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Airbus : un symbole de l’Union Européenne

Airbus est le principal constructeur aéronautique européen. C'est une filiale à 100 % du groupe industriel EADS*. Elle conçoit,
développe, construit, vend et assure le support technique après-vente des avions du même nom. [* :European Aeronautic Defence and
Space company (EADS) est un groupe industriel du secteur de l'industrie aéronautique et spatiale civile et militaire. Il est le premier
groupe de défense en Europe et le deuxième dans le monde, en concurrence directe avec Boeing.]
GIE : Le consortium de constructeurs aéronautiques européens comprenait à sa création le 18 décembre 1970, sous forme d'un
groupement d'intérêt économique, l'Aérospatiale (France) et la Deutsche Airbus (Allemagne). L'Aérospatiale résultait de la fusion
récente de Sud-Aviation et de Nord-Aviation, tandis que Deutsche Airbus regroupait Messerschmitt-Bölkow-Blohm et VFW-Fokker.
Malgré le retrait du Royaume-Uni, Hawker-Siddeley conserve la sous-traitance des ailes.
CASA (Espagne) a rejoint le G.I.E en 1971 pour développer l'Airbus A300, qui vola pour la première fois le 28 octobre 1972.
British Aerospace adhéra au consortium en 1979, à l'époque où Airbus avait une flotte de 81 avions seulement en service. La
participation des États-membres du consortium était alors la suivante : 38 % pour les Allemands et les Français, 20 % pour les
Britanniques et 4 % pour les Espagnols. Belairbus (Belgique) et Fokker (Pays-Bas) participent à certains programmes Airbus.
Les premiers avions :
En 1988, Airbus sortit l'A320, le premier avion civil à commandes de vol électriques, une fonctionnalité très controversée initialement,
notamment grâce à l'expérience accumulée sur Concorde. C'est le premier avion de sa catégorie (narrow body ou single aisle, c'est-à-
dire à fuselage étroit ou un seul couloir de 150 places environ) conçu après le Boeing 737 qui date des années 1960 et c'est maintenant
l'avion de ligne le plus produit dans le monde.
La famille A330-A340 est ensuite venue compléter la gamme par les long-courriers mis en service à partir de 1992.
Le lancement du développement de l'A380 à la fin de 2000 poussera à la transformation de la structure juridique d'Airbus.
Le 27 avril 2005, à 10h29, l'A380 a décollé pour la première fois de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

