DEMARCHE DE HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE APPLIQUEE A LA

CONSTRUCTION Organismes concepteurs : • • • Le Plan Construction Architecture (aujourd'hui PUCA, Plan Urbanisme, Construction Architecture) a été à l'initiative de la démarche. L'Association HQE a assuré le relais vers les professionnels à partir de 96. Des partenaires comme l'ADEME1 et le CSTB2 ont également joué un rôle important dans l'élaboration de la démarche et sa diffusion.

Contexte de l'élaboration de la méthode : Au début des années 90, le problème de la qualité environnementale des bâtiments a été soulevé en France. Il s'agissait de définir ce nouvel aspect de qualité des bâtiments, d'expérimenter les modalités de sa réalisation et d'évaluer les performances obtenues. Dans cette perspective, le PUCA a lancé en 1992 un programme "Ecologie et Habitat" comportant deux volets : ! La création d'un "ATelier d'Evaluation de la QUalité Environnementale des bâtiments (ATEQUE)", qui avait pour objectif d'aider au développement d'outils d'évaluation de la qualité environnementale et plus généralement d'outils d'aide à l'amélioration de la qualité environnementale des bâtiments neufs et existants. ! Le lancement de deux programmes de réalisations expérimentales dans le domaine du logement social et de la construction neuve : chantiers verts et haute qualité environnementale. L'association HQE a été créée en 1996 pour contribuer au développement et à la promotion de la démarche HQE avec, pour finalité, l’amélioration de la qualité environnementale des bâtiments et le management environnemental organisé des opérations de construction ou de requalification des bâtiments. Elle regroupe des entités collectives ou institutionnelles réparties en cinq collèges : maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises et industriels, expertise (CSTB2, ADEME1, centres techniques), et « accompagnement et conseil » (configuration adoptée en juillet 2002). Elle est un lieu d'échanges, de concertation, d'information, de formation et d'action. Elle met en réseau les compétences et les expériences des membres, au service des projets individuels et collectifs. Elle produit des référentiels actualisés tous les ans (voir paragraphe "Pour en savoir plus").

Champ d'application : une méthode pour qui et pour quoi faire ? Plusieurs normes, souvent reconnues internationalement, visent à diminuer l'impact environnemental de nos activités de production : ! Les normes ISO 14001 et Eco-Audit3 visent à améliorer les performances environnementales des sites de production par une démarche d'amélioration continue : analyse environnementale, définition d'objectifs, élaboration d'un plan d'actions, mise en place d'un système d'évaluation, réorientation des actions en fonction des résultats obtenus (cf. fiche AE des activités route). ! Les normes ISO 14040 concernent l'Analyse du Cycle de Vie des produits : elles définissent une méthode permettant d'évaluer les impacts environnementaux d'un produit tout au long de

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Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie Centre Scientifique et Technique du Bâtiment 3 Eco-audit correspond au système de management environnemental européen appelé SMEA (Système de Management Environnemental et d'Audit)

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sa vie, depuis l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu'à sa fin de vie. ! Enfin, le document FDX30310 formalise la position française sur la prise en compte de l'environnement dans la conception de produits. Par rapport à ces outils normatifs, le bâtiment présente certaines spécificités : il correspond à un produit unique ; sa réalisation, le chantier, est d'une durée limitée tandis que lui même a une durée de vie extrêmement longue. Il met en jeu une multiplicité d'acteurs, d'intervenants ayant des statuts très différents. Cependant, la spécificité du bâtiment ne semble pas suffisante pour rejeter globalement ces normes, d'autant que des adaptations sont possibles. La définition de la Haute Qualité Environnementale constitue l'ébauche d'un référentiel spécifiquement adapté à l'objet bâtiment.

Acteurs principaux
Maître d'ouvrage

Phases
Programmation

Maître d'œuvre

Conception

Entreprises de bâtiment

Exécution

Matériaux de construction

Matières premières

Management environnemental des entreprises (ISO 14 001)

Organisme gestionnaire, Résidents

Exploitation

Management environnemental des entreprises (ISO 14 001)

Entreprises de démolition

Démolition

Matériaux issus de la démolition

Filières de traitement

Management environnemental des entreprises (ISO 14 001)

Approche ACV des matériaux ISO 14 040

Démarche HQE
Fig. 1 : Champ d'application des normes environnementales ISO et de la démarche HQE La démarche HQE associe donc l'ensemble des acteurs intervenants dans la vie du bâtiment (voir figure 1), ainsi que l'ensemble des parties intéressées4 : collectivité territoriale d'implantation, riverains du chantier, organismes de contrôle….
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La version 2000 de l'ISO 9000 définit les parties intéressées comme une personne ou un groupe de personnes ayant intérêt dans le fonctionnement ou le succès d'un organisme.

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Objectifs : La Haute Qualité Environnementale est une démarche de management de projet visant à maîtriser les impacts d'une opération de construction ou de réhabilitation sur l'environnement. Elle a deux composantes principales : • Un objectif de qualité environnementale des bâtiments pour obtenir, améliorer ou maintenir la qualité environnementale des bâtiments dans le cadre d’opérations de construction, d’adaptation ou de gestion. Il s'agit donc de définir, puis de donner, à un bâtiment (comprenant le bâti et les équipements) et à la parcelle où il est implanté, des caractéristiques permettant de maîtriser les impacts sur l'environnement extérieur et de créer un environnement intérieur sain et confortable. A partir de cette définition, 14 cibles ont été définies correspondant à 14 objectifs de la démarche HQE, intervenant aussi bien au niveau de la construction du bâtiment que de son fonctionnement : 1. Concernant les impacts sur l'environnement extérieur : ! Maîtriser les impacts liés à la construction : ! Relation harmonieuse du bâtiment avec son environnement immédiat ! Choix intégré des produits et procédés de construction ! Chantier à faibles nuisances ! Maîtriser les impacts liés à l'exploitation : ! Gestion de l'énergie, ! Gestion de l'eau, ! Gestion des déchets d'activités, ! Gestion de l'entretien et de la maintenance. 2. Concernant les impacts sur l'environnement extérieur : ! Confort : ! Confort hygrométrique, ! Confort acoustique, ! Confort visuel, ! Confort olfactif ! Santé : ! Conditions sanitaires des espaces, ! Qualité de l'air, ! Qualité de l'eau. La définition des cibles fait l’objet d’un référentiel produit par l’association HQE (voir paragraphe "Pour en savoir plus"). • Un système de management environnemental pour le maître d’ouvrage concernant des opérations de construction, d’adaptation ou de gestion des bâtiments : ce référentiel s’appuie sur la structure de la norme ISO 14 001. Il est cependant à noter que chaque opération immobilière est un prototype, avec un contexte, un programme et des acteurs spécifiques. Le système de management environnemental est donc à construire pour chaque opération, contrairement à la certification d’un site industriel qui est accordée pour une période donnée. Le référentiel de ce système de management est également fourni par l’association HQE (voir paragraphe "Pour en savoir plus").

