Maurice Alliot

La fête égyptienne du couronnement du roi, au temple d'Edfou, sous les rois Ptolémées
In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 92e année, N. 2, 1948. pp. 208219.

Citer ce document / Cite this document : Alliot Maurice. La fête égyptienne du couronnement du roi, au temple d'Edfou, sous les rois Ptolémées. In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 92e année, N. 2, 1948. pp. 208-219. doi : 10.3406/crai.1948.78254 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1948_num_92_2_78254

et quatre au registre moyen de la muraille. ___ L'étude des scènes gravées aux murs des temples d'Egypte peut encore réserver une trouvaille à celui qui l'entreprend. à droite et à gauche de la ligne médiane du mur. tomes XX-XXI). M. Chacun d'eux comprend d'un côté les personnages. COMMUNICATION LA FÊTE ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU KOI. Il fait observer que toute l'Egypte a dressé et élevé des oiseaux vivants. là où ce mur passe derrière le temple. A".208 COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS demande si l'on peut comparer ce rite avec celui de Zeus Ammon. Les figures sont groupées symétriquement. de l'autre un long texte gravé en colonnes. AU TEMPLE D'EDFOU. Alliot répond qu'on trouve le même rite en Haute Egypte.A. si on le compare aux personnages humains qui l'entourent. M. René Dussaud demande quel était le rapport entre ce culte d'Edfou et l'intronisation du roi.O. PAR M. C'est un oiseau rapace de grandeur naturelle. MAUK1CE ALLIOT. Les huit tableaux se touchent. Le culte cTHorus à Edfou au temps des Ptolémées. au centre de huit de ses bas-reliefs. Il est dépourvu de tout signe qui puisse faire recon naître en lui une image de divinité. Il y a quatre tableaux au registre inférieur. J'ai eu cette chance. . Le nombre des colonnes de chaque tableau d'en dessus cor respond à celui des colonnes du tableau d'en dessous. Il est debout sur ses serres. Tout 1. il est imposs iblede ne pas remarquer une même figure. Il a les ailes au repos. à l'impression depuis mars 1946 à l'Institut français d'Archéologie orientale au Caire (Bibliothèque d'étude de l'I. 920 pages environ en 2 vol. M. en rassemblant les matériaux de mon ouvrage sur le culte cTHorus à Edfou {. SOUS LES ROIS PTOLÉMÉES.F. Alliot.. Quand on se place devant la paroi intérieure du mur d'en ceinte.

Leur disposition est différente de celle que je viens de dire.LA FÊTE ÉGYPTIENNE. DU COURONNEMENT DU ROI 209 a été mis en place d'un seul coup. Dans quel ordre alors examiner les scènes. au temple d'Edfou. comme ailleurs. Les noms royaux des « cartouches » indiquent cette époque : le premier règne de Ptolémée VIII Sôter II. Seul jusqu'ici avant Chassinat. puis revenait a son point de départ. Je me plaçai cependant dans l'hypothèse d'une fête. Il avait fait plus. et grand-dieu-auplumage-moucheté . en tant -que roi de Haute et Basse Egypte sur la façade de palais. Il avait compris qu'une procession sor tait du grand temple pour s'arrêter en un autre édifice situé en dehors. Certains ensembles de tableaux. a gauche de l'entrant. de la ligne centrale au fond du sanctuaire. axé comme celui-ci de part et d'autre de la ligne médiane du temple. L'action part du premier bas-relief gravé au bas du mur. chaque fois qu'elles montent d'un registre. puis reviennent en arrière jusqu'à l'en trée pour repartir vers cette ligne. Mais il avait reculé devant l'obligation de supposer qu'il existait 1948 . décrivent des fêtes. à la même hauteur. me sembla pouvoir servir de modèle. On y trouve les gestes successifs de 1 officiant devant le tabernacle. dans les Ilieroglyphische Inschriften qu'il publia en 1879 à Vienne. deux par deux. le Lathyre des Alexandrins (11 6-106). Von Bergmann avait copié une partie des textes de ces tableaux. Il avait reconnu la portée du du passage qui commence par : Cérémonial de consécration du faucon Ame-vivante-de-Bâ. le déroulement de la litur gie Le dispositif du service journalier dans le « sanc ? tuaire des barques ». à une même époque. en traduisant les neuf dernières colonnes de la grande inscrip tion troisième tableau. Les scènes s'approchent ainsi. La scène sui vante fait pendant a droite. je reconnus 1 ensemble delà fête pro cessionnelle à peine entrevue par Von Bergmann. afin d'y retrouver. Examinant dans cet ordre les huit tableaux groupés au tour d'un oiseau vivant. 14 . par les mêmes hommes.

