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INITIATIVE RIZ

:
Un choix souverain

Sommaire

les producteurs : b. Autres résultats a. Les coûts 2. les charges des producteurs III.3.les opérateurs économiques et autres prestataires 4.Le financement 3.2. Sur les activités : 4. Les effets induits et impacts de l’initiative riz 4.3.les consommateurs : c. Contributions des PTF a.l’intensification de la culture de contre saison au niveau des PPIV d. Contribution de l’Etat : 3. les charges de l’Etat 2.Contribution des producteurs : 3. Sur les acteurs : a. Les ressources investies dans la subvention des engrais et semences de 2008 à 2011 4.2. Introduction II.1. b.l’amélioration de la qualité du riz marchand e.2.l’intensification de la riziculture dans les systèmes de production c.Sigles et Abréviations Figures et Tableaux I. LES ACQUIS DE L’INITIATIVE RIZ 4.le paiement de la redevance et du crédit engrais b.2.1.1.l’accessibilité aux engrais . Appui direct aux producteurs : Contribution des PTF au Gouvernement : IV.2.2.1.

Les implications de politique Sigles et Abréviations BMS : Banque Malienne de Solidarité .4.Conclusion VI. Le Prix du mérite V.les importations 4.d.

BNDA : Banque Nationale pour le Développement Agricole EMRC: European marketing Center for Research and Consultinig FAO: Organisation des Nations Unit pour l’Agriculture et l’Alimentation PAM : Programme Alimentaire Mondial PDES : Projet pour le Développement Economique et Social PNUD : Programme des Nations Unit pour le Développement PPIV : Petits Périmètres Irrigués Villageois PTF : Partenaires Techniques et Financiers SOCAFON : SFD : Systèmes Financiers Décentralisés SOTELMA : Société de Télécommunication du Mali .

Figures Figure1 : Différentes sources de financement de l’initiative riz Figure 2 : Evolution nombre de producteurs ayant eu accès aux engrais Figure 3 : Evolution nombre de femmes ayant eu accès aux engrais Figure4 : Evolution de la production du riz Figure5 : Evolution de la production céréalière .

Ce plan vise à réaliser l’autosuffisance du pays en riz dès la campagne 2008-2009. La prise en compte de ces actions répond aux préoccupations maintes fois exprimées par les acteurs de la filière. les partenaires sociaux et les producteurs agricoles à travers leurs instances représentatives. Du reste l’opération a reçu l’appui des PTF (multilatéraux et bilatéraux). l’approvisionnement correct en engrais et en semences. L’augmentation de la production doit permettre de satisfaire la consommation intérieure et de faire du Mali un exportateur net de riz. valoriser les filières agricoles en y apportant de la valeur ajoutée par la mise en œuvre des unités de transformation adaptées et performantes. le renforcement de l’appui conseil . l’équipement des petits producteurs et la mécanisation de l’agriculture . du monde paysan. Cette vision s’appuie sur le potentiel existant en terre. l’appui au fonctionnement de certaines structures de production.I.INTRODUCTION Dans la perspective d’apporter une réponse structurelle à la crise alimentaire généralisée de 2008 et de mettre nos populations à l’abri des soubresauts des marchés internationaux. L’opérationnalisation de l’Initiative Riz. 1PDES : Programme politique du Président de la République . en eau et en ressources humaines. une volonté politique dont la mise en œuvre est basée sur :     la subvention aux intrants agricoles (engrais et semences). s’est appuyée sur les stratégies visant à : • accroître la productivité des différents systèmes de production par une intensification agricole basée sur la disponibilité de l’eau. conformément à l’objectif de production de dix millions de tonnes de céréales en 2012 prôné par le Programme de Développement Economique et Social (PDES) 1. qui s’est faite après une large concertation avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF). le Gouvernement du Mali a décidé de mobiliser tous les atouts dont le pays dispose et les mettre en synergie dans une démarche volontariste à travers la mise en œuvre d’un plan d’opération appelé « Initiative Riz ». le préfinancement des équipements. Cela. • L’Initiative riz a été un choix souverain. des fournisseurs d’intrants et des prestataires de services. programme politique du Président de la République.

