PHY124, année 0405

COURS D'ÉLECTROCINÉTIQUE

Ce cours, disponible sur le web à l’adresse http ://marpix1.in2p3.fr/calo/my-web/elec1/elec1.html, est l’œuvre de Sylvain Tisserant, de l’Université de Marseille, qui a donné l’autorisation de l’utiliser. Il est rappelé que la fourniture d’un polycopié va au-delà des obligations statutaires des enseignants, et que ces derniers ne sauraient être tenus pour responsables des fautes de frappe et inexactitudes du texte. Il est plus que vivement recommandé de participer de façon active aux cours et TD pour assimiler cet enseignement. Le polycopié n’est qu’un outil, la référence pour le programme de l’examen est le contenu du cours et des TD.

Contenu
1. Courant continu 2. Régimes transitoires 3. Régimes sinusoïdaux stationnaires

ELECTRONIQUE DE BASE
Rappels d’électrocinétique

Sylvain TISSERANT

Université de la Méditerranée Ecole Supérieure d’Ingénieurs de Luminy - Département d’informatique 2003

S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique - 2003

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Lois de base
Avertissement : L'objet de ce chapitre n'est pas de démontrer rigoureusement tous les résultats supposés connus de l'électrocinétique. Il s'agit plutôt d'un aide-mémoire rappelant les principales lois utilisées pour la mise en équation des circuits électriques. I.1 Dipôle électrocinétique On appelle dipôle électrocinétique tout système relié à l'extérieur par deux conducteurs uniquement. Le comportement d'un dipôle est caractérisé par deux grandeurs électriques duales : la tension et le courant. La tension aux bornes d'un dipôle représente la différence de potentiel u(t) entre les deux bornes du dipôle. La tension s'exprime en Volt (V).

A

dipôle u(t)

B
Figure 1

u (t) = v A (t) − v B (t)

Le courant traversant un dipôle correspond au déplacement de charges électriques sous l'effet du champ électrique induit par la différence de potentiel aux bornes du dipôle. A tout instant le courant entrant par une borne d'un dipôle est égal au courant sortant par l'autre borne. L'intensité i(t) de ce courant mesure le débit des charges électriques qui traversent une section de conducteur : dq( t ) i( t ) = dt

L'intensité s'exprime en Ampère (A). Le courant électrique est une grandeur orientée. Conventionnellement le sens positif correspond au sens de déplacement des charges positives.

A

dipôle i(t)

B
Figure 2

i A (t) = i B (t) = i (t)

S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique - 2003

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il existe une relation entre l'intensité i traversant le dipôle et la tension u entre ses bornes. Cette relation peut se mettre sous la forme i = i(u) ou u = u(i). Selon que u et i sont de même sens ou non nous avons : u A dipôle i u A dipôle i Figure 3 En régime stationnaire.2003 4 .2 Puissance électrique reçue par un dipôle B Convention générateur B Convention récepteur ou Considérons un dipôle AB parcouru par un courant iAB circulant de A vers B. une charge δq = iAB δt "entre" en A avec une énergie potentielle δEA et "sort" en B avec une énergie δEB : S. indépendant du temps. Les graphes obtenus sont appelés caractéristiques statiques : i = i(u) : caractéristique statique courant-tension du dipôle u = u(i) : caractéristique statique tension-courant du dipôle Un dipôle est passif si son intensité de court-circuit et sa tension en circuit ouvert sont nulles : ses caractéristiques statiques passent par l'origine. etc…). Un dipôle est linéaire si : i (α u 1 + β u 2 ) = α i ( u 1 ) + β i ( u 2 ) u (α i1 + β i 2 ) = α u (i1 ) + β u (i 2 ) I. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . champ magnétique. éclairement. Il est dit actif dans le cas contraire. Cette relation peut éventuellement faire intervenir des paramètres extérieurs (température.Il existe deux possibilités pour le choix des sens conventionnels de la tension et du courant. Pendant un intervalle de temps δt.

I. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Il s'agit d'une conséquence de la conservation de la charge électrique. Réciproquement dans la convention générateur elle représente la puissance délivrée au reste du circuit par le dipôle.3 Lois de Kirchhoff On appelle circuit ou réseau électrique un ensemble de dipôles reliés entre eux par des fils conducteurs parfaits. Une branche de réseau est la partie de circuit comprise entre deux nœuds. et à tout instant. ∑ i arrivent = ∑ i partent Figure 5 S. Les deux lois de Kirchhoff permettent l'analyse des réseaux électriques. Loi des nœuds : En tout nœud d'un circuit. la somme des courants qui arrivent est égale à la somme des courants qui sortent.A dipôle i AB B Figure 4 δE A = v A δq   δE B = v B δq  L'énergie électrique reçue par le dipôle correspond à la différence entre l'énergie potentielle apportée en A et emportée en B : δE = δE A − δE B = ( v A − v B ) i AB δt La puissance électrocinétique instantanée reçue par le dipôle a donc pour expression : p ( t ) = ( v A − v B ) i AB Dans la convention récepteur la quantité p(t) = u(t) i(t) représente la puissance électrique instantanée reçue par le dipôle. Une maille est un parcours fermé de branches passant au plus une seule fois par un nœud donné. Un nœud est un point du circuit relié à deux dipôles ou plus.2003 5 .

VA) = 0 Figure 6 I.VB) + (VB . Les dipôles peuvent être connectés en série.4. I.a Association série i u1 u2 u un Figure 7 Chaque dipôle est traversé par la même intensité et la tension aux bornes du dipôle équivalent est égale à la somme des tensions partielles : u(t) = k =1 ∑ u k (t) n S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Ils peuvent être connectés en parallèle. la somme algébrique des tensions est nulle.2003 6 . Loi des mailles : Le long de toute maille d'un réseau électrique.VC) + … + (V? .La loi des nœuds peut encore s'écrire sous la forme suivante : En tout nœud d'un réseau la somme algébrique des courants est nulle. B A C (VA . ils sont alors tous traversés par la même intensité. à tout instant.4 Associations de dipôles On distingue deux types d'association de dipôles. ils sont alors tous soumis à la même tension.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .b Association parallèle u i1 i2 i in Figure 8 Les dipôles sont soumis à la même tension.5 Résistances I.I.a Loi d'Ohm u i(t) A R u(t) B i Figure 9 S.4.2003 7 .5. Le courant total qui traverse l'ensemble des dipôles est égal à la somme des courants individuels : i( t ) = k =1 ∑ i k (t) n I.

