aux X V e et X V Î e siècles.

(Suite)

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ÔMER LÛTFÎ BARKAN Chargé de cours à l'Université d'Istanbul

L'une des régions de l'Empire Ottoman o ù l'on rencontre des villages fondés sous forme de « Kuîluk » est celle des alentours de Brousse et de Biga. En effet, dans cette région, qui a é t é le berceau de l'Empire, on peut relever de nombreux vestiges des anciennes organisations agricoles. Les institutions trouvées par les premiers sultans ottomans et leurs grands dignitaires en m ê m e temps que les formes primitives et les premières esquisses de l'organisation agricole que l'administration impériale essayera de propager, en un m o t tout !e m o y e n - â g e de l'Empire Ottoman, se rencontre figé surtout dans les mains-mortes de ces régions avec ses caractères originaux. Ainsi l'organisation impériale uniforme et typique.,que l ' E m pire, a p r è s ses c o n q u ê t e s postérieures, pourra généraliser dans les pays conquis, a p u conserver dans ces régions une forme et une structure variées montrant tous les stades de son évolution a n t é rieure.
[*] Voir le commencement de cette étude dans No. 1 de cette Revue, p. 14

et s.

n i un document détaillé comme la l o i qui constitue la préface du régistre cité plus haut. que nous pouvons réunir en premier lieu sur les villages qui paraissent être fondés dans ces régions par les serfs. et en second lieu sur les travailleurs agricoles qui s'y t r o u vent et qui sont soumis à un régime fiscal et à un statut juridique différents des classes de " r é a y a . d'affranchi. vignerons-serfs i m p é r i a u x (bagban). la différence entre métayers-serfs et fermiers-serfs n'est pas grande. comme le registre impérial de 904 qui a été la base de nos recherches sur le district d u Has d'Istanbul. C'est pourquoi les renseignements. Notons seulement que nous ne pouvons étudier ces centres qui gardent de r i ches traces de l'organisation et de la r é g l e m e n t a t i o n agricoles des premier temps que dans les registres i m p é r i a u x tenus à l'occasion des recensements de population et de fonds de terre de ces régions à des dates postérieures. nous apparaissent ici sous le nom de fermiers-serfs. dans l ' é t u d e des catégories telles que celles de fermier-serfs (kesimci). Par suite.— 166 — En effet. 1. c'est seulement de cette façon — tout en faisant ressortir la différence entre la classe de paysans juridiquement l i bres ( r é a y a ) et les classes citées plus haut — que nous t â c h e r o n s de mettre à jour les possibilités qui existaient dans l'Empire O t t o man pour faire travailler les diverses classes de paysans d'une façon différente de la classe de "réaya. — LES FERMIERS-SERFS ( K E S I M C I K U L L A R ) . en changeant leur statut j u r i d i que et financier.. . ne prennent une signification que grâce à nos connaissances sur îe district d u Has d'Istanbul. I l est regrettable que nous ne possédions dans ce domaine ni un registre sur la situation des métayers-serfs. de berger infidèle (koyun kâfiri) et de vachers que nous rencontrons dans ces régions. Les méta3'ers-serfs d u district de Has d'Istanbul. cette région constitue un terrain favorable à l ' é t u d e des différentes formes des riches domaines agricoles où travaillaient ces métayers-serfs qui forment le sujet de notre é t u d e . de p ê cheurs ( b a h k ç i ) . nous essayerons toujours de les comparer aux métayers-serfs que nous avons vus dans le district du Has d'Istanbul . Le métayer-serf est un travailleur qui s è m e l è s . qui forment le type général du paysan dans l'organisation de l'Empire Ottoman. En effet. de serviteur ou de garçon ( g u l â m ) de main-morte.

