Génie Logiciel, 49, pp.

40-54, 1999
Etude comparative
de méthodes du Génie Logiciel
en vue du développement
de systèmes interactifs dans
les processus administratifs complexes.


Emmanuel ADAM
1
(*)(**), Christophe KOLSKI (**)

(*) SOLVAY, Rue de Ransbeek, 310, B - 1120 Bruxelles, BELGIUM, Doctorant au LAMIH
E-mail : emmanuel.adam@solvay.com

(**) LAMIH - URA CNRS 1775, Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis,
Le Mont Houy - B.P. 311 - 59304 Valenciennes Cedex, FRANCE
E-mail : kolski@univ-valenciennes.fr


Résumé. Dans cet article, plusieurs méthodes issues du Génie logiciel sont comparées. Les
critères de comparaison étendent ceux proposés dans une étude de Pascot et Bernadas en 1993.
Des discussions sont systématiquement menées par rapport à la prise en compte des facteurs
humains. Le domaine d'application sous-jacent à cette étude est le développement de systèmes
interactifs dans les processus administratifs complexes de type workflow, où la notion
d'organisation humaine est particulièrement importante.

Mots-clés. Systèmes complexes, modélisation, système interactif, génie logiciel, organisation
humaine, confrontation de méthodes



1
La thèse d'Emmanuel ADAM est cofinancée à 50 % par SOLVAY et à 50 % par la Région Nord-Pas de Calais
(France).
INTRODUCTION
Chaque année, des dizaines de milliers de logiciels
interactifs sont développés dans les entreprises. Dans le
meilleur des cas, l'équipe de développement se base sur
une méthode rigoureuse de développement issue du
Génie Logiciel. Cependant, il est fréquent de constater
que les systèmes interactifs posent en général de
nombreux problèmes d'utilisabilité, ne répondent pas
toujours aux besoins des utilisateurs, sont mal adaptés
à l'organisation du travail, etc ([30, 26, 20, 16]).

Il est important à ce sujet d'étudier et de comparer
les différentes classes de méthodes disponibles et de
voir dans quelle mesure celles-ci peuvent inciter à une
meilleure prise en compte des facteurs humains. Dans
ce but, et sans souci d'exhaustivité, cet article
s'intéresse à plusieurs méthodes, représentatives de
différentes classes :
• MERISE [41, 42] : représentative des méthodes
systémiques (au sens de Le Moigne [23]), et dont la
finalité est l'analyse et la conception de systèmes
d'information (connectés à une base de données) ;
• OMT (Object Modeling Technique ; [37]) :
représentative des méthodes d'analyse et de
conception orientées objets ; bien entendu, d'autres
méthodes bien connues auraient pu également être
considérées, telles les méthodes proposées par Coad
et Yourdon [9], Jacobson [18] ou Booch [7].
• UML (Unified Modeling Language; [29, 38]) :
nouvelle méthode de modélisation et de conception
unifiant les principales méthodes orientées objets
[33]; une comparaison sommaire avec OMT
permettra de constater si UML est mieux adaptée à
la modélisation d'organisations humaines qu'OMT.
• 3AR (Agent Acteur Ressource Abstrait ; [27]) :
représentative des méthodes d'analyse et de
spécification de système d'information orientée
agents (ou acteurs) qui commencent à apparaître


dans la littérature, s'inspirant de concepts provenant
de l'Intelligence Artificielle Distribuée ;
• SADT (Structured Analysis and Design Technique ;
[17]) : inspirée des concepts proposés par Ross
[36], et représentative des méthodes dites
structurées, telle SA [10], orientées vers les étapes
d'analyse et de spécification,
• OSSAD (Office Support System Analysis and
Design; [11]) : méthode d'analyse et de
spécification de système d'information centrée sur
l'organisation du travail,
• CISAD (Cooperative Information System Analysis
and Design ; [31]) : méthode étendant OSSAD, tout
en accordant énormément d'importance aux notions
de coopération et de communication,
• MKSM (Methodology for Knowledge Systems
Management ; [13]) : méthode de gestion de la
connaissance dans l'entreprise. Nous avons ajouté
cette méthode non classique (et plus orientée sur
une approche de l'Intelligence Artificielle) dans la
mesure où celle-ci peut également être source
d'idées pour l'analyse et la conception de systèmes
interactifs.

Toutefois, il faut noter qu'il existe de nombreux
domaines d'application (logiciels de bureautique,
systèmes d'information, systèmes de supervision des
procédés industriels, systèmes grand public, etc). Ces
domaines possèdent tous leur spécificité.

Notre objectif n'est pas une étude comparative
générique valable pour n'importe quel domaine
d'application. Notre objectif est plus modeste et
réaliste : certaines de nos discussions seront
influencées par un domaine d'application particulier :
l'analyse et la conception de systèmes interactifs dédiés
aux processus administratifs complexes, de type
workflow [39]. Nous appelons processus administratif
complexe : un processus de créations, d'échanges et de
modifications de documents entre plusieurs personnes,
réparties dans des espaces différents, n'ayant pas le
même niveau hiérarchique ni la même responsabilité à
l'égard des documents. Nous visons à ce que le système
final ("intelligent" ou non au sens de l'Intelligence
Artificielle) assure une veille pour guider les acteurs du
système et coopérer avec eux. Ce système interactif
doit contribuer à diminuer les circulations de
documents, et donc le risque d'erreurs de traitement de
ces documents [35]; en conséquence, la durée des
procédures associées aux documents devrait également
diminuer, de même que la charge de travail des
différents intervenants humains.

Cette étude comparative reprend les critères
proposés par Pascot et Bernadas en 1993 [32], et les
étend avec pour toile de fond le domaine d'application
cité ci-dessus. Ces auteurs, dans leur article, avaient
proposé un cadre de référence, sorte de méta-modèle,
permettant de comparer des méthodes de conception de
systèmes d’information informatisés.

CRITERES DE CONFRONTATION ETENDANT CEUX
DE PASCOT ET BERNADAS
Dans ce paragraphe sont résumés les critères utilisés
pour la confrontation des méthodes. Ces critères sont
fortement inspirés de Pascot et Bernardas, mais ont été
adaptés pour répondre à notre problématique : l'analyse
et la conception de systèmes interactifs dédiés aux
systèmes administratifs complexes, où la coopération
joue un rôle important. Pour plus de détail sur ces
critères et leurs valeurs possibles, il est bien entendu
conseillé de se référer à ces auteurs.

Après chaque définition de critères, se trouvent
quelques lignes en italique expliquant les
modifications apportées aux critères de Pascot et
Bernardas. Aux 4 dimensions ("représentation",
"organisation", "méthodologie" et "technologie") du
cadre de référence proposé par ces auteurs a été ajoutée
une cinquième dimension appelée "coopération".

Les méthodes d'analyse et de conception existantes
n'ont pas été définies pour être employées sur tous les
domaines d'application, mais partent en général d'un
besoin de méthode dans un domaine particulier (par
exemple : base de données pour la méthode MERISE,
conception de systèmes orientés objets pour la
méthode OMT, gestion des connaissances pour la
méthode MKSM), ou d'une nécessité d'approfondir une
méthode (par exemple : la méthode CISAD étend la
méthode OSSAD; UML fusionne des concepts objets
de plusieurs méthodes : OMT, la méthode de BOOCH,
et les cas d'utilisation provenant de Jacobson [18]).

Le point commun de toutes ces méthodes est
qu'elles cherchent à représenter dans un formalisme
adapté les données issues d'une analyse du système. A
ce sujet, nous associerons à une dimension appelée
"représentation", quatre critères.

Si toutes les méthodes décrivent des modes de
représentation du système, toutes ne précisent pas
quelle structure doit avoir ce système (c'est le cas de
plusieurs méthodes visant la conception, telles que
OMT ou UML), et quelles peuvent être les
caractéristiques de l'environnement dans lequel évolue
le système. Cette notion est reprise dans les trois
critères de la dimension "structure".

Le point le plus important d'une méthode est la
description du cadre méthodologique qui la sous-tend.
Ce point est plus ou moins détaillé selon l'objectif de la
méthode : il l'est plus dans le cas de méthodes tournées
vers la conception logicielle (UML et MERISE par
exemple), il l'est moins dans les méthodes visant
l'optimisation des prises de décisions dans les
organisations (telle que OSSAD et CISAD). Cinq
critères s'intéressent au cycle de développement dans la
dimension "méthodologie".

Les différentes méthodes étudiées visent en général
différents objectifs, concrétisés par des résultats
logiciels. Trois critères permettent de caractériser ces
résultats dans la dimension "technologie".



Enfin, suite aux évolutions récentes telles que
l'explosion d'Internet et des Intranets et la numérisation
de plus en plus poussée des données, de nouveaux
besoins ressortent au niveau des groupes de travail, ce
qui oblige les concepteurs à considérer des facteurs
humains orientés sur le travail coopératif. A cet effet,
quatre critères, dans la dimension "coopération", visent
à prendre en compte ces aspects.

Le cadre de référence pour la confrontation des
méthodes est donc composé de 5 dimensions : la
dimension "représentation", la dimension "structure",
la dimension "méthodologie", la dimension
"technologie" et la dimension "coopération".

La dimension représentation est associée à quatre
critères :
+ La position de l'analyse (façon dont les auteurs de
la méthode "attaquent" le système) :
• totale : analyse de l'ensemble du fonctionnement
système,
• partielle : analyse du système centrée sur les
points critiques.
+ Le principe de construction : Il s'organise autour de
quatre axes : les données, les traitements, l'activité
(dans le cas de processus administratifs, ce sont les
flux de communication) et la dynamique. Il est
possible d'indiquer dans quel ordre ils sont traités.
Ainsi, des axes peuvent être traités en parallèle (par
exemple, lorsque les données et les traitements sont
définis en parallèle). Des opérations de
confrontation et d'assemblage peuvent ensuite être
effectuées sur les quatre axes.
+ Le découpage du système (moyen pour
regrouper/séparer les éléments décelés dans
l'analyse) : celui-ci est réalisé par
niveaux d’abstraction (lorsqu'une organisation est
étudiée, on peut partir du comportement des
personnes interrogées, puis abstraire la personne en
l'associant à un rôle, puis à un groupe de travail,
dans le cas d'une approche ascendante),
généralisation - spécialisation (toujours dans le cas
d'organisations humaines, on peut regarder le
comportement d'une personne par la description de
son rôle, puis étudier plus en détail son
comportement spécifique), type - occurrence
ou stratégie - tactique (dans le cas d'un
département, il s'agit d'étudier ses stratégies à long
terme, le pourquoi de l'activité, ainsi que les
tactiques, le comment).
+ Le formalisme (schémas, concepts et règles) : on
s'intéresse ici aux formalismes de données,
d'activités, de traitements et de la dynamique
utilisés par la méthode.