donc : R = ∑ Ri i =1 N S.b Associations de résistances R1 + R2 + I V - R3 I R4 Figure 10 V - R1 R2 R3 Considérons un circuit fermé comportant un générateur de tension et N résistances en série. Si la résistance est constante le dipôle est linéaire.La tension aux bornes d'une résistance est donnée par la loi d'Ohm : u(t) = R i(t) (en convention récepteur) La résistance s'exprime en Ohm (Ω). Selon la loi des mailles nous pouvons écrire : − V + ∑ Ri I = 0 i =1 N Par définition la résistance équivalente est telle que : R I = V.5. La puissance instantanée reçue par une résistance a pour expression : u2 p = u i = R i2 = R Cette puissance est toujours positive : une résistance se comporte toujours comme un récepteur. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . I.2003 8 .

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Un générateur réel est modélisé par un générateur idéal en S.2003 9 . chacune est parcourue par un courant : Ii = V = Gi V Ri La quantité G = 1/R est appelée conductance (unité : Siemens (S) ou anciennement mho).a Sources de tension idéales et réelles Un générateur de tension idéal délivre une tension indépendante du courant débité : v A − v B = e = cste ∀ i Cette tension est la force électromotrice (f. ce qui n'est généralement pas le cas pour un générateur réel. La loi des nœuds nous donne : I = ∑ Ii = ∑ G I V i =1 i =1 N N Par définition de la conductance équivalente nous avons : G= N N 1 1 = ∑ Gi = ∑ R i =1 R i =1 i I.e. i + A u e - u i B Figure 11 u=e La résistance interne d'un générateur de tension idéal est nulle.6.Considérons N résistances en parallèle. Comme celles-ci sont soumises à la même tension.) du générateur.6 Sources de tension et de courant I.m.

c Sources de courant idéales et réelles Un générateur de courant idéal débite un courant dont l'intensité est indépendante de la tension aux bornes du générateur : i = i S = cste ∀ u La figure 13 montre le symbole d'une source de courant idéale et sa caractéristique couranttension.) est indépendant de celui du courant.e.e. par exemple une tension ou une intensité du circuit.e. Selon les cas il fonctionne comme générateur ou récepteur. en notation générateur p = u i représente la puissance délivrée au reste du circuit par la source de tension.6.m. est une source dont la valeur de la f. La résistance interne induit une chute de tension. Un générateur de tension idéal est un exemple de dipôle polarisé : le signe de la f. est constante et ne dépend pas du circuit. dépend d'une quantité externe à la source. en le modélisant par une source idéale de courant en S. ou autonome.2003 10 . ou liée est une source dont la valeur de la f. la caractéristique statique tensioncourant du générateur de tension réel devient : u = e − r i.c. contrôlée. (ou f.e. Une source indépendante.m. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Ainsi : si si i>0 i<0 ⇒ ⇒ p>0 p<0 source ≡ générateur source ≡ récepteur I. Pour un générateur réel on tient compte de sa résistance interne. La résistance interne d'une source de courant idéale est infinie. i r A u + e - u i B Figure 12 u=e-ri On distingue deux types de source de tension.m. Une source commandée. En convention générateur.m.série avec sa résistance interne. En effet.

parallèle avec sa résistance interne r. la caractéristique statique u courant-tension du générateur de courant réel est donc : i = i S − . la tension et le courant sont toujours de même signe : S. r i A u iS u i B Figure 13 i = iS i A u iS r u i B Figure 14 i = iS - u r Comme pour les sources de tension on distingue les sources de courant indépendantes et les sources de courant commandées qui dépendent d'une grandeur électrique du circuit. En convention générateur. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .7 Dipôles non polarisés Il existe des dipôles se comportant en récepteur quelque soit le sens de passage du courant. nous devons donc avoir : p=ui>0 ∀i C'est-à-dire qu'en convention récepteur. Ils sont dits non polarisés. Un dipôle non polarisé et toujours récepteur.2003 11 . En convention récepteur p = u i représente la puissance reçue par le dipôle. I.

Considérons un circuit comportant n dipôles dont N sources de tension ou de courant indépendantes. Une source de tension idéale "éteinte" est remplacée par un court-circuit (e = 0 ∀i). ou sa réponse. on étudie la réponse du circuit les autres sources indépendantes étant "éteintes". Le principe de superposition est une conséquence directe de la linéarité du réseau. peut être caractérisé par l'ensemble des intensités des courants traversant chaque dipôle et des tensions aux bornes de ceux-ci : r = {i k . donc : |u| < e I.u = e pour i > 0   u = −e pour i < 0  avec e > 0 Un dipôle non polarisé est représenté de la manière suivante : u e i e u i -e Figure 15 Pour qu'un courant traverse le récepteur non polarisé il faut que la tension à ses bornes soit égale en valeur absolue à la f.. Pour chacune des sources indépendantes. Par contre. la réponse (courant et tension dans chaque branche) d'un réseau comportant plusieurs sources indépendantes (de tension et/ou de courant) est égale à la somme des réponses que l'on obtiendrait en considérant séparément chacune de ces sources. v k }k =1.m. n S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .e.c. L'état électrique de ce circuit.2003 12 . Une source de courant idéale "éteinte" est remplacée par un circuit ouvert (iS = 0 ∀u). les sources commandées restent toujours actives.8 Principe de superposition ⇒ i=0 Lorsqu'il ne contient que des dipôles linéaires.

