Chapitre 2

Au cœur de l’économie
industrielle: la firme
Qu’est-ce qu’une entreprise ?
 Cette question n’est pas aussi saugrenue
qu’elle ne le paraît.
 Une entreprise (firme) se présente comme un
réseau de relations contractuelles entre
individus organisées autour de la production.
 Relations contractuelles: propriétaires vs
managers, managers vs travailleurs,
propriétaires vs créanciers, etc.
 Réseau: l’ensemble de ces relations
contractuelles est complexe et plus ou moins
formel.
 Production: transformation de certains biens
(travail, machine, espace, électricité, etc.) en
d’autres biens.
Deux approches de l’entreprise
 Approche néo-classique: s’en tient à la
définition descriptive de la firme comme
institution qui produit (transforme certains
biens (inputs) en d’autres biens (outputs).
 Approche institutionnelle (Williamson): essaie
d’expliquer la constitution du réseau de
relations contractuelles sous-jacents à
l’entreprise.
 Exemple: Renault: plusieurs usines fabriquent
des voitures à partir de composantes parfois
fabriquées en interne, parfois achetées à des
entreprises externes.
 Qu’est-ce qui explique la décision de fabriquer
en interne plutôt que d’acheter à une autre
entreprise (intégration) ?

Intégration de l’entreprise
 Verticale: Une entreprise achète certains de
ses fournisseurs ou de ses détaillants pour
intégrer le processus de production de
l’amont à l’aval.
 Horizontale: L’entreprise achète ses
concurrents ou des entreprises produisant
des biens complémentaires.
 Exemple: Orange fait produire ses « Live
box » par Sagem ou Thomson. Il s’agit d’une
décision de (dés) intégration verticale.
 Exemple: Air France et KLM décide de
fusionner (intégration horizontale). De même,
le brasseur de bière Indien Kingfisher décide
de lancer une entreprise de transport aérien.
Les 2 approches de l’entreprise
 se distinguent par le focus qu’elles font sur
ces deux aspects complémentaires.
 L’approche néo-classique prend l’existence
de la firme envisagée comme producteur
comme une donnée (le fait que Renault soit
organisée en plusieurs branches intégrées ou
en une seule, qu’elle sous-traite certaines
unités à d’autres firmes ou non est négligé).
 L’approche institutionnelle explique
l’intégration et la désintégration des firmes au
moyen de l’économie des coûts de transaction
 Examinons tour à tour ces 2 approches (même
si le cours privilégiera l’approche néo-
classique).
L’approche néo-classique
 On considère pour simplifier une firme ne produisant
qu’un seul bien (output) (la généralisation à plusieurs
biens ne posant pas de problèmes particuliers).
 La firme utilise n inputs (facteurs) pour produire cet
output.
 L’ensemble des activités productives que la firme est
techniquement capable de mettre en œuvre est décrit au
moyen d’une fonction F: 
n
+
 
+
qu’on appelle fonction
de production.
 Cette fonction associe à toute combinaison d’inputs
(x
1
,…,x
n
) e 
n
+
la quantité maximale F(x
1
,…,x
n
) d’output
qu’il est techniquement possible de produire pour la
firme avec cette combinaison d’inputs.
 F est donnée à la firme; elle décrit sa technologie.

Fonction de Production (illustration)
y = F(x)
x’ x
Quantité d’input
Quantité d’Output
y’
y’ = F(x’) est la quantité
maximale d’output que peut
produire la firme avec x’
unités d’input.
un input, un output
technologie avec plusieurs inputs
Output, y
x
1
x
2
(8,1)
(8,8)
Technologies à plusieurs Inputs
L’isoquante associée à la quantité
d’output y est l’ensemble de toutes
les combinaisons de quantités
d’inputs permettant de produire au
maximum y unités d’output.
Les isoquantes permettent une
description géométrique commode
des technologies impliquant
plusieurs inputs.
Isoquantes avec deux inputs
y ÷ 8
y ÷ 4
x
1
x
2
Isoquantes avec deux inputs
Output, y
x
1
x
2
y ÷ 8
y ÷ 4
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
x
2
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
Plusieurs Inputs
x
1
y
La technologie
Dépend de l’entreprise
En économie, il n’est pas rare qu’on
suppose de la technologie qu’elle
présente une structure particulière.
Considérons des exemples de telles
structures.
Technologie Cobb-Douglas
Une fonction de production Cobb-
Douglas est de la forme





y Ax x x
a a
n
a
n
= × ×
1 2
1 2
 .
Technologie Cobb-Douglas
Une fonction de production Cobb-
Douglas est de la forme