Choix et consécration du nouveau roi. le roi-enpersonne — c'est le titre que porte l'officiant principal — ouvrait le naos de granit noir. et je m'abstiens pour cette raison de toute hypothèse basée là-dessus. s'il avait osé passer d outre. Sévérité envers soi-même. . « d'un fau con sacré. Aussi puis-je. Préparé par l'étude générale des cérémonies du temple. toujours respectable même en cas d'échec ! Von Bergmann aurait peut-être découvert il y a soixante-dix ans l'existence d'une fête de couronne mentun faucon vivant à Edfou. il prenait l'idole d'Horus dans ses mains. sans porte. Hieroglyphische Inschriften. Dans le « sanctuaire des barques ». dont la toiture était soutenue par quatre colonnettes sculptées en forme de tiges de papyr us. à laquelle notre texte pourrait peut -être donner occasion » *. les officiants et cérémoniaires. note 2. ne m'est pas connue par les textes. et qui jouerait un très grand rôle dans la vie du temple. écrit-il en note. 31. vous présenter la reconstitution suivante de la fête. figu rait un roi d'Egypte à tête de faucon. les desservants des chapelles. Après le cérémonial habi tuel. assis sur son trône. en bois recouvert d'une feuille d'or. les prêtres porteurs d'images saintes. de petite taille. jamais signalé par les écrits anciens. avant tout autre. vivant dans ou à côté du temple d1 Edfou. Les quatre faces étaient fermées d'un voile de lin fin. j'ai abordé l'ensemble du mur nord avec plus de sécurité. Six prêtres porteurs présentaient alors une litière : celled' là même qui donne au lieu Edfou son nom sacré de Litière d'Horus. Von Bergmann. Cette chaise divine n'est pas hissée sur 1. « L' existence ».210 COMPTES RENDUS DE l'aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS à Edfou un culte de faucon vivant. coiffé du pschent. A l'aube du premier jour du mois de tybi. Le prêtre déposait la statue dans un léger pavillon. I. p. et tout le haut clergé entraient au temple. Cette image.

et qui seuls entrent aux sanc tuaires. c'est-à-dire très lentement. L'eau consacrée des aspersoirs mouille les nattes et les dalles du chemin du dieu. l'officiant principal joue le rôle du roi d'Egypte. Un soliste lance phrase à phrase la psalmodie. On traverse le pronaos aux colonnes massives. Ils jouaient le rôle des divinités de Bouto. Ils étaient les «puissances divines» de Nekhen.LA FÊTE ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU ROI 211 l'épaule. les enseignes des dieux dont les statues sont dans le temple. Ce sont les images des divinités du temple. Viennent ensuite les princes du clergé local. En tête un long groupe de prêtres tenant en mains. On débouche dans la grande cour du temple. il se tourne k demi pour encenser la statue. Devant la litière d'Horus. On s'avance comme le prescritle rite. Ceux qui marchaient entre les brancards d'arrière portaient un masque de loup. On sort peu à peu des sanctuaires obscurs. Quand la procession se met en marche. Elle est tenue au bout des bras pendants le long du corps. que les assistants reprennent en chœur. qui accompagnent leur roi divin. avec le cérémoniaire en chef. où le soleil levant tombe déjà sur . « en marche froide ». Derrière le groupe des porteurs vient le reste des prêtres purs d'Edfou. comme ces chaises à porteurs ordinaires au temps du vieil empire memphite. au bout d'une hampe. Le cortège de la procession s'organise. La fumée de l'encens. grand maître des prières et des chants. de la résine de térébinthe. avec deux barres de portage ou même plus. Beaucoup portent à deux mains devant eux un petit naos de bois stuqué et peint. Des porteurs d'éventails en plumes d'autruche ferment le cortège. l'ancien sanctuaire dynastique des rois du delta. éclairés par des cierges. monte par bouffées. qui vivent selon la règle. métropole religieuse des rois primitifs de la vallée. Les prêtres de devant portaient un masque de faucon. fermé d'une porte. comme les grandes litières construites en forme de barques.

