SYSTEMATISATION D’EXPERIENCE

Stratégie pour l’introduction de l’égalité des genres dans la gestion de l’organisation Pays: El Salvador Année: 2011

1.

Où se déroule l’expérience?

Cette expérience se situe dans la ferme Ojos de Agua, dans le Canton de Santa Cruz, Municipalité de Santiago de la Frontera, Département de Santa Ana, à 7 kilomètres au nord-est du centre de la municipalité, à 32 kilomètres du chef lieu du département, à 900 mètres au dessus du niveau de la mer. Elle présente un relief acéré à 90% et un climat frais dû aux forêts naturelles. La zone est nettement rurale, l’économie se centre sur l’agriculture avec la culture de graine de bases et de légumes à plus petite échelle. Le canton se compose d’en moyenne 84 familles qui se répartissent dans 4 fermes. Elles ont accès aux services basiques d’eau courante, électricité, services sanitaires par fosses sceptiques. Les ressources productives basiques sont constituées de la terre avec une moyenne de deux parcelles par familles souvent enregistrées sous le nom des hommes. Ils disposent d’eau provenant de gisements naturels et du Rio Cusmapa, qui alimente le système d’eau pour la consommation et la demande d’irrigation pendant l’été. Ils travaillent avec des petits crédits remis par l’Association de Développement Communal Ojo de Agua “ADESCOA”. Cette expérience a été lancée par un groupe de 27 personnes, dont 17 hommes et 10 femmes. Elle est dirigée par un Conseil Directif composé de 11 personnes dont 7 femmes et 4 hommes, et de 3 comités d’aide à la production, la commercialisation et au suivi. L’expérience est né au cours de l’année 2006 avec la gestion du Programme de Reconstruction et de Modernisation Rural PREMODER pour appuyer la production de légumes, et en lien avec le personnel technique de l’Agence du Centre National de Technologie Agricole (CENTA) et l’Agence de la Municipalité de Candelaria de la Frontera. Comme autres institutions en relation avec cette relation, nous pouvons citer l’Association du Salvador Pro Salud Rural (ASAPROSAR), l’Unité de Santé et récemment le projet de Développement Productif FOMILENIO. 2. Qu’apprendrons-nous de cette expérience?

Nous connaitrons les stratégies mises en œuvre pour introduire l’égalité des genres dans la gestion de l’organisation et les principales leçons apprises. Nous analyserons les éléments facilitateurs et les obstacles pour atteindre une meilleure intégration et participation des femmes dans l’association productive, en identifiant les instruments et les actions qui ont significativement contribué à cet objectif. Nous identifierons les effets et les impacts d’une plus grande participation des femmes au niveau de l’association et de la chaine productive des légumes, des personnes associées, des familles et des territoires. Nous identifierons les changements qui tendent à la réduction des écarts entre les genres dans l’organisation et l’impact de ces processus sur les membres (hommes et femmes), les familles et les communautés ainsi que les outils mis en œuvre par PREMODER et qui ont été efficaces pour atteindre ces changements.

3.

Quels sont les moments clés qui se distinguent dans la trajectoire historique de l’expérience?

