cas de positions instables. « chômeurs velléitaires ».2. définie par la privation d’emploi. Ces disparités proviennent des règles juridiques spécifiques à chaque pays. Ainsi. l’âge. l’urgence est d’en sortir et d’éviter qu’il ne devienne une situation permanente.4% à 12. Réduction ou augmentation des inégalités ?: Globalement.4% en 1994) Diffusion du chômage et sélectivité : Un chômage très sélectif : Le sexe. le chômage de longue durée ne reste pas concentré sur les travailleurs les plus âgés.1 système d’indemnisation défavorable aux femmes mariées par rapport aux célibataires (GB. Dans une situation de sousemploi massif. Quand on rentre au chômage. Mais les inégalités pour retrouver un emploi sont importantes. Le nombre de chômeurs de longue durée est multiplié par 9. Par exemple. .3% pour les femmes. il a été remarqué que la fin des CDD entraînait une entrée dans le chômage de plus en plus fréquente.4% en1993. Il concerne en grande partie les chômeurs « adultes »(67% en 1993). les statuts sociaux apparaissent de plus en plus ambigus. Le chômage des individus ayant au plus un CEP passe de 8. III Sortir du chômage Le chômage est une position infériorisée. Le retour à l’emploi de ces individus ayant déjà exercé une activité professionnelle est très difficile. voire même diminue (de 3. le niveau d’étude sont autan de variables qui mettent en évidence la vulnérabilité face au chômage. De plus. Irlande) peut contribuer à les repousser vers l’inactivité à partir d’une certaine durée de chômage. la croissance du chômage est d’autant plus forte que le niveau de diplôme est bas. Nouvelles formes de chômage et nouvelles catégories : Durant les « 30 Glorieuses ».7% en 1976 à 4. le poids des démissions à baissé (de 17.marché du travail :faible indemnisation) a permis de créer de nombreux emplois.3% à 2. le surchômage concerne d’abord les plus jeunes. La progression du chômage des jeunes de moins de 25 ans a été stoppée dès la 1ère moitié des années 90 avec la mise en place de politique de lutte contre le chômage des jeunes. Chômage de crise et crise du chômage : L’allongement des durées du chômage : Le chômage de longue durée correspond à une durée de chômage supérieures ou égales à 12 mois.4% et de 13. ces formes particulières augmentent. les chômeurs de longue durée représentent 30% des chômeurs inscrits à l’ANPE. Le modèle européen est marqué par de faibles créations d’emploi et un taux de chômage proche des 10%. Parallèlement. Ce sont les emplois atypiques ( CDD. « chômeurs de très longue durée ». Les inégalités socioprofessionnelles face au chômage sont très fortes : moins de 5% de chômage pour les cadres contre 14. Cette forme de chômage a connu une croissance rapide. Depuis les années 80. L’ancienneté moyenne en chômage a plus que doublé entre le milieu des années 70 et le début des années 90. Cette déstabilisation des catégorisations du chômage a provoqué 1 multiplication des termes et expressions pour désigner ces nouvelles formes de chômage : « chômeurs structurels ». Les avantages sociaux y sont nombreux (indemnisation du chômage par exemple). le chômage était essentiellement frictionnel.5% pour les bac+3 et plus). les études entre 1975 et 1993. Le chômage sur le marché du travail : Les significations changent en fonction de son rôle dans la régulation des mobilités sur le marché du travail. En 1993 par exemple. montrent un accroissement des inégalités. Entre 1982 et 1989. les formes particulières d’emploi se multiplient. proche du chômage. Le taux de chômage des femmes de 15 à 24 ans ne possédant aucun diplôme était de 45.