On tourne vers la gauche. Ce vestige unique est un autel. sont tracées des scènes de culte.212 COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS le portique intérieur. ou perché sur le nœud de jonc et de papyrus qu'on liait au cours des sacres des rois d'Egypte. Un mur de brique crue enclôt de ce côté tout l'angle sud-est du terrain d'Horus. On ne connaît aujourd'hui qu'un ves tige de ce monument. Des mai sons qui dominaient le terrain sacré dès cette époque. Les blocs ont été trouvés non disjoints. l'autel est encore au lieu même où il se trouvait dans l'antiquité. On franchit la vaste porte au centre du pylône. beaucoup plus petit que le temple principal. Dieu lui-même. où plusieurs kiosques de pierre servaient de reposoirs à d'autres processions. apercevoir en contre-bas le temple du faucon. s'élève. au temps où l'on gravait les scènes du mur d'enceinte. va désigner l'héritier qui s'assiéra à sa place sur le trône d'Egypte. . que les sculpteurs commençaient à décorer sous Sôter II. Les quatre plus importantes font voir un faucon vivant debout sur ses serres. Le cortège d'Horus se masse peu à peu devant cet autre temple. dont manque le tiers supérieur. au tour du grand temple. On traverse le parvis. La litière divine s'arrête en face du portail central. car des maisons modernes en oc cupent le site. fait de plu sieurs blocs taillés et ajustés. semble-t-il. comme un roi de la terre au bout de son règne. Les porteurs de naos se groupent devant cette litière. Chacun des assistants connaissait le sens de ce qui allait se passer en cet endroit. et l'on pénètre dans une enceinte. un monument vieux de quinze siècles. un temple. on pouvait. Par conséquent. La foule des pèlerins et des fidèles reste en dehors de la cour. Sur ses quatre faces. ou « maison du faucon-vivant ». Derrière une cour. et l'on s'avance entre les deux obélisques aujour d'hui disparus. recevant l'adoration. mais que les textes anciens décrivent. qui cache l'image la plus sainte du dieu suprême. distincte de celle du grand temple. C'est le « maoual du roi Ménibré».

administrateur au temple d'Horusà Athribis. Tel jadis. quand ils mouraient. Quand son porteur le présentait devant le dieu. Un cérémoniaire scande à voix haute les noms des grandes divinités d'Edfou. à Edfou. tenant les brancards en main. un prêtre. . L'officiant en chef. Chaque fois. au centre de la baie. le roi régnant désignait son héritier en le prenant dans ses bras. dans les offices d'investiture à la cour pha raonique. à l'époque de SeptimeSévère. Nous connaissons ainsi avec quels soins. les nourrissant avec des soins minutieux. Au temps où le premier Ptolémée ne portait que le titre de satrape. au centre de la salle large. Ils s'arrêtent. Alors les prêtres fauconniers attachés au temple entrent l'un après l'autre dans la salle. La description qu'il en donne est de la plus vivante précision. Elien de Préneste semble avoir vu lui-même des élevages semblables en Egypte. mais à un autre lui-même. l'éloge de son zèle pieux. a fait graver sur sa statue. l'une après l'autre. « Dieu est venu à son âme». Désormais. selon l'usage égyptien. la chaise du dieu d'Edfou. Ils ont élevé ces faucons depuis le nid. tournés v^rs le portail. on préparait pour la sépulture les faucons élevés en vue du choix divin. Les porteurs introduisent Horus dans le temple du faucon. Chacun d'eux tient un grand rapace au plumage fauve moucheté de brun. ((serviteur du faucon». A Edfou. L'appel infructueux se termine. que le Maître du ciel veut communiquer son pouvoir. réceptacle de l'esprit d'IIorus sur terre. se tient debout en face du dieu. guidée par ses porteurs. le naophore du dieu i nvoqué s'avance vers la litière. la litière et sa sta tue se dirigeaient vers lui.LA FÊTE ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU ROI 213 Dans un profond silence (le texte prend soin de l'indi quer) commence le rite de F « appel ». comme mues par une force surnat urelle. La nature d'Horus réside dans le faucon-vivant. esquisse un mouvement de recul. Ce n'est pas à un dieu différent de lui. A chaque appel. un oiseau chaque année était destiné à être le fau con sacré.

