Cours électronique de journalisme scientifique – Leçon 4

Cours électronique de journalisme scientifique Créé par la WFSJ et SciDev.Net

Leçon 4

Technique d'écriture
par Nadia El-Awady

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Bienvenue au premier cours en ligne de journalisme scientifique. Il a été conçu par la Fédération Mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ) en étroite collaboration avec le réseau de Science et Développement SciDev.Net. 4.1 Introduction ......................................................................................................3 4.2 Pour qui écrivez-vous? 4.2.1 Votre rédacteur en chef..................................................................................4 4.2.2 Votre public ....................................................................................................5 4.3 Le synopsis pour bien vendre son histoire.........................................................8 4.4 Les grandes catégories d'articles scientifiques ...............................................10 4.6 Règles de base de l'écriture scientifique .........................................................15 4.8 La rédaction d'un reportage ............................................................................20 4.9 Le récit narratif : racontez une histoire ...........................................................22 4.10 Écrire pour internet .......................................................................................23 4.11 Exercices d'auto-apprentissage.....................................................................24 4.12 Réponses.......................................................................................................26 4.13 Travaux pratiques (1-5) ................................................................................28

Ce projet est financé par: Le Centre de recherches pour le développement international (www.crdi.ca) Department for International Development (UK) [ http://www.dfid.gov.uk/ ] Swedish International Development Agency (Sweden) [ http://www.sida.se/ ]

Consultez les cours en ligne: www.wfsj.org/course/

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4.1 Introduction
Le journaliste scientifique rivalise avec toutes sortes d'autres sujets et il doit maîtriser les règles du journalisme au même titre qu’un journaliste généraliste. Vous pourrez écrire des articles scientifiques intéressants si vous faites bien votre recherche, comprenez votre sujet, avez de bonnes compétences en écriture et appliquez toutes les règles normales du journalisme. Mais il y a des aspects particuliers dont le journaliste scientifique doit tenir compte. Par exemple, comment simplifier le jargon incompréhensible des chercheurs? Comment faire pour que le public s'y retrouve dans les unités de taille, de volume, de poids ou de distance, surtout quand les valeurs sont infiniment petites ou grandes? Et surtout, comment captiver le lecteur jusqu'à la fin même si votre sujet peut paraître insignifiant ou aride? À la fin de ce cours, vous devriez avoir compris les fondements d'une bonne écriture journalistique. Vous saurez aussi comment rendre la rédaction scientifique attrayante. Ce n’est pas parce que c’est de la science que ce doit être ennuyant, au contraire. Il y a des trucs du métier pour éveiller l'esprit d'aventure et la curiosité des jeunes et moins jeunes. Une fois que vous les aurez maîtrisés, vos articles pourront se tailler une place à la Une des journaux et des magazines aux côtés de ceux sur les conflits armés et les désastres naturels!

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4.2 Pour qui écrivez-vous? 4.2.1 Votre rédacteur en chef
Avant d'écrire un seul mot sur votre feuille ou à l’ordinateur, apprenez d'abord à connaître vos principaux critiques: votre rédacteur en chef, votre public et vous-même, dans cet ordre! Assurez-vous que vous comprenez bien les désirs de votre rédacteur en chef. Parlez-lui de vos projets d'articles et soyez attentif à l'angle qu'il ou elle préfère. Assurez-vous de savoir quelle longueur d'article il attend. Vérifiez s'il veut aussi des illustrations, des graphiques ou tout autre matériel qui pourrait rendre votre article plus attrayant. Vous devez savoir combien la communication avec un rédacteur en chef est primordiale pour la réussite de votre travail. Le rédacteur en chef est souvent surchargé; on l'a vu au premier module de ce cours en ligne. Il doit aussi échanger avec tous les autres journalistes, en plus de sortir chaque jour plusieurs articles de sa machine à saucisses. Alors, même s'il aime bien vous parler, vous devriez pouvoir vous mettre au travail après un échange limité de courriels. Sinon, votre rédacteur en chef pourrait bien se tourner vers un autre journaliste qui s’active plus rapidement. La compétition est féroce, ne l’oubliez jamais! Votre atout, c'est que vous connaissez votre histoire mieux que n'importe qui. Il arrive que des rédacteurs en chef soient à la recherche d'histoires... qui n'existent pas. Faites confiance à votre recherche et expliquez clairement ce que vous avez trouvé. Une fois l’article rédigé, attendez-vous à ce que le rédacteur en chef demande des modifications. C'est un des meilleurs moyens de bien comprendre ce qu'il désire. Apprenez de ces changements. Par la suite, vous saurez mieux ce qu'il recherche et vous améliorerez aussi votre écriture. Vous ne trouverez jamais meilleur professeur que votre rédacteur en chef. Rappelez-vous: quelle que soit votre expérience, il y a toujours place à l'amélioration et de nouvelles choses à apprendre. L'essentiel: soyez conciliant dans vos échanges avec le rédacteur en chef. Faites confiance à votre habileté journalistique, tout en demeurant réceptif aux conseils.

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4.2.2 Votre public
Le rédacteur en chef n'est qu'un préposé qui contrôle l'entrée du stade; le vrai public, ce sont les spectateurs dans les estrades. Ce sont eux qui vont scruter chacun de vos mots... si vous parvenez à capter leur attention! Comme on le notait au premier cours, chaque publication a un public particulier. Il peut être jeune ou plus âgé. Ce peut être la population en général ou un groupe plutôt cultivé. Il peut être international, régional ou très local. À chaque fois, vous devez en tenir compte dans votre écriture. Il y a plusieurs moyens d’identifier le public-cible d'un média ou d'une publication : • • • • Demandez au rédacteur en chef; Vérifiez les objectifs de la publication dans son site internet; Examinez le style des articles déjà publiés et l'angle particulier qu'ils privilégient; Jetez un coup d'œil au courrier des lecteurs.

Utilisez des mots qui conviennent au public-cible de la publication. Cela plaira au rédacteur en chef puisqu'il ne perdra pas de temps à corriger votre vocabulaire. Si vous écrivez pour des jeunes ou pour le grand public, vous devez expliquer davantage le contexte de l’histoire. Utilisez des mots simples ou prenez au moins le temps de définir les mots spécialisés. Si vous vous adressez à public spécialisé, ou doté d'une bonne culture scientifique, vous risquez au contraire de l'ennuyer avec des propos trop simplistes. (En même temps, rappelez-vous qu'on surestime très souvent les connaissances du public. Ce n'est pas parce qu'une personne est médecin ou psychologue qu'elle sera pour autant compétente en ingénierie!) Le public-jeunesse Il est sans doute plus difficile d'écrire pour des enfants que pour tout autre public. Les jeunes ont une faible capacité d'attention. Ils sont facilement distraits. Le journaliste d'une publication jeunesse doit rivaliser avec les jeux vidéo, internet, le i-pod et la télévision par satellite. Il doit prendre soin d'être compris sans pour autant sous-estimer leur intelligence. Il doit simplifier la science sans devenir condescendant. Il doit surtout capter leur attention dès la première phrase. Votre article doit être court et intéressant, avec beaucoup d'exemples, de graphiques et de matériel d'appoint. Considérez cela comme un défi et un jeu. Exemple de nouvelle pour les enfants : Une radio grenouille, Magazine Les Débrouillards [ http://www.lesdebrouillards.qc.ca/client/page_article.asp?page=4481&clef=&clef2=4 ] Le grand public Quand vous écrivez pour le grand public, ne présumez jamais qu’il connaît ce dont vous parlez ou les concepts sous-jacents. N'excluez personne. Donnez suffisamment de contexte et d'explications pour que n'importe qui puisse vous suivre. En même temps, assurez-vous que votre article demeurera intéressant pour le chercheur qui pourrait vous lire dans son journal quotidien. Voyez cet exemple de l’Agence Science-Presse: Trop rapides [ http://www.sciencepresse.qc.ca/node/21089 ] La communauté scientifique Les membres de la communauté scientifique peuvent connaître les concepts scientifiques de base mais cela ne veut pas dire qu'ils savent tout. En dehors de leur propre discipline, les