il ne faut pas oublier la relation entre l’emploi antérieur au chômage et l’emploi ultérieur. Chômage et diversité des situations obtenues : Si les emplois obtenus sont plus fragiles que les emplois perdus. Sur le marché du travail. En fait. l’âge ou de l’ancienneté du chômage en début de période d’observation. Employabilité et stratégies des chômeurs : L’insuffisance des variables classiques : Une étude met l’accent sur les limites des explications classiques des trajectoires de chômeurs et des raisonnement en termes de facteurs de risque de chômage. diplômé au chômage depuis peu de temps. Les enquêtes mesurent les statuts obtenus par les chômeurs. L’accès des chômeurs à l’emploi : Les enquêtes sur le suivi des chômeurs renseignent sur les difficultés qu’ils rencontrent (niveau de ressources. de genre. Elle doit être inscrite au sien des dynamiques biographiques qui construisent la succession des positions occupées par l’individu. elle peut être mesurée par des indicateurs comme l’ancienneté moyenne du chômage. Elles permettent d’observer quelques constantes. Une conception factorielle de l’employabilité : Quel est le délai nécessaire pour qu’un chômeur retrouve un emploi. La plus mauvaise étant : chômeurs âgés. Les chômeurs sont interrogés 3 années de suite.La saisie statistique de l’employabilité : Cette notion permet d’évaluer les flux de chômeurs sur le marché du travail. Une attention particulière est portée sur les effets de l’indemnisation sur la sorite du . L’employabilité différentielle mesure la position des catégories de chômeurs dans la concurrence pour les emplois : catégories d’âge. Les arbitrages et l’indemnisation :La manière la plus classique de mesurer la rationalité d’un chômeur de son employabilité est d’analyser les arbitrages qu’il fait entre la prise d’un emploi disponible et l’attente d’une opportunité meilleure. Les retraits du marché du travail concernent surtout les femmes et les chômeurs âgés. liée l’état de chômeur.5% des emplois perdus (enquête de 1980) étaient des CDD contre 34. L’âge est par exemple une variable très discriminante ainsi que le sexe. Variation de l’employabilité : Les statistiques de l’ANPE sont une 1ère source pour décrire certains aspects de l’employabilité des demandeurs d’emplois. Le chômage accroît la précarité des emplois. On remarque une fragilisation de l’emploi trouvé à la suite d’une période de chômage. la précarité devient une caractéristique majeure des processus de retour à l’emploi. Le chômage répétitif (chômeurs retombés au chômage)concerne plutôt les jeunes et les chômeurs de courte durée. mais croît quand ils sont combinés entre eux. Cependant. âge …). de processus de mobilité professionnelle. La combinaison la plus favorable est : sexe masculin. pratique de recherche d’emploi). Les situations varient selon le sexe. quels facteurs font varier la rapidité de l’obtention d’un emploi ? Il existe une forte corrélation entre une position sur le marché du travail et les attributs socio démographiques (âge…). On mesure la situation des chômeurs pour chaque catégorie. 65. l’accès à l’emploi n’est pas le seul mode de sortie du chômage. Tandis que l’employabilité peut être définie comme la probabilité de sortie du chômage en accédant à un emploi. Chômage et fragilisation des emplois : La comparaison entre l’emploi qu’obtient un chômeur et celui qu’il possédait avant est un second trait commun des enquêtes de suivi des chômeurs.2% des emplois retrouvés. Tout comme l’ancienneté au chômage qui pèse sur l’employabilité. Plusieurs enquêtes de l’INSEE permettent d’évaluer les reprises d’emploi. La vulnérabilité désigne la probabilité d’entrer en chômage au sein d’une population donnée et dans une période donnée. favorables ou défavorables. (7% de retour à l’emploi seulement au bout de 2 ans). est peu marquée quand ils sont pris isolément. quels que soient l’âge et le sexe. Mais elles servent surtout à identifier les facteurs pesant sur la probabilité d’obtenir un emploi (sexe. de sexe féminin et passifs dans leur recherche d’emploi. Les chances d’obtenir un emploi ne sont pourtant pas nulles. 2°) Les constructions sociales de l’employabilité L’employabilité est une dimension spécifique. non diplômés. jeune. …Telle catégorie est moins employable qu’une autre parce que la proportion de chômeurs est plus importante. Avec le déclassement à l’embauche et la dégradation des conditions des conditions de rémunération. l’influence des facteurs. Ce repli sur l’inactivité semble traduire un processus d’exclusion durable de l’emploi et même un découragement.

