Quelles sont les principales défaillances du marché ?

Le programme officiel

Partie I - Sensibilisation
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Questions : 1. Comment évolue la superficie du lac Tchad ? 2. Quelles sont les causes de cette évolution ? 3. Quelles en sont les conséquences ? 4. Quelles Solutions sont envisagées , qui peut assurer le financement ?

Partie II - Analyse

I- Les asymétries d’information

Introduction

Rappel : Les cinq conditions de la CPP
Atomicité Produits homogènes Libre entré/sortie Information parfaite Mobilité parfaite des « inputs » Ces cinq conditions ne sont pratiquement jamais réalisées. Elles servent de référence

1. 2. 3. 4. 5.

Introduction

Rappel : Les cinq conditions de la CPP
Atomicité Monopole, duopole, oligopole, jeux Concurrence monopolistique Produits homogènes Barrière à l’entrée Libre entré/sortie Information imparfaite Information parfaite Mobilité parfaite des « inputs »

1. 2. 3. 4. 5.


Acquisition d’information est coûteuse et exigeante: donc il y a la présence d’un coût d’opportunité
Donc l’information a une valeur intrinsèque, surtout en situation d’asymétrie d’information

Introduction

Analyse de défaillances de marché causées par l’existence d’asymétries d’information entre agents
   

Le marché des « citrons » d’Akerlof La sélection adverse L’aléa moral Le problème du principal-agent

A - Le marché des « citrons »

A - Le marché des « citrons »

Akerlof – Prix Nobel d’économie 2001

A - Le marché des « citrons »

En théorie, le prix est un bon révélateur de la qualité Akerlof 1970
 

« The Market for Lemons » Les conséquences d’une asymétrie d’information sur fonctionnement du marché des voitures d’occasion récentes.

le

Hypothèses
 

2 types de voitures: les fiables (qualifiées de peaches) et les défectueuses (dites « lemons ») Le vendeur connaît la qualité de son véhicule Mais l’acheteur ignore la qualité des véhicules vendus

A - Le marché des « citrons »

Hypothèse : L’acheteur ne peut connaître la qualité des véhicules en raison de l’information imparfaite  Prix proposé = qualité moyenne sur le marché. Le vendeur d’un « citron »  Reçoit un prix > qualité du véhicule.  Aucun intérêt à révéler la qualité du véhicule Le vendeur d’une voiture de bonne qualité, fiable  Reçoit un prix < qualité du véhicule.  Aucun intérêt à vendre le véhicule  Hyp.: le vendeur ne peut pas révéler la qualité

A - Le marché des « citrons »
Citron (50%) Bijou (50%)

Prix vendeur

1000$

2000$

Prix acheteur

1200$

2400$

Si information parfaite deux marchés

A - Le marché des « citrons »
Citron (50%) Bijou (50%)

Prix vendeur

1000$

2000$

Prix moyen

Prix acheteur

1200$

2400$

½x1200+½x2400 = 1800$

Si information imparfaite

Pas de marché pour les bijoux : échec du marché

A - Le marché des « citrons »

Offre

Les mauvais véhicules restent, les bons quittent le marché(cf. la loi de Gresham: la mauvaise monnaie chasse la bonne) Donc la qualité moyenne des véhicules proposés ne cesse de diminuer

Demande
 

En conséquence, les acheteurs revoient à la baisse leur prix Les acheteurs anticipent qu’à terme, seuls les citrons restent

Le marché

L’interaction O-D fait qu’à terme, le marché disparaît Théoriquement, un tel marché ne dure pas longtemps

A - Le marché des « citrons »

En résumé, sur d’occasion récents
    

le

marché

des

véhicules

La qualité entre véhicule varient fortement Acheter un véhicule d’occasion reste coûteux Cacher un problème est facile et gratuit Donc, acheter un véhicule d’occasion est risqué. Pour pallier au risque
 

Pour réduire l’asymétrie d’information, il faut révéler la qualité avant que la transaction n’ait lieu : contrôle technique Acheter sa voiture chez un concessionnaire et bénéficier d’une garantie pour les voitures d’occasion Législation publique sur les vice-cachés

B - La sélection adverse

Joseph Stiglitz – Prix Nobel d’économie 2001

B - La sélection adverse
La sélection adverse apparaît dans une situation où la qualité d’un bien n’est pas perceptible avant la réalisation de la transaction ou du contrat. On parle d’opportunisme précontractuel, faisant suite à une situation d’asymétrie d’ information.
o o o Le marché des citrons Le marché des sub-prime Le marché des assurances

