Étudiante : Raluca Dumitrescu M2, Langue Française

Métaphores conceptuelles dans le domaine de l’architecture

« La métaphore est peut-être l’une des plus grandes potentialités de l’homme. Son efficacité est presque merveilleuse. On pourrait même croire qu’il s’agit d’un outil oublié par Dieu dans l’une de ses créations qu’il a créée. » Jose Ortega y Gasset

Chaque foi que nous expliquons ou communiquons un concept en le comparant à une autre chose, nous utilisons une métaphore. Le but des métaphores est celui d’exprimer des images mentales fortes et positives, d’exprimer une plus grande intensité émotionnelle. La ville est un espace ou les gens habitent, travaillent, communiquent avec d’autres personnes. L’espace urbain est donc un espace affectif, chargé de significations. L’une des plus connues et anciennes figures est celle de la ville-corps. Ainsi, beaucoup de métaphores organicistes comparent l’espace urbain à un organisme vivant. On parle souvent du cœur de la ville, des artères de la ville, du centre névralgique. Plusieurs termes sont appliqués à la ville, ce sont des métaphores corporelles. « On pourrait aussi n’y voir qu’un vaste espace arboré, la mise en valeur des berges et l’évocation d’un site naturel sur la Garonne, en plein cœur de la ville ». (Toulouse, naissance d’une métropole, p. 80, La Dépêche du Midi, Toulouse, 2010) ; « Un bâtiment novateur et ambitieux dessiné par les architectes Clément Blanchet et René Koolkaas, et dont l’ouverture permettra une métamorphose de l’île du Ramier en

La Dépêche du Midi. N. les Parasites interviennent sur des para-sites ». Ensuite. 74. p. 12. 2001). naissance d’une métropole. No. des éléments de la ville auxquels on a transféré les caractéristiques humaines : « Montréal est une ville couchée. (L’architecture aujourd’hui. Éditions Jean-Michel Place. 14. (Paris Création. qui sont ses parcs. Paris. « bâtiments intelligents » (L’architecture aujourd’hui. 2001) . Éditions Jean-Michel Place. les poumons de la ville . » ( Toulouse. 1984) On fait une analogie entre l’action de l’homme de se reposer sur son lit et une cité qui est assise. No. Toulouse. « relier le cœur de la ville à son poumon portuaire » (L’architecture aujourd’hui. des habitants plus groupés. même si la densité des plus grands ensembles du Mirail n’est pas plus élevée que dans le quartier plutôt bobo-chic des Chalets. 28. Paris. Montréal est couchée dans le lit du Saint. 74. p. p.Y. 2001).Laurent. cela faisant référence à des lieux urbains comme impropres à la construction. p. p. on a trouvé les éléments urbains personnifiés. Restant dans le domaine de la médicine et biologie. » ( Toulouse. p. Éditions JeanMichel Place. Paris. Éditions Autrement. densité évoqué très vite tours et barres qui font peur. naissance d’une métropole. 2001) . « ici. des maisons jumelées aussi plutôt que des pavillons individuels. 188 . La Dépêche du Midi. 2010) « Avec pour conséquence aussi. « Par un jeu de mots affirmant la nature strictement urbaine de leur terrain d’expérience. 332. qui constitue le noyau politique ou économique de la ville. on trouve les lieux urbains comme des « parasites ». p. positionnée au bord de la rivière. 2010) La ville –espace protecteur . Toulouse. 333. 50. Paris assise au bord de la Seine. naissance d’une métropole. No.véritable poumon vert de la ville » (Toulouse. 20. 2010) . No. des immeubles plus hauts. Paris. On parle du centre névralgique de la ville. est debout. « matériaux nobles » (L’architecture aujourd’hui. avec ses maisons en bande. Paris. 333. jardins ou espaces verts. Toulouse. 336. La Dépêche du Midi. p. Éditions Jean-Michel Place.

en respecte le rythme et les proportions. Éditions Jean-Michel Place. mais encore disponibles pour le squat architectural. infrastructures inutilisées…) » (L’architecture aujourd’hui. mort naturelle et lente de la maison. Éditions JeanMichel Place. 2001) . Éditions Jean-Michel Place. une réserve pour des actions futures. No. p. Éditions Jean-Michel Place. « Autrement dit. No. sur un site qui présentait une . 336. 2001) . Paris. les sites urbains considérés comme impropres à la construction. 38. les béquilles de béton blanc sont coiffées de « tulipes métalliques » assurant la liaison au tablier. p.à la manière d’un peintre dessinant une trame sur sa toile avant de peindre-est une sorte d’airbag urbain destiné à amortir les événements difficiles à prévoir. Dans l’exemple cité. ce domocide qui n’a rien à voir avec la ruine. Éditions Jean-Michel Place. Larsen l’a doublé d’une structure de verre et d’acier. ses proportions et ses matériaux. (L’architecture aujourd’hui. visé par l’opération ( friches industrielles. 2001) « Larsen a dû concevoir un musée destiné à s’intégrer harmonieusement. Paris. il se fait détective. derrière laquelle se cache la cage d’escalier. p. No. » (L’architecture aujourd’hui. au patchwork d’une cité médiévale. 14.qui signifie “maison” parce que en français on n’a pas de terme pour envisager ce concept de destruction d’une maison . parce qu’en anglais le terme de squatter signifie occuper illégalement un lieu. p. par son style. Paris. toits terrasses d’immeubles. » (L’architecture aujourd’hui. 335. « Pour que la façade se fonde dans le style médiéval de l’architecture alentour. 2001) . No. « Sobres et parfaitement intégrées. Paris. p. La métaphore lexicalisée du « crime » d’une maison est envisagé par l’utilisation du terme d’origine russe “dom” . 2001) . » Dans cet exemple on a une métaphore lexicalisée parce qu’on a emprunté le terme « tulipe » à la botanique pour designer des objets métalliques dont la structure est semblante à une tulipe. » (L’architecture aujourd’hui. 74. relève des traces. 336. Paris. 336. No.« Ce carroyage. « Dans ce lieu déserté. 337. cherchant à comprendre le crime. 70. 28. le concept d’occupation d’un espace est appréhendé presqu’en termes de guerre.