par un escalier à pente douce. au pied de la montagne thébaine. en légère saillie. sculptées et peintes. Ses faces latérales. Alors une acclamation rompait le silence. Ce perchoir a la forme d'un cube. que les bas-reliefs montrent. 11 est fait de bois. en arrière du mur. II. ouverte dans le mur qui sépare le palais royal de la cour du temple funéraire de Ramsès III. Couronnement et protection du nouveau roi. devant l'idole d' Horus. les paroles de . Les actes sont décrits . En arrière du mur est bâtie une chambre de pierre. dominant la cour où les attendaient les prêtres naophores des dieux d'Edfou. Horus venait d'introniser un autre lui-même comme roi d'Egypte. 1' « idole-vivante ». probablement. somptueusement ornée. nous savons que l'intérieur en était revêtu d'une feuille d'or fin. Montant vers la loge. une de ces loges existe encore. Son pavillon dévoilé montrait en pleine lumière l'idole d'Horus et le faucon-vivant. Les deux personnes divines font face vers l'avant : l'image matérielle semble présenter la bête vivante. une loge royale du couronnement. figurent la façade d'un palais royal très ancien : larges portes. Des cris de joie montaient. A partir de ce moment. comme on dit. la litière divine apparaissait. A Médinet-Habou. encadrées de saillants et rentrants verticaux du haut en bas de l'édifice. Par le « grand papyrus Harris ». Puis l'oiseau-roi est placé dans le pavillon de la litière. la documentation change. Jus qu'ici le cérémonial gravé au mur du temple d'Edfou a four ni nombreux détails. Il existe. Un cérémoniaire pro clamait les noms de couronnement. tout au long des cérémonies. C'est une baie ouverte.214 COMPTES RKNDUS DE l'aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS On dépose alors le rapace. Les porteurs se mettent en marche. munie d'un balcon large et bas. vers le dieu-roi renouvelé. de ses sujets. sur une sorte de socle. à mi-hauteur des murs qui entourent la cour du temple-palais.

L'acte essentiel du rite est une longue incantation. les prêtres assistants. En elle. l'idole d'Hathor. Car Hathor est la Nouvelle Année elle-même. en son pavillon dévoilé et posé sur un socle. L'office d'Hathor terminé. par leur enchaînement. L'offi ciant en chef. C'est Voffîce d'Hathor. à la fois âme de Bâ et fils de Râ. . présents au temple. La procession se forme dans la cour du temple du fau con. Les por teurs masqués traversent le vestibule monumental sans s'y arrêter. brûle de l'encens vers Horus et vers elle. contre tout mal pendant l'année de règne qui commence. jalonnent l'action liturgique. attend l'arrivée des « deux-dieux ». Dans le pavillon de la litière résident désormais les symb oles d'un dieu unique en deux personnes. de donc du même coup le roi humain de l'Egypte.LA FÊTE ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU ROI 215 ne sont pas précisées. sous forme de litanie. Elle suit en sens inverse le chemin déjà parcouru. dans la salle large du cou ronnement. aucun danger n'atteindra les deux rois. la muraille a conservé de longs extraits des livres : hymnes chantés. et vont déposer leur litière en face d'elle. le dieu et l'homme. récitations psalmodiées. « rubriques » pour les gestes des officiants. C'est le moment que les hiérogrammates ont choisi pour décorer les deux tableaux à l'ouest et à l'est du rang inférieur des bas-reliefs. la figuration divine se modifie. L'intention dogmat ique la fin de la litanie est de protéger le faucon-vivant. debout devant Hathor. A présent le cérémonial se fait plus bref. Ces symboles traduisent aux yeux de tous la nature théologique de la divi nité suprême d'Edfou. mais les tableaux eux-mêmes. La récitation est menée par les cérémoniaires. et soutenue par tous. Au centre du grand temple. L'intention dogmatique du début de la litanie est de faire que le roi d'Egypte et le faucon-vivant deviennent un seul être. psalmodiée devant la déesse. Au lieu de nous décrire les actes.