Par exemple:


y Ax x x
a a
n
a
n
= × ×
1 2
1 2
 .
y x x =
1
1/ 3
2
1/ 3
Technologie Cobb-Douglas
Une fonction de production Cobb-
Douglas est de la forme


Par exemple:

avec
y Ax x x
a a
n
a
n
= × ×
1 2
1 2
 .
y x x =
1
1/ 3
2
1/ 3
n A a anda = = = = 2 1
1
3
1
3
1 2
, , .
x
2
x
1
Les isoquantes sont
toutes des hyperboles
assymptotiques
aux axes
Technologies Cobb-Douglas
x x y
a a
1 2
1 2
= "
y x x
a a
=
1 2
1 2
x x y
a a
1 2
1 2
= '
Technologies à coefficient de
proportion fixe
Une fonction de production à
coefficients de proportion fixe à la
forme:



Technologies à coefficient de
proportion fixe
Une fonction de production à
coefficients de proportion fixe à la
forme:



y a x a x a x
n n
= min{ , , , }.
1 1 2 2

Technologies à coefficient de
proportion fixe
Une fonction de production à
coefficients de proportion fixe à la
forme:

E.g.

avec
y a x a x a x
n n
= min{ , , , }.
1 1 2 2

y x x = min{ , }
1 2
2
n a and a = = = 2 1 2
1 2
, .
Technologie Léontieff
Technologie Léontieff
x
2
x
1
min{x
1
,2x
2
} = 14
4 8 14
2
4
7
min{x
1
,2x
2
} = 8
min{x
1
,2x
2
} = 4
x
1
= 2x
2
y x x = min{ , }
1 2
2
Parfaite complémentarité entre facteurs
Technologies à substituabilité parfaite
Une fonction de production avec
substituabilité parfaite a la forme:



y a x a x a x
n n
= + + +
1 1 2 2
 .
Technologies à substituabilité parfaite
Une fonction de production avec
substituabilité parfaite a la forme:


Par exemple:


y a x a x a x
n n
= + + +
1 1 2 2
 .
y x x = +
1 2
3
Technologies à substituabilité parfaite
Une fonction de production avec
substituabilité parfaite a la forme:


Par exemple:

avec
y a x a x a x
n n
= + + +
1 1 2 2
 .
y x x = +
1 2
3
n a and a = = = 2 1 3
1 2
, .
Technologie à substitution
parfaite
9
3
18
6
24
8
x
1
x
2
x
1
+ 3x
2
= 9
x
1
+ 3x
2
= 18
x
1
+ 3x
2
= 24
Isoquantes sont linéaires
et parallèles
y x x = +
1 2
3
Produit Marginal Physique
Le produit marginal physique de
l’input i mesure le taux de variation
de l’output maximal qu’entraîne une
variation infinitésimale de l’input i, en
gardant fixées les quantités des
autres inputs.
Formellement,
) , , (
1 n
x x F y  =
i
i
x
F
PM
c
c
=
Produit Marginal Physique
3 / 2
2
3 / 2
1
1
1
3
1
x x
x
F
PM
÷
= =
c
c
Par exemple si:
3 / 2
2
3 / 1
1 2 1
) , ( x x x x F y = =
le PM1 est:
et le PM2 est:
.
3
2
3 / 1
2
3 / 1
1
2
2
÷
= = x x
x
F
PM
c
c
Produit Marginal Physique
Le produit marginal physique d’un
input dépend du niveau utilisé des
autres inputs. Par exemple avec:
3 / 2
2
3 / 2
1 1
3
1
x x PM
÷
=
3 / 2
1
3 / 2 3 / 2
1 1
3
4
8
3
1
÷ ÷
= = x x PM
Alors que si x
2
= 27 on a:
si x
2
= 8,
MP x x
1 1
2 3 2 3
1
2 3
1
3
27 3 = =
÷ ÷ / / /
.
Produit Marginal Physique
Le produit marginal de l’input i est
décroissant s’il diminue lorsque le
niveau d’emploi du facteur
augmente:
. 0
2
2
< =
|
|
.
|

