Sujet : Peut-on détester la police ?IntroductionNotre vie républicaine et démocratique est ponctuée de moments decontestation qu’un citoyen impliqué ne devrait pas regarder d’un mauvaisœil !uoi de plus sain en e"et que le peuple puisse mani#ester et #aireentendre au gouvernement le sens de ses attentes quand il est dé$u ?%ais c&aque mouvement am'ne avec lui sa co&orte de vitrines cassées(de mobilier déplacé ou dégradé et d’inscriptions murales appelées )*+dont le plus courant est le #ameu, **. /
 All cops are bastards
( tous les0ics sont des salauds1 Il importe de s’arr2ter un moment sur cette proposition surprenante3es nombreuses images qui circulent sur les réseau, sociau,( tout commel’e,périence directe de certains d’entre nous( témoignent de la violencee,tr2me avec laquelle la police peut #aire son travail ordinaire
 
Peut-oncependant considérer que
tous
 les policiers sont( non pas des en#antsillégitimes( mais des individus mauvais et donc méprisables ? 4u 5 6S7SS 8 de 9;< = 5 un bon 0ic est un 0ic mort 8( la détestation de la policesemble constante %ais s’il #aut reconnaitre un certain sens de la #ormule =ce qu’on appelle par#ois la rue( il semble peu pertinent d’en rester auniveau de cette rage adolescente et c’est alors le caract're universel d’untel jugement qu’il #aut interroger ar en>n( que certains policiers soientpeu aimables( c’est entendu /comme certains #acteurs ou certainescaissi'res1 mais #aut-il pour autant le penser de
tous
 les policiers ?  a-t-ilsens = détester la police
en son entier 
 ? @t encore( que certains &onnissentla police( c’est un #ait( mais
tous
 la détestent-il ? 6épondre oui dans lesdeu, cas serait méconnaitre la #onction réelle de la police qui est derendre possible la vie collective en préservant la société des e,c's decertains d’entre nous( au moyen du droit et de la #orce si nécessaire 4erri're la question de l’appréciation de la police c’est plutAt leprobl'me de la possibilité d’une vie sans police qui se pose = nous : la viecollective suppose-t-elle nécessairement une police( tout ordre est-il = uncertain point policier ou bien au contraire une vie sans police est-elle = la#ois possible et désirable ?I*u vrai l’étymologie du mot police indique asseB la nécessité m2mede la police pour toute vie sociale Cn sait que le mot
 polis
désigne en grecla cité 3a disposition naturelle des &ommes = vivre ensemble entraine un
 
certain nombre d’inconvénients parmi lesquels il #aut compter la violenceque c&acun peut e,ercer au détriment d’autrui et de ses biens 3a
 politeia
(la politique( désigne alors l’art de gérer et d’organiser cette vie collectivepour le bien m2me de ceu, qui vivent ensemble au sein de la cité-@tat @nun sens( toute politique est nécessairement police ’est d’ailleurs le senspremier du mot : la bonne police c’est la bonne politique( la bonneadministration ’est tout autant une bonne constitution( de bonnes lois etune bonne justice que de bonnes mesures concernant l’&ygi'ne(l’approvisionnement et les mœurs Si 5 l’&omme est un animal politique 8comme disent les classiques( il est un animal = policer( = civiliser3’usage courant du terme police entendu comme l’ensemble desinstitutions c&argées de maintenir l’ordre et de garantir la sécurité est>nalement asseB récent( mais on per$oit aisément qu’il est compris dansl’idée m2me d’une bonne administration 3= oD il y a des lois et desr'glements( l= oD il y e,iste des
 personnes
 et des
biens
 = protéger( il #autune #orce publique disposant de moyens spéciau, pour mener = bien samission : armes en tout genre( #ourgons( cellules( prison E torture m2medans certains cas 3e parado,e n’est qu’apparent : pour maintenir la pai,(il #aut des gens en armes( des gendarmes( mais dont la violence cette #ois-ci est légitime eu, qui contreviennent = la loi et donc = l’intér2t général(les délinquants et les criminels doivent savoir qu’ils s’e,posent = unrisque e n’est pas simplement le voleur de portable qui #ait tort = unparticulier que le policier poursuit dans la rue( que le juge condamne etcontre lequel le citoyen a porté plainte( c’est celui qui constitue unemenace pour le bien commun 3= oD je suis attaqué( c’est la société enson entier qui est visé ’est elle qui doit se dé#endre et qui par la m2meme prot'ge 3e pouvoir législati# suppose en son #ond le pouvoir judiciairequi suppose = son tour le pouvoir policier 4éputés( juges et policiers sontles trois >gures du bien commun dans la république bien organisée3a p&ilosop&ie politique moderne qui re#use de voir la vie sociale etpolitique comme une donnée naturelle a eu la bonne idée de la penser =partir de la catégorie économique de contrat( en parlant cette #ois decontrat
social
 *insi pour Fobbes( 5 aussi longtemps que les &ommesvivent sans un
 pouvoir commun
 qui les tienne tous en respect( ils sontdans cette condition qui se nomme guerre( et cette guerre est guerre dec&acun contre c&acun 8 Pour ériger un tel pouvoir( un marc&é suGt : quec&acun abandonne le droit de se gouverner soi-m2me et con>e tout sonpouvoir et sa #orce = un seul &omme( ou = une seule assemblée( quipuisse réduire toutes les volontés( par la r'gle de la majorité( en une seulevolonté 5 a>n quHelle use de la #orce et des ressources de tous( commeelle le jugera e,pédient( en vue de leur pai, et de leur commune#ense 8 Si un tel contrat reste sans doute une >ction( il e,primepourtant la matrice m2me du processus démocratique 6econnatre = uneautorité ainsi légitimée le droit de #aire des lois et de #aire usage de la#orce pour #aire respecter ces lois Si l’@tat doit détenir le monopole de laviolence gitime /Jeber1( c’est parce que nous consentons = cetteviolence qui n’est que pour notre bien = la di"érence de celle du criminel4ans la démocratie( le pire des syst'mes = l’e,clusion de tous les autresselon le bon mot de &urc&ill( qui veut la société devrait vouloir( et
veut 
en général( la police et les compagnies républicaines de sécurité 3= estnotre pacte républicain et la mesure de notre maturité : accepter que
 