il est proposé une analyse des implications de politique soulevées par la mise en œuvre de l’initiative riz. récolte. sur prêts auprès des institutions de micro-finance ou des fournisseurs d’intrants et de prestataires de services. etc. La part des producteurs correspond à une évaluation exhaustive des opérations culturales (labour. Le suivi a été renforcé par le recrutement de 102 agents de base. Le remboursement du crédit se fait sur une durée de cinq ans avec un différé d’un an. semence. désherbage. l’Etat s’est engagé à prendre en charge une partie de ces coûts sous forme de subventions. En plus de la conclusion.1.  Conseil Rural : pour le renforcement de l’appui conseil. Les équipements ont été cédés à crédit aux organisations paysannes à travers les systèmes financiers décentralisés (SFD) et les banques au taux de 7% l’an. il a été mobilisé 273 300 000 FCFA pour l’acquisition et le fonctionnement de 200 motos.LES COUTS Depuis sa formulation. sur prêts bancaires. .Les charges de l’Etat Les ressources mobilisées par l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative Riz ont permis de financer les dépenses suivantes :  Subvention aux engrais : le montant total de la subvention payée au titre de la campagne agricole 2008/2009 s’est chiffré à 11 585 352 355 FCFA Subvention aux semences : la subvention aux semences a concerné uniquement le Nérica. etc) financées sur fonds propres. Elle s’est établie à 53 128 620 FCFA. les charges de l’initiative riz ont été reparties entre les producteurs et l’Etat. de recrutement du personnel d’appui et de préfinancements. II. Le détail de ces coûts est le suivant : 2.   Coût des équipements agricoles : le coût des équipements agricoles acquis dans le cadre de l’Initiative Riz et livrés aux producteurs s’est chiffré à 1 171 724 780 FCFA. Pour permettre au maximum de producteurs d’avoir accès aux intrants et booster la production de riz.Le présent document comprend une analyse descriptive des coûts. engrais. le mode de financement des différentes opérations et les acquis en termes d’effets induits et des impacts.

- . Contributions des PTF a. 3. Appui à la Station de Pompage de San : Un appui d’un montant de 32 000 000 FCFA a été fait à la Station de Pompage de San pour l’achat de carburant pour le fonctionnement du groupe électrogène. les producteurs ont bénéficié d’un appui direct des PTF de 968 500 000 FCFA dont la répartition est la suivante : PNUD : participation à l’acquisition des intrants pour un montant de 202 millions de FCFA (Projet Villages du Millénaire) . 2.LE FINANCEMENT Le financement de la mise en œuvre de l’initiative riz a été assuré à travers les ressources mobilisées par l’Etat. Appui direct aux producteurs : en outre.2.2. Contribution de l’Etat La contribution de l’Etat à la mise en œuvre de l’initiative riz s’est établie à 9 598 703 953 FCFA . acheter des prestations. Les concours apportés par les banques et les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) sont principalement des crédits de campagne accordés aux producteurs. Ces charges se sont établies à 21 396 000 000 FCFA. les crédits directs accordés par les institutions financières. 3. 3. En définitive.3. les semences. III.1. l’Etat et les partenaires techniques et financiers. elle a été totalement financée sur le budget d’Etat. Ce financement s‘est établi à 21 396 000 000 FCFA. répartis entre les producteurs. et sont constituées par les apports personnels. Les charges des producteurs Elles sont du reste plus importantes. le coût total de l’initiative riz s’établit à 34 543 685 957 F CFA. les achats directs effectués par les producteurs pour acquérir les engrais. les producteurs et les appuis des PTF.Contribution des producteurs Le financement des producteurs est constitué des apports personnels et des prêts accordés par les institutions financières (banques et Systèmes Financiers Décentralisés) pour l’acquisition des semences et des engrais.

 appui aux cultures de contre-saison pour un montant de 500 000 dollars US.- FAO :  participation à l’acquisition de 14. soit 1 311 914 000 FCFA .119 millions FCFA par réaffectation des ressources non utilisées des lignes de crédit des projets agricoles pour favoriser l’acquisition des intrants.4 tonnes d’engrais pendant la saison pluvieuse. soit près de 2. − Royaume des Pays Bas : 2 millions d’Euros. soit 250 millions de FCFA . Contribution des PTF au Gouvernement : les PTF ont apporté un appui direct à l’Etat de 3 599 199 187 FCFA dont la répartition est la suivante : − Canada : 5 millions de dollars Canadiens. Banque mondiale : contribution de 250 millions de FCFA pour l’appui conseil. − Banque Africaine de Développement : 403. Figure1 : Différentes sources de financement de l’initiative riz . - Royaume de Danemark : contribution de 260 millions de FCFA pour l’acquisition et le transport des engrais .2 milliards de FCFA dont 1 884 166 091 FCFA effectivement décaissés. - b.

