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Harmonisation des Politiques de Télécommunications de la CEDEAO

Etude réalisée pour la CEDEA0 avec un financement de la Banque Mondiale

la Commission européenne (DG du Développement), l’Union internationale des télécommunications (UIT) et l’Agence intergouvernementale de la francophonie (AIF-INTIF) font partie du Comité de pilotage

Sommaire

SOMMAIRE
REMERCIEMENTS.................................................................................................................................... 2 SYNTHESE ................................................................................................................................................ 3 INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 6 HYPOTHESES ET BASES........................................................................................................................ 9 L’HARMONISATION DANS LE BUT D’ATTIRER DES INVESTISSEMENTS .............................................................. 9 LE POINT DE VUE DE L’INVESTISSEUR.......................................................................................................... 9 L’EVENTAIL DES MODELES D’HARMONISATION ........................................................................................... 10 OU SE SITUE LA CEDEAO ?.................................................................................................................... 19 LES MODELES D’HARMONISATION VUS PAR L’INVESTISSEUR .................................................... 20 CRITIQUE DU CADRE LEGISLATIF ACTUEL ...................................................................................... 22 AU NIVEAU DES DIFFERENTS PAYS ............................................................................................................ 22 AU NIVEAU DE LA CEDEAO EN TANT QUE TELLE ....................................................................................... 23 AU NIVEAU DE L’INVESTISSEUR POTENTIEL ................................................................................................ 24 CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS .......................................................................................... 27 RECOMMANDATION N° 1 : S’AXER SUR L’APPLICATION DES ARTICLES 32 ET 33 DU TRAITE ............................... 31 RECOMMANDATION N° 2 : CREER UNE COMMISSION TECHNIQUE DE LIAISON AVEC LA COUR DE JUSTICE ET LE TRIBUNAL D’ARBITRAGE ........................................................................................................................... 37 RECOMMANDATION N° 3 : CHARGER LE SECRETAIRE EXECUTIF DE LA CEDEAO DE SUPERVISER LA MISE EN ŒUVRE DES RECOMMANDATIONS 1 ET 2............................................................................................................... 39 RECOMMANDATION N° 4 : ELABORER ET EXECUTER UN PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT DE CAPACITE DES AGENCES REGLEMENTAIRES NATIONALES ET DE LA CEDEAO ................................................................... 40 RECOMMANDATION N° 5 : CREER ET FINANCER UNE AUTORITE PERMANENTE DES TELECOMS AU NIVEAU REGIONAL DE LA CEDEAO AYANT COMPETENCE EN MATIERE DE TIC ET DE TELECOMS ET RESPONSABILITE DE LA SUPERVISION DE CES SECTEURS .............................................................................................................. 42 ANNEXE A - PROTOCOLE OROI Annexe B - Echéancier de réalisation de l'harmonisation des télécoms au niveau de la CEDEAO

Deloitte Touche Tohmatsu Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom LLP

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Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO

Remerciements

REMERCIEMENTS
L’Étude sur l’Harmonisation des télécoms dans la CEDEAO, lancée en février 2002, n’aurait pas été possible sans un important soutient et l’aide d’autres intervenants. Les auteurs remercient particulièrement M. Paul Noumba Um, chef de projet de la Banque mondiale, pour son aide technique et pour les innombrables contributions qu’il a fournies tout au long de ce travail. Les auteurs tiennent pas ailleurs à remercier le Dr. Cheick Gologo de la CEDEAO pour son apport technique ainsi que pour ses efforts pour réunir les informations attendue des divers États-membres de la CEDEAO. Les études de terrain n’auraient pas été possibles sans l’assistance de divers partenaires locaux, notamment Bentsi-Enchill & Letsa au Ghana, Udo Udoma & Belo-Osagie au Nigeria et le Cabinet N’Goan, Asman & Associés en Côte d’Ivoire. Nous tenons également à remercier les divers autorités de régulation des télécoms, les ministères de tutelle et les opérateurs des États-membres de la CEDEAO d’avoir accepté de répondre aux demandes de documentation et d’avoir donné franchement leur opinion sur les réalisations et les défis de leur secteur national des télécoms et sur les leçons apprises. Enfin, nous exprimons notre gratitude aux acteurs du secteur, notamment les ONG comme African Connection, l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) et M. Amos Tincani de la Commission européenne (CE) pour leur précieuses contributions à cette Étude.

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Synthèse

SYNTHESE
L’objectif de ce Rapport L’objectif ultime du Projet d’harmonisation des télécoms dans la CEDEAO est l’élaboration d’un plan d’harmonisation des politiques relatives aux télécommunications dans la CEDEAO, assorti d’un échéancier. La présente étude examine différents modèles possibles d’harmonisation et propose des recommandations visant à l’harmonisation du secteur des télécommunications au sein de la CEDEAO. Les critères d’évaluation Ce Rapport évalue les différentes politiques d’harmonisation possibles du point de vue d’un investisseur potentiel envisageant l’établissement d’une entreprise de télécommunications dans la région de la CEDEAO. À travers ce filtre, on peut voir les effets du cadre politique et institutionnel sur le risque et la rentabilité potentiels d’un investissement. De ce point de vue et dans ce cadre, l’harmonisation est un moyen d’attirer les investissements. Harmonisation et subsidiarité L’harmonisation n’est pas une variable binaire. C’est un continu entre l’autonomie nationale et la pleine intégration avec un large éventail de points d’équilibre ou de compromis entre les deux. Il convient donc d’examiner la décision à prendre comme un équilibre à trouver entre « harmonisation » et « subsidiarité », quatre solutions fondamentales étant possibles : harmonisation centralisée compétences distinctes harmonisation des politiques centralisée et applications nationales harmonisation décentralisée Le modèle Harmonisation centralisée est la solution la plus favorable du point de vue de l’harmonisation. L’adoption de ce modèle centralisé maximiserait l’opportunité de marché, permettrait l’harmonisation maximale des politiques et réglementations et, grâce à la centralisation de la prise de décision, réduirait le plus possible l’incertitude réglementaire. Il semble que l’intention initiale de la CEDEAO était la mise en place d’un modèle d’harmonisation régionale structuré selon le modèle ‘Harmonisation des politiques centralisée avec applications nationales’. Mais, avec la récente création de l’Association des régulateurs des télécommunications d’Afrique de l’ouest (ARTAO), la CEDEAO semble pencher vers un modèle décentralisé. Conclusions générales : Environnement légal et réglementaire Un important travail a déjà été accompli pour instituer le cadre légal de la réalisation d’une communauté régionale viable. Plusieurs États-membres ont adopté des lois ou des réglementations qui répondent largement aux exigences des « meilleures pratiques internationales ». Le Traité de la CEDEAO et certains protocoles adoptés en vertu de lui fournissent le cadre légal à l’intérieur duquel les États-membres peuvent agir pour réaliser une harmonisation maximale dans la ligne du modèle de l’harmonisation centralisée. Le cadre législatif de la CEDEAO « semble bon sur le papier ». Toute la question pour cette communauté et ses États-membres est que les idées et les principes exprimées ne sont pas suivis d’effet. Actuellement, cette incapacité à mettre en œuvre les législations nationales existantes, et le caractère décevant de l’expérience à ce jour de la CEDEAO en matière d’actions visant à mettre en œuvre son Traité ne peuvent être interprétés par la communauté internationale des investisseurs que comme un manque de volonté politique de réaliser une harmonisation significative dans les

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les moyens sont insuffisants pour assurer les fonctions de régulation et notamment de sanction. Meagher & Flom LLP 4 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Recommandation n° 1 Axer les moyens sur l’application des Articles 32 et 33 du Traité. Le manque de moyens va bien au-delà des question financières et budgétaires : il s’agit d’un manque de moyens humains. L’impression d’absence de transparence dans la région de la CEDEAO accroît l’incertitude et le risque. notamment lorsque d’autres facteurs de risque sont pris en compte. de formation et de compétences. Par contre. créer une Commission technique chargée – en liaison avec la Cour de Justice et le Tribunal d’arbitrage créés en application des Articles 15 et 16 respectivement – d’élaborer et recommander des procédures visant à l’adoption par l’Autorité d’une compétence et d’un pouvoir de sanction afin de trancher sans tarder les conflits relatifs aux secteurs des TIC et des Télécoms. Recommandations Ce rapport a pris pour méthode d’examiner les différentes voies possibles pour l’harmonisation du point de vue de l’investisseur potentiel du secteur des télécommunications. De ce point de vue. Si les écarts de développement économique et les différences de niveau de libéralisation peuvent constituer des obstacles à l’investissement. Slate. tant au niveau des entreprises que des personnes physiques. Action n° 1 : concevoir un plan stratégique du secteur des TIC et des télécoms dans une Déclaration de politique sectorielle régionale Action n° 2 : adopter un cadre commun pour l’accès ouvert et sans restrictions aux réseaux modernes de télécommunication pour assurer l’interconnexion régionale Action n° 3 : développer des partenariats public–privé Recommandation n° 2 En application de l’Article 22. il représente une opportunité d’investissement puisqu’il est l’indice d’une demande insatisfaite. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden.secteurs des Technologies de l’information et de la communication (TIC) et notamment des télécoms. lorsqu’il existe des sanctions pénales dans le pays d’origine de l’investisseur. Nos recommandations portent donc sur la mise en route d’un processus destiné à mettre en œuvre concrètement le cadre législatif existant et à préciser des étapes concrètes et des moyens de réalisation. le cadre législatif pour mettre en œuvre le modèle de l’harmonisation centralisée existe déjà tant au niveau des pays qu’à celui du Traité. Comme on l’a indiqué. traiter l’ensemble de l’espace de la CEDEAO comme un seul marché peut rendre des parties plus défavorisées de la région progressivement attractives financièrement. Action 4 : créer la commission technique des télécoms de la CEDEAO Action 5 : Commission technique : élaborer un projet de recommandations et un protocole définissant les rôles de la Cour de Justice et du Tribunal d’arbitrage Recommandation n° 3 Charger le Secrétariat exécutif de la CEDEAO de superviser la réalisation des étapes (i) et (ii) et de faire rapport en temps voulu non seulement sur la réalisation des étapes mais encore sur tout dérapage de l’échéancier. Action 6 : élaborer un cadre de travail et des outils pour permettre à la CEDEAO de suivre le processus d’harmonisation. grâce à des procédures rapides applicables à certains conflits relatifs à des investissements transfrontaliers. le modèle centralisé apparaît la solution la plus favorable. Nombre d’investisseurs préfèrent rechercher des possibilités sur d’autres marchés. Arps. Conclusions générales : Indicateurs économiques Le taux assez bas d’équipement en réseaux de télécommunication est un obstacle à l’attraction des investissements de prestataires de service. De façon générale.

une Autorité régionale des télécommunications. Arps. au niveau de la CEDEAO. ayant compétence et responsabilité de supervision en matière de TIC et de télécoms. Action 7 : élaborer un programme détaillé de développement de capacité Action 8 : désigner des représentants des États-membres qui devront solliciter et accepter des financements de bailleurs pour le développement de capacité Recommandation n° 5 Créer et financer. Meagher & Flom LLP 5 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Action 9 : créer une Administration des TIC et des Télécommunications au sein de la CEDEAO Les Annexes de ce Rapport proposent un échéancier et un projet de Protocole qui constituent un point de départ et une base de discussion et de négociation entre les États-membres de la CEDEAO. Slate.Recommandation n° 4 Élaborer et réaliser un programme de développement de capacité tant des Autorités nationales de régulation que de la CEDEAO. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden.

que soit convoquée une réunion au terme de l’Activité n° 2 de l’Étude. Termes de référence de l’étude confiée par la Banque mondiale La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (la CEDEAO) est depuis longtemps consciente que la coopération régionale est vitale pour le développement économique de ses 15 États-membres. Ces Rapports sur les Activités doivent être lus parallèlement au présent Rapport. les 27 et 28 février 2002 . au Ghana et au Nigeria. Meagher & Flom LLP 6 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . conclusions préliminaires sur les politiques sectorielles. Les tâches. Afin de faciliter l’harmonisation des politiques sectorielles nationales. le Secrétariat exécutif de la CEDEAO et la Banque mondiale ont fait réaliser la présente Étude dans le but d’examiner les régimes légaux et réglementaires et les cadres institutionnels nationaux des télécommunications dans chacun des 15 États-membres et comparer la performance de leur secteur par rapport aux meilleures pratiques internationales. l’équipe Deloitte/Skadden a présenté ses conclusions dans des rapports séparés sur les différentes activités prévues dans le cadre du Projet. Rapport sur l’Activité n° 1 : Examen des politiques et des cadres législatifs et réglementaires Ce premier Rapport soumis par l’équipe Deloitte/Skadden présentait de façon synthétique les tâches qui avaient été réalisées au 5 juin 2002. qui rassemblerait le Secrétariat de la CEDEAO et tous les États-membres pour examiner les projets de Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. au Togo.Introduction INTRODUCTION « La CEDEAO entend poursuivre des efforts permanents pour établir progressivement un marché commun des télécommunications au sein de la Communauté ». Tous les graphiques de comparaison réalisés ont été communiqués au représentant désigné de chaque État-membre pour avis . lois et réglementations qui avaient été communiquées par certains États-membres. Dans ce cadre. en Côte d’Ivoire. En raison de l’ampleur et de la complexité de cette Étude. relevant de l’Activité n° 1 de la démarche technique. établissement des critères pour comparer les législations nationales . Les différents rapports décrivent les travaux réalisés et les conclusions atteintes aux diverses étapes de l’Étude. l’équipe Deloitte/Skadden a recommandé à la Banque mondiale et à la CEDEAO. étaient les suivantes : consultation initiale de représentants de 10 des 15 États-membres de la CEDEAO et de diverses autres parties prenantes au cours d’une réunion qui s’est tenue à Lomé. la communauté a progressé régulièrement sur la voie de l’intégration économique et du développement d’un marché commun. À ce stade. Arps. À cette fin. L’objectif ultime de la présente Étude était l’élaboration d’un plan d’harmonisation et d’un projet d’échéancier pour sa réalisation. synthèse préliminaire des études de cas réalisées au Burkina Faso. le développement du secteur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’établissement d’une politique sectorielle commune se sont vus accorder une haute priorité dans la CEDEAO et sont considérés comme des éléments essentiels de l’intégration économique régionale. L’objectif était que cet examen fournisse une image plus claire de la situation prévalant dans le secteur des TIC/ télécommunications dans la CEDEAO et fournisse les bases de recommandations et de solutions en ce qui concerne le programme d’harmonisation prévu par le Secrétariat de la CEDEAO. et le point sur l’état des lois concernées (pour celles qui avaient été communiquées par les États-membres). Slate.