Descriptif : Ce descriptif montre ce qu’apporte la démarche HQE à chaque phase du cycle de vie d’une construction. 1. Choix du site

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Par rapport à la pratique traditionnelle du choix du site, la démarche HQE nécessite une collecte importante de données concernant : " les spécificités environnementales du site : son climat, la pollution existante, les risques naturels et industriels, ses ambiances sonores… " la réglementation liée au site : documents d’urbanisme, particularités juridiques… " le contexte économique : les entreprises locales de construction, les matériaux produits localement, la présence de filières de traitement ou de valorisation des déchets, la connaissance d’un savoir-faire particulier… " les réseaux existants en matière d’approvisionnement en eau, énergie et pour la collecte des déchets ménagers. " son intégration dans le territoire : les réseaux de transport, l’offre de services, le cadre de vie alentour, les caractéristiques de la population riveraine… L’ensemble de ces données permettent de définir les contraintes et opportunités du site, qui, comparées aux attentes et souhaits du maître d’ouvrage et des futurs usagers, permettra de valider ou non le choix du site. 2. Elaboration du programme La programmation est une des phases les plus importantes vis-à-vis de la mise en œuvre de la qualité environnementale d'un bâtiment car elle représente le moment où les idées sont mises au clair au sein de la maîtrise d'ouvrage. Le programme va servir d'instrument de dialogue entre les divers partenaires qui interviendront sur les premières phases de l'opération. ! 1ère étape : tri et hiérarchisation des cibles environnementales Cette étape consiste à décider quelle cibles retenir et avec quelle hiérarchie. Elle représente une phase de dialogue avec les différents intervenants de l'opération (usagers, services des collectivités locales, services décentralisés de l'Etat) se concrétisant par une série d'entretiens. Cette étape est décisive pour faire découvrir et sensibiliser à la qualité environnementale. La concertation est primordiale à ce niveau car elle permet d'une part, de cerner précisément les besoins des usagers, et d'autre part, d'intégrer ces derniers à la démarche. En effet, les utilisateurs sont les seuls à pouvoir assurer la pérennité de la démarche HQE dans l'utilisation et le fonctionnement du bâtiment lorsque le maître d'ouvrage et le constructeur auront rempli leur mission. Cette étape se termine par une validation du maître d'ouvrage. ! 2ème étape : simulation technico-économique des niveaux d'exigence Pour que le programme HQE reste cohérent avec le budget, il convient de fixer un niveau d'exigence pour chaque cible retenue à l'issue de l'étape 1. Par exemple, si la gestion de l'énergie est une cible reconnue comme prioritaire, un niveau de consommation annuelle souhaité doit être défini. Le surcoût nécessaire pour atteindre les niveaux d'exigence définis est ensuite évalué pour vérifier qu'il est compatible avec le budget de l'opération. Cette étude technico-économique consiste en une série de simulations comparant les performances environnementales, les coûts d'investissement et les coûts d'exploitation. En ce qui concerne les systèmes énergétiques habituels, les consommations de référence et les possibilités d'amélioration pour les différents usages sont démontrées. Pour les usages chauffage et eau chaude sanitaire dans l'habitat, les outils permettant l'évaluation des améliorations poste par poste existent, ainsi qu'un référentiel réglementaire. Il est donc facile pour le maître d'ouvrage d'indiquer ses objectifs. Par contre, pour les solutions innovantes (installations collectives de solaire thermique, petite cogénération…), il n'existe pas encore de référentiels détaillés. Une approche "garantie du résultat" est alors recommandée où le maître d'ouvrage négocie avec le prestataire les résultats à atteindre.

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En matière de gestion de l'eau, une approche innovante consiste à prévoir des systèmes de récupération de l'eau : la pratique la plus courante permet de récupérer l'eau de pluie, de la débarrasser des hydrocarbures et des matières solides en suspension pour une application limitée aux toilettes, à l'arrosage des espaces verts et au lavage des véhicules. ! 3ème étape : écriture du programme Un programme HQE doit expliciter concrètement comment respecter le niveau des cibles. La meilleure solution est de rédiger un document unique contenant à la fois les préoccupations habituelles et celles nouvelles de la HQE. L'approche environnementale nécessite souvent de revoir le découpage traditionnel des programmes par lots : il convient par exemple de traiter ensemble les aspects éclairage et surfaces vitrées. 3. Conception du bâtiment Différents acteurs sont concernés par la phase de conception du bâtiment : architecte, ingénieur, paysagiste, économiste, contrôleur, coordinateur… Il s'agit à ce niveau de faire les choix architecturaux qui permettent de respecter les exigences environnementales fixées par le programme. Ces choix concernent la structure du bâtiment mais aussi les matériaux, les procédés et les équipements utilisés. Différents outils5,6,7 d'aide à la conception ont été développés pour aider le concepteur dans sa tâche. Cependant, pour être en mesure de choisir entre différents produits, il est primordial de pouvoir s'appuyer sur des informations fiables permettant de répondre aux deux questions suivantes : ! Quels sont les impacts environnementaux des produits de construction sur l'ensemble du cycle de vie ? ! Comment les produits de construction participent-ils à la qualité environnementale des ouvrages dans lesquels ils sont intégrés ? Afin d'obtenir une information exhaustive, pertinente et cohérente, un groupe de travail composé de l'ADEME, du CSTB, de l'association HQE et du PUCA, travaille actuellement à la création d'une base de données accessible sur internet pour le grand public à partir de la fin de l'année 2002. Cette base de données regroupera les fiches de déclaration environnementale et sanitaire des matériaux de construction, réalisées à partir d'informations fournies par l'AIMCC8. Ces fiches ont été conçues selon la norme AFNOR expérimentale XP P01 010, qui s'appuie elle-même sur les normes ISO 14 040 et 14 025. Il sera également possible de formuler des requêtes de manière à comparer plusieurs matériaux selon des critères comme l'impact sur l'effet de serre, la consommation énergétique, le confort phonique…. 4. Exécution : construction proprement dite du bâtiment Le principal objectif est de réduire les nuisances du chantier vis-à-vis du voisinage (habitants, riverains) et du personnel du chantier ainsi que ses impacts sur l'environnement. ! Réduire les nuisances vis-à-vis du voisinage : On ne peut à ce niveau qu'aborder les nuisances du chantier globalement : le bruit n'est pas toujours la première préoccupation des riverains qui considèrent un chantier comme une agression dans leur intimité. La communication est donc particulièrement importante pour que la nuisance soit comprise, prévue et mieux acceptée.

