P. 1
McRAM II : Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville de Toliara depuis le début de la crise politique - Décembre 2010 (SNU - 2011)

McRAM II : Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville de Toliara depuis le début de la crise politique - Décembre 2010 (SNU - 2011)

|Views: 106|Likes:
Published by HayZara Madagascar
Depuis le début de l’année 2009, Madagascar s’est engouffrée dans une situation de crise politique dont l’issue reste jusque là incertaine. La population fait face à plusieurs défis suite à la fermeture et/ou aux difficultés financières de certaines entreprises, le manque de subvention de l’Etat pour l’éducation, la diminution des touristes, etc dus à la crise. On assiste à une perte d’emploi, une diminution de revenus des populations, une baisse du pouvoir d’achat …., ce qui ne sera pas sans conséquence sur la situation socio-économique et les comportements des ménages. Les habitants de la ville de Toliara ne sont pas épargnés d’une telle situation.

Afin de suivre les comportements des populations face à de telle situation et de voir l’évolution de la situation économique des ménages durant la période de crise, les Nations Unies ont mis en place un mécanisme rapide d’évaluation multi secteur (McRAM). Initialement conduite exclusivement dans la ville d’Antananarivo, cette évaluation a été élargie dans la ville de Toliara et dans le milieu rural afin d’avoir une vue plus globale de l’impact de la crise sur les ménages et pour répondre aux besoins des membres du groupe de travail inter-agence des Nations Unies. Cette enquête constitue la deuxième série du genre menée dans la ville de Toliara.

Les résultats de l’enquête ont montré que pour s’ajuster aux effets de la crise, de nombreuses stratégies sont adoptées par les ménages. Les populations ne semblent pas abattues de leur situation, elles demeurent combatives avec une réelle envie de s’en sortir pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants (ATD Quart Monde, 2010). Au vu de l’évolution des principaux indicateurs sélectionnés, d’une manière générale, les ménages de la ville de Toliara présentent une assez forte capacité de résilience face à la situation de la crise qui prévaut dans le pays.

Il est laissé au soin du lecteur de découvrir plus en détails les différentes analyses effectuées. Néanmoins, les lignes qui suivent présentent les résumés des principaux résultats qui sont ressortis dans les différents domaines touchés par cette étude. Ils proviennent essentiellement des informations recueilles auprès de 405 ménages qui ont été interviewés avec succès. L’analyse de l’évolution des indicateurs a été rendue possible grâce à l’utilisation des données de l’enquête McRAM RoundI menée dans la même ville en mai 2010.
************************************************
SNU, PATRICIA RAKOTONDRABE PHD, ZO RANDRIANASOLO, OLGA RAMAROMANANA, DOROTHÉE KLAUS,MACOUMBA THIAM / 2011
Depuis le début de l’année 2009, Madagascar s’est engouffrée dans une situation de crise politique dont l’issue reste jusque là incertaine. La population fait face à plusieurs défis suite à la fermeture et/ou aux difficultés financières de certaines entreprises, le manque de subvention de l’Etat pour l’éducation, la diminution des touristes, etc dus à la crise. On assiste à une perte d’emploi, une diminution de revenus des populations, une baisse du pouvoir d’achat …., ce qui ne sera pas sans conséquence sur la situation socio-économique et les comportements des ménages. Les habitants de la ville de Toliara ne sont pas épargnés d’une telle situation.

Afin de suivre les comportements des populations face à de telle situation et de voir l’évolution de la situation économique des ménages durant la période de crise, les Nations Unies ont mis en place un mécanisme rapide d’évaluation multi secteur (McRAM). Initialement conduite exclusivement dans la ville d’Antananarivo, cette évaluation a été élargie dans la ville de Toliara et dans le milieu rural afin d’avoir une vue plus globale de l’impact de la crise sur les ménages et pour répondre aux besoins des membres du groupe de travail inter-agence des Nations Unies. Cette enquête constitue la deuxième série du genre menée dans la ville de Toliara.

Les résultats de l’enquête ont montré que pour s’ajuster aux effets de la crise, de nombreuses stratégies sont adoptées par les ménages. Les populations ne semblent pas abattues de leur situation, elles demeurent combatives avec une réelle envie de s’en sortir pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants (ATD Quart Monde, 2010). Au vu de l’évolution des principaux indicateurs sélectionnés, d’une manière générale, les ménages de la ville de Toliara présentent une assez forte capacité de résilience face à la situation de la crise qui prévaut dans le pays.

Il est laissé au soin du lecteur de découvrir plus en détails les différentes analyses effectuées. Néanmoins, les lignes qui suivent présentent les résumés des principaux résultats qui sont ressortis dans les différents domaines touchés par cette étude. Ils proviennent essentiellement des informations recueilles auprès de 405 ménages qui ont été interviewés avec succès. L’analyse de l’évolution des indicateurs a été rendue possible grâce à l’utilisation des données de l’enquête McRAM RoundI menée dans la même ville en mai 2010.
************************************************
SNU, PATRICIA RAKOTONDRABE PHD, ZO RANDRIANASOLO, OLGA RAMAROMANANA, DOROTHÉE KLAUS,MACOUMBA THIAM / 2011

More info:

Published by: HayZara Madagascar on Mar 21, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

02/03/2013

pdf

text

original

Système des Nations Unies UN Multi-cluster Rapid Assessment Mechanism McRAM

EVOLUTION DE LA SITUATION SOCIOÉCONOMIQUE DES MÉNAGES DE LA VILLE DE TOLIARA EN PERIODE DE
CRISE POLITIQUE

MCRAM ROUND II – DECEMBRE 2010 MADAGASCAR

Février 2011

i

AUTEURS DU RAPPORT
PATRICIA RAKOTONDRABE PHD, DEMOGRAPHE CONSULTANTE, COORDONNATEUR DE L’ETUDE

avec: ZO RANDRIANASOLO Démographe Consultante, Formateur et Encadreur d’enquêteurs et de superviseurs de l’équipe

OLGA RAMAROMANANA

Spécialiste en Politique Sociale UNICEF Madagascar

DOROTHÉE KLAUS

Dr. Phil., Chef de la Politique Sociale UNICEF Madagascar

MACOUMBA THIAM

PhD, Conseiller Technique Principal, Recensement UNFPA Madagascar

Citation recommandée : Système des Nations Unies à Madagascar (2011) : Evolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville e Toliara en période de crise politique, Madagascar. United Nations Multi-cluster Rapid Assessment Mechanism (McRAM Round II Décembre 2010) Ŕ Antananarivo, Janvier 2011, 71 pages.

Avertissement Le contenu de ce document ne reflète pas nécessairement la position officielle du Système des Nations Unies sur les thèmes abordés. Les points de vue qui y sont exprimés sont ceux des auteurs du rapport et n’engagent en rien le Système des Nations Unies.

i

SOMMAIRE
ACRONYMES ......................................................................................................................................... iv LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................................... v LISTE DES GRAPHIQUES ..................................................................................................................... vi RÉSUMÉ EXÉCUTIF ...............................................................................................................................1 CHAPITRE 1. .........................................................................................................................................11 CONTEXTE, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE .................................................................................11 1.1. CONTEXTE .........................................................................................................................................12 1.2. OBJECTIFS DE L’ETUDE ......................................................................................................................12 1.3.
METHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE ......................................................................................................13

1.3.1. Méthodologie d’échantillonnage .............................................................................................. 13 1.3.2. Outils de collecte de données ................................................................................................. 13 1.3.3. Collecte, traitement et analyse des données .......................................................................... 14 CHAPITRE 2. .........................................................................................................................................15 PRÉSENTATION DES RÉSULTATS ....................................................................................................15 2.1. CARACTÉRISTIQUES DE L’ECHANTILLON .............................................................................................16 2.2. EMPLOI/ACTIVITÉS .............................................................................................................................19 2.2.1. Situation des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l’activité économique ........................... 19 2.2.2. Evolution de la situation des hommes et femmes chefs de ménage âgés de 15-49 ans ....... 21 2.2.3. Vulnérabilité des femmes sur le marché de travail ................................................................. 22 2.2.4. Problème d’insertion des jeunes de 15-24 ans dans le marché du travail .............................. 23 2.3. REVENU DES MENAGES ......................................................................................................................24 2.3.1. Niveau de précarité des ménages ........................................................................................... 24 2.3.2. Stabilité des sources de revenu .............................................................................................. 26 2.3.3. Vulnérabilité des ménages dirigés par une femme comparés à ceux dirigés par un homme 26 2.4. DÉPENSES DES MENAGES...................................................................................................................28 2.4.1. Structure de dépenses des ménages ..................................................................................... 28 2.4.2. Evolution de la part des revenus consacrés aux dépenses alimentaires ............................... 28 2.4.3. Évolution des autres dépenses entre mai et décembre 2010 ................................................. 29 2.5. EDUCATION .......................................................................................................................................30 2.5.1. Evolution de la scolarisation des enfants âgés de 6 à 10 ans ................................................ 30 2.5.2. Evolution de la scolarisation des enfants âgés de 6 à 17 ans ................................................ 31 2.5.3. Evolution de la scolarisation des enfants âgés de 11 à 17 ans .............................................. 33 2.5.4. Situation dans les cycles primaire et secondaire ................................................................... 34 2.5.5. Changement de type d’école fréquentée ................................................................................ 36 2.5.6. Obstacles à l’accès des enfants à l’école ................................................................................ 36 2.5.7. Absence scolaire ..................................................................................................................... 37 2.6. SECURITE ALIMENTAIRE DES MENAGES................................................................................................38 2.7. RESEAU SOCIAL .................................................................................................................................42 2.8. AGRICULTURE URBAINE .....................................................................................................................44

ii

2.9. EAU, ASSAINISSEMENT ET HYGIENE ....................................................................................................45 2.9.1. Accessibilité de l’eau ............................................................................................................... 45 2.9.2. Consommation en eau des ménages ...................................................................................... 46 2.9.3. Dépenses en eau des ménages .............................................................................................. 48 2.9.4. Conditions d’hygiène ............................................................................................................... 49 2.9.5. Comportements en matière d’hygiène ................................................................................... 50 2.10. SANTE .............................................................................................................................................50 2.10.1. Niveau de morbidité ............................................................................................................... 50 2.10.2. Comportements sanitaires .................................................................................................... 52 2.11. HABITAT ...................................................................................................................................53 2.11.1. Evolution de l’appréciation de la qualité des services rendus par la commune .................... 53 2.11.2. Services rendus par les Fokontany ....................................................................................... 55 2.12. 2.12.1. 2.12.2. 2.12.3. 2.13. 2.14. 2.15. 2.16. 2.17. ETAT DE DROIT ET JUSTICE........................................................................................................56 Droit de l’enfant .................................................................................................................. 56 Droit de la femme .............................................................................................................. 56 Droit des personnes et des ménages ................................................................................ 57 JEUNES 15-24 ANS ...................................................................................................................58 MIGRATION ...............................................................................................................................60 TRANSPORT .............................................................................................................................62 BESOINS PRIORITAIRES DES MÉNAGES .......................................................................................64 PROFIL DES FEMMES CHEFS DE MENAGES ET VULNERABILITE DE LEURS MENAGES ......................65

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS GENERALES ...................................................................67 RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES .............................................................................................................70

iii

ACRONYMES
BM CUT CSPro DDSS DSM EDS EPM FAO FCS FRAM IASC IDH IFRC INSTAT McRAM OMS PAM PPN PNB PNUD SNU SPSS UN-Habitat UNDP UNESCO UNFPA UNICEF VIH Banque Mondiale Commune Urbaine de Toliara Census and Survey Processing System Direction de la Démographie et des Statistiques Sociales Direction des Statistiques des Ménages Enquête Démographique et de Santé Enquête Périodique auprès des ménages Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture Food Consumption Score Fikambanan'ny Ray Amandrenin'ny Mpianatra (Association malgache des parents d’élèves) Inter-Agency Standing Committee Indice de Développement Humain Fédération International de la Croix Rouge Institut National de la Statistique Multi-cluster Rapid Assessment Mechanism Organisation Mondiale de la Santé Programme Alimentaire Mondial Produits de Première Nécessité Produit National Brut Programme des Nations Unies pour le Développement Système des Nations Unies Statistical Package for Social Sciences United Nations Human Settlements Programme United Nations Development Program Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture Fonds des Nations Unies pour la Population Fonds des Nations Unies pour l’Enfance Virus de l’Immunodéficience Humaine

iv

LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.1 : Caractéristiques des ménages enquêtés………………………….. 17 Tableau 1.1bis : Âge moyen des chefs des ménages et taille moyenne des ménages enquêtés…………………………………………………………………………….. 17 Tableau 1.2 : Caractéristiques des membres des ménages……………………………… 18 Tableau 2.1 : Évolution des indicateurs liés à l’activité des femmes âgées de 15-64 ans entre mai et décembre 2010…………………………………………..….………… 23 Tableau 3.1 : Variation du niveau de revenu des ménages selon les principales sources de revenu……………………………..………………………………….…………… 25 Tableau 3.2: Nombre de sources de revenu des ménages ……………………………… 25 Tableau 3.3 : Variation du niveau de revenu des ménages selon le sexe du chef de ménage ……………………………..………………………………….…………… 27 Tableau 4.1 : Dépenses mensuelles des ménages pour certains produits …………… 29 Tableau 5.1 : Variation du taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans selon le niveau de revenu ménages….. ………………..……………………………. 31 Tableau 5.2 : Variation du taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans selon les caractéristiques des ménages ………………..……………………………. 32 Tableau 5.3 : Taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans en 2009/2010 et 2010/2011 selon le niveau de revenu des ménages, le sexe du chef de ménage et le sexe de l’enfant……………………………. …………………………... 33 Tableau 5.4 : Changement du type d'école ………………………………………………… 36 Tableau 6.1 : Profil de consommation alimentaire …………………………………….. 39 Tableau 7.1 : Type d'aides reçu par les ménages …………….…………………… 43 Tableau 8.1: Destination des produits d'Agriculture …………………………………….. 45 Tableau 9.1 : Source d’approvisionnement en eau………………….……………… 45 Tableau 9.2 : Principaux problèmes rencontrés par les ménages pour l'approvisionnement en eau ………………………………………………………. 46 Tableau 9.3 : Niveau de consommation en eau des ménages en m3………………….. 47 Tableau 9.4 : Niveau de consommation en eau des ménages en litres……………….. 47 Tableau 10.1 : Principales causes/Types des maladies …………………………………… 51 Tableau 11.1 : Evolution de l’appréciation des ménages sur la qualité des services de la commune et des Fokontany………………………………………………………….55 Tableau 12.1 : Opinion sur le rôle des médias dans le contexte actuel de la crise ………………………………………………………………………………….. 58 Tableau 13.1 : Opinion sur les principaux menaces à la santé des jeunes filles et des jeunes garçons…………………………………………………………………….. 59 Tableau 14.1 : Caractéristiques des migrants pendant la crise………………………….. 61 Tableau 14.2 : Lieu de provenance des migrants ……..………………………….….. 61 Tableau 14.3 : Principaux motifs de migration selon le lieu de provenance ……….……. 62 Tableau 15.1 : Fréquence de déplacements au cours du dernier jour ouvrable ayant précédé l'enquête……………………………………………………………………. 63 Tableau 15.2 :Moyen de déplacements des membres des ménages selon le sexe……………………………………………………………………………. 64 Tableau 16.1 : Opinion sur l'évolution de la situation des ménages ………………….. 65 v

LISTE DES GRAPHIQUES
Graphique 2.1 : Évolution du statut d'activité de la population entre mai et décembre 2010…………………………………………………………………………. 20 Graphique 5.2 : Évolution de la situation des jeunes 15-24 ans dans le domaine d'activité entre mai et décembre 2010……………………………………………… 23 Graphique 3.1 : Évolution du revenu des ménages entre mai et décembre 2010…………………………………………………………………… 24 Graphique 3.2 : Différence relative des proportions des ménages dirigés par une femme comparée à celles des ménages dirigés par un homme, par niveau de revenu entre mai et décembre 2010……………….………………………27 Graphique 4.1 : Dépenses moyennes mensuelles des ménages (pour ceux qui ont engagés des dépenses) selon les types de dépenses effectuées au ours du mois qui a précédé l'enquête ………………………………………… 28 Graphique 4.2 : Évolution de la part du revenu consacrée aux dépenses alimentaires entre mai et décembre 2010 ………………………………….…………… 29 Graphique 5.1 : Évolution du taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans entre 2009/2010 et 2010/2011…………..………………………………… 31 Graphique 5.2 : Évolution des taux nets de scolarisation des enfants au cycle primaire et au cycle secondaire entre 2008/2009, 2009/2010 et 2010/2011……… 34 Graphique 5.3 : Problèmes d'accès des enfants à l'éducation …………………………… 37 Graphique 6.1 :Évolution des taux de l’insécurité alimentaire des ménages entre mai et décembre 2010…………………………………………….………… 39 Graphique 6.2 : Evolution des prix du PPN à la consommation à Toliara entre janvier et octobre 2010………………………………..………………………… 41 Graphique 7.1 : Évolution de la proportion des ménages ayant eu des difficultés financières ou en nourriture entre mai et décembre 2010……………….42 Graphique 7.2 : Pourcentage de ménages qui déclarent recourir à l'aide d'individus/groupes lors des dernières difficultés dans le ménage (insuffisance d'argent, de nourriture)……………………………………… 43 Graphique 8.1 : Pourcentage des ménages qui ont déclaré pratiquer l'agriculture et l'élevage …………………………………………………………….……… 44 Graphique 9.1 : Dépenses (en Ariary) mensuelles moyennes en eau selon le niveau de vie des ménages et selon la disponibilité de branchement particulier dans le ménage en mai et en décembre 2010……………………………... 48 Graphique 10.1 : Morbidité durant la semaine ayant précédé l'enquête dans la commune urbaine de Toliara selon le groupe d'âge en mai et décembre 2010…………………………………………………………………… 51 Graphique 10.2 : Évolution des pourcentages des malades emmenés en consultation médicale entre mai et décembre 2010…………………..………… 52 Graphique 11.1 : Les services les plus appréciés par les ménages et évolution entre mai et décembre 2010…………………………………………………………… 54 Graphique 11.2 : Les services les moins appréciés par les ménages et évolution entre mai et décembre 2010…………………………………….………………… 54 Graphique 13.1 : Pourcentage des répondants qui estiment que les jeunes ont accès à des espaces de loisirs/espaces publics, selon le groupe d'âge ……… 58 vi

Graphique 13.2 : Répartition des répondants selon leur opinion quant à l'engagement des jeunes dans la ville de Toliara dans la vie communautaire…………… 60 Graphique 13.3 : Répartition des répondants selon leur degré d’optimisme quant à l'avenir des jeunes……………………………………………..………………………60 Graphique 14.1 : Pourcentage des membres des ménages qui ont déjà vécu hors de leur Fokontany de résidence actuelle pendant une période de plus de 6 mois, et qui sont arrivés dans le Fokontany à partir de janvier 2009, par sexe……………………………………………………………………. 60 Graphique 16.1 : Besoins prioritaires dans l'immédiat exprimés par les ménages … 64 Graphique 16.2 : Besoins prioritaires dans le long terme exprimés par les ménages … 64

vii

RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Depuis le début de l’année 2009, Madagascar s’est engouffrée dans une situation de crise politique dont l’issue reste jusque là incertaine. La population fait face à plusieurs défis suite à la fermeture et/ou aux difficultés financières de certaines entreprises, le manque de subvention de l’Etat pour l’éducation, la diminution des touristes, etc dus à la crise. On assiste à une perte d’emploi, une diminution de revenus des populations, une baisse du pouvoir d’achat …., ce qui ne sera pas sans conséquence sur la situation socio-économique et les comportements des ménages. Les habitants de la ville de Toliara ne sont pas épargnés d’une telle situation. Afin de suivre les comportements des populations face à de telle situation et de voir l’évolution de la situation économique des ménages durant la période de crise, les Nations Unies ont mis en place un mécanisme rapide d’évaluation multi secteur (McRAM). Initialement conduite exclusivement dans la ville d’Antananarivo, cette évaluation a été élargie dans la ville de Toliara et dans le milieu rural afin d’avoir une vue plus globale de l’impact de la crise sur les ménages et pour répondre aux besoins des membres du groupe de travail inter-agence des Nations Unies. Cette enquête constitue la deuxième série du genre menée dans la ville de Toliara. Les résultats de l’enquête ont montré que pour s’ajuster aux effets de la crise, de nombreuses stratégies sont adoptées par les ménages. Les populations ne semblent pas abattues de leur situation, elles demeurent combatives avec une réelle envie de s’en sortir pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants (ATD Quart Monde, 2010). Au vu de l’évolution des principaux indicateurs sélectionnés, d’une manière générale, les ménages de la ville de Toliara présentent une assez forte capacité de résilience face à la situation de la crise qui prévaut dans le pays. Il est laissé au soin du lecteur de découvrir plus en détails les différentes analyses effectuées. Néanmoins, les lignes qui suivent présentent les résumés des principaux résultats qui sont ressortis dans les différents domaines touchés par cette étude. Ils proviennent essentiellement des informations recueilles auprès de 405 ménages qui ont été interviewés avec succès. L’analyse de l’évolution des indicateurs a été rendue possible grâce à l’utilisation des données de l’enquête McRAM RoundI menée dans la même ville en mai 2010. CARACTÉRISTIQUES DE L’ECHANTILLON Il n’y a pas eu de variation significative des caractéristiques de l’échantillon par rapport à l’enquête précédente. Constitués en moyenne de 5 personnes, les ménages de la ville de Toliara sont d’une taille assez élevée. Près de trois ménages sur dix (29,1%) sont dirigés par une femme. Les chefs de ménages sont en moyenne âgés de 41,2 ans, les femmes chefs de ménages sont relativement plus âgées que leurs homologues de sexe masculin.

1

Au total, les ménages comportent 2022 membres, âgés en moyenne de 22,7 ans et répartis de façon quasi-équitable selon le sexe (50,7% de femmes et 49,3% d’hommes). Les enfants en âge de scolarisation (6 à 17 ans) représentent 32,1% et les jeunes de 15-24 ans 23,3% de l’ensemble de ces individus. D’une manière générale, la population de la ville de Toliara a un niveau d’instruction relativement faible : près d’une personne sur dix parmi celles âgées de 15 ans ou plus n’a jamais été à l’école et moins d’un cinquième (17,7%) ont au moins achevé le cycle secondaire.
ACTIVITÉS ECONOMIQUES

Une perte d’emploi au niveau de certains hommes chefs de ménage et un retrait de certaines personnes en âge de travailler ont été enregistrés entre mai et décembre 2010. Les perspectives professionnelles des jeunes sont de plus en plus sombres. Par contre, la situation s’est améliorée au niveau des femmes chefs de ménage âgées de 15 à 49 ans. Une perte d’emploi des hommes chefs de ménage âgés de 15 à 64 ans, y compris ceux âgés de 15 à 49 ans, entre mai et décembre 2010 a été enregistrée. Elle s’est traduite par une baisse significative de la proportion d’hommes de ces deux groupes qui ont déclaré travailler, passant respectivement de 91,1% à 85,1% et de 94,3% à 87,9% durant la période. Par contre, la situation des femmes chefs de ménage âgées de 15 à 49 ans s’est améliorée, le pourcentage de celles qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête a nettement augmenté, passant de 77% à 92,8% pendant la période. Ceci n’est pourtant pas le cas, si l’on considère l’ensemble des femmes chefs de ménages âgées de 15 à 64 ans. Par ailleurs, on note une baisse significative de la proportion des personnes âgées de 15-64 ans ayant un statut actives inoccupées et d’une hausse significative de la proportion des personnes inactives de ce groupe d’âge. Cette situation traduirait un découragement de certaines personnes âgées de 15-64 ans à chercher du travail, notamment parmi les femmes et les jeunes 15-24 ans. En effet, alors que les personnes qui sont occupées sont restées quasi-stables entre mai et décembre 2010, les pourcentages des personnes ne cherchant pas de travail aussi bien par rapport à celles qui ne travaillent pas qu’à celles qui sont inactives, quant à eux, ont nettement augmenté. Les femmes présentent toujours une plus grande vulnérabilité que les hommes en termes d’activités. Malgré une diminution du taux de chômage au sein de leur groupe1, elles restent de loin plus touchées par le chômage que les hommes (taux de chômage 23,7% chez les femmes - contre 13,6% chez les hommes), ayant du mal à s’intégrer dans le milieu de travail par rapport à ces derniers. Enfin, de par la faible qualification des jeunes de 15-24 ans et leur manque d’expérience, les perspectives d’intégration professionnelle des jeunes sont de plus en plus sombres. Le taux de chômage reste très élevé dans ce groupe et de plus en plus de jeunes sans emploi se replient dans leur situation et ne cherchent pas de travail.

1

Le taux de chômage chez les femmes est passé de 29,2% à 23,7% entre mai et décembre 2010.