e la r e n t r é e des i m p ô t s devient plus simple. une quantité fixée d'avance (kesim). établis et perçus en argent.— 167 — grains qu'il reçoit soit de l'administration impériale ou de la mainmorte. i l est naturel qu'aux é p o q u e s o ù l'intervention de l'Etat dans les relations agricoles devient de plus en plus impersonnelle et bureaucratique et où les possibilités de prévenir les négligences et la mauvaise foi du métayer-serf et de lutter contre son inactivité v o n t en diminuant. soit du p r o p r i é t a i r e de la terre qui est aussi p r o p r i é t a i r e du capital d'exploitation. au Heu d ' ê t r e remis en nature sur ia récolte. est due à notre avis à deux causes importantes : L a p r e m i è r e raison. chaque année. Comme le fermier. c'est sans doute la particularité du statut juridique personnel du travailleur agricole . en plus du régime de d î m e . Mais par ce fait même. dont i l est ici question. au contraire. lorsque les loyers d'affermage. paysan c o n sidéré comme juridiquement libre. l'apparition des nouvelles formes telles que le m é t a y a g e et l'affermage. Parmi les relations créées par les régimes d'exploitation agricoles de l'Empire Ottoman. De cette sorte le fermier-serf. le fermier-serf est obligé. de payer au p r o p r i é t a i re terrien. et les serfs.il se soumettait à l'obligation de payer annuellement une quantité fixe (kesim) de céréales et de services ou leur équivalent en espèces. à la différence du . Et surtout. i l est probable que le désir naîtra chez lui de r é colter et de produire davantage. ou dans des proportions établies soit par l'administration impériale ou l'administration de la main-morte. la question d. a p r è s avoir mis à part les grains de l ' a n n é e suivante et la d î m e . est un fermier qui a une plus grande autonomie à l'intérieur de l'exploitation agricole. sont comme dans les pays où l ' é c o n o m i e m o n é t a i r e le permet. l'Etat attra recours de préférence aux modes d'affermage. soit par le p r o p r i é taire terrien. peut librement profiter du reste de sa récolte. Q u ' i l ait une récolte abondante ou une maigre r é colte. de ce point de vue une grande différence a p p a r a î t entre les serfs et le " r é a y a " . soit en argent. soit en nature. et qui. Les i m p ô t s sont ainsi p r é l e v é s avec plus de facilité et de sûreté. partage sa récolte dans d'égales proportions. Le fermier-serf. a p r è s avoir p a y é son loyer d'affermage (kesim) et ses i m p ô t s fixés d'avance. était encore plus éloigné du contrôle permanent des propriétaires terriens que le métayer-serf.

on impose en plus aux métayers-serfs des obligations de p r é s e n t s et de services. une sorte de relation de m é t a y a g e réglée par les m œ u r s et coutumes du pays en question. on se contente de fonder seulement des relations de m é t a y a g e ou de fermage et en certains cas. Ainsi. mais sous forme de . soumis à la d î m e .'sans travaillant sur les terres domaniales et ceux qui travaillent sur les terres de propriété privée et les réserves seigneuriales". prennent avec îe temps la forme de m œ u r s et coutumes. Les propriétés privées sont expolitées d i f f é r e m m e n t des terres domaniales. et les métayers-serfs installés dans les villages.— 168 — '"réaya. i l y aurait danger de confondre Ïe3 m é t a y e r s et fermieraiserfs d 'avec ceux qui ne îe sont pas. c'est-àdire 1 7 on sous l 'orme de régime de dîme. mais pour aboutir à un d é v e l o p p e m e n t et une activité continuels de ces sortes d'exploitations serviles. II s'agit donc d ' é t u d i e r cette question : les fermiers de la r é gion que nous é t u d i o n s sont-ils des serfs ou non. leur é t a t de fermiers -serfs découle-t-ïl ou non de leur qualité de serf ? Sans cela. . pour pouvoir obtenir un maximum de profit. r a. Juridiquement les r é coltes obtenues par les serfs placés sur les terres du m a î t r e avec son assentiment et son capital d exploitation devraient appartenir au p r o p r i é t a i r e des serfs .métayage.m ê m e entre 'es paj. et par suite. lorsque ce serf est place sur des terre? lointaines. loin du c o n t r ô l e permanent du m a î t r e comme des familles de paysans libres.. sont e m p l o y é s en général comme m é t a j ers-serfs ou fermiers-serfs. et ces métayers-serfs forment une catégorie sociale p l a c é e entre la classe des v é r i t a b l e s esclaves et celle des paysans libres. La seconde cause dont on voit ici l'influence c'est la nature juridique des terres sur lesquelles travaillent les paysans. -— Les l'slatïons dus m é t a y a g e e't d'affermage d é c o u l a n t siaiui jOTÏdiqiïe personnel du paysan du i l est naturel que les relations entre le travailleur agricole non -libre et son m a î t r e prennent dans les villages la forme de m é tayage ou bien d'affermage. Car le droit du m a î t r e de disposer à son profit des fruits du travail du serf et de le faire travailler sous son c o n t r ô l e comme un ouvrier fait naître. les différences entre les serfs directement d é p e n d a n t s de la maison ou de l'exploitation et travaillant comme des serviteurs. Ainsi une différence se montre d ' e l l e .