IV.1. Pour cette culture. 4. soit 17% d’augmentation. De 102 agents d’encadrement recrutés la première année. elle a été acceptée sur la base de l’application de la technique de la micro-dose et seulement dans les grands bassins de production de mil comme le Seno Bankass dans la région de Mopti. 4. LES ACQUIS DE L’INITIATIVE RIZ La crise alimentaire de 2008 a eu pour résultat très appréciable le repositionnement de l’agriculture au centre des questions de développement au regard du potentiel dans certains pays dont le Mali.2. Ces cultures ont bénéficié de la subvention engrais alors que celle relative aux semences a continué pour le Nérica et s’est étendue au sorgho et au niébé.6% de 2008 à 2009 et de 32. la région de Sikasso et une partie de la région de Ségou.2. 5 milliards FCFA Le montant de la subvention a augmenté respectivement de 39.1. Les effets induits et impacts de l’initiative riz 4.3%. C’est fort de cette conviction et de la demande persistante des producteurs que le Conseil Supérieur de l’Agriculture.7% de 2009 à 2010.2 milliards FCFA : 21. l’appui conseil : l’initiative riz a permis de porter le taux de couverture de l’appui conseil de 40% en 2008 à 57% en 2010.6 milliards FCFA : 16. sur recommandation du Gouvernement. Sur les activités : a. Les ressources investies dans la subvention des engrais et semences de 2008 à 2011 Les montants de la subvention des intrants agricoles payés par l’Etat aux opérateurs économiques et établis par le ministère des Finances sont de : 2008-2009 2009-2010 2010-2011 : 11. la subvention au mil a été prise en compte dans l’initiative riz. En trois (3) ans le montant de la subvention a augmenté de 85. En 2010/2011. a étendu l’expérience de l’initiative riz au maïs. au blé et au coton au cours de la campagne agricole 2009-2010 . Cette augmentation traduit la pertinence de la mise en place de cet instrument qui apparaît désormais comme un élément de politique agricole au Mali. le conseil rural a bénéficié du recrutement de 100 .

décortiqueuses. la subvention ne se justifie plus. la marge nette des producteurs de riz a été multipliée par cinq (5) voire plus dans les grandes zones de production comme l’Office du Niger. Le coût total des équipements agricoles pour la campagne 2010-2011 est évalué à 3 710 686 000F CFA. le nombre de producteurs ayant eu accès à l’engrais a passé de 75 000 en 2008/2009 à 290 000 producteurs en 2010/2011.87 tonnes au début de la campagne 2010/2011. l’équipement des producteurs : la valeur totale des équipements agricoles placés à crédit en 2008 et 2009 est de 1. Sur les acteurs a. En raison de la disponibilité et de l’accessibilité de la semence Nerica. soit une .622. les producteurs : l’augmentation de la production a eu comme effet la garantie de la sécurité alimentaire des ménages ruraux. la vulgarisation de semences : l’initiative riz a entraîné une véritable visibilité de la culture du riz pluvial à travers le Nérica.2. L’équipement des producteurs en matériel agricole a permis d’augmenter les surfaces exploitées et d’améliorer le respect du calendrier agricole tant pour les bénéficiaires que pour ceux qui ont bénéficié des prestations. En conséquence. En 3 ans. - c. - b.2. l’augmentation de revenu qui en a résulté pour certains producteurs a été investie dans les équipements de production et de post-récolte. mini-rizeries. motopompes). Les surfaces ont considérablement augmenté passant de 3 000 ha en 2006 à 11 000 ha en 2008. Par rapport à l’intensification de la production. elle a été annulée sur ce produit.agents respectivement en 2009 et 2010.510 FCFA (batteuses. Aussi. les semences de Nerica sont rendues disponibles dans toutes les zones. 4. Ce résultat est le fruit des actions menées par le ministère de l’Agriculture et les producteurs pour rendre les semences de Nerica disponibles sur le terrain et à des prix accessibles. et soixante (60) motopompes. il y a eu au total un recrutement de 302 agents de base. le pays est aujourd’hui autosuffisant et a disposé d’un excédent de stock de 216. Elles ont atteint 58 000 ha en 2010/2011. (20 motopompes pour les aménagements de proximité sur financement des ressources provenant de la vente d’une partie du capital de la SOTELMA. un don reçu dans le cadre de la coopération iranienne). D’importateur net de semence de Nerica. A la faveur des opérations de multiplication. producteurs de riz.078.

