Cours de deuxième année résidanat

2013/2014
Service de Toxicologie

Surveillance

Réalisé par : Yamoun Assia
1

Plan du cours

Introduction
Généralités

Métrologie atmosphérique
Métrologie biologique
Conclusion
2

Introduction
Chemical Abstracts Service (CAS)
Environ 16 millions de sub chimiques dans le monde
Plus de 100 000 enregistrées et commercialisées en Europe
(EMC, 2011)

Pour apprécier le risque sanitaire associé à l’exp à un polluant dans l’env/milieu
prof, 3 types de programmes de surveillance peuvent être appliqués:

Surveillance de l’environnement
Surveillance biologique de l’exposition (SBE)
Surveillance de la santé (SS)
(Lauwerys, 2007)
3

Introduction
L’évaluation des exp prof à travers des plvmts atm/bio: un élément
essentiel d’une politique d’amélioration des conditions de travail
en ce sens qu’elle permet d’objectiver la situation réelle de travail
+MEE les phases /équipements les plus polluants
Se pose alors la question de la comparaison à
une valeur de référence

Au niveau atmosphérique

Au niveau biologique

Comparaison / valeurs
limites de courte ou de
plus longue durée

Valeurs peu nombreuses+ conditions
de prlvmt fixées précisément pour
chaque IBE

4

Introduction
Pour apprécier l'exposition professionnelle à une ou
plusieurs sub dangereuses
Deux démarches

Métrologie atmosphérique

Métrologie biologique

Quantification des doses
de sub dans l’air auquel sont
exposés les salariés

Quantification de l’imprégnation liée
à la pénétration de ces sub dans
l’organisme

Complémentaires
Buts : préventif + épidémiologique + quelques fois médicolégale
5

Généralités
Organismes

Pour chaque sub ch, on retrouve généralement des VTR qui se
traduisent en normes+en critères+en valeurs seuils pour ≠ effets

Des organismes reconnus définissent ces valeurs pour répondre à
leurs besoins de réglementation ou de référence dans les contextes
dans lesquels ils œuvrent

6

Généralités
Organismes
ACGIH

American Conference of Governmental Industrial Hygienists

Société privée ;met au point et publie (depuis les années 60s) des
normes d'exp recommandées pour les produits chimiques/agents
physiques ainsi qu'une liste d'indices d'exposition biologique
ANSI

American National Standard Institute

DFG

Deutsch forschenngemeinschaft

OSHA

Occupational Safety & Health Administration

Organisme américain qui effectue des tests et délivre des certificats
pour les appareils de protection respiratoire et d'échantillonnage de l'air
NIOSH

National Institute for Occupational Safety & Health

Organisme américain de réglementation qui fait partie des Services
d'hygiène publique, s'occupe de recherche sur l'incidence et les causes des
maladies professionnelles, fait des recommandations sur les limites
d'exposition des sub et aide OSHA dans ses recherches
7

Généralités
Valeurs limites

VME

Valeur (limite) moyenne d’exposition

Indique la C moy dans l’air des postes de travail en un polluant donné qui, en
l’état actuel des connaissances, ne met pas en danger la santé de la très
grande majorité des travailleurs sains qui y sont exposés, et ceci pour une
durée de 42h hebdomadaires, à raison de 8 h/j, pendant de longues périodes
Polluant en question : sous forme de gaz, de vapeur ou de poussière

VLE

Valeur limite d’exposition calculée sur une courte durée (15min)

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Généralités

TLV-TWA (Threshold Limit Value - Time Weighted Average)
Teneur limite moy (pondérée en fX du temps) à laquelle la majorité des
travailleurs peuvent être exposés régulièrement à raison de 8h/ j, 5 j /
semaine, sans subir d’effets nocifs
TLV-STEL ( Threshold Limit Value - Short Term Exposure Limit)
Teneur limite à laquelle les travailleurs peuvent être exposés de façon
continue pour une courte période, jusqu’à 15 min, sans souffrir d’irritation,
de dommages chroniques irréversibles aux tissus, de narcose à un degré
suffisant pour ↑ la prédisposition aux accidents, ↓la capacité de fuir ou
réduire l’efficacité au travail
TLV-C ( Threshold Limit Value -Ceiling)
Valeur plafond momentanée représentant une limite à ne jamais dépasser

