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La démarche MERISE

1 - Le système d information des organisations

Télé Enseignement Cnam des Pays de Loire


Claude Belleil
Année 2005 - 2006
Une organisation sociale peut revêtir des formes différentes. Une entreprise
industrielle et/ou commerciale, une administration, une société d économie mixte, un
syndicat, une association loi 1901 sont des organisations sociales. Pour étudier les
structures et le fonctionnement de ces différentes organisations, il est nécessaire de définir
un modèle suffisamment général, pour rendre compte des particularités de chacune, et
suffisamment rigoureux et précis pour constituer un outil de travail efficace.

1. Notion de système
1.1. L entreprise élément du système économique

Une organisation évolue au sein d un environnement qui interfère sur son


fonctionnement interne et en fonction duquel, elle est amenée à prendre des décisions :

stratégiques
commerciales
financières ...

Ce ensemble, organisation + environnement constitue un Méta-système.

B ie n s e t S e r v ic e s

R è g le m e n ts d e b ie n s e t s e r v ic e s

M énages R evenus
B ie n s e t S e rv ic e s

E n tr e p r is e s
R e tr a its
P r ê ts
R è g le m e n ts

D é p o ts e t p la c e m e n ts

In s t it u tio n s R e tra its , P rê ts


F in a n c iè r e s

D é p ô ts D é p ô ts p u b lic s
P la c e m e n ts R e tr a its , fin a n c e m e n t d e d é fic it
Im p ô ts
C o tis a tio n s
S a la ir e s e t p r e s ta tio n s s o c ia le s
A d m in is tr a tio n s
S u b v e n tio n s
Im p ô ts e t c o tis a tio n s s o c ia le s

Figure 1: L entreprise, élément du circuit économique

1.2. L entreprise et son environnement économique immédiat

Les relations :

les fournisseurs
les sous-traitants
l état (+ organismes para-étatiques)

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les clients
les intermédiaires financiers

Liens représentés par les flux externes :

Biens
Services
Moyens financiers
Informations

Fournisseurs Banques

Règlements Composants,
Matières Services
Sous-traitants Règlements, Administration
premières, Frais
Prestations
de service
Règlements
Règlements

Constructeur
Automobile
Produits semi-finis Services
Produits
Produits finis:
finis Règlements Automobiles Règlements
Pièces
détachées

Règlements
Clients Concessionnaires

Produits
finis
Figure 2: L'entreprise et son environnement économique immédiat

1.3. L entreprise et son organisation interne

Une grande entreprise est structurée en départements. Le découpage peut être :

fonctionnel
hiérarchique
géographique ...

Les Domaines de Gestion se superposent à cette organisation :

Gestion financière
Gestion comptable
Gestion commerciale
Gestion des approvisionnements
Gestion de la production

De plus, chaque département peut être découpé en services. Tous ces éléments
échangent entre eux des flux : d informations, monétaires, de biens, de services

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 3


D irection
G én érale

C om m ercial Finance A pprovisionnem ent Production


com ptabilité

M arketing C om ptabilité Fournisseurs


générale Français

G estion Fournisseurs
C oncession CEE
prévisionnelle

C lients Sous-traitants
directs

Pièces
détachées

Figure 3: L'entreprise et son organisation interne

Matières premières
Matières premières
Production
Approvisionnement
Bordeaux
Documentation de liaison interne
Bons de livraison

Bon de livraison annoté

Téléchargement des fichiers


Courriers
divers avec le cabinet comptable
Factures fournisseur
Comptabilité
Administration
Fournisseur

Factures
Certification des
fournisseur Chèques
comptes par
le cabinet de l expert
comptable

Figure 4: Les quatre catégories de flux

1.4. Définition d un système

Il existe plusieurs définitions de la notion de système. En voici quelques-unes


provenant de disciplines très différentes :

H. Habrias
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 4
dans « Le modèle relationnel binaire - Eyrolles 1988 » présente le concept en
citant Ferdinand Saussure, père de la linguistique moderne qui indique qu un
système

« est une totalité organisée, faite d éléments solidaires ne pouvant être définis
que les uns par rapport aux autres, en fonction de leur place dans cette totalité » .

Plus loin, il précise le concept en rappelant la définition de l Encyclopédie Universalis


qui met en évidence la notion de décomposition récursive jusqu à des éléments
élémentaires :

« Un système est un objet complexe, formé de composants distincts, reliés


entre eux par un certain nombre de relations. Les composants sont considérés
comme des sous-systèmes, ce qui signifie qu ils entrent dans la même catégorie
d entités que les ensembles auxquels ils appartiennent. Un sous système peut être
décomposé à son tour en sous systèmes d ordre inférieur ou être traité (au moins
provisoirement) comme un système indécomposable, c est à dire un ensemble réduit
à un seul élément. L idée essentielle est qu un système possède un degré de
complexité plus grand que ses parties, autrement dit qu il possède des propriétés
irréductibles à celles de ses composants. »

J. de Rosnay dans le Macroscope - Le Seuil en donne la définition suivante :

« Un système est un ensemble d éléments en interaction dynamique, organisé


en fonction d un but »

Appliquée aux organisations sociales :

les éléments sont constitués par l ensemble des moyens humains et matériels
les organisations forment un système ouvert, c est à dire en relation avec leur
environnement.
Les organisations sont des systèmes évolutifs animés d une dynamique.
d une façon générale, la prise en compte de l écoulement du temps est indispensable
à la compréhension du fonctionnement d un système.

2. L organisation en tant que système


Comme nous l avons vu au niveau des définitions, la notion de système peut être
empruntée à des domaines très différents. Pour ce qui nous intéresse dans le cadre de ce
cours de processus d informatisation, nous nous intéresserons au système « entreprise ».

2.1. Fonctionnement d un système : la démarche Boulding

C est l étude de son fonctionnement qui permet le mieux d appréhender un système.


Pour cela il est indispensable de mettre en évidence deux notions essentielles :

1. la structure du système « entreprise » au travers de ses trois niveaux :

décision
information

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 5


opératoire

2. les différents flux qui traversent ces trois niveaux ainsi que l environnement
immédiat.

La démarche de K Boulding (General systems theory, the skeleton of science,


Management Science 1956) met en évidence l existence des flux dans les interactions à
l intérieur d un système et entre celui-ci et son environnement. Il a établit 9 niveaux que l on
peut décrire de la façon suivante :

1 - On choisit à l intérieur de l organisation un objet réputé « passif ». Il peut s agir


d une pièce détachée dans une entreprise industrielle ou d un produit quelconque dans une
entreprise commerciale.

2 - L objet va être considéré comme étant « actif ». C est à dire que l on va recenser ce
que sa simple existence dans l organisation a déjà provoqué comme flux d informations, de
moyens de paiement, de services, d autres biens ... Avant d être présent dans l entreprise, il
a fait l objet d une fabrication ou d une commande chez un grossiste. Pour ces actions, des
documents ont été établis (bons de commande, de fabrication, de contrôle etc...).

3 - Si la pièce ou le produit font l objet d une commande client, on doit alors faire
intervenir des phénomènes régulateurs qui sont déclenchés par cette action : planning de
travail des personnels, planning de fabrication des ateliers etc...

4 - On doit prendre en compte certaines informations directement liées à l objet : le


niveau du stock est-il suffisant pour honorer cette commande, le client est-il présent dans
les fichiers de l entreprise ? Dans l affirmative, le solde du compte client dépasse-t-il la limite
fixée par la direction financière ?

5 - À ce stade, toutes les actions considérées autour de ces objets mettent en


évidence la nécessité de devoir prendre certaines décisions. La commande sera-t-elle
honorée ?

6 - Pour prendre ces décisions, on doit disposer d un certains nombre d informations


qui constituent la mémoire de l organisation: le client est-il un « client douteux », le compte
de ce client a-t-il enregistré dans le passé des incidents de paiement ? On voit ici, la
nécessité de disposer à la fois d informations présentes et passées. L objectif poursuivi est
double et parfois contradictoire : il faut satisfaire le client sans pour autant mettre en
difficulté l organisation dans sa gestion.

7 - À ce stade, on est en mesure de mettre en évidence :

a/ l existence de trois niveaux dans l organisation : le niveau de la décision, le niveau


de l information, le niveau opératoire (fabrication ou vente).

b/ leurs interactions

c/ la position centrale du système d information vis à vis des deux autres

8 - On met en évidence à la fois la complexité du système et l autonomie des décisions

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 6


9 - Le système de décision doit avoir la capacité de mettre en place des projets. Par
exemple, l objectif de la gestion des approvisionnements sera de tendre vers le stock zéro,
l entreprise fonctionnant selon le principe des flux tendus.

La vie d une organisation est marquée par des événements qui n ont pas le même
degré d importance vis à vis des objectifs qui ont été fixés. Ces événement déclenchent des
processus qui supposent que :

une grande quantité d informations circule à l intérieur de l organisation et dans son


environnement extérieur.
des décisions doivent être prises
des tâches doivent être effectuées.

2.2. Notion de flux : les différents niveaux d'abstraction

Les flux expriment des interactions dans le système. Un flux est un échange de biens,
d argent, d informations, de services entre une personne morale ou physique émettrice et
une autre réceptrice. Tout ce qui peut produire un flux est nommé acteur. Les flux peuvent
être représentés par des diagrammes de circulation.

2.2.1. Le Modèle de Contexte

Le modèle de contexte est le modèle conceptuel de communication de niveau 0.


C est celui qui permet de mettre en évidence le domaine de l étude; les flux d'information
sont ceux échangés avec les domaines connexes et les acteurs externes. C est le modèle
de flux de niveau 0.

Gestion
comptabilité
informations ventes

informations rémunération
commande GESTION DES
VENTES informations personnel Gestion du
personnel
facture

Client informations sur stocks


règlement
bon livraison

infos livraisons en cours

Gestion des stocks

Figure 5 Un exemple de modèle de contexte « Gestion des Ventes1 »

1
Exemple emprunté à Jean Nardot, CERTA de DIJON
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 7
2.2.2. Notion de Flux de Données

Dans un diagramme de flux de niveau 1, un flux de données est utilisé pour


représenter sous forme graphique :
un échange d informations entre deux composants du système
un échange d informations entre un composant du système et un ou plusieurs
éléments du système extérieur.

GESTION DES VENTES


informations sur stocks
bon livraison Gestion des
Gestion des stocks
infos livraisons en cours
Commandes

commande
bon livraison 2 commande 2

Client facture
informations vente Gestion
règlement Gestion des informations visite
comptabilité
Factures

informations ventes 2

Gestion Gestion du
Force de informations rémunération personnel
vente
informations personnel

Figure 6 : Un exemple de diagramme de flux2 de niveau 1

Gestion des
Commandes

GESTION DES FACTURES bon livraison 2


Commande 2

facture Gestion
facture 2
Client Facturation
Gestion
comptabilité

facture 3
règlement
informations règlements

Suivi des
Règlements

informations vente 2

Gestion
Force de
vente

Figure 7 : Un diagramme de flux3 de niveau 2

Les modèles conceptuels de communication de niveau 1 à n sont appelés modèles

2
Jean Nardot, CERTA de DIJON
3
Idem
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 8
de flux conceptuels (MFC) ou diagrammes de flux de données (DFD). Les flux
d'information sont :

les flux échangés par les activités du domaine de l étude avec les domaines
connexes, les acteurs externes
les flux échangés entre les activités du domaine de l étude.

