« Cette consultation par internet fait partie des mesures prises par la Commission européenne en vue de consulter toutes les parties concernées et le grand public sur ce sujet. Nous souhaitons connaître votre avis sur un certain nombre de questions importantes. »
Agir pour l'environnement a répondu à ce questionnaire (qui ne prend qu'une dizaine de minutes) et vous propose un décryptage et un argumentaire permettant de dire non à l'exploitation des gaz et huiles de schiste en Europe, quelque soit la technique utilisée. Vous trouverez ci-après les réponses que nous avons apporté ainsi que les arguments qui nous ont poussés à répondre de cette manière. ________________
2. Perception générale des gaz de schiste en Europe
Réponse d'Agir pour l'environnement «
Je pense que les gaz de schiste ne doivent en aucun cas être exploités en Europe
» Les contraintes climatiques actuelles nous obligent aujourd'hui à réduire nos émissions de gaz à effet de
serre. Le fait d’exploiter des gaz de schiste (quelque soit la technique utilisée) ouvrirait la porte à une ruée
vers une énergie non renouvelable et donc fossile qui
ne ferait qu’accroître nos émissions de CO2. Cela
serait contraire à l'engagement qu'on pris les États à agir pour ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d'ici à la fin du siècle. 3.
Principales opportunités et défis
Indiquez pour chaque proposition le niveau de bénéfices que vous attendez de l'extraction des combustibles fossiles non conventionnels (par exemple le gaz de schiste) en Europe Réponse d'Agir Pour l'Environnement (à toutes les questions de cette partie)
« Pas de bénéfices »
Diversification du bouquet énergétique
Ce n'est pas en exploitant les gaz de schiste,
qui ne sont qu’une nouvelle source d'énergie… fossile
, qu'il sera possible de diversifier le bouquet énergétique mais plutôt en se tournant vers les énergies renouvelables et en favorisant la recherche et le développement de ces énergies non nocives pour l'environnement, au lieu de continuer à puiser dans nos ressources naturelles et à développer des énergies climaticides.
Réduction des coûts de l'énergie
La baisse des coûts de l'énergie et notamment du gaz dans le cadre de l'exploitation des gaz de schiste ne pourrait en aucun cas être réaliste en France (voire en Europe) car les énormes investissements à réaliser et à rentabiliser ainsi que l'inadaptation du territoire français pour l'exploitation (il n'existe pas de grandes étendues capables d'accueillir toujours plus de puits de forage qui dégraderaient le paysages dans des régions touristiques et protégées). Avec toutes ces conditions, le prix de revient serait beaucoup trop élevé pour pouvoir baisser le coût du gaz et de l'énergie en France.
Création d'emplois
Les calculs promettant un boom de création de 40 000 à 100 000 emplois en France (étude de la société Sia conseil, dont un des plus gros client est GDF Suez) pour l'exploitation du gaz de schiste partent du principe que pour un puits, il faudra toujours le même nombre de salariés. Or, le gaz de schiste est piégé dans la roche entre 2 000 et 3 500 mètres de profondeur selon les bassins, il est donc impossible de penser qu'il y aura toujours le même nombre de salariés pour un seul puits. Cela a été démontré aux États-Unis où il apparaît clairement qu'avec deux fois moins de production, la Pennsylvanie revendiquait en 2010 près de
deux fois plus d’emplois que l’Arkansas. Les deux É
tats affichent cependant un bénéfice social combiné
inférieur au Colorado… qui a extrait mille fois moins de gaz de schiste qu’eux en 2010
! De plus, la manière de compter les créations d'emplois directs peut facilement être camouflée en y ajoutant non pas des créations de postes mais des remplacements. C'est ce qui a été fait aux États-Unis en mai 2011 où un rapport estimait à 48 000 emplois le nombre d'embauches réalisées en 2010 sauf que le terme « embauche » ne prenait pas en compte que les créations d'emplois mais également les départs en retraites, les démissions, les licenciements etc.