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Madame XXXXXXXX Direction Générale des Finances Publiques DIR SPEC de contrôle fiscal Ile de France Est 19
ème
 brigade de vérification 274 Avenue du Président Wilson 93211 Saint Denis la Plaine Cedex
 A l’attention de Madame
XXXXXXX Paris, le 20 décembre 2013,
Madame l’Inspectrice des Finances Publiques, Nous avons reçu par signification d’huissier remis le 17 décembre 2013 à 17 heures un avis
de vérification de notre comptabilité portant sur :
«
L’ensemble de déclarations fiscales ou opérations susceptibles d’être examinées et  portant sur la période du 01/01/2010 au 31/12/2012, ainsi que la TVA étendue jusqu’au
30/09/2013, le Crédit Impôt Recherche 2009 (déposé en 2010) y compris la déclaration de la taxe professionnelle souscrite en 2009 servant de base à la cotisation foncière
des entreprises de l’année 2010.
 »
Vous nous avez informé que vous vous présenterez dans notre établissement le vendredi 20 décembre 2013 à 10H. Nous souhaitons porter à votre connaissance les observations ci-après exposées portant tant
sur le fond que sur la forme de l’o
pération de contrôle envisagée. 1. Observations sur la forme -
La transmission de l’avis de vérification par voie d’huissier est tout à fait inhabituel
le et
peu commune pour ce type d’
intervention. Elle aurait, par exemple, été justifiée en cas
de doute sur le siège réel de la société éditrice de Mediapart, or tel n’est pas le cas en l’espèce et un simple courrier recommandé avec accusé réception suffisait.
 
Elle n’était
donc pas nécessa
ire en l’espèce.
 - Le délai qui nous a été
imparti entre la date de réception de l’avis de vérification, le 17
décembre 2013 à 17H, et la date du premier rendez-vous de contrôle dans nos locaux, le 20 décembre à 10H, est particulièrement réduit au regard du périmètre étendu du contrôle,
ratione materia
et
ratione loci 
. De surcroît, cette procédure de vérification est
signifiée la dernière semaine avant les fêtes de fin d’année qui débutent le 20
 
 
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décembre au soir, ce qui entraîne
de facto
, une présence allégée au sein de notre entreprise, comme dans toutes les entreprises du pays, y compris de ses responsables et mandataires. Par la voix de notre conseil, Maître Jean-Pierre MIGNARD, nous avons sollicité auprès de Monsieur BOUSQUET, directeur de la 19
ème
 brigade de vérification
qu’un délai puisse nous être accordé afin de nous permettre de préparer
dans les meilleures conditions la procédure de vérification envisagée. Quoique courtoisement, il lui a été répondu par la négative. Précisons enfin que la Société éditrice de MEDIAPART est une entreprise de presse, et que travaillent dans ses locaux des journalistes, soumis au secret des sources. Ainsi, la mise à disposition des documents nécessaires à la vérification envisagée exige un aménagement particulier
d’une pièce respectueuse de cette exigence
 et qui doit être préalablement préparée. 2. Observations sur le fond a) Nous avons été informés par la société INDIGO PUBLICATIONS, aux côtés de laquelle notre société siège au sein du Syndicat Professionnel de la Presse
indépendante d’information en ligne (SPIIL), la première comme président en la
personne de son représentant légal, M. Maurice BOTBOL, nous-mêmes en qualité de
secrétaire général en la personne de notre Président, M. Edwy PLENEL, qu’une
procédure de vérification était également diligentée par votre Administration les concernant. Ladite procédure a été engagée à la même date, par le même service (la 19
ème
 brigade de vérification), dans des termes identiques et selon les mêmes formes que le contrôle envisagé pour notre société. La concomitance de ces procédures, qui concernent les deux représentants siégeant, au nom du SPIIL, dans les principales
instances officielles de presse (CPPAP, fonds SPEL, etc), ne peut être le fruit d’une
simple coïncidence, et démontre que ces contrôles ne sont ni « ponctuels », ni « inopinés ». I
ls s’inscrivent dans le cadre d’une démarch
e volontaire de la part de
l’administration fiscale visant les éditeurs de presse en ligne.
 b) La société éditrice de Mediapart est une entreprise de presse éditant un titre de presse diffusé en ligne, le journal Mediapart, reconnu par la CPPAP comme service de
presse en ligne d’information politique et générale, et participant ainsi du pluralisme des médias et du droit à l’information protégé par l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales du
 4
novembre 1950, par l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union
européenne proclamée le 7 décembre 2000, et enfin par la Constitution de la République française.
 A ce titre, et en application du principe constitutionnel d’égalité de to
us devant la loi la société éditrice de Mediapart applique aux recettes tirées des abonnements individuels souscrits, le taux de TVA applicable à la presse, à savoir 2,1 %.
Il est contraire au droit français et communautaire d’opérer une discrimination e
ntre les services de presse à raison de la diversité des supports, le principe de neutralité étant constamment rappelé par les juridictions françaises et communautaires. Les chambres civiles et criminelle de la Cour de cassation font application à la presse en ligne des lois sur la liberté de la presse sans imposer de traitement restrictif à la presse en ligne.
 
 
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Cette neutralité du support a pour corollaire le principe de neutralité fiscale, rappelé dans
récemment réaffirmé par la Cour de Justice de l’Uni
on Européenne dans une décision « Rank » (CJUE, 10 nov. 2011, affaires jointes C-259/10 et C-260/10), dans laquelle il est rappelé :
« Selon une jurisprudence bien établie, le principe de neutralité fiscale
s’oppose en particulier à ce que des marchandi 
ses ou des prestations de services semblables, qui se trouvent donc en concurrence les unes avec les autres, soient traitées de manière différente du point de vue de la TVA. »
La Cour ajoute :
« le
 principe de neutralité fiscale doit être interprété en ce sens qu’une
différence de traitement au regard de la TVA de deux prestations de services identiques ou semblables du point de vue du consommateur et satisfaisant aux mêmes besoins de celui-ci suffit à établir une violation de ce principe. Une telle
violation ne requiert donc pas que soit en outre établie l’existence effective d’une concurrence entre les services en cause ou une distorsion de
concurrence en raison de ladite différence de traitement ».
 En conséquence de ce qui précède, nous nous réservons le droit de contester par toute voie de droit les diligences accomplies par votre administration dans le cadre de la procédure de vérification envisagée. Nous joignons à la présente le communiqué du SPIIL, et celui rédigé par les syndicats professionnels de la presse, AIPG, SPQN, SEPM. Nous satisferons naturellement aux demandes qui nous seront formulées dans le cadre de la
procédure de vérification dont nous sommes l’objet, mais nous tenions préa
lablement à
l’ouverture de celui
-ci, à porter à votre connaissance ces éléments.
Nous vous prions d’agréer, Madame, l’expression de nos
 salutations distinguées. Marie-Hélène Smiejan Directrice Générale :
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