Dans la dimension "représentation", par rapport à
Pascot et Bernardas, nous avons ajouté la prise en
considération de l'activité du système (au sens des flux
de données). Cette donnée est très importante dans les
processus administratifs car elle correspond en
quelque sorte à la traduction directe (photographie) du
système étudié. Un autre point, très important aussi
dans l'analyse et la modélisation d'organisations
humaines, est la prise en compte de la dynamique
inhérente aux systèmes coopératifs (tels les
interruptions, le quasi parallélisme, la
synchronisation).

La dimension organisation est associée à trois
critères :
+ Images d’organisation : c'est la possibilité que la
méthode a de traduire ou de représenter les
organisations de type boîte noire, hiérarchie,
communauté, système cybernétique (l’organisation
est connue par ses échanges et ses actions sur les
données), système cybernétique ouvert
(l’organisation est considérée comme un système
d’échange et les stratégies du système sont
étudiées), système holonique (proposé par Koestler
en 1968 [19], c'est un système hiérarchique ouvert,
c'est-à-dire que les différents niveaux disposent
d'une autonomie, d'une liberté d'action pour faire
face à des contraintes).
+ Nature de l’environnement : ce sont les
caractéristiques de l'environnement du système sur
lequel s'applique la méthode. Celles-ci
comprennent le degré de structuration, de stabilité
et de certitude (en fait certitude des connaissances
sur l'environnement).
+ Typologie de la connaissance traitée : qualitative,
quantitative, pertinente (prise en compte du sens
des données).

Ici, de nouvelles images d'organisation ont été
ajoutées, plus proches des organisations humaines (en
particulier les structures hiérarchique, communautaire
et holonique). De même, le critère de typologie de la
connaissance a été ajouté, car il est important de
connaître les types de documents manipulés dans les
systèmes administratifs complexes.

La dimension méthodologie est associée à cinq
critères :
+ Cycle de développement : celui-ci peut se baser sur
les modèles cascade ou spirale (au sens de Boehm,
[6]), en V, ∇ [20]
+ Etapes concernées : on doit y retrouver des étapes
classiques en Génie Logiciel : Analyse,
Modélisation, Spécification, Conception,
Validation technique. Il est important d'y retrouver
d'autres étapes importantes au sens des facteurs
humains: Evaluations ergonomiques à priori (avant
la réalisation logicielle), Evaluations ergonomiques
à posteriori (après la réalisation logicielle) [4, 14].
+ Approche de développement : celle-ci peut être
descendante (top-down), ascendante (bottom-up),
ou évolutive (middle-out).
+ Degré d’implication de l’utilisateur : ce degré va de
‘pas d’implication’ à ‘implication essentielle’.
+ Moment d’implication de l’utilisateur : celui-ci se
situe au début, au milieu et/ou en fin de cycle.

Les cycles de développement considérés étaient peu
nombreux, il manquait le cycle en V, pourtant
largement répandu, et le cycle ∇ proposé récemment
par Kolski (cf. annexe 2), et dédié à la conception et à


l'évaluation de systèmes interactifs. Le critère
reprenant les étapes du cycle de vie concernées par la
méthode a aussi été ajouté, car les méthodes étudiées
ne visent pas toutes la réalisation d'un logiciel.

La dimension technologie est associée à trois
critères :
+ Type de traitement : ce sont les types de
fonctionnement possibles des logiciels visés (batch,
interactif, client-serveur, synchrone, asynchrone,
distribué),
+ Type d'Interface homme-machine : il existe
différents types possibles d'interfaces : classique,
adaptable (ou flexible, au sens de Williges [44]),
adaptative (au sens de Schneider-Hufschmidt [40]),
assistante (au sens de Boy [8]),
+ Programmation : indique si elle doit être structurée,
orientée base de données, orientée objet, orientée
multi-agent (ou acteurs, au sens de l'Intelligence
Artificielle Distribuée).

Le critère "mémoire externe" (concernant le type
d'accès à la mémoire : séquentiel pour les bandes et
direct pour les disques) initialement prévue par Pascot
et Bernadas a été abandonné car jugé obsolète et sans
importance ici. Par contre, le critère "interface
homme-machine" a été enrichi de nouveaux types
possibles en rapport avec le domaine des interfaces
dites "intelligentes" [22]. Le critère "programmation"
prend en compte maintenant l'approche des systèmes
multi-agents, faisant actuellement l'objet d'un courant
de recherche.

La dimension coopération est associée à quatre
critères :
+ Communication : indique la prise en compte des
moyens de communication ou du type de
communication (directe (envoi de message),
indirecte (tableau noir), synchrone (par téléphone
par exemple), asynchrone (par exemple : la
messagerie)), la possibilité de représenter la
négociation (qui devient la forme de
communication de plus en plus courante, les
entreprises se tournant de plus en plus vers un
management par projets) et l'utilisation d'un modèle
permettant de formaliser les communications
(celui-ci étant le plus souvent basé sur des théories
de la linguistique),
+ Coordination : indique la considération de la
coordination des acteurs (plus généralement, la
capacité à représenter la synchronisation ente les
acteurs),
+ Relations : indique la prise en compte du type de
relation entre les acteurs (de hiérarchie, de
responsabilité),
+ Individualité : indique si la méthode permet de
représenter des caractéristiques propres aux acteurs
du groupe comme l'autonomie et les problèmes de
confiance que pose le travail coopératif [43], c'est-
à-dire si les acteurs peuvent être définis plus
précisément que par leur appartenance à un groupe.

Cette dimension a été ajoutée par rapport au cadre
initial de Pascot et Bernardas. Elle est indispensable à
partir du moment où une organisation humaine est
concernée.

La partie suivante propose une comparaison des
méthodes MERISE, 3AR , OMT , UML SADT,
OSSAD, CISAD et MKSM au travers de tableaux
reprenant ces nouveaux critères.

COMPARAISON DES DIFFERENTES METHODES

ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION
"REPRESENTATION"
Le tableau 1 montre globalement comment les
différentes méthodes permettent de représenter le
système à étudier, c'est-à-dire à l'aide d'un ensemble de
formalismes, avec un ordre d'apparition dans la
méthode.



Représentation MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM
position de Totale × × × × ×
l'analyse Partielle × × ×
principe de Données O O OO O O O
Construction Activités O O OO O O O O O
Traitements O O O O O O
Dynamique O O O
principe
d’assemblage
Type /
Occurrence
× × × ×
Niveaux d’abstraction × × × × × × × ×
Généralisation /
spécification
× × × × × × ×
Stratégique / tactique
Formalisme Données MCD MO DC,
DO,
Dcol,
MCD Datag. Fiches
OSSAD
cf OSSAD MdD,
MdC
Activités MCC DFD CU,
Dseq,
DFD Actig. Diag. A1,
A2,D1,D2
cf OSSAD
+ MC,
MdAr,
MdCv,
D1'
MdA

Traitements MOT DA Diag. D3, D4
et D5
cf OSSAD MdT
Dynamique D.E.
évolué
D.E.
évolué
RdP
Tableau 1. Le système vu des différentes méthodes

MCD : (de MERISE), Modèle Conceptuel des Données
MOT : (de MERISE), Modèle Organisationnel des
Traitements
MCC : (de MERISE), Modèle Conceptuel de
Communication
MO : (de OMT), Modèle Objet
DE évolué : Diagramme d'Etat adapté ici pour OMT
DC : (de UML), Diagramme de Classe,
DO : (de UML), Diagramme d'Objet,
Dcol : (de UML), Diagramme de Collaboration,
CU : (de UML), Cas d'Utilisation,,
DSeq : (de UML), Diagramme de Séquence,
DA : (de UML), Diagramme d'Activités,
DE : (de UML), Diagramme d'Etat,
DFD : Diagramme de Flot de Données
RdP : Réseau de Petri
Datag. : (de SADT), Datagramme
Actig. : (de SADT), Actigramme
Fiches OSSAD : Les données ne sont pas représentées. Les
fiches distinguent ici, les rôles, acteurs, unités, tâches,
opérations, procédures, ressources et outils.
Diagrammes de OSSAD :
A1 : relations entre fonctions et sous-fonctions aux sein d'un
organisme, A2 : Matrice Activité / Rôle
D1 : Relations entre Rôles, D2 : Relations entre tâches, D3 :
Diagramme d'une tâche (1 rôle) (basé sur les RdP),
D4 : Diagramme d'une procédure (plusieurs rôles), D5 :
Détail d'une opération ou d'une tâche (basé sur les
actigrammes)
Diagrammes de CISAD :
MC : modèle de communication inter-rôles sous la forme
d'une matrice de Grudin,
MdAr : Modèle d'argumentation (raisonnement = question,
options, critères), MdCv : Modèle de conversation,
D1' : modèle de rôle de OSSAD modifié.
MdD : Modèle du Domaine
MdA : Modèle d’Activité, basé sur les actigrammes
MdC : Modèle des Concepts
MdT : Modèle des Tâches

[Ces formalismes sont représentés en annexe 1.]

A partir du tableau 1, différentes remarques
s'imposent :
• Tout d'abord, dans MERISE, la représentation a une
très grande importance. D'ailleurs, les formalismes y
sont essentiels, même si la méthode est quelquefois
injustement résumée par de nombreux développeurs à
ses formalismes principaux : le Modèle Conceptuel
des Données, et à un degré moindre le Modèle
Organisationnel des Traitements. Le découpage en
niveaux d'abstraction est très marqué. En général, on
retrouve dans les différentes versions, les niveaux
conceptuel, organisationnel et physique. Le système
est d'abord abordé par les flux de communication,
puis les données et les traitements sont analysés en
parallèle pour ensuite être confrontés. En principe, les
moyens fournis pourraient apporter un plus pour la
collaboration entre concepteurs techniques et
spécialistes de l'ergonomie (cf. à ce sujet les travaux
de Barthet, [5]).
• Pour OMT, les données ont bien sûr une très grande
importance et le formalisme des données est très
complet (il permet de représenter l'héritage,
l'agrégation et les contraintes). Au niveau des
formalismes, OMT est intéressante car elle n'en
utilise que trois (le modèle Objet, le Diagramme
d'Etat adapté et le Diagramme des Flots de Données)
pour le cycle de vie du projet qui se déroule en quatre
phases : l'analyse, la conception du système, la
conception des données et l'implémentation.
Cependant, on ne retrouve pas véritablement de
modèle suggérant (comme par exemple le modèle
Organisationnel des Traitements de la méthode
MERISE) un rapprochement entre concepteurs et
ergonomes, pour la prise en compte des besoins des
utilisateurs.
• UML provient d'une fusion des principales méthodes
objets. En cela, elle reprend et améliore leurs
formalismes. Pour ce qui est des données, UML


