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Rapport d’expérience

Quentin Calvez Restopolitan – du 07/06/11 au 02/09/11

Introduction
Comme pour tous les étudiants en 3IF du département IF (informatique) de l’INSA de Lyon, la fin de l’année scolaire annonçait le début de deux à trois mois de stage avant de pouvoir passer en année supérieur. L’occasion pour nous de mettre en application certains de nos apprentissages, et de nous faire au monde bien singulier de l’entreprise. Un stage, ça commence par l’inévitable phase de recherche. Je voulais initialement le faire à l’étranger, et de préférence dans un pays anglophone, et c’est donc par-là que je commençais. Me voici donc partis à envoyer des dizaines de CV & Lettres de motivation, activité bien plus longue que ce que l’on pourrait croire au premier abord pour peu que l’on se mette à adapter le contenu de ces documents à chaque entreprise concernée. Mais après plusieurs entretiens emails et téléphoniques, je dois me rendre à l’évidence : peu d’entreprises sont prêtes à faire venir un stagiaire de l’étrangers pour seulement 3 mois (deux d’entre elles m’ont même demandée de leur envoyer ma candidature en priorité l’année prochaine). Il m’a donc fallu passer au plan B, et recommencer l’opération, mais cette fois en restant dans les limites de l’hexagone. C’est finalement une agence de design à qui j’avais envoyé mon CV plus tôt dans l’année qui, n’ayant rien à ne me proposer pour l’été, a fait passer ledit CV à une autre entreprise, Restopolitan, recherchant justement un stagiaire correspondant à mon profile. Après quelques échanges avec la présidente et fondatrice, je fixe un rendez-vous téléphonique avec le directeur technique, qui sera aussi mon tuteur de stage. Première surprise : l’entretient n’a pas grandchose à avoir avec ce à quoi l’on a été préparé au département, cela étant sans-doute une conséquence de la taille de l’entreprise qui, avec une trentaine d’employés, en est encore au stade de startup. Ici donc, pas de questions piège ni d’énumération de mes qualités/défauts, mon interlocuteur se focalise sur que j’aimerais faire durant le stage, et essaye de voir avec ce que cette période de stage pourrait m’apporter. En un quart d’heure c’est donc une affaire bouclée, et c’est ainsi que début juin je me retrouve dans le train en direction de Paris. Après avoir passé trois mois chez Restopolitan, je pense pouvoir faire de ce stage un rapport assez précis. Je présenterai tout d’abord cette société, son activité, son fonctionnement, et tout ce que j’ai pu en voir. Je me concentrerais ensuite sur mon rôle de stagiaire et ce que j’ai eu à faire durant ces trois mois. Et enfin j’essayerai de voir ce que cette expérience m’a apporté, que ce soit d’un point du vue technique ou autre.

