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I.

Quelques notions sur l’art roman

Façade ouest deNotre-Dame -la-Grande,


XIIe s. Poitiers. Illumination reconstituant Saint-Benoit sur Loire, chapiteau corinthien
la polychromie d’origine. de la tour porche, vers1040
Comment définir l’art roman ?
• Chronologie : il apparaît au XIe siècle comme un deuxième renouveau de l’art occcidental après la « renovatio » carolingienne
(autour de l’an 800 avec la « Chapelle palatine » d’Aix, les « arts précieux » (ivoires, orfévrerie, codex enluminés et reliés de style
hellénistique) et « l’art ottonien » dans le Saint-Empire romain germanique (Xe- début XIe siècle).

• Retour de la sculpture monumentale abandonnée depuis la fin de l’Antiquité.

• Style : attention aux simplifications ! Il existe une grande diversité régionale, entre les petits édifices romans de l’Europe
méridionale et les grandes églises du Saint-Empire et de la France du nord. Le voûtement des églises romanes utilise plusieurs
procédés : charpente en bois, voûte en berceau, voûte en croisée d’ogives

Caen, Sainte Trinité, abbaye


Hildesheim (Basse-Saxe) Sainte Foy de Conques (Aveyron
aux femmes XIe siècle
basilique Saint Michel 1010-103 XIe siècle
On a souvent associé le roman à l’arc plein-cintre,
aux murs nus, à la lumière discrète, à la sobriété.

Abbatiale de Fontenay ou le dépouillement


selon Bernard de Clairveaux (ordre cistercien -1098
Fondation de l’abbaye en 1118)
Poitiers, Notre-Dame la Grande façade-pignon
à arcatures, XIIe siècle
• En réalité le roman est le règne du mélange y compris à l’intérieur du
même édifice où arcs brisés, arcs plein cintre, voûtes en croisée,
voûtes d’arrêtes ou en berceau se juxtaposent.
Les apports techniques de du roman de style anglo-normand : cathédrale de Durham
(1093-1280) et Sainte Trinité de Caen (1060-1130) Saint Etienne (1080-1115)
L’influence normande en Angleterre se renforce avec la conquête et l’accession au trône
d’Angleterre de Guillaume, duc de Normandie en 1066.

• Eglise de la Sainte-Trinité de Caen, abbaye aux femmes (vers 1060) la


nef de la cathédrale de Durham (nord de l’Angleterre) vue depuis la
tribune du narthex.
Voir panoramiques :
http://www.learn.columbia.edu/ha/html/medieval_caen_dam_cross.htm
http://www.learn.columbia.edu/ha/html/medieval_caen_hom_nave.htm
http://www.learn.columbia.edu/ha/html/medieval_durham_nave_e.htm
http://www.learn.columbia.edu/ha/html/medieval_durham_w_win.htm
http://www.learn.columbia.edu/ha/html/medieval_durham_n_nave_trib.htm

Arcs plein cintre alternent avec des voûtes sexpartites en croisée d’ogives.
C’est le premier voûtement de ce type dans l’histoire de l’architecture.
La Trinité est dotée en 1130 de fausses voûtes sexpartites (en réalité quadripartites).
Durham montre le caractère empirique de ces innovations : un arc doubleau plein
cintre toutes deux croisées d’ogives, les arcades sont également plein cintre.
Remarquez également à Durham l’alternance de colonnes incisées de chevrons,
de torsades de motifs géométriques, et de piles à colonnettes engagées plus classiques
Le message théologique de l’art roman
• Le sanctuaire et les reliques : au M-A la foi est passionnée de mystères, de visions
--> iconographie de type millénariste faisant place à l’Apocalypse (Jugement dernier).

Les vénération des reliques est un des traits majeurs du culte chrétien et de l’architecture :
cryptes au sous-sol, châsses reliquaires comme celle magnfique de sainte Foy de Conques.

Orants chapiteau fin Xe siècle,


Dijon Cathédrale Saint
Bénigne. Reliquaire de Sainte Foy, Ve-X
Vézelay église de la Madeleine: portail principal siècle Conques, Trésor de
Pentecôte et mission de l’Eglise l’église Sainte Foy
Un « christianisme de la peur » (Jean Delumeau) : représentation du Jugement dernier.
Nous étudierons plus en détail les tympans dans la leçon sur la sculpture.

Tympan du portail central de l’église sainte Foy de Conques (Aveyron), vers 1140
http://architecture.relig.free.fr/conques1.htm
L’apparition de « cycles narratifs » : une innovationmajeure de l’art roman

• Saint Benoit sur Loire Chapiteau corinthien (feuilles d’acanthe) et chapiteau historié
« Fuite en Egypte », tour porche vers1040. Les chapiteaux s’inspirent directement des
modèles antiques.
Le retour de la grande statuaire sur les façades commence
également avec le roman

Abbaye Saint-Gilles-du- Gard

Voir plus loin cours sur la sculpture


Conclusion sur l’art roman

• L’essor du roman a lieu au XIe siècle jusqu’à la fin du


XIIe.
• Cet essor s’explique par l’amélioration des conditions de
vie, le lent accroissement de la population par les timides
progrès de l’agriculture.
• Une certaine stabilité des pouvoirs : féodalité, monarchies
des Capétiens, des ducs de Normandie, des ottoniens. Les
abbayes fondées par les princes se multiplient.
• Un certain esprit militant de l’Eglise constitue le dernier
facteur par la fondation d’abbayes en particulier celles de
l’ordre de Cluny plus sensible
à la glorification de Dieu par les arts que l’ordre cistercien.