simplifie l’écriture du modèle de données d’OMT.
UML utilise beaucoup plus de modèles qu’OMT, ce
qui peut être déroutant, même si ces modèles sont
basés sur des formalismes semblables (comme les
diagrammes de classe et les diagrammes d’objets par
exemple). Les diagrammes utilisés sont : le
diagramme de classe, le diagramme d’objet, le
diagramme de collaboration, les cas d’utilisation, les
diagrammes de séquences, le diagramme d’activité et
les diagrammes d’état. L’utilisation des cas
d’utilisation de Jacobson oblige d’intégrer ou tout au
moins de prendre en compte l’utilisateur, ce qui
constitue un progrès très important par rapport à
OMT en particulier.
• 3AR propose de réunir les trois aspects données,
activités et comportements dans un seul modèle
d'acteurs. Ces acteurs sont ensuite découpés en
niveaux d'abstraction afin d'accroître la réactivité du
système d'information à concevoir. Cette méthode
traite donc les trois aspects données, traitements et
activités de façon unitaire et s'arrête à l'analyse et à la
représentation des connaissances. 3AR reprend les
formalismes existant (le MCD de MERISE, les
Réseaux de Petri et les Diagrammes de Flots de
Données). A notre avis, les concepts sont prometteurs
mais encore mal exploités par les auteurs de la
méthode 3AR vis-à-vis de la prise en compte des
facteurs humains.
• SADT permet l'analyse et la modélisation de systèmes
à l'aide de deux formalismes : les datagrammes et les
actigrammes. Cette méthode est très utilisée pour
décrire de façon structurée des problèmes et leurs
solutions. Elle comprend 7 concepts dont celui de la
dualité activités-données. Ce qui entraîne un test de
correspondance entre les deux modèles par une
analyse de liens Activités/Données et de liens
Données/Activités. Elle procède par une démarche
Top-Down qui peut être interprétée en terme de
niveaux d'abstraction ou en terme de
généralisation/spécification. Notons que les moyens
de représentation de la méthode SADT a été exploitée
par Abed et Angue [1] pour la modélisation statique
des tâches et/ou des activités humaines, et
complémentée par les réseaux de Petri pour la
composante dynamique.
• OSSAD se compose de trois modèles : le modèle
Abstrait qui comprend 2 graphes (A1 : relations entre
fonctions ou activités, A2 : matrice activité/Rôle), le
modèle descriptif qui comprend 5 graphes
(D1 : relations entre rôles, D2 : relations entre tâches,
D3 : diagramme d’une tâche (1 rôle), D4 : diagramme
d’une procédure (plusieurs rôles), D5 : description
détaillée d’une opération). Cette méthode ne décrit
pas les données, mais uniquement les activités, les
tâches et les acteurs de ces activités essentiellement
de type bureautique. En principe, les méthodes de
représentation disponibles dans cette méthode sont
centrées sur l'analyse du travail humain, et nous
paraissent donc prometteuses au sens d'une
coopération entre concepteurs techniques et
ergonomes.
• CISAD est une amélioration de la méthode OSSAD.
Elle reprend les modèles de OSSAD auxquels elle
ajoute des composantes permettant de représenter la
communication entre le personnel coopérant d'un
système. Ces composantes sont la matrice de Grudin
[15] pour la modélisation des communications, le
modèle d'argumentation de la méthode IBIS qui
représente le raisonnement par une représentation
"Question - Options - Critères" et le modèle de
conversation d'après le modèle orienté coordination
Action. Le modèle de rôle D1 est adapté afin de
représenter la responsabilité des rôles dans les
différentes activités. De même que OSSAD, cette
méthode ne décrit pas les données, mais décrit en
plus les liens de communications et de
responsabilités. Encore plus que pour OSSAD,
plusieurs moyens sont disponibles pour faciliter la
prise en compte des facteurs humains.
• MKSM découpe le système selon trois axes : la
syntaxe, la pragmatique et la sémantique. Chacun de
ces axes est découpé en trois points de vue : la
structure, la fonction et l’évolution. Cette méthode
commence d’abord par identifier les processus par le
modèle du domaine, puis le modèle d’activité décrit
les flux de données par actigrammes. Les données
sont ensuite représentées par le modèle des concepts,
et enfin les tâches sont représentées par le modèle des
tâches. Là aussi, la plupart des concepts de base
manipulés peuvent aller dans le sens de la prise en
compte des facteurs humains.

ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA
DIMENSION "ORGANISATION"
La manière dont l'organisation homme-machine est
considérée dans une méthode du Génie Logiciel est
essentielle : elle peut avoir des conséquences
importantes sur le logiciel résultant qui répondra plus
ou moins bien aux besoins de ses différents utilisateurs,
et surtout de la manière dont ils sont organisés. Le
tableau 2 apporte un premier éclairage à ce sujet.




Structure
MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM
images Boîte noire
d’organisation Hiérarchie
Communauté
Système holonique
Système cybernétique × × × ×
Système cybernétique
ouvert
× × × × ×
nature de Structuré × × × × × × × ×
l'environnement Semi-structuré × × × × × ×
Non structuré ×
Stable × × × × × × × ×
Instable × × ×
Certain × × × × × × × ×
Incertain
Typologie des Qualité × × × × × × × ×
Données Quantité × × ×
Pertinence × × ×
Tableau 2. L'organisation vue des différentes méthodes

Rappelons d'abord que pour le système
cybernétique, l’organisation est connue par ses
échanges et ses actions, et que pour le système ouvert
finalisé, elle est considérée comme un système
d’échange et les actions effectuées sont connues. Dans
ce cadre, les conclusions suivantes ressortent :
• MERISE considère l'organisation par ses échanges et
ses actions (par le MCD et le MOT). Cette méthode
est destinée aux systèmes structurés, stables et
certains... ce qui n'est pas le cas dans différents
domaines d'application (ou entreprises). De plus, sa
finalité orientée base de données permet d'avoir une
information qualitative et quantitative des données.
• Pour OMT, le système en général (on ne parle pas
vraiment d'organisation dans OMT, ce qui constitue à
notre sens une limitation) est aussi connu par ses
échanges et ses actions, mais cette méthode, par sa
conception objet, peut s’appliquer à des systèmes
semi-structurés et instables dans une mesure
prédéfinie. En principe, l'approche objet permet
d'obtenir toutes les informations nécessaires sur les
données.
• UML étant une méthode objet, les remarques
précédentes s’y appliquent. UML par contre peut
aussi s’appliquer à un système cybernétique ouvert,
c’est-à-dire un système basé sur la communication
dont les stratégies sont connues. En effet, par
l’utilisation des diagrammes d’état et de séquence, il
est possible de modéliser les comportements des
objets comme ceux plus globaux des classes.
• La méthode 3AR, orientée système d’information,
s’applique aux systèmes ouverts finalisés, et comme
OMT, peut s’appliquer à des systèmes semi-
structurés et instables. Pour représenter les données,
elle utilise le formalisme MCD de MERISE qui
n'apporte qu'une information qualitative. Notons que
des recherches prometteuses sont menées en IAD
concernant l'analyse et la modélisation de différentes
organisations [24, 34]. Des travaux restent à faire
concernant l'intégration de tels concepts dans des
méthodes du Génie Logiciel orientées agents.
• La méthode SADT s'applique à l'analyse
fonctionnelle de systèmes et donc aux systèmes
cybernétiques. De par son analyse descendante,
hiérarchique et structurée, elle ne peut s'appliquer
qu'à des environnements stables, certains et
structurés. Seul l'aspect qualitatif des données est pris
en compte. Un aspect important de la méthode est
qu'elle suggère une analyse prenant en compte le
point de vue des différents intervenants humains.
• OSSAD, destinée aux systèmes d'information, voit
l'organisation uniquement comme un système ouvert
finalisé. Son modèle abstrait (représentant ce qui doit
être fait et pourquoi) nécessite un système stable et
certain. Son modèle descriptif (représentant qui fait
quoi et comment) apporte les solutions. OSSAD peut
donc s'appliquer à un environnement semi-structuré.
Au travers de ses diagrammes, OSSAD fournit des
informations relatives à la pertinence et la qualité des
données.
• CISAD étant une adaptation de OSSAD, les
commentaires valables pour OSSAD le sont aussi
pour CISAD.
• MKSM, présentée comme une méthode de gestion
des connaissances, s'applique aux systèmes ouverts
finalisés. Cette méthode permet de modéliser le
patrimoine de connaissances par raffinements
successifs et ne nécessite pas un environnement
structuré. Par contre, son analyse de processus et
d'activités nécessite un environnement stable et
certain. Son modèle de processus et son modèle de
concepts permettent d'avoir également des
informations sur la pertinence et la qualité des
données.

ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA
DIMENSION "METHODOLOGIE"
Le tableau 3 donne un aperçu de la manière dont
s'enchaînent les étapes dans les différentes méthodes, et


leur portée dans le cycle de vie du projet. Cette
dimension montre aussi globalement comment les
méthodes intègrent les utilisateurs.

Méthodologie
MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM
Cycle de Cascade × × ×
Développement Spirale × ×
V × × ×

Etapes concernées Analyse × × × × × × × ×
Modélisation × × × × × × × ×
Spécification × × × × × ×
Conception × × ×
Evaluation à
priori

Evaluation à
posteriori
× ×
Approche Descendante × × × × × ×
Ascendante ×
Evolutive ×
Degré Pas ×
d’implication Peu × × × ×
de l’utilisateur Beaucoup ×
Essentiel × ×
Moment Début × × × × × ×
d'implication Milieu × × ×
de l’utilisateur fin × × × × ×
Tableau 3. Aspects méthodologiques abordée par les méthodes

