Cours de deuxième année résidanat

2013/2014
Service de Toxicologie

Réalisé par : Yamoun Assia

Plan
Introduction

I- Généralités
II- Toxicocinétique
III- Mécanisme d’action toxique
IV- Symptomatologie
V- Interactions
VI-Traitement
VII- Détection et dosage
VIII- Prévention et législation

Conclusion

2

Introduction
* Métaux : parmi les+ anciens toxiques connus / lié à leur usage ancien
* Il y a eu pendant une très longue période, une absence totale de préoccupation
en ce qui concerne leur impact sur la santé de l'homme/ l'environnement
* De plus, ils sont bioaccumulables, d'où des effets à plus ou moins long terme

*Caractéristique importante des métaux au plan toxicologique: capacité de réagir
dans les processus biologiques après la perte d‘e* Particularité d'être à faible dose pour nombre d'entre eux essentiels dans le
métabolisme, mais ils peuvent devenir toxiques à dose plus élevée

*Ils se distinguent également de nombreuses autres substances toxiques par le
fait qu'ils ne sont pas métabolisés dans l'organisme pour la majorité de
métaux
* Parfois susceptibles de changer de valence (autre voie de détoxication)
3

I-Généralités

1*Origine
2*Utilisation
3*Formes du Mercure
4*Propriétés physicochimiques

5*Cycle du mercure
6*Notions de bioaccumulation / bioamplification
7*Sources d’exposition

4

I-Généralités
* Elément chimique de symbole Hg
* Métal argenté brillant / particularité forme liquide dans les conditions normales
* Le seul métal à exister sous forme liquide à P et T ambiantes
* Sa découverte remonte à l’antiquité
* Symbole Hg du mot grec latinisé Hydrargyrum = argent liquide
* Le mot actuel a été introduit au VIème siècle : planète Mercure
* Mercure=nom romain du dieu grec Hermès =protecteur des voyageurs
Un des dix produits chimiques ou groupes de produits chimiques
extrêmement préoccupants pour la santé publique

* Métal distribué de façon ubiquitaire dans l'environnement
* Un des principaux polluants de l'environnement
* Largement utilisé :industrie/agriculture/médecine …
* N'est pas essentiel pour le corps humain
5

I-Généralités

Directrice générale de l'OMS, Margaret Chan

6

I-Généralités

1*Origine

*Hg: élément présent dans la nature (air/eau/ sols)
*Il existe à l'état natif/ mais principalement obtenu par grillage du
cinabre (HgS): sulfure rouge
* A ceci s’ajoute le Hg libéré par l’industrie et la pollution
•Production/ traitement des déchets industriels et domestiques
•Naturellement présent comme élément-trace dans le corps
humain vierge de toute pollution
* Minerais de Hg dont l’importance minéralogique est réelle :
Cornubianite(calomelhg2cl2)/Tiemannite(hgse)/Coloradoïte(hgte)/Coccinite (Hg2I2)
*Principaux pays producteurs : Italie/ Russie/ Japon /Algérie/
Mexique/Espagne / Ex-yougoslavie
* Ces centres d’extraction couvrent environ 47 % de la production mondiale
7

I-Généralités

2*Utilisation

* Fabrication d'instruments de mesure/ lampes/ néons
* Composition d'amalgames /électricité, bijouterie, dentisterie
* Amalgames dentaires (plombages) :50 % Hg
* Sert à extraire +recycler l'or par amalgamation
* Dérivés minéraux :catalyseurs/pigments/fixateurs /piles
* Composés organiques :puissants biocides
* Longtemps été utilisé comme fluide dans les thermomètres
* Fabrication de certains vaccins /produits médicinaux:Thiomersal
* Utilisé dans des produits visant à éclaircir la peau
* Mercurochrome : antiseptique

8

I-Généralités

3*Formes du Mercure

9

I-Généralités

Mercure métallique
Élémentaire ( Hg°)

3*Formes du Mercure

*Liquide/vapeur
*Utilisé dans les thermomètres

Amalgame dentaire

*Forme ionique
*2 états d'oxydation : mercureux Hg +/ mercurique Hg + +
*Généralement état solide /sels mercureux / mercuriques
*Ex: HgS/HgO/HgCl2, Hg2Cl2/Hg SO4,...

Hg inorganique

***Composés alkylés : composés Memercuriels (hydroxydes, chlorures,
cyandiamides…)/Etmercuriels (hydroxydes,
Mercure organique
chlorures…), diMelmercure/diEtmercure

Dérivés alkoxyalkylés :chlorure /silicate de méthoxyéthylHg

***

***Dérivés arylés : diphénylHg/acétate/nitrate de phénylHg (–dangereux)
En général + toxiques que les composés minéraux
Les dérivés alkylés sont les +toxiques:plus volatils +plus
stables dans les milieux bio/ molécules arylées /alkoxyalkylées

Fruits de mer

10

I-Généralités

4*Propriétés physicochimiques

A* Mercure élémentaire (métallique)

*Très volatil
*Forme des amalgames avec de nombreux métaux
*Très faiblement soluble dans l'eau /solubilité augmente légèrement avec la T°
* Peu liposoluble
11

I-Généralités

4*Propriétés physicochimiques

B* Dérivés inorganique du mercure
• Les sels Hg++ : très peu volatils+solubles dans l'eau + insolubles dans les lipides
• A l'exception du chlorure mercurique (sublimé corrosif): liposoluble → Plus toxiques
• Les sels Hg+ par contre : en général non volatils/insolubles dans l'eau et les lipides

C*Composés organomercuriels
*Tendance à former des liaisons covalentes
*Propriété explique la formation des composés organométalliques avec du C
*Dérivés dialkylés : en générale liquide + volatil + très toxiques : diethyl Hg, dimethyl Hg
* Beaucoup de ces composés sont volatils à T ordinaire
*Les +volatils : dérivés alkylés/ surtout dialkylés comme le diméthylmercure (CH3-Hg-CH3)
* +/-solubles dans l'eau
*Composés arylés / alkylés : particulièrement stables en milieu aq /en présence de O2
* Le diméthylmercure : insoluble dans l'eau
* Selon leur structure: composés organomercuriels plus ou moins liposolubles
* Ainsi le diméthylmercure est totalement liposoluble
* Le cation méthylmercure (CH3-Hg+) pouvant former des liaisons ioniques avec des ligands minéraux
(OH-, Cl-...) et/ou organiques (fonction thiol,...): hydrosoluble + liposoluble
12

