Tristana Pimor

SOMMAIRE
1. A quoi sert le questionnaire ? 2. Au départ : la grande aventure d’un flou à définir 3. Les étapes de la démarche en recherche en sciences sociale

4. Le questionnaire en question
A. Définition, indicateurs B. L’invention des hypothèse C. Détermination de la population et échantillon D. Construire et rédiger le questionnaire a) Le choix des questions b) La rédaction des questions c) Présenter son enquête et passation du questionnaire

1. A QUOI SERT LE QUESTIONNAIRE ?
• Décrire en produisant des chiffres descriptifs (recensement) • Vérifier les hypothèses pour produire des chiffres explicatifs 1. Savoir quel est le but de l’enquête 2. Définition préalable de l’objet

La méthode quantitative engage un point de vue sur le monde : le social est déterminé socialement.
Le questionnaire identifie les déterminants de conduites, explique les conduites tandis que l’entretien explique les comportements par le point de vue des acteurs. La méthode et les outils se choisissent en fonction de la question de départ, de l’objet d’étude et de la population étudiée.

Définitions :
Approche = paradigme : représentation théorique du monde, inscription dans un courant scientifique : culturaliste, interactionniste, holiste... Démarche : constitue la façon de produire la connaissance : par induction, soit par déduction, hypothéticodéduction. Méthode : niveau en dessous qui organise la manière de recueillir les données : quantitative, qualitative, clinique, expérimentale, analytique, métha-analytique, d'historique. Concept : représentation d'un objet, ex : déviance, socialisation, ethnicité. Outil : élément technique de recueil d’informations : questionnaire, entretiens, observation, test, lecture … Méthodologie : l'étude du bon usage des méthodes et techniques.

2. AU DÉPART : LA GRANDE AVENTURE D’UN FLOU À DÉFINIR
1. Thème de recherche flou • Angoisse • Chao dont il faut sortir vite 1. Erreurs fréquentes  Trop de lecture  Mirage intellectuel,  Superficialité,  Augmentation de l’incertitude  Impasse sur les hypothèses  Précipitation collecte de données  Informations dispersées sans intérêt  Langage pompeux  Cache hypothèse creuse  incompréhensible

3. LES ÉTAPES DE LA DÉMARCHE EN RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES
5 étapes pour atteindre un certain degré d’objectivité dans la démarche hypothético-déductive (Lê, Thàhn Khôi, L'éducation comparée, 1981) :

1. identification du problème
2. formulation de la question, de l’hypothèse 3. la réunion, le traitement des données 4. la vérification des hypothèses 5. la généralisation des résultats G. Bachelard « le fait est conquis, construit et constaté » (La formation de l'esprit scientifique, 1980). 1. conquis sur les préjugés / rupture épistémologique 2. Construit par la raison

3. Constaté dans les faits

Pour Bourdieu et Passeron, la recherche se déroule en 3 phases (Le métier de sociologue, 1983).

1. Rupture qui comprend la question de départ, l’exploration pour rompre avec l’illusion première.
2. Construction qui contient la construction des hypothèses, de la problématique et du modèle d’analyse.

3. Constatation : observation, analyse des informations et les conclusions.
Pour Quivy et Van Campenhoudt, 7 étapes de la recherche. (Manuel de recherche en sciences sociales, 2006) 1. Question de départ 2. Exploration 3. Problématique 4. Construction modèle d’analyse 5. Observation 6. Analyse des informations

7. Conclusions

4. LE QUESTIONNAIRE EN QUESTION
A. Définition, indicateurs
• Le questionnaire sert à mesurer ce qui est objectif, les conduites. Ex : l’échec scolaire, la maltraitance, la victimation… Il relève les effets structuraux (impacts de la société sur les conduites) • L’entretien mesure ce qui est subjectif (le sens que les acteurs donnent à des actions, des comportements…). Ex :, la relation à l’école … Tâche primordiale : définir l’objet, le circonscrire pour trouver les bons indicateurs par la littérature scientifique ou par les représentations des enquêtés. Définition la plus objective possible Trouver les indicateurs empiriques pour faire le lien entre la théorie et le terrain.  Ex : la prudence / indicateurs : conduite automobile, type de placement bancaire, souscription d’assurance … Ex : la jeunesse / indicateurs : moins de 25 ans, ne pas avoir d’enfant, ne pas être propriétaire d’une maison …

• L’indicateur est un point de vue sur un objet. Il faut en avoir plusieurs pour approcher la globalité de l’objet étudié. • Les indicateurs permettent de construire le questionnaire. • Transformation de l’objet (du concept) de recherche en indicateurs permet le passage du niveau théorique à celui de la réalité. Ce sont des intermédiaires entre les mots et les choses, ils relèvent de dimensions qui peuvent devenir des indices.