etc. Quel poids accorder à la recherche d’emploi ? : Les comportements de recherche d’emploi des chômeurs ont-ils 1 influence éventuelle est-elle déterminante ou résiduelle ? La capacité à cibler sa recherche ou distance à l’emploi et la disponibilité. Des mesures visent à lutter directement contre le rationnement des emplois (formations. Il a été constaté que plus la période et le montant des versements sont élevés et plus la durée au chômage est longue. Toutefois. il faut examiner si les trajectoires des chômeurs dépendent plus de leur recherche que de ces facteurs. 1 extrinsèque qui dépend de l’environnement économique et des transformations du marché du travail. Cela entraîne que les politiques nationales de ne sont pas appliquées de la même façon sur le territoire. Les comportements des chômeurs résultent de formes de socialisation. Les règles d’organisation du marché du travail : Il faut distinguer 2 composantes de l’employabilité des chômeurs : 1 intrinsèque résulte des trajectoires et des caractéristiques du chômeur .. Employabilité et marchés du travail : L’employabilité dépend de l’environnement économique.chômage. Rôle du contexte et stratégie d’acteurs : Une enquête sur les effets de la conjoncture macroéconomique sur l’employabilité des chômeurs a montré que l’augmentation importante du chômage entre 1983 et 1988. Ils s’enracinent dans des cohérences biographiques et symboliques. Mais le débat sur l’influence de la recherche d’emploi reste ouvert parce qu’il est difficile de mesurer avec précision les comportements. L’employabilité se construit dans une temporalité longue. Depuis les années 70 les moyens destinés a enrayer le chômage ont augmenté (1973 :10 milliards . Les changements brutaux des règles qui organisent le marché du travail (mobilité exigée). D’autres visent à atténuer les effets de la pénurie d’emploi en distribuant des ressources aux chômeurs par exemple. ont eu peu d’effet sur la probabilité d’accès à l’emploi des chômeurs. La politique d’aide à l’insertion des jeunes est très renforcée en 1982. La chronologie du traitement du chômage : La spirale du traitement du chômage : A la fin des années 70. Mais il ne faut pas attribuer à l’indemnisation des effets créateurs de chômage. Les 1ères actions concernant les chômeurs de longue durée apparaissent en 1985. La seconde dimension recouvre la capacité à faire preuve de mobilité géographique et professionnelle. les structures familiales. L’explication et la compréhension du devenir des chômeurs supposent d’articuler ceux-ci avec les marché du travail. Recherche d’emploi et processus de socialisation : 2 dimensions influent sur la trajectoire des chômeurs : Le degré de mobilisation et le degré d’autonomie. Mais les différents comportements étant corrélés avec l’âge. Une faible disponibilité est associée au retrait du marché du travail ou au confinement dans le chômage non indemnisé. L’employabilité articule 2 dimensions : elle met en jeu les qualifications des individus. les réseaux sociaux. incitation à l’embauche). La mise en forme officielle de la politique de l’emploi : La dépense publique pour l’emploi permet de mesurer les efforts financiers consacrés au traitement du chômage. 1993 : 288 milliards). . et de l’emploi entre 1987 et 1989. L’employabilité d’un chômeur n’est pas mécaniquement déterminée par ses caractéristiques sociales. et aussi les inflexions locales de l’entreprise. Sa place a pourtant beaucoup évolué depuis l’actuelle crise de l’emploi. l’âge semble être déterminant. le sexe. IV Les paradoxes du traitement du chômage 1°) La politique de l’emploi et le traitement du chômage Le traitement du chômage ne représente qu’une dimension de la politique de l’emploi. avec le lancement de vastes programmes de stages. font émerger des exigences nouvelles pour les individus. l’accent a été mis sur l’accompagnement des sorties hors du marché du travail. etc. Elle a aussi montré que le taux de chômage du département de résidence des chômeurs n’avait pas d’influence sur les probabilités individuelles de connaître tel ou tel type de parcours. Il existe d’autres facteurs qui favorisent le retour à l’emploi et protègent du confinement dans le chômage de longue durée comme l’exercice d’activités occasionnelles pendant la période de chômage. Parallèlement. les dispositifs destinés à améliorer l’accès à l’emploi de certaines catégories de chômeurs (jeunes par exemple) se développent rapidement au cours des années 80.