BATIMPACT HQE : outil simplifié d'évaluation pour l'aide à la conception, développé par une équipe rassemblée autour de la société CARAT Environnement. 6 EQUER : outil détaillé d'évaluation pour l'aide à la conception, développé par une équipe rassemblée autour de l'Ecole des Mines de Paris 7 ESCALE : outil d'évaluation et de suivi de la qualité environnementale adapté au processus itératif de conception, développé par le CSTB 8 Association des Industries de Produits de Construction

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Maîtriser les nuisances correspond à un aspect de gestion de la qualité et nécessite que tous les intervenants de l'opération soient impliqués : le maître d'ouvrage, la maîtrise d'œuvre, la municipalité et les entreprises intervenant sur le chantier. Cela implique un dialogue avec les riverains de manière à définir des priorités dans la réduction des nuisances. Il est également important que le chef de chantier soit identifié comme interlocuteur par les riverains. Les principales nuisances ressenties par les riverains d'un chantier sont : ! les bruits désagréables ou impulsifs, ! l'impact visuel (une grue par exemple), ! l'insécurité due aux circulations de véhicules de chantier, ! les problèmes de stationnement, ! les salissures, ! la perte d'intimité sur les parcelles mitoyennes au chantier. ! Réduire les nuisances vis-à-vis de l'environnement ! La gestion des déchets La priorité en matière de gestion de déchets doit être donnée à la réduction à la source, ce qui revient à produire moins de déchets pour limiter les coûts. Pour cela, les méthodes de chantier doivent être adaptées (exemple : suppression du polystyrène pour les réservations au profit de boîtes de réservation réutilisables) Le tri des déchets est également indispensable pour limiter les coûts de traitement : en effet, lorsque différentes catégories de déchets sont mélangées dans une benne, c'est la catégorie la plus contraignante (qui nécessite le traitement le plus coûteux) qui détermine la catégorie du mélange. Il est donc important de trier les déchets de chantier en distinguant les inertes, les DIB9, en séparant pour cette catégorie, les produits valorisables des autres, et les DIS10. La place des différentes bennes doit être réfléchie de manière à ne pas perturber le travail sur le chantier. Des filières locales de traitement doivent être identifiées pour valoriser la part la plus importante possible des déchets tout en limitant les coûts de transport. Le personnel de chaque entreprise intervenante doit être formé lors de sa première intervention. ! La réduction des pollutions Les huiles de décoffrage représentent par exemple une source de pollution importante des effluents, soit au niveau du lavage des coffrages avant toute nouvelle utilisation, soit en raison du ruissellement des excédents. La réduction des consommations, l'utilisation d'huile végétale au lieu de l'huile minérale et l'installation de bacs de rétention permettent de limiter cette pollution. Ces différents objectifs de la démarche HQE relatifs à la phase de construction du bâtiment ne pourront être atteints que s'ils ont été pris en compte dans les phases antérieures, de programmation et de conception. Par ailleurs, une phase de préparation du chantier est indispensable pour définir précisément les procédures qui seront appliquées et les moyens disponibles. Cette phase permet notamment d'organiser la communication avec les riverains, d'estimer la quantité approximative de déchets par type et par nature, de trouver les filières locales de valorisation, d'estimer les moyens logistiques nécessaires au tri…. 5. Exploitation du bâtiment Les performances environnementales du bâtiment en matière de consommation énergétique et de gestion de l'eau dépendent étroitement des choix qui ont été fait par le maître d'ouvrage au niveau de la programmation et par le maître d'œuvre au niveau de la conception. Cependant, le rôle des gestionnaires de bâtiments n'est pas insignifiant dans la démarche HQE :
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Déchets Industriels Banals Déchet Industriel Spéciaux

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! D'abord, de manière à susciter l'adhésion des populations, il est important qu'une politique globale soient définie, visant à travailler à la fois sur la propreté des lieux au sens large mais également sur tous les aspects liés à la qualité de la vie dans le bâtiment. Cette cohérence est indispensable pour initier toute démarche collective partagée par l'ensemble des résidents. ! La sensibilisation puis la formation des résidents permet de modifier le comportements des individus. Le facteur humain est déterminant pour arriver à limiter les consommations d'eau et d'énergie et pour mettre en place des collectes de déchets ménagers efficaces. ! La gestion des consommations permet de détecter les dysfonctionnements comme les fuites d'eau par exemple. Le suivi régulier des consommations d'énergie et d'eau est un élément indispensable de la démarche HQE, surtout si les cibles "gestion de l'énergie" et "gestion de l'eau" ont été jugées prioritaires. ! L'utilisation de commandes intelligentes dans les espaces collectifs permet également de limiter les consommations : commandes temporisées ou à détection de présence pour la consommation électrique, programmateurs ou détecteurs d'humidité pour l'arrosage… ! L'instauration d'un dialogue avec les résidents permet de prendre en compte les attentes des habitants, de connaître leurs problèmes et de mettre en œuvre une gestion collective des impacts environnementaux. 6. Démolition ou fin de vie du bâtiment La problématique est ici similaire à celle de la phase de construction du bâtiment (§. 4) : il s'agit de réduire les nuisances du chantier à la fois vis-à-vis des riverains et de l'environnement. Cependant, le tri des déchets prend à ce niveau une importance particulière : les déchets de démolition sont constitués à 60 % d'une majorité de déchets inertes mais, en l'absence de tri, ils doivent être considérés comme des déchets industriels banals et suivre des filières d'élimination réglementaire d'un coût beaucoup plus élevé. Seules des techniques de déconstruction sélective des bâtiments permettent ce tri. Elles limitent les souillures de matériaux valorisables, souillures inévitables dans le cas de démolitions classiques provoquant un mélange pratiquement irrémédiable de l'ensemble des déchets produits. En effet, dans un bâtiment construit, les produits et matériaux sont intimement liés, ce qui rend leur dissociation parfois malaisée. On pourrait également imaginer, dans l'avenir, ajouter dans les objectifs exprimés au niveau de la programmation, des règles de construction favorisant la séparation des différents matériaux au moment de la démolition. Ces préoccupations sont pour l'instant absente de la conception des bâtiments en raison de leur durée de vie très longue. Actuellement, les marchés de démolition sont encore fréquemment passés de façon forfaitaire, sans préciser des moyens mis en œuvre pour le traitement des déchets Des spécifications claires et précises doivent être introduites dans le règlement des appels d'offre, ainsi que des critères additionnels dans le choix des offres, pour faire avancer les pratiques de déconstruction dans un but de valorisation des déchets de démolition. Deux documents11 permettent d'ailleurs de faire progresser les pratiques en matière de démolition : ! l'audit avant démolition (repris dans la recommandation française T2-2000 de février 2001 pour les marchés publics) ; ! la méthodologie de prescriptions et de choix des offres sur la démolition.