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Présentation générale de l’entreprise
Restopolitan est une société toute jeune, fondée en 2008, située au plein cœur de Paris, et dont l’activité a bien évoluée depuis ses débuts. Le but initial était de fournir aux restaurateurs un logiciel leur permettant de gérer leurs réservations, clients, etc. Mais bien vite Restopolitan a évolué pour devenir une centrale de réservation, proposant d’un côté un site web permettant aux clients d’effectuer des réservations dans plusieurs centaines de restaurants, et de l’autre, le même logiciel qu’auparavant, avec en plus la récupération des commandes passées en ligne. La toute dernière addition à l’offre Restopolitan, datant de cette année, est une carte par abonnement offrant des réductions dans toute une sélection de restaurants partenaires, pour peu que les réservations soient effectuées en passant par le site. Le rôle de Restopolitan est donc de simplifier la vie du restaurateur en lui proposant un système efficace de gestion des réservations, et celle du client en permettant de réserver facilement sur internet. L’activité principale de l’entreprise est donc la production de logiciel, que ce soit pour le client, ou pour le site web. Au moment de mon arrivée, une nouvelle version majeure du site internet venait d’être mise en ligne, et la « carte Restopolitan » (cf. paragraphe précédent) était en pleine période de lancement. Les deux objectifs principaux étaient donc de travailler à peaufiner le site et de promouvoir cette nouvelle offre à tout prix. La société est divisée en deux sections majeures : d’un côté le pôle commercial et marketing qui s’occupe des relations clients, restaurateurs et partenaires, de la promotion des différentes offres, et de la stratégie de développement en général. De l’autre côté on trouve le pôle informatique, composé de développeurs et d’administrateurs système dont le rôle est évidement de créer et faire évoluer les différents logiciels constituant le fond de commerce de l’entreprise. On constate déjà à ce niveau une grande différence de mentalité entre ces deux pôles : d’un côté les commerciaux ne comprennent pas tout ce que font les informaticiens (loin de là), et ces derniers restent souvent perplexes devant les stratégies commerciales visant à attirer plus de client coûte que coûte. D’un point de vue hiérarchie, on a d’un côté la présidente et fondatrice de la société qui supervise de pôle commercial et marketing. Et de l’autre le directeur technique, répondant directement à la présidente et supervisant le pôle informatique. C’est donc principalement à lui que j’ai eu affaire durant toute la durée du stage. D’un point de vue fonctionnement au quotidien, c’est assez simple : environ une fois par mois la stratégie pour le mois à venir est annoncée. Le département marketing va ensuite se charger de

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spécifier les évolutions et campagnes qu’ils veulent voir se développer en conséquence. Ces changements sont alors peu à peu intégrés aux logiciels (site et client) par l’équipe informatique. En parallèle, l’équipe informatique travaille aussi sur des projets de plus longue haleine et requérant des cycles de développement plus longs (comme une toute nouvelle version du logiciel client, repris de zéro sur une nouvelle plateforme). Au sein du pôle informatique en lui-même les tâches sont généralement découpées en petites mission de quelques heures à quelques jours, et sont assignées selon leurs priorités et les compétences de chacun (exemple : rajouter un système de micro-paiement pour une offre ponctuelle effectuée durant un mois avec un partenaire, ajouter la possibilité d’impression de rapports journaliers des réservations pour les restaurateurs, etc.). De manière générale, on est assez loin de la vision « ingénieur » de la conception de logiciel. Les spécifications sont très courtes, voire inexistantes dans certains cas, cela étant en partie compensé par de petites évolutions régulières et un dialogue quotidien avec les différents acteurs impliqués (restaurateurs et pôle marketing principalement).

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Un backoffice tactile pour iPad
Après avoir passé les deux premières semaines à travailler sur de petites fonctionnalités du site internet et du logiciel client, tous deux basés sur des technologies Microsoft dont j’ai une bonne connaissance, on m’a demandé si je serais intéressé pour débuter du développement sur plateforme mobile, et plus particulièrement sur iPad. En effet, les autres développeurs supportant assez mal les outils de développement d’Apple, et le besoin d’une application iPad pour les restaurateurs se faisant de plus en plus sentir (c’est à la mode, ça fait moderne, donc ça fait vendre), il fallait que quelqu’un s’en charge et personne ne voulait le faire. C’est donc avec enthousiasme que j’acceptais de me pencher dessus, l’occasion parfaite pour moi, possesseur d’iPad et avocat des tablettes tactiles, de pouvoir m’essayer à des technologies que je n’avais pas eu l’occasion de toucher auparavant. Ni une ni deux, je me retrouve donc devant un grand iMac avec un iPad en main et tous les logiciels nécessaires au développement sur cette plateforme. Mais, premier problème, le projet n’est pas très clairement défini, une application très complète existe déjà et il n’est donc pas question de reprendre l’ensemble de ses fonctionnalités. C’est donc après plusieurs maquettes et essais d’interface sur tablette que l’on arrive à définir un peu plus précisément le rôle de cette application : mettre à disposition des personnes se déplaçant dans le restaurant (faisant le placement des nouveaux arrivants par exemple) une liste des réservations en cours, et les placements assignés aux clients correspondants, le tout toujours à portée de main. Je passe donc le mois et demi suivant à implémenter les différentes fonctionnalités voulue en m’inspirant de l’interface existante. La complication à ce niveau-là étant que l’application complète est prévue pour un usage au clavier et à la souris, il faut donc modifier complétement certains composants afin qu’ils soient agréables à utiliser aux doigts. Je m’occupe aussi de la partie serveur qui servira d’interface entre la tablette et la base données contenant les réservations. Durant cette période, j’ai été plus ou moins laissé à moi-même quant à la direction que je donnais à l’application et les choix que je faisais la concernant, il m’était donc souvent difficile de me rendre compte si j’avançais dans le bon sens. C’est à ce moment qu’un projet plus prioritaire va me faire mettre en pause cette application (terminée à 80% environ à ce stade), que je n’aurai pas l’occasion de reprendre moi-même avant la fin du stage. En effet, pour donner un coup de fouet aux ventes de « cartes Restopolitan », il a été décidé de sortir des applications mobiles iPhone et Android sur leurs AppStore respectifs. Il s’agit donc cette fois-ci d’applications destinées au grand public, et devant fournir des fonctionnalités similaires au site (recherche de restaurants à proximité, réservation, etc.). C’est donc ce qui m’occupera pendant le reste de mon stage, et dont je ne verrais pas le