Le tableau 3 suggère des remarques significatives
au sens de la prise en compte des facteurs humains
dans les méthodes du Génie Logiciel.
• MERISE couvre le cycle de vie total du projet,
supporte le développement en cascade et possède une
approche descendante. L'utilisateur est peu impliqué
dans le projet et sa contribution se situe surtout au
début, au niveau des modèles conceptuels et
organisationnels . Soulignons à nouveau les travaux
de Barthet [5] visant à mieux intégrer la prise en
compte de l'utilisateur dans la méthode MERISE.
• OMT couvre presque entièrement le cycle de vie du
projet (jusqu'aux phases de validation, mais non de
maintenance). Le cycle de développement utilisé est
le cycle en spirale (suggérant en principe le
prototypage), mais celui-ci est uniquement centré sur
la modélisation de l'application, et son raffinement
successif. Son approche est également descendante,
l'utilisateur est un peu impliqué à la fin du projet. On
trouve dans la plupart des méthodes orientées objets
de telles limitations : l'utilisateur y est quasi
inexistant.
• UML utilise aussi un cycle de développement en
spirale (présenté comme développement itératif), et
couvre le cycle de vie du logiciel jusqu'aux phases de
validation. L’approche peut être définie comme
évolutive. En effet, les classes sont d’abord définies,
puis les liens entre ces classes (on obtient un schéma
général du système), puis on descend au niveau des
objets et de leur utilisation et de leurs
comportements. L’utilisateur est plus impliqué que
dans OMT grâce aux cas d’utilisation et au
développement itératif.
• La méthode 3AR ne couvre pas l'ensemble du cycle
de vie du logiciel mais seulement l'analyse et la
spécification. Elle utilise le cycle de développement
en cascade et n'intègre pas l'utilisateur dans le projet.
De nombreuses extensions sont donc nécessaires à
cette méthode et aux méthodes de ce type inspirées
de concepts de l'Intelligence Artificielle Distribuée.
• SADT facilite surtout l'analyse et la modélisation du
système (même si ses auteurs suggèrent d'aller
jusqu'à la validation du système) et suit le cycle en
cascade. Son approche est bien sûr descendante, et
l'utilisateur est surtout impliqué lors de cette phase
d'analyse.
• OSSAD et CISAD, ont pour but la réorganisation et
sa simulation. Elles s'intéressent à l'analyse et à la
spécification et laissent le choix à d'autres méthodes
pour ce qui est de l'implémentation. Elles utilisent le
cycle de vie en V et suivent une démarche
descendante. L'avis de l'utilisateur est essentiel tout
au long du projet.
• MKSM, en tant que méthode de gestion des
connaissances, ne permet que l'analyse du système.
La spécification et la conception sont réalisées en
s'appuyant sur la méthode OMT. Elle utilise le cycle
de développement en V et une approche descendante.
L'utilisateur s'avère peu impliqué durant le projet.

ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA
DIMENSION "TECHNOLOGIE"
Le tableau 4 permet d'appréhender le résultat final que
l'on peut attendre des différentes méthodes, du point de
vue logiciel.



Technologie
MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM
Mode de Batch ×
Traitement Interactif × × × × × ×
Client-serveur × × × × ×
Synchrone × × × × ×
Asynchrone × ×
Distribué × ×
Type d'Interface
Homme Machine
Mode de
construction

Classique × × × × × × × ×
Adaptable × ×
Adaptative ×
Assistante
Programmation Structurée × × × × × × × ×
Base de données × × ×
Objet × × × ×
Multi-agents × ×
Tableau 4. Logiciels réalisables par les méthodes

Plusieurs remarques découlent du tableau 4.
• MERISE est destinée à la conception de bases de
données qui peuvent supporter un mode de traitement
batch, interactif, synchrone et client-serveur (suivant
la version de MERISE). Elle peut aboutir à une
programmation structurée, mais surtout à la
conception d'une base de données éventuellement
orientée objet (grâce aux extensions actuelles de
MERISE; cf. par exemple [28]).
• OMT est une méthode orientée objet. Elle permet de
concevoir des programmes qui peuvent être
interactifs, basés sur une architecture client-serveur,
synchrones et/ou distribués. La programmation issue
d'une spécification OMT peut bien sûr être orientée
objet, mais aussi structurée comme l'expliquent les
auteurs de la méthode.
• UML étant aussi une méthode orientée objet, elle
permet de concevoir les programmes du même type
que OMT. Mais ses autres diagrammes (diagrammes
de séquence, diagramme de collaboration,
diagrammes d’activités) permettent la conception de
logiciels issus d'une programmation distribuée, et
pourraient servir de base à la conception d’interfaces
adaptatives par les diagrammes des cas d’utilisation,
mais des recherches sont encore à mener à ce sujet.
• 3AR est orientée agent et permet d'obtenir des
programmes interactifs, pouvant reposer sur une
architecture client-serveur, fonctionnant de manière
synchrone ou asynchrone ou ayant des modules
distribués. Le type de programmation issu d'une
spécification 3AR peut être structuré, orienté objet ou
orienté multi-agents (acteurs).
• SADT, OSSAD et CISAD sont des méthodes
d'analyse et de modélisation. En principe, elles ne
sont pas destinées à la conception d'applications. A
partir d'une analyse SADT, il est possible de
concevoir des applications à l'aide d'une
programmation structurée. Il en est de même pour
OSSAD et CISAD qui peuvent, par leur modélisation
des rôles, aboutir en plus à une programmation
orientée objet.
• MKSM, méthode de gestion des connaissances repose
sur OMT pour ce qui est de la spécification
d'application. Les critères technologiques reprennent
donc ceux de OMT.

Il est très important de souligner qu'aucune
méthode ne prend en considération véritablement
l'interface utilisateur. C'est pourquoi le critère
"classique" apparaît dans chacune d'elle. Aucune
suggestion n'est faite dans ces méthodes concernant les
approches d'interfaces dites "intelligentes" qui sont
pourtant apparues dans la littérature depuis le début des
années 80 (cf. par exemple [12]). De nombreuses
améliorations devraient donc pouvoir leur être
apportées à ce sujet.

ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA
DIMENSION "COOPERATION"
La coopération n'est considérée que dans OSSAD et
CISAD, le tableau suivant met donc l'accent sur ces
deux méthodes.

Plusieurs remarques peuvent être formulées au vu
du tableau 5.

Toutes les méthodes permettent de représenter les flux
de données d'une organisation. Mais seules quatre
d'entre elles permettent de représenter la coordination
(ou synchronisation) au sein de l'organisation. En effet,
les modèles de traitement de MERISE de OSSAD et de
CISAD ainsi que le réseau de Petri utilisé par 3AR
permettent de représenter la coordination au sein d'une
organisation. Tandis que les modèles dynamiques de
OMT et de UML ne s'appliquent qu'à la définition des
opérations à l'intérieur des objets. Par contre, la
modélisation objet des acteurs permet à OMT et UML
de représenter leur éventuelle autonomie, OSSAD et
CISAD utilisant les fiches acteurs.

















Relation interpersonnel
MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM
Communication De données × × × × × × × ×
Modes de
communication

Synchrone/
Asynchrone

Modèle du
langage

Modèles de
conversation et
d'argumentation

Négociation ×
Relations Hiérarchie × ×
Responsabilité ×
Coordination × × × ×
Individualité Confiance
Autonomie × × × ×
Tableau 5. Prise en compte de la coopération dans les méthodes



CISAD reprend les points forts de OSSAD et les
étend, notamment en prenant en compte la notion de
responsabilité. CISAD offre la possibilité de définir le
type de communications et de les détailler par les
modèles de conversation et d'argumentation, ce qui
permet de représenter les phases de négociation entre
acteurs, principales structures des communications
dans les organisations actuelles, qui ont de plus en plus
une structure par projet plutôt que pyramidale.

En revanche, aucune méthode ne formalise la
confiance que porte un rôle envers un autre rôle;
pourtant cette notion peut être très importante dans
certaines situations [25].

RESULTAT GLOBAL DES CONFRONTATIONS
ET DISCUSSION PAR RAPPORT AUX
PROCESSUS INDUSTRIELS COMPLEXES
Le diagramme suivant représente une synthèse des
différentes confrontations selon les cinq dimensions.
La méthode idéale devrait couvrir toutes ces
dimensions. Mais, si certaines méthodes sont tout a fait
pertinentes pour quelques dimensions, elles ne
répondent jamais à toutes les dimensions. OMT, par
exemple, possède des formalismes bien décrits
permettant de représenter clairement un problème,
mais ne peut pas s'appliquer à différents types
d'organisation, et ne prend pas en compte la
coopération dans un système informatique multi-
utilisateur. De même, si OSSAD s'intéresse à l'aspect
coopération et organisation, elle ne prend pas en
compte l'aspect technologique.


3
1
3
1
3
1
3
2
3
2
3
3
1
3
3
1
2
3
3
1
3
2
1
1
1
3
1
2
1
3
2
3
3
3
3
3
MERISE OMT UML OSSAD CISAD 3AR MKSM SADT ?
(METHODE
IDEALE)
Coopération
Technologie
Méthodologie
Organisation
Représentation

légende : 1 = préoccupation peu importante, 2 = préoccupation importante, 3 = préoccupation très importante.
Figure 1 .confrontation des 7 méthodes à l’aide de diagrammes

La figure 1 permet de faire ressortir plusieurs points
importants. On remarque d'abord qu’aucune méthode
ne permet de gérer à la fois l'aspect coopération et
l'aspect technologie. De plus, on peut obtenir une


colonne presque complète en couplant MERISE, UML,
CISAD et SADT.

Peut-on déduire de cette confrontation une méthode
répondant à notre préoccupation : c'est-à-dire l’analyse
et la modélisation de systèmes administratifs
complexes en vue de la la conception d'un système
interactif destiné à un ensemble d'acteurs ? Il est utile à
ce sujet de reprendre certains points relatifs aux
différentes dimensions.

• Pour ce qui est de la dimension représentation, le
but étant d'obtenir une méthode d'analyse et de
modélisation de systèmes administratifs complexes, il
serait préférable d'utiliser une partie de la méthode
UML pour ce qui est de la représentation des
données. Pour la représentation des activités, CISAD
ne propose pas un formalisme assez strict.
L'utilisation de la méthode SADT, et surtout de ses
actigrammes est à envisager. Les actigrammes de
SADT ne permettant pas de représenter les
interruptions de travail, ni les tâches parallèles ; les
réseaux de Pétri peuvent apporter leur contribution,
comme ils le font dans 3AR et dans OSSAD. Pour ce
qui est des traitements, le MOT de MERISE est
pertinent, mais OSSAD ajoute à ce formalisme la
notion de rôle et d'équipe de travail.
L'approche doit être orientée par les problèmes, afin
de réduire le nombre de cas à envisager. L'activité
doit être étudiée en premier lieu, puis de cette analyse
d'activité est déduite la représentation des données et
des traitements. Ceci de façon à avoir un modèle le
plus proche possible de la réalité car déduit de trois
points de vue différents : l'activité, les données et les
traitements. Une représentation, nécessaire, de la
dynamique doit ensuite être effectuée afin d'obtenir
tous les détails du système.

• Concernant la dimension organisation, la méthode
visée est destinée aux systèmes administratifs, et
donc aux systèmes ouverts finalisés. Elle doit être
capable de représenter les systèmes structurés ou
semi-structurés. Comme la finalité de la méthode est
la spécification d'une solution logicielle interactive
diminuant la charge de travail et le risque d'erreur
dans le groupe, l'environnement ne peut pas être
instable ni surtout incertain en ce qui concerne les
activités et rôles des acteurs du système.
Il est bien sûr nécessaire d'avoir toutes les
informations concernant les données qui circulent
dans le système, c'est-à-dire les informations sur la
quantité, la qualité et la pertinence des données.