selon le terme égyptien. vient prendre place à côté de celle d'Hathor. 3° Quatre fois de suite. toujours éternelle et toujours nouvelle à la fois. en ce point culminant de la fête. Les deux personnes du dieu d Edfou s'opposent Tune à l'autre. comme on faisait chaque matin pour l'idole dans le « sanctuaire des barques ». Au milieu du jour. On célèbre cette éternité par un nouveau cantique. elle est aussi Râ renouvelé. L'officiant principal est debout derrière l'oiseau-vivant. déposée sur un autre socle. le change ment conception est remarquable. avec le faisceau des tiges. et l'on offre la figurine d'or du dieu « éter nité». Il fait face au sanctuaire du temple. où les corolles des fleurs alternent. 2° On élève des rameaux de saule en l'honneur du soleil de midi. elle se déroule d'après le symbolisme matériel d'une journée solaire. La statue d Horus ne de représente plus seulement la première personne du dieu d'Edfou: Rà conservé. Quant à l'ordonnance de l'office. C'est Yoffice du couronnement. celles dans les temples de qui l'on couronnait des rois : Râ d'Héliopolis. La statue d'IIorus. .21-6 COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS Le faucon-vivant reste posé sur son perchoir royal. au contraire. On tient ces bouquets pour les dons des grandes divinités de l'Egypte. « accroi ssement d'âme » pour le dieu lui-même dans l'univers en tier. on offre des bouquets. Dieu est considéré en son essence unique. Ce qui est « couronnement » pour la bête divine est. Horus et l'oiseau consacré ne font qu'un. 1° On sanctifie l'oiseau-vivant et la statue par une onc tion d'huile. L'hymne chanté prend comme thème l'unité du dieu renou velé et du faucon-vivant. qui ce matin intronisa le fauconvivant. Il correspond aux deux tableaux centraux du rang inférieur des bas-reliefs. les unes au-dessus des autres. Autrement dit. en service journalier. le dos tourné au sanctuaire. da-ns le pavillon de la litière. Au point de vue théologique.

entre au sanctuaire. gravé aux deux tableaux ouest et est du rang supérieur des bas-neliëfs. sur l'autre lit funèbre. jusqu'à son coucher sous la protection d'Hathor. puis des pièces de son vêtement. elles sont aussi. devant le grand naos de granit noir du fond. de ses amulettes. de ses onctions d'huiles parfumées. qui va le . deux déesses d'apparence humaine. depuis le zénith de sa puissance terrestre. le premier rôle dans cet office de la garde du dieu. On dépose le dieu d'Edfou trônant. est installé en avant d'Horus. Amon de Thèbes. toujours portée par les Esprits de Bouto et Nekhen. Les cantiques expriment l'hommage de ces dieux au Soleil qui plane en roi de l'univers. Ce sont les trônes protecteurs des rois de Basse"et Haute Egypte. sur les bas-reliefs. La litière des deux-dieux. le premier cérémoniaire lit les exorcismes. puis transportée dans la pénombre des salles hypostyles. On ouvre les portes du « sanctuaire des barques ». Les montants latéraux de ces lits figurent des lionnes debout (la tombe du roi Toutankhamon. Le faucon-vivant. jusqu'à son entrée dans l'autre monde sous celle d'Atoum. Il s'agit du diadème du roi. Deux lits funèbres y sont dressés l'un derrière l'autre. commencée dans la lumière du soleil levant. par exemple. au-dessus de l'office d'Hathor. Elles jouent. va s'achever dans l'obscurité éclairée de cierges. L'officiant en chef manipule les objets. sur le lit funèbre du fond. debout derrière les lits. à face découv erte. au cœur du temple. perché sur son palais royal. du voile noué d'un nœud au sommet.LA FÊTE ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU KOI 217 Ptah de Memphis. Au milieu de l'après-midi commence la dernière phase des rites. Alors se déroule un service complexe. Les deux idoles reprennent donc l'attitude qu'elles gardent dans la litière en marche. où les idoles ont repris leur place. L'image d'Hathor suit. Quant aux divinités léonines. C'est Y office de protection du roi. La journée du faucon. dans son taber nacle. contenait des lits semblables). avec Hathor.