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chercheurs auront souvent le même niveau de connaissance que le grand public. Même si vous n'avez peut-être pas à simplifier autant l'explication technique, votre article ne doit surtout pas ressembler à une publication scientifique. Vous devez toujours capter leur attention! Conclusion: utilisez le langage de votre public

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4.2.3 Vous-même
Découvrez vos points forts et développez avec confiance un style personnel. Même s’il faut écrire de manière à plaire à votre rédacteur en chef et au public, il est tout aussi important de rester vous-même. Suivez les règles fondamentales de l'écriture journalistique mais ne perdez pas pour autant votre style particulier. C'est ce qui vous mènera éventuellement au succès et fera de vous un journaliste recherché. Étudiez les divers styles d'écriture. Lisez autant d'articles différents que vous le pouvez. Efforcez-vous de comprendre pourquoi certains semblent plus intéressants que d’autres ou suscitent bien plus de réactions du public. Lisez les articles qui gagnent des prix et tentez de comprendre pourquoi le jury les a choisis. Encore plus important, relisez vos propres articles après un certain temps et essayez de comprendre pourquoi certains ont eu plus de succès. À travers tout cela, découvrez quel journaliste vous êtes. N'hésitez pas à essayer de nouveaux styles ou à tenter de nouvelles approches. Vous pouvez imiter le style d'autres auteurs dans ce processus mais en fin de compte, vous devez surtout découvrir votre style personnel. En conclusion: pour être le meilleur, soyez unique.

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4.3 Le synopsis pour bien vendre son histoire
Avant même d'apprendre à écrire une bonne histoire, vous devez apprendre à formuler un bon argument de vente pour votre article. Si vous n’arrivez pas à convaincre votre rédacteur en chef que votre histoire mérite d'être publiée, vous convaincrez encore moins votre public qu'elle mérite d'être lue. Les éditeurs sont des gens occupés. Votre argument de vente doit aller droit au but, avec concision. Vous êtes en compétition avec d'autres histoires. Vos arguments doivent donc capter l'attention. Voici quelques règles générales: • Assurez-vous que le titre de votre courriel est intéressant et pertinent. Les éditeurs reçoivent chaque jour des milliers de courriels et peuvent très bien négliger celui qui s'intitule « Bonjour », par exemple. Vous avez intérêt à choisir le même titre que celui de l'article. Pensez à quelque chose d'attrayant, court et révélateur. La proposition elle-même doit être courte, pertinente et dans un style vivant. Soignez votre écriture! Quand votre rédacteur en chef ouvre votre courriel, il ne veut pas se perdre dans d'innombrables paragraphes d'informations et d'arguments. Vous devez lui vendre votre idée clairement en trois paragraphes, pas plus. Il faut inclure le « pivot » de l'article (« nut graf » en anglais, voir la section 6 sur l’écriture d’un reportage [ http://www.wfsj.org/course/fr/L4/L4P09.html ]) ou encore son amorce (« lead »). Expliquez en deux phrases l’angle de l'article comme si vous en citiez déjà un extrait. Indiquez au rédacteur en chef comment vous prévoyez pousser votre recherche au-delà de ce que vous savez déjà, qui vous pensez interroger par exemple, et où vous allez trouver les informations complémentaires. Précisez bien quels endroits vous voulez visiter. Les rédacteurs en chef préfèrent toujours les histoires qui ne jaillissent pas seulement d'un communiqué de presse ou d'un site internet mais qui font plutôt suite à une rencontre personnelle ou à une visite sur les lieux mêmes d'un projet. Montrez que vous êtes capables de sortir une bonne histoire. Montrez au rédacteur en chef comment votre article va intéresser son public-cible. Précisez-lui quand vous prévoyez fournir une première version (en fixant une échéance raisonnable) et la longueur probable du texte. Tout ceci par contre restera à déterminer avec lui ou elle. Mettez vos coordonnées en évidence pour que le rédacteur en chef puisse vous joindre facilement par téléphone et courriel.

• • •

Voici une bonne proposition d'histoire: Titre: Proposition: la collaboration scientifique israélo-palestinienne Bonjour Michel, J'aimerais te suggérer le projet d'article suivant: Malgré les multiples conflits au MoyenOrient, des chercheurs israéliens et palestiniens ont créé une organisation qui encourage les projets de recherche conjoints entre eux. Cette organisation a déjà trouvé du financement pour une quinzaine de recherches conjointes mais elle suscite quand même de nombreux débats politiques. Je prévois parler aux deux directeurs palestiniens et israéliens de l'organisation ainsi qu'à des chercheurs des deux camps qui en ont reçu du financement. Je parlerai aussi à plusieurs autres chercheurs palestiniens qui ont des opinions très variées sur le projet dans le contexte politique actuel. Si l'idée t'intéresse, je peux t'envoyer une première version du texte dans dix jours. J'aimerais couvrir le sujet en profondeur et je pense donc à un reportage d'environ 1500 mots. Bien sûr, je vais m'adapter à tes contraintes d'espace. Reviens-moi là-dessus quand tu pourras. Amitiés Régine

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Téléphone Courriel Une telle proposition suscitera l’une ou l'autre des trois réponses suivantes: 1. Le rédacteur en chef est heureux de votre proposition et il vous donne son accord. Ne le laissez pas tomber! Envoyez-lui des nouvelles de votre avancement pendant votre travail, et la première version de l’article au moment prévu. Tenez-vous-en à ce que vous aviez convenu. 2. Le rédacteur en chef a quelques réserves et il en discute avec vous. Ce sera une bonne occasion de développer l'idée pour la rendre encore plus attrayante pour lui et son public. 3. Il ne répond pas. Cela peut vouloir dire que votre courriel s’est perdu dans une mer de pourriels (spams). Vous ne risquez rien à le rappeler quelques jours plus tard (ou quelques heures s'il s'agit d'une nouvelle) pour vous assurer qu'il en a pris connaissance. Cela peut aussi vouloir dire que votre projet ne l'intéresse pas et qu'il n'a pas pris le temps de vous annoncer son refus. Réexaminez votre idée. Pourriez-vous la suggérer à un autre média? Pourriez-vous trouver un angle plus accrocheur? Conclusion: une bonne présentation d'article est le premier pas vers un bon article. Voici la référence d’un livre sur le synopsis : Anne Kerloc'h. Le Synopsis : présenter et vendre ses sujets. Victoires-Éditions, 2007, 143 pages, ISBN-10: 2351130200, ISBN-13: 978-2351130209