I-Généralités

5*Cycle du mercure

Émission

Transport /dépôt

Conversion biologique /Bioaccumulation

13

I-Généralités
6*Notions de bioaccumulation/ bioamplification

Bioamplification

Bioaccumulation

14

I-Généralités

7*Sources d’exposition

15

I-Généralités

7*Sources d’exposition

Le mercure : une contamination planétaire

* Aujourd'hui, la présence de Hg dans l'environnement demeure une
préoccupation mondiale du fait de sa volatilité, son transport sur de
longues distances dans l'atmosphère via les courants
atmosphériques, sa persistance dans l'environnement et sa capacité
à contaminer les écosystèmes et les chaînes alimentaires

* Or, au cours des 100 dernières années, à cause des émissions
liées à l'activité humaine, la quantité de mercure présente dans les
100 premiers mètres des océans de la planète a doublé
•Dans les eaux plus profondes, la concentration de mercure a
augmenté de 25 %, indique le Programme des Nations Unies pour
l'environnement (PNUE)

16

II-Toxicocinétique
Les caractéristiques toxicocinétiques : absorption, distribution, élimination sont
extrêmement variables en fonction de la forme sous laquelle se trouve le métal

17

II-Toxicocinétique

Absorption

18

II-Toxicocinétique

Distribution

19

II-Toxicocinétique

Distribution

20

II-Toxicocinétique

Métabolisme

21

III-Mécanisme d’action toxique
Hg: une toxicité parfaitement établie !
La toxicité du mercure est établie depuis l’Antiquité

22

III-Mécanisme d’action toxique
Hg: une toxicité parfaitement établie !
Dans les années 50, une épidémie mystérieuse se déclenche dans la baie de Minamata, au sud du
Japon

Les troubles affectent + particulièrement les familles de pêcheurs (malformation de NN/
dysfonctionnement du SN) +animaux domestiques (chats atteints de convulsions, se jetant dans la mer
du haut des falaises), tous deux gros consommateurs de poissons
Les analyses montrent qu’une usine de produits chimiques, fabriquant du plastique (PVC ) utilise le Hg /
catalyseur/ rejeté en mer après usage

Bien que le Hg le soit s/f inorganique (oxyde de mercure), peu biodisponible et peu toxique, la
condensation, la salinité et l’activité bactérienne des micro organismes marins transforment le mercure
en une forme organique (méthylmercure), très biodisponible et très toxique

23

III-Mécanisme d’action toxique

*Toxicité de type cumulatif (bioaccumulation)
*Toxicité étroitement liée à la forme Hg
*Action thioloprive
Hg org

Hg0

Hg++

Le mécanisme / lequel le Hg exerce ses effets toxiques n’est pas
encore bien élucidé

24

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
*Une preuve récente suggère l’implication des RL° +++
*Agent promoteur du stress oxydatif : effets prooxydatifs
*L’action toxique du Hg, en particulier Hg2+, s’explique par sa grande affinité pour les
groupements thiol de nombreuses pr- /enz, perturbant ainsi leurs fX intra et extra-cellulaires
constitue un puissant inhibiteur enzymatique(là où il s’accumule+ C suffisante)
*Liaison à SH de GSH /NAC/ altère le statut des thiols intracellualires
*De nombses études ont révélé que Hg génère des ERO/activation de NAPHoxydase
*Il forme un complexe insoluble avec le sélénium
•Hg interagit avec la chaîne de transport des e- , augmentant ainsi la quantité de H2O2
* Ceci est concomitant avec la déplétion de glutathion mitochondrial, la dépolarisation de la
mb mitochondriale interne, et l’augmentation de la sensibilité de la mb mitochondriale à la
peroxydation:la fonction mitochondriale est affectée

Conséquence

Stress oxydatif /peroxydation des lipides
25

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
*La liaison avec les groupements sulfhydryls altère certaines fx cellulaires :
-la polymérisation des microtubules: action antimitotique effets « Colchicine Like » avec
altération de la formation du fuseau
-La transcritption de l’ADN / diminuer le contenu en ARN des cellules
-La synthèse de glutamine
-L’homéostasie du calcium
- Il inhibe la synthèse d'ADN et de protéines
-Une répartition aberrante des ch au sein des cellules filles (malformations congénitales)
-Ces effets conduisent à de nombreux dysfonctionnement cellulaires /mort cellulaire

*Altére la mb cyto , en altérant son électronégativité /phénomènes de tension
superficielle ; L’ion mercurique peut fragiliser les mb
d’organites intracellulaires
(lysosomes, peroxysomes, mitochondries)
26

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
*Hg org : capacité d'augmenter la perméabilité de canaux chlorure de récepteurs
GABA A dans la racine
dorsale qui est associée à une hyperpolarisation
neuronale
*MéthylHg /chlorure Hg : capacité à augmenter la libération de NT// Ex: Ach/ DA/
NA/ 5HT
•Des études expérimentales montrent que le MeHg augmente la C extracellulaire de glutamate en
empêchant sa captation et sa dégradation / action toxique directe sur les neurones
*De même, d’autres études expérimentales montrent que l’interaction du MeHg avec les microtubules du
cytosquelette des cellules neuronales entraîne une souffrance neuronale par apoptose

27

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
*Effets clastogènes du mercure ont été observés dans des lym de sujets ayant
ingéré des poissons contaminés/ du méthylHg : cassure de ch+ présence de
fragments/ ch surnuméraires/ absence de centromère

28

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
•Diminution de la production énergétique:
- Par Inhibition de l’entrée du glucose dans la cellule
- Blocage de la phosphoglucose isomérase sérique
- Inhibition de la glutathion-réductase
•Perturbation de l’entrée des phosphates dans les mito, dans les cellules cérébrales
•Perturbation des phosphatases alcalines des cellules tubulaires proximales des reins
•Inhibition de l’activité de (ALAD): enzyme impliquée dans la synthèse de l’hème

Hg2+ inhibent fortement l’ALAD in vitro/in vivo, cette inhibition intervient à des C très élevées
•Stimulation possible de l’activité de la Protéine Kinase C (PKC) Mb qui joue un rôle
important dans la modulation de nombreuses réactions cellulaires
• Le cycle de Krebs est inhibé, in vitro, plus facilement par le méthylmercure que par le Hg
inorg
29