\
|
=
i
i i i
i
x
y
x
y
x x
MP
c
c
c
c
c
c
c
c
Produit Marginal Physique
MP x x
1 1
2 3
2
2 3
1
3
=
÷ / /
MP x x
2 1
1/ 3
2
1/ 3
2
3
=
÷
et
e.g. si y x x =
1
1/ 3
2
2 3 /
alors
Produit Marginal Physique
MP x x
1 1
2 3
2
2 3
1
3
=
÷ / /
MP x x
2 1
1/ 3
2
1/ 3
2
3
=
÷
et
donc:
c
c
MP
x
x x
1
1
1
5 3
2
2 3
2
9
0 = ÷ <
÷ / /
e.g. si y x x =
1
1/ 3
2
2 3 /
alors
Produit Marginal Physique
MP x x
1 1
2 3
2
2 3
1
3
=
÷ / /
MP x x
2 1
1/ 3
2
1/ 3
2
3
=
÷
et
donc
c
c
MP
x
x x
1
1
1
5 3
2
2 3
2
9
0 = ÷ <
÷ / /
c
c
MP
x
x x
2
2
1
1/ 3
2
4 3
2
9
0 = ÷ <
÷ /
.
et
e.g. si y x x =
1
1/ 3
2
2 3 /
alors
Produit Marginal Physique
MP x x
1 1
2 3
2
2 3
1
3
=
÷ / /
MP x x
2 1
1/ 3
2
1/ 3
2
3
=
÷
et
donc
c
c
MP
x
x x
1
1
1
5 3
2
2 3
2
9
0 = ÷ <
÷ / /
c
c
MP
x
x x
2
2
1
1/ 3
2
4 3
2
9
0 = ÷ <
÷ /
.
et
les deux produits marginaux sont
décroissants.
e.g. si y x x =
1
1/ 3
2
2 3 /
alors
Rendements d’échelle
La notion de produit marginal
concerne l’impact d’une variation du
niveau d’emploi d’un seul input sur
l’output produit.
Le concept de rendements d’échelle
décrit l’impact d’une variation
proportionnelle du niveau d’emploi
de tous les inputs sur l’output
produit.
Rendements d’échelle
Si, pour un niveau d’emploi (x
1
,…,x
n
) des
n inputs,
) , , , ( ) , , , (
2 1 2 1 n n
x x x kF kx kx kx F   =
alors la technologie décrite par la
fonction de production F fait l’objet
de rendements d’échelle constant.
E.g. (k = 2) doubler tous les niveaux
d’emploi d’inputs double le niveau
d’output produit.
Rendements d’échelle
y = F(x)
x’
Niveau d’input
Niveau d’output
y’
un input, un output
2x’
2y’
rendements
d’échelle
constants
Rendements d’échelle
Si, pour un niveau d’emploi (x
1
,…,x
n
) des
n inputs,
) , , , ( ) , , , (
2 1 2 1 n n
x x x kF kx kx kx F   <
alors la technologie décrite par la
fonction de production F fait l’objet
de rendements d’échelle décroissants.
E.g. (k = 2) doubler tous les niveaux
d’emploi d’inputs fait moins que doubler
le niveau d’output produit.
Rendements d’échelle
y = F(x)
x’
Niveau d’input
Niveau
d’Output
F(x’)
un input, un output
2x’
F(2x’)
2F(x’)
Rendements d’échelle
décroissants
Rendements d’échelle
Si, pour un niveau d’emploi (x
1
,…,x
n
) des
n inputs,
) , , , ( ) , , , (
2 1 2 1 n n
x x x kF kx kx kx F   >
alors la technologie décrite par la
fonction de production F fait l’objet
de rendements d’échelle croissants.
E.g. (k = 2) doubler tous les niveaux
d’emploi d’inputs fait plus que doubler
le niveau d’output produit.
Rendements d’échelle
y = F(x)
x’
Niveau d’input
Niveau d’output
F(x’)
Un input, un output
2x’
F(2x’)
2F(x’)
Rendements d’échelle
croissants
Les rendements d’échelle
Sont importants en économie
industrielle.
L’existence de rendements d’échelle
croissants encourage les firmes à
devenir « grandes » (voire à absorber
leurs concurrents)
Rendements d’échelle
 Comme pour le produit marginal physique, la
notion de rendement d’échelle est une notion
locale.
 Les rendements d’échelle dont fait l’objet
une technologie dépendent donc du niveau
d’emploi d’inputs.
 Une même technologie peut donc faire
l’objet de différents rendements d’échelle
suivant son niveau d’emploi de ses inputs.
Rendements d’échelle
y = F(x)
Niveau d’input
Niveau d’output
Un input, un output
Rendements
d’échelle
décroissants
Rendements
d’échelle
croissants
Notion d’élasticité d’échelle
 Le caractère local des rendements d’échelle
rend souvent utile une mesure numérique de
ceux-ci.
 Mesure utilisée: Elasticité d’échelle
 L’élasticité d’échelle mesure le taux relatif de
croissance de l’output qu’entraîne un
accroissement relatif de l’emploi de tous les
inputs.
 L’élasticité d’échelle sera inférieure, égale ou
supérieure à 1 suivant que les rendements
d’échelles sont, respectivement, décroissants,
constants ou croissants.
Notion d’élasticité d’échelle
 Pour définir cette élasticité à partir de la
fonction de production F pour tous niveaux
d’utilisations des facteurs (x
1
,…,x
n
) on
définit la fonction G: 
+
 