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Généralités

NIOSH REL (NIOSH Recommended Exposure Limits)

Teneur limite moy à laquelle la majorité des travailleurs peuvent être exposés
régulièrement jusqu’à 10 h/j pendant 40 h/ semaine sans subir d’effets nocifs
NIOSH STEL (NIOSH Short Term Exposure Limit)
Teneur limite moy d’exposition de 15 min qui ne doit pas être excédée en
aucun temps pendant le quart de travail

NIOSH C (NIOSH Ceiling)
Valeur plafond momentanée représentant une limite à ne jamais dépasser

10

Généralités

OSHA PEL (OSHA Permissible Exposure Limit)
Teneur limite d’exp à laquelle la majorité des travailleurs peuvent être exposés
régulièrement à raison de 8 h/j pendant 40 h/semaine sans subir d’effets nocifs
OSHA STEL (OSHA Short Term Exposure Limit)

Teneur limite moy d’exposition de 15 min qui ne doit pas être excédée en
aucun temps pendant le quart de travail
OSHA C (OSHA Ceiling)
Valeur plafond momentanée représentant une limite à ne jamais dépasser

11

Généralités
Valeurs de référence en milieu de travail
BEI

Biological Exposure Indice (proposé par ACGIH depuis 1946)

Correspondant aux niveaux auxquelles les paramètres sont les+
susceptibles de se situer dans les milieux bio de travailleurs en bonne santé
après une exposition à des C = VL atm
Elle est définit pour une exposition de 8H, 5j / semaine
BAT

Éqv BEI en allemagne (proposé par DFG depuis 1971)

Valeur bio de réf par corrélation avec les valeurs MAK, elle à une
signification puisqu’elle correspond à la quantité max tolérable dans
l’organisme humain des sub industrielle (ou de ses métabolites) qui, d’après
l’état actuel des connaissances scientifiques, n’affecte pas la santé des
travailleurs, même si les conditions de travail sont telles que cette quantité se
trouve régulièrement atteinte
" BEI *BAT : équivalent bio des valeurs limites atmosphériques"
ACGIH  Cd sanguin= 5 μg/l
DFG 

Cd sanguin =15μg/l

12

Généralités
Valeurs de référence en milieu de travail

VBT

Valeur Biologique Tolérable (Suisse)

BAL

Biologique Adi Level (Finlande)

VBA

Valeur Biologique Admissible (Belgique)

VGF
IBE

Élaborées à partir de BEI
Les niveaux des VGF peuvent être ≠ de ceux des BEI de l’ACGIH,
ce d’autant que la liste des VGF n’a pas été modifiée depuis 1997,
alors que les BEI sont réévalués chaque année

13

Métrologie biologique
Valeurs de référence en milieu de travail

Valeurs guides françaises

Document INRS //BIOTOX

Biotox http://www1.inrs.fr/

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Métrologie atmosphérique
Vise à déterminer si la C atm de la sub considérée est < à celle juger
acceptable sur les bases de nos connaissances scientifiques actuelles

Teneurs limites moy + Cmax permissibles ne représentent pas
nécessairement des C sans risque pour la santé donc :
Le respect de TLV n’exclu pas une maladie professionnelle chez des
sujets hypersensibles ou d’aggraver une maladie déjà existante
Détermination
des TLV

Basée sur des expériences réalisées sur des animaux de
laboratoire → difficultés d’extrapolation des résultats

Simples asphyxiants Facteur à considérer : [C] en O2 qui doit être > 18%
(acétylène, méthane, par volume à P atm
azote)
(PO2 = 135 mmHg)

Certaines sub chimiques

Danger d’explosion

15

Métrologie atmosphérique
Cancérigènes
chimiques

Impossible d’indiquer une C sûrement inoffensive
Le respect d’une éventuelle VME n’assure pas ≠ un risque
«résiduel» très minime qu’une tumeur maligne n’apparaisse

Ce risque ne paraît cependant pas être > à celui que les humains courent
du fait de certains facteurs de l’environnement ( pollution de l’air)

Des TLV ont été proposés pour un nombre limité de sub (asbeste,
benzène, hydrocarbure polycyclique, As, chlorure de vinyle) car il est
difficile de définir une C seuil en dessous de la quelle → Pas de risque

