Ballons d'essai pour le captage et le stockage du CO2

LE MONDE | 10.06.09 | 15h32 • Mis à jour le 10.06.09 | 18h57 Après la Norvège, pionnière de cette technologie en mer du Nord, après le Canada où le projet de Weyburn vise à emprisonner 1,8 million de tonnes par an de gaz carbonique, et alors qu'un appel à projets a été lancé pour la réalisation de douze démonstrateurs à taille réelle dans l'Union européenne, Total s'apprête à son tour à tester en France une chaîne complète de captage et de stockage de CO2. Dépense énergétique. Capter, transporter et stocker le CO2 représente une dépense énergétique supplémentaire. Pour les centrales électriques, par exemple, ce surcoût énergétique est estimé à 20 % à 30 % par rapport à un mode de production qui ne se soucierait pas des émissions de gaz à effet de serre. Captage. Le captage du CO2 à la source coûte autour de 40 euros la tonne, son transport d'un à 2 euros aux 100 km et le stockage 10 euros la tonne sur les grands sites d'injection, selon Pierre Le Thiez, de la société Geogreen. La filière du captage et du stockage du CO2, en abrégé CSC, passe de l'étude à l'expérimentation. "Il est encore trop tôt pour savoir quand elle arrivera à maturité. Il lui faut d'abord faire ses preuves, économiques et techniques", estime François Moisan, directeur de la stratégie et de la recherche à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Elle n'en constitue pas moins "une piste importante". Pour les pays industrialisés, qui visent à diviser par quatre leurs rejets de CO2 d'ici à 2050. Comme pour les pays émergents, dont les émissions grimpent en flèche. Sur le papier, l'idée est aussi simple que vertueuse. Il s'agit - en complément de la réduction de la consommation énergétique et de la promotion des énergies renouvelables - de limiter les rejets dans l'atmosphère du principal gaz à effet de serre. En le piégeant à la source, dans les fumées des centrales thermiques à charbon, à gaz ou à fioul (responsables de plus de 40 % des émissions de CO2), et celles des cimenteries, des raffineries ou des usines sidérurgiques. Puis en le stockant dans des formations géologiques profondes. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), plus de 80 % du gaz carbonique produit par une centrale électrique pourrait être ainsi récupéré. Et entre 20 % et 40 % du total des émissions d'origine humaine neutralisé. Dans la pratique, les choses sont plus compliquées. Les techniques de captage, dérivées de celles mises en oeuvre dans l'industrie pétrolière et gazière, sont connues. Plusieurs procédés existent : le premier, le plus usité, implique l'extraction du CO2 des fumées de combustion à l'aide de solvants (postcombustion) ; le deuxième passe par une transformation du combustible en gaz de synthèse dont est, dès le départ, soustrait le CO2 (précombustion) ; le troisième résulte d'une combustion en présence d'oxygène plutôt que d'air, ce qui concentre le CO2 et rend sa séparation plus facile (oxycombustion). Mais ces procédés - notamment le premier - sont très gourmands en énergie et, surtout, très onéreux. A lui seul, le captage représente 70 % du coût total de la filière de CSC. En bout de course, la tonne de gaz carbonique "économisée" pour l'atmosphère se paye entre 60 et 100 euros. Beaucoup trop cher. Les experts estiment que le seuil de viabilité économique se situe autour de 25 euros la tonne, ce qu'une standardisation des procédés pourrait aider à atteindre.
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gaz acide et pouvant comporter des impuretés. l'Ademe a choisi de pousser des projets plus modestes. les financements manquent toujours. Une autre variante c’est les aquifères salins. du CO2. "Au-delà des problèmes de coût et de validation scientifique. L'objectif est ambitieux.de déployer dans différents pays à l'horizon 2015. mais du point de vu économique c’est très chère. mais les gisements sont mal répartis sur la planète . il ajoute qu’il faut d’abord faire des preuves économiques et techniques. Ensuite. souligne François Moisan. Comme un système. L’injecter dans le sous –sol. Mais leur aptitude à retenir le gaz carbonique pendant des centaines . RESUMME La problématique de cet article porte sur le captage et le stockage du CO2(CSC). de captage du CO2 par givrage-dégivrage des fumées d'une centrale à charbon. mais on ne connait pas le aptitudes de ceux-ci a retenir le gaz pendant plusieurs années. comme il en va pour les déchets nucléaires. Une première mondiale. mais ces gisements sont mal répartis sur la planète. Enfin. par voie maritime ou dans un gazoduc. ce qui le rend mortel. des résistances locales. le stockage géologique du gaz carbonique risque donc de susciter. Les formations salines profondes sont privilégiées. Trois milieux géologiques sont explorés. estime-t-il.voilà déjà deux ans . plusieurs milliers de mètres sous la terre ou sous la mer : leurs capacités sont évaluées entre 400 et 10 000 milliards de tonnes. L’une de ces méthodes c’est le stockage du CO2dans des formations géologiques profondes. car elles sont largement répandues sur tout le globe. les veines de charbon non exploitées : elles pourraient accueillir 40 000 tonnes. les aquifères salins. pourrait remonter jusqu'aux nappes phréatiques alimentant les réseaux d'eau potable. mais le coût de chaque installation étant de l'ordre du milliard d'euros. mis au point par l'Ecole des mines. une opération coûteuse elle aussi.d'années n'est pas démontrée. Si ces nappes salées ne forment pas des barrières parfaitement étanches. Francois Moisan .. Finalement la France a choisi un projet plus modeste. le captage de CO2 par le givrage et dégivrage d’une centrale à charbon. . Voire resurgir à la surface en fortes concentrations. D'où la nécessité.Une fois capturé. Mais à l'échelle de 1/100e. qui sont privilégiés. Côté français. Ensuite il faut tenir compte aussi d’acceptabilité sociale. le CO2 doit encore être transporté. D'abord. directeur de la stratégie et de la recherche à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) explique les méthodes avantageux existantes et leurs défauts. la filière doit aussi se préoccuper de son acceptabilité sociale". ces nappes d'eau saumâtre présentes dans les bassins sédimentaires. En dépit de ses mérites écologiques. Reste enfin à l'injecter dans le sous-sol. les gisements de pétrole ou de gaz épuisés ou en cours d'exploitation : la capacité mondiale de stockage est estimée à 900 milliards de tonnes. Ce qui nécessite de le comprimer.ou des milliers . de ne pas attendre les douze démonstrateurs à échelle industrielle que le Conseil européen a décidé .