240 tonnes en 2006-2007 à 7 315 818 tonnes en 20102011 . la production agricole est passée de 3. L’augmentation de la production a été constante de 2006 à 2010. le blé. soit une réalisation de 99. 2009 et 2010.6 %.693. 17 000 et 40 000 respectivement en 2008.augmentation de 286%.34%. le mil qui ont bénéficié de subventions. l’Initiative Riz a largement atteint les objectifs de production visés.607.323 tonnes. les productions ont connu une forte augmentation comme on peut le noter dans le graphique ci –dessous. Figure4 : Evolution de la production du riz Pour ce qui est des autres céréales comme le maïs. les facilités d’accès aux intrants. Figure 2 : Evolution nombre de producteurs ayant eu accès aux engrais Figure 3 : Evolution nombre de femmes ayant eu accès aux engrais La mise en œuvre des stratégies a permis sans aucun doute d’atteindre les objectifs comme le témoigne les indicateurs suivants : Productions céréalières : Avec une production de 1. Ces résultats démontrent que l’ambition du Mali de devenir une puissance agricole est du domaine du possible. La plus grande production céréalière a été enregistrée au cours des • . sur une prévision de 1. Cette augmentation s’est poursuivie et a été estimée à 2 114 919 tonnes en 2010/2011 soit un accroissement de 31. Figure5 : Evolution de la production céréalière • Pour toutes les céréales. Pour la même période. le sorgho.618. l’accompagnement de l’administration et une bonne pluviométrie ont été les ingrédients qui ont permis d’atteindre les résultats remarquables au cours de cette première campagne de l’Initiative Riz.647 tonnes de paddy en 2008/2009. l’adhésion réelle des producteurs agricoles. le nombre de femmes qui ont eu accès aux intrants a été de 800. La volonté politique ferme des autorités.

les opérateurs économiques et autres prestataires Les commerçants de riz et les autres prestataires (transporteurs. • Quant au coton. Par exemple. Le Gouvernement ne s’est substitué à aucun moment à un opérateur économique. les salaires permanents qui étaient de 32 millions de FCFA en 2007/2008 sont passés à 50 millions FCFA en 2008/09. fournisseurs d’engrais. Un autre exemple est le cas de SOCAFON (voir encadré). une augmentation du chiffre d’affaires de 150 millions FCFA en 2007/08 à 400 millions FCFA en 2008/09 . les retombées de ce marché d’envergure nationale. mais et de blé. les consommateurs Dans un contexte mondial marqué par une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité. la pression de la demande nationale et les exportations frauduleuses auraient entraîné une hausse plus importante des prix. la relance est constatée en 2009-2010. le Congo. Dans le cadre de l’initiative riz 2008/2009. C’est dire qu’en absence de l’initiative riz.campagnes agricoles 2008-2009 et 2009 -2010 au cours desquelles la subvention a été accordée aux producteurs de riz. Selon les responsables de SOCAFON. fabricants d’équipements.) ont enregistré une augmentation de leurs chiffres d’affaires. le consommateur malien a bénéficié du prix du riz le plus bas de la sous région avec un écart variant entre 100 et 150 FCFA/ kg. transformateurs. c. Il faut ajouter à cela la réalisation d’action sociale aux membres de la coopérative (fourniture à crédit aux membres du jeu de motoculteur). le Burundi. année au cours de laquelle la subvention aux engrais coton a débuté. ce sont les opérateurs économiques nationaux qui ont exécuté toutes les opérations d’approvisionnement et de distribution des engrais. banques. ont permis de donner un tonus au développement économique et social de la coopérative par :  la création de 20 emplois directs et de plus de 50 emplois      indirects . SOCAFON a bénéficié du marché de la fourniture de certains équipements agricoles à savoir les motoculteurs et accessoires et les mini-rizeries. etc. la Gambie…) pour profiter de l’expertise de SOCAFON dans le domaine de la mécanisation intermédiaire. b. la sollicitation des projets et ONG d’autres pays (entre autres le Rwanda. la fourniture aux bénéficiaires d’équipements de qualité. Les performances dans la fourniture des équipements .