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4.4 Les grandes catégories d'articles scientifiques
L'écriture scientifique varie en fonction du rédacteur en chef, du public-cible, de l'auteur, de la publication et aussi en fonction du genre de reportage. Vous avez intérêt à essayer plusieurs formats différents pour trouver votre niche et découvrir lequel vous convient le mieux. Si vous travaillez à la pige, vous pouvez proposer à chaque média le genre d’écriture qu’il préfère. Vous avez intérêt à diversifier votre production pour élargir votre clientèle. Voici une courte description de quelques catégories d'écriture scientifique auxquelles nous allons parfois revenir dans ce cours. La nouvelle On rédige une nouvelle sur un sujet qui se déroule au moment même ou qui s'est produit récemment. Les nouvelles sont généralement plus courtes que les autres histoires même s’il y a des exceptions. Elles sont structurées de manière à répondre dans les deux premières phrases à la traditionnelle série de questions qui, quoi, quand, où et comment. Les nouvelles ont des phrases brèves et des paragraphes courts. Une conférence de presse, une découverte scientifique récente ou l'apparition d'une épidémie donnent normalement lieu à une nouvelle. Voici une nouvelle typique: Première mondiale : la greffe de deux bras sur le site de Radio-Canada.ca [ http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2008/08/01/002-greffe-deuxbras.shtml ] Le reportage ou « feature » Le reportage fournit normalement plus de détails qu'une nouvelle. Il peut couvrir un sujet de nouvelle (un événement qui vient tout juste de se produire) mais il fournit alors plus d’explications et il décrit plus largement le contexte. Les reportages se prêtent aussi à des dossiers qui se sont développés sur de longues périodes ou à des sujets moins urgents. Ils débutent normalement avec une anecdote intéressante qui va capter l'attention du lecteur. L'anecdote sera suivie d'un pivot ou « nut graf » qui énonce l’idée maîtresse de l'histoire. Le reportage se poursuivra ensuite avec le cœur de l'histoire et les explications supplémentaires. On peut terminer l'histoire avec une conclusion, une phrase-choc, une blague ou une anecdote. Le plus possible, on raconte une histoire en ayant un personnage, un cas réel, qui incarne ce dont on parle. Voici un exemple de reportage: Vaccinothérapie: un nouvel espoir contre les maladies chroniques? [ http://www.scidev.net/fr/features/vaccinoth-rapie-un-nouvel-espoir-contre-lesmaladi.html ] L’interview Même si tous les articles requièrent des interviews avec des experts, des chercheurs et des gens de la rue, on peut aussi consacrer tout un article à une seule interview. Elle peut être rédigée sous forme de questions et réponses mais il est préférable d’user d’un peu plus d’imagination pour faire en même temps un portrait de l’interlocuteur. En effet, l'interview n’attire pas seulement l’attention du lecteur sur un sujet mais aussi sur la personne que l’on met en scène et sur ses opinions. À travers un article de ce genre, nous aidons le public à

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comprendre l’opinion et la manière de penser d’une personne sur un sujet particulier ou sur toute une gamme de sujets différents. (Voyez le cours 3 sur l’interview [ http://www.wfsj.org/course/fr/L3/L3P00.html ]) Voici une interview sous forme de questions et réponses : Questions/réponses : Les grands défis dans le domaine des maladies chroniques [ http://www.scidev.net/fr/features/questions-r-ponses-les-grands-d-fis-dans-ledomain.html ] L’éditorial, l’analyse, le commentaire ou l’opinion Comme l’écrit David Dickson, directeur de SciDev.Net, l’éditorial donne la prise de position de la direction d’un organe d’information sur un enjeu qui intéresse son public. Un éditorial peut être signé ou pas. S’il ne l’est pas, on considère généralement qu’il représente l’opinion de la publication ou du site internet qui le diffuse. Ce peut être le rédacteur en chef lui-même, un membre de son équipe ou, à l’occasion, un pigiste qui l’écrit avec l’approbation des responsables de la publication. Quand l’éditorial est signé, il ne représente pas nécessairement le point de vue du média mais on considère quand même que si le rédacteur en chef lui a donné une position aussi éminente, c’est qu’il est globalement d’accord avec ce qui y est exprimé. À tout le moins, il estime que ces idées méritent d’être encouragées. Un éditorial devrait formuler clairement une conclusion sur le sujet dont il traite et exposer les faits et arguments qui appuient cette conclusion. Il peut aussi exprimer quelques opinions contraires en expliquant à chaque fois les raisons de son désaccord. L’éditorial peut débuter de multiples manières. On peut notamment identifier clairement le sujet dont on va traiter et dire pourquoi on l’a retenu : un événement récent par exemple ou une décision que le gouvernement serait sur le point d’annoncer. On peut aussi débuter en décrivant plutôt le contexte, qu’il soit social (par exemple en rappelant la progression du SIDA dans le pays) ou historique (en rappelant un événement passé auquel on peut comparer l’évolution récente de la situation). On pourrait aussi commencer avec la conclusion, en indiquant dans la toute première phrase ce que le gouvernement ou une instance internationale devrait faire, selon le rédacteur. Le choix définitif du début dépendra du goût de l’auteur, de l’impact qu’il ou elle tente d’obtenir... et de l’accord du rédacteur en chef! La structure du reste de l’éditorial peut suivre toutes sortes de développements. L’auteur peut choisir d’exprimer son opinion au début de l’article pour ensuite le justifier à la lumière de divers arguments (et en démolissant les opinions contraires s’il a l’espace requis). Il peut tout autant construire un argument logique qui mènera à la conclusion dans les deux derniers paragraphes. En fin de compte la meilleure structure sera celle qui donnera le plus de poids à ses arguments. Voici quelques règles à ne pas oublier lors de la rédaction d’un éditorial :

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• • • • • Exprimez votre opinion clairement en peu de mots. Donnez une structure logique à vos arguments. Évitez les propos ambigus ou trop techniques. Assurez-vous que vos arguments soient compréhensibles sans qu’on ait à chercher des informations supplémentaires. Évitez les abus de langage et souvenez-vous qu’il suffit d’un rien pour qu’un commentaire légitime ne devienne diffamatoire.

Voyez par exemple cet éditorial de Priya Shettysur le site de SciDev.net : Maladies chroniques — une priorité négligée [ http://www.scidev.net/fr/editorials/maladies-chroniques-une-priorit-n-glig-e.html ] Le reportage d’enquête Le journalisme d’enquête exige que son auteur ait fait une recherche originale et une enquête approfondie sur le sujet dont il parle. Cela implique d’ordinaire qu’il trouve réponse à une question importante ou controversée. Par exemple, est-ce que le réseau d’eau potable est vraiment responsable de l’augmentation des cas de maladies dans la région? Les chercheurs qui prétendent avoir réalisé le premier clonage d’un être humain disent-ils la vérité? Dans ce genre de journalisme, les chercheurs peuvent servir de témoins experts sur qui le journaliste pourra s’appuyer pour dévoiler la vérité. À l’inverse, ils peuvent aussi être eux-mêmes au banc des accusés. Le journaliste peut aussi être contraint d’opposer les conclusions d’un chercheur à celles de ses collègues pour bien raconter son histoire. Le journalisme d’enquête demande généralement plus de temps parce qu’il sera plus difficile de trouver les personnes qui possèdent des fragments de réponse ou qui acceptent de les dire publiquement. Il peut arriver qu’il n’y ait pas vraiment de réponse claire et que le journaliste doive travailler très fort pour presque rien. Chose certaine, la qualité de sa recherche aura une grande influence sur la qualité de son article. Le journalisme d’enquête peut aboutir à un article unique ou à une série de reportages en profondeur. Le blogue Les blogues (contraction de web log) sont la dernière mode de l’écriture journalistique. C’est un site internet où un individu publie des chroniques de son cru et où les lecteurs peuvent ajouter leurs commentaires et réactions. Divers logiciels spécialisés permettent de confectionner un blogue dont la mise en page se fait automatiquement sans que l’auteur n’ait besoin de connaître la programmation informatique. Dans la plupart des styles d’écriture, on s’attend à ce que le journaliste prenne ses distances par rapport aux événements pour les décrire avec honnêteté, avec équilibre et sans biais. Dans un autre style, les blogues sont plutôt un exutoire aux pensées secrètes des journalistes, à leurs expériences et à leurs aventures personnelles. Dans pratiquement toutes les histoires que couvrent les journalistes, il y a aussi l’envers du décor. Par exemple, si un journaliste se rend en Iran pour traiter du débat sur l’énergie nucléaire, il y aura certainement des anecdotes sur la manière dont il a pu trouver ses informations. Et si votre rédacteur en chef vous limite à un maximum de 500 mots, vous pouvez donner beaucoup plus de détails sur votre blogue. Les blogues apparaissent normalement sur le site internet d’un particulier. Toutefois, il arrive que des journaux ou des magazines fassent place aux blogues de leurs journalistes