Constitution légale. L’organisation s’est constituée en 1993 avec un statut légal remis par la Mairie de la Municipalité de Santiago de la Frontera. Elle s’est constituée comme une organisation de développement social avec 44 personnes dont 9 sont des femmes. Avec ce schéma là, l’organisation a travaillé jusqu’en 2006 exclusivement dans la gestion et le développement de projets d’infrastructure communautaire principalement pour l’amélioration des voies d’accès, processus dans lequel la participation des femmes passait inaperçue. Gestion du projet de production de légumes avec PREMODER et le soutien d’une équipe technique du CENTA Agence de Candelaria de la Frontera qui offre des services d’assistance technique à la communauté, qui les relient au programme pour la réalisation de gestion pertinentes et qui reçoivent des visites de pré-diagnostiques nécessaires. Etude de pré-investissement (Décembre 2006) Réalisation d’un diagnostique situationnel de l’organisation, un plan de renforcement organisationnel et un plan d’affaire de production des légumes et fruits à bas niveau d’irrigation, de façon participative en suivant la méthodologie du programme. Transfert de fonds à l’organisation En Juin 2007 le projet a été approuvé par le comité d’investissement, et le 1er versement a été réalisé pour payer l’assistance technique. En mai 2008, des fonds ont été transférés pour les investissements productifs. Renforcement Organisationnel À partir d’août 2007 débute le processus de formation et de conseil technique dans les domaines de la Gestion de l’Entreprise, l’Associativité, les Genres et la Production, via une équipe technique dévouée à l’organisation. Production et commercialisation (Mai 2008) Des investissement sont réalisés dans l’achat d’un système d’irrigation goutte par goutte, l’établissement de cultures semi-permanentes, des micro-tunnels et un capital de travail pour 22 personnes dont 2 femmes qui ont obtenu un permis d’irrigation de la part du Ministère de l’Agriculture et de 2 l’Élevage. Des zones d’environ 875 m sont cultivées par les familles. Ces-dernières cultivent l’oignons, le piment doux, le piment jalapeño, la tomate, le pipián, le maïs elote, le radis, le chou, le brocolis, la mûre, el chipilín et des fruits tels que les bananes “de seda”, les agrumes et la papaye. Pour cela, elles bénéficient d’un fond renouvelable de $6,000.00 qui sert à octroyer des crédits en intrants aux personnes associées. Les productions sont commercialisées dans un point de vente collectif sur la route qui mène au centre de la municipalité et dans le marché des produits agricoles situé au même endroit. Les familles sont en cours de négociation pour la livraison collective avec une entreprise appelée “El Salvador Produce” financée par le FOMILENIO. 4. Quels résultats et réussites ont été obtenus?

L’organisation est née d’une approche très clairement sociale, se transformant peu à peu en une organisation socioéconomique. Entre temps, elle a non seulement changé l’approche du travail mais aussi la composition de sa structure organisationnelle, la participation des genres et par conséquent les résultats dans les différents niveaux de participation: personnel, familial, organisationnel et local.

PROGRES DANS LA PARTICIPATION DES FEMMES, L’AUTONOMISATION ET L’EGALITE DES GENRES Sur un plan personnel Les femmes du groupe sont convaincues qu'elles sont désormais différentes à ce qu'elles étaient avant de participer au projet sur les légumes. Elles considèrent qu'elles ont perdu la crainte qu'elles avaient d'exprimer leurs idées, autant dans leur ménage que dans l'organisation et la communauté. Elles peuvent aborder des thèmes délicats dans leurs familles alors que dans d'autres familles on ne les aborde pas. Elles considèrent qu'elles sont de meilleures personnes qu'avant. Elles se voient ainsi et sentent que la communauté également les valorisent plus. Elles ont appris à s'exprimer, à être libres dans crainte des critiques des hommes. “Nous, entant que femmes de a campagne, on nous a élevé pour servir les autres, tout d'abord les frères, les pères puis nos époux et à élever nos enfants. Aujourd'hui j'ai appris à parler sans crainte. Je peux traiter de sujets dont je ne parlais pas avant. Je me valorise moi-même. Je sais que je ne suis pas uniquement là pour servir les autres, moi aussi je suis importante" Ana Yanira Linares Présidente du Conseil Directif 26-09-11 Sur un plan familial La communication familiale, avec l'époux et les enfants, est un des changements manifestés par “Avant je ne pouvais pas sortir pour aller vendre des tomates, je ne pouvais pas m’imaginer crier « les tomates », et ça les femmes. Ce sujet est mieux considéré et un m’attristait. Maintenant, les hommes et les femmes nous effort est fait pour ne pas reproduire les rôles allons tous au marché des produits agricoles de Santiago de traditionnels qui limitent le développement des la Frontera. Les uns vendent certaines choses, les autres femmes et renforcent le machisme. d’autres choses. Un vacarme se faisait entendre avec nos ventes. Nous aidons aussi à la maison, par exemple en Dans la partie économique, les changements sont surveillant les poules, en cuisant ou réchauffant des tortillas, moins évidents dans la génération des revenus car en faisant des fritures, passant le balais ou faisant certaines choses selon les besoins. Nous ne dépendons plus des avant le projet, les éléments principaux des femmes pour manger et nous apprenons à nos enfants à familles étaient les graines de base avec lesquels travailler unis et à être responsables” elles assuraient la subsistance, mais cela ne leur générait pas de revenus additionnels qui Víctor Manuel Avilés permettait d'améliorer leur niveau de vie. Dans le Vice-président du Conseil Directif cas spécifique des femmes, celles-ci n'étaient pas des productrices directes. Quelques unes d'entre elles collaboraient dans certaines tâches et leur rôle se limitait à apporter le diner sur la parcelle sans plus ample engagement dans l'activité productive. Maintenant, 10 femmes participent directement dans le projet. 5 d'entre elles réalisent des tâches complètes de production incluant la préparation du terrain, d'élaboration de pépinière, de fertilisation, de contrôle des rongeurs et mauvaises herbes, le tutorat, l'élagage et la récolte avec le soutien de la famille. Lors de la phase de commercialisation, les 10 femmes associées et 5 jeunes femmes participent dans les activités préliminaires de sondage des prix, de négociation, de livraisons, de ventes au détail sur le pôle de vente sur la route, dans le marché des produits agricoles de Santiago de la Frontera et livraisons dans des petits commerces à Candelaria de la Frontera conjointement avec les hommes. Tout ceci leur permet d'avoir un rôle plus important dans la partie économique et par là même d'avoir accès aux bénéfices générés, et de jouir d'un plus grand bienêtre lié à leur participation directe dans la prise de décision étant donnée qu'elles ont appris la gestion technique de cultures et la gestion du système d'irrigation goutte à goutte. Les hommes aussi sont touchés par des changements dans leurs rôles au sien de la famille. Certain d'entre eux pensent que l'intégration dans la famille c'est améliorée étant donné que toute la famille s'est intégrée à la production de légumes et de fruits, mais aussi à la réalisation de travail domestique. Ils considèrent qu'il existe

