Science économique

I – Croissance, fluctuations et crises

1- 1 – Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Thème 112 – Les origines de la croissance

Le programme officiel portant sur le thème
On fera le lien entre la productivité globale des facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de croissance endogène en montrant que l'accumulation du capital, sous ses différentes formes (physique, technologique et immatériel, humain et public) participe à l'entretien de la croissance. En liaison avec l'innovation, on mettra l'accent sur le rôle des institutions et des droits de propriété.

Acquis de première : productivité, institutions, droits de propriétés , externalités

Notions : progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs

Introduction- Deux conceptions antagonistes de la croissance
A : Depuis Adam Smith et David Ricardo les économistes se posent la question suivante : est-il possible d’augmenter durablement le produit (le revenu) par tête ? Autrement dit la croissance économique est-elle limitée ? Les conclusions de ces deux fondateurs de l’analyse économique diffèrent nettement : •selon Adam Smith, la division du travail est une source de gains de productivité assez forte pour assurer une croissance durable du produit par tête •selon David Ricardo la croissance se heurte à « la loi des rendements décroissants » et le revenu par tête ne peut pas augmenter indéfiniment. Si les rendements du travail (le produit par tête c’est le rendement du travail) sont décroissants c’est parce que la terre à laquelle on va appliquer ce travail existe en quantité limitée et parce que de ce fait des terres de moins en moins fertiles vont être utilisées ce qui fera baisser le rendement moyen. Source : J.P.Simonnet , http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/secosoc. B : Cliquez sur sources de la croissance
1. A partir de l’animation du B (J.Dornbusch),distinguez les notions de croissance extensive et de croissance intensive 2. Relier chaque auteur à un des deux types de croissance 3. Quel auteur est amené à conclure que la croissance est un phénomène provisoire et que l’économie tend inéluctablement vers la croissance zéro?

Introduction - Deux conceptions antagonistes de la croissance
Rendements : Relation entre les variations des quantités produites (output) et les variations des facteurs nécessaires pour les produire (input). Les rendements factoriels Relient la production à une combinaison de facteurs dont un est fixe.

________________: la productivité d'une entreprise augmente grâce à la division du travail loi des rendements croissants ______________ : décroissance de la productivité exemple des terres agricoles loi des rendements décroissants

I - Une conception pessimiste de la croissance : Vers l’économie stationnaire

L’exemple de la parabole de Robinson

Daniel Defoë dans son roman paru en 1719 raconte l’ histoire d’un marin naufragé sur une île déserte au milieu de l'océan. Il parvient à survivre et à imposer sa volonté à une nature hostile, et rencontre celui qui deviendra son compagnon, Vendredi .
Source : Toutes les diapos sur la parabole ont été réalisées par T.Larribe sur le site du Cyber manuel de Bordeaux ici
Exemple tiré l’ouvrage de Dominique Guellec, Pierre Ralle, Les nouvelles théories de la croissance, La Découverte, « Repères », 5e éd., 2003

A – Les différents facteurs de production

1. Quels sont les facteurs de production que Robinson a à sa disposition?

Robinson venait d'arriver sur I'île déserte. De son naufrage il n'avait sauvé qu'un sac de blé. Robinson le considéra : voilà de quoi vivre, mais pendant combien de temps? Il regarda I'île. Elle était composée d'une bonne terre dont la quantité était telle qu'un homme seul ne pourrait jamais la cultiver tout entière. Ce constat soulagea Robinson. Toute sa vie il avait vécu de son travail. Sur cette terre, ce serait comme ailleurs. Cette année il sèmerait. L'an prochain, la récolte lui permettrait de vivre et de semer de nouveau. Il avait cependant un souci : quelle quantité de blé devait-il semer ? Et combien pouvait-il en garder pour sa consommation ?

B – L’arbitrage entre consommation, investissement, et épargne

Consommation : Quelle quantité de blé faut-il conserver pour se nourrir ?
 Assure le bien-être à court terme

Arbitrage
Investissement (accumulation de capital) : Quelle quantité de blé faut-il consacrer à la semence ?  Assure le bien-être à long terme

1. Montrez que l’ arbitrage opéré par Robinson prend en compte la dimension temporelle 2. Comment la répartition des richesses entre consommation, épargne et investissement va-t-elle influencer le bien-être de Robinson ?