d’octroi des licences. Généralement les États-membres de la CEDEAO ont le pouvoir juridique d’adopter des politiques. à élaborer une stratégie politique appropriée pour promouvoir l’adoption du plan et mobiliser les moyens nécessaires pour guider efficacement le processus. Les buts de cette recommandation était : d’accroître la coopération volontaire des États-membres à l’Étude . le Secrétariat de la CEDEAO a organisé un atelier à Accra. Ce 2ème Rapport a constaté un important écart entre les cadres législatifs et réglementaires promulgués par les États-membres de la CEDEAO et leur mise en œuvre observée dans la réalité. Ce que l’on constate dans la plupart des États-membres de la CEDEAO c’est que le cadre législatif ne prévoit pas de procédures et de cheminements suffisamment précis pour assurer son application. de service universel. Ce Rapport a examiné les documents concernant l’application des politiques en matière de libéralisation. leurs moyens budgétaires et leur responsabilité par rapport aux références internationales. mais ils n’ont pas publié de principes directeurs qui leur fournirait un cadre à même de guider leurs actions dans ces domaines. de la Banque mondiale et de diverses organisations régionales et internationales ont donné leur avis sur le projet de conclusions et de recommandations présenté par l’équipe Deloitte/Skadden. Cette absence de procédures juridiques précises apparaît par ailleurs comme un puissant obstacle à la répression des infractions. le Rapport comportait des synthèses détaillées sur les enquêtes de terrain. leurs politiques. Puis elle présente l’éventail des modèles qui pourraient être suivis pour l’harmonisation des télécoms dans la zone CEDEAO. d’insister sur la nécessité pour le Secrétariat de la CEDEAO de commencer à envisager les implications de l’harmonisation. il a été répondu à ces avis et commentaires dans le présent Rapport. des représentants du Secrétariat de la CEDEAO. En outre. La première présente les hypothèses et les bases sur les quels a reposé l’Étude : augmentation des investissements de télécommunication en Afrique de l’Ouest. Les délégués de 11 des États-membres de la CEDEAO. Rapport sur l’Activité n° 2 : Comparaison des lois sur les Télécoms des États-membres de la CEDEAO avec les meilleures pratiques internationales Le Rapport sur l’Activité n° 2 contenait une étude par pays examinant les structures et compétences actuelles des autorités régulatrices des États-membres de la CEDEAO et évaluait leur indépendance. Les déclarations de politique que nous avons examinées sont périmées et ne témoigne pas d’une vision actuelle claire de la façon dont le gouvernement entend développer le secteur des télécommunications. les coûts qu’elle entraînera et les avantages qu’elle apportera et . d’interconnexion et de tarifs. Meagher & Flom LLP 7 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . de gestion du spectre des fréquences. La troi- Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Slate. d’encourager les discussions entre les régulateurs et la communauté régulée sur le processus d’harmonisation.recommandations élaborés par l’équipe Deloitte/Skadden et débattre de l’harmonisation et de ses implications pour le Secrétariat et les États-membres. Le Rapport a conclu à l’absence générale de politique sectorielle définie dans l’ensemble de la zone. La seconde partie analyse les divers modèles d’harmonisation du point de vue de l’investisseur. au Ghana du 3 au 5 mars 2003. leurs procédures. Arps. Rapport intermédiaire : Compte rendu de l’atelier d’Accra qui a examiné le projet de conclusions et de recommandations Comme l’avait recommandé l’équipe Deloitte/Skadden à la suite de l’Action n° 1. de concurrence. Rapport (final) n° 3 : Vers l’harmonisation Le présent Rapport est divisé en quatre grandes parties. Lorsque cela a été jugé utile. pour étudier le projet de Rapport n° 3.

Slate. Enfin. la quatrième partie tire des conclusions et propose des recommandations concernant les décisions à prendre par le Secrétariat de la CEDEAO et les États-membres pour réaliser l’harmonisation. Arps. en ce qui concerne le cadre législatif et réglementaire et à partir des indicateurs économiques.sième analyse l’attractivité actuelle de la CEDEAO toujours du point de vue de l’investisseur du secteur des télécoms. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Meagher & Flom LLP 8 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Les recommandations sont soutenues par un Projet de Protocole (Annexe A) et un Échéancier de réalisation de l’harmonisation (Annexe B).

climatiques. Le risque d’entreprendre est moins aléatoire sur un ensemble de pays que l’investissement dans quelques pays choisis. les soulèvements causés par des forces incontrôlables dans une zone peuvent être amortis sur l’ensemble de la région. que l’on peut éviter des redondances de capacité et que la Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. les Étatsmembres de la CEDEAO ont reconnu que des investissements dans les infrastructures sont nécessaires au développement économique et que les réseaux de télécommunications constituent un élément décisif de ces infrastructures. peuvent s’y intéresser en les intégrant de façon progressive. de l’état de santé et du bien être des populations des pays de la CEDEAO. Dans la mesure où la région se présente comme un ensemble unique.1ère partie HYPOTHESES ET BASES L’harmonisation dans le but d’attirer des investissements Le but ultime de ce projet est de créer des conditions favorables à la croissance et au développement économique et en définitive de permettre l’amélioration de l’existence. À cette fin. politiques et sociales. La région de la CEDEAO n’offre pas un environnement sans risque et pour l’emporter dans la concurrence avec les autres régions pour l’attraction des capitaux qui se sont faits rares depuis 2000 dans le secteur des télécommunications. et en bénéficiant d’une répartition du risque résultant du fait de traiter la région comme un ensemble. Slate. gérés individuellement et pouvant avoir des architectures différentes. L’élargissement géographique répartit le risque d’environnement La région de la CEDEAO couvre un large éventail de situations géographiques. Arps. car les coûts moyens par unité de trafic baissent à mesure de l’augmentation du volume du trafic acheminé sur le réseau. Le point de vue de l’investisseur Voici les importants avantages qu’offre à des investisseurs potentiels la possibilité de traiter l’ensemble des pays de la CEDEAO comme un seul marché : Un vaste marché permet des économies d’échelle Les réseaux de télécommunication sont l’objet de considérables économies d’échelle. il faut franchir un certain nombre d’étapes qui signaleront aux investisseurs que leurs capitaux seront bien accueillis et en sécurité. Meagher & Flom LLP 9 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Des zones peu attractives peuvent bénéficier de services de pointe et sophistiqués à des prix marginaux faibles En traitant certains sous-marchés comme marginaux par rapport a un vaste déploiement. Un investissement progressif dans le cadre d’un déploiement régional est moins gourmant en capitaux. La CEDEAO reconnaît que la contribution des télécommunications à l’accélération de la croissance économique vient de changements extraordinaires survenus dans la sphère des technologies qui ont multiplié les capacités des réseaux et spectaculairement réduit leur coût d’exploitation. Mais la mise en place de réseaux modernes réalisant ces promesses nécessite d’importants investissements. il est nécessaire d’agréger des trafics au-delà des volumes qui pourraient être atteints en s’adressant à des marchés pris séparément. qui auraient ignoré ces marchés a priori moins intéressants pris individuellement. Un vaste réseau intégré s’étendant sur une région entière permettra de concentrer le trafic et de réaliser des économies d’exploitation qui seraient impossible dans une multiplicité de petits réseaux séparés. Pour bénéficier au maximum de ces économies d’échelle. parce que l’architecture de réseau peut être mieux rationalisée. les investisseurs.

À cet égard et dans ce cadre. Il y a un continuum entre l’autonomie national et la pleine intégration.progression de la rentabilité a plus de chance de couvrir la progression de l’investissement et des charges d’exploitation. Slate. p. Politiques. les Autorités nationales de régulation (ANR) créées dans chaque pays en tant que régulateur indépendant conformément aux exigences de l’Accord général sur le commerce et les services (GATS) de 1 Ce sont les termes utilisés par l’Union européenne dans le Traité de Maastricht. l’harmonisation permet d’attirer les investissements. procédures et lois communes réduisent les coûts d’entrée Un important facteur des coûts d’entrée sur le marché. La réduction des retards se traduirait par une prime de risque plus faible par moins d’obstacles à franchir pour les décideurs financiers envisageant un investissement dans la région. La CEDEAO a la possibilité d’offrir un « guichet unique » qui permettrait à l’investisseur de tout faire en une seule étape. une autorité centralisée à laquelle chaque pays abandonnerait sa souveraineté sur les décisions relatives à la politique en matière de télécommunications et. On peut considérer la décision comme un compromis entre « harmonisation » et « subsidiarité ». à un extrême.1 Cet éventail des modèles d’harmonisation reflète des répartitions différentes de la décision et de l’autorité entre trois instances : le Ministre compétent au niveau national. L’éventail des modèles d’harmonisation L’harmonisation n’est pas une variable binaire. des droits d’usage des fréquences. 29/07/1992. Journal officiel C 191. est constitué par les retards. qui s’ajoutent aux d’investissements productifs. à l’autre extrême. on trouve une série de points d’équilibre possibles. Entre les deux. Traité de l’Union européenne (Maastricht) 1992. la conservation totale de l’autonomie et de l’indépendance nationale. Meagher & Flom LLP 10 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Les tentatives des nations indépendantes pour réaliser l’harmonisation doivent trouver un équilibre entre. Arps. des autorisations et la résolution des conflits. l’incertitude et les frais juridiques liés aux différences nationales dans les procédures administratives et réglementaire nécessaires pour l’acquisition des licences.060 Deloitte Touche Tohmatsu Skadden.

quel est le meilleur chemin pour aller vers le point d’équilibre souhaité ? Le choix de la réponse à la première question est de nature essentiellement politique. Slate. si elle estime celles-ci susceptibles de nuire à la réalisation des objectifs de sa politique de télécommunications. pour collecter des fonds destinés à subventionner la réalisation d’objectifs de politique sociale autorisés tels que le service universel. des directives ayant force de loi. toute la politique des télécommunications est élaborée par l’ART. pour remettre en cause des règles locales et nationales relatives à l’érection de tours et aux droits de passage. En outre. Meagher & Flom LLP 11 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO .l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et l’instance supranationale centrale appelée l’Autorité régionale des télécommunications (ART) de la CEDEAO. Plus précisément. pour gérer. prend des décisions et transmet. de prendre des décisions basées uniquement sur le dossier constitué au cours de la procédure de consultation publique et ne doit être guidée que par les objectifs de politique sectorielle fixés dans la législation qui l’a établie. de par le texte l’ayant instituée. l’instance centrale est supposée avoir prééminence. L’ART est tenue. aux ANR. Même s’il y a une supervision par le Conseil des Ministres et sans doute d’intenses consultations informelles préalables. l’ART aurait pleins pouvoirs juridiques et pratiques : pour accorder les licences pour tous les services de télécommunications sur l’ensemble ou toute partie du territoire de la CEDEAO. pratiquement tout le pouvoir d’élaboration et d’exécution de la politique sectorielle se trouve dans les mains de l’ART de la CEDEAO. notamment des stipulations dont l’objectif est de sauvegarder la concurrence. pouvant prendre des décisions s’imposant aux Étatsmembres et dotée des pouvoirs et du cadre institutionnel nécessaires pour faire respecter ses décisions au besoin par des sanctions. Arps. exécution et appel. on trouve un autre ensemble de structures institutionnelles qui ne sont pas spécifiques au secteur des télécommunications. directive. mais il est néanmoins possible de recommander la structure ayant le plus de chance d’attirer des investissements dans la CEDEAO. impliquant les appels et renvois devant les tribunaux à compétence générale. La question que doit trancher la CEDEAO est double : Quel est l’équilibre qui convient entre les pouvoirs d’une autorité centrale agissant par délégation de pouvoirs souverains (harmonisation) et la conservation d’une autorité nationale (subsidiarité) ? Dans la situation actuelle. pour avoir le pouvoir et le choix en matière de régulation des tarifs des opérateurs de réseaux de télécommunications licenciés et des prestataires de service et en ce qui concerne les autres termes et conditions de leurs offres nationales et internationales pour déterminer s’ils sont justes et raisonnables. recommandation. Elle inclut dans les conditions de ces licences toutes exigences qu’elle juge nécessaires dans l’intérêt public. Rôle de l’Autorité régionale des Télécommunications : dans ce modèle. Celle-ci conduit des consultations publiques selon une procédure transparente. les procureurs de la république et les gouvernements. Les solutions possibles sont au nombre de quatre : 1er modèle : l’harmonisation centralisée L’harmonisation centralisée exige le plus important abandon des souverainetés nationales dans les mains d’une instance supranationale indépendante chargée de décider la politique et la réglementation sectorielles. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Entre ces trois centres de pouvoir il y a un réseau de relations définies par les fonctions de consultation. attribuer et affecter les fréquences du spectre et les numérotations dans l’ensemble de la région conformément aux meilleures pratiques internationales. les autorités de la concurrence. En cas de désaccord des autorités nationales sur la politique adoptée. pour application.

Slate. L’ART aurait compétence sur les entreprises dont les activités et les offres franchissent les frontières des Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Par ailleurs cette instance de coordination pourrait soit avoir pouvoir de décision soit être limitée à des recommandations. Ce faisant. à imposer amendes.pour ordonner l’interconnexion de réseaux de télécommunications et si nécessaire. Arps. basés sur ce qu’elles savent des conditions de leur marché et de l’application des politiques adoptées. pour intervenir dans l’intérêt public afin d’assurer que la possibilité pour n’importe quel abonné de joindre n’importe quel autre n’est pas mise en cause. sanctions et déchéances et à interpréter et appliquer une politique dans son domaine de compétence ainsi que d’autres lois et traités pertinents Estimation de la capacité de la CEDEAO à adopter ce modèle (+/–) + le cadre régional/institutionnel est en place grâce au Traité de la CEDEAO – les États-membres sont peu disposés à des abandons de souveraineté nationale dans les affaires de télécoms – insuffisance de la capacité institutionnelle dans la CEDEAO + Tient compte des obstacles à l’adoption de réglementations venant des différences dans les traditions juridiques nationales 2ème modèle : Compétences distinctes Dans le modèle Compétences distinctes. pour représenter la région dans les instances internationales telles que l’Union international des Télécommunications (UIT) et la World Administrative Radio Conference (WARC). Enfin. à collecter des données. Rôle des ministères de tutelle : le rôle des ministres est de siéger au Conseil des ministres. Meagher & Flom LLP 12 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . la structure et les droits de vote de l’instance de coordination pourraient avoir de multiples formes. alors que les autorités réglementaires nationales sont responsables de la régulation des télécommunications au sein de chaque pays. Les ARN n’ont pas de pouvoir de décision indépendant en matière de politique. mais ont les outils et les moyens nécessaires pour faire appliquer et respecter la politique établie par l’ART. à émettre ordonnances et injonctions. Par ailleurs. le Conseil des ministres ayant le pouvoir d’approuver les budgets et de faire faire des vérifications. le Conseil peut avoir une influence indirecte sur les priorités de l’ART. Les ANR participeraient aux instances régionales des télécommunications. son budget et sa supervision pourraient être structurés de diverses façons reflétant l’équilibre des pouvoirs souhaité entre les États-membres et l’instance supranationale. d’autre part. dans le cadre des consultations. Exigences pour une bonne mise en œuvre du modèle harmonisation centralisée * il faut un cadre institutionnel régional adéquat * les États-membres doivent consentir un abandon de leur souveraineté nationale * ART (la CEDEAO) : capacité à conduire enquêtes et auditions. Les pouvoirs. Le Conseil a le pouvoir de désigner et de révoquer pour cause grave les Commissaires de l’ART. Rôles de l’ART et des ANR : dans ce modèle. Rôle des Autorités nationales réglementaires : fournir des apports à l’ART. un ministre peut faire appel d’une décision de l’ART devant le tribunal approprié. les fonctions de régulation ne seraient pas réparties. il faudrait une législation institutionnalisant la coordination. Puisqu’il faudrait coordonner les politiques nationales et la politique internationale. une instance réglementaire supranationale porte la charge de réguler les télécommunications entre les États d’une part et entre l’instance supranationale et le reste du monde. Les ANR auraient l’éventail total des responsabilités mais leur compétence serait restreinte aux entreprises de télécommunication et à leurs offres des service ne franchissant pas les frontières nationales. mais partagées entre les ANR pour chaque pays et l’ART. Celle-ci dispose d’un financement indépendant assis sur la collecte de droits sur le spectre et de taxes réglementaires. tendant vers égalité ou avec primauté soit aux États-membres soit à l’instance supranationale.