Exemples de sélection adverse

L’assurance automobile
   

Deux qualités de chauffeurs (bon/mauvais) Probabilités différentes d’avoir un accident Si l’assureur se base sur la probabilité moyenne Quel effet sur la demande d’assurance ? Deux types de personne : bonne/mauvaise santé Probabilités différentes de tomber malade Donc ce marché peut disparaître ! Il est donc en partie public: Sécurité Sociale

L’assurance médicale
   

Révélation de l’information

Les mécanismes Révéler l’information avant la transaction  Voitures d’occasion (lemons)
 

Contrôle technique Suivi du véhicule Diplômes (signal) Périodes d’essai ( stages, CDD) Bilan de santé, âge limite Patrimoine génétique ?

Marché du travail

Assurances médicales
 

C- L’aléa moral

C- L’aléa moral

Le marché de l’assurance apparaît dans une situation où la qualité d’un bien n’est pas perceptible lors de l’exécution de la transaction. On parle d’opportunisme post-contractuel, dû à une situation d’asymétrie d’information après signature du contrat.

• Par exemple, un chauffeur bien assuré n’a plus autant d’incitation à conduire prudemment qu’un chauffeur non assuré. • Suite à la l’effondrement des prix de l’immobilier en raison de la crise des subprimes forte augmentation des incendies

C- L’aléa moral

Le marché de l’assurance automobile
 

Assurance faible (prudent) / forte (prise de risque) La prudence du chauffeur est donc modifiée en conséquence du contrat d’assurance Or, l’assureur ne peut pas observer le niveau de prudence (asymétrie informationnelle post-contractuelle) Le niveau de rémunération dépend + ou - de l’effort L’incitation à l’effort dépend du contexte (ex: CDD / CDI) L’employeur n’observe pas facilement l’effort Risque pour l’employeur (asymétrie informationnelle postcontractuelle)

Le marché du travail


 

Restaurer des incitations adéquates

Pour réduire l’asymétrie d’information, il faut mettre en place des mécanismes de surveillance ou d’incitations

Assurances
 

Franchises (suffisamment élevée) Bonus/malus Incitations ( cf théories du salaire d’efficience) Stock-options (pour les top managers)

Marché du travail

D - Le problème du principal-agent

Définition

Une relation d ’agence est un contrat dans lequel une personne (le principal) engage une autre personne (l’agent) pour exécuter en son nom une tâche.
Embauche

Exécute

D - Le problème du principal-agent

On parle de relation principal-agent. Asymétrie informationnelle : l’agent en sait plus que le principal sur le travail à effectuer L’agent peut alors réduire son effort (dans son propre intérêt) sans que le principal ne le remarque.
Embauche

Exécute

Exemple de relation principal-agent

Le principal est l’ensemble des actionnaires

Une personne qui détient des actions d’une entreprise est un actionnaire Elle veut que la firme dégage des profits maximums

L’agent: le PDG de l’entreprise

Conduit les affaires de l’entreprise Rapporte les résultats au principal Un rapport par trimestre Résultats « déguisés » Justification hasardeuses ou fantaisistes

Asymétrie informationnelle importante

 

Exemple de relation principal-agent

Le principal peut :
 

Inciter le PDG sur ses résultats : stock options Engage un cabinet d’audit (certification des résultats et bilans comptables)
Embauche
Exécute Contrôle Engage

Exemple de relation principal-agent

Mais le cabinet d’audit cabinet est lui même une agence et est donc soumis également au problème de la relation principal agent
Embauche Exécute Contrôle Engage

Exemple de relation principal-agent

Illustration : le cas Enron (Décembre 2001) 23 milliards de dollars de dettes cachées !! Enron et Arthur Andersen ont falsifié les comptes ! AA fut fermé en 2002 pour falsification de comptes
Embauche Exécute Contrôle Engage

La relation principal-agent

Enron illustre le problème des contrats

Sans structure d’incitation: recherche de l’intérêt personnel Structure d’incitation : réconcilier l’intérêt personnel avec l’intérêt de l’entreprise Structure d’incitation non appropriée produit des recherches de rente Le rôle des agences de contrôle est de rectifier les situation d’asymétrie informationnelle Les agences de contrôle peuvent aggraver le problème si elles même exécutent mal leur travail  Agences de notation dans la crise des subprimes

II – Les biens collectifs

A -Définition d’un bien collectif
Un bien collectif est défini à partir de sa consommation; il fait l’objet d’une consommation collective et possède deux caractéristiques : La non-rivalité : qui signifie qu’un bien peut être consommé simultanément par un ensemble d’individus sans que la quantité et/ou la qualité bénéficiant à un consommateur réduise celles consommées par les autres. La non-exclusion signifie qu’il est impossible d’exclure un utilisateur de l’usage de ce bien.