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Ces documents ont été édités en 1997 par le METL

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Exemples d'application :

LA RESIDENCE SAINT—EXUPERY A VERBERIE (OISE)

Cette opération, réalisée en 96-97, se situe dans un village proche de Compiègne, dans un quartier résidentiel en limite de commune. Elle propose 64 logements collectifs PLA12 dont 11 "très sociaux", répartis en deux bâtiments limités à trois étages, avec 30 garages. Les deux bâtiments sont orientés est et ouest. Les logements vont du studio au cinq pièces.

Le maître d'ouvrage du projet, la SA HLM Picardie Habitat, a décidé d'adopter une démarche HQE pour ce projet pour deux raisons principales : ! Ce site étant situé à 300 mètres d'un viaduc TGV Lille-Paris et à 2 km de l'autoroute A2, les contraintes à respecter sont importantes : contraintes de site classé et contraintes acoustiques ; ! l'opportunité de l'appel à propositions de "Réalisations Expérimentales de bâtiments à Haute Qualité Environnementale" (REX HQE) lancé, en novembre 1993, par le Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA) à l'attention des maîtres d'ouvrage du secteur résidentiel social. 1. Organisation du projet Le maître d'ouvrage du projet a constitué très tôt son équipe, intégrant l'architecte, un ingénieurconseil en environnement et l'entreprise générale, dans le but d'assurer le management environnemental de l'opération, du début du projet jusqu'à son aboutissement. C'est au maître d'ouvrage d'imposer ses exigences en matière de HQE, de définir les cibles et le niveau à atteindre pour chacune. Cette concertation étroite entre les différents acteurs, et surtout l'implication de l'entreprise générale très en amont du projet, a permis de réduire les malfaçons, et par conséquent les reprises et les travaux supplémentaires. Ces économies sur la construction, dues à une démarche qualité, ont payé les surcoûts induits par la démarche environnementale. Par ailleurs, un partenariat se concrétisant par des échanges réguliers avec l'ADEME, le PUCA et l'Association HQE a permis d'enrichir la démarche et de garantir une certaine rigueur. 2. Le choix des cibles prioritaires Les cibles prioritaires pour cette opération sont : ! La Relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement extérieur : Une démarche bio-climatique dès la conception a permis d'implanter les bâtiments de façon à ce que tous les logements bénéficient d'apports solaires l'hiver et un maximum d'éclairage naturel, tout en préservant le confort d'été. Le choix des orientations a été testé par
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Prêt Locatif Aidé

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simulation informatique. Les espaces extérieurs, et en particulier l'emplacement des aires de jeux et de rencontres ont été traités avec la même attention. Les espaces publics ont fait l'objet d'une étude paysagère ; les porches protégés du vent par des plantations ont été conçus pour favoriser les circulations dans le site. ! La gestion de l'énergie : L'objectif en terme de gestion d'énergie était d'obtenir un label HPE13 4 étoiles. A cet effet, les ponts thermiques au niveau des liaisons avec les murs de façades ont été supprimés grâce à une continuité de l'isolation. L'isolation des parois verticales est faite en laine de verre semi-rigide et non en polystyrène, ce qui permet une isolation thermique et acoustique. Les baies vitrées des séjours ont été équipées de doubles vitrages à face peu émissive. Globalement, l'isolation a été renforcée d'environ 14 % par rapport à ce qu'impose la réglementation. Le chauffage est assuré par un Chauffage Individuel Centralisé (CIC) au gaz à savoir une chaufferie collective avec des chaudières en cascade à très haut rendement et faible pollution. Des lampes basse consommation éclairent les parties communes. Pour les autres cibles, les dispositions suivantes ont été prises : ! Choix des matériaux : Les menuiseries retenues sont en PVC recyclable, les tuiles sont en terre cuite et les peintures utilisées bénéficient du label NF Environnement. ! Gestion de l'eau : Afin de réduire la facture d'eau pour les usagers, le prix de l'eau étant particulièrement haut à Verberie, des chasses d'eau double débit et des réducteurs de pression aux points de puisage ont été installés. ! Gestion des déchets : Les meubles de cuisine et les conteneurs du local technique permettent le tri sélectif des déchets ménagers ; les poubelles sont enterrées et pourvues de couvercles et de dispositifs de sécurité. 3. Exécution Les mesures suivantes ont été prises pour diminuer les nuisances du chantier : ! Les déchets ont fait l'objet d'un tri sélectif de manière à valoriser le plus grand volume possible de déchets de chantier. ! La logistique a été optimisée de manière à diminuer le trafic lié au chantier : approvisionnement, déplacements des ouvriers des différents corps de métiers… ! Le chantier a été entretenu en continu. 4. Exploitation du bâtiment Les logements sont tous occupés depuis leur livraison au premier semestre 97 ; il n'y a pas de vacance et le turn-over des locataires est très faible. Des opérations de communication ont été menées pour modifier le comportement des locataires : organisation de réunions de sensibilisation et rédaction d'un guide. Ce guide explique de quelle façon la Haute Qualité Environnementale a été intégrée à leur bâtiment et à leur logement, comment la maintenir pour garder un environnement agréable et de faibles charges. Il propose une estimation du montant prévisionnel des charges pour les différents types de logements. Pour s'assurer que les dépenses réelles correspondent aux dépenses prévisionnelles, un suivi des consommations et des factures a été effectué. Des différences notables ont été mises en évidence au niveau des consommations (cf. tableau 1 ci-dessous), mais le montant global des charges ne diffère du prévisionnel que d'environ 2 %. Par ailleurs, un questionnaire a été adressé à chaque locataire pour connaître son avis sur le logement, l'environnement des logements, les charges.
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Haute performance énergétique