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
*Provoque l'activation polyclonale des lym B/T: il stimule l'immunité humorale et la production
d'anticorps anti-ADN
Ces perturbations du système immunitaire pourraient expliquer le rôle du mercure dans les
atteintes rénales glomérulaires (maladie auto immune)
•Le mercure inhibe les enzymes à zinc du fait d'une compétition entre ces deux métaux
(même colonne dans le tableau de classification des éléments)
• D'autre part, le mercure inhibe les ∑ de protection cellulaire contre les RL°
•Action inhibitrice du Hg inorganique sur l’enzyme ATPase Na-K
•Suite a la liaison au grpts thiols : mercure inhibe les canaux calciques membranaires
•Sels de Hg:inhibent la formation de la mélanine en compétition avec le Cu dans la tyrosinase
•Inhibition de la Dopa-décarboxylase/ MAO qui intervient dans la dégradation du groupe des
mono-amines comprenant la sérotonine, et les catécholamines
30

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques

*Provoque l'activation polyclonale des lym B/T: il stimule l'immunité humorale et la production
d'anticorps anti-ADN
Ces perturbations du système immunitaire pourraient expliquer le rôle du mercure dans les
atteintes rénales glomérulaires (maladie auto immune)

31

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques
Synthèse de la métallothionéine /glutathion
*A faibles doses, le mercure semble stimuler la synthèse rénale
de glutathion, sauf à fortes doses où elle est inhibée
*Il semblerait que les tissus appauvris en glutathion soient plus
sensibles à l’action du mercure
*Mercure induisent aussi la synthèse de métallothionéine dans
les reins et favorise ainsi l’accumulation du Hg s/f ionisée
*Ces pr- semblent jouer un rôle protecteur vis-à-vis du mercure
détoxication du métal par sequestration , tout en favorisant sa
rétention tissulaire

32

III-Mécanisme d’action toxique
Mécanismes biochimiques

33

III-Mécanisme d’action toxique
Conséquences lésionnelles

Mercure organique

*Cellules cibles du MeHg : neurones / astrocytes lié à:sa capacité à augmenter ERO
•Le méthylmercure neurotoxiques: ils s’accumulent au niveau des ganglions spinaux, site des lésions
nerveuses périphériques ,déprime la synthèse des protéines par les cellules nerveuses
•Peut catalyser l’hydrolyse des phospholipides (plasmalogène):action fragilisante de la mb cellulaire
•D’autres études expérimentales montrent que l’interaction du MeHg avec les microtubules du
cytosquelette des cellules neuronales entraîne une souffrance neuronale par apoptose.

34

35

III-Mécanisme d’action toxique
Conséquences lésionnelles
Mercure élémentaire et inorganique
*Dérivés inorg: néphrotoxiques +++

36

IV-Symptomatologie
Intoxication aiguë

37

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Atteintes du système nerveux central et périphérique
* Les premières manifestations cliniques lors de l’exposition chronique aux vapeurs de mercure sont
peu spécifiques : céphalées, asthénie, troubles de la personnalité et du caractère, troubles de la
mémoire et de la concentration, des tremblements intentionnels
*A un stade plus avancé, les signes d’encéphalopathie sont plus spécifiques et associent
un syndrome cérébelleux complet et une franche altération intellectuelle
*Dans les cas sévères, le tableau peut se compléter d’hallucinations et de delirium, plus rarement
d’une atteinte des voies optiques ou d’un syndrome extrapyramidal
* L’atteinte périphérique avec une polyneuropathie sensitivomotrice distale est fréquente

La majorité de ces études suggère que les troubles du système moteur sont
réversibles alors que la diminution cognitive ainsi que les pertes de mémoire
peuvent être permanentes
38

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Atteintes du système nerveux central et périphérique

39

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Stomatogingivite

*Au tableau neurologique, est parfois associé une stomato-gingivite qui peut
entraîner une chute des dents lors des intoxications les plus sévères
*Goût métallique en bouche

*L’apparition de larges liserés mercuriques noirâtres à la base des dents, est
provoquée par la liaison du mercure salivaire et des radicaux –SH des
protéines , reste anecdotique

40

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Atteinte rénale
*Hg2+ s’accumule au niveau des tubules proximaux du rein + zone superficielle de la
médullaire externe
*Lors de forte exposition au Hg° /inorg, des tubulopathies dose-dépendantes et des
glomérulonéphrites à dépôts extramembraneux de mécanisme immunotoxique sont
observées
•Les atteintes tubulaires semblent survenir au-delà d’un certain seuil d’exposition,
classiquement lorsque l’excrétion urinaire du Hg dépasse 50 μg/g de créatinine
*Une augmentation de l’excrétion de la N-acétyl-β-Dglucosaminidase (NAG) à partir de 25
μg/g de créatinine de Hg urinaire suggère une atteinte tubulaire débutante
*Il n’a pas été établit de seuil de survenue des atteintes glomérulaires
*Généralement les manifestations rénales de l’exposition chronique au mercure
métallique sont discrètes, associant une atteinte glomérulaire et tubulaire modérée,
survenant à des niveaux d’exposition supérieure à ceux nécessaires pour entraîner une
atteinte neurologique
41

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Atteinte cutanées

*Les dermites allergiques de contact sont fréquemment décrites dans la
littérature : eczéma de contact, urticaire, érythrodermie ou purpura
*L'exposition par voie respiratoire au Hg ° induit chez les enfants ’’ la
maladie rose ‘’= L’acrodynie : syndrome devenu exceptionnel /caractérisée
par une tuméfaction froide,humide et cyanotique des mains et des pieds
accompagnée de prurit et de crises sudorales, parfois de troubles nerveux
ou de troubles cardiaques (hypertension artérielle et d’une tachycardie
sinusale) et un syndrome des ganglions lymphatiques muco-cutanés
("Kawasaki disease")/ hypersalivation et d’une perte des dents
*L’étiologie de ce syndrome aigu est peut être d’origine immunitaire

42

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Atteinte oculaire
Le mercurialentis: un des signes d’intoxication au mercure classiquement décrit et se
traduisant par des reflets brunâtres de la capsule antérieure du cristallin, des opacités
punctiformes disséminées dans le cristallin

Atteinte hématologique
L'exposition chronique au mercure, chez des ouvriers, a provoqué des perturbations de la
glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD), l’acétylcholinestérase, la glutathion
réductase et la SOD des GR , avec des taux élevés de l'hématocrite et des taux faibles
de la ferritine

43

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Effets tératogènes et reprotoxiques
•Hg° / dérivés passent la barrière placentaire
* Leur rôle tératogène et foetotoxique chez l’animal est bien établi
*Selon OMS : risque d’avortement spontané chez
professionnellement exposées au mercure n’a pas été établi

les

femmes

*Aucune étude pertinente n’a permis de retrouver un risque sur les autres
aspects de la reproduction
•Les Pays-Bas ont classé Hg ° comme pouvant entraîner une toxicité sur le
développement
•Union Européenne n’a pas classé le Hg° et ses dérivés comme toxique pour
la reproduction

Hg ° classé Repr. Cat. 2: Risque
pendant la grossesse d’effets
néfastes pour l’enfant
Chlorure mercurique classé Repr
Cat 3. Risque possible d’altération
de la fertilité
44

IV-Symptomatologie
Intoxication chronique=Hydrargyrisme
Intoxication au mercure métallique et à ses dérivés minéraux
Effet génotoxique
*Chez l’animal, un potentiel génotoxique du chlorure mercurique a été mee , mais pas
suffisant pour conclure à son caractère génotoxique chez l’homme
*Ce qui a conduit à sa classification en catégorie 3 « effets mutagènes possibles chez
l’homme » par l’Union Européenne.