Bien public pur

Bien privé pur

Biens publics mixtes

Classement des biens
Exclusion possible Rivalité Exclusion impossible

Bien privé pur Bien commun

(voiture)
Non rivalité Bien de club

(haute mer)
Bien collectif pur

(chaîne cryptée)

(défense nationale)

Sans rivalité

Congestion

Avec rivalité

Sans exclusion possible Profits bénéficiant à une entité limitée telle une commune Exclusion possible des « étrangers » à la communauté

Biens collectifs Défense nationale Biens collectifs locaux purs Eclairage public

Biens communs Ressources en accès libre Biens collectifs locaux impurs Voirie

Biens en propriété commune Service d’état civil

Biens en propriété commune Crèche, Bibliothèque communale Biens privés

Avec exclusion possible

Biens de club Chaîne cryptée

B L’eau : un bien commun ?

B L’eau : un bien commun ?
Il n'y a pas de rivalité ni d'exclusion pour l'eau. Personne ne peut être exclu de l'accès à l'eau. Elle est disponible pour tous. Il ne faut pas la mériter en termes de pouvoir d'achat, parce que l'eau n'est pas achetable . L'eau doit faire partie des biens qui échappent aux logiques marchandes. (…) La non-rivalité et la non-exclusion sont des éléments intrinsèques des caractéristiques d'un bien commun public. La première caractéristique est celle de l'essentialité/insubstituabilité pour la vie, pour le vivre ensemble, pour la sécurité collective. L'eau est, à cet égard, un exemple plus qu'évident. Cette essentialité/insubstituabilité confère au bien public une dimension « sacrée », en net contraste avec la tendance actuelle à réduire tout à des marchandises. Dans toutes les traditions culturelles du monde, l'eau a été considérée comme sacrée, elle a été identifiée avec la vie, source, de vie. La deuxième caractéristique réside dans le fait qu'un bien public relève de la responsabilité collective. En raison de son essentialité/ insubstuabilité, seuls les pouvoirs publics peuvent en être responsables, dans un contexte de solidarité. Source: Riccardo Petrella, L'Eau, bien commun public, Alternatives à la « pétrolisation » de l'eau ? Editions de l'Aube Questions: 1. L’eau est-elle selon R.Petrella ? 2. Comment justifie t’il son affirmation ?

III- Les externalités

A- un exemple :la pollution des eaux, exemple de remise en cause de la main invisible
Cliquez pour regarder un extrait des Dessous de cartes sur Arte jusqu’à 6,37 Questions: 1. Quelles sont les différentes explications de la pollution des océans mis en évidence dans ce reportage? 2. Quelles sont les conséquences? 3. En quoi la pollution est –elle une remise en cause de la main invisible d’A.Smith?

B – Définition des externalités
Le concept d’externalité est utilisé pour désigner toute situation où les activités d’un ou plusieurs agents économiques ont des conséquences sur le bien-être ou la satisfaction d’autres agents, sans qu’il y ait d’échange ou de transactions volontaires, intentionnelles, entre eux. Lorsque ces conséquences sont bénéfiques, on parlera d’externalités positives, les externalités seront négatives dans le cas contraire.

B– Définition des externalités
Relier les différentes externalités au visage approprié
jouer de la musique fumer dans un restaurant mettre des fleurs dans son jardin planter des arbres dans la forêt amazonienne polluer une zone ostréicole pêcher dans un étang éducation des enfants recherche scientifique
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

Exemple de compréhension :une externalité négative : les nitrates et les pesticides L ’utilisation de nitrates par l’agriculteur

augmente sa production

pollue les nappes

Source : cgollier.free.fr/SupCours/ Extern/Extern.ppt

C - Bilan social et bilan privé sont différents
Quantités de nitrates
0 1 2 3 4 5

Valeur de la production
2 000 2 500

(prix unitaire=100)

Bilan privé
2 000 2 400

Externalité
0

Bilan social
2 000

-300 -700
-1 000 -1 000 -1 000

2 100 2 000
1 800 1 790 1 750

2 900
3 100 3 190 3 250

2 700
2 800 2 790 2 750

Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

L ’agriculteur maximise son profit en répandant 300 en nitrate. L ’optimum social serait de ne répandre que 100.