B – L’arbitrage entre consommation, investissement, et épargne
Usage de court Terme = dépense

Richesse initiale : 1 sac de blé

Pourquoi Robinson ne doit pas seulement s’intéresser aux problèmes de court terme (problèmes de myopie)?

Consommation

Usage de long terme = accumulation

Semer = Investissement

Richesse future = 2 sacs de blé

Source: C.Rodrigues, http://www.lycee-militaireaix.fr/ses/tes/

C- Vers une économie stationnaire :la croissance zéro

Robinson décida de planter une certaine proportion de son stock de blé. Les premières années celui-ci augmenta rapidement. En maintenant constante la proportion du stock qu'il plantait, Robinson consommait, plantait et récoltait toujours plus. Il se rendit cependant compte que son stock de blé s'accroissait de moins en moins vite. C'est que plus la quantité de grain semé était élevée, plus le rendement de chaque grain était faible. Un jour il s'aperçut qu'il n'avait plus d'intérêt à accroître la quantité de grain semé : la quantité supplémentaire de blé qu'il semait devenant supérieure à la quantité qu'elle permettait de récolter. Il arrêta donc son expansion. La quantité de grain semé se stabilisa ainsi que les quantités produites et consommées.

1. 2.

Comment évolue la production de blé les premières années? Comment évolue-t-elle à moyen terme?

3.

Comment expliquer cette évolution ?

Introduction-La distinction rendements d’échelle/ rendements factoriels

a- Définition des rendements d’échelle
Rendements d’échelle constants

Par exemple : 2K et 2Z => 2Y

Rendements d’échelle

Rendements d’échelle décroissants

Par exemple : 2K et 2Z => 1,5Y

Rendements d’échelle croissants

Par exemple : 2K et 2Z => 2,5Y

Questions :
1. Définissez la notion de rendements d’échelle
Source: C.Rodrigues, http://www.lycee-militaireaix.fr/ses/tes/

b - Définition des rendements factoriels

Rendements factoriels constants

Par exemple : 2K => 2Y

Rendements factoriels Z est constant

Rendements factoriels décroissants

Par exemple : 2K => 1,5Y

Rendements factoriels croissants Questions :

Par exemple : 2K => 2,5Y

Source: C.Rodrigues, http://www.lycee 1. Définissez rendements factoriels -militaire2. En quoi ne sont-ils pas synonymes des rendements d’échelle? aix.fr/ses/tes/

1 – L’analyse ricardienne des rendements décroissants
Production (la quantité produite augmente) Distinction Productivité (le rendement est de plus en plus faible) La quantité de blé produite augmente, mais de moins en moins vite. Au stade ultime, la quantité semée devient plus importante que le blé qu’elle permet de récolter. La situation dans laquelle se trouve Robinson provient du fait que le rendement marginal du processus qui transforme les facteurs de production (travail et blé) en produit (le blé) est décroissant : c’est la loi des rendements décroissants déjà expliquée par l’économiste classique Ricardo. Ainsi, si la productivité marginale est décroissante, la croissance économique doit donc naturellement s'arrêter un jour.
Terre fertile Terre à exploiter Zone à cultiver en dernier Zone à cultiver en premier Terre non fertile Sens d’exploitation des terres

David Ricardo

Représentation graphique des rendements décroissants
y
Production y = f(k)

Production par travailleur

Rendement marginal décroissant : Chaque unité de capital supplémentaire décroit la pmK 1

Capital par travailleur

k

2 – La vérification empirique

a- Les ressources naturelles ne sont pas capables d’assurer une croissance durable

1.

2.

Observezvous une relation entre la dotation en capital naturel et le PIB/hab? Recherchez la notion de syndrome hollandais et tracez une relation qui y corresponde dans le graphique

b- La main d’oeuvre
Relationship Between Income per Capita and Population Growth
1. Donnez des exemples de pays montrant qu’il existe une relation positive entre niveau de PIB/hab et croissance démographique 2. Trouvez des contreexemples 3. Peut-on en conclure qu’il existe une relation de corrélation négative entre croissance de la population et PIB/hab (logique malthusienne)?