2.2.2.1. Décomposition d'activités

Le passage d'un modèle de niveau i à un modèle de niveau i+1 est effectué par
décomposition d'activités du niveau i. Un modèle de communication de niveau i+1 résulte
ainsi d'un « zoom » effectué sur une activité du modèle de niveau i.

2.2.2.2. Décomposition de flux

La décomposition d'une activité peut entraîner la décomposition d'un flux agrégat. Par
exemple, le flux de données « Informations relatives aux ventes » (DFD de niveau 1) est
décomposé en flux « Facture 2 » et « Informations relatives aux règlements » (DFD de
niveau 2)4.

2.3. Les trois systèmes de l organisation

L analyse des flux permet de mettre en évidence les trois niveaux du système d une
organisation : le système de décision, le système d information et le système
opératoire.

2.3.1. Le système opératoire

Il concerne toutes les activités l entreprise relatives à l exécution des tâches qui
concourent à la réalisation des objectifs fixés par le système de décision. Par exemple, un
tel système transforme un flux physique d entrée (matière première, produits semi-finis, flux
financiers, demande de services...) en flux physique de sortie (produits finis, flux financiers,
réalisation de services...)

2.3.2. Le système de décision

Il concerne toutes les opérations de gestion. On y retrouve des décisions stratégiques


(moyen et long terme) : accroître des parts de marché, modifier une gamme de fabrication,
ainsi que des décisions tactiques (court terme) : modification du fonctionnement d un
service, mise en place d une campagne de prospection de clientèle.

4
Jean Nardot, CERTA de DIJON
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 9
Le système de l entreprise

Système
de pilotage
(décisions)

Environnement Système d inform ation

Biens et services

Système opératoire
Informations

Figure 8: Les trois systèmes d'une organisation

2.3.3. Le système d information

Il permet aux deux autres systèmes de fonctionner et à l entreprise d atteindre ses


objectifs. Il comprend :

1 - l ensemble des informations de l entreprise

utiles ou non
structurées ou non
formelles et informelles

2 - l ensemble des procédures formalisées ou non permettant de les utiliser.

Il met en relation :

l ensemble des personnes


l ensembles des moyens permettant de traiter ces informations.

Ses objectifs sont :

mettre à la disposition du système de pilotage, toutes les informations lui permettant


de prendre ses décisions (.... et seulement celles là !)
permettre la transmission et la circulation de ces informations au système opératoire
et à l environnement de l entreprise.

3. Le système d information de gestion


Il permet de favoriser la prise de décisions et la mise en uvre de celles-ci. Voici
quelques définitions :

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


Ordre des experts comptables :

« Le système d information de gestion est défini :


par rapport à l information et aux supports qui la véhiculent : ensemble
d informations circulant dans l entreprise et ensemble des moyens et
procédures de recherche, de saisie, de mémorisation de traitement des
informations
en fonction de l objectif principal qui lui est fixé : restituer l information à la
personne concernée, sous sa forme appropriée et en temps opportun, pour
prendre une décision ou pour effectuer un travail. »

« Système d information de gestion » de David et Olson :

« Un système utilisateur-machine intégré qui produit de l information pour


assister les êtres humains dans les fonctions d exécution, de gestion et de prise de
décision. Le système utilise des équipements informatiques et des logiciels, des
bases de données, des procédures manuelles, des modèles pour l analyse, la
planification, le contrôle et la prise de décision »

« Les systèmes d information, analyse et conception » GALACSI :

« Ensemble des moyens humains et matériels et des méthodes se rapportant au


traitement des différentes formes d information rencontrées dans les organisations »

3.1. Notion d information

Sans doute, avant de décrire les diverses fonctionnalités d un système d information


est-il nécessaire de s interroger sur la notion « d information ». Le Petit Larousse illustré en
donne la définition suivante :
« Elément de connaissance susceptible d être codé pour être conservé, traité
ou communiqué »

Connaissance, donnée, signe, information, code .... quels rapports entre ces différents
termes ? Essayons de clarifier ces différentes notions au travers d un exemple :

Redskins-49ers 23-19

Que peut représenter cette formule pour un lecteur français ? C est une suite de
signes alphanumériques à laquelle on ne peut « raccrocher » aucune sémantique. A partir
de quel moment ces signes vont-ils devenir des données ? Il faut pour cela disposer d un
système de décodage.

Le code employé est celui des résultats des équipes de football américain. Associée à
son code, l expression devient : « l équipe des Redskins de Washington a battu par 23 à 19
l équipe des 49ers de San Francisco.» Ainsi, un ensemble de signes associé à un système
de décodage produit des données. On peut donc écrire :

Donnée = Signe + Code

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


S agit-il pour autant d une information ? Une donnée ne constitue une information que
dans la mesure où elle a un impact sur la personne qui la reçoit. Pour la grande majorité des
français, l expression gardera son statut de donnée. En revanche, pour le citoyen américain
qui a participé aux paris organisés autour du championnat de football, l expression constitue
une information. Le fait d avoir participé à un pari l a impliqué au niveau de la lecture des
résultats qui risque de se traduire pour lui par un gain ou une perte. Il dispose donc d un
modèle d interprétation des données. On peut donc écrire :

Information = donnée + modèle d interprétation

L information est donc un réducteur d incertitude. En cela la notion d information est


indissociable des moyens qu il faut mettre en uvre pour son acquisition et des bénéfices
que l on pourra en tirer.

Aucune des définitions du paragraphe 1.3 n est réellement satisfaisante. Sans doute
celle qui appréhende le mieux le caractère spécifique du concept d information est celle qui
est issue du milieu du marketing :

« Information : Tout ce qui est susceptible de diminuer le risque d incertitude »

3.2. Structure du système d information de gestion

Le système d information de gestion constitue la mémoire de l organisation. Il


comporte des aspects statiques :
prise en compte et enregistrement de faits de l environnement dans un ensemble
mémorisé qui constitue une base d information.
enregistrement des structures de données, des règles et contraintes de l univers
extérieur de façon structurée dans un ensemble mémorisé.

Et également des aspects dynamiques :

mise à jour de données


évolutions ou changements des structures, des règles et des modèles en adaptation
aux événements de l environnement

3.2.1. Structure globale du système

Le système est généralement organisé à partir de quatre ensembles :


les domaines
les données
les modèles de traitement
les règles de gestion

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Gestion Gestion du Gestion de Gestion
commerciale personnel la production administrative

Stratégique

Tactique

Opérationnel
Modèles Règles
de de
Gestion Gestion

Transactionnel

DOMAINES

DONNEES
Spécifiques
Communes

Figure 9: Structure du système d'information

3.2.2. Les domaines de gestion

Ils correspondent à des activités homogènes (administratif, comptable, production ...).


Ils prennent en compte des niveaux hiérarchiques :

1 - transactionnel composé d opérations élémentaires


2 - opérationnel (opérations courantes)
3 - tactique qui concerne les activités de contrôle par rapport aux objectifs de l entreprise.
4 - stratégique (décisions à long terme)

Les domaines sont en relation les uns avec les autres.

3.2.3. Les données

Elles constituent la matière première du système d information de gestion. Elles


doivent être considérées comme une ressource gérée par l entreprise au même titre que
l argent, les matières premières, les équipements ou les services. Elles peuvent avoir des
formes différentes (orales, écrites - structurées ou naturelles) et circuler sur des supports
très différents.

3.2.4. Les modèles

Ils regroupent l ensemble des procédures propres aux différents domaines :


plan comptable
processus de fabrication
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1
mode opératoire d une machine
...

3.2.5. Les règles de gestion

Elles permettent d utiliser, de transformer, de traiter les données en fonction des


objectifs qui ont été assignés au système :
réduction accordée à certains clients
date de commande de certaines pièces détachées
seuil de renouvellement d un stock de produit

3.3. Les sous systèmes d information

Si l on se réfère à la notion de « domaines », le système d information de gestion peut


être décomposé en sous-systèmes.
Un domaine de gestion est un sous-système qui possède un système opérant, un
système d information, un système de décision.

Domaine de
Gestion des approvisionnements

Système

e Pilotage

Système
d information

Système
Opérant

Figure 10: Le sous-système gestion des approvisionnements

Il regroupe un ensemble d activités ayant le même objectif global ou la même finalité.


Le découpage en domaines de gestion doit respecter certaines règles pour être cohérent.

représenter une activité ayant une finalité propre


ne pas reprendre le découpage fonctionnel qui reflète un état de l organisation à un
moment donné.
résulter d une analyse des flux internes et des flux en relation avec l environnement.

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


Remarque : un domaine doit être défini de manière à n échanger qu un minimum
d informations avec les autres domaines.

3.3.1. Décomposition des sous systèmes

Un domaine peut se décomposer en projets et chacun d entre eux en applications.


Par exemple, le domaine de la comptabilité peut se décomposé en :

comptabilité générale
comptabilité fournisseurs
comptabilité clients
contrôle de gestion

qui sont des projets. Le coût de revient d une commande client sera une application
du projet contrôle de gestion.

3.3.2. Système d information et utilisateurs

La perception du système d information de gestion n est pas la même selon


l utilisateur. Elle dépend :

de la fonction occupée
de la position hiérarchique
de l expérience professionnelle
du vécu personnel
des convictions politiques, syndicales,....

3.4. Données et informations, notion d information structurée

Les données constituent la matière première du système d information de gestion.


Elles peuvent être présentes sous toutes les formes (orale, texte, dessin, signe, ...) et sur
tout type de supports (papier, support magnétique, support numérique, dialogue directe,
téléphonique, télécopie, vidéo ....). Elles peuvent concerner certaines personnes ou
certaines entités de l organisation à des moments particuliers et pour des raisons
particulières. Dans ce cas, elles constituent des informations.
On établit une distinction entre informations naturelles et informations structurées.
L information naturelle est produite ou appréhendée par l homme avec ses seuls moyens
d expression naturelle.
L information structurée permet de représenter l information naturelle de façon plus
rigoureuse. Elle est obtenue par extraction à partir de l information naturelle. L intérêt de
cette extraction est triple :

1. augmentation de la lisibilité par élimination des informations parasites


2. concision permettant de diminuer le temps de communication, fiabilité et réduction
des volumes de stockage
3. possibilité d appliquer des traitements algorithmiques permettant d obtenir de
nouvelles données.

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


Données en entrée Données en sortie
Traitements

Figure 11: Traitement de données structurées

3.5. Rôle du système d information

On attribue généralement quatre rôles au système d information de gestion :

1 - Produire des informations légales ou quasi-légales réclamées par l environnement


socio-économique (factures, bulletins de salaire, ...)

2 - Déclencher des décisions programmées (réapprovisionnement des stocks, relance


client, ...)