Concepts indicateurs Nombre de rackets Violence scolaire Nombre de coups Nombre d’insultes

Dimensions Violence physique Violence morale

Indices

Victimation

Nombre de rumeurs
Niveau de peur pour aller à l’école Représentation élève du niveau de violence scolaire Entre aide entre pairs Écoute des adultes Relations entre les acteurs

Insécurité Sentiment d’insécurité
Climat Scolaire

Concepts Collèges « difficiles »

indicateurs Nombre de dérogations Choix réel des parents pour cet établissement

dimensions

indices

Représentation parentale de l’école Attractivité de l’école Représentation administrative de l’école

Classement du quartier (ZUS, …)
Classement école (ZEP, …)

CSP des parents
Niveau d’études des parents

niveau socioculturel des familles

Pourcentage de réussite Réussite scolaire à l’heure au brevet Pourcentage d’élèves à l’heure orientés en lycée général

Indices du niveau socioculturel de l’école

• Les indices permettent d’avoir des scores et donc ici de savoir quel est le score de victimation des collèges enquêtés et si par exemple le score de victimation suit celui du niveau social de l’école. • Objectivité totale sur un objet est impossible d’ou l’importance d’explicité le choix des indicateurs et de définir clairement l’objet. • L’objectif de l’approche quantitative classique : • savoir ce que les acteurs font par ce qu’ils sont (Bourdieu, Passeron) et non pas ce qu’ils disent de ce qu’ils font. • d’établir un rapport de causalité entre ce que les acteurs sont (position sociale, diplôme …) et une pratique.

B. l’invention des hypothèses
L’hypothèse est ce que vous faites varier avec les variables retenues. 2 types de variables : 1. Dépendantes : les pratiques, les conduites (échec scolaire, violence,…) 2. Indépendantes (sexe, CSP, …) les déterminants sociaux qui expliquent le comportement Proposer des hypothèses c’est faire un choix de variables dépendantes et indépendantes que l’on croise.

C. Détermination de la population et échantillon
Rarement l’enquête peut se porter sur toute la population concernée donc on prélève un échantillon. Définir la population en repérant ses caractéristiques pour faire un échantillon représentatif

La loi informatique et liberté de la CNIL interdit les questions sur l’origine ethnique. Attention la consulter avant. Plusieurs type d’échantillonnage existent : • L’échantillon par cotât : modèle réduit de la population parente (population totale concernée). • L’échantillonnage aléatoire ou probabiliste : tirage au sort d’un nombre d’individu de la population parente • L’échantillon aréolaire : on choisit des aires, des territoires, des classes par tirage au sort dans lesquels toute la population est interrogée. • L’échantillon boule de neige : un groupe me présente un groupe qui me présente un groupe que j’interroge à tour de rôle. • L’échantillon stratifié : sélection d’un nombre plus important d’une catégorie de la population parente que celui normalement présent.

Combien de personne doit-on interrogée ?


Pas moins de 30 individus.
C’est une question d’intervalle de confiance, de degrés de précision exigé par la recherche que vous faite. L’intervalle de confiance permet de définir une marge d'erreur sur un échantillon. Si votre degrés de confiance est de 95% il y a 5% de chance que vous vous trompiez si vous comparez le résultat de votre échantillon avec une étude faite sur la population parente.

D. Construire et rédiger le questionnaire
1. 2. Première ébauche que l’on montre un tiers Pré-test sur une partie de l’échantillon que l’on sacrifie pour tester la validité du questionnaire

Attention au nombre de question, à leur clarté.

