Pneumatique et hydraulique

  

Les applications liées aux appareillages pneumatiques et hydrauliques sont multiples (visseuses, agrafeuses, pistolets extrudeurs en vitrerie, peintures et enduits projetés). Le professeur de lycée professionnel ne doit pas donner aux élèves un simple mode d’emploi de ce matériel. Les compétences « Réglage » et « choix » ne peuvent être acquises efficacement que lorsque les objectifs techniques (compréhension des principes scientifiques de fonctionnement) sont atteints. Il faut aussi faire valoir l’intérêt humain (économie de temps, diminution de la fatigue) ; ainsi que les risques liés à ces matériels. Alors, seulement, l’élève est apte à choisir et utiliser le matériel adapté, à nettoyer les circuits et assurer la maintenance de premier niveau.

Problème posé

Comment appliquer des produits rapidement et sans traces d’outils ?
Chercher un système capable de déposer des produits sur une surface, de manière régulière.

L’étude suivante se déroule sous forme d’analyse fonctionnelle où chaque fonction est présentée avec les conditions nécessaires pour assurer la fonction.

La pulvérisation pneumatique traditionnelle consiste à pulvériser des produits grâce à l’air comprimé. La première partie de l’étude se déroule en deux temps :  Dans un premier temps, nous allons étudier le circuit « air comprimé ».

Dans un deuxième temps, nous verrons comment assurer les prélèvements de produit ; donc, le « circuit produit ».

Étude n°1 : Fabriquer l’air comprimé nécessaire à la pulvérisation

Comment fait-on pour produire et transporter de l’air comprimé apte à l’éclatement du produit ? Fonctions : Fabriquer, régler et transporter 1. Fabriquer et stocker

1. 2.

Compresseur, réservoir, séparateur

Régler  Détendeur et Manomètre Transporter le produit depuis le compresseur jusqu’au pistolet
 Tuyaux et raccords

Comment Fabriquer ?

Compresseurs : pompe simple effet

Comment Fabriquer ? (suite)
Compresseurs : pompe double effet

Comment Fabriquer ? (suite)
Compresseur à membrane

Compresseur radial

Comment Stocker ?

Réservoir - Cuve

Réservoir d’air comprimé

Comment Stocker ? (suite)

Réglages Réservoir - Cuve

Comment Assurer la qualité de l’air produit ?

L’air produit doit être propre, sec et d’une pression adaptée.
Air propre : filtre à l’entrée du compresseur

Comment Assurer la qualité de l’air produit ?

L’air doit être propre, sec et d’une pression adaptée.

Air sec

Comment Assurer la qualité de l’air produit ?

L’air doit être propre, sec et d’une pression adaptée.

Air sec

L’air doit être propre, sec et d’une pression adaptée.
Manomètre

Air à une certaine pression Détendeur

Mano-détendeur Séparateur

Installation d’un poste d’air comprimé

Résumé : Circuit air comprimé
L’air comprimé est fabriqué grâce à un compresseur  Les pompes sont à piston simple ou double effet, à membrane ou par compresseur radial.  L’air comprimé est stocké dans un réservoir calibré à 7 bars. La purge permet de vider l’eau due au refroidissement lors de la détente de l’air.  L’air produit doit être propre (filtre), sec (séparateur), d’une pression réglée avec le détendeur et contrôlée avec le manomètre.

Dans un deuxième temps, nous allons étudier le circuit « produit ». Comment fait-on pour stocker et amener le produit jusqu’à l’endroit où il va être éclaté, pulvérisé ? Fonctions : Contenir et transporter 1. Contenir le produit  Récipient Transporter le produit depuis le récipient jusqu’au pistolet  Tuyaux et raccords

1.

Condition n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Contenir le produit  Récipient

1er cas : Godet au-dessus du système de pulvérisation

Principe : Le produit s’écoule de son propre poids :

Écoulement par gravité

Condition n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Contenir le produit  Récipient

2ème cas : Cuve indépendante du système de pulvérisation

Principe :Le produit est poussé par l’air comprimé

Plus la pression est élevée, plus le débit est fort

Conditions n°1 et n°2 : Transporter le produit et l’air comprimé jusqu’au lieu d’application

Pour le 3ème cas (après la gravité et la pression), nous devons répondre à quelques questions :  Comment le vent fait-il s’envoler les tuiles d’un toit ?  Pourquoi le Queen Elizabeth II s’est il échoué dans une zone assez profonde ?  Pourquoi les terriers des chiens de prairie sont-ils parcourus par un courant d’air ?  Pourquoi les cheminées aspirent-elles la fumée ?  Pourquoi les avions volent-ils ?