la zone Mali Sud est dotée de batteuses. de décortiqueuses et de mini rizeries. f. De même. b. Autres résultats obtenus a. les banques ont atteint un taux de recouvrement du crédit campagne (engrais) de 93% et 100% respectivement pour la BNDA et la BMS. Tombouctou et Mopti. Cela a été possible grâce à la subvention et aux modes de distribution. 4. L’intensification de la riziculture dans les systèmes de production : cette situation a été rendue possible grâce à l’amélioration de l’accès aux intrants qui ont été vendus au prix subventionné de 12 500 FCFA le sac de 50 kg pour les engrais minéraux. mini-rizeries) ont amélioré la qualité du riz marchand et créé des emplois.de l’initiative riz ont été d’un bon apport pour cette promotion de l’entreprise SOCAFON. L’intensification de la culture de contre-saison au niveau des d. Le nombre des producteurs ayant eu accès aux engrais a augmenté de plus de 200% avec un nombre important de femmes chef d’exploitation ou non. Sa mise en application a donné l’espoir à plus de 52 % des producteurs de riz qui n’avaient aucune possibilité d’accès à ces intrants. A la fin de la campagne 2008. L’amélioration de la qualité du riz marchand : les équipements e. à l’Office du Niger. L’accessibilité aux engrais : la disponibilité et l’accessibilité des engrais étaient une stratégie importante de l’initiative riz. Le paiement de la redevance et du crédit engrais : les revenus générés ont permis aux producteurs des Offices de s’acquitter du paiement des redevances eau et du crédit engrais. Pour une première fois. voire 100%.3. de post récolte (batteuses. . le taux de recouvrement des redevances a été de 98. c.les importations Les observateurs des marchés témoignent que les marchés de consommation sont correctement approvisionnés en riz local contrairement à une période récente où l’approvisionnement du marché atteignait difficilement la période de soudure. PPIV : la dotation des producteurs des régions du nord en motopompes a servi à accroître l’intensification de la culture de contre-saison dans les PPIV des régions de Gao. Cette amélioration de la qualité accroît la valeur marchande du produit fini. à savoir la vente au comptant et à crédit.

la hausse généralisée des prix des hydrocarbures et la pauvreté grandissante des masses rurales. Le Prix du mérite Au cours du Forum AgriBusiness 2010. l’initiative riz a été primée par EMRC (European marketing Center for Research and Consulting).Le Mali a exporté officiellement à travers le PAM. des céréales (mil et riz) en Côte d’Ivoire lors de la crise ivoirienne et au Niger. Ce trophée est une récompense qui a pour but de saluer les efforts d’individus et d’organisations qui ont contribué de manière exceptionnelle au développement économique et social dans leur pays et région spécialement dans le domaine de la sécurité alimentaire. le préfinancement de certains équipements de production et de post-récolte. En 2010. une Organisation Internationale à but non lucratif basée à Bruxelles. Par exemple. de traduire dans les faits l’ambition politique exprimée de faire de l’agriculture le moteur de la croissance économique. malgré la crise alimentaire mondiale. Cette opération a révélé des questions et influencé le comportement des acteurs de la filière riz et des hommes politiques tant au Mali que dans la sous région. organisé à Kampala du 03 au 07 octobre 2010. le Mali n’a exonéré aucune importation de riz . Le choix souverain et volontariste a aussi caractérisé l’attitude des producteurs. le recrutement des agents de base pour renforcer l’appui conseil ont été des décisions souveraines du Gouvernement à un moment où les partenaires étaient réticents à toute idée de subvention au secteur agricole. V.4. CONCLUSION Sans aucun doute. il a été noté la multiplication des initiatives sur . des prestataires de services pour accompagner le Gouvernement du Mali dans cette aventure. d’où un gain très appréciable pour le trésor public. contrairement à la pratique des années antérieures. l’Initiative Riz a bouleversé le schéma classique du développement agricole au Mali. Cela s’explique par la forte volonté du Premier ministre de l’époque qui l’a initiée. 4. Les subventions aux intrants agricoles.