26. lointains heritiers des tours ornant les hotels particuliers de la Renaissance ». » ». Paris. Il faut faire attention à ne pas utiliser des matériaux un peu cheap sous prétexte de faire moderne. Une « religion » de la brique parce que dans la Ville Rose. 2010) On a utilisé cette métaphore de la croix parce que la ligne B renforce la ligne A qui traverse l'agglomération d'Est en Ouest. « La brique sauve cet espace.forte dénivellation et ou préexistait un garage souterrain. » (Toulouse. d'où ce nom imagé qui leur a été attribué. entre Balma-Gramont et Basso-Cambo. c’est sont les briques qui prédominent comme matériel de construction. (Toulouse. on respecte cette tradition ancienne de construire les bâtiments avec des briques. p. Sortir de la religion de la brique dans la Ville rose. naissance d’une métropole. p. La Dépêche du Midi. du centre de loisirs de Barricou ou de la Gendarmerie côté de Beauzelle. naissance d’une métropole. Toulouse. Éditions Jean-Michel Place. Toulouse. Toulouse. semble dire l’urbaniste. ». est expliquée grâce au fait que tous les buildings sont construits en brique de couleur rose. de l’établissement scolaire du Ferradou. Les deux lignes se croisent à Jean-Jaurès et ont une forme de croix. (L’architecture aujourd’hui. 8. 337. naissance d’une métropole. p. 7. de la brigade équestre. la première métaphore est liée au domaine religieux. Toulouse. La Dépêche du Midi. mais pas à n’importe quel prix. La métaphore verbale du gratte-ciel se réfère à des immeubles atteignant de très grandes hauteurs. 38. notamment du fait de l'accroissement de la population tout comme les champignons qui grâce à la pluie apparaissent en très grand nombre. à cause du fait que la ville se développe très rapidement. p. (Toulouse. ils donnent l'impression de toucher le ciel. « Puis les “Trente Glorieuses” virent les premiers gratte-ciels de Toulouse. p. La métaphore de couleur de la « Ville Rose ». naissance d’une métropole. 3. Toujours dans le domaine de la religion et de la forme d’une croix on a trouvé la metaphore suivante : « Matabiau sera aussi un axe majeur d’entrée de la ville renforcée . La Dépêche du Midi. No. 2001). 2010) . du complexe sportif avec son joli stade et ses équipements de ville champignon. « Une vie s’organise peu à peu autour du lycée Saint-Exupéry. 2010) Ici. telle qu’elle est surnommée la ville de Toulouse. . (Toulouse. d’accord. La Dépêche du Midi. On n’utilise pas d’autres matériaux que la brique. 2010) Dans l’exemple cité on fait une analogie entre les éléments de la ville et les champignons . La croix du métro toulousain marche bien. On a emprunté le terme de patchwork à l’anglais au domaine de la couture pour designer un ouvrage constitue par l’assemblage de morceaux disparates le plus souvent dans un but décoratif.

hygiénique. car manipuler le conceptuel dans le langage spatio-visuel c'est son métier. p. il a été décidé de démolir toutes ces constructions pour créer un square fermé par des grilles”. voire nombreuses. aérée . Pour bien comprendre les métaphore. cela veut dire une ville propre. Un urbanisme hygiéniste. sans agglomérations . où on peut vivre . Ainsi l'architecture se définit-elle comme "métaphore spatio-visuo-conceptuelle". Le sujet de la métaphore en architecture est intéressant et touche bien sur à la communication mais aussi au projet notamment au stade de conception et l'on trouve alors des projets qui vont partir d'une image souvent en rapport avec le site mais là où se trouve la différence c'est dans les projets qui vont ne garder que "l'essence" de la métaphore par rapport à ceux qui vont garder l'image de la métaphore . 14. Conclusions En utilisant comme corpus de notre analyse des textes du domaine architecturale on a trouvé pas mal de métaphores. (Toulouse. La Dépêche du Midi.« En cette période d’urbanisme hygiéniste. qui cherchait à faire respirer et ordonner les vieilles cités. 2010) Cette métaphore provenue du domaine médicale est expliquée par le texte même. Il n'est donc pas étonnant que de bons architectes sachent bien utiliser la métaphore. naissance d’une métropole. il faut comprendre les symboles. Toulouse.

Éditions Autrement. 6. La Dépêche du Midi. 336. Paris. Paris. Éditions Jean-Michel Place. 2. No. 332. L’architecture aujourd’hui. 2001 . L’architecture aujourd’hui. 7. Éditions Jean-Michel Place. 337. naissance d’une métropole. 3. No. No. Éditions Jean-Michel Place. Toulouse. No. Paris Création. 2001 . Paris. 2001 . 2001 . L’architecture aujourd’hui. . 2001 . 333. 5. Paris. L’architecture aujourd’hui. Éditions Jean-Michel Place. 4. No. Éditions Jean-Michel Place.Bibliographie 1. L’architecture aujourd’hui. Toulouse. 2010 . Paris. 335. Paris. 1984 .

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