C - Bilan social et bilan privé sont différents

Une externalité engendre un effet externe qui crée un écart, positif ou négatif, entre le coût/bénéfice marginal privé et le coût/bénéfice marginal social Mais, pour maximiser la satisfaction de la société, il faut produire des quantités telles que:

Bénéfice Marginal social= coût marginal social

C- Bilan social et bilan privé sont différents

C’est le cas de la pollution engendrée par la production d’un bien, par exemple, des rejets de produits chimiques dans une rivière. Du point de vue de la firme, les dommages causés à l’environnement du fait de son activité ont un coût qu’elle n’a aucune raison de supporter, puisqu’il n’existe pas de marché où la perte de valeur de l’environnement pourrait se mesurer. En revanche, du point de vue de la collectivité, la réparation des dommages causés entraîne des coûts qui diminueront le revenu disponible, donc l’utilité des agents concernés. Source: http://www.creg.ac-versailles.fr/spip.php?article145

C - Bilan social et bilan privé sont différents

L ’agriculteur ne tient pas compte des externalités que ces actions produisent.

L’équilibre n ’est plus socialement efficace (« market failures »)
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

A - Bilan social et bilan privé sont différents

Il faut donc être en mesure d’identifier correctement le coût/bénéfice marginal privé et le coût/bénéfice marginal social pour trouver la production optimale de la société coût marginal social = coût marginal privé + effet externe négatif

bénéfice marginal social = bénéfice marginal privé + effet externe positif

Partie 3- Quelles solutions pour lutter contre les défaillances du marché?

I - Les solutions proposées par les libéraux

1. Taxer les actions générant des externalités négatives (subventionner les actions générant des externalités positives) 2. Définir des droits de propriété

Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

Introduction

Internaliser une externalité : trouver un mécanisme afin que les gens prennent en compte les effets externes de leurs actions
• Dans le cas d’une externalité positive où Q marché < Q optimum, il faut trouver un mécanisme qui incitera à la production et à la consommation du bien générant une externalité positive • Dans le cas d’une externalité négative où Qmarché > Q optimum, il faut trouver un mécanisme qui réduira la production et la consommation du bien générant l’externalité négative

Introduction

1. Taxer les actions générant des externalités négatives (subventionner les actions générant des externalités positives) 2. Définir des droits de propriété

Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

A - Solution 1: taxer pour réduire l’effet des externalités
Taxons les nitrates à 300% Exemple : les nitrates (la taxe pourrait être utilisée pour des subsides directs aux agriculteurs).

Quantités de nitrates
0
1 2 3

Coût total
0
400 800 1 200

Valeur de la production
2 000
2 500 2 900 3 100

Bilan privé
2 000
2 100 2 100 1 900

Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt L’agriculteur choisit le niveau socialement efficace de nitrate

Intuition :
On a internalisé dans le prix du nitrate l’externalité marginale négative d’augmenter la consommation de nitrate de 1 à 2.

Coût marginal privé = Coût marginal social
Exemple : l ’éco-taxe (pile au mercure, essence,…)

Problème :
redistribution de richesse potentiellement indésirable
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

B - Solution 2 : définir les droits de propriété pour réduire d’effet des externalités
Donnons aux consommateurs les droits de propriété sur la nappe phréatique.
Source : cgollier.free.fr/S upCours/Extern/ Extern.ppt

Les consommateurs vont-ils permettre aux agriculteurs de polluer la nappe ?

Pourquoi pas ?

Si les agriculteurs acceptent de payer pour compenser le coût de la construction d ’une usine de traitement ?

1. Définir les droits de propriété pour réduire l’effet des externalités
 Combien les agriculteurs sont-ils prêts à payer pour la première unité de pollution ? Au plus 400.  Combien les consommateurs exigent-ils pour compenser cette pollution ? 300.  Un contrat entre agriculteurs et consommateurs est réalisable sur cette première unité de pollution.

 Pas de contrat possible (mutuellement profitable)

pour la seconde unité de nitrate.