Contrainte n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Réponses :
Pour aérer leurs terriers, les chiens de prairie construisent des entrées en forme de cratère. Le vent accélère pour contourner ces obstacles, de sorte que la pression chute juste au-dessus de ces orifices, ce qui crée un appel d’air et une ventilation dans le terrier.

Contrainte n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Réponses :
L’effet Venturi se produit quand un fluide incompressible traverse un étranglement : à débit constant, la vitesse augmente dans l’étranglement, et la pression baisse (à gauche). Cet effet diminue les pressions sous la carène des navires en marche, ce qui les «surenfonce» (à droite). Le phénomène est très dangereux pour les gros bâtiments sur tous les hautsfonds.

Contrainte n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Réponses :
L’effet Venturi diminue les pressions sur la face arrière de la toiture et les tuiles sont soulevées par aspiration.

Contrainte n°1 : Transporter le produit jusqu’au lieu d’application

Réponses :
L’effet Venturi diminue les pressions en haut du conduit de fumée et permet l’aspiration des fumées.

Expérimentation à faire avec les élèves pour illustrer l’effet Venturi

Lorsqu'on souffle dans un entonnoir retourné sur une feuille de papier, on arrive à soulever la feuille, ce qui est paradoxal puisque le jet est soufflé vers le bas. Pour réussir cette expérience, il convient de plier légèrement deux bords de la feuille de façon qu'elle ne soit pas appliquée trop près du support

Lorsqu'on tient deux feuilles de papier l'une en face de l'autre et que l'on souffle dans l'espace libre entre elles, les feuilles se rapprochent au lieu de s'écarter

Expérimentation à faire avec les élèves pour illustrer l’effet Venturi

Lorsqu'on souffle dans un tuyau (tube de stylo vide) proche d’un autre tube de stylo trempant dans un fluide, le fluide est aspiré et pulvérisé.

Transporter et pulvériser

Contenir le produit  Récipient

3ème cas : Godet sous le système de pulvérisation

Principe : Le produit est aspiré à la sortie du pistolet

Principe de la pulvérisation par succion

Principe : Lorsqu’on rétrécit la section de passage d’un fluide, on augmente sa vitesse ; mais on réduit sa pression  le produit est aspiré.

Les 3 modes de prélévement
1 - La gravité

2 - La pression

3 – L’aspiration

Résumé : Circuit produit

Les 3 modes principaux de prélèvement de produit sont :
– La gravité – La succion ou aspiration – La pression

Le pistolet
Maintenant, nous avons fabriqué et transporté l’air comprimé et alimenté en produit.  Nous allons étudier le pistolet qui permet la pulvérisation du produit.

Le pistolet
    

A  Réglage débit d’air aux évents b  Passage air comprimé c  Pointeau des évents d  Passage air principal E  Réglage débit produit

Vue éclatée
1- Tête complète
2- Bague 3- Joint 4- Tête nue

6 - Buse complète
7- Bague 8- Buse 9- Joint

10 – Garniture pointeau 18 – Soupape d’air
19- Siège de soupape

20- Joint 21- Tige de soupape 22- Soupape 23- Ressort 24 – Pointeau d’air
25- Anneau truarc

Le pistolet
   

A  Tête de buse B  Buse C  Pointeau ou aiguille D  Ressort

E  Bouton de réglage (butée de pointeau) assure le réglage du débit produit F  Gâchette ou détente

Le pistolet : les mélanges

 Mélange externe

 Mélange interne

Le pistolet : la forme du jet

Le pistolet : le k.s. de la gâchette

 

Position 1: Repos Aucun débit

Position 2: soupape « b » s’ouvre

 Débit d’air (soufflette)

Le pistolet : le k.s. de la gâchette

 

Position 3 : le pointeau recule Peinture libérée dans le flux d’air : pulvérisation

 

Position 4 : pointeau en butée Le débit peinture est au maximum

Résumé « Pistolet »
Le pistolet assure la pulvérisation de produits fluides  On peut régler le débit d’air sur les évents pour régler la forme du jet (↔ ; ↑ ; O)

 On peut régler le débit peinture en :

– Vissant la molette du pointeau produit – Appuyant + ou – fortement sur la gâchette

Le mélange « air-produit » peut se faire dans la buse par mélange externe ou interne. Le mélange interne étant réservé pour les produits pâteux. Dans ce cas on utilise en général une lance.