La 1ère logique vise à améliorer les capacités d’accès à l’emploi du demandeur d’emploi. 2°) Les catégories du traitement du chômage Traiter le chômage. Traitement du chômage et accès à l’emploi : L’évaluation la plus élémentaire de l’efficacité du traitement du chômage s’appuie sur le suivi des flux de sortie des mesures. on a pu assister à une individualisation des mesures pour mieux répondre aux demandes et aux besoins des chômeurs. Individualisation. motivation et projet : Mettre l’accent sur des cas individuels comporte le risque de négliger les processus économiques et sociaux d’exclusion de l’emploi. La 2ème logique vise à peser sur l’offre de travail et les pratiques de sélectivité à ème l’embauche. Un impact quantitatif considérable : Le nombre de chômeurs ayant bénéficié d’une aide publique dépasse les 17 millions de flux annuels accumulés sur la période 1981-1994. Nombre de mesures ont été décidées sous l’aggravation du chômage. mieux adapté aux moyens d’action de la politique de traitement du chômage. en instaurant des discriminations positives pour certaines personnes. Ceci permet de calcule un taux d’accès à l’emploi. c’est faire passer les chômeurs d’1 demande d’emploi à 1 projet de formation ou d’insertion. ou la réinsertion. On peut parler d’émiettement des dispositifs tellement certains ont été courts. Le sens du traitement du chômage : Les aides publiques à l’insertion et à la réinsertion apparaissent au tournant des années 70/80. L’observation à une date donnée des situations des bénéficiaires de ces différents . Le rôle des politiques d’aide à l’insertion et à la réinsertion évolue : La cible s’est déplacé du placement vers l’employabilité. L’émergence d’1 pénurie d’emplois dans les années 70 a sous-entendu des interventions de l’Etat. Mais cette classification pose certaines difficultés car elle est décalée par rapport aux statuts juridiques que les mesures procurent. les emplois aidés dans le secteur marchand et les activités ou emplois aidés dans le secteur non marchand. la cohérence. L’insertion sociale est souvent considérée comme un préalable à l’insertion professionnelle. Ceci engendre des situations de pauvreté et d’exclusion. Crise de l’emploi et crisse du placement : Le placement devient un service public en 1945. Formes collectives d’individualisation : L’objet des politiques individualisées est de répondre à des processus d’exclusion en construisant des parcours d’insertion. Devenir des « bénéficiaires » et efficacité apparente : Au début des années 90. La 3 regroupe les formules qui s’appuient sur la création d’activité intermédiaires. On peut quand même distinguer 5 aspects : la pertinence. qui se distingue de la politique traditionnelle. droit à l’insertion. Entre le placement et l’assistance : L’insertion est devenue un concept opératoire du traitement du chômage. les TUC exercent 1 travail à mi-temps dans le secteur non marchand avec 1 coût salarial réduit. l’individualisation devient 1 mode de traitement de masse avec 1 routinisation des entretiens par exemple. ce qui peu conduire à une internationalisation de leur propre situation. Le paradoxes de l’individualisme : Peu à peu. 3°) Les évaluations L’évaluation des aides publiques visant à favoriser l’insertion. Individualiser. Comment évaluer le traitement du chômage : Les évaluations sont peu institutionnalisées. Par exemple. un mot qui désigne les objectifs des mesures et des actions mis en œuvre. l’efficience et l’impact. 7 panels de bénéficiaire de mesures ont été constitués. orientée vers le placement.3 logiques de traitement ?: Les dispositifs d’aide à l’insertion et à la réinsertion des chômeurs se sont regroupés en 3 catégories : les stages de formation. et constituent une politique d’insertion. On laisse ainsi le soin à chacun de parcourir leur chemin individuellement. puis débouchera sur la création de l’ANPE en 1967. Le chômeur devient un sujet de droit. Il s’agit d’1 notion floue. Plusieurs conséquences de la crise de l’emploi contribuent à ces bouleversements. Ils sont comptabilisés dans la population actives alors qu’aucun contrat de travail n’est signé. l’efficacité. des demandeurs d’emploi constitue un enjeu social et économique majeur. « insérer » les chômeurs : Les dispositifs de traitement du chômage sont orientés vers des groupes cibles particuliers. Les durées passées au chômage s’allongent et le chômage cesse de n’être que frictionnel. Progressivement.