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L'analyse des 22 réponses obtenues a donné les résultats suivants : ! Ce sont les espaces verts et les aires de jeux qui sont le moins appréciés des locataires alors que tout ce qui touche les équipements, l'isolation, la clarté des pièces et l'ensoleillement apporte généralement satisfaction aux locataires. ! Concernant les comportements des locataires au niveau de la consommation électrique : • Une grande majorité déclare éteindre la lumière quand ils quittent la pièce. • La plupart utilisent la touche ECO des appareils électroménagers. • Plus de la moitié disent faire attention à la consommation d'énergie d'un appareil électroménager avant de l'acheter. • Ils sont cependant encore peu nombreux à installer des lampes fluo-compactes (5/22). ! Concernant les comportements des locataires au niveau de la consommation d'eau : • 17/22 utilisent les deux débits de chasse d'eau dans les toilettes. • 13/22 n'ouvrent pas les robinets à fond et font attention à ne pas tirer l'eau trop longtemps. • 11/22 déclarent faire réparer rapidement les fuites. 5. Fin de vie du bâtiment Un dossier listant l'ensemble des produits et matériaux utilisés pour la construction a été rédigé en vue de faciliter la déconstruction et la valorisation des matériaux. 6. Résultats et perspectives Un des principal objectif de cette opération était la diminution de la consommation des fluides (eau, gaz, électricité) de manière à assurer des charges peu élevées à des locataires de logements sociaux. Le tableau suivant résume les résultats obtenus : Prévisionnelle14 Effectivement facturée Coût facturé (en €)

Consommations individuelles annuelles par logement 5 731 m3 7 183 m3 (soit + 25 %) 396 3 123 kWh 1 876 kWh (soit – 12 %) 310 (abonnement compris) Chauffage au gaz 8 985 kWh 8340 kWh (soit – 7 %) 367 (abonnement compris) Charges collectives Electricité 28 836 kWh 51 € par logement Entretien chauffage 20 € par logement Total 1 144 € par logement Eau Electricité Tab 1 : Consommation de fluides à Verberie Les efforts fournis au niveau de la conception ont permis d'obtenir les labels suivants : ! Label HPE 4 étoiles : Haute Performance Energétique ! Acoustique : note 5 des rubriques Qualitel concernant l'isolement aux bruits extérieurs, aux bruits aériens et aux bruits liés aux chocs. Par ailleurs, il s'avère que les techniques retenues n'induisent pratiquement pas de surcoût quand elles sont intégrées lors de la conception d'un projet. Le prix de revient au m2 de l'opération est de 4 112 FHT SHON15. L'entreprise générale (Spie Batignolles) a reprises la plupart des techniques développées ici dans plusieurs constructions de logements, pour les
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Valeurs indiquées sur le livret d'accueil distribué aux locataires Surface Hors Œuvre Nette

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appels d'offre sur performances et dans les opérations LQCM (logement à qualité et coût maîtrisé) dont l'objectif est l'abaissement des loyers et des charges locatives.

LE LYCEE LEONARD DE VINCI A CALAIS (PAS-DE-CALAIS)
En 1993, la Région Nord/Pas-de-Calais décide de construire ses lycées en intégrant dès l'amont les questions d'environnement pour trois principales raisons : ! La facture annuelle en coût de fonctionnement des lycées régionaux est très importante : l'énergie est le poste de dépenses le plus important puisqu'il représente 65 % du budget de fonctionnement. Le coût de fonctionnement des lycées de la Région pendant deux ans équivaut au coût de construction d'un lycée neuf de 1500 élèves. ! Les leçons de l'amiante poussent à porter une attention particulière à l'impact des matériaux utilisés dans la construction sur la santé des usagers. ! La décroissance de la population lycéenne incite à penser, dès la construction, aux possibilités de déconstruction du lycée ou à son adaptabilité à d'autres usages (habitation, bureau…).

Le lycée Léonard de Vinci a été prévu pour une capacité d'accueil de 1 700 élèves. Il est situé en bordure de la ville, à proximité d'une zone d'habitat social, sur un terrain de 37 400 m2. Il est relié au centre-ville par une ligne de bus.

1. Organisation et engagement du maître d'ouvrage Il est primordial que le maître d'ouvrage affiche ses ambitions en matière de HQE dans le programme, et précise ses possibilités de surinvestissement. Sans cet engagement initial fort, la maîtrise d'œuvre et les entreprises de construction ne pourront afficher des objectifs ambitieux en raison des surcoûts d'études et d'investissement amenés par la HQE. La décision d'engager une démarche globale d'environnement pour les constructions de lycées a été prise par la Région en 1993. Trois des directions du Conseil Régional ont été mobilisées sur ce projet, de manière à assurer une maîtrise d'ouvrage transversale : la Direction de la Formation Initiale et Supérieure, la Direction Environnement-Economie-Déchets, la direction de l'Ingénierie. La Région a également décidé d'avoir recours à une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage pluridisciplinaire intervenant depuis la programmation jusqu'à la mise en œuvre des objectifs. Sa mission a été étendue au bilan après deux années d'exploitation. Cette assistance à maîtrise d'ouvrage HQE, désignée en mars 1995, a consisté, au démarrage, à effectuer un état de l'art national des recherches et réalisations en matière de HQE, les 14 cibles n'étant alors pas définies

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précisément. Elle a eu ensuite à réaliser un programme détaillé pour la qualité environnementale à partir des objectifs de la maîtrise d'ouvrage, puis à veiller à sa bonne réalisation.