Cancérogénicité
*Les différentes études menées pour évaluer le potentiel génotoxique et cancérogène du Hg° /dérivés inorg
n’ont pas permis de conclure à un lien évident
* Hg ° / dérivés inorg sont classés dans le groupe 3 par du CIRC
« L’agent (ou le mélange) ne peut être classé pour sa cancérogénicité pour l’homme » (IARC, 1993)
45

IV-Symptomatologie
Intoxication au mercure organique
*MéthylHg traverse facilement la BHE / responsable de la neurotoxicité qui domine le tableau clinique

*Ils entraînent généralement des intoxications collectives qui sont rares et anecdotiques, marquées par
des signes neurologiques

* Des cas de décès ont été rapportés chez des salariés ayant inhalé des vapeurs d'alkylHg à la suite
d'accident de travail
•La cause des décès n'a pas été identifiée mais dans tous les cas, la mort est survenue avant le
développement de troubles neurotoxiques profonds
•En fait, l’exposition aiguë au MeHg entraîne des signes d’intoxication retardés
•Ils semblent survenir avec une période de latence inversement proportionnelle à l’importance de
l’exposition
•L’intoxication /VO aux dérivés organomercuriels concerne typiquement les dérivés alkylés à chaînes
courtes qui sont les mieux absorbés

46

IV-Symptomatologie
Intoxication au mercure organique
Atteintes du système nerveux
Dans un premier temps, des paresthésies des extrémités, une asthénie, un
malaise général et une atteinte du champ visuel réversible sont observés
lors d’intoxications peu sévères, puis suit une encéphalopathie sévère avec
détérioration intellectuelle, des troubles du comportement (euphorie,
dépression), une ataxie cérébelleuse, une dysarthrie, une cécité d’origine
corticale, une surdité d’origine centrale et cochléaire

Atteinte systémique
*Certains auteurs rapportent une atteinte rénale liée à la formation
secondaire de Hg inorg, ainsi que des lésions du muscle cardiaque et des
nerfs périphériques
*Des dermites de contact ont été décrites

47

IV-Symptomatologie
Intoxication au mercure organique
Effets tératogènes et reprotoxiques
*DiméthylHg traverse aisément la barrière placentaire et hématoencéphalique du fœtus
*Il passe dans le lait maternel de la femme contaminée la plupart du temps par son alimentation
*Chez le foetus, la C cérébrale en MeHg peut être 5 à 7 fois plus importante que la concentration sanguine maternelle
Le désastre de Minamata : L’effet le plus frappant est que des enfants naissent porteurs de graves malformations
convulsions et des hypertonies spastiques, des cécités, des surdités et des retards mentaux
une augmentation de l’incidence du retard mental, de l’atteinte sensorielle et des dysarthries alors même que leur mère est
exempte de symptômes, mettant en évidence que le MeHg traverse la barrière placentaire et exerce ses effets
neurotoxiques sur le cerveau en développement de l’embryon puis du fœtus
*La Commission Sénatoriale de la Communauté Scientifique Allemande pour l’Expertise des Produits Industriels Nuisibles
pour la Santé a classé le méthyle-mercure parmi les substances toxiques du groupe A et dont le risque tératogène est
démontré avec certitude

*MethylHg : mutagène cat 3:possibilité d’effets ireversibles
•Reprotox cat 1 : risque pendant la grossesse d’effets néfastes pou r l’enfant
•Reprotox cat 3: risque possible d’altération de la fertilité+risque possible pour les bébés nourris au lait
maternel
48

IV-Symptomatologie
Intoxication au mercure organique
Cancérogénicité

*Le risque de survenue de tumeurs rénales lors de l’exposition de souris au chlorure de MeHg est bien établi
•Les dérivés org du Hg : classés cancérogène en catégorie 2B par le CIRC
« L’agent ou le mélange pourrait être cancérogène pour l’homme » (IARC, 1993)

49

V- Traitement

Aigue

*Traitement évacuateur:
*Lors de l’ingestion aiguë de composés du Hg ° / inorg: une décontamination
précoce (< à 6 h après la prise) gastro-intestinale doit être instaurée par LG
* Le mercure étant radio-opaque: l’efficacité du lavage est contrôlée par radiographie,
suivi d’un bilan lésionnel par fibroscopie oeso-gastro-duodénale
•L’administration de résine thiolée peut favoriser l’excrétion fécale et bloquer le CEH
*Lors de l’intoxication aiguë par inhalation, la prise en charge est symptomatique en fonction des
manifestations cliniques : traitement de la pneumopathie chimique, de la défaillance cardiovasculaire…
*Traitement épurateur : Peu d’interet
*Dans les cas sévères, l’hémodialyse peut s’avérer nécessaire

50

V- Traitement

Aigue

*Traitement spécifique :

* L’ion mercurique Hg2+ est facilement chélaté par des agents contenant des
groupements thiol : le 2,3-dimercaptopropanol (BAL), la N-acétyl-Dpénicillamine(NAPA), l’acide méso-2,3- dimercaptosuccinique (DMSA), le 2,3dimercapto-propane-1-sulfonate (DMPS), le dithioérythriol, le dithiothréitol/EDTA

A ce jour, les indications varient et ne font pas l’objet d’un consensus

51

V- Traitement

Aigue

*Traitement spécifique :

* Le traitement par DMPS / DMSA ont montré une efficacité supérieure aux traitements / BAL
ou par D-pénicillamine (DPA) lors d’intoxication mercurielle chez l’enfant et chez l’adulte