2

REVENU ET DEPENSES DES MENAGES

La situation économique des ménages de la ville de Toliara d’une manière générale et celle des ménages dirigés par une femme en particulier, s’est améliorée durant la période de mai à décembre 2010. Toutefois, leurs conditions de vie restent toujours précaires. Avec un faible revenu mensuel, les ménages de la commune urbaine de Toliara vivent dans une précarité persistante mais dont l’intensité semble avoir nettement reculé. Près d’un tiers des ménages, soit 32,7%, gagnent un revenu mensuel de moins de 100.000 Ariary, cette proportion était de l’ordre de 44% en mai 2010. Une diminution de la diversification des sources de revenu des ménages a été observée sans que cela ait une répercussion négative sur le niveau de revenu des ménages. Elle a été accompagnée d’une amélioration des revenus des ménages tirés d’une seule et deux sources de revenu entre mai et décembre 2010. Les ménages dirigés par une femme demeure plus vulnérables par rapport à ceux dirigés par un homme, mais leur vulnérabilité par rapport à ces derniers s’est atténuée durant la période. Après l’alimentation qui absorbe près de 60%2 des revenus des ménages, le loyer, le transport, l’éducation et la santé constituent les rubriques qui engagent les plus de dépenses dans les ménages. Aucune variation statistiquement significative des dépenses autres que l’alimentation n’a été observée, excepté pour les dépenses en combustible. Néanmoins, une diminution significative des dépenses en combustible et pour le loyer a été particulièrement notée pour les ménages ayant un revenu de moins de 100.000 Ariary et ceux qui ont un revenu compris entre 100.000 et 300.000 Ariary. La part des revenus consacrée à l’alimentation, quant à lui, a connu une baisse, elle était de 64,5% en mai 2010. Cette baisse a été particulièrement marquée au niveau des ménages dont le revenu est compris entre 100.000 et 300.000 Ariary (passant de 63% à 57,3%).
EDUCATION

L’extrême pauvreté constitue un obstacle pour l’accès des enfants à l’école, y compris ceux qui sont en bas âge. La période a été marquée par un renforcement de l’exclusion scolaire des enfants issus des ménages très pauvres. On note néanmoins une certaine valorisation de l’éducation par les autres ménages. D’une manière générale, les résultats n’ont pas montré de variation significative des indicateurs liés à la scolarisation. Les différences des taux d’inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans entre 2009/2010 et 2010/2011 ne sont pas statistiquement significatives, quelle que soit la tranche d’âge considérée. Respectivement 91,3%, 87% et 70,8% des enfants âgés de 6 à 10 ans, de 11 à 14 ans et de 15 à 17 ans ont été inscrits à l’école pour l’année scolaire 2010/2011.

2

Ou plus précisément 59,2%

3

Malgré les difficultés engendrées auxquelles les ménages sont confrontés, les résultats ont révélé une certaine valorisation de l’éducation des enfants par les ménages. Aussi, a-t-on noté :  une nette augmentation de l’inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans dans la catégorie des ménages dont le revenu est compris entre 50.000 et 100.000 Ariary résultant de l’atténuation de la précarité des ménages, enfants qui étaient parmi les plus défavorisés en mai 2010. La proportion des enfants âgés de 6 à 10 ans issus des ménages de cette catégorie est passée de 77,8% en mai 2010 à 92,8% en décembre 2010, soit une augmentation de 15 points ;  un changement de type d’école fréquentée par les enfants comme stratégie pour maintenir la scolarisation des enfants : on note à cet effet un transfert de 7% des enfants d’une école privée vers une école publique, près de cinq fois plus important que le transfert du public vers le privé (1,3%). Toutefois, les résultats ont particulièrement révélé que l’extrême pauvreté constitue un obstacle majeur à la scolarisation des enfants. Les enfants issus des ménages les plus pauvres (à revenu inférieur à 50.00 Ariary), y compris ceux qui sont en bas âge, sont de plus en plus victimes d’une exclusion scolaire. On assiste ainsi à un phénomène de transmission verticale de pauvreté. De plus, une discrimination sexuelle en matière de scolarisation en défaveur des filles âgées de 11 à 14 ans et une différenciation selon le sexe du chef de ménage à l’encontre des enfants de cette tranche d’âge issus des ménages dirigés par une femme a apparu au cours de l’année scolaire 2010/2011. Ces situations méritent d’être surveillées pour voir si cela se renforce au fur et à mesure que la crise perdure. Les enfants qui accusent un retard dans la scolarisation sont les plus susceptibles d’être retirés de l’école en cas de difficultés. De plus, en se référant aux réponses des enquêtés, les problèmes financiers constituent toujours des obstacles majeurs pour l’accès des enfants à l’école. Plus de la moitié des ménages (53,6%) a cité le manque d’argent parmi les problèmes majeurs auxquels ils sont confrontés pour assurer l’accès des enfants à l’école. Deux ménages sur cinq (39,5%) ont déclaré avoir eu une difficulté à payer tous les frais liés à la scolarité et il y a une augmentation considérable des ménages ayant rapporté une augmentation des frais de scolarité entre les deux années scolaires successives (87,2% en décembre 2010 vs 55,1% en mai 2010). De même, 3,3% des ménages adoptent « ne plus envoyer les enfants à l’école » comme stratégie d’adaptation à la crise.
SECURITE ALIMENTAIRE

La situation en matière de sécurité alimentaire des ménages s’est globalement améliorée durant la période. Néanmoins, l’insécurité alimentaire reste un fléau à combattre dans la ville de Toliara. Bien que la sécurité alimentaire se soit stabilisée autour de 60,6%, près de trois ménages sur dix (28,5%) se trouvent toujours dans une situation d’insécurité alimentaire sévère. Néanmoins, sa sévérité s’est atténuée par rapport à celle d’en mai 2010 où la proportion des ménages en insécurité alimentaire sévère était de 34%. De plus, les ménages en insécurité 4

modérée sont passés de 5,5% à 10,9%. Parmi tant d’autres facteurs, l’amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme et l’apparition sur le marché des PPN à des prix subventionnés (TSENA MORA) peu avant la période de l’enquête ont probablement contribué à l’amélioration du niveau de sécurité alimentaire des ménages en général. Les ménages les plus pauvres sont surtout ceux qui ont pu profiter de ces situations.
RESEAU SOCIAL

Un réseau social fonctionnel d’une même structure que celle observée en mai 2010 demeure disponible pour aider les populations à faire face aux difficultés financières ou en alimentation. Environ quatre ménage sur cinq (81,7%) ont déclaré avoir eu des difficultés depuis le mois de mai, proportion un peu plus faible que celui enregistré en mai 2010 qui était de 87,5%. Les familles proches ont été les plus sollicitées par les ménages pour les aider à surmonter ces difficultés (47,2%). Elles sont suivies des amis (29,4%), des membres du voisinage (13,6%) et des collègues de travail (5,1%). Néanmoins, le recours au réseau social semble s’amoindrir entre mai et décembre 2010. Le pourcentage de ménages ayant déclaré n’effectuer aucun emprunt ni solliciter de l’aide d’une autre personne/un autre groupe lors de la dernière difficulté a augmenté, passant de 11,6% à 18,2% entre mai et décembre 2010. Cette situation est probablement due à l’atténuation de la précarité de la situation économique des ménages et/ou traduit une plus grande capacité des ménages à s’adapter à la situation de crise. AGRICULTURE URBAINE La pratique de l’agriculture demeure faible dans la ville de Toliara. La recrudescence de l’insécurité surtout pendant la période de crise est un réel problème et constitue un obstacle dans la pratique de l’élevage, le type d’agriculture le plus pratiqué dans la ville. Enfin, la pêche constitue un domaine de l’agriculture qui attire de plus en plus de ménages. Les résultats n’ont montré aucune différence statistiquement significative sur les proportions de ménages pratiquant l’agriculture et l’élevage en mai et en décembre 2010. En décembre 2010, 1% de l’ensemble des ménages ont déclaré pratiquer de l’agriculture et près de 17% font l’élevage. Par contre, les ménages pratiquant la pêche est passée du simple au triple au cours de cette période (1,2% en mai et 3,6% en décembre 2010). Toutefois, on note particulièrement une baisse significative des ménages qui font l’élevage bovins (passant de 8,6% en mai à 2,9% en décembre 2010), dû entre autres par le problème de vol des animaux, qui a été cité parmi les obstacles majeurs rencontrés par les ménages éleveurs dans la pratique de leur activité. Les produits de l’agriculture, quel que soit le type, sont dans la majorité destinés à la consommation familiale, pour les aider à couvrir les besoins alimentaires.

5

EAU, ASSAINISSEMENT ET HYGIENE La presque totalité des ménages a accès à l’eau mais sont confrontés à des difficultés notamment relatives à la cherté de l’eau et à la longue queue pour s’en procurer. Les ménages continuent à afficher des comportements peu appropriés en matière d’hygiène. Malgré une amélioration, le lavage des mains avec du savon demeure loin d’être systématique. La situation des ménages en matière d’accès à l’eau est semblable à celle de mai 2010. Pour s’approvisionner en eau de boisson, la grande partie des ménages de Toliara (99,3%) utilise des sources améliorées (branchements particuliers 36,4% et des bornes fontaines 62,2%). L’approvisionnement auprès d’une source non améliorée (à travers l’utilisation de puits traditionnels et de source non protégée) concerne 0,7% des ménages. Néanmoins, la cherté de l’eau et le temps d’attente pour avoir de l’eau constituent les principaux problèmes d’accès à l’eau évoqués par les ménages. D’une manière générale, les conditions semblent réunies pour la majorité des ménages de la ville de Toliara (pour au moins les deux tiers des ménages) afin de leur permettre de veiller à l’hygiène corporelle et l’hygiène dans le ménage : (1) accès favorable à l’eau (malgré les difficultés, la grande partie des ménages de la commune urbaine de Toliara a un accès à une quantité suffisante d’eau pour satisfaire à leurs besoins en eau quotidiens) (2) une possibilité de la majorité des ménages d’utiliser des latrines pour faire leurs besoins (90,4% dont 68,7% des latrines partagés avec plusieurs ménages, 25,8% des latrines propres à leurs ménages, 5,2% des latrines publiques) (3) une plus grande disponibilité de savon dans les ménages (77,8% des ménages ayant de façon permanente du savon à leur disposition contre 74,5% en mai 2010). Toutefois, ils ont des comportements peu appropriés en matière de lavage des mains. Malgré une hausse de la proportion des ménages ayant déclaré utiliser systématiquement du savon pour se laver les mains, près de la moitié des ménages (49%) ne fait pas toujours usage systématique de savon pour se laver. La non utilisation de savon s’explique en grande partie par une simple mauvaise habitude (60,6%) et un manque d’argent (37%). SANTE Le niveau de morbidité est élevé dans la ville de Toliara, en particulier parmi les enfants de moins de 5 ans. Les raisons de non recours aux soins modernes en cas de maladie sont avant tout d’ordre économique. Les résultats indiquent une forte morbidité au cours de la semaine qui a précédé l’enquête, notamment chez les enfants de moins de cinq ans. Le taux de morbidité s’élève à 11,3% (19,9% chez les enfants de moins de cinq ans et 10,2% pour les personnes âgées de 5 ans et plus)3. Sans tenir compte les maladies dont les causes n’ont pas été déclarées par les ménages ou difficiles à classer, pour les enfants de moins de cinq ans, la diarrhée/maux de ventre constitue la première cause de maladie déclarée par les ménages, elle est suivie du
3

Il convient cependant de préciser que le niveau de morbidité n’est pas strictement comparable à celui enregistré en mai 2010, ce niveau est fortement dépendant de la période de référence et de la période de l’enquête. La différence observée serait beaucoup plus liée à la saisonnalité de la morbidité.

6

paludisme et de la grippe. Pour les personnes âgées de cinq ans et plus, le paludisme occupe le premier rang des maladies responsables de leur morbidité. Viennent ensuite la grippe et la diarrhée/maux de ventre. Le recours aux soins au cours d’un épisode de maladie (69,2%) est d’une manière générale, relativement important. Il l’est davantage pour les enfants de moins de cinq ans pour lesquels presque 74,7% ont fait l’objet d’une consultation médicale lorsqu’ils étaient malades. Le recours aux soins médicaux a concerné 67,8% des personnes âgées de plus de cinq ans. Les raisons financières priment sur la décision de non consultation médicale, quel que soit l’âge des malades. HABITAT D’une manière générale, les ménages ont des appréciations plus positives sur la qualité des services rendus par la commune. D’une manière générale, les ménages ont une meilleure appréciation sur la qualité des services rendus par la commune par rapport à mai 2010. Excepté les services liés à l’approvisionnement en eau potable et au ramassage d’ordures, le niveau de satisfaction des ménages pour les différents services rendus par la commune s’est nettement amélioré par rapport à celui enregistré en mai. Les services liés à la circulation routière, la sécurité et les transports collectifs constituent en décembre 2010 les services les plus appréciés, les améliorations y ont été particulièrement élevées. Le niveau de satisfaction des ménages pour les services d’approvisionnement en eau potable, qui ont été les plus appréciés en mai 2010, reste parmi les plus élevés bien qu’il ait diminué légèrement. En revanche, les services les moins appréciés en décembre concernent l’évacuation des eaux usées, les eaux de pluie, le ramassage d’ordures et les services des hôpitaux. Les services des Fokontany ont toujours été parmi les plus appréciés des ménages. Toutefois, on n’enregistre pas une amélioration de l’appréciation des ménages sur la qualité de leurs services. Le pourcentage des ménages satisfaits de leurs services est resté autour de 80%. ETAT DE DROIT ET JUSTICE Le sentiment d’insécurité au niveau des ménages est largement répandu dans la ville de Toliara. Le problème d’insécurité touche particulièrement les ménages dirigés par une femme. Près de 4% des ménages (3,7%) ont déclaré avoir des enfants victimes d’une ou une autre forme d’agression/violence et 3,9% d’entre eux ont fait l’objet d’un départ d’un ou plusieurs enfants de moins de 18 ans pour aller vivre ailleurs. L’agression/violence faite aux enfants rapportée par les ménages se présente principalement sous forme de privations fréquentes (33,7%) et de châtiments corporels (20,3%). Les ménages ayant cité l’agression verbale/insulte a fortement chuté, passant de 45,5% à 6,4%. De même, le rapport des ménages sur les cas d’abandon des parents, nocifs pour l’épanouissement des enfants, a nettement régressé dans la ville de Toliara, passant de 17,7% en mai à 6,3% en décembre 2010. 7

Les problèmes rapportés relatifs aux violences faite aux femmes demeurent d’une importance assez élevée et nécessitent des actions spécifiques afin de préserver leurs droits : la violence conjugale (cité par 49,3% des ménages), le harcèlement psychologique (26,8%). D’autres formes de violence existent mais ont été rapporté beaucoup moins fréquemment par les ménages. En dehors des problèmes de viols faits aux femmes, rapportés par 7,3% des ménages, elles ont été citées par moins de 3% des ménages. Enfin, les résultats indiquent une violation du droit des personnes par rapport à leur liberté de circulation et de vivre en sécurité. On a noté une hausse de près de 40 points du pourcentage des ménages ayant exprimé un sentiment d’insécurité entre mai et décembre (passant de 37,7% en mai 2010 à 77% en décembre 2010). De plus, près de 6% des ménages (5,6%) ont déclaré avoir été victimes d’acte de violence, de vandalisme ou de vol par des groupes/individus isolés. Les ménages dirigés par une femme sont les plus touchés par ce problème (7,5%), une proportion qui est le double de celle des ménages de ce groupe qui ont en été victimes en mai (3,8%). Par ailleurs, près de 20% des ménages ne jouissent pas de leurs droits d’informations, soit parce qu’ils n’en ont pas accès faute de moyens, soit parce qu’ils ne s’y intéressent plus vu le rôle parfois non approprié (provocateur) joué par les média dans la diffusion des informations. JEUNES 15-24 ANS Selon les opinions des répondants, les conditions actuelles demeurent peu favorables pour le développement et l’épanouissement des jeunes de 15 à 24 ans. L’entrée précoce des jeunes dans l’activité économique et leur difficulté d’insertion dans le marché de travail constituent des facteurs qui risqueraient de compromettre leur développement personnel. De plus, seuls 9,3% des enquêtés pensent qu’il y a suffisamment d’espaces de loisirs et d’espaces publics qui sont à la disposition de ces jeunes. Selon les déclarations des répondants, jouer pour l’argent (miloka) occupe le deuxième rang, après le sport (cité par 76,2% des répondants), des divertissements des jeunes quand ils ont du temps libre. Ce type d’activité peut cependant s’avérer préjudiciable et constituer une entrave à leur développement et à leur épanouissement. En effet, il est reconnu que les endroits qu’ils fréquentent pour ce genre d’activités et pendant les moments où ils les exercent sont propices pour les tentations relatives à la prise de différents types de stupéfiants (l’alcool, la drogue et le tabac). Ces derniers ont d’ailleurs été évoqués par une grande partie des répondants comme les trois principales menaces à la santé des jeunes garçons (cités respectivement par 76,5%, 66,8% et 50,8% des répondants). Pour les jeunes filles de 15-24 ans, leur santé pourrait être avant tout fragilisée par les risques liés à une grossesse précoce auxquels elles sont exposées (cité par 58,8% des enquêtés). Les deux autres principales menaces à leur santé sont constituées du problème de VIH/Sida (cité par 35,2%) et de l’alcool (33,5%). Aussi, presque les deux cinquièmes (37,3%) des répondants ont jugé que les jeunes s’engagent peu ou pas du tout dans la société. De plus, un peu plus d’un cinquième (20,9%) des enquêtés déclarent qu’ils ne sont pas du tout optimistes quant à l’avenir des jeunes

8

MIGRATION La migration pendant la crise a un caractère urbain et essentiellement interne, motivée principalement par le regroupement familial suivi des raisons économiques.

La migration pendant la crise touche environ 12% de la population de la commune urbaine de Toliara, parmi lesquels 71,2% entre janvier et mai 2010 et le reste (28,8%, soit 3,5% de la population totale) après mai 2010. Les migrants proviennent essentiellement d’un milieu urbain (65,7% dont 50,9% issus d’un autre fokontany de la commune urbaine et 14,7% provenant d’un autre Fivondronana urbain). La migration rural-urbain pendant la période de référence concerne 34,3% de la population totale. Le retour à la famille et la raison économique constituent les deux principales motivations de migration depuis janvier 2009. Elles sont à l’origine de presque 56,8% des migrations. Elles sont suivies du confiage à la famille, du déménagement pour la recherche de loyer moins cher et des raisons scolaires qui ont été cités respectivement par environ 11% des migrants. TRANSPORT L’ampleur et les caractéristiques des déplacements dans la ville de Toliara sont quasiidentiques à ce qui a été observé en mai 2010. On n’enregistre aucune différence significative sur les caractéristiques des déplacements entre mai et décembre 2010. Près des trois quarts de la population (75,4%) ont effectué un déplacement (de plus de 200 mètres) au cours de la journée du dernier jour ouvrable qui a précédé l’enquête, avec une moyenne de 3,09 déplacements. Presque 83% des déplacements ont été effectués à pied4. Les bicyclettes/moto (utilisés pour environ 11% des déplacements) constituent le deuxième moyens de déplacements le plus utilisé. L’utilisation de voiture personnelle reste l’apanage d’une minorité de la population (1,3% des déplacements). BESOINS PRIORITAIRES DES MÉNAGES Les ménages expriment les mêmes aspirations concernant les besoins prioritaires qu’en mai 2010. En revanche, ils manifestent une opinion plus négative quant à l’évolution de la situation de leurs ménages. Quelle que soit la période considérée, les trois principaux besoins exprimés restent les mêmes que ceux qu’ils ont cités en mai 2010. Dans l’immédiat, il s’agit, par ordre d’importance, du travail (cités par 53,9% des ménages), de l’alimentation (48%) et la

4

A noter que si on considère les individus comme unité de mesure, on enregistre 82,8% de personnes qui se sont déplacées ayant exclusivement marché à pied pour effectuer tous les déplacements de la journée. Le pourcentage reste toujours élevé, la distance minimum de 200 mètres pour considérer un déplacement semble trop petite pour pouvoir cerner les problèmes de la population en termes de déplacement pendant la crise.

9

disponibilité des aides sociales (accessibilité à des fonds de crédit pour améliorer leurs activités ou démarrer une nouvelle) (31,7%). Pour le long terme, les principaux souhaits manifestés par les ménages concernent l’habitat (59,2%), le travail (33,5%) et l’éducation des enfants (32,5%). En ce qui concerne l’évolution de la situation des ménages, on note toutefois des opinions plus négatives des ménages. L’optimisme des ménages a baissé et s’est traduit par un recul de près de 8 points de la proportion des ménages qui espèrent une amélioration de leur situation (passant de 34,3% à 26%). Par ailleurs, près de la moitié des ménages de cette ville (45,3%) pense que leur situation n’évoluera pas, alors qu’ils étaient près du quart des ménages à avoir une telle opinion en mai 2010. PROFIL DES FEMMES CHEFS DE MÉNAGES ET VULNÉRABILITÉ DE LEURS MÉNAGES Trois points de vulnérabilité ménages dirigés par une femme comparés à ceux dirigés par un homme ont été ressortis de l’analyse : en terme de revenu, de scolarisation des enfants et de sécurité. Leur vulnérabilité en terme de revenu s’est nettement atténuée entre mai et décembre 2010. Près de trois ménages sur dix sont dirigés par une femme (29,1%). Ils sont majoritairement monoparentaux (92,5%). Les femmes chefs de ménages sont majoritairement des veuves/divorcées/séparées (73,1%). Toutefois, parmi elles, 6,7% se déclarent chef de ménage, étant dans un statut de « mariée », et ceci, dans la majorité des cas dû à l’absence du mari dans le ménage. Les femmes chefs de ménage sont relativement âgées (44,6 ans en moyenne). Environ 22% d’entre elles ne sont pas occupées au moment de l’enquête5 (18,5% inactives et 3,3% actives inoccupées), dépendant en grande partie d’autres personnes pour subvenir aux besoins de leurs ménages. Celles qui travaillent sont en majorité dans le commerce (46,1%), dans services personnels/domestiques (22,3%) et dans service administratif/public (14,3%). Les ménages dirigés par une femme présentent une plus grande vulnérabilité en termes de revenu, de scolarisation des enfants et de sécurité si l’on compare aux ménages dirigés par un homme. Près de deux ménages sur cinq (39,3%) dirigés par une femme ont un revenu mensuel inférieur à 100.000 Ariary alors que le pourcentage correspondant est de 30% pour les ménages dirigés par un homme. Leurs enfants âgés de 6 à 17 ans ont 7% moins de chance d’être inscrits à l’école que leurs homologues qui vivent dans des ménages dirigés par un homme, le taux d’inscription étant de 80,6% pour les premiers et de 86,2% pour les derniers. Enfin, leurs ménages sont largement plus nombreux (7,5%) à avoir été victimes d’actes de violence que ceux dirigés par un homme (4,8%).

5

6% en retraite, 1,7% étudiant et 14,2% ne travaillant pas.

10

CHAPITRE 1.

CONTEXTE, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE

11

1.1. CONTEXTE La crise politique a secoué Madagascar depuis le début de l’année 2009 et n’a pas manqué de laisser différents types de chocs, bouleversant de manière particulière la sphère socioéconomique malgache. Conjuguée avec les aléas climatiques qui ne cessent d’influer chaque année sur les conditions de vie des ménages, elle ne fait qu’aggraver le phénomène de pauvreté et de vulnérabilité du pays. En 2010, avec un indice de développement humain (IDH) égal à 0,435, Madagascar est classé à la 135è place sur 169 pays, ce qui l’a fait basculé dans la catégorie des pays « à développement humain moyen » du côté des pays « à faible développement humain ». Dans le contexte qui prévaut dans le pays, la baisse des ressources du gouvernement et des revenus des ménages, la montée du chômage et toutes autres déficits qui en découlent (en terme de scolarisation des enfants, d’alimentation, de sécurité, etc), forment une menace sur les progrès du pays relatifs à tous les domaines du développement humain. Trois premières séries d’évaluations des impacts de la crise ont été menées en 2009 au niveau de 11 Fokontany de la commune urbaine d’Antananarivo sélectionnés selon leur niveau de sécurité alimentaire. Toutefois, la poursuite et l’extension de l’envergure des investigations se sont avérées nécessaires pour mieux cerner l’étendue de ces répercussions. Aussi, les membres du groupe de travail inter-agence ont-ils jugé utile d’étendre le champ de l’évaluation, non seulement dans l’ensemble de la commune urbaine d’Antananarivo, mais également dans la ville de Toliara et dans le milieu rural afin d’avoir une vue plus globale de l’impact de la crise sur les ménages. La première enquête dans la ville de Toliara a été menée en mai 2010 et a permis de disposer d’informations fiables qui serviront de base pour suivre l’évolution de la situation socio-économique des ménages de cette ville. La deuxième enquête menée en décembre 2010, qui fait l’objet de ce rapport, permettra à la fois d’évaluer la situation du moment et d’apprécier son évolution. Les enquêtes sont fondées sur l’approche McRAM ou Multi-Cluster Rapid Assessment Mechanism. Il s’agit d’une méthode multisectorielle conçue pour réaliser des évaluations d’urgence pour les réponses humanitaires. Les secteurs qui ont contribué dans le cadre des évaluations sont la santé, la violence à domicile (OMS, UNFPA), l’activité économique (BM), l’eau et assainissement (UNICEF), l’éducation (UNESCO, UNICEF), la protection y compris des enfants, l’état de droit, le réseau social, les médias (UNDP), la sécurité alimentaire et l’agriculture urbaine (FAO), l’habitat (UN-habitat et IFRC), la migration et le transport (BM) et les besoins immédiats prioritaires des ménages. 1.2. OBJECTIFS DE L’ETUDE L’objectif que cette étude s’est fixée est de suivre l’évolution de la situation des ménages de la ville de Toliara durant la crise politique, à travers la mesure des indicateurs clés minutieusement sélectionnés dans les domaines suivants :  Éducation, santé, habitat  Transport, migration  Sécurité alimentaire, activité économique, Agriculture  État de droit et justice, protection des jeunes et des enfants, violence faite aux femmes

12

1.3.

METHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE

1.3.1. Méthodologie d’échantillonnage La présente étude constitue la deuxième du genre McRAM qui concerne l’ensemble de la ville de Toliara. Afin d’une comparabilité des résultats et pour la capitalisation des acquis pendant la mise en œuvre de la première enquête, la méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude reste la même que celle qui a été utilisée pour la précédente enquête. Ainsi, un échantillon de ménages représentatifs de la ville de Toliara6 a été de nouveau tiré à travers un sondage aléatoire par grappe à deux degrés. Afin d’obtenir l’échantillon des ménages nécessaires pour assurer la représentativité au niveau de la ville de Toliara, 17 zones de dénombrement ont été tirées de façon aléatoire lors de la première enquête. Les mêmes ZD ont été retenues pour cette deuxième enquête7. Cependant, compte tenu de la mobilité des ménages de la ville de Toliara, un nouveau dénombrement exhaustif des ménages de chacune de ces zones de dénombrement a été effectué pour la mise à jour de la liste des ménages, qui servira de base pour le tirage des ménages qui feront l’objet de l’enquête. Comme cela a été le cas en mai 2010, compte tenu de la variation du nombre des ménages effectivement recensés dans les ZD lors de l’opération de dénombrement, le tirage des 425 ménages échantillons dans les ZD à été effectué à travers un tirage proportionnel à leurs tailles respectives. Au total, on a comptabilisé 18 cas d’absence et/ou de refus des ménages de participer à l’enquête sur terrain, soit un taux de réponse de 95,8%. Toutefois, aucun d’entre eux n’a fait l’objet de remplacement, sans qu’il y ait une répercussion sur l’échantillon, le taux de non réponse prévu dans le calcul de la taille de l’échantillon étant de 5%. 1.3.2. Outils de collecte de données Une mise à jour du questionnaire a été réalisée pour satisfaire les besoins en informations des clusters et pour tenir compte des leçons apprises lors de la première enquête. Des questions supplémentaires ont été ajoutées et les modalités de réponse pour certaines questions ont été ajustées en fonction des réponses fréquemment obtenues lors de la première enquête. La structure du questionnaire reste cependant identique à celle du questionnaire précédemment utilisé.

6

Pour plus de détails sur le calcul de l’échantillon et la procédure d’échantillonnage, se référer à la méthodologie dans le rapport d’enquête MCRAM Round I (mai 2010) de cette ville. 7 Les zones de dénombrement sont des aires géographiques constituées d’une partie/une/plusieurs Fokontany, dont les délimitations physiques ont été définies lors de la cartographie censitaire de l’INSTAT. La commune urbaine de Toliara comporte au total 114 ZD.

13

1.3.3. Collecte, traitement et analyse des données La collecte de donnée s’est déroulée du 03 au 12 décembre 2010. Elle a été assurée par cinq équipes constituées chacune d’un superviseur et trois enquêteurs. Comme auparavant, elle a été précédée d’une formation et de pré-test du questionnaire. Le logiciel CS-PRO a toujours été utilisé pour la saisie des données. Celles-ci ont fait l’objet de vérification et d’un apurement après le contrôle de cohérence des données. Avec le logiciel statistique SPSS, l’analyse a été effectuée de façon à pouvoir identifier l’évolution de la situation entre les deux enquêtes. Des tests de significativité sur les différences observées ont été soigneusement effectués lors de la comparaison des résultats.

14

CHAPITRE 2.

PRÉSENTATION DES RÉSULTATS

15

2.1. CARACTÉRISTIQUES DE L’ECHANTILLON Avec en moyenne 5 personnes par ménage, les ménages de la ville de Toliara sont d’une taille assez élevée, plus grande que la taille moyenne nationale (4,8). Plus du quart des ménages (26%) comptent plus de 7 personnes. Près de trois ménages sur dix (29,1%) sont dirigés par une femme. L’entrée des femmes dans la direction des ménages s’effectue majoritairement par veuvage/divorce/séparation (73,1%). Néanmoins, les femmes mariées prennent la direction des ménages en cas d’absence du mari dans le ménage (74,8%), ou simplement compte tenu de la précarité de la situation économique de leurs maris respectifs (actif inoccupé ou inactif). Pour les femmes célibataires chefs de ménages (19,3%), les résultats montrent que leur statut de chef de ménage résulte dans la majorité des cas (65,3%) de l’absence d’un homme adulte dans le ménage. Avec un âge moyen de 44,6 ans, les femmes chefs de ménage sont relativement plus âgées que leurs homologues de sexe masculin (40,8 ans). Près d’un cinquième d’entre elles (18,5%) sont inactives et 3,3% des actives inoccupées, pouvant jouer ainsi sur la vulnérabilité de leurs ménages respectifs. Les femmes chefs de ménage parmi celles qui sont occupées se trouvent majoritairement parmi les commerçants (46%), les personnes travaillant pour des services personnels/domestiques (22,3%) ou les services administratifs/publics (14,3%). Leurs ménages sont en moyenne de plus petite taille que ceux dirigés par un homme. Ces caractéristiques n’ont pas varié statistiquement par rapport à celles qui ont été enregistrées en mai 2010.

16

Tableau 1.1 : Caractéristiques des ménages enquêtés Répartition des ménages selon le sexe du Chef de Ménage (CM), l'âge du CM, le statut matrimonial du CM et la taille du ménage, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara Sexe du chef de ménage Féminin % Effectif 287 0 287 25 73 144 45 287 0,0 100,0 100,0 5,1 25,2 44,6 25,2 100,0 0 118 118 6 30 53 30 118

Caractéristiques Sexe du CM Masculin Féminin Ensemble Groupe d'âge du CM 15-24 ans 25-34 ans 35-54 ans 55 ans et plus Ensemble Statut matrimonial du CM Célibataire Marié légalement/polygame Marié coutumièrement En union libre Veuf-divorcé-séparé Ensemble Taille du ménage 1 2 3 4 5 6 7 8 9 ou plus Ensemble

Masculin % 100,0 0,0 100,0 8,7 25,3 50,3 15,6 100,0

Effectif

Ensemble % 70,9 29,1 100,0 7,7 25,3 48,7 18,4 100,0

Effectif 287 118 405 31 102 197 74 405

7,4 32,5 47,5 6,5 6,1 100,0 5,5 11,3 12,5 18,8 13,9 10,1 9,9 6,4 11,4 100,0

21 93 136 19 18 287 16 32 36 54 40 29 29 18 33 287

19,3 3,3 3,4 0,9 73,1 100,0 13,3 13,5 19,7 10,2 13,4 8,4 6,6 6,7 8,3 100,0

23 4 4 1 86 118 16 16 23 12 16 10 8 8 10 118

10,9 24,0 34,7 4,9 25,6 100,0 7,8 11,9 14,6 16,3 13,8 9,6 9,0 6,5 10,5 100,0

44 97 140 20 104 405 32 48 59 66 56 39 36 26 43 405

Tableau 1.1bis : Caractéristiques des ménages Âge moyen des chefs des ménages et taille moyenne des ménages enquêtés, par sexe du chef de ménage, Enquête McRAM Round II, Décembre 2010 Toliara. Sexe du chef de ménage Caractéristiques Taille moyenne Âge moyen du chef de ménage Effectif Homme 5,2 40,8 287 Femme 4,5 44,6 118 Ensemble 5,0 41,9 405

Les ménages enquêtés sont composés de 2022 individus, répartis de façon quasi-équitable selon le sexe (50,7% de femmes et 49,3% d’hommes). Ils sont âgés en moyenne de 22,7

17

ans. Les enfants en âge de scolarisation (6 à 17 ans) représentent un peu moins du tiers (32,1%) des membres des ménages. Les jeunes de 15-24 ans, quant à eux, constituent environ 23,4% de l’ensemble de ces individus. D’une manière générale, la population de la ville de Toliara a un niveau d’instruction relativement faible. En effet, près d’une personne sur dix des personnes âgées de 15 ans ou plus (9,5%) n’a jamais été à l’école et moins d’un cinquième d’entre eux (17,7%) ont au moins achevé le cycle secondaire. Enfin, près de la moitié des individus âgés de 12 ans et plus (49,3%) ont un statut de célibataire, un peu plus du tiers (36,1%) vivent en union (légalement ou non). Les personnes qui ont été déclarées absentes sont très minoritaires mais ils sont un peu plus nombreux par rapport à ce qui a été enregistré en mai 2010, représentant environ 3% de l’ensemble des membres des ménages8.
Tableau 1.2 : Caractéristiques des membres des ménages Répartition des individus dans les ménages enquêtés selon le groupe d'âge, le niveau d'instruction, le statut matrimonial et le statut de résidence des membres des individus, par sexe, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara. Sexe Masculin Féminin Ensemble Caractéristiques Sexe Masculin Féminin Ensemble Groupe d'âge <6 ans 6-10 ans 11-14 ans 15-17 ans 18-24 ans 25-34 ans 35-54 ans 55 ans et plus Ensemble Niveau d'instruction des 15 ans et plus Aucune instruction/Préscolaire Primaire incomplet Primaire complet Secondaire incomplet Secondaire complet Supérieur ND/NSP Ensemble % 100,0 0,0 100,0 14,7 14,3 11,2 7,4 16,3 13,7 17,3 5,1 100,0 Effectif 996 0 996 146 143 112 74 162 137 172 51 996 % 0,0 100,0 100,0 14,2 12,9 9,0 9,3 13,7 16,1 19,0 5,9 100,0 Effectif 0 1 026 1 026 146 133 92 95 140 165 195 60 1 026 % 49,3 50,7 100,0 14,4 13,6 10,1 8,4 15,0 14,9 18,1 5,5 100,0 Effectif 996 1 026 2 022 292 275 204 169 302 302 366 111 2 022

9,0 16,0 8,1 44,1 12,5 9,8 0,5 100,0

54 95 48 263 75 58 3 596

10,0 18,7 9,5 47,6 7,8 5,7 0,7 100,0

66 123 62 312 51 37 5 656

9,5 17,4 8,8 45,9 10,1 7,6 0,6 100,0

119 218 110 575 126 95 8 1 252

8

Les raisons d’absence évoquées sont diversifiées, elles sont principalement liées au travail, à la visite à la campagne et à des raisons sociales.

18

Statut matrimonial des 12 ans et plus Célibataire Marié légalement/polygame Marié coutumièrement En union libre Veuf-Divorcé-Séparé Ensemble Statut de résidence Résident présent Résident absent Ensemble 54,8 14,5 22,1 3,7 4,8 100,0 97,0 3,0 100,0 374 99 151 25 33 683 966 30 996 44,1 13,8 21,7 3,5 16,9 100,0 97,2 2,8 100,0 319 100 157 25 122 724 997 29 1 026 49,3 14,2 21,9 3,6 11,0 100,0 97,1 2,9 100,0 694 199 308 51 155 1 407 1 964 59 2 022

2.2. EMPLOI/ACTIVITÉS Avant de présenter les résultats proprement dits, il convient de rappeler ici quelques définitions des concepts utilisés : • Population potentiellement active (en âge de travail) : Ensemble de la population âgée de 15 à 64 ans • • • Population active : Ensemble de la population âgée de 15 à 64 ans qui travaillent ou qui cherchent un emploi au moment de l’enquête Population active occupée : Population âgée de 15 à 64 ans qui travaillent Population active inoccupée (chômeur dans le sens large) : Population en âge de travailler (15 à 64 ans) dépourvu d’emploi et qui est à la recherche de travail (que ce soit le premier emploi ou non) • Population inactive : Population âgée de 15 à 64 ans qui n’est pas encore ou n’est plus sur le marché du travail (étudiants, retraités, handicapés, femmes au foyer…) Le taux d’activité se définit ainsi par le rapport entre l’effectif total de la population active (occupée ou non) et l’effectif de la population potentiellement active. Le taux d’occupation se calcule par le rapport entre l’effectif total de la population active occupée et l’effectif de la population active. Le taux de chômage se définit par le rapport de l’effectif total de la population active inoccupée et l’effectif de la population active. 2.2.1. Situation des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l’activité économique En décembre 2010, un peu plus de la moitié (52,3%) la population âgée de 15 à 64 ans de la commune urbaine de Toliara sont des personnes actives occupées (c’est-à-dire travaillent au moment de l’enquête) et 12,1% d’entre elles ne travaillent pas mais sont à la recherche d’un emploi. Les personnes inactives (étudiants, femmes au foyer, inaptes ou handicapés, etc) représentent 35,6% de l’ensemble de cette population (graphique 2.1). Le niveau de chômage dans la ville de Toliara reste assez élevé, presque un cinquième des populations actives (18,8%) sont touchés par le chômage.

19

Graphique 2.1 : Évolution du statut d'activité de la population de la ville de Toliara entre mai et décembre 2010
100 80

% ménages

60 40

53,9

52,3 35,6

31,3 14,8 12,1

20 0

Mai 2010 (McRAM I Toliara)
Sources : MCRAM Round I Mai 2010 (N=1317, MCRAM Round II Décembre 2010 (N=1212)

Décembre 2010 (McRAM II Toliara) Actifs occupés Actifs non occupés Inactifs

Cette structure de la population selon le statut d’activité a changé significativement par rapport à celle qui a été observée en mai 2010. Une baisse significative du pourcentage des personnes âgées de 15 à 64 ans qui ne travaillent pas et sont à la recherche d’un emploi (ayant ainsi un statut d’actives inoccupées) a été enregistrée entre mai et décembre 2010, passant de 14,9% à 12,1% au cours de cette période. Cette baisse s’est accompagnée d’une hausse significative des personnes inactives et pas celles qui sont occupés. Aussi, alors que le pourcentage des personnes occupées reste quasi-stable entre mai et décembre 2010 (53,8% en mai et 52,3% en décembre 2010), la proportion des personnes inactives en décembre 2010, quant à elle, a significativement augmenté, passant de 31,3% à 35,6% au cours de la période. Parallèlement, en décembre 2010, près de la moitié (47,3%) des personnes en âge de travailler qui ne travaillent pas ont déclaré ne pas chercher du travail alors qu’en mai 2010, elles étaient environ 30,2% dans cette situation. De plus, la part de ceux qui ne travaillent pas parmi les personnes inactives a augmenté, passant de 20,5% à 30,5%. Autrement dit, des personnes qui ne travaillaient pas et qui étaient à la recherche de travail se seraient découragées, elles se seraient retirées du marché du travail et deviennent inactives. La non recherche de travail concerne surtout le groupe des femmes pour lesquels en décembre 2010, plus de la moitié (50,6%) de celles qui ne travaillent pas ont déclaré ne pas chercher du travail et elles représentent 43,2% des femmes inactives. Par contre, pour les hommes, le pourcentage de ceux qui ne cherchent pas de travail parmi ceux qui ne travaillent pas est de 39,8% et ils représentent 16,5% des hommes inactives. Toutefois, bien que la non recherche de travail concerne encore moins les hommes que les femmes, ce phénomène tend à augmenter rapidement chez les premiers, le pourcentage des hommes ne cherchant pas de travail parmi les hommes inactives était de 8% seulement en mai, soit la moitié de celui enregistré en décembre 2010. Lors de l’enquête, les motifs de non recherche d’emploi de ces personnes n’ont pas été saisis, mais si l’on se réfère à la littérature existante (MEFB-EPM, 2005, Projet Madio INSTAT, 1999), la situation pourrait se justifier par (1) le problème d’âges trop bas ou trop élevé, (2) les abandons volontaires compte tenu des activités non compatibles avec leurs

20

compétences, (3) le non aboutissement des démarches effectuées dans la recherche d’un emploi, (4) le ressentiment d’incapacité à obtenir un emploi compte tenu de la qualification jugée trop faible ou (5) une concurrence très rude du côté de l’offre de travail. Ces raisons permettraient de qualifier les personnes concernées de « travailleurs découragés ». Or, après une analyse plus détaillée, il a été constaté que parmi les personnes qui ne travaillaient pas, quel que soit le sexe, les jeunes de 15-24 ans et celles qui sont âgées de 35-54 ans présentent les plus de risque de ne pas chercher du travail (abstraction faite à ceux qui sont en âge avancé près de la retraite). Pour ces derniers, ce risque était déjà élevé en mai et l’est toujours en décembre 2010 (44,6% et 50,1% respectivement) alors que pour les jeunes, il risque est d’autant plus grand si l’on compare à leur situation en mai 2010 (23,2% et 46% respectivement). Pour les jeunes 15-24 ans, leur âge encore trop jeune, leur manque d’expérience et le taux de chômage élevé au sein de ce sous-groupe sont autant de raisons pour justifier leur découragement dans la recherche d’emploi. Par contre, l’effectif faible des personnes des autres groupes d’âges ne permet pas de pousser les analyses sur leurs qualifications (tel que le niveau d’instruction) en vue de mieux comprendre leur situation. Toutefois, il convient de mentionner qu’environ 8% de ces personnes ne travaillant pas et ne cherchant pas de travail (12% pour les hommes et 7% pour les femmes) ont un statut de chef de ménage9. Autant, ce découragement dans la recherche de travail ne manquerait pas d’avoir un impact sur la qualité de vie de leurs ménages. 2.2.2. Évolution de la situation des hommes et femmes chefs de ménage âgés de 15-49 ans Les résultats ne montrent pas de différence significative de la part des hommes âgés de 1564 ans qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête entre mai et décembre 2010. Il en est de même pour les hommes âgés de 15-49 ans. Les pourcentages des hommes de ces tranches d’âge qui avaient un statut « actif occupé » (c’est-à-dire qui travaillaient) en décembre 2010 étaient respectivement de 56% et de 53,7% en décembre 2010, les différences observées par rapport aux valeurs enregistrées en mai ne se sont pas avérées statistiquement significatives. Toutefois, en considérant les hommes qui ont un statut de chef de ménage, qu’ils soient âgés de 15-64 ans ou de 15-49 ans, on assiste à une baisse significative des pourcentages de ceux qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête entre mai 2010 et décembre 2010. Le pourcentage d’hommes chefs de ménages du premier groupe d’âge qui travaillent est passé de 91,1% en mai à 85,1% en décembre 2010. Pour ceux qui sont âgés de 15-49 ans, le pourcentage correspondant est passé de 94,3% à 87,9%. Ces différences traduiraient une perte d’emploi de certains hommes chefs de ménage âgés de 15-64 ans, y compris ceux âgés de 15-49 ans, au cours de la période.

9

Ils sont tous mariés. Presque les trois quarts (75,8%) d’entre eux ont un niveau de revenu inférieur à 100.000 Ariary.

21

En ce qui concerne les femmes, le pourcentage de celles qui ont un statut chef de ménage âgées de 15-49 ans et qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête a augmenté significativement, passant de 77% à 92,8%. Autrement dit, les femmes chefs de ménage de ce groupe qui travaillent sont proportionnellement plus nombreuses en décembre qu’en mai 2010. Elle traduirait une amélioration de la situation des femmes chefs de ménages âgées de 15-49 ans dans l’activité économique. Ces femmes dirigent environ 60% de l’ensemble des ménages dont le chef de ménage est de sexe féminin. Par contre, les résultats n’ont pas montré de changement significatif de la situation des femmes âgées de 15 à 64 ans (qu’elles soient chef de ménage ou non) et de celles qui sont âgées de 15-49 ans mais n’ayant pas de statut de chef de ménage. 2.2.3. Vulnérabilité des femmes sur le marché de travail Les résultats ont permis de relever quelque changement sur la situation des femmes âgées de 15-64 ans dans l’activité économique entre mai et décembre 2010. Néanmoins, force est de constater qu’en dépit du rôle social dévolu aux femmes, la majorité d’entre elles manifeste toujours une volonté de contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat de leurs ménages. De plus, elles demeurent beaucoup plus confrontées à des difficultés d’insertion dans le milieu de travail que les hommes. Aussi, les résultats ont-ils montré :  Une participation des femmes âgées de 15 à 64 ans à l’activité économique relativement élevée, presque au même niveau que celui des hommes : presque les deux tiers d’entre elles (64%) sont engagés dans le marché du travail (occupées ou en train de chercher du travail), la proportion correspondante est de 64,8% pour les hommes ;  Une baisse significative des femmes actives inoccupées (passant de 19,8% en décembre 2010 à 15,1% en mai 2010), non accompagnée d’une hausse significative des femmes actives occupées : certaines femmes qui ne travaillaient pas ont cessé de chercher du travail et deviennent inactives. Le pourcentage des femmes qui ne cherchent pas de travail parmi celles qui ne travaillent pas a augmenté, passant de 33,4% en mai à 50,6% en décembre 2010. En décembre 2010, elles représentent 43,2% des femmes inactives contre 30,9% en mai. Ne travaillant plus, elles pourraient, les cas échéants, reprendre les rôles qui leur sont dévolus pour s’occuper de la famille et des enfants ;  Un taux de chômage demeurant plus élevé que celui des hommes, avec un écart qui a été réduit entre mai et décembre 2010 : près du quart des femmes (23,7%) qui ne travaillent pas ont du mal à trouver du travail, contre un peu plus d’une personne sur dix (13,6%) chez les hommes ; ce taux était de 29,2% en mai 2010, certaines femmes se sont déjà retirées du marché du travail pour reprendre les rôles sociaux qui leur sont dévolus ;  Une prépondérance des femmes qui travaillent dans le commerce (51,3%) et les services personnels/domestiques (22,1%) et une nette augmentation des femmes qui ont déclaré travailler dans le secteur informel par rapport à mai (passant de 3,6% à 7,2%). 22

Aucun changement statistiquement significatif n’a été enregistré au niveau du régime de travail des femmes (travail à temps partiel ou non) et la nature de revenu. La part des femmes âgées de 15 à 64 ans qui ont déclaré travailler à temps partiel en décembre 2010 est de 8,6% et les femmes qui ont déclaré rémunérées sur la base d’un salaire journalier et d’un salaire fixe représentent respectivement près de 4% et près du quart des femmes (26,7%).
Tableau 2.1 : Evolution des indicateurs liés à l’activité des femmes âgées de 15-64 ans entre mai et décembre 2010 Indicateurs Mai 2010 Décembre 2010 % Taux d’activité Taux d’occupation Taux de chômage Pourcentage des femmes qui travaillent et qui gagnent des salaires fixes Pourcentage des femmes travaillant à temps partiel 67,9 70,8 29,2 23,1 10,9 Effectif 701 476 476 78 336 % 64,0(n.s.) 76,3(*) 23,7(*) 26,7 (n.s.) 8,6 (n.s) Effectif 629 402 402 82 307

2.2.4. Problème d’insertion des jeunes de 15-24 ans dans le marché du travail Les résultats de l’enquête ne montrent pas de différence significative de la situation des jeunes 15-19 ans dans le domaine de l’activité économique par rapport à celle enregistrée en mai 2010. Par contre, pour les jeunes de 20-24 ans, le taux d’activité a connu une baisse (significative au seuil de 10%), passant de 58,4% à 49,2%. Autrement dit, il y a moins de jeunes de ce groupe d’âge qui se trouvent sur le marché de travail par rapport à mai 2010. Ils confirment toujours la difficulté des jeunes à s’insérer effectivement sur le marché de travail. Plus d’un jeune âgé de 15 à 19 ans sur cinq (23,3%) et près de la moitié des jeunes de 2024 ans (49,2%), bien qu’ils aient encore l’âge d’aller à l’école, entrent déjà dans le marché de travail. Toutefois, ces jeunes, notamment ceux âgés de 15-19 ans ont le plus de difficulté de trouver du travail comparativement aux autres. Le taux de chômage chez les jeunes de 1519 ans s’élève à 43%, soit plus de deux fois supérieur à celui enregistré au niveau de la population âgée de 15-64 ans (18,8%). Pour les jeunes de 20-24 ans, le taux de chômage (34,2%) est presque le double de ce dernier (1,8 fois plus élevé).
Graphique 2.2 : Evolution de la situation des jeunes 15-24 ans de la ville de Toliara dans le domaine d'activité entre mai et décembre 2010
100

75 58,4 55,9 57,0 49,2 50 26,2 23,0 59,2

65,8 44,1 43,0

%

40,8 34,2

25

0 15-19 ans 20-24 ans 15-19 ans 20-24 ans 15-19 ans 20-24 ans

Taux d'activité Source : Enquêtes McRAMI Mai 2010 et MCRAM II Décembre 2010, Toliara

Taux d'occupation MCRAM Round I

Taux de chômage MCRAM Round II

23

2.3. REVENU DES MENAGES 2.3.1. Niveau de précarité des ménages A la lumière des résultats, l’on est en mesure d’affirmer qu’avec un faible revenu mensuel, les ménages de la commune urbaine de Toliara vivent dans une précarité persistante mais dont l’intensité semble avoir nettement reculé. En effet, il ressort que près du tiers des ménages (32,7%) vivent toujours avec un revenu mensuel inférieur à 100.000 Ar. Néanmoins, on a enregistré une nette diminution de la proportion des ménages de cette catégorie, celle-ci était de l’ordre de 44% en mai 2010. La diminution de l’intensité de la précarité des ménages s’est traduite également par une augmentation particulièrement élevée des ménages dont le revenu mensuel est évalué entre 300.000 et 500.000 Ariary. Avec une proportion qui s’élève à 17,4% en décembre 2010, les ménages de cette catégorie est presque deux fois (1,8 fois) plus nombreux que ceux qui ont le même niveau de revenu en mai 2010 (graphique 3.1). D’où une tendance vers une concentration des ménages dans la catégorie « ménages à revenu moyen ».
Graphique 3.1 : Évolution du revenu des ménages de Toliara entre mai et décembre 2010
60 50 40,1 40 29,9

43,9

%

30 23,2 20 10 0 17,4 14,2 9,5 9,6 6,3 6,0

100.000-300.000 300.000-500.000 >500.000 Ar AR AR Source : Enquête McRAM Round I (Mai 2010, N=415) et M ai 2010 (M cRAM I) Dé c 2010 (M cRAM II) MCRAM Round II (Décembre 2010, N=405)

<50.000 Ar

50.000-100000AR

Comme cela a été le cas en mai 2010, il se dégage que les trois principales sources de revenu des ménages en décembre 2010 sont constituées, par ordre d’importance, du petit commerce/gargote/boutique (24,9% des ménages), du salaire du secteur privé (21,8%) et du salaire des fonctionnaires (15,2%). Or, il apparaît que les revenus des ménages tirés de ces sources ont nettement augmenté durant la période. A titre d’exemple, la proportion des ménages ayant un revenu inférieur à 100.000 Ariary était de 51,7% en mai 2010 pour le groupe des ménages dont la source principale de revenu est le petit commerce /gargote/boutique, la proportion correspondante est de 38,6% en décembre 2010. Le pourcentage de ceux qui ont un revenu compris entre 100.000 Ariary et 300.000 Ariary est passé de 37,9% à 48,5% durant la période (tableau 3.3).