Le poids du chômage : Le chômage. L’analyse de l’utilisation des contrats de qualification par les entreprises fait apparaître 5 logiques : la compétence. Les logiques biographiques des chômeurs :Les analyses des attitudes des chômeurs à l’égard des mesures publiques qui leur sont destinées se sont multipliées. Les attentes des chômeurs sont de toutes façons disparates. On peut isoler 4 attitudes : La formation est considérée comme 1 occupation. mais aussi comme le délitement de toute reconnaissance sociale. Le traitement du chômage dans les trajectoires individuelles : Il ne s’agit plus d’évaluer les types d’insertion que produiraient les dispositifs. Les significations des passages par les mesures se construisent ainsi au cours du temps et sont irréductibles à un effet direct et immédiat sur les trajectoires professionnelles. fin de la vie sociale : La 1ère enquête sur le chômage a été réalisée en 1931 à Marienthal (Autriche). Une usine ayant fermé. la plupart des ouvriers étaient au chômage depuis 2 ans. et un pôle « transit ». Chaque catégorie d’acteurs traduit le dispositif concerné en fonction de ses propres objectifs et de sa vision de l’emploi. Traitement du chômage et logiques d’acteurs : Les logiques d’usage des entreprises : 5 logiques d’usage des CES sont identifiés par les entreprises : pour couvrir les besoins de fonctionnement. c’est-à-dire ne correspondent à aucun des 3 effets identifiés. l’effet dynamisation. mais quelles sont leurs places dans la construction des trajectoires des chômeurs sur le marché du travail. quand le stage entraîne des modifications positives sur l’individu . ou elle est rejetée car jugée non efficace ou bien elle est suivie pour des raisons pécuniaires décalées par rapport à la logique officielle. déstabilisation de la perception du temps et contraction d’un espace vital de plus en plus limité. ou elle est recherchée pour mieux trouver un emploi par la suite. La traduction des dispositifs : La signification des dispositifs dépend des logiques politiques et éthiques qui sous-tendent l’action des professionnels. ceux bénéficiant de stages AIF occupent rarement un emploi non aidé. 1 gestion catégorielle qui mobilise des appuis extérieurs. Le chômage est non seulement vécu comme la perte d’un statut social. Les bénéficiaires ont-ils plus un emploi que les autres ? Quelle est l’efficacité des stages de formation ?: Pour identifier les éventuels liens de causalité entre le stage suivi et l’emploi occupé. Le devenir des populations sortant de chaque dispositif est très contrasté. 1 observation sur des jeunes sortis de l’école en 1986 a été effectuée. et le CES comme moyen privilégié d’asseoir la permanence de l’organisme. Peut-on identifier des effets nets ?: Les taux d’emploi à la sortie des mesures informent sur l’efficacité de celleci. quand le chômeur a eu une mise en relation avec l’entreprise. Une analyse a montré qu’1/3 des emplois trouvés après un stage de formation ne présentent aucun rapport de cause à effet avec le stage suivi. et 3 types de trajectoires ont été distinguées : 1 processus d’insertion professionnelle stable ou en voie de le devenir . t faiblement indemnisés. rétrécissement des activités sociales. 1 engagement dans l’insertion professionnelle de quelques personnes sélectionnées. une méthode efficace a été mise au point : il s’agit de comparer les bénéficiaires et les non bénéficiaires. 1 trajectoire où le chômage domine. un statut social ? Le chômage est 1 traumatisme profond touchant l’ensemble des aspects de la vie individuelle. 3 types d’impacts possibles ont été identifiés : l’effet formation. la flexibilité interne. les entreprises souhaitant stabiliser les jeunes alors que ceux ci ne restent pas dans l’entreprise.dispositifs (TUC. . SIVQ…) permet de mesurer les effets bruts de ces dispositifs. 1 utilisation peu instrumentée du dispositif. L’étude a fait constaté des aspects négatifs : dégradation de la vie privée. V Vivre et exister en chômage 1°) Le chômage. L’emploi procure en effet dans notre société la reconnaissance et une identité sociale. quand l’emploi trouvé correspond aux qualification de la personne . l’apprentissage. l’effet contact. le passif. une trajectoire marquées par 1 passage intensif d’aides . Les bénéficiaires de CRE ont les taux les plus élevés (64% en emploi). Cependant.