2. Le choix des cibles prioritaires Très généralement, les objectifs sont les suivants : une économie des ressources, une pollution réduite de l'air, de l'eau et des sols, une moindre production des déchets ultimes et une réduction des nuisances, une relation satisfaisante du bâtiment avec son contexte de proximité et, un souci de confort et de qualité de vie de ses occupants. Les cibles prioritaires pour cette opération sont : ! La gestion de l'énergie : L'objectif affiché est ici de réduire la facture énergétique de 30 % grâce aux solutions techniques suivantes : - des puits de lumière pour accroître l’éclairage naturel (le facteur de lumière jour peut atteindre 4% dans certains locaux alors que la norme établie par l’éducation nationale est de 1,5%) ; - une éolienne de 150 kW avec une production attendue de 200 000 kWh/an ; - une cogénération avec moteur à gaz de puissance électrique 208 kW et de puissance thermique 323 kW, permettant de subvenir à 50 % des besoins en électricité du lycée ; - des chaudières gaz à condensation ; - des capteurs solaires thermiques couplés à une pompe à chaleur pour l’eau chaude sanitaire (cuisines en particulier) ; - des capteurs photovoltaïques en toiture pour les systèmes d’alarme et l’éclairage de sécurité (production de 5.000 kWh par an soit 1 % de la consommation électrique du lycée). ! La gestion de l'eau : En matière de réduction de la consommation d'eau, les objectifs sont également ambitieux. Les solutions techniques suivantes vont pour cela être utilisées : - chasses d’eau économes ; - toitures végétalisées permettant d’absorber l’eau de pluie et de ne pas engorger le réseau d’eaux pluviales en cas de fortes pluies ; - récupération et filtration d’eau de pluie : l'eau qui ruisselle sur 3 000 m² de toitures est collectée pour aboutir dans un bassin de 200 m 3. Après filtration, elle est utilisée pour l’alimentation des sanitaires, le lavage des sols et l’arrosage des espaces verts. Pour les autres cibles, les dispositions suivantes ont été prises : ! Une relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat : - implantation dans une zone de polders, encore peu urbanisée mais destinée à être aménagée avec une démarche HQE ; - axe vert (chemins piétonniers et pistes cyclables) pour l’accès au lycée ; - local à vélos gardé ; - ligne de bus. ! Le choix intégré des produits et procédés de construction : - analyse du cycle de vie des matériaux : matières premières utilisées, énergie, production d’eaux usées, rejets toxiques, … ! La gestion des déchets d'activités : - locaux pour le tri sélectif des déchets, - système de traitement et d’élimination des déchets chimiques. 3. Conception et exécution

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Le lycée de Calais a été réalisé en procédure de "conception-réalisation", en dérogation de la loi MOP16, associant conjointement le maître d'œuvre et les entreprises dès le début des études. Le choix des prestataires n'a pas été facile en raison de la difficulté à arbitrer entre différents critères : architecture, fonctionnalité, qualité, compétences environnementales et coût. Les matériaux ont été choisis en fonction de leur impact sur la santé et sur l'environnement en privilégiant les matériaux locaux et peu énergivores. Des fiches matériaux ont été introduites pour établir des comparaisons entre matériaux d'usage comparable, en terme d'impact environnemental tout au long de leur cycle de vie (extraction des matières premières, transport, fabrication), et en terme de risques pour la santé (émanation de poussières, de composés organiques volatils…). Plus de 300 fiches ont ainsi été réalisées malgré les réticences des fabricants à fournir des informations sur les impacts environnementaux de leur produits. Suite à ce travail, la Région a maintenant pour projet de concevoir une base de données d'éco-produits en simplifiant les fiches réalisées par l'AIMCC17 (voir § 3 de la rubrique descriptif) et en intégrant de nouveaux produits récemment mis sur le marché et ne bénéficiant pas encore d'avis techniques. Les principaux matériaux utilisés dans la construction du lycée sont le bois, l'acier, des isolants en fibres de cellulose, des briques, des peintures à l’eau, des carrelages en terre cuite, du linoléum à base d’huile de lin et de poudre de liège Enfin, une charte chantier propre pour le tri des déchets de chantier a été établie. Elle instaure le livret d'accueil pour les compagnons et les ouvriers des différents corps d'état intervenant sur le chantier ; elle désigne un responsable général et un responsable par entreprise ; elle permet l'organisation du tri sélectif en cohérence avec les filières de traitement locales. 4. La vie dans le lycée La construction du lycée s'est terminée en 1998. A chaque rentrée, les nouveaux élèves bénéficient d'une séance d'information sur la construction du lycée et ses spécificités environnementales. La qualité de vie dans l'établissement semble satisfaire ses occupants : le lycée subit peu de dégradations et la vie associative y est très développée : ! création d’un « club environnement » et établissement d’une charte de vie scolaire, ! travail des élèves avec les associations du quartier et avec les Amis du Vieux Calais, ! section traitement d’eau au sein du lycée, ! site internet conçu par les lycées. 5. Résultats et perspectives ! Le surcoût en investissement due à la démarche HQE est inférieur à 10 % avec un prix de revient au m2 de 6 324 F. HT SHON18 y compris les fondations spéciales, les VRD19 et les équipements immobiliers. Le budget de l'opération se décompose de la façon suivante : Etudes préalables : Programmation et assistance à maîtrise d'ouvrage Frais de concours : Maîtrise d'œuvre : Travaux à l'entreprise : Divers et imprévus : Total : Tab 2 : Budget de la construction du lycée Léonard de Vinci 3 800 € 228 700 € 487 800 € 2 286 700 € 23 629 600 € 2 446 800 € 29 083 400 €

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Loi 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique Association des Industries de Produits de Construction 18 Surface Hors Œuvre Nette 19 Voiries et Réseaux Divers ≈ travaux hors raccordement

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! Economies de fonctionnement de l’ordre de 20 à 30 % par rapport à un lycée neuf classique : • Eau : économie annuelle de 800 m3 correspondant à la consommation d'eau de pluie ; la consommation par élève s'élève alors à 20 litres par jour. • Electricité : La consommation est de 50 kWh/m2 par an. ! Pollution évitée : Lycée Léonard de Vinci Lycée classique 15 kg/ m2 par an 20 kg/ m2 par an Effet de serre 100 mg/kWh 150 mg/kWh Acidification (NOx) ! Approbation rapide du bâtiment et cadre de travail apprécié par les lycéens, grâce à la forte implication des gestionnaires et utilisateurs. ! Satisfaction de vivre dans un bâtiment de qualité (matériaux « HQE ») d’où image valorisante et rassurante pour la santé des utilisateurs. ! Mise au point d’un référentiel régional calé par l’évaluation détaillée du lycée. ! Création d’une compétence régionale et sensibilisation des acteurs du bâtiment à partir des différentes opérations de construction de lycée menées dans la région et du référentiel