9.e. I. de courant et des résistances. La résistance R0 est celle du circuit vu des deux bornes lorsque toutes les sources sont éteintes.9 Théorèmes de Thévenin et de Norton I.2003 13 . ne comprenant que des sources indépendantes de tension.9. S.Nous pouvons calculer N états partiels en considérant chacune des N sources en service seule les autres étant "éteintes" : j j r j = ik . n I. N Le principe de superposition permet d'écrire la réponse complète à partir des états partiels : r= soit : N  j i k = ∑ i k  j =1  N v = vj  k ∑ k j =1  ∑ rj j =1 N ∀ k = 1. les deux bornes étant reliées par un conducteur parfait. vk k =1. La résistance R0 est celle du circuit vu des deux bornes lorsque toutes les sources sont éteintes. n { } pour j = 1.b Théorème de Norton De même on peut remplacer tout réseau linéaire. pris entre deux bornes se comporte comme un générateur de tension E0 en série avec une résistance R0. E0 du générateur équivalent est égale à la tension existant entre les deux bornes considérées lorsque le réseau est en circuit ouvert.a Théorème de Thévenin Un réseau linéaire. ne comportant pas de sources commandées. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . L'intensité I0 est égale au courant de court-circuit. La f.m. pris entre deux de ses bornes par une source de courant I0 en parallèle avec une résistance R0.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .c Equivalence entre représentations de Thévenin et Norton L'application respective des théorèmes de Thévenin et Norton permet de montrer l'équivalence de deux circuits suivants : i R0 A i A + E0 u - I0 R0 u B Figure 16 avec : E0 = R0 I0 I.I.10 Théorème de Millman B Considérons le circuit suivant : i1 V1 R1 R2 V0 i3 R3 i2 V3 V2 Figure 17 Pour chacune des branches nous pouvons écrire : S.2003 14 .9.

S.V1 − V0 = R 1 i1   V2 − V0 = R 2 i 2  V3 − V0 = R 3 i 3  Soit encore :  V1 − V0 i1 = R1   V2 − V0  i 2 = R2   i = V3 − V0 3 R3  En sommant ces relations il vient : V − V0 V2 − V0 V3 − V0 i1 + i 2 + i 3 = 1 + + R1 R2 R3 Or nous avons : i1 + i2 + i3 = 0. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .2003 15 . donc :  1 1 1  V1 V2 V3 = + + V0  + + R   1 R 2 R 3  R1 R 2 R 3 ou V1 V2 V3 + + R1 R 2 R 3 V0 = 1 1 1 + + R1 R 2 R 3 Ce résultat se généralise à un nombre quelconque de branches : n Vk ∑ R ∑ G k Vk k V0 = k =1 = k =1 n n 1 ∑R ∑ Gk k =1 k k =1 n La tension au nœud est la moyenne des tensions aux bornes de tous les dipôles pondérée par les conductances respectives.

2003 16 .S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

D'autre part la variation par unité de temps de la charge q est égale à l'intensité du courant traversant le condensateur : -q B S.a Condensateur Un condensateur est un dipôle qui emmagasine une charge électrique q proportionnelle à la tension qui lui est appliquée : q( t ) = C u ( t ) = C [ v A ( t ) − v B ( t )] la charge q étant portée par l'armature A. Nous introduisons ici deux éléments dont les caractéristiques courant-tension font intervenir des relations différentielles ou intégrales. II.2003 17 . i A q u Figure 1 Le coefficient de proportionnalité C est appelé capacité du condensateur.Régimes transitoires Dans ce chapitre nous étudions la réponse de quelques circuits linéaires à certaines stimulations. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . II. Nous verrons ainsi apparaître deux régimes de fonctionnement d'un circuit le régime permanent et le régime transitoire. L'unité est le Farad noté F.1 Composants de stockage d'énergie Dans le chapitre précédent nous avons étudié le comportement statique de circuits ne comprenant que des sources et des résistances. Cela va nous permettre de revoir la mise en équation de ces systèmes et la résolution d'équations différentielles linéaires du premier ou second ordre.1.

Nous pouvons écrire pour chaque condensateur une relation entre cette intensité et la tension à ses bornes : S.i( t ) = d q( t ) d u(t) =C dt dt La charge et donc la tension d'un condensateur ne peuvent pas varier de manière infiniment rapide. La charge et la tension d'un condensateur sont donc toujours des fonctions continues par rapport au temps. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .b Associations de condensateurs Considérons l'association de n condensateurs de capacités Ck = 1. Cette caractéristique est utile pour la détermination de conditions initiales. La puissance instantanée reçue par un condensateur peut s'écrire : p( t ) = u ( t ) i( t ) = C u ( t ) d u(t) 1 d u 2 (t) = C dt dt 2 Calculons l'énergie reçue par le condensateur pendant un intervalle de temps t : W= ∫ t p( x ) dx = 0 d u 2 (t) 1 1 1 C dx = C [u 2 ( t ) − u 2 (0)] = C u 2 ( t ) 2 dx 2 2 0 ∫ t Si nous supposons que le condensateur est initialement déchargé. nous retrouvons l'expression de l'énergie électrostatique stockée dans un condensateur : 1 q2 1 1 C u2 = q u = 2 C 2 2 W= II.2003 18 .n en série : C1 i u1 C2 C3 Cn u2 u3 u Figure 2 un Chacun de ces condensateurs est traversé par la même intensité i.1.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .2003 19 .n en parallèle : i i1 C1 i2 C2 i3 C3 in Cn u Figure 3 S. Considérons maintenant l'association de n condensateurs de capacités Ck = 1. n ] où uk représente la tension aux bornes du k-ième condensateur.i = Ck d uk dt ∀ k ∈ [ 1. l'inverse de la capacité équivalente est égale à la somme des inverses des capacités. Par définition le condensateur équivalent à la série est tel que : du i=C dt avec u = ∑ k =1 n uk Ce qui nous donne : u= ∑ k =1 n uk ⇒ du = dt ∑ k =1 n d uk = dt ∑ k =1 n n i Ck Donc : du =Ci i=C dt ∑ k =1 n 1 Ck ⇒ 1 = C ∑ k =1 1 Ck Pour une association de condensateurs en série.