La projection des produits pâteux

La viscosité des produits pâteux étant élevée, il faut choisir un mode de prélèvement-produit adapté :
– La succion ne convient pas – La gravité est plus ou moins efficace. Il existe des modèles mixtes « gravité-pression » – La pression est le mode le plus adapté. Selon la viscosité du produit, on utilisera une sortie haute ou basse lorsque le produit est très épais.

Les quantités déposées étant importantes, le réservoir produit doit être volumineux ; on utilisera des cuves contenant de 20 à 80 litres.

Principe de projection des produits pâteux

La pulvérisation « basse pression »

La pulvérisation air comprimé traditionnelle utilise des pressions allant de 1 à 7 bar maxi. La pression moyenne de pulvérisation étant de 3 à 5 bar. Il existe un autre procédé de pulvérisation appelé « Basse pression » ou « HVLP » (High Volume Low Pressure soit grand débit basse pression). La faiblesse de pression est compensée par le grand volume d’air. Les pressions de pulvérisation sont de l’ordre de 70 à 500 g environ.
Les marques suivantes ont développé ce type de matériel :  Volumair (Gamme du T1 au T5)  Gracco (Séries 500-700-900-2000)  Kremlin (Ensemble autonome basse pression 700-1000-1250)  Wagner (Fine Coat)

La pulvérisation « basse pression » : Principe

Le T5 de
Volum air

La pulvérisation sans air
La pulvérisation pneumatique « gaspille » beaucoup de produit dispersé dans le brouillard formé.  Les débits produits restent limités ; ainsi que les longueurs de tuyaux (travaux en façade).  Les fabricants de matériel ont mis au point un autre système de pulvérisation de produit qui assure des débits-produit élevés et permet de travailler avec de grandes longueurs de tuyaux.
 

Le problème posé est :  « Comment pulvériser un produit + ou – visqueux sans apport d’air comprimé ? »

La pulvérisation sans air : Principe

Le principe est le même que la lance d’arrosage :

Pression assez forte pour faire passer le fluide par un petit orifice. Le produit entre dans l’air à grande vitesse  il est éclaté.

 

Il faudra des pressions élevées pour pulvériser les produits visqueux. La forme de la tête crée 2 courants convergents qui assurent l’atomisation du produit.

La pulvérisation sans air : Principe

La buse est choisie en fonction du débit et de l’angle de projection.
 

Le débit croît avec la pression Le débit croît si la surface de la fente augmente. Exemples :  Angle 60°  jet de 28 cm à une distance de 25 cm  Angle de 40°  jet de 18 cm à une distance de 25 cm

La pulvérisation sans air : Principe

Comment obtenir des pressions élevées, supérieures à 100 bar ?

Nous allons étudier 2 types de pompes :  Les pompes électriques à membrane  Les pompes pneumatiques à piston

Les pompes pneumatiques à piston
  

Comment obtenir des pressions élevées (supérieures à 100 bar) ? Formule : P+F/S Exemple : avec un piston moteur de 30 cm² et un piston hydraulique de 1 cm² Pour une pression de 1 bar nous obtenons 30 bar de pression sur le produit Rapport de pompe : 30/1 1 bar 30 bar

1 bar

30 bar

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

 

 

F : Vanne 2 voies K : Réglage soupape d’admission d’huile M : Sortie retour peinture N : Départ peinture  Pistolet

    

P : Remplissage réservoir d’huile Q : Manomètre R : Filtre avec tamis L & S : Aspiration peinture + crépine T : Canne de purge

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes électriques à membrane

Les pompes pneumatiques à piston
C’est l’énergie pneumatique qui remplace l’énergie électrique pour actionner un piston.  Mais comment obtenir un mouvement alternatif ?

Pour obtenir un mouvement alternatif, il faut que la commutation se fasse automatiquement  valve d’inversion automatique.

Les pompes pneumatiques à piston

Valve d’inversion automatique

Les pompes pneumatiques à piston
Comment éviter les temps morts entre la montée et la descente du piston produit ?  Un temps aspiration  Un temps refoulement   pompe double effet

Les pompes pneumatiques à piston

Le piston monte

Le piston descend

L’AIRMIX
Comment allier les forts débits de la pulvérisation sans air avec la finesse de l’atomisation de l’air comprimé ?  Les fabricants proposent l’ « airmix ».  On ajoute un circuit d’air comprimé allant au pistolet pour augmenter la finesse de pulvérisation.