3 - Aider à la prise de décisions non programmées en fournissant aux décideurs un


ensemble d informations brutes ou modélisées.

4 - Assurer la coordination des tâches en permettant les communications entre les


individus du système opérationnel.

En manière de conclusion, quelques indications utiles sur les SIG5

1 - L'organisation ne souffre pas d'un manque d'informations utiles mais d'une


surabondance d'informations souvent inutiles. Un Système d'Information ne doit pas
être conçu pour capter toute l'information mais pour filtrer efficacement les
informations utiles.

2 - L'utilisateur connaît les informations dont il a besoin. Un Système


d'Information doit donc l'aider à les mettre en évidence et veiller à ce qu'il n'y ait pas
de redondances.

3 - L'utilisateur du Système d'Information améliore sa prise de décision s'il


dispose de l'information dont il a besoin au bon moment.

4 - La fluidité de l'information et son accessibilité contribuent à améliorer la


gestion de l'organisation. L'information doit être accessible à tous ceux qui en ont
besoin.

5 - L'utilisateur n'a pas à connaître le fonctionnement du système. Le concepteur


d'un Système d'Information doit veiller à ce que son utilisation soit conviviale. Pour
cela, la construction d'un Système d'Information doit s'appuyer sur :

une méthode de conception des SI


une méthode d'analyse des données et des traitements.

3.6. Fonctions du système d information

5
Système d Information de Gestion.
Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1
Pour assurer son rôle de couplage entre système opérant et système de pilotage, il
doit disposer d un certain nombre de fonctions dont les quatre principales sont :

1 - saisie (dans le sens de capture de l information)


2 - mémorisation
3 - traitement
4 - communication

3.6.1. Saisie

Une donnée n existe pour le SIG que lorsqu elle a été saisie, lorsqu elle est présente
dans le système. Mais une autre question se pose au moment où le système va s approprier
une donnée : la codification. Comment transformer un événement en signe ?
Les données devront posséder trois propriétés :

1 - Fiabilité - Elle est véridique ou sujette à caution


2 - Validité - Est-elle altérée par une erreur ?
3 - Pertinence - Par exemple en terme de moment par rapport à l usage que l on veut
en faire.

3.6.2. Mémorisation

Pour qu une donnée saisie prennent une existence dans le système d information, elle
doit être mémorisée dans un endroit qui permettra de la retrouver et donc de l exploiter.
Pour que l accès soit efficace et pertinent, la mémorisation suppose qu il y ait eu un effort de
modélisation et de structuration..

3.6.3. Traitement

La fonction de traitement que le système d information doit permettre :

1 - D accéder aux données. Ceci doit pouvoir se faire de façon sélective, d où


l importance de la structure des bases de données et des langages de requêtes.

2 - de les mettre en forme. Problème de l utilisation des données collectées dans des
formats différents avec des outils différents

3 - D effectuer des traitements. C est à dire de créer des informations avec une valeur
ajoutée par rapport aux données collectées permettant : décisions, planification, contrôle,
communication...

3.6.4. Communication

Il s agit d assurer, après les phases précédentes, les transferts d information vers le
système opérant ou vers le système de pilotage, et également entre l intérieur et l extérieur
de l organisation.

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


Index du texte :
1. NOTION DE SYSTEME 2
1.1 L ENTREPRISE ELEMENT DU SYSTEME ECONOMIQUE 2
1.2 L ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE IMMEDIAT 2
1.3 L ENTREPRISE ET SON ORGANISATION INTERNE 3
1.4 DEFINITION D UN SYSTEME 4
2. L ORGANISATION EN TANT QUE SYSTEME 5
2.1 FONCTIONNEMENT D UN SYSTEME : LA DEMARCHE BOULDING 5
2.2 NOTION DE FLUX : LES DIFFERENTS NIVEAUX D'ABSTRACTION 7
2.2.1 Le Modèle de Contexte 7
2.2.2 Notion de Flux de Données 8
2.3 LES TROIS SYSTEMES DE L ORGANISATION 9
2.3.1 Le système opératoire 9
2.3.2 Le système de décision 9
2.3.3 Le système d information 10
3. LE SYSTEME D INFORMATION DE GESTION 10
3.1 NOTION D INFORMATION 11
3.2 STRUCTURE DU SYSTEME D INFORMATION DE GESTION 12
3.2.1 Structure globale du système 12
3.2.2 Les domaines de gestion 13
3.2.3 Les données 13
3.2.4 Les modèles 13
3.2.5 Les règles de gestion 14
3.3 LES SOUS SYSTEMES D INFORMATION 14
3.3.1 Décomposition des sous systèmes 15
3.3.2 Système d information et utilisateurs 15
3.4 DONNEES ET INFORMATIONS, NOTION D INFORMATION STRUCTUREE 15
3.5 ROLE DU SYSTEME D INFORMATION 16
3.6 FONCTIONS DU SYSTEME D INFORMATION 16
3.6.1 Saisie 17
3.6.2 Mémorisation 17
3.6.3 Traitement 17
3.6.4 Communication 17

Index des figures :

FIGURE 1: L ENTREPRISE, ELEMENT DU CIRCUIT ECONOMIQUE 2


FIGURE 2: L'ENTREPRISE ET SON ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE IMMEDIAT 3
FIGURE 3: L'ENTREPRISE ET SON ORGANISATION INTERNE 4
FIGURE 4: LES QUATRE CATEGORIES DE FLUX 4
FIGURE 5 UN EXEMPLE DE MODELE DE CONTEXTE « GESTION DES VENTES » 7
FIGURE 6 : UN EXEMPLE DE DIAGRAMME DE FLUX DE NIVEAU 1 8
FIGURE 7 : UN DIAGRAMME DE FLUX DE NIVEAU 2 8
FIGURE 8: LES TROIS SYSTEMES D'UNE ORGANISATION 10
FIGURE 9: STRUCTURE DU SYSTEME D'INFORMATION 13
FIGURE 10: LE SOUS-SYSTEME GESTION DES APPROVISIONNEMENTS 14
FIGURE 11: TRAITEMENT DE DONNEES STRUCTUREES 16

Merise Le Système d Information des Organisations Claude Belleil 1


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La démarche MERISE
2 - La démarche de l analyse informatique

Télé Enseignement Cnam des Pays de Loire


Claude Belleil
Année 2005 - 2006

Merise La Démarche de l Analyse Informatique Claude Belleil 1


La démarche de l analyse informatique : MERISE
Merise est née en 1978 - 1979 à la suite d une consultation lancée par le
Ministère de l industrie. Cette naissance est liée :

- à l inadéquation des méthodes de l époque aux traitements conversationnels


faisant suite à la révolution technologique des années 70.

- aux nombreux travaux sur :


- les bases de données :
- rapport ANSI/SPARC de 1975 préconisant pour la construction des
bases de données, une approche en 3 niveaux :
conceptuel
externe
interne
- les formalismes de description des données :
le modèle « Entity-Relationship1 » de Chen
le modèle relationnel de Codd
- l approche système

Plus qu une méthode, MERISE est avant tout un état d esprit, une démarche
pratique. MERISE évoque la greffe réussie des méthodes informatiques sur
l organisation comme celle de la branche d un cerisier sur un merisier.

1. Les principes généraux


La vocation de MERISE est double :

présenter une méthode de conception de système d information


proposer une démarche méthodologique de développement d un système
d information.

En tant que méthode de conception, les atouts de Merise sont :

une approche globale du système d information menée parallèlement sur les


données et les traitements.
une description du système par niveaux :

conception
logique
physique

une description du SI2 utilisant un formalisme précis, simple et rigoureux pour la


description des données, normalisée par l ISO (International Standard
Organisation) sous le nom de « Modèle Entité-Association »
une description au niveau conceptuel fondée sur les invariants du SI permettant

1
Modèle Entité-Association
2
Système d information
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la construction d un nouveau SI de façon indépendante de l organisation et des
choix techniques.
une représentation visuelle des modèles conceptuels qui permet un dialogue
constructif entre partenaires collaborant à la conception du nouveau SI.

En tant que méthode de développement de système d information les points forts


sont :

découpage du processus de développement en quatre étapes :

1. étude préalable
2. étude détaillée
3. réalisation
4. mise en uvre
ce découpage correspond au CYCLE DE VIE d un SI
une description détaillée de la structure de travail nécessaire à un
développement de SI

1. comité directeur
2. groupe projet
3. comité utilisateur

La composition et les missions de chaque groupe sont précisées dans le cadre


de la méthode.

2. Niveaux de description et modèles associés


MERISE distingue trois niveaux dans la description d un système d information. A
chaque niveau correspond un ensemble de modèles pour la représentation des
données et des traitements. L ensemble constitue le cycle d abstraction (2.3.2.3).

2.1. Le niveau conceptuel

Il s agit de décrire le QUOI sans tenir compte des contraintes techniques et


d organisation. Les modèles utilisés sont :

pour les données : le Modèle Conceptuel des Données (MCD)


pour les traitements : le Modèle Conceptuel des Traitements (MCT)

2.1.1. le MCD (Modèle Conceptuel des Données)

Il vise à représenter de façon statique les données de l organisation. Les


concepts manipulés sont les suivants :

Entité
Association
Propriétés
Cardinalités

2.1.2. le MCT (Modèle Conceptuel des Traitements)


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Son but est de représenter de façon dynamique les données manipulées par
l organisation. Les concepts manipulés sont les suivants :

Processus
Evénement
Opération
Synchronisation
Règle d émission
Tâche

2.2. Le niveau organisationnel ou logique

Les choix de l organisation sont pris en compte :

Répartition Homme/Machine
Fonctionnement Temps réel / Temps différé
Répartition géographique des données et des traitements

On répond à :

QUI : quelle personne effectue le travail ?


QUAND : à quel moment, selon quelle périodicité ?
OU : dans quel lieu, sur quel poste de travail ?

Analyse

MCD

MLD

MPD

Figure 1: L'enchainement des diffétents modèles

2.2.1. MLD (MOD) (Modèle Logique (Organisationnel) des Données)

C est une VUE que l utilisateur a des données, au travers d une procédure. C est
un modèle Conceptuel des Données qui est construit dans l optique d un seul
traitement. Il s agit de mettre en cohérence MCD (statique) et MCT (dynamique). Le
formalisme utilisé et les concepts manipulés sont les mêmes que pour le MCD.
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En général, à ce stade on peut faire le choix d un des modèles suivants :

Le modèle réseau (Codasyl)


Le modèle relationnel
Les fichiers classiques

2.2.2. MOT

Il doit préciser l ensemble des concepts décrits dans le Modèle Conceptuel des
Traitements et décrire de quelle façon les procédures de traitement sont mises en
uvre au sein de l organisation.
Les concepts manipulés sont :

Procédure (ensemble de tâches exécutées par un même poste de travail)


Poste de travail

2.3. Le niveau physique

Les choix techniques sont définis et pris en compte. Il représente les moyens qui
sont mis en uvre. C est le niveau où l on décrit le COMMENT.