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4-18

c - Le rôle du capital
Income p er person PIB / hab en in 1992 (logarithmic scale) 1992 en $

échelle logarithmique

10 0,0000 100 00
Canada Denmark U.S.

Germany

Japan Fi nl and

Quelles relations pouvezvous faire apparaître entre le niveau de PIB/hab et le taux d’investisse ment ?

10 000

10 ,0 00

Mexico Pakist an Ivory Coast

Brazil

U.K. Israel Italy France

Singapore

Egypt

Peru Indonesia

1000

1, 00 0
India Chad Uganda

Zimbabwe Kenya

Cameroon

100

10 0

0

0

5

5

15 20 10 15 20 25 30 35 40 Investment as p ercentage of output Taux d’investissement en %du(average 1960 –1992) PIB (moyenne 1960-1992)

10

25

30

35

40

Conclusion

Conclusion – En l’absence de progrès technique, un processus de convergence conditionnelle inéluctable

Lorsque l’accumulation du capital s’approche du niveau d’équilibre, le nouveau capital mis en œuvre est de moins en moins productif, donc le rythme de croissance se ralentit
On en déduit l’idée d’un processus de convergence conditionnelle (toutes choses égales par ailleurs) : les pays caractérisés par un faible niveau de capital par tête (et donc des revenus par tête relativement réduits) vont connaître des taux de croissance plus élevés Application au problème du développement : Pays en Voie de Développement vont réduire l’écart les séparant des pays les plus riches

II - Vers une croissance durable: un progrès technique exogène

Introduction - Définition du progrès technique
L‛innovation est très souvent définie comme la mise en application d‛une invention, résultat du progrès technique. A l‛image des poupées russes, nous faisons face à des définitions imbriquées, l‛innovation étant définie par rapport à l‛invention et l‛invention par rapport au progrès technique. La notion de progrès revêt une double dimension, son étymologie fait valoir l‛action d‛avancée tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif. (…) Le progrès technique constitue donc un terme général qui englobe le progrès scientifique dont les inventions entraînent des transformations ou des bouleversements des produits, des méthodes de production, de l‛organisation du travail, des marchés et des structures de l‛économie. Le progrès technique permet d‛augmenter l‛efficacité des facteurs de production, soit par un accroissement de leur productivité, soit par la réalisation d‛économies. Ainsi, il est possible d‛économiser des matières premières, de l‛énergie ou d‛utiliser moins d‛hommes, économiser de la main d‛oeuvre (labor saving) ou d‛économiser des machines, du capital (capital saving) ou d‛accroître l‛efficacité productive des facteurs travail et capital. Source: E.Vasseur, http://foad.refer.org/IMG/pdf/Introduction-6.pdf Questions: 1.Quelles sont les caractéristiques de la définition du progrès technique? 2.Quelles sont les relations entre invention, innovation, progrès technique?

A -Le modèle fondateur de R. Solow : le progrès technique exogène
Biographie de Robert Solow (né en 1924)

 

Robert Solow est né en 1924 à Brooklyn, district de New York, aux États-Unis. Il a obtenu un doctorat de l'université Harvard, à Cambridge, Massachusetts, en 1951. En 1950, il commence à enseigner au Massachusetts Institute of Technology, voisin de Harvard. Il y poursuivra toute sa carrière, collaborant étroitement avec son collègue du MIT, Paul A.Samuelson, prix Nobel 1970. Il fait partie, en 1961 et 1962, du Comité des conseillers économiques du président Kennedy. Robert Solow a obtenu le prix Nobel en 1987 pour «ses contributions à la théorie de la croissance économique». Bibliographie principale : A contribution to the theory of economic growth. (1956).
Source: J.P.Simonnet, ici

Cf. TD 2

En 1957 Robert Solow estime que 90% de la croissance aux USA pendant la

Solow-Dennison-Malinvaud
Robert Solow 1924 -

période 1909-1949 ne serait pas imputable au travail et au capital !