ce modèle d’harmonisation permet une politique commune pour l’ensemble de la région. qui passe par un mécanisme de consultation pour arriver aux politiques applicables à l’ensemble de la région. ce modèle requiert une forte procédure institutionnalisée de consultation entre les ARN et l’ART. Les réseaux téléphoniques n’ayant cure des frontières. Contrairement aux deux modèles précédents. Elle émet alors une Directive pour les ANR des États-membres. il faut doter l’autorité supranationale chargée de définir la politique sectorielle d’un pouvoir de sanction. L’autorité étant partagée le long de ces lignes de compétence. Meagher & Flom LLP 13 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . retarder ou interpréter la politique régionale de sorte que celle-ci peut prendre un aspect sensiblement différent d’un État à un autre et que l’harmonisation est faible. Slate. en suivant les procédures qui sont prévues par les lois de leur pays. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. les ANR de la CEDEAO n’ont pas encore acquis la capacité ni la réputation de régulation loyale et transparente des télécoms nationales – Nécessité de renforcer la capacité de règlement des conflits de la CEDEAO 3ème modèle : Politique centralisée et application nationale Dans ce modèle. Exigences pour une bonne mise en œuvre du modèle Compétences distinctes * forte procédure de consultation institutionnalisée entre les ANR et l’ART * capacité et volonté au niveau national de réguler le secteur des télécoms de façon loyale et transparente * Procédure bien définie et éprouvée de résolution des conflits Estimation de la capacité de la CEDEAO à adopter ce modèle (+/–) +/– le rôle de la CEDEAO comme instance de coordination régionale est reconnu mais doit être renforcé et une procédure de consultation écrite doit être établie – En général. Mais lorsqu’il marche mal. dans chaque État. Arps. L’application des réglementations et la répression des infractions est du ressort des autorités réglementaires nationales qui sont désignées et contrôlées selon les lois du pays. Rôle des ministères de tutelle : le rôle des ministères est d’établir pour leur pays les priorités et les politiques de leur ANR . appliquer et faire respecter les réglementations. où la Commission fédérale des communications a compétence sur les affaires entre les États et où. les politiques privilégiant une juridiction sont souvent au détriment des politiques des autres. l’ART de la CEDEAO définirait la politique sectorielle et les ANR seraient chargées de l’appliquer. de la superviser . Les types de conflits pouvant survenir se rapportent aux charges d’interconnexion et à l’allocation des coûts aux fins de tarification. Lorsqu’il fonctionne convenablement. Chaque pays conserve son pouvoir souverain de conduire les fonctions régulatrices décrites ci-dessus. il permet aux États-membres d’ignorer. tandis que les États-membres gardent la pleine responsabilité d’appliquer les directives régionales en les transposant dans leur système juridique national en fonction de leur contexte constitutionnel. l’instance supranationale agit comme une instance de formulation de la politique. une autorité désignée par lui – généralement une commission des services publics – a compétence sur les affaires internes. qui ont la charge d’établir. Pour y parer. Rôles de l’ART et des ANR : dans ce modèle. le pouvoir de décider la politique sectorielle est délégué à une instance supranationale qui peut émettre des directives exécutoires devant être transposées dans les lois nationales.États-membres et représenterait la région dans les forums internationaux. d’accorder les licences et d’approuver les fusions et acquisitions de sociétés de télécom dans les limites des frontières nationales. mais convient de conformer ses politiques nationales aux recommandations globales de la politique régionale décidée au niveau central. Ce modèle nécessite une procédure de règlement des conflits. Ce modèle correspond à la structure du système de régulation des États-Unis.

Arps. Exigences pour le modèle Politique centralisée et application nationale * Forte capacité de sanctionner au niveau de la CEDEAO * Forte volonté politique d’application des politiques au niveau national Estimation de la capacité de la CEDEAO à adopter ce modèle (+/–) +/– La Cour de Justice est en place mais a besoin de renforcement de sa capacité. et il appartient aux Étatsmembres de transposer les directives dans leurs lois et réglementations nationales.Rôle des ministères de tutelle : dans ce modèle. Ce modèle est semblable à celui de l’Union européenne : la Commission européenne établit la politique et émet des directives ayant force de loi européenne. C’est un élément décisif de la structure de ce modèle. Pour empêcher qu’un État-membre puisse ignorer une Directive qu’il n’approuverait pas. les ministères de tutelle doivent répondre en tant que partie aux consultations de l’ART et des ARN et assurer une supervision de l’ART au travers du Conseil des Ministres et des ARN. les directives de la Commission sont juridiquement contraignantes dès qu’elle sont publiées à Bruxelles. de sa crédibilité et de son autorité – La volonté politique est prononcée dans le secteur des télécoms mais les États ont peu fait pour harmoniser le secteur dans la région (sauf le Nigeria avec l’ARTAO) + D’autres actions régionales réussies (telles que le Pool électrique de l’Afrique de l’Ouest) constituent des précédents Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Slate. Meagher & Flom LLP 14 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . même si un État-membre ne l’a pas adoptée.

Un élément décisif de cette évolution a été la publication d’une étude qui donnait une estimation quantitative des points de croissance économique qui seraient perdus si l’harmonisation prévue par l’Acte unique n’était pas réalisée. De par les traités. Ces directives ont force de loi même si les États-membres ne les ont pas transposés dans leur législation. Cette dernière a commencé avec la publication en 1986 d’un « livre vert » qui fixait la route à suivre basée sur une politique d’Offre de réseaux ouverts (ORO) qui devrait conduire par étapes successives à la totale libéralisation du secteur en 1998. Arps. mais elle a été effectivement supprimée en 1998. Bien qu’il subsiste d’importantes questions de dominance résiduelle et des obstacles économiques à l’entrée. la Commission européenne a le pouvoir d’émettre des directives contraignantes que les États-membres sont obligés de transposer dans leur législation nationale.Évolution de l’Union européenne L’Union européenne a évolué pendant de très nombreuses années depuis la création de l’Union douanière du Benelux et de la Communauté européenne du charbon et de l’acier après la Seconde Guerre mondiale. Cette étude donnait des chiffres qui permettaient politiquement de justifier l’abandon de souveraineté pour atteindre de plus hauts niveaux d’emploi et de croissance économique. Après des moments difficiles – la Cour européenne de Justice a été saisie par des Étatsmembres contestant le pouvoir de la Commission de requérir la libéralisation de certains produits et services de télécommunication fournis par des opérateurs publics au nom des clauses du Traité relatives à la concurrence – la libéralisation a progressé comme prévu. les résultats de l’étude estimant « le Coût de la ‘non Europe’ » qui a stimulé la volonté politique nécessaire pour accepter les abandons de souveraineté nationale requis et surmonter la tentation de protéger les importants intérêt militant en faveur du maintien des monopoles nationaux dans les télécommunications et le pouvoir juridique donné à la Commission européenne par le Traité de publier des directives ayant force de loi et pouvant prévaloir sur les lois nationales dans l’intérêt de l’atteinte du Marché unique. qui ont évolué avec le temps. Meagher & Flom LLP 15 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Cette réussite a résulté de plusieurs facteurs : • • • la forte base historique en faveur de l’harmonisation européenne qui a été créée et acceptée avant de s’attaquer au secteur des télécoms . Slate. une plus forte position dans les négociations commerciales internationales et une plus rapide adoption de nouvelles technologies qui se traduirait par un abaissement des prix et des gains de productivité dans les télécoms et les autres secteurs en dépendant. De nombreuses étapes vers l’harmonisation ont été franchies avant que la Commission européenne ne s’attaque à l’harmonisation des télécommunications. La démarche a été évolutive : l’exclusivité dans les services de bases a été conservée plus longtemps que celle pour les autres services. • Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. le modèle de l’UE a largement atteint ses objectifs de libéralisation et d’harmonisation du secteur des télécoms. l’existence d’une institution judiciaire. à savoir la Cour de Justice européenne dont l’autorité était acceptée par tous les États-membres .

offrir des formations et des compétences et proposer un soutien consultatif aux États-membres. ingénierie et économie dans chaque pays. il est créé une instance supranationale qui agit en tant que ressource centrale de compétences et d’étude. les ANR de la CEDEAO sont perçues comme très dépendantes de leur ministre de tutelle – La CEDEAO. Arps. Slate. en tant qu’instance régionale reconnue dotée de pouvoirs pour élaborer et suivre l’application d’un programme d’harmonisation des télécoms (dans le cadre du Traité). a toute autorité juridique sur l’ARTAO (l’ART dans ce modèle) Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Le principal avantage de ce modèle est qu’il évite des dépenses à chaque État-membre et la difficulté d’avoir une équipe d’experts dans tous les domaines importants pour une régulation effective du secteur des télécommunications. l’essentiel du pouvoir de décision et d’élaboration des politiques demeure au niveau des ANR et des Ministres des Communications nationaux.4ème modèle : l’harmonisation décentralisée Dans ce modèle. Meagher & Flom LLP 16 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Dans ce cas. ou par d’autres moyens tels que droits de licence. elle est indépendante et à même de donner des conseils sur les objectifs. mais pourrait faire des recommandations non contraignantes aux États-membres. Dans ce modèle. taxe en pourcentage du chiffre d’affaire. l’un des exemple étant l’Eastern Caribbean Telecom Authority (Ectel). divers mécanismes sont possibles pour financer l’ART. À cette fin. l’ART permettrait de substantielles économies en étant un centre de compétence à la disposition de tous les États-membres évitant ainsi la duplication des compétences en comptabilité. Mais en contraignant légalement les États-membres à consulter l’ART sur les politiques et en y concentrant les moyens d’étude. L’ART n’aura aucun pouvoir par ellemême. Elle est financée par des droits d’utilisation des fréquences. etc. Exigences pour la mise en œuvre du modèle Harmonisation décentralisée * les ARN doivent être clairement indépendantes de leur ministère de tutelle * l’ART doit être dotée d’une forte compétence technique * l’ART doit avoir la capacité de réagir rapidement lorsqu’elle est consultée par les ANR Estimation de la capacité de la CEDEAO à adopter ce modèle (+/–) + L’ARTAO a été créée et a prévu des formations dans les domaines techniques des télécoms – la capacité à acquérir le niveau technique voulu est réelle – Les ART d’Afrique australe et des États caraïbes de l’Est n’ont pas encore prouvé que leur modèle permet de parvenir à l’harmonisation régionale – En général. l’ART peut exercer une grande influence et contribuer à l’harmonisation des politiques même si elle n’a pas le pouvoir de contraindre. Rôle de l’ART : dans un tel modèle l’ART serait un pool central de personnel et un secrétariat pour coordonner les politiques des ANR. Rôles des ANR et des ministères de tutelle : dans ce modèle. financée de façon indépendante par des droits payés par les licenciés pour l’utilisation du spectre. L’Ectel est un organisme créé par Traité et financé par les gouvernements nationaux des cinq (actuellement) États-membres pour assurer l’harmonisation réglementaire de la politique de télécommunication de cette zone.

ART ARN Ministre de tutelle Conseil des Ministres ● ● ● ● ● ART ARN Ministre de tutelle Conseil des Ministres Élabore la politique Publie des directives Applique les directives Impose les directives dans les pays Joue le rôle de conseil en politiques ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ART ARN Ministre de tutelle Conseil des Ministres ART ARN Ministre de tutelle Conseil des Ministres ● ● ● Résumé des rôles dans les quatre modèles possibles d’harmonisation Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Arps. Meagher & Flom LLP ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● Accorde les licences Contrôle le respect des obligations licences Fixe les principes de l’interconnexion Fixe les tarifs d’interconnexion Coordonne les charges d’interconnexion Modèle Harmonisation centralisée Modèle Compétences distinctes Modèle Politique centralisée / Application nationale Modèle Harmonisation décentralisée 17 ● ● ● ● ● ● ● ● ? ? ● ● ● ● ● ● ● ? ? ● ● ● ● ? ● ● ● ● ● ● ● ● ? ● ● ? ? ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● ● Gère le spectre et la numérotation Fixe les normes techniques Fixe les types d’équipements agréés Appel des décisions des ARN Appel des décisions de l’ART Est chargé des questions de concurrence Siège au Conseil des ministres de la CEDésigne et révoque commissaires de l’ART Désigne et révoque commissaires des ARN Représente la CEDEAO Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Slate.

L’objectif initial de résilier les contrats exclusifs a été atteint et un ensemble de réglementations a été rédigé et en partie adopté. Meagher & Flom LLP 18 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . La réalité s’est révélée différente de la vision initiale. au point où nous en sommes. le Secrétariat est plutôt une instance consultative. C&W a déposé des plaintes contre des États-membres en réaction à une tentative d’adopter des prix plafonds régionaux et utilise une stratégie « diviser pour régner » qui semble lui réussir. Mais le progrès vers l’harmonisation a été plus lent en raison des réticences de plusieurs Étatsmembres à abandonner leur souveraineté sur l’octroi des licences et concernant l’équilibre entre les pouvoirs des CRNT et de l’ECTEL. Cable & Wireless (C&W) bénéficiait d’un contrat d’exclusivité en matière de services téléphoniques. St. • réaliser d’importantes économies en partageant le coût du maintien d’une instance réglementaire unique . • avoir un ensemble de démarches réglementaires cohérent dans l’ensemble de la zone et ainsi renforcer le processus d’harmonisation .–Vincent–et–les– Grenadines. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. la Dominique et la Grenade). quel mécanisme sera choisi pour y parvenir. Dans cette région. qui comprend la plupart des îles-États des Caraïbes. • utiliser les télécommunications et les TIC pour fournir l’infrastructure indispensable pour tirer la croissance économique et la diversification et remplacer les secteurs traditionnels en déclin tels que le sucre et la banane . L’idée de départ était que le Secrétariat de l’ECTEL serait un régulateur régional et que les CRNT donneraient les opinions locale sur les politiques et leur application et seraient un point de contact pour la population.Description de l’ECTEL (Eastern Caribbean Telecommunications Authority) Dans les anciennes colonies britanniques de la région Est–Caraïbes. il y a une prise de conscience que l’idée originelle est compromise et l’on assiste au début d’un mouvement pour revenir à l’idée de départ. il y avait déjà eu des traités internationaux pour créer Caricom. les réglementations élaborées par le Secrétariat sont parfois adoptées sous des formes différentes par les États-membres . évoluant ainsi vers un espace économique unique qui serait attractif pour les investisseurs . Slate. Celles-ci manquent sérieusement de moyens . monnaie commune et Cour de Justice commune. cinq îles ont décidé en 2000 de signer un Traité pour créer l’ECTEL en 2000 (pour consulter de traité et avoir d’autres informations. Confrontées au même opérateur de télécoms et poussées par l’idée que le développement économique serait renforcé par le libéralisation des télécoms. St. Aujourd’hui (début 2003). mais on ne sait pas. De ce fait. les licences sont accordées par les États-membres de façon indépendante et il y a d’importants retards dans l’octroi de licences décisives telles que les licences de raccordement à terre des câbles internationaux. certaines ne le sont pas du tout . La structure de l’ECTEL est constituée d’une instance centrale (le Secrétariat) et d’une Commission réglementaire nationale des télécommunications (CRNT) dans chaque État-membre. qui comprend cinq des îles anglophones (Ste–Lucie. voir le site http ://www. • offrir des licences régionales à de nouveaux opérateurs.int). les pouvoirs restant dans les mains des CRNT. Arps.ectel. Actuellement.–Kitts–et–Nevis. L’idée était que l’ECTEL permettrait aux cinq Étatsmembres de réaliser un certain nombre d’objectifs : • renforcer leur pouvoir de négociation vis-à-vis de C&W en négociant en groupe le renoncement de cette société à son exclusivité . les Commissaires sont employés à temps partiel et l’immixtion des ministères de tutelle est fréquente. la Guyana et l’Organisation des États de l’Est des Caraïbes (OECS). • renforcer la cohésion régionale qui était déjà forte à partir d’institutions communes : banque centrale.