+
par:

) ,..., ( ) (
1 n
kx kx F k G =
G(k) donne donc la quantité d’output que
l’on peut obtenir si on multiplie par k les niveaux
actuels d’emploi (x
1
,…,x
n
) des facteurs
La fonction G dépend donc des niveaux
d’emploi (x
1
,…,x
n
) des facteurs où elle définie
Notion d’élasticité d’échelle
 L’élasticité d’échelle c
E
est définie par:

) ,..., (
) ,..., (
) 1 (
) 1 (
1
1
1
n
n
i
i n i
E
x x F
x x x F
G
k
G
¿
=
=
c
c
= c
Déterminons cette élasticité
Pour une technologie Cobb-Douglas
Notion d’élasticité d’échelle
. ) ,..., (
2 1
2 1 1
n
a
n
a a
n
x x Ax x x F  =
La fonction de production Cobb-Douglas est:
Calculons l’élasticité d’échelle:
¿
¿
¿
¿
=
=
=
+
÷
÷
=
= =
=
=
+ ÷
n
i
i
a
n
a a
n
i
a
n
a a
i
a
n
a a
n
i
i
a
n
a
i
a
i
a
i
a a
i
n
n
i
i n i
E
a
x x x
x x x a
x x x
x x x x x x x a
x x F
x x x F
n
n
n
n i i i
1
2 1
1
2 1
2 1
1
1
1
1 2 1
1
1
1
...
..., (
...
) ... ..., (
) ,..., (
) ,..., (
2 1
2 1
2 1
1 1 2 1
c
Notion d’élasticité d’échelle
. ,..., (
2 1
2 1 1
n
a
n
a a
n
x x x x x F  =
La fonction de production Cobb-Douglas est:
Calculons l’élasticité d’échelle:
¿
¿
¿
¿
=
=
=
+
÷
÷
=
= =
=
=
+ ÷
n
i
i
a
n
a a
n
i
a
n
a a
i
a
n
a a
n
i
i
a
n
a
i
a
i
a
i
a a
i
n
n
i
i n i
E
a
x x Ax
x x x a A
x x Ax
x x x x x x x a A
x x F
x x x F
n
n
n
n i i i
1
2 1
1
2 1
2 1
1
1
1
1 2 1
1
1
1
...
..., (
...
) ... ..., (
) ,..., (
) ,..., (
2 1
2 1
2 1
1 1 2 1
c
Notion d’élasticité d’échelle
. ,..., (
2 1
2 1 1
n
a
n
a a
n
x x x x x F  =
La fonction de production Cobb-Douglas est:
Calculons l’élasticité d’échelle:
¿
¿
¿
¿
=
=
=
+
÷
÷
=
= =
=
=
+ ÷
n
i
i
a
n
a a
n
i
a
n
a a
i
a
n
a a
n
i
i
a
n
a
i
a
i
a
i
a a
i
n
n
i
i n i
E
a
x x x
x x x a
x x x
x x x x x x x a
x x F
x x x F
n
n
n
n i i i
1
2 1
1
2 1
2 1
1
1
1
1 2 1
1
1
1
...
..., (
...
) ... ..., (
) ,..., (
) ,..., (
2 1
2 1
2 1
1 1 2 1
c
Elasticité d’échelle
Les rendements d’échelle d’une
technologie Cobb-Douglas sont donc
constants si a
1
+ … + a
n
= 1
croissants si a1+ … + a
n
> 1
décroissants si a
1
+ … + a
n
< 1.

Elasticité d’échelle
Les rendements d’échelle d’une
technologie Cobb-Douglas sont donc
constants si a
1
+ … + a
n
= 1
croissants si a1+ … + a
n
> 1
décroissants si a
1
+ … + a
n
< 1.

Rendements d’échelle
Q: Une technogie dont les produits
marginaux physiques de tous ses
inputs sont décroissants peut-elle
avoir des rendements d’échelle
croissants ?

Rendements d’échelle
Q: Une technogie dont les produits
marginaux physiques de tous ses
inputs sont décroissants peut-elle
avoir des rendements d’échelle
croissants ?
A: oui.
E.g.

