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Adrien HUGON

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Droit administratif

NOTE DE SYNTHESE

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Mise en place lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, la question

prioritaire de constitutionnalité permet dʼexercer un contrôle de constitutionnalité sur les lois déjà promulguées. Elle est définie à lʼarticle 61-1 de la Constitution qui dispose :

«Lorsque, à lʼoccasion dʼune instance en cours devant une juridiction, il est soutenu quʼune disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil dʼEtat ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé».

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A titre préliminaire, il conviendra donc de voir à quelles conditions la question

sera transmise au Conseil constitutionnel. Lʼon sʼinterrogera ensuite sur les critères dont use le Conseil afin dʼabroger une disposition législative dans le cadre de lʼarticle 61-1 de la Constitution. ! Lʼon remarquera aussi que le document figurant p 45 sera écarté de notre étude

car ne concernant que le contrôle à priori de la loi et non la QPC.

I) Conditions de transmission au Conseil.

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Que ce soit devant les juridictions relevant de la Cour de cassation ou de celles

relevant du Conseil dʼEtat, la loi organique du 10 décembre 2009 (p 85) fixe trois conditions à la transmission au Conseil dʼEtat ou à la Cour de cassation. Ces trois

le Conseil dʼEtat ou la Cour de cassation peuvent décider de ne pas transmettre au Conseil constitutionnel. le Conseil vérifie en premier lieu que la disposition contestée est législative et quʼelle est bien applicable au litige. p55). Soit que la question ne soit pas nouvelle et ne présente pas un caractère sérieux (p 2. la position de la Cour de cassation semble donc appelée à évoluer sur ce sujet. Soit encore quʼelle ne soit pas applicable au litige (p 14). . La juridiction concernée aura alors 3 mois à compter de présentation du moyen pour rendre sa décision. reste à voir quel contrôle est exercé par celui ci lorsquʼil est saisi par voie de QPC. p 28. lʼabsence de décision du Conseil Constitutionnel quant à la disposition contestée et enfin le caractère nécessairement sérieux de la question. la QPC étant un contrôle de constitutionnalité de la loi par voie d'exception. ! Un système de filtres est ainsi mis en place afin dʼéviter lʼengorgement du Conseil constitutionnel et là où les juges du fond transmettent souvent les question prioritaires de constitutionnalité. ! Une fois saisi. ! Une difficulté semble néanmoins émerger : celle de la recevabilité de la contestation dʼune jurisprudence constante par le biais de la QPC. la question sera transmise à la Cour de cassation ou au Conseil dʼEtat. Une fois ces trois conditions remplies. p 58) et lʼon observe ici la grande liberté dʼappréciation laissée aux Hautes juridictions. Si la Cour de cassation semble hostile à une telle contestation (p 10). le Conseil constitutionnel lui lʼaccepte (p 38.conditions sont lʼapplicabilité de la disposition contestée au litige ou à la procédure. II) Vérifications opérées en premier lieu par le Conseil constitutionnel. Une fois la question transmise au Conseil constitutionnel.

le contrôle de la substance même de la disposition législative entre en oeuvre. le Conseil reste contraint de procéder à certaines vérifications. certaines dispositions figurant dans la Constitution seront écartées du contrôle opéré par le Conseil dans le cadre de la QPC. non seulement les engagements internationaux de la France (p 65) ne pourront pas permettre dʼannuler une disposition législative sur le fondement de lʼarticle 61-1 de la Constitution. la modification par décret dʼun article du Code des impôts (p 12) ne saurait être regardée comme une disposition législative au sens de lʼarticle 61-1 de la Constitution. . pourra être soumise au contrôle du Conseil constitutionnel si celle ci est toujours applicable au litige concerné (p 50). Lʼon observe ici que malgré les filtres mis en place. ! Ainsi. Lʼon observe une fois encore la grande liberté laissée au Conseil constitutionnel dans lʼappréciation de ce quʼest un droit ou une liberté garantie par la Constitution. même abrogée. III) Le contrôle de constitutionnalité opéré par le Conseil constitutionnel. Ce fut par exemple le cas de la méconnaissance par le législateur de sa propre compétence (p 23) ou la protection des langues régionales (p 29). ! Une fois ces vérifications effectuées. En effet. Il sʼagit alors de la partie la plus délicate du contrôle effectué au titre de la QPC.! Ainsi. ! Remarquons en premier lieu que le Conseil ne peut abroger une loi en se fondant uniquement sur sa non conformité à la Constitution. Le Conseil constitutionnel nʼest en effet que le censeur des lois votées par le Parlement. la nuance introduite est que la disposition législative ne sera abrogée que si elle «porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit ». mais plus encore. ! Lʼapplicabilité de la disposition contestée au litige est donc elle aussi contrôlée par le Conseil constitutionnel et il fut reconnu quʼune disposition législative.

En dʼautres termes. Ainsi. un contrôle de proportionnalité sera opéré par le Conseil constitutionnel. bien que portant préjudice au droit de propriété (p 20). lorsque la disposition législative contestée permet la mise en oeuvre effective dʼun droit garantit par la Constitution mais viole un autre de ces droits. une fois ce bloc de droits et de de libertés garantis par la Constitution cernés. cʼest plus un contrôle de proportionnalité (p 53)qui est opéré par le Conseil constitutionnel. ! Dans les cas ou la disposition législative contestée est manifestement en contradiction avec un de ces droits sans que cela ne soit justifié. le contrôle à posteriori par voie dʼexception mis en place par lʼarticle 61-1 de la Constitution semble donc laisser un grande marge dʼinterprétation au Conseil constitutionnel qui peut en définitive exercer son contrôle de la manière quʼil souhaite tout en respectant lʼobligation de motiver ses décisions. il sʼagit de l'abrogation de la disposition par le Conseil constitutionnel (p18). il convient de s'intéresser au contrôle opéré. ! Toutefois.! Enfin. maintenue au nom dʼun impératif dʼintérêt général. ! Il ne sʼagit alors pas dʼune mécanique rigide qui annulerait toute disposition contraire à la Constitution et lʼon a pu voir une disposition législative qui. ! Comme lors du contrôle à priori de la loi. . certaines concessions peuvent être faites au nom de lʼintérêt général. la sanction est simple. dans la plupart des cas.