2.3.1. MPD (Modèle Physique des Données)

C est la traduction du Modèle Logique des Données en un modèle physique


particulier. Si le modèle logique choisi est le modèle relationnel, le modèle physique
sera constitué de la description des données à l aide d un langage spécialisé (DDL :
Data Definition Language) appartenant à l un des Systèmes de Gestion de Bases de
Données relationnelles suivants : ORACLE, DB2, INFORMIX, INGRES,...

2.3.2. MOpT

Il est constitué de la description de l architecture générale des programmes.

Modèles /Niveaux Données Traitements


Conceptuel MCD MCT
Organisationnel MLD MOT
Physique MPD MOpT

Figure 2: Tableau de synthèse des niveaux d'études

3. La conduite de projet
MERISE constitue une méthode de développement de projets informatiques. On
peut décomposer cette démarche en six étapes principales.

3.1. Les étapes d un processus d informatisation

Elles constituent le cycle de vie du système d information.

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3.1.1. Schéma directeur

Il permet de faire le point entre la stratégie de l entreprise et ses besoins en


matière de système d information. Il est constitué des étapes suivantes :

décomposition de l organisation en domaines (achat, production, service


commercial ...)
identification des activités
affectation des activités aux domaines
identification des besoins, recensement des difficultés actuelles

3.1.2. Etude préalable

Cette étape est constituée de trois phases principales :

3.1.2.1. Recueil

3.1.2.1.1. Le Recueil préliminaire

Il s agit de décrire et de faire approuver la mission générale attachée à la


commande de l étude. On part de l expression d un besoin à satisfaire et on doit aboutir
à la validation d un document de lancement du projet.
Le domaine d activité concerné doit faire l objet d une description sommaire. Il
s agit de délimiter le domaine. On précise les objectifs généraux de l entreprise en
précisant ceux qui ont été fixés au domaine qui est l objet de l étude. Le projet doit
donc être positionné vis à vis du système d information. On doit également définir les
modalités de déroulement en précisant :

la liste et le rôle des participants (structure de travail)


les contraintes de budget et de planning
les modalités d information de contrôle et de suivi du projet.

3.1.2.1.2. L étude de la situation actuelle

L objectif est de réaliser une évaluation en décrivant l état de la situation actuelle.


Des précisions sur l activité du domaine doivent être apportées en énumérant les
principaux produits ou services réalisés et en collectant les données caractéristiques
de l activité.
On procède également à une description sommaire de la structure hiérarchique
ainsi que de la structure fonctionnelle.
Les flux du domaine sont mis en évidence dans un diagramme des flux.

3.1.2.1.3. Synthèse et bilan de la situation actuelle

Il s agit de mettre en évidence les besoins d amélioration. Un rapport de synthèse


de l étude de l existant doit être produit et soumis aux utilisateurs pour approbation. Il
contient essentiellement une synthèse des services rendus, une analyse des
insuffisances de la situation actuelle et une présentation des besoins d amélioration.
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3.1.2.2. Conception globale de la solution

3.1.2.2.1. Choix des orientations

Le but est de délimiter les nouvelles orientations de la solution à concevoir sur


trois plans.
Au niveau de la gestion, on définit les nouvelles orientations en précisant les
activités qui sont maintenues sans changement, celles qui devront être aménagées en
modifiant certaines règles, les extensions qui sont nécessaires.
Sur le plan organisationnel on précise les activités qui seront centralisées ou
décentralisées, la répartition entre activité homme et activité machine ainsi que les type
des fonctionnements automatiques (temps réel ou temps différé).
Au niveau technique il faut définir les matériels, les logiciels, les communications.

3.1.2.2.2. Elaboration de la solution

La nouvelle solution est conçue globalement en élaborant les Modèles


Conceptuels de Données et de Traitements et en esquissant le Modèle
Organisationnel des Traitements.
La solution globale sera proposée pour discussion et approbation définitive par le
comité directeur.
Le nouveau diagramme des flux est construit en mettant en évidence les
modifications apportées par rapport à la situation antérieure.

Au niveau des données, le MCD qui a été réalisé au cours de l étude de l existant
est actualisé, un MLD est ébauché. On évalue également les volumes de données qui
seront traitées.
Au niveau des traitements, on élabore le MCT et le MOT pour validation.

3.1.2.3. Evaluation et plan de développement

3.1.2.3.1. Evaluation de la nouvelle solution

On fournit aux personnes chargées de prendre les décisions les éléments


d appréciation de la nouvelle solution.
Un bilan quantitatif et un bilan qualitatif sont réalisés. On met en évidence les
éventuels nouveaux services ainsi que les améliorations apportées sur le plan de la
qualité, de la fiabilité et de la rapidité.
Une évaluation des matériels et logiciels nécessaire est réalisée. Un bilan
économique de la nouvelle solution doit être présenté.

3.1.2.3.2. Plan de développement

Un plan de développement et un scénario de réalisation et de mise en uvre


sont proposés. Le projet est éventuellement découpé en sous-projets en prenant en
compte les contraintes générales de l environnement, les prévisions de ressources
humaines. Une rédaction du dossier de l étude préalable est réalisée.

3.1.3. Etude détaillée

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3.1.3.1. Conception générale

Le dossier de l étude préalable a été validé. Un rapport de conception générale


va permettre d aboutir à un accord sur la conception générale de la nouvelle solution.
Ensuite, la conception détaillée sera mise en uvre.
Au niveau des données et des traitements on procède à une description complète
(MCD, MCT, MLD, MOT).
L environnement de développement est défini au niveau du matériel et des
normes de développement.
On construit le dictionnaire des données. La mise en uvre fait l objet d une
étude préliminaire permettant de définir :

le plan de formation
la documentation
le plan de réception
les conditions de démarrage
le plan d initialisation des données

3.1.3.2. Conception détaillée

Chacune des phases est complètement décrite en spécifiant les données en


entrée, les traitements et les données en sortie. Un dossier de spécifications détaillées
est produit et doit faire l objet d une validation par les utilisateurs.

Concernant les phases « temps réel » :

description du dialogue homme-machine (écrans, enchaînements ..)


description des traitements réalisés : algorithmes, contrôles, règles d accès au
MLD
description des règles de sécurité ( reprise)

Concernant les phases « temps différé » :

description des tâches réalisées (lecture, contrôle, traitement, éditions..)


description des états de sortie
validation données/traitements

3.1.3.3. Plan de développement

Il s agit d évaluer la charge et d établir un planning de développement pour la


réalisation et la mise en uvre. Il est mis au point à partir du dossier des spécifications
détaillées.
Souvent, la charge est évaluée en déterminant le nombre de lignes de code
nécessaire à la programmation. Mais d autres critères interviennent dans cette
évaluation :

nombre d écrans
nombre d états de sortie
difficulté des algorithmes mis en uvre
nombre de fichiers mis à jour
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programmeur débutant/confirmé
connaissance du matériel et des outils de développement
...

3.1.4. Réalisation

3.1.4.1. Etude technique

A ce niveau, on doit prendre en compte l environnement de développement et


compléter la description de la solution avant la production du logiciel. A partir du
dossier des spécifications détaillées et des orientations techniques du développement,
on réalise une description détaillée du logiciel et du modèle physique des données.

Une description de l environnement technique doit permettre de préciser :

le type d ordinateur retenu et son système d exploitation


le choix du système de gestion des données
les outils de développement (langage, atelier de génie logiciel,..)
plan de tests et jeux d essais

Une description de l architecture du logiciel

structure des procédures


découpage en unités de traitement
phases temps réel unités de traitement

Une description du modèle physique des données

intégration au MPD des choix techniques retenus pour la gestion de la base de


données
description des procédures de sécurité et de reprise
répartition physique des données sur les sites

3.1.4.2. Production du logiciel

Cette phase qui aboutit au logiciel testé et prêt à l utilisation est constituée de
quatre étapes :

production du logiciel
tests unitaires correspondant à l unité de traitement
tests d intégration dans l ensemble du logiciel
Eventuelle optimisation du MPD

3.1.5. Mise en uvre

3.1.5.1. Mise en place des moyens

Elle a pour but la réception provisoire par les utilisateurs et comprend :

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la mise en place des moyens techniques
la mise en place des moyens humains
la mise en place des fichiers et de la documentation

3.1.5.2. Réception et lancement

C est la phase qui se termine par le démarrage progressif de l application. Elle


comprend en général les phases suivantes :

livraison des logiciels


exécution des jeux d essais par les utilisateurs
appréciation sur la conformité des résultats par rapport à l étude détaillée
lancement du nouveau système
fonctionnement en vraie grandeur
réception définitive

3.1.6. Maintenance

Il s agit de faire vivre et évoluer les applications en fonction des besoins nouveaux
qui apparaissent.

3.2. Les cycles d un projet

Un projet peut être appréhendé au travers de 3 cycles :

le cycle de vie
le cycle de décision
le cycle d abstraction

3.2.1. Cycle de vie

Il représente l évolution d un système d information depuis sa création et son


développement jusqu'à sa remise en cause. ( 2.3.1)

3.2.2. Cycle de décision

Il représente l ensemble des décisions et des choix à effectuer lors du


développement du système d information. Il se concrétise par l évolution des
documents produits pendant les six étapes du cycle de vie. Il est délimité par des
impératifs de délais : les objectifs et les engagements sont réalisés en fonction d un
calendrier.

3.2.3. Cycle d abstraction

Il représente les différents niveaux de conception du système d information. Ce


type d approche permet de bien différencier les types de préoccupations qui sont
différentes selon le niveau auquel on a affaire. MERISE propose un découpage en trois
niveaux.

3.2.3.1. Les trois niveaux d abstraction


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le niveau conceptuel

On définit le système d information et les règles de gestion indépendamment de


l organisation et des moyens à mettre en uvre.
Le niveau conceptuel représente les informations et leurs relations d'une part, les
utilisations qui en sont faites et les contraintes d'autre part. Ces définitions sont établies
en faisant abstraction de toute contrainte liée à l'organisation.
Au niveau des données, cette description fait appel au formalisme Entité-
Association. Au niveau des traitements, les entités vont être décrites par leurs
sollicitations ou par les réactions qu'elles déclenchent de la part du système
d'information, donc par les traitements dont elles sont les causes et les conséquences.
Ceci se fait à l aide d'événements, de synchronisation et d'opérations.

le niveau organisationnel (logique)

Alors qu'au niveau conceptuel on modélise la réalité perçue dans son ensemble,
le niveau organisationnel exprime cette même réalité telle qu'elle est vécue par les
différents acteurs. A ce niveau, aucune différence n'est faite entre les hommes et les
machines. On intègre à l'analyse les critères liés à l'organisation. Les règles
d organisation sont intégrées dans la description.

le niveau physique

C est le niveau de l intégration des contraintes techniques. C'est une


représentation des moyens qui vont effectivement être mis en uvre pour gérer les
données ou activer les traitements. Le niveau physique apporte des solutions
techniques.
- En ce qui concerne les données, il y a passage d'une classe de solutions à un
produit de cette classe. Concrètement, cela se traduira par l'utilisation d'un SGBDR.
On effectue des choix sur les méthodes de stockage et d'accès.
- En terme de traitements, le modèle opérationnel décrira l'architecture des
programmes qui vont activer les différentes tâches de l'ordinateur.

