Québec, le 12 décembre 2012 À tous les participants et participantes à la rencontre thématique sur l'accessibilité et la participation aux études supérieures

Madame, Monsieur, Jeudi et vendredi, nous aurons une nouvelle rencontre qui nous permettra de discuter tous ensemble de l'accessibilité et de la participation à l'enseignement supérieur. Cette rencontre, qui survient après le dépôt d'un budget qui impose des efforts à tous, est très importante. Comme vous, j'ai constaté les réactions d'inquiétude qui ont été soulevées. Je tiens donc à faire le point avec vous. En acceptant la charge du nouveau ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, je me suis donné comme premier défi de faire en sorte que l'éducation supérieure nous unisse au lieu de nous diviser. Je suis conscient que ce sera long et difficile, que le chemin est semé d'embûches. La longue crise que nous avons vécue le printemps dernier a laissé derrière elle beaucoup d'amertume. Les cicatrices sont encore vives, mais je crois que tous, nous voulons construire sur d'autres bases que la confrontation. De plus, la situation budgétaire dont notre gouvernement a hérité ne permet pas de répondre à court terme aux besoins de financement de nos institutions d'enseignement supérieur comme nous aimerions le faire ni, sans doute, comme elles le méritent. Nous discutons avec les représentants de celles-ci afin de trouver des voies de passage. Nous sommes, avec nos partenaires, à la recherche de solutions acceptables et réalistes. Le contexte actuel n'ouvre pas la porte à des injections majeures de fonds sans que nous ayons pris le soin de nous assurer d'avoir bien rempli tous nos devoirs, sans que nous ayons convenu des grands objectifs que nous poursuivons, sans que nous ayons retrouvé certaines des valeurs qui doivent nous guider : le respect évidemment, mais aussi la rigueur intellectuelle, l'ambition de construire le Québec ensemble, la volonté de servir le bien commun. C'est à ces conditions que nous réussirons à redonner l'élan qu'elles méritent à nos institutions d'enseignement supérieur, que nous ferons notre devoir de citoyen. Au fil du temps, nous avons construit des institutions vitales pour notre avenir. Nous avons le devoir de les faire progresser.

Je ne suis pas naïf. En acceptant ce défi, je savais que cela serait difficile. Je sais maintenant que rien ne s'accomplira sans de grands efforts collectifs. Même si l'héritage du précédent gouvernement est lourd, je suis intimement convaincu qu'au-delà de nos intérêts particuliers, nous voulons aller plus loin. Je veux mettre les choses au clair. Avec le gouvernement que je représente, je suis prêt à beaucoup d'ouverture si nous acceptons tous de mettre l'épaule à la roue. Il y en a qui voudraient qu'on mette au pas les étudiants, d'autres qu'on monte en épingle des erreurs de gestion qui ont été commises. Certains qualifient l'effort de dialogue que nous faisons de perte de temps. Il y en a qui affirment que tout est décidé d'avance. Je réponds à tous que ma porte est ouverte, que c'est dans le dialogue que nous pouvons construire. Je réponds à tous que je préfère les échanges autour d'une table plutôt que les affrontements sur un champ de bataille. Aujourd'hui, je vous le dis sincèrement, je crois que nous avons pris la bonne voie. Pas parce que c'est une voie facile, mais parce que c'est la seule voie possible. C'est la voie qui mise sur l'intelligence et la volonté de défendre des idéaux. Préservons cette volonté commune développée lors de la première rencontre. PIERRE DUCHESNE

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