ARGUMENTAIRE D'AGIR POUR L'ENVIRONNEMENT POUR REPONDRE A LA CONSULTATION PUBLIQUE EUROPEENNE SUR LES COMBUSTIBLES FOSSILES NON CONVENTIONNELS DONT LES GAZ DE SCHISTE
 
rédaction : Sophie Bordères, coordinatrice de campagnes
 
« Cette consultation par internet fait partie des mesures prises par la Commission européenne en vue de consulter toutes les parties concernées et le grand public sur ce sujet. Nous souhaitons connaître votre avis sur un certain nombre de questions importantes. »
 Agir pour l'environnement a répondu à ce questionnaire (qui ne prend qu'une dizaine de minutes) et vous propose un décryptage et un argumentaire permettant de dire non à l'exploitation des gaz et huiles de schiste en Europe, quelque soit la technique utilisée. Vous trouverez ci-après les réponses que nous avons apporté ainsi que les arguments qui nous ont poussés à répondre de cette manière.  ________________ 
 2. Perception générale des gaz de schiste en Europe
 Réponse d'Agir pour l'environnement «
Je pense que les gaz de schiste ne doivent en aucun cas être exploités en Europe
 » Les contraintes climatiques actuelles nous obligent aujourd'hui à réduire nos émissions de gaz à effet de
serre. Le fait d’exploiter des gaz de schiste (quelque soit la technique utilisée) ouvrirait la porte à une ruée
vers une énergie non renouvelable et donc fossile qui
ne ferait qu’accroître nos émissions de CO2. Cela
serait contraire à l'engagement qu'on pris les États à agir pour ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d'ici à la fin du siècle. 3.
Principales opportunités et défis
 Indiquez pour chaque proposition le niveau de bénéfices que vous attendez de l'extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par exemple le gaz de schiste) en Europe Réponse d'Agir Pour l'Environnement (à toutes les questions de cette partie)
 « Pas de bénéfices »
 
Diversification du bouquet énergétique
 Ce n'est pas en exploitant les gaz de schiste,
qui ne sont qu’une nouvelle source d'énergie… fossile
, qu'il sera possible de diversifier le bouquet énergétique mais plutôt en se tournant vers les énergies renouvelables et en favorisant la recherche et le développement de ces énergies non nocives pour l'environnement, au lieu de continuer à puiser dans nos ressources naturelles et à développer des énergies climaticides.
Réduction des coûts de l'énergie
 La baisse des coûts de l'énergie et notamment du gaz dans le cadre de l'exploitation des gaz de schiste ne pourrait en aucun cas être réaliste en France (voire en Europe) car les énormes investissements à réaliser et à rentabiliser ainsi que l'inadaptation du territoire français pour l'exploitation (il n'existe pas de grandes étendues capables d'accueillir toujours plus de puits de forage qui dégraderaient le paysages dans des régions touristiques et protégées). Avec toutes ces conditions, le prix de revient serait beaucoup trop élevé pour pouvoir baisser le coût du gaz et de l'énergie en France.
Création d'emplois
 Les calculs promettant un boom de création de 40 000 à 100 000 emplois en France (étude de la société Sia conseil, dont un des plus gros client est GDF Suez) pour l'exploitation du gaz de schiste partent du principe que pour un puits, il faudra toujours le même nombre de salariés. Or, le gaz de schiste est piégé dans la roche entre 2 000 et 3 500 mètres de profondeur selon les bassins, il est donc impossible de penser qu'il y aura toujours le même nombre de salariés pour un seul puits. Cela a été démontré aux États-Unis où il apparaît clairement qu'avec deux fois moins de production, la Pennsylvanie revendiquait en 2010 près de
deux fois plus d’emplois que l’Arkansas. Les deux É
tats affichent cependant un bénéfice social combiné
inférieur au Colorado… qui a extrait mille fois moins de gaz de schiste qu’eux en 2010
 ! De plus, la manière de compter les créations d'emplois directs peut facilement être camouflée en y ajoutant non pas des créations de postes mais des remplacements. C'est ce qui a été fait aux États-Unis en mai 2011 où un rapport estimait à 48 000 emplois le nombre d'embauches réalisées en 2010 sauf que le terme « embauche » ne prenait pas en compte que les créations d'emplois mais également les départs en retraites, les démissions, les licenciements etc.
 