On habille et on pare la statue en vue de son passage à travers l'autre monde : c'est une fête-sed royale célébrée pour le dieu-roi. Il l'élève sur ses mains devant les deux-dieux. III. Puis on prépare le retour du dieu vers le monde des vivants. Le faucon-vivant est devant lui : tous deux font face aux officiants. Le chœur chante le dernier hymne : il exalte l'union du faucon avec Horus renouvelé. idole vivante et idole vraie. C est Y offrande des aliments. On évoque chaque puissance par ses attributs particuliers. tandis que le cérémoniaire invoque Hathpr protectrice. Installation du koi dans son palais. en tou chant d'une goutte de lait la bouche de la statue. Offrande alimentaire. retrouvent une dernière fois . La voix du soliste y alterne. On termine par une louange à toutes les divinités de l'univers. On protège ses approches : le sol du sanctuaire. avec les répons des prêtres officiants. par versets. dernier chapitre du service au grand temple.218 COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS . On place la statue d'Horus dans son naos de pierre. en dénouant le nœud du voile. Elle occupe les deux tableaux centraux du registre supérieur. tandis que le cérémon iaireet les autres prêtres psalmodient le cantique de pré sentation. Comme en service journalier. Les deux-dieux. en faisant l'échange de leurs noms. l'officiant en chef reçoit un plateau garni de pains et de pièces de viandes choisies. les lits funèbres et l'atmosphère même qui les entoure. et fait « saisir au dieu ses aliments dans le parfum de l'encens ». au-dessus de l'office du couronnement. couvrir en entier. puis on l'assimile au dieu d'Edfou. Puis il prend le vase à feu et la résine aromat ique. dont la porte reste ouverte. L' « idole-vivante » et l'idole véritable quittent alors leurs lits funèbres. C'est la fin d'une longue journée de fête. L'office se termine par une conjuration de tous les dieux gardiens d'Horus.

. on ferme le temple pour la nuit. venait d'ap porter aux hommes un an de vie et prospérité 1. 2f>2r27.LA FÈTR ÉGYPTIENNE DU COURONNEMENT DU KOI 219 leur siège sous l'e pavillon de leur chaise à porteurs. tome 31 = tome 14 (1934). planches photographiques 552 a 559. 1. p. saluée par les cris de joie des fidèles. paru dans The Review of Politics. On mangeait et buvait au bruit des chants et des danses rythmées par le battement des tambourins : parce que le Maître du pays avait rajeuni son pouvoir .. La procession les entoure. au mois de ramadan. LIVRES OFFERTS S. Les porteurs déposent la grande image dans le sanctuaire obscur. sort du grand temple. La fête n'était pas terminée : elle se renouvelait pendant cinq jours de suite. se remet en route vers sa demeure. tome 6 (1931). image du soleil et vrai roi d'Egypte. atteint le temple du faucon. Le prêtre « serviteur du fau con » élève les offrandes et brûle l'encens pour le ^rapace divin. seule comme au matin dans sa litière.. La fin du premier jour marquait le terme des observances de « veille de fête » : le rituel d'Edfou nous l'affirme. \93-104. Puis la statue d'Horus. n° 3 (July 1947). intitulé : The Holy See and the Byzantine Church and Empire. Les nuits qui allaient venir étaient pour tous un temps de réjouissances. 297-309. 143-1X7. comme elle le fait encore aujourd'hui. B) Tableaux : Ibid. parce qu'un faucon nouveau. quand la nuit tombe. tome 23 = Chassinat. le Cardinal Tissehant dépose sur le bureau un article dont il est l'auteur. on v installe la « bête sacrée d'Harakhthès ». Après un dernier salut. La foule se répandait dans la ville. Era. 9. Le temple d'Edfou.'. vol. Les documents utilisés par l'auteur dans la 5e partie de son ouvrage : Le culte d'Horus à Edfou au temps des Ptolémées sont publiés dans : A) Texte : Mémoires publiés par les membres de la mission archéologique française au Caire. On entre au sanctuaire.

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