• Concernant la dimension méthodologie, le cycle ∇
([20,21]) dédié à la conception de systèmes
interactifs, intègre beaucoup le futur utilisateur dans
le cycle de vie du projet, procède à une approche
descendante et suggère l'utilisation d'un modèle réel
et un modèle de référence (le modèle visé).
L'implication de l'utilisateur est bien sûr essentielle
dans le cas d'interface hommes-machines. Nous
chercherons à utiliser, voire adapter ce modèle.

• Concernant la dimension technologie, le mode de
traitement sera bien sûr interactif, distribué car les
utilisateurs sont répartis géographiquement dans des
bureaux, synchrone ou asynchrone en ce qui
concerne la transmission de données. L'interface sera
adaptable, et devra être adaptative, sinon assistante.
L'adaptativité est nécessaire dans un système où les
personnes ne jouent pas le même rôle. La
programmation pourra être structurée, orientée objet
ou basée sur une architecture multi-agent.

• Pour la prise en compte de la dimension coopération,
la méthode doit intégrer les aspects essentiels de
communication et de relations inter-personnels telles
que la hiérarchie, la responsabilité et prendre en
compte certains problèmes de confiance dans
l'organisation.

CONCLUSION
Il existe maintenant un nombre important de méthodes
du Génie Logiciel qui se sont développées en suivant
l'évolution des langages et des techniques (MERISE et
UML par exemple). Mais ces méthodes n'apportent pas
la solution à tous les problèmes, elles disposent de
certaines qualités propres au traitement de problèmes
spécifiques mais ont des lacunes au regard d'autres
problèmes. Elles sont en général très limitées lorsque le
système visé est hautement interactif, et ont toutes
besoin d'améliorations à ce sujet. Pourtant, et comme
nous l'avons remarqué dans l'étude comparative de la
dimension représentation, des moyens de
représentation (en rapport avec les notions de tâches,
procédures...) pourraient faire office de support de
dialogue entre concepteurs techniques et ergonomes,
dans plusieurs des méthodes étudiées.

La confrontation que nous avons effectuée a permis
d'étudier en détail 8 méthodes représentatives de leur
classe en fonction de notre besoin, relatif aux systèmes
industriels complexes, et ceci selon 5 dimensions :
représentation, structure, méthodologie, technologie et
coopération. Cependant, il est clair que cette
confrontation a été influencée par notre perception du
domaine d'application ; de plus, pour certains critères,
l'avis n'est pas toujours en réalité aussi binaire que le
remplissage des tableaux le suggère. D'autres auteurs
auraient pu remplir certaines cases de manière
sensiblement différente.

Cette confrontation nous facilite tout de même la
définition d'un cahier des charges global d'une méthode
répondant à un besoin particulier. Dans notre cas, elle
nous a permis de définir les principaux axes d'une
méthode d'analyse et de modélisation de systèmes
administratifs complexes en vue de la spécification
d'un système interactif répondant à la problématique de
tels systèmes (coopération, circulation de données,
prise en compte de l'utilisateur dans le cycle de vie du
projet). Cette méthode est en cours d'étude [2,3].






Remerciements.
Les auteurs remercient Emmanuel Vergison pour
ses remarques avisées. Ils remercient également
D.Pascot et C.Bernardas qui ont été pour eux une
source très importante d'inspiration.



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et les cas d'utilisation provenant de Jacobson [18]). [17]) : inspirée des concepts proposés par Ross [36]. se trouvent quelques lignes en italique expliquant les modifications apportées aux critères de Pascot et Bernardas. "organisation". telles que OMT ou UML). il l'est moins dans les méthodes visant l'optimisation des prises de décisions dans les organisations (telle que OSSAD et CISAD). Si toutes les méthodes décrivent des modes de représentation du système. Ces domaines possèdent tous leur spécificité. [11]) : méthode d'analyse et de spécification de système d'information centrée sur l'organisation du travail. Cette étude comparative reprend les critères proposés par Pascot et Bernadas en 1993 [32]. concrétisés par des résultats logiciels. Ces critères sont fortement inspirés de Pascot et Bernardas. Aux 4 dimensions ("représentation". Les différentes méthodes étudiées visent en général différents objectifs.dans la littérature. Notre objectif est plus modeste et réaliste : certaines de nos discussions seront influencées par un domaine d'application particulier : l'analyse et la conception de systèmes interactifs dédiés aux processus administratifs complexes. avaient proposé un cadre de référence. • MKSM (Methodology for Knowledge Systems Management . [13]) : méthode de gestion de la connaissance dans l'entreprise. . il est bien entendu conseillé de se référer à ces auteurs. la durée des procédures associées aux documents devrait également diminuer. toutes ne précisent pas quelle structure doit avoir ce système (c'est le cas de plusieurs méthodes visant la conception. la méthode de BOOCH. CRITERES DE CONFRONTATION ETENDANT CEUX DE PASCOT ET BERNADAS Dans ce paragraphe sont résumés les critères utilisés pour la confrontation des méthodes. de type workflow [39]. Nous avons ajouté cette méthode non classique (et plus orientée sur une approche de l'Intelligence Artificielle) dans la mesure où celle-ci peut également être source d'idées pour l'analyse et la conception de systèmes interactifs. Ces auteurs. sorte de méta-modèle. Cette notion est reprise dans les trois critères de la dimension "structure". dans leur article. d'échanges et de modifications de documents entre plusieurs personnes. mais ont été adaptés pour répondre à notre problématique : l'analyse et la conception de systèmes interactifs dédiés aux systèmes administratifs complexes. Nous visons à ce que le système final ("intelligent" ou non au sens de l'Intelligence Artificielle) assure une veille pour guider les acteurs du système et coopérer avec eux. Nous appelons processus administratif complexe : un processus de créations. Pour plus de détail sur ces critères et leurs valeurs possibles. quatre critères. et quelles peuvent être les caractéristiques de l'environnement dans lequel évolue le système. nous associerons à une dimension appelée "représentation". systèmes de supervision des procédés industriels. Les méthodes d'analyse et de conception existantes n'ont pas été définies pour être employées sur tous les domaines d'application. Le point le plus important d'une méthode est la description du cadre méthodologique qui la sous-tend. n'ayant pas le même niveau hiérarchique ni la même responsabilité à l'égard des documents. • CISAD (Cooperative Information System Analysis and Design . permettant de comparer des méthodes de conception de systèmes d’information informatisés. UML fusionne des concepts objets de plusieurs méthodes : OMT. gestion des connaissances pour la méthode MKSM). en conséquence. mais partent en général d'un besoin de méthode dans un domaine particulier (par exemple : base de données pour la méthode MERISE. A ce sujet. ou d'une nécessité d'approfondir une méthode (par exemple : la méthode CISAD étend la méthode OSSAD. Cinq critères s'intéressent au cycle de développement dans la dimension "méthodologie". orientées vers les étapes d'analyse et de spécification. réparties dans des espaces différents. Trois critères permettent de caractériser ces résultats dans la dimension "technologie". Toutefois. Ce système interactif doit contribuer à diminuer les circulations de documents. et donc le risque d'erreurs de traitement de ces documents [35]. telle SA [10]. conception de systèmes orientés objets pour la méthode OMT. [31]) : méthode étendant OSSAD. Notre objectif n'est pas une étude comparative générique valable pour n'importe quel domaine d'application. "méthodologie" et "technologie") du cadre de référence proposé par ces auteurs a été ajoutée une cinquième dimension appelée "coopération". s'inspirant de concepts provenant de l'Intelligence Artificielle Distribuée . etc). • OSSAD (Office Support System Analysis and Design. où la coopération joue un rôle important. tout en accordant énormément d'importance aux notions de coopération et de communication. systèmes d'information. et les étend avec pour toile de fond le domaine d'application cité ci-dessus. • SADT (Structured Analysis and Design Technique . de même que la charge de travail des différents intervenants humains. et représentative des méthodes dites structurées. Après chaque définition de critères. systèmes grand public. Le point commun de toutes ces méthodes est qu'elles cherchent à représenter dans un formalisme adapté les données issues d'une analyse du système. Ce point est plus ou moins détaillé selon l'objectif de la méthode : il l'est plus dans le cas de méthodes tournées vers la conception logicielle (UML et MERISE par exemple). il faut noter qu'il existe de nombreux domaines d'application (logiciels de bureautique.

la dimension "méthodologie". en V. ascendante (bottom-up). Les cycles de développement considérés étaient peu nombreux. Le principe de construction : Il s'organise autour de quatre axes : les données. de traitements et de la dynamique utilisés par la méthode. La dimension méthodologie est associée à cinq critères : Cycle de développement : celui-ci peut se baser sur les modèles cascade ou spirale (au sens de Boehm. Validation technique. d'une liberté d'action pour faire face à des contraintes). Cette donnée est très importante dans les processus administratifs car elle correspond en quelque sorte à la traduction directe (photographie) du système étudié. de stabilité et de certitude (en fait certitude des connaissances sur l'environnement). très important aussi dans l'analyse et la modélisation d'organisations humaines. nous avons ajouté la prise en considération de l'activité du système (au sens des flux de données). Il est possible d'indiquer dans quel ordre ils sont traités. la synchronisation). Dans la dimension "représentation". La dimension organisation est associée à trois critères : Images d’organisation : c'est la possibilité que la méthode a de traduire ou de représenter les organisations de type boîte noire. pertinente (prise en compte du sens des données). visent à prendre en compte ces aspects. concepts et règles) : on s'intéresse ici aux formalismes de données. ou évolutive (middle-out). • partielle : analyse du système centrée sur les points critiques. lorsque les données et les traitements sont définis en parallèle). système cybernétique ouvert (l’organisation est considérée comme un système d’échange et les stratégies du système sont étudiées). quantitative. dans la dimension "coopération". on peut regarder le comportement d'une personne par la description de son rôle. la dimension "technologie" et la dimension "coopération". on peut partir du comportement des personnes interrogées.occurrence ou stratégie . Spécification. au milieu et/ou en fin de cycle. dans le cas d'une approche ascendante). le quasi parallélisme. Approche de développement : celle-ci peut être descendante (top-down). Evaluations ergonomiques à posteriori (après la réalisation logicielle) [4. Moment d’implication de l’utilisateur : celui-ci se situe au début. système holonique (proposé par Koestler en 1968 [19]. ainsi que les tactiques. d'activités. Degré d’implication de l’utilisateur : ce degré va de ‘pas d’implication’ à ‘implication essentielle’. La dimension représentation est associée à quatre critères : La position de l'analyse (façon dont les auteurs de la méthode "attaquent" le système) : • totale : analyse de l'ensemble du fonctionnement système. de nouvelles images d'organisation ont été ajoutées. Modélisation. suite aux évolutions récentes telles que l'explosion d'Internet et des Intranets et la numérisation de plus en plus poussée des données. Le cadre de référence pour la confrontation des méthodes est donc composé de 5 dimensions : la dimension "représentation". ce qui oblige les concepteurs à considérer des facteurs humains orientés sur le travail coopératif. la dimension "structure". Ici. hiérarchie. ∇ [20] Etapes concernées : on doit y retrouver des étapes classiques en Génie Logiciel : Analyse. il manquait le cycle en V. De même. les traitements. communautaire et holonique). et le cycle ∇ proposé récemment par Kolski (cf. par rapport à Pascot et Bernardas. des axes peuvent être traités en parallèle (par exemple. Celles-ci comprennent le degré de structuration. le pourquoi de l'activité. puis à un groupe de travail. il s'agit d'étudier ses stratégies à long terme. le comment). Le découpage du système (moyen pour regrouper/séparer les éléments décelés dans l'analyse) : celui-ci est réalisé par niveaux d’abstraction (lorsqu'une organisation est étudiée. ce sont les flux de communication) et la dynamique. Ainsi. puis abstraire la personne en l'associant à un rôle. communauté. Nature de l’environnement : ce sont les caractéristiques de l'environnement du système sur lequel s'applique la méthode. de nouveaux besoins ressortent au niveau des groupes de travail. [6]). le critère de typologie de la connaissance a été ajouté. car il est important de connaître les types de documents manipulés dans les systèmes administratifs complexes. Il est important d'y retrouver d'autres étapes importantes au sens des facteurs humains: Evaluations ergonomiques à priori (avant la réalisation logicielle). A cet effet. Conception.Enfin. type .spécialisation (toujours dans le cas d'organisations humaines. annexe 2). est la prise en compte de la dynamique inhérente aux systèmes coopératifs (tels les interruptions. pourtant largement répandu.tactique (dans le cas d'un département. 14]. Typologie de la connaissance traitée : qualitative. puis étudier plus en détail son comportement spécifique). Un autre point. système cybernétique (l’organisation est connue par ses échanges et ses actions sur les données). généralisation . Le formalisme (schémas. l'activité (dans le cas de processus administratifs. quatre critères. c'est-à-dire que les différents niveaux disposent d'une autonomie. c'est un système hiérarchique ouvert. et dédié à la conception et à . Des opérations de confrontation et d'assemblage peuvent ensuite être effectuées sur les quatre axes. plus proches des organisations humaines (en particulier les structures hiérarchique.

