La Guerre, Otto Dix

ARTISTE
Otto Dix, né en 1891 et mort en 1969, est un peintre allemand. Avant la guerre de 14/18, il peignit des œuvres romantiques, avec une pointe d’expressionisme. Mais en 1914, il se retrouva engagé au front mais il survécut. Après l’armistice, Dix va peindre des œuvres dadaïstes dans lesquelles il va critiquer la société et la politique belliqueuse de l’époque sans respecter les règles de l’esthétique : en effet, certaines de ses œuvres furent censurées étant jugées trop choquantes (c’est le cas des Joueurs de Skat). Ses dernières années furent caractérisées par des œuvres plus réalistes.

PRÉSENTATION
L’engagement de Dix pendant la Grande Guerre et les horreurs qu’il y vécut furent les principales inspirations du peintre après son retour à la vie normale. C’est ainsi qu’il décide de peindre un tableau qui représente les horreurs et la souffrance qu’inspirent les champs de bataille. De plus, l’œuvre fut réalisée entre 1929 et 1932, une époque pendant laquelle les anciens combattants commençaient à être oubliés. Le tableau est représenté sur une composition de trois panneaux pouvant se refermer sur eux-mêmes, c’est ce qu’on appelle un triptyque. Ainsi, il évoque le tableau duquel il s’est inspiré (œuvre de la Renaissance) : Le retable d’Issenheim, Mathias Grünewald. Ce tableau représente également la souffrance puisqu’on y voit la crucifixion du Christ au corps blessé et affaibli.

DESCRIPTION ET ANALYSE

Sur le panneau de gauche sont représentés plusieurs soldats qui portent l’uniforme des poilus. Ils tournent le dos au spectateur et se dirigent vers le front dans une brume quelque peu sinistre, qui exprime un mauvais pressentiment et la peur. Le panneau central révèle un champ de bataille dévasté, ou les seuls êtres humains apparents sont des cadavres. Ce panneau représente plus exactement une tranchée vide bombardée. Légèrement à gauche on peut voir un tas de cadavres blessés et déformés. L’allure de ces corps peut faire penser à celle du Christ dans Le retable d’Issenheim. En haut de ce tas, un cadavre attire l’œil du spectateur par le fait qu’il est en train de tendre le bras comme s’il lançait un appel à l’aide. Il est surplombé par une construction en ruines ou par les branches d’un arbre qui soutiennent un squelette enveloppé dans du tissu. Cela rappelle également le Christ dans l’œuvre de Grünewald. À gauche on peut voir le seul survivant de la bataille, à peine visible : il est dissimulé sous une cape et porte un masque à gaz. Il reste pétrifié par l’inhumanité de du champ de bataille et de la guerre en général.

Seul sur le panneau de gauche. la guerre est une abomination. étendus sur la boue. on les enterre. Contrairement aux soldats du panneau de gauche. La lumière est claire. Il se montre en tant que sauveur en portant un soldat blessé. le rouge pour le sang et pour la violence et le gris/noir pour la pluie et la brume sinistre. O. Il y a ici une autre référence au retable d’Issenheim. idée de salvation). On a plutôt l’impression d’observer une figure divine (couleur blanche. CONCLUSION Otto Dix exprime clairement son dégoût pour la guerre. Il ne porte pas d’uniforme militaire. Il y a un ordre chronologique évident dans le tableau : sur le panneau de gauche. La prédelle (partie en bas du panneau central) représente une tombe commune dans laquelle sont représentés plusieurs soldats morts. sur le panneau central ils viennent de livrer bataille et sur celui de gauche on ramasse les blessés et les morts pour les enterrés comme c’est d’ailleurs exprimé dans la prédelle.Sur le panneau de droite on peut voir un autoportrait du peintre. ils meurent. d’espoir et de vie. Les couleurs qui dominent sont celles de la vie quotidienne des poilus au front : le brun pour la boue. . Il souhaite convaincre ses spectateurs qu’avant toute chose. Otto Dix s’est représenté lui-même en tant que sauveur représentant l’espoir car il veut faire passer un message antimilitariste. ils combattent. Le tableau a été peint à l’huile sur de larges panneaux en bois. froide et lugubre. dans lequel la prédelle représente le corps du Christ étendu et sans vie. les soldats vont vers le front. Cet aspect dégoûte l’artiste qui le critique fortement dans son œuvre. la lumière blanche qui émane du personnage central donne un signe de paix. pour sauver l’humanité d’éventuelles guerres à l’avenir. Dix veut faire passer l’idée d’un cercle vicieux : les soldats partent au front. il regarde le spectateur droit dans les yeux de façon déterminée. et n’a pas l’air humain. puis de nouveaux soldats sont envoyés au front. mais le tableau est plutôt plongé dans la pénombre pour exprimer la mort et pour insister sur les méfaits de la guerre. Il cherche donc à mettre la population en garde contre la guerre et les atrocités qu’elle engendre.