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sur leur site internet institutionnel. Parlez-en à votre rédacteur en chef si vous désirez partager les dessous d’une histoire. Jetez un coup d’œil à ce blogue de Yanick Villedieu, journaliste scientifique et animateur de l’émission Les Années lumière à la radio de Radio-Canada, et spécialiste du VIH. [ http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2008/07/31/104213.shtml?auteur=2091 ] Aussi, les scientifiques eux-mêmes peuvent susciter les discussions avec le public par un blogue. Lisez les blogues scientifiques de l’Agence Science-Presse, Science! On blogue! : [ http://blogue.sciencepresse.info/ ] Conclusion: plus vous variez votre style d’écriture scientifique, plus votre marché potentiel sera important. Mais prenez toujours soin de développer un style qui vous est propre.

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4.5 Règles de base de l'écriture scientifique
A. Reliez la science à la vie de tous les jours Tout ce que vous avez lu jusqu'ici dans le cours 4 pourrait s'appliquer à n'importe quel sujet. Pourtant, vous avez aussi besoin de quelques habiletés particulières pour rendre vos reportages scientifiques plus compréhensibles et intéressants pour vos lecteurs. Il y a des gens qui imaginent les chercheurs dans leur laboratoire comme s'ils étaient des êtres étranges dans leur contrée lointaine et inaccessible. Il peut arriver que cette analogie soit vraie! Le travail du journaliste, c'est de ramener le chercheur dans la vie concrète même s'il ou elle peut souvent paraître réticent. Faites ressortir le côté humain du chercheur. Mettez en relief des aspects de sa personnalité auxquels n'importe qui peut s'identifier: ses passe-temps, le geste qu'il fait quand il réfléchit à une question avant de répondre, etc. Décrivez l’endroit, les odeurs, les couleurs. Quels vêtements porte-t-il dans le laboratoire? Comment rit-il? Comment interagit-elle avec ses collègues de travail? Ses yeux s'allument-ils quand elle parle de sa recherche? Quand vous écrivez sur la science, expliquez comment cette découverte pourrait influencer la vie quotidienne des lecteurs. Pendant l'interview, demandez à la chercheure pourquoi la fabrication de nanotubes à partir de molécules d'ADN pourrait révolutionner les technologies informatiques. Ou encore, expliquez à vos lecteurs comment la recherche sur les cellulessouches pourrait mener à de nouveaux traitements. Essayez de débuter votre article en racontant l'histoire d'une personne affectée par une maladie pour ensuite expliquer comment la recherche sur les cellules-souches pourrait modifier sa vie. Conclusion: trouvez un moyen pour que le lecteur puisse se sentir interpellé personnellement par le sujet de votre article et vivre l’histoire avec vous pendant qu’il la lit.

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4.6 Règles de base de l'écriture scientifique
B. Simplifiez la science Écrire sur la science est un défi. Les chercheurs consacrent eux-mêmes des années à étudier et à chercher dans leur domaine de spécialité. Et on s'attend à ce que vous condensiez toutes ces années en mille mots que n'importe qui pourra comprendre! Un moyen de mieux écrire, c'est d'insister, pendant l'interview, pour que les chercheurs simplifient leurs connaissances à votre place. (Voir le cours 3 sur l'interview. [ http://www.wfsj.org/course/fr/L3/L3P00.html ]) S'il y a un détail que vous ne comprenez pas, dites-le-lui. N'écrivez jamais sur un sujet que vous ne comprenez qu'à moitié. Faites votre recherche avec soin ou trouvez quelqu'un qui pourra vous expliquer simplement le sujet. Donnez assez d'information contextuelle et simplifiez le jargon scientifique compliqué pour que n’importe qui puisse comprendre votre article et en profiter. Il est toujours préférable d'utiliser les mots simples que vos lecteurs utiliseraient eux-mêmes que de vouloir à tout prix leur inculquer le vocabulaire scientifique. L'usage des analogies et des métaphores Voici ce que le journaliste scientifique Jan Lublinski écrit sur les métaphores: Les métaphores sont un élément important de l'écriture scientifique parce qu'elles créent des images fortes à partir de la vie quotidienne et elles font appel à des références culturelles pour rendre la science plus compréhensible. Par exemple, l'atmosphère est une serre. Le cerveau d'un joueur d'échecs, un ordinateur. Un trou noir devient un monstre qui dévore ses victimes tandis que les étoiles émettent leur cri d'agonie sous forme de rayons X. En général, les métaphores provoquent des associations entre plusieurs parties de notre processus mental, elles créent un court-circuit dans notre raisonnement. (Ce court-circuit est encore une métaphore!) La métaphore centrale d'un article peut aussi servir à lui donner son style. Si par exemple vous dites de Ian Wilmut qu'il est le créateur de Dolly, la première brebis née par clonage, vous pouvez décrire sa recherche sur le clonage comme un acte métaphysique presque divin, ce qui donnera à l'histoire des angles critiques autant que politiques. Même chose si vous décrivez des physiciens qui ont construit un grand accélérateur de particules pour pousser leur quête de la « théorie universelle » en disant qu'ils sont de vrais croyants qui bâtissent une cathédrale. Les métaphores, comme les comparaisons (leur équivalent moins impressionniste), sont parfois la seule manière d’expliquer certaines choses dans un article scientifique. Pour faire comprendre l'expansion de l'univers, il peut être utile de dire que les étoiles s'éloignent les unes des autres comme « des raisins dans une pâte à gâteau qui lève ». Le système immunitaire est comme une armée qui défend sa patrie. Les chercheurs s'acharnent comme des détectives pour résoudre un problème. En même temps, ces deux derniers exemples montrent déjà que certaines métaphores ont été surutilisées et qu'elles ne sont pas toujours un bon choix. Il arrive trop souvent que les rédacteurs scientifiques utilisent les métaphores et comparaisons à mauvais escient. Certaines images mal choisies ne décriront qu'un aspect du sujet ou pourraient confondre le public. Il y a des métaphores qui n'ont de sens que pour ceux qui comprennent déjà le sujet comme lorsqu'on qualifie le code génétique de « livre de la vie ».