maintenant dans les familles engagées, un plus grand respect des droits de l'homme envers toutes les personnes qui font partie du cercle familial. Sur un plan organisationnel En général, la participation dans l'organisation s'est “Nous avons appris à cultiver les légumes et comme améliorée car les services d'ADESCO ont augmenté. En directives, nous avons saisi l’expérience de la effet, ils ne concernent plus seulement l'infrastructure commercialisation et appris à voir les choses communautaire et le développement social mais aussi différemment. Entant qu’entrepreneuses, nous avons la partie productive et économique. Dans le cas appris à ne pas travailler pour travailler. Entant particulier des femmes, bien qu'au début il y avait qu’organisation, nous avons appris à avoir une vision de quelques associées dans l'organisation, leur rôle ce que nous voulons réussir sur plusieurs années et pas consistait à assister aux réunions ou accompagner dans seulement dans l’immédiat. Je me sens contente parce certaines gestions mais sans avoir de rôle plus actif. que nos opinions sont respectées. Nous tenons les Elles ne donnaient pas leurs opinions et si elles le rênes de l’organisation, nous prenons des décisions et faisaient leurs avis n'étaient pas forcément pris en nous les valorisons mais toujours dans le plus grand compte dans la prise de décision. Actuellement, dans respect de tous. le groupe de 27 personnes associées, 10 sont des femmes, c'est-à-dire 37% du total. parmi elles, 7 font Digna Emérita Espinoza Ramos partie du Conseil Directif avec des fonctions clés tels Trésorière du Conseil Directif que présidente, trésorière, secrétaire, syndicat et 2 avec le statut de membre, générant une participation active dans le activités organisationnelles, dans la prise de décision, l'accès et le contrôle des ressources. Ajouté à cela, une des associées est la gérante du projet et travaille dans l'administration comptable et financière du fond renouvelable pour les légumes et le contrôle basique de la production et des ventes. Ses services sont payés avec les fonds d'une petite caisse engendrés par les activités collectant des fonds et apports individuels réalisés par les associé(e)s en proportion des ventes effectuées. De la même façon, 5 emplois renouvelables ont été crées pour 5 jeunes femmes, filles d'associées qui occupent le poste en succédant à deux personés. Dans le poste de vente collective située sur la route qui mène à Santiago de la Frontera et sur u plan individuel, 50 emplois permanents ont été crées et 100 emplois temporaires dans les cultures. L'organisation a un plan de travail global pour 3 ans et qui est régulièrement actualisé. Y sont comprises les activités productives de l'entreprise en relation avec le renforcement du projet de production et de commercialisation de légumes en gestion avec diverses institutions telles que PREMODER, FOMILENIO et CENTA, et d'autres activités de développement social tel que l'entretien des rues, les brigades médicales ou encore la santé reproductive coordonnés avec diverses institutions comme ASAPROSAR, l'Unité de Santé, la Municipalité entre autres.