. ) , (
3 / 2
2
3 / 2
1 2 1
x x x x F =
Long-terme vs court-terme
 On distingue parfois l’entreprise suivant
qu’elle opère dans le long terme ou le
court terme.
 Long terme: horizon dans lequel la firme
est supposée capable de modifier les
quantités de tous les facteurs de
production qu’elle utilise.
 Court terme: horizon dans lequel certains
inputs (bâtiments, machines, etc.) sont
supposés disponibles dans des quantités
fixées et non modifiables.
 La distinction est parfois utile mais elle
est un peu caricaturale.
Long Terme Vs Court-terme
 De quelle manière le rétrécissement
au court terme de l’horizon affecte-t-
il la technologie de la firme?
Supposons que la quantité de l’input
2 soit fixé dans le court terme.
Input 2 sera alors considéré comme
un input fixe dans le court terme et
l’input 1 comme l’input variable.
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
2
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
1
y
Long-Terme vs Court-Terme
x
1
y
4 fonctions de production de court terme.
Long-Terme vs Court-Terme
Long-terme vs court-terme
S’il y a n facteurs de production, on
peut les labéliser de telle manière à
ce que, dans le court terme, les k
derniers (disons, pour 1 ≤ k < n)
soient fixes et les n-k premiers soient
variables.
On peut alors définir, pour chaque z
e 
k
+
, la fonction de production de
court terme F
z
: 
n-k
+
 
+
par :
F
z
(x
1
,…,x
n-k
) =F(x
1
,…,x
n--k
,z
n-k+1
,…,z
n
)
Long-terme vs court-terme
Par exemple, si n = 3 , si la
technologie est de type Cobb-
Douglas avec F(x
1
,x
2
,x
3
) = (x
1
x
2
x
3
)
1/4
Et si la quantité du facteur 3 (de la
terre disons) est fixée dans le court
terme à z = 16, alors la technologie
de court terme F
16
: 
2
+
 
+
par :
F
16
(x
1
,x
2
) = 16
1/4
(x
1
x
2
)
1/4
= 2(x
1
x
2
)
1/4
Fonction de coût
 La fonction de production décrit les possibilités
techniques de la firme.
 Mais on peut également décrire celles-ci à partir de
la Fonction de coût total de la firme
 Cette fonction de coût associe à tout niveau
d’output que pourrait produire la firme le coût
minimum, pour la firme, de produire ce niveau
d’output, étant donnés les prix (donnés) des inputs.
 La définition de cette fonction suppose de la firme
qu’elle achète ses inputs sur des marchés
concurrentiels (prix donnés).
 Mais elle ne fait aucune hypothèse sur la structure
de marché de l’output de la firme.
Fonction de coût
 Lorsque la firme est confrontée aux prix
(w
1
,w
2
,…,w
n
) des n inputs, son coût minimum
(étant donnée sa technologie) de produire y
unités d’output à ces prix s’écrit comme:
c(w
1
,…,w
n
,y).
 La fonction c: 
+
n+1
 
+
est la fonction de coût
(total) de la firme.
 Cette fonction représente une manière
alternative (et équivalente) de décrire la
technologie de la firme.
 On suppose évidemment une rationalité
minimale de la firme: Elle produira sa quantité
d’output au coût minimum.

Programme de minimisation des coûts
Considérons une firme utilisant deux
inputs.
La fonction de production est:
y = F(x
1
,x
2
).
Etant donnés les prix des input w
1

and w
2
, le coût que doit supporter la
firme qui emploie les deux inputs
dans les quantités (x
1
,x
2
) est:
w
1
x
1
+ w
2
x
2
.
Programme de minimisation des coûts
Pour tout niveau d’output y donné, le
programme de minimisation des
coûts de la firme s’écrit:



min
, x x
w x w x
1 2
0
1 1 2 2
>
+
Sous contrainte que
. ) , (
2 1
y x x F =
Programme de minimisation des coûts
Les quantités x
1
*(w
1
,w
2
,y) et x
2
*(w
1
,w
2
,y)
d’input choisies par la firme comme
solution de ce programme sont les
demandes conditionelles d’inputs.
Le coût total minimum de produire y
unités d’output est donc:
c w w y w x w w y
w x w w y
( , , ) ( , , )
( , , ).
*
*
1 2 1 1 1 2
2 2 1 2
=
+
Un exemple Cobb-Douglas
Supposons que la technologie de la
firme soit représentée par une
fonction de production Cobb-
Douglas