24

Tableau 3.1 : Variation du niveau de revenu des ménages selon les principales sources de revenu des ménages Répartition des ménages selon le niveau de revenu et les trois principales sources de revenu en mai et en décembre 2010, Enquête McRAM Round I (mai) et Round II (décembre) 2010 Toliara Principales sources de revenu Petit commerce/gargote/boutique Salaire du secteur prive MCRAM 1 MCRAM 2 MCRAM 1 MCRAM 2 19,5 8,9 8,5 12,4 32,2 29,7 32,9 23,6 37,9 48,5 45,1 43,8 6,9 11,9 11,0 16,9 3,4 1,0 2,4 3,4 100,0 100,0 100,0 100,0

Niveau de revenu mensuel < 50000 ar 50000 à 100000 ar 100000 à 300000 ar 300000 à 500000 ar >500000 ar Ensemble

Salarie de fonctionnaire MCRAM 1 MCRAM 2 0,0 0,0 4,5 3,2 55,2 33,9 23,9 40,3 16,4 22,6 100,0 100,0

Par ailleurs, il a été noté une diminution de la diversification des sources de revenu par les ménages. En effet, le pourcentage de ménages disposant de trois sources de revenu a baissé d’environ 6 points, passant de 10,1% à 4,6% (tableau 3.1). En revanche, en décembre 2010, 56,3% des ménages tirent leurs revenus d’une seule source alors qu’en mai, ils étaient un peu moins de la moitié des ménages (49,2%). Toutefois, cette situation n’a pas eu de répercussion négative sur le niveau de revenu des ménages. Au contraire, la situation économique des ménages s’est quelque peu améliorée. A cet effet, les résultats ont montré une nette amélioration des revenus tirés d’une seule et deux sources de revenu entre mai et décembre 2010, ce qui n’est pas le cas pour trois sources de revenu. Le pourcentage des ménages ayant une seule source de revenu et qui gagnent moins de 100.000 Ariary a baissé, passant de 52% à 39,4%. De même, en décembre 2010, les ménages qui disposent de deux sources de revenu dont le montant total du revenu mensuel est de moins de 100.000 Ariary sont proportionnellement moins nombreux que ceux qui vivent dans une même situation en mai 2010 (39,4% en mai contre 25,7% en décembre 2010)10.
Tableau 3.2 : Nombre de sources de revenu des ménages Répartition des ménages selon le nombre de sources de revenu, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara Nombre de sources de revenu % de ménages Nombre de ménages 1 seule source 56,3 228 2 sources 39,1 158 3 sources 4,6 19 Total 100,0 405

10

A titre d’informations, le revenu des ménages tiré d’une seule source provient principalement de petit commerce (avec une proportion augmentant de 21,3% en mai à 31,6% en décembre 2010), de salaire du secteur privé (20,3%), de salaire de fonctionnaire (12,8%) et d’emplois temporaires (12,8%). Pour ceux qui disposent de deux sources de revenu, les premières sources de revenu sont constitués principalement de salaire du secteur privé (24,1%), de salaire de fonctionnaire (17,3%) et de petit commerce/gargote (16,2%). Les deuxièmes sources, quant à elles, sont composées essentiellement de gargote/petit commerce (37,3%), de salaire secteur privé (15,1%) et d’emplois temporaires (15%).

25

Par ailleurs, interrogés sur les chocs ayant affecté leurs ménages depuis mai 2010, il y a moins de ménages qui se plaignaient de la diminution de revenu en décembre comparé à la situation en mai. Autrement dit, la diminution de revenu affecte moins les ménages. Selon leurs déclarations, la diminution de revenu a touché 60,3% des ménages en décembre 2010, alors que les ménages qui en étaient victimes en mai s’élevaient à 77%11. 2.3.2. Stabilité des sources de revenu En considérant la stabilité des sources de revenu et utilisant la même définition qu’en mai 2010, les résultats ne montrent aucun changement durant la période de mai à décembre 2010. Près de la moitié des ménages (46,7%) ont un revenu stable, une proportion qui ne diffère pas statistiquement de celle de mai 2010 (49,8%). Il convient de rappeler que selon la définition du PAM, ont été considérées comme : Sources de revenu stables : le salaire du secteur privé, le salaire du secteur public (fonctionnaires), le commerce (en gros, import/export) et la pension ou les indemnités gouvernementales. Sources de revenu peu stables : le travail manuel qualifié, les emplois indépendants et le petit commerce. Sources de revenu instables : la vente de produits vivriers, de culture de rente, de bétails ou de produits animaliers, la pêche, le travail agricole, le secteur informel/les emplois temporaires, le travail manuel non qualifié, l’envoi d’argent, la mendicité/assistance, le loyer et autres locations et autres. La stabilité se définit pour chaque source de revenu, et lorsqu’une des sources de revenu est stable, le ménage est classé dans la catégorie à revenu stable. 2.3.3. Vulnérabilité des ménages dirigés par une femme comparés à ceux dirigés par un homme Les résultats montrent qu’en décembre 2010, près des deux cinquièmes des ménages dirigés par une femme (39,3%) gagnent un revenu mensuel de moins de 100.000 Ariary alors que cette proportion est de 30% pour les ménages dirigés par un homme. A l’inverse, il y a moins de ménages dirigés par une femme que de ménages dirigés par un homme qui gagnent un revenu mensuel supérieur à 300.000 Ariary (18,6% et 25,3% respectivement). Ces résultats confirment la vulnérabilité des ménages dirigés par une femme comparés à ceux dirigés par un homme comme cela a été en mai 2010.

11

La baisse la plus importante des ménages ayant cité ce choc est enregistrée au niveau des ménages très pauvres (passant de 95% en mai à 56,4% en décembre 2010) et les ménages à revenu élevé (50,2% et 28,3% respectivement).

26

Tableau 3.3 : Variation du niveau de revenu des ménages selon le sexe du chef de ménage Répartition des ménages selon le niveau de revenu et le sexe du Chef de Ménage (CM), Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara Masculin Caractéristiques Niveau de revenu mensuel < 50000 ar 50000 à 100000 ar 100000 à 300000 ar 300000 à 500000 ar >500000 ar Ensemble % Effectif Sexe du chef de ménage Féminin % Effectif Ensemble Effectif

%

7,6 22,4 44,6 18,6 6,7 100,0

22 64 128 53 19 287

14,2 25,1 42,2 14,4 4,2 100,0

17 30 50 17 5 118

9,5 23,2 43,9 17,4 6,0 100,0

38 94 178 70 24 405

Toutefois, en décembre 2010, on assiste à une atténuation de la vulnérabilité des ménages dirigés par une femme comparés à ceux qui sont dirigés par leurs homologues de sexe masculin. En effet, en mai 2010, la proportion des ménages dirigés par une femme ayant un revenu de moins de 100.000 Ariary (57,5%) était de 1,5 fois plus élevée que celle des ménages dirigés par un homme ayant le même niveau de revenu (37,8%). L’écart observé a nettement diminué en décembre 2010, leur proportion étant cette fois-ci de 1,3 fois plus élevée (graphique 3.2). Parallèlement, en mai 2010, les ménages dirigés par une femme ont eu 25% et 47% moins de chance de gagner un revenu mensuel respectivement compris entre 100.000 Ariary et 300.000 Ariary, ou un revenu supérieur à 500.000 Ariary, comparés à ceux dirigés par un homme. En décembre 2010, ils ont cette fois-ci 6% et 27% moins de chance de se trouver dans une telle situation (graphique 3.2). Autrement dit, l’amélioration de la situation économique des ménages est nettement meilleure au niveau des ménages dirigés par une femme que ceux dirigés par un homme.

Graphique 3.2 : Evolution de la différence relative des proportions des ménages dirigés par une femme comparée à celles des ménages dirigés par un homme entre mai et décembre 2010, par niveau de revenu
2,00 1,75 1,50 1,52

%

1,25 1,00 0,75 0,50

1,31 0,94 0,73
0,53 <100.000 Ar 100.000-300.000 Ar MCRAM1 >300.000 Ar MCRAM2

0,75

Source : Enquêtes McRAM Round I (Mai 2010) et MCRAM Round II (Décembre 2010), Toliara

27

2.4. DÉPENSES DES MENAGES 2.4.1. Structure de dépenses des ménages La structure des dépenses des ménages n’a pas changé considérablement si l’on compare à celle qui a été enregistrée en mai 2010. L’alimentation constitue toujours la rubrique qui engage les dépenses les plus importantes des ménages12 (graphique 4.1). Ceci se confirme à travers les déclarations des enquêtés sur la part des revenus consacrés aux dépenses alimentaires selon lesquelles les ménages consacrent environ 60% de leurs revenus aux dépenses alimentaires. Le loyer, le transport, l’éducation et la santé engagent les dépenses les plus importantes après l’alimentation13. Ce sont également les mêmes postes budgétaires qui étaient les plus importants en mai 2010, mais avec un ordre d’importance différent (loyer, santé, éducation et transport)14.
Graphique 4.1 : Dépenses moyennes mensuelles des ménages (pour ceux qui ont engagés des dépenses) selon les types de dépenses effectuées au cours du mois qui a précédé l'enquête
200000

160000

Montant (en Ariary)

122494
120000

80000

40000

35162

31914

31891

30348

19841

19291

11534

6295

0

y er tion nt/o nta me ime e Al Log

Tra

or t nsp

ti on u ca Ed

Source : Enquête MCRAM II Décembre 2010, Toliara

le ène hat c ité y gi n té sti b c /K ctr i d'h Sa bu aba /Ele its om u l/T C du Ea oo pro Al c et v on Sa

2.4.2. Évolution de la part des revenus consacrés aux dépenses alimentaires La part des revenus consacrés par les ménages à l’alimentation est relativement élevée et varie selon les ménages (minimum de 20% et maximum de 90%). La loi de l’Engel qui stipule que la part des revenus consacrée aux dépenses alimentaires diminue avec le niveau de revenu reste, dans une moindre mesure, vérifiée : elle est beaucoup plus élevée dans les ménages pauvres (64,5% pour les ménages à revenu inférieur à 50.000 Ariary et 65,7% pour ceux ayant un revenu compris entre 50.000 et 100.000 Ariary) que dans les ménages les plus riches (51,6%)).

12

Avec une hypothèse selon laquelle les dépenses alimentaires hebdomadaires sont uniformes au cours du mois qui a précédé l’enquête. 13 Toutefois, ce sont les rubriques où l’on enregistre les plus grandes proportions des ménages qui n’ont pas engagé de dépenses (respectivement 63,8%, 78%, 52,8% et 52,4%) 14 Selon les moyennes calculées qui, pourtant, sont sujettes à des erreurs (voir intervalle de confiance)

28

Toutefois, elle a connu une baisse significative entre mai et décembre 2010, passant de 64,1% à 59,2%. Cette baisse résulte particulièrement de la baisse nettement marquée dans les ménages dont le revenu est compris entre 100.000 et 300.000 Ariary pour lesquels la part des revenus consacrée à l’alimentation est passée de 63,1% à 57,3%. Pour les ménages très pauvres, celle-ci est passée de 70,6% à 64,3%, une baisse qui s’est avérée significative au seuil de 10%. Avec un revenu déjà faible, certains ménages de cette catégorie ont encore été obligés de réduire les dépenses, y compris le montant alloué aux dépenses alimentaires, réduisant ainsi la part de leurs revenus consacrée à l’alimentation. De ce fait, ils sont nombreux à être confrontés à des difficultés (financières ou en nourritures) mais comme on le verra plus loin, ils comptent sur le réseau social pour leur venir en aide.
Graphique 4.2 : Évolution de la part du revenu consarée par les ménages de Toliara aux dépenses alimentaires entre mai et décembre 2010
90 75 60 70,6 64,3

66,965,7

63,0 57,3

58,4 55,8

64,1 59,2 49,651,6

%

45 30 15 0

50.000100.000-300.00 300.000-500.00 >500.000 Ar 100000AR AR AR Source : E nquête McRAM ROund I (Mai 2010, N=405) et McRAM Round II (Décembre 2010) Toliara M ai 2010 (M cRAM I)

<50.000 Ar

E nsemble

Dé c 2010 (M cRAM II)

2.4.3. Évolution des autres dépenses entre mai et décembre 2010 Les dépenses en combustible constituent la seule rubrique où l’on enregistre une variation significative des dépenses au cours du mois qui a précédé l’enquête. En décembre 2010, les ménages ont déboursé en moyenne 11.534 Ariary pour les combustibles (contre 12160 Ariary) en mai 2010. L’analyse des prix des PPN de la ville de Toliara a montré que les charbons de bois figuraient parmi les produits pour lesquels les prix qui ont connu une baisse que ce soit entre janvier 2010 et octobre 2010 ou entre mai et octobre 2010.
Tableau 4.1 : Dépenses mensuelles des ménages pour certains produits Montant (en Ariary) des dépenses effectuées par le ménage au cours des 30 derniers jours ayant précédé l'enquête pour la consommation de tabac, savon et produits d'hygiène, transport, Eau et électricité, combustible, loyer, santé et éducation. Rubrique Alcool/Tabac/Khat Eau/Electricité Savon et produits d'hygiène Transport Combustible Logement/oyer Santé Education Minimum 1 000 1 500 300 1 000 800 1 500 300 300 Maximum 180 000 160 000 79 500 400 000 90 000 400 000 500 000 600 000 Médiane 15 000 12 000 4 800 15 000 10 000 20 000 15 000 16 000 Moyenne 19 840,9 19 290,7 6 295,2 31 913,9 11 533,5 35 162,3 30 347,8 31 891,1 Intervalle de confiance 16526,9 23154,8 17247,6 5664,5 20026,9 10639,9 27451,3 20931,7 23983,3 21333,8 6925,9 43800,9 12427,1 42873,2 39764,0 39799,0

29

Une baisse significative des dépenses en combustible et pour le loyer a été particulièrement notée pour les ménages ayant un revenu de moins de 100.000 Ariary et ceux qui ont un revenu compris entre 100.000 et 3000.000 Ariary. Les dépenses en combustible des ménages de la première catégorie sont passées de 10.485 Ariary à 8785 Ariary en décembre 2010 et les dépenses en loyer de 18.137 Ariary à 13.409 Ariary. Pour les ménages vivant avec un revenu compris entre 100.000 et 300.000 Ariary, les dépenses pour le loyer sont passées de 39.511 à 28.734 Ariary et les dépenses en combustible, passant de 12901 Ariary à 11350 Ariary. Pour ces derniers, les dépenses en eau et électricité a également connu une baisse significative, passant de 21.865 Ariary à 16407 Ariary. La baisse des dépenses pour le loyer de ces ménages est probablement due au déménagement dans un logement où le loyer est beaucoup moins cher. Ils enregistrent, en effet, les plus grandes proportions de membres qui ont déclaré avoir migré pour raison de déménagement pour recherche de loyer moins cher (21,8% et 14,5% respectivement). Pour les autres catégories des ménages, aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre les dépenses engagées en mai et en décembre 2010, quel que soit le type de dépenses.
2.5. EDUCATION

L’éducation joue un rôle très important dans le développement du pays. De ce fait, Madagascar a engagé depuis 2003 une vaste réforme de l’éducation fondamentale visant à améliorer l’éducation des enfants aussi bien en termes de quantité que de qualité. Toutefois, face à la crise qui a secoué le pays depuis plusieurs mois, les budgets nationaux sont de plus en plus compressés et le financement de l’éducation est particulièrement vulnérable. Les enfants sont souvent les premiers à subir les conséquences de la crise. 2.5.1. Évolution de la scolarisation des enfants âgés de 6 à 10 ans Le taux d’inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans demeure toujours le plus élevé. Plus de 9 enfants âgés de 6 à 10 ans sur dix (91,3%) ont été inscrits à l’école, alors que cette proportion est nettement plus faible pour les enfants âgés de 11 à 14 ans et de 15 à 17 ans (87% et 70,8% respectivement) (Graphique 5.1). Toutefois, force est de constater qu’il reste encore près de 9% des enfants de cette tranche d’âge pour qui les parents n’ont pas pu assurer leur éducation fondamentale. Le taux enregistré en mai 2010 pour les enfants de 6 à 10 ans était de 88,8%, mais la différence observée ne s’est pas avérée statistiquement significative. En mai 2010, il y a une variation significative de l’inscription des enfants selon le niveau de revenu. Les enfants issus des ménages pauvres (gagnant un revenu de moins de 100.000 Ariary) étaient les plus défavorisés. Cette variation reste significative en décembre 2010 avec un écart qui s’est creusé entre le groupe ayant le plus faible pourcentage des enfants de cette tranche d’âge inscrits à l’école. En effet, 68% des enfants de 6-10 ans sont inscrits chez les ménages les plus pauvres ayant un revenu de moins de 50.000 Ariary alors que cette proportion était de 80,7% en mai 2010. La proportion est maximale de 100% chez les ménages à revenu de plus de 500.000 Ariary aussi bien en mai qu’en décembre 2010).

30

En revanche, il a été constaté une nette augmentation des enfants issus des ménages ayant un revenu compris entre 50.000 et 100.000 Ariary. La proportion des enfants âgés de 6 à 10 ans issus des ménages de cette catégorie est passée de 77,8% en mai 2010 à 92,8% en décembre 2010, soit une augmentation de 15 points. Autrement dit, l’amélioration de la situation des ménages au cours de la période a profité les enfants de 6 à 10 ans de la catégorie des ménages à revenu compris entre 50.000 et 100.000 Ariary pour rattraper leur retard dans la scolarisation. Par contre, les enfants en bas âge issus des ménages très pauvres sont davantage victimes d’une exclusion du système scolaire. On assiste ainsi à un phénomène de transmission verticale de la pauvreté : ayant des moyens financiers très limités, les ménages très pauvres n’arrivent pas à assurer l’éducation fondamentale de leurs enfants pour permettre à ces derniers d’améliorer leurs conditions de vie dans le futur et pour sortir de cette situation de pauvreté.
Tableau 5.1 : Taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans selon le niveau de revenu des ménages en 2009/2010 et 2010/2011 Niveau de revenu % < 50000 ar 50000 à 100000 ar 100000 à 300000 ar 300000 à 500000 ar >500000 ar Ensemble 80,7 77,8 95,4 100,0 100,0 88,8 MCRAM 1 Effectif 39 98 131 33 15 316 % 68,0 92,8 91,6 95,7 100,0 91,3 MCRAM 2 Effectif 22 55 131 46 21 274

Enfin, comme cela a été le cas pour l’année scolaire 2009/2010, on n’observe aucune variation significative du taux d’inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans selon le sexe du chef de ménage, ni selon le sexe de l’enfant en 2010/2011. 2.5.2. Évolution de la scolarisation des enfants âgés de 6 à 17 ans Pour l’ensemble des enfants de 6 à 17 ans, le taux d’inscription enregistrée pour l’année scolaire 2010/2011 s’élève à 84,6%. Il reste ainsi quasi-identique à celui qui a été enregistré en mai 2010 pour l’année scolaire 2009/2010 (graphique 5.1).
Graphique 5.1 : Evolution du taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans entre 2009/2010 et 2010/2011 dans la ville de Toliara

100
88,8

91,3

91,3

87,0 70,7 70,8

84,8

84,6

80

60

%
40 20 0 6-10 ans
Source : McRAM Round I (Mai 2010) et MCRAM Round II (Déc. 2010)

11-14 ans

15-17 ans

Ensemble 6-17 ans Année scol ai re 2010/2011

Année scol ai re 2009/2010

31

Concernant les disparités selon les caractéristiques des ménages, on note particulièrement une plus grande vulnérabilité en matière d’éducation des enfants issus des ménages à revenu très faible. Ces ménages enregistrent, non seulement, le taux d’inscription le plus faible pour les enfants de 6-17 ans mais le niveau a considérablement baissé par rapport à ce qui a été enregistré en mai 2010 (55,5% en décembre et 75,7% en mai). Cela traduit également un renforcement de l’exclusion de l’ensemble des enfants âgés de 6 à 17 ans issus des ménages dont le revenu est inférieur à 50.000 Ariary. Toutefois, il convient de noter que la pauvreté n’est pas le seul facteur responsable de l’exclusion scolaire des enfants de cette tranche d’âge. Plusieurs autres facteurs (liés aux enfants, aux ménages, et autres) sont susceptibles d’expliquer la non scolarisation de ces enfants. On note, à titre d’exemple, le manque de volonté de l’enfant de continuer, qui a été cité parmi les raisons justifiant l’abandon des enfants âgés de 6 à 17 ans en dehors du manque d’argent.
Tableau 5.2 : Variation du taux d'inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans selon les caractéristiques des ménages Pourcentage des enfants âgés de 6 à 17 ans inscrits à l'école pour l'année scolaire 2010-2011, selon les caractéristiques du ménage, Enquête McRAM Round II, Décembre 2010 Toliara Groupe d’âge Caractéristiques des ménages Sexe du CM Masculin Féminin Statut matrimonial du CM Célibataire Marié légalement Marié coutumièrement Union libre Veuf-divorcé-séparé Taille des ménages <=4 5-6 7 ou plus Niveau de revenu < 50000 ar 50000 à 100000 ar 100000 à 300000 ar 300000 à 500000 ar >500000 ar Ensemble 68,0 92,8 91,6 95,7 100,0 91,3 22 55 131 46 21 274 39,1 85,1 90,3 92,0 100,0 87,0 15 34 90 49 16 204 50,0 55,7 69,2 82,9 87,1 70,8 6 34 74 41 15 169 55,5 80,5 85,6 90,5 96,3 84,6 42 122 295 135 52 647 89,5 92,0 91,6 55 76 143 89,7 90,8 84,6 29 54 121 79,3 62,3 71,7 28 40 101 87,0 84,7 83,7 112 169 366 100,0 93,5 88,5 100,0 89,3 16 77 104 13 65 92,2 96,8 84,6 100,0 75,3 13 63 77 3 47 77,2 86,0 57,6 68,0 67,9 17 50 57 3 42 89,4 92,6 79,9 94,9 79,2 46 190 238 19 155 6-10 ans % 92,1 89,2 N 201 73 11-14 ans % 90,0 78,8 N 149 55 15-17 ans % 71,4 69,2 N 119 50 % 86,2 80,3 Total N 468 179

Par ailleurs, la variation du taux d’inscription des enfants âgés de 6 à 17 ans selon le sexe du chef de ménage (significative au seuil de 10% en mai 2010) a été maintenue en décembre 2010 (significative au seuil de 10% également). La proportion des enfants de cette tranche d’âge inscrits à l’école qui vivent dans les ménages dirigés par une femme reste toujours inférieure à celle des enfants qui vivent dans les ménages dirigés par un homme

32

(80,3% vs 86,3%). Autrement dit, l’amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme n’a pas profité à leurs enfants dans le domaine de la scolarisation, ceux-ci ayant toujours moins de chance d’être inscrits à l’école que leurs homologues vivant dans un ménage dirigé par un homme (tableau 5.2). En revanche, comme cela a été le cas pour les enfants âgés de 6 à 10 ans, aucune différence significative du taux d’inscription selon le sexe de l’enfant de la tranche d’âge 6 à 17 ans n’est observée aussi bien en 2009/2010 qu’en 2010/2011. 2.5.3. Évolution de la scolarisation des enfants âgés de 11 à 17 ans Les résultats ont montré que 87% des enfants âgés de 11 à 14 ans ont été inscrits à l’école pour l’année solaire 2010/2011, ce pourcentage est un peu plus faible que celui qui a été enregistrée en mai pour l’année scolaire 2009/2010. Toutefois, la différence observée ne s’est pas avérée statistiquement significative. De même, le taux d’inscription des enfants âgés de 15 à 17 ans, qui est le plus faible pour les différentes tranches d’âge (70,8%), reste quasi-identique à celui qui a été enregistré pour l’année scolaire 2009/2010 (70,7%). Néanmoins, les résultats ont permis de relever une déscolarisation particulièrement élevée des enfants âgés de 11 à 14 ans au niveau des ménages les plus pauvres. Une fois de plus, non seulement, les enfants issus des ménages ayant un revenu inférieur à 50.000 Ariary enregistrent le taux d’inscription le plus faible, mais le taux d’inscription a considérablement baissé entre 2009/2010 et 2010/2011. Seulement 39,1% des enfants âgés de 11 à 14 ans sont inscrits à l’école pour l’année scolaire 2010-2011 (tableau 5.3) alors que plus des quatre cinquièmes (83,3%) l’ont été en 2009/2010. Autrement dit, l’exclusion scolaire des enfants issus des ménages très pauvres concerne beaucoup plus les enfants âgés de 11 à 14 ans.
Tableau 5.3 : Taux d'inscription des enfants âgés de 11 à 14 ans en 2009/2010 et 2010/2011selon le niveau de revenu des ménages, le sexe du chef de ménage et le sexe de l’enfant Caractéristiques % Niveau de revenu < 50000 ar 50000 à 100000 ar 100000 à 300000 ar 300000 à 500000 ar >500000 ar Sexe du CM Masculin Feminin Sexe de l’enfant Masculin Féminin Ensemble 91,7 90,8 91,3 101 109 210 91,3 81,7 87,0 112 92 204 93,4 86,9 141 69 90,0 78,8 149 55 83,3 80,0 97,7 100,0 87,6 24 51 90 28 17 39,1 85,1 90,3 92,0 100,0 15 34 90 49 16 MCRAM Round I Effectif % MCRAM Round II Effectif

Par ailleurs, pour les enfants âgés de 11 à 14 ans, en 2009/2010, on n’a enregistré aucune variation significative de l’inscription des enfants selon le sexe du chef de ménage. En 2010/2011, la différence devient significative, avec un taux d’inscription beaucoup plus faible

33

pour les ménages dirigés par une femme comparés à celui des ménages dirigés par un homme. Les enfants âgés de 11 à 14 ans issus des ménages dirigés par une femme ont cette fois-ci 12% moins de chance d’être inscrits à l’école que leurs homologues qui vivent dans un ménage dirigé par un homme (78,8% et 90% respectivement). Aussi, en cas de difficultés, les enfants de cette tranche d’âge issus des ménages dirigés par une femme ont cette fois-ci plus de risque d’être déscolarisés que ceux issus des ménages dirigés par un homme. Enfin, aucune variation significative selon le sexe de l’enfant n’a été enregistrée sur le taux d’inscription des enfants âgés de 11 à 14 ans en 2009/2010. Pourtant, en 2010/2011, la variation devient significative. En effet, le pourcentage des filles de cette tranche d’âge inscrites est cette fois-ci de 11% plus faible que celui de leurs homologues de sexe masculin qui le sont (91,3% et 81,7% respectivement). Autrement dit, on assiste à une discrimination sexuelle en matière de scolarisation des enfants âgés de 11 à 14 ans, et ceci, en défaveur des filles, ce qui n’a pas été le cas auparavant. Cette situation mérite d’être surveillée pour savoir si cette discrimination sexuelle se renforce au fur et à mesure que la crise perdure. 2.5.4. Situation dans les cycles primaire et secondaire Le taux net de scolarisation est un indicateur couramment utilisé, pour mesurer la proportion d’élèves scolarisés dans le groupe de ceux qui ont l’âge officiel de fréquenter l’école dans le cycle concerné. Il exclut les enfants scolarisés dans le cycle à des âges précoces ou des âges tardifs. Le taux net de scolarisation des enfants de la ville de Toliara au cycle primaire est de 75,3% en 2010/2011 (MCRAM Round II, décembre 2010). Autrement dit, environ les trois quarts des enfants âgés de 6 à 10 ans ont la chance d’être scolarisés dans le cycle primaire. Il était de 82,3% en 2009/2010 (MCRAM Round II, décembre 2010)15, mais la différence observée ne s’est pas avérée statistiquement significative.
Graphique 5.2 : Evolution des taux nets de scolarisation des enfants au cycle primaire et au cycle secondaire 2009/2010 et 2010/2011 dans la ville de Toliara

100 82,3 80 60 75,3 55,8

53,1

%
40 20 0 Primaire
Source : MCRAM Round II, Décembre 2010

Secondaire Année s col ai re 2009/2010 Année s col ai re 2010/2011

15

Le taux net de scolarisation ici a été calculé en rapportant l’effectif des enfants qui avaient l’âge de 6 à 10 ans au cours de l’année scolaire 2009/2010 et inscrits à l’école primaire par l’ensemble des enfants de cette tranche d’âge. N’ayant pas les informations exactes sur l‘âge des enfants au cours de l’année scolaire 2009/2010, il a été supposé que l’enfant avait à cette époque un an de moins par rapport à ce qu’il avait au moment de l’enquête (âge pour l’année scolaire 2010/2011).