2003 20 .m.d.e.c. la capacité équivalente est égale à la somme des capacités.Chaque condensateur est soumis à la même d. il apparaît dans la self une f. Lorsque le courant varie. II. u et est traversé par un courant ik : du ik = Ck dt L'intensité du courant total devant traverser le condensateur équivalent est égale à la somme de ces courants donc : du i=C = dt ∑ ∑ ik = k =1 k =1 n n du Ck dt ⇒ C= ∑ k =1 n Ck Pour une association de condensateurs en parallèle.c Auto-inductance ou self Dans une bobine ou auto-inductance le flux instantané est proportionnel au courant parcourant celle-ci : Φ = L i.1. (qui s'oppose à la variation du courant) : e( t ) = − d Φ( t ) d i( t ) = −L dt dt La figure suivante montre le symbole que nous utilisons pour une self et sa modélisation en convention récepteur : u Figure 4 A cette modélisation correspond l'équation : u(t) = v A (t) − v B (t) = L d i( t ) dt + A i B i A − B u S. Il s'exprime en Henry (H). Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .p. Le coefficient L est appelé coefficient d'auto-induction du circuit.

d Associations de bobines Considérons l'association de n bobines en série : i L1 u1 L2 u2 L3 u3 u Figure 5 Ln un Chaque self est traversée par le même courant et est soumise à une tension uk : u k (t) = L k d i( t ) dt La tension aux bornes de l'ensemble est égale à la somme des tensions partielles. L'intensité dans une bobine est donc une fonction continue du temps.1.2003 21 . nous retrouvons l'expression de l'énergie électromagnétique stockée dans une bobine : W= 1 1 L i2 = i Φ 2 2 II. donc : u(t) = L d i( t ) dt ⇒ L= u(t) = ∑ k =1 n d i( t ) u k (t) = dt ∑ k =1 n Lk ∑ k =1 n Lk S.L'intensité traversant une bobine ne peut pas varier de manière infiniment rapide. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . La puissance instantanée reçue par une self s'écrit : d i( t ) 1 d i 2 ( t ) = L p( t ) = u ( t ) i( t ) = L i( t ) dt dt 2 En intégrant sur un intervalle de temps t. Cette caractéristique est utile pour la détermination de conditions initiales.

Considérons l'association de n bobines en parallèle (fig. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . A tout instant t > 0 nous pouvons écrire : q( t ) V0 = VA − VC = (VA − VB ) + (VB − VC ) = R i( t ) + C avec la relation entre la charge et l'intensité : S. A l'instant t = 0 nous fermons l'interrupteur. Nous supposons qu'à cet instant la charge initiale du condensateur est nulle : q(t=0) = 0. tel que : u(t) = L k d i k (t) dt L'intensité totale est égale à la somme des intensités partielles donc : i( t ) = ∑ k =1 n i k (t) ⇒ d i( t ) u ( t ) = = dt L ∑ k =1 n d i k (t) = dt ∑ k =1 n u(t) Lk ⇒ 1 = L ∑ k =1 n 1 Lk i i1 L1 i2 L2 i3 L3 in Ln u Figure 6 II.2 Charge d'un condensateur au travers d'une résistance Considérons le circuit schématisé sur la figure 7. 6).2003 22 .Pour une association de bobines en série l'inductance équivalente est égale à la somme des inductances. Chaque self est soumise à la même tension u et est traversée par un courant ik.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Comme solution particulière de l'équation complète.2003 23 .i( t ) = d q(t ) dt C C q B i R A + V0 − Figure 7 Nous obtenons donc l'équation différentielle suivante : d q ( t ) q ( t ) V0 + = dt RC R Toute solution de cette équation différentielle du premier ordre peut s'écrire comme la superposition d'une solution particulière de l'équation complète et de la solution générale de l'équation sans second membre. nous pouvons considérer le régime stationnaire (indépendant du temps) : d q( t ) =0 dt ⇒ q( t ) = C V0 Résolvons l'équation différentielle sans second membre : d q( t ) q( t ) + =0 ⇔ dt RC La solution générale s'écrit donc : d q(t ) dt =− q(t ) RC ⇔ q( t ) = k e − t / RC q( t ) = C V0 + k e − t / RC Cherchons la solution vérifiant la condition initiale : t = 0 q( t = 0) = C V0 + k = 0 k = −C V0 S.

2003 24 .Nous avons donc : q ( t ) = C V 1 − e − t / τ 0    −t / τ u ( t ) = V0 1 − e  i( t ) = V0 e − t / τ  R  ( ) avec τ = RC ( ) Les figures 8 et 9 donnent l'allure de l'évolution temporelle de la tension aux bornes du condensateur et de l'intensité. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . u(t) τ t Figure 8 i(t) τ t Figure 9 S.

dont la solution générale de l'équation sans second membre s'écrit : L d i( t ) + R i( t ) = 0 ⇔ i( t ) = k e − t / τ dt avec τ = L R Comme solution particulière de l'équation complète nous pouvons chercher le régime stationnaire.3 Etablissement d'un courant à travers une bobine Considérons le circuit présenté sur la figure suivante : i L R + V0 − Figure 10 Nous supposons qu'initialement l'interrupteur est ouvert et qu'aucun courant ne circule : i(t=0) = 0.II. A l'instant t = 0 nous fermons l'interrupteur. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .2003 25 . soit : V i= 0 R Ce qui nous donne pour la solution complète : S. Pour t > 0 nous pouvons écrire : V0 = L Ce qui nous donne l'équation différentielle : L d i( t ) + R i( t ) = V0 dt d i( t ) + R i( t ) dt Nous retrouvons une équation différentielle du premier ordre.

2003 .4 Décharge d'un condensateur à travers une bobine et une résistance Nous considérons le circuit RLC suivant : L R q i Figure 11 C Nous supposons qu'initialement le condensateur est chargé et qu'il ne circule aucun courant (interrupteur ouvert) : q(t=0) = q0 et i(t=0) = 0. nous avons : d i( t )  q( t )  C = L dt + R i( t )   d q( t )  i( t ) = −  dt  Ce qui nous donne l'équation différentielle suivante : LC d 2 q( t ) dt 2 +R C d q( t ) + q( t ) = 0 dt 26 S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .i( t ) = V0 + k e−t / τ R La constante k est définie par la condition initiale : k = . Avec notre choix d'orientation du sens positif pour le courant.V0 / R Ce qui nous donne : i( t ) = V0 1 − e−t / τ R ( ) avec τ = L R II.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .Il s'agit d'une équation différentielle linéaire du second ordre. Pour résoudre cette équation il faut chercher les racines de l'équation caractéristique associée : L C x2 + R C x +1 = 0 Celle-ci a pour discriminant : ∆ = R 2 C2 − 4 L C La valeur de la résistance pour laquelle ce discriminant est nul est appelée résistance critique : Rc = 2 L C Nous pouvons encore écrire le discriminant sous la forme : L  2 ∆ = C2  R 2 − 4  = C2 R 2 − R c C  ( ) Les solutions de l'équation différentielle sont différentes selon le nombre et le type des racines de l'équation caractéristique. 1er cas : R = Rc L'équation caractéristique admet une racine double réelle : r= − Rc =− 2L 1 LC =− 1 τ avec τ = LC L'équation différentielle admet alors pour solution : q( t ) = (µ + λ t ) e r t Ce qui nous donne pour l'intensité : i( t ) = − d q(t ) = − (λ + µ r + λ r t ) e r t dt Les constantes λ et µ sont définies par les conditions initiales : S.2003 27 .