Déterminons les demandes
conditionnelles et la fonction de coût
total de la firme.
. ) , (
3 / 2
2
3 / 1
1 2 1
x x x x F y = =
Un exemple Cobb-Douglas
min
, x x
w x w x
1 2
0
1 1 2 2
>
+
. ) , (
3 / 2
2
3 / 1
1 2 1
y x x x x F = =
2 / 1
1
2 / 3
2
x
y
x =
sous contrainte que:
Le programme que
résout la firme est:
que l’on peut encore écrire:
(1)
En substituant la contrainte (1) directement
dans le programme de la firme, on a:
2 / 1
1
2 / 3
2 1 1
0
1
min
x
y
w x w
x
+
>
Un exemple Cobb-Douglas
0
2
2 / 3 *
1
2 / 3
2
1
= ÷
x
y w
w
2 / 1
1
2 / 3
2 1 1
0
1
min
x
y
w x w
x
+
>
vérifie la condition de 1
er
ordre:
Une solution intérieure
x
*
1
du programme:
Que l’on peut encore écrire comme:
x
w
w
y
1
2
1
2 3
2
*
/
=
|
\

|
.
|
Un exemple Cobb-Douglas
2 / 1 *
1
2 / 3
*
2
x
y
x =
x
w
w
y
1
2
1
2 3
2
*
/
=
|
\

|
.
|
On trouve que la demande conditionnelle
d’input 2 est:
puisque et
y
w
w
y
w
w
y
x
3 / 1
2
1
2 / 1
3 / 2
1
2
2 / 3
*
2
2
2
|
|
.
|

\
|
=
|
|
.
|

\
|
|
|
.
|

\
|
=
Un exemple Cobb-Douglas
La fonction de coût total de la firme dans
cas est donc:
c w w y w x w w y w x w w y ( , , ) ( , , ) ( , , )
* *
1 2 1 1 1 2 2 2 1 2
= +
Un exemple Cobb-Douglas
La fonction de coût total de la firme dans
cas est donc:
c w w y w x w w y w x w w y
w
w
w
y w
w
w
y
( , , ) ( , , ) ( , , )
* *
/ /
1 2 1 1 1 2 2 2 1 2
1
2
1
2 3
2
1
2
1 3
2
2
= +
=
|
\

|
.
|
+
|
\

|
.
|
Un exemple Cobb-Douglas
La fonction de coût total de la firme dans
cas est donc:
c w w y w x w w y w x w w y
w
w
w
y w
w
w
y
w w y w w y
( , , ) ( , , ) ( , , )
* *
/ /
/
/ / / / /
1 2 1 1 1 2 2 2 1 2
1
2
1
2 3
2
1
2
1 3
2 3
1
1 3
2
2 3 1 3
1
1 3
2
2 3
2
2
1
2
2
= +
=
|
\

|
.
|
+
|
\

|
.
|
=
|
\

|
.
|
+
Un exemple Cobb-Douglas
La fonction de coût total de la firme dans
cas est donc:
c w w y w x w w y w x w w y
w
w
w
y w
w
w
y
w w y w w y
w w
y
( , , ) ( , , ) ( , , )
.
* *
/ /
/
/ / / / /
/
1 2 1 1 1 2 2 2 1 2
1
2
1
2 3
2
1
2
1 3
2 3
1
1 3
2
2 3 1 3
1
1 3
2
2 3
1 2
2
1 3
2
2
1
2
2
3
4
= +
=
|
\

|
.
|
+
|
\

|
.
|
=
|
\

|
.
|
+
=
|
\

|
.
|
|
Un exemple Léontieff
Considérons la fonction de production


Déterminons les demandes
conditionnelles des deux inputs.
Déterminons la fonction de coût total
y x x = min{ , }. 4
1 2
Un exemple Léontieff
x
1
x
2
min{4x
1
,x
2
} ÷ y’
4x
1
= x
2
Un exemple Léontieff
x
1
x
2
4x
1
= x
2
min{4x
1
,x
2
} ÷ y’
-
w
1
/w
2
c’/w
2
c’’/w
2
c’ > c’’
Un exemple Léontieff
x
1
x
2
4x
1
= x
2
min{4x
1
,x
2
} ÷ y’
où se trouve la combinaison d’inputs permettant
de produire y’ unités d’output au coût minimum ?
Un exemple Léontieff
x
1
x
2
x
1
*
= y’/4
x
2
* = y’
4x
1
= x
2
min{4x
1
,x
2
} ÷ y’
où se trouve la combinaison d’inputs permettant
de produire y’ unités d’output au coût minimum ?
Un exemple Léontieff
 Considérons la fonction de production


Les demandes conditionnelles d’inputs sont:
x w w y
y
1 1 2
4
*
( , , ) =
y x x = min{ , }. 4
1 2
x w w y y
2 1 2
*
( , , ) . = et
Un exemple Léontieff
 Considérons la fonction de production