Intérêts et limites L'intérêt principal de la démarche HQE est d'expliciter et de diffuser largement la notion de "qualité environnementale" auprès de tous les acteurs du bâtiments : maître d'ouvrage, entreprises du bâtiments, fabricants de matériaux, architectes, organismes gestionnaires… L'approche proposée par HQE est facilement abordable du fait de la simplicité du cadre de réflexion constitué par les 14 cibles. Elle ne prend cependant son sens que lorsqu'elle se combine avec un système de management. Elle ne traite que du bâtiment, mais son intégration dans un site est visé dans la cible n°1 « relations harmonieuses du bâtiment dans son environnement ». Le concept de HQE, qui permet de situer le niveau d’exigence dans chaque opération en fonction du contexte, n’est pas à ce jour décliné pour l’aménagement ou la construction d’ouvrages, mais ces deux extensions sont envisagées par l’association HQE à brève échéance. Il s’agit d’une approche « environnement » et non « développement durable ». La démarche doit cependant avoir des effets positifs sur l’économie de la construction (dynamisation de filières, image de la profession et recrutement de jeunes, etc.) et sociaux (maîtrise des charges d’habitation, réduction des accidents du travail sur les chantiers, et meilleures garanties pour la santé pour les occupants des lieux notamment). La HQE présente l'avantage d'obliger le maître d'ouvrage à se poser l'ensemble des questions concernant l'impact du bâtiment au moment de la commande, au niveau de l'élaboration du programme. Elle incite également à la concertation entre les différents acteurs intervenants dans la construction, même si l'utilisateur final est encore peu consulté. Il n'est pris en compte qu'au niveau du suivi, pour vérifier que les cibles définies ont été atteintes. Le système de management prévu dans la démarche HQE est une déclinaison pour une opération du système de management environnemental ISO 14001. L’association a publié un guide de lecture de cette norme. Toutefois, le défaut majeur de cette démarche est d’être sous la seule responsabilité du maître d’ouvrage, sans vérification extérieure. Il en résulte sur le terrain des opérations dites HQE mais qui ne satisfont pas à toutes les exigences de la démarche. Cette situation, sans conséquences dans un premier temps où il s’agissait avant tout de solliciter des initiatives, risque de devenir préjudiciable avec le succès même de la formule, qui peut être reprise à bon compte. C’est pourquoi une procédure de certification est en cours de mise au point. La HQE vise à modifier les pratiques actuelles. Dans un premier temps toutefois, devant la difficulté de responsabiliser l'ensemble des acteurs et d'entraîner immédiatement une modification en profondeur des métiers liés au bâtiment, elle fait apparaître de nouveaux intervenants dans la chaîne de valeur de la construction (conseil HQE…). L’objectif est, à terme, de parvenir à une prise en charge de la HQE

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par les acteurs traditionnels, avec des changements dans leurs relations (tout particulièrement entre les architectes et les ingénieurs conseils, dont les pratiques devraient être beaucoup mieux intégrées) Enfin, une des limites principales à la diffusion de HQE est la rupture existante, dans la majorité des cas, dans la chaîne des acteurs, entre la phase de construction et la phase d'exploitation du bâtiment. Les coûts d'investissement et les coûts d'exploitation ne sont pas supportés par les mêmes acteurs, ce qui explique le peu d'engouement des investisseurs à supporter le surcoût engendré par la démarche HQE, puisqu'ils ne se sentent pas concernés pas la diminution des coûts d'exploitation. Des instruments financiers restent à créer pour assurer cette bonne répartition des bénéfices issus des efforts accomplis. Parmi les extensions envisagées, figure une réflexion sur la gestion et l’amélioration continue HQE, ce qui complétera l’édifice. Le points de vue des acteurs :

! La Fédération Française du Bâtiment, extrait d'un discours de Pierre POSSEME, Président du Conseil des Professions
La filière construction dans son ensemble doit répondre à ces nouveaux défis. Encore faut-il que chacun des acteurs de cette filière œuvre dans le même sens, pour que nous puissions fournir à nos clients des bâtiments à haute qualité environnementale, dans une logique « gagnant-gagnant », qui intègre, bien sûr, l’utilisateur final. Chaque acteur « prend » le projet à un certain stade et le fait progresser en disposant d’un degré de liberté plus ou moins important. L’entrepreneur ou l’artisan qui réalise les travaux joue son rôle dans ce processus, en traduisant concrètement la production « virtuelle » des concepteurs. Dans le cas de projets faisant appel à une démarche HQE, nos entreprises ou nos artisans s’interrogent pour savoir comment ils peuvent montrer ou démontrer leur savoir-faire en matière d’environnement. En France, nous avons un système de qualification orienté « métiers », que nous devrons faire évoluer pour prendre en compte l’ensemble de ces considérations environnementales. A cet effet, la FFB réfléchit à un système de formation qualifiante, adapté aux entrepreneurs et artisans de réalisation. De façon plus globale, nous devons nous préoccuper de l’intégration de ces questions environnementales dans les référentiels existants des formations initiales, car il ne s’agit pas de créer de nouveaux métiers mais bien d’acquérir de nouvelles compétences. Dans la démarche HQE, l’accent est toujours mis sur l’optimisation du projet qui se traduit par une augmentation du temps passé pour sa programmation et sa conception, augmentation toute légitime quand on compare ce temps à la durée de vie du bâtiment. Malheureusement, le temps laissé aux entrepreneurs et artisans pour répondre aux appels d’offre lancés selon une démarche HQE, n’a pas évolué. Or, la qualité des réponses d’un point de vue technique, mais aussi économique, est fonction du temps passé à leur préparation : nous devons réfléchir tous ensemble à une meilleure répartition des temps passés. Au delà de la phase de réalisation, c’est pendant sa durée de vie que le bâtiment a l’impact le plus important sur l’environnement. Ce sont alors les entreprises de « maintenance » qui prennent le relais : maintenance des équipements, bien sûr, mais aussi gestion des différents réseaux, entretien du bâti… Se pose alors la question de la transmission des données descriptives du bâtiment et de ses différents équipements. On en vient donc à la notion de carnet d’utilisation ou d’entretien du bâtiment que la loi SRU a introduit. Dans le cadre d’une démarche HQE cet aspect est fondamental, afin que les objectifs de la démarche soient atteints, et surtout maintenus dans la durée. Il est légitime de se poser la question de la performance atteinte par l’ouvrage. Les entrepreneurs et artisans attendent beaucoup de l’application du référentiel définissant explicitement la qualité environnementale des bâtiments et les critères de performances qui y sont