Optimum social
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

1- Définir les droits de propriété pour réduire l’effet des externalités

On attribue un droit de propriété sur la ressource à un agent en particulier, souvent par un décret gouvernemental ou par jugement
• Lorsqu’il y a peu d’agent et que les coûts de transaction sont faibles, la négociation permettra d’atteindre l’optimum de production par versement de compensation (Théorème de Coase) • Dans ce cas, la distribution des revenus dépend de l’attribution initiale des droits de propriétés

2 - A qui les donner ?
Théorème de Coase (Nobel 1991): Quelle que soit l ’allocation des droits de propriété, on atteint l ’optimum social.

Si on donne les droits sur la nappe aux agriculteurs, les consommateurs vont accepter de payer les agriculteurs pour qu’ils réduisent leur utilisation de nitrate jusqu’à une seule unité.
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

Conclusion- le principe du pollueur-payeur
Ce principe du pollueur payeur est un principe qui fait écho à un slogan politique: « que les pollueurs soient les payeurs ». C'est un pur produit de l'économie néo-classique. On est en effet ici dans le cadre néoclassique des facteurs de production. Les ressources d'environnement (l'air, l'eau...) constituent un facteur de production exactement au même titre que les autres éléments entrant dans le processus de production. Le facteur de production environnement, plus précisément la dégradation de l'environnement doit être rémunéré au même titre que les autres facteurs. Pour que les coûts des biens et services produits reflètent la rareté relative des ressources d'environnement, il faut donc que le pollueur prenne en charge les coûts de ces ressources. C'est cette règle de bon sens économique qui se trouve à la base du principe du pollueur payeur. Le coût doit être dans les coût de production. Le pollueur doit internaliser les coûts de pollution. Avec cette internalisation il y a donc un « signal prix » qui est donné et le système économique peut réagir et s'adapter en conséquence. C'est l'OCDE qui a défini et recommandé depuis 1972 l'application du principe du pollueur payeur. « Ce principe signifie que le pollueur devrait se voir imputer les dépenses relatives aux mesures arrêtées par les pouvoirs publics pour que l'environnement soit dans un état acceptable. En d'autres termes, le coût de ces mesures devrait être répercuté dans le coût des biens et services qui sont à l'origine de la pollution du fait de leur production et/ou de leur consommation. » OCDE, "Le principe du Pollueur Payeur, Définition, analyse, mise en oeuvre". Questions: 1. Quelle conception de l’environnement est développée par les libéraux? 2. Expliquez le principe du pollueur-payeur. En quoi relève-t-il d’une logique libérale?

II – les limites des solutions libérales

A- Les limites de l’internalisation des effets externes
Le principe est logique. Il n'est pas forcément simple à mettre en oeuvre. Il faut tout d'abord identifier le pollueur qui devra supporter le coût de son méfait. La pollution des nappes phréatiques par le nitrate contenu dans les engrais est-elle due aux industriels de la chimie qui les fabriquent ou aux agriculteurs qui les utilisent? Il faut ensuite fixer le montant de la réparation. Certains dommages ne sont guère apparents immédiatement et ne se révèlent qu'à la longue. La déforestation n'entraîne de conséquences que longtemps après avoir eu lieu, et de façon pas toujours directe: est-elle responsable, par exemple, de l'importance de la crue de l'Ouvèze à Vaison-la-Romaine en 1992? En outre, faut-il faire payer seulement l'épuration, c'est-àdire les coûts des mesures de dépollution mises en oeuvre, ou bien la totalité du dommage, y compris sa partie " supportable " qui ne sera pas réparée? Choisir la deuxième solution, n'est-ce pas consacrer à la dépollution plus de capitaux que nécessaire et, finalement, renoncer à d'autres utilisations qui pourraient être socialement plus utiles? Le principe pollueur-payeur est enfin toujours une réparation: la prévention ne serait-elle pas plus astucieuse, d'autant que certains dommages ont des effets irréversibles? Les victimes de l'usine chimique de Bhopal, en Inde, ne ressusciteront pas, quelles que soient les indemnités - minimes au demeurant - versées par Union Carbide. Source:D.Clerc, Pollueur-Payeur : mode d'emploi, Alternatives Economiques Hors-série n° 017 - juillet 1993 Questions: 1. Quelles sont les difficultés pour mettre en pratique le principe du pollueur-payeur? 2. Est-ce une solution réellement efficace?