Relations : indique la prise en compte du type de relation entre les acteurs (de hiérarchie. UML SADT. synchrone (par téléphone par exemple). c'est-à-dire à l'aide d'un ensemble de formalismes. Elle est indispensable à partir du moment où une organisation humaine est concernée. au sens de Williges [44]). au sens de l'Intelligence Artificielle Distribuée). les entreprises se tournant de plus en plus vers un management par projets) et l'utilisation d'un modèle permettant de formaliser les communications (celui-ci étant le plus souvent basé sur des théories de la linguistique). OMT . Programmation : indique si elle doit être structurée. Type d'Interface homme-machine : il existe différents types possibles d'interfaces : classique. de responsabilité). orientée objet. interactif. client-serveur. adaptable (ou flexible. CISAD et MKSM au travers de tableaux reprenant ces nouveaux critères. Le critère "mémoire externe" (concernant le type d'accès à la mémoire : séquentiel pour les bandes et direct pour les disques) initialement prévue par Pascot et Bernadas a été abandonné car jugé obsolète et sans importance ici. c'està-dire si les acteurs peuvent être définis plus précisément que par leur appartenance à un groupe. Individualité : indique si la méthode permet de représenter des caractéristiques propres aux acteurs du groupe comme l'autonomie et les problèmes de confiance que pose le travail coopératif [43]. faisant actuellement l'objet d'un courant de recherche. le critère "interface homme-machine" a été enrichi de nouveaux types possibles en rapport avec le domaine des interfaces dites "intelligentes" [22]. adaptative (au sens de Schneider-Hufschmidt [40]). La partie suivante propose une comparaison des méthodes MERISE. avec un ordre d'apparition dans la méthode. orientée base de données. . asynchrone (par exemple : la messagerie)). Le critère "programmation" prend en compte maintenant l'approche des systèmes multi-agents. indirecte (tableau noir). la capacité à représenter la synchronisation ente les acteurs). car les méthodes étudiées ne visent pas toutes la réalisation d'un logiciel. distribué). Cette dimension a été ajoutée par rapport au cadre initial de Pascot et Bernardas. Par contre. La dimension coopération est associée à quatre critères : Communication : indique la prise en compte des moyens de communication ou du type de communication (directe (envoi de message).l'évaluation de systèmes interactifs. synchrone. orientée multi-agent (ou acteurs. asynchrone. 3AR . OSSAD. La dimension technologie est associée à trois critères : Type de traitement : ce sont les types de fonctionnement possibles des logiciels visés (batch. assistante (au sens de Boy [8]). COMPARAISON DES DIFFERENTES METHODES ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION "REPRESENTATION" Le tableau 1 montre globalement comment les différentes méthodes permettent de représenter le système à étudier. Le critère reprenant les étapes du cycle de vie concernées par la méthode a aussi été ajouté. la possibilité de représenter la négociation (qui devient la forme de communication de plus en plus courante. Coordination : indique la considération de la coordination des acteurs (plus généralement.

MdCv : Modèle de conversation. : (de SADT). D'ailleurs. A2. CU. les moyens fournis pourraient apporter un plus pour la collaboration entre concepteurs techniques et spécialistes de l'ergonomie (cf. acteurs. Diagramme d'Activités.E. D5 : Détail d'une opération ou d'une tâche (basé sur les actigrammes) Diagrammes de CISAD : MC : modèle de communication inter-rôles sous la forme d'une matrice de Grudin. la représentation a une très grande importance. D3 : Diagramme d'une tâche (1 rôle) (basé sur les RdP). Diagramme de Classe. Diagramme d'Objet.. Modèle Objet DE évolué : Diagramme d'Etat adapté ici pour OMT DC : (de UML). DFD : Diagramme de Flot de Données RdP : Réseau de Petri Datag. les niveaux conceptuel. la conception du système. OMT est intéressante car elle n'en utilise que trois (le modèle Objet. Cependant. En général. on retrouve dans les différentes versions. basé sur les actigrammes MdC : Modèle des Concepts MdT : Modèle des Tâches [Ces formalismes sont représentés en annexe 1. Le système est d'abord abordé par les flux de communication. Les fiches distinguent ici. dans MERISE. Dseq. D1' : modèle de rôle de OSSAD modifié. D3. • UML provient d'une fusion des principales méthodes objets.D1. Modèle Conceptuel de Communication MO : (de OMT). En cela. [5]). D1' cf OSSAD MdT Tableau 1. évolué DA D. Diagrammes de OSSAD : A1 : relations entre fonctions et sous-fonctions aux sein d'un organisme. pour la prise en compte des besoins des utilisateurs. D4 : Diagramme d'une procédure (plusieurs rôles). Le système vu des différentes méthodes MCD : (de MERISE). CU : (de UML). : (de SADT). on ne retrouve pas véritablement de modèle suggérant (comme par exemple le modèle Organisationnel des Traitements de la méthode MERISE) un rapprochement entre concepteurs et ergonomes. et à un degré moindre le Modèle Organisationnel des Traitements. opérations. Modèle Conceptuel des Données MOT : (de MERISE). • Pour OMT. le Diagramme d'Etat adapté et le Diagramme des Flots de Données) pour le cycle de vie du projet qui se déroule en quatre phases : l'analyse. Diagramme de Collaboration. Pour ce qui est des données. DO. les données ont bien sûr une très grande importance et le formalisme des données est très complet (il permet de représenter l'héritage.E. D4 et D5 cf OSSAD + MC. En principe. UML . la conception des données et l'implémentation. Traitements Dynamique MOT D. Fiches OSSAD Diag. puis les données et les traitements sont analysés en parallèle pour ensuite être confrontés. même si la méthode est quelquefois injustement résumée par de nombreux développeurs à ses formalismes principaux : le Modèle Conceptuel des Données. MdAr : Modèle d'argumentation (raisonnement = question. Diagramme d'Etat. MdD : Modèle du Domaine MdA : Modèle d’Activité. Cas d'Utilisation. unités. A1. D2 : Relations entre tâches. DO : (de UML). Actigramme Fiches OSSAD : Les données ne sont pas représentées. évolué RdP Diag. options. DSeq : (de UML). MdAr. différentes remarques s'imposent : • Tout d'abord. tâches. critères). à ce sujet les travaux de Barthet. procédures. DA : (de UML). Modèle Organisationnel des Traitements MCC : (de MERISE). Le découpage en niveaux d'abstraction est très marqué. MdCv. DE : (de UML). Au niveau des formalismes. MCD Datag.] A partir du tableau 1. ressources et outils. Diagramme de Séquence. Dcol. les formalismes y sont essentiels. MdC MdA DFD Actig. A2 : Matrice Activité / Rôle D1 : Relations entre Rôles.Représentation position de l'analyse principe de Construction MERISE Totale Partielle Données Activités Traitements Dynamique Type / Occurrence Niveaux d’abstraction Généralisation / spécification Stratégique / tactique Données OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM principe d’assemblage Formalisme MCD MO Activités MCC DFD DC. l'agrégation et les contraintes). les rôles.D2 cf OSSAD MdD. Dcol : (de UML). elle reprend et améliore leurs formalismes. organisationnel et physique. Datagramme Actig.