de sipahi). Cependant les obligations des fermiers-sérfs notées dans les anciens registres. on a s u p p r i m é dans les villages du seul dis­ trict de Yerıi Şehir. et en effet. L ' u n des documents les plus importants qui nous éclaire à ce sq? j e t est un paragraphe de la l o i sur le d é p a r t e m e n t Hudavendigi^r dont le texte entier est cité dans la partie turque en fragment de l o i : «Les fermiers qui se trouvent dans ce d é p a r t e m e n t sont les es­ claves du Sultan O r h a n » . les fermiers de cette région sont inscrits sous le qualificatif de serf s é p a r é m e n t des autres classes de paysans. Nous p o s s é d o n s encore d'autres preuves qui nous permettent •d'attester d'une façon certaine que les fermiers que nous avons r e n c o n t r é s dans les régions de Brousse et de Biga sont d'une origi­ ne servile. on a p r o c é d é à des diminutions et des augmenta­ tions.s e r f s que nous avans étudiés dans les districts de Ha? d'Istanbul . sont des fermiers-serfs qui correspondent exactement aux m é t a y e r s . de certaines inscriptions que nous é t u d i o n s en détails dans la partie turque de cet article. JLe fait que nous rencontrons dans ces villages des groupes d'affran- .1 5 7 3 ) .X 1 V ) concer­ nent six villages de la fondation du sultan Orhan.ette l o i était de vingt et un. on apprend que la plupart de ces fermiers en question étaient vraiment des serfs. En effet. les fermiers devaient seulement payer la d î m e et 140 "aspres" à titre de contribution foncière. Et notamment à cause des pertes causées aux paysans par le fléau des sauterelles. X I . les inscriptions relatives aux fermiers d a n ş les re­ gistres..capacité et suivant l'exploitation un loyer d'affermage (kesim) de trois « m u t » de b l é et d'avoine.— 169 — Les fermiers qui nous intéressent particulièrement dans cette r é g i o n . A i n s i qu'on peut voir dans les photographies publiées dans la partie turque de cette é t u d e et qui ( p h . toutes sortes d ' i m p ô t s et de loyers d'affermage . A diffé­ rentes é p o q u e s . les fermiers devaient non seule­ ment payer la d î m e au sipahi suivant les anciens registres (şans doute parce qu'ils travaillaient dans un " Timar . contiennent des indications suffisamment convaincantes. ne sont pas restées toujours les m ê m e s . dont le nombre au moment de la r é d a c t i o n de «. maïs encore « parce qu'ils étaient serfs» ils devaient payer suivant leur . à ce sujet. dans le district «Mihaliç» de Brousse. D ' a p r è s ce fragment de l o i de date rela­ tivement postérieure ( 9 8 1 .

si elles marquent nettement leur caractère de servitude au point de vue juridique. entre ces sortes d'esclaves qui travaillent en général corn- . ( V o i r dans la partie turque les inscriptions Nos. se trouvent des i m p ô t s caractérisant le r é g i m e de servage tels que ceux reçus des personnes libre et . l'un par des Bulgares a m e n é s de R o u m é l i e et l'autre par des infidèles (kâfir) venus é g a l e m e n t de R o u m é l i e . ) . dont nous trouvons aussi quelques parties aux environs d'Istanbul et en Roumélie.extérieures au domaine. I I semble aussi que l'achat d'esclaves constituait une autre source de recrutement des fermiers-serfs. ne permettent pas de f i xer d'une façon précise les différences dans leur situation juridique et sociale. O n rencontre surtout de tels . les différentes possibilités concernant le recrutement des serfs de ces régions . ont été fondés. De m ê m e nous rencontrons dans les alentours de Biga les «akca k o y u n l u » (aux moutons blancs). V . ) Mais toutes ces preuves. un certain groupe de vignerons (bagban) installés comme fermiers dans les vignes impériales. nous avons étudié dans la partie turque de cette étude. parmi les i m p ô t s prélevés dans certains villages habités par des fermiers. une tribu nomade " T û r k m e n . despaysans qui travaillent comme fermiers-serfs par le seul fait d'avoir é p o u s é une serve. V I et V I I . nous avons établi les faits et les preuves qui nous ont induit à l ' h y p o t h è s e suivant laquelle les villages de cette région ont é t é fondés. . De m ê m e . comme on peut lé voir d ' a p r è s les photos publiées (photo X X I I ) . comme cela s'était fait dans le district de Has d'Istanbul. D'autre part. nous montre d'une façon certaine que nous nous trouvons ici en p r é s e n c e de vrais centres d'exploitation agricole placés sous le r é g i m e de m é t a y a g e ou d'affermage servile. comme on peut le voir sur la photo X I V . soit par des recrutements faits parmi les prisonniers de guerre pris dans les pays conquis. Les deux villages que nous avons étudiés dans la partie turque de cette é t u d e (note 4 4 . Quant aux modes de recrutement des fermiers-serfs.esclaves achetés dans les petites fondations pieuses appartenant à des personnes privées. qui veulent se marier avec une serve.— I 70 — chis sous des rubriques séparées. sont inscrits d'une façon nette et précise c o m me « esclaves de la fondation pieuse ». soit par une transplantation forcée en masse des populations libres des anciens sujets de l'Empire. I l existe aussi parmi ces personnes.