16

Métrologie atmosphérique
Limitations et carences de la surveillance atmosphérique

Prise en compte de la seule voie respiratoire comme
voie de pénétration du toxique dans l’organisme

Certaines sub pénètrent dans l’organisme non seulement /voies resp
→ augmentation de la charge toxique interne de l’individu exposé
Aniline, nitrobenzene,
nitroglycol,
phénols

Résorption transcutanée est si importante qu’elle
peut aboutir à des intox dangereuses même en
l’absence de toute inhalation

L’appréciation de la contamination externe /dosages dans l’air peut
aboutir à une sous-estimation de l’intensité réelle de la charge toxique
interne
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Métrologie atmosphérique
Limitations et carences de la surveillance atmosphérique
Sub exclusivement
/voie pulm

Difficile d’obtenir /analyse de l’air seule, une
estimation valable de °d’expo des travailleurs

C atm d’une sub ch dans un atelier, ne reste pas constante ni dans
l’espace ni dans le temps
Le travailleur reste rarement dans le même endroit durant les h du
travail
La quantité du toxique inhalée, dépend non seulement de sa C dans l’air
inspiré, mais aussi de ≠ facteurs physio: paramètres respiratoires
≠ sensibilité individuelle : C du toxique bien tolérée par la majorité des
travailleurs peut être nocive pour certains sujets hypersensibles
18

Métrologie atmosphérique
Limitations et carences de la surveillance atmosphérique

L’absence de méthode d’échantillonnage stabilisée et l’inaptitude
à piéger efficacement ou/et sélectivement la sub recherchée
Des difficultés de mise en œuvre liées à l’instabilité de la sub
(ex : changement de valence du Cr lors du prlv ou trt)
Le manque de sensibilité / spécificité de la méthode analytique
Des problèmes d’interprétation (instabilité de la sub, spéciation)

L’absence de méthode de mesurage ou son coût lorsque celle-ci
n’est pas une méthode utilisée en routine

19

Métrologie atmosphérique
Les difficultés précitées démontrent que la détermination de la C d’un corps
chimique dans l’air ne peut fournir qu’une approximation très grossière du °
d’expo des travailleurs et donc du risque pour la santé

Il ne faut pas cependant conclure qu’elle est inutile, très souvent,
c’est la seule technique applicable
(Sub agissant localement sur la voie resp :Cl2, phosgène, H2SO4)

20

Métrologie biologique
Définitions - Classification (EMC, 2011; LAUWERYS, 2007)
La SB se subdivise classiquement en 3 groupes

Surveillance
biologique
d’exposition =
biométrologie

Surveillance
biologique
d’effet

Surveillance
biologique de
susceptibilité

21

Métrologie biologique
Définitions - Classification (EMC, 2011; LAUWERYS, 2007)
1- Surveillance biologique d’exposition (SBE) =Biométrologie
(Définie en 1980 par la CEC, le NIOSH et l’OSHA )
« L’identification + mesure des sub de l’environnement du poste de travail ou
de leurs métabolites dans les tissus, les excrétas, les sécrétions ou l’air
expiré des salariés exposés, pour évaluer l’exposition+ risques pour la santé,
en comparant les valeurs mesurées à des références appropriées »
Paramètres mesurés :Indicateurs biologiques d’exposition
(IBE) ou biomarqueurs d’exposition qui
donnent une appréciation sur la dose interne
Ex : acide t,t-muconique et benzène

Dose interne?
22

Métrologie biologique
Définitions - Classification (EMC, 2011; LAUWERYS, 2007)
Dose interne
Quantité de sub ch
absorbée

Sur une courte période
Ex: [solvant] /air alvé-sg recueilli pd
la période de travail
[métabolite ur] en fin de poste
Sur plusieurs mois (t1/2 longue)

Quantité de sub stockée
dans un/+sieurs
compartiments ou dans
tout l’organisme
(toxiques cumulatifs)

Quantité de sub au
niveau du site d’action
critique (dose
biologiquement active =
effective)

Ex: [métaux]

Ex: [PCB] ou [Pesticides OC] dans
tissu adipeux

Ex: Dosage de HbCO/intoxication CO
Pburie provoquée, adduits ADN 23

Métrologie biologique
Définitions - Classification (EMC, 2011; LAUWERYS, 2007)
2- Surveillance biologique d’effet
« Détection + évaluation d’effets biologiques précoces et réversibles dus
à une substance de l’environnement de travail » (Florence, 2008)