P. Denison relativisa ce constat en 1976 en essayant de prendre en compte la qualité du travail et du capital, pour conclure cependant à une contribution importante du “facteur résiduel” En France, en 1972, Jean-Jacques Carré, Paul Dubois et Edmond Malinvaud concluent à une contribution allant de 0,85% à 3,1% de croissance selon les périodes, et plus de 2% pour 1951-1973
E. Malinvaud 1923 -

B – Les explications du rôle du progrès technique exogène

Un matin Robinson rencontra le perroquet. Ce qu'il avait d'abord considéré comme un simple compagnon de jeu s'avéra d'une aide précieuse. Ce perroquet avait manifestement été en contact avec les plus grands savants et les cultivateurs les plus experts. Chaque jour il transmettait à Robinson un peu du savoir appris auprès d'eux. Et Robinson pouvait ainsi améliorer l'efficacité de son travail. La production se mit alors à croître et rien ne semblait pouvoir l'arrêter.

1. Que symbolise le perroquet ?
2. A quoi est liée l’augmentation de la production de blé ?

La croissance exogène
Le perroquet symbolise _______________________  La production de blé retrouve une croissance ___________ grâce aux connaissances que le perroquet apporte (____________de la productivité de son travail). En présence d'un facteur qui ______________ régulièrement l'efficacité du processus de production (le progrès technique), il est possible d'avoir une croissance illimitée. Cette croissance peut être qualifiée d‘____________  le progrès technique est défini ________________du modèle (le savoir du perroquet a été acquis en dehors de l'île, et Robinson en bénéficie gratuitement). Question : 1. Complétez les trous du texte

La relation entre croissance exogène et progrès technique
11 p 103 1. Comment évolue la production jusqu’au point A? 2. Comment expliquer la rupture ? 3. Quelle est donc la source fondamentale de la croissance dans le long terme ?
Progrès technique 2

PIB

Progrès technique 1

A

Source: C.Rodrigues, http://www.lycee-militaireaix.fr/ses/tes/

Temps

C- Comment expliquer la nature du progrès technique exogène dans la tradition néo-classique ?

Dans la tradition néo-classique , l’entrepreneur choisit entre les techniques existantes celle qui minimise les coûts . Il y a donc séparation entre le problème économique et la création de ces techniques , problème réservé à l’ingénieur , ce qui conduit logiquement à traiter le progrès technique comme un facteur exogène . Source : P.Combemale et A.Parienty , La productivité , Circa , Nathan

Pourquoi les économistes ont-ils été amenés a considérer le progrès technique comme exogène ? Deux types de raisons sont invoqués. Le premier s'appuie sur la pertinence empirique d'une telle hypothèse. Le progrès technique consiste en une plus grande maîtrise des lois de la nature. Dans tous les cas, celles-ci commandent, et l'homme ne peut leur imposer son rythme. La technologie est du ressort des ingénieurs, pas des économistes. Le second type de raison est l'incompatibilité supposée des rendements d'échelle croissants (qui entraînerait l'incorporation du progrès technique) et de l'équilibre concurrentiel. Source : D Guellec et P Ralle, les nouvelles théories de la croissance, la découverte.
Questions : 1. Comment l’innovation a-t-elle été traitée par les économistes pendant longtemps ? 2. Comment pouvez-vous expliquer cette conception ?

Conclusion : Intérêts et limites de l’analyse de Solow

12 p 103 Magnard Questions: 1. Comment Solow expliquet-il le processus de rattrapage des pays européens après le seconde guerre mondiale et celle des PVD aujourd’hui ? 2. Cette convergence est-elle systématique? 3. Pourquoi le modèle développé par Solow laisse-t-il insatisfait?

Conclusion : Intérêts et limites de l’analyse de Solow

Le modèle de Solow permet de concilier la théorie néoclassique des marchés (rendements _____________________) avec la croissance économique du XXème siècle. En introduisant le progrès technique, Solow explique le passage d’une croissance ____________ à une croissance ______________ Toutefois, le modèle adopte l’hypothèse d’un progrès technique _____________, hypothèse qui a été remise en cause par les analyses scientifiques ultérieures. La question qui se pose alors est : si le progrès technique détermine la croissance économique, quels sont les déterminants du progrès technique ?