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Les métaphores sont des outils puissants qui doivent être manipulés avec soin. Souvent, il vaut mieux ne pas les utiliser et de simplement décrire ou expliquer les choses autrement. Comment traiter les nombres Combien de terrains de foot peut-on placer dans 6 000 mètres carrés? Combien d'atomes sur la tête d'une épingle? Quand vous devez citer des chiffres, que ce soit pour décrire un poids, une surface, une grosseur, un volume, une longueur ou quoi que ce soit, il est utile de les comparer à des choses qu'on voit ou qu'on utilise dans notre vie de tous les jours pour les rendre plus compréhensibles. Aidez votre public à « visualiser » le nombre plutôt que de simplement le mentionner. Par ailleurs, prenez bien soin de ne conserver dans votre article que les chiffres absolument essentiels, pour ne pas surcharger vos lecteurs. Prenez aussi soin d'expliquer n'importe quel terme associé à ces chiffres comme le produit intérieur brut pour PIB. Et finalement, n'ayez pas peur du mot « environ ». Arrondissez les chiffres pour obtenir des nombres entiers plutôt que des fractions. Voyez par exemple comment l'article suivant de la British Broadcasting Corporation (BBC) qualifie le diamètre d'une fibre de 30 nanomètres de « mille fois plus mince qu'un cheveu humain ». Cela rend cette longueur infinitésimale un peu plus sympathique! Les plus petites brosses du monde, dont les poils sont plus de mille fois plus fins qu'un cheveu, ont été créées par ces chercheurs américains. Ces brosses peuvent servir à balayer de la nano-poussière, à peindre des microstructures et même à enlever des polluants dans l'eau. Le secret des poils, ce sont des nanotubes de carbone, des molécules en forme de paille qui ont un diamètre d'à peine 30 milliardièmes de mètre. Comment traiter le jargon scientifique Ne présumez jamais que vos lecteurs connaissent chaque mot scientifique ou chaque concept que vous incluez dans votre article. Prenez soin d’expliquer le sens des mots et simplifier tout en restant vrai. Voici un article d’IslamOnline qui a été traduit de l’anglais où l’on explique deux termes (écosystèmes estuariens et les trous d’effondrement) de manière différente : le premier en donnant une définition exacte et le deuxième en expliquant le processus lui-même. La baisse rapide du niveau de la mer a été accompagnée d’une baisse de niveau des eaux souterraines le long du rivage. Les sources d’eau s’assèchent, de même que les écosystèmes qui en dépendent. Cela menace la survie des rares espèces qui subsistent dans le bassin de la Mer Morte. Les écosystèmes estuariens (où les eaux douces des sources se mélangent aux eaux salées de la Mer Morte) sont aussi en voie de disparition. Et plus l’eau souterraine s’abaisse, plus les sels se dissolvent, laissant le sol poreux et instable. C’est pourquoi il s’est formé des trous d’effondrement là où le sol s’effondre sur lui-même, formant des cratères qui peuvent atteindre 15 mètres de diamètre. Cela a endommagé les terres agricoles de même que les infrastructures comme les routes et les ponts, ce qui devient une menace constante pour la population de la région. Conclusion : prenez le temps de simplifier les concepts scientifiques complexes. Votre public vous en sera reconnaissant!

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4.7 La rédaction d'une nouvelle
A. Qu’est-ce qui mérite une nouvelle? Il y a plusieurs facteurs à considérer pour déterminer si un événement est digne d’une nouvelle : • • • • • • La proximité : plus une histoire est proche de nous, plus elle est importante. Y a-t-il une personne, une institution ou un endroit bien connu de votre public? L’intérêt personnel : quand une application concerne directement votre lecteur. L’actualité : quand un événement vient tout juste de se produire ou de débuter. Le changement, quelque chose d’inhabituel, la violence ou le drame, ou un désastre naturel. L’impact sur nos vies, par exemple les traitements qui peuvent découler d’une découverte médicale. Un enjeu, un débat ou un conflit. Outre les guerres entre pays, il y a celle entre la théorie de l’évolution et le créationnisme ou le design intelligent! Il y a aussi des débats qui entourent la recherche sur les cellules-souches.

Revoyez le cours 2 Comment trouver et évaluer les sujets [ http://www.wfsj.org/course/fr/L2/L2P00.html ] N’oubliez pas : avant de rédiger votre nouvelle, il est utile de chercher quel angle sera le plus intéressant pour votre public. Cela déterminera l’aspect que vous allez mettre en évidence. En discuter avec des collègues aide souvent à le trouver. B. Le contenu d’une nouvelle Une nouvelle bien construite doit fournir les éléments suivants : • • • • • Les informations de base : qui, quoi, quand, où, pourquoi, comment. Le contexte : remettez l’histoire en contexte MAIS tenez-vous en aux faits et prenez bien soin de ne pas prendre personnellement position. Les sens: gardez toujours vos sens en éveil pendant votre recherche. Décrivez les scènes avec leurs odeurs, leurs sons et même leurs textures. Cela stimulera l’imagination de votre lecteur et donnera du « réalisme » à votre article. Les anecdotes : essayez d’organiser votre nouvelle autour d’une histoire ou d’une scène particulière pour la rendre plus vivante. Les citations : attention aux citations inutiles. Si une citation contient surtout de l’information factuelle que vous pourriez paraphraser, alors, paraphrasez-la! N’utilisez les guillemets que pour les « bijoux » qu’il serait criminel de paraphraser, par exemple quand les gens décrivent leurs émotions ou leurs réactions personnelles face à une situation. Utilisez donc les citations pour donner les impressions des gens plutôt que pour les données factuelles.

C. Les sources de la nouvelle Quand vous rédigez une nouvelle, utilisez toujours au moins deux types de sources et davantage si c’est possible. (Voir cette partie du cours 2 sur les sources [ http://www.wfsj.org/course/fr/L2/L2P01.html ] Les sources matérielles peuvent être un sondage, un document, des archives publiques, un

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journal, un communiqué de presse, un autre article journalistique, etc. Vous trouverez aussi des personnes: un porte-parole, un expert, un intervenant, une victime, un bénéficiaire, un témoin, un citoyen, etc. D. Les types de nouvelles Ce qui suit est comme un livre de recettes : vous ne vous tromperez jamais en suivant ces instructions à la lettre mais le journaliste d’expérience pourra y apporter ses variations personnelles! 1. Un pré-papier

C’est un article qui annonce un événement prochain, un congrès par exemple. Elle a normalement la structure d’une pyramide inversée, avec l’information la plus importante en tête puis, dans l’ordre, les autres détails qui ont de moins en moins d’importance. a. L’amorce (« lead ») répond aux trois principales questions : quoi, quand et où. N’oubliez pas, vous annoncez un événement futur. Allez donc droit au but: annoncez-le! L’amorce tient normalement en une ou deux phrases qui ne devraient jamais dépasser 25-35 mots. b. Deuxième paragraphe : Donnez plus de détails sur ce qui va se produire, sur les organisateurs, les participants et les sujets à l’ordre du jour. c. Troisième paragraphe : donnez des informations supplémentaires ou contextuelles sur le sujet ou les personnes en cause, selon ce qui est le plus important. Un pré-papier tient normalement en quatre paragraphes sans aucune phrase de plus de 10 ou 15 mots. 2. La nouvelle de dernière heure

C’est une histoire à propos d’un événement qui vient tout juste de se produire. On la rédige aussi en pyramide inversée : les informations les plus importantes au début et le reste par ordre d’importance. Débutez avec une amorce qui répond aux questions quoi, quand, où, pourquoi, et comment. Continuez alors avec quelques détails pertinents et, dans le troisième paragraphe, avec des citations et de l’information contextuelle. N’oubliez jamais de colorer votre écriture avec des émotions et des détails pittoresques. 3. Une nouvelle venue de déclarations On parle ici d’une nouvelle issue d’une conférence de presse, d’un congrès ou d’une conférence publique. o o o o o L’amorce : résumez d’abord la déclaration la plus importante en la paraphrasant. 2e paragraphe : citez directement l’orateur et dites où et pourquoi il a fait cette déclaration. 3e paragraphe : donnez le contexte. 4e paragraphe : paraphrasez le deuxième élément le plus important de la déclaration. 5e paragraphe : illustrez avec une citation

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o 6e paragraphe : donnez quelques informations complémentaires.