• Deux partie dans un questionnaire: 1. les variables dépendantes, 2. Les variables indépendantes : déterminants sociaux

• 2 types de question : de fait et d’opinion. • 3 positions sur les questions d’opinion (Ex : Que pensez vous de la violence scolaire ?) : 1. Attention aux question d’opinion pour Bourdieu (représentations des acteurs par la réalité). 2. De Singly pensent que ces opinions sont aussi la réalité. 3. Être dans l’intermédiaire Debarbieux. • Les réponses décalées 2 raisons: 1. La légitimité de l’activité évoquée entraine des effets de la déclaration. 2. Les individus sont moins conscients de leur pratique qu’on ne le suppose. • 2 erreurs majeures à éviter dans la construction du questionnaire :

1. Éviter de poser des questions trop personnelles : méfiance.
2. Éviter l’exhaustivité.

1. Le choix des questions 2 formes de question : 1. Fermée (les réponses sont données dans le questionnaire) 2. Ouverte (l’enquêtés répond librement sans choix de réponse)

Avantage des questions fermées : 1. Traitement rapide 2. Pas d’ambiguïté de réponse 3. Facilité pour les répondants Inconvénients: 1. Directives 2. Choix limité ne reflète pas toujours ce que pense vraiment les participants 3 types de questions fermées : simple, à choix multiples et à échelle.

Questions fermées • • Question fermée simple : réponse oui, non, ne sais pas. Question à choix multiples : plusieurs réponses dans une liste préconstituée. • Soit à réponse unique : on ne coche qu’une réponse • Soit à réponses multiples : on peur cocher un certain nombre de réponse.

• Question à échelle ou ordonnée : à réponses graduées. Ex : aimez-vous le chocolat : 1. Un peu 2. Beaucoup. 3. Pas vraiment. 4. Pas du tout  L’échelle de Likert permet de mesurer le degré d'accord suivant 5 à 7 degrés d’une affirmation. Ex : le sport permet créer des liens avec des personnes de milieux sociaux différents. 1. Pas du tout d’accord. 2. Pas d’accord. 3. Ni en désaccord ni d'accord 4. D’accord.

5. Tout à fait d'accord

• L'échelle de Guttman : les propositions sont présentées de façon hiérarchique pour demander au sujet de dire jusqu'où il est d'accord.
Ex : les contacts sociaux mixtes d’individus appartenant aux fonctions de cadres supérieures.
Notez de 1 à 5 votre accord face aux affirmations qui suivent (1. parfaitement d’accord; 2. d’accord, 3. plutôt d’accord; 4. pas vraiment d’accord; 5. pas d’accord ; 6. Pas du tout d’accord) 1. J’accepte d’entretenir, avec un collègue qui est inférieur hiérarchiquement, des relations dépassant le cadre strictement professionnel. c) Faire du sport d) Aller voir un spectacle

a) Déjeuner avec lui b) Faire du shopping 2.

Je pense que je pourrais avoir pour amis quelqu’un qui a un emploi inférieur au mien c) Un contremaître d) Un ouvrier

a) Un cadre b) Un employé intermédiaire 3.

Je pense que je pourrais tisser des relations amoureuses avec une personne exerçant une activité professionnelle inférieure à la mienne. c) Un employé intermédiaire d) Un ouvrier

a) Un contremaître b) Un cadre

Questions ouvertes Elles ne donnent pas de réponses. Avantages :

• réponses inattendues permettent des découvertes, d’envisager d’autres hypothèses, des facteurs non imaginés
• Donnent le sens que les acteurs ont du monde

Inconvénients :
• Très dépendantes de la formulations et de l’enquêteur • Longues et difficiles à traiter • Réponses foules, hors champ • Si le niveau d’écrit du répondant et faible beaucoup de non réponses. Le compromis entre questions ouvertes et fermées est l’idéal.

Rédaction des questions :

• La façon de rédigée les questions et les réponses influence les réponses.
• Ajoutez une case « sans opinion » ou « ne sais pas ». • Possibilité d’introduire les questions d’opinion pour que le répondant sache de quoi vous parlez. • La formulation ne doit ni désavantager, ni avantager une modalité de réponse.

• Équilibrez les réponses négatives et affirmatives.
• Attention à certains termes, au niveau de langage. • Impliquez le répondant par des mots introductifs l’interpellant. • Il faut une logique de rédaction, d’enchaînement des questions. • Éviter surtout les doubles questions.

2. Présenter son enquête et passation du questionnaire • Présenter son objet de recherche, l'utilité de la recherche, l'anonymation des questionnaires. • Passation standardisée. • Les répondants peuvent répondre seul ou le chercheur peut poser les questions et cocher pour le répondant.

D. Exploiter le questionnaire, analyse des informations