3.2.3.2. Les phases d une étude

Merise propose une démarche déductive connue sous le vocable de courbe du


soleil. La courbe du soleil consiste à construire le SI futur à partir de l observation des
éléments physiques du SI actuel.

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niveaux d abstraction

description conceptuelle description conceptuelle


du système actuel du nouveau système
conceptuel

description organisationelle description organisationnelle


du système actuel du nouveau système
logique

recueil de l existant description physique


du nouveau système
physique

Etat actuel Etat futur durée

Figure 3: La courbe du soleil

Les Principaux concepts MERISE


Niveaux Données Traitements

Conceptuel Modèle Conceptuel des Données Modèle Conceptuel des Traitements

Entité Opération
Association Processus
Propriété Evénement
Cardinalité Synchronisation
MCD MCT
Organisationnel Modèle Organisationnel des Données Modèle Organisationnel des Traitements
Modèle Modèle Modèle
Relationnel Codasyl Fichiers Procédures
Tables Record Fichiers Phases
Attributs Fields Rubriques Tâches
Formes
Normales Set
MLD MOT
Physique Modèle Physique des Données Modèle Physique des Traitements
Algèbre Langages Langages
Relationnelle Spécifiques Procéduraux Applications
SQL Unité de traitement
QBE Transaction (temps réel)
Traitement
par lots
Indépendance Indépendance Dépendance (temps
totale partielle totale différé)
MPD MPT

Figure 4: Les concepts Merise


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Réel Perçu

Abstraction

Conceptuel MCD MCT

validation

Prise en compte de l organisation

Organisationnel MLD MOT

Interaction - validation

Prise en compte des choix techniques

Physique
MPD MPT

Interaction forte

Exploitation

DONNEES Interaction totale TRAITEMENTS

Figure 5: Les interactions Données / Traitements

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Index du texte :

LA DEMARCHE DE L ANALYSE INFORMATIQUE : MERISE .............................................2

1. LES PRINCIPES GENERAUX .......................................................................................................2

2. NIVEAUX DE DESCRIPTION ET MODELES ASSOCIES......................................................3


2.1 LE NIVEAU CONCEPTUEL ................................................................................................................3
2.1.1 le MCD (Modèle Conceptuel des Données) .........................................................................3
2.1.2 le MCT (Modèle Conceptuel des Traitements).....................................................................4
2.2 LE NIVEAU ORGANISATIONNEL OU LOGIQUE ..................................................................................4
2.2.1 MLD (MOD) (Modèle Logique (Organisationnel) des Données) .......................................4
2.2.2 MOT.......................................................................................................................................5
2.3 LE NIVEAU PHYSIQUE .....................................................................................................................5
2.3.1 MPD (Modèle Physique des Données) .................................................................................5
2.3.2 MOpT.....................................................................................................................................5
3. LA CONDUITE DE PROJET..........................................................................................................5
3.1 LES ETAPES D UN PROCESSUS D INFORMATISATION ......................................................................6
3.1.1 Schéma directeur...................................................................................................................6
3.1.2 Etude préalable .....................................................................................................................6
3.1.3 Etude détaillée .......................................................................................................................8
3.1.4 Réalisation.............................................................................................................................9
3.1.5 Mise en uvre......................................................................................................................10
3.1.6 Maintenance ........................................................................................................................10
3.2 LES CYCLES D UN PROJET ............................................................................................................10
3.2.1 Cycle de vie..........................................................................................................................10
3.2.2 Cycle de décision.................................................................................................................10
3.2.3 Cycle d abstraction .............................................................................................................11

Index des figures

FIGURE 1: L'ENCHAINEMENT DES DIFFETENTS MODELES..............................................4

FIGURE 2: TABLEAU DE SYNTHESE DES NIVEAUX D'ETUDES .........................................5

FIGURE 3: LA COURBE DU SOLEIL............................................................................................12

FIGURE 4: LES CONCEPTS MERISE...........................................................................................13

FIGURE 5: LES INTERACTIONS DONNEES / TRAITEMENTS.............................................14

Merise La Démarche de l Analyse Informatique Claude Belleil 1


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La démarche MERISE
3 Le Modèle Conceptuel des Données (1)

Télé Enseignement Cnam des Pays de Loire


Claude Belleil
Année 2005 - 2006

1. Notion de modèle
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
2

La modélisation, c'est-à-dire l'élaboration d'un modèle, est (plus ou moins


explicitement) à la base de toute simulation. Elle a pour but de définir une
représentation, par exemple un système d'équations, dont on peut tirer les différentes
relations entre variables caractéristiques du processus étudié. Le modèle d'un
processus donné est rarement unique, sa constitution dépend des aspects que l'on
souhaite privilégier, ainsi que des hypothèses simplificatrices choisies. Il peut être
exprimé à l'aide de concepts différents (fonctions mathématiques, langage naturel,
langage formel) et admettre une représentation graphique.

1.1 Modéliser, c est simplifier pour communiquer

Le modèle est une représentation de la réalité, à travers un filtre. Celui-ci est


définit par l'analyste, qui le calibre pour ne laisser passer que ce qui lui semble
pertinent.

1.1.1 Le modèle, outil de représentation

Pour présenter les prévisions météorologiques à la télévision, les commentateurs


ne peuvent pas se contenter d afficher une photographie satellite. La photo est
assimilable à la réalité, telle qu elle est. Elle est trop précise et contient un volume et un
niveau de détails représentant une masse trop importante d informations. Il est donc
nécessaire de construire un modèle qui ne reprendra que les éléments qui intéressent
le public, c est à dire : les températures et le niveau d ensoleillement. Ces informations
sont représentées sous la forme de dessins représentant des nuages plus ou moins
volumineux pour indiquer le niveau de couverture nuageuse, accompagnés
éventuellement de dessins de gouttes de pluie indiquant d éventuelles précipitations.
Enfin de petits soleils symbolisent le « beau temps » et des valeurs numériques les
minima et maxima des températures prévues. C est un modèle !

Figure 1: La réalité perçue et sa modélisation

Un bon modèle doit permettre de faciliter la compréhension du système étudié,


car il en réduit la complexité. Il doit aussi permettre de le simuler, c'est à dire de
reproduire ses comportements. Par exemple, en construction, les modèles permettent
de dimensionner les éléments à utiliser pour éviter qu'un ouvrage ne s'écroule à cause
d'un vent trop fort. Un bon modèle :

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


3

représente les éléments pertinents du système étudié


reproduit ses comportements
permet de simuler son fonctionnement

1.1.2 Le modèle, outil de communication

Les diagrammes de modélisation sont des instruments de communication.


Communiquer autour d un modèle pour évaluer et comparer des solutions, c est avant
tout « reconnaître » la réalité perçue.
Or, si un modèle est « reconnu », c est avant tout parce qu il était « connu ». Voici
un exemple :

Figure 2 : un modèle "grossier" mais identifiable : la Bretagne


Nous pouvons tous nous accorder sur le fait que ce schéma, qui a l ambition de
représenter la Bretagne, n est pas une réussite sur le plan graphique. Cependant,
chacun l a reconnu !

Figure 3: la réalité correspondant au modèle précédent

Or ce n est pas obligatoirement le cas du schéma suivant !

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


4

Figure 4: Un autre1 modèle grossier et moins identifiable!


Le modèle représenté ci-dessus est beaucoup moins parlant que celui de la
figure précédente. Il est moins « reconnaissable », pour nous ! mais ce n est pas
obligatoirement le cas pour d autres observateurs.
Dans le premier cas, nous sommes en présence d un élément qui appartient à
notre univers culturel de référence. Les formes même grossières évoquent quelque
chose à tous ceux qui ont usé leurs fonds de culottes sur les bancs de l école
élémentaire.
Ce n est pas le cas de l autre figure ! Le style du dessin est pourtant le même, la
référence aussi : elle est géographique. Cependant, la forme n évoque rien, nous ne
reconnaissons pas ce modèle.
Que conclure de cette petite démonstration ?
Un modèle est « reconnu » parce qu il était « connu » ! C est là que se situe toute
la puissance des modèles graphiques. Ils permettent d établir une communication
immédiate entre l analyste et le client.

2. Le modèle Entité-Association
On ne modélise bien que ce que l on connaît bien. La maîtrise d un outil de
modélisation ne permet pas de compenser un manque de connaissance du problème
étudié. En revanche, un bon modèle permet un échange entre les acteurs du système
d information débouchant sur une meilleure compréhension du SI.

Le formalisme utilisé doit avoir des qualités contradictoires :

être suffisamment précis pour être utilisable par des spécialistes de l analyse
1
C est Praslin, une des îles de l archipel des Seychelles (voir annexe)
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
5

informatique,
être suffisamment accessible pour permettre un dialogue avec les utilisateurs.

Il faut toujours avoir présent à l esprit que :

modéliser est réducteur


l outil de modélisation, comme tout langage, a ses limites
tout modèle doit être validé sur le plan formel et sur celui de l utilisation

Il existe deux approches pour appréhender la réalité d une organisation :

s intéresser au niveau le plus élémentaire des données du réel perçu :nom


d un client, quantité d un produit, adresse de livraison .... puis agréger ces
données élémentaires pour mettre en évidence les différents éléments du
système d information.
identifier à priori les éléments qui participent à la gestion en se plaçant à un
niveau plus global, puis compléter leur description.

La plupart du temps, les deux démarches sont menées conjointement.

Des travaux de recherche menés aux USA ont débouché dans les années 70 à la
définition d un nouvel outil de modélisation conceptuelle : le modèle
« Entité-Association2 ».

Intégré à la méthode Merise (MCD), son succès est lié aux qualités suivantes :

une approche naturelle et facile à comprendre


la construction directe de résultats de synthèse
une représentation graphique claire des résultats

2.1 Présentation intuitive d un exemple

Avant de définir le modèle, nous allons présenter un exemple afin de mettre en


évidence les principaux concepts :

Le syndicat d initiative d une ville organise une série de concerts. Afin de gérer au
mieux ces manifestations, le responsable demande à un spécialiste des systèmes
d information de modéliser cette situation.

Celui-ci propose comme base de discussion le schéma suivant :

2
On le nomme parfois modèle individuel
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
6

Salle
Nom de la salle
Nombre de places
Coût de la location

Réalisation d'un concert


Date
Durée
Heure de début
Prix des places
Nombre d'auditeurs

Orchestre
Oeuvre
Nom de Formation
Titre de l'oeuvre
Nom du chef
Nom du compositeur
Coût de la prestation
Droits d'auteur

Figure 5: Premier schéma de représentation des concerts

Au cours de la réunion, l analyste commente ce schéma en apportant les


précisions suivantes afin qu elles soient confirmées ou infirmées par les organisateurs :

Un concert peut se décrire de la façon suivante : c est une exécution ou un


ensemble d exécutions d oeuvres dans une salle par un orchestre.
chaque salle de concert a un nom qui permet de l identifier. Elle est également
caractérisée par une capacité d accueil en nombre de places et un coût de
location.
chaque orchestre possède un nom de formation, un nom de chef d orchestre
qui lui est attaché, un coût de prestation.
les oeuvres sont identifiées par un titre, un nom de compositeur, un montant
de droits d auteur.