Sur un plan local L'ADESCOA est le canton le plus connu dans la municipalité et dans d'autres municipalités voisines dû à la production et commercialisation de légumes et de fruits dans la zone étant donné que la production est permanente et fournit des légumes dans la zone. Bien qu'il y ait plein d'organisation dans le même genre, le produit est largement mieux reconnu et accepté. “Nous, nous sommes le canton le plus reconnu ici. Tout le monde nous dit que nous avons relevé la municipalité parce que nous travaillions unis, les hommes, les femmes et les jeunes, parce que nous avons des jeunes qui nous aide à la vente.” Ana Yanira Linares Associée FACTEURS DE SUCCES ET DIFFICULTES Entre les facteurs qui ont contribué à atteindre les résultats mentionnés avant, on peut citer: - La disponibilité de certaines ressources productives au niveau familial, tel que la terre et l'eau; - L'existence de 2 personnes dans la communauté qui travaillent déjà dans les légumes et qui ont motivé le groupe et partagé leurs expériences; L'ouverture du programme pour inclure les Associations de Développement Communautaire entre les groupes potentiellement bénéficiaires étant donné que quand le diagnostique a été fait, il a été souligné le fait qu'elle devaient être coopérative, processus qui prendrait du temps. Cependant, le groupe a décidé de travailler avec cette figure légale malgré le fait que ce genre d'organisation traditionnelle défendant l'approche de développement social. Une ADESCO gérant un projet productif ne pouvait pas se concevoir; - La méthodologie promue par PREMODER de transférer les fonds à l'organisation pour effectuer des investissements et pour embaucher directement le personnel technique pour travailler conjointement dans les zonas productives, l'entreprise, le marché, l'association et promouvoir la participation des hommes et des femmes avec le soutien constant d'équipes techniques formées par des hommes et femmes qui ont aussi facilités les résultats. Parmi les difficultés principales, on peut citer: - Les plaintes de certaines personnes de la communauté au sujet de la consommation de l'eau pour l'irrigation. - Les problèmes de mauvaises herbes et de maladies des cultures entre autres; - Au début de l'organisation, les hommes et les femmes était plutôt indifférent au fait de participer aux réunions communautaires. - Quant aux obstacles pour la participation des femmes, au début, il y avait les craintes des femmes qui se sentaient marginalisées dû aux modèles culturels d'éducation familiale. On a proposé aux femmes de s'associer et d'accepter les fonctions directives mais elles n'ont pas accepté considérant qu'elles n'avaient pas les capacités; - D'un autre côté, le comportement jaloux des époux qui n'étaient pas d'accord pour qu'elles passent plus de temps dehors plutôt qu'à s'occuper des enfants a largement influencé. - Les tâches domestiques qui prenaient du retard et les femmes qui avaient la seule responsabilité de les réaliser. - Les différences politiques et religieuses qui freinaient la participation des femmes et des hommes, ce qui est entrain d'être peu à peu dépassé. 5. Quels outils et bonnes pratiques mises en œuvre par PREMODER ont contribué à ces réussites?