Compare les valeurs des biomarqueurs d’effet mesurés à des normes
de référence

Ex:

Dosage de l’activité cholinestérasique /exposition aux OP
Dosage de l’ALAU après exposition au Pb

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Métrologie biologique
Définitions - Classification (EMC, 2011; LAUWERYS, 2007)
3- Surveillance biologique de susceptibilité
Etudie les réponses acquises ou innées d’un individu à l’exposition à un
agent spécifique
Mesure des biomarqueurs de susceptibilité

25

26

Place de la SB dans le cadre général de l’évaluation des risques en milieu
professionnel

27

Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)

Pour pouvoir choisir un indicateur et le milieu
ou` il sera mesuré, décider d’un horaire et d’un mode de prélèvement,
interpréter les mesures réalisées:

Il est nécessaire de connaitre et de comprendre la cascade
d’évènements qui conduit de l’exposition à une sub ch à la survenue
d’un effet nocif

Toxicocinétique
Toxicodynamie
Corrélations:
Indicateur / exposition externe
Indicateur / effets toxiques
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Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)
1- Toxicocinétique
C d’une sub dans un tissu /liquide bio dépend de son A D M E
Connaissance de ces ≠facteurs indispensable au choix de la stratégie de SB
+ à l’interprétation de ses résultats

Absorption

Distribution

voies, cinétique…

Variations comparées des C sg / ur et au niveau des
organes cibles /En fX des modalités de l'exp

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Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)
1- Toxicocinétique
Métabolisme

Site/ ∑ enz impliqués /Métabolites
La connaissance du métabolisme permet d’identifier les
indicateurs potentiels + choisir celui qui est le mieux adapté à
la surveillance des travailleurs exposés
on préférera le dosage de l’Ac t,t-muconique ur à celui du
phénol ur ou à celui du benzène dans le sang

Ce métabolite présent en plus faible C + spécifique de l’exp
que le phénol et parce que les ur sont + facilement
accessibles que le sang
30

Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)
1- Toxicocinétique
Élimination

Voies, forme (inchangée/métabolites),demi-vie ,cinétique…

T1/2 d’élimination d’un IB potentiel est déterminante pour
le choix de l’horaire de prélèvement :
T 1/2 longue (> 100 h) : horaire prélèvement -indifférent
Ex : plombémie
T 1/2 = 20 – 100 h : prélèvement en fin de poste et en fin de semaine est
représentatif de l’exposition des 5J précédents
Ex : TCA (t1/2 = 55 h)
T 1/2 = 2 – 10 h : prélèvement fin de poste, n'importe quel J de la semaine
permettra d’évaluer l’exposition de la journée
Ex : acide butoxyacétique (t1/2 = 6 h)
T 1/2 < 2 h : l’indicateur ne peut être utilisé que pour évaluer l’exp précédant
immédiatement le prélèvement
31
Ex : styrène sanguin, dichlorométhane sanguin

Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)
2- Toxicodynamie
Connaissance des mécanismes d’action des sub ch :prévoir leurs effets
toxiques+identifier des indicateurs d’effets biologiques précoces

Exemples : Plomb et métabolisme de l'hème
Organophosphorés et cholinestérases
HbCO et CO
MétHb et méthémoglobinaisants

32

Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)
3 –Corrélations: IBE, métrologie d’ambiance et effets toxiques
La connaissance des corrélations entre : IBE d’une part, la métrologie
d’ambiance et/ ou les effets toxiques, d’autre part, est nécessaire à
l’interprétation des résultats
IBE permet d’évaluer le risque toxique quand la relation entre ses variations
et la survenue d’effets nocifs est connue
Lorsqu’on ne connait que la relation entre les résultats de la métrologie atm
et IB, celui-ci peut être utilisé pour mesurer l’exp à la nuisance, mais il ne
donne pas d’information sur le risque d’effet sur la santé

Dans de rares cas, on connait les corrélations de l’IBE avec la métrologie
d’ambiance et avec les effets toxiques
Dans ce cas idéal, il peut être utilisé comme indicateur d’exposition et
d’effet : la plombémie est un exemple de ce type d’indicateur
Si la relation entre ces 2 derniers paramètres inconnue: déduite des 2 autres
corrélations, mais: approche - fiable que la mesure directe de la corrélation
33
entre les variations de l’IB et la survenue d’effets nocifs

