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Marie Noëlle LIENEMANN Sénatrice de Paris Aux membres du groupe socialiste du Sénat Chers camarades, Lors de notre précédente réunion de groupe, je vous ai indiqué que je vous ferais parvenir une note présentant mes arguments
en faveur d’un vote
du groupe socialiste au Sénat contre les deux projets de loi de ratification, liés à la création du Mécanisme Européen de Stabilité (MES). Les questions européennes sont extrêmement importantes pour nos concitoyens, qui observent
avec inquiétude la mise en place des politiques d’a
ustérité en Grèce et ailleurs, ainsi que
l’aggravation
de la crise q
u’elles engendrent. Ils
attendent des choix alternatifs et des perspectives nouvelles. Bon
nombre d’entre eux, qui ont voté contre le
projet de traité constitutionnel, estiment avoir alors tiré la
sonnette d’alarme et
demandé
d’autres
orientations économiques, sociales et politiques pour la construction européenne. Ils ont le sentiment de
n’avoir pas été entendus, parfois même dans nos
rangs. Ce serait une grave erreur que de sous-estimer
la défiance qu’une partie de notre
électorat peut avoir à notre endroit sur les choix européens. Nous ne devons pas négliger
l’exigence d’un
changement majeur et rapide dans les politiques européennes
, qui s’exprime
au plus profond de notre peuple.
C’est pourquoi
le vote que nous émettrons au Sénat le mardi 28 février sur ces deux premiers textes, constitutifs du «
pac
te d’austérité Merkel/ Sarkozy
»,
aura une grande importance, lors de
l’élection présidentielle et après.
Dans la note ci-jointe, j
e me suis efforcée d’expliquer en détail comment l’architecture de cette
ratification en deux temps
d’un pacte global d’austérité visait à entretenir l’ambiguïté et
la confusion.
Il s’agit d’un piège susceptible d’
affaiblir la gauche. Les trois traités qui visent à sortir de la crise de
l’euro forment un tout indissociable
, une politique inacceptable. C'est l'ensemble du cadre actuel qu'il faut refuser, pour permettre ensuite de renégocier tout le paquet. Les trois textes doivent être ratifiés en même temps après renégociati
on de l’ensemble, donc après l’élection présidentielle
. Les deux premiers textes instaurant le MES,
tels qu’ils sont présentés,
ne constituent absolument pas une avancée de la solidarité européenne.
Il s’agit en fait d’
une «
solidarité
» sous contrainte d
’austérité et
mettant les Etats sous la tutelle des instances européennes. Les versements des aides issues de ce fonds seront conditionnées à la ratification du traité de discipline budgétaire (traité «
Merkozy
» ou TSCG) par ceux qui les demanderont ! Nous ne pouvons donc cautionner le MES
en l’état, ce
qui reviendrait à institutionnaliser ce que la troïka impose
à la Grèce aujourd’hui.
Ce dispositif
ne peut d’ailleurs pas
répondre aux difficultés grecques, puisque l
e MES ne sera opérationnel qu’après l’adoption du traité TSCG et son
éventuelle ratification par certains Etats.