4. Une nouvelle de « suivi » Ces nouvelles accompagnent un événement passé qui se poursuit ou qui soulève encore l’intérêt du public. Vous pouvez aussi bien faire le suivi d’une nouvelle de dernière heure qu’avec une personne entendue lors d’une conférence de presse. Certains lecteurs voudront davantage d’information sur le sujet déjà familier mais d’autres en entendront parler pour la première fois. En rédigeant une nouvelle, prenez soin : o o d’être objectif : n’exprimez pas votre opinion personnelle d’être équilibré : montrez autant de facettes que possible. Il est important de ne pas se limiter au pour et contre. (Il est d’ailleurs rare qu’une histoire n’ait que deux côtés!) Et le souci de l’équilibre n’exige pas que vous accordiez le même poids à chaque version. Si la plupart des chercheurs croient par exemple à la véracité des changements climatiques mais qu’un ou deux s’y opposent, vous devez faire comprendre au lecteur quelle thèse est majoritaire. d’identifier vos sources. Indiquez toujours où vous avez pris vos informations à moins, bien sûr que cela ne compromette la sécurité de vos informateurs.

o

Conclusion : avec un peu de créativité, vous pouvez faire une nouvelle avec à peu près n’importe quoi. N’oubliez jamais que l’expertise vient de vos informateurs, pas de vous! Même quand vous n’en citez qu’un ou deux, vous devriez aussi en avoir interrogé plusieurs autres pour bien soupeser la valeur de chaque point de vue.

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4.8 La rédaction d'un reportage
A. Au départ, le pivot (Nut Graf) Le reportage doit être aussi une nouvelle (notez qu’une nouvelle peut toujours être rédigée comme un reportage). La principale différence entre la nouvelle « pure » et le reportage, c’est que la nouvelle est plus brève et plus centrée sur le cœur du sujet qu’un reportage. Elle est donc moins détaillée et moins « colorée ». Le reportage a généralement plus de profondeur, il fouille davantage le contexte et il utilise des styles d’écriture plus variés. La nouvelle est généralement rédigée à toute vitesse pour être publiée le jour même tandis qu’un reportage peut se prépare pendant plusieurs jours, et même plusieurs semaines! La partie la plus difficile du reportage, c’est d’écrire les tout premiers mots. Déterminez d’abord l’essentiel du message que vous voulez transmettre. Ceci définira l’angle particulier de votre histoire. Vous ne pouvez pas couvrir tous les aspects d’une histoire dans un même article. Si vous avez plusieurs angles, vous pouvez publier plusieurs articles différents à partir de la même recherche. Ceci élargit votre marché pour la publication, autant pour le pigiste que pour le journaliste permanent quand il peut écrire dans plusieurs sections de sa publication. (Revoyez dans le premier cours comment résumer son sujet en une phrase [ http://www.wfsj.org/course/fr/L1/L1P09.html ]) Une des meilleures manières d’apprendre à préciser votre projet d’histoire, c’est d’apprendre à rédiger son pivot, son « Nut Graf ». Cette expression a pris naissance dans les salles de nouvelles des États-Unis pour désigner le 3e ou le 4e paragraphe dans lequel vous résumez l’idée maîtresse de votre reportage. C’est un modèle d’écriture qui privilégie l’explication plus que l’information et la compréhension davantage que le savoir. Le pivot assoit la pertinence de votre sujet. Il permet au public de saisir immédiatement le thème du reportage. Commencez donc à rédiger votre article en écrivant son pivot.. B. Pour arriver au pivot Une fois votre pivot rédigé, vous devez l’amener avec une amorce qui retiendra l’attention du lecteur. Il y a bien des façons de le faire : • • • • • • Avec un résumé qui répond aux questions qui, quoi, quand, où, pourquoi, et comment. Avec une anecdote qui raconte une histoire courte et touchante à laquelle les lecteurs peuvent s’identifier, ou une question les interpellant directement. Avec un incident qui vous est arrivé pendant que vous couvriez l’histoire. Avec une question si votre article explore un enjeu qui sera complètement résolu à la fin du texte. Avec un jeu de mots qui illustre le cœur de votre article. Avec une citation, si vous êtes tombé pendant votre recherche sur une citation imagée qui peut vraiment plonger le public dans votre histoire. Si elle n’est pas vraiment percutante par contre, mieux vaut trouver un autre début.

C. Le cœur du reportage En rédigeant le cœur de votre histoire, gardez à l’esprit de : • Rester près de votre idée maîtresse, résumée dans votre pivot.

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• • Multiplier les sources et les types d’informateurs. Si vous citez des chercheurs par exemple, citez aussi des fonctionnaires et des personnes affectées par cette recherche. Éviter de classer les intervenants dans le camp pour ou contre ou encore comme des bons ou méchants. Comme dans les nouvelles, chaque médaille a son envers (et même plusieurs!). Cherchez l’équilibre non pas en dépeignant deux positions extrêmes mais en montrant tous les aspects de l’histoire et en donnant à chaque version le poids qui lui revient. Mentionnez toujours la source de vos informations. Expliquer le contexte pour que chacun puisse bien suivre l’histoire. Avoir une écriture pittoresque. Décrivez bien le caractère des principaux personnages et les scènes de votre histoire.

• •

D. La chute du reportage À tout bon reportage, il faut une bonne finale. Le lecteur doit percevoir le lien logique entre la finale et votre pivot. Vous pouvez terminer avec un message bien clair, avec une question ou un proverbe qui résumeraient votre idée maîtresse, avec une anecdote qui ramènerait le lecteur à la dimension humaine de votre histoire ou par un commentaire qui ouvre des perspectives vers l’évolution future du sujet. Il est surtout essentiel de ne pas laisser le lecteur en suspens. Il ne doit pas avoir l’impression que cet excellent article se terminait en queue de poisson. Imaginez une finale qui fasse réfléchir ou qui laisse le lecteur sur une note agréable ou surprenante. E. Les vérifications avant d’envoyer l’article au rédacteur en chef Relisez votre texte à haute voix. Sonne-t-il bien? Même si c’est plutôt le travail du rédacteur en chef, tentez de couper votre article avec des sous-titres. Cela va vous aider à voir si vos idées sont bien structurées et regroupées logiquement. Si vous avez de la difficulté à partager l’article en sous-titres, ce pourrait être parce qu’il vous manque un fil conducteur tout au long du récit. Si vous avez encore un peu de temps avant l’échéance, laissez reposer l’article un ou deux jours avant de le relire. Des défauts pourraient vous sauter aux yeux alors que vous n’auriez pas pu les voir à la fin de la rédaction. Faites lire votre article à un membre de votre famille, un ami ou un collègue que vous savez capable de critique constructive. Y a-t-il des concepts ou des mots qu’ils comprennent mal? Trouvent-ils l’article ennuyant? Faudrait-il « resserrer » certaines longueurs? Retrancher des mots inutiles? Conclusion : tenez-vous en à votre idée maîtresse tout au long du texte.