34

Le taux brut de scolarisation, quant à lui, rapporte l’effectif des enfants scolarisés dans un cycle donné, quels que soient leurs âges, à l’effectif des enfants ayant l’âge officiel de fréquenter l’école dans ce cycle. Le taux brut de scolarisation des enfants au cycle primaire, quant à lui, est de 115,9% en 2010/2011, avec une différence non significative par rapport à celui de 2009/2010 (126,7% en 2009/2010)16. Plusieurs facteurs contribuent à expliquer l’évolution de ces indicateurs, sa compréhension nécessite la prise en compte de différents éléments aussi bien au niveau de l’offre que de la demande en matière de scolarisation. Néanmoins, il ressort des résultats que le taux d’abandon au niveau primaire est de 1,6% pour les enfants âgés de 6 à 10 ans, âge théorique pour fréquenter ce cycle. Il augmente au fur et à mesure que l’âge avance, dépassant l’âge théorique du cycle. Le taux d’abandon est de 3,5% pour les enfants âgés de 11 à 14 ans et de 9,4% pour les enfants âgés de 15 à 17 ans. Autrement dit, le retrait de l’école des enfants au niveau du cycle primaire concerne surtout ceux qui ont accusé de retard dans la scolarisation. Par ailleurs, l’abandon scolaire au cycle primaire touche beaucoup plus les filles que les garçons, une fois l’âge théorique du cycle dépassé (c’est-à-dire à partir de 11 ans). Pour les enfants âgés de 11 à 14 ans, l’abandon scolaire au cycle primaire a concerné 4,4% des filles et 2,9% des garçons. A l’âge de 15 à 17 ans, l’abandon scolaire au niveau de ce cycle semble même avoir touché uniquement les filles. Autrement dit, les filles de la ville de Toliara souffrent d’une discrimination sexuelle lorsqu’elles sont encore au niveau primaire et qu’elles accusent de retard dans la scolarisation. En ce qui concerne le cycle secondaire, le taux net de scolarisation en 2010/2011 a été évalué à 55,8%, alors qu’il était de 53,1% en 2009/2010 et la différence s’est avérée statistiquement significative. Le taux brut de scolarisation au niveau secondaire en 2010/2011, quant à lui, a été estimé à 87,1% en 2010/2011 (contre 75,8% en 2009/2010). Comme cela a été le cas pour les enfants du cycle primaire, l’abandon est beaucoup plus important lorsque l’enfant a déjà dépassé l’âge théorique de fréquentation du cycle. Aussi, pour les enfants âgés de 11 à 14 ans et de 15 à 17 ans (ayant l’âge théorique du cycle secondaire), les taux d’abandon au cycle secondaire enregistrés s’élevaient respectivement à 1,5% et 1,9%. Cet abandon est plus de deux fois plus élevé pour les enfants âgés de 1824 ans (4,2%). Autrement dit, quel que soit le cycle, le retrait de l’école des enfants concerne davantage ceux qui sont en retard dans la scolarisation par rapport à leurs âges. Toutefois, contrairement à ce qui a été observé dans le cycle primaire, l’abandon au cycle secondaire touche beaucoup plus les garçons que les filles. Pour les enfants âgés de 11 à 14 ans et ceux âgés de 18 à 24 ans au cycle secondaire, l’abandon scolaire semble avoir touché uniquement les garçons. Aussi, une fois arrivée au cycle secondaire, les filles ont moins de risque d’abandonner l’école que les garçons (il n’y a plus de discrimination sexuelle en défaveur des filles et elles ont la volonté de continuer).

16

Les informations relatives à la scolarisation ont été recueillies pour les enfants âgés de 6 à 24 ans. Le taux brut calculé pour l’année 2010/2011 exclut ainsi les enfants précoces, c’est-à-dire de moins de 6 ans qui ont été scolarisés au niveau primaire. Toutefois, le taux recalculé excluant également les enfants précoces pour l’année scolaire 2009/2010 (assurant une meilleure comparabilité des données) a été estimé à 118,6%.

35

Enfin, il convient de mentionner que le taux de redoublement au niveau du cycle secondaire est relativement élevé, notamment si l’on compare à l’abandon. Les taux correspondants s’élèvent respectivement à 8,7%, 7,1% et 12,4% pour les enfants âgés de 11 à 14 ans, de 15 à 17 ans et de 18 à 24 ans. 2.5.5. Changement de type d’école fréquentée Le secteur éducatif privé joue un rôle relativement moins important que le secteur éducatif public dans la ville de Toliara. En décembre 2010, parmi ceux qui fréquentent l’école, près de six enfants sur dix (58%) âgés de 6 à 17 ans sont inscrits dans une école publique et environ deux enfants sur cinq (42%) fréquentent un établissement scolaire privé. Comme cela a été le cas en mai 2010, on observe toujours une forte disparité selon le niveau de revenu des ménages. La présence des enfants vivant dans les ménages les plus vulnérables (ménages à revenu de moins de 100.000 Ariary) dans les écoles publiques est nettement beaucoup plus marquée comparée aux enfants des autres catégories de ménage. Toutefois, la place du privé semble davantage moins importante si on compare les types d’établissement scolaire fréquentés par les élèves durant les années scolaires successives 2009/2010 et 2010/2011. On note à cet effet un transfert du privé vers le public près de cinq fois plus important que du public vers le privé. Ainsi, presque 7% des enfants qui étaient inscrits dans une école privée en 2009/2010 fréquentent actuellement un établissement scolaire public, et inversement, 1,3% des enfants qui fréquentaient une école publique en 2009/2010 l’ont quitté pour aller dans une école privée en 2010/2011.
Tableau 5.4 : Changement du type d'école Répartition des enfants âgés de 6 à 17 ans selon le type d'établissement fréquenté durant les années scolaires 2009/2010 et 2010/2011, Enquête McRAM Round II, Décembre 2010 Toliara Type d"école fréquenté en 2010/2011 Type d'école Public Type d"école fréquenté en 2009/2010 Privé Ensemble Public % 93,2 6,8 100,0 Privé % 1,3 98,7 100,0

Autrement dit, face aux difficultés financières auxquelles les ménages sont confrontés, ceuxci ont opté de changer le type d’école à fréquenter par leurs enfants pour essayer de réduire les dépenses scolaires qui sont beaucoup plus élevées dans le secteur éducatif privé afin de maintenir leur scolarisation. 2.5.6. Obstacles à l’accès des enfants à l’école En se référant aux réponses des enquêtés sur les problèmes liés à la scolarisation des enfants, les problèmes financiers constituent toujours des obstacles majeurs pour l’accès des enfants à l’école. Toutefois, d’une manière globale, l’ampleur du problème ne semble pas s’aggraver durant la période. Aussi, a-t-on enregistré :  plus de la moitié des ménages (53,6%) a cité le manque d’argent parmi les problèmes majeurs auxquels ils sont confrontés pour assurer l’accès des enfants à

36

l’école. Cette proportion était de 55,8% en mai 2010, et la différence observée ne s’est pas avérée significative ;  deux ménages sur cinq (39,5%) ont cité le problème ont une difficulté à payer tous les frais liés à la scolarité, la proportion correspondante étant de 45,1% en mai avec une différence non significative ; Toutefois, il y a une augmentation considérable des ménages ayant rapporté une augmentation des frais de scolarité entre les deux années scolaires successives : 87,2% en décembre 2010 vs 55,1% en mai 2010, soit une hausse de 58% par rapport à la valeur observée en mai, correspondant à une différence de 30 points du pourcentage. La distribution de tenues scolaires et de matériaux d’apprentissage aux élèves par le gouvernement aide les parents pour alléger leurs charges dans les préparatifs de la rentrée scolaire des enfants. Toutefois, n’ayant pas pu bénéficier d’une telle aide dans le contexte de la crise qui prévaut dans le pays, plus d’un ménage sur cinq (21,3%) ont également cité le manque d’uniforme parmi les problèmes majeurs auxquels ils sont confrontés pour scolariser leurs enfants, une proportion qui reste quasi-stable par rapport à celle enregistrée en mai 2010 (19,5%). Il n’y a aucune variation statistiquement significative des proportions des ménages ayant cité ce problème selon le niveau de revenu des ménages. D’autres problèmes tels que l’éloignement des écoles, le problème d’insécurité ont également été évoqués comme des obstacles qui pourraient entraver l’accès des enfants à l’école, mais ils revêtent peu d’importance.
Graphique 5.3 : Problèmes d'accès des enfants à l'éducation dans la ville de Toliara

Aucun problème

8,7 12,0 55,8 53,6 19,5 21,3 5,3 1,5 2,9 1,7 2,8 0,7 1,5 1,8 0,7 0,8 0,5 1,7
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Manque d'argent Manque d'unifmorme Problème de déplacement Problème/insuffisance alimentaire Manque d'enseignant Absentéisme d'enseignant Problème insécurité Autre problème

Sources : McRAM Round I (Mai 2010, N=415) et McRAM Round II (Déc. 2010, N=405)

% de ménages MCRAM I MCRAM II

2.5.7. Absence scolaire La question sur l’absence de l’école pendant les deux semaines consécutives qui ont précédé l’enquête a été posé pour essayer de vérifier si la crise peut affecter l‘assiduité des enfants, une fois inscrits à l’école. Au vu des résultats, le taux d’absentéisme au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête s’élève à 2,5% pour les enfants âgés de 6 à 17 ans. Cette proportion était de 6,5% en mai 2010. Toutefois, il convient de noter que l’enquête a eu lieu juste peu après le début 37

de l’année scolaire. Toutefois, cette valeur ne semble pas négligeable, compte tenu du fait que vers cette période, les enfants sont supposés les plus motivés à suivre l’enseignement à l’école. Par ailleurs, en dehors de la maladie, le manque d’argent et le problème d’alimentation (enfants affamés) figure parmi les trois principales raisons d’absence des enfants à l’école. En conclusion, Malgré les difficultés engendrées auxquelles les ménages sont confrontés, les résultats ont révélé une certaine valorisation de l’éducation des enfants par les ménages. Aussi, a-t-on noté :  une atténuation de la précarité des ménages accompagnée d’une nette augmentation de l’inscription des enfants âgés de 6 à 10 ans dans la catégorie des ménages dont le revenu est compris entre 50.000 et 100.000 Ariary, qui étaient parmi les plus défavorisés en mai 2010 ;  un changement de type d’école fréquentée par les enfants comme stratégie pour maintenir la scolarisation des enfants ; Toutefois, l’extrême pauvreté constitue un obstacle majeur de la scolarisation des enfants (y compris ceux qui sont en bas âge). De plus en plus de ménages qui ont un revenu de moins de 50.000 Ariary n’arrivent pas à assurer l’éducation fondamentale de leurs enfants. Par ailleurs, en cas de difficultés, les enfants qui accusent un retard dans la scolarisation sont les plus susceptibles d’être retirés de l’école, les filles âgés de 11 à 14 ans sont victimes d’une discrimination sexuelle en matière de scolarisation et les enfants qui vivent dans un ménage dirigés par une femme ont moins de chance d’être scolarisés que leurs pairs vivant dans des ménages dirigés par un homme. En outre, les données révèlent que 3,3% des ménages adoptent « ne plus envoyer les enfants à l’école » comme stratégie d’adaptation à la crise. Aussi, pour atteindre l’objectif de la scolarisation de tous les enfants scolarisables (âgés de 6 à 17 ans), les actions devront se concentrer beaucoup plus sur les enfants marginalisés, notamment les enfants issus des ménages les plus pauvres, les enfants vivant dans des ménages dirigés par une femme et les enfants âgés de 11 à 14 ans de sexe féminin qui semblent actuellement victimes d’une discrimination sexuelle. 2.6. SECURITE ALIMENTAIRE DES MENAGES La sécurité alimentaire peut être définie comme « une situation dans laquelle tous les individus ont, en tout temps, un accès physique, social et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive qui satisfait à leurs besoins et à leurs préférences alimentaires et leur permet de mener une vie saine et active » (SNU, McRAM III - Novembre 2009, p. 38). Il se définit pour le McRAM à travers le profil de consommation alimentaire et l’accessibilité alimentaire17.

17

A titre de rappel, selon la méthode définie par le PAM, le calcul du profil de consommation alimentaire intègre la diversification alimentaire, la fréquence et la valeur nutritionnelle des aliments. Celui de l’accessibilité alimentaire, quant à lui, fait intervenir le niveau de dépenses alimentaires et la stabilité des sources de revenu.

38

Au vu des résultats présentés dans le graphique 6.1, le pourcentage de ménages qui sont en situation de sécurité alimentaire est de 60,6%, valeur qui demeure sans changement par rapport à celle de mai 2010 (60,4%). Par contre, la proportion des ménages souffrant d’une insécurité alimentaire sévère a connu une baisse significative, passant de 34,0% à 28,5% entre mai et décembre 2010. Enfin, les ménages qui souffrent d’une insécurité alimentaire de façon modérée sont proportionnellement deux fois plus nombreux que ceux enregistrés en mai 2010 (10,9% par opposition à 5,5% en mai). Autrement dit, l’ampleur de l’insécurité alimentaire demeure relativement élevée (près de trois ménages sur dix de la ville de Toliara souffre d’une insécurité alimentaire sévère). Toutefois, son intensité s’est atténuée entre mai et décembre 2010.
Graphique 6.1 : Évolution des taux de l’insécurité alimentaire des ménages entre mai et décembre 2010
100 Sécurité alimentaire Insécurité alimentaire modéré 80 Insécurité alimentaire sévère 60,4 60 60,6

% ménages

40

34,0 28,5

20 5,5 0 Mai 2010 (McRAM I Toliara)

10,9

Décembre 2010 (McRAM II Toliara)

Sources : MCRAM Round Mai 2010 (N=382), MCRAM Round II Décembre 2010 (N=400)

En revanche, le profil de consommation alimentaire des ménages18 est resté stable durant la période. La majorité des ménages (80,9%) ont toujours un profil de consommation alimentaire considéré comme « Acceptable », une proportion faible demeure classifiée dans la catégorie de profil alimentaire « Pauvre ».
Tableau 6.1 : Profil de consommation alimentaire Répartition des ménages selon le profil de consommation alimentaire, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara Profil de consommation alimentaire % Effectif 2,2 9 Pauvre Modéré 16,8 68 Acceptable 80,9 327 Ensemble 100,0 405

Le niveau de sécurité alimentaire des ménages dépend de plusieurs facteurs, qui contribuent d’une manière ou d’une autre à améliorer la situation à travers la disponibilité des aliments et
18

Le profil de consommation alimentaire ou le score de consommation alimentaire est mesuré à travers la diversité de la consommation alimentaire, de la fréquence de la consommation alimentaire et le poids nutritionnel de chaque groupe alimentaire. Il permet de classifier les ménages en trois catégories, à savoir les ménages à profil de consommation alimentaire « Acceptable », « Modéré ou Limite » et « Pauvre ».

39

de la qualité des aliments consommés. Parmi tant de facteurs dont certains n’ont pas pu être saisis à travers cette enquête, on peut citer : - L’atténuation de la précarité des ménages, notamment des ménages dirigés par une femme : comme il a été montré précédemment, la proportion des ménages dirigés par une femme ayant un revenu inférieur à 50.000 Ariary a nettement diminué, passant de 57,3% à 39,3%. De plus, leur degré de vulnérabilité par rapport aux ménages dirigés par un homme a été considérablement réduit au cours de la période mai et décembre 2010. L’amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme a nettement profité à leur ménage en termes de sécurité alimentaire. A cet effet, le niveau d’accessibilité alimentaire des ménages dirigés par une femme s’est nettement amélioré durant la période, notamment lorsqu’on compare aux ménages dirigés par un homme19. Aussi, en mai 2010, on a observé une variation significative du niveau de sécurité alimentaire selon le sexe du chef de ménage, les ménages dirigés par une femme ont été de loin proportionnellement plus nombreux à souffrir d’une insécurité alimentaire sévère que les ménages dirigés par un homme (45,5% vs 28,7% respectivement) et moins nombreux à être en sécurité alimentaire. En décembre 2010, la différence ne s’avère plus significative. Seuls 31,9% des ménages dirigés par une femme se trouvent en situation d’insécurité alimentaire sévère contre 27% pour les ménages dirigés par un homme. - La création des centres commerciaux « TSENA MORA » pour la vente des produits de première nécessité (PPN) par l’Etat à des prix subventionnés peu avant la période de l’enquête : la ville de Toliara a également bénéficié du projet gouvernemental qui consistait à aider les ménages pauvres à accéder à des PPN à des prix abordables. Certains ménages pauvres ont déjà pu profiter des produits à bas prix qui y sont vendus. Aussi, le pourcentage des ménages ayant un revenu très faible (<50.000 Ariary) en insécurité alimentaire sévère est passé de 74,1% à 58,3% entre mai et décembre 2010. Néanmoins, la part des ménages de cette catégorie qui sont en sécurité alimentaire demeure toujours très faibles (22,2% en décembre 2010 contre 20,4% en mai 2010). Par ailleurs, les résultats ont montré une baisse significative des ménages ayant cité le prix élevé de nourriture comme un choc qui a affecté leur ménage durant la période mai et décembre 2010, et ceci, quel que soit le niveau de revenu. La proportion de l’ensemble des ménages ayant évoqué ce problème parmi les chocs est passée de 82,3% à 65% au cours de cette période20. - Les stratégies d’adaptation à la crise adoptée par les ménages sont meilleures et bénéfiques pour la situation des ménages en matière de sécurité alimentaire comparées à
19

Selon la méthode définie par le PAM, les ménages sont classifiés en trois niveaux d’accessibilité alimentaire (pauvre, moyen et bon). Les ménages dirigés par une femme ayant eu un bon niveau d’accessibilité alimentaire en mai 2010 étaient de loin inférieurs à ceux dirigés par un homme (26,4% vs 46,2%). En décembre 2010, les proportions correspondantes sont respectivement de 38,3% et 38,6%. 20 La différence statistiquement significative selon le niveau de revenu au niveau de la proportion des ménages ayant cité le prix élevé de nourriture comme un choc enregistrée en mai ne l’est plus en décembre 2010. L’écart entre les proportions minimale et maximale s’est nettement réduit. Environ 93% des ménages très pauvres l’ont cité en mai, en décembre 2010, seuls 64,3% de ces ménages l’ont cité. La proportion correspondante passe de 80,7% à 49,6% pour les ménages dont le revenu est supérieur à 500.000 Ariary.

40

celles qu’ils ont adoptées auparavant : selon les informations recueillies dans ce domaine, comme cela a été le cas en mai 2010, les principales stratégies adoptées par les ménages pour faire face à la crise sont liées au mode de consommation alimentaire et donc pourraient être nocifs à leur situation nutritionnelle. Néanmoins, elles ont été beaucoup moins fréquemment utilisées par les ménages en décembre comparativement à mai. Il s’agit spécifiquement de (1) manger la nourriture moins cher (citée par 55,5% en décembre vs 69,6% en mai 2010) ; (2) limiter la portion (35,4% en décembre vs 42% en mai) ; (3) diminuer la diversité de la consommation (48,7% en décembre vs 60,4% en mai). Les baisses correspondantes enregistrées sont particulièrement élevées pour les ménages dirigés par une femme et pour les ménages très pauvres21. - L’analyse de l’évolution des prix des PPN à Toliara a montré une stabilité globale des prix des PPN entre janvier et octobre 2010. Le riz, le sucre et les haricots secs blancs étaient les produits qui ont connu une hausse de plus de 1% durant cette période. Il convient toutefois de mentionner que de façon globale, les prix ont plutôt augmenté si l’on considère la période entre mai et décembre 2010 (augmentation moyenne mensuelle de 0,7% pour l’ensemble des produits). Les prix ont surtout augmenté pour le riz (2,5%), le pain bâtard (1,7%), les œufs de poule (1,4%) et les haricots secs blancs (5,3%).
Graphique 6.2 : Evolution des prix du PPN à la consommation à Toliara entre janvier et octobre 2010

6000 Source : INSTAT/DSM

5000

4000

Riz Kg Pain bâtard Kg Viande de bœuf avec os Kg Lait concentré sucré boîte Œuf de poule pièce Huile de soja en vrac litre Haricots secs blancs Kg Sucre cristallisé blanc en vrac Kg

3000

2000

Gros sel de cuisine en vrac Kg Café en grains Kg Pétrole lampant litre Charbon de bois Kg

1000

Savon de ménage Morceau 170g Bougie Grand Modèle paquet de 10 Boîte d'allumette Boîte

0 janv-10 févr-10 mars-10 avr-10 mai-10 juin-10 juil-10 août-10 sept-10 oct-10

En résumé, malgré l’atténuation de la sévérité, le niveau de l’insécurité alimentaire dans la ville de Toliara reste élevé. Les ménages très pauvres et ceux dirigés par une femme ont néanmoins pu profiter de la situation et ont vu leur niveau de sécurité alimentaire amélioré. Près des trois quarts des ménages qui sont dans une situation de sécurité alimentaire précaire (insécurité alimentaire sévère) en décembre tirent principalement leurs revenus d’une source peu stable/instable (petit commerce/gargote/boutique, emploi temporaire et envoi d’argent).

21

Les proportions des ménages de ces deux groupes ayant adopté la première stratégie, par exemple, sont passées respectivement de 70,5% à 48,6%, et de 93,2% à 56,1% respectivement.

41

2.7. RESEAU SOCIAL L’examen de réseau social permet de voir la possibilité pour les ménages, qui déclarent avoir rencontré des difficultés depuis le mois de mai, de bénéficier de l’aide sociale au cours de cette période. Au vu du graphique 7.1, l’ampleur globale des difficultés des ménages reste relativement élevée bien qu’elle ait significativement diminué entre les deux enquêtes. La majorité des ménages (81,7%) a toujours déclaré avoir rencontré de difficultés financières ou en nourriture pendant la période de référence22, cette proportion était de 87,4% en mai 2010.
Graphique 7.1 : Évolution de la proportion des ménages de Toliara ayant eu des difficultés financières ou en nourriture entre mai et décembre 2010
100
86,2 92,3 91,1 83,4 86,9 85,3 72,1 92,5 87,4 81,7 68,9 58,9

80

60

%
40 20 0
50.000100.000-300.00 300.000-500.00 >500.000 Ar Ensemble 100000AR AR AR Source : Enquête McRAM Round I (Mai 2010) et M ai 2010 (M cRAM I) Dé c 2010 (M cRAM II) McRAM Round II (Décembre 2010) Toliara <50.000 Ar

On note cependant une variation différentielle selon le niveau de vie des ménages. La proportion des ménages déclarant avoir été confrontés à des difficultés financières ou en alimentation est la plus élevée et elle a nettement augmenté pour le groupe des ménages ayant un revenu très faible (<50.000 Ariary), passant de 86,2% à 92,3%. A l’inverse, elle a diminué pour les autres catégories des ménages. Par ailleurs, la baisse de l’ampleur des difficultés a été particulièrement remarquable au niveau des ménages dirigés par une femme (où la proportion correspondante est passée de 84,7% à 74,7%) et ceci, grâce à l’amélioration de la situation économique observée dans ce groupe de ménages. . Face à des difficultés (en terme d’insuffisance en argent ou en nourriture), la grande partie des ménages ont déclaré avoir l’habitude de recourir à l’aide d’une tierce/un groupe de personne. Les familles proches restent les plus sollicitées par les ménages pour les aider à surmonter ces difficultés. Près de la moitié des ménages (49,9%) a déclaré avoir l’habitude de demander de l’aide auprès d’elles lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Elles sont suivies des amis (26,7%), des membres du voisinage (12,1%) et des collègues de travail (5,6%).