III - L’endogénéisation du progrès technique : un cercle vertueux progrès technique - croissance

Définition

Introduction : Distinction

invention – R & D - innovation
Document 3 p 99 du Magnard
L'innovation entretient des rapports étroits avec les phénomènes de :

L'invention
Idée technique susceptible d'applications potentiellement utiles

Découverte Scientifique et Technique
Production de connaissances nouvelles

Les activités de recherchedéveloppement
R&D

Dans tous les cas, pour pouvoir être considérée comme innovation, la nouveauté doit être porteuse d'une valeur économique (capacité de satisfaire un besoin solvable ou de créer de la richesse) reconnue et exploitée de manière viable.

Introduction : Distinction invention – R & D - innovation

Un exemple introductif
Questions : 1. Expliquez le point Nylon 2 2. Peut-on parler de rendements décroissants ? 3. Assiste-t-on à des sauts technologiques? Permettent-ils de remettre en cause la loi des rendements décroissants ? 4. En quoi cette analyse relativise-t-elle l’analyse de Solow ?

A – L’endogenéisation du progrès technique…

L’exemple de la parabole de Robinson

Un jour le perroquet disparut. Au bout de quelques années, la production se stabilisa de nouveau. Robinson comprit alors qu'en étudiant ses expériences passées et en procédant à de nouvelles expérimentations, il pourrait à nouveau améliorer l'efficacité de son travail. Mais une telle étude prendrait du temps qu'il ne pourrait pas utiliser à produire du blé. Cela lui donna un second souci : quelle part de son temps allait-il consacrer à accroître son savoir-faire? Et combien pouvait-il en consacrer à produire ?
1. En quoi le progrès technique est-il devenu différent ? 2. Quel est alors le nouvel arbitrage réalisé par Robinson?

1 - Explication
Progrès technique _________________ (progrès technique lié au savoir du perroquet) : il est indépendant du processus de production

Distinction

13 p 104 du magnard
Progrès technique _____________ (progrès technique lié à la recherche de Robinson)

Le progrès technique résulte d'un nouvel arbitrage entre temps de production et temps de recherche (de la même façon qu’il a fallu choisir entre consommation et investissement). Cette seconde question est posée directement par les nouvelles théories de la croissance. Ce qui ne veut pas dire qu'elle était ignorée auparavant. Le choix d'accroître son capital humain en se formant a, de longue date, été considéré comme un arbitrage à réaliser entre travailler (donc produire pour pouvoir consommer aujourd'hui) et se former (donc accroître son efficacité pour produire et pouvoir consommer plus demain). Cependant, la théorie traditionnelle de la croissance ne prenait pas en compte le coût du progrès technique. Elle considérait l'accumulation du capital immatériel comme _______________ et en ignorait les motivations économiques. L'originalité des nouvelles théories est de considérer que le choix d'accumuler du capital immatériel est _____________ (Robinson doit faire lui-même un effort pour acquérir de nouveaux savoirs).

2 – La stratégie du passager clandestin

Puis Vendredi apparut. Comme l'île était grande, les deux hommes se la partagèrent, chacun cultivant sur sa partie la quantité de blé nécessaire à sa consommation et à son investissement, chacun partageant son temps entre production du blé et étude. Robinson surveillait attentivement les modifications que Vendredi apportait à sa façon d'organiser la production : en les appliquant à son tour, il pouvait accroître la productivité de son travail. Quand Vendredi consacrait une grande partie de son temps à étudier, les progrès de Robinson étaient considérables... A vrai dire, celui-ci aurait souhaité que Vendredi consacre une part plus importante de son temps à étudier et une part plus faible à produire. Vendredi était d'un naturel égoïste.

1. Vendredi se contente t’il de reproduire les méthodes de Robinson ?

2. Quelle est la stratégie mise en oeuvre par Robinson? Quelles en sont les conséquences
3. Quelles solutions peuvent être envisagées par Robinson pour y remédier ?