 Source : 
Innovations technologiques
 Il est aujourd'hui nécessaire d'arrêter la fuite en avant qui consiste à aller toujours plus loin dans la technique, aux dépends de notre environnement et de nos ressources naturelles. Si une technique, autre que la fracturation hydraulique venait à être trouvée, il n'en resterait pas moins que l'exploitation des gaz de schiste est nocive pour l'environnement puisque c'est une énergie émettrice de CO2. Ce n'est donc pas la technologie mais bien la baisse de notre consommation d'énergie qui permettra de réaliser une réelle transition énergétique.
Substitution du charbon
 Même argument que pour la diversification du bouquet énergétique : ce n'est pas en exploitant les gaz de schiste, énergie fossile, mais bien en se tournant vers les énergies renouvelables tout en baissant notre consommation d'énergie que nous pourront trouver une substitution au charbon qui soit respectueuse de notre climat et de notre environnement.
 
Indiquez pour chaque proposition le niveau des défis auxquels vous vous attendez avec l'essor des combustibles fossiles non conventionnels (par exemple le gaz de schiste) en Europe Toutes les questions de ce deuxième encadré ne correspondent pas vraiment à des défis mais plutôt aux conséquences néfastes liées à l'exploitation des gaz et huiles de schiste. Réponse d'Agir pour l'environnement (à toutes les questions) « défi majeur » Tout en rajoutant la phrase ci-dessous en commentaire final : «
Ces questions ne correspondent pas a des défis majeurs mais biens à des conséquences néfastes, notamment pour l'environnement. Pour toutes ces raisons, il est nécessaire d'interdire l'exploitation des gaz de schiste en Europe, quelque soit la technique utilisée
 »
Conséquences sur l'eau, l'air et le sol.
 L'exploitation et l'exploration du gaz de schiste telle qu'envisagée aujourd'hui comporte de très grand risques pour l'eau puisque la technique de fracturation hydraulique nécessite d'insérer 20 millions de litres d
eau mélangés à du sable et des produits chimiques soit l
équivalent de six piscines olympiques à 3000 mètres de profondeur et qu
il faut faire un puits tous les 200 mètres. Bien sûr, cette eau, même retraité, ne pourra plus être propre à la consommation. De même, les fuites de méthanes possibles pendant le forage peuvent entraîner de grands risques de contamination et d'endommagement (compromission de l'étanchéité) des nappes phréatiques. L'eau nécessaire pour la fracturation hydraulique est amenée par camion, ce qui entraîne un ballet de camions dont les émissions de CO2 ne font qu'augmenter les risques climatiques et la pollution de l'air. Cette pollution est d'autant plus importante que les fuites de méthane engendrent également des rejets de
CO2 qui ne font qu'augmenter l’émission de gaz à effet de serre.
 Pour ce qui est des sols, la fracturation de la roche en elle même et la nécessité d'introduire plus de 500 produits chimiques dans les sols pour fracturer les roches où sont piégés les gaz de schiste ainsi que l'obligation de construire de nombreux puits, entraîne une forte contamination et une perte d'étanchéité des sols aussi bien que des sous-sols.
Conséquences sur l'occupation des terres
 La nécessité de construire un puits tous les 200 mètres nécessite d'occuper de grandes étendues de terres...ce que nous n'avons pas en France, contrairement aux États-Unis. Cela empêcherait également d'utiliser des sols qui pourraient être destinés entre autre à l'agriculture.
Conséquences sur la biodiversité
 Il va sans dire que la pollution de l'eau et de l'air, la multiplication du nombre de camion empruntant certaines routes entraînée par l'exploitation des gaz de schiste entraîne une forte perturbation de la biodiversité entourant les lieux de forages. Aux États-Unis par exemple, dans le Wyoming, cela a entraîné la destruction de l'habitat de l'antilope. Ayant de moins en moins d'espace pour galoper, elles ont déserté une région elles étaient omniprésentes.
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