Dans le secteur des télécoms. Slate. avec la récente création de l’Association des Régulateurs des Télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (ARTAO). Les ANR peuvent faire appel à l’ARTAO comme à une source collective de compétence. Meagher & Flom LLP 19 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Mais ces instances ne sont pas encore pleinement en fonction. la CEDEAO n’a pas le pouvoir d’obliger les États-membres à le faire. les États-membres conservent le dernier mot sur la mise en œuvre de la politique sectorielle. En fait nombre des actions du programme actuel de la CEDEAO s’inspirent plus ou moins de ce modèle. les États-membres de la CEDEAO doivent prendre toutes les mesures voulues pour intégrer dans leur législation les objectifs de politique de la Communauté. Selon le Traité.2 L’Autorité des Chefs d‘État et de gouvernement de la CEDEAO (l’Autorité) prend des décisions concernant diverses politiques sectorielles et les États-membres s’engagent à prendre toutes les mesures législatives et réglementaires voulues pour que les objectifs des politiques soient atteints. la CEDEAO semble pencher vers un modèle plus décentralisé. l’ARTAO formulera objectifs de politique communs et adressera aux ANR des recommandations relatives aux questions réglementaires et techniques visant à faciliter l’harmonisation des politiques et des réglementations de ce secteur dans l’ensemble de la région. 2 Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Parmi les objectifs affirmés du groupe. Arps. Mais actuellement. mais dans ce modèle décentralisé. En tant qu’instance consultative.Où se situe la CEDEAO ? À lire le Traité. des efforts pour faire avancer les deux modèles d’harmonisation sont en cours et l’on ne sait pas lequel de ces modèles va finalement être adopté par la CEDEAO. cependant. Le Traité appelle à la création de telles institutions : Parlement de la CEDEAO et Cour de Justice de la Communauté. l’élaboration de réglementations télécom harmonisées pour l’ensemble des pays de la zone. Aujourd’hui. L’ARTAO a été créée en septembre 2000 dans le but d’établir un forum de collaboration pour les régulateurs des télécoms de l’Afrique de l’Ouest. il semble que l’intention originelle de la CEDEAO était l’évolution vers un modèle d’harmonisation régionale similaire à celui de l’Union européenne (Politique centralisée et application nationale).

car il traite toute la zone comme un seul et unique espace économique en matière d’investissement de télécommunication. les États-membres ont été réticents et lents. ce qui abaisse les coûts d’entrée réglementaires. L’aspect négatif de ce modèle centralisé. mais il semble difficile de concilier d’une part une structure de politique basée sur un refus des pays d’abandonner leur souveraineté pour permettre l’harmonisation et d’autre part un mécanisme de péréquation par laquelle certains États-membres alimenteraient un fonds destiné au développement des infrastructures dans d’autres. les avantages de traiter la zone de la CEDEAO comme un seul espace économique serait réduit. est que l’autorité réglementaire pourrait avoir un pouvoir excessif sans contrepoids. Le modèle Compétences distinctes Ce modèle est jugé intéressant par deux types d’investisseurs : ceux qui sont intéressés par le marché uniquement de certains États-membres et non par la totalité de la région. Quelque soient les motifs de ce type de décisions des États-membres. Meagher & Flom LLP 20 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Ensuite. il traite toute la zone comme un espace économique unique. Parfois. Dans ce modèle. tout en reconnaissant la réalité de la souveraineté et les différences de structure et de procédure constitutionnelle. Le faible coût incrémental de la desserte des zones moins attractives rend ce modèle très intéressant du point de vue de l’accroissement du taux de pénétration des États-membres et des zones qui pourraient autrement ne pas intéresser l’investisseur. Du fait qu’il y aurait 15 systèmes juridiques. Mais il comporte un niveau de risque et d’incertitude plus élevé que le modèle d’harmonisation centralisée. vus plus haut. Tant dans l’UE que dans l’ECTEL. Enfin. Les investisseurs doivent tenir compte du type de comportement des divers Étatsmembres et courir le risque que certains ne suivent pas les orientations fixées par la région. Le modèle Harmonisation décentralisée Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. il y a eu une adoption inégale des politiques élaborées par l’organe central. aux yeux des investisseurs. et ceux pour qui les économies d’échelle sont un facteur économique moins important. parfois les politiques ont été transposées dans les législations nationales sous des formes et avec des effets très différents de ceux voulus par les concepteurs. l’effet sur les investisseurs est négatif par rapport au modèle centralisé. Slate. On pourrait éventuellement y remédier par un fonds de service universel à l’échelle de la région ou par quelque autre mécanisme de ce genre. Mais cette difficulté peut être surmontée par une supervision appropriée du Conseil des ministres ou d’un Conseil des Gouverneurs. c’est celui qui permet le mieux de répartir le risque d’environnement. Ce risque peut également être atténué par un strict respect de la procédure de consultation et par la transparence. un investisseur pourrait choisir un ou plusieurs des États-membres économiquement plus avancés et établir des liaisons entre eux qui court-circuiteraient ceux qui. ce qui réduirait les économies potentielles sur les coûts juridiques et réglementaires des investisseurs. la notion de « guichet unique » s’évaporerait. réglementaires et législatifs différents à suivre. Enfin.2ème partie LES MODELES D’HARMONISATION VUS PAR L’INVESTISSEUR On peut faire une évaluation qualitative des différents modèles d’harmonisation en se basant sur les critères qui influent sur l’opinion des investisseurs. pour une raison ou une autre. En effet. La conséquence pour la CEDEAO dans son ensemble serait le risque d’un accroissement des écarts entre les États-membres. ce modèle permet d’accorder aux investisseurs des licences et autorisations pour divers pays dans le cadre d’un « guichet unique ». Le modèle Harmonisation centralisée de la politique et application nationale Ce modèle résout certains problèmes du précédent en matière d’incitation aux investissements. ne seraient pas jugés intéressants par les investisseurs. Le modèle Harmonisation centralisée C’est ce modèle qui permet le mieux à un investisseur de réaliser des économies d’échelle. Arps.

il n’y aurait pas les éléments que l’harmonisation était supposée apporter pour encourager les investissements.Dans ce modèle. Résumé de l’évaluation des modèles d’harmonisation par les investisseurs Compétences distinctes Politique centralisée / application nationale Harmonisation centralisée Économies d’échelle Faibles coûts incrémentaux Répartition des risques environnementaux Abaissement des coûts d’entrée Contre-pouvoirs + + + +/– – – – – +/– +/– +/– +/– – – +/– Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. même ce niveau de cohérence risquerait de ne pas se maintenir durablement dans le temps. L’effet serait particulièrement négatif sur les investisseurs pouvant être intéressés par une desserte de la région dans son ensemble. Utiliser un organisme central comme le Secrétariat qui offrirait des moyens d’études et des compétences aux ministères et aux instances réglementaires des États-membres tendrait assurément à avoir un effet d’harmonisation du fait que cet organisme devrait normalement tenir le même discours à tous les États-membres. Slate. Les investisseurs n’auraient guère confiance dans la capacité de ce secrétariat à se faire entendre et faire appliquer ses politiques et ses recommandations. Mais ce Secrétariat étant dépourvu d’autorité propre et étant soumis aux aléas résultants de restrictions budgétaires et de la rotation du personnel. Arps. Meagher & Flom LLP 21 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO Harmonisation décentralisée – – – – – .

Ainsi. faire appliquer les jugements et résoudre les conflits. En outre. seuls les cadres légi- Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Très peu d’autorités réglementaires d’Afrique de l’Ouest passent le test de ce quatrième critère. les sanctions : l’autorité réglementaire de la plupart des États-membres est dotée des pouvoirs juridiques nécessaires pour imposer des sanctions. (3) autonomie financière et (4) pouvoir de promulguer des réglementations. enquêter. leur indépendance effective. Lorsque l’adoption de réglementations nécessite l’approbation d’une autre instance publique. au moins théoriquement. Que ces autorités régulatrices n’existent encore que sur le papier ou qu’elles soient déjà en fonction. Mais leur défaut fondamental est de pas savoir traduire les ambitieux principes des meilleures pratiques internationales en procédures et normes de conduite concrètes dont on a besoin pour réguler vraiment le secteur. décider des actions correctrices appropriés. Actuellement. qu’ils aient été établis au milieu des années 90 ou qu’ils soient encore à l’état de projet. juger de la culpabilité. cela met évidemment en cause l’autorité effective de l’institution et sape la confiance que l’on peut avoir dans le régime réglementaire nouvellement institué. Le Bénin et le Niger ont adopté des lois portant création d’une autorité régulatrice des télécoms mais celle-ci n’est pas encore en fonction ni dans un pays. Pour celles qui existent. économique et financière. Meagher & Flom LLP 22 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Le pouvoir d’édicter des règles et réglementations régissant le secteur est une tâche importante qui contribue à la légitimité et à la crédibilité d’une instance réglementaire. d’une autorité régulatrice indépendante. est partout sujette à caution. ils intègrent largement les éléments majeurs de régulation du secteur conformément aux meilleures pratiques internationales. Mais on peut sérieusement douter de l’efficacité de ces pouvoirs. notre Étude a montré l’important écart qui existe entre ce qu’ont prévu les textes et la réalité mise en place. le manque général de compétences et de capacités est un obstacle bien connu dans l’ensemble de la région (les 15 États-membres sauf un sont considérés comme n’ayant pas les capacités suffisantes pour réguler leur secteur national des télécoms).3ème partie CRITIQUE DU CADRE LEGISLATIF ACTUEL Au niveau des différents pays Actuellement. Dans la plupart des États-membres. au vu des dispositions prévues. La Gambie et le Sierra Leone ont rédigé un projet de loi dans ce sens qui doit être présenté devant leurs assemblées nationales respectives. Nombre des États-membres de la CEDEAO ont suivi la tendance internationale et soit se sont déjà dotés. L’indépendance a été jugée en fonction de quatre critères : (1) désignation et révocation de l’autorité. Arps. Slate. soit sont en train de le faire. ni dans l’autre. Seuls le Cap Vert. Autre domaine. (2) durée du mandat. L’interconnexion est également un domaine nécessitant une solide compétence technique. compte tenu de l’insuffisance des moyens financiers et humains nécessaires pour collecter les données. la Guinée et le Liberia n’ont pas encore rendu public de projet de création d’une telle instance indépendante de régulation des télécommunications. les cadres réglementaires nationaux des États-membres de la CEDEAO se caractérisent par une abondante législation télécom nationale fortement influencée par les tendances internationales. la compétence nécessaire à l’évaluation critique des modèles d’établissement des coûts de revient et des procédures comptables afin d’apprécier les tarifications proposées par les opérateurs et les rééquilibrages qu’ils pratiquent fait-elle généralement défaut. La situation qui en découle dans la majorité des États-membres est un ensemble de cadres législatifs qui honorent les meilleures pratiques internationales sur le papier ayant très peu d’effets concrets en ce qui concerne leur mise en oeuvre pratique. Cette difficulté à passer des grands principes juridiques à des règles concrètes est un obstacle pour les nouvelles autorités réglementaires nationales dépourvues d’expérience et ayant besoin de direction et d’un mandat clair pour libéraliser réellement le marché.

en particulier. Les clauses du Traité de la CEDEAO appellent à un certain nombre d’étapes vers l’harmonisation qui n’ont pas encore été franchies. l’incapacité du régulateur à assurer la crédibilité de ses engagements à long terme accroît le sentiment de risque de l’investisseur et augmente le rendement du capital exigé par les investisseurs pour entrer sur le marché. Au niveau de la CEDEAO en tant que telle Le Traité de la CEDEAO intègre largement le meilleur de l’Union européenne (UE) et va même. de façon créative dans le but de rendre le cadre législatif de l’Afrique de l’Ouest très attractif en se situant au niveau des « meilleures pratiques internationales ». demande la standardisation des équipements de communications . Les pays francophones. « Questions de concurrence dans les Télécommunications » OCDE non daté. il semble que c’est l’un des domaines dans lesquels les pays de la CEDEAO ont le plus progressé vers l’harmonisation. Arps. La crédibilité et l’efficacité de l’instance réglementaire seront mises à mal par les forces politiques si elle ne peut pas exercer son autorité sur le secteur de plein droit. Meagher & Flom LLP 23 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO .slatifs du Ghana et du Togo permettent à leur instance réglementaire de promulguer des réglementations immédiatement applicables au secteur. L’Article 32. au-delà. Les États-membres se trouvant dans cette situation devraient envisager d’aligner leurs procédures avec celles adoptées par la France et acceptées par l’UE pour donner à leurs autorités réglementaires nationales un rôle plus actif dans l’élaboration et l’adoption de réglementations directement applicables au secteur. L’interconnexion est l’élément le plus important d’une politique de télécommunications visant la libéralisation d’un marché caractérisé par un opérateur historique dominant desservant la majorité des clients. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. l’Article 43 demande l’introduction de concessions tarifaires au sein de la région – ce qui. c’est à ce niveau que les opérateurs en place ont le plus de possibilités d’abuser de leur position dominante. Les autres États-membres devraient apporter les modifications voulues à leur cadre législatif pour permettre à leurs régulateurs de promulguer des réglementations sans l’aval de leur ministre de tutelle ou d’une autre instance gouvernementale.2 Les États-membres de la CEDEAO ont tous adopté une approche juridique de l’interconnexion dont la structure est similaire mais qui varie largement au niveau des détail. Or. De ce fait. Le mandat d’harmonisation des politiques régionales relatives aux télécommunications et aux TIC a été donné et les États-membres ont déjà exprimé leur engagement à prendre les mesures voulues pour harmoniser leurs politiques nationales relatives aux technologies de l’information et de la communication. soit sont limitées à la rédaction de projets de textes qui devront être soumis à l’approbation d’une autre instance publique. à soi seul. Le cadre et l’autorité juridiques pour promouvoir l’harmonisation et l’intégration économique existent . nécessitant la coordination et la standardisation des réseaux de télécommunication dans l’ensemble de la région. Retards et coûts exagérés d’interconnexion sont les principales tactiques qu’ils utilisent. le problème est que les clauses du Traité de la CEDEAO qui pourraient être utilisées pour assurer l’harmonisation régionale et l’intégration économique n’ont jamais été utilisées ou n’ont donné lieu qu’à des applications superficielles De nombreuses dispositions du Traité sont restées en sommeil. En effet. Les autres autorités régulatrices de la zone CEDEAO soit n’ont pas la capacité de faire des réglementations entièrement. Slate. semblent soumis à des contraintes constitutionnelles les empêchant d’autoriser l’adoption de lois par toute autre instance que le parlement. créerait des taux plus favorables pour les communications transfrontalières et l’Article 33 demande l’introduction de l’offre de réseaux ouverts. par exemple. les conflits relatifs à l’interconnexion sont fréquents et inévitables et les régulateurs du monde entier ont l’attention fixée sur ce point. Néanmoins. Selon l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) « une meilleure compréhension des questions d’accès et d’interconnexion dans les télécommunications permet d’éclairer les plus importantes questions de concurrence qui se sont posées dans le secteur des télécoms ces dernières années ». parfois. 2 Note fournie par le Secrétariat.