Les avions ont divisés en cinq familles


• celle des premiers Airbus, les A300 (sortis en 1972) et A310 qui en sont dérivés, premiers biréacteurs à large fuselage au
monde, qui ont inspiré les biréacteurs B767 et B777 de Boeing, et qui ne sont plus commercialisés depuis 2007.
• les biréacteurs A318, A319, A320, A321, best sellers constituant la famille A320 de monocouloirs.
• les biréacteurs A330 et quadriréacteurs A340 conçus en même temps, et utilisant de nombreux éléments en commun.
• le très gros porteur A380, quadriréacteur de 555 à 1000 places.
• les futurs très longs courriers A350, qui sortiront 5 ans plus tard que leurs concurrents Boeing B787 qui connaissent un
succès historique.
Airbus a depuis quelques années élargi sa gamme à des avions militaires :
• les multirôles MRTT ravitailleurs, dérivés des biréacteurs A310 et des A330, et déjà sélectionnés par six pays, dont quatre
non européens : Australie, Canada, Arabie saoudite et Émirats arabes unis.
• l'Airbus A400M de transport, commandé (192 exemplaires) par 6 pays européens et 3 autres pays.
Fin mars 2008, Airbus avait livré 5 140 avions à près de 250 clients et 8 833 avions lui ont déjà été commandés. Soit 3 693 avions à
livrer, et plus de six années de production. À ce jour, 4 915 avions sont en opération. Au top des ventes, on retrouve la famille des
A320 (A318, A319, A320 et A321) avec 6 139 avions commandés.
Pour sa trentième année, Airbus aura surclassé ses rivaux et est devenu le premier constructeur mondial d'avions civils, livrant 378
appareils soit 56,6% du marché mondial. Cependant, le parc existant de Boeing reste toujours le plus imposant, incluant la flotte des
McDonnell Douglas (société intégrée à Boeing en 1997).
L'année 2006 est cependant plus difficile et en janvier 2007, Boeing annonce être redevenu le premier avionneur mondial[4]: en 2006,
l'avionneur européen a pris 824 nouvelles commandes contre 1111 en 2005. En tenant compte des annulations de contrats pendant
l'année, le montant net est de 790 appareils contre 1055 en 2005. Dans le même temps Boeing a engrangé 1044 commandes contre
1002 un an auparavant.
Même scénario en 2007 : Boeing comptabilise 1 413 commandes nettes contre 1 341 pour Airbus.
Cette faiblesse doit cependant être relativisée pour deux raisons, dont la deuxième est temporaire :
• Airbus réalise en 2007 sa meilleure année en termes de ventes d'avions depuis ses débuts.
• Airbus reste l'avionneur ayant livré le plus d'appareils en 2007, avec 453 livraisons contre 441 pour Boeing. Cela s'explique
par le délai incompressible (plusieurs années) entre la commande par une compagnie aérienne et la livraison effective de
l'avion. Airbus ayant été premier pendant 5 ans continuera à livrer plus d'appareils que Boeing pour quelque temps.
Sites de fabrications :
Airbus est à présent une entreprise totalement intégrée, formée de 5 "NatCos" (National Companies) :
• Airbus Central Entity (siège social, Blagnac)
• Airbus France (Toulouse, Saint-Nazaire, Méaulte, Nantes)
• Airbus UK (Filton et Broughton au Royaume-Uni)
• Airbus Deutschland (Hambourg, Brême, Stade…)
• Airbus España (Madrid, Illescas, Puerto Real).
La conception des appareils et de leurs éléments se fait sur les mêmes sites que les sites de fabrication, par spécialité. De plus des
centres de conception existent à Wichita (Kansas, États-Unis) et à Moscou (Russie).
La plupart des principaux constructeurs aéronautiques sont des sociétés multinationales, et il n'est pas inhabituel pour elles d'avoir des
usines sur des sites très éloignés. Airbus, cependant, est unique dans le fait que c'est une société européenne née de la fusion des
entreprises aérospatiales majeures françaises, britanniques, allemandes et espagnoles. La localisation géographique des différents sites
de l'entreprise est moins un problème pratique et de coût qu'un sujet d'intérêts nationaux et de fiertés nationales.
En conséquence, chacun des partenaires d'Airbus fabrique une partie de l'avion, qui nécessite d'être transportée dans un site
d'assemblage final, afin d'y assembler l'avion complet. Les détails varient d'un modèle à l'autre, mais l'organisation habituelle est de
fabriquer les ailes en Grande-Bretagne, l'empennage en Espagne, le fuselage en Allemagne, et le nez et le tronçon central en France
(voir détails ci-dessous).
Le tout est assemblé soit à Toulouse soit à Hambourg. La cabine des avions en état de vol doit ensuite être personnalisée pour la
compagnie cliente, c'est ce qu'on appelle l'aménagement commercial, c'est-à-dire sièges, toilettes, cuisines, compartiments à bagages,
revêtement intérieur, systèmes électroniques d'éclairage et de communication, etc.
Airbus emploie environ 55 000 personnes dans plusieurs pays européens et entretient des représentations commerciales à Washington,
Pékin ou Tōkyō. Dès l'origine, la langue de travail dans le consortium a été l'anglais, limité à un vocabulaire essentiellement technique
d'environ 5 000 mots. Les sous-ensembles sont produits dans plusieurs usines réparties sur le continent européen :
• les ailes à Filton et Broughton (Royaume-Uni),
• l'avant et l'arrière des fuselages à Nordenham, Varel, Brême et Hambourg (Allemagne),
• les nez et la partie centrale des fuselages à Toulouse, Saint-Nazaire, Nantes et Méaulte (France),
• les empennages verticaux à Stade (Allemagne),
• les mâts (pylons en anglais) et nacelles des réacteurs à Toulouse sur le site historique de Saint-Éloi (France),
• les stabilisateurs horizontaux et certaines sections de l'A380 à Getafe, Illescas et Puerto Real (Espagne)
avec également des composants venant d'autres régions du monde entier.

A318 : le plus petit avion


A340-600 : le plus long avion

A380: le plus gros avion

AUTRES DOCUMENTS SUR AIRBUS :


A380
L’Europe se donne des ailes
Quand l’Europe veut, l’Europe peut! Elle l’a prouvé le mois dernier. Le plus gros avion civil de l’histoire
est européen. C’est l’A380. Un projet de la société européenne Airbus. Créée il y a 34 ans, Airbus vend
maintenant plus d’avions que Boeing. Avec l’A380, l’Europe se donne des ailes pour battre le géant
américain.