Les demandes conditionnelles d’inputs sont:
x w w y
y
1 1 2
4
*
( , , ) =
y x x = min{ , }. 4
1 2
x w w y y
2 1 2
*
( , , ) . = et
c w w y w x w w y
w x w w y
( , , ) ( , , )
( , , )
*
*
1 2 1 1 1 2
2 2 1 2
=
+
La fonction de coûts est donc:
Un exemple Léontieff
 Considérons la fonction de production


Les demandes conditionnelles d’inputs sont:
x w w y
y
1 1 2
4
*
( , , ) =
y x x = min{ , }. 4
1 2
x w w y y
2 1 2
*
( , , ) . = et
La fonction de coûts est donc:
c w w y w x w w y
w x w w y
w
y
w y
w
w y
( , , ) ( , , )
( , , )
.
*
*
1 2 1 1 1 2
2 2 1 2
1 2
1
2
4 4
=
+
= + = +
|
\

|
.
|
Coût marginal
Pour tout niveau d’output y, le coût
marginal de production est défini
(intuitivement) comme le coût de
produire une unité additionelle d’output.
Plus rigoureusement, il est défini par la
croissance du coût total qu’entraîne un
accroissement infinitésimal du niveau de
production, soit:
.
) , ,..., (
) , ,..., (
1
1
y
y w w c
y w w Cm
n
n
c
c
=
Coût total moyen
Pour un niveau d’output strictement
positif y, le coût par unité (ou coût
moyen) de produire y est:
.
) , , (
) , , (
2 1
2 1
y
y w w c
y w w CM =
Rendements d’échelle et coûts moyens
Les rendements d’échelle dont fait
l’objet une technologie déterminent la
relation qui existe entre le coût moyen
et le niveau de production.
Supposons que la firme produise
actuellement y’ unités d’output.
De combien augmentera le coût
moyen si l’objectif de production
passe à 2y’ unités d’output?
Rendements d’échelle constants
et coûts moyens.
Si la technologie qu’utilise la firme
fait l’objet de rendements d’échelle
constants, on ne peut doubler le
niveau de production qu’en doublant
le niveau d’emploi de tous les inputs.
Les coûts totaux vont donc doubler.
Le coût moyen ne bougera donc pas.
Rendements d’échelle
décroissants et coûts moyens
 Si la technologie de la firme fait l’objet de
rendements d’échelle décroissants, alors
doubler le niveau d’output oblige la firme
à plus que doubler son niveau d’emploi
des inputs.
 Les coûts totaux vont donc plus que
doubler.
 Le coût par unité produite va donc
augmenter.
Rendements d’échelle croissants
et coûts moyens
 Si la technologie de la firme fait l’objet de
rendements d’échelle croissants, doubler le
niveau d’output requiert une augmentation du
niveau d’emploi des inputs dans une proportion
inférieure à 2.
 Les coûts totaux vont donc augmenter dans
une proportion moindre que 2.
 Le coût par unité produite va donc diminuer.
Rendements d’échelle et coûts
moyens
y
Coût/unité
r.e. constants
r.e. décroissants
r.e. croissants.
CM(y)
Coûts sous-additifs
 Une fonction de coûts est sous-additive si elle
vérifie, pour toute liste de niveaux d’output
y
1
,…,y
T
:
 c(w
1
,…,w
n
,y
1
)+…+c(w
1
,…,w
n
,y
T
) > c(w
1
,…,w
n
,y
1
+…+y
T
)
 En mots, une fonction de coût sous-additive est
telle qu’il est moins coûteux de produire de façon
intégrée un niveau de production y
1
+…+y
T
que de
le produire de façon désintégrée.
 La sous-additivité des coûts est un puissant
facteur d’intégration.
 Les rendements d’échelle croissants impliquent la
sous-additivité des coûts mais la réciproque n’est
pas vraie.
Coûts dans le long terme et le
court terme
Nous avons défini les coûts en
considérant la technologie de long
terme de la firme.
On peut évidemment définir les coûts
dans le court terme.
Dans le court terme, certains inputs
sont employés à des quantités
préspécifiées.
Il faut alors distinguer entre les coûts
fixes et les coûts variables.
Théorie de Williamson
(institutionnaliste)
 L’approche néo-classique décrit la firme
comme une “boite noire” technologique
 Firme = capacité de transformer des inputs
en output.
 Cette approche ne peut expliquer les
décisions d’intégration/désintégration des
activités.
 Pourquoi certaines relations entre individus
sont contractualisées au sein de l’entreprise
alors que d’autres (marchandes) sont
établies entre individus indépendants
Théorie de Williamson
(institutionnaliste)
 L’approche institutionnaliste: identifie les
facteurs susceptibles d’expliquer le fait que
certaines relations entre agents individuels
vont s’intégrer dans l’entreprise alors que
d’autres vont se faire dans le cadre de
l’échange marchand standard.
 Facteur essentiel: éviter le problème du “hold-
up” susceptible d’empêcher l’établissement,
entre deux agents, de relations mutuellement
bénéfiques fondées sur un investissement
préalable dans un actif spécifique.
 Certaines relations ne peuvent se nouer avec
profit que si les parties effectuent, avant de les
nouer, des investissements qui:
 1) sont couteux pour l’une et/ou l’autre des
parties.
 2) n’ont de valeur que pour la relation spécifique
à laquelle ils sont destinés (spécificité de l’actif).
 La spécificité de l’investissement rend donc la
partie qui l’a engagé dépendante de l’autre partie
qui peut alors abuser de cette dépendance (hold
up).
Problème du hold up et actifs
spécifiques
 Consulting informatique: Une entreprise informatique
envisage d’offrir une maintenance des systèmes
informatiques d’un cabinet médical.
 Pour que cette maintenance soit utile, il faut que le
cabinet médical prenne du temps (couteux) pour
présenter ses systèmes à l’entreprise informatique afin
que celle-ci lui propose un service de maintenance
adapté.
 Problème: Une fois détentrice de la connaissance des
systèmes du cabinet médical, l’entreprise informatique
sera en position de monopole et pourrait en profiter pour
augmenter les tarifs d’entretien (ou diminuer la qualité de
cet entretien au tarif promis)
Problème du hold up: illustration
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
honnête
Hold up