Cette évaluation permettra d’établir une liste de facteurs qui affectent l’attractivité de la zone CEDEAO pour le type d’investissements requis pour la construction de réseaux et pour renforcer le développement économique.3 La CEDEAO a pris des mesures pour réduire le niveau de l’incertitude réglementaire. Comme on l’a noté plus haut et comme cela est détaillé dans le Rapport sur l’Action n° 2. Actuellement. Dans certains cas. les retours sur investissement dans les réseaux sont généralement à long terme. et le Traité de la CEDEAO constitue lui-même une déclaration d’intention dans ce sens. des coûts irrécupérables sauf pour leur valeur à la casse. elles sont contrebalancées par le fait que souvent les lois n’ont pas été mises en application et que les structures institutionnelles de la CEDEAO restent incomplètes. Cela vient de ce que l’investissement dans les réseaux de télécommunication nécessitent d’importants engagements initiaux de capitaux « patients ». 1999. Mais les obstacles à l’investissement venant du marché sont plus difficile à lever. Au niveau de l’investisseur potentiel En étudiant les modèles réglementaire possibles pour voir lequel a le plus de chances d’attirer les investissements de télécommunications dans la zone CEDEAO. visent à attirer des investissements. 1994 . Boston : Harvard University Press. les lois en vigueur peuvent même constituer des obstacles à l’investissement. il faut les évaluer en fonction d’un certain nombre de critères. c’est le but du processus d’harmonisation. cette incapacité des États-membres à mettre en application leurs législation nationales et l’expérience décevante de la CEDEAO en ce qui concerne la réalisation des actions prévues dans le Traité ne peuvent être interprétées par la communauté internationale des investisseurs que comme un manque de volonté politique collective des États de cette région de réaliser la moindre harmonisation significative dans le secteur des télécoms et des TIC. Investment Under Uncertainty. Princeton : Princeton University Press.Notre conclusion générale concernant le point où en est le cadre législatif de la CEDEAO correspond aux critiques formulées à l’encontre des cadres réglementaires nationaux : « tout semble bien sur le papier ». à son tour. sur le papier. Pindyck. En fait. Martha Amram et Nalin Kulatilaka. bâtiments et équipements) sont. les lois elles-mêmes sont déjà trop anciennes pour prendre en compte la convergence qui résulte de l’évolution des technologies et des marchés de l’information et de la communication. la plupart des États-membres ont des lois qui. Dixit et Robert S. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. La Cour de Justice de la communauté récemment instituée en application du Traité constitue un cadre pour appliquer la règle de la loi d’une façon qui ne défavorise pas les investisseurs. Slate. En effet. Real Options : Managing Strategic Investment in an Uncertain World. la période pour atteindre le point mort étant souvent d’au moins 10 ans. Cela veut dire que les investissements dans les réseaux de télécommunication sont largement irréversibles. ce qui. Meagher & Flom LLP 24 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . veut dire qu’il y a intérêt à retarder la décision d’investissement. De plus. Le plus puissant des obstacles de marché à l’investissement dans les infrastructures de télécommunication est l’incertitude. Le problème endémique de la CEDEAO et de ses Étatsmembres est l’incapacité à incarner concrètement les idées et les principes exprimés. une fois réalisés. Arps. Si ces décisions sont positives. une partie importante des investissements corporels (propriétés. Exprimées dans des termes qui supposent un monopole naturel et un seul opérateur public. 3 Avinash K. Les principaux critères sont les suivants : L’incertitude Les obstacles juridiques à l’investissement dépendent des États-membres de la CEDEAO et peuvent être supprimés plus ou moins à volonté.

98 0. de logiciels et d’investissements en marketing dont la durée de vie est relativement courte.39 0.04 0.47 0.Taille et pénétration du marché des télécommunications L’effet de l’incertitude est moins sensible dans le cas des investissements requis par la prestation des services.09 1.27 1. L’investissement nécessaire pour offrir un service est beaucoup moins important que celui nécessaire pour établir un réseau et les durées d’amortissement sont généralement plus courtes. elle élève les coûts d’un montant inconnu. Slate. De plus ces investissements tendent à être moins irréversibles.12% 55.45 0.71 6.28 0.28 4. Mais les prestataires de service ont besoin de réseaux et le niveau assez faible d’équipement en réseaux de télécom est un obstacle à l’attraction d’investissement pour les prestataires de service. www.19 0. Meagher & Flom LLP 25 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO .66 - Cap-Vert 437 000 62 360 31 508 93 868 Côte d’Ivoire 16 348 000 294 264 729 121 1 023 385 Gambie 1 337 000 35 029 43 051 78 081 Ghana 20 930 000 242 788 194 649 437 437 Guinée 8 020 000 25 664 55 338 81 002 Guinée Bissau 1 227 000 12 025 0 12 025 Liberia 3 108 000 6 838 1 865 8 702 Mali 11 678 000 50 215 45 544 95 760 Niger 11 227 000 21 331 2 245 23 577 Nigeria 116 929 000 502 795 327 401 830 196 Sénégal 9 662 000 236 719 390 345 627 064 Sierra Leone 4 870 000 22 889 26 785 49 674 Togo 4 657 000 47 967 95 003 142 970 Total 231 843 000 1 697 400 2 149 866 84 226 Pourcentage / total abonnés 44.07 1.98 0. dans la mesure où d’autres facteurs sont présents.transparence.94 2.84 2.26 5.8 2.92 1.55 2.69 0 0. aucun des pays de la zone représentés dans le panel n’a été classé à un rang inférieure à 50ème (le 1er pays est le moins corrompu et le 102ème est le plus corrompu) dans le rapport de 2002. comme le prouvent les hauts niveaux d’investissement dans l’ancienne Union soviétique. car l’absence de lignes installées est un obstacle pour eux.49 1.21 0. TI Corruption Perceptions Index.04 0. Comme les investisseurs disent qu’ils doutent de l’application des politiques de la CEDEAO.47 1. Bien que seulement quatre des pays de la CEDEAO soient représentés dans le sondage annuel réalisé par Transparency International.88% 100% Source : Indicateurs sur les Télécoms en Afrique .16 0. ces faibles taux d’équipement sont décourageants pour des investissements de prestataires de service.46 3.cpi/ Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Toutefois il ne faut pas surestimer celle-ci car les niveaux de revenu sont bas. tant directement 4 Transparency International.61 1. la réalisation de tels projets montrera l’existence d’une volonté politique et aura une importante valeur symbolique. ces faibles taux d’équipement constituent une opportunité d’investissement puisqu’ils sont le signe de l’existence d’une demande insatisfaite.43 0.32 0.82 0.02 0.4 L’absence de transparence a plusieurs effets négatifs sur l’investissement : D’abord.43 2. sans parler des avantages tangibles qu’auront ces projets pour la région. mais les investisseurs se montrent disposés à investir dans les marchés des pays à bas revenu en raison du potentiel de croissance qu’ils offrent. Mais d’un autre côté. une partie importante étant constituée de serveurs. Taux d’équipement téléphonique (au 31 décembre 2001) Pays Bénin Burkina Faso Population 6 446 000 12 220 000 Abonnés aux lignes fixes 59 303 57 434 Abonnés à un portable 125 052 74 542 Total 184 356 131 976 Taux d’équipement téléphonique (pour 100) Lignes PortaTotal fixes bles 0.93 0. Transparence Dans ce contexte.62 1.73 7.02 3.06 0.86 0. La création de liaisons directes entre les États-membres établira la crédibilité de la CEDEAO en tant qu’entité régionale ayant la capacité d’obtenir des réalisations.21 4.08 14.48 6.UIT D’un côté.22 0.22 0.org.03 0. 2002. Arps.01 0.93 21. la transparence signifie l’absence de corruption.

Ces disparités rendent plus difficile mais non impossible pour un investisseur potentiel de traiter toute la zone comme un espace commercial unique. De nombreux investisseurs préféreront donc rechercher des opportunités sur d’autres marchés. Plus peut-être que les moyens financiers. Cela veut dire qu’il est nécessaire mais pas suffisant d’avoir un cadre légal et réglementaire bien développé sur le papier. Arps. Il faut aussi la crédibilité d’une application loyale et transparente des textes. Pouvoir de sanction et supervision Comme on l’a vu dans le Rapport 2. surtout si l’effet négatif des écarts est compensé par d’autres avantages résultant de l’existence d’un seul marché. si l’on considère le marché pouvant être constitué par l’ensemble de la zone de la CEDEAO. L’exigence. ce qui fait défaut ce sont les hommes ayant reçu les formations voulues et ayant les compétences nécessaires. En second lieu. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. En raison des longues périodes de retour sur investissement évoquées plus haut. En fait. D’ailleurs. Meagher & Flom LLP 26 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Importance des écarts économiques Il y a des écarts considérables entre les niveaux de développement économique des divers États-membres de la CEDEAO. L’absence de transparence accroît l’incertitude et le risque au niveau de l’entreprise mais également au niveau des responsables personnellement lorsque des sanctions pénales sont susceptibles d’être infligées. de péréquations pour subventionner les zones moins développées avec les bénéfices gagnés dans les zones plus avancées réduit la rentabilité globale des éventuels projets régionaux et incite les investisseurs à se centrer sur les possibilités les plus lucratives. En conséquence.qu’indirectement en raison de l’allongement des délais. Le manque de moyens est souvent invoqué pour excuser l’insuffisance de l’exercice des fonctions réglementaires. Slate. Cet effet des écarts de développement est accru par les importantes différences dans les niveaux de libéralisation (voir Rapport n° 2). les sociétés souhaitent naturellement concentrer leurs efforts sur des zones ayant la capacité économique de générer les chiffres d’affaires et les bénéfices nécessaires pour assurer une bonne rentabilité des investissements. Cet effet accroît l’incertitude avec les conséquences que l’on a noté plus haut. qui peut être posée par les autorités. les investisseurs ont peu confiance dans le système légal et réglementaire peu crédible à leurs yeux. Seule cette crédibilité donne une certaine assurance aux investisseurs qu’ils connaissent les règles du jeu et que toutes les parties seront obligées de les respecter. les parties les plus défavorisées peuvent encore être financièrement intéressantes dans une démarche progressive. les pouvoirs de ces autorités n’ont guère été éprouvés. si la plupart des pays de la CEDEAO ont créé une autorité charger de superviser les opérateurs et de sanctionner les infractions aux lois et réglementations. d’autres pays et régions ayant de grands écarts de développement ont pu attirer des investissements. notamment si l’on tient compte d’autres risques. les règles seule induisent en erreur en créant de fausses attentes. Néanmoins. Autrement. les investisseurs attendent forcément que les autorités prennent des « engagements crédibles ». Étant donné les importants investissement nécessaires et les longues périodes nécessaires à la récupération de la mise. l’impression de faible transparence donnée par un pays détourne de nombreux investisseurs ne serait-ce que d’étudier et même d’envisager d’y entrer. certains pays comme les États-Unis ont des dispositions légales visant à empêcher leurs entreprises privées d’investir dans des pays peu transparents.

Si l’existence d’un cadre législatif adéquat représente un préalable important à l’« harmonisation ».5 Comme l’a indiqué le Rapport n° 2. un travail important a déjà été accompli pour créer le cadre législatif nécessaire à l’existence d’une communauté régionale de l’Afrique de l’Ouest. En outre. plusieurs d’entre eux ont adopté des lois ou réglementations largement au niveau d’exigence des « meilleures pratiques internationales ». pays par pays. Celui-ci intègre largement le meilleur de l’UE et va même parfois au-delà. Il serait par exemple possible aux pays de la CEDEAO d’harmoniser leur marché des télécoms. En outre. La même critique peut être adressée au Traité de la CEDEAO. le chemin vers l’harmonisation sera malaisé. en se basant sur une série de monopoles d’État nationaux. existe en Afrique de l’Ouest. Si cette étape n’est pas franchie. le Traité de la CEDEAO et certains protocoles adoptés en application dudit Traité fournissent le cadre législatif à l’intérieur duquel les États-membres peuvent agir pour réaliser le maximum d’harmonisation conformément au modèle d’harmonisation centralisée évoqué plus haut. à l’intérieur de chacun des modèles d’harmonisation décrits dans la 1ère Partie. Pour les investisseurs. Du point de vue de l’investisseur. on peut imaginer des solutions différentes pour la formulation de la politique et son application dans les États-membres. le cadre législatif ne sert à rien et risque d’être dépourvu de toute signification. viable. La suivante est de mettre ce cadre en application. Par ailleurs. L’harmonisation peut aussi se réaliser sur une structure de marché caractérisée par la liberté d’établissement et la concurrence. Les structures juridiques et les processus de mise en œuvre de politique nécessaires pour parvenir à ces résultats sont évidemment extrêmement différents. cette absence de mise en oeuvre. l’engagement juridique manque de crédibilité et n’atteint pas l’objectif de réduction de l’incertitude. Des solutions intermédiaires sont imaginables. constituée de 15 États-membres. elle n’est qu’une première étape. si l’on peut féliciter les gouvernements des pays d’avoir adopté et mis en place un cadre législatif sain. Les défis à relever Compte tenu de la diversité des points de départ des États-membres de la CEDEAO. Il est également possible d’envisager une voie vers l’harmonisation qui consiste à passer progressivement de l’un de ces types de structures de marché à un autre. du risque et du coût du capital qui en résulte. C’est pourquoi. Slate. Arps. ou ce qu’on pourrait appeler le « défaut de suivi » peut provoquer le sentiment qu’il n’existe pas de volonté politique collec5 Les termes avec majuscule non définis autrement ont le sens qui leur est donné dans le Traité de la CEDEAO. mais que le cadre législatif et le modèle pour atteindre le niveau des « meilleures pratiques internationales ». donc. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. de façon créative. dans le but de rendre le cadre législatif de l’Afrique de l’Ouest attractif au regard des « meilleures pratiques internationales ». Meagher & Flom LLP 27 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . La tâche est rendue plus difficile par l’absence d’objectif clairement défini. il faut considérer en même temps le niveau d’harmonisation et le niveau de subsidiarité souhaités. Nous ne voulons pas dire par là qu’il n’y a plus rien à faire. Mais le problème est que les dispositions du Traité qui pourraient être utilisées pour renforcer « l’harmonisation » et rendre les secteurs des télécoms et des TIC de l’Afrique de l’Ouest attractifs pour les investisseurs internationaux soit n’ont jamais été mis en œuvre soit n’ont fait l’objet que d’applications superficielles. En fait.4ème partie CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS Les principaux acquis Il y a eu un certain nombre de réalisations décisives et il existe une base permettant à la CEDEAO d’harmoniser son secteur des télécoms. il faut reconnaître que l’application de ce cadre est déficiente voire inexistante.