2003 28 .q ( t = 0) = µ = q 0    i( t = 0) = (λ + µ r ) = 0   ⇒ λ = −µ r = q0 LC Nous obtenons donc pour la solution globale :  q( t ) = q 0   q0  i( t ) = 2 τ  q(t) t  −t / τ  1 +  e  τ te −t / τ avec τ = LC τ t Figure 12 i(t) τ t Figure 13 S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

2003 29 . Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .Les figures 12 et 13 illustrent l'allure de l'évolution temporelle de la charge du condensateur et de l'intensité au travers de la self. L'intensité est maximale pour t = τ. Nous notons leurs valeurs absolues : α± = qui vérifient : α+ α− = 1 1 = L C τ2 R± 2 R2 − Rc 2L Les solutions de l'équation différentielle se mettent alors sous la forme : q( t ) = λ + e −α + t + λ − e −α − t Ce qui nous donne pour l'intensité : i( t ) = λ + α + e − α + t + λ − α − e − α − t Les paramètres λ+ et λ. 2ème cas : R > Rc L'équation caractéristique a alors deux racines réelles distinctes : r± = de même signe car : r+ r− = 1 >0 LC −R± 2 R2 − Rc 2L Ces deux racines sont donc négatives.sont définis par les conditions initiales : q ( t = 0) = λ + + λ − = q 0   i( t = 0) = λ + α + + λ − α − = 0  Ce qui nous donne : λ+ = − α− q0 α+ − α− et λ− = α+ q0 α+ − α− S.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . q(t) τ t Figure 14 ( τ = i(t) LC) τ t Figure 15 ( τ = LC) S.2003 30 .Soit en reportant dans les expressions de la charge et de l'intensité : q0  −α − t − α− e−α + t q( t ) = α − α α + e + −   α + α − q0 −α − t  − e−α + t e i( t ) = α − α + −  ( ) ( ) Les figures 14 et 15 illustrent l'évolution temporelle de ces fonctions.

avec : R  α = 2 L    2 Rc − R2  = ω = 2L   1 R2 − = L C 4 L2 1 τ 2 − α2 La solution générale de l'équation différentielle s'écrit alors : q( t ) = λ + e r+ t + λ − e r− t = λ + e −α t e j ω t + λ − e −α t e − j ω t = A e −α t cos (ω t + ϕ) Ce qui nous donne pour l'intensité : i( t ) = A e −α t [ α cos (ω t + ϕ) + ω sin (ω t + ϕ)] Les constantes A et ϕ sont déterminées par les conditions initiales : q( t = 0) = A cos ϕ = q 0 i( t = 0) = A ( α cos ϕ + ω sin ϕ) = 0 Ce qui nous donne : tan ϕ = − α ω et A= q0 cos ϕ Soit en reportant dans les expressions de la charge q et du courant i : S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .3ème cas : R < Rc L'équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées : r± = −R± j 2 Rc − R2 2L Notons α et ω les valeurs absolues des parties réelle et imaginaire de ces racines : r± = −α ± j ω .2003 31 .

2003 32 .q  q ( t ) = 0 e − α t cos (ω t + ϕ)  cos ϕ   i( t ) = ω q 0 e − α t sin ω t  cos 2 ϕ  Les figures 16 et 17 montrent l'évolution temporelle de ces quantités. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . On observe des oscillations amorties. q(t) τ t Figure 16 ( τ = i(t) LC) τ t Figure 17 ( τ = LC) S.

La figure 18 illustre ces trois cas pour différentes valeurs de la résistance. nous pouvons utiliser la continuité de l’intensité qui la traverse.courbe bleue : R = Rc .Nous pouvons comparer les trois régimes de décharge que nous venons de rencontrer. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .courbe verte : R = 0. Nous avons choisi comme unité de temps τ = L C . Pour une résistance plus grande la décharge est plus lente. Figure 18 II. avec une même capacité et une même inductance : . Celle-ci ne peut en effet pas varier de manière infiniment rapide.courbe rouge : R = 2 Rc .4 Commentaire sur le choix des conditions initiales Nous avons vu que la résolution des équations différentielles fait apparaître des constantes qui doivent être déterminées à s’appuyant sur les conditions aux limites. cela nécessiterait un courant infini. Lorsque le circuit comporte une bobine. Pour une résistance plus petite.2003 33 . Nous savons en effet qu’une self-inductance s’oppose au variation d’intensité. Lorsque le circuit comporte un condensateur. Nous constatons que la décharge la plus rapide est obtenue avec la résistance critique. il faut attendre quelques oscillations avant d’avoir totalement déchargé le condensateur.75 Rc . S. en général les conditions initiales. nous pouvons utiliser la continuité de sa tension ou de sa charge.

2003 34 .S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

tension. S.Régime permanent sinusoïdal III. F= 1 T Valeur instantanée i ou i(t) : la fonction elle-même. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Période T : temps minimal nécessaire pour retrouver la même valeur de la fonction.2003 35 . Valeur efficace Ieff : I eff = 1 i 2 ( t ) dt T 0 ∫ T ∫ T Si nous comparons à l'énergie dissipée par effet Joule dans une résistance pendant une période : 2 WJoule = R i 2 ( t ) dt = R I eff T 0 ∫ T nous observons que la valeur efficace d'un courant périodique est l'intensité d'un courant continu qui fournirait dans une résistance le même effet Joule pendant une période. etc.) est dite périodique si elle reprend identiquement la même valeur à intervalles de temps égaux.1 Grandeurs caractéristiques des signaux périodiques Une grandeur physique (courant. Valeur maximale I : amplitude ou valeur de crête (une valeur instantanée particulière) Valeur moyenne I0 : 1 I0 = i( t ) dt T 0 La valeur moyenne d'un courant périodique est égale à l'intensité du courant continu qui fournirait la même charge (q = I0 T) pendant une période. Fréquence F : inverse de la période.