A- Les limites de l’internalisation des effets externes b. Le problème de la pollution diffuse (pollution atmosphérique)
  
un grand nombre de pollueurs un grand nombre d ’utilisateurs asymétrie de l’information

c. Le problème des générations futures
d. Problème redistributif
Source : cgollier.free.fr/SupCours/Extern/Extern.ppt

B- Les limites de la régulation par le marché
Cliquez ici jusqu’à une 2.13 pour regarder la bande annonce du documentaire « Water makes money » Questions: 1. Pourquoi les municipalités ont-elles abandonnée la gestion de l’eau à des opérateurs privés? 2. Que recherchent ces opérateurs privés? 3. Sur quel type de marché se trouvent-ils? 4. Quels vont être leurs actions pour atteindre leur objectif? 5. La main invisible d’A.Smith est-elle vérifiée? 6. La gestion privée de l’eau favorise-t-elle une utilisation rationnelle des ressources?

III– L’intervention de l’Etat est alors nécessaire
Par l'édiction de normes, l'Etat, représentant l'ensemble du corps social, impose aux acteurs sociaux de respecter certaines règles au nom de l'intérêt collectif. Niveau de bruit, niveau de concentration en polluants dans certains milieux (eau, air, sol), normes de rejets, normes de produit (teneur maximale, dégradabilité minimale…), les exemples ne manquent pas. Les normes sont d'autant plus efficaces qu'elles sont édictées après concertation internationale, ce qui élimine le risque de concurrence déloyale. Mais, là encore, la fixation d'une norme ne va pas de soi. Voici, par exemple, une papeterie qui rejette des particules polluantes dans la rivière. La norme doit-elle fixer " zéro rejet " ou un niveau de rejet compatible avec le biotope (permettant la vie aquatique de façon normale)? Une norme trop stricte va contraindre l'entreprise à des investissements très coûteux rapportés au coût du dommage. A l'inverse, une norme trop laxiste laissera à la charge du voisinage ou des générations futures un environnement dégradé. En d'autres termes, la fixation d'une norme doit faire l'objet d'une analyse coûts/avantages destinée à chiffrer ce que coûte le niveau de norme pour les entreprises (ou les particuliers) et ce qu'il rapporte pour la collectivité (moins de bruits, de rejets, de risques sanitaires…). La norme optimale est celle qui égalise les deux grandeurs, ce n'est pas celle qui supprime la pollution. .(…) En revanche, elle ne reflète pas ce qui est techniquement possible, mais ce qui est économiquement réaliste: si une partie des entreprises d'une même branche est trop éloignée de la norme souhaitable et que celle-ci leur pose des problèmes d'investissement insolubles, la norme est réduite d'autant, ce qui supprime l'incitation des plus avancés à progresser encore, puisqu'ils n'en tirent aucun avantage. Source:D.Clerc, Pollueur-Payeur : mode d'emploi, Alternatives Economiques Hors-série n° 017 - juillet 1993 Questions: 1. Pourquoi l’intervention de l’Etat est-elle utile? Est-elle suffisante pour réduire la pollution? 2. Comment doit-on fixer les normes?

III– L’intervention de l’Etat est alors nécessaire
A : Cliquez ici et regardez l’interview de D.Mitterrand de 38s à 57s B: L’Eau est indispensable à la vie : elle n’est pas fabriquée par l’Homme et n’est pas une marchandise. Elle ne saurait donc être vendue. Elle n’a pas de prix, pas plus que l’air que nous respirons. Ce qui a un coût, c’est le service de l’eau, l’adduction, la potabilisation, les réseaux. C’est ce coût qui doit être pris en charge. L’eau étant un bien collectif vital le coût de son service doit être assumé par la collectivité. Ce service étant le garant du droit à la vie reconnu par les déclarations universelles sur les droits humains, nul ne saurait en être privé pour des raisons d’insolvabilité. Il appartient aux collectivités d’assumer un service qui respecte, comme notre éducation « gratuite et obligatoire », un principe de solidarité et de justice redistributive. Il s’agit, on le voit, d’une gratuité « relative », car, en définitive, c’est bien la collectivité qui paie, c’est-à-dire l’ensemble de ses membres en fonction de leurs moyens. Source: C.Léga ,La gratuité de l’eau : Une hérésie ? Fondation France Libertés Questions: 1. L’eau a-t-elle un prix selon D.Mitterrand? Expliquez 2. Par qui doit être assuré la gestion de ce service? Pour quelles raisons? 3. Expliquez la phrase soulignée

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