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résultat final : nous étions plusieurs à travailler en tandem sur ces applications, et leur développement continue donc actuellement. Cela ne constitue pas pour autant les seules tâches que j’ai eu à réaliser chez Restopolitan. J’ai eu l’occasion de toucher à un certain nombre de choses très différentes les unes des autres comme la mise en place d’une plateforme de collaboration et de versioning sur l’intranet de la société, ou encore la réalisation d’un panneau d’affichage défilant avec des statistiques mises à jour en temps réel. Je suis donc plutôt satisfait de ce que j’ai eu à faire pendant ces trois mois de stage. J’ai pu passer de projet en projet, de technologie en technologie, et finalement j’ai toujours trouvé intéressant et nouveau le travail qui m’était donné.

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Enseignements
Tout d’abord d’un point de vue purement technique, je considère que ce stage m’a énormément apporté en me permettant de réaliser en intégralité un projet utilisant des technologies très prisées actuellement, qui m’étaient entièrement nouvelles et que je n’aurais pas eu les moyens (obligation de disposer d’un Mac par exemple) ou le temps de découvrir par moi-même. Je suis aussi satisfait de ce que j’ai pu apprendre au niveau organisation de projet. Bien que ce n’ai pas été spécialement le cas sur celui qui m’était assigné (puisque j’étais seul dessus), j’ai pu observer et apprécier les méthodes de travail des quatre développeurs travaillant sur le site internet (tout en ayant l’occasion d’y apporter des retouches moi-même) qui, en favorisant de petites mises à jour et évolutions incrémentales, arrivaient à faire évoluer le site de manière continue et efficace tout en répondant rapidement aux demandes des « clients » (le service marketing en général). Technique mise à part, je suis content d’avoir pu observer le fonctionnement d’une petite société qui en est encore à ses débuts, et ce de l’intérieur. Avec d’un côté les avantages de ce type de structure : pas de hiérarchie trop lourde, petits groupes assez jeunes et changements rapides de stratégie au besoin. Mais aussi ses défauts : turnover très élevé, pas mal de stagiaires, pas de processus très précis (cf. spécifications logicielles par exemple). Je noterai particulièrement la difficulté de travailler avec des personnes n’étant pas du tout familière avec l’informatique (que ce soit des clients, ou d’autres employés).

Conclusion
Bien que mon choix initial de société ne fût pas une petite startup française, je ne regrette aucunement ces trois mois de stage au sein de Restopolitan que je remercie ainsi que tous ses employés pour l’accueil qui m’y a été réservé et pour m’avoir permis de travailler sur des projets concrets et intéressants dont j’espère avoir été à la hauteur.

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