) On parle de régime permanent sinusoïdal lorsque l'évolution temporelle des signaux correspond à des sinusoïdes.C. En effet à tout vecteur on peut associer un nombre complexe dont la partie réelle est égale à une composante de ce vecteur et la partie imaginaire à l'autre composante dans un repère orthonormé.Régime permanent sinusoïdal (A. S. Ces deux représentations consistent à associer à une grandeur sinusoïdale un vecteur tournant dans un plan. La forme générale d'un signal sinusoïdal est donc : i( t ) = I sin (ω t + ϕ) Rappelons quelques définitions : Phase instantanée : ωt + ϕ Phase à l'origine ou déphasage : ϕ Pulsation : Période : ω T= 2π ω 1 ω = T 2π Fréquence : ν= Calculons les valeurs moyenne et efficace : I0 = 1 sin (ω t + ϕ) dt = 0 T 0 ⇒ I eff = I 2 ∫ T 2 I eff T T 1 − cos [ 2 (ω t + ϕ)] I2 I2 I2 2 sin (ω t + ϕ) dt = dt = = T 0 T 0 2 2 ∫ ∫ III.2 Représentations d'une grandeur sinusoïdale Pour faciliter les calculs il est possible de faire appel à deux représentations des grandeurs sinusoïdales. La représentation peut être graphique. il s'agit de la représentation de Fresnel. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Elle peut être analytique. La projection de ce vecteur sur un des deux axes peut alors donner accès à la grandeur considérée.2003 36 .

La valeur algébrique du signal est donnée par la projection du vecteur tournant sur l'axe vertical. Il n'est donc pas nécessaire de faire tourner la figure.a Représentation de Fresnel Le vecteur de Fresnel associé à un signal sinusoïdal est un vecteur tournant dont la vitesse angulaire est égale à la pulsation du signal.2003 37 . on ne s'intéresse en fait qu'aux déphasages relatifs. i(t) + i( t ) = I sin (ω t + ϕ) I ωt + ϕ Figure 1 Lorsqu'on ne compose que des signaux de même période. On se contente d'un vecteur fixe ayant pour norme l'amplitude du signal et pour angle polaire son déphasage.III.2. La norme de ce vecteur est égale à l'amplitude du signal et l'angle polaire est à tout instant égal à la phase instantanée du signal. + Notation : I = I ∠ ϕ I ϕ Figure 2 Intéressons nous à la somme de deux fonctions sinusoïdales de même fréquence : Y( t ) = y1 ( t ) + y 2 ( t ) y1 ( t ) = a 1 sin (ω t + ϕ1 ) = a 1 (sin ω t cos ϕ1 + cos ω t sin ϕ1 ) y 2 ( t ) = a 2 sin (ω t + ϕ 2 ) = a 2 (sin ω t cos ϕ 2 + cos ω t sin ϕ 2 ) Il vient : S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

2003 38 . a2 ϕ2 ϕ1 φ A a1 ϕ2 . tels que : a 1 cos ϕ1 + a 2 cos ϕ 2 = A cos φ   a 1 sin ϕ1 + a 2 sin ϕ 2 = A sin φ  avec : 2 2 A 2 = a1 + a 2 + 2 a 1 a 2 (cos ϕ1 cos ϕ 2 + sin ϕ1 sin ϕ 2 ) = a 1 + a 2 + 2 a 1 a 2 cos (ϕ 2 − ϕ1 ) 2 2    a sin ϕ1 + a 2 sin ϕ 2 tan φ = 1  a1 cos ϕ1 + a 2 cos ϕ 2  En reportant dans l'expression de Y(t) nous obtenons : Y( t ) = A (sin ω t cos φ + cos ω t sin φ) = A sin (ω t + φ) Nous aurions pu raisonner directement sur la figure 3 et à partir de celle-ci retrouver l'amplitude A et le déphasage φ du vecteur somme des deux vecteurs représentant les fonctions y1 et y2.Y( t ) = (a 1 cos ϕ1 + a 2 cos ϕ 2 ) sin ω t + (a 1 sin ϕ1 + a 2 sin ϕ 2 ) cos ω t Nous pouvons introduire deux paramètres réels A > 0 et φ. Considérons une fonction sinusoïdale : y( t ) = a sin (ω t + ϕ) Dérivons cette fonction : d y( t ) = a ω cos (ω t + ϕ) = a ω sin (ω t + ϕ + π / 2) dt S. Essayons de voir comment peuvent se traduire ces opérations dans la représentation de Fresnel.ϕ1 Figure 3 Nous avons vu dans le chapitre précédent que la mise en équation de certains dipôles fait intervenir la dérivation ou l'intégration. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

2003 39 .b Notation complexe A toute fonction sinusoïdale d'amplitude a et de phase instantanée ω t + ϕ nous pouvons faire correspondre un nombre complexe défini par : y( t ) = a [cos (ω t + ϕ) + j sin (ω t + ϕ)] = a e j (ω t + ϕ) = a e j ϕ e j ω t où j représente l'imaginaire pur : j2 = -1 (notation de physicien). Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .La dérivée correspond à la multiplication de l'amplitude par la pulsation ω et se trouve en quadrature avance par rapport au signal. De même intégrons la fonction : ∫ y( t ) dt = − a a cos (ω t + ϕ) = sin (ω t + ϕ − π / 2) ω ω La primitive correspond à la division de l'amplitude par la pulsation ω et se trouve en quadrature retard par rapport au signal.2. Dérivons cette fonction complexe par rapport à t : d y( t ) = j ω a e j ϕ e j ω t = j ω y( t ) dt S. La figure 4 résume la représentation graphique de ces deux opérations. aω ϕ + π/2 ϕ ϕ − π/2 a a/ ω Figure 4 III.