soit par l'administration impériale. à notre avis. des relations étroites avec le système de servage et de m é t a y a g e qui fait l'objet de cet article. h. Les paysans ne pouvaient disposer de ces r é serves seigneuriales comme des terres domaniales. avec textes à l'appui. c'est qu'ils ne sont jamais vendus d é t a c h é s de leur terre. de m ê m e qu'il est impossible d'indiquer d'une façon précise comment et quand ces sortes d esclaves ont pu devenir des fermiers-serfs. Ces fermes ou réserves seigneuriales r e n c o n t r é e s dans certains Timars de Sipahi étaient comme les fermes attachées aux fonctions des classes guerrières telles que Müsellem. vignes et jardins. nous essaierons de m o n trer en détails. surtout à l ' é p o q u e de la fondation de l'Empire. Il est m ê m e question dans ces registres. Ce que nous savons de précis sur leur état de servage. qu'il existait dans plusieurs T i ¬ mars de Sipahis. avaient un statut juridique différent de celui des fermes de «reaya». de «moulins seigneuriaux». mais seulement . exploitées directement par le Sipahi .Î71 — me serviteurs privés et les véritables fermiers-serfs. moulins a t t a c h é s à ces anciens Tirnars. de «prés seigneuriaux». ils pouvaient les donner à ferme. n o m m é e s aussi «Terres d ' é p é e » . etc. Les réserves seigneuriales. selon le terme consacré «la charrue du Sipahi travaillait» sur ces terres. Yaya et Voynuk. Si nous rappelons b r i è v e m e n t ici des institutions telles que fermes. Cependant. de «vignes seigneuriales». au cas où le sipahi et sa famille ne voulaient pas s'en occuper eux-mêmes. tandis que les serfs directement attachés au domaine pouvaient l'être. qui reflétaient les traces du système domanial en vigueur dans les pays englobés par l'Empire Ottoman. des réserves seigneuriales ou impériales connues sous le nom de « F e r m e s seigneuriales» (Hassa çiflik) et qui furent exploitées d i rectement soit par les sipahis. — R é g i m e de m é t a y a g e ou fermage d é r i v a n t d u statut juridique des terres cultivées Dans une é t u d e que nous nous proposons de publier plus tard sur « L a structure d u Timar de Sipahi ». c'est que de telles institutions. champs. possédées c o n f o r m é m e n t aux dispositions des lois foncières spéciales concernant les terres domaniales. quoique ayant c o m p l è t e m e n t c h a n g é de nature et perdu de leur importance à l ' é p o q u e que nous étudions. présentent cependant.

possible de faire un rapprochement entre les réserves seigneuriales appartenant . En certains endroits. si le Sipahi fournit la moitié du cheptel et de la semence. la c o r v é e qui astreignait les paysans 3 faucher ces p. De m ê m e . le p r o b l è m e se pose un peu différemment. et. Mais ces usurpations arbitraires furent supprimées. Quant aux prés seigneuriaux. Ce n'est pas saris raison que nous avons tellement insisté sur les «fermes seigneuriales ou impériales» en parlant des centres d'exploitation à m é t a y a g e servile des environs de Brousse. De sévères contrôles qui on. C'est là qu'il faut chercher l'explication de cette formulé souvent r e n c o n t r é e dans certains codes ruraux : « point de p r é s pour le paysan ». à la mort d'un paysan propriétaire d'un p r é . Les classes guerrières et l'Etat. sous le nom de «prés seigneuriaux» les endroits naturellement humides et herbeux. mais un devoir facultatif dont l'accomplissement était laissé à la bonne v o l o n t é d u paysan. Dans les vignes et les potagers seigneuriaux la part d u sipahi est d'un quart. le sipahi pouvait.t lieu à l'occasion des recensements fonciers effectués lors de l ' a v è n e m e n t de chaque sultan. rendaient impossible toute nouvelle usurpation et l ' o n p r o c è d e m ê m e à des restitutions en cas d'agrandissements illégaux. des m é t a y e r s et fermiers qui y vivaient. Seules sont reconnues les réserves seigneuriales des domaines inscrits dans les très vieux registres. réquisitionner l'héritage. Car i l est. s'étaient réservés. En effet. la moitié de la récolte l u i revient. dans le régime de l'Empire O t t o man. De sorte que la proportion des terres occupées par les réserves seigneuriales va toujours en diminuant dans l'Empire Ottoman. comme on le voit dans ces m ê m e s codes ruraux. de m ê m e i l reçoit la moitié des fruits des arbres poussés naturellement ou datant de l'époque de la domination c h r é t i e n n e « non p l a n t é s pu greffés par q u e l q u ' u n » .— 172 — gelon un contrat particulier dont les clauses étaient arrêtées par les parties intéressées. obligés d entretenir un grand nombre d ç chevaux en vue des guerres.xés ne fut plus une o b l i gation rigoureuse. en effet. quelquefois d'un tiers. Sa part est r é duite à un quart s'il ne fournit pas une partie de la semence. de telles réserves seigneuriales ne peuvent être créées ou agrandies arbitrairement au d é t r i m e n t des terres domaniales soumises au régime de la d î m e . I l ne faut pas oublier que. s'il le jugeait nécessaire.