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4.9 Le récit narratif : racontez une histoire
Il n’y a rien comme une histoire pour métamorphoser le plus ennuyant des sujets en un récit captivant. Je me souviens d’un article du National Geographic Magazine sur un insecte qui avait vécu uniquement sur une petite île isolée. On le croyait disparu jusqu’à ce qu’on en retrouve quelques uns, des années plus tard, sur une autre île très éloignée. L’insecte n’avait pas pu nager ni voler jusque là. Sa réapparition était un vrai mystère. Des chercheurs ont bâti une théorie pour résoudre l’énigme. Cette histoire sur un insecte qu’on pensait disparu aurait pu être ennuyante. Le public se fiche des insectes qui disparaissent, aussi rares soient-ils! Pourtant, l’auteur en a fait un récit d’aventure en mettant en scène ce petit insecte qui parvenait à survivre contre vents et marées. Qui peut résister à cela? Vous pouvez utiliser le récit narratif autant pour des nouvelles que pour des reportages. C’est une forme de récit qui suit les péripéties d’un héros. C’est captivant car cela répond aux questions « qu’est-ce qui arrive ensuite? » « Comment cela a-t-il pu se produire? » ou « Qu’est-ce qu’on apprend ou qu’on comprend ensuite? » Pensez à la manière dont nos ancêtres nous ont transmis leurs traditions, pour nous apprendre une leçon ou nous fournir de l’information. Vous pouvez raconter le déroulement d’une recherche en vous mettant dans la peau des chercheurs. Faites vivre leur personnalité. Montrez comment leur caractère les a conduits à ce projet ou à cette découverte. Comment un événement fortuit leur a fait imaginer une nouvelle manière d’arriver à leurs fins. En général, ce sont les interviews avec les chercheurs qui vous fourniront ces pépites d’or dont vous allez truffer votre histoire (revoyez le cours 3 sur les interviews [ http://www.wfsj.org/course/fr/L3/L3P00.html ]). Vous pourriez aussi raconter la même histoire à travers les personnes dont la vie est transformée par cette recherche. Mettez en évidence la dimension humaine de l’histoire. Vos personnages peuvent même être des objets inanimés comme des atomes ou bien des animaux ou des insectes. Efforcez-vous d’intégrer ces personnages à votre histoire de manière à retenir l’attention du public comme s’il lisait un roman ou qu’il écoutait le récit de leur grand-père au coin du feu. Vous n’avez pas besoin d’un long article pour faire de l’écriture narrative. Un article court sur un chercheur peut être tout aussi efficace. Si vous utilisez l’écriture narrative dans un reportage, vous voudrez y intégrer tous les éléments d’un bon roman ou d’un film. Pour vous perfectionner, vous avez donc intérêt à lire beaucoup de livres et à voir plusieurs films en vous demandant ce qui les rend si passionnants. Amenez votre public à lire l’article avec une introduction captivante. Tenez-le en haleine tout en donnant quelques indices ici et là. Développez bien vos personnages en donnant au lecteur le temps de se familiariser avec leurs particularités. Transmettez l’information scientifique à travers les personnages eux-mêmes. Menez le récit jusqu’à son paroxysme et tenez vos lecteurs en suspens jusqu’au tout dernier mot. Conclusion : la science n’est surtout pas synonyme d’ennui!

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4.10 Écrire pour internet
La nouvelle et le reportage ont toujours le même format de base dans internet mais le web impose pourtant quelques particularités. • Les utilisateurs d’internet survolent et parcourent le texte plus qu’ils ne le lisent. On le sait, il est fatigant pour les yeux de lire un long texte sur un moniteur. Beaucoup de gens préfèrent lire les articles plus longs dans un fauteuil confortable ou en sirotant leur café au déjeuner. Par ailleurs, même si la technologie d’internet n’impose aucune contrainte d’espace, bien des gens ne liront votre article que s’il est court et vivant. Structurez votre texte de manière à ce que le lecteur puisse en saisir le sens général en le lisant en diagonale pendant que le texte se déroule. Regroupez les idées et prévoyez des sous-titres clairs et explicites. Entrecoupez votre article de cellules qui font écho au thème de votre article ou qui en reprennent des citations. Faites des phrases et des paragraphes plus courts que pour un texte imprimé.

• • •

Si vous voulez entrer dans les bonnes grâces du rédacteur en chef, il serait bon de lui fournir aussi du matériel complémentaire. Y aurait-il une procédure scientifique un peu complexe que vous pourriez expliquer à l’aide d’un graphique? L’idéal serait que vous conceviez vos propres schémas mais, si jamais l’équipe internet incluait un graphiste, vous pourriez au moins lui suggérer des textes, une description et des illustrations qui le guideraient dans la création de ses illustrations explicatives. Vous pourriez aussi trouver des images d’accompagnement que le site pourrait télécharger gratuitement. Un fichier d’images accompagné de descriptions ou même des documents vidéo et audio habilleraient aussi très bien votre article. Vous pourriez aussi faire des hyperliens pour relier certains termes ou des noms propres à d’autres sites pertinents. Vous pouvez enfin terminer votre article par une liste d’autres sites auxquels les lecteurs peuvent aussi se référer. Rares sont les sites Web qui vous paieront pour ce travail supplémentaire mais soyez certain que le rédacteur en chef appréciera vos efforts et il vous inscrira sur sa liste de journalistes préférés. Les lecteurs aussi l’apprécieront! Conclusion : épicez vos articles pour internet avec des hyperliens, des ressources d’information complémentaires et des graphiques. Écrivez pour des personnes qui lisent en diagonale plutôt que pour des gens très attentifs au contenu.

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4.11 Exercices d'auto-apprentissage
Question 1 Déterminez pour chacun de ces articles s’il s’agit d’une nouvelle, d’un reportage, d’un rapport d’enquête, d’une interview, d’un éditorial, d’un blogue ou d’une combinaison de plusieurs genres d’écriture scientifique. Article 1 Du nouveau du côté des supraconducteurs [ http://blogue.sciencepresse.info/physique/item/572 ] Article 2 Éclipse totale du Soleil [ http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Science-Sante/2008/08/01/001-eclipsetotale.shtml ] Article 3 À la poursuite de l’artefact - Inventaire archéologique dans Charlevoix [ http://www.sciencepresse.qc.ca/node/16017 ] Question 2 Trouvez des façons originales de réécrire certains mots dans les phrases suivantes. Pour vous aider, les mots qui pourraient être difficiles pour le grand public sont en gras : a. Steve Linscombe ne sait toujours pas comment cela a pu se produire. Le directeur du AgCenter for Rice Research à l’Université de l’État de la Louisiane sait qu’il a semé quelques variétés d’un riz transgénique expérimental entre 2001 et 2003. Il sait aussi qu’une de ces variétés, LLRICE601, a été semée sur moins d’un acre. Par contre, il n’arrive pas à s’expliquer comment cette variété a pu aboutir sur le marché alimentaire. Ce mystère fait maintenant l’objet d’une enquête officielle et d’une poursuite en recours collectif. b. Il y a des médicaments pour soigner cette maladie chronique mais certains autres effets du parasite ressemblent plutôt à une maladie auto-immune et le médicament n’a aucun effet sur eux. c. L’apparition d’une résistance médicamenteuse chez le parasite responsable de la cécité des rivières pourrait donner naissance à des épidémies dans des populations où la maladie était sous contrôle, souligne une recherche publiée la semaine dernière (16 juin) dans The Lancet. d. Des spécialistes des matériaux des universités d’Oxford et de Nottingham ont réalisé des réactions chimiques à l’intérieur de nanotubes. Question 3 Lisez les phrases suivantes et trouvez des moyens de mieux faire comprendre le sens des nombres à vos lecteurs. a. Quand les patients inhalaient ces infimes particules de carbone, on les retrouvait dans leur sang par la suite. Ces tout petits morceaux de matière sont des nanoparticules, un terme qui s’applique à tout ce qui mesure moins de 100 nanomètres. b. C’est à Chajnantor, à 5 300 mètres d’altitude, qu’on érigera le Atacama Large Millimeter Array (ALMA). Ce réseau de télescopes majeurs devrait rendre visible la moitié de l’univers qui nous était jusqu’à maintenant inaccessible. c. Un examen du ciel a permis d’identifier ce qui pourrait être le trou noir géant le plus lointain de tout l’univers. Ce serait donc aussi le plus ancien. Ce quasar, à qui l’on a donné le beau nom de CFHQS J2329-0301, a été identifié en compagnie de trois autres quasars extrêmement éloignés dans le cadre du Canada-France High-z Quasar Survey (CFHQS). L’objet J2329-0301 serait éloigné d’environ 13 milliards d’années-lumière, disent les chercheurs.