34

Métrologie biologique
Connaissances préliminaires
(Garnier, 2008; Lauwerys, 2007)

SBE relève de la prescription médicale: faite/médecin du
travail sur son ordonnancier, précisant les examens
nécessaires+conditions de réalisation +nom +adresse du lab
Les résultats individuels de la SBE relèvent du secret médical
Ils sont transmis au MT qui les interprète au salarié et le
conseille sur l’optimisation des moyens de protection

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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
1- Stratégie de mise en œuvre de la SBE
La SBE doit être précédée par une évaluation initiale des dangers et des
expositions en milieu professionnel avec:

Identification +caractérisation des dangers : hiérarchisation des priorités CMR
Localisation des sources d’émission +recensement des phases polluantes

Etude des activités de travail (quantité, durée et intensité de l’exposition)
Etude des moyens de protection collective +individuelle (existence, efficacité)

Définition des populations exposées (nombre, sexe)
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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
1- Stratégie de mise en oeuvre de la SBE
La synthèse de ces informations permet de:

Définir les différents Groupes Homogènes d’Exposition (GHE)
Justifier ou non de la nécessité de prélèvements biologiques
Choisir les IBE les plus performants

Juger de l’intérêt du couplage avec la métrologie atm

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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
2- Prélèvement

Milieux biologiques

Moment du prélèvement

Urine et sang (invasif) +++
Air alvéolaire (solvants)
Salive (rare)
Lait, tissu adipeux (anecdotiques)
Cheveux (réservés au domaine médicolégal)
Dépend de la toxicocinétique du biomarqueur

Il est souvent prélevé un éch en début de
semaine/début de poste pour évaluer l’imprégnation
du sujet en dehors de toute exp prof

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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
2- Prélèvement
Conservation du
prélèvement

Solutions

Transfert du
prélèvement

Risque de surestimation /contamination (ex: métaux)
Risque sous-estimation /perte (ex: volatilité des solvants)
Prise d’une douche avant le recueil de l’éch
Recueil, si possible, à distance du lieu de travail
Ajout d’un additif pour la conservation à T° ambiante
Réfrigération/congélation
Transfert rapide vers le labo d’analyse
Dans les plus brefs délais
Récipient étanche /emballage extérieur résistant/étanche
Accompagné de la prescription médicale+fiche de renseig

Le laboratoire peut refuser d’effectuer l’analyse en cas de
non-conformité du prélèvement /réclamer un nouvel éch
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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
3- Méthode d’analyse
Exigences concernant la méthode d’analyse :

Spécifique
Sensible
Sa variabilité biologique et analytique n’est pas excessive
Son application en routine est possible (facilité, coût, appareillage…)
Pour laquelle une norme biologique peut être proposée

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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
3- Méthode d’analyse
Exigences concernant le laboratoire d’analyse:
Mise en œuvre des BPL

BPL (guide ISO25)
Guide décrit objectifs de qualité, organisation du
laboratoire, responsabilités des personnels,
procédures techniques et administratives
Vérification du respect des procédures par
audits internes

Vérification régulière des procédures appliquées / audits inter + externes
Contrôle interne de qualité (échantillons contrôles certifiés) :
Contrôle interne de qualité
Éch de référence -Éch biologiques certifiés
Dosés en même temps que chaque série
Contrôle externe de qualité (participation chaque fois que possible à des
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contrôles inter-laboratoires)

Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
4- Interprétation des résultats
Comparaison des résultats obtenus avec : valeur de référence établie dans
une population non professionnellement exposée ou avec VLM établie sur la
base de critères sanitaires, et en deçà de laquelle le risque pour le travailleur
est considéré comme « acceptable » sur la base des connaissances actuelles
Interprétation individuelle
Comparaison du résultat d’un sujet aux valeurs des autres sujets du même
GHE ainsi qu’aux valeurs antérieures. En cas de valeur élevée, rechercher:

Activité polluante passée inaperçue
Défaillance des moyens de protection collective/mauvaise utilisation des
moyens de protection individuelle
Autres facteurs (contamination externe, exp non prof, erreur analytique…)
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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
4- Interprétation des résultats
Interprétation collective
1er cas