2 – La stratégie du passager clandestin

Robinson préfèrerait que Vendredi travaille ______ et étudie ______ car il bénéficierait alors des effets des investissements intellectuels supplémentaires de son compagnon. Mais Vendredi se rendant compte que Robinson adopte la stratégie du passager clandestin n’a aucun intérêt à continuer à passer du temps pour opérer des recherches qui ne lui profitent pas . Deux solutions sont envisageables :

• Vendredi cesse d’innover ce qui réduit la production de tous : les comportements individuels spontanés ne sont donc pas optimaux puisque le bien être de Robinson et de Vendredi diminue
Questions : 1. L’analyse de la main invisible paraît-elle validée dans ce passage ? Justifiez

Le schéma
Complétez les trous
80 %

Source: C.Rodrigues, http://www.lycee-militaireaix.fr/ses/tes/
80 % _______________: 20 %

_____________: Richesse = Temps

20 %

Richesse = Temps

Produire

Chercher (RD)
Innovations mineures (engrais + nouvelles plantes) Hausse de la Qualité médiocre à faible prix

Chercher (RD)
Innovations majeures

Produire

Hausse de la Productivité _______

Hausse de la Qualité élevée

Hausse de la Productivité ______

Croissance _______

Hausse de La demande

Hausse de La demande

Croissance __________

Hausse de l’offre limitée

Risque de _______________ à long terme

Croissance Économique __________

Hausse de l’offre

3 - Le rôle des brevets

Vendredi imagine un moyen de protéger ses innovations du regard de Robinson : il construit une palissade pour protéger son innovation, pour ne pas être copié par Robinson : cette palissade symbolise le brevet d'invention (qui est une protection juridique). Questions : 1. En quoi cette seconde solution est-elle plus efficace ?

a - la théorie des droits de propriété : D North
Un exemple : la prise en compte des droits de la proprieté : D North La croissance est un phénomène récent qui date du XVII° siècle. Nous avons pris l'habitude de faire de la "révolution industrielle" le point de départ de la société industrielle moderne. C'est une erreur. L'apparition de la "croissance économique" est en effet un phénomène antérieur à la révolution industrielle proprement dite. Celle-ci n'est qu'une des manifestations de la croissance, un signe, elle n'en est pas la cause. Pour être plus précis, c'est aux Pays-Bas et en Angleterre, au XVII° siècle, c'est-à-dire à l'époque de Louis XIV, que le phénomène moderne de la "croissance" apparaît. Pourquoi donc les Pays-Bas et l'Angleterre ? Pourquoi pas la France ou l'Espagne ? "Parce que, répond Douglass North, les anciennes provinces espagnoles et l'Angleterre étaient à l'époque les deux nations européennes les plus en avance dans la définition d'un système d'institutions et de droits de propriété permettant d'exploiter de façon efficace les motivations individuelles pour assurer l'orientation des capitaux et des énergies vers les activités socialement les plus utiles. " » Source : H.Lepage , Demain , le capitalisme,LGF Questions : 1.Quel est le constat que l’auteur opère au début du texte en comparant la France , les Pays-Bas , l’Espagne , l’Angleterre ?

a - la théorie des droits de propriété : D North

Il ne suffît pas qu'un marché existe, que de nouvelles possibilités de débouchés et d'économies d'échelle apparaissent, ou encore qu'une invention vienne révolutionner la technologie, pour que ces éléments se transforment immédiatement en un surplus de croissance. Encore faut-il qu'un nombre suffisant d'agents économiques soient suffisamment motivés pour saisir les opportunités nouvelles qui s'offrent ainsi à eux. De quoi dépend alors leur motivation ? de l'importance des "gains" que la saisie de ces opportunités leur procurera par rapport à la situation qui était la leur avant de les exploiter. Et de quoi dépendent ces "gains" ? de deux choses : des "coûts" que les agents économiques encourent dans leur processus de réalisation des opportunités ouvertes ; mais aussi du système de droits de propriété qui détermine de quelle façon s'effectue, au sein du corps social, le partage des gains de productivité dégagés par l'initiative des "innovateurs". (...) Partant de là, il est facile de voir quels sont les liens qui relient la structure des droits de propriété à la croissance. Une société sera d'autant plus innovatrice et portée à la croissance que son système de droits de propriété définira de façon précise les droits d'exclusivité de chacun, qu'elle en assurera la protection effective, et que, par là, en réduisant le degré d'incertitude qui pèse sur les possibilités de "gains" supplémentaires offerts par l'innovation, elle contribuera à maximiser la rentabilité personnelle des activités de l'innovateur (faisant que, toutes choses égales par ailleurs, plus d'individus qu'auparavant sont désormais prêts à prendre des risques pour acquérir ces gains, le "coût d'accès" à ces gains diminuant)... » Source : H.Lepage , Demain , le capitalisme,LGF Questions : 1. En quoi la protection des droits de la propriété intellectuelle est-elle indispensable?