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Question 4 Pour chacune des trois nouvelles suivantes, déterminez de quel type de nouvelle il s’agit, identifiez quelles informations justifient ces nouvelles et quelles catégories de sources ont été utilisées. La nouvelle Type de nouvelle Éléments justifiant la nouvelle Sources d’information

Un nouveau test de terrain facilite le diagnostic de la fièvre Ébola [ http://www.scidev.net/fr/ne ws/un-nouveautest-de-terrain-facilite-lediagnostic-.html ] Proposer un conseil stratégique reste « un défi » pour les académies africaines [ http://www.scidev.net/fr/ne ws/proposer-unconseil-strat-gique-reste-und-fi-pour.html ]

Question 5 Quelle sorte d’amorce a-t-on utilisée dans chacun des trois articles qui suivent? Article Le cerf-volant, de l’art à l’énergie [ http://mondedurable.science-et-vie.com/ 2008/08/le-cerf-volant-de-lart-a-lenergie/ ] Le risque de diabète [ http://www.radiocanada.ca/nouvelles/Science-Sante/ 2008/07/29/001-diabetegrossesse.shtml ] Type d’amorce

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4.12 Réponses
Question 1 Article 1: Blogue Article 2: Nouvelle Article 3: Reportage Question 2 1. Les cellules des plantes transgéniques contiennent du matériel génétique provenant d’une autre espèce. Ces gènes ont été introduits en laboratoire pour leur donner des caractéristiques particulières. 2. Dans une maladie auto-immune, un organisme est attaqué par son propre système immunitaire. Ici, les anticorps qu’il produit pour lutter contre le parasite attaquent aussi ses propres cellules. 3. La cécité des rivières (onchocercose) est attribuable à un ver parasite (Onchocerca volvulus) transmis par des mouches noires qui se reproduisent dans des ruisseaux à grand débit. La maladie cause la cécité et des maladies de peau en Afrique subsaharienne et dans les zones tropicales des Amériques. Environ 37 millions de personnes seraient infectées dans le monde. 4. Un nanotube de carbone est un feuillet de graphite qui n’aurait qu’un seul atome d’épaisseur et qui serait enroulé sur lui-même pour former un tube. Ces nanotubes sont très résistants et peuvent avoir une grande longueur. Question 3 1. Un nanomètre vaut un milliardième de mètre. Une particule de 100 nanomètre est donc à peu près mille fois plus fine que l’épaisseur d’un cheveu. 2. On pourrait dire par exemple que c’est la moitié de l’altitude de croisière d’un Boeing747. 3. La lumière de ce quasar a voyagé pendant 13 milliards d’années pour nous parvenir. Comme l’univers est âgé de 14,6 milliards d’année, nous voyons ce quasar tel qu’il était dans l’enfance de l’univers. Question 4 La nouvelle Type de nouvelle Une nouvelle d’actualité Éléments justifiant la nouvelle Intérêt personnel intérêt humain actualité changement impact sur notre vie Importance de la Sources d’information L’article scientifique, le chercheur principal Andreas Lucht, Morad Ahmed, un professeur de médicine, Daniel Okenu, un scientifique nigérien

Un nouveau test de terrain facilite le diagnostic de la fièvre Ébola [ http://www.scidev.net/fr/ne ws/un-nouveautest-de-terrain-facilite-lediagnostic-.html ] Proposer un conseil stratégique reste

Nouvelle issue d’un

Gens présents au congrès. (David Mbah,

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« un défi » pour les académies africaines [ http://www.scidev.net/fr/ne ws/proposer-unconseil-strat-gique-reste-und-fi-pour.html ] congrès conférence Actualité Intérêt personnel (des journalistes scientifiques) Yaye Kène Gassama Dia, Narciso Matos, Eve Ogbhemhe, Howard Alper)

Question 5 Quelle sorte d’amorce a-t-on utilisée dans chacun des trois articles qui suivent? Article Le cerf-volant, de l’art à l’énergie [ http://mondedurable.science-et-vie.com/ 2008/08/le-cerf-volant-de-lart-a-lenergie/ ] Le risque de diabète [ http://www.radiocanada.ca/nouvelles/Science-Sante/ 2008/07/29/001-diabetegrossesse.shtml ] Type d’amorce question

résumé

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4.13 Travaux pratiques (1-5)
Travail 1 Jetez un coup d’œil sur les publications scientifiques qui suivent, et discutez avec votre mentor des particularités de leur public respectif et de l’influence que cela peut avoir sur leur écriture : a. b. c. d. e. f. g. h. i. j. k. l. m. n. o. p. q. r. La Recherche [ http://www.larecherche.fr/ ] Pour la Science [ http://www.pourlascience.com/ ] National Geographic (édition française) [ http://www.nationalgeographic.fr/ ] Agence Science-Presse [ http://www.sciencepresse.qc.ca/ ] L'agence SYFIA [ http://www.syfia.info/fr/index.asp ] Science et Vie Junior [ http://www.science-et-vie.com/ ] Nouvel Observateur Science [ http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/ ] CyberSciences [ www.cybersciences.com/ ] Les Débrouillards [ http://www.lesdebrouillards.qc.ca/ ] Nature [ http://www.nature.com/nature/index.html ] Science in Africa [ http://www.scienceinafrica.co.za/ ] Science [ http://www.sciencemag.org/ ] Nature News [ http://www.nature.com/news/index.html ] SciDev.Net [ http://www.scidev.net/fr/ ] BBC News’ Science/Nature [ http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/default.stm ] Smithsonian Magazine [ http://www.smithsonianmag.com ] ABC Science: The Australian Broadcasting Corporation’s Science section [ http://www.abc.net.au/science/ ] Science News [ http://www.sciencenews.org/ ]

Travail 2 Jetez un coup d’œil aux articles suivants. À votre avis, avec quels arguments le journaliste a-t-il réussi à convaincre le rédacteur en chef que son sujet était intéressant? Entraînez-vous à rédiger des arguments de vente pour chaque article et discutez-en avec votre mentor : a. Maladies chroniques — une priorité négligée [ http://www.scidev.net/fr/science-and-innovation-policy/editorials/ maladies-chroniques-une-priorit-n-glig-e.html ] b. L'homosexualité au musée... d'histoire naturelle [ http://www.sciencepresse.qc.ca/archives/2006/cap0611062.html ] c. La science peut-elle réduire la pauvreté? [ http://www.sciencepresse.qc.ca/node/19066 ] Travail 3 Prenez un de vos meilleurs articles, rédigez un blogue de mille mots sur le même sujet et faites-le parvenir à votre mentor. Mériterait-il d’être publié? Voir le cours 3, exercice 3 des travaux pratiques ([ http://www.wfsj.org/course/fr/L3/assignL3.html ]) pour comprendre comment créer votre propre blogue. Essayez aussi ces adresses : [ www.blogger.com ] (nécessite un courriel avec [ www.gmail.com ]) [ http://wordpress.com/ ] [ http://int.blog.com/ ] ou dans n’importe quel site internet qui offre ce service gratuitement. Incitez vos amis et

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vos collègues à afficher des commentaires sur vos blogues. Travail 4 Reprenez votre dernière nouvelle et tentez de la transformer en reportage, ou vice- versa. Discutez du résultat avec votre mentor. Assistez à un congrès scientifique dans votre ville ou à une conférence de presse sur la science ou la santé. Entraînez-vous à rédiger un pré-papier et une histoire venue de déclarations d’un événement auquel vous avez assisté. Discutez-en avec votre mentor. Visitez l’université ou le centre de recherche le plus près de chez vous. Identifiez un résultat de recherche intéressant et rédigez une nouvelle à ce sujet. Ensuite, reprenez-la en reportage. (N’oubliez pas de pousser suffisamment votre recherche pour pouvoir faire les deux !) Travail 5 Avant de commencer à rédiger votre prochain reportage, écrivez son pivot et discutez-en avec votre mentor. Votre idée maîtresse est-elle assez précise? Votre pivot est-il assez convaincant?

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