Tous les résultats sont < VLB : exposition acceptable

2ème cas La majorité des résultats >VLB : nécessité d’améliorer les
mesures d’hygiène et de prévention
3ème cas

La majorité des résultats < VLB mais quelques travailleurs ont
des résultats anormalement élevés. 2 hypothèses envisagées:

Travailleurs exécutent des
activités particulières (ex:
travaux de maintenance)
entrainant une exp+ élevée /
leurs collègues

Travailleurs exécutent les mêmes activités
Exp extra-professionnelle
Manque de respect des règles d’hygiène
(manger /fumer au poste )
Polymorphisme génétique particulier

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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
4- Interprétation des résultats
Difficultés liées à l’interprétation des résultats:

IBE n’établissent pas une distinction nette entre exposition dangereuse et non
Du fait des variations interindividuelles, les valeurs mesurés chez un sujet
peuvent être élevées mais sans risque pour sa santé

Une intervention corrective ne doit pas être déclenchée suite à un résultat
anormal isolé, mais sur la base d’anomalies observées sur plusieurs éch d’un
même individu ou d’un groupe
Existence de métabolites communs à plusieurs sub dans les poly-expositions
professionnelles, à l’origine d’une surévaluation de l’imprégnation
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Métrologie biologique
Echantillonnage et analyse
( EMC, 2011; Garnier, 2008 ; Maître, 2008)
5- Principaux tests de SBE (Lauwerys, 2007; EMC, 2003)
Monitorage de DI rassemble la grande majorité des tests disponibles
Consiste à quantifier ds une matrice bio: composé parent ou ses métabolites

Paramètres spécifiques de l’exp
(Ex: acide t,t muconique /benzène
cotinine /fumée de tabac)

D’autres non spécifiques
(Ex:thio-éthers ur /sub mut--métabolites diazo+ / A aromatique)

Les tests utilisant des paramètres non spécifiques sont
de moins en moins utilisés et doivent être interprétés à
l’échelle du groupe plutôt qu’à un niveau individuel
45

46

47

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Métrologie biologique
Surveillance des effets précoces
Par des tests sur des liquides biologiques :Urines ou sang, généralement
Ou par d'autres examens complémentaires : Imagerie, EF, etc...
Par des tests spécifiques ou non : cholinestérases /hémogramme
/transaminases /protéinurie /trouble du
métabolisme des porphyrines...
Toujours par des examens complémentaires ciblés sur le risque
Hémogramme :Seulement quand il y a un risque hématologique identifié

Bilan hépatique :Seulement pour le dépistage d'effets hépatotoxiques
attendus en raison de substances précisément identifiées
Bilan rénal :Seulement en cas d'exposition à des sub néphrotoxiques

49

Métrologie biologique
Cas particulier de la biogénotoxicologie
(Sari-Minodier, 2010)

Si le cancer est un effet très différé, les mutations induites /environnement
prof génotoxique sont, elles, contemporaines de l’exposition
Les biomarqueurs d’exp ou d’effet génotoxique doivent faire l’objet d’une
réflexion spécifique, du fait de leurs modalités particulières de mise en
oeuvre, de leur manque de spécificité, des incertitudes quant à leur
interprétation ainsi que des règles éthiques qui s’imposent

A ce jour, ils sont principalement liés au domaine
de la recherche

50

Principaux tests d’exposition et d’effet génotoxiques

51

Métrologie biologique
Avantages et limites de la SBE
(EMC, 2011; Sari-Minodier, 2010; Lauwerys, 2007)
1- Avantages de la SBE
Intégration des différentes voies d’exposition
SBE prend en compte ttes les voies d’absorption de la nuisance considérée
++ important lorsque la voie d’entrée resp n’est pas très prépondérante

Certains solvants peu volatils à T° ambiante et bien absorbés/ voie
percutanée: éthers de glycol, la mesure des C atm sousestime
grandement la dose absorbée /travailleurs exposés
Absorption des poussières d’oxydes/sels métal en 1/2 de travail+++
digestive: IB rendent mieux compte de l’exposition que les C atm de ces
poussières
52

Métrologie biologique
Avantages et limites de la SBE
(EMC, 2011; Sari-Minodier, 2010; Lauwerys, 2007)
1- Avantages de la SBE
Prise en compte des conditions réelles d’exposition