• La grandeur Q = |X|/R est appelée facteur de qualité du dipôle. capacité ou self) la grandeur complexe Z(jω) qui relie dans la représentation complexe la différence de potentiel au courant : u(t) A dipôle i(t) Figure 5 B u ( t ) = Z( j ω) i( t ) Avec les notations suivantes pour l'impédance complexe : Z( j ω) = R + j X = Z e j ϕ et son inverse : Y= 1 R− jX = = G + j B = Y e− jϕ 2 Z Z • La partie réelle R de l'impédance est appelée résistance. Calculons la primitive de cette fonction complexe : ∫ y( t ) dt = 1 1 y( t ) a e jϕ e jω t = jω jω L'intégration se transforme en une division par j ω . Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . • La grandeur |Z| est appelée module de l'impédance. S.3 Impédances complexes On appelle impédance d'un dipôle linéaire passif (résistance. • La partie imaginaire X de l'impédance est appelée réactance. • La partie réelle G de l'admittance est appelée conductance. Nous verrons dans les prochains paragraphes que l'utilisation de la notation complexe permet de simplifier la résolution des équations différentielles en régime permanent sinusoïdal.La dérivation correspond à une multiplication par j ω . • La partie imaginaire B de l'admittance est appelée susceptance. III. • La grandeur ϕ représente le déphasage de l'intensité i(t) par rapport à la tension u(t).2003 40 . • La grandeur Y = 1/Z est appelée admittance du dipôle.

Considérons l'impédance des trois dipôles de base.2003 41 . Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Résistance pure : i A R u Figure 6 Condensateur parfait : u ( t ) = v A ( t ) − v B ( t ) = R i( t ) B En notation complexe : u(t) = U e j ω t u ( t ) = R i( t ) Donc : Z R ( j ω) = R i( t ) = i A q C u Figure 7 d q( t )  dt  ⇒ i( t ) = C d u ( t )  dt q( t ) = C u ( t )  B En notation complexe : u(t) = U e jω t d u(t) = j ω C U e jω t = j ω C u(t) dt Z C ( j ω) = 1 1 − jπ / 2 e = jC ω C ω i( t ) = C Donc : Inductance pure : u(t) = L i A L u Figure 8 d i( t ) dt B En notation complexe : i( t ) = I e j ω t u ( t ) = L j ω I e j ω t = L j ω i( t ) Donc : Z L ( j ω) = j L ω = L ω e j π / 2 S.

lorsque le régime permanent est atteint : R + L i C v(t) - Figure 9 Nous pouvons écrire la tension aux bornes du générateur et aux bornes des trois dipôles en série : v( t ) = R i( t ) + L d i( t ) q ( t ) + dt C avec i( t ) = d q( t ) dt Ce qui nous donne comme équation différentielle : d i( t ) 1 L + R i( t ) + dt C ∫ i( t ) dt = v( t ) ou L d 2 i( t ) dt 2 +R d i( t ) 1 d v( t ) + i( t ) = dt C dt La solution d'une telle équation est la superposition d'une solution de l'équation sans second membre (le régime transitoire) et d'une solution particulière de l'équation complète (le régime permanent). Etudions le courant i(t). Nous avons vu que sauf pour R = 0 les solutions de l'équation sans second membre tendent toutes rapidement vers un courant nul. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .III.4. Comme v(t) est une fonction sinusoïdale de pulsation ω. Nous pouvons résoudre l'équation différentielle en utilisant la notation complexe : v( t ) = V e j ω t i( t ) = I e − j ϕ e j ω t S. on peut choisir une solution particulière de l'équation complète de la forme : i( t ) = I sin (ω t − ϕ) .2003 42 .4 Associations d'impédances III.a Un exemple Considérons un circuit RLC soumis à une excitation sinusoïdale v(t) = V sin ωt.

nous obtenons : V 2 = I 2 (R 2 + X 2 ) = I 2 Z 2 Ce qui nous permet d'écrire pour l'amplitude de l'intensité : I= V Z D'autre part. pour déterminer le déphasage de l'intensité par rapport à la source de tension. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . nous avons : V e j ϕ = V (cos ϕ + j sin ϕ) = I (R + j X) Donc : L ω− R 1 Cω tan ϕ = X = R et cos ϕ = R Z S.2003 43 . Notons Z le module de l'impédance : R 2 + X2 =  1   R2 + L ω −  C ω   2 Z= Nous pouvons réécrire la relation entre la tension et l'intensité sous la forme : V e j ω t = I e− j ϕ e j ω t (R + j X) Multiplions chacun des deux membres par son conjugué.L'équation devient :  i( t ) R +  Soit : v( t ) = Z( j ω) i( t ) L'impédance peut être notée : Z( j ω) = R + j X( j ω) avec X( j ω) = L ω − 1 Cω avec  1   Z( j ω) = R + j  L ω −  C ω    1    = v( t ) j L ω −  C ω    où X(jω) est la réactance du circuit.

L'impédance du circuit RLC varie avec la pulsation. La courbe ci-dessous montre la variation de l'amplitude de l'intensité (ou sa valeur efficace) pour une tension donnée en fonction de la pulsation de la source. Elle est minimale pour la pulsation propre du circuit : Z min = R pour L ω − 1 = 0 soit ω0 = Cω 1 LC L'intensité est alors en phase avec la source de tension.Remarquons que cos ϕ ≥ 0 donc -π/2 ≤ ϕ ≤ π/2.2003 44 . Nous avons un phénomène de résonance à ω0. I ω0 Figure 10 Calculons pour quelle pulsation nous avons : Z= 2R ω c'est-à-dire  1   = ±R X( j ω) =  L ω −  C ω   Il nous faut résoudre : L C ω2 ± R C ω − 1 = 0 Cette équation a pour discriminant : ∆ = R 2 C2 + 4 L C > 0 Les solutions sont donc de la forme : S. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

superposition. association en parallèle. nous pouvons écrire : v( t ) = Z R i( t ) + Z L i( t ) + Z C i( t ) S. Norton. Millman. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .4. En procédant à partir de ce schéma comme nous savons le faire en régime continu. Remplaçons chaque dipôle par son impédance.ω= ± R C± R 2 C2 + 4 L C 2LC Nous ne conservons que les solutions positives. etc. Reprenons l'exemple précédent. En reportant les expressions des trois pulsations nous obtenons pour le facteur de qualité : 1 L Q= R C III. nous pouvons modéliser le circuit comme indiqué sur la figure 11. Thévenin. mailles.) qui ont été obtenues pour les réseaux de résistances en régime continu restent valables en régime permanent sinusoïdal.2003 45 . association en série. les impédances jouant le rôle des résistances. C'est-à-dire qu'il est possible d'écrire les équations régissant l'étude d'un circuit sans passer par les équations différentielles. c'est-à-dire :  − R C + R 2 C2 + 4 L C ω1 =  2LC   R C + R 2 C2 + 4 L C ω 2 = 2LC  On définit le facteur de qualité du circuit RLC comme : Q= ω0 ω 2 − ω1 Ce facteur de qualité caractérise la largeur de la résonance. Celle-ci est d'autant plus étroite que le facteur de qualité est grand.b Notation complexe et lois de base Grâce à la notation complexe toutes les lois de base (nœuds.

