Montréal, le 6 février 2023Monsieur le Premier ministre, Nous, Canadiennes et Canadiens de toutes origines, tenons à exprimer notre opposition nonseulement à la nomination de Mme Amira Elghawaby mais également au poste même dereprésentant à la lutte contre l’islamophobie.Après avoir manifesté autant de préjugés à l’égard des Québécois, Mme Elghawaby n’a toutsimplement pas l’autorité morale pour occuper un tel poste. S’il s’agit de bâtir des ponts et de poursuivre un dialogue constructif, encore faut-il pouvoir inspirer confiance. Or, ses excusestardives et sous haute pression politique semblent plus contraintes que spontanées.Par ailleurs, la lutte contre les discours et les crimes haineux, notamment envers les musulmans,est un enjeu trop important pour courir le risque d’aggraver la situation en instaurant un postedont le libellé même est très discutable.En effet, si le poste pour la lutte contre l’antisémitisme ne cible que le racisme, l’islamophobieest, quant à lui, un terme davantage militant, galvaudé, aux contours flous, qui confond dans sonusage le respect de la personne musulmane avec le respect absolu des préceptes de l’islam. C’estle concept que tentent de faire accepter les régimes et les activistes islamistes les plusfondamentalistes à travers le monde pour faire passer toute « offense » à la religion musulmane pour un crime. C’est ce qui a valu à l’écrivain Salman Rushdie la fatwa émise par le régimeiranien qui ordonne à tout musulman, où qu’il soit, de le tuer, et qui a été mise récemment àexécution. C’est ce qui a valu également aux dessinateurs de Charlie Hebdo d’avoir étéassassinés. Mme Elghawaby a elle-même signé en 2020 une chronique
où elle assimilait auracisme les caricatures publiées par Charlie Hebdo. Est-ce que le Canada veut promouvoir unefemme et un poste qui confondent de cette façon liberté d’expression légitime et proposracistes ?Le libellé du poste stipule qu’il s’agira de lutter contre l’intolérance religieuse. Afin d’être plusefficace et cohérent dans un État de droit, nous vous suggérons de réformer le Code crimineldont l’article 319, relatif à l’incitation publique à la haine, introduit une impunité si de tels propos haineux sont fondés sur une opinion ou un texte religieux. Par ailleurs, nous tenons à dénoncer les rapprochements qui sont faits entre la Loi sur la laïcitéde l’État québécois et la haine des musulmans. Cette loi ne vise pas les musulmans, et denombreux musulmans la soutiennent. Que l’on soit d’accord ou non avec les exigences de la loi21, la question des signes religieux chez les représentants de l’État et dans les écoles est unequestion importante au Québec et ailleurs, y compris dans les pays à majorité musulmane, où des
htps://www.hesar.com/opinion/conribuors/2020/11/03/france-is-undermining-civil-liberes-in-he-name-of-ghng-errorism-and-canada-should-say-so.hml