PREMODER considère l'approche des genres dans sa stratégie de travail. Pour cette raison ADESCOA travaille depuis le début sur cette approche:

• Lors de la phase initiale, un diagnostic situationnel, un Plan de Renforcement Organisationnel et un Plan d'Affaire ont été réalisés avec la participation des hommes et de femmes. Dans ces documents, la situation de genre a été inclue en identifiant la participation dans les activités productives, domestiques et organisationnelles, la participation dans la prise de décision et les principales limites rencontrées par les femmes pour s'insérer dans la base productive sociale, organisationnelle et de l'entreprise. Ainsi, une série d'actions orientées à dépasser les limites mentionnées précédemment a été introduite dans le plan de renforcement. Parmi celles-ci la sensibilisation dans la question de genre, la formation productive, le leadership entre autre. De façon égale, les éléments facilitants l'accès des femmes au projet de production de légumes et de fruits sous irrigation se reflètent dans le plan d'affaire. • Le processus de renforcement organisationnel facilité par une équipe technique qui a appuyé les domaines productifs et administratif, l'entreprise, la partie organisationnelle et la partie sur le genre introduite par les femmes dans tous les domaines. Ce processus s'est révélé particulièrement stratégique pour sensibiliser les hommes et les femmes sur la pertinence de la participation dans l'organisation, principalement des femmes qui sont passé d'un rôle traditionnel de type domestique à une familiarisation avec la production et la commercialisation des légumes. • L'utilisation de méthodologies participatives avec une spéciale attention aux femmes a permis d'améliorer l'appropriation des technologies dans la gestion des cultures en partant de leur faible expérience dans le domaine, par exemple de rondes d'échange, des rondes collectives mensuelles d'assistance technique dans les parcelles de façon renouvelable avec attribution des responsabilités individuelles à chaque visite et dans lesquelles les propriétaires de la parcelle orientent l'assistance technique avec l'appui du technicien de production incluant les femmes. Le groupe est suivi et rétro-alimenté avec une attention toute particulière pour les femmes, ce qui leur a permis de gagner confiance en elles-mêmes. • La formation avec le témoignage d'autres producteurs et productrices dans les thèmes de la production et de la commercialisation qui ont motivé le groupe et plus spécialement les femmes. • Conseils ponctuels et accompagnement technique constant ont été favorisés par le soutien apporté par les diverses spécialistes une fois par semaine, négociant des jours et des heures convenables pour les femmes dans les domaines précédemment mentionnés. • Il y a eu des participations dans divers formations et évènements qui ont promu différentes institutions par exemple avec CENTROMYPE, FOMILENIO et d'autres qui renforcent aussi leur commercialisation, le marketing et d'autres aspects. Dans la partie des genres, la méthodologie ponctuelle utilisée pour transmettre les capacités productives, administratives, organisationnelles, et entrepreneuriales aux femmes dans les autres domaines a été la suivante: Développement d'un programme de formation sur une journée de 4h, une fois par semaine dans le thème des genres avec un focus sur la prise de décision, le leadership, l'auto-estime et toutes les thématiques mentionnées précédemment en faisant usage de matériels de soutien divers tels que des livrets illustrés, type flipchart sur vinyle. Promotion constante pour l'intégration des femmes dans les organes directifs soulignant l'importance de la représentativité dans la prise de décision organisationnelle par le biais de discussion, de conversations personnelles, de visites à domicile entre autres. Développement de la méthodologie de réduction des écarts par le biais de 2 ateliers initiaux avec des entretiens de groupe pour les hommes, les femmes et les organes directifs afin de réfléchir sur la situation actuelle d'engagement des hommes et des femmes dans le projet, l'organisation, les organes directifs, leur niveau de fonctionnement. Des actions étaient définies pour dépasser les difficultés rencontrées en les notant sur un panneau de vinyle constamment révisé par le Conseil Directif, pour contrôler les progrès atteints avec le soutien du spécialiste dans l'approche des genres. La formation sur l'approche des genres a permis aux femmes de comprendre l'importance de la participation. Leur présence dans les réunions s'est améliorée, elles ont commencé a apporter des idées et progressivement elles se sont engagées dans la prise de décision. Elles ont peu à peu adopté des fonctions directives jusqu'à représenter 64% du

Conseil Directif, renforçant ainsi leur leadership et leur capacité à communiquer avec d'autres personnes et dans des groupes plus étendus. Par exemple, certaines d'entre elles effectuent des journée de formation dans l'approche des genres dans des écoles ou lors d'évènements publics du programme des communauté solidaires selon la coordination avec les techniciens responsables des évènements. Par ailleurs, certaines actions ont été développées en relation avec des besoins identifiés via les ateliers de réductions des écarts tels que les Brigades Médicales en collaboration avec ASAPROSAR et l'Unité de Santé et des rondes d'alphabétisation organisées par une associée. 6. Quelles sont les leçons apprises de l'expérience?