ne pouvaient être possédées comme les terres de d î m e et étaient soumises au système de m é t a y a g e . soit par voie dè fermage. No. à ce sujet nos publications suivantes: «Les bases historiques du probleme foncier dans l'Empire Ottoman» (série d'articles publiés dans la revue «Ülkü». Ces terrfes de «Vakf» et de «Has» dont l ' é t e n d u e permettait la formation de plusieurs villages. Car ces terres ne sont autre chose que des réserves seigneuriales c o n s i d é r a b l e m e n t agrandies proprotionnelLerhent aux seigneuries des sultans et des grands dignitaires [ 5 ] . Ces propriétés terriennes étaient exploitées soit directement par leur propriétaire. «Application du droit foncier musulman dans l'Emprie Ottoman: 1: Système du Matikâne-Diuan» ( publié dans la: «Revue d'histoire économique et juridique». ou les fondations pieuses. cçs terres devaient être organisées sous forme d'exploitations à m é tayage servile et les fermiers devaient d é p e n d r e é c o n o m i q u e m e n t . No. dans les grandes seigneuries. En effet. De cette manière les paysans ayant affermé ces sortes dè terres. [5] I l ne faut pas oublier que dans l'Empire Ottoman. 2).d ' œ u v r e servile était assez abondante et bon m a r c h é pour pouvoir être . devaient. d'une part. du propriétaire du «Has» ou d u «Vakf». partager le reste de la récolte avec le propriétaire de la terre selon les termes du contrat passé entre eux. de l'autre. Ainsi. il existait en dehors des terrés domaniales et du régime de « Valifs» constituées par le revenu de ces terres. pour que le V a k f ou le H à s en tirent le plus grand a v a n t a g é .employée dans les travaux agricoles. (Dans . 64). prennent. des dimensions assez importantes pour contenir des vallées fertiles et de vastes rizières. Ainsi. «Le Tanzimat dans l'histoire du droit foncier turc et le code foncier de ¿274» (étude faisant partie de l'ouvrage que publiera bientôt l'Université d'Istanbul à l'occasion du centenaire du Tanzimat) . aussi bien que juridiquement. et les terres des environs de Brousse se trouvant dans les réserves d u Sultan et des grands d i gnitaires et désignées par le norh de terres de fermiers et d' «ellîdji». V . 60.— 173 — au sipahi et exploitées par l u i . 63. l'usagé d'installer des serfs sur ces réserves seigneuriales s'établit. ün régime spécial de propriété terrienne. les réserves seigneuriales assez petites pour pouvoir ê t r e exploitées avec une paire d é b œ u f s daris le Timar du Sipahi. à une é p o q u e où la m a i n . s. après avoir payé la dîme au sipahi ou à un fonctionnaire de l'Etat.

le m o û t de raisin. Alors les descendants «affranchis ou non affranchis» de ces serfs durent travailler avec les m é t a y e r s et fermiers venus d u dehors. la viande. serait constamment intervenu dans ces domaines pour y p r é l e v e r des impôts. [ 6 1 .conduit à montrer q u ' à la suite des dissolutions survenues dans la structure des exploitations. des recherches m é t h o d i q u e s . les oignons. l'Etat. C'est ce qui permettait par exemple à une grande fondation pieuse de se procurer du centre le plus proche. et les serfs en disparaissant laissèrent vides les places qu'ils avaient occupées. L'emploi d'une main d ' œ u v r e servile spécialisée était préférable à l'exploitation par les paysans libres. au cas où ils eussent e m p l o y é des paysans libres au lieu de serfs. Nous trouvons utile de mentionner ici les causes qui nous ont . Les Has du Sultan.— 1 74 — Les propriétaires de ces terres. seront minutieusement é t u d i é s ci-dessous en parlant des bergers chrétiens et des gardiens de b œ u f s . car elle assurait l'autonomie é c o n o m i q u e de ces domaines. jeton3 un coup d ' œ i l sur la situation intérieure. où nous croyons pouvoir rencontrer les traces des anciennes exploitation à m é t a y a g e servile. Car. Pour pouvoir faire. les rapports de fermage étaient fixés et m ê m e nécessités par le seul statut juridique des personnes. ce qui assurait à ce domaine l'intégrité administrative et é c o n o m i q u e du domaine m é d i é v a l . les conditions qui rendaient possibles et m ê m e nécessaires ces sortes d'organisation c h a n g è r e n t . ou sous d'autres prétextes. le propriétaire pouvait aussi imposer à ses serfs toutes sortes d'obligations de «service». Nous croyons ainsi avoir réussi à examiner les formes prises peu à peu par les exploitations à m é t a y a g e servile en dissolution dans les domaines des environs de Brousse et de Biga et les vestiges des anciennes formes d'organisation du travail agricole dans le3 divers stades de ce morcellement. à ce sujet. dans la «liva» de H û d a v e n d i g â r . Par ce système. vers l'an 928 ( 1 5 2 1 ) d u Kaza de Mihaliç (Karadja b e y ) . devaient nécessairement recourir à ce moyen pour sauvegarder leur immunité administrative et fiscale. le riz et le b l é nécessaires. fort de son droit sur ces « r e a y a » . Mais peu à peu. le beurre. ainsi que les «Vaki3». dans le Kaza du m ê m e nom. d ' « a i d e » et d ' « o f f r a n d e » . .