Un choix de l'origine des temps nous permet donc d'écrire : i( t ) = I sin ω t  u ( t ) = U sin (ω t + ϕ) B p( t ) = u ( t ) i( t ) S.5. la tension et l'intensité sont des fonctions sinusoïdales de même pulsation.ZR + ZL i ZC v - Figure 11 Nous retrouvons la même relation que dans le paragraphe précédent : v( t ) = Z i( t ) avec  1   Z = Z R + Z L + ZC = R + j  L ω −  C ω   III.a Puissance moyenne Nous avons vu qu'en convention récepteur la puissance reçue par un dipôle s'écrit : u A i Figure 12 En régime sinusoïdal. Notons ϕ le déphasage de la tension par rapport à l'intensité.2003 46 .5 Puissance en régime sinusoïdal III. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

Le terme constant est la puissance moyenne reçue par le dipôle sur une période : P=<p>= 1 1 p( t ) dt = U I cos ϕ T 0 2 ∫ T Cette quantité est également appelée puissance active.2003 47 . Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .u(t) T/2 i(t) T Figure 13 Calculons la puissance instantanée : p( t ) = U I sin ω t sin (ω t + ϕ) = 1 U I [cos ϕ − cos (2 ω t + ϕ)] 2 La puissance instantanée apparaît donc comme la somme d'un terme constant et d'une fonction sinusoïdale de fréquence double. p(t) <p> T/2 T Figure 14 S.

avoir un facteur de puissance aussi grand que possible en valeur absolue. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Le réseau d'alimentation électrique doit fournir une puissance supérieure pour compenser les pertes dans la ligne. . .Au début de ce chapitre nous avons calculé la valeur efficace d'une fonction sinusoïdale. S. En utilisant ce résultat nous avons pour la tension et l'intensité : U  U eff = 2   I = I  eff 2  Nous pouvons donc réécrire la puissance active sous la forme : P = U eff I eff cos ϕ Ce qu'on écrit encore sous la forme du produit de la puissance apparente S et du facteur de puissance λ : P =Sλ avec : 1  S = U I = U eff I eff 2  λ = cos ϕ  Pour essayer d'appréhender une conséquence concrète de cette décomposition.minimiser la résistance de la ligne (vous l'auriez deviné).2003 48 . Nous pouvons écrire cette perte sous la forme : 2 PL = R L I eff où RL représente la résistance de la ligne. considérons un usager consommant une puissance moyenne P.augmenter Ueff (d'où l'utilisation de lignes haute tension). Calculons le rapport PL/P : 2 R L I eff R L I eff PL RL P = = = P U eff I eff cos ϕ U eff cos ϕ U 2 cos 2 ϕ eff Pour minimiser les pertes l'opérateur doit donc essayer de : .

e. e(t) et son impédance interne Z0. Ce générateur est connectée à une charge d'impédance Zc.m. Quelle doit être cette impédance pour que la puissance reçue par cette charge soit maximale ? Z0 + i u Zc e - e( t ) = E e j ω t   Z 0 = R 0 + j X 0  Z c = R c + j X c  Figure 15 Calculons la puissance complexe reçue par la charge : S.5.5. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . Nous introduisons toutefois une puissance complexe définie par : P= 1 * 1 1 u i = U I e j ϕ = U I (cos ϕ + j sin ϕ) 2 2 2 Cet abus nous permet de retrouver la puissance active et la puissance apparente.c Adaptation d'impédance Considérons une source de tension sinusoïdale réelle modélisée par sa f.b Puissance complexe La puissance instantanée n'étant pas une fonction sinusoïdale sa représentation complexe n'est pas autorisée.2003 49 . On note généralement P et Q les parties réelle et imaginaire de la puissance complexe : P = P + j Q = S e jϕ avec : P = Re P = Q = Im P = S= P = 1 U I cos ϕ puissance active 2 1 U I sin ϕ puissance réactive 2 puissance apparente 1 UI 2 III.III.

Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .2003 50 .P= Or : i( t ) = e( t ) Z0 + Zc 2 1 * 1 1 u i = Zc i = Zc I 2 2 2 2 ⇒ I2 = E2 Z0 + Zc 2 = E2 (R 0 + R c ) 2 + (X 0 + X c ) 2 Nous pouvons donc calculer la puissance active : Rc E2 1 P = Re P = 2 (R 0 + R c ) 2 + (X 0 + X c ) 2 Dérivons cette expression par rapport à Xc : ∂P =− ∂X c Donc : [(R (X 0 + X c ) R c E 2 0 + R c ) 2 + (X 0 + X c ) 2 ] 2 ∂P =0 ∂X c ⇔ X c = −X 0 La puissance active est alors égale à : 1 Rc E2 P= 2 (R 0 + R c ) 2 Dérivons par rapport à Rc : R c E2 ∂P 1 E2 1 (R 0 − R c ) E 2 = − = ∂R c 2 (R 0 + R c ) 2 (R 0 + R c ) 3 2 (R 0 + R c ) 3 Donc : ∂P =0 ∂R c ⇔ Rc = R0 La puissance moyenne reçue par la charge est donc maximale si son impédance est égale au conjugué de l'impédance de la source : Zc = Z0 * S.

2003 51 .Il y a alors adaptation d'impédance. Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique . S. La puissance maximale vaut alors : Pmax = E2 E2 = eff 8 R0 4 R0 La puissance reçue par la charge est égale à la puissance dissipée dans la source.

S.2003 52 . Tisserant – ESIL – Rappels d’électrocinétique .

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