Les principaux apprentissages dans cette expérience sont les suivants: • L'intégration de l'approche des gentes dans une organisation productive requiert une stratégie globale qui sensibilise la population associée sur l'importance de gérer des espaces de participation dans les différents secteurs villageois avec une spéciale attention aux femmes. Parallèlement, l'accès aux ressources productives est facilité et s'accompagne d'une assistance technique adéquate sur la condition des genres. Dans l'ensemble tout ceci génère des impacts et effets significatifs sur les conditions de vie des femmes et de leurs familles. • La sensibilisation des équipes techniques à l'approche des genres offerte aux organisation permet d'identifier les forces et les faiblesses des femmes ainsi que les conséquences méthodologiques adéquates qui permettent l'adoption productive, social et de l'entreprise et qui débouche sur un renforcement des capacités économiques et sociales. • Les méthodologies et outils utilisées par PREMODER pour l'intégration du thème des genre et dirigées par des groupes mixtes ont permis pour de renforcer leurs capacités de direction et d'améliorer leur développement personnel pour faciliter la prise de décision, l'accès et l'administration des ressources productives et pour les hommes de promouvoir une plus grande acceptation de ces capacités au bénéfice des familles et de l'organisation. • L'introduction de l'approche des genres est un processus qui doit être constamment promu. Ses réussites augmentent peu à peu jusqu'au moment où se ferment progressivement les écarts entre les genres. Il existe des réussites significatives, cependant il reste encore beaucoup de progrès à faire. IL faut augmenter les bénéfices pour un plus grand nombre de famille et particulièrement de femme, renforcer le travail avec les jeunes, moderniser les systèmes de production, améliorer les canaux de commercialisation entre autres, avec la participation active et protagoniste des femmes et des hommes.

“Moi je cultive le piment, le brocoli, la tomate et d’autres légumes. Je suis bénéficiaire du projet, j’ai reçu un crédit de ADESCOA. Je suis mère célibataire car mon époux m’a quitté, et j’ai appris à m’en sortir avec mes enfants qui m’aident au travail. Pour moi, cela a été important qu’on nous forme, les hommes comme les femmes. J’ai beaucoup appris avec toutes ces formations et ces soutiens qu’on nous a donnés pour travailler dans l’agriculture. Je valorise mon travail. J’enseigne le partage à mes enfants et à travailler ensemble étant donné que j’ai des filles et des fils” Santos Delmy Linares Associée

“Nous essayons de lutter pour ce que nous voulons. Nous avons toutes des rêves que nous gardons, sortons-les, battons-nous pour nous et nos familles. Nous avons appris à prendre nos propres décisions. Nous nous sentons plus capables et les hommes ont confiance en nous. Cela vaut la peine d’investir du temps et des efforts car au final il y a des bénéfices personnels et familiaux. J’ai appris que la formation sur les genres, la production et tout ce que nous avons appris ne se soustrait ni ne se divise, au contraire cela s’additionne et se multiplie car tout cela sert dans cette vie” Ana Yanira Linares Présidente de ADESCOA

“Il a été démontré que nous les femmes, nous avons nous avons des capacités mais les femmes ont besoin de se réveiller. Elles sont présentes dans la direction, elles prennent des décisions, elles sont des capacités productives et maintenant l’organisation est plus ordonnée, l’information est actualisée, il y a plus d’enthousiasme. De plus pour moi, cela a été une opportunité d’emploi car je suis bachelier et comptable et j’ai en plus l’opportunité d’aider ma communauté.» Deymi Aracely Sandoval Associée et Gérante Locale

“Ici, les femmes ont pris les rênes. Avant elles ne voulaient pas s’engager dans quoi que ce soit. Maintenant, après avoir reçu diverses formations sur l’approche des genres et la production de légumes, les femmes ont plus de capacité. Nous avons appris qu’il fallait les convaincre pour qu’elles se forment car elles ont démontré qu’elles pouvaient travailler, qu’elles étaient de bonnes administratrices et que nous les hommes devions continuer à les appuyer comme nous le faisons maintenant » Teodoro del Carmen Linares Linares Associé

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