leur permettant de faire face à la crise qui devrait s’installer dans la durée. La mise en œuvre de l’initiative riz pouvait-elle attendre ? La réponse est non car on évoluait dans un contexte où les prévisions des prix à la consommation étaient à la hausse et à des niveaux jamais égalés sur le marché international. La mobilisation du Gouvernement a mis les acteurs en confiance à toutes les étapes du processus d’approvisionnement. Ce bon significatif est imputable d’abord à une volonté politique de soutenir .114.39%. la réalisation a impliqué tous les différents acteurs de la filière riz. Soit un accroissement de 95.919.3 en 2010/2011. Le potentiel agricole du Mali en matière de production de riz. nous apportons la réponse à trois questions qui sont : • • • L’initiative riz a-t-elle été bien programmée et exécutée dans le respect du calendrier agricole? L’initiative riz a-t-elle atteint ses objectifs ? Quel a été le cout réel de l’initiative riz ? A la première question il faut retenir que l’opération a suivi toutes les étapes de formulation et de mise en œuvre d’un projet classique de développement rural. de distribution des intrants et de la production. L’évaluation de performance de l’initiative riz faite par le Bureau du Vérificateur Général a été rendue publique dans son rapport de 2009. Sa conclusion est résumée dans l’encadré ci – dessous : INITIATIVE RIZ : EVOLUTION DE LA PRODUCTION ET CONTROLE DE PERFORMANCE PAR LE BUREAU DU VERIFICATEUR GENERAL (BVG) La production de riz a passé de 1082384 tonnes en 2007/2008 à 2. à savoir la disponibilité de la terre. 2009). Ministère de l’Agriculture). étaient les facteurs déterminants pour donner aux Maliens à court et moyen termes un espoir. Une note de concept a été élaborée. intrants agricoles dans certains pays en Ici. de l’eau et du savoir faire des paysans. Une évaluation externe faite par des consultants indépendants a confirmé l’atteinte des objectifs à 85% (évaluation initiative riz.la base de la subvention aux Afrique de l’Ouest. Les objectifs de l’initiative riz ont été largement atteints avec une augmentation de la production de 50% par rapport à son niveau précédent (bilan campagne agricole 2008.