mais uniquement les activités. Cette méthode commence d’abord par identifier les processus par le modèle du domaine. UML utilise beaucoup plus de modèles qu’OMT. Ces composantes sont la matrice de Grudin [15] pour la modélisation des communications. les méthodes de représentation disponibles dans cette méthode sont centrées sur l'analyse du travail humain. la fonction et l’évolution. puis le modèle d’activité décrit les flux de données par actigrammes. les diagrammes de séquences. et complémentée par les réseaux de Petri pour la composante dynamique. ce qui constitue un progrès très important par rapport à OMT en particulier. Les données sont ensuite représentées par le modèle des concepts. les Réseaux de Petri et les Diagrammes de Flots de Données). Ce qui entraîne un test de correspondance entre les deux modèles par une analyse de liens Activités/Données et de liens Données/Activités. Elle procède par une démarche Top-Down qui peut être interprétée en terme de niveaux d'abstraction ou en terme de généralisation/spécification. D5 : description détaillée d’une opération). la plupart des concepts de base manipulés peuvent aller dans le sens de la prise en compte des facteurs humains. les concepts sont prometteurs mais encore mal exploités par les auteurs de la méthode 3AR vis-à-vis de la prise en compte des facteurs humains.simplifie l’écriture du modèle de données d’OMT. A notre avis. Le tableau 2 apporte un premier éclairage à ce sujet. • SADT permet l'analyse et la modélisation de systèmes à l'aide de deux formalismes : les datagrammes et les actigrammes. Chacun de ces axes est découpé en trois points de vue : la structure. les tâches et les acteurs de ces activités essentiellement de type bureautique. mais décrit en plus les liens de communications et de responsabilités. plusieurs moyens sont disponibles pour faciliter la prise en compte des facteurs humains. la pragmatique et la sémantique. le modèle descriptif qui comprend 5 graphes (D1 : relations entre rôles. le modèle d'argumentation de la méthode IBIS qui représente le raisonnement par une représentation "Question . activités et comportements dans un seul modèle d'acteurs. et enfin les tâches sont représentées par le modèle des tâches. le diagramme de collaboration. • MKSM découpe le système selon trois axes : la syntaxe. D2 : relations entre tâches. Notons que les moyens de représentation de la méthode SADT a été exploitée par Abed et Angue [1] pour la modélisation statique des tâches et/ou des activités humaines. Là aussi. . les cas d’utilisation. Cette méthode ne décrit pas les données. 3AR reprend les formalismes existant (le MCD de MERISE. D3 : diagramme d’une tâche (1 rôle). ce qui peut être déroutant. et nous paraissent donc prometteuses au sens d'une coopération entre concepteurs techniques et ergonomes. Ces acteurs sont ensuite découpés en niveaux d'abstraction afin d'accroître la réactivité du système d'information à concevoir. De même que OSSAD. • CISAD est une amélioration de la méthode OSSAD. traitements et activités de façon unitaire et s'arrête à l'analyse et à la représentation des connaissances. cette méthode ne décrit pas les données. A2 : matrice activité/Rôle). le diagramme d’objet. Elle comprend 7 concepts dont celui de la dualité activités-données. ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION "ORGANISATION" La manière dont l'organisation homme-machine est considérée dans une méthode du Génie Logiciel est essentielle : elle peut avoir des conséquences importantes sur le logiciel résultant qui répondra plus ou moins bien aux besoins de ses différents utilisateurs. Encore plus que pour OSSAD. Elle reprend les modèles de OSSAD auxquels elle ajoute des composantes permettant de représenter la communication entre le personnel coopérant d'un système. Cette méthode traite donc les trois aspects données. le diagramme d’activité et les diagrammes d’état. D4 : diagramme d’une procédure (plusieurs rôles). L’utilisation des cas d’utilisation de Jacobson oblige d’intégrer ou tout au moins de prendre en compte l’utilisateur.Critères" et le modèle de conversation d'après le modèle orienté coordination Action. Cette méthode est très utilisée pour décrire de façon structurée des problèmes et leurs solutions.Options . • 3AR propose de réunir les trois aspects données. En principe. Les diagrammes utilisés sont : le diagramme de classe. et surtout de la manière dont ils sont organisés. Le modèle de rôle D1 est adapté afin de représenter la responsabilité des rôles dans les différentes activités. • OSSAD se compose de trois modèles : le modèle Abstrait qui comprend 2 graphes (A1 : relations entre fonctions ou activités. même si ces modèles sont basés sur des formalismes semblables (comme les diagrammes de classe et les diagrammes d’objets par exemple).

ce qui n'est pas le cas dans différents domaines d'application (ou entreprises).. Un aspect important de la méthode est qu'elle suggère une analyse prenant en compte le point de vue des différents intervenants humains. l'approche objet permet d'obtenir toutes les informations nécessaires sur les données. voit l'organisation uniquement comme un système ouvert finalisé. 34]. Dans ce cadre. • UML étant une méthode objet.Structure images d’organisation MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM nature de l'environnement Typologie des Données Boîte noire Hiérarchie Communauté Système holonique Système cybernétique Système cybernétique ouvert Structuré Semi-structuré Non structuré Stable Instable Certain Incertain Qualité Quantité Pertinence Tableau 2. En principe. orientée système d’information. et . elle utilise le formalisme MCD de MERISE qui n'apporte qu'une information qualitative. hiérarchique et structurée. • OSSAD. • CISAD étant une adaptation de OSSAD. Son modèle abstrait (représentant ce qui doit être fait et pourquoi) nécessite un système stable et certain. Notons que des recherches prometteuses sont menées en IAD concernant l'analyse et la modélisation de différentes organisations [24. peut s’appliquer à des systèmes semistructurés et instables. elle ne peut s'appliquer qu'à des environnements stables. Pour représenter les données. De par son analyse descendante. il est possible de modéliser les comportements des objets comme ceux plus globaux des classes. Son modèle de processus et son modèle de concepts permettent d'avoir également des informations sur la pertinence et la qualité des données. s’applique aux systèmes ouverts finalisés. présentée comme une méthode de gestion des connaissances. De plus. • La méthode 3AR.. • MKSM. le système en général (on ne parle pas vraiment d'organisation dans OMT. mais cette méthode. Cette méthode est destinée aux systèmes structurés. • Pour OMT. Par contre. peut s’appliquer à des systèmes semi-structurés et instables dans une mesure prédéfinie. les conclusions suivantes ressortent : • MERISE considère l'organisation par ses échanges et ses actions (par le MCD et le MOT). ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION "METHODOLOGIE" Le tableau 3 donne un aperçu de la manière dont s'enchaînent les étapes dans les différentes méthodes. En effet. Son modèle descriptif (représentant qui fait quoi et comment) apporte les solutions. Seul l'aspect qualitatif des données est pris en compte. sa finalité orientée base de données permet d'avoir une information qualitative et quantitative des données. ce qui constitue à notre sens une limitation) est aussi connu par ses échanges et ses actions. s'applique aux systèmes ouverts finalisés. elle est considérée comme un système d’échange et les actions effectuées sont connues. et comme OMT. les remarques précédentes s’y appliquent. OSSAD fournit des informations relatives à la pertinence et la qualité des données. OSSAD peut donc s'appliquer à un environnement semi-structuré. Au travers de ses diagrammes. son analyse de processus et d'activités nécessite un environnement stable et certain. par sa conception objet. les commentaires valables pour OSSAD le sont aussi pour CISAD. par l’utilisation des diagrammes d’état et de séquence. Des travaux restent à faire concernant l'intégration de tels concepts dans des méthodes du Génie Logiciel orientées agents. destinée aux systèmes d'information. • La méthode SADT s'applique à l'analyse fonctionnelle de systèmes et donc aux systèmes cybernétiques. c’est-à-dire un système basé sur la communication dont les stratégies sont connues. UML par contre peut aussi s’appliquer à un système cybernétique ouvert. et que pour le système ouvert finalisé. L'organisation vue des différentes méthodes Rappelons d'abord que pour le système cybernétique. certains et structurés. l’organisation est connue par ses échanges et ses actions. stables et certains. Cette méthode permet de modéliser le patrimoine de connaissances par raffinements successifs et ne nécessite pas un environnement structuré.

supporte le développement en cascade et possède une approche descendante. UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM Etapes concernées Approche Degré d’implication de l’utilisateur Moment d'implication de l’utilisateur Cascade Spirale V ∇ Analyse Modélisation Spécification Conception Evaluation à priori Evaluation à posteriori Descendante Ascendante Evolutive Pas Peu Beaucoup Essentiel Début Milieu fin Tableau 3. et son raffinement successif. . En effet. L'utilisateur s'avère peu impliqué durant le projet. ont pour but la réorganisation et sa simulation. les classes sont d’abord définies. en tant que méthode de gestion des connaissances. Soulignons à nouveau les travaux de Barthet [5] visant à mieux intégrer la prise en compte de l'utilisateur dans la méthode MERISE. puis on descend au niveau des objets et de leur utilisation et de leurs comportements. • SADT facilite surtout l'analyse et la modélisation du système (même si ses auteurs suggèrent d'aller jusqu'à la validation du système) et suit le cycle en cascade. L’approche peut être définie comme évolutive. Elles utilisent le cycle de vie en V et suivent une démarche descendante. • OMT couvre presque entièrement le cycle de vie du projet (jusqu'aux phases de validation. • OSSAD et CISAD. Elle utilise le cycle de développement en V et une approche descendante. et l'utilisateur est surtout impliqué lors de cette phase d'analyse. De nombreuses extensions sont donc nécessaires à cette méthode et aux méthodes de ce type inspirées de concepts de l'Intelligence Artificielle Distribuée. mais non de maintenance). mais celui-ci est uniquement centré sur la modélisation de l'application. et couvre le cycle de vie du logiciel jusqu'aux phases de validation. Le cycle de développement utilisé est le cycle en spirale (suggérant en principe le prototypage). L’utilisateur est plus impliqué que dans OMT grâce aux cas d’utilisation et au développement itératif. • MERISE couvre le cycle de vie total du projet. Aspects méthodologiques abordée par les méthodes Le tableau 3 suggère des remarques significatives au sens de la prise en compte des facteurs humains dans les méthodes du Génie Logiciel. L'utilisateur est peu impliqué dans le projet et sa contribution se situe surtout au début. Elle utilise le cycle de développement en cascade et n'intègre pas l'utilisateur dans le projet. La spécification et la conception sont réalisées en s'appuyant sur la méthode OMT. ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION "TECHNOLOGIE" Le tableau 4 permet d'appréhender le résultat final que l'on peut attendre des différentes méthodes. au niveau des modèles conceptuels et organisationnels . L'avis de l'utilisateur est essentiel tout au long du projet.leur portée dans le cycle de vie du projet. l'utilisateur est un peu impliqué à la fin du projet. On trouve dans la plupart des méthodes orientées objets de telles limitations : l'utilisateur y est quasi inexistant. puis les liens entre ces classes (on obtient un schéma général du système). ne permet que l'analyse du système. Cette dimension montre aussi globalement comment les Méthodologie Cycle de Développement MERISE OMT méthodes intègrent les utilisateurs. du point de vue logiciel. Elles s'intéressent à l'analyse et à la spécification et laissent le choix à d'autres méthodes pour ce qui est de l'implémentation. • La méthode 3AR ne couvre pas l'ensemble du cycle de vie du logiciel mais seulement l'analyse et la spécification. Son approche est également descendante. Son approche est bien sûr descendante. • UML utilise aussi un cycle de développement en spirale (présenté comme développement itératif). • MKSM.