22

La période de référence est de janvier à mai pour l’enquête réalisée en mai et de mai à décembre pour celle réalisée en décembre.

42

Graphique 7.2 : Pourcentage de ménages qui déclarent recourir à l'aide d'individus/groupes lors des dernières difficultés dans le ménage (insuffisance d'argent, de nourriture)
18,2

Aucun emprunt/aucune aide

11,6

Usurier Même groupe ethnique Mosqué/Eglise ONG/groupe bienfaisance Collègues de trav ail Membre v oisinage Amis Famille proche 0

4,0

1,4
0,0

0,3
0,3

1,7
0,9

0,6
5,1

4,9
13,6

15,1
29,4

24,9
47,2

51,3

10

20

30

40

50

60

70

80

90

100

% de mé na ge s
Source : McRAM Round I (Mai 2010) et McRAM Round II (Décembre 2010)

MCRAM1

MCRAM2

Ce sont également les mêmes groupes qui ont été les plus sollicités lorsqu’ils ont eu des difficultés entre la période mai et décembre 2010 : les aides familiales viennent au premier rang (47,2%). Elles sont suivies des amis (29,4%) et des membres de voisinage (13,6%), ainsi que des collègues de travail (5,1%). Il convient cependant de noter un recours de plus en plus fréquent auprès des amis, les ménages ayant demandé de l’aide auprès d’eux pour les dernières difficultés sont passés de 24,9% à 29,4% en décembre 2010. Toutefois, le pourcentage de ménages ayant déclaré n’effectuer aucun emprunt ni solliciter de l’aide d’une autre personne/un autre groupe lors de la dernière difficulté a augmenté, passant de 11,6% à 18,2% entre mai et décembre 2010. Ceci résulterait de l’atténuation de la précarité de la situation économique des ménages et traduirait une plus grande capacité des ménages à s’adapter à la situation de crise. Dans la plupart des cas, les aides reçues par les ménages sont exclusivement de type non alimentaire, excepté les aides provenant des membres du voisinage. Ces derniers ont de plus en plus tendance à ne pas hésiter de fournir également des aides alimentaires. Près de la moitié des ménages (47,4%) ont déclaré avoir bénéficié d’une aide alimentaire de la part d’eux alors que cette proportion était autour de 9% en mai. L’accès des ménages à ce réseau social contribuerait, tant peu soit-il, à améliorer/stabiliser leur situation du moment en matière nutritionnelle, malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées.
Tableau 7.1 : Type d'aides reçu par les ménages Répartition des ménages ayant déclaré avoir eu recours aux différents groupes ou catégories de personnes lorsqu'ils ont eu des difficultés pendant la période allant de mai 2010 à la période de l'enquête, par type d'aide reçu, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara. Non Alimentaire alimentaire Les deux Total Effectif Personnes / Groupes sollicités Aide Famille proche Aide Membre de voisinage Aide Mosquée/Eglise Aide Collègue de travail Aide ONG/groupe de bienfaisance Aide AMis Aide Usurier % 14,7 47,4 0,0 0,0 33,7 5,2 0,0 % 55,1 28,7 100,0 94,3 66,3 72,4 100,0 % 30,2 23,9 0,0 5,7 0,0 22,5 0,0 % 100 100 100 100 100 100 100 N 156 45 1 17 3 97 13

43

2.8. AGRICULTURE URBAINE Les résultats n’ont montré aucune différence statistiquement significative sur les proportions de ménages pratiquant l’agriculture et l’élevage en mai et en décembre 2010. En décembre 2010, 1% de l’ensemble des ménages ont déclaré pratiquer de l’agriculture et près de 17% font l’élevage. Par contre, les ménages pratiquant la pêche est passée du simple au triple au cours de cette période (1,2% en mai et 3,6% en décembre 2010).
Graphique 8.1 : Pourcentage des ménages de Toliara qui ont déclaré pratiquer l'agriculture, l'élevage et la pêche en mai et en décembre 2010
25 19,6 20 15 16,5

%
10 5 1,3 0 agriculture Source : Enquête McRAM I (Mai 2010, N=415) et MCRAM II (Déc. 2010, N=405) elevage Type d'Agriculture pêche MCRAM I MCRAM II 1,0 1,2 3,6

A cet effet, selon les déclarations des ménages, la part de ceux qui tirent le revenu à travers une activité de pêche a augmenté de 1% à 2,4% au cours de la période mai et décembre 2010, et dans 10,6% des cas, la pêche constitue la troisième source de revenu des ménages. Par ailleurs, les membres des ménages ayant déclaré exercer une activité dans l’Agriculture (culture/élevage/pêche) est passé de 4,9% en mai à 6,3% en décembre 2010. En décembre 2010, les cultures maraîchères sont les plus répandues (pratiquées par 51,2% des ménages agricoles). Concernant l’élevage, l’élevage de volailles reste de loin le plus pratiqué par les ménages. A peine 3% des ménages font l’élevage de bœuf, et on note une baisse significative des ménages qui font ce type d’élevage (passant de 8,6% en mai à 2,9% en décembre 2010). Ceci est dû entre autres par le problème de vol des animaux, qui a été cité parmi les obstacles majeurs rencontrés par les ménages éleveurs dans la pratique de leur activité. Par contre, 23,8% pratiquent de l’élevage porcin et la grande majorité des ménages éleveurs (80,8%) ont des volailles. Dans la majorité des cas, les produits de l’agriculture et de l’élevage aident les ménages à couvrir leurs besoins alimentaires. Au plus les tiers des ménages consacrent les produits exclusivement à la vente, quel que soit le type d’agriculture. Dans la majorité des cas, ils sont soit destinés à une autoconsommation, soit à la fois à une vente et une consommation familiale.

44

Tableau 8.1 : Destination des produits d'Agriculture Répartition des ménages agricoles et de ceux qui pratiquent l'élevage et la pêche selon la destination des produits de l'Agriculture, Enquête McRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara. Destination des Destination des produits Destination des produits de produits des cultures d’élevage pêche Destination des produits Auto-consommation Vente Vente et auto-consommation Autres Total % 50,1 25,2 24,7 0,0 100 Effectif 2 1 1 0 4 % 35,9 31,3 25,5 7,3 100 Effectif 24 21 17 5 67 % 27,0 33,4 39,6 0,0 100 Effectif 4 5 6 0 15

2.9. EAU, ASSAINISSEMENT ET HYGIENE 2.9.1. Accessibilité de l’eau La situation des ménages en matière d’accès à l’eau est semblable à celle de mai 2010. Pour s’approvisionner en eau de boisson, la grande partie des ménages de Toliara (99,3%) utilise des sources améliorées. Il s’agit essentiellement des branchements particuliers (36,4%) et des bornes fontaines (62,2%)23. L’approvisionnement auprès d’une source non améliorée (à travers l’utilisation de puits traditionnels et de source non protégée) concerne 0,7% des ménages.
Tableau 9.1 : Source d’approvisionnement en eau Répartition des ménages selon le type de la principale source d’approvisionnement en eau, pour eau de boisson et en eau utilisée pour les autres besoins du ménage, Enquête MCRAM ROUNDII Décembre 2010 Toliara. Eau utilisée pour les autres Eau de boisson Type de source d'approvisionnement besoins du ménage en eau % N % N Source améliorée Branchement particulier Borne fontaine Puits avec pompe à motricité humaine Source protégée Ensemble source améliorée Source non améliorée Puits traditionnel Source non protégée Lac/rivière/ruisseau/… Vendeur d’eau mobile Autre (à préciser) Ensemble source non améliorée Ensemble 0,5 0,2 0,0 0,0 0,0 0,7 100,0 2 1 0 0 0 3 405 7,8 0,2 0,5 0,0 0,2 8,7 100,0 31 1 2 0 1 35 403 36,4 62,2 0,5 0,2 99,3 147 252 2 1 402 35,5 54,3 0,8 0,7 91,3 143 219 3 3 368

23

Il est à noter que le branchement particulier n’est pas forcément propre au ménage. Aussi, à cause des problèmes de queue qui sont parfois de plus en plus longue, il y a des ménages qui négocient auprès des ménages voisins pour s’approvisionner en eau auprès de leur pompe pour éviter le temps d’attente.

45

Pour ce qui est de l’eau utilisée pour les autres besoins des ménages, au total, 91,3% des ménages utilisent de l’eau provenant des sources améliorées. Près de 9% des ménages utilisent les puits traditionnels, les sources non protégées, le lac/rivière/ruisseau ou autres (bassins publics) pour se procurer de l’eau dont ils ont besoin pour se laver, faire la lessive, faire la vaisselle, etc. En se référant à ces indicateurs, l’accessibilité à l’eau ne semble pas constituer un problème pour les ménages de Toliara. Toutefois, interrogés sur les problèmes qu’ils rencontrent en termes d’accès à l’eau, près des deux tiers des ménages (62%) déclarent être confrontés à des difficultés, sous une forme ou une autre (tableau 9.2).
Tableau 9.2 : Principaux problèmes rencontrés par les ménages pour l'approvisionnement en eau Pourcentage des ménages ayant cité les différents problèmes dans l'approvisionnement en eau de boisson, Enquête MCRAM ROUNDII Décembre 2010 Toliara.
Principaux problèmes Coupures momentanées Tarissement (Séchage) Diminution du débit Queue de plus en plus longue Cherté de l'eau Eloignement/horaire d'ouverture de borne fontaine Autre problème d'approvisionnement en eau Aucun problème % de ménages 3,5 0,5 4,2 14,7 47,4 1,9 1,4 38,0 Effectif total de ménages 405 405 405 405 405 405 405 405

Selon leurs déclarations, la cherté de l’eau demeure le premier problème auquel ils sont confrontés. De ce fait, presque la moitié des ménages (47,4%) se sont plaints du coût élevé de l’eau. Cette proportion reste quasi-identique à celle qui a été enregistrée en mai 2010 (47%). Le temps nécessaire pour avoir de l’eau, dû à la queue de plus en plus longue devant les bornes fontaines, vient en deuxième position. Environ 15% des ménages le considèrent comme un problème majeur pour pouvoir se procurer de l’eau. Les autres problèmes tels que les coupures momentanés, la diminution du débit, le tarissement de l’eau, l’éloignement et/ou la non adéquation des heures d’ouverture des bornes fontaines et autres, figurent également parmi les problèmes mais cités beaucoup moins fréquemment par les ménages (moins de 5% des ménages). 2.9.2. Consommation en eau des ménages Les consommations en eau des ménages présentent de très fortes variations, selon qu’ils ont un branchement particulier ou non, et selon leur niveau de revenu. Les ménages ayant la possibilité de s’approvisionner en eau à partir d’un branchement particulier consomment en moyenne 10,6 m3 d’eau en un mois, avec une variation allant de 1m3 à 61m3. Cette quantité d’eau est de loin inférieure à celle que les ménages ont déclaré avoir consommé en mai 2010 (26,2m3). Le coût élevé de l’eau mentionné par les ménages

46

parmi les problèmes majeurs d’accès à l’eau24 pourrait les emmener à limiter leur consommation en eau. En outre, le problème d’insuffisance d’eau (tarissement d’eau) ayant engendré une diminution de débit et de coupure d’eau, bien que ces problèmes soient moins perçus par les ménages comme des problèmes majeurs pour l’accès à l’eau, n’ont pas manqué de se répercuter sur le niveau de consommation d’eau des ménages. Toutefois, comme on verra par rapport aux dépenses des ménages, avec un climat chaud, les ménages ont probablement essayé de trouver d’autres moyens pour compenser le manque d’eau qui leur permettrait de répondre à leurs besoins quotidiens.
Tableau 9.3 : Niveau de consommation en eau des ménages Quantité d'eau mensuelle (en m3) consommée par les ménages ayant un branchement particulier selon le niveau de vie, Enquête MCRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara Intervalle de Minimum Maximum Médiane Moyenne Niveau de revenu mensuel confiance * * * * * * < 50000 Ariary 2,00 13,00 3,1 5,3 1,2 9,3 50000 à 100000 Ariary 1,00 52,00 3,0 7,0 3,3 10,6 100000 à 300000 Ariary 3,00 61,00 12,0 14,6 9,5 19,6 300000 à 500000 Ariary 2,00 36,00 13,8 14,6 8,7 20,6 > 500000 Ariary 1,00 61,00 6,7 10,6 8,0 13,2 Ensemble * Effectif trop faible

En revanche, la consommation mensuelle en eau des ménages n’ayant pas de branchement particulier s’élève à 2746 litres, une valeur qui est statistiquement plus élevée (au seuil de 10%) que celle enregistrée en mai 2010. Cette quantité, correspondant à environ 2,8 m3, est faible et difficile à compresser. De plus, avec le climat chaud qui a prévalu pendant la période de l’enquête, les ménages ont plutôt tendance à augmenter légèrement la quantité d’eau à puiser malgré le coût élevé de l’eau que les ménages ont déclaré à payer25. Cette quantité varie de 300 litres à 12000 litres. Néanmoins, la consommation mensuelle moyenne en eau des ménages très pauvres (à revenu de moins de 50.000 Ariary) a nettement baissé durant la période, passant d’une moyenne de 1929 litres à 1596 litres en un mois.
Tableau 9.4 : Niveau de consommation en eau des ménages Quantité d'eau mensuelle consommée par les ménages (en litres) selon le niveau de vie, Enquête MCRAM ROUNDII Décembre 2010 Toliara Niveau de revenu mensuel < 50000 Ariary 50000 à 100000 Ariary 100000 à 300000 Ariary 300000 à 500000 Ariary > 500000 Ariary Ensemble * Effectif trop faible Minimum 300,00 600,00 600,00 900,00 * 300,00 Maximum 3 600,00 6 900,00 12 000,00 9 000,00 * 12 000,00 Médiane 1 500,0 1 800,0 2 700,0 3 600,0 * 2 250,0 Moyenne 1 595,5 2 226,7 2 962,0 3 933,2 * 2 746,0 Intervalle de confiance 1318,4 1884,9 2630,6 3082,1 * 2508,4 1872,6 2568,4 3293,5 4784,2 * 2983,7

24

Environ 42% des ménages ayant un branchement particulier se plaint également du coût élevé de l’eau à payer. 25 Près de la moitié de l’ensemble des ménages n’ayant pas de branchement particulier ont évoqué le problème de cherté de l’eau. Il y a autant de ménages n’ayant pas de branchement particulier que de ménages qui l’ont à juger que le niveau de leur dépense en eau est élevé (59,3% et 58,6% respectivement).

47

Cette consommation mensuelle moyenne en eau correspond à une quantité d’eau de 21,3 litres par personne par jour, utilisée pour tous les besoins quotidiens des ménages, avec une variation allant de 18,3 litres par jour par personne (pour les ménages à revenu < 50.000 Ariary) à 32 litres par jour par personne (pour ceux dont le revenu est supérieur à 500.000 Ariary). Autrement dit, l’accessibilité à l’eau ne constitue apparemment pas un problème pour les ménages de Toliara, en dehors des difficultés qu’ils ont évoquées pour s’en procurer. A cet effet, la majorité des ménages (79,3%) a déclaré que la quantité d’eau puisée est suffisante pour les besoins de leurs ménages. Néanmoins, le fait que plus d’un ménage sur cinq (20,7%) pensent que cette quantité est insuffisante voire très insuffisante mérite une attention particulière pour les aider à sortir de ce problème d’eau qui est vital pour la santé de la population. 2.9.3. Dépenses en eau des ménages Les dépenses mensuelles des ménages en eau enregistrées en décembre 2010 s’élèvent à 6.645 Ariary, une valeur qui est quasi-identique à celle qui a été enregistrée en mai 2010 (6.618 Ariary). Comme toujours, les dépenses mensuelles en eau varient fortement selon la disponibilité ou non d’un branchement particulier. Les dépenses mensuelles en eau des ménages ayant un branchement particulier s’élèvent à 8.963 Ariary, soit un montant 1,5 fois plus élevé que celui déboursé par les ménages qui n’ont pas de branchement particulier (5.689 Ariary).

Il convient de noter que pour les ménages ayant un branchement particulier, les dépenses mensuelles en eau ne sont pas statistiquement différentes de celles qu’ils ont eu à payer en mai 2010, alors que la quantité d’eau consommée enregistrée a nettement diminué par rapport à mai 2010. La grande majorité de ces ménages ont, néanmoins, déclaré que l’eau puisée dans le ménage est toujours suffisante pour répondre aux besoins quotidiens en eau de leurs ménages. Ainsi, pour compenser la quantité d’eau manquante due à la coupure et la diminution de débit, il se pourrait que ces ménages aient envoyé quelqu’un chercher de

48

l’eau auprès d’une autre source (borne fontaine, puits, etc)26. Le coût supplémentaire engendré par la recherche d’eau (coût de l’eau et récompense pour la personne qui est allée chercher de l’eau) contribuerait à maintenir les dépenses en eau qu’ils ont engagées pour le mois ayant précédé l’enquête au même niveau que celles qu’ils ont eu à engager en mois de mai 2010. Pour les ménages n’ayant pas de branchement particulier, les dépenses en eau ne sont pas statistiquement différentes de ce qui a été enregistré en mai 2010 et la consommation en eau est légèrement plus élevée en décembre 2010. Néanmoins, selon les réponses fournies par les ménages, le coût de l’eau varie de 20 Ariary à 50 Ariary par unité de sceau de 15 litres, soit en moyenne 2,4 Ariary par litre27. Ce coût est relativement élevé, et il n’y a pas de variation significative par rapport à celui enregistré en mai 2010. 2.9.4. Conditions d’hygiène Les comportements des ménages en matière d’hygiène dépendent avant tout de la disponibilité des dispositifs sanitaires (eau, latrine, douche, savon, etc). D’une manière générale, les conditions semblent réunies pour la majorité des ménages de la ville de Toliara (pour au moins les deux tiers des ménages) afin de leur permettre de veiller à l’hygiène corporelle et l’hygiène dans le ménage.  un accès favorable à l’eau Comme il a été montré auparavant, malgré les difficultés évoquées par les ménages pour se procurer de l’eau, la grande partie des ménages de la ville de Toliara peut avoir un accès à une quantité suffisante d’eau pour satisfaire leurs besoins quotidiens en eau.  une possibilité de la majorité des ménages d’utiliser des latrines pour faire leurs besoins Au total, près de 10% (9,6%) des ménages de Toliara n’utilisent pas de latrine et font leurs besoins dans la nature. En revanche, 90,4% des ménages ont déclaré utiliser des latrines, parmi lesquels 68,7% partagées avec plusieurs ménages. Seuls près du quart d’entre eux (25,8%) ont des latrines privées, qui propres à leurs ménages. Environ 5% des ménages, quant à eux, utilisent les latrines publiques mises à la disposition de l’ensemble de la population, et ceci, moyennant le paiement d’une somme d’argent, variant de 100 Ariary à 200 Ariary par personne, selon le cas, à chaque utilisation. Certains parmi ceux qui partageant les latrines avec d’autres ménages (11,8%) paient de l’argent pour contribuer à l’entretien des latrines28.

26

La quantité d’eau complémentaire recherchée n’est pas comptabilisée par le ménage concerné, leur consommation en eau provenant dans la plupart des cas des factures de la JIRAMA. 27 Y compris, le cas échéant, les dépenses relatives à la rémunération de la personne employée pour aller chercher de l’eau. 28 Le montant et la périodicité sont très variables, fixés de commun accord entre les utilisateurs

49

 Une plus grande disponibilité de savon dans les ménages Au total, 8 ménages sur 10 (77,8%) ont déclaré avoir de façon permanente du savon à leur disposition, pouvant être utilisé pour se laver les mains alors qu’en mai 2010, cette proportion était de 74,5%. Il reste néanmoins plus d’un cinquième des ménages (22,2%) qui ne disposent pas toujours du savon dans leur ménage, et ceci, dans la majorité des cas (84,9%) par manque d’argent pour en acheter. En revanche, près de 14% de ces ménages ont déclaré ne pas avoir de savon disponible à la maison parce qu’ils ne le considèrent pas comme un besoin prioritaire du ménage. En outre, presque les deux tiers des ménages (64,2%) ont déclaré ne pas disposer d’un espace spécifique pour se laver (douche) (66,9% des ménages dirigés par un homme et 57,8% de ceux ménages dirigés par une femme). 2.9.5. Comportements en matière d’hygiène Malgré que les conditions soient favorables à une bonne hygiène pour la plupart des ménages, on enregistre des comportements peu appropriés en matière de lavage de main. En effet, près de la moitié des ménages (49%) ont déclaré ne pas utiliser systématiquement du savon pour se laver les mains. Cette proportion était de 55,6% en mai 2010. On note ainsi une hausse significative (autour de 6%) des ménages qui ne font pas usage systématique de savon chaque fois qu’ils se lavent les mains (passant de 44,4% à 51%). D’une manière générale, la non utilisation systématique de savon pour se laver les mains provient essentiellement d’une mauvaise habitude (cité par 60,6% de ceux qui n’utilisent pas toujours du savon) et d’un manque d’argent (cité par 37%). En dehors des mesures liées à la lutte contre la pauvreté, il serait nécessaire de penser à des actions efficaces pouvant aider la population à ancrer dans sa vie quotidienne l’importance de l’hygiène, notamment par une simple geste de lavage de main avec du savon. Par ailleurs, 73,8% des ménages ont déclaré qu’ils jettent les eaux usées dans la cour ou dans la rue, ayant ainsi une attitude qui n’est pas appropriée pour préserver la salubrité de l’environnement. 2.10. SANTE 2.10.1. Niveau de morbidité La morbidité au cours de la semaine qui a précédé l’enquête en décembre est relativement élevée (11,3%), notamment pour les enfants de moins de cinq ans. Environ un cinquième (19,9%) des enfants de moins de cinq ans dans les ménages ont été déclarés malades pour la période concernée. Pour les personnes âgées de 5 ans et plus, le niveau de morbidité est de 10,2%.

50

Graphique 10.1 : T aux de morbidité durant la semaine ayant précédé l'enquête (en mai et en décembre 2010) dans la commune urbaine de T oliara selon le groupe d'âge
100

Taux de morbidité (% de malades)

90 80 70 60 50 40 30
19,9

Ma i 2010 (McRAM I ) Décembre 2010 (McRAM I I )

20 10 0

13,3 8

10,2

8,7

11,3

Taux de morbidité des moins de 5 ans

Taux de morbidité des 5 ans et plus

Taux de morbidité (ensemble)

Source : McRAM I Mai 2010 (N=415) et MCRAM II Déc. 2010 (N = 405)

Parallèlement, lorsqu’on se réfère aux déclarations des enquêtés, le pourcentage des ménages qui ont cité les maladies temporaires des membres des ménages comme un choc ayant affecté leur ménage durant la période de référence a été réduit de moitié entre mai et décembre 2010 (passant de 63,3% à 31,3%). Pourtant, il convient de préciser que les résultats sur le niveau de morbidité ne sont pas strictement comparables à ceux enregistrés en mai 2010, la morbidité étant fortement dépendante de la période de référence et de la période de l’enquête. La différence observée serait beaucoup plus liée à la saisonnalité de la morbidité. La période de l’enquête à Toliara en décembre correspond à une période où le climat est très chaud, avec un début de pluie. Sans tenir compte les maladies dont les causes n’ont pas été déclarées par les ménages ou difficiles à classer, pour les enfants de moins de cinq ans, la diarrhée/maux de ventre constitue la première cause de maladie déclarée par les ménages, elle est suivie du paludisme et de la grippe. Pour les personnes âgées de cinq ans et plus, le paludisme occupe le premier rang des maladies responsables de leur morbidité. Viennent ensuite la grippe et la diarrhée/maux de ventre.
Tableau 10.1 : Principales causes/Types des maladies Répartition des membres des ménages qui ont été malades au cours la semaine ayant précédé l'enquête selon les causes/types de maladies évoqués, par groupe d’âge, Enquête McRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara <5 ans Cause de maladie Paludisme Toux Grippe Diarrhée/Maux de ventre Tension artérielle Maux de dos Maux de dent Maladie respiratoire Maux d"estomac Maux de tête Autre Total (N=46) 18,5 11,3 11,9 42,1 0,0 0,0 0,0 2,3 0,0 2,2 11,7 100 >=5 ans (N=183) 23,5 3,5 19,1 13,9 4,5 2,0 3,4 5,2 3,3 0,6 20,8 100 Ensemble (N=229) 22,4 5,2 17,5 20,2 3,5 1,6 2,7 4,6 2,5 1,0 18,8 100

51

L’importance de la diarrhée à Toliara, qui constitue l’un des principaux problèmes sanitaires pour les enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement, est à prendre avec une haute considération, vu le risque élevé de mortalité lié à cette maladie et donc l’impact que cela pourrait causer si la maladie n’est pas correctement traitée. Comme cela a été le cas en mai 2010, la morbidité chez les enfants de moins de cinq ans est beaucoup plus élevée dans les ménages dirigés par un homme comparativement à celle enregistrée dans les ménages dirigés par une femme. 2.10.2. Comportements sanitaires Le recours aux soins médicaux au cours d’un épisode de maladie est d’une manière générale relativement important. Plus des deux tiers des malades (69,2%) ont été emmenés en consultation médicale. Il reste toujours plus élevé pour les enfants de moins de cinq ans. En effet, presque les trois quarts (74,7%) des enfants de moins de cinq ans ont fait l’objet d’une consultation médicale lorsqu’ils étaient malades. En revanche, le recours aux soins médicaux a concerné environ 68% des personnes âgées de cinq ans et plus (graphique 10.2).
Graphique 10.2 : Évolution des pourcentages des malades de la ville de Toliara emmenés en consultation médicale entre mai et décembre 2010
100 80 74,7 67,8 52,2 55,7

70,2

69,2 <5 ans >=5 ans Ensemble

% malades

60 40 20 0

Mai 2010 (McRAM I Toliara)

Décembre 2010 (McRAM II Toliara)

Sources : MCRAM Round Mai 2010 (<5ans=37, >=5 ans=155, Ens=192), MCRAM Round II Décembre 2010 (<5ans=46, >=5 ans=183, Ens=229)

Dans la ville de Toliara, les ménages pauvres (à revenu inférieur à 100.000 Ariary) enregistrent un faible recours aux soins aussi bien pour les enfants de moins de cinq ans que pour les personnes âgées de plus de cinq ans. Seule près de la moitié des malades des deux groupes (52,6% pour les enfants de moins de cinq ans et 55,2% pour ceux ayant plus de cinq ans) a bénéficié de soins médicaux lorsqu’ils ont été malades. De plus, il a été noté une baisse significative du recours aux soins en cas de maladie des enfants de moins de cinq ans au niveau de cette catégorie de ménage. Le pourcentage des enfants de cette tranche d’âge qui ont été emmenés en consultation médicale est passé de 62,9% à 52,6%. En décembre 2010, le manque d’argent constitue la principale raison évoquée de non consultation médicale, quel que soit l’âge des malades29. Pour les enfants de moins de cinq ans, l’automédication et le manque de temps viennent en deuxième et troisième positions pour justifier la non consultation médicale. Par contre, pour les personnes âgées de plus de
29

En mai 2010, l’automédication primait sur la décision de non consultation pour les enfants de moins de cinq ans.