b – Les brevets, une condition nécessaire mais non suffisante à la croissance
6 p 100 Magnard Questions : 1. En quoi la protection des droits de la propriété intellectuelle peut-elle générer des effets pervers? 2. Pourquoi les pays pauvres ont-ils une législation sur la propriété intellectuelle très limitée 3. Donnez des exemples d’entreprises qui disposant d’un brevet ont adopté des pratiques anticoncurrentielles

Si Vendredi arrive à protéger ses découvertes (en construisant une palissade ou en les brevetant), il n'y a plus d'externalité. Mais, dans ce cas, les nouveaux biens vont se différencier des biens disponibles. De ce fait, la concurrence va devenir imparfaite, ce qui, là encore, va conduire des comportements spontanés des agents à ne pas être socialement efficaces (chacun se trouve en situation de monopole et n'est donc soumis qu'à une faible pression concurrentielle).

B – La théorie de la croissance endogène : la connaissance un bien collectif cumulatif

1– Un bien cumulatif

Qu'est-ce qui différencie la technologie des autres facteurs, notamment le capital physique, qui fasse d'elle le moteur de la croissance ?
• C'est, selon les théories de la croissance endogène, l'existence d'économies d'échelle (ou rendements d'échelle croissants) dans la production et l'utilisation des connaissances. • La loi des rendements décroissants ne s'applique pas à la connaissance • De plus, chaque nouvelle connaissance ouvre la voie à des découvertes ultérieures (« nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants », selon les mots de Bernard de Chartres au XIIe siècle : c'est le décryptage du génome humain qui permet, par des efforts subséquents de recherche, de comprendre les racines de certaines maladies).

• Un processus persistant, auto-entretenu, d'accumulation de la connaissance est donc possible, qui entraîne à son tour l'accumulation des autres facteurs et donc la croissance. Source : D. Guellec, NM la découverte 2003, p. 47
Questions : 1. 2. Quelle est la rupture introduite par les théoriciens de la croissance endogène ? Comment la justifient-ils ?

2 - La connaissance un bien public
La connaissance est un bien public, caractérisé d'un point de vue économique par deux traits. 1.En premier lieu, une même connaissance peut être utilisée un nombre quelconque de fois, par un nombre quelconque d'agents, et cela simultanément et sans se détériorer. Si l'on ne peut manger la même pomme deux fois, on peut en revanche mettre en œuvre la même invention autant de fois que l'on veut sans l'altérer. De plus, la circulation de la connaissance se fait à un coût direct (coût de la transmission) faible par rapport à sa valeur. La conséquence directe de cette propriété, en termes économiques, est que le coût marginal de l'utilisation d'une connaissance existante est nul. Une fois qu'une invention a été réalisée, le coût de sa reproduction est essentiellement nul (le coût d'impression d'un exemplaire d'un livre donné est plus faible que le coût d'écriture de ce livre). Cela constitue une forte incitation à l'imitation. En effet l'imitateur, contrairement à l'inventeur initial, n'encourt que le coût de production directe du bien, et non le coût de l'invention. 2. En second lieu, l'inventeur ne peut généralement pas exclure entièrement les autres de l'usage de son invention. Les moyens de protection existants (brevet, secret, barrières à l'entrée basées sur le contrôle d'actifs complémentaires tels les circuits de distribution) sont au mieux imparfaits (comme l'illustre la saga du MP3 sur Internet). Ainsi,l'invention peut être utilisée par les concurrents comme base pour d'autres découvertes dont l'inventeur initial n'aura pas le contrôle. Questions : Source D Guellec , op. cité 1. Rappeler la définition d’un bien public 2. Expliquer en quoi la connaissance est un bien public.