Photo : Belga

Airbus, le fabricant d’avion européen, a présenté le plus gros avion civil du monde. C’est l’A380. Le nom n’est
pas très beau. C’est le pari qui l’est. L’A380 pourra transporter plus de 800 passagers en version économique.
Beaucoup moins dans les versions de luxe. Comme celle prévue par le président de Virgin avec salle de
gymnastique et salon de coiffure dans l’avion. Si nous le prenons un jour, vous ou moi, il y a de grandes
chances que ce soit dans la version « charter ». Et si nous le prenons. Car l’A380 est prévu pour de très longues
distances. Jusqu’à 15 000 kilomètres. Si vous voulez aller au Etats-Unis ou en Asie, l’A380 est pour vous.
Enfin, pas tout de suite. Les premières livraisons sont prévues dans un an. L’A380 devrait faire son premier vol
d’essai au printemps de cette année. N’est-il pas un peu tôt pour se réjouir? C’est que l’A380 est un symbole.
Symbole technique
L’A380 est un avion gigantesque. Le projet aussi. 5 500 ingénieurs y ont travaillé. Les principales pièces ont été
fabriquées dans 16 usines en Europe. Il y a 530 usines sous-traitantes. On estime que la production d’Airbus
devrait faire travailler plus de 145 000 personnes dans le monde. Dans le monde... et donc aussi aux Etats-Unis,
où il y a beaucoup d’usines sous-traitantes d’Airbus. L’avion sera aussi moins bruyant que le Boeing 747. Il
consommera moins de carburant. Pour le fabriquer, on a utilisé de nouveaux alliages, des techniques nouvelles.
Cette réussite a un prix. Le budget de plus de 10 milliards d’euros risque d’être dépassé de 1,5 milliard. Pour
rentrer dans ses frais, Airbus devra vendre 250 avions et espère en vendre, au total, entre 700 et 750. En janvier,
il y avait déjà une commande de 150 avions. Le prix de l’A380? Le prix de vente moyen sera de 200 millions
d’euros.
Symbole européen
L’A380, c’est aussi le symbole d’une Europe qui «quand elle veut, peut ». Airbus a été lancé en 1970 par la
France et l’Allemagne. A l’époque, on riait. Pourquoi des états européens se lançaient-ils dans la construction
d’avions civils ? La société américaine Boeing dominait le ciel mondial. Même quand l’Espagne et la Grande-
Bretagne ont rejoint la société Airbus : on n’y croyait pas. Petit à petit, pourtant, Airbus a construit des avions et
les a vendus. Mais en 1997, Boeing fusionne avec un autre géant de l’aviation américaine, Douglas. Boeing
devient le maître du ciel civil mais aussi militaire et spatial. Car Boeing, c’est aussi les avions de combat, les
missiles, les navettes spatiales, les satellites, ... Comme le budget de l’armement des Etats-Unis est énorme,
Boeing peut financer de nombreux projets.
L’européen Airbus résiste et lance, en 2000, le projet du plus gros avion civil au monde : l’A380. Un avion qui
peut transporter 300 passagers de plus que le fameux, mais déjà vieux, Boeing 747. Evidemment, comme
toujours en Europe, les choses n’ont pas été simples. Il a fallu réorganiser la société Airbus. Concilier les
intérêts privés des actionnaires et les intérêts publics des états européens. Mettre les hommes politiques
européens d’accord. Au début du projet, les Allemands voulaient que l’Airbus soit assemblé en Allemagne. Les
Français voulaient que ce soit en France. Finalement, les Français ont gagné. Mais il a fallu faire venir les
énormes pièces de l’avion fabriquées en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Espagne. On a dû tracer une
nouvelle route. On a fabriqué des bateaux spéciaux pour transporter les pièces. Et le mois dernier, l’A380 sortait
des usines de Toulouse.
Quand l’Europe veut...
On ne rit plus. Boeing non plus. Le géant américain domine toujours le ciel mondial. Mais, petit à petit, Airbus
prend sa place sur le marché. Ces deux dernières années, Airbus a même vendu plus d’avions que Boeing. Reste
à savoir si le pari du plus gros avion civil du monde sera gagné. Selon les spécialistes, le marché du transport
aérien va augmenter dans les prochaines années. Selon Boeing, ce ne sera pas dans les gros avions de 550 ou de
800 places et pour de très longues distances. Mais dans des avions plus petits pour des trajets plus courts. Avec
Airbus, l’Europe a fait le pari inverse.
Et quand l’Europe veut, elle peut. Les fusées Ariane lâchent des satellites dans l’espace. Un engin d’observation
de l’Agence spatiale européenne s’est posé non loin de la planète Saturne. Un projet de navigation par satellite
européen devrait remplacer dans quelques années le fameux GPS américain. L’A380 pourrait bien être une autre
réussite européenne. Dans le match économique Etats-Unis/Union européenne, ce n’est pas rien. Ne boudons
donc pas notre plaisir. Mais pensons aussi que les hommes politiques européens pourraient mettre la même
énergie, la même volonté, à réaliser des projets qui améliorent notre vie de tous les jours. Allez, à défaut de
s’envoler dans un A380, rêvons un peu.
Thierry Verhoeven
(Journalessentiel.be)
Airbus veut jouer un mauvais tour à Boeing

La concurrence entre Airbus et Boeing est


plus rude que jamais. Alors que l'avionneur européen se félicite du premier essai réussi de son appareil gros-porteur A380
- dont l'objectif avoué est de supplanter le 747 de Boeing -, le constructeur d'outre-Atlantique enregistre deux succès
commerciaux importants, l'un auprès d'Air India et l'autre chez Air Canada, jusque-là client d'Airbus. Dessin de Bleibel
paru dans Al Mustaqbal(Beyrouth) CWS

28 avr. 2005
Airbus, symbole de l'Europe

Dessin de Herrmann
paru dans Tribune de Genève(Genève)