La mise en commun (totale ou partielle) de ces éléments est indispensable à


l exécution, donc à la réalisation d un concert. De plus, à cette mise en commun,
s ajoutent des informations supplémentaires qui caractérisent l exécution elle-même :

la date d exécution
la durée
l heure de début
le prix des places
le nombre de participants dans le public

Toutes ces informations sont regroupées sous forme graphique dans la


figure n°13. On distingue deux catégories d éléments :

les éléments figurant dans des rectangles


un élément figurant dans un rectangle aux bords arrondis

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


7

La présence de deux formes graphiques différentes exprime que l on a affaire à


des éléments qui n appartiennent pas à la même catégorie :

SALLE, ORCHESTRE, UVRE sont des éléments qui ont une existence
propre et indépendante de l organisation des concerts dans cette ville là, à ce
moment là. La salle peut être utilisée à un autre moment, dans d autres
circonstances pour des manifestations d une autre nature. L orchestre et le
soliste ont eu des activités avant cette série de concerts et poursuivront leur
carrière après. Enfin, l uvre exécutée existait avant ce concert et sera à
nouveau interprétée ou enregistrée après ce concert particulier.
EXECUTE correspond à la mise en commun, à un moment donné, dans des
circonstances précises de tous les éléments que nous avons énumérés plus
haut. En cela, cet élément n a pas d existence propre, autonome en dehors
des circonstances et des participants cités.

On constate donc que deux types d éléments participent à la modélisation. On


nomme les premiers (salle, orchestre, soliste, uvre) ENTITES, et le second
(exécution) ASSOCIATION.

Le schéma de la figure 5 décrit la situation de façon générique. Il représente


n importe lequel des concerts organisés dans le cadre de ce festival.

En revanche, un concert particulier correspondra à la figure suivante :

Salle
Salle Graslin
450
12000

Réalisation d'un concert


02_02_2000
1h30
14h
35
135

Orchestre
Oeuvre
Orchestre des Pays de Loire
La truite
Jean Dupont
Schubert
6500
250

Figure 6:Une réalisation du modèle précédent

2.2 Définition du modèle

Les quatre concepts fondamentaux du Modèle Entité-Association sont les


suivants :

Entité
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
8

Association
Propriété
Cardinalité

2.2.1 L entité

L ENTITE est un élément concret ou abstrait qui a une existence propre et sur
lequel nous souhaitons enregistrer des informations qui lui sont spécifiques. En
général, l entité est exprimée par un substantif.

NOM DE L ENTITE

Figure 7:Formalisme de représentation d'une entité


L entité est représentée par un rectangle. Son nom figure dans le bandeau
supérieur.
Comme nous le verrons plus loin, une entité n est totalement définie que
lorsqu elle possède la liste de toutes les propriétés qui la caractérisent, avec parmi
celles-ci, son identifiant.

Figure 8: Une entité "théorique" et ses propriétés


Une entité peut être considérée comme une structure permettant de stocker des
données. On parle alors d occurrences de l entité. Voici par exemple une entité
« client » :

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


9

Figure 9: Une entité "Client"

Et voici des occurrences de cette entité :

Figure 10: Des occurrences de l'entité "Client"

2.2.2 L association

Une ASSOCIATION est un regroupement nécessaire de deux ou plusieurs


entités. Elle n a pas d existence propre. En général, l association est exprimée par un
verbe.

Formalisme :

NOM DE L ASSOCIATION

Figure 11: Formalisme de représentation d'une association


L association est représentée soit sous la forme d un ovale soit sous la forme d un
rectangle aux bords arrondis. Son nom figure dans le bandeau supérieur. Elle peut
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
10

posséder des propriétés qui sont alors énumérées dans la partie principale.

On ne peut pas représenter une association sans les entités qui lui sont liées.
Voici quelques exemples d associations permettant d exprimer certaines des
caractéristiques attachées à ce concept.

Une association est reliée aux entités constitutives de la relation par des
segments. Le nombre de segments constitue la dimension de l association. Une
association entre deux entités est dite « binaire », entre trois « ternaire », au delà on
parle d association « n_aire ».

Livre écrit par Auteur

Figure 12: Une association de dimension 2

Enseignant

Enseigne

Matière Salle

Figure 13: Une association de dimension 3

Personne
est mariée

Figure 14: Une association réflexive

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


11

Appartient

Joueur Equipe

Est capitaine

Figure 15: Deux associations reliant deux entités

2.2.3 Les propriétés

Une propriété est une donnée élémentaire d une ENTITE ou d une


ASSOCIATION que l analyse a conduit à répertorier au niveau de la réalité perçue et
qui prendra des valeurs précises pour chaque occurrence.

Le nom de chaque propriété est inscrit dans le cadre principal de l entité ou de


l association.

Chaque occurrence d une entité doit pouvoir être repérée sans ambiguïté afin de
la distinguer de toutes les autres. Pour cela, une ou plusieurs propriétés jouent le rôle
de discriminant.
L identifiant3 d une entité est une propriété ou un ensemble de propriétés qui
permet de repérer une occurrence. On représente l identifiant d une entité en
soulignant la (ou les) propriété et en la faisant figurer en tête de la liste.

Enseignant
Numéro Enseignant
Nom
Grade
Spécialité

Enseigne
Date
Heure

Matière Salle

No Matière No Salle
Nom Matière Bâtiment
Coefficient Capacité

Figure 16: Propriétés des Entités et des Associations

3
On parle aussi de Clé
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
12

Remarque :

Il n est pas rare qu une propriété ou un ensemble de propriétés ne constituent


pas un identifiant discriminant4 d une entité. Dans ce cas, on est amené à « créer » un
identifiant artificiel sans signification particulière (Numéro enseignant, Code Produit).
Pour les associations, elles ont également un identifiant qui permet de les
repérer de façon unique, mais celui-ci est implicite et ne figure pas dans le formalisme
graphique. Plus loin dans ce cours, nous présenterons les règles de passage du
Modèle Entité-Association vers le Modèle Relationnel. A cette occasion, les principes
de construction des identifiants d associations seront détaillés.

2.2.4 Les cardinalités

Produit Dépôt
No Produit Stocker No Dépôt
Libellé Adresse
Prix Unitaire Capacité

Figure 17: Produits Stockés dans des Dépôts


Le Modèle présenté figure ci-dessus exprime que des Occurrences de l Entité
PRODUIT et de l entité DEPOT sont reliées (ou non) à des occurrences de
l association STOCKER.

Par exemple les deux schémas ci-dessous expriment :

le produit 23 est stocké dans le dépôt 56


le produit 36 n est pas stocké.

PRODUIT DEPOT
23 STOCKER 56
Bureau ZI Nantes
1200 1500

PRODUIT DEPOT
36 STOCKER
Chaise
560

Figure 18: Occurrences de Produits par rapport à l'action de Stocker

On peut exprimer ces situations différentes en valorisant les liaisons entre les
entités et les associations en terme d occurrences minimum et maximum. Ainsi, pour

4
c est à dire capable de l identifier
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil
13

une occurrence d entité on recherche combien d occurrences de l association avec une


autre entité peuvent exister.

2.2.4.1 Définition

La cardinalité d une entité par rapport à une association s exprime par deux
nombres appelés cardinalité minimum et cardinalité maximum.

La cardinalité minimale peut être égale à 0 ou à 1. Si la cardinalité est égale


à 0, c est qu il existe au moins une occurrence de l entité qui ne participe pas aux
occurrences de l association. Si la cardinalité est égale à 1, chaque occurrence de
l entité participe aux occurrences de l association.

La cardinalité maximale. Elle exprime le nombre maximum de fois où une


occurrence de l entité participe aux occurrences de l association. On la note égale à n,
elle peut être fortuitement égale à 1.

Patte

Cardinalité Cardinalité
minimale maximale

Figure 19: Représentation graphique des cardinalités

Suite de l exemple précédent (stocker des produits dans des dépôts):

Description du réel perçu (extrait de MERISE, Ministère de l industrie cité par H.


Habrias dans Travail et Méthodes):

« Une entreprise gère des produits qui peuvent ne pas être stockés (articles
vendus uniquement sur commande) ou qui peuvent être stockés dans des dépôts
spécifiques (un produit ne se trouve que dans un seul dépôt) . Cette entreprise a des
dépôts qui contiennent au moins un produit, en général plusieurs »

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


14

Produit Dépôt
No Produit Stocker No Dépôt
0,1 1,n
Libellé Adresse
Prix Unitaire Capacité

Figure 20: Expression des Mini et Maxi par les cardinalités

un produit peut ne pas être stocké, c est à dire qu il peut exister une
occurrence de PRODUIT sans occurrence de STOCKER (cardinalité minimum
= 0)
lorsqu un PRODUIT est stocké, il ne peut être stocké que dans un seul
DEPOT, c est à dire que pour une occurrence de PRODUIT, il ne peut exister
qu une occurrence de STOCKER (cardinalité maximum = 1)
un DEPOT a en stock au moins un PRODUIT, c est à dire que pour une
occurrence de DEPOT, il existe au moins une occurrence de STOCKER
(cardinalité minimum = 1)
un DEPOT peut stocker plusieurs PRODUITS, c est à dire que pour une
occurrence de DEPOT, il peut exister plusieurs occurrences de STOCKER
(cardinalité maximum = n)

2.2.4.2 Représentation ensembliste des cardinalités

Tous à tous :

E1 E2
A
1,n 1,n

Tous à quelques uns :

E1 E2
A
1,n 0,n

Quelques uns à quelques uns :

E1 E2
A
0,n 0,n

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


15

Quelques uns à tous :

E1 E2
A
0,n 1,n

Un à tous :

E1 E2
A
1,1 1,n

Aucun ou un à tous :

E1 E2
A
0,1 1,n

Figure 21: Les cardinalités exprimées sous forme ensembliste

2.3 Sémantique des cardinalités minimales

Une cardinalité minimale égale à 1 lie l'existence d'une occurrence de l'entité à sa


participation à l'association. Elle n exprime pas ce qui peut se produire à un moment
donné, ou ce qui est susceptible de se produire dans l avenir. Toute notion liée à
l écoulement du temps doit être absente d un MCD.

Client
No Client Commande
Passe
Nom 1,n 1,1 No Commande
Adresse Date Commande
Code postal
Commune

Figure 22: Entité « Client » liée à l association « Passe »

Sur le plan sémantique, cela signifie que pour une occurrence de « client » il
existe une occurrence de « passe ». Les clients ont vocation à passer des
commandes.

