dément
, et du ait du déaut de publication par votre part d'une décisionmotivée, je suis placé dans l'incapacité de vérier si l'atteinte à ma libertéd'accès à l'inormation est conorme aux restrictions permises par la loi et parles instruments internationaux auxquels la France est partie, ce qui ne sauraitêtre une présomption irréragable. Tout administré doit être en mesured'apprécier et au besoin de contester la proportionnalité des mesuresd'atteinte à la liberté d'expression décidées par l'administration.Selon la seule explication avancée par voie de presse par le ministère del'Intérieur, Islamic-News.ino aurait été intégré à une liste des sites à bloquercar il «
reproduit – sans le mettre en perspective – un discours d'Al-Baghdadidans lequel le leader de l’État Islamique invite à « déclencher les volcans dudjihad partout », et héberge le chier audio de ce discours in extenso
»
. Maismême à considérer que la publication en cause puisse être qualiée d'apologiedu terrorisme en dépit de « l'interprétation étroite » que les états membres duConseil de l'Europe doivent aire de toute restriction à la liberté d'expression
,la présence d'une telle publication illicite ne saurait justier à elle seule leblocage de l'intégralité du média
Islamic-News.info
. J'attire en eet votre attention sur le ait que la France a adhéré le 4novembre 1980 au Pacte international relati aux droits civils et politiques du16 décembre 1966, dont l'article 19 dispose que «
toute personne a droit à laliberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considérationde frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix
». Or, chargé de veiller à la bonne application du traité, le Comité des droits del'Homme de l'ONU a ait observer
que «
toute restriction imposée aufonctionnement des sites Web, des blogs et de tout autre système de diusionde l’information par le biais de l’Internet, de moyens électroniques ou autres, y compris les systèmes d’appui connexes à ces moyens de communication,comme les fournisseurs d’accès à Internet ou les moteurs de recherche, n’est licite que dans la mesure où elle est compatible avec le paragraphe 3
» de cetarticle. En tout état de cause, prévient-il, «
les restrictions licites devraient d’une manière générale viser un contenu spécique; les interdictions généralesde fonctionnement frappant certains sites et systèmes ne sont pas compatiblesavec le paragraphe 3
». A toutes ns utiles, le Comité rappelait aussi qu' «
interdire à un site ou àun système de diusion de l’information de publier un contenu uniquement aumotif qu’il peut être critique à l’égard du gouvernement ou du système politique et social épousé par le gouvernement est tout aussi incompatibleavec le paragraphe 3
».
3 V. http://www.numerama.com/magazine/32516-moi-censure-par-la-france-pour-mes-opinions-politiques.html4 « Les ratés de la première vague de blocages administratifs de sites djihadistes », LeMonde.fr, 18 mars 2015. http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/03/18/les-rates-de-la-premiere-vague-de-blocages-administratifs-de-sites-djihadistes_4596149_4408996.html5 V. CEDH, Sunday Times c/ Royaume-Uni, 26 avril 1979, §656 Observation générale n°34, § 43. CCPR/C/GC/34