Les infrastructures, une nouvelle inquiétude

Le Ministère de l’Agriculture et du Développement rural a obligé, faute de capitaux domestiques, a cessé d’en injecter, le 15 mai aux 18 ouvrages hydroélectriques. Cet événement révèle que le manque de fonds destinés à développer l’infrastructure constituera un défi majeur dans l’avenir. Selon les experts de la Banque mondiale, les APD (Aides publiques au développement) représentent 37%, les capitaux budgétaires 11%, les obligations du gouvernement 14%, (soit 62% des fonds d’investissements dans les infrastructures). Les prévisions de ces experts soulignent que le Vietnam ne bénéficierait plus, dans quelques années (2010 – 2013), de crédit à taux préférentiel, à son rythme de croissance. C’est pourquoi, il est préférable que le Vietnam cherche et développe, dès maintenant, des fonds alternatifs, d’après Christian Delvoie, Directeur d’infrastructures pour la région de l’Asie de l’Est et Pacifique de la Banque mondiale. Sans piste, sans décollage Les Chinois ont un dicton : « il faudrait construire des routes pour faire fortune », et la réalité l’a prouvé. Selon l’estimation de la Banque mondiale, le réseau routier du Vietnam a doublé, de 1990 à 2005, mais il ne répond pas suffisamment aux besoins. Selon son rapport, le Vietnam a connu, au cours de la dernière décennie, une telle forte de croissance grâce aux taux d’investissement de l’infrastructure représentant de 9 à 10% une très grande proportion par rapport à celle du monde. Toutefois, les infrastructures ne contentent pas des entreprises et des habitants. D’après une étude menée par la Banque mondiale sur l’environnement d’investissement, près de 20% des entreprises font savoir que l’insuffisance d’infrastructures constitue un grand obstacle pour leur développement, plus de 40% soulignent que l’amélioration du réseau routier et électrique sera la plus profitable. Le défi financier Avec l’hypothèse d’une croissance de 7 % du PIB par an, les plans d’aménagements et des prévisions de ce secteur, pour la période de 2005 – 2010, montrent que des capitaux d’investissement dans les infrastructures représentent annuellement 14, 4% du PIB du

Vietnam, soit une augmentation de 2% par rapport à la période précédente. Si l’on se base sur le PIB en 2005, 2% de PIB valent 15 256 milliards de dôngs, soit 966 millions de dollars. Outre l’institution financière extrabudgétaire, des titres ont été émis par le gouvernement pour réaliser des projets d’infrastructures. Cependant, la réglementation relative à l’émission des titres des villes et des provinces contient des ambiguïtés. Par exemple : des échanges de taux d’intérêts des obligations sont fixés, en principe, par le Ministère de la Finance, pas par des localités. A l’heure actuelle, des fonds locaux d’investissement pour le développement ont été établis dans les 13 provinces et jouent un rôle de plus en plus important dans l’infrastructure locale. Il faudrait pourtant renforcer la gestion et la transparence de ces fonds. De plus, les dépenses budgétaires locales ne sont pas convenables aux projets d’envergures, surtout dans de petites provinces. À cause de la concurrence, les projets des provinces voisines s’empiètent les uns sur les autres. Selon l’étude des bailleurs de fonds, il serait très dur de rehausser le taux d’investissement. Il ne conviendrait pas d’y penser car la mobilisation des ressources et la transparence des projets actuels constituent déjà un grand défi. Le Vietnam, comme d’autres pays régionaux, devrait donc mobilier davantage des capitaux privés pour développer des infrastructures et alléger le fardeau des investissements publics en même temps libérer des fonds aux autres domaines. Ce fardeau sera partagé par des consommateurs qui apporteront de nouveaux fonds en payant des frais de services et en contribuant aux recettes futures. Actuellement, la participation du secteur privé à plusieurs domaines (routes, énergie, aviation, alimentation en eau potable, télécommunication…) reste limitée. À cause des formalités foncières et administratives très compliquées, des tarifs irréalistes fixés par l’Etat, de l’hésitation de l’Etat dans la définition des secteurs à 100% capitaux publics. Les spécialistes ont estimé qu’il serait très difficile d’enregistrer une forte flambée des capitaux privés investis dans les infrastructures à court terme. Il faudrait que le gouvernement détermine les projets de première priorité pour améliorer l’efficacité de la répartition de ressources.