les charges. Cependant. dans la plupart des Timars de ce Kaza que nous avons choisis comme exemple.— Examinons m e n t i o n n é dans de partie des 1 est p e u p l é e par par suite de cet sans rencontrés 175 — les T i m a r de Z a i m et de Sipahi. 2) " " " Has. et qui.es et de coutumes ou bien furent a p p l i q u é s à l'origine c o n f o r m é m e n t 1 • • • J . dans ces villages. ces serfs. i l est digne d'attention que l ' o n puisse intervenir par deux fois sur une m ê m e récolte pour y prélever des impôts. Jes fonctionnaires d u H as pouvaient intervenir pour prélever un «kesim» sur la récolte ou une capïtation par personne. » Selon nous. Pour cette raison. une situation particulière existe : alors que dans le Timar-Type du Sipahi. « t a p u » . seul ce dernier pouvait p r é l e v e r sur la récolte la d î m e et le «sâlârlik». fonctionnaire d'Etat. les m a î t r e s des serfs (les personnes privées aussi bien que les personnes juridiques telles que le « V a k f » ) conservent le droit d'imposer à leurs serfs établis dans les villages en qualité d'ouvriers agricoles. sont soumis au m ê m e traitement que les paydans les différentes parties de l'Empire. le fermage ou la capitation qu'ils jugeront convenables. a p r è s avoir p a y é au Sipahi. état. devront partager le reste de cette récolte avec leur m a î t r e . «délit et crime». i l existe des colonnes avec un e n . a p r è s la d î m e appartenant au sipahi dans chaque village et à côté d'une colonne montrant à part les sommes des taxes dites de «çift». Le m a î t r e ayant le droit de disposer des produits du travail •du serf. la d î m e sur leur récolte.étaient donc soumis à deux sortes d ' i m p ô t s : 1 ) à ceux appartenant au sipahi. Ces sortes de droits qui pouvaient être au d é b u t tout à fait arbitraires. Par conséquent. avec le temps. dans certains villages de cette région. a p r è s que le Sipahi eut exercé ses droits fiscaux.t ê t e sur le «fermage dans les fermes d " * E l l i d j i " érigées en fondations pieuses. Ces villages . « g e r d e k » . sous forme d'usag. Nous y voyons que la plus gran16 villages se trouvant dans les Timar de ce Kaza des paysans juridiquement libres (reaya). se fixèrent. « b e n n â k » . ce qui peut s'expliquer ainsi : 1) Les fermiers établis sur le T i m a r du Sipahi sont les serfs . dans le registre la note ci-dessus.du «Vakf» ou du Has ou les descendants de ces serfs.

de mêirie que les Timars d'e Sipahis ne pouvaient être organisés comme lès exploitations à m é t a yage servile établies sur les «fermes impériales» des environs. une partie de ces Has ait été distribuée sous forme de Timar afin d'augmenter le nombre des sipahis. pendant longtemps. car l'administration dés hÎas par lès fonctionnaires (emin) et lefc entrepreneurs (âhiil) présentait tous les inconvénients inhérents à c è genre d'administration. avait Voulu créer un système de T i m a r m i x te dans la région des exploitations à m é t a y a g e servile portant les" survivances d'une é p o q u e et d'une organisation révolues. et i l ne se pliait pas aux èxi'genCës de cette situation particulière. Cette politique qui tendait à faire du sipahi un guerrier ou un fonctionnaire c h a r g é de prélever la d î me et certains droits. et parce qu'ils étaient serfs étaient soumis aux conditions de fermagë. à l'origine des m é t a yers-serfs. le sipahi conservait la situation qu'il occupait et les fonctions qu'il d é t e n a i t vis-à-vis des «reayas» payant la d î m e .— 176 — 2) L ' h y p o t h è s e suivante nous p a r a î t é g a l e m e n t àssez vraisemblable" pour pouvoir expliquer cette double imposition: i l est bien possible que les réserves seigneuriales organisées sous forme de grandes «fermes imp'ëriales» aient occupées autrefois une é t e n d u e plus large et qu'avec le temps. tout eh étant libres. De la sorte. Ce régime peut être dérivé. l'examen d è là nature dès terres sdumises à ce régirh'ë particulier m o n t r é que le plus souvent. Le partage des H à s en T i m a r et leur distribution aux sipahis directement intéressés à l'administration èt à là politique agraire du pays. de m ê m e on ne pouvait accepter que le sipahi d e v î n t un seigneur (bey) p r o p r i é t a i r e d'une ferme. en face des paysans qui. par-¬ ce qu'ils travaillaient dans les fermés. soit de là terre . En effet. Cependant. sans aucun doute. était d'ailleurs. conforme à là politique de l'Empire. Noué avons Vu qu'il existait une catégorie d è paysans qui é t a i e n t sourhïs à un r é g i m e d é dôuble-impbsititin en h à t u r ë : l ' i m p ô t dû àl'adrhinistration impériale et l ' i m p ô t d û au sipahi. é t a i e n t . ces terres cbnstituérit: ùrië catégorie spéciale sous lé ndm d é fermes d*«èllidji» e x a m i n é e s â ù pàrâgrapfrie 3 d è cette é t u d e . du statut juridique particulier soit des personnes.eh quëstion. à notre avis. comme les environs de Brousse. Mais a p r è s la disparition dès «è'llidji»-serfs. avaient certaines obligations. Lès «ellidjis» étaient. leurs terre» furent cultivées pair des hommes qui.