-2, -1
refuse
cabinet
médical
signe

0, 0

cabinet
médical
accepte
-1, 4
-2,-1

accepte
refuse

2,2
ne signe pas

Quel est l’équilibre parfait en sous-jeu ici ?
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
honnête
Hold up

-2, -1
refuse
cabinet
médical
signe

0, 0

cabinet
médical
accepte
-1, 4
-2,-1

accepte
refuse

2,2
ne signe pas

En fin de jeu, le cabinet médical va toujours accepter
ce que lui propose la firme informatique
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
honnête
Hold up

-2, -1
refuse
cabinet
médical
signe

0, 0

cabinet
médical
accepte
-1, 4
accepte
2,2
ne signe pas

En fin de jeu, le cabinet médical va toujours accepter
ce que lui propose la firme informatique
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
honnête
Hold up

cabinet
médical
signe

0, 0

cabinet
médical
accepte
-1, 4
accepte
2,2
ne signe pas

En fin de jeu, le cabinet médical va toujours accepter
ce que lui propose la firme informatique
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
honnête
Hold up

cabinet
médical
signe

0, 0

cabinet
médical
accepte
-1, 4
accepte
2, 2
ne signe pas

Sachant cela, la firme informatique
va choisir le hold up
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
Hold up

cabinet
médical
signe

0, 0

accepte
-1, 4
ne signe pas

Sachant cela, la firme informatique
va choisir le hold up
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
Hold up

cabinet
médical
signe

0, 0

accepte
-1, 4
ne signe pas

Anticipant tout cela, le cabinet médical
Préférera ne pas engager de relation
Problème du hold up:illustration
cabinet
médical
Firme
informatique
Hold up

cabinet
médical
signe

0, 0

accepte
-1, 4
ne signe pas

La peur du hold up empêche la naissance
d’une relation mutuellement bénéfique!
Solutions au problème du hold-up
 Solution simple: écrire un contrat à l’avance qui
prévoira des pénalités si l’une des parties (ici
l’entreprise informatique) ne remplit pas sa part du
contrat.
 La solution du contrat fonctionne si le nombre de
contingences susceptibles de survenir dans le
déroulement de la relation n’est pas trop grand.
 Si les contingences sont nombreuses, écrire un
contrat est impossible (ou très couteux).
 Une solution alternative est l’intégration hiérarchique
au sein d’une entreprise.
 Dans l’exemple précédent, le cabinet médical pourrait
employer un informaticien.
L’intégration hiérarchique au sein
d’une entreprise sera d’autant plus
probable que:
Les actifs qui donnent de la valeur à
la relation sont spécifiques.
La fréquence des relations futures
est élevée (on pourra amortir le coût
de l’intégration sur un grand nombre
de transactions).
Le coût d’écriture d’un contrat
complet est élevé.

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