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


16

Une cardinalité minimale égale à 0 rend indépendante l'existence d'une


occurrence de l'entité de sa participation à l'association. Si pour une occurrence de
« client » on ne trouve aucune occurrence de « passe », cela signifie qu il existe des
clients qui ne passent pas de commande, et qu il s agit là d une règle de gestion !
Donc, il est nécessaire de revoir la sémantique de l entité pour préciser que ce ne sont
pas des clients, mais des clients/prospects.

Client/Prospect
No Client Commande
Passe
Nom 0,n 1,1 No Commande
Adresse Date Commande
Code postal
Commune

Figure 23: Le client/prospect n est pas liée à « Passer commande »

Dans ce deuxième exemple, un client/prospect peut exister dans le système


d information, même s il n a pas passé une commande.

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


17

Index du texte :

1. NOTION DE MODELE....................................................................................................................2
1.1 MODELISER, C EST SIMPLIFIER POUR COMMUNIQUER ....................................................................2
1.1.1 Le modèle, outil de représentation........................................................................................2
1.1.2 Le modèle, outil de communication ......................................................................................3
2. LE MODELE ENTITE-ASSOCIATION .......................................................................................4
2.1 PRESENTATION INTUITIVE D UN EXEMPLE .....................................................................................5
2.2 DEFINITION DU MODELE .................................................................................................................7
2.2.1 L entité...................................................................................................................................8
2.2.2 L association .........................................................................................................................9
2.2.3 Les propriétés ......................................................................................................................11
2.2.4 Les cardinalités ...................................................................................................................12
2.3 SEMANTIQUE DES CARDINALITES MINIMALES ..............................................................................15

Index des figures :

FIGURE 1: LA REALITE PERÇUE ET SA MODELISATION....................................................2

FIGURE 2 : UN MODELE "GROSSIER" MAIS IDENTIFIABLE : LA BRETAGNE.............3

FIGURE 3: LA REALITE CORRESPONDANT AU MODELE PRECEDENT .........................3

FIGURE 4: UN AUTRE MODELE GROSSIER ET MOINS IDENTIFIABLE!.........................4

FIGURE 5: PREMIER SCHEMA DE REPRESENTATION DES CONCERTS ........................6

FIGURE 6:UNE REALISATION DU MODELE PRECEDENT ...................................................7

FIGURE 7:FORMALISME DE REPRESENTATION D'UNE ENTITE .....................................8

FIGURE 8: UNE ENTITE "THEORIQUE" ET SES PROPRIETES ...........................................8

FIGURE 9: UNE ENTITE "CLIENT"...............................................................................................9

FIGURE 10: DES OCCURRENCES DE L'ENTITE "CLIENT" ..................................................9

FIGURE 11: FORMALISME DE REPRESENTATION D'UNE ASSOCIATION .....................9

FIGURE 12: UNE ASSOCIATION DE DIMENSION 2................................................................10

FIGURE 13: UNE ASSOCIATION DE DIMENSION 3................................................................10

FIGURE 14: UNE ASSOCIATION REFLEXIVE..........................................................................10

FIGURE 15: DEUX ASSOCIATIONS RELIANT DEUX ENTITES ..........................................11

FIGURE 16: PROPRIETES DES ENTITES ET DES ASSOCIATIONS....................................11

FIGURE 17: PRODUITS STOCKES DANS DES DEPOTS .........................................................12

FIGURE 18: OCCURRENCES DE PRODUITS PAR RAPPORT A L'ACTION DE STOCKER12

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


18
FIGURE 19: REPRESENTATION GRAPHIQUE DES CARDINALITES ...............................13

FIGURE 20: EXPRESSION DES MINI ET MAXI PAR LES CARDINALITES .....................14

FIGURE 21: LES CARDINALITES EXPRIMEES SOUS FORME ENSEMBLISTE .............15

FIGURE 22: ENTITE « CLIENT » LIEE A L ASSOCIATION « PASSE »...............................15

FIGURE 23: LE CLIENT/PROSPECT N EST PAS LIEE A « PASSER COMMANDE » ......16

Annexe (L ile de Praslin) :

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (1) Claude Belleil


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La démarche MERISE
4 Le Modèle Conceptuel des Données (2)
Contraintes Inter Associations

Université de Nantes
Claude Belleil
Année 2004 - 2005

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 1


1. Notion de stabilité des associations
Dans un MCD, toutes les associations n ont pas le même statut vis à vis de
l écoulement du temps. Certaines peuvent faire l objet de mise à jour, d autre ont un
caractère de pérénité une fois enregistrée dans le système d information. Considérons
l exmple suivant1 :

CLIENT REPRESENTANT
code client code représentant
SUIVRE
nom client 1,1 0,n nom représentant
adresse client date d'entrée
taux de commission

0,n

COMMANDE
PASSER
1,1 numéro commande
date commande

Figure 1: Deux associations de statut différent

Un représentant peut être transféré sur un autre secteur. Par contre, un Client
correspondra toujours à la même commande. Ainsi, dans la vie du système, certaines
associations sont susceptibles d'être mises à jour, d'autres sont immuables. Le fait que
les liens entre certaines entités évoluent peut poser des problèmes de cohérence au
sein du modèle.
Une commande est toujours « attachée » au même client ; toute occurrence de
l'association « passer » est immuable.
Dans le temps, le représentant chargé du suivi d'un client peut changer ; une
occurrence de l'association « suivre » peut être mise à jour.
La non-stabilité de ce dernier lien pose des problèmes de cohérence sémantique;
une commande passée par un client n'a pas été obligatoirement prise par le
représentant qui le suit à l'heure actuelle. La relation implicite qui existe entre une
commande et un représentant ne peut pas être déduite, de manière sûre et
intemporelle, des liens « passer » et « suivre ».
On ne peut donc pas uniquement raisonner en termes de dépendances
fonctionnelles transitives pour décider de l'inutilité d'une association. Il doit être tenu
compte de la sémantique et de la possibilité d'évolution de l'association.

2. L'agrégation sur les associations2


Ce nouveau concept proposé par J.M. Smith et D.C.P. Smith en 1977 permet de
considérer une association comme un objet de plus haut niveau. Celle-ci peut alors
être considérée comme un tout; cela permet notamment d'exprimer d autres
associations avec cette nouvelle association.

1
Exemple emprunté à Jean Nardot, CERTA de DIJON
2
Exemple emprunté à Jean Nardot, CERTA de DIJON

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 2


TYPE PRODUIT SECTEUR
type de produit nom région
numéro secteur

0,n 0,n

AVOIR POUR RESPONSABLE

0,n

REPRESENTANT
code représentant
nom représentant
date d'entrée
taux de commission

Figure 2 :Une association entre trois entités


Le schéma ci-dessus ne comporte pas d erreur. Cependant, sur le plan de la
sémantique du modèle, il ne permet pas de représenter que sur un secteur, un
représentant et un seul est reponsable d un type de produit. Dans ce cas, l association
entre secteur et type de produit entretient un lien particulier avec repésentant, ce qui
n est pas représenté dans le modèle ci-dessus.

Merise/2 a introduit de nouveaux formalismes permettant d exprimer ce type de


liens particuliers. Dans ce cas, il s agit du concept d'agrégation sur les associations.
Plusieurs représentations graphiques sont possibles :

TYPE PRODUIT SECTEUR


COMMERCIALISER SUR
type de produit 0,n 0,n nom région
numéro secteur

0,1

AVOIR POUR RESPONSABLE

0,n

REPRESENTANT
code représentant
nom représentant
date d'entrée
taux de commission

Figure 3 : l'association "être responsable" : dépendance fonctionnelle

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 3


TYPE PRODUIT SECTEUR
COMMERCIALISER SUR
type de produit 0,n 0,n nom région
numéro secteur

0,1

DF

0,n

REPRESENTANT
code représentant
nom représentant
date d'entrée
taux de commission

Figure 4 : Un autre formalisme graphique d agrégation d associations

3. Le concept d entité faible


Une entité a une existence propre, indépendante de celle des autres entités du
système. Dans la réalité, l'existence de certaines entités dépend de celle d'autres
entités.
Assuré Social
No Assuré Ayant Droit
Nom 1,1 ( R ) No Ayant Droit
Cif
Prénom 0,n Prénom
Adresse Date de Naissance
Code Postal
Commune
Date de Naissance

Figure 5 : Un exemple d une Entité Faible (Ayant Droit)

L entité faible Ayant Droit n existe que par rapport à l entité forte Assuré Social.
Lidentifiant d'une entité est toujours absolu. Dans le cas d'une entité faible,
l'identification est relative.

Ici, un Ayant Droit est identifié par un incrément sur l identifiant de l entité forte :
Assuré Social. Ce lien exprime une relation d'appartenance. Dans les modèles orientés
objet, il correspond à un lien de composition.

Les cardinalités minimale et maximale qui expriment la participation d'une entité


faible à l'association sont obligatoirement égales à 1.

4. L'identification relative
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 4
Un identifiant constitué uniquement de propriétés intrinsèques à une entité est
qualifié d'identifiant absolu. L'identification d'une occurrence d'entité est indépendante
d'autres occurrences auxquelles elle serait reliée. On qualifie parfois ces entités
d'indépendantes.
Mais, certaines entités ne peuvent être identifiées qu'à travers l'association avec
d'autres entités. Il s'agit alors d'identification relative.
Il serait faux de considérer qu'Ayant droit a un identifiant composé, car numéro de
Sécu est une propriété intrinsèque d'Assuré. D'autre part, les valeurs de rang d'un
ayant droit n'assurent l'identification que par rapport à un assuré !
L'identification relative d'une entité par rapport à une autre entité ne peut se faire
qu'avec une relation porteuse d'une dépendance fonctionnelle, c'est à dire une
cardinalité 1,1 sur la patte de l'entité "relative". Elle est graphiquement indiquée par (R)
sur la patte de relation concernée. On qualifie parfois les entités identifiées
relativement, d'entités relatives.

5. Contraintes Inter-Associations
Merise 2 propose un ensemble de notations qui permettent d'exprimer des
contraintes particulières entre associations. Une contrainte est signalée graphiquement
par un cercle relié aux associations concernées. Celui-ci contient un des opérateurs
suivants:

X Exclusion
T Totalité
XT Partition
S Simultanéité
I Inclusion

Un lien en pointillé signale l'entité concernée par cette contrainte.

Suivre

Contrainte
0,n 1,n

Formation
Employé X

0,n 1,n

Lien vers l entité Animer


concernée Lien vers l une des
associations

Figure 6: Un exemple de contrainte inter associations

5.1 Présentation théorique

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 5


Une entité E1 est reliée respectivement à une entité E2 et une entité E3 par des
associations R1 et R2. Les deux associations portent des cardinalités n-aires (0,n ou
1,n)

E2

0,n
R1

0,n
E1

0,n
R2

0,n
E3

Figure 7 : représentation du MCD

Pour illustrer les types de liens existants entre les trois entités, voici une
représentation ensembliste des occurrences des Entités. Dans l ensemble E1, e11
représente une occurrence (réalisation) de cette entité.
E2

e21
e22 e24

e23

e27
E1 e25
e26

e11 e28 e29


e12 e14

e13

e17
e15
e16

e18 e19

E3

e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 8 : Réprésentation ensembliste des occurrences des Entités


Les relations entre les entités, c'est-à-dire les occurrences respectivement de R1
et R2 sont représentées par des liens.
Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 6
E2

e21
e22 e24

e23

e27
E1 e25
e26
R1
e11 e28 e29
e12 e14

e13

e17
e15
e16

e18 e19

E3

R2
e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 9 : Deux réalisations de R1 et R2

A partir du formalisme ainsi défini, voici la sémantique exprimée par chacune des
contraintes inter association.