On peut le décrire en 3 étapes : La 1ère phase correspond à la perte d’emploi et à l’entrée en chômage. sans enracinement culturel. 1étude a montré que l’allongement de la durée du chômage conduisait à 1 extension de la dégradation de l’image de soi. c’est comprendre une expérience sociale très éloignée de sa propre position. L’individu n’a pas de réaction immédiate et n’appréhende pas toutes les implications de l’événement. des expériences différenciées Des résultats empiriques convergents mais éclatés : Les 1ères recherche sur les réactions du chômage ont peu été attentives à la diversité des réactions individuelles. Mais cette approche psychosociale montre un chômeur sans réelle attache. Certains jeunes perçoivent le chômage comme une expérience traumatisante. Il existe une diversité des vécus du chômage. C’est un travail de retrait auquel doit s’exercer le sociologue. repli sur soi). Le sociologue et l’expérience du chômage : Le chômage apparaît d’abord comme un temps vide et 1 perte de statut. une vraie déchéance sociale et d’autre part. dominés par le vide de l’existence. le chômage inversé (le travail salarié a 1 place 2nde par rapport aux occupations qui procurent à l’individu plaisir et réalisation de soi). des stratégies de recherche d’un emploi… Quels principes explicatifs ?: Les jeunes chômeurs et le travail : Ledrut a introduit la notion de la dévalorisation ressentie par le chômeur. tandis que les difficultés familiales aggrave cette crise de statut. Si la fonction du sociologue est de comprendre (Bourdieu). l’humiliation : la gêne sociale et la honte sociale.Le chômage. Expérience du chômage et groupe sociaux : La diversité du vécu du chômage n’est pas 1 hasard. . Signification du chômage et signification du travail : De plus en plus l’identité sociale passe par l’identité professionnelle. Toutefois. Les comportements sont assez homogènes : Les chômeurs sont plongés dans le même épreuve. La 2ème est l’intensité et la forme de la sociabilité. L’expérience du chômage dépend de variable comme la position dans le cycle de vie. une transition psychosociale : Des études ont analysé les phases par lesquelles l’individu qui devient chômeur s’adapte à sa nouvelle situation. Et l’obtention d’1 emploi stable reste la norme commune. Le débat reste donc ouvert. comprendre les chômeurs. L’enfoncement dans le chômage conduit-il au fatalisme ?: On peut se demander si le chômage de longue durée peu provoquer cette situation. au sein de ces groupes. l’âge. La 3 phase est celle d’1 ré appropriation subjective de la perte. Le travail est au centre des processus de « reconnaissance d’autrui » et demeure protecteur d’identité. On constate qu’il est massivement vécu par les travailleurs manuels. le chômage différé (la recherche d’emploi constitue 1 activité à plein temps ce qui maintien 1 statut d’actif) Une certitude : la variété des expériences du chômage : L’absence d’unicité de l’expérience du chômage est 1 constat partagé. Cependant. une humiliation sociale : Les chômeurs définissent leur état comme une chute de statut. Les combinaisons entre ces 3 dimensions. 3 manières d’affronter le chômage : C’est dans les années 70 que l’on s’y est intéressé. dans la structure sociale… Le chômage constitue une condition sociale différemment utilisée et vécue par les différents groupes sociaux. dessinent 3 types de chômage : Le chômage total (perte du statut social. L’aptitude à adopter des activités de substitution et l’investissement dans 1 statut alternatif à celui de chômeur est une 1ère dimension. La 2ème phase est la ème prise de conscience de la rupture. d’autres ne le vivent pas comme tel et se consacrent plus aux tâches ménagères et des activités d’entre aide qui structurent leur temps. 2°) Le chômage. le niveau culturel… peuvent rendre positive l’épreuve du chômage. Il est possible de dégager un « cycle transitionnel » qui rend compte des incidences sur l’individu. Le chômage ne se réduit pas a une perte d’emploi : sociologiquement. Cette impression de faire bande à part. l’intégration familiale constitue 1 soutien à la crise de statut qu’est la chômage. L’individu va intérioriser de nouveaux cadres de références et s’installer dans le chômage. source de culpabilité. Enfin. D’autres le vivent comme 1 temps permettant de réaliser leur projet. il s’agit d’une infériorité sociale. La dynamique du chômage : Le chômage. Le chômage conduit l’individu a affronter le changement. Les cadres vivent le chômage de manière différée en multipliant les activités de formation utiles à la réinsertion sur le marché du travail.

