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La Prérenaissance dans la peinture :

le XIII siècle - XIVe

Introduction

La peinture byzantine : un modèle avec lequel les peintres du


Trecento voudront rompre tout en s’en inspirant...
A. L’image du Christ évolue depuis l’Antiquité tardive

Les colombes et l’eau,


motifs profanes,
symboles chrétiens

Un décor
exceptionnel
de raffinement,
un des sommets de
l’art chrétien

• Mosaïque du milieu du Vème siècle "le Berger assis", au mausolée de Galla Placidia (fille de l’empereur
Théodose), à Ravenne (nouvelle capitale de l’Empire d’Occident). Ici, le Christ tient un bâton cruciforme et
est assis sur des pierres en forme de trône, entouré par Ses brebis. L’art byzantin s’inscrit donc dans la
continuité de l’Antiquité : mosaïques, naturalisme, attitudes, mélange de sacré et de profane.
• L’image est indispensable au culte : elle marque la présence du Christ dans le lieu. On la retrouve sur
des sarcophages, des plaques funéraires sculptées…
Une autre représentation : le Christ âgé et barbu

•Premier exemple conservé de


peinture monumentale dans l’abside
d’une église, point vers lequel conduit
l’œil le jeu des colonnes de la
basilique.
• Christ et apôtres l’abside de Sainte Prudentienne à Rome, Mosaique du Ve siècle.

• Ici, le Christ est représenté en majesté, vêtement précieux tout en or, trône doré, devant une
ville relativement réaliste, représentation de la Jérusalem céleste. Il est à la fois image du
roi des cieux entouré de ses disciples en habits de dignitaires écclésiastiques et impérieux
et image de l’empereur.
La dernière étape : le Christ pantocrator, tout puissant, image de Dieu

• Abside médiane de la basilique de Monreale près de Palerme, fondée par le roi normand de Sicile
Guillaume II après une vision de la Vierge, 1174-1190.

Pourquoi ces diffrences ? Cela vient de la fonction des images, elles marquent la présence de Dieu
dans le sanctuaire pas la représentation de sa nature, par définition impossible.
Le Christ entouré d’apôtres montre que Dieu s’est incarné en son fils comme le disent les Evangiles.
Enfin, le Christ Pantocrator est isssu des débats théologiques du IVe siècle sur la nature humaine
ou divine du Christ. Ce dernier n’est pas inférieur à Dieu. C’est ce qui explique sa représentation
en « maître du monde ».
B. Quelles types et quelles fonctions pour les images qui décorent l’église ?

Enfance du Christ

Vie d’Abraham…
Vie de • Vue de la nef de l’église Santa Maria
Moïse Maggiore, (432-440) (orientée vers
(détail) l’ouest et non pas vers l’est comme pour
les basiliques romaines).
… • De véritables cycles iconographiques,
cohérents, ordonnés dans le temps :
Création, Ancien Testamant, Vie du
Christ, Jugement dernier.
Les images qui décorent les premières églises ont une fonction litturgique,
pas uniquement pédagogique et très vite politique

• Une narration certes.


• Ce sont surtout des représentations
imagées des Ecritures et signifient la
« Parole de Dieu »
• Il n’y a pas forcément un ordre
chronologique que le fidèle doit suivre dans
la nef.
• C’est comme si les paroles allaient du
choeur vers le narthex
• Des différences peuvent exister dans la
conception (Santa Maria Maggiore et Saint-
Vital de Ravenne (VIe) ci-contre : figures
monumentales comme ici l’impératrice
Théodora, épouse de Justinien.

http://ccat.sas.upenn.edu/%7ers002/Images/christian.pics.html
L’autre type d’images plus proches des fidèles : l’icône

• Composition très hiératique, la Vierge porte


une tunique pourpre, elle est également
couverte du « Maphorion », voile couvrant la
tête et le corps de la Virge ou des saints.
• Le Christ est habillé d’une tunique ocre
réhaussée d’or.

• Deux anges à l’arrière plan regardent une


main sortant du ciel.
• Pour les Byzantins, l’image est vérité
contrairement au texte qui peut être falsifié.
Le saint peut agir à partir de son image, celle
ci ne peut pas évoluer car cela signifierait
mettre en cause la religion elle même.
• On peut représenter l’image de Dieu sans
bien sûr qu’elle soit « fidèle » à une
quelconque réalité. Jésus est « à l’image de
son Père » donc loin de la figure humble et
humainsée qui s’imposera en Occident au
XIVe siècle.

Encaustique, Vierge en majesté, monastère Saint


Catherine du Sinaï, VIe siècle
C. Les images : enjeu théologique et politique

• Ces images sont miraculeuses, certaines


n’ont pas été faites de main d’homme
« acheiropoiètoi ».
• On leur rend un culte (on se prosterne, on les
écalire, on les embrasse) car elles peuvent
guérir, elles peuvent sauver une ville des
envahisseurs (Constantinople), elles redonnent
l’eau aux puits taris etc.
• Les iconoclastes (VIIIe siècle) s’opposent à
la représentation de Dieu donc du Christ et
des saints (2e Commandement). Par ce
moyen, c’est l’autorité de l’empereur face au
monastères hauts lieux de la peinture qui sort
renforcée.
• Après l’iconoclasme, de nouvelles
figurations du Christ apparaissent. Le Christ
Pantocrator ne disparaît pas mais l’accent est
désormais mis sur le salut, d’où une
iconographie axée sur la Passion.

http://www.ou.edu/class/ahi4263/frameset.html

Tempera sur bois 36 x 23.5 cm. Tempera. VIIIe siècle.


Sinai, Egypte
D. Aux XIIIe-XIVe siècles, de nouvelles expériences picturales

http://www.srpskoblago.org/Archives/Sopocani/index.html
• Ici la Dormition de la Vierge au monastère de Sopoçani (Serbie), entre 1263 et1270. Un style qui montre
des évolutions notables :
• iconographie enrichie, attitudes, expression des sentiments, décors architecturaux
Dormition détail

• On remarque des influences occidentales dans la gestuelle, les visages et les


décors antiquisants, l’individualisation des personnages mais l’esprit et les
principes picturaux restent byzantins.