La pulvérisation électrostatique

Comment réduire les pertes dues au brouillard de pulvérisation et atteindre des parties inaccessibles ?

La pulvérisation électrostatique : Principe
Le pistolet assure la production du champ électrique

Une pointe alimentée par un générateur provoque un « vent électrique ». Chaque gouttelette passant près de cette pointe se charge négativement. Ces gouttelettes projetées dans l’atmosphère vont être attirées par tout corps chargé de signe contraire. Si la pièce à peindre est reliée au pôle « + » du générateur, c’est cette pièce qui attirera les gouttelettes de peinture.

La pulvérisation électrostatique Principe

La viscosité
Les produits à pulvériser sont en général plus fluides que les produits appliqués manuellement ?  Comment assurer une viscosité optimale ?

La viscosité

La viscosité se mesure à l’aide de la coupe AFNOR N°4

La viscosité : Paramètres de variation
La viscosité varie selon la température : une peinture est moins fluide le matin au froid qu’à midi à la chaleur. Entre le matin (16 °C) et le midi( 24 °C) ≠ 4 secondes. Température 16 °C 18 °C 20 °C 22 °C 24 °C Viscosité (CA4) 25 s 24 s 23 s 22 s 21 s
 

La dilution n’est pas constante : ce sont les premières gouttes de diluant qui sont les plus efficaces. Au delà d’un certain %, on ne débouche que sur des inconvénients. 0 % 5% 10% 15% 20% 120 s 65 s 42 s 35 s 30 s 25% 28 s

% de diluant (alkyde) Viscosité en secondes (CA4)

La viscosité : Paramètres de variation

Problème : C’est l’hiver. Un pot de peinture est stocké à une t° de 14°C. Le fabricant préconise une viscosité de 30 s à la CA4 à 20 °C. Comment obtenir la viscosité souhaitée ? °C Viscosité approximative en secondes CA4 d’une peinture alkyde 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 25 24 23 22 21 20 19 19 18 17 29 26 25 24 23 22 21 20 19 18 32 30 28 27 25 24 23 22 20 19 35 33 31 30 28 27 25 23 21 20 38 36 34 32 30 28 26 24 22 21 41 37 35 33 31 29 27 25 23 22 44 40 37 34 32 30 28 26 24 23 47 44 40 37 34 32 30 28 26 24 50 46 42 39 36 33 31 29 27 25 53 48 45 41 38 35 33 30 29 26 56 52 48 44 40 37 34 32 30 28 60 55 51 47 43 39 36 33 31 29 64 59 55 50 45 41 38 34 32 30

La viscosité : Paramètres de variation
 

Problème : L’utilisation du tableau précédent influe-t-il sur le % de diluant utilisé ? Ci-dessous, les résultats d’une expérimentation :

Température mesurée 14 °C 30 °C

Viscosité de livraison 130 s 62 s

Viscosité à obtenir 36 s 24 s

% de diluant utilisé 15,1 % 14,8 %

On s’aperçoit que le % de diluant est sensiblement le même. C’est pourquoi certains fabricants spécifient à la fois le % de diluant et la viscosité

Pulvérisation : Historique

But essentiel : Diminuer les temps d’application

Début : fin 19ème siècle (peintures cellulosiques)  Pistolet automatique : 1935  Pulvérisation peinture chaude : 1938  Électrostatique : 1947  Airless : vers 1952

Merci de votre attention

Et maintenant, à vos gâchettes…


Lois physiques : différence de pression entre la surface et le fond du récipient.
Formules :  P = F/S ou pression = poids (force pressante) / surface  p2 = p1 + ρ .g.h (p1 : pression en surface, p2 pression au
fond)*

Exemple 1 : hauteur de produit : 0,30 m
 

p1 = 1 daN.cm-2 soit : 10 4 daN. m-2 ou : 10 5 N. m-2 p2 = 105 + 1000 x 9,81 x 0,30 = 102943 N. m-2 = 102943 / 104 = 10,2943 N. cm-2 = 1,02943 daN. cm-2 = 1,029 bar

*

ρ : rhô(masse volumique) kg.m-3 g : (accélération de la pesanteur) 9,81 m.s-2 h : (hauteur de la colonne verticale de fluide) en m

Godet gravité-pression

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