Slate. Comme on l’a indiqué. mais encore de tout dérapage par rapport à l’échéancier prévu. en application de l’Article 22. le cadre législatif pour mettre en œuvre le modèle d’harmonisation centralisée existe déjà au niveau tant des pays que du Traité. charger le Secrétariat exécutif de la CEDEAO de superviser la réalisation des étapes (i) et (ii) et faire rapport en temps voulu non seulement sur la réalisation des étapes. Plutôt que de retarder le processus jusqu’à ce que la dernière exclusivité ait expiré. le modèle centralisé (voir 1ère Partie) est la plus favorable des solutions envisagées. Cette perception ne peut qu’être renforcée par l’absence générale d’application des lois nationales dans le secteur. permettrait la plus grande harmonisation des politiques et réglementations et. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Le calendrier de la libéralisation serait ralenti s’il se basait sur les plus longues clauses d’exclusivité accordées aux opérateurs de la région. Les difficultés de mise en œuvre des Recommandations de l’Étude Pour élaborer un Plan d’harmonisation viable. réduirait au minimum l’effet de l’incertitude réglementaire. Arps. et des dote de procédures rapides pour certains conflits impliquant des investissements transfrontaliers. De ce point de vue. des dérogations devraient être accordées pour permettre aux pays qui sont prêts d’avancer. Le modèle d’harmonisation recommandé ici Le présent Rapport a pris pour méthode d’étudier les différentes politiques susceptibles d’être adoptées du point de vue d’un investisseur potentiel dans le secteur des télécoms. Meagher & Flom LLP 28 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . L’adoption de ce modèle maximiserait l’opportunité de marché. créer et financer une Autorité régionale des télécoms au niveau de la CEDEAO ayant compétence et responsabilité de supervision en matière de télécoms et de TIC. créer. les politiques existantes et les engagements des divers États-membres doivent être pris en compte.tive des États-membres pour réaliser la moindre harmonisation significative des secteurs des télécoms et des TIC. le défaut de mise en œuvre du Traité de la CEDEAO et des lois nationales peut être vu comme un important obstacle à l’attraction de l’investissement international en Afrique de l’Ouest. nous recommandons l’adoption d’un « Plan d’harmonisation » souple qui doit : être centré sur le moyens d’application des Articles 32 et 33 du Traité afin d’élaborer une politique sectorielle pour les télécoms de l’ensemble de la Communauté et de lancer une procédure devant conduire à l’adoption d’un Protocole régissant les Offres de réseau ouvert. Des dérogations ont été utilisées avec succès par l’Union européenne. Dans ce cadre. une Commission technique chargée de faire la liaison avec la Cour de Justice et le Tribunal d’arbitrage créée et à créer en vertu des Articles 15 et 16 respectivement pour établir et recommander des procédures spécifiques pour que l’Autorité leur confère compétence et pouvoirs de sanction pour la résolution des conflits portant sur des questions relatives aux secteurs des télécoms et des TIC. en centralisant la décision. élaborer et réaliser un programme de développement des capacités des Agences réglementaire nationales et de la CEDEAO. De ce fait. Nous recommandons donc l’engagement d’un processus d’application effective du cadre législatif existant avec des étapes concrètes et des moyens de réalisation. qui a donné à certains pays de plus longs délais pour se conformer aux directives de la Commission. Cela peut donner à la communauté internationale l’impression que la CEDEAO en tant qu’organisation issue du Traité et certains États-membres manquent de crédibilité et que l’on ne peut compter sur eux pour protéger les investissements.

qui affecteront les gains relatifs des différents pays. Meagher & Flom LLP 29 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . situés chacun dans le cadre de leur tradition constitutionnelle. Les Étatsmembres ont actuellement des mécanismes juridiques bien établis. par exemple. nous recommandons de traiter l’harmonisation au niveau du Traité de la CEDEAO. De ce fait. En outre. Un plan d’harmonisation utilisant le modèle décentralisé obligerait. prenant en compte les diverses traditions juridiques. objectif fixé dans les Termes de Référence. nos recommandations sont conçues pour atteindre les objectifs fixés dans les Termes de Référence et éviter des obstacles inutiles à la mise en œuvre. Arps. Pour éviter ces obstacles. pour la ratification et l’exécution des protocoles. ainsi qu’aux cadres juridiques et politiques de chacun des États-membres. selon les termes du Traité. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Le processus serait compliqué et risquerait de nous conduire bien au-delà de 2007. Il doit donc être économiquement avantageux à long terme pour l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest tout en tenant compte de ce que certains pays pourront avoir à renoncer à certains gains à court terme. En tenant compte de ces considérations. les protocoles correctement ratifiés ont également force de loi dans les divers États-membres à l’égal du Traité lui-même. nous proposons un calendrier possible de mise en œuvre (voir Annexe B) dans la mesure où les États-membres auront adopté les recommandations et idées exposées ci-dessus. Slate. à une adaptation poussée pour convenir aux diverses traditions. cette méthode risquerait de conduire à une exécution non uniforme du plan d’harmonisation dans les États-membres.CEDEAO : expiration des monopoles des télécoms Togo Sierra Leone Sénégal Nigeria Niger Mali Liberia Guinée-Bissau Guinée Ghana Gambie Côte d'Ivoire Cap-Vert Burkina Faso Bénin 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 Les différentes traditions constitutionnelles existant au sein de la CEDEAO pourraient constituer des obstacles à la mise en œuvre d’un plan d’harmonisation. Le plan de mise en œuvre doit explicitement reconnaître la nécessité de compromis entre les États-membres. En outre.

2. Le cas échéant. De cette façon.Le Plan d’harmonisation Le Plan d’harmonisation est conçu comme une « feuille de route » pour la réalisation des objectifs des États-membres stipulés dans le Traité de la CEDEAO. les recommandations spécifiques stipulées dans le Plan d’harmonisation s’appuient sur des dispositions déjà présentes dans le Traité de la CEDEAO pour avoir l’autorité juridique nécessaire à l’acceptation et à la mise en oeuvre. La Recommandation n° 6 propose un échéancier possible de réalisation suffisamment souple pour permettre aux États-membres de déterminer le rythme auquel ils décideront de réaliser les recommandation contenues dans ce Rapport n° 3 pour atteindre un marché régional pleinement harmonisé. Échéancier de l’harmonisation des télécoms au niveau de la CEDEAO. certaines affaires doivent être réalisées « par étapes » (Traité de la CEDEAO. les ressources rares – moyen humains et moyens financiers – peuvent être axés vers la mise en œuvre du cadre législatif plutôt que d’être utilisés à la création de textes juridiques supplémentaires. 3. Article 3). Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Ces objectifs partent d’un point d’accord selon lequel « l’intégration des États-membres en une Communauté régionale viable peut exiger la remise partielle et progressive des souverainetés nationales à la communauté dans le cadre d’une « volonté politique collective » et l’acceptation de « la nécessité d’établir les Institutions de la Communauté investies des pouvoirs voulus et suffisants » pour atteindre l’objectif de la communauté qui est « un développement économique accéléré et durable des Étatsmembres. Le Plan d’harmonisation s’appuie sur l’affirmation du Traité de la CEDEAO selon laquelle. pour atteindre les buts de la communauté. s’il est adopté. dépendra du respect par les Étatsmembres de leur engagements résultant de l’Article 5 du Traité de la CEDEAO. Chaque État-membre devra. À cet égard. prendre toute les mesures nécessaire pour assurer la mise en vigueur et la diffusion des textes législatifs et statutaires. définit les repères pouvant être pris en considération et adoptés par consensus par le Conseil des Ministres. Par ailleurs. Meagher & Flom LLP 30 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Slate. Arps. on trouvera en appui les citations voulues du Traité de la CEDEAO. le Plan propose que le États-membres définissent et fixent des points de repères clairs de cette exécution par étapes. en accord avec ses procédures constitutionnelles. (Préambule du Traité de la CEDEAO) Étant donné l’importance de la tâche et le travail considérable qui sera nécessaire. culminant dans une union économique de l’Afrique de l’Ouest ». Les États-membres s’engagent à créer les conditions favorables à l’atteinte des objectifs de la communauté et notamment à prendre toutes les mesures nécessaires pour harmoniser leurs stratégies et politiques et à s’abstenir de toute action qui pourrait gêner l’atteinte desdits objectifs. autant que de besoin pour la mise en application des dispositions de ce Traité. Chaque État-membre s’engage à honorer ses obligations résultant de ce Traité et à se plier aux décisions et réglementations de la communauté. L’Annexe B. 1. tenant compte des niveaux de libéralisation dans la région. nous recommandons que les États-membres travaillent dans le cadre législatif existant du Traité de la CEDEAO. au niveaux tant de la communauté de la CEDEAO que des pays pour réaliser entièrement le Plan d’harmonisation. La réussite du Plan d’harmonisation.

les régulateurs sont rarement capables de prévoir comment une nouvelle technologie sera utilisée et doivent donc résister à la tentation de lui appliquer les anciennes réglementations tant que les contours exacts de la nouvelle technologie ou du nouveau service ne sont pas apparus clairement. qui propose un exemple d’échéancier avec étapes qui pourrait être utilisé pour le plan de réalisation définitif. Article 32. Une réglementation prématurée a un effet dissuasif sur l’investissement et peut étouffer le développement ou contraindre la technologie ou le service à suivre un modèle particulier. au lieu de laisser le marché déterminer leurs meilleurs usages et finalement leur Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. coordonner et standardiser les réseaux nationaux de télécommunications afin de fournir des liaisons fiables entre les États-membres . en tant que moyen pour atteindre les objectifs fixés ». Article 32. Achever. Slate.Recommandation n° 1 : S’axer sur l’application des Articles 32 et 33 du Traité Engagements des États-membres selon l’Article 33 • • • Développer. les régulateurs devraient faire preuve d’une grande réserve pour les laisser évoluer. « a) à élaborer des politiques. (Voir l’Annexe B. Coordonner leurs efforts en ce qui concerne l’exploitation et l’entretien de la partie ouestafricaine du réseau ion panafricain de télécommunications et la mobilisation de ressources financières nationales et internationales. (Traité CEDEAO. a et i) Les États-membres se sont également engagés à « s’efforcer d’encourager la création et la promotion de sociétés en participation et d’entreprises de la Communauté et la participation du secteur privé dans les domaines des transports et des communications ». anticiper et prendre en compte la création d’une Administration au sein de la CEDEAO investie d’une pleine autorité sur certaines questions réglementaires régionales. lois et réglementations communes en matière de transport et de communications .. cette Décision de politique devrait : énoncer un plan d’avenir suffisamment détaillé visant à développer. (Traité CEDEAO. En effet. les États-membres ont convenu dans l’Article 32 (Transports et Communications) de s’engager entre autres. au niveau de la distribution. (le Rapport n° 2 peut être utilisé comme base pour déterminer les points communs et les disparités entre les lois des divers pays).. Action n° 1. Concevoir un Plan stratégique pour le secteur des TIC et télécoms devant figurer dans une Décision de politique sectorielle régionale Nous recommandons que l’Autorité exerce les pouvoirs qui lui sont conférés par l’Article 7(2)(3) du Traité en adoptant une Décision de politique sectorielle fixant les grands principes de la communauté relatifs au secteur des TIC et des télécoms. moderniser. (Voir plus bas la Recommandation n° 5 qui traite de l’adoption d’un projet de Protocole prévoyant le cadre législatif de la création d’une Administration des TIC et Télécommunications) être accompagnée d’un plan spécifique de réalisation avec des repères d’étapes identifiables.) Cette Décision de politique ne devrait pas présumer ou tenter de prévoir le moment et la façon dont les futurs progrès technologiques pourront être utilisés. § 2) À l’Article 33 (Postes et Télécommunications) l’engagement des États-membres à l’harmonisation est obligatoire. Meagher & Flom LLP 31 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Arps. § 1. [et] i) à s’efforcer de standardiser les équipements utilisés dans les transports et les communications et à établir des installations communes pour leur production. L’Article 33 contient par ailleurs un engagement des États-membres à « encourager la participation du secteur privé à offrir des services postaux et de télécommunications. Lorsque des technologies ou des services tout nouveaux sont introduits ou testés sur le marché. « Dans le but d’assurer l’harmonieuse intégration des infrastructures matérielles ». intégrer et harmoniser les régimes réglementaires disparates des États-membres. Au minimum.. leur entretien et leur réparation ». la section du réseau panafricain de télécommunications située en Afrique de l’Ouest .

Arps. Les avantages à long terme résultant des nouvelles technologies et nouveaux services sont un accroissement de la concurrence. En fait les déclarations de politique dépourvues de plan de mise en œuvre et de repères permettant de suivre l’atteinte d’étapes convenues à l’avance ne font généralement qu’accroître le scepticisme. l’élargissement des possibilités de choix et l’innovation. la baisse des prix.particulier. l’amélioration de la qualité du service. sur l’orientation et le développement de la Décision de politique régionale. pour les investisseurs du secteur des télécommunications et des TIC. il faut une spectaculaire démonstration de consensus et d’énergie. Le Secrétariat pourra aussi engager des consultants qualifiés ayant des compétences prouvées dans la rédaction de politiques publiques sectorielles relatives aux TIC et aux télécoms et être autorisé à réaliser une consultation publique ouverte et transparente afin de solliciter des avis des parties intéressées. Chacun des Objectifs stratégiques nécessite un Plan d’action et l’affectation de moyens pour creuser les questions et déterminer les actions nécessaires pour transformer le plan en une réalité. le Secrétariat exécutif réunisse un comité composé de personne connaissant bien les secteurs des TIC et des télécoms. Pour corriger la perception très répandue que la volonté politique manque pour atteindre l’objectif d’harmonisation des politiques relatives aux télécoms et de développement du secteur des TIC au sein de la CEDEAO. le commerce et la croissance Quantifier les bénéfices nets de l’harmonisation Les actions à mener pour atteindre ces Objectifs stratégiques ont été conçues pour atteindre les résultats quantifiés suivants : Atteindre un taux d’équipement Internet et téléphonie vocale de 20% en 2010 Réaliser l’interconnexion [entre les États-membres] en 2005 Atteindre des niveaux « acceptables » d’accès universel en 2010 Réaliser la démonstration de l’intérêt de l’harmonisation Si cette proposition ne représente une vue consensuelle de tous les États-membres. le développement des entreprises et la croissance économique. en mars 2003. Meagher & Flom LLP 32 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . au cours de laquelle un groupe de travail présidé par le délégué du Ghana a présenté un exemple dont voici la substance : Vision : [la CEDEAO] deviendra la destination préférée des investissements [dans le monde. notamment des acteurs du secteur. au lieu de laisser le marché déterminer leurs meilleurs usages et finalement leur rentabilité.] Objectifs stratégiques [pour réaliser la Vision] Développer des partenariats public–privé et l’investissement privé Supprimer les obstacles à la concurrence Déployer un réseau moderne omniprésent pour faciliter le commerce Développer rapidement des réseaux convergents (haut débit / multimédia) Accélérer l’adoption des nouvelles technologies pour tirer l’innovation. En fait. la première étape a été franchie à la réunion d’ Accra. qui se traduisent par des créations d’emplois. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. L’élaboration de la Décision de politique et du Plan stratégique l’accompagnant nécessiteront l’accord et l’assentiment des gouvernements nationaux sur les implications et l’engagement des moyens requis pour réaliser la Vision. pour rédiger ce texte. La Vision est liée à des objectifs précis requis pour y parvenir et les Objectifs stratégiques sont eux-mêmes liés à des résultats quantifiés à atteindre à des dates définies. L’Autorité devra demander au Secrétariat exécutif d’élaborer cette Décision de politique régionale pour qu’elle puisse l’adopter. elle démontre le commencement du processus de planification nécessaire pour démontrer un engagement crédible à l’harmonisation. Nous recommandons que. Slate. La publication d’une « Vision d’avenir » sous la forme d’une simple déclaration de politique adoptée par les chefs d’État des pays membres de la CEDEAO ne serait pas suffisante à elle toute seule pour surmonter le pessimisme des investisseurs.