mais aussi structurée comme l'expliquent les auteurs de la méthode. basés sur une architecture client-serveur. A partir d'une analyse SADT. Par contre. diagramme de collaboration. La programmation issue d'une spécification OMT peut bien sûr être orientée objet. Il est très important de souligner qu'aucune méthode ne prend en considération véritablement l'interface utilisateur. • OMT est une méthode orientée objet. par exemple [12]). Mais seules quatre d'entre elles permettent de représenter la coordination (ou synchronisation) au sein de l'organisation. Elle peut aboutir à une programmation structurée. Toutes les méthodes permettent de représenter les flux de données d'une organisation. • UML étant aussi une méthode orientée objet. le tableau suivant met donc l'accent sur ces deux méthodes. interactif. Plusieurs remarques peuvent être formulées au vu du tableau 5. Le type de programmation issu d'une spécification 3AR peut être structuré. En effet. elle permet de concevoir les programmes du même type que OMT. Logiciels réalisables par les méthodes Plusieurs remarques découlent du tableau 4. Aucune suggestion n'est faite dans ces méthodes concernant les approches d'interfaces dites "intelligentes" qui sont pourtant apparues dans la littérature depuis le début des années 80 (cf. pouvant reposer sur une architecture client-serveur. • SADT. et pourraient servir de base à la conception d’interfaces adaptatives par les diagrammes des cas d’utilisation. Tandis que les modèles dynamiques de OMT et de UML ne s'appliquent qu'à la définition des opérations à l'intérieur des objets. orienté objet ou orienté multi-agents (acteurs). Mais ses autres diagrammes (diagrammes de séquence. cf. Les critères technologiques reprennent donc ceux de OMT. elles ne sont pas destinées à la conception d'applications. synchrone et client-serveur (suivant la version de MERISE). par leur modélisation des rôles. OSSAD et CISAD sont des méthodes d'analyse et de modélisation. • 3AR est orientée agent et permet d'obtenir des programmes interactifs. En principe. . De nombreuses améliorations devraient donc pouvoir leur être apportées à ce sujet. OSSAD et CISAD utilisant les fiches acteurs. aboutir en plus à une programmation orientée objet. il est possible de concevoir des applications à l'aide d'une programmation structurée. par exemple [28]). • MERISE est destinée à la conception de bases de données qui peuvent supporter un mode de traitement batch. diagrammes d’activités) permettent la conception de logiciels issus d'une programmation distribuée. les modèles de traitement de MERISE de OSSAD et de CISAD ainsi que le réseau de Petri utilisé par 3AR permettent de représenter la coordination au sein d'une organisation. Elle permet de concevoir des programmes qui peuvent être interactifs. • MKSM. synchrones et/ou distribués. fonctionnant de manière synchrone ou asynchrone ou ayant des modules distribués. la modélisation objet des acteurs permet à OMT et UML de représenter leur éventuelle autonomie. mais des recherches sont encore à mener à ce sujet. méthode de gestion des connaissances repose sur OMT pour ce qui est de la spécification d'application.Technologie Mode de Traitement MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD MKSM Type d'Interface Homme Machine Programmation Batch Interactif Client-serveur Synchrone Asynchrone Distribué Mode de construction Classique Adaptable Adaptative Assistante Structurée Base de données Objet Multi-agents Tableau 4. C'est pourquoi le critère "classique" apparaît dans chacune d'elle. ETUDE COMPARATIVE AUTOUR DE LA DIMENSION "COOPERATION" La coopération n'est considérée que dans OSSAD et CISAD. Il en est de même pour OSSAD et CISAD qui peuvent. mais surtout à la conception d'une base de données éventuellement orientée objet (grâce aux extensions actuelles de MERISE.

La méthode idéale devrait couvrir toutes ces dimensions. 2 = préoccupation importante. ET DISCUSSION PAR RAPPORT AUX PROCESSUS INDUSTRIELS COMPLEXES Le diagramme suivant représente une synthèse des différentes confrontations selon les cinq dimensions. qui ont de plus en plus une structure par projet plutôt que pyramidale. Prise en compte de la coopération dans les méthodes RESULTAT GLOBAL DES CONFRONTATIONS CISAD reprend les points forts de OSSAD et les étend. si OSSAD s'intéresse à l'aspect coopération et organisation. si certaines méthodes sont tout a fait pertinentes pour quelques dimensions. 3 = préoccupation très importante. aucune méthode ne formalise la confiance que porte un rôle envers un autre rôle. principales structures des communications dans les organisations actuelles. elles ne répondent jamais à toutes les dimensions. possède des formalismes bien décrits permettant de représenter clairement un problème.Relation interpersonnel Communication De données Modes de communication Modèle du langage Négociation Relations Hiérarchie Responsabilité Coordination Individualité Confiance Autonomie MERISE OMT UML 3AR SADT OSSAD CISAD Synchrone/ Asynchrone Modèles de conversation et d'argumentation MKSM Tableau 5. elle ne prend pas en compte l'aspect technologique. CISAD offre la possibilité de définir le type de communications et de les détailler par les modèles de conversation et d'argumentation. on peut obtenir une . De plus. OMT. Coopération 1 1 3 1 2 3 1 3 OMT 2 3 1 1 2 1 3 MKSM 3 3 3 2 3 SADT ? (METHODE IDEALE) Technologie 3 3 2 3 UML M éthodologie 1 3 3 OSSAD 1 3 3 CISAD 1 1 2 3AR 3 3 Organisation Représentation 3 MERISE légende : 1 = préoccupation peu importante. mais ne peut pas s'appliquer à différents types d'organisation.confrontation des 7 méthodes à l’aide de diagrammes La figure 1 permet de faire ressortir plusieurs points importants. Mais. notamment en prenant en compte la notion de responsabilité. On remarque d'abord qu’aucune méthode ne permet de gérer à la fois l'aspect coopération et l'aspect technologie. De même. pourtant cette notion peut être très importante dans certaines situations [25]. Figure 1 . ce qui permet de représenter les phases de négociation entre acteurs. par exemple. En revanche. et ne prend pas en compte la coopération dans un système informatique multiutilisateur.

orientée objet ou basée sur une architecture multi-agent. procède à une approche descendante et suggère l'utilisation d'un modèle réel et un modèle de référence (le modèle visé). et ceci selon 5 dimensions : représentation. technologie et coopération. Pourtant. synchrone ou asynchrone en ce qui concerne la transmission de données. L'interface sera adaptable. procédures. • Concernant la dimension méthodologie. structure. Elles sont en général très limitées lorsque le système visé est hautement interactif. Nous chercherons à utiliser. La programmation pourra être structurée. Cette confrontation nous facilite tout de même la définition d'un cahier des charges global d'une méthode répondant à un besoin particulier. Ceci de façon à avoir un modèle le plus proche possible de la réalité car déduit de trois points de vue différents : l'activité. Cependant. ni les tâches parallèles . dans plusieurs des méthodes étudiées. • Pour la prise en compte de la dimension coopération. la méthode visée est destinée aux systèmes administratifs. Cette méthode est en cours d'étude [2. le cycle ∇ ([20. Comme la finalité de la méthode est la spécification d'une solution logicielle interactive diminuant la charge de travail et le risque d'erreur dans le groupe. il serait préférable d'utiliser une partie de la méthode UML pour ce qui est de la représentation des données. afin de réduire le nombre de cas à envisager. la méthode doit intégrer les aspects essentiels de communication et de relations inter-personnels telles que la hiérarchie. Mais ces méthodes n'apportent pas la solution à tous les problèmes. et ont toutes besoin d'améliorations à ce sujet. voire adapter ce modèle. et donc aux systèmes ouverts finalisés. CONCLUSION Il existe maintenant un nombre important de méthodes du Génie Logiciel qui se sont développées en suivant l'évolution des langages et des techniques (MERISE et UML par exemple). Les actigrammes de SADT ne permettant pas de représenter les interruptions de travail. • Pour ce qui est de la dimension représentation. il est clair que cette confrontation a été influencée par notre perception du domaine d'application . le mode de traitement sera bien sûr interactif. la responsabilité et prendre en compte certains problèmes de confiance dans l'organisation. sinon assistante.3]. Il est bien sûr nécessaire d'avoir toutes les informations concernant les données qui circulent dans le système. mais OSSAD ajoute à ce formalisme la notion de rôle et d'équipe de travail. CISAD et SADT. . c'est-à-dire les informations sur la quantité. puis de cette analyse d'activité est déduite la représentation des données et des traitements.colonne presque complète en couplant MERISE. Dans notre cas. L'activité doit être étudiée en premier lieu. • Concernant la dimension technologie. CISAD ne propose pas un formalisme assez strict. comme ils le font dans 3AR et dans OSSAD. UML. le but étant d'obtenir une méthode d'analyse et de modélisation de systèmes administratifs complexes. les réseaux de Pétri peuvent apporter leur contribution. La confrontation que nous avons effectuée a permis d'étudier en détail 8 méthodes représentatives de leur classe en fonction de notre besoin.. et devra être adaptative. de plus. le MOT de MERISE est pertinent. circulation de données. L'approche doit être orientée par les problèmes.21]) dédié à la conception de systèmes interactifs. de la dynamique doit ensuite être effectuée afin d'obtenir tous les détails du système. L'utilisation de la méthode SADT. Elle doit être capable de représenter les systèmes structurés ou semi-structurés. • Concernant la dimension organisation. L'adaptativité est nécessaire dans un système où les personnes ne jouent pas le même rôle. relatif aux systèmes industriels complexes. des moyens de représentation (en rapport avec les notions de tâches. Pour ce qui est des traitements.) pourraient faire office de support de dialogue entre concepteurs techniques et ergonomes. D'autres auteurs auraient pu remplir certaines cases de manière sensiblement différente. l'avis n'est pas toujours en réalité aussi binaire que le remplissage des tableaux le suggère. Une représentation. méthodologie. Peut-on déduire de cette confrontation une méthode répondant à notre préoccupation : c'est-à-dire l’analyse et la modélisation de systèmes administratifs complexes en vue de la la conception d'un système interactif destiné à un ensemble d'acteurs ? Il est utile à ce sujet de reprendre certains points relatifs aux différentes dimensions. intègre beaucoup le futur utilisateur dans le cycle de vie du projet. nécessaire. distribué car les utilisateurs sont répartis géographiquement dans des bureaux. elle nous a permis de définir les principaux axes d'une méthode d'analyse et de modélisation de systèmes administratifs complexes en vue de la spécification d'un système interactif répondant à la problématique de tels systèmes (coopération.. pour certains critères. l'environnement ne peut pas être instable ni surtout incertain en ce qui concerne les activités et rôles des acteurs du système. les données et les traitements. et surtout de ses actigrammes est à envisager. la qualité et la pertinence des données. elles disposent de certaines qualités propres au traitement de problèmes spécifiques mais ont des lacunes au regard d'autres problèmes. prise en compte de l'utilisateur dans le cycle de vie du projet). L'implication de l'utilisateur est bien sûr essentielle dans le cas d'interface hommes-machines. Pour la représentation des activités. et comme nous l'avons remarqué dans l'étude comparative de la dimension représentation.

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