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Si nous soutenons résolument le choix du gouvernement, nous savons aussi que les résultats
viendront avec le temps et que nous devons l’assumer devant les Français. Mais pour autant,
abandonner la politique de réduction des déficits publics, revenir sur notre engagement en
faveur de la reconstitution d’une offre performante et durable ruinerait plus certainement
les chances de la France de sortir de la situation dans laquelle elle se trouve. Car ne nous y trompons pas, la F
rance ne vit pas une crise, mais une mutation. Et notre pays n’a pas d’autre choix que de s’inscrire dans la mondialisation qui s’accélère, non seulement pour éviter de décrocher mais également pour en profiter pleinement. Ce n’est pas en organisant
une sorte de ligne Maginot face à la mondialisation que nous défendrons les intérêts de la
France et des Français. C’est en assumant notre place et notre spécificité, en étant offensifs
et entreprenants et en nous adaptant à un monde qui change que nous redresserons le
pays. C’est pourquoi il ne saurait être question de remettre en cause les équilibres du Pacte
de responsabilité. Pour autant, nous ne sommes insensibles ni à la justice sociale ni à la conjoncture.
S’agissant de la justice, nous faisons totalement
nôtres les mesures du pacte de solidarité
auxquelles se sont ajoutées plus récemment la préservation du pouvoir d’achat des pensions de moins de 1200 euros et des minimas sociaux ainsi que les réductions d’impôt dont vont
bénéficier plus de trois millions de nos concitoyens. Remarquons au passage que ces mesures qui auront pour conséquence de créer une demande additionnelle se feront sur
fonds publics. Mais aller beaucoup plus loin dans la solvabilisation d’une demande supplémentaire des ménages qui ne l’es
t pas actuellement mettrait en péril nos efforts de
rétablissements de nos comptes publics. C’est pourquoi, nous préférons améliorer la croissance par l’aide sélective à l’activité de certains secteurs et la création directe d’emplois
par ces derniers plu
tôt que de recourir massivement à l’augmentation des prestations sociales ou la baisse des impôts, ce dont nous n’avons plus les moyens.
Quant au soin porté aux évolutions conjoncturelles de notre économie, il est clair que ce sera un impératif dans les mo
is et années à venir. Si la croissance s’avérait plus faible que
prévue, sans doute, faudra-t-
il procéder alors à des stimulations de l’activité. Sans prétendre à l’exhaustivité, il nous semble que le secteur du logement devrait bénéficier de toute notre
attention. Pour des raisons objectives, car jamais depuis longtemps, le nombre de mises en
chantier en logements neufs n’a été aussi faible. Pour des raisons d’opportunité également car le logement est un secteur largement abrité et fortement pourvoyeur d’e
mplois (un logement construit équivaut à deux emplois créés). Différentes mesures peuvent être envisagées
: accélération de la mise à la disposition du foncier de l’Etat ou des entreprises publiques qui tarde beaucoup trop à être mis en œuvre, simplificati
on des normes et des procédures de construction qui renchérissent les coûts, mesures fiscales incitatives dès lors
qu’elles sont compensées budgétairement
: pourquoi, par exemple, ne pas réfléchir à une baisse de la TVA sur la construction de logements neufs compensée par une augmentation de cette taxe sur les autres produits ?