Pour que cela se fasse d’une façon qui renforce l’harmonisation. Nous recommandons qu’il soit accordé au comité spécial un budget suffisant pour engager des compétences extérieures dans le but de guider et assister le comité et d’assurer que le protocole rédigé est tourné vers l’avenir et tient compte des progrès technologiques. Le Protocole OROI devra reconnaître que éléments suivants : l’interconnexion des réseaux. l’action « Supprimer les obstacles à la concurrence » nécessiterait que certains États-membres accélèrent leur processus de privatisation de leurs opérateurs publics. (Directive du Conseil 90/387/EEC. Adopter un Cadre commun pour un accès ouvert sans restriction aux réseaux modernes de télécoms permettant d’assurer l’interconnexion régionale Simultanément avec le travail d’élaboration de la Décision de politique régionale et conformément au cadre législatif établi par les Articles 32 et 33. Meagher & Flom LLP 33 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . services sur un marché régional harmonisé et devra • Voir l’interconnexion des réseaux dans le cadre de l’ORO. au minimum. (JO N° L fixe fonctionnant sans rupture pour la prestation des 192/1. soit préparé un protocole relatif à l’Offre de réseau ouvert et Une « première » étape similaire a été engagée en 1990 par d’interconnexion que. notamment fibre optique et connexions « fixes–sans fil » ainsi que de la convergence dans les applications à haut débit. nous recommandons que l’Autorité réunisse un comité spécial chargé de rédiger un protocole destiné à imposer un cadre commun pour l’offre de réseaux ouverts (ORO). élaborent une loi sur la concurrence. Le Secrétariat exécutif devrait avoir la charge de nommer les membres du comité. l’accès aux réseaux et l’itinérance font partie intégrante de la réalisation de • Traiter l’ORO dans un cadre légèrement plus large que celui l’accès ouvert et sans ruptures dans la prestation des dans lequel elle a été initialement engagée par l’UE.Par exemple.1. qui fera fonction de président du comité spécial.7. créent un fonds pour financer le service universel et renforcent les capacités de leurs autorités régulatrices nationales. mais si l’harmonisation est le but. Arps. La composition du Comité spécial chargé d’élaborer le Protocole OROI est importante. Action n° 2. nous appellerons le Protocole l’Union européenne (UE) sur la base d’un accord des ÉtatsOROI. 24. parmi les membres des organisations régionales et de désigner un Administrateur. la CEDEAO doit engager son élaboration et réaliser un consensus des États-membres sur son exécution. services de téléphonie vocale. Le projet de Protocole annexé au présent rapport sous la forme de l’Annexe A prévoit un moyen pour financer le comité spécial. établissent une instance dotée des moyens et des compétences voulues pour faire respecter ladite loi sur la concurrence. Nous recommandons également que le comité spécial ait l’obligation d’engager une consultation publique afin d’assurer l’écoute et la prise en compte des points de vue des acteurs du sec- Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Nous reL’expérience de l’UE commandons que. nous recommandons que la CEDEAO considère les membres. Créer un Comité spécial chargé que l’itinérance. p.1. mettent en place un régime libéral d’octroi de licences. des politiques de gestion coordonnée du spectre et un système centralisé de numérotation. une démarche centralisée de la CEDEAO nécessiterait l’octroi des licences au niveau régional. Nous recommandons que ce comité sont composé de représentants des organisations régionales concernés afin d’économiser des ressources et profiter du corpus existant de connaissances techniques des États-membres. les tarifs et les règlements régionaux entre d’élaborer le Protocole OROI opérateurs. Slate. développent des réglementations d’interconnexion. traiter ces questions en conséquence.). La liste détaillée des actions à réaliser pour atteindre les objectifs permettant de réaliser la Vision est longue. de transmission de Étant donné l’expérience de l’UE dans la réalisation de sa predonnées et de haut débit tant dans les territoires namière directive ORO et les leçons apprises au cours de la dernière tionaux qu’entre eux au bénéfice de tous les Étatsdécennie. • Envisager les question connexes importantes pour les connexions transfrontalières de réseaux et les services tels Action 2. L’objectif primordial de ce Protocole OROI sera membres disant : « le plein établissement d’un marché des la création d’un marché régional des services de téléservices de télécommunication à la dimension de la Communauté communications par l’accès ouvert et sans restrictions sera promu par la rapide introduction de principes et conditions aux réseaux modernes de téléphonie tant mobile que harmonisés pour l’offre de réseaux ouverts (ORO) ».90 1990.

Le processus de consultation ne devra pas durer plus de 90 jours. notamment sur l’accès aux fréquences lorsqu’il y a lieu au niveau des opérateurs (interfaces entre réseaux) et à celui des usagers (interfaces entre les réseaux des opérateurs et les usagers). Il pourra tenir des auditions publiques dans le cadre de la consultation et offrir aux parties intéressées la possibilité de faire une déposition verbale. Slate. À cet égard. voici les exigences qui s’imposeront au Comité spécial : Il devra notifier la consultation dans le Journal officiel de la Communauté invitant toutes les personnes intéressées à soumettre avis et déclarations écrites. être non discriminatoires et garantir l’égalité d’access. le Protocole indiquera : • les restrictions et obligations particulières qui devront être imposées aux opérateurs identifiés comme ayant un pouvoir sur leur marché . À cet égard. mais ne devra pas se fonder sur de telles informations confidentielles dans la version finale du Protocole OROI. Action 2. sauf à avoir rendu publiques ces informations et offert aux parties la possibilité de donner leur avis sur celles-ci et de les réfuter par d’autres informations. le marché et les sous-marchés nationaux et sous-régionaux et les critères permettant de déterminer les opérateurs licenciés ayant un pouvoir sur leur marché dans ce marché et ces sous-marchés.2. du public et des autres parties intéressées. avec établissement d’une liste de ces opérateurs ayant un pouvoir sur leur marché. • Les procédures pour la révision et la mise à jour de la liste des opérateurs identifiés comme ayant un pouvoir sur leur marché et notamment les procédures au moyen desquelles les opérateurs pourront prouver qu’ils n’ont plus de pouvoir sur leur marché et justifier leur radiation de la liste . Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Arps. Il pourra prévoir de recevoir des informations confidentielles dans le cadre de la consultation publique. des obligations et des devoirs particuliers. les principes tarifaires harmonisés applicables à l’arrivée du trafic transfrontalier et aux règlements entre opérateurs pour ce trafic et les termes applicables au trafic de transit. Au terme de la période de consultation. les Interfaces techniques et conditions d’accès harmonisées qui seront supportées par des spécifications techniques communes basées sur des normes et spécifications internationales. les conditions d’accès et les principes tarifaires Ces principes devront se baser sur des critères objectifs. • Les spécifications techniques communes devront porter sur les interfaces et les conditions d’accès. Le Protocole OROI pourra devoir opérer une distinction entre les réseaux et imposer aux fournisseurs de réseaux ayant un pouvoir sur leur marché des normes. Il devra intégrer dans la notification le texte du projet de Protocole OROI et les procédures selon lesquelles la consultation publique se déroulera. Déterminer et adopter les spécifications techniques. il soumettra la version finale du Protocole OROI au Secrétariat exécutif pour ratification conformément aux stipulations de l’Article 3. Meagher & Flom LLP 34 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Au minimum ce Protocole OROI devra traiter les questions suivantes : sa portée et son application aux réseaux de téléphonie fixe et mobile en prenant en compte la convergence technologique dans le secteur et l’objectif d’harmonisation de la communauté .teur et notamment des opérateurs.

il est probable que la mise en œuvre de l’offre de réseaux ouverts soit retardée. sous la forme d’une Administration des TIC et Télécommunications au sein de la CEDEAO. C’est pourquoi. Tant que des régimes de monopole continueront à exister dans des États-membres. L’Administrateur aura le pouvoir de promulguer des réglementations ayant valeur contraignante pour les États-membres de la communauté dans les secteurs des TIC et des télécommunications. il pourra être nécessaire d’accorder à certains États-membres des dérogations jusqu’au moment de la pleine libéralisation de leurs marchés. La mise en application du Protocole OROI risque de se heurter aux obstacles suivants : Les situations techniques diffèrent d’un État-membre à un autre et la compatibilisation des équipements pourra nécessiter des interfaces uniques ou non communes ce qui imposera une mise en application par étapes du protocole. Le souhait d’un gouvernement de préserver la valeur d’un actif national. En ce qui concerne les conflits nationaux d’intérêts entre les opérateurs historiques et les régulateurs nouvellement mis en place. Pour surmonter ces obstacles à la mise en application du Protocole PIRO. S’appuyant sur les compétences de l’ARTAO. En raison de la nature extrêmement technique des discussions en vue d’une totale interopérabilité entre les réseaux et notamment de l’harmonisation des communications entre sous-réseaux pour permettre un enregistrement du trafic et une facturation corrects. pour étudier nos conclusions. Meagher & Flom LLP 35 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . notre recommandation est de créer une autorité supranationale. alors qu’il est urgent de rédiger le Protocole OROI pour s’orienter vers le plein accès aux réseaux et services. La pleine libéralisation du marché des télécoms dans les États-membres n’est pas encore réalisée. Il faudra donc moderniser les interfaces techniques ou apporter des corrections aux logiciels utilisés dans de nombreux États-membres pour résoudre les problèmes actuels d’incompatibilité de réseaux de la communauté. Slate. est contradictoire avec son engagement à promouvoir un marché concurrentiel dans son secteur national des télécoms. de l’UEMOA et des opérateurs de réseaux. des dérogations étant accordées à la Guinée-Bissau et au Cap-Vert. De la sorte. Si l’on se base sur les structures actuelles du marché au sein de la communauté. ce sous-comité serait chargé d’élaborer des solutions techniques pour promouvoir l’interopérabilité et proposer des recommandations au comité spécial. de la Commission fédérale des communications des ÉtatsUnis ou au moins d’un État-membre. De la discussion avec les acteurs du secteur au cours de l’atelier régional tenu à Accra du 3 au 5 mars. la mise en œuvre du protocole rassurera la communauté internationale des investisseurs qui verra que les risques politiques liés à l’investissement dans les États-membres seront Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Par ailleurs. Arps. Ce conflit d’intérêts sera plus aigu dans les États-membres n’ayant pas mis en place un régulateur vraiment indépendant et autonome c’est-à-dire dissocié des préoccupations politiciennes et budgétaires de son gouvernement. La création d’une autorité supranationale mettra la réglementation des télécoms à l’abri des pressions politiques endémiques au niveau national et allègera les conflits d’intérêts intrinsèques.la reconnaissance mutuelle des agréments d’équipements pour permettre la libre circulation des équipements entre les États-membres lorsque ces équipements ont reçu l’agrément voulu de l’UE. soit dans une optique stratégique soit en vue d’une vente publique. nous recommandons la création d’un sous-comité technique pour traiter ces questions. soit encore par un sentiment de loyauté nationale. il est ressorti qu’au moins 3 ou 4 protocoles d’interface de réseaux sont actuellement utilisés en Afrique de l’Ouest et que nombre de ces protocoles sont périmés et inadaptés au trafic multimédia à haut débit dont l’importance va croissant. la pleine libéralisation sera possible en 2005. notre recommandation est de commencer bien avant 2005 sa rédaction et le processus visant à son adoption en prévoyant des dérogations pour les États-membres dont les marchés nationaux ne sont pas encore pleinement libéralisés. il y a un conflit d’intérêts latent entre les États-membres qui continuent d’être à la fois acteurs sur leur marché et régulateurs.

Arps. nous recommandons que l’Autorité demande au Secrétariat exécutif de réunir un forum pour faciliter les échanges de vue entre Étatsmembres et secteur privé et notamment la communauté des investisseurs afin d’explorer les possibilités de création de sociétés en participation et de partenariats public–privé. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. Meagher & Flom LLP 36 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Développer des partenariats public–privé Enfin. conformément aux Articles 32 et 33. Slate. Le forum devrait fournir une plate-forme au moyen de laquelle le secteur privé et les États-membres pourront réduire les retards d’investissement et communiquer leurs réactions ce qui permettra des modifications en continu du Plan d’harmonisation. La Recommandation n° 5 traite quelques unes de ces questions. Action 3.minimisés par l’adoption de procédures ouvertes et transparentes au niveau régional.

les pouvoirs. les procédures et les autres questions concernant le Tribunal d’arbitrage seront fixés dans le Protocole s’y rapportant. nous recommandons que l’Autorité délègue au Conseil des Ministres conformément à l’Article 7(f) tous les pouvoirs nécessaires pour prendre les décisions prévues par l’Article 9 afin de créer une Commission technique. De nombreux pays sont en train d’adopter les lois sur la concurrence et de créer une autorité séparée de la concurrence ayant compétence sur les conflits des télécommunications. La Cour de Justice exercera les fonctions qui lui seront assignées indépendamment des États-membres et des institutions de la communauté. Cette Commission. comprenant un protocole afin : Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. de nombreuses juridictions commencent à utiliser l’autre moyen de résolution des conflits pour les disputes entre prestataires de services. L’Article 15 stipule les points suivants : Il est par les présentes établi une Cour de Justice de la communauté. L’Action 4 ci-dessous fournit le moyen de faciliter les procédures relatives aux télécoms. L’Article 16 stipule quant à lui : Il est par les présentes créé un Tribunal d’arbitrage de la communauté. Arps. Mais ces procédures judiciaires prennent du temps et sont onéreuses. la composition. les Institutions de la communauté et les personnes physiques et morales. Commission technique : rédiger un projet de recommandation et de protocole définissant les rôles de la Cour de Justice et du Tribunal d’arbitrage La Commission technique devra être également chargé de préparer un projet de recommandation. Créer une commission technique des télécoms de la CEDEAO Compte tenu de l’importance critique de la résolution des conflits. Pour cette raison. la composition. L’une des tactiques privilégiées des opérateurs en place est de retarder l’entrée de nouveaux acteurs en utilisant des procédures juridiques et réglementaires dilatoires longues et coûteuses. L’Article 15 (Création et fonctions de la Cour de Justice) et l’Article 16 (Création et fonctions du Tribunal d’arbitrage) donnent le cadre législatif permettant la réalisation de la Recommandation n° 2. Le Tribunal d’arbitrage devrait être créé en application de l’Article 16. Slate. La Cour de Justice a été récemment créée et son Code de Procédure a été adopté. des règlements ou des questions de qualité de service transfrontaliers. les pouvoirs. les procédures et les autres questions concernant la Cour de Justice seront fixés dans le Protocole s’y rapportant. Tant aux États-Unis (Loi antitrust dite Sherman) que dans l’Union européenne (Article 81 du Traité de l’UE). Le statut. le plus vite possible. des infrastructure. Les jugements de la Cour de Justice seront exécutoires pour les États-membres.Recommandation n° 2 : Créer une Commission technique de liaison avec la Cour de Justice et le Tribunal d’arbitrage L’histoire de la libéralisation des télécommunications dans le monde prouve la nécessité d’un mécanisme rapide et impartial de résolution des conflits. Meagher & Flom LLP 37 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Le statut. avec consentement obligatoire à un arbitrage exécutoire pour certains conflits cruciaux entre opérateurs impliquant des investissements. en liaison avec la Cour de Justice et le Tribunal d’arbitrage. C’est la raison pour laquelle le Document de référence de l’OMC (GATS) insiste sur la nécessité d’une séparation entre le régulateur et l’opérateur. rédigera un projet de code de procédure et de compétence juridictionnelle pour que ces instances puissent entendre rapidement les affaires relatives aux télécoms. Action 4. Action n° 5. les tribunaux ont joué un rôle important dans l’évolution vers la libéralisation des marchés. une interconnexion.

de donner officiellement à la Cour de Justice les pouvoirs voulus pour lui permettre d’entendre et de trancher les affaires relatives aux TIC et télécoms conformément à l’Article 15 (3) . de façon rapide. Slate. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. et de créer le Tribunal d’arbitrage prévu par l’Article 16(2) devant avoir des compétences particulières dans les affaires relatives aux TIC et télécoms et d’adopter un code de procédure spécifique lui permettant d’entendre et de trancher les conflits de ces secteurs pouvant lui être soumis. code devant comprendre les règles et normes en matière de preuves. Arps. Meagher & Flom LLP 38 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO .

un Rapport sur la mise en œuvre de l’ensemble réglementaire relatif aux télécommunications est publié tous les ans.Recommandation n° 3 : Charger le Secrétaire exécutif de la CEDEAO de superviser la mise en œuvre des Recommandations 1 et 2 Pour assurer que le travail prévu dans les Recommandations 1 et 2 est effectué correctement et rapidement. le Secrétaire exécutif fera appel à des représentants des États-membres. Ces rapports seront rendus publics. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. critiques et recommandations. comme il le jugera bon. Le Secrétaire exécutif fera rapport. directement à l’Autorité lorsqu’il y aura des retards où que des étapes n’auront pas été atteintes en temps voulu. Cette stratégie s’est révélée efficace. Elaborer un programme de travail et des outils pour permettre à la CEDEAO de suivre le processus d’harmonisation Dans l’accomplissement de la mission qui lui est assignée. l’atteinte en temps voulu des repères marquant le franchissement des étapes et la fourniture des documents prévus dans l’Échéancier de la réalisation. Il comporte une évaluation complète et détaillée de l’avancement de la mise en œuvre des réglementations de l’UE dans chaque Étatmembre de l’Union. Meagher & Flom LLP 39 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . pour le guider et l’assister. Slate. La fonction du Secrétaire exécutif sera de veiller à ce que ledit Échéancier soit respecté et les délais tenus. Dans le cas de l’UE. Arps. Il devra faire tous les 6 mois un rapport à l’Autorité de ses observations. autant que de besoin. Action 6. mais encore met en lumière les difficultés rencontrées par les divers pays. le Secrétaire exécutif de la CEDEAO devra être chargé de suivre la réalisation du travail. dans la mesure où non seulement elle incite les pays à se conformer aux objectifs de la communauté.

avec les résultats obtenus. dissociation. Arps. taux de rentabilité. de la Santé. les fonds de service universel. le personnel des autorités de la concurrence là où elles existent et le personnel des ministères intéressés au développement du secteur des télécommunications. prendre les mesures voulues pour développer les compétences du personnel à tous les niveaux de sorte que les missions puissent être remplies avec autorité et de façon professionnelle est une tâche essentielle pour l’exécution des programmes de la CEDEAO et de ses États-membres. à savoir les ministères du Tourisme. Le programme comporterait un certain nombre de sessions de 2-3 jours qui traiteraient les sujets suivants : Les connaissances requises en préalable : • Technologie des télécommunications pour les non ingénieurs • Le changement de l’économie des télécommunications • Convergence et Concurrence Les équations simultanées de la politique des télécommunications • Politique d’entrée et de sortie : octroi des licences. Slate. traitement asymétrique des opérateurs dominants • Le service universel : les obligations de service universel. coûts totalement imputés et coûts incrémentaux à long terme. En conséquence. les responsables des questions juridiques des administration (ministères de la Justice).Recommandation n° 4 : Elaborer et exécuter un Programme de développement de capacité des Agences réglementaires nationales et de la CEDEAO Comme on l’a vu dans le Rapport 2. droits de passage. pouvoirs et indépendance des régulateurs. les hauts cadres des ministères de tutelle des États-membres. L’absence de personnels réglementaires efficaces sape donc les efforts pour créer un marché harmonisé des télécommunications. les péréquations entre segments de clientèle. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. ce programme proposerait des références en matière de pratiques internationales avec des exemples situés dans leurs contextes. Elaborer un Programme détaillé de développement des capacités Il faudra élaborer un Programme de formation qui visera à développer les capacités humaines et organisationnelles des nouvelles institutions pour leur permettre de prendre des décisions de politiques en toute connaissance de cause. des Transports. gestion du spectre. Il est donc très important que les diverses autorités régulatrices au niveau tant des États-membres que de la CEDEAO aient un personnel compétent et formé. co-localisation. Globalement. Les bénéficiaires de ce programme de formation seraient les personnels des ANR et de la CEDEAO. Des agences mal équipées et au personnel insuffisamment formé ne peuvent pas traiter efficacement la myriade de questions auxquelles elles sont confrontées sur le chemin de l’harmonisation et de la libéralisation. Meagher & Flom LLP 40 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . les déficits d’accès. le fossé numérique • Interconnexion : méthodes d’évaluation des coûts. un obstacle décisif à une mise en œuvre effective de la réglementation dans les pays membres est l’insuffisance de capacité des instances réglementaires. etc. rééquilibrage. réglementation asymétrique. méthodes ex ante et ex post. aboutissement des appels de portables • Abus de position dominante : rôle. lois et concepts de la concurrence. compatibilité des numérotations. Action 7. fixation des poteaux ou mats • Établissement des prix et des tarifs : plafonds tarifaires.

nous recommandons que le Secrétaire exécutif désigne des représentants des États-membres devant constituer un groupe de travail ayant mandat de lever des fonds destinés à financer le développement de capacité des autorités réglementaires des États-membres et de la CEDEAO. Arps.Action 8. Meagher & Flom LLP 41 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . Slate. En raison de l’importance cruciale du développement de capacité. le Secrétaire exécutif devra solliciter des manifestations d’intérêt pour la participation à ce groupe en s’adressant non seulement aux États-membres mais encore aux conseillers et autres experts du secteur des TIC et télécoms ainsi qu’aux bailleurs. Désigner des représentants des États-membres chargés de solliciter et accepter des financements de donateurs pour le développement des capacités Pour aider à résoudre le problème de capacité. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden.

Il faut expliciter clairement le rôle de la CEDEAO et des États-membres dans la distinction entre la réglementation des infrastructures et celle du contenu. Étant donné l’impartition des responsabilités fonctionnelles. planification et pouvoir de sanction. ingénierie. Arps. C’est là une étape décisive pour asseoir la crédibilité de la CEDEAO aux yeux des investisseurs. Mais la convergence des technologies impose de définir ces fonctions de façon souple pour que la structure organisationnelle puisse d’adapter autant que de besoin à l’évolution technologique. Les éléments de ce Programme de travail seront les suivants : Spécifier une structure organisationnelle qui reflète les responsabilités fonctionnelles résultant d’attributions statutaires et des délégations de pouvoirs. économie. Lorsque l’État continue à être à la fois acteur du marché et régulateur. Meagher & Flom LLP 42 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . il y a un conflit d’intérêts entre le souhait du gouvernement de préserver la valeur de ses actifs nationaux et son engagement en tant que régulateur à créer un environnement de marché concurrentiel conçu pour réduire la part de marché de l’opérateur public historique. tant au niveau du personnel qu’à celui des moyens et consultants spécialisés à engager. telles que plan de fréquences commun et conception et mise en place d’un système commun d’octroi de licences applicable à l’ensemble des quinze États-membres. le câble et la télédiffusion et le satellite. droit. Une instance réglementaire n’ayant ni le budget ni le personnel nécessaire et donc dans l’incapacité de remplir sa mission voudrait dire. Il faut souligner que le développement organisationnels et la structure doivent être liés dans la mise en œuvre du plan stratégique au moyen d’une Décision de politique régionale. La libéralisation et la concurrence dans la majorité des Étatsmembres de la CEDEAO sont encore bloquées par l’implication directe des États dans le secteur des télécoms.Recommandation n° 5 : Créer et financer une Autorité permanente des télécoms au niveau régional de la CEDEAO ayant compétence en matière de TIC et de Télécoms et responsabilité de la supervision de ces secteurs Dans le but de maximiser les capacités et ressources limitées des États-membres dans le domaine de la réglementation des télécommunications. politique. pour les investisseurs. Action 9. Une autorité réglementaire régionale est par ailleurs mieux adaptée pour traiter les questions de niveau régional liées à la création d’un marché unique des télécommunications. La création d’une autorité supranationale atténuera ce conflit d’intérêt au sein des États-membres et minimisera le risque politique pesant actuellement sur les investissements dans la région. La création d’une autorité régionale confirmera la volonté des Étatsmembres de concéder une partie de leur autorité nationale à une autorité supranationale agissant pour un bien commun et confirmera l’engagement de la CEDEAO à l’intégration économique du secteur des télécoms de l’Afrique de l’Ouest. qu’ils ne doivent pas s’attendre à voir cet organisme prendre des engagements crédibles de nature à assurer la sécurité réglementaire. tant au niveau central de la CEDEAO qu’au niveau des États-membres. Slate. nous recommandons la création d’une autorité réglementaire supranationale. Les fonction générales à préciser sont les suivantes : administration. les besoins financiers et budgétaires doivent être traités de sorte que l’Administration dispose des ressources suffisantes pour assurer ses responsabilités fonctionnelles. Certains pays créent des organismes spécialisés pour traiter des différentes technologies des télécommunications telle que la téléphonie avec et sans fil. technologie. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. gestion des ressources humaines. Créer l’Administration des TIC et Télécoms au sein de la CEDEAO La mise en œuvre de cette recommandation implique l’élaboration d’un Programme de travail qui orientera les experts en conception et développement organisationnel. Le résultat de leur travail sera une structure organisationnelle qui impartira les responsabilités et définira les relations hiérarchiques conformément au modèle d’harmonisation adopté.

Le cas échéant. lorsque l’Administration s’engagera dans un processus devant conduire à l’adoption de réglementations ou qu’elle commencera une enquête. rédiger des projets de réglementation relatifs à chacun des domaines techniques suivants : plan de fréquences commun pour l’ensemble de la communauté conformes aux normes de l’UIT. l’Administrateur doit publier sa décision définitive dans le Journal officiel de la communauté avec une explication se fondant sur le dossier public constitué pendant le processus. afin d’assurer une attribution et une utilisation uniforme des fréquences dans l’ensemble de la région . Il faudra enfin déterminer les relations de dépendance hiérarchique au sein de l’organisme ainsi que les liens de l’organisme avec les gouvernements et les conseils d’administration. Le respect des échéances nécessitera un ensemble intégré et cohérent de politiques et procédures de sorte que les données soient collectées d’une façon qui impose la plus faible charge possible au secteur. La notification doit contenir le texte du projet de réglementation ou dans le cas d’une enquête une description de son objet et fixer les procédures selon lesquelles se déroulera la consultation publique. transparentes et non discriminatoires. plan pour la migration des usagers actuels du spectre qui devront éventuellement être transférés en raison du plan commun de fréquences adopté et dispositions pour leur dédommagement . Slate. nous recommandons qu’un Administrateur soit nommé immédiatement par le Secrétariat exécutif avec l’assentiment du Conseil des Ministres. Au terme de la période de conclusion de la consultation. Les pre miè res tâche s de l’Ad ministration seront les • • • • • Procédures recommandées pour les consultations publiques Une consultation doit commencer par une notification dans le Journal officiel de la communauté invitant toutes les personnes intéressées à soumettre des avis et déclarations écrits. mais également des limites budgétaires qui pourraient ralentir le processus de création immédiate de l’Administration prévue ici dans toute l’ampleur prévue pour que la structure ait une dimension optimale. l’ART doit tenir des auditions publiques relatives à la consultation et donner aux parties intéressées la possibilité de faire une déposition verbale. elle devra engager une consultation publique. Meagher & Flom LLP 43 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . suivantes : Conduire l’adoption du Protocole OROI puis veiller à son application. À cet égard. L’Administration devra à tout moment agir de façon professionnelle et ses procédures devront être ouvertes. avec l’aide de consultants chargés d’une mission de courte durée et à mettre en place l’Administration qui sera composée d’experts employés à plein temps à mesure que le budget sera disponible. à moins que ces informations ne soient rendues publiques et que les participants se soient vus offrir la possibilité de les commenter ou réfuter. il faudra élaborer un descriptif des principaux postes et des qualifications attendues des candidats doivent pour assurer que les personnels auront les compétences et l’expérience voulues dans leur domaine de compétence.Une fois la fonctionnalité organisationnelle déterminée. Nous avons conscience de l’urgence de la création d’une autorité de régulation régionale pour commencer à conduire le processus d’harmonisation au sein de la CEDEAO. mais l’Administration ne doit pas se baser sur de telles informations confidentielles pour formuler sa décision finale. Arps. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. L’Administrateur devra immédiatement commencer la mise en œuvre du processus d’harmonisation. La mise en place de ces liaisons permettra la collecte de données du secteur et des États-membres. En conséquence. Des clauses spéciales doivent être prévues pour le traitement des informations confidentielles soumises dans le cadre de la consultation publique.

Ces enquêtes pourraient constituer une base pour l’adoption de réglementations. d’une disposition administrative ou autre – conformément à leur tradition constitutionnelle pour mettre en vigueur Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. les régulations. que la décision de l’Administration n’est pas raisonnablement fondée sur le dossier écrit qu’elle a établi ou que la décision est. Meagher & Flom LLP 44 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . En aucun cas. cadre d’octroi des licences pour une reconnaissance mutuelle de certaines licences permettant au titulaire d’une licence d’un État-membre d’offrir ses services dans l’ensemble de 15 États-membres. Dans l’exercice de ses compétences la norme légale à appliquer par la Cour de Justice doit être le ‘contrôle procédural’. d’une ordonnance. Les décisions et jugements de la Cour de Justice seront exécutoires et contraignantes dans les États-membres. l’examen par la Cour de Justice sera le seul recours contre les décisions de l’Administration. les ordres ou autres affaires découlant de l’autorité qui lui est déléguée. d’une réglementation. En outre. Slate. il ne devra être permis à la Cour de Justice que d’annuler et renvoyer pour plus ample examen une réglementation adoptée par l’Administration et uniquement lorsqu’elle aura jugé : que l’Administration n’a pas suivi les procédures prescrites pour la consultation publique . n’ayant pour origine ou pour destination aucun pays particulier. d’une législation accessoire. pour d’autres raisons. politiques uniformes pour le lancement de nouveaux services ou de nouvelles technologies (tels que les Protocoles Voix sur Internet). En accomplissant ses obligations. L’Administrateur accordera des dérogations limitées à ce cadre pour prendre en compte la situation des États-membres qui n’ont pas encore pleinement libéralisé leurs marchés des télécoms. Arps. Enfin. transparent de principes d’interconnexion universellement appliqués tenant compte des critères d’interconnexion stipulés dans l’Accord de base sur les Télécommunications de l’OMC et dans le Protocole OROI . l’Administration devra pouvoir constituer des groupes de travail chargés d’enquêter sur des questions affectant les secteurs des TIC et des télécoms et de faire des recommandations qui pourraient servir de base pour l’adoption de nouvelles réglementations. Dans tous les autres cas. la Cour de Justice n’aura le pouvoir d’examiner sur le fond les réglementations adoptées par l’Autorité. L’Administration devra être autorisée à mener des enquêtes pour étudier l’apport du secteur et des États-membres afin de positionner l’Afrique de l’Ouest comme un leader dans la société de l’information. la Cour de Justice devra confirmer les réglementations et cette confirmation sera définitive. À cet égard. notamment en ce qui concerne l’accès par les pays enclavés aux câbles sous-marins en fibre optique AfricaOne et Sat-3. contraire aux lois de la Communauté ou constitue un abus de pouvoir.offre d’interconnexion de référence (OIR) – ensemble commun. standardisation d’un système universel d’octroi des licences permettant qu’une licence pour un service donné ait des obligations et des conditions à peu près similaires dans tous les États-membres . La Cour de Justice pourrait avoir une compétence exclusive dans tous les types d’affaires impliquant l’Administration et les décisions. compte tenu des diverse traditions constitutionnelles existant dans les États-membres. ceux-ci seront libres de choisir la voie qu’ils entendent suivre – adoption d’une loi organique. trafic de transit.

la réglementation finalement adoptée par l’Administration. Meagher & Flom LLP 45 Harmonisation des Politiques de Télécom de la CEDEAO . nous recommandons que lorsqu’un État-membre omet de transposer dans sa législation ou de mettre en vigueur de toute autre façon toute réglementation adoptée par l’Administration dans le délai imparti. Arps. Cependant. Deloitte Touche Tohmatsu Skadden. la réglementation en question sera juridiquement contraignante et appliquée dans cet Étatmembre et pourra donner lieu à des actions ou plaintes devant la Cour de Justice et les sanctions appropriées seront appliquées. Slate.