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associés. En effet, si nous voulons valoriser la démarche HQE, il est indispensable que nos clients puissent juger de la qualité des bâtiments qu’ils possèdent ou qu’ils occupent : ils doivent disposer d’éléments clairs et vérifiables caractérisant les performances environnementales de leur bâtiment. La FFB est favorable à une réflexion sur l’étiquetage environnemental des bâtiments, semblable et complémentaire à celui qui concerne les produits et composants. Par exemple, l’affichage qui pourrait également s’appliquer aux bâtiments existants, pourrait concerner, dans un premier temps, les domaines environnementaux suivants : − l’amélioration du cadre de vie (et l’aspect esthétique), − l’amélioration de la santé et de la sécurité à l’intérieur des bâtiments, − les économies de ressources non renouvelables (utilisation de matériaux sains et renouvelables notamment), − la maîtrise des consommations d’énergie, − le traitement de l’eau et les économies d’eau. Se préoccuper de qualité environnementale est un défi pour le siècle qui vient. C’est une logique de long terme qui engage, désormais, l’ensemble des acteurs de la filière construction et, comme pour la qualité, si l’équipe est gagnante, le client sera satisfait. ! Le Conseil Général du Nord-Pas de Calais, Thierry Dillies, Responsable du Service "constructions nouvelles" à la Direction du Patrimoine. La démarche HQE est plus une méthode qu’une découverte. Elle s’attache à organiser la réflexion autour de l’impact environnemental de l’acte de construire dans toute sa diversité. Je pense qu’aujourd’hui il se détache un consensus autour de la méthode et de la définition des cibles. L’application et l’expérimentation de cette démarche appelle quelques réflexions : • Les acteurs : Le constat est le suivant : la maîtrise d’œuvre est, dans notre pays, très éclatée par spécialisation (architecte, bureaux d’études divers, économiste, paysagiste…). La démarche HQE étant par définition transversale, il est très difficile de sensibiliser tous les acteurs sans ajouter un spécialiste de plus. Force est de constater que la culture de ceux-ci et plus particulièrement des bureaux d’études n’est pas très environnementale. La HQE peut alors apparaître comme une contrainte. Un effort de sensibilisation est donc à organiser auprès des différents acteurs de manière à éviter "le spécialiste de plus". Du côté de l’entreprise, on constate que les grosses entreprises se sensibilisent plus facilement. Ce n’est pas le cas des petites entreprises qui manquent d’organisation, de méthode et de moyens. Sur le plan économique une aide logistique vers ces entreprises est souhaitable. • Les grandes étapes : ! Le choix du site : C’est un point essentiel, mais malheureusement ceux-ci nous sont souvent imposés. Pour les bâtiments publics, les critères sociaux sont souvent prioritaires sur les autres. ! Elaboration du programme : Cette étape fondamentale doit aller au delà de la définition des cibles. L'analyse du besoin est essentielle notamment pour ce qui concerne la surface à construire, l’organisation et la disposition des lieux. La bonne définition de ces éléments peut avoir une incidence sur l’impact environnemental d’un projet. ! Conception des bâtiments : En plus de la sensibilisation des acteurs évoquée plus haut, la HQE doit aller au delà du choix d’équipements et de matériaux. Il y a une véritable attente d’intégration de cette démarche à l’architecture. Chez les anglo-saxons, la préoccupation environnementale a généré de nouvelles architectures. Chez nous, ce n’est pas tout à fait le cas.

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! Construction : Le système normatif doit évoluer. Il existe encore trop de freins : contradictions entre les différentes réglementations (incendie notamment) ,absence d’avis technique sur certains produits innovants, mauvais étiquetage des produits… ! Utilisation : Dans les bâtiments publics, c’est un véritable problème. Les systèmes sophistiqués nécessitent des contrats d’entretiens coûteux et des compétences particulières. Il est par ailleurs difficile de maîtriser la provenance et la qualité des produits d’entretiens . Le comportement des usagers est souvent contre productif au regard de l’utilisation d’équipements complexes de gestion des énergies. A cet égard les systèmes passifs sont beaucoup plus performant dés lors qu’ils tiennent compte des comportements humains.

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Le Président de l’association HQE, Dominique Bidou,
La HQE est encore une pratique récente, qui souffre d’une faiblesse de communication sur ce quelle représente, et d’une insuffisance de compétences professionnelles disponibles. Démarche originale, elle revêt un caractère hybride où se mêlent du management, base de la démarche, et une description fine de la qualité recherchée, qui doit permettre au maître d’ouvrage de fixer le niveau d’exigences en des termes objectifs. Elle exige du maître d’ouvrage une sensibilisation réelle, et une volonté de parvenir à la qualité environnementale. Des compétences sont nécessaires pour y parvenir, qui doivent être mobilisées très tôt, dans la phase d’élaboration du programme. Le coût de l’opération n’est pas constitué de la même manière, et un effort précoce est demandé. Les premières opérations montrent qu’un retour d’investissement est à attendre par la suite. La HQE a donc plus de possibilités d’extension, dans un premier temps, dans le secteur tertiaire que dans l’habitat, où les règles de financement sont plus rigides. Il conviendra également de revoir la démarche HQE pour l’adapter au cas des petites opérations (cas de la maison individuelle, qui représente les deux tiers des constructions de logements neufs aujourd’hui).

Pour en savoir plus : Documents : 1. Définition explicite de la Qualité Environnementale des Bâtiments (QEB) : le référentiel "DEQE20" (novembre 2001) téléchargeable à partir de http://www.assohqe.org/ 2. Définition du système de management environnemental pour les maîtres d'ouvrage d'opération de construction et d'adaptation de bâtiments téléchargeable à partir de

http://www.assohqe.org/
3. La construction des bâtiments à Haute Qualité Environnementale publié par le Centre d'Ecodéveloppement et d'Initiative sociale (CEDIS) et Limousin Ecologie, 2000, 85 p. 4. Actes du colloque Bâtir avec l'environnement, organisé par le PUCA, le CSTB et l'Association HQE le 9 mars 1999, collection "Recherches" n° 111. 5. Bâtir avec l'environnement, Bilan des réalisations expérimentales à Haute Qualité Environnementale, réalisé par le PUCA et la CSTB, 199, 95 p. 6. ATEQUE, 5 ans de travaux, Collection "Recherches" n° 109, PUCA, 1999, 110 P; Contacts : ! Association pour la Haute Qualité Environnementale des bâtiments 3, Villa d’Orléans, 75014 PARIS Tél: 01 40 47 02 82 Fax: 01 40 47 04 88 Mél : colette.joseph@assohqe.org Site internet : http://www.assohqe.org/ " Plan Urbanisme Construction, Architecture (PUCA),
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Définition Explicité de la Qualité Environnementale

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Arche de la Défense, Pilier Nord, 92 055 Paris-la-Défense Cedex 04 Tél: 01 40 81 92 88 Fax: 01 40 81 24 46 " Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, A avenue du Recteur Poincaré, 75 782 Paris Cedex 16 Tél: 01 64 68 84 36 Fax: 01 40 81 24 46 " ADEME, Route des lucioles, Sophia Antipolis, 06 565 Valbonne Cedex Tél: 04 93 95 79 00 Fax: 04 93 65 31 96

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