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Cours 2 – La formation du contrat Il s’agit d’étudier le processus de formation du contrat. Pour cela, ilfaut d’abord se p encher sur la période qui précède la conclusion ducontrat, c est-à-dire les négociations ( ou pourparlers). Ensuite nousverrons la conclusion du contrat proprement dite. C elle-ci repose enprincipe sur le seul accord des parties, en vertu du principe d uconsensualisme. Chapitre 1 – Les négociations Tous les contrats ne font pas l’objet de négociations.Quantitativement, la majeure partie des contrats se conclue sansaucune négociation. C’est le cas notamment de tou s les contrats deconsommation courante, qui sont en général des contratsd’adhésion. Le c ontrat d’adhésion est non négociable, et donc nonnégocié. Ces contrats non négociés sont parf itement valables. Enrevanche, les contrats d’une certaine importance font l’objet de négociations, parfois très longues (ex. : cession du contrôle d’unesociété, accord de coopéra ion entre entreprises…). Lesnégociateurs y discutent le contenu de leur futur accord . Il faut alorssavoir à quel régime juridique sont soumises ces négociations.Le princi pe premier est celui de la liberté. Par définition, aucuncontrat n’étant encore conclu, les négociateurs n’ont aucuneobligation contractuelle à respecter. Les négociations se dér oulentdonc sous le sceau de la liberté : les négociations peuvent êtreengagées librement , se déroulent librement et peuvent en principes’achever librement. Néanmoins, il exis te des tempéraments à ceprincipe de liberté, sur le terrain du déroulement des négociation s(section 1) et celui de leur rupture (section 2). Section 1 – Le déroulement des négociations On peut en effet se demander s’il doit être totalement libre. On peutpar exemple se demander si les négociateurs sont libres de menerdes négociations parallèles avec d’autr es personnes. La réponse esten principe positive. En effet, chacun est libre de re chercher lemeilleur partenaire. Il est donc légitime de pouvoir engager des 1

négociations avec différents partenaires potentiels, afin de trouver laformule la pl us adéquate. Il n’est même pas exigé d’informer lesintéressés de l’existence de ces négociati La jurisprudence abien précisé que le fait de mener des négociations parallèles avecd’autr es partenaires sans les en tenir informés n’est pascondamnable 1 .On peut ensuite se demander si une obligation de confidentialitépèse sur les négociat eurs, lorsque des informations sensibles sontdévoilées pendant les négociations. La ju risprudence considèrequ’en principe aucune obligation de confidentialité ne pèse enprinc ipe sur les négociateurs, bien que cette solution paraisse encontradiction avec le devoir de bonne foi.Néanmoins, ces principes peuvent être écartés d’un commun accord.En e ffet, les négociations peuvent faire l’objet d’accords denégociation. Il s’agit de véritable s contrats, dont l’objet se limite àrégir la période précontractuelle. Par ces accords, le s négociateurspeuvent notamment se soumettre à une obligation deconfidentialité. Cet a ccord est très fréquent, chaque fois que lanégociation du contrat projeté implique la tr ansmissiond’informations sensibles ou secrètes (ex. informations sur la santéfinancière de l’entreprise, sur les brevets qu’elle entend déposer…).Cela permet aux parties de s’ass urer que les négociations ne soientpas engagées dans le seul but d’obtenir des informa tionsconfidentielles.De même, un accord de négociation peut interdire aux négociateurs de mener des négociations parallèles (accord d’exclusivité), ou àtout le moins leur impose r de s’en informer mutuellement.Il s’agit alors de véritables obligations contractuell es. Le contrat denégociation a certes un objet restreint puisqu’il ne régit que lesnégoc iations, mais il n’en reste pas moins un véritable contrat. C’estpourquoi celui qui ma nquerait à ses obligations, par exemple à 1 V. par ex. Cass. com., 15 déc. 1992, RTD civ. 1993, p. 577, obs. J. Mestre. Néanmo

 

ins, lefait de mener des négociations parallèles peut avoir une influence en ndice de lafaute commise par celui qui rompt finalement les négociations. En , la ruptureabusive des pourparlers peut être sanctionnée et, dans ce cadre, que desnégociations parallèles aient été menées peut être un indice du fait rn’entendait pas voir les négociations aboutir (v. Cass. com., 26 nov. 2003, iv. IV, n°186). 2

tant qu’i effet le fait que le négociate Bull. c

l’obligation de confidentialité qu’il a volontairement acceptée,engagerait sa responsabi lité contractuelle.Les négociations peuvent encore faire l’objet d’un accord deprincipe. Par l’accord de principe, les parties s’engagent à négocierun contrat, dont les éléments es sentiels ne sont pas encoredéterminés. Il ne s’agit donc pas du contrat définitif. La si gnatured’un accord de principe signifie simplement que les négociateurssont d’accord s ur le principe de contracter ensemble, mais sousréserve de parvenir à un accord sur les modalités de leur contrat.Cet accord de principe n’oblige pas les parties à parven ir à laconclusion du contrat, la liberté contractuelle devant être préservée.Mais il met l’a ccent sur leur obligation de négocier de bonne foi 2 . Section 2 – La rupture des négociations Dans le meilleur des cas, les négociations aboutissent à laconclusion du contrat pro jeté. Mais les négociations peuvent fortbien s’enliser et ne pas aboutir. La question qui se pose est alors desavoir si la rupture des négociations est libre. Encore un e fois, c’estle principe de liberté qui domine : chaque négociateur est enprincipe lib re de mettre fin aux négociations unilatéralement. Il fauten effet respecter la libe rté contractuelle. Or, celle-ci implique, dansson versant négatif, la liberté de ne pa s conclure un contrat.Néanmoins, ce principe connaît un tempérament. En effet, la juri sprudence fait ici application de la théorie de l’abus de droit :celui qui rompt abu sivement les négociations engage saresponsabilité. Cela se justifie par le fait que les négociations doiventrespecter le principe général de bonne foi. Certes, le Code ci vil nepose ce principe qu’en matière d’exécution du contrat, mais il estaujourd’hui unanim ement admis que ce devoir ne se cantonne pas àla phase d’exécution du contrat. La bonn e foi doit égalementprésider à la formation du contrat et aux négociations.Reste à savoir dans quels cas la rupture des négociations estabusive. Cela peut être le cas lorsque la rupture intervientbrutalement ou qu’elle est faite avec une légèreté blâmable. La juri sprudence s’appuie sur un faisceau d’indices, un ensemble decritères permettant de car actériser l’abus. La jurisprudence le retientparfois lorsque la rupture des négociatio ns intervient tardivement, 2 V. Cass. com., 2 juillet 2002, n° 00-13.459. 3 Leave a Comment You must be logged in to leave a comment. Submit Characters: 400 d2873 cours 5 sanctions de l inexecution du contrat 03 / 09 / 2010 Cours 2-Formation Du Contrat Download or Print 7,098 Reads Uploaded by Matthieu Escande Follow TIP Press Ctrl-F to quickly search anywhere in the document. 29 p. analyse trimestrielle du marché 28 p. Bilan 2011 Arjel

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