Lorsque les travailleurs sont exposés à des aérosols, la mesure des C atm, ≠
à la biométrologie des sub impliquées, ne permet pas d’évaluer leur
absorption, car elle ne tient pas compte de la granulométrie :
particules diamétre < 5 mm parviennent aux alvéoles + absorbées

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Métrologie biologique
Avantages et limites de la SBE
(EMC, 2011; Sari-Minodier, 2010; Lauwerys, 2007)
1- Avantages de la SBE
Prise en compte des caractéristiques individuelles des expositions
≠ à la métrologie d’ambiance, la SBE intègre les caractéristiques individuelles
des travailleurs exposés :
Port de protections res et/ou cut : tester l’efficacité des mesures préventives
Qualité de l’hygiène individuelle (prise de repas/ boisson sur le lieu de travail/
lavage des mains/ brossage des ongles/ onychophagie/ tabagisme. . .)
Effort physique, qui ↑ les débits ventil: l’absorption resp des sub ch présentes
dans l’air de l’env de travail
Les pathologies préexistantes:

*Dermatoses étendues : ↑ l’absorption percutanée
*Pathologies hépatiques /rénales : retardent l’excrétion / bioaccumulation
*Ostéoporose: redistribution des sub stockées dans l’os ( plomb-intox
systémique à partir des stocks internes )
*Carence martiale:↑ l’absorption digest du cadmium / plomb

54

Métrologie biologique
Avantages et limites de la SBE
(EMC, 2011; Sari-Minodier, 2010; Lauwerys, 2007)
1- Avantages de la SBE
Prises en compte de toutes les sources d’exposition
SBE prend en compte ttes les sources d’exp à la sub considérée :
Professionnelles :
Le principal poste de travail
n’est, souvent, pas la seule
source de contamination ;
elle n’est, parfois, pas la +
importante

Extraprofessionnelles :
Exp extraprof à des sub présentes
sur leur lieu de travail : au cours
d’activités de loisir ; du fait de leur
lieu de résidence, d’habitudes
alimentaires /tabagisme ; etc

Dans certains cas, prise en compte des expositions passées
Ex : cadmiurie, plombémie
Evalue les expositions anciennes : toxiques cumulatifs
55

Métrologie biologique
Avantages et limites de la SBE
(EMC, 2011; Sari-Minodier, 2010; Lauwerys, 2007)
2- Limites de la SBE

Inadaptée pour les sub à effet local (irritants ou sensibilisants)
Inadaptée pour les sub volatiles à toxicité aigue très élevée (ex: HCN)
Nombre limité des IBE validés en milieu professionnel (env. 100 contre
plus de 400 VLE atm)

Absence de réglementation contraignante
Coût élevé (ex: dosage d’adduits à l’ADN)

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Conclusion
SB constitue un progrès de la démarche préventive dans des situations
d'exposition professionnelle à des subs chimiques
Bien que ne s’adressant encore qu’à un nombre limité de polluants, elle peut
s’appliquer à de nombreux secteurs d’utilisation : métaux/ solvants/ pesticides et
d’autres sub org
Complémentaire de la surveillance de l'environnement, elle permet d'affiner
l'évaluation de l'expo des salariés au risque chimique lors du travail
Elle requiert deux conditions essentielles dans sa mise en place : le strict
respect de l’éthique médicale dans la prescription, l’interprétation individuelle et
la communication des résultats et l’utilisation de biomarqueurs robustes au plan
scientifique+analytique
L'interprétation des résultats reste un point délicat de ce moyen de
prévention du fait de la variabilité qui s'attache à toute analyse bio sur le vivant

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Bibliographie
Conférence: Biomarqueurs en toxicologie S. Ettaieb Errahmani-2012

Conférence: Surveillance biologique des expositions -R .Garnier

Places et limites des prélèvements atmosphériques et biologiques et des
valeurs réglementaires et indicateurs associés-M. Héry, P. Simon-2011
Introduction : état des lieux, le rapport surveillance biologique de
l’exposition, les définitions, les dispositions réglementaires, les valeurs
de référence- P. Florence
Surveillance biologique de l’exposition. Objectifs, avantages et
limites, prérequis scientifiques-R. Garnier

La surveillance biologique des expositions aux substances chimiques

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