•DMPS supérieur au DMSA
*Ces deux agents chélateurs ne semblent pas mobiliser le mercure accumulé dans le cerveau, réduisant
le risque d’intoxication pouvant secondairement être induite par la mobilisation du mercure vers le
compartiment sanguin
•DMPS /DMSA sont les deux agents chélateurs à privilégier lors des intoxications aiguës ou chroniques
s’accompagnant de signes cliniques
•La chélation par le DMSA est proposée en cas de signes cliniques d’intoxication systémique ou si la
mercuriurie témoigne d’une importante imprégnation (>200 μg/g de créatinine)

52

V- Traitement

Chronique

*Lors de l’exposition chronique au mercure métallique ou inorganique, la chélation par le DMSA associé
à l’arrêt de la contamination est indiquée s’il existe des signes cliniques d’intoxication mercurielle,
permettant parfois une amélioration même pour des atteintes indépendantes de la dose
* Le traitement de l’intoxication aux dérivés organiques du mercure est symptomatique, et bien que le
DMPS ou le DMSA augmente l’excrétion urinaire, ils n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans
cette indication
* Le BAL est qu’en à lui contre-indiqué en chronique
*Le BAL, bien qu’actif lors des intoxications aiguës aux dérivés inorg, n’a pas montré son efficacité dans
les intoxications chroniques, et peut même aggraver l’encéphalopathie liée à l’intoxication au MeHg

53

VI- Interactions

Sélénium

Vit A, C, E

Ethanol

*Considéré comme un antagoniste du mercure
*Effet protecteur contre la toxicité de mercure en :
-modifiant sa distribution tissulaire ;
-se combiner avec le mercure et de réduire ainsi sa biodisponibilité,
probablement par compétition vis-à-vis des pr- utilisées pour le transport du Hg
*Considéré comme un composant majeur dans le∑de défense contre les RL°

Parmi les vitamines possédant une action anti-oxydante, il y a les vitamines A, C, E et le
précurseur de la vitamine A (béta-carotène)
Toutes ces vitamines sont capables d’inhiber l’activité des RL°+de prévenir leurs effets
toxiques

Il inhibe l’oxydation du Hg ° en Hg ionisé (réaction catalysée par la catalase)

54

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Prélèvements

*Chez le sujet décédé, le prélèvement sanguin peut être réalisé sur fluorure
*Chez le sujet vivant, il est effectué sur sang veineux au pli du coude sur EDTA /héparine
* Le mercure étant volatil, il convient de congeler les prélèvements si l'analyse est différée

L’analyse peut être réalisée dans différents milieux
biologique autres que le sang : urines préalablement
acidifiées, ongles, cheveux, tissus,et salive

55

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

*Pour les intoxications au mercure métal / inorganique:
-Dosage du Hg inorg sg :permet d’apprécier l’imprégnation récente et son dosage est à
privilégier dans les intoxications aiguës
- Dosage de mercure inorganique total ur : permet d’apprécier une exposition ancienne de
plus de 3 mois et aussi comme un indicateur de la charge corporelle
-Mercure ur est directement dérivée de mercure déposée dans le tissu rénal, qui
sert de site de dépôt principal lors de l'exposition chronique au mercure

Pour les intoxications au mercure organique:
- Dosage du Hg sg : le meilleur témoin de l’intensité de l’exposition et reflète bien la
charge corporelle. Ce taux est bien corrélé au risque d’intoxication. Pour l’interprétation, la
consommation de poisson doit être prise en compte
-Dosage du Hg ur : n’a que peu d’intérêt, l’excrétion étant principalement biliaire et fécale.

Le dosage peut être réalisé sur le sang total pour apprécier l'exposition au
MeHg d'origine alimentaire ou sur le plasma qui constitue le milieu de choix
à la recherche d'une exposition au métal et à ses dérivés minéraux
56

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme
Cheveux

* L'analyse dans les cheveux est particulièrement intéressante pour cet élément
-Analyse de mercure de cheveux peut être utile pour évaluer exposition chronique à cause
de l’abondance de groupements sulfhydryles dans les cheveu
Cependant, le mercure de cheveux n'est pas recommandé pour
la surveillance biologique de l'exposition au mercure élémentaire et inorganique
étant donné la forte probabilité d'une contamination externe et proportion relativement faible
d'accumulation par rapport au Hg org
•En effet, il existe une parfaite corrélation (r2 = 0,9) entre les C en mercure d'origine
alimentaire (méthylmercure) dans le sang et dans les cheveux
* Ce phanère concentre 250 fois le métal
*Une teneur de Hg dans les cheveux de 10 ug/g équivaut à une C de 40 ug/L dans le sang
*Les nombreux problèmes analytiques liés à ce milieu (modalités de prélèvement,
contaminations, difficulté de l’analyse, contrôle de qualité peu développé) rendent ce dosage
et l’interprétation des résultats très délicats en dehors d’un nombre très limité de cas
particuliers
*De plus, les variations de C entre individus sont + grandes que pour la plupart des autres
milieux
57

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Salive

*Hg salivaire a diverses origines (amalgames, excrétion salivaire, desquamation
des cellules épithéliales) et se présente sous différentes formes (Hg métal, ions
Hg++, particules)
*Tout ceci explique pourquoi les C observées dans la salive sont extrêmement
variables et très dépendantes du protocole – actuellement non standardisé –
utilisé pour leur recueil
*Le Hg salivaire est évidemment plus élevé chez les porteurs d’amalgames et les
C peuvent être extrêmement élevées notamment en présence de particules

58

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Dosage du mercure in vivo

*Bloch et Shapiro ont développé une technique par fluorescence des RX pour
doser le mercure accumulé dans certains tissus in vivo
*Actuellement la limite de détection de cette technique est encore trop élevée
pour envisager son application pratique

59

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Méthodes
* Méthodes colorimétriques à la dithizone : Hg totale
Dithizone  Dithizonate d’Hg rouge / pH = 0.5 – 1 / interférence Cu++
*Activation neutronique : isotope radioactif Hg (203, 197)
*Electrodes spécifiques/C.P.G/ HPLC
*Polarographie

*Spectrophotométrie d'absorption atomique en flamme après formation d'hydrures ou vapeurs
froides :la plus utilisée
Les techniques analytiques font appel à la formation d'hydrures après minéralisation préalable de l'éch
-minéralisation : utilisation de fours à micro ondes plus efficace, mélange HNO3/H2SO4, mélange
bromate/bromures.
* Spectrophotométrie de fluorescence atomique:
Il s'agit d'une méthode intéressante, ultrasensible pour cet élément, adaptée sur des automates dédiés
à ce dosage. Elle permet d'atteindre une détection limite de 10 ng/L