L é s paysans pouvaient disposer du lait. I l existe plus d'une preuve qui fait croire à l'origine servè des bergers chrétiens. De mêrh'e que les statuts juridiques auxquels était soumise cette catégorie de paysans. d é p o r t é s de leur pays. Parmi ces villages. m o n trant le nombre de feux et de b ê t e s nourries dans chacun d'eux.996. Une des plus intéressantes formes de «Kulluk». se transformaient et së confondaient avec ceux de paysans libres. Ils étaient donc soumis aux m ê m e s lois que lès vachers-serfs étudiés à la page 43. ni dans l'un.rhage Pu de m é t a y a g e . de m ê m e les statuts des fermes d ' « e l lidjî» et des «réserves domaniales» subissaient une transformation et s'assimilaient à ceux de toutes les autres terres qui ne payaient que la d î m e . l'autre par des «Bulgares». i l s'en trouve deux qui furent fondés l'un par d é s «chrétiens». l'administration impériale intervenait p o u r percevoir en plus les loyers d'affermage. est de 36. Nous avons v u que le nombre de bêtes de race bovine s'élevait à 1. on ne rencontre pas de bergers chrétiens. Aussi. de la survivance de quelques métayers-serfs dans lès villages qui comprenaient d'anciennes fermes d'«elHdji». nous avons exa-miné 23 villages du domaine impérial du district de Mihaliç. ces fermes formaient des centres habités par des m é t a y e r s ou d é s fermiers-serfs. Pour donner une idée de la structure d è ces villages et d u statut juridique et é c o n o m i q u e d è leurs habitants. Toutefois. élevés par 103 bergers. Etant d o n n é que le Sipahi ne pouvait pré-¬ lever des paysans qui cultivaient ces terres d'«ellidji» (appartenant au T i m a r ) que la d î m e . mais d é v a i e n t payer u n «prix de lait» qui s'élevait à 40 «asprès» par v a c h ë . 2. Dans les 10 àutrës villages d u domaine impérial. le montant dés moutons. on peut d é d u i r e q u ' à l'origine.480. . Nous avons constaté que les 1 3 premiers villages étaient des centres habités par des vachers et nous avons publié une liste. — S E R F S G A R D I E N S D E V A C H E S E T B E R G E R S INFIDÈLES. c'est celles de certains villages aux alentours d é Brousse dont les habitants étàiènt des bergers et des gardiens de bête d è p â t u r a g e s (vachesmoutons) appartenant au Sultan.