52

cinq ans, l’automédication et le caractère jugé bénin de la maladie viennent après la raison économique pour justifier le non recours aux soins. 2.11. HABITAT

2.11.1. Évolution de l’appréciation de la qualité des services rendus par la commune Les résultats montrent que, d’une manière générale, les ménages ont une meilleure appréciation sur la qualité des services rendus par la commune par rapport à mai 2010. Excepté les services liés à l’approvisionnement en eau potable et au ramassage d’ordures, le niveau de satisfaction des ménages pour les différents services rendus par la commune s’est nettement amélioré par rapport à celui enregistré en mai. On a, en effet, enregistré une augmentation du pourcentage des ménages ayant déclaré satisfaits des services offerts par la commune allant de 10 points (services des hôpitaux) à 42 points (services de sécurité)30. Le niveau de satisfaction des ménages pour les services d’approvisionnement en eau potable reste parmi les plus élevés bien qu’il ait diminué légèrement. Par ailleurs, un grand effort devrait être déployé au niveau des services liés à l’évacuation des eaux pluviales bien qu’une nette amélioration de l’appréciation ait été enregistrée. En se référant aux opinions des ménages quant à leur satisfaction par rapport à la qualité des différents services, les améliorations observées ont été particulièrement élevées pour les services liés à la circulation routière, la sécurité31 et les transports collectifs (tableau 11.1). Ils constituent les services les plus appréciés des ménages en décembre 2010. Les services d’approvisionnement en eau potable, qui étaient parmi les plus appréciés en mai 2010, viennent en quatrième position. Près des trois quarts (voire plus) des ménages ont déclarés être satisfaits de chacun de ces services. En revanche, les services les moins appréciés en décembre concernent l’évacuation des eaux usées, les eaux de pluie, le ramassage d’ordures et les services des hôpitaux. Les pourcentages des ménages se déclarant non satisfaits de ces services sont de l’ordre de 5077%, avec des proportions importantes de ménages qui les jugent inacceptables (allant de 19% à 31%). A noter que les ménages perçoivent plus des problèmes liés aux deux premiers services cités pendant la période de pluie.

30

En excluant les services de BMH, les cantines scolaires et la délivrance de permis de construire où largement plus de la moitié des ménages se déclarent non concernés par les services. 31 Pour les services de sécurité, la mise en place des « andrimasompokonolona » - groupes d’individus qui se relayent du jour au lendemain pour veiller à la surveillance et la sécurité du milieu pendant la nuit - suite à la recrudescence de l’insécurité semble avoir été particulièrement appréciée par les ménages. Toutefois, l’insécurité étant un réel problème et l’agressivité des malfaiteurs de plus en plus amplifiée, les dispositifs mis en place n’ont pas pu enlever les sentiments d’insécurité vécu par les ménages.

53

Graphique 11.1 : Les services les plus appréciés par les ménages de la ville de Toliara et évolution entre mai et décembre 2010
100 90 83,1 82,7 72,6 76,4 72,3 81,9 81,0

% des ménages satisfaits

80 70 60 50 40 30 20 10 0
circulation routière sécurité

53,5 48,5 41,1

transport collectif

eau potable

Fokontany M ai 2010 (M cRAM I) Dé c 2010 (M cRAM II)

Source : E nquête McRAM I et II, 2010 Toliara

Graphique 11.2 : Les services les moins appréciés par les ménages les ménages de la ville de Toliara et évolution entre mai et décembre 2010
100

90,3 82,9 76,8 68,1 70,3 52,4 58,4 51,1

% des ménages non satisfaits

80

60

40

20

0
Evacuation des eaux Eaux pluviales Ramassage des ordures Hopital

Source : Enquête McRAM I et II, 2010 Toliara

M ai 2010 (M cRAM I)

Dé c 2010 (M cRAM II)

Pour les services liés à l’évacuation des eaux de pluie et des eaux usées, les ménages pensent que le manque/l’insuffisance de matériel (cité respectivement par 43% et 37,7% des ménages), le manque de responsabilité (cité par 17,5% et 14,7% des ménages) ainsi que le manque d’infrastructure (canal d’évacuation d’eau) (évoqué par 17,5% et 23,9% des ménages) constituent les problèmes cruciaux qui affectent la qualité des services dans ces domaines. Néanmoins, pour l’évacuation des eaux usées, près de 12% des ménages qui ont déclaré non satisfaits pensent que le problème provient d’une mauvaise gestion au niveau de la commune. En ce qui concerne le ramassage d’ordures, plus du tiers des ménages non satisfaits pensent que l’insuffisance de matériel (cité par 37,7% des ménages) constitue avant tout un problème ne permettant pas à la commune de satisfaire les besoins de la population dans ce domaine. Le manque de responsabilité (36,3%) et l’insuffisance de personnel (15,4%), quant à eux, occupent le deuxième et le troisième rang des raisons qui justifient leur nonsatisfaction. Il convient d’attirer spécifiquement l’attention sur les problèmes concernant les services des hôpitaux, vu l’importance de ces services pour la santé des ménages. Une amélioration de la qualité des services a été enregistrée au niveau des ménages entre mai et décembre 2010, toutefois, elle reste toujours insuffisante, plus de moitié des ménages éprouvent encore une insatisfaction sur ce type de services en décembre 2010. 54

Parmi les raisons évoquées par les ménages pour justifier leur insatisfaction, on note avant tout le coût élevé des services (cité par presque la moitié (cité par 57,1% des ménages). Il est suivi du mauvais accueil du personnel (16,8%). Enfin, le problème de corruption est un réel problème au niveau des hôpitaux, plus d’un ménage sur dix (12,5%) a évoqué ce type de problème pour justifier pourquoi ils ne sont pas satisfaits de ce service. 2.11.2. Services rendus par les Fokontany Les services des Fokontany ont toujours été parmi les plus appréciés par les ménages. En décembre 2010, plus des quatre cinquièmes des ménages (81%) se sont déclarés satisfaits des services qu’ils offrent. Toutefois, on n’enregistre pas une amélioration de l’appréciation des ménages sur la qualité de leurs services. Le pourcentage des ménages satisfaits de leurs services est resté de l’ordre de 80% (Graphique 11.1). Comme cela a été le cas en mai 2010, les services des travaux communautaires (actions de bienfaisance pour les nécessiteux, activités collectives bénéfiques pour la communauté telles que l’assainissement, les réunions communautaires, etc) demeurent les services les moins appréciés par les ménages. Environ 9% des ménages se sont déclarés non satisfaits de ces services en décembre (10,1% en mai 2010). Le problème de non satisfaction des ménages relatif aux des services d’actes de recensement et de services de sécurité existe mais revêt moins d’importance (les pourcentages des ménages non satisfaits de chacun de ces services se situent autour de 5%).
Tableau 11.1 : Evolution de l’appréciation des ménages sur la qualité des services de la commune et des Fokontany Services Circulation routière Sécurité Transports collectifs Eau potable Etat civil Gestion des marches Eclairage public Csb Entretien routier Evacuation des eaux*** Hopital*** Eaux pluviales*** Ramassage des ordures*** MCRAM Round I % ménages satisfaits 53,5 41,1 48,5 76,4 54,5 42,2 34,5 44,8 19,1 16,7 28,7 9,0 28,9 MCRAM Round II % ménages satisfaits 83,1 82,7 72,6 72,3 68,2 65,5 61,2 56,4 45,0 40,6 39,1 29,9 22,7 Evolution Différence points (%) +29,6 +41,6 +24,1 -4,1 +13,7 +23,3 +26,7 +11,6 +25,9 +23,9 +10,4 +20,9 -6,2 -0,9

81,9 81,0 Fonctionnement fokontany *** % élevé des ménages ayant jugé que le service est inacceptable (variant de 18% à 31%)

Le manque de responsabilité de la part des Fokontany constitue la raison la plus prépondérante justifiant la non satisfaction des ménages dans les services communautaires. La corruption semble également poser de réel problème et peut entraver les efforts des différentes associations et gouvernement à aider les indigènes à accéder à des produits à prix abordable. Elle vient au second rang des raisons de non satisfaction évoquées par les

55

ménages (16,5%). Enfin, environ un ménage sur dix (10,6%) a mentionné un problème de manque/insuffisance de matériel, ne permettant pas aux Fokontany de répondre aux besoins des populations dans le domaine de services communautaires. 2.12. ETAT DE DROIT ET JUSTICE

Madagascar ne reste pas indifférent sur les droits de l’homme et de ce fait, figure parmi les pays qui ont ratifié, entre autres, les Conventions relatives à l'élimination de toutes formes de discrimination raciale, aux Droits de l'enfant et de la femme, et à la lutte contre la torture. Plusieurs actions ont été entreprises en vue d’atteindre les objectifs que le pays s’est fixé dans ce domaine. 2.12.1. Droit de l’enfant En dépit de l’existence des différentes lois relatives au droit de l’enfant, leur application effective reste problématique. Le rapport relatif à la mise en œuvre à Madagascar du plan d’action pour un monde digne des enfants (2007) a fait état d’un net progrès dans le domaine de la protection des enfants contre toutes les formes de maltraitance, de délaissement, d’exploitation et de violence. Néanmoins, les données ont révélé que le problème d’agression /violence à l’égard des enfants existe toujours à Toliara, bien que les chiffres ne semblent pas alarmants. En décembre 2010, près de 4% des ménages (3,7%) ont déclaré avoir des enfants victimes d’une ou une autre forme d’agression/violence et 3,9% d’entre eux ont fait l’objet d’un départ d’un ou plusieurs enfants de moins de 18 ans pour aller vivre ailleurs. L’agression/violence faite aux enfants rapportée par les ménages se présente principalement sous forme de privations fréquentes (33,7%) et de châtiments corporels (20,3%). Les ménages ont probablement trouvé un impact négatif de l’agression verbale/insulte sur l’enfant. A Toliara, les ménages ayant cité cette forme d’agression a chuté de 45,5% à 6,4%. De même, le rapport des ménages sur les cas d’abandon des parents, nocifs pour l’épanouissement des enfants, a nettement régressé dans la ville de Toliara. Ils ont été cités par 6,3% des ménages en décembre 2010 contre 17,7% en mai. Il convient de mentionner une fois de plus, la présence d’exploitation à domicile, une forme déguisée de travail des enfants dont souffrent les enfants, telle que rapportée par 6% des ménages. Par contre, aucun cas d’exploitation sexuelle n’a été mentionné par les ménages, mais cela ne signifie aucunement que le phénomène n’existe pas. L’EPM (2005) par exemple, a pu répertorier différentes formes de travail infantile dont l’exploitation sexuelle des enfants. Une étude menée par le programme IPEC du BIT (2002) dans les villes d’Antsiranana, d’Antananarivo et de Toliara, a également fait ressortir l’existence de l’exploitation sexuelle à visée commerciale des enfants. 2.12.2. Droit de la femme Les lois existantes protègent les femmes contre le proxénétisme, le viol, les coups et les blessures. Cependant, les peines prévues par les textes sont rarement et faiblement appliquées et pas suffisamment dissuasives pour éradiquer le phénomène.

56

Au vu des résultats, les ménages enquêtés ont cette fois-ci rapporté moins de violence faite aux femmes qu’en mai 2010, quelle que soit la forme considérée. Près de la moitié des ménages (49,3%) ont cité la violence conjugale comme l’une des formes de violence la plus fréquente faite aux femmes de leur entourage, alors que cette proportion était de 60,8% en mai 2010. Vient ensuite le harcèlement physiologique, cité par 26,8% des ménages (vs 27,6% en mai 2010). Les prostitutions forcées constituent la troisième forme la plus fréquente, rapportées par environ 11% des ménages. D’autres formes de violence existent mais ont été rapporté beaucoup moins fréquemment par les ménages. En dehors des problèmes de viols faits aux femmes, rapportés par 7,3% des ménages, elles ont été citées par moins de 3% des ménages.

Toutefois, il est à noter que les réponses des enquêtés permettent d’identifier les formes de violence existantes et non de mesurer leurs prévalences respectives. En outre, dans bien de cas, par méconnaissance des textes en vigueur ou à cause des tabous qui entourent la violence conjugale et familiale, les victimes n’osent pas en parler ou porter plainte. Aussi, est-il erroné de conclure de façon affirmative une atténuation de la violence faite aux femmes, au vu des baisses enregistrées dans les différentes formes de violence rapportés par les enquêtés. En résumé, les problèmes rapportés demeurent d’une importance assez élevée et nécessitent des actions spécifiques afin de préserver les droits des femmes.
2.12.3. Droit des personnes et des ménages

Enfin, les résultats indiquent une violation du droit des personnes par rapport à leur liberté de circulation et de vivre en sécurité. On a noté une hausse de près de 40 points du pourcentage des ménages ayant exprimé un sentiment d’insécurité entre mai et décembre (passant de 37,7% en mai 2010 à 77% en décembre 2010). De plus, près de 6% des ménages (5,6%) ont déclaré avoir été victimes d’acte de violence, de vandalisme ou de vol par des groupes/individus isolés. Il convient par ailleurs de remarquer que non seulement les ménages dirigés par une femme ont été les plus nombreux à être touchés par ce problème (7,5%) comparativement aux ménages dirigés par un homme (4,8%), mais l’ampleur du problème au niveau de cette catégorie des ménages a également passé du simple au double durant la période (3,8% en mai et 7,5% en décembre 2010). Néanmoins, les cas d’arrestation par les forces de l’ordre d’un membre de la famille ou des personnes du voisinage par rapportés par les ménages ont nettement diminué au cours de la période, Par ailleurs, le droit du public de connaître les faits et les opinions, et donc de son droit à l’information constitue l’une des libertés fondamentales de tout être humain. Or, près de 20% des ménages ne jouissent pas de leur droit dans ce domaine, soit parce qu’ils n’ont pas accès à l’information fautes de moyen (8,9%), soit parce qu’ils ne s’y intéressent plus vu le rôle parfois non approprié joué par les média dans la diffusion des informations (9,8%). En effet, interrogés sur leurs opinions concernant les rôles joués par les médias dans le contexte actuel de la crise, près du quart des répondeurs (24,3%) qualifient certains d’entre eux de provocateurs. La neutralité tant attendue de la part des média a été attribuée par 18% des ménages de Toliara en décembre (13% en mai 2010).

57

Tableau 12.1 : Opinion sur le rôle des médias dans le contexte actuel de la crise Répartition des enquêtés qui ont évoqué les différents rôles joués par les médias dans le contexte actuel, par sexe, Enquête McRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara. Sexe du répondant Rôle des médias % Provocateur Educateur Réconciliateur Neutre Pour une partie politique Aucune idée 26,6 25,9 42,6 18,8 3,6 7,4 Masculin Effectif 122 122 122 122 122 122 % 23,2 21,7 47,0 17,9 2,3 5,8 Féminin Effectif 282 282 282 282 282 282 % 24,3 22,9 45,7 18,2 2,6 6,3 Total Effectif 405 405 405 405 405 405

2.13.

JEUNES 15-24 ANS

A rappeler que les questions relatives aux jeunes âgés de 15-24 ans concernent les opinions des enquêtés sur les conditions de développement et d’épanouissement des jeunes. Les enquêtés ont confirmé le manque d’espaces de loisirs et d’espaces publics nécessaires pour le développement et l’épanouissement des jeunes. Seuls 9,3% des enquêtés pensent qu’il y a suffisamment d’espaces de loisirs et d’espaces publics qui sont à la disposition des jeunes tananariviens. On enregistre une variation des opinions à ce sujet, selon les caractéristiques des répondants. Les jeunes âgés de 15-24 ans, qui sont les personnes directement concernées par la question, sont les moins nombreux à estimer qu’ils ont accès à ces espaces (uniquement 5,4% d’entre eux ont un avis favorable sur la disponibilité de tel type d’espace).
Graphique 13.1 : Pourcentage des répondants qui estiment que les jeunes de Toliara ont accès à des espaces de loisirs/espaces publics, selon le groupe d'âge
50

40

% des répondants

30

20

10,4
10

9,5

11,8 9,3

5,4

0

15-24 ans

25-34 ans

35-54 ans
groupe d'âge

55 ans et plus

Ensemble

Source : Enquête MCRAM II Décembre 2010, Toliara

Selon les déclarations des répondants, jouer pour l’argent (miloka) occupe le deuxième rang des divertissements des jeunes quand ils ont du temps libre, qui vient après le sport (cités respectivement par 26,6% et 76,2% des répondants). On note une baisse importante des répondants ayant évoqué ce type d’activités (passant de 86,8% à 26,6%) dans cette ville. Néanmoins, il convient d’insister sur le fait que s’il n’y a pas de suivis rapprochés des jeunes,

58

ce type d’activité pourrait être préjudiciable et constituer une entrave à leur développement et à leur épanouissement. En effet, il est reconnu que les endroits qu’ils fréquentent pour ce genre d’activités et pendant les moments où ils les exercent sont propices pour les tentations relatives à la prise de différents types de stupéfiants (l’alcool, la drogue et le tabac). Ces derniers ont d’ailleurs été évoqués par une grande partie des répondants comme les trois principales menaces à la santé des jeunes garçons (cités respectivement par 76,5%, 66,8% et 50,8% des répondants).
Pour les jeunes filles de 15-24 ans, leur santé pourrait être avant tout fragilisée par les risques liés à une grossesse précoce auxquels elles sont exposées, une grossesse qui survient avant l’âge de 18 ans étant cité 58,8% des enquêtés de la ville de Toliara comme une menace à la santé de ces jeunes. Elle est suivie du problème de VIH/Sida qui a été évoquée par environ le tiers (35,2%) des répondants parmi les principales menaces à leur santé. Par ailleurs, la prise de l’alcool émerge également parmi les dangers prééminents liés à la santé de ces jeunes filles. En effet, près du tiers des enquêtés (33,5%) l’ont mentionné au troisième rang des menaces à la santé des jeunes filles de 15-24 ans.
Tableau 13.1 : Opinion sur les principales menaces à la santé des jeunes filles et des jeunes garçons Pourcentage des enquêtés qui ont cité les différentes menaces à la santé chez les jeunes filles et chez les jeunes garçons, Enquête McRAM Round II, Décembre 2010 Toliara. Pourcentage des enquêtés qui ont cité les différentes menaces à la santé chez les jeunes de 15-24 ans Menaces à la santé Chez les garçons Chez les Filles (N=405) (N=405) Alcool 76,5 33,5 Tabac 50,8 24,9 Drogues (héroïne, marijuana, cocaïne...) VIH/SIDA Autres infections sexuellement transmissibles Grossesse précoce (avant 18 ans) Viols Avortement Autre 1,0 66,8 17,8 16,7 0,0 5,1 35,2 26,6 58,8 0,3 18,5 1,2

De ce qui précède, les conditions actuelles demeurent peu favorables pour le développement et l‘épanouissement des jeunes. De plus, l’entrée précoce des jeunes dans l’activité économique, leur difficulté d’insertion dans le marché de travail constituent des facteurs qui risqueraient de compromettre leur épanouissement professionnel et personnel. Or, ces jeunes constituent des acteurs potentiels de développement économique du pays.

Aussi, n’est-il pas étonnant d’entendre presque les deux cinquièmes (37,3%) qui ont jugé que les jeunes de la ville de Toliara s’engagent peu ou pas du tout dans la vie communautaire. De plus, un peu plus d’un cinquième (20,9%) des enquêtés déclarent qu’ils ne sont pas du tout optimistes quant à l’avenir des jeunes. De plus, les jeunes de 15-24 ans interrogés sont parmi les moins optimistes quant à leur avenir par rapport aux répondants des autres groupes d’âges. Par contre, ceux qui sont les plus instruits ont des opinions plus positives

59

que les autres sur l’avenir des jeunes, espérant un effort de la part d’eux pour se développer davantage malgré les conditions qui prévalent autour.
Graphique 13.2 : Répartition des répondants selon leur opinion quant au niveau d'engagement des jeunes dans la vie communautaire de Toliara

Graphique 13.3 : Répartition des répondants selon le degré d'optimisme quant à l'avenir des jeunes de Toliara

23,3% 14,0%

22,5%

20,9% 36,1%

43,0%

40,2%

Source : Enquête MCRAM II Décembre 2010, Toliara

Beaucoup

Moyen

Très peu

Pas du tout

Source : Enquête MCRAM II Décembre 2010, Toliara

Tout à fait

Moyennement

Pas du tout

2.14.

MIGRATION

La migration analysée dans cette partie concerne celle qui a eu lieu depuis le début de la crise, c’est-à-dire à partir de janvier 2009. Ainsi, sont considérés comme migrants ici « toute personne qui a déjà vécu pendant plus de 6 mois hors du Fokontany de résidence actuelle et qui est arrivée dans le Fokontany à partir du mois de janvier 2009 ». Elle essaie d’appréhender la mobilité de la population durant la période de la crise et de voir les principales raisons à l’origine de cette mobilité, dans l’optique de connaître l’incidence de la crise sur le mouvement migratoire de la population vers la commune urbaine de Toliara. Les détails sur la migration étudiée ici (date d’arrivée, lieu de provenance, motif de migration) concernent la migration la plus récente (la dernière migration) à partir de janvier 2009. La migration pendant la crise touche environ 12% de la population urbaine de Toliara, avec une ampleur plus élevée pour les femmes. Pour 71,2% de ces migrants (soit 8,6% de l’ensemble de la population), la migration a eu lieu entre janvier 2009 et mai 2010. Le reste (28,8%) (soit 3,5% de la population totale) est donc arrivé dans le Fokontany de résidence actuelle après mai 2010.
Graphique 14.1 : Pourcentage des membres des ménages qui ont déjà vécu hors de leur fokontany de résidence actuelle pendant une période de plus de 6 mois, et qui sont arrivés dans le Fokontany à partir de janvier 2009, par sexe
100

75

%

50 10,5 25 13,8 12,2

0 Hommes (N=996) Femmes (N=1026) Ensemble (N=2022)

sexe
Source : Enquête McRAM Round II, Décembre 2010 Toliara Hommes (N=996) Femmes (N=1026) Ensemble (N=2022)

60

A la lumière du tableau 14.1, la migration pendant la crise implique plus les jeunes et des individus âgés de 12 ans et plus ayant un statut marié. En effet, avec un âge moyen de 20,3 ans, la population migrante est un peu plus jeune que la population en général (âge moyen égal à 22,7 ans). Près de la moitié des migrants de plus de 12 ans (46,3%) sont mariés (légalement ou non) alors que la proportion correspondante est de 36,1% pour la population générale. De plus, on enregistre une proportion beaucoup plus élevée de migrants non instruits par rapport à l’ensemble de la population.
Tableau 14.1 : Caractéristiques des migrants pendant la crise Principales caractéristiques des membres des ménages qui ont déjà vécu hors de leur fokontany de résidence et qui ont migré pendant la période de crise, par sexe, Enquête McRAM Round II Décembre 2010 Toliara. % par rapport à % migrant % des migrants Membres Effectif l’ensemble de la Age moyen (>=15 ans) non vivant dans un population instruits ménage aisé Homme migrant 104 10,5 21,0 19,3 4,7 Femme migrante 142 13,8 19,7 12,8 6,9 Ensemble migrant 246 12,2 20,3 15,6 6,0

Les migrants proviennent essentiellement d’un milieu urbain (65,7%) dont 50,9% issus d’un autre fokontany de la commune urbaine et 14,7% provenant d’un autre Fivondronana urbain. La migration rural-urbain pendant la période de référence concerne un peu plus du tiers (34,3%) des migrants. Aucun migrant provenant de l’étranger qui vient s’installer dans la commune n’a été enregistré.