60

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Méthodes

•Spectrophotométrie d'émission par plasma à couplage induit relié à un détecteur de
masse (ICP/SM):
Cette méthode constitue la technique de choix. Si le dosage du Hg peut être réalisé en
mode multiélémentaire dans le sang total, les urines, les cheveux et les ongles ,la mesure
dans le plasma s'avère délicate
Grâce au détecteur de masse, la spécificité est bonne et la sensibilité excellente
La limite de quantification = 0,3 ug/L dans le sang
= 0,08 ug/L dans le plasma
= 0,9 ug/L dans l'urine

61

VIII- Détection et dosage

Chez l’homme

Interprétation

* L'intoxication aiguë s'accompagne de concentrations sanguines > 100 ug/L

* Les signes neurologiques apparaissent au-delà du 200 ug/L
* La C ur doit être ≤35 ug/g de créatinine chez les travailleurs exposés
•Une C supérieure à 75 à 100 ug/g de créatinine impose une éviction temporaire

62

VIII- Détection et dosage

Dans l’eau

Echantillonnage
*Éch doivent être prélevés dans des flacons (en verre borosilicaté, quartz ou poly sulfone)
*Préalablement lavés à l’acide nitrique et rincés à l'eau déminéralisée afin d’éviter des
réactions d’adsorption et de désorption sur les parois du récipient
* Toutes les eaux étant susceptibles de se modifier plus ou moins rapidement par suite de
réactions physiques, chimiques ou biologiques, il convient de prendre des précautions en
terme de transport et de conservation de l'échantillon avant analyse (par acidification à un
PH<2 et par ajout d’un agent stabilisant (K2Cr2O7, HNO3)
*Par ailleurs, il faut veiller à remplir les flacons de manière à ce qu'il n'y ait pas d'air audessus de l'échantillon

Extraction
L'analyse du mercure nécessite une étape de minéralisation (avec du BrCl ou du KMnO4)
pour amener dans un premier temps le mercure à l'état d'oxydation II, puis l'échantillon est
réduit à l'état zéro Hg0 par du chlorure d'étain ou du tétrahydroborate de sodium
63

VIII- Détection et dosage

Dans l’Air

Echantillonnage
*Il s'agit d'effectuer un prélèvement de particules sur un filtre ou un prélèvement d'air sur des
tubes

Extraction

*Filtre / tubes sont minéralisés par chauffage (classique ou micro-onde) dans une
solution d'acides (en fonction de la nature des filtres ou des tubes)
* Le minéralisat est ensuite repris à l'eau distillée et l'échantillon stabilisé par une
solution de K2Cr2O7

64

VIII- Détection et dosage

Dans les sols

Echantillonnage

*Ech séché , puis tamisé à 2 mm
*Le refus de tamisage est conservé et le tamisat est broyé à une dimension inférieure à
200 µm avant minéralisation

Extraction

Les sols sont digérés pour amener le mercure à l'état d'oxydation II
L'échantillon est ensuite réduit par du chlorure d'étain

65

VIII- Détection et dosage

Dosage

A ce stade de l'analyse, tous les échantillons (d'air, d'eaux ou de sols) se trouvent
sous forme aqueuse dans un milieu acide
les techniques analytiques :
• La spectrométrie d'absorption atomique avec vapeur froide
• La spectrométrie de fluorescence atomique

Le mercure est réduit à sa forme élémentaire par le chlorure d'étain en milieu acide
Le mercure est ensuite dégagé de la solution à l'aide d'un courant inerte et
transporté dans une cellule de mesure
Dans le cas de l'absorption atomique, les absorbances sont mesurées à la
longueur d'onde de 253,7 nm (absorption de la lumière émise par une lampe
"mercure").
Pour la fluorescence atomique, la radiation à 253,7 nm générée par la lampe excite
les atomes de Hg qui réémettent une lumière fluorescente à la même longueur d'onde
66

VIII- Détection et dosage

C moy population

Sang:C mercure total

Sang : C mercure
inorganique

Urine : C mercure
inorganique

Valeurs limites admises

VLE

< 10 μg/l

<5 μg/l

<15 µg/l en fin de
poste et fin de
semaine

<3 μg/g de créatinine

<50 µg/g de créatinine
avant le début de prise
de poste
67

VIII- Détection et dosage

Qualité des eaux de consommation

Valeurs limites admises

OMS, 2008

1 Rg.L-1 mercure total

Qualité de l’air

OMS (2000)

1 Rg.m-3 moyenne annuelle pour les vapeurs de mercure inorganique

68

IX- Prévention et législation

Prévention technique

Générale
– Ventilation optimale des locaux, en évitant les niches
– Aspiration à la source au poste de travail, éventuellement chapelles
– Sols et plans de travail lisses et exempts de joints
– Maintien d'une température ambiante aussi basse que possible
– Protection et isolation des conduites d'eau chaude et de vapeur (afin d'éviter les turbulences
et l'évaporation accrue de la poussière contenant du mercure)
– Dispositifs d'arrêt empêchant la fuite de mercure dans les canalisations
– Nettoyages quotidiens ou pluriquotidiens des plans de travail et des sols
– Manipulation du mercure métallique sur des tables à rebords surélevés ou munies d'une
vanne de récupération
– Couverture du Hg liquide par de l'huile de paraffine ou par un autre produit empêchant
l'évaporation
– Stockage et élimination des torchons et éponges de nettoyage en récipients étanches
– Survêtements de travail sans poches ni revers
–utilisation d’un masque de protection respiratoire muni d'un filtre spécial pour Hg
– Récupération du mercure répandu: saupoudrer les gouttes de Hg avec du charbon actif
contenant 5 % de iode ou avec une poudre de zinc et de cuivre
69

IX- Prévention et législation

Prévention technique

Personnelle
Elle concerne tous les travailleurs exposés, on doit les informer des dangers
qu’entraîne le mercure afin de les inciter à suivre les règles d’hygiènes et de la
prévention, l’information s’adresse à tous les nouveaux embauchés, elle doit être
faite par le médecin de travail mais aussi par le maître et la comité d’hygiène et de
sécurité
– Armoires de vestiaire séparées pour les habits de travail et de loisirs
– Port de souliers réservés au travail
– Port de gants de travail à manchettes suffisamment longues pour recouvrir les habits
– Interdiction de manger, boire et fumer dans les locaux de travail. Interdiction de fumer aux
toilettes
– Avant les pauses et après le travail, lavage soigneux des mains (brosse) et du
visage, brossage des dents et rinçage de la bouche. Douche en fin de journée ou
d'équipe
– Se rincer la bouche avant chaque boisson
– Se laver fréquemment les cheveux
– Changer fréquemment de sous-vêtements
70