notre sécurité empi'te sur notre liberté @n un sens( la police en elle-m2me est un dommage collatéral qu’il nous #aut accepterCn comprend alors aisément que la détestation ne semble pas 2trel’a"ect adéquat pour se rapporter = la police ’est ici qu’il #aut prendrecette détestation et le #ameu, 5 **. 8 qui l’accompagne trop souventpour ce qu’ils sont 3e cri simpliste et pour tout dire adolescent de ceu,qui éprouvent la cessité de se con#ronter sous les #ormes les pluscaricaturales = l’autoripolitique comme ils s’oppos'rent en#ant =l’autorité paternelle *u mieu, on peut comprendre cette e,pression de la&aine de la police comme un rite de passage avant de devenir un citoyenéclairé et anmoins critique qui assume ses responsabilités et sesdevoirs )out comme il y a une #orme in#antile de la se,ualité que l’adultedoit dépasser nous apprend Kreud( il y aurait une #orme in#antile de lacontestation politique qui se >,e sur l’a"rontement violent et la >gure dupolicier détestable4ire ceci et reconnatre que dans une société bien ordonnée la policeest nécessaire comme
institution
( $a n’est pas pour autant rester aveugleau, violences illégitimes commises par certains
agents
 ’est précisémentparce qu’un monde sans police est impossible qu’il nous #aut une
bonne
police Non( tous les 0ics ne sont pas des 5 salauds 8 mais certains le sontet ici aussi( il importe que la société se prot'ge pour emp2c&er justementque les #autes de certains agents teignent sur l’institution ’estd’ailleurs ce qu’elle #ait Il e,iste une police des polices Lne doctrine quiencadre l’usage des armes Lne justice qui poursuit certains policiers( etcParado,alement( reconnaitre la cessité de la police et sortir de ladétestation puérile semble 2tre le meilleur moyen de se donner une policedigne de ce nom en la débarrassant de ses e,c's et en ouvrant la voie =un possible contrAle démocratique et citoyen de la police elle-m2meII )out irait donc pour le mieu, dans le 5 moins pire 8 des mondesréellement républicains Si ce discours nous semble évident et >nalementai= produire( s’il nous parait imdiatement #amilier( c’est qu’ilconstitue en #ait la petite musique( le bruit de #ond du récit quiaccompagne notre &istoire : @tat( intér2t général( sécurité( police 6ien nenous semble plus naturel en e"et( plus normal que le monde &istoriquepar lequel on a été constitué ’est en vertu de cette &abitude qu’il noussemble diGcile d’envisager l’ine,istence de la police Pourtant( la questionne pose aucune diGculté : &istoriquement(
il n’y a pas toujours eu de la police
*u sens oD nous l’entendons communément( c’est m2me uneinvention relativement récente( balbutiante sous 3ouis MI( et qui prend sa#orme contemporaine = partir du 9
'me
 E ainsi c’est seulement = partir de9<O que l’uni#orme apparait pour signaler la présence d’un agent equ’on peut observer par contre c’est que l= oD il y a un régime de pouvoiret de propriété( les puissants éprouvent la nécessité de se protéger de lapl'be dont la col're pourrait constituer une menace Si certains corpsarmés #ont leur apparition en +r'ce antique par e,emple( c’est bien plutAtpour protéger les possédants des révoltes d’esclaves( se prémunir desacc's de rage de la pl'be( ce qui est le sens e,act de 5 protéger la cité 8
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