Tableau 14.2 : Lieu de provenance des migrants Répartition des migrants selon le lieu de provenance, par sexe, Enquête MCRAM ROUND II Décembre 2010, Toliara. Sexe Homme Lieu de provenance A l'étranger Autre fokontany dans la commune Autre Fivondronana rural Autre Fivondronana urbain Ensemble % 0,0 52,8 33,5 13,7 100,0 Effectif 0 55 35 14 104 % 0,0 49,5 35,0 15,5 100,0 Femme Effectif 0 70 50 22 142 % 0,0 50,9 34,3 14,7 100,0 Ensemble Effectif 0 125 85 36 246

Lorsqu’on considère la période de migration (entre janvier 2009 et mai 2010 ou bien après mai 2010), on note une fréquence plus élevée (36,5%) de migration rural-urbain pour la période de janvier 2009-mai 2010 par rapport à la période après mai 2010 (29,5%). L’explication de la migration la plus simple, quel que soit le moment de la migration, est de dire qu’en dehors des raisons d’ordre sociale (regroupement familial, mariage), les gens se mobilisent et vont là où ils peuvent espérer améliorer leurs conditions de vie et leur qualité de vie. Ceci devrait être d’autant plus vrai pendant la période de crise. Aussi, le retour à la famille et la raison économique constituent-elles les deux principales motivations de migration depuis janvier 2009. Elles sont à l’origine de 56,8% des migrations.

61

Elles sont suivies du confiage à la famille, du déménagement pour la recherche de loyer moins cher et des raisons scolaires qui ont été cités chacun par environ 11% des migrants32.
Tableau 14.3 : Principaux motifs de migration selon le lieu de provenance Pourcentage des membres des ménages qui ont déjà vécu hors de leur fokontany de résidence selon les raisons pour justifier pourquoi ils sont venus vivre dans le fokontany récemment, par lieu de provenance, Enquête MCRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara. Lieu de provenance autres autres Motifs de migration les plus autres fivondronana fivondronana Ensemble cités à l'étranger fokontany/CUT rural urbain Economique 0,0 3,2 26,1 33,8 15,5 Etudes 0,0 1,7 21,2 16,5 10,6 Mariage 0,0 7,8 5,8 0,0 6,0 Confie à la famille 0,0 13,1 11,3 5,7 11,4 Retour à la famille 0,0 44,4 35,6 44,0 41,3 Déménagement (propriétaire) 0,0 1,6 0,0 0,0 0,8 Déménagement (insécurité) 0,0 1,5 0,0 0,0 0,8 Déménagement (loyer, etc) 0,0 22,1 0,0 0,0 11,3 Autres raisons de migration 0,0 4,7 0,0 0,0 2,4 Total 0,0 100,0 100,0 100,0 100,0 0 125 85 36 246

Toutefois, malgré les coûts initiaux nécessaires pour le déplacement et frais relatifs à l’installation dans la localité d’arrivée, les ménages très pauvres migrent autant que les autres ménages, mais pour des raisons différentes. Les cas échéants, les raisons qu’ils ont évoquées pour justifier leur migration sont très diversifiées, dont les deux principales sont les raisons économiques (22,5%) et le déménagement pour la recherche de loyer moins cher (21,8%). Pour les autres ménages, le retour à la famille priment sur leur décision à migrer. Par ailleurs, le deuxième motif de migration des personnes originaires d’un autre fivondronana urbain et du milieu rural après le retour à la famille est d’ordre économique, vient ensuite les raisons scolaires. Par contre, le déménagement (recherche de loyer moins cher ou autre) constitue une motivation exclusivement citée par les migrants provenant d’un autre fokontany de la même commune et il occupe le deuxième rang de motivation après le retour à la famille. 2.15. TRANSPORT

En vue d’une comparaison des résultats, la même définition de déplacement qu’en mai 2010 a été retenue. A rappeler que le déplacement est défini comme un parcours sur une distance de plus de 200 mètres pour un motif bien précis. Une personne qui s’est déplacé sur une distance de moins de 200 mètres est donc considérée comme n’ayant effectué aucun déplacement. L’aller est compté en un déplacement et le retour en un autre déplacement.

32

Les motifs de migration varient sensiblement selon la période de migration. Pour la période après mai 2010, le confiage à la famille (cité par 19,3% des migrants) et les raisons liées aux études (14,2%) priment sur les raisons économiques (12,7%), les proportions correspondantes étant de 8,3%, 9,1% et 16,8% respectivement pour la période de janvier 2009 à mai 2010, et ceci, probablement dû à la période qui inclut la période de la rentrée scolaire.

62

On n’enregistre aucune différence significative sur les caractéristiques des déplacements entre mai et décembre 2010. Près des trois quarts de la population (75,4%) ont effectué un déplacement de 200 mètres ou plus au cours de la journée du dernier jour ouvrable qui a précédé l’enquête, avec une moyenne de 3,09 déplacements. Les hommes semblent toujours plus nombreux à s’être déplacés (80,8 %) que les femmes (70,1 %), les personnes actives occupées (75,1%) que celles qui sont actives inoccupées (53,8%). Toutefois, avec autant de pourcentage de personnes qui se sont déplacées que celles qui sont inactives (75,1%), les personnes actives occupées, lorsqu’elles se déplacent, sont moins mobiles que les premières : le nombre médian de déplacement pour les inactifs étant égal à 2 contre 4 pour les personnes inactives et le nombre moyen de 2,75 contre 3,37 pour ces dernières.
Tableau 15.1 : Fréquence de déplacements au cours du dernier jour ouvrable ayant précédé l'enquête Répartition des membres des ménages selon le nombre de déplacements effectués au cours du dernier jour ouvrable ayant précédant l'enquête, par sexe, Enquête McRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara. . Nombre de déplacements Sexe effectués du dernier jour Homme Femme Ensemble ouvrable ayant précédé l’enquête % N % N % N 0 19,2 158 29,9 257 24,6 415 1 0,1 1 0,0 0 0,1 1 2 34,6 285 34,7 299 34,6 584 4 5 6 Total 45,5 0,2 0,5 100,0 375 2 4 825 35,1 0,2 0,1 100,0 302 2 1 860 40,2 0,2 0,3 100,0 677 4 5 1 685

En ce qui concerne les moyens de déplacement33, les résultats montrent une prépondérance de la marche à pied : presque 83% des déplacements ont été effectués à pied34. Vient ensuite les bicyclettes/moto (utilisés pour environ 11% des déplacements). L’utilisation de voiture personnelle reste l’apanage d’une minorité de la population (1,3% des déplacements) (tableau 15.2). Comme on pouvait s’y attendre, dans les ménages à revenu très faible, les déplacements effectués à pied sont importants, environ 92,1% des déplacements ont été effectués à pied, soit presque deux fois (1,7 fois) plus élevés que les déplacements effectués à pied pour les individus vivant dans les ménages ayant un revenu > 500.000 Ariary (53,7%). En revanche, d’une manière générale, l’utilisation des autres moyens de déplacement augmente au fur et à mesure que le niveau de revenu augmente. Aussi, aucun déplacement des individus vivant dans un ménage ayant un revenu <50.000 Ar n’a été effectué ni en pousse-pousse ni en voiture personnelle, alors que alors que dans les ménages à un niveau de revenu supérieur à 500.000 Ariary, respectivement 19% et 3,4% des déplacements effectués l’ont été par ces deux moyens de transport.

33

A chaque déplacement, il a été demandé à l’enquêté de fournir le moyen de déplacement de l’individu concerné 34 A noter que si on considère les individus comme unité de mesure, on enregistre 82,8% de ceux qui se sont déplacés ont exclusivement marché à pied pour effectuer tous les déplacements de la journée. Le pourcentage reste toujours élevé, la distance minimum de 200m pour considérer un déplacement semble trop petit pour pouvoir cerner les problèmes de la population en termes de déplacement pendant la crise.

63

Tableau 15.2 : Moyens de déplacement des membres des ménages selon le sexe Pourcentage des déplacements pour lesquels effectués les moyens de transport ont été évoqués par les membres des ménages qui se sont déplacés au cours du dernier jour ouvrable, par sexe des membres des ménages, Enquête McRAM ROUND II Décembre 2010 Toliara. Moyen de déplacement A pied Bicyclette/moto Pousse pousse Voiture personnelle Transport en commun Transport personnelle Taxi Total commun et voit Homme (Effectif=667) N 1 658 352 60 28 2 4 0 % 78,8 16,7 2,9 1,4 0,1 0,2 0,0 Femme (Effectif=603) N 1 580 90 118 22 8 0 2 % 86,9 4,9 6,5 1,2 0,4 0,0 0,1 N 3 238 442 178 50 10 4 2 3924 Ensemble (Effectif=1270) % 82,5 11,3 4,5 1,3 0,3 0,1 0,1 100

2105 100 1819 100 NB : le dénominateur pour les moyens de déplacement est l'ensemble de tous les déplacements

Les individus qui se sont déplacés exclusivement à pied pendant la journée varient de 93,2% (parmi ceux qui vivent dans les ménages à revenu très faible) à 53,4% (parmi ceux qui sont dans les ménages à revenu élevé). 2.16. BESOINS PRIORITAIRES DES MÉNAGES

Interrogés sur les besoins prioritaires de leurs ménages, les réponses des enquêtés n’ont pas changé radicalement par rapport à mai 2010. Dans l’immédiat, comme cela a été le cas en mai 2010, la majorité des ménages (53,9%) aspire avant tout de trouver des emplois stables avec des rémunérations raisonnables qui leur permettent de satisfaire leurs besoins quotidiens. Ils considèrent toujours la satisfaction de leurs besoins en alimentation au deuxième rang des priorités (48%, avec une hausse significative de 30% des ménages l’ayant cité). La disponibilité des aides sociales (accessibilité à des fonds de crédit pour améliorer leurs activités ou démarrer une nouvelle) (31,7%) occupe la troisième place. La fin de la crise, souhait manifesté par environ le quart des ménages (29,5%), a été citée en quatrième position.
Graphique 16.1 : Besoins prioritaires dans l'immédiat exprimés par les ménages de Toliara
Environnement Autres Sécurité Santé Habitat Education des enfants Fin de la crise Aide social Alimentation Travail 0 20 2,7 1,4 4,0 5,1 4,9 MCRAM1 9,8 MCRAM2

Graphique 16.2 : Besoins prioritaires dans le long terme exprimés par les ménages de Toliara
Fin de la crise Autres Environnement Sécurité Aide social Alimentation Santé Education des enfants 1,3 1,9 5,6 MCRAM1 9,5 MCRAM2

17,0 10,2 18,5 21,5 21,1 17 29,5 25,9 31,7 27,1 36,9 40

5,2 4,8 5,6 3,4 6,6 7,5 8,9 8,8

16,2 12,1 22,7 23,1

32,5 33,5 59,2 60 40 % de ménages 60 80

48,0 53,9 57,2 60 80

Travail Habitat 0 20

Source : McRAM Round I, Mai 2010 (N=415) et McRAM Round II, Déc. 2010 (N=405)

% de ménages

Source : McRAM Round I, Mai 2010 (N=415) et McRAM Round II, Nov. 2010 (N=405)

64

Pour le long terme, le premier besoin exprimé par les ménages concerne l’habitat. Il a été cité par 59,2% de ceux de la ville de Toliara. Il est suivi du travail (cité par 33,5% des ménages de la ville, avec une hausse de 45% des ménages l’ayant considéré). Enfin, l’éducation des enfants occupe toujours la troisième place des préoccupations, mentionnée par 32,5% des ménages, avec une augmentation de 43% par rapport à mai 2010.

En ce qui concerne l’évolution de la situation des ménages, on note des opinions plus négatives des ménages. L’optimisme des ménages a baissé et s’est traduit par un recul de près de 8 points de la proportion des ménages qui espèrent une amélioration de leur situation (passant de 34,3% à 26%). Par ailleurs, près de la moitié des ménages de cette ville (45,3%) pense cette fois-ci que leur situation n’évoluera pas, alors qu’ils étaient près du quart des ménages à avoir une telle opinion en mai 2010.
Tableau 16.1 : Opinion sur l'évolution de la situation des ménages

Répartition (en %) des enquêtés selon leur opinion quant à l'évolution de la situation de leur ménage à court terme, Enquête McRAM ROund II Décembre 2010 Toliara. Evolution de la situation Stable S'améliorer Se détériorer Autres Ensemble MCRAM Round I 45,3 26,0 27,9 0,7 100,0 MCRAM Round II 183 105 113 3 405

2.17.

PROFIL DES FEMMES CHEFS DE MENAGES ET VULNERABILITE DE LEURS MENAGES

Les résultats qui ont été présentés dans les parties précédentes ont permis de révéler une particularité qui mérite d’être soulignée pour les ménages dirigés par une femme : ils sont assez nombreux et présentent une plus grande vulnérabilité par rapport aux ménages dirigés par leurs homologues de sexe masculin. La présente partie essaie de résumer les profils des femmes qui ont le statut de chef de ménage et de mettre en exergue les points de vulnérabilité de leurs ménages, afin d’identifier plus clairement les stratégies qui visent à améliorer leur situation. Il paraît, avant tout, utile de rappeler que près de trois ménages sur dix dans la ville de Toliara sont dirigés par une femme (29,1%). Les ménages dirigés par une femme sont majoritairement monoparentaux (92,5%). La majorité d’entre elles ont, en effet, un statut de veuve, divorcée ou séparée (73,1%). Pour les femmes mariées, leur statut de chef de ménage résulte dans près de 74,8% des cas de l’absence du mari dans le ménage. Les restes (25,2% des femmes mariées qui se déclarent chefs de ménages) prennent la direction de ménage simplement par émancipation (parce que le statut d’activité de leurs maris respectifs est précaire). Enfin, les célibataires parmi les femmes chefs de ménage (19,3%) le deviennent dans 65,3% en l’absence d’un homme adulte dans le ménage.

65

De par leur statut matrimonial en général, les femmes chefs de ménage sont relativement âgées, avec un âge moyen de 44,6 ans contre 40,8 ans pour leurs homologues de sexe masculin. Environ 22% d’entre elles ne sont pas occupées au moment de l’enquête35, dépendant en grande partie d’autres personnes pour subvenir aux besoins de leurs ménages. Les femmes chefs de ménages parmi celles qui travaillent sont en majorité dans le commerce (46,1%), dans services personnels/domestiques (22,3%) et dans service administratif/public (14,3%). Ces ménages, comme il a été montré dans les parties précédentes, présentent trois points essentiels de vulnérabilité :  Vulnérables en termes de revenu : près de deux ménages sur cinq (39,3%) ont un revenu mensuel < 100.000 Ariary, soit 1,3 fois plus nombreux que ceux dirigés par un homme qui ont le même niveau de revenu. Toutefois, une nette amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme a été enregistrée par rapport à celle des ménages dirigés par un homme si l’on compare à leurs situations respectives enregistrées en mai 2010. Autrement dit, leur vulnérabilité par rapport aux ménages dirigés par un homme en termes de revenu s’est nettement atténuée en décembre 2010.  Vulnérables en terme de scolarisation des enfants : La proportion des enfants âgés de 6 à 17 ans inscrits à l’école qui vivent dans les ménages dirigés par une femme est inférieure à celle des enfants qui vivent dans les ménages dirigés par un homme (80,3% vs 86,3%). L’écart est beaucoup plus élevé pour les enfants âgés de 11 à 14 ans.  Vulnérables en terme de sécurité : Selon leurs déclarations, 7,5% de leurs ménages ont été victimes d’actes de violence contre 4,8% pour les ménages dirigés par un homme Toutefois, malgré leur faible revenu, le sens de responsabilité acquis par les femmes par rapport au rôle social qui leur est dévolu, leurs ménages sont aussi vulnérables que ceux des ménages dirigés par les hommes en matière de sécurité alimentaire. A cet effet, on n’observe aucune différence significative du niveau de sécurité alimentaire avec celui des ménages dirigés par un homme. De plus, les enfants de moins de cinq ans vivant dans un ménage dirigés par une femme ont largement moins de risque de maladie que ceux qui sont issus d’un ménage dirigé par un homme.

35

6% en retraite, 1,7% étudiant et 14,2% ne travaillant pas.

66

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS GENERALES
Utilisant les données disponibles à partir du McRAM Round I en mai 2010 et McRAM Round II décembre 2010, cette étude avait pour objectif de suivre l’évolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville de Toliara durant la période de crise. Au vu des résultats, on note une assez forte capacité de résilience des ménages face à la situation de crise. La crise est vécue par la population moins comme un processus de paupérisation mais bien plus comme un processus d’exclusion qui se traduit par une plus grande vulnérabilité de certaines couches sociales. Les ménages et/ou les individus présentent des niveaux de précarité variables dans les différents domaines de la vie, à savoir les ressources, l’emploi, l’éducation, la santé, etc. Les résultats les plus saillants que l’on peut tirer de cette étude sont résumés ci-après : 1. une persistance de la précarité des ménages mais dont l’intensité semble avoir nettement reculé : le pourcentage des ménages ayant un revenu inférieur à 100.000 Ariary (32,7%) reste élevé bien qu’elle ait nettement diminué par rapport à celui qui a été enregistré en mai 2010 (44,1%) ; 2. une perte d’emploi des hommes chefs de ménage âgés de 15-49 ans et une amélioration de la situation dans l’activité économique de leurs homologues de sexe féminin entre mai et décembre 2010 : une baisse significative des hommes chefs de ménage de ce groupe d’âge qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête a été enregistrée entre mai et décembre 2010 (passant de 94,3% à 87,9%). Par contre, les femmes chefs de ménages âgées de 15-49 ans ont trouvé leur situation dans l’activité économique s’améliorer durant cette période, le pourcentage des femmes qui ont déclaré travailler au moment de l’enquête a nettement augmenté, passant de 77% à 92,8% ; 3. un problème d’insécurité alimentaire toujours élevé malgré une atténuation de sa sévérité : presque trois ménages sur dix (28,6%) se trouvent toujours dans une situation d’insécurité alimentaire sévère. Néanmoins, sa sévérité s’est atténuée par rapport à celle d’en mai 2010 où la proportion des ménages en insécurité alimentaire était de 34%. L’apparition sur le marché des PPN à des prix subventionnés qui a plus profité aux ménages les plus pauvres et l’atténuation de l’intensité de la précarité des ménages, notamment ceux dirigés par une femme, ont probablement contribué à l’amélioration de cette situation. Par contre, la sécurité alimentaire s’est stabilisée autour de 60,7%. 4. une émergence de trois groupes vulnérables : les jeunes de 15-24 ans, ceux qui sont âgés de 35-54 ans et les femmes qui sont les chefs de ménages. La faible qualification des jeunes de 15-24 ans et leur manque d’expérience rendent difficile

67

leur intégration professionnelle. De plus, les jeunes dépourvus d’emploi sont de plus en plus découragés pour chercher du travail. Leur situation risquerait de s’empirer, en l’absence de mesure adéquate qui chercherait à leur procurer un travail utile ou des formations spécifiques à leur portée. Toutefois, cette situation se répercuterait sur le développement économique de la ville de Toliara en particulier et du pays en général. Par ailleurs, il a été noté une vulnérabilité des ménages dirigés par une femme comparés à celle des hommes, aussi bien en termes de revenu que de scolarisation des enfants. Près de deux cinquièmes des ménages dirigés par une femme (39,3%) ont un revenu mensuel de moins de 100.000 Ariary, alors que cette proportion est de 30% pour les ménages dirigés par un homme. De plus, l’inscription de leurs enfants en âge de scolarisation (6 à 17 ans) est l’une des plus faibles. Néanmoins, une nette amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme par rapport à ceux dirigés par un homme a été enregistrée en décembre 2010, si l’on compare à leurs situations respectives enregistrées en mai 2010. 5. un renforcement de l’exclusion scolaire des enfants issus des ménages les plus pauvres, y compris ceux qui sont âgés de 6 à 10 ans, conduisant au phénomène de transmission verticale de la pauvreté. En revanche, une certaine valorisation de l’éducation des enfants est observée, notamment au niveau des ménages à revenu compris entre 50.000 et 100.000 Ariary, suite à une amélioration de la situation économique de leurs ménages. Quelles sont les implications programmatiques de ces résultats ? Au vu des résultats ressortis à travers cette étude, nous avons formulé quelques recommandations qui pourront servir pour trouver des stratégies efficaces pouvant répondre aux besoins de la population malgache, et celle de la ville de Toliara en particulier, dans le contexte de la crise politique : - Pour atteindre l’objectif de la scolarisation de tous les enfants scolarisables (âgés de 6 à 17 ans), les actions devront se concentrer beaucoup plus sur les enfants marginalisés, à savoir les enfants âgés de 11 à 14 ans, ceux issus des couches les plus pauvres et vivant dans les ménages dirigés une femme. - Appuyer les programmes de lutte contre la discrimination sexuelle à l’encontre des filles, et surveiller l’évolution de la scolarisation des petites filles - Face au rôle joué par l’école publique dans la scolarisation des enfants de la ville de Toliara, il y a lieu de prendre des mesures adéquates qui visent à la possibilité d’accueillir dans des conditions favorables les élèves nouvellement inscrits, et d’assurer un enseignement de qualité à tous les élèves. - Pour réduire la vulnérabilité des ménages en terme de sécurité alimentaire, il serait nécessaire d’assurer, de façon continue, la disponibilité des PPN, à des prix abordables qui pourront profiter les ménages les plus pauvres.

68

- La création d’emplois et des logements sociaux subventionnés, au bénéfice de ceux qui sont les plus défavorisés sont d’une importance cruciale, l’habitat et le travail étant cités parmi les besoins prioritaires des ménages dans l’immédiat et/ou pour le long terme. Pour l’emploi, les jeunes de 15-24 ans et les hommes de 35-54 ans mériteraient une attention particulière. - Les femmes chefs de ménages sont un groupe qui mériterait une attention particulière, vu la vulnérabilité de leurs ménages. Des programmes de transfert monétaire pour ce groupe pourraient être explorés. D’autant plus que l’amélioration de la situation économique des ménages dirigés par une femme a eu un impact positif sur la situation en matière de sécurité alimentaire des ménages en général.

69

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. BIT, Programme International pour l’Abolition du Travail des enfants (IPEC) « Les enfants victimes de l’exploitation sexuelle à Antsiranana, Toliary et Antananarivo : Une évaluation rapide », par Noroarisoa Ravaozanany, Léon Razafindrabe, Liliane Rakotoniarivo, Enquête sur les Pires formes de travail des enfants n°25, 72p. 2. INSTAT et ICF Macro, Enquête Démographique et de Santé de Madagascar 20082009, Antananarivo Madagascar, 2010 3. Institut de Recherche, Mouvement Intrnational ATD Quart Monde, « Le défi urbain à Madagascar : quand la misère chasse la pauvreté », Etude commanditée par la Banque Mondiale, Juin 2010, 157p. 4. Ministère de l’Économie, des Finances et du Budget : Enquête périodique auprès des ménages 2005, Rapport principal juin 2006 5. Ministère de l’Education Nationale, Rapport National sur le Développement de l’Éducation à Madagascar, Rapport présenté à la 48ème Conférence Internationale de l’Éducation 6. Projet MADIO II /INSTAT 1999, L’emploi, le chômage et les conditions d’activité dans l’agglomération d’Antananarivo. Premiers résultats de l’enquête emploi 1999, 45p. 7. Programme Alimentaire Mondial, Madagascar 2005. Comprehensive Food Security and Vulnerability Analysis (CFSVA) 8. République de Madagascar Ŕ UNICEF, Rapport national sur la mise en œuvre à Madagascar du Plan d’action pour un monde digne des enfants +5, Janvier 2007 9. Système des Nations Unies à Madagascar (2009), Etude de la vulnérabilité I, Groupe de travail Inter Agence de suivi de la vulnérabilité, contributions de Dorothée Klaus, Arison Andriatsitoaina, Nirina Haja Andrianjaka, Pierre van den Boogaerde et Fara Ravololondramiarana, Juillet 2009, 39p 10. Système des Nations Unies à Madagascar (2010) : Évolution de la situation socioéconomique des ménages de la ville d’Antananarivo (Madagascar) durant la crise sociopolitique. United Nations Multi-cluster Rapid Assessment Mechanism (McRAM III) - Antananarivo, Novembre 2009, 119 pages 11. Système des Nations Unies à Madagascar (2010) : Situation socioéconomique des ménages de la ville de Toliara (Madagascar). United Nations Multi-cluster Rapid Assessment Mechanism (McRAM ) - Antananarivo, Juillet 2010, 116 pages 12. UNDP. Analyse de la conjoncture socio-économique de la pauvreté à Madagascar. Situations 2005-2008 et perspectives. Rapport définitif. Septembre 2008. 13. UNDP 2010. Rapport mondial sur le développement humain 2010 Edition du 20è anniversaire du RDH. « La vraie richesse des nations : les chemins du développement humain ». 14. UNITED NATIONS, 2009. MADAGASCAR REVISED FLASH APPEAL 2009 15. UNESCO 2010, Rapport Mondial de suivi de l’Education Pour Tous 2010, « Atteindre les marginalisés », 554p. 16. WATERAID, UNICEF, 2004, Connaissances, attitudes et pratiques en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans les provinces d’Antananarivo et de Toliary Ŕ Rapport d’analyse Ŕ Novembre 2004 Webliographie 17. FAO. Agriculture urbaine et sécurité alimentaire. Journée mondiale de l'environnement : des villes plus vertes. 3 juin 2005, Rome -www.fao.org

70

18. L'eau, l'assainissement, l'hygiène et la www.who.int/water_sanitation.../index.html 19. Eau, assainissement et hygiène. www.unicef.org/french/wash/index.html 20. Violence à domicile : www.who.int/mediacentre/.../fr/index.html, 2005 21. McRAM www.mcram.org 22. http://www.worldbank.org/

santé,

71

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->