5.2 Contrainte d'Exclusion

5.2.1 Définition

Si une occurrence de l entité E1 participe à la relation R1, elle ne peut pas


participer à la relation R2, et réciproquement. Il existe des occurrences de E1 qui ne
sont pas concernées par cette contrainte !
5.2.2 Exemple Théorique

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 7


E2

0,n
R1

0,n
E1
X

0,n
R2

0,n
E3

5.2.3 Représentation Ensembliste

E2
EXCLUSION
L'EXCLUSION SIMPLESIMPLE
Si une occurrence de l entité E1
e21
participe à la relation R1
Si une occurrence de l'entité E1
participe à la relation R1 e22 e24
elle
elle nepas
ne peut peut pas participer
particiter
àà la relation
la relation R2, et réciproquement
R2 (et réciproquement) e23

e27
E1 e25
e26

R1
e11 e28 e29
e12 e14

e13

e17
e15
e16

e18 e19

R2
E3

e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 10 : Représentation ensembliste de l'exclusion simple

5.2.4 Exemple pratique

Contexte d énonciation :

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 8


Dans un lycée, quand une personne appartient à la catégorie des enseignants,
elle ne peut pâs appartenir à celle des lycéens, et inversement. Cependant, il existe
dans les lycées, des personnes qui ne sont pas concernées par cette répartition
(personnel administratif et des services généraux)

Enseignant

0,n
Appartient

0,n

Personne X

0,n
Appartient à

0,n
Lycéen

Figure 11: Exemple concret de contrainte d'Exclusion

5.3 Contrainte d'Exclusion Totale (partition)

5.3.1 Définition

Si une occurrence de l entité E1 participe à la relation R1, elle ne peut pas


participer à la relation R2, et réciproquement. Toutes les occurrences de E1 sont
concernées par cette contrainte. Il n existe donc pas d élément dans l ensemble E1 qui
ne soit par relié soit à R1, soit à R2

5.3.2 Exemple théorique

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 9


E2

0,n
R1

0,n
E1
XT

0,n
R2

0,n
E3

5.3.3 Exemple ensembliste

E2
EXCLUSION
L'EXCLUSION TOTALE
TOTALE
Toutes
Toutes les occurrences
les occurrences de l'entité E1 de l entité E1
e21
participent
participent au moins,au moins
e22 e24
soit à la relation R1, soit à la relation R2
soit à la relation R1, soit à la relation R2
mais pas aux deux
mais pas aux deux e23

e27
E1 e25
e26

R1
e11 e28 e29
e12 e14

e13

e15 e17
e16

e18 e19

R2
E3

e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 12 : Réprésentation ensembliste de l'Exclusion Totale

5.3.4 Exemple pratique

Les employés de la société travaillent soit dans une des succursales, soit dans

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 10


une des directions. Il n'existe pas d'autres positions possibles pour les employés dans
cette entreprise.

Succursale

1,n

Travailler_1
0,n

Employé Société XT

0,n
Travailler_2
1,n

Direction

Figure 13: Exemple pratique de Contrainte d'Exclusion Totale (partition)

5.4 Contrainte de Totalité

5.4.1 Définition

Toutes les occurrences de l entité E1 participent au moins à l une des deux


associations R1 et/ou R2. Certaines peuvent participer aux deux.
5.4.2 Exemple théorique

E2

0,n
R1

0,n
E1

0,n
R2

0,n
E3

5.4.3 Exemple ensembliste

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 11


TOTALITE E2
TOTALITE
Toutes les occurrences
Toute les occurrences de l'entité E1
participent au moins
de l entité E1
e21
à participent au moins
l'une des deux relations R1 ou R2
e22 e24
à l une des deux relations R1 ou R2
e23

e27
E1 e25
e26

e11 e28 e29


e12 e14

e13

e17
e15
e16

e18 e19

E3

e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 14 : Réprésentation ensembliste de la Totalité

5.4.4 Exemple Pratique

Tous les employés qui travaillent sur des postes réputés dangereux doivent
participer à des formations continues.

Poste Travail Dangereux

1,n
Responsable
0,1

Employés
T

0,1
Participer 1,n

Formations continues

Figure 15: Exemple pratique de Contrainte de Totalité

5.5 Contrainte de Simultanéité

5.5.1 Définition

Quand une occurrence de E1 participe à R1, elle participe également à R2. Il


existe des occurrences de E1 qui ne sont pas concernées par ces relations.
5.5.2 Exemple théorique

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 12


SIMULTANEITE E2
Toute occurrence de l entité E1
SIMULTANEITE

qui occurrence
Toute participe à laE1relation R1
de l'entité e21

participe simultanément
qui participe à la relation R1
participe simultanément à la relation R2
à la relation R2 e22 e24

e23

e27
E1 e25
e26

R1
e11 e28 e29
e12 e14

e13

e17
e15
e16

e18 e19

R2
E3

e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 16 : Réprésentation ensembliste de la Simultanéité

5.5.3 Exemple pratique

Un employé qui demande à participer à un projet doit s'inscrire au stage


correspondant.

Stage
1,n

Inscrit
0,n

Personnel
S

0,n Participe
1,n

Projet

Figure 17: Contrainte de Simultanéité

5.6 Contrainte d'Inclusion

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 13


5.6.1 Définition

Si une occurrence de l entité E1 participe à la relation R1, elle participe aussi à la


relation R2 mais pas réciproquement. L inclusion est donc une contrainte « orientée »
5.6.2 Exemple Théorique

E2
INCLUSION
INCLUSION
SiSi
une
uneoccurrence
occurrence de de l'entité
l entitéE1
E1
participeà àlalarelation
participe relation R1
R1, e21
elle participe aussi à la relation R2, e22 e24
elle participe
mais aussi à la relation R2
pas réciproquement.
mais pas réciproquement. e23

e27
E1 e25
e26

e11 e28 e29


e12 e14
R1
e13

e17
e15
e16

e18 e19

E3

R2 e31
e32 e34

e33

e37
e35
e36

e38 e39

Figure 18 : Réprésentation ensembliste de l Inclusion

5.6.3 Exemple Prayique

Le capitaine d'une équipe est obligatoirement un des joueurs de l'équipe.

Faire partie

1,n 1,n

Joueur Equipe
I

0,n 1,1

Etre Capitaine

Figure 19: Contrainte d'Inclusion sur un modèle "Groupe - Individu"

Une quantité de produit commandé ne peut concerner qu'une quantité


Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 14
équivalente de produit stocké.

Commande
1,n Composée 1,1 Ligne de Commande
No_Commande
Date Commande No_Ligne
Date Livraison

1,n
1,1

Fait référence Comprend


Quantité
I

1,n 1,n

1,n 1,n Produit


Dépôt Stockés
No_Produit
No_Dépôt Quantité Stockée Libellé
Adresse Prix Unitaire

Figure 20: Contrainte d'Inclusion sur "ligne de commande"

5.7 Contraintes d'Unicité

Il n'est pas nécessaire d'indiquer une contrainte d'unicité pour les relations
binaires. Celle-ci est exprimée de fait par la présence d'une cardinalité 1,1 ou 0,1 sur
un des liens. En revanche, ces cardinalités n'étant pas possibles sur un modèle
ternaire ou plus, il existe des situations ou une telle contrainte doit être précisée. On la
note alors de la façon suivante:

ARTICLE

DEPOT code article


désignation article
code dépôt 1,n 1,n tarif
type article (S)
Remise
Taux de Remise

1,n

CIF
CLIENT
code client
adresse
CA

Figure 21: Contrainte d'Intégrité Fonctionnelle sur un modèle Ternaire

Un taux de remise à un client sur un article dépend du dépôt dans lequel il est
stocké.

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 15


ARTICLE
DEPOT 1,n stocker-dépôt 1,n
code article
qté stock
code dépôt désignation article
qté réservée (C)
tarif
gestion de stock
prix unitaire (H)
prix moyen d'achat
type article (S)
1,n 1,n

exclusivité
taux de remise CIF

1,n

FOURNISSEUR
code fournisseur

Figure 22: Un autre exemple de CIF

6. Les limites du modèle Entité-Association


Le Modèle Entité-Association est un modèle de données. Il ne décrit pas les
traitements. Il représente une certaines réalité de l organisation de façon statique. Les
contraintes de mise à jour et de validation ne sont pas prises en compte.

INDEX DU TEXTE :

1. NOTION DE STABILITE DES ASSOCIATIONS ......................................................................... 2

Merise Le Modèle Conceptuel des Données (2) Claude Belleil 16


2. L'AGREGATION SUR LES ASSOCIATIONS .............................................................................. 2

3. LE CONCEPT D ENTITE FAIBLE................................................................................................. 4

4. L'IDENTIFICATION RELATIVE ................................................................................................... 4

5. CONTRAINTES INTER-ASSOCIATIONS.................................................................................... 5
5.1 CONTRAINTE D'EXCLUSION TOTALE (PARTITION)............................................................................. 7
5.2 CONTRAINTE D'EXCLUSION ............................................................................................................... 7
5.3 CONTRAINTE DE TOTALITE .............................................................................................................. 11
5.4 CONTRAINTE DE SIMULTANEITE ...................................................................................................... 12
5.5 CONTRAINTE D'INCLUSION............................................................................................................... 13
5.6 CONTRAINTES D'UNICITE ................................................................................................................. 15
6. LES LIMITES DU MODELE ENTITE-ASSOCIATION ........................................................... 16

INDEX DES ILLUSTRATIONS :


Figure 1: Deux associations de statut différent ............................................................... 2
Figure 2 :Une association entre trois entités ................................................................... 3
Figure 3 : l'association "être responsable" : dépendance fonctionnelle .......................... 3
Figure 4 : Un autre formalisme graphique d agrégation d associations .......................... 4
Figure 5 : Un exemple d une Entité Faible (Ayant Droit) ................................................. 4
Figure 6: Un exemple de contrainte inter associations ................................................... 5
Figure 7: Contrainte d'Exclusion Totale (partition) ........................................................11
Figure 8: Contrainte d'Exclusion...................................................................................... 9
Figure 9: Contrainte de Totalité .....................................................................................12
Figure 10: Contrainte de Simultanéité ...........................................................................13
Figure 11: Contrainte d'Inclusion sur un modèle "Groupe - Individu"............................14
Figure 12: Contrainte d'Inclusion sur "ligne de commande"..........................................15
Figure 13: Contrainte d'Intégrité Fonctionnelle sur un modèle Ternaire .......................15
Figure 14: Un autre exemple de CIF .............................................................................16

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