le nombre de bétail aux mains de ces gardiens-serfs diminuait de plus en plus soit par les maladies contagieuses. d ' a p r è s une remarque citée plus bas. En effet. M a l g r é toutes nos recherches. 3. certaines lois •définissent les «ellidjis» soumis à cette organisation militaire comm e des personnes devant payer annuellement cinquante «aspres» à l'^eskuncii». les bergers chrétiens étaient obligés de payer certains i m p ô t s qui étaient p r é l e v é s uniquement des serfs (ceux-ci devant payer encore des i m p ô t s sous forme de p r é s e n t s ) .X X ) . parmi les tribus nomades organisées pour accomplir certains services m i l i taires. une des catégories qui a des relations avec l ' é t a t de servage est celle des «ellidji». De m ê m e nous rencontrons des serfs gardiens des troupeaux i m p é r i a u x non seulement dans le district de Mihaliç. Les présents et les services particuliers furent abolis peu à peu et un système unique d ' i m p ô t dit «ispenç» les r e m p l a ç a progressivement. soit aussi par le manque de soin (inscriptions Nos X V 1 1 I . Les paysans libres en étaient exemp tés. c 'est-à-dire à 1 homme qu ils équipaient pour servir A*** i" J* .bergers chrétiens font é g a l e m e n t croire à leur origine serve.— I 78 — Les statuts juridiques auxquels étaient soumis autrefois ces . Mais on apprend aussi par ces inscriptions qu'en général. Toutefois. mais aussi dans les autres districts de Brousse et de Biga. en plus. i l nous a été malheureusement impossible de fixer l'origine du terme «ellidj'i» et d'éclairer les particularités des obligations de cette catégorie de cultivateurs ainsi que le v é r i t a b l e c a r a c t è r e de leur statut juridique. Les gardiens s'occupaient. Les registres d ' i m p ô t s en nature ( d î m e et fermage qu'ils payaient à l'Etat sont encore conservés. D'autre part. Ainsi l'Empire Ottoman s'acheminait vers un systèm e uniforme. L'existence des inscriptions relatives à ces bergers-serfs dans les registres du temps de Fatih (le C o n q u é r a n t ) montre que cette organisation est ancienne. d'agriculture. — L E S «ELLIDJI» Dans cette région. i l y avait dès «ellidjis» nomades qui fournissaient «pour chaque 50 feux un homme équipé ».

De plus. dans Je «liva» de Saruhan un groupe d* «ellidji» divisés en 42 c o m m u n a u t é s et •composés de 5. ou bien servir pendant deux jours le «sipahi». le contenu de ces registres peut nous amener à conclure que la tendance unificatrice alors existante dans l'organisation de l'Empire Ottoman. sous le n o m d'«ellidji». qu'en raison de la m ê m e tendance. comme on peut le voir dans les alinéas h et c. et qu'on ait perçu seulement des chrétiens 120 aspres comme tribut (taxe) et des musulmans 30 aspres comme «service des musulm a n s » et la d î m e . Les affranchis et «les gardiens de j u m e n t s » qui habitaient le m ê m e village que les «ellidji» étaient é g a l e m e n t soumis à de pareilles obligations et au paiement de leur «kesim» à l'intendant des serfs d ' A n d r i n o p l e qui était l'autorité s u p r ê m e de tous les m é t a yers-serfs. lorsqu'on mariait les filles «ellidji». D'autre devait payer. sous le nom caractéristique de «Kulliîk» (obligations de servage). Par exemple.311 personnes m a r i é e s et 1. beaucoup de preuves nous font croire que les «ellidji» que nous étudions sont d'origine servile. ou bien en compensation l u i payer 5 «aspres» pour chaque j o u r n é e de travail. cette taxe a é t é . l'épouseur d ' a p r è s une note (note X X I I I ) . Cette situation nous fait supposer l'existence d'une analogie entre les «ellidji» en question et les autres catégories de paysans d'origine serve. durant toute la vie une taxe pour les services rendus par la femme-esclanous avons d é j à r e n c o n t r é e en parlant des m é t a y e r s d'Istanbul. Plus tard.— 179 — clair.585 non-mariées. En effet. (en 9 8 1 ) . ve. de la femme. on ait aboli lentement les différentes • obligations auxquelles étaient soumises les diverses classes de serfs. Toutefois i l ne faut pas confondre les «ellidjis»-serfs qui forment l'objet de notre é t u d e avec l'organisation d'«ellidji» instituée dans de pareilles tribus nomades. de l'inscription X X I I publiée dans le texte turc de cette étude. taxe que serfs du Has part. comme les filles «ellidji» ne trouvaient pas d ' é p o u s e u r s à cause de la g r a v i t é des charges. les «ellidji» musulmans ou c h r é -tiens d'un village des environs de Biga devaient. ait pu réussir à réunir ces différentes catégories provenant d'origine serve. Et d ' a p r è s un registre datant de 93 7 i l y aurait.

ù n e des catégories qui p r é s e n t e certaines particularités au point de vue d u statut juridique personnel et du r é g i m e fiscal.— 180 — 4. comme serfs i m p é r i a u x exploitant les vignes de' l'administration. Dans cette m ê m e région. sont inscrites comme «serfs de la fondation pieuse». i l existait 167 vignerons chrétiens payant annuellement un tribut de 15. les 54 familles de vignerons infidèles. O n apprend d'autre part que ces vignerons payaient annuellement à l'administration impériale. comme on voit sur la photo X I I . I l est intéressant de rencontrer dans les registres d u temps de Fatih (le C o n q u é r a n t ) d é s vignerons /serfs dans ces régions. ( A suivre) .000 «aspres». installés dans ïa fondation du Sultan Orhan. qui étaient aussi sans doute des serfs. est formée par les vignerons non-musulmans. En effet. dan* le village de Mudanya. Par exemple. à cette é p o q u e . ün tribut fixé d'avance. — V I G N E R O N S INFIDÈLES.

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