IX- Prévention et législation

Prévention médicale

Examen d’aptitude à l’embauche
La réglementation interdit le travail aux sujets de moins de 18 ans et aux femmes enceintes ,
les personnes soufrant d’une gingivite ou toute infection buccale, d’atteinte rénale et de
désordre nerveux sont aussi écartés
L’alcoolisme doit être recherché
Il serait utile de doser le mercure urinaire pour avoir une valeur de base comme référence

Examens périodiques
Obligatoire pour le personnel exposé au mercure
Le rythme des examens cliniques/ biologique dépend de post de travail: trimestriels, semestriel/ annuels

Examen clinique
Pour rechercher des signes d’intoxication précoce ; tremblements: état mental; status
neurologique (tremor intentionnel; test d'écriture!), gencives, état dentaire. ,troubles de
comportement, (sociabilité, insomnie ,….) , dosage de la protéinurie ………

Si nécessaire électromyogramme, électroencéphalogramme, examen du champ visuel,
de l'audition et du sens de l'équilibre
71

IX- Prévention et législation

Prévention médicale
Examens périodiques

Examen biologiques

Dosage du mercure

Mercure urinaire (mercuriurie) essentiellement sous forme inorganique

Un échantillon d’urine de 24 h à la fin d’une période de travail ou avant la pause suivante
Certains microorganismes peuvent volatiliser le mercure( addition d’un antibactérien si les
urines doivent être stockés pendant un temps prolongé)
Le Hg urinaire: le marqueur utilisé en médecine du travail pour la surveillance de l’exposition
professionnelle au mercure métal ou inorganique
Un taux de 50ug/ml chez un sujet exposé traduit que le post est bien protégé
si la concentration > 50ug/ml : un signale d’alarme exige la révision des des mesures de
prévention
Le taux dangereux pour un exposé est de >300ug/g de créatinine nécessite un écartement
de poste de travail
Il existe une corrélation entre l’intensité de l’exposition est la concentration urinaire du mercure

72

IX- Prévention et législation

Prévention médicale
Examens périodiques

Examen biologiques

Dosage du mercure

Tests de provocation
De nombreuses études ont tenté d’évaluer l’intérêt de l’adm d’un chélateur afin de révéler
avec plus de sensibilité une charge excessive en mercure de l’organisme
Les deux produits les plus utilisés sont:
*DMPS (2,3-dimercaptopropane-1-sulfonate, CH2SH-CHSH-CH2SO3 -, Na+)
•DMSA (acide meso-2,3-dimercaptosuccinique)
Principe: mesurer le mercure urinaire avant le test, puis, après administration orale de
DMPS (le plus souvent 300 mg), à doser le mercure sur les urines recueillies pendant un
temps variable selon les protocoles (30 min, 2 h, 6 h,…)

73

IX- Prévention et législation

Prévention médicale
Examens périodiques

Examen biologiques

Dosage du mercure

Dans le sang :
C’est le paramètre le plus demandé, il présente peu de fluctuations, il reflète d’une manière plus
exacte les symptômes cliniques par rapport au dosage urinaire
Il est considéré comme indice fiable dans la surveillance médicale du personnel exposé

Autres explorations biologiques : marqueurs indirects
– Créatinine/gamma-GT/TGO/TGP / pr- sériques :surveillance de la la fonction hépatique et rénale
- Protéinurie : elle n’est pas un bon test de détection précoce d’intoxication
-Devant une forte protéinurie trouvé de manière isolée nous devant décider d’un changement de poste de
travail et de surveiller le sujet
- B2 microglobuline de 24 h est nécessaire
-Lors de suspicion de sensibilisation au mercure, bilan allergologique
-Porphyrines urinaires :
corrélation entre la coproporphyrine et le mercure urinaire mais son augmentation non spécifique (métaux,
médicaments, certaines pathologies…)
-Marqueurs d’atteinte rénale : l’augmentation de certaines enzymes rénales dans l’urine (γGT)

74

VIII- Détection et dosage

L’hydrargyrisme est reconnu en tant que maladie profesN° 2 après le plomb
La (VME) indique la concentration moyenne dans l'air des postes de travail en un polluant
donné qui, en l'état actuel des connaissances, ne met pas en danger la santé de la très
grande majorité des travailleurs sains qui y sont exposés, et ceci pour une durée de 42 h
hebdomadaires, à raison de 8 h/ par jour, pendant de longues périodes

Forme chimique

VME

Mercure métallique

0,05 mg/m3

Mercure, composés inorganique

0,1 mg/m3 (exprime en Hg)

Mercure, composés organiques
(sans le mercure méthyle)

0,01 mg/m3 (exprime en Hg)

Mercure méthyle

0,01 mg/m3

75

IX- Prévention et législation

Prévention gouvernementale

Les états membres de l’OCDE ont interdit l’utilisation de composés organomercuriels pour
l’enrobage de peintures et la fabrication des peintures
En France, l’obligation de récupérer les déchets d’amalgames dentaires issus des
cabinets dentaires et l’interdiction de commercialisation de thermomètres à mercure vise
à réduire l’utilisation et le rejet de mercure dans l’environnement
Pour des raisons environnementales, la réglementation concernant l'usage de cet
élément a été renforcée depuis 20 ans :
• 1989 : interdiction dans les fongicides
• 1992 : interdiction dans les peintures
• 1999 : interdiction dans les thermomètres médicaux

76

IX- Prévention et législation

Prévention gouvernementale

Signature de la Convention de Minamata sur l'interdiction progressive du mercure 14 octobre 2013
139 pays viennent d'adopter au Japon une convention sur l'usage et les émissions de mercure, baptisée
« Convention Minamata » en mémoire de cette ville japonaise où des milliers de personnes ont été
empoisonnées par des rejets de mercure, un élément trace métallique hautement toxique. C'est la
première fois depuis plus de dix ans qu'un tel accord multilatéral en matière d'environnement est signé

Un accord juridiquement contraignant, a finalement été signée sous l'égide de l'ONU à Kumamoto (sudouest), une localité proche de Minamata, après avoir été élaborée et adoptée en janvier dernier à
Genève
Cet accord, désormais ouvert à la ratification des Etats, vise à réduire au niveau mondial les émissions
de mercure, leurs utilisations, en particulier lors de la fabrication de produits et lors de processus
industriels
La Convention fixe également un cadre pour les échanges et le stockage sans danger des déchets de
mercure
Les produits au mercure visés par la Convention :
En adoptant la Convention de Minamata, les gouvernements se sont accordés sur un certain nombre de
produits, dont la fabrication, l'importation et l'exportation seront interdites d'ici 2020.
Ces produits peuvent être remplacés par d'autres, qui seront introduits à mesure que ceux qui
contiennent du mercure seront éliminés
77