(3) l’intensification de la production au niveau des superficies exploitables à travers la subvention des engrais. Le Gouvernement a financé 9 598 703 953 FCFA et les partenaires techniques et financiers ont contribué à hauteur de 3 599 199 187 FCFA. (5) le renforcement de l’appui conseil par le recrutement de 302 agents de terrain et la mise en place des moyens logistiques adéquats et de leur fonctionnement . (2) l’extension de la culture du NERICA dans les nouvelles zones de production . Malgré des niveaux de production élevés au cours des campagnes agricoles 2008/2009 et 2009/2010’’. (4) le préfinancement au profit des producteurs des matériels agricoles (motoculteurs. mini rizeries. l’accompagnement sans faille des producteurs et des autres acteurs à partir d’une stratégie clairement exprimée dont les principaux axes sont : (1) Mettre l’accent sur les systèmes à haut potentiel de production. ont cru en 2008 et en 2009. » « Les riziculteurs ont amélioré leurs revenus nets grâce à l’initiative Riz.) . dans la région de Ségou) ainsi que des superficies cultivées (de 48. batteuses. Cette distinction internationale récompense les meilleures politiques de développement initiées dans un pays ou dans une région. par exemple.24% dans la région de Mopti et de 15.l’agriculture et d’en faire le moteur de la croissance.82% dans la région de Ségou). » Enfin. (6) la disponibilité à temps et l’accessibilité aux engrais. Il apparaît clairement que le coût réel de l’initiative riz est bien loin des supputations faites par certains. .98% dans la région de Mopti et de 93. le rapport (Réf : pages 47 et 48) du BVG a conforté le Gouvernement et tous les acteurs qui se sont mobilisés dans la mise en œuvre de l’initiative riz : « La subvention des intrants par l’Etat a entraîné une utilisation massive des engrais et une extension des superficies cultivables : l’engouement suscité chez les producteurs lors de la campagne 2008-2009 s’est traduit par une augmentation de l’utilisation des engrais (de 19.53%. les taux de réalisation ont été de 106. dans sa conclusion. les importations de riz …. motopompes. Il faut ajouter à cela. » « Les objectifs de l’initiative riz ont été globalement atteints pendant la campagne 2008/2009 dans les régions de Ségou et de Mopti. décortiqueuses. Le coût définitif de l’initiative riz a été de 34 543 685 957 F CFA sur lesquels l’apport des producteurs a été de 21 396 000 000 F CFA représentant 62% du coût global. l’initiative riz a reçu le prix du mérite à Kampala en octobre 2010. notamment la maîtrise totale de l’eau dans les périmètres irrigués . l’utilisation de variétés de semences améliorées et l’application des itinéraires techniques par les producteurs .47% dans la région de Ségou. Par rapport aux prévisions. Concernant le contrôle de performance.

La durabilité de la subvention et l’implication des PTF dépendra de la traçabilité et de la transparence de la subvention. à savoir la caution technique. Le financement de la subvention exige des ressources importantes et disponibles. une production de 200 000 tonnes générerait 2 milliards de FCFA. il est nécessaire que d’autres sources de financements soient identifiées pour donner à la subvention la chance d’exister comme un instrument d’une politique agricole. Les outils de gestion. Cinq (5) ans après la première phase de l’initiative riz. le schéma d’approvisionnement en engrais et .  la contribution des producteurs par un prélèvement sur les ressources provenant du gain de productivité de la filière concernée. il y a le fonds de stabilisation de la filière coton . Pour alimenter la réflexion. Le budget national reste la seule source de financement alors que le montant croît d’année en année. C’est dire que cet élément de politique agricole répond parfaitement aux préoccupations du monde rural. Par exemple. VI. IMPLICATIONS DE POLITIQUE Ce document d’information et de politique apporte des réponses aux questionnements du simple citoyen et de l’homme politique à différents niveaux.En termes d’effets induits. il est à suggérer la constitution d’un fonds à partir d’un prélèvement de 10 FCFA/kg sur les ressources provenant de la vente du paddy. les témoignages des producteurs et d’autres prestataires sont éloquents quant à l’augmentation de la production. pour le coton. cette opération a continué avec les différents Gouvernements qui se sont succédé. pour le riz. Par exemple. Cependant. de l’accroissement des revenus et de la création d’emplois. deux sources peuvent être proposées à savoir :  la contribution des partenaires techniques et financiers (bilatéraux et multilatéraux) en fonction de leur degré d’implication dans le secteur agricole . force est de constater que la mise en œuvre de cette politique souveraine et volontariste interpelle l’ensemble des acteurs sur la durabilité de la subvention qui est la pièce maîtresse du dispositif mis en place pour l’atteinte des objectifs. Bien que les partenaires techniques et financiers soient favorables à une inscription de la subvention au budget national.

Bakary Kanté Agro-économiste . le préalable reste une maîtrise parfaite des indicateurs comme la production et les surfaces mises en culture par filière.de paiement de la subvention doivent être maîtrisés et strictement appliqués par l’ensemble des acteurs. En d’autres termes. pour une meilleure valorisation de l’effort de tous les acteurs. Un point important à prendre en compte est la possibilité de contractualisation de la mise en place de la subvention pour garantir sa traçabilité et sa transparence. un prestataire privé ne peut – il pas assurer la gestion de la subvention ? D’autres questions non moins importantes concernent l’extension de la subvention engrais et semences à toutes les spéculations. Ne faut-il pas définir de nouveaux critères pour chaque produit agricole ? Enfin.