C - L’Etat un acteur majeur de l’innovation

1. Les raisons expliquant l’intervention de l’Etat
Document 16 p 105 du Magnard

En conséquence, l'inventeur ne peut, en général, s'assurer le monopole de l'usage d'une connaissance, et donc s'approprier toute sa valeur. Une partie de celle-ci va aux concurrents, une autre partie va aux consommateurs. Les études économétriques estiment en général le rendement privé de l'investissement en recherche à 15-20% et son rendement social au double environ. Puisque le rendement privé est plus faible que le rendement social, l'investissement en activités innovantes effectué dans une économie de marché sera inférieur à son montant socialement désirable. Les firmes sous-investissent en recherche, délivrant un progrès technique moindre que celui qui serait atteint si l'intérêt de la société présidait aux investissements en la matière. C'est l'objet de la politique publique, notamment sa composante scientifique et technologique, que de remédier à ce problème par une intervention appropriée de l'État. Source: op cité
Questions: 1. Quelles conséquences en tire D Guellec ? 2. Que préconise t-il alors ?

1. Les raisons expliquant l’intervention de l’Etat
C'est sans doute dans la recherche fondamentale que le rendement privé serait le plus faible (l'appropriation privée des résultats fondamentaux est très limitée, et leurs applications économiques directes sont souvent marginales : la découverte d'une nouvelle planète ne présente pas d'intérêt économique à un horizon proche),alors que le rendement social peut être élevé (les connaissances de base se diffusent dans des applications lointaines mais nombreuses, en aval). Il y a un décalage de quarante ans entre la théorie de la relativité restreinte d'Einstein et les premières centrales nucléaires. D'où l'importance particulière des politiques scientifiques, sans lesquelles la recherche fondamentale serait sans doute très faible, avec des conséquences dommageables sur le progrès technique dans le long terme. L'Etat finance donc des institutions publiques de recherche, tel le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en France. Source: op cité
Question : 1. Dans quel type de recherche, l’intervention de l’Etat est-elle particulièrement essentielle ? Pourquoi?

2 - Les formes d’intervention de l’Etat

L'État peut aussi créer des règles institutionnelles qui assurent un niveau plus élevé au rendement privé de la recherche. Il en est ainsi du brevet, titre de propriété accordé à l'inventeur à titre temporaire (au maximum vingt ans) et qui lui assure le monopole d'exploitation de son invention sur la période. Le propriétaire peut soit produire lui-même l'invention protégée, et extraire ainsi une rente du marché, soit accorder des licences, c'est-à-dire vendre à d'autres producteurs le droit d'utiliser sa découverte. Si le brevet est un outil important pour susciter l'innovation, il a par contre le défaut d'accorder un monopole à une entreprise privée,qui peut en faire un usage pas toujours compatible avec des critères sociaux plus larges que le profit (voir les problèmes rencontrés par les pays en développement pour accéder à certains médicaments brevetés). L'État peut financer directement ou indirectement l'effort de recherche des entreprises : subventions (aides directes), [...] crédits d'impôt recherche (aides indirectes) [...]. L'État est aussi un consommateur de technologie, en matière de défense,de santé, d'environnement ou pour satisfaire d'autres besoins sociaux. [...] Une technologie mise au point pour un avion militaire,et donc payée par l'État, peut pour partie être utilisée dans un avion civil. Ainsi, les politiques d'achat public sont un moyen d'intervention sur le marché. [...] Source : op cité

Question :
1. Quels sont les différents moyens utilisés par l’Etat pour favoriser l’innovation?

3 – Le rôle central de l’éducation

Les politiques publiques affectant la croissance sont bien sûr plus larges que les seules mesures prises dans les domaines scientifique et technique. Les politiques d'éducation notamment, qui conditionnent la qualification de la main-d'œuvre, donc sa capacité à produire et utiliser les technologies nouvelles. Source : D. Guellec, NM 2003 Questions :

Le graphique va-t-il dans le sens de l’analyse opérée dans le texte?

Conclusion- Marché et Etat sont complémentaires

Questions: 1. Montrer qu’aujourd’hui complémentaires

l’Etat et les entreprises ne sont pas substituables, mais

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