IX- Prévention et législation

Prévention gouvernementale

Signature de la Convention de Minamata sur l'interdiction progressive du mercure 14 octobre 2013
*Il s'agit des produits suivants : Batteries, à l'exception des piles bouton utilisées dans les dispositifs
médicaux implantables Commutateurs et relais Certaines lampes fluorescentes compactes Lampes
fluorescentes à cathode froide et lampes fluorescentes à électrode extérieure Savons et cosmétiques
*Certains appareils médicaux (thermomètres et tensiomètres, sphygmomanomètres)
* Les mines d'or (l'orpaillage utilise du mercure pour extraire l'or) à petite échelle et les centrales au
charbon sont les deux principales sources mondiales de pollution par le mercure
*En élaborant la Convention de Minamata, les gouvernements ont convenu que chaque pays définira
une stratégie visant à réduire la quantité de mercure utilisée dans les mines à petite échelle et établira
un plan d'action national dans les trois ans suivant l'entrée en vigueur du traité, de manière à réduire et,
si possible, éliminer le mercure
*La Convention réglemente aussi les émissions et les rejets de mercure provenant des grandes
installations industrielles telles que les centrales au charbon, les chauffe-eaux industriels, les
incinérateurs de déchets et les cimenteries
*Une fois ratifié par 50 Etats, le traité entrera en vigueur, d'ici trois ou quatre ans selon les organisateurs
de la conférence
« Il faut que de nombreux pays en voie de développement ratifient ce traité pour qu'il entre en vigueur le
plus tôt possible », a déclaré le ministre japonais de l'Environnement Nobuteru Ishihara
78

Source : http://www.notre-planete.info/actualites/3828-convention-Minamata-mercure

Conclusion
*Compte tenu des nombreux avantages qu'il présente, Hg ° est utilisé depuis longtemps
•Même si sa présence ancienne et continuelle tend à le banaliser, le Hg doit être considéré
comme une substance toxique qu'il est nécessaire de gérer adéquatement
*Le mercure :métal lourd largement répandu dans le monde et dont l’impact sur la santé
humaine est préoccupant
*Les circonstances d’exposition et la toxicité chez l’Homme sont étroitement liées à l’état du
mercure
*Les deux organes cibles sont le système nerveux central et le rein
*L’inhalation aiguë de vapeurs de mercure métallique ou inorganique est à l’origine
d’atteintes pulmonaires, l’inhalation chronique d’encéphalopathies, de tubulopathies ou de
glomérulonéphrites
*Les graves intoxications alimentaires au (MeHg) qui ont touché des populations du Japon
ont entraîné des épidémies graves
*Le traitement chélateur est indiqué lors d’intoxication symptomatique d’exposition aiguë et
permet parfois l’amélioration des manifestations liées à une exposition chronique
79

Conclusion

De nos jours, bien que les situations d’intoxication à forte dose soient rarement
rencontrées, des efforts doivent être apportés afin de réduire les concentrations de
mercure dans l’environnement et les risques sur la santé humaine à plus faible dose
(amalgames dentaires en mercure, contamination de poissons par des dérivés
organiques de mercure …)
Les pathologies liées à l’exposition professionnelle au mercure et ses dérivés peuvent
être indemnisées
Il est possible de contribuer de deux manières concrètes à résoudre ces problèmes de
santé au travail et de contamination de l'environnement:
****D'une part, adopter des solutions de remplacement en ce qui a trait aux instruments
et produits contenant du mercure
****D'autre part, mettre en oeuvre des activités permettant de prévenir et d'intervenir
adéquatement en cas de déversement de mercure
80

81

Bibliographie
1* Traité de toxicologie médico-judiciaire P. Kintz Préface du professeur R. Wennig 2e édition
2*I N E R I S - Fiche de données toxicologiques et environnementales des subsances chimiques
MERCURE ET SES DÉRIVÉS J-M. VINCENT Version N°4-septembre 2010
3* Hindawi Publishing Corporation Journal of Biomedicine and Biotechnology Volume 2012
4* Toxic Effects ofMercury on the Cardiovascular and Central Nervous Systems
Bruna Fernandes Azevedo6* Toxicité du Mercure. 1ère partie Marie Grosman
7*http://formagri23.com/journee_eau_2011/Travaux%20d%27%E9tudiants%20Licence%20DARE%20et%2
0BTSA%20GEMEAU%20-%20AHUN/Le%20Mercure.pdf
8* In Lopes MA, Bottino CM, 2002 : Prevalence of dementia in several regions of the world: analysis of
epidemiologic studies from 1994 to 2000
9* Marie Grosman et André Picot Juin 2007 Le mercure des amalgames dentaires : Quels risques pour la
santé et l’environnement ? Quels enjeux financiers ?
10* Human Exposure and Health Effects of Inorganic and Elemental Mercury Jung-Duck Park
11* J Prev Med Public Health 2012 http://dx.doi.org/10.3961/jpmph.2012.45.6.344
12* Goullé J-P. Métaux. In : Kintz P, editor. Toxicologie et pharmacologie médico-légales
82

Bibliographie

13* Liu J, Goyer RA, Waalkers MP. Toxic effects of metals. In : Klaassen CD, editor. Casarett
and Doull's toxicology the basic science of poisons. 7th ed
14* Clarkson TW. The three modern faces of mercury. Environ Health Perspect 2002
15* Goullé J-P, Mahieu L, Saussereau E, Lacroix C. Dosage du mercure plasmatique par ICPMS.
Concentrations usuelles chez 53 volontaires. Ann Toxicol Anal 2008
16* Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, Saint-Denis, France. Groupe
de travail amalgames dentaires. 2003–2005
17* http://www.notre-planete.info/actualites/3828-convention-Minamata-mercure
18* Manuscrit auteur, publié dans "Rev Med Interne 2011;32(7):416-24"
Intoxication au mercure. L. Bensefa-Colas / Source http://www.inserm.fr
20* The chemokine CCL2 protects against methylmercury neurotoxicity David Godefroy
22* Prise de conscience des dangers du méthylmercure pour l’embryon et le foetus
http://www.non-au-mercure dentaire.org/_fichiers/1._prisedeconsciencedangersmehg.pdf
23* Proposition de classification du mercure en Cancérogène, Mutagène Reprotoxique (CMR)
http://www.afssa.fr/ET/PPN2167.htm?pageid=1248&parentid=523
83

84