qui a pour objectif de solvabiliser les individus qui ont perdu tout droit à l’assurance comme à l’assistance. les aides publiques se révèlent peu efficaces. . le traitement du chômage peuvent contribuer à entretenir le silence des chômeurs. le syndicat des chômeurs est fondé. qui sont le dernier filet protégeant de l’exclusion. Il interroge la société toute entière. Les populations au chômage sont donc catégorisées comme populations à secourir. En 1989 est instauré le RMI. mais il concerne celle-ci dans sa globalité. 3°) Les chômeurs : un groupe social ? Des conditions de vie très discriminées : La difficile appréciation des conditions de vie des chômeurs : Le chômage entraîne une perte de revenu dont l’impact est variable selon le niveau et la structure des ressources du ménage. L’impact des solidarités sociales : L’évaluation des conditions de vie des chômeurs suppose des investigations précises sur l’ensemble des revenus et des aides dont peut disposer 1 individu privé d’emploi. Elles sont très instables dans le temps. car elles sont fondées sur la disqualification sociale et politique des sans-emploi. Il ne faut pas oublier l’évaluation de politiques publiques. et. La difficile mobilisation collective : De l’épreuve individuelle au silence collectif : L’expérience du chômage provoque un affaiblissement de la conscience collective liée à l’activité professionnelle. Mais des réformes ont provoqués depuis le début des années 80 une dégradation des indemnisations. affaiblies et infériorisées. Cette socialisation suppose un dialogue avec soi-même. parallèles à l’action publique. Les mouvements des chômeurs en France : Son histoire est longue mais discontinue. Le chômage est aussi l’objet de prise en charges. La consommation est 2 fois plus faible que les ménages sans chômeurs. La prise en compte des activités informelles complique l’analyse. Conclusion : De nos jours. les personnes isolées et les chômeurs de longue durée. Le travail occasionnel constitue une tentative de maintien du niveau de vie du ménages chez les adultes. on ne peut réduire la sociologie du chômage à l’observation du vécu des chômeurs et aux réactions à la privation d’emploi. Le chômage ne concerne pas tous les individus dans la société. les logiques d’action des chômeurs se diversifient etc. Le chômage menace les régulations sociales. Mais l’action collective des chômeurs reste diffuse. Ainsi. Le chômage mène à l’anomie. De plus en plus. L’indemnisation des chômeurs : La création d’un régime privé d’assurance contre le chômage date de 1958. Une organisation de chômeurs signifierait que l’on accepte de se reconnaître comme tel alors que c’est avant tout ce que l’on veut masquer. paradoxalement. l’observation des pratiques et actions collectives des chômeurs… Le chômage ne fonctionne plus selon le modèle de la privation d’emploi involontaire et transitoire : l’accès à l’emploi est plus difficile. émiettée et est relativement peu visible. On s’aperçoit à travers les études que quand l’indemnisation existe.Expérience du chômage et construction des identités : L’expérience du chômage s’accompagne de processus de socialisation de réévaluation constante de sa propre valeur sociale. le chômeur est amputé de sa valeur sociale. En 1982. C’est l’absence de solidarité familiale qui conduit à la pauvreté. La diminution des ressources du ménage affecte plus les couples de chômeurs. elle ne représente qu’une petite partie des ressources du ménage. La plupart des formes de mobilisation autour de la cause du chômage constituent un frein à la mobilisation des chômeurs eux-même. Son objectif est de représenter les chômeurs politiquement. De l’encadrement social au silence collectif : Le vécu individuel du chômage n’est pas le seul frein à l’expression publique des chômeurs. le chômeur est assigné de l’étiquette de problème à traiter. déstabilise les représentations établies.

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